Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le devoir, 2005-06-08, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
ECONOMIE CULTURE Bombardier sous une pluie de critiques Page C 1 ?ww w .ledevoir.eom ?Une exposition de Kazemi censurée à Montréal Page C 10 LE DEVOIR Climat: le doute est levé Onze académies des sciences réclament une action immédiate LOUIS-GILLES FRANCŒUR Les académies des sciences des pays du G8 et celles des trois plus gros pays en voie de développement consommateurs de pétrole — la Chine, l’Inde et le Brésil — ont fait hier un geste politique sans précédent en signant une déclaration commune à Londres, affirmant que le doute entretenu par certains à l’endroit des changements climatiques ne justifie plus l’inaction et qu’au contraire, il faut «enclen- «^1 Le réchauffement doit être attribué aux activités humaines médiatement été suivie à Washington par une déclaration du président américain, George W.Bush.Ce dernier a tenté d’atténuer cette nouvelle pression .internationale en déclarant que, «sur les changements climatiques, [il a] toujours dit qu'il s’agissait d’un grave problème à long terme auquel il faut s'attaquer».Le président américain n’a toutefois pas précisé ce qu’il entendait par «long terme».Ce dernier sortait d’une rencontre avec son allié Tony Blair, le premier ministre de la Grande-Bretagne et président de la prochaine conférence dp G8 qui se tiendra les 6 et 7 juillet à Gleneagles, en Ecosse.Tony Blair a hissé le dossier des changements climatiques et celui de l’aide aux pays en voie de déve-loppemjent en tête de l’ordre du jour.Les Etats-Unis, qui constituent 5 % de la population VOIR PAGE A 10: CLIMAT cher immédiatement» un plan d’action planétaire pour conjurer cette menace globale.La déclaration faite par les meilleurs scientifiques des plus importants pays de la planète, dont les porte-parole n’ont pas hésité à stigmatiser l’inaction des Etats-Unis, a im- Un petit coup de pouce à Blair KEVIN LAMARQUE REUTERS m i ¦ 'JÉÉÉiÉ JlRSSSîi.TONY BLAIR et George W.Bush se sont rencontrés hier avant la réunion du G8.Le président américain a annoncé une augmentation de l’aide de son pays à l'Afrique.Les deux hommes ont convenu de proposer à leurs collègues un allégement, sinon un effacement, de la dette des pays les plus pauvres.Bush s’est par ailleurs dit préoccupé par le réchauffement climatique.Voir texte en page A 7.Boisclair courtisé pour relayer Duceppe KATHLEEN LÉVESQUE ALEC CASTONGUAY Des supporters de la venue de Gilles Duceppe dans la course à la chefferie du Parti québécois tentent de convaincre l’ancien ministre André Bois-clair de faire le saut à la tète du Bloc québécois, question de ne pas laisser le parti frère orphelin sur la scène fédérale.Ce scénario offrirait un tandem alliant l’expérience au renouveau.Comme l’a appris Le Devoir de sources généralement bien informées, des discussions ont été entamées dès lundi afin de trouver une solution à la situation délicate dans laquelle se trouve plongé M.Duceppe.Si le chef bloquiste fait le saut sur la scène québécoise, ce n’est pas une mais deux courses au leadership qui seront déclenchées, souligne un allié de M.Duceppe au sein du PQ.«Et ça doit se faire rapidement parce qu ’il est impensable que Gilles mène ses troupes lors des élections fédérales en attendant de s’en venir au PQ.Ça serait intenable.Chaque parti doit avoir un nouveau chef dès l’automne.Avec Boisclair, ça ferait un bon tandem.Im cote de popularité de Gilles comme leader souverainiste est excellente et André symbolise le vent de renouveau attendu», ajoute cette personne.L’idée d’avoir une ligure de remplacement connue pour diriger le Bloc advenant le départ de Gilles Duceppe n’est pas farfelue.Une source bloquiste a affirmé au Devoir qu’elle avait entendu le scénario Boisclair VOIR PAGE A 10: RELAIS Gilles Duceppe Le 1 % n’est pas une garantie de qualité en formation de main-d’œuvre ÉRIC DESROSIERS Il est temps, pour le Québec, de «travailler sur la qualité plutôt que sur la quantité» en matière de formation de la main-d'œuvre, estime la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), Michelle Courchesne.Est-ce que cela veut dire que les entreprises pourraient être IL bérées de leur obligation d’y consacrer 1 % de leurs masses salariales en échange d’une amélioration du niveau de leur formation, ou que le 1 % ne peut plus être vu comme un minimum suffisant?La réponse dépend de la personne à qui vous posez la question: aux patrons ou aux employés.Adoptée en juin 1995, la Loi favorisant le développement de la main-d’œuvre, communément appelée toi 90, ou loi du 1 %, stipule que son ministre responsable doit faire, tous les cinq ans, un rapport sur sa mise en œuvre ainsi que sur l’opportunité de la maintenir en vigueur ou de la modifier.Le deuxième rapport quinquennal devrait être déposé d’ici la fin de la session parlementaire, dans VOIR PAGE A 10: FORMATION Michelle Courchesne Formatioi} continue des travailleurs : des progrès, mais pas assez Un dossier à lire en page C 4 INDEX Annonces.C 5 Avis publics.C 8 Bourse.C 2 Carrières-C6 Culture____C10 Décès.C4 Économie.C 1 Éditorial.A8 Idées________A 9 Météo________C 4 Monde.A 7 Mots croisés .C 4 Sports_______C8 Télévision.C9 Le Rwanda fantôme de Gentille et Valcourt Robert Favreau porte à l’écran le roman Un dimanche à la piscine à Kigali ODILE TREMBLAY Kigali — Les fantômes flottent partout sur Kigali, dans ses montagnes omniprésentes (humblement appelées collines) et ses vallons, sur les visages indéchiffrables des Rwandais, polis, gentils, réservés en diable.Les désignations Tutsis et Hutus, imprimées sur les papiers d’état civil jusqu’en 1994, sont devenues taboues.Allez vous risquer à interroger quiconque sur son groupe ethnique.Désormais tous Rwandais, pour le meilleur et pour le pire des mémoires hantées.Quant à Kigali, elle paraît construite à la campagne, avec des champs entre les maisons, des collines dont les tracés urbains n’en finissent plus de serpenter.Rien à voir avec l’Afrique subsaharienne, à aride.Ici, le paysage est vert, l’architecture presque coquette, les routes bien asphal- tées.La pauvreté pourtant immense, mariée au sida, se cache du mieux qu’elle le peut II faut dire que le régime dictatorial nettoie les vitrines et balise les artères du pays.Le contraste entre les prés verdoyants et le souvenir du génocide qui, en 1994, a fait périr 800 000 personnes en 100 jours à peine crée le malaise.Chaque coin de rue, chaque virage des routes en lacets a peut-être été témoin d’un massacre.La terre déjà rouge a épongé bien des ruisseaux de sang.C’était il y a 11 ans.Hier, en somme.Mais comment les bourreaux des uns et les victimes des autres peuvent-ils continuer à vivre coude à coude dans ce ventre surpeuplé du continent noir?On garde l’impression d’ètre assis sur un volcan à peine endormi dans ce pays avide de reconstruction, muré dans le silence.Des militaires armés sont postés un peu partout Le Rwanda retient son souffle.VOIR PAGE A 10: KIGALI Aujourd’hui, le cinéma renouvelle à sa manière le génocide SOURCE ÉQUINOXE FILMS -i /.km *r’ ,vu yjÿ y ¦ m Luc Picard incarne le journaliste Valcourt dans l’adaptation cinématographique du roman de Gil Courtemanche.SANTE Uélectrochoc, un traitement controversé de plus en plus prescrit En quinze ans, le recours aux électrochocs a doublé au Québec, révèle le comité Pare-chocs, et les femmes âgées font massivement les frais de cette augmentation.Bien que le Collège des médecins se fasse très rassurant quant aux vertus de cette technique, la porte-parole en matière de santé, Duiise Hard, juge qu’il y a matière à débat Le ministre de la Santé a promis de faire la lumière sur cette question.¦ À lire en page A 6 Au tlrâfWti Carnets de Zoé Cnt iiwuomo’t - en %d'.iin oin et /•. D Ruean Thomas Médecins du Monde SAINT-MARTIN WWW.IOITIOMS'NAINTMARTIN.COM « flV-M * ViCt Vlévénemsnt .UVVJLE GAGNAfv 0s comptant Berline ou Coupé Berline ou Coupé Civic DX 2005 Civic SE 2005 En location En location 198s 218s par mois/60 mois par mois/60 mois en location sécurité Incluant 120000 km Transport et préparation inclus en location seulement Berline Civic Si illustrée SHS FtOGRAMMI POUR DIPLÔMÉS © OUI, ON A FAIT LE PLEIN ID Tous les véhicules Honda sont livrés avec un réservoir plein.L’Association des concessionnaires Honda du Québec 7 Pour obtenir l’adresse d’un concessionnaire près de chez vous, visitez le www.honda.ca ou composez le 1 888 9-HONDA-9.•Les offres de location-bail sont faites par Honda Canada Finance Inc., sur acceptation du crédit.Cette offre porte sur les véhicules neufs 2005 mentionnés ci-après.Période de location 60 mois.Berline ou Coupé Civic DX 5 vitesses (modèle ES1515PX et EM2115P) et Berline ou Coupé Civic 5E 5 vitesses (modèle ES1S35PX et EM2125PX).Pour les véhicules, sont identifiés: a) le paiement mensuel, b) le montant initial requis ou échange équivalent c) le montant total au terme de la location.Berline ou Coupé CMc DX 5 vitesses (modèle ES1515PX et EM2115P) ¦ a) 198$, b) 0$, c) 11880$.Berline ou Coupé Civic SE 5 vitesses (modèle ESI 535PX et EM2125PX) : a) 218$, b)0$,c) 13080$.Franchise de kilométrage de 120000 km: frais de 0,12$ le kilomètre excédentaire.Transport et préparation inclus en location seulement.Frais de publication taxes, immatriculation, assurance et frais d'administration en sus.Le prix de location des concessionnaires peut être inférieur.Offre d'une durée limitée.Photo à titre indicatif.Voyer votre concessionnaire pour plus de détails."Les récents diplômés universitaires ou collégiaux peuvent être admissibles au programme donnant droit i une allocation allant jusqu'à 750$ sur certains modèles. LE DEVOIR.LE MERCREDI 8 J C I X 2 0 0 5 A A Manon Cornellier Le dilemme de Duceppe A Depuis le coup de tonnerre provoqué par la démission surprise du chef du Parti québécois, Bernard Landry, samedi, tous les yeux sont tournés vers le chef bîoquiste Gilles Duceppe.Pour beaucoup, les dés sont déjà jetés.Le leader souverainiste le plus populaire de l’heure n’a pas le choix.D doit se lancer dans la course à la direction du PQ.Les choses ne sont pas si simples et quiconque croit savoir avec certitude ce que fera le chef bloquis-te se méprend.Il n’y a pas de doute que si on analyse le tout sous l’angle traditionnel de l’ambition personneDe et de la quête du pouvoir, on peut seulement conclure que Gilles Duceppe sautera dans l’arène.Personne ne peut rester insensible à la possibilité de devenir chef d’un parti auquel les sondages promettent le pouvoir.Ce n’est pas tous les jours qu’on voit miroiter la chance de devenir Gilles Duceppe premier ministre du Québec.D y a de quoi flatter l’ego de n’importe quel politicien, et résister à pareil appel du pied est loin d’être facile.Mais si on examine la situation en fonction de la cause souverainiste que Gilles Duceppe sert depuis 15 ans sur la scène fédérale, plus rien ne peut être tenu pour acquis.Même chose quand on tient compte de la nature de l’homme lui-même.Cette cause a été et reste la principale source de motivation du chef bîoquiste.C’est pour elle qu’il a pris le risque de se lancer en politique en 1990 et a accepté de vivre, pendant trois ans, ce que les bloquâtes appelaient alors leur traversée du désert.Trois années, de 1990 à 1993, passées à faire tapisserie dans le fond de la Chambre des communes, à bûcher sans ressources pour se faire remarquer, à subir les quolibets et l’agressivité des députés des autres partis.Gilles Duceppe est aussi un homme qui tient à respecter ses engagements, quitte à rater le train.En 1990, lorsqu’il s’était offert pour être le premier candidat du Bloc québécois dans Laurier-Sainte-Marie, il avait posé une condition.D devait pouvoir terminer la ronde de négociations qu’il menait alors pour des travailleurs de l'hôtellerie.Alors que la date de l’assemblée de mise en nomination approchait, il était absorbé dans un marathon de pourparlers cruciaux.Heureusement pour lui, une entente de principe est survenue après une soixantaine d’heures ininterrompues de négociations, et moins de 48 heures avant l’assemblée en question.Si cela n’avait pas été le cas, il aurait pris le risque de manquer son rendez-vous avec l’histoire, par fidélité envers les employés qu’il représentait Quinze ans plus tard, ses amis le disent il est de vant le même déchirement.Encore une fois, il doit soupeser ses engagements envers son parti, ses députés et ses militants et ce qu’il considère comme les besoins de la cause.Gilles Duceppe n’est pas le genre à faire une vente de feu à Ottawa pour se précipiter à Québec.La dernière chose qu’Û voudrait c’est que le Bloc sorte affaibli de l’opération.M.Duceppe s’est engagé à mener les troupes bloquâtes durant la prochaine élection fédérale, qui peut survenir à tout moment et au plus tard en mars prochain, si le premier ministre Paul Martin tient parole.M.Duceppe a aussi toujours cru qu’il fallait une présence bîoquiste solide à Ottawa pour paver la voie à une victoire péquiste lors des prochaines élections provinciales et pour préparer la tenue d’un référendum.Quitter maintenant provoquerait des problèmes d’intendance importants.Si la santé du mouvement souverainiste est par conséquent sa première préoccupation, beaucoup de choses entravent son départ d’Ottawa.Sa démission priverait le Bloc d’un leader expérimenté à la veille des élections, sans pour autant en garantir un au Parti québécois.En effet, il n’est pas assuré de remporter la course.S’il échouait, le mouvement souverainiste perdrait son porte-étendard le plus apprécié.S’il l’emportait, le pari de son leadership ne serait pas automatiquement gagné.Il n’aurait environ que 18 mois pour voir si la greffe prend bien et s’initier aux dossiers provinciaux.Le PQ a une culture politique très différente de celle du Bloc.Il est aussi, comme on l’a vu avec Lucien Bouchard, réfractaire au style de leadership discipliné et strict que Gilles Duceppe a fait sien.Le chef bîoquiste fait aussi partie de la frange souverainiste modérée.Pragmatique, il est allergique aux stratégies jusqu’au-boutistes et aurait sans doute du fil à retordre avec l’aile radicale du PQ.Il amènerait avec lui des acquis importants, c’est sûr.Homme de parole rigoureux, discipliné, dur à l’ouvrage, il a consacré beaucoup de temps à bâtir des ponts avec les communautés culturelles, à moderniser les arguments en faveur de la souveraineté, à établir des contacts avec le Canada anglais.Comme représentant du Bloc au sein des coalitions souverainistes qui ont pavé la voie au référendum de 1995 puis comme chef du BQ, il a sillonné le Québec et établi des contacts à travers la province.Personne non plus ne met en doute ses convictions souverainistes.Mais comme chef péquiste, M.Duceppe devrait traverser une période de mise à l’épreuve et l’expérience a montré combien le passage d’Ottawa à Québec est loin d’être facile.Si cela ne fonctionnait pas.le mouvement souverainiste se retrouverait avec deux partis au leadership ébranlé et ce, au moment même où il estime vivre une de ses périodes les plus prometteuses.En fait ü n’y a qu’un seul endroit où Gilles Duceppe a l’assurance d’être ptile au mouvement souverainiste et c’est à Ottawa.A moins que le congrès au leadership du Parti québécois ait lieu après les élections fédérales et qu’un successeur solide et de calibre émerge pour le remplacer au Bloc.A moins aussi que les souverainistes veuillent vraiment Gilles Duceppe pour chef et soient décidés, pour une fois, à se ranger derrière lui sans chercher à le dévorer.mcomeUier@ledevoir.césie, son épxique, ce lieu, d'une manière étonnamment suggestive, cela nous parle.D en est ainsi depuis cent ans.On pourrait se demander pourquoi Nelligan occupe, dans nos cœurs et dans notre mémoire, une place aussi significative, et pourquoi le souvenir de ce poète nous paraît si attachant C’est un fait rare dans les lettres.Le souvenir de Nelligan, étrangement est comme fondu dans notre personnalité collective et individuelle, et de même son épxique.Il s'agit presque d’une légende.Nelligan est légendaire.Le peuple québécois est lui-méme en quelque sorte un rêve, imaginé bien que réel, incertain quoique persistant et à terme, qui sait’, peut-être sauvé, peut-être perdu.D y a communication entre ces deux légendes.Le génie Nelligan avait du génie.Je tiens ce fait pour incontestable.Mais cet adolescent a tout de suite été brisé.Son génie a eu trop peu de temps.Jean-Pierre Issenhuth cite quelque part Gabriel Nadeau, qui raconte ceci: «Quelquefois, au milieu d’une conversation ou d’une lecture, [Nelligan] était pris d'une inspiration subite et se mettait à improviser.Des vers entiers sortaient de sa bouche, tout faits.Les autres, il ache- vait de les scander avec des sons inarticulés, comme un chanteur fredonnant un air dont il a oublié les mots.» Dantin notait Puis, il lisait l’ébauche.«Nelligan écoutait sans rien dire, frappé d’une indifférence soudaine, comme s’il se fût agi de la poésie d’un autre.» La vie de Nelligan, à pleine commencée, est tombée dans la fatalité.Nous savons ce que c’est que la fatalité.Elle a pesé sur les grands épisodes de notre histoire, depxiis et y compris la Conquête.De même et parallèlement, dans la premiere moitié du XX' siècle, un sort néfaste atteignit et tôt dans leur vie, d’admirables figures: apres Nelligan, un Saint- Denys Garneau, ou le compositeur André Mathieu après son enfance, pxjur ne nommer qu’eux.Gaston Miron dut à sa force d’échappter à un destin semblable, et de même aussi d’autres px)ètes et quelques grands artistes.Mais, il est vrai, ils appartenaient à la seconde moitié du siècle, et cela fut leur salut Le renversement Nous avons connu, dans la modernité, un renversement de situation.Et nous avons fait la Révolution tranquille, étonnant redressement mutation inespérée, dont il n’y a pas eu d’équivalent au Canada et qui s’inscrit d’ailleurs com- me exemplaire dans l’histoire générale contempjoraine.Cette modernité diffère radicalement de l’épiique de Nelligan.Le langage d’aujourd’hui tranche sur les accents nostalgiques, voire funèbres, du px»ète.Mais déjà, chez lui, une certaine modernité, par les formes, faisait effort pour s’impio-ser, malgré les thèmes vieillis qui paraissent dominer son art L’œuvre de Nelligan, quoi qu’il en soit, est manifeste, et elle l’est à un degré surprenant.C’est là un signe, s’il en fui.la faveur qu’on accorde à cette œuvre depuis un siècle en témoigne.Nous sommes ici, avec la fondation qui pxirte son nom, pxiur exprimer dans le bronze cette renommée, qui nous est chère.L’art, la poésie, sont désormais proclamés ici clans cet espace public, dans la ville, au tout premier plan de ce qui compte dans une société.Je pense bien que notre poète aurait souhaité une suite comme celle-là, qui est comme l’expression de sa victoire.* Texte lu hier soir lors du dévoilement du buste d’Émile Nelligan à Mnntmri./ Ecrivez-nous ! lye Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires çt les analyses de ses lecteurs.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8fXX) caractères (y compris les espaces), ou 1 IfX) mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redactùm&lede-voir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine 'Jerald Dallaire (aj/otnl au directnr dr Cinformation).Jeanne Corriveau (affaira mumtipaUii.Fabien Oeglise.Marie-Andrée Chouinard (idueationi ; Josée Boileau /MiUmaMt mponsablr dt la pane hUei).Brian Myles (futtici et faits de société), Clairandrée Cauchy (General).Jean Dion.Louis-Gilles Franctrur (éncironnemcnt).Benoit Munger 'responsable du site Internet).Laurence Clavel, Jean-Guillaume Dumont (commis internet) Isabelle Paré liante), Louise Maude Rioux-Soucy (surnuméraire) Pauline (.ravel (sciences) ; Guillaume Bourgault-Côté (surnuméraire).Michel Garneau (caricaturiste : Diane Précourt (responsable des pages thématiques, .Martin Duclos, Michele Malenfant et Christine Dumaaet (relecteurs).Renée Léo Guimont et Serge Paquin (relerleurs surnuméraires) .laïques Grenier et Jacques Nadeau photographes) ; à l'information culturelle Michel Belair UUatrt et eaUer mftirrr).JuKr Carpmtier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon ImédiotJ, Caroline Montpetit dims) Odile Tremblay trinemai Bernard lamarche arts visuels et musique).Frédérique Doyon (surnuméraire, à l'information économique Gérard Bérube (adiotnt au directeur de imformation).Dominique Reny (pupitre.).Philippe Papineau (surnuméraire).Éric Desrosiers.Alec Castonguay, Claude Turcotte François Desjardin* (surnumérairey * l'information internationale Jean-Pierre Legauh (pupitre international et page éditoriale) Claude Levesque.Guy Taillefer lad/oint au directeur dt l'information), Serge Truffaut (éditorialiste) .à l'information politique Helene Bu/etti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires a Ottawa) Tommy Chouinard et Robert Dutrisac icorrespondants parlementaires a Quebeci.Kathleen Lévesque : Marie-Hélene Aiarie (secrétaire à la rédaction) Marilyse Hamelin.Alexandre Shields (commis/ la documentation Gilles Paré (directeur).Manon Derome.Serge Uplante (Québec) Rai bel Rochefort (Ottawa) LA PL'BLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril, Jean de Billy Marlene Côte Dave Cameron, Van Hamel.Christiane Legault.Amélie Maltais.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Micheline Ruelland, Nadia Sebal, Mélisande Simard (publicitaires), Uurence Thériault (dirrrtnre ad/ointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Berube (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchea, Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Donald Filion.Yannick Morin, Nathalie Zrmaitis.Olivier Zukla INFORMATIQUE Yank k Martel {responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Unda Thériault (responsable sernee a la clientèle, dislnbntion et tirage).Roxanne Labelle (coordonnatrice à la promotion et d la sollicitation), Loll Sénéchal Berthiaume.Monique L'Heureux, Rachrlle Leclerc.Caroline Simard.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furov.Germain Hæck (contrôleur).Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adunnte administrative).Claudine- Chevrier.MonRtue Proteau.Danielle Ross. A 10 LE DEVOIR.LE MERCREDI 8 JUIN 2 0 0 5 CTUALITES RELAIS SUITE DE LA PAGE 1 «à droite et à gauche», même si ça reste pour l’instant «des rumeurs».Mais visiblement, cette possibilité pourrait enlever une épine au pied du chef bloquiste.«Ce qui préoccupe le plus Gilles Duceppe, c'est de laisser le Bloc dans le trouble avant une élection, continue cette source.Ensuite seulement, il réfléchit s’il peut battre Marais ou Legault.Il sait que c'est un défi, mais ça vient après dans ses réflexions.La situation du Bloc pèse très lourd.» Gilles Duceppe ne veut surtout pas «se faire taxer d’avoir quitté le parti pour servir seulement ses ambitions personnelles».«S’il pense que ça va être perçu comme ça, il ne fera probablement pas le saut», explique ce bloquiste.Suivant cette logique, Gilles Duceppe est très conscient qu'il doit y avoir des candidats solides dans les rangs d’une éventuelle course au leadership du Bloc, question de démontrer qu’il ne laisse pas son parti en difficulté.«Ça prend des candidats de calibre dans les rangs, même si ce n’est pas imposé et que les militants doivent se prononcer.Il ne faut pas qu'il y ait de vacuum après un départ de Gilles Duceppe et il le sait», explique cette source.Lorsque le PQ avait déroulé le tapis rouge à Lucien Bouchard après la démission de Jacques Parizeau dans la foulée de la défaite référendaire de 1995, le Bloc québécois avait été déstabilisé: la succession n’avait pas été assurée causant une période de déchirements internes.Les contacts avec André Boisclair se poursuivaient hier.L’ancien piinistre, parti l’année dernière étudier à Harvard aux Etats-Unis, a récemment été recruté à Toronto par la firme de consultants McKenzie.Reconnu comme un habile débatteur, M.Boisclair a été élu à 23 ans en 1989.S’il a une expérience des fonctions ministérielles, il n’a toutefois jamais dirigé une équipe; le Bloc serait l’occasion de démontrer ses capacités.Certains adeptes de M.Boisclair croient plutôt qu’il doit offrir ses services au Parti québécois et tenter sa chance pour succéder à Bernard Landry.André Boisclair n’a pu être joint hier.Du côté du Bloc québécois, on n’exclut pas la venue de M.Boisclair à Ottawa, même si on reste très prudent sur cette possibilité.Pour Pierre Paquette, député bloquiste et proche de Gilles Duceppe, «l'idée que M.Boisclair se présente est envisageable», puisqu'il est un «candidat de valeur».Présenté régulièrement comme un successeur possible à la tête du Bloc, Pierre Paquette affirme toutefois ne pas avoir entendu parler concrètement du tandem Du-ceppe-Boisclair.Il juge d’ailleurs «très fantaisiste» d'imposer André Boisclair aux militants du Bloc.«Chaque parti a ses règles et, au Bloc, le chef doit être élu au suffrage universel des membres, dit-il.La décision leur appartient à eux, pas aux apparatchiks d'un parti.On ne peut pas imposer un chef.» Il souligne que tant M.Duceppe que M.Boisclair ne font «pas l'unanimité d'un côté ou de l’autre».«Au PQ, ce n ’est pas tous les militants qui veulent avoir Duceppe et, au Bloc, il y a beaucoup de gens qui veulent le garder», dit-il.Plusieurs députés bloquistes réfléchissent aussi à la succession de Gilles Duceppe et à l’impact de son départ sur la scène fédérale.«Le front politique souverainiste à Ottawa est maintenant aussi important que celui de Québec.Est-ce qu’on va déshabiller Paul pour habiller Pierre?On peut se poser la question.Im perte d’un chef du calibre de Gilles Duceppe serait une perte énorme», a souligné le député Richard Marceau sur les ondes de RDI, hier en fin de journée.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O1' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courriel redaction @ ledevoir .coin L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur Par courriel (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 avisdev@ledevoir.com Les avis de décès (Le Mémoriel) Au téléphone (514) 525-1149 Par courriel info@lememoriel.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements ©ledevoir .coin Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) L» Dtvoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnes à la disposition d'orRanisations reconnties dont la cause, les produits «ni les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de « correspondance de ces i»oranisations.veuillez en avertir notre service à la clientèle.i Le Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siefte social ^ est situé au 2060, rue IV Bleury, 9 eta^e.Montréal.(Quebec), H3A 3M9.Il est * imprimé par Imprimerie Québécor World.St-Jean, 800.boulevard Industriel.^ Saint Jean-sur-Richelieu.division de Imprimeries Québécor Inc .t>12, rue Saint f Jacques Ouest.Montréal.1.'agence Presse Canadienne est autoriser a ' employer et i diffuser les informations publiées dans l* Dtt'Otr U Dtrotr est î distribué par Messageries Dynamiques, division de Corporation Sun Media.*•900.boulevard Saint-Martin Ouest.Laval Envoi de publication — Enregistrement n' 0858.IVpét légal: Bibliothèque nationale du Québec.Craintes à propos de la contamination du saumon d’élevage FABIEN DEGLISE Le Québec a-t-il été épargné par le saumon d’élevage contaminé au vert de malachite de la Colombie-Britannique?Quelques jours après le déclenchement d’un rappel en règle par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), la question restait toujours sans réponse hier.Mais les autorités sanitaires se veulent toutefois rassurantes, prétextant que le poisson incriminé a été en grande partie exporté et était aussi périmé.«Il est difficile de dire si ce saumon s’est retrouvé dans des réseaux de distribution du Québec, a expliqué Alain Charette, porte-parole de l’agence fédérale.À ce jour, 10 courtiers en alimentation ont été identifiés [comme ayant mis en marché ce saumon] dans quatre provinces: Colombie-Britaunique, Alberta, Manitoba et Ontario.Nous ne connaissons pas, toutefois, les liens entre ces courtiers et des commerçants du Québec.» Originaire de la ferme Stolt Sea Farm de la rivière Campbell en Colombie-Britannique, ce saumon d’élevage vient une fois de plus jeter un pavé dans le bassin de la pisciculture.En mars dernier, les autorités sanitaires de Vancouver ont, en effet, découvert chez lui des traces de vert de malachite, un fongicide utilisé pour protéger les œufs de chinook O’espèce de saumon) contre un champignon ravageur.Cette présence allait de 0,31 à 1,3 parties par milliards, selon les échantillons.Le hic, le Canada a banni ce produit chimique depuis 1992 en raison de son ca- ractère possiblement cancérigène et y applique la politique de la tolérance zéro.Selon l’ACIA, près de 120 000 livres de saumons contaminés ont été lâchés dans la nature par l'éleveur.Trente-cinq mille livres à peine ont été retrouvéçs.Le reste a pris le chemin des Etats-Unis, de Taiwan, de Singapour et du Japon.Par ailleurs, près de 20 % de cette production est demeuré à l’intérieur du marché canadien, selon les résultats préliminaires de l’enquête en cours.«Ce n’est pas courant de trouver des traces de vert de malachite dans le saumon, a commenté M.Charette.C’est une substance que nous surveillons et que nous allons continuer à surveiller.» Le Devoir FORMATION Un «bon pourcentage» des entreprises sont seulement préoccupées d'atteindre l'objectif du 1 % sans accorder suffisamment d'importance à la pertinence et à l'efficacité de cette formation SUITE DE LA PAGE 1 deux semaines, a annoncé lundi, en entrevue au Devoir, Michelle Courchesne.Il fera ensuite l’objet d’un examen et de débats en commission parlementaire.On y verra, selon la ministre, que «la loi avait sa raison d’être», ne serait-ce que pour sensibiliser les entreprises à l’importance d’investir dans la formation de leurs employés.On y constatera toutefois aussi qu’il est temps de «travailler sur la qualité plutôt que sur la quantité», a-t-elle ajouté, notamment parce qu’un «bon pourcentage» des entreprises sont seulement préoccupées d’atteindre l’objectif du 1 % sans accorder suffisamment d’importance à la pertinence et à l’efficacité de cette formation.«U y a peut-être beaucoup trop de colloques, de séminaires et de conférences de ce type-là», a-t-elle observé sans vouloir, pour le moment, donner plus de détails sur le contenu du rapport et de ses suites possibles.Dans une version préliminaire du rapport, datée du mois de mars et dont Le Devoir a obtenu copie, on peut lire qu’environ la moitié des activités de formation ont été confiées à des ressources autres que celles habituellement reconnues dans la loi ou par le ministère.Précisant que le degré d’atteinte des objectifs qualitatifs de la loi était encore techniquement difficile à mesurer, le ministère rapporte néanmoins que les employeurs et les employés estiment généralement que la formation prodiguée a contribué «à favoriser l’emploi, l’insertion en emploi et la mobilité de la main-d’œuvre».Améliorer la pertinence Explorant les moyens d'améliorer la pertinence et l’efficacité de la loi, on y propose, entre autres, «de passer progressivement d’un dispositif essentiellement axé sur une comptabilisation des dépenses de formation à un dispositif permettant d’obtenir et de mesurer des résultats en termes de développement des compétences et d’amélioration de la qualification de la main-d’œuvre».«L’approche, poursuit-on plus loin, que représente ‘Tobligation du 1 %” ne saurait, à elle seule, permettre de relever les défis que le vingt et unième siècle nous réserve en matière d’emploi, lesquels varient en fimction des secteurs économiques, voire même selon les segments de la main-d'œuvre qui correspondent à différents niveaux de competences.» Un nouveau mécanisme de mutualisation volontaire, dit-on.et la reconnaissance des contributions des entreprises à mi fonds sectoriel ou territorial pourraient constituer des voies à privilégier.Membre de la Commission des partenaires du marché du travail, à laquelle la version finale du rapport a été soumise, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) y détecte une ouvertu- SU1TE DE LA PAGE 1 Luc Picard jongle souvent avec ces questions-là.L’acteur montréalais est entré dans la peau de Val-court.le personnage de journaliste en poste à Kigali, né sous la plume de l'écrivain GU Courtemanche.Picard observe autour de lui.trouve les comédiens, les figurants, les badauds rwandais bien docües.«Jamais une once d'agressivité.Alors qu il y a dix ans.» À l’Hôtel des Mille Collines L'équipe du film Un dimanche à la piscine à Kigali est installée à l'Hôtel des MUle Collines.Notre petit groupe de journalistes invités aussi.On a fait le long trajet en avion jusqu’ici avec GU Courtemanche.l'auteur du roman à l'origine du film que dirige Robert Favreau.Autour de la piscine en question, l'écrivain-joumaliste trouve que l'hôtel a un peu changé.De vilains parasols géants,et la végétation montée en graine bloquent la vue.A part son ami Zozo, chef de la réception, le personnel n'est plus le même qu’avant «les événements».Gentille, la belle barmaid qui a inspire son héroïne est disparue pendant le génocide.Dans la vraie vie, Courtemanche n'a jamais eu d'avenUire avec elle, même si, attablé devant sa bière et ses souvenirs.U ressemble plus que jamais à Val-court, son alter ego du roman.Entre -avant» et -après», une différence de taille: l’Hôtel des Mille Collines.Kigali et tout le Rwanda, francophones avant le génocide, ont beaucoup viré à l'anglais.Entre eux.les gens parlent le kinyarwanda.une langue de souche bantoue.Mais le président et dictateur du pays, Paul Kagamé, et plusieurs membres du Front patriotique rwandais (FPR) ont re à la levée, pour certaines entreprises, grandes ou petites, de l’obligation «comptable» du 1 % pour la remplacer par une «obligation de résultat».Chaque secteur économique, explique son analyste principal des politiques, André Lavoie, pourrait ainsi convenir de compétences et de normes professionnelles communes que les entreprises s’engageraient ensuite à enseigner à leurs employés, sans pour autant être tenues de dépenser nécessairement leur 1 %.Cet engagement pourrait prendre la forme, par exemple, de l’adoption de plans de formation interne.Le degré d’efficacité d’une telle approche pourrait être difficile à mesurer, admet-il.Il aurait toutefois l’avantage de mieux tenir compte de la réalité des PME encore soumises à la loi, tout en évitant de les enterrer sous la paperasserie gouvernementale.Les milieux patronaux avaient évoqué le même argument pour obtenir du gouvernement libéral nouvellement élu qu’il relève, à la fin de l’année 2003, de 250 000 $ à un million la masse salariale totale des entreprises auxquelles s’applique la loi, exemptant du coup 25 000 des 36 000 entreprises soumises jusque-là à ses dispositions.Autre membre de la Commission des partenaires du marché du travail, le secrétaire général de la FTQ, René Roy, se demande si les représentants patronaux ne prennent pas leurs rêves pour la réalité.•Cette idée a bien été évoquée, confirme-t-il à propos de l’échange de l’obligation du 1 % pour une obligation de résultat Mais depuis, nos discussions ne sont absolument pas allées de ce côté-là.L’obligation de consacrer au moins 1 % de la masse salariale à la formation n’est pas remise en question», assure-t-il.Il rien dresse pas moins un «bilan mitigé» de la loi 90.«Au début, il y a eu une amélioration constante de la formation dans les entreprises.Mais il semble que cela se soit arrêté et que la situation est stable depuis quelques années.Et le problème est que les compagnies qui en faisaient le moins ont été exclues de la loi, par le gouvernement libéral, en 2003.» Selon les statistiques contenues dans le rapport préliminaire du ministère, la proportion des employeurs ayant déclaré avoir consacré au moins 1 % de leur masse salariale à la formation serait passée de 76,6 % à 78,1 % de 2000 à 2003, les sommes manquantes ayant par conséquent dû être versées en pénalités au Fonds national de formation de la main-d'œuvre.Les résultats variaient selon la taille des entreprises, le taux d’atteinte de celles ayant une masse salariale de un million et plus passant, durant la même période, de 87,6 % à 88,2 %, alors que les entreprises avec une masse salariale de 250 000 $ à 500 000 $ voyaient leur score passer de 67,9 % à 70 %.Le Devoir KIGAU longtemps vécu en exil en Angola, avec l’anglais comme langue seconde.Ils l’ont implanté une fois rentrés au pays.Les déplacements de population ont fait le reste.Oui, le français bat de l'aile.Gü Courtemanche avait travaillé à Kigali pour Radio-Canada.Deux séjours de quatre mois à la fin des années 90, des visites précédentes aussi.D n’était pas au Rwanda pendant le génocide mais avait vu la fièvre assassine monter durant son passage.Après le massacre, il est venu recueillir des témoignages de survivants, a lu des tonnes de documents, imaginé le reste.Contre toute attente, son roman, par ailleurs fort bien écrit a connu un énorme succès.Le voici donc porté à l’écran.Un génocide renouvelé Fait troublant aujourd’hui, le cinéma renouvelle à sa manière le génocide.Un dimanche à la piscine à Kigali est le quatrième film tourné sur ces massacres collectifs à la machette.Hôtel Rwanda, dont l’action principale se situait à l’Hôtel des Mille Collines (très différent du vrai), avait été tourné en Afrique du Sud.Sometimes tn .April, de Raoul Peck, et Shooting Dogs, de Michael Caton Jones, une production de la BBC, ont été tournés en sol rwandais.Tout comme Hundred Days, passé en coup de vent sur les écrans.«Un dimanche.est le premier film en français sur la question, explique le cinéaste Robert Favreau.U est aussi le premier avec un héros blanc, auquel le public occidental pourra sans doute s 'identifier plus facilement.Et puis, on entre à l’intérieur des maisons avec un microscope.sans chercher à voir grand Autre singularité, le génocide apparaît en simple fond de scène pour une histoire d'amour située au premier plan.» CUMAT SUITE DE LA PAGE 1 mondiale, émettent chaque année le quart de toutes les émissions de GES de la planete et leur contribution globale depuis le début de î’ère industrieDe s’élève au tiers de toutes les émissions d’origine humaine.Les 11 académies scientifiques affirment que le réchauffement du climat doit de toute évidence être attribué aux activités humaines, et en particulier à l’utilisation de combustibles fossiles pour le transport et l’énergie: «La compréhension actuelle que nous avons des changements climatiques est désormais clairement suffisante pour justifier une action rapide de la part des nations» afin de conjurer le mégaphénomene planétaire.Même s’il demeure des chercheurs qui contestent la réalité des changements climatiques, leur poids demeure marginal par rapport à celui des académies scientifiques, qui regroupent le gratin des scientifiques de chaque pays.Le consensus exprimé hier par ces institutions nationales est d’autant plus important que ces dernières ne sont pas regroupées dans un organisme commun qui pourrait défendre une ligne politique, comme on accuse parfois le Groupe international d’experts sur le climat (GIEC), rattaché à l’ONU, d’en avoir une afin de discréditer ses conclusions.Pour Lord May of Oxford, président de la Société royale des sciences d’Angleterre, le sommet du G8 des prochaines semaines constituera «un moment sans précédent dans l’histoire humaine» parce qu’il déterminera si la planète réagit avec réalisme, précaution et solidarité devant la plus grande menace d’origine humaine qui la confronte.«Nos leaders, a-t-il dit, sont devant un choix incontournable: ils bougent maintenant ou transfèrent le prix de l’inaction aux prochaines générations.Jamais dans le passé notre espèce n’a fiait face à un défi aussi global.Et si nous ne passons pas à l’action maintenant, tout retard rendra plus difficile nos démarches pour arrêter ce train infernal qui ne cesse d’accélérer.» Les scientifiques, qui n’ont toutefois pas déposé de scénario de réductions, ont demandé aux Etats-membres du G8 «de déterminer les mesures rentables dans une logique de coûts-bénéfices, qu’on pourrait mettre en place maintenant pour contribuer à des réductions de GES, substantielles et permanentes».L’action californienne Au même moment, en Californie, des centaines de maires provenant des plus grandes villes du globe ont signé un protocole d’entente axé principalement sur la lutte locale aux changements climatiques, grâce à un plan en 21 points axé principalement sur une amélioration radicale des transports en commun d’ici 10 ans et une croissance zéro des déchets voués à l’enfouissement, une autre source non négligeable de GES.Leur protocole vise aussi à réduire de 10 % d’ici sept ans la consommation d’électricité des grandes villes du monde en modifiant l’éclairage, les règles gouvernant la publicité, la climatisation, etc.La veille, le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, ouvrait la marche en signant le décret qui rend exécutoires légalement les objectifs de réduction des GES de cet Etat.La Californie cible d’ici 2010 une réduction de 11 % de ses GES, ou de ramençr ceux-ci au niveau de 2000.En 2020, le même Etat devra avoir ramené ses émissions au niveau de 1990 et en 2050, les avoir réduites de 80 % par rapport au niveau actuel.Les Etats de la Nouvelle-Angleterre se sont donné des échéanciers de réduction assez semblables, ce qui élargit aux Etats-Unis le nombre de territoires qui défient la politique du laisser-faire du président Bush sans pouvoir s’inscrire cependant sur le marché international des GES pour le plus grand profit de leurs entreprises.Pour Steven Guilbeault de Greenpeace Québec, la prochaine rencontre des parties au protocole de Kyoto, qui se déroulera à Montréal en novembre, devrait ouvrir la porte à des ententes avec des gouvernements autres que ceux des Etats-nations, voire avec des mégapoles urbaines, au lieu de toujours attendre le feu vert des gouvernements nationaux, ce qui permettrait notamment d’élargir le marché international d'échanges ou d’achats de permis d'émissions.L’inquiétude des pays en voie de développement, comme la Chine et l’Inde, devant le phénomène du réchauffe-ment, estime Steven Guilbeault qui a suivi toutes les négociations sur le protocole, ne débouchera pas nécessairement sur des objectifs nationaux de réduction, similaires à ceux de Kyoto.Mais, dit-il, la Chine pourrait par exemple, décider de réduire ses émissions par un recours plus substantiel à des énergies vertes émergentes et le Brésil, viser une réduction majeure de la coupe de bois en forêt amazonienne, ce qui serait l’équivalent d'une importante réduction de sa consommation d’hydrocarbures.«Toutes les possibilités importantes d’action positive sur le climat doivent être considérées, même si cela ouvre la porte à des ententes différentes ou éventuellement sectorielles», concluait-il.Le Devoir Le cinéaste a écrit le scénario avec l'aide de l'auteur.Le personnage de Vakrourt qui criait son amour pour Gentille dans le roman sans l’aider à quitter le pays — la vouant ainsi à une mort quasi certaine —, a gagné en humanité.Sous les traits de Luc Rcard, le héros rajeunit apparaît soudain plus idéaliste.C’est une jeune actrice française, Fatou N’diaye, née au Sénégal, qui interprète Gentille.Les rôles principaux ne pouvaient pas être rwandais, faute de comédiens chevronnés.«Elle est belle comme Gentille mais ne lui ressemble pas du tout», dit Courtemanche en l’apercevant Cette production est entièrement québécoise, rare ou unique fiction de chez nous tournée entièrement à l’étranger.Aucune scène en studio montréalais, mais des décors souvent recréés par des artisans rwandais, plus vrais que nature.La maison du père-de "Gentille, avec l’étable à quelques kilomètres de la ville, semble posée dans le décor depuis toujours.Trente-sept jours de tournage, 250 figurants, 38 personnages, 27 décors, des bairages à construire sur les routes, des cadavres à créer, des horaires de 12 heures par jour.Jamais Favreau n’a connu de tournage plus difficile, jamais non phis ü ne s’est senti entouré d’une équipe phis compétente.Après tout l’Afrique offre sa lenteur, son manque de matériel Et l’équipe du film demande au pays de réveiller sa mémoire douloureuse pour la caméra.Mais se relève-t-on vraiment de ce cauchemar-là?Le silence des Rwandais est lourd de paroles tues.Le Devoir Odile Tremblay est au Rwanda d l'invitation du producteur Équinoxe films.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.