Le devoir, 8 décembre 2005, Cahier A
V o l .X C V I N 2 8 0 ?-?w w w .1 e d e v o i r.c o m ?— ),i: Dfl VOIR __________LE J E r 1) 1 8 DÉCEMBRE 2 0 0 5_8 7 ¦> r a .w: s * 1 $ Le Canada et TUE ciblent Washington Bush est sommé de lutter contre les changements climatiques LOUIS-GILLES FRANCŒUR Vnion européenne et le Canada ont ciblé les ' Etats-Unis hier à l’ouverture de la phase politique de la conférence internationale de Montréal sur le climat, réclamant du président George W.Bush qu’il livre en quelque sorte la marchandise promise lors de la dernière rencontre du G8 à Gle- neagles, en Ecosse, et au Sommet des Nations unies de septembre dernier en se joignant aux efforts de la communauté internationale pour lutter contre les changements climatiques.Le commissaire européen à l’Environnement, Sta-vros Dimas, a cité textuellement le communique final de la rencontre de Gleneagles, où le président Bush avait déclaré avec ses collègues: •Nous sommes prêts à avancer à ce forum [la conference de Montréal] dans une discussion globale sur un plan d'action et de coopération à long terme pour faire face aux changements climatiques.» •Je m 'attends, a déclaré le commissaire Dimas, à ce que nos partenaires américains nous disent comment ils vont traduire cet engagement en mesures concrètes.* •La conférence de Montreal est l'endroit où nous al- lons faire les premiers pas.mais ce seront des pas décisifs pour nous attaquer aux changements climatiques.Nous n avons pas de temps à perdre», a-t-il laisse tomber en faisant planer la menace d’adopter la stratégie des écologistes, selon lesquels il est totalement inutile d’attendre ou de discuter avec les Américains en VOIR PAGE A S: CLIMAT ¦ Mulcair désavoué par Charest?, page A 4 Gain capital pour les pays en développement, page A 8 XÏ& J LE DEVOIR, LE JEUDI 8 DECEMBRE 2005 I J D I T 0 R I A L Relativisons On aurait pu croire qu’après six ans de palmarès de L’Actualité, où certaines écoles chutent ou grimpent de 50 rangs selon les années, que les analystes auraient compris que tout classement est à analyser avec précaution.Pourtant, voilà que les résultats du Québec à une enquête internationale servent de prétexte pour crier haro sur la réforme scolaire.Et «prétexte», ici, est un mot crucial.LE DEVOIR D Josée Boileau ans le milieu de l’éducation, où s’affrontent les chapelles des uns et les intérêts des autres, certains sont si farouchement opposés à la réforme qu’ils ne lui font aucun quartier.Les voilà donc qui s’approprient le rapport Tendances de l’enquête internationale sur la mathématique et les sciences (TEIMS) de 2003.Le rapport TEIMS évalue les élèves de quatrième année du primaire et de la deuxième secondaire.En 2003, la réforme n’est pas appliquée au secondaire et n’a cours que depuis deux ans en quatrième année, avec toutes les incertitudes, les résistances syndicales et les ajustements qui entourent son implantation.Que dit pourtant le rapport TEIMS?Que le Québec obtient des résultats «significativement supérieurs» à la moyenne internationale.Sauf qu’ils sont beaucoup plus bas que lors du relevé de 1995, particulièrement au primaire, note un rapport du ministère de l’Education.C’est assez pour que certains sautent aux conclusions.La prudence s’impose pourtant en ces matières.Prenons le cas des élèves de la deuxième secondaire.Selon le TEIMS, ceux-ci ont obtenu en 2003 des résultats moindres en mathématiques que ce qu’ils avaient enregistré en 1999: les élèves se classent quand même au sixième rang dans l'échelle des pays testés mais le ministère s’attarde davantage à la chute de 23 points de leurs résultats.Or, en 2003, un autre test tout aussi sérieux et tout aussi prestigieux, le PISA (Programme international [x)iir le suivi des acquis des élèves), qui s’applique aux élèves de 15 ans, faisait aussi voir que le Québec occupait la sixième place en mathématiques.C’était là une baisse par rapport au deuxième rang de l’an 2000.Mais l'analyse tirée alors par Statistique Canada soulignait qu’en fait, le rendement du Québec était tout à fait comparable à Hong Kong, le premier de classe cette année-là.Et le déclin réel du Québec en sciences entre 2000 et 2003 n’avait pas été imputé à qui que ce soit.D’où l’importance de relativiser les résultats.D’ailleurs, si, à Québec, le ministère a choisi de comparer le TEIMS 2003 à ceux des années passées, on notera qu’en Ontario, on a adopté une tout autre approche.Les Ontariens ont préféré se comparer.au Québec! Le rapport ontarien souligne donc qu’en mathématiques au primaire, les élèves ont obtenu des résultats «bien supérieurs à la moyenne internationale» et que, à cet égard, il n’y a pas «de différence significative» entre les élèves du Québec et de l’Ontario.Nos voisins s’en réjouissent pendant qu’ici nos résultats créent des remous! Autre exemple de prudence avec les données: le TEIMS 2003 démontre une différence significative entre les anglophones et les francophones du Québec (en faveur de ceux-ci) pour les mathématiques de la quatrième année.Faut-il encore accuser la réforme?Et que dire de la géométrie?Dans le PISA, c’est le domaine des mathématiques où le Québec est le plus faible.Dans le TEIMS appliqué aux élèves du secondaire, ceux-ci ont un meilleur rendement en matière de «données».Mais dans le cas des élèves de quatrième année, c’est en géométrie qu'ils se démarquent le plus par rapport à la moyenne internationale.Faut-il saluer la réforme?On le voit, les liens de cause à effet sont des plus pernicieux en ces domaines.S’il est impératif que la réforme soit évaluée, il faut que ce soit f;üt avec rigueur.Trop de parents voient bien que leurs enfants ne sont pas en perdition pour éviter les jugements ex cathedra.jboileau@ledevoir.ca Par ici la torture endant la tournee quelle poursuit en Europe, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a dû faire face à une série de questions qui traitaient toutes du même sujet; le transport sur le territoire européen de personnes soupçon-nées d’appartenir à la mouvance terroriste.Sa réponse?On ne torture pas sur le sol américain.Mais ailleurs.Tout, est là.dans cet ailleurs qui s’appelle le Maroc, l’Egypte et F Algérie.À la suite des révélations du Washington Post selon lesquelles certaines nations européennes ont collaboré avec la CIA en acceptant que des centres de detention soient implantés ou en autorisant l'usage de l’espace aérien afin d’acheminer des individus vers ces trois pays, on sait que des actes de torture ont été commis.En clair, la ÇIA a sous-traite, c’est le cas de le dire, la sale besogne.A des degrés divers, tous les membres de l’Union européenne ont participé à ces opérations.Ils ont mis la main à la pâte en ayant conscience de ce qui adviendrait.De fait, il y a matière à se surprendre de leurs reactions soit étonnées, soit indignées.Voir, par exemple, le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw exiger des explications au nom de l'UE relève quelque peu de la bizarrerie.Le cas britannique est d’ailleurs si riche en enseignements qu’il mérite une attention particulière.Grâce au travail accompli par des journalistes du Glasgow Herald, on sait entre autres que les services de renseignement britanniques ont formule des questions qui ont été posées par les ser-vices équivalents au Maroc qui avaient hérité, si on peut dire, d’un certain nombre de ressortis-sants marocains faits prisonniers en Afghanistan et transportes txir un avion de la CIA On sait également que les sevices infligés par certains fonctionnaires algériens de la sécurité se sont soldés par de fausses informations.Sous le coup de la torture, un individu a «inventé» un complot à la ricine sur le sol britannique, ce qui s’est avéré faux.la.on touche exactement au combat que mène le sénateur républicain John McCain au Congrès.Depuis plusieurs semaines, ce vétéran de la guerre du Vietnam qui a subi d^ traitements violents lorsqu’il était prisonnier s'oppose avec force au lobby que poursuit le vice-président Dick Cheney.CV lui-ei voulait que les agents de la CIA strient exemptés.De quoi?De l’interdiction de la torture que McCain veut inscrire plus fermement dans la loi.Le sénateur va jusqu’à proposer des balises aux interrogatoires car il a la conviction que le recours à des pinces ou à des électrochocs produit des effets contraires à ceux escomptes.CQFD: la victime de sévices finit toujours par dire ce qu'on souhaite quelle dise sans trop se soucier de la véracité de ses affirmations.Après l’adoption de cette proposition par une forte majorité de sénateurs, on s’attend à ce que les membres de la Chambre des représentants en fassent autant.Ainsi, la torture restera interdite sur fo sol américain.Evidemment, cela ne modifiera en rien le recours à des pays tiers auxquels on demande de formuler les questions qu'on souhaite voir poser.S’il est vrai que l’Union européenne a inscrit dans fo texte la prohibition d'un tel acte, cela n’a pas empêché certains membres de collaborer ou, autrement dit.d’entacher la vertu prétendue de l’Europe.P Serge Truffaut FONDÉ FAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE CoWoLîtTZb SÎCÊ SWlt^UÊ Su* US «VoW StCRZtS» D£ LA CIA.Vt LA ToRTuRÇ £$T UN Si K?U NoLiVé ClMSG iCONOM (M2 L E T T -4- R E S Sobriété et pancartes électorales Yvan Loubier, député bloquiste du comté de Saint-Hyacinthe-Bagot, s'est engagé dans le journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe du 30 novembre dernier à n’avoir qu'un minimum de pancartes électorales pendant la campagne électorale fédérale actuelle.Diminuer de telles dépenses électorales, remboursées à 50 % par les contribuables, est très bien.Cela servira aussi à améliorer l’environne ment visuel et à diminuer d’autant l’enfouissement de ces trop nombreuses, coûteuses et peu utiles pancartes.Espérons ensemble que tous les candidats de tous les comtés suivront cet exemple pour multiplier ainsi les bénéfices à la population.enfin! Gilles Bousquet Saint-Hyacinthe, le 4 décembre 2005 Les fourberies de M.Martin Dans un ultime effort visant délibérément à berner l’électorat, le parti du tripotage, de la duplicité, des scandaleux gaspillages commandités, bref, cette dyarchie composée de politiciens à la probité douteuse et de petits amis à la voracité peu commune vient de s’inventer une nouvelle appellation d’origine contrôlée (AOC).Dorénavant, dans le but d’anéantir l’image de Jean Chrétien qui revient constamment hanter ce groupe d’honnêtes politiciens, il ne faudrait plus vulgairement référer au Parti libéral du Canada mais, plus élégamment, aux libéraux de Paul Martin.À mon sens, le dernier cru est tout aussi imbuvable que son ancêtre.En regardant de plus prés les ingrédients qui composent cette présumée fraîcheur politique, on reconnaitra une odeur familière et un goût qui, jadis, exerçaient sur les papilles politiques une répulsion instantanée.Il s’agit d’un indigeste ragoût à l’ancienne servi à., l’ancienne.A ce que je sache, la nouvelle équipe, qui comprend les Dion, Pettigrew, Robillard, Coderre, Saada, Frulla, Paradis, Shearer et j’en passe, la liste est interminable, constitue une macédoine qui ressemble fort étrangement à la recette précédente.D’ailleurs, Paul Martin lui-même n’est-il pas une créature de Jean Chrétien, dont il a été le fidèle lieutenant pendant plus d’une décennie?Et l’ineffable myrmidon d’Outremont, Jean Lapierre, n’était-il pas un fier compagnon d'armes du tandem Trudeau-Chrétien au début des années 80, lors du rapatriement unilatéral de la Constitution?Les fourberies de Martin [.] ne tromperont personne, du moins au Québec! Les libéraux de Paul Martin, le Nouveau Parti libéral ou le Parti libéral du Canada sont de toute façon trois copies conformes.Danielle Lafortune Québec, le T’décembre 2005 La coalition de l’asphalte Guy Chevrette s’est fait le porte-parole d’une coalition de fabricants d’asphalte et de béton, d’ingénieurs, de constructeurs de routes et de compagnies d'autobus et de camionnage pour réclamer des différents ordres de gouvernement que le montant consacré chaque année à l’entretien des routes et des autoroutes du Québec pas- se de 750 millions à deux milliards de dollars, et ce, pour une période de dix ans.L'augmentation demandée s'élève à 12,5 milliards en dix ans.Pour la justifier, la coalition se base sur une «étude» interne qui affirme que l’Etat perçoit annuellement 5,5 milliards auprès des différents usagers de la route mais qu’il ne leur retourne que 750 millions.Quelle injustice! [.] Il semble que la coalition pour l’entretien et la réfection du réseau routier du Québec n’ait retenu, pour son «étude», que les chiffres qui font son affaire.Par exemple, pour évaluer le coût réel de l’entretien et du développement du réseau, il faut tenir compte des coûts de l’éclairage, du déneigement de la signalisation, de la réfection et de la construction.Or, pour la seule année 2002, les trois ordres de gouvernement auraient affecté environ 2,8 milliards à ces postes budgétaires auxquels il faut ajouter une somme de 12 milliard — par ailleurs insuffisante — au seul chapitre de la sécurité publique.A cela, il faut aussi prendre en compte un minimum de deux milliards pour couvrir l’ensemble des coûts de santé imputables au transport routier.Et le total de six milliards déjà atteint pourrait facilement doubler si on tenait compte des dépenses générales liées à la pollution atmosphérique causée par les moteurs à combustion interne, à l'étalement urbain et au stationnement.[.] Ainsi, pour respecter le principe de l’utilisateur-payeur, ne serait-il pas plus juste, dans la situation actuelle, d'augmenter, voire de doubler le coût d’immatriculation des véhicules ainsi que les taxes perçues à la pompe?Il semble que la coalition de M.Chevrette ait quant à elle choisi de réclamer plus d'argent pour de l'asphalte.[.] Marc Boutin Québec, le 30 novembre 2005 LIBRE 0 P —4— I N I 0 N Quand rendre public n’est pas la solution D FRANÇOIS FI LIATRAl! LT Professeur de psychologie sociale au cégep de Saint-Laurent ans l'édition du Devoir du 22 novembre.Brian Myles évoquait, en le déplorant le tabou qui règne au sujet du phénomène du suicide dans le métro de Montréal, un des rares faits divers dont les médias ne parient pas encore.Il exposait quelques chiffres et expliquait cette absence en rapportant la décision de la police et de la Société de transport de Montréal (STM) de ne pas faire état de ces suicides, ratés ou réussis, «sous prétexte que la publicité incitait d autres malheureux à passer à l'acte dans les jours suiwnts».J'ignore les motifs qui ont mené la STM (sans doute soucieuse tant de la vie humaine que de la bonne marche d’un service public essentiel) à adopter cette position, mais celle-ci n’est sûrement pas un «prétexté»'.Qu elle ait ete basée sur des études se rieuses, sur La simple intuition ou sur un principe de précaution, cette décision est la seule qui vaille en ce domaine.M.Myles évoquait la nécessité de tout mettre en teuvre pour prévenir le suicide dans fo métro, et cela est tout à fait louable.Mais penser qu’il suffise de parler d’un problème sur la place publique pour contribuer à le regler n’a foi aucune pertinence, bien au contraire.La «preuve sociale» Dans son passionnant Influence et manipulation (First Documents, [1990) 2004), Robert B.Ciaküni rapporte avec beaucoup de details les résultats des recherches de David Phillips, professeur à l’université de la Californie à San Diego.Décrivant ce qu’il nomme Y «effet IDr-ther», celui-ci «a démontré qu immediatement après une histoire de suicide sensationnelle, le taux de suicide augmente très nettement dans les zones où la nouvelle a été largement diffusée».D'après ses calculs, dans les deux mois qui sui- vent la relation de l’événement, le nombre de suicides augmente en moyenne de 58 cas! Ces données sont extrêmement troublantes.Même s'il fallait tenir compte de la densité de la population et d’autres facteurs démographiques.un accroissement chez nous ne serait-ce que d'une dizaine de cas (et même, sur le plan moral, d'un seul) serait déjà beaucoup trop considérable.Ce phénomène relève du processus d’influence que les psychologues sociaux nomment la «preuve sociale» et qui rend compte d'une foule de comportements et d'attitudes dans notre vie de tous les jours.Sans que nous en soyons conscients le moins du monde, ce processus est à l'œuvre au moment où le comportement des autres (et ce.d'autant plus qu’ils nous ressemblent par l'âge, la condition sociale et d’autres caractéristiques) nous sert de réference ou d'exemple.Comme le dit Cial-dini.«nous jugeons qu 'un comportement est plus approprié à une circonstance particulière si nous voyons d'autres personnes l'adopter».Ce n’est pas different dans le cas du suicide: s'il est montré ou rapporté, ne serait-ce qu'indi-rectement.ce comportement apparaitra comme une «solution» ou un incitatif aux personnes qui vivent de graves difficultés ou de grandes souffrances.Si on peut affinner que quelqu’un qui veut se suicider le fera selon toute probabilité et par n'importe quel moyen, il est néanmoins certain que.par une sorte de mimétisme, le fait de parler publiquement et à grande echelle de ces cas fera augmenter le nombre des personnes qui voudront s’enlever la vie.Et le passage à Fade se fera dans des circonstances similaires à celles qui auront été observées chez le «modèle».L'intérêt de capter l'attention De phis, pour ce qui est du métro, la possibilité d'affecter momentanément la vie de centaines de personnes est sans doute très attiran- te pour ceux qui veulent capter l’attention.Ceci laisse supposer que le fait de dire, chaque fois que c'est le cas, que le service a été interrompu pourrait être également un puissant incitatif à utiliser le transport public pour autre chose que voyager d'un point à un autre.On pourrait cependant croire, comme M.Myles semblait le suggérer, que ferait réfléchir le fait de diffuser l’information disant que la plupart des tentatives de suicide dans le métro ratent et causent des blessures pour toute la vie.Je crains cependant que ces renseignements n'auraient hélas aucun impact sur la décision d'employer ce moyen pour mettre fin à ses jours, le syndrome du «ça n'arrive qu’aux autres» jouant son rôle ici comme ailleurs.Les médias ne sont pas neutres quand ils rapportent les faits divers: ils ne sont pas qu’un reflet informatif de la réalité sociale, fis participent à bien des égards, pour le meilleur et pour le pire, aux événements qu’ils relatent.À cet égard, on s’interroge sim le nombre relativement éleve des assassinats perpétrés par des hommes sur des membres de leur famille, gestes le plus souvent suivis de suicides.Conv me ces événements sont racontés par les médias dés qu’ils se produisent il y a fort a parier que leur nombre est fonction de cette publicité.Sans compter que.loin de presenter une quelconque possibihte d'aide aux personnes en difficulté, la volonté de briser le «tabou» du métro ne fasse que mener a phis de sensationnalisme dans les journaux et sur nos écrans.La très respectable intention de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour prévenir le suicide dans le metro ne saurait s’accompagner de l'intrusion des cameras sur les fieux de ces événements tragiques, même au nom du «droit à 1 information».La seule solution qui s’offre aux médias, aussi paradoxale soit-elle, c’est de ne pas en parler.Jusqu'à preuve du contraire, respecter cette «prohibition» est un devoir d'humanité. LE DEVOIR LE .1 E 1' P 1 8 DECEMBRE 20 0 DEES Réforme de l’éducation : gare aux caricatures ! ARTHUR MARSOLAI S Chercheur en éducation a réforme en cours de l’éducation s’applique depuis septembre en première année du secondaire.En même temps, de fortes polémiques s’élèvent.La polémique médiatique actuelle (La Presse, revues Possibles, Relations, A bâbord et L’Agora, entrevues à'Indicatif présent à la radio de Radio-Canada) accrédite une image de la réforme qui glisse vers la caricature.Les aspects périphériques passent au centre de l’attention.Le cœur de la réforme, pour le secondaire, comprend essentiellement cinq éléments centraux: ¦ un recentrage sur les disciplines; ¦ la restauration d’un champ décent de cours optionnels en ^ et 5' secondaire; ¦ l’adoption, comme critères de qualité des divers enseignements, de capacités génériques d'ordre intellectuel et social que les diverses matières, bien apprises, peuvent faire progresser; ¦ le choix de ne plus placer en parallèle dans divers mini-cours ad hoc les soucis de citoyenneté, de santé, d’environnement, de sexualité, de sociabilité et de recul face à la marée ludico-médiatique mais d'infuser dans les apprentissages disciplinaires eux-mêmes (éducation physique, histoire, langues, littérature, arts et sciences) ces visées de l’ordre d’une formation personnelle et sociale en annulant la vaste marginalisation héritée du début des années 80; ¦ le cinquième et dernier choix central et structurant concerne solidairement le primaire et le secondaire.D s’agit d'une prise en charge de la progression des élèves telle que tous avancent au fil des neuf i premières années d’études dans l'esprit d’une formation de base non sélective.Qu'ils avancent, donc, d'une façon qui n'exige pas de 20 à 25 % des jeunes de prendre 11 ans pour compléter leur 3' secondaire.Et, exactement dans la même logique, que la 4' et la 5' secondaire cessent de convenir essentiellement aux futurs cégépiens, que tous puissent y trouver leur profit particulièrement grâce aux cours optionnels, y compris en se préparant à des formations non collégiales dans divers métiers.Résultante du nouveau cadre Que se passe-t-il de différent pour les élèves dans le nouveau cadre?Ils étudieront beaucoup plus d’histoire-géographie et plus de français dans les écoles françaises.Ils recevront un peu plus d’éducation artistique.Au lieu de cours de sciences sans rapport séquentiel d’une année à la suivante, ils entreront dans une démarche d’initiation scientifique et technologique plus suivie et plus cohérente.Ils ont enfin parmi eux un contingent substantiel de compagnons qui, dans l’ancien système, seraient encore au primaire dans la mesure où le mode de soutien pédagogique appelé par la réforme au primaire a ou aura commencé à faire sa marque.Les choix structurants qui relèvent de la responsabilité d’un Etat sont naturellement complétés par des orientations pédagogiques qui ne détruisent pas la latitude professionnelle dont jouissent les ensei- gnants.Dans ces orientations pédagogiques, la principale est la promotion d’une pédagogie différenciée et d’une prise en charge plus collective du soutien pedagogique dans le cadres de cycles pluriannuels.La seconde porte sur l’insistance à pousser l’appropriation de la connaissance, au-delà de s’en souvenir, jusqu'à savoir l’appliquer, la mobiliser.C’est pourquoi les programmes d’études des diverses disciplines se formulent et se structurent autour de «compétences», c’est-à-dire de capacités à tirer parti de ses acquis dans des situations d’une certaine complexité: d’où aussi l’idée de faire jouer parfois une |jédagogie de projets.Su.cet horizon, les auteurs des programmes d’études ont volontiers recours à l’école de pensée construe- Point tournant à TUdeM SAMIR SAUL Professeur d’histoire et premier vice-président du Syndicat général des professeurs de l’Université de Montréal lors que se termine le conflit à l’Université de Montréal, il convient d’entamer la réflexion sur le sens des événements que vient de vivre l’institution.C’était la première fois que les professeurs de l’UdeM faisaient la grève.Le caractère conciliant, amène, voire allergique à l'affrontement de notre corps professoral est proverbial.Le programme d’activités du Syndicat général des professeurs de l’Université de Montréal (SGPUM) pour l’année 2005-06 ne contenait rien qui s'apparenterait de près ou de loin à une grève.De fait le syndicat préparait les festivités pour célébrer son 30' anniversaire.Début septembre, la question salariale, objet du litige qui a donné lieu à la grève, semblait être en phase de résolution.Depuis les compressions des années 80, les salaires à lUdeM ont été à la traîne de ceux du GIO (groupement des dix universités ni recherche canadiennes, auquel appartient l’UdeM).En 2004-05.le SGPUM et l’administration parrainaient une étude indépendante qui fournissait les chiffres.La négociation pour le rattrapage s’annonçait comme une affaire de routine puisqu’il suffisait de se référer au rapport accepté par les deux parties le 6 septembre.H n’en a rien été.L’administration a déposé des propositions si éloignées des conclusions du rapport qu’il a d’abord fallu se convaincre de leur authenticité.Ignorant l’objectif de l’atteinte de la parité avec la moyenne du G10, elles élargissaient l’écart existant Déjà dans la cave salariale du G10, les professeurs de l’Ude.M s’y enfonceraient davantage.Drôle de rattrapage.Pas différents des autres, les professeurs ne goûtent pas qu’on leur rie au nez.C’est peu dire que la négociation était mal engagée: une ambiance délétère s’est installée dès le début.Tout se passait comme si l’administration se prenait pour un souverain qui octroyait ceci ou retirait cela selon son bon vouloir, pas comme un interlocuteur à la recherche d’un terrain d’entente.Fouler aux pieds un rapport accepté la veille, faire des offres salariales frisant l’injure et privilégier l’unilatéralisme au lieu de négocier étaient presque conçus pour semer l’émoi au sein du corps professoral.Loin d’enjoliver les offres, des communiqués hyperboliques, dissimulateurs et insistants jetaient l’huile de la désinformation sur le feu.Les professeurs rappelaient que les subventions qu’ils obtenaient pour leurs recherches plaçaient î'UdeM au deuxième rang au Canada, réalisation dont l’administration était prompte à s'enorgueillir.Ils notaient que I’UdeM était au deuxième rang du G10 pour le ratio étudiants-professeurs.Le contraste avec leur dixième rang salarial était frappant Le contexte Si la conjoncture aiguisait les tensions entre professeurs et gestionnaires, celles-ci étaient déjà latentes.L’esprit hiérarchique et autoritaire, la transformation subreptice du corps professoral en subordonné de l’administration et sa marginalisation dans les instances décisionnelles viciaient l’atmosphère.A la dérive dans le mode de fonctionnement s'ajoutait celle de l’orientation de l'université.Le primat acquis par la quête de financement la soumettait au marché.aux bailleurs de fonds privés et à des exigences s'éloignant de la mission universitaire.Le sentiment d'aliénation par rapport au modèle d'institution vers lequel se dirigeait I'UdeM creusait une fossé entre professeurs et administrateurs.La position de ces derniers au sujet du rattrapage salarial reflétait leur perception de l’université, leurs priorités et la valeur qu'ils accordaient a la fonction de professeur.Elle a fait monter à la surface tous les mécontentements.Une grève pour le renouveau ?Le dialogue de sourds et l’impasse conduisaient au recours aux moyens de pression.Peu portés vers les rapports de force, très attachés à leur travail, à leurs étudiants et à une institution dont ils sont le pilier et le moteur, les professeurs d’université ne font pas la grève de gaieté de cœur.L’attitude de l’administration les a fait franchir le pas.Pendant la grève, les professeurs découvraient une solidarité trop souvent absente de leur vie quotidienne.Les piquets de grève devenaient des lieux de convivialité et de fraternisation.La convergence des piqueteurs sous la tour de l’université et les manifestations avaient un effet rassembleur certain.Ir-s repas du midi se doublaient de forums publics de discussion.L’individualisme qui imprégné la fonction professorale cédait le pas a l’esprit collectif.La conscience d'avoir des intérêts communs, de vouloir occuper la place qui leur revient dans l’institution et de concorder sur la nécessité de ramener l'université à sa mission première, tel est le thème à trois volets qui a rapproché les professeurs.La greve aura été un point marquant dans l'histoire de l’UdeM.Il est peu probable que l’université demeure la même.Les façons de penser et de faire sont mûres pour du changement.Une configuration originale et un souffle nouveau sont nés de l’affirmation de soi du corps professoral.L’administration aura-t-elle la sagesse d’en prendre acte et de rompre avec des pratiques obsolètes?Comprendra-t-elle que cette impulsion nouvelle est essentielle a l'essor de l’UdeM?Les dossiers à traiter sont nombreux.L'avenir dira s'ils seront abordés dans un état d'esprit qui tiendra compte des événements de l'automne 2005 ou comme si rien de significatif ne s'était passe.Gagne-petit et professeurs de FUniversité de Montréal CHRISTIANE DUPONT Montréal esdames et messieurs les professeurs, Bien qu’il ne serve vraisemblablement plus a rien d epiloguer sur le conflit qui vous opposait, professeurs titulaires, à l’Université de Montréal (mon aima mater), ce conflit étant maintenant chose du passé, j’aimerais faire réfléchir quelques-uns d’entre vous à l’approche de cette saison qu’on dit festive.J’ai un conjoint qui va (peut-être, lui a-t-on dit) perdre son emploi (au privé, rien n’est garanti) au retour des Fêtes; le couperet tombera le 13 janvier.Nous avons quatre enfants à faire vivre et mon salaire suffit difficilement a une personne seule.Par ailleurs, nous sommes loin d’être les seuls dans cette situation si vous lisez l'actualité.J'ai un fils qui a sérieusement hypothéqué son trimestre d’études supérieures en droit après avoir fait le choix conscient d’aller étudier ce cycle a I’UdeM.Au sein même de votre établissement, des chargés de cours qui font parfois le même travail que vous ont un salaire plus qu’inférieur au vôtre.Vous gagnez des émoluments supérieurs à ceux de beaucoup de Québécois (travailleurs précaires, pigistes et tutti quanti).Et nombreux sont ceux qui, parmi eux, ont aussi complété des études universitaire.jeunes ou vieux Boulots mal rémunérés Dites-moi, avez-vous déjà tra-vailk- avec des gagne-petit-' Apres avoir gagné d'excellents salaires, je me suis retrouvée il y a quelques années — en panne de JACQUES NADEAU I.E DEVOIR tiviste en matière de conception de la connaissance.On peut recevoir cela comme un incitatif à mobiliser au maximum la dynamique intellectuelle des élèves.On peut aussi interpréter la chose comme une porte ouver te au scepticisme, au subjectivisme et à fa dévalorisation du savoir, d’où des polémiques acerbes sur ce point particulier, à mon sens relativement périphérique.Sommes-nous en train d'aller collectivement vers mieux, vers beaucoup mieux, avec la présente réforme, ou bien sommes-nous en train de laisser gâcher une situation convenable?Il est presque impossible d’en discuter vraiment si on argumente à partir de caricatures polémiques, en oubliant les traits structurants de la réforme.Exorcisons l’amnésie! carrière — dans cette situation.J’ai connu Ces travailleurs de l’ombre; j’en étais une moi-même.Ces gens ont du cœur.du cœur au ventre, mais pas d’argent.Ils doivent souvent cumuler deux et même trois emplois pour joindre les deux bouts.Ils ne se plaignent pas souvent.Ils ont peur de perdre leur emploi, si mal rému néré.Ils ne sont — malheureusement — pas syndiqués.Ils ont aussi des familles à faire vivre, mais eux-mêmes ne vivent pas: ils survivent Et ils sont nombreux au Québec: un voisin, peut-être?Un membre de votre famille?Votre fils qui n’a qu’un secondaire 5?Nous sommes loin ici des fourchettes salariales de 104 (MX) 5 et plus que certains d’entre vous ont atteintes, mesdames et messieurs les professeurs.Certes, vous avez du mérite d'avoir accompli toutes s I 8 DÉCEMBRE 2 0 0 5 A 8 CTUALITES TAXES SUITE UE LA PAGE 1 des Montréalais bénéficieront de baisses, 31 % d’entre eux verront leur compte de taxes haussé de moins de 2,5 % et plus du tiers subiront des augmentations variant entre 2,5 et 5 %.Pour le secteur résidentiel, le taux de taxes dans les arrondissements de l’ex-Montréal passe de 1,64 $ à 1,56 $ par 100 dollars d’évaluation.Compte tenu de l’augmentation de la valeur des propriétés de 29 %, selon le rôle d’évaluation de 2003 (étalé sur trois ans), les contribuables de l’ex-Montréal verront leur compte de taxes augmenter en moyenne de 4,7 % l’an prochain.Pour ceux du Plateau-Mont-Royal, par exemple, où la valeur des maisons avait bondi de 36 %, le compte de taxes grimpera en moyenne de 7 %.Dans Outremont, le taux de taxes passe de 1,39 $ à 1,32 $ par 100 dollars d’évaluation, ce qui devrait faire augmenter le fardeau fiscal des contribuables de 6 % en moyenne.L’administration Tremblay-Zampino attribue la hausse globale de l’impôt foncier à des «dépenses exceptionnelles.» Comme prévu, la surtaxe pour l'eau passera en 2006 de 1,6 C a 2,7 C par 100 dollars d’évaluation, faisant grimper la contribution des Montréalais! au Fonds de l'eau à 65 millions.A cela s’ajoute la surtaxe de 0,8 C par 100 dollars d’évaluation qui rapportera 40 millions l’an prochain et qui permettra de financer des travaux majeurs de voirie.Annoncée vendredi dernier, cette mesure fait partie des engagements électoraux de l'Union des citoyens de ITle de Montréal (UCIM).Gérald Tremblay avait pourtant promis que le compte de taxes des citoyens n’en souffrirait pas et, hier, il a dû se défendre d’avoir manqué à sa parole.le maire a rejeté le blâme sur les administrations précédentes qui avaient négligé les infrastructures souterraines et routières en plus d’avoir réduit les contributions de la Ville aux régimes de retraite.«Les citoyens nous ont dit de façon très claire qu'ils voulaient une ville sécuritaire [.] et ils nous ont demandé de régler les problèmes des nids-de-poule et du réseau souterrain, a expliqué le maire Tremblay.On a fait un choix responsable.» Précisons que cinq arrondissements ont pris l’initiative d'imposer une taxe locale, comme le leur permet la charte de la Ville.Il s’agit des arrondissements de Lachine, de Saint-ljéonard, de Pierrefonds-Roxboro, de Montréal-Nord et de Verdun.Montréal consacrera 10 millions de plus pour l’embauche de 133 nouveaux policiers qui auront pour tâche de faire respecter le code de sécurité routière.Elle accordera 10 millions de dollars supplémentaires à la Société de transport de Montréal (SIM), ce qui portera sa contribution en 2006 à 278 millions.Mais cette aide additionnelle ne permettra pas à la STM d’éponger son manque à gagner évalué à 30 millions pour 2006 et laisse présager des hausses de ses tarifs pour le 1 " janvier.la STM doit dévoiler son budget la semaine prochaine, mais les solutions qui s’offrent à elle pour se sortir de son carcan financier sont fort limitées, d’autant plus que le gouvernement du Québec a reporté de plusieurs mois la présentation du cadre financier qu’il avait promis aux sociétés de transports afin de leur permettre un accès à de nouvelles sources de financement Par ailleurs, pour financer le programme de propreté, qui constituait la priorité de l’UCIM en campagne électorale, l’administration Tremblay-Zampino ira chercher des revenus supplémentaires de 10 millions de dollars qui proviendront de la hausse des tarifs des parcomètres situés sur le territoire de l'ex-Montréal.Ces tarifs passeront, selon le cas, de 50 à 75 C, de 1 $ à 1,50 $ et de 1,50 $ à 2 $.«Us tarifs n'ont pas été majorés depuis 1995.On considère que l’effort additionnel consenti est minime», a fait valoir le président du comité exécutif, Frank Zampino.Le maire Tremblay a indiqué qu'il s’agissait du seul moyen mis à la disposition de la Ville pour aller chercher une contribution des automobilistes qui utilisent les infrastructures de la métropole, estimant que les Montréalais faisaient déjà «des efforts additionnels» pour le Fonds de l’eau et les infrastructures routières.Avec cette mesure, l’administration coupe l’herbe sous le pied des élus de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, qui avaient résolu récemment d’augmenter à 2 $ les tarifs des parcomètres de ce secteur dans l'espoir de bénéficier de revenus supplémentaires de 4,9 millions de dollars pour l’arrondissement.L’une des particularités du budget cette année, c'est que l'ensemble des Montréalais, tout comme les contribuables des 15 villes défusionnées de File, devront verser une taxe destinée aux services d'agglomération comme la police, le transport collectif, les infrastructures d’alimentation en eau et la séc urité incendie.Plus de la moitié du budget sera consacrée à ces services, soit un peu plus de deux milliards de dollars, alors que près de 1,9 milliard de dollars, soit 48 % du budget, ira aux services locaux.Le budget d'agglomération préparé par la Ville de Montréal devra toutefois recevoir l'aval des membres du nouveau conseil d’agglomération constitué des 16 municipalités de nie, soit Montréal et les 15 villes défusionnées, et ces dernières pourraient recourir à leur droit d'opposition pour en bloquer l'adoption et forcer la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, à trancher.Mais encore faudra-t-il que le gouvernement adopte les dt^ crets d’agglomération, ce qui sera fait au plus tard le 14 décembre' prochain, a indiqué hier Jonathan Trudeau, l’attaché de presse de la ministre Normandeau.l^s contribuables des 15 municipalités à reconstituer devront attendre que les conseils municipaux adoptent leurs budgets respectifs avant de savoir à quoi ressemblera leur compte de fiixes.Précisons qu’en 2(XHi, ils recevront deux comptes de taxes, l’un pour les services locaux de leur municipalité et un second pour les services d’agglomération.Le chef de l’opposition, Pierre Bourque, s’est offusque de constater que les dépenses de la Ville avaient bondi de 184 millions, soit une hausse de près de 5 Av.et que k' conseil municipal perdait de nombreux pouvoirs au profit des arrondissements et de l'agglomération, ce qui mettait en péril sa «souveraineté».M.Bourque estime que k' budget présenté pu- l’administration hier est incomplet et il l a qualifie de «btulg>1 prvltminairr».Le budget de la Ville devrait être soumis au vote des élus montréalais lors d’une séance du conseil municipal qui aura lieu le 16 décembre prochain.Le Devoir CUMAT SUITE DE LA PAGE 1 marge du protocole de Kyoto tant que l’administration Bush contrôlera la Maison-Blanche.En conférence de presse, M.Dimas a ajouté, a propos des Etats-Unis, qu’il est «important de les réengager dans un processus de discussion à long terme», ce qui explique les ouvertures faites par l’Union européenne, le Canada et la direction onusienne depuis le début de la rencontre internationale.Depuis une semaine, l’Europe a ouvert une grande porte aux Américains — en dépit des craintes répétées des écologistes — avec sa proposition d’amorcer en marge du protocole de Kyoto des «discussions» sur les solutions à long terme au problème des changements climatiques.Mais les Etats-Unis boudent cette possibilité de rapprochement parce que des «discussions», disent-ils, équivalent a des négociations et que le président Bush ne veut rien savoir de quelque engagement que ce soit pour l’avenir.Même si le nom de ce forum, éventuellement placé sous l’autorité de la convention de Rio sur le climat plutôt que sous le protocole de Kyoto, reprend presque mot à mot Içs termes de la déclaration de Gle-neagles, les Etats-Unis voient dans cette «deuxième voie» la possibilité de futurs engagements, ce qu’ils estiment contraire à leur politique de strictes mesures volontaires, sans échéancier ni objectifs précis.C’est avec cette toile de fond en tète que le premier ministre Paul Martin a prononcé hier un discours qui lui a valu une ovation, discours dans lequel il a stigmatisé A mots à peine couverts le manque de solidarité des Etats-Unis dans la bataille du climat «Les changements climatiques, a déclaré Paul Martin devant une plénière de 2000 personnes qui réunissait plus d’une centaine de ministériels, présentent un défi mondial qui exige à son tour une réponse mondiale.Et pourtant, certains pays sont récalcitrants.Certaines voix tentent de minimiser l’urgence de la situation ou rejettent les connaissances scientifiques.D’autres indiquent sciemment, par leurs discours ou leur indifférence, que ce n’est pas leur problème et qu’ils n'ont pas à le résoudre.Eh bien, c’est notre problème, et nous devons le confronter ensemble.» «Le temps de la complaisance est révolu», a poursuivi le premier ministre avec une fermeté qui en a surpris plusieurs.«Fini le temps de prétendre qu’une nation peut s’autosuffire et s'isoler de la communauté internationale.Il n’y a qu’une seule planète Terre et nous la partageons.On ne peut fuir sur aucune île, dans aucune ville ou dam aucun pays, peu importe sa prospérité.On ne peut pas fuir les conséquences de l’inaction.» Paul Martin a aussi opposé le manque de leadership et l’absence d’action concertée qui caractérisent l’attitude de certains pays.Il les a invités à changer d’attitude en disant qu’il faut «laisser la voix de notre conscience mondiale s’exprimer».Il s’en est pris aussi à la société de consommation actuelle, soutenant que «nos écono- mies, voire nos sociétés, ne peuvent pas soutenir ce rythme de consommation».Le président Bush avait justifié le refus de ratifier Kyoto en disant que les règles du protocole menaçaient le mode de vie américain.Le premier ministre Martin a même reconnu que le dossier du Canada n’est pas reluisant avec ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à la hausse, un des pires scores en Occident avec une augmentation de 24 % au-dessus du niveau de 1990.Cependant, a-t-il dit, le Canada respectera scrupuleusement ses engagements, qui l’obligeront à ramener ses émissions, par des réductions ou des achats de crédits, à 6 % sous la barre de 1990.Il a aussi soutenu que, d’un strict point de vue économique, les combustibles fossiles sont devenus «trop dispendieux» pour qu’on les gaspille ou qu’on ne commence pas immédiatement à se tourner vers des énergies renouvelables plus propres.En après-midi, la sous-secrétaire d’Etat américaine à la Démocratie et aux Affaires globales, Paula Do-briansky, devait répliquer en répétant ce que disent depuis deux semaines tous les porte-parole des Etats-Unis: ce pays en fait beaucoup et bien plus que les autres dans bien des domaines.D a réduit «l'intensité» de ses émissions de GES, ce qui explique que celles-ci augmentent en termes absolus mais cependant moins vite que la production réalisée grâce aux combustibles fossiles.Les Américains font aussi le pari que la technologie va tout régler, ce que les écologistes et plusieurs délégations qualifient à’«angélisme» ou de «pensée magique».«Nous avons toujours fait partie des pays actifs dans ce dossier», a plaidé Paula Dobriansky, qui a même englobé daps son portrait positif l,es politiques élaborées par des Etats et des villes des Etats-Unis pour réduire leurs émissions en réaction à l’inaction de la Maison-Blanche.Elle y voit une affirmation de la «diversité» et de la liberté d’action propre aux Américains.Steve Sawyer, chef de la délégation de Çreenpea-ce, se disait hier peu surpris de voir les Etats-Unis bouder cette vague «deuxième voie» que leur proposent l’Europe et le Canada car, a-t-il dit, ce refris est l’expression idéologique du «fondamentalisme fanatique» de la Maison-Blanche à l’endroit de toute forme de multilatéralisme et de solidarité internationale sous les auspices des Nations unies, voire de compassion envers les pays menacés par le climat.L’intransigeance américaine convainc davantage M.Sawyer de la pertinence de la position adoptée par les forces environnementales regroupées dans le Réseau Action Climat.Ce réseau international estime que rien n’évoluera vraiment en marge du protocole de Kyoto.Et les Américains, a-t-il dit, viennent de faire la preuve, s’il en fallait une, que la communauté internationale ne doit plus les attendre pour s’attaquer au problème, quitte à les isoler.Le Devoir Gain capital pour les pays en développement LOUIS-GILLES FRANCŒUR Les pays en développement ont remporté une importante victoire hier à la conférence de Montréal, alors que se dessinait, en coulisses, un accord pour élargir sensiblement la portée du «mécanisme de développement propre», ou MDR un outil désormais réglementé par le protocole de Kyoto depuis l’adoption des accords de Marrakech.Ce mécanisme permet à des pays ou des entreprises et institutions de pays développés qui font partie des 36 astreints à des réductions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2012 de financer des projets à moindres coûts dans des pays en développement plutôt que chez eux, pour obtenir les crédits démissions dont ils ont besoin.Jusqu’ici, ces projets devaient venir des promoteurs désireux d’obtenir des crédits et ils devaient être approuvés, tout comme les ré ductions de GES donnant droit à des crédits, par l’instance onusienne responsable de la gestion du MDR Mais les discussions des derniers jours, solidement appuyées par le G77 formé par les pays en développement et la Chine, ont permis à ces pays d’obtenir un amendement qui leur donnera la possibilité de préparer eux-mêmes des projets qui cadrent avec leurs priorités de développement et d’en obtenir des crédits, qui seront alors mis aux enchères sur la scène internationale auprès de ceux qui en ont besoin pour atteindre leurs objectifs de réduction.Selon la formule négociée à l’item 4 de l’agenda du MDP, un pays africain pourrait par exemple, décider d’électrifier un important immeuble à logements avec des cellules photovoltaïques pour ne pas ajouter aux émissions de la centrale thermique au charbon d’à côté.Les tonnes de GES évitées pourraient être reconnues par le secrétariat du MDP et être offertes à des promoteurs occidentaux au prix du marché des droits d’émissions.Jusqu’ici, les examinateurs du MDP ont approuvé une cinquantaine de projets et plus de 400 sont en attente d’évaluation, ce que les bailleurs de fonds occidentaux trouvent beaucoup trop long.D est question, à la Conférence internationale de Montréal sur le climat, de doter le MDP d’un budget d’une dizaine de millions afin que les examens de projets puissent être plus rapides et que les évaluations donnent Heu à de véritables réductions d’émissions.De leur côté, les pays en développement se plaignent depuis des années que les projets concrets se font attendre, ce que l’amendement à la réglementation du MDP réglera en partie en leur transférant une bonne part du pouvoir d’initiative.Pour plusieurs pays en voie de développement cette question figurait en tête des priorités à leur arrivée à Montréal.Le Devoir KURDISTAN SUITE DE LA PAGE 1 des pouvoirs partagés, comme la gestion des ressources pétrolières, la Constitution garantit aux régions toutes les compétences qui ne sont pas définies.Les régions kurdes obtiennent de plus le droit d’agir à l’étranger dans les domaines qui sont les leurs.Un article permet à chacune des entités sunnite, chiite et kurde d’agir à sa guise si Bagdad enfreint les règles constitutionnelles.C’est l’antithèse de la Constitution canadienne, dit M.Poupart «Notre constitution ne parle pas d'identité commune, elle vise au contraire à nous en préserver», explique Khaled Salih, membre de l’équipe kurde qui était chargée des négociations.«Les Kurdes, les sunnites et les chiites ont intérêt à vivre ensemble, mais sam penser créer un jour une seule nation.» L’Hôtel international d’Erbil arbore les drapeaux américain, canadien, britannique, coréen et kurde mais aucun drapeau irakien.«Il n'y en aura pas tant que l'Irak ne s'en sera pas donné un nouveau.L'actuel nous rappelle trop de mauvais souvenirs», me confie un responsable gouvernemental.Un signe ne trompe pas.Sitôt la Constitution adoptée.le président kurde Massoud Barzani a été reçu tour à tour par George W.Bush, Tony Blair et le pape.«Nous sommes des pragmatiques, dit Khaled Salih.Il n ’est pas question pour nous de suivre la voie palestinienne.Si les sunnites jouent le jeu, nous le jouerons aussi.Mais s’ils s'entêtent à vouloir diriger seuls l'Irak, nous irons notre chemin.Im communauté internationale devra alors constater que nous aurom tout essayé.» Outre la guérilla en cours dans les régions sunnites.plusieurs embûches se dressent sur le chemin de l’unité.D’abord, la population kurde est largement gagnée à l’idée de l'indépendance.N’importe quel référendum donnerait ici environ (X) % en faveur du oui.Il faudra ensuite résoudre le problème explosif de Kirkouk, la grande ville du sud riche en pétrole, dont Saddam Hussein avait tout fait pour expulser les Kurdes majoritaires, la Constitution prévoit le retour des populations chassées par Saddam et un referendum sur le rattachement au Kurdistan avant la fin de 2(X)7.Mais Bagdad tarde à agir, de peur de mettre le feu aux poudres.Selon Khaled Salih, l'Irak ne pourra pas se reconstruire sans une présence utilitaire américaine qui pourrait durer une dizaine d'annees.Vue d'Occident.la démocratie dont parlent les dirigeants kurdes semble encore bien formelle.Les élections ont beau se tenir à dates régulières depuis 12 ans.le Parti démocratique du Kurdistan (PD K) de Massoud Barzani contrôle le nord du pays alors que l’Union patriotique du Kurdistan (PUK) deJalalTala-bani contrôle le sud.C’est un peu comme si.à leur époque, Rene Levesque et Pierre Trudeau s'étaient partagé le Quebec.Même les compagnies de telephonic cellulaire ne communiquent pas entre elles.Les partis se sont réconciliés depuis 1998.mais les votes au Parlement demeurent souvent formels.Dans le parlement kurde, un immeuble gris de type soviétique, les photos du père de l’actuel president sont partout (en 1946.Mustafa Barzani a brièvement dirige la république kurde du Mahabad au Kurdistan iranien).Il n’est pas certain que la démocratie kurde passerait le test de l’alternance.En septembre, à Kalar, une manifestation a dégénéré dans la violence.Les manifestants, qui ont mis le feu à des bâtiments gouvernementaux, réclamaient un meilleur approvisionnement en eau et en électricité.Une trentaine de personnes ont été blessées.La semaine suivante, une manifestation semblable s’est déroulée pacifiquement à Sulaymaniya.De tels événements sont totalement nouveaux pour la jeune administration kurde.Le Kurdistan possède un début de presse libre, dit l’ancien journaliste Aso Hasan.Même si, reconnaît-il, toute critique «personnelle» de Massoud Barzani est encore inconcevable.Les journaux pullulent, mais les deux seuls quotidiens du pays appartiennent au PDK et au PUK La télévision se contente en général de suivre servilement le bienheureux président Aso Hasan croit qu’il faudra plusieurs dizaines d’années avant que la société kurde ne soit plus organisée autour des clans Barzani et Talabani, qui contrôlent l’économie et la politique.Malgré tout, dit-il, «il y a plus de liberté ici qu’ailleurs au Moyen-Orient».Pour la ntinistre des Municipalités, Nasreen Bar-wari, la démocratie kurde n’est pas un vain mot «Cette démocratie ne vient pas des Américains, dit-elle.C’est notre culture kurde qui nous y prépare.L’expérience que nous avons de l'oppression nous fait apprécier la liberté.Les Kurdes sunnites, chiites et chrétiens coexistent depuis longtemps.» La ministre craint cependant que le nouveau gouvernement qui sera élu le 15 décembre ne modifie la Constitution pour y ajouter de nouvelles références à la religion au détriment des droits des femmes.Il aura quatre mois pour le faire.Il n'est pas sûr que le fédéralisme irakien puisse calmer encore longtemps l'impatience des indépendantistes.«Nous sommes en train de perdre beaucoup de temps, dit le député kurde Khsro Zad.En restant dam l’Irak, nous risquons de sombrer dans le chaos nous aussi.Notre président a été reçu à la Maison-Blanche.nous devons prendre nos responsabilités.Comment une minorité comme les Kurdes pourra-t-elle démocratiser ce pays?» L’indépendance du Kurdistan n’est pas inévitable, mais elle demeure «une possibilité réelle», avoue le ntinistre de la Culture, Santi Shoresh.De nombreux Kurdes considèrent la Constitution actuelle comme une simple transition.Cette période pourrait tout de même durer quelques années, peut-être plus.Maintenant que deux Kurdes sont presidents de l’Irak (Jalal Talabani) et du Kurdistan (Massoud Barzani).peut-être les Kurdes se prendront-ils au jeu du fédéralisme.Le choix de Safir Ali est fait depuis longtemps.L’ancien propriétaire de pizzeria à Hamilton veut l'indépendance, même s’il est prêt à attendre le moment propice.«Finalement, dit-il.ici, c'est un peu comme au Québec.’» Correspondant du Devoir à Paris Christian Rioux s'est rendu au Kurdistan à l’invitation de l'Institut kurde de Paris, dans le cadre d'une conférence internationale sur la démocratisation du Moyen-Orient.Demain: sur la piste de Saddam ÉGYPTE SUITE DE LA PAGE 1 Hosni Moubarak, le Parti national démocrate (PND), un rouage du pouvoir depuis 25 ans, est assuré de garder la haute main sur l’Assemblée.Parmi d’innombrables cas de violences rapportés par des joumaHstes et des ONG, c’est dans le port de Damiette, au nord du delta du Nil, qu'a eu lieu le plus grave incident fin second tour de l’ultime journée électorale.Deux Egyptiens ont été tués par balles, a indiqué l’hôpital de la ville.Selon les Frères musulmans et l’OEDH, il s’agit de sympathisants islamistes victimes de tirs policiers.Le ministère de l'Intérieur n'a confirmé qu’un mort, l’attribuant à une fusillade entre partisans de candidats rivaux de ce pqrt situé à 200 kilomètres au nord du Caire.Un autre Egyptien est décédé d’un arrêt cardiaque devant un bureau de vote après avoir inhalé des gaz lacrymogènes, à TeUin, dans le gouvernorat de Charkiya, dans le delta du Nil.Dans nombre de localités, des heurts ont éclaté mettant aux prises électeurs frustrés, souvent islamistes, aux forces de l'ordre.«La police nous attaque encore, ils ne veulent pas que nous votions, comme la semaine dernière», a déclaré Abdelsattar al-Mallah.le visage en sang après une charge policière.Plusieurs centres de vote étaient bouclés par la police dans les locafités de Quelline, Qouna et aLMan-chiya, al-Kebiran, dans le delta, ou encore à eLArich, au nord du Sinaï.Ayant déjà gagné 76 sièges, les Frères musulmans, interdits mais tolérés, visaient le seuil symbolique des 100 députés avec pour slogan de campagne «L’islam est la solution».Jamais depuis sa création, en 1928, la confrérie islamiste n’aura eu une telle force parlementaire, avec déjà cinq fois plus de députés que dans l'Assemblée sortante.Le PND a remporté 223 sièges jusqu’à hier, y compris le ralliement d’indépendants.Il est sûr de gagner encore au moins 84 sièges, lui faisant ainsi dépasser au total la majorité des deux tiers nécessaire pour verrouiller l’Assemblée.Sur les 454 sièges de l'Assemblée.444 sont soumis au vote des 36 millions délecteurs, les dix restants étant attribués par le président Moubarak.Le taux de participation moyen depuis le début du scrutin est de 25 %.Après la surprise du premier tour de scrutin, des violences ont émaLé chacune des phases suivantes.Le pouvoir a imputé ces incidents aux Frères musulmans, qui ont pour leur part rejeté la responsabilité sur les autorités.Des organisations de défense des droits de l'homme ont accusé le pouvoir en place de fraudes massives durant ce mois d'élections, avec limitation de Faeces aux bureaux de vote, achats de voix et bourrage d’urnes.Les Etats-Unis ont haussé le ton mardi, exprimant leurs sérieuses préoccupations et soulignant que ce scrutin envoyait un «mauvais signal» en ce qui a trait à l'engagement démocratique du Caire.Le courant non islamiste sort laminé de ces législatives avec seulement II élus, victime de sa division alors qu'il avait formé en octobre un front uni avec les libéraux du néo-Wafd.marxistes du Tagammou ou nasseriens.Quatre femmes ont été dues, soit moins de 0,1 % des sièges attribués, et un seul copte (0,2 %) alors que la minorité chrétienne représente, en estimation moyenne, environ 8 % des 72 millions d "Egyptiens.Agence France-Presse et Reuters LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situes au 2050.rue De Bleury.9 étage, Montréal (Québec).H3A 3M9 Place-des-Ans Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone 514-9853333 l’ar télécopteur 514-9853360 Par courrier redaction Siedevoir com publicité Au telephone 514-9853399 Par télécopieur 514-9853390 Extérieur de Montreal (sans tr.usï 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-9853344 Par télécopieur 514-9853340 Par courrier avisdevi8ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-9853322 Par télécopieur 514-9853340 Les abonnements Au téléphoné 514-9853355 du Hindi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-9855967 Par courriel abonnement581edevoir.com Extérieur de Montreal (sans frais) 1-800463-7559 L'agenda culturel Au telephone 514-9853346 Par télécopieur 514-9853390 U Itmir peut, à FoccBskm.tiwttir U liste tf •lirrs^'s de abonnés * \* dfefXKiicion d\*v*irs.«>Mis nvenmies tV U Dtmét est publie Ai lundi au samedi \va le IVwir Inc Ami le siege scoal est situe au 206l\ rue IV Bleurv L'agence IVesse CanaAmné est antonsce à employer et a dit fuser mKmnaooo* pubiee* dans / e JVtvrr U *h b cause.Vs prvxktrt* ou fc»>.services peuvent iMtarsMi ses kMeurv Si nus ne muhaitrz pas recevoir de ctorrestpTndaniT de ce# organisaoaws.veufinr en awertr notre service a k cfcentck ' ¦' wv Montreal.Quebec».HXV oMS.D est imprime par Impnmenr Québécor Si Jean.fWX boulevard IndustneLSamt lean sur le RicbHieu.cfcvwor ck* Imprtmenrs Québécor toc.612.rue Saiœ-Jact|ues Ouest Montreal i Von» est distribue par Mcss«yenes I>mamiQue*.dtveuon Ai Groupe Québécor Inc .boulevard Samt-Marun Ouest.Lavk bnvui de pubfecaùor — Enregwcemetu tr HK5* Depùt legal Kibèotheque naboo^e du Quebec
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.