Le devoir, 14 juin 2005, Cahier A
ACTUALITES Une canicule exceptionnelle pour un début de mois de juin Page A 4 La grève n’a pu être évitée Page A 3 LE DEVOIR V o L .X C V I X 1 3 2 ?L K MARDI 14 J U l N 2 O O 5 8 7c T \ \ E S I $ GENE BLEVINS REUTERS Le chanteur Michael Jackson quittant le palais de justice après son acquittement, hier Le «roi de la pop» est acquitté LINDA DEUTSCH Santa Maria — Victoire judiciaire pour Michael Jack-son.Le «roi de la pop» a été acquitté de l'ensemble des 10 chefs d’accusation retenus contre lui, dont conspiration, acte obscène et agressions sexuelles sur un mineur de 13 ans, selon le verdict lu hier après-midi au tribunal de Santa Maria (Californie).Les 12 jurés du procès, huit femmes et quatre hommes du comté de Santa Barbara, qui avaient entre leurs mains le sort d’une des stars les plus célèbres du monde, l’ont également déclaré non coupable d’administration d’alcool pour agresser le jeune garçon.VOIR PAGE A 8: JACKSON ALIMENTATION L’industrie n’est pas prête à sonner le glas des gras trans FABIEN DEGLISE Ottawa—Changement de ton dans la guerre contre les gras trans.L’éradication dans l'alimentation par le gouvernement fédéral de ces acides gras, néfastes pour la santé du cœur, risque d’être plus longue que prévu.Pour le bien des consommateurs et celui de l’industrie, ont plaidé hier en chœur les représentants du milieu agro-alimentaire devant le Groupe d’étude sur les graisses trans de Santé Canada.Dans le collimateur des parlementaires depuis novembre dernier, avec l’adoption d’une motion anti gras trans, ces graisses qui apparaissent dans les aliments contenant des huiles partiellement hydrogénées donnent du fil à retordre à l'industrie.Elles sont difficiles à remplacer, et leur disparition totale des aliments à compter de novembre 2005, comme cela avait été annoncé par Ottawa, n’est donc pas à prévoir avant un VOIR PAGE A 8: GRAS PME : deux millions d’emplois menacés, faute de relève chez les dirigeants ¦ À lire en page B 1 INDEX « Annonces.B 4 Avis publics.B 5 Culture.B 8 Décès.B 4 Économie.B 1 Éditorial.A6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.A 5 Mots croisés.B 5 Sports.B 6 Télévision.B 7 « Mon devoir est ici » Gilles Duceppe renonce à se lancer dans la course à la direction du PQ JIM YOUNG REUTERS Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a tenu une conférence de presse à Ottawa, hier, pour annoncer sa décision de demeurer «sur le front fédéral».i I jà.ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a confirmé hier qu'il laissait la voie libre aux différents candidats qui désirent prendre la tête du Parti québécois.Pour 4e bien du mouvement souverainiste», le politicien le plus populaire du Québec a choisi de rester «sur le front fédéral» à Ottawa.Une décision qui a rapidement nourri les attaques libérales, parfois de façon très personnelle.Gilles Duceppe a expliqué hier en conférence de presse que, dès le lundi 4 juin, soit deux jours après le départ-surprise de Bernard Landry, son «intuition» l’incitait à rester aux commandes du Bloc.Il a tout de même consulté des gens «pour confronter cette intuition», mais la même question le hantait sans arrêt.«Est-ce que c'est responsable d'avoir deux courses au leadership en même temps, avec le même monde, et une élection qui s’en vient?C’est une question simple dans le fond.Et la réponse est non.C'est mon devoir de rester ici.C’est ma responsabilité», a-t-il dit hier, dans une petite salle bondée du Parlement.Le chef du Bloc, qui avait promis à ses troupes et aux Québécois d’être présent lors de la prochaine campagne électorale fédérale, juge que le mouvement souverainiste a besoin de lui à Ottawa, même s’il se sentait prêt à faire le saut à Québec.VOIR PAGE A 8: DUCEPPE ¦ Autre texte en page A 2 ¦ La chronique de Michel David, page A 3 ¦ L'éditorial de Bernard Descôteaux, page A 6 LONGUEU1L Un maire en péril Isolé, trahi, Jacques Olivier s’accroche PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le maire de Longueuil, Jacques Olivier, a beaucoup de soucis par les temps qui courent JEANNE CORRIVEAU De plus en plus isolé dans son propre parti, le maire de Longueuil refuse de rendre les armes et il a réitéré, hier, son intention d’être candidat à la mairie lors des élections municipales de novembre prochain.Mais il pourrait devoir croiser le fer avec son rival Claude Gladu lors d’une course à la direction du Parti municipal Rive-Sud d’ici à la mi-juillet Jacques Olivier s’est senti «profondément trahi» lorsque son bras droit, Claude Gladu, a annoncé, mercredi dernier, son intention de se porter candidat à la mairie de Longueuil contre lui.«Je connais Gladu depuis 30 ans.Gladu me connaît également depuis 30 ans.Nous avons réalisé beaucoup de choses ensemble et je lui faisais parfaitement confiance.H avait ma confiance, mais il avait également les pouvoirs qui accompagnaient les responsabilités qu’il assumait dans l’équipe», a-t-il indiqué hier devant la presse.Le maire Olivier, qui a vu au cours des derniers jours son équipe s’effriter autour de lui au profit de son nouvel adversaire, Claude Gladu, s'est adressé aux médias hier pour la première fois depuis le début du putsch dont il est victime.Il a relaté avoir eu une conversation téléphonique avec M.Gladu mardi soir dernier et avoir tenté de le convaincre de rester au sein de son équipe.«J'ai dit: “Claude, il ne peut pas y avoir deux maires à Longueuil.Je t'ai donné les responsabilités, je t’ai donné les clés du parti, je t’ai nommé vice-président du comité exécutif et président du Réseau de transport de la Rive-Sud.Une chose que je ne suis pas capable de te donner, c’est la mairie”», a expliqué M.Olivier.Président de l’arrondissement du Vieux-Longueuil, Claude Gladu est finalement passé à l’action le lendemain en formant sa propre équipe avec les 13 autres candidats de l’arrondissement que Jacques Olivier comptait présenter en vue du scrutin de novembre.Depuis ce jour, 17 élus de l’équipe Olivier ont décidé de se ranger derrière M.Gladu.Jacques Olivier affirme ne pas comprendre ce qui a pu pousser M.Gladu à agir ainsi: «Il me semble qu’entre adultes d’autres solutions auraient pu être trouvées.Ma porte a toujours Hé ouverte pour rencontrer mes collaborateurs et faire avancer les dossiers de la Ville, VOIR PAGE A 8: OLIVIER _ ,- , ., , — _ — \ ., T I I X.' 1 Canada Montréal® Québec SS -.S Abenaki1) I1F, Üf MJ FILMS ÊT VIDEOS AUTOCHTQMES illfe;:,,-, V .-v : ‘ \ MONTRÉAL DU 13 AU SB JUIN 3005 /V' i .vi l‘i i iuiere> Xiitinns ^ I U& trois Ameruiiu’s Du 13 au SS juin Ai i c HHjrnai OISIf Le cinémo selon JORGE SAIMJIIME Du 1 5 au 1 8 juin A la I jnr*f11.itl»‘Uiic tint* % LE DEYIHH ^ "’SSL, » ^ LE DEVOIR.LE MARDI 14 JUIN 2 0 0 5 LES ACTUALITES Hôpital Shriners La souveraineté fait moins peur que la terre contaminée LOUISE-MALDE RIOLÎX SOUCY London aura beau brandir la menace souverainiste pour convaincre les Shriners d’installer leur nouvel hôpital pédiatrique spécialisé en orthopédie chez elle plutôt qu’a Montréal, les délégués, eux, semblent majoritairement imperméables au fantôme sécessionniste, constate le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), qui a entrepris de tâter le pouls des décideurs en prévision de la convention qui scellera le sort de l’hôpital.Divisés sur l’emplacement du futur hôpital de 100 millions, les 1500 délégués des Shriners trancheront en faveur de Montréal ou de London le 5 juillet prochain, à Baltimore.D’ici là, le Centre universitaire de santé McGill, qui entend accueillir le futur hôpital sur son site de la cour Glen, a entrepris de joindre les délégués un à un afin de les convaincre d’appuyer la candidature de Montréal.Au fil des appels, le CUSM a pu voir que la souveraineté ne pesait pas lourd dans leur décision.«On leur demande leurs craintes, leurs doutes, et on s’aperçoit que ceux-ci sont plus intéressés par le àjssier environnemental que par celui de la politique», estimait hier la chef des communications au bureau du directeur général du Centre universitaire de santé McGill, Judith HorreH.Mais Montréal aura tout de même fort à faire pour imposer ses forces, car la ville ontarienne ne rate pas une occasion de mettre sa concurrente dans l’embarras.Ses deux cibles favorites: la menace souverainiste (reprise dimanche par le directeur général du plus grand centre hospitalier de London, en Ontario, Tony Dagnone) et la décontamination de la cour Glen.«London essaie par tous les moyens de gagner sa cause et le fait qu’ils aient recours à de tels arguments nous laisse croire qu'ils n'ont rien de plus substantiel à offrir», estimait hier Judith Horre, chef des communications au bureau du directeur général du Centre universitaire de santé McGill.Pas question donc pour Montréal de jouer le petit jeu de London.«On veut mettre le focus sur ce qu’m a à faire et sur les faits.Mais, dès que London diffuse une mauvaise information, on est très rapide à réagir pour que les gens sachent que c'est faux», explique Mme Horrell.Quant à la décontamination de la cour Glen en cours par la firme Hébert-Loiselle-Quéformat, le CUSM assure que tout sera fin prêt pour juillet Un sceau du ministère de l'Environnement viendra confirmer la sécurité du site.La décontamination terminée, on pourra même y cultiver son jardin tellement ce sera sécuritaire, promet la direction du CUSM.le 20 avril dernier, le conseil d’administration des Shriners avait donné sa préférence à la ville de Ien-don, une recommandation qui suppose la fermeture de celui qui est à Montréal depuis maintenant 80 ans.Mais la fermeture d’un hôpital et son déménagement dans une autre ville doivent être entérinés par les deux tiers des quelque 1500 délégués de l’organisation philanthropique.Historiquement il est arrivé à quelques reprises que les délégués votent à l’encontre des recommandations fûtes par le conseil, comme ce fut le cas à Minneapolis.Le CUSM espère qu’il en ira de même pour Montréal.les Shriners financent 22 hôpitaux pédiatriques spécialisés dans les soins orthopédiques, les traita ments pour les grands bridés et les blessures de la colonne vertébrale.Le Devoir Poudre suspecte au bureau de Jean Charest MÉLM T ¥>0 T»V * JACQUES NADEAU LE DEVOIR LES BUREAUX montréalais du premier ministre Jean Charest ont été évacués et sont restés fermés une bonne partie de la journée, hier, à la suite de la réception d’une enveloppe contenant une substance poudreuse suspecte, qui était toujours en analyse dans un laboratoire de santé publique au moment de mettre sous presse, hier soir.Par mesure de précaution, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a néanmoins décidé d’évacuer tout le quatrième étage de l’édifice situé au 2001 rue McGill College et de déployer un périmètre de sécurité autour de la zone, en plein centre-ville.Le périmètre a été rouvert vers 16h.Une trentaine de personnes ont été momentanément placées en zone isolée durant l’opération, mais ont pu partir plus tard sans autre formalité, personne n ayant éprouvé de malaise.Une seule employée a été en contact direct avec la substance mystérieuse.Le premier ministre Charest se trouvait pour sa part à Québec durant la journée.Gilles Duceppe reste à Ottawa Un homme de devoir, dit Louise Harel ROBERT DUTRISAC uébec — La chef de l’aile parlementaire du Parti vv québécois, Louise Harel, a salué le sens du devoir de Gilles Duceppe qui a décidé de rester chef du Bloc québécois pour le bien de la cause souverainiste.«Gilles est un homme de devoir et il a toujours respecté ses engagements.Je sais qu’il a un attachement profond au respect de la parole donnée», a dit Louise Harel au cours d’un point de presse.La députée d’Hochelaga-Maisonneuve est une ami de M.Duceppe qu’elle a connu lorsqu’ils étaient, avec Claude Charron, à l'Union générale des étudiants du Québec en 1968.Le chef bloquiste a informé Mme Harel de sa décision dimanche soir.Son engagement, c’était de mener ses troupes lors des prochaines élections fédérales.«Il faut toujours se rappeler que la première étape, c’est de remporter avec beaucoup d’appui la prochaine élection fédérale», a dit Mme Harel, qui résume l’opinion très majoritaire du caucus des députés péquistes.«Il est important de se rappeler que la souveraineté du Québec va se décider à Québec, mais que les députés du Bloc auront un rôle très important à jouer dans le cadre des négociations qui suivront», a souligné Mme HareL Sans vouloir commenter directement la décision de M.Duceppe, le premier ministre Jean Charest a signalé «la radicalisation» du PQ dont le nouveau programme préconise de tenir un référendum sur la souveraineté le plus tôt possible et abandonne le partenariat politique avec le Canada.«Le départ de M.Landry témoigne du fait que les purs et durs au Parti québécois ont une voix prépondérante», a-t-il dit en marge d’une conférence de presse relative au projet de loi sur le développement durable.«Quiconque dirigera le PQ dirigera un parti qui a radicalisé ses vues sur la souveraineté», estime le premier ministre.De son côté, Pauline Marois n’a pas voulu se dire soulagée de la décision de M.Duceppe.La course à la direction du PQ, qu’elle dit toujours souhaiter, ne sera pas facile.«Vouloir être chef du Parti québécois, il n'y a rien de facile dans ça.Je suis prête à relever le défi», a-t-elle dit La semaine dernière, quatre députés péquistes ont annoncé leur appui à André Boisclair qui doit annoncer dans quelques jours qu’il se lance dans la course maintenant que Gilles Duceppe s’en est écarté.«André est une candidature intéressante», estime Mme Marois.Pour sa part, Mme Marois jouit de l’appui de la députée de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, et de la députée de Terrebonne, Jocelyne Caron.Mais elle aurait d’autres appuis au sein de la députation comme à l’extérieur du caucus.«Ne vous inquiétez pas de mes appuis, j’en ai», a lancé Mme Marois.Le Devoir |Y École Internationale de langues du YMCA du Grand Montréal 1 .ANGLAIS « FRANÇAIS - Professeur de tangues diplômés et expérimentés - Centre officiel ÎOEIC (lest of English for International Communication) - 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l'adoption de cette motion par 1a majorité gouvernementale.Si l’adoption de la motion est reportée à l’automne, la commission, qui doit procéder à des consultations particulières dès septembre puis à une consultation générale itinérante quelques semaines plus tard, subira un retard de plusieurs mois, a prévenu M.Pelletier au cours d’un entretien.Le ministre se refuse à employer le bâillon pour adopter une telle motion qui porte sur des enjeux touchant la vie démocratique.De son côté, l’opposition officielle dénonce le gouvernement qui «veut garder le contrôle partisan sur le processus», a fait savoir le porte-parole de l’opposition officielle en matière de réforme des institutions démocratiques, Luc Thériault.Il nie que l’opposition officielle se livre à un «filibuster»-, elle ne fait que présenter des amendements, au nombre de quatre, qui visent à améliorer le fonctionnement de la commission.«C’est le ministre qui veut faire dérailler la motion.Son attitude est indécente», estime M.Thériault Le Devoir A CTUALITES Gilles Duceppe Michel David limiter les dégâts Jean Lapierre et Pierre Pettigrew auraient dû accorder leurs violons.Alors que M.Lapierre répétait depuis des jours que Gilles Duceppe ferait preuve de lâcheté en renonçant à la succession de Bernard Landry, son collègue Pettigrew aurait plutôt vu dans son saut sur la scène québécoise une démonstration de carriérisme.Chose certaine, déclarer que l’actuelle popularité du Bloc québécois n'était qu'une «petite balloune» gonflée par le scandale des commandites, comme l’a soutenu M.Pettigrew, n’avait rien pour inciter M.Duceppe à quitter Ottawa.S’il l'avait fait, M.Lapierre, qui mourait visiblement d’envie de le voir partir, aurait probablement dit qu’il avait eu peur de l’affronter dans un match revanche! La période de transition s’éternise pour le député d’Oufremont, qui continue de confondre ses nouvelles fonctions avec son ancien rôle d’amuseur public.Remarquez, il est vrai qu’il faut un certain courage pour accepter de diriger le PQ.Quand Lucien Bouchard avait annoncé sa démission, Mario Dumont s’était montré très compréhensif qualifiant les militants péquistes de «gang de malades».Le congrès d’il y a dix jours n’a certainement rien fait pour infirmer ce diagnostic.Pour une raison qui m’a toujours échappé, le bonheur au PQ semble consister à voir un chef le phis affaibli possible.La perspective de débarquer dans cet asile ne devait pas enthousiasmer beaucoup le chef du Bloc québécois.Le PQ est sans doute le seul parti politique du Canada, sinon du monde entier, où aucun député ne semblait souhaiter avoir comme chef le leader politique de loin le plus populaire de l’heure.Tous les signaux qui lui ont été envoyés allaient dans le sens contraire.Il ne faut pas confondre le courage avec l’inconscience et la lâcheté avec le sens des responsabilités.Malgré le peu d’enthousiasme que suscitait son éventuelle candidature, M.Duceppe aurait probablement gagné la course, mais son départ d’Ottawa aurait causé plus de tort au Bloc qu’il n’aurait fait de bien au PQ.?Dans les circonstances, M.Duceppe a pris la meilleure décision, mais il ne faut pas s’y tromper au total, le PQ et le mouvement souverainiste en général vont sortir affaiblis de ce triste vaudeville.Pour le chef bloquiste, il s’agissait surtout de savoir quel était la meilleure façon de limiter les dégâts.Dans l’immédiat, son désistement ouvre toute grande la porte à André Boisclair, dont la réflexion de plus en «intense et positive» ne peut se conclure que par sa candidature.À moins, bien entendu, que Bernard Landry ne décide d’affronter le ridicule que lui vaudrait, au moins temporairemenf une tentative de retour après un départ qui semblait définitif.Pour le mouvement souverainiste, la combinaison Landry-Duceppe demeure malgré tout la plus avantageuse ef contrairement à Pauline Marois, M.Boisclair, qui entrevoyait son avenir immédiat à Toronto, pourrait se permettre de passer un tour.Si Pauline Marois, dont c’est la dernière chance, est la seule autre candidate de poids, la partie sera d'autant plus jouable pour M.Boisclair que M.Landry fera des pieds et des mains pour empêcher la victoire de son éternelle rivale.Mme Marois n’a surtout pas à s'inquiéter il verra à ce qu’elle ait au moins un adversaire.Paradoxalement, que M.Boisclair ou Mme Marois l’emporte, les «purs et durs» qui ont puissamment contribué au départ de M.Landry devront composer avec un chef dont les positions seront nettement plus modérées que les siennes.L’un et l’autre se disent enchantés du nouveau programme, mais l’expérience montre qu’un chef du PQ peut prendre une singulière distance avec le programme quand vient le temps de rédiger la plate-forme électorale ou la question référendaire.?Alors que Mme Marois est en campagne depuis deux ans, seulement deux députés lui ont officiellement donné leur appui, Nicole Léger et Jocelyne Caron, qui ne comptent pas parmi les plus influentes du caucus.Sans même être officiellement candidat, M.Boisclair peut déjà compter sur quatre députés et on peut parier que d’autres n’attendent que son signal pour lui prêter allégeance.Mme Caron a crié au sexisme la semaine dernière, sous le curieux prétexte que certains auraient déclaré que Mme Marois «ne fait pas le poids».Comme si cette expression ne s’appliquait pas aussi bien aux hommes! Force est toutefois de constater qu’encore une fois l’ancienne vice-première ministre ne pourra pas compter sur la sohdarité féminine au sein du caucus.Pourtant, ses états de service sont beaucoup phis impressionnants que ceux de M.Boisclair.Jamais au PQ, un homme ou une femme n’a été successivement titulaire du Conseil du.trésor, de l'Éducation, de la Santé et des Finances.Pendant ce temps, son rival a été ministre des Affaires municipales, de la Solidarité sociale et de l’Environnement Au cours de la dernière année, Mme Marois a toutefois indisposé plusieurs de ses coDègues des deux sexes par ce qui a été perçu comme un manque de solidarité, non seulement envers Bernard Landry, quand elle a réclamé une course au leadership à la toute veille d'un conseil national, mais également envers le caucus, quand elle s’est prononcée en faveur de l’établissement du CHUM à Outremont Clairement Mme Marois mise moins sur l’appui de ses collègues que sur les membres du PQ, qui éliront le nouveau chef au suffrage universel.L’exemple de 1985 montre toutefois qu’il existe un lien étroit entre les deux Pierre Marc Johnson avait l’appui de la très grande majorité des députés et il a terminé bon premier devant.Pauline Marois.Garderies : la grève n’a pu être évitée GUILLAUME B O U RG AU LT-C ÔTÉ Près de 25 000 enfants fréquentant 310 Centres de la petite enfance (CPE) du Quebec auront conge de garderie, aujourd'hui et jusqu'à vendredi, ce qui voudra dire aussi un sérieux casse-tête organisationnel pour les parents touchés.Le blitz de négociations intensives entame ces derniers jours entre le gouvernement et les représentants des éducatrices a en effet échoué, hier, en fin de journée, l'écart entre les offres et les demandes demeurant trop grand pour espérer un accord de dernière minute.•Cest rompu», a confirmé vers 18h un porte-parole de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente quelque 7800 éducatrices (la quasi-totalité des autres éducatrices ne sont pas syndiquées, mais la future convention s’appliquera à tout le secteur).Ce qui veut donc dire que la deuxième partie du mandat de grève de sept jours voté par les syndiquées sera appliqué dès ce matin.Les éducatrices avaient déjà débrayé les 3,6 et 7 juin.Un retour à la table de négociations la semaine dernière avait fait naître une brève lueur d’espoir qu’un réglement survienne et que ces quatre nouvelles journées de grève puissent être évitées, mais en vain.«Les écarts restent importants et dépassent largement la capacité de payer du gouvernement et des Québécois», a commenté Louise Bédard, attachée de presse de la ministre de la Famille, Carole Théberge.Mme Bédard a refusé de dévoiler l'ampleur du fossé existant entre les deux parties, mais elle mentionne que les «rapprochements faits dans les derniers jours» n'ont pas permis d'atteindre un seuil acceptable pour le gouvernement Charest Plus tôt dans la journée, elle mentionnait que le ministère n’avait pas l’intention de «négocier le couteau sur la gorge».La ministre a pour sa part déclaré dans un communiqué que «rompre les discussions ne rime à rien.Ce sont les parents et les enfants qui sont pris en otages par cette décision.[.] Il y a d’autres moyens, certainement plus utiles, d’arriver à un règlement.Si la partie syndicale est de bonne foi, elle doit revenir à la table de discussion».Martin confronté à six nouveaux votes de défiance ISABELLE RODRIGUE Ottawa — Chaque formation politique risque fort de compter frénétiquement ses députés aux Communes, ce soir, puisque le gouvernement minoritaire de Paul Martin fera face à pas moins de six votes de défiance qui pourraient précipiter des élections.Mais comme les conservateurs semblent avoir perdu tout appétit électoral, le gouvernement Martin risque de demeurer au pouvoir, pour quelques mois encore.Les votes débuteront vers 22 h, et porteront d’abord sur l’approbation des crédits budgétaires, fis seront suivis du vote sur le projet de loi de mise en œuvre du budget et quelques amendements.SU est défait sur un de ces votes, le gouvernement perd la confiance du Parlement et des élections sont déclenchées.Le gouvernement libéral se retrouve donc dans la même situation qui s’est déroulée il y a moins d’un mois, lorsqu’il avait pu survivre à un vote de défiance grâce à une mince majorité d'un vote, celui du président de la Chambre.Il y avait une certaine nervosité au sein des libéraux, hier, mais rien de comparable au suspense du 19 mai dernier.La raison est plutôt simple: cette fois, les conservateurs ne semblent plus vouloir provoquer des élections estivales.Non seulement le climat et le temps des vacances n’est pas le meilleur moment pour faire campagne mais, surtout le parti de Stephen Harper sait qu’il ne dispose plus de circonstances favorables puisqu’il a perdu le terrain qu’il avait gagné en Ontario au début du mois d’avril.Questionné par les journalistes, le whip du Parti conservateur, Rob Nicholson, n’a jamais voulu indiquer si tous ses députés allaient être présents pour les votes.Au moins trois pourraient être absents, ce qui serait suffisant pour permettre aux conservateurs de préserver les apparences et voter contre le gouvernement, sans toutefois le renverser.M.Nicholson a bien entendu évité d’expliquer les choses ainsi, tentant plutôt de convaincre les journalistes que les libéraux seraient à blâmer si le gouvernement était renversé, prédisant que des députés libéraux pourraient s’opposer à leur propre parti.«Nous n’avons pas été élus pour maintenir ce gouvernement en place, a fait valoir M.Nicholson.Si ce gouvernement tombe, vous pouvez parier que ce sera à cause d’une poignée de libéraux qui auront décidé qu’ils en ont assez de ce gouvernement, de cette corruption et du projet de loi C-38 [sur le mariage gai].» Le scénario évoqué par le whip conservateur semble toutefois peu probable.Les députés libéraux insatisfaits du projet de loi sur les conjoints de même sexe ont affirmé la semaine dernière qu’ils n’allaient pas tenter de faire tomber le gouvernement pour faire avorter la législation.Reste que le gouvernement ne tient rien pour acquis.•Tout le monde doit être attentif aux chiffres [.] Des accident peuvent arriver», mettait en garde le ministre des Finances, Ralph Goodale, de passage à Halifax hier matin.Son collègue Tony Valeri, leader du gouvernement en Chambre, tenait un discours similaire.•Dans un gouvernement minoritaire, tous les partis et les députés doivent être prudents.Les chiffres sont tellement serrés», rappelait M.Valeri à sa sortie des Communes.Les libéraux, qui peuvent compter sur l’appui des néodémocrates, totalisent 151 votes [sans le vote du président].De l’autre côté, conservateurs et blo-quistes disposent de 152 votes.S’ajoutent les quatre députés indépendants, qui peuvent faire basculer les choses d’un côté comme de l’autre, s’ils sont présents lors du vote.JACQUES NADEAU LE DEVOIR À la CSN, on indique que la partie syndicale demeure «comme toujours» ouverte à la reprise des négociations, mais «pas pour discuter avec nous-mêmes», confie un responsable.«La proposition gouvernementale est revenue à son origine.Ils n'ont pas dégagé de mandat.H y a eu certains rapprochements, mais au bout du compte, nous sommes revenus en arrière, Cest un choix politique et stratégique de la part du gouvernement île ne pas avoir vtwlu accedtr à un compromis possiNe.» Le mouvement de cette semaine pourrait bien prendre de l'ampleur un vote sur une grève generale illimitée «declenchable au moment jugé opportun» doit en effet être tenu durant les quatre jours de débrayage, a-t-on continué à la CSN.«Nous gardons la porte ouverte.» le différend entre le gouvernement et les éducatrices syndiquées repose principalement sur la question de l'équité salariale entre hommes et femmes.Les deux parties ne s'entendent pas sur le comparatif salarial masculin qui devrait être utilisé pour calculer la hausse' de salaire necessaire à l’atteinte de l’équité: la chose n’est pis aisée du fait que le secteur des services de garde est considéré s;uis comparateur masculin, et qu’il faut donc travailler à partir d’indicateurs théoriques, sujets à discussion.Selon la CSN, la dernière offre gouvernementale aurait fait passer la rémunération maximale des éducatrices de 18,36 3 à 19,55 $, .dois que le syndicat exige plutôt un plafond à 21,78 $.L’écart financier entre les deux montants pourrait représenter jusqu’à 300 millions.Autre point d’accrochage: la date d’application du futur règlement et des changements salariaux In CSN voudraient que ceux-ci soient rétroactifs au 21 novembre 2001 Environ 167 (XX) enfants fréquentent la centaine d’établissements du réseau des CPE.Pertes d’emplois Par ailleurs, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) dévoilera ce matin l’ampleur des licenciements quelle prévoit devoir effectuer à partir de l’été pour arriver à combler le manque à gagner de 40 millions indiqué dans les crédits budgétaires du gouvernement.Vendredi, l’Association avait déjà évoqué 600 pertes d’emplois, mais selon la porte-parole de l’AQCPE, jointe hier, ce chiffre a été revu à la hausse.Le Devoir f /wxu/f r< MAXIMA • Moteur V6 prirrré 3,5 litres 24 soupapes à DACT de 265 chevaux • Sièges et volant chauffants • Sonorisation numérique Bose AM/FM/CD 320 *atts et 8 haut-parieurs • Tort panoramique vitré Skyview • Jantes en alliage de 18 po • Siège du conducteur à huit réglages électriques LOCATION À PARTIR DE 399$ /MOIS’ H VERSEMENT I PAYÉ* o$ DÉPÔT DE SÉCURITÉ Ppyr & tompa fcmtf.G f our ses gardes du corps, mais le gouvernement espérerait boucler pacifiquement l’affaire par une reddition volontaire sans avoir à verser le sang.Pour sa part, le journal libéral Danas, qui affirme savoir où se trouve le fugitif le plus recherché de l’ex-Yougoslavie, rapporte que son rédacteur en chef a reçu des menaces de mort d'un homme se présentant comme un garde du corps de Mladic.De son côté1, le magazine serbo-bosniaque Nezavtsne Novine croit savoir que l’ancien général réclame de rencontrer en tête à tête le premier ministre serbe Vojislav Kostunica avant toute reddition, une exigence qui retarderait celle-ci, que Belgrade aurait promise pour mercredi.la même publication assure que la médiation en vue de fa reddition de Mladic est conduite par un autre ancien général serbo-bosniaque, Zdravko Tolimir, lui aussi inculpé par le TPIY et en fuite.li- gouvernement a démenti vendredi les affirmations de I fanas voulant qu’il ait localisé Mladic, en dénonçant une «campagne de presse» nuisible pour l’État parce qu’elle donne l’impression qu’il a toujours su où se trouvait le général.Reuters EN BREF Le Sénat US s’excuse pour les lynchages Washington — Le Sénat américain devait officiellement s’«excuser» hier d’avoir renoncé a interdire explicitement les lynchages, des crimes raristes qui ont fait quelque 4750 morts, pour les trois quarts des noirs, entre 1881 et 1964.«Le Sénat a trahi ces Américains, si nous voulons vraiment avancer, il faut reconnaître cet échec et en tirer un enseignement», a souligné hier la sénatrice de Louisiane Mary Landrieu, une démocrate qui estime que le nombre des victimes pourrait se rapprocher des 10 000 morts si on prenait en compte les victimes anonymes d’avant 1881.Plusieurs descendants de victimes ont fait le voyage a Washington pour l’occasion, ainsi que le seul survivant connu d’un lynchage, James Cameron, 91 ans, fondateur du Musée de l’Holocauste noir à Milwaukee et auteur de Un temps de terreur l’histoire d’un survivant -AFP Youssouf regagne son pays Nairobi — Le président somalien AbdouBahi Youssouf est rentré hier dans son pays et a dit avoir bon espoir de mettre fin aux affrontements entre clans rivaux qui ont pendant neuf mois, retardé son retour.L’administration fédérale transitoire de Youssouf a été mise sur pied l’an dernier au Kenya aux termes de négociations de pjùx visant a rétablir l’autorité de l’État dans l'ancienne colonie italienne.Des centaines de milliers de Soma-liens ont péri dans les combats entre factions ou du fait de la famine dans le pays, que doit gagner a son tour jeudi le Premier ministre du gouvernement transitoire, Mohamed Ali Gedi Des témoins ont rapporté que Youssouf était arrivé dais la ville de Jowhar, où il devait passer la nuit avant d’entreprendre, mardi, une tournée dans plusieurs pays du Golfe.Des responsables ont indiqué qu’aucune date n’avait encore été fixée pour le retour de Youssouf de sa tournée dans le Golfe.-AFP :Â -M: El B D B 2 0 0 A CAMP DE JOUR DU CENTRE SPORTIF de L'UQAM ÉTÉ 2005 Ïi Arts, aventures et sports , École de basketball-4 École de cirque Païdzo École de soccer • 1 Multi-sports Im jciences et informatique • ^ ’ Sou*.I.i iupt'fvision d^*, entr.vneurs ]ÆL de» C»t*rlinvd* l OOAM rMAP ALfltfWTF AMOCMt'on tU.% ' v**ps du www.uqam.ca/sports 514 987-7678 Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Micheline Ruelland au (514) 985-3457 ou 1 800 363-0305 LE DEVOIR.LE MARDI 14 JUIN 2 0 0 5 EDITORIAL G Le bon choix La décision de Gilles Duceppe de rejeter les invitations à se porter candidat à la direction du Parti québécois n’aura surpris personne.Si les partisans de sa candidature à la succession de Bernard Landry seront déçus, ils ne le seront jamais autant que les libéraux de Paul Martin de le voir rester à Ottawa.Son départ pour Québec leur aurait permis d’occuper le terrain électoral québécois' pendant que le Bloc se serait dispersé dans une deuxième course au leadership.illes Duceppe avait plusieurs bonnes raisons pour expliquer sa décision de demeurer à la tête du Bloc québécois.La seule qu’il n’a pas exposée expressément hier tient au calendrier qu’a imposé le départ inattendu de M.Landry à l'issue du vote de confiance insatisfaisant obtenu au congrès du Parti québécois il y a 10 jours.Spontanément, il avait alors invité ce dernier à reconsidérer sa démission, ce qu’il avait été le seul a faire.Cette réaction laissait entrevoir qu’il se sentirait obligé de rester à Ottawa pour faire la prochaine élection.S’il est vrai que personne n’est irremplaçable, le moment au- • rait été mal choisi pour laisser vacant le poste de chef du Bloc à l’heure où s’amorce la dernière ligne droite avant la campagne électorale fédérale.On peut penser que Michel Gauthier aurait pu reprendre du service en acceptant d’agir comme chef intérimaire, mais on ne fait pas une campagne électorale avec un leader au statut incertain.Il aurait fallu tenir une course au leadership avec le risque de se perdre dans des luttes intestines et d’envoyer un nouveau chef au front sans préparation aucune.Cette prochaine campagne électorale est cruciale pour le Bloc québécois qui n’a pas le luxe de laisser le Parti libéral du Canada regagner le terrain perdu lors de la dernière élection.Pour i reprendre l’image désormais classique de ^ / ¦jl Jacques Parizeau évoquant les trois périodes -jsÜBB d’un match de hockey, le mouvement souverainiste doit d’abord l’emporter de façon décisive lors de ce premier rendez-vous électoral pour pouvoir se présenter en bonne position à l’élection québécoise.Une mauvaise performance du Bloc créerait une nouvelle dynamique favorable aux fédéralistes qui cherchent désespérément à reprendre l’initiative du jeu tant à Ottawa qu’à Québec.Avec la fin, cette semaine, des audiences de la commission Gomery sur le scandale des commandites, le Bloc québécois devra être présent plus que jamais sur le terrain, où il aura davantage de concurrence.Réduits au silence par les révélations presque quotidiennes d’une commission élevée au rang de psychodrame national, les libéraux de Paul Martin profiteront de la période d’accalmie, qui durera jusqu’à ce que M.Gomery remette son rapport, pour reprendre la parole.Le lieutenant de Paul Martin au Québec, Jean Lapierre, a déjà donné le mot d’ordre à ses collègues ministres de sillonner le Québec cet été pour annoncer une deuxième fois toutes les bonnes nouvelles que le scandale des commandites a occultées.Parions que les difficultés qui retardent la conclusion des ententes sur le transfert au Québec des budgets dévolus aux services de garde et au financement des infrastructures urbaines seront bientôt aplanies pour s’ajouter à cette litanie.Gilles Duceppe aura à subir, ces prochaines semaines, quelques quolibets qui témoigneront qu’il a fait le bon choix.Mieux que quiconque, il peut piloter cet instrument qu’est le Bloc québécois pour le mouvement souverainiste.A la tête d’un Bloc, qui aurait accru sa majorité au lendemain des prochaines élections, il sera en mesure d’exercer autant d’influence sur ce mouvement qu'en se faisant élire chef du Parti québécois.En restant à Ottawa, il marque que ces deux «partis frères» sont deux partis distincts qui suivent chacun leur voie.Somme toute, il a fait le bon choix.bdescoteaux@ledevoir.ca Bernard Descôteaux Napoléon au Liban e général libanais Michel Aoun est un être paradoxal.C’est le moins que l’on puisse dire.Après avoir passé quatorze ans en exil, à Paris, pour son opposition à la présence syrienne sur tout le territoire du pays du Cèdre, Aoun vient de retourner sa veste.En vue du troisième tour des législatives, il s’est allié à des notables pro-syriens.Résultat?Il a remporté la mise.Il a surtout brisé le rêve des opposants à la tutelle syrienne qui s’étaient fédérés au lendemain de l'assassinat de l’ex-premier ministre Rafle Hariri.Précisons.Selon la loi électorale du pays, loi d’une telle complexité qu'elle fait passer la loi américaine pour un exemple de limpidité, 64 sièges du Parlement sont réservés aux représentants musulmans, la différence, soit 63 sièges, appartient aux formations chrétiennes.En agissant comme il l’a fait Aoun risque fort de briser cette répartition.11 risque surtout d'assurer la reconduction à la tête de l’État d'une alliance regroupant les partis musulmans et chrétiens réceptifs aux diktats qui émanent de Damas.De la mise en scène élaborée depuis son retour en mai dernier, on retient .que sa personne a attiré des millions de dollars rassemblés pour rompre l’élan dont bénéficiait l'opposition depuis la mort d’Hariri.On retient surtout que sa liste de candidats-vedettes comprenait l’ex-ministre de l’Intérieur qui obéissait au doigt et à l’œil aux ordres des dictateurs syriens ainsi que des officiers supérieurs tous collaborateurs de Damas.In victoire remportée avant-hier par sa formation, le Courant patriotique libre, lui assure un nombre suffisant de votes pour qu’il soit en mesure d’imprimer à l’ensemble des partis chrétiens la mqrque qu'il souhaite.• A la suite du troisième tour tenu dimanche, la carte politique du pays s’est passablement clarifiée.Les grands perdants sont ceux à qui l'on prédisait un triomphe il y a deux mois à peine, soit cette opposition regroupée autour de la famille Hariri, du chef druze Walid Djoumblatt et de Nassib Lahoud que l'on voyait au poste de premier ministre.Aoun mis à part, les partis chiites et notamment le Hezbollah, instrumentalisé par Damas et Téhéran, doivent saliver.En toute logique, il ne faut pas s’attendre à ce que les articles de la Constitution rédigés sous les ordres de la Syrie soient amendés.On se rappellera que la première ambition des adversaires à la tutelle de Damas était de gommer les avantages que celle-ci s'était accordés.Si les troupes syriennes se sont bel et bien repliées à l’in-terieur de leurs frontières, on peut se demander si les centaines d'agents syriens des renseignements vont en faire autant A ce propos, le commentaire formulé par Djoumblatt après la victoire d’Aoun en dit long sur la volonté des Libanais d en finir avec la tutelle syrienne, «/e ne vois pas comment, en tant que forces démocratiques, nous allons continuer à combattre le régime sécuritaire pour le démanteler.» Et cela, à cause d un homme qui se prend, c’est pas des blagues, pour le Napoléon du coin.Vanité, tout n’est que vanité.Serge Truffaut LE DEVOIK FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE ^ ?Rtn)S To N TfiVtPS, laïwE'M se MAPfn bwm C»AtU.Assez! Depuis près d’une semaine, on entend bon nombre de militants, de députés et de journalistes mettre sur le dos de l’aile radicale du PQ la démission de monsieur Landry le 4 juin dernier.Ça suffit! Faisant moi-même partie du PQ et de cette fameuse appellation de «pur et dur» ou encore de «faucon», j’en ai assez que ce soient les modérés du PQ qui nous montrent du doigt à chaque fois que ça va mal.La démission de Bernard Landry a été sa décision, et je ne crois pas que les quelque 24 % de «radicaux» ont poussé dehors cet homme politique d’expérience.J’étais et je suis encore un «anti-Landry», sans en avoir contre sa personne et ses réalisations, mais plutôt contre son quiétisme politique.Mais vous savez, comme l’a dit René Lévesque en 1963 à l’émission Les Couche-Tard : «H n’y a rien de plus difficile que de faire venir un gars en politique dont on a vraiment besoin, excepté de le faire sortir quand c’est le temps qu’il s’en aille.».Plus ça change et plus c’est pareil! Alors qu’il s’est accroché à la tête du PQ sans aucune légitimité à la suite du départ de Lucien Bouchard, il n’a cessé de faire des manœuvres électoralistes visant le pouvoir plutôt que l’indépendance.«La liberté n’est pas une marque de yogourt», disait Falardeau.Eh bien, l’indépendance n’est pas une nouvelle loterie, monsieur Landry! Les conditions gagnantes, l’assurance morale et autres répliques de bas étage ont fait que les radicaux et moi-même en avons eu assez de Bernard Landry et de sa quête interminable et lente de l'indépendance du Québec.Refusant de faire des gestes de souveraineté, refusant de renforcer le fait français au Québec, refusant d’établir un calendrier serré du prochain rendez-vous avec l’histoire, refusant {’élection référendaire, Bernard Landry aura couru à sa perte! Landry est parti, vive Landry! Alexandre Brousseau Québec, le 9 juin 2005 La Cour suprême s’est trompée Le récent jugement de la Cour suprême du Canada, autorisant le recours à l'assurance privée pour obtenir accès à des soins déjà couverts par le régime public, constitue une dangereuse interprétation du droit; il s'établit en fait comme une violation du droit à légalité et à la vie des personnes moins fortunées, les discriminant à cause de leur condition sociale.LETTRES -?- L’ordre dans lequel les gens sont opérés actuellement ne relève pas du caprice: ces décisions sont prises d’abord en fonction de l’urgence des cas, ensuite en tenant compte de l’attente qu’a déjà connue le bénéficiaire.Les personnes passant présentement sur les tables d’opération, sauf égarement anecdotique du système, sont ceUes en ayant le plus besoin.Il est terrible cependant que des individus voient leur état s’aggraver et leur vie être mise en danger à cause du manque de ressources dans le système public, tandis qu’une intervention rapide préviendrait de graves complications.Par contre, permettre aux personnes ayant des moyens financiers plus élevés d’accéder plus vite aux soins, plus rapidement qu'une personne appauvrie devant subir d’urgence une chirurgie, ne constitue aucunement un remède adéquat à la pénurie, mais bien un triomphe abject de l’argent sur le bien commun.De plus, la démonstration qu’une telle mesure désengorgerait les listes d’attentes du système public n’a jamais été faite et demeure improbable, puisque le crise du système de santé repose d’abord sur un manque de personnel qualifié, dont plusieurs déserteraient sûrement vers le privé si un tel système parallèle était créé, affaiblissant davantage notre réseau de santé public.Au Québec (et dans le reste du Canada), un choix de société a été fait, celui d’enlever à l’argent le pouvoir de permettre de recevoir des soins de santé plus rapidement dans le désir de montrer que le droit à la vie d'un pauvre est aussi important que celui d’un riche.Le jugement de la Cour suprême, d’ailleurs fort divisé (quatre contre trois), contrevient à cette décision morale pourtant appuyée par la majorité des Québécois et permet aux citoyens ayant une bourse bien garnie, une minorité, d'être sauvés avant quiconque plutôt que d'être traité équitablement comme n’importe quel autre bénéficiaire.C'est pourquoi je demande à nos élus de recourir dans les plus brefs délais à la clause dérogatoire pour contrer ce jugement anticonstitutionnel et contre le bon sens de la Cour suprême.Hugo Vaillancourt Montréal, le 10 juin 2005 Inacceptable Monsieur Robert libman, Je trouve inconcevable et inacceptable votre décision de retirer d’une exposition des photographies de la journaliste Zahra Kazemi pour des motifs de sensibilité politique des rési- dants de l’arrondissement Qu’est-ce qui motive véritablement le retrait des photographies non pas d’une réalité subjective mais bien de la réalité?Une réalité provenant d’une journaliste qui a littéralement donné sa vie à la liberté de presse que vous méprisez à la suite d’une seule plainte d’un citoyen.Qui était ce citoyen si influent au point qu’il motivait le recours à la rhétorique trop souvent mythique de l’antisémitisme pour vilipender sur la place publique l’œuvre d'une femme torturée, battue et assassinée par des Iraniens?En condamnant cette exposition et en censurant le discours de liberté universelle de Zahra Kazemi, vous faites une sélection tordue de l’information devant être transmise à vos citoyens et l’ensemble des Québécois ce qui n’aura jamais pour effet de réduire votre dite sensibilité politique.Au contraire, à qui profite donc cette sensibilité politique que vous sem-blez nourrir et non réduire à néant?Peu importe, la liberté trouvera son chemin.Le vulgaire se prend toujours aux apparences et ne juge que par l'événement [.] les hommes sont si simples et si faibles que celui qui veut tromper trouve toujours des dupes [.] le caractère des peuples est mobile, on les entraîne facilement vers une opinion, mais il est difficile de les y maintenir.Sylvain Raymond Montréal, le 12 juin 2005 Payer les écrivains Brigitte Alepin, comptable, fiscaliste, et au-teure du livre Ces riches qui ne paient pas d’impôts, a raison de s’indigner du fait que les écrivains ne soient pas mieux traités par les gouvernements.D’ailleurs, en 2005, la Grande Bibliothèque qui dispose d’un budget annuel de 40 millions versera plus d’argent aux gardiens de sécurité qu’aux créateurs de livres.L’écrivain, ce pilier des bibliothèques, dont le livre est lu à 100 reprises par 100 lecteurs, ne recevra que 10 % du prix d’achat de l’exempfaire original lors de son acquisition.Pourquoi l’Etat ne paierait-il pas le droit d’auteur, le salaire de l’écrivain, à chaque fois qu’un livre est emprunté, comme cela se fait dans d’autres pays?Ou, n’accorderait-il pas un «p’tit délai de six mois» entre la vente d’un livre en librairie et son prêt gratuit en bibliothèque, à l'instar d’un film entre sa projection au cinéma et son vi-sionnement gratuit à la télévision?Paul Gélinas Montréal, juin 2005 LIBRE OPINION -4- Une comparaison odieuse NOAH RICHLER Toronto La comparaison que le chroniqueur Louis Hamelin fait entre Heinrich Himmler, nazi notoire, et mon père décédé, Mor-decai Richler, en parlant de son roman Le Cavalier de Saint-Urbain (Le Devoir, 4 et 5 juin 2005), est odieuse.J'aurais dit stupéfiante, mais je reconnais que l'idée selon laquelle, à travers «la voix de son narrateur et alter ego», mon père se serait servi de «la haine comme discipline» est tout à fait utile à M.Hamelin.Ce dernier ne veut sans doute reconnaître aucune faute chez les plus extrêmes éléments de l’idéologie souverainiste contre lesquels, il est vrai, mon père se battait courageusement durant les dernières années de sa vie.Quelle est cette «pensée politique encore en gestation» à laquelle M.Hamelin fait allusion sans la spécifier?Le fait que mon père ait osé défendre, dans notre démocratie, les droits d'une minorité au Québec?Qu'il ait cru au Canada — où, au moins, à une «belle province» dans laquelle lui et d’autres allophones semblables seraient aussi acceptés?Le glissement de M.Hamelin, utilisé avec fausse naïveté, ne mériterait pas de discussion, sauf que sa conclusion dégoûtante se base sur une erreur répréhensible chez quelqu'un qui prétend être' critique littéraire: que les pensées d’un auteur réel et les paroles de ses personnages inventés sont équivalentes.Ou est-ce que M.Hamelin tel un pauvre lecteur, croit que Nabokov était pédéraste, que d'innombrables romanciers sont aussi meurtriers — et qu'Anna Sewel l’auteure de Black Beauty, était en vérité, un cheval?Vos pages littéraires devraient avoir honte.Réplique Si j’écrivais un roman dont le personnage principal, me ressemblant de surcroît déclarait détester «tous les Juifs sans exception», et que rien, dans la suite ou dans la conclusion de mon histoire, ne venait contredire, balancer ou amoindrir l’opinion radicale ainsi exprimée, j’aurais des problèmes avec la critique, et aussi probablement avec le Congrès juif canadien.Les histoires que nous écrivons ne sont pas innocentes, eDes s'inscrivent dans une Histoire, ont sinon une morale, du moins un sens, et c’est justement le rôle du critique d’essayer de discerner les différents discours à l’œuvre dans un livre.La littérature ne permet pas de dire n'importe quoi (que les Allemands sont tous coupables de génocide, les Québécois tous stupides, etc.) et si on se cache derrière un personnage pour le faire, il faut s’attendre à soulever un peu de controverse.Comme Nabokov avec sa Lolita.Par contre, si monsieur Noah Richler a cru lire, dans la phrase «Himmler n’aurait pas dit mieux», une comparaison directe entre son père écrivain et le chef de la SS, je le regrette.J'ai déjà écrit dans ces pages que Mordecai Richler était «le plus grand romancier produit par le Québec», et je ne crois pas que les trois chroniques que j'ai consacrées à la tribu Richler depuis six ans aient été si néfastes à la mémoire littéraire de son père.Quant à la «pensée politique encore en gestation» en 1967, je n’ai pas parié de miroir piégé du racisme pour rien.Louis Hamelin LE DEVOIR.LE MARDI 14 J l I \ 2 0 0 5 A i D É E S ''k.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pauline Marois, que l’on voit ici lors du dernier congrès national du Parti québécois, rappelait récemment à quel point elle entendait concilier les velléités pourtant irréductibles des membres de son parti, et ce, pour créer l’apparence d'un consensus au PQ et élargir sa base électorale.Mais est-ce vraiment la bonne solution?PARTI QUÉBÉCOIS Le spectre de la pensée radicale JOCELYN LÉTOURNEAU Titulaire, Chaire de recherche du Canada en histoire contemporaine du Québec, Université Laval ire les textes que Pierre Grave-line et Robert Laplante ont publiés dans Le Devoir des 2 et 3 juin dans le premier cas, du 7 juin dans le deuxième, donne froid dans le dos.D serait dommage que le mouvement souverainiste, commis à l’éthique démocratique depuis toujours, soit investi ou influencé par de pareils idéologues.Ces deux hommes, et ceux qui les accompagnent dans leur volonté d’enrégimenter la société québécoise dans une démarche radicale et tous azimuts de combat national, comme si notre situation était comparable à celle des damnés de la Terre, auraient intérêt à créer leur propre parti politique plutôt que d’en parasiter un autre pour exister.Ils seraient rapidement mis à leur place — celle de la marge — par une population qui ne se reconnaît pas dans la culture politique de l’hostilité, de l’intransigeance ou du ressentiment, ni n’entend jouer son destin collectif comme on parie à la roulette russe.Condescendance Ce que Graveline et Laplante, parmi d’autres, appellent — en dénonçant la chose de haut — les tergiversations des élus devant l’enclenchement du processus de sécession du Québec traduit au fond leur irrespect du politique dans une société complexe et diversifiée comme la nôtre.Le ridicule dont ils affublent la sagesse réflexive des Québécois concernant leur avenir (de l’attentisme pathétique selon eux) témoigne de leur méconnaissance de ce que fut jusqu’ici l’expérience historique québécoise, fl marque leur volonté d’ignorer ce qui définit peut-être le mieux l’horizon politique de la majorité des Québécois: le réformisme, le pragmatisme, l’avancement graduel, le progressisme mesuré, la révolution tranquille, la stabilité dans la transformation, l’assurance dans le changement Que la délibération, la négociation, l’accommodement le compromis, bref l’«étapisme» et le donnant-donnant aient si souvent animé la pratique politique des parlementaires québécois, depuis les représentants des anciens Canadiens jusqu’à Lucien Bouchard en passant par René Lévesque, signifie une chose que Graveline et Laplante refusent d'admettre: la culture politique des Québécois est d’inspiration et de tradition britanniques bien davantage que française, états-unienne, sud-américaine ou autre.Cette culture politique n’est ni radicale ni révolutionnaire.EUe est centriste, empiriste et opportuniste.Elle tend fréquemment à l’éclectisme.L’habit du Patriote embrigadé, mû par une cause univoque et se comportant tel un zouave protégeant aveuglément son pape, est l’un de ceux qui sied le moins aux Québécois.Il serait temps de cesser de vouloir les en revêtir.Le PQ et le radicalisme politique Je trouverais regrettable que la démission de Bernard Landry, qui crée une situation d’ouverture politique au sein du PQ, permette aux radicaux d’orienter le programme du parti vers des avenues qui ne croisent pas les aspirations raisonnables des Québécois.Le PQ semble pris au piège d’une dynamique vicieuse: il ne peut espérer la fortune politique que s’il se fait réaliste dans sa gestion (bonne gouvernance), dans sa promotion des intérêts des Québécois (affirmationnisme appuyé) et dans l’énoncé de son idéal national (souveraineté-partenariat).Paradoxalement les conditions de ce succès n’ont de cesse d’être dénoncées par une fraction de ses militants qui, en chassant le(ur) chef à coup de vote minoritaire, précipitent le parti dans l’eau trouble.Or, pour maximiser ses chances d’élection et répondre aux attentes de l’électorat le PQ, grâce à la voix majoritaire de ses membres, n’a d’autre choix que de se redonner un leader tempéré! Pour sortir de cette situation où une majorité subit épisodiquement le césarisme d’une minorité radicale qui doit néanmoins s’en remettre au courant modéré pour replacer le parti sur la voie du pouvoir, le PQ devra un jour trancher le noeud gordien de son ambivalence constitutive.Peut-être en se refondant comme parti résolument autonomiste, mais non pas indépendantiste à tout prix — ce qui lui permettrait de se dé lester de sa clique de doctrinaires incurables et de soq corps de Vestales zélées.A l’encontre de ce que l’on pourrait croire, ce choix ne relèverait pas du suicide politique pour le parti émergeant qui se donnerait un nouveau nom.Le cas échéant son programme serait centré sur les idées de développement économique, d'équité sociale, de gouvernance responsable et d’in(ter)dépendance politique — des thèmes chers à beaucoup de péquistes.Un tel programme rallierait de larges segments de la population québécoise — coalition de libéraux, de sociodémocrates et de nationalistes — qui ne se reconnaissent pas dans l’administration actuelle du PLQ, qui n’appuieront jamais l’ADQ, qui n’épousent pas les positions de l'UFP ou celles d’Option citoyenne et qui sont étrangers au jusqu’au-boutisme des Graveline et Laplante.Advenant la naissance d'un tel parti, et si les formations politiques existantes ne leur plaisaient pas, ceux qui s’inscrivent dans une mouvance franchement indé pendantiste ou «à gauche tçute» pourraient créer sans ambages leur propre parti A leur guise et sans compromission, ils en orienteraient le programme dans l’idéalisme de leurs aspirations.Ils verraient, sans possibilité de se dérober devant le verdict populaire, comment l’électorat sanctionnerait leur entreprise.Contre la raison univoque Je sais bien que pareil scénario n’est pas à l’ordre du jour.A l’évidence, les gens du PQ entendent gérer la divergence au sein de leur parti en ménageant la chèvre et le chou, de manière à éviter la déchirure ou la scission.Pauline Marois rappelait récemment à quel point elle entendait concilier les velléités pourtant irréductibles des membres de son parti, et ce, pour créer l’apparence d’un consensus au PQ et élargir sa base électorale.Aucun doute que ses concurrents auront la même intention.Pour accéder au pouvoir, on est prêt au PQ à ouvrir la porte à bien des genres de militants et tolérer toutes sortes de positions, quitte à marginaliser les radicaux au fil d’arrivée.De bonne guerre politique, sans doute.Mais un jeu dangereux, surtout lors d’une course ouverte et implacable à la chefferie.fl est essentiel que les adeptes de la pensée radicale, qui aiment emballer leurs initiatives dans les oripeaux de la «nécessité historique d'agir» et dans ceux des «intérêts supérieurs de la patrie», soient respectueusement écartés de la détermination des politiques et stratégies du PQ.Par l’intransigeance et la furie dont elles sont porteuses, les positions d’un Graveline ou d’un laplante rappellent qu’au sein du mouvement souverainiste, comme ailleurs dans la société québécoise, il faut faire acte de vigilance contre les manifestations de la raison acariâtre et de la pensée radicale.Le projet de loi 57 ne lutte pas contre la pauvreté FRANÇOISE DAVID Porte parole.Option citoyenne DENISE VEILLE UX Porte parole.Union des forces progressistes u moment où le Conseil national du Bien-être social du Canada dénonce l’insuffisance des prestations d'aide sociale dans l'ensemble des provinces canadiennes et invite les differents gouvernements à assurer leur ^responsabilité morale d'assurer le mieux-être de tous leurs électeurs, pas seulement des bien nantis», le gouvernement libéral de Jean Cha-rest s’apprête à adopter le projet de loi 57: la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles.Cette loi est présentée comme étant la mise en æuvre de la loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale (loi 112) adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec le 13 décembre 2tX)2 et qui contenait deux objectifs ambitieux: devenir, parmi les nations industrialisées, l’un des pays où il y a le moins de personnes en situation de pauvreté et «tendre vers un Québec sans pauvreté».Bilan négatif Toutefois, pour les personnes et les familles à l'aide sociale, le bilan du gouvernement Charest en matière de lutte contre la pauvreté est surtout négatif.¦ lo 2 avril 2(XM, lors du dépôt du Plan d’action de lutte contre la pauvreté, le gouvernement décrète une indexation partielle des prestations pour 70 % seulement des ménages à l’aide sociale; rappelons ici que les prestations des personnes à la Sécurité du revenu ont subi une dévaluation de 30 % en 20 ans! ¦ lx> 1" janvier 2005, le gouvernement réintroduit une réduction de 100 $ par mois pour partage de logement familial; supprime une prestation spéciale d'environ 80 $ par mois pour les familles en attente d'une allocation logement; force les personnes et les familles à épuiser leurs économies lors d’une nouvelle demande et prive les personnes immigrantes d'un droit à l’aide dans les trois premiers mois de leur ar rivée au pays.Et maintenant, le gouvernement Charest s'apprête à adopter le projet de loi 57 qui, même amendé, appauvrira davantage les personnes et les familles à l’aide sociale; ¦ en mettant fin à l'allocation de 113 $ |>ar mois pour les 55 ans et plus; ¦ en n’instaurant pas un vrai barème plancher, c’est-à-dire une prestation de base qui assure la couverture des besoins essentiels; ¦ en continuant de s’approprier la pension alimentaire versée au bénéfice d’un enfant; ¦ en augmentant les pouvoirs discrétionnaires du ministre tout en diminuant les droits de recours.Partenariats Un autre élément inquiétant du projet de loi 57 est passé inaperçu jusqu’à maintenant.Le ministère de la Solidarité sociale ouvre la porte à des partenariats avec des fondations privées, des municipalités et des organismes communautaires pour la mise en place de «programmes spécifiques».On pourrait, par exemple, adopter un programme particulier pour les travailleurs et travailleuses victimes de licenciements collectifs.Pourquoi eux et pas toutes les personnes assistées sociales qui ont les mêmes besoins?Avec le projet de loi 57 adopté d’ici à la fin de la présente session parlementaire, le gouvernement Charest tente-t-il de transférer la responsabilité de la lutte contre la pauvreté aux individus, aux familles, aux communautés, aux fondations?Rappelons qu’Emploi-Québec a subi des compressions budgétaires importantes qui affaiblissent sa capacité de fournir des mesures d’insertion à toutes les personnes assistées sociales jugées aptes au travail.Nous sommes bien loin de l’esprit de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale! Cette loi faisait de la lutte contre la pauvreté un impératif national et engageait le gouvernement du Québec à se doter d’une stratégie nationale de lutte à la pauvreté.Option citoyenne et l’Union des forces progressistes s’opposent donc à l’adoption du projet de loi 57 et demandent, pour les personnes à l’aide sociale, des mesures concrètes et immédiates permettant la réalisation effective du droit à un revenu décent, entre autres, l’indexation complète des prestations, un barème plancher garantissant la couverture des besoins essentiels et de véritables mesures d’insertion à l’emploi.La Cour suprême et les soins de santé La majorité désire une liberté de choix MAXIME BERNIER Vice-président exécutif, Institut économique de Montréal a décision du plus haut tribunal du pays dans la cause Chaoulli ouvre la porte à une voie de réforme prometteuse de notre système de santé.Nous sommes tous témoins de la détérioration du système, et ce, malgré l’injection de milliards de dollars supplémentaires par les gouvernements.De nombreuses études ont constaté qu’une simple augmentation des dépenses publiques ne suffira pas à résoudre les problèmes ni à combler les besoins d’une population vieillissante.D’ailleurs, un sondage Léger Marketing commandé par l’Institut économique de Montréal (JEDNU en août 2004 montrait déjà que 90 % des Québécois étaient conscient que l’injection de nouveaux fonds publics n’était pas la solution pour régler de façon définitive le problème des listes d’attente dans le secteur de la santé.En effet, 53 % des Québécois disaient que l’injection de nouveaux fonds publics ne réglerait le problème que de façon temporaire et 37 % étaient d’avis que cela ne réglera pas du tout le problème.Cette décision de la Cour suprême permet l’introduction d’une source de financement privé qui ne pourra qu’être bénéfique pour le réseau.Elle aura pour effet d’accorder une plus grande liberté de contracter aux patients, aux assureurs privés et aux offreurs de services de santé.Il est tout à fait logique de permettre aux gens de suppléer au manque de ressources de l’Etat avec leur propres ressources financières pour avoir accès à des services hospitalier?.La Cour suprême est aussi du même avis: «[.] l’État peut difficilement empêcher les particuliers qui veulent assumer de tels coûts de choisir la façon de gérer leurs finances personnelles».Certains groupes de pression ont affirmé que cet- te décision mettait en péril le système public.Il en est tout autrement selon l’opinion majoritaire de la Cour: «La preuve concernant la situation dans d’autres démocraties occidentales où le système de santé public permet l’accès aux soins privés, réfute la théorie [.] voulant que l’interdiction de souscrire une assurance privée soit liée au maintien de soins de santé publics de qualité.La participation du secteur privé ne paraît pas entraîner, en fin de compte, la disparition des soins de santé publics.» L’existence et la viabilité du système public ne sont pas menacées par l’introduction d’un système privé fonctionnant en parallèle.Avec ce jugement, le Canada rejoint enfin l’ensemble des pays de l’OCDE, où un système public universel coexiste avec un système privé parallèle.Ces pays, comme la Suède, ont un système public qui se compare d'ailleurs avantageusement au nôtre et ils dépensent en moyenne moins que le Canada tout en offrant une meilleure accessibilité aux services médicaux.Le modèle mixte utilisé par les pays de l’OCDE tels que la France, l’Allemagne et la Suisse, pour ne nommer que ceux-là, laisse une large place au privé et donne pourtant de meilleurs résultats que le Canada Ce jugement fait tomber les tabous et reconnaît ce fait Selon un autre sondage léger Marketing réalisé en avril dernier pour le compte de 1TEDM, cette dè cision répond aux désirs de deux tiers des Québécois qui souhaitent avoir fa liberté de payer pour obtenir des soins plus rapidement dans le secteur privé.Cette décision, en permettant aux Québécois de pouvoir payer, s’ils le désirent pour obtenir plus rapidement des soins de santé, est conforme aux va leurs canadiennes et québécoises de liberté et de responsabilité individuelle.Le gouvernement du Québec ne devrait pas se laisser influencer par les groupes de pression qui, défendant leurs intérêts corporatistes, souhaitent contrer ce jugement historique.Il devrait plutôt se mettre au diapa son d’une très grande majorité de Québécois.L'ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalism à l’information générale e» métropolitaine : Gerald Diüaire Oufatnt a* dirtcteur dt /is/brmoiioal.Jeanne Corriveau yaffw.rn mniapalai.Fabien Deglise.Marie-Andrée Chouinard (tducatwn) ; Josée Boileau (MiUmalult, raponsabit de lo pagt Idiai.Bnan Myle» (patin « faits dt socUW Clairandrée Cauchy (Général) Jean Dion.LouisCiüles Francoeur fenvironiiemenV.Benoit Munger (responsablt d» sitr InUrnet).Laurence Clavel.Jean-Guillaume Dumont (commis internet) Isabelle Paré fsardt).Lnuise-Maude Rioux Soucy fsunnimérairej Pauline Gravel fsaencaj .Guillaume Bourcaull-CAte mmumtrain).Michel Garneau fcancatamtt) : Diane Précourt (rtsptmsabU dts pages thématiques) : Martin Duclos.Michéle Malenfant et Christine Dumazet (reltclnrs).Renée Léo Guimont el Serge Paquin trelerteun surnuméraires).Jacques Grenier et Jacques Nadeau photographes) h l’information culturelle Michel Bélair [théâtre et cahier culture).Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett tpupstre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma), Bernard I-amarche ors visuels et musique Frédérique Doyon (surnuméraire) : à l'information economique : Gerard Berube (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre) Philippe Papineau (surnuméraire), Énc Desrosiers.Alec Castonguay.Claude Turcotte.François Desjardins (luruuméraire), a l'information internationale Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adtotnt au directeur de liuformatiou), Serge Truffaut (éditorialiste) ; h l’information politique Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires a Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque : Marie-Helene Alarie (secrétaire à la rédaction) Marilyse Hamelin.Alexandre Shields (commis/ U documentation : Gilles Paré (directeur) Manon Derome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Billy.Marlene Cété.Dave Cameron.Van Hamel.Christiane Legauh, Amélie Maltais.Jacques A Nadeau.Claire Paquet, Micheline Ruelland, Nadia Sebai.Mélisande Simard (publicitaires).Laurence Thériault (dirertnee ad/osnte), Manon Blanchette Sylvie Laporte Martine Bénibé (secrétasrel LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernitchez.Johanne Brunet Danielle Camara.Richard Des Cormiers.Donald Filion.Yannick Morin, Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida INFORMATIQUE Yanick Martel [responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda Thériault (responsable service d la clientèle, distribntion et tirage), Roxanne Libelle (coordonnatrice à la promotion et d la sollicitation).Loli Sénéchal-Berthiaume.Monique L'Heureux.Rachelle Leclerc, Caroline Simard L'ADMEVETRATION Nicole Carmel ) responsable des services comptables y Céhne Furov.Germain Harck (contrôleur), Ghislaine ïe&cur Claudette Béliveau (admnte administrative/ Claudine Chevrier.Monique Proteau.Danielle Ross A 8 LE DEVOIR LE MARDI 14 J U 2 O O QUALITES OLIVIER SUITE DE LA PAGE 1 et cela va continuer.» Le maire accuse maintenant son adversaire d’inciter les membres de son équipe à se •déchirer les uns les autres.» Plusieurs des conseillers qui lui ont fait faux bond lui ont reproché son caractère autoritaire et son arrogance et certains l’ont même qualifié de dictateur.•Je ne suis pas un dictateur.J’ai peut-être un style qu’on dit arrogant, mais qu’on me soupçonne d’être mal intentionné et de vouloir abuser, je ne l’accepte pas», a-t-il déclaré, avant de rappeler que, lorsqu’il avait été pressenti par les maires des municipalités de la Rive-Sud, en 2001, pour devenir le chef du parti à l’occasion des fusions municipales, tous connaissaient son caractère.Quoi qu’il en soit, il ne saurait être question, pour lui, de renoncer à son poste de maire ou de se retirer de la course à la mairie en vue du scrutin de novembre prochain.•! never quit, I’m not a quitter», a-t-il lancé à un journaliste de la presse anglophone.Même si son équipe est décimée — il a perdu plus de la moitié des 26 candidats nécessaires pour les élections —, il entend bien rebâtir son équipe.«Mus ça va, plus le défi est intéressant», a-t-il affirmé.Course au leadership Mais les membres de sa formation politique pourraient en décider autrement puisqu’il a rencontré hier après-midi, immédiatement après sa conférence de presse, le président du Parti municipal Rive-Sud, Henri Dubois, la question du leadership fera l’objet de discussions lors d’une réunion des membres du comité d’administration de la formation politique prévue pour la semaine prochaine.Au dire de M.Dubois, ceux-ci vont vraisemblablement convoquer une assemblée générale spéciale au cours de laquelle les quelque 2200 membres du parti pourront faire leur choix entre les deux hommes.Cette assemblée pourrait avoir lieu dans les trente jours suivants et le maire se serait montré favorable à cette éventualité, a indiqué M.Dubois.Si M.Gladu remportait cette bataille, Jacques Olivier pourrait continuer d’occuper ses fonctions de maire, mais devrait quitter la formation politique.D’ici là, Jacques Olivier se retrouve en position inconfortable au sein du conseil municipal actuel, puisque son équipe compte désormais 19 élus contre 18 pour Claude Gladu alors que le parti d’opposition, Ralliement Longueuil, a trois conseillers et que trois élus siègent à titre d’indépendants.Mais Jacques Olivier ne s’en formalise pas, estimant que bien d'autres maires avant lui ont été capables de gérer leur ville malgré leur position minoritaire, comme Jean-Paul L’Allier, à Québec, et Michel Latendresse, l’ex-maire de Saint-Hubert.•Ça ne m'inquiète pas du tout, au contraire, a-t-il dit.Si c’est bon, ils vont voter pour.Si ce n’est pas bon, ils vont voter contre.» Pour la deuxième fois en une semaine, Jacques Olivier a dû remanier son comité exécutif, mais, compte tenu de l’ampleur des défections, il a dû faire appel à des élus des arrondissements qui défusionneront le 1" janvier prochain.Son nouveau comité est donc composé de Denise Pillion (Boucherville), de Nicole Carrier (Brossard), de Jean Gérin (Saint-Bruno-de-Montarville) ainsi que de quatre élus de l’arrondissement de Saint Hubert, soit Jacques Poi-tras, Stéphane Desjardins et Suzanne Charbonneau et Michel Latendresse.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 •Je pense que ma responsabilité envers le mouvement souverainiste, envers l’idéal que je partage avec des millions de personnes au Québec, m’amène à cette décision, a-t-il soutenu.|.) Il y avait autant d’arguments pour que contre.Je me sentais prêt à faire cette \ tâche-la a Québec.C’était tentant.Mais si j’affaiblis le \ front à Ottawa, est-ce que ça sert le mouvement souve-i rainiste?J’en conclus que non.» Selon M.Duceppe, ce sont vraiment les circonstances qui le poussent à refuser les appels du pied de s ses supporters à Québec, et non pas le fait que le Bloc se retrouverait sans chef connu à la veille d’une élection.«C’est un parti solide, le Bloc, avec des gens de grands talents qui pourraient être chef, je n’ai aucun doute là-dessus», a-t-il dit II n’a d’ailleurs pas fait une croix à vie sur un poste à Québec.«Je n’ai pas de plan de carrière», a-t-il répété.Les libéraux fédéraux n’ont pas mis longtemps avant d’attaquer le chef bloquiste sur cette décision, eux qui, visiblement, espéraient avoir la tâche plus facile lors de la prochaine élection qui doit avoir lieu en février.En Chambre, le premier ministre Paul Martin a souligné, sourire en coin, sa joie de voir M.Duceppe «choisir le Canada».«J’espère qu’il va faire la même recommandation aux Québécois», a-t-il lancé, ironique.Ses lieutenants au Québec étaient toutefois beaucoup plus cinglants hier.Quelques minutes après j’annonce de Gilles Duceppe, la ministre des Affaires intergouvemementales, Lucienne Robillard, soutenait que le chef du Bloc «aimait la confrontation, les critiques», et ce, depuis ses années de syndicaliste.«B Rectificatifs Dans un article rapportant les multiples réactions au jugement de la Cour suprême sur les assurances privées en santé, publié vendredi dernier, il était écrit que l’Institut économique de Montréal (IEDM) coordonnait la tournée médiatique d’un des deux instigateurs de la requête en Cour suprême, le docteur Jacques Chaoulli.Or, M.Chaoulli avait plutôt embauché le relationniste Guy Therrien pour prendre en charge les relations avec les médias.Les représentants de l’IEDM étaient toutefois présents à la conférence de presse et ont livré leurs commentaires en marge de celle-ci.?Une erreur s'est glissée dans le cahier Informatique - OCTAS 2tX)5, publié dans notre édition de mercredi dernier.Richard McNicoll est directeur général du Regroupement québécois pour le sous-titrage et non pas du Regroupement des personnes sourdes et malentendantes, comme nous l’avons indiqué.LE DEVOIR fa's bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Plaee-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 La publicité An téléphone (514) 985-3399 Bar télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 PartélÀ'opieur (514)985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montré;)! 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publie ilu hindi au samedi par Le IVvw Inc.dont k> siege social est situe au 2060, rue IV Bleury.t* étage.Montréal, (Québec).HAA 3M9.11 est imprimé par Imprimerie Québécor World.St Jean.800.boulevard Industriel.Saint-Jean-sur Rk'helieu, division de Imprimeries Québécor Inc.812.rue Saint Jacques Ouest.Montreal.L’agence Presse c anadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans /1 Dewir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division de Corporation Sun Media.900.boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n‘ 0658.IVpAt légal: Bibliothèque nationale du Quebec DUCEPPE est bien là-dedans.[.] On voit un gars qui n'aimepas prendre des risques», a-t-elle dit sur le réseau CBC.Le mimstre des Transports et lieutenant politique de Paul Martin au Québec, Jean Lapierre, avait déjà commencé la veille à traiter Gilles Duceppe de «lâche».S’il a répété ce mot en anglais hier, il n’a pas osé le redire en français.«Le mot que je dirais, c’est plutôt “peureux", parce qu’au fond il pensait peut-être avoir un mouvement qui vien[àrai]t le chercher à Ottawa.Mais il n'y a pas eu de mouvement.H y a plutôt eu un silence très éloquent», a-t-il dit à la sortie de la période de questions.Jean Lapierre a ensuite repris la ligne du premier ministre, soutenant que Gilles Duceppe avait «raison d’avoir choisi le Canada».«C’est stable.C’est fiable.C’est confortable», a-t-il dit Le chef du Bloc est resté calme devant oes attaques.«Si j'étais allé [à Québec], les mêmes adversaires auraient dit “regardez, il suit ses ambitions personnelles au détriment des intérêts du Québec".Ils avaient deux discours de prêts.Ça fait partie de la joute partisane.\.\ Je ne veux pas foire de la politique à la hauteur de Jean Lapierre», a-t-il dit De son côté, le chef du NPD, Jack Layton, se disait «à moitié surpris» de la décision de son adversaire bloquiste.D espère maintenant que le Bloc votera en faveur du budget dans les prochains jours, «un bon budget pour le Québec», a-t-il dit Les conservateurs, eux, refusaient de lancer des roches au chef du Bloc, même si la décision est «étonnante».«Cest curieux de ne pas choisir d’aller là où la souveraineté doit se faire», a soutenu au Devoir Josée Verner, la lieutenante politique de Stephen Harper au Québec.Pour les conservateurs, les plans ne changent pas.«On verra comment les Québécois vont interpréter ce qui vient de se passer C’est un politicien d’expérience, c’est vrai, mais les gens voulaient l’avoir à Québec.Duceppe devra expliquer ça à la population.Nous, on est convaincus que les Québécois en ont marre de la position de contestation du Bloc et qu'jls veulent une alternative.» A la grande joie de ses députés, qui faisaient pression sur lui depuis une semaine pour qu’il reste à Ottawa, Gilles Duceppe a promis de continuer à «défendre bec et ongles les intérêts du Québec».«On est très content et heureux de cette décision», a soutenu au Devoir le leader en Chambre du Bloc et vétéran député Michel Gauthier.«Nous voyez-vous sérieusement avec deux courses au leadership en même temps, avec en plus une préparation électorale à l’automne?Faut quand même pas courir après la misère!» Selon lui, Gilles Duceppe a tissé des liens très utiles avec le reste du Canada et même les ambassadeurs étrangers.«B a de bons contacts au Canada, et c’est important pour que le reste du pays ne tombe pas des nues à la suite d’un référendum, soutient Michel Gauthier.M.Duceppe rencontre aussi chaque année depuis sept ans tous les ambassadeurs pour expliquer notre démarche.On a besoin de lui ici.» Le chef du Bloc n’a pas pris position dans la course au leadership naissante du PQ, préférant souhaiter bonne chance «à tous les candidats et candidates».«J’aimerais leur dire, ainsi qu’à tous les militants du Parti québécois, que le gagnant pourra compter sur mon appui indéfectible et sur ma loyauté comme ce fut le cas avec Lucien Bouchard puis Bernard Landry», a-t-il souligné.Le Devoir JACKSON SUITE DE LA PAGE 1 Cette décision unanime, fruit de 30 heures de délibérations réparties sur sept jours, constitue un succès absolu pour le clan Jackson, qui présentait le chanteur comme la proie d’une famille d’escrocs et du procureur Tom Sneddon, son ennemi intime.Le verdict met également fin à un procès long de quatre mois, au cours duquel la vie privée de la star a été disséquée et livrée aux médias du monde entier.Un silence pesant régnait dans la salle d’audience lorsque le verdict, remis au juge Rodney Melville par les jurés, a été détaillé.Une fois son acquittement prononcé, Michael Jackson a porté un mouchoir à ses yeux rougis, tandis qu’un de ses avocats fondait en lamies.Le chanteur a ensuite été salué par son principal défenseur.Thomas Mesereau Jr.De son côté, le procureur Sneddon, qui espérait voir la pop-star incarcérée après un premier échec en 1993, a semblé accuser le coup, cachant sa tête dans ses mains.«Évidemment, nous sommes déçus par ce verdict, [.] mais nous maintenons notre confiance dans le système judiciaire», a-t-il ensuite commenté devant les caméras de télévision.Dans la foulée du verdict, le juge Melville a lu une déclaration du jury rappelant la pression à laquelle étaient exposés ses 12 membres: «Nous, jurés, ressentons le poids des yeux du monde posés sur nous» et «demandons à pouvoir reprendre nos vies respectives aussi anonymement que lorsque nous sommes arrivés».Les jurés ont par la suite tenu une conférence de presse pour expliquer leur décision.«Je voudrais simplement dire que mm atvns examiné tend ce qui nous a été soumis», a affirmé le juré n° 1, l'identité de chacun devant rester secrète.«Je n’aurais jamais épousé un pédophile», a immédiatement réagi Debbie Rowe, ex-femme du chanteur, dans une declaration à l’émission Entertainment Tonight.A ses yeux, ce verdict vient également prouver que «le système fonctionne».Michael Jackson, âgé de 46 ans.verdlcŸ V" ir A.& JEFF CHRISTENSEN REUTERS Attroupement à Times Square, à New York, au moment de l’annonce du verdict dans le procès de Michael Jackson, hier après-midi.était accusé d’avoir agressé sexuellement un garçon âgé de 13 ans en rémission d’un cancer au moment des faits, entre février et mars 2003, dans son ranch californien de Neverland.L'accusation affirmait qu’il avait fait boire du vin à l’enfant pour l’agresser et qu’il avait ensuite tenté de faire participer la famille de ce dernier à une vidéo le disculpant de l’accusation de relation ambiguë.S'il avait été reconnu coupable, il encourait une peine pouvant dépasser 18 ans de prison.La nouvelle de son acquittement a été accueillie par des cris de joie et de soulagement parmi les centaines de fans massés depuis des heures devant le tribunal, qui scandaient inlassablement «Michael, innocent».Dans la foule, des confettis ont été lancés, les embrassades se sont multipliées et une femme a même lâché une colombe blanche pour chacun des dix acquittements.Arrivée vers 12h50, heure locale, avec 20 minutes de retard sur l’horaire initial, la pop-star est ressortie du tribunal peu avant 13h30, abritée du soleil par une ombrelle.Vêtu d’un costume sombre, d'une chemise blanche et d’une cravate noire, le teint très pâle, les traits tirés et les yeux dissimulés derrière d'imposantes lunettes, Michael Jack- son a fait un geste discret en direction de ses fans, auxquels il a adressé des baisers, et s’est immédiatement engouffré dans un 4x4 noir, rejoint par sa famille, avant de regagner Neverland.Affaibli et ruiné, le chanteur de Thriller risquait gros avec ce procès.Il en sort exsangue, désormais poursuivi par une réputation qu'il a lui-même contribué à alimenter en révélant en février 2003, dans un documentaire britannique, que des enfants dormaient avec lui dans son lit Une pratique qui, à l’en croire, n’avait «rien de sexuel».Associated Press GRAS «Il faut informer, mais pas réglementer SUITE DE LA PAGE 1 minimum de cinq ans.Peut-être plus, préviennent maintenant les fabricants de nourriture industrielle.«B ne fout pas aller trop vite, a commenté Sylvie Cloutier du Conseil de la transformation alimentaire du Canada (CTAC).Plusieurs membres de l’industrie sont d’accord avec l’idée d'un règlement [sonnant le glas des gras trans].Mais il fout leur laisser le temps pour trouver des substituts qui.au fil des années, ne vont pas s 'avérer aussi dommageables pour la santé des consommateurs.» Près d’une douzaine de représentants de l’industrie ont défile hier devant les membres du Groupe d’étude afin de les inciter à mettre la pédale douce dans 1a lente élaboration d'un règlement fédéral visant à bannir définitivement les acides gras trans de l'alimentation.«Beaucoup de travail a été réalisé jusqu à maintenant, a expliqué Tint Civil de la multinationale PepsiCo qui, outre des boissons gazeuses (sans gras trans) déverse sur le marché des chips, biscuits, craquelins ou barres natures qui en contiennent.Mais nous rencontrons toujours des problèmes avec la texture et la stabilité du produit dans le temps [lors du remplacement des huiles partiellement hydrogénées].» Favorisé depuis les armées 50 dans la transformation alimentaire, les huiles partiellement hydrogénées — à l’origine des gras trans — permettent en effet de donner de la texture à certains aliments, mais aussi d’étendre leur duree de vie sur les tablettes des épiceries.Dans le cas des fritures, ces graisses sont aussi prisées en raison de leur duree de vie prolongée et de leur résistance à la chaleur.Le hic.les ersatz qui apparaissent aujourd'hui sur le marché ne semblent pas donner les mêmes résultats et beaucoup de recherches sont encore à prévoir avant de bannir les gras trans sans faire fuir les consommateurs avec des produits qu'üs n'apprécie- raient plus, soutiennent les industriels.«Sans goût, il n’y a pas de nutrition, a dit Bob Ingrate, porte-parole de Monsanto.Et pour le moment, nous sommes toujours en train de rechercher cet équilibre.De plus, les huiles foibles en gras trans sont aussi riches en gras saturés [néfastes également pour la santé cardiovasculaire mais dans une moindre mesure] ».faisant ainsi goûter la logique du pharmakon (à savoir, le remède, c'est le poison) au monde de l’agro-alimenfation.Dans ce contexte, la vitesse ne semble pas une bonne conseillère, selon le représentant de Monsanto.Son entreprise, fortement impliquée dans le secteur du soya et canola qui deviennent ensuite huile, travaille actuellement sur de nouvelles semences capables de générer moins de gras trans.Elle pense toutefois atteindre son but did à 2012.Et ce, à condition que la recherche s intensifie dans ce domaine, af-il poursuivi.Un règlement édulcoré Soumis à une forte pression, les acteurs de l’alimentation transformée préféreraient donc en grand nombre qu'Ottawa n’aille pas de l'avant avec son projet de réglement contre les gras trans.Au profit d'une politique d’éducation des consommateurs, plus efficace.selon eux.«B fout informer, mais pas réglementer, a expliqué au Devoir Tyler Bjomson représentant du Conseil canadien du canola en marge de la rencontre qui se tenait dans un hôtel de la capitale.Comme pour le Guide alimentaire canadien [conçu à titre indicatif pour orienter l'alimentation des canadiens], l'étiquetage obligatoire des valeurs nutritionnelles sur les aliments commence à changer les habitudes.Cest davantage là-dessus qu 'il fout miser.» D'id à décembre, l'ensemble de l'industrie — à l’exception de quelques PME — se doit d'adopter cet étiquetage qui comprend, entre autres informations, le pourcentage de gras trans présent dans un produit «Cest un outil efficace pour foire bouger l’indus- » trie, estime M.Civil de PepsiCo.Les gras trans, c’est un problème réel qui ne va pas disparaître.Mais avec cette lot sur l’étiquetage, ils vont toutefois diminuer sous la pression des consommateurs.» Combattre les gras trans coûte cher à ceux qui, devant le Groupe d'étude, ont présenté quelques-unes de leurs réussites.Et le Canada pourrait aussi en payer un fort prix si sa lutte contre ces addes gras devenait aveugle, a prévenu Jim Wispinski de la multinationale Dow.C est que le pays est un «fort producteur de canota», a-t-il expliqué et dans une moindre mesure de soya.Hors, les substituts présents sur le marché se composent beaucoup d'huile de tournesol.mais aussi de noix de coco ou de palme que le climat au nord du 49* parallèle ne permet pas vraiment de produire.«Quand on se débarrasse des huiles Partiellement hydrogénées, il fout aussi revoir tous les réseaux de distribution, de fournisseurs, repenser aussi les emballages., a dit Sylvie Cloutier du CTAC.Cest beaucoup de travail et d’adaptation.B fout nous laisser respirer.» Eradication obligatoire ou volontaire:» jota.le ou partielle?Le Groupe d'étude sur les graisses trans de Santé Canada — mis en place de concert avec la Fondation des maladies du cœur du Canada — va devoir trancher dans les prochaines semaines.Demain, une réumon à huis clos doit permettre aux 24 membres de digerer les plaidoyers des représentants de l'industrie.Un rapport préliminaire contenant quelques recommandations prioritaires doit être présenté au ministre fédéral de la Santé au début du mois de juiDet D'autres consultations suivront ensuite avant la remise du bilan de l’étude et de la proposition d’un règlement — ou non — en novembre prochain, comme prévu dans la motion adoptée par 193 députés contre 73 en novembre dernier.Le Devoir
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