Le devoir, 19 mars 2005, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2 0 0 5 MUSIQUE l n modèle pour Montréal ?Page E 5 DE VISU Le droit à l’image en question Page E 6 le devoir 'K*'* © ROCK’N’ROLL Ça plane pour Malajube BERNARD LAMARCHE Depuis deux ans que la formation Malajube existe, elle vit ce qui commence à ressembler à un conte de fées.Inconnus au moment de sortir le mini-album Le Robot Sexy en 2003, les quatre gars du groupe, dans la jeune vingtaine, font depuis tourner les têtes.A telle enseigne que le groupe est Malajube considéré, par ' ceux qui ne trouve son craignent pas de polariser ton du côté leur vision du monde, com-d’une me la réponse .francophone à attitude certains j, .,, groupes de la désinvolte scène anglo- phone qui suscitent actuellement un engouement international.Dimanche dernier, au gala des MIMI, Malajube a remporté les deux prix qui lui permettent d’envisager l’avenir avec espoir et a livré devant public deux pièces à un train d’enfer.L’album Le Compte complet (sur étiquette Dare to Care) n’a été lancé qu’à la fin de l’automne dernier.Le quartet a déjà deux enviables prix MIMI en poche: Nova, qui souligne la «créativité et l’innovation qui fera école», rien de moins, puis Etoile filante, le prix des grandes promesses, qui dit combien le jury fonde sur Malajube de plus grandes aspirations pour 2005.Pile poil Pour être totalement honnête, il m'a fallu assister au gala des MIMI dimanche dernier pour être emporté par la tornade Malajube.L’album m’était apparu bien ficelé, mais sans grandes trou-vaiDes, avec un don certain, toutefois, pour cristalliser plein de références éclectiques, connues jusqu’alors, de l’électro au punk, leurs anciennes amours, et du prog rock au métal second degré.Avec aplomb, la musique de Malajube incorpore à cette mouture hybride certains des aspects de la nouvelle chanson française, avec son élégance un peu affectée.Sur le bref Compte complet, La Valérie vaut bien n’importe quel hit de tous ces groupes qui renouvellent le rock indépendant aux Etats-Unis comme ailleurs.Devant Malajube en chair et en os sur une scène, soit on est immédiatement soulevé, soit on restera insensible à vie.Le groupe, le chanteur Julien Mineau en tête, possède la gueule juste ce qu’il faut pour rouler sa bosse longtemps.Si le rock’n’roll est aussi une question d'image, Malajube n’a rie'n à envier à personne.Alors VOIR PAGE E 2 : MALAJUBE Le loup bleu s’attaque à Descartes Après Voltaire et la Bible, la compagnie du Sous-marin jaune monte Le Discours de la méthode Le loup bleu est fier de son coup.Monter un spectacle de théâtre sur le philosophe et mathématicien René Descartes (1596-1650) et Le Discours de la méthode, c’est quand même vachement audacieux.On n’a jamais vu ça, c’est sûr.Surtout pas en marionnettes.ISABELLE PORTER Au début, le loup bleu est poli: «Descartes, c’est une rencontre avec une œuvre, avec toute une époque, avec ce qu’on a fait de lui.Descartes, c’est la star du XMt pour les Françaiêé» Puis, ça se gâte un peu.«On a beaucoup parlé de la modernité de Descartes, mais je crois que c’est beaucoup pour le faire vendre, c’est du marketing de libraires.» Et vlan dans les rotules des grands auteurs.Baveux, notre carnivore en remet «Je pense, donc je suis".So what?À partir du moment où Ü a dit ça, il faut voir tout ce qu’il fait pour se sortir de son pétrin.Aujourd’hui, on est rendus à l'étape du Je suis, donc je pense”, mais est-ce qu’on est plus avancés?Descartes suppose que la seule chose vraiment solide, c’est l’existence de ton esprit, mais c’est après que ça se complique.» Pour ceux qui ne connaissent pas, le loup bleu est une marionnette au look assez rustique et à la verve percutante.Aor C’est lui qui dirige la compagnie du L Sous-marin jau- suis” ^ ne, qui fait dans la ma-rionnette whi |j&M i n t e 11 o §Ë|H épique ¦V pour adultes, la cho-se est née il y a dix ans avec Candide, sui-^ vi en 2001 de La Bible.C’est fou, touffu, brillant, très drôle, et ça tranche avec ce qu’on voit d’ordinaire au théâtre.Outre la richesse des textes conçus anciennement avec la collaboration de la c o m é-dien- « Je pense, PHOTOS: LOUP BLEU Ci l LI L, DECOUVREZ PI RCI .INTENSEMENT ! Inscrivez-vous à l’Ecole internationale d’été de Percé de l’Université I aval Site Web www l.ia.iv ul.ival r.a i m Atelter/semmaire d'architecture Atelier sur l’illustration Aquarelle de voyage Carnet de voyage Séminaire de maîtrise Classe de maître en design : Atelier en photographie Séminaire de maîtrise en et d amenagement d'expression Michael Ktuckner Gilles Motte sur la notion de réalisme signaletiqiie et scénographie numéngue philosophie : de Platon a Borduas nemi Mnrency Lino Ouvert au publu Ouvert au piibü' en art contemporain Rucdi Bâtir nature et paysage Icon More Narbonne .(i" bac en architecture ( to " acquis) Ouvert au public Alexandre David Nrv bar.(751 r acquis) et maîtrise / ourse Tanguay Niv bac (Wlor.acquis) et maîtrise hiveati maîtrise en dorjgn graph, ou en architecture Ouvert au pithlii; adulte en philosophie ou en arts visuels Ecole intoin.dinn.de dote de Perce de l’Université I aval • Moitié d amenagement, d architecture et des ai h visuels • Renseignements et inscriptions tel sans Irais I ISM) «Wi m / • tel (4tH) hüti '701 / • courriel : PerraKo raaav.ill.ival ca ne Lorraine Côté, le sous-marin compte parmi son équipage d’habiles manipulateurs (Jacques Laroche, Dominique Marier, Guy-Daniel Tremblay) et de précieux concepteurs (Ludovic Bonnier, Christian Fontaine, Claudia Gendreau, Jeanne Lapier-re, Isabelle Larivière et Julie Morel).C’est à faire renaître l’enfant en vous.c je L’homme derrière le loup bleu s’appelle Antoine Laprise et a tous les traits d’un passionné bordé-i.So lique.Sur la table qui lui sert de bureau, dans la saDe de répétition du Théâtre de la Bordée, bâti’ » taillent des papiers, un dessin d’enfant, une marionnette à doigts représentant Platon et une vingtaine de bouquins sur Descartes, dont ses terrifiantes œuvres complètes en 11 tomes.Par-dessus les livres, une marionnette en papier adhésif un peu massacrée trahit l’absence totale de complaisance du metteur en scène envers son objet d’étude.To like or not to like Descartes Publié en 1637, Le Discours de la méthode relève moins du traité philosophique que du récit de vie.Sur un ton simple qui fait joli, Descartes expose sa démarche intellectuelle et les bases de sa fameuse méthode qui consiste à tout mettre en doute, à n’admettre pour vraies que les évidences et à ne se fier qu’à la raison.Il parle de ses voyages, dresse des parallèles entre la pensée et l’architecture et nous livre quelques tranches de vie.Voyez vous-mêmes: «J’étais alors en Allemagne, où l’occasion des guerres qui n’y sont pas encore finies m’avaient appelé; et comme je retournais du couronnement de l’Empereur vers l’armée, le commencement de l’hiver m’arrêta en un quartier où, ne trouvant aucune conversation qui me divertît, et n’ayant d’ailleurs, par bonheur, aucunes passions qui me troublassent, je demeurais tout le jour enfermé seul dans un VOIR PAGE E 2 : LOUP BLEU LE DEVOIR.LES SA.MED 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2 0 0 5 E 2 MALAJUBE SUITE DE LA PAGE E 1 que Le Nombre, autre formation rock’n’roll montréalaise de talent, incarne une sorte de décadence rock’n’roll, en comparaison Malajube trouve son ton du côté d’une attitude désinvolte.«On est comme ça.lln’ya pas de marketing là-dessus, pas de moule-, soutenait Mineau en entrevue plus tôt cette semaine.Dimanche dernier, je me suis pour ainsi dire retrouvé sur le cul, assez pour retourner vers le disque pour l’écouter en boucle.Le groupe exploite sa dégaine et son attitude bagarreuse et possède aujourd’hui une assurance et une énergie que d'autres n’auront jamais.Pourtant sans renier Le Compte complet, le groupe se disait déjà distant au moment de le lancer en public.-Ce terme si cher au merveilleux monde du baseball [.] est l’illustration parfaite de la relation ambiguë que nous entretenons aujourd’hui avec le disque: un partage entre la confiance et l'insécurité, l’engouement et la déception; entre le coup sûr et le retrait au bâton.» L’insécurité a rongé le groupe au point où -l'album, on a failli ne pas le sortir», révèle Mineau.-On n’avait pas d’expérience et on ne savait pas si les gens allaient aimer.Je ne sais pas si on se tanne rapidement de nos chansons, mais on est rarement satMaits de ce qu'on fait.On est pas mal instables.» " Rien pour l’aider à s’orienter, le groupe a dû subir toutes les comparaisons du monde depuis la sortie de l’album: un peu des défunts The Unicorns, un brin de; The Stars, aussi le phénomène Franz Ferdinand.A la liste peut s’ajouter The Killers, bien que ces derniers soient trop magnétisés par Duran Duran.Le rapprochement avec The Arcade Fire ne tient qu'à la rapidité de l’ascension des deux groupes, encore que le territoire couvert par les premiers soit plus vaste.Malajube tombe pile poil pour impressionner la scène francophone, avec son énergie rock couplée à la pop survoltée, le tout en français.Conséquemment, le groupe a basculé dans les bacs réservés aux meilleurs vendeurs dans les boutiques de disques.Le Spin Magazine et le New York Times se sont penchés sur Montréal récemment, -en écrivant pas mal de niaiseries», pense Mineau.De l’intérieur, l’engouement est vu comme -une affaire de médias En même temps, ces articles ont mené peut-être plus de francophones à regarder ce qui se passe autour des groupes du Mile-End.Mais ça risque de devenir moins authentique, comme ça l'a été à Seattle autrefois.» -Rien n'a changé pour l’instant», sinon que Mineau se fait peut-être demander davantage d’entrevues.-On ne s'attendait pas à ce que Marie-France Bazzo dise en ondes qu'elle aimait ça, Malajube», confie le chanteur.Reste que Mineau aurait cru viser -un public plus restreint».Le groupe pensait écouler les 1000 copies de son album en un an, mais voilà que 1500 albums ont trouvé preneur et que 3000 autres galettes ont été imprimées.Est-ce un signe que la scène alternative touche un bassin de public élargi?La vie n’a pas changé pour Francis Mineau (batterie), Thomas Augustin (claviers) et Mathieu Cournoyer (basse).-On ne sera jamais comme Les Trois Accords, par exemple.Le monde de Sorel va pas aimer ce qu'on fait, je pense.» Deux des membres de la formation viennent de Sorel, où Malajube n’a pas encore joué.-J’espère qu'on ne sera pas aussi gros que Les Trois Accords, je ne veux pas écœurer le monde avec ça.Il y a des limites.» Le vendredi 25 mars, Malajube fait justement la première partie des Trois Accords, devant 2000 personnes, au Métropolis.Entre-temps, Malajube multiplie les apparitions.Le mercredi 23 mars, Les Moquettes Coquettes les reçoivent lors de leur soirée tenue au Cabaret Music-Hall.Une courte prestation de quatre à cinq chansons sera présentée.Deux jours plus tard, c’est le Métropolis une deuxième fois en deux semaines, après y avoir joué pour les étudiants revendicateurs mercredi dernier.Puis, le 5 avril, en compagnie de Donkey Hart et de The Hot Springs, une autre belle découverte, Malajube roc-kera le Divan Orange.-Ce sont de belles occasions.Mais il ne faut pas que les gens se tannent.A Montréal, c’est peut-être trop», avoue Mineau.Mais, déjà, les FrancoFolies, le Coup de cœur francophone et le Off Festival de Québec lorgnent le quatuor.Quand tout baigne.Le Devoir SUITE DE LA PAGE E 1 poêle (NDLR: chambre de travail chauffée par un poêle de faience), où j’avais tout loisir de m'entretenir 4e mes pensées.» Apologie du doute, le livre sied comme une marionnette dans la main à notre loup bleu qui, réfléchissant tout haut, ne cesse de remettre en question ses propres énoncés.On a vu phis facile comme interiocuteur.-Je ne suis pas contre Descartes, au niveau historique, il est super important.» Puis, cinq minutes après: -Je pense que, sincèrement, on ne lui doit pas grand-chose.» Le loup bleu reproche en outre à Descartes d’avoir fui le débat Le spectacle prend d’ailleurs la forme d’un conte fantaisiste sur le thème de l’intellectuel obsessif qui fuit obstinément les hommes pour assouvir son désir de solitude et réfléchir en paix.«A partir du moment où il a eu l’illumination qu’il fallait tout connaître, il a tout fait pour rester tout seul et réfléchir.En même temps, il ne souhaitait pas débattre de ses propositions.C’est certain que, s’il avait passé du temps à débattre, il n’aurait pas beaucoup avancé parce qu'il y a bien des affaires qui n’ont pas de bon sens dans ses thèses.» LOUP BLEU Une religion Pour Laprise, la confrontation semble être un puissant moteur de création.On l’a vu dans ses récentes mises en scène de Bertolt Brecht (La Bonne Ame de Sé-Tchouan) et l’auteure russe Svetlana Alexievitch (Les Cercueils de zinc).La guerre, le bien, le mal n’ont de cesse de le travailler.Puis, il n’y a rien de tel que d’être en désaccord avec une idée pour en parler et, dans certains cas, en rire.C’était comme cela avec Dieu dans La Bible, son spectacle précédent, puis Pangloss dans Candide, la production qui a lancé la compagnie du Théâtre du Sous-marin jaune.Le loup bleu n’aime pas les dicteurs de conscience, les détenteurs de la vérité.Sa seule religion, ce sont les marionnettes.-Par définition, la marionnette est infinie.Comme Dieu.C’est l’outil qui a permis à l’homme de conquérir le monde; c’est la marionnette qui lui a permis de conquérir la scène.» Au Sous-marin jaune, on ne se casse pas trop la tête avec la mission de la compagnie sur Terre.Le loup bleu aime bien revisiter les classiques et rigoler, et voilà C’aurait pu être Montaigne, ce fut Descartes.Question de meilleure phrase célèbre: -Sa direction artistique [au loup bleu] pourrait être de monter les - un spectacle dune fiaicheur et d'une fantaisie tristounette inésistibles » Jean St-Htane, Le Sole 5Vn ctJuceric ai (etc /e /rlù / im4éuttnrr j* $4 4 tu Mc -¦y., w / " 1 s 1 Il 1 ^ij j ’'’JH if i textes dont une phrase est passée dans le langage courant, comme “Quelques arpents de neige” ou ‘Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes” pour Voltaire, “Rien de nouveau sous le soleil” pour la Bible et puis “Je pense, donc je suis” de Descartes» Quand même, il y a un peu plus d’action dans Candide et La Bible que dans Le Discours de la méthode.-La marionnette n’aime pas trop le monologue, et Le Discours, c’est un monologue de 60 pages, alors.» Alors, on en a remis en s’inspirant de la biographie de l’auteur et de sa correspondance.Il y a même des potins.Ainsi, on saura tout sur l’enfant qu’il a fait avec sa bonne et sur la morale qu’il esquisse, à la fin de sa vie, à la demande d’une princesse dépressive.On rencontrera aussi ses amis et collègues tels le mathématicien hollandais Isaac Beeckman (1588-1637) et l’abbé et scientifique français Marin Mersenne (1588-1648).Au total, une dizaine de marionnettes et deux fois plus de personnages se partagent la scène.Votre humble servante a même vu traîner un Te-letubbie dans le décor et, apparemment, il ne s’était pas trompé de planète.On ne peut être certain que d’une chose à propos de ce spectacle: il pense, donc il est.LE DISCOURS DE LA MÉTHODE De René Descartes Adaptation: le loup bleu.JAise en scène: Antoine Laprise.A la Bordée du 22 mars au 16 avril qui ne Des chansons nouvelles, des chansons de ses disques d’hier et des chansons d’hier jamais encore couchées sur disque, des chansons choisies dans le vaste répertoire de ses préférées d’autrui, Sylvie Tremblay a rassemblé ses amours de chansons le temps d’un enregistrement de spectacle qui, ô justice, la ramène chez les disquaires.SYLVAIN CORMIER Ce n’est pas rien que de retrouver Sylvie Tremblay sur disque, presque treize ans après la dernière fois, soit avec l’album Et tu chanteras.Une sorte de cadeau inespéré pour ceux qui savent quelle exceptionnelle chanteuse elle est et qui, de spectacle en spectacle, lui sont extrêmement fidèles.Surprise, aussi, parce qu’on croyait la fière fille de Ké-nogami pratiquement hors circuit, contente de chanter çà et là en spectacle et de faire la comédienne à la télé pour gagner sa vie.-Pour moi aussi, c’est une belle surprise, convient l’intéressée, attablée chez moi après son gym du mardi./e ne m'attendais plus à rien du côté disque.» Résignation compréhensible mais néanmoins injuste.Est-ce le fiasco de Gala — fa comédie musicale de Jean-Pierre Ferland et Paul Baillargeon dont elle était fa tête d’affiche — qui lui a bloqué 1a rampe d’accès au succès?Est-ce l’humanisme qui, prioritaire chez elle, fa porte volontaire dans tous les spectacles-bénéfices, au prix de son propre avancement?Est-ce son art d’interpréter si polyvalent qu’elle n’a jamais pu s’empêcher de donner dans l’opérette comme dans 1a ritournelle western et 1a chanson d’auteur, quitte à dérouter ceux qui aiment leurs chanteuses dans des petites cases?-On n’a jamais pu me cataloguer.Sûrement que ça n’a pas aidé.Je ne me suis jamais demandé si j’étais rock'n'roll, auteur-compositeur-interprète ou interprète tout court: moi, j’aime chanter ce que je trouve beau et valable, peu importe le genre.» Son public est de la même eau.Même désir de beauté.Même ouverture.-Ça, c’est sûr Ça peut sembler élitiste à dire, mais fai toujours trouvé qu’on avait le public qu’on méritait.Moi, j’ai dans mes salles des gens qui ont l’oreille musicale développée.Qui peuvent comme moi aimer autant une chanson de Renée Martel que du chant classique.» Cercle d’initiés heureux, certes, mais que l’on voudrait voir grossir ce n’est pas parce qu’elle a un quart de siècle de chansons comme bagages qu’il est trop tard pour découvrir Sylvie Tremblay.-Je serais menteuse si je disais le contraire.Quand j’écoute le disque, je me dis que ça se peut.» Enregistré au Studio-théâtre de 1a PdA en octobre dernier -parce qu’on a fini par me convaincre que ça n’avait PîU^psesU d'orchestre «voc nwmJiio .Si /¦ pt r.Xri / ?171 à Montréal du 1 5 mars au 2 avril 19 h 30 â U Salle Fred Barry 4353, rue Samte-Catherine ht (14 253-8974 fredIbarry C ^ ail?¦uwSow- f« lîîTiVl* à Québec du 12 au 30 avril 90 h i Pitfflier Acte — 870, SJjbeiry RisovaKXK.643-8)31 Wormohon 694-Q656 mntfrW *v.ÉQUIPt DE CRÉATION d jp* te tear, « musiguR d'E4 Satie — Mnt en reine jW-PMippe Joubert Inteipteetion Jcen-Phtope Joubert Pend Oudte, C*otae Tanquey et Weivi Tbenpont — Scénopaolw Qauda Gendteeu l CoMxMKn i U creator Vatew Lerocrie t 25* ans de musique.toujours actuelle revisitée par les compositrices joane Hétu Diane Labrosse Danielle P.Roger * De Wondeur Brass à aujourd’hui ! 2 soirs seulement! vendredi 1er avril samedi 2 avril 2005 i 20 h 30 USINE O >350, LalOndetntetre Beaudry] billets: 18 $12$ billeterie: 514-521-4493 V* le Devoir Æ» www.supermusique.qc.ca CHANSON Un amour veut pas mourir JACQUES GRENIER LE DEVOIR «On n’a jamais pu me cataloguer, constate Sylvie Tremblay.Sûrement que ça n’a pas aidé.Je ne me suis jamais demandé si j’étais rock’n’roll, auteur-compositeur-interprète ou interprète tout court: moi, j’aime chanter ce que je trouve beau et valable, peu importe le genre.» pas de bon sens que rien ne subsiste de tous mes spectacles», Sylvie Tremblay en concert est un disque maison, pour ainsi dire fait en famille.Sa vraie famille, deux frères et un beau-frère qui ont soit cosigné une chanson, soit dessiné fa splendide illustration de pochette, soit réalisé l’album, mais aussi sa famille de chanson, le brave et généreux Benoît Sar-razin au piano (-un complice de quinze ans, mon pilier!»), le p’tit nouveau Guillaume Marchand à l’accordéon et aux claviers (-C'est comme s’il avait toujours été avec nous!») et surtout Monique Fauteux, elle-même chanteuse de qualité supérieure, avec laquelle elle harmonise, osons le mot, divinement Divines harmonies Ils sont partout sur le disque, les entrelacs d’harmonies entre les deux amies, -fai la chance d’avoir Monique, j’en profite! Chanter avec elle, c’est tellement beau et tellement sécurisant! Cest compliqué, des fois, ce qu’on fait, mais avec elle, ça coule tout le temps.On est comme d’autres sœurs McGarrigle, on est si proches qu’on se sent parentes.» Monique Fauteux (qui chantait avec Harmonium au temps de L’Heptade, faut-il rappeler) interprète une chanson sur le disque, splendide Amour.Avant-goût d’un album à elle?Finalement?«On la talonne un peu, mais on ne brusque rien.Monique, c’est une soie.Mais elle va le faire, son disque!» Pour l’heure, on renoue avec la Sylvie Tremblay que l’on aime, celle qui a le cœur grand comme 1a planète et qui chante autant les malheureux d’ailleurs (les enfants sa- crifiés de Beslan dans Les Enfants du Caucase, écrite par son frère Robert) que les malheureux d’id (Sur le bord du lac, la chanson dont tout le monde croit qu’elle s Intitule La Crottée, -une de mes nouvelles vieilles tounes jamais enregistrées»).On renoue aussi avec l’éclectique, celle qui aime autant Bette Midler que Sylvain Lelièvre ou Renée Martel et qui reprend ici leurs chansons les plus emblématiques, fa ballade The Rose, l’hymne aux porteurs de paroles qu’est Le Plus Beau Métier et le craquant western/ai un amour qui ne veut pas mourir.Autant de chansons qui, pour Sylvie Tremblay, parlent de 1a même chose: le bonheur de chanter.-J’aurais pu chanter Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous [de Barbara] aussi.Je ne voulais pas faire un show bilan, mais chanter, c’est ma vie, c’est mon “amour qui ne veut pas mourir”, alors c’est sûr que toutes ces chansons qui parlent de chanter me parient.» Et parlent à d’autres.Après quelques jours en magasin, apprenait-on au moment d’achever ce texte, le disque — à tirage modeste, forcément — est en réimpression.Les «happy few» feraient-ils des petits?Pour Sylvie Tremblay, du moment qu’il s’en trouve assez pour lui remplir le Studio-théâtre, où elle reprend le spectacle de l’album les 5,8,9,15,16,22 et 23 avril prochains, ça ira.-Ma seule ambition, c’est de continuer à chanter.» SYLVIE TREMBLAY EN CONCERT Sylvie Tremblay Bébé Boom Productions (Dep) On renoue avec l’éclectique, celle qui aime autant Bette Midler que Sylvain Lelièvre ou Renée Martel préseri'6 '*CW" B U .BiWe«et'e f â i LE DEVOIR.SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 20 0 L E K Culture- THÉÂTRE La corruption, de l’intérieur Guy Sprung et lïnfiniTheatre montent Death and Taxes au Saidye Bronfman Nous vivons une époque épique.Et, telle que mise en relief par les révélations qui s'accumulent à la commission Gome-ry, 1 arrogance des hommes politiques et de leurs sous-fifres en étonne plusieurs.Mais pas Guy Sprung.Il a voulu mettre au jour, de l’intérieur, les racines du mal en replongeant dans les scandales des années 80 et en s’offrant une sorte de dissection de la corruption.MICHEL BÊLAIR Guy Sprung est un monsieur absolument charmant.Elégant, spirituel, la cinquantaine élancée, le directeur de l’Infini-Theatre répète ces jours-ci un spectacle qui prendra l’affiche du Saidye Bronfman la semaine prochaine.Le titre: Death and Taxes.C’est une sorte de pamphlet qui dénonce la corruption politique institutionnalisée entre le début des années 1980 et la chute du gouvernement de Brian Mulroney.Et Sprung en signe le texte tout autant que la mise en scène.Ottawa-Moscou-Montréal On connaît mal le théâtre anglophone montréalais.Les gens du «beau milieu», et même ceux qui courent les «stars» déguisés en micro les soirs de première, se limitent habituellement au Centaur et parfois au Saidye lorsque des productions renommées y prennent l’affiche en provenance du réseau Canadian (Toronto, Vancouver, Halifax ou Winnipeg).Des petites compagnies comme le Teesri Duniya, l’Other Theatre de Stacey Chris-todoulou et l’InfiniTheatre, on n’entend habituellement parler qu’une fois ou deux par année même si elles sont fort actives.Le syndrome des deux solitudes semble donc frapper là aussi.Mais il n’y a pas que cela.Les compagnies anglo-montréalaises souffrent d’un manque criant de public qui explique qu’on les voit peu et aussi que la plupart des acteurs et des concepteurs formés à la section anglaise de l’Ecole nationale prennent ensuite le chemin de Toronto, d’Halifax ou de Vancouver.*La communauté anglophone est maintenant à la fois vieillissante et disséminée partout à travers la ville, explique Guy Sprung.Il n’y a pas d'intérêt commun qui réussisse, par exemple, à stimuler les milliers d’étudiants de passage de Concordia ou de McGill à venir voir nos productions.Il nous faut constamment développer de nouveaux publics, nous rendre incontournables.Et c’est pour cela que nous attachons beaucoup d’importance au centre de création que nous mettons en place au Bain Saint-Michel avec nos partenaires de la scène alternative.» Guy Sprung, qui est natif d’Ottawa, affirme d’ailleurs qu’il trouve stimulant, lui, de faire partie d’une minorité à l’intérieur d’une minorité: •Pour le risque.Pour l’ouverture.Pour brasser les choses aussi, le théâtre étant devenu une institution un peu lourde au Canada anglais.[.] L’InfiniTheatre s’est donné comme mission de développer une approche différente et de nourrir la scène d’ici en favorisant la création québécoise anglophone.Des auteurs avec lesquels nous avons travaillé, comme Trevor Ferguson et Nicolas Billon, sont déjà joués, ou le seront bientôt, en français et nous en sommes fiers.» Littéralement séduit par Montréal et sa scène culturelle — on peut le voir jouer souvent dans des téléséries (Fortier) ou sur les scènes francophones de Montréal (Charbonneau et le Chef) —, il travaille aussi régulièrement au Canada, surtout à la mise en scène.Au cours des dernières années, il aura monté des spectacles un peu partout d'une mare à l’autre en s’accrochant même les pieds à Stratford pendant quelque temps.De l’autre côté de la rivière des Outaouais, on le reconnaît comme un grand relecteur de Shakespeare.Son Richard III avec William Hurt au Manitoba Theater Center a provoqué des critiques dithyrambiques, tout comme d’ailleurs son Songe d’une nuit d’été, qui a gardé l'affiche du Théâtre Pouchkine de Moscou pendant plus de dix ans.Lui aime mieux dire qu’il fait du théâtre «politique».Fous du roi •Oui, pour moi le théâtre ne peut qu’être un geste politique.Parce qu’il est inscrit au cœur du tissu social et culturel.Le théâtre doit déranger.Il n’a pas à être nécessairement “beau" ou “élégant”; il y a toujours quelque chose de mordant dans le moindre Shakespeare.[.] Ici, j’essaie de comprendre, en me plaçant dans la tête de l’un de ses acteurs ordinaires, comment on peut arriver à cet affaissement des valeurs sociales et morales qui mène au scandale de la corruption.Comment se fait-il que ces gens ne soient pas gênés?Comment expliquer Chuck Guité?Comment les Lafleur et ceux qu’on vient de voir à la commission Gomery peuvent-ils ne pas avoir honte?Dans Death and Taxes, on verra comment un avocat d’entreprises montréalais en viendra lentement, chaque jour un peu plus, à choisir le côté sombre [“shady side"] puis à se suicider C’est une sorte de confession qui se passe dans sa tête.Si j’ai placé l’action au début des années 80, c’est parce que je pense que c’est là que tout a bascule.» Guy Sprung confiera aussi que, s’il a décidé de faire du théâtre en ce sens, c’est à cause de Paul Buissonneau et du provocateur Faut jeter la vieille, de Dario Fo, qu’il a monte au TNM durant la saison 1969-1970.•C’est là que j’ai eu la piqûre.C’était un spectacle à la fois jouis-sif et bouleversant qui jetait une foule de conventions par terre.Un spectacle qui prenait des risques et qui dénonçait.Par la suite, lorsque je me suis mis à travailler en Allemagne puis en Russie, ce type d’approche m a considérablement stimulé dans mes mises en scène.» Mais c’est néanmoins ici et maintenant, avec ses complices de l’InfiniTheatre, que Guy Sprung entend continuer à faire du théâtre politique.Même si c’est difficile.Et ce l’est.Les petites compagnies anglophones de Montréal manquent de public et d’argent, on l'a dit Sprung explique que le théâtre anglophone québécois est une sorte de trou noir (•black hole») pour les organismes comme le Conseil des arts du Canada.*Dans le nom de notre compagnie, il y a “infinitésimal”, comme dans minuscule, ce qui correspond assez bien à notre situation puisque nous ne recevons de financement que pour des projets précis.Pour Québec, nous sommes une petite compagnie anglophone dans une mer francophone et pour le Conseil des arts du Canada, nous ne représentons visiblement pas une priorité puisque ici la scène théâtrale est d’abord francophone et qu’on ne peut déjà répondre à toutes les demandes.Mais nous ne nous plaignons pas; notre situation est quand même infiniment plus enviable que celle d’une petite troupe du fin fond de la Saskatchewan ou de l’Alberta.Nous devrions même exploiter cette réalité pour mêler les cartes et nous transformer en quelque sorte en fous du roi comme il y en a presque toujours un dans les pièces de Shakespeare, f’aime bien cette idée.» Peut-être aurons-nous l’occasion de voir déjà, avec Death and Taxes, le fou du roi asséner quelques coups de massue bien placés dans la bonne conscience d’un peu tout le monde.Le Devoir DEATH AND TAXES Texte et mise en scène de Guy Sprung.Au Saidye Bronfman jusqu’au 10 avril Olmer Doniimq„e ^ O , % iV r.nxkelbekaespeam^ ^ «mort nrfn* SSsætSS Ktoceotrooninamsl-I* c».»__* itNHitfc"—¦SK1 rat* ****££ ^1 •T : > 1 LA LICORNE www theatret t» f» t» t» t» » I» I» t» t» I» » » t» » t» t» Récital D’Orgue Organiste DANY WISEMAN Chapelle des Frètes Maristes 14, Chemin des Patriotes Est St-Jean-sur-Richelieu (Iberville) (autoroutes 10 et 35) Dimanche le 20 mars à 20b 00 \SpE*trii lUn ¦ Projiction i*r icnn jôèncerts demi ('RAND < N( I K l 1)1 VI NDKI 1)1 s \ IM 25 MARS 2005, 20 I I ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LAVAL 2004.05 Série les Grands Concerts Couche-Tard Quartango et la danse de l’amour Mercredi 23 mars 2005, 20 h Salle André-Mathieu Une présentation de Raymond Chabot Grant Thornton K Jean-François Rivest, chef Groupe Quartango Serge Postigo, metteur en scène et narrateur Billetterie : 450 667.2040 Admission : 514 790.1245 Salle André-Mathieu, 475, boul.de (Avenir Laval VERDI Claudine Côté, soprano Corina Circa, mezzo-soprano Franco Tenelii, ténor Alexander Savtchenko, basse Chœur de l’UQÀM Orchestre de la Société ssl—.philharmonique de Montréal WÊiÊNm ' |§É# '* m « is Direction : Miklôs Yak at s Eglise Saint-Jean-Baptiste, 309, Rachel Est, ® Mnnt-Rm .il Admission générale : 24 s (taxes incluses) Réseau Admission (Mi) 'Yii.; , l’Iaa des Arts : (M H X i2-2 I 12 - À la poru.mie lieun av.ini U imu i ri Allégez 24* SAISON piano Dorothy FioMman Fraiberg violon Jonathan Crow violon Marianne Dugal alto Yukari Cousineau violoncelle Molly Raad clarinette Simon Aldrich Oeuvres de Schumann & Brahms jeudi 24 mars, 20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre En wlu d une «ntriie mc la fédération Amène** des Muscans (AFH.).)es conpagntes de disques subwnbonnent er MrtR cet Mnement musai pour promouvoir le musique icttvt.pr ! entremise de le Guilde des MusunsduÛuttac CanacH Montréal^ Savant mélange d'airs traditionnels et de compositions originales la musique du Trio Trad, ce sympathique groupe belge formé de deux violonistes et d'un accordéoniste, est sauvage et belle comme ces endroits isolés qui n'ont pour toute frontière que celle du rêve.Trio Trad, une musique spontanée et vivante, à (image de ses interprètes! Salle pierre-mercure CENTRE PIERRE-PÉLADEAU 300 De Maisonneuve Est, Montréal Métro Berri-UQAM www.centrepierrepeladeau.com billetterie 514 987.6U* Tria Trad «n touniét 19 mars Sliaivinigap 30 mars Montréal / Salle Pierre-Mercure 31 mars Air lasalle / Centre culturel Henri-Lemteur ?avril Sainte Geneviève / Salle Paotine-Julian 3 avril Orummondvtlle 7 avril.Saint Jean-sor le Richaheu 8 avril Weedon 9 avril lennoïviüe 10 avril Coaticooli 14 avril Baie Comeau 15 avril Sept-iles 70 avril Granby 2?avril Chéteauguay 23 avril Saint-tostache UQÀM •es 7 , aRoles première mondiale cantates de Christoph Graupner wm-m Dorothéa Ventura soprano Claudine Ledoux alto Frédéric Antoun ténor Normand Richard basse Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours ¦ Vendredi Saint 25 mars 2005 à 15h ViAAAAi.admission.com 514 987-6919 514 843-5881 N CROIX Québec - -s- ^ S ANÂLEKTA Desjardins ri.es idées heureuses | Geneviève Soly I U E V 0 I K .LES SAMEDI 19 ET D I M A K C H E 20 MAR 2 0 0 5 E 6 ¦ ¦ I I / E VISU *1 %, ¦ H-Jr* v ».-• < • » j» lu • •>.'5j.w *
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