L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 septembre 1927, Septembre
49e Vol.Québec, Septembre 1927 N° 1 L'ENSEIGNEMENT PRIMMNE ÉDUCATION - INSTRUCTION PÉDAGOGIE COMMENT EXERCER L’AUTORITE EN CLASSE (I> Tout d’abord, rappelons que l’autorité n’est pas seulement “l’art d’obtenir la crainte, le respect et l’obéissance”.C’est, avant tout, “l’art de se faire estimer et aimer des élèves, en les aimant surnaturellement, et en obtenant ainsi la crainte, le respect, l’obéissance et surtout la confiance affectueuse.” L’autorité, la vraie, exige donc un mélange de fermeté et de douceur.A ces qualités fondamentales, il faut savoir ajouter ce que la formation professionnelle et l’expérience procurent, c’est-à-dire les qualités qui favorisent, dans une large mesure, l’exercice de l’autorité.Les traités de pédagogie ramènent ces qualités à trois chefs: les qualités physiques, les qualités intelleôtuelles, les qualités morales.Ajoutons Y organisation disciplinaire, indispensable à l’exercice de l’autorité.QUALITÉS PHYSIQUES Des qualités physiques, nous ne dirons qu’un mot: On a la taille que Dieu nous donne, mais on peut et on doit s’habituer à voir, à observer, à entendre) on doit aussi veiller à sa tenue: la bonne tenue extérieure avec la réserve ét la discrétion, constitue la dignité personnelle, indispensable à l’autorité du maître.Les enfants sont observateurs et rien ne leur échappe.La voix est aussi un excellent instrument de discipline.Celle du maître doit être agréable, nette, bien disciplinée.Ce dernier ne doit parler ni trop haut, ni trop bas, mais distincte-meht.Les bredouilleurs et les bouches molles ne seront toujours que des maîtres médiocres.Quand le maître pàrle, il doit exiger des élèves un silence absolu, ne pas se contenter d’un silence relatif; en dehors des leçons, qu’il parle peu mais à propos; ne jamais élever la voix outre mesure, ni crier comme un sourd.Quand je dis qffe le maître doit pkrler peu, je ne veux nullement dire qu’il doit jouer le rôle d’un sourd-muet.Telle n’est pas ma pensée.Il doit faire une classe vivante, intéressante et réserver sa parole pour cela.QUALITÉS INTELLECTUELLES Dans^son excellent Manuel de pédagogie, Mgr Ross énumère comme suit les qualités intellectuelles indispensable^ à l’institutrice (et à l’institutelur également, ajouterons-nous) : “Qualités intelle'ctuelles, un esprit juste est souple pour saisir facilement les difficultés et être capable d’en présenter la solution de la manière qui s’adapte {\) P&ns L'Enseignement primaire, septembre 1926, De l'Autorité; mars \§27, Nécessité de VAutorité; avril 1927, Del'exercice del’Autorité. 2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE le mieux à l’intelligence de chacnn,—une bonne connaissance des matières de l’enseignement pour en rendre l’explication claire et en saisir l’enchaînement,— la science des méthodes, pour utiliser les procédés, apporte!1 la clarté, donner le relief qui l’aideront à mieux communiquer sa science,,—et par-dessus tout un jugement droit, ce qu’on appelle le bon sens, qui maintient l’équilibre entre toutes les facultés et permet à quelqu’un de faire valoir les dons de sa nature.Une institutrice de bon seas sait observer pour découvrir les causes de ses succès ou de ses échecs, pour étudier le caractère et la tournure d’esprit de chaque élève, afin de s’adapter à tous les tempéraments;—elle comprend qu’il faut développer la personnalité de chacun suivant sa nature et qu’on ne peut jeter tous les esprits et tous les tempéraments dans le même moule;—elle a du tact pour varier ses moyens suivant les circonstances de personnes, de temps et—-de lieux;—elle sait distinguer entre les fautes de légèreté et le mauvais vouloir;— elle sait approprier la matière et la longueur de ses devoirs à la capacité de ses élèves,—elle tient compte de l’effort plus que du succès,—elle encourage et ne rebute jamais.“Cette qualité est la plus nécessaire à ceux qui ont charge de la conduite des autres.Sans elle les natures les plus richement douées n’accompliront aucune œuvre solide.” Ce minimum de qualités intellectuelles qu’indique Mgr Ross, constitue un ensemble imposant qui ne se retrouve pas toujours, malheureusement, chez tpus les éducateurs.Cependant, en y réfléchissant bien, l’absence d’une des qualités ci-dessus énumérées peut compromettre l’autorité du maître, en classe.Est-il possible de réussir dans sa classe sans un esprit juste, tact et bon sens ?La connaissance des branches du programme et la bonne manière des enseigner s’imposent aussi.Le sens de l’observation est indispensable chez l’instituteur comme chez l’institutrice.Le maître qui ne sait pas observer va à un échec certain.L’auteur des Paillettes d’Or, dans ses incomparables Notes pédagogiques, insiste sur le bon sens, une qualité naturelle, “une sorte de tact, d’à-propos, de goût, qui fait discerner comme par instinct: ce qui est vrai de ce qui est faux, ce qui est bien d’avec ce qui est mal, ce qui est utile d’avec ce qui est nuisible.C’est la faculté de deviner ce qu’il faut faire dans un moment pressant.” Le bon sens, ajoute le même auteur, est le nom vulgaire du jugement droit, juste et sûr, s’appliquant à la conduite de la vie—c’est la prudence en action.On voit souvent, dit Paul Janet, des esprits brillants, faciles, échouer dans tout ce qu’ils entreprennent, faute d’un grain de bon sens.Les esprits brillants ne font jamais ce qu’il faut faire; ils ne voient pas ce qu’ils devraient voir.“Us grossissent ou atténuent les choses à leur gré—maw-quent les plus faciles—attaquent les difficultés sans les avoir prévues—et se trompent toujours ne croyant jamais se tromper (1).” Le bon sens est donc un moyen d’autorité, moyen essentiel, j’oserais dire, dans l’enseignement.Évidemment, le bon sens ne peut suppléer à l’instruction et ne rend pas le maître impeccable.Mais avec du bon sens, il se trompera plus rarement et se trompera moins grossièrement.Le bon sens apprend même à faire plier un article du règlement sans secousse ni désordre.Mais on dira: “Le bon sens ne s’achète pas, peut-on l’acquérir?”—Il ne s’achète ni ne s’acquiert: il se développe.Le bon sens ne manque jamais totalement à une personne qui sent en elle la vocation d’éducatrice.Aux débu- (l) L’auteur des Paillettes d’Or. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3 tants et débutantes dans l’enseignement, nous dirons : Observez-vous d’abord, soyez prudents, puis observez les maîtres d’expérience; ayez assez d’esprit pour ne pas vous plaindre des difficultés des premiers jours de classe, mais demandez conseil à qui de droit; sachez attendre et lutter contre le découragement; n’oubliez pas que la plupart des maîtres et des maîtresses d’expérience qui font votre admiration sont passés par les difficultés contre lesquelles vous avez à lutter.Prenez donc patience et persévérez dans vos louables efforts, et Dieu aidant, ces encourageantes paroles de La Fontaine se vérifieront: D’abord on s’y prend mal Puis mieux, puis bien, Puis enfin, il ne manque rien.QUALITÉS MORALES Les qualités physiques et les qualités intellectuelles les plus appréciables ne sauraient seules constituer toute l’armature de l’Autorité dans l’enseignement.Sans les qualités morales nées du christianisme, le maître le plus instruit et le mieux doué au point de vue physique, ne saura jamais exercer la véritable autorité en classe, l’autorité morale.Cette autorité repose sur les vertus chrétiennes] piété, charité, justice, patience, douceur, fermeté, amour.Ajoutons à ces qualités morales essentielles: une tenue et une conduite irréprochables.Mais l’acquisition et la pratique loyale de ces vertus suppose du caractère, un bon caractère.Nul n’a mieux parlé du bon caractère que l’abbé Guibert.Dans son admirable petit livre Le Caractère, l’abbé Guibert (qui est aussi l’auteur d’un autre ouvrage bien connu: l’Éducateur Apôtre) parle ainsi du bon caractère: “Vous avez un bon caractère: quel bénéfice en retirez-vous?“En vous prêtant un bon caractère, je suppose d’abord que vous êtes affable, doux, complaisant, que vous vous êtes imposé la loi de ne blesser personne volontairement; je suppose ensuite que, par des efforts persévérants, vous avez affaibli les tendances mauvaises de votre nature et donné la prépondérance aux inclinations nobles; je suppose enfin qu’ayant achevé, à travers de longs combats, la conquête de vous-même, vous avez dans vos mains, vos énergies morales, comme un capitaine dispose des soldats qu’il a disciplinés pour la lutte.Car un caractère n’est entièrement bon, que s’il répond à toutes ces notes ensemble.“Ce caractère est le vôtre: que vous rapportera-t-il?“Il vous rapportera les deux choses qu’ambitionnent le plus les hommes: le bonheur et la puissance, la joie dans l’âme et l’influence sociale.“Vous serez heureux, le premier, de votre bon caractère.Vos pensées bienveillantes et vos sentiments de charité, avant de s’exprimer en paroles douces et en attitudes affables, vous seront une jouissance au cœur.Vous vous plairez vous-même dans votre propre compagnie.Car les rayons de la joie ne se réflète-ront sur votre visage et n’éclaireront les autres, que s’ils ont d’abord illuminé votre cœur d’où ils doivent jaillir comme de leur foyer.Ce charme séduisant que respirait tout d’abord saint François de Sales, et qui enveloppait comme d’un atmosphère de bien-être tous ceux qui l’approchaient, pensez-vous qu’il ne le goûtait pas lui-même à une haute intensité?et n’était-ce pas là qu’il trouvait cette paix suave où reposait son âme ?Ainsi que l’a remarqué Joubert, “la bonne humeur est féconde en idées riantes, en perspectives, en espérances .La gaieté clarifie l’esprit, au lieu que l’ennui l’embrouille”. 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le caractère, le bon caractère est donc un élément indispensable d’autorité.Le maître qui a du caractère est fort, et ayant conscience de sa force morale, il est calme, doux, patient.Lacordaire dit quelque part que l’homme de caractère arrive à son but plus vite et plus sûrement que par le talent.Bonald disait aussi bien justement que si “on soulève un peuple avec des opinions, on ne le gouverne que par son caractère.’’ Cette pensée est d’application facile à l’instituteur ou à l’institutrice.Améliorons donc notre caractère, si c’est nécessaire, et concluons ce chapitre avec Guibert: “Mais si comme nous venons de le faire, nous tenons pour “bons caractères” les hommes qui tempèrent une nature résolue et persévérante par les charmes d’une affabilité sincère et par les patientes lenteurs de la prudence, nous avons désigné ceux que la Providence a marqués pour exercer l’empire du monde.” Cet empire, pour nous, éducateurs, c’est notre classe, qui est un monde en raccourci et où s’agitent les mêmes passions que sur la scène universelle.Et pour dominer ce petit monde, une classe d’élèves, pour le conduire au vrai, au bien et au beau, il faut l’aimer, l’aimer beaucoup et sincèrement, sans égoïsme, sans petitesse.Cette noble affection qui s’étend à tous vous sera payée de retour par celle de vos élèves.Et alors votre parole ne tombera pas sur la pierre, mais elle sera reçue par l’élève avec avidité, comme la terre aride reçoit la rosée du ciel.ORGANISATION DISCIPLINAIRE Nous en sommes à la partie pratique de notre travail sur l’autorité dans l’enseignement.Là où n’existe pas de discipline il n’y a pas de véritable autorité.Dans son sens abstrait, la discipline est un ensemble de règles qui maintiennent dans l’ordre les activités humaines, pour leur permettre d’atteindre leur plus grand développement.“Appliquée à l’école, disent les Règlements du Comité catholique, la discipline consiste dans un ensemble de règles qui atteignent en premier lieu l’ordre extérieur pour assurer le travail effectif de la classe, et, en second lieu, l’ordre intérieur, pour créer dans l’âme de l’enfant la capacité de se conduire par lui-même quand le maître ne sera plus là pour le surveiller.“Ainsi la discipline à l’école a un double objet: elle règle les agissements extérieurs pour établir l’ordre et la régularité qui, en assuramt le bon gouvernement actuel de la classe, vont permettre aux activités physiques, intellectuelles et morales des enfants de se développer d’une manière plus complète;—en même temps elle vise à créer à l’intérieur, dans la raison, la conscience, le cœur et la volonté, ce principe d’ordre qui devra régler toute la vie de l’enfant devenu homme.” “Si le maître saisit bien la nature et la portée de la discipline, il comprendra immédiatement qu’il a mieux à faire que de tenir tout son petit monde immobile par la crainte, d’en faire des automates qui font sur signal tout et rien que ce que commande le maître.Cette discipline purement extérieure est de nature à déprimer les âmes faibles et à révolter les âmes fières.Elle tient les élèves dans l’ordre tant que le maître est là ou qu’on craint d’être découvert; mais elle ne prépare pas à la gouverne de soi-même, elle ne développe pas les initiatives fécondes; elle peut rendre quelqu’un bon à être conduit; elle ne le rend pas bon à se conduire lui-même.C’est à l’intérieur qu’il faut créer le principe d’ordre.” On ne saurait mieux démontrer la nécessité de la discipline en classe.Pour obtenir une bonne discipline, le maître doit faire trois choses, disent les Règlements que je viens de citer: 1° prévenir; 2° aider et diriger; 3° accorder des sanctions. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5 L’action préventive du maître comporte: le règlement scolaire, l’établissement de conditions favorables aux enfants, l’organisation des moyens disciplinaires.Tout d’abord, il faut que l’enfant sache très nettement ce que nous demandons de lui, et ce que nous lui défendons de faire.Personne n’est tenu de faire ce qu’il ne connaît pas.De là la nécessité d’un règlement scolaire simple, clair et net.Les conditions qui favorisent la bonne discipline n’importent pas moins: A.Conditions matérielles: sièges appropriés, espace, air pur, température convenable, propreté, bon goAt; livres et fournitures de classe nécessaires au travail; silence et bon ordre; aucune vue distrayante sur l’extérieur.B.Conditions intellectuelles et morales: Ici je laisse de nouveau parler les Règlements du Comité catholique, chapitre de l’organisation disciplinaire des écoles : “De l’intérêt, de la clarté, de la méthode dans l’enseignement; une provocation constante à l’activité personnelle de l’élève ; un travail gradué, mesuré et varié, s’adressant à l’intelligence plus qu’à la mémoire; voilà qui facilite singulièrement la discipline.Une classe intéressante est rarement une classe indisciplinée.“Quand le maître remarque de la fatigue chez ses élèves, qu’il les repose pendant quelques instants par un chant entraînant, un récit vivant, un mouvement gymnastique.“Enfin, pour se soumettre de bon cœur au sacrifice réclamé par la discipline, le moral des élèves doit être bon.Il sera bon si le maître sait dilater les âmes et ne les comprime pas; s’il sait se faire aimer et aimer l’école.De la confiance dans le cœur, de la lumière et de la gaîté dans les âmes: ce sont les éléments nécessaires à l’épanouissement régulier de la vie.” C.L’organisation des moyens disciplinaires.—Le chapitre de YOrganisation disciplinaire des écoles que renferment les Règlements du Comité catholique contient d’excellents conseils sur les moyens disciplinaires.Ce chapitre mériterait d’être cité en entier.Je me contente d’en extraire les quelques lignes qui suivent : “Une bonne organisation disciplinaire n’est pas exclusive.Le maître vise à conduire les élèves par les sentiments les plus élevés ; mais connaissant que même les hommes mûrs sont généralement incapables de se conduire par les seuls motifs de l’amour de Dieu et du devoir, il ne néglige pas de mettre en jeu tous ces sentiments qui palpitent au fond du cœur de l’enfant; il les cultive simultanément avec la préoccupation constante de donner la prédominance aux sentiments et aux motifs d’ordre les plus élevés.Il fera aussi sentir à ses élèves qu’il sait utiliser la crainte, bien qu’à regret, pour stimuler les natures qui ne veulent pas se laisser guider par des sentiments plus honorables.“Voici ces sentiments d’après leur gradation ascendante: 1° la crainte des punitions et l’espoir des récompenses; 2° l’amour du maître et des parents; 3° l’émulation et le sentiment de l’honneur; 4° l’amour du devoir; 5° l’amour de Dieu.L’amour du devoir et,—ce qui pratiquement revient au même quand le devoir est considéré comme l’expression de la volonté de Dieu,—l’amour de Dieu, sont des mobiles peu accessibles aux enfants qui jugent tout par leurs sens.C’est pourquoi on ne peut les utiliser seuls, surtout dans le jeune âge.Mais il serait fort malheureux de ne pas travailler de toutes ses forces à élever graduellement l’âme de l’enfant jusqu’à ces mobiles, les seuls qui puissent les garantir contre l’influence des motifs inavouables qui éteignent tous les idéaux et dissolvent toutes les énergies.” 6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE De cette sage théorie naît naturellement la nécessité des récompenses et des punitions.L’émulation s’offre aux premières et les réprimandes et châtiments aux secondes.Les récompenses comme les punitions doivent avoir un but éducatif: les premières encouragent et soutiennent l’effort de l’élève dans son travail, et les secondes visent à le rendre meilleur, à le corriger de ses défauts.Les récompenses s’accordent plutôt à l’effort qu’au succès.Toute récompense promise est acccordée.Il ne faut pas trop multiplier les récompenses, de crainte qu’on ne les déprécie ou qu’elles ne développent la vanité.Quant aux punitions, elles doivent stimuler au bien en même temps qu’elles repriment les écarts.Il faut punir avec calme et le châtiment doit correspondre à la faute et être approprié au caractère de l’élève.Les punitions corporelles doivent être rares, modérées et dignes.Aucune punition dégradante, qui diminue le respect que l’enfant doit’avoir pour lui-même et pour son maître.Rien qui froisse les sentiments de dignité ou de fierté d’âme.“Toute punition, disent les Règlements du Comité catholique, doit faire sentir la faute, et provoquer le sentiment de l’honneur.” C.-J.Magnan.UN IDÉAL Idéal s’oppose à réel, en ce sens que l’idéal n’est que dans l’idée, en attendant qu’il se réalise plus ou moins.Le mot s’emploie parfois adjectivement, On dit: perfection idéale, beauté idéale, pour dire: suprême, placée dans l’infini, en quelque sorte.Dans l’ordre de la vie, on se trace un idéal, non pas de bonheur, certes, mais de bonté, de dévouement, de sacrifice, de sainteté.L’idéal du bonheur est au ciel.Sur la terre, on ne peut tendre que vers le meilleur moyen d’atteindre celui-là; et, sous quelque forme que ce soit, il y faut le dépouillement de soi-même.L’égoisme est la chose qui tue le plus’ sûrement l’idéal.L’égoïsme regarde en bas, et l’idéal, est en haut.L’égoïsme se concentre sur le moi; l’idéal embrasse le monde.L’idéal laisse libre cours aux aspirations de l’âme: l’égoïsme les étouffe.N’allons pas, maintenant, confondre l’idéal avec le chimérique, le fantastique, les folies d’une imagination en délire.Rêve, si l’on veut, que l’idéal, mais un rêve qui se réalise chaque jour un peu plus au milieu des contingences de la vie, en attendant le terme céleste.Quelqu’un, dans un récit, a dit plaisamment de sainte Thérèse: Elle eut son extase, mais ne lâcha pas la queue de la poêle.,, Ce n’étaient pas purs rêves que les Vierges de Fra Angelico, que les ardeurs de saint François-Xavier, et, un peu plus bas, que les poésies de Racine, que les conceptions de Michel-Ange et de Mozart.Mais des idéals longtemps médités,caressés, rêvés, et réalisés dans leur beauté créée.S’il fallait renoncer à agir sous prétexte d’un idéal impossible à atteindre, où serait la perfection chrétienne, dont le modèle et le terme est Jésus-Christ lui-même ?Il faut un idéal.—Un idéal est nécessaire pour mettre en branle, soutenir et accroître l’activité.Un but précis, d’abord, et ce but, idéalisé.Et, pour y arriver, viser au mieux en toutes choses.C’est là le moyen pratique de réagir victorieusement contre nos puissances déchues et contre les agents du dehors, Excelsior\ toujours mieux, toujours plus haut, toujours plus loin.C’est le lieu de redire le beau mot de l’aviateur Guynemer: “Oui, il y a une limite qj’il faut toujours dépasser.Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné.” Allons L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 7 toujours au delà des devoirs tracés et restons toujours en deçà des plaisirs permis”, disait, de son côté, Mme Swetchine.Borné dans sa nature, infini dans ses vœux L’homme est un dieu tombé qui se souvient des deux.Mais il faut de la patience, une longue patience: l’idéal, l’infini, sont si loin de nous! Le “dieu” de Lamartine est “tombé” si bas! Il se “souvient” quand même.Quelque alourdi qu’il soit par la chair, il a la nostalgie des cieux perdus.Mieux que cela, chétien, redevenu dieu dans le Christ, il sait qu’il peut les reconquérir.Voilà pourquoi, quand le devoir commande, “Il faut faire marcher sa bête”, comme disait le grand Turenne.Et René Bazin écrit: “On a trois ou quatre fois dans sa vie l’occasion d’être brrve, et tous les jours celle de ne pas être lâche”.Au fond, la marche vers l’idéal, c’est le réel du sacrifice et de l’effort continuels, avec un degré de plus, chaque jour, dans l’ascension, un peu plus, chaque jour, de lumière, de beauté et de perfection atteintes et entrevues.L’Idéal de la Normalienne.—Il n’est que l’application à sa vie de la pratique du mieux faire.Quelle est sa vie ?Une vie d’étude et de formation professionnelle.Puisque c’est avec du réel qu’on fait de l’idéal, elle n’aura pas à tâtonner pour trouver le chemin de son ascension, et ce sera son travail quotidien, études, devoirs, classe reçue et donnée, qu’elle améliorera et perfectionnera sans cesse, faisant toujours de son mieux pour atteindre l’idéal, sans toutefois croire l’avoir jamais atteint définitivement.Elle marchera du même pas vers l’idéal religieux et moral si elle agit en tout par devoir, se disant à chaque reprise de la tâche: Ascende superius! Le résultat immédiat et tangible sera une candidate à l’enseignement, diplômée et prête à entrer en fonction; cela, sans préjudice de l’idéal définitif à poursuivre au sortir de la carrière de l’enseignement.La vocation, en tout cas, quelle qu’elle doive être, aura été déposée en germe dans l’éducation de la jeune fille et merveilleusement fécondée parl’apos-total de l’école.Car, en toute vocation féminime, ce^qui importe, c’est de réaliser l’idéal de la femme selon l’Évangile.C’est dès l’École normale que chacune doit se faire l’artisan de ce futur chef-d’œuvre.En attendant sa réalisation, et pour la procurer plus sûrement, laissez-moi vous conseillor, mesdemoiselles, de méditer ces deux paroles, qui peuvent traduire vos idéals: “Si j’étais maître d’école, dit Cormenin, j’estimerais mon humble métier au-dessus de tous les métiers du monde, et je rendrais chaque jour grâces à Dieu de ce qu’il m’est permis de former des cœurs et des intelligences”.“On ne demande à une femme, ai-je lu, d’autre part, dans le journal français, la Croix, que quatre choses: que la vertu soit dans son cœur, la modestie sur son front, la douceur sur ses lèvres, le travail dans ses mains.Celle qui est riche de ces quatre dons est partout la plus pure, la plus belle, la plus aimée et le plus honorée”.N.Degagné, pire.n L’ENSEIGNEMENT” EST-IL UNE CARRIÈRE?« (Pour “L’Enseignement Primaire”) Une jeune fille de dix-sept à dix-huit ans ayant obtenu un diplôme a, par ce fait, la permission d’enseigner.J’ajouterai : “Y a-t-il pour cette jeune diplômée un avenir, si elle persiste dans la carrière de l’enseignement?” Pour répondre à cette question il faut considérer deux choses: .1- La carrière de l’enseignement pour la femme, en dehors de celles qui entrent dans les institutions religieuses destinées à l’instruction et l’éducation des enfants, est-elle susceptible d’offrir des chances de succès? 8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.Cette carrière est-elle de nature à permettre à une femme de vivre convenablement, si elle persiste dans cette vocation?Dans les conditions actuelles, il serait assez difficile de répondre par un Oui, voici pourquoi.1.En outre de la science, pour enseigner, surtout dans les districts ruraux, il faut avoir une forte constitution, beaucoup de courage, un tempérament calme et réfléchi, des sentiments profondément religieux, une morale saine et une éducation soignée, qualités et principes indispensables que nous n’avons pas toujours 2.Bien des jeunes filles se livrent à l’enseignement comme pis-aller, c’est-à-dire, en attendant mieux, ne s’occupant peu ou point du salaire qu’il leur est offert, vivant de l’espérance de renconter sur leur chemin un Roméo; c’est tout naturel, n’est-ce pas?Comment résister aux déclarations franches et loyales d’un grand jeune homme ayant, par le goût du travail, une éducation convenable, des principes moraux et religieux solides, l’assurance d’un avenir enviable ?Une grande partie de celles-ci ne s’inquiètent fort peu de la question matérielle, ne vivant que dans l’attente de l’idéal d’une vie à deux et d’un foyer.Ainsi, en s’engageant pour un salaire nominal, elles compromettent le sort des institutrices qui se destineraient à la carrière.3.La rémunération que reçoit l’institutrice sérieuse n’est pas proportionnée aux services qu’elle rend, par le fait de la facilité apparente qu’ont les corporations scolaires à trouver des titulaires au rabais.4.Des personnes non diplômées parviennent à s’introduire dans les écoles malgré les exigences des règlements; en 1925, il y en avait 597 de cette catégorie.Pourtant il ne devrait pas manquer de sujets puisque dans les dix dernières années (1916-1925) les Écoles normales ont délivré 8,625 brevets et le Bureau central des examinateurs 19,647, total 28,272 ce qui représente 2,827 institutrices annuellement.5.Un des grands principes de découragement et, à mon avis ce serait le plus sérieux, c’est le défaut de classement des institutrices, le peu d’intérêt que les corporations scolaires en général portent à celles qui se destinent à la carrière, c’est-à-dire qui ont déjà plusieurs années de service à leur crédit et des succès obtenus.En effet, il est extraordinaire et il semble étrange qu’une institutrice qui possède un diplôme primaire-élémentaire ou primaire-com-plémentaire, ayant acquis de l’expérience durant un certain nombre d’années d’enseignement, qui, en outre, a eu la direction d’une classe de 35 à 40 élèves, par fois plus, soit mise sur le pied d’égalité, au point de vue du salaire, qu’une débutante inexpérimentée n’ayant qu’une vingtaine d’enfants à diriger.En parcourait les bulletins des inspecteurs d’écoles, j’ai pu constater ce fait: des municipalités employant 14 à 20 institutrices, toutes, sans exception, reçoivent le même salaire, même celles qui ont des élèves dans les six années du cours, ce qui est un travail énorme.Est-ce juste et équitable ?Est-ce une manière d’encourager des personnes compétentes à persévérer dans l’enseignement et en faire une carrière ?Il est vrai que de nos jours, très souvent, les médiocrités et les indolents soutenus par l’outrecuidance, sont aussi bien récompensés, sinon plus, que le talent et l’activité.Dans les administrations publiques, par exemple, l’on se préoccupe trop des influences extérieures d’un candidat à une position et trop peu des aptitudes, des connaissances et de l’énergie qu’il possède pour les fonctions qu’on lui destine.Mais, n’ayant pas les responsabilités morales du personnel enseignant, il est facile de lui donner un adjoint, un conjoint ou un assistant qui, parfois, sauve la situation.C’est tout de même un principe faux qui a pour effet de détruire toute idée d’initative, de travail et paralyse tous efforts tendant à améliorer, à perfectionner.Il en est autrement pour l’institutrice qui doit donner l’exemple en tout et partout.Elle est appelée à la formation intellectuelle et morale des enfants; c’est une tâche très difficile et très délicate parce qu’il est reconnu que lorsque l’enfant a reçu une bonne formation dès son bas âge, il a une garantie pour son avenir.Il ne faut pas qu’elle oublie un seul instant que si elle a quarante élèves à diriger, devant elle sont quatre-vingts petits yeux qui ne cessent d’épier tous ses mouvements et autant d’oreilles ouvertes pour entendre ce qu’elle dit.Elle doit être constamment sur ses gardes parce que l’enfant étant très observateur et imitateur, saisit rapidement une tenue négligée, un mouvement brusque, un mot imprudent, une remarque mal à propos, un langage ou une expression vulgaire, une réponse mal raisonnée, enfin le moindre signe de négligence, de faiblesse ou d’énervement ne lui échappe.Il est par conséquent désirable qu’une corporation écarte les considérations personnelles et fasse un choix judicieux, en reconnaissant le mérite, les états de service, le travail, l’assi- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 9 duité, le dévouement qui assureront le succès chez les élèves, succès dont les commissaires et les parents peuvent facilement se rendre compte après chaque année scolaire.(à suivre) Antoine Dessane, Officier d'académie.N.B.Il est regrettable que les contribuables ne comprennent pas mieux, dans l’intérêt de leurs enfants, la nécessité de rétribuer davantage un personnel enseignant sérieux, mais il est non moins regrettable de constater que le personnel enseignant lui-même n’offre pas une résistance plus active, plus énergique aux traitements de misères qu’on lui accorde.ENSEIGNEMENT DU CHANT À L’ECOLE PRIMAIRE Avantages de cet exercice (‘) Des leçons de solfège élémentaire permettant la bonne exécution des chants d’ensemble, sont nécessaires.Nous ne nous étendrons pas ici sur les avantages du chant en général pour la formation du goût, du sens artistique, du cœur et de l’âme.Nous ferons seulement remarquer qu’en pratique.1.a.le chant repose les enfants, les calme dans les moments de fatigue et de surexcitation; b.Il facilite les rentrées et les sorties en bon ordre et en silence; c.il permet aux enfants de s’unir aux chants à l’église, leur donne le goût des offices en les y occupant d’une excellente manière; d) des chants bien choisis gravent dans la mémoire d’excellentes pensées morales et chrétiennes; e.l’entrain des récréations est facilité par d’agréables "rondes”, si les enfants aiment et savent chanter; /.c’est un moyen de faire revenir les enfants après leur sortie de l’école.2.Il serait à souhaiter que toutes les maîtresses fussent musiciennes, capables d’accompagner les enfants sur rharmonium.Ces connaissances devraient entrer indispensablement dans la préparation d’une institutrice.Celle qui ne serait absolument pas douée à cet égard, dépourvue entièrement de voix, ne pourrait-elle pas s’ingénier pour trouver quelque personne de bonne volonté consentant à donner aux moins deux leçons de chant par semaine ?3.Quels chants faut-il apprendre aux enfants ?a.les chants habituels de l’Église, afin qu’ils puissent s’y unirpendaut les offices.b.des cantiques et des chants moraux qui conviendraient particulièrement pour les rentrées en classe en rappelant aux enfants comment ils doivent remplir leurs devoirs.c.Enfin des chants joyeux et entraînants réservés plutôt aux sorties de classe; de jolies rondes pour animer les récréations et en exciter l’entrain.4.Sur la manière défaire chanter, nous ne pouvons entrer dans toutes les explications techniques.Nous dirons seulement que la maîtresse doit veiller à faire chanter simplement, sur un ton moyen, et sans crier.Nous répétons pour le chant ce que nous avons dit du dessin: Tous les enfants à tous les âges doivent chanter; la leçon de chant a de droit sa place à l’emploi du temps.(1) Bien que facultatif dans le programme de nos écoles primaires, le chant ne doit pas être négligé: son enseignement crée un élément d’intérêt très appréciable.- 2 10 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Dieu n’a pas créé sans dessein la belle nature, les fleurs et les oiseaux.Il les a créés de plus pour tous ses enfants.C’est donc que tous sont accessibles à la beauté, à l’harmonie.Et quelle est l’harmonie plus à la portée de tous que le chant et la musique ?Quand nous aurons habitué les enfants à aimer et à goûter de beaux chants, nous les aurons élevés au-dessus du médiocre et du vulgaire; nous les aurons acheminés vers l’idéale Beauté, vers Dieu.De même, par la gradation des dessins nous les rapprocherons de l’ordre, nous leur ferons goûter l’harmonie des formes et nous leur donnerons l’horreur du désordre.N’est-ce pas les éloigner du mal, les acheminer vers l’ordre parfait, vers le bien suprême, vers Dieu et son Église ?Une ancienne normalienne.NOS PREMIÈRES MISSIONNAIRES (1) {Étude inédite) La religieuse missionnaire, aujourd’hui, elle est légion.On la rencontre chez les Esquimaux du pôle, dans les léproseries de la Chine, parmi les sables de l’Afrique, au fond des jungles de l’Inde.Elle est partout.Il n’en fut pas toujours ainsi cependant.Dieu lui avait sans doute créé un modèle dès le commencement.Marie qu’il envoie vers le Précurseur, est bien la première “porteuse de la bonne nouvelle.” Madeleine que Jésus dépêche vers ses apôtres au matin de la Résurrection en est une autre.Entre temps les saintes femmes ont servi le Christ, le suivant pas pas à pendant les années de sa vie publique, Plus tard, aux âges primitifs de l’Église, Paule, Eustochium et nombre d’autres grandes patriciennes ont été les auxiliaires des premiers pasteurs.Mais à mesure que les siècles se déroulent, l’action de là femme chrétienne va se cachant, se dérobant jusqu’à ce qu’enfin elle se voile complètement derrière l’impénétrable grille des cloîtres.Ce n’est qu’au dix-septième que le zèle du salut des âmes force la porte des monastères à s’ouvrir.La France donne alors à l’Église cette sainte nouveauté: la femme apôtre, et les rivages du Canada la reçoivent.C’est donc chez nous que s’inaugure l’apostolat chrétien féminin.Les Ursu-lines, les Hospitalières, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys, les mères spirituelles de notre patrie, sont vraiment les premières femmes apôtres du monde.Or, comme elles devaient servir de modèle à des générations, à d’innombrables phalanges d’apôtres, le Seigneur voulut illustrer en elles tous les genres d’apostolat qu’il avait lui-même révélés à la terre par sa vie cachée, sa vie publique et sa mort sur la croix: l’apostolat de la prière, de la souffrance, de l’exemple et de la parole.Chacune a, sans contredit, et héroïquement, excellé en tous les genres.Bien d’autres avant ce jour l’ont prouvé.Il n’en reste pas moins vrai que ces vies, harmonieusement saintes, ont eu leur dominante.Ce quelque chose qui a fait, par exemple, surnommer Marie de l’Incarnation la Thérèse de la Nouvelle-France et qui a permis au saint Pape Pie X de comparer Marguerite Bourgeoys à saint Paul.C’est ce que je voudrais faire ressortir ici.Tout apôtre est un éclaireur.Mais si l’on compare la Vénérable Ursuline à une étoile dans le ciel de la contemplation, Catherine de Saint-Augustin à un cierge qui se consume sur les autels de l’immolation, il faudra assimiler Jeanne (1) Travail lu à l'una des 3 lances publique, de l'Espcsition-Missionnaire de Joliette, tenue du 4 au 10 juillet 1927. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 11 Mance à la veilleuse brûlant près des lits de souffrance, et Marguerite Bourgeoys au flambeau qu’on premène à travers les ténèbres.Marie de l’Incarnation vient la première et paraît choisie pour faire éclater dans toute sa puissance la valeur apostolique de la prière.C’est une mystique insigne.Raconter sa vie, c’est énumérer les ascensions de son âme vers les sommets de la vie spirituelle.Accédant un jour au désir de son fils, Dom Claude Martin, la Vénérable Mère résume les phases de son existence.Elle ne peut les lui présenter que comme autant d’états d’oraison et ne leur donne pas d’autres titres.C’est une mystique insigne et c’est la nôtre.Comme le ciel a donné Catherine de Sienne à l’Italie, Gertrude à l’Allemagne, Thérèse à l’Espagpe, Marguerite-Marie à la France, il donne Marie de l’Incarnation au Canada.Elle-même reconnaît, par une lumière spéciale, que les communications célestes ne lui ont été accordées qu’en vue de sa mission.Sa vie est l’épisode le plus merveilleux de la grande épopée canadienne.Née à Tours en 1599, l’illustre Ursuline ne vint à Québec qu’en 1639.Pourtant dès 1633, Dieu lui fait pressentir sa mission.En songe, elle voit la Vierge Marie et son divin Fils; elle parcourt en compagnie d’une dame inconnue de vastes pays voilés d’épaisses brumes.Notre-Dame lui donne un baiser et allume en elle une flamme de zèle incomparable.Dès ce moment elle se mit à la recherche des âmes rachetées par le sang du Fils de Dieu.On l’entend répéter que_ “prier et souffrir” est tout ce que l’on peut faire en ce monde pour obliger les Églises triomphante, militante et souffrante.“Mon corps, disait-elle encore, était dans le cloître, mais mon esprit, qui était lié à celui de Jésus, n’y pouvait demeurer enfermé.Je parcourais de cœur toute la terre habitable où il y avait des âmes tenues captives par le démon”.Elle ^aurait désiré se faire entendre jusqu’aux extrémités de la terre, pour que son Époux soit connu et aimé, pour que son règne arrive.Marie de l’Incarnation pousse nuit et jour de saints gémissements devant l’Êternel.Elle a pris sur ses épaules le fardeau das âmes qu’elle veut sauver.Le temps de l’oraison lui devient un laborieux travail.Elle se consume, se dépense, épuise tellement ses forces, même corporelles, que ses supérieures doivent lui commander de faire diversion à cette obsédante entreprise.Elle veut obéir, mais tous ses efforts sont inutiles.C’est alors que le Père Céleste, prenant en pitié cette martyre de son zèle, daigne lui révéler le moyen infaillible qui attirera sur le monde la miséricorde et le pardon.Dieu semble n’y pouvoir plus tenir, et devançant de quarante ans l’heure des révélations de Paray-le-Monial, il laisse pénétrer un rayon divin dans l’âme de sa servante.Elle entend cette parole merveilleuse: “Demande-moi par le Cœur de Jésus, mon très aimable Fils, c’est par lui que je t’exaucerai”.En même temps l’âme de Marie se trouve en communication très intime avec le Sacré-Cœur qui lui fait produire, dit-elle, des choses admirables touchant le règne de Jésus-Christ.Elle ignore l’existence de la Nouvelle-France et va même jusqu’à croire que le mot Canada n’est qu’un épouvantail pour effrayer les enfants.Jamais elle n’eût songé que Notre-Seigneur la voulût corporellement dans un pays étranger, étant religieuse cloîtrée.Il faut que l’extase l’enlève encore une fois et la transporte au même vaste pays qu’elle a déjà aperçu.Le Seigneur lui dit clairement lors : “Ma fille, c’est le Canada que je t’ai fait voir, il faut que tu ailles y élever une maison à Jésus et à Marie”. 12 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE C’est l’orientation définitive.Marie ne vivra plus en esprit que parmi les Hurons, y accompagnant pas à pas les ouvriers de l’Évangile.Elle ne se leste pas du fardeau qu’elle a accepté, seulement elle le connaît.Elle porte désormais dans son cœur les petites sauvagesses d’Amérique et déclare les aimer ardemment.Pendant ce temps Diem dispose les esprits et les événements en dehors du monastère.Marie a été mise en rapport avec un religieux de la Compagnie de Jésus, puis avec un autre.On veut croire à cette vocation extraordinaire; on approuve les désirs de l’ardente Ursuline; on attise la flamme de son zèle par les merveilleuses “Relations” ; mais il semble impossible de réaliser son projet.Amener des Ursulines à Québec sans leur avoir assuré des moyens d’existence, on s’y refuse absolument, tant la chose paraît insensée.L’humble apôtre du Sacré-Coeur se concentre donc plus que jamais en son mystique labeur.L’Époux se charge lui-même de préparer les voies à son épouse.C’est ici que Madame de la Peltrie entre en scène.Jeune, riche, maîtresse d’elle-même, elle est puissamment sollicitée de se consacrer aux œuvres de la Nouvelle-France.Sa famille s’oppose à ce dessein, multiplie les difficultés, lui suscite mille embarras, la persécute même.Une maladie grave la met ensuite aux portes du tombeau.Tout semble désespéré.C’est l’heure du bon Dieu.La pieuse veuve s’adresse à saint Joseph, patron du Canada, et fait vœu de fonder en ce lointain pays une maison qui portera son nom et où on instruira les filles sauvages.La guérison ne se fait pas attendre, l’exécution de la pieuse promesse, pas davantage.Par l’entremise de monsieur de Bernières et du Père Poncet, Jésuite, la future fondatrice est bientôt mise en rapport avec le Monastère de Tours.Les supérieures approuvent le projet et adjoignent à la Mère Marie de l’Incarnation une autre religieuse d’un rare mérite Mère Marie de Saint-Joseph.~ Au comble de ses vœux, Madame de la Peltrie, admirablement secondée par le saint homme de Caen, monsieur de Bernières-Louvigny, prépare tout pour son départ et celui des Ursulines.Les soucis temporels ne doivent pas retomber sur Marie de l’Incarnation que le Seigneur occupe sans relâche à son œuvre.Tout ce qui doit lui arriver au Canada lui est représenté avec une grande netteté.Elle voit des croix sans fin.Il lui est révélé que l’Église naissante du Canada n’est composée que de personnes attachées à la croix.La place qu’elle occupera parmi ces crucifiés lui est montrée.En proie à un abandonnement très douloureux de la part de Dieu et des créatures, elle comprend qu’elle va entrer dans une vie cachée et inconnue.La prière, voilà l’outil de choix que le ciel met entre les mains de Marie de l’Incarnation.Dans les plans divins elle est appelée à honorer et à imiter surtout l’apostolat de Nazareth, la vie cachée du Sauveur.Le dernier historien de la Vénérable Mère, le docte Dom Jamet, le soulignait en une occasion comme celle-ci: “A Québec, disait-il, Marie de l’Incarnation s’est confinée dans sa clôture.Son existence est cachée et presque sans dates ^ ^ C’est par l’intensité de sa vie intérieure qu’elle brille dans l’histoire religieuse de son siècle au point d’en devenir une des figures les plus caractéristi-ques.La regardant partir pour le Canada, un religieux très éclairé dans les voies de la spiritualité s’écriait: “La France ne soupçonne pas la perte qu’elle fait en perdant la Mère de l’Incarnation.Si l’on savait sa sainteté et combien sa L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 13 prière est puissante auprès de Dieu, il n’y a personne qui ne s’opposât à sa sortie et ne fît son possible pour la retenir!” C’est encore par sa vie d’oraison que l’incomparable Apôtre rayonnera dans le nouveau monde de Québec jusqu’aux dernières limites des missions.Elle se mêlera à tout comme la lumière qui tombe d’en haut, mais elle ne quitte jamais son inaccessible retraite.Sa principale occupation, elle l’avoue à son fils, c’est de s’offrir en continuelle hostie au Père Éternel sur le Cœur de son Fils bien-aimé.Elle endure des angoisses intérieures indescriptibles, des afflictions inexplicables pour ses néophytes.Elle en vient à se voir comme dépouillée de tous les dons de la grâce, de tous les talents extérieurs et intérieurs que le Seigneur lui avait départis.“Ce que nous faisons, mon bon fils, est vu de Dieu et non pas des hommes”, dit-elle.“Notre clôture couvre tout et il est difficile de parler de ce qu’on ne voit pas”.Elle lui assure encore qu’il peut dans sa solitude faire autant pour étendre le règne du Christ que s’il était actuellement employé par l’exercice du ministère.Marie de l’Incarnation envie parfois les saintes femmes qui accompagnaient le Sauveur et les apôtres.Elle aurait faim et soif des privations qu’endurent les ouvriers évangélique?; elle ambitionne même le martyre, mais ce ne sont que des soupirs qu’elle laisse échapper.Vite elle se reprend.Notre-Seigneur lui a si bien fait comprendre qu’elle est incorporée à cette nouvelle Église, qu’elle est sûre d’avoir sa part dans les nobles conquêtes des héros de l’Évangile.Elle prie sans cesse et mendie des prières pour ses chers sauvages.“11 ne se faut point lasser dans une affaire si importante, écrivait-elle en France.Il faut toujours crier et importuner le Seigneur jusqu’à ce qu’il nous ait accordé un bon nombre de ces pauvres âmes détachées du royaume de son Fils”.D’ailleurs cette vie de retraite et de prière qui paraissait devoir rester à peu près stérile fut miraculeusement féconde en œuvres durables.“Plus on s’approche de Dieu, plus on voit clair dans les affaires temporelles”, avait coutume de dire la Vénérable Mère.Aussi, sans détacher son regard des yeux de son Bien-Aimé, sans interrompre sa contemplation, elle assure l’avenir du fils unique qu’elle semble avoir abandonné.En même temps elle le conduit aux sommets de la vie religieuse._ Contrairement à toutes les prévisions, la retraite et les grilles attirent et fascinent les Sauvages.Ils viennent de loin, de partout, pour voir les vierges de Jésus-Christ.Volontiers ils se laissent instruire.Le reflet du divin qui reste sur le visage de Marie de ITncarnation après ses longues extases, exerce une attraction sur ces pauvres enfants des bois.Quand ils la quittent, c’est pour aller porter son nom de tribu en tribu.Ils s’étonnent d’entendre cette femme de France parlant leur langue avec une facilité extraordinaire.Cette langue elle est pourtant hérissée de difficultés.Marie de l’Incarnation avoue que l’étudier par règles et par méthodes lui est extrêmement douloureux.C’est au point que des pierres semblent lui rouler dans la tête.Alors elle se replonge dans l’oraison et c’est Notre-Seigneur lui-même qui lui fait entendre et parler l’Algonquin en très peu de temps.Cette étude lui devient même une source de consolations qui élèvent son esprit plus que les plus sublimes lectures.Elle traite de toutes ses affaires avec ce grand Ami du tabernacle et les miracles se multiplient sur sa route comme le pain entre ses mains aux jours de famine.Miracle continuel, en effet, que ces années vécues au “Petit Louvre” de la Basse-ville, alors que deux pièces, dont l’une mesure 16 pieds carrés, servent 14 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE d’église, de monastère, d’école, de parloir, voire même d’hôpital en temps d’épidémie ! Miracle encore que la construction du premier monastère de la Haute-Ville au moment même où la fondatrice retire ses services et ses secours ! Miracle plus grand que la reconstruction du couvent après l’incendie de 1650! Miracle toujours que la conservation de ces murs élevés par la Vénérable Mère, malgré les ravages du feu en 1686 et les assauts répétés du temps! Prodige que l’héroïsme de Marie de l’Incarnation consentant à ne jamais revoir son fils en ce monde! Prodige que la générosité de cette âme qui n’aspire qu’à la rencontre éternelle avec son Dieu, et cependant s’offre à supporter la vie en patience jusqu’au jour du jugement, si pendant ce temps elle peut apprendre à quelque petite âme à servir la sainte Vierge! Prodige à étonner les anges que ce sacrifice de la dernière heure: Marie de l’Incarnation a soixante-douze ans.Pendant 33 ans elle s’est épuisée aux durs labeurs de l’apostolat.Son corps exténué par les jeûnes, les privations, les misères de toutes sortes, ne soutient plus qu’à grandes peines les assauts de l’âme qui veut s’envoler vers la patrie.Le ciel s’ouvre devant l’épouse du Christ, elle entrevoit les délices du repos éternel; déjà la couronne brille à ses regards et le N une dimittis est sur ses lèvres.Mais écoutez-la à ce moment où la coupe de la béatitude est pour ainsi dire entre ses mains: “Demandez à Notre-Seigneur qu’il diffère de me donner son paradis après ma mort pour m’envoyer, aussi longtemps qu’il sera convenable à sa plus grande gloire, par tout le monde, afin de lui gagner les cœurs de tous ceux qui ne l’aiment pas et qui ne connaissent pas ses amabilités”.Ces paroles, à elles seules, racontent l’admirable apostolat de Marie de l’Incarnation.Il y a maintenant 255 ans que la Vénérable Ursuline est retournée à son Créateur, mais elle n’a suspendu ni son labeur d’amour ni ses merveilles.Merveille, en effet, que le développement de son œuvre à Québec.Il y a loin du Séminaire de la Basse-ville au vaste monastère qui abrite aujourd’hui plus de cent religieuses et au delà de 500 élèves.Merveille que la vitalité des rameaux détachés du tronc vénérable: Trois-Rivières, Roberval, Stanstead, Mérici, Rimouski et Gaspé avec leurs florissants pensionnats, leurs écoles normales, ménagères et paroissiales.Merveille que le bien opéré dans les âmes et dans la société par les générations des jeunes filles chétiennes formées aux Ursulines.Ici je m’arrête un instant pour saluer un des plus beaux rejetons du monastère de Québec.Je veux parler de l’Institut des Sœurs de la Charité fondé par la Vénérable Mère d’Youville.En effet, c’est dans l’atmosphère sanctifiée de ce cloître béni que Marguerite du Frost de la Jemmeraie puisa la science et la vertu qui firent d’elle une fondatrice illustre.Et nos Sœurs Grises, ces admirables pionnières des missions de l’Ouest canadien, les plus dures du monde entier, nos Sœurs Grises dont on admire à l’envi les œuvres multiples et l’héroïque dévouement, sont, à vrai dire, petites-filles des Ursulines de Québec.Voilà donc le secret de cette immortalité dont jouit parmi le peuple canadien la mémoire de Marie de l’Incarnation, de cette femme qui ne franchit jamais le seuil de son cloître et ne parcourut notre pays que sur les ailes de sa prière, (à suivre).Une Religieuse de la Congrégation de Notre-Dame. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 15 UN MOYEN D’ÉMULATION La Banque scolaire (1) Mlle Liliane Cayer.Il serait sans doute à souhaiter, qu’en fait d’encouragement, les jeunes filles regardassent, comme le plus précieux, le témoignage d’une bonne conscience et l’approbation de leurs parents et de leur maîtresse.Mais vous, dont la longue expérience est basée sur de si nombreuses observations, vous savez que c’est même trop exiger de notre âge, bien plus par conséquent encore d’un âge si faible que celui de nos futures élèves,—lorsque, dans un âge plus parfait, de semblables motifs sont presque toujours insuffisants.Ce serait méconnaître le cœur humain que de vouloir gouverner les enfants sans un appât quelconque, et nous le comprenons si bien que, quelques compagnes et moi, voulons vous démontrer plus particulièrement que nous nous préparons à notre rôle d’éducatrice, suivant les plus sages principes de la meilleure pédagogie.Notre dévoué professeur nous a maintes fois répété qu’il fallait d’aord connaître le caractère de nos^élèves, si nous voulions le réformer puis le diriger ensuite par des moyens à sa portée.L’Emulation, nous redisait-il encore, c’est le moyen naturel pour perfectionner le NATUREL de l’élève, c’est-à-dire cet ensemble de qualités et de défauts qu’il apporte en naissant, et qui forme la base de son caractère.L’Émulation suit la physionomie de l’âme qui se manifeste dans tous les détails de la vie scolaire : elle est donc un moyen de distinguer quelqu’un moralement par son caractère comme on le reconnaît aux traits de son visgage.Aussi avons-nous pensé, Monsieur l’Inspecteur, à vous présenter un travail sur l’Émulation, réservant à notre cher professeur le soin de le compléter par une démonstration pratique.Je laisse à Mlle Blanche-Alice Côté l’opportunité d’aborder ce sujet si important.Blanche-Alice Coté.Ma chère Liliane Cayer, je ne serai pas en reste après ta mise en demeure, car tu es de celles qui savent briser à propos la glace, si l’on veut parler le langage courant.Mais il me faut ici employer les termes les plus parfaits, car la Pédagogie ne connaît que la précision et la sagesse dans ses principes.Je dois, paraît-il, m’exprimer comme un Fénelon et argumenter comme un Thomas d’Aquin, si je veux vous convaincre toutes de la nature, de la légitimité et de la nécessité de l’Émulation.Que vous êtes à plaindre! Bien que je ne pense pas qu’on puisse faire de l’Émulation le principe unique de ce que certains appellent la “discipline excitatrice”, celle qui stimule, qui pousse au travail, je ne connais pourtant pas de mobile d’étude qui soit aussi puissant que ce que j’appellerai après Bain, l’aiguillon de l’émulation, quand il exerce toute son influence.L’Émulation est la forme scolaire de l’ambition, et c’est l’ambition qui dans le monde secoue la paresse, excite l’effort et réalise le progrès.Ce serait folie que se priver volontairement dans les écoles, avec des enfants comme avec des adolescents, d’un stimulant précieux, dont les hommes faits ne sauraient eux-mêmes se passer.L’Émulation n’est pas, comme l’envie, le désir de déposséder le prochain d’un bien matériel ou moral dont il jouit; c’est une excitation de notre VOLONTÉ à imiter, égaler et surpasser nos semblables en des actes très louables.A l’école, elle établit parmi les enfants une concurrence ardente et pacifique pour la conquête des récompenses les plus enviées et des meilleures places dans les compositions et les examens; c’est Y Émulation au travail.Elle excite aussi les cœurs et les volontés à la pra- (1) Travail présenté à M.l’Inspecteur général, lors de sa dernière visite à l’École normale de Saint-Hyacinthe. 16 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tique du bien, par le spectacle des actes vertueux; c’est VÉmulation à la vertu.Elle enthousiasme pour surveiller avec soin les formes verbales d’une diction qui fait le fond de toute conversation bien châtiée: c’est VÉmulation au bon langage.L’Emulation est toujours légitime si son fondement est noble.Elle aspire au plus haut degré de vertu et d’application au travail, elle recherche ce qui est honorable.Or l’honneur étant, parmi les biens naturels, le plus excellent, il rend donc légitime l’Émulation.La nature de cette petite société qu’est une classe montre la nécessité et les avantages de l’Émulation.Dans un groupement d’enfants et de jeunes gens, il n’y a guère de milieu entre l’émulation au travail et à la vertu, et l’émulation à l’indiscipline et au mal, tant sont continuelles et fortes les influences réciproques qu’exercent les élèves les uns sur les autres.L’Émulation à la vertu affaiblit parmi les écoliers l’empire du respect humain et dispose à écouter les instructions de la maîtresse.L’Émulation au travail est l’une des conditions de succès dans les études: tandis que l’oisiveté appesantit l’âme, l’énerve et la laisse sans forces pour les luttes intimes; l’énergie au travail occupe et développe les facultés, fait la joie du cœur et donne à la volonté une puissance d’action qui est la meilleure ressource pour la formation du caractère.Elle est aussi un moyen assuré de diminuer la fréquence des reproches et des punitions.L’Émulation est donc l’un des plus puissants leviers par lesquels une éducatrice puisse soulever la volonté de ses élèves; elle les rend capables d’efforts que souvent l’amour seul du savoir, l’amour de la maîtresse, l’amour des parents ou l’amour du devoir ne pourraient obtenir.Cependant plusieurs ont souhaité qu’on n’y recoure pas, parce qu’elle peut dégénérer en jalousie et en orgueuil.Mais alors autant vaudrait condamner l’amitié parce que l’égoïsme peut s’y glisser; l’aumône parce que plusieurs l’exercent avec ostentation; l’instruction parce que des malfaiteurs en ont abusé.Je crois fermement que, nous, normaliennes, en connaissons assez du caractère des enfants pour appliquer avec la discipline morale qui convient l’émulation bien dirigée, celle qui prévient les écarts ou les redresse.Pour que l’Émulation soit appliquée avantageusement, j’ose ici rappeler quelques conseils souvent répétés: 1.Ne pas laisser les élèves prendre le change sur ce qui doit exciter leur émulation; ce qui est honorable, c’est moins le succès même légitime et la récompense qui l’accompagne, que l’effort consciencieux qui les a procurés; ce qui est plus honorable encore, c’est de s’acquitter ainsi de ses devoirs avec une application constante et croissante, en vue de Dieu.2.Ne pas estimer le succès plus que le mérite; ne pas punir un élève moins doué et obtenant, malgré son application, des résultats moindres que ses camarades plus brillants; de tels procédés développeraient chez les uns une insupportable vanité, chez les autres la jalousie et le découragement.3.Amener les élèves à se comparer moins à leurs condisciples qu’à eux-mêmes; récompenser chacun de leurs efforts vers le mieux, en excitant ainsi une émulation exempte de danger.4.Lorsqu’on anime les enfants au^travail, faire fréquemment des appels aux motifs d’ordre surnaturel.Car, en définitive, l’Émulation, par des moyens détournés, mais dans des mains habiles comme on désire que soient les nôtres, mes chères compagnes, l’émulation incline les élèves vertueux à n’agir que pour plaire à Dieu.C’est bien répondre à la noble devise de toute éducatrice chrétienne: Ad majorem Dei gloriam.Mais je crois que Mlle Albina nous réserve une de ses surprises ordinaires, car elle apporte habituellement des autorités pour appuyer ses affirmations.N’en aurait-elle pas quelques-unes à nous apporter?(à suivre) Les Élèves-Institutrices du Cours de 2e année, École Normale de St-Hyacinthe. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 17 VERS LE PASSE Glanures scolaires 1867-1927 A l’occasion du soixantième anniversaire de la Confédération canadienne, on a fait des comparaisons pour établir les progrès réalisés en notre pays, dans les différentes sphères d’activité sociale depuis dix-huit cent soixante-sept.Dans le domaine scolaire, en notre province en particulier, quelques comparaisons intéressantes peuvent être faites relativement à l’état de l’instruction publique, chez-nous, en 1867, mis en regard de celui qu’indiquent les dernières statistiques.1867 Population.(5) Écoles de tout genre.Élèves dans les écoles de tout genre.Instituteurs (religieux et laïques).Instituteurs laïques.Institutrices laïques.Instituteurs religieux.Institutrices religieuses.Subvention du gouvernement pour fins d’enseignement .Contribution des commissions scolaires.Municipalités scolaires.Arrondissements scolaires.Écoles sous contrôle.Nombres d’élèves dans les écoles sous contrôle.Nombres d’écoles normales.Élèves dans les écoles normales .garçons.filles.Diplômes accordés par les écoles normales.garçons.filles.Bureaux d’examinateurs : Candidats examinés.Diplômes accordés.garçons.filles.PROVINCE BE QUÉBEC 1,111,566 3,907 212,837 4,436 608 2,969 311 548 114,982.44 792,823 737 3,329 3,230 147,822 3 208 93 115 95 29 66 686 599 69 530 1927 (1) Population.(6) Écoles de tout genre.(2) Élèves dans les écoles de tout genre.(2) Instituteurs (religieux et laïques).(2) Instituteurs laïques.Institutrices laïques.Instituteurs religieux.Institutrices religieuses.Subvention du gouvernement pour fins d’enseigne- ment.(2) Contribution des commissions scolaires.(2) Municipalités scolaires.14) Arrondissements scolaires.(4) Écoles sous contrôle.(2) Nombres d’élèves dans les écoles sous contrôle.(2) Nombres d’écoles normales (7) Élèves dans les écoles normales .garçons.filles.Diplôes accordés par les écoles normales.(3) garçons.filles.Bureaux d’examinateurs : Candidats examinés.(4) Diplômes accordés.garçons.filles.2,361,199 8,086 593,414 22,282 2,482 10,385 3,273 6,142 $3,771,317.05 $16,165,615 1,787 7,547 6,186 294,361 17 1,854 194 1,660 822 82 740 3,659 2,634 280 2,354 Les chiffres qui précèdent démontrent les progrès considérables de l'enseignement depuis 1867.Ces résultats ont été obtenus grâce à l’autonomie laissée aux provinces en matière d’éducation par la constitution fédérale.De toutes les provinces de la Confédération, celle de Québec a fait les progrès les plus marqués, si l’on tient compte des embarras qui lui furent créés sous les régimes de 1774,1791 et de 1840.Ce n’est que depuis 1846 que les Canadiens français possèdent des écoles où ils sont absolument libres de faire donner à leurs enfants une éducation catholique et française.A noter aussi que notre province n’a pas de loi d’instruction obligatoire.Pierre-Paul Magnan, Professeur à VÉcole Normale Laval.(1) Nous ne donnons ici que les plus récentes statistiques parues dans VAnnuaire Statistiques de Québec, 1926, et, dans les Statistiques de VEnseignement, Province de Québec, pour l’année scolaire 1925-26.(2) pour l’année scolaire 1924-25.(3) pour l’année scolaire 1925-26.(4) pour l’année 1926.(5) recensement de l’année 1861.(6) recensement de l’année 1921.(7; 18 en 1927.3 18 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ECHOS DES FETES JUBILAIRES DE LA CONFÉDÉRATION 1867-1927 La jeunesse écolière à Spencer-Wood Par tout le pays, le soixantième anniversaire de l’établissement de la Confédération a été célébré avec éclat.A Québec, la vieille capitale a été témoin de plusieurs manifestations, dont l’une fut consacrée entièrement aux enfants.La réunion écolière eut lieu à Spencer-Wood où le Lieutenant-Gouverneur, l’honorable M.Pérodeau, reçut dans son domaine royal, avec une bienveillance marquée, plus de deux mille écoliers conduits par leurs maîtres, les révérends Frères de diverses communautés religieuses.Cette belle démonstration avait été organisée par l’honorable M.C.-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, assisté de M.Lionel Bergeron, Secrétaire du département de l’Instruction publique.L’honorable M.L.-A.David assistait à cette fête de la jeunesse, ainsi que l’honorable Chs Marcil, représentant lu Gouvernement fédéral, les honorables juges A.Tessier et P.-A.Choquette Mgr A.Gosselin, recteur de l’Université Laval, M.l’abbé A.Maheux, le révérend A.-M.Gordon, le Révérend Frère Supérieur de l’Académie commerciale, M.l’abbé Tardif, directeur du collège de Lévis, MM.Lionel Bergeron, G.-E.Marquis, etc., etc.L’honorable M.Delâge, président du comité des fêtes jubilaires pour la Province de Québec, présenta les écoliers au Lieutenant-Gouverneur en termes appropriés.Le représentant du Roi, souhaita la bienvenue la plus cordiale à l’armée écolière qui avait envahi les magnifiques parterres de la résidence vice-royale.Il dit au millier d’enfants qui l’écoutaient avec attention toute l’importance de la célébration du jour et leur souhaita de bien profiter de leurs études et de s’appliquer à bien connaître les Pères de la Confédération, afin de mieux aimer leur patrie.Le Lieutenant-Gouverneur remercia aussi les Révérends Frères d’avoir amené à Spencer-Wood le beau régiment d’écoliers qu’il avait le plaisir de contempler en ce moment.11 fit aussi l’éloge de ces éducateurs émérites et les remercia au nom de la Province pour tout le bien qu’ils faisaient à notre jeunesse.M.le Surintendant invita ensuite l’honorable M.David, Secrétaire de la Province, à adresser la parole.M.David se rendit de bonne grâce à l’invitation de l’honorable M.Delâge.Il rappela la mémoire de Georges-Etienne-Cartier, ce grand Canadien français dont nous devons être fiers.M.David ajouta: “Nous avons raison d’être fiers des Canadiens qui continuent son œuvre, et nous, de la Province de Québec, nous avons à nous glorifier d’avoir apporté à cette œuvre le plus puissant concours peut-être.Si le Dominion du Canada est aujourd’hui ce qu’il est, il n’est peut-être pas osé de dire qu’il le doit pour beaucoup à la Province de Québec.“Québec a donné à tout le Canada l’exemple de la puissance d’action et de la fierté nationale.” M.l’abbé Maheux, aumônier de Spencer-Wood, prononça aussi une allocution.Il dit que l’Église catholique est heureuse de s’associer aux/êtes du Jubilé de la Confédératio i.“Sous le régime confédératif, dit M.l’abbé Maheux, l’Église catholique a connu des progrès extraordinaires; elle offre aujourd’hui à l’admiration du pays une hiérarchie compacte, un clergé instruit et zélé, des diocèses bien organisés et bien peuplés, des collèges classiques et des universités qui déversent sans compter le savoir humain, des congrégations religieuses d’hommes et de femmes dont le travail ne cesse de féconder les âmes.“Depuis la confédération l’Église Catholique du Canada a vu deux fois la pourpre cardinalice jeter son éclat sur la nation.“L’Église Catholique a droit d’être hère des œuvres qu’elle a accomplies pendant les 60 années de liberté qui viennent de s’écouler.Rien d’étonnant dès lors à ce que^ IN os SS.les évêques aient prescrit à toutes les ouailles d’entonner l’hymne d’actions de grâces pour les I L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 19 bienfaits dont la Providence a comblé le pays pendant les douze lustres qui se terminent aujourd’hui.” Le révérend A.Gordon donna à son tour de bons conseils à la gent écolière.Il dit aux étudiants que le pays sera d’autant plus prospère que les neuf provinces du Dominion seront unies.“Les jeunes d’aujourd’hui seront les hommes de demain, vous devez vous préparer à concourir plus tard, selon votre condition et dans la mesure de vos forces, à assurer cette union.“La bonne entente” en est le facteur essentiel.” Puis, au nom des jeunes écoliers, M.Paul-Eugène Gosselin, élève de rhétorique au Collège de Lévis, gagnant du prix du Prince de Galles et premier aux examens du baccaluaréat, a remercié l’honorable Monsieur Pérodeau de la cordiale réception qu’il faisait à des milliers d’écoliers.M.Gosselin a été vivement applaudi par ses condisciples quand l’hon M.Delâge le présenta.Deux autres élèves: un du High School et un de l’Académie Commercicle, ont aussi adressé la parole aux noms de leurs camarades.L’honorable M.Delâge remercia de nouveau le Lieutenant-Gouverneur pour la réception inoubliable qu’il venait de donner à la jeunesse écolière et à leurs dévoués maîtres, et dit aussi sa reconnaissance à l’honorable Secrétaire de la Province d’avoir honoré la démonstration de sa présence.La fanfare du Royal 22e Régiment contribua au succès de la fête en jetant une note gaie par une température idéale.Pendan/ la réception une médaille-souvenir de la Confédération fut distribuée aux écoliers ainsi que la jolie brochure Canadiana de M.l’abbé Genest, du Séminaire.Au cours du mois de juin, le Surintendant de l’Instruction publique a fait distribuer dans les écoles quatre cent mille médailles-souvenirs ainsi que la brochure Soixante années de Progrès.En envoyant cette dernière aux commissaires et aux syndics d’écoles pour être remise aux élèves, l’honorable M.Delâge a dit: “Le 1er juillet prochain, le Canada célébrera le jubilé de diamant de la Confédération, c’est-à-dire le 60ème anniversaire de l’établissement du régime de gouvernement actuellement en vigueur dans ce pays.“A cette occasion auront lieu, dans les différentes provinces de ce pays, de grandes mari-festations patriotiques où la jeunesse étudiante sera appelée à jouer un rôle important.Je serai très heureux, pour ma part, de voir les autorités scolaires coopérer avec les autorités locales ou régionales pour l’organisation de ces réjouissances.¦‘Toutefois, je considère que la manière la plus profitable de célébrer cet heureux anniversaire dans nos écoles serait la préparation d’un examen spécial sur les bienfaits et les progrès dus au “Régime confédératif”.Et les brochures accompagnant cette circulaire sont destinées à fournir aux titulaires et à leurs élèves la matière de cet examen.“Cet examen précédé, accompagné ou suivi de chants patriotiques, pourrait clôturer de façon très intéressante l’examen ordinaire de fin d’année prescrit par les Règlements du Comité catholique.“Je prie donc MM.les secrétaires-trésoriers de faire parvenir, le plus tôt possible, un exemplaire de ces volumes à chaque instituteur et à chaque institutrice, afin que ces derniers puissent en bien étudier le contenu et en faire le sujet de leur enseignement pour les dernières leçons d’Histcire du Canada de la préser.te année scolaire.” Dans un message adressé à la population de la Province de Québec, l’honorable M.L.-A.Taschereau, Premier Ministre, a fait les excellentes réflexions qui suivent: “Nous ne sommes pas une nation homogène, mais une fédération de groupes autonomes qui avons mis en commun notre avoir et nos énergies, avec cependant l’entente expresse et la détermination bien arrêtée de garder intacts, de part et d’autre, certains éléments essentiels qui caractérisent nos nationalités respectives et qui sont le fondement même de notre vie et de notre idéal.“Les colonies fédérées de 1867 constituent aujourd’hui neuf provinces intimement liées, qui s’étendent de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique.Au delà de neuf millions de sujets acceptent l’Acte de l’Amérique Britannique du Nord comme la charte à laquelle tous doivent se conformer.“La nation canadienne grandit rapidement.En ces dernières années elle a acquis un sens plus aigu de ses responsabilités et ses horizons se sont élargis. 20 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Nous n’en désirons pas moins continuer d’être un dominion britannique et nous voulons garder jalousement les caractéristiques qui distinguent notre pays des États-Unis, avec lesquels nous nous efforçons de rivaliser dans le commerce et l’industrie.“L’instruction et la religion jouent un rôle prépondérant dans notre vie nationale et notre espoir en l’avenir s’inspire de la puissance que représente l’héritage moral que nous ont légué nos pères.“Grâce à ses terres fertiles et à ses immenses forêts, à ses richesses minières et à ses pouvoirs hydro-électriques, à la puissance de travail et aux vertus domestiques de sa population, la Province de Québec est heureuse d’être un facteur de premier plan dans la vie canadienne et de contribuer largement à la prospérité du Dominion.Son désir est sans contredit de marcher de l’avant, sous les plis du drapeau britannique, en union intime avec ses provinces-sœurs, et de réaliser les vœux des Pères de la Confédération, en travaillant à édifier une puissante nation où l’instruction, la culture, l’art et la religion serviront de base et de guide au développement commercial et à l’expansion industrielle”.Voici la liste des Lieutenants-Gouverneurs de la Province de Québec, depuis 1867: Sir N.Belleau, 1867 à 1873.Hon.R.-E.Caron, 1873 à 1876.Hon.Luc Letellier de St-Just, 1876 à 1879.Hon.Théo.Robitaiffe, 1879 à 1884.Hon.Rodrigue Masson, 1884 à 1887.Hon.A.-R.Angers, 1887 à 1892.Sir J.-A.Chapleau, 1892 à 1897.Sir Louis-A.Jetté, 1898 à 1908.Sir Alphonse Pelletier, 1908 à 1911.Sir François Langelier.1911 à 1915.Sir P.-E.Leblanc, 1915 à 1918.Sir Charles Fitzpatrick, 1918 à 1923.Hon.L.-P.Brodeur, 1923 à 1924.Hon.N.Pérodeau, 1924 à ce jour.Liste des Premiers Ministres, de la Province de Québec depuis la Confédération: L’hon.P.-J.-O.Chauveau, du 15 juillet 1867 au 27 février 1873.L’hon.G.Ouimet, du 27 février 1873 au 22 septembre 1874.L’hon.Chs Boucher de Boucherville, du 22 septembre 1874 au 8 mars 1878.L’hon.H.-J.Joly, du 8 mars 1878 au 31 octobre 1879.L’hon.J.-A.Chapleau, du 31 octobre 1879 au 1er août 1882.L’hon.J.-A.Mousseau, du 1er août 1882 au 23 janvier 1884.L’hon.J.-J.Ross, du 23 janvier 1884 au 22 janvier 1887.L’hon.L.-O.Taillon, du 13 janvier 1887 au 29 janvier 1887.L’hon.H.Mercier, du 29 janvier 1887 au 16 décembre 1891.L’hon.B.de Boucherville, du 21 décembre 1890 au 16 décembre 1892.L’hon.L.-O.Taillon, du 16 décembre 1892 au 1er mai 1896.L’hon.E.-J.Flynn, du 11 mai 1896 au 24 mai 1897.L’hon.F.-G.Marchand, du 24 mai 1897 au 3 octobre 1900.L’hon.S.-N.Parent, du 3 octobre 1900 au 21 mars 1905.Sir Lomer Gouin, du 23 mars 1905 au 9 juillet 1920.L’hon.L.-A.Taschereau, du 9 juillet 1920 à ce jour.Liste des Surintendants de l’Instruction publique de la Province de Québec depuis 1867 : L’honorable P.-J.-O.Chauveau; L’honorable C.-B.de Boucherville; L’honorable Gédéon Ouimet; L’honorable P .-Boucher de LaBruère; L’honorable C.-F.Delâge. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 21 MÉTHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUÉE A L’ÉCOLE PRIMAIRE COMPLÉMENTAIRE ET A L’ÉCOLE NORMALE (Pour “L’Enseignement Primaire”.Ménagère de huit ans (Lamartine, Genevieve) Notre père était trop pauvre pour donner une servante à ma mère, et j’étais trop petite pour faire toute seule le ménage.Les voisines venaient bien de bon cœur, quand je les priais, tirer pour nous le seau du puits, mettre la grosse bûche au feu et pendre la marmite à la crémaillère; mais ma mère et moi nous faisions tout le reste—-aussitôt que j’avais pu marcher seule dans la chambre, j’avais été la servante née de la maison, les pieds de ma mère, qui n’en n’avait plus d’autres que les miens.Ayant sans cesse besoin de quelque chose qu’elle ne pouvait aller chercher au jardin, dans la cour, dans la chambre, au feu, sur l’évier, sur la table, sur un meuble, elle s’était accoutumée à se servir de moi avant l’âge, comme elle se serait servie d’une troisième main; et moi j’étais hère, toute petite que j’étais, de me sentir nécessaire, utile, serviable comme une grande personne à la maison.Cela m’avait rendue attentive, mûre, sérieuse, raisonnable avant l’âge de huit ans.Elle me disait: “Geneviève, il me faut cela, il me faut ceci; apporte-moi Josette sur mon lit, que je lui donne à téter; rem-porte-la dans son berceau et berce-la du bout de ton pied jusqu’à ce qu’elle dorme; va me chercher mon bas; ramasse mon peloton; va couper une salade au ja'rdin; va au poulailler tâter s’il y a des œufs chauds dans le nid des poules; hache des choux pour faire la soupe à ton père; bats le beurre; mets du bois au feu; écume la marmite qui bout, jettes-y le sel; étends la nappe, rince les verres; descends à la cave, ouvre le robinet, remplis au tonneau la bouteille de vin.Et puis quand j’avais fini, qu’on avait dîné et que tout allait bien, elle me disait: “Apporte-moi ta robe que je te pare, et tes beaux cheveux que je les peigne.” Elle m’habillait, elle me parait, elle me peignait, elle m’embrassait, elle me disait: “Va t’amuser maintenant sur la porte avec les enfants des voisines : qu’ils voient que tu es aussi propre, aussi bien mise et aussi bien peignée qu’eux.” Et j’y allais un moment pour lui faire plaisir, mais je n’allais jamais plus loin que le seuil de la cour, pour pouvoir entendre si ma mère me rappelait, et je n’y restais pas longtemps, parce que les enfants se moquaient de moi et disaient entre eux: “Tiens, la sérieuse, elle ne sait jouer à rien, laissons-la.” J’aimais mieux rentrer et me tenir debout auprès du lit de ma mère, épiant dans ses yeux ce qu’elle pouvait avoir à demander.Tous les jours se passaient ainsi; je me levais la première, je me couchais la dernière, je ne respirais l’air que par la fenêtre, je ne voyais le soleil que sur le seuil de la porte et voilà pourquoi j’avais le visage blanc.On disait à ma mère: “Votre petite a donc les pâles couleurs?Oh ! non, répondait-elle; mais c’est qu’elle a la pâle vie !” je n’allais pas même à l’école.MÉNAGÈRE DE HUIT ANS Explication littérale Faire le ménage: Le ménage, c’est l’ensemble des objets nécessaires dans un intérieur domestique.Faire le ménage, c’est ranger et nettoyer ces objets.De bon cœur: avec bonne volonté et bonne humeur.La crémaillère: Tige de fer à crans et à l’extrémité recourbée; suspendue au-dessus du foyer d’une cheminée, elle soutient elle-même la marmite.La servante-née: celle qui était née pour être servante, dont la destinée était de servir. 22 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’évier: Large pierre à bord relevé, sur laquelle on lave la vaisselle, et qui est percée d’un trou pour l’écoulement des eaux.Toute 'petite que j’étais: si petite que je fusse.Mûre: un fruit, un homme mûr c’est celui qui a atteint tout son développement.A huit ans, Geneviève a déjà la maturité, c’est-à-dire la sagesse d’une grande personne.Que je lui donne .que je te pare.que je les peigne: propositions finales elliptiques afin que je lui donne.Mon peloton: peloton—petite pelote.—-Pelote—petite masse ronde de fil, de laine, etc.Écume la marmite: enlève l’écume de la soupe qui bout dans la marmite.Rince les verres: Rincer—laver à plusieurs reprises.Elle me parait: elle m’arrangeait d’une manière élégante.Sur la porte : pour ainsi dire en restant sur le seuil, du moins en ne s’éloignant pas de la porte.Tiens, la sérieuse.: Tiens ! cette exclamation a pour objet d’attirer l’attention sur quelqu’un ou sur quelque chose.La sérieuse—-voici la sérieuse.Épiant: regarder attentivement et en cachette.Elle a la pâle vie: une vie que n’éclaire aucune joie, et qui pour ainsi dire devient pâle, comme devient pâle un visage qui ne voit jamais le soleil.Analyse littéraire I.Cette page, toute simple, toute unie, semble d’abord, se prêter mal à une analyse.L’art en paraît absent.Cependant l’ordonnance, pour naturelle qu’elle soit, ne s’en révèle pas moins parfaite.A.—Idée générale: la pauvreté de ses parents fait de la petite Geneviève une servante prématurée.Une atténuation: la complaisance des voisins allège un peu sa tâche.Mais elle n’en reste pas moins la servante-née de la maison.Ces huit ou dix premières lignes servent, pour ainsi dire d’introduction.B.—Voici le développement.1.D’abord une reprise de l’idée générale, mais avec quelque détail.Nous assistons aux démarches (jardin, cour, chambre), aux travaux (évier,.table, meuble,) de l'a petite ménagère, à l’éclosion de ses sentiments naïfs (et moi j’étais fière.); aux progrès prématurés de son âme sans enfance (Cela m’avait rendue attentive, mûre .).—- 2.Au récit se substitue un discours, et, derrière la petite fille toujours en mouvement, on entend, on voit la mère impotente qui miütiplie les ordres, avec un peu d’indiscrétion peut-être.Voici pourtant un moment de répit, une promesse de joie: la toilette, la récréation.Répit écourté, espoir déçu : Geneviève sent qu’elle ne peut pas quitter sa mère et, d’autre part, se heurte à la sotte méchanceté de ses compagnes.(Tiens, la sérieuse, elle ne sait jouer à rien, laissons-la.) C.—Alors, c’est la conclusion, résumant tout ce qui précède (Tous les jours se passaient ainsi), et aussi en indiquant les conséquences (Et voilà pourquoi j’avais le visage blanc.) Ce trait aurait pu suffire.Avec son âme de poète et de chrétien, Lamartine en ajoute un autre: On disait à ma mère: “Votre fille a donc les pâles couleurs.” Oh ! non, répondait-elle; mais ‘‘c’est qu’elle a la pâle vie.”-—-“Elle a la pâle vie.Cette réponse, à la fois naïve et hardie, ne retentit-elle pas comme un glas funèbre,—-le glas qui sonnerait sur le bonheur d’une fillette vieillie avant d’avoir été enfant?Donc, composition discrète et savante, à la fois une et variée, et qui par des moyens très simples nous mène de la simple curiosité à l’émotion profonde.IL Les personnages et les caractères.Dans ce récit d’une paysanne, nous n’avons pas, bien entendu, d’analyse psychologique.Mais les personnages sont peints avec exactitude et netteté, suivant les exigences du sujet.Voici les comparses, les simples témoins.Et d’abord les braves gens secourablesj ceux qui viennent de bon cœur rendre service à leur voisine impotente, et qui à leur frère malheureux savent exprimer leur sympathie pitoj^able mieux que ne le feraient peut-être de plus savants: “Votre petite a donc les pâles couleurs?” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 23 En deux phrases, Lamartine a peint ces deux caractères du petit peuple : la serviabilité cordiale et le don du mot simple et touchant.En une seule phrase, il a exprimé au contraire la légèreté méprisante et cruelle de certains enfants: “Tiens, la sérieuse, (mépris, peut-être envieux), elle ne sait jouer à rien (inintelligence par irréflexion), laissons-la (méchanceté).La mère ?—Ah ! comme elle est vivante, comme nous la connaissons après avoir lu cette seule page ! Une infirme, une paralytique, à tout le moins une podagre.Ce dut être une ménagère laborieuse et soigneuse; l’inactivité la rend encore plus méticuleuse, et sans qu’elle s’en doute, ses exigences perpétuelles prennent quelque chose de tyrannique.(Ayant sans cesse besoin de quelque chose qu’elle ne pouvait aller chercher au jardin, dans la cour, dans la chambre, au feu, sur l’évier, sur la table, sur un meuble, elle s’était accoutumée à se servir de moi avant l’âge, comme elle se serait servie d’une troisième main.) Tout le jour, c’est une pluie, une avalanche d’ordres à exécuter, de commissions à faire, bien propres à étourdir, à accabler une enfant.(“Geneviève, il me faut cela, il me faut ceci; apporte-moi Josette .”—Il y en a comme cela une dizaine de lignes.)—- La mère de Geneviève est pourtant une bonne mère.La besogne faite, elle songe à la petite ménagère, fait sa toilette, veut lui ménager un moment de repos et aussi la légitime satisfaction de son amour-propre.(“Apporte-moi ta robe, que je te pare; et tes beaux cheveux, que je les peigne.etc”).Dans ses gestes, dans ses paroles, il y a mieux que de la vanité maternelle, il y a de la sollicitude, il y a de la tendresse .(“Elle m’habillait, elle me parait, elle me peignait, elle m’embrassait.”).Son inconsciente tyrannie de malade ne l’empêche pas de comprendre et de plaindre l’injuste infortune de sa petite: “Elle a la pâle vie,” dit-elle.—Parole d’intelligente pitié, toute maternelle.—Parole toute populaire aussi, le vrai peuple étant par lui-même plus porté à la résignation qu’à la révolte.Enfin voici Geneviève.—Geneviève enfant, racontée, il est vrai, par Geneviève vieillie, si bien que nous ne pouvons plus guère distinguer entre la narratrice et son héroïne.Mais il faut simplifier et, pour cela, nous en tenir au texte.Geneviève donc, c’est une enfant intelligente active et sûre.La nécessité (aussitôt que j’avais pu marcher seule.j’avais été la servante-née de la maison.), l’amour propre (.j’étais fière .toute petite que j’étais, de me sentir nécessaire .) l’amour filial aussi en font, pour ainsi dire, une petite grande personne: “Cela m’avait rendue attentive, mûre, sérieuse, raisonnable.” Et quelle docilité ! Les ordres peuvent se multiplier, divers, étourdissants, l’enfant les accepte sans mot dire.Quelle énergie aussi ! Faisons le compte des travaux exécutés par elle en quelques heures; ils exigent, physique et morale, une force singulière.Et jamais de détente.Non seulement, la sotte méchanceté des petits voisins lui interdit toute récréation commune, mais la petite sent d’elle-même qu’elle est toujours de service: “J’aimais mieux rentrer, et me tenir debout auprès du lit de ma mère, épiant dans ses yeux ce qu’elle pouvait avoir à me demander.” Ainsi, un bon chien n’attend pas qu’on l’appelle; mais, couché aux pieds de son maître, il semble solliciter les ordres du regard.Ce n’est pas que Geneviève soit insensible.De tant de travaux, de tant de fatigues, de tant de privations surtout—(qu’est-ce qu’une enfance sans jeux?)—-, elle souffre évidemment.Si pas une plainte ne lui échappe, telle phrase, purement narrative pourtant, est lourde de tristesse et de regrets attardés: “Tous les jours se passaient ainsi; je me levais la première, je me couchais la dernière.Je ne respirais l’air que par la fenêtre, je ne voyais le soleil que sur le seuil de la porte, et voilà pourquoi j’avais le visage blanc.” Soupir mélancolique d’un cœur à qui fut refusée la joie de s’épanouir, plus touchant peut-être qu’une pro-testati°n violente ou même un cri déchirant.* * * Ici nous touchons à un caractère essentiel de l’art lamartinien.Description, récit, portraits, tout est à la fois simple et distingué, émouvant et discret.Avant Lamartine les réalités ménagères comptaient peu pour le poète, où on ne les traitait pas à leur juste valeur.Les réalistes comme Boileau y trouvaient matière à descriptions pittoresques, hautes en couleur jusqu’à la crudité, goguenardes parfois jusqu’à la cruauté. 24 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE (Voyez le Repas ridicule.)—-Rousseau leur restitue leur dignité; mais peut-être haussa-t-il un peu trop le ton en leur honneur, et son éloquence ne va pas toujours sans déclamation.Lamartine a su concilier le respect avec la simplicité.Ni trivialité, ni fadeur, ni grandiloquence: la vérité modeste et touchante.Pareillement pour les caractères: ni lourdauds ridicules, ni brutes malfaisantes, ni héros sublimes et bavards, les paysans de Lamartine sont des âmes simples, probes et courageuses.Cela ne supprime pas la médiocrité du plus grand nombre; mais de même la délicatesse, la pureté, la générosité des autres ne supprime nullement leur simplicité première.Pas de grands gestes, pas de grands mots: une vertu qui s’ignore ou qui, du moins, ne se confie qu’à Dieu.D’où, j’allais dire la sécurité de notre sympathie.Si la brutalité des naturalistes nous révolte, la rhétorique romanesque de Jean-Jacques nous laisse parfois sceptiques: il y a chez lui trop d’idylle, comme, chez les autres, trop de laborieux pessimisme.Aux paysans de Lamartine nous accordons sans réserve estime, admiration, pitié; sur leurs épreuves nous nous attendrissons comme sur une infortune paternelle; et comme à tel vrai héros de tragédie nous leur savons gré de nous émouvoir avec les mots les plus profonds à la fois et les plus familiers: (“Ah ! non, mais c’est qu’elle a la pâle vie !” par exemple.—-) C’est que, tout le premier, le poète a connu, aimé ses personnages.Il a pu les embellir, comme il embellissait toute chose.Il n’en a pas moins, dès son enfance, vécu tout près de la terre et du paysan.Son expérience a prévenu les écarts de son idéalisme naturel; sa sympathie lui a fait découvrir sous la rudesse des manières et dans les plus pauvres chaumières la vraie richesses des humbles: la richesse de leur cœur.* * * C’est encore une servante que nous montre Gustave Flaubert; quelle différence, pourtant, entre les deux tableaux ! Ce n’est pas seulement l’âge qui sépare les deux héroïnes; les circonstances sont toutes autres, toute autre surtout la manière de présenter les choses et les gens.Lamartine, Flaubert, ce sont deux générations, deux écoles qui s’opposent.Le contraste est si éclatant qu’après avoir cité le texte du romancier Normand, nous nous bornerons à quelques remarques essentielles: LA VIEILLE SERVANTE (Nous sommes au Comice agricole d’Youville.C’est après le concours, la distribution des prix.Un conseiller de préfecture, préside la cérémonie, assisté du maire Tuvacke.) Nous avons ici un exemple de réalisme appliqué, avec tout ce que celui-ci comporte non seulement d’exactitude surtout matérielle, mais de complaisance pour les laideurs, les misères de cette vie, pour la familiarité vulgaire, enfin cl’arrière-pensée satirique.Sans doute, Flaubert, qui jouait à l’impassible, se défend mal d’une certaine pitié, d’un certain respect même pour cette “pauvre petite vieille de maintien craintif, qui paraissait se ratatiner dans ses pauvres vêtements.” Il sait ce qu’elle dut endurer (.“l’humble témoignage de tant de souffrances subies.”)—Il signale cette espèce de “rigidité monacale qui relève l’expression de sa figure.” Enfin il salue en elle “un demi-siècle de servitude”; et cette expression révèle bien l’émoi de son cœur.Mais ces traits sont épars parmi maints détails d’un tout autre caractère.Ce sont tous détails matériels.Voici d’abord la toilette de Catherine-Nicaise-Elisabeth Leroux: grosses galoches de bois, long tablier bleu, béguin sans bordure, camisole rouge.Matière, dimensions, couleurs, tout y est, tout ce qu’avait négligé et comme ignoré Lamartine.Et les mains de la pauvre vieille ! Le romancier indiquera bien pour ainsi dire la beauté vénérable de mains péniblement laborieuses (.A force d’avoir servi elles restaient entrouvertes, comme pour présenter d’elles-mêmes l’humble témoignage de tant de souffrances subies); mais il insistera surtout sur la déformation, etlalaideur de ces “deux longues mainsà articulations noueuses.” “La poussière des granges, dit-il, la potasse,des lessives et le suint des laines les avaient si bien encroûtées, éraillées, durcies, qu’elles semblaient sales, quoi qu’elles fussent rincées d’eau claire.” A ces traits directs, dont certains ne sont pas sans brutalité voulue (suint.encroûtées.), l’écrivain ajoute des comparaisons qui, pour être naturelles, n’en diminuent pas moins ce à quoi on les applique: “Son visage maigre.était plus plissé de rides qu’une L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 25 'pomme de reinette flétrie.”.—Et encore: “dans la fréquentation des animaux, elle avait pris leur mutisme et leur placidité.” Aussi nous semble-t-il découvrir une contradiction entre la sympathie spontanée de Flaubert pour son humble héroïne, et ses théories d’écrivain réaliste qui se croit des devoirs surtout envers la laideur et la médiocrité.Enfin il y a chez lui une intention satirique évidente.Reproduire exactement les attitudes, les gestes, les paroles du vulgaire (voyez les exclamations du début) ne suffit pas à ce prétendu impassible.Il a, chevillée au cœur, une haine violente: la haine du bourgeois.Cette haine, il ne l’exprime pas directement: son esthétique le lui interdit, mais dans tel innocent rapprochement de deux chiffres, n’y a-t-il pas une amère ironie: “pour cinquante-quatre ans de service dans une même ferme, une médaille d’argent du prix de vingt-cinq francs” ?Et la dernière phrase, grave à la fois et incisive, ne révèle-t-elle pas clairement l’arrière-pensée qui inspira toute cette page: “Ainsi se tenait, devant ces bourgeois épanouis, ce.demi-siècle de servitude” ?Nous ne dirons rien du style dense, coloré, sonore qui s’oppose si curieusement au style ample, abondant et fluide de Lamartine.Notre intention n’était pas de procéder à un parallèle arbitrairement rigoureux.Elle n’est pas davantage d’assigner des rangs.Nous préférons attirer l’attention du lecteur sur un fait important.Lamartine, Flaubert, ce sont, avons-nous dit, deux générations, deux écoles antagonistes.Tout chez eux s’oppose, les principes et les procédés; le lecteur a dû s’en rendre compte.Cependant, au fond du cœur, on trouve épanouie chez l’un, comprimée chez l’autre et comme involontaire, la même sympathie pour la souffrance et la vertu des humbles.Ce sens humain, cette inconsciente charité chrétienne, les rattache l’un et l’autre à la grande tradition française, à celle qui domine et unifie toutes les querelles, toutes les divergences d’écoles.H.Gaillard de Champris.LES SCIENCES NATURELLES I -t- / Neuvième leçon d’entomologie i Les insectes de proie (Le maître pourra illustrer cette leçon en se servant du tableau Maheux) Maître.—Nous avons vu déjà que les insectes nuisibles prélèvent chaque année une lourde taxe sur les récoltes, soit dans les champs, les vergers et les jardins, et que leurs ravages, dans notre province seule, se chiffrent annuellement à des millions de piastres.Il n’est pas exagéré de dire qu’une moyenne annuelle d’un dixième de toutes nos récoltes leur est sacrifiée.Sans les moyens naturels et artificiels de destruction que Dieu a mis à la disposition de l’homme, ces ennemis de l’agriculture auraient vite réduit à la famine l’humanité tout entière.Le cultivateur a confié à la terre le grain dont il attend la vie.La Providence a fait germer ce grain et bientôt de vertes tiges couvriront le sol.Sous l’effet bienfaisant de la chaleur, de la pluie et du soleil, ces tiges vont grandir, se développer et bientôt, à l’œil réjoui du semeur apparaîtront les épis remplis de promesses.Mais voilà que de toutes parts surgissent les agents de destruction; les uns s’enfouissent sous terre et attaquent les plantes à leurs racines, d’autres en dévorent les feuilles ou font leur pâture des grains de l’épi.Mouches, larves, charançons, vers, sauterelles, etc.auraient, dans peu de temps, dévasté toute la récolte si le cultivateur n’avait découvert le mal à son début et mis en usage des moyens efficaces de destruction. 26 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Yvon.—J’ai souvent vu des cultivateurs lutter contre les ravages des insectes au moyen des arrosages et des pulvérisations; ce sont là, je le sais, des moyens artificiels connus, et appliqués par tous les agriculteurs de notre région.Il y a aussi, avez-vous dit, des moyens naturels; ceux-là sont-ils en usage dans notre province?Maître.—-Ils sont en usage sur toute la surface de la terre.Partout, la Providence permet que les insectes nuisibles soient tenus en échec par le concours précieux que nous fournissent les oiseaux insectivores et plusieurs insectes amis qu’il est nécessaire de connaître afin de les protéger.La première des gravures ci-contre illustre bien une scène que vous verrez se produire tous les jours au jardin pendant la belle saison: Deux coléoptères appelés Calosomes chauds (Calosomacalidum) sont à faire ripaille d’un ver grassouillet.Ce Calosome est à juste titre appelé le lion des vers gris; vous connaissez déjà ce ver si malfaisant qui coupe les jeunes tiges des légumes du potager.De même que ses congénères il est tenu en respect par le terrible Calosome, qu’on nomme encore jardinière à cause des services signalés qu’il rend au jardin, C’est un beau coléoptère de couleur noire avec trois rangées de points d’un rouge cuivré sur chaque élytre; sa longueur est de % de pouce.Par les temps ensoleillés vous le voyez courir très vite sur le sol, cherchant pour le dévorer son ennemi le ver gris.Sa larve, également noire, chasse aussi les vers nuisibles qu’elle attaque et dévore avec la férocité du tigre.Malheureusement, le Calosome et sa larve ne sont pas connus, et pour pnx des précieux services qu’ils nous rendent, ils sont impitoyablement écrasés sous le pied de celui qui les découvre.Parmi les principaux insectes de proie, citons la gracieuse Libellule mieux connue sous le nom de Demoiselle.Vous entendrez les ignorants vous dire que ce bel insecte crève les yeux des gens, préjugé bien ridicule et pourtant assez répandu.La Libellule, loin d’être nuisible, est une alliée précieuse pour la destruction des insectes qui ravagent nos cultures et nos arbres.Il y a aussi la Coccinelle ou Bête à bon Dieu, qui dévore par certaines les pucerons ou aphides si nuisibles dans le verger.Ce gentil petit coléoptère aux élytres rouges marquées de taches noires mérite bien qu’on le protège.Les abeilles sphécides qui déterrent les vers nuisibles et les portent dans leurs cellules où ils sont dévorés par les jeunes larves, les Carabes aux puissantes mandibules qui broient les chairs des chenilles et dont les larves sont également carnassières, le grand Harpalus qui est un autre destructeur émérite du ver gris sont tous des insectes amis qu’un peu d’observation vous fera reconnaître et qui, soit au champ, au jardin ou dans le verger montent la garde et exterminent les espèces malfaisantes.II Les insectes parasites Maître.—Certains croient que tous les insectes que l’on voit dans le jardin sont nuisibles.C’est là une erreur regrettable.Vous venez de connaître quelques insectes de proie; il on est des centaines, des milliers peut-être d’autres espèces qui, moins connues, jouent pourtant le même rôle bienfaisant.Disons maintenant quelques mots des insectes parasites, c’est-à-dire de ceux qui déposent leurs œufs sur le corps des chenilles ou dans les chenilles mêmes, et dont les larves se nourrissent au détriment de l’insecte dans lequel elles se trouvent.(La deuxième gravure est montrée aux élèves).Ce que vous voyez ici illustre bien le rôle de ces insectes.En voici un qui dépose ses œufs dans le corps d’une chenille; c’est un hyménoptère, l’Ammophile hérissée sans doute.Cette Ammophile réduit sa victime, ver ou chenille, à l’impuissance en le piquant de son aiguillon; l’œuf est ensuite pondu sous l’épiderme de la proie, un terrier est creusé et la victime encore vivante mais rendue parfaitement inerte par les piqûres de l’hyménoptère y est traînée et enterrée.Quelques jours plus tard sortira de l’œuf une toute petite larve blanche laquelle se nourrira des chairs vivantes du ver.Dans une quinzaine celui-ci aura été entièrement dévoré par la larve.Germain.—L’Ammophile, il me semble, pourrait bien tuer sa proie au lieu de la para- lyser?_ ., Maître.—Elle le pourrait, sans doute, mais elle sait bien que sa future larve sera friande de chair fraîche et ne pourrait s’accommoder des chairs corrompues d’un vert mort.Paul.—Mais alors, que n’enfouit-elle pas le ver vivant sans se donner la peine de le paralyser ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 27 INSECTES DE PROIE ET INSECTES PARASITES INSECTES de PROIE dévorent ou sucent chenilles et vers ¦ .; ^ is wm W INSECTES PARASITES déposent leurs ^eufs dans les > -' larves, lesquelles sont ensuite dévorées par les1 vers sssg&KsS; 1.Calosomes dévorant une chenille.2.—Ammophile hérissée pondant dans le corps d’un ver.3.—Coccinelle.4.—Libellule.5.—Carabe et sa larve.6.—Grand Harpalus.7.Calosome chaud.8.—Ammophile hérissée. 28 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Maître.—L’insecte parasite, grâce à un instinct admirable, sait que son œuf délicat ne saurait éclore au millieu de vivres animées.Même si l’éclosion avait lieu, comment la petite larve si frêle et qu’un rien peut meurtrir, pourrait-elle résister aux contorsions, vigoureuses du gros ver?Non, il faut ici, pour quelques semaines, la parfaite immobilité de la proie et la fraîcheur des vivres, problème alimentaire en présence duquel l’homme doit avouer son impuissance et qu’a pourtant résolu un tout petit insecte.C’est bien dans la famille des ichneumons que nous trouvons les plus précieux des insectes parasites.Ces mouches, généralement de petite taille, sont toujours en mouvement à la recherche d’une proie dans laquelle elles déposent leurs œufs; à l’aide d’une tarière dont elles sont armées, elles percent cette proie, (chenille, chrysalide, charançon, araignée, etc.) et pondent dans son corps.Lorsque l’œuf arrive à l’éclosion, il en sort une larve qui se nourrit de la substance de l’insecte qui la porte.Les larves cachées sous l’écorce des arbres où elles creusent des galeries, ne sont même pas à l’abri de la tarière de l’ichneumon.A peine leur retraite a-t-elle été localisée qu’un aiguillon puissant traverse l’écorce juste au-dessus du ver rongeur dans les chairs duquel est déposé un œuf.Nous avons vu précédemment que le Puceron vert ou Aphis, si nuisible aux arbres fruitiers et qui se multiplie avec une rapidité étonnante, est maintenu en échec par la vaillante Coccinelle.Ce n’est pas là son seul ennemi, car la mouche Ichneumon lui fait aussi une guerre à mort.Un coup de sa tarière donné à la nuque de 1’Aphis pratique l’ouverture où sera déposé l’œuf; elle va ensuite à la recherche d’autres Pucerons sur lesquels elle agira de même, car elle pond une soixantaine d’œufs.Après l’éclosion, la larve parasite se nourrira des chairs de l’insecte qui, bien involontairement, lui a fourni un asile.Vous remarquerez qu’après la blessure que lui a faite l’Ichneumon, le Puceron continue de vivre, mais cherche à s’isoler; la mort ne surviendra que lorsque la larve qu’il porte s’attaquera à ses organes vitaux.Vous devrez vous rappeler que les Ichneumon sont de précieux auxiliaires qui font pour nous la guerre aux ennemis de l’agriculture.D’autres insectes appartenant à l’ordre des hyménoptères parasites (mouches à quatre ailes) et à celui des diptères (mouches à deux ailes) déposent leurs œufs sur le corps des chenilles.Les larves qui en sortent pénètrent sous l’épiderme du ver dont elles dévorent ensuite les chairs.A part les insectes de proie et les insectes parasites dont nous venons de parler, Dieu a donné à l’agriculteur d’autres auxiliaires, tels les oiseaux, les batraciens, etc.dont nous parlerons dans une prochaine leçon.E.Litalien, Ins'p.d’écoles.ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE DU CANADA Direction pédagogique (Pour “L’Enseignement Primaire”) Il sera utile, au début de l’année scolaire, de relire les notes pédagogiques qui commentent le programme d’Histoire du Canada.(V.Programme, pp.132-135 des “Règlements” du Comité catholique, et “Répartition Miller et Brionne”, p.89.) On se replacera ainsi dans l’idée exacte de ce que doit être cet enseignement, quant à son but, à ses méthodes et procédés, à ses limitations ou développements, suivant le degré des élèves.Ces points, nous ne pourrons les toucher ici qu’à l’occasion et en passant.PROGRAMME DE SEPTEMBRE 1927 COURS INFÉRIEUR Enseignement oral, anecdotique, concentrique.Première année: La “Répartition” n’indique rien pour le mois de septembre.On pourra consacrer quelques leçons à la découverte de l’Amérique, sous la forme de causeries familières, à l’aide de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 29 gravures.Revenir souvent sur les connaissances acquises.(Manuel G.S.Viator, cours élém., pp.3-6; c.int., pp.3-8.) Huit leçons: 1.L’Amérique; la montrer sur la carte; sa position relativement à l’Europe; l’océan à traverser.—Christophe Colomb: qui était-il?pour qui voyageait-il?De quel port mit-il à la voile ?Ses trois vaisseaux.Comment se faisaient les voyages sur mer autrefois ?et aujourd’hui ?Que cherchait Colomb ?2.Questions sur la leçon précédente.La traversée: sa durée; les fatigues des matelots, leur inquiétude; courage de Colomb.3.Colomb découvre l’Amérique: un matin, la terre apparaît; grande île couverte d’arbres; ses habitants.Montrer la gravure— l’étudier avec les élèves.4.Le débarquement : l’oriflamme; Colomb à genoux; prise de possession au nom des souverains d’Espagne; hymnes.—Indigènes craintifs, puis rassurés peu à peu; deviennent amis des Espagnols.5.Retour de Colomb.Les Espagnols lui font fête.Reçu par le roi et la reine.Il leur raconte son voyage.6.Colomb fait plusieurs autres voyages.Il découvre des îles et visite la terre ferme.Il fonde des établissements espagnols.7.Colomb n’est pas récompensé: il meurt pauvre et abandonné.Il avait fait connaître le continent d’Amérique, montré le chemin aux missionnaires, pour la conversion des indigènes, et aux marchands pour le commerce.8.Revue du mois.Deuxième année'.Découverte du Canada.—-Étude des tableaux 1 et 2 (Desrosiers-Bertrand).(Manuel C.S.Viator, cours élém., pp.7-12; cours int., pp.8-24.) Huit leçons: L Le Canada est une partie de l’Amérique.Jacques Cartier prend possession du Canada.-—Cartier: son nom; de quel pays il venait; envoyé par le roi de France, François I; dans quel but?2.Personnages secondaires : compagnons de Cartier; chefs sauvages, leur attitude.Mœurs des Sauvages; habits, coiffrures, armes, etc.3.Ha croix érigée par Cartier; ce qu’elle signifie: l’idée religieuse; son inscription, idée de patrie.Autres objets: navire, chaloupe; paysage; l’endroit.4.Sous forme de revue, raconter le premier voyage de Cartier (1534).5.Étude du second tableau: Cartier sur le mont Royal: la montagne, la bourgade sauvage (Hochelaga), le fleuve, la forêt, etc.6.Hivernement à Stadaconé (Québec).Il bâtit un fort.; 7.Dessein de Cartier: instruire les Sauvages dans la religion chrétienne et préparer l’établissement des Français dans ce pays.Il aimait sa religion et sa patrie.8.Revue du mois.COURS MOYEN Enseignement anecdotique.En 3e année, les élèves lisent dans le manuel; ils l’apprennenr en 4e année.On continue l’etude des tableaux.Le maître se sert des questionnaires du Manuel pour des causeries familières.Troisième année:- Découverte du Canada; ses premiers habitants.(Manuel C.S.Viator, cours élém.pp.7-12; cours int., pp.8-24.) Huit leçons: 1.Premier voyage de Cartier (1534).Utiliser la carte, 2.2.Second voyage de Cartier (1535).Utiliser le 1er tableau.3.Troisième voyage de Cartier.Se servir de l’image du Manuel, p.11, et du second tableau.4.Les Sauvages du Canada: principales races; portrait.Étude de la carte 3, p.16.5.Les Sauvages du Canada: mœurs: vêtements, nourriture, habitation.Gravures pp.13, 14, 15.6.Les Sauvages du Canada La guerre: armes; cruauté; traitement des prisonniers et ennemis.7.Les Sauvages du Canada Leur religion: croyances; culte des morts.8.Revue du mois. 30 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Quatrième année: " Étude plus détaillée, dans le Manuel, de la découverte de l’Amérique, de celle du Canada, et des Sauvages du Canada.Le maître se conformera à la méthode donnée au commencement du Manuel.Commencer la rédaction historique sur image.(Manuel, C.S.Yiateur, cours élém., pp.3-17.) Huit leçons: 1.Revue rapide de la découverte de l’Amérique.2.Premier voyage de Cartier.Carte 2.3.Second et troisième voyages de Cartier.Carte 2.4.Les Sauvages du Canada: portrait, races principales, leurs habitats.Carte 3.5.Moeurs des Sauvages.-—-Vêtements, nourriture, habitation.Étude des gravures, p .15.6.Mœurs des Sauvages.—La guerre: armes, comment ils traitaient les prisonniers et ennemis.Gravures, pp.13 et 14.7.Mœurs des Sauvages.-—Leur religion: croj^ances, culte des morts.S.Revue du mois.Cours supérieur Étude du Manuel.Employer les tableaux synoptiques: ceux du livre, et d’autres faits au tableau noir, pour résumer une leçon, une époque, et rattacher les faits entre eux.Continuer la rédaction historique, sur image, ou d’après canevas.Relire la méthode en tête du Manuel.Cinquième année.Domination française.Matière du mois: Découverte primitive de l’Amérique.Jacques Cartier au St-Laurent; les aborigènes.(Manuel C.S.Viator, cours int., pp.3-25.) Huit leçons: 1.Leçon sur la découverte de l’Amérique, p.3.Étude de la carte 1.2.Christophe Colomb.Premier récit.3.Leçon sur la découverte du Canada.Carte 2.4.Voyage de Cartier.Deuxième récit.5.Essais de fondation: Roberval, La Roche et Chauvin.Troisième récit.6.Leçon sur les Sauvages du Canada (p.15).Carte 3.7.Lecture sur les Sauvages (p.16) : a) races, portraits, vêtements, habitations, occupations, gouvernement; b) les Sauvages et la guerre; c) la religion des Sauvages.8.Revue du mois.—Résumés et devoirs de revision.Sixième année.—Domination anglaise.Matière du mois: Régime anglais jusqu’à 1 Acte de Québec inclusivement.(Manuel.C.-S.Viator, cours int., pp.142-151; soit leçons 18 et 19, et récits 44, 45, 46.) Huit leçons: 1.Leçon 18 (p.142).Expliquer le terme régime autocratique (1760-91) et ses trois formes: militaire (1760-64), arbitraire (1764-1774) et oligarchique (1774-1791).2.Récit 44.Murray et les Canadiens.3.Récit 45.Soulèvement de Pontiac.(Nos 1-4.) 4.Récit 45 (suite).Principaux faits de cette guerre.La paix d’Oswégo.(Nos 5-16.) 5.Leçon 19.L’Acte de Québec (.p 149).6.Récit 46.Causes et principaux dispositifs de l’Acte de Québec.(Nos 1-4.) 7.Récit 46 (suite).Les effets de l’Acte de Québec.Conduite de Haldimand.Réclamations.(Nos 5-10.) 8.Revue du mois.Résumés et devoirs de revision.Cours complémentaire Revoir, au moyen de tableaux synoptiques et de compositions, les faits et époques étudiés au cours élémentaire, en les reliant entre eux et aux faits de l’Histoire de France ou d’Angleterre.En 7e et 8e, l’élève doit pouvoir, sous la direction de l’instituteur: a) trouver l’idée générale à laquelle se rattache le fait étudié; b) dresser le tableau synoptique de chaque leçon; c) en développer ensuite le plan dans un compte rendu écrit; d) traiter dans une composition écrite d’une action ou d’un personnage historique.Le maître considérera la matière du manuel (la même qu’en 5e et 6e) comme une synthèse qu’il doit développer dans ses leçons, et dont il exigera le compte rendu.Nous lui signalerons quelques sources, forcément incomplètes, pour la préparation de ces cours. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 31 Septième année.Découvertes primitives: L’Amérique, Colomb.Le Canada; François I et Cartier.Aborigènes.(Manuel C.-S.Viator, cours int., pp.3-25.) Insister sur les idées suivantes: a) Ténacité et esprit d’apostolat de Colomb; b) Foi ardente et patriotisme de Cartier; c) Résultats des découvertes: évangélisation, fondation de colonies, développement des sciences cosmographiques et de la navigation, expansion du commerce; d) Providence de Dieu, qui permet l’insuccès des premières tentatives d’établissement en notre pays; è) Utilité d’étudier le caractère et les mœurs des Sauvages pour mieux suivre l’œuvre civilatrice du christianisme.Dix leçons: 1.Leçon sur la découverte de l’Amérique.Etude de la carte 1.2.Récit sur Christophe Colomb.3.Leçon sur la découverte du Canada.Carte 2.4.Premier voyage de Cartier.5.Second voyage de Cartier.6.Troisième voyage de Cartier.Essai de jugement.7.Leçon abrégée sur les Sauvages du Canada (p 15).Carte 3.8.et 9.Lecture développée sur les Sauvages (p.16).10.Revue du mois.Résumés synthétiques.Rédaction historique.A consulter: Garneau: Introduction; 1.1, Livre 1,'ch.I, II, III; Livre II, ch.I.FerZcmd: Avant-propos; Livre 1, ch.1, II, et VIII.Hodge: “Manuel des Indiens du Canada”, Ottawa, 1915.(Les articles sont par ordre alphabétique.) Huitième année: - Première période du régime autocratique (1760-1774).(Manuel C.-S.Viator, cours int., pp.142-151.) Idées sur lesquelles il convient d’insister: a) Situation désespérée des Canadiens; leur courage.b) Première conscience de l’idée de nationalité.c) A ttachement à la religion, à la langue, aux institutions.d) Le groupement paroissial sauveur.Dix leçons: I— Aperçu général sur l’état de la colonie en 1760.L Capitualtions de Québec et de Montréal.Principales clauses; appréciation.2.Situation des Canadiens; ravages causés par la guerre, concussions de Bigot, banqueroute du papier-monnaie, isolement, etc.II— Gouvernement militaire (1760-1764).3.Politique du vainqueur: modération; organisation judiciaire calquée sur le système français.III— Gouvernement arbitraire (1764-1774).4.Traité de Paris: bouleversement géographique, conseil, lois, religion.• (Expliquer le mot arbitraire.) 5.Traité de Paris: résultats et réactions.6.Murray: biographie: sa sympathie pour les Canadiens; accusations des Anglais; rappel et justification.L Soulèvement de Pontiac (carte 14 à étudier) : causes et circonstances, faits de guerre, paix d Oswego, résultats.i fNrleton: biographie; conduite habile pour ménager les Canadiens sans indisposer les Anglais.9.Causes qui nous ont valu l’Acte de Québec.10.Revue du mois.Résumés synthétiques.Rédaction historique. 32 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A consulter: Garneau: t.II, livre XI, chap.I.Groulx: “Lendemains de Conquête”.Chapais: “Cours d’Histoire du Canada.” Les 4 premières leçons.Pour le texte des capitulations et du traité de Paris, voir “Documents constitutionnels”.1.1, Ottawa, 1911, pages 1, 4 et 58.J.-B.G.ENSEIGNEMENT DE LA GÉOGRAPHIE Direction pédagogique (Pour “L’Enseignement Primaire”) Le Programme met la Géographie au rang des matières accessoires.Ne nous faisons point pour autant l’injure de nous prouver trop longuement l’importance grandissante de cet accessoire.Nous dirions qu’elle saute aux yeux, si de cette expression on n’avait vraiment trop abusé.La Géographie est éducative.Elle exerce la mémoire par l’étude d’une nomenclature qui, quelque simplifiée qu’on la suppose,reste toujours aride.Elle exerce {’imagination à laquelle elle permet d’accrocher à la trame du réel toute la poétique broderie du.soupçonné.Elle exerce le jugement par l’enchaînement des connaissances, le groupement des données similaires, la comparaison des notions diverses, la solution des problèmes qui jaillissent des ralations entre la nature physique et l’activité humaine, bref, tout l’immense attirail de questions que pose chacun de ses aspects: physique, économique,politique.N’atteint-elle point même la sensibilité par l’admiration qu’elle impose devant l’incomparable beauté de la création et la volonté par les devoirs qu’elle nous inspire envers notre terrestre demeure et le Créateur des merveilles qui la peuplent.La Géographie est pratique.Compagne inséparable de l’Histoire dont elle précise le théâtre, elle se rattache à toutes les sciences physiques et sociales, au commerce, à hagriculture, à l’industrie, qui, sans elle, manquent de base, d’air ou de lumière.L’homme d’État, le soldat, le diplomate, le négociant, le voyageur, l’émigrant, le touriste intelligent ne s’en peuvent dispenser.Il n’est pas jusqu’aux lettres et aux arts qui ne lui doivent quelque chose, et le brave homme qui lit son journal, humant-—ou non—l’arôme d’un havane, n’y comprend rien s’il ne possède une série de faits géographiques assez étendue.La Géographie est intéressante.Du moins la voudrions-nous telle, quand nous songeons aux heures noires qu’elle a libéralement procurées aux écoliers d’autrefois.Que de voyages passionnants l’on peut faire en redécouvrant le monde avec les hardis laboureurs de l’océan, les vaillants pionniers des terres neuves ou plus simplement—-pourquoi pas?—en visitant le globe en compagnie d’un bon manuel doublé d’un maître qui sait choisir et faire palpiter.Moreux, Termier et peut-être Jules Verne-—n’ont-ils pas prouvé avec tant d’autres que la science la plus sérieuse n’est pas nécessairement distillatrice d’ennui?Nous voici convaincus qu’un maître avisé ne peut sans nuire à son élève négliger cette partie du programme.1— Que faire donc ?2— Comment le faire ?Cela, c’est une autre paire de manches, comme dit la brave langue de nos gens.A la deuxième question, il sera répondu en détail ultérieurement.Tenons-nous en aujourd’hui à ces simples conseils.(a)—Faites observer.—observation directe: géographie du paysage environnant.—observation indirecte: productions photographiques, gravures, cartes, diagrammes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 33 (b) —Faites réfléchir.—expliquez, questionnez! (c) —Réduisez au profit de l’intelligence le travail de la mémoire: les sommets seulement, les points de repère qui gouvernent tout, le reste viendra un jour ou l’autre par la lecture ou le dictionnaire, si vous n’avez point par trop d’aridité rebuté à jamais votre élève.(d) —Enfin faites apprendre, car, en dépit de toutes les théories, nous ne retenons que ce qui nous a coûté quelques bonnes heures d’étude ; mais ne vous semble-t-il pas qu’après un sérieux travail préliminaire, ces heures seront abrégées, rendues plus douces et plus profitables.Vous trouverez d’ailleurs une excellente pédagogie géographique dans les Règlements du Comité Catholique et un bon résumé de celle-ci dans la Répartition mensuelle de MM.Miller et Brionne qui nous amènent naturellement à répondre à notre première question: Que faire ?Le suggérer, sans plus, à ceux qui éprouveraient quelque embarras c’est tout le but de cet article et de ceux qui suivront.La distribution du travail nous sera donnée par la Répartition Mensuelle qui a déjà rendu tant de services, la pagination est celle des différents cours de Géographie édités par les Frères Maristes qui nous semblent être les plus répandus.PROGRAMME DE SEPTEMBRE Cours préparatoire: “Causeries et exercices d’observation” dit la Répartition, sans préciser davantage.Donnons quelques notions très simples et bien choisies sur le soleil, la lune, les étoiles, la terre.Forme, composition, dimensions, éloignement.Il va sans dire que nous n’emploierons ni chiffres, ni termes techniques qui ne diraient rien à nos gracieux bambins.Le soleil pour eux est “comme une boule rouge, une boule de feu.Cette boule est énorme : elle nous semble petite parce qu’elle est très éloignée de la terre.” (Cf.J.Brunhes, Géographie, Cours Elémentaire).Première année: Le programme ne commence qu’en octobre.Rien n’empêche toutefois de couper les leçons de lecture, smmportantes au début, par quelques explications familières, un peu plus complètes sur les mêmes sujets qu’au Cours préparatoire.Deuxième année: “Orientation vraie trouvée en classe et sur le terrain en dehors de l’école.” Cette orientation devra être basée sur l’observation des diverses positions du soleil le matin, à midi, le soir.Elle n’aura de chance d’être retenue que si tous les élèves ont fait l’exercice simultanément d’abord, chacun en particulier ensuite.Il sera bon de faire remarquer en même temps la direction de l’ombre des maisons, des arbres, d’un bâton.Au début, tracer, s’il le faut, deux lignes, sur le sol, se croisant à angle droit.Faire écrire et apprendre les différents noms des points cardinaux.Troisième année: Reprendre le programme de la 2ème année.Faire trouver, si possible, le nord par l’étoile polaire, et par la boussole qu’il faudrait alors avoir en main.Faire situer les différents points de la classe, les monuments de l’endroit, s’il y en a, la direction des routes, ou des rivières.Faire situer les accidents géographiques.Apprendre les collatéraux.Ne pas oublier de reconnaître l’orientation sur la carte.Quatrième année: Ici commence l’étude des manuels: “La Province de Québec.~^e?Syaphie physique: Situation, bornes, population, principaux accidents, description du Saint-Laurent, étude de la région de l’Outaouais”.(ûtlas Géo.Frères Maristes, Cours Moyen, p.33-38). 34 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Faire saisir dès le début l’intérêt que présente cette étude pour un Canadien français.Se bien rendre compte que les élèves sont au courant de la terminologie.Pour cela faire revoir et expliquer les gravures des pages 13, 14, 15 et 16.Toutes les notions de Géographie physique peuvent et devraient être trouvées sur la carte.Les Nos 113, 118, 119, 120, 121, 122, 123, 126 seuls font partie du programme du mois.Ne pas oublier les petites lettres des Nos 122, et 126, ni l’explication des gravures.Une carte de la province, un croquis du Saint-Laurent et de l’Outaouais devraient être tracés et complétés au fur et à mesure que la leçon se développe.Faire réciter sur carte murale et reproduire sur tableau, de mémoire.Cinquième année: “Revision approfondie de la Province de Québec—Situation, bornes, population et principaux accidents du sol, description du Saint-Laurent, étude des régions de l’Outaouais, du Saint-Maurice, du lac Saint-Jean et de Québec.—Organisation municipale et gouvernementale de la Province.” (Atlas Géo.Frères Maristes, Cours Sup., p.39 à 52).C’est le développement du programme de l’année précédente.Il est fort étendu.Il sera bon d’y faire des coupes en se basant sur les résumés des p.43 et 63.La Répartition garde la géographie économique pour novembre.C’est peut-être surcharger un peu ce dernier.Ne pas oublier les gravures.Faire commencer la carte dès la première leçon et compléter à chaque nouvelle notion qui méritera d’être inscrite immédiatement.“L’organisation municipale et gouvernementale” se trouve p.64, Nos 224 à 231.L’explication gagnera en intérêt et en facilité, si M.le Maire, MM.les Conseillers, et le Lieutenant-Gouverneur, les Ministres, M.le Député apparaissent avec leur nom propre.Un tableau synoptique aidera l’intelligence et la mémoire.Sixième année: “L’Amérique du Nord—Le Canada en général: étude approfondie des Provinces, moins celle de Québec.Notion complémentaire d’organisation civique: le Parlement fédéral, l’Exécutif, le Sénat, la Chambre des Communes.” (Consulter le manuel à'Instruction civique de M.C.-J.Magnan).(Atlas Géo.Frères Maristes, Cours Supérieur, p.24 à 34).L’étude de l’Amérique du Nord se borne à la Géographie physique.Il sera préférable de la faire sur la carte murale avec reproduction au brouillon.La récitation pourra se faire sur carte muette dessinée par l’élève.L’étude du Canada devra être approfondie, et suivra le Manuel autant que possible.Il n’y a guère de détails inutiles à cette étape des études.Toujours bién expliquer les gravures.Ces explications égayent et font aimer la leçon qu’elles éclairent.La partie instruction civique se trouve p.27.On aura soin de comparer l’organisation de l’administration fédérale avec celle de la Municipalité et de la Province, et de compléter le texte par des explications empruntées au Cours Complémentaire, p.235 ou au Manuel de M.Magnan.Septième et Huitième années: Nous ne donnons aucune direction pour ce cours.La Répartition est assez claire.Une seule chose est à craindre: la surcharge.Ne vous perdez pas dans les détails.C’est là plus que jamais que le Manuel ne doit être qu’un guide ou un.entrepôt de renseignements.Faites lire, faites comprendre, faites voir, faites enchaîner, faites comparer et n’apprenez que des résumés ou des synoptiques.F.M.N.-B.— Une édition abrégée du Cours Complémentaire de Géographie par les Frères Maristes, vient d’être mise en librairie.Vous aurez tout avantage à vous en munir, si vous hésitez sur les détails à supprimer. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 35 L’ANGLAIS A L’ÉCOLE PRIMAIRE A LITTLE SERMON (Concluded) “Well now, is not that nice!” said the old woman, spreading her ragged mittens to dry.'Thank you, dear; this is comfortable, is it not?I am most frozen to-day, being lame and not selling much makes me kind of downhearted.” The lady smiled, went to the counter, bought a cup of tea and some cakes, carried it herself to the old woman, and said as respectfully and kindly as if the poor woman had been dressed in silk and fur: “Won’t you have a cup of hot tea ?It’s very comforting such a day as this.” “My goodness! do they give tea at this depot?” cried the old lady, in a tone of innocent surprise that made a smile go round the room, touching the gloomiest face like a stream of sunshine.“Well, now, this is just lovely”, added the old lady, sipping away with a relish.“This does warm my heart.” While she refreshed herself, telling her story meanwhile, the lady locked over the poor little wares in the basket, bought soap and pins, shoe-strings and tape, and cheered the old soul by paying well for them.As I watched her doing this, I thought what a sweet face she had, though I’d considered her rather plain before, I felt very much ashamed of myself that I had grimly shaken my head when the basket was offered to me ; and I saw the look of interest, sympathy, and kindness come into the dismal faces all around me, I did wish that 1 had been the person to call it out.It was only a kind word and a friendly act, but somehow it brightened that dingy room wonderfully.It changed the faces of a dozen women, and I think it touched a dozen hearts, for I saw many eyes follow the plain, pale lady with sudden respect; and when the old woman got up to go, several persons beckoned to her and bought something, as if they wanted to repair their first negligence.Louisa M.Alcott.What is the title of the sixtieth lesson?—The title of the sixtieth lesson is: “A Little Sermon Concluded”.Give the title of the preceding lesson.The title of the preceding lesson was the same: “A Little Sermon”.What word is added in italics in the sixtieth?—The word “concluded” is added in italics in the sixtieth.What does it mean ?The word “concluded” means that the story will come to an end in the lesson.Where we arrived at the end of lesson fifty-nine?—We were arrived at the point when the lady in black brought the old lady near the stove and showed her how to warm her feet.Did the old woman appreciate the act ?Yes the old woman showed her appreciation cf the act.By what words did she show it ?—She showed it by these words: “Well, now, is not that nice ?“Thank you, dear; this is comfortable, is it not?” What do you infer from those words ?From those words I infer that the old lady was very well pleased; they express gladness, satisfaction.Who spoke the words that begin the text of the lesson ?—The old woman spoke the words that begin the lessen.What act did she perform as she spoke ?—As she spoke she spread her ragged mittens to dry.What is a mitten?A mitten is a covering for the hand, having a separate sheath for the thumb.How many mittens had the old lady?—The old lady had two mittens! Why does she need two mittens ?—She needs two mittens because she has two hands to protect.What do you call a set of two mittens ?—I call a set of two mittens a pair of mittens.Do you know of any other covering for the hands?—Yes, gloves are also used as covering for the hands.What is a glove ?A glove is a covering for the hand having a separate sheath for each finger.How many sheaths in a glove ?—In a glove there are five sheaths.How many in a mitten ?—In a mitten there are only two.How were the mittens of the old lady ?—The mittens of the old lady were ragged.Explain the word ragged.Ragged means rent or torn, having a broken texture.Were her mittens warm?—They must not have been warm since they were torn; some parts of the hands must have been exposed to cold air.Explain the word spreading.—-To spread means to flatten so as to expose the greater part of a surface.Why does she spread her mittens—she spreads her mittens to allow them to dry.How had they become wet ?—They had become wet with the water obtained from the melted snow.What word expresses the action of getting rid of that water?—The word “dry” expresses that action. 36 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE What is the meaning of to dry ?—To dry means to free from moisture.What other words the old woman spoke then ?—She spoke the following words: “Thank you, dear; this is comfortable, is it not’’.I am most frozen to-day, being lame and not selling much makes me kind of downhearted”.What feeling do the words “Thank you— express?—The words “Thank you” express a feeling of gratitude.How did the old lady feel near the fire ?—She felt comfortable near the fire.Why did she feel so ?She was well seated; her feet and hands were near a good fire.Explain comfortable.—Comfortable is an adjective expressing freedom from pain, want or anxiety, a feeling of having relief, cheer, consolation.How had she been feeling all day ?—All day she had been feeling almost frozen.Recall some details that prove her assertion.—The day was bleak windy, snowy; the lady was old, shaking with palsy; she was thinly clad; her mittens were ragged, thus affording poor protection to her exposed hands, in which she wgs carrying her basket of wares.How did the lady feel?—She felt kind of downhearted.What made her feel kind of downhearted ?—The fact of being lame and not selling much made her feel kind of downhearted.Explain downhearted.—Downhearted means dejected, low spirited, despondent, downcast, sad, depressed, discouraged.What caused the lameness of the lady ?—The palsy of which she was suffering caused it.How much had she sold to the ladies in the waiting room ?—She had not sold anything to the ladies in the waiting-room.Point out the irregular verbs in the first paragraph and give their principal parts.—To be, was, been; to say, said, said; to spread, spread, spread; to freeze, froze, frozen; to sell, sold, sold; to make, made, made.How did the lady in black answer the old woman ?—The lady smiled, went to the counter, bought a cup of tea and some cakes, carried it herself to the old woman, and said as respectfully and kindly as if the poor woman had been dressed in silk and fur: “Won’t you have a cup of tea?It’s very comforting such a day as this.” Explain to smile.—To smile means to produce a smile, that is an expression of the face marking joy, a favorable disposition, pleasure.What causes the difference between the smile and the laugh ?—-The laugh is louder than the smile, and is usually attended by the emission of chuckling sounds from the throat.Where did the lady go ?—The lady went to the counter.What is a counter ?—A counter is a kind of long table on which money is counted and over which business is transacted.What business could be transacted over the counter in the station ?—Very likely the serving of meals, the selling of eatables and drinks must have been transacted on the waiting room coun-ter.Wha t in this paragraph proves it ?—It is said that the lady bought a cup of tea and some cakes.In what tense is the verb to buy ?—The verb bought is in the past tense.Give the meaning of to buy ?To buy means to obtain goods or articles in exchange for money.What did the lady get in exchange for her money?—In exchange for her money, the lady got a cup of tea and some cakes.What did she do with the tea and the cakes?—She carried them herself to the old woman.Replace canied by another word.—She took them herself to the old woman.What kind of pronoun is herself ?—Herself is a compound personal pronoun.Did she speak to the old woman?—Yes, she spoke to the old woman.How did she speak to her ?—She spoke to her respectfully and kindly.What noun does respectfully come from ?—Respectfully is an adverb derived from respect.What idea does respect imply ?—The word respect implies the idea of esteem, honor, reverence, veneration.How was the old lady dressed?—She was dressed very shabbily.What comparison does the author use in reference to the woman’s clothing?—The author says that the lady in black showed he i respect and kindess as much as if she had been dressed in silk and fur.Who usually wears dresses of silk and fur?—Usuallay rich people wear dresses of silk and fur.Does any passage of the story refer to the old woman’s clothing ?—Yes, in the first paragraph of the lessen it is spoken of her ragged mittens.How did the lady that purchased the tea and the cakes address the old woman?—She said: “Won’t you have a cup of tea?It’s very comforting such a day as this.Sh ow how the lady is thoughtful.—She knows the old lady is cold and hungry.She has already brought her near the stove to warm up her frozen limbs; now she brings her hot tea to bring life to her vital organs, and cakes to nourish her.What does won’t stand for?—Won’t stands for: Will you not.(La fin de cette leçon au prochain numéro.) F.I.C. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 37 LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE (Pour U Enseignement Primaire) Cette année encore, sur l’invitation de Monsieur le directeur de L’“Enseignement Primaire”, nous avons accepté volontiers de collaborer à son intéressante revue.L’enseignement du dessin a une importance marquée dans le développement des facultés de l’enfant: il donne le goût du beau, de l’ordre, du perfectionnement, et fait naître l’idée d’invention.C’est donc en raison de sa valeur éducative que le dessin a sa large place réservée dans les programmes.Il est dit en effet dans les règlements du Comité Catholique: “L’Instituteur devra consacrer au moins deux heures par semaine à l’étude de cette matière”.Le dessin est négligé dans quelques écoles, c’est regrettable.On n’y apporte pas l’attention qu’il mérite, ou on n’en fait pas du tout.D’autres, au contraire, croient qu’il faut dessiner sans interruption des journées entières.Entre dessiner tous les jours et ne pas dessiner du tout, il y a une marge, et c’est cette marge que nous voudrions voir remplir par les membres du personnel enseignant.Donnons au dessin la part qui lui revient dans l’enseignement des diverses matières, pas moins, pas plus.Cette matière est au programme, il convient que l’instituteur s’y conforme.Il ne peut ni ne doit la négliger.Qu’il s’en tienne de plus à ce qui est requis pour l’année du cours où il exerce, et apporte un très grand soin à préparer sa leçon, à la donner régulièrement chaque semaine, en y consacrant tout le temps qui lui est assigné.Le but pratique et ultime du dessin est, nul ne l’ignore, de faire acquérir aux élèves, proportionnellement à leur âge, les connaissances techniques utiles à tous, et indispensables aux carrières industrielles, aux artistes, aux hommes de métiers.Nos élèves dans nos classes sont les ouvriers de demain, et ils seront tels en dessin que nous les aurons préparés.Donnons à la leçon de dessin l’attention que mérite une étude de cette importance.Il sera parlé au cours de cette année du dessin perspectif principalement, tout en ne négligeant pas les autres genres.Le dessin est éducatif en ce qu’il développe davantage l’esprit d’observation chez les élèves, à tous les degrés du cours primaire.L’enfant qui a appris à bien observer reproduira bien ce qu’il voit; or le moyen excellent d’atteindre le but est de faire dessiner d’après nature.Certains professeurs sont dans l’erreur touchant le dessin perspectif : ils placent un modèle quelconque dessiné à l’avance sous les yeux de leurs élèves, et les invitent à le reproduire, à le recopier, sans autre explication.Et l’on fait ainsi reproduire tout indistinctement: géométrique, perspectif, décoratif, de mémoire, et tout est dit.C’est une erreur, temps perdu.Admettant qu’il y ait un certain mérite à bien imiter, ce n’est pas le genre à adopter avec les élèves au cours primaire.Il n’y a rien en cela qui tende à diriger, à développer l’esprit d’observation.C’est toujours à l’aide d’objets réels qu’il faut d’abord procéder.Qu’on me permette de répéter ici, touchant ce sujet, l’un des avis que l’Inspecteur du dessin adressait aux écoles de Québec, le 8 septembre dernier.“Pour être intuitive, la leçon de dessin sera donnée d’après nature, d’après objets réels, et non par simple copie d’image, ou par la représentation imitée d’un objet.Les références indiquées au programme, aussi bien que les dessins illustrés rappellent aux professeurs l’idée de se procurer les objets en rapport, afin de mettre ces objets sous les yeux des élèves au cours de la leçon.Le maître ne pouvant se procurer l’objet précis mentionné au programme, pourra prendre plutôt un autre objet modèle équivalant, et ainsi, toujours par l’objet il assurera l’efficacité de sa leçon.L’aide qu’il pourra donner au tableau noir n’est tout au plus qu’un intermédiaire autorisé.” Développons donc chez nos élèves l’esprit d’observation, en faisant usage de questions nombreuses.Apprenons-leur ce qu’on entend par mesure de proportion, et mesure de comparaison, à l’aide de remarques brèves faites à propos sur l’objet réel présent devant eux; de même ce qu’est le fil à plomb, et l’usage qu’on en fait, et de là l’idée plus abstraite de verticale, d’oblique qu’on peut en déduire.Je suis en présence d’un modèle type, le cylindre, par exemple; il s’agit de proportionner la largeur à la hauteur.Au moyen de mon crayon, j’emprisonne la largeur entre la pointe et mon pouce, puis je porte cette largeur relative sur la hauteur du cylindre pour constater que cette mesure y est contenue trois fois : j’ai pris là une mesure de proportion.Comparer deux lignes pour en trouver la plus longue, la plus inclinée, c’est prendre une mesure de comparaison; de même, si je cherche le point le plus à droite, le plus élevé, encore mesure de comparaison. 38 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 39 Dans l’exécution d’un dessin l’observation est double : celle du modèle type, c’est la principale; puis celle du tracé d’exécution.Dans l’observ&tion du modèle, deux agents prêtent leur concours indispensable: l’œil, le jugement.L’œil, instrument purement mécanique, remplit bien son rôle; le jugement, lui, est souvent seul en défaut.Trois agents concourent à un bon tracé d’exécution: l’œil, la main, le jugement.Le premier remplit correctement sa tâche; la main généralement bien aussi; le jugement, ici encore, est sujet à errer: c’est le seul coupable.Mais n’oublions pas qu’il se cultive et se développe par l’exercice fréquent de l’observation.“On voit, on ne regarde pas”, dit un auteur.Vous vous rendez compte que le dessin fait appel è l’esprit d’observation et que c’est en cela principalement que réside sa puissance éducative.Travaillez à le développer chez vos élèves.JOSEPH PLAMONDON, Élève diplômé de l’École des B eaux-Avis de Québec, professeur à l’École Normale de Mont-Laurier.N.B.—Pour la nomenclature des objets à dessiner nous vous référons aux différents numéros de L’“Enseignement Primaire” de l’année dernière.DOCUMENTS OFFICIELS NOUVELLES MUNICIPALITÉS SCOLAIRES, ÉRIGÉES LE 1er JUILLET 1927 District de Nom de la municipalité Comté B.de P.Détaché de V Inspecteur Village de St-Émilien, Lac-St-Jean, Desbiens, St-Jérôme, Body.N.-D.-de-la-Providence Beauce, N.-D.-des-Pins, Aubert-Gallion et St-Frs.Colombourg, Abitibi, La Sarre.La Sarre et Palmarolle, Drolet.Village de Labelle, Labelle, Labelle, La Nativité, Girard.Village de Thurso, Cath.Thurso, Lochaber, Millette.Riverbend, L.-St-.lean, Riverbend, St-Jos.-d’Alma, Plamondon.Arvida, Chicoutimi, non organisé Plamondon St-Jean-Bte.-Vianney, Mégantic, St-Ferdinand-d’Halifax, Beaudet.Canton de Nemtayé, Matépédia, Non organisé, Lane.CHANGEMENT DE NOMS.District de Ancien nom Nouveau nom Comté V Inspecteur Village de Belœil, Ville de Belœil, Verchères, Hébert.Lalemant, Guérin, T émiscamingue Drolet.Honfleur, Ste-Monique-de-Honfleur Lac-St-Jean, Plamondon.Village de Laprairie, Ville de Laprairie, Laprairie.Marien. 40 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS SCOLAIRES 182ième Réunion de l’Association des Instituteurs de la circonscription de l’École Normale Laval, le 11 juin 1927.La séance s’ouvre à dix heures sous la présidence de M.A.Pelletier, professeur.Présents: Mgr Th.-G.Rouleau, P.A., Principal de l’E.N.L.; MM.les abbés J.-C.Mathieu, R.Couture, surveillants; MM.les professeurs de l’E.N.L.: N.Tremblay, J.-Z.Tousignant, J.-P.Garneau, R.Létourneau, E.Radeau, P.-P.Magnan, L.Gravel; MM.les inspecteurs : L.-P.Goulet, I.John, A.Rouleau, W.Caron; J.Plamondon, professeur à l’E.N.de Mont-Laurier (Labelle); MM.les instituteurs: J.-E.John; W.Carbonneau, J.-Théo.Lamontagne, J.Jean, ass.-secrétaire, L.Faguy, Geo.H.Talbot, R.Gravel, J.-P.Poulin, E.Allard, J.-P.Otis, J.-P.Bourque, G.Poulin, F.-X.Goupil, F.-X.Girard, E.Tremblay, J.-A.Duval, P.-E.Labrecque, A.Vézina, A.Goulet, C.-A.Lever, J.-J.Sheehey, D.Savard, U.Leclerc, N.Duchesne, Ths-Ls.Tremblay, L.-P.Goulet, H.Morrissette, G.Tousignant, J.-R.Piuze, J.-G.Gagnon, L.-P.Roy, G.Filteau, H.Hudon, A.Gagné, Théo.Lessard, J.-A.Charland, J.-M.Radeau, J.-P.Latulippe, J.-M.Mailhot, A.Bouchard, L.Marquis, J.-P.Lavoie, L.Tanguay, W.Goulet, P.-E.Pagé, J.-E.Simard, A.Simard, W.Beaumont, P.Marceau, A.Lamontagne, J.-E.Arteau, J.-E.Perron, L.La vigueur, L.Lemay, L.Boivin, C.-A.Plante, R.Roy, A.Dumas, A.Lebel, R.Genest, P.Houde, S.Paradis, F.Lemieux, Ls-A.Simard, J.Tremblay, L.Duchesne, N.Corriveau, F.Delaney, Chs-E.Paradis, J.-G.Goulet, L.Labrecque, A.Girard et MM.les élèves-maîtres de l’École Normale Laval.La prière récitée, le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière séance, qui est adopté tel que lu.Vu les circonstances particulières où se trouvait l’É.N.L.relativement au décès de M.l’abbé L.-A.Caron, ex-ass.-principal, M.le Président annonce aux membres que le programme de la séance sera modifié.C’est ainsi, ajoute-t-il, qu’après avoir procédé aux élections des officiers, nous ajournerons en signe de deuil.Il invite tous les membres de bien vouloir se rendre, après l’ajournement, aux appartements de Mgr le Principal pour offrir à ce dernier les condoléances de l’Association.Puis Mgr le Principal et to 's les membres vont s’agenouiller près de la dépouille mortelle du disparu, dont la mort cause un si grand vide dans l’É.N.L.et dans l’âme des anciens.LETTRES ET COMMUNICATIONS Le Secrétaire donne lecture d’une lettre venant de l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique, s’excusant de ne pouvoir assister à la réunion; d’une autre venant de l’honorable P.-J.Veniot, Ministre des Postes, dans laquelle il communique aux membres qu’il prendra en considération les demandes que MM.les inspecteurs et instituteurs lui adressaient en janvier dernier, relativement à l’émission du timbre bilingue.Le rapport de la caisse est adopté tel que soumis.Puis le secrétaire donne lecture d’une motion proposée à une réunion du comité de régie, tenue à l’E.N.L.le 9 mai 1927, en vue d’accréditer M.le Président, comme délégué de l’Association, devant la Commission de l’Enquête sur les cinémas.M.G.Jean était le proposeur de la motion et M.J.-P.Garneau, le secondeur.ÉLECTIONS Après la Province, c’était au tour des instituteurs d’en appeler.non pas au peuple, mais aux membres de l’Association.La façon de procéder aux élections leur fut dictée par les circonstances pénibles où se trouvait l’E.N.L.Tout se passa dans le calme le plus complet.C’est ainsi que M.J.-P.Garneau, professeur à l’E.N.L.fut élu, par acclamation, président de l’Association, en remplacement de M.C.-A.Pelletier sortant de charge, que M.J.-U.Fortin fut réélu, sans opposition, secrétaire, pour un second terme.La vice-présidence fut confiée à M.J.-E.John, cependant que M.G.Jean se voyait réintégré dans ses fonctions d’assistant-secrétaire.Les acclamations qui sont de luxe parfois, courent le risque de ne l’être plus.Il y a en tant de nos jours.M.J.Ahern, professeur à l’E.N.L.fut continué dans ses fonctions de membre délégué au fonds de pension.MM.B.-O.Filteau ass-sec., du département de l’Instruction Publique, A.Rouleau, Insp., Nérée Tremblay, professeur à l’E.N.L.C.-A.Pelletier, L.Faguy, W.Carbonneau, furent nommés directeurs; pendant que M.J.-Z.Tousignant était préposé à la garde de la bibliothèque.Les élections terminées MM.Tremblay, Pelletier et Fortin font l’éloge de M.L.-A.Caron, ex-ass.Principal et du Major J.-D.Frève, le premier décédé à l’E.N.L.le 8 juin 1927; le second, à sa résidence, le 17 mai 1927. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 41 L’Association reconnaît qu’en la personne de M.l’abbé L.-A.Caron, elle perd un conseiller éclairé, un auxiliaire précieux, un collaborateur zélé.Saint prêtre, éducateur distingué, professeur émérite, M.l’abbé Caron, toute sa vie durant s’appliqua à jeter, dans l’âme de ceux qui doivent s’occuper du grand et noble devoir d’éduquer les jeunes, une semence d’idées saines, d’ambitions nobles, de sentiments élevés.Consacrer sa vie à former une élite en vue de fournir à l’Église, à l’État et à la Société, des sujets qui sont appelés à jouer leur rôle dans l’une ou l’autre de ces trois sphères, telle fut bien, ce nous semble, l’œuvre collaboratrice, à laquelle M.l’Assistant s’est toujours donné, avec Mgr le Principal.Le Major A-D.Frève, mort dans la 74ième année de son âge, ravi trop tôt à l’affection des siens, sorti trop vite des rangs de cette phalange d’éducateurs émérites, dont les nobles travaux quotidiens ajoutent à la grande renommée de l’E.N.L.fut fauché par la mort, juste au moment où il lui aurait été donné de savourer dans le calme et la solitude d’une retraite bien méritée, les fruits d’une carrière bien remplie marquée au coin de l’accomplissement scrupuleux de sa noble tâche quotidienne.Les anciens de l’E.N.L., à la nouvelle qu’un nouveau deuil venait de s’abattre sur le toit de leur Alma Mater, se firent un devoir d’y accourir nombreux, en ce matin du 11 juin 1927, afin de partager, avec Mgr le Principal, la grande douleur qui atteignait tous les membres de la famille normalienne.L’Association offre ses condoléances à Mgr le Principal pour la perte qu’il vient de faire par la mort de ses deux précieux collaborateurs dans l’œuvre magnifique qu’il accomplit chaque jour.Les motions suivantes sont présentées et adoptées à l’unanimité: Proposeur, M.W.Carbonneau, secondeur, M.Théo.Lessard.•‘Que M.J.-E.John soit déclaré candidat à la charge de Président de l’Association des Instituteurs de la Circonscription de l’E.N.L.” Proposeur, M.J.-E.John, secondeur, M.L.Faguy: “Que M.J.-P.Girneau soit mis en nomination à la charge de Président de l’Association.” Proposeur, M.Théo.Lessard, secondeur, M.W.Carbonneau.: “Que M.J.-E.John soit mis en nomination à la charge de vice-président de l’Association.” Proposeur, M.J.-Théo.Lamontagne, secondeur, M.J.-P.Latulippe: “Que M.Ulysse Fortin soit mis en nomination à la charge de secrétaire.” Proposeur, M.P.-P.Magnan, recondeur, M.J.-P.Carneau: “Que AL G.Jean soit élu à la charge d’assistant-secrétaire.” Proposeur, AI.E.John, secondeur, MM.W.Carbonneau et L.Faguy: “Que M.C.-A.Pelletier soit nommé directeur de l’Association.” Proposeur M.J.-Théo.Lamontagne, secondeur M.J.-P.Latulippe: “Que MM.B.-O.Filteau ass-sec.du département et L.Faguy, professeur, soit nommés membres du Comité de Régie.” Proposeur, M.N.Euchesne, secondeur, M.U.Leclerc: “Que M.W.Carbonneau soit nommé directeur.” Proposeur, M.J.-E.John, secondeur M.L.Faguy.: “Que M.A.Rouleau, inspecteur, soit nommé directeur.” Proposeur, AI.P.-P.Aïagnan, secondeur, M.E.Badeau.“Que M.J.-Z.Tous'gnant soit élu bibliothécaire de l’Association.” Proposeur, AI.P.-P.Magnan, secondeur, J.-Z.Tousignant: “Que M.C.-A.Pelletier, président sortajit de charge, veuille bien accepter nos meilleurs remerciements pour les services rendus à l’Association en occupant la position de président de notre société qu’il a remplie brillamment et à la satisfaction de tous.Proposeur, AI.N.Tremblay, secondeur: M.L.-P.Goulet, Insp.: “Que l’Association a appris avec la plus profonde douleur la mort inattendue du Major J.-D.Frève, professeur à l’E.N.L.depuis plus de quarante ans; qu’elle gardera précieusement le souvenir de cet aimable et distingué éducateur; qu’elle offre à la famille ses plus sincères condoléances dans le deuil qui la frappe.” Proposeur, M.C.-A.Lever, secondeur, AL J.-A.Goulet: “Que de sincères félicitations soient offertes à M.W.Caron, et à MAL L.Gravel et J.Plamon-don, à l’occasion de leurs nominations récentes, le premier au poste d’inspecteur d’écoles, le second au poste de professeur à l’E.N.L., le troisième au poste de professeur de l’E.N.de Mont-Laurier (Labelle).” Proposeur, M.P.-P.Aïagnan, secondeur, M.L.Faguy: “Que AI AL A.Rouleau et Lucien Gagné, tous deux inspecteurs d’écoles, soient priés d’accepter les plus sincères sympathies de l’Association, le premier à l’occasion de la mort de sa sœur, Mlle Jeanne Rouleau, et le second à l’occasion de la mort de son frère, M.Laurent Gagné, instituteur à Québec.” Proposeur, M.Ths Ls.-Tremblay, secondeur, M.Pierre Otis: “Que M.Alphonse Bouchard, instituteur au collège de Saint-Jean-Deschaillons, soit admis comme membre de l’Association.” A 11/^ heures la seance est levée.J.-Ulysse Fortin, Sec.-Trés. 42 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Rapport de la réunion du 27 mai 1927 (Alliance catholique) La quatorzième réunion de l’Alliance catholique des professeurs de Montréal, section des institutrices, s’est ouverte vendredi, 27 mai, par une messe dite en la chapelle de Notre-Dame-de-Lourdes par l’abbé J.-A.Gibeault, visiteur des écoles du District Centre.Mesdemoiselles D.Racicot, B.Lagacé, M.-A.Lapointe et J.Lesieur, institutrices, exécutèrent le programme muscial pendant l’office divin; mademoiselle A.Martin, touchait l’orgue.Le sermon de circonstance, “l’Enseignement du Catéchisme à l’École”, fut prononcé par l’abbé Z.Alary, curé à St-Jean-Berchmans.A dix heures réunion à la salle St-Sulpice.Pendant que mademoiselle la présidente et les invités prennent place aux premiers rangs, mesdemoiselles L.Legrand et J.Lemieux, institutrices du District Est, jouent sur le piano “Polonaise” de Hoffman, puis mademoiselle Grégoire, dans une courte allocution, souhaite la bienvenue aux membres de l’Alliance Après la lecture du rapport de la dernière assemblée tenue à l’École Montcalm le 22 janvier 1927 par mademoiselle Savoie, secrétaire, mademoiselle Jeanne Cadot, institutrice à l’école St-François-Xavier, causa de la “Discipline”.“Toute la force de l’éducation est dans une discipline bien entendue” C’est par cette pensée de “Platon” que débuta la causerie de mademoiselle Cadot.Avec une diction impeccable et une assurance qui fait envie, la jeune conférencière dit des choses sérieuses et donna des conseils qui font réfléchir.“La mort du Chêne” et “La Frileuse”, interprétées finement par mademoiselle Judith Côté, institutrice à l’école Guybourg, plurent beaucoup à l’auditoire.Monsieur J.-M.Manning, directeur, secrétaire des écoles du District Est, fut très écouté dans une causerie intitulée: “L’hygiène mentale”.Voici un court résumé de cet intéressant travail: “La santé attire, la maladie repolisse.Cela est vrai de l’intelligence comme du corps.L’instituteur ou l’institutrice doivent être supérieurs à leur génération car la génération, de dem ain sera modelée sur eux.Il faut poursuivre un but élevé, un but qui nous entraîne violemment.Prenons de bonnes habitudes mentales: habitude de l’intelligence, de la sensibilité, de la volonté.La santé de l’esprit réclame la destruction des sentiments mauvais, la pratique des bons sentiments.Un désir que î’on réfrène et que l’on détruit est un noble exercice pour la volonté.Entretenir ce désir sans l’espoir de le mettre à exécution est un grand mal.Le professeur doit donc faire tout en son pouvoir pour remettre sur l’axe ceux qui penchent; tous les jours il doit porter devant leurs yeux l’exemple d’une âme forte, décidée, d’humeur égale et joyeuse.” Monsieur l’abbé Z.Alary remercia et félicita conférenciers et artistes, puis l'assemblée se dispersa après avoir reçu l’invitation de se rendre dans l’après-midi, à 2 heures, à la salle St-Sulpice, rue St-Denis.Lise Savoie, -—- Secrétaire.PARTIE PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE L’esprit de l’Église par la liturgie L’Église, qui a mission de faire de nous des chrétiens pour nous associer à son œuvre, nous impose des obligations; aux ordres qu’elle a formulés, les catholiques doivent répondre en s’efforçant de les bien comprendre.Apportons à cette tâche l’esprit d’observation, de recherche, de science, en sorte que l’obligation nous devienne douce et engendre cette joie triomphante avec laquelle il faut pratiquer la vie chrétienne.Nous devons assister à la messe; veillons à bien l’entendre et prions avec l’Église; car l’Église ne nous dit pas seulement de prier, mais elle nous dit de l’écouter prier pour qu’avec elle nous vivions d’un esprit qui est le sien, et en dehors duquel il n’y a qu’un vague sentimentalisme ! La liturgie de la sainte Messe nous apporte l’espérance et les désirs ardents avec lesquels les patriarches de l’ancienne Loi appelaient le Seigneur et elle les associe aux chants de la “Nouvelle Alliance” et aux hymnes que l’Église compose avec sa “harpe” et que lui suggère l’amour dont elle vit. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 43 LA LANGUE FRANÇAISE Ecole primaire élémentaire COURS INFÉRIEUR DICTÉES I LE MOUTON Le mouton et la brebis nous fournissent la laine, si précieuse pour le tissage; le fumier, base de toute richesse agricole; le lait, utilisé dans les fromageries.Ils rendent avec profit la valeur des fourrages consommés, en produisant le suif, la peau, la corne et surtout une viande de choix.Exercices.—Faire l’analyse des noms de la dictée.—Conjuguer les verbes tisser, labourer, sarcler, et leur donner un sujet convenable.II DANS LES CHAMPS Dans les champs il y a des plantes utiles comme le blé, le seigle, Forge, l’avoine, la luzerne, le trèfle, le sarrasin, la betterave.Il y a aussi des fleurs dans les champs, comme le bleuet, la marguerite, le bouton d’or, le coquelicot, le liseron, le mouron, la primevère.Exercices.—Quelles plantes trouve-t-on dans les champs ?—Citez des plantes utiles, des plantes nuisibles.—Mettez au pluriel tous les mots de la dictée qui sont au singulier.—Conjuguer au futur et au conditionnel les verbes trouver, planter, manger.—Ajouter un complément.III LE GOURMAND Le gourmand ne pense qu’à manger; il se remplit avidement de nourriture, et, comme il se fatigue des mets qu’il prend en grande quantité, il faut qu’il en invente de nouveaux.Quelle préoccupation que celle d’un être ayant plus de souci d’un mets délicat que d’une bonne action! On l’a dit souvent: il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.Élocution.—Quels sont les êtres qui ne pensent qu’à manger?(Les animaux).—Qu’est-ce qui nous élève au-dessus des animaux?(Notre âme créée à l’image de Dieu et destinée à le louer éternellement.)—Que signifie le proverbe: Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger ?(Il faut user des aliments et des boissons pour maintenir nos forces et notre santé, mais ne pas mettre là tout notre plaisir comme fait la brute.)—Conjuguer le verbe dire au prés, de l’indicatif.Vocabulaires.—Manger, mangeur, mangeable, mangeoire, manducation.—Nourriture, nourrir, nourrisson, nourrice, nourricier, nutrition.—Grand, grandeur, grandir, agrandir, agrandissement, grandiose.—Inventer, inventeur, invention, inventif.COURS MOYEN DICTÉES I LES DEUX RENARDS Deux renards entrèrent la nuit par surprise dans un poulailler; ils étranglèrent le coq, les poules et les poulets; après ce carnage, ils apaisèrent leur faim.L’un, qui était jeune et ardent, voulait tout dévorer; l’autre, qui était vieux et avare, voulait garder quelques provisions pour l’avenir.Élocution.—De quoi se nourrit le renard?(De volailles, de gibier).—Comment appelle-t-on le petit du renard, du loup, du lion?(Renardeau, louveteau, lionceau.)—Sous quel nom désigne-t-on les animaux qui se nourrissent de chair?(Carnassiers).—Trouvez dans le texte un nom delà famille du mot carnassier, (Carnage.)—Qu’est-ce que entrer par surprise! (Entrer à l’improviste, lorsqu’on ne s’y attend pas.)—Quelles sont les tendances de ces deux renards pour l’usage à faire de leur capture.Connaissez-vous une fable de La Fontaine relative au renard ?(Le Corbeau et le Renard.) Grammaire.—Quels sont les verbes qui correspondent à surprise, faim, provision! (Surprendre, affamer, approvisionner").Mettre la dictée au prés, de l’ind.Deux renards entrent.II L’AIGLE L’aigle a la tête et le cou (I) ornés (2) de plumes, il s’élève dans l’air à une hauteur inaccessible (3) à l’œil (4) humain, il est sur le sommet (5) glacé des plus hautes montagnes et dans les plaines (6) de la zone torride : la fierté de son regard, la puissance de son vol et de sa serre (7) l’ont fait nommer le roi des oiseaux.L’audace (8) de ses attaques est pour beaucoup aussi dans cette appellation (9).Explications.—1.Cou: mettre ce mot au pluriel (cous.) Que savez-vous sur les noms terminés 44 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE au singulier par ou ?—2.Ornés: pourquoi le masculin pluriel ?(Il se rapporte à deux noms de différents genres cou et plumes.Il y a pluralité et le masculin l’emporte sur le fém inin.)—-3.Inacessi-ble: à laquelle on ne peut pas arriver, à perte de vue.—-4.L’œil: mettre au pluriel {yeux).—5.Sommet: la partie la plus élevée d’une montagne, d’une colline.-—6.Plaines: distinguer ce mot de l’adjectif pleine.—7.Serre: griffes, ongles des oiseaux de proie.—-8.L'audace: la hardiesse.— 9.Appellation: nom, dénomination.III NI TROP NI TROP PEU S’il pleuvait trop, le sol se ramollirait; les plantes verdiraient d’abord, mais elles périraient bientôt, car leurs racines finiraient par plonger dans une eau trop abondante; des sources jailliraient de tous côtés, elles bondiraient dans les campagnes, ce qui ferait déborder les fleuves et les rivières.S’il pleuvait trop peu, le sol se durcirait, les herbes jauniraient; bientôt les grands arbres eux-mêmes périraient.Les sources tariraient et les hommes et les animaux ne pourraient plus se désaltérer.Il est donc utile qu’il pleuve de temps en temps: ni trop, ni trop peu.Exercices.—Trouver les verbes de la deuxième conjugaison.—-Conjuguer ces verbes au futur et à l’impératif.—Adjectifs terminés par ant et par ent.— Avec les noms former un adjectif: intelligence, intelligent.Constance, constant.Prudence, prudent, Vaillance, vaillant.Présence, présent.Ressemblance, ressemblant.Excellence, excellent.Inconstance, inconstant.Obligeance, obligeant.Violence, violent.Abondance, abondant.Patience, patient, Souffrance, souffrant.Apparence, apparent.Négligence, négligent.Indifférence, indifférent.Impatience, impatient.Innocence, innocent.Absence, absent.EXERCICES D’INVENTION ET D’ÉLOCUTION I.—-Nommez cinq objets fabriqués, servant: 1° de coiffure: chapeau, casquette, béret, calotte, bonnet, coiffe.2° de vêtements: pantalon, robe, veste, gilet, habit, cravate, châle, veston.3° de chaussures: sabot, soulier, botte, bottine, pantoufle, bas, chaussette.IL—Formez de 'petites phrases dans lesquelles vous ferez entrer les snots ci-dessus accompagnés d’un qualificatif: Exercices.—J’ai acheté une élégante coiffure, un riche chapeau.—Ma casquette est usée.—Ce nouveau béret me plaît.—Il porte encore une vieille calotte.-—On m’a donné un bonnet brodé.—Ma mère a acheté une coiffe neuve.—Mon père n’aime pas le pantalon collant, et ma mère déteste la robe traînante.—Ernest a acheté une longue veste, un gilet blanc, un habit noir.COURS SUPÉRIEUR I LE RESPECT ENVERS LES PARENTS Le respect, en général, c’est le sentiment que l’on a de son infériorité.Or, quelle que soit votre condition, vous serez toujours les bénéficiaires de vos parents.Us sont vos supérieurs par leur expérience, par leur âge, surtout par les bienfaits dont ils vous ont comblés.Ce respect que vous leur devez, vous le témoignerez par vos actions, par vos paroles, par votre attitude.On a abusé du respect autrefois, on le comprenait mal.De notre temps, on abuse de la familiarité; on traite ses parents comme des camarades, on leur parle sans façon; on s’assied quand ils sont debout; on discute librement avec eux comme avec des égaux.Ces excès de familiarité sont mauvais.Les mauvaises manières annoncent de mauvais sentiments ou les préparent.Questions.—Expliquez les mots: condition, ex-périence, attitude.—Justifiez l’orthographe de quelle que.—Analyser leur dans: leur âge, vous leur devez.—De quel mot dérive famiLaritél Cherchez les autres dérivés de famille.—Conjuguez le verbe s’asseoir (la forme la plus usitée) au présent et à l’imparfait de l’ind., au passé défini, au futur, au présent et à l’imparfait du subj.APRÈS LA MOISSON Les herbes craquent, les tiges rampantes abandonnent leurs fruits.Presque plus de fleurs; elles se sont flétries dans cette fournaise qui mûrit la graine et, le soir, au lieu du parfum qu’elles n’ont plus, c’est une odeur de moisson qui flotte.Orge, avoine, froment, tout est coupé.Ils ont fini de rire et de bavarder entre eux, les beaux épis tremblants; ils sont à bas, les uns amoncelés en gerbes, toutes leurs têtes tournées les unes vers les autres et s’embrassant dans la mort, les autres déjà rentrés.Depuis des jours et des jours les gens de ferme les fauchaient à pleines faucilles; trempés de sueur, les hommes, les femmes, chacun fonçant dans un carré fauve.C’est fini.La campagne a donné sa récolte.R.Bazin. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 45 Explication.—Fournaise: forte chaleur de l’été comparée à un feu ardent.—Il ont fini de rire et de bavarder entre eux, les beaux épis tremblants : quand les épis étaient debout, ils s’agitaient à la moindre brise et l’on entendait leur long frémissement que l’auteur compare à un bavardage et à un rire.— S'embrassant dans la mort-, se touchant comme des corps morts placés les uns à côté des autres.—• Chacun fonça dans un carré fauve: chaque travailleur coupant un carré de blé dont la couleur tire sur le roux et rappelle celle des bêtes fauves.Grammaike.—Trouvez dans la dictée deux adjectifs verbaux et deux participes présents.(Rampantes, tremblants; s’embrassant, fonçant.)— Différence entre l’adjectif verbal et le participe présent.—Analyser: Elles se sont flétries dans cette fournaise.ÉCOLE PRIMAIRE COMPLÉMENTAIRE DICTÉES I SOYEZ MODESTES La chose du monde la plus ridicule et la plus inutile, c’est de vouloir prouver qu’on est aimable ou qu’on a de l’esprit.Les hommes sont fort pénétrants sur les petites adresses qu’on emploie pour se louer; et soit qu’on leur demande leur suffrage avec arrogance, soit qu’on tâche de le surprendre, ils se croient ordinairement en droit de refuser ce qu’il semble qu’on ait besoin d’obtenir d’eux.Heureux ceux qui sont nés modestes et que la nature a remplis d’une noble et sage confiance! Rien ne présente les hommes si petits à l’imagination que la vanité, rien ne les fait paraître si faibles.Elle semble la marque de la médiocrité.Vauvenargues.II DE LA CONVERSATION Il est dangereux de vouloir être toujours le maître de la conversation et de pousser trop loin une bonne raison quand on l’a trouvée.Il ne faut jamais rien dire avec un air d’autorité, ni montrer aucune supériorité d’esprit.Fuyons les expressions trop recherchées, les termes durs ou forcés, et ne nous servons point de paroles plus grandes que les choses.Il n’est point défendu de conserver ses opinions, si elles sont raisonnables.Mais il faut se rendre à la raison aussitôt qu’elle apparaît, de quelque part qu’elle vienne : elle seule doit régner sur nos sentiments, mais suivons-la sans heurter les sentiments des autres et sans faire paraître jamais le moindre mépris de ce qu’ils ont dit.La Rochefoucauld.III L’AMOUR DU BEAU L’amour du Beau est cette exquise passion dont le plus noble caractère est précisément de n’avoir en vue aucune utilité matérielle.Le sauvage sculpte grossièrement le manche de bois de son couteau.Le pauvre nègre, dont la cabane est bâtie en boue, dessine sur les parois intérieures de sa misérable muraille des figures d’oiseaux, d’arbres, ou même seulement des ronds et des carrés; n’importe, c’est un ornement.Remarquons bien que de tous les êtres créés, l’homme seul imprime ce caractère à sa demeure.Si l’on prend le nid d’oiseau le plus artistement maçonné, si l’on regarde la merveilleuse cité des abeilles ou des fourmis, la maison presque humaine des castors, on y trouve des remparts solides contre le froid, des couches moelleuses pour les petits, des greniers d’abondance, tout ce qui est utile enfin; mais pour le beau rien.Legouvé.IV AIMEZ LES FLEURS Je me méfie toujours de celui qui n’aime ni les fleurs, ni les enfants, disait un philosophe, et lorsque, sur la petite fenêtre d’une ouvrière, je vois onduler aux vents quelques fleurs bien fraîches, je dis: le travail et la bonté habitent là-haut, et je suis tenté de m’arrêter pour écouter si un ange ne répond pas à la voix de la jeune fille entonnant un chant.Qui n’aime pas les fleurs ?Le petit enfant les effeuille sous ses petits doigts] la jeune filles s’en fait un ornement; la femme en décore son habitation; le vieillard même en recherche la vue.De tous les temps et dans tous les climats, les hommes ont chéri les fleurs.Elles brillent sur la fenêtre de l’artisan, sur le seuil de la chaumière et dans le palais des riches.V DIVERS MOYENS D’OBLIGER SES SEMBLABLES Il ne s’agit pas toujours, pour être charitable, d’épuiser sa bourse et de verser l’ar- 46 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE gent à pleines mains: je n’ai jamais vu que l’argent fît aimer personne.Vous aurez beau ouvrir vos coffres, si vous n’ouvrez votre cœur, celui des autres vous restera toujours fermé.C’est votre temps, ce sont vos soins, vos affections, c’est vous-même qu’il faut donner.Il y a des témoignages d’intérêt et de bienveillance qui font plus d’effet et sont réellement plus utiles que tous les dons.Combien de malheureux ont plus besoin de consolations que d’aumônes! Combien d’opprimés à qui la protection sert plus que l’argent ! Raccommodez les gens qui se brouillent.prévenez les procès, portez les enfants au devoir, les pères à l’indulgence, encouragez les vocations, employez, prodiguez le crédit en faveur du faible à qui l’on refuse justice et que le puissant accable; déclarez-vous hautement le protecteur du malheureux; montrez-vous juste, bienfaisant, humain.J.-J.Rousseau.LA CHARITÉ La charité commence au moment où vous faites plus que votre devoir, où vous mettez du vôtre dans vos rapports avec vos semblables.Lorsque vous déposez un sou dans le chapeau d’un aveugle ou d’un infirme, lorsque vous consolez un camarade qui a perdu sa mère, lorsque vous soignez un ami malade, lorsque vous vous jetez à l’eau pour sauver un camarade qui se noie, vous offrez à un autre des biens qui sont à vous, votre argent, vos consolations, vos soins, votre vie: c’est la charité qui vous inspire.Tout le monde ne peut pas donner de l’argent, mais ce que chacun peut donner, c’est une partie de son cœur, de son amitié, de ses soins.Questions.—Indiquez plusieurs manières de pratiquer la charité.—Pour l’amour de qui devons-nous faire tous nos actes de charité ?(Pour l’amour de Dieu)—Comment appelle-t-on les vertus qui se rapportent directement à Dieu et quelles sont ces vertus?(Vertus théologales: le Foi, l’Espérance et la Charité.)—Comment appelle-t-on les vertus qui se rapportent à nous et à notre prochain ?(Les vertus morales.)—Pourquoi les appelle-t-on ainsi ?(Parce qu’elles règlent nos mœurs et notre conduite.)—Quelle est l’étymologie du mot vertu ?(Le mot vertu vient du latin virtus qui signifie force, énergie.) Grammaire.—Combien distingue-t-on de sortes de conjonctions ?—Écrire le texte à la 2e pers.du sing.La charité commence au moment où tu fais.SECTION AGRICOLE DICTÉES I AU VILLAGE Il fait bon au village; toute le monde s’y connaît.Quand on se rencontre, on se dit bonjour, bonsoir, et l’on s’appelle par son nom; souvent l’on s’arrête et on fait un bout de causerie.Aussi, quand je quitte la ville et que je rentre au village, il me semble que je suis en famille.Les gens me saluent, les enfants me saluent, et j’en suis tout aise.Vessiot.Grammaire.—Avec combien de pronoms conjugue-t-on les verbes s'arrêter, s’appeler ?—Quel nom donne-t-on à ces deux verbes ?Analyser les pronoms personnels de la dernière phrase, me, me, j’ en.Vocabulaire.—Trouver le nom de ceux qui habitent: le village, la ville, la montagne, Québec, Montréal, Trois-Rivières, Lévis, etc.-— Modèle: Le villageois habite le village.Le citadin habite la ville.— Bonjour, bonsoir ont été formés de deux mots réunis en un seul,—Expliquer la formation des mots: bienveillant, pourboire, vinaigre, chèvrefeuille, gendarme, minuit, parapluie.II LES SEMAILLES Tout le village est aux champs.Partout bêtes et gens sont à l’œuvre.La vie rustique est en plein réveil.Ici, on herse le champ; là, un paysan marche lentement, un sac de toile blanche à la poitrine; sa main y plonge à mesure et, d’un geste circulaire, il répand dans les sillons labourés des poignées d’orge ou d’avoine dont les grains s’éparpillent sur la glèbe; un peu plus loin, le soc d’une charrue commence à soulever des mottes luisantes.Les bêtes tirent, le cou tendu; les fouets claquent, les hommes encouragent de la voix leur attelage; hue! dia! ohé! Les cris retentissent nettement dans l’air sonore.Questions.—-1.Que signifie le mot rustique dans l’expression vie rustique.?2.Quelle est l’impression que vous laisse ce tableau ?Justifiez-la.3.Analysez la phrase: Il répand.sur la glèbe (nombre, nature et rôle des propositions). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 47 III FIERTÉ D’UN JEUNE LABOUREUR Cette vie étroitement attachée à la terre me convenait.J’aimais à pousser mes bons bœufs limousins dans le champ que déchirait le soc de la charrue, enfonçant mes sabots dans la terre fraîche, et suivi de toutes nos poules qui venaient manger les vers dans la glèbe retournée.Les travaux pénibles de la saison estivale même me souriaient comme les fauchaisons et la moisson.Cela me faisait du bien d’employer ma force, et quand, le matin, ayant fauché un journal de pré, je voyais l’herbe humide de rosée, coupée régulièrement et bien ras, j’étais content.Alors je prenais ma pierre à repasser, et j’aiguisais ma faux en sifflant un air de chanson.Le soir, dans le temps des moissons, lorsque, après avoir chargé la dernière gerbe sur la charrette, je voyais tout ce blé qui devait faire un bon pain bis et savoureux, j’avais comme un petit mouvement de fierté, en songeant que c’était moi qui avais fait tout cela, ou quasiment tout.Eugène Le Roy.Questions.—1.Expliquez les expressions suivantes: fauchaison; la saison estivale; savoureux.2.Dans la phrase suivante, indiquez les propositions, leur espèce et la fonction de chaque proposition subordonnée : Quand je voyais tout ce blé qui devait faire un bon -pain bis et savoureux, j’avais comme un petit mouvement de fierté.3.Indiquez la fonction grammaticale des termes suivants: que (déchirait), le soc, me (souriaient), content.4.Le laboureur a-t-il raison d’être fier?Pourquoi ?Réponses.—1.Fauchaison: action de couper l’herbe des prés naturels ou artificiels, etc., avec la faux.—Saison estivale: été —Savoureux: qui a une saveur agréable, qui flatte le goût.2.Quand je voyais tout ce blé, subordonnée par la conj.quand, compl.de temps de avais; qui devait faire un bon pain bis et savoureux, subordonnée par le pr.rel.qui, compl.de blé; j’avais comme un petit mouvement de fierté, principale.3.Que, compl.direct de déchirait:—le soc, suj.de déchirait;—me, compl.d’attrib.de souriaient; — content, attr.de je, 4.Oui, le laboureur a raison d’être fier, parce que ce sont ces travaux qui procurent la nourri-tuie nécessaire aux hommes.EXERCICES D’INTELLIGENCE ET DE LANGAGE .1 LE PETIT DES ANIMAUX Le petit de la vache est un.(veau).Les petits de brebis sont des.(agneaux).Les petits de la poule sont des.(poussins).Le petit de la jument est un.(poulain).Les petits de l’aigle sont des.(aiglons.) Les petits oiseaux sont des.(oiselets, oisillons).Un tout jeune porc est un.(cochon de lait).— pigeon est un.(pigeonneau).— lapin est un.(lapereau).— lièvre est un.(levraut).— rat est un .(raton).Les petits de la souris sont des.(souriceaux).Un tout petit ver est un.(vermisseau).Le petit du lion est un.(lionceau).Les petits de la carpe sont des.(carpillons).RÉCITATION Enfants, aimez les champs, les vallons, les fon- [taines, Les chemins que le soir emplit de voix lointaines, Les cent fleurs du buisson, de l’arbre, du roseau Qui rendent en parfum ses chansons à l’oiseau.Prenez-vous par la main et marchez dans les [herbes ; Ragardez ceux qui vont liant les blondes gerbes.Unis contre le mal où l’âme se corrompt, Lisez au même livre en vous touchant du front.Y.Hugo.SECTION MÉNAGÈRE COMPOSITION MA VOCATION DE MÉNAGÈRE Vos projets d’avenir.Dans une lettre à une amie exposez ce que vous ferez plus tard, si vous obtenez le certificat d’études de votre couvent.Canevas.-—Je prends mon amie pour confidente.—2.Je lui fais de part de mon rêve d’avenir.—3.Je serai ménagère, et veux rester attachée à la maison paternelle.—4.Je termine en demandant à mon amie ce qu’elle compte faire plus tard elle-même.DÉVELOPPEMENT Ma chère Amie, 1.Privée du plaisir de te voir et de causer avec toi, je me dédommage en t’adressant cette lettre.Tu sais que je ne te cache rien, que tu es ma plus chère confidente et que j’aime à te communiquer mes pensées et mes rêves les plus intimes.2.Je veux, précisément, aujourd’hui, te faire part de mes projets, touchant mon avenir.Nous voici à la veille des examens de fin d’année.Je suis de celles qui s’y présentent et je m’y prépare par un travail extraordinaire.J’espère bien obtenir le certificat d’étude qu’accorde notre couvent à celles qui ont le nombre de points requis.Et après, adieu l’école ! Je serai presque une grande fille.Il faut bien, n’est-ce pas, que j’envisage, dès maintenant, ce que je ferai plus tard, la voie où je devrai m’engager.Je t’entends me répondre: Oh! ma chère, 48 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ce ne sont pas les professions féminines qui manquent.Tu peux être couturière, lingère, repasseuse, modiste ou même fille de magasin, employée aux écritures dans un bureau, que sais-je ?Non, mon amie, rien de tout cela ne m’attire.J’ai même à Montréal une cousine qui me conseille de faire comme elle, c’est-à-dire d’apprendre la dactylographie où, paraît-il, on gagne de gros appointements, ce qui permet de porter de belles toilettes.Cela ne me tente pas, non plus.Quitter mon village, me séparer de mes parents! Jamais.3.Que ferais-je donc?Tu vas être étonnée, très étonnée.Écoute.Je serai tout simplement une.ménagère.Eh! oui, fille de paysans, je veux rester paysanne.Ne ris pas de ma modestie.Il n’y a pas de sot métier, et celui auquel je me destine a bien sa noblesse et sa beauté.Je m’initierai auprès de ma mère à toutes les besognes du ménage, à la tenue parfaite du linge, aux secrets de la bonne cuisine, aux divers travaux de l’aiguille, à tous les soins de l’intérieur, tâchant de donner à celui-ci tout le charme et toute la poésie qu’il comporte.N’est-ce pas que c’est un joli rôle?C’est ainsi que je partagerai avec maman sa royauté domestique, en attendant que, plus tard, si le bon Dieu veut, je règne seule dans mon propre foyer.4.Qu’en penses-tu, ma chère amie?Tu me diras toi-même quels sont, à toi, les projets d’avenir que te voici également en âge de caresser.Rien ne peut m’intéresser autant que ce qui t’intéresse toi-même.Laisse-moi recommander à tes bonnes prières le succès de mes examens, et reçois, ma très chère Léontine, les nombreux baisers De ta meilleure amie, Cécile N.(Adaptationd’après “L’Écoleet la Famille)” ENSEIGNEMENT ANTI-ALCOOLIQUE DICTÉES EFFETS DE L’EAU-DE-YIE SUR LES ANIMAUX Pour constater les effets de l’alcool sur l’organisme, j’entrepris de mêler aux aliments d’un chien une petite quantité d’alcool et d’observer les phénomènes qui se produisaient.Cette expérience, répétée un grand nombre de fois sur des sujets d’âge,de taille et d’espèce différentes, donne toujours les mêmes résultats.Le premier jour l’animal, légèrement excité, saute, jappe, caresse, court, va et vient en tous sens; puis assez rapidement il se montre comme hébété, il tombe dans un état de demi-torpeur; son corps se refroidit, la circulation diminue d’activité; bientôt la paralysie s’empare du train postérieur et va peu à peu en envahissant tous les membre.Dès le quinzième jour de cet empoisonnement à petite dose, il survient une susceptibilité nerveuse, une impressionnabilité remarquable.L’animal est inquiet, triste; il écoute, il se tient aux aguets, le moindre bruit le fait tressaillir, il ne répond plus aux caresses, s’éloigne, se cache, cherche à mordre dès qu’on veut le saisir.Vers la fin du premier mois arrivent les illusions et les hallucinations, qui se transforment en véritable délire.Avec le délire, on voit apparaître dès le second mois un tremblement, qui, d’abord localisé dans les pattes, se généralise peu à peu, gagne les muscles du tronc et de la tête, et l’on crée ainsi à volonté ce terrible accès de delirium tremens que l’homme, hélas! ne craint pas de se donner à lui-même.Ce sont là les troubles de l’intelligence et du mouvement; mais avec eux se produisent des lésions graves des centres nerveux, des organes digestifs, des appareils circulatoires et respiratoires: le poison s’est répandu partout, et partout il a laissé des traces de son passage.La même expérience faite avec l’absinthe, au lieu d’alcool, donne des résultats plus effrayants encore et plus rapides.Au bout de très peu de jours, l’animal est saisi de secousses musculaires et de vertiges épileptiques.Vingt centigrammes d’essence d’absinthe injectés dans les veines d’un chien produisent instantanément de véritables accès d’épilepsie.Dr Magnan.EXPLICATION Aliments.Famille de ce mot: alimentaire, alimentation, alimenter.—Phénomène.Qu’est-ce qu un phénomène ?Y a-t-il plusieurs sortes de phénomènes?Quel est le synonyme de phénomène ?—Expérience signifie ici épreuve, opération; expérience signifie aussi la connaissance, la maturité que donnent les années.Expérimental, expérimentation, expérimenter.—Torpeur.Engourdissement, accablement profond.—Activité.Dire ce qu’on entend par ce mot.Action, actif, activer, activement.—Paralysie, immobilité de tout ou partie du corps, impuissance d’agir.—Expliquer ou faire expliquer aux élèves les mots: empoisonnement, dose, impressionnabilité, illusion, hallucination, délire, vertige. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 49 MATHEMATIQUES ARITHMETIQUE, ALGEBRE ET MESURAGE Avertissement.,—Afin de donner à cette partie de la revue un caractère vraiment pratique, nous avons cru devoir nous enfermer strictement, pour le choix des problèmes, dans le cadre tracé par la “Répartition mensuelle du programme” préparée par MM.Miller et Brionne et recommandée par le Surintendant de l’Instruction publique pour toutes les écoles primaires de la province.Les exercices proposés dans chaque livraison ont un double but: 1.Fournir régulièrement aux instituteurs et aux institutrices, pour la récapitulation qu’ils ne doivent pas manquer de faire à la fin de chaque mois, quelques problèmes qui les aideront à s’assurer si leurs élèves progressent normalement; 2.Guider les aspirants et les aspirantes aux deux brevets du Bureau central en leur faisant étudier, chaque mois, quelques-uns des problèmes les plus importants du programme de chacune des sections du cours complémentaire.COURS INFÉRIEUR 1ÈRE ANNÉE 1.Exercice oral.—Les réponses seules doivent être posées par les élèves, sur.leurs cahiers.5 + 1= ?6-3 = ?+5 =6 3 +2 =?2+ ?=6 6-5 = ?3+ ?=9 8 - 3 = ?3+3 = ?6- ?=2 9- 2 = ?7-4 = ?+2 = 8 6 = 6-?8- ?=4 3 +6 = ?2.a) Dessinez deux groupes de trois fourchettes.b) Dessinez quatre groupes de deux couteaux.2ÈME ANNÉE 1.Calcul mental: 3+ de 10 = ?16-9=?20- 5= ?19-7=?3+ de 20 = ?15X3=?24^4=?3X3=?7 X 2= ?15-8 = ?30=10=?12 = 4= ?13- 8 = ?19+9=?9 + 17=?6X5 = ?2.J’achète un col 25 sous, des gants 67 sous, du ruban pour 18 sous et des aiguilles pour 9 sous.Je donne en paiement $1.50.Combien me revient-il?Eép.: 31 sous.3.D’un réservoir contenant 135 gallons d’eau, on retire 48 gallons, puis on y verse 59 gallons.Combien y a-t-il alors de gallons dans le réservoir ?Rép.: 146 gallons. 50 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS MOYEN 3ÈME ANNÉE 1.Avec 112 verges de toile du pays, combien peut-on faire de draps de lit, si l’on emploie 7 verges de toile pour chaque drap ?Que rapportera la vente de ces draps à raison de $4.25 la paire?Rép.: $34.2.Un manufacturier doit $5450.Il s’acquitte en donnant $3500 et 1500 verges de drap.Quel est le prix d’une verge ?Solution: $5450 - $3500 =$1950.Balance à payer.$1950-^1500 = $1.30.Rép.3.Un cultivateur porte à la ville une charge de 4267 Ibs d’avoine qu’il vend au prix de 56 sous le minot de 34 livres.Si ses dépenses de voyage s’élèvent à $3.45, quelle somme rapportera-t-il chez lui ?Solution: 4267 = 34 = 125.5 minots.125.5X0.56 = $70.28 vente.$70.28-$3.45 =$66.83.Rép.4ÈME ANNÉE 1.Calcul mental : 9 X 7 = ?ide27 = ?56= 7 = ?34 de 28 = ?54= ?=9 fde36=?8X12=?fde35=?16 = f de ?2.Vingt hommes bâtissent une maison d’école en 56 jours.En combien de jours 70 hommes pourraient-ils faire le même ouvrage ?Solution : 20 hommes prennent 56 jours 1 homme prendrait 56X20 70 hommes prendraient —6* q-°- ou 16 jours.Rép.3.Si 12 cordes de bois valent $57.60, combien de cordes pourrais-je acheter avec $183.12?Solution : Pour $57.60 j’achète 12 cordes.57.60 Pour $183.12 j’achète =38.15.Rép.COURS SUPÉRIEUR 5ÈME ANNÉE 1.Trouvez la valeur de 4350 pieds de bois à $45.50 par mille pieds.Solution : 43^-tooo'50 = $197.925.Rép.2.Combien coûtent 600 pieds cubes de gaz à $1.35 le mille pieds cubes?Solution: —-yo^où 35- =$0.81.Rép.3.Combien paierai-je pour 6250 lattes à $0.32 le cent ?Solution: 62 5^0-^2 =$20.Rép. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 51 4.Après avoir dépensé 0.15 de son salaire pour des assurances, 0.48 pour les dépenses générales de sa maison et 0.10 pour les bonnes œuvres, un homme possède encore $810.Quel est son salaire ?Solution: 0.15+0.48+0.10=0.73.Dépenses.1.00-0.73=0.27.Économies.$810.-^0.27 =$3000.Rép.6ÈME ANNÉE 1.Trouvez les facteurs premiers de 1728 et groupez-les de manière à en former trois facteurs égaux.Solution : Les facteurs de 1728 sont 2X2X2X2X2X2X3X3X3.On peut en former trois groupes semblables comme suit: (2X 2X3) (2X2X3) (2X2X3) ou 12X12X12.Rép.2.Trouvez les facteurs premiers de 4080 et groupez-les de manière à en former trois nombres consécutifs.Solution : Les facteurs de 4080 sont 2X2X2X2X3X5X17.On peut en former les trois nombres suivants: a) 3X5 = 15.Rêp.; b) 2X2X2X2 = 16.Rêp.; c) 17.Rêp.3.S’il faut 8)+ minots de grain pour ensemencer 6|- acres, combien d’acres ensemencera-t-on avec 4J4 minots?Solution : 8)4 m.ensem.6-g- à.1 m.ensem.6-g- SM 41 m.ensem+4x^ =§^Ç|- = 3M- Rép.Simplifiez (2f+3-i-|-+4f+2f)(3^- 2^-).Solution : 2t+3H+4f+2f = 2if+3ff+4f-|-+2ff = 13ff Q_7 _ O 5 _ 0 5 6 0 4 5 _ 1 1 1 ° 1 8 °144 "14 4 ¦*'T4~4 ‘ 13fi-M^ou WXlM = 12t.Rép.SECTIONS AGRICOLE, COMMERCIALE, MÉNAGÈRE 7ÈME ANNÉE Arithrnétique 1.Simplifiez “ + 0.5 de 0.4 _ 0.2 SA de H Vs A‘ 7/12 de 22/5 _ 7/12 de 12,5 _ 7 0.3—0.2 O-l 5 Solution =  _1_ = v 1_0 _ 1 4 5-10 5 ^ 1 — 1 + 14 = 15.Rép.2.Un élève à qui on avait demandé ce qu’égalaient lesy-g- d’une certaine fraction commit l’erreur de diviser cette fraction par et obtint ainsi un résultat qui excédait la réponse exacte de yeV.Quelle était la réponse exacte? 52 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : Diviser par ^ revient à multiplier par L’élève a donc pris y-§- au lieu de ^§-.13 i 2 _ 12 1 3 — 25 25 15 6 2 162’156 6 9 —1 4 4 _ 2 5 15 6 15 6 156 _ 2 5X 1 5 6 — 2 6 162X25 ~27 Différence.Fraction.-2.6 y 1-2 — 2_4 — 8.Rtn 27/*'13 27 9' 3.Une personne a dépensé d’abord les 3/5 de ce qu’elle avait moins $4., puis le Li du reste plus $3.00, enfin les -§- du nouveau reste plus $1.20.Il lui reste $24.Quelle somme avait-elle ?Solution : $24.+$1.20 = $25.20 ce qui représente les -f du 2e reste.Donc le 2e reste vaut $25.20= $42.$42.+$3.00 =$45.ce qui représente les % du 1er reste.Donc ce 1er reste est égal à—= $60.$60.- $4.=$56.ce qui représente les J- de ce qu’avait la per- sonne.Elle avait:= $140.Réy.MESURAGE {Voir section industrielle) SÈME ANNÉE Arithmétique 1.Réduire 6 mi., 240 per., 4 verg., 2 pi.en fraction décimale d’un mille.Solution : 240 X 5)++4 = 1324 verges.1324X3+2=3974 pi.1 mille = 8X40X53+X3 =5280 pi.3974 pi.=fH^- - m.=0.75265 m.6+0.75265=6.75265.Eép.2.Quelle sera la valeur, à $12.la tonne, d’une meule de foin de 60 pi.de longueur, 34 pi.de largeur et 16 pi.de profondeur, si un pied cube de foin pèse 4)+ livres ?Solution: 60X34X16=32640.Volume.3 2|4oX4H=73.44.Tonnes.73.44X12.=$881.28.Rép.3.Convertir 3+2 fois 2 louis, 4 ch.en fraction de 3 louis, 4 ch.2 d.Solution : 2 louis, 4 ch.=44 ch.ou 528 d.528 d.X3)+ = 1848 d.3 louis, 4 ch.=64 ch.64 ch.2 d.=770 d.La fraction sera ou Rép.4.Une ouvrière, travaillant seule, emploie 4+2 jours à confectionner un costume de dame; une apprentie fait chaque jour un travail qui équivaut à 5/i2 de celui de l’ouvrière.Combien 2 ouvrières et 3 apprenties travaillant ensemble mettraient-elles pour faire 5 costumes ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 53 Solution : Une ouvrière fait par jour les d’un costume.Une apprentie en fait 2 ouv.et 3 app.font par jour = y|-.Autant de fois sera contenu dans 5, Autant de jours il faudra.5-^-y§- = 5i 3'8 ou 6y|-jours.Rêp.MESURAGE {Voir section industrielle) / SECTION INDUSTRIELLE 7ÈME ANNÉE Mesurage 1.Autour d’un terrain de 40 perches par 20 perches, il y a une allée de 4 pieds de largeur.Combien a coûté cette allée à $0.15 la verge carrée ?Solution : (40+20) X2 = 120 per.ou 1980 pi.1980X4 =7920 pi.car.Surf, de l’allée, moins les coins.4X4X4=64 pi.car.Surf, des coins.7920+64=7984.Surf, totale.=$153 oof.Rév.2.Combien de verges de fil de fer faudra-t-il pour construire une clôture de 5 fils superposés autour d’un champ de 12 acres, si la longueur de champ est de 60 perches ?Solution : 12 acres = 12X4X40 = 1920 per.car.1920-^60=32 per.largeur.(60+32)X2= 184 per.périmètre.184X5 =920 per.ou 5060 verges.Rép.3.Un mur a 15 pieds et 20 pieds de longueur.Trouvez la distance de l’angle droit supérieur à l’angle gauche inférieur.Solution: V 152+202 = 25 pieds.Rép.ALGÈBRE 1.Roch et André ont ensemble 60 sous, et l’argent de Roch égale 4 fois celui d’André.Quel est l’avoir de chacun.Solution : Par arithmétique, ce problème s’explique comme suit: L’argent de Roch+4 fois l’argent d’André =60.C’est-à-dire que 5 fois l’argent d’André =60.Et 1 fois l’argent d’André =-^°-= 12.Rép.Solution algébrique: Représentons l’argent d’André par x et nous pourrons abréger la solution arithmétique comme suit: æ+4x =60.C.-à-d.5a: =60.D’où a; = ^g°-= 12.Rép. 54 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.Une arithmétique, un cahier et un crayon coûtent ensemble 75 sous.Le cahier vaut 2 fois le crayon, et l’arithmétique, 12 fois le crayon.Quel est le prix de chaque article ?Solution arithmétique: 1 fois le cray.+2 fois le cray.+12 fois le cray.=75.C’est-à-dire que 15 fois le crayon =75 sous.D’où le crayon =y-| = 5 sous.Rép.Solution algébrique: Mettons la lettre initiale C pour le crayon.Nous aurons : C +2C + 12C =75 sous.C.-à-d.15C=75 sous.D’où C =-|-| = 5 sous.Crayon.Rép.2C =^3-—= 10 sous.Cahier.Rép.12C =—= 60 sous.Arithmétique.Rép.3.Lucie a cueilli 20 paniers de framboises de plus que sa sœur Annette.Combien chacune en a-t-elle cueilli, si Lucie en a cueilli 5 fois plus que sa sœur ?Solution par arithmétique: Les paniers de Lucie - les paniers d’Annette =20.Mais les paniers de Lucie =5 fois ceux d’Annette.On peut donc poser: 5 fois les paniers d’Annette - 1 fois les paniers d’Annette =20.D’où 4 fois les paniers d’Annette =20.Et 1 fois les paniers d’Annette =^- = 5.Rép.Et 5 fois les paniers d’Annette =-^— = 25 Lucie.Rép.Solution par algèbre:Soit P les paniers d’Annette.Alors 5P les paniers de Lucie.On posera : 5P - P = 20.C.-à-d.4P = 20.D’où P =\Q-= 5 Annette.Rép.Et 5P=-y^- = 25 Lucie.Rép.SÈME ANNÉE Mesurage 1.Une pile de briques a 8 pi.6 po.de hauteur, 14 pi.de largeur et 15 pi.de longueur.Quelle est la valeur de cette brique à raison de $7.50 le mille, une brique ordinaire mesurant 8 po.par 4 po.par 2 pouces.Solution : —7-=48,195 briques.481 1000^- = $36L46^- RéP- 2.20% de la superficie libre d’un terrain de 360 pieds par 132 pieds sont occupés par une corde de bois de 4 pieds de hauteur.Sur ce même terrain se trouve un hangar de 60 pieds de long par 16 pieds de large et 12 pieds de hauteur.Quelle fraction du bois pourra-t-on mettre à l’abri dans ce hangar?Solution: 360X132=47520.Superf.du terrain.60 X 16 =960.Superf.du hangar.47520-960=46560.Terrain libre. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 55 46560X20% =9312.Base de la pile de bois.9312X4=37248.Vol.du bois.60 X 16 X12 = 11520 pi.eu.Capacité du hangar.11520^-37248 =iifff=|^.Rép.3.Une grange a 40 pi.de long et 32 pi.de large.Son toit excède d’un pied au-delà des pignons et se prolonge également d’un pied au-delà de la sablière pour former le larmier.L’élévation du toit est de f-, c’est-à-dire que sa hauteur au-dessus du niveau de la sablière est égale à de la largeur de la grange.Combien de bardeaux faudra-t-il pour couvrir ce toit si 1000 bardeaux couvrent 100 piedscarrés ?Solution: 32 X-§- = 12 élévation.V 122 + (-322-)2 = 20 largeur du toit jusqu’à la sablière.20 +1 = 21 largeur totale.40+2 =42 longueur.42X21X2 = 1764 sup.du toit.0j7__6_iX,i_o o o._ 1704Q bardeaux.Rép.ALGÈBRE 1.Trouvez la valeur de— ?) 3a - [6 +(2a - b) - (a - b)].?) a — [2b+*13e — 3a — (a+6 ^ + *| 2a — (b +c) j+ Solution de (a) : 3a - [b + (2a - b) A {a - 6)] Ou 3a - [6+2a - b - a+6] Ou 3 a - b - 2a+6+a—b.Ou 2a - b.Rép.Solution de (b): a - [26+ +
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