L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 février 1930, Février
51e Vol.Québec, Février 1930 N° 6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION PÉDAGOGIE REMERCIEMENTS POUR TEMOIGNAGES REÇUS Dans une prochaine livraison, nous publierons quelques-uns des bienveillants témoignages que nous avons reçus à l’occasion du cinquantenaire ào, L’Enseignement Primaire, ainsi que les appréciations flatteuses des journaux et des revues.Merci à tous ceux qui ont bien voulu nous témoigner leur sympathie en cette mémorable circonstance.Gratitude particulière à Sa Sainteté Pie XI, pour le témoignage de bienveillance et d’approbation que le Cardinal Gasparri, Secrétaire d’État, nous a transmis en son nom.Reconnaissance profonde à Son Éminence le Cardinal Rouleau, archevêque de Québec, qui a eu la bonté d’attirer l’attention du Chef Suprême de l’Église sur notre modeste revue.Un sincère merci à l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, qui a bien voulu signaler, en termes flatteurs, dans son rapport annuel à la Législature, le cinquantenaire de la fondation de L'Enseignement Primaire.C.-J.Magnan, UN ANCIEN COLLABORATEUR En repassant la liste de nos anciens collaborateurs, nous avons constaté avec regret que le nom de M.l’abbé Élie-J.Auclair, membre de la Société Royale du Canada, avait été malheureusement omis de cette liste.Que notre bon ami de toujours nous pardonne cet oubli bien involontaire. 378 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ENSEIGNEMENT RELIGIEUX A L’ÉCOLE O Pour prolonger le travail commencé dans la famille, vient l’école.Heureuse l’école qui trouve l’enfant déjà formé par l’éducation religieuse, dans une famille chrétienne, où il a appris à vivre sa religion avant d’apprendre le catéchisme qui en contient les formules.Mais il arrive souvent, trop souvent, que l’éducation religieuse a manqué‘au foyer, au moins en partie.Croit-on y suppléer en lançant l’enfant dans l’étude du texte du catéchisme ?C’est une grave erreur que je m’autorise à dénoncer et que je ne crains pas de qualifier de procédé contre nature; c’est une monstruosité au point de vue pédagogique.Si l’enfant arrivait à l’école sans connaître rien de la langue qu’il doit parler, pense-t-on pouvoir lui apprendre le langage en lui mettant une grammaire entre les mains ?Pas le moins du monde.Il apprendrait, comme en famille, en entendant parler les autres, en écoutant comment on appelle et on qualifie les personnes et les choses qui l’entourent, comment on exprime les actes que l’on fait, les sentiments que l’on ressent, comment on agence sa phrase, puis en s’essayant lui-mtme à exprimer, à la suite des autres, ce qu’il voit et ce qu’il ressent.Ne raisonnez pas autrement, je vous prie, pour l’enseignement de la religion à l’enfant qui n’a pas reçu l’éducation première du foyer.Le maître—ou la maîtresse—doit se mettre en garde contre l’erreur qu’un enfant con-nait sa religion quand il récite imperturbablement le texte du catéchisme.Nous ne saurions trop répéter que la synthèse, l’abstrait, l’universel répugnent à la nature de l’enfant, et que le seul procédé d’enseignement qui lui convienne est le procédé intuitif, qui lui fait connaître les choses avant de lui en donner l’expression abstraite, qui lui fait vivre les réalités avant de lui en livrer les formules.Or, le catéchisme lui-même, par sa constitution, est une synthèse, ses formules sont abstraites, ses définitions générales; si on l’enseigne avant l’analyse, avant de faire vivre ou au moins faire connaître les choses, les réalités couvertes par ces formules concises, celles-ci demeurent abstraites, sans vie, sèches: “elles se placent dans la mémoire des enfants comme des fleurs desséchées collectionnées dans un herbier” (Beaudoin).Est-ce la guerre au texte du catéchisme ?—Oui, si l’on veut commencer par là, l’enseignement de la religion aux enfants; je dirai: guerre aux formules pendant toute l’éducation des enfants, si ces formules lui sont livrées vides de sens, incomprises, si le texte sans vie doit lui entrer dans la mémoire sans apporter à l’intelligence la lumière qui fait jaillir l’étincelle de la foi, la chaleur qui réchauffe le cœur, le stimulant qui meut la volonté, la vie enfin, pleine de réalités surnaturelies, les seules choses qui sanctifient une âme.La formule en elle-même est à jamais incapable de sauver une âme.Savoir par cœur n’est pas savoir quand la mémoire ne rappelle que les mots.Les choses, les réalités de la religion: voilà ce qu’il faut faire apprendre d’abord.Le temps viendra où l’enfant, s’étgnt assimilé ces choses, ayant vécu ces réalités, qu’il aura transformées en nourriture et en sang, qui seront passées dans sa vie pour faire partie de lui-même, qui seront devenues un principe de vie, le temps viendra alors, dis-je, où le catéchisme systématique aura son temps et sa place; les formules alors évoqueront le sens des réalités vivantes dont l’enfant se sera déjà imprégné.Elles seront comme des synthèses vivantes qui se retiendront d’autant mieux qu’elles seront riches de l’expérience antérieure.Si j’insiste tant, c’est que plus d’une expérience m’a convaincu que trop souvent on confond la connaissance de la religion avec la récitation du texte du catéchisme.Quand le regretté et saint Pontife Pie X donna le décret libérateur de la communion des tout petits en indiquant les connaissances qu’il leur suffisait d’avoir, on vit surgir une nuée d’éditeurs qui commirent des catéchismes d’occasion, donnant des questions et réponses sur les connaissances exigées par le décret pontifical.En vain le cardinal Gennari, la casuiste bien connu, (1) Pour renseignement religieux dans la famille”, voir L'Enseignement Primaire de décembre 1929. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 379 mit-il le monde catholique en garde contre le danger d’un tel procédé.Le siège était fait et en bien des endroits il resta admis que qui sait dévider de mémoire les formules du catéchisme connaît sa religion.Et les manuels continuèrent de pleuvoir.Pauvres petits! Eux qui entouraient pourtant Jésus si facilement, qui lui montaient sur les genoux et sur le dos pour recevoir ses caresses, ses embrassements et ses louanges, qui le connaissaient et l’aimaient sans connaître les formules savantes qui définissent sa personnalité et ses mystères ! La petite voyante de Lourdes, Bernadette, savait tellement peu son catéchisme—j’entends le texte, les formules—que le curé de Lourdes refusait de l’admettre à la première communion.Pourtant cette pieuse enfant vivait tellement sa religion qu’à cette époque la reine du ciel la choisissait comme l’instrument de la grande révélation du dix-neuvième siècle.J’ai connu des enfants qui, par défaut d’ouverture d’esprit, dû à l’âge ou au tempérament, ne pouvaient raisonner certaines formules bien qu’ils pussent parfaitement rendre compte des choses qu’elles expriment.Ainsi confondaient-ils invariablement les définitions des mystères quand on les leur demandait suivant la formule du catéchisme.Cependant leur demandait-on les choses elles-mêmes en usant de leurs mots familliers, ils répondaient très bien qu’il y a trois personnes en Dieu, qu’il y a un seul Dieu, que le Fils s’est fait homme et qu’il a racheté le monde en mourant pour nous.Je me rappelle encore les coups de règles reçus sur les doigts parce que je mêlais dans mes réponses de catéchisme les qualités de la contrition et celles de la confession.Pourtant si on m’avait questionné autrement, j’étais capable de répondre exactement que tel regret des péchés est capable ou incapable de nous en obtenir le pardon, et que la confession ne vaut rien si l’on ne se reconnaît pas coupable, si l’on n’accuse pas ses péchés tels qu’on les connaît et sans en cacher aucun.Ces formules, étranges pour un enfant de 8 ou 9 ans: intérieure, surnaturelle, universelle, souveraine—et humble, sincère, et entière—me produisaient autant de buées dans l’esprit que les coups de règles de la maîtresse m’en mettaient dans les yeux.Donnons donc les choses vivantes de la foi, du culte et de la morale', et attendons patiemment que l’esprit soit assez mûr pour adapter sûrement la formule inconnue à la réalité déjà connue.Donc à l’école appliquons-nous à reprendre, où c’est nécessaire, l’œuvre d’initiation que l’enfant aurait dû recevoir par le ministère de sa mère dans la famille.Donnons l’enseignement par la méthode vivante et sensible qui s’adresse aux yeux et aux oreilles, qui frappe son imagination, provoque sa sensibilité, entraine à l’action.La matière de cette première initiation pourra consister à éveiller chez les enfants le sens religieux et leur donner une haute idée de Dieu, de sa puissance, de sa bonté; leur apprendre à prier, c’est-à-dire à parler à Dieu avec leur cœur d’enfant; les instruire par l’image, par la leçon de choses, accompagnées d’explications; raconter les principaux événements de l’histoire Sainte et de l’Évangile; former la conscience; discipliner la volonté par certains actes de vertu demandés ou suggérés plutôt qu’imposés; habituer à agir par des motifs d’amour de Dieu.En somme notre vie repose sur quelques principes et quelques habitudes qui l’ont orientée et influencée dès l’enfance.Quand le temps d’apprendre la lettre du catéchisme est arrivé, rappelons-nous que nous ne sommes pas encore dispensés de continuer l’éducation religieuse par la méthode intuitive que j’ai prônée pour la famille.A l’école on ne peut étudier le texte du catéchisme que pendant un temps très court de la journée, avec un enfant de sept à dix ans; mais on devra faire autour de lui une atmosphère religieuse qui l’imprégnera tout le temps : le crucifix suspendu à la muraille, la prière bien faite au commencement et à la fin des exercices, le rappel à la discipline et au devoir par des motifs surnaturels bien appropriés, les textes de nos manuels ordinairement inspirés par un esprit religieux, les observations, remarques et commentaires, brefs mais bien inspirés, les sages avis, voilà autant de choses qui imprègnent graduellement l’esprit et le cœur de l’enfant et créent chez lui des états d’esprit, des habitudes qui deviennent des principes de vie.(à suivre).Mgr F.-X.Ross. 380 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA BEAUTE DE LA SAÏNTE-VIERGE Pour une réception d’enfants de Marie (Pour “L'Enseignement Primaire”) Tota pulchra es, et macula non est in te.CANTIQUE DES CANTIQUES, IV, 7.1° Beauté naturelle de Ma.rie: corporelle et spirituelle.2° Beauté surnaturelle de Marie: premiere, sans la tache originelle; acquise, par sa correspondance parfaite à un torrent continuel de grâces.3° Beauté céleste de Marie, surpassant celle de tous les anges et de tous les saints.La Reine.1° S’il y a eu, pariri les filles des hommes, une femme qui a été la plus belle de toutes, n’a-t-elle pas été celle que le Créateur avait, de toute éternité, prédestinée à être sa mère ?Et alors, de quel éclat n’ont pas brillé les traits de cette divine enfant, de cette jeune vierge incomparable, de cette auguste mère ?Les plus grands peintres ont mis tout leur génie à essayer de se les représenter.Celui qui s’en est tenu le moins éloigné probablement, Fra Angelico, avec le secours de la pureté et de la prière, se désespérait encore de ses imparfaites images.Mais qu’était l’âme qui animait cette perfection corporelle ?A n’en pas douter, la plus harmonieuse et la plus ravissante également: une intelligence tournée vers la vérité comme une fleur s’épanouissant à la lumière, une volonté déterminée à tout genre de bien, une imagination où toutes les beautés divines de la nature se peignaient en splendeur, un cœur brûlant des plus pures et des plus nobles affections; une subordination parfaite des puissances inférieures aux facultés spirituelles, enfin un type accompli de la créature humaine, chef-d’œuvre assurément de l’Artiste Créateur.Tota pulchra es.2° Cette beauté néanmoins pâlit devant la beauté surnaturelle de la Vierge Marie.Celle-ci est d’abord créée toute resplendissante de grâce.Elle est conçue sans la tache originelle, seule de tous les enfants d’Adam avant et après elle, gratifiée de ce privilège inouï.C’est l’immaculée.Tout de suite, par conséquent, elle ravit les regards divins par sa beauté unique.Cette grâce insigne est la source, en elle, d’une multitude d’autres grâces ineffables, fondées, comme la première, sur sa future dignité de Mère de Dieu.Tout homme ferait de sa mère la plus belle des créatures, s’il le pouvait.Dieu le pouvait, et il l’a fait, lui, la source de toute beauté, et la Beauté même.Il a fait sa Mère plus belle que le plus brillant de ses séraphins et que tous les anges ensemble, dont elle sera la Reine.Il admire lui-même cette beauté souveraine, car c’est son divin Esprit qui dit “Belle comme la lune, éclatante comme le soleil”, et qui s’écrie devant son ouvrage: Tota pulchra es, arnica mea, Tu es toute belle, ô ma bien aimée.Il se sert de cette délicieuse expression, car la beauté se remarque davantage dans l’amitié.3° La toute-puissance divine n’est pas épuisée.L’infini lui restant toujours, elle se réserve d’ajouter sans cesse de nouvelles perfections à Celle qui remplira chaque instant de sa vie terrestre par d’adorables correspondances à la grâce.Ce sera entre Marie et son Créateur et Fils un échange continuel, que dis-je?une surenchère incessante, de faveurs divines et d’ineffable amour.Non seulement le moindre péché n’effleurera jamais l’âme de la sainte Vierge, mais toutes les vertus, revêtues de l’éclat de sa charité, l’orneront et l’embelliront à un degré incomparable.Après avoir enfanté, nourri, élevé, entretenu, vu mourir pour les hommes, ressusciter et monter au ciel son divin Fils, jusqu’à un âge avancé, la Vierge Mère accumulera ainsi les mérites et accroîtra sa beauté surnaturelle: elle mourra d’un acte d’amour.Tota pulchra es. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 381 1 4° Elle ressuscite bientôt, et la cour céleste l’introduit dans son royaume, à la droite de Jésus-Christ, son Fils.Elle partage la gloire de ce Fils, qui est le Roi du ciel, comme elle a partagé le mystère de son Incarnation pour la Rédemption des hommes.Corédemptrice du genre humain elle entraîne au ciel tous ceux qui veulent la suivre et profiter du rachat inespéré.Elle a, selon la promesse de Dieu, écrasé la tête du serpent infernal, qui essaiera en vain de la mordre au talon.Et maintenant, et à jamais, dans les profondeurs de la Béatitude infinie, à l’acclamation: Saint Saint, Saint, adressée au Roi, par les élus et toutes les milices célestes, répond le cantique éternel: Bénie, Bénie, Bénie entre toutes les femmes et au-dessus des saints et des anges, adressé à la Reine.Tota pulchra es.La beauté de Marie est des lors consommée en celle de Jésus pour l’éternelle joie et l’indicible ravissement des enfants du Fils et de la Mère.Voilà, mes enfants, Celle que vous choisissez pour Mère aujourd’hui.Ne voulez-vous pas lui ressembler ?Ce sera par la beauté de votre âme, par l’image aussi fidèle que possible de sa candeur et de son amour pour Jésus.Il faudra, une fois Enfants de Marie, ravir les regards de votre Mère par le dedans, mais aussi par la simplicité et la modestie du dehors; de manière qu’elle puisse vous dire: ma fille, vous êtes agréable à mon Fils et à moi, vous êtes donc toute belle.Et vous aussi vous ne cesserez de redire à la divine Vierge: O ma Mère, vous êtes toute belle.Tota pulchra es, Maria.Vous le redirez sur la terre, et vous le chanterez dans le ciel.N.Degagné, pire.________ LES EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE AUX COURS PRÉPARATOIRE ET INFÉRIEUR (Conseils aux institutrices) (Pour “L’Enseignement Primaire”) PRÉLIMINAIRES Rappelons d’abord brièvement que l’enseignement de la langue maternelle, après celui de la religion, est sans contredit le plus important à l’école.Tous les pédagogues semblent s’accorder sur ce point.En effet, de toutes les matières enseignées, la langue maternelle est celle qui fournit la plus féconde et la plus complète gymnastique pour le développement des facultés intellectuelles.Elle est aussi, au point de vue pratique, non seulement le point de départ nécessaire de toutes les connaissances, le véhicule habituel de l’enseignement, mais comme la synthèse du petit bagage de connaissances que l’écolier, au sortir de l’école, doit apporter dans la vie.A toutes ces raisons générales, s’ajoute aussi pour nous toute la force du motif national.Mais pour que l’enseignement de notre langue puisse revendiquer à la petite école cette haute valeur formatrice et pratique, il ne faudrait pas en rogner la portée par des conceptions écourtées et par des routines qui tendraient à trop en cloisonner les différentes branches et les différentes étapes, en perdant de vue le plan d’ensemble de tout le travail.“Le but de l’enseignement de la langue maternelle”, nous dit notre Programme d’études, est d’apprendre à l’enfant à penser et à exprimer correctement sa pensée, soit par la parole, soit par la plume”.Donc tous les exercices, lectures, écriture, langage, récitation de morceaux, grammaire, analyse, dictée, rédaction, doivent converger vers ce but commun.Chacun de ces exercices, a, suivant sa nature et suivant l’année du cours où l’on enseigne, un rôle plus ou moins important à jouer, mais toujours en fonction du résultat général.Les maîtresses des cours préparatoire et inférieur (et c’est le cas de la plupart d’entre vous) sont les ouvrières nécessaires qui travaillent à la base même de l’enseignement du français et de la formation du cerveau de nos enfants.D’autres seront chargées d’élever sur ce premier fondement les murs de l’édifice; d’autres enfin tâcheront de parachever la construction et d’y mettre le toit avant que les élèves nous échappent; mais de bonnes fondations sont nécessaires: tout le reste en dépend.Le succès des classes plus avancées est subordonné en grande partie au point de départ des classes inférieures.Quand nous mangeons du bon 382 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pain, il faut penser non seulement à la bonne ménagère qui l’a mis au four et qui l’a fait bien cuire, mais aussi aux mains habiles de celle qui a pétri la pâte et y a déposé les ferments de levain.Donc, il faut aussi penser à vous, Mesdemoiselles.Il nous faut compter sur vous.La matière à enseigner ne réclame pas beaucoup d’efforts de votre part; mais la manière d’enseigner exige d’autant plus d’habileté que vous êtes obligées de vous pencher davantage pour descendre au niveau de vos élèves, et que vous devez travailler à les rendre aptes à tirer le meilleur profit possible des classes plus élevées.C’est dire que dans cette besogne ardue, dans cet art délicat, il vous restera toujours quelque chose à apprendre.BUT ET IMPORTANCE DES EXERCICES DE PENSEE ET DE LANGAGE Des parties de l’enseignement du français laquelle est la plus importante, au moins, dans les premières années de l’école et spécialement aux cours préparatoire et en première année ?Il faut répondre sans aucune hésitation: c’est celle qui, au programme du cours préparatoire, est inscrite en premier lieu, sous le titre “d’exercices de pensée et de langage”.Ces exercices ont pour but d’apprendre aux élèves à observer les choses de leur entourage et à y réfléchir un peu; à employer les tenues propres qui s’y rapportent, et à formuler eux-mêmes quelques jugements sur le compte de ces choses dans de petites phrases orales, claires et correctes.Mais observer et réfléchir pour se donner des idées, trouver les mots justes pour dire ces idées, faire quelques jugements et formuler oralement à l’extérieur dans des phrases de construction personnelle tout le résultat de ces opérations, c’est ni plus ni moins qu’entraîner directement et immédiatement nos élèves à penser et à dire leurs pensées.C’est arriver tout de suite et sans aucun détour au centre même de l’enseignement de la langue maternelle et des exercices qui mettent le mieux en jeu toutes les facultés intellectuelles, même chez les tout jeunes.Que ferons-nous alors de la lecture, de l’écriture, de la grammaire et de la dictée?.Nous les garderons; car ce sont des exercices nécessaires; mais nous donnerons la première place à l’exercice de pensée et de langage.Devant cette affirmation, quelques institutrices seraient peut-être tentées de répondre: “Nous avons beaucoup trop de choses à montrer aux élèves pour que nous passions la majeure partie de notre temps à leur faire du langage; le programme est trop chargé!” Je n’ai aucune mission de venir défendre ici le programme du Comité catholique; mais puisque nous l’avons mis en cause, ouvrons-le ensemble pour le mieux connaître.Aux instructions pédagogiques qui précèdent le programme du cours préparatoire, nous lisons: “Le but du cours préparatoire n’est pas tant de faire acquérir à l’enfant un grand nombre de connaissances que d’exciter et diriger son activité spontanée et libre.Pour cela, il faudra le soumettre à un régime qui éveille son esprit d’observation et de recherches, le mette peu à peu en état de lier des idées et de les exprimer facilement.” Et nous lisons ailleurs dans le même programme: “Le cours inférieur établit le point de départ des études.et initie les élèves à observer, et à se rendre compte, dans leur propre langage, de leurs observations et des faits qu’on leur a racontés”.Voilà l’esprit et les directions des Règlements du Comité catholique.Est-ce qu’il ne nous arriverait pas parfois, même inconsciemment, de trop charger par nous-mêmes le programme des premières années de l’école, sous l’influence de cette opinion que la voie tracée par le nouveau programme est trop longue ?Et cette opinion ne surgit-elle pas parfois dans nos esprits sous la poussée de la loi du moindre effort ?Car cette voie naturelle qui tend à nous faire construire un peu le cerveau de nos élèves avant que de le meubler; qui nous fait songer plutôt à l’éveil et à l’orientation des jeunes facultés de nos élèves qu’à la somme de connaissances à leur faire acquérir; qui fait porter notre labeur bien plus sur la manière d’enseigner que sur la matière à enseigner; cette voie-là exige beaucoup plus de travail et de compétence de la part des institutrices; elle réclame absolument des maîtresses une préparation quotidienne soignée.Si dans les classes plus avancées, les institutrices ont parfois l’impression que le programme à parcourir est réellement surchargé, que la charrette qu’elles ont à diriger (excusez la comparaison) porte un poids trop lourd et semble prête à craquer ou à laisser tomber une partie du bagage, cela ne viendrait-il pas en partie du fait qu’on s’est trop empressé dans les classes inférieures de charger la voiture, sans avoir pris suffisamment le temps et sans s’être donné suffisamment la peine de forger l’essieu et de mettre les “aridelles”, comme disent nos gens.fis J- JP Es : flÿiW Mit'1 {0 || I itilïè'l f ; 6?pS Jltfî, R j as (te hast I Sou tapit lia ft i : 11 j Uiff! S mit, (ait.'«il bii ifffrt ¦ J’ai pjei state tplr %pi Jt tarai L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 383 Gardons bien au cours inférieur et surtout au cours préparatoire le caractère bien tranché que leur donne le nouveau programme.Rappelons-nous toujours que l’enseignement est une œuvre de longue patience et ayons le courage parfois difficile de labourer un champ que d’autres seront chargés d’ensemencer et où d’autres enfin récolteront.“Si l’école primaire”, nous disent les Règlements du Comité catholique, “ne donne pas toujours ce qu’on est en droit d’attendre d’elle, c’est le plus souvent que le départ a été défectueux”.Efforçons-nous donc avant tout, avec les plus jeunes, de provoquer et d’orienter d’une façon,graduée l’activité personnelle de leurs facultés.Excusez-moi d’avoir insisté sur ce point;c’est qu’il est la base de tout ce que je pourrai vous dire au cours de cette étude, et qu’il sert à démontrer toute l’importance des exercices de pensée et de langage spécialement chez les tout petits.En effet, ces exercices, s’ils sont bien conduits, constituent la meilleure passerelle que l’on puisse jeter entre le foyer et l’école.Par eux, le jeune enfant pourra passer sans trop de désorientation de l’enseignement de la mère à celui de l’institutrice, ira graduellement du connu à l’inconnu sans faire un bond qui figerait ses facultés en les plaçant souvent dans un milieu trop artificiel.Jusqu’ici le bambin et la bambine ont fait dans le milieu familial de nombreuses observations.Petits explorateurs toujours en activité, ils ont tenté de découvrir pour leur compte le monde de leur entourage et n’y ont pas trop mal réussi.Voyageurs curieux, ils ont appris à se renseigner sur les “pourquoi”, les “comment”, les “d’où ça vient”, les “qu’est-ce que c’est” des choses vues et entendues.Friands de récits, attentifs aux réflexions que l’on fait autour d’eux, ils n’ont pas voulu cependant que leur langue fut moins active que leurs oreilles.Aussi savent-ils dire avec une spontanéité intarissable, qui embarrasse parfois leurs parents, ce qu’ils pensent des choses, événements et personnes de leur monde à eux.Résultat de tout cela; l’enfant a acquis au foyer de cette façon un premier développement.Par l’intermédiaire de ses sens, il s’est ramassé des images; avec ces images, il s’est fabriqué ses premières idées; il a déjà un petit vocabulaire pour nommer images et idées; les mots de son vocabulaire, il a appris par imitation à les combiner et à les employer dans des tournures de phrases pour dire ingénument sa pensée, ses souvenirs, ses impressions et ses désirs.C’est beaucoup.C’est de là qu’il faut partir; c’est la seule voie à suivre.Sous prétexte que ce commencement est trop imparfait, il ne faudrait pas l’ignorer, mais plutôt travailler avec tact à l’améliorer graduellement.Les exercices de pensée et de langage sont le meilleur instrument à notre disposition pour agir dans ce sens.Peu à peu, on habituera l’enfant à être un peu moins superficiel et éparpillé dans ses observations; on l’habituera à réfléchir un peu, afin que son jugement s’entraîne à mieux interpréter le témoignage des sens; on augmentera son bagage d’idées et de mots; on lui donnera le souci du terme juste, on corrigera ses vices de prononciation et sa paresse d’articulation; on rectifiera et on assouplira ses tournures personnelles de phrases.Il y a une autre raison pratique qui milite en faveur de ces exercices.C’est que plus tard, rendus dans la vie, la plupart de nos écoliers d’aujourd’hui écriront parfois, liront plus souvent, mais parleront plusieurs fois chaque jour.Aucune d’entre vous, Mesdemoiselles oserait, je crois bien, nier que la parole soit le moyen le plus habituel et le plus pratique de communication des hommes entre eux.et peut-être bien des femmes aussi.En plus, avec l’organisation actuelle de notre société, à base de démocratie, chaque individu peut jouer une certaine influence auprès de ses concitoyens, s’il sait manier un peu l’outil de la parole.J’ai insisté sur l’importance de ce genre de leçons.Mgr Ross, dans son traité de pédagogie, déclare que “c’est peut-être l’exercice le plus négligé”.AI.l’abbé Maurice, dans ses causeries pédagogiques, nous dit à son tour “qu’on a du temps pour tout à l’école primaire, excepté pour le bon langage”.Soyons donc convaincus, avec le premier auteur cité, “que le langage ou l’élocution est la meilleure discipline de l’esprit.et comme la synthèse de tout le travail intellectuel de l’école”; et, avec le second auteur cité, “que le langage des élèves doit être au début le point capital de notre travail et que les exercices qui contribuent à l’améliorer doivent prendre la meilleure partie de notre temps”.Si nous en sommes convaincus, nous observerons la plus importante condition pour réussir en ces exercices: celle d’en faire souvent.C’est en les faisant forger, qu’on fait des forgerons.Roch Aubry, Professeur à l’École normale de Hull. 384 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’HISTOIRE DU CANADA A l’Ecole primaire C) Avant de commencer à enseigner une matière, il convient, n’est-ce pas, de se demander quel est le but que nous devrons poursuivre, en l’enseignant.Ainsi, nous enseignons l’histoire sainte et le catéchisme pour apprendre à l’enfant, son origine, sa fin surnaturelle et les moyens à employer pour atteindre cette fin; la langue maternelle, non seulement pour apprendre à l’enfant à écrire, mais aussi pour le rendre capable de parler sa langue avec pureté et correction, L’étude de l’arithmétique prépare l’élève à combiner les chiffres avec dextérité et rectitude, sans doute, mais elle est surtout appelée à former son jugement, à lui apprendre à observer, à réfléchir, à penser juste.Si l’enseignement du dessin fait aujourd’hui partie des matières du programme, c’est qu’on y a trouvé un excellent mojmn de cultiver à l’école l’esprit d’observation de nos enfants.C’est ainsi qu’on doit enseigner la géographie et l’histoire nationale, d’après Mgr Ross, dans un triple but: 1° faire connaître les faits qui établissent le rôle joué par notre race sur le continent américain, et la protection divine dont elle a été l’objet aux différentes époques de la colonie; 2° faire ressortir les traits distinctifs du caractère national et en suivre toutes les manifestations à travers les vicissitudes de l’histoire; 3° tirer des actions et des événements du passé, les leçons qui inspireront au petit Canadien l’amour de sa race et du pays, le respect des saines traditions de ses ancêtres, et l’aideront à les conserver.L’honorable L.-O.David disait: “Instruisez l’enfant des principaux faits de notre histoire nationale, belle entre toutes, familiarisez-le avec ses hommes illustres, et il entre en quelque sorte dans une grande famille, qu'il chérira d’autant plus qu’il la connaîtra mieux; il se sentira porter à défendre l’héritage de ses pères, quand il saura au prix de quels sacrifices, il a été acquis et maintenu jusqu’à lui’’.Dans cette causerie, brièvement, je m’efforcerai donc d’indiquer le caractère distinctif que doit revêtir cet enseignement pour atteindre le but ci-haut signalé, c’est-à-dire, développer dans le cœur de nos enfants un patriotisme sain et éclairé, en même temps que moralisateur.Ainsi comprise et apprise, l’histoire n’ëst pas seulement un moyen de développement intellectuel, elle est de plus un facteur puissant dans la formation morale de l’enfance.Dans cette causerie, brièvement, je m’efforcerai donc d’indiquer le caractère distinctif que doit revêtir cet enseignement pour atteindre le but ci-haut signalé, c’est-à-dire, développer dans le cœur de nos enfants un patriotisme sain et éclairé, en même temps que moralisateur.Passons à la pratique maintenant.Le titulaire devra s’efforcer dans l’enseignement de cette importante matière, comme pour toutes les autres matières, d’ailleurs, de suivre et de voir tout le programme, c’est-à-dire d’enseigner en histoire et en géographie nationale tout ce qui doit s’enseigner chaque année respective.Une étude sérieuse du programme s’impose donc.Il vous dira tout ce que vous devez enseigner, à chaque année respective.C’est ainsi qu’au cours inférieur, le programme indique qu’on devra parler de Jacques Cartier, de Champlain, de Maisonneuve, etc.Enseignement oral, récits et entretiens familiers à l’aide de gravures, n’exigeant ni mot à mot, ni date.Un cours d’histoire à l’école primaire en 1ère et2ème années, ne doit pas consister à dire et à faire répéter tout sèchement: “La ville de Québec a été fondée en 1608 par Champlain; les Récollets sont arrivés en 1615, Dollard mourut en 1660’’.Ceci n’est que de la chronologie.Certes, la chronologie n’est pas une quantité négligeable en histoire.Elle en est avec la géographie nationale, les deux yeux.Mais je dis qu’il n’est ni rationnel, ni pédagogique de n’enseigner l’histoire, comme on le fait malheureusement encore trop souvent, qu’au moyen de dates et de noms qui ne disent absolument rien qui vaille à l’esprit et au cœur des enfants.Ainsi n’est-ii pas surprenant d’entendre la majeure partie du personnel enseignant avouer candidement que, règle générale, leurs élèves ne manifestent aucun goût, aucun intérêt pour l’histoire et la géographie nationale.(1) Conférence de M.l’inspecteur J.-A.Faquin, à la Journée pédagogique de Joliette, septembre 1929. RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 385 Pourquoi n’enseigne-t-on pas l’histoire par l’aspect, sous forme de conte?Les tableaux, les images graveraient bien mieux dans la mémoire et l’esprit des enfants, les faits, les événements historiques indiqués au programme.Vous me direz: pour enseigner l’histoire avec des images, des tableaux, il en faut.Sans doute.Votre esprit d’initiative saura bien les trouver.1° La librairie Granger a publié, il y a quelques années, une série de tableaux-images par M.l’abbé Desrosiers, principal de l’École normale Jacques-Cartier.Chaque école devrait posséder cette excellente série; 2° L’Enseignement Primaire a déjà publié un cours illustré d’histoire et de géographie; 3° La 2ème partie de Mon Premier Livre contient, elle aussi, en rapport avec le programme du cours inférieur, un cours illustré d’histoire; 4° Les grands journaux quotidiens rappellent et illustrent les anniversaires des hauts faits d’armes de nos ancêtres, les grandes figures qui ont illustré, soit par l’action, la parole ou la plume toute la domination française ou anglaise; 5° La carte postale historique.Bref, ce cours se résume à peu de choses.Quelques petites causeries, sous forme de contes intéressants, vivants, familiers, pittoresques, aidés de tableaux-images.Un moyen presque indispensable, disent les Règlements du Comité catholique, pour donner aux enfants une idée exacte du passé, c’est de le comparer sans cesse au présent: aujourd’hui, nous voyons un pays bien cultivé, sillonné de routes, de chemins de fer, etc.autrefois, il était couvert de bois rempli de bêtes féroces et de sauvages, etc.Je connais des titulaires de ce district qui ont su collectionner à peu près tout ce qu’il faut pour l’enseignement intuitif de cette importante madière.Oh, je sais qu’il est de beaucoup préférable que Messieurs les Commissaires mettent à notre disposition la magnifique série de tableaux-images de M.l’abbé Desrosiers.Les couleurs, les personnages qui y sont représentés, la succession et l’enchaînement des tableaux par ordre des événements et des faits frappent d'autant l’imagination des enfants, les captivent et gravent pour toujours dans leur mémoire les nobons étudiées.La série de questions que posent ces petites intelligences avides de connaissances est une preuve de l’intérêt qu’elles mettent et du charme qu’elles trouvent à l’étude des principaux faits historiques.2° De plus, à ces cours l’enseignement de l’histoire doit se donner sous forme de contes, de causeries familières, si nous voulons les intéresser en captivant leur attention et leur faire parfaitement comprendre ce qu’on veut leur enseigner.Pourquoi l’enfant quitte-t-il ses jeux, mêmes les plus intéressants et attrayants pour aller sur les genoux de grand-père ou de grand’mère, écouter les contes tant de fois répétés ?Pourquoi le souvenir de ces historiettes parfois longues et difficiles lui reste-t-il si fidèle alors que la leçon d’histoire, laborieusement apprise pourtant, est si vite oubliée ?Parce que la parole, les gestes, les regards de grand’mère sont séducteurs, qu’ils pénètrent plus avant dans les esprits et les cœurs que les mots et les choses, dont la mémoire dans bien des classes, fait seule tous les frais.L’enfant se souvient des moindres détails de ces petits contes, parce qu’il s’y intéresse.Et il s’y intéresse parce que grand’mère sait y mettre de la vie, qu’elle guette sur les figures les différentes émotions que ressentira l’enfant, qu’elle les recherche ces émotions, parce qu’elle aime.Voilà le secret du succès.On se dévoue pour ceux qu’on aime.Et de là naît l’intérêt de part et d’autre.L’enseignement concentrique s’impose en histoire.De cette manière, chaque année d’histoire sera revue aux développements nouveaux, avec des aperçus appropriés à l’acquis des élèves et au degré des cours.Par l’enseignement concentrique tout viendra à temps, pas trop tôt, pas trop tard.Tout sera mieux compris et retenu.Et d’ailleurs, il ne nous reste plus qu’à obéir, puisque le programme approuvé par l’autorité exige le procédé concentrique.Enseignons donc l’histoire à l’aide de tableaux-images, sous forme de contes, d’après la méthode concentrique, si nous voulons intéresser l’enfant, développer son intelligence, son cœur en même temps que sa mémoire et assurer la mise à exécution du programme.(d suivre) J.-A.Faquin. 386 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE = A Que doit faire l’institutrice pour apprendre à bien parler aux enfants aux cours préparatoire et inférieur ?La tâche est difficile.Le but à atteindre est de bien préparer l’enfant à recevoir l’instruction primaire.La plupart des enfants arrivent à l’école avec un langage plus ou moins correct et un vocabulaire plutôt pauvre.Il faut donc commencer par leur apprendre le nom des personnes et des choses qui les entourent, chercher ce qui manque à l’enfant pour bien parler, déduire ce qu’on doit faire.Voici les différents points à observer: Premier point.-—Les organes de la voix ont besoin d’être exercés.L’institutrice veillera à ce que l’enfant articule tous les sons et tous les mots, à ce que l’enfant parle le plus possible saris crier, à corriger l’accent défectueux ainsi que les vices de prononciation: bégaiement, nazillement.Exercices.—Récitation des prières, poésies, chant.On obtiendra d’excellents résultats s’ils sont bien faits, surtout si la maîtresse veille à ce que le deuxième récit soit mieux dit que le premier et à les reprendre avec douceur et patience.Deuxième point.—Le petit enfant a peu d’idées, il n’a que des notes vagues, confuses sur ce qui l’entoure, faute d’observations.Il faut avoir recours aux causeries intuitives, aux entretiens sur des choses placées entre les mains des enfants et qui s’adressent à leurs sens, exercer tantôt l’un, tantôt l’autre, car les sens sont les messagers de l’intelligence.Les causeries bien faites développent beaucoup les idées; elles doivent être courtes, se borner à deux ou trois pensées se rapportant au même objet.Exercices pour le printemps: 1° fleurs; 2° animaux; 3° travaux; 4° temps, jours, etc.Tandis que si vous voulez parler de tout, les leçons seront trop longues; il faut aussi de la diversité dans les exercices.Les causeries doivent se faire en temps opportun, de préférence dans la matinée, on doit bien les préparer, prévoir les questions, avoir le matériel sous la main.Troisième point.—Dans les causeries occasionnelles, il ne faut dire que le strict nécessaire, car autrement on pourrait négliger le principal.L’analyse d’une gravure fournit la matière à plusieurs leçons.(A propos de gravures, il convient que l’on fasse choix de gravures représentant des scènes de la vie: plusieurs choses et non, par exemple, un animal seul, afin de faire naître les'idées chez l’enfant, par exemple: Chien attelé à une petite voiture que conduit un enfant; cheval attelé à une charretée de foin ou de blé, accompagné de moissonneurs, etc.) Le vocabulaire de l’enfant est fort restreint; il faut l’étendre, lui faire dire les choses avant les mots, éviter les mots enfantins, tout en évitant les mots scientifiques.Leur faire trouver la racine des mots: Pommier, pomme;—longueur, long;—agrandi, grand, etc.Quatrième point.—L’institutrice doit- apprendre le plus possible; elle doit exiger des réponses complètes, claires, exactes, ne jamais tolérer qu’on réponde par un seul mot; que la pensée soit bien exprimée, qu’on évite de faire des réponses apprises par coeur.Un excellent exercice pour la deuxième année consiste à faire lier deux pensées (phrases).Exemple.-—J’aime mon père, j’aime ma mère.—J’aime mon père et ma mère.—On trouve la marguerite dans les prairies.On trouve la marguerite dans les champs.On trouve la marguerite dans les prairies et dans les champs.Cinquième point.—Beaucoup d’enfants sont timides et n’osent parler.L’institutrice combattra ce défaut en les exerçant à s’exprimer; pour cela, il faut laisser à l’enfant le temps de parler, diriger ses observations, compléter et rectifier ses réponses, s’il y a lieu, ne jamais montrer d’impatience.L’institutrice fera dire une ou deux choses de la causerie; car il est bon de faire parler l’enfant seul: lui faire raconter une historiette qui lui aura été dite.Ne pas permettre de parler tous à la fois.Sixième point.—L’institutrice donnera le bon exemple, c’est-à-dire articulera nettement les syllabes, les mots; elle s’abstiendra de parler vite; elle groupera les mots de manière à faire des phrases courtes; enfin, comme en tout, elle tâchera de faire peu et bien, et surtout que chaque exercice soit mieux fait que le précédent.: ^ I 6 I si®' ! if i 1 w m .L- [Wf- É lin ta !tï (61! Une institutrice d’école primaire élémentaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 387 AUTOUR D’UN LIVRE “Un Pèlerinage à l’École de Rang” OPINION DE M.J.-B.CHARTRAND Inspecteur dans les comtés de Berthier, L’Assomption, Montcalm, depuis 1917 Monsieur le Surintendant, En réponse à votre lettre No 358-29ven date du 13 mars courant, après avoir lu le volume de M.l’abbé Lapalme, “Un Pèlerinage à l’École de Rang”, j’en conclus que le prédicateur a voulu atteindre les brebis égarées.Il s’en trouve toujours dans un bon troupeau.C’est un coup de fouet qui fait ouvrir les yeux.Évidemment, ce volume est l’expression d’une série d’exercices religieux qui conviennent à une retraite fermée pour les éducateurs de la jeunesse.A part quelques exceptions éloignées, la population de la campagne, l’autorité et l’école du rang loin d’être restées dans un état de stagnation, ont fait des progrès depuis 10, 15, 20, 25 ans.Je l’admets avec tout le monde.Nos maisons d’éducation supérieure ont doublé le nombre de leurs élèves depuis 10 ans.Qui le leur a fourni ?L’École du Rang.Il en est ainsi de l’enseignement agricole comme de l’enseignement ménager.Nos méthodes d’enseignement correspondent aux aspirations de ceux qui ont de l’ambition, et c’est le grand nombre de nos cultivateurs et de nos braves familles canadiennes qui se félicitent de la direction sage et éclairée qui préside aux destinées de notre belle Province qui n’a rien à envier aux autres pays du monde.OPINION DE M.J.-A.DUPUIS Inspecteur dans les comtés d’Argenteuil, Montcalm, Papineau, Terrebonne, depuis 1920.Monsieur le Surintendant.Après avoir lu et analysé assez sérieusement l’étude sur les écoles et corporations scolaires rurales, faite par M.l’abbé Lapalme, dans sa plaquette, “Un Pèlerinage à l’École de Rang”, j’en viens à la conclusion qu’il y a dans ce livre du vrai, du faux, de l’exagération et même de l’utopie.A la question: “L’école de rang a-t-elle fait des progrès depuis 10, 15, 20, 25 ans, oui ou non?” Voici mes réponse: En 1925-26, aux examens de ma 2e visite, donc celle du printemps, j’ai donné aux élèves des 2e, 3e, 4e, 5e et 6e divisions les dictées et les problèmes que j’avais donnés en 1918-19 aux élèves de ces mêmes divisions.Le résultat des deux examens est comme suit : Orthographe 1918-19, 6e 77%, ’e 72%, e 6 %, 3e 72%, 2e 78%.1925-26, 6e 90%, 5e 85%, 4e 80%, 3e 88%, 2e 92%.Arithmétique 1918-19, 6e 75%, 5e 72%, 4e 64%, 3e 70%, 2e 74%.1925-26, 6e 89%, 5e 85%, 4e 85%, 3e 86%, 2e 90%.Ces dictées et problèmes avaient été soigneusement préparés et étaient conformes au programme .J’en ai fait moi-même la correction.Voici le résultat de l’examen oral: Oral 1918-19, 6e 77%, 5e 75%, 4e 76%, 3e 72%, 2e 68%.1925-26, 6e 94%, 5e 87%, 4e 89%, 3e 88%, 2e 87%. 388 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ^ Les questions de l'examen oral ont été aussi les mêmes et elles avaient été également bien préparées.Les matières suivantes ont fait l’objet de ces deux examens: prières, catéchisme, histoire sainte, histoire du Canada, grammaire, géographie, calcul mental, tables, lecture et anglais.Ce tableau comparatif démontre que les élèves de mon district, qui comprenait alors les comtés de Châteauguay, Beauharnois et Huntingdon, ont fait des progrès et j’en conclus que les écoles (137) de ce district n’ont pas été stagnantes depuis 75 ans.Quant aux écoles de mon nouveau district, je ne puis vous offrir une preuve aussi concluante parce que je n’ai pas encore établi de tableaux comparatifs.Je puis cependant affirmer qu’elles n’ont pas été stagnantes.Elles ont fait des progrès.En voici une preuve assez convaincante: Au cours de ma 2e visite, donc celle du printemps encore, en 1926-27, j’ai donné aux élèves des 3e, 4e et 5e divisions trois dictées et six problèmes, c’est-à-dire deux à chaque division, que j’avais donnés aux élèves des mêmes divisions de mon ancien district en 1924-25.Voici le résultat: Dictées Ancien district: 5e, moyenne de fautes: 2.3; 4e, moyenne de fautes: 3.5; 3e, moyenne de fautes: 3.7.Nouveau district: 5e, moyenne de fautes: 3.8; 4e, moyenne de fautes: 4.6; 3e, moyenne de fautes: 4.9 Problèmes Ancien district: 5e, 85%, 4e, 72%, 3e, 68%.Nouveau district: 5e, 78%, 4e, 65%, 3e, 62%.Il y a ici deux points d’établis: 1° les écoles de mon nouveau district sont un peu plus faibles que celles de mon ancien district.Il n’y a pas cependant à s’étonner ni à se scandaliser de ce fait.Les unes sont de fondation assez récente tandis que les autres sont de fondation plutôt vieille, comparativement.Elles manquent donc d’un certain acquis que les autres ont; ce qui constitue, il n’y a pas à en douter, un sérieux désavantage; 2° ces résultats, différents, il est vrai, n’en démontrent pas moins que les écoles de mon nouveau district ont fait des progrès, puisque d’après le tableau comparatif exposé plus haut, il est établi que les écoles ont progressé.Abordons maintenant le côté matériel.J’ai été inspecteur d’écoles dans les comtés de Châteauguay, Beauharnois et Huntingdon huit ans durant.Pendant ces huit ans 20 écoles ont été construites, 15 ont été réparées, 97 ont été peinturées, deux fois et 43 une fois, 6 terrains ont été nivelés, 56 tableaux noirs ont été remplacés et 72 mobiliers ont été renouvelés.Est-il possible d’accuser les corporations scolaires de ces trois comtés d’indifférence ou de négligence ?Je ne le crois pas.Il y a deux ans et un peu plus que je visite les écoles de mon nouveau district.Pendant ces deux ans et un peu plus, 5 écoles ont été construites, 6 ont été réparées, 14 ont été peinturées et 10 mobiliers ont été reouvelés.Il y a aussi quelques tableaux noirs qui ont été remplacés.Ici encore il m’est impossible de dire que les corporations scolaires se désintéressent de leurs écoles.Il est certain, néanmoins, que les salles de classe pourraient être plus complètement outillées pour une grande partie.Les tableaux de l’histoire du Canada et de l’histoire sainte font défaut presque partout.Les terrains pourraient être mieux ornementés.Le système de chauffage laisse bien à désirer.Les bibliothèques se font beaucoup trop rares.La raison de ces lacunes est d’ordre pécuniaire.Les corporations scolaires sont relativement pauvres.Il ne faut pas cependant tranfcrmer nos salles de classe en musées.Outillons-les bien, très bien même, mais gardons-nous scrupuleusement d’en modifier leur caractère distinctif.Les maisons d’école sont-elles des cabanes?Je crois que le terme est très exagéré.Elles sont de bonnes et assez jolies maisons qui, lorsque hautes en couleur, cadrent bien avec le panorama environnant.Nous pourrions assurément leur donner un bien plus grand cachet d’architecture.Le leur donner exigerait de plus forts déboursés, et les corporations scolaires se plaignent qu’elles sont trop pauvres même pour fournir l’outillage nécessaire.Les commissions scolaires rurales ne sont pas composées de pédagogues.Cette composition idéale est impossible.Il n’en découle pas cependant qu’elles ne puissent pas faire un bon choix d’institutrices, apprécier avec assez de justesse l’efficacité de leur travail.Quant au contrôle des méthodes et du classement des élèves, cela est du ressort de l’inspecteur.Au surplus, je n’ai jamais rencontré d’institutrice qui utilisait une méthode prohibée.Exercer ce contrôle est chose relativement assez facile pour tout inspecteur qui veut le faire.Je n’ai pas à dévoiler mon procédé.M.l’abbé Lapalme nous laisse soupçonner qu’il est regrettable que tous les curés ne soient pas appelés par les contribuables à siéger à la commission scolaire et qu’elle perd ainsi un sage conseiller.Je n’ai pas à chercher la raison de cette abstention des contribuables.Je crois sincèrement cependant que MM.les curés gagnent en respect et en autorité à n’en pas faire partie.Ex officio, ils sont visiteurs des écoles de leurs paroisses.Ils peuvent donc, autant de fois qu’il leur plait, visiter leurs écoles et, par un contact continuel avec leur personnel, contrôler très discrète- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 389 ment tout ce qui regarde l’enseignement.Rien de plus facile ensuite que de s’entendre avec l’inspecteur pour faire aux commissaires les suggestions conformes aux besoins.Les habitants de nos campagnes ne sont pas des demi-civils.Ils n’ont peut-être pas tout le vernis d’un gentlemen, le langage châtié et littéraire d’un classique, la richesse de vocabulaire d’un érudit, mais de ces trois choses, ils ont suffisamment pour que tout étranger de haut rang social ou tout observateur capable de juger qui les aborde, constate sur-le-champ qu’ils ont un certain degré de culture générale, de savoir-faire et de savoir-vivre.Je ne connais pas, et pourtant j’en ai visité un très grand nombre, de campagnes qui soient incapables de former un auditoire avide d’écouter notre élite religieuse ou laïque, de comprendre la leçon qu’elle lui donne et de la goûter.S’il y en a, elles sont si peu nombreuses qu’elles ne font pas tache sur notre beau soleil.Et quel pays au monde peut se vanter que sa classe ouvrière et sa classe rurale parlent le langage pur, net, châtié et littéraire de son élite sociale ?Prétendre que le vocabulaire des enfants de nos jours n’est pas plus riche que ne l’était celui des enfants d’il y a 10, 15, 20 et 25 ans n’est pas exact.Prétendre que notre langue n’est pas mieux parlée aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a 10, 15, 20 et 25 ans n’est pas sérieux.Prétendre que nous ne lisons pas mieux et d’une manière beaucoup plus compréhensible aujourd’hui que nous ne le faisions il y a 10, 15, 20 et 25 ans vient en flagrante contradiction avec les faits.Prétendre que les enfants de nos jours, à leur sortie de l’école rurale, sont incapables d’analyser et de comprendre ce qu’ils lisent n’est pas rendre justice à notre personnel enseignant.Prétendre que les enfants de nos jours, à leur sortie de l’école rurale, ne sont pas plus instruits, mieux éduqués, plus sérieusement préparés à la lutte qu’ils ne l’étaient il y a 10, 15, 20 et 25 ans et qu’ils ne sont pas formés à l’école rurale pour constituer les petites élites nécessaires à la conduite et à l’administration progressive des affaires qui regardent le bien-être de la population agricole, c’est verser dans le faux.Je n’hésite donc pas à affirmer que nous avons fait de louables progrès en tout.Je m’empresse, néanmoins, de déclarer que quoi que nous fassions, il y aura toujours dans le langage non seulement de nos populations rurales et ouvrières, mais même dans celui de notre élite intellectuelle, des barbarismes et des anglicismes.Notre contact et notre commerce continuels et inévitables avec les Anglais en seront toujours la cause.Jusqu’à date la petite école du rang, par l’entremise de ses humbles mais très dévouées institutrices, secondées dans leurs efforts par leurs bons conseillers, les inspecteurs, a fait œuvre excellente d’éducation.Les méthodes se perfectionnent continuellement, même jusqu’aux méthodes phonétique et intuitive qui se généralisent beaucoup.Les procédés devienent de plus en plus ingénieux.La mise en opération du programme se fait de mieux en mieux tous les ans.Le choix des institutrices est plus judicieux qu’il ne l’était.M.l’abbé Lapalme nous a fait l’honneur de nous consacrer tout un chapitre.Je lui sais gré pour tout le bien qu’il dit de nous et plus particulièrement pour sa noble et juste revendication d’un meilleur traitement.Me sera-t-il permis de vous faire la confidence que j’ai toujours bien préparé, depuis que je suis inspecteur, toutes les questions et dictées, et tous les problèmes de mes examens; que j’ai toujours corrigé moi-même ces dictées et problèmes et qu’il m’arrive très souvent de consacrer 3, 4, 5 et même 6 heures à faire subir un examen.Jamais l’indemnité de cinq cents dollars ne m’a suffi pour mes frais de voyage.Jusqu’à date j’y ai mis la jolie somme de $2100.00 de mes propres revenus pour accomplir mon devoir tel que je l’entendais.Et je vous prie, Monsieur, de croire que je ne le regrette pas.OPINION DE M.FÉLIX POULIN Inspecteur dans les comtés de Beauce et Dorchester, depuis 1920 Monsieur le Surintendant, J’ai l’honneur d’accuser réception de votre lettre du 13 mars dernier ainsi que du volume: “Un Pèlerinage à l’École de Rang”, de M.l’abbé Lapalme.Je me suis fait un devoir de lire attentivement cet ouvrage, et je viens aujourd’hui, selon votre désir, vous dire bien humblement ce que j’en pense.J’ai toujours compris que la “Petite école” est grande par l’œuvre qu’elle accomplit au sein de notre population.Si le peuple canadien-français a gardé sa foi et sa langue, il le doit, pour une bonne part, à la petite école de chez nous, à l’école du rang.La plupart de nos grands hommes, tels que les Bégin, les Roy, les Rouleau, les Paquet, les Ross, les Gouin, les Lapointe, etc., n’ont-ils pas 390 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fait leur premier stage scolaire à l’école rurale?Non, cette école n’a pas failli à sa tâche.Et elle continue à faire œuvre utile.Il est incontestable qu’il reste encore beaucoup à améliorer.Mais les intéressés ne travaillent-ils pas dans ce sens ?S’il y a des lacunes à combler, est-ce que cela signifie que l’école de rang est dans “l’ornière” .Depuis que je suis inspecteur d’écoles, j’ai constaté que l’école de rang a fait des progrès, tant sous le rapport de la compétence du personnel enseignant, que sous celui de la salubrité des locaux scolaires et de l’hygiène en général.Je prouve ce que j’avance.D’abord je commencerai par mon premier district, le district Matane-Gaspé.Dans l’espace de 6 ans (1920-21 à 1925-26), le nombre des écoles élémentaires subventionnées est passé de 8 à 20; le nombre des élèves du cours supérieur (5e et 6e) s’est accru de 109; le nombre des institutrices non diplômées est tombé de 15 à 3.Dans ce même espace de temps, 38 classes ont été reconstruites et 10 parachevées.Et beaucoup d’améliorations ont été faites, en général, aux maisons d’écoles et à leurs dépendances.Dans la Beauce comme dans la Gaspésie, les écoles ne sont pas dans “un état de stagnation.” Dans un espace de 2 ans, le nombre des écoles élémentaires subventionnées est passé de 7 à 11; le nombre des élèves du cours supérieur (5e et 6e) s’est accru de 27 et celui des élèves de 4e année de 115.Sous le rapport de l’hygiène, il s’est fait beaucoup de progrès.Dans toutes les écoles la fontaine hygiénique avec robinet et le gobelet individuel ont remplacé la chaudière ouverte et la tasse commune.Huit maisons ont été reconstruites et deux améliorées.Sur 131 maisons d’école de rang, il n’en reste plus que 3 à reconstruire et un petit nombre à réparer.Mais de tous ces locaux il n’y a pas une “cabane”.Ce sont tous de petits sanctuaires tenus proprement et dont le mobilier est moderne et en bon état.Tous sont assez bien outillés pour y donner un “enseignement intuitif.” (En effet, dans chaque classe, nous remarquons de bons tableaux noirs, les cartes géographiques nécessaires, un globe terrestre, un boulier-compteur et un catéchisme en images.) Tous sont situés, non dans un “cloaque”, mais sur un terrain rencontrant ordinairement les exigences des règlements scolaires.Oui, tous ces petits sanctuaires, ornés de la croix noire ou du Christ en croix et de l’image de la Vierge, portent à la piété et à l’étude.Tant que le peuple canadien-français aura de telles écoles, il n’aura pas à craindre et pour sa foi et pour sa langue.Ainsi, dans ces deux régions, toujours progrès.C’est donc dire que commissaires d’écoles et institutrices, de concert avec l’inspecteur d’écoles, (non un cheminot) ont fait quelque chose pour la petite école, c’est donc dire que l’école rurale n’est pas restée dans “un état de stagnation” comme le prétend l’auteur de “ Un Pèlerinage à l’Ecole de Rang”.A la page 156 de ce volume, je relève le passage suivant: “Il est infiniment déplorable de constater qu’à l’école rurale la plupart des enfants, et nous faisons allusion aux mieux doués, double ou triple même les années du cours primaire.” Mon expérience me prouve que, âge pour âge, les enfants- de l’école de rang sont tout aussi avancés, même plus avancés, que ceux des écoles de village.Je pourrais prouver ceite affirmation par les relevés que j’ai faits tout dernièrement.Non, l’école de rang ne “s’étiole” pas.Elle a aussi bonne santé que sa grande sœur l’école de village.Ne la bouleversons pas inutilement, mais, comme par le passé, sous la direction éclairée du Département dont vous êtes le chef distingué, travaillons toujours pour la rendre plus efficace en éveillant les énergies existantes, les organisant et les mettant en œuvre.LA MAISON LA MAISON PATERNELLE Depuis que mes cheveux sont blancs, que je suis vieux, Une fois j’ai revu notre maison rustique, Et le peuplier long comme un clocher gothique, Et le petit jardin tout entouré de pieux.Une part de mon âme est restée en ces lieux Où ma calme jeunesse a chanté son cantique.J’ai remué la cendre au fond de l’âtre antique, Et des souvenirs morts ont jailli radieux.Mon sans-gêne inconnu paraissait malhonnête, Et les enfants riaient.Nul ne leur avait dit Que leur humble demeure avait été mon nid. .^r.4*y ' i - ’V.v» ¦teV'iJtZr*'’ .v.h X.“< P, * '••/A ''4 ./; rv.AT .V» .' :V':v.> a 7\ \ - i\\ ¦ I.A1 ~ s' ~ " •¦’>.1 ^ // -v v V) y/:'' — LA MAISON CANADIENNE (Droits réservés) (D’après un dessin original de Gérard Morisset, 6 janvier 1929) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 391 392 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Et quand je m’éloignai, tournant souvent la tête, Ils parlèrent très haut, et j’entendis ceci: —Ce vieux-là, pourquoi donc vient-il pleurer ici ?Pamphile LeMay.LE SANCTUS A LA MAISON (tableau de Ch.Huot) Par la fenêtre ouverte on voit la floraison.C’est l’heure de la messe.Au loin un clocher brille.Tout le monde est parti; seule, une jeune fille Vaque au soin du ménage en la pauvre maison.Une croix noire pend à la blanche cloison.Dans son corsage neuf l’enfant est bien gentille.L’eau bout, la vapeur monte.Un chat luisant se grille Au poêle d’où s’échappe un reflet de tison.Mais voici que l’airain tinte dans le ciel rose.Sanctus! Sanctus! Sanctus!.La jeune fille pose Le chou vert sur un banc, au clou le gobelet.Sanctus! Sanctus! Avant que la cloche se taise, Elle tombe à genoux et, les bras sur sa chaise, Elle incline la tête et dit son chapelet.Pamphile LeMay.LA MAISON CANADIENNE Il y en avait d’une forme plus opulente; il n’y en avait pas de meilleures à voir.Ses quatre murs, solides, fortement liés, de tout repos, inspiraient d’abord confiance.Les pierres étaient bien vieilles; mais à chaque printemps, elles faisaient leur toilette à la chaux, et il n’y avait guère de maison aussi blanches dans la paroisse.Et voyez-vous comme sur cette blancheur mate et chaude, les volets verts se détachaient et réjouissaient l’œil?.{Chez nos gens) Adjütor Rivard.DOCUMENTS OFFICIELS RAPPORT DU SURINTENDANT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE POUR L’ANNÉE SCOLAIRE 1928-29 DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Québec, le 30 novembre 1929.L’honorable L.-Athanase David, Secrétaire de la Province, Québec.Monsieur le Ministre, J’ai l’honneur de vous soumettre mon rapport pour l’année scolaire terminée le 30 juin 1929.nos deuils La mort a été impitoyable pour nous cette année.Ses coups répétés ont créé plusieurs vides dans nos rangs.Elle a éprouvé cruellement et le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique et le personnel de mon département.En effet, le 15 mars dernier et le 28 mars suivant, 393 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE elle enleva, au premier, deux membres distingués, l’honorable J.-E.Robidoux et Sir Lomer Gouin.et au second, le 15 mai et le 15 octobre, M.Avila de Belleval et M.le chanoine V.-A.Huard, deux fidèles employés.L’HONORABLE J.-E.ROBIDOUX-SIR LOMER GOUIN L’instruction publique fut toujours l’une des principales préoccupation de ces personnalités remarquables.Aussi étaient-ils désignés depuis longtemps lorsqu’ils furent appelés, Sir Lomer Gouin, le 10 mai 1898, et l’honorable J.-E.Robidoux, le 12 septembre 1900, à faire partie du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.Avec une haute culture, ils y apportèrent une longue expérience qu’ils mirent à notre entière disposition avec le plus vif empressement, un patriotisme éclairé et vigilant; leur collaboration fut d’un prix inestimable.Ces brillants rejetons de notre race ont été enlevés trop tôt.Leur disparition a provoqué de toutes parts des regrets sincères et leur souvenir vivra auréolé de la reconnaissance nationale.iUN CHOIX HEUREUX La succession de l’honorable J.-E.Robidoux a été recueillie par M.Antonio Perrault, avocat, professeur de droit à l’Université de Montréal et homme de lettres.Elle ne sera pas trop lourde Ipour ses épaules.M.Perrault a toujours manifesté un vif intérêt pour nos questions scolaires et nous avons la conviction que le Comité catholique a fait en sa personne une excellente acquisition.M.AVILA DE BELLEVAL-M.LE CHANOINE V.-A.HUARD Pendant vingt ans, pour être précis, depuis le 9 août 1909, comme officier en loi et comme secrétaire de la commission administrative du fonds de pension des fonctionnaires de l’enseignement primaire, M.Avila de Belleval se dépensa généreusement afin de remplir une tâche aussi lourde que délicate.Ceux qui s’adressèrent à lui se rappelleront toujours son accueil sympathique, ses sages avis, preuve de ses connaissances légales.Prématurément enlevé à l’affection et à l’amitié, il laisse la réputation d’un officier compétent, d’une probité à l’abri de tout soupçon A la retraite depuis deux ans, M.le chanoine V.-A.Huard n’avait pas toutefois rompu définitivement avec nous ni brisé sa fine, plume.Il était resté le guide éclairé du musée, son œuvre de de prédilection.Par son décès, l’Église catholique perd un saint prêtre, les lettres canadiennes, un écrivain remarquable, le journalisme, un doyen, le monde scientifique, un naturaliste d’une grande érudition, le digne continuateur de l’œuvre de Provancher.Je réitère ma suggestion: Que son nom soit buriné avec celui de son distingué prédécesseur sur les murs du monument qui s’élève dans le Parc des Champs de bataille et où seront installées bientôt ses riches collections.Je dépose encore une fois sur toutes ces tombes, avec mes plus vifs regrets, un tribut de profonde admiration.LE COMITÉ PROTESTANT LA COMMISSION SCOLAIRE PROTESTANTE DE MONTRÉAL — CHANGEMENTS Depuis mon dernier rapport, des vacances sont survenues dans ce comité, causées par le décès de l’honorable juge Martin, de Montréal, de M.V.-E.Morrill, de Sherbrooke, et de M.le professeur A.-W.Kneeland, de Sainte-Anne-de-Bellevue.Elles ont été remplies d’une manière fort judicieuse par M.E.-G.Pierce, de Sherbrooke, M.Malcolm-T.Robb, de Huntingdon, et M.W.-O.Rothney, professeur de pédagogie au collège de Lennoxville.M.D.-C.Logan est, depuis quelques mois, secrétaire de la Commission scolaire de Montréal; il succède à M.H.-J.Silver, LL.D., que la maladie a forcé de prendre sa retraite après avoir occupé un poste si lourd de responsabilité, à la grande satisfaction de toutes les parties intéressées, pen-dans la période de vingt et un ans.Lorsque M.Silver commença l’exercice de sa nouvelle fonction, après avoir été principal en 1894, à l’École William Lunn, et, subséquemment, à l’École Dufferin jusqu’en 1908, cette commission ne comptait que 15 écoles élémentaires et 3 High Schools.Preuve plus manifeste de son excellent travail et de la bonne administration des membres de la Commission ne peut être donnée.MUNICIPALITÉS SCOLAIRES Le 30 juin 1929, le nombre des municipalités scolaires dans la Province de Québec était comme suit: 1,454 municipalités scolaires catholiques; 352 municipalités scolaires protestantes.Dans le cours de l’année 1928-29, il y a eu onze municipalités scolaires d’érigées dont dix pour les catholiques et une pour les protestants.Trois municipalités scolaires ont été unies à une autre, ce qui fait un total de 1,814 municipalités scolaires réparties comme suit: 1,461 municipalités scolaires catholiques; 353 municipalités scolaires protestantes.3 394 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MAISONS D’ÉCOLES CONSTRUITES OU RÉPARÉES, EN 1928 -29, D’APRÈS LES PLANS ET DEVIS APPROUVÉS PAR LE DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.COMTÉS Municipalités catholiques Municipalités protestantes Totaux Nombre de maisons Dépenses Nombre de maisons Dépenses Nombre de maisons Dépenses Abitibi 8 8 21,793 8 $ 21,793 Argenteuü .2 2,646 h 2,730 13 5,376 Arthabaska 7 3,451 7 3,451 Bagot Beauce 12 35,497 12 35,497 Beauharnois 1 2,458 i 317 2 2,775 Bellechasse 8 5,200 8 5,200 Berthier 6 6,241 6 6,241 Bonaventure 9 8,648 i 1,725 10 10,373 Brome 2 4,100 2 4,100 Chambly 1 2,450 5 2,638 6 5,088 Champlain : .8 315,585 8 315,585 Charlevoix et Saguenay 9 14,566 9 14,566 Châteauguay.2 3,954 7 3,257 9 7,211 Chicoutimi 22 137,410 22 137,410 Compton 7 7,651 15 2,410 22 10,061 Deux-Montagnes.3 8,100 1 45 4 8,145 Dorchester 3 6,425 3 6,425 Drummond 6 138,952 3 8,276 9 147,228 Frontenac 21 36,513 2 113 23 36,626 Gaspé 9 40,272 8 967 17 41,239 Hull 8 33,635 9 3,529 17 37,164 Huntingdon 6 2,465 11 19,682 17 22,147 Iberville 2 880 2 880 Iles-de-la-Madeleine 3 4,297 3 4,297 J acques-Cartier 4 42,420 3 52,688 7 95,108 Joliette S 15,365 8 15,365 Kamouraska 8 12,973 8 12,973 Labelle 11 12,683 11 12,683 Lac-Saint-Jean 21 45,Q37 21 45,037 Laprairie et Napierville 1 2,422 2 95 3 2,517 L’Assomption 2 5,800 1 102 3 5,902 Laval 1 24,000 1 26,588 2 50,588 Lévis 1 2,400 2 166 3 2,566 L’Islet 7 7,374 7 7,374 Lotbinière 6 20,649 6 20,649 Maskinongé 5 2,304 5 2,304 Matane 6 12,292 1 55 7 12,347 Matapédia 4 4,068 4 4,068 Mégantic 4 5,848 8 347 12 6,195 Missisquoi 7 12,492 7 12,492 Montcalm 4 18,863 2 362 6 19,225 Montmagny 4 2,704 4 2,704 Montmorency 2 2,234 2 2,234 Montréal, Cité 4 879,528 4 879,528 Nicolet 8 13,969 8 13,969 Papineau 7 20,560 12 1,475 19 22,035 Pontiac.7 12,895 2 862 9 13,757 Portneuf 3 4,163 2 253 5 4,416 Québec, Cité 1 116,539 1 23,625 2 140,164 Québec, Comté 5 14,779 5 14,779 Richelieu 5 164,225 1 75 6 164,300 Richmond 3 121,138 2 580 5 121,718 Rimouski 11 19,843 11 19,843 Rouville 2 752 2 752 Sheft'ord 3 3,583 3 3,583 Sherbrooke 3 4,560 5 2,400 8 6,960 Soulanges 1 4,400 1 4,400 Stanstead 3 41,289 12 668 15 41,957 Saint-Hyacinthe 1 1,112 1 1,112 Saint-Jean 5 8,945 5 8,945 Saint-Maurice 4 3,864 4 3,864 Témiscamingue 6 7,345 6 7,345 Témiscouata 17 19,139 17 19,139 Terrebonne 3 24,500 6 2,182 9 26,682 Trois-Rivières Verchères 1 530 1 530 8 15,377 8 15,377 8 469 8 469 Totaux 386 $2,596,227 141 $ 160,606 567 $ 2,756,833 : feïf il lit- ; K gp-'s je»! t IiP; I US» tlKBlili SE à l:y [ic lia, srei L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 395 .INSPECTORAT En me transmettant, dans le cours du mois d’octobre, son dix-huitième rapport annuel.M.C.-J.Magnan me faisait son dernier rapport comme inspecteur général des écoles primaires et des écoles normales catholiques.Il sentait, chaque jour, la tâche devenir de plus en plus lourde.En effet, lorsqu’il en assuma la responsabilité, en 1911, il y avait 38 inspecteurs d’écoles catholiques; il y en a aujourd’hui 55; il y avait 8 écoles normales; il y en a aujourd’hui 19.Il y avait 1,219 commissions scolaires catholiques; il y en a aujourd’hui 1,461.Aussi, manquait-il rarement l’occasion de représenter que le développement de l’instruction publique, 1’.augmentation du nombre des inspecteurs d’écoles, des écoles normales, des commissions scolaires exigeaient un prompt dégrèvement.L’heureuse nomination de M.C.-J.Miller, inspecteur d’écoles depuis dix-huit ans et président de l’Association des inspecteurs d’écoles,comme inspecteur général des écoles primaires—M.C.-J.Magnan conservant ses autres fonctions—est une réponse à ces suppliques, un acte de sage administration.Désormais, pour exécuter ce travail difficile, au lieu d’un nous aurons deux officiers compétents et dévoués.Le résultat n’en pourra être que meilleur et plus satisfaisant.Le nouvel inspecteur général a été chargé de faire une étude approfondie du système actuel de l’inspectorat et de suggérer, s’il y a lieu, sa réorganisation sur une autre base ainsi qu’une nouvelle délimitation des districts.Il s’est mis de suite et résolument à l’œuvre et son rapport me sera bientôt remis.La promotion de M.C.-J.Miller, la démission de M.J.-E.Genest-Labarre, le 19 août 1929, après trente-trois années de fructueux services, enfin, la maladie chronique de M.Charles Plamon-don, inspecteur dans les comtés de Chicoutimi et du Lac-Saint-Jean, ont nécessairement entraîné des changements et provoqué des nominations.M.J.-R.Désormeaux, inspecteur d’écoles, a recueilli la succession de M.C.-J.Miller, et M.J.-R.Côté, instituteur, celle de M.J.-R.Désormeaux; à M.Camille Girard, de Ville-Marie, instituteur, est échu le district de M.J.-E.Genest-Labarre; M.Lorenzo Côté a été transféré du district de l’Abitibi à celui du Lac-Saint-Jean où il agira comme le conjoint de M.Charles Plamondon, et M.Armand Alain, de Makamik, instituteur, a remplacé, le 12” septembre 1929, M.Lorenzo Côté.FEU M.THOMAS TREMBLAY, EX-INSPECTEUR Un modeste, mais fidèle serviteur de la cause est disparu récemment dans la personne de M.Thomas Tremblay, de la Baie-Saint-Paul, comté de Charlevoix, où il s’est dépensé d’abord pendant dix-huit ans comme instituteur, puis, pendant trente-cinq ans, comme inspecteur d’écoles.A sa mémoire, nous sommes heureux de rendre un témoignage ému et reconnaissant.AUGMENTATION DE TRAITEMENT Sur votre recommandation, l’augmentation de salaire que sollicitaient depuis longtemps les inspecteurs d’écoles a été généreusement accordée.Ils ont appris cette décision avec grande satisfaction et ils vous en garderont toujours, veuillez le croire, une profonde reconnaissance.Mieux rétribués, avec probablement, dans un avenir prochain, des districts d’une étendue réduite, moins préoccupés par les soucis du lendemain, ils pourront, ils devront même consacrer tout leur temps à l’accomplissement de leurs importants devoirs.L’objectif: un meilleur rendement sera ainsi, c’est mon espoir et le vôtre, atteint d’une manière plus certaine.RAPPORT DES INSPECTEURS D’ÉCOLES Le dépouillement de leurs bulletins est d’un intérêt réel.On y constate avec satisfaction que les appels n’ont pas été lancés inutilement, qu’aujourd’hui les suggestions sont prises en meilleure part, les avis écoutés et les conseils suivis, partant que la situation s’améliore, que le progrès est manifeste dans toutes les sphères.Sous ce point, les inspecteurs d’écoles protestants ne font aucune distinction entre les centres urbains et les centres ruraux; selon eux, dans les centres ruraux, l’augmentation d’un personnel mieux préparé s’accentue d’une manière constante et la centralisation des écoles s’y opère avec rapidité dans le meilleur intérêt de la population.Les congrès de commissaires d’écoles, des journées pédagogiques, comme celles du mois de septembre dernier à Joliette et à Sainte-Anne-de-Chicoutimi, heureuse et louable initiative des inspecteurs d’écoles Faquin et Rochefort, ne sont pas étrangers à cette évolution dans les esprits.Une campagne d’éducation à laquelle nous sommes redevables d’un tel changement si ardemment désiré ne sera pas discontinuée.Notre concours le plus entier est sincèrement acquis à tous ceux qui s’en font les zélés promoteurs, de même que la précieuse coopération des sommités religieuses, politiques et civiles.DISPARITION DES VIEILLES ÉCOLES En effet, elles disparaissent vite et à notre grande satisfaction les vieilles et parfois tristes écoles, et celles qui aussitôt les remplacent sont généralement construites sur des terrains plus 396 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE vastes, mieux choisis, suivant les sages suggestions de mes meilleurs officiers et dans le plus grand respect des règlements promulgués par les comités du Conseil de l’Instruction publique.D’après le tableau que je publie dans mes rapports, les corporations scolaires dépensent chaque année pour ces seules fins, réparations et construction, trois millions de dollars.HYGIÈNE DANS L’ÉCOLE Non seulement l’hygiène ne trouve plus une porte fermée, mais on sollicite aujourd’hui sa venue, et déjà sa bienfaisante influence se fait sentir à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtisses.CAMPAGNE D’ÉDUCATION SALUTAIRE Des concours comme celui de Princeville, organisés afin de développer le sens de l’esthétique, stimuler le zèle et l’ardeur pour l’entretien, l’embellissement des propriétés scolaires, ont été couronnés de succès.CHOC EN RETOUR L’école mieux tenue est plus attrayante.Alors, au lieu de la fuir, l’enfant la recherche et, à mesure qu’avec les rayons du soleil y pénètrent en plus grande abondance, la gaieté et la santé, il se sent plus heureux d’y prolonger son séjour et plus capable de produire l’effort nécessaire à tout développement intellectuel et moral.C’est la constatation que nous faisons dans les foyers qui ont prêté une oreille sympathique à nos suggestions: les victimes de la maladie sont moins nombreuses, la moyenne de l’assistance augmente, le stage des élèves se prolonge et les succès de leurs examens s’accentuent annuellement.Le certificat d’études, réforme demandée depuis longtemps par nos inspecteurs d’écoles et qui s’introduit lentement mais sûrement sous leur poussée énergique, n’est pas étranger à ces satisfaisants résultats.UNE OMBRE AU TABLEAU Pas de tableau sans ombre.Celui-ci que je viens de décrire a nécessairement la sienne:.l’augmentation à pas lents, trop lents, du salaire de nos instituteurs.Il est facile d’en faire la pénible constatation.Nonobstant une longue et active campagne, les congrès de commissaires d’écoles, les journées pédagogiques, l’offre de primes alléchantes, il faut bien se rendre à l’évidence, à l’éloquence irrésistible des chiffres, le salaire moyen actuel de l’institutrice rurale ne dépasse pas trois cents dollars.ADDITIONS ET EXIGENCES CONTINUELLES Et cependant on ajoute sans cesse au programme; on demande, on exige toujours davantage du corps enseignant.Pendant les derniers douze mois, trois années, les neuvième, dixième et onzième années, ont été ajoutées au cours primaire.Conséquence: un programme plus substantiel et, pour l’instituteur, des études et des dépenses additionnelles.Une quatrième année facultative, mais bientôt obligatoire, a été décrétée pour le cours normal.Conséquence : pour l’instituteur, augmentation de travail et de déboursés.Et puis, la reconnaissance officielle, dans un avenir prochain, des scolasticats comme écoles normales, l’ouverture d’un institut pédagogique pour hommes, l’organisation de cours de perfectionnement à l’Institut pédagogique, à l’Ecole normale Jacques-Cartier, à l’Université Laval, ne sont-elles pas des démarches habiles et discrètes auprès de l’instituteur pour lui faire comprendre, le convaincre de l’importance d’une plus forte culture littéraire, scientifique et pédagogique et auxquelles il n’a pas été, il n’est pas indifférent ?Cependant, en dépit de tous ces sacrifices, pécuniaires et autres, l’appréciation tangible n’est pas considérable, la situation matérielle de l’instituteur laïque surtout en souffre d’une manière particulière et sérieuse.Afin de l'améliorer, il songe à des positions moins lourdes et mieux rémunérées que, de guerre lasse, il accepte en définitive.Cet abandon de sa carrière constitue pour l’avenir de la petite école une perte cruelle et un grave danger que, grâce à nos congrégations religieuses, nous avons pu jusqu’à présent atténuer et écarter dans une bonne mesure.Mais, hélas ! les rangs s’éclaircissent graduellement.Il est urgent de trouver un remède au mal et d’enrayer, si possible, l’exode de collaborateurs non seulement utiles, mais nécessaires.11 ne peut être question d’une législation fixant un salaire minimum.Alors, l’heure n’est-elle pas arrivée de pousser la libéralité plus loin et au lieu de primes de traitement ou plutôt, en outre de ces primes, d’offrir, comme dans les autres provinces, une subvention proportionnelle au salaire payé, au brevet de capacité, à la durée des services.Aucun risque à courir d’une telle expérience, mais de grands avantages à en retirer. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 397 UNIFICATION DE L’ENSEIGNEMENT AGRICOLE MÉNAGER Par un arrêté ministériel en date du 1er septembre 1929, l’enseignement de cette matière essentielle du programme qui relevait jusqu’alors du Département de l’Agriculture a été confié entièrement à notre sollicitude.La décision est logique et nous a été particulièrement agréable.Par le fait, nous avons assumé de nouvelles et lourdes responsabilités.Nous avons, en effet, pris charge de 14 écoles ménagères spéciales et régionales, de 112 écoles ménagères agricoles rurales ainsi que des cours de coupe et de couture.Mais avec l’assistance et l’expérience de M.Alphonse Désilets, ingénieur-agronome, directeur de l’enseignement ménager, de M.l’abbé H.Bois, inspecteur des écoles ménagères, dont les services sont maintenant à notre disposition, nous pourrons poursuivre avec le même esprit et non moins de zèle une œuvre commencée sous des auspices aussi heureux, et obtenir les plus satisfaisants résultats.UN CINQUANTENAIRE Il y aura cinquante ans, en janvier prochain, la revue pédagogique que, depuis 1898 sur la recommandation du Comité catholique, vous adressez gratuitement chaque mois à,toutes les écoles catholiques de cette province, paraissait pour la première fois sous le titre de “l’Ecole Primaire”.Pour des raisons d’ordre pratique, M.J.-B.Cloutier, son dévoué fondateur, dès 1881, l’appela “l’Enseignement Primaire”, désignation qu’elle a toujours depuis conservée.En J.885, ce anciens pédagogique propriétaire.__________, x ^ , _ .- .exerce, sa belle réputation.C’est un organe de première valeur, d’une haute inspiration religieuse et nationale dont la rédaction soignée et l’heureux choix des sujets traités font honneur a son directeur et à ses brillants collaborateurs.Il rend de précieux services au personnel enseignant, contribue à son perfectionnement, à l’amélioration de son sort.Nous sommes enchantés de saisir une occasion aussi opportune pour exprimer notre satisfaction et formuler le vœu de nouveaux succès.DÉCORATIONS A NOS INSTITUTEURS L’organisation de l’Ordre du Mérite scolaire est pratiquement terminée.A la prochaine réunion du Comité catholique, le sous-comité qu’il a nommé spécialement pour cette fin fera son dernier rapport.La üste des élus, définitivement établie, sera alors proclamée et il ne restera plus qu’à fixer une date pour rendre un témoignage mérité à de longs et bons services.Nous ne négligerons rien afin que la démonstration soit grandiose et fasse époque dans nos annales.Votre généreux concours sera encore à notre disposition.Et puisse le but que nous visions en sollicitant la création de cet ordre chez nous être atteint ! Le relèvement de la carrière de l’enseignement aux yeux de notre population et, pour ceux qui s’y dévouent, un plus grand respect, une appréciation plus vive et plus réelle (1)., J’ai l’honneur d’être, Monsieur le Ministre, Votre obéissant serviteur, Cyrille-F.Delage, Surintendant.' RAPPORT DE L’INSPECTEUR GÉNÉRAL DES ÉCOLES CATHOLIQUES Québec, 14 octobre 1929.Monsieur le Surintendant, J’ai l’honneur de vous soumettre mon rapport annuel sur les écoles catholiques de la Province.C’est le dix-huitième et le dernier du genre: l’an prochain, je n’aurai à faire rapport que sur les activités des écoles normales catholiques, vu la nomination très opportune d’un Inspecteur général des écoles primaires, dans la personne de M.C.-J.Miller, qui était inspecteur d’écoles depuis 1911.Depuis 1911, j’avais double tâche à remplir: visiteur des écoles normales et a,viseur pédagogique du Département de l’Instruction publique, d’une part, et directeur du service de l’inspection des écoles primaires, d’autre part.(1) Suit le résumé des statistiques que nous publierons dans la prochaine livraison. 398 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Par l’excellent choix de M.C.-J.Miller comme directeur du service de l’inspection des écoles primaires, ma tâche est donc réduite de moitié: je remercie le Gouvernement de cet acte administratif que vous aviez approuvé, M.le Surintendant, ainsi que le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.Désormais, avec deux Inspecteurs généraux, l’un pour les écoles normales et l’autre pour les écoles primaires, la lourde tâche qui incombait jusqu’ici à un seul officier sera plus efficacement remplie, et certaines améliorations qui s’imposaient pourront être faites et mises en pratique.I.—TABLEAU COMPARATIF Que l’on me permettre de faire ici une constatation intéressante: en 1911, date de ma nomination comme Inspecteur générai, il y avait 8 écoles normales catholiques, il y en a aujourd’hui 19; il y avait 38 inspecteurs d’écoles catholiques, il y en a aujourd’hui 55; il y avait 1,219 commissions scolaires catholiques, il y en a aujourd’hui 1,461; le nombre total des écoles catholiques de tous les degrés était de 5,900, ce chiffre s’élèvait à 7,887 en 1927-28; le total des instituteurs catholiques qui enseignaient dans les écoles primaires catholiques en 1910-11 était de 280,en 1927-28, ce nombre s’élevait à 882; le total des institutrices catholiques était de 5,092 en 1910-11, il était de 8,286 en 1927-28; en 1910-11, 1,412 Frères se consacraient à l’enseignement en notre province, en 1927-28, il y en avait 2,427; également, 3,941 Sœurs se dévouaient à l’éducation de nos filles en 1910-11, en 1927-28, ce nombre s’élève à 6,620; en 1910-11, il y avait 758 institutrices laïques non brevetées dans les écoles élémentaires, en 1927-28 ce nombre était réduit à 383; le traitement moyen des institutrices catholiques n’était que de $143.00 en 1910-11, en 1927-28, il atteignait $387.00; le traitement moyen des instituteurs catholiques qui n’était que de $657.00, en 1910-11, s’élevait $1,552 en 1927-28; 281,815 élèves fréquentaient les écoles primaires catholiques en 1910-11, en 1927-28, on en trouve 492,225; les écoles normales catholiques qui comptaient 662 élèves en 1910-11, en recevaient 1638 en 1927-28; les écoles spéciales, secondaires et supérieures étaient fréquentées par 20,299 élèves en 1910-11, elles l’ont été par 40,251, en 1927-28; instituteurs catholiques diplômés des écoles normales en 1910-11, 126, et institutrices catholiques diplômées également d’une école normale, 522; en 1927- 28, on trouve dans l’enseignement 365 instituteurs et 1,761 institutrices laïques diplômés d’une école normale.Il faudrait ajouter la refonte des programmes d’études en 1923, l’orientation rurale donnée aux écoles de garçons à la campagne, et l’instauration de l’enseignement ménager dans les écoles de filles.Aussi, la longue et efficace série des congrès de commissaires d’écoles tenus sur tout le territoire de la Province, de 1912 à 1927.Le progrès constaté dans le tableau comparatif qui précède augure bien pour l’avenir et prouve que la population catholique de notre province apprécie les bienfaits de l’éducation.En continuant, en intensifiant la politique d’encouragement suivie depuis les deux dernières décades, particulièrement, sous forme de primes et de subventions opportunes; en augmentant le nombre des inspecteurs d’écoles afin que ces officiers puissent exercer une influence plus constante sur le personnel enseignant et les commissions scolaires, notre système scolaire ne tardera pas à donner un rendement supérieur encore.En terminant cette première partie de mon rapport, il m’est agréable de dire que je conserve le meilleur souvenir de mes relations officielles avec MM.les inspecteurs d’écoles.Ces officiers forment un corps distingué et important et je dois rendre hommage à leur zèle et à leur compétence.IL—SERVICE DE L’INSPECTION DES ÉCOLES PRIMAIRES Plusieurs changements se sont produits dans le service de l’inspection des écoles primaires: La nomination d’un second Inspecteur général a nécessité une promotion, celle de M.J.-R.Désormeaux, aux lieu et place de M.C.-J.Miller, et une nomination, celle de M.J.-R.Côté, aux lieu et place de M.Désormeaux.M.Genest-LaBarre ayant donné sa démission le 19 août 1929, après trente-trois années de bons et fructueux services comme inspecteur d’écoles, M.Camille Girard, instituteur de Ville-Marie, a été appelé à lui succéder, le 12 septembre dernier.Malade depuis quelques mois, M.Chs.Plamondon, inspecteur dans les comtés de Chicoutimi et Lac Saint-Jean, ne pouvait plus suffire à la tâche.Le Gouvernement a bien voulu aider M.Plamondon en lui nommant un conjoint dans la personne de Lorenzo Côté, transféré de l’Abitibi au Lac Saint-Jean.Le 12 septembre 1929, M.Armand Alain, instituteur à Makamik, a été nommé aux lieu et place de M.Côté, comme inspecteur dans l’Abitibi.Au cours de l’année 1928-29, tous les inspecteurs, sauf M.Plamondon, ont visité deux fois les écoles de leur district, comme le veut la loi, et donné la conférence pédagogique que vous leur avez indiquée dans chacune des municipalités scolaires de leur ressort.Dans l’ensemble, d’après les rapports dè tous les districts de la Province, l’année scolaire 1928- 29 a été bonne.Plusieurs inspecteurs constatent l’augmentation constante des Sème et 6ème années, à la campagne, et des 7ème et Sème dans les cités et villes et quelques centres ruraux.Aussi, on signale dans plusieurs rapports la disparition de la chaudière à l’eau découverte, qui est L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 399 remplacée presque partout, au moins dans la majorité des districts scolaires, par la fontaine couverte et à robinet, et la tasse unique traditionnelle fait place aux gobelets individuels.Les reconstructions et réparations d’écoles en mauvais ordre ont été actives—il ne reste guère aujourd’hui de vieilles écoles insuffisantes et antihygiénique-.Les latrines, plus lentement, vont s’améliorant: mais grâce L’embellissement des terrains scolaires est en marche, mais ce mouvement a besoin d’être accéléré.Il importe de donner à nos écoles rurales, particulièrement, un visage riant et agréable, afin d’impressionner favorablement les enfants et de leur faire aimer leur première école.Le nombre des non diplômés diminue: En 1927-28, il y avait 51 instituteurs qui enseignaient avec un permis du Surintendant; en 1928-29 on en signale 44; en 1927-28, il y avait 520 institutrices qui enseignaient avec un permis dans les écoles primaires élémentaires et les écoles primaires complémentaires, en 1928-29, on en signale 411.Les inspecteurs s’appliquent à encourager les commissions scolaires à réduire au minimum cette nécessité, qui s’impose parfois dans les régions de colonisation ou sur la Côte Nord.Traitements des institutrices catholiques Pour la dix-septième fois, je publie le tableau qui suit: c’est un thermomètre qui indique une marche ascendante, trop lente, à la vérité, mais enfin, il y a mouvement, et ce mouvement doublera de vitesse le jour où les primes accordées pour minimum de traitements seront accordées d’après le traitement moyen au lieu du traitement minimum.TRAITEMENTS DES INSTITUTRICES CATHOLIQUES — 1912- 1913 1913- 1914 1914- 1915 1915- 1916 1916- 1917 1917- 1918 1918- 1919 1919- 1920 1920- 1921 1921- 1922 1922- 1923 1923- 1924 1924- 1925 1925- 1926 1926- 1927 1927- 1928 1928- 1929 Jnstitutrires recevant: SI,400 0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 1 1 3 4 3 8 8 SI,300 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 3 2 6 7 13 6 7 $1,200 0 0 0 0 1 0 0 2 2 6 0 4 15 45 107 159 215 SI,100 0 0 0 1 2 1 3 0 5 1 12 9 43 104 73 81 64 SI,000 0 0 2 1 0 3 1 1 11 24 26 50 107 116 151 156 200 $900 2 0 1 2 1 1 0 5 31 35 89 155 122 89 104 136 82 $800 0 0 0 0 0 0 0 28 74 184 104 111 107 98 194 117 139 $700 0 1 1 2 2 0 34 61 186 192 212 198 257 268 239 146 244 De $600 à $700.0 9 10 13 20 36 49 196 236 178 182 176 174 185 162 203 180 $500 à $600.8 10 20 50 18 55 137 105 101 112 163 189 188 216 219 200 234 $400 à $500.26 28 60 50 36 164 158 146 388 432 334 309 353 354 476 284 431 $300 à $400.75 142 154 314 345 350 446 639 1,678 1,946 1,788 2,032 2,561 2,357 2,728 2,800 2,941 $250 à $300.180 250 372 356 347 453 686 856 1,020 2,277 2,560 2,807 2,661 2,642 2,434 2,733 2,687 $200 à $250.547 595 967 1,351 1,839 1,985 2,755 2,855 2,092 1,541 1,431 1,086 849 957 804 638 625 $150 à $200.2,?55 3,281 3,472 3,441 3,338 3,184 2,619 1,420 218 195 255 155 129 75 92 31 37 $125 à $150.1,887 869 524 396 244 149 58 29 4 1 0 1 0 0 0 0 0 $100 à $125.578 114 51 45 13 5 12 7 2 2 6 7 5 2 0 0 0 III.—LES ÉCOLES NORMALES J’ai visité chacune des dix-neuf écoles normales catholiques au cours de l’année scolaire 1928-29.Les deux écoles normales de garçons ont été fréquentées par 169 élèves-maîtres et les dix-sept écoles normales de filles par ,1,597 élèves-maîtresses.Les écoles normales de garçons ont accordé 67 diplômes: 33 élémentaires, 34 supérieurs; les écoles normales de filles, 946: 645 diplômes élémentaires et 301 supérieurs: 400 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Tous les garçons diplômés pour école complémentaire (brevet supérieur) en juin 1929, ceux de Montréal comme ceux de Quebec, ont trouve des positions avantageuses dans l’enseignement.C’est un heureux événement qui ne s’était pas produit depuis au moins vingt-cinq ans.Les jeunes filles diplômées des ecoles normales se livrent généralement à l’enseignement dans la mesure de 75% et meme 80%, en comprenant les normaliennes qui entrent dans une communauté enseignante où elles consacrent leur vie entière à F éducation des enfants.On accentue chaque annee la sévérité apportée dans les examens d’entrée, afin d’exiger de plus en plus les connaissances d une bonne sixième annee de ceux et celles qui aspirent à faire un cours normal.Plusieurs aspirants et aspirantes jugés trop faibles sont refusés chaque année, et il doit en etre ainsi afin de ne pas obliger les ecoles normales a recommencer le travail qui doit se faire à l’école primaire.Je dois rendre aux ecoles normales le témoignage que ceux qui les dirigent se font un devoir de faire suivre avec conscience et discernement les règlements et programmes officiels.Aussi, MM.les principaux et leurs collaborateurs ne négligent rien pour assurer le bonJonctionnement des écoles ^ aÇ,Ç^1?5^10î1’ P('I’*ect12 = -^ U = ^-+3+= 10.Rép.x" = -^-+3+= -9 absurde L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 437 = Jaitt Jjh; fê!' LE CABINET DE L’INSTITUTEUR LECTURES EN CLASSE (Cours supérieur et complémentaire) Hommage à Notre-Dame-de-Lourdes LOURDES Lourdes offre aux regards un des paysages les plus pittoresques qu’il soit possible d’imaginer.La petite ville, cachée dans l’étroite vallée de Lavedan, est entourée de collines à demi sauvages, et dominée par un rocher sunnonté d’un château fort.A quelque distance, assise sur les célèbres Roches Massabielle, la basilique de l’Imma-culée-Conception, avec sa flèche élancée, se dessine sur le fond sombre de la montagne.Tout auprès, une jolie rivière, le Gave, descend des Pyrénées en chantant sous les peupliers et les rosiers sauvages; des sentiers bordés de fleurs sillonnent en tous sens des collines et des gorges profondes, et, dans le lointain, des pics élevés, couverts de neige, se confondent avec les nuages.Au-dessous de la grotte de l’apparition sont suspendus une quantité étonnante de béquilles et d’autres objets ayant appartenu à des miraculés.Un moraliste religieux aurait de belles choses à dire sur les pèlerins, sur leurs misères, leurs espérances, leur recueillement, leur foi.Il y a plaisir à faire parler les gens du peuple des merveilles dont ils sont tous les jours les heureux témoins.Avec cela que leur langage est vraiment beau à entendre.Je ne les comprends pas toujours, mais il y a dans leur manière de dire une musique que tout le monde peut saisir et qui est réellement charmante.{Lettres de voyages.) Ernest Gagnon.ECCE MATER TUA ï; Le céleste concert des sphères infinies Est moins harmonieux que le bruit de son nom; Et quand il a vibré sur les harpes bénies, Le firmament s’emplit d’un immense frisson.Une armée en bataille est moins terrible qu’elle Et la fleur virginale a de moins doux parfums; Son front laisse oublier, sans regrets importuns, L’éclat mystérieux de la lune nouvelle.C’est le dernier refuge et le secours constant; Trône de la sagesse et miroir de prudence, Elle est l’espoir de ceux qui n’ont plus d’espérance; Cause de notre joie, à son aspect charmant.L’étoile de la mer, l’arc-en-ciel des tempêtes Pâlissent comme une ombre au souffle du matin; Et l’aurore naissante a de moins belles fêtes Et moins blanc est le lis qui croît dans le ravin.Son voile est plus léger qu’un nuage qui passe; Son manteau parsemé des astres de la nuit Retombe chastement, et ses plis ont la grâce D’un flottant crépuscule où le jour déjà luit. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Dans la sérénité de l’immuable gloire Les cieux à ses regards roulent humiliés; David pour l’annoncer bâtit la tour d’ivoire Et plus pure est encor l’empreinte de ses pieds.Nul ne pourrait comprendre et nul ne saurait dire Tant de puissance unie avec tant de douceur; Le héros est moins grand, moins savant le docteur, Moins précieux le sang de la jeune martyre! C’était l’Eve promise à la nouvelle loi; Judith eut moins de force, Esther eut moins de charmes, Rachel inconsolable a pleuré moins de larmes Et le cœur de ta mère a moins d’amour pour toi ! René Saint-Maur.LE PUITS D’EVANGELINE Dans la large prairie un sentier se perdait, Qui trouait le verger.Une vigne pendait, Guirlande glorieuse, au tronc du sycomore, Et protégeait l’essaim d’une ruche sonore.Dans le bourdonnement, sous l’arbre qui tremblait, En son rustique abri, la ruche ressemblait Aux niches de la Vierge, aux troncs des faméliques Que met la charité sur les routes publiques.Plus bas sur le coteau qui regardait la mer, C’étaient le puits moussu, le seau cerclé de fer, Et l’auge où s’abreuvaient chevaux, bœufs et génisses.Puis, du côté du nord, plusieurs longues bâtisses: Des granges, des hangars, en la froide saison, Contre les ouragans protégeraient la maison.C’est là qu’on remisait les voitures diverses, Les harnais, les outils, la charrue et les herses.Là qu’on voyait aussi le bercail des moutons, Et le sérail de plume où régnaient les dindons, Où le coq orgueilleux chantait d’une voix fière, Comme au jour où sa voix troubla l’âme de Pierre.Et tout cela semblait un village, de loin Les granges en été se remplissaient de foin.Leurs toits proéminents étaient couverts de chaume, Et le trèfle fané remplissait de son baume Le fenil où montait un solide escalier.Là se trouvait aussi l’amoureux colombier, Avec ses nids moelleux, ses tendres créatures, Ses roucoulements longs, ses folles aventures; Et mainte girouette, au moindre essor des vents, Criait du haut des toits les changements du temps.En paix avec le ciel, en paix avec le monde, C’est ainsi que vivait, dans sa terre féconde, Le fermier de Grand-Pré.Sa joie et son appui, Toujours Évangéline était auprès de lui, Et sagement toujours gouvernait le ménage.(Évangéline, traduction de Pamphile LeMay). .WX ¦ ?'*m:> LE PUITS D EVANGELINE (D’après un dessin de Mlle D.Dubreuil, élève de l’École normale de Saint-Hyacinthe.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 439 440 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LECTURE HISTORIQUE Samuel de Champlain Né à Brouage (Charente-Inférieure), en 1567, Samuel de Champlain, marin, explorateur, arriva au Canada en 1608, fonda Québec et commença à organiser cette magnifique colonie qui, réunissant le Canada et l’Acadie, prit le nom de “Nouvelle France”.Non seulement il chercha par là à doter sa patrie d’une colonie magnifique, mais aussi à pacifier et avant tout à christianiser les peuplades sauvages de ces nouvelles contrées.Il appela comme missionnaires les Franciscains ei les Jésuites.La France, fidèle à sa mission, ne séparait pas les intérêts de Dieu et la diffusion de l’Évangile de la recherche des intérêts matériels qui pouvaient trouver des réalisations dans ces terres jusque-là inconnues.Pour obtenir des échanges actifs entre la mère-patrie et le Canada, Champlain fonda la Compagnie des Associés, marchands de Rouen et Saint-Malo, puis, après son échec, une nouvelle Com-gnie administrée par les frères Guillaume et Émery de Caen.Richeheu comprit, d’ailleurs, l’intérêt de ces relations maritimes et poussa, après divers échecs, à la formation de Compagnies similaires.Champlain mourut en 1635, laissant ainsi à la France une merveilleuse province que nous devions perdre, hélas! plus tard, par la guerre de Sept Ans.Mais le souvenir de la France et l’usage de sa langue subsistent toujours au Canada.“L’Ami de la Famille”.Petites lectures publiées par la Société de Saint-Vincent de Paul, Paris, 1929).LECTURE GEOGRAPHIQUE Baie des Ha! Ha! La crevasse qui a ouvert les montagnes du Saguenay s’est faite à partir de Tadoussac, où la profondeur de la rivière atteint mille pieds, et s’est continuée avec quelques variations jusqu’à la baie des Ha! Ha! ou Grande-Baie où elle s’est bifurquée et est devenue une double crevasse dans laquelle plonge aujourd’hui le Saguenay, d’un côté, et le lac Kénogami de l’autre.Tout le monde sait que le nom de Ha! Ha! donné à cette baie vient de la surprise du voyageur à la vue de ce détour subit du Sàguenay, se terminant en un bassin, profond par endroits, de huit à neuf cents pieds, et qui n’a aucune issue.Et pourquoi pas d’issue ?C’est que la Grande-Baie n’est pas du tout un bras du Saguenay qui s’en détourne brusquement; c’est, comme nous l’avons dit, le commencement d’une autre crevasse, qui s’est faite depuis le Cap-à-l’Ouest jusqu’au lac Saint-Jean.Cette crevasse remplie par les torrents dans l’espace compris entre le fond de la baie jusqu’à la rivière, parce que ses flancs étaient protégés par de hautes montagnes, et surtout par le Cap-à-l’Ouest, énorme rocher qui a divisé les eaux.Arthur Buies.PEU M.CHS McBURNEY Nous regrettons d’avoir à annoncer la mort de M.Chs.McBurney, officier spécial du Département de l’Instruction publique, section protestante.M.McBurney est décédé à Montréal le 15 janvier, en voyage officiel, à l’âge de 52 ans, à la suite d’une attaque de pneumonie.Officier du Département de l’Instruction publique depuis huit ans, M.McBurney laisse le meilleur souvenir à ses confrères.Parfait gentilhomme, éducateur émérite, il n’avait que des amis: sa mort laisse un vide profond.C.-J.Magnan, directeur-propriétaire, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec, Canada.
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