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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1915-11, Collections de BAnQ.

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Son Excellence l’Honorable P.-E.Leblanc Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec.Ancien élève de l’Ecole normale Jacques-Cartier, ancien instituteur.Puis avocat, député, président de VAssemblée législative, et enfin représentant de Sa Majesté le Loi Georges V. 37e Année Québec, Novembre 1915 No 3 L’Enseignement Primaire Revue illustrée de l’Ëcole et de la Famille C.-J.MAGNAN Propriétaire et Rédacteur-en-chef PÉDAGOGIE LES ECOLES MATERNELLES But.—Instructions Pédagogiques.—Programmes Sommaire: -I- But.-II- Instructions pédagogiques: (a) Caractère des Écoles maternelles, (b) Méthodes et procédés à suivre à l’École maternelle.(c) L’institutrice maternelle: qualités professionnelles, (d) Organisation des classes et matériel scolaire.-III- Programme et Directions.Écoles Maternelles | I—But En vertu d^s règlements adoptés par le Comité catholique, le 11 mai 1915(1), et sanctionnés par le Lieutenant-Gouverneur en conseil, les commissions scolaires sont autorisées, si la chose leur semble nécessaire, à établir une ou deux écoles maternelles dans la municipalité confiée à leurs soins.Nous voulons donc, dans une série d’études, parler des écoles maternelles, conformément aux règlements ci-dessus indiqués (2).Nous développerons les différents points de ces règlements, nécessairement brefs.Ce développement rendra peut-être quelques services aux commissions scolaires et aux couvents désireux d’établir des écoles maternelles.Les écoles maternelles sont des établissements de première éducation; elles ont pour but de donner aux enfants des deux sexes de trois à six ans les soins que réclame leur développement physique, moral et intellectuel, comme ils le recevraient dans leur famille, d’une mère intelligente et tendre.L’école maternelle ne fait que préparer les enfants à recevoir avec fruit l’instruction primaire, mais elle ne doit pas être transformée en école (1) Voir L’Enseignemeni Primaire de juin 1915.(2) Ces règlements ont été publiés dans la nouvelle édition des Reglements du Comité catholique (1915). 130 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE primaire.^?Elle s’efforce surtout de faire acquérir aux enfants des habitudes de propreté, d’ordre, de politesse et d’obéissance; d’exciter en eux Vactivité spontanée) de leur inspirer l’amour du bien et l’horreur du mal; de les soumettre, en un mot, à toutes les influences bienfaisantes d’une éducation maternelle intelligemment comprise.Ce que se propose surtout l’école maternelle, c’est que les petits enfants dont les mères sont condamnées au travail de l’atelier ou dans l’impossibilité de remplir leur devoirs maternels, y grandissent et se développent dans la joie, dans la piété, comme ceux que les mères plus heureuses et exemptes des soucis de la vie entourent de soins et de tendresse.L’école maternelle n’est donc pas une école au sens ordinaire du mot; elle forme le passage de la famille à l’école; elle garde la douceur affectueuse et indulgente de la famille, en même temps qu’elle invite au travail et à la régularité de l’école.II—Instructions Pédagogiques (a)-Caractère des écoles maternelles L’école maternelle ne doit pas faire devancer aux petits enfants qui lui sont confiés l’âge de l’instruction intellectuelle, en leur faisant apprendre trop tôt la lecture, l’écriture ou le calcul; les institutrices des écoles maternelles sont surtout les gardiennes des enfants sous le rapport physique, et leurs premières directrices, avec les mères de famille, sous le rapport de l’éducation du cœur et de la volonté.Comme l’école maternelle n’est que le passage de la famille à l’école, on doit y maintenir les enfants sous une douce discipline, afin qu’ils passent la journée autour de leur maîtresse comme auprès d’une maman très aimée; on doit les y laisser jouer, en les guidant et en les surveillant, car tout enfant bien portant doit jouer: c’est la seule activité spontanée dont il soit capable.L’enfant qui ne joue pas ou que l’on empêche de jouer, cesse d’être enfant.L’école maternelle est comparable à un jardin—on la nomme dans certains pays jardins d’enfants—en ce qu’on y cultive l’enfant comme une fleur très délicate, une plante qui portera des fruits selon sa nature et selon les soins intelligents et pieux dont on l’aura entourée.En résumé l’école maternelle est un établissement d’éducation et non un établissement d’instruction.(b)-Méthode et Procédés à suivre à VEcole Maternelle L’École maternelle, comme il est dit plus haut,' a pour objet de préparer l’enfant à recevoir avec fruit l’instruction primaire.Pour atteindre son but, il faut qu’en toutes choses elle vise particulièrement le développement de l’activité spontanée et libre de l’enfant. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 181 La méthode intuitive, qui consiste, en pédagogie, à saisir les objets , par les sens, et principalement par la vue, est, à n'en pas douter, celle qui convient à la formation de la première enfance.Cette méthode doit être secondée d’une foule de procédés combinés pour procurer à la fois le silence, l’ordre et le mouvement.En effet, à l’école maternelle, il faut instruire • en amusant.Par exemple, montrer un oiseau, dire tout ce que cet oiseau fait ordinairement, parler de ses voyages d’hiver et d’été, de sa nourriture, de son attention pour ses petits, de la couleur de son plumage, de l’usage dont ce plumage est susceptible, soit comme ornement, soit comme objet de commer-ce.Apporter, un autre jour, une plante, une pierre, une machine, une pièce de monnaie; parler des caractères et des usages de chacune de ces choses d’une manière intelligible pour l’enfance: c’est évidemment un moyen assuré de faire pénétrer une foule d’idées dans de jeunes intelligences.Ces leçons de choses ont pour résultat d’apprendre aux enfants un grand nombre de mots avec les idées précieuses qui doivent s’y rattacher, tout en satisfaisant leur besoin d’activité.qui nire ;er- méd liant abfo niiiie et En effet, l’enfant n’est pas appelé à l’école maternelle pour y demeurer inerte pendant de longues heures, pour y recevoir passivement des leçons, pour y écouter machinalement des remontrances et des exhortations.Il doit se mouvoir, il doit agir sans cesse, non seulement en mettant en jeu ses membres et les forces de son corps, mais en exerçant les facultés de son esprit et en manifestant les sentiments de son cœur.C’est là Y activité.Ce qu’il fait à l’école maternelle ne doit pas être une imitation servile, une reproduction inconsciente de ce qu’il a vu faire; mais une création ou au moins une transformation née de ses propres recherches.Ce qu’il apprend ne doit pas provenir d’une appropriation intelligente du savoir d’autrui, d’une assimilation pénible de choses ou de paroles répétées à satiété; ce doit être une acquisition résultant de ses observations, de ses investigations, de ses petites expériences pratiques.C’est là l’activité spontanée.Les actes, les recherches, les jeux, les travaux de l’enfant ne doivent pas être l’exécution forcée d’un commandement raide, d’un ordre impérieux, d’une initiation sans réplique.Il faut, autant que possible, que tout cela soit pour lui chose désirée, demandée, voulue.C’est l’activité libre.Mais, comme tout ce qui vit dans l’enfant a besoin, pour grandir, d’une influence extérieure, c’est à l’institutrice maternelle de la procurer, ;prH en venant opportunément en aide à l’activité spontanée et libre.“Provoquer l’action, en faire naître l’occasion, en fournir l’exemple ou pelon l’application ; aider à saisir le but de la loi des exercices, en un mot en augmenter le charme et la valeur éducative”, tel est essentiellement son rôle. 132 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Elle ne Paccomplira point, si elle s’attache au mécanisme des méthodes, aux formes extérieures des procédés, à une pratique routinière des travaux et des occupations.C’est de l’esprit même du système d’éducation enfantine qu’elle doit se pénétrer; c’est à en varier les moyens que son intelligence doit s’appliquer, pour parvenir à éveiller l’esprit de l’enfant, à ouvrir son âme à toutes les impressions salutaires, à tous les nobles sentiments.Exciter avec mesure, diriger avec sagesse l’activité de son élève, tout en lui laissant spontanéité et liberté, tel est Part suprême de la véritable institutrice maternelle.Dans l’application des méthodes dites maternelles, le procédé le plus ingénieux est celui dit: idée centrale.Par ce procédé,on groupe autour d’une idée maîtresse toutes sortes de notions, d’expériences, de récits, d’exercices manuels; on maintien la mobile attention de l’enfant sur un même objet, ou plutôt sur les différents aspects d’un objet identique.Par ce procédé, on évite, d’une part, la monotonie en modifiant sans cesse la matière proposée aux enfants, et, d’autre part, on laisse une empreinte durable au fond de leur esprit en les impressionnant longtemps, non pas d’une manière continue, mais par répétition sans redites.Exemple: La leçon de choses du jour a pour sujet le lapin.(La leçon se donne devant une image assez grande, ou ce qui est mieux devant une cage renfermant l’animal lui-même).Ce jour-là, tous les exercices: dessin, historiettes, chants, etc., se rapporteront au lapin.S’agit-il d’une causerie sur la famille, il est question en première ligne du père, de la mère, des enfants, ensuite la famille aura une acception plus large, elle comprendra les ascendants et les collatéraux.La famille amènera des entretiens sur des personnes avec qui les enfants et les parents sont le plus en rapport : sur les habitants du quartier, de la ville, etc.Le mobilier de l’école conduit au mobilier de la maison paternelle, au mobilier pris dans un sens général, au mobilier spécial à tel établissement.Bref, par le procédé dit de l’Idée Centrale, l’institutrice de l’école maternelle part d’un point, d’une notion pour arriver à des combinaisons, à des groupements logiques.En résumé, la méthode propre des écoles maternelles est celle qui consiste à imiter le plus possible les procédés d’éducation d’une mère intelligente et dévouée.Cultiver toutes les facultés harmoniquement, et pour cela ne s’asservir à aucune des méthodes spéciales et artificielles qui se fondent sur un système exclusif, prendre librement dans toutes les méthodes ce qu’elles ont de plus approprié aux besoins de l’enfant: leçons de choses, causeries, chants, premiers essais de dessin, de lecture, de calcul, de récitation alternant avec les jeux et les exercices du corps, telle est la voie qu’il convient de suivre à l’école maternelle.—(à suivre) C.-J.Magnan L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 133 LA DISCIPLINE.—Suite.(Conférence donnée par Mgr F.-X.Ross, V.G., Principal de l’École normale de Rimouski, devant les élèves-maîtresses, À UNE SÉANCE DU CERCLE PÉDAGOGIQUE DE CETTE INSTITUTION) Donc, en premier lieu, il faut que l’enfant sache bien ce qu’on attend de lui.C’est pourtant simple et on l’oublie souvent.Cette remarque porte sur le règlement de la classe et aussi sur les ordres particuliers que l’institutrice doit donner.Le règlement et la distribution du temps doivent être bien expliqués, détaillés et mis par écrit sous les yeux des élèves.Dans des entretiens où les élèves sentiront que la maîtresse possède l’autorité, mais une autorité qui veut s’exercer avec l’intelligence et sous la direction du cœur, il est nécessaire que la maîtresse donne les raisons de la discipline et le pourquoi de cet ensemble de détails qui vont réglementer toutes ses actions.Il ne faut pas que les enfants soient sous l’impression que ces nombreuses prescriptions qui gênent la liberté de leurs mouvements, sont des règles arbitraires destinées à les contrarier.L’ordre, le silence, la rapidité et l’exactitude des mouvements, sont autant de choses pénibles pour eux; et l’on ne se soumet bien à des choses pénibles que si les voies en sont aplanies par l’intelligence et le cœur.Le cœur! Oui; et pour que la discipline soit vraiment éducative, il faut que l’enfant non seulement en voie les raisons, mais aussi qu’il l’aime.Il ne l’aimera que si vous lui en faites sentir les beautés, si vous lui en faites expérimenter la douceur.La douceur de la discipline!.N’est-ce pas que je puis dire cela devant vous, mes Enfants ?Quand la discipüne n’est pas un instrument avec lequel on comprime les âmes pour les étreindre, les étouffer, mais un moyen de les élever, de les orienter, de les diriger en les poussant vers une action bien comprise et bien appréciée, les âmes se dilatent, elles entreprennent librement et volontairement ce qu’on leur demande; on aime la discipline parce qu’on sent qu’elle nous porte plus haut et en avant; et les maîtres peuvent alors devenir les témoins d’une véritable émulation parmi leurs élèves, pour la perfection de la discipline.J’ai connu d’heureux éducateurs qui ont recueilli ces consolations sur leur route.Vous les rencontrerez aussi si, dans toute la manière dont vous appliquez la discipline, par votre fermeté mêlée de douceur et de bonté, par vos encouragements, par votre droiture, vous faites sentir à vos élèves que la raison et le cœur inspirent toute votre conduite.Il en va de même quand vous avez un ordre précis à donner dans l’école.“Avant de parler, tournez votre langue sept fois dans votre bouche” dit un proverbe.C’est surtout à ceux qui commandent que ce conseil est bon.Quand il s’agit de donner un ordre, de demander un effort, un acte d’obéissance qui va exiger des sacrifices à la nature, on n’y va pas 134 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE à la, légère, et on ne reste pas dans le vague.Il faut d’abord bien savoir soi-même ce que l’on veut, et formuler son ordre d’une manière précisent claire, de manière à ne pas laisser d’échappatoires aux insubordonnés.Un bon moyen de s’assurer que les enfants ont bien compris, est de leur faire répéter l’ordre.C’est à peu près l’unique moyen.A ce sujet, j’ai deux remarques importantes à vous faire.lPremière-ment, ne donnez que des ordres raisonnables et nécessaires.Agir autrement, c’est agir par caprice et se montrer arbitraire, c’est s’exposer à la nécessité de rentrer ses ordres ou de les laisser sans exécution, ou encore de prendre des faux-fuyants pour se couvrir, ce qui serait directement apprendre aux enfants à mentir pour se tirer d’un mauvais pas; dans tous les cas, ce serait ruiner son autorité auprès de ses inférieurs.Donner un ordre poulie plaisir de se faire obéir, en presser l’exécution pour la vaine satisfaction de se dire qu’on a gagné son point, c’est se rapetisser, s’abaisser aux yeux de Dieu et des hommes, se rendre méprisable.Vous ne sauriez concevoir, Mesdemoiselles, l’impression désastreuse produite chez certains enfants qui ont l’esprit ouvert et le caractère fier, quand ils soupçonnent le maître de commander sans raison.Quelle méfiance, quel dégoût s’insinuent petit à petit dans l’âme d’un inférieur quand il constate que le manteau divin de l’autorité couvre un despote qui s’en enveloppe pour satisfaire un répugnant besoin de domination! Deuxièmement, je veux vous recommander d’être droites avec vos enfants; n’usez pas de déguisements, de duplicité; soyez franches et sincères dans les ordres que vous leur donnez, comme dans les motifs que vous apportez pour les amener à l’obéissance, aussi bien que dans toute votre conduite vis-à-vis d’eux.La duplicité, la fourberie sont des bouchers cherchés par les faibles, et l’autorité est une force qui n’a pas besoin de ces protections vermoulues; au regard ingénu de l’enfant, elles cacheraient mal l’être méprisable qui s’y abrite.Quelle déception pour une âme simple de découvrir un jour que la personne à qui elle donnait sa confiance et à qui elle prêtait instinctivement toutes les grandeurs morales, est un menteur et un hypocrite I Agissez donc toujours avec raison, avec cœur, avec une grande droiture de conscience auprès de vos élèves.Je vous ai dit de profiter de certains entretiens familiers pour leur faire saisir les raisons élevées de cet ensemble de prescriptions qui gênent leur liberté.J’ajouterai même que vous devez leur faire voir le bien-fondé de votre ordre chaque fois qu’un commandement nouveau leur impose quelque chose de pénible.Certaines raisons sont parfois trop élevées pour atteindre l’intelligence des petits; mais, Mesdemoiselles, il reste toujours celles du cœur, et celles-là, les femmes n’en manquent jamais.“Je n’ai pas de compte à vous rendre; c’est moi qui suis le maître!” voilà des formules infaillibles pour produire des révoltés et former des despotes.Pourquoi laisser croire aux petites âmes ignorante» de la vie, que dans l’autorité la force brutale tient lieu de raison et de ooMir. 135 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Au reste, mes Enfants, quand on a acquis par expérience, la conviction que quelqu’un commande toujours avec une raison inspirée par le cœur, on ne marchande guère son obéissance et on reçoit facilement un ordre sans en scruter le pourquoi.L’enfant saisit par le cœur plus que par l’intelligence, et c’est de lui surtout que l’on peut dire: “Le cœur a des raisons que la raison ne comprend pas”.Mesdemoiselles, avant de terminer le commentaire de cette première règle, je vais au-devant d’une objection pour me permettre de compléter ma pensée et d’élucider mon sujet, qui n’est pas de médiocre importance.“Donner aux enfants la raison de notre conduite, dira-t-on, c’est amoindrir l’autorité qui est une force non une persuasion, c’est se placer sur un pied d’égalité avec ses subordonnés, les provoquer à discuter l’à-propos de nos ordres et s’exposer à une lutte périlleuse.” Entendons-nous bien.Donner en quelques mots les raisons solides d’une ligne de conduite, ce n’est pas discuter les ordres.Gardez-vous bien de jamais discuter avec un enfant, de marchander avec lui, de tergiverser pour finir par une scène d’impatience, la plupart du temps doublée d’une fâcheuse reculade.Il faut de la fermeté et de l’autorité toujours.Mais prenons garde d’opposer “autorité” à “raison” et “fermeté” à “bonté”.Ces choses-là s’allient très bien pour se compléter.Quand l’enfant est assez développé, qu’est-ce qui vous autorise à déclarer qu’il ne doit pas être conduit par l’intelligence et le cœur ?Y a-t-il un temps dans l’éducation où l’on soit dispensé de développer ces deux facultés maîtresses ?A quoi visez-vous en éducation, sinon à habituer l’enfant à se conduire par lui-même quand il ne sera plus en tutelle ?Or, comment devra-t-il se conduire alors, sinon par la raison et conformément aux bons sentiments de son cœur ?Pourquoi alors ne pas l’initier à cette règle de conduite ?“Donner les raisons de son commandement, c’est amoindrir l’autorité!” Je ne relèverais pas cette singulière affirmation si je ne l’avais recueillie sur les lèvres d’un homme qui, après tout, n’est pas un sot, mais simplement un autoritaire.Charmante théorie en éducation! Voyez-vous comme elle amoindrit son autorité cette institutrice qui va dire à son élève: “Reprenez ce devoir-là, mon enfant; vous l’avez fait négligemment et je sais que vous êtes capable de le faire beaucoup mieux.On n’est jamais un homme quand on fait les choses pour s’en débarrasser, et le bon Dieu n’aime pas les négligents”.Il me semble que ce sont là de bonnes raisons; et en quoi l’autorité de la maîtresse peut-elle en souffrir?Un autoritaire aurait dit: “Tu vas reprendre ce devoir-là; ce n’est pas comme cela que je te l’ai demandé; la prochaine fois que cela t’arrivera, tu goûteras à la férule”.Pensez-vous que ce commandement grandisse l’autorité de son auteur ?L’autorité est une force! Oui, certes, une grande force, mais une force morale, non une force brutale.En éducation cette force s’appuie sur la rais#» et le cœur plutôt que sur le bâton.La fermeté paternelle lui sied mieux que les fanfaronnades de capitaine Fracasse.L’Église croit-elle perétre île son prestige et amoindrir son autorité quand elle oblige les pas- 136 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE leurs des âmes à étayer sa morale sur le dogme, c’est-à-dire à donner les raisons théologiques et autres qui établissent le bien-fondé des prescriptions catholiques ?On ne peut être plus sage que cette grande éducatrice.Ce n’est pas à dire que j’entends exclure complètement la férule de l’éducation.C’est une nécessité exceptionnelle à laquelle il faut malheureusement recourir parfois, quand les moyens moraux ne suffisent pas.J’y reviendrai en son lieu, et nous verrons qu’alors même elle doit aider l’œuvre de la raison et du cœur, suppléer à ce qui lui manque mais jamais s’y substituer.En attendant, restons sur ce mot: que votre élève sache bien ce que vous attendez de lui; qu’il soit convaincu de F à-propos de votre commandement et qu’il sente le cœur dans la main ferme qui le dirige; éclairez, ne discutez pas; conduisez avec bonté, ne tergiversez pas.Et de grâce, Mesdemoiselles, en classe comme plus tard quand vous aurez un foyer, pas de ces gronderies incessantes, de ces “disputes” continuelles, pour parler canadien, capables de rendre les enfants enragés ou fous, l’école ou le foyer insupportable.La prochaine comérence expliquera la deuxième règle, pour faire voir comment on peut prévenir les manquements à la discipline.L’Allemagne et TEgiise catholique “L’Autriche est catholique; l’Allemagne respectueuse du Souverain Pontife, est profondément religieuse, favorable aux nombreux catholiques qu’elle renferme et disposée à défendre partout les intérêts de la Papauté.” Voilà la thèse, les prétentions, le chloroforme dont on veut endormir les consciences candides.Les églises sont violées, brûlées, rasées avec un acharnement sectaire; les prêtres massacrés ou malmenés, les sacrilèges multipliés à plaisir.Ce sont les faits, les fruits de l’arbre, les réalités douloureuses.Si l’on en veut la démonstration, qu’on lise le tableau des atrocités relevées, sur témoignages authentiques, par M.Auguste Mélot, député de Namur, dans Le Martyre du Clergé Belge, et par Raoul Narsy dans Le Supplice de Louvain.Et pour la France, où le tableau d’horreur eût été le même sans la victoire de la Marne, il n’y a qu’à rappeler les sataniques destructions de Reims, de Soissons, d’Arras, de N.-D.-de-Bré- bières, etc.,.Sur la ruine voulue et prédite de la Cathédrale de Reims, “âme” et berceau de la France chrétienne, rageusement souhaitée par le mystique Gôrres, nous avons, en attendant le livre définitif de M.l’abbé Landrieux, archiprêtre de Notre-Dame, l’opuscule de Vindex; La Basilique dévastée, la description saisissante de Émile Mâle, le vibrant discours du P.Sertillanges: La Justice Vengeresse.Des enquêtes locales qui, pour le diocèse de Châlons sont en cours, conduites avec méthode, nous ont valu pour celui de St-Dié le vivant ouvrage de M.Colin: Les Barbares à la Trouée des Fosses; nous apprendrons, au fur et à mesure delà libération du territoire, les avanies et les tortures infligées aux prêtres.Le Martyre du Clergé Français, tel qu’il a été raconté jusque ici, ne comprend guère que le récit trop éloquent de plusieurs meurtres odieux, sans parler de la déportation infligée à de nombreux curés encore en Allemagne et des sacrilèges commis par les hordes des nouveaux Vandales. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 137 Cette série de faits horribles, bien qu’imparfaitement connus, et surtout la provocation à de nouveaux meurtres émanée du singulier représentant du Centre allemand Erzberger, ont arraché au courageux Luxembourgeois, M.Émile Prûm, un sursaut de révolte contre le Germanisme dont il avait jadis été partisan.On constate dans sa lettre ouverte—expression de son dégoût d’une doctrine aussi antichrétienne—le danger dont le Pangermanisme menace les convictions catholiques.Comment ne pas comprendre mieux encore par l’étude doctrinale du Chanoine Gaudeau, au titre suggestif, combien il est tristement vrai que le “danger pour l’Eglise est en Allemagne” ?Là, en effet, le gouvernement veille “soigneusement à faire cadrer un semblant dérisoire de protection des catholiques avec les idées et institutions protestantes (lisez ultrarationalistes) dont l’État s’estime avant tout le gardien et le tuteur”.De cette tutelle morbide l’intérêt de l’Église catholique est de s’affranchir et rien ne l’en sauvera que la victoire définitive des Alliés, sur ce Kaiser “évangélique” qui, pour triompher, s’allie aux Turcs, proclame la Guerre Sainte, et s’allierait au besoin à Satan.Alfred Baudrillart, Vicaire général de Paris, La grammaire à l’école primaire “Je ne comprends rien dans cette grammaire: il faut lire tout un texte avant de trouver la règle à apprendre.” disent d'une grammaire qui enseigne les règles parles exemples, certains titulaires de nos écoles primaires.Évidemment, la routine règne en souveraine dans l’enseignement de tels éducateurs.Ils ne veulent pas se donner la peine de comprendre, ou plutôt ils pensent plus à l'enseignement qu’ils ont reçu étant jeunes, qu'à celui qu’ils doivent donner, maintenant qu'ils sont censés avoir reçu une formation pédagogique et qu’ils sont chargés de développer des êtres doués d'intelligence.Ils oublient de se demander s’ils ne l’auraient pas apprise plus rapidement et surtout plus intelligemment, si on leur avait enseigné la grammaire suivant les procédés les plus conformes à la psychologie de l’enfant.Tout instituteur, toute institutrice pénétrée de l'importance de sa tâche doit chercher les moyens les plus propres à développer l'esprit d'observation et le jugement des enfants qu’on lui a confiés.Celui qui dit à ses élèves: “Apprenez cette règle et faites en l’application dans l’exercice qui suit” abandonne au livre le soin de professer à sa place.Un tel enseignement est froid, sans vie, sans intérêt et sans profit pour les jeunes enfants.Il faut rendre l’enseignement de la grammaire éducatif et intéressant pour qu’il soit profitable aux enfants.La grammaire et l’orthographe ne doivent pas s’enseigner pour elles-memes, mais comme accessoires de la langue, comme moyens de développer chez l'enfant la faculté de penser et d’exprimer sa pensée.C est ce que nous tacherons de démontrer dans une série d’articles dont ce journal commencera la publication à la prochaine livraison.Nérée Tremblay . L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 13$ T Pedagogic organization of schools (School Regulation of the Catholic Committee) (1) XI.The oral lesson.—The text-book is useful in primary teaching, but it is only a guide, a help.Direct teaching, or in other words, the oral lesson takes the first and most important place.The teacher’s voice, his explanations, his questions—these are the principal elements of success.It is by speech, correct, animated, living speech that the teacher influences his pupils, that he awakens and holds their attention, that he forms them to habits of observation, and that he develops in them the faculty of reasoning.These results, the only practical, lasting and valuable ones, from an educational point of view, are not obtained without good judgment and great labor.To produce all possible fruit the oral lesson requires, in the first place, careful preparation.This preparation from which no teacher has a right to consider himself exempted, should bear on three points.Firstly, choose the subject of the lesson as determined by the Course of Study and the time-table; exactly define its extent and degree, in keeping with the intellectual capacity of the child; classify its principal parts with the accompanying facts, so that in its presentation there be nothing vague, unfinished, or badly defined.Secondly, select, in advance, the method to be followed, the devices to be employed, the best means to awaken interest, the explanations to be given, the nature and order of the question to be asked, the exercises to be done by the pupils and the tasks to be imposed on them.This second part is the most delicate and difficult.It varies with the pupils’ knowledge, their character, and their aptitudes; it varies also, according as the lesson is intended for a single class or for several of unequal degrees of knowledge.Finally, have at hand all those things which are to be used during the lesson: marbles, blocks, kindergarten sticks, maps, sketches, geometric figures, writing or drawing models, specimens for object or for science lessons, etc., etc.It is not sufficient, however, that the lesson be well prepared, it must also be well given.As a general rule, every lesson comprises a thorough but rapid review of the preceding one.This is necessary that there may be unity, order, and sequence in the ideas of the pupils.After review, the natural order Is : the lesson of the day; the assigning of the part to be studied; and the explanation of the exercise to be done.J The lesson, both in matter and in expression, should be suited the intellectual development of the children.fl) See L’Enseignement Primaire, October 1915. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 139 In order to hold the attention of the youngest pupils, let the teacher give the lesson under the form of a conversation, during which he asks carefully chosen questions.Let him use the answers as a means of suggesting new ideas to the pupils, or of leading them to discover some principle or rule.While conversing, let the teacher write on the blackboard the principal elements studied during the lesson.The work on the blackboard will be very serviceable to the pupils as outlines to be remembered.At a later period, the teacher, while following substantially the same plan, should so lengthen and modify lessons that the pupils will be gradually impelled to greater and greater efforts.At a still later period, the pupil will be left more to his own resources.The teacher, while not abandonning the course just laid down, will accustom the pupil to descend from rules to examples.He will famiharize him with abstract ideas.He will inspire him with greater confidence in his own powers.He will still show him the road and will never fail to guide him, from time to time he will abandon him to his own devices.To use Montaigne’s words, he will make his pupil trot before him, if only to judge of his pace, and to give him the opportunity of exercising his activity.In giving an oral lesson, the teacher should avoid with care the defect of saying more than is necessary or useful.A lesson, to children, in which the teacher presents the subject under the form of a lecture, while his young audience remains passive, is a waste of time.In primary schools, oral teaching, properly understood, is a conversation between teacher and scholars.The former dees generally more of the talking than the latter.The teacher supphes needful information, encourages the pupils to speak without restraint, to state what they know, and to ask any questions they please—while he directs their thoughts and attention, puts frequent questions to them, and really guides the work all the time, in such a way, that the interest of every child is held till the appointed end is reached.Réflexions d’un instituteur Je n’ai pas réussi aujourd’hui comme je l’aurais désiré.J’hésite, je tâtemne; je sens bien que l’expérience me manque et la méthode encore plus.Quo faire pour obtenir ce talent indispensable ?H me semble que c’est en étudiant, en observant le caractère de mes élèves, leurs goûts, leurs penchants que je parviendrai peu à peu à découvrir, à deviner les moyens les plus naturels, les plus simples, ceux qui sont en rapport avec leur état et avec leurs dispositions et qui peuvent par conséquent le mieux hâter leurs progrès.Réflexion faite, au lieu de m’en prendre à mes élèves, comme je l’ai fait sottement ce matin, lorsque j’échoue auprès d’eux, au heu d’accuser leur 140 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE légèreté, leur étourderie, leur paresse, leur défaut de goût pour l’instruction^ je ne veux accuser que ma propre inexpérience du peu de succès de mes leçons.Dans des cas semblables, il m’est arrivé de cesser de les gronder, de les gourmander, et de m’impatienter contre eux.J’ai toujours reconnu alors que les choses n’en allaient pas mieux.Ce matin évidemment, j’ai terminé ma leçon sans que mes élèves eussent compris; il le fallait bien, je ne pouvais plus les tenir en place, tant ils étaient ennuyés.Mais pourquoi ne me comprenaient-ils pas?Je le vois bien maintenant ; c’est que je leur disais des choses au-dessus de leur portée, je m’avoue aussi que je n’avais pas su les intéresser, parce que je n’avais pas préparé ce que j’avais à dire, parce que j’étais ennuyé moi-même, maussade et que ma mauvaise humeur croissait, en proportion même de la leur et de leur' insuccès.Qu’il y a loin de cette morne leçon à l’entrain joyeux qui doit exister dans une classe! Cette pauvre aventure est pour moi comme une révélation.Il me semble que des écailles tombent de mes yeux.Maladroit! que fallait-il faire?Ceci: aussitôt que je me suis aperçu que mes élèves ne comprenaient pas, et ne m’écoutaient plus, au lieu de me fâcher contre eux et de les accabler de mots durs pour les ramener à l’attention, je devais revenir sur mes pas, recommencer mes explications, m’efforcer de les rendre plus claires, enfin, descendre à leur niveau.Je veux noter ici un exemple, afin d’en conserver le souvenir salutaire A propos du verbe, je m’étais mis en tête d’en faire comprendre le principe ( ?!) à mes élèves et en quelque sorte le sens philosophique!! Il est une foule de définitions et d’applications simples qui peuvent donner aux enfants une idée fort claire de ce maître mot, et qui suffisent parfaitement pour le leur faire reconnaître et appliquer dans le langage.Par exemple, le verbe est un mot qui exprime une action, un état, il indique ce qu’on fait, la manière dont on est) quand je dis je marche, ]’écris, etc., je nomme des verbes; toutes les actions que nous faisons, que nous voyons se produire sont nommées par des verbes, etc.Tout cela est clair, simple, à la portée des plus faibles intelligences et est toujours compris au premier mot.Je pouvais m’en tenir là.Point.J’étais en veine de pédantisme.Chapsal me vint en aide avec sa ronflante définition: Le verbe est un mot qui exprime Vaffirmation.Je trouvai cela savant et philosophique.Il fallait cependant expliquer ce mot affirmation! Je n’y parvins pas, car il manquait à mes pauvres auditeurs les idées premières qui auraient pu les conduire à celle-là.De malchance, le livre de Sylvestre de Sacy, la Grammaire générale, me revint à l’esprit, et je me mis à débiter gravement à mes petits élèves ce que les Grecs, les Latins, les Indous, la langue syriaque, le sanscrit, les Chinois et les Arabes pensaient du verbe!.Je n’allai cependant pas loin.Les enfants me regardaient d’un air ébahi; et je ne sais pas s’il n’y en avait pas plus d’un qui s’imaginait que j’avais bu un coup.Ceux-là ne se trompaient sans doute pas de beaucoup, car la L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 141 science mal dirigée n’est-elle pas une sorte d’ivresse ?Bref, je coupai bientôt court à cette ridicule situation de phrases creuses et je revins assez penaud à mes tableaux de lecture, où je me mis à faire lire les petits.Au moins, à ceux-ci, je ne pouvais avoir la tentation de leur parler du sanscrit!.Marg.-B.Ce qui importe ie plus chez l’institutrice pour réussir dans l’enseignement III—La Méthode (Savoir intéresser) (1) N’avez-vous jamais entendu, compagnes normaliennes, cette question faite par nos professeurs, lorsqu’il s’agit d’étudier un nouveau manuel: “Quelle méthode suit l’auteur ?”.C’est que, pour arriver à la science, il faut la méthode.Vous admettez, n’est-ce pas, qu’elle vous est très utile, et même nécessaire dans l’étude de vos matières quotidiennes; vous en empruntez chaque jour les conseils pour faciliter votre travail.Si vous faites usage de la méthode avec tant d’avantages pour votre propre étude, à plus forte raison sera-t-elle nécessaire dans une œuvre délicate et complexe entre toutes, où l’on est à deux de jeu, comme on dit; où toute fausse manœuvre ne cause pas seulement un mal actuel, mais complique la tâche ultérieure et compromet le succès final! Venez, Mademoiselle le Savoir, faire étalage de votre science dans nos écoles primaires; venez bourrer de petites intelligences de sept ans, de dix ans, de treize ans, si vous le voulez, de faits, de règles, de définitions.Que restera-t-il après un mois, une semaine, une journée même?Beaucoup de mots peut-être, mais pas d’idées le moins du monde, à mon avis.Et lors même que vous auriez réussi à faire acquérir de nombreuses connaissances à vos élèves, auriez-vous raison d’être satisfaite?L’acquisition des connaissances est-elle vraiment le but de l’école ?Pour ma part, me rangeant à l’opinion de Montaigne, je préfère une tête bien faite à une tête bien pleine; j’estime avec tous les éducateurs véritables que le but immédiat de l’école primaire n’est pas tant de faire acquérir le savoir que de procurer les moyens de l’acquérir.En d’autres mots, le but de l’école primaire est de développer les facultés de l’enfant, de lui apprendre à s’en servir, de les exercer afin qu’il puisse continuer seul, au sortir de l’école l’œuvre de son éducation.Or, je soutiens qu’il est impossible à l’institutrice de bien remplir son rôle sans posséder la méthode.—Qu’est-ce donc que la méthode dans l’enseignement?—C’est l’ensemble des moyens (formes, modes, procédés) que (1) Travail lu à la séance du 11 mars 1915, du Cercle Pédagogique de l’École normale de Nicole!., par Mlle Rachel Beauchemin. 142 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE le maître emploi, pour assurer la transmission des connaissances, fcowt en contribuant à la culture de l’esprit.Voici en quelques traits le résumé que donne de la méthode, un maître de la pédagogie contemporaine: “Écarter tous les devoirs qui faussent la direction de Venseignement, sous prétexte d’en élever le caractère: modèles d’écriture compliqués et bizarres,-textes de leçons démesurés, séries d’analyses et de conjugaisons écrites, définitions indigestes; ménager les préceptes et multiplier les exercices; ne jamais oublier que le meilleur pour l’enfant, c’est la parole du maître; n’user de sa mémoire, si souple, si sûre, que comme d’un point d’appui, et faire en sorte que l’enseignement pénètre jusqu’à son intelligence qui seule peut en conserver l’empreinte féconde; le conduire du simple au composé, du facile au difficile, de l’application au principe; Vamener par des questions bien enchaînées, à découvrir ce qu’on veut lui montrer; l’habituer à raisonner, faire qu’il trouve, qu’il voie; en un mot, tenir incessamment son raisonnement en mouvement, son intelügence en éveil; pour cela, ne rien laisser d’obscur qui mérite explication; pousser les démonstrations jusqu’à la figuration matérielle des choses, toutes les fois qu’il est possible; dans chaque matière, dégager des détails confus qui encombrent l’intelligence, les faits caractéristiques, les règles simples qui l’éclairent; aboutir en toutes choses à des applications judicieuses, utiles, morales.Or, mettons en regard ces procédés que nous donne la saine pédagogie et la petite intelligence de l’enfant encore dans le monde des choses sensibles, et nous serons forcés de conclure à la nécessité de ces procédés sans lesquels tout travail d’éducation est à peu près nul.En outre, toute institutrice doit savoir que l’emploi de cette méthode agissante pour ainsi dire, lui donne seule la possibilité de pénétrer jusqu’au cœur de l’enfant, et de travailler, non plus seulement à l’instruire, mais à élever : élever l’enfant, tâche grave que celle-à, où l’instruction a sa part, sans doute, mais où elle n’est pas tout et dont l’objet, attaché au caractère plus qu’au savoir, est de façonner dans l’enfant ce qui un jour sera l’homme; un cœur, une volonté.Donc exercice des sens par une intuition constante; exercice de l’intel-ügence par la pratique de l’observation, du jugement et du raisonnement; enfin exercice de la volonté par la large part qui est faite à l’effort personnel, tels sont les fruits naturels d’une bonne méthode.Mais cette triple culture des sens, de l’intelligence et de la volonté, n’est-elle pas encore une fois l’objet de la mission de l’institutrice, et par suite n’ai-je pas raison de dire que ce qui importe le plus dans l’enseignement, c’est la méthode.Et maintenant si la méthode joue un si grand rôle dans l’éducation, il va sans dire que s’en servir avec facilité demande un peu de travail et surtout une pratique constante.Mais l’institutrice reconnaîtra bientôt elle-même que les premières difficultés des habitudes à prendre une fois vaincues, tout ce qui rompt avec la routine, tout ce qui contribue à apporter dans une classe l’intérêt, l’éveil, la vie, allège en réalité le poids de l’enseigne- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 143 ment.Alléger le poids de renseignement, que dis-je ?L’institutrice trouve même dans l’enseignement ses plus grandes jouissances.L’artiste troure-t-il longues les heures qu’il dépense à fouiller ses bas-reliefs ou à retoucher sa toile ?Ainsi le pédagogue qui fait de son enseignement un art, passera ses plus beaux moments auprès de ses élèves.En artiste, il travaille ces petites intelligences et comme l’artiste il tressaille de joie en voyant ces éclairs de vrai et de beau qui jaillissent de son œuvre.Michel-Ange dira à son Moïse: “Parle donc!” Le pédagogue lui, plus fortuné, verra son chef-d’œuvre s’illuminer de la plus pure lumière et parler les plus belles paroles de la vérité.Travaillons donc à l’acquisition de la science, mes chères compagnes, car elle a son utilité, mais appliquons-nous à faire choix d’une voie sûre qui nous permette de mener à bon port les petites intelligences qui nous seront confiées et souvenons-nous toujours de la parole de Bacon: “Un boiteux dans le droit chemin, arrive avant un coureur qui s’égare”.A propos de la méthode à suivre pour enseigner l’anglais aux Canadiens français Dans son numéro de septembre dernier, u U Enseignement Primaire” a publié le rapport d’une conférence que j’ai eu l’honneur de donner à l’École normale Jacques-Cartier, à la demande de M.l’Inspecteur ecclésiastique des Écoles de Montréal, sur l’enseignement de l’anglais par la méthode naturelle.Monsieur le Secrétaire de l’Association des Instituteurs de Montréal, auteur de l’article en question, s’est départi pour une fois de sa sympathie pour les conférenciers et si je n’étais personnellement en cause, je dirais, comme plusieurs de mes collègues présents à cette réunion, que son rapport est infidèle et manque visiblement de bienveillance.Quant à la méthode elle-même, je n’ai point l’intention de la défendre ici; tous les instituteurs de la Province savent qu’elle est recommandée d’une manière expresse pour toutes les années du cours d’études par les “Règlements du Comité catholique”.Mais puisque Monsieur le Directeur de U Enseignement Primaire m’autorise à m’expliquer, je crois bon de relever certaines assertions de Monsieur le Secrétaire.Il écrit: “Celui-ci (le conférencier) débute par l’exposé de sa méthode qui n’est pas nouvelle, quoiqu’il (sic) en dise”.S’il a raison de croire que la méthode n’est pas nouvelle, il a tort de me prêter l’affirmation contraire.Monsieur l’Inspecteur ecclésiastique a fait remarquer au début de la conférence que la méthode directe est depuis longtemps en usage dans certains pays et j’ai répété plusieurs fois qu’il n y avait rien de nouveau dans ce que j’avais à faire connaître à mes audi- 144 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE teurs.Dans la préface d’un manuel scolaire approuvé par le Comité catholique de l’enseignement de l’anglais, j’ai déjà eu l’occasion de recommander aux professeurs un ouvrage du même genre publié il y a plusieurs années par M.John Ahern.Si quelqu’un peut revendiquer l’honneur d’avoir introduit la méthode directe au Canada, c’est bisn ce distingué professeur si justement apprécié des lecteurs de VEnseignement Primaire.La méthode directe condamne la traduction, surtout durant les premières années d’enseignement, afin d’amener les élèves à penser immédiatement en anglais.Mais ce n’est pas aller contre ses principes que de traduire en français quelques expressions ou quelques mots nouveaux pour en préciser le sens.L’usage du français est permis accidentellement et non habituellement durant la leçon.Bien que le maître doive être le dictionnaire vivant dans sa classe, l’usage d’un dictionnaire tout anglais peut être recommandé pour les Cours Moyen et Supérieur.De plus lorsque les élèves ont acquis une connaissance suffisante de l’anglais par la méthode directe, il est bon de les exercer au thème et à la version, mais les élèves avancés seuls pourront se servir pour cela d’un dictionnaire français-anglais et anglais-français.La méthode de traduction n’a plus alors d’inconvénients sérieux, et peut être employée avec la méthode directe, mais celle-ci ne doit jamais être abandonnée, même au Cours Supérieur.Voilà exactement l’opinion que j’ai exposée: on peut la discuter, la combattre; mais on ne la résumera jamais loyalement par ces lignes du rapport: “Il (le conférencier) répudie absolument le dictionnaire et la traduction”.S’étant persuadé que le conférencier interdit absolument l’usage du français pour l’enseignement de l’anglais, Monsieur le Secrétaire a pu écrire: “Il converse avec les élèves qu’il a fait venir, à l’aide d’objets concrets et d’images; seulement, il est pris en flagrant délit; il est obligé de donner une foule d’explications en français, etc.” L’auteur du rapport à dû comprendre que bon nombre de ces explications s’adressaient à l’auditoire et non aux élèves; il ne fallait pas perdre de vue qu’il s’agissait d’une conférence pédagogique.Ét puis, je le répète, la méthode directe ne proscrit pas absolument l’usage de la langue maternelle, j’ai eu l’occasion, ce jour-là, de le dire à Monsieur le Secrétaire lui-même en répondant à ses remarques à ce sujet.Qu’il me permette de penser qu’il s’est rendu coupable d’un flagrant délit.d’oubli! Le rapport où s’accuse nettement jusqu’ici une opposition à la méthode directe se termine par cette phrase inattendue: “En résumé, tous les discutants sont d’accord.tous admettent les avantages de la méthode directe'’.On ne s’en doutait vraiment pas en lisant ce qui précède.La phrase continue, “.mais c’est une utopie de croire qu’une langue puisse s’apprendre sans le secours de la langue maternelle ou d’une langue connue”.Il s’agit précisément de savoir en quoi consiste le secours qu’on doit demander à la langue maternelle.Je me suis expliqué là-dessus, et je n’y reviendrai pas.Cependant je ferai remarquer à l’auteur du rapport msm | ' '¦¦¦Æi^w^ÿ-y' WSB ' m w.Je : (T oir Leçon d’anglais d’après la méthode naturelle, au Chapitre de la Méthodologie, présente livraison.) m Bibliothèque et Archives nationales Québec I 7^ I *7 L’Enseignement Primaire Page(s) blanche(s) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 14* qu’on peut, à la rigueur, apprendre une langue sans le secours d’une autre langue.De quelle langue se servirent nos premiers missi mnaires canadiens pour apprendre l’Iroquois?de quelle langue se servent nos mères canadiennes pour apprendre à leurs enfants à parler en français?Pourquoi les enfants qui jouent avec des compagnons anglais m qui fréquentent une classe où l’anglais est parlé exclusivement, réussissent-ils à comprendre et à parler cette langue au bout d’un temps relativement court, et cela sans thèmes, ni versions et sans dictionnaire ?Je termine en citant les “Règlements du Comité catholique”, édition 1915, p.116.Il s’agit précisément de l’enseignement au cours élémentaire.“Le programme, tout en laissant aux maîtres une suffisante liberté de choix des méthodes spéciales et des procédés, leur propose cependant ici, comme moyen général d’enseignement, la méthode dite naturelle, qui consiste à faire apprendre une langue sans l’intermédiaire d’une autre langue.” Après avoir indiqué la façon de procéder, l’auteur ajoute “ces moyens d’intuition sont d’autant plus nécessaires que le maître, si ce n’est excep-tionnellement, ne dit pas un mot en français durant la leçon de langue anglaise”.Je n’ai dit rien de plus ni de moins et je m’incline de nouveau devant cette direction autorisée donnée à tous les instituteurs et à toutes les institutrices de notre Province.Frère Henri Hygiène Nous attirons, d’une manière toute particulière, l’attention des commissaires d’écoles sur une question d’hygiène de la plus haute importance: le lavage des salles de classe.Nous savons que, dans un trop grand nombre d’arrondissements, on néglige déplorablement de se conformer à cette prescription de la loi qui oblige les autorités à faire laver la classe au moins une fois par mois.Nous sommes informé que, en certains endroits, on ne fait ce lavage qu’une fois dans le cours de l’année, et l’on nous affirme même, qu’il est des paroisses où l’on ne fait pas ce lavage du tout.Cette négligence est vraiment criminelle et l’on devrait punir les commissaires qui comprennent si peu leur devoir.La loi est explicite et impérative: “Les commissaires sont obligés de faire laver la classe au moins une fois par mois”.Quand les parents comprendront enfin que, par le fait de l’incurie et de iignorance de certains commissaires, la maison d’école où ils envoient leurs enfants est un local malpropre, un endroit dangereux à fréquenter, ils feront peut-être un choix plus judicieux des officiers à qui ils confient la 2 146 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tâche si honorable de prendre soin de la santé physique et morale de leurs enfants.Et, dans cette question que fait-on de la pauvre institutrice ?Il y a là, non seulement une affaire de convenance, mais aussi une question d’humanité.La maîtresse d’école n’est pas un paria, et nous regrettons d’avoir à écrire ici que, trop souvent, on s’acharne à rendre le plus pénible possible la tâche de cette institutrice dévouée et intelligente, et on lui refuse les égards commandés, non seulement par la justice la plus élémentaire, mais par la charité chrétienne.Nous attirons l’attention des inspecteurs d’écoles sur ce sujet.J.-G.Paradis, M.D.Une heure à l'exposition antialcoolique (1) Premièbe Section L’ALCOOL EST-IL UN ALIMENT?Valeur nutritive des aliments Les aliments doivent leurs propriétés nutritives à trois substances fondamentales: La substance azotée, qui sert principalement à constituer et à réparer les tissus de nos organes ; La substance grasse, qui est en quelque sorte brûlée dans notre organisme et qui entretient la température normale (98.6 degrés Farenh.); La substance minérale, qui favorise la digestion, la nutrition et qui fournit la partie solide de notre ossature (système osseux).Toutes ces substances sont nécessaires) mais la plus précieuse, celle qui sert à maintenir notre activité, notre vitalité, c’est la substance azotée.Tableau des quantités de substances azotées contenues dans 100 grammes des aliments ci-dessous: Fromage.32.5 Haricots.25.7 Viande de bœuf.19.5 Poisson.16.6 Œufs.12.3 Lard.9.3 Pain.14.3 Beurre.8.4 Eau-de-vie.0.0 Patates.1.8 Lait.4.4 Bière.0.4 Vin.0.1 L’alcool n’est donc pas un aliment.(D’après Dujardin-Beaumetz) .(1) Reproduit d’une très intéressante brochure publiée par les Clercs deSaint-Viateur, 2061 rue St-Dominique, Montréal. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 147 Quantité de Matière Nutritive Contenue dans 100 grammes d'aliments ou de boissons Chacune de ces colonnes figure par sa hauteur 100 grammes d’aliments ou de boissons.A la base on a teinté en noir une bande dont la hauteur représente la matière nutritive contenue dans l’aliment.Fromage de Gruyère 32.5 Grammes Viandes Cuites 26.0 Grammes Oeufs 12.3 Grammes Lait 4.5 Grammes Bière 0.4 Gramme Vin 0.1 Gramme Eau de Vie 0.0 Gramme 1 1 a ¦ ! Valeur Nutritive de la Bière Nous pouvons prouver avec une certitude mathématique, que la quantité de farine qu’on peut mettre sur la pointe d’un couteau, possède plus de valeur nutritive qu’un gallon de la meilleure bière.Une personne, consommant chaque jour un gallon de bière, a pris en une année exactement la valeur des matières nutritives contenues dans un pain de cinq livres, ou dans trois livres de viande.La bière renferme 0.4% de matières nutritives.La pain en contient plus de 14%.La différence est Colossale; ainsi la bière, loin d’être du pain liquide, trompe la faim sans l’assouvir, parce que son volume considérable remplit simplement l’estomac.Bon nombre de maladies de Y estomac n’ont d’autre origine que l’itsagre immodéré de la bière.Ajoutons que la bière rend somnolent, ne dispose pas au travail intellectuel, et qu’elle produit une ivresse souvent plus dangereuse que celle du vin.(D’après les Drs Lierig et Bienfait).—• Consommation de la Bière D’après les chiffres officiels cueillis dans l’Annuaire de 1912, il s’est consommé en Canada: 7,865,309 gallons de bière en 1869; 17,196,115 gallons de bière en 1890; 47,518,647 gallons de bière en 1912.Ce qui fait une consommation annuelle par individu: de 2,290 gallons, en 1869; de 3,360 gallons en 1890; de 6,598 gallons, en 1912.Si nous retranchons de la population, les enfants, les femmes et les hommes qui ne boivent pas de bière, deux conclusions s’imposent : 1° Les buveurs de bière en sont généralement de grands consommateurs; 2° Us s’alcoolisent aussi profondément qu’avec du gin et du whisky.M.le Dr S.Boucher, médecin en chef de la ville de Montréal, écrivait dans La Presse du 30 juin 1915: “Chaque verre de bière d’un demiard contient Ihé once d’alcool.Cette quantité ne peut pas produire de bien mauvais effets si la dose ne se répète pas.Mais si elle est prise plusieurs fois par jour, elle est dommageable”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 148 Opinion des savants sur l’Alcool Aliment L’alcool n’est pas un aliment, bien que ce soit un combustible.Atwater lui-même n’a pas •onelu de ses expériences que l’alcool fût un véritable aliment, c’est-à-dire qu’il fût capable de s’incorporer à l’organisme.(M.Berthe lot, de V Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine).Si l’on pouvait supprimer complètement les boissons alcooliques, on aurait peut-être supprimé ¦ne parcelle de l’alimentation, mais on aurait rendu un immense service à l’humanité.(Dr Richet, de l’Académie de Médecine).A mon avis, l’alcool ne serait, en aucun cas, un aliment recommandable.Il pousse dans nos asiles de la Seine presque la moitié des pensionnaires.(Dr Magnan, de l’Académie de Médecine^.La vérité, la voici: H n’y a pas un fait bien observé qui nous montre qu’il soit utile d’introduire l’alcool dans l’alimentation; bien des personnes, souvent sans s’en|douter, souffrent pour en avoir fait usage.Je n’en connais pas une seule qui ait à regretter de s’en être privée.(Dr Weiss, professeur agrégé à la faculté de Médecine).L’alcool alimente le crime et la folie; le premier est tributaire de cette substance pour TO % environ; le second, pour 33%.L’alcool aliment! alors même que cette formule serait chinuquement exacte, elle ne sera jamais socialement vraie.(Dr Garnier, médecin en chef de VInfirmerie spéciale du Dépôt).Pensées On peut mourir d’alcoolisme sans être ivrogne.(Dr Jacques Bhrtillo«4.Esprit de vin, si je ne savais ton nom, je t’appellerais démon.(Shakespeaeb^.Trois fois par jour je prends un verre, mais je ne m’enivre jamais.—Mon ami, vous êtes un alcoolique.L’alcool conserve les morts et tue les vivants.L’alcool paralyse l’ange et déchaîne la bête.L’alcool est un océan où bien des malheureux se noient.Favoriser l’ivrognerie pour en tirer un profit commercial, c’est certainement le mode le plus criminel d’assassinat avec vol qui ait été pratiqué.(RUSKHfr) .C’est par la croix que Jacques-Cartier a pris possession de notre pays et qu’il a fait ramier la sauvagerie.C’est par la croix de tempérance qu’il faut prendre possession de l’âme canadienne et faire reculer l’alcoolisme.et son cortège de vices et de misères. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 149 La poésie de nos campagnes Comment nos enfants devraient apprendre à la goûter « y’ a ehez nous de fort belles propriétés, mais jusqu’à présent on a trop négligé dans les campagnes le côté pittoresque et artistique: nulle part on ne s’occupe aussi peu d’embellir les environs des fermes et de faire des plantations d’arbres.Voilà pourquoi l’agriculture ne possède aucun attrait pour le plus grand nombre de nos compatriotes et n’est considérée que comme un moyen pénible de gagner sa vie.On ne songe pas à l’augmentation du bien-être et même de la richesse, que le développement du goût artistique, du sens de la beauté, apporterait au Canada français, au charme que donneraient à nos campagnes les routes bien entretenues et ombragées d’arbres, les maisons entourées de parterres, de parcs, de vergers, etc.Et, remarquons-le bien, ce sont là des améliorations qui ne coûtent presque rien, ne demandent que fort peu de travail et n'entraînent le sacrifice d’aucun profit."Pour bien aimer la campagne, il faut qu’une âme soit éclairée d’un rayon de poésie; il faut que l’œil de l’agriculteur puisse apprécier une belle végétation, une belle aurore, que son cœur puisse savourer cette douce paix, cette calme harmonie qui se dégagent de tout ce qui l’environne.Dans les villes, l’homme passe, indifférent à presque tout ce qu’il rencontre; à la campagne, il s’attache à tout, aux êtres et aux choses.”(1) Cette page presque émouvante du grand patriote que fut de Nevers ne s’offre-t-elle pas surtout à la réflexion des éducateurs de l’enfance ?Qui pourrait mieux inspirer le goût du beau, développer le sen* artistique, éveiller l’attention des enfants sur les splendeurs de la nature et sur la manière d’ajouter encore aux beautés de la campagne par une ornementation raisonnée ?Il est remarquable comme beaucoup de nos gens ne se doutent pas des admirables spectacles où ils vivent et que les citadins leur envient.Certes, il y a bien des poètes incultes chez nous, bien des cultivateurs se sentent émus, im soir de moisson ou d’hiver, au coucher du soleil, au calme de la terre, et ils vous disent leurs impressions avec de* mots qu’on est tout surpris de trouver chez eux.Mais bien souvent aussi, des gens n’aperçoivent pas le sublime qui les entoure; la fièvre de l’argent et des aises matérielles ferme de plus en plus les cœurs aux voluptés spirituelles et diminue le nombre de ces amoureux de la nature.Les citadins, qui tombent en pâmoison devant les beaux lacs à mirage, les gentilles rivières, les côteaux striés d’arbres et teintés de toutes les nuances de vert ou d’or, les prés aux grasses vaches qui ruminent, les citadins, dis-je, sont tout surpris de constater que le paysan ne voit là souvent qu’un gain sonnant; du poisson à prendre, du bois de chauffage, des minots d’avoine ou de la fromagerie.La soif de la piastre venue des États- Unis a étouffé chez beaucoup de paysans même le sens de l’idéal apporté de France: nos gens s’américanisent! Instituteurs, mes amis, développez chez nos petits compatriotes le sens esthétique, l’amour du beau, de l’art, de l’idéal: habituez-les à goûter la belle campagne, à entendre les chants d’oiseaux, les murmures du vent et des ruisseaux et les vieilles chansons canadiennes.Voici comment M.Lavisse, de l’Académie française, fait saisir peu à peu à un enfant les beautés de la nature: "Il faut apprendre aux enfants Y art de regarder) on ne sait pas assez combien il est facile de l’enseigner à de tout petits et à de toutes petites.Je parle par expérience.Pendant les vacances j’ai chez moi ma petite fille qui a huit ans; quand je me promène avec elle, j’attire son attention sur les arbres mirés par l’eau d’un étang, ou bien je la prie de contempler les nuances de verdure qu’elle a sous les yeux ou bien encore, si le vent souffle, de discerner les sons différents qu’il tire des diverses sortis d’arbres.Elle sait fort bien à présent que, dans le concert donné par le vent, le peuplier ne chante pas comme le sapin ni comme le hêtre.Je procède très discrètement, comme par hasard et par jeu, me gardant bien de faire le professeur de nature.Cet ensei- gnement familier peut monter des roseaux jusqu’aux étoiles, et comporte de très hautes leçons.” èl) "L’Avenir du peuple Canadien-français”, E, de Nevers, p.295. 150 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ne pouvons-nous pas en faire autant avec toute une classe, en profitant pour cela de la récréation, de la dictée,?de la leçon de chose ?Ne craignons pas d’enseigner plus que le strict programme de classe: on ne saurait trop développer les sentiments et les facultés nobles des élèves.En le tournant vers le beau, vers les étoiles, on détourne l’enfant du vulgaire et de la bassesse.L’affinement des sens, l’éducation de la vue par les nuances de couleurs, de l’ouïe par les nuances du son, et du toucher par les palpations d’objets rugueux ou polis, essayée par une école belge de pédagogie expérimentale, en vue de développer les minus habens, puis les autres, à établir qu’à mesure que l’enfant entraîne ainsi les outils de ses connaissances et son intelligence.Elle-même, il se fait plus délicat, plus artiste, plus raffiné sur les plaisirs sensoriels, il aime davantage admirer la grande nature et entende la belle musique, au lieu que le toucher et le goûter, plaisirs matériels et grossiers, causaient peut-être seuls ses jouissances auparavant.(1) Pour conclure en deux mots, inspirons le goût à nos élèves, afin qu’ils se détournent des instincts vils, afin qu’ils admirent les œuvres du Créateur qui s’étalent dans les campagnes, qu’ils aiment l’agriculture plus idéalement, qu’ils embellissent leur ferme, le nid familial, pour eux d'abord puis pour les étrangers qui nous visitent.Yves Noël.DANS NOS ECOLES NORMALES V ALLE VFTELD (Séance du cercle pédagogique de mars 1915.) Sujet traité: “L’enseignement du catéchisme doit s’adapter aux matières qu’il traite." II Mademoiselle Blanche Gobeille a traité le deuxième point: l’Histoire sainte.Mademoiselle Gobeille pose d’abord ce principe: “Admettant l’obligation de préluder à l’enseignement religieux par l’étude des prières, et de distribuer cette étude tout le long des cours parce que la prière est le tout de l’homme, la condition essentielle à la vie de l’âme, refuserions-nous d’accorder à l’histoire sainte sa part d’efficacité, et sa prompte intervention dans l’économie de cet enseignement?” L’appoint qu’elle lui apporte, dit-elle, est si grand que le négliger ou le dédaigner entraînerait comme conséquences, pour les élèves, une intelligence moins vive et moins claire de la doctrine, plus de difficultés dans l’étude du catéchisme dont les abstractions demandent à se concrétiser; pour la maîtresse, la privation du moyen le plus sûr de rendre ses leçons intéressantes, captivantes, par dessus tout persuasives.“Ils le savent, les éducateurs catholiques, le premier de leurs devoirs est de faire prier leurs élèves, de perfectionner et de compléter les notions acquises à cet égard, et en règle assez générale, ils s’en acquittent avec autant de fidélité que de zèle.Car si on a pu dire “le meilleur maître est celui qui apprend à ses élèves à bien penser”, nous avons le droit d’ajouter: le meilleur éducateur est celui qui apprend à bien prier.” Ceci admis, l’auteur se demande: “Mais pourquoi ces éducateurs pieux et de bonne volonté abordent-ils si vite l’étude littérale du catéchisme, et renoncent ils à préparer ce travail en reléguant l’histoire sainte au rang des matières jugées inefficaces, tout au moins inutiles, parce que les élèves ne sont pas encore famihers avec les rudiments de la lecture ?” L’histoire sainte, en effet, c’est le catéchisme en exemples, et les exemples, on nous l'a maintes fois répété, sont les illustrations des choses “ce qui fait de ce livre, si riche en traits d’héroïsme et de vertu, le type achevé de la morale en actions.” (1) “Revue des Questions scientifiques”, 1910, Tome 37, p.186. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 151 “Au surplus, et c’est précisément le caractère qui attire notre attention, l’histoire sainte conduit nécessairement à l’histoire de Jésus-Christ et à l’étude de la religion tout entière.“Sans elle, le catéchisme risque fort, comme nous le dit Bossuet, de devenir un assemblage de formules théologiques, sèches, arides, inaccessibles à l’entendement encore faible des élèves.“Les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption ne sont-ils pas, en effet, mieux saisis si tout d’abord on a fait comprendre par le récit de la chute originelle la nécessité d’un Rédempteur ?Comment en douter ?“D’ailleurs, serait-il raisonnable d’exposer à des êtres doués de raison une doctrine révélée sans évoquer les signes divins de cette révélation, sans porter dans leurs jeunes âmes la conviction intime de la divinité de Jésus-Christ et de sa religion ?Or, rien de mieux à cet effet que l’étude de l’Ancien et du Nouveau Testament.“C’est la démonstration providentielle mise par Dieu lui-même à la portée de tous les esprits-Et les enfants comprendront qu’un Rédempteur ainsi promis, figuré, annoncé durant tant de siècles, ne peut venir que de Dieu; ils sentiront dans l’histoire de toute sa vie qu’il est Dieu lui-même et que l’Église qu’il a fondée est divine.“Ces caractères éducatifs, dit Mlle Gobeille, suffisent, il me semble, pour nous faire compter avec l’histoire sainte comme avec une aide puissante et à lui donner, des l’arrivée des tout petits à l’école, une place d’honneur dans l’ensemble des leçons destinées à établir, comme à consolider, les bases de l’enseignement chrétien.” Faut-il citer, pour nous convaincre davantage, un fait d’expérience?Il est emprunté à la vie pédagogique du célèbre Overberg.Découragé de voir que ses enfants oubliaient tout et reproduisaient mal parce qu’ils n’avaient pas compris la leçon du dogme et de la morale, Overberg eut un jour l’idée de raconter des histoires de la Bible.Et voilà que les jeunes auditeurs ne sont plus les mêmes.Ils écoutent, ils comprennent la doctrine qu’Overberg rattache aux faits; puis quand le maître les interroge sur ce qu’il vient de dire, ils lui répondent sans difficulté.Ce fut pour le pédagogue un trait de lumière et comme le point de départ de son aptitude exceptionnelle à initier les enfants à la connaissance des vérités chrétiennes.“Oui, l’histoire sainte est de toutes les histoires la plus intéressante et la plus pratique.“Ces qualités supérieures en font un instrument de premier ordre que nous utiliserons,[selon l’avis de saint Augustin, “avec un but divin” c’est à dire avec l’intention d’amener no élèves à la pratique amoureuse des vertus théologales et, par elles, à toutes les vertus dont elles sont la source et l'aliment.” L’éducation des filles {Lettre pastorale de S.G.Monseigneur Emard, évêque de Valleyfield)—-(Suite) (1) Aussi, nos très chères sœurs, parmi toutes les œuvres qui s’appuient dans la sainte Église sur le sacrifice religieux, il faut certainement mettre au rang des plus importantes et des plus méritoires celle qui a pour objet l’éducation des filles.Nous oserons dire qu’elle doit être mise au nombre de celles qui sont le plus agréable à Notre-Seigneur.Elle retrace en vérité son origine à la Sainte Vierge qui, bien que douée de toute vertu et de toute perfection, daigna durant onze ans vivre dans le recueillement à l’ombre du sanctuaire, vouée à la prière et à la lecture des livres saints, se préparant ainsi sous la direction de pieuses femmes à la mission divine qu’elle devait remplir pour le salut du monde.(1) Voir VEnseignement Primaire d’octobre 1915. 152 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Jésus-Christ a bien fait voir toute l’estime qu’il attache à l’enfance, et tout le peix qu’il accorde aux soins dont elle peut être l’objet.Certes, se peut-il quelque chose de plus noble et de plus grand que de travailler avec son propre esprit sur une intelligence qui s’ouvre à toute la vérité qu’on lui enseigne, de travailler de même avec son propre cœur sur une volonté malléable qui accepte presque sans résistance l’empreinte de la vertu et de la sainteté, d’avoir devant soi une âme créée par Dieu, rachetée par lui, appelée à le contempler un jour dans la gloire, et de pouvoir se dire que cette âme, véritable jardin que l’on cultive, devra produire des fruits de grâ*e et de sainteté selon la mesure de notre labeur.Il y a plus encore.Si l’on peut dire de toute éducation qu’elle est indéfinie dans son action, par suite de l’influence exercée sur d’autres à leur tour par ceux que nous avons élevés d’abord, œci s’applique avec plus de vérité et d’évidence quand il s’agit de former des enfants qui ph» tard, quel que soit d’ailleurs leur état de vie, feront nécessairement rayonner autour d’elles la mystérieuse, très douce et très forte influence qui décoide de la conscience intime du devoir, et de la pratique généreuse de toutes les vertus chrétiennes.Il suffit de nous rappeler nos mères, élèves de vos devancières, pour apprécier la valeur de la formation éducationnelle reçue dans ces maisons bénies, où la piété et le dévouement se sont toujours unis à la sagesse et à l’expérience pour créer, affermir, développer les règles et les méthodes les plus aptes à produire ce que nous sommes toujours en droit d’attendre d’une œuvre aussi élevée et aussi importante.Nous ne craignons pas de l’affirmer, c’est par l’éducation essentiellement religieuse, reçue dès l’origine et bientôt répandue par tout le pays, que la femme au Canada a pu jusqu’à nos jours remplir pleinement le rôle que la divine Providence lui a toujours et partout assigné, mais qui parmi nous a revêtu un caractère encore plus accentué.Si aujourd’hui la famille canadienne est encore en pleine possession de ses croyanees, de ses belles traditions, de son esprit chrétien, et si par l’ensemble des familles notre peuple est resté fidèle à sa foi et présente au regard de tous le spectacle de l’attachement sincère à tout te qui a toujours fait l’honneur de sa race, et garde encore le secret de sa force et la garantie de son avenir national, c’est pour une très grande part dû à l’action douce, constante, souverainement bienfaisante de la femme au foyer domestique, et la femme sera toujours ce que l’éducation l’aura faite.C’est donc en vérité à nos admirables communautés enseignantes qu’il faut faire ««monter le mérite principal de la conservation providentielle du peuple canadien, dans ce qui est son plus beau titre à l’admiration de tous, la conservation religieuse de son caractère national.Les hommes font les lois, mais les femmes font les mœurs, a-t-on dit avec beaucoup de raison.C'est sans doute une responsabilité lourde et périlleuse.Mais c’est aussi une gloire et un très grand mérite, si dans cette œuvre vous continuez fidèlement les traditions premières, q»’il faut défendre énergiquement contre les tendances du siècle.Voilà pourquoi, nos très chères Sœurs, écartant de notre esprit toute pensée de reproohe.et sans vouloir même indiquer qu’il y ait lieu de réagir en quoi que ce soit, nous voulons «apandant nous mettre avec fermeté dans le chemin de certaines tendances qu’il faut détourner, de «rainte qu’elles n’enlèvent une part quelconque au fruit que vous êtes toujours en droit d'attendre de votre zèle.Dans ce que nous allons dire, vous éviterez donc vous mêmes, nos très chères Sœurs, do gher-cher ou d’apercevoir aucune intention de critique, mais simplement le désir ardent qui nous anime de vous voir garder pour le plus grand bien de tous, tout le prestige dont vous avez été enveloppées jusqu’à ce jour.O O O Avant tout nos très chères Sœurs, il faut considérer le but que se propose la conflaa.ee des parents, en vous remettant le soin de les remplacer eux-mêmes pendant une certaine partie de l’année et durant des années consécutives.Leur désir évident est de procurer à ces jeunes filles le très grand avantage de la vie recluse, dans une communauté où elles participent à tout «e qui fait votre propre bonheur.Ce commerce intime avec des âmes consacrées, qui déversent sur L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE m elles «t quotidiennement une sorte de surabondance de grâces, devient par le fait pour elles-mêmes la base de toute leur éducation.Mais pour qu’elles en reçoivent tout le bénéfice, et sur ce point particulier nous nous tenons aux règles les plus anciennes et les plus chères de vos communautés, il importe absolument que les jeunes filles entrées au couvent n’en sortent que pour des raisons jugées très graves, et accidentelles de leur nature.Ce serait certainement un grand malheur pour elles-mêmes que de céder à nous ne savons quels caprices, ou quels entraînements dont les motifs n’ont rien de sérieux, et qui par des sorties intempestives, arrêtent, retardent, parfois même détruisent en quelques jours le fruit d’un long travail.Cette matière prêterait à de longs développements où il serait facile de faire voir combien, surtout de notre temps, la réclusion normale importe à la formation sérieuse des jeunes filles, et jusqu’à quel point le devoir s’impose à celles qui acceptent la responsabilité, d’en remplir exactement les devoirs dans toute leur étendue.Mère chrétienne, écrit saint Jérôme à une femme de son temps, puisque, au milieu des embarras du monde, vous ne pouvez donner à votre fille l’éducation soignée que vous désirez pour elle, résignez-vous à une absence momentanée.Abritez cette enfant dans un monastère pour que son âme y soit nourrie ; qu’elle y grandisse mêlée aux chœurs des vierges; qu’elle ignore le siècle; qu’elle vive de la vie des anges; qu’elle soit dans son corps comme n’y étant pas, et que dans sa simplicité elle suppose que le genre humain tout entier lui ressemble.Pour vos élèves en effet quelle leçon, quel exemple surtout que votre vie de piété et de recueillement qui vous sépare si totalement du monde, et dont toutes les joies pour vous sont faites du dévouement le plus pur dépensé joumel-lement pour l’amour de Dieu et pour le bien des âmes.—-(à suivre) DOCUMENTS SCOLAIRES Une belle Fête scolaire L’Hon^rabue P.-E.LeBlanc, LiEirrENANT-GouvERNEUR, À l’École normale Jacques- Cartier Nous avons déjà mentionné la magnifique réception faite par l’École normale Jacques-Cartier à son ancien élève, l’honorable P.-E.LeBlanc, Lieutenant-Gouverneur de la province de Québec.Pour l’histoire, nous tenons à publier les adresses présentées à son Excellence et la répoase mag«traie de ce dernier.£3 Discours de M.l’abbé Desbosiers H y a loin de l'école normale à Spencer-Wood, dit M.Desrosiers.Les étapes qui les séparent sont nombreuses, les arrêts prolongés.Avant d’atteindre à l’honneur de représenter dans son pays l’autorité suprême, il faut avoir donné des preuves de dévouement à la chose publique, des preuves d’esprit de justice, de probité, de prudence, de sagesse.Il faut avoir conquis l’estime de ses concitoyens, mérité la confiance des chefs de l’État.Ce fut votre histoire, M.le Lieutenant-Gouverneur, depuis le jour où vous quittiez notre École normale pour devenir instituteur, puis avocat, député, président de la Chambre d’Assemblée, chef de la loyale Opposition, enfin représentant dans notre Province de Sa Majesté le roi d’Angleterre.Votre carrière a été une ascension continuelle.Vous l’avez parcourue d’un pied ferme.Vos succès conquis de haute lutte avec une énergique persévérance ont réjoui vos anciens’condis-ciples, vos collègues d’autrefois, en un mot, tout le corps enseignant si particulièrement honoré dans votre personne.Votre “Alma Mater” est fière de vous.Aussi a-t-elle voulu vous faire fête, vous dire son admiration et ses vœux de bonheur.Toujours en effet vous avez gardé une inviolable fidélité aux traditions de notre École et au souvenir de votre carrière d’instituteur. 154 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE C’est la marque des sentiments élevés qui vous ont toujours animé et qui vous font compter parmi les plus fécondes les années que vous avez consacrées à l’enseignement de la jeunesse.Vous n aviez à renier aucune des étapes qui vous ont conduit au poste de Lieutenant-Gouverneur, celle-là encore moins que les autres.Vous n’avez cesse de le dire.Cela nous honore et vous honore.A nous de profiter au point de vue de l’instruction des exemples qui nous viennent de haut et de loin, de demander aux vieilles civilisations, à celle de la France en particulier, des leçons et des exemples, nous arrêtant à un éclectisme fécond et salutaire.Et je me réjouis que notre vieille province française du St-Laurent, depuis un bon quart de siècle, ait envoyé ses meilleurs enfants demander aux maîtres de la théologie catholique romaine et à ceux de la littérature et de la science françaises, des leçons de clarté, d’élégance et de science religieuse et profane.Ne craignons pas de dire que dans l’enseignement primaire, secondaire et universitaire, il reste encore place à beaucoup de perfectionnements qui doivent provoquer les efforts et le dévouements des éducateurs de la jeunesse.Seulement, pour travailler efficacement à cette grande œuvre il faut avoir l’esprit ouvert à tous les progrès, il ne faut pas repousser toute innovation au nom d’un traditionalisme qui peut n’être que la perpétration d’une erreur profonde.C’est ce que nous nous efforçons de faire à l’École normale, prenant conseil et exemple des meilleurs auteurs de pédagogie, et attentifs à suivre la marche de notre société pour rendre autant que possible tous les services qu’elle est en droit d’attendre de nous.C’est encore la meilleure manière d’être fidèle au passé, de rester digne du présent et de préparer l’avenir.Adresse des Anciens Éleves, présentée par M.J.-N.Perreault Excellence, C’est avec une joie profonde et un orgueil bien légitime que vos anciens confrères de l’Ecole normale Jacques-Cartier vous acclament en ce moment.Il eût appartenu au vétéran des professeurs de l’école de vous présenter nos félicitations et nos vœux, mais comme toujours, notre vénéré et trop modeste doyen, Monsieur J.-O.Cassegrain, s’est dérobé et a voulu s’effacer.Le sort est tombé sur le Directeur général des écoles catholiques de Montréal.C’est pour lui un grand honneur.Ce lui est aussi un véritable bonheur.De tout cœur, donc, je me fais le sincère interprète des normaliens, anciens et nouveaux, présents et absents, pour saluer l’élève et l’instituteur, le compagnon et le collègue, devenu notre premier magistrat, le représentant officiel de notre auguste souverain, Georges Y.Excellence.—Votre carrière a été brillante; votre nom appartient désormais à notre histoire nationale.Cependant, dans tous ces triomphes, c’est le point de départ qui nous intéresse et nous émeut davantage.Nous nous reportons à quarante ans, à cinquante ans en arrière, et nous nous plaisons à voir notre futur Lieutenant-Gouverneur travailleur assidu et infatigable.Nous l’entendons dire dans l’intimité: “Je fais l’école le jour, la nuit, je travaille à m’instruire.Je voudrais devenir quelqu’un dans le monde”.Votre constance et votre énergie méritent d’être citées en exemple aux générations écolières de nos jours.Aussi, nous avons redit à nos chers enfants l’amour de l’étude, l’ambition de bon aloi, l’inaltérable persévérance qui ont caractérisé votre jeunesse.Avocat, député, président à la Chambre, chef de la loyale Opposition, au Barreau comme à la Législature, vous êtes resté fidèle au programme que vous vous étiez tracé à l’École normale.Vous avez su mettre l’intelligence, l’endurance et la probité au service des plus nobles causes.Au cours de votre vie publique, quelquefois violemment agitée, c’est au sein de votre “Alma Mater” que, souvent, vous êtes venu retremper vos forces et votre bonne humeur.Vous avez pris part à nos agapes fraternelles.En d’instructives causeries, vous nous avez fait partager, à plusieurs d’entre nous, les fruits de votre longue expérience.Vous nous avez encouragés de vos chaudes sympathies et de vos sages conseils.Soyez-en mille fois remercié! Il est une chose qui nous réjouit tout particulièrement: c’est que, placé maintenant à La tête de notre Province, connaissant parfaitement l’importance et les bienfaits de l’instruction, vous L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 155 nous aiderez puissamment dans le perfectionnement de cette “œuvre” à laquelle nous avons consacré, tous ensemble, nos meilleures énergies et la portion la plus féconde de notre vie.A l’élève modèle de l’École normale Jacques-Cartier, à l’ancien instituteur de l’Académie Sainte-Marie, qui vient de gravir les marches du trône de notre belle province de Québec, au nouveau Lieutenant-Gouverneur, si digne représentant de notre Roi, au successeur des Champlain, et des Frontenac, aussi bien que des Belleau et des Chapleau, des Jetté, des Pelletier et des Lange-lier, nous aimons à redire le vieux souhait traditionnel, si rempli de sens et de choses.Excellence, que ce soit pour de nombreuses et très heureuses années! Ces dernières paroles, nous ne les disons pas pour vous seulement.En cette belle fête de famille, nous ne pouvons séparer ce que Dieu a si parfaitement uni.Nous vous prions d’offrir en notre nom à la gracieuse châtelaine de Spencer Wood l’hommage de nos félicitations et de nos vœux.Les anciens élevés de l’Ecole normale Jacques-Cartier.Discours du Lieutenant-Gouverneur Monsieur le président, Messieurs, Les sentiments que vous venez de m’exprimer m’ont touché profondément, et je ne saurais vous dire combien je suis heureux de la démonstration de ce soir.En m’appelant au poste de Lieutenant-Gouverneur l’on m’a conféré un honneur dont je sens tout le prix; mais vous me permettrez d’ajouter que c’est un fardeau dont je sens tout le poids.Même dans les limites que lui a tracées une sage constitution, le rôle de Lieutenant-Gouverneur implique des responsabilités assez graves, et je ne puis l’oublier.Il s’agit d’incarner aux yeux de tout un peuple l’autorité royale, d’en maintenir le prestige et d’en conserver le respect; il s’agit de continuer dignement toute une lignée d’hommes éminents qui ont rempli ces mêmes fonctions avant moi, et qui y ont brillé autant par l’éclat de leurs talents que par le tact de leurs manières.J’avoue très sincèrement que la perspective me paraît redoutable.Mais ce soir, en écoutant vos applaudissements généreux, et surtout l’adresse si pleine de bienveillance que vous venez de me présenter, il me semble que je suis plus rassuré; et le cordial accueil que vous avez bien voulu faire à ma nomination sera pour moi un grand encouragement.Sans aucun doute, je n’ai garde d’oublier que la flatteuse réception dont je suis présentement l’objet s’adresse bien plus au personnage officiel qu’à mon individualité; et que, faisant écho, pourrais-je dire, aux sentiments de loyauté du peuple de cette province, les fils de mon Alma Mater ont voulu être des premiers à saluer le nouveau représentant du Roi; et, au nom de Sa Majesté, je les en remercie hautement .Mais, à l’hommage officiel, vous avez bien voulu mêler une note personnelle, qui m’a profondément ému par son accent de sincérité, et que, à cause de cela même, je n’aurai pas la fausse modestie de passer sous silence.Faisant allusion à mes débuts dans la vie, comme fonctionnaire de l’enseignement primaire, vous avez daigné saluer en votre nouveau Lieutenant-Gouverneur “l’élève et l’instituteur, le compagnon et le collègue”.Et, comme vous avez eu raison d’évoquer un passé dont les leçons sont restées pour moi le guide le plus sûr dans le chemin parcouru jusqu’ici.Avec quelle douce émotion je retourne loin, bien loin en arrière, vers cette époque de ma jeunesse.Je revois tout d’abord ce bon abbé Verreau, à qui j’ai voué pour la vie la reconnaissance la plus profonde, parce qu’il me fut, en même temps qu’un maître vénéré, un protecteur inlassable.Ce nom a d’ailleurs tous les titres à retentir sous les voûtes de l’École normale Jacques-Cartier, puisqu’il restera l’une des gloires les plus pures de notre race.M.l’abbé Verreau fut un éducateur admirable, et je n’ai à apprendre à personne ici quelle idée élevée il se faisait de la carrière de l’enseignement ; mais nul mieux que lui, surtout, ne sut faire partager à ses disciples la flamme qui l’animait. 15ê L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ce fut sous son inspiration que, à l’âge où tout jeune homme cherche sa voie, je résolu» de consacrer mon existence à l’enseignement.Oh! il y eut bien des désillusions, bien des déboires ; aujourd’hui encore hélas! la vie de l’humble maître d’école n’est par rose; mais, ai-je besoin de vous dire, elle l’était encore moins, il y a quarante ans.Cependant, nous, du moins qui avions été élevés à l’école que j’ai dite, nous avions la conscience de remplir, modestement, un grand rôle; il nous semblait qu’il n’y avait pas de mission plus belle que celle de pétrir des intelligences et de façonner des âmes.Cette conviction suffisait à nous faire oublier toutes les duretés de ia vie, son prosaïsme et sa monotonie.C’est en*ore ell» qui fait qu’aujourd’hui, à quarante ans de distance, les années dont je suis le plus fier et qui m« semblent avoir été les moins inutiles à moi-même et aux autres, restent mes huit années de professorat.Mais, hélas! vous le savez, on ne fait pas sa destiné; on la subit, le plus souvent.Un eonaoure de circonstances a voulu que je quittasse, après quelques années, la tranquille carrière de l'enseignement pour une arène plus tourmentée, celle de la vie publique.Mais si j’ai dû cesser le service actif dans le rang des instituteurs, je n’ai jamais pour eela, déserté la cause de l’éducation.Vous venez de m’en rendre vous-même le témoignage, monsieur le Président, et je vous en remercie.Je crois pouvoir dire après vous, en effet, que durant tout le coins de ma vie publique déjà longue, je n’ai pas cessé de m’intéresser à l’instruction publique, je n’ai pas laissé passer une occasion de plaider en faveur de l’école.En vérité, je ne regrette qu’une chose, c’est que les visciseitudes de la politique et la limite de mes capacités ne m’aient pas permis de faire davantage pour une cause qui m’est chère.C’est ma conviction profonde que l’instruction publique doit être au premier rang des préoccupations de tout homme d’état dont le patriotisme est tant soit peu éclairé et qui a sincèrement à «ceur le bien de ses concitoyens.L’on a beaucoup discuté la parole fameuse: “C’est le maître d’éeole allemand qui a vaincu à Sadowa”.Elle renferme beaucoup d’exagération, a-t-on dit.Je suis de ceux qui pensent qu’elle contient encore une plus grande part de vérité.Il est certain qu’un peuple vaut en grande partie ce que ses écoles volent.Les petites écoles, les collèges, les séminaires, les universités sont les vrais creusets où se fondent les destinées d’une nation.Et dans l’édification de notre instruction publique, n’oublions pas que c’est à l’enseignement primaire que doit aller la plus grande part de notre sollicitude.Je ne crains pas de le déclarer ici, certain que je suis de ne faire tort ni à l’enseignement secondaire, ni à l’enseignement supérieur en revendiquant la première place dans notre attention pour l’enseignement primaire; au contraire, j’ai l’intime conviction de défendre plus fortement leur cause.“Tout l’enseignement public, disait tout dernièrement encore un maître de l’art, "à “quelque degré qu’il soit donné, constitue une œuvre essentielle dont les parties successives doivent “être fortement liées”.Mais si l’enseignement est un édifice dont toutes les parties se tiennent, n'importe-t-il pas souverainement, et avant tout, d’asseoir cet édifice sur une base solide ?Quiconque veut bâtir doit bâtir sur le roc et non pas sur le sable : ce sont les Saints Livres eux-mêmes qui nous le rappellent.Or, quelle est la base de l’enseignement public, si ce n’est l’école primaire?Sans eela il n’y a pas d’enseignement secondaire, ni d’enseignement supérieur.Je me hâte de le dire, afin que l’on ne se méprenne sur ma pensée, les collèges et les universités sont nécessaires; ils donnent à une élite cette culture qui fait la nation elle-même plus policée et mieux armée pour le progrès; ils sont une floraison.Mais cette floraison ne sera jamais possible que s’il y a le teiroir bien retourné de l’enseignement primaire, où la tige s’implante et où le germe croît.Il importe de se rappeler aussi que l’enseignement primaire est un besoin de tous et ao* plu» d’une élite.Dans ce siècle surtout où la lutte pour la vie est plus âpre que jamais, l’in»traction élémentaire est devenue indispensable à tous et à chacun.Quiconque en est dénué est an être désarmé.Unissons donc nos efforts pour fortifier, pour élargir notre enseignement primaire; et «el a dans l’intérêt même de l’enseignement secondaire ou supérieur.Je dis fortifier et élargir, car il faut regarder les choses en face et ne pas se dissimuler que nous avons encore des progrès à accomplir.Le progrès auquel nous devons tendre est d’améliorer le sort de l’instituteur hii-atême. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE lë7 S’il esfc rrai qu'un peuple vaut ce que valent ses écoles, il n’en est pas moins certain que les écoles elles-mêmes ne valent que ce que vaut l’instituteur.Or, nous n’aurons les écoles que nous avons droit d’attendre que lorsque nous aurons fait de l’enseignement une véritable camère.La carrière df* l’enseignement a été trop longtemps et est encore un sacrifice.Or, l’héroïsme est im état d’âme exceptionnel, et nous ne pouvons pas demander à la province de Québec de fournir assez de héros pour se dévouer à toutes nos écoles.Il n’y a personne qui ne le comprenne aujourd’hui; il s’agit seulement de passer de l’idée à l’exécution.Je me suis attardé à parler de l’enseignement primaire, non seulement par prédilection spéciale, mais par conviction ardente.De notre enseignement secondaire et de notre enseignement supérieur, j’avais moins à parler, il me semble; d’autant plus que les résultats qu’on y a déjà accomplis parlent plus haut que toutes les déclamations.Nous avons raison d’être fiers en somme de nos maisons d’éducation, qui, tout en gardant intact le fonds de leurs anciennes et vénérables traditions, n’en comprennent pas moins le besoin d’évoluer au rythme du progrès.U ne me reste plus qu’à vous remercier, Monsieur le Président et Messieurs, de cet éclatant témoignage d’estime que vous venez de m’offrir; et comme vous avez eu la délicate pensée de faire à Mme LeBlanc une part dans l’expression de vos hommages et de vos souhaits, permettez que je vous remercie également en son nom, vous offrant en retour l’assurance de notre bien vive gratitude.Monsieur le Principal et Messieurs, recevez aussi tous mes compliments sur le mode si bien ordonné de cette magnifique démonstration, dont je garderai un impérissable souvenir.Le 22e Congrès de Commissaires d’Êcoles tenu à St-Jean, le 14 octobre, 1915 (Reproduit du journal Le Devoir, du 16 octobre) Hier après-midi, plus de cent commissaires d’écoles venus des comtés de Napierville, Iberville et Saint-Jean, et une quinzaine de membres du clergé, s’étaient réunis pour venir entendre le Surintendant de l’Instruction publique et l’Inspecteur général des écoles catholiques.Plusieurs représentants des Manstes et des Clercs de Saint-Viateur étaient aussi présents ainsi que les insti-tuteurs de l’Académie de Saint-Jean.Par un malentendu que les auditeurs ont regretté vivement, l’honorable M.de LaBruère, averti trop tard de la date du Congrès, n’a pu y assister, étant engagé ailleurs.C’est M.l’inspecteur Max.Frédéric qui a présenté M.l’Inspecteur général à l’auditoire, anxieux d’entendre parler de l’importante question des écoles primaires.M.C.-J.Magnan débuta en disant combien il regrettait l’absence de M.le Surintendant qui aurait assisté au Congrès, s’il avait été prévenu plus tôt.Il lut une dépêche de M.le Surintendant faisant ses meilleurs vœux aux congressistes et regrettant le malentendu qui le privait du plaisir de rencontrer les commissions scolaires de la région.Puis l’Inspecteur général, pendant une heure, parla des droits et des devoirs des commissaires d’écoles, des devoirs surtout.11 démontra toute l’importance du rôle des commissaires d’écoles et traça le portrait du “bon commissaire” et, comme contraste, celui du commisssaire apathique et routinier.M.Magnan insista particulièrement sur le “choix des maîtres” dont les qualités morales et professionnelles importent au premier chef.Au sujet des instituteurs et des institutrices, l’Inspecteur général donna des renseignements précis sur les salaires payés dans les municipalités de district de St-Jean.Il donna aussi le nombre des institutrices qui reçoivent un traitement inférieur à deux cents piastres, et fit un tableau attendrissant de la vie de la pauvre institutrice dont le budget restreint de $15 à $17 par mois l’oblige à ménager même sur la quantité de lait qui serait nécessaire à sa modeste cuisine.M.Magnan félicita chaudement les munici- 158 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE palités qui ont haussé les traitements afin de mériter les primes du gouvernement.A ee sujet, l’Inspecteur général dit qu’au cours de la seule année 1914, le gouvernement avait accordé cinq mille piastres près, en primes, aux municipalités des comtés de Saint-Jean, Iberville et Napier-ville.M.Magnan insista sur la question des salaires, et dit aux commissaires qu’il espérait que l’année prochaine aucune institutrice ne recevrait moins de $200.Les applaudissements chaleureux de l’auditoire prouvèrent que les paroles aussi sympathiques que franches de l’Inspecteur général avaient été bien comprises.M.Magnan plaida aussi la cause des Frères, des Religieuses et des instituteurs pères de famille.Il fit remarquer que les communautés religieuses ne reçoivent aucune aide pour la formation des maîtres qu’elles mettent à la disposition des commissions scolaires, et pour le soutien des maisons de retraite qui recueillent les Frères et les Sœurs, malades ou vieillis.En terminant, l’Inspecteur général dit combien il en coûterait peu aux commissaires pour remplir efficacement leurs devoirs, en collaboration avec le curé de la paroisse : de la bonne volonté, de la ponctualité aux réunions des commissions, de la sympathie effective au personnel enseignant et beaucoup d’intérêt pour les enfants.Savoir encourager les efforts louables, c’est la moitié du succès.Aussi garder en place les bons maîtres; on ne saurait jamais faire assez de sacrifice à cette fin.M.l’abbé Colin, curé de Saint-Jean, parlant après l’Inspecteur général, se dit heureux de l’avoir entendu parler avec autant de sens pratique que de chaleur communicative de l’important problème des écoles primaires.Au nom du clergé, il remercia l’Inspecteur général de son utile conférence et supplia les commissaires de mettre en pratique les excellents conseils du représentant du département de l’Instruction publique.M.l’inspecteur Frédéric, président du Congrès, remercia l’Inspecteur général pour les choses utiles et pratiques qu’il avait dites et félicita les commissaires d’être venus de tous les points du district.A son arrivée à Saint-Jean, l’Inspecteur général fut reçu par la commission scolaire de Saint-Jean, M.Demers, M.P., et M.Frédéric, inspecteur d’écoles.En compagnie des commissaires, M.Magnan visita l’Académie des garçons de Saint-Jean, le couvent des SS.de la Congrégation Notre-Dame et l’école de N.-D.Auxiliatrice.L’Inspecteur général félicita les commissaires de Saint-Jean pour leur zèle et se dit heureux des améliorations importantes faites à l’Académie des garçons.“A travers nos classes” Discours prononcé par M.l’abbé J.-N.Dupuis, visiteur des Ecoles catholiques au congres de VAssociation des Commissaires d’écoles de Montréal, tenu le SI janvier 1915 (Suite)-(l) Notre Clientèle Scolaire Notre chentèle scolaire est plus homogène dans les quartiers de l’ancienne banheue que dans le centre actuel de Montréal.Et c’est là un vrai bienfait.A ma dernière visite, je comptais 27,-122 enfants.L’on s’est plaint amèrement de ce que les enfants quittaient l’école à 10 ou 11 ans.J’ai voulu faire un peu de statistique.Sur 27,122 enfants, 7,525 ont 12 ans ou plus, soit une proportion de 27^4 pour cent.Encore ici, il y a un sensible progrès.Au demeurant, ce sont les plus jeunes qui composent la majorité des classes, et le contraire est matériellement impossible, à moins d’envoyer les enfants à l’école après leur huitième année révolue.Huit ans! c’est déjà un âge bien fécond.Avez-vous déjà remarqué à ce qu’on rencontre d’ouverture et de curiosité dans un enfant de 8 ans.Comme une fleur qui vient d’éclore, immaculée (1) Voir L’Enseignement Primaire d’octobre, 1915. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 159 et toute merveille, il cherche, d’instinct, le soleil de la vérité.Ses lèvres s’entrouvent et les mots leur manquent encore pour tout due, mais que de questions ingénues et profondes! L’enfant a besoin de tout savoir.Ses pourquoi naïfs et inattendus embrassent tout l’univers.Et le premier aliment que nous lui donnons, c’est la langue maternelle, ramenée, bien entendu, à ses règles capitales et à son orthographe usuelle—c’est le catéchisme, cette première et dernière philosophie de l’homme—les premières règles du calcul—les grandes lignes de la géographie—• l’Histoire Sainte, qui bien expliquée devient l’histoire anticipée du Christ et l’histoire de toutes les âmes, puis l’histoire du Canada qui est l’histoire de notre cher pays.Et au fur et à mesure se donnent les leçons de choses, c’est-à-dire toutes les notions que peut désirer un enfant.Toutes les réponses aux questions qu’il se pose sur les hommes et sur les animaux, sur les pierres et sur les arbres, sur les aliments et sur les instruments, en un mot, sur les choses de la terre et sur les choses du ciel.A cet âge si intéressant qu’on appelle “l’âge des notions” succède un autre âge, moins expansif, moins gracieux, mais encore plus fécond.C’est “l’âge de la mémoire”.Entre 11 et 14 ans, l’intelligence, si elle est bien préparée, est capable de tout comprendre et de tout retenir.C’est alors que nous plaçons les connaissances qui sont comme le pain et l’eau, tout à la fois indispensable à la vie et sans attrait pour les sens, je veux dire les théories grammaticales, la science des règles des préceptes, des formules, des mots, des dates et des faits.C’est le moment des luttes épiques contre la grammaire et le dictionnaire, contre les chiffres et les lignes, et de s’assurer une fois pour toutes, ces connaissances techniques et instrumentales qui sont pour l’intelligence ce que sont les outils pour le travail des mains.Mais ici attention.Nous ne voulons pas anéantir- dans l’enfant toute personnalité.Nous apprenons à l’enfant à se gouverner, puisque demain il sera son propre gouverneur.Nous lui apprenons à nager, puisque demain il sera jeté dans la pleine mer sans autre sauveteur que lui-même.C’est pour cela que nous crions: à bas l’élevage! Vive l’éducation! Nous lui apprenons ce qu’il y a de plus utile au monde, l’obéissance, mais non pas l’obéissance du chien couchant, pas même l’obéissance du cheval de manège, mais l’obéissance de l’homme raisonnable et libre.Personne n’estime l’obéissance autant que moi.C’est la base de toute société.L’enfant doit obéir.Mais à côté de ces principes qui sont la loi de celui qui obéit, il y a les devoirs de celui qui commande, c’est de ne promulguer jamais que des lois justes et de les appliquer toujours justement.L’enfant n’est pas à nous, ni pour nous.C’est une créature libre.Son bonheur c’est de pouvoir faire sa volonté.Habituons-le donc à vouloir et à vouloir énergiquement et à vouloir toujours le bien.Éducation sociale formant l’enfant à la “régularité” et à 1’“exactitude”.Ici je touche une question bien délicate: l’assiduité à l’école.Il faut tenir compte de notre climat si rigoureux, surtout pour les enfants des classes inférieures.Dans les classes supérieures, j’ai constaté un réel progrès.Un moyen efficace de contrôle pour le maître, c’est d’envoyer immédiatement une carte postale aux parents les avertissant de l’absence de leur enfant.C’est une légère dépense pour la commission, mais qui rapporte les plus heureux fruits.Éducation sociale formant l’enfant à D'économie”.Nous ne saurons jamais trop encourager les "'Caisses Scolaires”.Je citerai au tableau d’honneur la commission du Saint-Enfant-Jésus— au risque de blesser la modestie de son président (1)—où 38,000 piastres ont été déposées durant moins de 8 ans.Éducation sociale formant l’enfant à la “charité”—ce grand devoir de la vie publique.Comment passer sous silence l’école St-Louis, dirigée par les Clercs de St-Viateur, où fonctionne déjà une petitee Conférence de Saint-Vincent de Paul : Des enfants visitent d’autres enfants malades ou pauvres.Et je suis fier de raconter ce fait en présence de M.l’Inspecteur général, qui est, en même temps, Président général de la Société de Saint-Vincent de Paul, au Canada.(2) Éducation sociale formant l’enfant à la “politesse”, c’est-à-dire à l’oubli de soi pour les autres.Quand je dis d’un élève, même d’une classe: il y a là une exquise politesse.Pour moi ce n’est ni (1) Mgr G.-M.LePailleur.(2) M.C.-J.Magnan, Inspecteur général de l’Enseignement primaire et des Écoles normales, dans la province de Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE l&O im mot surannée, ni un mince éloge.Car l’expérience le prouve: les enfants polis font seuls^les jeunes gens polis.La politesse est comme le piano.Si on ne l’apprend pas de bonne heure, on ne l’apprend jamais.Je parle ici de la vraie politesse, non pas de la politesse phraseuse qui n’est bien souvent qu’un mensonge, ni de la pohtesse quêteuse qui ressemble à un placement; mais la politesse sincère qui se présente avec ses compagnes naturelles: la distinction des manières et l’élégance du langage, qui produit cette habitude charmante qu’on appelle la prévenance,'—qualité à la fois physique et morale,—la pohtesse de ce petit enfant de sept ans, dont on voit l’image dans certain livre de lecture.Il rencontre un pauvre, très vieux et très infirme.Sa mère lui donne un sou pour qu’il le porte au vieux pauvre: mais, avant de le lui remettre, il ôte d’abord sa petite casquette et le salue.Quel enseignement profond! C’est l’aumône du cœur ajoutée à l’aumône ée la main.Comme il nous dit clairement, sans le savoir, ce cher petit, d’honorer dans tout être humain une créature de Dieu et un frère de douleur.—(à suivre) DOCUMENTS OFFICIELS DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Québec, 30 août, 1944.À MM.uns Commissaires et les Syndics des Écoles catholiques DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Messieurs, Je fais adresser à chaque commission scolaire quelques exemplaires de la nouvellej'jédition des Reglements du Comité catholique.Le secrétaire-trésorier devra transmettre sans tarder un exemplaire de cet important document à chaque titulaire et prévenu’ ce dernier que le manuel est la -propriété de Vécole et non celle de l’instituteur ou de l’institutrice.Vous ne devrez pas remettre pl«p d’un exemplaire par école.La Visite des Écoles D’après les bulletins des inspecteurs d’écoles, je constate qu’au cours de l’année dernière, plusieurs commissions scolaires se soustraient encore à l’obligation de la double visite annuelle des écoles sous contrôle.Permettez-moi de vous référer de nouveau à l’article 2709, paragraphe 8, du Code scolaire.Cet article de la loi vous fait un devoir, Messieurs les Commissaires et les Syndics, de nommer deux ou un plus grand nombre d’entre vous pour visiter chacune de» écoles sous votre contrôle, au moins deux fois l’année, et de faire rapport à la commission scolaire.La visite des écoles, lorsqu’elle est faite dans un bon esprit, encourage les élèves et les maîtres et permet aux commissaires de faire des améliorations en temps opportun.Primes pour 1915-1916 J’attire particulièrement votre attention sur les quatre montants spéciaux, au lieu de trois, votés à la dernière session de la Législature, soit 8125,000; $60,000; $30,000 et $10,000.Pour 1915-16, seules les commissions scolaires qui paieront (en argent) au moins $200.00 par année à leurs institutrices (les sous-maîtresses comprises) recevront les quatre primes; eelles qui paieront $175.00 auront droit à trois primes; celles qui paieront $150.00 auront droit à deux primes, et celles qui paieront $125.00 auront droit à une prime seulement._ J j _ Bibliothèque et Archives nationales Québec I 7^ I *7 L’Enseignement Primaire Page(s) blanche(s) 1 im La Sœur de Charité (Voir “La rédaction à la petite école”, au Chapitre de la Méthodologie, présente livraison).05 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 161 Ai*si les municipalités qui désirent mériter les quatre primes en 1915-16, doivent, sauf modification par la législature, porter les traitements de toutes les institutrices (les sous-maîtresses comprises) à $200.00 au moins.Gamme je vous le disais l’année dernière, et plus récemment dans ma circulaire du 1er avril dernier, ces subventions spéciales devront vous encourager à promouvoir davantage la cause de l’éducation dans votre municipalité; elles devront être employées spécialement à augmenter les salaires de vos instituteurs et de vos institutrices.D(mu aucun cas, il ne faudra 'profiter de œs allocations supplémentaires pour diminuer le taux de vos cotisations scolaires.Encombrement des Classes Dans l’intérêt des élèves et des maîtres, il importe, Messieurs, dès le début de l’année scolaire, d’observer fidèlement l’article 30 des Réglements du Comité catholique.Cet article vous fait un devoir d’engager un deuxième maître poiu- chacune de vos écoles élémentaires où “la présence moyenne a excédé cinquante élèves”.Le même article prescrit aussi l’engagement de deux maîtres ou deux maîtresses pour les écoles primaires intermédiaires ou primaires supérieures où “le nombre des élèves inscrits est de quarante ou plus”.Dans les classes trop nombreuses, il ne saurait y avoir de progrès sérieux.C’est donc faire preuve de sens vraiment pratique que de réduire au minimum le nombre des élèves dans les classes nombreuses.L’insuccès d’un grand nombre d’élèves provient uniquement de Y encombrement des classes.À noter que pour diriger les “petites classes” ou classes des commençants, il faut des institutrices parfaitement qualifiées.Ces petites classes constituent la base, le point de départ du cours primaire, et en éducation tout dépend de la base.Les Congés et les Vacances Je vous prie de bien vous conformer aux Règlements du Comité catholique relativement aux jours de congés et à la date des vacances.Il y a une tendance trop marquée à multiplier san* raison les congés et a “allonger les vacances outre mesure”.Amendements à la Loi Scolaire Le 15 avril dernier, j’ai envoyé à chaque trésorier six fascicules contenant tous les amende-meats faits à la loi de l’Instruction publique depuis la publication du dernier code scolaire.Un exemplaire de ces fascicules a dû être remis à chacun de vous.J’attire votre attention sur la circulaire qui accompagnait les fascicules, circulaire adressée aux secrétaires-trésoriers.Dans cette circulaire, je vous ai fait connaître les amendements à la loi des emprunts et dit un moLde l’abrogation de l’article 2749 du Code scolaire, concernant la cotisation spéciale.Veuillez agréer.Messieurs, l’hommage de mon profond respect.Boucher de LaBruère, Surintendant.N.B.—Prière de remettre à chaque commissaire un exemplaire de la présente circulaire.s 162 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ecoles normales catholiques de la province de Québec Liste des Diplômes accordés en Juin 1915 {suite) ÉCOLE NORMALE DE HULL Eleves-Institutrices Diplômées: 25 Académiques français.—Avec grande distinction—Mlle Idalta Smith, et (élémentaire anglais, dist.) Académiques français.—Avec distinction—Mlles Rhéona Deschamps, et (modèle anglais, dist.) ; Gracia Cayer, et (élémentaire anglais) ; Herméline Savard, Berthe Matte.Académique français.—Satisfaisant—Mlle Léa Chénier, et (modèle anglais, dist.).Modèle français.—Avec grande distinction—Mlles Germaine Gauthier, Laurence Chénier, et (modèle anglais, gr.dist.) ; Delvina Dionne.Modèle français.—Avec distinction—Mlles Belzora Dussault, et (élémentaire anglais, dist.)) Yvonne Martel, et (modèle anglais) ; Aurore Duchesne, et (élémentaire anglais) ; Wildina Lafleur, et (modèle anglais, dist.)) Marie-Ange Boulay, et (élémentaire anglais); Ernestine Lefebvre, Germaine St-Pierre, et (élémentaire anglais); Juliette Caron Elémentaire français.—Avec distinction—Mlles Alice May, Gracia Bissonnette, Fabiola Robert, Anna Lalonde, et (élém.anglais); Marguerite Baulne, Alice Charette, et (élém.anglais); Graeia .Philion, et (élém.anglais, dist.).Elémentaire français.—Satisfaisant—Mlle Noëla Pilon.MÉTHODOLOGIE La Rédaction à la Petite École Le maître prépare le devoir avec les élèves, devant l’image, en conver-santlavec eux.Les questions posées doivent être de nature à occuper l’esprit de l’élève à penser jusque dans les détails à ce qui frappe ses yeux.L’enfant en regardant le tableau doit pour ainsi dire entendre la pensée de l’artiste comme s’il parlait au lieu de peindre.Après la conversation, il devra être en état de raconter ce qu’il aura vu.Le Maître.—Mes enfants, considérez bien cette image, pensez bien à ce qu’elle représente, voyez tous les détails et vous allez voir qu’elle vous parlera réellement à l’esprit.Vous comprendrez le sujet comme si vous entendiez parler quelqu’un qui vous l’expliquerait.Je vais vous faire quelques questions qui vous aideront à bien voir.Voyons d’abord, Arthur; quel lieu est représenté ici ?Arthur.—Monsieur, je pense que c’est un hôpital pour les soldats malades ou blessés. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE m M.—Vous avez raison; mais est-ce que vous voyez des lits, des malades, dans la salle ?Arthur.—Non, Monsieur; on ne voit qu’une petite partie de la salle.M.—Y a-t-il beaucoup d’ornements; est-ce une salle qui a l’air riche?Arthur.—Non; c’est plutôt une grande salle dont les murs sont nus, etje crucifix est le seul objet que l’on voit comme ornement.M.—C’est vrai.Le crucifix indique bien un lieu où la charité est mise en pratique: mais il n’indique pas absolument un hôpital.Voyons, Lucien, quelles sont les choses qui montrent que l’on est dans un hôpital ?Lucien.—Monsieur, on voit à terre près de la chaise un sac de soldat, avec un ceinturon muni de l’étui à pistolet, puis une casquette militaire, accrochée au dossier de la chaise.M.—Savez-vous le nom d’une casquette de cette forme ?Lucien.—Non, monsieur.M.—C’est un képi, coiffure de presque toute l’armée française.Y a-t-il encore d’autres objets que vous puissiez voir ?Lucien.—Il y a un fusil debout et appuyé au mur, puis, on dirait qu’il y a aussi un manteau jeté à terre près de ce fusil.M.—Maintenant, quelle personne voyez-vous comme encadrée par tous ces objets ?Dites-nous cela, Joseph.(Joseph.—Monsieur, c’est une religieuse.M.—Croyez-vous que c’est une religieuse canadienne ?Joseph.—Non, monsieur; la coiffure n’est pas comme celle de nos religieuses.M.—En effet, cette coiffure, que les Françaises appellent une cornette, ressemble à la coiffe que portaient les dames de l’époque où saint Vincent de (Paul fonda la Congrégation des Filles de la Charité qu’on appelle aussi Sœurs de Saint-Vincent de Paul.Mais que fait cette religieuse entourée de ces objets militaires?Joseph.—M., je crois qu’elle prépare un remède pour un malade ou un soldat blessé.M.—Ne porte-t-elle pas un signe qui pourrait vous en rendre certain ?Joseph.—Oui, M., elle a le bras entouré d’un bandeau sur lequel on voit une croix.IM.—C’est le brassard de la Croix rouge que portent tous ceux qui s’emploient au soin des malades ou des blessés militaires.Le bandeau est blanc et la croix imprimée dessus est rouge.Croyez-vous que les religieuses seules portent ce bandeau ?.Vous Pierre ?Pierre.—Non, M., j’ai déjà vu des images représentant des soldats, des dames portant ce brassard.M.—Très bien.En effet, tous les médecins militaires, les infirmières et les infirmiers qui ont soin des blessés ou des malades dans les hôpitaux militaires, dans les ambulances, ou même sur le champ de bataille portent ce signe. 164 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Maintenant, que pensez-vous de ces personnes qui ont soin des soldats blessés ?Pierre.—Monsieur, je pense qu’elles sont bien dévouées et bien courageuses.M.—Oui, elles sont certainement dévouées et courageuses; mais croyez-vous que leur courage est aussi grand que celui des soldats qui combattent ?Pierre.—Je le crois bien, Monsieur, puisque vous nous avez dit que ces personnes s’exposent elles-mêmes sur le champ de bataille.M.—Vous avez raison; il faut être courageux pour s’exposer ainsi sans être animé, et comme emporté par l’ardeur de la bataille, comme les combattants; car on voit souvent les infirmiers, les médecins, les aumôniers et même les religieuses frappés par la mitraille en allant porter secours à ceux qui tombent.Il faut également une grande patience, un grand dévouement pour assister, sans se lasser, les pauvres blessés et les malades dans les hôpitaux.Ce dévouement de chaque instant, pour se continuer sans cesse, demande un grand courage En pensant à tout cela, on admire davantage cette figure si douee de notre religieuse représentée dans l’image.Pourriez-vous trouver la pensée de l’artiste qui a fait cette gravure ?.Pensez bien tous, réfléchissez.Vous, Arthur?c’est bien! dites.Arthur.—Monsieur, je crois que le crucifix que l’on voit en haut de l’image a inspiré également le dévouement de la religieuse et le courage du pauvre soldat blessé qui a combattu bravement pour sa patrie.Le crucifix leur dit qu’il est beau de se sacrifier pour le bien des autres.M.—Que pensez-vous tous de ce que vient de dire Arthur ?Tous.—C’est bien vrai, Monsieur! M.—Bien, mes enfants; vous comprenez parfaitement tout ce que dit cette image et vous seriez capables de la raconter.Ce sera le sujet de votre devoir, mais vous serez un peu aidés par le canevas que vous allez écrire.Canevas.—Dites que vous venez de voir une gravure—un mot du lieu représenté—les objets qu’on y remarque—la personne—décrivez son costume—Pair de son visage—ce qu’elle fait—pour qui ?—une réflexion sur le crucifix qui domine la scène : appréciation du tableau.— Ce canevas aidera les enfants à se rappeler tout ce qui aura été compris dans la préparation du devoir devant l’image, et nous croyons qu’ils pourront faire un bon travail.Voici quelque chose dans le genre de ce qu’ils pourraient produire: “Je viens de voir une jolie gravure.Elle représente une partie de grande salle d’hôpital: le grand mur non orné, le carrelage de brique, font bien voir que c’est un lieu de tristesse et de souffrance; le crucifix est le seul objet qui puisse consoler en rappelant l’exemple de Celui qui a souffert pour nous.Une religieuse est debout au-dessous de cette image de Jésus en croix; elle est près d’une pauvre chaise sur laquelle on remarque tout le fourniment d’un soldat: sac, ceinturon, képi, gamelle.De l’autre côté
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