Le devoir, 18 juin 2005, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 1 H .1 C I N 2 0 0 5 CINÉMA Tourner dans les traces d’un génocide Page E 2 juC -Ti.è.Lr U4 y - DE VISU De l’influence des blocs Légo sur la génération X.Page E 4 LE DEVOIR wma» ATHOUSTRA est de retour! Seize ans après que Tim Burton eut ravalé la façade du mythe, Batman Begins, un (grand) film noir signé Christopher Nolan, nous raconte la genèse de l’homme chauve-souris.Mais d’abord, un brin d’histoire.PHOTOS: SOURCE WARNER BROS.2005 MARTIN BILODEAU 1 978: le triomphe inédit de Superman, de Richard Lester, inaugure ce qui allait mais plus tard, devenir un genre au cinéma: le film de superhéros.1989: avec Batman de Tim Burton, l’imaginaire du genre prend forme, à quelques années-lumière de Krypton.2002: Spider-Man s’enfuit littéralement avec la caisse en générant des revenus qui dépassent le milliard de dollars.Depuis, la fiancée hollywoodienne n’a de cesse de renouveler ses vœux, tous les deux ou trois mois, avec le surhomme.Pour le meilleur (Jfulk) et pour le pire {Daredevil).En cette époque d’incertitude politique, de catastrophes écologiques et de débâcles socioéconomiques, les superhéros ont la cote.Il faut remonter aux années 30 pour retrouver semblable convergence de symptômes.Pas étonnant que le surhomme, ou «l’homme sans Dieu», soit né de l’imaginaire meurtri de la Crise et de l’inquiétude suscitée par l’imminence de la Deuxième Guerre mondiale.Superman et Batman, en effet, sont nés en 1938 et 1939, respectivement, sous la bannière de Detective Comics (ou DC Comics).Film noir L’essayiste britannique Peter Conrad estime toutefois qu’avant de naitre, le superhéros a été rêvé par Nietzsche dans son poème philosophique Ainsi parlait Zarathoustra.«L'affiche de la première adaptation cinématographique de Superman, avec Christopher Reeve, voulait nous faire croire que l’homme peut voler C’était là l’objectif premier de Zarathoustra: lancer en orbite l’ego de l’homme désinhibé», écrivait l'auteur en novembre dernier dans le journal anglais The Observer.Mais revenons au cinéma, et aux préoccupations, disons, plus industrielles que philosophiques, qui animaient Hollywood au tournant des années 90.Outre t » Batman est un homme solitaire et misanthrope l’ultra-populiste Spielberg, les grands auteurs (Coppola, Scorsese, Pollack, Lumet) ont perdu toute influence sur les studios.Simultanément, les multiplexes naissants creusent l’écart entre le cinéma d’auteur et les gros canons.L’artillerie lourde se met en place et les studios, au sortir de douze années de régime républicain, n’ont plus qu'une able en tête: le box-office.Inspirés par les succès-surprises qu’ont remportés Star Trek, Rambo et Beverly Hills Cop, les studios amorcent la production massive de films à franchises, réservant des années à l’avance les dates maîtresses Qndependen-ce Day, Memorial Day, Thanksgiving) pour y poser leurs Mission: Impossible, Jurassic Park, 101 Dalmatiens, The Mummy, Scream, etc.Tous ces films, et combien d’autres, sont imaginés, produits, mis en marché, en prévision d’un succès qui ouvrira la voie à de nouveaux épisodes.Fait important à signaler dans le top-100 des films exploités au Québec, pas moins de 50 sont des films à franchises — parmi lesquels on retrouve Les Boys et Elvis Gratton, que le distributeur et producteur Christian Larouche (de Christal Films) a lancés en s’appropriant la méthode américaine.Mais il y a encore plus étonnant.Au tableau des 100 plus grands succès de box-office au Québec, dix sont dérivés de bédés (source: Cinéac).Spider-Man occupe la deuxième place de ce palmarès, avec des recettes de 11 millions.Spider-Man 2, en septième position, en a récolté 9,4.Si bien qu’au total, les Québécois ont dépensé quelque 20,4 millions de dollars pour célébrer les aventures de Ibomme-araignée et de son alter ego Peter Parker, soit une somme supérieure à celle que nous avons collectivement engloutie dans Titanic (19,7 millions).Dans pareil contexte, l'attrait de la bande dessinée et des superhéros, seul phénomène de culture popu- yc faire à enjamber les générations (de papy à fiston, tout le monde connaît Spider-Man, Batman et Superman), présente un avantage certain.La récession économique aux États-Unis, les événements du 11 septembre, les guerres menées successivement en Afghanistan et en Irak, participent à ce renfor-cissement de la mythologie du superhéros rédempteur — incarnation moderne de mythes qui remontent à fa Grèce antique.Si les spécialistes tentent désespérément d’expliquer le phénomène (Internet regorge d’études en tous genres sur le sujet), Hollywood se contente de réagir.Et d’encaisser.A la fin des années 1990, voyant les superhéros domestiquer le grand écran (dont Men in Black), Marvel Comics, rivale de DC .• VOIR PAGE E 2 BATMAN K ^ LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 J U I N 2 0 0 5 "Culture^ BATMAN SOURCE WARNER BROS Batman, alias Bruce Wayne, n’est pas un superhéros.Aucun de ses pouvoirs n’étant surnaturels, ses armes se résument à sa volonté et à son ingéniosité scientifique.SUITE DE LA PAGE E 1 Comics (lieu de naissance et de croissance de Batman et de Superman), crée sa propre maison de production, Marvel Entertainment.En sortent Blade, X-Men, Elektra et, surtout, Spider-Man, seul sous-produit Marvel qui a jusqu’ici donné lieu a une franchise.Fantastic Four, prévu sur nos écrans début juillet, entend générer le même impact, non sans du même souffle régler son compte à Batman Begins.Marvel a intérêt à se lever de bonne heure si eUe veut éclipser ce stupéfiant film noir, qui d’entrée de jeu révèle à tous les néophytes ce que les connaisseurs savaient déjà: Batman, alias Bruce Wayne, n’est pas un superhéros.Aucun de ses pouvoirs n’étant surnaturels, ses armes se résument à sa volonté et à son ingéniosité scientifique — elle-même pulsée parles millions que Wayne a reçus en héritage.Un misanthrope Bob Kane avait 22 ans lorsque DC Comics lui commanda la création d’un surhomme qui serait aussi puissant et attrayant que Superman.L’homme chauve-souris lui aurait été inspiré par des croquis de Leonard de Vinci, un film muet (The Bat Whisperer) et le masque de Zorro.Créature de la psychanalyse (au même titre qu'Hitchcock s’est inspiré des théories de Freud), Batman puise sa force et son courage dans deux traumatismes qui se télescopent dans son subconscient, illustrés dans Batman Begins avec une élégante sobriété: sa chute dans un puits rempli de mammifères ailés puis le meurtre de ses parents, survenu sous ses yeux — et, pen- se-f-il, par sa fauté.A l’inverse d’un Superman humaniste et un brin utopiste.Batman est un homme solitaire et mi- santhrope.Ses motivations profondes sont avant tout personnelles, liées pour la plupart à la mort de ses parents.Laquelle symbolise pour lui le premier symptôme de la décadence de Gotham, mégacité livrée aux mains d’un maire corrompu (Torn Wil- kinson).Ce dernier (la fictionnali-sation «bushienne» la plus subtile à ce jour) sera d'ailleurs l’un des principaux adversaires de Batman (magnétique et raffiné Christian Baie) qui.à l’heure ou son mentor trahi (Liam Neeson) revient lui demander des comptes, s'humanise auprès d’Alfred (Michael Caine, très juste), le majordome qui l’a élevé, et Rachel (Katie Holmes), procureure incorruptible dont la main juridique constitue le prolongement de la sienne, justicière.On ne peut que donner raison à l’auteur de Memento et dîInsomnia dans son choix de ne pas projeter dans le futur la saga Batman — saga d'ailleurs rancie par deux épisodes médiocres signés Joel Schumacher (Batman Forever et Batman & Robin).En remontant à la source de l'identité de Wayne et à la genèse du justicier, Nolan a fait table rase pour créer un univers expressionniste aux antipodes de l'autre, si baroque, inventé par Tim Burton.Reste maintenant à savoir si l'exigence et la rigueur dont Batman Begins fait preuve survivra à la menace d’un éventuel Batman Continues.Collaborateur du Devoir BATMAN BEGINS (BATMAN: LE COMMENCEMENT) De Christopher Nolan.Avec Christian Baie, Michael Caine, liam Neeson, Katie Holmes, Morgan Freeman, Cillian Murphy, Gary Oldman, Ken Watana-be.Scénario: Christopher Nolan, David S.Goyer, d’après le personnage créé par Bob Kane.Image: Wally Pfister.Montage: Lee Smith.Musique: James Newton Howard, Hans Zimmer.Etats-Unis, 2005,135 minutes.UOÜTAOUAIS EN FÊTE «T OUTAOUAIS Tout le Québec fête en OutdOUdîS cette année I Les grandes festivités nationales du Québec Cinq 'journées rempli65- À CRAQUER! w?» Jm mm.- m Au parc des Cèdres, dans le secteur Aylmer, près du port de plaisance du lac Deschênes, et aux autres endroits indiqués.Tous les après-midi, de nombreuses activités en plein air ! Du mercredi 22 au dimanche 26 juin De 12 h À 23 h Parc de manèges : l’entrée au parc de manèges (mais non les manèges) est gratuite en tout temps.Jeudi 23 juin la .Niée de la Saint Jean! 18 h Les violons en fête to h 45 Alain Lamontagne Un jeu d'harmonica et de pieds incomparable! ALAIN LAMONTAGNE 21H 21 h 45 Discours patriotique Serge Dion, poète La bottine SOURIANTE A BOTTINE SOURIANTE 23 h 15 Feu de la Saint-Jean en hommage à Pierre McNicoll Vendredi 24 juin ta tète nationale du Québec 11 h Messe de la Saint-Jean en plein air et miniconcert au parc de l’Imaginaire 13 H L’ÉCODÉFILÉ : On peut gagner des prix! Défilé écologique (non motorisé! vers le parc des Cèdres.Thème : Tout le monde tête.Thème musical : Le tintamarre.Costume : Bleui Bleu! Bleui Rassemblement ; Super C aux Galeries Aylmer 14 h Micheline Scott et ses élèves 15 h Monocycusme et jonglerie Jean-Guy Beaudry sur une seule roue! 16 H II Y A DE LA MAGIE DANS L'AIR Le Festival de montgolfières est de la fête! JY BEAUDRY 18 h Julie Anne et ses musiciens Un tout nouveau spectacle rock 19 h 45 « Québec, je me souviens » De Dubois à Charlebois en passant par Pagllaro, Marjo et plusieurs autres 21 n 15 Discours patriotique Estelle Desfossés, présidente sortante du Salon du livre de l'Outaouals 2i h 45 Offenbach en fusion avec Martin Deschamps ET LE Vic VOGEL Big Band 23 h 15 Feu de joie en hommage à Paul Latreille Samedi 25 juin Hommage au peuple acadien Commémoration du 250* anniversaire de la déportation acadienne.18 h L’Acadie en fête! H Zi 19 h 45 Kenneth Saulnier ET SES MUSICIENS L'Acadie endiablée! 21 h 45 1755 : un groupe PUREMENT ACADIEN Dimanche 26 juin l’été, ça se fete! 13 h Tests de son 18 h Chàkioor Du chien dans le corps! Souper champêtre Profitez des kiosques alimentaires.19 H 45 Philosonic Du pop au rock au reggae 21 h 45 Éric Lapointe De l'énergie à faire disjoncter la place! L'explosion totale! Lapointe au sommet de sa forme.gratuit jusqu'à 17 h 30, soirée : 8 $ Entrée gratuite pour les moins de six ans (preuve d'âge obligatoire) jJJ" vous y amène! Service de navettes du 23 au 26 juin • Galeries Aylmer - Parc des Cèdres : service gratuit de 18 h 45 à 23 h 45.• Promenades de l'Outaouals -Parc des Cèdres : 2.50 $ - Le retour est gratuit.On se renseigne : www.sto.ca ou 770-3242./V.B II est détendu d'apporter de l'alcool et des contenants en verre au part des Cèdres En cas de pluie (parapluie, imperméable, etc.), les spectacles auront quand même lieu aux heures indiquées.C P 449, suce Aylmer.Gatineau (Québec) J9H 5£7 ™ : i*1*'SW-MSO - T«ec.(819)684-5902 Coumet Imperatif^imperaW-trancais org Site http-Www imperattt-francais.org OUTAOUAIS vtpfi-lf! kiffcii Gatineau A.Radio-Canada arffjSÿ) Télévision p | i \ Il LVW {nm\ Jto URT'iKV ^rinscofltwMtaJ 90?.LE DEVOIR Vox ., en Vos Super C de l'Outaouais Caisses Desjardins de l'Outaouais.Réno-Dépôt.Benoît Pelletier -ministre.Gaienes Aytmer.Le Crèno restaurant terrasse.Charlotte L'Écuyer - députée Subway Association unie.FTQ Promenades de i Outaouais AHiancé de la fonction pubbQue du Canada Office-Mart Club Richelieu Aylmer.CSN Carrefour Jeunesse Emploi Ecole polyvalente Le Carrefour Rôtisserie Samt-Hubert.Pharmacie Jean Coutu.Residence Le Monastère.Eskalac communication design.Université du Québec en Outaouais.Épicene SOL.Bulletin d Aylmer Courchesne ef Fortin aroenteurs-^éométres Construction Lafarge Québec lée.RE MAX Direct.Super Club Videotron.Transport Thorn.Copie Conforme Diftusart international.Messageries dynamiques, GCS Construction Rénovation Restaurant Le Rendezvous.Manoir lavigne SE MC 4 itchefle du Monde Manon Vaillant - conseillère placements.Groupe conseil Genwar Vice Versa.Aylmer TV Matelas lapensée Café Moca loca.Écoteh plus, Syndicat de renseignement de l’Outaouais Papetene Thibo André Durocher.arpenteur géomètre Dr André Richer Maisons mobiles Ben Tardif Bistro L'Autre Œil Bureau en gros Syndicat des professeurs de I État du Québec Canadian Tire Svivam lemyre - avocat Alain Dussault - agent tmmobilier.LoNaws.Véhicules récréatifs de l Outaouais Boutiques et Restos de Place du Centre.Richard Cayer -messagerie Costume Mara Arthur Sitverstone - photographe.SLBL Construction T CINÉMA Sur les traces du génocide De Vétrangeté de tourner en Afrique.et encore plus au Rwanda VERO BONCOMPAGNI Lue Picard, lors du tournage d’Un dimanche à Kigali.ODILE TREMBLAY Ces collines verdoyantes, cultivées sur presque tout le territoire rwandais, buvaient le sang d’un génocide il y a onze ans à peine.Quelque 800 000 morts en cent jours, sans chambres à gaz ni instruments de torture sophistiqués.Mais des machettes et des gourdins.Ces figurants qui jouent les assassins sont parfois des survivants tutsis encore endeuillés.Pour 20 $ par jour, il faut les voir brandir des machettes, se coucher pour jouer les morts.Non! Ce tournage à Kigali n’est pas un plateau comme les autres.Adaptation du roman de GU Courtemanche Un dimanche à la piscine à Kigali, le film de Robert Fa- vreau recrée la barbarie sur les lieux mêmes du crime.Génocide en arrière-scène, le film dont nous avons suivi une partie du tournage raconte les amours de Gentille (Fatou N’Diaye), serveuse à l’Hôtel des Mille Collines, et du journaliste Valcourt (Luc Picard), témoin impuissant des massacres, jusqu’au dénouement fatal.Durant ce séjour, Gil Courtemanche a appris que Gentille (qui ne fut pas dans la vraie vie son amoureuse) n’était pas morte mais vivrait désormais à Kampala, la capitale de l’Ouganda.Etrange plateau sur lequel la vérité d’hier devenait l’irréalité d’aujourd’hui.L'Hôtel des Mille Collines loge jusqu’en juillet l’équipe d'Un dimanche à Kigali.VOIR PAGE E 3: KIGALI Grande vente de disques ! CIBL se débarasse de son surplus ! Plus de 5000 CD et disques vinyles Le dimanche 19 juin, entre 13 h et 16 h 1691, Pie-IX (coin Lafontaine) l LE DEVOIR.LES SAMEDI S ET DIMANCHE ID J l I N 2 0 0 r< K ULTURE ® LE FEUILLETON KIGALI SUITE DE LA PAGE E 2 C'est la aussi que notre petit groupe de journalistes fut hébergé la semaine dernière.L'établissement tient a lui seul du mythe.Dans Hôtel Rwanda, Terry George avait recrée ce cadre de fin du monde où le proprietaire, monsieur Paul, recueillit des familles tutsies et où la piscine fut videe par les réfugies assoiffés.Ce film, sorti cette annee.avait été tourne en Afrique du Sud.Pas Un dimanche à Kigali, production 100 % québécoise et ICO % purs décors rwandais.Suggérer Patrocité Il s'agit d’un premier long métrage pour Equinoxe Films, égale ment distributeur, qui a pris en 2000 la relève de France Film.Le producteur Michael Mosca explique qu’L/n dimanche à Kigali ne pouvait être tourné ailleurs qu’au Rwanda, même s’il en coûte beaucoup plus cher de travailler dans un pays sans infrastructures cinématographiques.Question de vraisemblance.Cela dit, 23 tonnes de matériel durent être expédiées par avion-cargo.Le Rwanda put fournir quelques accessoires, quand même.L’assistant réalisateur, Pierre Magny, a raconté que, lorsque l’équipe avait besoin d’armes ou de grenades pour Un dimanche à Kigali, on leur en livrait parfois chargées.De vraies Kalichnikov, des grenades à dégoupiller.Oui, Hollywood est bien loin.Il manque d’électricité en Afrique.«Dans la noirceur de Kigali, les seules lumières sont les nôtres, expliquait Robert Favreau.Il y a eu une invasion de sauterelles et, un soir de tournage, elles se jetaient sur nos lampes.Les Rwandais les ramassaient pour les manger bien grillées ou les prenaient vivantes afin de les vendre au marché.Ils nous ont demandé de ne pas éteindre tout de suite pour faciliter leur récolte.» Aux yeux de Robert Favreau, il y a quelque chose d'obscène à vouloir comprendre le génocide.«Le comprendre, c’est l’accepter.» Un dimanche à Kigali montre comment des personnages sont arrachés du cours de leur vie, en amour et en amitié, à cause de ces massacres.«Tout devenait mort, les gens comme les valeurs.» Entre la première version du scénario, à laqueDe a participé Gil Cour-temanche, et cette troisième mouture, bien des éléments ont changé.Favreau a resserré l’action pour des raisons budgétaires et estime que le film y a gagné en intensité.Il a surtout rogné les aspects les plus irritants du caractère du héros.Dans le livre, Valcourt ne tentait pas d’entraîner sa dulcinée hors du pays mais subissait les événements passivement Le voici soudain plus sympathique.«Un lecteur peut trouver ses mécanismes de protection contre les atrocités décrites.estime Robert Favreau, mais au cinéma, il n’y a pas d’écltappatoi-re possible.Alors, j'ai surtout cherché à suggérer l’atrocité, ne la montrant qu’à l’occasion; 200 corps sont exposés sur 5000, sur 10 OOO.La tension monte dans le film comme dans Le Boléro de Ravel» Évacuer la culpabilité N’empêche! On trouve pénible de voir des figurants rwandais, dont les familles furent décimées par la milice Interahamwe, incarner les bourreaux ou les cadavres.Michael Mosca vous precise qu’f/w dimanche à Kigali est le quatrième film tourné au Rwanda sur le genocide (après 100 Days de Mark Doyle.sorti en coup de vent en 2002.Sometimes in April de Raoul Peck et Shooting Dogs de Paul Heath, bientôt sur nos écrans).«La population commence à être habituée.» D y a quand même des psychologues pour relever les Rwandais dont les nerfs flanchent.Roméo Dallaire, incarné par Guy Thauvette.n'aura rien d'un grand héros dans ce film-là.Favreau a voulu montrer le militaire à ce moment de totale impuissance, alors qu’il n'osait désobéir aux ordres de ses supérieurs de l’ONU, qui lui interdisaient d’intervenir.tout en assistant désespéré au génocide d’un peuple.Au Rwanda, les avis sont d’ailleurs partagés quant à son rôle durant le génocide.Là où certains voient en lui un homme bon ayant sauvé les vies qu’il pouvait d’autres considèrent qu’il aurait dû mieux défendre la population attaquée.Nul ne met en doute sa sincérité, toutefois.Un dimanche à Kigali devrait être terminé en mars.Ses producteurs rêvent pour lui d’une sélection à Cannes, mais il devrait, Cannes ou pas, gagner les écrans québécois dès le mois de mai.Premier film sur le sujet en langue française, il ne sera pas le dernier.Les figurants du Rwanda répéteront encore pour la caméra les gestes atroces du génocide.Yves Simoneau devrait tourner d’ici la fin de l’année un film tiré des mémoires du général Dallai-re.fai serré la main du diable.Après l’Holocauste, reproduit jusqu’à plus soif, le septième art s’est bel et bien emparé du génocide rwandais.L’an dernier, le dixième anniversaire de cette folie meurtrière suscita son poids d’œuvres littéraires et cinématographiques.Pour mieux évacuer la culpabilité internationale, sans doute.Ni l’ONU, ni les différents régimes occidentaux n’avaient tenté de sauver du tranchant des machettes les victimes des milices hutues.Ces dernières s’étaient transformées en bêtes sous le fouet de la propagande haineuse anti-tutsie, tuant leurs propres voisins, une chanson aux lèvres.Les Français, durant ces bains de sang, appuyaient les meurtriers.A Kigali nous fut présenté un troublant documentaire, Tuez les tous, de Raphaël Gluksmann, David Hazan et Pierre Mezeret-te, montrant le rôle ambigu de la France de Mitterrand, qui préféra servir ses intérêts nationaux plutôt qu’humanitaires.Oui, la mauvaise conscience planétaire est grande et le septième art n’a pas fini de poser la question sans réponse: comment avons-nous pu laisser faire ces horreurs sans réagir?Le Devoir CîvCV SUPPLEMENTAIRES À LA DEMANDE GÉNÉRALE .POÉSIE, MAGIE, BEAUTÉ À L’ÉTAT PUR.UN VÉRITABLE BONHEUR ! .COUREZ, GALOPEZ VOIR CAVALIA !.Pascale Wilhelmy, TVA « CAVALIA NE RESSEMBLE À RIEN DE CE QU’ON CONNAIT.UN RAPPORT AUSSI TOUCHANT QU IMPRESSIONNANT AVEC LES BÊTES.UNE DES MÉGA SURPRISES CULTURELLES DE L’ANNÉE.» Stéphane Baillargeon.Le Devoir 14 AU 2$ JUIN maintenant jusqu'au 3 JUILLET S»*> I* (rend Chapiteau blanc an Technoparc de Montréal i S minutai de centre-ville (Mt» Tectaepiic ét l'ietereete lenamtare) BILLETS EN VENTE MAINTENANT WWW.CAVALIA.NET 1 866 999-8111 THÉÂTRE -•V;.LlÜSN- " V Répétition devant les gradins de l'amphithéâtre de Paphos.SOl'RCI I Ht Al Kl I OI'SIS UOpsis à Chypre La compagnie présentera son Elektra d’Hugo von Hofmannsthal au Festival international de la dramaturgie grecque antique MICHEL B É LAI R a devient une habitude! Pour la deuxième fois en trois ans, l’Opsis, la compagnie de théâtre dirigée par Luce Pelletier, est invitée au prestigieux Festival international de la dramaturgie grecque antique de Chypre, où elle présentera, les 4, 5 et 6 août, sa version d’Elektra d'Hugo von Hofmannsthal.On se souviendra que la production avait été créée à l’Espace Go à l’automne 2004 avec Suzanne Clément dans le rôle-titre; elle était (et sera) entourée d’Isabelle Miquelon, qui joue Clytemnestre, d’Agathe Lanctôt (Chrysothémis), d’Olivier Morin (Oreste) et de Mireille Brulemans, Catherine Dajcz-man, Valérie Dumas et Catherine Renaud, qui composent le chœur.Lors de sa première visite au festival en 2003, l’Opsis avait joué Y Oreste d’Euripide.C’est évidemment une bonne nouvelle pour la petite compagnie de recherche, qui amorce la dernière partie de son cycle Oreste avec la reprise de cette production à Chypre.Jointe par téléphone.Luce Pelletier jubilait discrètement en soulignant le caractère particulier du festival qui accueifie chaque année plus d’une douzaine de productions venant d'un peu partout à travers le monde.«C’est un festival qui s’étend sur une période de deux semaines, raconte-t-elle.En 2003, j’ai vu là des compagnies japonaises, nord-américaines, européennes et grecques, bien sûr.Mais ce qui le rend si particulier, c’est que les pièces sont présentées à ciel ouvert, dans des amphithéâtres gréco-romains datant du H siècle.C’est absolument magique de jouer dans de telles conditions! En plus d’avoir l’impression défaire partie d’un univers où tout le monde s'intéresse à la tragédie, le sentiment qui nous habite quand on joue ces grands textes dans les lieux mêmes pour lesquels ils ont été conçus est presque indescriptible.» Notons que le festival est aussi l’occasion d'un symposium international sur la dramaturgie grecque ancienne en plus d’offrir des ateliers et des laboratoires dirigés par des metteurs en scène de renom.A l’Opsis hier, on s’affairait encore à revoir la mise en scène d’Élek- tra , à l’Espace Go, le spectacle se jouait en effet sur deux paliers et luce Pelletier explique quelle est à terminer les rajustements nécessaires pour que la production puisse être donnée sur un seul niveau de jeu d;uis.un amphithéâtre grfr cp-romain.Contrairement à Oreste, Elektra circulera dans trois sites du festival et sera présenté flans des amphithéâtres différents: ceux de Paphos, d'Episkopi et de Nicosie.Belle façon pour la compagnie — qui a déjà connu un succès monstre en F rance, en Belgique et en Allemagne avec Je suis une mouette.< non, ce n est pas ça!) — de célébrer son 2(f anniversaire en retournant aux sources de sa démarche.Le Devoir Des coups de coeur du Québec aux trésors de Chine.Exaltez-vous! DU 29 JUILLET ^ AU 7 AOÛT £ FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR GUANGZHOU BALLET L’ENSEMBLE AMATI LOUISE LECAVALIER, Cobalt Rouge par Tedd Robinum SYLVAIN LAFORTUNE, Monsieur par F«ellc Clareton VICTOR QUUADA, Rubberbandance I MUSICI DE MONTRÉAL et Kleztory HUBBARD STREET DANCE COMPANY Chicago JEUNE BALLET OU QUÉBEC CINÉ DANSE Spectacles gratuits sur la scène extérieure Billets / Réservations: 450.227.9935 www.artssaintsauveur.com ^QuébecS: A, E V 0 ! K .A M £ 1) I E VISU Jeu d’enfant Pour l’auteur de Génération X, les jeux de construction en pièces de plastique interchangeables ont eu des répercussions profondes sur nos modes de pensée et nos manières de lire le monde SUPER CITY Douglas Coupland Du 9 juin au 20 novembre Centre canadien d’architecture 1920, rue Baile MICHELHELLMAN La technologie numérique inspirée par les jeux de Lego?Les nouvelles infrastructures urbaines influencées par les jeux de construction des années soixante?L’idée semble farfelue à première vue.Mais c’est pourtant ce qu’affirme Douglas Coupland avec son installation Super City, présentée en ce moment au Centre canadien d’architecture (CCA).Ce célèbre artiste multi- Lesj beaux détours CIRCUITS CULTURitS Un peu d’été, d'art et de culture! 9 juillet Festival de Lanaudière Le pianiste Alain Lefèvre et le célèbre Concerto de Québec Musées, musique et nature 16-17 et 18 juillet L'opéra Lucie de Lamermoor au Glimmerglass Festival À peine quelques places! Camille Claudel et Radin au Musée du Québec Circuit répété le mardi 16 août www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont disciplinaire tente de démontrer à quel point notre expérience du monde demeure profondément marquée par les jouets de notre enfonce.Penseur original mais controversé, Douglas Coupland s’intéresse dans ses écrits, comme dans ses œuvres d’art, au rapport entre la culture populaire et les relations sociales.Il est surtout connu pour son roman culte Generation X, paru en 1991.Dans cet ouvrage — une satire sociale qui mettait en scène une série de personnages cyniques et désabusés — il dressait un portrait peu flatteur de sa génération.Quoique ce livre ait eu beaucoup de succès, on lui a reproché souvent, dans les milieux littéraires, son côté léger et son manque de structure.Cela n’a pas empêché plusieurs des néologismes popularisés par l’auteur d’être intégrés dans le langage courant Le terme «génération X», par exemple, est maintenant utilisé pour désigner les enfants issus de parents baby-boomers, nés dans les années 60, et on retrouve dans le dictionnaire anglais Webster l’expression «Mcjob» (qui signifie un travail à bas salaire, qui demande peu de compétences et n’offre pas de possibilités d’avancement).VOIR PAGE E 5: CCA ËtHISmiSâlBlBISÎISl bRIBiBIBIBIBiBIBIB NlBlBIBIBEIHfBtBIBI ivnivitmt nm m t m t mtami SOURCE CCA Douglas Coupland, célèbre artiste multidisciplinaire, tente de démontrer à quel point notre expérience du monde demeure profondément marquée par les jouets de notre enfance.L'AGENDA Umtlélt, le guide de vos soirée Ml M Devoir du «di LE DEVOIR PETER HOFFER Éden Dernière journée GALERIE SIMON BLAIS 3420, bout Saint Laurent H2T1SI 314.849 1163 Ouvert du mardi au vendredi 10h à 18 h, samedi lOh à I7h exposition du 16 juin au 16 juillet 2005 rtcnionstrotion de eu! U graphie japonaise le IS juin à l-tli.( 'tilligmphu s uih ieniH S chuu >r\< \ cl ia/htiutixcs.82-6566 www.galcriemazanne.com «Sur une évocation figurative émerge une conversion abstraite» TABLEAUX RÉCENTS : LOUISE FAUTEUX et BERNARD GILBERT Jusqu’au 2 juillet GALERIE BERNARD •3926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2, TéL: (S 14) 277-0770 Horaire : mercredi llh 17b jeudi-vendredi llh-20h samedi 12b-17h et sur rendez-vous 1 /-ENTRE DE f CRÉATIVITÉ 1200, rue de Bleury - Montréal (métro Place-des-flrts) f l-e|la Foulon ///www.gesu.net 514-861-4378///# Geneviève Mercure 3 expositions solo jusqu’au 27 juillet Joanne Bouchard Photographie/dessin Leila Foulon Photographie Geneviève Mercure Sculpture ROBERT GERARD LE RÊVE CHEVALERESQUE jusqu’au 3 juillet 2005 galerie d’art 261, St-Jacques Ouest, Montréal (Québec) rél.: (5 L() 845-0261 - \vww.studio261.ca SYMPOSIUM INTERNATIONAL D'ART IN SITU F O N D 16 JUILLET AU 5 SEPTEMBRE 2005 - VAL-DAVID www.fondationderouin.com du 12 Juin au 4 septembre 2005 / V O -M Dans les yeux chardons de Mimi luisent les jardins d'Armide à minuit.André Breton o*f?Sv>v.INFOS: http //sites rapidus net/biennaie tro:s-nvieres biec@v3r net mg 619 370 1117 ail Qurtrc SS Qurtxx ÏS iV'-vrc».-* Cü-'WKJtar •R.-TsXncj, Hommage à Mimi Parent (1924-2005) En 2004.le Musée national des beaux-arts du Québec avait le privilège de présenter l’œuvre de Mimi Parent au public québécois, avec l'exposition Mimi Parent, Jean Benoît.Surréalistes.À l'annonce du décès de cette personnalité attachante, de cette artiste qui a su se tailler une place remarquée au sein du dernier groupe des surréalistes actifs autour d'André Breton à Paris, la direction et le personnel du Musée tiennent à lui rendre hommage et à témoigner de leur profonde affection à Jean Benoît, son mari et complice de toujours dans cette mouvance surréaliste singulière qui fut la leur.Musée national des beaux-arts du Québec MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA • OTTAWA 29 MAI-5 SEPTEMBRE 2005 MAGNIFICO LEONARD OE VINCI - MICHEL-ANGE f RENAISSANCE ^FLORENCE Billets et renseignements : 1 888 541-8888 (613) 998-8888 380.promenade Sussex.Ottawa musee.beaux-arts.ca/125 Organisé pai le Musée des beaux-arts du Canada.Avec ( appui du ministère du Patrimoine canadien et de ( ambassade de l Italie 1 D CT Sj des beau* arts National Gaffer y • WË du Canada of Canada ! Cu I lure- CCA MUSIQUE CLASSIQUE SUITE DE LA PAGE E 4 Modeler des univers improbables C'est avec beaucoup d'humour et de finesse que Coupland puise dans ses experiences personnelles pour saisir les cléments qui marquent notre quotidien.L'installation Super City s'inscrit dans cette optique.C'est une œuvre bien plus ludique que celles presentees habituellement au CCA, et qui comporte une grande part autobiographique.Un «zine-'.petit livre à tirage limite, signé par l'artiste, accompagne l’œuvre et se présenté plus comme un récit que comme une étude sérieuse.L'artiste y mélange anecdotes et photographies diverses pour montrer l'impact que les jeux de construction ont eu sur sa vision du monde.Selon lui, les pièces interchangeables et la «dynamique de l'assemblage et du désassemblage» des Lego et autres jeux de construction apparus dans les années 60 ont profondément marqué non seulement son imagination, mais aussi celle de toute sa génération.D nous fait remarquer qu’on peut voir cette influence dans beaucoup d’objets de la vie moderne.Les jouets du XIX1 et du début du XX' siècle consistaient essentiellement en miniatures d’animaux, de meubles, d’édifices.Au contraire, les nouveaux jeux de construction en pièces de plastique interchangeables ont permis aux enfants de «modeler des univers improbables», ce qui a eu des répercussions sur leurs modes de pensée et leur manière de lire le monde.Les systèmes binaires et la technologie numérique sont, selon l’artiste, inspirés par les qualités modulaires de ces jeux.L’installation consiste donc en une sorte de paysage urbain créé à partir de pièces de jeux de construction modifiées ou fondues (la plupart proviennent de la collection personnelle de l’artiste).Les morceaux de Lego, Mécano, «Super City» (un jeu de la fin des années 60) sont agencés ensemble et peints en blanc pour reproduire certaines structures ou bâtiments actuels, comme la tour du CN de Toronto, des tronçons d’autoroute ou les tours jumelles du World Trade Center.En faisant ressortir les diverses pièces des jeux de construction, et même en en agrandissant certaines, l’artiste semble vouloir souligner avant tout le processus créatif de la construction et non le résultat final.En cela, il tente de recréer l’univers imaginaire de son enfance.D faut donc moins rechercher le regard de l'adulte que la vision de l’enfant.L’œuvre aurait pu apparaître comme un simple modèle réduit, une maquette de ville ou une construction dans le genre de celles que l’on retrouve à Legoland, ce qui aurait été stérile.Il en ressort au contraire une grande fraîcheur, comme si l’artiste faisait naître en nous la même joie créatrice qu’il a lui même ressentie.Collaborateur du Devoir Montréal Baroque, troisième édition En trois années, Montréal Baroque a fait son trou dans le paysage musical montréalais.Inventivité et esprit festif ne se sont pas taris chez Susie Napper, sa directrice artistique.La troisième édition de ce festival pas comme les autres se tiendra du 23 au 26 juin.CHRISTOPHE HUSS Il en faut, de l'imagination, pour penser que des mélomanes puissent avoir envie d'assister à un concert dans une crypte un dimanche matin à 7h! C’est pourtant le genre d'idées qui traversent l’esprit de la gambiste et violoncelliste montréalaise Susie Napper, devenue directrice d’une manifestation novatrice et unique en son genre, qu'il serait tout de même judicieux de distinguer un jour par un prix Opus! L'aubade, au sens propre, du dimanche eut tant de succès l'an passé (cinquante personnes sur liste d’attente, faute de places disponibles!) quelle est reconduite cette année.Les lève-tôt qui feront résonner la crypte de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours seront les musiciens de l’ensemble Constantinople, pour un concert Croissant d’Ôrient.Les festivaliers pourrçnt se retrouver ensuite au Café A propos, autour de vrais croissants, pour un petit-déjeuner.Nouveaux lieux Le dimanche sera cette année le quatrième et dernier jour du festival.Montréal Baroque y investira deux nouveaux lieux, dont l’un particulièrement difficile d’accès pour les organisateurs de concerts: la chapelle du Sacré-Cœur de la basilique Notre-Dame.En relation avec l’exposition Saint-Pierre et le Vatican.L’héritage des papes, le Studio de musique ancienne donnera à 17h un concert Splendeurs du Vatican autour des œuvres composées pour le chœur de la chapelle Sixtine, notamment par le mètre étalon de l’esthétique prônée par le concile de Trente (1545-1563), Giovanni Pierluigi da Palestrina, nommé «compositeur de la Chapelle papale», titre créé sur mesure pour lui.Susie Napper espère que les portes de la chapelle du Sacré-Cœur s’ouvriront davantage à la musique les années prochaines.Trois heures plus tard, le festival trouvera sa conclusion dans la salle de bal du Marché Bonse-cours dans un registre très différent, mêlant esprit madrigalesque et commedia dell’arte, à travers une comédie humoristique d’Ora-zio Vecchi, Les Veillées de Sienne, soirées que les organisateurs prétendent rabelaisiennes.Susie Napper est enthousiasmée par le lieu: «C’est une pièce magnifique.1 SOI Hi I MON I Kl- Al HAROQUI Photo de groupe Montréal Baroque, avec Marie-Nathalie Lacoursière, de Théâtre Lavallière et Jabot, Anne-Marie Gardette, de Danse Cadence,.Karim Nasr, hautbois, Susie Napper, directrice artistique du festival Montréal Baroque, Tino Masecchia, président du conseil d’administration du festival Montréal Baroque, Olivier Brault, violon, et Matthias Maute, de l'Ensemble Caprice.très longue et vitrée des deux côtés, entre le fleuve et le vieux Montréal, qui donne l’impression au spectateur de se trouver dans un château en France».Malgré la surface vitrée, le lieu ne nécessitera pas d’adaptation acoustique.Les deux précédentes éditions ont montré le pouvoir d’attraction sur le public des concerts à la crypte de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, non seulement à Th du matin, mais également tard en soirée (22h30), avec des demandes souvent deux ou trois fois plus importantes que Iç nombre de places proposées.A ceux qui s’étonneraient de ne pas voir l’expérience multipliée cette année, Susie Napper oppose une réponse très simple: «La crypte est un endroit idéal et, pour ceux qui ont la chance d’y écouter un concert, c’est inoubliable.Montréal Baroque doit faire des choses comme cela, mais c’est irrationnel en termes économiques.On perd énormément d'argent pour chaque concert à la crypte.Mais, c’est vrai, pour ceux qui ont la chance d’en profiter, c’est génial.» Outre le concert de Constantinople, un seul rendez-vous y est programmé cette année: vendredi 24 juin à 22h30, avec Monika Mau-ch et Nigel North dans des lute songs de John et Robert Dowland.Intimiste vendredi, le spectacle de la deuxième partie de la soirée sera grandiose jeudi, avec les Musiques pour les feux d'artifice royaux de Haendel, accompagnées de vrais feux d’artifice, sur llle Bonse-cours, dans le Vieux-Port Vous remarquerez au passage que les programmes sont habilement conçus en fonction du lieu qui les abrite! Programmes L’édition 2005 porte le titre Fruits de la passion, qui véhicule un sens à la fois gourmand, sacré et profane.On en trouve une bonne synthèse dans le rare oratorio La Conversion de Clovis, roi des Francs, d'Antonio Caldara (1670-1736), un Vénitien qui vécut à Rome et à Vienne.Susie Napper nous le présente comme «un oratorio en forme d’opéra.Une histoire d’amour dans laquelle Clovis devient catholique par amour de sa femme».Cette œuvre révélée au milieu des années 90 par un enregistrement de Martin Gester (Accord) a été proposée à Susie Napper par la compagnie théâtrale I Confidenti de Berlin, invitée d’honneur de ce festival et qui permettra aux chanteurs et musiciens québécois de se produire ensuite à Vancouver et en Allemagne.L’œuvre d’Orazio Vecchi sera, elle, présentée grâce à un médié» valiste d’Ottawa qui en a édité la partition, les Veillées de Sienne est aux yeux de Susie Napper une sorte de «pré-opéra».A l’époque, les chanteurs étaient derrière un rideau alors que les acteurs (mimes) occupaient l’avant-scène.Dans la reprise montréalaise, les chanteurs côtoieront les comédiens au premier plan.Le grand concert de vendredi sera lui aussi profane, sur le thème des quatre saisons, décliné par Vivaldi, Piazzolia et Cage.L’ensemble Caprice sera dirigé par Matthias Maute et, pour ceux qui ne connaîtraient pas les Saisons de Cage, il s'agit d’une œuvre de 1947, un ballet en un acte, d’une durée d'environ un quart d'heure et écrit pour piano seul.Matthias Maute en a réalisé une transcription, nous dit la directrice artistique.Enfin, le samedi sera consacré à Jean-Sébastien Bach, avec, à 20h, des cantates et, à 22h30, des concertos pour clavecin, le tout à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours avec la Bande Montréal Baroque.Les cantates s’inscrivent dans le cadre du projet d’enregistrement qui implique AIMA Clas- sique leur choix n'a rien à voir avec le thème «Fruits de la passion»: après les cantates de la Saint-Jean-Baptiste l’an passé, le choix s’est porté cette année sur la célébration de la Saint Michel, avec les Cantates BWV 19, 130 et 149, richement orchestrées avec trois trompettes, trois hautbois, timbales et cordes.En journée, le Café A propos et le Château Ramezay abriteront concerts et conférences.Diverses séries d’abonnement sont proposées.Pour 100 $, on peut assister à tout.Mais il faut prendre soin de réserver sa place à la crypte! MONTREAL BAROQUE Du 23 juin au 26 juin.Concerts à la chapelle Notrt'-D;une-de-Bon-Secours, la salle de bal du Marché Bonsecours, nie Bonse-cours, la chapelle du Sacré-Cœur de la basilique Notre-Dame, le Château Ramezay.Renseignements et réservations: (514) 845-7171.Le disque Fruits de la passion (ALMA Classique) reprend des œuvres présentées en 2003 et en 2004.23 > 26 JUIN FESTIVAL „ montreal VIEUX-MONTREA ÇRANOS CONCCRCS Le vendredi 24 juin 20b Les Douze SAISONS Le jeudi 23 juin 20h La passion eu La pot Le samedi 25 juin 20h BAch er LARCbANÇe Le samedi 25 juin 22h30 BAcb cccdbaLo crcsccnoo Le dimanche 26 |mn 20h Les ptuics De La passion ARTISTES : Monika Mauch, David Lee, Jan Kobow, Stephan Macleod, la Bande Montréal Baroque artistes : I Ensemble Caprice ARTISTES : Mireille Lagacé.Luc Beatiséjour, Vincent Boucher, Mêlisande McNabnèy artistes: Allyson McHardy, Nathalie Paulin, Matthew White, Suzie LeBlanc, Les Voix Baroques, I Confidenti (Berlin) ARTISTES : Toronto Consort, Théâtre Lavallière et Jabot, Les Voix Humaines, Les Sonores www.montrealbaroque.com « 514.845.7171 éMÀM {B Canna** AT* Cm* «v Cano* »** Gowungs MUSIQUE 100 7 Montréal Le Devoir i-m © 'né -Galaxie # Le mé+arrtof Le piano joue le grand jeu! Série Piano maestria Anton Kuerti 23 juin coMP1-^ Anton Kuerti 25 juin SUPPLÉMENTAIRE Louis Lortie 30 juin ?avid Fray 15 juillet Jacques Bouvier 16 juillet Alain Lefèvre 22 juillet Robert Silverman 29 juillet Nathalie Négro 30 juillet  estival ORFORD Du 23 juin au 13 août Une gamme de week-ends dans le ton! Orford en voix 8 au 12 juillet Orford en famille 23 et 24 juillet Orford et Bach 12 et 13 août Plus de 40 concerts! Forfaits souper-concert 40 $* * s’applique à la plupart des concerts Forfaits hébergement-concert à partir de 78 $ p.p.occ.dbi.Abonnez-vous et profitez de rabais et privilèges.A centre d’arts ORFORD 1 B00 567-6155 www.arts-orford.org billetterie@arts-orford.org 3165, chemin du Parc, Orford cet été, jouez laaiEiiaâatiiwE LE DEVOIR 1*1 Gouvernement Government du Canada of Canada QuébecSS • MMtttrt dé la Cultur* #t des f ommumcatlom •Fmplol-Québef LE DEVOIR.LES A M E D I IS ET DIMANCHE 19 J U I N 2 O O 5 E f> —«• Bloc soies •» Les doigts rouges Odile Tremblay Certains musées n’exposent pas d’œuvres de maîtres ou d’artistes visionnaires.Les Memorials, par exemple, carburent plutôt à la mémoire trouble.A eux, la mission d’entretenir la flamme des pires crimes de l’humanité.Garde-fous, en somme, invitant les visiteurs à jurer, une main sur le cœur «Plus jamais ça!» Mais les humains oublient si vite.D’autres yeux que les miens ont vu le mémorial d’Auschwitz.Jamais je n’oublierai celui d’Hiroshima, parcouru en silence, comme un sanctuaire.Les souliers d'enfants, les bicyclettes tordues sous l’impact de la bombe, les photos des visages distordus par la radioactivité parlaient si fort que les mots s’éteignaient In semaine dernière à Kigali, mes amies journalistes et moi avons visité celui du génocidy avec Claude Hitimana, notre chauffeur.Il n’est guère expansif, ce grand Tutsi noir, maigre de sous-alimentation.Au début de la trentaine, quoique sans âge, ses yeux tristes entretiennent des souvenirs pas racontables.Lui et moi sommes devenus amis du fin fond de nos planètes respectives.Le Rwanda compte près de 200 mémoriaux du génocide de 1994, semés comme des cailloux noirs a travers ce pays vert Dans celui de Kigali, Claude se retirait en lui-méme devant les crânes empilés, les photos de victimes aux visages familiers ou non, les témoignages des survivants à pleines vidéos.Face a la fosse commune, il nous a montré les noms de ses cousins.Sa famille immédiate entière — son père, sa mère, ses deux sœurs et ses deux frères — repose à Butare, engloutie par le génocide.Sans photos-souvenirs, leurs traits deviennent flous.Au mémorial, Claude nous a raconté son histoire en mots concis, évacuant le plus d’émotions possibles.11 a tout vu, tout vécu, cet homme-là; d’ou l’énigme de son regard.En 1990, encore adolescent, Claude s’est exilé au Burundi pour servir l’armée du FPR (Front patriotique rwandais), avec d’autres Tutsis persécutés.En 1994, en plein génocide, il traversa, tantôt à pied, tantôt en camion, le Burundi, la Tanzanie, l’Ouganda, entrant au Rwanda pour combattre les Inter-ahamwe assassins.Au début, sergent dans l’armée du FPR, il tuait les meurtriers a coups de fusil, parfois au moment même où ceux-ci découpaient les gens à la machette.Puis les chefs demandèrent aux soldats de capturer les Interahamwe vivants afin de les jeter en prison.Il a cessé de tirer.Trois mois après son retour au pays, Claude apprit comment les siens avaient péri.Il n’aime pas en par- ler, répète: «C’est inimaginable!», rêve d’avoir dix enfants pour bâtir une grosse famille sur les cendres de la sienne.D est si doux, Claude.Combien de Hutus ont péri par sa main en 1994?Mystère! Étrange, cette complicité avec un être au passé d’abîme.Samedi dernier, ü m’a entraînée à travers les terribles chemins de terre battue du quartier musulman, a la rencontre d’un féticheur de Kigali.Les enfants criaient à la vue de teints pâles: «Muzungo!» Ça veut dire: «Des Blancs!» Il ne vient jamais d’étrangers aussi haut, d’où les exclamations.Les maisons sont de boue, les planchers, de terre battue, l’électricité est inexistante.«D’habitude les Blancs ne supportent pas ces mauvaises routes-là», m’a dit Claude.Nous, ça nous faisait rigoler de sauter au plafond à chaque tour de roue.La veille de notre départ avec mes copines, on est allées visiter Claude dans son antre, fl loue un bungalow près du quartier militaire pour y vivre entre de petits boulots trop rares, mais habite Butare.Sa femme et ses deux filles étaient venues le retrouver à Kigali comme chaque fin de semaine.De toute évidence, les murs de chaux jaunie de la pièce nue qui tenait lieu de salon n’avaient pas été nettoyés depuis l’année des massacres.Ou bien les traces refusaient de s’effacer, celles de petits doigts rouges encore étampés sur les parois.Des doigts d'enfants.Plus loin, on voyait des coulées de sang, des trous de balles.Un carreau cassé ajoutait à l’impression que les Interahamwe venaient tout juste d’y assassiner une famille.Le proprietaire, un Hutu ge-nocidaire, croupissait en prison.Nul ne s'etait soucié de recouvrir le sang.Claude ne voyait même pas les terribles stigmates sur les murs.D fermait les yeux, précisait «Je loue ici, pourquoi me préoccuper du décor?» Au debut notre petit groupe n’avait d’yeux que pour les empreintes de doigts rouges raclant encore les parois.Puis on les a oubliées.Les enfants voisins sont arrivés avec leur mère toute jeune, si maigre.Sidéenne.En fin de vie.L’air était doux et le soleil brillait Des cadeaux sont sortis de nos besaces: cahiers et crayons à colorier, un kaléidoscope et une toupie en fonne de mouche.On a ouvert la porte-rideau pour laisser entrer la lumière, avant de dessiner des girafes, des crocodiles, de faire tourner le kaléidoscope et danser la toupie.Tout le monde riait la jeune mère sidéenne, la belle enfant d’un an, les garçons à la toux tuberculeuse, notre ami et sa femme.L’ainée de Claude, appelée Fillette, huit ans, si timide au début, nous escorta jusqu’à l’auto en chantant «Ah les cro cro, ah les cro cro, ah les cro codiles!» Un vrai moment de grâce.Toute la semaine, on avait entendu des gens disserter sur l’avenir du Rwanda.Dans cette pièce souillée de sang séché, j’ai cru le voir venir, attelé à son mémorial, entre traces et fous rires, chez Claude, notre chauffeur, un beau dimanche à Kigali.otrem blaValedevoir.com VITRINE DU DISQUE Une trame pour le film de votre été YANN TIERSEN LES RETROUVAILLES LES RETROUVAILLES Yann Tiersen liibels Virgin (EMI) Depuis qu'Amélie Poulain nous l’a révélé en 2001, on a eu du Yann Tiersen en quantité: un disque double en spectacle, la trame de Goodbye Lenin, un disque en tandem avec Shannon Wright pas plus tard que l’an dernier, et maintenant Les Retrouvailles.Retrouvailles qui n’en sont pas.Le fait est que la manière Tiersen n’a jamais quitté notre mémoire vive: on ne se lasse pas d’apprécier cet art qu'il a de cerner la petite mélodie de rien du tout qui se fiche dans le ciboulot pour n’en plus sortir de sitôt, on mesure chaque fois le degré d’invention avec lequel il choisit les instruments insolites qui nous rafraîchissent invariablement l’oreille (l’incontournable piano-jouet, mais aussi le carillon, la scie, le clavecin, le canard roumain, etc.), et on a l’habitude de ces chanteurs et chanteuses de talent qu’il invite à chanter à sa place, car on n'ignore pas non plus que Yann Tiersen n’aime pas chanter.Retrouvailles?Continuité, oui.Cette fois-ci, il y a au rendez-vous Miossec, Jane Birkin, Dominique A., la Liz Fraser des très éthérés Cocteau Twins et le Stuart Staples des très singuliers Tindersticks.Chacun, sauf peut-être Jane qui ne peut être que Jane, se prête aux jeux d’arrangements de Tiersen comme autant d’instruments supplémentaires à sa disposition.Ils ne chantent pas: c'est Tiersen qui pince leurs cordes vocales, a-t-on l'impression, autant chef d'orchestre que musicien et compo- siteur.Ce type, en vérité, nous refait le truc d’Amélie, mais sans Amélie.Des trames sonores, qu il y ait ou non un film à la clé.Il fournit notre petit cinéma.Et si cet univers nous est maintenant familier, il n'est pas moins séduisant qu'au premier jour.J'en veux pour exemple cette pièce instrumentale qui ouvre le disque, sorte d’évocation du western spaghetti à l’Ennio Mor-ricone, mais décalée à la Tiersen.Motif que l’on retrouve, nimbé de cordes, un peu plus loin sous le titre Loin des villes, et encore plus loin en filigrane, à base de mandoline dans A Secret Place, et ainsi de suite jusqu’à la fin (version dramatique dans La Boulange, version valse musette dans la chanson-titre, etc.).Varia- tions sur un même thème qui place l’auditeur dans un endroit bien confortable: celui du plaisir répété sur divers tons.Avec des ruptures çà et là pour ne pas que la récurrence vire à l’ennui.Faites de votre été ce que vous voudrez.Mais pour peu que ce disque ait son tour à peine plus souvent qu’à son tour dans le lecteur de l’auto (ou dans l’iPod, c’est selon), le souvenir de cet été en sera à jamais imprégné.Et embelli.Sylvain Cormier À TRAVERS Andrée Watters Productions Entertaining (Sony -BMG) D’Andrée Watters, bien plus que les chansons de son premier album, paru il y a moins de deux ans, on avait retenu le geste, le chien, la forte volonté d’exister selon ses propres termes, la fille elle-même.Il y a quelque chose de sain qui nous avait pin d'emblée chez Andrée Watters: de l'énergie à revendre, mais rien à vendre aux faiseurs de vedettes de l’industrie.Et on était bien content que toute une génération de fillettes et de jeunes filles de chez nous passent de Britney Spears à elle.On avait hâte à la suite.Empressement tempéré par un brin d’appréhension.Y aurait-il autre chose que l'attitude et les riffs costauds?Eh bien, oui et non.Il y a à travers A travers un bel effort d'approfondissement dans l’expression.Avec toute la sincé- Lt EESTIVM iNTtRN/VtlONAL -DU- ,* Domaine cyonjeV DU 25 JUIN AU 28 AOÛT 2005 SAMEDI 25 JUIN Les Violons du Roy , Direction Jean-Marie Zeitouni * Solistes Maurice Bourgue, hautbois d'amour Shannon Mercer, soprano Une soirée d'ouverture éclatante de virtuosité1 34$ 27$ MERCREDI 29 JUIN Toronto Consort s‘w** Le Consort Les Voix Humaines -ealaxie ?Les Sonores Le Théâtre Lavallière et Jabot Chanteurs, danseurs, musiciens, comédiens vous convient à une tête populaire de la renaissance italienne! rité dont elle est capable, Andrée Watters, du haut de ses 22 ans, tente de comprendre ce qu’elle est «en dedans».Cela donne des chansons qui portent des titres comme A travers moi, Enterrée, Rien à perdre, ou encore Ma face cachée, celle-là sur une musique plutôt funky-folk de Catherine Durand.De l’épanchement et encore de l’épanchement, de quoi permettre aux fans de se retrouver encore plus intensément «à travers» leur idole.On obtient ainsi une sorte de journal personnel très, très adolescent, où le désir d’expression est, force est de le constater, foncièrement limité par la pauvreté du langage.On est à la limite du copié-collé de roman-savon.Alors qu’elle souhaitait se révéler, Andrée Watters semble disparaître derrière l’amoncellement de clichés.Qui plus est, pour que l’on comprenne bien les paroles, on a placé la voix très en avant dans le mixage, et on a considérablement adouci les musiques.Tellement que l’ensemble tend vers ce qu’il y a de plus banalement grand public.Est-ce l’entourage qui a voulu cibler aussi large?Est-ce l’absence de culture musicale qui a empêché la chanteuse de discerner entre un son à elle et le son de tout le monde?On ressort de l’écoute un peu désolé, en se disant qu'Andrée Watters n’a peut-être pas encore les moyens d’amener ses fans — et d'abord elle-même — sur des pistes neuves.Ça viendra, faut-il espérer.Pour autant qu'on ne fasse pas d’elle une Marie-Chantal Toupin.S.C.PAUL CARGNELLO THE FRONTLINE LIVE AU VA-ET-VIENT Paul Cargnello and The Frontline RFI C'est période de premières pour la nouvelle étiquette de disques RIF, lancée récemment par les propriétaires du bistrot culturel Le Va-et-Vient.Un premier VENDREDI 1er JUILLET Mathieu Dufour, flûte Denise Pépin, piano Octuor à vent du Domaine Forget La sonorité lumineuse des instruments à vent ! 29$ Soir»* J» Domtar V'— SAMEDI 2 JUILLET Jean-Philippe Collard, piano Un grand maître du piano! ?ESftNCi MUSIQUE 30$ SoerNf Financier* Sun lit* LES BRUNCHES-MUSIQUE TousIesdimanchKde Uh00 4 lêhOO 19 juin - François Simard, guitare et 26 juin - Çavana, musique vfntwtli PRIX: adultes 28,50$ enfants de 6 à 12 ans 13,75$ jBffiü enfants de moins de S ans GRATUIT HI Les raies et ie service sont inclus.québécoise et frençeise (410) 452-3535 ou 1-888-OFORGET (336-7438) Programmation complète www.domaineforget.com Québeci 1*1 Charlevoix I 15 ANS -ê- H - DIVERSITÉ ï CULTURELLE 21 iuin ^ uutoihlttni’s PRESENCE AUTOCHTONE .MONTREAL OU 13 AU BS JUIN BOOS n««fsn»v.*s ta••• ?• 514.571 4444 nativelynx.qc.ca T‘C"’’S'T' Canada Montréal ’ Québec 5 S artiste sous contrat en Paul Cargnello et son nouveau groupe The Frontline et un premier disque lancé, Live au Va-et-Vient.Pourquoi la convergence ne servirait qu’aux géants! Si Cargnello est plutôt méconnu du «grand public», le chanteur est une tête d’affiche importante de la scène locale.Sur cette nouvelle galette, il revisite avec une énergie toute fraîche une dizaine de pièces tirées de ses deux premiers albums solo (Lightweight Romeo et Between Evils) et offre également quelques inédites.Le Montréalais ouvertement engagé chante surtout en anglais, sa langue maternelle, mais se plaît également à réunir les «deux solitudes» avec quelques morceaux en «franglais», comme Vitesse, que Cargnello a écrite «pas seulement pour unifier les gauchistes et les révolutionnaires, mais aussi pour réunir les communautés francophone et anglophone».Vaste programme! The Frontline amène de toutes nouvelles teintes blues, voire reggae, aux titres folk-rock originalement inspirés par les riffs explosifs de Joe Strum-mer.D’un côté, les rondeurs de l’orgue Hammond et du piano Rhodes prennent désormais une place de choix; de l’autre, la guitare électrique remplace sa sœur acoustique, sans toutefois abuser de la distorsion.Dans No Time For Love, tout se mélange à la perfection, avec, en prime, une longue séance d’improvisation que seuls les albums live peuvent nous offrir.Tout ce qu’il manque, c’est le public et son enthousiasme contagieux.On aurait aimé les entendre chanter la mélodie accrocheuse de Manno Charlemagne ou taper des mains dans l’énergique Let It Go Now.Qu’à cela ne tienne, avec ce live, Paul Cargnello and The Frontline offrent à RIF une autre première, celle du premier succès.Philippe Papineau CLASSIQUE RAVEL Concertos pour piano, Sonatine.Valses nobles et sentimentales.Monique Haas (piano).Orchestre national de la RTF, dir: Paul Paray.Deutsche Grammo-phon «The Originals» 447 5353.Boléro.La Valse, Alborada del gracioso.Pavane pour une infente défunte.Valses nobles et sentimentales (plus œuvres de Turina et De Falla).Orchestre du Théâtre des Champs-Élysées, dir.: Pedro de Freitas Branco.EMI «Les Rarissimes» 2 CD 5 86474 2.Nous présentons ici peu de disques historiques, mais ces deux très importantes parutions d’incunables des années 50 et 60 remettent quelques idées en place.L’album de Pedro de Freitas Branco (1895-1963), complété par L'Amour sorcier de Manuel de Falla et quatre œuvres de Turina, est composé d’enregistrements monophoniques de 1953.Le chef portugais fut en relation étroite avec Ravel, ce qui n’est pas toujours un gage de qualité mais porte en l’occurrence ses fruits dans la compréhension du mouvement et des équilibres.Ces interprétations témoignent surtout, comme celles de Manuel Rosenthal réalisées à l’Opéra de Paris, de ce qu’était la couleur unique et inimitable des orchestres français d’avant 1970.Les premières notes du cor dans m *1^ #1© 4 JS wç - ^ F* il la Pavane vous diront presque tout et l’hypnotique Boléro (en 18 min 36, le plus lent que je’ connaisse), vestige d’un monde sonore disparu, vous informera du reste.Si le plaisir ressenti à l’écoute de Freitas Branco peut être proportionnel à votre familiarité avec Ravel, les Concertos pour piano enregistrés en 1965 (en stéréo, donc) par Monique Haas et Paul Paray à la tête d’un orchestre aux couleurs idoines, s’adressent, eux, à un public large, néophytes y compris.Plus encore qu’avec Samson François et André Cluytens, nous avons ici une sorte de mètre étalon stylistique.Le mouvement est magique de justesse, de décantation et de fluidité et une telle écoute permet de se rendre compte à quel point l’accumulation récente d’interprétations chichiteuses et maniérées a perverti la perception des concertos.Ainsi, Monique Haas ne ralentit pas son entrée soliste dans le Concerto en sol et elle a raison! Même dans la Sonatine et les Valses nobles (1955, mono) la simplicité paie et s’impose.Christophe Huss É L E C T K O N I Q 11 E STEEL AND GLASS Ramachandra Borcar (Fusion m) Les inconditionnels des lignes binaires et cosmopolites de DJ Ram ou de Ramasutra risquent de rester un peu sur leur faim.Contrairement à ceux en quête d’un univers sonore jazzy à saveur classique.C’est qu’avec cette nouvelle création, l’homme aux multiples noms d’artiste que l’état civil ne reconnaît toutefois que sous le nom de Ramachandra Borcar laisse en effet de côté les échantillonneurs et les textures électro-lounges qui ont fait sa marque de commerce dans le passé.Ét ce, pour une ambiance plus suave où délicatesse et harmonie ne sont pas sans évoquer celles d’un Kind of Blues de Miles Davis.La comparaison s'impose d'efle-mème.Sans surprise d'ailleurs: l’objet musical étant en effet la bande originale de Regular or Super, un documentaire signé Patrick Demers et Joseph Hillel consacré à l’imposant et unique héritage architectural de Ludwig Mies van der Rohe.Icône des années 50 et 60, père du Westmount Square de Montréal ou de la station-service noire sur Pile des Sœurs, ce maître de l’architecture moderne vient donc guider l’exposé envoûtant de Ramachandra, qui ; prouve une fois de plus qu’il a bien des cordes à son arc.Il a aussi dans sa musette de déli- : cates notes de piano, de trom-’ pette en sourdine ou de contrebasse capables en huit pièces de résumer un voyage à travers des structures en étage mariant métal.verre, béton et vision.Fabien Deglise i » 4 l LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 J C I \ 2 0 0 5 K 7 OUTREMONT 12«.me lenurt 0Mesl{5l4) 49S-9M4 (514) 4SS-9M4 Lca HÔTH.RWANDA m G«nt AlnQuexSua1i-B(.'ate 20w 122mm ;G Lundi 20 juin 19)130 • ^ i n ^ e x Centris ^ horaires 514 847 2206 www.ex-centris.com Vivant, jeune et fou SOURCK EX-CENTRIS Godard a réalisé Masculin féminin en 1965.Cette version restaurée nous offre des images en noir et blanc restituées parfaitement, la musique yé-yé bébête, les caméos de Brigitte Bardot (notre photo) et Françoise Hardy, icônes du temps.Il ÏJ MASCULIN FÉMININ De Jean-Luc Godard.Avec Jean-Pierre Léaud.Chantal Goya, Marlene Jobert, Michel Debord.FrancoSuède.1965.Image: Wtlh-Kurant, Chansons: Jean-Jacques Debout.En français avec sous-titres anglais au Cinéma du Parc.ODILE TREMBLAY Seconde naissance pour des films ayant franchi l'épreuve du temps mais souvent cantonnés à une cinéphilie de référence, la restauration de classiques du cinéma est toujours un heureux événement Godard a réalisé Masculin féminin en 1965, un an après Bande à part et dans cette même lignée gracieuse et jeune.Voici les images en noir et blanc restituées parfaitement, la musique yé-yé bébête, les caméos de Brigitte Bardot et Françoise Hardy, icônes du temps.Masculin féminin pose un regard de sociologue sur une génération qui s’affranchit du passé tout en demeurant chargée de romanesque.Chronique amoureuse et portrait de baby-boomers français propulsés dans l’espace, l’heure où tout est possible ressuscite à travers ce film délicieux.le profil de Jean lierre léaud est encore nourri par les œuvres de Truffaut, mais presque déjà happé par son personnage de Im Maman et la Putain, de Jean Eus-fache.Mai 68 approche et le révolutionnaire de pacotille que campe le jeune acteur dans Masculin fé- minin annonce des lendemains plus farouchement politiques.Ces personnages encore rides st' questionnent, le couple que forme Jean-lierre 1 éaud avec une jeune chanteuse pop à la voix tinette (Chantal Goya) ne re)x>se sut rien de sérieux.Elle est d’une joliesse sans caractère, chante des inepties, la relation la plus intense de Li jeune tille est avec sa meilleure copine (Marlène Jobert), confidente et amie.Idem pour le couple de garçons joués par Jean-I lerre 1 éaud et Michel Debord, plus naturels entre eux que devant ces dames.Godard excelle à montrer la pulsion, la candeur de cette jeunesse des ;uv nées 60 qui croit en elle et en l'avenir.Une danse, une interview avec Miss 19 ans, une course folle, un enregistrement en studio révèlent les inspirations des personnages, mais aussi leur énergie gratuite déployée parfois sans but.C'est charmant, vivant, jeune et fou, comme celle caméra de |x>esio collée à la liberté du |>ropos.Aviv ses plans-séquences, le kaléidoscope de ses re-pères.Godard tut au sommet de lui même au cours de cette folle décennie où il sécrétait et buvait It' suc de la Nouvelle Vague.Avec lui et ses frères, le cinéma se révélait alors en parfaite concordance avec son temps et constituait k‘ meilleur velu cule pour en témoigner.le film n'a pas vieilli, tandis que l’insouciance de l’époque s'envolait en fumée.Masculin féminin se déguste comme un vin nouveau.Le Devoir Godard excelle à montrer la pulsion, la candeur de cette jeunesse des années 60 qui croit en elle et en l’avenir Le luxe de l’anonymat Satire inégale et inoffensive source alliance L’ennui, avec Idole instantanée, c’est qu’il met en joue tous les acteurs du malaise télé-réaliste et ne tire finalement sur personne.LE PRIX DU DÉSIR Réalisation: Roberto Ando.Scénario: Roberto Ando et Savatore MarcareUi.Avec Daniel Auteuil, Greta Scacchi, Anna Mougladis.Image: Maurizio Calvesi.Montage: Claudio Di Mauro.Musique: Ludorico Einaudi.France-Italie-Suisse, 2004,105 min.ANDRÉ LAVOIE Devant Le Prix du désir, on pourrait craindre que la décoration d’un chic ostentatoire, les vêtements griffés, les paysages à couper le souffle, et surtout un érotisme glacé constituent la finalité du film.Et lorsque l'on évoque «l’élégance» de la mise en scène, l'envie nous tenaillerait de la réduire ici à la somme de ses charmants bibelots.Le cinéaste italien Roberto Ando, risiblement un homme de goût, ne s’est pas laissé étouffer par ces artifices, fort attrayants par ailleurs, nous mystifiant sur la tournure des événements qui vont faire basculer la vie d’un écrivain à succès de l’anonymat confortable (à la Réjean Duchar-me) à une lumière crue.Et comme un lourd secret en cache souvent un autre, les enjeux de cette intrigue à saveur littéraire, mais aussi sentimentale et familiale, en viennent à créer une atmosphère sulfureuse, chargée de lourds silences coupables, et d’identités camouflées.Laissons toutefois Hitchcock de côté; cette matière irait comme un gant à son plus célèbre emule, Brian de Palma, expert en voyeurisme à saveur sexuelle et maître des intrigues tarabiscotées un brin racoleuses.Pourtant, l'écrivain Daniel Bol-tanski (Daniel Auteuil, d’une intensité à faire oublier un ratage récent, Après vous) n'utilise pas sa notoriété pour faire craquer les filles, publiant des romans sous le nom de Serge Novak (sans doute un clin d’œü à Kim, la vedette de Vertigo) -, depuis 20 ans, ils font sa fortune, et leur succès alimente toutes les rumeurs.Sur le bateau en direction de Capri afin d’assis- ter au mariage du fils de sa compagne Nicoletta (Greta Scacchi, superbe comme toujours), il croise Mila (Anna Mougladis, en obscur objet du désir); leur aventure torride, il la croit sans lendemain, jusqu’au moment où il découvre qu’elle sera sa belle-fille.Une fois le malaise (légèrement) dissipé, ils poursuivent leurs escapades, interrompues par un chantage compromettant son union avec Nicoletta et son lucratif anonymat C’est alors que l’on perçoit que cette invisibilité n’est pas motivée par un besoin d’intimité mais s’avère essentielle pour dissimuler des erreurs de jeunesse, enfouies à Cracovie et que spn bourreau voudrait déterrer.A moins de lui remettre une importante somme d’argent Le typique drame bourgeois du mari infidèle — l’angle inusité se révélant dans le choix de la maîtresse — et de la femme outragée: voilà où semble s’enliser Le Prix du désir.Et pourtant les menaces proférées contre l’écrivain donnent alors au film une dimension surprenante, plus près des petits polars vicieux de Claude Chabrol que des errances en complets Armani d’un Antonioni.Elles suscitent d'ailleurs autant d’interrogations sur l’intégrité de Boltanski-Novak que sur le rôle de l’écrivain en général: pilleur, voleur d’âme, observateur intéressé (la première scène du film, dans une splendide bibliothèque, est exemplaire à cet égard) ou exhibitionniste se cachant par défaut ou par lâcheté, derrière ses héros, la question est posée.Et plusieurs autres ne manqueront pas de nous tarauder, même si le film s’empêtre parfois dans l’accumulation (abusive) de révélations fracassantes, culminant dans une ambiance de tragédie grecque.Ce sont des avenues, risquées.où s'engage Roberto Ando: nous sommes raris de délaisser le rayon des produits de luxe pour le suivre ailleurs, jusqu’en Pologne, afin que la vérité, impitoyable, finisse par triompher.Collaborateur du Devoir IDOLE INSTANTANÉE D'Yves Desgagnés.Avec Claudine Mercier, Muriel Dutil, Louise Turcot Maxime Dénommée, Pierre Cqrzi, Martine Francke.Scénario: Émile Gaudreault Martin Forget Benoît Peljetier, Daniel Thibault Image: Éric Cayla Montage: Yvan Thibaudeau.Musique: Catherine Gadouas.Québec, 2005,95 minutes.MARTIN BILODEAU La comédie québécoise manque souvent d’esprit et de portée.Une nouvelle preuve est faite avec Idole instantanée, une satire inégale et inoffensive réalisée par le comédien et metteur en scène de théâtre Yves Desgagnés.Cela dit dans le registre, on a tellement vu pire (rappelez-vous Les Dangereux) que le rire instantané que le film de Desgagnés provoque tient en grande partie du soulagement Et à Claudine Mercier, désopilante dans les rôles de quatre finalistes d’un concours de variétés, à vingt-quatre heures du verdict final déterminé en direct par les suffrages des téléspectateurs.Mélange d'Absolutely Fabulous (pour les tons criards), de The Truman Show (pour le mirage du bonheur préfabriqué) et de Louis 19 (pour le discours anti-Big Brother, celui-là avant l’heure), Idole instantanée prétend faire le procès des émissions de télé-réalité du genre American Idol ou Star Académie.Produit d’un scénario complaisant et d’une mise en scène tape-à-l’œil (le second degré auquel Desgagnés aspire est inopérant), le film vise en premier lieu ceux qui les font, à la solde de machiavéliques empires-médias, et ceux qui les regardent, soi-disant sous l’emprise desdits empires.D’ailleurs, dans le cjossier de presse, le coscénariste Émile Gaudreault prétend déresponsabiliser les admirateurs du spectacle téléréaliste.Or le film leur accorde bien peu de circonstances atténuantes et les représente comme des abrutis indécrottables.Ce qui nous amène à nous demander à qui s’adresse cette comédie.Aux accros du vedettariat, qui pourraient éventuellement interpréter le film comme une insulte?Aux spectateurs exigeants, appâtés par une satire grinçante sur un phénomène de société inquiétant?L'ennui, avec Idole instantanée, c’est qu’il met en joue tous les acteurs du malaise télé-réaliste et ne tire finalement sur personne.Reste le spectacle, les farces, le rire, qui pourraient faire runanimité si les premiers ne relèvent pas l’injure et si les seconds n’espèrent rien de plus qu’un bon show.Ét le show, c’est Claudine Mercier qui le donne.Inconnue au bataillon dans le monde du cinéma, l’humoriste fait surgir de derrière la façade de personnages très caricaturaux une sensibilité et une humanité étonnantes.A l’inverse, des acteurs plus aguerris, tels Louise Turcot en maman étouffante, Diane Lavallée en té-léphage abrutie, Pierre Curzi en papa muet, Muriel Dutil en mère-poule, Maxime Dénommée en animateur survolté, .Jean Leclerc en designer concupiscent, s’acquittent avec un bonheur évident de rôles de faire-valoir, dépourvus d’une véritable dimension psychologique.Et c’est pas fini.A l’étage en dessous, Desgagnés (et sa productrice Denise Robert, l’empreinte est trop fraîche) a distribué toute la galerie des troisièmes rôles a des comédiens chevronnés (Béatrice Picard, Luc Senay, Marcel Sabourin, Pierrette Robi-taille), venus -puncher» pour la cause.Quelle tristesse, par ailleurs, de voir une actrice de la qualité de Catherine Trudeau camper une régisseuse exaspérée ou la formidable Julie Vincent réduite à faire de la figuration.Et que dire de la participation compromettante de journalistes de Radio-Canada, Pascale Nadeau en tête?En mettant leur réputation au service d’un spectacle dans lequel ils dénoncent leur propre aveuglement, ils sont tombés dans un piège à cons duquel aucune ironie ou troisième degré ne pouvaient les sauver.Enfin, quelle sottise que ce -ca-méo» de Guy A.lœpage et Sylvie Léonard en pseudo-intellos incapables de reconnaître leur fascination pour la télé-réalité.Desgagnés et son équipe de scénaristes (sensibles à l’idée de reproduire tout le spectre de la représentation) ont projeté dans ce duo toutes les personnes indifférentes au phénomène de la télé-réalité.Encore heureux qu’au-delà du discours maladroit et balbutié, ces dernières risquent de trouver cette comédie fort drôle.Si d'aventure elles s’y abonnent Collaborateur du Devoir SOURCE K-F1LMS AMÉRIQUE Danie^ Auteuil et .Anna Mougladis, dans Le Prix du désiç ?CINEMA ?SEMAINE DU 18 AU 24 JUIN 2005 Les NOUVEAUTÉS et le CINÉMA en résumé, pages ?4,6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages ?7,15 dans LAGENDA culturel LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUIN 2 0 0 5 n nm ^ HVJliiUj CINÉMA La musique du succès Le climat d’incertitude entourant les festivals de cinéma montréalais est si singulier que la présence en ville cette semaine de quatre représentants du Festival international du film de Toronto (FIFO n’est pas passée inaperçue.Trois programmateurs ont en effet débarqué mardi pour rencontrer producteurs et distributeurs, et bien entendu visionner leurs films.Je les ai d’abord salués mercredi midi, au Café Mé-liès d’Ex-Centris, où ils s’étaient attablés avec Johanne Sénécal, de 'UVA Films, juste avant d’aller voir C.R.A.Z.Y.— que TVA espè-« re évidemment lancer mondiale-" ment à Toronto.Joint le lendemain par téléphone, Steve Gravestock, programmateur au FIFT depuis sept ans?ne pouvait me dire ce que lui-même et ses complices Liz Zach et Stacey Donen avaient pensé du film.Reste à savoir si, aux yeux d’un traqueur d’inédit, les chances du film de Jean-Marc Vallée seront compromises par le fait qu’il est déjà sqrti sur nos écrans.Réponse: «À Toronto, on privilégie les premières mondiales parce que c'est un incitatif plus grand, pour toutes les parties concernées».avance-t-il prudemment.Cela dit, le festival, rappelle Gravestock, a déjà fait des exceptions, notamment pour Les Invasions barbares, qui ouvrait l’événement en 2003, et Peau blanche, de Daniel Roby, projeté l’an dernier et sur lequel Gravestock ne tarit pas d’éloges.«C’est plus facile de faire des exceptions quand il s’agit de très bons films», dit-il.La guerre des festivals, ainsi que le positionnement du FI FM juste après celui de Toronto (à qui la primeur?), est également un sujet «no comment» dans la bouche de Steve Gravestock.«La situation est fluctuante ici, et si nous avons un niveau de confiance variable avec les producteurs et les distributeurs québécois, cette confiance est sacrée pour nous.C’est pourquoi je dois être plus prudent, dans mes propos, que je ne le serais en temps normal.» Entre les films soumis, les autres réquisitionnés, la programmation québécoise au Fl F F oscille généralement entre 10 et 15 longs métrages, sur une trentaine de films canadiens, tous horizons confondus.La programmation canadienne sera dévoilée début août, soit un mois avant le festival, qui aura lieu du 8 au 17 septembre.Le jour où j’ai vu Gravestock et son équipe casser la croûte au Méliès, j’avais rendez-vous, dans ce même établissement, avec Andrea Grau, la directrice du bureau de presse de Toronto.Une coïncidence, me dit en riant celle qui est venue sonder le cœur des journalistes montréalais, un à un ou en groupe, afin de savoir quels sont leurs satisfactions et insatisfactions à l’égard du festival torontois.Et nous, un à un ou en groupe, de nous étonner de pareille démarche diplomatique en pleine purée de pois politico-festivalière, où on ne voit plus sa main devant ses yeux.Même Jacqueline Brodie, qui s’occupe de la presse francophone à Toronto, et qui prenait part à notre rencontre, semblait s’étonner de cette visite qui, si je me fie à son regard Martin Bilodeau brillant toujours très éloquent, frisait selon elle le faux pas.Pour ma part, j’y voyais plutôt une attitude révélatrice du rapport, attentif et empreint de sollicitude, que le festival entretient depuis toujours avec les journalistes.«Sans la presse, il n ÿ aurait pas de Festival de Toronto», résume la très sympathique Andrea Grau au-dessus de son pavé de saumon grillé.Sa démarche discrète était sincère, ses questions pertinentes, et rien dans son attitude ne reflétait l’arrogance dont Serge I.osique accuse Toronto de faire preuve depuis qu’il est devenu plus gros que son FFM.Autant dire un siècle.Du reste, si on regarde le paysage mondial des festivals, Toronto n’a rien à gagner ni à perdre de la guerre intestine qui déchire le paysage festivalier montréalais.Sa fonction, son positionnement et son rayonnement sur l’échiquier mondial sont si importants et précis qu’aucun événement, fût-il piloté par Spectra, ne peut plus vraiment lui damer le pion.Si bien que, dans le contexte, on se dit que Toronto pourrait très bien se passer de l’appui et de l’affection de la presse montréalaise.Mais l’amitié et la complicité qui lient l’événement de Piers Handling et Noah Cowan aux journalistes d’ailleurs montrent bien l’importance que ceux-ci accordent à la parole-média.Quand bien même ils n’en contrôlent ni le contenu ni le débit, cette parole, à leurs oreilles, sonne comme la musique du succès.Allez leur donner tort.À la suite de ma chronique de la semaine dernière, qui portait sur l’application de la Loi du cinéma en matière de distribution, et plus précisément sur le cas du distributeur torontois Mongrel, Pierre Brous-seau, de Films Séville, m’a contacté afin de démentir une de mes affirmations.Résumée en substance, celle-ci disait que, sans Mongrel, et Atopia pour le représenter au Québec, on ne pourrait pas voir ici des films comme Locataires, La Fiancée syrienne.Exils, etc.Selon Pierre Brousseau, si la loi qui protège de la concurrence déloyale le marché québécois était observée jusque dans son esprit, nous finirions tôt ou tard par voir ces films d’auteurs étrangers distribués par des entreprises québécoises.A moms d’acheter sur scénario, les petits distributeurs québécois sont en effet contraints, s’ils veulent acquérir les droits d’une œuvre finalisée, d’attendre que leurs plus gros concurrents (américains), à qui on fait payer le gros prix, passent leur tour.«On les achèterait six mois plus tard pour un prix raisonnable, quand le vendeur, en désespoir de cause, les laisse aller», explique celui qui s’indigne du fait que, dans ce marché, «il y a un prix pour les gros et un prix pour les petits».Collaborateur du Devoir > états nordiques un film de Denis Côté avec Christian LeBlanc •t 1*9 gens d* ta localité do Radisson ’Aussi détonnant nui magnifique un objet unique habite de motifs sacres, parsemé d’humour, générateur de poésie’ •Le Soleil Une oestre sombre et intéressante ait monde b le frontière de tous les gosffr et de tous les genre 11 à l'affiche du 17 au 30 juin, à Wet m* Fy-f FNTPIÇ AM* t*«W***t Mt C I Ht HA CAlCratm?,«,.4)»4r«o* PARAI l 3 l C Un film-pari un brin hermétique LES ÉTATS NORDIQUES Ecrit et réalisé par Denis Côté.Avec Christian Leblanc et les gens de Radisson.Image: Denis Laplante.Montage: Estfilmindustri et Rafael Ouellet Musique: Bohren & Der Club of Gore et Isis.Québec, 2005,90 minutes.Au Cinéma Parallèle d’Ex-Centris jusqu’au 30 juin.MARTIN BILODEAU Adepte des lignes droites et des frontières franches, disciple de l’école de Budapest, Denis Côté, ex-critique de cinéma de l’hebdomadaire Ici, produit presque à compte d’auteur, depuis huit ans, une œuvre exigeante, voire intransigeante, sur les thèmes de l’errançe et de l’incommunicabilité.Les États nordiques, son premier long métrage, marque son entrée dans la confrérie adulte des auteurs québécois.Une entrée singulière, mais modeste, avec un film «né d’une étrange frustration», pour reprendre les mots de Côté, qui se dit désemparé devant l’état du cinéma québécois et la place restreinte réservée à ceux qui ont une parole à communiquer.Cette frustration, il l’a sublimée dans son personnage, Christian (Christian Leblanc, retenu), un homme peu loquace qui, après avoir précipité le trépas de sa mère mourante, prend la clé des champs direction Radisson, localité «au bout de la route» née sous l’impulsion du projet hydroélectrique de la Baie-James.Sur place, ce «survenant» (qui n’a rien en commun avec l’autre) avance et hésite, fait un brin de conversation avec les gens (des vrais, pas des acteurs), qui lui parlent de la vie au nord du 53' parallèle et lui inspirent peu à peu l’envie de s’y établir.Comme Uicie Lambert dans Le Père de Gracile, qui plus tôt cette année nous faisait parcourir la Côte-Nord au bras d’une enfant errante, Denis Côté se sert de la fiction pour révéler le réel.Son personnage fictif éclaire ce monde lointain et inconnu, agit comme un substitut à l’écran du cinéaste lui-même.Lequel, dans chaque plan, assemble ces deux niveaux de récit selon un rituel inventé par les créateurs du cinéma direct.Mais c’est davantage à Yellowknife, de Rodrigue Jean, qu’on pense en regardant Les Etats nordiques, ou encore à l’Invitation au voyage, de Peter Del Monte.Des films de fiction qui ne revendiquent pas cette forme de narration hybride mais parlent d’abso- «.LE MEILLEUR FILM QUÉBÉCOIS DEPUIS LONGTEMPS I» Martin Wottecu, le Detoit irkirki «RENVERSANT.TOUT SIMPLEMENT LE MEILLEUR FILM QUÉBÉCOIS DEPUIS DES ANNÉES.» IrendER Kelly, lhe Gcierte ?«FOLLEMENT BON I» Mort-AdAi Ussw, La Près* ?¦'C.R.A.Z.Y.constitua la bolla surprise du cinéma québécois do cotte année.» MkM (tdanbi, loformdo ?tys Tremfctey, le SaU ?- PéwI YSjned* ^ ?««-•- r._a- - t.-j x.is.l.eiant-nTOi wnNRS jownot oe utMMt «UN FILM D'EXCEPTION.BRAVO I BRAVO I» «bné.MHlwiàcMsC.iMdt , jMüîîji L 3J1LDJJ 'J.UHUt À L'AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDESI Horaires des cinémas SOURCE MATHIEU DUMONT Les États nordiques, premier long métrage de Denis Côté, marque son entrée dans la confrérie adulte des auteurs québécois.lu, de fuite en avant et de fin du monde symbolisée par la route qui s’achève.S’il impose dès le départ la règle du jeu (des rencontres au hasard), Côté se réserve le droit de l’enfreindre, notamment pour donner la parole aux élèves de l’école secondaire de Radisson, qu’il filme sur leurs bancs d’école.L’approche documentaire, qui n’a plus rien d’improvisée, devient frontale et Christian disparaît dans le horschamp.Mais que fait-il dans ce lieu si peu naturel pour un Montréalais errant?De quelle mission se sent-il investi, sinon de celle du cinéaste désireux de savoir comment on grandit à Radisson, et celui-là de compenser par le documentaire traditionnel ce que son projet hybride ne peut accomplir par lui-même?La question reste sans réponse et, de toute évidence, de peu d’importance aux yeux du cinéaste.La force du film est ailleurs.Notamment dans cet horizon, rare au cinéma, où devant la lentille du directeur-photo, Denis Laplante, la taiga et le ciel bas semblent se livrer un duel de chaque instant.Dans la simplicité de ces images, dans cette absence apparente d’intervention sur le paysage.Les États nordiques atteint ses plus hauts sommets.Difficile, du reste, de n,e pas lire entre les lignes de ces «Etats nordiques» une opiniâtreté et un désir de se singulariser souvent plus forts que le film lui-même.Côté possède des qualités indéniables, parmi lesquelles un sens du rythme, de l’ellipse et de l’image, une curiosité de cinéphile et une intuition de cinéaste.H reste que, comme tous les films-paris, celui-ci peut sembler un brin hermétique ou inhospitalier.Collaborateur du Devoir ÉR11IA FOX ttlNGUN CRAIG FERGUSON it JANE ALEXANDER 11 VOUS AVEZ AIME IL l’LI Tl.I: MIGRAT Fl’R, VOUS TOMBEREZ SOUS LE CHARME DE L’Âme en jeu UN FILM OE ROBERTO FflÉ^ w L SSMS ÜbrôMCtfHMeFSMI rb -itss * ftKWKHiMSMsyï à «ül», Nto-assam sf-a» iNuwitîEseVï «s*!* .:~*t M .1 .¦' PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! VERSION ORIGIN •• LE ANGLAISE AVEC SOUS-TITRAS FRANÇAIS I ?- FAMOUS PLAYERS- PARISIEN ?1 12h35 • I4h40 • I6h55 - 19h30 - 21h40 I E— CINÉMAS AMC ——I ^ «O* E FORUM 22 ?l «r* 14h25 • IThOO- 19h20 - 21h40 ?« .U COMÉDIE FRANÇAISE DE L’ANNÉE.» U NS» « .brillant, subtil et bien écrit, ne souffre d'aucun temps mort.» W*® jgg GARCIA fs _ _ _ ' U Un film de LUC lACQUtT LA NATURE A INVENTÉ U PLUS BELLE DES HISTOIRES « à voir sus tante ! » OmétSeicMm Uttlcjeenui «3BN9lf9M> ONCLXJCiF WIT» .C A3F ^ »ASpf /AT RJtMb/tTWW B>tw A^ViAiC juwu'e.WffA JFTPUDf TOE «,ww»*1î¥ xr* «gNEMFUtWaPNOsim www.chrislalfilms.coin [Sj PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! ifeSB I'mOWTrEalV 1 r~PARÎsîÈ'Ny~;[ Ex-CCMTKIS | r—MJ»«OUS “LAYBIS-1 r—LES CINÉMAS QUZZO—1 [— MEGA RLET» 3UZZ0 —I f— mEGA RIEX' OUZZO_I 1CABR.awowononT] Ilangeuew 6 Ucqjp WTIg 14 71 [pont-viÀÏÏf6,71 I ' CINÉMA .-1 I—CMÉPLE» OOÉO« I P QAI swgi STXVACXTHE ¦> | CINÉMA S - , I «T-CUSTACHE ?11 BOUCHERVILLE ?i ! 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