Le devoir, 9 juillet 2009, Cahier A
CANCER DU SEIN: LA LISTE DES NOUVEAUX TESTS S’ALLONGE Page A 3 w w w .1 e d e v o i r.c o m LE DEVOIR V O L .C N " 1 5 1 ?LE JEUDI 9 JUILLET 2 O O 9 I , 1 O $ + T A X E S = 1,2 5 $ Échec de la lutte contre le décrochage 200 millions n’ont pas permis d’accroître de façon notable la persévérance scolaire CLAIRANDRÉE CAUCHY La principale action du gouvernement pour lutter contre le décrochage scolaire depuis 2002 n’a pas donné les fruits escomptés, révèle une analyse préliminaire effectuée par une équipe de chercheurs.La stratégie d’intervention Agir autrement, à laquelle Québec a consacré plus de 200 millions depuis sept ans, n’a pas permis d’accroître significativement la persévérance scolaire dans les écoles participantes.«L’ampleur des effets observés auprès de l’ensemble des élèves touchés par la [stratégie d’intervention Agir autrement] permettra difficilement de se traduire par une réduction du taux de décrochage», peut-on lire au tout début de l’analyse préliminaire, datée du 24 février dernier.Le Devoir a obtenu par la Loi sur Taccès à l’information le document Power Point produit par l’équipe d’évaluation de la stratégie (dirigée par le professeur Michel Janosz de l’Université de Montréal) et la Coordination des interventions en milieu défavorisé du ministère de l’Education.VOIR PAGE A 8: ÉCHEC ¦ L’éditorial de Marie-Andrée Chouinard: L’effet nul, en page A 6 L’étau se desserre sur Vincent Lacroix Vincent Lacroix devant le palais de justice de Montréal en septembre 2007 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Après avoir purgé 18 mois de prison, l’architecte d’une fraude de 115 millions amorcera sa réinsertion en aidant bénévolement les handicapés et les démunis BRIAN MYLES Vincent Laçroix est un homme libre.enfin presque.A l’issue d’un débat exceptionnel, le juge Richard Wagner a accepté hier que l’architecte d’une fraude de 115 millions de dollars puisse séjourner dans une maison de transition.Après avoir purgé 18 mois d’une peine de huit ans et demi de pénitencier, Lacroix amorcera sa réinsertion en effectuant du travail bénévole auprès des handicapés et des démunis.Il devra revenir coucher tous les soirs au même endroit, selon les termes d’un programme strict de la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC).Lacroix en était à sa première condamnation à une peine de pénitencier.Il n’a pas commis un crime de violence, bien qu’il ait brisé les vies et ruiné les projets de retraite des 9200 investisseurs qu’il a dupés.Enfin, il a eu une conduite exemplaire au pénitencier de Sainte-Anne-des- Plaines.Dans ces circonstances, la CNLC ne pouvait pas lui refuser une semi-liberté.Lacroix devait tout de même s’adresser aux tribunaux pour recouvrer sa liberté, étant donné qu’il est attente d’un nouveau procès, au criminel cette fois, pour 200 accusations de fraude, de complot, de fabrication de faux documents et de blanchiment d’argent C’est là que les choses se compliquent VOIR PAGE A 8: LACROIX La chronique de Gérard Bérubé: Lacroix est déjà libre!, à lire en page B 1 Changements climatiques Le G8 force le Canada à avancer Ottawa accepte de limiter le réchauffement à un maximum de 2 °C LOUIS-GILLES FRANCŒUR Les membres du G8 réunis au sommet de LAqui-la, en Italie, ont mis la table hier pour une entente internationale sur les changements climatiques — à Copenhague en décembre prochain — qui ciblerait une stabilisation du climat planétaire d’ici 2020 en fonction des critères du Groupe intergouvememental d’experts sur le climat (GIEC-ONU).Le Canada avait la veille surpris beaucoup d’observateurs en reconnaissant «le large consensus scientifique selon lequel l’augmentation de la température moyenne globale [de la planète] ne doit pas excéder de plus de 2 °C les niveaux préindustriels».Hier, il ne s’est aucunement désolidarisé de la déclaration commune du G8 qui reprenait en réalité mot à mot le texte de la déclaration canadienne de mardi soir.Selon le quatrième rapport quinquennal du GIEC, stabiliser le réchauffement de la planète à un maximum de 2 °C exige une réduction de 25 à 40 , , % des émissions anthropiques t*e reP acer d’ici 2020.De son côté, le Ca- les Etats-Unis en nada a décidé jusqu’à présent de cibler une réduction de 3 % de ses émissions d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990.Et le gouvernement Harper a évité jusqu’ici de plafonner les émissions de ses grands émetteurs industriels et d’instituer un marché des crédits d’émissions compatible avec les marchés et les mécanismes internationaux établis dans le cadre du protocole de Kyoto.Par ailleurs, le Canada a aussi entériné hier l’objectif à long terme de réductions de gaz à effet La volonté du président Obama tête de la lutte aurait influencé Ottawa VOIR PAGE A 8: G8 Autres informations en page B 1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR VALEURS MOBILIERES Québec choisit la voie des tribunaux ¦ À lire en page B 1 I N I) K X Annonces.B 5 Idées.A 7 Avis publics.B 4 Météo.B 6 Bourse.B 2 Monde.A 5 Culture.B 8 Mots croisés.B 6 Décès.B 5 Sports.B 6 Économie B1 Sudoku.B 5 Éditorial .A 6 Télévision B 7 Les destins croisés du 400e et du Festival d’été Le succès des célébrations du 400' anniversaire de Québec, l’an dernier, découle en bonne partie d’une formule testée d’abord au Festival d’été de Québec.Reste maintenant à savoir dans quelle mesure le Festival, qui lance aujourd’hui sa 42' édition, héritera à son tour des bénéfices du 400'.ISABELLE PORTER uébec — Comme le 4001, le Festival d’été de Québec est sorti tout puissant d’une crise profonde ces dernières années.Dans un texte paru en 2003, le chroniqueur David Desjardins déplorait que le Festival ait sombré «dans un demi-sommeil».«Ça m’égratigne le cœur de l’écrire tellement j’ai de l’affection pour cet événement et ses artisans qui me procurent encore de beaux moments, mais j’ai la nette impression que notre Festival vieillit très mal et qu’on tente de le rajeunir à coups d’injections de Botox.Sans succès.» Programmation prévisible, revenus en déroute, vieillissement des habitués, indifférence des jeunes, le Festival ne savait plus à quel saint se vouer.Nommé à la tête de l’organisation en 2002, Daniel Gélinas propose, deux ans plus tard, de VOIR PAGE A 8: DESTINS JACQUES NADEAU Uï DEVOIR Arrivée massive des spectateurs sur les Plaines pour le spectacle de Paul McCartney l’été dernier.^ LE DEVOIR.LE JEUDI 9 JUILLET 20 0 9 A 2 ACTUALITES L’été en ville se vit dehors, à profiter des piscines, à flâner dans les parcs, à courir les festivals.Mais l’été en ville, c’est aussi l’occasion de sortir de la routine ou des sentiers battus.Cette année encore, nos journalistes ont déniché pour vous des coins surprenants, des activités méconnues, des personnages, et fait bien d’autres découvertes qui donnent leur texture à Montréal, Québec, Ottawa.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les Danses en plein air sur le mont Royal, dont les reflets luisent sur les eaux du lac aux Castors, sont devenues depuis cinq décennies un rendez-vous incontournable pour les amateurs de danse folklorique internationale.«Je pense qu’il n’y a pas un autre endroit sur la Terre où on peut danser dans un si beau décor» - Gislaine Coulombe Un tour du monde au pas de danse JULIE CARPENTIER Deux soirs par semaine, les lundis et les jeudis, plusieurs dizaines d’amateurs de danse folklorique internationale, et quelques curieux qui passent par là, se rassemblent au Pavillon du lac aux Castors pour danser en plein air.De 20h à 23h, ils font le tour du monde en chorégraphies et en musiques, et ce, depuis 1968.Les Danses en plein air sur le mont Royal sont devenues depuis cinq décennies un rendez-vous incontournable pour les amateurs de danse folklorique internationale.Organisée par l’Association montréalaise des arts et des traditions populaires (AMATP), cette activité vise justement à promouvoir les arts et les traditions populaires, dans la région de Montréal, au moyen de la danse et de la musique traditionnelles.Chaque lundi, un professeur différent enseigne les rudiments de danses folkloriques provenant de 20 à 30 pays.Le soir de la visite du Devoir, la professeure Diane Asselin Sauriol a amorcé la soirée avec une danse de la Hongrie, suivie de la Macédoine yougoslave, de la Serbie, d’Israël, de la Bulgarie et du Québec.En ce soir de fin de juin, la bastringue, évidemment, était tout indiquée! Les danseurs y ont mis tout leur cœur, les rires fusaient, certaines personnes aux cheveux blancs étaient nostalgiques, les jeunes découvraient une partie de leur patrimoine, et d’autres, un pan de la culture du pays qu’ils ont choisi.Lent, vite, vite, lent Parmi les participants, certains ont plusieurs années d’expérience dans les talons, d’autres, comme Caroline et Noémie, toutes deux âgées de 21 ans, en sont à leurs premiers pas.de danse.«C’est la première fois qu’on vient, lance Caroline.C’est un collègue de travail qui danse depuis longtemps qui m’a parlé de ces soirées.Je trouve ça super sympathique.» Personne n’est renfrogné, constate Noémie, qui s’est laissé convaincre d’accompagner son amie.«Il y a une grande ouverture d’esprit.Il y a beaucoup de gens qui débutent, mais les pros nous aident, nous donnent des conseils.On ne se sent pas mal quand on fait un faux pas», s’esclaffent-elles.Les jeudis, c’est «folkothèque»! Formule différente du lundi, donc, avec un animateur qui propose un répertoire d’environ 60 danses pour des danseurs plus avancés.Que ce soit en couple, en cercle ou en ligne, les danseurs tournent et virevoltent sur les musiques d’un répertoire provenant principalement d’Europe, d’Amérique et du Moyen-Orient.Chaque été, ces soirées attirent quelques milliers de danseurs.Parmi eux, Gislaine Coulombe, vice-présidente de l’AMATP, ne manque aucune soirée.«Je pense qu'il n’y a pas un autre endroit sur la Terre où on peut danser dans un si beau décor», affirme-t-elle.«C’est non seulement une activité physique qui développe le cardio, l’équilibre, la concentration et la mémoire, il y a aussi un côté social extraordinaire, ajoute-t-elle.Les gens fraternisent, tissent des liens.Puis les folkloristes, ça s’embrasse! C’est chaleureux.» Chaque semaine, du 1er juin au 3 septembre, de nouvelles personnes entrent dans la danse.Des passants, intrigués, ne peuvent résister à l’envie de rejoindre le cercle de danseurs.«C’est arrivé que des nouveaux arrivants se promènent ou fassent un pique-nique près du lac et entendent une musique de leur pays d’origine.Imaginez le pincement au cœur! Alors ils viennent voir, nous parlent, et souvent ils dansent avec nous et nous apprennent de nouveaux pas», s’extasie Mme Coulombe.¦ On entre dans la danse, tous les lundis et les jeudis de 20h à 23h.N’oubliez pas une bouteille d’eau et du chasse-moustiques.Puisque l’AMATP est un organisme sans but lucratif, vous êtes invités à laisser un montant, à votre discrétion.En cas de pluie abondante, l’activité est annulée.Renseignements: www.amatp.org.Le Devoir # ROLEX OYSTER PERPETUAL SEA-DWELLER DEEPSEA EN ACIER 'imaforfe Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (S 14) 866-3876 Le scandale politico-religieux de l’hostie Stephen Harper a-t-il mis le pain béni dans sa poche ou dans sa bouche, aux funérailles de Roméo LeBlanc?Stephen Harper, en Italie pour participer au sommet du G8, doit rencontrer le pape Benoît XVI samedi.Pendant ce temps au Canada, une polémique au sujet d’une hostie embarrasse le premier ministre.Ottawa — Un porte-parole de Stephen Harper a affirmé que le premier ministre a bel et bien avalé l’hostie que lui avait remise un prêtre catholique aux funérailles de Roméo LeBlanc, la semaine dernière, et qu’il ne l’a pas glissée dans sa poche compie T’affirment certains.«A la fin de la cérémonie, il s’est fait offrir la communion.Il a accepté la communion et il a consommé l’hostie», a soutenu mercredi son porte-parole, Dimitri Soudas, qui se trouvait à L’Aquila, en Italie, aux côtés de M.Harper qui participe cette semaine au sommet du G8.Le premier ministre est au cœur d’une controverse depuis qu’un prêtre du Nouveau-Brunswick demande des explications sur ce qui est advenu de la fameuse hostie, qui esf considérée comme sacrée par l’Église catholique et qui doit être avalée.M.Harper a accepté l'hostie lors des funérailles catholiques de l'ancien gouverneur général Roméo LeBlanc, vendredi dernier à Memramcook, dans la province maritime.Mais monseigneur Brian Henneberry, qui est vicaire général et chancelier du diocèse de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, a soutenu que ce qui était advenu de l’hostie était incertain, et que ce serait scandaleux si le premier ministre l’avait glissée dans sa poche.Une vidéo diffusée dans le site Internet YouTube montre le premier ministre recevant l’hostie, mais on ne le voit pas la mettre dans sa bouche, comme le veut le rite catholique.M.Soudas a toutefois assuré que le premier ministre l’avait mise dans sa bouche «immédiatement» après l’avoir reçue.Dans l’extrait vidéo présenté sur YouTube, M.Harper tend sa main droite et accepte l’hostie que lui présente le prêtre, mais il ne la consomme pas pendant les quelques secondes au cours desquelles il se trouve dans le champ de la caméra.M.Harper est de confession protestante et il ne devrait pas, normalement, recevoir la communion lors d’une cérémonie religieuse catholique, bien que la procédure à suivre en des circonstances exceptionnelles ne soit pas claire.Si le premier ministre a accepté l’eucharistie sans la consommer, ce serait «pire qu’un faux pas, c’est un scandale du point de vue catholique», a déploré M“' Henneberry au quotidien Telegraph Journal du Nouveau-Brunswick.Le président du Sénat, Noël Kinsella, qui était lui aussi présent lors des funérailles de M.LeBlanc, s’est porté à la défense du premier ministre dans un communiqué diffusé hier.«Je tiens à déclarer que j’ai personnellement été témoin de la scène, étant assis à quelques sièges de lui, a assuré M.Kinsella, qui a été nommé président du Sénat en 2006 par M.Harper.Le premier ministre a pris Thostie qui lui était offerte par l’archevêque André Richard et Ta consommée.» Monseigneur Henneberry a par ailleurs critiqué le fait que M.Harper a accepté l’hostie même s’il n’est pas catholique.«Si le premier ministre n’est pas catholique, il ne devrait pas avoir reçu la communion, a-t-il fait valoir.Et s’il se présente, cela met le prêtre dans une situation délicate, particulièrement lors de funérailles d’Etat, parce que tout le monde regarde.» Mais le prêtre catholique qui a prononcé l’homélie lors des funérailles, Arthur Bourgeois, a pour sa part indiqué qu’il n’était pas contrarié par le fait que le premier ministre ait accepté l’hostie.«Habituellement, pour participer à la communion dans l’Église catholique, il faut en être membre, a-t-il expliqué au quotidien néo-brunswickois.Mais si vous ne Têtes pas, parfois exceptionnellement lors d'occasions importantes [c’est différent].» La Presse canadienne LE DEVOIR, LE JEUDI 9 JUILLET 2 0 0 9 A 3 ACTUAIim - ' v;n s Cancer du sein Contrôle de tests : la liste s’allonge 1000 patientes de plus obtiendront une deuxième évaluation des échantillons fournis Le chiffre des 2100 tests en pathologie du cancer du sein qui devaient être rappelés devra être revu à la hausse, a confirmé hier le ministère de la Santé.Plusieurs grands laboratoires d’hôpitaux n’avaient pas de contrôle externe, ce qui aurait contribué à changer la donne.Selon le ministère, cette augmentation est une révision à la suite d’une analyse détaillée des données fournies par les hôpitaux.LI SA-MARI E GERVAIS Davantage de femmes seront concernées par le rappel des échantillons, a confirmé le ministère de la Santé, et Québec devrait faire appel à des laboratoires situés à l’extérieur de la province pour les nouvelles analyses.Aux 2100 tests en pathologie du cancer du sein qui devaient être refaits, selon les calculs des experts il y a un mois, s’ajouteraient donc au moins mille cas de plus.Le ministre Yves Bolduc devait faire le point sur la question ce matin en conférence de presse.Faite «à vue de nez» par les experts nommés au comité d’enquête formé à la suite des conclusions d’une étude pilote qui révélait que de 15 à 30 % de ces tests pouvaient être erronés, la première évaluation des cas faisant l’objet d’un rappel n’était plus adéquate, notamment parce que le ministère a constaté que plusieurs laboratoires d’hôpitaux, qui procèdent à un grand volume de tests, n’avaient pas de contrôle externe.Comme le révélait Radio-Canada hier, c’était le cas, entre autres, de la Cité de la Santé à Laval, de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et du CHUM.«Je vous dirais que ça va être un nombre beaucoup plus élevé notamment parce qu’on pensait que certains laboratoires avaient des contrôles externes.En fait certains en avaient, mais ils n’avaient pas de bulletins ou d’évaluations récentes», a indiqué Marie-Eve Bédard, l’attachée de presse du ministre Bol-duc.«Le bulletin, c’est l’évaluation qu'on remet au laboratoire pour voir son taux de concordance.Quand le ministère a demandé à voir ces bulletins, certains établissements avaient des programmes de contrôle externe, mais n’avaient pas de bulletins pour témoigner de la qualité des examens», a-t-elle ajouté.C’est le cas notamment du CHUM, nous dit-elle, qui aurait récemment mis en place un tel programme, mais qui n’aurait tout simplement jamais soumis d’échantillons à ce contrôle de qualité.Une situation inacceptable Pourtant, on insiste: les 42 laboratoires qui font des test en pathologie au Québec ont tous un programme d’assurance qualité interne.N’empêche, plus des deux tiers n’auraient pas de contrôle de qualité externe.Pour Pierre Allard, président de l’Association des biochimistes cliniques du Québec, ne pas avoir de contrôle de qualité à la fois interne et externe est inacceptable.«Ça n’a pas de bon sens, ces contrôles sont un élément de base», a-t-il dit en précisant qu’en biochimie, contrairement aux divisions de microbiologie, de pathologie et d’hématologie, les contrôles de qualité étaient systématiquement faits à l’interne et à l’externe.«Je ne sais pas pourquoi ce n’est pas fait ailleurs.Mais c’est un peu déplacer le débat que de dire que ça coûte trop cher.Si un professionnel juge obligatoire de contrôler la qualité de ses tests pour qu’ils soient fiables, le laboratoire doit s’arranger pour trouver l’argent», a-t-il affirmé.Si, dans certaines régions du Québec, des patientes ont été informées que leur test ferait l’objet d’un rappel, d’autres n’ont pas encore été mises au courant, comme c’est le cas pour la plupart des femmes résidant à Montréal.L’Agence de santé et des services sociaux (ASSS) de Montréal a avancé le chiffre de 1523 rappels de tests, mais attention.Ceux-ci pourraient ne pas tous être des nouveaux cas qui s’ajouteront aux 2100 rappels ciblés par les experts, a fait valoir Chantal Huot, porte-parole de l’ASSS.Au ministère, on mentionne que le nombre total de tests qui devront être analysés de nouveau sera connu le 31 décembre, lorsque tous les rappels auront été effectués.«Pour chaque femme visée, on remplit une fiche.Y a-t-il une discordance?Un ajustement de traitement?Ces documents-là, plus personnalisés, vont nous permettre de dresser un bilan précis de l’opération», a souligné l’attachée de presse du ministre de la Santé.Le Devoir DU SUR-MESURE RP* ta., SERGEI REMEZOV REUTERS GUY LAUBERTE en train de se faire couler en statue de ciment?Certains ne s’en étonneraient guère, mais c’est plutôt dans un bain de gypse qu’est plongé le fondateur du Cirque du Soleil.L’opération consiste à lui mouler un siège pour la navette «Soyouz» qui épousera parfaitement les formes de son corps.L’ancien cracheur de feu devenu milliardaire est actuellement à la Cité des étoiles de Moscou, où il participe à un rigoureux entraînement de préparation en vue de devenir le premier touriste canadien — mais le 7 au monde — de l’espace.Décollage prévu le 30 septembre.Cinq milliards pour l’armée de terre Le gouvernement Harper confirme la modernisation de son parc de blindés Chalk River sera fermé jusqu’à la fin de 2009 Médecins et politiciens sont inquiets ALEC CASTONGUAY Ottawa — Les rumeurs étaient fondées: le réacteur nucléaire de Chalk River, qui produit les isotopes médicaux, restera fermé jusqu’à la fin de l’année 2009, ce qui causera d’importantes perturbations dans les traitements offerts aux patients.En conférence de pressp à Toronto, Hugh MacDiarmid, le président d’Energie atomique du Canada limitée (EACL), la société de la Couronne qui gère le réacteur NRU de Chalk River, a confirmé la nouvelle parue hier dans plusieurs médias (dont Le Devoir).«Il ne fait désormais aucun doute que le réacteur ne sera pas remis en service avant la fin de 2009», a-t-il dit.EACL affirme travailler sans relâche pour le remettre en marche le plus rapidement possible.«Nous avons une équipe spécialisée qui travaille sans relâche [.], mais il s’agit d’une tâche complexe», a indiqué Hugh MacDiarmid.La durée de l’arrêt du réacteur est fondée sur la plus récente analyse concernant l’emplacement de la fuite d’eau lourde, l’état du caisson, les stratégies de réparation et les exigences réglementaires à suivre pour redémarrer le réacteur après un arrêt prolongé.Depuis le 25 mai, le réacteur nucléaire de Chalk River, près d’Ottawa, est arrêté pour subir des réparations majeures.Chalk River est responsable de la production de 80 % des isotopes médicaux (technétium-99m) du Canada et de 35 % de l’approvisionnement mondial.Les isotopes sont essentiels pour les tests diagnostiques du cancer, notamment du cancer du sein.Ils sont aussi vitaux pour les interventions cardiaques.Depuis le 25 mai, la communauté médicale a fait de son mieux pour épargner les doses d’isotopes.Par exemple, les interventions non urgentes ont été annulées ou retardées.Un casse-tête médical Mais le retard dans les réparations du réacteur va constituer un important casse-tête pour le système médical, affirme François Lamoureux, le président de l’Association des médecins spécialistes en médecine nucléaire du Québec.«L’impact sera très grave.Ça va causer beaucoup d’instabilité dans les traitements offerts aux patients.La pénurie va se poursuivre, de sorte que des rendez-vous devront être annulés ou retardés», a-t-il dit au Devoir.Au Québec, près de 9500 patients par semaine ont besoin d’isotopes médicaux pour leurs traitements.La situation va se dégrader dès la semaine prochaine, alors que le réacteur Patten, aux Pays-Bas, devra arrêter sa production d’isotopes pendant un mois pour un long entretien (du 18 juillet au 18 août).Ce réacteur avait augmenté sa production pour compenser en partie la fermeture de Chalk River.Plusieurs rendez-vous devront donc être reportés.Le gouvernement inquiet Dans un communiqué de presse conjoint, la ministre de la Santé, Leona Âglukkaq, et la ministre des Ressources naturelles, Eisa Raitt, n’ont pas caché leur inquiétude.«L’arrêt non planifié du NRU causera cet été une pénurie significative d’isotopes médicaux au Canada et dans le monde.[.] Nous sommes très inquiètes et nous comprenons que des familles canadiennes seront sérieusement affectées par cette annonce», peut-on lire.Depuis le 25 mai, Ottawa tente de dénicher de nouvelles sources d’approvisionnement en isotopes, mais seulement cinq réacteurs dans le monde en produisent, de sorte que les résultats sont minces.Le Parti libéral du Canada a accusé hier le gouvernement de manquer de leadership dans ce dossier.ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le gouvernement Harper a annoncé hier un investissement de 5 milliards de dollars destiné à acheter une nouvelle flotte de combat pour l’armée de terre.Cette somme servira aussi à moderniser les véhicules blindés légers (VBL) actuellement en fonction et à se procurer une nouvelle gamme de véhicules de transport.De passage au Nouveau-Brunswick hier, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a confirmé la nouvelle révélée par Le Devoir hier.Le gouvernement, dans le cadre de son plan à long terme pour la défense, Le Canada d’abord, lance un vaste processus d’achat de véhicules militaires pour l’armée de terre.«Le gouvernement est déterminé à renouveler le matériel essentiel aux Forces canadiennes, a déclaré le ministre Peter MacKay.Cet investissement créé des emplois et génère des retombées économiques.» Le chef d’état-major de la Force terrestre, Andrew Leslie, était heureux de cet investissement massif.«Ces véhicules fourniront à l’armée de terre l’équipement moderne et robuste dont elle a besoin pour jouer son rôle dans l’environnement opérationnel d’aujourd’hui, de.plus en plus dangereux», a affirmé le lieutenant-général Leslie.Un milliard de dollars seront réservés à la modernisation du parc actuel de VBL, des véhicules de combat et de transport qui constituent l’épine dorsale de l’armée de terre.Plus de 550 VBL seront modernisés entre 2012 et 2015.Leur durée de vie sera prolongée jusqu’en 2035.L’objectif est d’accroître la protection, la mobilité et la létalité des VBL, peut-on lire dans le document d’infor- mation.Le constructeur General Dynamics Land Systems, basé en Ontario, obtiendra le contrat.Nouveaux véhicules de combat Le gouvernement va aussi débourser environ 4 milliards de dollars pour acheter trois autres types d’engins: le véhicule de combat rapproché (VCR), le véhicule blindé tactique de patrouille (VBTP) et un véhicule qui va améliorer la mobilité des troupes.Dans le cas du VCR, l’armée veut un petit char d’assaut qui peut aussi servir à transporter des soldats, comme le révélait hier Le Devoir.Un engin qui serait plus gros que le VBL (17 tonnes), mais plus petit que le Leopard 2 (64 tonnes), récemment acquis des Pays-Bas.Le nouveau véhicule servira notamment à appuyer les Leopard 2 lors des opérations.Les Forces canadiennes se procureront entre 108 et 138 de ces véhicules.L’adjudication du contrat est prévue d’ici l’été 2011, et les premiers véhicules seront livrés en 2012.Deux entreprises étrangères sont favorites pour obtenir ce contrat: la britannique BAE Systems — avec son CV90 (32 tonnes) à chenilles — et la française Nexter, qui offre son VBCI (26 tonnes) à chenilles.500 véhicules de patrouille Dans le cas du véhicule blindé tactique de patrouille (VBTP), l’armée a décidé de ne pas relancer la mise à niveau des chars Ml 13 et de plutôt acheter de nouveaux véhicules.L’engin sera utilisé pour la reconnaissance, la surveillance, le commandement, ainsi que pour le transport de matériel et de troupes.Le VBTP pourra circuler sur un terrain accidenté.Il rem- CHRIS WATTIE REUTERS Andrew Leslie, chef d’état-major de la Force terrestre IPP^ placera le RG-31 et le Coyote, notamment.L’armée prévoit en acheter plus de 500 (200 véhicules de reconnaissance et 300 véhicules utilitaires).Le constructeur n’a pas encore été choisi.Les premiers véhicules seront livrés en 2012.Le projet d’amélioration de la mobilité de la force prévoit quant à lui l’acquisition de 13 engins blindés pour le service du génie, qui fournira un appui aux chars Leopard 2, aux VBL et aux véhicules de combat rapproché.Ils seront livrés entre 2011 et 2015.Le Devoir Le Devoir wmmmmKmmmm A 4 LE DEVOIR.LE .1 E U I) I ') JUILLET 2 0 0 9 ACTUALITES Voie réservée aux autobus Pie-IX : entente entre la STM et l’AMT Les autobus rouleront au centre, dans le sens de la circulation JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gangs de rue Le SPVM croit avoir anéanti les Syndicates Mais la répression n’est pas la seule arme pour endiguer la criminalité BRIAN MYLES Le Service de police de Montréal (SPVM) a porté un dur coup aux gangs de rue pendant les six premiers mois de l’année, l’organisation des Syndicates ne s’étant jamais remise de l’opération Axe.Les Syndicates, une fdiale des Hells Angels, possédaient leurs entrées au port de Montréal, et ses membres participaient à l’importation et à la vente de cocaïne.En février dernier, les policiers ont arrêté 55 personnes liées à cette organisation et à celle des frères Lavertu, dans le Sud-Ouest Personne n’a été en mesure de prendre la relève des Syndicates, a confirmé le responsable du dossier des gangs de rue, Jacques Robinette, hier lors d’un bilan mi-annuel du SPVM.«Les Syndicates sont anéantis avec Axe.Ils ont vraiment de la difficulté sur le terrain.Plus personne ne leur fait confiance», a dit M.Robinette, chef du Service des enquêtes spécialisées au SPVM.De janvier à juin, les policiers de Montréal ont amorcé 64 projets d’enquête contre les gangs.Ils ont répertorié 20 tentatives de meurtres liées aux gangs, soit trois de plus qu’à pareille date l’an dernier, et trois meurtres (deux de moins qu’en 2008).Près du quart des meurtres et près de la moitié des voies de fait sur l’île sont imputables aux gangs.Cette violence est bien répartie dans tous les coins de la métropole.En dépit de ces statistiques inquiétantes, la criminalité chez les jeunes à Montréal est inférieure à la moyenne québécoise et canadienne, a rappelé M.Robinette.L’écrasante majorité des jeunes décrochent des gangs en moins de deux ans.«Les gens ont l’impression qu’à Montréal, c’est le capharnaüm, alors que lorsqu’on se compare et que l’on compile les statistiques, ce n’est pas le cas», affirme-t-il.Dans ces cas, la répression est l’arme de prédilection du SPVM.Avec les petits délinquants, la prévention est de mise.Le SPVM s’est associé à plusieurs projets favorisant l’activité sportive chez les jeunes.La police a aussi mis en contact les jeunes avec des «modèles positifs» tels que la star mondiale du foot, Zinédine Zidane.Lors de son récent passage à Montréal, Zidane a rencontré des jeunes de Montréal-Nord, à qui il a conseillé de croire en leurs rêves.L’audace de rêver Evens Guercy, un policier affecté à la patrouille dans le quartier Saint-Michel, sait à quel point il est difficile de rêver pour les jeunes.«Dans un quartier comme Saint-Michel, trop souvent les jeunes sont étiquetés en fonction de la pauvreté et des gangs de rue, explique-t-il.Quand ils regardent autour d’eux, ils s’empêchent de rêver.» Guercy a fondé le club de boxe l’Espoir, où il enseigne les rudiments de cette discipline olympique aux adolescents pendant ses temps libres.La seule condition du policier, c’est que les participants soient inscrits à l’école.Ce projet, visant à combattre l’exclusion sociale, est né après que Guercy eut constaté l’échec de la répression contre les jeunes qui flânaient à la station de métro Saint-Michel.Un ado lui a fait comprendre qu’il se trouvait là parce qu’il n’y avait pas d’endroit où socialiser après les classes.«J’ai promis au jeune que j’allais faire quelque chose pour l’aider.Sur le coup, je n’avais aucune idée comment, mais je me disais qu’il fallait absolument trouver une alternative», dit-il.Quatre ans plus tard, le club de boxe l’Espoir est fréquenté par 40 à 50 jeunes.Evens Guercy a vécu une agréable surprise récemment.Un abonné de l’Espoir, Roodsy Vincent, a remporté des Gants d'or dans sa catégorie (la plus grande victoire pour un boxeur amateur au Québec).Le jeune de 17 ans a aussi reçu une bourse pour avoir repris l’école, mais il n’a pas voulu de l’argent.Il a donné les 700 $ au gym pour acheter de l’équipement.Guercy n’en demandait pas tant.Le Devoir En février dernier, la ministre des Transports, Julie Boulet, avait sommé la STM et l’AMT de cesser de se disputer au sujet de l’aménagement d’une voie réservée sur le boulevard Pie-IX.Elle avait alors menacé d’imposer elle-même une solution si le litige perdurait.Son message a été entendu et, après des mois de discussions, les deux sociétés de transport se sont entendues sur un concept d’aménagement.JEANNE CORRIVEAU La Société de transport de Montréal (STM) et l’Agence métropole de transport (AMT) viennent de soumettre une proposition au ministère des Transports du Québec pour l’aménagement d’une voie réservée sur le boulevard Pie-IX.Selon le concept qui a fait consensus, les autobus rouleront au centre de cette artère achalandée, et non en rive comme le privilégiait TAMT, a appris Le Devoir.Le boulevard Pie-EX est l’une des artères les plus fréquentées de la métropole.En 1990, une voie réservée avait été aménagée au centre du boulevard.Aux heures de pointe, les autobus ALEXANDRE ROBILLARD Lac-Jacques-Cartier — Ixi ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a annoncé hier l’autorisation du premier d’une série de projets éoliens qui doivent porter la capacité de production du Québec à 4000 MW d’ici six ans, mais elle a laissé entrevoir que des changements seront nécessaires pour atteindre cet objectif.En donnant le feu vert à un consortium formé de Boralex et de Gaz Métro pour l’installation de 131 éoliennes qui produiront 272 MW dans la région de Québec, Mme Normandeau a annoncé l’annulation du projet de 68 MW à Sainte-Luce, dans le Bas-Saint-Laurent, en raison des protestations de la population.Un projet de parc éolien dans la Basse-Côte-Nord devra aussi être déplacé, tandis qu’un autre devra être modifié en Montérégie, a déclaré la ministre en conférence de presse.Ces projets font partie des 15 qui ont été retenus l’année dernière par Hydro-Québec.Ils doivent permettre au Québec de devenir le plus important producteur d’énergie éolienne au pays.Mme Normandeau a déclaré mercredi que le projet de Boralex et Gaz Métro dans la municipalité régionale de comté de la Côte-de-Beaupré avait été facilement accepté par la population locale en raison notamment de son éloignement, dans une zone de 95 km carrés roulaient à contresens de la circulation dans une voie qui leur était dédiée.Le service a été interrompu en 2002, après la mort de quatre piétons.Depuis des années, l’AMT, une agence gouvernementale, privilégiait la création d’une voie réservée en bordure des trottoirs, un scénario rejeté catégoriquement par la STM.Des années de querelles ont finalement conduit la ministre Boulet à lancer un ultimatum en février dernier.Elle a alors créé un comité de travail et demandé à son sous-ministre Denis Jean et au directeur général de la Ville de Montréal, Claude Léger, de rapprocher les parties afin qu’une proposition puisse lui être soumise avant la fin du mois de juin.La STM et l’AMT ont finalement conclu une entente de principe qui prévoit l’aménagement d’une voie réservée au centre de l’artère.Selon les informations obtenues par Le Devoir, les autobus rouleraient dans le sens de la circulation, et non en contresens comme c’était le cas jusqu’en 2002.De plus, le circuit serait emprunté par des autobus traditionnels, car la STM ne veut pas être obligée de se doter de véhicules particuliers pour ce circuit.Ce choix implique que les passagers descendraient du côté de la circulation automobile et que des aménagements serment nécessaires pour assurer leur sécurité.La Ville de Montréal et la STM tenaient abso- accessible par des chemins forestiers.De simples séances d’information, organisées par le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), ont suffi pour permettre à la population d’évaluer les impacts du projet.Dans ce contexte, personne n’a réclamé d’audiences publiques, ce qui a simplifié l’émission des autorisations gouvernementales.«C’est le premier projet qui est prêt pour le gouvernement du Québec, a-t-elle dit.C’est évident, on va se dire les vraies choses, que le fait qu’il n’y ait pas eu d’audiences du BAPE, cela a facilité les choses.» Mme Normandeau a dit avoir confiance dans le fait que les changements apportés aux projets retenus n’empêcheront pas le Québec d'atteindre son objectif à temps.«Non, pour moi ce n’est pas inquiétant du tout, a-t-elle dit.Dans le fond, ce qu’il faut retenir, c’est le succès d’un projet comme celui qui est confirmé ce rnatin.» A part le projet de la Côte-de-Beaupré, situé à environ 60 km à l’est de Québec, aucun des nouveaux projets éoliens n’a encore franchi l’étape des séances d’informations du BAPE.Le projet du consortium Boralex et Gaz Métro, dont la mise en service est prévue pour 2013, nécessitera un investissement de 800 millions $ des partenaires financiers.La Presse canadienne lument à ce que les autobus puissent disposer de voies au centre de l’artère, car elles estimaient que l’efficacité du service en dépendait même s’il s’agit d’une solution plus coûteuse.A plus long terme, la Ville songe à implanter un tramway sur ce circuit.Au MTQ, on s’affaire à préparer le rapport de recommandation qui doit être remis à la ministre Boulet.«C’est une question de quelques semaines avant que la ministre prenne connaissance du rapport, l’étudie et donne son approbation», a indiqué une source près du dossier.Il a toutefois été impossible de connaître les coûts du scénario privilégié ni les détails liés à l’aménagement des infrastructures qui seront nécessaires.Pour la Ville, le projet est prioritaire, car il permettra de transporter jusqu’à 50 000 personnes par jour.Le responsable du dossier des transports au comité exécutif, André Lavallée, s’est fait avare de commentaires, mais il soutient que le consensus obtenu satisfait la Ville de Montréal et la STM.«Il y a eu, pendant quelques années, beaucoup trop de débats d’experts.Le but du comité de travail était justement d’avoir un système de transport efficace pour l’est de Montréal qui pourrait être un modèle du genre pour d’autres voies», Conflit d’intérêts: le congédiement d’un fonctionnaire est maintenu JEANNE CORRIVEAU La Commission des relations de travail a donné raison à la Ville de Montréal qui, en 2008, avait congédié l’adjoint du directeur des travaux publics de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, Daniel Labrecque.Dans une décision rendue le 30 juin dernier, le juge Jacques Vignola conclut que le fonctionnaire a manqué de loyauté envers son employeur et qu’il s’est placé en situation d’apparence de conflit d’intérêts en entretenant des liens soutenus avec un entrepreneur en déneigement.Daniel Labrecque avait contesté la décision de la Ville de le congédier au terme d’une enquête liée à l’attribution de contrats de transport de neige dans Ahuntsic-Cartierville.En décembre 2007, l’arrondissement avait annulé l’octroi de trois contrats à Entreprises Ste-Croix et à Patrick Archambault Transport après s’être rendu compte que des irrégularités importantes avaient été commises dans le processus d’appel d’offres.Les deux entreprises retenues ne se conformaient pas aux critères établis par l’arrondissement, en plus de ne pas être les plus bas soumissionnaires, avait-on noté.Lors de son enquête, la Ville a notamment découvert qu’entre le 1" mars et le 8 novembre 2007, Daniel Labrecque a communiqué avec l’entrepreneur Jean-Guy Ste-Croix à 131 reprises avec son cellulaire et que celui-ci l’a appelé 156 fois.Les communications ont été particulièrement nombreuses à des moments stratégiques, comme lors du lancement des appels d’offres et le jour de l’ouverture des soumissions.Certains appels ont également été faits en dehors des heures de bureau.De leur côté, les autres soumissionnaires ont eu peu de contacts téléphoniques avec M.Labrecque, a-t-on remarqué.Le juge estime que M.Labrecque a entretenu des liens privilégiés avec l’entrepreneur et que selon la preuve présentée, il a agi de manière à favoriser l’entreprise de M.Ste-Croix.Son congédiement était donc justifié en raison du bris du lien de confiance, fait valoir le juge, qui a rejeté la requête déposée par M.Labrecque.Le jugement évoque aussi le voyage de golf au Portugal qu’a fait M.Labrecque en même temps qu’un groupe de personnes dont faisait partie M.Ste-Croix.Interrogé par son employeur, M.Labrecque avait d’abord affirmé qu’il s’agissait d’une coïncidence et qu’il avait été surpris de reconnaître l’entrepreneur dans l’avion.Or, selon l’enquête, les deux hommes se seraient parlé à quatre reprises le jour même de leur départ pour le Portugal.M.Labrecque, qui aurait fourni les preuves de paiement de son voyage, a par la suite changé sa version des faits, mais a continué d’affirmer qu'il s’agissait d’un hasard.Daniel Labrecque, qui a été congédié sans compensation financière, siège au conseil municipal de Repentigny à titre de conseiller.Le Devoir a-t-il indiqué.Le Devoir DES MILLIONS POUR FILTRER L’EAU » JACQUES NADEAU LE DEVOIR LES GOUVERNEMENTS fédérai et provincial ainsi que la Ville de Montréal investiront ensemble 150 millions de dollars pour rénover une usine de traitement des eaux usées dans l’Est de Montréal.Ottawa et Québec injecteront chacun 63,75 millions et Montréal 22,5 millions, ont annoncé en conférence de presse, hier, le ministre fédéral des Travaux publics, Christian Paradis (à gauche), le ministre québécois des Affaires municipales, Laurent Lessard (à droite), et le maire de Montréal, Gérald Tremblay (au centre).Les travaux consisteront à construire un édifice plus adéquat et à acheter de l’équipement d’ozonation pour purifier l’eau.Normandeau annonce un projet éolien dans la région de Québec k^Sl bisiviograpne CULTURES EN MUTATION UN BLOGUE COLLECTIF DES JOURNALISTES DU DEVOIR CARNETSDUDEV0IR.COM 'M LE DEVOIR LE .1 E l! I) I 9 U I L L E T 2 0 0 9 A LE MONDE La médiation d’Oscar Arias débute Premier face-à-face hondurien au Costa Rica Les deux parties disent vouloir dialoguer, mais non négocier San José — Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, retrouve aujourd’hui pour la première fois les autorités qui l’ont évincé du pouvoir le 28 juin, lors d’une première réunion de médiation à §an Jose, sous l’égide du chef d’Etat costaricien Oscar Arias, Prix Nobel de la pane.Rien n’est gagné pour M.Arias, recompensé en 1987 pour avoir pacifié l’Amérique centrale après des années de « Mon équipe et moi avons travaillé très dur, ces neuf derniers jours, pour parvenir à un processus de médiation » les yeux tournés vers les États-Unis, très présents au Honduras, comme en témoignent les enseignes commerciales en ville et leur base aérienne de Soto Cano, à 80 km de la capitale, Tegucigalpa.Même si ce rendez-vous est un premier geste, après dix jours de dialogue de sourds, les deux rivaux partent à San José en traînant les pieds.M.Zelaya, qui n’a pas obtenu de Mme Clinton l’assurance officielle d’un guerre civile, et qui compte étaler ce premier contact sur deux jours.M.Zelaya et son adversaire Roberto Micheletti ont déclaré l’un et l’autre qu’ils n’avaient pas l’intention de «négocier», seulement «dialoguer», lors de ce rendez-vous pour lequel Washington s’est, investi à haut niveau.Les États-Unis ont joué un rôle central dans cette initiative, alors que l’avant-scène était occupée jusqu’alors par l’Organisation des États américains (OEA), qui a exclu de ses rangs le Honduras le week-end dernier.Hillary Clinton, la secrétaire d’État, l’a confié mardi, après avoir reçu M.Zelaya à Washington pour sceller l’accord sur le rendez-vous à San José: «Mon équipe et moi avons travaillé très dur, ces neuf derniers jours, pour parvenir à un processus de médiation», a-t-elle déclaré à la chaîne télévisée vénézuélienne privée Globovision.Depuis le renversement de M.Zelaya, les deux camps ont retour au pays en tant que président, a averti qu’il partait pour «planifier la sortie du pays des putschistes».Il s’est en outre plaint hier que les putschistes empêchent son ministre de la Présidence, Enrique Flores, de le rejoindre à San José.«Nous n’allons rien négocier, nous allons dialoguer», a annoncé de son côté M.Micheletti, soulignant qu’il n’accepterait pas le rétablissement de M.Zelaya dans ses fonctions.M.Micheletti martèle depuis le 28 juin que la destitution de M., Zelaya n’a pas été un coup d’État, mais «une succession constitutionnelle».Mardi, M.Micheletti, qui a décrété un couvre-feu et a suspendu plusieurs libertés fondamentales, a bien tenté de lâcher du lest en évoquant une éventuelle «amnistie» de son adversaire par le Congrès.Mais une amnistie «politique» seulement, ce qui épargnerait à M.Zelaya l’accusation de haute trahison, tout en restant poursuivi pour corruption et autres délits.Agence France-Presse Ankara mécontente les militaires Ankara — Le président turc, Abdullah Gül, a donné hier son feu vert à une loi qui permet aux tribunaux civils de juger les militaires pour certains crimes, un texte qui inquiète les états-majors.Le président a cependant demandé un certain nombre de dispositions légales pour dissiper les «inquiétudes» des militaires.H a rappelé que cette loi était conforme aux exigences de l’Union européenne dans le cadre d’une adhésion de la Turquie à l’UE et jugé le texte «compatible avec la loi existante sur les tribunaux militaires».Cette loi, réclamée par lUnion européenne, a été votée à la hâte fin juin au Parlement, attisant les tensions entre le gouvernement islamo-conservateur, l'armée et l’opposition prolaïque.La loi ouvre la possibilité, pour les tribunaux civils, de juger des militaires en temps de paix pour tentative de renversement du gouvernement, atteinte à la sécurité nationale, crime organisé ou violation de la Constitution.Elle délègue également aux tribunaux civils la faculté de juger des civils en temps de paix pour des délits relevant aujourd’hui du Code pénal militaire.Selon le journal Milliyet, l’armée juge le texte contraire à la Constitution ainsi qu’à l’inviolabilité des zones militaires.Elle estime que la loi sera source de polémique entre procureurs civils et militaires.Le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), a annoncé son intention de demander à la Cour constitutionnelle d’annuler la loi.-AFP Deuxième jour de mobilisation Heurts et arrestations au Pérou Lima — Une trentaine de personnes ont été arrêtées hier aux abords de Lima, après des frictions en liaison avec des manifestations et des blocus de routes, pour le 2e jour consécutif d’une mobilisation sociale au Pérou contre la politique du gouvernement.Les interpellations se sont produites sur les grands axes d’entrée dans la capitale de huit millions d’habitants, où la situation était fortement perturbée par le mouvement, étalé sur trois jours jusqu’à aujourd’hui, à l’appel de plusieurs syndicats, notamment d’enseignants, de transporteurs, de chauffeurs de taxi.Les provinces étaient davantage touchées, avec plusieurs routes bloquées dans les régions de Puno, d’Arequipa, d'Ayacucho dans le sud, de Tumbes et de Chiclayo dans le nord, des villes vivant au ralen- ti, faute de transports collectifs ou d’écoles fonctionnant, selon les médias péruviens dans ces régions.Près de Cusco, la circulation du train conduisant à la citadelle inca de Machu Picchu, première attraction touristique du Pérou, a été suspendue en prévision du mouvement.Les trois jours de mobilisation canalisent une grogne sociale croissante.Le Pérou a connu en juin 270 conflits divers, la crise économique faisant sentir son impact, avec un recul de l’activité en avril (-2,1 % du PIB) et un chômage en hausse à 8,5 % à lima.Les protestations visent la politique néo-libérale et la gestion d’ensemble du gouvernement d’Alan Garcia, président de centre droit qui atteint une impopularité quasi record (67 %) depuis le début de son mandat en 2006.-AFP Le chef des talibans pakistanais est visé Pakistan : des drones américains tuent 48 combattants islamistes Deux salves de missiles américains ont tué hier 48 combattants islamistes, frappant les talibans pakistanais alliés à al-Qaïda dans leurs repaires des zones tribales du nord-ouest du Pakistan, Les drones américains ont lancé leurs attaques dans la région tribale du Waziristan du Sud, fief du chef des talibans pakistanais Baitullah Mehsud, qui est supposé se cacher dans ce district, frontalier de l’Afghanistan.L’armée pakistanaise prépare une offensive contre Mehsud, qui selon les militaires est responsable de 90 % des attentats au Pakistan.Le gouvernement l’accuse d’être à l’origine de l’assassinat de l’ex-premier ministre Benazir Bhutto, en 2007.Dans la soirée, après un premier bilan officiel d’«au moins 25 combattants islamistes» tués par une frappe de missiles, «le nombre de morts est monté à 40 ainsi que cinq véhicules détruits, touchés par un drone américain dans la zone de Janata, au Waziristan du Sud», a déclaré un responsable de la sécurité ayant requis l’anonymat.Les missiles ont touché un convoi de véhicules transportant des talibans pakistanais.Pas de confirmation A l’aube, six missiles américains avaient déjà éliminé huit combattants islamistes en frappant une cache des talibans pakistanais, également dans le Waziristan du Sud.Dans ces zones tribales, une cinquantaine de tirs de drones ont tué quelque 500 personnes depuis août 2008, selon un décompte établi par les forces eje sécurité locales.Les États-Unis, dont le Pakistan est un allié dans leur guerre contre le terrorisme, ne confïr- f Les combats ont forcé deux millions de Pakistanais à fuir leur domicile.FAISAL MAHMOOD RF.UTERS ment pas ces tirs de missiles, mais seules la CIA et l’armée américaine, déployée de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan, possèdent de tels appareils dans la région.Au terme des actions aériennes du jour, il était impossible de savoir si des dirigeants importants, dont Baitullah Mehsud, avajent été tués ou blessés.Les États-Unis ont offert une récompense de cinq millions de dollars pour la capture du chef taliban pakistanais, mort ou vif, tandis qu’Islama-bad a promis 615 000 dollars.L’homme, qui a prêté allégeance au réseau d’Oussama ben Laden, est accusé d’être derrière la plupart des attentats suicide qui ensanglantent le Pakistan depuis juillet 2007 (2000 morts).Peshawar Dernière attaque en date, une bombe a explosé à Peshawar hier, tuant une personne et en blessant cinq, dont trois policiers.Peshawar a été meurtrie par des attentats ces dernières semaines, apparemment en représailles à l’offensive de l’armée pakistanaise contre les talibans dans le nord-ouest Ce nord-ouest est secoué depuis plusieurs années par la rébellion des talibans pakistanais, notamment dans les zones tribales semi-autonomes frontalières de l’Afghanistan: elles sont tout à la fois leurs fiefs, ceux de combattants arabes d’al-Qaïda et une base arrière des talibans afghans.L’armée, qui bombarde régulièrement les zones tribales, a déclenché fin avril une offensive dans la région voisinç de Swat, sous la pression des États-Unis, inquiets de voir les talibans y progresser et se rapprocher de la capitale, Islamabad.Elle se dit dans la «dernière phase» de cette opération et a assuré que le commandant des talibans dans la vallée de Swat, le maulana Fazlul-lah, avait été «blessé» lundi dans une frappe aérienne.Agence France-Presse et Reuters - » «¦'* • rv.*sr'; ^4 îtfk ¦-* 4 r*"r 1 i -I *«***¦•:.‘ S V r “ ¦ fer Des dizaines de milliers de membres des forces de l’ordre chinoises ont été déployés à Urumqi.La tension est vive à Urumqi malgré la présence massive des forces de l’ordre DAVID GRAY REUTERS Urumqi — La capitale régionale du Xinjiang a été le théâtre de scènes très violentes, mais sporadiques, hier, lorsque des Chinois hans ont attaqué des Ouïghours malgré l’impressionnant dispositif de sécurité qui a ramené un certain calme dans la ville.Des dizaines de milliers de membres des forces de l’ordre chinoises avaient été déployés pour former un cordon entre les quartiers des Ouïghours musulmans et des Hans dans la ville, sous tension après trois jours de troubles interethniques qui ont précipité le, retour à Pékin du chef de l’État Hu Jintao.Cela n’a pas empêché des incidents isolés, mais très violents de se produire, dans l’atmosphère survoltée régnant à Urumqi depuis les émeutes de dimanche, qui ont fait 156 morts selon le gouvernement — 400 rien que chez les Ouïghours, principale minorité de cette région autonome du nord-ouest de la Chine, selon la dissidence ouï-ghoure.Dans deux incidents distincts auxquels ont assisté des journalistes de l’AFP, des Ouïghours à terre se sont fait frapper à coups de pieds, de poings et de bâtons par des Hans, sous les encouragements et les invectives d’autres membres de cette ethnie majoritaire dans le pays, et n’ont dû leur salut qu’à l’intervention des forces de l’ordre.Le maire d'Urumqi, Jerla Isa-mudin, a cependant assuré en début de soirée que «les autorités contrôlaient la situation».Les frictions ethniques sont vives dans cette région de 20 millions d’habitants De son côté le chef du parti communiste d’Urumqi, Li Zhi, a averti que toute personne coupable de meurtre pendant ces troubles serait condamnée à mort.Selon les termes de la loi chinoise, le meurtre est passible de la peine de mort ü Zhi a aussi appelé la population à la retenue «en particulier les Hans», désireux de vengeance après avoir été la cible des violences des émeutiers ouïghours dimanche.Ces événements, les plus graves en Chine depuis plusieurs décennies, ont poussé le président Hu à interrompre son voyage officiel en Italie, et à renoncer au G8, pour rentrer précipitamment en Chine hier.«C’est sans précédent, a déclaré Jean-Pierre Cabestan, de la Hong Kong Baptist University, l’inquiétude est évidente.» Les frictions ethniques sont traditionnellement vives dans cette région de 20 millions d’habitants, majoritairement musulmans, mais ont pris cette fois, une ampleur inattendue.Des convois de camions circulaient hier dans Urumqi avec! à leur bord des membres des forces de l’ordre scandant «Protégez le peuple ! Préservez la stabilité!» tandis que les hélicoptères survolaient la cité.Par ailleurs, des victimes tuéesi dans les émeutes de dimanche! n’avaient pas encore été identi-; fiées hier et la police chinoise menait des tests d’ADN sur plu-1 sieurs corps, selon l’agence' Chine Nouvelle.Agence France-Presse U LE I) E V 0 I H .LE JEUDI !) JUILLET 2 0 0 9 A (> EDITORIAL Décrochage scolaire L’effet nul L’absence totale d’échos venus du ministère de l’Éducation sur ses propres programmes de lutte contre le décrochage camouflait bien plus qu’un grand inconfort; il masquait une catastrophe.Vantée successivement par tous les ministres de l’Éducation sans avoir été évaluée, la principale stratégie du Québec pour réduire l’abandon scolaire n’a rien donné.oilà des années qu’on formule inlassablement la requête, mais sans succès: la stratégie Agir autrement contribue-t-elle, oui ou non, à diminuer le taux de décrochage scolaire?A-t-elle été évaluée?C’est finalement la Loi sur l’accès à l’information qui a permis une réponse: des documents obtenus par Le Devoir dévoilés aujourd’hui confirment que la stratégie miracle Agir autrement est à effet nul.Tout cela pour ça?L’analyse effectuée conjointement p^r une équipe de chercheurs et les évaluateurs du ministère de l’Éducation a beau être préliminaire, présentée sous forme de PowerPoint, de toute évidence pas fabriquée pour digestion journalistique ou publique — en font foi le nombre d’erreurs et le recours insupportable au jargon —, sa critique est on ne peut plus claire: «L’ampleur des effets observés auprès de l’ensemble des élèves touchés par [Agir autrement] permettra difficilement de se traduire par une réduction du taux de décrochage.» Dans le document, on dresse la liste des raisons expliquant ce gênant sur-place: précipitation ministérielle, manque de soutien, évaluation déficiente, personnel peu mobilisé, communication défaillante.On savait l’empire Éducation devenu plus gros que nature; gigantesque machine vouée pourtant à l’essentielle formation des esprits, le ministère est en train de perdre le nord, le fil, tentant en vain de les retrouver à coups de plans d’action, de programmes, de politiques.Tous vains?Diable! Espérons que non.Celui-là, en tout cas, fut apparemment stérile, malgré les quelque 200 millions que Québec y a investis.Tout cet argent n’aura jamais été la garantie du moindre triomphe.Il est important de le rappeler: Agir autrement n’a rien d’un brouillon improvisé sur le, coin d’un pupitre.Tous les ministres de l’Éducation, du Marie-Andrée premier qui lança le projet sous forme d’essai Chouinard en 2001 jusqu’à l’actuelle ministre, ont loué cette stratégie et cela, sans que l’ombre d’une évaluation encourageante, concluante, ait été produite.L’évaluation, au royaume Éducation, est ironiquement un échec, des bulletins chiffrés jusqu’à l’examen par le ministère de ses propres programmes.Le projet fut inauguré en 2001 par le ministre François Le-gault, qui l’associa à une nécessaire «intervention énergique» pour réduire le taux de décrochage.En 2002, Sylvain Simard étendit l’essai à 200 écoles de milieux défavorisés afin de «redonner le goût de l’école à des milliers de jeunes».En 2004, Pierre Reid vanta les «projets extraordinaires» réalisés grâce à cette initiative, pour laquelle il alloua le budget prévu.En 2006, Jean-Marc Éournier indiqua que ce «projet-pilote» — toujours pilote, car jamais pleinement évalué — était «une source d’inspiration pour le réseau scolaire».En avril dernier, l’actuelle ministre Michelle Courchesne promit que son gouvernement «oui [allait] bonifier et améliorer le programme Agir autrement».Un mois plus tard, rappelant de nouveau les objectifs de cette stratégie, elle annonçait l’octroi de 750 000 $ à la commission scolaire des Samares pour «la réalisation d’un [autre!] projet-pilote d’une durée de trois ans visant à favoriser la persévérance scolaire».Nul besoin d’évaluer le premier: au suivant! Le ministère de l’Éducation fut jadis critiqué par le Vérificateur général pour la dépense désordonnée de 1 milliard (en 2005) destiné aux élèves en difficulté.Il semblerait qu’il s’adonne encore à un coûteux saupoudrage inutile.L’analyse préliminaire obtenue par Le Devoir décrit surtout un échec bureaucratique.Il ne fait aucune mention des données fournies par les écoles, ni des méthodes utilisées par les établissements pour contrer l’abandon scolaire.Espérons qu’un éventuel rapport final évoquera les élèves, leurs résultats scolaires, les taux d’absentéisme, le nombre de tuteurs destinés à encadrer les enfants, le ratio professeur-élèves, la participation aux activités parascolaires, les liens tissés avec la famille, l’organisation du travail.Il faut savoir quelles méthodes fonctionnent, et quels sont au contraire les moyens inefficaces.Tout cela est bien peu encourageant, du moins pour les jeunes, au premier chef concernés.Ils sont plutôt devenus les otages d’une opération bureaucratique pesant sqr les écoles et permettant la parade politique.La ministre de l’Éducation promet pour la rentrée un plan sur la persévérance scolaire, et ce, même si le rapport d’évaluation à’Agir autrement, dont les premiers échos sont à noyer tout espoir, ne sera publié qu’en décembre.Un autre navrant déraillement sur la route des élèves.machouinard@ledevoir.com LK DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND II Qui raconte des histoires, Monsieur Roquet?Le Devoir du 2 juillet nous apprend qu’un «comité d’experts» a été nommé par le gouvernement Charest pour revoir les règles de gouvernance des Fonds d’intervention économique régionale (FIER).Louis Roquet, qui préside le comité et qui doit donc lui aussi être «expert» en quelque chose, affirme avec arrogance que «penser que les gens d’affaires sont assez imbéciles pour faire des mauvais investissements dans un projet parce que c’est leur “chum” qui le pilote, c’est se raconter des histoires».Mais peut-il vraiment ignorer le fait élémentaire que les investissements se fondent sur la confiance et que la perception du risque est influencée par cette confiance?Connaît-il les noms de Bernard Madoff et de Vincent Lacroix et autres «hommes de confiance» maintenant en prison?Il est proprement scandaleux qu’un président de comité «d’experts» qui se gargarise de «gouvernance» soit incapable de faire la différence entre apparences de conflit et conflit avéré.Quand un administrateur de FIER peut décider d’injecter des fonds publics dans des entreprises dont il est actionnaire, ce n’est pas une apparence de conflit d’intérêts, mais bien un conflit d’intérêts avéré! Croire qu’il peut demeurer objectif, c’est nier les acquis élémentaires de la psychologie sur les biais cognitifs, et surtout prendre les citoyens pour des valises, ou pour reprendre le langage châtié de mon-siepr Roquet: pour des imbéciles! A lire de tels propos, il ne faut pas se surprendre que le citoyen ordinaire se méfie plus que jamais d’un monde des affaires de plus en plus déconnecté de la réalité, mais toujours assuré de LETTRES son bon droit de gérer en privé les deniers publics tout en lui racontant des histoires.Yves Gingras Le 4 juillet 2009 Le Clézio: 1, Charest: 0 L’écrivain français Jean-Marie Le Clézio dit vrai quand il qualifie le projet de La Romaine de «monstrueux».Elle sera la 14e de nos 16 plus grandes rivières sauvages à être harnachées.Les heures de la Petit Mé-catina et de la Rupert sont comptées.Ces fleuves aussi seront victimes de notre «énergie propre».Mais Jean Charest a aussi raison de dire qu’avec les mégacentrales sur les rivières Romaine et Petit Mécatina, «un nouvel horizon» s’ouvrira devant les Nord-Côtiers.En effet: leur horizon de terres et de forêts giboyeuses sera dans dix ans remplacé par un paysage de vastes réservoirs dont les bassins versants artificialiseront alors, tenez-vous bien, 43 % de l’immense Côte-Nord.Ceux qui disent que l’hydroélectricité est une énergie «verte» mentent, parce qu’en réalité elle noie de gigantesques écosystèmes.Ceux-là n’ont jamais vu un seul réservoir en train de se remplir.D’ailleurs, ils s’en contrefoutent ils vivent dans des villes bétonnées où la seule eau qui les émeut coule de leurs robinets.Il fut un temps où il fallait les Français pour nous dire que certains de nos artistes avaient du talent Comme nous avons progressé: il nous faut maintenant d’autres Français pour montrer du doigt le ridicule de nos élus qui tentent de nous faire croire qu’inonder des territoires et détourner des rivières, c’est l’unique et meilleure chose à faire pour.réduire les gaz à effet de serre! Jean-François Vallée Québec, le 8 juillet 2009 .» Ii , ¦ " - ' , >n Jackson, j’en ai assez.Le décès de Michael Jackson est évidemment un événement triste.Rappelons-nous que les sévices paternels qu’il a subis doivent être énergiquement condamnés.Mais voyons les résultats: une notoriété mondiale qui a culminé il y a 20 ans, effacée depuis et ponctuée des frasques de ce multimillionnaire façonné par une multinationale de la musique et surtout par le showbizz, marquée par la perte de sa crédibilité: le fils pendu du balcon, la retraite dans un ranch pour adolescent attardé, les interrogations quant à son aspect physique et son état mental, des relations conjugales et avec des enfants particulièrement troubles, une consommation présumée défiant toute la pharmacologie du monde; en fait, il s’agit d’une personne pas très équilibrée — qui ne doit surtout pas être citée comme un exemple.Le 30 juin dernier, au Festival de jazz de Montréal, l’hommage livré par Stevie Wonder était à la fois senti et pertinent, jusqu’au moment où il a commencé à en mettre plus que le client en demandait.Les artistes noirs que j’ai vus en ont tous remis un peu.Mais quand Raphaël Zal-divar, dimanche, a affirmé qu’il tenait avec quelques pièces à rendre hommage à Michael «Yackson», là, j’ai décroché.C’en était assez.J’ai retenu de la journée du 7 juillet un hommage filial de sa fille Paris comme un des seuls à être vraiment honnête, mais néanmoins désespéré.Ça suffit, maintenant.Fou pour fou, faudra q rendre un hommage bien senti à l’Afro-Américain qui a vraiment révolutionné la musique moderne: Jimi Hendrix.Claude Lapointe Le 7 juillet 2009 LIBRE OPINION Souveraineté bien réelle LOUIS BERNARD Ex-candidat à la direction du Parti québécois Dans une opinion publiée dans Le Devoir de mercredi, M.Mario Polèse soutient que la souveraineté du Québec serait imaginaire, inutile et même nocive au fait français en Amérique.Voici pourquoi je pense exactement le contraire.D'abord, mettons-nous d’accord sur un fait: la souveraineté souhaitée par le Québec n’est pas celle qui prévalait au XIX' siècle, mais une souveraineté moderne qui rapproche les nations plutôt que de les séparer.C’est la souveraineté de la France et du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, et celle du Brésil et de l'Argentine au sein du Mercosur.Cette souveraineté n’est pas absolue, mais elle est bien réelle.A-t-on, d’ailleurs, déjà entendu quelqu'un qualifier d’imaginaire la souveraineté de la France ou de l’Angleterre?La souveraineté, prétend-il, serait inutile puisque le Québec a réussi à se développer à l’intérieur de la fédération canadienne pour devenir l’un des peuples les plus prospères et créateurs de la planète.La réponse est pourtant simple: au cours des 50 dernières années, le Québec est allé au bout de ce qu’il est possible d’accomplir dans le cadre constitutionnel actuel.Ayant atteint cette limite, il a tenté, à de multiples reprises, d’élargir ce cadre en revendi- quant une révision constitutionnelle.Toujours sans succès.Aujourd’hui, la réalité est claire pour tous ceux qui refusent de se cacher la tête dans le sable: le fédéralisme canadien est coulé dans le béton et, s’il veut aller plus loin, le Québec n’a d’autre choix que d’en sortir.Présence du Québec Or le Québec a besoin d’aller plus loin, car le grand élan d’émancipation dans lequel il est engagé depuis la Révolution tranquille reste inachevé.Des pouvoirs et des instruments de développement essentiels qui lui font encore défaut empêchent la nation québécoise d’atteindre son plein potentiel.Le plus évident — et M.Polèse le concède d’emblée — est celui de la personnalité internationale: s’il était souverain, dit-il, «le Québec aurait son siège à l’ONU».Mais ce dont il s’agit, en réalité, c’est beaucoup plus que de détenir un siège à New York.C’est d’assurer la présence du Québec aux multiples forums internationaux où se discutent de plus en plus de questions qui concernent directement notre avenir et nos intérêts.C’est également d’exercer notre capacité d’avoir des relations bilatérales ou multilatérales avec les autres pays.C’est enfin d’assumer notre part dans l’atteinte des Objectifs de développement du millénaire et dans l’aide aux pays moins nantis.C’est, en somme, de jouer pleinement notre rôle de membre à part entière de la communauté des nations.Des dossiers qui nous échappent Mais il y a également plusieurs autres pouvoirs importants qui, dans la fédération actuelle, échappent au Québec et qui sont essentiels au développement de sa personnalité propre.Je ne donnerai que quelques exemples.Comment se sentir maître chez soi quand son Parlement ne peut pas légiférer sur des questions comme l’euthanasie, l’avortement, le crime organisé, le commerce de la drogue, la délinquance juvénile et d’autres matières du droit criminel qui touchent intimement les valeurs de la nation?Ou quand des questions aussi essentielles à la culture que la radio et la télévision sont du ressort exclusif d’institutions qui nous échappent?Ou quand nous sommes menacés de perdre une compétence aussi importante pour notre développement économique que celle du contrôle des valeurs mobilières?Mais parlons de la langue française.Malgré la loi 101, le Québec reste une province bilingue et ne pourra devenir un pays francophone que lorsqu’il sera souverain.L’immigrant qui arrive chez nous a toujours le loisir de s’adresser en anglais aux institutions fédérales, de qui dépend son droit de séjour et qui lui attribueront la citoyenneté, qui sera non pas québécoise, mais canadienne.11 est libre de déménager dans une autre province sans rien perdre de son statut d’immigrant reçu.Comment pourrait-il sentir toute la force de la pression sociale qui, dans les autres pays, incite l’immigrant à s’intégrer à la majorité?Et que dire du refus d’Ottawa, conservateurs et libéraux réunis, d’astreindre le gouvernement fédéral et les institutions et entreprises qui en dépendent aux prescriptions de la Charte de la langue française?Entreprise inachevée Enfin, soutenir que le fédéralisme a contribué au développement des communautés francophones des autres provinces, c’est méconnaître complètement notre histoire puisque c’est exactement le contraire qui s’est produit L’avenir du français en Amérique dépend essentiellement de l’avenir du français au Québec et c’est en assurant sa vigueur et sa pérennité ici au moyen de la souveraineté que nous pourrons le mieux aider à son rayonnement autour de nous.Malheureusement, le Québec reste, pour le moment, une entreprise inachevée.Plaider le chemin parcouru pour l’arrêter dans son cheminement, c’est ne rien comprendre à la dynamique québécoise.Au contraire, c’est le succès déjà obtenu qui nous justifie d’aller plus loin.C’est précisément parce que nous sommes devenus aussi capables que les autres de mener nos propres affaires que nous voulons conquérir les pouvoirs qui nous manquent pour compléter l’œuvre entreprise par nos ancêtres il y a 400 ans. LE DEVOIR.LE JEUDI 9 JUILLET 2 0 0 9 A 7 DEES Commission canadienne des valeurs mobilières À qui le contrôle des marchés financiers canadiens ?JACQUES NADEAU LE DEVOIR Vincent Lacroix, libéré hier après avoir purgé une portion de sa peine d’emprisonnement, fait partie de ces délinquants de la finance contre qui les organismes provinciaux de régulation engagent des poursuites pénales pour obtenir des peines habituellement infligées à la suite d’accusations criminelles.JEAN-C.HÉBERT Avocat Ie débat politique concernant le projet de création d’une commission canadienne des valeurs mobilières n’émerge pas du vide.Il y a longtemps que le gouvernement fédéral cherche à s’inviter dans l’agencement du marché des capitaux.Le ministre des Finances Jim Flaherty, annonçait récemment une stratégie nationale sur la «littéracie financière».Calquée sur le vocable «financial literacy», cette expression réfère à l’aptitude des citoyens à analyser et à gérer leurs affaires financières personnelles.Elle englobe l’aptitude à faire des choix financiers et à planifier l’avenir avec compétence.Un groupe de travail doit conseiller le ministre Flaherty sur le sujet Sur fond de querelle constitutionnelle, on assiste à une bonne vieille dispute politique.D’ailleurs, le gouvernement du Québec vient de l’annoncer: il a décidé de contester judiciairement la constitutionnalité d’un organisme fédéral de régulation.Les juges diront qui — du gouvernement fédéral ou des autorités provinciales (et territoriales) — devrait avoir préséance sur le contrôle du commerce des produits financiers.Le gouvernement fédéral dispose de certaines cartes maîtresses.Alors qu’il peut légiférer efficacement en matière criminelle, un gouvernement provincial ne peut pas exercer cette compétence législative.De plus, Ottawa dispose des ressources financières requises pour s’imposer à titre de «supergendarme» des marchés financiers.L’insécurité financière Pendant que des avocats salivent, les gens d’affaires et les investisseurs sont davantage préoccupés par l’application efficace des lois.Ils ont raison.De nos jours, ce n’est plus seulement l’insécurité physique qui préoccupe l’opinion publique.L’inquiétude financière mine la confiance des consommateurs et perturbe l’économie.Une loi sur les valeurs mobilières a la vocation de protéger les investisseurs contre les risques d’un commerce non réglementé.Favorisant l’intégrité et l’efficience du marché financier, elle accroît la disponibilité des capitaux pour les entreprises.Cette intervention de l’Etat impose aux émetteurs l’obligation de divulgation, sans toutefois régir la gouvernance corporative.Voilà pourquoi, face à une décision d’affaires en apparence raisonnable, les tribunaux ne peuvent substituer leur opinion à celle des administrateurs d’une entreprise.Les juges s’y connaissent moins que les gestionnaires dans ce domaine.Commission canadienne Bien que le sujet soit controversé, il est acquis que la dissuasion générale constitue l’un des objectifs de l’imposition d’une peine.Les organismes de régulation ont compétence pour imposer des ordonnances administratives, des pénalités et des sanctions.De ce point de vue, il est raisonnable de présumer que la dissuasion générale conserve un rôle légitime puisque les participants aux marchés financiers sont des acteurs rationnels.Le scénario d’une commission canadienne des valeurs mobilières signifie que les organismes actuels de réglementation ne pourraient plus porter des accusations pour des infractions quasi criminelles de responsabilité sans faute.Consultante pour le gouvernement fédéral, la professeure Poonam Puri croit qu’il faut établir «une distinc- ANDRÉE R U F F O Ex-juge pour enfants —."| lors que la planète vit une crise des A plus dramatiques, il est urgent de se rappeler les fondements de la démocratie: c’est le peuple qui se choisit librement un gouvernement par sa voue — exprimée lors d’un vote.Ce gouvernement devra alors en toute légitimité exercer ses responsabilités en respectant la séparation des pouvoirs: législatif, exécutif, judiciaire.Au Parlement de légiférer, aux juges d’appliquer les lois en toute indépendance.Le «gouvernement des juges» ne saurait prévaloir dans une société où la primauté des règles de droit sera respectée par le citoyen-électeur.Alors qu’il existe un consensus — pour ne pas dire une unanimité — à propos des valeurs relatives à la protection des enfants et de la nécessité de légiférer, il faut souhaiter vivre dans une saine démocratie où le pouvoir du législateur est arrêté par un autre pouvoir, celui du peuple présent, de- tion claire entre les peines pour infraction réglementaire, qui visent à corriger le marché dans l’avenir, et les peines pour infraction criminelle, qui seront réservées pour les cas d’inconduite ou de faute mettant en cause les comportements les plus inacceptables».Le spectre Madoff En réponse aux scandales financiers survenus au début des années 2000, le Congrès américain a adopté hâtivement la loi Sarbanes-Oxley afin de sanctionner plus sévèrement la tricherie sur les marchés de capitaux.La fraude financière était ressentie comme une agression sur le bas de laine des citoyens américains.Ces temps-ci, l’escroquerie de Bernard Madoff a l’effet d’un puissant coup de projecteur sur le phénomène récurrent de la fraude financière.Cet Arsène Lupin de la finance a démontré les limites de l’effet dissuasif de la loi répressive américaine.Certes, une peine de 150 ans frappe l’imaginaire.Toutefois, qui peut garantir que ce record Guinness va, à coup sûr, dissuader tous les escrocs de la finance?C’est un classique: les fraudeurs se croient intouchables.La régulation des activités commerciales et financières par le recours massif aux sanctions criminelles comporte un effet pervers.En effet, par crainte de violer, la loi répressive, des entrepreneurs honnêtes portés au risque peuvent modifier leur conduite et renoncer à de bonnes occasions d’affaires.Le droit américain s’est développé de façon anarchique quant à l’exigence de la culpabilité en matière financière.En Europe, s’agissant d’évaluer le risque, on utilise quelques formules pour décrire l’état d’esprit d’un accusé: l’intention, la connaissance, l’insouciance et la négligence.Le Congrès américain utilise plus d’une centaine de termes pour décrire la notion de culpabilité.Le mélange des genres Dans ce capharnaüm, le régime de responsabilité sans faute gagne constamment la faveur du bout, qui a rappelé à ses élus, encore et encore, les véritables enjeux, en l'occurrence celui de la protection des enfants.Seule une inculture confondant tout espoir perpétue une situation intolérable et empêche le citoyen le plus vulnérable d’accéder à un monde où prévaudrait une véritable sécurité.Un projet justifié Le projet de loi C-268 répondant aux aspirations légitimes des Canadiens soucieux de protéger leurs enfants vise à accroître la protection accordée aux victimes de la traite d’enfants.Ce projet est non seulement justifié, mais nécessaire et urgent.Le législateur, dans sa discrétion exercée de façon responsable et éclairée, créerait une infraction prévoyant une peine minimale obligatoire de cinq ans d’emprisonnement en cas de traite d’enfants.Devons-nous rappeler ad nauseam que ce pouvoir est exercé légitimement par le législateur?Les juges, dans l’exercice de leurs fonctions, appliqueront la loi.Au nom de quelle idéologie, de quel obscur dessein, pour ne pas dire démago- législateur américain.Au Canada, axée sur la négligence (ou l’absence de diligence raisonnable), cette norme de culpabilité devient inadéquate lorsqu’elle entraîne l’application de peines habituellement réservées aux infractions exigeant la preuve d’une véritable intention criminelle.En outre, la sanction de normes financières (souvent techniques et imprécises) par de lourdes peines amène une inflexion de la justice.Dans leur fonction de surveillance, les organismes de régulation peuvent contraindre une personne à s’auto-incriminer.Nourrie de cette preuve, une poursuite intentée en vertu d’une loi provinciale peut valoir au défendeur une substantielle peine d’emprisonnement En vertu du Code criminel (une loi fédérale), cette méthode est prohibée.Protection des investisseurs Certes, toute forme d’aménagement juridique en matière de délinquance financière doit punir sévèrement les fraudeurs.Cependant, l’exigence d’une preuve d’intention coupable devrait agir comme filtre protecteur.Autrement dit, lors d’une poursuite de nature criminelle, il est souhaitable d’écarter l’idée de responsabilité sans faute.Utilisant ce régime de responsabilité diminuée, des organismes provinciaux de régulation entament des poursuites pénales pour obtenir des peines habituellement infligées à la suite d’accusations criminelles.Selon le principe de proportionnalité, les comportements qui ne sont pas intrinsèquement criminels devraient faire l’objet de sanctions civiles et administratives uniquement.Dans un contexte enchevêtré, qui devrait contrôler les marchés financiers canadiens?Si le contrôle de la délinquance financière peut être rationalisé par l’établissement d’une commission canadienne des valeurs mobilières, il vaudrait mieux enterrer les querelles politiques.De la sorte, la protection des investisseurs et l’intérêt des gens d’affaires s’en porteront mieux.gie, un parti d’opposition, réclamant par ailleurs la protection des enfants, exige une confusion des rôles (judiciaire-législatif) alors que la séparation de ces pouvoirs est la base même de la démocratie?Ne pourrait-on pas espérer assister à un sursaut éthique où le citoyen-enfant deviendrait, pour une fois, notre priorité?Aucune arrogance Le gouvernement ne cherche pas à transiger sur le principe fondamental de la protection des enfants en cédant à l’arbitraire et à l’insensibilité.Il n’y a pas d'arrogance dans ce projet, réclamé par ailleurs par l’ensemble des Canadiens.Pendant les 20 années où j’ai exercé mon métier de juge pour enfants, j’ai vécu avec les parents leur infinie désespérance et avec les enfants, les séquelles des expériences déshumanisantes.Nous ne pouvons, indifférents et silencieux, accepter l’effritement des bases mêmes de notre démocratie, garantie de notre commune dignité.Cette loi s’inscrit dans ce qu’Albert Jacquard appelle la «démocratie de l’éthique».Démission du député de Rousseau Cher François.BERNARD LANDRY Ex-premier ministre du Québec 1" 1 y a dix ans tu es venu m’apprendre à IVerchères que tu te joignais à notre équipe pour faire l’indépendance et mieux gouverner le Québec.Dans les mêmes lieux, j’ai appris par les médias ==J que tu quittais la vie publique.Si ton arrivée dans nos rangs m'avait rempli de joie, inutile de préciser que ton départ a eu l’effet inverse.C’est une très mauvaise nouvelle pour la démocratie québécoise, le Parti québécois et la cause indépendantiste.Je comprends ta décision et la respecte; je ne suis pas placé pour te faire la leçon, surtout que tu es le premier à être venu me dire ce fameux soir de juin 2005 que je devais reconsidérer ma décision de partir.Précieux services Ton passage à l’Assemblée nationale comme au gouvernement a été extrêmement fécond.Tu as été excellent dans l’opposition, ce qui est une chose.Mais par l'exercice du pouvoir, dans des missions extrêmement difficiles, tu as rendu à notre nation de très précieux services: répartition des effectifs médicaux, groupes de médecine familiale, contrats de performance universitaire, etc.Sans compter tes efforts louables pour respecter la discipline de parti, ce qui n’était pas forcément dans ta nature! Et tout cela accompagné d’un zèle inlassable pour la cause de l’indépendance nationale, qui est restée au centre de ton engagement.Tu as contribué puissamment à la définition de notre projet de pays et à l’esquisse de son premier budget.Au service de la démocratie J’espère que ton départ aura des effets positifs, même s’il est regrettable.Tu donnes en partant une sorte de coup de poing sur les tables du cynisme et de la fatalité.Le métier politique est difficile à assumer et le traitement médiatique souvent sommaire qu’on lui réserve n’est pas sans lien avec son invraisemblable discrédit populaire.En te voyant partir, il est à souhaiter que l’on réfléchisse à tes mérites et à ceux des personnes qui consacrent leur vie au service de la démocratie.Tu as aussi, en partant, lancé un avertissement crucial auquel je souscris, comme la plupart des analystes réalistes.Notre Québec est en danger pour des raisons mathématiques implacables, puisque liées à la démographie.Les jeunes d’aujourd’hui auront sur les épaules, en raison de la dette accumulée, il est vrai, mais surtout à cause du vieillissement de la population, un fardeau beaucoup plus lourd que celui que les générations antérieures ont eu à supporter.Ils devront générer deux fois plus de valeur par heure travaillée pour simplement maintenir leur niveau de vie tout en soutenant solidairement les inactifs, jeunes et vieux.Travailler deux fois plus d’heures serait évidemment contre-productif et inacceptable humainement et socialement La productivité Les solutions ne sont donc pas nombreuses, elles s’articulent autour d’une notion qui doit faire l’unanimité: la productivité.Et elle ne s’obtient pas en abusant de la main-d’œuvre, bien au contraire.Elle est le fruit de l’éducation, de la science, de la technologie, de la recherche et du développement et de l’investissement dans l’équipement sophistiqué requis.Le travail sera même beaucoup moins pénible qu’avec plusieurs des anciens procédés et beaucoup plus lucratif.Tourner le dos au textile a été une épreuve pénible pour les travailleurs touchés, mais les emplois qu’ils ont perdus étaient rémunérés à environ 10 $ l’heure.Il faut aller le plus rapidement et le plus massivement possible vers des heures qui rapportent en moyenne le triple et le quadruple.Si nous réussissons cela — et nous le pouvons après ce que nous avons réussi à faire depuis 1960 —, le Québec de nos enfants sera encore meilleur que celui que nous avons connu.Tout cela n’a rien à voir avec quelque rigidité idéologique de droite ou de gauche.C’est comme pour l’indépendance nationale: elle n’est en soi ni à droite ni à gauche, elle est en avant et basée sur la rationalité.Mon cher François, je ne sais pas ce que tu feras maintenant et à l’avenir.J’ai la certitude que d’une manière ou d’une autre, tu serviras la nation.Dans l’immédiat, tu pourrais être très utile en donnant des conférences, devant les jeunes en particulier.Ils ont besoin d'un tel message.Je peux t’assurer d’expérience que c’est en plus très agréable et stimulant.Amicalement.f Ecrivez-nous! U Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (re-daction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d'indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.La démocratie de l’éthique L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information Ktnémlv et métropolitaine : Gérait! Dallaire (ailjnint au directeur de Vinformatian).Marie-Andrée Choulnard (Mitimaliste.responsable de la page idées).Stéphane Baillargeon (général).Clalrandrée Cauchy (éducation).Jeanne Cot riveau (affaires municipales) Fabien Dettiisr (consommation).)em Dion (sports).Umi»-G!llrs Francœur (environnement).Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société).LouistsMaude Ritmx Soncy (santé), Alexandre Shields (général), lliilippe l>apineau (pupitre) ; infor motion i>olhk|uc Michel David irhnmigueur)' Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa).Antoine Kobitaillc et Robert Dulriaac (correspondants parlementaires à tjuébec).Kathleen Lévesque (reparler) : information culturelle Michel Bêlait tlhédlre et cahier Culture) Guillaume Bonrgault-Côté (reporter).Paul Cauchon (médias).Frédérique Doyon (reporter).Caroline Montpetil (livres).Isabelle Paré (reporter).Odile Tremblay (cinéma).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux cl culturels du weekend), Ittlie Carpentier (pupitre) ¦ information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de Cinfiirmation).François Desjardins (reporter), Fric Desrosiers (reporter), Claude Turcotte (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information intcriuttionolc Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information) Serge Truffaut (éditorialiste).Claude lévosque (reporter), Jean-Pierre I-egault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeap (photographes) ; Michel Carneau 'caricaturiste) • Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoit Munger (responsable du site Internet).Kmlllc Fulic Hoiviti et Vincent Cauchy (commis Internet) ; Amélie (iatidreati (secrétaire à la rédaction); Jean-Jacques Coulombe et Éllennc Plamondoti-Emoml (commis d la rédaction) DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur).Manon Derome (Montréal).Olivier Spéciel (Québec).Monique Hhérer (Ottawa) PUBLICITÉ Julie Chrétien (directrice adjointe).Amélie Bessette.Jean de Billy, Jennifer Body Deniers.Jean-F ranenis Bossé.Manon Bollard.Marlène Côté, Richard Douangmala, Amélie Maltais.Claire Paquet, F.lyssa Portier.Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Seltaï (publicitaires), Sylvie I.aporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Chrislian Goulet (directeur de production).Olivier Zititla (directeur adjoint) Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fillon.Yannick Murin, Nathalie Zemallls.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web).Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la rlienlile).Nancy Beaulieu, Manon Blanchette.Nathalie FUion, Mnrie t.unr Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Oiem Bilynkovn (responsable des services comptables) Claudette Béliveau (adjointe administrative}, Céline Fttroy, Ghislaine lafleur, Claudine Chevrier, Monique Protean, Danielle Russ. LE D E V 0 I K .LE JEUDI 9 JUILLET 200 9 A 8 QUALITES ECHEC LACROIX SUITE DE LA PAGE 1 G8 t Les Etats-Unis ramèneront leurs émissions quelque part entre -17 % et -23 % d’ici 2020, ce qui est plus ambitieux que l’objectif de -3 % du Canada En évoquant la condamnation de Lacroix à l’issue du procès pénal, initié par l’Autorité des marchés financiers (AMF), la Couronne a fait valoir que la remise en liberté de l’ex-président de Norbourg minerait la confiance du public envers l’administration de la justice.Lacroix ne risque pas de fuir la justice, a reconnu le ministère public.Il a remis son passeport hier et il s’est engagé à ne pas en solliciter un autre.L’homme de 42 ans, qui a beaucoup maigri, ne représente aucune menace pour la société, a aussi concédé la Couronne.Ne restait donc plus que l'argument de la confiance du public envers la justice, avec lequel le juge Wagner a jonglé toute la journée.Or, pour que l’argument prenne tout son sens, il faut nécessairement tenir compte de la condamnation au pénal de Lacroix et de la gravité des crimes qu’il a commis.Avant même le début du procès criminel devant juge et jury, prévu pour le 14 septembre, le procureur de la Couronne, Serge Brodeur, a d’ores et déjà annoncé hier son intention de réclamer la peine maximale dans l’éventualité où Lacroix serait de nouveau recon-nu coupable.Vincent Lacroix a même esquissé l’ombre d’un aveu lorsqu’il a témoigné hier pour sa propre cause, affirmant qu’il prenait conscience peu à peu du tort causé à ses victimes.«J’ai l’impression d’avoir assisté à une audience en représentation sur sentence plutôt qu’une audience en remise en liberté, a dit le juge Wagner.C’est le monde à l’envers.» Au final, le juge Wagner n’a pas pu cautionner le raisonnement de la Couronne, qui revient à nier le principe fondamental de la présomption d’innocence, bien qu’elle ait toutes les allures d’une fiction juridique dans la présente affaire.«La présomption d’innocence est la règle d’or en droit criminel.Tant que Vincent Lacroix n’est pas reconnu coupable, il est présumé innocent, a expliqué le juge Wagner.La remise en liberté est le principe, la détention est l’exception.» La Couronne étudiera la possibilité d’interjeter appel de la décision.«J’ai fait mon travail, et je suis effectivement déçu.Mais il faut vivre avec les décisions des tribunaux», a commenté Serge Brodeur.L’une des avocates de Vincent Lacroix, Marie-Hélène Giroux, a mis ce brouillamini juridique sur le compte de l’AMF, qui a enclenché les poursuites pénales avant la fin de l’enquête policière.«Les choses se sont faites à l’envers.Le procès criminel aurait dû se faire au départ.Malheureusement, ce n'est pas ce qui a été fait, et donc, on doit se remettre dans une fiction juridique et se dire qu’il est maintenant innocent pour les gestes dont il a déjà été trouvé coupable dans une autre instance», a expliqué M' Giroux.Vincent Lacroix sera conduit dans une maison de transition de l’ouest de Montréal dans les prochains jours.Pour les neuf prochains mois, il devra faire du travail bénévole auprès des handicapés et des démunis; mais pour les neuf mois suivants, il sera libre de son temps.Tous les soirs, pendant les 18 prochains mois, il devra dormir à cette maison de transition.«Ce n’est pas une véritable liberté.Il est en maison de transition fermée avec des travaux et un projet communautaire», a précisé son avocate, M‘ Giroux.Vincent Lacroix devra fournir un dépôt de 5000 $, et son père devra s’engager pour 50 000 $ avant que le transfert ne soit complété.D’ici le début du procès, en septembre, le juge Wagner devra trancher une requête en arrêt des procédures de Vincent Lacroix.Celui-ci veut faire casser 117 des 200 accusations portées contre lui, sous prétexte qu’il a déjà été jugé, trouvé coupable et condamné à la prison pour 51 infractions à la Loi sur les valeurs mobilières à partir de la même preuve.En vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, un accusé ne peut pas être jugé deux fois pour les mêmes crimes, ont plaidé ses avocats.Même s’il obtient gain de cause, Lacroix devra tout de même subir un procès avec cinq présumés complices pour les quelque 83 accusations restantes de complot, de fabrication de faux documents et de blanchiment d’argent.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 de serre défini par le G8 dans sa déclaration, plus ambitieux que le sien dans une proportion de 30 %.Jusqu’ici, le gouvernement Harper s’engageait à réduire les émissions du Canada de 50 % d’ici 2050 par rapport à une année de référence (2006) beaucoup moins exigeante que celle qu’a choisie la communauté internationale, soit 1990.Par contre, la déclaration du G8 publiée hier à L’Aquila précise: «Parce que le défi global des changements climatiques ne peut être relevé que par une réponse globale, nous réitérons notre volonté de cibler avec l’ensemble de la communauté internationale une réduction globale de 50 % des émissions de GES d’ici 2050, reconnaissant aussi que cela implique un plafonnement aussi rapide que possible des émissions globales en vue de les faire décroître par la suite.Notamment, nous endossons un objectif de réductions de 80 % ou plus d’ici 2050 des émissions de GES des pays développés, par rapport au niveau de 1990 ou d’une autre année de référence plus récente.» La décision du Canada d’entériner cette déclaration, méticuleusement négociée depuis des mois entre les pays membres du G8, constitue un changement de cap important, que plusieurs ont attribué à la volonté du président Obama de replacer les Etats-Unis à la tête de la lutte contre les changements climatiques.Des actions concrètes De L’Aquila en Italie, Clare De-merse, porte-parole en matière de changements climatiques pour DESTINS SUITE DE LA PAGE 1 réorienter le navire.Le président du conseil d’administration, un certain Régis Labeaume, défend le plan à ses côtés.«Nous avons procédé à beaucoup d’analyses depuis l’an dernier.Cette année, il y aura plus d’événements exclusifs, de spectacles-concepts et de spectacles pour les jeunes», résumait alors M.Gélinas, ce gestionnaire inconnu de Trois-Rivières qui allait plus tard venir sauver le 40 .«On a des commanditaires qui nous donnent presque plus en argent que le financement public toutes catégories.Et ces commanditaires-là, qu ’est-ce qu’ils recherchent?Lis veulent de l’achalandage, et ils attendent de nous qu’on livre une programmation attrayante qui va ramener des foules.» La recette proposée était simple: avec de la «grande vedette internationale», les Plaines allaient servir de vache à lait à l’ensemble de l’événement.Ainsi se succédèrent Béru-rier Noir en 2004, ZZ Top en 2005, Twisted Sisters et Scorpions en 2006, Billy Talent en 2007 et Van Halen en 2008.La venue de Paul McCartney l’an dernier n’était que la suite logique de cette stratégie.Mais pour cela, il allait falloir augmenter le prix du laissez-passer.De 8 $ en 2001, le prix du macaron lumineux est passé à 25 $ en 2006, et à 45 $ cette année.S’il s’en trouve encore beaucoup pour déplorer cette perte d’accessibilité, il n’en reste pas moins que les joujoux se vendent comme des petits pains chauds.Surtout, on se les arrache à prix réduit pendant la prévente du printemps.Québec, capitale des arts de la rue Le «nouveau» Festival d’été allait aussi miser sur les arts de la rue.Passionné par le genre, Daniel Gélinas et le responsable de ce volet, Michel Barette, ont multiplié les coups d’éclat.Prestation époustouflante de Xarxa Théâtre dans les rues du Vieux-Québec (2005), performance de la funambule Catherine Léger au-dessus de la place D’Youville (2006), etc.Cette année, c’est au tour de l’amoureux de Mme Léger, Ramon Kelvik Junior, de se com- l’institut Pembina, précisait en entrevue téléphonique hier que «si la position du Canada semble être le résultat de la pression exercée par la communauté internationale, il faudra voir dans les faits comment le gouvernement Harper va traduire en mesures concrètes et réglementaires ce changement majeur dans les objectifs du Canada».La veille, Mme Demerse félicitait le Canada pour avoir endossé l’objectif de stabilisation du climat à un maximum de 2 °C au-dessus du niveau préindustriel.Jamais, a précisé la porte-parole du Pembina, notre pays ne s’était encore prononcé sur un objectif précis de réchauffement maximal En entérinant cet objectif, qui est aussi celui de l’Union européenne, «le Canada doit par contre tirer les conclusions qui s’imposent et réviser ses objectifs à moyen terme», qui sont en ce moment nettement inférieurs à la réduction de 25 à 40 % définie par le GIEC.L’Europe, pour sa part, s’est engagée à réduire ses émissions de 20 % d’ici 2020, un objectif qu’elle est prête à hausser à 30 % sous la barre de 1990 si le reste de la communauté internationale se donne aussi des objectifs ambitieux.Selon Clare Demerse, il est faux de prétendre, comme on le fait depuis quelque temps à Ottawa, que les objectifs de réduction du Canada • (-3 % par rapport à 1990) sont plus ambitieux que ceux des Etats-Unis.Certes, dit-elle, le projet de loi Waxman-Markey, qui a franchi l’étape de la Chambre au Congrès des Etats-Unis, vise à ramener les émissions étatsuniennes en 2020 au niveau de 1990 seulement.Mais, ajoute Mme Demerse, d’autres programmes déjà annoncés ou en pré- mettre au-dessus.du Château Frontenac.Dès lors, la commande d’un spectacle extérieur gratuit du Cirque du Soleil (Les Chemins invisibles) allait presque de soi Pour son metteur en scène, le Français Julien Gabriel, Québec est en train de devenir une référence en matière d’arts de la rue.«Ll y a une effervescence du théâtre de rue à Québec.La ville est en train de devenir le terreau de cette émergence.On y trouve un grand nombre de jeunes artistes en devenir qui possèdent d’incroyables talents.Lis ont simplement besoin d’être aiguillés pour faire éclater leurs talents», déclarait-il récemment au Devoir.«Québec est un tremplin pour l’imaginaire.L’expérience du 400 l’a prouvé.On sent un engouement de la part du public et de la population.Llya beaucoup de talents ici.» C’est d’ailleurs une filiale du Festival d’été — InternationArt — qui se charge des communications et des relations de presse de ce spectacle.Cette entreprise, explique sa porte-parole Luci Tremblay, a été créée il y a quelques années pour «mettre l’expertise des gens du Festival au service d’autres organisations».InternationArt et les suites du 400' Le contrat entre InternationArt et le Cirque, par exemple, découle de la collaboration entre Daniel Gélinas et l’équipe de Guy Laliberté à l’occasion des Fêtes de 2008 précise Mme Tremblay, qui a elle-même fait le saut de la Société du 400e au Festival d’été cette année.Avec un budget approximatif de 3 millions de dollars cette année (contre près de 16,6 millions pour le Festival d’été), InternationArt a pris de l’expansion depuis 2008.Ainsi, l’animation autour du site d’Espace 400 dans le Vieux-Port lui a de nouveau été confiée cette année.D’emblée, la compagnie a coproduit l’exposition Bodies dans le pavillon construit par le fédéral pour les Fêtes de 2008.«C'est dans la continuité du 400 de continuer à faire vibrer ce quartier», souligne Mme Tremblay.Même chose pour les célébrations du 400'' anniversaire de la découverte du lac Champlain au Vermont, un événement qui aura lieu demain en présence du ministre des Relations internationales, Pierre Arcand.Enfin, la compagnie a paration vont, par exemple, moduler bientôt une partie importante de l’aide extérieure des Etats-Unis vers la protection des grandes forêts des pays en développement.L’ensemble de ces mesures, selon une récente évaluation indépepdan-te, dit-elle, permettrait aux Etats-Unis de ramener leurs émissions quelque part entre -17 % et -23 % d’ici 2020, ce qui est plus ambitieux que l’objectif de -3 % du Canada.C’est pourquoi, dit-elle, la décla-ratiqn du G8 a pu être ratifiée par les Etats-Unis, qui peuvent envisager d’atteindre ainsi les cibles de réductions définies par le GEEC.Pour le G8, qui consacre 17 des 40 pages de sa déclaration aux changements climatiques et aux révolutions énergétique et environnementale qu’elle commande, notamment en matière de protection de la biodiversité, la crise économique actuelle est non seulement le signal d’une révision impérative des balises financières qui encadrent l’activité économique internationale, mais constitue aussi un levier primordial pour amorcer le virage vers une économie plus verte, moins liée aux énergies fossiles, moins protectionniste, plus transparente et mieux encadrée sur le plan fiscal.«Nous nous engageons, signent les pays membres, à parvenir à une entente globale, ambitieuse et intégrée à Copenhague.À cette fin, nous demandons à tous les autres pays industrialisés et aux économies émergentes de s’y engager aussi, en accord avec le principe de la responsabilité commune mais différenciée et des capacités de chacun.» Le Devoir pris en charge la présentation en 2008 et en 2009 du spectacle Kiugwe à Wendake (Village Huron) et elle demeure responsable de la tenue de la Transat Québec-Saint-Malo.En somme, l’expertise du Festival d’été qui a permis de relancer le 4001 fait désormais en sorte d’en prolonger la tenue et l’esprit.Et ce n’est peut-être qu’un début Si le Festival d’été et InternationArt ne possèdent pas de salles comme c’est le cas pour Spectra à Montréal, il a été question ces derniers mois de doter le Festival d’équipements permanents qui ne sont pas sans rappeler l’esprit du Quartier des spectacles.Ainsi, après qu’on a mis de côté l’idée d’une scène permanente à même les vestiges du Manège militaire, M.Gélinas a récemment suggéré de construire un tunnel sous la scène des Haines reliant des futures loges pour les artistes dans la Citadelle.D’emblée, les projets de réaménagement de la colline parlementaire défendus par la Ville ouvrent la porte à des installations plus permanentes pour le Festival.On pensait, par exemple, à aménager la place George V pour y faciliter la tenue d’événements extérieurs.En entrevue, M.Gélinas concède qu’InternationArt est en pleine expansion.Ce qui ne l’empêche pas de mettre des bémols à un éventuel enracinement de la compagnie.«Des infrastructures permanentes ne nous seraient pas tellement utiles.Les technologies de scène [pour le son, les écrans] sont en contante évolution et on préfère louer l’équipement.C’est plus rentable.On préfère avoir des scènes modulaires qui peuvent être modifiées aussi.» Le directeur du Festival souligne en outre qu’InternationArt, tout comme le Festival, est une entreprise à but non lucratif dont l’objectif premier est «d’animer la ville».D’emblée, M.Gélinas ne souhaite pas gérer des salles comme Spectra le fait à Montréal.«On calcule que ça prend trop d’énergie à faire fonctionner», dit-il.Dans ce cas, l’expansion d’InternationArt vise quel objectif?«L’expertise, répond M.Gélinas.S’il y a des événements qui ont besoin d’une expertise en programmation ou en mise en marché, on est capables d’offrir des services.» Le Devoir Avec la collaboration de Yasmine Berthou LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 SUITE DE LA PAGE 1 Le constat tombe au moment où la ministre de l’Education, Michelle Courchesne, s’apprête à rendre public, à l’automne, un plan d’action sur la persévérance scolaire, attendu initialement au printemps.Il faudra cependant attendre en décembre prochain pour la publication du rapport final d’évaluation par l’équipe de chercheurs qui analyse l’implantation de la stratégie Agir autrement depuis 2002.Ce rapport prendra en compte les taux de di-plomation pour l’année 2007-08, qui devraient être connus au cours des prochaines semaines.Sur la base des taux de réussite des années précédentes, on ne constate toutefois pas de différence statistiquement significative entre les écoles ayant bénéficié de la SIAA et d’autres écoles-pilotes, en analysant les données d’un échantillon de 69 écoles participantes et de 11 écoles témoins.Bien que la SIAA ne semble pas avoir eu un effet d’ensemble sur la réussite scolaire des élèves, l’équipe de recherche entend raffiner l’analyse au cours des prochains mois en mesurant plus précisément les résultats dans les écoles où l’implantation de la mesure a été mieux réussie, a-t-on expliqué au Devoir.Québec investit entre 25 et 31 millions par année depuis sept ans pour soutenir les quelque 260 écoles secondaires les plus défavorisées.La stratégie a été étendue en 2007 à près de 567 écoles primaires situées également en milieu défavorisé, avec un montant additionnel de 12 millions.L’an prochain, Québec prévoit consacrer un montant total de 43,5 millions à la stratégie.Pour toucher ces sommes, les écoles doivent dans un premier temps réaliser un portrait de leur établissement, des élèves qui la fréquentent ainsi que du profil socioéconomique de leurs familles et du quartier.L’aide, d’une valeur moyenne de 125 000 $ (au secondaire), peut se traduire notamment par l’embauche de ressources supplémentaires ou encore servir à l’organisation de projets spéciaux, tels des programmes de mentorat Une implantation chaotique Le rapport préliminaire fait état d’une implantation plutôt chaotique, qui connaît des ratés tant du côté du ministère que du côté des commissions scolaires et des écoles.Au chapitre des écueils, on souligne, entre autres choses, fa mise en œuvre «précipitée» par le ministère de l’Éducation, le trop grand nombre d’objectifs poursuivis ainsi que la reddition de comptes trop «timide» exigée des écoles.Dans les commissions scolaires, on constate que la mobilisation a été «tardive» et que les ressources humaines dégagées pour soutenir les écoles ont été insuffisantes.Du côté des écoles, on dénote une «faible pénétration et [une faible] mobilisation en dehors des directions».De toute évidence, on n’a pas réussi à mobiliser «la communauté éducative élargie», soit les parents et les acteurs sociaux qui gravitent autour de l’école.Alors que la SIAA visait notamment à mettre en œuvre des pratiques novatrices, on note dans l’évaluation que les écoles ont «peu utilisé les connaissances issues de la recherche».De façon générale, les chercheurs et les fonctionnaires responsables du suivi font état d’une «compréhension non uniforme ou tardive des fondements de la SIAA, des rôles et responsabilités» de chacun.La trop grande mobilité du personnel dans les écoles est aussi montrée du doigt pour expliquer les difficultés d’implantation.Pistes de «redressement Le document, produit en février dernier alors que la réflexion battait son plein au ministère sur la pertinence de reconduire la stratégie, pose les jalons de quelques «pistes de redressement».On suggère, entre autres choses, de «prioriser et limiter le nombre d'objectifs nationaux à quelques déterminants majeurs du décrochage», tels les compétences en lecture, en mathématiques, et l’engagement scolaire (ce qui comprend l’assiduité, le temps consacré aux devoirs, la participation en classe, l’implication parascolaire et le sentiment d’appartenance à l’égard de l’école).Ces objectifs devront être «compréhensibles aux yeux du milieu scolaire et du public», et les cibles qui les accompagneront devront être «atteignables».Pour l’heure, la liste des objectifs de la stratégie est particulièrement touffue et tient sur plusieurs pages.Pour corriger le tir en 2009-10, les chercheurs et les fonctionnaires du ministère suggèrent de «s’attaquer à la gestion en silo» en révisant les différentes initiatives ministérielles déployées au sein du réseau scolaire «dans une optique d'harmonisation et de complémentarité».Rappelons qu’au courç des deux dernières années, la ministre de l'Éducation a lancé un plan d’action sur la violence à l’école, un autre sur l’aide aux élèves en difficulté et un plan sur l’amélioration du français écrit, auxquels s’ajoutent l’implantation graduelle de la réforme de l’éducation et les correctifs qui y ont été apportés récemment.Dans la foulée du rapport du groupe de Jacques Ménard sur la persévérance scolaire dévoilé cet hiver, la ministre annoncera à la rentrée un nouveau plan sur la persévérance scolaire.Au cabinet de la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, on précise que la ministre a pris connaissance du rapport d’évaluation, qu’elle consulte les différents acteurs du réseau scolaire et qu’elle en tiendra compte dans l’élaboration de son plan d’action qui sera dévoilé à la rentrée.Le Devoir Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir,com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 U Devoir petit, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service i\ la clientèle.U Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.fr étage, Montréal.(Québec).H3A 3M9.II est imprimé |mr Imprimerie Mirabel Inc,, 12 KOO rue Brault, St-Janvier de Mirabel, Québec, division de Québécor Média, 012 rue Saint-Jacques, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l'Imprimerie du Journal de Québec, 450 avenue Héchard, Québec qui est la propriété de Corporation Sun Média, fi!2 rue Saint-Jacques, Montréal.— Enregistrement ir085H, Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007
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