Le devoir, 31 décembre 2009, Cahier E
LE I) E V 0 I K E .1 E 1 l> I ;i I l> E l E M H K E 2 0 0 M CO 1 H J CINEMA Coups de coeur en sérié de nos trois journalistes et critiques Page E 4 DE VISU Une annee de hauts et de bas sur fond de décennie chargée Page E 6 CULTURE .Mi I M :t| ?se * 'V * i ¦ ï ^ F ira - ¦.¦ Isabel Richer, Jean-François Pichette, Gilbert Sicotte et James Hyndman dans Trauma, la nouvelle télésérie médicale de la prolifique Fabienne Farouche TÉLÉVISION Séries en stock Radio-Canada lance Trauma et Mirador SOliUCi; RADIO CANADA STEPHANE BAILLARGEON En télé, franchement, on ne peut pas vraiment se plaindre de la décennie qui s’achève.Du moins, si on sait regarder tout en haut, près du sommet, loin de Pour le plaisir ou à’Occupa-tion double.La série, ce vieux genre constamment renouvelé, a connu une période faste ici comme ailleurs.Avec Lost, Mad Men, Six Feet Under, The Shield, The Sopranos, The Wire ou Curb Your Enthusiasm, la télé américaine a sans cesse élevé et bouleversé cette forme héritière du grand roman feuilleton du XDC siècle qui a aussi, en son temps, accouché de chefs-d'œuvre de finesse et de divertissement.La télé québécoise a beaucoup donné à son tour, à son échelle, avec ses moyens.Ce qui a donné ce qu’il faut c’est-à-dire du pur plaisir additionné à une réflexion, un portrait de société, un point de vue sur le monde.Par exemple sur la condition masculine et les relations de couple, avec Minuit le soir ou Les Invincibles.Par exemple sur les rapports à l'autre et les réflexions identitaires dans le Québec multiculturel ou pluriculturel, comme on voudra, avec Pure laine.Par exemple sur les douloureux souvenirs de famille, avec Nos étés m Aveux.Pourvu que ça dure, comme disait la maman de Napoléon.A en croire les producteurs et les diffuseurs, le système atteint ses limites, les budgets moyens d’une série ayant fondu comme les neiges du Kilimandjaro.N’empèche, comme toujours depuis que le monde est monde, chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il a.La prochaine décennie, avec ses moyens, va donc probablement engendrer de la bonne et de la pas pire télé, mais aussi encore beaucoup de niaiseries.Radio-Canada, capable du meilleur, donne le ton de la rentrée hivernale avec deux nouvelles propositions qui entrent en ondes cette semaine, Trauma, mardi soir à 21h, et Mirador le lendemain, à la même heure.Deux séries, donc, et autant de tons, de styles et de manières.Oserait-on dire l’ancienne et la nouvelle?Pourquoi pas.Bons sentiments et philo 101 Trauma explore le monde des hôpitaux, déjà surexploité par le petit écran sériel.Le décompte des productions américaines inspirées par la vie et le travail des médecins des «medical dramas») dépasse la cinquantaine, ce qui fait à peu près une série par année depuis le temps où les docteurs de famille existaient encore et recevaient leurs patients ¦m r ¦ r j » : I** M I Patrick Labbé et David La Haye, les deux frères ennemis de la série Mirador SOURCE RADIO-CANADA en leur offrant une cigarette.Ben Casey, ça vous dit quelque chose?Et Marcus Welby, M.D.'i On peut en rajouter encore une grosse vingtaine de la télé britannique, une dizaine de l'Australie.Le Québec a étrangement moins donné dans ce créneau, exploré surtout par la prolifique Fabienne Larouche.Elle a coécrit Urgences (1995-1996) et elle en remet avec Trauma.La scène est dans un bel hôpital de Montréal (c’est de la fiction.) où s’active une équipe de traumatologues, ces urgentologues spécialistes des accidents.In froide et efficace Dr' Julie Lemieux (Isabel Richer), directrice du département, mène la charge et contrôle les troupes masquées et désinfectées.Assez vite, on comprend que tout ce beau monde souffre énormément, avec un alcoolo (le Dr Meilleur, incarné par James Hyndman), une fêlée de la fiole qui voit son père en apparition (la sensible interne Sophie, campée par Laurence Lebœuf) et un tas d’egos complexes et surgonflés, en conflits perpétuels.«Les traumatologues se soignent en soignant les autres», a résumé Fabienne Larouche au visionnement de presse, il y a quelques jours.Trauma présente un Montréal hypermoderne, riche, léché, une sorte de ville idéale ou le hasard fait mal aux êtres et aux choses.Le tournage cinéma, comme tous les éléments vjsuels, de la scéno- graphie aux costumes en passant par les appartements, donne une qualité visuelle indéniable au produit aseptisé, très «surgeon chic».In trame sonore en rajoute, avec pour pièces centrales des reprises de classiques du rock américain et de la pop anglaise interprétés par Ariane Moffat.Les puristes s’agaceront encore une fois de constater que l’émotion musicale s’appuie majoritairement sur des chansons anglophones.C’est surtout une recette un peu facile, un peu cliché, à l’image de cette production qui ne révolutionne rien.Les épisodes fermés (un cas par épisode) racontent des histoires plus ou moins abracadabrantes oscillant autour de traumatisés.Les textes comme les dialogues manquent souvent de subtilité.En tout cas, les réflexions du docteur Lé-garé (Gilbert Sicotte) sur le rapport a la mort, au tragique, à l’autre, entendues dans les deux premiers épisodes, finissaient par énerver un peu.Les généralités, les bons sentiments et la philo 101 ne suffisent pas, ou plus.D faut se surpasser pour tirer du jus original de ce monde, après des milliers d’heures de production mondiale avec stéthoscopes et bistouris.Faiseurs et défaiseurs d’image Trauma offre donc de la bonne télé, mais à l’ancienne, où on reconnaît les ficelles.Ce qui se révè- ?• ¦mc - mm le être beaucoup moins le cas avec Mirador, une belle surprise à suivre.Déjà à lui seul, le sujet jette beaucoup d’intérêt, puisque l’action se situe dans le milieu des relations publiques, des faiseurs et des défaiseurs d’image.On pourrait dire que Mirador propose un portrait de groupe avec des ennemis directs des journalistes qui passent leur temps à gaver les chiens de garde et les toutous du pouvoir, mais on ne le dira pas.D’autant moins que les [kt-sonnages de journalistes en prennent pour leur ego dans le portrait, qui frappe donc efficacement de tout bord.Le cabinet Mirador fondé par Richard Racine (Gilles Renaud) emploie notamment ses fils Ijjc (David J,a Haye) et Philippe (Patrick Labbé).Ixt premier est chiant de chez chiant, baveux, arrogant, matérialiste.Il maîtrise la réplique assassine et vulgaire comme une sorte de Martin Matte avec cheveux, beaucoup de cheveux.Luc dit «plotte» et «bitch».Luc dit aussi: «Mon téléphone sonne comme le système d’alarme d’une BMW dans Hochelaga-Maisonneuve.» Le second frère, responsable de la cellule de crise, tente de conserver ce qui lui reste de morale et de droiture dans un recoin du monde qui en manque beaucoup.«C’est l’histoire d’un gars qui essaie d’être éthique dans une famille où il y en a peu, résumait le coauteur Daniel Thibeault, au visionnement.On a beaucoup donné dans l’antihéros au Québec.Nous, on a voulu écrire des ««//-Bougons.On propose un homme qui a un grand cœur, un héros dans un contexte complexe.» Daniel Thibault, gagman de spectacles humoristiques et champion de la petite phrase irrévérencieuse, a patiemment malaxé cette matière originale avec Isabelle Pelletier, comptant elle-même vingt ans d’expérience en pub et marketing.Mirador aussi boucle la boucle narrative un passage à la fois.Dès le premier épisode (Le Syndrome de Pi-nocchio), Philippe rentre au bercail, il retrouve son ex (Pascale Bussières), il reprend les hostilités avec son grand frere et il regie le dossier brûlant du grand gagnant de Québec Idole (une sorte de Star Académie, on le comprend), retrouvé avec une admiratrice droguée au GHB (la drogue du viol).Au second épisode (De l'amour et du pardon), Philippe doit choisir entre faire éclater un scandale concernant la mort à l’étranger d’un soldat canadien, fils d’une amie de sa mere, et aider le premier ministre à protéger son image.C’est juste de la télé, évidemment.: : Le Devoir 0 z : - I.K I) K V O [ H .h '> F.1 E r I) ! I DECEMBRE ^ 0 0 D CULTURE Prix citron à la télé-réalité MUSIQUE CLASSIQUE Odile Tremblay Avec la décennie agitée qui s’écoule, chacun y va de ses bilans et analyses.Plusieurs commentateurs mettent avec raison l’accent sur le rôle capital exercé depuis 2000 par les mutations technologiques en matière de codes relationnels, d’accès a l’information, etc.Grâce a Internet généralisé, aux téléphones capte-tout, purent être diffusées des images de manifestations iraniennes, de tortures en Irak par l’armée américaine, etc.Pour cela, que vive la révolution électronique! Sauf que.Le journalisme citoyen, avec blogues rédigés souvent à-la-va-comme-je-te-pousse et déculottages divers dans My Space et compagnie, eut aussi son poids de dérives.Culture du n’importe quoi à travers une information sans balises, sot voyeurisme étendu en nappe d’huile.N’en jetez plus! En dix ans, c’est bien pour dire, les mentalités ont changé à une vitesse sans précédent.Trop vite pour s’offrir le recul de l’analyse.Nouveaux médias avec afflux d’informations mal décodées, soit, mais ençore.A ne pas oublier: l’influence dévastatrice de la télé-réalité, «/a peste, puisqu'il faut l’appeler par son nom», a précipité les gens, consentants, dans une sorte de vide.Le quart d’heure de gloire au moindre quidam prédit par Warhol, dont bien du monde rêvait, offrait en revers le sinistre télécran du 1984 de George Orwell, œil tyrannique sur le privé désormais érigé en droit divin sur tout un chacun.Claude Meunier a bien pu y puiser avec plus ou moins de succès son thème pour sa Petite vie de Noël, elle fut un des grands bogues du nouveau millénaire.J’étais en France en 2001 lorsque le raz-de-marée du premier Loft Story a déferlé sur les chaumières.Choc et stupeur! La communication entre les générations passait souvent mal dans les familles de l’Hexagone.Soudain, des ou faisaient semblant de le faire, car, avec des caméras sous le nez, le naturel se contracte, devant des adultes ébahis, qui en perdaient leur sens critique.Tous les grands médias français, jour apres jour, commentaient le phénomène «télé-réalitaire», avec plus ou moins de jugeote mais avec force mots ronflants.Au Festival de Cannes, les rejetés de Loft Story faisaient accourir les foules pâmées, rejetant dans l’ombre les grandes vedettes de cinéma.Le président français Sarkozy surfa lui-même sur cette vague, transformant sa vie privée en spectacle.Au petit écran, le phénomène, qui avait débuté aux Pays-Bas, s’est, comme on le sait, étendu partout, ici comme ailleurs.Aujourd’hui en perte de souffle, cette téléréalité, mais laissant tant de débris.Car enfin, la fascination pour des encabanés sans discours ne pouvait servir qu’une junk food culturelle et créa un bataillon de sous-alimentés du bonnet.La téléréalité, même pour ceux qui n’en ont pas consommé, par effet d’entraînement, sous l’odeur de l’air du temps, a contaminé nos sociétés comme la grippe H INI.Ajoutez l’influence de la droite américaine, preachers et autres odieux moralistes religieux, qui achevèrent de transformer monsieur et madame Tout-le-monde en gardiens des ligues de vertu, obsédés du cul.Et la foule, la bave aux lèvres, de lapider sans analyse ni mise en contexte Polanski pour des crimes sexuels d’antan, Tiger Woods pour ses infidélités conjugales.Pensez donc! Un golfeur qui trompe sa femme! Au poteau! Alors que sa valeur repose quand même sur ses exploits sportifs! Et qui sommes-nous pour excommunier autrui?La télé-réalité, conjuguée au reste, a «matantisé» les mentalités.En ces bilans de décennie, comment ne pas lui attribuer un prix citron quelle n’a pas volé?Les 10 concerts classiques de l’année 2009 ados ordinaires se livraient otremblay@ledevoir.com CHRISTOPHE BOSS année 2009 a été marquée ' avant tout par un triste événement: la disparition du pere Fernand Lindsay, fondateur et directeur artistique du Festival de Lanaudiere.2009 aura aussi été l’année des rassemblements musicaux populaires impressionnants, avec le concert de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) au Centre Bell, en avril, et le récital de Placido Domingo au Festival d’été de Québec: 60 000 personnes sur les Plaines pour écouter des airs d’opéra! 2009 est aussi l’année des gros projets: les premiers coups de pelle de la nouvelle salle de concert a Montréal, dont l’inauguration est prévue en septembre 2011, ainsi que le feu vert donné au nouveau Festival estival d’opéra de Québec, qui ambitionne de devenir un Salzbourg de l’Amérique du Nord.Pour le reste, 2009, cru moyen, restera l’année de quelques instants mémorables et de pas mal de flops.¦ 1.Beethoven: Concerto pour piano n° 3.Radu Lupu, Orchestre symphonique de Montréal, Neeme Jârvi.OSM, le 17 février.Le 3 Concerto de Beethoven par Radu Lupu restera comme «le» moment musical entre ciel et terre de l’année musicale 2009, accomplissement artistique qui dépasse les capacités de l’imagination.On envie les mélomanes de la ville de Lyon, en France, qui ont eu droit à une intégrale des concertos par le même pianiste deux mois plus tard! Le début du second mouvement restera gravé dans ma mémoire pour toujours.Excellente 5 Symphonie de Chostakovitch par Neeme Jârvi en seconde partie.¦ 2.Gershwin: Concerto en fa.Alain Lefèvre, Orchestre métropolitain, Yannick Nézet-Séguin.Festival de Lanaudière, le 4 juillet.Là aussi c’est un moment ponctuel.Mais, dans ce cas, ce n’est que ce moment-là au sein d’un concert d’ouverture de Lanaudière 2009 ennuyeux et beaucoup trop long.Cela dit, un instant précis si fort reste forcément inoubliable: à la fin du ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN UNE PRÉSENTATION DE RlOTîntO AlCaTl mt Aims.ititrcKATR, axgelich CHEF YANNICK NEZET-SÉGUIN SOLISTE NICHOLAS ANGELICH.PIANO BRAHMS CONCERTO POUR PIANO N° 1 BRUCKNER SYMPHONIE N° 1 LUNDI 11 JANVIER 2010,19 H 30.SALLE WILFRID-PELLETIER, PDA oonfArbmob prBcongbrt GRATUITE A 18 H 30 ABONNEMENT 514 598 0870 ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM ConMÜ cto arts PH0T06RAPHE JOHN 10ND0N0 Québec ci a cm Conseil des Arts Canada Council du Canada for the Arts CdNSEli ES ARTS EMONTRÉAL üé LE DEVOIR Montréal® S O F I T E L Paragraph Canadbn Heritage a B I D " O 1 ' mouvement, d'un même élan, pianiste et chef se sont précipités l'un sur l’autre pour se donner l’accolade.Ce concerto de Gershwin incarnait la joie et l’ivresse de la musique.¦ 3.Paillasse de Leoncavallo et Gianni Schicchi de Puccini.Marc Hervieux, Marie-Josée Lord, Gregory Dahl, Marie-Nicole Le mieux, OSM, James Meena.Mise en scène: Alain Gauthier.Opéra de Montréal, le 26 septembre.Un spectacle de l’Opéra de Montréal comme on n’en avait pas vu depuis L’Étoile, Lak-mé et Madame Butterfly.Une distribution canadienne à 100 % et un metteur en scène du cru pour un spectacle de niveau international.La grande arche conçue par Alain Gauthier reliant les deux œuvres témoignait d'une rare intelligence et d’une impressionnante cohésion.¦ 4.Haendel: Le Messie.Rosemary Joshua, David Daniels, Alan Bennett, Andrew Foster-Williams, la Chapelle de Québec, Les Viqlons du Roy, Bernard Labadie.Eglise Saint-Jean-Baptiste, le 8 décembre.Admirable vision du célèbre oratorio de Haendel défendue par Bernard Labadie: un élan de foi, insistant de manière très unitaire sur l’aspect hym-nique de l’œuvre, très loin des interprétations claironnantes et bondissantes habituelles.Un concentré de classe, d’élégance, de subtilité, de sérénité et de lumière.porté par des solistes, un chœur et un orchestre qui s’apprêtaient à conquérir New York.¦ 5.Beethoven: Symphonies n ‘ 1,2 et 3.Orchestre de la francophonie canadienne, Jean-Philippe Tremblay.Salle Pierre-Mercure, le 11 août.Jean-Philippe Tremblay et ses jeunes musiciens ont entamé leur intégrale Beethoven comme un coup au plexus, avec des phrasés ardents et des tempos fulgurants.Le choc que l’on attribue en général à YHéroïque était transféré à la 1" Symphonie.«Si Kent Nagano, Yannick Nézet-Séguin et Jean-Philippe Tremblay dirigeaient avec leur orchestre la même symphonie de Beethoven le même soir, c’est au Beethoven électrique de Tremblay que Je choisirais d’assister», avais-je écrit.Cela résume bien l’ivresse de ce concert.On est curieux de recevoir les disques, enregistrés au Palais Montcalm.¦ 6.Mozart: Don Giovanni.Spectacle de l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal mis en Le pianiste Radu Lupu scene par Benoît Brière et dirigé par Jean-François Rivest Université de Montréal, le 25 février.La relève lyrique n’était pas en reste, avec un autre très grand travail d’équipe mené de manière astucieuse, efficace, joviale et juste par Benoît Brière.Quant au niveau musical, outre les nombreuses heureuses surprises de la distribution, nous relevions que «Jean-François Rivest empoigne Don Giovanni avec une violence crue qui ne se relâche jamais: le dramma est à l’orchestre, legiocoso sur la scène».¦ 7.Berlioz: Requiem.Michael Schade, Chœur et Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano.OSM, le 8 septembre.Le grand postulat artistique de Kent Nagano dans l’année écoulée: une partition relue d’une manière partiale, certes, mais profondément originale et pertinente.Le Requiem de Berlioz est sorti humanisé de cette approche privilégiant le mystère aux grands déploiements.C’est le type même d’interprétation qui gagnera à être reprogrammée une fois construite la nouvelle salle, car Wilfrid-Pelletier en éludait probablement bien des subtilités.¦ 8.Purcell: The Fairy Queen.Montréal baroque, le 25 juin.Spectacle très anglophone et mal introduit par le programme (manque de précisions sur l’agencement et la nature des extraits et absence de traduction des paroles).Ceux qui ne connaissaient pas l’œuvre au préalable ont pu se sentir exclus.Les autres ont goûté la soirée musicale la plus drôle de l’année, où le quatuor de jeunes acteurs du Repercussion Theater a LanouvëlîecreatîondeDanièleDesnoyers Devorer le ciel 14, 15, 16 janvier 2010 Centre Pierre-PélaUeau Salle _ Billetterie : 51A 987.6919 r pierre-mercure AMAicctrmi.ci/.r ADMISSION : SIA 790.1245 laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Place des Arts Québec :: DANSEDANSE.NET Tttjk.MARY ROBERT / DECCA presque éclipsé les musiciens (mais pas le ténor Charles Daniels).La remarque liminaire n’est pas anodine: on demande à Suzie Napper de retenir la leçon pour l’édition 2010.Le droit à l’erreur ne vaut qu’une fois.¦ 9.André Laplante: récital au Ladies' Morning, le 26 avril.André Laplante n’est pas le plus médiatique de nos pianistes québécois et, à ce titre, passe derrière Marc-André Hamelip, Alain Lefèvre et Louis Lortie.A part la manie de chantonner ou de pousser de petits râles, très pénalisante au disque, il n’y avait rien à redire à ce grand récital consacré à Liszt.Une sonorité puissante, habitée et nourrie; des lectures très cadrées, concentrées et sans fioritures inutiles.André Laplante s’est livré à une opération de reconquête de son public montréalais.Opération triomphalement réussie.¦ 10.Récital de clavecin Rinal-do Alessandrini.Clavecin en concert, le 6 février.La prime à la curiosité, à l’audace et à l’inventivité reste bien trop faible sur le marché des spectacles musicaux montréalais.Ce récital méritait salle comble.Les absents ont eu tort Alessandrini a livré une leçon d’intelligence dans la composition du programme et de clairvoyance interprétative, avec un programme italien et français qui mettait le doigt sur le génie de Girolamo Frescobaldi.Le musicien italien nous a donné ce soir-là des moments vertigineux.Beaux moments et grands flops Quelques autres beaux moments: les Variations Goldberg par Evgueni Koroliov au Festival Bach, le troisième concert de l’hommage de Pro Musica à Marc-André Hamelin (concert avec Les Violons du Roy), le Quatuor Vogler à Pro Musica et le Quatuor Pacifica au Domaine Forget.Les grands flops?Trop nombreux, hélas: le massacre musical — par I Musici et une chanteuse indigne — du spectacle Mozart d’Eric-Emmanuel Schmitt; la perverse et fantasmatique Messe en si de Matthias Maute au Festival Bach; le bruit déversé par l'amplification du concert de Roby Lakatos à Or-ford; Sibelius par John Adams à l’OSM et l’image d’octogénaires à bout de force après 45 minutes d’attente debout dans un terrain vague pour avoir le droit de monter à la tente du festival Knowl-ton (et qui ne savent pas qu’ils mettront probablement plus d’une heure à en redescendre) sont les aberrations qui me viennent en premier à l’esprit Le Devoir BAPTISTE GR1 FESTIVAL DE LAN AU Alain Lefèvre au dernier rival de Lanaudière ) If DEVOIR.L E .1 E l D I ;i I I) t I E M B K E 2 0 0 ;» SPECTACLES (T LITRE Quelques déchaînés et douze rapaillés Liste tout à fait subjective des dix meilleurs spectacles québécois en 2009 SYLVAIN CORMIER Chaque annee.la precision s’impose, lapalissade ou pas.Voici donc mes dix meilleurs spectacles d'ici, tels que choisis parmi les spectacles auxquels j'ai assiste.Eh oui.Ça explique certaines omissions, indéfendables autrement.Leloup au Metropolis?Je n'y étais pas.Martin Léon au National?Pas là non plus.Dumas au Metropolis?Arrivé trop tard.Et ainsi de suite.J’étais là où j’étais, pas ailleurs.Et c’est souvent ailleurs que ça s’est passé.Quoi?Le show de l’année, peut-être bien.Mais il n’y a, dans ma dizaine glorieuse, que de très, très mémorables soirées: l'industrie s’appauvrit, les salles sont moins pleines, mais les artistes sont plus épatants et plus renversants que jamais.1.Antoine Gratton, au Club Soda.Déchaîné?Démentielle-ment époustouflant?Brillamment éblouissant?Je manque de mots.«Formidable» ne décrit pas son entrée en scène de Stade olympique, son tuxedo lamé rouge glam-rock estampillé 1973, son piano-boule miroir.«Aisance» ne dit pas l’effarante vivacité d’esprit qui lui permet de réagir illico à n’importe quoi: son sens du happening.«Vaste culture musicale» ne dit pas l’intégrale Elton John, Billy Joel et autres Gershwin qu’il a au bout des doigts, ce répertoire infini qui squatte constamment ses chansons à lui.J’exagère, vous trouvez?Aller le voir une fois, pour voir.Vous verrez.2.Douze hommes rapaillés, à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA (FrancoFolies de Montréal).Douze hommes, les mots tendres et puissants de Gaston Miron, les musiques admirablement démaquillées de Gilles Bélanger.Douze hommes sur scène en même temps: Louis-Jean Cormier, Michel Rivard, Pierre Flynn, Jim Corcoran, Daniel Lavoie, Vincent Vallières, Martin Léon, Yann Perreau.David Marin, Yves Lambert, Richard Seguin, Belanger.C'était un bivouac en forêt boreale, une virée de chums au carre Saint-Louis, c’étaient nos hommes, magnifiques.Et cette soiree vécue en leur compagnie, rien de moins qu’historique.3.David Marin, au Lion D'Or, dans Les Bars en folie des FrancoFolies de Spa et sous un chapiteau aux FrancoFolies de Montréal.Sorte de Richard Desjardins à tète de Fred Pellerin qui aurait bouffé du Stephen Faulkner pour déjeuner, David Marin est un grand efflanqué un peu penché sur son instrument, hilare un instant, émouvant l’instant d'après, du genre qui aime faire rimer ses portraits de société en mots amalgamés.Partout où je l’ai vu, et je l’ai vu partout, il s’est gagné de petites foules pas gagnées d’avance.Il n’en restera pas là.4.Catherine Durand, au Lion d’Or.J’aime Catherine Durand, on le saura.Depuis Cœurs migratoires, son quatrième disque, je l’aime plus encore.Et le spectacle de Cœurs migratoires en avait l’envergure.Les crescendos gigantesques, les délicatesses extrêmes, le très palpable et le très planant en même temps, tout était là, amplifié, élargi.Ce n’est pas grand, le Lion d’Or, et pourtant la musique avait de la place comme Pink Floyd en avait à Pompéi.Version folk nord-américaine.5.Louise Forestier, au National.Une expérience unique et heureuse.L’expérience de la rencontre entre un groupe — El Motor, dont le fiston Alexis — qui joue du rock comme en 1969-1971 (organique manière The Band, un brin «prog» au besoin) et une chanteuse qui a justement connu le succès à cette époque-là, en a gardé la fougue et le chien, mais porte JACQUES GRENIER LE DEVOIR Urbain Desbois présente en codiffusion avec eTHÉÂTRE DENISE-PELLETIER LE PORTIER DELA GARE WINDSOR de Julie Vincent MISE EN SCÈNE JULIE VINCENT avec JEAN-FRANÇOIS CASABONNE, FRANCESCA BÂRCENAS, STÉPHANE BLANCHETTE, NOÉMIE GODIN-VIGNEAU, JEAN MAHEUX, VICTOR ANDRÈS TRELLES TURGEON, GENEVIÈVE RIOUX et ERIC ROBIDOUX Billetterie: (514) 253-8974 f-J- -1- ~ \ Salle Fred-Berry !_____, _ 4353 rue Ste-Catbenne Est BEWSt-PlIirilR Montréal âw- Cf *quete
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