Le devoir, 10 décembre 2005, Cahier F
DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 DECEMBRE 2 0 0 5 ENTREVUE Les images de Charles Aznavour Page F 5 U PHOTOGRAPHIE L’œuvre inconnue de Stanley Kubrick Page F 11 LE DEVOIR DOS WINKEl UN AUTRE MONDE SPLENDEURS DES PROFONDEURS MARINES HS ^ .s- „.-mr:.¦ ¦ Le Saint-Laurent * I .'"'V*'., ou LIVRES J E A N - F R A N Ç O I S NADEAU La Fondation pour l’alphabétisation propose cette année A’offrir la lecture en cadeau».Si seulement on pouvait le faire.Mais impossible, évidemment, d’offrir la lecture «en soi».Tout au plus peut-on prendre la chance d’offrir des livres aux petits et grands et de les inciter alors, huit bien que mal, à les lire.Mais donner des livres ne garantit pas, loin de là, leur lecture.Dans la folie du temps qui court, les livres ont été |>eu à pou assimilés à des objets de consommation comme les autres.Nombre de lecteurs éventuels, s’étant constitués prisonniers des balises de notre triste époque, cherchent ainsi à lire d’abord quelque chose qui, soi-disant, colle à l’air du temps.Comme si la lecture' n’offrait pas d’abord une clé pour en sortir! Les grands textes, parce qu’ils sont parfois vieux, provoquent désormais la méfiance, lorsque ce n’est pas tout simplement le rejet.Pourtant, les livres datent toujours moins du moment où on les écrit que du moment où on les lit.Il n’y a pas si longtemps encore, posséder des livres était quelque chose de rare.Posséder aujourd’hui de grands livres est devenu banal.Tout le monde peut avoir Don Quichotte, Anna Karénine, LAmélanchier ou Ulysse sur les rayons de sa bibliothèque.Ils ne coûtent presque rien.Le paradoxe est qu’une bibliothèque digne de ce nom n’est plus souvent qu’un simple projet de lecture, faute de temps pour le réaliser.Remarquez que le «manque de temps» sert souvent d’alibi un peu facile pour ne pas lire.Il est toujours possible, ou presque, le soir venu, avant de s'endormir, de lire quelques pages, ne serait-ce que deux ou trois.Qu'importe s’il vous faut alors deux semaines pour terminer un livre qui, en principe, peut être lu en un après-midi! Et rien n’oblige d’ailleurs à le terminer.Que répondre à cet ami qui vous a offert un livre et qui a la fâcheuse idée, après coup, par manque de tact, de vous demander des nouvelles de votre lecture?Beaucoup de gens, hélas, ne réalisent pas que la présence d'un livre chez eux ne constitue pas une obligation à le lire immédiatement.Ix-livre qui attend sur la table du salon ne représente pas un reproche quo tidien sous la forme d'un assemblage de papier, mais un imaginaire en attente, un plaisir à venir.D’où l’idée des «beaux livres», qui constituent des présents de premier choix pour tous ces gens qui manquent de temps pour lire et s’inquiètent à tort devant un livre qui traine.Ces ouvrages n’imposent en effet aucune obligation à leur propriétaire.On peut les regarder, les feuilleter, en lire des parties, sans pour autant se sentir mal de ne pas les lire en entier.Dans un monde où avoir du temps pour soi est rare, les beaux livres correspondent ainsi a l'alternative la plus commune au plaisir de posséder des idées grâce à de vrais livres.Cet autre plaisir livresque consiste en effet à posséder de jolis livres dans lesquels il y a au moins quelques idées.Far ailleurs, et pour conclure, êtes-vous de cçux qui trouvez chers ces beaux ouvrages soigneusement imprimés sur du papier glacé au lourd grammage?Ces livres sont pourtant presque tous fabriqués désormais en Chine, a Singapour ou encore à Taiwan, comme la plupart des objets manufacturés de consommation courante du reste.Vous les payez en vérité une fraction de ce qu'ils devraient coûter, grâce au travail d'ouvriers exploités pour des salaires de misere A ce jour, personne n’a encore expliqué qu’il ne lisait pas pour protester contre le mauvais sort fait aux imprimeurs du vaste monde.Ce pourrait être une excuse nouvelle! Le Devoir I E DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET D I M A X C H E 11 DÉCEMBRE LIVRES CADEAUX Il était une fois l’Amérique l/i fèmme aux trots aà*erts MARIE LABRECQUE T ean Bédard s’est taillé une niche à part dans la J littérature québécoise en consacrant des.livres très érudits aux grandes figures du Moyen Age et de la Renaissance: Maître Eckhart (Stock, 1998), Nicolas de Cues (l’Hexagone, 2001), Comenius ou l'art sacré de l’éducation (JC Imités 2003).Abordant une histoire plus proche de nous, à la fois dans le temps et dans l’espace, l’écrivain-philosophe fait cette fois un bond jusqu’à l’Amérique du milieu du XIX' siècle.Une période riche en transformations et en bouillonnements sociaux, qui précède la guerre de Sécession.La Femme aux trois déserts suit le destin d’une jeune fille qui a grandi dans le milieu sordide des bordels.Orpheline à 13 ans.Mary est engagée comme servante par un bourgeois anglais qui rêve d’Amérique.Mais le bateau qui les emporte vers le Nouveau Monde fait naufrage et seule la belle orpheline — vêtue de la robe de sa maîtresse — survit, dans une petite barque perdue au milieu des flots.Recueillie par des pêcheurs sur la côte de la Nouvelle-An-gleterre, à little All, elle est pri-±.se en charge par la maisonnée d’un riche marchand.Désireuse d’enterrer à tout jamais son [ n ^ passé miséreux.Mary profite '”'"*1 de ce second départ dans le pays de toutes les opportunités pour se réinventer: elle se jette dans les bras du séduisant Constantin Hunter, un commerçant croyant que «la nature est un creuset pour sélectionner et façonner les forts», qui «détruit les faibles comme une fonderie rejette les scories».Devenue sa femme, Mary se prête d’abord aux pires manigances pour conserver, et accroître, leurs privilèges.«Elle avait un nom, elle avait une famille, elle avait un pouvoir.Et tout défendait ce nom et ce pouvoir: la loi, la religion, le gouvernement, l’armée, la police.Tout ce gui avant était en sa défaveur, maintenant était en sa faveur.Et ces institutions assuraient l'immortalité de ce pouvoir Et le respect de ces institutions, c’est cela l’Amérique.» Sa rencontre avec le pasteur Jesse fruth (!), un sage aux accents mystiques, lui fait comprendre qu’elle se renie soi-même à travers cette corruption.Entre la liberté intérieure prèchée par Jess/Jésus et le pouvoir incarné par son époux businessman, qui enrobe ses discours de séduisants arguments progressistes, Mary oscille.Comme si elle était encore à la dérive sur sa barque.Im Femme aux trois déserts est sans doute le plus accessible des livres de Jean Bédard, le moins abstrait.U» prose s’y fait parfois sentencieuse, le récit n’est pas dénué de maladresses, mais l’histoire se suit avec intérêt.Ce qui ne signifie pas que l'auteur y ait sacrifié les idées, centrales dans l’œuvre du philo- ARCHIVES LE DEVOIR Jean Bédard sophe.On retrouve ici quelques fables bibliques insérées dans le récit Le roman porte une vision critique, souvent décapante, du rêve sur lequel s’est construit l’Amérique moderne, d'une société qui a exploité esclaves et travailleurs pour faire tourner la machine du progrès industriel.Le texte comporte des éclairs de brillance, des perles, comme cette vue ironique de la classe riche: «On installe ces élus dans un rêve collectif, on les borde d’or, de draperies, du plus beau de l’art.On ne leur demande que d’être heureux.On veut qu’ils flottent au-dessus de la misère humaine comme un médicament.[.] Dans les châteaux où on les met à l’abri, ils arrivent même à se fabriquer du souci.C’est qu’ils inversent tout.Alors qu’ils dépendent de tous, ils croient diriger le monde.Ils sont convaincus que la décoration qu’ils sont supporte l’immeuble, et que le toit tient la fondation.» A travers sa protagoniste écartelée entre la cupidité et une quête spirituelle, La Femme aux trois déserts aborde des tensions qui courent toujours dans l’Amérique contemporaine.Collaboratrice du Devoir LA FEMME AUX TROIS DÉSERTS Jean Bédard VI éditeur, Montréal, 2005,247 pages R A T U Aharon Appelfeld, entre ciel et terre CHRISTIAN DESMEULES G ad et Amalia, le frère et la sœur, sont les gardiens captifs d’un petit cimetière juif accroché au sommet d’une montagne des Carpates — quelque part, au milieu du XIXe siècle.Un héritage empoisonné qui entraîne, en soi, son lot de résignation et de désirs étouffés.Et tandis qu’en bas, dans la plaine, le monde vacille sur ses fondations, que le typhus et les pogroms multiplient chaque jour leurs victimes, ces deux grands enfants abandonnés forment un couple indissociable.Amalia, belle et douce jeune femme de 24 ans jamais vraiment sortie de l’enfance, s’exprime à l’aide de mots rares ou d'expressions inventées.Ainsi, plutôt que de parler du ciel, elle évoque «la lumière au-dessus de nous».Ou alors elle se tait.«La plupart du temps, Amalia ne questionne pas.Elle interroge.Elle enveloppe alors du regard ce qui la rend perplexe.Une fleur, un objet abandonné.Elle le contemple un long moment.Fuis elle lève la tête et un mince sourire éclaire son visage, comme si elle venait de comprendre ce qui lui échappait auparavant.Cad apprécie ce regard.Il lui est arrivé de ne pas se retenir et d’embrasser son front.» Dans l’attente d’un hiver qui s’annonce rude, Gad et Amalia prendront ensemble l’habitude de boire chaque jour un peu d'alcool, de revisiter leur enfance en comblant les failles et de tromper leur solitude dans les bras l’un de l’autre.Amalia tombera enceinte, mélange volatil de malheur et de bénédiction divine, et toute sa beauté se verra révélée aux yeux de son frère et d’un monde devenu plus que jamais hostile.Mais AGENCE FRANCE-PRESSE Aharon Appelfeld l’épidémie la rattrapera au cours du voyage qu’elle devra faire pour aller accoucher dans un monastère d’une région voisine.Géant des lettres israéliennes, auteur d’une trentaine de livres depuis le début des années cinquante, Aharon Appelfeld livre encore une fois, avec Floraison sauvage, un objet à la beauté sombre, parfois naive et souvent inquiétante.Le mystère de cette fable tragique d’inceste amoureux, prise entre le ciel et la terre, nous accompagne au-delà de la dernière phrase, tandis que le verbe presque biblique d’Aharon Appelfeld se dépose comme un chant lointain.Dans un entretien qui le réunissait à Appelfeld en 1988, Philip Roth évoquait X«horreur imminente» qui semble traverser toute son œuvre, comme si se reflétait dans chacun de ses livres sa propre conscience d’enfant au seuil de l’Holocauste (Parlons travail, Gallimard, 2004).C’est cette même fatalité kafkaïenne, empreinte de mystique juive, qui guette les protagonistes amoureux de Floraison sauvage.L’an dernier, avec Histoire d'une vie (Prix Médicis étranger, récemment réédité en poche), Appelfeld tentait une fois encore de fixer le contenu brûlant de sa mémoire.La petite enfance en Bucovine roumaine, la guerre, la déportation et la mort de ses parents, les camps de travail en Ukraine, la fuite à travers la forêt la libération et les années d’errance jusqu'à l’arrivée en Palestine à l’âge de quatorze ans et l’apprentissage difficile de l’hébreu: •Les années de guerre m’apparaissent tantôt comme un large pâturage qui se fond avec le ciel, tantôt comme une forêt sombre qui s’enfonce indéfiniment dans son obscurité, parfois encore comme une colonne de gens chargés de ballots, dont quelques-uns tombent régulièrement et sont piétinés» Le cœur a beaucoup oublié, noms, dates, visages ou lieux, mais Appelfeld persiste.Son œuvre est un effort de contemplation et de mémoire diffuse, qui prend sa source, on le comprend à la lecture de cette Histoire d’une vie, dans le silence absolu d’une forêt sombre et les longues marches forcées, dans l’absence de mots et la nécessité quotidienne de s’inventer une langue pour cerner à petits pas ce qu’on n’arrive jamais à nommer.Collaborateur du Devoir FLORAISON SAUVAGE Aharon Appelfeld Traduit de l’hébreu par Valérie Zenatti L’Olivier Paris, 2005,260 pages HISTOIRE D’UNE VIE Aharon Appelfeld Seuil, coll.«Points» Paris, 2005,238 pages BEAUX LIVRES Une autre Abitibi PRIX ORD : 349 9S( * i PRIX ORD.: 74.95S LE PLI» ROBERT PRIX ORD.84 95$ l'AllAS ftwounoix CULTUREL «oèrih Le petit ROBERT des noms propres CD-ROM l« Petit ROBERT de le langue française Dictionnaire illustre • 40 000 noms propres en un seul volume, le contenu d’une grande encyclopédie.la reference incontournable pour tous ceux qui souhaitent mieux ecrire-et s’exprimer en français PRIX ORD 299 95» W, le Parchemin X* IMt-.N CD-ROM le Grand ROBERT de la langue française “ Le nouveau CD-ROM du Grand ROBERT propose l’intégralité des six volumes du »•.* Grand ROBERT de la langue française ( 'ertincat-cadcau puisqu’il laisse le choix.www.parchemin.ca Métro Berri-UQAM, (514)845-5243 taxa» le" par l neniruj LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Cet albmn iconoclaste doublé d’un CD signé Marcel Saucier aurait très bien pu être coiffé du titre Une autre histoire d’Abitibi.Après tout, il y a bien là une empreinte abitibienne reconnaissable entre mille, que Ton découvre à travers la voix râpée de Tauteur-composi-teur-interprète Richard Desjardins, qui a accepté de lire les mots — et les silences—de son ami d’enfance.Entre ce témoignage plein d’aphorismes et de coups de gueule et les chansons et monologues déjantés du chanteur abitibien, la parenté est en effet troublante.Même pour Richard Desjardins, qui remarque dans la préface: «Marcel maîtrise l’art de parler en fou.Une façon propre aux régions périphériques, je pense, de s’exprimer par l’utilisation massive de la litote, de sous-entçndus vertigineux, du recyclage de clichés.» A la fois suite poétique et reportage photographique, cet album est une sorte de road book atypique.Marcel Saucier a longuement hésité, mais il a finalement choisi pour titre Matin de guerre.Et c’est bel et bien im carnet de survivant qui se construit au fil des pages, celui d’un Icare abitibien à fleur de peau qui n’hésite pas à étaler ses contradictions au grand jour et à grand bruit.Marcel Saucier est inventeur mais aussi prospecteur, forestier, militant, écologiste, artiste, photographe.Sa maison est ime caverne d'Ali Baba, au sens propre comme au sens figuré.D a donné naissance à de fabuleuses machines, que Ton pense à sa «grande oie blanche», une installation qui permet d’installer un microclimat dans les régions nordiques, ou à son «séchoir à capuchon», un séchoir solaire nouveau genre.Son Matin de guerre est de la même eau.Fantasque.fourre-tout voire disjoncté.Le résultat est forcément inégal, surtout du point de vue photographique, alors que certains clichés trahissent une méconnaissance de ce médium.On aurait aussi aimé que la voix de Richard Desjardins soit plus habillée.On au- rait volontiers imaginé quelques sons de fin du monde, en contrepoint Toutes ces petites déceptions ne sont pas assez importantes pour bouder son plaisir.Marcel Tulipe 14, comme il s’est rebaptisé, a phis d’un tour dans son sac pour transporter le lecteur (et l’auditeur) ailleurs, là où «le vent dans la tête des épinettes fait tourner la planète».Marcel Saucier a en effet l’œil de celui qui non seulement sait voir mais qui sait aussi faire voir.Le Devoir MATIN DE GUERRE Textes et photos de Marcel Saucier Préface et lecture de Richard Desjardins Les 400 coups Montréal, 2005,96 pages SHORTER dictionnaire 350 000 mots et expressions 600 000 traductions Les évolutions les plus récentes du vocabulaire • Des centaines de mots nouveaux • Une couverture complète du vocabuiai technique et idiomatique De nombreuses aides à la traduction 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 DÉCEMBRE 2 0 0 5 Y :i .IVRES CADEAUX littérature canadienne BEAUX LIVRES En attendant Pepe MICHEL LAPIERRE Lorsqu'on apprend la disparition du héros d’un roman dès le premier chapitre et qu’on n’a pas du tout hâte qull réapparaisse, il n’y a pas de milieu.Ou bien le roman est nui ou bien il est génial D faut croire que Double vue, de George Szanto, appartient à la deuxième catégorie.On est tellement déçu lorsque le héros réapparaît vers la fin du livre qu’on ne veut pas le voir.On a eu tellement de plaisir à l’attendre! Si l’on doit admettre que la pièce En attendant Godot, de Samuel Beckett, surpasse le roman Double vue, c’est notamment parce que Godot n’y apparaît jamais.Szanto est comme Beckett, né en Irlande, cette île absurde qui a produit de très grands écrivains.Plus précisément ce fils de réfugiés viennois a vu le jour en 1940 à Londonderry, en Ulster.Mais il a enseigné à Harvard et surtout à McGill.Ce qui a peut-être mis en péril chez lui la chère hantise irlandaise de l’absurde.Double vue reste tout de même un exploit dans le maniement de l’ironie.Très bien traduit par Técri-' vain brillant qu’est François Barce-lo, le roman nous transporte au Mexique où Szanto a déjà séjourné.En 1990, à Michoâcuaro, Pepe Legarto vient d’être élu maire (pardon! «présidente municipal»).Il s’apprête à trôner à la mairie, ou plutôt au «palacio municipal».Après tout ce réformiste n’a-t-fl pas branché sa ville sur la télévision par câble et dénoncé la corruption du Parti révolutionnaire institutionnel?Pour fêter sa victoire, Pepe a invité son grand ami montréalais: le narrateur.Celui-ci est tout naturellement un criminologue réputé.Mais que se passe-t-il?Pepe a disparu! Aurait-il été kidnappé, assassiné ou avalé par une bête?Se serait-il enfui?Nul ne le sait Même le vendeur de cercueils reste coi.Le narrateur vient de mettre les pieds au Mexique et il s’est déjà fait voler une valise.Tout disparaît dans ce pays impossible.Mais notre criminologue ne désespère pas.D participe aux recherches intenses qui se déroulent pour retrouver Pepe.«Au retour de Pepe!», lance le narrateur en trinquant avec Rubén, le chef de la police municipale.Mais les choses vont se compliquer l’adversaire de Pepe à l’élec-r bon disparaîtra aussi et Rubén sera poignardé à mort m Soudain, un coup de feu retentit dans la foule.«C'est la statue!», s’écrie quelqu'un.La main de la statue d’Abelardo Nünez, une gloire locale, et le pistolet quelle tenait viennent de disparaître à leur tour.Tout en multipliant les péripéties cocasses, Szanto fait du nom de Pepe une véritable incantation: «Pepe est disparu à jamais.Où était passé Pepe?.Pepe, mort.Pepe, marivaudant avec une dame.Pepe va revenir.» Cette litanie de l’absurde donne au récit, en apparence décousu, une cohésion surprenante.La corruption d’un Mexique pauvre et dominé par les Etats-Unis crève les yeux.Sans cesse répété, le nom de Pepe, sauveur de carton-pâte, dit tout.Comme l’ironie est poussée à l’extrême, le roman dépasse le contexte mexicain pour atteindre une dimension umverseDe.Dans son sommeil, le narrateur revoit son ami Pepe, d’autant plus qu’il rêve d’une aventure galante avec Irini, qui serait l'une des maîtresses du sauveur.«Pepe jouait le rôle du monstre qui nous hantait tous», révèle-t-ü George Szanto finit, sans crier gare, par faire réapparaître Pepe.Même si celui-ci est redevenu visible, on devine avec émotion qu’il s’agit d’un sauveur absurde qu’on attendra en vain jusqu’à la mort.Collaborateur du Devoir DOUBLE VUE George Szanto XYZ Montréal 2005,336 pages Vive le chalet ! î t MARIE-HÉLÈNE ALARIE Haute-Savoie, Suisse, Val-d'Aos-te, Style chalet s'arrête et ouvre les portes des plus belles demeures construites dans la région des Alpes.Tous ces intérieurs de chalet «suisse» donnent envie de l’hiver.;Ils donnent envie de s’y plonger, avec aux pieds des grosses chaussettes de laine et sur le dos un vieux pyjama de «flanellette».• Au creux des vallées alpines, se Icachent des petits villages accro-Jchés aux flancs des montagnes.•Dans chacun d’eux, on retrouve le même matériau incontournable: le bois.Qu’il soit sous forme de planches, tourné, sculpté ou encore à brûler, le bois est partout et fait partie intégrale de tous les décors.Ici, l'important c’est le confort, et on n’y fait aucune concession.Les fauteuils sont larges et profonds, souvent en cuir.Le mobilier des salles à manger est à l’avenant avec de longues tablées prêtes à recevoir les amis pour partager la fondue savoyarde.Dans les chambres, les couettes ont l'air tellement confortables qu’on ne pourrait empêcher Boucles d’Or de s’y assoupir.Bref, le tout ressemble à une réclame touristique pour la région.D’ailleurs, à la fin, un carnet d’adresses nous apprend que quelques uns des chalets photographiés dans l’ouvrage sont à louer.Pour faire rêver au billet d’avion qui emportera l'amateur de montagne vers ces sommets enneigés.Collaboratrice du Devoir STYLE CHALET Photos de Philippe Saharoff et Christine Besson Textes de Marie-Catherine Chauvaud Éditions Rustica 2005, Paris, 127 pages éditions Liber ^ Éthique publique, vol.7, n° 2 L’éthique du sport en débat L’éthique du SDOlt en débat !r .r.COLLABORATEURS Christophe Brissonneau, Jean-Louis Chappelet, Tony Chapron, Pascal Charrom.Stéphane Courtois, Éric de LéséUuc.Jean-François Doré.Jocelyn East, Sylvain Ferrez, Sébastien Fyfe.Jacques Gteyse.Raphael Homal.Suzanne Laberge, Élisabeth Lé-Germain, Philippe Dotard, Anne Marcellini, Raymond Massé, Joël Montée, Éric Perera INRS Chaire Fernand-Dumont aavaartt t* SHERBROOKE CIREA LAVAL IDEA -?- Montréal, une île, un livre LOUISE-MA DDE R 1 O U X S O UC Y Montréal est la capitale mondiale du livre depuis maintenant plus de six mois.Sa poésie a pris le bus.Ses mots ont résonné aux oreilles des Montréalais par le biais des postes d'écoute dissémines dans la ville.Mais aucun objet tangible n'avait encore été proposé pour fixer l'insaisissable.C’est maintenant chose faite avec Je lis Montréal -1 Read Montreal, publie aux Éditions de l’Homme.L’ouvrage collectif est né d'un photoreportage orchestre par Reporters Communication.A l’époque, huit photographes avaient été invités à amener le livre et ses artisans dans le brouhaha de la rue.Quatre expositions et 200 clichés plus tard, les plus beaux ont trouvé un écrin pour être immortalisés.Après tout, le temps presse, Montréal cédera sa place à Turin en avril prochain.Le livre est décliné de mille manières dans cet album de papier glacé.Çà et là, des voix s’élèvent pour le raconter.11 y a d'abord celles des créateurs.On découvre une ile polyphonique, celle de l’écrivaine Yolande Ville-maire: «Vivre à Montréal, c’est vivre dans une langue et voyager dans l'autre, dans plus d'une autre parfois».Puis, suivent les voix de ses artisans qui.amoureusement, donnent corps aux mots.Éditeur, re- po**»*r0 %.*** £ / HCf paètrtft* * / r~ ¦ j m Poisson lisant le dictionnaire français-anglais! lecteur, graphiste, relieur, typographe ou distributeur sortent de l’ombre pour rendre hommage à eet objet aux lignes purs qui sort de leurs ateliers encombrés.Finalement, s’élèvent les voix des lecteurs à travers celle du romancier Bruno Roy.«Montréal, c'est le marché de la poésie au printemps, les bouquinistes du Saint-Laurent en été, c'est le Festival international de la littérature en septembre, c’est la poésie dans le métro en toutes saisons.Oui, une vie dont les mots ajoutent de l’horizon».I^*s bibliothèques de quartier et les magnifiques chambres de bois de la Grande Bibliothèque sont là, couchés sur le même papier, aux côtés des petites et grandes librairies de la métropole.Au fil des pages, le plaisir n'est toutefois pas égal, gâché parfois par la qualité inégale des PALMARÈS LIVRES ARCHAMBAULT?» M SC* 55?£ zzx" ‘fmt LE DEVOIR.LES S A M B D 1 10 ET DIMANCHE II DÉCEMBRE 2 0 0 5 F r> - LIVRES CADEAUX - MUSIQUE ENTREVUE Mozart par l’image Les images d’Aznavour iilii AZNAVOUR FLAMMARION CHRISTOPHE H CSS En ce 250' anniversaire de la naissance de Mozart les parutions diverses (livres, disques, vidéos) se bousculent un peu moins au portillon qu'en 1991, lorsqu'on célébrait le 200 anniversaire de sa mort.La commémoration nous vaut pourtant au moins un livre passionnant: Les Plus Beaux Manuscrits de, Mozart par Gilles Canta-grel aux Editions de la Martinière — Hurtubise HMH en ce qui concerne l’édition canadienne.Nous avons fréquemment le plaisir de croiser le célèbre musicologue Gilles Cantagrel dans la métropole, lors de conférences et de festivals.Ce puits de science a la faculté précieuse de communiquer son savoir avec faconde, en épicurien des mots et de l’esprit.Voir son nom associé à un ouvrage dans lequel l’image prime est donc rassurant Ecrit en collaboration avec Roselyne de Avala, dont la recherche iconographique pour cet ouvrage se pose en référence, ce Mozart est un libre voyage à travers sa vie, un parcours biographique logique, articulé par des œuvres, des lieux et des partitions.Contrairement à nombre de «beaux livres d’images» le texte n’est pas ici un alibi, mais une charpente.Et ce récit sous la plume de Cantagrel, est celui du conteur gourmand qu'on connaît et qu'on aime.Au bout du parcours le lecteur ne retient pas des dates et des œuvres: il a partage des événements de la vie du compositeur.Quant aux images, elles sont superbes et nombreuses, avec, objet de l'ouvrage, la reproduction de nombreux manuscrits.Que ceux qui ne savent pas lire une partition ne s'arrêtent pas là: il y a une beauté et une poétique, une émotion qui se dégagent de la vision de ces pages.Même si on ne le remarque pas tout de suite, elles ont un point commun: contrairement à celles d’autres compositeurs (Beethoven étant le plus archétypique), elles s’imposent, d’un seul jet, sans la moindre correction.C’est ce que d'aucuns appellent «la main de Dieu», d’autres le génie.Mozart est là, dans ces signes évidents et nécessaires.Le père, Leopold, lui, raturait même ses lettres! Collaborateur du Devoir LES PLUS BEAUX MANUSCRITS DE MOZART Gilles Cantagrel Hurtubise HMH Paris, Montréal, 2005,222 pages JOSÉE BOILEAU Charles Aznavour n'a jamais caché qu’il fait de la photo, le glissant maintes et maintes fois en entrevue.Mais ses photos, elles, restaient cachées, clichés s'ajoutant aux milliers d'autres — 40 000, affirme le principal intéressé — qui composent la collection personnelle de l’artiste.Aujourd’hui, pourtant, il en dévoile quelques-unes dans un album, Aznavour, images de ma vie (Flammarion Québec).prêt juste à temps pour les Pètes et qui étonne un peu de la part de quelqu'un qui a toujours tenu sa vie privée à l'écart des projecteurs.Mais c’est pas un journal à scandale, mon bouquin!, corrige-t-il dans une entrevue téléphonique donnée depuis Paris.Ce sont quelques photos de, ma famille, de la descendance.À partir d’un certain âge, si le public vous a suivi si longtemps — et ça fait quand même longtemps que le public me suit! —, je crois qu 'il a envie de vous connaître un peu mieux.Et la photo est une belle image pour vous faire connaître.» De fait, on y trouve les proches — famille, amis, camarades du metier —, des photos d’Aznavour enfant, celles des débuts, des affiches, de la scène, celles de la gloire.Et on y découvre, puisque le livre nous attire avec en couverture un Charles Aznavour nous interpellant du regard, une caméra sur les genoux, les images que lui-même a tiré du monde qui l'entoure, avec ces appareils qu'il a découvert à 9-10 ans, qu’il a, affirme-t-il, toujours en sa possession, «et toujours un modèle nouveau».Vraiment?«Écoutez, là je jette un coup d'œil à côté de mon bureau: il y a un appareil photo au cas où il arriverait.l’imprévu!» Quand même, Aznavour qui prend des photos dans la rue, ça doit briser la spontanéité, attirer l’attention.«Mais quand je voyage, je vais dans des pays où les gens ne font pas tellement attention à la photo! Là, je suis rentré d’Ouzbékistan.Qui va en Ouzbékistan à part un fou comme moi?Personne! Mais j’ai visité un pays merveilleux, en même temps que j’ai fait des photos rares.» .Aznavour photographe.,, «Rares»: de fait c’est le qualificatif qui pourrait s’appliquer aux photos de voyage d'Aznavouç — trop peu nombreuses et pourtant uniques! — reprises dans l'album.Elles témoignent d’un regard tendre porté sur le «monde ordinaire», les femmes, les enfants.Les légendes signées par le chanteur évoquent d'ailleurs «l'humilité, la pauvreté, la compassion», «la simplicité des gens d’ailleurs».Les phrases d’Aznavour Or ce sont aussi les phrases d’Aznavour qui, couplées aux photos quelles commentent ou alignées sur plusieurs pages, en tête de chapitre, font la richesse de cet album pour les fans.et les autres.Car la vie d’Aznavour, à 81 ans bien comptés, c’est aussi l'histoire du siècle (un génocide, la guerre, l’Amérique.), de la scène françai se, du cinéma.Et l’homme sait raconter, sans détour, dans le même «style direct et descriptif», dixit Le Petit Robert\, que le font ses chansons.«Ah! Mais l’écriture, c’est mon hobby!», dit-il, pince-sans-rire.C'est qu’il ne manque pas d’humour, monsieur Aznavour, comme en font foi aussi ses «photos insolites», qui occupent leur propre chapitre dans l'album.Normal, puisque son credo est précis: «Tout ce qu'on fait doit nous ressembler».Or l'humour est inhérent au regard, «très acéré», qu'il jette sur la vie.La conclusion de l'album sur «la femme de l'artiste», à ne pas confondre avec la «femme d'artiste»^., démontre bien d'ailleurs que l'artiste en question sait faire sourire à ses dépens.fl faut dire que «la femme de l’artiste» a émis quelques réticences quant à l’aventure de l’album à feuilleter en public — «Ma femme n aime pas beaucoup être prise en photo et elle n ’aime pas qu’on la reconnaisse.» —, alors que l’artiste, lui, très attaché à sa famille, souhaitait que celle-ci apparaisse en bonne place.Quelle meilleure preuve, en effet, avec ces photos d'enfants et de petits-enfants souriants.que la famille Aznavourian, «composer, lorsque j’étais enfant, que de quatre êtres vivants, pour ne pas dire survivants», comme il l'écrit de façon touchante, n'a pu être déracinée Ce n’est pas Charles Aznavour qui a choisi les photos des Images de ma vie: l'idée venait de Flammarion, il leur a envoyé 20 000 clichés, ils se sont livrés au difficile tri — «Je voulais que ce soit un regard etranger qui choisisse ce qu’il avait envie de voir.» Neanmoins, il sait bien lesquelles le font craquer: «J’aime beaucoup les deux petites photos de ma fille [Katia], en Marilyn et en baigneuse Je les aime parce que ce sont des moments rares que Ton attrape.Il n'y a rien de plus difficile que défaire des photos d’enfants, paree que ça bouge tout le iemps, ça ne prend pas la pose, ça refuse tout.» Mais quand ça réussit, c’est le temps qui vient d'être déjoué, le temps, ce grand inspirateur du grand Charles.«J’ai toujours eu une passion pour la photo parce que la photo, c’est le souvenir qui revient.» Rien ne peut être davantage aznavourien.Le Devoir IMAGES DE MA VIE Charles Aznavour Flammarion Québec Montréal, 2tX)5,160 pages aznavi ¦s IlIlH I Four • André l’amateur de vins futé ADIEU PATRON! BONJOUR COACH! 52 JOURS POUR RÉ! V TER ^ Pour ?.Iean-( iahriel (|iii doit faire sa place au soleil Pour 0 Gervais qui veut parler anglais Pour Brigitte qui doit motiver son VINS 25$ DEMAIN, JE PARLE Malcolm Oadwcll GIOBISH équipé intuition CREVER Les Éditions ^ Transcontinental DES LIVRES POUR MIEUX GÉRER, MIEUX INVESTIR, MIEUX VIVRE Laissez-vous prendre au jeu ! ancement jeudi 15 décembre, 19 h à nos bureaux, 460, Ste-Catherine O., #838 (près de Saint-Alexandre) F 6 LE DEVOIR.LES SAME# 1 10 ET DIMANCHE 11 DÉCEMBRE 200 LIVRES CADEAUX BEAUX LIVRES Theatre et guerre 117 s 1 EN VENTE DANS LES MAISONS DE LA PRESSE, EN LIBRAIRIE ET A NOS BUREAUX A COMPTER DU 22 DÉCEMBRE THÉÂTRE ET GUERRE • Panorama des dramaturgies • Jeu, théâtre et guerre • Entretiens : Cristina lovita, Theodor Cristian Popescu, Daniel Danis • Témoignages : Carole Fréchette, Emma Haché • Portrait :Wajdi Mouawad • Expériences sur le terrain : Haiti, Burkina Faso, Croatie ÉGALEMENT • Festival de théâtre des Amériques 2005 • Stratford Festival of Canada • Les 20 ans du Périscope • Les Soirées de famille (1898-1901) Sur la piste de Neruda T i slÇlîlA1'.LAURENT PETERS / SEUIL Valparaiso se souvient de Neruda.ttlHIfllI 11 i r •>' mm GUYLAINE MASSO UTRE Philippe Noiret l’a immortalisé au cinéma, dans Le Facteur.Antonio Skarmeta en fait la figure paternelle de tous les opprimés et le chantre de la liberté.Eric Jean, qui a mis en scène ce roman poétique.Une ardente patience, cet automne au QuafSous, a fait aimer son âme ailée, son chasseur aux papillons du langage.Cette figure connue est celle d’un prix Nobel chilien, dont le nom évoque un symbole de paix universelle, Pablo Neruda.Ce grand poète, diplomate de l’amour et des beautés de Xarauca-ria sauvage, aurait été fier de voir les beux qu’il aimait retracés, un verre levé à son nom, par des amis d’Amnesty International.Fariba Hatchtroudi, écrivaine iranienne, et son mari, le photographe Laurent Péters, ont bouclé leurs valises, à la veille du centenaire de Neruda, en 2004, pour rencontrer son peuple.Direction Parral, lieu de naissance de Ricardo Neftali Reyes Basoal-to, orphelin de mère peu après sa naissance; et Valparaiso, et Santiago, et TAtacama, nord désertique à la triste mémoire.Quant à Tîle Noire, ce petit paradis romanesque où, grâce à Neruda, la terre entière se souvient d’Allende, l’homme qui nationalisa les mines de cuivre, est-ce l’Atlantide des poètes égorgés, partout sur la terre, comme le rappelle Hatchtroudi?Péters redonne vie à ce havre d’une nation livrée, pendant dix-sept ans, à la curie d’un régime militaire.Il faut découvrir, offrir cet album fraternel et vibrant, Le Chili sur les traces de Neruda.Il n’a rien de ces panégyriques poussiéreux, sortis des greniers.C'est une aventure imagée, qui rend hommage aux disparus et justice à ceux qui les honorent.Vivat aux militants humanitaires, syndicalistes et responsables de partis politiques, qui écopèrent en 1973 de la folie tortionnaire des escadrons de la mort! Ce périple, inspiré par une juste cause, plus vaste que celle du Chili, s’enorgueillit des visages aux yeux de braise des femmes solidaires des martyrs chiliens.Salut à Victor Jara! La Cordillère y est une sœur désolée, à 3500 kilomètres de là, à Puerto Montt, «fracas d’un cœur géant, palpitation de l’univers», écrivait Neruda.A Kahouah, le temps se fige entre les ües.Les hommes continuent leurs outrages: près de l’Antarctique, le glacier San Rafael a reculé d’un kilomètre, après des millénaires de brise sur place.La poésie est un miracle! A Chi-loé, porte de l’archipel austral, des amis de Neruda accueillent les auteurs.Est-ce par sa fine plume que Valparaiso appartient désormais au patrimoine de l’humanité?Si le Chili se souvient de Neruda, c’est qu’il connaissait tout le monde! C’est qu’il s’était engagé contre les armements atomiques, la guerre du Vietnam, les injustices d’Etat, les gouvernements illégitimes, le blocus américain contre son peuple.On s'y promène sur les notes du chant général.Etonnant, comme toutes les dictatures se ressemblent; mais les peuples, non! Maria Martner, céramiste, et Francisco Velasco, médecin peintre, septuagénaires, amis de Neruda, rient encore de ses firasques avec sa jeune et dernière épouse, Matilde; ils chuchotent aussi le nom de sa cousine Alicia, rappellent Delia del Carril, Antoinette la Hollandaise et Malva Marina, la gamine handicapée; ils évoquent ses farces, ses bons mots au quotidien.Ils feuillettent manuscrits, photos, tous les objets du «traumatisme poétique», qui leur tire encore des larmes, ivresse et bonheur.Le Chili sur les traces de Neruda est un album joyeux, rythmé, balancé, qui divague et tangue, au gré des tribulations des voyageurs.«Frappons amoureusement sur la table», tel était l'injonction du poète dans un texte célèbre.D'un repaire à l’autre, l'objectif se fixe sur l’esprit de Neruda.La cloche tinte à L'Isla Negra, devant le Pacifique.Les voisins sont là, et ils parlent.1973, après tout, c’était hier, rien ne pourrait étouffer Résidence sur la terre.«Est-ce Pablo qui est chilien ou le Chili qui est nérudien?» Cette question de nos guides, ils nous la posent à chaque pause, avec un clin d’œil souriant Collaboratrice du Devoir LE CHILI DE NERUDA Fariba Hachtroudi et Laurent Péters Seuil Paris, 2005,160 pages La Russie de Michel Strogoff scé Trimestriel format : 19,6 cm x 22,7 cm 192 pages, 120 photos 15 $ plus taxes I ' \tHOimnr fc.dtm d'Amérique Meure en seene.um'urdTini Abonnez-vous avant le 31 janvier et recevez gratuitement lâffkhe couleur de l'Arbre du théâtre québécois 24 PO.X 36 PO, PAPII R GLACE VAIEUR ot 20 S ABONNEMENT 1 AN 2 ANS 'NCVVKXI «$ 7$ S ÉTlîOlANT JS* INSTITUTION *4* »«* ScXflTEN 1S0*«« jso$m.Prix avant taxes INFO^REVUEJEU.ORG (514)875-2549 WWW.REVUEJEU.ORG CHRISTIAN DESMEULES Lorsque parait son roman Michel Strogoff, en 1876.Jules Verne n’a jamais mis les pieds en Russie.Ce qui n’empêche pas le 15' de ses Voyages extraordinaires de connaître un succès immédiat Et lorsqu’il quitte Moscou le matin du 16 juillet l’objectif du courrier secret du tsar est de relier le plus rapidement possible la ville d’irkoutsk, en Sibérie centrale, où gronde une révolte.Sur une distance de 5523 kilo- ¦ fr*** ) /buy*t « EêU a £**$*«' v-td.Albin Michel » MOZART mètres, l’homme au «corps de fer» et au «cœur d’or», Sibérien et capitaine dans la garde, emmène ainsi dans sa course folle des milliers de jeunes lecteurs férus d’aventure et de grands espaces.C’est cet itinéraire qu’ont voulu recomposer, en mots et en photographies, Rémy Michel et Olivier Martel, deux journalistes français passionnés de voyages.De Moscou à Irkoutsk, à travers les vastes espaces orientaux de ce pays immense, des rives mythiques de la Volga à celles du lac Baiîcal, le trajet emprunté par le héros mythique de Jules Verne traverse les steppes, les montagnes de l’Oural et les grands fleuves sibériens, tout en suivant la vieille piste des Cosaques.Le monde décrit par Jules Verne, s’étonne-t-on d’abord, semble ne jamais avoir totalement disparu.Même si soixante-dix ans de communisme sont passés par là, ces images d'une Russie éternelle donnent parfois l’impression d’être issues d’un roman du XDC siècle: isbas perdues dans des massifs de bouleaux, renaissance orthodoxe, paysans à cheval, na- ture immobile ou menacée par l’industrialisation sauvage.Et au milieu des révoltes tar-tares du passé, quelques échos renvoient jusqu’aux nouvelles brèches de l’empire russe.«Am-jourd’hui, lorsqu'il se penche sur une carte de Russie, écrit Rémy Michel, le nouveau maître du Kremlin doit avoir le même front soucieux que le souverain d’alors: ses troupes s’enlisent dans une interminable guerre en Tchétchénie: les nouvelles républiques d’Asie centrale ne songent qu’à s’émanciper de l’influence moscovite.Décidément, l’Histoire est têtue et, dans ses frissons de fièvre, l’actualité remonte des pans entiers d’une mémoire dont on avait trop vite fuit table rase.» Collaborateur du Devoir VOYAGE EN RUSSIE SUR LES TRACES DE MICHEL STROGOFF Récit de Rémy Michel et photographies de Olivier Martel, Solar/Géo Paris, 2005,192 pages Miberté 411 Paris se montréalise-t-il ?Michelle Blanc Luis Carlos Fernandez Fulvio Cacda Robert Lalonde Sylvestre Glander Christian Monnin Use Gamin René Vlau Robert Clroux lean-Philippe Warren lacques Godbout Nairn Kattan Michel Madore Dominique Noguez Bernard Pozler Robert Richard • î 'A- 'T' ÇHJ U -m "v.«" < www.revueliberte.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II DECEMBRE 2 0 0 3 F 7 LIVRES CADEAl'X LITTÉRATURE JEUNESSE Beautés de papier Littérature jeunesse ou livres d'art?Certains albums pour enfants sont tellement beaux qu’il est difficile de trancher.CAROLE TREMBLAY Ce n’est ni un documentaire fictif, ni une encyclopédie romancée, pas plus que ce n'est un recueil de biographies de princesses célèbres ou inventées, mais c'est aussi un peu tout ça à la fois.En fait, c'est une espèce d’auberge espagnole de la princesse, dont la principale qualité est sans aucun doute la splendeur graphique.Les textes, un melange hétéroclite de contes, de définitions et de proverbes, ne semblent exister que pour sertir d’accompagnement aux merveilleuses illustrations de Rebecca Dautremer.On ne peut que tourner les pages et s’extasier devant un imaginaire aussi riche et aussi colore.Ces beautés en crinoline et falbalas déploient aussi leur orgie de couleurs et de formes dans des produits dérivés: répertoire téléphonique et cahier secret.PRINCESSES OUBUÉES OU INCONNUES Texte de Philippe Lechermeier Illustrations de Rebecca Dautremer Gauthier-Languereau Paris, 2005,93 pages.Pour les demoiselles de 8 à 88 ans.s PINOGHIO J / a O Alt 4-WAAO JCUNtVHf ^ T 0*-| Publiées tout d'abord sous forme de feuilleton entre 1881 et 1883, les aventures du célèbre petit pantin ont rapidement fait le tour du monde.De nombreuses adaptations, traductions et autres trahisons ont ensuite été faites de ce conte à la fois jubila-toire et moral.Gallimard jeunesse reprend ici, dans sa version intégrale, le texte du journaliste Carlo Lorenzini, dit Collodi, dans un livre grand format, mis en images de façon spectaculaire par Roberto Inno-centi.Le réalisme un peu sombre de ce grand illustrateur italien rend à merveille l’époque et les paysages de Toscane dans lesquels l’auteur avait situé les aventures de son héros de bois.Chaque dessin est un véritable tableau.Les ciels gris d’hiver et les ambiances un peu sinistres de la campagne italienne du XIX' siècle nous transportent à des années-lumière de l’imagerie de Disney.Pinocchio en ressort grandi, mais toujours aussi vivifiant.LES AVENTURES DE PINOCCHIO Carlo Collodi Illustrations de Roberto Innocenti Gallimard jeunesse Paris, 2005,191 pages.A partir de 8 ans.Les passionnés d'Egypte ancienne trépigné ront de joie devant ce nouveau titre de la collection d'albums animés chez Milan Dans la même veine que Dragonologie.qui a connu un succès foudroyant au printemps.Elgyptologie prétend être le fac-similé du journal intime d'Emily Sands, une exploratrice partie à la recherche de la dernière tombe d’Osiris, en 1926.Croquis, questionnements, rabats à soulever, enveloppes à ouvrir, ce livre plein de surprises propose une enquête interactive au jeune lecteur.Evidemment c'est magnifique, et ce qui ne gâte rien, on y apprend plein de choses.ÉGYPTOLOGIE Miss Emily Sands Illustrations de ian Andrew, Nick Harris et Helen Ward Milan Paris, 2005,32 pages et dépliants.A partir de?ans.Depuis toujours, Grand Loup vivait seul en haut de la colline.Mais voilà qu'un beau matin, un inconnu se pointe à l’horizon.C'est Petit Loup.L'apparition de ce nouveau venu dans son univers n'est pas sans inquiéter le grand loup solitaire.Un moment de doute, un temps d’apprivoisement précèdent la découverte dime belle amitié.L’émotion tout en finesse de cet album grand format est traduite avec une économie de mots remarquable.Chaque phrase est ciselée, chaque mot est à sa place.On ajoute à ce bijou de texte les couleurs fauves des illustrations pleine page d’Olivier Tallec et on a un pur objet de poésie entre les mains.GRAND LOUP & PETIT LOUP Texte de Nadine Brun-Cosme Illustrations d'Olivier Tallec «Les albums du Père Castor».Mammarion Paris, 2005,32 pages.A partir de 3 ans Collaboratrice du Devoir Un roman-photos pour ados ENTRE CHIEN ET LOUP Charlotte Gingras Photographies de Robert Desrosiers La courte échelle, Montréal, 2005,30 pages, 14 ans et plus ANNE MICHAUD Entre chien et loup, le nouveau roman de Charlotte Gingras, surprend, dérange et fait réfléchir.L'auteure, qui explore depuis plusieurs années avec beaucoup de doigté l’univers des adolescents, utilise cette fois une formule nouvelle, soit celle du roman illustré de photos, qui donne un aspect quasi documentaire à son ouvrage.Une jeune fille, de toute évidence en fuite du foyer familial, est remarquée par un travailleur de rue.C’est l’automne, il fait froid et il s’inquiète de savoir où elle va passer la nuit.Il lyi propose donc d’aller s’abri- ter dans un gîte voisin, mais comme elle semble sourde à ses conseils, il décide de la suivre pour voir où elle va et lui venir en aide au besoin.Elle, de son côté, paraît totalement détachée du monde qui l’entoure.Lille ne regarde personne, ne parle à personne et refuse même la nourriture qu’on lui offre.Le seul lien qui l’unit au monde, ce sont les messages énigmatiques qu’elle laisse sur les murs.Touchant, bouleversant même, ce roman-photos va droit au cœur.L’écriture de Charlotte Gingras est sobre, sans circonvolutions ni paraboles, alors que les photographies de Robert Desrosiers, avec la participation de la jeune Sandrine Brodeur-Desrosiers, sont d’un tel réalisme qu’on croirait que l’histoire est réelle.Un livre comme celui-ci nous fait prendre conscience que les jeunes itinérants portent souvent en eux-mêmes des 448 pages ¦ 31,95 S « Le roi du polar suédois.» L’Express Màlkeil La Suède en proie au fanatisme religieux AVANT LE GEL « Dans le froid paradis perdu qu'est la Suède d’aujourd'hui, Henning Mankell suit les parcours parallèles du commissaire Wallander et de sa fille Linda.Deux flics atypiques et attachants, confrontés à une société qui se déglingue.Un polar qui se développe avec une magnifique lenteur.Et qui fascine de bout en bout.» René Homier-Roy Radio-Canada SEUIL Policiers drames bien trop lourds pour leurs fragiles épaules.Collaboratrice du Devoir wmt m m m m ¦ Telegeme “ Vint lê moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle.” !§ H mitwii VWnJMidH Alhin Michel V Les Presses de l'Université de Montréal Bibliothèque du Nouveau Monde Promotion exceptionnelle jusqu’au 31 janvier 2006 ! Profitez d'un rabais de 50% , sur tout achat d’un ouvrage de la prestigieuse collection Bibliothèque du Nouveau Monde*, dont: Alain Grandbois * OKRESfX INHMNCT BOi ?40 S 60$ ?JUS Jacques Perron 50 4 ?2 5 $ 50$ ?25$ Trente arpents Claude Gauvreau - ; ;so 604 ?30 S * A l’exception de ('ouvrage Dans un gant de fer de Cla»rp Martin www.purTi.umontreal.ca rJL Université de Montréal t mm LE I) E V 0 I H .LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 D E C E M B K E 2 0 0 5 F 8 LIVRES CADEAUX PHOTO New York, NY PAUL CAUCHON Ce New York cité géante n’est ni un guide touristique ni un simple livre de table à café: il s’agit d’un véritable projet historique et architectural, souvent passionnant, qui n’intéressera pas seulement les amoureux de New York mais aussi le vaste public.L’auteur a entrepris de raconter l’histoire de New York à travers son architecture, et ce à j’aide d’une formidable collection de photos historiques provenant de Getty Images, de Time & Life Pictures et du musée de la ville de New'York.Plus d’une soixantaine de courts chapitres sont organisés autour d’autant de thèmes, pour raconter à chaque fois l’histoire des principaux bâtiments de la ville.Tout y passe: les premières maisons, les grandes gares ferroviaires, les ponts, les autoroutes, les églises, les grands musées, Central Park, le métro, les grands magasins, les résidencês privées prestigieuses, les habitations plus humbles, les zoos, les jardins botaniques, les universités, les stades sportifs, et évidemment les plus célèbres gratte-ciel.Connaissant la ville actuelle, nous avons un certain choc en regardant les gravures représentant le New York bucolique du XVIP siècle.Mais cette vision campagnarde ne durera pas longtemps.Car dès 1790, New York devient la plus grande ville des États-Unis et, en 1811, son plan actuel de construction en damier est adopté.Une gravure de 1853 montre d’ailleurs un ville évidemment sans aucun gratte-ciel, dont le paysage est dominé par les clochers d’églises, mais où déjà les milliers de maisons se pressent les unes contre les autres, et où des centaines de bateaux s’activent sur les deux rives de Manhattan.Détails techniques L’expansion de New York commence avec la construction du pont de Brooklyn, inauguré en 1883 et considéré alors comme la 8' merveille du monde.Manhattan pouvait toujours commencer à enjamber les rives, mais le plus fort restait à venir.Les techniques de construction ne permettaient pas de construire des habitations de plus de quatre ou cinq étages.Deux nouvelles découvertes manquaient encore, mais dans les années suivantes elles allaient saisir la ville de folie: l’utilisation de l’acier pour construire l’armature des gratte-ciel, et l’électricité pour construire des ascenseurs permettant d’y grimper.Au fil des pages, on obtient de nombreux détails sur les techniques de construction et sur les luttes épiques entre promoteurs.Par exemple, traditionnellement, un bâtiment qui comptait moins d’étages offrait un loyer plus élevé, parce qu’il était plus pratique de vivre en bas.En construisant les gratte-ciel, les promoteurs se sont vite rendus compte que c’était maintenant la vue en hauteur qui valait cher, et ils ont commencé à acheter ou louer les vieilles bâtisses autour de leur construction, afin de prévenir la construction de gratte-ciel concurrents qui feraient de l’ombre à leur propriété! Le premier métro Les photos d’archives font également revivre des images disparues à jamais, comme le premier métro aérien de New York, le El, dont les poutrelles encombraient les rues (le centre historique de Chicago a conservé aujourd’hui son métro aérien, contrairement à New York).Le chapitre sur les hôtels et les maisons particulières révèle des sommets de mégalomanie.La maison de Charles Schwab par exemple, un magnat de l’acier, sur Riverside Drive, comptait 75 chambres, 40 salles de bain, une piscine de marbre, une piste de bowling et un orgue.Comme le livre est très récent (l’édition américaine date de 2005), la construction du World Trade Center, tout comme sa destruction y sont abordées.Et de façon symbolique, le livre se termine par la seule photo qui n’est pas une photo d’archives, celle du projet qui veut maintenant occuper le site de Ground Zero.Le Devoir NEW YORK CITÉ GÉANTE Bruce Marshall, Gründ, Paris 2005,304 pages OSCAR GRAUBNER / TLP La styliste Margaret Bourke-White sur l’une des gargouilles du 61* étage du Chrysler Building.LITTÉRATURE JEUNESSE DANSE Le Monde de Narnia Trajectoire aérienne ANNE MICHAUD Avec la sortie du film Narnia: L’Armoire magique qui a pris l’affiche vendredi, il était prévisible que l’on réédite les livres dont cette histoire est issue.Publiée entre 1950 et 1956, traduite en 34 langues et vendue à plus de 85 millions d’exemplaires à travers le monde, l’œuvre de C.S.Lewis a connu un succès mondial bien avant l’arrivée de Harry Potter.Une nouvelle édition intégrale qui regroupe les sept Chroniques de Narnia vient de paraître sous le titre Le Monde de Narnia (Gallimard).Avec ses 880 pages, c’est une véritable brique qui risque malheureusement de rebuter plusieurs jeunes lecteurs (sauf peut-être les amateurs d’Harry Potter!), d’autant plus que les illustrations, peu nombreuses, sont en noir et blanc, que le caractère d’imprimerie utilisé est plus petit que la moyenne et que l’écriture de C.S.Lewis est parfois un peu vieillotte.L’œuvre intégrale est aussi disponible dans la collection «Folio Junior», en sept volumes distincts.On vient d’ailleurs de rééditer dans ce format le second roman, intitulé Le Lion.La Sorcière blanche et l’Armoire magique (c’est celui qui a inspiré le film), en y incluant huit pages de Amériques les mains du monde rend hommage à l'artisanat à travers un recueil d’images et de reportages.Mains blanches, noires ou basanées, qui pratiquent le tressage, le cannage, le nattage, la vannerie, le tissage, la poterie, qui travaillent It's pierres ou le bois Ces mains produisent Tart de Unir peuple.Un art dangereusement menacé par l’industrialisation.Jacques Anquetil nous photographies tirées directement de la production de Disney.Quant aux six autres romans, y compris le premier, Le Neveu du magicien, qui est en fait un prologue aux aventures des quatre enfants Pevensie dans le fabuleux royaume de Narnia, ils comprennent aussi les illustrations originales de Pauline Baynes, mais cette fois en couleurs.Si vous avez l’intention d’offrir l’œuvre de C.S.Lewis à un enfant, faites donc d’abord un essai avec l’un des volumes de la collection «Folio» avant d’investir des sommes allant de 40 $ (pour la nouvelle édition intégrale) à plus de 100 $ (pour la collection «Folio» complète) sans savoir si le destinataire appréciera le cadeau! Collaboratrice du Devoir LE MONDE DE NARNIA Gallimard Paris, 2005,880 pages 8 ans et plus LE MONDE DE NARNIA: LES CHRONIQUES DE NARNIA Gallimard, collection Folio Junior, 7 volumes Paris, 2001 et 2002, environ 250 pages chacun 8 ans et plus fait connaître le métier d’artisanat à travers son livre qui se veut un voyage au quatre coins de l’Amérique.Le Devoir AMÉRIQUES LES MAINS DU MONDE Jacques Anquetil Éditions Solar Paris, 2005,198 pages ROLLINE 1APORTE / LES HEURES BLEUES Estelle Clareton dans Déluge (1994) SYLVAIN CORMIER Pour les 50 mis de l'hymne national (We're Gonna) Rock Around The Clock, le gros boogie de Bill Haley et ses Cornets qui sert de balise aux amateurs de dates fixes et aux historiens du rock paresseux, fallait un livre.Une brique.Une somme.Nous! nous! nous! ont fait messieurs Barsamian et Jouffa, spécialistes de l’emballage gros format.Hé, c’est qu’ils ont un sacré fond de commerce: le premier a été pionnier du journalisme rock en France (Disco-Revue.Rock & Folk), le second est pilier de la radio Europe 1 depuis le temps des yéyés.FRÉDÉRIQUE DOYON Le vertige est l’attrait du vide, dit-on.Mais chez la chorégraphe Ginette Laurin, c’est plutôt le plaisir de l’envol, avec tous leg risques assumés de la chute.À l’occasion du vingtième anniversaire de sa compagnie O Vertigo, l’ouvrage Anatomie du vertige.Ginette Laurin: vingt ans de création parcourt la trajectoire aérienne de cette artiste d’exception.Sous la plume érudite de l’historienne de la danse Michèle Febvre, qui a assuré la direction de publication, et celle, plus poétique, de Guylaine Massoutre, par ailleurs collaboratrice dans nos pages, la démarche artistique de Ginette Laurin prend vie, depuis ses débuts au sein du Groupe Nouvelle Aire jusqu’à ses récentes créations, Pqssare et l’installation La Résonance du double.Chaque auteure signe une partie, divisée en courts chapitres, qui nous font traverser, de manière chronologique, le répertoire de Leur grand truc, c’est le résumé biographique en un feuillet bien tassé.Ils en ont sur quiconque a craché dans un Shure, branlé une Fender ou topoché du Ludwig, de Haley à Led Zep.Histoire de rentabiliser leur labeur, les lascars nous resservent ces résumés depuis bientôt trois décennies., sous diverses bannières: L’Age d’or du rock’n’roll (ou du yéyé, ou de «la pop music».), L’Encyclopédie du rock américain (ou de «la black music»), etc.Sans compter les monographies (sur Johnny, Elvis, les Stones, les Beatles).Plus d’une cinquantaine de bouquins à partir du même lot de bios.ha- l’artiste.La préface du metteur en scène Denis Marleau, ami de la chorégraphe et qui a suivi son travail depuis ses début, offre un autre regard.«Ainsi, dans la même période où, chez ses contemporains montréalais, le corps dansant se fait violence, s’appesantit, tombe, s’essouffle dans des courses ou dans des répétitions obsessives pour évoquer ou convoquer la dureté du monde ou la fureur de vivre, chez elle, sensiblement avec les mêmes outils, le corps dansant affirme son pôle jouisseur, ses pouvoirs infinis de “s’envoyer en l’air”, de perdre l’équilibre pour la délicieuse sensation de l’instant qui précède, pour la jubilation de la chute ou de la vitesse, pour le sentiment d’exister dans la dépense de soi», écrit Michèle Febvre.Ce qui résume assez bien l’esprit de l’œuvre et de la personnalité artistique de Ginette Laurin, à l’écoute de tous les possibles du corps dont jaillit une intelligence qui lui est propre.On se délecte également des pho- bilement liées en un texte suivi quand l’ouvrage n’est pas nommément encyclopédique.Cette Histoire du rock, donc, on l’a déjà lue.Et relue.Pour ainsi dire dans les mêmes mots.Minimum de réécriture, maximum de copié-collé.Le présent ouvrage n’en est pas moins correctement écrit et pas inutile, les compères y résumant les résumés précédents en un seul volume de presque mille pages.Mais épais volume ou pas.c’est du recyclage, et du recyclage sans mise à jour.L’histoire du rock manière Barsamian-Jouf-fa.il faut bien le dire parce que ce n’est pas indiqué sur la couverture, s’arrête autour de 1972: pas de tographies illustrant ce parcours, pour leur beauté saisissante, mais aussi pour le bonheur d’y voir danser la chorégraphe ainsi que tous les interprètes qui ont donné corps à son répertoire au fil du temps.C’est un peu toute la famille de la danse québécoise qui déffle sous nos yeux, ceux qui ont quitté la scène, ceux qui sont devenus chorégraphes à leur tour, et ceux qui l’incarnent encore et toujours et promettent de vivifiants lendemains.Il y a trop peu de publications en danse pour ne pas mettre la main sur celle-ci.Le Devoir ANATOMIE DU VERTIGE - Ginette Laurin: VINGT ANS DE CRÉATION Michèle Febvre et Guylaine Massoutre Prologue de Denis Marleau, Les Heures bleues Montréal, 2005,127 pages Springsteen, pas de U2, pas de Nirvana, pas de Coldplay.Explication et parti-pris pratique, on ne-traite que des «générations qui ont fait le rock», ignorant celles qui le perpétuent Heureusement qu’il y a un CD boni avec des extraits d’entrevues exclusives réalisées par Jouffa.Sans ça, la brique ne ferait pas le poids.Collaborateur du Devoir HISTOIRE DU ROCK Jacques Barsamian, François Jouffa Tallandier, Paris.2005,986 pages BEAUX LIVRES / Eloge à l’artisanat CHANSON Nouvelle brique, même rock Quelques livres PENDANT LE TEMPS DES FÊTES./ * Vf-s m Mm l wm % .alire Librairie indépendant* agrées Place Longueuil 825.rue Ssmt Laurent Ouest (450)679-8211 BERNARD ANTOUN Mémoires de ciels et de vents Contes de genre zen et soufi, pleins de sagesse, d’humour et de poésie ©Place des Arts Studiothéitre Le Studio littéraire Le Studio littét MUS! 14 décembre 2805 Axe Hébert, te feu et U glace Accompagnée de la violoncelliste Hélène Boissinot et de l'homme de théâtre Vincent Davy, la comedienne Danièle Panneton propose, lors d’une souée intimiste, la mise en lecture d'extraits de l'oeuvre de l’étemelle jeune fille qu’était Anne Hébert.T«ifs StwUo-tbéèU# ISStwpffaom 19639 pûi Cv' Ci (514)142-2111 148M42-2112 «w Ma K c» l*t CipbiMn.O te MDL marchcdulivrc.qc.ca librairie agree* livres et bandes dessinées Sur le campus UQAM, à deux pas de la Qrande Bibliothèque 514.288.4-350 Angle de IHaisonneuoe et St-Hubert Je Yovf offre le; pU; bea^x livre;, bu et cJ U'occado» à —se ÉVacti», U « prix «U -CvA BOUOUINERIE SAINT-DENIS 4075, nw St-Denis, ia*e mmm 2M-5567 *BOUQUINERIE du plateau 799 Mont-Royal.stn+mn S23 502S Les Éditions du Noroît Collection Lieu dit www.lenor-CH t.co m Alain Médam Martin Thibault Sur le chemin Marchand Ils passent la Main tn Marx i 4 # t LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II DÉCEMBRE 2 0 0 5 LIVRES CADEAUX ESSAIS QUÉBÉCOIS La fatigue sociale de Claude Castonguay Louis Cornellier A lire les Mémoires d’un révolutionnaire tranquille de Claude Castonguay, on se demande bien pourquoi ce dernier n’a pas signé le récent Manifeste pour un Québec lucide des Bouchard, Facal et Cie.Obsédé par Y «état désastreux» de nos finances publiques, par notre dette «trop élevée», par notre fardeau fiscal «parmi les plus lourds au monde», par le trop grand pouvoir des syndicats, et partisan du CHUM à Outremont, du dégel des frais de scolarité et d’un système de santé privé parallèle, l'ex-ministre libéral était en effet le candidat idéal au titre de treizième lucide.Tenant, lui aussi, du «gros bon sens» qui tient lieu d’argument ultime aux idéologues liberaux qui prennent les rationalisations à la sauce affairiste pour le summum de la rationalité, Castonguay aurait ajouté une belle voix de basse à ce chœur de pleureuses, obligé de compter sur des timbres aussi peu convaincants que ceux de Denise Robert et 4e Marie Saint-Pierre.A une autre époque, pourtant, notre homme avait mieux à faire que d'entonner le grinçant refrain d’une droite économique québécoise soi-disant lucide.Actuaire spécialisé dans les assurances sociales fmaladie, chômage, santé et sécurité au travail, regimes de pensions) qui «permettent de redistribuer la richesse et, du coup, de réduire la pauvreté et les inégalités sociales, ce qui contribue à la stabilisation de l'économie», Castonguay.dans les années 1960, a entre autres travaille à la création du régime de rentes de retraite du Québec.Elu député libéral de Louis-He-bert en 1970 et rapidement promu au poste de ministre de la Santé et du Bien-être social il sera, la même année, à l’origine de l’entrée en vigueur du programme d’assurance maladie incarné par la célèbre «cas-tonguette».C’est à lui, aussi, que l’on doit la Loi sur la protection du malade mental et la création du Code des professions visant la protection du public.Membre important du gouvernement du Québec au moment des événements d’octobre 1970, Castonguay se souvient avec rage et tristesse de la mort de Pierre Laporte, mais cela ne l’empèche pas d’affirmer «qu’on a, à Ottawa, délibérément exagéré la gravité» de la crise.L’évocation des relations de Castonguay avec le gouvernement fédéral, d’ailleurs, constitue un des leitpiotivs de ces Mémoires.A plusieurs reprises, dans ses fonctions de ministre québécois, Castonguay a dû subir l’arrogance du fédéral envers le Québec.Déjà, en 1972, il s’en prenait au déséquilibre fiscal «nettement à l’avantage d'Ottawa» et, l’année précédente, il affirmait que, «tant et aussi longtemps que l’on tenterait, au mépris de la réalité sociologique, de faire du Québec une province comme les autres, la révision constitutionnelle ne répondrait pas aux aspirations des Québécois».Très sevère à l’égard de Trudeau sous prétexte que ce dernier considérait «le nationalisme québécois comme une forme de tribalisme», Castonguay, en 1972, dans un magnifique plaidoyer, expliquait que.au Québec, le nationalisme relevait autant de la raison que des sentiments: «J’y voyais le signe que les rassemblements des hommes, ceux qui forment des États, entre autres, supposent une continuité entre des façons de livre, une manière de parier et une planification rationnelle des outils et des ressources à leur disposition.» Difficile de mieux résumer la pensée.souverainiste! Logique tordue Castonguay, pourtant refusera toujours obstinément de se rendre à sa propre logique, un peu tordue il est vrai.Critique de la loi 101, qu’il trouve trop radicale, celui qui est passé à un cheveu de devenir chef du Parti libéral du Québec en 1978 se désolera du rapatriement de 1982, vivra l’échec de Meech comme une rebuffade de la part du Canada anglais et, en 1992, il quittera le Sénat, où il était entré deux ans plus tôt, en constatant que «les Canadiens des autres provinces continuaient de refuser d’aménager l’espace nécessaire à la reconnaissance du caractère distinct du Québec, et leur conception du Canada était inconciliable avec celle des Québécois francophones».Malgré tout, et cela confine presque à la schizophrénie politique, son rejet de l’indépendance demeure, même s’il affirme, du RENE MATHIEU U: DEVOIR À plusieurs reprises, dans ses fonctions de ministre québécois, Claude Castonguay a dû subir l’arrogance du fédéral envers le Québec.même souffle, ne plus croire au œ nouvellement du fédéralisme.Alors, quoi?Luttons contre le déséquilibré fiscal en nous engageant dans une campagne pour la limita- tion du pouvoir fédéral de dépenser, et prenons-nous en main en ap pliquant, pour l’essentiel, les proportions des «lucides».Devant une telle conclusion, deux questions s’imposent comment croire, après tant d’échecs répétés.que le federal acceptera de Lâcher du lest en ce qui a trait à son pouvoir de dépenser et, conséquemment comment suggérer sérieusement que le Québec a les outils nécessaires à son développement si la preptière condition n’est pas remplie?A ceux, donc, qui répondent que la souveraineté constitue un passage oblige vers un vrai projet de société.Castonguay, qui base son rejet du souverainisme sur mie analyse primaire du phénomène de la mondialisation, finit par suggérer qu’une bonne dost' de libéralisme et de privatisation appliquée au modèle québécois sera notre planche de salut «Graduellement, écrit Castonguay, au cours des années, mes opi-nùms se sont déplacées de la gauche vers ce que je crois être le centre de l'échiquier politique.» Le récit de son parcours ne dit pis autre chose, et c’est justement la raison pour laquelle on aurait souhaité une évolution différente.Quand il était plus à gauche, à la manière social-démocrate, Castonguay, en effet, a vraiment contribué au progrès du Québec.Depuis qu’il est au centre, c’est-à-dire à droite, le progrès de ses amis assureurs semble le pré-occuper davantage.louiscomellierQiparroinfo.net MÉMOIRES D’UN RÉVOUrnONNAIRE TRANQUILLE Claude Castonguay Boréal Montréal, 2(X)5,296 pages CINÉMA Lelouch, itinéraire d’un cinéaste FABIEN DEGLISE En trente ans de carrière, Claude Lelouch n’a pas réussi qu’à réaliser une quarantaine de films aux succès contrastés.Il est aussi passé maître dans l’art d’induire chez les personnes qui s’y exposent, comme chez celles qui ne font qu’en entendre parler, les sentiments les plus extrêmes: l’adoration aveugle, pour les uns, ou l’irritation viscérale, pour les autres.Sans juste milieu.Lelouch, on aime ou on déteste, comme le veut la formule consacrée.Et dans le deuxième cas, c’est sans doute par «absence de réflexion» sur une filmographie complexe qui place «Claude Lelouch parmi les plus grands du cinéma, aux côtés de Jean Renoir, Henri-Georges Clouzot, François Truffaut ou Claude Sautet», estiment Yves Alion et Jean Ollé-Laprune, au- teurs de Claude Lelouch, mode d’emploi (Calmann-Levy).L’attaque, à l’image des critiques acerbes envoyées film après film à la face du réalisateur des Uns et les autres, est sournoise.Mais elle justifie au passage l’existence de ce pavé qui, en 333 pages, souhaite mieux faire comprendre la vie, le parcours et l’œuvre de ce vilain petit canard du cinéma français à travers entrevues et photos de plateau.Ses détracteurs ne devraient guère en être émus.Contrairement à ses fidèles qui, pour fa première fois, trouveront sous la même couverture le bilan d’une carrière prolifique commentée par Lelouch.Un Lelouch qui, film après film, évoque en compagnie d’Alion et d’Ollé-Laprune l’origine, la conception, le tournage mais aussi la réception par le public et les critiques de ces nombreuses chroniques sur les femmes, l’amour et les hasards et coïncidences de la vie.D’Une fille et son fusil (1964) aux Parisiens (2004) — devenu après le remontage de sa trilogie manquée Le Courage d’aimer (2005) — toutes y sont mises à nue.Des plus courues (L’aventure, c'est l’aventure.Un homme et une femme, ou Itinéraire d’un enfant gâté) aux plus négligées (Hasards ou coïncidences, Une fille et son fusil, Les Parisiens).Avec, en prime, un voyage dans les projets non aboutis ou encore des rencontres avec l’entourage de ce personnage atypique dont la «profondeur cachée sous une apparente futilité», prétendent les auteurs, se dévoile enfin à travers ce «tableau impressionniste d’une œuvre qui in fine apparaît dans sa richesse, sa complexité, voire ses paradoxes».Rien de moins.Le Devoir CLAUDE LELOUCH MODE D’EMPLOI Yves Alion et Jean Ollé-Laprune Calmann-Lévy, Paris, 2005,334 pages l’état du Vactualité internationale à votre portée Le seul annuaire économique et géopolitique mondial Une analyse approfondie des grandes tendances planétaires Un bilan de l’année pour les 226 États et territoires de la planète 672 pages • 29,95 $ Le 11 décembre, écoutez Dimanche magazine, animé par )oane Arcand sur la Première Chaîne de Radio-Canada, et courez la chance de gagner un exemplaire de l’état du monde 2006.En collaboration avec LE DEVOIR #95.1 PREMIÈRE CHAÎNE Mm.Boréal www.editlontboreal.qt.ei Monoiseau et Popo part au vent « méritent de figurer au premier rang sur toutes les listes de cadeaux adressées au père Noël par les tout-petits cette année ! [.] Un travail d'une qualité irréprochable.» Cl Nnne Michuu.Le Devoir « Convaincant et ludique.» Julie Parent.La Presse 1 histoire écrite par Sylvie Dumontier illustrée par Julie Fréchette, mise en musique par Denis Larochelle et jouée par Daniel Brière, Sylvie Dumontier, Anne Dorval.Benoit Brière et Denis Gagné + 1 chanson inédite Kammanon 4 i F 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 DÉCEMBRE 2 0 0 5 VUES CADEAl'X BEAUX LIVRES Des montagnes de la Lune à la Lune SOURCE ARTHAUD Thor Heyerdahl à bord du Kon Tiki, en 1947.STÉPHANE BAILLARGEON Les grands explorateurs peuvent cacher de grandes exploratrices.Ils s’en trouve six sur la cinquantaine de fous de la découverte dont les exploits sont célébrés dans ce beau livre.Deux d’entre elles ont même traîné leurs savates jusqu’au Tibet à la fin du XIX' siècle.La Britannique Isabella Bird Bishop commence sa vie trépidante de grande voyageuse en passant par Montréal, dans le cadre d’un périple sur les traces de la «chrétienté américaine-, un voyage autorisé par son pasteur de père, même si sa fille fragile n’a alors que vingt ans.Le succès du récit de son voyage la convainc d’en entreprendre plusieurs autres, malgré sa santé chancelante.Dans les années 1870, Mlle Bird explore seule l’Australie et la Nouvelle-Zélande, Hawaii, une nouvelle fois le continent nord-américain et puis le Japoa Rentrée en Grande-Bretagne, elle y épouse le Dr Bishop, son cadet de dix ans, et travaille avec lui dans un mouvement ntissionnaire.A la mort de son jeune époux adoré, elle sombre dans une profonde dépression dont elle ne sortira qu’en repartant sur les routes du monde.Elle est en Inde en 1889 pour fonder des hôpitaux, puis elle se rend à Téhéran, au Kurdistan et en Turquie.En 1894, elle arrive en Extrême-Orient, revoit le Japon, part en Corée et traverse tout l’Empire du Milieu, d’est en ouest, jusqu’aux confins du Tjbet.Elle à alors soixante ans et revient se reposer à Edimbourg, où elle meurt en 1904.la Erançaise Alexandra David-Néel prend le relais.Femme aussi forte que libre, elle quitte un ma- riage et l’Europe où elle «se sent à l'étroit» en 1911, pour sillonner le Ceylan, l’Inde, le Sikkim et le Népal.En 1918, après avoir rencontré un jeune moine tibétain et passé des mois à méditer dans une caverne, elle quitte Pékin pour un périple de plusieurs années qui lui permettra d’atteindre la cité interdite de Lhassa.Elle aussi écrira des livres et des articles qui la rendront célèbre dans le monde entier.Elle ne cessera pourtant jamais de voyager.Lorsqu’elle s’éteint, centenaire, le 8 septembre 1969, Alexandra David-Néel vient de renouveler son passeport.Quelques semaines plus tôt l’Américain Neil Armstrong devenait le Christophe Colomb de l’ère spatiale.Avec ses compagnons des missions Appolo, il est le dernier grand explorateur encensé par l’ouvrage qui s’ouvre sur la recherche des sources du Nil autour des montagnes de la Lune par les gentlemen explorateurs Richard Burton et John Hanning Speke (1858).Les autres cinquante portraits rappellent les recherches et les prouesses de Teobert Maler sur la piste de la civilisation maya ou la conquête de l’Everest par Sir Edmund.Le découpage historique prend aussi comme balise éloignée l’invention de la photographie, au milieu du XIX' siècle.Chaque planche est donc illustrée de documents exceptionnels, des photos bien sûr, mais aussi des croquis, des cartes et des extraits de carnets de voyage.De grands rabats doublant la surface d’impression permettent de bien déployer ces éléments.Les textes du journaliste scientifique Andrea de Porti rappellent l’essentiel des exploits, mais sans jamais satisfaire pleinement la curiosité.Ils proposent des invitations à la découverte de ces humains exceptionnels dont la connaissance devra se poursuivre par d’autres moyens.Le Devoir LES GRANDS EXPLORATEURS Dll XIX' SIÈCLE JUSQU’À IA MISSION APOLLO Andrea de Porti Arthaud, Paris 58 pages LIVRES DE RÉFÉRENCE Un dictionnaire de la Méditerranée antique GEORGES LEROUX entreprise est gigantesque: ' recenser, sur 3200 entrées de dictionnaire, tous les aspects historiques et culturels de l'Antiquité.Même en se limitant au domai- ne traditionnel de l’Antiquité gréco-romaine, le projet demeurerait ambitieux, mais l’équipe rassemblée par Jean Leclant s’est donné pour tâche de présenter toutes les cultures de la Méditerranée, de la vallée du Nil jusqu'à l’Asie mineu- re, en passant par le Proche-Orient et l’Europe.Cinq cents spécialistes triés sur le volet ont participé au chantier.La période envisagée n’est pas moins vaste: elle s’étend des derniers niveaux de la Préhistoire au règne de Justinien (527-565 après J.-C.), une date préférée à celle de la chute de l’Empire d’Occident en 476, traditionnellement considérée comme la fin de l'Antiquité.Cette date a un intérêt supplémentaire, car elle permet un découpage plus clair par rapport à l’avènement de la culture de l’islam.Si on devait chercher à identifier le thème capable d'unifier tout ce travail, ce serait indubitablement celui de la Méditerranée, vaste terreau des cultures qui demeurent les origines de la culture occidentale.Comment comprendre autrement, en effet, cette synthèse du Proche-Orient, du monde gréco-romain et des traditions du judaïsme et du christia- nisme, tous également représentés ici?Des pointes vers l'Orient, comme un article sur le Gandha-ra, amorcent une ouverture qui ira s’élargissant Ce dictionnaire, par son amplitude, acquiert des dimensions qu’on ne trouvera dans aucun instrument comparable: les auteurs ne se contentent pas de présenter les sujets essentiels, mais ils discutent de tous les aspects des cultures qu’ils abordent, en n’hésitant pas à recourir aux instruments plus récents des sciences humaines pour compléter les résultats des méthodes traditionnelles de la philologie.Cet acquis des 25 dernières années apparaît désormais comme une position solide: de Georges Dumézil à Claude Lévi-Strauss ou Walter Burkert, l’anthropologie, pour ne donner que cet exemple, a trouvé sa place au fondement de l'étude des sociétés de l’Antiquité.Plu- Dictionnaire de l’Antiquité * S*» » érmw t, Jean leclant H sieurs questions, laissées auparavant dans la marge, prennent ici un relief fascinant; on pense surtout aux contacts entre les civilisations, aux influences réciproques, par exemple dans le vaste domaine de la transformation des mythologies.Les perspectives comparatistes ne sont pas laissées pour compte, et l’histoire matérielle, de plus en plus fouillée, apporte son éclairage à l’évolution des idées et des croyances.Jean Leclant insiste dans son introduction: l’information sur les événements demeure certes fondamentale, mais le dictionnaire apporte un soin particulier à l'examen des représentations politiques, religieuses, philosophiques.Le lecteur ne sera pas déçu, et souvent même surpris de tant de richesse, il pourra se déplacer de l’étude des figures de pouvoir à celle des principes des cosmologies, des calendriers au concept du temps, étudié dans cinq articles distincts selon les cultures.Des notes bibliographiques précises, des index croisés viennent soutenir le travail, et la seule chose qui lui manquera c’est, bien sûr, une iconographie concomitante, autant pour les cartes que pour les œuvres.Ces grands dictionnaires se retrouveront sans doute un jour sur des supports informatiques, on pense aux richesses des programmes, grec et latin, de Perseus, publiés par l'université Yale, qui intègre à un corpus complet de tous les textes transmis des instruments encyclopédiques et une banque d’images de plus de 50 000 items! On ne peut que souhaiter alors qu’ils intègrent à leur tour le complément iconographique indispensable que la formule imprimée ne peut accueillir.Offert à tous les publics, ce dictionnaire exceptionnel est publié en deux versions, qui devraient permettre de le placer dans le bas de Noël des étudiants autant que dans celui des érudits patentés! Collaborateur du Devoir DICTIONNAIRE DE L’ANTIQUITÉ Jean LECLANT (sous la direction de) Presses universitaires de France Publié au format relié emboîté et au format broché dans la collection Quadrige.Paris, 2005,2357 pages DIALOGUES SUR LA TROISIÈME VAGUE FÉMINISTE sous la direction de Maria Nengeh Mensah SOUS LA DIRFCTION OC MARIA NENOEH MENSAH SUR LA TROISIÈME VASUE FÉMINISTE ••* étftNOM du J T P • S * illustre De plus en plus de jeunes femmes qui s ' i den ti f ien t vo Ion tiers au féminisme se réclament cependant d’une troisième vague.Qu’est-ee que cette troisième vague ?Est-il pertinent de parler en ces termes ?Des dialogues qui explorent des thématiques liées au pouvoir, à la sexualité et à l’image du corps, à la mondialisation, aux conflits générationnels.au backlash.Che/, votre libraire ! les éditions du remue-ménage DESMARAIS £ROBITAILLE % ¦ Venez voir les créations de Rose-Anne Monna Succombez au charme d'une belle crèche • Cadeaux • Décorations de Noël • Cartes • Livres • Musique 60, rue Notre-Dame Ouest Montréal.Qc H2Y 1S6 (514) 845-3194 Aznavour ouvre ses archives personnelles Son enfance et ses voyages, sa vie familiale et ses souvenirs de scène, ses rencontres mémorables et même ses cousins d’Amérique ! Images de Images de ma vie un luxueux album 160 pages • 59,95 S Flammarion La Revue çui met Les poiNts sur Les ReütioN' Relat'°Ns I fempire de l'JutomoW» Nos prochains dossiers : À la rencontre de l’islam, les luttes des femmes à travers le monde, l’envahissement de la publicité, la gauche américaine, la solitude.Combattons la fatalité ! 8 NUMEROS PAR ANNEE 44 PACES, 4,95 S -f TAXES ReLatlONS eiàtioNS Liberté ,1 et-vIsponsabiTité ‘ d pharreK«“''Ruts (Xlcl&ZU/ pcuA/ LeZeuvée/ f ABONNEMENT A RelatioNS Un an : 35 $ Deux ans : 65 S À l'etranger (un an) : 45 S Etudiant : 25 S (sur justificatif) Abonnement de soutien : 100 S Par téléphoné (5)4) 387-254’ Par court e: relations g-qf qc ca Par U poste Relûtlorti 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 www.revueretations.qc.ca Oui.je desire un Abonnement de___au montant de .|e desire offrir en cadeau un abonnement de .I b personne suivante .an(s|, au montant de _ je oa* par cSèque (i l’ordre de ffetofcons) I— Montant total Visa 1___I MtfMtiO rx LA CAATt ___________________________________ LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE I REC E M B R E LIVRES CADEAUX M I O PHOT O Stanley Kubrick photographe ODILE TREMBLAY Que Stanley Kubrick ait été un des plus grands cinéastes de la seconde moitié du XX' siècle constitue une evidence qui tient du credo pour cinéphiles.On connaît beaucoup moins l’œuvre photographique du réalisateur à'Orange mécanique et de 2001: L'Odyssée de l'espace.Entre 1945 et 1950, il a effectué pour le magazine Look une série de photos captant la culture américaine d'après-guerre.Rainer Crone professeur d'histoire de l'art et des médias à l'université Ludwig-Maximi-lian de Munich, a mis la main sur les négatifs originaux jugés égarés, et les présente aujourd'hui en un florilège vraiment fs&! 1- Autoportrait, Stanley Kubrick, 1940.SOURCE PHAIOON impressionnant.«/e suis persuadé que l'étude attentive de l'art de la photographie de Kubrick, comme phénomène historique unique et comme signe annonciateur de sa cinématographie.confirmera et peut-être modifiera la perception critique de ce grand artiste de la seconde moitié du XX siècle*, écrit-il.Crone précise plus loin: «La différence majeure entre Kubrick et ses contemporains apparait pleinement dans son arrangement conscient des scènes à des fins dramatiques, sa concentration à façonner la réalité selon son idée personnelle de la vérité.* Avec humour, distanciation brechtienne et une ambiguïté recherchée, le Kubrick photographe, alors tout jeune, ne cherche pas à traduire la réalité, mais à exposer une perception de celle-ci, à travers une mise en scène, déjà.Sens du burlesque Sous quatre chapitres: Vie Urbaine.Spectacle, Célébrités et Comportement humain, les photos de Kubrick dans ce bel album témoignent souvent d'un sens du burlesque.A souligner: ses clichés dans le métro de New York où chaque passager habite sa bulle sans voir les autres.Aussi sa série Observer des gens observant des singes, les voyeurs humains, captes à travers la cage, semblent eux-mêmes emprisonnés.Pour ses portraits dans les rues de New York, l'étrangeté intérieure de chaque passant croqué flotte à l’image.Kubrick fut un très grand photographe.Ses photos de musiciens de jazz, venus de leur Nouvelle-Orléans pour animer les chics clubs blancs de New York, sont des bijoux.Ainsi que la série sur les parieurs à l'Hippodrome de l'Aqueduc.D'un voyage au Portugal en 1948, il a également tiré une photo merveilleuse de femmes hàlant un bateau sur le sable dans le village de Nazaré.Poésie, esprit de dérision, sens aigu de l’observation, le monde vu par le jeune Kubrick photographe est pétri de clins d’œil, de finesse et d'intuition psychologique qui préfigurent son regal'd aigu de cinéaste.Le Devoir STANLEY KlIBRICK -DRAME & OMBRES : PHOTOGRAPHIES 1945-1950 Rainer Crone Prologue de Jeff Wall Phaidon Paris, 2005.25(i pages '‘v».^ .SOI Ri i ni MDON l!n vieillard victime des difficultés de l’après-guerre.Ce cliché fait partie de la série intitulée Chicago, cité des contrastes sociaux, de Stanley Kubrick, datée de janvier 1949.Les rêves signés Newton JEAN-FRANÇOIS NADEAU Les années 1980 trouvèrent en Helmut Newton un photographe de prédilection pour traduire, en des images toujours parfaites, l’impression que le monde est lisse et qu'il coule comme un vaste fleuve tranquille, à l’écart des cris et des douleurs du monde.A l’ère de l’économie triomphante à la sauce Thatcher et Reagan, les photos de Newton proposaient alors, mieux que toutes autres, une idée de la planète fondée sur un désir de richesse absolue.L’idée était appuyée par des mises en scène décadentes de corps parfaits, toujours à l'abri, semble-t-il, des contrecoups de l’existence.De l’œuvre de Newton, c’est sans doute cette représentation d’une époque où l’économie se croyait belle au point de se prendre pour le nombril du monde qui sera retenue par l’histoire.On trouve de tout dans l’œuvre de Newton, mais d’abord et surtout des femmes.De grandes femmes, toujours élégantes, froides, archétypales et drapées de rêveries érotiques de divers types.De l’ensemble se dégage une esthétique unique et très assurée.Le photographe avouait pourtant n’avoir aucun objectif artistique particulier en réalisant ses clichés.«Certains photographes font de l’art, déclarait-t-il en 2004.Pas moi.Si mes photos sont exposées dans des galeries ou des musées, tant mieux.Mais ce n’est pas pour cela que je les ai réalisées.» Newton les réalisait d’abord pour être payé, pour vivre de son travail, comme il l’indiquait dans un documentaire consacré à son œuvre au début des années 1990.Né Juif dans un Berlin qui devint vite celui d’Hitler, ancien nageur devenu photographe en Australie après avoir été soldat et coureur de jupons ailleurs, Helmut Newton passait sa vie dans les hôtels luxueux du Vieux et du Nouveau Monde et refusait de s’éloigner de ces résidences très particulières, même lorsqu’il était question de séances de photos.Son monde s’imaginait et se vivait tout entier dans un univers de moquettes épaisses, de chasseurs en uniformes, de vastes piscines luxuriantes et de décors baroques.Newton est mort en 2004 à Los Angeles, à la suite d’un accident de la circulation, alors qu’il tenait le volant de sa grosse Cadillac.A 84 ans, il travaillait encore, mais avait vécu les vingt dernières années de sa vie à un rythme plus lent, partageant son temps entre Monte-Carlo et Los Angeles.Quoi qu’on puisse penser du monde dont il s’est fait à la fois le témoin et l’illustrateur par excellence, Newton reste un photographe exceptionnel.Dans tous ses clichés, on reconnaît au premier coup d’œil sa touche, son style, son arl.La plupart de ses modèles, toujours sensuels ou presque, donnent l’impression de fixer un autre photographe.Ainsi l’appareil de Newton, par ce léger effet de décalage par rapport au regard, finit par donner au spectateur l’impression qu’il observe une scène qui est en fait jouée pour quelqu’un d’autre que lui.La carrière de Newton fut longue.Même si l’homme triomphe dans les années 1980, son travail, amorcé dans les années 1930, est déjà fort apprécié dans les années 1960 et 1970.Newton travaillait alors comme photographe de mode pour les diverses éditions internationales du magazine Vogue.Il vendait aussi son œil à des couturiers tels Chanel, Yves Saint-Laurent et Thierry Mugler.Plus tard, Newton offrira aussi son concours pour des campagnes publicitaires, notamment celles d’Absolut Vodka et de Vil leroy & Boch.Toute cette photographie de type alimentaire vient de faire l’objet d'un livre multilingue intitulé, en anglais bien sûr, A Gun for Hire.COMMENT VIEILLIR SANS DEVENIR VIEUX .ai * BM « Il faut rester dans la parade ! » Comment vieillir sans devenir vieux Flammarion 320 pages • 26,95 S Newton fixait aussi sur la pelli cule les rêves de chair et d’argent de Hugh Hefner, le fondateur de l’empire Playboy.Au fil des ans, le photographe réalisa pour le magazine américain plu sieurs projets.Playboy Helmut Newton présente 160 photos érotiques prises pour le compte d’Hefner.A la fin de l’ouvrage, un responsable de Playboy témoigne du fait que, même lorsque Newton avait un contrat très précis en main, il était tout à fait impossible de brider son talent créatif.Cela ne fait du reste aucun doute lorsqu'on regarde ses photos.Le Devoir PLAYBOY HELMUT NEWTON K.pAl laehette, Paris, 2 échographie de René-Charles.' Reproduit sur le même papier de type vélox que les vraies impressions d’échographies.Heureusement qu’il y a la mention «reproduction» en tout petit a l’endos.Autre-ment, ça se vendrait sur eBay.À la rédaction, c’est ce qui laissait pantois les collègues parmi tous les fac-similés insérés dans des pochettes de papier transparent qui émaillent le gros livre de table basse intitulé Céline Dim pour toujours.Plus que l'invitation au mariage, plus que le bulletin de notes de troisième année du primaire (Céline y échouait en «savoir écrire»), plus que la lettre de Barbra Streisand à Celine-pas-d’accent-aigu, c’est l’échographie qui gagne.Qui gagne quoi?La palme de l’exhibitionnisme et du voyeurisme extrêmes, façon Dion.C’est-à-dire: en toute candeur et en toute prétention, Céline partageant l’échographie de son fils chéri avec ses fans.Comme si c'était normal.Comme si les fans, moyennant une soixantaine de dollars, faisaient partie de la famille.Car il-s’agit bien de cela.De l’absence de frontière.Les effets personnels et les artéfacts de la carrière sont inextricablement mêlés en une sorte de fondu-enchaîné du privé et du public.Quelle photo n’etait destinée qu'aux proches?Laquelle était prévue pour publication?On ne sait plus.Cauchemar des papa-razzis: U n’y a plus rien à dévoiler.Fascination du consonunateur de presse people: tout est là.L’infîni-ment banal (Céline à la cuisine, Céline en avion), l'infiniment bizarre (Céline cachée dans un coffre d’auto) mais aussi l’infiniment touchant (René et René-Charles faisant la sieste).Plus une quantité considérable de photos de Céline (avec ou sans René) auprès de toutes les Mmcèè» *BSWR®» «mémï roïs-ristoie LES COMMERCES IMMORTELS DU QUÉBEC I 5.* de témoigner Ces archives vivantes ¦je notre histoire nationale rurtcwTou- ______I Publiez votre livre! www.carteblanche.qc.ca Les éditions Carte blanche " jAi ratmJ » » I T I O S ROMAN FANTASTIQUE A ht in Hciûichcmin Di '/ion ihlc cn'lihru irie mmLv gv u rr personnalités de la planète, du pape à lady Di en passant par Oprah et Sly Stallone.Comme si c’étaient là les vraies preuves de la réussite.Elvis, le tour du propriétaire Il y a même une lettre du colonel Tom Parker, ultime reconnaissance pour René Angelil.Le gérant d’Elvis a toujours été son modèle.Gérant dont n n’y a pourtant pas trace dans le livre Elvis par les Presley, sorte d’exposition virtuelle du musée personnel d’Elvis, tel que conservé par sa fille Usa Marie et son ex-épouse Priscilla.Tout y est immortalisé pleine page: le peigne d’Elvis, l’eau de cologne Jovan d’Elvis, le trousseau de clés, le «Baretta plaqué or», la télécommandé Zenith de 1957 (!), une botte de cow-boy «avec la boue d’origine», les bijoux de pacotille de maman Gladys, une lettre d’amour de Priscilla, les empreintes des mains et pieds de bébé Usa Marie, le script de Jailhouse Rock, les crayons de couleur de Usa Marie (et une feuille où, entant, elle écrit «My mommy’s name is Priscilla My dadd’s name is Elvis my dog’s name is ninja [.]»), le dictionnaire médical, le portefeuille et son contenu tels que trouvés au décès, etc.Mais on n’y trouve pas la moindre photo d’Elvis avec d’autres célébrités.Pas besoin.Les célébrités ont déjà montré ailleurs leur photo en compagnie d Elvis.A la différence de Céline, Elvis se suffit id à hiknème, aux siens et à l’inventaire de ses objets usuels.Qui phis est Efvis est mort De son vivant rien de tout cela n’était accessible.Jamais il n’aurait permis qu’on publie des photos de sa fille avec le gâteau de premier anniversaire.Le couple Dion-Angelil, avec une désarmante bonne humeur, donne le fiston en pâture, mains et face beurrées de crémage au chocolat comme si s’agissait de l’héritier d’un trône, digne d’être montre dans tous ses agisssements au bon peuple.Simple différence de culture?Coloriages de Lisa Marie ou René-Charles en fœtus, le constat est le même: on ne feuillette pas ces livres sans un certain malaise.et une grande curiosité.CÉLINE DION POUR TOUJOURS.Jenna Glatzer Traduit et adapté de l’anglais par Georges-Hébert Germain Andrews McMeel Publishing Kansas City, 2005,192 pages ELVIS PAR LES PRESLEY Lisa Marie Presley, Priscilla Presley Propos recueillis par David Ritz Michel Lafon, Paris, 2005, 258 pages Prisnlla t*re«ley.Usa Mari* PrMlejç Priscilla Presley, Usa Marie Presley, oaao 0e /a feo&î/e /war e/t/îi/ite ’!\>us oem/ez /e oâfre P fJîie/t c/e//u.v sim/)/e Québec : (418) 521-4465 Montréal : (514) 389-1187 cyn_cameron21 @hotmail.com 26 éTaMes 8 $ + 3 $ transport « Une façon amusante, pour les petits comme les grands, de vous rappeler ce qui est bon.qu ’on peut s’amuser en prenant leçon.» Gt/sU/iia Ga/neron ms WW- Un automne à Paris “ J at voulu prolonger l’euphorie d’ètre à Paris en automne en lisant le très très beau livre de Lise Çauvtn.1 a.:’-.-e à Pans.Ce livre s'éloigne carrément des monuments et autres lieux touns ¦ligues, mais nous fait voir un Paris avec ses rues, ses cafés, et les gens qui I habitent Et une réflexion de l'auteure très pertinente sur l'ecnture la littérature, l'art en general » - Manon TrGpanjçf 15141 524-5558 ksme*; Atemeac com WA mtttv'Ux R Le nul et la chipie l PRIX BANQUE TD DE LITTERATURE JEUNESSE Le nul et la chipie un roman do François Barcelo illustré par Anne Villeneuve POUR LES ‘> V II VNS 104 PAGES 8.93 S SOULIÈRES ÉDITEUR www.soulieresediteur.com OM Dkiionn^irc cn \m* trAn^isc VO
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