Le devoir, 11 avril 2009, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DI M A .V C HE 12 A V RIE 2 O O 9 THÉÂTRE Après Virgile, Olivier Keimed amène Lautréamont à la scène PageE 4 a DE VISU Oboro célèbre ses 25 ans avec une vente de printemps Page E 9 ULTURE m ¦Ege CHRIS VAN DKR BURCiHT il] ISABELLE PARE Ïls nous emmènent aux confins du monde.Au milieu de nulle part.Ou plutôt si.Sur le continent des émotions brutes, des pulsions animales qui guettent îes hommes laissés à eux-mêmes, enjdein désert battu par le vent.A l’horizon, rien que la solitude, la survie, la soif.Après Import/Export, une œuvre brute et multiforme applaudie en 2006, le singulier collectif des Ballets C.de la B., qui s’est acquis des fidèles à Montréal au fil des ans, revient avec une nouvelle création qui autopsie à vif l’âme humaine.Patchagonia, c’est la terre de toutes les errances.Directement inspiré par le grand désert argentin, synonyme d’aventure et de liberté, le Patchagonia des Ballets C.de la B.est quant à lui un territoire purement imaginaire, insiste Lisi Estaràs, la chorégraphe argentine qui signe cette nouvelle pièce sur l’isolement extrême et la survivance.«La Patagonie, c’est un endroit où je ne suis jamais allée; le spectacle a été inspiré par mes lectures sur Darwin et par des gens qui ont visité cette région.On ne fait pas directement référence à la Patagonie, mais aux émotions que la visite de cette région suscite, comme la solitude, la réflexion, le repli sur soi», explique Estaràs, qui signe ici sa première grande production.Sans toit ni loi Né de la contraction de «pacha», qui fait appel à la paresse et à la nonchalance, et du mot «agonie», Patchagonia sonde les états d’âme générés par la perte des repères essentiels, tant géographiques que psychologiques.Dans une gestuelle s’inspirant des animaux, elle décortique dans le détail le comportement humain, lorsque les hommes, laissés à eux-mêmes, doivent subvenir à leurs besoins primaires.Dans ce contexte, à quoi peut donc rimer la quête du bonheur?C’est la loi de la jungle, sans la jungle.La chorégraphe a elle-même un parcours en dents de scie.Née en Argentine, Lisi Estaràs, fille de dissidents politiques, a vécu sous le joug de la dictature, et garde de son enfance des souvenirs troubles, ponctués de secrets, de fuites,,et de coups de feu dans la nuit A14 ans, elle découvre la danse, et à 19, quitte le pays pour visiter des membres de sa famille en Israël.Mais la première guerre du Golfe éclate, l’empêchant de retourner chez elle: elle reste cinq ans à Tel-Aviv, et fait ses classes avec la Batsheva dance company.Mais en arrière-plan, la guerre la suit toujours aux trousses, avec ses alertes à la bombe quotidiennes et les masques à gaz qu’on porte en bandoulière.Elle part enfin pour Am- bien là où je suis, fai surtout voulu que les gens s’identifient aux sentiments et aux émotions ressenties dans certains endroits extrêmes», confie lisi Estaràs.COI Of/, Of/A ent, 8e»s irigir nfondues Petite-fille de grand- sterdam, joint Bruxelles et elle tombe sous le charme d’une œuvre d’Alain Platel, fondateur des Ballets C.de la B.Retenue lors d’une audition, elle danse depuis 1997 pour la célèbre compagnie belge.Patchagonia, c’est une métaphore née de cette errance imposée par sa propre vie, et des réflexes de survie qui ont jalonné son parcours miné.«Je pense que cette histoire familiale a marqué mes souvenirs.C’est vrai qu’il y a comme un trou dans ma vie.J’ai toujours recherché mon identité, même si j’accepte cet état aujourd’hui, et si je suis pays imaginaire de Patchagonia, confie Estaràs, et au parti pris des Ballets C.de la B., qui s’au-toproclament «populaires, anarchistes, éclectiques et engagés».Dans une mise en scène de Guy Cools, le geste chez Estaràs se fait sauvage, brut, primai.Sur la terre battue, craquelée par la sécheresse, se dresse un arbre mort.Parfois prostrés comme des chorégraphe, qui dit même s’être inspirée du rituel des corridas.La troupe créée par Alain Platel en 1984 poursuit donc sur sa lignée éclatée, faisant feu de tous les styles et ne se réclamant d’aucun.En puisant dans le passé fertile de ses interprètes, les Ballets C.de la B.accouchent d’une fois à l’autre d’œuvres collectives marquées au fer rouge de la diversité.Patchagonia n’échappe pas à la règle, confirmant une fois de plus le credo de la troupe belge: «La danse s’inscrit dans le monde, et le monde appartient à tous.» Le Devoir pere roumain d’origine tzigane et de grand-mère russe, la danseuse-chorégraphe charrie avec elle des identités multiples, écartelées entre l’Amérique du Sud, le Moyen-Orient et l’Europe.Des identités plurielles très perceptibles dans cette pièce où se côtoient des rythmes latins et les violons gitans du compositeur Tcha Lim-berger.Musique de l’errance par excellence, les sonorités gitanes collaient parfaitement au bêtes traquées, quatre danseurs tanguent, se bousculent, parfois traversés par des spasmes.Les corps se cherchent, luttent, s’essoufflent, s’effondrent, retournent à l’état animal.«C’est vrai que les mouvements sont calqués sur des gestes primitijs et sur le mouvement animal», insiste la PATCHAGONIA LES BALLETS C.DE IA B.Du 15 au 18 avril Cinquième salle de la Place des Ails «U LU.QC.CA/A’ Théâtre d’Aujourd’hui Saison” lüDi 5 LE I) E V 0 I K .LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2 0 0 9 Le trou à combler Odile Tremblay imanche soir dernier, mes pas m’ont conduite à une veillée funèbre: des gens en noir à la mine sombre, des cierges allumés sous les étoiles, une faune pas trop bruyante défilant autour d’un cadavre encore fumant, quoique sans suaire, devant le complexe Ex-Centris, boulevard Saint-Laurent.La fermeture de deux salles de cinéma sur trois, avant la conversion des lieux en espaces multiculturels, expliquait ces étranges obsèques.Et pourquoi se farcir des mines d’enterrement pour deux écrans de moins au centre-ville?demanderont certains.—A cause du trou.Celui de la cinématographie européenne et étrangère, qui trouvait là une capitale rampe d’accès.Preuve de notre folie collective.Avoir compté sur un entrepreneur privé, Daniel Langlois, phare de la cinéphilie depuis dix ans, pour garder les films au chaud, quelle imprudence! Ken ne l’y obligeait, quand il payait tout de sa poche.Les institutions auraient dû l’épauler depuis longtemps, ou prévoir un plan B.Soit! Un nouveau complexe culturel de cinq à sept salles (dont le Parallèle, toujours dans le giron d’Ex-Centris) devrait s’intégrer au projet Angus sur l’édicule du métro Saint-Laurent dès 2011, si les dirigeants obtiennent les permis nécessaires.Place entre-temps au trou temporel: deux ans de films internationaux orphelins.Mais où cré-cheront-ils dans l’attente d’un nouveau nid?Chose certaine, dès l’instant où Daniel Langlois a annoncé son intention de modifier la vocation d’Ex-Centris, le milieu, pris à la gorge, s’est mobilisé pour trouver une solution de remplacement.Des projets de salles indépendantes se sont mis à germer.Claude Chamberlan visait un autre promoteur, avant de se rallier au plan d’An-gus.Un groupe de joueurs mijote une initiative parallèle dans des salles à rénover.Et ils ne sont pas seuls dans la course.Ça bouge sur quatre fronts différents, mais rien n’est fixé.Retour au trou temporel.Deux ans, c’est long.Et sans se plaindre, vraiment?On râlera.Mythe ou réalité, la disette prévue?Faut-il JACQUES GRENIER LE DEVOIR Ex-Centris, à la lumière du jour.Dimanche dernier, l’heure était plutôt sombre pour le complexe, où se déroulait une veillée funèbre à la suite de la fermeture de deux des trois salles de cinéma.craindre, comme Louis Dussault de K-Films Amérique, que plusieurs distributeurs, qui achetaient des films sur mesure pour Ex-Centris, renoncent aux titres trop pointus, que d’autres vendent certaines œuvres directement sur DVD, en paséant par-dessus la tête des cinémas?«On n’est pas à Saint-Éphrem-de-meu-meu, s’indigne Dussault.Le centre-ville de Montréal doit pouvoir combler les cinéphiles.» K-Films Amérique a retardé quelques sorties de films, faute d’écrans appropriés; celle de Pour un instant, la liberté, du jeune cinéaste iranien Arash T.Riahi, par exemple.Armand Lafond, d’Axia Films, jure qu’il carburera encore aux coups de cœur, quel que soit le contexte.Victor Rego, vice-président au marketing chez Films Séville, tient le même dis- O cîvcv b (X cours: pas question de modifier le type d’acquisitions cinématographiques.N’empêche! Il s’inquiète du sort des œuvres plus pointues, celles des jeunes auteurs surtout, bel et bien menacées.Histoire de combler le trou, n’allons pas trop compter sur le cinéma Parallèle pour augmenter son volume de fictions étrangères.Là-bas, on assure que les proportions demeureront inchangées: dix ou douze longs métrages internationaux par année — dont bientôt Three Monkeys du Turc Nuri Bilge Ceylan (Prix de la mise en scène à Cannes.«Sinon, on grugerait nos mandats québécois et documentaire», assure la directrice du Parallèle, Caroline Masse.Dont acte! Alors les autres?Le Cinéma du Parc entend éponger en partie (de 10 % à 15 % grosso modo) le vide laissé par Ex-Centris.Davantage de films seront présentés là-bas en version originale sous-titrée en français, comme Two Lovers de James Gray, déjà en salle.Le Cinéma du Parc héritera d’// diva de Paolo Sorrentino (Prix du jury cannois) avec sous-titres français, alors que l’AMC proposera la version avec sous-titres anglais.Et vogue ainsi le navire pour les prochains mois! Mario Fortin, à la tête du Beaubien, quand même loin du centre-ville, envisage de sauver à peu près 10 % des films traditionnellement destinés aux salles disparues.Il discute avec les distri- buteurs, brasse ses cartes, évalue le jeu.Le Quartier latin a toujours diffusé des œuvres d’auteurs avec vocation grand public.Daniel Séguin, directeur général chez Cineplex Divertissement pour le Québec, entend, à la suite d’une rencontre avec un groupe de distributeurs indépendants, mettre la main à la pâte.Depuis hier, Les enfants sont partis de l’Argentin Daniel Bur-man, une œuvre aux codes subtils qui aurait sans doute atterri ailleurs, a pris l’affiche du Quartier latin.Parlez-moi de la pluie d’Agnès Jaoui et Le Bal des actrices de la Française Maïwenn également.D’autres suivront bientôt, dont le brutal et remarquable Gomorrah de l’Italien Matteo Gar-rone, programmé là-bas avec sous-titres français dès le 17 avril.Daniel Séguin précise que tout va dépendre de la réception du public pour le plan de match.«S’il suit, on est là.» La balle est dans le camp du spectateur.Sauf qu’Ex-Centris pouvait garder un film trois semaines à l’écran, populaire ou pas.Langlois encaissait les pertes éventuelles.Désormais, les impératifs du marché joueront davantage sur un univers cinématographique fragile, où le succès n’est pas garanti.Quant à combler tout à fait le trou dans l’immédiat, n’y songez pas.Oui, les veillées funèbres ont parfois lieu d’être.otrem blayfq ledevoir.corn DÈS LE 21 AVRIL « SPECTACLE TOTAL, PLEIN DE FANTAISIES ET D'ÉMOTIONS » El Mundo (Barcelone) « LE MEILLEUR SPECTACLE QUE J'AIE JAMAIS VU! » CNN, Larry King ItBtAU 4.imm ¦ppppppp)1 SOUS LE GRAND CHAPITEAU BLANC Angle Métropolitain et Décarie 1 866 999-8111 www.cavalia.net CHEVAL^A BLANC lllllf iUR LU '3 HlRONUn ICentres CENTRES D’ACHATS FORT ET DENSE LES INROCKUPTIBLES U\ RÉPUBLIQUE DU CEMTRE DU 31 MARS AU 25 AVRIL 2009 AU THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI 100.RUE SAINT-DEMIS, MONTRÉAL H2W 2M2 MET 514 282 3900 WWWTHEATREDAU É EN PARTENARIAT AVEC AMNISTIE INTERNATIONALE LE BRUIT DES OS QUENT TEXTE SUZANNE IEBEAU + MISE EN SCENE SERVAIS 6AUDREAULT + AVEC EMILIE DIONNE SÉBASTIEN RENÉ ET LISE ROY + ASSISTANCE A LA MISE EN SCÈNE STÉPHANIE CAPISTRAN-LALONDE + SCÉNOGRAPHIE STÉPHANE LONGPRÉ + COSTUMES LINOA BRUNELLE + LUMIÈRE DOMINIQUE GASN0N + ENVIRONNEMENT SONORE NANCY TOBIN + MAQUILLAGES FRANÇOIS CYR + COIFFURES ANIK GÉNÉREUX + RÉGIE GÉNÉRALE, SON ET PROJECTIONS ÉRIC GENDR0N OU RÉGIS GUYONNET RÉGIE DES ÉCLAIRAGES RÉGIS GUYONNET OU DOMINIQUE GAGNON + + + + + UNE CRÉATION DE LA COMPAGNIE DE THÉÂTRE LE CARROUSEL ET OU THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI, EN RÉSIDENCE AU THÉÂTRE DE LA VILLE A10NGUEUIL, EN COPRODUCTION AVEC LE THÉÂTRE JEAN VILAR DE VITRY-SUR-SEINE ET U FÉDÉRATION D’ASSOCIATIONS DE THÉÂTRE POPULAIRE (FRANCE) + + + + AVEC L’AIDE A U CRÉATION DU CENTRE NATIONAL DU THÉÂTRE ET LE SOUTIEN A L’AUTEUR DE LA SACO (FRANCE) + GRAPHIQUE 1F.CA + PHOTO LARA R0SEN0FF (épi.» a- IEBEAU PARTENAIRES DE SAISON GC&>« LE DEVOIR SAISON 2009-2010 EN LIGNE.ABONNEZ-VOUS ! WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA/ABONNEMENTS V « KMHC DZ C c C :k c 614 LE DEVOIR, LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 AVRIL 2 0 0 9 CULTURE THÉÂTRE Cousu main.Le barde en tutu Le Théâtre de Fortune de Jean-Marie Papapietro ramène le romancier Robert Pinget à la scène Michel bélair ean-Marie Papapietro ne fait pas courir les foules et c’est ien dommage.Au cours des ernières années, le metteur en cène nous a pourtant offert ¦quelques joyaux de taille qui auraient dû circuler bien davantage jqu'ils ne Font fait.' Comme cet admirable La Promenade d’après Robert Walser, un spectacle cousu main pour Paul Savoie qui donnait là la plei-'ne mesure de son talent., et qui aura à peine connu quelques di-;zaines de représentations.Comme Abel et Bêla aussi, d’après E’inget encore, une plongée en byme dans les arcanes de la lise en représentation.Ou cette iHistoire de Marie du photographe Georges Brassai et Quelques conseils aux élèves huissiers, ce petit chef-d’œuvre de cynisme de bon aloi qu’il avait d’abord présenté à un congrès de comptables.Jean-Marie Papapietro fait dans l'intime.Dans la petite forme.Dans l’intelligence, le senti et la précision.On est tenté de dire dans la dentelle ou l’orfèvrerie.Une histoire de partage Joint par téléphone pour cause de répétitions en rafales à une semaine de la première, Papapietro parle d’abord de son amour du texte et des mots.Il explique qu’il revient à Pinget parce qu’il est avant tout séduit par son écriture et par le défi de porter au théâtre cette prose souvent sans ponctuation s’étirant en longues phrases parfois lyriques mais toujours exigeantes, difficiles et pourtant claires.Etrangement, Pinget était plutôt traditionaliste, fidèle aux valeurs familiales et catholique presque fervent— «R avait la foi du charbonnier» — malgré son homosexualité et la grande modernité de son écriture.Cette ambiguïté semble avoir intrigué notre «chercheur de textes».D’autant plus que cette fois-ci le thème abordé par le romancier l’a vraiment «allumé».«C’est un peu l’histoire de la rédemption, de la résurrection plutôt, d’un vieil homme; un retour à la vie et à la joie.Pinget a écrit ce texte vers la fin de sa vie alors qu ’il venait de perdre sa mère; il a vécu son deuil de façon très intense même s’il était déjà âgé de 70 ans.» Comme chaque fois qu’il s’approche d’un auteur, le metteur en scène a l’habitude de lire tout ce qu’il trouve de lui et sur lui.C’est aussi un fouilleux, Jean-Marie Papapietro: il sait de quoi il parle, à quoi et à qui il s’attaque.Il raconte par exemple que les textes de Pinget datant de cette époque de sa vie étaient plutôt amers.«Alors qu’ici, ce n'est surtout pas le cas.Théo ou Le Temps neuf respire la grâce et la tendresse, contrairement à tous ses textes de cm itini M T a %" A T ?'v.¦ iT T • ' -wi .ür ' JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pour le metteur en scène Jean-Marie Papapietro, Théo ou Le Temps neuf, de Robert Pinget, «respire la grâce et la tendresse».la vieillesse.C’est un texte prenant sur la régénération d’un vieillard au contact d’un enfant, un texte qui m’a beaucoup ému.Et comme le théâtre est d’abord pour moi un lieu de partage, j’ai voulu partager cette découverte comme il me semblait important, il y a quelques années, de partager ma rencontre avec Robert Walser.» Faire entendre toutes les voix L’accouchement ne fut toutefois pas facile, selon les propres mots du metteur en scène.D’abord parce qu’il tenait absolument à ce que Paul Savoie interprète le rôle du vieil homme.et que le comédien vient de connaître une année fort occupée; au moment de l’entrevue, à quelques jours des derniers «filages», il jouait encore dans les dernières représentations supplémentaires du Woyzeck mis en scène par Brigitte Haentjens.Il y a aussi que Papapietro ne voulait pas que l’enfant qui parvient à ramener Théo à la joie.soit joué par un enfant.Le metteur en scène souhaitait plutôt que l’on fasse référence à cet «en- fant intérieur» que l’on doit aussi, à tout âge, assumer chacun à sa façon, parfois beaucoup plus positivement qu’à d’autres moments, plus infantilisants.Plus que tout, le metteur en scène voulait éviter «l’effet Petit Prince» et il a confié le rôle à Christophe Rapin, qui entoure Savoie avec Rock Aubert et Claire Gagnon, qui eux viennent donner corps à quelques personnages.Jean-Marie Papapietro se fait toutefois plus confiant, plus serein plutôt, lorsqu’il parle des «petits chejs-d’œuvre que sont les dialogues».«En l’adaptant pour la scène, j’ai évidemment gardé le texte de Pinget, poursuit-il; j’en ai respecté l’architecture originale aussi, qui est une sorte de composition musicale à plusieurs voix concertantes.J’ai tout simplement créé une partition en répartissant les rôles de façon à faire entendre toutes les voix du texte; dont celle de l’écrivain, bien sûr.Matérialiser tout cela dans l’espace et recréer un monde, c'est un beau défi pour un metteur en scène.» De notre côté de la scène, il ne restera plus ensuite qu’à plonger avec délice dans tout cela en ouvrant tout grand.Le Devoir THÉO OU LE TEMPS NEUF Texte de Robert Pinget adapté et mis en scène par Jean-Marie Papapietro.Une production du Théâtre de Fortune présentée à l’Usine C jusqu’au 25 avril à 19h.LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ Texte: William Shakespeare.Mise en scène: Serge Mandeville.Une production d’Absolu Théâtre présentée à la Caserne Létour-neux jusqu’au 18 avril.ALEXANDRE CADIEUX La saison théâtrale montréalaise s’était ouverte à l’Espace libre avec Shakespeare contre-attaque, un joyeux spectacle de clowns avec lequel les Productions préhistoriques de Québec prouvaient que les pièces du barde peuvent supporter une multitude de lectures.Serge Mandeville, le codirecteur artistique d’Absolu Théâtre, propose quant à lui un Songe d’une nuit d’été où la sobriété de la traduction et de l’environnement scénogra-phique contraste étrangement avec une surenchère d’effets humoristiques qui ne parviennent pas à convaincre totalement Mandeville a choisi, par souci de limpidité, de traduire lui-même le texte.Son Songe, tout en conservant une heureuse part de poésie et de fraîcheur, se libère ainsi d’un certaine préciosité qui émanait de la version classique de François-Victor Hugo, maintes fois publiée.L’extravagant ballet qui unit pour une nuit quelques nobles Athéniens, les représentants du monde des fées et une pitoyable troupe de théâtre bénéficie de cette langue plus simple qui n’en est pas moins jolie.La scénographie épurée de Marianne Forand, constituée de quelques panneaux suspendus pouvant figurer des arbres, laisse toute la place au jeu des comédiens.Le charme de la pièce de Shakespeare tient habituellement dans le délicat équilibre entre la passion des amoureux, la fantaisie des êtres des bois et la bouffonnerie des artisans qui tentent de monter une tragédie pour le mariage de Thésée d’Athènes.C’est avec le second groupe qu’Absolu Théâtre prend le plus de liberté: ses lutins et ses nymphes semblent provenir davantage d’un dessin animé outrancier que d’un livre de contes.Ainsi, le personnage de Puck, le diablotin malicieux, multiplie les gags cabotins et anachroniques, alors que le jeu physique très précis de David-Alexandre Després laisserait présager d’autres types de prouesses.Les fées, incarnées aussi bien par des comédiens que par des comédiennes, sont vêtues de collants et de tutus très voyants.Les créatures enchantées n’ajoutent pas au merveilleux, elles sont plutôt là pour faire rire, coûte que coûte.Parmi cette galerie, seule Caroline Lavigne en Titania insuffle une certaine grâce à son personnage tout en parvenant à nous dérider.Olivier Aubin s’en donne à cœur joie dans le rôle de Le-fond (ou Bottom), le véritable ressort comique du texte, un tisserand mal dégrossi qui se prend pour un acteur.Le moment où lui et ses comparses jouent leur saynète reste le plus drôle du spectacle.Le quatuor d’amoureux incarné par Caroline Bouchard, Marie-Eve Trudel, Maxime Desjardins et Benoît Drouin-Germain fait preuve pour sa part d’une belle fougue.Cette première incursion dans le monde du Grand Will par Serge Mandeville, qui s’est par le passé intéressé aux œuvres de Beckett et de Dostoïevski, bénéficie d’une approche sensible du texte dans sa traduction.D’autre part, si cette matière dramaturgique peut être abordée sur le ton clownesque, ce Songe-ci souffre un peu d’un trop-plein de drôlerie qui finit par en gommer quelques riches aspects.Collaborateur du Devoir SERGE MANDEVILLE Une scène du Songe d’une nuit d’été La talentueuse auteure a signé ici ce qui est peut-être sa pièce la plus ambitieuse à ce jour.Le miroir que tend Les Pieds des anges à notre époque est peut-être surchargé, brouillé, mais il est incontestablement traversé d'éclats brillants, évocateurs.Marie Labrecque, Le Devoir C'est très riche.C’est un peu comme la vie, c’est touffu.Il y a toujours dans cette écriture-là un humour, une autodérision.C’est tellement brillant.Tout se tient.Les comédiens sont vraiment impeccables.Ça vaut vraiment le détour.Catherine Perrin, C’esf bien meilleur le matin, Radio-Canada Élégant comme l'écriture d’Evelyne de la Chenelière.Ça doit être très fort pour que le lendemain, tout me revienne, la beauté de la mise en scène, le travail de cette auteure-là, les actrices.C’est un spectacle d'un goût exquis, c’est bon pour l'intelligence, c'est bon pour la sensibilité.Faut y aller.Louise Forestier et Dany Laferriôre, Je l’ai vu à la radio, Radio-Canada Un spectacle qui déborde de partout.[.1 Les pieds des anges est un spectacle tout plein de failles, qui gagnerait certes à être dégraissé, c'est aussi l’une des choses les plus brillantes que j'ai vues cette saison.Sylvie St-Jacques, La Presse USINE 0 LE THÉÂTRE DE FORTUNE EN COPRODUCTION AVEC L'USINE C PRÉSENTE THEO OU LE TEMPS NEUF La parole vivante d'une des plus grandes voix de la littérature contemporaine de Robert Pinget (ÉDITIONS DE MINUIT) « PINGET, C’EST DE L’ORFEVRERIE Samuel Beckett ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE Jean-Marie Papapietro Roch Aubert/ Claire Gagnon/ Christophe Rapin/ Paul Savoie ET LA COLLABORATION DE Romain Fabre/Alain Pelletier/ Benoît Rolland/ Martin Slrols 14 au 25 avril 2009 à 19h billetterie 514 521-4493 I www.usine-c.com admission 514 790-1245 I www.admission.com s : f 22 > 23 > 24 mai nord-ai THE SOUHD OF SILENCE Alvis Hermanis Nouveau théâtre de Riga ^ Usine C (« \ 20 >21 >22 >23 mai et vingt a spectacles ! Forfaits [3 spectacles et plus] disponibles Billetterie Centre Pierre-Péladeau 300, boul.de Maisonneuve Est S/4-844-3W2 1-8^981-^822 Comme tout le monde, le metteur en scène a commencé à lire Les Chants de Maldoror au cégep et il y a longtemps déjà qu’il souhaitait mettre les mots d’Isidore Ducasse «dans la bouche et dans le corps d’une équipe de comédiens».«C’est tout le bestiaire de Lautréamont qui m’a captivé dès le départ; j’ai toujours vu une grande théâtralité dans ces personnages qui se transforment en autre chose.Rapidement l’idée s’est imposée en moi d’une sorte de théâtre de la métamorphose et, pendant deux ou trois ans, j’ai travaillé à un projet d’adaptation; mais rien ne tenait.Je n’arrivais pas à rendre le rythme du texte, la richesse de la langue, le granuleux de sa texture.Puis j’ai compris que je devais plutôt faire un montage.Comme un DJ.» Il s’emporte, le sieur Keimed.Le voilà qui parle de la «profonde humanité» de Lautréamont, de son «humanisme» et de sa «grande tendresse»; «son œuvre est aussi, on l’oublie trop facilement, une main tendue à la fratrie des hommes», souligne-t-il.Il raconte qu’il a longtemps cherché sa «ligne» afin de témoigner concrètement de la profonde actualité des thèmes abordés par l’œuvre; du fait aussi qu’il ne tenait surtout pas à s’adresser d’abord à des spécialistes.C’est à ce moment que lui est venue l’idée de travailler les Chants — qui sont hantés par des lieux, forêts, falaises, cimetières, etc.— comme autant de tableaux, autant de paysages.Théâtre-catharsis «J’ai pensé à Gertrude Stein et à ses “landscape plays”, poursuit- Mathieu Gosselin dans le rôle de MC il.À Robert Wilson aussi et à Robert Lepage, qui ont redéfini la façon d’occuper l’espace scénique.Ce fut une inspiration constante.Pour rendre la richesse polysémique des Chants, par exemple, il y aura des actions menées simultanément sur scène, des moments-paysages; c’est le spectateur qui décidera d'accorder plus ou moins d'importance à l’un ou à l’autre.» Cette feinte trinité Ducasse-Lau-tréamont-Maldoror nous donne aussi l’occasion d’approcher ce malêtre qui est beaucoup celui de l’adolescence.Olivier Keimed r -irj-P'jLj] Dîiûüst Du 16 avril au 9 mai 2009 Billetterie: 514-282-3900 ¦ "v André Perrier .Marie-Josée Gauthier Marcel Pomerlo Paui-AntoineTaillefer ei Harry Standjofski t£ïü3 03 asssaAfir Mise en scène de Patrick Quintal Distribution: Lysanne Gallant : Benoît LagrandeuQ Guylaine Rivard Marianne Roy «Fl Coproduit par: Texte de Catherine Cyr IMAGINE La ballade pour la paix de John & Yoko 2 avril - 21 juin/Entrée gratuite Quarante ans plus tard, venez revivre le bed-in de John & Yoko en prenant place dans un lit entouré des images et de la musique de cet événement marquant.Transmettez à votre tour le message de paix lancé en 1969 : jouez la partition d’Imagine sur le piano blanc, écrivez vos souhaits sur les arbres à vœux de Yoko Ono, apposez le tampon encreur « Imagine Peace » sur les planisphères, lisez des ouvrages dans la Bibliothèque de la paix et jouez aux échecs avec Play It by Trust.Pour en savoir plus, visitez www.mbam.qc.ca/imagine Aussi ouvert les mercredis, jeudis et vendredis soirs jusqu'à 21 h 1380, rue Sherbrooke Ouest.Métro Peel / Guy-Concordia M MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Pavillon Jean-Nofil Desmarais www.mbnm.qc.cn | 514-285-2000 fttGtrO AstralMerfin jni Baldwin ËksSlî! Ain CANADA® |,K DEVOIH agrandi, le double dont l’existence se trouve inquiétée par le dispositif même.Les surfaces lisses, neutres, sans histoire sur lesquelles jusqu’à présent l’artiste a jeté son dévolu, sont le prétexte à des explorations virtuelles qui ont moins pour effet d’asseoir des certitudes que de brouiller les repères spatiotemporels.L’expérience que fait le spectateur du site devient en cela décalée du fait qu’il ne saisit jamais le lieu en lui-même, mais toujours par l’intermédiaire de sa repré- sentation.La dynamique entre les composantes architectoniques du lieu et le dispositif est constamment activée par un jeu de révélation réciproque qui rend la perception de l’un et de l’autre toujours forcément partielle.L’œuvre de l’artiste s’inscrit dans l’héritage de la sculpture minimaliste et des pratiques de Vin situ auquel il ajoute l’apport de la technologie et de l’imagerie virtuelle.Ses interventions se présentent ainsi comme des projections mentales; elles donnent à ima- giner qu’elles sont immatérielles, mais elles sont en fait une mise à l’épreuve physique des modélisations obtenues par ordinateur.Par la justesse de sa réalisation, l’installation parvient à retenir l’attention, à intensifier la perception et à intriguer le regard.Le pari d’avoir voulu dicter l’intervention par les composantes du lieu d’accueil est ici fructueux.Cette avenue pourra s’avérer toutefois plus étroite dans le futur.Collaboratrice du Devoir Galerie Espace Robert Poulin jusqu'au 12 avril f SECOND MARCHE GARNEAU, JOHNSON, LAÇASSE, LEDUC, RIEN, WYSE.la saga de Gisli Sursson MARC-ANTOINE NADEAU à partir du 16 avril 4844 bl.Saint-Laurent Tél.910-8906 www.espacerobertpoulin Hb?' ' k m MAINTENANT OU JAMAIS! DERNIÈRE SEMAINE! JUSQU'AU 19 AVRIL 1379.rue Sherbrooke Ouest.Métro Peel/Guy-Concordia Aussi ouvert les mercredis, jeudis et vendredis soirs jusqu'à 21 h Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins* ‘Accompagnés d'un adulte.Non applicable aux groupes.M MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Pavillon Michal et Itenaln Hornstein www.mlmm.qr.rn | 514-285-2000 AIR CANADA 1$ John Lennon et Yoko Ono, Bed-ln rie Montréal, 1969.Collection Yoko Ono Lennon.New York.Photo Ivor Sharp / © Yoko Ono L'exposition Vân D(>ngen est coproduite par le Musée des beaux arts de Montréal et le Nouveau Musée National de Monaco en collaboration avec le Museu Picasso de Barcelona.Kecs Van Oonftn.(Kvtrsi d'une chanteuse de cabaret (détail), vers 1908.huile sur toile, $4 * 44 cm.Collection particulière.«0 Succession Kees Van Oongen / SODRAC (200B) ¦ ci BE 11 C C C c LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET I) I M A N CUE 12 A V B I L 2 O O 9 DE VISU Ventes de printemps Oboro, le centre en arts numériques de la rue Berri, célèbre ses 25 ans par une campagne de financement.Le hasard des programmations, ou des temps difficiles, veut que deux autres collectes de fonds aient cours au même moment.POUR L’ART Galerie B-312,372, rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu’au 18 avril.LE 25’ PRINTEMPS D’OBORO Centre Oboro, 4001, rue Berri, du 18 avril au 2 mai.ENCAN PLEIN SUD Théâtre de la ville de Longueuil, 180, rue de Gentilly Est, le 23 avril.JÉRÔME DELGADO Un banquet et un encan au centre Oboro, une expo-vente à la galerie B-312, une autre vente aux enchères à Plein sud, le centre d’exposition de Longueuil.En avril, ces collectes de fonds interpellent directement le collectionneur, qu’il soit occasionnel ou compulsif.En ces temps de récession, répondra-t-il présent?«Nous sommes plus stressés que les autres années, confie Hélène Poirier, directrice générale et artistique de Plein sud.Deux facteurs nous font croire que les ventes seront moins bonnes.D’abord, il y a eu une meilleure réponse des artistes, preuve qu’eux aussi ont besoin de vivre.Et des entreprises comme Loto-Québec, qui ont les gros budgets, qui achètent les grandes œuvres, ne nous ont pas encore confirmé leur présence.» Plus de vendeurs, moins d’acheteurs, l’exercice biennal, prévu dans une dizaine de jours, risque de tourner court, d’autant plus que le centre doit assumer davantage de coûts.«Les commanditaires se sont k montrés plus difficiles, dit Hélène Poirier.Ils nous soutiennent, mais leur contribution a diminué.» Selon Marthe Carrier, directrice de B-312, l’expo-vente annuelle, en cours depuis mars, montre des signes de ralentissement.Elle espère que les recettes seront aussi bonnes, du moins pas pires que celles de 2008, une récol- eauboro te déjà peu fructueuse, très loin du record de 2005 et les 30 000 $ amassés.«J’ai fait une analyse rapide de nos données, avance-t-elle, alors que l’exposition Pour l’art se trouve à mi-parcours.On a vendu presque autant d’œuvres que l’an dernier, mais on n’en est qu’à 55 % du montant global.Ça signifie que les acheteurs ont privilégié des œuvres moins dispendieuses.» Daniel Dion, directeur d’Obo-ro, croit par contre que l’art et la culture en général gagnent lorsque les gens comptent leurs sous.«C’est sûr qu’il n’est pas facile d’aller chercher des fonds, admet-il néanmoins.Mais ce sont des cycles.Et au Québec, paraît-il, la consommation culturelle a augmenté.C’est comme si, en temps de récession, on avait davantage les moyens de s’ouvrir l’esprit.» Le cas Oboro, à 25 ans L’optimisme semble être la philosophie de Daniel Dion et du centre dont il est l’un des fondateurs.Oboro tire d’ailleurs son nom d’un symbole mythologique appelant l’espoir.L’ouro-boros, représentation d’un serpent qui se mord la queue, évoque non pas l’autodestruction, mais le cycle du temps, l’ét.ernelle renaissance.A Oboro, on n’organise pas «Au Québec, paraît-il, la consommation culturelle a augmenté.C’est comme si, en temps de récession, on avait davantage les moyens de s’ouvrir l’esprit» qu’un simple encan.Celui prévu dans une semaine, agrémenté d’un banquet composé «des parfums et des délices les plus exquis», est le premier pan d’une campagne de financement organisée à l’occasion du 25e anniversaire du centre en arts médiatiques.L’objectif pour l’ensemble de la campagne, établi à 50 000 $, n’est cependant pas une obsession, assure Daniel Dion.«Si on avait voulu faire de l’argent, dit-il, on aurait choisi 20 noms connus [au lieu de la centaine d’artistes connus et méconnus).On tient une vente dans un esprit joyeux, pour célébrer d’abord et avant tout la création.» Il faut dire qu’Oboro est un des centres les mieux appuyés par l’argent public.Si on ne tient compte que des subventions du CALQ pour le fonctionnement en 2008-09, Oboro figure dans le peloton de tête avec 172 000 $.Pour la même période, la galerie B-312 a reçu un peu plus du quart de cette somme (environ 60 000 $).On comprend qu’une collecte de fonds ne soit pas toujours une question de vie ou de mort.L’argent amassé sous le signe du 25‘‘ printemps PHOTOS ANNIE TREMBLAY d’Oboro ne sera pas destiné, assure par ailleurs Daniel Dion, «à la gestion», mais à un fonds de dotation pour des «activités artistiques».Les 100 artistes réunis, choisis pour avoir déjà eu un lien avec le centre, ont été appelés à créer un «oboro», sorte d’appellation poétique et fantaisiste désignant une œuvre.Et l’ensemble de ces oboros, «fruits de l’imagination», peupleront la grande salle d’exposition tel un jardin luxuriant.La métaphore végétale, comme clin d’œil au destin, Oboro la poussera jusqu’à aller planter un arbre au parc Lafontaine le dernier jour de l’exposition.Avec tous ces oboros, B-312 et Plein sud, l’offre est plus qu’alléchante.La demande, malgré la crise, saura-t-elle en profiter?Collaborateur du Devoir Beaux-arts des Amériques art contemporain 3944 rue St-Denis Montréal, QC www.beauxartsdesameriques.coin Carol Bernier Catherine Parish - Violaine Gaudreau Expositions jusqu'au 18 avril Dernière semaine GALERIE SIMON BLAI www.galeriesimonblais.com 514 849-1165 LA THÉORIE DES CORDES 120 cm x 133 cm Hu ant plastique et cordes.»*'¦.* , > ' ¦ * ' ,» * - - ¦¦ .• • - *.'te , ^ ^ W \ C.^ DESSINE.MOI LE COSMOS Quartier Litre Galerie d’art DU JEUDI 9 AVRIL AU DIMANCHE 3 MAI.4289 rue Notre-Dame Ouest à Montréal (Métro Place Saint-Henri).Du mercredi au vendredi de 12h à 18h et les samedis et dimanches de 12h à 17h Renseignements : 514-933-0101 ouwww.quartierlibregalerie.com Du 18 mars au 18 avril 2009 Michel Bourguignon Tout en panache GALERIE BERNARD 3986 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H8W 2M8, Tél.: 614.877.0770 www.galeriebemard.ca JfeV : 11-19HET3: 18-17H ^ 19 avril - Conférence Lesbeau x DANTE E7’lA divine comédie détours 14 mai - GATINEAU et OTTAWA cu'tViuVris Bibliothèque, archives et tulipes! 23 mai - INGRES ET LES MODERNES 2e beau détour à Québec pour cette exposition www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Roscmonl Exposition.14 avril au 2 mai 2009 Vernissage* jeudi 16 avril 2009 (17h-19h) GALERIE GORA • 279 Sherbrooke Ouest, *205 • Montréal (514) 879.9694 • Métro Place-des-arts (sortie Bleury) art@gallerygora.com • www.gallerygora.com Musée d’art de Joliette François Laçasse 25 janvier - 3 mai, 2009 Claudie Gagnon Rétrospective co-pmduite avec Expression l«r février - 26 avril, 2009 Hiver Javier Téllez 1,r février - 10 mai, 2009 145, rue du Père Wilfrid Cortoell Joliette (Québec) CANADA 450 756-0311 www muiee|nllette urg Muet* d'art Di JÔltÏTTt Mardi «u dimanche.17 hé 17 h WW K 10 L E l> E VOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 AVRIL 2 0 0 9 CULTURE CINEMA Oscar Martinez dans Les enfants sont partis, de Daniel Burman Dérives, façon argentine SOURCE AZ FILMS LES ENFANTS SONT PARTIS (EL NIDO VACIO) (THE EMPTY NEST) Réalisation: Daniel Burman.Scénario: Daniel Burman, Daniel Mendier.Avec Oscar Martinez, Cecilia Roth, Arturo Goetz, Inès Efron, Jean-Pierre Noher.Jean Pierre Noher.Image: Hugo Cola-ce.Montage: Alejandro Broder-sohn.Musique: Nicolas Cota.ODILE TREMBLAY Ce film très fin, sorte de blues de la cinquantaine, à la Woody Allen, façon argentine, aborde le vide existentiel.Les enfants sont partis est réalisé par Daniel Burman, chef de file de la nouvelle vague argentine, doté d’une signature extrasensible (on lui devait déjà Le Fils d’Elias et Les Lois de la famille, tous deux sélectionnés aux Oscar).Cinéaste de l’intime, de la famille, du moment charnière où tout bascule et où les failles se révèlent, Burman jongle avec le réalisme magique, si collé à l’âme argentine, mais par toutes petites touches, ouvrant la porte sur des univers intérieurs, parfois oniriques, plus réels que le réel sur un scénario intelligent qui insinue davantage qu’il n’explique.Les enfants sont partis s’appuie sur une trame toute simple et deux grands acteurs.Cécilia Roth, l’actrice de Tout sur ma mère d’Almodôvar, et Oscar Martinez, grand comédien argentin, incarnent le couple épuisé par sa longue course de vie, désemparé après le départ de leur dernière \ |É m in* S*»:» ' , "., Une scène du film Les enfants sont partis, de SOURCE AZ FILMS Daniel Burman fille.Un couple qui dérive, et où chacun tente de réaliser ses fantasmes, avec plus ou moins de bonheur.Ça se joue avec des ellipses, des fractures étranges, qu’il faut être attentif à décoder.La caméra entre dans l’esprit du héros réfugié dans son monde, et des scènes oniriques chantées, très courtes, remplies d’imagination, prennent le relais de l’action.Leonardo, célèbre écrivain en panne d’inspiration (excellent Oscar Martinez), ennuyé par les conversations décousues des amis de son épouse, reluque une jolie fille, qui deviendra sa dentiste, fantasme de son démon du midi.Il communique aussi avec un ami imaginaire, le sage docteur Spivack (Arturo Goetz).Qui est réel et qui est fictif dans l’entourage de cet homme troublé?Au spectateur de deviner.Quant à Cécilia Roth, en Martha dispersée, entourée, se grisant d’un retour aux études et d’amitiés arrosées pour oublier sa jeunesse qui fuit, elle dégage cette ironie de biais qui empêche son personnage de sombrer dans la superficialité.Avec une amertume, une ironie, et ce pinceau juste et subtil pour traduire le vide d’existences en quête d’elles-mêmes, Daniel Burman s’attaque à la tâche difficile de capter des signes plus évocateurs que les mots.Parfois, la mise en scène s’étiole un peu et le montage aurait gagné à un certain resserrement, mais le scénario demeure brillant, et ce portrait juste ne cherche jamais l’esbroufe.Il s’accroche à la menace muette d’un avion israélien passant au-dessus du couple en voyage, au livre du gendre que l’écrivain n’arrive jamais à lire, à une chanson absurde célébrant la beauté de Martha par un ancien amant, à un avion téléguidé qui dit la nostalgie d’un autre âge.Les enfants sont partis tient de la sonate mélancolique, sur un dénouement de lumière.Le Devoir Déballages en tous genres LE BAL DES ACTRICES Réalisation et scénario: Maiwenn.Avec Maïwenn, Jeanne Baübar, Romane Bohringer, Julie Depardieu, Charlotte Rampling.Image: Pierre Aim et Claire Mathon.Montage: Laure Gardette.Musique: Gabriel Yared.France, 2009,105 min.ANDRÉ LAVOIE Il suffit de lire les biographies de stars, et celles de tous les grands cinéastes qui les ont fréquentées, pour savoir que leur vie n’est pas toujours une sinécure.Et que dire de toutes ces aspirantes qui rêvent d’atteindre les plus hauts sommets et s’époumonent à mi-par-cours.Evidemment, à côté du Darfour et de la prison de Guantanamo, il faut savoir relativiser les tragédies.C’est d’ailleurs ce que fait l’actrice et cinéaste Maïwenn dans Le Bal des actrices, une fantaisie sur la condition de toutes ses consœurs parisiennes, des plus anonymes aux plus célèbres.Caméra numérique à la main, elle est partie en quête de leur intimité, et surtout de leurs confidences, celles qu’elles n’oseraient jamais déballer dans un talk-show.Or, non seulement plusieurs d’entre elles ouvrent la porte de leur maison ou de leur cour (chez Julie Depardieu, les poules courent partout!), mais aussi du cabinet de leur chirurgien esthétique, du studio de l’agence de casting ou encore d’un atelier de théâtre dirigé par une Christine Boisson qui en prend ici plein la gueule, gracieuseté d’une débutante hystérique (Karole Rocher).Cadrages instables, images floues, montage hachuré: tout laisse croire qu’il s’agit là d’une véritable fenêtre sur le réel et, à ce jeu, Maïwenn remporte haut la main son pari.Toutes ces actrices semblent se livrer sans filtre et leur passé cinématographique cautionne parfaitement leurs affirmations.Qu’une Jeanne Balibar commence à en avoir marre de sa réputation d’intello ou que l’ex-mannequin Estelle Lefebure veuille montrer autre chose que son image de femme-objet, rien de plus vraisemblable.Et cette liste n’est en rien exhaustive tant le déballage de frustrations est imposant, et fort amusant.Mais d’autre part, qui pourrait croire aux prétentions hollywoodiennes d’une Karin Viard ou que Romane Bohringer est déjà à classer dans la catégorie «has been»?En fait, l’histoire des unes est en partie le drame des autres, celles que l’on ne voit pas à l’écran — les amateurs de journaux à potins feront tous les recoupements possibles — et surtout de toutes les comédiennes, peu importe leur nationalité, qui doivent affronter les ravages du temps, les effets de mode, le poids des étiquettes (admirablement illustré par la «comique» Muriel Robin, qui flirte ici avec les «théâtreux»), les humiliations des auditions, etc.Car au-delà du parisianisme bon teint qui émane du film, c’est la grande jungle du cinéma que l’on découvre, très fournie en potins, vachement superficielle et faussement voyeuriste, surtout du côté de Maiwenn et de ses défis de conciliation travail, famille.et désirs sexuels.De plus, comme il est difficile d’y échapper dans le cinéma français, elle s’égare à son tour dans les méandres colorés de la comédie musicale, autre prétexte à faire chanter des actrices qui devraient approfondir leur jeu plutôt que d’atrophier leurs cordes vocales.Certains numéros collent toutefois très bien à la personnalité de leur interprète, dont la toujours mystérieuse Charlotte Rampling, mais il s’agit surtout de parenthèses rigolotes entre deux moments de «vérité».Et c’est d’abord la vérité d’une cinéaste qui s’amuse à l’enrober de multiples et délicieux mensonges.Collaborateur du Devoir i K SOURCE K FILMS Le Bal des actrices, de Maïwenn, est une fantaisie sur la condition de toutes ses consœurs parisiennes, des plus anonymes aux plus célèbres.La balade des paumés ADRIFT IN TOKYO Réalisation et scénario: Satoshi Miki.Avec Jô Odagini,Tomokazu Miura, Kyôlo Koizumi, Yuriko Yo-shitaka.finage: Souhei Tangawa.Montage: Nobuyuki Takahashi.Musique: Osamu Sakaguchi.Japon, 2007,101 min.v.o.avec sous-titres anglais.ANDRÉ LAVOIE Ce n’est ni une comédie burlesque, ni un essai philosophique, ni un regard sociologique, ni un road-movie respectant à moitié les limites de vitesse.En fait, c’est un peu tout cela à la fois, sans doses excessives.Dans Adrift in Tokyo, le cinéaste japonais Satoshi Miki nous propose une promenade dans les rues de PUTAIN DE GUERRE! 1914-1915-1916 .: m " Bibliothèque et Archives nationales du Québec vous invite à assister au spectacle wmm Dominique Grange interprétera des textes et des chansons contestataires inspirés et illustrés par des images du bédéiste Tard!.elle sera accompagnée au piano par Philippe Mira.présenté en exclusivité à Montréal à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque m mm le jeudi 16 avril à 19 h 3 entrée libre Auec le soutien de Unstitut des métiers de la musique, des éditions Casterman et du Consulat de France 475, boul.De Maisonneuve est, Montréal ék®® BeniUQAM Renseignements : 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 BiblMhique at Archivas national*» unvw.banq.qc.ca Québec »u cette ville tentaculaire mais rarement au pas de course, et encore moins en voiture.Il faut souligner aussi que les deux compagnons de route ne se ressemblent en rien, du moins au début de leur périple tranquille (mais pas toujours) à travers la ville.Fumiya (Jô Odagini, surnommé le «Johnny Depp japonais», mais qui est parfois plus près d’Adam Sandler.), un étudiant qui pourrait se confondre à la foule des grévistes de ITJQAM, possède plus de dettes que de diplômes.Il reçoit la visite d’un dénommé Fukuhara (Tomokazu Miura, candide et cabotin), collecteur qui ne badine pas avec les retards.Or, peu de temps avant la fin de l’ultimahim, il propose au jeune paumé un autre moyen d’effacer son ardoise, et même d’obtenir un léger bénéfice: marcher avec lui dans les différents quartiers de la ville avant de se rendre à la police pour le meurtre de sa femme.Leurs étranges pérégrinations, ponctuées de renconfres parfois insolites ou foudroyantes, provoquent chez le jeune homme une curieuse nostalgie, celle d’une enfance marquée par l’absence d’un cadre familial rassurant et de petites humiliations amoureuses.De duo dépareillé ils deviennent peu à peu complices dans ce manège d’émotions contradictoires et de situations incongrues, dont la reconstitution d’une fausse famille idyllique.En contrepoint, les collègues de la femme de Fukuhara commencent à s’inquiéter — c’est là un grand mot.— de son silence et décident de partir à sa recherche; une quête bien intentionnée, mais drôlement mal coordonnée.Dans Adrift in Tokyo, les visées des personnages sont sans cesse transformées par une foule de petits événements qui ralentissent ainsi leur course.Cette nonchalance amusante leur donne l’occasion de discourir sur une foule de sujets, qu’il s’agisse de l’hypocrisie sociale (le collecteur est aussi engagé comme «figurant» à un mariage pour augmenter artificiellement le nombre de convives autour des nouveaux mariés), des aléas de la vie de couple ou celle d’une famille disloquée.Satoshi Miki ne cherche jamais le rire gras et facile.Ses personnages, des funambules sur le fil ténu d’une existence dérisoire, traversent le film avec beaucoup de délicatesse.Les truands ne sont jamais que de sombres crapules et les écervelés, à défaut d’avoir beaucoup de gros bon sens, finissent par montrer une touchante sensibilité.Rarement les vertus de la marche à pied auront été célébrées avec une telle tendresse.Collaborateur du Devoir SOURCE EVOCATIVE FILMS Dans Adrift in Tokyo, le cinéaste japonais Satoshi Miki nous propose une promenade dans les rues de cette ville tentaculaire.* mm \ r fir r r r j,If f .i -f * I* K I) K V 0 I K .LES SAMEDI II K T DI M A X C 11 E 12 A V H 1 L 2 » 0 i> HMEMA LUNDIS ÉTUDIANTS 3/1 sur presentation de la carte d'étudiant BOITE NOIRE Petit portrait d’époque THE MYSTERIES OF PITTSBURGH Réalisation et scénario: Rawson Marshall Thurber, d’après le roman de Michael Chabon.Avec Jon Foster, Peter Sarsgaard, Sienna Miller, Nick Nolte, Image: Michael Barrett.Montage: Barbara Tulliver.Musique: Theodore Shapiro.Etats-Unis, 2008,96 min.ANDRÉ LAVOIE Alors que plusieurs cinéastes ne cessent de cultiver la nostalgie des années 1960 et 1970, narguant au passage ceux qui ont eu le malheur de naître pendant ou après cette époque supposé-ment bénie, d’autres commencent à explorer la décennie qui suit, et d’une manière moins caricaturale que celle appliquée dans The Wedding Singer.Nous prendrons garde ici de parler d’une vague mais, tout juste après Adventure-land, de Greg Mottola, The Mysteries of Pittsburgh, de Rawson Marshall Thurber, ratisse le même territoire, et avec la même simplicité.Pour eux, l’essentiel n'est pas de reproduire la quincaillerie d’antan, mais de saisir le parfum de ce temps de consumérisme triomphant, et aussi d’espoirs parfois déçus.Ceci n’empêche pas les protagonistes d’aspirer à l’amour et à la liberté.Dans The Mysteries of Pittsburgh, le cinéaste pousse l’ascétisme encore plus loin: mis à part quelques bagnoles et les précisions du narrateur (nous sommes à l’été 1983, souligne-t-il), bien malin celui qui pourrait mettre une date précise sur le temps du récit.Et c’est le dernier de ses soucis dans cette adaptation du premier roman de Michael Chabon, sorte de Jules et Jim de Père Reagan au cœur d’une ville industrielle aux abords pas très mystérieux.C’est pourtant là qu’Art Oon Foster, propret, sans plus) va tenter de s’affranchir de son père (Nick Nolte, le choix évident), un puissant criminel pour qui il s’apprêter à travailler.Le jeune homme s’ac- corde toutefois quelques mois d’insouciance dans une librairie de livres d’occasion, au salaire minimum mais avec un bénéfice qui est loin d’être marginal: des parties de jambes en l’air avec la gérante aux quatre coins du magasin.Lors d’une soirée bien arrosée, il fait la connaissance de Jane (Sienna Miller, belle et rebelle), une violoniste séduisante et transparente; elle se plaît en sa compagnie mais ne lui cache pas qu’elle a un amant, Cleveland (Peter Sarsgaard, à la fois petit prince et bad boy).Le lendemain, celui-ci débarque devant Art comme un ange de la mort, simulant une jalousie maladive, mais il s’agit d’un jeu, celui du mensonge et de la séduction.peu importe qu’il soit devant une femme ou un homme.Avec ce couple étrange, Art va vivre un été inoubliable, rempli de surprenantes découvertes sur l’amour, le sexe, le monde des petits truands et un continent pas encore exploré: lui-même.Impossible de voir en Pittsburgh la quintessence de la ville cinématographique.Or, dans ce film qui refuse la carte de la nostalgie (jusque dans la bande sonore, mis à part quelques relents de musique punk), cette cité anonyme représente tout ce qui semble étouffer ce trio infernal.La médiocrité à laquelle les trois tentent d’échapper transcende les époques, et leurs ambiguïtés — sexuelles pour certains — donnent à leur complicité, et à leurs escapades mouvementées, un cachet séduisant.Même avec ce souffle de liberté, le cinéaste fait preuve d’une certaine retenue dans la description des aventures sexuelles des protagonistes (le roman a été écrit en 1988, le film tourné en 2008, d’où l’écart dans les audaces.), mais ce petit portrait d’époque prouve que la vie ne s’est pas arrêtée en 1980.Et que la jeunesse a continué à faire de gros pieds de nez au monde conformiste des adultes.Même celle de Pittsburgh.Collaborateur du Devoir Une scène de The Mysteries of Pittsburgh Tl/etcM, -to — PITTSBUR< 007?VQ 13) ^ Fll.MS SEVIU.i; Dans Parlez-moi de la pluie, les personnages tentent d’échapper aux ondées, et surtout aux bourrasques du racisme ordinaire, du mensonge politique et des névroses familiales.Il fait toujours beau quelque part PARLEZ-MOI DE LA PLUIE Réalisation: Agnès Jaoui.Scénario: Agnès Jaoui et Jean-Pierre Ba-cri.Avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Jamel Debbouze, Pascale ArbilloL Image: David Quese-mand.Montage: François Gédi-gier.France, 2008,98 min.ANDRÉ LAVOIE Dire une chose et en penser une autre: voilà qui résume, sans le simplifier, l’art d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, ce merveilleux tandem du cinéma français qui depuis plus de 15 ans l’illumine de son humour pince-sans-rire, de son sens aigu de l’observation et surtout de son intelligence vive.Dès leurs premières collaborations avec Alain Resnais {Smoking/No Smoking, On connaît la chanson) et surtout lorsque Jaoui a pris place derrière la caméra {Le Goût des autres, Comme une image), leur petit monde d’intellos névrosés et de frustrés sympathiques nous est devenu aussi familier que celui d’un Woody Allen — et dont les deux créateurs se réclament, à juste titre.Chez Jaoui-Bacri, chaque film devient une traversée des apparences, un jeu de va-et-vient qui n’est pas sans risques lorsqu’il s’agit d’accéder aux finesses de la culture ou aux délices de la notoriété.La mécanique demeure la même dans Parlez-moi de la pluie, mais le cadre s’est déplacé vers les beautés rugueuses du sud de la France, et pas nécessairement sous un soleil de plomb: «le temps est pourri» pour ces personnages qui tentent d'échapper aux ondées, et surtout aux bourrasques du racisme ordinaire, du mensonge politique et des névroses familiales.Ces perturbations sont provoquées par l’arrivée d’Agathe Villanova (Jaoui, snob et chiante, c’est un plaisir renouvelé), féministe récemment convertie à la politique active et qui se présente aux prochaines élections dans sa région natale; le choix du lieu ne l’enchante pas, car il lui fut imposé.Michel Ronsard (Bacri, lourdaud à souhait, un air connu), soi-disant grand reporter, et Karim (Jamel Debbouze, présent sans voler la vedette), un ancien stagiaire du journaliste devenu réceptionniste dans un hôtel, veulent la suivre pour un film célébrant la réussite des femmes.Celle d’Agathe est indéniable et contraste avec l’existence morose de sa sœur Florence (Pascale Arbillot, plus irritante que crédible), mariée à un philosophe du dimanche et pleurant encore (de rage) la mort de leur mère, celle qui allait ramener avec eux d’Algérie sa fidèle servante et son fils.Karim.Entre lui et Agathe, il y a de la tension dans l’air, tout comme entre Michel et Florence, mais d’une tout autre nature.La manière Jaoui-Bacri, c’est aussi celle des dialogues finement ciselés et, surtout, de ce talent délicat à esquisser des personnages secondaires qui ne font pas que graviter autour des stars.Petite employée d’hôtel, paysans en colère ou amoureux négligé par sa copine politicienne, ils affichent tous une évidente humanité, prennent la place qui leur revient.Cette habileté est à nouveau confirmée, surtout dans cette illustration du malaise français par rapport à son passé colonial en Algérie.Là où le confort commence à devenir routine, c’est dans ce calibrage des émotions et des effets, Jaoui se refusant aux excès, filmant avec la distance des observateurs lointains.La petite musique du duo devient parfois une ritournelle prévisible, égratignant poliment la surface des choses, des réputations, des éti- quettes.En somme, une propension à l’élégance pour un film qui se perd dans les méandres d’intrigues amoureuses anecdotiques, diluant le potentiel d’ironie qui fait aussi partie des qualités méritoires du tandem.Dans Parlez-moi de la pluie, les orages du cynisme devant les vanités de notre époque ne provoquent pas beaucoup de fracas.Comme quoi il fait toujours beau quelque part, même dans les films d’Agnès Jaoui.Collaborateur du Devoir INCONTOURNABLE! La Presse « COMÉDIE IRRÉSISTIBLE ! UNE BRILLANTE FUGUE QUI DONNE ENVIE DE S'AIMER! >f Le Nouvel Observateur « RAREMENT CHEZ AGNÈS JAOUI AURA-T-ON AUTANT RI ET ÉTÉ ÉMU.» .UN FILM RÉALISÉ AGNÈS JAOUI g À L'AFFICHE! [bou^hIrvIlIeI elforu'm ?¥i CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS «Excellent.» - Odile Tremblay, LE DEVOIR «Une grande leçon de vie.» Elis Castiel, SÉQUENCES OSCAR MARTINEZ CECILIA ROTH un tilm cto DANIEL BURMAN Tfcj www.airilfm.ca iV.7 m À L'AFFICHE VERSION ORIGINALE ESPAGNOLE VERSION ORIGINALE ESPAGNOLE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS AVEC SOUS TITRES ANGLAIS r-CINEPLEX DIVERTISSEMENTt , CINÉMAS AMC ——1 | QUARTIER LATIN | [LE FORUM 221 CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS Journal de Montréal fhe mette À travers Ier, brumes 7., , m j **‘J8on PMippeDuvol Sebastien Rkard ^ „ ***, Trame sonore disponible en magasin www.dedelefilm.com »— sanala PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE UNE PREMIÈRE RÉALISATION DES PLUS PRIMEE « UN TRIOMPHE ARTISTIQUE.» -Peter Travers, ROLLING STONE '"Èk « INSPIRANT, EXTRAORDINAIRE, UN ÉLOGE À L’INGÉNIOSITÉ HUMAINE.» THE VILLAGE VOICE OAOMANI ¦L PREMIERE REALISATION PRIX DISCOVERY PRIX AUX GENIE MEILLEURE RÉALISATION I MEILLEURE INTERPRÉTATION MASCULINE DANS UN PREMIER RÔLE MEILLEUR MONTAGE • MEILLEUR SCÉNARIO U BRAND GACHANT AUX JUTRA 2009^ MEILLEUR FILM j MEILLEUR ACTEUR • MEILLEUR SCÉNARIO, { ¦ HM tfilCftlK ¦ un film de STEVE MCQUEEN HUNGER (GRÈVE de LA FAIM) MICHAEL FASSBENDER LIAM CUNNINGHAM f MARIE; & 1 .; •'""X''1 DÈS LE 17 AVRIL CE QU’IL FAUT POUR VIVRE MF! 1011 Pli , IIIIÜIlPMi llimilll srs ' - **t.®1fltÔfffil8lll31»!lliWmiLI ILArlBKlMllirmiil' IH KWH’•AHW W 11 111' M MEDIA .m , v Gl4t>.• K'jMIfStliM! »w»».il W A L’AFFICHE DÈS LE VENDREDI 17 AVRILI Résultats des ventes: du 31 mars au 6 avril 2009 TWILIGHT LEONARD COHEN Live In London SLUMDOG MILLIONAIRE J QUANTUM OF SOLACE PUNÉTE TERRE: SÉRIE COMPLÈTE ^3 MARLEY S ME LES INVINCIBLES Saisons 1 et 2 THE PRIESTS In Concert at Armagh Cathedral J SEVEN POUNDS BOLT COFFRET COLLECTION HOMMAGE Gilles Carle JÉSUS DE NAZARETH POIROT Coffret 4 DÉFI-DIÈTE 2009 Josée Lavigueur BEN-HUR THE TUDORS Season 1 TOC TOC TOC Volumes 5 et 6 TEN COMMANDMENTS ANNIE BROCOU G Show au broco Show 24 Season 1 I U *
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