Le devoir, 13 mars 2009, Cahier B
LE DEVOIR, LE VENDREDI I ;5 MARS 2 0 0 !) OC c O MUSIQUE La Patère rose: l’amour à bras-le-corps Page B 5 SORTIES Luc Plamondon: paroles de parolier Page B 10 Saint Quand Martin Picard, chef du restaurant Au Pied de Cochon, achète une érablière y Après avoir sorti la poutine des shacks à patates en dotant le menu de son restaurant de notre emblème culturel à la sauce typiquement Picard, voilà que le chef se lance dans l’aventure d’une autre icône, celle dont la sève coule jusque dans nos veines: l’érable.EMILIE FOLIE-BOIV1N Il en parle depuis quatre ans, et voilà, le projet est rudement avancé.A quelques jours de l’ouverture, la sève s’est mise à couler des érables à Saint-Benoît-de-Mi-rabel.Martin Picard et son équipe planchent sur la première recette: produire les gouttes du sirop qui nappera leur table dès jeudi prochain.La cabane à sucre, c’est probablement l’une des choses les plus culturelles qu’on peut trouver ici, «et le produit le plus extraordinaire qu’on a ici, c’est le sirop d’érable», affirme Martin Picard, rencontré à l’érablière plus tôt cette semaine.Le concept de la cabane à sucre du Pied de Cochon est plus ou moins assis.Normal, le chef et ses associés se sont dotés de l’érablière il y a trois mois.Tout est à apprendre et tout reste à venir.Si une chose est sûre, c’est qu’on y mangera, et la signature du restaurant donne une petite idée de la qualité de ce qui se retrouvera dans les,assiettes.A l’érablière, l’entité montréalaise prête son décor, les lourdes L’érablière de Martin Picard est un prétexte pour produire son propre sirop.tables de bois sans nappe et les riot chargé d’une trentaine de luminaires, ses employés, qui plats qui défile sous les yeux, où voyageront entre l’un et l’autre, les gens choissent ce qu’ils veu-et surtout sa convivialité.lent manger.» Quant au service, le proprié- Et manger, les invités pour-taire l’envisage plutôt de type ront le faire des heures durant, dim sum.«On voudrait un cha- en prenant une pause pour mar- En attendant la campagne Unique, la cabane à sucre n’a pas son penchant urbain.Il est impensable que les portes du métro et les allées de fruits et légumes du supermarché remplacent un jour le décor typique des cannes de 540 ml de sirop ambré, avec ses traîneaux tirés par des chevaux et ses forêts d’érables entaillés.La ville recèle toutefois quelques endroits où se sustenter les dents sucrées qui ne peuvent attendre le weekend pour filer vers la cabane.Par le marché Incontournable vitrine pour nos artisans locaux, les érablières font tranquillement leur apparition dans les marchés pu- 1 blics.Au marché Jean-Talon, il y a déjà quelques semaines que les visiteurs flânent, palette de tire au bec, à travers les allées.Le producteur acéricole Christian Marois a toujours sa cabane plantée du côté du marché Atwater.En montant plus au nord, vers la ville de Québec, les érablières débarquent justement ce week-end au Marché du Vieux-Port pour marquer le début du temps des sucres.www.marchespublics-mtl.com, www.marchevieuxport.corn.Ayant le boulot À quelques mètres du métro Mont-Royal, depuis 15 ans déjà, le Kiosque Mont-Royal prend • • I des airs de cabane et offre tous les jours de la semaine de la tire, ainsi que plusieurs produits de l’érable, de la tisane aromatisée au bon vieux cornet sucré.Le week-end, on en profite pour accrocher au passage une gaufre belge toute chaude, saupoudrée de sucre d’érable.Paradis des glaces Si les chaudes journées sont des moments prisés pour un péché glacé, une visite au Havre-aux-Glaces suffit pour se créer des envies, concoctées avec amour — et des produits naturels — dans l’arrière-boutique.On y retrouve la fameuse glace au caramel brûlé à l’érable, su- photos JACQUES GRENIER LE DEVOIR .J cher dans l’érablière avec les enfants et siphonner l’eau d’érable avant de reprendre des bouchées.«]e veux que ce soit une journée agréable, qui se déroule autour de la bouffe.La bouffe et la boisson», précise Martin Picard, en insistant sur le second.Pas anodin que la salle à manger ait son bar, où une fenêtre s’ouvre sur les énormes pièces de viande accrochées dans la chambre froide.En plus d’être une occasion de célébrer fie printemps, le temps des sucres, un infime gain de son REER.), l’érablière de Martin Picard est aussi un prétexte pour produire son propre sirop.Esprit familial qui plane au-des-sus de la cabane oblige, les oncles et parents des employés se sont greffés à l’équipe pour partager son expertise.Il y a le père du cuisinier Hugues Dufour, comparse de l’aventure télévisée de Picard, qui a joint ses connaissances d’ancien propriétaire d’une ferme laitière, tandis que mo-noncle Marc, 70 ans, s’est offert pour expliquer les rudiments de la cabane à sucre à ces jeunes entrepreneurs fous.«Jusqu’ici, c’est la plus belle réalisation, d’avoir eu ce mix de générations.Au resta, on voit moins souvent les gens de la famille, mais à la cabane à sucre, ils débarquent à la pelletée!» Au stade de l’expérimentation, l’imposante cuisine s’ajustera au fil des saisons.Pour Martin Picard, il n’y a rien de mieux que le temps pour définir une recette.Mais du sirop, on sait qu’il y en aura.D’ici la semaine prochaine.Le Devoir ¦ la Cabane à sucre Au Pied de Cochon, 11 382, rang de la Fres-nière, Saint-Benoît-de-Mirabel.® (514) 281-1114.www.caba neasucreaupieddecochon.com.blime pour son goût grillé et son caramel d’amandes crues grillées glissé dans la crème glacée, qui ajoute «du craquant sous la dent», comme dirait notre Josée di Stasio.D’ailleurs, la recette des propriétaires, les frangins Robert et Richard Lachapelle, a charmé les juges de la Route de l’érable l’année dernière: elle leur a valu le premier prix.On la déguste sur place en jasant avec l’un des proprios, ou on l’emporte à la maison dans son format de 500 ml.Au marché Jean-Talon, à Montréal.La Route de l’érable Si sa deuxième année sera officiellement lancée la semaine prochaine, on peut déjà glisser un mot de la Route de l’érable de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, qui vise à faire miroiter le liquide sucré et les créatifs de la table d’ici et à récompenser les initiatives gastronomiques créées à partir des produits de l’érable.Sur le site Internet, www.larou-tedelerable.ca, on retrouve, répertoriées par région, les adresses des établissements qui brandissent avec fierté l’érable dans leur cuisine.Quelques recettes, sont également proposées.À visiter, en attendant le lancement de la saison 2009.É.F.-B.y v Pour se sucrer le bec CHAUDIÈRE- APPALACHE La Cabane à sucre chez Au-rélien Lessard est l’une des rares érablières commerciales de la région à faire sa cueillette de manière ancestrale.Elle offre un vaste menu, incluant autant des fruits de mer que des grands-pères dans le sirop, propose des tours de carriole, une mini-ferme de poneys, d’émeux et de lapins.Après s’être rempli la panse, une randonnée à pied ou en ski de fond s'impose dans les sentiers qui sillonnent l’érablière.A Saint-Georges.www.cabaneasucreau relienlessard.ca.LAURENTIDES La Cabane à sucre Domaine Magaline, en opération depuis les années 30 à la manière d’antan, a un petit côté western qui a son charme.En plus de l’érablière, elle a son écurie qui accueille des chevaux de race Quater Horse, la race des cowboys.Un guide en offre une visite avant ou après le buffet traditionnel, servi à volonté.À Saint-Augustin de Mirabel.www.domainemagaline.corn.QUÉBEC Une cabane à saveur éducative qu’est l’Erablière du Lac-Beauport.Entre une visite au Musée de l’érable et au Musée des animaux, le Camp du trappeur présente aux visiteurs sa quarantaine d’espèces animales naturalisées, allant du carcajou à l’ours polaire.Le week-end, des concours de sciage de bois, de piquage de clous et de souque à la corde sont organisés.De la cabane virile en perspective, www.erablie re-lac-beauport.qc.ca.I^VNAUDIÈRE A la Cabane à sucre Alcide Parent, à Saint-Ambroise-de-Kildare, si le sirop est à l’honneur, ce sont ses balades en snowmobile de 1947 qui la distinguent des autres érablières.Une petite ferme couronne aussi la visite, www.alci deparent.net.ÎLE DE MONTRÉAL Du 26 mars au 4 avril, l’Érablière urbaine s’anime pour une cinquième année au parc Beaudet, près de la sortie du métro Du Collège.Cette cabane, en plein cœur de Montréal, offre des dégustations sur la musique des vilo-loneux et des conteurs et plusieurs activités éducatives.De plus, 33 érables seront entaillés! http://www.erabliere-urbaine.info.MONTÉRÉGIE > Auberge des Gallant à .Sainte-Marthe permet d’assouvir ses péchés sucrés et de prolonger le plaisir jusqu’au lendemain grâce aux chambres de son auberge.Champêtre, luxueuse ou lune de miel, la location d’une chambre comprend la nuitée et le petit-déjeuner.L’espace cabane à sucre a un cachet particulier puisque la sucrerie des Gallant est un pavillon de bois rond construit à partir d'arbres récupérés après la crise du verglas de 1998.www.gallant.qc.ca.Ént ilie Folie-Boivin » ?t LE DEVOIR.LE VENDREDI 13 MARS 2009 B t week- Neuvième édition de la Quinzaine de poésie de Montréal La poésie, dans tous ses sens JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le comédien et chanteur Jean Maheux présentera le spectacle Pas de silence avec le groupe Le cœur à l’ouvrage.- c c c L K I) K V 0 I K .L K V E N I) R E H I 13 MAR S 2 0 0 9 WEEK-END MUSIQUE Entrevue avec Emilie Proulx Des chansons qui ont mal pour aller mieux SYLVAIN CORMIER La voilà.Le sourire est si large qu’il lui coupe le yisage en deux.Elle rayonne, Emilie Proulx.Même la cafétéria brunâtre de Radio-Canada, déserte en cette fin de mardi après-midi, s’éclaire à mesure qu’elle approche.C’est drôle de penser que j’ai écouté chanter cette jeune femme quelques minutes plus tôt, et que dans La Poussière, avec ce ton grave qu’elle a et ce phrasé traînant qui est le sien, avec ce mal de vivre pesant comme mille disques de Barbara empilés sur le cœur, elle m’envoyait ça en pleine poire: «J’sais pas vraiment quoi faire pour aller mieux / J’devrais aller te voir, t’appeler, t’écrire / J’devrais avoir plein de choses à te dire/Mais c’est pas le cas, pas le cas, c’est triste/J’me sens vraiment, vraiment touriste / Dans ma propre vie.» J’ai ces mots-là en tête, la musique aussi, lancinante et belle, du piano et des guitares folk pas pressées, et voilà Emilie Proulx me regardant à travers ses lunettes, le regard pétillant.«L’album sort.Il était temps.Ça me rend heureuse.» Elle rit.Un album essentiel, je viens de le dire à la radio, elle écoutait.La Lenteur alentour, un premier album qui est aussi son deuxième.Rappelons que, fin janvier 1997, un mini-disque de cinq titres, intitulé Dans une ville endormie, avait créé un bel émoi dans le monde de la chanson d’ici, pour deux raisons: d’abord parce que c’était terrifiant de noirceur et saisissant de beauté, et puis parce que ça se vendait cinq dollars, un dollar la chanson en téléchargement, pas cher pour faire connaissance.On croyait qu’un premier album officiel suivrait, six-huit mois plus tard.«J’aurais aimé ça.Stratégiquement, ça aurait été une bonne idée.Mais j’étais pas capable.Littéralement.» Il s’est trouvé que le succès très notable et l’accueil critique plus que favorable au mini-disque, plus les Fran-couvçrtes tout de suite après, avec Emilie Proulx en finale, ça a été trop.«Il y avait de quoi!», s’exclame-t-elle.A la finale, elle a figé.Absente à elle-même.Mimosa l’a emporté.«J’avais passé ma vie à me regarder aller, c’était déjà pas mal pénible par moments.Et puis là, tout le monde me regardait en train de me regarder.C’était “freakant”.» Arrêt sur image, donc.Et retour à l’origine.Au cocon du mal-être.Familiarité de la douleur.«C’est pas comme si je faisais exprès, mais c’est quand je me suis retrouvée toute seule que j’ai recommencé à écrire des chansons.» L’une d’elles, la première du disque, a justement pour titre Toute seule: «Dans une vitrine j’ai vu passer / Ma vie à côté / Toute seule».Tout le nouvel album nage ainsi «dans le noir de l’asphalte», pour reprendre l’image forte d’une chanson au drôle de titre: En Tercel dans le fond d’un rang.«Mais il y a de la lumière», nuance-t-elle en riant.«Je vais mieux.» C’est vrai, l’espoir point, çà et là, deux ou trois bouées de sauvetage dans l’océan.Le mot espoir est dans le titre de L’Espoir de passage, mais il tient à peu de choses, la présence de l’autre: «Me jeter en bas du lit / Un saut dans le vide de ma vie / Mais atterrir dans tes bras».A la fin de Comme dans un bureau beige et gris, une prière assortie d’un doute: «Pourvu que tu sois là».C’est plus que la tristesse réconfortante d’une Françoise Hardy.C’est la vraie affaire.La douleur, le doute, l’insécurité sans faire joli.Il y a seulement la musique autour pour réconforter, un banjo à la Neil Young dans Toute seule, des pickings de guitare folk et de h pedal steel, et parfois des orchestrations plus rageuses.Heureusement qu’il y a la musique.«Heureusement, hein?» Elle s’esclaffe.«Quand je m’entends, quand je me relis, je me dis voyons donc, c’était pas si pire que ça.Et puis je comprends que ça va plus loin que moi.C’est de «J’avais passé ma vie à me regarder aller, c’était déjà pas mal pénible par moments.Et puis là, tout le monde me regardait en train de me regarder.C’était “freakant”.» JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pour son premier album, La Patère rose — formée de Roboto et Kilojules (également de la formation Mister Valaire) ainsi que de Fanny Bloom — a l’émotion à fleur de peau.Entrevue avec La Patère rose L’amour à bras-le-corps Après Damien Robitaille, David Marin, Karkwa et Emilie Proulx — pour ne nommer que ceux-là —, voici qu’une autre pousse issue du concours des Francouvertes fait son chemin jusque chez nos disquaires.La Patère rose, formation gagnante de la dernière édition, arrive avec toute sa fougue et toute sa fraîcheur.PHILIPPE PAPINEAU \ A peine un an après avoir attiré tous les regards des défricheurs de la scène alternative grâce à quelques impressionnantes performances scéniques lors des Francouvertes, des FrancoFolies et d’Osheaga, voici que La Patère rose, un jeune et fougueux trio au nom cocasse, fait paraître sur étiquette Grosse Boîte (Cœur de pirate, Tricot Machine) un premier disque rafraîchissant, où l’amour a le beau rôle.L’amour, encore l’amour, toujours l’amour! Sur ce premier disque éponyme de chansons pop teintées d’électro et de rock, l’amour se prend à bras-le-corps et se décline sans prétention à travers les 13 titres.L’amour passionnel, pur et dur.Celui qui n’est plus là, celui qui est menacé, et, pourquoi pas, tiens, celui qui se fait à deux.C’est beaucoup de la chanteuse et pianiste Fanny Bloom (de son vrai nom Grosjean) que vient cette propension, elle qui a écrit les textes de l’album — à l’exception des Deux bonnes sœurs, de Baudelaire.Rien pour déplaire à ses deux acolytes, le batteur et DJ Julien Harbec (dit Kilojules) et le claviériste et échantillonneur Thomas Hébert (alias Roboto), aussi membres de la formation électro-jazz Misteur Valaire.«En ce moment, mes amours vont très bien, raconte la chanteuse, mais j’en ai eu des peines d’amour, je sais ce que c’est, souffrir du calice parce que ça va mal, c’est terrible.Mais bon, ça fait du bien un peu de chaos dans les chansons, non?» Entre énergie et émotion Les trois amis de 22 ans sont visiblement sur la même longueur d'onde, tant dans la création que dans la vie.Autour de la table, les phrases fusent de toutes parts, les gars agacent la fille, avant de tendre au journaliste une bonne cigarette Po-peye.Ça ne se refuse pas.Du coup, en prenant une bonne croquée de sucre artificiel, on se dit que c’est de là que vient cette folie, ce côté «cour d’école», cette énergie criante — littéralement, parfois — que l'on peut entendre sur le disque.La gang dans la vie, ça reste la gang dans la musique.Mais paradoxalement, La Patère rose, c’est aussi beaucoup l’émotion à fleur de peau, qui passe par la voix un peu enfantine de Fanny sur les pièces les plus douces, davantage basées sur le piano et la voix.«C’est comme ça que j’ai commencé, et ça m ’allume encore, raconte Fanny, une fan avouée de la Française Camille et de Martha Wainwright.C’était très important pour moi de transmettre une émotion, pas nécessairement un message, et d’y aller viscéralement.» Là où le trio a le mieux réussi à transmettre cette émotion, c’est certainement sur les pièces Duet Tacet — aux allures de Cœur de pirate — et Backyard souvenir, qui racontent tout en douceur une peine d’amour et un difficile épisode de jalousie.«Y’a pas d'amour sans jalousie, c’est impossible, croit Fanny.Tu peux la doser, et arriver à vivre avec vraiment bien, mais tu ne peux pas aimer quelqu’un sans être jaloux un peu, des fois.non?» Derrière ses grosses lunettes, Kilojules lève un sourcil.«Je ne sais pas.je.j’ai jamais aimé.» Et toute la tablée s'étouffe avec ses cigarettes Popeye.Le Devoir ¦ Spectacle de lancement le 19 mars 2009 au National, à 21h.Album déjà en magasin.www.lapatererose.corn • • VITRINE DU DISQUE BANDE SONORE r 'H , '}£ 1 s Ntrcwo) c • *a> um-iim.Ufs p.» Mll.ISIKDRll.lftl DÉDÉ À TRAVERS LES BRUMES Chansons des Colocs interprétées par Sébastien Ricard Zone 3 - Sélect D’accord avec le collègue Alexandre Vigneault.Il y a vraiment malaise quant à l’existence, hors du bouleversant film Dédé à travers les brumes, d’un disque de chansons des Colocs telles qu’habitées dans le film par le comédien-chanteur Sébastien Ricard en Dédé.Le problème n’est pas neuf: à chaque «biopic» de chanteur, on y fait face.Joaquin Phoenix en Johnny Cash chantant du Johnny Cash dans Walk The Une.formidable.En produit dérivé, prolongeant l’incarnation sur disque: irrecevable.Même quand c’est bien fait, et le fac-similé est ici troublant (Ricard stupéfiant de prpximité, impeccable réalisation d’Eloi Painchaud, participation du guitariste des Colocs Mike Sa-watsky, de Mara Tremblay au violon, des frères Diouf aux chœurs), il faut dire non.Par principe.A Zone 3: de grâce, retirez ce disque des magasins.Si une seule personne découvre Dédé et les Colocs grâce au film et achète ça en lieu et place des disques des Colocs, c’est déjà trop.Sylvain Cormier MONDE CLAMEURS Jacques Coursil Universal France / DEP En signe d’empreinte de l’histoire, Jacques Coursil fait rebondir le rythme au bout de sa trompette tambour, met les poètes en musique et se livre ici à un formidable hommage à l’humain.Personnage hors norme né à Paris de parents martiniquais, il retrouvera en Afrique de l’Ouest la fièvre des indépendances de la fin des années 50, avant de s’établir à New York dans les réseaux du free jazz, puis de devenir professeur de linguistique.Tout cela explique Clameurs, le disque d’une parole qui est retenue sur les lèvres comme un ressentiment.Coursil dit de sa voix grave et rocailleuse, fait traîner ou rythmer les mots des poètes Frantz Fanon et Edouard Glissant, alors que Joby Bernabé conte en créole ceux de Monchoachi et que Jean Obeid livre en arabe la chanson d’Antar, un poète préislamique.Tout y est: le sombre bourdon du synthé, le battement de cœur de la basse et la cadence bien percutée.Une véritable affirmation de la dignité.Yves Bernard CHANSON GIANMARLN TESTA Solo dal vivo (Chant du monde) C’est la «trace d’un jour de mai à Rome», dit son auteur.Du 3 mai 2008, pour être précis.Sur scène, Testa le poète, sa cigarette et son verre de vin blanc.Et sa guitare, bien sûr.Dans la salle, un public tout oreille, visiblement sensible à la fragilité.Il s’est ainsi passé quelque chose ce soir de mai: une communion, un moment, un événement bâti à coup d’accords tranquilles.Le concert ne devait pas être enregistré — en fait, il l’a été, très sommairement Côté technique, ça «grichouille» parfois et Testa écorche certaines cordes de sa guitare.Mais il y avait de l’âme dans l’air.La poésie délicate — au tu et à toi avec l’amour et les petits riens de la vie —, les musiques douces du chef de gare et sa voix granuleuse ont trouvé ce soir de mai l’écho mérité.Alors quoi: on dit bravo à Testa d’avoir choisi ce spectacle «défectueux» plutôt que les trois «parfaits» qu’il avait en banque pour ce premier disque live: une imperfection aussi habitée et aussi lumineuse porte bien mal son nom.Guillaume Bourgault-Côté CLASSIQUE CLASSIQUE ROCK’SROOTS BRUCH Suite d’après des mélodies populaires russes.Sérénade d’après des mélodies suédoises.Danses suédoises op.63 nM 1 et 2.Orchestre du SWR de Kaiserslautern, Werner Andreas Albert.CPO 777 385-2 (Naxos).L’image de Max Bruch (1838-1920) est celle d’un compositeur au langage touffu et filandreux à l’inspiration diluée.La médiocrité de son corpus symphonique ne sert pas sa cause.Réussir au moins une des trois symphonies eut été le viatique minimal à la gloire.Mais ce constat d’échec ne justifie pas de négliger les œuvres réussies.Le Concerto pour violon n° 1, partie émergée de l’iceberg, cache la réussite du 2 Concerto et de la Fantaisie écossaise.De la même manière, ce disque d’œuvres symphoniques d’inspiration folklorique vaut le détour.On connaissait les Danses suédoises op.63, fort beau complément aux Danses norvégiennes de Grieg.Les deux séries de danses, bien caractérisées, sont ici complétées par une Sérénade pour orchestre à cordes, d’inspiration suédoise également, et une très inattendue Suite d’après des mélodies populaires russes, admirable et très inspirée.Le vieux routier Werner Andreas Albert a choisi d’ouvrir le programme avec cette œuvre, la moins connue.C’est preuve qu’il a confiance en Bruch.à juste titre.Christophe IIuss BRITTEN SZYMANOWSKI .SZYMANOWSKI Concertos pour violon et orchestre nli 1 et 2.Frank Peter Zimmermann, Orchestre philharmonique de Varsovie, Antoni Wit.Sony 88697439992.Voici un disque parfait pour tous les mélomanes à l’esprit ouvert trois chefe-d’œuvre du patrimoine concertant pour violon du XX siècle.Trois?Oui, car le complément des deux concertos de Karol Szymanowski est le sublime Concerto pour violon de Britten, dirigé par Manfred Honeck.Même si le regain d’intérêt envers le concerto de Britten ne se traduit pas encore dans les salles de concert ici, sa discographie a bénéficié d’apports majeurs ces dernières années, notamment de la part de Maxim Vengerov et Daniel Hope.Frank Peter Zimmermann, le meilleur violoniste allemand — n’en déplaise à Mme Mutter —, égale Hope par sa puissance sonore et sa brillante technique, bien mise en valeur dans le redoutable Vivace du 2‘ mouvement.Dans Szymanowski, Zimmermann est tout simplement extraordinaire dans sa manière de planer sur les aigus des volets initiaux du 1" Concerto.Partout, Alton! Wit, dont on connaît les réussites dans Szymanowski à travers les disques Naxos, crée des espaces sonores sublimes de justesse.Voilà d’ores et déjà l’un des disques de l’année 2009.C.//.ùT-.MR.LUCKY Chris Isaak Reprise — Warner Du matériel neuf, ça faisait depuis 2002 que l’épatant rock’n’crooner au nez épaté n’avait daigné en prodiguer.Un disque de Noël et un live en Australie avaient trompé l’attente, pour ceux qui attendaient, quand même moins nombreux qu’aux heures fastes de Blue Hotel et de la calorifique ballade Wicked Game (à la fin des années 1980, bigre!).De fait, l’album se veut moins un retour qu’un complément de programme: le gaillard anime en effet depuis fin février un talk-show, The Chris Isaak Hour, à l’antenne du Biography Channel, et Mr.Lucky est là pour rappeler au bon souvenir des amateurs les attraits de l’ancien boxeur: sa fidélité à la manière des pionniers (rockabilly pour Mr.Lonely Man, swing texan pour Take My Heart), son goût pour les guitares réverbérant à l’infini (dans Summer Holiday, j’en frissonne), et cette voix de roi de la lamentation romantique, intacte et immense {You Don’t Cry Like I Do).Jusqu’aux duos «royorbisoniens» avec Michelle Branch et Trisha Yearwood, c’est sans surprise, Dieu merci.Sylvain Cormier b r> la chanson, pas une thérapie ni un journal personnel.» C’est le miracle des chansons: plus on creuse en soi, plus on trouve.les autres.«Après le minidisque, des gens m’ont dit que je décrivais exactement leur vie.Ça me fait bizarre, mais je comprends.Le cycle est complet.J’écris parce que je ne vais pas bien, ça fait une chanson.Eventuellement, moi je vais mieux, je l’enregistre, j’ai du bonheur en studio, à la réalisation, au “mastering’’ [elle fait tout], et puis ça sort de moi et ça peut atteindre d'autres personnes qui ne vont pas bien.Et qui iront peut-être mieux, éventuellement.C’est bien.» Le Devoir IA LENTEUR ALENTOUR Emilie Proulx La Confiserie - GSI Musique -Sélect EN BREF Les Cowboys plus forts que Dédé Les Cowboys Fringants continuent de dominer le palmarès des ventes de disques au QuG bec, et largement le groupe de Repentigny détient cette semaine encore la première position du palmarès Nielsen-Sound-Scan, avec son album Sur un air de déjà vu, alors que son autre disque paru cet automne, L’Expédition, se classe septième.Sébastien Ricard fait une entrée remarquée avec Dédé -À travers les brumes, l'hommage au leader des Colocs.Malajube, Cœur de Pirate, MarkePierre Arthur, She-razade, Michel Fugain et Bruno Pelletier suivent.Dans la section «autres langues», U2 et son nouvel album produit par Daniel La-nois domine évidemment (près de 484 000 ventes en une semaine aux Etats-Unis), devant Jason Mraz, Bet.e, Lady Gaga et Seal.-Le Devoir ARCHAMBAULT5I Un« compagnie de Québécor Media PALMARÈS CD Résultats des ventes : du 3 au 9 mars 2009 FRANCOPHONE DfDt:& TRAVERS LES BRUMES Bande sonore du film DUMAS Rouge US COWBOYS FRINGANTS Sur un air de déjà vu ?MALAJUBE Labyrinthes US GRANDS CLASSIQUES D'EDGAR: U MUSIQUE.g CŒUR DE PIRATE Cœur de pirate TÉREZ MONTCALM Connection MARA TREMBLAY Tu m’intimides 12 HOMMES RAPA1LLÉS.KU Artistes variés SHERAZADE: LES MILLE ET UNE NUITS ANGLOPHONE U2 No Line on the Horizon BET.E B.Coming SEAL Soul Wftk SLUMDOG MILLIONAIRE BU Bande originale du film JASON MRAZ We Sing Wo Dance.We Steal.FLORENCE K.La historia de Lola EV LADY GOBA KB The Fame BEAST Beast WAR CHILD: HEROES BÎB Artistes variés anglophones CLÉMENT JACQUES Consumed and Guilty TÉLÉCHARGEMENT ZIK.ca 1000 CŒURS DEBOUT Star Académie 2009 NE TEN VA PAS Maxime Landry ELLA, ELU L'A KateRyap n JUST DANCE Lady Gaga L'ADIEU Vanessa Duché! LE DEVOIR, LE VENDREDI 13 MARS 2 0 09 B B WEEK-END VINS Les vins de la ' A Les vins sont notés !!!?Avec des 1/2.Le vin gagne à séjourner en carafe.LA BELLE AFFAIRE Clos Bagatelle Cuvée Tradition 2007, St-Chinian (13,45 $ - 446153) Le fruité interpelle ici rapidement, par sa clarté puis par sa courtoisie à faire intervenir et révéler le tempérament des cari-gnans, syrahs, grenaches, cin-saults et mourvèdres, détaillant ainsi l’ensemble avec brio.Corps moyen, coulant, d’un juteux.1.!?! L’ESPAGNOL Prado Enea G ran Réserva 2000, Rioja, Bodegas Muga (53,25 $ - 10268449) Une leçon de parfums qui poursuivent, en bouche, un tracé encore plus soutenu en raison d'une acidité hautement porteuse.Vin de nez comme de bouche, ample et détaillé, d’une sève serrée, bien nourrie et structurante, d’une remarquable vitalité.2.LA PRIMEUR EN BLANC Gentil « Hugel » 2007, Alsace (16,95 $ - 367284) Ce n’est pas parce qu’il est «Bouché aise Diam, le bouchon sans goût de bouchon» que le vin est bon.Etienne Hugel n’a plus besoin de nous rassurer depuis belle lurette car ce blanc sec parfumé, dense et soyeux est d’une régularité qualitative connue des aficionados de la maison.1.LA PRIMEUR EN ROUGE Villa Cerna Chianti Classico 2006 (19,40 $ - 573519) Plus serré et «ajusté» que le 2005 avec cette vigueur et cette énergie qui mettent plus de l’avant encore le fruité, cette cuvée offre tout du bon chianti, à bon prix.Sans concentration excessive ni boisé envahissant, le vin offre équilibre, fraîcheur et digestibilité 1.LE VIN PLAISIR Chinon «Les Grézeaux» 2005, Bernard Baudry (26,85 $ - 10257555) J’ai déjà placé trois bouteilles en cave de ce chinon dont l’équilibre, la fraîcheur et la densité fine des tanins l’exposent déjà à une évolution parfaitement maîtrisée.La texture «taffetas» régale, la clarté du fruit tout juste rehaussée par la sobre touche boisée.1.f?ff A fff fff fffU Quelques pays, quelques whiskys Jean Aubry Si le scotch est un whisky, tous les whiskys ne sont pas nécessairement des scotchs, de la même façon que tous les champagnes sont des mousseux alors que tous les mousseux ne sont pas des champagnes.Vous le saviez déjà, mais je tenais à le souligner.De là à dire que le scotch est le champagne des whiskys, il y a un pas, que ne franchiront certes pas nos copains irlandais qui distillaient déjà la céréale bien avant que nos amis écossais ne le fassent, disons, vers la fin du XVe siècle.Est-ce suffisant pour faire naître une rivalité?Les amateurs se régaleront au contraire de cette dualité qui veut que le whiskey irlandais soit plus souple, plus sexy, moins «caractériel» que son cousin écossais en raison d’une triple distillation où les malts sont privés de tout contact avec la fumée de la tourbe.Maintenant, whisky ou whiskey?Le premier, sans «e», est élaboré en Ecosse mais aussi au Canada, au Japon, en Inde, en France, en Chine, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande ou encore en Turquie; alors que le second, avec un «e», provient en règle générale d’Irlande et des Etats-Unis.Vous le saviez déjà, mais comme je déguste aussi, au moment d’écrire ces lignes, les whiskys qui vous sont proposés aujourd’hui, je tenais à le souligner de nouveau.Bref, avec ou sans «e», et sans vouloir vous livrer le cours Whiskys 101 au complet sachons ensemble que le whisky est le ré- sultat tout bête d’une distillation de céréales (par opposition aux distillais de fruits).Que ce soit l’orge, le mais, le blé ou le seigle.L’orge est malté?Vous avez déjà le nez dans un Pure Malt D provient d’une seule distillerie?Vous savourez „ ( déjà un Single Malt.**' On mélange pour vous N whisky de malt et whisky de grain?Vous avalez déjà d’un trait un Blended Whisky.Les aficionados vous diront que plus la proportion de malt est élevée, meilleure est la qualité du blend.Vous me suivez?Moi non plus.Une certitude demeure: le scotch whisky a le vent en poupe et a ratüapé ce «retard» de prix cumulé depuis des années.Les qualités suivent, heureusement Voici quelques whiskys proposés par pays, qui ne sont pas piqués des hannetons, histoire de ratisser à la fois un éventail de goûts et de porte-monnaie.Petite mise en garde: évitez les glaçons mais un doigt d’eau pure est permis pour stimuler l’ensemble./ Ecosse ¦ Laphroaig Quarter Cask Single Malt, Islay (63 $ -10999938): excellente affaire à ce prix, pour un malt élevé en petits fûts, hautement personnalisé par son accent d’iode, de tourbe, limite médicinal.Très sec, droit, sans ambivalence.Un crachin de mer qui décoiffe! **** ¦ Dalwhinnie Single Malt, Highlands (71 $ - 238097): un superbe 18 ans (1991) fragrant et complexe, d’une stupéfiante présence, alternant puissance THE GLENROTHES SPSYSIDE SINGLE MALT SCOTCH WHISKY jgi -Jx.-ldvAtâtet.a'd.Û.HA' o«*a SWY-'.LWVM»-**»* «l UV 'ï&tiKcfaGt'i fiScoUrv #•«> üraiK 4 RwJtf LW.3 Si iam«t'tSMMt,UndOA,
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