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Titre :
Maintenant
Revue d'idées très en phase avec les débats qui animent la société québécoise durant la Révolution tranquille.

[...]

La revue Maintenant arrive et s'inscrit dans l'effervescence du Québec des années 1960, au moment de la Révolution tranquille. Elle a pour vocation de remplacer la Revue dominicaine en créant un lieu de discussion collé sur l'actualité. Pour s'insérer davantage dans l'activité intellectuelle de son temps, la nouvelle revue affiche une facture moins savante.

Père Henri-Marie Bradet, directeur de la revue depuis ses débuts en 1962, rassemble rapidement de nombreux collaborateurs, clercs et laïcs. Plusieurs dominicains, mais aussi Benoît Lacroix, Louis Lachance, Émile Legault, Gérard Dion et Louis O'Neill offrent des contributions à la revue, tout comme les laïcs Hélène Pelletier-Baillargeon, Louis Fournier, Pierre Saucier, Dr Paul David, Ernest Pallascio-Morin, Jacques-Yvan Morin, Guy Robert et Naim Kattan, parmi de nombreux autres.

La volonté d'actualisation du catholicisme prônée par Maintenant tient ses racines dans le personnalisme des années 1930 et son ouverture à l'individualisme, et coïncide, en 1962, avec le programme de réformes du catholicisme de Vatican II, duquel la revue portera l'esprit au Québec. Elle offre une tribune aux catholiques de gauche, soucieux de montrer un esprit actuel et moderne à la jeunesse intellectuelle.

Maintenant s'adapte rapidement aux changements accélérés en cours dans la société québécoise et devient un lieu de débat important. Les clercs souhaitent se positionner comme porteurs d'une conscience morale évolutive de la société vis-à-vis des intégristes et du contrôle de l'Église. Cet humanisme chrétien motive Maintenant à adopter hâtivement le socialisme démocratique et à cautionner et pousser l'idée de l'indépendance politique du Québec.

Le contexte de laïcisation et de pluralité grandissante des affiliations religieuses, conjugué au déclin de l'attachement national canadien-français et catholique, donne naissance à un nationalisme québécois civique qui se manifeste notamment dans la déconfessionnalisation de l'enseignement public. Maintenant en sera partie prenante.

La revue participe ouvertement aux débats sur la régulation des naissances, mais, par principe religieux fondamental, demeure d'abord contre l'avortement. Et bien qu'elle appuie une laïcité ouverte, la revue refuse affronte la position radicale de la relégation du religieux à la sphère privée. Les audaces que Maintenant se permet font des mécontents à la tête de l'ordre dominicain à Rome, qui demande la destitution du père Bradet en 1965. La maison provinciale de l'ordre ne souhaite pas se ranger dans la réaction. Le père dominicain Vincent Harvey prend la relève de Bradet à la direction et offre au contraire davantage d'autonomie à la revue, qui appuie plus résolument le socialisme et l'indépendantisme québécois.

Maintenant souhaite mettre un terme au nationalisme messianique pour que toute la place soit laissée à un mouvement politique pragmatique, qui envisage la souveraineté politique comme moyen pour le Québec de se développer. Tous les dominicains ne sont toutefois pas à l'aise avec les positions politiques de la revue. L'ordre sort de l'aventure en 1969. Son maigre financement est dorénavant assuré par Pierre Péladeau. La revue délaisse alors presque complètement le contenu religieux pour se concentrer sur les questions politiques, sociales et économiques.

Durant la période qui suit, Maintenant accueille des collaborateurs réputés, dont Robert Boily, Jacques Parizeau, Michèle Lalonde, Fernand Dumont, Jacques Grand'Maison, Jacques-Yvan Morin, Guy Rocher, Camille Laurin, Pierre Vadeboncoeur et Louis O'Neill. Hélène Pelletier-Baillargeon y est toujours et sera d'ailleurs nommée directrice au décès de Vincent Harvey en 1972.

Maintenant est affiliée aux journaux indépendantistes et réformistes Québec Presse (1969-1974) et Le Jour (1974-1978). Les trois cahiers publiés en 1975 sont d'ailleurs distribués avec Le Jour. Plusieurs des collaborateurs des dernières années seront des figures importantes du gouvernement et de l'administration du Parti québécois à partir de 1976.

Source:

ROY, Martin, Une réforme dans la fidélité: la revue Maintenant (1962-1974) et la «mise à jour» du catholicisme québécois, Québec, Presses de l'Université Laval, 2012.

Éditeurs :
  • Montréal, P.Q. :les Dominicains en collaboration avec d'autres clercs et des laïcs,1962-1975,
  • Montréal :Éditions Maintenant inc.,
  • Montréal :Editions Maintenant :
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Revue dominicaine ,
  • Témoins
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Références

Maintenant, 1964-04, Collections de BAnQ.

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AVRIL 1964 LE BILL 16.Thérèse Casgrain .ET LES SAINTES RÈGLES H.Pelletier-Baillargeon OPÉRATION MYSTÈRE Noël Pérusse PICASSO MAIN FERTILE Guy Robert « LE VICAIRE » Paul Doucet Sommaire complet à l’intérieur DU POUVOIR AU TÉMOIGNAGE En regardant le tout jeune enfant qui s’amuse à construire avec des morceaux de carton, nous penserons qu’il est l’homme du 21e siècle.En effet, il sera en pleine maturité en l’an 2 000 et il vivra dans le monde que nous lui construisons aujourd’hui.Avec inquiétude ou enthousiasme, nos contemporains s’interrogent sur les problèmes qui seront ceux de ces enfants, et qui sont déjà les nôtres, selon cette parole du Cardinal Suhard : « On vous demande d’être présents à votre temps ; moi je vous dis : soyez déjà les hommes de demain, car aujourd’hui n’aura son sens que demain qu’il porte déjà en lui ».Il va sans dire que toutes les prédictions et prospections qui se confondent souvent avec les positions et les tempéraments de leurs auteurs, ne sont que rêves et utopies si elles ne tiennent pas suffisamment compte de l’état actuel du monde et des forces qui l’animent présentement.Parmi celles-ci, retenons celles qui ont plus de chances de durer et de s’accroître, que divers spécialistes énumèrent ainsi : l’inégale répartition démographique, le progrès général des sciences, l’automation généralisée, l’urbanisation, la socialisation.Plus importantes que ces généralités connues, arrêtons-nous au fait que l’avenir sera, tout au moins dans une certaine mesure, ce que nous le ferons et qu’il importe surtout d’acquérir un état d’esprit que Gaston Berger définissait en ces termes : « Voir loin, voir large, analyser en profondeur, prendre des risques, penser à l’homme ».Sans prétendre créer ou défier les événements, une attitude ouverte et dynamique à l’égard de l’avenir nous permettra la plus précise prévision possible de tout ce qu’il y a de prévisible dans l'avenir.DÉMOCRATIE ET LIBERTÉ Jean-Marie Domenach parle du paradoxe de la démocratie.« Conçue pour tous, elle exige cependant des vertus qui sont ordinairement l’apanage du petit nombre ».Et il ajoute que l’histoire a confirmé la pensée de Tocqueville, à savoir : la liberté survit par les aristocraties.A lire récemment une chronique de MM.Clift et Daigneault dans La Presse, on n’était pas tellement certain que la liberté soit en santé chez nous.Comme les détenteurs de l’autorité civile sont mis en contact direct avec les masses, par des techniques telles que la télévision et la radio, il en résulte une communication à sens unique, une absence de participation et de dialogue.M.Domenach propose que les libertés individuelles et collectives soient sauvées par l’intermédiaire d’élites, capables d’éclairer et de résister, plus soucieuses de sauver la liberté et la démocratie, que de les aimer de façon platonique.MENACES ET CHANCES DE L'ÉGLISE RÉDACTION, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS ET PUBLICITÉ, 2715, Chemin Côte-Ste-Catherine, Montréal-26, P.Q.Tél.739-2758 Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l’affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Frais de port garantis si non livrable.Si l’Eglise demeure pour l’humanité de demain mère et éducatrice, Mater et Magistra, c’est qu’elle intégrera progressivement et d'une façon positive toutes les valeurs actuelles qui méritent de l’être, brisant avec les satisfaits de la pesanteur, qui montent une garde vigilante afin que rien ne change.Une situation nouvelle est faite à l’Eglise, où se trouvent à la fois une menace et une chance.Celles-ci se traduiront soit par la plus complète intégration possible, soit par un état de fixation.Sortir d’abord du culte de la hiérarchie, sans pourtant rien diminuer de son autorité dans la définition de la foi ; ensuite, assumer les risques de l’Eglise-communauté.d’un nouveau laïcat préoccupé d’un rôle actif et qui entend obtenir la confiance que certains personnages lui refusent. sommaire Quand cessera-t-on de confondre l’état statique avec la perfection, la sécurité avec le fixisme ?La psychologie nous enseigne pourtant que le processus de refoulement est dangereux et que des problèmes une fois soulevés, écrasés ensuite par voie d’autorité, ne sont pas résolus, mais resurgissent, par exemple, à la manière du défoulement que nous vivons présentement.Admettons une fois pour toutes que la croissance et la maturité ne vont jamais sans dérangement et sans que ça fasse mal, peut-être plus aux uns qu’aux autres parce que plus comblés de privilèges.Il devient de plus en plus évident, chez nous comme ailleurs, que l’Eglise et les églises accusent un recul impressionnant de pouvoir.D’ici quelques années, on peut prévoir que les menaces et les condamnations n’agiront plus que sur quelques secteurs minoritaires, par une sorte de survivance du passé, comme une sorte d’atavisme.Ajoutons que le désir œcuménique lui-même se rattache largement à cette perte de puissance vis-à-vis du monde de toutes les églises, aussi des églises entre elles qui ne peuvent plus se livrer à des épreuves de force, conscientes qu’elles sont d’un prestige réduit.UNE PAGE TOURNÉE Du pouvoir d’autrefois, la religion passera bientôt au témoignage, espérons-le, de la pauvreté, de la charité, de l’humilité et de la simplicité, de tout l’esprit des Béatitudes.Avec Jean XXIII et son successeur, un pas est franchi et l’Eglise met de son côté toutes les chances de succès, sans espérer pour autant de triompher.Sa réussite ne sera plus faite comme par le passé d’éléments humains : richesse, prestige, autorité temporelle.Aux yeux de la masse qui n’aime pas les musées et qui, hélas ! l’identifie à l’une de ses pièces, l’Eglise apparaîtra de plus en plus, à tout observateur, de bonne foi, comme une fidélité à Jésus-Christ, porteuse de la meilleure espérance, celle du Salut.S.S.Paul VI a éliminé les réflexes de défense, affirmé les chances de l’Eglise et mesuré aussi les exigences coûteuses d’un déblocage dans ce langage si neuf : « Que le monde le sache, l’Eglise le regarde avec une profonde compréhension.Avec une admiration sincère, ARTS Paul Doucet, O.P.: « Le Vicaire » 141 Guy Robert: Picasso main fertile 139 Jean-Paul Vanasse : Par ce Hublot 140 CONCILE Marcel Adam : Gauche, droite au concile ?.116 André Beaudoin: Briser le silence 117 DIAGNOSTIC EN VRAC 126 ÉCONOMIE Luc-M.Lacroix, O.P.: Un rapport à comprendre .133 ÉGLISE H.-M.Bradet, O.P.: Du pouvoir au témoignage .109 Robert Comtois, O.P.: Richesses de l'Eglise .120 La Direction : Tolérance.144 Denis Duval, ptre : Institution et mystère .114 Jacques Leclercq : Une Eglise pauvre ?.122 Gérard Paré, O.P.: c Pauvres Sœurs.» (suite) .124 FÉMINISME Thérèse Forget-Casgrain : Des miettes ! .127 Hélène Pelletier-Baillargeon : Du Bill 16 à la sainte règle .128 JEUNES Jean-Pierre Phaneuf : Carrefour Afrique .131 LITTÉRATURE Robert Comtois : Livres 142 Guy Robert: Livres 142 MISE AU POINT L'Administration : Subvention ou abonnement?119 POLITIQUE Claude Déry : Horloge d'Ottawa.Heure de Québec ! 137 SOCIOLOGIE Pierre-J.-G.Vennat : S.SJ.B.: S.O.S.1 .135 SPIRITUALITÉ Suzette D.Cardinal : Religion au foyer .130 Hyacinthe-M.Robillard, O.P.: Ce Oui.113 Pierre Saucier : Foi et engagement .118 SYNDICALISME Noël Pérusse : Opération mystère 136 sincèrement disposée, non à le subjuguer mais à le servir, non à le déprécier mais à le mettre en valeur, non à le condamner mais à le servir et à le sauver » (Discours d’introduction à la 2e session du Concile).Concrètement parlant, n’attendons pas que le Concile nous dispense du difficile effort de discernement qui nous sera demandé dans tous les domaines.Le Concile ne se substituera pas à notre liberté et nous laissera la « mise à jour » du Québec.Nous devrons, en conséquence, rechercher en toute loyauté humaine et fidélité chrétienne des solutions aux problèmes soulevés : enseignement religieux, biens du clergé, commerce des communautés, imposition du clergé, rôle des laïcs, collèges classiques, petits séminaires, confessionnalité et neutralité, serment religieux et que d’autres remises en question, d’inégale valeur.Dans le chapitre sur la liberté religieuse, tel que présenté par Mgr de Smedt, évêque de Bruges, et publié dans Documentation Catholique (5 janvier ’64) nous trouverons, ainsi que dans l’esprit général du Concile, des instruments précieux pour faire face à une province mouvante et sympathique par sa vitalité, dont le maître n’est plus uniquement le passé mais le présent et aussi l’avenir.Nous savons que le Christ est d’hier, d’aujourd’hui et de demain et nous aimons ce précepte divin : « Couvrez la terre et sou-mettez-la ».1 Le km éiii Kl :• -'«ée i IKtsij]; lounupn, DiVOlic Ooe Kiï;, ; ‘ ’¦ i as C:.- llll HdijjI de QUELQUES CONSÉQUENCES Si nous croyons vraiment que le monde est sauvé une fois pour toutes dans le sang de Jésus et que « tout est à nous, mais en tout nous sommes au Christ, nous serons confiants en ces chrétiens formés dans un monde pluraliste, à condition que l’éducation se fasse de l’intérieur par l’action sur l’esprit et le cœur.Nous compterons sans opportunisme calculateur que l’Evangile vécu vaut mieux que l’ancienne apologétique.Nous limiterons les revendications cléricales et les empiétements qui fausseraient le jeu démocratique et les exigences du bien commun (depuis le Bill 60 jusqu’au pavage des cours d’écoles).D’autres aspects de notre audace, appelée forme moderne de l’espérance, sont ainsi énumérés par le Père P.-A.Liégé : accepter avec désintéressement les distinctions libératrices du pape Jean dans Pacem in Terris entre l’erreur et l’homme qui se trompe, entre les idéologies et les mouvements idéologiques.Les masses chrétiennes sont-elles préparées à ne rien abandonner de l’absolu divin que la foi reconnaît à l’Evangile de Jésus-Christ et à son Eglise, tout en renonçant à tout esprit sectaire ou croisé ?Autant de questions décisives pour une Eglise missionnaire dans le monde moderne.Questions que ne se posaient qu’incomplètement les rédacteurs de ce fameux Syllabus dont nous célébrerons le 8 décembre 1964 le centenaire.Entre se transformer sans cesse ou s’entêter dans le mythe du bon vieux temps, l’option est ouverte et le conflit n’est pas prêt de finir.Agir par mode de témoignage et de ferment plutôt que par mode de croisade et de puissance ! Notre optimisme est aussi grand pour la première action que notre pessimisme est profond pour la deuxième.Si d’un côté se situent nos meilleures chances, de l’autre, nous croyons voir nos pires menaces.H.-M.BRADE! SPIRITUALITÉ Mfi CE OUI.Les lignes très rapides qui vont suivre, — et qui veulent être une réflexion sur la très grande fête de l’Annonciation, — ne seraient pas à leur place dans une revue toute vouée à l’actualité, si elles ne voulaient être une réponse, accessible même à des non-initiés, à quelques questions qui tourmentent apparemment beaucoup de chrétiens.DÉVOTION Une enquête, conduite par l’Action Catholique Canadienne, en 1959, sur la dévotion à Marie dans notre milieu, a mis assez pitoyablement à nu les graves lacunes de cette dévotion, trop souvent escapiste (désengagement à l’endroit du monde et désir de sortir au plus tôt de cette « vallée de larmes »), fétichiste (espoir d’un salut automatique et miraculeux) et ritualiste (attachement à des gestes, plus qu’à des convictions cohérentes et consistantes).Que tel soit le sort, en tous pays, d’à peu près toutes les dévotions, ne doit pas empêcher qu’un effort soit tenté, aussi souvent que faire se peut, pour étoffer cette pseudo-dévotion et corriger ces déviations.MYSTÈRE DE FOI Or nulle fête autant que celle de l’Annonciation ne se prête à une vision exacte du mystère de Marie.De Marie, l’Eglise nous dit, depuis le temps de saint Irénée pratiquement, qu’elle est la « nouvelle Eve » pour elle-même et pour le monde, cause de salut.C’est ce point précis que je voudrais mettre en lumière.Il y a eu un moment où le sort de l’humanité, pour sa perte, a dépendu d’une femme : c’est le moment où notre mère Eve a cru à la parole du Serpent et, ayant mangé du fruit, en donna à son mari.Il y a eu un moment où le sort de l’humanité, pour son salut, a dépendu d’une femme : ce fut le moment où Marie a cru à la parole de l'Ange et, portant son divin Fruit, en fit don à l’humanité.Ces deux femmes, à ces deux moments, ont par un geste libre et dans lequel toute leur responsabilité personnelle était engagée, joué un rôle qui les dépassait elles-mêmes et qui allait avoir ses répercussions en chacun de nous.De bien saisir les implications de ce fait, conduit plus loin qu’à une simple réprobation ou admiration béates : cela conduit à une vision de foi.Non pas vision de l’absurde, mais au contraire commencement d’intelligence de ce qui, autrement, resterait à jamais absurde.MÈRE DES MORTS Insistons sur le rôle d’Eve.Reconnaissons que ce mystère des origines de l’humanité nous est présenté, par la Bible, non d’un point de vue scientifique, mais de l’unique point de vue auquel la divine Parole veut nous amener : d’un point de vue religieux.Il y a une vérité que l’homme doit connaître s’il veut opérer son propre salut et transcender l’apparente absurdité du monde.Cette vérité, la Genèse la propose en images simples et d’un inépuisable symbolisme.La voici : le déséquilibre et l’absurdité actuelle de la condition humaine ne sont pas conditions définitives, ni même conditions naturelles de l’homme ; elles sont l’effet d’une révolte dont chaque homme porte en soi la conséquence, quand il n’en porte pas à son tour et personnellement la pleine responsabilité.Mais discutons le point dans les termes mêmes qu’emploie la Bible et, pour simplifier l’exposé centrons tout sur Eve.La responsabilité de la première femme dans cette déchéance de l’espèce humaine est personnelle, mais de portée universelle.Dieu respecte la liberté individuelle autant dans la faute que dans le relèvement.Eve donne tout d’abord un exemple, que la multitude de ses fils, parvenus à l’âge adulte, suivra assez allègrement.Elle se fait pour son compte tentation et scandale.Elle ne veut pas d’un Dieu au-dessus d'elle ; elle veut décider par elle-même et pour son propre compte de ce qui est bon ou mauvais ; elle refuse les avantages qu’il y aurait à rester amie de son Créateur : comme on l’a dit, en vers élégants, elle veut désormais « monter, pas bien haut peut-être, mais tout (e) seul (e) ! » Toutefois si son exemple n’était encore que d’une efficacité relative, eu égard à notre propre détermination, son geste devait avoir des répercussions beaucoup plus directes sur notre condition et situation d’êtres libres.Lorsqu’une jeune fille décide, contre le gré de ses parents, d’épouser un homme de rien, elle fait plus que donner un mauvais exemple à ses enfants à venir : elle les prive pour toujours de cette part de bonheur qu’aurait pu leur apporter un père bon et honnête, et leur prépare une existence absurde.C’est ce que fit pour nous Eve.Se détournant de Dieu, elle épouse le néant et déboussolée, incapable désormais d’intelligence et d’amour authentique, elle nous a conçus héritiers de tous les complexes ordinaires en pareilles circonstances.Oh ! ce n’est pas un péché de naître de parents déséquilibrés, mais cela ne met sûrement pas sur la voie de la paix, de la lumière, de la vie heureuse.Saint Paul, au premier chapitre de l’Epître aux Romains, nous décrit la destinée d’une humanité qui paie le prix d’un aussi mauvais départ.Un complexe n’est pas un péché, mais pour qui est complexé le péché est toujours plus proche, plus facile, plus inévitable.Et c’est ainsi qu’Eve nous engendra pour la mort ; ainsi que, de générations en générations, ajoutant leur propre dérèglement à celui de leurs propres mères, les femmes de la terre engendrent des fils de mort, dans un monde qui leur apparaît à tous, et pour cause, à chaque siècle, un peu plus absurde. 114 MÈRE DES VIVANTS Or, par une Providence divine dont la liturgie loue la sagesse, ce qui a joué pour la ruine joue aussi pour le relèvement.C’est par décision libre et personnelle que Marie acquiesce au plan rédempteur.Elle y consent à l’incarnation, elle y consentira jusqu’au Calvaire.« Qu’il me soit fait selon ta parole ! » Comme telle, elle est à son tour exemple et modèle de cette obéissance de la foi, qui sauve et qui répare tout.Son Fiat, nul chrétien adulte n’est sauvé, s’il ne le reprend après elle librement et personnellement, vis-à-vis l’incarnation et la rédemption, vis-à-vis la mort en Croix autant que la Résurrection.Cependant le « oui » libre et personnel de Marie va plus loin encore, car il affecte lui aussi notre condition, notre situation de croyants libres.Eve a rompu les ponts avec Dieu et mis la race humaine dans une situation désespérée, toute vouée à l’absurde.Marie rétablit les contacts, et recrée pour tous une situation d’espérance et de sagesse.En introduisant Jésus dans le monde, en s’associant à son œuvre, elle mérite avec lui notre pardon, nous montre la voie, nous ramène l’équilibre initial et perdu, nous libère de nos complexes et nous rappelle à la transcendance.J’ai évoqué plus haut l’image de la femme qui épouse un homme de rien.Est-il seulement nécessaire d’évoquer maintenant l'image de la jeune fille qui se choisit un mari intelligent, responsable, bon, et qui, par là, établit à l’avance ses enfants dans une situation de sécurité, de confiance, de bonheur ?C’est ce qu’a fait pour nous Marie, en choisissant le Christ offert au jour de son Annonciation.Les fils de païens, auxquels il a été si difficile de s’adapter à tout ce que le christianisme a pu représenter pour eux au jour de leur appel, les enfants de divorcés qui ont payé si cher le prix d’amours insolites et irréfléchies, tous ceux-là enfin à qui le monde n’offre aujourd’hui encore qu’une vision d’absurdité et de désespérance comprendront peut-être, par là même, ce que représente, à des yeux de croyants, le Oui si généreux et si sage qu’a prononcé Marie en ce jour d’Annonciation.Hyacinthe-Marie Robillard INSTITUTION ET MYSTÈRE Il y a une vingtaine d’années, un journal de collège titrait : « Nous sommes des grammairiens ».Fernand Dumont préludait à sa vocation d’analyste et de sociologue.D’un coup, un diagnostic global était porté qui n’a pas fini d’être juste.Au plan de la formation nous aurions été des connaisseurs et des observateurs de règles mais nos esprits n’auraient pas été adéquatement imprégnés de culture et de compréhension.Un tel type d’opposition existerait-il dans l’ordre de la vie religieuse ?Divers recoupements sembleraient indiquer en tout cas qu’il n’est pas superflu de s’inquiéter et de s’interroger.L'ÉGLISE À L'HEURE DU CONCILE Le grand examen de conscience qu’est le Concile met en évidence des pensées que des théologiens approfondissaient depuis des années.On signalait le danger que l’Eglise-institution détériore et dévore ïEglise-mystère.Les deux aspects sont nécessaires et légitimes ; privilégier l’un au point de pulvériser l’autre est une hérésie.La plupart des hérésies condamnées sont le fait de croyants tellement épris de la pureté et de la richesse intérieures qu’ils pensaient les servir en rejetant toute l’institution.Les hérésies en sens contraire ont pu être dénoncées par des théologiens mais, n’ont guère été condamnées quoique, aujourd’hui, elles soient durement battues en brèche par Vatican II.Elles tiennent bon quand même, hélas ! C’est l’inflation de l'institution et du juridisme aux dépens de l’esprit de communion.« Il a bien fallu repenser l’Eglise, dit l’évêque de Blois, nous avions peut-être vu en elle trop exclusivement l’organisation temporelle et hiérarchique.Le concile a redonné la première place au mystère de foi, à la réalité spirituelle qui lie chaque membre à l’autre par le plus intime de son être.Quand tant de Pères ont réclamé et obtenu que le schéma de l’Eglise évoque le peuple de Dieu avant de présenter la hiérarchie, c’était plus qu’un détail dans l’ordonnance du programme ».A propos de la collégialité qui pourrait « rogner l’autorité du pape et restreindre les pouvoirs de chaque évêque dans son diocèse », Mgr De Smedt répond : « Nous demandons essentiellement de vivre da- vantage en communion avec le Pape, partager ses soucis, bref, lui être plus unis encore ».Le même aspect est repris par le Père Gabel à propos de la signification du voyage en Palestine de Paul VI, un certain style, une certaine orientation, un certain accent sont dépassés : « Les temps des ravaudages sont terminés ; les temps des grands appareillages recommencent ». 115 LA MÊME MENACE AILLEURS 11 n’est pas sans intérêt de savoir que la même tension se retrouve dans d’autres religions.Ce n’est pas d’hier.Un des esprits éminents de l’Islam, al-Ghazâli (mort en 1111) « entreprit de réunir et de réconcilier la dogmatique et la mystique, sans rien se dissimuler des dangers que présentaient l’une et l’autre, ni se fermer aux valeurs qu’elles proposaient toutes deux : l'esprit dogmatique bâtit une place forte, où l’ennemi ne pourra pénétrer, mais d’où les défenseurs ne peuvent pas davantage sortir.Cela est utile et nécessaire au moment de la lutte, lorsque tout doit être ordonné en vue de la défense de l’essentiel.Mais la forteresse, une fois construite, demeure, et les défenseurs enthousiastes d’hier se retrouvent, plus tard, prisonniers des structures rigides d’où ils ont tenu l’ennemi en échec.L’esprit mystique, par contre, sacrifie tout, même les formes historiques et les structures organiques de sa religion, à la communauté vivante avec Dieu.L’un comme l’autre de ces partis pris menacent mortellement la religion qui ne peut subsister dans le monde que sous forme de compromis et de synthèse ».PARENTÉ FRANCE-QUÉBEC D’une analyse loyale et patiente de l'itinéraire de Simone de Beauvoir, le Père Henry conclut à l’ambiguïté d’une chrétienté retranchée dans ses cadres et ses institutions.Quand les structures semblent chrétiennes, le danger est grand de relâcher l’évangélisation ; la déchristianisation est commencée.N’est-il pas vrai que dans l’ordre des valeurs spirituelles on commence à perdre sitôt qu’on cesse de reconquérir ?Simone de Beauvoir, voyageuse de la foi à l’athéisme, n’a fait qu'illustrer, à l’échelle d'une vie humaine, un inévitable processus de désagrégation.Cet échec d’une chrétienté, le Père Henry le voit ainsi : « L’Evangile est remplacé par la « religion », c’est-à-dire par un système de rites, de prières, de manières et de comportements qui sont eux-mêmes ambigus dans la mesure où beaucoup d’entre eux pourraient être inspirés par un autre esprit sans, apparemment, avoir à se transformer.La Bonne Nouvelle, qui fait de nous un être nouveau en même temps qu’elle nous met en demeure de nous convertir afin que notre esprit et notre conduite se conforment à ce que nous sommes devenus, est en quelque sorte remplacée par le bon ordre chrétien, social, et familial, par les bonnes écoles, par les bonnes manières et les bonnes conduites des familles chrétiennes.Une fois que l’Evangile a « réussi », le danger consiste à maintenir L’ordre extérieur des mœurs et des institutions en oubliant ce qui leur a donné naissance et ce qui assure la permanence de leur existence et de leur fidélité ».C’est si simple d’administrer un ordre — ou un désordre — « établi » ; c’est si difficile de donner un esprit, capable quelquefois, selon les tempéraments de ceux qui le reçoivent, de s’exprimer de manières tout à fait différentes.« Les sociétés chrétiennes, les cadres chrétiens, les doctrines chrétiennes deviennent alors une sorte d’alibi de la foi et de l’évangélisation ».Tout au long du livre du Père Henry, les recoupements que fait notre esprit avec les milieux canadiens-français laissent rêveur et rendent inquiet.LE PHÉNOMÈNE EN ÉDUCATION L’Eglise est éducatrice, les autres éducateurs côtoient les mêmes dangers, affrontent les mêmes tensions.La pédagogie traditionnelle continue à gager surtout sur l’autorité, l’école nouvelle insiste sur l’intériorisation.Leurs conflits latents ou déclarés constituent l’une des belles difficultés de l’époque.D’une part, vouloir le bien de l’enfant même malgré lui, aboutir à une discipline extérieure impeccable, mais ce que de « tels professeurs auront inculqué à leurs élèves, c’est la peur du risque, le manque d’esprit d’initiative, d’originalité, la tendance à l’individualisme, au conformisme, à la duplicité et le cuisant désir d’en finir au plus tôt.Le véritable éducateur a un respect profond de l’enfant.Il respecte l’individualité de chaque élève, l’accepte avec ses possibilités et ses limites, avec ses problèmes familiaux.11 tient compte du rythme d’évolution de chacun.Il évite de multiplier récompenses et sanctions comme il évite de se poser en juge et en accusateur de l’enfant.11 se donne la peine d’expliquer à l’élève le pourquoi des exigences scolaires ; l’élève ainsi se sent pris au sérieux.Cet éducateur admet qu’il peut lui arriver de se tromper et qu’il peut arriver à certains moments que ce soit l’élève qui ait raison.Cela, il aura la franchise et le courage de le reconnaître devant les enfants.L’enfant apprendra ainsi que la vérité ne peut que grandir celui qui la sert et que l’humilité n’est pas la vertu du faible mais du fort » (Ginette Deschênes, Le Devoir, 5 mars).EN VOTRE ÂME ET CONSCIENCE Dieu par son Fils Jésus-Christ nous appelle à la sainteté, nous invite à être des affamés de justice et de vaillants artisans du Royaume.Comment cela est-il traduit et trahi chez un grand nombre de fidèles ?Un mesquin juridisme conduit à prendre la meilleure assurance sur le salut éternel au coût minimum de la prime.Dites-nous ce qu’il faut faire pour être sauvés, nous n’avons aucunement envie de souscrire davantage.Etre en règle, se tenir saufs sur les buts, mettre les chances de son côté, gagner le ciel, éviter les gros péchés, assister à la messe dominicale, faire ses pâques.Cela posé, se permettre le plus possible sans trop compromettre son état de grâce.En d'autres termes, il s’agit de se protéger d’un Dieu justicier et sévère qu’on n’aime pas, mais dont il faut tenir compte, sinon.C’est l’attitude du serviteur veule, non celle du fils « qui a toujours peur de ne pas aller jusqu’au bout de ce que Dieu attend de lui, d’être infidèle aux ambitions que Dieu a sur lui concernant la qualité de son bonheur ».À LA RECHERCHE DE LA SÉCURITÉ A la quête des sécurités, le risque de se tromper est constant.L’immédiat semble plus sûr, la lettre, la constitution, l’ordre, le contrôle, les règles, les constructions ont un air rassurant.Le risque est d’y mettre une insistance et une confiance telles qu’on perde de vue l’incessante urgence de conforter l’esprit, de le nourrir, de le fortifier, de le former intérieurement.Les autopsies révèlent souvent l’anémie pernicieuse, le sous-développement, la famine, le cancer d’êtres apparemment sains.Denis Duval 116 Gauche, droite au concile?Ceux qui ont suivi quelque peu les débats des deux premières sessions du concile se sont rendu compte que les évêques parlaient avec franchise et en toute liberté.Mais le laïc, en plus de découvrir que la liberté existe dans l’Eglise — car cette liberté n’a pas toujours été visible partout — a aussi constaté qu’il y existe une infinité de questions libres.Nous avons tous connu cette époque, pas très lointaine, où celui qui osait s’interroger tout haut sur le bien-fondé de certaines pratiques, se faisait regarder avec suspicion, pour ne pas dire plus ; ç’a donc été une découverte sensationnelle que de voir tous ces évêques remettre en question un tas de notions, de pratiques et de théories que nous croyions fixées pour toujours.Il a bien fallu en venir à la conclusion qu’en dehors des commandements de Dieu, du credo et des dogmes, presque tout pouvait être remis en question.Deux tendances spirituelles Mais cette franchise, cette volubilité des Pères a vite laissé percevoir un phénomène qui se retrouve dans toutes les assemblées législatives du monde : la présence de deux tendances spirituelles majeures dressées l’une contre l’autre.Ces tendances étaient deux manières instinctives de penser, d’agir et de réagir, deux courants spirituels dominants.Ceux qui sont habitués de juger la pensée ou la philosophie des hommes selon des critères politiques, n’ont pas été longs à parler de droite et de gauche, de conservateurs et de progressistes.Personnellement, ce vocabulaire politique utilisé à l’endroit des hommes d’Eglise, m’irrite un peu car il rend rarement justice aux personnes qui sont affublées de ces étiquettes.D’autant plus que les termes gauche et droite, conservateur et progressiste, ont toujours un sens péjoratif très net dans l’esprit de ceux qui les accolent à des personnes qui ne pensent pas comme eux.Ne peut-on pas se poser la question : où se trouve la frontière qui sépare la gauche de la droite, le conservatisme du progressisme ?Ne déplaçons-nous pas souvent cette frontière au gré de notre humeur, de notre digestion, de nos inimitiés et surtout de nos préjugés ?Termes politiques et contradictoires Or, si cette pratique est souvent injuste en politique, elle est encore beaucoup plus hasardeuse quand il s’agit du concile.Le Père Rouquette, un jésuite français, expliquait, l’an dernier, que les termes conservateur et progressiste appliqués aux deux tendances majeures du concile sont inadéquats.D’abord le terme progressisme a une résonance politique tout à fait étrangère à la plupart de ceux à qui on l’applique ; quant au terme conservateur, continue-t-il, il est inexact également, car les prétendus conservateurs défendent des positions relativement récentes dans l’Eglise, et les prétendus progressistes retrouvent des positions traditionnelles.Ça peut paraître contradictoire, mais c’est réellement ce qui se passe.Par exemple, ceux que l’on qualifie de conservateurs, refusaient l’utilisation des langues nationales dans la liturgie, la concélébration de la même messe par plusieurs prêtres, la communion sous les deux espèces, autant de pratiques qui existaient au début de l’Eglise mais qui ont été abandonnées au cours des siècles.Et ce sont pourtant ceux que l’on qualifie de progressistes qui ont demandé que l’on retournât en arrière et que l’on remît ces pratiques en vigueur.Les prétendus conservateurs ne voulaient pas que le concile reconnaisse que les évêques, collégialement et individuellement, reçoivent de Dieu, par leur sacre, les pleins pouvoirs d’enseigner, de paître et de sanctifier leur troupeau, cependant que les prétendus progressistes voulaient que le concile fasse un retour en arrière, c’est-à-dire aux origines, alors que les évêques jouissaient de tous ces pouvoirs.Autre exemple : les prétendus conservateurs se sont objectés à ce que le diaconat, un des trois paliers du sacerdoce (et qui constitue une vocation en soi), devienne un état stable et permanent dans l’Eglise, cependant que les prétendus progressistes voulaient, eux, que l’Eglise retourne en arrière et remette en honneur cet état.Les conservateurs voulaient conserver une théologie relativement nouvelle, qui met l’accent sur une conception triomphaliste et autoritaire de l’Eglise, alors que les progressistes voulaient revenir aux origines du christianisme et mettre plutôt l’accent sur une Eglise servante et pauvre.Ces quelques exemples suffisent à démontrer la fausseté des termes politiques quand ils sont appliqués aux questions ecclésiales ou conciliaires.Réformistes et antiréformistes Alors des écrivains, des historiens, ont essayé d’attacher des noms à ces tendances : certains ont parlé du groupe des bergers et du groupe des pêcheurs, c’est-à-dire de ceux qui ont pour première préoccupation de garder, de protéger le troupeau, et de ceux qui se préoccupent d’aller vers le large pour améliorer la pêche des âmes.Certains ont trouvé des mots savants, comme « notionnels » (pour désigner ceux que nous appelons conservateurs) et les « existentiels » (pour désigner ceux que nous appelons progressistes), ou encore les « ressourcés » et les « non-ressourcés ».Mais les termes qui furent 117 :: ï i fi'1 fiS: : [I'll'-1 IS con- flî JuiJ-sM iï Si f .1: , .•' rif si" ÿ ' .,1 si .¦çé* le plus fréquemment employés par les clercs et de nombreux journalistes furent les expressions « réformistes » et « antiréformistes ».En un mot les réformistes sont ceux qui favorisent une mise à jour de l’Eglise, et les antiréformistes sont ceux qui ne croient pas en la nécessité de cette mise à jour, qui la considèrent même dangereuse et inopportune.Mais il faut préciser tout de suite qu’il s’agit d’une mise à jour pastorale, c’est-à-dire d’une réforme des institutions, des méthodes d’action et d’enseignement, qui n’atteint aucunement la foi elle-même ou les institutions de droit divin, comme par exemple, la primauté et l’infaillibilité du pape.Les deux tendances, selon le journal The Tablet, pourraient aussi se définir comme suit : les antiréformistes (ou les bergers) sont les évêques qui ont comme premier souci de sauvegarder la foi et la morale de leurs diocésains fidèles ; les réformistes (ou les pêcheurs), ceux qui sont d’abord conscients de la mission apostolique de l’Eglise envers les grandes multitudes qu’elle a perdues ou qu’elle a été incapable d’introduire en son bercail.Et le même journal ajoute qu’il n’y a pas d’incompatibilité réelle entre les deux genres de zèle, et que saint Pierre reçut la double charge de veiller au troupeau et d’être pêcheur d’hommes.Mais si ces tendances naturelles se rencontrent toujours dans une assemblée ou dans un concile, elles se rencontrent rarement dans le même homme.De là les affrontements entre des Pères conciliaires profondément sincères et animés de bonne volonté, mais qui envisageaient les schémas selon leur optique personnelle.Mais ces deux tendances, même si elles peuvent étonner les âmes simples ou irriter ceux qui veulent faire triompher un point de vue qu’ils jugent le meilleur, sont néanmoins nécessaires car c’est à ces divergences que l’on doit l’équilibre des décisions conciliaires.Ainsi nous remarquons, par exemple, que si les orateurs du concile sont très nettement partagés en deux tendances, presque tous les votes manifestaient une unanimité presque totale.Les interventions laissaient percevoir des oppositions profondes, une assemblée presque coupée en deux, alors que les majorités, au moment des votes, atteignaient plus de 90%.La grande unité de l'Eglise Tous les conciles ont donné lieu à de grandes divergences de pensée, des divergences qui se sont parfois manifestées violemment et ont même donné lieu à des schismes.Aujourd’hui, l’unité de l’Eglise est plus solide peut-être qu’elle ne l’a jamais été dans le passé.Si les Pères s’affrontent vigoureusement sur des questions pratiques, pastorales, leur unité est inébranlable dans les questions fondamentales de la foi et de la morale.Ils sont tous d’accord sur la doctrine, mais ils sont en désaccord quant à sa formulation, à son application, sur l’opportunité ou l’étendue de telle réforme de l’appareil ecclésiastique — autant de questions qui n’ont rien à voir avec le dogme.Il est toujours édifiant et rassurant de voir tous ces évêques fortement opposés sur certaines questions secondaires, s’agenouiller côte à côte, sur les dalles de Saint-Pierre et prier pour le succès du concile ; ou de les entendre, dans les cérémonies publiques, entonner ensemble le même credo que chantèrent les évêques du premier concile de Nicée, il y a seize siècles.Cardinal-frein et cardinal-accélérateur Un correspondant un peu fantaisiste expliquait à l’écrivain français Jean Guitton comment il concevait ces deux tendances.Il les comparait à une automobile munie d’un accélérateur et d’un frein.Et il demandait ; « Les conservateurs étroits voudraient-ils construire une voiture où l’on remplacerait l’accélérateur par un deuxième frein ?Alors les roues deviendraient inutiles, la voiture une remise et le conducteur un végétal.Mais les novateurs voudraient-ils remplacer le frein par un deuxième accélérateur ?Alors la voiture deviendrait incontrôlable et précipiterait ses occupants dans la mort.« C’est pourquoi, ajoutait-il, il est bon que le pape puisse tourner le volant tour à tour à gauche et à droite, posant tantôt le pied sur l’accélérateur-cardinal X, tantôt pressant plus vigoureusement le pied sur le frein-cardinal Y, selon les panneaux de signalisation de l’Esprit-Saint ».Marcel Adam BRISER LE SILENCE Après deux sessions conciliaires, et à la veille de la troisième, on ne peut que regretter le rigoureux silence qu’a observé dans son ensemble l’autorité hiérarchique.Il nous aurait plu de voir venir jusqu’à nous, ne fût-ce que par l’intermédiaire de la télévision, de la radio et des journaux, nos évêques.Ç’aurait été pour nous un réconfort, une source d’énergie nouvelle, de les entendre, personnellement, nous entretenir de la vie du Concile, des diverses questions qui y sont soulevées et débattues.Nous nous serions sentis plus chrétiens, plus universellement unis, s’ils avaient déroulé eux-mêmes, devant nous, la carte vivante du monde catholique réuni en Concile.Nous nous serions sentis davantage attachés à notre Eglise, s’ils nous avaient communiqué leurs propres opinions.Ils nous seraient apparus davantage Pères, s’ils avaient consenti à nous faire partager leurs joies, leurs craintes et leurs espérances.Ils auraient peut-être affermi leur autorité, si nous les avions, non pas sentis seulement, mais vus au milieu de nous, comme des pèlerins qui, au retour, distribuent au sein de leur famille les grâces du voyage.Trop humain peut-être.Ce qui ressort de ce long regret, c’est une inquiétude ; inquiétude devant l’absence de participation des esprits et des cœurs les mieux disposés à l’immense tâche du Concile ; inquiétude devant l’indifférence (qui peut être expliquée) de la jeunesse qui devrait tant correspondre à cette nouvelle jeunesse de l’Eglise.Le Concile prendra fin un jour : comment en perpétuerons-nous l’esprit ?Quand la population se sera habituée, comme elle l’a fait pour tant d’autres choses, à quelques tranformations liturgiques, quel signe de vie restera-t-il ?Ce long regret, j’ai pensé l’adresser à l’un ou l’autre de nos évêques ; mais j’aurais craint de faire trop « intime ».J’ai pensé également le jeter dans un tiroir, parmi tant d’autres regrets qui ont dressé, autour de notre foi, des murailles à l’intérieur desquelles toute vie meurt.Après réflexion, j’ai pensé qu’un regret, ça se jette au vent, comme un billet d’amour qu’on écrit à 12 ou à 80 ans.André Beaudoin 118 FOI ET ENGAGEMENT « Quand nous disons que notre société est pluraliste, nous signifions que parmi nous quelques-uns se déclarent agnostiques ou marxistes.L’argument d’autorité ne vaut plus aujourd’hui et le vrai chrétien est celui qui a choisi de l’être.On peut avoir été baptisé très jeune, avoir grandi dans un milieu chrétien, avoir reçu une éducation dans une institution confessionnelle, mais pour être chrétien, il faut s’arrêter et choisir de le demeurer ».C’est le cardinal Léger qui a adressé ces paroles aux jeunes lors d’une visite au Collège Sainte-Marie.Le temps présent vomit la médiocrité et met l’accent sur l’engagement.Plusieurs options s’offrent à l’homme de 1964.Comme Son Eminence j’en retiens trois principales : agnosticisme, marxisme et christianisme.A l’heure de Sartre, de Mao Tsé-toung et de Teilhard de Chardin, il n’est pas permis de rester sur la clôture et de contempler tranquillement le spectacle ! L’âge inauguré par Auguste Comte, Marx et Péguy, exige l’engagement total et chaque camp recrute ses militants : champions du rationalisme agnostique, combattants du prolétariat, milices du christianisme.DIEU EST MORT A leurs débuts, rationalisme positiviste et marxisme apparurent essentiellement comme des réactions contre l’ordre existant.Les valeurs qu’ils défendaient semblaient purement négatives.L’affrontement divisait en réalité les forces en présence en deux camps : d’une part les croyants, de l’autre les incroyants.Peu à peu ces deux réactions faites au nom de la raison et du salut collectif se dépouillèrent de leur négativisme et firent valoir leur contenu positif.L’homme ayant cessé de se définir comme un animal religieux apparut comme un être autonome et le véritable dieu de la création.On vit alors l’athéisme laïcisé ou marxiste s’ériger en civilisation.Cessant d’être libertaire, l’athéisme se fit constructif et devint le fondement des espoirs humains au double plan intellectuel et démocratique.Quant à la foi, elle apparut à beaucoup comme une survivance anachronique, comme un épiphénomène ou une aliénation.Face à cette révolution sans précédent le christianisme a traversé une crise profonde qui l’a contraint à se repenser.Dieu est mort avaient proclamé les idéologies libératrices.Qu’allaient devenir les spiritualismes et en particulier la foi qui avait réussi à façonner la civilisation dite chrétienne ?Si l’on regarde de l’extérieur les trois types d’hommes résultant de ces trois formes d’engagement les différences sont souvent minimes et malaisées à discerner.Au crible de l’efficacité et de la sincérité la marge semble minime qui sépare un Camus, un Castro et un La Pira.Tous trois recherchent par des méthodes différentes la promotion de l’homme.Il faut se placer dans une perspective surnaturelle pour voir surgir le fossé qui sépare les trois formes d’engagement.Affronté par les défis que posent ces néo-humanismes, le christianisme devait donc se purifier afin de raviver sa flamme originelle.Condamné à mort par ces doctrines de remplacement le christianisme a cherché un regain de vie.Cinquante années de travail patient ont abouti au redressement et au rajeunissement de Vatican IL Mais le combat ne fait que commencer et la purification qui s’est opérée à l'intérieur du christianisme continue d’être mise en question par la vitalité des « fois » rivales.LES ÂMES MORTES 11 convient de se rappeler que la foi n’est pas un bien acquis et qui se conserve sans effort.Au contraire c’est un don gratuit offert à tout homme venant en ce monde, mais qui se vivifie au prix d’une collaboration de tous les instants.Suivant cette définition rien n’est plus éloigné de la foi agissante que la foi traditionnelle qui habite hélas la plupart des chrétiens.Le croyant qui se satisfait d’une foi quiète et confortable s’expose à plus ou moins brève échéance à l’anémie, puis au suicide spirituel.La dégradation amorcée par l’esprit routinier s’accentue bien vite en indifférence et finit par se dissoudre en relativisme.Nous sommes en présence des âmes mortes de Gogol et de Bernanos.Une communauté chrétienne réduite à une telle médiocrité se trouve bien incapable de résister aux assauts des militants actifs et convaincus du laïcisme et du marxisme.Sous peine de continuer à décroître comme une peau de chagrin le christianisme doit faire peau neuve.Le défi n’a jamais été si dramatique.La « prophétie » de Nietzsche qui annonce la mort de Dieu recevra un démenti si nous voyons se lever en masse des chrétiens engagés qui mettent toute leur existence au service de leur foi, c’est-à-dire non pas de quelque idéal abstrait, mais de la personne du Christ.Mais à quelles conditions connaît-on une foi vivante ?Le théologien Eugène Joly en distingue quatre, « rigoureusement inséparables pour que la vie soit animée par le Christ » : L’audition de la Parole de Dieu, la prière, les sacrements, et l’amour du prochain. Message du Ministre de la Jeunesse EFFORT COLLECTIF DANS LE DOMAINE DE L'EDUCATION Depuis quelques années, nous assistons dans notre milieu à une profonde revalorisation de l’éducation et cette revalorisation a été un véritable moteur qui a déclenché et soutenu un vaste effort collectif du Québec dans le domaine de l’éducation, non seulement pour rattraper un retard tragique mais aussi pour construire énergiquement l’avenir.Cet effort s’est manifesté à tous les paliers de la collectivité québécoise ; au palier du gouvernement, au palier des commissions scolaires et au palier des contribuables.En 1956-1957, les dépenses effectuées chez nous pour l’enseignement, à la fois par le gouvernement lui-même, par les commissions scolaires et par les institutions indépendantes, s’élevaient à $286 millions, ce qui représentait 5.2% des revenus personnels de la province.En 1959-1960, les Québécois affectaient 6.5% de leur revenu personnel à l’éducation ; en 1961-1962, ils ont consacré à cette fin 8.5% de leur revenu personnel, soit une augmentation de 31% en deux ans, alors que durant les quatre années précédentes, cette augmentation n’avait été que de 25%.Si on a pu dire pendant longtemps que le peuple du Québec ne fournissait pas un effort suffisant pour l’éducation, il faut aujourd’hui reconnaître au contraire que le peuple manifeste de façon claire et nette, non seulement son consentement mais son désir de fournir un effort adéquat.Paul Gérin-Lajoie (Extrait d'une allocution du ministre de la Jeunesse, prononcée à l'occasion du 25e anniversaire de la Société de pédagogie de Montréal, à l'Hôtel Queen's, le samedi 16 mars 1963.) COMPLIMENTS DES OFFICIERS RECRUTEURS 1048, rue St-Jean, 2055, rue Drummond, Québec, P.Q.Montréal 25, P.Q.Tél.: 524-7049 Tél.: 842-6921 MARINE ROYALE DU CANADA ST-TITE REFRIGERATION ENR.VENTE ET SERVICE 209, ST-GABRI EL ST-TITE 844-3065 M.PAUL AUBUT AVOCAT 60, ouest ST-JACQUES MONTREAL 842-4163 M.MAURICE HEBERT AVOCAT 510, est SHERBROOKE MONTREAL DU.8-4050 PAROISSE LA VISITATION SLT-AU-RECOLLET 1847, GOUIN E.MONTREAL CR.9-6377 Marché LUCIEN BAZINET 1 295, rue VAN-HORNE OUTREMONT CL.9-3774 La Caisse Populaire STE-CLAIRE 2720, Des ORMEAUX MONTREAL DU.7-6436 Pharmac ie DEMERS 138, ouest FLEURY MONTREAL 523-2193 La iterie A.POUPART & CIE Ltée 1715, WOLFE MONTREAL 525-4053 Pharmacie GUY DUGRE 2348, HOCHELAGA MONTREAL 521-5282 JOS LATULIPPE LTEE FERRONNERIE 2564, ROUEN MONTREAL RA.8-1993 P lomberie GEORGES 8020, 16è AVE ST-MICH EL VI.9-4575 MONTREAL SHOE MACHINERY J.P.CO R B El L 535, est ONTARIO MONTREAL 521-5102 PAROISSE STE-JEANNE D'ARC M.HECTOR BONIN, ptre Curé 2295, CHAMBLY MONTREAL 521-9501 GERARD MARTEL NOTAIRE 41 19, ST-HUBERT MONTREAL OR.1 -5531 M.J.CHARLES FORTIN B.A., A.D.B.D.465, VICTORIA ST-LAMBERT HU.9-8213 YVES BELANGER ARCHITECTE 5959, MONKLAND, N .D .G.MO N T R E A L 272-0477 J.O.HOULE, D.C.,F.I.C.C.CHIROPTATICIEN 19, COURCELETTE OUTREMONT 484-7311 Pharmac ie MARIUS LETOURNEAU 3828, DECARIE MONTREAL 279-1813 BEAULNE & BOIVIN AVOCATS 6692, ST-HUBERT MONTREAL 273-4267 LEOPOLD MORETTI ARPENTEUR GEOMETRE 6339, ST-HUBERT MONTREAL RA.5-4771 PAROISSE SAINT-BARTHELEMY 7137, DES ERABLES MONTREAL RA.7-2859 H.BOISVERT INC.MENUISERIE 8521, 10e AVENUE V I L L E S AI N T-MI C H E L 524-3551 Caisse Populaire IMMACULEE CONCEPTION 1685, PARC LAFONTAINE MONTREAL 215, ST-JACQUES MONTREAL RI.7-4771 HOPITAL NOTRE-DAME DE L'ESPERANCE 1275, COTE VERTU Ville St—Laurent 849-7791 LAVALLEE, GASTON BEDARD, LYONNAIS, LUSSIER, NOISEUX, SENEGAL, C.A.488-2543 PHARMACIE BOULEVARD 3857, BOUL.DECARIE MONTREAL DU.9-6303 -4.Crol,au & 3l(, J, lnc.ENTREPRENEURS EN MAÇONNERIE STONEWORK CONTRACTORS 8764.DE CHATEAUBRIAND MONTREAL-11 TEL ST-DAMASE 797-3331 MONTREAL UN.1-6751 Société Coopérative dvicole (Régionale SAINT-DAMASE ( ST-H YACINTHE ) P.Q.UN.6-9467 MONTREAL TERRA COTTA LTEE M.CHARLES PERRAULT 1010, Ouest, Ste —Cather i n e MONTREAL 526-2535 Tous en Photo et Ciné L.R.VIALA INC.1280, est DEMONTIGNY MONTREA VI.2-2579 CORDNER, HUBERT & BOND LTD TRAITEURS J.A.HUBERT, PRESIDENT 1410, STANLEY MONTREAL Pop 11(1 645-3219 LES FILLES REPARATRICES DU DIVIN COEUR 14135, RUE CHERRIER MONTREAL 'ÎS Sis ¥ t S HEM I1REJ ,':E: Hommages de Quebec CAISSE POPULAIRE N.-D.DU CHEMIN .BOUTET & FILS ENR.• ST LAWRENCE PAPER BAG • CHATEAU BONNE ENTENTE • BOUCHERIE J.B.BEGIN • BISCUIT DION • NATIONAL SURPLUS SALES • ROLAND VERDON G.V.A.• GAI LOGIS INC.• JACQUES POLIQUIN TEXTILE ENRG.• NATIONAL SEAT COVER CENTRES INC.• NETTOYEUR MONTMORENCY ENR.• PHARMACIE M.GODBOUT • EPICERIE PAUL GOUDREAULT • LEO LAVOIE • GRAVEL ELECTRIQUE ENR.MAJELLA DION • DR HENRI HAMEL • DR C.GUIMONT .522-1300 J.MARTEL INC.BOIS DE CONSTRUCTION Papineau & Demontigny Montréal 663-0933 Station de Service MARC FORTIN 2981, Blvd Ste —Anne Giffard 522-2016 MARCHE DU QUEBEC INC.Charcuterie — Viande en gros 342, Première Rue, Limoilou HOMMAGES DES Frères des ECOLES CHRETIENNES 2360, Ch.Ste— Foy STE-FOY 522-5291 CARRIER & GOULET INC.BOUCHERS 345, DU PONT QUEBEC DON D’UN AMI CONTRAT NO 5465 529-4961 STUDIO 437 ENR.DESSIN INDUSTRIEL 437, CARON QUEBEC 681-5173 A.LABRECQUE Vente de Tapis et Tuile 180, CHAMPAGNAT QUEBEC 529-6811 DEPUIS 5 GENERATIONS GERMAIN LEPINE LTEE 715, ST-VALLIER E.QUEBEC 'h 523-5021 Service SECRETAIRES TELEPHONISTE Edifice Ascenseur Gosselin Québec 683-7776 EUGENE CORRIVEAU ARCHITECTE 2475, Blvd LAURIER QUEBEC 681-6517 IMMEUBLES BELVEDERE LTEE VENTES - 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