Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1928-10, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
50e Vol.Québec, Octobre 1928 N° 2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION - • : : • l PEDAGOGIE LA LECTURE EN CLASSE COMME ELEMENTS D’INTÉRÊT ET MOYEN DE CULTURE GENERALE Conférence donnée au Cours d’été de l’Institut pédagogique, Montréal, le 19 juillet 1928, par M.C.-J.Magnan, Inspecteur général (Suite) (1) Il y a cinquante ans, Legouvé reprochait aux écoles de France d’apprendre aux élèves à mal lire.Écoutons ce maître d’autrefois inaugurant un cours de lecture expressive dans les écoles de Paris, et demandons-nous si le défaut que Legouvé reprochait si sévèrement aux écoles de son pays, n’existe pas encore un peu, chez nous: “La façon de lire actuelle est la plus ennuyeuse des psalmodies substituée à la parole naturelle, elle sévit et règne sur toute la France partout où il y a un lycée, un collège, une école.Ce n’est nullement une maladie innée, mais une maladie acquise.Voyez l’enfant qui parle, il trouve l’intonation juste, il compose sa mine sur ce qu’il dit, il ajoute l’expression de la physionomie à l’expression de la parole, il sourit, il est charmant.Puis voyez-le lire, la voix se fausse, la figure se tire, la mine se compassé, plus le moindre naturel, il est stupide.Non seulement jusqu’à présent on ne lui a pas appris à lire, mais on lui a appris à mal lire, et nous en sommes là qu’un enfant qui lirait bien s’attirerait des moqueries.Ce vice de l’éducation actuelle est donc radical; comment contester l’utilité de se débarrasser d’un mal, surtout quand on peut le remplacer par un bien?Or, l’art de la lecture ajoutera une qualité là où il n’y avait jusqu’à présent qu’un défaut”.Depuis cinquante^ans, l’enseignement de la lecture, en France, a certainement fait d’immenses progrès.Néanmoins, les revues pédagogiques de la mère-patrie nous apportent souvent des doléances au sujet de la lecture.Permettez-moi de vous citer la suivante, afin de mieux nous préparer à admettre que dans nos propres écoles, en dépit de progrès réels, il reste encore beaucoup à faire en ce domaine.La citation qui suit est tirée de I’École, excellente revue pédagogique publiée à Paris, et ne remonte pas plus loin qu’en avril 1928.C’est une opinion professionnelle intitulée: “En classe, faites surtout lire.et relire”.C’est peut-être une charge, mais cette opinion est sans doute l’écho d’un mal que l’on veut guérir: EN CLASSE, FAITES SURTOUT LIRE.ET RELIRE Dès qu’une idée juste est proférée, il est rare qu’elle ne rencontre, de toutes parts, des échos qui la propagent et l’amplifient; c’est de cette façon que le spirituel article d’Alain dans VÉman- (1) Voir “L’Enseignement Primaire” de septembre 1928. 62 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE cipation, duquel nous avons entretenu nos lecteurs, fait actuellement son tour de la presse pédagogique: “Si j’étais, dit-il, le chef des beaux parleurs, toutes les leçons seraient de lecture; on lirait l’iiistoire, la géographie, l’hygiène, la morale, et si, de toutes ces lectures, on ne retenait seulement que l’art de lire, je jugerais ce résultat comme suffisant.Je chasserais de nos écoles tous les genres d’éloquence, et même les commentaires de la lecture expliquée, qui n’ont point de fin.On lirait, on relirait, chacun tour à tour lisant à haute voix, tous les autres suivant et lisant tout bas; le maître surveillerait et il aurait assez à faire.Nul ne s’instruit uniquement en écoutant: c’est en lisant qu’on s’instruit.Cette très suggestive opinion fait trotter les esprits éveillés; elle mérite bien, d’ailleurs, qu’on s’y arrête et qu’on en tire profit.Un instituteur, qui a lu cet article, s’avise, aussitôt, que certains élèves arrivent au cours moyen et même quittent l’école “sans avoir acquis une connaissance suffisante de toutes les combinaisons de lettres, de toutes les nuances de prononciation, de tous les accents, de tous les signes de ponctuation”.C’est malheureusement la vérité, ajoute-t-il, nos élèves, en général, ne savent pas lire, j’entends lire couramment, sans effort, sans hésitation, avec l’aisance qui permet que l’esprit se détache de la lettre assez promptement pour pouvoir rester attentif au sens.Est-il possible qu’on ait tellement oublié cette vérité banale qu’on ne peut apprendre à lire qu’en lisant?M.de La Palisse, pourtant, a dû nous en informer.Quoi qu’il en soit, l’idée utile est en marche, et nous la retrouvons, humoristiquement exprimée par M.C.Chanteclaire dans le Journal des Instituteurs sous le titre: Les idées d’un ancêtre, à propos de Lecture.M.C.Chanteclaire conte la chose ainsi: “Il paraissait fort e.n colère, le vénérable M.Lenoir, un instituteur de l’ancien temps, qui porte allègrement ses soixante-douze hivers, quand, accompagné de l’ami Paul, jeune instituteur adjoint, je le rencontrai au Parc des ©iseaux.Lorsque nous nous fûmes tous assis, en un coin discret, à l’ombre des grands arbres, notre vieil ami, s’adressant à Paul, laissa éclater son mécontentement.—Assez volontiers vous vous vantez, vous les jeunes, d’obtenir, grâce à l’emploi de vos nouvelles méthodes, de bien meilleurs résultats que vos anciens.Ah! ils sont jolis, vos résultats! Pas plus tard que ce matin, j’ai pu m’en rendre compte.J’avais égaré mes lunettes et ne les retrouvais pas.Mon plus jeune petit-fils, Lucien, qui va sur ses douze ans, était justement venu me voir.“Tiens, lis-moi donc le journal”, lui demandai-je.Ah! Ouiche! toutes les deux secondes, il s’arrêtait, ânonnait, était perdu.Le moindre mot nouveau pour lui, ou un peu long, le faisait buter.Et les mots estropiés: conversation, pour conservation, risible, pour visible, circonscription, pour circonspection, etc.Les noms propres! Autant d’obstacles infranchissables: Bratiano, Maniulesco, Averesco, faciles à dire, cependant, lui étaient autant d’indéchiffrables hiéroglyphes.Le malheureux bateau Principessa Mafalda le fit naufrager plusieurs fois dans de grossiers calembours.Au bout de cinq minutes, je mis fin au supplice de Lucien et au mien.Voilà! à douze ans, mon petit-fils qui n’est pas sot et n’a jamais manqué l’école, ne sait pas lire! Un beau résultat dont vous pouvez être fier! Sans laisser à Paul le temps de présenter sa défense, il poursuivit, impitoyable: —Vous avez voulu supprimer l’effort, rendre l’enseignement attrayant, amusant même, faire de l’étude un jeu! Tous les exercices scolaires qui servaient seulement à l’acquisition des mécanismes nécessaires, ceux de la lecture, comme de l’écriture, de l’orthographe, du calcul, vous les avez supprimés, bannis.Vous avez ouvert l’intelligence de vos élèves et cultivé leur jugement sans meubler leur mémoire, vous les avez rendus désireux de savoir, mais vous avez négligé de les munir des outils nécessaires pour apprendre; ils sont demeurés dépourvus de la volonté, de l’habitude de l’effort, non moins indispensables à qui prétend s’instruire.Incapables de lire avec aisance et exactitude un texte français quelconque, ils laisseront dormir les livres des bibliothèques sur leurs rayons poudreux.Ils ne continueront pas à s’instruire, oublieront vite le peu qu’ils savent, et, à vingt ans, seront, certes, plus ignorants que leurs pères, nos élèves.Si j’étais encore maître d’école, je ne ferais peut-être pas exactement comme j ai tait en mon jeune temps, non; mais, tout en prenant ce qu’il y a de vraiment bon dans vos méthodes rénovées, je conserverais, soigneusement, ce que nos vieux procédés avaient de judicieux.Ainsi, pour la lecture, je consacrerais chaque semaine deux leçons d’une demi-heure, et cela dans chaque cours, à l’apprentissage du mécanisme.Mes élèves liraient, non seulement dans tous leurs livres de classe: histoire, géographie, sciences, mais dans des ouvrages de la bibliothèque scolaire,y compris les traités techniques.Je voudrais qu’ils fussent capables de lire avec correction et aisance tous les livres écrits en français, même ceux où ils ne comprendraient rien: traités de philosophie, de! mathématiques, de physique, de chimie, de zoologie, de botanique, etc.Aucune page ne les arrêterait, fût-elle hérissée de noms propres barbares, de termes tirés du grec et tout barbelés de ch, do sh & y etc —Il va un peu fort “l’ancêtre”, me dit Paul, quand notre vieil ami nous eut quittés. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 63 -—C’est vrai; et pourtant, tout n’est pas à rejeter de ses critiques et de ses conceptions.Sous ses boutades se cachent des vérités que nous ferions bien de ne pas méconnaître, dont nous aurions avantage à faire notre profit.” C.Chanteclaire.Nous donnons ici l’opinion de professionnels et non de gens obstinés à repousser, systématiquement, les méthodes nouvelles, quoique excellentes, pour en restaurer d’anciennes, abandonnées.Ce sont des hommes de métier, dévoués à leur tâche, qui après de multiples essais loyalement menés, avouent qu’en restreignant, dans les classes, l’exercice de la lecture, comme de la mémoire, au profit de longues et vaines explications, on a fait fausse route et perdu son temps; qu’en définitive les résultats acquis ne sont pas en rapport avec le mal qu’ils coûtent, jadis les élèves avaient moins de livres en mains, mais ils lisaient beaucoup en classe, et relisaient davantage; la plupart d’entre eux acquéraient ainsi une façon de lire très agréable.Tous les matins, durant une demi-heure, on absorbait quelques chapitres de l’Histoire Sainte d’Edom et deux fois par semaine des pages de la rébarbative Histoire de France de Magin; nous n’avions pas de livre spécial de Lecture; notre Géographie de Cortambert ne comportait que des cartes et pas de texte.Cependant on lisait au point de pouvoir, à l’occasion, utiliser les deux livres habituels en guise de Dictionnaire pour certains mots dont l’orthographe nous paraissait difficile,, on savait, par exemple, que pour trouver11 s’apitoyer” il fallait revoir Magin à l’Entrevue de Bourbon avec Bayard mourant.On lisait avec goût faisant sonner la consonne finale d’un mot avec la voyelle initiale du mot suivant; on respirait un temps aux virgules, deux temps aux points.Nombre d’entre nous auraient pu réciter des chapitres entiers d’Edom ou de Magin, et cette provision de phrases claires et suffisamment bien écrites nous a été plus d’une fois d’un secours inappréciable dans la confection de nos sujets de rédaction; ce devait être parfois très naïf, mais le sentiment, même, n’en était pas absent.Aujourd’hui, nos élèves n’ont guère le goût de lire; avec les méthodes modernes qui leur demandent très peu d’efforts personnels, ils auront vite tout oublié.Et c’est pourquoi certains crient: Casse-cou! Louis Le Baumin.Ce qui précède est dit de la France.Et chez-nous?N’avons-nous pas, nous aussi, quelque reproche à nous faire sur ce chapitre de l’enseignement de la lecture?Attachons-nous assez d’importance à cette matière essentielle.Et tout d’abord, cherchons-nous à nous corriger nous-mêmes, instituteurs et institutrices, à nous rendre maîtres de cette faculté pédagogique de première valeur, la lecture à haute voix, la lecture en classe ?Dans nos écoles normales, dans nos couvents et dans nombre d’écoles primaires on attache de plus en plus d’importance à la bonne lecture, comme élément d’intérêt en classe et moyen agréable et facile de culture générale.Dans notre société canadienne-française, on attache de plus en plus d’importance aussi au langage correct et soigné.Et ce langage correct et soigné, c’est l’exercice de lecture à haute voix bien dirigé qui permet aux élèves de s’y habituer comme naturellement.Mais en écoutant parler autour de nous, en entendant une lecture dans une réunion privée comme dans une réunion publique, souvent, trop souvent hélas! nous faisons la triste constatation que le lecteur ne sait vraiment pas lire, même couramment, au sens absolu du mot.Ce lecteur articule imparfaitement, maltraite la prononciation, omet les liaisons et ne sait pas conduire sa voix de façon à traduire intelligemment la pensée de l’auteur.Etre bon lecteur, c’est chez tous, et particulièrement chez le maître ou la maîtresse, une qualité précieuse.Mais cette qualité ne s’acquiert pas sans effort, sauf chez quelques rares individus.C’est donc à l’école que la bonne, la belle habitude, devrais-je dire, de bien lire se contracte.Bien lire, j’entends non pas cette froide, insignifiante et stérile façon de lire qui consiste plutôt dans un exercice mécanique que dans un travail d’intelligence.Et c’est cette mauvaise lecture qu’il importe de bannir de nos écoles, pour la remplacer par la bonne, c’est-à-dire celle qui sait donner à chaque mot l’intonation qui lui convient, qui permet à l’élève de comprendre ce qu’il lit et de saisir dans le détail la valeur réelle et le sens exact de chaque phrase, de chaque mot.En résumé la leçon de lecture bien comprise “est à elle seule tout un enseignement, et de laquelle on se sert non plus pour exercer la volubilité des élèves, mais pour leur inculquer une foule de connaissances qui ne trouvent leur place dans aucune autre section du programme” (1).(A suivre) (1) Chasteau.2 64 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS DANS LES ECOLES DU NOUVEAU-BRUNSWICK Au mois de juin dernier, le Bureau d’Éducation du Nouveau-Brunswick a modifié ses règlements au sujet de l’enseignement du français.Le nouveau règlement, sans rendre parfaitement justice à nos frères les Acadiens (ils sont 300,000 au N.-B.), constitue néanmoins un pas appréciable dans la bonne voie.Voici, d’après UÉvangeline, journal acadien, la portée du nouveau règlement: Le Bureau d’Éducation de la Province du Nouveau-Brunswick a adopté la semaine dernière, à son assemblée de mercredi, le 1er courant (juillet), certaines des recommandations faites par le sous-comité Langue et Éducation de la Société Nationale l’Assomption, touchant la qualification des instituteu s et institutrices des écoles dites bilingues.Ce comité était composé de M.Calixte Savoie, du R.P.Dismas LeBlanc, c.s.c., alors supérieur du collège Saint-Joseph, et du R.P.De la Motte, supérieur du collège du Sacré-Cœur, de Bathurst.Dorénavant il y aura dans la province des écoles officiellement reconnues comme bilingues, et il suffira, pour qu’elles soient reconnues comme telles, d’une décision de la Commission scolaire locale (Trustees).Les instituteurs et institutrices qui se destineront à l’enseignement dans ces écoles devront se munir de brevets spéciaux dit brevets bilingues (Bi-Lingual Licences), qu’elles pourront se procurer en subissant avec succès des examens sur certaines matières françaises, à l’entrée de l’École Normale et aux examens préliminaires pour avancement de cla:se.Cette décision du gouvernement fera disparaître un de nos principaux obstacles à l’enseignement du français aux petits Acadiens du Nouveau-Brunswick.Voici d’ailleurs le texte de la résolution adoptée par le Bureau d’Éducation: “ Tous ceux qui se présentent à l’École Normale (Ail candidates for Norma.1 School Entrance) ou aux examens préliminaires pour avancement de classe et qui désirent se qualifier pour enseigner dans les écoles publiques bilingues, devront, en plus des sujets indiqués dans le règlement 32, section 1, subir un examen sur les suivants: PREMIÈRE CLASSE Troisième Livre de Grammaire Augé-Desrosiers et composition française.DEUXIÈME CLASSE Deuxième Livre et première partie du troisième Livre de Grammaire Augé-Desrosiers et composition française.TROISIÈME CLASSE Deuxième Livre de grammaire Augé-Desrosiers et composition française”.La résolution en question indique ensuite le nombre de points requis pour passer avec succès les examens prescrits.Elle statue que les questions de grammaire et la composition française devront etre comprises dans un seul et même examen.Ces règlements viendront en vigueur le 1er juillet 1929.^ A Le programme des écoles publiques bilingues sera en vigueur à partir de la meme date et le Bureau d’Éducation accordera des licences bilingues à tous les^ instituteurs qui détiennent validement à Fheui e actuelle des brevets d’enseignement dans les ecoles publiques et qui subi-ront avec succès les nouveaux examens prescrits au mois de juillet de chaque année.Après cinq ans, à compter de la date de la mise en vigueur du nouveau programme, tous les instituteurs et institutrices enseignant dans les écoles bilingues devront avoir un brevet bilingue.Le cours bilingue pourra être adopté dans tout district scolaire a la discrétion des commissaires d’écoles Le boni que l’on accorde pour le français dans les examens pour les divers brevets ne sera plus donné après l’année scolaire 1927-28.Le français, au lieu d’être facultatif comme pa” le passe, devient donc obligatoire et tous ceux et toutes celles qui se destinent a l’enseignement dans nos écoles acadiennes seront désormais obligés de l’apprendre et de subir sur cette matière importante des examens à l’entrée de 1 Ecole Normale et, pour ceux et celles qui désirent obtenir un brevet plus avancé aux examens préliminaires. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 65 L’ORGANISATION PEDAGOGIQUE DE L’ÉCOLE NORMALE DE HULL (1) II.L’enseignement pratique des éîèves-maîtresses à l’école d’application Disons tout d’abord que notre école d’application, dont les classes se trouvent dans l’édifice même de l’École normale, a un minimum de 125 élèves, et comprend, outre le cours préparatoire, les trois cours: élémentaire, moyen et supérieur de l’école primaire élémentaire.Chacun de ces cours, excepté le préparatoire, se divise en deux années, dont chacune forme une division bien distincte.L’école d'application comprend donc sept groupes ou divisions distribués en cinq salles de classe différentes.Sur toute la largeur de chacune de ces salles, fixé au mur d’en arrière, se trouve un banc, qui sert de siège aux normaliennes qui assistent aux leçons pratiques de leurs compagnes.Chacune des classes de l’école d’application est sous la conduite régulière d’une institutrice religieuse, qui donne l’enseignement aux élèves, en dehors des heures d’enseignement pratique par les normaliennes.Ces religieuses, maîtresses titulaires à l’école d’application, se savent obligées de suivre elles-mêmes les directions pédagogiques enseignées à l’École normale.L’enseignement pratique à l’école d’application se donne toujours deux fois la semaine: le mercredi et le vendredi, au commencement de l’après-midi, de une heure et demie à deux heures et demie.Chacune de ces séances d’enseignement est suivie d’une demi-heure de critique des leçons données.Toutes les normaliennes, celles de première année comme celles de deuxième année et du cours supérieur, assistent aux leçons de leurs compagnes, pour faire de l’observation et préparer la critique.Cet enseignement pratique comporte: l’assignation des leçons, la préparation des leçons, les leçons données et la critique de ces leçons.Expliquons chacun de ces points.a) U assignation des leçons.—Avant chaque trimestre, la Révérende Sœur Directrice de l’École normale et de l’École d’application détermine d’avance, en collaboration avec le professeur de pédagogie, la matière ou la branche de matière du programme officiel des études sur laquelle portera chacune des leçons qui, durant ce trimestre, devront être enseignées à chacune des classes de notre école d’application.Les matières à enseigner étant ainsi déterminées, il reste maintenant à la sœur Directrice, chaque semaine, de délimiter l’objet précis de chacune des leçons qui seront enseignées la semaine suivante, et de désigner la normalienne qui devra donner telle ou telle leçon.Pour bien préciser l’objet de la leçon, non seulement en conformité avec le programme d’études, mais aussi avec les connaissances déjà acquises des élèves de l’école d’application, la sœur Directrice doit consulter la maîtresse titulaire de la division à laquelle cette leçon est destinée.La Révérende sœur Directrice, chaque mardi soir, à la salle d’étude, prend une demi-heure pour désigner les élèves-mai-tresses des différents cours, qui devront enseigner la semaine suivante, et assigne à chacune l’objet précis ou le sujet de sa leçon.Ordinairement elle profite de cette occasion pour faire, à toutes les élèves réunies, certaines remarques d’intérêt général, concernant les leçons pratiques, remarques parfois suggérées par les maîtresses chefs de groupes ou par le professeur de pédagogie.Le vendredi midi qui suit l’assignation des leçons, une élève est chargée de remettre au professeur une feuille, appelée “Journal de classe”, et sur laquelle, chaque élève-maîtresse qui doit enseigner la semaine suivante, a dû inscrire l’objet précis de sa leçon à telle ou telle division.Toutes les élèves du cours supérieur donnent un nombre à peu près égal de leçons pratiques chaque année.Chacune d’elles donne en moyenne vingt leçons pratiques par année, sur diverses matières et aux différentes classes de l’école d’application.A la deuxième année du cours élémentaire, chaque élève donne, de la même façon, une moyenne de seize leçons.(1) Voir L'Enseignement Primaire de septembre 1928. 66 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Quant aux élèves de l’élémentaire 1ère année, à peu près six élèves sont choisies qui, de janvier à la fin de l’année, donneront chacune en moyenne sept leçons, surtout dans les classes inférieures de l’école d’application.Cette initiation de quelques élèves de première année rend plus facile, en deuxième année, le point de départ pour l’enseignement pratique en septembre suivant.b) La préparation des leçons d’enseignement pratique.—-Chaque dimanche après-midi, de 13^2 heure à 33d> heures, les normaliennes qui ont été désignées pour enseigner dans le cours de la semaine, doivent, à la salle d’étude, rédiger tout au long leur préparation de classe.Chacune fait cette rédaction dans son “Cahier de préparation”.Elle doit d’abord indiquer l’année du cours à laquelle elle doit enseigner, la durée de sa leçon, la matière à enseigner et l’objet bien précis de sa leçon.Ensuite, pour expliquer sa manière d’enseigner, elle divise sa page en deux colonnes.Dans la colonne plus étroite de gauche ou marge, elle indique la suite des exercices dont l’ensemble constitue la marche de la leçon.Puis, dans la colonne de droite ou corps de la page, vis-à-vis l'indication de chaque exercice, elle fait ce que nous appelons le développement; c’est-à-dire, qu’elle écrit en détail la manière dont elle s’y prendra pour développer chacun des exercices: comment, par exemple, elle fera la revue pour rappeler le connu; comment elle annoncera le sujet de la leçon nouvelle, en établissant le lien entre le connu d’une leçon précédente et l’inconnu que comporte la leçon du jour; quelles principales questions elle posera; quel récit elle fera; comment elle conduira l’induction, la déduction; quels procédés particuliers elle emploiera, notamment le procédé intuitif et la façon dont elle l’utilisera, l’usage du tableau noir, les exercices d’application, ce que comporte le devoir, la façon de présenter la leçon morale, l’emploi du manuel après la leçon orale, tableau synoptique, moyens d’émulation, etc.Dès le lundi matin, tous les cahiers de préparation de leçons pour la semaine sont apportés au bureau du professeur, qui les corrige.Cette correction comprend: une lecture attentive de chaque préparation, quelques brèves remarques écrites ou annotations jugées opportunes et l’inscription de la note méritée sur un maximum de dix points.Les normaliennes tiennent beaucoup à cette note, car c’est avec cœur qu’elles préparent ces leçons.Si, par inadvertance, le professeur oublie d’inscrire cette note, il ne s’écoule ordinairement pas un temps très long avant que l’intéressée vienne la réclamer.On pourrait peut-être ajouter que le professeur a dans la maison une réputation de sévérité, quant à l’allocation de ces notes: ce qui est de nature tout de même à maintenir les élèves en haleine sur le chemin de l’effort et du progrès.D’ailleurs, tous ceux qui enseignent aux jeunes filles, savent le grand intérêt qu’elles attachent à toute note d’appréciation qui tâche d’être juste.Parfois la correction de ces cahiers indiquera au correcteur la nécessité de donner à l’élève-maîtresse des explications de vive voix.Règle générale, 24 cahiers sont ainsi corrigés chaque semaine, puisque ordinairement 12 leçons d’enseignement pratique sont données chaque mercredi et autant chaque vendredi.Habituellement, les cahiers de préparation pour l’enseignement du mercredi, sont remis à qui de droit le lundi soir; les cahiers pour l’enseignement du vendredi sont remis le mardi ou le mercredi soir.De la sorte, les élèves-maîtresses ont suffisamment le temps de prendre connaissance des annotations faites, d’apporter les changements nécessaires, et surtout de confier à leur mémoire la leçon à donner.Il est entendu que, dans la préparation de leurs leçons d’enseignement, les normahennes doivent se conformer aux directions reçues dans les classes de pédagogie théorique.Comme chaque élève voit revenir à chaque quinze jours son tour d’enseigner, et qu’elle consacre en moyenne chaque fois au moins deux heures à la préparation de sa leçon, on peut dire que toute élève-maîtresse des deux dernières années donne en moyenne une heure par semaine, pour la préparation des leçons pratiques.c) Les leçons données.—-Pour l’enseignement pratique à l’école d’application, toutes les normaliennes sont partagées en cinq groupes, excepté parfois vers la fin de l’année, où les circonstances nous obligent à réduire à quatre le nombre de ces groupes.Règle générale, chaque groupe se compose de quinze normaliennes.Les élèves d’un même cours sont partagées également à travers les cinq groupes.Chacun de ceux-ci, au moment de l’enseignement, est conduit dans une des classes de l’école d’application, sous la direction d’un chef de groupe.La révérende Sœur Directrice, les révérendes religieuses titulaires des différentes classes de l’École normale et le professeur de pédagogie, agissent comme directeurs ou chefs de groupes.A chaque trimestre cependant, chaque groupe change de chef.Il faut aussi faire remarquer que, de septembre à Noël, le professeur laïque n’a pas à lui un groupe distinct; mais qu’il circule alternativement à travers les cinq groupes.Il est accompagné dans chaque groupe L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 67 de la religieuse qui en est la directrice.Nous dirons plus bas la principale raison de ce procédé.Disons cependant toute de suite que cela permet au professeur de voir enseigner à peu près toutes les élèves-maîtresses.A chaque nouveau jour d’enseignement, chaque groupe change de classe.Ainsi les cinq groupes circulent alternativement à travers les cinq classes de l’école d’application, à la manière d’une roue qui tourne.Cette alternance ou rotation des groupes a pour but de jeter un peu plus de variété et d’intérêt dans les leçons observées, et de fournir aux normaliennes l’occasion d’enseigner ou de voir enseigner des points différents du programme d’une même matière, pour telle année de l’école primaire.Cependant, à la fin de chaque trimestre, pour trois séances consécutives d’enseignement, les groupes arrêtent de circuler et restent dans la même clatsse, afin de permettre aux normaliennes d’un même groupe de constater plus facilement la façon avec laquelle il faut nécessairement enchaîner et graduer les leçons sur certaines matières, par exemple, les leçons graduées de rédaction sur un même sujet.La durée de chaque leçon varie suivant la classe dans laquelle on se trouve.Mais la durée de toute séance d’enseignement est invariablement d’une heure.Au cours préparatoire et en première année, chaque leçon ne durant que vingt minutes, toute la séance d’enseignement comprend trois leçons sur des matières différentes.Dans les trois autres classes, chaque leçon étant d’une demi-heure, il se donne deux leçons différentes à chaque jour d’enseignement.De cette façon nous avons douze leçons par jour d’enseignement et vingt-quatre leçons par semaine.Il faut dire qu’il n’y a pas de circonstance assez sérieuse qui puisse se présenter à l’École, pour faire omettre dans la semaine une seule séance d’enseignement pratique.Tout au plus on permet de changer le jour d’enseignement.Durant la leçon même de l’élève-maîtresse, le chef de groupe, qui se trouve à la tribune, peut parfois se permettre certaines brèves observations pour faire saisir un point sur le vif, mais il doit se garder d’interrompre trop longtemps l’élève-maîtresse, et surtout de prendre sa place.Celle-ci a dû, avant de commencer sa leçon, déposer son cahier de préparation sur la tribune, et ce n’est qu’en cas d’embarras sérieux, qu’on lui permettra de venir le consulter.Pour la leçon d’arithmétique cependant et pour celle de la dictée, elle aura entre les mains une petite feuille, sur laquelle elle aura écrit les données des problèmes ou le texte de la dictée.Chaque leçon pratique est appréciée par le chef de groupe sur un maximum de dix points.d) L’observation et la critique des leçons d’enseignement pratique.—-Les élèves n’assistent pas d’une façon passive aux leçons pratiques données par leurs compagnes.Elles doivent y faire de l’observation laborieuse et méthodique, non seulement pour être capables, à la demi-heure qui suit l’enseignement, de donner une appréciation motivée, mais surtout pour pouvoir acquérir peu à peu, par ce moyen, comme un état habituel d’esprit, une mentalité, qui contribuera à leur donner plus de compétence pédagogique pour plus tard.Toutes les élèves, quand elles descendent pour assister à l’enseignement pratique, ont chacune entre les mains un carton sur lequel se trouve imprimé un questionnaire, dont l’ensemble forme une méthode de critique.Les élèves tout aussi bien que les chefs de groupes sont tenus de suivre, cette “Méthode de critique”, qui porte sur les sept points suivants: l’objet de la leçon, la marche de la leçon, la forme de la leçon, le mode employé, les procédés particuliers, l’extérieur de la maîtresse, discipline et vigilance.Chacun de ces points comporte un certain nombre de questions, qui provoquent les élèves non seulement, par une observation soutenue, à analyser méthodiquement la leçon donnée, mais à faire intervenir leur jugement, pour formuler une appréciation détaillée et appuyée sur des raisons pédagogiques.Ce questionnaire naturellement est basé sur l’enseignement théorique que le professeur a lui-même donné en classe.Chaque élève a en plus un carnet spécial, appelé “Carnet d’observation”, sur lequel elle doit annoter en résumé les réponses que l’observation de chaque leçon lui a fournies, en rapport avec les questions contenues dans tel ou tel point de critique.Il est entendu que les élèves ne peuvent porter leur attention sur les sept points de critique à la fois, mais bien sur un ou deux points, désignés d’avance par le chef de groupe.Il y a là un entraînement gradué qui s’impose; mais durant un trimestre, les élèves de chaque groupe doivent faire le tour des sept points de critique ou aspects de la leçon.A mesure que les élèves se familiarisent avec ce système, leur capacité d’observation prend plus d’ampleur et d’assurance, et leur regard peut embrasser dans le même temps un champ plus étendu.C’est surtout en vue de cet entraînement général, que, de septembre à Noël, le professeur de pédagogie circule dans tous les groupes, et, en la présence de la directrice ou chef du groupe avec lequel il se trouve, 3 68 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE préside lui-même à la critique.On maintient ainsi dans l’École une méthode uniforme de procéder, et quand les élèves, au trimestre suivant, changeront de groupe, elles ne seront pas déroutées.Voici comment on procède durant la demi-heure de critique.Chaque groupe, après la séance d’enseignement pratique, s’étant rendu dans une classe spéciale, deux ou trois élèves, pour chaque leçon observée, sont appelées à donner leur appréciation, d’après les points de critique qu’on leur avait désignés d’avance.L’élève désignée se lève, puis, à l’aide de son carnet d’observation, tâche de répondre au questionnaire d’une façon précise et avec ordre.Elle doit non seulement dire qu’elle a remarqué telle chose, qu’elle trouve cette chose bonne ou mauvaise, mais aussi justifier son jugement.Quand une élève a répondu à quelques questions, une autre élève est priée de continuer, et ainsi de suite.Le chef de groupe intervient au besoin durant les réponses des élèves.Six à huit élèves sont ainsi interrogées durant chaque séance de critique.Une note sur un maximum de cinq points est accordée à chaque élève pour les réponses "données.A la fin de la critique des élèves, le chef de groupe se réserve quelques minutes pour donner brièvement son appréciation personnelle sur chacune des leçons, même en dehors des points désignés spécialement à l’observation des élèves.Il soulignera tel trait caractéristique, tel aspect important de la leçon; il notera telle qualité ou tel défaut de la normalienne dans son enseignement.Parfois il jette un coup d’œil sur les “Carnets d’observation” pour voir s’ils sont bien tenus.Il faut dire que dans la critique par les élèves, celles de deuxième année et surtout celles du cours supérieur, étant mieux entraînées, sont appelées à frayer la voie aux autres.Soulignons, avant de passer au point suivant, que chaque année une moyenne de 750 leçons différentes d’enseignement pratique, portant sur les diverses matières du programme d’études proportionnellement à Fimportance respective de chacune d’entre elles, sont assignées par la sœur Directrice de l’École, après entente avec le professeur laïque; sont inscrites et préparées en détail par les normahennes dans les “Cahiers de préparation”; sont corrigées et annotées par le professeur de pédagogie; sont données aux différentes années de l’école d’application, et soumises d’une façon méthodique à la critique des normaliennes et à l’appréciation des chefs de groupe.Chaque normalienne observe chaque année une moyenne de 16jQ leçons pratiques données par ses compagnes; de sorte que, si elle reste trois années à l’École, elle aura pu observer durant ce temps une moyenne de 480 leçons.Ce nombre dépassera même 500, si on y ajoute les modèles de leçons données par le professeur, et dont nous allons dire maintenant quelques mots.(A suivre) R o ch Aubry, Professeur de Pédagogie à l’École normale de Hull.LE SERMENT “En matière de serment, il n’y a qu’un honneur qui vaille, l’honneur de Dieu.” Chanoine Broussolle, Les Commandements.Le chanoine Duplessy, auteur théologique renommé, publie dans l’excellente revue Le Noël (1) un cours de religion de haute valeur.Dans la livraison du 26 juillet, le chanoine Duplessy traite spécialement du serment.Nous reproduisons cette forte étude que les maîtres et les maîtresses sauront certainement utiliser à l’occasion, particulièrement dans l’enseignement religieux et moral: LES DEVOIRS ENVERS DIEU—-LE RESPECT Observations 'préliminaires Nous avons établi le premier devoir qui s’impose à nous à l’égard de Dieu et qui résume toute la loi: le devoir de l’aimer qui suppose accomphs ceux de croire et à’espérer en lui.C’est l’objet principal du premier commandement.(1) Le Noël est une belle revue illustrée, publiée par la Maison de la Bonne Presse,5, rue Bayard, Paris.Nous recommandons de nouveau cette excellente publication. L’ENSEIGNE MENT PRIMAIRE 69 Vient ensuite un autre devoir, celui de respecter Dieu, dont le Seigneur a fait l’objet de son deuxième précepte: “Tu ne prendras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu”.Évidemment, ici il ne s’agit pas du nom divin considéré comme un simple assemblage matériel de lettres: il s’agit de ce nom comme représentant et suggérant une idée, celle de l’Auteur de toutes choses: si bien que, pratiquement, le respect du saint nom de Dieu se confond avec celui de Dieu lui-même.Le respect du nom divin fait partie des obligations de la vertu de religion.Ces obligations sont, ici, principalement négatives, comme la formule même du second commandement.Mais il en a aussi de positives.Nous les étudierons successivement en parlant: lo Du serment, qui invoque le témoignage de Dieu; 2o Du vœu, qui est une promesse formelle faite à Dieu; 3o Du blasphème, qui est un manquement au respect dû à Dieu; 4o Enfin nous parlerons des marques d’honneur dues au nom divin.A ces sujets viendront s’en rattacher quelques autres: Vadjuration, dont nous parlerons à propos du serment; l’imprécation et la tentation de Dieu, dont il sera brièvement question au suj et du blasphème.ARTICLE 1er LE SERMENT Après avoir donné la définition du serment, nous en établirons l’honnêteté, nous dirons les conditions qu’il doit remplir pour être licite et les obligations qu’il impose.I.NOTION DU SERMENT Les deux mots serment et sacrement forment un doublet, ayant pour origine le même mot sacramentum, chose sainte où Dieu intervient.Toute chose sainte serait donc, par droit d’étymologie, un sacrement ou un serment.Mais l’usage français a réservé ce dernier mot pour exprimer uniquement cette chose sainte qu’est le ‘‘jurement”.Et même, de plus en plus le mot jurement disparaît pour laisser la place au mot serment: un sens défavorable s’attache en effet au mot jurement, soit depuis le triste épisode des “prêtres jureurs”, soit à cause de la ressemblance de ce mot avec celui de juron, nom famiher donné à des formules irrespectueuses à l’égard du nom divin.(A suivre) VERS LE PASSÉ.—GLANURES SCOLAIRES Docteur Louis Giard Premier Secrétaire du département de l’Instruction publique de la Province de Québec 1848 à 1882 Il nous fait plaisir de donner quelques notes biographiques sur M.le docteur Louis Giard, qui fut un pionnier actif dans l’organisation du Département de l’Instruction publique de la Province de Québec, à ses débuts.M.J.-B.Meilleur, premier surintendant de l’Instruction publique de la Province de Québec, (mai 1842 à juillet 1855), trouva en M.Giard un homme précieux, un auxiliaire intelligent et laborieux pour aplanir les difficultés de la première heure dans la formation de l’important Département de l’Instruction publique, désigné en ce temps sous le nom de Bureau de l’Éducation du Bas-Canada.M.Louis Giard, M.D., homme de bien, modeste et instruit, est né à St-Ours, comté de Richelieu, le 1er novembre 1809.Il fit ses études, sérieuses et brillantes, au Collège de St-Hyacinthe.Pendant deux années, il porta l’habit exclésiastique durant lesquelles il enseigna au Collège de Chambly.Puis, se sentant appelé à une toute autre vie qu’à celle de ministre de Dieu, il se dirigea vers Montréal pour y étudier la médecine.Pendant son stage d’étudiant, il collabora à la rédaction de La Minerve, journal de Montréal. 70 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Une fois reçu médecin, il alla s’établir à St-Pie, comté de Bagot.Quelques temps après, en cet endroit, il épousa Mademoiselle Lucile Drolet, fille de M.Toussaint Drolet, un des ardents et respectés patriotes de 1837-38.En 1848, sir Louis-Hippolyte La Fontaine, celui à qui nous devons en grande partie l’établissement du gouvernement responsale au Canada, et premier ministre d’alors, nomma M.Louis Giard, M.D., secrétaire du Bureau de l’Éducation du Bas-Canada, qui, plus tard, changea de nom pour celui de Département de l’Instruction publique.M.Giard remplit cette charge avec distinction jusqu’à sa retraite, le 20 mai 1882.Le 17 décembre 1859, lors de l’institution du Conseil de l’Instruction publique, il en devint le premier secrétaire-archiviste, titre qu’il garda jusqu’à sa mort.De juin à juillet 1867, le premier secrétaire du Département de l’Instruction publique en fut (par intérim) le surintendant.Le gouvernement français, pour reconnaître les mérites et le dévouement de M.Giard à la cause de l’éducation, lui accorda, en 1882, la décoration d’Officier d’Académie.Le docteur Louis Giard, après une vie exemplaire et bien remplie, décéda dans la paix du Seigneur, à Montréal, chez son gendre, M.L.-W.Sicotte, greffier de la Couronne, mardi matin, le 4 janvier 1887, à l’âge de 77 ans, après une longue et douloureuse maladie.Les funérailles de M.Louis Giard eurent lieu vendredi le 7 janvier 1887, à l’église St-Jacques de Montréal, auxquelles assistaient parents et amis en grand nombre.Parmi l’assistance se trouvaient: son fils M.À.Giard; l’hon.Gédéon Ouimet, surintendant de l’Instruction publique: l’hon.P.-J.-O.Chauveau, ex-premier ministre et ex-surintendant de l’Instruction publique; l’hon.juge Chauveau; M.P.de Gazes; M.R.Bellemare; M.E.Archambault et un grand nombre d’autres.Les restes mortels de M.Louis Giard reposent à Montréal, au cimetière de la Côte-des-Neiges.Pour rendre hommage à la mémoire du premier secrétaire du Département de l’Instruction publique de la Province de Québec, nous reproduisons ce que disait de M.Louis Giard, La Minerve de Montréal du mercredi 5 janvier 1887, à l’occasion de sa mort: “Fonctionnaire modèle, citoyen intègre et vertueux, chrétien sincère et éclairé, ferme dans ses convictions, d’une probité à toute épreuve, d’un commerce agréable et facile, bon, dévoué, charitable, le docteur Louis Giard a passé une vie utile à son pays, consacrée toute entière à la noble cause de l’éducation et à la pratique du devoir, et il a mérité de voir cette belle vie couronnée par la mort du juste”.Comme complément aux notes qui précèdent, nous donnons la liste des secrétaires du Département de l’Instruction publique qui se sont succédé depuis que cette importante position existe: Secrétaire de langue française: 1er.—M.le docteur Louis Giard, de 1848 au 20 mai 1882.2ème.—M.Oscar Dunn, secrétaire conjoint du 7 avril 1880 au 20 mai 1882; secrétaire du 20 mai 1882 au 15 avril 1885.3ème.—M.Paul de Gazes, du 2 avril 1886 au 27 juin 1908.4ème.—M.J.-N.Miller, du 27 juin 1908 au 16 octobre 1925.5ème.—M.Lionel Bergeron, nommé le 16 octobre 1925, encore en exercice.Secrétaires de langue anglaise: 1er.—M.Henry Hooper Miles, du 1er juillet 1867 au 23 mars 1881.2ème.—Révérend M.Elson Irvine Rexford, du 8 mai 1882 au 1er septembre 1891.3ème.—-M.George W.Parmelee, du 1er juin 1891, encore en exercice.Avec le concours de tels hommes, aidés des autres officiers du département, qui ont travaillé ou qui besognent encore, les surintendants de l’Instruction publique de la Province de Québec ont été ou sont encore secondés efficacement dans l’accomplissement de leurs devoirs.Voilà la raison qui explioue l’excellence du fonctionnement du Département de l’Instruction publique de la Province de Québec.Pierre-Paul Magnan, Professeur à l’École normale Laval de Québec.Québec, 20 septembre 1928. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 71 CONCOURS ARTISTIQUE WILLINGDON Ottawa, juillet, 1928.L’important document qui suit a été communiqué par l’honorable Secrétaire de la Province au Surintendant de l’Instruction publique, avec prière de le faire publier dans L’Enseignement Primaire.Nous nous rendons avec plaisir à cette flatteuse invitation: {Traduction) Son Excellence le Gouverneur général, afin de favoriser et d’encourager la culture des arts et des lettres, a décidé d’offrir, cette année, certains prix qui seront accordés au moyen d’un concours.Voici la liste de ces prix:— Musique Un prix de $200.00.\ Deux prix de $100.00 chacun.Drame Un prix de $200.00.Peinture ) Un prix de $200.00.Sculpture ' Un prix de $200.00.Son Excellence a nommé le docteur Charles A.E.Harriss, le docteur Duncan C.Scott, M.F.C.T.O’Hara et M.Eric Brown membres du comité consultatif auquel est confiée l’organisation de ces concours.Ceux qui voudront concourir pour ces prix devront demander, par écrit, la circulaire voulue à M.James F.Crowdy,—Bureau du gouverneur général, Ottawa,—qui a été nommé secrétaire honoraire du comité.conditions: Conditions générales:—(a) Peuvent seuls concourir les sujets Britanniques résidant en Canada; (b) Chaque prix ne sera accordé que si, selon l’opinion des juges, le travail soumis atteint un degré suffisant de mérite; (c) Les décisions des juges et du comité consultatif devront, dans tous les cas, être agréées comme définitives; (d) Chaque concurrent devra inscrire une devise ou un nom de plume sur son manuscrit, qui devra être accompagné d’une enveloppe scellée sur l’extérieur de laquelle il inscrira la même devise et qui contiendra le nom de l’auteur.Cette règle ne s’applique qu’aux compositions musicales et dramatiques.Musique.-—(a) Un prix de $100.00 pour une chanson avec accompagnement au piano; Les élèves seuls peuvent concourir pour ce prix.(b) Un prix de $100.00 pour une composition inédite; Les élèves seuls peuvent concourir pour ce prix.(c) Un prix de $200.00 pour un quatuor inédit d’instruments à cordes.Tous les musiciens, —y compris les élèves,—peuvent concourir pour ce prix; (d) Chaque concurrent doit composer son travail et le reviser seul, sans aide aucune, et doit, avec son travail, produire une déclaration écrite attestant que ces deux conditions ont été remplies.Les manuscrits doivent être écrits lisiblement, sur du papier à musique de dimensions réglementaires; (e) Les candidats devront obtenir, de l’auteur des paroles choisies pour leur chanson, l’autorisation voulue afin de faire imprimer, publier et vendre les paroles de cette chanson; (f) Le comité pourra prendre les mesures voulues afin de faire publier, aux conditions ordinaires, les œuvres qui auront été couronnées.Drame, (a) Le prix sera accordé au meilleur ouvrage de trois actes ou plus; (b) Le comité pourra prendre les mesures voulues afin de faire publier la pièce qui aura été couronnée et en faire donner des représentations par des groupes d’amateurs, en Canada, en payant les droits ordinaires de publication et de représentaiton.Peinture, -(a) Le prix sera accordé pour la meilleure peinture à l’huile, à l’aquarelle, au pastel ou à la détrempe.Sculpture.—Le prix sera accordé pour la meilleure sculpture en bronze, en marbre, en pierre en plâtre ou en argile cuite.Sur l’enveloppe ou le colis contenant toute œuvre soumise au comité,—composition musicale ou dramatique, travail de peinture ou de sculpture,—on devra inscrire les mots “Willingdon Arts Competition”, puis adresser le tout à James F.Crowdy, bureau du Gouverneur général, Édifice de 1 Est, Ottawa.Tous les travaux soumis au comité devront être parvenus chez le secrétaire le 1 février 1929, le plus tard.’ 72 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Les frais de poste et de messagerie doivent être payés à l’avance par les candidats, auxquels l’on conseille d’assurer leur travail dont l’envoi est fait à leurs propres risques.Les juges de chacun de ces concours seront nommés par Son Excellence.Les noms de ces juges seront dûment publiés dans les journaux.Les membres du comité consultatif feront ex-officio partie d’un ou de plusieurs comités de juges.James F.Crowdy, Secrétaire honoraire.M.LE COMMANDEUR DELAGE Le mercredi, 15 août, au grand salon de l’Archevêché, Son Éminence le Cardinal a remis le bref de Commandeur de l’Ordre de Pie IX à l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique.Cette cérémonie toute intime, n’en fut pas moins très impressionnante.M.Delâge était accompagné de Mme Delâge, de Mlle Delâge, de ses trois fils, de son petit-fils et de Madame Maurice Delâge, sa bru, de ses frères et sœurs, et de son parrain, M.le Commandeur Cyrille Tessier.S.G.Mgr Plante, confrère de classe du nouveau Commandeur, ainsi que Mgr Cloutier, V.G., MM.les chanoines Beaulieu, Vaillancourt, Laberge, M.l’abbé Chouinard, secrétaire de Son Éminence, MM.les Commandeurs Jules Dorion et C.-J.Magnan assistaient aussi à la cérémonie.La remise du bref fut précédée d’une allocution de Son Éminence qui commenta en termes les plus heureux le document pontifical et fit un éloge délicat du récipiendaire.M.le Commandeur Delâge répondit comme suit: Éminence, Permettez que j’élève la voix dans cette enceinte sacrée pour exprimer les sentiments qui m’animent en ce moment et qui jettent même le trouble dans mon cœur, dans mon âme, dans mon esprit.Sous l’inspiration d’une vieille amitié que je soupçonne, vous avez eu la condescendance d’attirer l’attention de Notre Saint Père le Pape sur l’œuvre poursuivie dans cette province par l’un de vos modestes diocésains et de ^solliciter pour lui une touchante appréciation, un haut témoignage, une insigne récompense.Ét vous avez été accueilli favorablement.Ce geste, Éminence, m’a réellement touché et vous avez acquis, veuillez le croire, de nouveaux titres à ma reconnaissance.Sans plus tarder, je vous offre mes remerciements les plus sincères, et, par votre gracieuse entremise, à Celui dont vous êtes au milieu de nous le très digne représentant.Commandeur de l’Ordre de Pie IX, aucun titre probablement ne pouvait m’être plus agréable.Je suis né, en effet, j’ai été élevé sous le pontificat de cette douce figure des successeurs de Pierre dont la voix a proclamé les dogmes de l’Immaculée-Conception, de l’Infaillibilité des Papes, dont la main a signé la bulle érigeant l’Université Laval, mon Alma Mater, dont le pied a foulé pour la dernière fois le domaine temporel des Papes sur lequel un jour néfaste, les portes du Vatican se sont fermées et ne se sont jamais rouvertes, pour lequel notre jeunesse a écrit avec son sang une des plus belles pages de notre histoire, et, par une autre délicatesse, vous ajoutez à la valeur de ce titre en m’en faisant vous-même la remise au soir de l’Assomption, la plus glorieuse des fêtes mariales.Rien d’étonnant que mon esprit soit troublé, mais pas toutefois au point de perdre le sens des réalités.Vous avez jeté, Éminence, un regard indulgent sur le travail accompli et vous avez exprimé votre satisfaction vraiment avec une grande libéralité.Ce n’est pas sans crainte ni hésitation, vous le savez, que j’ai consenti à recueillir la lourde succession des Meilleur, des Chauveau, des Ouimet, des de La Bruère.En assumant cette responsabilité, j’ai escompté toutefois de précieuses collaborations.Je m’empresse de le déclarer et j’en suis heureux, elles ne m’ont point fait, elles ne m’ont jamais fait défaut.Avec tout l’Épiscopat de cette province, vous m’avez accordé la vôtre, au sein du Comité catholique du Conseil de l’Instruction Publique; le personnel de mon département, le corps enseignant, laïque comme religieux, m’a prodigué la sienne en toutes circonstances.Ces derniesr surtout ont été à la peine.Qu’ils soient avec moi, aujourd’hui, à l'honneur.Il ne suffit pas de recueillir un précieux héritage, il faut le conserver, l’augmenter même, le transmettre enfin dans toute son intégrité.C’est un pieux devoir, c’est une noble ambition.Voilà l’idéal que je me suis proposé et que je m’efforcerai d’atteindre à l’avenir, comme je l’ai fait dans le passé, avec le concours de vos prières, de votre bénédiction que je sollicite humblement pour moi, pour ceux qui me sont particulièrement chers, épouse, enfants, frères et sœurs, parents et amis, rendus ici sans doute pour me manifester leur sympathie, mais surtout pour vous donner une preuve de leur filiale affection, de leur profonde vénération et de leur indéfectible dévouement. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 73 L INSTRUCTION PUBLIQUE La Famille, l’Église, l’État Dans le Canada de Montréal, du 9 août 1928, il est paru un article très au point sous le titre ci-dessus.C’est une étude qui mérite d’être conservée: elle pourra servir dans l’occasion.Nous la reproduisons en entier dans C’Enseignement Primaire.Dans la présente livraison, nous en publions la première partie: I Le premier et principal intéressé dans l’instruction publique c’est le père de_ famille.Avant et indépendamment de toute société civile, et par conséquent de tout État, il y a la famille qui a sur la société civile et l’État (qui en est l’autorité constituée) une priorité chronologique et logique.De cette priorité chronologique et logique découle nécessairement une priorité de droit ou juridique.Avant qu’il_n’existe un nombre suffisant de familles pour fonder une société civile (par conséquent un État qui la gouverne) la loi de nature impose aux parents le devoir d’élever leurs enfants de manière qu’ils soient rendus, grâce à cette formation de la part des parents, capables de s’en tirer par eux-mêmes dans la vie d’ici-bas.C’est là, du reste, un des buts naturels du mariage, comme l’indique S.Thomas dans sa Somme Théologique (supplém.9, 41, art.1).Il découle de cette vérité élémentaire que, selon le droit naturel, c’est aux parents et plus particulièrement aux pères qu’incombe le devoir et à qui, par conséquent, appartient le droit d’outiller leurs enfants de façon qu’ils puissent s’en tirer par eux-mêmes dans la société dont ils font partie.Si ce devoir du père tient à la constitution naturelle des choses, aucune loi positive, aucun régime civil, aucune constitution politique, aucun développement de la civilisation ne peut prévaloir contre lui, ni en déposséder le titulaire au profit ou à la charge de qui que ce soit, fût-ce même l’État, qui a cependant le droit d’intervenir, comme nous le verrons tout-à-l’heure.Dans la pratique de la vie, on fait pour l’instruction ce que l’on fait pour la vie matérielle, on procède à la division du travail.De même qu’aucun citoyen dans les sociétés civiles ne pourvoit directement et par lui-même à son vêtement, à sa chaussure, à sa coiffure, à son logement, etc., mais fait exécuter, moyennant une compensation adéquate, ces différents services par un cordonnier, un tailleur, un chapelier, des maçons, des charpentiers, etc., de même les pères de famille délèguent à des gens spécialement entendus en fait d’instruction et de pédagogie, le soin d’instruire leurs enfants conformément aux exigences de la vie qu’ils auront à faire.Mais de même que le cordonnier, le tailleur, etc., travaillent sur la commande du client et de la façon qu’il veut, ainsi le maître choisi par les pères de famille doit instruire leurs enfants à la façon dont eux-mêmes l’entendent.Si les uns veulent un enseignement capable de former leurs enfants aux carrières de l’agriculture, les autres aux carrières du commerce, les autres aux carrières de l’industrie, les autres aux carrières libérales, il faut que les maîtres exécutent ces volontés et qu’ils se rendent capables de les bien remplir.Les pères de famille sont incompétents dans le détail technique et pédagogique que ces différentes instructions requièrent et, pour cela, ils ont confiance dans les maîtres, mais la nature même, ou la caractéristique de l’instruction déterminée par le but à atteindre, ce sont les pères de familles qui la dictent et les maîtres ne sont que leurs délégués pour la traduire en fait.Quant à l’instruction et à l’éducation morales qui ne peuvent se disjoindre de l’instruction intellectuelle, surtout dans l’ensemble de l’instruction primaire et élémentaire, c’est encore aux pères de famille et pour les mêmes motifs qu’appartient le devoir et par conséquent le droit^de pourvoir par des délégués compétents à ce qu’elles soient données à leurs enfants.L’État lui-même, s’il a des écoles sous sa dépendance, ne peut que faire exécuter la volonté des pères de famille. 74 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ÉCOLE NORMALE DES URSULINES DE QUÉBEC C’est avec bonheur que nous reproduisons la nouvelle qui suit, publiée dans L’Action Catholique du 18 août dernier: “ L’École Normale dirigée par les Dames Ursulines de Québec, rue du Parloir, changera bientôt son local.Après avoir existé pendant plus d’un demi siècle sur le site du monastère historique, elle ouvrira ses portes dans un magnifique édifice qui sera construit sur la propriété des religieuses à Mérici.Le projet de changer le site de l’École Normale des Ursulines est à l’étude depuis longtemps.Le local de la rue du Parloir est devenu trop étroit pour répondre aux besoins actuels et l’aménagement d’un nouvel édifice permettra aux Ursulines d’agrandir leur institution au bénéfice de leurs élèves.Rien ne sera changé dans l’organisation de la nouvelle École Normale et c’est le même personnel qui en aura la direction.Le gouvernement provincial a promis son entier appui aux Dames Ursulines pour leur permettre de réaliser leur projet et il se montrera généreux dans toute la mesure du possible envers la communauté vénérable qui se dévoue depuis les premiers temps de la colonie pour la grande cause de l’éducation.Le premier ministre, le secrétaire provincial et le surintendant de l’Instruction publique uniront leurs efforts pour assurer la réalisation de la grande ^entreprise dont on vient de jeter les bases et dans un avenir rapproché, Québec sera doté d’une École Normale dont il aura raison d’être fier.Elle se dressera sur un site historique, dans un des endroits les plus pittoresques de la vieille capitale, à l’entrée des Champs de Bataille Nationaux.Et de cette façon notre ville sera certaine de garder exempte de l’envahissement commercial cette partie si belle et si intéressante de son territoire.“ Les Dames Ursulines méritent de sincères félicitations pour leur dévouement et leur esprit d’initiative.Elles ont montré une fois de plus qu’elles ne craignent pas de dépenser sans compter quand il s’agit de développer chez nous l’éducation.L’hon.M.Taschereau, l’hon.M.David, l’hon.M.Delâge et les autorités religieuses ont droit aussi à la gratitude de notre population pour le concours qu’ils ont apporté à la réalisation du projet.“ Les négociations pour le changement du site de l’École Normale des Ursulines sont entreprises depuis assez longtemps.Des pourparlers ont eu lieu entre les divers intéressés et comme résultat, un contrat était signé hier par les Religieuses, Son Éminence le Cardinal Rouleau et les autorités civiles.“Les plans de la nouvelle École Normale à Mérici sont actuellement à l’étude et des soumissions pourront être demandées sous peu.Tout fait prévoir que l’entreprise exigera une dépense d’environ $150,000.Mais grâce à la générosité du gouvernement le projet sera facilement réalisé.“ D'ici à ce^que le nouvel édifice soit en état de recevoir des élèves, les cours se donneront dans l’ancienne École Normale, rue du Parloir.“ Cette école a déjà toute une histoire.Elle fut inaugurée en 1857 par l’hon.P.-J.-O.Chauveau, surintendant de l’Instruction Publique d’alors.C’était la première institution du genre et elle n’a cessé de se développer sous l’habile direction des Dames Ursulines.En changeant de local, elle ne changera pas de direction et continuera d’être un ornement pour notre ville.” L’ANALYSE LOGIQUE A L’ÉCOLE PRIMAIRE Sous ce titre nous lisions naguère dans la revue pédagogique française, L’École et la Famille: —M.l’Inspecteur d’Académie de la Meuse, dans le Bulletin départemental, proteste contre l’habitude “de décomposer tous les verbes attributifs, en verbe proprement dit et en attribut.Soit la proposition: L’élève travaille.On l’analysait ainsi: Sujet, l’élève-Yevbe, est ; attribut, travaillant.Je me demande à quoi rime cette décomposition du verbe, et quel est le bénéfice de cette opération bizarre.N’est-il pas plus simple et plus pratique, au lieu de désapprendre le français aux petits Français, de leur dire que le verbe, ici, renferme l’attribut, et d’analyser: Sujet, l’élève; verbe attributif, travaille? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 75 UNE ÉCOLE POUR ENFANTS ARRIÉRÉS L’Institut de Lajemmerais Samedi, le 8 septembre 1928, a été inauguré à Saint-Michel-Archange, près Québec, une école d’hygiène mentale où les enfants arriérés ou anormaux seront reçus et traités, au point de vue scolaire, suivant leur état de santé intellectuelle.Programmes, méthodes, règlements seront spécialement adaptés aux fins du nouvel institut, à qui l’on a donné le beau nom de Lajemmerais, en l’honneur de Mme d’Youville, fondatrice des Soeurs Grises de Montréal, dont un rameau vigoureux se développe à Québec depuis près d’un siècle.Établie sous les auspices de la clinique Roy-Rousseau, dont le directeur est M.le Dr Brousseau, la nouvelle école a été confiée aux Sœurs Grises et placée sous la direction du docteur J.-C.Miller.Des médecins renommés de Paris, les Docteurs Simon et Charpentier, ont assisté à l’inauguration de l’Institut de Lajemmerais, et ont donné les 10 11,12 et 13 septembre, à l’Université Laval, des conférences traitant des premières années scolaires et des arriérés mentaux.Les officiers du département de l’Instruction publique, des inspecteurs d’écoles, M.le Principal et les professeurs de l’École Normale Laval et nombre d’instituteurs religieux et laïques ont assité à ces intéressantes conférences.Sur l’invitation de M.le Principal de l’École Normale Laval, M.l’abbé Dubé, le Dr Simon a donné des conférences aux élèves-instituteurs et aux élèves-institutrices, lundi et mardi, les 10 et 11 septembre.Plusieurs communautés religieuses de femmes étaient représentées à ces conférences.L’éminent conférencier a parlé de pédagogie expérimentale, particulièrement de l’emploi des tests comme moyen d’apprécier le développement intellectuel de 5 à 18 ans.PÉDAGOGIE FAMILIALE La première journée de classe de Lucie RÉFLEXION DU PAPA St-C., le 4 sept.1928.Mon cher papa, Ce matin, grand jour: la première journée de classe de Lucie.Elle a six ans et demi; c’est une grande fille et je l’ai conduite au couvent.Elle a dit adieu à sa balançoire, au bocage, à ses jouets et surtout à ses petites sœurs qui ne pourront plus jouer avec elle toute la journée.C’est une grande fille.Nous l’avons bien préparée, Rachel et moi, à ce premier grand pas dans le chemin de la vie.Quand je l’ai laissée aux soins de la bonne Sœur, cette pauvre Lucie a échappé une larme.Puis, la main dans la main, notre petite s’est rendue en classe avec la chère Sœur.Cette rentrée de Lucie au couvent me reporta à trente années de distance.Je me rappelai aussi qu’un jour vous me conduisiez par la main à la Salle d’Asile,à Québec, ou moi aussi je faisais mon entrée dans la vie.J’ai redit à Lucie les paroles d’espérance et de vie que vous m’apportiez vous-même ce jour-là, et j’ai bien pensé à vous.Comme la vie passe! Mais le souvenir des grands jours demeure.et avec cela se gravent dans notre mémoire les bontés, préoccupations, tendresses des chers parents.Ce jour mémorable pour notre ainée,le le fut aussi pour nous.Nous pensions que Lucie n’est plus un bébé, que la première séparation s’est faite, qu’elle est prise par la vie, elle aussi, qu’elle est moins à nous.Enfin, chacun passe par là.Tout cela nous fait aimer davantage ceux qui restent comme ceux qui partent, de même tous ceux qui sont partis.Tous ces événements pourtant bien ordinaires, au cours de la vie, prennent de l’importance dans nos familles et nous rappellent que nous fûmes jeunes un jour et que des bons parents eurent les mêmes sollicitudes.J’ai pensé vous écrire à l’occasion de cette journée nouvelle pour nous, pour vous dire toute l’émotion qu’elle nous a donnée et surtout pour vous témoigner à vous et à maman, l’affectueuse reconnaissance que je vous dois, en retour de vos bontés d’autrefois à l’égard de l’enfant turbulent des premières années .4 76 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Je souhaite que mes fillettes soient plus sages que leur père, (quant à mon gas, ça s’annonce rude.) mais s’il fallait qu’elles soient difficiles, il faudra bien se résigner aux revanches de la justice immanente qui rejoint ses gens.Dans tous les cas, Lucie nous est arrivée heureuse et fière de sa journée et très intéressée.Je vois que la Sœur a gagné son cœur et sa confiance.C’est bon signe.Madeleine et Isabelle s’attendent à de bons exemples de Lucie qui est grande maintenant: “elle va en classe et elle ne “suce” plus son pouce.” Lucie prend des airs graves et entendus en racontant à ses petites sœurs ce qui se passe au couvent.J’espère, cher papa, que vous vous échapperez de la maison pour venir nous voir bientôt, par un beau jour d’automne.Nous passerons de bonnes heures ensemble et nous rappellerons tous ces souvenirs.Votre fils respectueux et reconnaissant, J.-G, X.X.X.ÉDUCATION DES PARENTS PAR LES ENFANTS Il n’est pas douteux que l’enfant ne développe chez le père et chez la mère une puissance morale qu’ils n’avaient pas auparavant.Il les attendrit et les fortifie.Son sourire dilate l’âme la plus sèche, ses besoins nous arrachent à l’égoïsme; comme il nous force de penser à lui, il nous habitue à moins penser à nous-mêmes.Ses souffrances nous déchirent et ouvrent en nous la source de la pitié et de la compassion.Les anxiétés qu’il cause, les veilles, les alternatives de crainte et d’espoir que nous donne sa vie fragile, cette torture paternelle ou maternelle que ne peut pas même soupçonner celui qui ne l’a pas éprouvée, sont une école d’énergie morale dont rien n’approche.Ces nuits lentes et tristes, où l’œil fixe ne se détache pas de la figure décomposée de l’enfant, et y suit avec effroi le débat de la vie et de la mort, soit qu’elles se terminent par un dernier soupir douloureusement arraché, ou par un sourire ineffable, signe d’une résurrection inespérée, creusent l’âme jusqu’à des profondeurs inconnues et l’élèvent en même temps jusqu’aux plus hautes régions de la grandeur morale.L’enfant ramène la paix dans un ménage en désordre, la décence et l’honnêteté dans un ménage mal réglé, l’ordre et l’économie dans un ménage dissipateur.Devant cette créature pure et innocente les passions se taisent, les vices se cachent, la famille se purifie.Paul Janet.UNE INSTITUTRICE PRÉCOCE Dès l’âge de huit ans, j’avais le goût d’enseigner aux enfants et je m’étais faite maîtresse d’école d’une singulière manière.J’avais une petite chambre à côté de celle de ma gouvernante; ma fenêtre, sur la belle façade du château, n’avait pas tout à fait cinq pieds d’élévation.Au bas de cette fenêtre était une grande terrasse sablée, avec un mur à hauteur d’appui de ce côté, très élevé extérieurement et s’étendant le long d’un étang qui n’était séparé du mur que par un sentier de joncs et d’herbages.De petits garçons du village venaient là pour jouer et couper des joncs; je m’amusais à les regarder, et bientôt j’imaginais de leur donner des leçons, c’est-à-dire de leur enseigner ce que je savais: le catéchisme, quelques vers de tragédie et ce qu’on m’avait appris par cœur des principes de musique.Appuyée sur le mur de la terrasse, je leur donnais ces belles leçons le plus gravement du monde: j’avais beaucoup de peine à leur faire dire des vers, à cause du patois bourguignon; mais j’étais patiente et ils étaient dociles.Mes petits disciples, rangés en bas du mur, au milieu des joncs, m’écoutaient, le nez en l’air, avec la plus grande attention, car je leur promettais des récompenses, et je leur jetais, en effet, des fruits, des petites galettes et toutes sortes de bagatelles.Je me rendais presque tous les jours à mon école en passant par la fenetre; j’y attachais une corde au moyen de laquelle je me laissais glisser sur la terrasse; j’étais leste et légère e L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 77 je ne suis jamais tombée.Après ma leçon je faisais le tour par une des cours et je rentrais par le salon sans qu’on prit garde à moi.Je choisissais pour ces escapades les jours où ma gouvernante écrivait à ses parents: elle était tellement absorbée par ses dépêches qu’elle ne faisait pas la moindre attention à ce qui se passait autour d’elle.Mme de Genlis.VOS CRAYONS (1) Les classes commencent demain.Paul et ses sœurs ont repêché au fond d’une armoire livres et cahiers: ils s’alignent en rangs proprets sur la table.On en est au chapitre des crayons que l’on aiguise, pendant que les réflexions vont leur train autour de la grande table, car ici l’on passe la soirée en famille.—Voilà, mon crayon est aiguisé!.Et le mien!.Et le mien aussi!.—Eh! bien, montrez-les moi, dit papa, en déposant son journal.* * * —Vos crayons, mes enfants, vous les avez souvent à la main ou sous les yeux; il vous sera facile de retenir leurs leçons.—Des leçons, nos crayons! —Oui; elles sont intéressantes.Voyez, c’est le rôle du crayon de faire des marques; c’est aussi le devoir du jeune garçon et de la jeune fille.de faire “leur marque” dans la vie.Je ne parle pas des marques faites au canif sur les bureaux par les étourdis, non plus que des marques que les soucis, que vous nous causez, gravent sur le front de votre mère et sur le mien; ce n’est pas tout à fait, non plus, les marques d’honneur que vous vaut tel rang en classe.Vous ferez votre “marque” si vous apprenez jeunes à faire “votre affaire” d’une belle vie droite, honnête, haute, dans la simplicité et la bonté.* * Mais, faites attention, c’est le plomb et non pas le bois de votre crayon qui fait les marques; de même ce ne sont pas des affairez de bois, des œuvres sans intelligence et sans cœur, qui vous aideront à faire votre “marque”.C’est votre esprit et votre volonté cachés en vous, ce sont d’énergiques résolutions toutes intérieures, qui vous amèneront à cela.Cependant, pour que vos crayons puissent écrire, et vous venez de le faire, il a fallu les aiguiser.Eh! bien, en classe, souvenez-vous-en, vos leçons et vos devoirs, vos maîtres et vos maîtressse aiguisent votre esprit, élèvent votre cœur, affinent vos énergies: vous devez vous y prêter, c’est nécessaire si vous voulez faire votre “marque”, car sans cœur et sans énergie vous serez incapables de “marquer” dans la vie.Toutefois, mes enfants, quand vos crayons sont trop pointus ils se brisent, ils vous servent moins bien: il faut les reprendre et, canif en main, les aiguiser de nouveau.Ils vous apprennent qu’un caractère trop pointu cause à son propriétaire plus de troubles que de joies: par ces petits accidents qui arrivent dans l’année à vos condisciples pour leur indiscipline et leurs caprices, pour leurs défauts de caractère, vous pouvez juger des ennuis qui les attendent s’ils ne se corrigent pas.Il est donc très important de travailler pendant les classes à développer les beaux côtés de votre caractère, à étouffer énergiquement les défauts qui vous rendraient détestables.Devenez aimables, fermes, puissants, afin que vous ne soyez pas brisés par les difficultés, et que vous ne brisiez vous-mêmes personne sur votre chemin.* * * Chacun de vos crayons portent la marque du manufacturier: voyez, elle est ici.Le jeune garçon et la jeune fille doivent également porter la marque de Dieu, qui les a créés: cette marque vous la portez dans votre âme par le saint baptême; mais il importe que vous la fassiez paraître à l’extérieur, dans votre conduite, dans vos actions et dans vos paroles, comme de parfaits et de parfaites catholiques.Une dernière leçon.Quand vos crayons sont longs, vouz ne les ménagez pas.Lorsqu’ils sont devenus courts, qu’ils vous ont bien servis et que vous les avez aimés, il vous en coûte davantage de les tailler.Retenez donc qu’il ne faut pas à l’école, non plus, ni gaspiller l’argent de vos parents, ni votre temps ni vos talents; traitez-les d’ores et déjà comme instruments très précieux.En fait, ils vous serviront à faire votre “marque”.* * * Voilà les leçons que vos crayons vous mettront sans cesse sous les yeux.Elles sont belles, aimez-les.(1) Cette jolie page est reproduite du Messager Canadien du Sacré-Cœur de Montréal, livraison de septembre 1928. 78 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE —Que c’est joli! Oh! que c’est joli, papa, ce que vous venez de nous dire là! Nous ne trouverons plus nos crayons si lourds au bout de nos doigts.Autour de la grande table, la conversation reprend plus animée: les chers crayons en font tous les frais.L’indiscret que je suis, lecteur, car j’étais là, vous livre ces leçons jolies, en vérité, de nos utiles crayons.Fttsctjs.A L’INSTITUT D’ENSEIGNEMENT MODERNE ET DE PÉDAGOGIE Les examens de l’Institut d’Enseignement moderne et de Pédagogie ont eu lieu du lundi matin, 13 août, à l’Université de Montréal et se sont terminés mercredi soir, le 15 août.Il y avait une vingtaine de candidats à ces examens.Tous sont des Religieux.L’Institut d’Enseignement moderne et de Pédagogie est formé de six congrégations enseignantes affiliées à l’Université de Montréal.Ces congrégations sont celles des frères des Écoles chrétiennes, de l’Instruction chrétienne, du Sacré-Cœur, de Sainte-Croix, de Saint-Gabriel et des Maristes.Les programmes de l’Institut d’Enseignement moderne et de Pédagogie comprennent la culture générale par la philosophie, les sciences, les langues et les littératures française et anglaise, ainsi que des études professionnelles.Ces programmes renferment, le grec et le latin exceptés, toutes les matières classiques du baccalauréat, et de plus, comme études professionnelles, la pédagogie, la méthodologie générale, la méthodologie spéciale et l’histoire de la pédagogie.Tous les examens de l’Institut d’Enseignement moderne et de Pédagogie se font sous le contrôle de l’Université.Pour être admis à ces examens, il faut être porteur du brevet supérieur des Écoles normales ou du Bureau des Examinateurs catholiques, ou d’un certificat reconnu comme équivalent par l’Université.Le Conseil de l’Instruction Publique a reconnu ce diplôme de pédagogie comme plus élevé que le brevet supérieur.CAUSERIES HYGIÉNIQUES {Présentées par la Compagnie d’Assurance “Métropolitaine”) (Octobre) LA MACHINE HUMAINE EN MARCHE Nous avons vu en septembre que l’organisme humain se compose de plusieurs systèmes et nous les avons énumérés comme suit:— 1.Système respiratoire 2.Système circulatoire 3.Système digestif 4.Système musculaire 5.Système osseux 6.Système nerveux.Et nous avons ajouté qu’il existait une fonction d’élimination, c’est-à-dire un rejet au-dehors de certains produits inutiles ou nuisibles.Enfin, nous avons souligné l’existence des cinq sens: la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher.Ces divers systèmes, ces diverses fonctions n’ont pas toutes la même importance.Exemple: On peut vivre sans marcher (système musculaire), mais on ne peut vivre sans respirer (système respiratohe) ; ou encore, on peut vivre sans voir ou sans entendre, mais on ne peut exister sans manger, c’est-à-dire sans ingérer des aliments liquides ou solides.Donc du point de vue de la vie, l’importance des fonctions varie grandement.Mais la jouissance complète de la vie ne s’obtient que par le fonctionnement intégral ou parfait de tous les systèmes et de tous les sens.Respiration.—Lorsque vous respirez sans même vous en apercevoir, comme durant le sommeil, que se passe-t-il ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 79 L’air pénètre dans vos poumons pour y faire un marché, un échange.L’air pur qui entre dépose dans le sang des éléments vivifiants, tel l’oxygène et retire en échange un produit de déchet, un produit qui nous empoisonnerait s’il s’accumulait chez nous, l’acide carbonique.Cette silencieuse opération se répète 15 à 20 fois par minute, donc environ 1000 fois à l’heure, donc plus de 20,000 fois par jour.C’est la fonction respiratoire.Elle est essentielle à la vie.Circulation.—De même que Dieu est le grand Moteur de l’univers, de même le cœur dans chaque poitrine est le moteur du corps humain.Que se passe-t-il lorsque le cœur bat ?Il chasse du sang de deux qualités différentes à deux endroits différents pour deux fonctions différente^.Ceci est intéressant.Oui, le cœur a deux grands compartiments; l’un est rempli de sang impur et l’autre de sang pur.Il envoie le sang impur dans le poumon où la respiration le purifie comme nous venons de le voir; quant- au sang pur, qui revient du poumon, il l’expédie dans toutes les parties du corps.Le sang poussé par les battements du cœur, court à travers artères, tissus et veines, distribuant la nourriture et ramassant les déchets.Chargé d’éléments impurs il revient au cœur qui l’expédie au poumon où il est régénéré.Et ces mouvements du cœur qui sont indépendants de la volonté se répètent 70 à 80 fois par minute, donc 4,500 fois par heure, donc plus de 100,000 fois par jour! Comme la respiration, la circulation est essentielle à la vie; elles sont d’ailleurs en liaison intime.Système digestif.—-Afin de ne pas surcharger votre esprit, divisons-le en trois parties principales: la bouche, l’estomac et l’intestin.Il y a bien d’autres organes, tel le foie, qui jouent un rôle dans les fonctions digestives, mais restons dans l’explication la plus simple.Il nous faut manger et boire.Les aliments solides et liquides vont de la bouche à l’estomac qui n’est pas situé dans la poitrine, mais plus bas, au niveau de la dernière côte.Les aliments solides introduits dans la bouche subissent un premier et important pétrissage ou broiement par les dents.C’est la mastication.De la bouche, ils descendent dans l'estomac et là ils subissent un nouveau broiement, car il faut bien se mettre en tête que les solides ne peuvent pas pénétrer dans le sang; ils doivent être réduits à l’état liquide ou quasi liquide.C est là le travail mécanique de la digestion.Il y a aussi la transformation chimique, laquelle, commencée dans l’estomac, s’achève dans l’intestin.Et c’est dans l’intestin que le grand triage se fait entre ce qui devra pénétrer dans le torrent circulatoire pour nourrir le corps ou ce qui sera rejeté audehors comme étant impropre à la vie humaine.Nous verrons plus tard comment on peut aider à la digestion par les moyens les plus simples.Système musculaire, osseux et nerveux.—En parlant du système musculaire, n’ayons en vue ici que ces muscles qui obéissent à la volonté.La volonté se transmet au muscle intéressé avec la rapidité de l’éclair par le système nerveux.Ainsi vous remuez votre pied, votre main, par l’action de ces agents, le nerf et le muscle, dans une fraction de seconde.Le rôle des os au nombre de 206 se limite au maintien du corps humain dans sa forme actuelle.Réunis, ils forment une charpente qui a suffisamment de souplesse et de rigidité à la fois, pour permettre tous les mouvements et les efforts nécessahes.Plus tard en vous parlant des pratiques d’hygiène nous toucherons au procédé d’élimination, autrement dit rejet au-dehors des déchets inutiles ou nuisibles à l’organisme.Les sens.—-Des sens disons seulement qu’il sont comme le perfectionnement d’une œuvre admirable.Bien que la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher ne soient pas essentiels à la vie, ils contribuent dans une large mesure à la rendre agréable et heureuse.L’homme qui pense et qui prie, l’homme qui par le fonctionnement parfait de ses divers systèmes, jouit d’une bonne santé, l’homme qui peut voir et admirer les beautés de la nature et de l’univers, l’homme qui entend la voix humaine et celle des oiseaux, qui perçoit la saveur des aliments, respire le parfum des fleurs et sent la caresse de la brise sur sa figure, voilà le chef-d’œuvre de Dieu qu’il est de notre devoir de préserver dans sa perfection originaire pour notre bien-être comme pour la glcire du Créateur.Dr Henri Béland, Sénateur.(Du Bureau-Chef Canadien de la “Métropolitaine”, Ottawa.) 80 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE 50e VOLUME DE “L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE”.— TEMOIGNAGES SYMPATHIQUES Quelques confrères de la grande presse ont bien voulu signaler à leurs lecteurs le numéro de septembre de L’Enseignement Primaire comme le premier du cinquantième volume de notre revue.Voici la note de L’Action Catholique, en date du 30 août dernier: uL’Enseignement Primaire, l’organe des écoles primaires de la Province de Québec, commence avec la livra;son de septembre son cinquantième volume.Cette intéressante revue que dirige avec autant de dévouement que de maîtrise M.le commandeur C.-J.Magnan, Inspecteur général des écoles catholiques, joue un rôle admirable auprès du personnel enseignant des écoles primaires.Depuis sa fondation, elle n’a cessé de se développer et elle est aujourd’hui l’une des revues les plus appréciées que nous ayons dans la Province de Québec.Elle est hautement recommandée par le Comité Catholique du Conseil de l’Instruction Publique et les instituteurs comme les institutrices y puisent chaque mois des renseignements et des directions qui leur sont d’une grande utilité dans l’exécution de leur tâche.L’Enseignement Primaire est plus vivant que jamais et comme le déclare son directeur au début du 50e volume, il voit poindre avec sérénité l’aurore de son jubilé.Nous lui souhaitons, de continuer encore longtemps son œuvre de dévouement à la cause de l’éducation.” Dans le Devoir du 31 août, O.H.écrivait ce qui suit: “Nous venons de recevoir la première livraison du 50e volume de L’Enseignement Primaire.Pour une revue, dans un pays comme le nôtre, c’est un âge des plus respectables.Nous avons eu plus d’une fois l’occasion déjà de dire le bien que nous pensons de L’Enseignement Primaire, revue de premier ordre, faite avec grand soin par un spécialiste qui a toujours eu le très vif souci de l’adapter aux choses et aux conditions du pays.Et ce n’est pas sur ce point que nous voulons insister aujourd’hui.Nous préférons poser cette autre question: cette revue, qui est à la disposition de la plupart des instituteurs et institutrices, en tire-t-on tout le profit possible?Tous les instituteurs et institutrices auxquels elle est destinée ont-ils suffisamment le souci de s’en servir, de l’utiliser pleinement?On sait trop qu’à certains égards, chez nous, ce ne sont point les matériaux intellectuels qui manquent, mais bien les gens qui ont le goût ou la volonté de les employer.Quand on parcourt, par exemple, pour passer dans un autre domaine, les études si pleines';de sens faites pour la Semaine sociale,on ne peut s’empêcher d’éprouver quelque chagrin à la pensée du nombre, toujours plus petit, de ceux qui sauront en tirer profit.Ne se passe-t-il pas, malheureusement, quelque chose comme cela pour une revue comme L’Enseignement Primaire^” Parmi les lettres reçues, nous aimons à mentionner celle des Dames Ursulines de Québec.Ce témoignage des Filles de Marie de l’Incarnation, la première institutrice au Canada, nous a été particulièrement sensible.LA SEMAINE SOCIALE La Semaine Sociale au Canada que dirige avec tant de zèle et de tact le R.P.J.-P.Archambault, S.J., a tenu sa session de 1928 à Saint-Hyacinthe, au cours de la dernière semaine d’août.L’Agriculture fut la question centrale de la Semaine, et l’école primaire rurale était au programme, naturellement.La tâche de parler de “l’éducation à l’école rurale”, fut confiée à^M.Jean-Chs Magnan, B.S.A.^ agronome et ancien élève du Petit Séminaire de Québec, de l’École normale Laval, puis de l’École d’Agriculture d’Oka.L_______ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 81 MÉTHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUEE A L’ECOLE COMPLEMENTAIRE ET A L’ÉCOLE NORMALE (Pour L’Enseignement Primaire) HYMNE DE L’ENFANT A SON RÉVEIL (Lamartine: Harmonies poétiques et religieuses) O Père qu’adore mon père! Toi qu’on ne nomme qu’à genoux! Toi dont le nom terrible et doux Fait courber le front de ma mère! On dit que ce brillant soleil N’est qu’un jouet de ta puissance; Que sous tes pieds il se balance Comme une lampe de vermeil.On dit que c’est toi qui fais naître Les petits oiseaux dans les champs, Et qui donne aux petits enfants Une âme aussi pour te connaître! On dit que c’est toi qui produis Les fleurs dont le jardin se pare, Et que sans toi, toujours avare, Le verger n’aurait point de fruits.Aux dons que ta bonté mesure Tout l’univers est convié; Nul insecte n’est oublié A ce festin de la nature.L’Agneau broute le serpolet La chèvre s’attache au cytise La mouche au bord du vase puise Les blanches gouttes de mon lait! L’alouette a la graine amère Que laisse envoler le glaneur, Le passereau suit le vanneur, Et l’enfant s’attache à sa mère.Et, pour obtenir chaque don Que chaque jour tu fais éclore, A midi, le soir, à l’aurore, Que faut-il?Prononcer ton nom! 82 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE O Dieu! ma bouche balbutie Ce nom des anges redouté Un enfant même est écouté Dans le chœur qui te glorifie.On dit qu’il aime à recevoir Les vœux présentés par l’enfance, A cause de cette innocence Que nous avons sans le savoir.On dit que leurs humbles louanges A son oreille montent mieux, Que les anges peuplent les cieux, Et que nous ressemblons aux anges! Ah! puisqu’il entend de si loin Les vœux que notre bouche adresse, Je veux lui demander sans cesse Ce dont les autres ont besoin.Mon Dieu, donne l’onde aux fontaines, Donne la plume aux passereaux, Et la laine aux petits agneaux, Et l’ombre et la rosée aux plaines.Donne au malade la santé, Au mendiant le pain qu’il pleure A l’orphelin une demeure, Au prisonnier la liberté.Donne une famille nombreuse Au père qui craint le Seigneur; Donne à moi sagesse et bonheur, Pour que ma mère soit heureuse! Que je sois bon, quoique petit, Comme cet enfant dans le temple, Que chaque matin je contemple, Souriant au pied de mon lit.Mets dans mon âme la justice, Sur mes lèvres la vérité ; Qu’avec crainte et docilité Ta parole en mon cœur mûrisse! Et que ma voix s’élève à toi Comme cette douce fumée Que balance l’urne embaumée Dans la main d’enfants comme moi! Commentaire littéral V.3.—Nom terrible et doux: 1° nom d’un Maître et d’un Justicier; 2° nom d’un Père miséricordieux.Y.6.—Un jouet de ta puissance: Dans sa puissance, Dieu a créé le soleil comme en se jouant.V.7.—Il se balance: l’enfant croit au mouvement circulaire du soleil.V.8.—Lampe de vermeil: le vermeil est de l’argent doré.La lumière dorée du soleil justifie pleinement cette comparaison avec une lampe de vermeil.V.12.—Une âme aussi: Aux petits oiseaux, Dieu ne donne que la vie; aux enfants, il donne de plus une âme. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 83 V.14.—Se pare: comme très souvent, le verbe de forme réfléchie a le sens passif, est paré.V.15.—Toujours avare: apposition à verger.Le verger, qui est avare, et ne donnerait point de fruits.Y.17.-—Mesure: distribue en donnant à chacun sa juste mesure.V.18.—Tout l’univers: les créatures de l’utiivers entier.Est convié: est invité.VV.19-20.—Nul insecte n’est oublié.Au festin de la nature Insecte: mot sans prétention scientifique, et qui désigne seulement les plus petites bêtes visibles.Festin: repas abondant, magnifique.—En rapprochant ces deux mots (insecte et festin), Lamartine montre mieux la générosité de la Providence.V.21.—Broute le serpolet: 1° Brouter, manger l’herbe en l’arrachant avec les dents; 2° Serpolet, plante aromatique, dite thym sauvage.V.22.—Cytise: arbre à fleurs jaunes pendant en grappes, dit faux ébénier.V.23.—Puise: mot tout à fait exact, puisque la mouche tire le liquide d’un récipient placé plus bas qu’elle.V.24.—L’alouette a: a pour elle.V.25.—Le glaneur: celui qui glane, c’est-à-dire qui ramasse les épis de blé laissés à terre par le moissonneur.V.26.—Le passereau: nom générique pour désigner non seulement le moineau franc, mais toute, une classe de petits oiseaux.—D’ailleurs, Lamartine n’oppose pas rigoureusement une espèce d’oiseaux à une autre.Le vanneur^, celui qui vanne, c’est-à-dire qui pour débarrasser le grain de sa balle et de la.poussière le secoue sur la corbeille appelée van.V- 28.—L’enfant s’attache à sa mère: dont il attend sa nourriture comme l’alouette du glaneur, et le passereau du vanneur.V.30.—Éclore: sortir d’un œuf (un animal) ou d’un bouton (une fleur).—Ces dons de Dieu sortent bien de la terre comme autant de choses vivantes.Y- 21-—A midi, le soir, à l’aurore: ordre non pas logique, mais ordre poétique imposé par la versification.—Ces trois moments sont, pour l’homme, des moments de repos et aussi de prière.Aurore: lueur orangée du soleil levant.V.33.—Balbutier: articuler d’une façon peu distincte.V.36.—Dans le chœur qui te glorifie.1° Chœur: personnes réunies pour un chant d’ensemble.Ici, le chœur, c’est non seulement les anges, mais toutes les créatures qui, chacune à leur manière, glorifient Dieu.2° Glorifier: chanter la gloire de quelqu’un.V.37.-—On dit qu’il aime: II, Dieu.Par une transition un peu brusque, l’enfant cesse de s’adresser à Dieu pour parler de lui.V.38.—Les vœux: les prières.—Présentés par l’enfance: par les enfants.V- 40.—Que nous avons sans le savoir: nous, les enfants.—l’innocence étant l’ignorance du mal, les innocents ignorent qu’ils le sont.V- 41.—Leurs humbles louanges: 1° éloges, hommages d’admiration que l’on adresse à quelqu’un.Humble: contraire d’orgueilleux, c’est-à-dire qui s’abaisse volontairement.—En louant Dieu les enfants s’abaissent devant lui.VV.43-44.—Que les anges peuplent les deux Et que nous ressemblons aux anges.Cette comparaison avec les anges indique que la prière des enfants est aussi efficace que celle des anges.V.49.—L’onde: c’est-à-dire l’eau en abondance.V.54.—Le pain qu’il pleure: qu’il sollicite en pleurant.V.55.—A l’orphelin une demeure: Avec ses parents, l’orphelin perd trop souvent son foyer.V- 57.—One famille nombreuse: Pour le “père qui craint le Seigneur”, la famille nombreuse est une source de joie et de fierté.Y- ®2-—Comme cet enfant dans le temple: le jeune Samuel, ou Marie enfant vivant au Temple.V.64.—Souriant au pied de mon lit: c’est l’image pieuse pendue au mur sous les yeux de l’enfant.V.65.—La justice: respect du droit de chacun.V.66.—La vérité: par opposition au mensonge.V.67-68.—Qu'avec crainte et docilité Ta parole en mon coeur mûrisse.Construction un peu forcée et un peu obscure.—L'enfant demande que la crainte de Dieu et sa docilité laissent la parole divine croître et mûrir dans son cœur, comme une plante féconde.(Cf.dans l’Evangile, la parabole du semeur.) V.70.—Cette douce fumée: l’encéns.\ .71.L’urne embaumée: L’encensoir.—Urne: vase assez grand.Ici, l’exactitude du terme 5 84 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE n’est qu’approximative.—Embaumée: parfumée d’une manière suave.—L’enfant qui parle ici ignore naturellement beaucoup de mots (encensoirs, enfants de chœur); il y substitue non moins naturellement des périphrases descriptives.Analyse littéraire Commentant lui-même l’Hymne que nous allons étudier, Lamartine écrivait en 1849: “’On pourrait, dans ce genre, faire des strophes bien diverses et bien meilleures.La poésie de l’enfance n’est pas trouvée.La Fontaine lui aigrit un peu l’esprit; ses fables lui inspirent plus de malice que de bonté, aucune piété.Celui qui ferait le livre de cantiques des enfants aurait fait un bon et beau livre.Il faut leur épeler les pages de la nature, et leur chanter en notes simples leurs propres impressions.C’est un livre qu’une femme de génie devrait tenter: nous y échouerions.” Homme ou femme, personne encore n’a réalisé le vœu de Lamartine.Il faut bien avouer que la poésie pour enfants est un genre entre tous difficile.Ceux qui s’y sont essayés, ont pris trop souvent la mièvrerie pour de la grâce, et, pour de la naïveté, la puérilité et la niaiserie pure.Heureusement, avec le conseil, Lamartine a donné au moins un exemple.A défaut d’un recueil de cantiques pour enfants, il a écrit un cantique, l’Hymne de Venfant à son réveil.Évidemment, on y trouve telle idée, telle expression qui dépasse l’intelligence enfantine.Plus que la fille du poète c’est le poète même qui a trouvé cette pensée: On dit qu’il aime à recevoir Les vœux présentés par l’enfance, A cause de cette innocence Que nous avons sans le savoir.Sans parler de l’image elle-même (que.ta parole.mûrisse.), voici une construction trop hardie pour n’appartenir pas en propre à l’écrivain: Qu’avec crainte et docilité Ta parole en mon cœur mûrisse.Enfin il est douteux qu’un enfant dise convier pour inviter et compare spontanément un encensoir à une urne embaumée.Mais d’abord il est impossible, sous peine de ridicule, de parler aux enfants comme ils parlent eux-mêmes.Vocabulaire, phrase enfantine, risqueraient d’aboutir au jargon, voire au balbutiement.Les petits s’offusqueraient les premiers de cette maladroite condescendance.^ Eux-mêmes nous demandent de les élever et sans pouvoir formuler leur exigence, nous invitent à ne pas confondre, à leur intention, simplicité avec enfantillage.Si exigeante soit-elle, leur curiosité accepte facilement de ne pas tout comprendre; et sans doute seraient-ils déçus s’ils nous voyaient perdre sur eux cette supériorité dont ils s’émerveillent et qui est nécessaire à leur confiance.D’autre part, les exemples que nous avons cités tout à l’heure sont exceptionnels; et dans l’Hymne lamartinien presque tout, idées, sentiments, expressions, est accessible à l’enfant.Celui-ci a, sinon très net, du moins très vif, le sentiment de sa faiblesse et de sa dépendance.Éprouvant sans la comprendre la supériorité des grandes personnes; éprouvant, appréciant, sans la comprendre la tendresse de ses parents; tout prêt à vivre surtout par l’imagination; il accepte parfaitement l’idée d’un être invisible, mystérieux, beaucoup plus grand, beaucoup plus savant, beaucoup plus tendre encore, beaucoup plus indulgent et généreux que son père et sa mère.Or grandeur, puissance, bonté, tels sont les traits sommaires sous lesquels le poète présente Dieu à l’enfant, en ayant grand soin d’ailleurs d’associer Dieu à des images et à des émotions familiales: O Dieu qu’adore mon père! Toi qu’on ne nomme qu’à genoux! Toi dont le nom terrible et doux Fait courber le front de ma mère! Suivant ses propres expressions, ce sont bien là des “notes simples”.Donc c’est une scène familiale qui, d’abord, révèle à l’enfant la majesté divine.Pareillement ce sont les spectacles quotidiens de la nature qui lui manifestent la toute-puissance et la bonté du Créateur.(Strophe 2.) .Cette inépuisable largesse suggère tout naturellement 1 idee de pnere sous cette double forme, hommages et demande.(Strophes 8-11.) De l’idée, l’enfant passe à l’acte, Il prie.(Strophes 12-18.) Il prie pour les autres, pour ceux qu’il aime, pour lui-même enfin.T Le développement général est donc ici de tout point conforme a la logique enfantine.Le détail, de même, est celui que peuvent inventer, voir, comprendre, aimer les petits.Si le poète attire d’abord leurs regards sur un objet lointain (le soleil), c est que 1 éclat de cet objet les a depuis longtemps étonnés et émerveillés. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 85 Mais aussitôt il ne leur offre plus qu’objets familiers et simples; les oiseaux des champs (passereaux, alouettes), les animaux de la ferme {agneau, chèvre, même la mouchel), les fleurs du jardin, les fruits du verger.Le développement sur la prière paraît-il un peu plus abstrait?—A des adultes, peut-être, parce que pour notre raison les anges sont de purs esprits.Mais, grâce aux récits de sa mère, grâce aux images de son Histoire Sainte, le petit enfant voit en eux de beaux jeunes gens ailés.Le visage de son Ange gardien lui est pour ainsi dire familier, lui aussi, et il trouve tout naturel d’associer sa prière à celle de son protecteur céleste, auquel il ressemble, lui a-t-on dit.Que la nature vraie de cette ressemblance lui échappe, parbleu! Mais qu’importe?—Emporté par son imagination, le cœur de l’enfant est monté vers Dieu, c’est l’essentiel.La prière proprement dite n’est pas moins délicieusement enfantine.Il prie ingénument pour les êtres, choses, animaux, qui ont réjoui ses yeux, accepté ses caresses: Mon Dieu, donne l’onde aux fontaines.Donne la plume axx passereaux, Et la laine aux petits agneaux, Et l’ombre et la rosée aux plaines.Puis, formé par une mère charitable, il pense aux malheureux: Donne au malade la santé, Au mendiant le pain qu’il pleure, A l’orphelin une demeure, Au prisonnier la liberté.Enfin, pensant à ceux qui le touchent de plus près, il prie pour son père, pour sa mère surtout.Et, parce que sa mère a déjà formé sa petite conscience, il demande pour lui-même les vertus qui assureront son bonheur à elle: Donne à moi sagesse et bonheur Pour que ma mère soit heureuse! Que je sois bon.Mets dans mon âme la justice, Sur mes lèvres la vérité.Qu’avec crainte et docilité Ta parole en mon cœur mûrisse! Il y a dans tout cela une logique très simple, très naturellement enfantine, puisqu’elle est la logique du cœur et de l’imagination plutôt que celle de la raison.Et comme tout cela est frais et pur! Dans ce tableau à la fois familial et rustique, rien qu’imagés gracieuses: fleurs, parfums, fruits, jeunes enfants, jeunes animaux; que si tel d’entre eux paraît moins innocent ou moins plaisant (la chèvre, la mouche) l’enfant les accueille avec le même sourire, Dieu avec la même bonté; le poète lui-même les entoure de détails charmants (le cytise aux grappes dorées, le lait aux blanches gouttes).Partout des sentiments presque angéliques: piété, amour de la pureté, sincérité, charité.Partout une impression de bonheur.La vision de la souffrance est rapide, et encore adoucie par la charité même de l’enfant qui l’évoque.(Strophe 14.) Et malgré tout, nulle afféterie, nulle puérilité.Partout, jusque dans l’innocence, l’ingénuité et la giâce enfantines, la discrétion, la distinction d’une petite âme bien née et bien élevée.La même réserve a dicté au poète sa versification.Certes, ni monotonie ou maladresse (Je laisse le lecteur étudier la variété des phrases poétiques.); mais le puissant, le prestigieux manieur et lanceur de strophes qu’était Lamartine a ici et volontairement réduit ses moyens.Petits vers (octosyllabes), petites strophes (quatre vers); presque partout de petites phrases très simples, deux ou trois périodes poétiques seulement (strophes 12, 16 et 18.) Enfin si la disposition des rimes (rimes embrassées, 1-4, 2-3) est moins banale que telle autre (rimes plates ou rimes croisées), les rimes elles-mêmes ne révèlent aucune recherche, pas plus d’ailleurs qu’aucune négligence.(Ici encore, la démonstration est facile à faire.) Bref, si cet Hymne ne compte pas parmi les plus émouvants, les plus vigoureux ou les plus sublimes de Lamartine, il est bien tel que l’a voulu le poète lui-même.Pur, délicat, suave et généreux, il mérite de chanter sur les lèvres de tous nos enfants.Gaillard de Champris.P.S.—Qui voudrait établir une comparaison instructive pourrait lire le poème beaucoup plus oratoire, beaucoup plus grave, et moins discret, que Victor Hugo, pour sa fille aussi, intitula La Prière pour tous (Feuilles d’Automne, XXXVII.) 86 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE (Pour L’Enseignement Primaire, octobre 1928) Le dessin est un langage.—-Pour exprimer nos idées, nous avons comme médium la parole humaine; l’écriture, à son tour, fixe sur le papier nos pensées, nos sentiments intimes; qui ne voit que le dessin également est aussi l’expression nette et concise d’une idée, d’un sentiment, d’un fait, tout comme l’émission de la parole.La pratique du dessin, comme celle du langage, a ses principes rudimentaires; il faut balbutier avant de prétendre à l’éloquence.De même, l’étude de l’art a aussi ses débuts, ses degrés de développement, de formation, de perfectionnement.“C’est une erreur de croire que l’homme naît artiste”, dit fort à propos Jean-Baptiste Lagacé, en préface au récent volume: “Cours pratique de dessin d’observation”, publié par les Sœurs de Sainte-Croix.Le dessin est à la fois science et art, et comme tel, il dispose d’un vocabulaire à lui, d’un répertoire de termes bien définis, oui répondent à des idées réelles, et dont l’élève doit acquérir l’intelligence.Qu’il s’agisse de forme, de couleur, de proportion, le maître aura, recours à, ces termes appropriés qui guident et précisent l’observation chez les élèves: verticale, horizontale, rayon, sommet, arrière-plan, ombre propre ou portée, teinte, nuance, et toute une technologie apprise au cours de la leçon.Par lui-même, le dessin est aussi un langage expressif, captivant, facilement compris dans tous les idiomes; il parle aux yeux, à, l’intelligence, au cœur, avec non moins de force que ne le ferait la parole, et souvent avec plus de rapidité.Le moindre graphique dans un livre, la simple caricature au cours d’un roman, piquent l’intérêt, captent votre attention, et vous êtes gagné.C’est le “toile et lege” qui vous invite à une lecture assidue.C’est de plus un langage qui tend à prendre plus d’extension de jour en jour, et devient universel, par l’annonce commerciale des journaux, revues, magazines; qui s’introduit à votre domicile par le buvard, le calendrier, la marque de fabrique sur toute enveloppe de produits manufacturés.L’annonce, devenue la science de l’image compréhensible à tous, sera aussi l’expression d’un langage accessible à chacun.Les chefs-d’œuvre des maîtres quittent le studio pour orner les salons; ils n’attirent pas les foules; mais jetez un regard sur le parcours de nos grandes artères urbaines ou rurales; maintes affiches remplissent d’immenses placards; vous ne pouvez vous défendre de lire l’annonce dissimulée sous la boîte de poudre magique.Et puis, il faudra bien tenir compte de la grande vitesse du trafic, et quand même, attirer le regard du consommateur, le client; on aura recours à la bizarrerie la plus inattendue.“Sauvez la surface et vous sauvez tout”; vous dit l’annonceur de peinture; et voilà tel petit propriétaire ou rentier qui trouvera moyen d’avoir sa toiture, son pan de mur recouverts d’un “Old Chum” ou d’un “Sweet Caporal”, son garage décoré d’un pneu géant, ou sa grange, de la bière que votre arrière-grand-père buvait.Au gré d’un esthète, l’art n’y trouve pas toujours son compte; c’est la publicité, c’est la vogue; ce langage universel a traversé mers et continents.11 demeure quand même établi que les arts du dessin ouvrent un vaste champ aux carrières industrielles.Pour un artiste vrai et reconnu qui aura touché la note juste de l’art, vous verrez surgir une armée de travailleurs, moins bien qualifiés c’est vrai, qui prendront place à sa suite, pour interpréter, mettre en valeur, exploiter ses productions artistiques, au bénéfice de la grande industrie et du commerce.Et il n’y a pas que le travailleur à gage oui requiert la connaissance du dessin.“L’étude du dessin convient à tous les âges comme à toutes les fortunes” dit C.Blanc, à l’employeur comme à l’employé, pourrait-on ajouter.Le producteur dans son verger ou sa ferme, comme l’industriel à son usine, ou le commerçant dans son négoce, doit pouvoir dire aussi son mot sur la valeur plus ou moins artistique et utilitaire de telle marque de commerce ou de fabrique qui lui convienne; qui n’a éprouvé, en l’occurrence, le regret cle s’avouer à court sur la notion du dessin?trop tard il aura senti l’intuition d’un besoin qu’il voudrait exprimer graphiquement: le langage lui manque: il ne sait pas dessiner.Il ne sera donc pas indigne des efforts du professeur primaire d’initier ses élèves a ce langage concret et expressif, qu’il peut et doit mener de front, concurremment avec le langage grammatical, pas plus qu’il ne répugneà l’ange du foyer domestique de balbutier mille et mule L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 87 COURS INFÉRIEUR LE DE /ZMMMs2/2yzszA.: ! : ?: i NOM CRENEAU DOMiNOS COURS MOYEN MÉANDRES_____________________frettes grecques.Ln ru un ru r u_ rL 3 e-ANNEE HPDUBE PALAMONTAGNE ; .CARRÉ.DIAGONALES LÉ CARRE D’ANGLE 3e ANNEE.OCT.TIC TAC TAU DIAMANTS- CLO US = ORNfMENTS ROSACES i BESANTS L.LEFEBVRE J Fl SET 88 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fois ces monosyllabes que l’enfant répète ingénûment aux j ours de sa première école.L’idiome maternel formulé à nos jeunes oreilles et perçu par l’ouïe, atteint l’intelligence à ses premières lueurs; de même, la formation progressive de l’œil, de la main, du goût, éveillera, développera chez le jeune sujet une nouvelle activité, une puissance demeurée jusque-là inactive, l’observation, la faculté de remarquer, le pouvoir de consigner ses propres idées.Ce sera une nouvelle force, un ressort de plus ajouté à son pouvoir d’action.Le papier quadrillé.—La notion précise de verticale, d’horizontale, est à la base de tout le cours de dessin, comme aussi de tous les métiers; elle trouve son application tout aussi bien au cours préparatoire: on devra tenir longtemps les élèves aux exercices les plus variés ayant trait au tracé de verticales et d’horizontales; c’est afin de graver profondément dans la mémoire aussi bien que dans le jugement ce principe fondamental de l’équilibre et de la symétrie que le maître de dessin aura fréquemment recours au fil à plomb; c’est également pour la même raison qu’on a préparé un papier quadrillé, ligné au demi-pouce, soit en feuilles détachées, soit en cahiers, format du dessin ordinaire.Notons toutefois que ce papier quadrillé n’est pas destiné à remplacer le papier non réglé en usage aujourd’hui; mais il est utile et toléré pour certains genres de dessin.(1) Les exercices prescrits au cours d’une année ne sont pas limités au genre perspectif seulement, ou au dessin libre; le géométrique, le décoratif et les exercices de lettrage devront aussi trouver place sur l’horaire.Pour sauver du temps et simplifier le tracé des lignes auxiliaires, on a songé à remettre en vigueur ce procédé déjà ancien du quadrillé, pour les cours préparatoire, inférieur et moyen.La série des exercices qui figureront en cette livraison d’octobre, en sera une illustration.Le lettrage.—Les exercices de lettrage, jusqu’au cours moyen inclusivement, seront du style simple, droit, filiforme, c’est-à-dire, dépourvu de tout ornement ajouté aux jambages; les écritures seront en majuscules de tracé uniforme.En 5e année, ce tracé uniforme pourrait être amplifié, grossi, d’une épaisseur triple et davantage, ou ajouré; on pourrait y aborder aussi la distinction des pleins et des déliés; le pied des jambages et l’épaulette des M, N, E, D, etc.L’étude des minuscules ne doit pas être entamée avant la 6e année; le tracé en filiformes droites, toujours basé sur le principe primordial de verticale et d’horizontale.Au cours complémentaire sera admis le lettrage penché, ombré, décoratif et de fantaisie.On comprendra ici encore l’utilité du quadrillé qui fixe dans l’idée des élèves la valeur des termes souvent répétés et sera d’un grand secours dans ces exercices spéciaux de lettrage.Faisons tracer plus grands les quelques types de lettres sur lesquels on veut attirer l’attention.Les écritures des titres sur chaque dessin hebdomadaire, seront de grandeur convenable: un carreau (demi-pouce) de hauteur par une moitié de largeur.C’est bien à tort que les exercices de lettrage soient uniquement réservés aux élèves finissants du cours supérieur ou complémentaire.Et que remarquez-vous?Ceux qui tout jeunes ont appris à lire, ne savent pas écrire leurs grosses lettres sans faire beaucoup de fautes: les N, 8, Z, J, sont virés de bord; ils mélangeront majuscules et minuscules dans le même mot; quelques-uns ne connaissent de chiffres romains que ceux qui apparaissent sur le cadran de l’horloge.Nombre de nos élèves ont à quitter les classes très jeunes et n’auront jamais appris de lettrage; ne pourrait-on pas momentanément détourner quelques heures de la leçon d’écriture au bénéfice du lettrage, et compter ce temps comme faisant partie des deux heures de dessin prévues dans l’horaire hebdomadaire ?Question de "concentration des matières”, Règlements du Comité Catholique, page 60.Frère Prosper, inspecteur du dessin, Commission scolaire de Québec., (1) Papier quadrillé en vente, 2, rue Cook, Québec.une “joijrnée pédagogique ’ ’ Grâce à l’initiative de M.l’inspecteur J.-A.Rochefort, les instituteurs, les institutrices "et les commissaires d’écoles des régions de Chicoutimi et du Saguenay, ont bénéficié d’une "journée pédagogique” pendant laquelle les problèmes qui intéressent l’école rurale ont été étudiés sur place.Il y eut deux séances au cours de la journée: l’une à Saint-Alexis-de-la-Grande-Baie_et l’autre à Port-Alfred. aN'«->VT OatlJ 3H3ld L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 89 COURS SUPÉRIEUR MM/V OR£S.FltETTE GRECQUE a WÊMmà m i WM s* Am FOND o» SEMI S.StMlS G.Bm«çreï\ 0.GARIFPY G£ ANNEE COURS COMPLEMENTAIRE 7l AN^àt.- MARÛUEïï ERIE.HJtrfnni.LETTRAGE MAJUSCULES ROMAINES RMaxt/meav.PANNEAUX DECORATIFS -!— -, i ,- i -i [i=I=jl i [ =T —i— 1 j ^ll i i , i i i “_L [ i U PoinLgt tl 'Twcé k Mam Libre.PE.Bue/. 90 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’HISTOIRE NATURELLE A L’ECOLE PRIMAIRE (Pour L’Enseignement Primaire) LES MAMMIFÈRES UTILES A L’AGRICULTURE Maître.—Les leçons données précédemment vous ont fait mieux connaître deux classes d’animaux; les oiseaux et les insectes.L’admirable organisation de ces êtres de même que leur instinct merveilleux vous ont ravis d’étonnement et souvent, lorsque ensemble nous les étudiions dans les détails intimes de leur vie, une pensée jaillissait spontanément de votre cerveau: Que Dieu a bien fait ce qu’il a fait! Oui, plus que toute autre l’étude de l’histoire naturelle, il me semble, élève l’âme et rend plus intimes les liens qui unissent la créature à son Créateur.?f VT mm * ri ¦ , .-''i" r; ¦ ms A ÈmaÉÊÊ wSÈMû .•V».‘mm - - : t" 1 ^ ¦ ." -‘E'yv i ‘ ''t' Fig.1, la chauve-souris.Fig.2, le hérisson.Fig.3, la musaraigne.Fig.4, la taupe.Vous n’oublierez jamais, j’ose l’espérer, les précieux services que rendent les oiseaux à l’agriculture et vous vous rappellerez que si la plupart des insectes sont nuisibles, il s’en trouve qui occupent les premières places parmi les auxiliaires du cultivateur.Si, nombreux sont les ennemis de nos récoltes, nombreux aussi en sont les protecteurs.Sans l’aide de ces derniers, que pourrait l’agriculture contre les hordes affamées des premiers qui, chaque année, se multiplient dans des proportions prodigieuses.Je vous l’ai dit déjà, abandonné à ses propres ressources, le cultivateur assisterait impuissant à la destruction complète de ses récoltes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 91 Nous allons maintenant passer à l’étude des mammifères, classe dans laquelle se rangent de précieux auxiliaires de l’agriculture.Disons d’abord que les êtres appartenant à cette classe sont pourvus d’un squelette, ont le sang chaud, la peau garnie de poils et mettent au monde leurs petits tout vivants.Comprenant une très grande variété de formes, la classe des mammifères a des représentants sur terre, tels le cheval, la vache, etc., dans les airs, telle la chauve-souris, dans les eaux, tels les phoques.L’image ci-contre vous en fait voir quelques-uns que vous reconnaissez sans peine, j’en suis sûr.Mais si je vous demandais s’ils sont amis ou ennemis de l’agriculteur, vous seriez peut-être fort embarrassés de répondre à ma question.Yvon.—Pour ma part, j’ai toujours pensé que ces animaux étaient franchement nuisibles; aussi, ai-je cru bien faire en les tuant lorsqu’ils se trouvaient à ma portée.Maître.—-Lorsque vous aurez appris à les connaître, vous ne manquerez pas d’admettre qu’ils sont dignes d’un meilleur sort; mais voyons plutôt.LA CHAUVE-SOURIS Nous savons tous aujourd’hui que cet être n’est pas un oiseau mais bien un mammifère.Si, surmontant la peur enfantine et injustifiée qu’il vous inspire, vous le prenez dans vos mains et l’observez, vous constaterez que son corps est recouvert de poils, qu’il n’a pas le bec d’un oiseau mais une véritable bouche, que ses maxillaires sont garnis de dents aigues, qu’enfin ses ailes sont formées par la peau des flancs démesurément étendue et soutenue par les doigts des membres antérieurs.La femelle ne pond pas à la manière des oiseaux, mais elle met' au monde ses petits tout vivants, généralement un seul chaoue année et au printemps.La nourriture de la chauve-souris se compose exclusivement d’insectes qu’elle gobe au passage.Par une calme soirée d’été, alors que les ombres de la nuit chassent les dernières lueurs crépusculaires, vous la voyez aller et venir d’un vol tortueux mais silencieux, tel celui du léger papillon; c’est le temps qu’elle choisit pour se procurer sa nourriture.Gare alors aux moustiques, aux phalènes, aux teignes, aux gros hannetons même qui eux aussi affectionnent les heures crépusculaires; l’un après l’autre ils sont gobés par la chauve-souris dont l’appétit paraît insatiable.Une centaine de mouches ou encore une douzaine de gros hannetons sont à peine suffisants pour un seul repas.Lorsque enfin elle sera repue, elle cherchera la tranquillité de quelque sombre retraite, le creux d’un arbre, un clocher, une cheminée, une grotte où elle restera immobile, accrochée la tête en bas par les membres postérieurs.Le jour suivant, dès l’apparition du crépuscule, elle quittera sa retraite et, poussée par la faim, recommencera à chasser.Si grande est la tendresse de la mère pour son petit qu’elle ne le quitte jamais et c’est un spectacle vraiment curieux de la voir voler avec sa progéniture cramponnée sous son ventre, sans que ce fardeau relativement lourd paraisse l’incommoder.La crainte qu’on éprouve généralement à la vue d’une chauve-souris n’est nullement justifiée; moins justifiable encore est la stupide extermination qu’on en fait.Incapables de nous faire le moindre mal, ces êtres, au contraire, rendent d’inappréciables services par D destruction d’une foule d’insectes ravageurs.Laissons donc vivre en paix ces pauvres bêtes qui défendent si vaillamment nos récoltes.LE HÉ RISSON Ce mammifère, comme la chauve-souris, est insectivore et vit un peu partout dans les endroits où il peut trouver nourriture et retraite.Il ne sort guère que la nuit et consomme au cours de ses excursions une grande quantité d’insectes nuisibles dont il fait sa nourriture.Il est, à ce titre, un précieux auxiliaire et on peut dire que les jardins où il s’en trouve un ou deux sont bien protégés.Malheureusement cet animal est sujet à caution, car à l’occasion il ne se fera pas scrupule d’étrangler lapins et poulets.Cet animal a la partie supérieure du corps recouverte de piquants qui lui font une armure défensive.A l’approche d’un ennemi, il se roule en boule, ses piquants se hérissent et gare alors au chien qui aurait la témérité de le happer; son museau porterait longtemps les cuisants souvenirs de son audace.Le hérisson a une longueur de huit à neuf pouces, son poil est brun foncé avec l'extrémité plus claire.' Quoique très calomnié pour les quelques méfaits dont il peut se rendre coupable dans les clapiers et les poulaillers mal protégés, il rend au potager de réels services en dévorant les insectes, limaces, chenilles, vers qui s’y trouvent.On prétend que ce mammifère peut sans 92 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE aucun inconvénient subir les morsures de la vipère et dévorer force cantharides, lesquelles, nous l’avons dit déjà, sont un poison mortel pour tout autre animal.Lorsque les froids d’automne ont chassé les insectes et que le hérisson ne peut plus trouver sa nourriture, il se cherche un abri souterrain entre les racines de quelque souche d’arbre ou sous un amas de pierres, y transporte des herbes et des feuilles sèches et s’y endort d’un sommeil profond qui ne finira qu’avec le retour du printemps.Louis.—Cet animal a sans doute la précaution de transporter à l’automne des vivres dans sa retraite?Matîre.—Cette prévoyance serait parfaitement inutile; créé de manière à pouvoir supporter un long jeûne, le hérisson peut pendant ce long et lourd sommeil vivre aux dépens de la graisse qu’il a accumulée sur lui-même au temps de l’abondance des vivres.Cet état d’engourdissement dans lequel il passe l’hiver et qui ne diffère de la mort que parce qu’il prend fin, se nomme hibernation et les êtres qui le subissent, tels la marmotte, l’ours, les batraciens, etc., sont dits animaux hibernants.La destruction irréfléchie qu’on fait du hérisson, l’exécration à laquelle il est généralement voué sont les causes principales de la disparition graduelle de cette espèce.LA MUSARAIGNE Ce mammifère, le plus petit de tous puisqu’il ne mesure à peine que deux pouces de longueur, ressemble beaucoup à la souris bien qu’il ait le museau plus long et la tête plus effilée que cette dernière.Ce petit animal est un autre chasseur nocturne qui se nourrit exclusivement d’insectes nuisibles et auquel on ne peut reprocher le moindre méfait.Il mérite donc notre entière protection.Vous avez souvent trouvé, le matin, des musaraignes mortes dans les allées du jardin, autour des maisons ou le long des routes.Ces pauvres petites bêtes ont été tuées par les chats ou les oiseaux nocturnes qui les ont prises pour des souris, mais qui, rebutés par la forte senteur de musc qu’elles dégagent, se sont empressés de les relâcher.{A suivre) E.LitalieN, insp.d’écoles.L’ANGLAIS A L’ÉCOLE PRIMAIRE (D’après “La Classe en Anglais” des Frères de l’Instiuction chrétienne) SOMEBODY’S MOTHER (Concluded) (1) Read the first sentence of the fifth paragraph.—Two or three of the more thoughtless among the boys were ready to laugh at him for stopping to help an old woman.Had those boys stopped to wait for the kind boy?No, they had not stopped to wait for the kind boy; they had kept on running.How did the kind-hearted boy overtake them ?—He had hastened with a light and happy heart, to catch up with them.Were all the boys ready to laugh at him ?—No, only two or three of the boys were ready to laugh at him.What adjective is applied to those boys ?They are said to be thoughtless.Explain the meaning of “thoughtless”.—Thoughtless means destitute of thoughts, giddy, careless, heedless, inconsiderate, unreflecting, light-headed.Why were these boys 'thoughtless ?—They were thoughtless because they did not stop to reflect that it was better to perform a kind action than to enjoy some fun with their companions.(1) Voir L'Enseignement Primaire de septembre 1928. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 93 What is the opposite of thoughtless ?—Thoughtful is the opposite of thoughtless.Who was thoughtful in this particular case ?—The boy who had helped the poor old woman across the street was the thoughtful boy.Were all the boys of that crowd thoughtless ?—Yes, they all were thoughtless, but some were more thoughtless than others.What shows it in the sentence ?—It is said that two or three of the more thoughtless boys were ready to laugh at him.What do you infer from that ?—I infer that they were all more or less thoughtless, but that two or three were more thoughtless than the rest.What do you suppose some of the boys said?—Some might have spoken thus, jesting?— How much did the old woman pay to help her across?—Was that your mother?-—How long did it take you to go across the road ?etc., etc.Read the land boy’s answer ?—“It was only a little thing to do, boys; and then, she is somebody’s mother.Some one, some time, may give a helping hand to my mother, if it ever happens that she is poor and old, and her own boy is far away.” How did the boy consider his own act ?—He considered it only a little thing to do.What did he consider a little thing to do ?—Helping the poor old woman across the street was the thing that he considered a little thing to do.What is a little thing ?—A little thing is a small thing, something of small importance.Show by the rest of the sentence that the boy was really thoughtful.—The boy added: “She is somebody’s mother.Some one, some time, may give a helping hand to my mother, if it ever happens that she is poor and old, and her own boy is far away.” Did the boy know the woman ?—No, the boy did not know the woman.Did he knows any one related to the woman ?No; his expression: “She is somebody’s mother”, shows that he did not know any one related to the woman.What reason did he give for helping the woman ?He helped her out of kindness, of course.But he also reflected that some day, his own dear mother, might be in such a plight as the old woman; and then he would wish some one to help her as he did himself help that “somebody’s mother”.Does the boy expect his mother to become poor?—No, he does not, and if it depends upon him, she will never want anything.What expression shows that the boy will see to his mother’s welfare ?—The words if it ever happens imply the idea that it is not likely that his mother will want anything, as long as he can work and take care of her.Where does he intend to stay ?—He intends to stay with his mother.Is he sure that he will always be near his mother?—No,he is not sure of it; hence he adds: “if her own boy is far away”.What could take the boy away from his mother?—Circumstances, such as the necessity of earning a living in desolate places, the needs of business, war, might oblige the boy to be, for a while, at least, away from his mother.What do you think of the boy’s answer ?—I think that the answer of the boy to his thoughtless playmates, is very noble.It shows how kind a heart he has, that he did not act, simply on the impulse of the moment, but out of principles based in Christian charity.What did his companions answer?—His companions did not answer him.Why did they keep silent ?—They kept silence because they felt that the boy was right; at the same time they must have keenly felt ashamed of their own conduct, and of the sneers with which they had greeted their more courageous playmate.Read the last paragraph.—That night when the poor old woman knelt down in her humble home the prayer she made was: “God be kind to that noble boy, and bless him in every kind of need.” What must have been the constant thought in the woman’s mind that evening ?—That evening the woman must have had constantly in her mind, the kindness of that boy.To whom else might her thoughts have wandered ?—She might have been thinking of her own boy wandering in distant lands, unable to give her a helping hand when she so much needed it; or else, she might be left all alone in this miserable world.Her only son, once the pride of that good mother, might have been suddenly taken away from her by death; this could explain for her miserable state.Of what moment of the evening is it spoken in the last paragraph ?—It is spoken of the time before the woman retired for the night.What did the poor old woman do then ?—The poor old woman knelt down in her humble home.Who knelt down in her humble home ?—The poor old woman did.What is the meaning of knelt ?—Knelt is the past tense of the verb to kneel which means to be on the knees, to go on the knees.Why did the woman kneel down ?—She knelt down to say or recite her night prayers.Y hy do you usually kneel down ?—We usually kneel down when we recite our prayers.Where did the woman kneel down ?—She knelt down in her humble home. 94 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE What is the meaning of home ?Home means a dwelling place, the abode of a family; it also means the place or locality which one inhabits.Give the meaning of “humble”?—Here “humble”, means poor, lowly, mean, plain, modest.What prayer did the women make that evening ?—She made a thanksgiving prayer, thanking God for the kind help.He had sent her in suggesting a kind act to that nice little boy.Then she begged God’s blessing upon the head of the kind-hearted school boy.What words are repeated in the selection ?—The words she said in her prayers: “God be kind to that noble boy, and bless him in every time of need!”, are repeated in the selection.What do you think of the action of the boy ?—The boy performed a very noble act; he showed a very, generous heart, and deserved God’s blessings for his good deed.j What Christian virtue is here illustrated?—The Christian virtue of charity is here very well illustrated.The boy put in practice the golden Rule: “Do to others what you would like them to do to you!” Tell the story in a few words.On a cold winter’s day, a poor old woman was trying to cross a crowded street.She had been waiting for a long while, when a crowd of school boys passed her shouting and laughing.One of them, the brighter of them all, stopped and guided her in safety to the other side of the street.Without heaving her thanks, the kind boy hastened to overtake his young friends, some of whom were ready to laugh at him for helping a poor old woman.But he cut short their jeers by telling them that he helped somebody's mother, and he hoped that if sometime his own mother were in need of assistance, she would find a noble boy who would lend her a helping hand.That night, the good old woman prayed in her humble home for the young, noble lad, asking God to bless him in every time of need.Fr.I.C.DEUX GRANDES ÉPISTOLIÈRES : MADAME DE SËVIGNÊ ET MADAME SWETCHINE Echo d’un débat littéraire (Suite) (1) Aucune méchanceté, tout au plus se permet-elle quelques innocentes malices qu’il est amusant de relever.Elle s’adresse à madame de Grignan, lui parlant comme tout bas à l’oreille: “Nous rions un peu de notre prochain et il est plaisant ici le prochain.Pomenard est divin! Il n’y a point d’homme à qui je souhaite plus volontiers deux têtes: jamais la sienne n’ira jusqu’au bout”.“Mon Dieu! qu’il y a des folies dans le monde! Quelquefois, il me semble que je vois les loges et les barreaux devant ceux qui me parlent et je ne doute pas aussi qu’ils ne voient les miens.” “Vous souvient-il, ma fille, quand nous avions tous ces Fouesnels et que nous attendions avec tant d’impatience le précieux moment de leur départ?Quel adieu gai nous leur faisions intérieurement! Quelle crainte qu’ils ne cédassent aux fausses prières que nous leur faisions de demeurer! Quelle douceur quand nous en étions délivrés et, comme nous trouvions qu’une mauvaise compagnie était bien meilleure qu’une bonne qui vous laisse tout affligé quand elle part, au lieu que l’autre, alors, vous rafraîchit le sang et vous fait respirer d’aise.Je viens de sentir ce délicieux état.” A ce même propos, sur une autre feuille, elle écrit: “On vous aime mieux encore quand on en voit d’autres.” Voici toujours du même sel: “Je ne sais rien de ce qui s’est passé à la noce.J’ignore si ce fut à la face du soleil ou de la lune.Cependant, je vous dirai une nouvelle, la plus extraordinaire que vous puissiez apprendre: c’est que Monsieur le Prince fit faire hier sa barbe!” Parlant d’une défaite des Hollandais: “Ils ont été tellement épouvantés de notre canon que les nerfs qui servent à tourner le dos et ceux qui font remuer les jambes pour s’enfuir n’ont pas été arrêtés par la volonté d’acquérir de la gloire, et voilà ce qui fait que nous prenons des villes.” Une autre fois, il s’agit d’une sorcière: “Elle a empoisonné son père, ses frères, un de ses enfants et elle-même, mais ce n’était que pour essayer d’un contrepoison.La Méclée de la tragédie n’en fait pas tant!” (1) Voir L’Enseignement Primaire de septembre 1928. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 95 On le sent, madame de Sévigne est de bonne humeur.Il nous semble qu’un Sourire préside au coin des lèvres à tout ce que trace sa plume.Si quelques individus sont regardés un peu d’un œil moqueur, le plus souvent, la bonne marquise emploie plutôt de cet esprit de première qualité qui pétille sans brûler personne.Entendez-la parler de la température: “Il pleut à verse et nous ne savons plus s’il y a un soleil au monde.” “On se tire de l’ennui comme des mauvais chemins: on ne voit personne demeurer au milieu d’un mois pour n’avoir pas le courage de l’achever.” Puis, de sa condition de santé: “Devinez ce que c’est que la chose du monde qui vient le plus vite et qui s’en va le plus lentement, qui vous fait approcher le plus près de la convalescence et qui vous en retire le plus loin; qui vous fait toucher l’état le plus agréable et qui vous empêche le plus d’en jouir; qui vous donne les plus belles espérances et qui en éloigne le plus l’effet; ne sauriez-vous deviner?Je vous conjure tous de respecter avec tremblement cela qui s’appelle un rhumatisme.” “Si les médecins me défendaient de vous écrire, je leur défendrais de manger et de respirer pour voir comme ils se trouveraient de ce régime.” Un printemps,, madame de Grignan voyage dans des chemins rendus dangereux par les crues de rivières, elle reçoit cette exhortation: “Promettez-moi de prendre toujours le plus sûr, même si c’est le plus long: il n’\ a nulle comparaison entre s’ennuyer et se noyer.” Madame de Sévigné entreprend à son tour un trajet plus nécessaire qu’attrayant et l’annonce ainsi: “Je cours en Bretagne avec un chagrin insurmontable.J’y vais et pour y aller et pour y être un peu et pour y avoir été.” Enfin, on ne court pas douze lignes sans qu’éclate un de ces mots allègres et rieurs.La comparaison qu’elle faisait sur les fables de Lafontaine s’applique bien à ses lettres: “C’est comme un panier de cerises, on commence par manger les plus belles et on finit par manger tout.” Mais pour les lettres, pas en une fois, vu leur multitude: deux cent cinquante à la seule madame de Grignan et six autres volumes en plus! Selon certain proverbe russe, il faut plus d’un jour pour faire le tour d’une personne,—et combien donc pour longer une telle correspondance où tant de points nous arrêtent au passage et nous retiennent! Mais voyons encore au moins le talent que madame de Sévigné met à la description: “J’ai été à cette noce, que vous dirai-je?Magnificence, illumination, toute la France, habits rebrochés d’or, pierreries, brasiers de feux et de fleurs, embarras de carosses, cris dans la rue, flambeaux allumés, reculements et gens roués, enfin le tourbillon, la dissipation, les demandes sans réponse, les compliments sans savoir ce qu’on dit, les civilités sans savoir à qui l’on parle.Du milieu de tout cela, il sortit Quelques questions de votre santé, à quoi ne m’étant pas assez pressée de répondre, ceux qui les faisaient sont demeurés dans l’ignorance et l’indifférence de ce qui en est.O vanité des vanités!” Narrer lui est aussi naturel, elle est historien et des meilleurs sur cette page: “Je vous écris une des plus fâcheuses pertes qui pût arriver au royaume: c’est la mort de Turenne.Le roi en a été affligé comme on doit l’être de la perte du plus grand capitaine et du plus honnête homme du monde.Jamais défunt n’a été regretté si sincèrement: tout Paris et tout le peuple étaient dans le trouble et l’émotion; chacun parlait et s’attroupait pour louanger ce héros.C’est après trois mois d’une conduite que les gens du métier ne se lassent point d’admirer, qu’arrive le dernier jour de sa gloire et de sa vie.Il alla sur une petite hauteur pour observer la marche de l’ennemi; on tire de loin à l’aventure un malheureux coup de canon qui l’atteint.Il ouvre de grands yeux puis demeure tranquille pour jamais.Monsieur Delorge commande à la place de son oncle: rien ne peut être comparable à la violente affliction de cette armée.” Madame de Sévigné se mêle aussi, à l’occasion, d’essayer du roman.Voyez à quelle allure: “Je vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus merveilleuse, la plus étourdissante, la, plus inouïe, la plus singulière, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu’aujourd’hui, la plus digne d’envie, enfin une chose dont on ne trouve qu’un exemple dans les siècles passés, encore cet exemple n’est-il pas juste; une chose que nous ne saurions croire à Paris, comment la pourrait-on croire à Lyon?une chose qui se fera dimanche et qui ne sera peut-être pas faite lundi, une chose.: Monsieur de Lauzun épouse dimanche, au Louvre, devinez qui?.’’Et les mystifications reprennent durant vingt lignes jusqu’à l’aveu: “Il épouse, dimanche, au Louvre, avec la permission du Roi, mademoiselle, mademoiselle de., il épouse mademoiselle.ma foi! (j’en passe) mademoiselle.Mademoiselle, la grande Mademoiselle destinée au trône.Si vous criez, si vous dites que cela est faux, qu’on se moque de vous, nous trouverons que vous _avez raison, nous en avons fait autant que vous.” C’est là la première partie du roman; une autre lettre présente la deuxième: “Ce qui 96 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE s’appelle tomber des nues, c’est cequi arriva hier soir aux Tuileries; mais il faut reprendre les choses de plus loin.Vous en êtes à la joie, aux transports de la princesse et de son bienheureux amant.Ce fut donc lundi que la chose fut déclarée, le mardi se passa à s’étonner, à complimenter.Le contrat fut dressé ensuite; mais sur les sept heures du soir, la Reine, Monsieur et plusieurs barbons firent entendre à Sa Majesté que cette affaire faisait tort à sa réputation, en sorte qu’après avoir fait venir Mademoiselle et Monsieur de Lauzun, le Roi leur déclara devant Monsieur le Prince qu’il leur défendait absolument de songer à ce mariage.Monsieur de Lauzun reçut cet ordre avec tout le respect, toute la fermeté et tout le désespoir que méritait une si grande chute.Ce qu’il a perdu est sans prix, mais les bonnes grâces du roi qu’il a conservées sont sans prix aussi et sa fortune ne paraît pas déplorée.Mademoiselle a fort bien fait de son côté; elle a bien pleuré, elle a recommencé aujourd’hui à rendre ses devoirs au Louvre dont elle avait reçu toutes les visites.Voilà qui est fini!” (A suivre) Les Élèves-Institutrices de l’École normale de la Congrégation de N.-D., Montréal.EMPARONS-NOUS DU SOL Restons chez nous UNE LEÇON DE “COLONISATION” Voilà un jeune colon, au cœur vaillant et à l’âme fière, sur une terre en bois debout, dans une de nos belles régions de colonisation de la Province de Québec.Il débute avec un cœur vaillant, deux bons bras, une hache, une poche de provisions et quelques piastres dans son gousset.Chaque coup de hache, chaque coup de pioche, chaque coup de charrue, chaque sueur sont comptés à son crédit.Il est bientôt étonné et réjoui à la vue de ce que lui rapportent les fruits de son travail.Il récolte d’abord pour nourrir sa famille et ses animaux.I)éjà il se sent libre et indépendant.Lui aussi, il a fondé un foyer prospère.A mesure que sa famille augmente, la production aussi augmente, et à tel point que le voilà avec un surplus.Il vend de ses produits; c’est déjà l’aisance qui commence pour lui.Les jours durs sont finis.Ses nombreux enfants ne lui sont pas à charge, au contraire; plus il en a, plus il s’aperçoit qu’il est riche.Il lui en coûte peu pour les nourrir et les vêtir.Leur travail, joint au sien, lui permet d’agrandir ses champs, d’améliorer sa culture, d’élever plus de bestiaux.Ét pas de soucis, pas de chômage, pas de crise à redouter.Peu importe à l’habitant que le prix du pain, du lait, de la viande, des œufs, du bois et du charbon augmente toujours.Il a son caveau et son grenier remplis de provisions, son abri plein de bois.La terre ne chôme jamais, elle lui fournit tout en abondance.Heureux producteur qui ne craint pas la famine! Il est le premier servi, et c’est son surplus qui va à la ville.Et le terrien c^mme l'ouvrier vieillit, mais son travail a été productif pour lui et les siens.Plus il a travaillé pendant sa vie, plus il possède maintenant.Sa vieillesse sera heureuse, paisible, sans amertume.Et quand il meurt, quelle consolation pour lui de laisser à sa famille un beau bien en héritage.Sa femme et ses enfants sont à l’abri de la misère sur la terre qu’il a défrichée, dans la maison qu’il a construite.Par la vertu de son travail et de ses sueurs, la terre en bois debout est devenue une belle ferme; il n’a pas peiné en vain; il peut dormir en paix son dernier sommeil, il a été utile à sa famille, à sa patrie.Oui, honneur à toi, petit défricheur! comme l’a si bien dit un des nôtres.De tes coups de hache et de tes coups de charrue est né le Canada français.Voilà le tableau que ne sauraient trop contempler et méditer nos fils de cultivateurs qui ont à se déplacer et nos ouvriers urbains qu: ne trouvent dans l’industrie qu’une existence précaire.Leur avenir est dans leurs mains.Il dépend du choix qu’ils sauront faire entre deux carrières qui leur sont ouvertes.Hormisdas Magnan, Publiciste au Ministère de la Colonisation, à Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 97 ENSEIGNEMENT MÉNAGER OCTOBRE.—LA JOURNÉE MÉNAGÈRE A L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE l'KEMIEKE ANNEE DEUXIEME ANNEE TROIS.ET QUAT.ANNEES 8.45 Visite de propreté.—Notions d’hygiène, voir prog.du C.C.Toutes les élèves y prennent part: Propreté du corps—lavages quotidiens—savon—-eau froide.9.00 Explication du catéchisme: la leçon de troisième ou de quatrième année.Finir cette leçon par un trait de morale ou de justice 9.30 Lecture, exercices de langage de vocabulaire.Copie de quelques lignes de lecture.Ex.de grammaire: recherche des noms masculins.Préparation de la leçon de lecture: É.D.C.N.D., 4e, 5e, 6e,J7e, leçons dans le mois; Étude du vocabulaire.10.00 Copie de quelques mots choisis dans la lecture.Lecture, analyse, exercices de langage et de vocabulaire.Étude de la leçon de gram-nom et verbe Être dans ]e texte de la leçon d’É.Dom.10.30 Récitation du catéchisme et des prières sous un moniteur.Rédaction: questions tirées de la leçon de lect.É.Dom.et posées de façon à faire un tout.Lecture 4e, ou 5e, ou 6e, ou 7e, selon la date du mois.Exercices de langage, de vocabulaire et de redac- tion.11.00 Écriture au propre.Écriture au propre.Grammaire dans le texte.Analyse gram, et log.11.20 Enseignement ménager proprement dit: le sem.: Horticulture: conservation des légumes.2e sem.: Horticulture : les terrains.3e sem.: Tenue de la maison: balayage hygiénique et époussetage.4e sem.: Tenue de la maison: application pratique, le balayage.1.15 Préparation de la leçon d’arithmétique.Préparation de la leçon d’arithmétique.Leçon d’arith.1ère semaine: Mesurage des légumes.2e sem.: vente des légumes.3e sem.: frais de culture des légumes.4e sem.: bénéfices réalisés sur la vente des légumes.2.00 Récitation du catéchisme.Récitation du catéchisme.Rédaction tirée du texte.3.15 Raconter aux élèves sous une forme simple mais correcte: Une épluchette de blé d’Inde.—L’histoire de la seigneurie au Canada.—Un souper chez un seigneur Canadien.—Une corvée, etc.Un trait par semaine. 98 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COMPOSITION FRANÇAISE Mon village Il est, à l’est de la Province de Québec, un joli village dans lequel je demeure.C’est le village de Gaspé.On se rend à cette petite ville épiscopale par les chars ou par bateau.En arrivant par les chars, il faut traverser le bassin: c’est que le chemin de fer a son terminus à York situé juste en face de Gaspé.Il est certainement facile pour le voyageur québécois de se faire une haute idée de ce village, de cette traversée à la mode primitive, car on dit de notre ville que c’est un Québec en petit.Par mer, quel beau voyage! Supposons que nous partions de Montréal.Nous parcourons le fleuve Saint-Laurent.A la pointe des Monts, nous entrons dans le golfe du même nom; mais ne nous arrêtons pas à contempler les beautés pittoresques qui bordent la route jusqua Cap-des-Rosiers.Tout de suite, saluons la “Vielle”, gardienne de notre joli bassin de Gaspé.Puis voguons sur les flots calmes de cette “perle des eaux”, pendant une bonne demi-heure et plus même avant d’atteindre le port; car il faut détourner le banc de sable qui s’allonge jusqu’à trois milles à l’intérieur du bassin.Mais le voyageur charmé par le paysage pittoresque qui se déroule là-bas n’a garde de trouver monotone ce détour malencontreux.Fait-il soleil, un éblouissement de lumière se jouant dans les eaux pures viendra d’abord fixer son attention, provoquer son admiration.Puis, bientôt les hautes falaises couronnées de cimes verdoyantes clisposées en amphithéâtres fe-tonnent l’horizon rose et étalent aux regards le joli village dissimulé dans la verdure, au flanc de la colline, comme un nid printanier.Déjà il voit la croix du clocher paroissial qui doit lui rappeler Jacques Cartier, s’il est Canadien ou Français, parce que la cathédrale s’élève à peu près à l’endroit où le navigateur maloum planta, il y a quatre cents ans près, la croix aux lys.Plus loin, il verra l’évêché perdu dans les lilas où tout vain bruit meurt avant d’arriver jusqu’à ce palais épiscopal.Aussi, les concerts des oiseaux qui s’y donnent rendez-vous, s’harmonisant au bruit charmeur de la vague, font de cette solitude un “èden” plein de silence et d’harmonie.En gravissant une colline, le voyageur, toujours sous le charme, aperçoit le nouveau Séminaire puis, plus haut encore tout près du ciel, il distingue notre cher Monastère; c’est là, dans ces deux citadelles que grandit et se forme la jeunesse gaspésienne, espoir des jours glorieux de demain.Mais le bateau est entré au port et notre visiteur peut admirer maintenant, tout à son aise, notre petite ville.En face il pourra voir le nouvel Hôtel-Dieu qui commence déjà à dilater ses murs, vu le grand nombre de malades affluant de partout dans un local trop exigu.Il s’apercevra sans peine aussi que les constructions de notre port sont bien humbles, et que son développement au point de vue matériel est plus que modeste, malgré la fameuse scierie de pulpe à York, la saumo-nerie, le poste d’avion à gauche, et les brillantes promesses de chemin de fer à travers la péninsule, de pont reliant les deux rives du bassin, de port considérable en relation avec Calais, de riches mines p:opres à donner un développement considérable à notre petite cité.Si le bateau arrive le soir au clair de la lune, la féérie change d’aspect et sans enlever rien à ce qui peut charmer le voyageur.Tout le ciel se reflète dans l’eau et le village illuminé, à son tour, ajoute aux astres de nouveaux scintillements dans la glace mobile des flots transparents.Tout au loin une petite étoile seule persiste à ne pas se mirer dans les flots bleus.On la dirait rivée au ciel sans retour, c’est la lumière de notre cher nid, nouvelle étoile aux cieux de Gaspé, non la moins heureuse.On nous a déjà dit dans une conférence qu’il fallait avoir un idéal, un idéal pour élever la vie, autrement dit, il fallait “attacher son char à une étoile”; voilà qui nous est facile de bien des manières, à nous petites normaliennes de Gaspé.Merci aux généreux bienfaiteurs d’avoir su nous montrer les cimes et les cieux comme terme de nos aspirations jusque dans le site du nid qui nous abrite.Après avoir contemplé quelque temps les beautés naturelles de notre plage enchanteresse, on ne peut s’empêcher d’aimer la vie paisible que l’on doit y mener, car aucun bruit des grandes villes ne vient troubler sa solitude champêtre; sinon le clapotement de la vague sous l’effort de la rame, le cri de la mouette messagère du bateau qui lancera tout à l’heure son sifflement d’arrivée ou le gazouillis joyeux des petits chantres de nos bosquets.Oh! Il est bien joli mon village dans sa simple et pittoresque majesté! “Vive mon pays.mes amours!”.Une élève du cours élémentaire, première année.(École normale de Gaspé, mai 1928.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 99 ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE Hommage héroïque d’un enfant envers la Sainte Eucharistie—Un écho de la persécution au Mexique—Une belle leçon de catéchisme Au cours d’un article intitulé: “Restons sur les Sommets”, la revue Au Christ Roi, publiée à Paray-le-Monial, France, parle en termes émus et superbes de la persécution haineuse qui se poursuit au Mexique contre les catholiques.De cette page, digne des premiers siècles de l’histoire de l’Église, nous détachons le récit qui suit: A Mexico, un père de famille est arrêté pour “délit de religion”, crime abominable aux yeux de Galles et de ses satellites.Jeté dans un cachot, il ne peut communiquer ni avec les siens, ni avec aucun de ses amis.Il sait que le jour où s’ouvrira la porte de sa prison, l’œuvre de mort s’accomplira, et comme il sait aussi que dans Christ est toute la force des martyrs, il cherche jour et nuit le moyen d’obtenir la grâce d’une dernière communion.Une circonstance le favorise; il parvient à jeter dans la rue un papier qu’il tenait caché depuis quelques jours au prix de mille difficultés, et sur lequel est exprimé son ardent désir.Son désir, sans nul doute était aussi celui du Christ, car le papier tomba en des mains chrétiennes, et fut porté aussitôt à sa famille.O divine et toute suave coïncidence! Justement, à ce foyer, glorieux déjà par l’héroïcité de son chef, on fêtait la première communion de l’un des enfants, petit garçon à peine âgé de dix ans.En ce jour de saintes joies et d’intraduisibles émotions, oïï le souvenir poignant du prisonnier n’a pas quitté un instant, ni le cœur de l’épouse, ni celui de l’enfant, il semble vraiment que ce pauvre billet soit une réponse à leur fidèle tendresse.Mais comment satisfaire à cet appel si pressant?Nul prêtre ne sera admis, fit-il d’avance le sacrifice de sa vie.Cependant, c’est vers celui qui a communié le matin même, l’enfant de la maison, que toute cette famille se tourne, avec l’espoir qu’il trouvera le moyen d’arriver jusqu’au prisonnier.^Le saint prêtre sait, pour l’avoir tenté inutilement bien des fois, qu’il ne réussira pas à pénétrer dans les geôles.Ni lui, ni personne, sauf, peut-être, l’enfant du prisonnier.Un enfant, et un enfant si jeune, peut-il inspirer la haine?Et la scène émouvante dont ce foyer fut le théâtre, se reconstitue d’elle-même: Le prêtre, très ému, une main sur la tête du petit premier communiant, plonge un regard interrogatif dans le sien.Il lui demande s’il est prêt à se rendre à la prison, porteur d’une Hostie consacrée.Sur sa réponse affirmative, il se tourne ensuite vers sa mère qui acquiesce en tremblant.H est décidé que la sainte Hostie, enfermée dans une bourse de soie, sera dissimulée dans ses vêtements.Les préparatifs sont faits hâtivement.Le prêtre est à genoux, et de toute sa^ ferveur appelle la grâce divine sur la démarche dont il assume la responsabilité.Il se relève, monte lentement à l’autel, prend l’Hostie et la dépose très près du cœur de ce vaillant enfant dont les yeux brillent d’une sainte fierté.Toute la famille s’écarte avec respect devant lui, qui, par deux fois, en ce jour solennel devient le tabernacle vivant du Christ Sacramenté.^ Rapide, il s’éloigne.Ses yeux se détournent de toutes les attractions de la rue; le voilà déjà au terme de sa course.Il formule sa demande, la soldatesque ricane, il insiste.Enfin, on le conduit au chef.Son cœur bat bien fort: il porte le doux Jésus, et il va revoir son père! u , • 8 > 18' 1 3 1 2 1 9 1 5 1 8 6 > 1 0’ 5 > 4 > 5 ’ 3.Exprimez en nombres mixtes les fractions suivantes: Ex.:i3=2i 4.Transformez en fractions improprement dites les nombres mixtes ci- après: 2^, 3f, 1|-, 2 y y, %t> H Ex.: 234= f.5.Un cultivateur avait 220 minots de blé.Il en a vendu 75f minots, en a semé 26^ et en a consommé 12-f- pour son usage.Combien lui en reste-t-il ?Solution : 75 + 26 + 12 = 113 minots.HS + l-j^Y = 114TVg- minots.220 - 1 14y^V = 105t^ô- RéV- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 111 COURS SUPÉRIEUR 5e ANNÉE 1.En vendant de l’étoffe du pays à S 1.50 une fermière perd ^ du coût de la fabrication.Combien devrait-elle la vendre pour gagner du prix\ coûtant ?Solution: Puisqu’elle perd -g-, elle ne vend que -§- du prix coûtant.f = $1.50 1—1-50 | = ,1.50X6^,80 Pour gagner -jL-, ü faut vendre -yg- du coût.^• = $1.80Xy^- = $1.98.Réy.2.Un cultivateur m.élange ensemble de l’avoine, du blé-d’Inde et de l’orge dans la proportion de 4 Ibs d’avoine pour 3 livres de blé d’Inde et 2 Ibs d’orge.Quelle fraction du mélange représente l’orge?Combien d’orge y a-t-il dans un mélange de 450 Ibs ?Solution : 4 Ibs + 3 Ibs + 2 1b.font 9 Ibs de mélange.Les 2 Ibs d’orge =-| du mélange.Dans 450 Ibs il y a 450Xf- = 100 Ibs d’orge.Rép.3.Une fermière vend au marché 493/2 livres de beurre à 28|- sous la livre et emploie cet argent pour acheter du coton à 6-| sous la verge.Combien de verges aura-t-elle ?Solution : La vente =28|-X493^ = %6 X-^- = $14.19.$14.19-^- ,06f = 14.19-h-^3- = 14.19X 353 = 215.Rép.6e ANNÉE 4-5Jlj8 2 6 2 1 8—8 6 7 — 9 - B AA = P, AA = SJJL u5 6 u5 6 5 6 1.Simplifiez (7-g-f-5y - 6y) ^ (y de 8f-) de (7|-a-8|-) Solution: 7-|-+5y (4- de 8f) =4-de ^ (7|A8f)=-V-X 'fi' de f 18 9 3 7 7 5 6 2 0 8 _ 3 7 7 -y 18 9 18 9 5 6 208 128 =6ï¥8- Rév- 2.A peut faire un ouvrage en 7 jours, B.en 10 jours et C en 14 jours.Combien de temps faudra-t-il à C pour finir le travail après que A et B auront travaillé chacun 2 jours?Solution : A en 1 jour fait 4- et en 2 jours y.B en 1 jour fait yg-et en 2 jours y y.Ensemble en 2 jours.2 0+14 3 4 1 7 7 1 1 0 70 70 35 -yf - 4T = 'g~§' ce ffui reste à faire.C en 1 jour fait ^y AS._1— — A_8 Y 2.— _3JL — 7A irmrc 35 • 14"“ 5 Xl — 5 5 JOUrS.Rép. 112 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3.Divisez 2 jours 7 hrs 9 mi.18 s.par 3 hrs.27 mi.42 s.Solution : Je réduis les deux nombres complexes en secondes.a) 2X24 + 7=55 hrs 55X60 + 9 = 3309 m.3309X60+18 = 198558 s.b) 3X60 + 27 = 207 m.207X60+42=12462 s.198,558 = 12462 =15lifou 15^f.Rêp.SECTIONS AGRICOLE, COMMERCIALE, MÉNAGÈRE 7e ANNÉE Arithmétique 1.Si 3 Ibs de blé donne 2 Ibs de farine, com.bien de barils de farine (196 Ibs) fera-t-on avec 343 minots de blé?Solution : 343X60 = 20580 Ibs.blé.jML58.0X2.= 13720 Ibs farine.13720= 196 = 70 barils.Rép.2.Trouvez le p.g.c.d.de 157 jrs 7 hr.4 m.7s.et 243 jrs 2 hrs 11 m.49 s.Solution : Il faut convertir en secondes: a) 157X24 + 7=3775 hrs.3775X60 + 4 = 226,504 m.226504X60 + 7 = 13,590,247 s.b) 243X24 + 2 = 5834.5834X60 + 11 =350,051 m.350,051 X60+49=21,003,109 s.Cherchons maintenant le p.g.c.d.par la méthode de division: 21,003,109= 13,590,247 = 1 et il reste 7,412,862.13,590,247 = 7,412,862 = 1 et il reste 6,177,385.7,412,862 = 6,177,385 = 1 et il reste 1,235,477 6,177,385=1,235,477=5 fois exactement.Le p.g.c.d.est donc 1,235,477 secondes.Faisons la réduction ascendante: 60 1,235,477s 60 20,591 m.17 s.24 343 h.11 m.17 s.14 j.7 h.11 m.17 s.Rép.3.Combien coûtera la construction d’une route de 4 milles 120 perches et 11 verges de longueur à raison de $7.60 le mlile ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 113 Solution: Réduisons 120 per.11 ver.en fraction de raille.120X5J4 + H =671 verges 1 mille = SX40X5= 1760 verges 671 ver — ^ — u* i vei.1 7 6 0 1 6 0 $760X41^.= $3329f.Réy.MESLRAGE (Voir section industrielle) 8e ANNÉE 1.Un marchand achète 5 barriques de mêlasse (63 gallons chacune) à 25 sous le gallon.Il paie $8.20 pour le fret et $1.80 pour le charroyage.Il perd 10% de la mêlasse à cause du coulage.Si 6% du montant total des ventes ne peuvent être perçus, combien devra-t-il vendre le gallon pour faire un profit net de 40 pour cent ?Solution : 63X0.25X5 =$78.75.Achat.$78.75+$8.20+$l.80 = $88.75.Prix de revient.$88.75 X$1.40 = $124.25.Produit net désiré.$124.25-1-0.94 = $132.18.Total des ventes.132.18-L (63X5) =$0.466.RéV.2.Un, agent reçoit une consignation de 638 barils de pommes.Il vend le baril $2.50 et après avoir déduit sa commission à 2% il achète du sucre à 4 sous la livre en retenant une nouvelle commission de 1)^%.Quelle est sa commission totale et combien de quintaux de sucre achète-t-il ?Solution : 638 X $2.50 = $1595.Prix de vente.La corn, pour cette vente =$1595.X.02 = $31.90.Le produit net =$1595.- $31.90 = $1563.10.Le quintal de sucre coûte $4.00 et la corn.=$0.06.“ “ revient donc à $4.06.Le nombre de quintaux achetés = $1563.10 = $4.06 = 385.Rép.La corn., pour l’achat =$0.06X395 = $23.10.La corn, totale =$31.90+$23.10 = $55.Rép.3.Pour quelle somme dois-je assurer ma maison estimée à $7930 de manière à couvrir la moitié de sa valeur et le montant de la prime à -g-% ?Solution : $7930 X H = $3965.A -g-%, $100 d’assurance couvre net $99|-Autant de fois $99-|- est contenue dans $3965.“ $100.d’assurance.$3965 = $99|- = 40.$100.X40 = $4000.Rép.MESURAGE (Voir section industrielle) 114 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SECTION INDUSTRIELLE 7e ANNÉE Mesurage 1.Une planche d’un pouce d’épaisseur et de 10 pieds de longueur a 6 pouces de large à un bout et 10 pouces à l’autre.Combien de pieds de bois contient-elle ?Solution : Cette planche a la forme d’un trapèze.La largeur moyenne =-^2—= 8 po.La superficie = (10X12) X8 Le nombre de pieds de bois = ¦-0^ ^ |-x 8 = 6-f.Rép.2.On a un morceau de terre en forme de losange.Chaque côté mesure 113 pieds et la petite diagonale est de 30 pieds.Quelle est la superficie de ce losange ?Solution : Ce losange contient 4 triangles droits ayant chacun 113 pour hypoténuse et pour hauteur.Trouvons la base d’un triangle: V 1132 — 152= 112.Base.~"~2
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.