Le devoir, 21 mai 2005, Cahier E
DEVOIR.LES SAMEDI ET D I M A S C H E 2 2 M Al 2 0 0 5 OPÉRA Une Carmen audacieuse s’amène à l’Opéra de Montréal Page E 6 L E 2 1 ïwmM CINÉMA Un Coréen se penche sur le temps, l'espace et le silence Page E 9 ?LE DEVOIR * 1 ! H e F T A Des pas lourds sur le sable Denis Marleau ouvre le Festival de théâtre des Amériques avec sa première mise en scène d'un texte de José Pliya; ce n'est qu'un début.Même séparés par quelques milliers de kilomètres, Denis Marleau et José Pliya parlent de leur rencontre (fortuite) avec la même chaleur.J’ai joint le dramaturge chez lui, en Martinique, par téléphone, et rencontré le lendemain le metteur en scène à deux pas d’ici: tous deux brûlent de projets communs.Ils nous présentent leur tout premier.MICHEL BÉLAIR ¦ t Imaginez une plage de sable blanc, toute nue, au milieu des Caraïbes: le rivage du nouveau monde.Personne autour; que la mer.Le paradis.Par là, pourtant, sont passés, des siècles durant, les sinistres bateaux des marchands d’esclaves puis de presque tous les grands empires coloniaux.Un «détail» comme un autre de l’histoire qui vient marquer, à des degrés divers, l’identité de ceux qui, par-delà les siècles, viennent enfouir ici leurs pieds dans le sable.Ce n’est pourtant pas de ce passé douloureux que veut nous parler José Pliya dans Nous étions assis sur le rivage du monde, que Denis Marleau met en scène pour l’ouverture du douzième Festival de théâtre des Amériques (FTA), mercredi prochain.C’est d’aujourd’hui.C’est des traces que cette insupportable histoire a laissées sur l’identité de tous les habitants des Caraïbes.Et, par-dessus tout, c’est d’un mélange de couleurs qui se vit mal encore de nos jours.Quête identitaire «À l’origine de ce projet, précise José Pliya, il y avait une commande de la Scène nationale de la Martinique.On me demandait un spectacle sur la quête identitaire des Caribéens; pas étonnant que la première version de mon texte ait eu un caractère nettement sociologique.Mais peu à peu, je suis parvenu à présenter cette problématique de façon beaucoup plus intérieure, plus intime, pour arriver à la quatrième mouture qui est celle sur laquelle Denis [Marleau] a travaillé.Cette version, elle est passée par mes enfants qui fréquentent le système scolaire ici et qui s'interrogent; la quête identitaire transite en quelque sorte par eux puisque ma fille est métis.Qui est-elle?D’où est-elle?Quel camp choisir?» VOIR PAGE E 2 : SABLE JACQUES GRENIER LE DEVOIR mmm* SOI!Ht K TVA Ml M C.R.A.Z.Y.ou la vérité folle d’un amour fou Dix ans après Liste noire, Jean-Marc Vallée fait revivre le Québec moderne d’autrefois dans C.R.A.Z.Y., une œuvre ambitieuse et magique.C.R.A.Z.Y.aboutit sur nos écrans la semaine prochaine.Rendez-vous avec un vrai fou.MARTIN BILODEAU Il a 42 ans et resurgit dans le paysage du cinéma québécois une décennie après Liste noire, qui l’a fait connaître.Des téléfilms en anglais l’avaient d’abord parqué sous d’autres deux.Puis, un projet complètement fou l’a contenu dans l’ombre pendant cinq ans.Pas étonnant qu’au bout de ce long processus, le fruit du labeur de Jean-Marc Vallée s’appelle CR.A.Z.Y C.RA.Z.Y, c’est d’abord un acronyme formé à partir des prénoms des cinq fils de la famille Beaulieu (Christian, Raymond, Antoine, Zachary et Yvan).C’est aussi le titre d’une chanson de Patsy Cline, dont Gervais (Michel Côté), leur papa mélomane, est un inconditionnel Enfin, et surtout, c’est le maître mot de cette chronique folle, vertigineuse, magique, par laquelle Vallée nous fait revisiter le Québec «moderne» d’autrefois, depuis la Révolution tranquille jusqu’au lendemain du référendum de 1980.Dans le film toutefois, on ne souffle mot de ces événements, inoculés dans le «système» d’une famille de la classe moyenne parquée en banlieue.Et si on peut lire dans cette histoire de répression, d’amour conditionnel et de libéra- tion, la courbe sismique d’un pays en mutation, il reste que Vallée s’est avant tout penché sur les microfibres d’un tissu social québécois qu’on n’avait pas aussi bien palpé depuis Les Bons Débarras.«C’est un film très réfléchi, mais viscéralement intuitif, m’expliquait Vallée lors de notre récente rencontre.[.] Ha fallu cinq ans pour le structurer, mais en même temps, mon souci était d’atteindre la simplicité.» Et dans cette simplicité, chèrement acquise, surgit la vérité.Celle d’une famille ordinaire qui, comme toutes les familles ordinaires, vit ses joies au grand jour et ses épreuves en vase clos.Derrière la porte des Beau-lieu, il y a donc le brouhaha d’une famille modeste, dominée par un père et une mère (Danielle Prouhc) qui régnent à tour de rôle et distribuent à leurs cinq fils une affection aussi maladroite que sincère.Du lot se détache la figure de Zach (Marc-André Grondin), garçon pas comme les autres qui, pour préserver l’amour de son père, va refouler sa différence.L’enfant, puis l’adolescent et le jeune adulte vont ainsi livrer des batailles intérieures, mystifier le père, barber le grand frère (Pierre-Luc Brillant), défier Dieu, dans l’espoir d’apaiser leur tourment Né une nuit de Noël, ce petit Jésus baptisé d’un nom de roi mage a aussi hérité de dons de guérisseur qui font la fierté de sa maman, une femme pieuse et superstitieuse qui va compenser le manque à gagner affectif qu’il ressent vis-à-vis de son père.•Moi aussi je me sentais différent quand j’étais jeune.Comme Zach, j’avais une tache de cheveux décolorés derrière la tête, et ma mère me répétait que j’étais spécial, que j’avais sûrement des dons.Je trouve ça beau de croire à ces choses-là, à ces petites magies-là.J'aime être accompagné de ça dans ma vie.» Avec humour, émotion, magie, Vallée raffine plan après plan sa reconstitution d’une famille en tous points fidèle à son modèle, pas si lointain, gardien des apparences, soudé par les sermons du curé et dont la progéniture était conçue dans la po-' sition du missionnaire.•C’est un film sur la tolérance et l’amour, mais c’est aussi un hommage à la famille de la classe moyenne, résume Jean-Marc Vallée.Dans sa simplicité, dans sa quête de bonheur, dans sa souffrance, cette famille est très représentative de la classe moyenne de banlieue de l’époque et même, je pense, d’aujourd’hui.» Vallée a écrit le scénario de C.RA.Z.Y.en collaboration avec François Boulay, un ami de longue date, dont l’histoire personnelle a inspiré les grandes Ijgnes de celle-ci.Père de deux enfants (dont Emile, sept ans, qui joue Zach enfant dans le film), le cinéaste a pour sa part prolongé et abouti des préoccupations soulevées dans ses courts métrages antérieurs (dont Les Fleurs magiques, qui déjà en 1994 mettait en vedette Marc-André Grondin).•Avec François Boulay, on s’est inspirés de nos backgrounds respectifs, de VOIR PAGE E 2 : C.R.A.Z.Y.« C est un film très réfléchi, mais viscéralement intuitif» Pointe-A-Calliëre wiuwe o arcneoiogie •I d’hlstolr» d* Montréal Montréal® 350, place Royale Vieux-Montréal Tél.: (514) 872-9150 www.pacrmæe.qc.ca MUSEE-GALLO-ROMAIN Qren • Vwnn» RHQNE M »r ssr QgggJIJ AM CANADA %! i L K I) K V 0 I R .LES A M E D I 2 1 ET DIM A X C H E 22 M AI 2 0 0 5 K 2 F 1 M A V Un souffleur sans compromis DAVID CANTIN Dimanche soir au Festival international de musique actuelle de Victoriaville (F'IMAV), les amateurs de jazz libre et survolté risquent d’être aux anges avec le Anthony Braxton Sextet, le Peter Brôtzmann Chicago Tentet ainsi que le William Parker & The little Huey Creative Music Orchestra en têtes d’affiche de cette 22’ présentation.Au total, 30 musiciens pour ces trois concerts dans la plus pure tradition du jazz d’avant-garde.La semaine dernière, on a joint le colosse de Wuppertal, en pleine tournée américaine, qui semblait en grande forme après un fructueux retour d’Kurope Toujours aussi passionné, il faut croire que Peter Brôtzmann fonctionne encore à plein régime.Depuis la hargne incontrôlable de Machine Gun en 1968, le saxophoniste et clarinettiste a parcouru un chemin sinueux en compagnie de musiciens aussi extraordinaires qu’lia mid Drake, Han Bennink, Peter Kowald ou encore Evan Parker.Cela fait déjà huit ans qu’il s’exerce avec son Chicago Tentet, un grand ensemble où les Mats Gustafsson, Ken Vandermark, Joe McPhee et Paal Nilssen-Love comptent d’ailleurs pour beaucoup.Comment au juste, cette figure centrale du Globe Unity Orchestra en est-elle arrivée à mettre en branle un tel projet?«Depuis une bonne quinzaine d’années, je joue assez régulièrement aux Etats-Unis.Même si je vais souvent à New York, c’est la nouvelle scène de Chicago qui a sur- tout retenu mon attention.Au départ, je ne savais pas que ce “tentet” allait fonctionner aussi longtemps.Four un groupe de cette taille, huit ans, c'est déjà beaucoup.Désormais, on a atteint une superbe dynamique en improvisation», commente Brôtzmann avec sagesse.A entendre les deux albums pa rus sur étiquette Okkadisk en 2004, il est vrai que cet homme dans la soixantaine trouve un nouveau souffle avec ses neuf acolytes.De plus, le dialogue entre les musiciens semble plus fertile que jamais.Toujours selon l’enfant terrible du jazz allemand dans les années 60, «le “tentet" bouge constamment.H y a aujourd’hui davantage de cuivres qu’au début, ce qui ajoute de nouvelles teintes à la musique.Four cette tournée en Amérique, j’ai dit aux autres de mettre de côté les partitions.On se consacre entièrement à l’improvisation dans sa forme la plus pure.C’est ce qui, à mon sens, rend le jazz encore excitant».Par ailleurs, en quoi ce Chicago Tentet diffère-t-il des deux autres grands orchestres qui se succéderont lors du F1MAV?«L'ensemble de William Parker explore davantage les racines des musiques noires américaines.C’est un big band absolument fantastique.Four le Braxton Sextet, on a affaire à quelque chose de plus écrit et de plus européen en « Pour cette tournée en Amérique, j’ai dit aux autres de mettre de côté les partitions » w** présente HTM lies 67’ périphéries + proximités Biennale internationale de cyberart 18 au 21 mai 2005 Art + Technologies + Femmes + Société Performances, oeuvres Web, installations interactives, projets en réseau, conférences, tables rondes, ateliers, micro-actions Au Café du Monument-National -19, 20, 21 mai / entrée libre 13h Série de conférences, tables rondes, micro-actions 17h Apéro et démonstrations de projets PROGRAMMATION COMPLÈTE EN LIGNE: www.htmlles.net ¦* Billets •" ^ h XV'- Jt SSÏS" «MT* ”oSb«:8S M uwtm M Théâtre du Nouveau NIonde UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE OU TRIDENT i TcHEteHov mmmm ?f J TXACu.t,ow * cATUt*.*'* MZA» ^ 4H4.S H'*e*SC.ÉN£o OG'fcwxo WAJD- MOLUVAh AVEC NANCY BERNIER ?JEAN-JACQUI BOUTET ?LISE CASTONGUAY «VINCENT CMAMPOUX MARIE 0IGNAC ?BENOÎT GOUIN ?GINETTE GUAY « PAUL HÉBERT STEVE LAPUNTE * MICHÈLE M0TAR0 ANNE MARIE OLIVIER » RICHARD THÉRIAULT «.L UN DES PLUS BEAUX MOMENTS DE THÉÂTRE DE LA SAISON.» - RADIO-CANADA «CETTE EXCELLENTE MISE EN SCÈNE EST UN GRAND MOMENT DE THÉÂTRE AUTHENTIQUE.APPORTANT UN HEUREUX SOUFFLE DE MODERNITÉ À L'AUTEUR.» U ' O uMOGfS «IL FAUT VOIR CE QUE WAJDI M0UAWAD ET UNE BANDE 0 ACTEURS VENDUS CORPS ET ÂMES À LEUR MISSION FONT DES TROIS SŒURS.UN PUR DÉLICE.UN BIJOU SCINTILUNT D'IRONIE ET DE CRUAUTÉ.» 11 SOLEIL EX1RAITS DES CRITIQUES PARUES LORS DE LA CRÉATION OU SPECTACLE AU TRIDENT EN 1002 w w W.Ta**\ .qc.matière d’approche.En ce qui a trait au “tentet", notre musique cherche a rendre cette difficulté de vivre dans un monde aussi perturbé que le nôtre.L’art, en général, demeure un acte de résistance humaine a notre époque», poursuit Brôtzmann.Lorsqu’on lui parle de l’état actuel du jazz, le saxophoniste allemand pose un regard plutôt optimiste sur ce genre qu’il défend toujours avec vigueur.Comme il se plait à le répéter à l’autre bout du fil, «il ne faut jamais sous-estimer la puissance des médias.Ce sont eux qui gouvernent les lois du marché.Je sais très bien que je ne vendrai jamais des millions d’albums, mais là n’est pas le but.La situation, en ce moment, est peut-être plus fragile en Europe qu’aux Etats-Unis.Du coup, je ne veux pas me plaindre ou m’apitoyer sur le sort des musiciens en général».S’intéresse-t-il à cette mouvance de rock improvisé que Thurston Moore amène à ce 22' FIMAV?«Four parler franchement, il y a du bon et du mauvais.Toutefois, je ne suis pas là pour dicter mes goûts.Il est plutôt intéressant de constater que Michel [Levasseurl tente de soulever l’intérêt d’un public plus jeune.» On verra bien ce week-end.PETER BRÔTZMANN CHICAGO TENTET Au Cinéma Laurier le dimanche 22 mai à 20h Le FIMAV se poursuit jusqu’au 23 mai.SABLE Pliya nous fait sentir un autre type d'espace.Dense.Multiple.SUITE DE LA PAGE E 1 Pliya enchaine en soulignant que la quête identitaire s’incarne souvent dans la recherche d’un coupable, de préférence d’un coupable extérieur, et que l'on risque alors d’être englouti.dans une «spirale infernale».«À quel moment l’acceptation de soi-même réussit-elle à dépasser le rejet de l’autre?S’accepter soi-même, c'est accepter son héritage, son histoire et aussi toutes les contradictions qui viennent avec.En Martinique, on n’en est pas encore là et c’est ce que mon texte met clairement en relief.» Revenons à la plage de sable blanc.Quand la pièce commence, une femme s’y avance; un homme l’y attend.Ils resteront seuls tous les deux à l’exception du passage rapide d’un couple d’amis; et ils s’affronteront, parfois brutalement, sur fond de questionnement identitaire et de couleur de peau sans que l’on connaisse jamais leur nom.«Tout passe d’abord par la langue et la poésie: des Juifs, des Maghrébins ou des Québécois peuvent fort bien se reconnaître dans cette quête identitaire universelle.» Le dramaturge d’origine béninoise dira d’ailleurs que le travail de Denis Marleau sur la mise en bouche de cette langue en fait ressortir la dimension inconsciente.«Marleau a cherché à mettre à nu le rythme du texte en insistant sur les flux et les reflux, sur le refoulé même qui l’habite.C’est un travail extrêmement concret qui a déjà suscité de très fortes réactions ici lors de la dernière répétition publique du texte à Fort-de-France, tout juste avant le retour de Denis à Montréal.» Un autre type d’espace Denis Marleau — qui raconte avoir été séduit par l’écriture drue et complexe de José Pliya lors d’une lecture en anglais au CNA 3 DERNIÈRES REPRÉSENTATIONS VENEZ VOIR OU REVOIR LE SPECTACLE DONT TOUT LE MONDE PARLE DEPUIS SA CRÉATION EN JUIN 2002 ! GEUDI 26, VENDREDI 27 ET SAMEDI 28 MAI OCHAINS À L’OLYMPIA ! TS EN VENTE AU (5141 908- 4 E m RknxVYvw.entU^surtt Vp'0'eCtet l theS.rii>'^^*tS;o.(eggoe.hous6\ « [.] il faudrait déclarer cette comédie musicale spectacle obligatoire pour mieux vivre.» « Fabuleux spectacle musical [.I magnifiquement raconté à voir ! > « Une grande ode a la vie.à l'espoir et au rêve » « Un grand evenement théâtral[.| une production qui fera époque.» À LA DEMANDE GÉNÉRALE Masque* Vu public al « la malllaura proAuctlor ThéAtra prtuA 2003 UUi lmoi ta DALE WASSERMAN ami « MITCH LEIGH mous» JOE DARION wiaranK**!*» JACQUES BREL «te JEAN MAHEUX, ÉVEUNE GÈLINAS.SYLVAIN SCOTT, STEPHANE BRUL0TTE, STÈPHAN CÔTÉ, MICHELLE IAB0NTE, ROGER LA RUE.SYLVAIN MASSE ET CATHERINE VIDAL MsiNsdN RENÉ RICHARD CYR i .«u f,xi» nur,* t» ajumi PMtcnoM MSUit BENCH SARtUSM ÏÈWXAAPHE RE Ai BENOIT COSTUME rRANÇOtS St ÂU6M CcuMacfS (T'INM BOUDER ifxnSûMES NORMAND BIAIS •NOOUCTTUt CHARLES i ORON L OLYMPIA LFuto cm QuébccSS PETPf — aura passé deux mois, «en pointillé», à travailler avec l’équipe en Martinique.D a pu se familiariser avec le contexte que la pièce met en relie! «La langue de Pliya est à la fois dense, sèche, rude et traversée par de grandes poussées de lyrisme; c’est une langue de l'oralité.On y sent les racines africaines de ces mots qui expliquent, qui mettent au monde.À travers la confrontation de ces deux perceptions opposées — celle de La Femme et celle de L’Homme de la pièce —, ils racontent des histoires d’insularité, de tensions, de mémoire lourde à porter, de monde refermé sur lui-même et de métissages culturels nourris de toutes les migrations.Les couches de sens s’y étalent sur plusieurs niveaux à la fois et il faut constamment décoder les phrases apparemment simples du texte.C’est un travail fascinant.» Le metteur en scène ira même jusqu’à parler de Kol-tès en soulignant à quel point Pliya se sert de la langue comme d’une arme et que ses personnages livrent tout d’eux-mêmes par leurs mots, «tout leur être dans et par la langue».Marleau a aussi été fasciné par le fait que Pliya crée ainsi des mondes qui réussissent à déjouer nos attentes.Cette histoire de couleur, par exemple, est assez bizarre.A la lecture, on se demande si la femme est noire ou peut-être métis.L’homme, blanc, noir ou brun.Et on en vient à se dire que cela n’a aucune importance et que ces deux personnages pourraient tout aussi bien être jaunes, blancs, noirs ou rouges ailleurs.N’est-on pas toujours «TIroquois de quelqu’un»?«La force poétique du texte oblige le lecteur-spectateur à reconfigurer constamment ce qu 'il comprend de l’action, poursuit Denis Marleau.Fliya nous fait sentir un autre type d'espace.Dense.Multiple.[.] Il ne porte jamais de jugement sur ses personnages.Sa langue est parfois musclée, provocante.Ce n’est jamais un simple calque du réel, une transcription: c’est plutôt une clé qui ouvre des dimensions et dès perspectives immenses où la mémoire collective joue un grand rôle.C’est la même langue, mais pas la même réalité.(.) Avec le recul, je réalise à quel point il était important que j’aille travailler en Martinique avec toute l’équipe; c'était là meilleure façon de saisir les niveaux de complexité, toutes les subtilités et les non-dit sur lesquels repose le texte.» 11 dira aussi qu’il est peu fréquent de rencontrer un auteur vivant et de ressentir autant dp complicité avec lui, et commt Normand Chaurette (dont il va remonter Les Reines au CNAj) n’écrit plus pour la scène, il bénjt les dieux d’avoir rencontré uh nouveau complice.On pourra les rencontrer tous les deux après la première de Nous étions assis sur le rivage du monde à l’Usine C, mercredi, puis au Café du Monument-National, le 27 mai, à midi, alors que l’on parlera justement du fait de mettre en scène des auteurs vivants.Marleau dirigera aussi une lecture du Complexe de Thénardier et de Lettres à l'humanité de José Pliya le jeudi 2 juin à 15h30, au Studio-Théâtre de la PdA, dans le cadre des lectures du CEAD durant le festival — l’entrée est libre sur réservation.Les deux hommes travaillent également à un projet concret dp création prévu pour 2007.Bref, les deux nouveaux complices devraient faire un bout de chemin ensemble et on entendra certainement reparler du tandem.Même après le FTA Le Devoir NOUS ÉTIONS ASSIS SUR LE RIVAGE DU MONDE Au FTA du 25 au 28 mai, à l’Usine C C.R.A.Z.Y.SUITE DE LA PAGE E 1 nos vies et de nos souvenirs.On a pris plaisir à les écrire et à les intégrer au film, tant sur le plan des décors que sur celui des costumes, des voitures, et bien sûr de la musique.» Mélodies Des dizaines de chansons, dont les droits onéreux ont été acquis par Vallée lui-même, puisent la trame de C.R.A.Z.Y.Certaines illustrent l’univers du père, dont la chanson-titre et Hier encore, d'Az-navour, que Gervais chante «à la demande générale» dans tous les partys de famille.D’autres, plus rock, et plus fréquentes, illustrent la révolte de Zach (Sympathy for the Devil, Space Oddity, Tout écar-tillé, etc.) ou reflètent son humeur.«Par nature, le rock, c’est baveux.Chanter le rock, c’est crier fort que t’es pas pareil.Mais Zach peut pas faire de bruit, si bien qu’il se jette dans le rock, écoute les Stones, Bowie, Chariebois, etc.».L’esthétique du film est inspirée de cette musique: abrasive, accidentée, brusque, néanmoins soudée par la cohérence du regard et la pertinence du propos.«J'ai répété à tout le monde, dans tous les départements, que je ne voulais pas d’un beau film d’époque.Je voulais que ce film ait l’air vrai», rappelle Jean-Marc Vallée.Ironiquement, il a longtemps pensé réaliser C.R.A.Z.Y.aux Etats-Unis, en anglais, avec un budget plus important.Michel Côté, avec qui il était resté ami de puis Liste noire, l’a convaincu de le faire au Québec et de lui faire endosser le rôle de Gervais — son meilleur à ce jour.«À l’origine, te film était ambitieux et éclaté.beaucoup plus que ce qu'on a fait finalement», souligne le cinéaste sans l’ombre d’un regret Rétrospectivement, il reconnaît qu’îl avait besoin de ce retour aux sources.«Après Liste noire, j’ai fait deux films de genre aux Etatè-Unis, puis je me suis tanné de dire oui à ça.J’ai longtemps espéré qu’on m’offrirait de bons scénarios.Jusqu’à ce que je me décide à en écrire un, que je pourrais aussi réaliser.Et ç'a donné ça.» Ça, ce n’est pas rien.C’est même le meilleur film québécois depuis longtemps ainsi qu’une grande leçon de cinéma populaire.* RAFALE DE CREATIONS EN VUE! Saison 2005-2006 CLIM - Cabaret Libre International de Montréal Trois Tristes Tigres ZAP! LE REEL Productions Nathalie Derome FESTIVAL MONDIAL DES ARTS POUR LA JEUNESSE LE TESTAMENT DU COUTURIER Théâtre la Catapulte L BRE L INTIMITE Omnibus UN CERTAIN STANISLAVSKI Nouveau Théâtre Expérimental TROIS ! Théâtre du Désordre LE BAISER Corpuscule Danse EÏÏÏÏUS BHOPAL Théâtre Sortie de Secours & Théâtre Teesri Duniya JflHt/lgia TITUS ANDRONICUS Omnibus mES L’AUTRE MONDE Théâtre il va sans dire DEUX FOIS RIEN Nouveau Théâtre Expérimental 1945 rue Fullum, métro Frontenac theatrei^espacelibre.qc.ca www.espacelibre.qc.ca BtywcffERiie : [514] 521-4191 espace Nous remercions de leur soutien le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des Arts du Canada, le Fonds de stabilisation et de consolidation des arts et de la culture du Québec et la Ville de Montreal LE 86 LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 2 M A I O O 5 K THÉÂTRE sOrRCK FI A THÉÂTRE J E l N E S PUBLICS Premier essai réussi Danio Manfredini FESTIVAL DE THÉÂTRE DES AMÉRIQUES L’humanité derrière les fantasmes Compagnon de route de Pippo del Buono (Barboni) et influencé par le théâtre anthropologique d’Eugenio Barba, Danio Manfredini débarque à Montréal avec Cinema Cielo, une œuvre très librement inspirée de Notre-Dame-des-Fleurs.L’homme de théâtre italien a transposé le célèbre roman de Jean Genet dans un cinéma porno, qui lui semblait l’endroit parfait pour donner asile aux mal aimés d’une œuvre foisonnante.HERVE GUAY Selon Danio Manfredini, son travail sur Genet ne se compare guère à celui d’un Fassbinder, dont le Querelle est un chef-d’œuvre très léché.Le metteur en scène précise surtout que son travail ne se situe pas à cette hauteur.Plus près du macadam donc, ce que fait Danio Manfredini?Le prochain Festival de théâtre des Amériques, dans lequel son spectacle est programmé, nous le dira.En évoquant la faune crue des prostituées, des travelos et des criminels magnifiés par Genet, Danio Manfredini n'a pas vraiment pensé faire un spectacle centré sur l’exclusion.Toutefois, s’il fait le bilan de sa carrière, il se rend compte que son attention s'est souvent tournée vers les marginaux.«Ce n’est pas par intérêt politique, social ou syndical, prend-il la peine d’ajouter, mais cela vient de préoccupations humaines.Je perçois que, si l’on se sent séparé des autres êtres humains, on ne se reconnaît plus dans tellement de leurs manifestations que l’on s’en exclut.D’où naissent les drames de l’isolement et de la solitude.» Un théâtre de l’entre-deux Manfredini est en quête d’un théâtre de l’intérieur que révèlent les artifices de la scène.«Je dois dire que, pour moi.la vie a une relation très forte avec le théâtre.Cette vie se reconnaît dans l’imagination invisible qui se met en place sur scène dans le corps et les voix des acteurs.Cette vie ne se présente pas forcément sur scène sur un mode naturaliste, mais ce qui se passe sur scène n’en entretient pas moins des liens avec la réalité.Peut-être le théâtre est-il ce lieu à même de traduire la complexité de l’existence humaine au-delà du bien et du mal parce qu’on y cherche à cueillir la vie, pour ainsi dire, telle qu’elle est.» Danio Manfredini dit ne pas avoir de préférence pour ce qui est des styles théâtraux.Mais il a un penchant pour un théâtre de l’authenticité qui prend en compte l’originalité de l’auteur et des acteurs qui font partie du spectacle.Le théâtre du récit qui est à la mode en Italie en ce moment laisse le metteur en scène assez froid, tout comme les relectures des grands textes appartenant à la littérature théâtrale.L’homme de théâtre se reconnaît davantage dans un théâtre qui parvient à un scénario à la fin du travail expérimental effectué durant les répétitions.A ses yeux, la littérature n’est pas un point d’appui important et, si l’on met directement en scène l’œuvre théâtrale, il lui semble qu’il est alors bien difficile pour le théâtre de sortir de la littérature et de devenir un art autonome, régi par ses propres lois.C’est pourquoi Manfredini a préféré, aux œuvres théâtrales de Genet, ses romans.Selon lui, la vie a pris dans ses romans une forme transposée où il y a un contact phis direct avec la vie.Par conséquent le metteur en scène n’a jamais monté une pièce de l’auteur des Bonnes.Mais il s’est souvent inspiré de ses récits — Le Miracle de la rose, par exemple — pour «accompagner» ses mises en scène.Or, ce qui intn resse le plus Manfredini chez Gœ net, ce sont «les mécanismes humains qui appartiennent à la réalité» que cet auteur a mis au jour.Danio Manfredini cherche à créer im théâtre de l'entre-deux où les fantasmes et la vie se chevauchent et se rejoignent où l’énergie qui se déploie sur scène évoque la réalité de la vie et des gens.C’est un théâtre où le spectateur est conscient qu’il a devant lui des acteurs qui incarnent des personnages, mais plongés dans un monde imaginaire, fragments incarnés qui font partie de fantasmes inventés.Selon l’homme de théâtre italien, Cinema Cielo, qu’il met en scène et dans lequel il joue, lui apparaît tout de même plus près de son imaginaire que de celui de Genet Aventure collective De Notre-Dame-des-Fleurs, Manfredini a surtout retenu le thème du destin tout tracé des personnages.Un cinéma porno lui a semblé le lieu idéal pour littéralement y projeter la galerie des personnages présents dans le roman de Genet.De plus, il lui a semblé préférable de situer l’œuvre de nos jours plutôt que dans les années quarante, comme c’était le cas dans l’œuvre originale.Les spectateurs sont ainsi placés devant un écran où ils assistent à un film inspiré des héros de Notre-Dame-des-Fleurs en même temps que cette salle devient une véritable cour des miracles.Si le spectacle emprunte son titre à un ancien cinéma porno de Milan, Manfredini ne croit pas que la sexualité soit un thème central de Cinema Cielo.Il s’agit plutôt, pour l’adaptateur, de reconstituer un contexte où une dynamique sexuelle se déroule ouvertement, mais dans l’obscurité.Or cefle-ci re- couvre surtout des comportements humains basés sur le pouvoir de la séduction et de l’argent Danio Manfredini appartient aussi au petit nombre des créateurs contemporains qui rejettent le mode de production actuel, limité, au mieux, à deux mois de répétitions.Pour lui, les lois du marché ne respectent pas les lois de l'art et ne permettent pas aux artistes d’atteindre l’intégrité voulue.Il affirme qu’il ne s’est pas approché de l’art pour être riche mais qu’il a trouvé là une possibilité de s’exprimer sur la condition humaine à travers un voyage de découverte de soi et du monde.Il n’avait pas envie de simplement répéter ce qui avait déjà fonctionné et de s'intégrer ainsi à un système marchand de répétition.Aussi Manfredini répète-t-il ses spectacles parfois jusqu’à une année entière, ne cessant de les remanier, même après la rencontre avec le public.Quand le spectacle a atteint sa «définition», sa «structure», l’homme de théâtre essaie ensuite de le tourner pendant trois ou quatre ans, ce qui,lui parait une durée de vie idéale.A titre d’exemple, il a tourné le spectacle solo qu’il a conçu à partir du Miracle de la rose pendant dix ans.Selon lui, il est plus facile de jouir de ce type d’autonomie lorsque l’on travaille seul.En groupe, dit-il, il est plus difficile de se transporter.Cependant l’interaction lui semblait essentielle pour Cinema Cielo, qui est davantage une aventure collective.Comme l’est toujours le théâtre au bout du compte, non seulement parce qu'au dire de Manfredini cet art cherche toujours à capter le présent mais surtout parce que les acteurs se doivent nécessairement d’aller à la rencontre du public.LE PAYS DES GENOUX Texte: Geneviève Billette.Mise1 en scène: Gervais Gaudreauh.Avec Francis Ducharme, Audrey Talbot et Danny Gagné.Décor, costumes et accessoires: Kateri-ne Brochu et Stéphane Longpre.Une production du Théâtre du Carrousel (presentee à la Maison llieàtre jusqu’au 5 juin, lâiblic vise: les enfants de sept à dix ans.Durée: un peu plus d'une heure.M IC H El.BÊLAI K a arrive brusquement alors que le jeune Sammy nous apprend que son ami Timothée vient d'entrer dans un vieux théâtre: le bâtiment s’effondre! Au moment même où les deux garçons partaient à la recherche de ce pays où l’on peut faire confiance aux autres et qu'ils ont baptisé le pays des ge noux.C'est la catastrophe: Timothée est piégé sous les décombres! Pendant plus d’une heure, on le verra se débattre en compagnie de Sarah, une jeune choriste elle aussi prisonnière des décombres.Dans les situations extrêmes, on n'a pas vraiment de temps pour les faux-semblants et bien vite se développera entre les deux enfants un lien de confiance que la présence de Sammy, par vidéo interposée, viendra renforcer encore plus.Le texte de Geneviève Billette est plutôt remarquable: il aborde le sujet délicat de la fugue avec beaucoup d’intelligence en en faisant surgir les raisons profondes.Ce pays des genoux que recherchent Sammy, Thimotée puis Sarah est une réponse concrète à toutes les distances qui nous séparent.Et lorsque tout menace de s’effondrer tout autour, cette pure abstraction prendra la forme de l'affection concrète qui lie Sarah et Timothée au milieu des décombres du théâtre en ruine.Tout au long du texte, on sera séduit par la poesie et par la justesse de ses mots même s'il s'y glisse parfois quelques répliques un peu lourdes.Sa description d'un dimanche en famille, par exemple, trappe autant par l’audace des sous-entendus qu'elle fait surgir que par son insupportable justesse.On peut dire la même chose de la mise en scène de Gervais Gaudreault, qui aborde ce monde de façon très réaliste; on aurait probablement pu faire au-trement, aller plus d;uis l’écriture symbolique par exemple, mais c'est un choix qui se justifie tout à f;iit.Son utilisation de la vidéo est fort pertinente et sa façon de jouer les éclairages tout autant.D'ailleurs, toute la scénographie est fort impressionnante; ces grandes poutres en angles, ce plancher défoncé et ces murs qui, grâce aux effets d’éclairage, menacent constamment de s’écrouler, plongent les spectateurs rapidement dans le drame.Peut-être même un tout petit peu trop puisque les enfants dans la salle portaient, l’autre matin, plus d'attention au décor qu’à l'évolution du drame et des personnages.Mais c'était de toute façon une salle détestable comme on en rencontre peu souvent.Le Pays des genoux est la première incursion de Geneviève Billette en théâtre jeunes publics — à nia connaissance elle a jusqu'ici signé quelques contes pour les Zurbains.On ne in-ut que soir baiter qu’elle récidive au plus tôt.Le Devoir FRANÇOIS XAVII-.K GAUDREAUl/r Francis Ducharme et Audrey Talbot dans Le Pays des genoux.PREVENTE : 30$ LA PAIRE RESERVATIONS : 514.521.4191 Unt présentation de U BU compagnie de création Mise en scène et réalisation vidéo Stéphanie Jasmin Avec Annick Bergeron .Paul Savoie Concepteurs Angclo Barsctti.Daniel Fortin .Denis C.ougeon .Olivier Goulet.Stéphane Longpre André Rioux.Claude Rodrigue .Nancy ToÉn j Assistante m.c Élaine Normandeau Du icr au 18 juin 2005, du mardi au samedi, ioh Espace Libre Texte de Stéphanie Jasmin 1945 ru« FvjHum.Montréal CoVl lAtÛrir O II IVEl Iff ùi-Luj tilui ùçj «Wf >æMi HHA Nt •THWiL •¦’«fô «NCDUtflBOML ‘l SUrtaRANCE «CW - www.christalfilms.com A L'AFFICHE EN EXCLUSIVITE! | EX-CENTWS | 13W0 ¦ 15K» 17K30 ¦ «h30 JlhîO PARTOUT AU QUÉBEC DES LE 27 MAI cfih&iudacris " bridges tharulKj newton ryan phitlippo larenz tate miehael peha luifti.MSIiîl crash www.crashfdm.com Ï3l PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! “°* i—cwepiix ooéc"-1 |F*Moosoi*TemsT»»cnf.r— famdus pcaye«s —11—mCuapcec- sjjzzo—i I QUARTER LATIN»'Il MONTRÉAL ?| [CAHR.AHQMOfiOM y 11 JACQUI CARTIER 14 ?1 r— MeovrcxX~ CUZ20—1 |-— CINÉ MA—-.i-üWÊPl£XaOfC»i-1 ,-C»»«HjEX OCÉOU ——, IPONT-VIAU 16 ?118T-EUSTACHE ?11 ST-BRUNO ?IlBOUCHERVUE ?] r—MeîA OCET* GIWO-j ,-CINCMAU-1 I-CIMaaQNJOCV-1 I-MAiSCM OUCM©M-, ITCTBEBOWWt 14 «II OATIMEAU ?I ftHEHBROOKE iSHERBROOKE ^1 [lâche lîÂîÊ^T Irwifcwuiio ÔTI jpàiiBioHDviucn ?~3ÔuÉ‘tTV»H ?A: A ^ « Tocil simplemafit craquurit 1 ils se marièrent et eureevt beaucoup d'enfants [QÛAATMaLÂTwTI mSi rÿgRaiÀiCuBt 71 fiôreHetWii~^] ’ V«hm orurtr rotr - A l/AFFK HT! 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