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Maintenant
Revue d'idées très en phase avec les débats qui animent la société québécoise durant la Révolution tranquille.

[...]

La revue Maintenant arrive et s'inscrit dans l'effervescence du Québec des années 1960, au moment de la Révolution tranquille. Elle a pour vocation de remplacer la Revue dominicaine en créant un lieu de discussion collé sur l'actualité. Pour s'insérer davantage dans l'activité intellectuelle de son temps, la nouvelle revue affiche une facture moins savante.

Père Henri-Marie Bradet, directeur de la revue depuis ses débuts en 1962, rassemble rapidement de nombreux collaborateurs, clercs et laïcs. Plusieurs dominicains, mais aussi Benoît Lacroix, Louis Lachance, Émile Legault, Gérard Dion et Louis O'Neill offrent des contributions à la revue, tout comme les laïcs Hélène Pelletier-Baillargeon, Louis Fournier, Pierre Saucier, Dr Paul David, Ernest Pallascio-Morin, Jacques-Yvan Morin, Guy Robert et Naim Kattan, parmi de nombreux autres.

La volonté d'actualisation du catholicisme prônée par Maintenant tient ses racines dans le personnalisme des années 1930 et son ouverture à l'individualisme, et coïncide, en 1962, avec le programme de réformes du catholicisme de Vatican II, duquel la revue portera l'esprit au Québec. Elle offre une tribune aux catholiques de gauche, soucieux de montrer un esprit actuel et moderne à la jeunesse intellectuelle.

Maintenant s'adapte rapidement aux changements accélérés en cours dans la société québécoise et devient un lieu de débat important. Les clercs souhaitent se positionner comme porteurs d'une conscience morale évolutive de la société vis-à-vis des intégristes et du contrôle de l'Église. Cet humanisme chrétien motive Maintenant à adopter hâtivement le socialisme démocratique et à cautionner et pousser l'idée de l'indépendance politique du Québec.

Le contexte de laïcisation et de pluralité grandissante des affiliations religieuses, conjugué au déclin de l'attachement national canadien-français et catholique, donne naissance à un nationalisme québécois civique qui se manifeste notamment dans la déconfessionnalisation de l'enseignement public. Maintenant en sera partie prenante.

La revue participe ouvertement aux débats sur la régulation des naissances, mais, par principe religieux fondamental, demeure d'abord contre l'avortement. Et bien qu'elle appuie une laïcité ouverte, la revue refuse affronte la position radicale de la relégation du religieux à la sphère privée. Les audaces que Maintenant se permet font des mécontents à la tête de l'ordre dominicain à Rome, qui demande la destitution du père Bradet en 1965. La maison provinciale de l'ordre ne souhaite pas se ranger dans la réaction. Le père dominicain Vincent Harvey prend la relève de Bradet à la direction et offre au contraire davantage d'autonomie à la revue, qui appuie plus résolument le socialisme et l'indépendantisme québécois.

Maintenant souhaite mettre un terme au nationalisme messianique pour que toute la place soit laissée à un mouvement politique pragmatique, qui envisage la souveraineté politique comme moyen pour le Québec de se développer. Tous les dominicains ne sont toutefois pas à l'aise avec les positions politiques de la revue. L'ordre sort de l'aventure en 1969. Son maigre financement est dorénavant assuré par Pierre Péladeau. La revue délaisse alors presque complètement le contenu religieux pour se concentrer sur les questions politiques, sociales et économiques.

Durant la période qui suit, Maintenant accueille des collaborateurs réputés, dont Robert Boily, Jacques Parizeau, Michèle Lalonde, Fernand Dumont, Jacques Grand'Maison, Jacques-Yvan Morin, Guy Rocher, Camille Laurin, Pierre Vadeboncoeur et Louis O'Neill. Hélène Pelletier-Baillargeon y est toujours et sera d'ailleurs nommée directrice au décès de Vincent Harvey en 1972.

Maintenant est affiliée aux journaux indépendantistes et réformistes Québec Presse (1969-1974) et Le Jour (1974-1978). Les trois cahiers publiés en 1975 sont d'ailleurs distribués avec Le Jour. Plusieurs des collaborateurs des dernières années seront des figures importantes du gouvernement et de l'administration du Parti québécois à partir de 1976.

Source:

ROY, Martin, Une réforme dans la fidélité: la revue Maintenant (1962-1974) et la «mise à jour» du catholicisme québécois, Québec, Presses de l'Université Laval, 2012.

Éditeurs :
  • Montréal, P.Q. :les Dominicains en collaboration avec d'autres clercs et des laïcs,1962-1975,
  • Montréal :Éditions Maintenant inc.,
  • Montréal :Editions Maintenant :
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Revue dominicaine ,
  • Témoins
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Références

Maintenant, 1966-03, Collections de BAnQ.

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Y'}-is-j MARS 1966 No 51 EGLISE LIBRE ECOLE AUTONOME VIET-NAM CAISSE ÉLECTORALE LES INSOLENCES D’UN EX-SÊMINARISTE MÉDECINE POUR TOUS ?Sommaire complet à l’intérieur FAUT-IL ENCORE SE CONFESSER?Beaucoup de catholiques ont abandonné la pratique de la confession.Une enquête partielle auprès des jeunes de collèges classiques révèle qu’un nombre considérable d’entre eux ne se confessent plus ou que très rarement.Plusieurs moins jeunes, excellents chrétiens par ailleurs, ont abandonné eux aussi la pratique de la confession, ou tout au moins s’interrogent sérieusement sur son utilité et sa nécessité.De nombreux couples notamment, aux prises avec le problème de la régulation des naissances, l’ont mise provisoirement de côté.Quant aux plus âgés, ils verraient d’un bon œil sa suppression.MALAISE GÉNÉRALISÉ Le malaise n’est pas propre à notre milieu.Il existe dans tous les pays comme on peut le constater par les revues de pastorale de ces dernière années et la série d’articles que le journal français, Témoignage Chrétien, publie actuellement sur le sujet.Partout on retrouve les mêmes réserves et les mêmes interrogations formulées de façon à peu près semblable.« La confession est une démarche pénible et gênante, surtout quand il y a fautes contre les 6e et 9e commandements, les plus nombreuses en même temps que les plus susceptibles de soulever l’ire sacrée de certains confesseurs rigoristes et scrupuleux ».Plusieurs se demandent pourquoi « il faut aller raconter ses péchés à un homme plutôt que de les confesser directement à Dieu, puisque ce qui compte, après tout, c’est la conversion intérieure ».D’autres estiment que la confession n’est qu’une façon de se déculpabiliser à bon compte, une pratique magique et routinière de « vider son sac ».Comme le disait un jeune de 22 ans : « C’est trop facile.On commet des péchés, puis on va voir le curé dans sa « boîte », on lui raconte quelques histoires.et le tour est joué : on repart de zéro ! Dans ce cas, autant trouver une machine automatique : une sorte de juke-box avec un petit sermon et l’absolution ! » Si l’on craint les confesseurs rigoristes, on n’aime pas, par contre, les prêtres débonnaires qui débitent une monition toute faite sans lien aucun avec l’accusation et les problèmes réels du pénitent.Bref, la confession telle qu’elle se pratique actuellement est devenue une pierre d’achoppement pour de nombreux catholiques.CAUSES DU MALAISE Il serait rassurant pour certains, mais inexact d’expliquer ce malaise par le relâchement, l’orgueil et l’absence d’esprit de sacrifice des catholiques.Les causes sont plus profondes et exigent une révision sérieuse du sens et des formes de la pénitence sacramentelle.Le malaise est dû en bonne part, à mon avis, à une évolution de la conscience chrétienne dans sa conception de Dieu et de la conduite morale, évolution qui s’accorde mal avec une pastorale non rénovée du sacrement de pénitence.La pénitence demeure encore trop liée à une conception de Dieu juge et à une morale légaliste, alors que la conscience chrétienne découvre de plus en plus le visage de Dieu Père et une morale des valeurs.LA TERREUR DU TRIBUNAL! Il y a une contradiction entre un Dieu Père et le tribunal de la pénitence.Le mot tribunal réfère à tout un contexte juridique et policier d’un âge théologique révolu.Il évoque un Dieu autoritaire qui édicte des lois plus ou moins arbitraires et brimantes auxquelles il faut obéir minutieusement pour éviter l’enfer et gagner le ciel.Un maître intransigeant et jaloux de son autorité.Un grand justicier qui nous épie sans cesse pour nous prendre en défaut et qui tient une comptabilité rigoureuse, tant pour récompenser fidèlement ceux qui observent ses préceptes que pour punir implacablement ceux qui les transgressent.Bref, le Dieu de l’inquisition.Cette conception de Dieu a longtemps inspiré la pratique sacramentaire de la Pénitence.Elle a laissé chez le pénitent comme chez le confesseur des vieux réflexes dont nous n’avons pas encore réussi à nous débarrasser.Le pénitent se présente au confessionnal avec crainte et tremblement comme un inculpé au tribunal ; le confesseur de son côté se considère encore trop comme un juge qui doit inventorier tous les péchés jusque dans les moindres détails pour prononcer un jugement conforme à la morale minutieusement codifiée des manuels.Ce contexte judiciaire paralyse et rend mal à l’aise certains confesseurs tout autant que de nombreux pénitents.Comme nous voyons en Dieu un Père plutôt qu’un juge, nous souhaiterions un rite sacramentel qui exprime davantage des rapports de Père à fils et de fils à Père.CATALOGUE DE PÉCHÉS .On nous a habitués à apprécier notre conduite chrétienne en référence à une liste de péchés et d’obligations, avec une insistance particulière et parfois maladive sur les matières sexuelles.Un code détaillé de péchés RÉDACTION, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS, 2715, Chemin Côte-Ste-Cotherine, Montrial-26, P.O.Tél.739-2758 Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l’affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Frais de port garantis si non livrable. so mm aire mortels et véniels.Ce catalogue des actions permises et défendues nous semble à la fois trop rigoureux et pas assez exigeant.11 peut tout aussi bien engendrer un scrupule névrotique que favoriser un moralisme confortable, l’un et l’autre incompatible avec un christianisme vraiment dynamique.Nous connaissons mieux aujourd’hui la part de la subjectivité et de ses conditionnements.Nous savons également que l’homme est « histoire » et « évolution », qu’il est en marche vers des valeurs qu’il ne peut atteindre d’un seul coup.Nous sonmres plus sensibilisés, en conséquence, à l’orientation générale d’une vie qu’à une nomenclature d’actes séparés de la trame vitale dont ils font partie.Par ailleurs, chacun de nos actes a sa part de valeurs et de non-valeurs, de lumière et de ténèbres.On ne peut donc classifier systématiquement les actions humaines dans les catégories sans nuances de « bons » et « mauvais ».Ne pourrait-on pas dire avec assez de justesse qu’il y a péché dans chacune de nos bonnes actions et du bien dans chacun de nos péchés ?.OU DYNAMISME ÉVANGÉLIQUE ?Dans cette optique d’une morale dynamique des valeurs, on ne peut plus juger sa conduite chrétienne à la façon légaliste du pharisien qui ne trouvait rien à se reprocher : il avait observé fidèlement son code de prescriptions et de défenses, mais il n’avait pas l’esprit de l’Evangile.En prenant les valeurs comme critères de moraüté, on risque par contre de ne trouver rien de précis à accuser selon le code établi, tout en se sachant pécheur.Pour le chrétien qui se laisse interroger par le phénomène de la pauvreté autour de lui et dans le monde, par l’absence de justice sociale, par la lutte des classes, par la guerre et par les exigences de ses relations interpersonnelles, la liste des péchés dit « du sexe », des lois de l’abstinence du vendredi et de l’assistance à la messe dominicale paraissent secondaires dans la mise au point de son engagement chrétien.Il faudrait un nouveau type d’accusation auquel ni le confesseur ni les pénitents sont habitués et que la formule du confessionnal ne permet guère.Pourquoi alors maintenir un rite qui n’a plus de véritable signification, se demande-t-on ?SACREMENT DE L'ACCUEIL Pour revaloriser le sacrement de pénitence, il faudra d’abord lui donner son vrai sens et en faire le sacrement de la miséricorde et de l’accueil.Le confesseur se rappellera qu’il représente avant tout l’amour miséricordieux du Père, tel que le Christ l’a incarné et manifesté au cours de sa vie terrestre.On connaît sa douceur et sa tendresse à l’endroit des pécheurs publics : Marie Madeleine, la femme adultère.Pas plus que Jésus, le confesseur n’est là pour condamner mais pour pardonner, encourager, soutenir, éveiller, exhorter.Il doit surtout se faire accueillant.Son accueil signifie, rend visible l’accueil invisible que Dieu fait au pécheur repentant.Quand le pénitent sincère se présente au prêtre, il est déjà converti, retourné à Dieu, accueilli comme le fils prodigue par Dieu qui a transformé son cœur.Le sacrement de pénitence donne à cet accueil de Dieu son incarnation, nous dirions volontiers son humanisation, mais il ne le réalise pas de façon magique.Tout au plus peut-il parfaire les dispositions intérieures du pénitent, Dieu utilisant la médiation humaine et sacramentelle pour achever une conversion déjà amorcée.La théologie catholique a toujours soutenu que si le pécheur ÉCONOMIQUE Assurance-santé : T.-J.Boudreau .82 A la santé des assureurs : P.Vadebon- cœur .84 ÉDUCATION Eglise libre, école autonome : L.Racine.78 Faut-il maintenir l'école confessionnelle ?: J.Tremblay .80 Ecole secondaire, foi religieuse : J.Caston- guay .98 ÉGLISE Les insolences d'un exséminariste : A.Char- bonneau .95 Parler ou se taire : P.Doucet.97 INFORMATIONS Ecole multi-confession- nelle : .86 Réforme et indulgences ! : .89 MUSÉE DES CANDEURS 94 ŒCUMÉNISME Œcuménisme et liberté religieuse au Québec : M.Despland .100 PASTORALE Crise de la prière : A.Beauchamp .102 POLITIQUE Le Viêt-nam et nous : I Conflit sans solutions ?.90 Il Une guerre absurde : P.Saucier .92 Caisse électorale : Source de corruption ?: P.Lacaille .104 SOCIOLOGIE Quand les médecins s'esquivent : H.Pelle-tier-Baillargeon .108 SYNDICALISME Grève des professeurs : J.Francoeur .87 Objectif de l'U.G.E.Q.: des réformes à la base : M.Beauchamp .106 THÉOLOGIE Faut-il encore se confesser ?: V.Harvey 73 repentant est pardonné avant même d’avoir reçu l’absolution du prêtre, l’absolution, à elle seule, par contre, ne remet pas les fautes du pécheur non contrit.POUR UNE RÉFORME Dans la réforme du sacrement de pénitence, on devra porter une attention particulière à toute attitude et geste d’accueil, au dialogue fraternel, à l’écoute de la Parole de Dieu et à la dimension communautaire de la démarche pénitentielle.L’important c’est que tout chrétien se reconnaisse pécheur en confrontant sa vie avec les exigences de l’Evangile et qu’il se sente accueilli par Dieu et ses frères.Quant à la confession auriculaire de ses fautes au prêtre, elle apparaît beaucoup moins nécessaire que nous l’a appris le petit catéchisme.A ma connaissance, le Christ n’a jamais exigé un aveu détaillé des fautes à aucun des pécheurs à qui il a dit : « Va, tes péchés te sont remis ! » Dans sa pratique pastorale, l’Eglise a toujours, par ailleurs, ménagé des exceptions à l’accusation pour des raisons valables.Ainsi, par exemple, on a toujours dormé l’absolution au mourant incapable de parler, aux soldats avant le départ pour le front, aux gens collectivement en péril au moment d’une catastrophe, etc.L’histoire de la pénitence, aux premiers siècles, nous apprend, en outre, qu’on insistait beaucoup moins sur la confession auriculaire que sur l’attitude intérieure du pécheur qui se reconnaissait tel et entrait spontanément dans « l’ordre des pénitents ».PÉNITENCE COMMUNAUTAIRE Ces cas d’exception d’une absolution générale sans confession auriculaire ne pourraient-il pas devenir plus fréquents pour des motifs psychologiques valables et des avantages pastoraux incontestables ?Des célébrations communautaires de la pénitence où l’on donne une absolution générale à tous les participants ne remplaceraient-elles pas avantageusement les « concours de confessions », aux temps d’Avent et de Carême et aux veilles des grandes fêtes liturgiques ?Cette formule a déjà été essayée, apprend-on de sources dignes de foi, dans des paroisses de Québec et de Montréal.Il semble bien que ce doive être l’aboutissant des célébrations communautaires de la pénitence, avec accusations auriculaires et absolutions individuelles, qui deviennent de plus en plus populaires dans les communautés religieuses et les paroisses plus avancées dans le renouveau liturgique.Cette dernière formule, qui combine l’ancien et le nouveau, apparaît en effet comme une formule de transition qui appelle autre chose.Rien n’empêcherait d’avoir une pastorale de la pénitence assez diversifiée.On pourrait considérer les révisions de vie en commun qui se font dans les équipes de foyers et les groupes d’Action Catholique en présence d’un prêtre comme une célébration sacramentelle de la pénitence.Le sentiment du péché est essentiel à la vie chrétienne et la liturgie devrait prévoir des prières et rites variés à l’intérieur des célébrations pour favoriser l’attitude pénitente.On pourrait, par exemple, donner une efficacité sacramentelle au Conjiteor et à la prière générale d’intercession du pardon qui l’accompagne.N’y aurait-il pas lieu, en effet, d’élargir la sacramentalité de la pénitence qui a été restreinte à un rite formaliste par un processus généralisé de « juridisation » des sacrements.La théologie redécouvre aujourd’hui une notion beaucoup plus large de la sacramentalité dans l’Eglise qui est elle même « sacrement ». CONFESSION PRIVÉE Toutes ces formes publiques et communautaires de la pénitence dont on ne saurait nier a priori la valeur pour l’obtention du pardon de ses fautes, ne devrait pas faire disparaître la confession privée, mais devenir « une école où l’on apprenne à faire de son aveu devant le prêtre, représentant de Dieu et de la communauté des hommes, une accusation personnelle plus profondément vécue » (Lettre pastorale de l’Episcopat hollandais, 16 mars 1965).AVANT TOUT, UNE RENCONTRE Il est incontestable que la confession privée demeure très utile, pourvu, bien sûr, qu’elle devienne une véritable rencontre avec le Seigneur à travers l’accueil et le dialogue fraternel du prêtre.Bien faite, elle permet une meilleure détection du mal en soi : « Ce qui n’est exprimé qu’intérieurement n’abat pas les murs de la solitude où s’enferme le mal, et donc ne libère pas réellement (entendez : au plan psychologique).Il faut que la pensée s’incarne dans les mots pour qu’elle devienne saisissable et paraisse à nos yeux en pleine lumière » (A.Brunner).Aux moments particulièrement difficiles de sa vie chrétienne, l’aide d’un prêtre expérimenté et éclairé est souverainement souhaitable.Si, en outre, un chrétien a dévié très sérieusement de son option baptismale et a abandonné l’Eglise, il apparaît normal et nécessaire que sa réintroduction dans la communauté chrétienne se fasse par le chef de cette communauté : l’évêque ou le prêtre qui le représente.Mais aussi longtemps qu’un chrétien fait effort pour demeurer en marche vers l’idéal évangélique, ne peut-on pas dire qu’il reste fidèle à son option baptismale, quelles que soient par ailleurs ses nombreuses faiblesses ?UNE RÉVISION POSSIBLE Il ne s’agit pas pour le chrétien de mettre en question la nécessité de la pénitence dans sa vie : « Si nous disons : Nous n’avons pas de péché, nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous » (17/1., 1 : 8 ).On peut se demander cependant s’il n’est pas urgent d’instaurer de nouvelles formes sacramentelles de la pénitence mieux adaptées à la mentalité actuelle.La discipline pénitentielle a évolué au cours des siècles en Occident.Notre confession privée vient, à quelques nuances près, des moines irlandais qui, au Vile s., ont inauguré cette nouvelle formule en remplacement de l’antique pénitence publique tombée en désuétude par suite de de son rigorisme vraiment excessif.La pénitence tarifée (avec peines précises et cataloguées pour chaque péché) et renouvelable des Irlandais est devenue commune dans toute l’Europe au Xlle s., avec adoucissement des peines.Imposée au moins une fois l’an par le IVe Concile du Latran (1215), la confession privée a été de nouveau prônée avec insistance par le Concile de Trente, en réaction contre les mises en question de la Réforme protestante.Cette discipline pénitentielle, bien que vieille de plusieurs siècles, n’est pas de ce fait même immuable : elle peut et doit, à notre avis, être révisée à l’heure de Vatican II comme beaucoup d’autres attitudes pastorales traditionnelles.Cette révision se fera, du moins nous le souhaitons, avec le concours du peuple chrétien et dans un esprit de fidélité profonde aux exigences tant de l’Evangile que de la psychologie humaine.VINCENT HARVEY 78 Ma question fondamentale est la suivante : ne conçoit-on pas trop l’éducation chrétienne comme le résultat d’un conditionnement du milieu scolaire ?Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, l’Eglise n’a-t-elle pas tendance à ne se sentir à l’aise qu’à condition d’y exercer une influence prépondérante ?Et, en général, n’attend-elle pas beaucoup trop des structures scolaires confessionnelles ?NOTRE PASTORALE DE CRAMPONNEMENT EST RÉVOLUE En un temps où le monde scolaire éclate et se découvre de plus en plus autonome par rapport à l’Eglise, ne devrait-ebe pas redéfinir entièrement sa pastorale de l’enfance et de la jeunesse ?Préoccupée qu’elle est de sauver l’école confessionnelle, elle risque de ne pas rechercher les formules pastorales nouvelles qui vont lui permettre d’être présente au monde scolaire nouveau qui naît sous ses yeux.Depuis plus d’un siècle, les catholiques français luttent pour sauver l’école libre (c’est-à-dire confessionnelle).Ils se rendent compte maintenant que cette lutte a monopolisé leur attention et leur effort, les empêchant de situer l’Eglise par rapport aux structures scolaires d’Etat.L’Eglise du Québec aura-t-elle la lucidité d’éviter à temps cette erreur ?D’autre part ce n’est pas tout, en ce domaine, d’être bon prince et de dire que l’Eglise n’a pas d’objection à la fondation d’écoles neutres.Il faudrait se demander si ces écoles sont réalisables en assez grand nombre et si pour longtemps encore des enfants et des jeunes incroyants ne seront pas soumis à un régime scolaire qui est une injustice constante parce qu’il ne les respecte pas dans leur conviction.LOUIS RACINE, O.P.: Responsable de la catéchèse au collège Marie-de-France.EGLISE LIBRE ÉCOLE AUTONOME LOUIS RACINE VOLONTÉ DE PUISSANCE OU VOLONTÉ D'ÉVANGÉLISATION Mais l’Eglise ne doit-elle pas se poser également de graves questions sur l’école confessionnelle elle-même ?Actuellement, elle est très préoccupée de la sauver.Par des menées souvent souterraines, semblables à celles qui ont eu cours au temps du bill 60, elle continue de consolider ses positions auprès du Ministère de l’éducation.Mais se préoccupe-t-elle suffisamment d’essayer de la redéfinir comme l’a fait dernièrement le père Angers dans Prospectives ?Une première chose est d’abord à remarquer : il y a plusieurs types d’écoles confessionnelles.Pour quel type de confessionnalité opterons-nous aux différents niveaux de notre système d’éducation ?Je ne sais.Pour ma part, je crains que l’option ne soit pas le résultat d’une saine philosophie de l’éducation d’une part et d’une conception de l’Eglise conforme à Vatican II d’autre part, mais d’une épreuve de force et de diplomatie entre la hiérarchie et l’Etat, épreuve sous-tendue, inconsciemment ou non, par des préoccupations électorales pour ce qui est du gouvernement, et d’une vieille volonté de puissance pour ce qui regarde l’Eglise.Je crois que, dans sa définition de l’école confessionnelle, l’Eglise devrait sauvegarder certaines valeurs, qu’elle a souvent négligées et qui sont déjà contenues dans le schéma 13 et la constitution sur la liberté religieuse.LA LIBERTÉ DE LA FOI La première de ces valeurs m’apparaît être la liberté de la foi.Le renouveau de la catéchèse nous a sensibilisés au caractère personnel et libre de la foi.Si elle doit être portée par une communauté, elle ne peut être imposée du dehors par une pression sociale plus ou moins subtile.Or, bien souvent ce caractère essentiellement libre de la foi m’apparaît contredit par la structure confessionnelle de l’école.« Que cela plaise ou non, écrit le père Lemaire dans le dernier numéro de Maintenant, il se trouve une bonne proportion de non-croyants dans la plupart de nos écoles secondaires et collégiales ;.A de rares exceptions près, ces non-croyants continuent de se terrer dans l’anonymat, de se plier en silence à toutes les requêtes de la religion à l’école, de ronger leur frein et de sécréter un ressentiment hargneux contre les parents et les éducateurs.Cette triste comédie devrait cesser immédiatement ».En lisant ou écoutant les savantes discussions qui ont cours présentement sur ce sujet de l’école confessionnelle, on a souvent l’impression qu’on respecte bien peu ceux qui pourtant sont les premiers concernés : les jeunes.ou mieux, qu’on parle du jeune comme d’une abstraction.C’est un peu comme s’il appartenait entièrement à sa famille et qu’en conséquence celle-ci pouvait lui donner de gré ou de force sa religion.Quand donc les familles découvriront-elles la liberté de l’enfant ?Quand donc l’Eglise considérera-t-elle la jeunesse non pas comme une clientèle à garder à tout prix, mais comme une nouvelle terre de mission émergeant avec chaque génération et sur laquelle elle n’a aucun droit, si ce n’est celui de lui proposer Jésus-Christ, lui laissant le temps et la possibilité de croire ou non, ou encore de suspendre pour un temps sa réponse ?L’Eglise n’a pas reçu une mission d’efficacité à tout prix, s’appuyant sur la pression du milieu et la domination : sa mission est de prêcher en invitant à la foi.PRÉSENCE DU MONDE À L'ÉCOLE Une deuxième valeur me semble devoir être sauvegardée dans la définition de l’école confessionnelle : celle d’une présence authentique du monde à l’in- 79 térieur de l’école.Pour que l’Eglise soit présente au monde, ne faut-il pas que le monde soit là, très présent à ses préoccupations et à sa vie ?Le risque de toute institution chrétienne, de l’école y comprise, est de se constituer en ghetto et de rester en dehors du monde et de ses valeurs.Nos écoles ont tendance à protéger le jeune contre les personnes et les idées susceptibles de le faire dévier de la foi et de la morale catholique.Cette attitude est ambivalente.Sans doute, doit-on épargner aux jeunes les confrontations trop rapides ou trop fortes avec des réalités auxquelles il n’est pas prêt à faire face.Mais de telles précautions comportent aussi des périls.Les maisons d’éducation risquent d’être des serres-chaudes qui préparent mal aux confrontations.Le jeune, ainsi trop protégé, est tenté de se recroqueviller dans la peur des réalités qui menacent sa foi ou encore de rejeter son éducation chrétienne parce qu’elle lui apparaîtra inconciliable avec le monde réel.AUTONOMIE DE LA PASTORALE La troisième valeur qui me semble devoir être sauvegardée dans la définition d’une école confessionnelle est l’autonomie de la pastorale.L’école confessionnelle, telle qu’elle est connue maintenant, vit sur un malentendu qu’il faudra bien dissiper un jour : qui est responsable de la formation chrétienne des élèves ?Le principal ou l’aumônier, la paroisse ou la commission scolaire, l’Eglise ou le ministère ?Actuellement, on donne au principal, qu’il soit clerc ou laïc, des droits sur la pastorale.Il doit, dit-on souvent, assurer un certain climat chrétien de l’école et est responsable de la formation globale de l’enfant y compris de sa formation chrétienne.Je vois, à ce rôle du principal, deux inconvénients : Ne risque-t-il pas de vouloir imposer, par les moyens de la discipline, des attitudes religieuses et un climat qui ne peuvent s’obtenir que par la pastorale ?D’autre part, dans un tel contexte, quelle est la liberté de l’aumônier qui est le représentant de l’évêque et qui — avec une équipe de pastorale — devrait normalement être le premier responsable de la pastorale dans l’école ?DU CHEVAUCHEMENT AU PARTAGE DES TÂCHES Est-ce que dans ce domaine, l’Eglise, profitant de sa force de pression, n’oblige pas l’Etat, ses représentants et ses organismes à faire une partie de son travail pastoral ?D’autre part, est-ce que l’Etat ne sacrifie pas à l’Eglise une partie de sa responsabilité en acceptant l’ingérence de l’Eglise dans le choix des professeurs et du matériel scolaire ?L’Etat n’em-pêche-t-il pas ainsi le monde scolaire de découvrir ses propres normes d’authenticité et de liberté ?Ce concordat à tous les niveaux du système, entre la hiérarchie et le ministère, entre la commission scolaire et le diocèse, entre l’aumônier et le directeur, qui risque d’être le cas à l’avenir, me semble être une situation qui ne respecte ni l’autonomie du scolaire, ni la liberté nécessaire de l’Eglise.La communauté scolaire ne recoupant pas en fait la communauté de foi, il devrait y avoir normalement partage des tâches dans la collaboration.Le directeur devrait être responsable de la communauté scolaire et au plan scolaire, tandis que l’aumônier devrait être responsable de la communauté de foi et au plan de la pastorale.Pour ma part, je crois que l’Eglise a avantage à la longue à respecter l’autonomie du scolaire d’une part, et à rester libre d’autre part.Sans doute a-t-elle la mission d’assurer à ses fidèles une formation chrétienne qui intègre toutes les valeurs de la culture, mais elle obtiendra ce résultat non par des structures confessionnelles, mais par une catéchèse renouvelée qui sera d’autant plus vivante et plus attentive à la vie qu’elle ne pourra s’appuyer sur aucune pression et que l’Eglise pourra s’y consacrer entièrement.La formule devrait être : une Eglise libre dans une école autonome.UNE ÉGLISE LIBRE DANS UNE ÉCOLE AUTONOME Je me permets, en conclusion, de tirer quelques conséquences de ces principes : 1.— L’Eglise devrait reconnaître l’autonomie du scolaire.Comme institution, elle n’a pas à le gérer, ni à l’influencer clandestinement, mais à le respecter et à le pousser franchement à trouver ses propres lois d’authenticité et de liberté.2.— De plus, elle doit rapatrier sa pastorale, qu’elle a partiellement abandonnée au ministère de l’Education, aux commissions scolaires et aux directeurs d’école.Reconnaissant que la communauté scolaire n’est plus coextensive à la communauté de foi, elle ne peut plus considérer les structures scolaires officielles comme des structures d’Eglise.Elle doit se définir à l’intérieur de ces structures et par rapport à cette communauté de foi : une Eglise libre dans une école autonome.3.—- Dans un cadre scolaire neutre, mais d’une neutralité ouverte sur les possibilités d’une pastorale (catholique, protestante ou juive), l’Eglise a à se définir une pastorale qui, sans aucune pression, offre à ceux qui le veulent le service de l’Evangile, tout en respectant la liberté des non-croyants ou de ceux qui partagent une autre foi.Elle devrait le faire sans utiliser ni mesure disciplinaire, ni contrôle scolaire, mais en s’appuyant sur la prédication et sur le témoignage des croyants.4.— Dernière conclusion : Actuelle- ment, on veut diviser notre système scolaire en secteur neutre et secteur confessionnel.Il me semble que si l’autonomie et la neutralité possibles du scolaire étaient acceptées et respectées, cette division ne s’imposerait pas et ce serait à l’avantage des deux partis.4 NOUVEAUX ÉVÊQUES Dans une allocution qui a été fort peu remarquée, puisqu’elle coïncidait presque avec les grandes cérémonies de clôture du concile, le pape Paul VI, s’adressant aux évêques d’Italie, les a longuement entretenus du nouveau style d’autorité épiscopale qui devrait marquer l’époque post-conciliaire.« Autrefois, a dit le pape, surtout quand l’autorité pastorale était associée à l’autorité temporelle (la crosse et l’épée, qui ne s’en souvient ?), les signes de l’évêque étaient ceux de la supériorité, de l’extériorité, de l’honneur et parfois du privilège, du pouvoir et de la somptuosité.« Et, en ces temps-là, de tels signes ne provoquaient pas de scandales, au contraire, le peuple aimait admirer son évêque orné de grandeur, de puissance, de faste et de majesté.« Mais aujourd’hui, il n’en est pas ainsi et il ne peut pas en être ainsi.Le peuple, loin d’admirer, s’étonne et se scandalise si l’évêque apparaît décoré de signes distinctifs excessifs et anachroniques de sa dignité, et il fait appel à l’Evangile ». FAUT-IL MAINTENIR L’ÉCOLE CONFESSIONNELLE ?JACQUES TREMBLAY Les débats sur l’école ont ordinairement la vertu de passer à côté des vrais problèmes et de tout embrouiller.On ne discute pas de l’école.On parle de l’école confessionnelle, de l’école neutre, de l’école traditionnelle, de l’école active, de l’école passive, de l’école nouvelle.Il y a toujours un qualificatif qui est braqué là à la façon d’une arme offensive et auquel on s’arrête en oubliant le substantif.Le qualificatif est plein de sentiments, et de passions ; le substantif désigne une réalité prosaïque qui, au surplus, dévore beaucoup d’argent.Il faut quand même en venir à construire l’école, et tous les débats, tous les rapports volumineux que nous produisons pour qualifier l’école ne sont que des sursis que nous nous donnons.Avec plus ou moins de retard, il faut un jour affronter les choses nommées par les substantifs.L'ÉCOLE, QU'EST-CE QUE C'EST?« Faut-il maintenir l’école confessionnelle ?» Si nous connaissions nos vrais problèmes, si nous aimions moins les guerres verbales, nous dirions seulement : « Faut-il maintenir l’école ?» On peut répondre non : la télévision, les machines à enseigner, le réseau moderne des communications permettent d’imaginer des systèmes d’éducation sans école.Mais je pense qu’il faudra maintenir l’école, ne serait-ce que pour décharger les parents de la surveillance de leurs enfants quelques heures par jour.Cependant, ce n’est pas assez dire.Il ne s’agit pas seulement de maintenir, il faut construire, et nous ne savons pas au juste quoi construire.Nous ne le sa- JACQUES TREMBLAY : Professeur de philosophie à la commission scolaire régionale de Chambly.vons pas, et personne ne le sait avec certitude.« L’Amérique est en train de construire à coup de milliards l’école d’hier », lisait-on l’an dernier en conclusion d’une étude sur l’automatisation.Disons d’abord qu’à partir de maintenant, il n’y a pas d’autre école qui compte que l’école publique, parce que la société a besoin que tous les citoyens passent par l’école, et non seulement quelques privilégiés.L’école publique s’est organisée à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, pour répondre à des besoins plus ou moins reconnus pour ce qu’ils étaient.L’industrie avait besoin d’ouvriers qui savaient lire, le pouvoir politique avait besoin de payeurs de taxes qui savaient lire.Au début, chose mal définie dans un monde en profonde transformation, l’école publique fut le lieu privilégié des guerres religieuses et civiles : elle fut d’abord vue comme un instrument que chaque faction de la société voulait mettre à son service.Pendant un temps, elle fut l’instrument par excellence de la propagande, de l’endoctrinement ou, selon le mot de Péguy, de l’exercice du « pouvoir temporel sur les esprits ».La question de l’école confessionnelle ?C’est une survivance de ces ambiguïtés passées.Certes, ces ambiguïtés ont quelque chose de grand et de noble : elles viennent de la vie elle-même.Les choses humaines naissent dans l’ambiguïté, mais c’est l’honneur de l’homme et de son histoire d’y mettre de l’ordre et de la lumière.UN FACTEUR D'ÉDUCATION PARMI BIEN D'AUTRES Ces ambiguïtés sont dépassées, au moins pour qui veut regarder les choses en face.Dans les sociétés nombreuses, pluralistes, industrialisées et en train de s’automatiser, l’école publique n’est plus le lieu de toutes les guerres idéologiques, elle a au contraire une fonction propre qui la définit.Je dis bien : l’école a une fonction propre.Elle n’a pas toutes les fonctions.Et si l’on veut désigner cette fonction par UN mot, on ne peut pas dire « éducation », parce que ce mot est trop global, mais seulement « enseignement » ou « instruction ».L’école prend 20 ou 30 heures par semaine, 30 semaines par année.Le reste est occupé par la famille, les copains, le yé-yé, les centres de loisirs, les lieux divers de rencontre, le cinéma, la télévision, les magazines, les journaux.L’éducation est une résultante, et l’école n’en est qu’un facteur parmi bien d’autres.Et parmi ces autres facteurs, il y a les parents, je pense (ou, en tout cas, j’espère).Les films, les magazines, les journaux, les livres (quand il y en a), les programmes de télévision, les lieux de rencontre et les copains ne sont pas imposés par l’école : ils sont choisis par les parents ou laissés au hasard.Les enfants viennent à l’école avec en tête des images qu’ils ont ramassées partout, avec des attitudes qu’ils ont acquises ailleurs.Si ces images et ces attitudes sont chrétiennes, l’école est un millieu chrétien ; sinon, l’école n’est pas un milieu chrétien.La fonction propre de l’école n’y est pour rien ; le qualificatif que l’on ajoute au mot école, pour se donner bonne conscience, n’y est pour rien ; et n’y sont pour rien non plus les concordats entre l’Eglise et l’Etat, concordats qui permettent seulement à l’Eglise de monnayer son capital spirituel, et au gouvernement d’augmenter son capital électoral.Dans ces concordats, ce ne sont pas les « valeurs chrétiennes » qui sont en cause, c’est une question d’argent et d’influence, c’est une question de « pouvoir temporel sur les esprits ».QUELLE EST LA VRAIE TÂCHE DE L'ÉCOLE?La société moderne a remplacé les fonctions naturelles de l’homme par des fonctions artificielles et rationalisées.Organiser, c’est diviser, puis recomposer selon des règles faites par l’homme.L’enfant de la nature ne peut pas vivre dans la société moderne, et la société moderne ne peut pas fonctionner avec des enfants de la nature.Il est devenu nécessaire de transformer le fruit de la nature, de lui donner des facultés nouvelles pour qu’il puisse vivre dans un milieu artificiel.Naturellement la main de l’homme prend la nourriture prochaine.Mais, pour que la main fasse fonctionner les machines, il faut que la société transforme l’enfant de la nature.Telle est la fonction de l’école.Cette fonction, simple au début, est devenue infiniment complexe.Il y a une somme énorme de connaissance exactes à maîtriser.De plus, il faut qu’un nombre toujours plus grand de cerveaux soient capables des plus difficiles gymnastiques intellectuelles.L’école qui montre à lire ne suffit plus.Il faut une école qui forme des intelligences capables non seulement de rivaliser avec le cerveau électronique, mais encore de le construire et de le conduire, et de créer avec cela un monde humain.Or, pour accomplir cette tâche facile à décrire mais extrêmement complexe dans la réalité, l’école est mal équipée.Elle est prise de court.Alors même qu’elle est débordée par le nombre, elle doit s’inventer des qualités nouvelles.Pendant ce temps, la mouche bourdonne autour du coche, et ne voit pas combien le chemin est boueux, la pente raide et la charge lourde.Bien au contraire, la mouche demande que l’on mette, dans le chariot de l’école, les charges de toutes les autres institutions, — les charges de la famille, de la paroisse, de l’Eglise.LAISSONS À CHACUN SA CHARGE Si nous voulons nous occuper de l’école, aidons-la à accomplir sa tâche propre, — « son devoir d’état », comme on dit.Dans la mesure où l’école remplit sa tâche à elle, elle ne peut pas être « déchristianisante ».Au contraire, en accomplissant son devoir d’état, en entraînant les enfants, les jeunes hommes et les jeunes femmes dans cette tâche difficile de contribuer à construire un monde humain nouveau, l’école exige l’excellence, la responsabilité, le sérieux.A ce que je sache, cela n’est pas contraire aux « valeurs chrétiennes ».Dans cette perspective, on peut comprendre qu’une revue très sérieuse, une revue internationale de théologie, Concilium, puisse écrire, en parlant de l’école publique neutre : « Une grande modification est indéniablement intervenue, au cours des dernières dizaines d’années, dans la nature de l’instrument scolaire : il a perdu, si l’on se réfère, naturellement, à un tableau d’ensemble et non à chaque pays, cette caractérisation idéologique qui en faisait très souvent un instrument d’insertion doctrinale, parfois dans le but non dissimulé de christianiser ou, au contraire, avec une attitude nettement anti-chrétienne.• Cette épuration s’est faite moins en raison d’une résipiscence des gouvernements, des responsables de l’éducation ou des corps enseignants, que par un phénomène naturel de décantation et d’expulsion des contenus qui s’étaient arbitrairement insérés dans les structures scolaires, en violant la recherche de vérité et de liberté qui leur est propre.(.) (.) Dans de nombreux pays, l’école publique, ou tout au moins la majorité de ses secteurs (élémentaire, professionnel, technique et universitaire en particulier), permet aux familles chrétiennes de lui confier leurs enfants en toute tranquillité, sans aucun préjudice et parfois avec des avantages certains, pour leur formation religieuse et morale.Et cela se vérifie également lorsque le système scolaire, comme il est naturel dans les pays à structure démocratique et pluraliste, n’est ni strictement confessionnel ni attaché à la confession religieuse majoritaire ».{Concilium, no 4, 15 avril 1965, pp.168-169.) COLLOQUE ÉTRANGERS OU MAÎTRES CHEZ NOUS ?PARTICIPANTS : Claude Chapdeleine : économiste, R.I.N.Jean Gérin-Lajoie : Fédération des Travailleurs du Québec Michel Van Schendel : journaliste, spécialisé en économique Eric Kierans : ministre de la santé (a donné son accord de principe) ANIMATEUR : Fernand Seguin : animateur de « Sel de la semaine » Jeudi, le 24 mars Auditorium St-Albert-le-Grand 8 h.30 p.m.2715, Ch.Côte-Ste-Catherine 82 ASSURANCE-SANTÉ THOMAS-J.BOUDREAU ÉLÉMENTS D'UN RÉGIME DE SOINS On peut regrouper les éléments qui contribuent à définir un régime de soins et à lui conférer son identité propre, en cinq grandes catégories : 1 ) Le champ d’application, c’est-à-dire les personnes auxquelles le régime s’applique ; 2) La couverture, c’est-à-dire les soins inclus dans le régime ; 3 ) Le mode de financement ; 4) L’organisation et l’administration des services ; 5) Le statut des travailleurs professionnels.Comme notre propos ici est de dire un mot des aspects financiers d’un régime de soins, soit le coût et le financement, nous nous contenterons de faire quelques courtes remarques concernant les trois premiers éléments de la définition.En effet, le champ d’application et la couverture sont les deux principaux éléments quantitatifs qui déterminent le coût d’un régime donné ; le mode de financement constituant, pour sa part, le mécanisme utilisé en vue de défrayer ces coûts.CHAMP D'APPLICATION Il semble maintenant que l’on accepte généralement la nécessité d’établir dans le domaine de la santé, des régimes de soins qui soient universels.Ces régimes ne doivent pas être conçus isolément et s’insèrent dans le cadre d’une politique générale de sécurité sociale visant à favoriser le plein emploi, à améliorer et maintenir la santé de la population et à corriger les répartitions trop inégales de revenus.Ces objectifs sont interdépendants et nécessairement valables pour l’ensemble de la population.Ils sont atteints grâce à des moyens comme le reclassement et la réadaptation des travailleurs, l’assistance à la mobilité, les prestations en nature et en espèces, etc., moyens qui sont eux aussi interdépendants.THOMAS-J.BOUDREAU : Economiste, comité de recherches sur Tassurance-santé.En fait, les régimes européens d’assurance-maladie sont universels.Au Canada, trois régimes provinciaux sont présentement en vigueur.Le régime de la Saskatchewan est obligatoire et universel, ceux de l’Alberta et de la Colombie Britannique, qui sont facultatifs, s’appliquent respectivement à 85% et 90% de la population.Cette année, dans le cas de ces deux dernières provinces, on prévoit que les subventions accordées aux personnes à faible revenu pour le paiement des primes d’assurance-maladie seront augmentées en vue d’accroître la participation et de la rendre encore plus près de l’universalité.Au Québec, personne ne semble contester le bien-fondé d’un tel objectif.Aussi avons-nous cru logique, dans la suite de cet exposé, d’utiliser l’hypothèse de l’universalité du régime pour l’établissement des coûts et l’analyse des modes de financement.S’il arrivait au contraire que le régime établi au Québec ne soit pas universel, il faudrait évidemment effectuer, au niveau des coûts, les ajustements correspondants et songer à un mode de financement compatible avec ce caractère limité et peut-être facultatif du régime.COUVERTURE Les soins qui peuvent être inclus dans un régime sont nombreux et variés.Il y a évidemment les soins hospitaliers qui eux font déjà l’objet d’un régime particulier et universel.Il y a ensuite les soins médicaux, les soins et prothèses dentaires, les médicaments, les soins optiques et les lunettes, les soins infirmiers à domicile, les prothèses (autres que les prothèses dentaires et les lunettes) etc.Au surplus, la couverture envisagée pour chacune de ces catégories de soins peut être plus ou moins complète.Il n’est guère réaliste de songer que tous ces soins pourraient être inclus dans le régime dès le début de celui-ci, prévu pour 1967.Il est probable que l’on procédera plutôt par étapes.Le Comité de recherches sur l’assu-rance-santé a développé à cet égard un certain nombre de critères, visant à guider les décisions du gouvernement en ce qui a trait à l’urgence relative d’une action gouvernementale relativement à chacun de ces soins, et également en ce qui a trait à la forme que devrait revêtir cette intervention.Il ne semble pas faire de doute, à l’heure actuelle, que le régime à ses débuts comprendra au moins les soins médicaux, c’est-à-dire ceux qui sont dispensés par les médecins.Pour les autres soins il n’est guère possible à ce moment-ci de prévoir la date où ils seront inclus.De toute façon, il est possible d’estimer les coûts totaux de divers soins, dans l’hypothèse où ils seraient inclus dans un régime d’assurance-maladie.COÛTS Les soins médicaux et les médicaments sont, après les soins hospitaliers, les-deux éléments les plus coûteux d’un régime de soins.Le Comité de recherches sur l’assurance-santé a estimé que pour 1967, dans le cadre d’un régime de soins, le coût total des soins médicaux au Québec serait de $208 millions, soit $35.28 par habitant.Dans le cas des médicaments prescrits, les chiffres correspondants seraient $100 millions et $16.93.Par ailleurs, nous basant sur les donnés de la Commission Hall, nous pouvons estimer que pour le Québec, il en coûterait en 1968, $6.8 millions pour fournir les soins dentaires aux enfants de 5 et 6 ans, soit un coût par habitant de $1.13 par année.Toujours selon les estimés de la Commission Hall, la fourniture de lunettes aux enfants de moins de 18 ans et aux assistés sociaux coûterait en 1966 pour le Québec $8.2 millions, soit $1.42 par habitant, alors que les soins infirmiers à domicile et les autres prothèses coûteraient pour la même année, $7.1 millions, soit $1.23 par habitant.Sauf dans le cas de lunettes et des soins dentaires qui s’adressent à des chez Casavant mVVŸŸ LA JOIE DE VIVRE COMMENCE AVEC JETTE .parce qu'une installation de chauffage-plomberie réalisée par Jetté est une assurance de confort pour toute une vie! Jetté profite de 40 ans d’expérience dans le domaine du chauffage et de la plomberie .ou plutôt ce sont les clients qui en profitent.ualtté b tent en premier Casai) ant Crêtes m fini "Où l'intégrité, l'expérience, l'efficacité sont de traditionnellles qualités" 849-4107 360 est, rue Rachel Montréal LIMITÉE FACTEURS D’ORGUES DEPUIS PLUS DE 125 ANS S A I N T-H VAC I NT H E, QUÉBEC C.H.PERRAULT président et directeur général L.I.PHELPS chef harmoniste INSTITUT DE FORMATION PAR LE GROUPE SESSIONS DE SENSIBILISATION AUX RELATIONS HUMAINES (dynamique des groupes) L'Institut de Formation par le Groupe organise à l'Institut Coopératif Desjardins à Lévis, des sessions de formation intensive aux relations humaines, ouvertes à toutes les personnes que leurs -activités sociales ou professionnelles amènent à travailler avec des groupes.Une première formule, celle du séminaire de base, s'adresse à ceux qui s'inscrivent pour une première expérience.Le séminaire avancé, d'autre part, s'adresse à ceux qui ont déjà participé à un groupe de formation ou à un séminaire de base.Session de base: du 14 au 26 août Session avancée: du 24 juillet au 5 août Renseignements : 5599, Canterbury, RE 7-7991 Aline Fortin, L.Ps.Michèle Roussin, L.Ps.Yvan Tellier, Ph.D.Roger Tessier, L.Ps.Guy Le Beau, L.Ps.Robert Sévigny, M.A., L.Ps.'pédésuUtan de iZuédec deà.'Z{kùïh
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