L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1927, Mars
4SÈME VOLUME Québec, Mars 1927 No 7 LEnseignement Primaire ÉDUCATION —INSTRUCTION DOCUMENTS OFFICIELS NOMINATION Par un arrêté en conseil en date du 11 février 1927, M.Édouard Montpetit, secrétaire général de l’Université de Montréal et membre de la Société Royale du Canada, a été nommé membre du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique de la province de Québec.AVIS AUX INSTITUTEURS ET AUX INSTITUTRICES GRATIFICATIONS POUR 20, 15 ET 10 ANS DE SERVICE DANS L’ENSEIGNEMENT Nous rappelons aux institutrices et aux instituteurs diplômés qui enseignent dans les écoles sous le contrôle des commissions scolaires, qu’après dix ans révolus d’enseignement, ils ont droit à une prime spéciale annuelle: après 10 ans, $15.00; après 15 ans, $20.00; après 20 ans, $25.Pour recevoir cette prime, il faut la demander chaque année à M.le Surintendant de l’Instruction publique.Les personnes munies d’un diplôme d’une école normale peuvent recevoir la première prime après huit années d’enseignement dans une école sous contrôle : les deux années d’école normale pendant lesquelles les élèves-maîtres et les élèves-maîtresses doivent faire de l’enseignement pratique à l’école d’application, comptent pour les fins de la prime de long service.AVIS AUX INSTITUTRICES CHÈQUES NON RÉCLAMÉS Les institutrices dont les noms suivent voudront bien donner leur adresse postale à M.le Surintendant de l’Instruction publique et réclamer le chèque auquel elles ont droit pour prime spéciale : ^ Gladys P.Johnson; Gertrude Pelletier; Laura Bourque; Annie Goldthrope; Laure Rodier; Adèle Lebel; Berthe Lefebvre; Mary E.Hogan; Rosa DeBilly; M.Albertine Bélisle; Yvonne„-Riberdy BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES Erratum Dans la liste des personnes qui ont obtenu des diplômes à la suite des examens du mois de jinn !926, le nom de Mary Irène Lampron a été omis.—Cette jeune fille, qui s’est présentée à Sherbrooke, a obtenu le diplôme élémentaire, anglais et français, avec la note distinction 406 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COMITE CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Procès-verbal de la session du mois de février 1927 Séance du 2 février 1927.Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, président; Sa Grandeur Mgr Raymond-M.Rouleau, archevêque de Québec, Mgr Georges Gauthier, administrateur du diocèse de Montréal, Mgr l’évêque de Nicolet, Mgr l’évêque de Joliette, Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr l’évêque de Valleyfield, Mgr l’évêque d’Haileybury, Mgr l’évêque de Mont-Laurier, Mgr l’évêque de Gaspé; Mgr Joseph Lebeau, représentant Mgr l’archevêque d’Ottawa, Mgr L.Maurice, représentant Mgr l’évêque de Chicoutimi, Mgr A.-O.Gagnon, administrateur du diocèse de Sherbrooke, Mgr Alfred Comtois, représentant Mgr l’évêque des Trois-Rivières,^ Mgr Zéphirin Lorrain, vicaire général, rep ésentant Mgr l’évêque de Pembroke, le révérend Père L.Vincent, représentant Mgr le vicaire-apostolique du Golfe Saint-Laurent; l’honorable Thomas Chapais, l’honorable Dr J.-J.Guérin, l’honorable juge J.-E.Robidoux, l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge W.Mercier, l’honorable juge Hyacinthe-A.Fortier; M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.J.-P.Labarre, M.Nérée Tremblay, M.Nap.Brisebois et M.Lionel Bergeron, secrétaire adjoint.Lecture de lettres de Mgr l’archevêque d’Ottawa, de Mgr l’évêque de Chicoutimi, de Mgr l’évêque des Trois-Rivières, de Mgr l’évêque de Pembroke, de Mgr le vicaire-apostolique du Golfe Saint-Laurent, déléguant respectivement Mgr Joseph Lebeau, Mgr L.Maurice, Mgr Alfred Comtois, Mgr Zéphirin Lorrain et le révérend Père L.Vincent, pour les représenter à la présente session.Le secrétaire donne aussi communication d’une lettre de M.Jules-Edouard Prévost exprimant ses regrets de ne pouvoir assister à cette session et nommant l’honorable Hector Champagne pour le représenter.La séance est ouverte par la récitation de la prière.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Le sous-comité des livres de classe présente le rapport suivant, lequel est approuvé: RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES Séance du 1er février 1927.Présents:—Mgr Brunault, président, Mgr l’archevêque Raymond-M.Rouleau, O.P., Mgr Forbes, l’honorable Cyrille-F.Delâge,^surintendant, l’honorable juge J.-E.Robidoux, M.Napoléon Brisebois, M.Lionel Bergeron, secrétaire-adjoint.Le sous-comité a examiné l’ouvrage suivant: “Atlas-Géographie—Études physiques, politiques, économiques, des cinq parties du monde, 7ième et Sième années”, par les Frères Maristes.— (Édition réduite de “VAtlas-Géographie, Cours supérieur”, approuvé le 7 /émer 15^3.)—Recommandé.('Signé) J.-S.Hermann, évêque de Nicolet, Président.Le secrétaire présente au Comité le rapport sommaire suivant du premier congrès pédagogique d’enseignement ménager tenu à Saint-Pascal, comte de^ Kamouraska,^ au mois de septembre dernier, ainsi que les vœux qui l’accompagnent et l’interprétation proposée du programme d’enseignement ménager.RAPPORT SOMMAIRE DU PREMIER CONGRÈS PÉDAGOGIQUE D’ENSEIGNEMENT MÉNAGER, TENU A SAINT-PASCAL SOUMIS AUX HONORABLES MEMBRES DU COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Messieurs, Le premier Congrès pédagogique d’enseignement ménager tenait ses assises, les 6, 7, 8, 9 du mois de septembre dernier, à l’École Ménagère de Saint-Pascal.Qu’on ait choisi cette École comme théâtre d’une manifestation aussi importante, nul ne s’en étonnera.Cette institution est un foyer intense d’instruction et d’éducation domestique RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 407 dont la réputation n’est plus à faire, la compétence de son fondateur est reconnue et l’expérience de vingt-deux années forme un trésor où il est tout naturel de puiser.^ L’endroit: charmant village d’une de nos belles campagnes québécoises, l’école elle-même avec ses vastes salles, ses jardins aux larges allées, ses pieux oratoires, tout assurait aux congressistes la calme tranquillité qui favorise l’étude et.la prière.puisque, au dire de certains orateurs, c’est une retraite fermée qu’on venait d’abord faire à Saint-Pascal.Les Congressistes y reçurent un accueil fraternel, chaleureux et tout cordial.On les conduisit d’abord à la chapelle.Notre-Seigneur lui-même devait dire le premier mot de bienvenue à toutes ces âmes, dont l’unique désir était de coopérer à la formation chiétienne de la femme canadienne.Il le fit en les bénissant solennellement et nous n’hésitons pas à dire que ce Congrès d’enseignement ménager a été largement gratifié de faveurs insignes.De la chapelle on se rendit à la salle des séances générales.Chemin faisant, dans les grands corridors, qui prêchent déjà une leçon de simplicité et de bon goût par la sobriété du décor, le Comité de réception prodiguait les renseignements et les mots aimables.Chacun des deux cent six délégués fut bientôt à son poste et le premier Congrès pédagogique d’enseignement ménager s’ouvrit solennellement.Sa Grandeur Monseigneur J.-Alf.Langlois, vicaire capitulaire de Québec, et l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique, présidaient cette grande assemblée et lui apportaient les bénédictions de l’Église et les encouragements de l’État.Monsieur le chanoine A.Beaudet souhaita la bienvenue aux Congressistes.Il était visiblement ému en face de cet auditoire aussi distingué qu’attentif et intéressé.En quelques mots il fit connaître le but principal du Congrès: lo Uniformiser les ’principes et les méthodes d’enseignement ménager; 2o délimiter le rôle de chaque catégorie d’écoles dans la.vulgarisation de cet enseignement et le caractériser par une dénomination particulière juste et appropriée.Le but à atteindre est un, mais chaque branche de l’enseignement doit y coopérer d’une certaine manière.Le rôle d’une école primaire, d’une école rurale, d’une école normale ne saurait être celui d’une école uniquement ménagère, ni d’une école professionnelle.Il s’agit de le bien comprendre, de servir la cause d’une façon raisonnée et raisonnable.Que chaque genre d’école ait son nom, son programme, son action propres et le bien se fera sûrement.Trop embrasser, aller trop vite, sont deux causes d’échec déjà célèbres.Le Congrès voudrait les faire éviter.Monsieur le Surintendant de l’Instruction publique prit ensuite la parole.Il salua l’auditoire en termes heureux, et déclara hautement que ce Congrès, dont il s’honorait de faire officiellement l’ouverture était une initiative opportune, d’une valeur éducative inestimable et d’une grande portée sociale.L’honorable Surintendant loua ensuite le triple rôle de la famille, de l’Église et de l’État dans l’œuvre de l’éducation.Il souligna l’importance de la préparation à donner à la mère de famille : elle a l’enfant, elle a l’avenir.C’est pour l’enfant, particulièrement pour la jeune fille, la mère de demain, la gardienne des vertus ancestrales, que nous voulons encore travailler, que nous travaillons toujours, dans l’école, par l’intermédiaire des institutrices.C’était l’avis de n s pères, ce fut aussi leur moyen d’action et c’est l’explication des résultats satisfaisants qu’ils ont obtenus.L’enseignement ménager est appelé à continuer les traditions.C’est un secours puissant pour enrayer le fléau toujours menaçant de l’exode rural.Des vœux de succès terminèrent l’adresse de Monsieur le Surintendant.Monseigneur J.-Alf.Langlois vint ensuite et avec un rare bonheur se fit l’interprète de ses confrères dans l’épiscopat, dont les vœux écrits avaient été portés à la connaissance des Congressistes.Lui-même partage et p ofesse, en fait d’enseignement, les idées et les sentiments du si méritant évêque du lointain d ocèse de Gaspé.Sa Grandeur demande que dans les écoles normales on donne une formation plus pratique, plus complète, une éducation qui prépare des femmes supérieures capables de mieux comprendre, de mieux seconder ceux à qui la Providence les unira; des femmes en mesure de conserver ce qu’il y a de meilleur dans le pays et dans la race.Monseigneur fit encore ressortir l’importance de donner à chacune des classes sociales l’éducation domestique qui lui convient en propre; une éducation qui réagisse contre la malheureuse tendance qu’ont les parents et les jeunes filles à quitter la campagne pour la ville.Il voudrait qu’un plus grand nombre d’élèves sorties de nos maisons d’éducation professent un culte sincère pour la terre, les bienfaits et les beautés de la vie rurale.En un mot, Monseigneur Langlois condamne l’enseignement ménager qui se bornerait à la seule pratique de l’art culinaire.L’enseignement ménager bien compris doit être une culture générale des vertus et des aptitudes domestiques de la femme, il doit s’adresser à toutes ses facultés et les mettre en valeur pour le plus grand bien des familles qu’elles dirigeront, et qui seront la société, le monde de demain.Sa Grandeur parla encore de l’esprit d’union avec lequel toutes les communautés savent coopérer au bien de notre race.Le signe le plus évident de cette action commune, c’est la réunion dans cette salle de tant de Congrégations différentes.Cette assemblée, en effet, est le vivant 2 408 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE symbole de l’harmonie bienfaisante que les promoteurs du Congrès et les éducateurs en général veulent voir régner dans ce mouvement de vulgarisation de l’enseignement ménager.Pour préparer l’entente cordiale entre tous les Congressistes, en dépit des inévitables divergences d’opinion, Monseigneur commente la parole divine qu’il laisse comme recommandation et sujet de méditation à tous: In omnibus chantas.Inauguré sous de tels auspices, le Congrès promettait d’être un succès.Il l’a été au point de dépasser les prévisions des plus optimistes.Les promoteurs avaient sans doute réussi à élaborer un programme très méthodique; ils s’étaient assuré la coopération de directeurs d’institutions ménagères, d’éducateurs renseignés ayant en quelque sorte étudié et vécu les questions à traiter.Mais c’est en vain que les sujets auraient été choisis et ordonnés avec tant de soin si les rapporteurs ne les avaient pas traités avec la conviction, la clarté, l’intérêt, qui devaient préparer les délibérations et faciliter la recherche des solutions.Le Congrès ne pouvait être mieux organisé.Dès la première heure l’auditoire était gagné.On sut traiter vingt-deux sujets d’une façon si neuve et si captivante que trois jours durant, nul ne songea à trouver longues des séances de trois heures et plus, le matin, et qui se répétaient dans l’après-midi.Ces dernières réunions prenaient parfois la pétillante allure de “feux d’artifice”, tant les discussions étaient animées, spirituelles, courtoises, aimables et dans la gaie note française toujours.Dans la soirée on se réunissait encore non pour travailler mais bien plutôt pour écouter et jouir.Chaque soir, un orateur de marque se fit entendre et traita d’enseignement ménager à un point de vue élevé et général.Bref, les Congressistes furent des travailleurs très actifs et déterminés à faire agréablement une œuvre utile et durable.J’avais accepté de grand cœur le rôle de président actif, de directeur des travaux du Congrès, assuré d’avance que cette lourde tâche me serait grandement facilitée.Le but à atteindre est si élevé qu’il entraîne et passionne ceux qui le poursuivent.Je n’ai pas été sans apprécier hautement la collaboration active et confiante qu’on m’a fournie.Je tiens à dire ma profonde reconnaissance à tous ceux qui ont encouragé ces importantes réunions pédagogiques, aux éducatrices distinguées qui ont bien voulu nous seconder et mettre à contribution leur prestige et leur expérience, aux rapporteurs qui ont mis à notre disposition leur valeur et leurs talents.Un merci tout particulier au comité d’organisation qui pendant six mois a consacré tout son temps, tous ses efforts et son dévouement à assurer le succès du Congrès.Tout avait été prévu, organisé et réalisé dans des conditions exceptionnellement pratiques.Le succès ne pouvait manquer de couronner tant d’intelligent labeur.Maintenant, je laisse de côté ces considérations d’ordre général pour dégager, des questions présentées et discutées à nos séances, les idées maîtresses sur lesquelles il semble plus nécessaire d’appuyer et qui ont fait l’objet d’études plus approfoncües.UTILITÉ ET NÉCESSITÉ DE L’ENSEIGNEMENT MÉNAGÉE La nécessité de l’enseignement ménager n’a point été discutée.Tous ceux qui ont pris une part active au Congrès, ou qui l’ont honoré de leur présence, l’ont admise.Sans en contester les avantages, d’aucuns seraient peut-être tentés, aujourd’hui encore, de soutenir que la science ménagère doit être transmise à la jeune fille par la mère de famille.Certes, la première éducation, l’éducation du foyer familial, sera toujours celle qui laisse dans l’âme la trace la plus profonde.Mais si l’école est le prolongement de la famille, l’institutrice doit inévitablement collaborer^avec la mère à cette œuvre de première importance.Et pourquoi cette branche d’instruction, spéciale à la femme, serait-elle bannie de l’école et confiée à l’unique sollicitude d’une mère de famille plus ou moins renseignée ?La jeune fille fréquente l’école à l’heure où elle est susceptible de contracter de bonnes habitudes, d’adopter de bons principes, de se façonner une personnalité.Si elle n’a pas cet entraînement commencé dès l’enfance, poursuivi sagement pendant l’adolescence, si elle ne fait le noviciat qui la prépare aux austères devoirs d’une maîtresse de maison chrétienne et vigilante, elle ne remplira jamais son rôle important.Qui ignore que l’enfant passe plus d’heures par jour, plus de jours par année, à l’école qu’au foyer ?Voilà pourquoi l’école doit être un prolongement du foyer, et la maîtresse, une suppléante de la mère; voilà pourouoi à l’école on doit armer la jeune fille pour les luttes qu’elle aura à soutenir plus tard contre les tendances modernes.Tout conspire à arracher la femme du foyer, à lui faire jouer des rôles pour lesquels elle n’est pas faite; qui donc lui inculquera la vraie notion du devoir, qui assurera son bonheur, sinon celles qui répondent de sa formation devant Dieu ?CARACTÈRE PROPRE DE L’INSTRUCTION MÉNAGÈRE M.le chanoine Alp.Beaudet, dès le début des séances d’études,^ dessine nettement le caractère propre de l’instruction ménagère.Avec toute l’autorité et la compétence que nous lui connaissons en la matière, il affirme que cet enseignement doit préparer la jeune fille à remplir les obligations L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 409 morales, matérielles et sociales qui l’attendent dans la vie, et que c’est à cette éducation qu’il faut demander la formation des vraies mères dont le pays autant besoin.Mais, MMe principal entend un enseignement complet, sans lacune, qui pétrit les âmes, façonne les volontés, un enseignement qui apprend à bien vivre.Au contact de la science domestique, la jeune fille, par l’observation et la reflexion, découvre que la vie réelle n’est pas seulement le savoir de la cuisine ou des travaux du ménage, mais l’habitude de l’effort, le support de la souffrance, le dévouement et l’oubli de soi.Cette instruction ménagère lui enseigne encore, avec les notions pratiques nécessaires à l’accomplissement de son devoir quotidien, l’amour du foyer, l’estime de sa noble mission et lui fournit les moyens de la remplir dignement.Aux qualités d’ordre, de précision, de prévoyance que le programme, pratiquement, lui fera acquérir, s’alliera le développement des qualités morales qu’il importe plus encore de lui inculquer./ .L’enseignement ménager n’est donc pas, comme on le voit souvent synthétisé, l’art de tourner une sauce ou d’entretenir une pièce de la maison; cela n’est qu’une partie de l’ensemble.Il faut à tout prix détruire cet absurde préjugé qui règne dans trop d’esprits et jette une sorte de discrédit sur cette instruction laquelle, bien comprise, est la plus utile de toutes les sciences.La grande valeur éducative .et l’intérêt social qui s’attachent à cette branche d’instruction, la place, à bon droit, dans le domaine de l’enseignement général.POSSIBILITÉ DE DONNER L’ENSEIGNEMENT MÉNAGER A L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE Cette instruction sera toujours possible à l’école primaire, si elle est ^donnée avec mesure M.le chanoine Gervais, principal de l’École Normale de Joliette, dans un mémoire fort bien documenté, a prouvé la possibilité d’établir cette éducation domestique à l’école sur des bases pédagogiques rationnelles.Mais, M.le principal fait remarquer que l’école primaire n’est ni une école ménagère, ni une école professionnelle, et il s’ensuit que l’enseignement ménager dans ces institutions doit être donné d’une façon autre, tout en restant dans le mouvement, tout en coopérant efficacement à atteindre le but désiré: “Vouloir transformer l’école élémentaire en école ménagère proprement dite, ce serait les gâcher l’une et l’autre; les faire sortir de leur voie propre et aboutir à un piètre résultat.Sous prétexte de progrès et d’amélioration, n’allons pas briser les cadres déjà tracés et tout bouleverser.” A l’école primaire, l’enseignement ménager se donne comme un complément nécessaire à toute éducation féminine.Il ne vise pas à faire de la jeune fille un “chef” expérimenté dans l’art culinaire, “une modiste habile”, en un mot une “professionnelle” si j’ose ainsi dire; mais il veut préparer la jeune fille à se tirer d’affaire dans la vie.Si elle doit s’adonner à une chose ou à l’autre pour gagner sa vie, si elle devient maîtresse de maison, si simplement elle est appelée à aider sa mère dans les soins du ménage, elle aura une initiation pratique.Voilà.Cet enseignement rationnel donné à l’école pénètre davantage l’esprit de la jeune fille, relève à ses yeux la position de maîtresse de maison, la prépare à remplir son rôle avec plus d’ardeur.Il en est de l’enseignement ménager comme de l’enseignement en général, à l’école on pose la base sur laquelle l’individu peut édifier plus tard.l’école rurale Le Congrès a aussi appuyé sur la nécessité d’introduire l’enseignement ménager dans les écoles rurales.Là, en effet, il paraît indispensable, puisque c’est de lui, en grande partie, que dépend la stabilité des populations agricoles.Enseigner aux jeunes filles, ménagères de demain, l’art de rendre le logis sain, agréable et réconfortant à peu de frais, c’est assurer le bien-être général, c’est non seulement attacher la, femme au foyer, mais y retenir l’homme.L’homme qui se trouve bien chez lui, ne désire pas aller ailleurs.La femme qui comprend la beauté de sa tâche, qui sait la remplir de manière à rendre la famille heureuse, n’a pas le temps de s’ennuyer et de rêver aux plaisirs du dehors.Ces raisonnements semblent assez convainquants pour que M.l’inspecteur E.Litalien demande, au nom de ses collègues, que l’enseignement ménager soit rendu obligatoire à l’école primaire élémentaire: “C’est par l’école, par la “petite école” qu’on atteint la masse, ainsi, la science ménagère parviendra à se répandre et à rayonner dans notre pays.“Tant que l’enseignement ménager sera matière facultative, qu’il ne figurera pas dans “l’emploi du temps” des filles de la petite école qui, encore une fois, représentent la majeure partie de nos écolières, il restera lettre morte—exception faite pour quelques couvents, peut-être—dans les écoles primaires élémentaires.“Et nos jeunes filles entreront de plein pied dans la vie, elles prendront la direction d’une maison, sans posséder les connaissances indispensables à toute bonne ménagère.Leur ignorance, elles ne l’auront pas voulue, elles ne leur sera pas imputable, elle sera la résultante malheureuse d’une lacune dans l’organisation de nos écoles primaires.“Cette lacune qu’on ne veut pas apercevoir et combler aujourd’hui, deviendra demain la grande porte par où s’introduiront les malaises, les malentendus, les désaccords, qui défont les bonheurs et désagrègent les familles.” Ainsi posé, ce vœu rencontre l’approbation de tous les congressistes. 410 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE PROGRAMME.—SON APPLICATION A L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE.— A L’ÉCOLE PRIMAIRE COMPLÉMENTAIRE Il est évident que l’enseignement ménager, pour être éducatif et d’une réelle utilité, doit comporter certains travaux pratiques.Or, le grand nombre d’élèves dans les classes inférieures des grands centres, l’insuffisance de maîtresses initiées à cet enseignement, le manque de ressources pécuniaires pour pourvoir les écoles d’installations propres à cette fin, des objections d’ordre pédagogique, voilà autant de difficultés que rencontre la mise en vigueur du programme ménager, et cela à l’école primaire élémentaire, à celle qui s’adresse aux neuf-dixièmes des populations laborieuses de la ville et de la campagne.Mais ces difficultés, ont déclaré les Congressistes, ne sont pas insurmontables, surtout si le programme, nettement déterminé, est interprété comme il doit l’être, c’est-à-dire d’après un plan simple, gradué et rationnel; si ce programme, hautement éducatif, tend surtout à former l’élève et à l’orienter dans la vie pratique.On conçoit aisément, qu’à l’école primaire élémentaire, avec des enfants de neuf à douze ans, l’enseignement ne puisse être complet, ni théoriquement, ni pratiquement: la mise en train de certains travaux pratiques, tels l’art culinaire, le blanchissage et le repassage, le jardinage, etc., rencontrent des difficultés dans leur exécution.Il s’ensuit qu’un tel programme exige, pour la diffusion fructueuse et rationnelle de son enseignement, l’uniformité de méthodes; méthodes appuyées sur une bonne organisation pédagogique.Dans ce but, M.C.-J.Miller, inspecteur d’écoles et secrétaire-général du Congrès, recommande une interprétation du programme des Règlements du Comité catholique; interprétation, avec pratique et théorie déjà mise à l’essai depuis trois ans, et cela avec des résultats très satisfaisants.La discussion est sérieuse et prolongée; d’un commun accord, les Congressistes acceptent les désidératas qui suivent: 1.Qu’à l’école primaire élémentaire les leçons aient un caractère de grande simplicité, intuitives autant que possible, puis essentiellement pratiques (éducatives); que les connaissances fournies aux élèves soient conformes aux principes établis par la science; que les exercices appliqués soient plutôt une illustration expérimentale des principes théoriques étudiés, des conseils d’hygiène, une initiation au véritable entraînement; que le principe pédagogique: “Peu mais bien” ait son application en ce qui concerne la pratique de l’enseignement ménager, comme dans l’éducation en général; 2.Qu’on se serve des exercices nombreux et variés que le programme comporte pour habituer les*enfants à réfléchir, à observer, à comparer, afin de pouvoir juger sainement des choses plus tard; 3.Qu’on les familiarise avec les choses du ménage en les leur faisant aimer, en provoquant et fortifiant chez elles des habitudes d’ordre, de prévoyance, d’activité et d’économie.A ce point de vue, l’éducation ménagère ne commencera jamais assez tôt.Toute leçon, illustrée par des exercices pratiques dans la vie quotidienne, portera toujours fruit; 4.Que l’enseignement pratique de l’art culinaire, du lavage, du repassage, du jardinage, se donne sous forme de démonstrations aux élèves de Sème, de 4ème, voire même de 5ème année (pour certains centres); ô.Qu’en la 6ème année, le nombre d’exercices pratiques d’art culinaire soit limité à huit menus: trois dîners, cinq soupers.A l’école complémentaire et à l’école normale, le but à atteindre est de former la jeune fille en vue de sa mission future, de développer chez elle l’habitude et le goût des travaux manuels et lui faire aimer ses occupations.Or, dans ces écoles, la pratique proprement dite s’impose, sinon le programme devient un enseignement de mots, tout à fait inefficace, stérile même.Et pour que cet enseignement ne soit en rien contrarié, il lui faut comme premières conditions de succès: un local, un installation et un outillage d’usage courant, un personnel bien instruit, initié à cet enseignement.En conséquence, les Congressistes demandent donc: 6.Qu’à l’école complémentaire, le programme soit à base d’exercices pratiques et que ces exercices appliqués soient codifiés en un enseignement approprié qui devient, par la méthode qu’on y met, un enseignement pédagogique; 7.Que les Commissions scolaires qui ont à s’outiller en vue de l’enseignement ménager tiennent compte des particularités que comporte l’application de cet enseignement, afin de réaliser des installations 'pratiques, d’accord avec les exigences du programme d’école primaire élémentaire et complémentaire et veuillent bien s’inspirer des résolutions arrêtées au présent Congrès; 8.Qu’à l’école complémentaire et à l’école normale, en raison des nombreuses questions que le programme comporte, l’enseignement soit donné (dans les grands centres surtout) par des maîtresses spécialement initiées et préparées, des maîtresses qui aient, avec la connaissance des meilleures méthodes et l’art de s’en servir, l’esprit du programme ménager; des maîtresses qui comprennent le but à atteindre, la portée morale de cette éducation; 9.Que les écoles normales qui ont à préparer de futures institutrices de manière à les rendre aptes à donner cette instruction, soient installées et outillées en vue de cet enseignement et que le gouvernement leur vote à cette fin un généreux octroi.Et comme suite naturelle à ce vœu, il a paru logique aux congressistes de demander que toutes les institutrices reçoivent la préparation nécessaire pour donner cette instruction ménagère corn- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 411 plémentaire, qui doit être scientifique, et par conséquent, fondée sur des connaissances sérieuses et une réelle capacité pédagogique.Le Congrès s’est encore préoccupé de la cause agricole dans l’enseignement primaire.Toute une séance a été consacrée à l’étude des moyens capables d’en promouvoir les intérêts.Des rapporteurs distingués ont tour à tom- démontré avec force et conviction, que Vécole -primaire, l’école du rang a une mission bienfaisante à remplir vis-à-vis de l’agriculture, et appuyés par tous les congressistes ces rapporteurs demandent: 10.Que les écoles de la campagne soient avant tout rurales par leur programme, leur esprit, leurs aspirations, en donnant un enseignement approprié au milieu champêtre où l’école exerce ses activités.Que les maîtresses, par tous les moyens à leur disposition, éveillent chez l’enfant des sympathies pour le sol natal, lui inspirent l’amour et le respect de la profession agricole; que tous leurs efforts tendent à inculquer dans l’esprit et le cœur des enfants, confiés à leur charge, la ferme conviction que le travail des champs n’est vraiment agréable et rémunérateur qu’en étant accompli intelligemment, c’est-à-dire basé sur des notions théoriques exactes.FORMATION DU PERSONNEL ENSEIGNANT Tel maître, telle école! Le congrès s’est encore occupé du personnel enseignant.Il a demandé que la maîtresse ménagère ait une culture générale et des connaissances très étendues.La maîtresse ménagère n’est pas sensée être seulement une excellente cuisinière, une blanchisseuse experte; elle doit être par dessus tout une éducatrice.Voilà son vrai rôle et il s’apprend.Le congrès a formulé le vœu que toutes les écoles complémentaires comptent au moins une institutrice ayant reçu une formation spéciale dans une école normale ménagère ou une école ménagère supérieure.Les maîtresses ne doivent pas se borner à des données techniques; mais enseigner selon les lois psychologiques et pédagogiques; elles doivent être capables d’inculquer à la jeune fille l’ensemble des notions pratiques, de l’initier aux moyens de former sa volonté, d’élever son esprit et de fortifier son cœur.En un mot, elles doivent être en mesure de faire de la jeune fille d’aujourd’hui qui tend si fort à s’émanciper, la femme forte de l’Évangile, qui demain sera un trésor pour les siens et une gloire pour son pays.LES MODES FÉMININES Le Congrès ne peut manquer de souligner encore le geste si à propos de Mlle Jeanne Talbot, ancienne élève de Saint-Pascal, qui demande aux maîtresses d’enseignement ménager d’employer tous les moyens qui sont à leur portée pour enrayer le fléau des modes immodestes, dont les funestes résultats désolent si fort le cœur de notre Saint-Père le Pape.Elles ont plus de facilité que les autres, ce semble, pour faire refleurir parmi nos jeunes filles la modestie chrétienne.Le Congrès a établi des règles idéales, discuté bien des principes qui seront un guide sûr pour la diffusion de l’enseignement ménager.Les vœux ci-joints qu’il a adoptés et qu’il soumet au Comité catholique sont comme la synthèse de tous ses travaux.Ce Congrès aura, je crois, une influence considérable dans la manière d’interpréter le programme de l’école primaire.Je souhaite avec tous qu’il soit un pas en avant, un progrès nouveau dans la cause de l’enseignement ménager.Cette cause, elle tient au cœur de tout bon canadien, de tout chrétien convaincu, et les congressistes de septembre 1926 osent espérer qu’elle sera de mieux en mieux comprise dans la Province pour le plus grand bien de la population.Le Congrès soumet avec confiance les vœux ci-joints à votre Comité et le prie respectueusement de les approuver et de les mettre en vigueur à la date qu’il jugera opportune.J’ai l’honneur d’être, Messieurs, Votre tout dévoué serviteur, VOEUX C.-J.Magnan, Président actif du Congres.LE PREMIER CONGRÈS PÉDAGOGIQUE D’ENSEIGNEMENT MÉNAGER Réuni à Saint-Pascal les 6, 7, 8 et 9 septembre 1926, soumet, dans la séance pléniere du 9 septembre, comme v ceux définitifs : M.C.-J.Miller, secrétaire général du Congrès: Considérant que le Comité Catholique, en promulguant un programme détaillé de l’enseignement ménager conjointement avec les programmes des matières ordinaires, a fait faire un grand pas à l’enseignement ménager en cette province; Considérant qu’après trois années d’expérience, ce programme a déjà produit d’excellents fruits et que le personnel enseignant est mieux préparé à l'appliquer; 412 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Considérant que l’expérience acquise démontre qu’une interprétation du programme ménager s’impose maintenant: Le Congrès demande respectueusement au Comité Catholique d’accompagner ce programme d’une interprétation basée sur l’expérience acquise déterminant nettement la part faite à la théorie et à la pratique dans le dit programme.(Adopté).M.l’inspecteur E.Lit alien: Considérant que l’enseignement ménager est obligatoire à l’école primaire complémentaire et que cette matière est maintenant exigée des candidates au brevet de capacité; Considérant qu’il est important que nos jeunes filles qui s’inscriront aux écoles complémentaires aient été déjà initiées à cette science; Considérant que la forte proportion des écohères de campagne n’iront jamais jusqu’au cours complémentaire, je propose que l’enseignement ménager soit rendu obligatoire dans toutes les écoles primaires élémentaires.f Adopté.) M.l’abbé P.Perrier, délégué officiel de la Commission scolaire catholique de Montréal : Considérant qu’un programme d’étude est surtout efficace par le maître qui l’applique; Considérant qu’à l’école primaire élémentaire, l’enseignement doit se donner par la titulaire de la classe en cours théoriques avec démonstrations pratiques; En conséquence, le Congrès émet le vœu suivant : Que toutes les institutrices reçoivent la préparation nécessaire pour donner l’instruction ménagère, que cette formation des maîtresses soit de plus en plus méthodique et scientifique, par conséquent basée sur une réelle capacité pédagogique.1 Adopté.) M le chanoine Gervais, 'principal de l’École Normale de Joliette.Considérant que l’École Normale a le devoir de former des éducatrices aptes à enseigner l’économie domestique et d’inculquer à la jeunesse rurale l’amour de la vie de la campagne, une école normale doit être spécialement aménagée et outillée pour donner cet enseignement; Considérant les frais occasionnés par ces installations, le Congrès prie le Comité Catholique du Conseil de l’Instruction publique de recommander au Gouvernement provincial une subvention additionnelle pour aider à défrayer les dépenses d’installation et d’organisation de l’enseignement ménager.(Adopté.) M.J.-M.Manning, directeur-secrétaire du District-Est, Montréal.Considérant l’impuissance de la plupart des municipalités d’accorder une maîtresse spéciale d’enseignement ménager pour chaque école de la province de Québec; Considérant que le plus grand nombre des municipalités ne peuvent fournir qu’un outillage rudimentaire; Pour rendre l’enseignement de l’art culinaire accessible à la masse de nos écoles tant urbaines que rurales, nous proposons au Congrès les vœux suivants : 1.Que les cours pratiques d’art culinaire aux élèves de 3e, 4e, voire même de 5e années, (pour certains centres) soient donnés par la titulaire de la classe sous forme de démonstration et d’experi-mentation.Ces exercices appliqués étant plutôt une illustration expérimentale des principes théoriques étudiés, une initiation au véritable enseignement.2.Que, dans les cours les plus avancés, il est désirable qu’une même maîtresse ne réunisse pas un trop grand nombre d’élèves à la fois pour la confection des menus afin de conserver aux leçons leur caractère essentiellement pratique et assurer ainsi les progrès des élèves.(Adoptés.) M.J.-P.Labarre, directeur-secrétaire du District-Nord, Montréal.Considérant que l’enseignement ménager fait partie intégrante du programme des écoles primaires élémentaires et primaires complémentaires; Considérant que toutes ces écoles sont visitées deux fois par année par les inspecteurs primaires; _ ^ .Le Congrès prie le Surintendant de l’Instruction publique de donner à ces officiers les instructions requises afin qu’au cours de leurs visites, ils s’assurent de la mise en vigueur du programme d’enseignement ménager et de noter dans leurs rapports ou bulletins les résultats de leurs examens sur ce sujet.(Adopté.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 413 M.le chanoine A.Beaudet, principal de VÉcole Normale C.-M.de Saint-Pascal.Considérant le contrôle déjà exercé par renseignement théorique aux examens du Bureau central; Considérant que cet enseignement restera sans profit appréciable si la pratique n’appuie la théorie: La Direction du Congrès en vue de l’obtention des brevets de capacité du Bureau demande respectueusement au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique d’accorder une sanction à la partie pratique de l’enseignement ménager en permettant au dit Bureau de faire constater les connaissances pratiques ménagères par les institutions ou écoles qui préparent les aspirantes au Bureau central, et que cette constatation compte dans le résultat des examens du dit Bureau.(Adopté.) Mgr Allard, curé de Sainte-Martine: Attendu que les écoles dites “centrales ou régionales” reçoivent, à une époque déterminée ou au cours des vacances, les institutrices tant religieuses que laïques qui désirent s’initier à l’enseignement ménager: Ce Congrès émet le vœu que ces écoles aient le droit d’accorder un certificat d’aptitudes à l’enseignement ménager.(Adopté.) M.l’inspecteur P.Hubert: Considérant que la majorité des maîtresses d’écoles n’ont pas l’initiation ni la préparation voulue pour donner une éducation ménagère efficace.Le présent Congrès émet le vœu que le Département de l’Instruction publique leur fasse donner durant les vacances des cours de perfectionnement d’enseignement ménager.(Adopté.) M.J.-P.Labarre: Attendu que pour donner l’enseignement ménager avec profit, il importe que l’institutrice, même celle qui est qualifiée pour cet enseignement, ait à sa disposition un bon manuel d’économie domestique; Attendu que les ouvrages intitulés: U Économie domestique à V École primaire et la Cuisine raisonnée de la Congrégation de Notre-Dame, déjà approuvés par le Comité Catholique du Conseil de l’Instruction publique, répondent à ces besoins: Ce Congrès émet le vœu que les Commissions scolaires fournissent gratuitement ces dits livres à chacune des institutrices des écoles sous leur contrôle.(Adopté.) M.A.-C.Miller, directeur-secrétaire du District-Centre, Montréal: Considérant que l’enseignement ménager est une des matières du programme officiel des écoles primaires de la province; Considérant que cet enseignement vise tout ¦ articulièrement à attacher notre population rurale à la terre et à conserver et maintenir la famille dans les cadres de sa véritable mission; Considérant que l’un des meilleurs moyens d’atteindre ce but est de démontrer sous une formule nouvelle toute l’importance de l’enseignement ménager aux parents et au personnel enseignant : Ce Congrès exprime le vœu : Que le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique et le Ministère de l’Agriculture de notre Province soient priés de multiplier : a) les congrès d’enseignement ménager; ou b) des séries de conférences sur l’enseignement ménager dans les différents centres de la.Province, mais plus particulièrement dans les centres ruraux.(Adopté.) Sœur Sainte-Marie-Vitaline, directrice générale de VEnseignement ménager, Cong.de N.-D.: Dans le but d’assurer la diffusion fructueuse de l’enseignement ménager, la direction du Congrès exprime le vœu: 1.Que les Commissions scolaires engagent si possible, pour chaque école complémentaire, au moins une maîtresse pourvue dhm brevet spécial d’enseignement ménager.(Brevet d’une École Normale ménagère ou d’une École supérieure d’enseignement ménager) ; 2.Que les institutrices munies d’un brevet de capacité ménagère soient favorisées de primes, distinction faite d’après le degré du brevet.( Adopté.) 414 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mlle Jeanne Talbot: Que par toutes les applications pratiques de la tenue de la maison, du blanchissage et du repassage l’on s’efforce d’inculquer aux élèves les principes d’hygiène dont ces travaux sont la mise en pratique; Que les détails d’une exécution raisonnée et méthodique ne soient pas sacrifiés puisqu’il s’agit (par ces exercices) non pas tant d’obtenir un service nécessaire à la maison, que de donner •aux enfants le goût du travail et les former à des habitudes d’ordre; Que le temps indiqué à l’horaire des classes pour l’enseignement ménager soit exactement consacré à cette étude.l'Adopté.) Mlle M.-Anna Couturier: Que la coupe soit enseignée autant que possible dans toutes les écoles primaires élémentaires par les titulaires des classes; Que le programme soit réparti sur une série de leçons suffisamment espacées pour permettre aux enfants l’assimilation de la matière; Que la maîtresse ne substitue pas son savoir-faire à l’habileté de l’élève dans les exercices pratiques de coupe et de confection, mais qu’elle guide et encourage ses efforts.(Adopté.) M.l’abbé Fbs Blanchet, directeur général de l’Action Sociale Catholique, Québec: I.Considérant que l’intempérance cause les plus graves désordres dans les familles; Considérant qu’au peint de vue social et moral, l’intempérance est un mal qu’il convient de / combattre dans les familles et à l’école; Le Congrès émet le vœu: I.Que les mères de familles favorisent avec constance la pratique de la tempérance dans les familles afin d’en assurer le bonheur et la prospérité; 2.Que dans les écoles, à l’occasion de la leçon de l’enseignement ménager, les maîtres fassent connaître aux élèves les effets désastreux de l’alcool au point de vue physique et moral.II.Considérant que les bonnes lectures au foyer sont un précieux élément de culture intellectuelle et morale; Considérant qu’il est du devoir de la mère de famille de concert avec son époux de surveiller et de diriger les lectures de ses enfants: livres, revues et journaux qui entrent dans la famille; Considérant qu’à notre époque, les mauvais livres, les revues risquées et les journaux trop libres circulent librement et que le contrôle est insuffisant et parfois nul : Le Congrès émet le vœu: Que dans toutes nos familles catholiques, la mère remphsse avec vigilance tout son rôle de gardienne de la morale du foyer en surveillant activement les lectures de ses enfants et qu’elle-même (ainsi que le père) donne l’exemple en lisant des livres, revues et journaux qui non seulement respectent la religion et la morale, mais se font un devoir encore de favoriser l’une et l’autre et de les étendre au besoin.f Adoptés).Mlle Talbot: Pour le triomphe de la modestie chrétienne dans les vêtements, nous demandons: aux maîtresses et aux élèves : 1.Une prière par jour, prière courte mais instante et faite en commun, à cette intention; 2.Aux maîtresses d’enseignement ménager: De se servir de tous les moyens mis à leur disposition pour créer une mentalité dans ce sens, faire l’éducation de leurs élèves, leur former une conscience droite et ferme; 3.Aux élèves: La formation d’une ligue sérieuse, efficace contre l’immodestie des vêtements.(Adoptés.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 415 INTERPRÉTATION DU PROGRAMME D’ENSEIGNEMENT MÉNAGER DES RÈGLEMENTS DU COMITÉ CATHOLIQUE DE L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE ET PRIMAIRE COMPLÉMENTAIRE AVEC APPLICATIONS PRATIQUES, PLUS PROGRAMME SPECIAL AUX ÉCOLES CENTRALES ET COURS DE PERFECTIONNEMENT AUX INSTITUTRICES D’ÉCOLES PRIMAIRES ÉLÉMENTAIRES ENSEIGNEMENT MÉNAGER PROGRAMME DE L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE TRAVAUX A L’AIGUILLE Étant donné qu’il est d’une haute importance d’exercer l’enfant à la couture des ses plus tendre années, alors qu’elle s’intéresse à ces petits travaux autant qu’à un jeu—alors aussi que ses aptitudes sont plus faciles à développer, (On a reçu de France à l'Œuvre des Tabernacles des toiles d’autel brodées avec une perfection rare par des fillettes de 8 et 9 ans, assurément elles avaient déjà l’habitude de l’aiguille.) Il est suggéré que la lacune existant sous ce rapport dans le grogramme actuel des Reglements du Comité catholique, soit comblée et que le programme ci-dessous soit imposé aux élèves de première et de deuxième années.COURS PRÉPARATOIRE Pliage, choix).découpage et tressage du papier.— Piquage sur carton avec fil ou perle (modèles au COURS INFÉRIEUR ' Étude de cours 1ère année J Couture : " Points', devant ou droit, arrière, ourlet.—Croix simple, double.— Point de tige.(Faire cette étude sur canevas, 6 pcs x 4 pcs.) Une petite serviette (rond de table) au point de tige.Tricot : Corde sur fuseau à 4 ou o épingles ou tricot à la broche: petite '-serviette (pour la table).—Jarretière.Ætude de cours: 2ème année Couture : Les lettres de l’alphabet: majuscules et minuscules; les chiffres.(Sur canevas, 10 pcs x 8 pcs.) L’ourlet: mouchoir ou serviette de toilette ou—petit tablier “bavoir”, ou—sac à claques; initiales au point de tige.Tricot: Une débarbouilloire à la broche.COURS MOYEN a) Tenue de la maison : Sème année a) Théorie.—-Utilité de l’économie domestique: notions qu'elle fournit.—La maison; principales pièces.—Grandes règles concernant le balayage; l’époussetage.—Arrangement et entretien de la chambre à coucher; manière de faire le lit.Pratique.—Balayer et épousseter une chambre à coucher; bien faire le lit; entretenir sa literie; sa garde-robe; nettoyer le lavabo et le matériel de toilette.—Ranger son pup’tre et les divers objets à son usage.b) Blanchissage et Repassage : r b) Théorie.—Comment traiter le linge à blanchir.—Matériel nécessaire au blanchissage; principales substances utilisées.—Quelques notions sur le repassage, l’humectage et le pliage des mouchoirs, des serviettes, des taies d’oreillers.Pratique.—Humecter et plier des pièces faciles pour le repassage.— Repasser des mouchoirs; des serviettes de toilette suivant des indications données.3 416 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3'eme année " Jtème année ' c) Travaux à l’aiguille: Coupe et confection : d) Art culinaire.e) Horticulture: a) Tenue de la maison : b) Blanchissage et repassage : c) Travaux à l’aiguille : ' c) Théorie.— Couture.—Nécessité d’apprendre à coudre.— Notions générales: éléments de la couture; tenue de la personne; matériel nécessaire; les points fondamentaux.Raccommodage.— But du raccommodage; ce qu’il comprend.— De la reprise simple.Tricot.—Son utilité.—Le montage; mailles à l’endroit, à l’en- vrv c) Absorption des aliments: vaisseaux sanguins et vaisseaux chyhferes.d) Assimilation et rôle des divers éléments nutritifs.e) Respiration: but.—Description de l’appareil respiratoire.— Physiologie de la respiration: phénomènes mécaniques, phénomènes chimiques.—Chaleur animale.Hygiene appliquée a la respiration, à la ventilation, au chauffage, aux vêtements.Hygiène de la vue./) Désassimilation et excrétion—Soins hygiéniques: peau, dents, chevelure, mams, lotions et bains.Hygiene appliquée—lnMen.ce du travail musculaire sur la circulation, la respiration, La digestion: sa valeur comme excitant fonctionnel.—Fatigue.—Repos.Sommeil.ATr\iônw q np 'yyi6nprnYiP pnilYflYlfp’ ^ Premiers secours en cas de maladies subites: épilepsie, congestion, syncope, hémorragie, indigestion, coliques, coup de chaleur.x , b) Premiers soins en cas d’accidents.—Contusion, plaies, foulure, luxation, fracture, brûlure et morsure.c) Premiers soins en cas d’axphysie, d’empoisonnement._ d) Les maladies infantiles: symptômes les plus apparents des principales maladies, premiers soins.vit e) La connaissance, l’usage et les propriétés curatives de quelques remedes dont se compose une petite pharmacie domestique. 426 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Cours pratique: L’organisation d’une chambre de malade; l’entretien.—La desinfection.—La préparation des remèdes usuels: infusion, décoctions, cataplasmes, sinapismes, onguent, gargarismes, vomitifs, etc.—La maniement du thermomètre.— La stérilisation des articles de pansement.—Alimentation des malades.Botanique et horticulture Analyse de plantes nombreuses et variées au point de vue a) de l’organographie; b) de la classification.Physiologie végétale: a) Nutrition: éléments de la plante; ses aliments.—Absorption.—Transpiration.—Digestion.Assimilation.—Respiration.—Désassimilation.—Elimination.b) Accroissement des végétaux en longueur et en épaisseur.c) Fécondation : phases préliminaires.d) Expériences de physiologie végétale: germination, fonctions de la racine, de la tige, de la feuille, accroissement des végétaux.Horticulture: a) Importance économique et sociale de la culture des légumes, des fleurs.b) Création d’un jardin potager.c) Assolement: succession des cultures et des engrais.d) Opérations diverses de la culture en pleine terre: labour, semis, sarclage, etc.e) Engrais : emploi du fumier de ferme./) Les légumes les plus utiles, multiplication, culture, conservation.g) La semence : soins à donner aux porte-graines; qualités, choix et récolte des semences.h) Animaux nuisibles aux légumes du jardin.i) Culture de quelques plantes officinales.Floriculture : Choix et culture des meilleures espèces et des meilleures variétés de plantes ornementales pouvant servir à la décoration de l’habitation et du jardin.(Plantes annuelles et plantes vivaces.) Sous aucun prétexte une École centrale ne peut se dispenser de tout ce qui est nécessaire pour rendre expérimental l’enseignement des sciences.De bonnes collections (de petits quadrupèdes et oiseaux empaillés, insectes, etc., minéraux bien classés et échantillons de produits industriels dans leur transformation diverses, etc.) feront toujours à la disposition de la maîtresse et des élèves.Le jardin de l’école devra procurer en nombre suffisant des exemplaires des principales familles végétales décrites dans le cours.Ce sont les élèves qui, sous l’œil vigilant de la maîtresse, doivent exécuter les travaux relatifs aux diverses opérations culturales, aux semis, aux arrosements, à la récolte des légumes et des fruits ; toutes porteront un vif intérêt à tout ce qui s’y rattache.C’est encore au jardin que les élèves apprendront ce qui a rapport à la formation de la pépinière, à la manière de la conduire, de tailler et de multiplier les arbres fruitiers.Les travaux relatifs à la préparation du sol, à 1’application des engrais doivent s’exécuter sous la direction de la maîtresse.Agriculture Revision du programme des années précédentes.Arboriculture : Multipl cation des arbres fruitiers.—Transplantation.—Taille des arbres fruitiers—Création d’un verger.Notions de Zootechnie : Les animaux domestiques, principales races, leur adaptation à la région et à l’importance de l’exploitation.—Alimentation, logement et hygiène.Laiterie : Étude plus approfondie des 7e et 8e années.—Fabrication domestique du beurre et du fromage.Aviculture : Étude plus approfondie du programme des 7e et 8e années.—Engraissage de la volaille.— Soins relatifs à l’incubation (naturelle, artificielle) et à la couvée.Apiculture : Revue des années précédentes.—La conduite d’un petit rucher. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 427 Économie rurale : Évolution de l’agriculture.—Facteurs de production.—Organisation de la production.—Bâtiments de la ferme: localisation et aménagement.—Associations agricoles.Les élèves visiteront des champs d’expérimentation, des installations agricoles et assisteront même à certains travaux des champs.Sciences naturelles.—Physique et chimie Puisque l’enseignement ménager doit s’appuyer sur les principes et les résultats des sciences naturelles, ces matières forment nécessairement partie du programme.Le but idéal est d’enseigner les principes et les éléments de ces sciences par des applications à la cuisine, à l’économie domestique en général, obligeant les élèves à chercher le pourquoi et le parce que des opérations auxquelles elles se livrent.Langue française Comme les jeunes filles devraient toujours chercher à cultiver la langue maternelle, à enrichir leur vocabulaire, à rendre leur phrase plus juste, l’étude du français ne peut être exclue d’aucun cours.Il y aura donc : lo Enseignement par la critique des devoirs de rédaction, des lettres et des conferences sur des sujets étudiés; _ .2o Par des lectures choisies, commentées avec soin au point de vue grammatical et littéraire.Ces lectures auront pour but principal la formation à la vie réelle et au perfectionnement moral de la jeune fille.Si le cours comprend deux ans ou s’il s’adresse à des élèves d’un degré d’instruction supérieure, le programme, tout en restant le même dans ses grandes lignes, pourra être développé, les matières approfondies selon le plus ou moins de culture des élèves.Dans ce cas on pourrait ajouter au programme ci-dessus: Comme cours de religion: Les Commandements de Dieu et de l’Église.—L’histoire du Nouveau Testament; explication du saint Évangile.—L’enseignement de la Liturgie.Méthodologie: Principes fondamentaux d’une bonne méthode d’enseignement.—Exposé des méthodes et procédés à employer dans l’enseignement de chacune des branches du programme ménager.— Marche à suivre dans une leçon.Cours de morale: Des habitudes.— Influence de l’exemple.—Moyens généraux de favoriser les inchnations qui ont le bien pour objet et de combattre celles qui portent au mal.—Ce que peut faire l’école pour développer le sentiment du beau.— Moyens de développer le patriotisme, de conserver et d’amé-liorer le caractère national.Économie sociale: Importance du travail ménager.—Professions et métiers accessibles aux jeunes filles, à la femme.—L’épargne: formes; utilité et bienfaits; modes de placement.COURS DE PERFECTIONNEMENT SPÉCIAL AUX INSTITUTRICES D’ÉCOLES PRIMAIRES ÉLÉMENTAIRES L’objectif de ces cours est d’aider les institutrices en fonction à donner l’enseignement ménager dans les écoles primaires rurales, en vue de: a) Propager les saines idées d’hygiène, d’économie domestique, d’alimentation rationnelle et économique; b) Assurer aux enfants une éducation en rapport avec leur destinée naturelle, leur position sociale.Ce cours ne porte pas sur l’enseignement du programme ménager en général mais sur des chapitres précis: Principes d’alimentation; cuisine économique et rationnelle.—La bonne administration du foyer; les soins du ménage.—Confection simple de vêtements.—Importance sociale et économique du jardin.Le programme , bien que réduit, doit donner aux institutrices, avec le goût de s’instruire, le désir de mieux faire et le besoin de se dévouer, de former leurs élèves à la vie réelle.Puisque l’école primaire a l’avantage d’atteindre la masse, il faut employer tous les moyens possibles pour que enseignement ménager y obtienne des résultats appréciables. 428 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’enseignement donné au stage de perfectionnement est théorique et démonstratif ou pratique suivant les milieux et les installations dont on dispose.Les cours théoriques sont présentés sous forme de causeries, d’entretiens familiers, ou de conférences, par des maîtresses compétentes, spécialisées en la matière.Les démonstrations pratiques comportent des applications sur les sujets étudies.arrangement de la maison; exécution de mets hygiéniques et de préparations-types devant servir de base à une foule de préparations.Le nombre d’institutrices admises à ces cours est de vingt-quatre à trente.Toutes doivent avoir au moins un brevet d’école primaire élémentaire ou une capacité équivalente.La duree du cours est de huit à dix jours.Le Cours de perfectionnement, donnant droit à un certificat, comprend deux stages de vacances et une année d’application.—La durée d’un stage est de huit à dix jours.Le programme comprend les quatre sections qui suivent: I.Hygiène du foyer; soins d’entretien.IL Alimentation et cuisine pratique.III.Travaux manuels: couture, coupe et confection.IV.Horticulture.ÉCOLES CENTRALES AVEC COURS DE PERFECTIONNEMENT a) Après l’obtention du Brevet élémentaire: b) Après l’obtention du Brevet supérieur: BUT DE CET ENSEIGNEMENT lo Préparer les institutrices à donner l’enseignement ménager à l’école primaire élémentaire et à l’école primaire complémentaire.2o Préparer les jeunes filles à la vie du foyer.Certificat supérieur ménager Brevet supérieur ménager.Brevet élémentaire ménager.Après étude de ce rapport, Sa Grandeur Mgr l’archevêque de Québec propose, appuyé par Sa Grandeur Mgr l’archevêque de Montréal, et il est résolu: “Attendu qu’à sa session de mai 1925 ce Comité a approuvé le projet d’un congrès provincial d’enseignement ménager; “Attendu que ce premier congrès pédagogique d’enseignement ménager a été tenu à Saint-Pascal du 6 au 9 septembre 1926; L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 429 “Attendu que ce congrès a été suivi par un grand nombre de délégués représentant vingt-quatre communautés religieuses enseignantes de femmes, les écoles normales, le département de l’Instruction publique, le Ministère, de l’Agriculture, les nspecteurs d’écoles, les commissions sco-aires de Québec et de Montréal, l’École ménagère provinciale de Montréal, les associations d’ins-titutnces * “Attendu que ce congrès a étudié, avec soin, le programme d’enseignement ménager approuvé il y a quelques années par ce Comité et qu’il a recherché les meilleurs moyens pour en assurer la mise en valeur la plus efficace dans les écoles et les institutions qui relèvent de ce Comité; “Atttendu que le Congrès a soumis à ce Comité un compte-rendu de ses délibérations accompagné de vœux importants; _ _ • -r^ i* “En conséquence, il est résolu qu’un sous-comité composé de l’honorable Cyrille-F.Delage, Surintendant de l’Instruction publique, de Sa Grandeur Mgr J.-A.Langlois, évêque de Valley-field, de M.l’abbé L.-A.Desrosiersj principal de l’École normale Jacques-Cartier, de M.le chanoine G.Courchesne, principal de l’École normale de Nicolet, de M.J.jP.Labarre, directeur-secrétaire de la commission scolaire de district nord, Montréal, soit autorisé à étudier les vœux du Congrès, ainsi que l’interprétation du programme d’enseignement ménager, et à faire rapport à ce Comité, à sa séance du mois de mai prochain, sur l’opportunité de mettre ces vœux en vigueur et sur les moyens pratiques d’adapter l’interprétation proposée du programme d’enseignement ménager au programme actuel.” Le Comité autorise le sous-comité à s’adjoindre M.C.-J.Magnan, inspecteur general, et autres personnes, s’il le juge à propos.Le Comité prend connaissance d'un rapport du comité local catholique charge de l’administration du Fonds Strathcona, dans la Province de Québec, concernant les exercices physiques et militaires dans les écoles.Le montant reçu en l’année 1925-26 par ce comité local, pour les ecoles catholiques, a ete de $4,573.33 provenant du Fonds Strathcona, et $4,358.80 provenant du Tré or de la province de Québec.Ces sommes ont été payées aux différentes institutions d’enseignement ^ ayant droit de participer à la Fondation Strathcona.Le nombre de ces institutions s’est élevé à 213.52,500 élèves ont pris part aux concours et 7,804 cadets ont pratiqué le tir à la cible.332 instituteurs et 59 institutrices ont obtenu des brevets (classe “B”) leur conférant le droit d’enseigner la culture physique.Sur proposition de Mgr Brunault, appuyé par l’honorable Thomas Chapais, il est résolu d’accéder à la demande des révérendes Sœurs de la Charité en permettant au Bureau central des examinateurs catholiques de faire subir les examens pour l’obtention des diplômes à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, comté de Kamouraska, ainsi qu’à Po t-Meunier, Ile d’Anticosti, et que l’article 80 des Règlements du Comité catholique soit amendé en conséquence.La considération de la requête de la Fédération catholique des Métiers alliés de l’Imprimerie du Canada, concernant l’impression des livres de récompense donnés dans les écoles, et la discussion sur l’âge initial de scolarité soulevée par Mgr Gauthier et M.J.-P.Labarre, à la session du mois de mai 1926, sont remises à la prochaine réunion du Comité catholique.La recommandation d’un professeur à l’École normale de Beauceville est aussi remise à la prochaine session.Le Surintendant ayant donné communication d’une requête des révérendes Sœurs directrices des écoles normales de filles, il est unanimement résolu, sur proposition de Mgr l’évêque de Nicolet, appuyé par Mgr l’évêque de Gaspé: “Que le Comité Catholique, après avoir pris connaissance de la requête des Directrices d’ecoles normales de filles demandant une augmentation de leur octroi annuel et entendu leurs raisons, l’approuve et recommande respectueusement et fortement au gouvernement de faire droit à cette requête.” M.Napoléon Brisebois propose, secondé par M.J.-P.Labarre, et il est résolu: “Qu’un sous-comité composé de Sa Grandeur Mgr Gauthier, des honorables J.-F.Robidoux, W.Mercier, de MM.Napoléon Brisebois et J.-P.Labarre, étudie l’opportunité de réaliser le projet lancé par le Surintendant de l’Instruction publique, dans son dernier rapport, de la création de l’Ordre du Mérite Scolaire et fasse toute suggestion pour arriver à ce résultat”.Sa Grandeur Mgr l’archevêque Raymond-M.Rouleau ayant donné sa démission comme Membre du sous-comité chargé de l’examen des livres classiques, Sa Grandeur Mgr Langlois est nommé pour le remplacer.M.l’abbé L.-A.Desrosiers, principal de l’École normale Jacques-Cartier, donne avis qu’à la session du mois de mai prochain il proposera la revision de la liste des manuels de classe en usage dans les écoles. 430 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mgr Ross et M.l’abbé Desrosiers suggèrent la publication d’articles destinés aux auteurs -d’ouvrages classiques sur l’importance de respecter et d’observer, dans la préparation des manuels de classe, l’esprit des Règlements du Comité catholique ainsi que des notes pédagogiques qui accompagnent ces Règlements, et le Surintendant se charge de faire publier de tels articles.Le Comité accueille favorablement l’offre du sous-ministre de l’Agriculture de faire donner des cours spéciaux d’agriculture et d’enseignement ménager aux institutrices, pendant les vacances, mais veut obtenir de nouveaux renseignements sur la manière dont ces cours seront donnés avant d’accorder son consentement.Et la séance est ajournée, la prochaine réunion devant avoir lieu mai prochain.le deuxième mercredi de Lionel Bergeron, Secrétaire adjoint.BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES INSTRUCTIONS AUX PERSONNES QUI SE PROPOSENT DE SUBIR L’EXAMEN CETTE ANNEE L’examen des candidats aux brevets de capacité pour l’enseignement commencera, en 1927, le 28 juin et se continuera les jours suivants.Le programme des Ecoles normales d’après lequel le Bureau central des Examinateurs catholiques doit faire subir les examens pour l’obtention des diplômes des deux degrés (élémentaire et supérieur), comprend les matières suivantes: MATIÈRES GÉNÉRALES Brevet élémentaire Instruction religieuse, Pédagogie, Lecture française, Lecture anglaise, Lecture latine, 'Grammab e et analyses, Dictée—Écriture, Littérature, Composition, Histoire sainte, Histoire du Canada, Histoire de la civilisation chrétienne, Géographie et instruction civique, Arithmétique, Mesurage, Éléments de comptabilité, Bienséances, Hygiène, Dessin, Brevet supérieur Instruction religieuse, Pédagogie, Lecture française, Lecture anglaise, Lecture latine, Grammaire et analyses, Dictée—Écriture, Littérature, Composition, Histoire sainte, Histoire du Canada, Histoire de la civilisation chrétienne, Géographie et instruction civique, Arithmétique, Mesurage Comptabilité, Bienséances, Hygiène, Dessin, Philosophie.MATIÈRES SPÉCIALES AUX SECTIONS SECTION MÉNAGÈRE {obligatoire pour les femmes seulement) Enseignement ménager Enseignement ménager, Agriculture et horticulture.Agriculture et horticulture.SECTION AGRICOLE {facultative pour les femmes, obligatoire pour les hommes) Agriculture et économie rurale, Agriculture et économie rurale, Zoologie et chimie agricole, Zoologie et chimie agricole, 'Comptabilité agricole.Comptabilité agricole.SECTION COMMERCIALE {facultative pour les femmes, obligatoire pour les hommes) Comptabilité, partie simple et partie double, Comptabilité, partie simple et partie double.Droit commercial.Droit commercial. 431 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SECTION INDUSTRIELLE (facultative pour les femmes, obligatoire.pour les hommes) Algèbre, Technologie, Physique, Chimie, Dessin technique.L’examen du brevet élémentaire portera donc sur les matières de la première et de la deuxième années réunies du programme des Écoles normales 'pages 186 à 193 de “Règlements du Comité catholique”, édition de 1924)., - L’examen du brevet supérieur portera sur les matières mentionnées au programme des Ecoles normales (pages 193 à 197 des dits “Règlements”).^ .On ne doit pas oublier que, comme par le passé, les matières du brevet élémentaire sont aussi obligatoires pour le brevet supérieur, lorsque le candidat ne sera pas déjà muni du brevet élémen-taire., Les candidats doivent subir l’examen dans leur langue meternelle sur toutes les matières mentionnées ci-dessus pour chaque catégorie de diplôme, et ceux qui veulent obtenir un brevet pour les deux langues doivent, en outre, être examinés sur les sujets suivants, en français ou en anglais, suivant le cas: grammaire, dictée et composition.La lecture française et la lecture anglaise sont obligatoires pour tous les candidats.EXAMEN SUR LES DIFFÉRENTES SECTIONS DU BREVET SUPÉRIEUR 1.Les hommes qui se présenteront pour l’obtention du brevet supérieur seront tenus de subir l’examen sur toutes les matières générales et sur les matières des sections agricole, commerciale et industrielle.2.Les femmes qui se présenteront pour le brevet supérieur seront tenues de subir l’examen sur toutes les matières générales et au moins sur les matières de la section ménagère.De même que le principal de chaque école normale de filles est libre d’ajouter, selon les besoins de sa région, des cours sectionnels ou scientifiques, autres que ceux de l’enseignement ménager, ainsi, le Bureau central des examinateurs catholiques ouvre volontiers les sections spéciales aux candidates du brevet supérieur.Celles-ci pourront donc, en outre de la section ménagère, qui est obligatoire, faire les études en vue des examens de la section commerciale, de la section agricole et même de la section industrielle.Si une jeune fille qui désire obtenir le brevet supérieur a étudié, outre la section ménagère, les matières delà section commerciale ou d’une autre, elle n’aura qu’à déclarer, dans sa demande d’admission, qu’elle désire subir l’examen sur les matières de cette ou de ces sections.Le diplôme qu’elle recevra, en cas de succès bien entendu, fera mention de cette ou de ces sections.Il n’est pas nécessaire que l’examen sur les matières sectionnelles soit subi la même année que celle de l’examen du brevet supérieur ordinaire.Cet examen peut avoir lieu l’année suivante, ou les années subséquentes.En un mot, une jeune fille peut préparer des examens ou bien sur une section, ou sur deux sections, ou sur trois sections (à part la section de l’enseignement ménager qui est, nous le répétons, obligatoire) l’année même du brevet supérieur, ou les années qui suivront l’obtention de ce brevet.Si une aspirante munie du brevet supérieur simple désire poursuivre ses études, le Bureau reconnaîtra la valeur de ses examens antérieurs et lui accordera un nouveau diplôme, mentionnant la section ou les sections sur lesquelles elle aura passé avec succès.La somme ce cinq piastres sera exigée chaque fois qu’une aspirante demandera de se présenter pour le brevet supérieur.EXEMPTIONS 1.Les personnes qui ont obtenu l’ancien brevet élémentaire et qui se présenteront pour le brevet supérieur, seront exemptées de passer un nouvel examen sur les matières suivantes: Histoire sainte, histoire du Canada, bienséances, hygiène et lecture lat ne.2.Les personnes déjà munies de l’ancien diplôme modèle et qui se présenteront pour le brevet supérieur, n’auront pas d’examen à subir sur les sujets qui suivent: Histoire sainte, histoire du Canada, bienséances, hygiène, arithmétique, mesurage, comptabilité, géographie et instruction civique, et lecture latine.3.Les aspirantes qui ont obtenu le nouveau brevet élémentaire ou le nouveau certificat élémentaire de l’an dernier, et qui se présenteront pour le brevet supérieur n’auront pas d’examen à subir sur l’histoire sainte, l’histoire du Canada, l’histoire de la civilisation chrétienne, la géographie et instruction civique, et la lecture latine.Les hommes seront, de plus, exemptés des matières des sections agricoles et commerciales, matières requises d’eux pour le brevet élémentaire.Les aspirants et aspirantes qui ont déjà obtenu un diplôme ou un certificat du Bureau central ne doivent pas oublier, dans leur lettre de demande d’admission à l’examen, de mentionner le degré, la date et le numéro de leur dipôme ou de leur certificat.Ils ne sont pas tenus d’envoyer de nouveau leur extrait de baptême, mais ils doivent produire un autre certificat de moralité.4 432 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENDROITS OU AURONT LIEU LES EXAMENS Les examens se feront dans les localités suivantes: Montréal, Québec, Trois-Rivières, St-Hyacinthe, Sherbrooke, Nicolet, Rimouski, Chicoutimi, Valleyfield, Hull, Joliette, Baie-St-Paul, Carleton, Farnham, Rivière-du-Loup, Havre-aux-Maisons, Montebello, St-Ferdinand-d’Halifax, Ste-Marie-de-Beauce, St-Georges-de-Beauce, Ste-Anne-des-Monts, Ste-Agathe-des-Monts, Ville-Marie, Grande-Rivière, Mont-Laurier, Bonaventure, Rivière-au-Renard, Sept-Iles, Roberval, Victoriaville, Maniwaki, Fort-Coulonge, Amos, Matane, St-Vincent-de-Paul, comté de Laval, Havre-St-Pierre, Thetfoid-Mines, Chapeau, Notre-Dame-du-Lac, Ste-Anne-de-la-Pocatière et Port-Meunier, Ile d’Anticosti.INSTRUCTIONS AUX ASPIRANTS ET AUX ASPIRANTES Toute personne qui se propose de subir l’examen devant le Bureau central doit, au moins ti ente jours avant Vépoque fixée pour l’examen, c’est-à-dire avant le mai, en informer Je secrétaire du Bureau et lui transmettre en même temps, conformément aux dispositions de la forme ci-après: 1.Un certificat de moralité signé par le curé ou le desservant de la paroisse où elle a résidé pendant les six mois précédant l’examen; 2.Son extrait baptistaire; 3.La somme exigée comme droit d’examen.Cette somme est de $4.00 pour l’examen du diplôme élémentaire de et $5.00 pour l’examen du diplôme supérieur.Pour être admis à l’examen, les aspirants et aspirantes devront avoir au mo ns dix-sept ans révolus le ou avant le 31 décembre prochain.On voudra bien ne pas oublier qu’il est tout à fait inutile de faire une demande d’admission à l’examen si l’on n’a pas l’âge réglementaire.Par arrêté ministériel en date du 28 novembre 1919, sur la recommandation du Comité catholique, l’article 83a a été ajouté aux règlements scolaires.Cet article se lit comme suit: “Cependant “une aspirante âgée d’au moins seize ans révolus ou qui aura atteint cet âge au trente et un décem-“bre qui suivra la date de l’examen, et qui promettra par écrit de se présenter l’année suivante “pour le brevet supérieur, pourra être admise à subir l’examen sur les matières du brevet élémen-“taire.Si elle réussit à cet examen, sur toutes les matières du dit brevet élémentaire, elle jouira “des exemptions accordées par le Bureau aux aspirantes au brevet supérieur, déjà munies de l’an-“cien diplôme modèle; mais elle n’aura pas le droit de réclamer un brevet élémentaire même lorsqu’elle aura atteint sa dix-septième année.” Le Bureau pourra donc admettre aux examens du brevet élémentaire des aspirantes ayant l’âge fixé par l’article qui précède, mais ces asp rantes devront transmettre au secrétaire du Bureau, à part tous les documents ordinaires: 1.Une promesse écrite de se présenter Vannée suivante pour Vexamen du diplôme supérieur; 2.Un certificat de la supérieure ou de la directrice de la maison d’éducation qu’elles ont fréquentée, attestant qu’au meilleur de sa connaissance, ces aspirantes ont réellement l’intention de revenir devant le Bureau pour y subir l’examen du diplôme supérieur.Voici la formule que chaque candidat devra remplir bien exactement et envoyer au secrétaire du Bureau central : - (Nom de la localité et date).Au secrétaire du Bureau central des examinateurs catholiques, Québec.Monsieur, , Je, soussigné.(écrire ses nom et prénoms), né.(indiquer Vendrait), domicilie a.(donner le lieu de résidence de ses parents), comté de (nom.du comté), ai l’honneur de vous informer que j’ai l’intention de me présenter à.(éciire le nom de la loccdité où Von doit se rendie pour l’examen), afin de subir l’examen en (dire si c’est en français ou en anglais, ou dans les deux langues), pour le brevet (élémentaire ou supérieur).J’ai l’honneur de vous transmettre la somme de $ (mettre le montant des droits d’examens exigés) et le certificat de moralité signé par le curé (ou desservant) de ma paroisse, ainsi oue mon extrait baptistaire.“Vous voudrez bien m’envoyer mon diplôme ou l’avis du résultat de mon examen a (nom du bureau de poste).“J’ai déjà obtenu le diplôme (élémentaire ou modèle) en l’annee (donner l année).Ge diplôme (ou certificat) porte le numéro (mentionner le numéro).(Signature de t aspirant).Le certificat de moralité peut être dans les termes suivants: “Je, sousigné, certifie oue j’ai personnellement connu et que j’ai eu l’occasion d observer “(les noms et prénoms de l’aspirant ou de l’aspirante) pendant (dire le nombre d’années ou de mois).“Durant tout ce temps, sa vie et sa conduite ont été sans reproches, et je crois qu’-est intègre et “consciencieux (ou consciencieuse).(Signature du curé ou du desservant de la paroisse).Les candidats qui ont été ajournés pour quelques matières à l’examen de juin dernier ne devront pas oublier de mentionner, dans leur nouvelle demande d’admission, le numéro d’ordre qui leur avait été assigné, et ils devront produire un autre certificat de moralité.BACHELIERS ÈS-ARTS, ÈS-LETTRES OU ÈS-SCIENCES Les porteurs du diplôme de bachelier décerne par une des Universités catholiques de la province de Québec qui se présentent devant le Bureau Central pour l’obtention d’un brevet de capa- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 433 cité pour l’enseignement, sont exemptés de subir l’examen sur toutes les matières, excepté l’agriculture, la pédagogie, la loi et les règlements scolaires, le dessin, le droit commercial, la comptabilité et la technologie (ar^'cZe amendé des tfègteircenfs scoZcwres).Ces bacheliers doivent faire leur demande d’admission conformément à la formule ci-dessus, produire un certificat de moralité et faire connaître en même temps à quelle date et par quelle Université le diplôme de bachelier ès-arts, ès-lettres ou ès-sciences leur a été décerné.Je demande comme une faveur toute spéciale aux personnes qui doivent se présenter à la prochaine session du Bureau de m’envoyer le plus tôt possible leur demande d’admission, accompagnée de tous les documents requis.Un trop grand nombre attendent au mois de mai pour demander leur admission.Tout candidat en règle recevra une carte d’admission à l’examen.On voudra bien faire recommander les lettres contenant de l’argent et l’on est prié de ne pas envoyer de timbres-poste pour payer le droit d’examen.Le Bureau ne fournit pas les plumes; chaque candidat devra donc apporter la sienne, ainsi qu’un crayon de mine de plomb, et une gomme à effacer.En ayant l’obligeance de se conformer fidèlement aux instructions qui précèdent, les aspirants et aspirantes aux diplômes faciliteront l’ouvrage très considérable que nécessite l’organisation des examens et ils me rendront par là même un service signalé.J.-N.Miller, Secrétaire.PEDAGOGIE NÉCESSITÉ DE L’AUTORITÉ DANS L’ENSEIGNEMENT Pour accomplir l’œuvre sublime si bien définie par l’illustre évoque d’Orléans, l’autorité est absolument nécessaire.Sans elle, dans la famille, comme dans la société, ce serait l’anarchie.“Là où tout le monde peut faire ce qu’il veut dit Bossuet, nul ne fait ce qu’il veut ; là où il n’y a point de maître, tout le monde est maître; là où tout le monde est maître, tout le m.onde est esclave”.Toute autorité vient de Dieu: les parents et les m.aîtres n’en sont donc que les dépositaires et ils doivent Yexercer en vue du plus grand bien de l’enfant.De là la nécessité d’un principe directeur dans l’exercice de l’autorité.L’éducation scolaire est nécessairement extra-familiale, mais elle ne doit pas être contre-familiale.C’est-à-dire que l’enfant catholique doit retrouver à l’école ou au collège les principes chrétiens qui sont à la base de la vie familiale.Ce qui arrive dans les écoles vraiment catholiques si le maître n’est pas seulement instituteur mais instituteur et éducateur tout à la fois.Dans les pays affligés de l’école neutre ou sans Dieu, les maîtres ne sont que des instructeurs.Ce qui faisait dire naguère à Emile Faguet que le professeur n’est “qu’un étranger” aux yeux des enfants.Un tel maître n’a pas d’autorité: il fait bien pénétrer dans l’esprit de l’enfant des notions littéraires, historiques ou scientifiques, m.ais il n’atteint pas véritablement l’âme de l’élève, qui le considère comme un étranger payé tant par mois pour lui apprendre certaines matières.Tout autre est l’influence du maître catholique, non seulement catholique de nom, mais catholique d’action.Lamartine, qui avait subi la double expérience d’un instructeur, puis d’un éducateur, fait l’aveu suivant: “Quand j’entrai au collège de Belly, je sentis en peu de jours la différence prodigieuse qu’il y a entre une éducation vénale, vendu à de malheureux enfants, par amour de l’or, par des industriels enseignants, et une éducation donnée au nom.de Dieu et inspirée par un religieux dévouement 434 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE dont le ciel seul est la récompense.Je n’y retrouvai pas la même mère, mais j’y retrouvai Dieu, la prière, la pureté, la charité, et une douce et paternelle surveillance, le ton bienveillant de la famille, des enfants aimés et aimants, des physionomies heureuses.C’est là que j’ai vu qu’on pouvait faire des hommes, non en les contraignant, mais en les inspirant.Le sentiment religieux qui animait nos maîtres nous animait tous.Ils avaient l’art de rendre ce sentiment aimable et sensible et de créer en nous la passion de Dieu.Avec un tel ievier placé dans nos propres cœurs, ils soulevaient tout.Quant à eux, ils ne faisaient pas semblant de nous aimer; ils nous aimaient véritablement, comme les saints aiment leur devoir, comme les ouvriers aiment leurs œuvres, comme les superbes aiment leur fierté.(1)”.Avant d’aller plus loin, disons que les parents doivent eux-mêmes donner Texemple à leurs enfants en considérant les maîtres, les bons maîtres, j’entends, comme étant de la famille et non comme des étrangers dont on parle à la légère et parfois sans respect pour l’autorité qu’ils représentent à l’école, celle du père et de la mère.Une éducation donnée au nom de Dieu, voilà le grand levier de l’autorité dans l’enseignement.Et l’esprit qui favorise l’exercice de cette autorité, c’est celui que rappelle Lamartine, en termes aussi éloquents que sincères.C.-J.Magnan.DE L’EDUCATION DANS LES PENSIONNATS DE JEUNES FILLES Conseils d’une supérieure de communauté à ses filles spirituelles et aux institutrices laïques.VOCATION ET PROGRÈS (suite) (2) Nous avons parlé de mains lumineuses.Il ne suffit pas que les nôtres soient ouvertes aux bonnes œuvres, toujours prêtes à semer, planter, arroser, à distribuer la laine et le lin ; elles doivent opérer leur travail au milieu d’une grande clarté, il faut que de leur centre il parte des rayons de lumière, afin qu’elles n’aient pas seulement la force, agissante, mais la prudence qui s’arrête, car la charité n’agit pas perpétuellement : elle sait trouver le repos de la réflexion, et du sein de ce repos jaillit une action nouvelle, toujours plus efficace et plus salutaire.Avez-vous des pieds agiles ?Allez donc avec la vélocité des anges, allez, et soyez, auprès des petits enfants, les aimables messagères de la bonne parole.Que vous êtes pauvre, ma chère institutrice, si vous n’avez point d’ailes pour voler au devoir, si vous y allez à pas de tortue, si votre cœur est encore plus lourd et plus lent que vos pas.Rien n’impatiente nos élèves comme une len- (1) Précieux témoignage cité par l’abbé F.Kieffer, dans son admirable ouvrage: L’Autorité dans la Famille et dans l’école.Paris, chez Gabriel Beauchesne, 1920.(2) Voir L’Enseignement Primaire de février 1927. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 435 teur compassée.La petite jeunesse s’accommode bien mieux des allures d’une personne vive, animée, fût-elle même un peu brusque, que de la douceur monotone d’une âme sainte, peut-être très intérieure, mais dont l’extérieur est à l’état de chrysalide.Il faut le mouvement, il faut les apparences de la vie; il faut être alerte, savoir presser la besogne en temps opportun, et ne pas marcher toujours d’un pas méthodique et mesuré; il faut cette vivacité, enfin, avec laquelle un cœur généreux se rend à l’appel du devoir, sans néanmoins renverser toutes choses sur son passage.Est-ce à dire qu’une bien haute perfection est requise de quiconque désire entrer dans la carrière de l’enseignement ?Non; mais pour qui veut se rendre propre à la grande œuvre de l’éducation, il faut l’absence de ces défauts saillants qui ruineraient à tout jamais l’influence qu’on doit exercer sur les élèves; il faut ces qualités naturelles qui prédisposent à l’amour, au dévouement, au sacrifice, à la lumière de l’intelligence; ces qualités qui, dans notre genre de vie, se transforment bientôt en vertus surnaturelles, pourvu qu’une étincelle d’en haut vienne y mettre le feu sacré, tombe sur l’holocauste et le brûle sans le consumer.Ce n’est pas tout.Une véritable vocation pour l’enseignement, suppose l’amour du progrès.Avez-vous cette noble émulation qui tend à progresser sans cesse ?Etes-vous disposée à marcher vous-même, à faire marcher vos élèves dans la voie du progrès moral, scientifique, social et matériel ?Sinon, ma chère, en ce siècle-ci, vous ne ferez pas grand’chose pour l’éducation.Nos humbles conseils embrasseront distinctement ces quatre parties.La première nous parait si importante que nous craignons de la faire trop longue; peut-être même la trouverez-vous un peu sévère.Dans l’innocence de votre belle âme, vous ne voyez pas trop ce qu’il y a à corriger chez vos élèves; bien moins encore chez vous.Cependant n’ayez pas peur, et veuillez nous suivre.Nous commencerons par étudier quelques-uns de ces états de l’âme, dont les symptômes extérieurs sont appelés caractères moraux; mais dans chaque tableau, nous aurons forcément à nous reconnaître nous-mêmes, de là cette sympathique indulgence pour nos jeunes compagnes d’infortune; de là le principe de cet amour tendre et pieux qui pardonne, qui préserve et qui prémunit, qui sauvegarde les âmes de ces blessures dont on se guérit si difficilement, dont il reste toujours des cicatrices, prêtes à se déchirer, sous certaines influences mauvaises.Chère institutrice, n’allez donc pas dire: “Que me fait le progrès moral?J’ai de la science, j’ai de la méthode, et je saurai bien faire plier les enfants, sinon par l’ascendant de la vertu, au moins par le despotisme de l’autorité.” Oh! reculez, je vous en prie, ôtez cette main téméraire, et ne touchez pas à ces plantes délicates que votre maniement va briser sur leur tige fragile.Il vous serait demandé compte des fleurs et des fruits qu’elles auraient dû porter.Vous aimez le progrès moral?eh, bien! vous tiendrez donc compte de vos défauts les plus légers, vous vous sentirez humiliée d’une tache, d’un grain de poussière; vous comprendrez donc que vous devez faire votre toilette spirituelle, car vous avez à comparaître tous les jours devant vos élèves qui voient tout, qui savent tout, qui ont une perspicacité à faire trembler les consciences les plus délicates aussi bien que les plus audacieuses.Voilà pour vous-même, Que si, dans l’éducation des âmes qui vous sont confiées, vous passez indifférente à côté de la perfection morale et que vous osez dire: “Peu m’importe! pourvu que mes élèves brillent par leurs talents et que le monde applaudisse!” vous êtes dans une déplorable erreur, et vous serez jugée par ces élèves elles-mêmes qui, dans les déchirements causés par leur faiblesse et leur inpuissance à porter le fardeau de la vie, par leur ignorance où chercher la vraie source des consolations, vous accuseront, sans trop s’en rendre compte, d’avoir cultivé leur 436 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE esprit au détriment de leur cœur et au profit de votre vanité, de n’avoir semé dans leur âme que des souffles d’égoïsme, d’orgueil, de sensualité, pour faire lever des tempêtes d’amertume et de colère.Après le jugement de Dieu, chère institutrice, c’est celui de nos élèves qui doit nous être le plus redoutable.C’est par le coté moral de notre système d’éducation que nous avons toujours été consolées, encouragées.Mes bien-aimées, jetez un coup d’œil rapide sur vos compagnes répandues dans la société, et jugez.Votre regard attendri en contemple un grand nombre dont l’aimable vertu consiste à étendre les ailes protectrices de la piété filiale sur de chers parents, et à leur faire bien doux le soir glacé de la vie.Vous voyez de courageuses jeunes filles qui, après avoir suivi avec la même assiduité les cours de science et de sainte morale, sauvent la fortune et le bonheur de leur famille en se dévouant avec un zèle admirable à la direction des affaires commerciales ou industrielles.Vous en comptez quelques-unes dans l’enseignement, et leur parole n’instruit si bien que parce qu’il sort de leur cœur ce fleuve d’eaux vivifiantes dont il est parlé dans l’Évangile.Des mères dignes et saintes savent, par l’abnégation la plus persévérante de tout repos, accomplir leur plus noble tâche, celle de garder l’innocence de leurs jeunes enfants.D’autres âmes d’élite passent leur vie à porter la consolation, partout où gémit l’infortune.Si elles n’avaient que de l’esprit, et le froid de l’égoïsme, de l’orgueil, où seraient ces œuvres d’amour qui demandent le.sacrifice incessant de soi-même ?Oh! si votre élève, chère institutrice, ne sort point de vos mains, radieuse de beauté morale, vous n’avez pas fait grand’chose pour son éducation.Or, lui donnerez-vous ce que vous ne possédez pas vous-même ?Voyez donc si vous n’êtes pas spirituellement malade; car si votre belle mission exige une solide constitution physique, elle réclame, à plus forte raison, un tempéramment moral bien conditionné, un cœur exubérant de santé.Nous faisons bien d’assainir nos salles d’école, de les inonder des flots de cet air pur et vif dans lequel on respire librement, largement, avec délices; mais, au milieu de cette atmosphère bienfaisante n’en oublions pas une autre bien plus salutaire encore, n’oublions pas les lois de l’hygiène spirituelle, et faisons respirer à nos enfants l’air pur de l’innoncence et de la vertu.Vous êtes animée de ces généreuses dispositions, dites-vous.Entrez donc dans le sanctuaire de l’école, les portes vous en sont toutes grandes ouvertes; entrez, vous avez le droit de dire à ces tendres enfants que vous voyez là: Venez, mes enfants, venez, je vous enseignerai la crainte du Seigneur.Sœur M.V.B.DE LA NÉCESSITÉ DU TRAVAIL CONTINUEL ET PERSONNEL CHEZ LES INSTITUTRICES (Étude inédite gracieusement communiquée à U Enseignement Primaire par M.J.-D.Dufour, professeur à l’École nomale de Sherbrooke.) "Un marchand, un avocat, même un médecin peut se dédoubler, être à "certaines heures, tout à sa profession; à d’autres heures père de famille, "homme du monde.Ce dédoublement, qui n’est jamais permis au pretre, "ne l’est pas davantage à l’institutrice”, disait M.le chanoine Audollent, L’ENSEtGNEMENT PRIMAIRE 437 à la retraite des Institutrices parisiennes, en 1912.En effet, le professorat exige l’être tout entier et c’est pourquoi les institutrices mariées me paraissent un non-sens: ou elles négligeront leurs élèves ou elles négligeront leur ménage.Le professorat est une carrière de dévouement absolu et demande le sacrifice de tout ce qui ne s’y rapporte pas: visites, parties de plaisir, dîners en ville, et même réunions de famille.C’est pourquoi le professorat religieux sera toujours et de beaucoup supérieur au professorat laïque.Qu’a fait Napoléon 1er de Saint-Denys, sinon une sorte de couvent laïque ?Notre préoccupation constante, je dirais presque unique, doit être nos élèves, d’où la nécessité absolue du travail personnel: 1° pour ne pas oublier; 2° pour acquérir; 3° pour nous tenir au courant des méthodes nouvelles: le professeur vieillit, son enseignement doit rester jeune, c’est une condition sine qua non.Il faut choisir dans ces méthodes nouvelles, donc les connaître, les expérimenter, mais prendre garde, en les expérimentant, que ce ne soit au détriment de nos élèves.Vers 1881, il était de mode de n’apprendre plus rien par cœur, sous prétexte de développer le jugement des enfants.Une famille m’a priée d’adopter cette méthode et le résultat a été funeste par suite du non développement de la mémoire de mon élève qui, toute sa vie, se plaindra de manquer de mémoire.Pour faire le bien que nous souhaitons, il faut que notre enseignement catholique soit au moins égal, voire même supérieur, à celui de nos adversaires.N’oublions pas cette parole si juste d’une Fille de la Charité: “L’enseignement “des choses profanes n’est que l’aiguille au moyen de laquelle nous devons “faire pénétrer, dans l’âme de nos élèves, le fil de l’enseignement chrétien”.Elle s’adressait à de jeunes Sœurs, destinées aux écoles.Au sujet de ce travail personnel si nécessaire, permettez-moi de vous rappeler l’exemple et les paroles de Mademoiselle Désir: En 1859, elle écrivait: “Mes puissances sont au Seigneur: ma vie intellectuelle lui appartient comme ma vie sensible, comme ma vie spirituelle.Réglons donc aussi les exercices de ma vie intellectuelle, ni trop, ni trop peu.“Je me perfectionnerai dans l’étude des langues: grecque, latine, anglaise, “italienne, allemande.Grecque et latine: je lirai chaque jour un morceau de “classique en déjeunant et en m’habillant.—Anglais, je traduirai tous les “matins une page.Je préparerai les cours avec soin.En corrigeant les devoirs, “je noterai ce qu’ils m’ont appris.” (1) Et plus loin: “Quand je pense qu’un jour Dieu me demandera compte de “tous les moments perdus”.Toute institutrice doit, jusqu’à la dernière heure “de son enseignement, entretenir, développer ses connaissances.“Je fais suivre à mes élèves la voie que j’ai suivie moi-même: celle du tra-“vail personnel sur des notes et des textes, plus que par l’audition des leçons de “professeur”,.en les défendant de cet esprit d’à peu près de toutes choses, “qui se contente de notions imparfaites et n’est ferme sur rien”.Fermières “d’en-haut, travaillant sur un fonds divin, avec un instrument divin, animées “d’un esprit divin, nous tendrons à Dieu et nous arriverons à Lui, non pas “seules, sans escorte, mais environnées d’âmes que nous aurons cultivées”.(2) Toutes ces notions sur la nécessité du travail personnel resteront confuses dans nos esprits, si nous ne faisons, en quelque sorte, une classification de ce travail.Comment donc organiser ce travail personnel qui, en somme, n’est que la préparation éloignée ou prochaine de nos leçons.Vous me permettrez de me (1) Une grande Institutrice, p.16 (2) Une grande Institutrice, pp.20, 30, 32, 62, 65. 438 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE restreindre à la préparation éloignée, la préparation prochaine, directe, pour chaque branche d’enseignement, étant, ce me semble, du ressort des conférences, pédagogiques que Mlle Warin vous fait si bien chaque premier dimanche.Je ne vous dirai rien non plus de la première des préparations: la prière.Sans être des saint Bonaventure, nous pouvons et nous devons puiser beaucoup aux pieds de notre Crucifix.(1) Il faut beaucoup lire.et cela seul demande beaucoup de temps! et lire “la plume à la main,” comme le voulait Mgr Dupanloup.Il faut prendre des notes et se faire des cahiers—répertoires, avec un répertoire général qui nous indique promptement dans quel cahier se trouve le l'enseignement dont nous avons besoin.Je disais, en commençant, qu’une institutrice est obligée de supprimer les visites, les réunions.Oui, et non.Mais elle peut, elle doit faire servir ces réunions à son enseignement, en mettant la conversation sur les sujets où les gens qui nous entourent sont les plus compétents, et en profiter pour nous instruire nous-mêmes, d’une foule de choses que nous trouverions dans des in-folios, (avec quel labeur!) et qu’on nous donne ainsi gratuitement.Il est bon d’avoir un cahier où l’on note les remarques, faites pendant les classes ou les leçons, sur le travail, le caractère, les défauts des élèves.Il faut connaître les livres dont se servent nos élèves, les bons, les mauvais, les médiocres, voir d’avance, dans ces livres, ce qui fera l’objet de la leçon, prévoir les difficultés, les questions à poser, celles aussi auxquelles nous pourrons avoir à répondre.Durant l’année scolaire, il faut souvent se restreindre, comme étude, à ce qu’on enseigne, ou du moins y donner tout le temps nécessaire, et déterminer ce temps .Imaginez-vous tout ce qu’on peut lire en consacrant à la lecture un seul quart d’heure par jour, mais un quart d’heure déterminé et immanquable.Je connais quelqu’un qui, en vingt années, a épuisé une bibliothèque considérable d’ouvrages très sérieux dont plus d’une page avait besoin d’une seconde lecture.Malgré tout ce travail exigé pour vos élèves, il vous restera du temps pour le travail personnel, car il ne faut pas préparer vos leçons trop longtemps d’avance; il faut “suivre les élèves, non les précéder”.On ne peut pas dire d’avance qu’à telle heure de tel jour, on en sera à tel point.mais on peut, on doit avoir un programme général de l’année, souvent même du trimestre.A l’époque des vacances, il faut revoir, à part soi, le travail accompli non-seulement dans l’année écoulée, mais dans les années précédentes, (je parle ici surtout pour les institutrices qui dirigent seules les études de leurs élèves) et dresser le plan du travail de l’année suivante.Il est utile de garder ces plans, car ils serviront pour d’autres élèves.Ne soyez pas, je vous en supplie, de ces professeurs qui, chaque année, répètent les mêmes mots!.Ne vous contentez pas d’un seul livre que vous savez par cœur et que vous répétez de même.Revoyez les anciens ouvrages et connaissez les nouveaux; en un mot: ayez un enseignement vivant, car “un “maître dont l’esprit cesse de faire des progrès, est comme un médecin qui “cesse d’étudier: il sème la mort autour de lui.” Mlle C.Dard, Institutrice française des Écoles libres de Paris.(1) Mot de saint Bernard: “Celui-là est oisif dans son labeur, qui ne travaille pas constamment, fermement L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 439 LA TAXE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE ET LA DÉPENSE DU THEATRE M.G.-E.Marquis, chef du Bureau provincial de la Statistique à Québec, publie, depuis quelques semaines, d’intéressants articles dans un quotidien de Montréal sur les statistiques se rapportant aux taxes scolaires et aux taxes des théâtres.M.Marquis, s’appuyant sur des chiffres officiels, a établi: lo qu’à Montréal pour l’année se terminant le 30 juin 1925.les dépenses des deux commissions scolaires se sont élevées à $13,968,689.Sur ce chiffre, la commission scolaire catholique a dépensé $9,976,368 et la commission protestante $3,992 321.A Québec, le total des dépenses faites pour la même période par les deux commissions scolaires, s’est élevé à $1,734,675.Sur ce montant les catholiques ont dépensé $1,647,753 et les protestantes $86,922.A ces sommes consacrées à l’éducation de la jeunesse, M.Marquis oppose les montants fabuleux dépensés en notre province pour les amusements:théâtres, vues animées, hipodro-mes, paris mutuels.Ces montants se sont élevés à $9,000.000, dont les quatres cinquièmes au moins dans les villes de Montréal et de Québec: Montréal, $8,000,000et Québec $700.000.Et M.Marquis de conclure avec raison: “Et’l’on dira après cela que la Province de Québec est pauvre et que les villes de Montréal et de Québec, en particulier, en sont rendues au point où elles sont incapables de trouver les revenus nécessaires pour abriter les enfants d’âge scolaire et les faire instruire”.C.-J.M.ET LE PETIT CATÉCHISME?Un peu vexée de ce que son fils, (jeune cancre) avait été renvoyé du catéchisme, une brave mère, interpella M.le Vicaire qui passait devant son logis: “M.le Vicaire, vous avez “renvoyé mon enfant ?“Pourquoi ?—-“Il ne sait pas suffisamment son catéchisme, madame”.—“Vous m’étonnez, il a dû être intimidé.Je vous assure qu’il répond bien à nos questions.“Voudriez-vous l’interroger encore ?tenez, le voici”—“Volontiers, madame!”—Le moutard s’amène, inquiet.—-“Posez-lui une question,” fait la maman, glorieuse.—-Alors le bon Vicaire: “Pourquoi dites-vous que l’Église est catholique, apostolique et romaine?”—-“Moi?réplique le gosse en levant des yeux indignés, je n’ai jamais dit cela de ma vie!!!” Sans être d’une telle indigence en catéchisme, beaucoup de gens n’en ont appris que juste ce qu’il faut peur en oublier quelque chose.Combien qui l’ont appris machinalement se sont donné la peine de le comprendre, de l’approfondir, de le développer par les lectures, par la réflexion, et par les notions puisées dans les instructions du dimanche ?Mais à quoi riment ces remarques en une chronique musicale?Voici: une de mes connaissances me faisait part d’une lettre ou l’on s’étonnait de voir des prêtres s’occuper de musique ou de chant.“Ce n’est pas ce que j’ai appris dans mon petit “catéchisme”, écrivait la pauvrette.Et à voir les “encorchures” (sic) qu’elle faisait à l’orthographe, on pouvait présumer les lacunes de son instruction religieuse.^ Louis Arnould, autrefois professeur de littérature française à Montréal, esprit d’élite, chrétien solide et ami très sincère des Canadiens français, faisait à notre sujet des observations très fondées, que je résume, n’en ayant pas le texte sous la main: “Combien de catholi-“ques, ici, en fait d’instruction religieuse, en sont restés aux seuls rudiments du catéchisme, “qui rougiraient de n’avoir pas, en d’autres branches (commerce, industrie, mécanique,) développé et agrandi le cercle de leurs connaissances! Et pourtant quelle science peut se “comparer en importance avec celle de la r ligion”?Ët c’est avec un aussi piètre bagage, que, très étourdiment, bon nombre s’érigent en juges ou en critiques sur des points où la compétence leur fait lamentablement défaut! La science du catéchisme est indispensable assurément; est-elle suffisante pour solutionner de façon satisfaisante une foule de questions étroitement liées à la religion ?Qui osera l’affirmer ?(Extrait de la chronique: “Le courant musical”—-L’Action Catholique, 22 janvier 1927.) L.-A.Muzette. 440 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE VERS LE PASSE Glanures scolaires (1857) C’est le mardi matin 3 mars 1857 que fut inaugurée,, à Montréal, l’École Normale Jacques-Cartier.Il y a donc soixante et dix ans, en ce présent mois, que cette belle institution est en pleine activité.Dans l’après-midi du même jour fut inaugurée aussi, pour les protestants; l’École Normale McGill, transférée, depuis quelques années, au McDonald College à Ste-Anne de Bellevue, P.Q.C’est dans l'ancien Hôtel du Gouvernement (aujourd’hui Château Ramsay, rue Notre-Dame) qu’eut lieu l’inauguration de l’École Normale Jacques-Cartier.Des personnes éminentes rehaussaient de leur présence cette démonstration ; tels N.N.S.S.les Evêques de Montréal et de Cydonia; Son Excellence le Commandant des Forces de Sa Majesté; M.Granet, supérieur du séminaire de St-Sulpice; le R.P.Martin, supérieur du Collège Ste-Marie; R.P.supérieur des Oblats; M.le grand vicaire Raymond, du Collège de St-Hyacinthe; M.le grand vicaire Mignault, supérieur du Collège de Chambly; M.Tassé, supérieur du Collège de Ste-Thérèse; M.Crevier, supérieur du Collège de Ste-Marie de Monncir; M.Lahaie, directeur des Clercs de St-Viateur; M.le directeur du Collège de Varennes; M.St-Germain, curé de St-Laurent; M.Porlier, curé de la Pointe-aux-Trembles; etc.On remarquait parmi les citoyens laïques: Son Honneur le Maire de Montréal, M.le Commandeur Viger, l’Honr râble M.Bourret, l’honorable M.Ferrier, M.Wolfred Nelson, M.Dawson, principal de l’École Normale McGill, MM.Child, Lanctôt, Hume, Béland, Painchaud et Dorval, inspecteurs d’école, etc.A cette belle fête scolaire, deux voix éloquentes et autorisées se firent entendre: S.G.Mgr Bourget, évêque de Montréal, et l’honorable P.-J.-O.Chauveau, surintendant de l’Éducation du Bas-Canada.Mgr l’Évêque de Montréal parla en des termes heureux de la nature de la première école normale catholique pour le Bas-Canada.Entre autres choses le vénérable pasteur dit : “Qu’il me soit permis d’adresser quelques mots aux élèves, ces tendres objets de la sollicitude du gouvernement et du clergé.Vous êtes réellement les fondateurs de l’école normale et de vous dépend son succès.Où êtes-vous maintenant ?Où serez-vous plus tard ?A la première question, je réponds que vous êtes dans une grande cité dont tous les habitants vous regardent; vous êtes dans une école maîtresse de toutes les autres écoles; vous êtes écoliers pour apprendre à devenir maîtres.Cette école est la source d’où coulera la véritable sagesse qui fait les bons et loyaux citoyens.J’espère que vous répondrez aux vues du gouverne: ment, qui fait pour vous, maintenant, de si nobles sacrifices.C’est donc une obligation pour vous de lui être fidèles, puisqu’il vous protège, et de ne jamais donner ici le spectacle dont la France fut témoin, quand les anciens élèves des écoles normales devinrent un jour les ennemis du gouvernement qui leur avait prodigué ses soins.“Que chaque instituteur devienne, dans la paroisse qu’il habitera, un modèle de piété sincère.Vous allez entrer en lutte avec les élèves d’une institution semblable à la vôtre, (l’École Normale McGill) qui va être inaugurée pareillement aujourd’hui; si vous en sortez vainqueurs, bannissez tout esprit d’orgueil, et tout sentiment de jalousie, si vous êtes vaincus.“Je réponds à la seconde question: vous serez sur le grand théâtre du monde, où vous attirerez bientôt tous les regards de votre pays, qui aura tout à attendre de l’éducation libérale et religieuse que vous aurez reçue.La position sociale qui va vous être faite, vous permettra d’ennoblir les fonctions d’instituteurs et d’en apprécier l’importance.Puisque l’éducation de la jeunesse de nos campagnes doit vous être confiée, apprenez à mériter la confiance des parents qui n’ont rien de plus cher que leurs enfants.“Vous aurez à partager, avec d’autres, la noble tâche de répandre cette éducation pratique qui fait le bon chrétien et le bon citoyen, et c’est par vos efforts que se développeront les talents naturels que l’on se plait à reconnaître dans notre population.” (1) (l) Le Journal de l’Instruction publique, mars 1857. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 441 M.P.-J.-O.Chauveau, Surintendant de l’Éducation du Bas-Canada, prononça aussi un discours cjiu fut goûté par tous.Comme toujours JVI.Chauveau fut très eloquent.Apres avoir cité une page des Mémoires de Jacques Cartier se rapportant à la visite du marin Malouin à Hochelaga, le Surintendant s’exprima comme suit: “Au lieu de cette étrange bourgade (Hochelaga), de cette ancienne ville sauvage, si bien décrite par Jacques Cartier, que voyons-nous maintenant ?Rien de plus, rien de moins que les prodiges opérés par le divin emblème que le navigateur de St-Malo avait, pour bien dire, imposé au seigneur d’Hochelaga, comme il appelait avec tant de courtoisie, le chef sauvage qu’il rencontra tout près d’ici; rien de plus, rien de moins, que les merveilleux développements de la civilisation chrétienne! “Les huttes des sauvages ont disparu et, sur le sol qu’elles couvraient, ont surgi des édifices imposants créés nar cet esprit tout à la fois religieux, progressif et commercial qui distingue notre peuple; à la place d’Hochelaga, aux toits d’écorce, s’élève Montréal, ville majestueuse, aux toits argentés, dont les clochers et les tours attirent de loin la vue de l'étranger.“Ici, un ancien collège continue à distribuer cette instruction religieuse et littéraire à laquelle tant d’hommes éminents parmi vous ont dû leurs succès.Plus loin, une université développe rapidement les ressources intellectuelles d’une autre partie de la population.Plus loin encore, un nouveau collège s’élève florissant et fait briller son dônrn au-dessus des autres monuments de la ville; partout, des couvents enseignants, des académies, de nombreuses écoles primaires distribuent le pain de l’intelligence à près de dix mille enfants.“Montréal, grand centre de commerce et d’industrie, peut donc aspirer à un rôle encore plus glorieux et plus noble.Si vous avez célébré avec enthousiasme l’ouverture d’un chemin de fer qui reliait votre commerce à toutes les parties de ce continent, avec quelle joie plus grande encore ne devez-vous pas saluer l’inauguration de deux institutions qui vont faire de votre ville le foyer intellectuel de plusieurs vastes districts! Ici viendront se former des essaims de jeunes instituteurs et de jeunes institutrices, qui, se répandant de tous côtés, ne cesseront eux-mêmes et les élèves qu’ils auront formés de regarder cette institution, et, par conséquent, cette ville, comme le berceau de toute leur science et la source de tout le bien qu’il leur sera donné de faire.” (1) Et plus loin, l’éloquent et éminent orateur fit, aux premiers élèves de l’Ecole Normale Jacques-Cartier, comme réprésentant de l’État, les judicieuses et salutaires remarques suivantes : “Vous êtes, Messieurs, les premiers élèves de l’École Normale Jacques-Cartier! Ce titre seul, si vous savez bien en apprécier l’importance, doit suffire pour vous encourager.Le pays tout entier a les yeux sur vous: vous n’êtes point comme les élèves ordinaires d’un collège ou d’une autre maison d’éducation; ce n’est pas seulement de votre propre sort, mais encore du sort de plusieurs générations d’enfants, confiés plus tard à vcs seins, que vous allez décider par votre application et par votre bonne conduite.Votre responsabilité est grande, mais, les ressources mises à votre disposition sont à la hauteur de la tâche qu’on vous impose.Vous trouverez, dans M.le principal, (M.l’abbé Hospice Verreau) un prêtre zélé, un ami éclairé, qui vous aidera à triompher de tous les obstacles et qui a lui-meme tous les talents et toute l’énergie nécessaire dans une oeuvre aussi difficile.Les autres professeurs (M.Léopold Devismes, M.Dominique Boudrias, M.Patrick Delaney et M.J.-B.Labelle) se montreront, j’en suis certain, dignes de votre confiance: ils feront leur devoir, et Dieu fera le reste.” - S.G.Mgr Bourget et l’honorable M.Chauveau furent donc les deux parrains de 1 E-cole Normale Jacques-Cartier, et avouons que le choix ne pouvait être plus heureux.Le programme tracé par ces deux distingués personnages a été suivi fidèlement à l’École Normale Jacques-Cartier qui devançait, de deux mois, sa sœur de Québec, l’École Normale Laval, inaugurée le douze mai 1857.(1) Le Journal de VInstruction publique.Pierre-Paul Magnan, Professeur à l’École Normale Laval de Québec. 442 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MÉTHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUÉE A L’ÉCOLE PRIMAIRE COMPLÉMENTAIRE ET A L’ÉCOLE NORMALE BOSSUET La mort de Madame (Pour ‘l U Enseignement Primaire,’) Considérez, messieurs, ces grandes puissances que nous regardons de si bas.Pendant que nous tremblons sous leur main, Dieu les frappe pour nous avertir.Leur élévation en est la cause: et il les épargne si peu qu’il ne craint pas de les sacrifier à l’instruction du reste des hommes.Chrétiens, ne murmurez pas si Madame a été choisie pour nous donner une telle instruction: il n’y a rien ici de rude pour elle, puisque, comme vous le verrez dans la suite, Dieu la sauve par lemême coup qu’il nous instruit.Nous devrions être assez convaincus de notre néant; mais s’il faut des coups de surprise à nos cœurs enchantés de l’amour du monde, celui-ci est assez grand et assez terrible.O nuit désastreuse ! ô nuit effroyable où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle : Madame se meurt! Madame est morte! Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille! Au premier bruit d’un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts; on trouve tout consterné, excepté le cœur de cette princesse; partout on entend des cris, partout on voit la douleur et le désespoir, et l’image de la mort.Le roi, la reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré; et il me semble que je vois l’accomplissement de cette parole du prophète: “Le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d’étonnement.” Mais et les princes, et les peuples gémissaient en vain: en vain Monsieur, en vain le Roi même tenait Madame serrée par de si étroits embrassements.Alors ils pouvaient dire lùm et l’autre avec saint Ambroise: “Stringebam brachia, sed jam amiseram quem tenebam: “je serrais les bras, mais j’avais déjà perdu ce que je tenais.” La princesse leur échappait parmi des embrassements si tendres, et la mort plus puissante nous l’enlevait entre ces royales mains.Quoi donc! elle devait périr sitôt! Dans la plupart des hommes les changements se font peu à peu, et la mort les prépare ordinairement à son dernier coup.Madame cependant a passé du matin au soir, ainsi que l’herbe des champs; le matin elle fleurissait, avec quelle grâce vous le savez; le soir nous la vîmes séchée, et ces fortes expressions par lesquelles l’Écri-ture.Sainte exagère l’inconstance des choses humaines devaient être pour cette princesse si précises et si littérales! (Oraison Funèbre d’Henriette d’Angleterre).EXPLICATION LITTÉRALE Madame: Sous l’ancienne monarchie française, Monsieur c’est le frère du Roi; Madame, c’est la femme de Monsieur, donc la belle-sœur du Roi.—Celle dont parle ici Bossuet, c’est Henriette d’Angleterre, fille du rci Charles 1er et d’Henriette de France, elle-même fille d’Henri IV.Par son mariage avec Monsieur, Henriette d’Angleterre devint la belle-sœur de Louis XIV, dont elle était déjà la cousine germaine.Considéiez: regardez attentivement sous toutes les faces.Ces grandes 'puissances: Ceux qui possèdent une grande puissance.Pour nous avertir: Le verbe avertir s’accompagne en général d’un complément indirect qui indique l’objet de l’avertissement: avertir quelqu’un d’un danger.Ici, il s’agit d’un avertissement général donné par Dieu; d’où l’absence de complément indirect.Leur élévation en est la cause: Leur élévation est la cause de ce fait que Dieu les frappe pour nous avertir.Une telle instruction: une telle leçon. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 443 Rude: dur à supporter.Des coups de surprises: des coups qui surprennent, comme un malheur inattendu.Nos oœurs enchantés: Enchanter, c’est proprement soumettre quelqu’un ou quelque chose à une influence irrésistible.C’est ici le sens: l’amour du monde exerce sur nos cœurs une influence irrésistible.Nuit désastreuse: nuit qui amena un désastre, c’est-à-dire un malheur qui cause une ruine.Effroyable: qui cause de l’effroi; et l’effroi c’est le saisissement causé par la frayeur.Retentit: arrive soudain comme un bruit violent.Cette étonnante nouvelle: Étonner signifiait, à l’origine, provoquer une forte commotion.L’épithète a donc ici une énergie singulière: qui frappe comme un coup de tonnerre.Se mourir: être en train de mourir.Madame se meurt! Madame est morte!: Ce rapprochement des deux temps (présent, parfait) exprime bien la brutale rapidité de la catastrophe.A ce coup: ]o la préposition à a un sens temporelZors de ce cowp.2o coup = tout événement inattendu et douloureux.Accident tragique: accident comme il en arrive dans les tragédies, c’est-à-dire particulièrement funeste.Désoler: frapper d’une affliction excessive.Au premier bruit: à la première nouvelle.Mal si étrange: La maladie de Madame, à cause de sa soudaineté et de sa violence, parut inexplicable.Saint-Cloud: Madame résidait alors au château de Saint-Cloud, proche de Versailles.Consterné: sens étymologique, couché à terre (cf.se prosterner).Donc, ici, complètement abattu.Le cœur de cette pyincesse: Le cœur, c’est ici le siège de la force d’âme.U image de la mort: sur la figure de Madame, d’abord; puis les spectateurs, les lieux mêmes prennent l’air désolé qu’imposent les approches de la mort.Abattu: renversé à force d’avoir été battu.L’accomplissement: la réalisation.Le prophète: ici, le prophète Ézéchiel, VII, 27.Gémissaient: gémir, c’est faire entendre une plainte inarticulée.En vain Monsieur, en vain le Roi même tenait: Deux sujets et cependant verbe au singulier.Construction régulière, puisqu’il y a gradation, et que l’attention se perte surtout sur le second terme: le Roi même.La princesse leur échappait: ccmme si son corps s’était envolé avec son souffle.Parmi des embrassements: Au milieu de ces embrassements, et malgré eux, la princesse échappait.Bien se rappeler qu’embrasser ne veut pas dire donner un baiser, mais prendre, serrer dans ses bras.La mort plus puissante: que les étreintes de Monsieur et du Roi.Quoi donc' cri d’étonnement, et presque de protestation devant un tel malheur.Elle devait périr: sa destinée était de périr.Sitôt: à vingt-six ans.Dans la plupart: chez la plupart.Les changements: d’aspect, de santé, qu’amène l’âge.La mort les prépare: les, c’est-à-dire les hommes; avertis par ces changements progressifs, les hommes sentent peu à peu venir la mort.Madame cependant: malgré cette espèce de coutume suivie par la mort.A passé: le verbe passer employé au sens intransitif, avec l’auxiliaire avoir, s’applique souvent aux plantes qui perdent leur éclat, leur fraîcheur, et, par analogie, aux personnes.Ainsi que l’herbe des champs: comparaison empruntée au Psaume Cil, v.15.Elle fleurissait: la grâce souriante, épanouie, de Madame était célèbre.Vous le savez, de cette beauté, de cette grâce, les auditeurs de Bossuet avaient été témoins.Séchée: Bossuet achève sa comparaison avec l’herbe des champs.Ces fortes expressions: le Psaume Cil dit exactement: L’homme n’est qu’une herbe; il ne fleurira qu’un jour, telle l’herbe des champs.Si précises et si littérales: Elles devaient, pour ainsi dire, se réaliser au sens précis, littéral, puisque Madame passa en quelques heures seulement. 444 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ANALYSE LITTÉRAIRE I— L’intention de.Bossuet.Une Oraison funèbre, c’est d’abord l’éloge d’un défunt illustre.Bossuet n’a garde de manquer aux lois du genre, et c’est bien pour Madame qu’il sollicite, dans ce discours, l’estime, l’admiration en même temps que la pitié.Mais, différente en cela du Panégyrique purement laïque que pratiquèrent les orateurs anciens, l’Oraison funèbre doit servir à la gloire de Dieu par l’édification des auditeurs.A ce devoir, Bossuet s’applique, pour le moins, autant qu’au premier: et l’Oraison funèbre de Madame, par exemple, est un vrai sermon sur la mort.Son intention didactique se manifeste dès les dix premières lignes de notre texte, et voici, en bref, la thème de son “instruction”.1° Provoqués par la Providence, les malheurs des grands servent à l’enseignement des foules.2° Ainsi la mort de Madame, dans sa brutale soudaineté.3° D’ailleurs, et en dépit des apparences, cette catastrophe fut, pour Madame elle-même, un bienfait.Puis pour que son auditoire ne perde pas de vue cette intention, Bossuet emprunte sans cesse à l’Écriture ou aux Pères les expressions de son étonnement et de son chagrin: 1° Il me semble que je vois l’accomplissement de cette parole du prophète: “Le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d’étonnement.” 2° Mais ils pouvaient dire l’un et l’autre avec saint Ambroise: “Je serrais les bras, mais j’avais déjà perdu ce que je tenais.” 3° .Ces fortes expressions, par lesquelles l’Écriture exagère l’inconstance des choses humaines devaient être pour cette princesse si précises et si littérales.Ainsi, dans la tragique aventure d’Henriette d’Angleterre, montre-t-il avec insistance, et d’abord un exemple et une leçon.Enfin, au terme de ce développement, que nous avons dû écour er, Bossuet revient à cette idée générale de la mort et de l’anéantissement corporel qui est le thème essentiel de son discours: “Notre chair change bientôt de nature: notre corps prend un autre nom; même celui de cadavre .ne lui demeure pas longtemps; il devient un je ne sais quoi qui n’a plus de nom dans aucune langue, tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu’à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ces malheureux restes!” Ce fragment d’Oraison funèbre est donc bien un fragment de sermon.II— L’art et le génie de Bossuet: C’est en même temps un modèle de récit pathétiques.Sans doute, les faits parlaient d’eux-mêmes et le récit le plus simple pouvait devenir én ouvant.Mais témoin des événements, Bossuet les a reconstitués avec force; associé à la douleur de la Cour et du Roi lui-même, il a, sans vaine pompe, su peindre avec mxijesté ce deuil universel, ce deuil royal; frappé dans son cœur d’ami et de prêtre, il a exhalé sa douleur avec une simplicité touchante en même temps qu’avec une imagination de poète.La vigueur, la puissance même, c’est la qualité première de ce récit.La catastrophe fut soudaine, violente, bientôt irréparable.D’où l’abondance des exclamations, des épithètes, des verbes expressifs, des comparaisons hyperboliques: “O nuit désastreuse! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle: Madame se meurt! Madame est morte!” Mais plus que sur la victime elle-même, l’orateur semble vouloir attirer notre attention sur les spectateurs de sa mort.Le tableau s’élargit donc; et voici qu’accourent “le Roi, la Reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple”.Et nous avons la sensation d’une agitation bruyante, presque désordonnée (“partout on entend des cris, partout on voit la douleur et/e cfésespofr, et l’image même de la mort,”) à la quelle succède une morne stupeur: ^(“Le Roi, la Reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré.”) Et voici la lutte suprême.Madame, elle, demeure calme et accepte.Mais les siens refusent de l’abandonner; vraiment ils la disputent à la mort; ils l’embrassent, ils l’étreignent et la mort doit user de toute sa puissance pour la leur arracher.Combat étrange, duel tragique qui rappelle, peintes ou versifiées, les danses macabres de notre Moyen-Age.Ainsi Bossuet peint avec force l’horreur de cette scène. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 445 Il lui conserve cependant une juste et necessaire dignité.Ici, la noblesse des titres et des ¦épithètes correspond exactement à la dignité des personnes et des circonstances.("On trouve tout consterné, excepté le cœur de cette princesse.La mort.1 enlevait entre ces royales mains.) En les employant, Bossuet fait mieux que flatter les prétentions de ses auditeurs, ou respecter les ordonnances d’un protocole rigoureux.En rappelant sans cesse la qualité de ses personnages, il rend plus frappante leur aventure (un Roi disputant de ses mains une princesse à la Mort, encore une fois, quel spectacle!) et plus exemplaire la leçon qui s’en dégage: “La princesse leur échappait parmi des embrassements si tendres, et la mort plus puissante nous l’enlevait entre ces royales mains.” l Pour renforcer l’autorité de sa propre parole, Bossuet en appelle aux témoins les plus augustes: Pères de l’Église et Prophètes.Ayant peint lui-meme 1 abattement, le désespoir du peuple, de la cour, de Monsieur, de la Reine, du Roi, il ajoute .Il me semble oue je vois l’accomplissement de cette parole du prophète: ( Le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d’étonnement.” Pour montrer l’impuissance de Monsieur et du Roi même centre la mort, il évoque un autre deuil fraternel: “Alors ils pouvaient dire l’un et l’autre avec saint Ambroise^ Stringe-bam brachia, sedjam amiseram quem tenebam: Je serrais les bras, mais j avais déjà pendu ce que ie tenais.” ., "Enfin s’il ose comparer Madame à l’herbe des champs flétrie en quelques heures, c est en adoptant les termes d’Ezéchiel.Qui contesterait qu’appliquées si exactement aux circonstances et aux personnes, les leçons du Prophète, du Psalmiste, du Père de l’Église n’ajoutent à l’autorité du sermcnnaire, et que la sainteté, le génie de ces témoins inspires n’ennoblissent encore la majesté de sa parole?.• .Cependant ni devant une catastrophe royale, ni devant la sainteté scJennelle du texte sacré, Bossuet ne renonce à la simplicité que lui avait enseignée saint Vincent de Paul, non plus qu’à laisser parler son cœur._ .Ici, rien de froid, rien de compassé; pas de pompe officielle et banale; mais, sous 1 ample et magnifique draperie du discours, le frémissement même de la vie.Bossuet avait connu Madame: devenu son confident, son directeur, il avait plaint ses malheurs, aimé son âme, imprudente parfois, mais généreuse et noble.La mort foudroyante de sa pénitente l’atteignit en son âme de prêtre.Il ne songea pas à taire sa propre douleur.Quand il s’écrie: “O nuit désastreuse! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle: Madame se meurt! Madame est morte!” il apporte mieux qu’un écho ; c’est sa stupeur, c’est son effroi qu’il exprime.N Ajoute-t-il pas aussitôt: ilQui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille?” Qui se rappelle la discrétion rigoureuse du 17e siècle (Le moi est haïssable, avait écrit Pascal), et plus particulièrement la réserve de la chaire chrétienne, saisira l’importance de cet aveu: “qui de nous, etc.” et sentira palpiter le cœur de Bossuet.De même, il a beau, à l’appui de son récit, invoquer le témoignage d’un étranger eL par conséquent donner à sa parole un caractère volontairement impersonnel; son émotion l’emporte et, comme malgré lui, il intervient avec ses souvenirs propres.Tout est abattu, tout est désespéré, et il me semble que je vois l’accomplissement de cette parole du prophète .etc.Plus loin, pareillement, quelle complaisance à évoquer la jeunesse de Madame: 1 Le matin elle fleurissait: avec quelle grâce, vous le savez.”; et quelle mélancolie dans 1 image de sa disparition: “Madame cependant a passé du matin au soir, ainsi que 1 herl e des champs: le matin, elle fleurissait: avec quelle grâce, vous le savez; le soir, nous la vîmes séchée.Jeunes femmes, jeunes filles mortes prématurément, que de poètes vous ont apporté l’hommage de leurs larmes, que de vers où vous êtes, vous aussi, comparées à la fleur “feuille à feuille déclose”.Mais ni les lamentations de Ronsard : Ainsi en ta première et jeune nouveauté, Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté, La Parque l’a tuée, et cendre tu reposes; ni le distique fameux de Malherbe: Et, rose, elle a vécu ce que vivent les roses: L’espace d’un matin; ne sont plus émouvants que la phrase plus simple, plus familière même du prédicateur: “Madame cependant a passé du matin jusqu’au soir: comme l’herbe des champs le matin elle fleurissait: avec quelle grâce, vous le savez, le soir, nous la vîmes séchée.” 446 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Bossuet, on le voit, a su respecter les exigences diverses, sinon contradictoires, de ce genre difficile entre tous, BOraison funèbre.Orateur officiel, il accorde aux grands de ce monde l’hommage convenable: prédicateur, il fait tourner cet hommage au bien des âmes et à la gloire de Dieu, apportant à Taccomplissement de ce double devoir, une sincérité absolue ; il ne craint pas de laisser parler son cœur, et si nous acceptons volontiers le témoignage du panégyriste et, fût-elle rude, la leçon du prêtre, c’est que, derrière l’un et l’autre, nous découvrons l’homme avec sa loyauté, son désintéressement et sa bonté.Gaillard de Champris.LE DESSIN A L’ECOLE PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE (Pour “L’Enseignement Primaire”.) MARS Étude de la surface rectiligne dans le plan vertical.Modèles à emprunter: La porte, la fenêtre, les cadres, le carton à dessin, le paravant, etc., etc.1ère année.—-1ère semaine:—-Dessin perspectif: Une courroie à rasoir.2ème semaine:—Dessin perspectif: Une grande enveloppe.Sème semaine:—Dessin de mémoire: Un crayon.J+ème semaine:—Dessin décoratif : Décorer le carré.2ième année.—-1ère semaine:—-Dessin perspectif: Un cadre.2ème semaine:—Dessin perspectif : Un tré.Sème semaine:—-Dessin de mémoire: Un balai.4ème sernaine:—Dessin décoratif : Décorer le carré.Sième année.—1ère semaine:—1ère Leçon: Dessin perspectif: Un livre.2ème Leçon: Dessin géom.: Un tiroir simple.2ème semaine:—1ère Leçon: Dessin perspectif: Valise à main.2ème Leçon: Dessin géométrique: Tiroir avec divisions.Sème semaine:—-1ère Leçon: Dessin de mémoire: Une pipe.2ème Leçon: Dessin géom.: Encrier de pupitre.4è?ne semaine:—1ère Leçon: Dessin décoratif: Décorer un carré.2ème Leçon: Dessin géom.: Échelle IH P°- au pi- 4ième année.—1ère semaine:—-1ère Leçon: Dessin perspectif: Porte ouverte.2ème Leçon: Dessin géom.: Clé anglaise (3 vues).2ème semaine:—-1ère Leçon: Dessin perspectif: Fenêtre ouverte.2ème Leçon: Dessin géom.: Un marteau (3 vues).Sème semaine:—1ère Leçon: Dessin de mémoire: Un homme assis sur une souche.2ème Leçon: Dessin géom.: Échelle ^2 po.au pi.4-ème semaine:—lève Leçon: Dessin décoratif: Décoration du cercle.2ème Leçon: Dessin géom.: Exercices à l’échelle Y2 po.au pi.Sième année.—1ère semaine:—lève Leçon: Dessin perspectif: Un coin de corridor, de classe, etc.,.2ème Leçon: Dessin géom.: Une roue d’engrenage.2ème semaine:—lève Leçon: Dessin perspectif: Planches debout disposées en forme de V; écran, etc.2ème Leçon: Dessin géom.: Perforateur à papier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 447 *2 s&ï-rru S"éhprutJL' / yd&r?-v< -J2 - / ^dJL-'^-rzs' J ^
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