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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1935-03, Collections de BAnQ.

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56e Vol.Québec, Mars 1935 N° 7 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION HOMMAGES A L’HONORABLE M.DELÂGE A la réunion du Comité catholique tenue à Québec le 6 février dernier, Son Excellence Mgr Herman Brunault, appuyé par l’honorable Thomas Chapais, a proposé le vœu suivant: “A l’occasion du trentième anniversaire de la nomination de l’honorable Cyrille-F.Delâge comme membre du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique et de son dix-neuvième anniversaire comme surintendant de l’Instruction publique, le Comité offre à l’honorable surintendant, ses hommages, sa reconnaissance et ses vœux.Ad multos annos”.L’honorable M.Delâge remercia ses collègues de cette attention délicate.Qu’il nous soit permis d’ajouter nos félicitations et nos souhaits à ceux des distingués collègues de M.le Surintendant de l’Instruction publique.C.-J.M.“EN MARGE DE LA POLITIQUE” L’éditeur Albert Lévesque, de Montréal, vient de publier en un joli volume plusieurs discours prononcés depuis quelques années, en marge de la politique, par le Secrétaire de la Province, l’honorable Athanase David.Ces discours sont ainsi groupés: I.Des corps sains; IL Des esprits cultivés; III.Des énergies conquérantes.Ces trois séries de discours, où l’élégance du style donne la main à l’éloquence, tendent tous vers un but unique: l’idéal digne de nos origines.Les éducateurs et les éducatrices trouveront dans les discours de M.David, matière à réflexion, en plus d’une jouissance intellectuelle qui repose et élève au-dessus du terre à terre.L’auteur, très généreusement, a donné à l’œuvre admirable de l’Assistance Maternelle de Montréal, tous les profits que pourra réaliser la vente de son livre.C.-J.M.BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES AVIS IMPORTANT Les aspirants et les aspirantes qui se présenteront aux examens du Bureau en juin prochain, voudront bien prendre note que les négligences d’orthographe et de rédaction dans les réponses de littérature, d’histoire, de pédagogie, de géographie, d’enseignement ménager, etc., etc., seront notées par les correcteurs et pourront, dans certains cas, conduire à un échec.Aussi, la dictée et la composition devront être particulièrement soignées au point de vue orthographe et correction.Les maîtres et les maîtresses qui préparent au diplôme du Bureau central sont priés de tenir sérieusement compte de cet avis. 394 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PEDAGOGIE L’HISTOIRE DU CANADA ET L’EDUCATION DU PATRIOTISME A L’ECOLE PRIMAIRE {Extrait du rapport de V Inspecteur général des écoles normales au Surintendant de VInstruction publique, pour l’année scolaire 1933-34.Le texte complet de ce rapport se trouve dans le Rapport du Surintendant pour 1933-34.Dans mon rapport de l’année dernière, je vous ai dit que ce qui se faisait dans nos écoles normales pour la formation professionnelle des élèves, pour favoriser la diction et la correction du langage, faire aimer les sciences naturelles et préparer les normaliens et les normaliennes à l’enseignement rural.Je ne reviendrai pas sur ces points.En cette année mémorable du quatrième centenaire de la découverte du Canada, je crois de mon devoir de parler sommairement de l’histoire du Canada et de l’éducation du patriotisme à l’école normale.A l’école normale, on reprend en lere et en 2e années, toute l’histoire du Canada: lere année, régime français, 2e année, régime anglais.Plus approfondie qu’à l’école primaire, chaque leçon d’histoire du Canada devient à l’école normale, une leçon de patriotisme et contribue très efficacement à l’éducation nationale.En 3e année et 4e année du programme des filles, l’histoire du Canada s’enseigne sous forme de revue synthétique, servant en même temps à la composition littéraire.En ces années (il en est de même en 3e et 4e années du nouveau programme des écoles normales de garçons) les normaliennes et les normaliens sont mis en contact plus personnel avec les historiens du Canada (du Canada français, surtout).Les rayons de la bibliothèque de l’école, où se rencontrent les ouvrages de Carneau, de l’abbé Ferland, de Chapais, de l’abbé Groulx, de Gérin-Lajoie, de Suite, de Royal, de l’abbé Couillard des Prés, de l’abbé Robitaille, de l’abbé Desrosiers, de N.-E.Dionne, de l’abbé H.-R.Casgrain, d’Ernest Gagnon, etc., et des auteurs français comme Rameau, Lauvrière, de la Roncière et autres, la bibliothèque de l’école normale, dis-je, est ouverte aux élèves-maîtres et aux élèves-maîtresses.A l’aide des auteurs, guidés par leurs professeurs, les normaliens font des revues synthétiques des principales phases de notre histoire nationale.Ils s’habituent aussi à suivre le développement d’une question historique, depuis son commencement jusqu’à sa conclusion.Ainsi, si l’on veut étudier l’histoire des découvertes successives des régions du Canada, on fait suivre dans leurs voyages de pénétration à l’intérieur du pays, Jacques Cartier au Saint-Laurent, Champlain et les missionnaires aux Grands Lacs, Joliet au Mississipi, La Vérendrye dans les plaines de l’Ouest et jusqu’aux Rocheuses.Des leçons de patriotisme concrètes comme celles que Dollard et Madeleine de Yerchères ont données sous le régime français, sont aussi approfondies et suggérées comme narration en classe de littérature.Il en est de même, sous le régime anglais, de la fière attitude de Mgr Plessis et de Mgr Hubert au sujet de l’Institution Royale, des écoles anglaises et protestantes, et de la noble revendication d’Hippolyte Lafontaine au sujet de la langue française.Mais pour apprendre aux futurs maîtres et aux futures maîtresses de l’enfance à éviter la monotonie et soutenir l’attention des enfants pendant la leçon L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 395 d’histoire, rendre cette dernière attrayante par quelques nouveaux détails, on habitue les élèves des écoles normales à utiliser des lectures appropriées, qui jettent une clarté plus vive sur la leçon d’histoire nationale.Ainsi, des fragments en prose empruntés aux grands historiens, de belles pièces de vers détachées des œuvres de Crémazie, Fréchette, Chapman, Beauchemin et autres, rendent l’enseignement plus attrayant.Notre histoire offre dans ce domaine une moisson abondante et les normaliens et normaliennes y puisent de belles leçons de patriotisme.Ces lectures, ces récitations, et souventes fois des séances académiques dont le programme met en scène des sujets historiques comme le Peuple sans histoire du Frère Marie-Victorin, tous ces efforts hors classe mais complément de la classe, permettent aux élèves de faire naître en eux et de développer en leur âme un amour plus conscient de la patrie: sol natal, attachement aux traditions et aux institutions nationales, respect à notre belle langue française et à notre foi catholique.L’auteur de pédagogie, dont le manuel est en usage dans toutes les écoles normales, Mgr Ross, résume en quelques lignes l’exposé qui précède: “L’enseignement de l’histoire nationale doit avoir un triple but: a) faire connaître les faits qui établissent le rôle joué par la race française sur le continent américain, et la protection divine dont elle a été l’objet aux différentes époques de la colonie; h) faire ressortir les traits distinctifs de son caractère national et en suivre toutes les manifestations à travers les vicissitudes de l’histoire; c) tirer des actions et des événements du passé les leçons qui inspirent au petit Canadien français l’amour de sa race et du pays avec lequel elle s’est identifiée.” Cet idéal fait l’objet d’efforts sincères des dirigeants de nos écoles normales, prêtres, laïques, religieux et religieuses.Il faut encore tendre à mieux, mais il faut aussi reconnaître que la découverte de l’éducation nationale n’est plus à faire dans nos écoles normales.C.-J.Magnan.N.B.—-Voici le sommaire du Rapport de l’Inspecteur général des Écoles normales, inclus dans le Rapport du Surintendant, pour 1933-34: Quelques statistiques —Les Écoles normales de Frères— Le nouveau programme des Écoles normales de garçons—Principes d’après lesquels a été préparé le nouveau programme des Écoles-normales de garçons—L’histoire du Canada et l’éducation du patriotisme à l’École normale—L’École normale de Valley-field— Deuil et joie à l’École normale de Hull— Agrandissement notable à l’École normale de Rimouski M.John Ahern.DE L’ÉDUCATION NATIONALE A L’ÉCOLE PRIMAIRE (1> il LES RESSOURCES DE L’ÉDUCATION Un simple aperçu de ce que j’appellerais chez nous les “ressources de l’éducation ’ nous interdit de désespérer.^ .Ces ressources, me permettez-vous, pour plus de clarté pédagogique, de les diviser en extérieures et intérieures ?LES RESSOURCES EXTÉRIEURES La géographie canadienne.Au premier rang de celles-ci, je place l’étude de la géographie canadienne.Nous nous plaignons volontiers que nos enfants ne savent pas voir leur pays.Ne serait-ce point que, (1) Voir la première partie de cette étude dans VEnseignement Primaire de février 1935. 396 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pour le voir, ils auraient besoin qu’il leur fut montré, et que pour le leur montrer, il faut avoir appris à le regarder ?Est-ce tâche si laborieuse que de séduire l’imagination et les cœurs juveniles par l’aspect de cette contrée, la plus vaste du monde après la Chine l’une des plus belles par la variété de ses régions et de ses paysages, l’une des plus riches par la variété de ses climats et de ses ressources naturelles ?Si les voyageurs intelligents qui traversent le Canada de l’Atlantique au Pacifique, en rapportent d’ordinaire un éblouissement pourquoi les fais du sol, les fils des découvreurs et des explorateurs seraient-ils moins sensibles aux memes beautés ou aux memes séductions, eux qui, plus que tous leurs conpatrio-tes, peuvent reconnaître à ce pays le visage de la patrie ?, .P0111" nous, Canadiens français, il est une etendue de ce vaste pays qui, avant toute autre mente le nom de patrie, le vieux Québec.Son vêtement historique fait, à certains égards du berceau de la Aouvelle-France, la plus pittoresque, la plus humanisée de toutes les provinces du Canada.Son caractère de province catholique et française lui garde encore en dépit de son maquillage à l’anglaise, le reflet d’une savoureuse originalité.Tous les touristes anglo-canadiens ou américains, cultivés un tant soit peu et sensibles aux évocations de l’histoire, reconnaissent à la vieille province un charme spécial.Quand ils peuvent fermer les yeux sur les déplorables manifestations de notre anglomanie, nos frères de France nous le e^°.re depuis les fetes de Cartier, trouvent à s’émouvoir plus que personne.Fendant 1 hiver de 1931, me trouvant a Paris, j’entendis le sénateur Forcade, de retour d’un recent voyage au Canada, raconter, au cours d’une conférence, ses impressions.Cet ancien bâtonnier du barreau de Paris, esprit positif, plutôt froid, nous décrivit en particulier sa promenade, le premier soir de son arrivée à Québec, sur la terrasse Frontenac.Eh bien devant le paysage contemplé jadis par Champlain, Talon, Lévis, Montcalm, en face de ce pays fait par des gens de sa race, alors qu’autour de lui résonnait le vieux parler de France, M.Forcade avocat rompu à tous les drames du prétoire, avoua pourtant que, ce soir-là, il avait senti monter du fond de son âme la plus grande émotion de sa vie.Et je me souviens qu’en rappelant ce souvenir, le conférencier avait encore la gorge étreinte.La leçon de géographie .Que d®8 étrangers de passage trouvent à notre Québec ce charme captivant, n’est-ce pas le signe qu’avec un peu de bonne volonté et d’effort, nous saurions faire passer dans l’âme de nos enfants, quelque chose de ce même charme ?Au lieu de la leçon de géographie, trop sèche peut-etre, trop purement, physique, réduite aux interminables nomenclatures, pourquoi ne pas animei la carte en agitant autour d’elle un peu d’histoire ?Disons qu’on commencerait par attirer les yeux des écoliers ou des écolières sur les deux principaux accidents géographiques de la province: les Laurentides et le fleuve.Dans les Laurentides, on leur montrerait les plus vieilles terres du monde, les premières sorties, selon les géologues, de la grande mer piéhistorique pour sourire au soleil: cachet d’antiquité que de jeunes esprits aimeront à saluer au front de leur pays d’origine.On leur montrerait ensuite le fleuve, route magique qui, la première, ouvrit aux Européens le cœur immense de notre Amérique.Pour illustrer ce fait d’histoire, on lirait, par exemple, l’entrée de Cartier, à son deuxième voyage, dans le couloir du fleuve, prenant soin de souligner l’émotion croissante du découvreur à la vue de cette terre, des deux coustez dudict fleuve.aussi belle terre unye que jamais homme regarda.” On pourrait continuer l’histoire du fleuve, faire voir le rôle qu’il tint pendant tout le régime français: rôle de chemin royal à travers un pays de forêt vierge.Au bord de ce chemin, I on pourrait montrer un peu partout le petit Canadien s’exerçant, comme dit Charlevoix, à manier canot et aviron, “dès la bavette”, et faisant ainsi l’apprentissage de son futur métier de coureur de bois et de fleuves.On pourrait décrire aussi ces flottilles de canots qui venaient de Québec, des Trois-Rivières, qui partaient de Montréal pour aller conquérir l’A-merique a la h rance ; et, à la tete de ces flottilles, on montrerait, pagayant de leur mieux, un Joliet, un Cavelier de la Salle, un d’Iberville, un la Vérendrye.Et alors et jusqu’au jour où, pour un enseignement plus approprie de la géographie, nos écoles seront pourvues de l’indispensable outillage scolaire, qui empêche un maître avisé de piquer, sur une carte du Canada, et à tous les endroits où s’élevèrent jadis des forts français, qui empêche, dis-je, de piquer dé minuscules drapeaux blancs aux fleurs de lys, pour apprendre à nos écoliers combien, d’un océan à l’autre, et du nord au sud, s’est affirmée partout l’audace conquérante des explorateurs français ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 397 Ce pourrait être encore une leçon de géographie humaine.Dans la silve immense et splendide, ce serait l’apparition des premiers défrichés; on les montrerait s’ordonnant autour d’un centre qui est le manoir du seigneur; le seigneur, on le présenterait, comme il convient, souvent noble ou fils de noble, paysan parvenu sans autre blason que son énergie et son labeur, beau militaire qui, avant de se tailler un domaine en pleine forêt, s’en est taillé un premier en pleine gloire, dans la guerre iroquoise ou bostonnaise.Dans la seigneurie, ce serait ensuite le développement de la vie religieuse : au premier plan, le missionnaire nomade, courant, sa chapelle sur son dos, de défriché en défriché, célébrant la messe, administrant les sacrements dans le manoir ou dans une hutte de colons; puis, au second plan, pointant vers le ciel, le modeste clocher de la première desserte; puis, en dernier lieu, le clocher d’argent de l’église, annonçant la naissance de la paroisse.La paroisse, il conviendrait d’y insister; il faudrait en indiquer le premier germe, la première cellule et son éclosion dans la seigneurie, celle-ci absorbant d’abord celle-là qui bientôt se dégage de son premier cadre, pour le dépasser de toute la hauteur et de toute l’ampleur du surnaturel.Mais ce n’est là qu’un léger aperçu.Que d’autres tableaux d’histoire on pourrait accrocher à la leçon de géographie et toujours avec le dessein de nouer entre le petit Canadien français et le sol québécois une amitié inaltérable.Veut-on un dernier exemple ?Pour enseigner spécialement, envers la patrie et les ancêtres le devoir de piété dont nous parlions plus haut, quoi de plus facile, à propos de géographie et d’histoire canadiennes, que de servir à des écoliers encore jeunes ou d’âge moyen, deux tableaux dont le premier ferait voir l’état sauvage du pays, au moment de la découverte ou à l’arrivée de Champlain, et le second, le visage actuel, économique, social, de la patrie ?Et quoi de plus facile encore, à l’aide de ces deux tableaux, que de faire comprendre à des écoliers, même petits ou moyens, tout ce qu’ils doivent aux générations qui les ont précédés, aux aïeux qui leur ont préparé cet avoir matériel et spirituel ! Ces tableaux, sans en diminuer, certes, la puissance suggestive, comme il serait encore facile de les réduire au cadre plus modeste de la paroisse, où même, pour le fils de paysan, au cadre de la terre paternelle, et alors de faire voir de quelle façon l’une et l’autre, la paroisse et la terre, se sont faites, par quelles additions de labeurs acharnés, d’héroïsme obscurs mais splendides.Leçons toutes simples mais qui pourraient convaincre à jamais, ce nous semble, l’enfant de chez nous que si, au Canada, il est partout chez soi, il l’est tout particulièrement sur cette portion de territoire dont le moindre espace a été conquis sur la forêt par les siens (1).L’Histoire Je n’insisterai pas longuement sur la valeur éducative de l’histoire nationale.Dans VAction Nationale (mai 1934), M.Arthur Laurendeau a dit là-dessus, et avec quelle éloquente conviction, ce qu’il importait de dire.De cette valeur de l’histoire, les maîtres sont convaincus.Il arrive même qu’ils ramènent trop souvent la formation patriotique à l’enseignement de notre passé, comme si certain enseignement d’histoire avait quelque chose de commun avec l’éducation du patriotisme.Savoir, par exemple, que Jacques Cartier a découvert le Cana-daenl534,queChamplainafondéQuébecenl608,Maisonneuve, Ville-Marie en 1642,qu’est-ce qu’une pareille procession de chiffres peut bien faire, je vous le demande, à un bambin ou a une bambine de 7 à 8 ans pour qui la moindre notion de chronologie est mystère ?On devrait savoir qu’ils accepteraient tout aussi bien les dates de 3034, 4008 et 4042, que celles qu’on leur propose.On oublie que ce qui compte encore plus que la date, c’est la substance historique, je veux dire, pour l’enfance, certains tableaux massifs, expressifs, représentatifs du passé, et, par-dessus tout, l’atmosphère que le maître, par la projection de son âme, sait mettre autour de ces tableaux.(1) Cette conférence fut prononcée la première fois aux Trois-Rivieres, le 4 juillet 1934, à 1 occasion d un congres des instituteurs de la Province de Québec.Ce jour-là, nous avions ajouté à l’adresse de nos amis de cette région, le passage smvant: “En passant, permettez-moi de vous féliciter, vous des Trois-Rivières, de 1 application que vous avez mise à tourner les yeux et l’esprit de votre peuple et de votre jeunesse écolière vers l’étude de la Mauricie et du grand exemple que vous donnez à toute notre province.Permettez-moi de rendre hommage, en particulier, à mon bon ami l’abbé Albert Tessier, principal animateur de ce mouvement.Vous avez compris cette vérité de bon sens élémentaire et d’élémentaire pédagogie que l’unique moyen de révéler la grande patrie, invisible, inaccessible à la plupart par vision directe, c’est de faire prendre contact avec les images, le cadre familier de la petite patrie, et que ses premiers motifs d’attachement à la première, le commun peuple les trouve d’abord dans son amitié profonde et spontanée pour la seconde.2 398 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Leçon de fierté Voici, je suppose, un instituteur, une institutrice, qui ont commencé par prendre une exacte connaissance de la psychologie de leur élève.Ce petit Canadien français, ils ont compris qu’il faut redresser, relever en lui la fierte amoindrie.Il est le fils d’un peuple en pleine crise morale, qui a besoin qu’on le secoue de sa léthargie, qu’on lui donne des raisons victorieuses de vivre! Je suppose, après cela, que, parmi l’outillage scolaire, figure, imprimée en gros caractères sur une pancarte murale, cette phrase de Charlevoix au sujet des Canadiens de l’ancien régime: “Ils font de mauvais valets: c’est qu’ils ont le cœur trop haut”.Quelle phrase suggestive pour une leçon de fierté ?_ Au mois de juin dernier, au lendemain de la Saint-Jean-Baptiste, on pouvait voir, dans la vignette d’un journal de Montréal, penché sur une carte du continent américain, un Jacques Cartier qui, devant la situation actuelle de notre peuple, laissait échapper cette réflexion mélancolique: “Et pourtant, c’est un vaste empire que je leur avais donné.” Terrible raccourci d’histoire.Qui étions-nous ?Que sommes-nous ?.Une autre pièce d’outillage pédagogique, à sa place aux murs de toutes nos écoles, ne serait-ce point une carte de géographie figurant l’ancien empire français en Amérique ?A défaut de cette carte, le professeur ne pourrait-il recourir, pour sa leçon, à l’usage des petits drapeaux fleurdelisés dont nous parlions tout à l'heure, ou encore, sur une carte de l’Amérique du Nord dessinée au tableau noir, ne pourrait-il mettre en relief l’espace conquis et possédé jadis par les Français ?Cette conquête, il raconterait alors en quelle condition elle s’est faite, par quelle poignée d’hommes, avec quel entrain, quelle audace souvent joyeuse, presque toujours surhumaine.Et ce pourrait être un autre tableau: celui de l’œuvre civilisatrice accomplie par ces hommes dans le même empire colonial.Et ce serait alors un effort pour imaginer la forêt de croix érigées par des mains françaises, depuis les premières dressées par Cartier à Saint-Ser-van et à Gaspé jusqu’à ces milliers d’autres, plantées par nos missionnaires, jalons de foi conquérante qui allaient se prolonger vers l’intérieur, se ramifier dans toutes les directions, jusqu’à la Baie d’Hudson, jusque dans les prairies de l'Ouest, jusqu’au fond du lac Champlain, jusqu’à la Louisiane.Des sceptiques cherchent parfois ce que nous avons accompli en Amérique qui nous soit propre et vraiment grand.Voilà, à ce qu'il semble, qui est de quelque taille et bien à nous.Et je voudrais voir quelles leçons sauraient tirer, de ces grandeurs historiques, si elles appartenaient à leur patrimoine moral, les pédagogues américains, et s’ils auraient attendu si longtemps pour/iZmer, à l’intention de leur jeunesse, l’épopée merveilleuse.Certes, je ne dis pas qu’il faille n’enseigner que ces données sommaires, ces grands tableaux de notre histoire.Mais j’estime qu’il y faut souvent revenir, en faire, pour les jeunes esprits, des images familières.Et je me persuade que le petit Canadien français d’esprit normal qui aura entendu deux ou trois fois ces leçons de la bouche d’un maître, et avec l’accent qu'il faut pour les donner, je me persuade, dis-je, qu'en l’âme de cet enfant des fibres se redresseront qui ne sauront plus s’affaisser.Avouons-le: nous ne sommes si peu fiers que parce que nous ignorons qui nous avons été.N’y a-t-il pas quelque mélancolie à songer que, faute d’un enseignement approprié, les aspects les plus grands de notre histoire sont, en général, les plus ignorés de notre peuple ?Langue et culture Et nous ne sommes pas au bout de nos richesses.Parmi ces ressources extérieures de l’éducation, il reste encore l’incommensurable trésor de notre langue, langue de clarté et de haute culture.Le français, langue de clarté! Savons-nous, éducateurs, la valeur de ces simples mots, de cette qualité essentielle, universellement reconnue, de notre parler national?Langue de clarté! Manquons-nous de tout moyen d’y faire voir un instrument de précision et aussi un instrument merveilleux pour la formation, la discipline de l’esprit ?Et, si l’on agit mieux lorsque l’on voit clair, quelle grande école de volonté et d’action que notre formation à la française, pour peu que l’on évite de la compromettre ou de la gâcher par l’abus d’un bilinguisme prématuré, excessif, méthode barbare pour la moyenne des intelligences enfantines ! Il reste à l’éducateur de faire passer dans l’intelligence des petits Canadiens français, à l’aide de la langue, le meilleur d’une culture dont on a pu dire qu’elle est une parure de l’humanité._ Il y faudrait, je le sais, un livre, une anthologie qui nous manque, à moins que, faute de mieux, l’on n’utilise la Doulce France de René Bazin.Mais qui nous donnera ce recueil où de courts réçits, des extraits des grandes œuvres, des poésies appropriées à l’enfance, des gravures choisies, révéleraient à nos écoliers la fine moelle de la pensée française, le trésor de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 399 grandeur et de finesse que figure aujourd’hui pour le monde, la culture intellectuelle de France, toute la richesse artistique, morale, amassée au cours de quatorze siècles d’histoire par l’une des plus nobles races qui soient ?Mis en face de ce trésor culturel, quel est le petit Canadien français et quelle est la petite Canadienne française qui pourraient encore hésiter entre leur culture et l’autre et resteraient vulnérables aux dédains de nos snobs et de nos défaitistes ?Lequel de nos enfants épris d’anglomanie, habitué à voir dans la langue anglaise l’unique clef d’or des portes du succès, n’aurait le goût de corriger un peu son illusion, surtout si on lui apprenait jusqu’à quel point sa langue maternelle reste, en tout pays du monde, la langue des grands civilisés ?Pourquoi nos enfants ne sauraient-ils point, par exemple, qu’à la Société des Nations, la langue la plus généralement parlée et applaudie reste toujours la langue française, et que, de retour de Genève, M.Borden, notre ancien premier ministre, n’a pas craint de dire à ses compatriotes : “Nous devrions nous sentir honteux de ce que si peu d’entre nous savent le français, tandis que là-bas 54 nations le parlent couramment” ?A ce témoignage, l’on pourrait joindre cet incident survenu au Caire, pendant le récent congrès inter-postal.Quelqu’un propose que les procès-verbaux des délibérations soient rédigés en langue française.Le délégué de Grande-Bretagne propose, en amendement, une rédaction bilingue, anglaise et française.Aussitôt le délégué de l’État libre d’Irlande est debout; et c’est pour opiner qu’en ce cas la rédaction soit aussi faite en gaélique.Alors se déroule une jolie scène.C’est à qui se lèverait pour faire les honneurs du congrès à la langue de son pays.L’un veut du chinois, l’autre du japonnais, l’autre de l’italien, l’autre de l’allemand, l’autre de l’espagnol.Il fallut prendre le vote.A la presque unamité le congrès se prononça pour une rédaction en langue française.LES RESSOURCES INTÉRIEURES Notre âme française Pays, histoire, langue, culture héréditaire, voilà déjà des ressources considérables à la disposition de l’éducateur.En voici d’autres d’une puissance non moindre, celles que j’a-pelle intérieures, puisque nous les trouverons dans l’âme de nos enfants.L’une des pires méprises que nos maîtres pourraient commettre à l’égard de leurs écoliers, ce serait d’oublier que ces enfants ont une âme française.Certes, j’entends bien qu’il faut nous garder du chauvinisme.Est-ce une raison pour ignorer ou mépriser les vertus caractéristiques de notre race; celles d’une race qui n’a point subi le dessèchement ni l’ankylose morale du protestantisme ?Assurément notre pauvre âme française est bien entamée ; et l’on sait que je ne ferme point les yeux sur ses plaies désolantes.Quelques-unes des vertus ethniques, et quelques-unes des plus profondes, n’en subsistent pas moins en nous, apparemment indéracinables.Parmi ces vertus, laissez-moi distinguer tout d’abord une extraordinaire volonté de persister dans notre être national, de résister à l’assimilation anglo-saxonne.Vue optimiste où l’on est prié de ne voir nulle contradiction avec les inquiétudes que j’exprimais plus haut.Notre volonté de survivre a pu fléchir sur quelques coins de l’Amérique ou de notre pays; quelques classes sociales, et souvent les plus élevées, peuvent paraître moins irréductibles.En son ensemble notre petit peuple n’offre pas moins le spectacle du seul groupe ethnique en terre américaine qui se soit défendu et qui se défende encore contre l’attirance ou le vertige du melting pot.Reste d’énergie où il faut voir, sans le moindre doute, une survivance de la forte personnalité des Français du dix-septième siècle.Chez nous, tout n’est pas détruit de l’âme de nos pères, âme si solide, si originale, marquée d’une telle empreinte, qu’elle enlève une partie de leurs prises aux entrepreneurs de métamorphoses.La chevalerie de la foi Parlerai-je d’une autre vertu ethnique, survivante en nous, ethnique du moins en sa racine humaine, et, que j’oserai appeler la chevalerie de la foi?Ici, non plus, point d’illusion.Notre foi, hélas, ne vaut pas mieux trop souvent que la foi de beaucoup d’autres peuples catholiques.Cependant une noblesse reste encore à notre petit peuple et que, pour une part, il tient sûrement du vieux fonds de l’âme chrétienne de France: notre élan vers les missions l’ardeur chevaleresque de la foi qui emporte héroïquement jeunes hommes et jeunes filles de chez nous vers le don total aux affamés du Christ.Cette survivance morale, n’y aurait-il pas lieu de l’indiquer à nos petits écoliers et à nos petites écolières, ne serait-ce que pour opérer 400 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE en eux un relèvement de l’ame ?Et, pour ce faire, quoi de mieux qu’une carte de nos missions, article dont pourrait encore s’enrichir notre outillage scolaire ?Cette carte ferait voir au moyen de superficies coloriées, avec croix au besoin, l’effort vraiment superbe des nôtres dans le champ de l’évangélisation.Cet effort, elle le montrerait d’abord en notre pays, dans les missions des terres boréales, puis, en Amérique, puis sur les continents infidèles, le jaune et le noir.Et que l’on ne dise pas qu’un tel enseignement ne parlerait qu’à des âmes d’exception, a une petite elite.Ceux qui ont sondé un tant soit peu l’âme des petits Canadiens français, savent tout ce qui y survit de générosité native, d’ardeurs insoupçonnées, et que, le plus souvent, pour faire jaillir ces germes en magnifiques floraisons spirituelles, il n’a manqué que le vrai maître, le cultivateur d’âmes.L'atavisme glorieux Une méprise non moins inexcusable à l’égard de nos enfants, ce serait d’oublier que leur âme française s’est enrichie au Canada d’un atavisme spécial.On ne saurait faire qu’il en soit autrement: tout passé laisse tomber une semence dans les âmes ; et cette semence morale s’accumule et germe, indépendamment de notre volonté, comme le grain mis en terre se passe de notre permission pour germer et pousser.Ce n’est pas un mythe après tout le gigantesque effort d’un petit peuple de colons pour fonder l’empire français d’Amérique; pas des mythes, non plus, la résistance des 65,000 gueux de 1760 à l’assimilation anglaise, l’épopée du défricheur, richesse morale si proche, celle-là, que, pour la plupart d’entre nous, elle se retrace à la deuxième ou à la troisième génération.Or, je dis qu’il n’est pas croyable que ces sédiments spirituels n’aient laissé quelque part, dans l’âme des petits Canadiens français d’aujourd’hui, une poussière d’héroïsme.Vous faut-il une expérience ?Évoquez ce passé devant les enfants; efforcez-vous de le raconter dans le langage qu’ils comprennent; et je vous défie bien de ne pas voir s’allumer dans les regards, une flamme soudaine.Le plus grave reproche que l’on pourrait nous adresser à nous, maîtres de la jeunesse, c’est précisément, dans notre œuvre d’éducation, de n’avoir pas tablé suffisamment sur ces richesses foncières.Nous avons élevé, comme les fils d’une race de serviteurs, des enfants qui avaient dans leur veines le sang de feu des anciens conquérants de notre Amérique.Un industriel canadien-français qui, après avoir commencé des études commerciales chez nous, est allé les parachever à Charlottetown, me résumait ainsi, en y mettant un accent peut-être un peu fort, les leçons qu’il avait reçues dans notre province et dans l’autre: “Dans mon collège de la Province de Québec, je retiens que l’on.nous disait en somme: “Soyez de bons employés”, pendant qu’à Charlottetown l’on ne cessait de nous dire: “Soyez de bons patrons”.Notre catholicisme Notre catholicisme! J’avais hâte d’arriver à la suprême ressource qui s’offre à nous.C’est un laïc que, il y a quelque temps, me tenait ce propos : “Vous autres, prêtres, religieux, ou éducateurs catholiques, votre irrémissible péché, c’est de soupçonner à peine les immenses ressources éducatives du catholicisme”.Reproche sévère, peut-être.Demandons-nous cependant si notre catholicisme nous incite à prendre, du type d’homme et de femme que nous avons à former, une conception vraiment intégrale ?En d’autres termes, portons-nous dans nos esprits et imprimons-nous dans l’esprit de nos pupilles, un idéal d’humanité digne de notre foi ?Assurément nous n’avions point subordonner l’éducation religieuse à l’éducation nationale.La première est d’une autre essence et d’un autre ordre.Mais parce que celle-là transcende celle-ci, faut-il refuser de voir entre les deux toute dépendance ?La vie de la grâce est une vie divine.Vie vraiment vécue, elle élève l’être humain selon une discipline, un ordre qui le dépasse.Comme elle vise surtout à la formation et à l’élévation de l’âme, elle ne peut faire, de l’homme et de la femme en herbe, que des êtres de raison claire, de volonté forte, des caractères nobles, des spirituels dans toute la plénitude du mot.Oui, voilà bien notre pouvoir immense et notre devoir extraordinaire et redoutable.De nos écoliers et de nos écolières catholiques, nous n’avons le droit de faire que des types proprement surhumains, puisqu’on les dits surnaturels.Une école catholique bien tenue ne peut être qu’une école de héros.Catholicisme et éducation nationale Mais l’on voit, du même coup, quel outrage essuie notre catholicisme, lorsque nous forçons les gens de l’extérieur à lui imputer, comme à une éducation issue de lui, inspirée de ses L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 401 principes et de sa vie, tant d’êtres falots, médiocres, tant de moqueries d’hommes et de femmes qui sortent de nos mains.Est-ce, en particulier, notre affaire que de former des sans-patrie, s’il est vrai, selon le mot du cardinal Mercier que “tout vrai chrétien doit être un véritable patriote”?Et sont-ils vraiment des produits d’une éducation catholique, des fils et des filles authentiques de la foi catholique, ces grands jeunes gens et ces grandes filles, ombres d’hommes ou de femmes qui n’ont le courage ni de leur sang, ni de leur langue, ni de leur culture, qui ne sont apparemment d’aucun pays ni d’aucune race et qui, demain, par la trahison quotidienne de leurs devoirs civiques ou nationaux, ne sauront attirer à leur province et à ses institutions que le dédain de l’étranger ?G est donc à tort que l’on pourrait croire le catholicisme intéressé de fayon fort indirecte à la for’mation nationale.Chez nous, nous avons pris l’habitude de lier la survivance de la foi à la conservation de la langue.Je ne discute point pour le moment cette affirmation passée à l’état d’axiome et dont l’expérience a démontré si souvent la criante vérité.Ne serait-ce pas là toutefois minimiser singulièrement les appuis naturels de la foi ?Au lieu de parler de langue et de foi, j’aime mieux parler d’âme et de foi.Et j’indique cette autre formule à tous ceux-là qui, sous prétexte de haute spiritualité, estiment négligeable la formation nationale, idéalistes aux horizons de caverne, qui se figurent que le catholique peut se passer d’être homme.Qu’on en soit bien persuadé: le jour où le Canadien français, faute d’une éducation qui l’aurait développé en grandeur, n’aura plus le courage de rester de sa race, il sera bien près de n’avoir plus le courage de rester de sa foi.Le catholique n’est pas un être abstrait; et ce serait chimère que d’espérer greffer la foi sur un fantôme humain.Ce qui veut dire que l’abdication nationale supposerait en notre peuple, un tel esprit de démission et d’abandon, une telle déchéance morale que, dans les âmes déformées ou dévastées, nulle autre foi ne saurait plus loger qu’une foi moribonde.CONCLUSION Nos responsabilités Maîtres de la jeunesse, il me semble que nous apercevons quelque peu maintenant nos responsabilités et notre puissance.Maîtres catholiques, nous n’avons pas le droit d’être des maîtres comme les autres, préoccupés d’instruire plus que de former.Nous ne sommes pas seulement des éducateurs d’intelligence, mais des éducateurs de toute Fame.Chargés de toutes les écoles en notre province, nous n’avons pas seulement la responsabilité de l’éducation catholique, mais de toute l’éducation.Et j’estime qu’il ne sied point à la dignité de notre foi de nous laisser enseigner par d’autres la formule de l’éducation intégrale.Notre puissance Une chose égale toutefois notre responsabilité: notre puissance.Bien des fois, depuis un an, je l’ai répété: les vrais puissants sur notre peuple et sur notre avenir^s’ils voulaient s’en donner la peine, ce ne sont ni les journaux, ni les politiciens, ni les financiers, mais la grande armée de nos maîtres.Eux seuls tiennent vraiment entre leurs mains la prochaine génération et, par leur Qualité de maîtres catholiques, ont puissance de la former totalement.Les historiens se plaisent à noter de temps à autre l’influence d’un homme ou d’un livre sur l’évolution d’un peuple.Que ne pourrait tout le personnel enseignant d’un pays dévoué à la même doctrine d’éducation, obéissant à la même discipline, aux mêmes inspirations ?Les journaux, les livres, les sociétés d’action nationale, peuvent exciter ou entretenir quelque effervescence superficielle, atteindre quelques groupes, quelques couches du peuple.Pour sa portée profonde et universelle, qui peut égaler l’influence du maître, pétrissant l’âme plastique des jeunes générations, et, par elle, façonnant l’avenir ?_ A ceux qui s’inquiètent et qui cherchent de quel côté pourrait venir le salut, il n’y a donc qu’une réponse à faire; quelqu’un plus que personne peut encore sauver notre petit peuple, lui refaire une âme française, un idéal national: le maître.Efi par maître, j’entends l’instituteur, l’institutrice d’école ou de couvent, le professeur de collège, le professeur d’université.Mais nous guérir, nous sauver, le voudront-ils ?Le voudrez-vous ?Je suis de ceux qui répondent: oui.Oui, si nous savons prendre une vue exacte et courageuse de l’état d’âme de notre peuple, de ses déficiences, mais aussi de ses forces restées saines.Oui, si, de ce peuple 402 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE trop prostré, nous savons relever les yeux vers un idéal digne de lui, l’idéal de ses pères, la défense d’un climat spirituel, la survivacne, en leurs cadres sociaux et politiques, d’une culture et d’une nationalité françaises.Oui, si tous les maîtres du Canada français, tous, ont foi en leur tâche, élèvent leur esprit et leur cœur à certaine hauteur, persuadés que sommation leur est faite, par la gravité du moment, d’accepter un fardeau d’héroïsme.Lionel Groulx, pire.NOS ILLETTRÉS Dans le Canada du 26 janvier 1935, M.Jean-Charles Harvey, Directeur du Bureau des Statistiques de Québec, a publié un article fort intéressant, sous le titre: “Nos illettrés.” S’appuyant sur le recensement de 1931, M.Harvey établit que le pourcentage des illettrés dans Québec et Ontario diffèrent assez peu.C’est ainsi que la moyenne des illettrés de 10 à 49 ans et de 3.3% pour la Province de Québec et 1.9% pour Ontario.M.Harvey explique cette différence à l’aide de l’histoire: “N’oublions pas qu’il a fallu aux Canadiens français plus de soixante années d’efforts, après la conquête, pour organiser des écoles en nombre suffisant et conformes à l’esprit et à la tradition du peuple conquis.Le Gouvernement Impérial, entre 1763 et 1824, voulut empêcher de toutes façons la création d’un enseignement scolaire viable pour les Canadiens français.C’est grâce au dévouement des membres du clergé, de quelques communautés religieuses et de rares laïques, que l’on put maintenir certains foyers d’instruction.Ainsi, en 1829, dans le Bas-Canada, il n’y avait que 78 écoles où l’on apprenait les rudiments de la lecture et de l’écriture à quelques milliers d’enfants, sur une population totale de 467,000 habitants répartis sur un territoire immense.En 1824, la Législature avait voté une loi autorisant les écoles de fabriques.C’était déjà reconnaître des droits jusque là méconnus.En 1829, nouvelle loi, qui nommait des commissaires dans chaque district scolaire et autorisait la Législature à verser la somme de 50 livres sterling par école.Cette mesure comportait des défauts, mais elle allait porter des fruits, en attendant mieux.Tant et si bien, qu’en 1837, les quelque 4,000 écoliers de 1828 s’étaient multipliés et formaient un contingent de 60,000.Depuis, on a tout amélioré.” Nous croyons rappeler ici, à l’appui de la thèse de M.Harvey, qu’en 1871, 35.93% des personnes de 20 ans et plus ne savaient ni lire ni écrire dans Québec; en 1891, ce pourcentage tombe à 29.71%; en 1931, M.Harvey le rappelle, le pourcentage des illettrés dans la Province de Québec n’est plus que de 3.30.En 1941, ce faible pourcentage sera certainement effacé.M.Harvey termine son article par des “motifs d’espoir”: “Dans les remarques qui précèdent, on trouvera des motifs d’espoir, en même temps que des raisons d’augmenter notre effort.Sur cette terre d’Amérique, nous sommes comme un îlot perdu dans un océan humain qui déferle sur nous.Sachons bien que nous aurons à lutter de plus en plus non seulement par la fécondité de nos femmes, mais aussi par l’esprit.” C.-J.M.LE REGRETTÉ F.ËPHREM, DES ÉCOLES CHRÉTIENNES Vendredi, le 1er février, est décédé à Montréal un éducateur dont la carrière remarquable ne s’est terminée qu’avec la mort.Cet éducateur, le cher Frère Ephrem, était encore à la tâche, lorsque la mort est venue le réclamer.Le Frère Éphrem (Edgar Lambert), est décédé à Montréal, après une courte maladie, dans sa 73e année.Il entra chez les Frères des Écoles Chrétiennes en 1878.Au cours de sa longue et fructueuse carrière, le Frère Éphrem enseigna à Ottawa puis à l’Académie Commerciale de Québec, puis au Mont-Saint-Louis, à Montréal.Au début de sa carrière, il alla passer deux ans en France, à l’Institut agricole de Beauvais, dirigé par sa commu- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 403 nauté, les Frères des Écoles Chrétiennes.C’est à ce professeur émérite qu’on doit l’organisation de l’Institut pédagogique Saint-Georges, à Montréal.Il était membre du Comité de régie des Scolasticats-Écoles normales.Sur la tombe de ce modeste mais éminent maître de la jeunesse, nous déposons l’hommage de notre amitié et de notre admiration.Aux Frères des Écoles Chrétiennes, l’assurance de notre profonde sympathie.Le Cher Frère Éphrem a mérité le suffrage des prières de tous les maîtres de l’enfance et de la jeunesse.SON ÉMINENCE LE CARDINAL VILLENEUVE CHEZ LES INSTITUTEURS Samedi, le 28 février, l’Association des Instituteurs de la circonscription de l’École normale Laval, Québec, était honorée de la visite de l’éminent cardinal-archevêque de Québec.Cent cinquante instituteurs, professeurs et inspecteurs d’écoles étaient présents, ainsi que les quatre-vingts élèves-maîtres de l’École normale Laval.M.le Surintendant de l’Instruction publique et les officiers supérieurs de ce Département assistaient aussi à la réunion.Dans la livraison d’avril nous publierons le procès-verbal de cette mémorable réunion.M.A.-A.Letarte, inspecteur d’écoles, présidait.Il souligna le cinquantenaire de notre directeur comme membre de l’Association, puis il invita en termes heureux Son Éminence à donner des conseils au personnel enseignant laïque, et non laïcisant.Son Éminence témoigna une grande sympathie aux instituteurs, qui forment en quelque sorte l’élite du laïcat, tel que défini par Sa Sainteté Pie XI.Puis, abordant le chapitre important des devoirs de l’instituteur et des éducateurs à tous les degrés de notre enseignement, Son Éminence le cardinal prononça ces graves paroles: “Je me demande si, en notre siècle, à force de développer l’art de l’enseignement, on n’a pas oublié l’art de l’éducation”.Puis Son Éminence développa sa pensée: “n’a-t-on pas trop songé à instruire et oublié d éduquer 1” Ces paroles sont à méditer.Dans le procès-verbal que nous publierons, on retrouvera au complet 1 allocution de Son Éminence le Cardinal Villeneuve.ADVERBES JOUANT LE MEME ROLE QUE LES CONJONCTIONS (Pour Y Enseignement Primaire) L’adverbe n’a pas par lui-même les propriétés syntaxiques de la conjonction ou de la préposition.On a vu que les conjonctions gouvernent l’indicatif ou le subjonctif, dans les constructions circonstancielles; nous avons constaté ensuite que les prépositions imposent au verbe qu’elles régissent le mode infinitif.L’adverbe est dépourvu de cette influence modale; mais il rachète, par sa souplesse organique, la faiblesse de ses forces proprement grammaticales; il a l air d’un mot atrophié, et pourtant toutes les langues font appel à ses services: concurremment avec la conjonction et la préposition, il sert à souder les elements de la phrase; au surplus, il complète le sens des adjectifs et des verbes auxquels il s’adjoint. 404 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il faut voir tout cela de près et nous allons avoir recours encore une fois aux di\ ers paragraphes de 1 analyse logique, en commençant par la coordination.I.—Adverbes de coordination.—En dehors des formules de subordination, la langue latine et surtout la langue grecque disposaient d’un vaste répertoire de particules adverbiables, pour établir un lien entre les matériaux de la pensée.On a pu écrire des traités savants sur ces mots presque impalpables dont les nuances nous semblent intraduisibles.Mais la langue française est loin d’avoir totalement perdu le secret des ligaments si délicats qui se glissaient jadis dans la trame du style chez un Platon, un Démosthène ou un Cicéron.Si l’usage en est devenu plus discret, on y a néanmoins recours de façon très heureuse.Il serait bien inutile de vouloir classer ces particules, comme on a pu le faire pour les conjonctions et, ou, ni, mais, or, car, donc.Ici, les mots de transition sont d’une logique plus subtile; mêlés parfois aux interjections, ils conduisent graduellement l’esprit du lecteur jusqu’au dernier aboutissant d’une idée.Pour affirmer, nous avons: oui—oui certes—oui vraiment—oui bien—pourquoi pas.—à coup sûr—pour sûr—pour le sûr—au vrai—certainement—mais oui!—mais vraiment—à merveille!—à dire vrai—en vérité—au fait—en fait— aussi bien—Dieu le veuille! etc.Si l’on veut nier, il y a par contre: non—non pas—que non pas—eh non! pour ça, non!—à quoi bon.—certes non!—non, certes—au grand jamais—jamais de la vie!—allons donc!—fi donc!—à Dieu ne plaise! etc.Quand on veut passer à quelque considération nouvelle: par ailleurs— d’ailleurs—du reste—au juste—surtout—en outre—de plus—au surplus—or donc— que sais-je?—et quoi encore?—par sucroît—pour comble, etc.On peut aussi opposer deux énonciations: au contraire—mais en tout cas— loin de là!—inversement—vice versa—réciproquement—par contre, etc.Vient ensuite toute la gamme des hésitations plus ou moins prononcées: apparemment—vraisemblablement—à tort ou à raison—tant bien que mal—peut-être—il se peut—en tout cas—en tout état de cause, etc.On peut voir que nous n’avons pas là seulement des adverbes tels quels, mais des locutions adverbiales.Il convient aussi de rappeler que plusieurs abverbes de coordination entraînent l’inversion du sujet, tournure obligatoire en langue allemande: uAussi dit-on souvent.—Ainsi en est-il—Ainsi va le monde.” Après l’adverbe ainsi, l’inversion n’est pas toujours permise; l’usage est seul maître en pareil cas; les plumes maladroites assimilent sous ce rapport aussi et ainsi, ce qui occasionne des constructions baroques.IL—Adverbes de subordination: interrogations et exclamations complétives directes ou indirectes.—Tous les adverbes de lieu, de temps, de quantité et de manière peuvent servir aux interrogations et aux exclamations, soit par eux-mêmes, soit à l’aide d’un nom, d’un adjectif, d’une préposition ou d’un autre adverbe: “Dites-moi oû vous allez, jusqu’où vous allez, d’où vous venez, quand vous reviendrez—Voyez combien Dieu est grand, combien l’homme est petit, combien Dieu nous aime, combien peu nous l’aimons—Je ne sais combien d’argent a été dépensé dans cette entreprise—Je voudrais savoir comment vous allez, comment vous étudiez, comment vous jouez.” III.—Sens circonstanciel.—Les adverbes ou locutions adverbiales interviennent souvent dans les constructions circonstancielles.On s’en fera une idée exacte en construisant des phrases où entrent les conjonctions ou préposi- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 405 tions déjà connues, et en y introduisant ensuite les adverbes convenables, par addition ou substitution.1° Sens causal: “Je me suis montré circonspect, vu que j’étais entouré d’embûches.” (Conjonction.)—Pourquoi me suis-je montré circonspect?La moindre imprudence pouvait me perdre; en effet, mes ennemis m’avaient tendu toutes sortes de pièges.” (Adverbes.) 2° Sens contre-causal (concessif): “Bien que cet enfant ait fait une sottise, je veux bien la lui pardonner pour cette fois.” (Conjonction.)—“Cet enfant a fait une sottise; pourtant, je la lui pardonne pour cette fois.” (Adverbe.) Au lieu de pourtant, on pourrait employer toutefois, néanmoins.Autre forme: “Si étourdi soit-il, cet enfant mérite quelque indulgence.” (Adverbe.) Autre exemple: “Qu’il le veuille ou non, cet homme va partir d’ici.” (Conjonction.)— “Bon gré mal gré, cet homme partira d’ici.” (Locution adverbiale.) Au lieu de bon gré mal gré, on pourrait mettre de gré ou deforce.3° Sens final: “J’ajoute cette remarque afin de me faire mieux comprendre.” (Préposition.)—C’est intentionnellement que j’ajoute cette remarque, dans l’espoir d’être mieux compris.” (Adverbe.) On pourrait remplacer intentionnellement par exprès, tout exprès.4° Sens consécutif: “Il a travaillé au point de s’épuiser.” (Préposition.) — “Il s’est épuisé, tellement il a abusé de ses forces.” (Adverbe.) Autre adverbes consécutifs: conséquemment, d’où, voilà pourquoi.5° Sens conditionnel: “J’ai été assailli par des voleurs; si je n’avais donné ma bourse, je crois bien que c’en était fait de moi.” (Conjonction.) J ai dû donner ma bourse, car j’étais censément perdu.” (Adverbe.) Autres exemples: “Si vous veniez me voir, vous rencontreriez chez moi notre vieil ami.” (Conjonction.)—“Je désirerais vous voir; éventuellement, vous rencontreriez chez moi notre vieil ami.” (Adverbe.)—“Je vous rembourserai mon dû à condition que je puisse moi-même recouvrer une somme importante.” (Conjonction.) Je vous promets conditionnellement de m’acquitter, attendant pour cela un versement qu’on doit me faire sous peu.” (Adverbe.) 6° Sens temporel: “Pendant que César voulait conquérir la Gaule, Vercingétorix organisait la résistance.” (Conjonction).—César voulait asservir toute la Gaule; entre temps, Vercingétorix organisait la resistance.’ (Locution adverbiale.) Autre exemple: “Avant d’exécuter un projet, mûrissez-le dans votre esprit.” (Préposition.)—“Vous avez en tête un projet important; au piéalable, pesez bien le pour et le contre.” (Locution adverbiale.) Les adverbes de temps sont nombreux: cependant, alors, préalablement, jadis,^autrefois,^ toujours, hier, aujourd’hui, maintenant, actuellement, présentement, tôt plus tôt, bientôt, tard, plus tard, ensuite, dorénavant, jamais, quelquefois, parfoi,s, etc.7° Sens comparatif: “Cet homme est d’autant plus modeste il est P^s savant.” (Conjonction.)—“Plus il est savant, plus il est modeste.(Adverbe répété.) Autre exemple : “Il y a autant de fruits que de fleurs.(C onjonction.) — Autant de fleurs, autant de fruits.” (Adverbe répété.) Notons encore les adverbes: ainsi, de meme, plus, moins, du moins, a tout le moins, plus ou moins, à beaucoup près, à l’avenant, etc.8° Sens contre-comparatif (oppositif, adversatif): “Bien loin de s aimer, ils se supportent à peine.” (Préposition.)—“Ils ne s’aiment pas, bien au contraire,.3 406 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE (Locution adverbiale.) On pourrait employer aussi ces autres locutions adverbiales: tant s’en faut, il s’en faut de beaucoup.9e Sens séparatif: “Il agit sans s’occuper des autres.” (Préposition.) — Il traite ses affaires à part, séparément, indépendamment.” (Adverbes.) Autre exemple: “Ils sont amis sans çidils professent pour cela les mêmes idées.” (Conjonction.)—“Ils sont amis, mais ils gardent respectivement leurs idées personnelles.” (Adverbe.) IV.—Advekbes relatifs.—Les adverbes peuvent être relatifs, au même titre que les pronoms: “Le lieu où nous sommes est agréable—Le pays d’où vous venez est bien loin d’ici—Les questions dont je m’occupe sont importantes.” Ce qu’on a dit des pronoms relatifs circonstanciels s’applique aux adverbes relatifs: “Choisissez un lieu où nous soyons tranquilles.” Sens consécutif: “Choisissez un lieu tel que nous y goûtions la paix.” Autre exemple: “Où que vous alliez, vous pouvez conserver la paix de l’âme.” Sens concessif: “Que vous alliez ici ou là, vous pouvez conserver la paix de l’âme.” Remarque.—Avant de terminer l’étude des sens circonstanciels, notons une fois pour toutes que les participes peuvent avoir les significations que nous venons d’énumérer: “Etant trop occupé, je ne puis venir vous voir.” Sens causal “Vu que je suis très occupé, j’ajourne toute visite.” Autre exemple: “Étant à Paris, ne laissez pas pour cela de penser à nous.” Sens concessif: “Bien que vous soyez à Paris, bien qu’étant à Paris, ne laissez pas pour cela de penser à nous.” En parcourant la liste cataloguée des adverbes, on a pu voir l’extrême richesse qu’ils offrent à l’écrivain.Certains auteurs ont une tendance à en abuser; ils alourdissent leur style.Mais, employés à propos, ces mots assurent la cohésion et l’unité dans un morceau, ce qui est loin de nuire à l’élégance.On s’en rendra compte dans les considérations stylistiques des articles à suivre.Abbé F.Charbonnier, Docteur ès-Lettres.ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE NATIONALE (Pour VEnseignement Primaire) Procédés d’enseignement(1) 5—Lectures historiques Ces lectures servent de complément aux leçons.Elles donnent aux élèves le goût de l’histoire et les détournent des ouvrages de pure imagination qui leur sont souvent très préjudiciables.Où les prendre ?Dans tout livre qui peut les offrir.Les manuels d’histoire plus développés que ceux des élèves sont évidemment les premiers dont on peut se servir.(1) Voir Y Enseignement Primaire de janvier 1935. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 407 Il existe aussi des ouvrages spéciaux composés de récits historiques empruntés aux meilleurs écrivains.Ils répondent mieux que les manuels au but que l’on se propose.Mais les lectures les plus goûtées sont celles que le maître choisit lui-même dans les œuvres les plus remarquables de Fhistoire nationale.Son choix peut porter sur les travaux les plus variés: —Biographies de personnages célèbres, à conditions qu’elles ne soient pas trop longues et pas trop alourdies de savantes considérations.M.Ferrière écrit: “De 10 à 14 ans, les biographies des héros de l’action, de l’esprit, de la science, de la bienfaisance, aussi bien que celle des travailleurs, chaque biographie étant située dans le cadre du lieu et de l’époque, évoquée avec toute l’intensité possible, voilà ce que la psychologie de l’enfant nous montre comme le moyen le plus efficace de conduire les jeunes gens à la compréhension historique”.(2) —Mémoires des découvreurs, des explorateurs, des missionnaires, récits de voyage: mine extraordinairement abondante dans la littérature canadienne: relations de Cartier, de Marc Lescarbot, de Champlain, du P.Sagard, lettres annuelles et Journal des Jésuites, correspondance de Marie de l’Incarnation, Lafiteau, Crespel, etc.—Histoires générales et histoires des différentes époques: Carneau, Ferland, Antoine Gérin-Lajoie, Ernest Gagnon, Suite, Casgrain, Marmette, Dionne, L.-O.David, Joseph-Edmond Roy, Th.Chapais, l’abbé Groulx, Couillard-Després, etc., que de pages magnifiques, véritables fragments d’épopée, dans ces ouvrages et tant d’autres: récits d’expéditions, mœurs des aborigènes, développement matériel, intellectuel, moral et religieux de la colonie, établissements de l’Acadie et du golfe; us et coutumes des anciens Canadiens, travaux des missionnaires, des religieuses, des prêtres, etc.—Monographies de paroisses, de villes, de seigneuries ou de régions.Il y a là des traits d’histoire locale très intéressants.—Poésie célébrant les fastes de l’histoire nationale, telles le Vieux soldat de Québec, le Drapeau de Carillon et autres poèmes de Crémazie.La Légende d’un peuple de L.Fréchette est, dans nombre de ses pages, une école de patriotisme.Il en est de même des Aspirations et des Rayons du Nord de W.Chapman.D’autres poètes ont également chanté avec talent les gloires de la patrie.Le Maître trouvera dans leurs œuvres des récits propres à captiver intensément l’attention de ses élèves et à faire vibrer en eux le sentiment national.—Folklore et traditions.Que de poésie, que de souvenirs dans les vieilles chansons françaises et les chansons du terroir que nous a conservées M.Ernest Gagnon! Quelles ressources pour faire revivre et aimer le passé dans les légendes et contes merveilleux transmis d’une génération à l’autre, dans les récits des coureurs de bois, dans les tableaux et descriptions des régions de la province par des écrivains de talent ! —Romans, qui retracent parfois d’une façon très vivante des épisodes de l’histoire nationale.On sait avec quel prestigieux talent Walter Scott a ressuscité les coutumes et les traditions de l’Écosse; des romanciers de tous les pays 1 ont imité parfois avec succès.Que de renseignements précieux sur le regime français, les relations des seigneurs et des censitaires, la condition des habitants, ne trouvons-nous pas dans les Anciens Canadiens et les Mémoires de M.de Gaspé.D’autres après lui ont ressuscité avec succès des épisodes dramatiques de 1 histoire.Le roman historique est un genre hybride, c’est entendu; mais il peut renfermer des tableaux pleins de vie et même de vérité.(2) Rapport au Ve Congrès international d'éducation morale, p.71.Paris, 1930. 408 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Histoire religieuse.Ici encore, quelle richesse à exploiter! Biographies des premiers missionnaires et des martyrs, des grands évêques de la Province de Quebec et des provinces de l’Ouest; histoire des séminaires, annales des communautés religieuses; histoire de l’évangélisation des provinces et des tribus indigenes, etc., Le maître n’aura que l’embarras du choix, tellement sont nombreux les travaux sur ces sujets palpitants, depuis la Relation du P.Biard jusqu aux ouvrages célèbres du R.P.Duchaussois.Louis Riboulet, Lauréat de VAcadémie française.“L’ÉPOPÉE CANADIENNE” Pages d’Héroïsme et de Foi, par M.le Chanoine Théophile Paravy Quelle intéressante publication que celle de “L’Epopée Canadienne” dont 1 auteur est 1 éminent prédicateur du Carême de 1924 à Notre-Dame de Montreal, M le Chanoine Théophile Paravy, directeur de la Fédération et de la Revue Les Edelweiss de Chambéry (Savoie), France (1).Publiée à l’occasion du quatrième centenaire de la découverte du Canada par Jacques C artier, cette substantielle brochure de quarante-quatre pages captive 1 attention du commencement à la fin.La sincérité de l’auteur, la véracité des hauts faits énoncés et les pensées élevées qui se dégagent de cet écrit en un style clair, concis et châtié, conquièrent le lecteur et le laissent sous Tem-puse de nobles et salutaires sentiments émanant d’un si héroïque passé que fut celui de notre pays, le Canada! M.Paravy, dans une synthèse générale et précise, esquisse à grands traits, et de main de maître, la quintessence véritable de l’exacte et sublime épopée canadienne, de Jacques Cartier à nos jours.Cet ouvrage, dans lequel se trouvent intercalées bien à propos plusieurs belles poésies de notre poète Louis Fréchette, se divise en trois parties: I “l’épopée des jours lointains” • e Prem^er chapitre, l’auteur évoqué, dans des pages émouvantes, la vie de dévouement, de sacrifice et d abnegation de tous nos nobles et héroïques missionnaires canadiens, en particulier, celle des Récollets, des Jésuites, des Sulpiciens et des Oblats de Marie Immaculée, rappelle l’énergie et le courage déployés par Jacques Cartier, Champlain, Louis Hébert, Mère Marie de l’Incarnation, Maisonneuve, M.de la Dauversière, M.Olier, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys, etc., des intrépides explorateurs, des coureurs des bois et des valeureux primitifs colons.C’est une apologie bien méritée, que l’on trouve dans ces lignes, sur cette phalange de héros canadiens, prêtres et laïques, “apôtres de la France et pionniers de Dieu”! , ,M- le Chanoine Paravy souligne particulièrement l’idée maîtresse qui a preside, sur cette terre canadienne, aux premiers actes du découvreur du Canada, Jacques C artier, du “pere de la Nouvelle France”, Champlain, du “colon idéal”, Louis Hébert, etc., savoir: la prise de possession du sol canadien au nom de Dieu et du roi de France et le désir ardent de faire bénéficier les Sau- i1C‘iL1|POpée-.ÇanLd!eîine”’ Pag0,s d’Hêroïsme et de Foi.—Chanoine Théophile Paravy, directeur de la Fédération et de la Revue Les Edelweiss ,— 4, Place Saint-Léger—Chambéry (Savoie), France.(Prix: 3 frcs 10, franco) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 409 vages des précieux avantages de la religion chrétienne.A l’apostolat religieux et laïque, M.Paravy rend à chacun la part des mérites qui revient à nos immortels aïeux.II “la fidélité dans l’épreuve” Le second chapitre s’ouvre par des constatations fort au point sur la fidélité des Canadiens français au catholicisme et ce qu’ils ont fait et font encore pour la survivance française au Canada.L’auteur rappelle aussi les ardentes luttes politiques que nous avons eues à soutenir pour la conservation de nos droits et celles que nous avons dû entreprendre contre les assauts du protestantisme.Il mentionne en plus nos luttes parlementaires en signalant trois de nos grands politiques: Ls-J.Papineau, Ls-H.Lafontaine et Henri Bourassa.III “catholiques et français toujours” Enfin, dans le troisième et dernier chapitre, l’auteur attribue notre survivance catholique et française à notre vie familiale et paroissiale et il signale élogieusement la vitalité de notre race et son grand esprit de foi qu’il a constatés chez nous, surtout dans la Province de Québec qu’il cite en exemple.Le cœur d’apôtre de M.le Chanoine Paravy tressaille de joie en voyant, dans notre pays, l’imposant nombre, toujours croissant, de prêtres et de missionnaires canadiens-français se donnant au service de Dieu! De plus, il fait allusion aux difficultés futures que nous aurons à surmonter comme race, tout en nous disant des mots d’espoir.Puis il termine son magnifique écrit par des paroles sympathiques à notre égard, en son nom et en celui de la France, mots qui dénotent et prouvent clairement la sincère amitié et l’admiration profonde que ressent l’auteur de l’Epopée Canadienne à l’adresse de notre pays.Nous sommes reconnaissants à M.le Chanoine Paravy de son tribut d’hommages au Canada à l’occasion du quatrième centenaire canadien.Quoique sa brochure soit destinée à ses compatriotes pour leur faire connaîtrejidavantage le grand pays découvert par l’illustre malouin Jacques Cartier, elle contient tout ce qu’il faut pour faire du bien, même ici.Puisse-t-elle se répandre en France et au Canada! Par sa lecture, le lecteur sérieux comprendra dans toute leur plénitude les si expressifs vers suivants de notre illustre poète Louis Frechette : £ “O notre histoire, écrin de perles ignorées Je baise avec amour tes pages vénérées!” “L’Épopée Canadienne” du Chanoine Théophile Paravy est trop bien inspirée et présentée pour que nous ne conseillions pas fortement sa lecture à tous les Canadiens français qui y puiseront à nouveau des leçons de courage et de fierté, des inspirations créatrices d’actions fécondes pour le moment present et pour l’avenir rempli d’incertitudes., .»;• "y „ Pierre-Paul Magnan, Professeur à l’École normale Laval. 410 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 9 ENSEIGNEMENT ANTIALCOOLIQUE Le* Clerc» de SI- Violeur 2061.St-Dominique a a a a L'ALCOOL ET L’EPARGNE TABLEAU 17 T": Toutes les oeuvres sociales ont un ennemi commun dans Vintempérance.il‘r CLOUTIER, ietgiu *• Tnit-Rioüra.1.Enfants, deux établissements se disputeront votre salaire et vos économies, dès la sortie de l’école.Lisez le tableau de ce que les deux ont à vous offrir et choisissez : DEBIT DE BOISSON 1° Il engendre des non-valeurs.2° Il apporte au foyer larmes, misère et honte.3° Il abrège la vie et tue d’une façon honteuse.4° Il rend infidèle aux devoirs de la religion, de la famille et de la patrie.CAISSE D’EPARGNE 1° Elle encourage au travail.2° Elle apporte au foyer pain, aisance et bonheur.3° Elle protège la sobriété et assure une heureuse vieillesse.4° Elle aide à pratiquer la vertu.H» fil "J Un garçon qui débute bien dans la lutte pour la vie.Le débit de boisson est le gouffre où s'engloutissent le salaire et l’épargne de l’ouvrier.«f de séour, 2.La boisson coûte cher.La boisson, à elle seule, coûte plus cher que l’instruction des enfants, que le soutien des maisons de charité, et que l’entretien des églises.{Mar EMAJW.évêque dé Valley field.) I Coût de la boisson dans le Québec: $25 000 000 ( Coût de l’instruction dans le Québec.$ 12 500 000 3.L’alcool qui se consomme dans nos villes et nos campagnes, coûte plus cher que la viande et le pain réunis.1 Coût annuel de l’alcool dans le monde entier: $2 450 000 000 ( Coût annuel du pain dans le monde entier: $ 350 000 000 ¦¦ Sous l’influence de l’alcool, l’homme produit moins, d’où appauvrissement pour l’ouvrier, pour le patron, pour la nation.(Mi' BRUCHÉSI, archevêque de Montréal.) 1 Tableau XVII de la précieuse collection publiée par les Clercs de Saint-Viateur (Reproduit de la TEMPERANCE, avec permission.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 411 L’INSTRUCTION PUBLIQUE DANS LA PROVINCE DE QUEBEC Confèrence donnée à Québec le 30 novembre 1934, devant la Société des Arts, Sciences et Lettres par M.Ludger Faguy, du Département de l’Instruction publique.“Le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple.S’il ne l’est pas aujourd’hui, il le sera demain”.• C’est ainsi que Jules Simon, qui fut ministre de l’Instruction Publique, en I rance, faisait débuter le premier chapitre de son fameux livre: “l’école”, publié d’abord sous le Second Empire, en 1864, puis souvent imprimé depuis, parce qu’il suscita d’ardentes polémiques, et aussi parce qu’il contient l’histoire de toute l’éducation française, depuis l’Ancien Régime jusqu’à nos jours, c’est-à-dire: jusqu’à la fin du siècle dernier.• “Le peuple qui a les meilleures écoles”.cela serait assez difficile à établir aujourd hui, car la conception de l’éducation n’est pas la même chez tous les peuples.Les peuples anglo-saxons, germains et Scandinaves visent aux résultats pratiques les plus facilement et les plus rapidement obtenus,—les américains aussi—et les peuples latins maintiennent que la civlisation gréco-latine est la plus belle du monde et exige chez l’enfant le culte de l’idéai et certaines études, ou fragments d’études artistiques indispensables.D’où divergences de vues et divergences de méthodes.Ici, dans la Province de Québec, peuplée d’une race jeune et qui tâtonne encore pour trouver sa voie, nous n’avons ni le système scolaire français, ni le système scolaire anglais, ni le système scolaire américain des États-Unis, mais nous avons un peu de tout cela, réduit à la proportion de notre jeunesse comme peuple, et de nos ressources en argent et en compétences.“Notre système scolaire n’est pas parfait,” disait en 1931, l’honorable Cyrille Delage, burm-tendant de notre Instruction Publique, mais il est perfectible.Aussi, ne sommes nous jamais restés, ni ne resterons-nous jamais sourds à toutes les suggestions susceptibles de le rendre plus effectif, et plus sûres d’en assurer les bons résultats prévus par ses auteurs.Notre système scolaire a été, il est encore, il sera toujours, ne l’oublions jamais, le bouclier de notre race, la garantie cer-taine de notre survivance sur la terre canadienne.Autour de lui, montons donc la gar e cons an et vigilante de tous les instants”.j r.Pour bien se représenter ce que c’est que l’Instruction Publique dans la Province e Que et le système scolaire dont nous jouissons, il ne faut pas perdre de vue qu il y a eu ici deux regn es, d’abord le régime français, puis le régime anglais; qu’il y a ici, depuis 1760, deux gran es races, ^ eux religions principales, ayant chacune ses devoirs à remplir, ses droits à conserver, ses roi sa e- fendre.17AQ .Depuis le début de la Colonie jusqu’à la Cession, ce fut le régime français ; depuis 1763, jusqu’à nos jours, ce fut le régime anglais._ .,.Sous la domination française, il n’y eut pas pour ainsi dire de régime scolaire, 1 mstruc ion publique étant laissée à l’initiative privée, puis aux ordres religieux et au clergé catholique; ce u surtout l’œuvre des Récollets, des Jésuites, des Sulpiciens, des prêtres des Missions rang re , de Monseigneur de Montmorency-Laval et de ses successeurs, des Révérendes âmes et des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame., , Sous le régime anglais, les efforts pour établir un système scolaire furent laborieux et pemb .Ces tâtonnements duraient depuis soixante-dix ans lorsque les intéressés en arnveren a une e tente.Il y avait eu, cependant, en 1801, l’Institution Royale dont le but devait e re e on tionnement d’écoles publiques, mais son administration était aux mains des protestants, et les Canadiens français y virent, non sans de sérieux motifs, un danger réel pour la langue et pour la oi.Il y eut aussi, en 1824, la loi dite : “Loi des Écoles de Fabrique’ ’ qui autorisait les cures e es mar-guilliers à affecter une partie de leurs revenus à l’ouverture et au maintien d ecoles sous leur contrôle, mais les résultats ne furent pas très satisfaisants, faute d argent. 412 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il fallut préparer un autre projet, examiner un autre système.En 1846, fut adoptée la loi que nous considérons comme la base de notre système scolaire actuel, législation un peu compliquée, mais nettement décentralisatrice, respectueuse des droits de la Famille, de l’Église et de l’État, respectueuse aussi du droit des minorités, etc—Retenez bien cette date: 1846.Pour mettre en opération le nouvel organisme créé, il fallait fonder un Département administratif, le Département de l’Instruction Publique.L’organisation scolaire de la Province de Québec est sous le contrôle immédiat de ce Département, qui relève du Secrétariat de la Province de Québec, à l’aide duquel il communique avec le Conseil Exécutif et la Législature.Ce Département a tout le rouage administratif d’un ministère, sauf que le chef de ce pseudo-ministère n’est pas reponsable devant la Chambre d’Assemblée, mais devant 1 Exécutif seulement.Ce chef doit être choisi hors des'partis politiques militants, et doit s’abstenir des questions brûlantes de la vie publique.Deux secrétaires, l’un de nationalité française et de religion catholique, l’autre de nationalité anglaise et de religion protestante, surveillent les intérêts de leurs nationaux et de leurs coreligionnaires.I n corps politique particulier, le Conseil de l’Instruction publique, est le conseiller immédiat du Surintendant de l’Instruction Publique.Ce corps politique particulier est irresponsable aux Chambres, mais sur ses épaules retombent toutes les autres responsabilités, qui sont très lourdes, comme on le verra -plus loin.C e conseil est, en effet, composé d’hommes éminents, appartenant à l’une ou à l’autre des deux croyances religieuses, catholique ou protestante, et représentant l’une et l’autre des deux nationalités française ou anglaise.Pour être précis, disons qu’il se compose de trente-six catholi-quee (dix-huit évêques et dix-huit laïcs) avec, en outre, quatre membres adjoints, dont deux prêtres et deux laïcs, et de vingt-quatre protestants.Le Conseil prépare les règlements relatifs à l’Instruction publique, lesquels sont ensuite soumis à la sanction ministérielle.Le Surintendant de l’Instruction publique est ipso facto le président de ce conseil et les secrétaires de son Département en son respectivement les secrétaires.— C e conseil de l’Instruction publique est divisé en deux sections, ou comités, formées de chacune des deux dénominations religieuses.Le Comité catholique est constitué comme suit : A) des Archevêques, évêques, ou administrateurs des diocèses et des vicariats apostoliques situés dans la Province de Québec, lesquels en font partie ex-ofïicio.B) d’un nombre égal de laïcs catholiques, nommés par l’Exécutif de la Province.L autre, le Comité protestant, se compose d’un nombre de membres protestants égal à celui des membres laïcs catholiques et nommés de la même manière que ceux-ci.Ce dernier comité peut s adjoindre six personnes, et Y Association des Instituteurs protestants de la Province peut, à.son assemblée annuelle, élire un de ses membres pour être aussi adjoint à ce comité pendant 1 année qui suit.Les membres adjoints ne font pas partie du Conseil de l’Instruction publique, mais ils ont dans le Comité protestant les mêmes droits que les membres de ce comité.Les questions scolaires dans lesquelles les intérêts des catholiques et des protestants se trouvent collectivement compris, sont du ressort du Conseil de l’Instruction publique, mais celles qui se rapportent uniquement aux intérêts catholiques, ou exclusivement aux intérêts protestants, appartiennent a celui des deux comités qui représente la croyance religieuse de la partie intéressée.En autant que les prévisions de la loi l’exigent, ces comités doivent faire les règlements suivants: 1 Pour 1 organisation, 1 administration et la discipline des écoles publiques.2 Pour diviser, la Province en districts d’inspection et établir la délimitation de ces districts.Il y en a actuellement quatre-vingt-un, dont soixante-neuf pour les catholiques, et onze pour les protestants.Les inspecteurs d école catholiques se subdivisent en deux catégories: les inspecteurs d écoles urbaines au nombre de 8, et les inspecteurs d’écoles rurales au nombre de 73.De plus, huit inspecteurs dits “régionaux” ont la surveillance des 73 inspecteurs d’écoles rurales. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 413 La moyenne des écoles est de cent neuf par district.Et ces districts d’inspection sont sous le contrôle de deux inspecteurs généraux, l’un catholique, l’autre protestant.3° On doit aussi faire des règlements pour la régie des écoles normales.Il y en a actuellement 32, dont 31 pour les catholiques et une pour les protestants.Les écoles normales sont également sous le contrôle d’un inspecteur général.4° Pour la régie des bureaux d’examinateurs, qui ont seuls, avec les écoles normales, jusqu’à présent, les pouvoirs d’accorder des brevets de capacité permettant d’enseigner dans les écoles catholiques ou protestantes.Il n’y a que deux bureaux d’examinateurs, l’un pour les catholiques, l’autre pour les protestants.Le Bureau Central des Examinateurs catholiques fait subir chaque année, à la fin du mois de juin, les examens aux endroits fixés par le Comité Catholique.5° Pour l’examen des aspirants à la charge d’inspecteurs d’écoles.Les membres du Conseil doivent aussi faire le choix des livres de classe, qui seuls peuvent ensuite être en usage dans les écoles; ils doivent également établir la distribution des fonds votés parla Législature comme aide spéciale aux institutions d’enseignement supérieur et aux municipalités pauvres.—(à suivre).Ludger Faguy.METHODOLOGIE L’EXPLICATION FRANÇAISE À L’ÉCOLE NORMALE ET À L’ÉCOLE PRIMAIRE SUPÉRIEURE (Pour Y Enseignement Primaire) Une leçon de fierté (Suite et fin) P.CORNEILLE: Nicomède (Acte II, Scène III) (Voir dans VEnseignement Prùnaire de janvier, pages 277 à 283, la première partie de cette étude.) ANALYSE LITTÉRAIRE-(Suite et fin.) Nicomède ne s’effraie pas pour autant; il accepte le défi, et, non content de relever le gant, il le lance, pour ainsi dire, au visage de son adversaire: Vous pouvez cependant faire munir ces places, Préparer un obstacle à mes nouveaux desseins, Disposer de bonne heure un secours de Romains; Et si Flaminius en est le capitaine, On pourra lui trouver un lac de Trasimène.Cette réplique ressemble si bien à un soufflet que, pour sauvegarder la dignité de Flaminius.Prusias le prévient et croit devoir gourmander l’insolence de son fils: Prince, vous abusez trop tôt de ma bonté: Le rang d’ambassadeur doit être respecté; Et le droit souverain qu’ici je vous défère.4 414 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mais Nicomède n’entend pas être bridé dans ses revendications les plus légitimes.D’ailleurs c’est la cause même du roi qu’il défend, et c’est dans l’intérêt du roi qu’il réclame une entière liberté de parole: Ou laissez-moi parler, Sire, ou bien faites-moi taire; Je ne sais point parler autrement pour un roi A qui dessus son trône on veut faire la loi.Nous avons dû couper ici notre texte et notre analyse, nous refusant ainsi le plaisir de voir Nicomède tenir tête à son adversaire avec une invincible fierté.Tel quel cependant, notre fragment nous a permis d’assister à une lutte pathétique aux péripéties variées, à la gravité croissante.Il nous permet aussi de voir aux prises des caractères opposés.Ainsi à l’intérêt proprement dramatique s’ajoute, en se confondant presque avec lui, II.—-L’intérêt psychologique.Trois personnages, trois caractères.Plus qu’un individu à la personnalité fortement accentuée, Flaminius est l’homme d’une fonction, le lepiésentant d un peuple.Ambassadeur, il pratique la politique romaine.en ambassadeur romain.Tout d abord, et sous une courtoisie affectee, il cache, il dissimule à peine les exigences d’un maître.Il semble d’abord solliciter, mais aussitôt l’ultimatum, la menace succède à la prière: Donnez ordre qu’il règne: elle vous en conjure; Et vous offenseriez l’estime qu’elle en fait Si vous le laissiez vivre et mourir en sujet.I out cela, non sans habileté.Car il sait flatter celui qu’il asservit.Cet Attale pour lequel il exige un trône, c est le fils de Prusias; il a donc soin d’en faire l’éloge, et de caresser ainsi l’orgueil paternel du vieillard.Habile encore, sa premiere répliqué a Nicomede.Il se garde bien d’attaquer en face son contradicteur.II affecte meme d atténuer sa responsabilité.Traitant Nicomede comme un jeune homme encore sans personnalité vraie, il s’en prend au souvenir même d’Annibal: Seigneur, dans ce discours qui nous traite si mal Vous voyez un effet des leçons d’Annibal.Ce perfide ennemi de la grandeur romaine N’en a mis en son cœur que mépris et que haine.Ainsi produit-il sur Prusias une triple impression: il flatte sa jalousie en diminuant Nicomède, il l’intimide en lui rappelant la grandeur romaine, il l’épouvante en évoquant, sans en avoir l’air, la fin tragique et tout récente du “perfide” Carthaginois.Enfin, en faveur meme d Attale, quand Nicomede a donné libre cours à son imagination conquérante, Flaminius renonce aux précautions et aux détours.Abattant, pour ainsi dire, ses cartes, il découvre, il étalé la vraie pensée de Rome; et c’est à peine si un petit mot hypocrite voile d’apparente humanité ce qui n’est qu’avidité dominatrice: Rome prend tout ce reste en sa protection; Et vous n’y pouvez plus étendre vos conquêtes, Sans attirer sur vous d’effroyables tempêtes.La discussion peut bien se poursuivre; Flaminius se montrer tour à tour ironique, agressif, perfide; 1 essentiel est dit.La politique romaine vient de se révéler clairement, et son interprète L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 415 ne pourra plus maintenant qu’en varier les applications suivant les circonstances.Ainsi, à défaut d’un caractère individuel, Corneille a-t-il mis sous nos yeux le représentant de tout un peuple, de toute une tradition séculaire.Au portrait d’une personne il a substitué une image, symbolique, un type collectif.Son œuvre y gagne en grandeur, en dignité, sans rien perdre de son intensité dramatique.Pour être aussi représentatifs, Prusias et Nicomède s’offrent à nous avec des traits plus personnels.Prusias est un vieillard faible, craintif et mesquin.Dans la scène précédente il se montre jaloux de ce fils qui devrait faire tout son orgueil, inquiet pour sa couronne, pour sa vie même, plus porté à une sévérité perfide qu’à la gratitude et à la confiance.Ici, c’est sa lâcheté surtout qui se manifeste.Sans doute affecte-t-il un ton autoritaire envers Nicomède.Et vous, ne cherchez point à former de discords.Parlez, et nettement, sur ce qu’il me propose.Sans doute, s’enveloppe-t-il de dignité pour défendre la dignité romaine: Prince, vous abusez trop tôt de ma bonté.Le rang d’ambassadeur doit être respecté.Pour légitimes qu’elles soient en elles-mêmes, ces belles paroles nous trompent d’autant moins que nous avons encore dans l’oreille la phrase piteuse prononcée il y a quelques minutes seulement: Ah! ne me brouillez pas avec la république! Ce cri spontané est vraiment d’un pauvre homme.Toutes les paroles de Nicomède sont, au contraire, d’un homme de cœur.Homme de cœur, conscient de ses devoirs et de ses droits, il défend la dignité royale en la personne de son père et en la sienne propre.Contre l’ingérence étrangère, il revendique une légitime indépendance: De quoi se mêle Rome.Je ne puis voir sous eux les rois humihés.Homme de cœur, il demeure fidèle à un maître vaincu, mort; et devant un vainqueur insolent il défend sa mémoire.Homme de cœur, il exige des rivaux qu’on lui oppose les preuves effectives de leur valeur.Prêt d’ailleurs, si ces rivaux le méritent, à leur prêter son appui contre un ennemi commun.Il ignore, en effet, les susceptibilités, les défiances, les jalousies, bref, toutes les petitesses.Courageux, il est généreux.Non, sans quelque affectation, d’ailleurs, ni sans quelque condescendance: Je lui prête mon bras, et veux dès maintenant, S’il daigne s’en servir, être son lieutenant.Sa fierté de même ne laisse pas d’être provocante.A l’insinuation perfide, il répond pas un affront direct: On me croit son disciple, et je le tiens à gloire, Et quand Flaminius attaque sa mémoire, Il doit savoir qu’un jour il me fera raison D’avoir réduit mon maître au secours du poison, Et n’oublier jamais qu’autrefois ce grand homme Commença par son père à triompher de Rome. 416 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A plus forte raison, se révolte-t-il sous une injonction abusive, et ne répond-il à une menace que par une menace encore plus injurieuse.Rappelez-vous la réplique déjà citée: Vous pouvez cependant.Disposer de bonne heure un secours de Romains; Et si Flaminius en est le capitaine, On pourra lui trouver un lac de Trasimène.Ainsi apparaît-il, comme le type même du héros cornélien, fier, courageux, éloquent.Fier jusqu’au mépris de tout ce qu’il croit petit; courageux jusqu’à la témérité.D’une éloquence enfin qui associe à la brièveté, à la plénitude impératives, une ironie tranchante, presque meurtrière.Et c’est pour le lecteur une vive jouissance de voir cette noblesse de cœur, cette prestesse d’esprit s’opposer non seulement à la platitude d’un Prusias, mais à l’habileté perfide, à l’autoritarisme tyrannique de Flaminius et de Rome même.Ce triomphe moral et la joie qu’il nous cause constituent la moralité de cette scène.Gaillard de Champris, Professeur à V Institut catholique de Paris.LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE (Mars 1935) Programme mensuel suggéré aux divers cours COURS INFÉRIEUR En première et deuxième années: inventions graduées de bordures, frises, décors, dont les motifs suggérés par le professeur sont connus des élèves, ou bien ont déjà exécutes par eux.Ainsi dans les planches I et II les petits viennent d’exécuter une cloche à main ou une enclume.Le professeur, à la leçon suivante, reprendra ce sujet pour en faire le motif d’une bordure ou d’une frise.Il va sans dire que le professeur sera l’âme dirigeante, l’éveilleur d’idées dans ce travail d’invention.Première année 1.Une cloche.2.Une lanterne à gaz.3.Une frise.4.De mémoire: une tasse. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 417 COURS INFERIEUR KIVLDMPR HAVNFE COURS gjgfjjji WWlj CAFE COURS SI MGrENI aw- ® T) ® < MONTREAL < > OUEE 5EC > (D © JPERIEUR wy ® |j j>oriio7) (L-H.) 3n tep \ICU\W.Ôr.CU&uwctiiv V.^Veib Br.-(3,uwiy Vü-V^ofct£ 418 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Deuxième année 1.Une enclume.2.Un poêle.3.Une frise.4.De mémoire: un couteau ouvert.COURS MOYEN En troisième et quatrième années: continuer les notions sur la perspective du cylindre.Perspective d’objets placés au-dessous de l’horizon.Choix d’objets plutôt simples.Vue géométrale d’uneTarrière et d’un foyer.Inventions d’annonces commerciales.Troisième année 1.Une barrière.2.Une cuve en perspective.3.Une annonce.4.De mémoire: un sujet déjà exécuté.Quatrième année 1.Livres vus en perspective.2.Un foyer.3.Poteau indicateur.4.Une rosace (au compas).5.Invention d’une frise ayant une rosace pour motif.COURS SUPÉRIEUR En cinquième et sixième années: perspective plus approfondie d’objets vus en dessous de l’horizon.La planche V-VI représente trois phases différentes du cube vu en perspective.Ce cube est situé en dessous de l’horizon.Il est à remarquer que dans les solides ayant la forme cubique, les lignes aperçues par l’œil se divisent en trois groupes de trois lignes, et se dirigent respectivement vers trois points différents.Si les élèves comprennent bien la marche de ces trois groupes de lignes, le travail en sera simplifié d’autant.Le paysage de la même planche pourra être colorié d’après les indications contenues dans le paysage même.Cinquième et sixième années 1.Diverses phases d’un cube vu en perspective.2.Lettrage au compas.3.Paysage.4.De mémoire: invention d’une frise ayant pour motif un poisson.Frère Amédée, des Écoles Chrétiennes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 419 LE CHANT A L’ECOLE (Mars 1935) “Nul instrument ne peut surpasser la voix humaine pour l’expression des sentiments, surtout quand elle est mise au service de l’âme, pour adresser à Dieu tout-puissant des prières et des louanges.” (Constitixtion apostolique Divini cultus S.S.Pie XI.) LA.SOL Ml DO * A O J TA Zj si 7 8 / | DO LR SI LR 50L 3 |4- SOL Mt RL JL ^ 1 i Ml RE Exercices d’intonation pages 44, 46, 48.Les sons 6, 7, 8 reviennent une troisième fois dans les Exercices d’intonation; on ne craindra donc pas d’exiger plus de perfection au point de vue: I.Justesse des sons; IL Rythme à deux temps; III.Rythme à trois temps; IY.Vocalisation à trois temps; V.Emission des sons: 1, 3, 5, 8.j j-m En raison de la répétition des sons, ces Exercices d’intonation présentent peu ou pas de difficulté; alors, les dix minutes allouées pour le chant seront utilement employées par la dictée musicale, charpente du solfège.Disons-le en passant: “Le chant à l’Ecole” est une vraie méthode de so ège populaire ayant pour but l’exécution du chant profane et liturgique.La dictée musicale est orale ou écrite.Avant de donner la dictée orale ou écrite, le pro esseur produit le son de la note do, ou encore il dit sur quelle note il commence.La dictée orale s’adresse, à tour de rôle, à un élève en particulier, les autres rectihent les erreurs, s’il y a lieu.Le professeur vocalise un son; un élève chante le nom de la note ou le chiflre représentant le son vocalisé.__ , ., .La dictée écrite se donne à tous les élèves.Le professeur vocalise un son; les eleves ecnven e chiffre représentant le son vocalisé.„ , Remarque: A partir de la page 48 jusqu’à page 49, comprise, accompagner les Exercices de gymnastique par le chant des intonations suivantes : Do do do, Mi mi mi, Sol sol, sol, Do.Une Sœur de la C.N.-D. 420 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS Rôle du phonographe dans l’enseignement des langues vivantes Jadis l’on étudiait les langues vivantes moins pour les parler que pour les lire et les écrire.Aujourd’hui l’on se propose d’abord et surtout d’apprendre à les parler; et cela est vrai même pour les pays non bilingues.Ce changement de but a imposé à l’enseignement des langues des techniques nouvelles, en particulier l’emploi de la méthode directe; il a soulevé de nouveaux problèmes, comme celui de la formation phonétique de l’élève.Ce problème est résolu de différentes manières: 1.par les livres seuls, à l’aide des transcriptions phonétiques.Les procédés employés pour la représentation graphique de la langue parlée,—orthographe phonétique, courbes d’intonation,— sont très parfaits.Il n’est pas moins vrai qu’apprendre à parler une langue par les livres seuls, serait aride et décourageant; il est même douteux qu’on puisse ainsi arriver à des résultats satisfaisants.2.par le séjour en pays étranger.Malheureusement, cela n’est pas possible à la grande majorité des étudiants.Certaines familles créent artificiellement le milieu étranger au profit de leurs enfants en prenant à leur service une servante d’autre nationalité; ce moyen reste également en dehors des possibilités du grand nombre.3.par les services d'un professeur.Ce moyen est le plus généralement employé.4.enfin par le phonographe.C’est la ressource qui reste à la portée de l’élève qui ne peut se procurer l’aide d’un professeur ni aller en pays étranger.Aussi les Compagnies de Cours par correspondance ont-elles créé des séries de disques phonographiques destinés à la formation phonétique des étudiants.L’on a parfois combiné les deux derniers moyens, en donnant le phonographe comme auxiliaire au maître dans l’enseignement collectif des langues.Quel secours l’étudiant peut-il espérer du phonographe dans l’étude des langues vivantes, c’est ce que je voudrais essayer de préciser; j’indiquerai ensuite les services que le phonographe peut rendre dans l’enseignement collectif.1.LE PHONOGRAPHE DANS L’ÉTUDE INDIVIDUELLE Et d’abord, il ne faut pas demander au phonographe plus qu’il ne peut donner.Le phonographe est une machine munie d’un mécanisme très parfait, mais ce n’est qu’une machine.Il ne peut avoir l’enthousiasme ni l’énergie qu’un professeur peut mettre dans sa leçon.Sa voix monotone, au timbre invariable et souvent nasillard, n’a rien pour stimuler, aux heures grises, l’ardeur de l’étudiant.De plus le texte intangible du disque ne peut s’adapter aux exigences particulières de chaque élève.Le phonographe est incapable de corriger l’étudiant qui l’emploie, même au simple point de vue phonétique.Il reste parfaitement indifférent à ses succès comme à ses insuccès; il ne peut que répéter inlassablement les mêmes choses et de la même manière.Tant pis pour l’étudiant qui n’a pas d’oreille, et qui, croyant avoir saisi les sons et les intonations, reproduit avec la meilleure bonne volonté des sons barbares.Il ne faut pas s’attendre que le phonographe fasse le miracle que des années de résidence à l’étranger souvent ne feraient pas.Le phonographe ne peut pas'non plus apprendre à l’étudiant à exprimer sa pensée en langue étrangère.Il répète des formules, toujours les mêmes formules.A force de répétitions, celles-ci L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 421 peuvent se graver dans la mémoire même la plus rebelle, dans celle d’un humain comme dans celle d’un perroquet, et amener le sujet qui a bonne oreille, à une répétition très satisfaisante de ces formules.Mais cela n’est pas parler une langue, lors même que le résultat phonétique serait ultra-parfait.Pour arriver à exprimer ses pensées en langue étrangère, l’étudiant devra, par un exercice assidu, s’accoutumer à les revêtir de ces formes verbales que le phonographe lui a gravées dans la mémoire auditive.Seul cet exercice, conduit avec intelligence et constance, le rendra maître de la langue; sans lui, il restera, comme le perroquet, avec ses formules, incapable de s’en servir dans les circonstances diverses de la vie.Le langage est une science et un art; l’une s’acquiert par l’étude, l’autre par la pratique.Cela le phonographe ne peut pas le donner; ce qu’il peut, c’est de contribuer à la formation phonétique de l’étudiant, et cela seulement dans la mesure de l’acuité auditive de celui-ci.Ne lui demandez pas davantage sous peine d’être déçu.Mais, au point de vue phonétique, le phonographe est certainement précieux, très précieux pour l’étudiant en chambre.Car le disque phonographique est pratiquement parfait, du moins sous le rapport de la diction, grâce aux soins des compagnies d’édition de ces disques, qui ne négligent rien dans ce but, grâce aussi à la perfection de l’enregistrement radiophonique.Aussi, avec de bons appareils—de préférence radiophoniques—l’étudiant entend un anglais d’une perfection que peu de professeurs peuvent égaler, anglais où tout est à point, voyelles, consonnes, intonations, rythme et allure musicale de la phrase.Le phonographe est non seulement un auxiliaire impeccable et parfait, à l’autorité duquel l’étudiant peut se fier absolument, il est aussi toujours à sa disposition, toujours prêt à répéter la leçon, sans lassitude, sans erreur, sans faiblesses.De plus, il se prête à toutes les nécessités phonétiques de l’étudiant.Celui-ci souffre-t-il de quelque lenteur d’audition, le phonographe parlera lentement, à l’ailure que l’étudiant voudra, puis plus vite, puis à vitesse normale, et l’élève sera ainsi amené progressivement à saisir, à la rapidité de la parole, le sens des textes enregistrés.Précieux secours pour l’étudiant que cet entraînement auditif.Grâce encorë à son phonographe, l’étudiant pourra, pourvu qu’il ait de l’oreille, arriver à une bonne prononciation, si toutefois il se donne la peine d’imposer à ses organes vocaux la gymnastique nécessaire pour les assouplir et créer l’habitude.Enfin un autre avantage du phonographe de langues vivantes est la possibilité qu il procure de cultiver le sens de l’esthétique sonore des vers et de la prose anglaise.Tous les bons maîtres peuvent aider l’élève à acquérir une bonne prononciation et même une intonation exacte, mais très peu peuvent rendre un poème ou un fragment de prose avec la perfection d un grand artiste de théâtre.Le phonographe rend possible à l’étudiant cette audition parfaite, cette formation à une diction parfaite, ce développement esthétique dans la langue étrangère.Ainsi, le phonographe, malgré ses lacunes, est pour l’étudiant en chambre un auxiliaire précieux dans sa formation phonétique; mais là se borne son rôle.2.LE PHONOGRAPHE DANS L’ENSEIGNEMENT COLLECTIF De la chambre de l’étudiant, le phonographe a passé dans la salle de classe pour y devenir l’auxiliaire du maître dans l’enseignement collectif des langues vivantes.Cette innovation, comme beaucoup d’autres innovations pédagogiques, reçut en général un accueil enthousiaste^ A celui-ci, succéda, en plusieurs milieux, un désappointement qui fit mettre le phonographe de côté.Un auteur américain a même écrit que le phonographe dans la salle de classe n avait donné qu un pro t infinitésimal.(C.Clarke: Mod.Lang.Jour, 1918, p.116).En d’autres milieux, au contraire, maîtres et maîtresses continuent de s’en servir avec satisfaction et, disent-ils, avec pro t.Comment expliquer ces divergences d’opinions?C’est ce que je vais essayer de faire par une étude aussi objective que possible de la question; et cela me permettra de déterminer le rô e que e phonographe peut tenir dans l’enseignement des langues vivantes.5 422 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Disons tout de suite qu’ici encore, l’on avait trop espéré du phonographe.Peut-être même s’était-on bercé de 1 illusion que la machine pouvait remplacer le maître, du moins suppléer à toutes ses déficiences; que celui-ci, grâce au phonographe, devenait un accessoire dans la salle de classe, que son rôle allait se borner à être l’humble serviteur de la machine.J’exagère évidemment; mais une telle conception, même au moindre degré, devait conduire à une désillusion totale.Est-il nécessaire de répéter que l’usage du phonographe, aussi intensif qu’on le voudra, n’est pas une garantie de la bonne prononciation de l’élève, pas plus dans la salle de classe que dans la chambre de l’étudiant; je dirai même moins.Car, au point de vue auditif, l’enfant n’est pas dans une situation plus avantageuse que l’adulte; comme lui, il peut manquer d’acuité auditive; plus que lui, il manque d’esprit d’observation, et son oreille est moins accoutumée à saisir les différences entre des sons analogues, ou bien entre les sons qu’il entend et la reproduction qu’il en donne.D’autre part, ses organes vocaux sont plus souples que ceux de l’adulte, et il lui est plus facile de les plier à une gymnastique nouvelle, celle qu’exige la prononciation de la langue étrangère qu’il étudie.Mais encore, pour réussir à reproduire exactement les sons, faut-il qu’il les puisse discerner, et cela n’a pas toujours lieu, loin de là.J’ai pu observer des classes, et mes premières observations remontent à bien des années, où la bonne majorité des élèves, avec la plus bruyante bonne volonté, redisaient en chœur, ou individuellement à la suite du phonographe, les prononciations les plus disgracieuses.La machine avait beau répéter avec la plus inlassable exactitude, les élèves eux aussi répétaient leurs erreurs avec la même persévérance inlassable.C’est que le phonographe ne remplace pas le maître; la machine a son rôle, le maître a le sien.Le phonographe donne des modèles parfaits de diction; au maître de corriger l’élève lorsque celui-ci ne reproduit pas exactement les sons, dans leur valeur ou leur longueur, lorsqu’il fausse les articulations ou les rythmes.Au maître d’indiquer à l’élève les différences qui existent entre les sons qu’il reproduit et ceux qu’émet le phonographe.Au maître, de lui montrer comment s’y prendre, comment placer les organes pour arriver à une parfaite prononciation.C’est un fait d’expérience que l’enfant ne reproduit les meilleurs exemples phonétiques que si le maître constamment attire son attention sur la diction; il lui faut, de toute nécessité, la critique d’un maître compétent et attentif.Je dirai plus : il ne suffit pas que l’élève ait une fois saisi exactement telle articulation ou tel son, et qu’il l’ait reproduit exactement une fois.Il faut que le maître maintienne ensuite cette reproduction exacte, en exigeant constamment l’effort qu’elle requiert, jusqu’à ce que les organes soient assouplis et formés; la loi du moindre effort ramènera longtemps l’enfant vers des prononciations proches de celles de sa langue maternelle.L’exercice tend à diminuer puis à faire disparaître l’effort dans cette seconde nature qu’est l’habitude.Maintenir l’attention de l’enfant, remonter constamment le ressort de ses activités, c’est encore le rôle du maître.C’est pourquoi il a été noté dans la “Méthodologie de l’anglais”: ‘'Le maître donne une très grande attention à fixer dès le débu et à maintenir ensuite, l’exacte prononciation des mots et des phrases.” Mais la plus grande erreur serait encore de croire que la machine peut enseigner à parler la langue, je veux dire à s’en servir pour exprimer sa pensée.La machine, je me permets de le redire, peut aider l’élève à bien prononcer la langue étrangère et à la comprendre à l’audition; elle peut même graver dans sa mémoire des séries de formules; elle ne peut faire davantage.Car il ne suffit pas que l’élève apprenne, par audition ou autrement, des formules, même sous forme de dialogues: il faut que, par l’exercice, et un exercice assidu, il se rende capable de les employer spontanément.Cet exercice est encore plus nécessaire à l’enfant qu’à l’adulte parce que son intelligence est moins développée.Voici une expérience que chaque maître peut répéter pour son instruction.C’était une classe de troisième ou de quatrième année, classe bien formée au point de vue phonétique, grâce au phonographe et au maître, et dont les élèves répétaient imperturbablement et avec une excellente prononciation tel dialogue enregistré: questions et réponses obligatoires, rien ne manquait; le succès jusqu’ici était complet.Je voulus savoir si la récitation des élèves n’était pas pur psittacisme, s’ils étaient capables de se servir des formules qu’ils récitaient si bien.Je dis à un enfant: “Vous répon- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 423 dez très bien comme dans le livre, mais ce que vous dites n’est pas vrai pour vous; dites-moi la vérité.” Et je repris quelques-unes des questions, des plus faciles; embarras de l’enfant, réponses embrouillées, fautives, absurdes même.Cependant l’enfant savait les mots de la réponse à donner.Qu’aurait-ce été si j’avais demandé à l’enfant de formuler la question ?Etait-ce la faute de la machine ?Non, elle avait achevé son rôle, elle avait donné tout ce qu’on pouvait attendre d’elle: la formation phonétique.Le reste, le principal et le plus difficile, restait à faire: exercer l’enfant à se servir des formules apprises.Et dans ce travail, le phonographe ne peut être d’aucun secours; seul le maître peut venir en aide à l’élève.En rester au point où j’avais surpris cette classe, c’est-à-dire à la période phonétique, on le comprend, ce serait s’arrêter loin du but.N’est-ce pas pour avoir oublié ces notions fondamentales que l’on a pu arriver aux conclusions relevées au début de cet article: que le phonographe ne pouvait être d’aucun profit dans l’enseignement collectif.Est-ce la faute de la machine ?Le phonographe, ai-je dit, se présente comme l’auxiliaire du maître.Il convient, pour être moins incomplet, de distinguer plusieurs catégories de maîtres.Il y a d’abord le maître dont ia prononciation est bonne.Celui-ci, évidemment, peut se passer du phonographe pour enseigner l’anglais; il est capable de former ses élèves au point de vue phonétique.Et cependant il peut trouver avantage à se servir occasionnellement du phonographe.Ainsi la machine peut parfois lui éviter la fatigue des répétitions; elle lui donne un moyen facile d’entraîner l’oreille de ses disciples; elle lui fournit des tests auditifs et même des chefs-d’œuvre de diction.surtout si les phonogrammes sont bien adaptés à leur but phonétique.Il y a aussi le maître mal servi par des organes peu souples et dont la prononciation n’est pas à la hauteur de ses désirs, ou même, tout simplement, qui n’a pas reçu un entraînement phonétique suffisant.Ce maître trouvera dans le phonographe le moyen de suppléer à ses déficiences, et d’assurer, en dépit de celles-ci, la bonne formation phonétique de ses élèves, à condition toutefois qu’il ait bonne oreille, et donc qu’il soit capable de remarquer les fautes phonétiques de ses élèves et de les corriger.Enfin, il y aurait encore le maître qui manque d’oreille.Quant à lui, le phonographe lui sera de bien peu d’utilité, ou plus exactement, il ne servira guère à sa classe.Car la majorité de ses élèves, puisqu’il ne peut les reprendre, s’encrasseront dans des fautes de prononciation incorrigibles par la suite.Ce maître pourra posséder une technique parfaite pour l’enseignement du vocabulaire et des formes verbales; il reste, en dépit de la machine, incapable d’assurer la formation phonétique de ses élèves; et cependant, ceci est essentiel comme cela.Ne ferait-il pas mieux, ce maître, de renoncer à l’enseignement des langues vivantes ?Et pour conclure, il me suffit de reproduire ce que j’ai écrit dans la '‘Méthodologie de 1 anglais .Le phonographe peut aider le maître—qui a bonne oreille—dans la formation phonétique de l élève.Là s’arrête son rôle; rôle intéressant, il est vrai, mais beaucoup plus limité qu’on ne 1 avait peut-être pensé.Demandez à la machine ce qu’elle est capable de donner, mais rien de plus, et vous serez satisfaits de ses services.Il me resterait maintenant, pour entrer plus avant dans le domaine de la pratique, de préciser ce que je n’ai pu qu’effleurer, je veux dire: les techniques du phonographe dans 1 enseignement des langues vivantes.Cette question comporte une double étude: la composition des phonogrammes de langues, et la méthodologie de leur emploi dans l’enseignement collectif.Ce sera l’objet d’un autre article.Frère Régis-Stanislas, F.C., Ste-Foy est, P.Q. 424 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE PROCÈS-VERBAL DE LA SESSION DU MOIS DE FÉVRIER 1935 Séance du 6 février 1935.ttm1 honoiable Cyiille-I.Delage, surintendant, president; Son Eminence le cardinal J -M.-Rodrigue Villeneuve, Son Excellence Mgr Forbes, archevêque d’Ottawa, Son Excellence Mgr A.-E.Deschamps représentant Mgr l’archevêque de Montréal, Mgr l’évêque de Nicolet Mgr l’évêque de Gaspé, Mgr l’évêque de Valleyfield, Mgr l’évêque d’Haileybury, Mgr l’évêque de Rimouski, Mgr l’évêque de Chicoutimi, Mgr l’évêque de Joliette, Mgr l’évêque de Mont-Laurier, Mgr l’évêque de Saint-Jean, Mgr l’évêque des Trois-Rivières; Mgr J.-A Desmarais représentant Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr J.-E.-M.Vincent représentant Mgr l’évêque de Sherbrooke, M.l’abbé A.-M.Renaud représentant Mgr l’évêque de Pembroke; l’honorable Thomas Chapais, l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge Sir Mathias Tellier l’honorable Jules-Edouard Prévost, l’honorable juge Hyacinthe-A.Fortier, l’honorable juge Antonin Galipeault,^l’honorable J.-H.Dillon, l’honorable J.-N.Francœur, M.J.-P.Labarre M Victor Doré, M.Edouard Montpetit, M.Antonio Perrault, M.Augustin Frigon, M.Hector Perrier M.J.-N.Miller; M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.Napoléon Brisebois, M.Nérée Tremblay et M.Lionel Bergeron, secrétaire.La séance est ouverte par la récitation de la prière.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Avant de passer à l’ordre du jour, à l’occasion du 30e anniversaire de la nomination de l’hono-rable M.Delage comme membre du Conseil de b Instruction publique et de son 19e anniversaire (hier) à la haute fonction de Surintendant de l’Instruction publique, il est proposé par Son Excellence Mgr H.Brunault, doyen des évêques, membre du Comité catholique, et secondé par l’honorable M.Chapais, doyen des membres laïques du même Comité: “Que ce Comité offre ses hommages à l’honorable Surintendant, sa reconnaissance et ses vœux “Ad multos annos”.Visiblement ému, le Surintendant remercie les membres de leur délicate allusion et de leur trop généreuse appréciation de ses services puis termine ainsi sa réponse: “Messeigneurs et Messieurs, permettez que je réitère à nos distingués collègues si cruellement éprouvés depuis notre dernière réunion — Son Éminence le cardinal Villeneuve, l’honorable Thomas Chapais, M.Nérée Tremblay ainsi qu’à notre dévoué secrétaire adjoint, M.Lionel Bergeron — nos profondes sympathies, et à Son Excellence Mgr Comtois, pour son élection comme évêque du diocèse des Trois-Rivières, nos plus vives félicitations avec nos vœux les plus sincères d’un long et fructueux épiscopat”.Le Comité prend connaissance des rapports suivants: RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES Séance du 5 février 1935.Présents:—Mgr Forbes, président; Mgr Langlois, l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, l'honorable Hector Champagne, M.J.-P.Labarre, M.Antonio Perrault, M.Napoléon Brisebois et M.Lionel Bergeron, secrétaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 425 Le sous-comité a examiné les ouvrages ci-après mentionnés qui lui ont été soumis: 1.“My First Lessons in Bookkeeping” — by the Brothers of the Sacred Heart.(Édition anglaise d’un ouvrage français approuvé en 1929).— Approuvé.2.“Steps in English — Third and Fourth Years” — par les Clercs de Saint-Viateur.—• Approuvé.3.“Guide pour l’enseignement de l’agriculture —- 5e et 6e années” — par C.-J.Miller et E.Litalien.— Les auteurs n’ont pas soumis à cette séance le travail qu’ils avaient préparé.4.“Tableau synoptique d’Analyse logique” —- par J.-Arsène Faquin.—- Refusé.(Signé) f Guillaume Forbes, Arch.d’Ottawa, Président.Ce rapport est adopté.(Signé) Lionel Bergeron, Secrétaire.RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ PAR LE COMITÉ CATHOLIQUE, A SA SESSION DU MOIS DE MAI 1934, D’ÉTUDIER LES MOYENS A PRENDRE AFIN D’AMÉLIORER LA SITUATION DES INSTITUTRICES Séance du 26 octobre 1934- Présents:—'L’honorable Cyrille-F.Delâge, président; Mgr Georges Courchesne, Mgr J.-Eugène Limoges, M.Victor Doré, M.J.-P.Labarre, M.Napoléon Brisebois et M.Lionel Bergeron, secrétaire.Votre sous-comité s’est réuni de nouveau et, après étude de la question, a l’honneur de vous communiquer le rapport suivant, le premier qui vous fut présenté, le 26 septembre dernier, lui ayant été retourné avec prière de considérer s’il y aurait moyen d’éviter la diminution du montant de $275,000.00 destiné aux écoles publiques.Comme ce seraient les cités et villes qui souffriraient de la diminution de ce montant de $275,000.00, le sous-comité croit devoir recommander, pour compenser la perte subie par les commissions scolaires des cités et villes, de faire bénéficier ces municipalités des deux subventions— $35,000.00 et $25,000.00— dites subventions pour le minimum des salaires.* Le rapport soumis lors de votre dernière session serait donc modifié et se lirait ainsi: Après une étude sérieuse de la situation faite au personnel enseignant et plus spécialement aux institutrices, le sous-comité reconnaît que cette situation est par trop pénible et que les traitements annuels de $100.00, accordés présentement à un trop grand nombre d’institutrices, sont absolument insuffisants.Plusieurs municipalités payant de tels traitements pourraient certainement témoigner plus de générosité à l’égard de leur personnel enseignant et il est urgent d’encourager les commissaires d’écoles à montrer de meilleures dispositions dans l’accomplissement de leurs devoirs dont un des principaux est de payer convenablement leurs institutrices.Le sous-comité est d’opinion qu’en modifiant la manière dont les subventions sont distribuées, on réussirait à obtenir que les dits commissaires accordent aux institutrices des traitements plus équitables.A l’heure actuelle, un montant de $625,000.00, destiné aux écoles publiques, est paye comme suit: o) Un montant de $275,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires de la province, d’après le nombre d’enfants inscrits aux écoles; b) Un montant de $125,000.00 (13 Geo.V, 1922) partagé entre les municipalités scolaires rurales seulement, d’après le nombre d’enfants inscrits aux écoles et sans tenir compte du traitement payé aux institutrices; c) Un montant de $125,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires — à l’exclusion des cités et villes — payant un traitement d’au moins $225.00, d’après le nombre d’enfants inscrits aux écoles; 426 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE d) Un montant de $60,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires —• à l’exclusion des cités et villes — payant un traitement d’au moins $250.00, d’après le nombre d’enfants inscrits aux écoles; e) Un montant de $30,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires — à l’exclusion des cités et villes — payant un traitement d’au moins $275.00, d’après le nombre d’enfants inscrits aux écoles; )) Un montant de $10,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires — à l’exclusion des cités et villes — payant un traitement d’au moins $325.00, d’après le nombre d’enfants inscrits aux écoles.Le sous-comité croit devoir recommander que ces subventions se totalisant à la somme mentionnée — $625,000.00 — soient à l’avenir distribuées de la manière suivante: a) Un montant de $200,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires, d’après le nombre d’enfants inscrits aux écoles, sans tenir compte du salaire payé au personnel enseignant; b) Un montant de $150,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires à l’exclusion des cités et villes—payant un traitement moyen de $200.00, pourvu qu’il n’y ait aucun salaire inférieur à $150.00; c) Un montant de $150,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires — à l’exclusion des cités et villes — payant un traitement moyen de $250.00, pourvu qu'il n’y ait aucun salaire inférieur à $200.00; d) Un montant de $65,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires — à l’exclusion des cités et villes — payant un traitement moyen de $275.00, pourvu qu’il n’y ait aucun salaire inférieur à $250.00; e) Un montant de $35,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires payant un traitement moyen de $300.00, pouvu qu’il n’y ait aucun salaire inférieur à $275.00; /) Un montant de $25,000.00 partagé entre toutes les municipalités scolaires payant un traitement moyen de $325.00, pourvu qu’il n’y ait aucun salaire inférieur à $300.00.Toutes fces subventions, comme par le passé, seraient partagées d’après le nombre des élèves inscrits dans les écoles de chaque municipalité.Ces modifications qui ont déjà été recommandées par le Surintendant et par l’Inspecteur général des écoles primaires, auraient pour effet, croit le sous-comité, d’encourager les municipalités scolaires à payer des traitements plus élevés, car elles auraient la perspective de recevoir des subventions plus substantielles.D’autres subventions pour l’éducation supérieure et pour les écoles pauvres sont accordées aux municipalités, mais le sous-comité ne pense pas qu’il y ait lieu de changer le mode de distribution de ces subventions.De plus, le sous-comité recommande respectueusement au gouvernement de bien vouloir rétablir, au même degré que par le passé, les primes accordées au personnel enseignant pour 10, 15 et 20 ans ainsi que pour les succès remportés dans l’enseignement.(Signé) Cyriliæ-F.Delâge, Président (Signé) Lionel Bergeron, Secrétaire.Ce rapport est approuvé, mais sur proposition de M.Montpetit, appuyé par l’honorable M.Prévost, il est résolu: “Que le sous-comité qui a préparé le dit rapport soit maintenu en fonction avec mission: 1° D’étudier les résultats que produira la nouvelle manière de distribuer les subventions; L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 427 2° D’envisager s’il y a possibilité de fixer, pour le personnel enseignant, un salaire minimum; , ., ^ .aT., 3° De faire enquête, comme le demande la présidente de la .Ligue ües Droits de la Femme”, pour découvrir si les municipalités scolaires rurales sont justifiables de payer de si faibles salaires à leurs institutrices”.RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ PAR LE COMITÉ CATHOLIQUE, A SA SESSION DU MOIS DE SEPTEMBRE 1934, D’ÉTUDIER S’IL Y A OPPORTUNITE DE RENDRE OBLIGATOIRE L’ENSEIGNEMENT DU SOLFÈGE, EN VUE DU CHANT PROFANE ET LITURGIQUE, DANS LES ÉCOLES NORMALES ET DANS LES ÉCOLES PRIMAIRES Séance du 26 novembre 1934.Présents:—Mgr Forbes, président; Mgr Langlois, M.J.-P.Labarre, M.Napoleon .• Les membres adjoints suivants:—M.l’abbé Emmanuel Charlebois, M.iabbeEtheibert Thibault, M.Arthur Laurendeau, M.J.-N.Charbonneau, M.J.-M.Manning, M.Eugene Lapierre, M.Lionel Bergeron, secrétaire.L’importance de l’enseignement du solfège est longuement exposée et ses avantages reconnus.On fait remarquer que cet enseignement est donné dans les ecoles de toutes les grandes villes et qu’il est nécessaire de l’introduire dans les écoles de la province de Quebec.Mgr Forbes propose et il est unanimement résolu: “Que l’enseignement du solfège, en vue du chant profane et liturgique, déjà obligatoire dans les écoles normales de garçons, le soit de meme dans les écoles normales de filles.Les écoles primaires, autant que taire se pourra, devront aussi l’accepter comme tel”.(Signé) t Guillaume Forbes, Arch.d’Ottawa, Président.(Si°TLé) Lionel Bergeron, Secrétaire.Adopté.RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ PAR LE COMITE CATHOLÏQUE, A SA SESSION DU MOIS DE FÉVRIER 1934, D’ÉTUDIER TOUTES QUESTIONS RELATIVES AU FONDS DE PENSION DES FONCTIONNAIRES DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE, SPÉCIALEMENT SON ASPECT FINANCIER, ET LA POSSIBILITÉ DE PERMETTRE A CERTAINS FONCTIONNAIRES DE FAIRE COMPTER POUR LEUR PENSION LES ANNEES QU’ILS ONT PASSÉES EN COMMUNAUTÉ Séance du 12 janvier 1935.Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, président: Mgi Georges Courchesne,M.^m^^ Doré, M.J.-P.Labarre, M.Napoléon Brisebois, M- Neree Tremblay, Ihonoiable juge \\ 3ond, M.W.-P.Percival; M.A.-B.Charbonneau M.L-M.Mannmg,M.Sinclair I^rd, AL J.Hopkins; M.François-Paul Noël,^ secrétaire de la Commission administrative tension, et M.Lionel Bergeron, secrétaire. 428 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Votre sous-comité prend en considération les amendements suivants proposés par la Commission administrative du Fonds de pension lors de sa réunion tenue les 4, 5 et 6 décembre 1934: 1° Pension accordée après 25 années d’enseignement au lieu de 20 années; “o ^>or^er l’âge de la pension à 60 ans au lieu de 56 ans; 3° Remboursement des retenues après 15 années au lieu de 10 années; 4 Porter la retenue payable par les fonctionnaires de l’enseignement primaire à 3% au lieu de 2^2%, retenue actuellement payée; 5° Pension calculée à 2% pour tous les fonctionnaires; 6° Abroger l’article 521; 7° “ “ 522; 8° “ “ 523; 9° y ^ » 524; 10° Intérêt payé sur les surplus du fonds de pension; 11° Allocation du gouvernement: 50% des retenues versées par les fonctionnaires.Ces amendements reçoivent une attention particulière de la part du sous-comité et tous à I exception de ceux indiqués aux 9e et 10e paragraphes, sont approuvés.Le 9e paragraphe aurait décrété l’abolition du maximum de la pension.Pour remplacer cette suggestion, la résolution mentionnée ci-après, sur proposition de l’honorable juge Bond, secondé par M.Doré, est adoptée à l’unanimité: “Que ce sous-comité ne considère pas opportun, en ce moment, d’abroger 1 article 524, mais qu’il reconnaît le principe que le maximum fixé par le dit article devrait etre, aussitôt que possible, augmenté ou non déterminé; que la présente résolution soit soumise aux comités, catholique et protestant, du Conseil de l’Instruction publique”.Le sous-comité ne croit pas devoir non plus recommander la suggestion contenue dans le lüe paragraphe, suggestion voulant qu’à l’avenir un intérêt soit payé sur le surplus du fonds de pension.Le sous-comité émet ensuite l’opinion que le 3e paragraphe de l’article 520 soit modifié de la façon suivante: A ‘'Les dispositions du présent article s’appliquent à tous les fonctionnaires, meme à ceux actuellement à la retraite”.L’honorable juge Bond propose, secondé par M.Manning, et il est résolu: “Qu’un 4e paragraphe, se lisant comme suit, soit ajouté à l’article précédent: “Les dispositions de la présente loi ne s’appliquent pas cependant aux 1 onctionnaires qui, étant en service au moment de son adoption, ne pourront pas faire 25 ans d’enseignement avant d’avoir atteint l’âge de 65 ans, mais qui pourront faire au moins 20 ans d’enseignement avant d’avoir atteint cet âge”.(Signé) Cyrille-F.Delâge, Président.Ce rapport reçoit l’approbation du Comité.(Signé) Lionel Bergeron, Secrétaire.PROCÈS-VERBAL .du PREMIER CONGRES DES PRINCIPAUX DES SCOLASTICATS-ÉCOLES NORMALES tenu le 13 novembre 1934, à l’Académie Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la présidence de l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique Séance de Vavant-midi.La séance s’ouvre par le “Veni Sancte” que récite le révérend Père de Grandpré, sur la demande de M.le Surintendant. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 429 Sont présents:—L'honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique; M.C.-J.Magnan, inspecteur général des écoles normales; le révérend Père A.de Grandpré, assistant-provincial des Clercs de Saint-Viateur, et le Très Cher Frère Éphrem, directeur des études chez les Frères des Écoles Chrétiennes, tous deux membres du Comité de Régie des Scolas-ticats-Écoles normales; les révérends Frères Nivard, visiteur, Mennas-Rosius, principal, et Nivard-Anselme représentant l’École normale de Laval-des-Rapides; les révérends Frères J.-E.Loiselle, principal, Viateur Durand, directeur général des études, et Henri Paquette représentant l’École normale de Rigaud; le révérend Frère Bernardin, c.s.c., principal de l’Ecole normale de Côte-des-Neiges; les révérends Frères Anatolius-Louis, visiteur, et Liguori, principal, représentant l’École normale de Laprairie; les révérends Frères Marie-Stratonique, provincial, Louis-Patrice, visiteur, et Louis-Gustave, principal, représentant l’École normale d’Iberville; les révérends Frères Narcisse-Joseph, principal, Bernardin-de-Sienne et Martial-Joseph représentant l’École normale du Sault-au-Récollet; le révérend Frère Albertus, principal de l’École normale de Granby; le révérend Frère Hyacinthe, principal de l’École normale de, Sainte-Foy; les révérends Frères Arsène-Louis, principal, et Germain-Edouard représentant l’École normale de Pointe-du-Lac ; les révérends Frères Aristide, directeur des études, et Régis, principal, représentant l’École normale de Sorel; le révérend Frère Gonzague, principal de l’École normale d’Arthabaska; M.B.-O.Filteau, secrétaire.Bienvenue: M.le Surintendant souhaite la bienvenue aux congressistes et se déclare heureux d’être appelé à présider une assemblée composée d’éducateurs aussi distingués chez qui une compétence pédagogique indiscutable s’allie au plus noble dévouement.Il met en relief le beau geste de nos congrégations enseignantes qui, malgré le privilège dont elles jouissent en vertu de la loi, ont tenu à se soumettre aux examens officiels afin de s’assurer un titre de plus à la confiance de nos populations.Puis, après avoir rappelé le rôle principal des écoles normales dans tout système scolaire, il invite les congressistes à se mettre immédiatement au travail.Comité des vœux: Il est proposé par M.C.-J.Magnan et approuvé à l’unanimité: “Qu’un comité désigné sous le nom de Comité des Vœux soit formé comme suit: le révérend Père de Grandpré, le révérend Frère Éphrem, le révérend Frère Bernardin, le proposeur et le secrétaire”.Message à Son Excellence Mgr Gauthier: Le révérend Père de Grandpré propose, avec l’assentiment empressé de tous les congressistes, que le message suivant soit adressé à Son Excellence Mgr l’archevêque coadjuteur de Montréal: Monseigneur Gauthier, 94, Carrington, Woonsocket, R.I., États-Unis.Provinciaux et personnel Scolasticats-Êcoles normales, réunis premier congrès sous présidence Surintendant Instruction publique, présentent hommages respectueux, expriment reconnaissance pour bienveillance et appui constants, offrent prières et vœux pour parfait et prompt rétablissement.QUESTIONS A ÉTUDIER On aborde alors, dans l’ordre indiqué sur l’horaire, les diverses questions qui sont 1 objet même du congrès.a) Le nouveau programme — Sa mise à l’essai — (M.C.-J.Magnan) : — M.l’Inspecteur général recommande de faire un essai loyal du nouveau programme des écoles normales de garçons, quelles que soient les imperfections dont il puisse nous paraître entaché.C’est par sa mise en application qu’on pourra juger le mieux de ses bons et de ses mauvais côtés et, dans quelques années, lorsque l’expérience aura permis à MM.les Principaux de se former une opinion bien fondée, chacun, à l’invitation de M.le Surintendant, pourra suggérer les améliorations qu’il jugera nécessaires.b) Notes pédagogiques des Règlements du Comité catholique Prier le Comité catholique d’y apporter les précisions nécessaires — (Révérend Frère Arsène-Louis de Pointe-du-Lac).Le révérend Frère Arsène-Louis soumet une étude très sérieuse sur les directions de l’appendice B des Règlements du Comité catholique concernant l’organisation des ecoles ainsi que sur les notes pédagogiques qui accompagnent chacune des matieies du programme des écoles primaires. 430 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Comme ces directions et ces notes pédagogiques font partie du programme de pédagogie prescrit par les normaliens, le révérend Frère exprime l’opinion qu’il y aurait lieu de recommander au Comité catholique de les faire retoucher de manière à les rendre plus conformes au nouveau programme des écoles normales.Le révérend Frère Éphrem estime qu’il y aurait des objections à soumettre une telle lesolution au Comité catholique et, après discussion, le congrès décide, sur proposition de M.C.-J.Magnan: “Que cette résolution soit renvoyée au Comité des Vœux”.c) Amendements aux règlements concernant les scolasticats-écoles normales: — Sur proposition du révérend Frère Éphrem, il est résolu: “Que le Comité catholique soit prié de modifier, comme suit, les règlements concernant les scolasticats-écoles normales: Chapitre VT, Section 3.— Aux tableaux des matières de l’examen d’admission A.B.C.— substituer les tableaux suivants: A) — BREVET ÉLÉMENTAIRE Matières Points alloués Pédagogie pratique.20 Evangiles.10 Eléments de morale.20 Histoire générale.20 Grammaire française.15 Dictée française.i.:.10 Lecture française.10 Préceptes littéraires.10 Explication d’auteurs français.10 Récitation d’auteurs français (mémoire).5 Histoire littéraire.10 Calcul mental.10 Matières Points alloués Algèbre.10 Comptabilité.10 Bienséances.10 Hygiène.10 Chant.10 Écriture.10 Sciences naturelles.10 Agriculture.10 Enseignement industriel.10 Lecture anglaise.10 Traduction anglaise.10 Grammaire anglaise.10 Dictée anglaise.10 Matières facultatives: La gymnastique, la sténographie et la dactylographie.B) — BREVET COMPLÉMENTAIRE Matières Points alloués Pédagogie pratique.30 Histoire de la pédagogie.20 Vie de Jésus-Christ et liturgie.30 Philosophie.20 Grammaire française.20 Dictée f rançaise.10 Préceptes littéraires.10 Explication d’auteurs français.20 Récitation d’auteurs français (mémoire).10 Histoire littéraire.10 Histoire universelle.10 Histoire du Canada.10 Géographie.10 Chant.10 Arithmétique.20 Comptabilité.20 Matières Points alloués Dactylographie.10 Sténographie.10 Vie économique et Droit commercial.10 Physique.10 Chimie.10 Technologie industrielle.10 Travaux manuels.10 Anatomie et Physiologie de l’homme — Hygiène.10 Agriculture.10 Grammaire anglaise.10 Dictée anglaise.10 Traduction anglaise.10 Explication d’auteurs anglais — Biographies.20 Récitation d’auteurs anglais (mémoire).10 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 431 Matières facultatives: La télégraphie et la culture physique.C) — BREVET SUPÉRIEUR Matières Points alloués Pédagogie pratique.30 Pédagogie théorique et législation scolaire.30 Histoire de la pédagogie.10 Dictée française.10 Préceptes littéraires.20 Explication d’auteurs français .20 Récitation d’auteurs français (mémoire).10 H istoire littéraire.10 Comptabilité.20 Bureau commercial.10 Commercial English.10 Économie politique.10 Chimie.20 Matières Points alloués Minéralogie et Géologie.20 Algèbre.20 Géométrie.20 Latin.10 Dessin.10 Chant.10 Gymnastique.10 Grammaire anglaise.20 Dictée anglaise.10 Conversation anglaise.10 Versions et Thèmes anglais.10 Explication d’auteurs anglais.20 Récitation d’auteurs anglais (mémoire).10 Histoire de la littérature anglaise 10 2.Article 164c, Chapitre VI, Section 3.— Abroger l’alinéa qui fait suite au tableau B et qui se lit comme suit: “Sont matières facultatives du brevet supérieur: Le droit usuel, la sténographie, la dactylographie, la télégraphie et la culture physique”.3.Article 164d, Chapitre VI, Section 4.-—-Comme en-tête du tableau B, mettre Brevet complémentaire”, au lieu de Brevet supérieur; 4.Article 164d, Chapitre VI, Section 4.— Dans le même tableau B, remplacer le mot apologétique par le mot “catéchisme”; 5.Article 164d, Chapitre VI, Section 4.- Au tableau Ç indiquant les matières de l’examen final pour le brevet supplémentaire, substituer le tableau qui suit: C) - BREVET SUPÉRIEUR Matières Points alloués Apologétique.Composition française Philosophie.Composition anglaise.Trigonométrie.Physique.30 30 30 20 20 20 6.Article 164e, Chapitre VI, Section 5.— Modifier cet article de manière qu’il se lise comme suit: L’examen final dure trois jours et les différentes épreuves ont lieu d’après l’horaire suivant: 432 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE HORAIRE DE L’EXAMEN FINAL A)- BREVET ÉLÉMENTAIRE 1er jour — 8 à 12 h.Composition française 2 à 6 h.Pédagogie 2e jour — 8 à 12 h.Arithmétique et Mesurage 2 à 4 h.Histoire du Canada 4 à 6 h.Géographie et Instruction civique 3e jour — 8 à 11 h.Rédaction anglaise 11 à 12 h.Analvse 2 à 3Hh.Catéchisme 3M à 6 h.Dessin B) - BREVET COMPLÉMENTAIRE 1er jour — 8 à 12 h.Composition française 2 à 6 h.Pédagogie 2e jour — 8 à 12 h.Algèbre et Géométrie 2 à 4 h.Catéchisme 4 à 6 h.Version anglaise 3e jour — 8 à 12 h.Composition anglaise 2 à 5 h.Dessin C) - BREVET SUPÉRIEUR 1er jour — 8 à 12 h.Composition française 2 à 6 h.Philosophie 2e jour — 8 à 12 h.Physique 2 à 6 h.Trigonométrie 3e jour — 8 à 12 h.Composition anglaise 2 à 6 h.Apologétique Le révérend Frère Narcisse-Joseph propose et il est résolu: “Que le Comité catholique soit aussi prié de modifier le 6e alinéa de l’article 164g, Chapitre VI, Section 7, de manière qu’il se lise comme suit: “Pour la rédaction anglaise, sur 20 points 5 seront attribués au fond, 5 à la tenue littéraire et à la richesse du vocabulaire, 10 à la correction grammaticale et à l’orthographe.La correction de la version anglaise doit se faire d’après le maximum de 10 points; on enlèvera 0.3 de point par faute de quelque nature qu’elle soit, excepté dans le cas de contresens graves où la peine pourra être portée à 1 point.On tiendra aussi compte de l’élégance de la traduction jusqu’à concurrence d’un point”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 433 Sur proposition du révérend Frère Éphrem, appuyé par le révérend Frère Liguori, il est résolu : “Que le Comité catholique soit aussi prié de faire aux règlements concernant les scolasticats-écoles normales les modifications suivantes: 1.Article 164/i, Chapitre VI, Section S.— Les trois premiers alinéas sont remplacés par les quatre ci-dessous mentionnés: 1° Les études faites dans les scolasticats-écoles normales ont pour sanction trois brevets d’enseignement primaire: le brevet élémentaire, le brevet complémentaire et le brevet supérieur.Ces brevets reconnaissent aux porteurs la compétence requise pour donner l’enseignement soit en français ou en anglais, soit dans l’une et l’autre de ces deux langues.Ils sont signés par le Surintendant de l’Instruction publique et conférés par lui aux élèves qui ont subi avec succès l’examen final et rempli les autres conditions prescrites par le présent chapitre.2° Pour obtenir un brevet d’aptitude à l’enseignement dans une seule langue, le candidat doit conserver, à l’examen final, soixante pour cent (60%) du total des points autres que ceux de la langue seconde.Il est aussi tenu d’avoir au moins soixante pour cent (60%) en pédagogie théorique, trente-trois et tiers pour cent (33L$%) en langue seconde et cinquante pour cent (50%) sur chacune des autres matières.Le candidat qui conserve au moins cinquante-cinq pour cent (55%) du total des points a droit de reprendre les matières sur lesquelles il a échoué et d’obtenir ainsi son diplôme s’il gagne les points qui lui manquent.3° Pour obtenir un brevet d’aptitude à l’enseignement dans les deux langues, il faut que le candidat conserve au moins cinquante pour cent (50%) des points dans chacune des épreuves de la langue seconde, soixante pour cent (60%) en pédagogie, cinquante pour cent (50%) sur chacune des autres matières et soixante pour cent (60%) sur l’ensemble des matières de l’examen final.4° lie candidat qui conserve soixante-quinze pour cent (75%) des points à l’examen final a droit à la mention “avec distinction” et, “avec grande distinction”, s’il conserve quatre-vingt-dix pour cent (90%).Ces notes sont accordées d’après le résultat du premier examen sans considération des points supplémentaires obtenus lors de l’examen de reprise”.2.Article 164f, Chapitre VI, Section 9.— Le premier alinéa est modifié de manière à se lire comme suit: “Tous les trois ans, à dater de la mise en vigueur des présents règlements d’examen, il y aura un congrès des principaux ou des représentants des scolas-ticats reconnus comme écoles normales.Chaque scolasticat-école normale n’aura droit qu’à un délégué officiel désigné par le supérieur provincial dont relève l’institution.Ce délégué officiel pourra être accompagné d’un ou de deux membres du personnel de l’école qu’il représente, mais ceux-ci n’auront que voix consultative”.d) Forme de diplôme : Le congrès étudie ensuite quels sont les changements à faire au texte des diplômes octroyés par les scolasticats-écmes normales et, après discussion, il est résolu, sur proposition du révérend Père de Grandpré, appuyé par le révérend Frère Hyacinthe: “Que le texte suivant soit adopté: BREVET D’ÉCOLE NORMALE DES FRÈRES ENSEIGNANTS No.PROVINCE DE QUEBEC DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE BREVET D’ÉCOLE NORMALE PROVINCE OF QUEBEC DEPARTMENT OF EDUCATION NORMAL SCHOOL DIPLOMA VU que, d’après le rapport qui m’a été fait par le principal de l’École normale de .M.né le.à .professant la religion catholique, a suivi le programme d’études déterminé par les règlements scolaires de la Province pour les .années du cours des écoles normales, a donné dans l’école d’application l’enseignement exigé par les dits règlements et, de plus, n’a laissé voir dans ses mœurs ou sa conduite rien qui le rende impropre à exercer les fonctions d’instituteur; ATTENDU que le susdit candidat, ayant subi avec .les examens théoriques et pratiques exigés par les règlements scolaires, a fait preuve des aptitudes requises pour diriger une école primaire .et y donner l’enseignement dans la langue .et la langue .; EN VERTU DES POUVOIRS qui me sont conférés par l’article 484 des Statuts refondus de la Province de Québec (1925) et par la section 8 du chapitre VI des Règlements du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, je soussigné, Surintendant de l’Instruction publique, décerne au candidat ci-dessus nommé le BREVET .D’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE.WHEREAS, according to the report presented to me by the Principal of the Normal School in .Mr.born on the.at .and professing the Catholic Faith, has completed the programme of studies prescribed by the school regulations of the Province, for the .years of the Normal School Course, has also received, in the Practice School, the professional training required by the aforesaid regulations, and, moreover, has not shown in his morals or behaviour anything that might preclude him from performing the duties of a teacher; AND WHEREAS the said candidate having taken with .a theoretical and practical examination in accordance with the same school regulations, has proved that he is qualified to direct a Primary .School and teach therein in the .language and the .language; I, the undersigned, Superintendent of Education, by virtue of the authority conferred upon me by the Revised Statutes of the Province of Quebec (1925), Art.484, and by the Regulations of the Catholic Committee of the Council of Education, section 8, chapter VI, do deliver to the above-mentioned candidate this .DIPLOMA OF PRIMARY TEACHING.Donné à Québec, ce .jour d.de l’année 19.Given at Quebec, this .day of.in the year 19.Surintendant de l’Instruction publique —- Superintendent of Education. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 435 Séance de Vaprès-midi.Le secrétaire fait rapport que le Comité des Vœux s’est réuni avant la séance et qu’il recommande que la résolution du révérend Frère Arsène-Louis concernant la refonte de l’appendice B des Règlements du Comité catholique soit modifiée de manière à sc lire comme suit: “Vu l’adoption par le Comité catholique d’un nouveau programme pour les écoles normales de garçons, le Congrès invite les différents scolasticats à se mettre au travail pour remanier et compléter, s’il y a lieu, les sections I et II de l’appendice B des Règlements du Comité catholique ainsi que les directions pédagogiques qui accompagnent chacune des matières du programme des écoles primaires.Les divers projets ainsi préparés pourront, avec avantage, être échangés entre les différentes maisons et un projet définitif sera soumis au Comité de Régie qui pourra le présenter au Comité catholique à la date qu’il jugera opportune”.Le Congrès adopte ensuite la résolution suivante: Conférences agricoles: “Le Congrès des Principaux des Scolasticats-Écoles normales prie M.le Surintendant de s’adresser au Ministre de l’Agriculture afin de l’inviter à collaborer par ses agronomes et conférenciers aux efforts qui se font dans les scolasticats pour favoriser l’enseignement agricole dans les écoles rurales”.Remerciements au Comité de Régie: Il est proposé par le révérend Frère Mennas-Rosius, secondé par le révérend Frère Régis, et résolu: “Qu’un vote_ de félicitations et de gratitude soit pris par les Principaux des Scolasticats-Écoles normale?pour exprimer leur complète satisfaction à tous les membres du Comité de Régie et spécialement à son très distingué président, l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, pour l’heureuse application des règlements concernant ces dites écoles normales et pour la bonne mise en œuvre des programmes d’études pendant ce dernier triennat; succès qui est dû, pour une large part, à leur intelligente collaboration et à leur inlassable dévouement.Que copie de ce vœu soit transmise, séance tenante, à M.le Surintendant lui-même”.M.le Surintendant se fait l’interprète du Comité de Régie et dit combien les membies de ce comité sont touchés de ce témoignage d’appréciation.Il exprime aussi sa vive gratitude au révérend Frère Gareau, directeur de l École Saint-Jean-Baptiste, pour 1 accueil si coidial dont tous les congressistes ont été l’objet.Il remercie tous et cha.cun des délégués de leur participation très active aux travaux du congrès, les félicite de l’harmonieuse collaboration dont us ont donne l’exemple et clôture la séance en se déclarant assuré que ce congrès portera les fruits les menteurs pour l’avancement de la cause de l’instruction publique dans notre Province.Daté à Québec, ce 15ème jour de novembre 1934.(Signé) Cyrille-F.Delâge, Président.(Signé) B.-O.Filteau, Secrétaire.Adopté.Le rapport du sous-comité chargé d’étudier la coordination des divers cours des écoles d’ensei gnement ménager est reçu et l’étude en est remise à la prochaine session. 436 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE AT-ii L aînendement ®uSgéré à l’article 76a des Règlements du Comité catholique par M C-J Miller, Inspecteur general des écoles primaires et Secrétaire du Comité de Régie du Certificat d etudes primaires — remplacer le 7e paragraphe par les deux paragraphes cités plus bas — ne sera étudié egalement qu a la prochaine session.Dans l’intervalle, M.Miller est prié de considérer s il ne serait pas préférable que les certificats soient signés et contresignés par les mêmes personnes : o ^ ca Dans les districts ruraux, le certificat d’études primaires sera signé par le titulaire ou le directeur de l’école, s’il y en a un, par l’inspecteur d’écoles de district et contresigné par l’inspecteur régional.Dans les districts urbains, le certificat d’études primaires sera signé par le directeur de 1 école, par un ou des représentants officiels de la commission scolaire et contresigné par un représentant officiel du département de 1 Instruction publique”.Le sous-comité nommé pour étudier les questions énumérées ci-après s’est réuni à deux reprises, mais n’ayant pas eu le temps de terminer son travail il est maintenu en fonction et présentera un rapport lors de la session du mois de mai prochain: a) La demande de M.Roljand Juneau qui désire devenir professeur de phonétique et de diction à l’Ecole normale Jacques-Cartier; b) L’organisation de l’enseignement à la dite École normale Jacques-Cartier, en vue d’assurer l’application efficace du nouveau programme; c) L’engagement des professeurs nécessaires à telles fins; d) Tous autres points touchant au bien-être matériel et pédagogique de cette institution; e) L’opportunité de rendre uniformes les examens pour l’obtention des diplômes d enseignement dans toutes les ecoles normales de garçons, religieuses et laïques; /) L’usage d’un seul manuel de géographie pour les classes de la quatrième à la huitième année inclusivement et l’opportunité de modifier le programme actuel de géographie”.Mgr Comtois, du consentement unanime des membres du Comité, retire son avis de motion concernant la subvention payée à certaines municipalités qui engagent des instituteurs diplômés d une ecole normale.Le Secretaire ayant donne lecture d une lettre par laquelle les Chevaliers de Carillon recommandent la tenue d’un Congrès d’éducation, du point de vue national, M.Montpetit propose et il est résolu : “Que le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique a pris connaissance, avec intérêt, de la proposition des Chevaliers de Carillon.La question de l’éducation, considérée du point de vue national, sera un des aspects de la prochaine Semaine Sociale qui se tiendra à Joliette, du 7 au 12 juillet 1935.Pour le moment, le Comité catholique espère que notre population suivra de près cette Semaine Sociale ; elle ne manquera pas de dégager d’intéressantes conclusions touchant le problème qui préoccupe les Chevaliers de Carillon”.Les deux résolutions suivantes sont unanimement adoptées: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 437 1° En raison de la démission, pour cause de santé, de M.l’àbbé Alphonse Gagnon, comme principal de l’École normale de Beauceville, Son Éminence le cardinal archevêque de Québec, appuyé par Son Excellence Mgr l’archevêque d’Ottawa, propose: “Que M.l’abbé Christie Foy soit présenté à l’honorable Secrétaire de la province comme titulaire de cette école normale et que sa nomination prenne effet à partir de la date de son entrée à l’École normale de Beauceville — 1er novembre 1934 — sur désignation de son Ordinaire et avec l’assentiment du Surintendant”.2° Mgr l’évêque de Nicolet, secondé par Mgr l’évêque de Rimouski, propose: “Que le Frère Gonzague, de l’Institut des Frères du Sacré-Cœur — Artha-baska —- soit recommandé comme principal du Scolasticat-École normale d’Arthabaska, en remplacement du Très Honoré Frère David, devenu supérieur provincial”.Et la session est ajournée au 8 mai prochain, deuxième mercredi de ce mois.(Signé) Cyrille-F.Delâge, Président.(Signé) Lionel Bergeron, Secrétaire.EXERCICES SCOLAIRES INSTRUCTION RELIGIEUSE La Rédemption LE CHEMIN DE LA CROIX ET LA MORT DE NOTRE-SEIGNEUR xAvez-vous remarqué dans nos églises quatorze tableaux ou grandes images suspendus aux murailles, à droite et à gauche (sept de chaque côté de l’église) ?Avez-vous regardé ce que ces tableaux représentent ?Ce sont les endroits les plus douloureux de la route que suivit notre divin Sauveur pour se rendre de chez Pilate à la montagne du Calvaire, étant chargé de sa croix.Vous avez vu de pieuses femmes, des hommes, des enfants s’agenouiller et prier devant chaque tableau en réfléchissant sur ce qu’il représente; c’est ce qu’on appelle faire le chemin de la croix, suivre le chemin de la croix.La Mère de Jésus, la Sainte Vierge Marie, avait saivi Jésus lorsqu’il parcourait douloureusement le vrai chemin de la croix, sur la route du Calvaire. 438 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Parfois la foule l’empêchait d’approcher son divin Fils, parfois elle parvenait à revenir près de lui.Elle monta à ses côtés sur la montagne où on allait le crucifier.Elle vit les soldats arracher brutalement les vêtements qui s’étaient collés sur les plaies sanglantes du divin Sauveur.Elle le vit s’étendre lui-même sur la croix.Elle entendit les lourds marteaux frapper sur les clous dont les bourreaux perçaient les mains et les pieds de Jésus.Elle le contempla élevé en croix.O Marie, vous ressentîtes en votre âme les douleurs de votre fils et, debout au pied de sa croix, vous consentiez à sa Passion et à sa mort pour nous.C’est ce qu’on appelle la Compassion de Marie, c’est-à-dire sa Passion avec Jésus, Marie nous rachetant avec son divin Fils.Cependant Dieu le Père acceptait de traiter Jésus comme s’il eût été coupable des péchés pour lesquels il venait satisfaire; il le laissait dans les tortures du crucifiement, sans même le secourir par le sentiment de la compa-tissance divine.Et Jésus permettait que son humanité souffrît comme si elle n’eût pas été unie à la personne du Fils de Dieu.Il souffrait plus même que n’aurait pu le faire un homme qui n’eût pas été Dieu; car un homme aurait succombé avant d’avoir enduré de telles souffrances.Voyant sa mère au pied de la croix avec Jean, l’apôtre bien-aimé, Jésus les donna l’un à l’autre pour adoucir leur douleur: “Femme”, dit-il à sa sainte Mère, “voilà votre fils.” Et à Jean: “Voilà votre mère.” Jean représentait tous les hommes, toute l’humanité; Jésus nous donna Marie pour mère en la donnant à saint Jean.Et il nous donna pour enfants à Marie, comme il lui donna saint Jean.Puis il dit douloureusement: “Mon Père, pourquoi m’avez-vous abandonné ?” Et, jetant un grand cri, il mourut.Son âme se sépara de son corps.C’était le vendredi, à 3 heures, que les Juifs appellent la neuvième, parce qu’ils commencent à compter leur première heure à 6 heures avant midi.Or Jésus avait été élevé en croix vers la sixième heure, c’est-à-dire vers midi; et les ténèbres couvrirent la terre jusqu’à la neuvième heure, comme si la lumière eût refusé d’éclairer le spectacle d’un Dieu crucifié.Dès que Jésus eut rendu son âme à son Père, la terre trembla comme ébranlée d’horreur, les rochers se fendirent, toute la nature fut dans l’épouvante.Les soldats et les bourreaux disaient, devant ces prodiges terribles: “Cet homme était vraiment Dieu.” Il y avait dans le temple saint un rideau d’étoffe d’or richement brodé, qui séparait de la foule le sanctuaire ou saint des saints, dans lequel se tenait seul le grand prêtre pour parler à Dieu au nom du peuple.A la mort de Jésus, ce rideau, qu’on appelait le voile du temple, se déchira de lui-même dans toute sa longueur, comme pour marquer que toutes les cérémonies de la loi ancienne étaient abolies.Enfin, plusieurs morts sortirent de leurs tombeaux et apparurent vivants aux habitants de Jérusalem.Vous pouvez juger quelles emotions terribles causèrent tous ces prodiges.Les historiens profanes eux-mêmes les racontent avec étonnement.Je ne veux pas quitter le Calvaire sans vous faire remarquer que cette montagne du sacrifice est peut-être la même sur laquelle Abraham avait obéi à l’ordre de Dieu pour le sacrifice de son fils Isaac, deux mille ans avant celui de Jésus-Christ.On pense que c’est aussi sur le Calvaire qu’avait été enterré le corps d’Adam.La tradition raconte que sa tête fut trouvée avec quelques ossements dans le trou qu’on creusa pour y planter la croix du Sauveur.C’est en souvenu de ce détail qu’on représente quelquefois, au-dessous du Christ sui la croix, des ossements et une tête de mort.Fideles. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 439 LANGUE FRANÇAISE Ecole primaire élémentaire COURS INFERIEUR EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I.Vocabulaire (Recherches des contraires) dues ont doublé le volume de ses eaux.Les routes qui la bordent à plusieurs endroits sont couvertes, les prairies inondées.La vallée n’est plus qu’un immense lac, duquel émergent çà et là des arbres isolés, de petits bouquets de bois semblables à des ilôts.QUESTIONS ET EXPLICATIONS MIDI Il fait grand jour; Le soleil luit ; L’enfant joue; 'L’homme travaille.L’horloge., .sonne douze coups.C’est le milieu du jour; Il est midi.MINUIT Il fait nuit ; L’étoile brille; L’enfant dort; L’homme se repose.L’horloge sonne.douze coups.C’est le milieu de la nuit; Il est minuit.Paisiblement: doucement, tranquillement.— Un torrent: on donne ce nom aux rivières qui, coulant sur de fortes pentes, ont un courant très rapide.—Persistantes: continuelles: qui ont duré longtemps.—-Couvertes, inondées: faire remarquer que le participe, formant avec l'auxiliaire être un temps composé, s’accorde comme l’adjectif.—Emergent: sortent, semblent s’élever;— au contraire, immerger signifie plonger dans l’eau.—Des ilôts: de petites iles.IL INVENTION L’élève remplacera les points par l’adjectif contraire choisi dans la liste.Chaud, — cuit, —• désagréable, —- difficile, — étroit, — faux, — fermé, —¦ indocile, — léger, — stérile, — uni, ¦—- vide.Une nouvelle peut être agréable ou.Un artichaut peut être mangé cru ou.Un écolier peut être docile ou.Un devoir peut être facile ou.Un champ peut être fertile ou.Le temps peut être froid ou.Un chemin peut être large ou.Un paquet peut être lourd ou.Un robinet peut être ouvert ou.LTn pot peut être plein ou.Un sentier peut être raboteux ou.Un récit peut être vrai ou.DICTÉES I l’inondation La rivière qui, l’été dernier, roulait 'paisiblement ses ondes claires, est transformée en un torrent.Les pluies persistantes, les neiges brusquement fon- EXERCICES Conjuguer oralement le passé défini de avoir et de être; —faire copier.—Former à l’aide de ces temps le passé antérieur de enfoncer, saisir, {J’eus enfoncé, saisi), entrer, venir {Je fus entré, tu fus venu).—-Construire dix phrases renfermant un participe joint au verbe être (sujet féminin ou pluriel).—La salle est balayée, les planchers sont lavés, etc.) II l’envieux puni Louis et Jeanne avaient reçu pour leur goûter chacun une belle pomme.— Louis regardant celle de sa sœur, la crut plus belle et plus grosse que la sienne; il la lui demanda.Jeanne avait bon cœur, elle lui donna aussitôt le fruit qu’il désirait, et notre jaloux, sans même la remercier de sa complaisance, y mordit à belles dents.Il la rejeta bien vite, un affreux ver y avait établi sa demeure.Il n’osa se plaindre à personne et se cacha au fond du jardin pour manger son pain sec. 440 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE QUESTIONS ET EXPLICATIONS Envieux.Qu’est-ce qu’un envieux?Est-ce absolument la même chose qu’un jaloux?Le jaloux est mécontent de voir préférer, louer un autre que lui; Y envieux ressent de la peine à la vue de tout bonheur d’autrui; il désire, il envie tout ce qu’il n'a pas.—Goûter, léger repas pris entre le déjeuner et le dîner; on dit aussi collation.—Pomme, le fruit du 'pommier.—Bon cœur, qu’est-ce que: avoir bon cœur, mauvais cœur, le cœur dur, le cœur tendre?—Complaisance, qualité des personnes qui aiment à rendre service.—A belles dents, avec avidité, vigoureusement.comme un petit gourmand qu’il était.—-T er.\ a-t-il une différence entre un ver et une chenille?On désigne indifféremment par ces noms les larves qui deviendront insectes ou papillons.Les véritables vers ne se transforment pas, tel est le ver de terre dont le vrai nom est lombric.EXERCICES ÉCRITS Quels sont les noms des différents repas ?—-Relever les noms communs de la dictée en les faisant précéder de le ou la, de les, s’ils sont au pluriel.Former le pluriel de ceux qui sont au singulier.—Trouver dix noms qui ont un féminin (lion, lionne, tigre, tigresse, etc.) dix noms dont le féminin est un mot différent (homme, femme, coq, poule, etc.) RÉCITATION LE MAITRE ET L’ÉCOLIER —Qu’il fait sombre dans cette classe! Rien qu’un mur gris, un tableau noir, Et puis toujours la même place, Et toujours le même devoir! Toujours, toujours ce même livre, Et toujours ce même cahier! Peut-on appeler cela vivre ?Moi, je l’appelle s’ennuyer! Ainsi parlait dans son école, Un petit écolier mutin.Le maître alors prit la parole Et lui dit: Quoi! chaque matin, Toujours de cette même chaire Répéter la même leçon, Enseigner la même grammaire, A ce même petit garçon Qui reste toujours, quoi qu’on fasse, Ignorant, distrait, paresseux! Lequel devrait dans cette classe, S’ennuyer le plus de nous deux ?Tu le vois, l’élève et le maître Ont chacun son joug, à charger, Mon enfant; mais veux-tu connaître Le vrai moyen de l’alléger ?Accepte-le du Seigneur même, En le portant pour le servir; Aime ton maître comme il t’aime: C’est tout le secret d’obéir! L.Tournier, Poète français.RÉDACTION l’orange Idées à développer.—L’orange;—ce que c’est.Est-ce un fruit agréable ?—Forme,—couleur, éclat.—saveur.—-L’arbre qui produit l’oran-ge—Où il pousse (Italie, Espagne, Afrique, Midi de la France et sud des Etats-Unis).—Le fruit qui ressemble à l’orange (couleur plus pâle et goût plus acide).DÉVELOPPEMENT L’orange est un fruit des plus beaux et des plus agréables.Il est rond comme une boule.Sa couleur jaune-rouge et son éclat attirent les regards.Sa saveur fraîche et douce le rendent délicieux au goût.L’orange est un fruit qu’on récolte seulement dans les pays chauds.L’oranger est fort répandu en Italie, en Espagne, dans le Nord de l’Afrique et au sud des États-LTnis, particulièrement dans la Floride.Il pousse également dans le Midi de la France, sur les côtes de la Méditerranée.Dans ces mêmes contrées pousse aussi le citronnier, dont le fruit a quelque ressemblance avec l’orange, mais dont la couleur est plus pâle et le goût plus acide.COURS MOYEN EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I.—exercices divers I.—Les mots suivants, qu’on emploiera comme sujets, étant donnés, trouver un verbe et un complément qui puissent leur convenir, et construire une petite phrase avec ces divers éléments: La neige.couvre encore la terre.La neige.garantit les plantes.Le musicien.compose un morceau.Le musicien.joue du piano.L’architecte.dresse un plan. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 441 L’architecte.surveille une construction.Résumer en une seule les deux phrases ayant le même sujet: L’architecte dresse le plan d’une maison et en surveille la construction.II.-EXERCICES D’ÉTYMOLOGIE USUELLE Comment appelez-vous: Une petite rue.—Une petite tour.—Une petite -prune.—Un petit mont.—-Un jeune lion.— Un jeune dindon.—Un petit arbre.—Une petite vessie.—Un petit globe.—Un petit grain:— Une petite barbe.—Une petite pelote.—Une petite médaille.DICTÉES I Le complément de l’adjectif Mes enfants, soyez obéissants à votre maître et respectueux envers vos parents.—Nos ancêtres étaient courageux au combat et ardents au travail.Il faut que nous soyons contents de notre sort et résignés à la volonté divine.—Jacques est poli envers les vieillards.—Mon camarade est agile à la course, et moi, je suis adroit au jeu de billes^—-Notre Seigneur nous a recommandé d’être oublieux des injures et reconnaissants des bienfaits.—Le bon citoyen est toujours prêt à mourir pour sa patrie.—Ces enfants sont chéris de leurs parents, parce qu’ils sont dociles et respectueux.Questions.—Qu’est-ce que le complément d’un adjectif ?—Comment le complément d’un adjectif est-il mis en rapport avec celui-ci ?(par une préposition).II l’humilité Il en est de l’humilité comme de la foi.Sans elle, on ne peut plaire à Dieu, ni entrer dans le ciel.Pour entrer dans le ciel, dit Jésus-Christ, il faut devenir semblable aux petits enfants.Voyez l’humilité du petit enfant: l’entendez-vous s’estimer plus que les autres; voyez-vous ses petits talents lui enfler le cœur ?Il ne se vante jamais; si on le loue, il ne tarde pas à rougir.Il sent son ignorance et sa faiblesse.Aimant à s’instruire, il ne chicane jamais sur ce qu’on vient de lui dire.Simple, soumis, il reconnaît ses fautes et souffre volontiers qu’on le reprenne.Il est sincère, il n’est ni défiant ni soupçonneux.Annotations.—Plaire: Ce verbe exprime l’action de produire sur l’esprit ou les sens une impression agréable.De ce mot viennent plaisant: qui divertit; plaisamment: d’une façon plaisante; plaisante: qui permet de passer agréablement le temps.—Ce verbe plaire, comme tous ceux qui ont la même terminaison, appartient à la 4e conjugaison.—Entrer: Verbe de la 1ère conjugaison qui signifie passer de dehors en dedans, pénétrer, etc.Ce verbe s’emploie fréquemment au figuré : un bon sentiment entre dans l’âme; entrer en classe, c’est y être admis; entrer en fonction, c’est débuter; le fer entre dans ce médicament, cela veut dire qu’il fait partie des éléments qui composent ce médicament.—Le verbe qui exprime l’action contraire est le verbe sortir qui est de la 2e conjugaison et qui s’emploie comme son contraire, soit au sens propre, soit au sens figuré.Avec le préfixe re on forme les verbes rentrer qui signifie entrer une deuxième fois; ressortir qui signifie sortir une nouvelle fois.III LE PAIN Le paysan, qui sait le mal qu’on a à faire pousser le blé, a pour le pain un pieux respect.Perdre un morceau de pain en le jetant à la rue est regardé comme un sacrilège.Il faut voir la ménagère entamer la miche! Elle procède à cette opération comme à une cérémonie religieuse.D’abord elle ne manque jamais de faire, avec son couteau, un signe de croix sur la croûte du dessous; puis elle coupe chaque tranche avec une grave lenteur et ramasse soigneusement les miettes éparses sur la table.Cette façon presque solennelle d’entamer la miche m’a toujours frappé dans mon enfance et m’a imprimé dans l’esprit un profond respect pour cette nourriture indispensable à la plus large part de l’humanité.André Theuriet, Écrivain français. 442 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Grammaire.—Quelle est la fonction de paysan?—Comment fait-il au féminin ?—Combien y a-t-il de propositions dans la première phrase?—Les donner toutes les deux en indiquant le sujet et le verbe.—Conjuguer avoir à tous les temps du mode indicatif.—Quel est le sujet de est regardé?—-Le pronom elle, dans elle coupe, n’est-il sujet que de coupe?—Quelle est la fonction de tranche?—De miettes?—-Transcrire la première phrase au pluriel.RÉCITATION Le septième jour, le bon Dieu se reposa.4° Il les mit dans un beau jardin appelé le Paradis terrestre où ils devaient toujours être heureux.Le bon Dieu leur avait seulement défendu de manger le fruit de T arbre de la science du bien et du mal.—Adam et Eve auraient dû être très reconnaissants envers le bon Dieu et ne pas lui désobéir.LA SAINTE TRINITÉ COURS SUPÉRIEUR O Père, ô Fils, louange, honneur, Gloire, ô majesté souveraine! Béni soyez-vous, ô Seigneur, Par toute créature humaine! Esprit-Saint, soyez exalté Dans cette adorable unité ! EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE VOCABULAIRE RÉDACTION Recherche des contraires SUJET A TRAITER La création du monde Acide.Doux.1° Qui a tout créé ?2° Que veut dire créer ?3° Raconter brièvement les jours de la création.4° Quel sentiment auraient dû avoir Adam et Eve ?Acquérir Sucré.Perdre.SUJET TRAITÉ Le goût du vinaigre est acide; celui de l’huile est doux et même un peu fade.Cette pomme est acide, mais en revanche, voici une poire bien sucrée.Espérons que les argents honnêtement acquis ne seront pas perdus.1° Dieu a tout créé: le ciel, la terre, tout ce qu’ils renferment.2° Créer veut dire faire avec rien, faire avec sa seule volonté; les hommes ne créent pas; Dieu seul crée.3° Le premier jour Dieu dit: Que la lumière soit, et la lumière fut.Le deuxième jour II fit le ciel et la terre.Le troisième jour II sépara les eaux de la terre et donna à l’eau salée le nom de mers.Le quatrième jour Dieu fit le soleil, la lune et les étoiles.Le cinquième jour il fit les poissons et les oiseaux.Le sixième jour II fit tous les animaux, puis II créa Adam et Eve qui sont le premier homme et la première femme.Admirer Mépriser.Comme on admire Montcalm, et comme on méprise Bigot! Adroit.Maladroit Gauche.Lourd.Jean est fort adroit dans tout ce qu’il fait; on n’en peut dire autant de son frère Antoine: jamais on n’a vu garçon plus gauche, plus lourd, plus maladroit.Affliger.Consoler.Le père de Marc vient de mourir, notre camarade est bien affligé.Essayons de le consoler: soyons tous très bons avec lui.Contenter Que d’enfants, par leur paresse et leur mauvaise conduite, affligent leurs parents quand ils devraient les contenter! L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 443 DICTÉES I Accord du verbe L’homme est la créature privilégiée de Dieu.—Les hommes sont des animaux raisonnables; ils ont une âme spirituelle et les animaux n’ont qu’un instinct.—Les plantes, les animaux et les hommes sont l’œuvre du Créateur.— Vous et moi avons été bien récompensés de notre empressement.—Eux et vous avez été châtiés de votre témérité.—Æ/wæ, vous et nous serons peut-être bien aises d’avoir recours à ce financier.—Le pain, Veau, Vair et la lumière sont des choses essentielles à la vie humaine.—Votre parrain et votre marraine portent des habits de deuil.— Qui ont-ils perdu?—Voici ce que disent les auteurs les plus récents.— Voilà ce que publiaient les journaux contemporains de ce monarque.— Admettez-vous tout ce que disent les savants ?Questions grammaticales.—Comment écrit-on le verbe?Le verbe s’écrit au même nombre, et à la même personne que son sujet.—Quand le verbe a plusieurs sujets, comment l’écrit-on?Le verbe qui a plusieurs sujets se met au pluriel.—Quelle personne adopte-t-il dans ce cas?Il adopte alors la première personne de préférence à la seconde; la seconde, de préférence à la troisième.—Quand donc écrira-t-on le verbe à la troisième personne du pluriel ?On l’écrira ainsi, seulement lorsque les différents sujets seront tous de la 3e personne du singulier.—Lorsque le sujet est placé après le verbe, l’accord reste-t-il le même?Oui, le verbe s’accorde toujours en nombre et en personne avec son sujet, quelle que soit la place de celui-ci dans la phrase.—Que remarquer sur les pronoms neus et vous employés comme sujets?Ces mots sont souvent, par politesse, employés au pluriel bien qu’ils représentent un être singulier; le verbe s’écrit alors au pluriel, selon la règle générale d’accord; mais on observe toujours la priorité de la première personne sur la seconde et de la seconde sur la troisième.Analyse grammaticale.— Admettez-vous tout ce que disent les savants?Remarquer la place occupée par le sujet dans les deux propositions de cette phrase; remarquer aussi l’accord du verbe; enfin dire la nature, le genre, le nombre et la fonction grammaticale de chacun des mots de cette phrase.II LA LOI DU TRAVAIL “C’est dur tout de même d’étudier”, dit Jean-Pierre, qui partait de l’école.Tout est dur dans ce monde.Si le pain venait de lui-même dans notre poche, on ne retournerait pas la terre, on ne sèmerait pas le grain, on ne demanderait pas la pluie et le soleil, on ne faucherait pas, on ne mettrait pas en gerbes, on ne battrait pas en grange, on ne vannerait pas, on ne porterait pas les sacs au moulin, on ne moudrait pas, on ne traînerait pas la farine chez le boulanger, on ne pétrirait pas, on ne ferait pas cuire.Ce serait bien commode.Mais le blé ne pousse pas tout seul; il faut que les gens et la Providence s’en mêlent.Tout ce qui pousse seul ne vaut rien, comme les chardons, les orties, les épines, les herbes tranchantes au fond des marais.Et plus on prend de peine, mieux cela vaut.Explication 1° Exprimer le sens du mot pousser (le blé ne pousse pas tout seul).2° Expliquez l’expression: il faut que les gens et la Providence s’en mêlent.—Trouver des expressions synonymes.3° Analyser grammaticalement le mot si (si le pain venait de lui-même).4° Dire pourquoi les verbes suivants: retournerait, demanderait, sèmerait, fouillerait, mettrait etc., sont au conditionnel présent.1° Le mot pousser, dans le blé ne pousse pas tout seul, signifie germer, croître et produire du grain.2° Il faut que les gens et la Providence s en mêlent, peut se remplacer par: il faut que les hommes et Dieu s’en occupent.3° Si, dans si le pain venait de hii-même, est une conjonction qui unities propositions: on ne retournerait pas, on ne sèmerait pas,^ etc., et la proposition : le pain venait de lui-même.4° Les verbes retournerait, demanderait, etc.sont au conditionnel parce que l’action qu’ils expriment dépend de la condition: si le pain venait de lui-même. 444 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE RÉCITATION LA PAIX DES CHAMPS As-tu parfois pleuré, fatigué de la ville, De ses rires confus, de ses bruits, de ses chants ?As-tu senti le poids de la foule servile ?Viens goûter la paix des champs.Si ton âme a cherché la noble solitude, Si tu trouves parfois les hommes trop méchants, Loin des troubles du monde et de sa servitude Viens goûter la paix des champs.Si ton esprit, touché d’une flamme divine, Veut secouer le joug de nos tristes penchants; Viens écouter la voix de Lieu dans la ravine, Viens goûter la paix des champs.Si ton cœur a saigné des peines de la vie Et sent monter en lui des souvenirs troublants, Pour oublier les maux de la route suivie Viens goûter la paix des champs.Blanche Lamontagne.Extrait des “Visions Gaspésiennes”, couronnées par 1 a Société du Parler Français au Canada.COMPOSITION LE LEVER Canevas.—1.Que fait l’enfant paresseux quand on l’appelle à l’heure où il doit se lever?—2.Comment passe-t-il une journée si mal commencée ?—3.Dites que celui qui se lève avec courage passe une meilleure journée.—4.Prendre l’habitude de se lever au premier appel.Ecole primaire DICTÉES I LA CELLULE D’UN CHARTREUX La porte d’une cellule ouvre toujours sur le grand cloître, elle porte à son extrémité supérieure une lettre alphabétique comme numéro d’ordre.Une sentence latine, tirée de l’Écriture sainte ou de quelque auteur ascétique, est tracée sur la porte, exprimant quelque pensée propre aux réflexions salutaires.Développement 1.Quand on réveille l’enfant paresseux, à l’heure où il doit se lever, il fait semblant de ne rien entendre, il ne bouge pas.Il écoute le démon de la paresse, qui lui dit: “Tu as bien le temps; reste encore au chaud dans ton doux lit où l’on est si bien.” Il faut l’appeler souvent et même, parfois, on est obligé de le secouer pour le décider à sortir du lit.Et encore le fait-il à contre-cœur et en maugréant.2.Aussi va-t-il peut-être conserver sa mauvaise humeur tout le temps.Jusqu’au soir il sera plus ou moins maussade et mécontent de lui et des autres.Voilà ce que c’est que de commencer sa journée par un acte de lâcheté et de paresse.3.Comme il vaut mieux sauter à terre tout de suite sans attendre une seconde et commencer ainsi sa journée par un acte de courage! Alors, tout le jour on est plus gai, plus vaillant, mieux disposé au travail; la peine ne coûte pas.4.C’est donc très important de prendre la bonne habitude de se lever au premier signal.On m’appelle! V’ian! Je saute à bas du lit.Je m’habille lestement; je me lave copieusement et me voilà guilleret, joyeux et courageux pour toute la journée.complémentaire A côté de la porte, un guichet par lequel passe la nourriture du religieux et tout ce dont il pourrait avoir besoin.La porte s’ouvre intérieurement sur un promenoir ou vestibule, dont une autre porte et les fenêtres donnent sur un jardin.Ce promenoir sert au solitaire pour y prendre sa récréation en silence lorsque, par suite du mauvais temps, il ne peut aller dans ce petit jardin de 50 mètres carrés environ, qu’il cultive souvent avec le plus grand soin et qui est abondamment fourni et orné d’arbres fruitiers et de plantes fleuries. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 445 Dans le fond du vestibule une autre porte s’ouvre sur un bûcher et un atelier ou laboratoire avec tour et établi.Un escalier en bois ou en pierre conduit au premier étage.Sur le premier palier se trouve peinte au mur une grande croix noire.Au premier on entre dans une première pièce qui sert d’antichambre, ornée d’un petit autel en sapin verni consacré à la Sainte Vierge.Quelques gravures religieuses, encadrées de bois noir et accrochées au mur complètent l’ornementation.Le mur est blanchi à la chaux et les plinthes et boiseries sont en sapin.Dans la seconde pièce, spécialement appelée cellule et qu’habite principalement le religieux, se trouve le lit dressé dans une sorte d’alcôve fermée par des rideaux.Dans le fond de Valcôve se trouve un bénitier avec crucifix.Chaoue cellule a sa petite bibliothèque particulière.P.Kauffmann.Applications:—Expliquer les mots de la dictée qui sont en italiques.Analyser grammaticalement et logiquement la seconde phase de la dictée.II LES PINS Les vrais habitants des montagnes sont les pins, arbres géométriques, parents des blocs ferrugineux qu’ont taillés les éruptions primitives.La végétation des plaines se déploie en formes ondoyantes, avec tous les gracieux caprices de la liberté et de la richesse; les pins au contraire semblent à peine vivants; leur tige se dresse en ligne perpendiculaire le long des roches; leurs branches horizontales partent du tronc à angles droits, égales comme les rayons d’un cercle, et l’arbre tout entier est un cône terminé par une aiguille nue.Les petites lames ternes qui servent de feuilles ont une teinte morne, sans transparence ni éclat; elles semblent ennemies de la lumière, elles ne la renvoient pas, elles ne la laissent pas passer, elles l’éteignent: à peine si le soleil de midi les frange d’un reflet bleuâtre.A dix pas, sous cette auréole, la pyramide noire tranche sur l’horizon comme une masse opaque.Ils se serrent en file sous leurs manteaux funèbres.Leurs forêts sont silencieuses comme des solitudes; le souffle du vent n’y fait point de bruit; il glisse sur la barbe raide des feuilles sans les remuer ni les froisser.On n’entend d’autre bruit que le chuchotement des cimes et le grésillement des petites lamelles jaunâtres qui tombent en pluie dès qu’on touche une branche.Le gazon est mort, le sol nu; on marche dans l’ombre, sous une verdure inanimée, entre des tiges pâles qui montent comme des cierges.Taine, Historien français.Applications:—Faire rendre compte des expressions: arbres géométriques, blocs ferrugineux, éruptions primitives, formes ondoyantes, ligne perpendiculaire, branches horizontales, l’arbre tout entier est un cône.Analyse logique et grammaticale de la dernière phrase de la dictée.RÉCITATIONS RESTONS PRÈS DE NOTRE FOYER I Aux voix qui vous diront ia ville et ses merveilles, N’ouvrez pas votre cœur, paysans, mes amis! A l’appel des cités n’ouvrez pas vos oreilles, Elles donnent hélas! moins qu’elles n’ont promis.II La cité pour son peuple en vain se dit féconde, Le pain de ses enfants est plus amer que doux.Sous un luxe qui ment, tel rit aux yeux du monde Qui tout bas porte envie au dernier d’entre vous.III Paisibles et contents, la tâche terminée, A votre cher foyer vous rentrez chaque scir.Combien de citadins, au bout de leur journée, Ne rapportent chez eux qu’un morne desespoir! IV A vos champs, à vos bois, demeurez donc fidèles; Aimez vos doux vallons, aimez votre métier.Auguste est le travail de vos mains paternelles, C’est de votre sueur que vit le monde entier.Autran, Poète fravçais. 446 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COMPOSITION PARURE DE LA MAISON Sujet à traiter La plus belle parure, c’est la propreté, dit-on.Expliquez ce que cela veut dire et indiquez comment votre mère met cette maxime en pratique dans la tenue de son ménage.Vous lui êtes quelquefois utile pour cela: que faites-vous?Développement La maison a besoin d’etre parée pour plaire à ceux qui l’habitent et pour en être aimée.Pour cela, il n’est nullement nécessaire qu’elle soit ornée de lambris dorés, ni de meubles antiques, ni de riches étoffes; la plus simple des demeures peut avoir la plus belle des parures qui est, dit-on, la propreté.Sans la propreté, en effet, rien ne paraît beau.De magnifiques vases de cristal couverts de poussière sur une cheminée de marbre, sont moins beaux que ces clairs vases de faïence sur cette' cheminée de bois reluisante de propreté.Maman tient beaucoup à ce que sa maison soit ainsi parée.Chaque matin, aussitôt que tout le monde est levé, elle fait soigneusement les lits, balaye jusque dans les plus petits coins,enlève les toiles d’araignée, s’il s’en trouve.Puis, elle se munit d’un torchon, frotte vigoureusement tous les meubles qui, sous sa main agile, deviennent semblables à des miroirs.Elle passe aussi un plumeau léger sur le crucifix, les ca- dres, les photographies qui ornent les murs de notre demeure: la poussière est obligée de fuir, étant chassée de partout.De temps en temps, les vitres des fenêtres et les planchers sont proprement lavés: eux aussi ont besoin que l’on fasse leur toilette.Maman sait que la parure de sa maison ne serait pas complète si l’ordre manquait, c’est pourquoi elle range avec le plus grand soin chaque meuble et chaque objet à une place assignée pour cela, et évite, avec non moins d’empressement, de laisser traîner quoi que ce soit sur les lits ou sur les chaises : cela, dit-elle, dénote un manque de goût.Maman aime beaucoup faire sa besogne elle-même; néanmoins, lorsqu’elle est pressée, elle se fait aider par moi.Elle me revêt d’un large tablier pour que je ne tache pas mes vêtements, me met un torchon entre les mains et je frotte les meubles, ou bien, en été, elle me fait balayer le devant de la porte, car, dit-elle, je ne balaye pas assez bien pour le faire à l’intérieur de la maison; quelquefois je pèle les légumes pour le déjeuner, etc.Encouragée par l’exemple de ma bonne maman, j’avoue simplement que je ne me fais pas prier pour lui venir en aide; je fais, au contraire, tout mon possible pour m’acquitter convenablement de ma petite besogne, car je veux, moi aussi, être une bonne ménagère.Marguerite.LES SANS-DIEU AU MEXIQUE La presse catholique des États-Unis dénonce avec vigueur la persécution dont souffrent les catholiques du Mexique.Le revue America, en particulier, stigmatise les procédés odieux du système d’éducation en vigueur.L’Église du Mexique monte chaque jour au Calvaire.Prions pour que cesse cette odieuse persécution.Le Mexique mérite d’être mis au ban des nations civilisées.C.-J.M. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 447 MATHÉMATIQUES ARITHMÉTIQUE, MESURAGE, ALGÈBRE ARITHMÉTIQUE COURS INFÉRIEUR lère ANNÉE 1.60+ 1= ?60+ 3= ?60+ ?= 62 60+ 5= ?60+ ?= 68 2.6 dizaines + 1 = ?6 “ + 2= ?6 “ + 4= ?6 “ + ?= 65 6 “ + ?= 69 60+ 9= ?+ 60 = 62 60+ ?= 67 ?+ 4 = 64 5 + 60= ?7 7 7 7 7 70- 1= ?70 - 2 = ?70- ?= 67 70- 5 = ?70- ?= 60 dizaines - 1 = ?“ - 2+ ?“ - 5= ?“ - ?= 66 a - ?= 61 3.Au nombre qui est au centre du cercle, ajoutez, un par un, chacun des nombres qui l’entourent.Exemple: 5 + 1 = 6; 5 + 5 = 10; 5+.4.Même exercice en remplaçant le nombre du centre par 6, par 7, par 8, par 9.5.A la place du nombre 5, mettez au centre le nombre 9 et soustrayez-en chacun des nombres qui entourent le cercle.Ex.: 9-1 = 8; 9 -5=4; etc.6.Même exercice en mettant au centre le nombre 10, le nombre 11, le nombre 12.Additions et soustractions: 25 36 47 63 67 70 + 17 +16 +24 -44 - 18 - 15 2e ANNÉE 1.Exercices sur les tables d’addition.—1er cas: le total est inférieur à 10; 2e cas: le total égale 10 ou plus. 448 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2 5 4 4 lrT cas: 36 groupements 3 2 15 7 3 2 4 3 2 3 1 5 1 4 2 5 6 3 3 1 4 1 3 3 3 1 6 8 2 3 7 114 5 1 5 2 4 2 14 2 4 6 112 2 3 7 2 6 2 1 6 3 6 4 2 5 1 1 7 8 1 a) Copiez d’abord très proprement.b) Additionnez en 2 minutes au plus.c) Additionnez maintenant en lp2 minute au plus.Remarque pour Vinstitutrice:—Modifier chaque jour la disposition des groupements et faire pratiquer les élèves jusqu’à ce qu’ils puissent faire tous les totaux en une demi-minute au plus.2e cas: J+5 groupements 2.9 8 4 4 7 5 4 8 9 2 2 9 8 4 9 6 5 3 9 9 5 1 4 7 5 4 6 6 5 7 8 7 2 7 9 6 17 5 7 9 9 8 7 3 8 7 7 8 5 5 6 6 9 8 7 3 8 7 2 8 9 8 9 3 9 8 4 5 7 8 9 6 8 6 9 8 6 6 4 9 7 9 3 3 9 8 6 6 5 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 449 a) Copiez d’abord bien proprement.b) Additionnez eîi 3 minutes au plus.c) Additionnez en 2 minutes au plus.Remarques pour le maître:—Varier les combinaisons et multiplier les exercices jusqu’à ce que les élèves arrivent à fairj tous les totaux en 1 minute.3.Additions et soustractions: 324 126 176 +75 +9 +247 923 830 706 + 18 + 17 +29 146 -247 - 129 4.Votre père vend 3 veaux pour 15 dollars.Combien reçoit-il pour chaque animal ?COURS MOYEN 3® ANNÉE 1.Combien d’onces y a-t-il dans une livre?dans Yi livre?dans 34 de livre ?dans 34 de livi e ?dans •pg de livre ?Rép.: 1 livre = 16 onces; 34 livre = 16-7-2 = 8 onces, etc.2.Quelle fraction d’une livre égale 8 onces ?4 onces ?2 onces ?1 once ?3 onces ?Kép.; ^ lb., M lb-, M lb-, A lb-.ïk lb.3.Combien font 34 livre et 34 de livre ?34 livre et 34 de livre ?x/i livre et 2^6 de livre ?34 de livre et 34 de livre ?Solution du 1er cas: 34 lb.+ 34 lb.= 8 onces+4 onces = 12 onces ou -j-f 1b.ou 34 1b.Rép.ou 341b.+ 341b.=îlb.+k = Mlb.Rép.4.Additionnez: 334bvies 534livres 734livres 934livres “ 134 “ +2M “ 234 “ Solution du 1er cas: 334 +434 = 3f+434 = 734.Rép.5.Un pain de beurre pèse 534 livres; j’en vends 234livres.Combien m’en reste-t-il ?4e ANNÉE 1.Le mont Logan, qui est la montagne la plus élevee du Canada, a une hauteur de 19850 pieds.Combien de pieds lui manque-t-il pour avoir 4 milles de hauteur?Solution : 1 mille = 5280 pieds 4 milles = 5280 X 4 = 21120 pieds 21120- 19850 = 1270.Rép. 450 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.Lne fôrniiere vend au marche les articles suivants: 123^2 livres de veau à 10 cents la livre, 9341bs de beurre à 28 cents la livre, 8% douzaines d’œufs à 24 cents.Combien rapporte-t-elle, si elle achète 12 Ibs de sucre à 5% cents ?Solution: 123/21b.veau à $0.10 = $1.25 934 “ beurre à $0.28 = 2.59 8% doz.œufs à $0.24 = 2.08 Total.$5.92 Elle paye: 12 Ibs sucre à $0.05% = $0.69 Elle rapporte : $5.92 - $0.69 = $5.23.Rép.3.L’an dernier un cultivateur a récolté 540 minots d’avoine.Cette année, il a mis de l’engrais chimique sur la même pièce de terre et a récolté 333^% de plus.Combien a-t-il récolté ?Solution : 5= isq minots.540 m.+180 m.= 720 minots.Rép.COURS SUPÉRIEUR 5e ANNÉE 1.Quelle fraction ordinaire égale: 50 %?33^%?10% ?5% ?25 %?66%%?20% ?15% ?75 %?16%%?30% ?35% ?12%%?Combien font : 834%?70% ?85% ?a) 50% de 40 gallons ?e) 33%% de $600.?b) 25% de $48 ?/) 16%% de 361b.?c) 12%% de 56 minots Q) 8%% de 24 élèves ?d) 15% de 60 milles h) 85% de 80 tonnes ?Solution : a) 50% de 40 gai.=—o-fw-5A = 40 g.x% = 20 gai.Rép.Autres réponses: 6) $12, c) 7, d) 9, e) $200,/) 6, g) 2, h) 68.3.Après avoir nourri ses volailles du 1er novembre au 1er avril, un cultivateur n’a plus que 12 minots de sarrasin, ce qui représente 15% de ce qu’il avait d’abord.Combien avait-il d’abord ?Solution : 15% de ce qu’il avait d’abord = 12 minots 100% “ “ = ?4 l_2_ X_i_oo ou n_x 20 = 80 m Ré/p 6e ANNÉE 1.J’ai payé $2.61 d’intérêt sur une somme de $400.empruntée pour 34 jours.Quel taux m’a-t-on chargé ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 451 Solution : Pour 34 jours, Tint.= $2.61 Pour 365 jours, rint.= -2- -6 1 Int.de $400 = 28.02 Int.de $100 = ?= 2_6JLX_36A = $28.02 $28 02 X 1 0 0 400 $7.Rép.: 7%.2.Le 1er février je paye $75.00 d’intérêt sur une somme de $3000, empruntée à 5%.A quelle date ai-je emprunté ?Solution : Int.de $3000 pour 1 an = —3-° ^ q 0X 5 =$150.$150 = Int.pour 365 $75 = Int.pour ?365 x _ 365 ou 6 mois.2 J’ai emprunté 6 mois avant le 1er février, c’est-à-dire le 1er août précédent.Rép.: 1er août.3.J’emprunte une certaine somme le 28 décembre et, le 8 mars suivant, je remets comme capital et intérêt un montant de $405.38.Trouvez le capital emprunté, si le taux de l’intérêt est de 7%.Solution : Du 28 décembre au 8 mars, ilya 3 + 31+28+8=70 jours.14 7% X 70_98 OU 1 Taux pour 70 jours = 73 Le montant remis = le cap+l’int.ou 100% + l-f-§-% = lOl-f^-% 101fJ% = $405.40 100%= ?—1400.0!.$400.1 0 1 25/73 ^ r SECTIONS AGRICOLE, COMMERCIALE, MENAGERE 7e ANNÉE Arithmétique 1.Un capital placé à 5% pendant un certain temps a rapporté $135 d’intérêts.Si on l’avait placé à 6+i% pendant 73 jours de plus, il aurait donné $172.50 d’intérêts.Trouvez le capital et le temps.Int.à 634% pour le temps cherché =$135 5x-^ =$168.65 Int.pour 73 j.à 63+% = $205.25 - $168.75 —$37.50 5 $37.50 x m $187.50 Int.pour 1 an 634% du cap.=$187.50 100% du cap.= ?16 $187.50 X bffi —$3qqq Rép.Int.de $3000 pour 1 an à 5% = ^f^-A = $150.Solution : 452 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE $150 sont rapportées en 365 $135 sont rapportées en ?9 365x1^ qoo * t> ' —=329 jours.Rep.10 2.Un cultivateur achète une herse au prix de $42, payable dans trois mois.Mais, s il paye immédiatement, on lui accordera 5% de rabais ou d’escompte.Doit-il payer immédiatement ?Quel taux d’intérêt l’escompte accordé représente-t-il ?Solution : Il doit certainement payer immédiatement, s’il le peut, puisque en avançant le paiement de 3 mois, il épargne 5%, ce qui représente plus de 20% pour l’année.Voyons ce que cela représente exactement: Le rabais accordé =-4-f-0x0 5 =$2.10 Il paye donc une somme nette de $42.- $2.10 = $39.90 $39.90 lui rapporte $2.10 en 3 mois ou $39.90 lui rapporte $2.10X4 = $8.40 en 1 an Si $39.90 donnent $8.40 $100 donnent ?^8-4 0 X 100 _oi (7/ ~r> ' 39 9~Ô + - Hep.8e ANNÉE 1.Vente a temperament.- U n ameublement de salle à manger pourrait être acheté pour $190.comptant.Louis, l’irréfléchi, décide de l’acheter d’après le mode de “vente à tempérament”.Il donne $30.immédiatement et s’engage à payer le reste en 12 versements mensuels égaux.Mais pour ce délai qui lui est accordé, la compagnie lui charge 12^% sur ce qui reste à payer.Trouvez le taux du prêt qui lui est fait: Solution : Il reste à payer $190 - $30 = $160.Plus 123^% de 160.= 20.Total.$180.Versement mensuel: $180-f-12 = $15.Le marchand prête d’abord à < L c c ensuite ( ( ( c (( C( a (( U ( t ( ( c c c t C C U (C C ( c c (C U ( i U U cc U (C U U U U U (C U a prêté en tout .’acheteur $180 pour 1 mois U 165 < C 1 cc U 150 U 1 cc U 135 (C 1 cc t ( 120 (C 1 c c ( ( 105 11 1 cc U 90 U 1 cc c c 75 i c 1 cc c t 60 U 1 cc (C 45 U 1 c c U 30 U 1 cc U 15 U 1 cc .$1170 U 1 cc L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 453 Pour ce prêt il a reçu $20.$1170 ont donc rapporté $20 en 1 mois.En 1 an l’intérêt aurait été $20 X12 = $240.$1170 donne $240 $100 donne $240 $2 4 itv-q-0 ^ $20.51.Eép.: 203^% environ.N.B.—Le calcul ci-dessus peut donner lieu à discussion, car, en réalité, le marchand, pour le 1er mois, n’a perdu la jouissance que de $160.et non pas de $180.puisqu’il n’aurait touché que $160.de plus, si la vente avait été faite entièrement au comptant.Si l’on met $160 comme capital prêté pour le premier mois, il faudra diminuer également de $20 le capital prêté pour chacun des autres mois, ce qui aura pour conséquence de faire monter encore le taux de l’intérêt et de le porter à près de 25%.CONCLUSION:—Acheter au comptant chaque fois que la chose EST POSSIBLE.Cependant le mode de vente à tempérament peut aussi avoir ses avantages, si l’on n’en abuse pas: 1° Il permet aux petits salariés d’acquérir certains meubles qu’ils ne pourraient jamais se procurer, s’il leur fallait les payer en une seule fois; 2° Il leur en donne la jouissance immédiate; 3° Il force à économiser pour des choses durables, sinon toujours très utiles, des sommes qui, dans la plupart des ménages, passeraient chaque mois pour des dépenses futiles.SECTION INDUSTRIELLE 7e ANNÉE Mesurage 1.Un réservoir rectangulaire de 13 pieds 6 pouces de longueur sur 9 pieds 9 pouces de largeur est entièrement rempli d’eau.Combien de gallons devra-t-on en retirer pour en abaisser le niveau d’un pouce ?Solution: Le volume de la tranche à retirei = 162X117X1 = 18954 po.cubes.Un gallon = 277.274 pouces cubes.18954-4-277.274 = 68.35 gai.Rép.2.Combien de toises de pierres faudra-t-il pour le solage d’une maison de 40 pieds par 32, si ce solage a 5 pieds de hauteur et 18 pouces d épaisseur ?Solution : Observation importante.—Une toise de pierre telE qu elle se vend ordinairement, à l’état libre, est la quantité suffisante pour remplir une boîte de 6 pieds par 6 pieds par 6 pieds, c’est-à-dire que la toise égale 216 pieds cubes. 454 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mais une fois cassée et ajustée dans le mortier la toise de pierre ne donne plus que 162 pieds cubes de maçonnerie environ.Longueur du solage: 40X2 + 29X2 = 138 pieds.Volume: 138X5X1+2 = Nombre de toises:—8-y^^-i- = 6.39.Rép.Algèbre 1.Quatre conduites apportent de l’eau dans une citerne.La première pourrait la remplir en 1 jour, la deuxième en 2 jours, la troisième en 3 jours et la quatrième en 4 jours.Si on les ouvre toutes les quatre ensemble, au bout de combien de temps la citerne sera-t-elle pleine ?Solution : Soit x la fraction de jour Alors la lè:e versera dans la fontaine une partie représentée par x, la seconde -f, la troisième et la quatrième *+¦!+!+ 12a: + 6a:+4a; + 3x = 12 25a; = 12 a; =-^-§-de jour.Rép.2.Un train parcourt 100 milles dans le même temps qu’un autre train parcourt 120 milles.Si la vitesse du premier égale 5 milles de moins par heure que celle du second, quelle est la vitesse de chacun ?Solution : Soit x la vitesse du second par heure.Alors a; - 5 la vitesse du premier.l-|-9 = temps du second LV0.= temps du premier i25q _ i o o X 2-5 120a;- 600 = 100a; 120a;- 100a; = 600 20a; = 600 Rép.: lexr = 30 milles 2e = 25 milles = 600 W"= 30 milles x 8e ANNÉE Mesurage 1.Un bloc de marbre a la forme d’une pyramide à base carrée dont la hauteur perpendiculaire égale deux fois la diagonale de la base.Irouvez le côté de la base, sachant qu’un pouce cube de marbre pèse 1.6 once et que le bloc entier pèse 18 tonnes anglaises.Solution : Volume en pouces cubes = 2 2-^y166 x -—= 403200 On sait que le volume de la pyr.égale la superf.de la base par le tiers de la hauteur.Représentons par c le côté de la base RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 455 On aura comme superficie: c et pour diagonale: V2c2 ou V2X V c2 ou 1.414c Le volume de la pyramide s’écrira: 02 x 1 ¦'—^-Il * * * * * * * X— ou 2-8|8C2 2^8 2 8_g!==403200 2.828c3 = 403200X3 _ 403200 X 3 L ~ 2-828 c= ^4 03 2 00 X 3 —75.3 pouces environ.Rép.2-828 Algèbre 1.Une fermière a fait au métier une pièce d’étoffe qui lui revient à $36.Elle en garde 5 verges pour faire un complet et vend le reste à $0.60 de profit par verge, gagnant ainsi $16.50 sur le tout.Quelle était la longueur totale de la pièce ?Solution : Soit x la longueur de la pièce.Alors ^ le prix coûtant d’une verge et — +.60 le prix de vente d’une verge.(3JL+o.60) (x- 5) =36 + 16.50 = 5250.(36yo+6Q) (x - 5) = 3600 + 1650 = 5250.3600+60x - isjioo _ 300 = 5250 3600.x+ 60x2 - 18000 - 300.x = 5250x 60x2- 1950x = 18000 x!-6|^ = 300 X2 _ 65^ + ( 65 )2 = 300 + (iÿ-)2 = 300 4 _ 6_JL _ 9_5 X 4 — 4 X = 9JL+Jÿ = ifo = 40 verges.Rép.422 5 9025 16 — 16 LE CABINET DE L’INSTITUTEUR IL Y A UN HOMME Il y a un homme dont l’amour garde la tombe; il y a un homme dont le sépulcre n’est pas seule- ment glorieux, comme l’a dit un prophète, mais dont le sépulcre est aimé.Il y a un homme dont la cendre, après dix-huit siècles, n’est pas refroidie; qui chaque jour renaît dans la pensee d une multitude innombrable d’hommes; qui est visité dans son berceau par des bergers, et par les rois lui apportant à l’envi et l’or, et l’encens, et la myrrhe.Il y a un homme dont une portion consi- dérable de l’humanité reprend les pas sans se lasser jamais, et qui, tout disparu qu il est, se voit suivi par cette foule dans tous les lieux de son antique pèlerinage, sur les genoux de sa mère, au bord des lacs, au haut des montagnes, dans les sentiers des vallées, sous l’ombre des oliviers, dans le secret des déserts.Il y a un homme mort et enseveli, dont on épie le sommeil et le réveil, dont 456 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE chaque mot qu’il a dit vibre encore et produit plus que l’amour, produit des vertus fructifiant dans 1 amour II y a un homme attaché depuis des siècles à un gibet, et cet homme, des millions d’adorateurs le détachent chaque jour de ce trône de son supplice, se mettent à genoux, devant lui, se prosternent au plus bas qu’ils peuvent sans en rougir, et là, par terre, lui baisent avec une indicible ardeur les pieds sanglants.Il y a un homme flagellé, tué, crucifié, qu’une inénarrable passion ressuscite de la mort et de l’infamie, pour le placer dans la gloire d’un amour qui ne défaille jamais qui trouve en lui la paix, l’honneur, la joie, et jusqu’à l’extase.Il y a un homme poursuivi dans son supplice et sa tombe par une inextinguible haine, et qui, demandant des apôtres et des martyrs à toute postérité qui se lève, trouve des apôtres et des martyrs au sein de toutes les générations.Il y a un homme enfin, et le seul qui a fondé son amour sur la terre, et cet homme, c’est vous, ô Jésus! vous qui avez bien voulu me baptiser, m’oindre, me sacrer dans votre amour, et dont le nom seul, en ce moment, ouvre mes entrailles et en arrache cet accent qui me trouble moi-même, et que je ne me connaissais pas.Qui donc est aimé, des grands hommes ?Qui dans la guerre ?Est-ce Alexandre, César, Charlemagne ?Qui dans la sagesse ?Est-ce Aristote ou Platon ?Qui est aimé, des grands hommes ?Qui ?Nommez-m en un seul : nommez-moi un homme mort qui ait laissé l’amour sur son tombeau.Mahomet est vénéré des musulmans; il n’est point aimé.Jamais un sentiment d’amour n’a effleuré le cœur du musulman répétant sa maxime: “Dieu est Dieu, et Mahomet est son prophète”.Un seul homme a rendu tous les siècles tributaires envers lui d’un amour qui ne s’éteint pas; roi des intelligences, Jésus-Christ est encore le roi des cœurs, et, par une grâce confirmatrice de celle qui n’appartient qu’à lui, il a donné à ses saints le privilège de produire aussi dans la mémoire des hommes un souvenir pieux et constant.Lacordaire.QUESTIONS DE FRANÇAIS En destination de”.Le français dit: à destination de.Ne pas confondre avec en direction de.I n vaisseau prend la mer en direction de l’Europe, avec une cargaison à destination de l'Angleterre Faire, le verbe à tout faire.—Nous apprenons par les journaux qu’un Écossais a, fait un héritage d’un million et demi.Il ne lui reste plus qu’à le recevoir.Ces derniers dix ans”.- Tournure anglaise: these last ten years.Le tour français est: ces dix demieres années.Ce n’est qu’une nuance.Mais cent détails pareils altèrent la physionomie du français.Quel remède ?Apprendre assez bien l’anglais, et aussi le français, pour ne les point confondre, surtout dans leurs idiotismes.C’est le devoir particulier du traducteur de métier.Si tant est que.Ce gallicisme peut s’analyser ainsi: si la chose est telle que.Il équivaut à si toutefois, mais il veut le subjonctif.Ex.: Votre victoire vous portera aux nues, si tant est que vous remportiez la victoire.“Durant que”.—Durant s’emploie seul, et l’on dit pendant que.Commercer.—est un verbe intransitif.On ne peut donc pas dire: commercer les vins. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 457 “Conquérera”.—Barbarisme qu’on a mis dans la bouche d’un orateur français des fêtes de Cartier, qui a sûrement dit conquerra.Comme si,—veut l’imparfait ou le plus-que-parfait de l’indicatif, jamais le présent, et quelquefois la seconde forme du conditionnel passé.Ex: je vous aime comme si vous étiez mon père; je vénérais cette iemme comme si elle avait été, ou, si elle eût été ma mère.Exemples fautifs: il travaille comme s’il est commandé; il se soignait comme s’il fut, ou, s’il fût malade.“Référer”.—“Je réfère à tel passage d’un écrit”.C’est là un anglicisme.’’ En français, on emploie le verbe pronominal se référer: Je me réfère à tel 'passage.—Se référer signifie encore s’en rapporter: je m’en réfère à votre avis.—Quant à référer, à l’actif, il a le sens de rapporter, attribuer: référé) à quelqu’un le mérite d’une entreprise; au neutre, celai de faire rapport: en référer au Conseil.“Pièces” de musique—On s’est mis à se servir de cette expression à la place de morceaux de musique.Tous les programmes du jour comprennent des “pièces”, et point de moiceau: pièce de piano, pièce de violon, pièce de chant, pièce de ci et de ça.C’est un peu ambitieux, et, au surplus, impropre.Morceau est le terme propre pour désigner, soit un fragment d’œuvre musicale, soit même une œuvre entière.J’invite à parcourir, dans Larousse, l’article “pièce”, où, parmi vingt acceptions différentes, on n’en trouve pas une se rapportant à la musique.Celle-ci, vous la trouverez à l’article “morceau”.Il est d’usage, toutefois, de dénommer pièce une œuvre d’envergure et de haute valeur.On dira: c’est une pièce.Mais de telles œuvres ne peuvent figurer que dans les grands concerts.Le reste est mode et snobisme, et prétention.N.Degagné, ptre.UNE LEÇON DE COURAGE MORAL Pasteur et les processions de la Fête-Dieu (1) Quelques années avant sa mort, le grand savant Pasteur apprit par les journaux que la municipalité d’Arbois (Jura), sa ville natale, venait d’interdire la procession de la bête-Dieu.Immédiatement, il quitte Paris et se rend à Arbois, chez le curé de sa paroisse : “Monsieur le Curé, lui dit-il, je viens assister à votre procession et porter le dais devant le Saint-Sacrement.Aous allons voir ce que feront les sectaires * * Le bruit se répand dans le pays; on prépare des reposoirs plus beâux que jamais, la solennité s’organise et à l’heure dite on put voir Pasteur, doyen de l’Académie des sciences, ceint des insignes de grand’croix de la Légion d’honneur, portant en effet pieusement le dais devant le Saint-Sacrement.Le maire n’osa même pas dresser procès-verbal! _ Rappelons que le même savant, si fier de son catholicisme, était aussi un patriote sans défaillance.Quand l’empereur d’Allemagne, Guillaume 1er, lui fit remettre par son ambassadeur à Paris la décoration du Grand Aigle Noir de Prusse, Pasteur la renvoya sur-le-champ, en declarant qu’il ne pouvait rien accepter de l’ennemi de son pays.(1) Reproduit de l'Ami de la Famille, intéressante revue hebdomadaire publiée par la Société de Saint-Vincent de Paul, 5, rue du Pré-aux-Clercs, Paris (7e).Abonnement: Un an: dix francs. 458 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA FRANCE ET LE VATICAN ¦' La visite de M.Pierre Laval, ministre des affaires étrangères de France, à Sa Sainteté Pie XI, a causé une grande joie dans tout l’univers catholique.Cette visite du ministre des Affaires étrangères au I ape avait etc omise depuis 1 ere de la troisième Republique.Etant a Rome pour conduire des accords entre la France et l’Italie, le ministre Laval s’est honoré et a honoré son pays en rendant une visite officielle au Souverain Pontife.Cette démarche est digne de la France et a réjoui profondément les Canadiens français.C.-J.M.AIMONS ET PROTEGEONS LES OISEAUX Protéger les oiseaux et leurs nids, c’est sauver l’agriculture des ravages des insectes.Protéger les oiseaux, c’est embellir les jardins, les forêts et les champs.Celui qui détruit les nids, emprisonne ou tue les oiseaux est un sot et un mauvais cœur.C’est Dieu qui a donné aux oiseaux leur talent de construire de jolis nids, leur courage à détruire les insectes nuisibles, leur art merveilleux de voler et de chanter.Aimons-les, protégeons-les.* m C.-J.M.ASSOCIATION MISSIONNAIRE DES URSULINES DE QUEBEC Aux Amis des Missions, On sait que notre Saint-Père Pie XI, le grand Pape des missions, a les yeux fixés vers l’Extrême Orient et qu’il invite toutes les nations chrétiennes à se liguer pour la conversion de ces peuples encore dans les ténèbres du paganisme."Ayant entendu notre appel, écrit le Souverain Pontife, tous viendront au secours des âmes, tous participeront à une grande effusion de la grâce réparatrice.Personne ne laissera passer en vain le moment solennel de tant d’espérance.” Pour répondre à cet appel pressant du Pontife de Rome et à la demande du Révérend Père E.-A.Langlais, O.P., ex-Provincial des Dominicains et Directeur de l’Oeuvre des Missions, les Ursulines projettent de fonder une mission de leur Ordre dès septembre 1935 dans le diocèse de Hakodaté.Pour l’établissement de ce nouveau monastère, les Ursulines ont des religieuses missionnaires heureuses d’aller porter le message évangélique dans les régions païennes; mais à raison des graves obligations financières assumées pour leur recente fondation de Mérici, il leur manque les ressources nécessaires à cette grande entreprise.Elles ont donc besoin de collaborateurs et de collaboratrices qui veulent bien les aider par la prière et l’aumône.Elles comptent en particulier sur les secours de tous leurs bienfaiteurs en faveur de la fondation de cette mission lointaine.A cette fin et toujours désireuses de répondre à l’appel du Saint-Père, les Ursulines ont fondé une Association de prières et de secours, hautement approuvée par l’autorité écclésiastique.Voici comment notre Éminentissime Cardinal la bénit: “Le Cardinal Villeneuve, Archevêque de Québec, bénit de tout cœur 1 Association Missionnaire des Ursulines de Québec et demande au Seigneur de récompenser au centuple toute offrande faite à ces fins.” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 459 Par leur établissement dans le diocèse de Hakodaté, au Japon, les Ursulines de Québec entreront dans l’esprit apostolique de leur fondatrice, la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation qui faisait en esprit le tour du monde pour chercher des âmes rachetées du Sang Précieux de Jésus-Christ.Dans une de ses lettres, la Vénérable Mère écrit: “Cet Esprit me conduit aux Indes, au Japon.” Tant d’apôtres de l’Évangile se dévouent au salut des païens.Cependant ils voient avec peine leurs œuvres languir, faute de religieuses missionnaires enseignantes qui seules peuvent efficacement évangéliser la jeunesse féminine et former des épouses et des mères chrétiennes.La religieuse enseignante en mission assure donc la persévérance dans la foi chrétienne des nouveaux convertis en même temps qu’elle devient le plus sûr moyen de succès dans l’œuvre du clergé indigène; car seule les mères chrétiennes peuvent préparer les âmes d’enfants à la vocation sacerdotale.Et l’on sait avec quelle instance xe Très Saint-Père appelle l’attention de tous sur l’œuvre du clergé indigène en pays de mission.Une mission sans école est une Église sans lendemain.Le Comité de Direction de l’Association Missionnaire fait donc appel aux âmes généreuses qui voudront bien s’intéresser à cette œuvre d’apostolat comme le fit, en 1639, madame de la Peltrie pour la fondation du Monastère de Québec.Monastère des Ursulines, Québec, 3 oct.1934.(En la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.) Imprimatur : f J.-Omek Plante, Év.de Dobero, Aux.Québec.Québec, 22 nov.1934.Ceux qui aident l’Apôtre ont la récompense de VApôtre.“LES ENFANTS DE FRANCE” Le numéro de Noël de la très intéressante revue Les Enfants de France était entièrement consacré au Canada, aux fêtes du quatrième centenaire.Admirablement illustré, ce numéro constitue un affectueux hommage à la Nouvelle-France, la ! rance de Québec.Voici 1 adiesse de la revue: 31, rue Guyot, Paris, 17e.Prix de ce magnifique numéro: cinq francs.COURS ABREGES D’ECONOMIE DOMESTIQUE Les cours abrégés d’Économie domestique aux Religieuses, pour l’obtention d’un brevet, se donneront à l’École normale de Saint-Pascal, dans la quinzaine précédant Pâques (du 2 au 19 avril).Le nombre des candidates étant limité, on est prié de s’inscrire le plus tôt possible Pour tous renseignements, s’adresser à Sœur Supérieure, Ecole normale Classico-Menagere, Saint-Pascal, comté de Kamouraska, Québec. 460 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PETIT TRAITÉ D’ANALYSE LOGIQUE M.l’abbé J.-A.Durocher, Presbytère, Ile Perrot, dispose encore de quelques exemplaires de son traité d’analyse logique.Prix: 5 sous l’exemplaire, franco.Aussi un nouveau Chemin de la Croix: 3 sous, franco.LE CENTENAIRE DE LA CONGREGATION DES FILLES DE JÉSUS Le 26 novembre dernier, les Filles de Jésus ont célébré aux Trois-Rivières le centenaire de la fondation de leur communauté à Bignan, en Bretagne en 1834.C’est en 1903, que les Filles de Jésus arrivèrent au Canada.Elles s’établirent aux Trois-Rivières, où fut érigée leur Maison Provinciale canadienne.Accueillie avec sympathie, cette nouvelle communauté fit de rapides progrès, elle compte aujourd’hui parmi les communautés enseignantes les plus méritantes.Nous offrons nos meilleurs vœux à la communauté des Filles de Jésus, dont trois d’entre elles me firent l’honneur, en 1903, d’être mes élèves pendant quelques mois à l’École normale des Ursulines de Québec.C.-J.M.“LA RIVIÈRE-À-MARS” Un nouveau roman canadien M.Damase Potvin, journaliste avantageusement connu, vient de publier un bon et joli roman canadien.M.Potvin reste dans la tradition, avec en plus, un style agréable, élégant même.Il n’a pas voulu imiter les romanciers psychologiques: il donne du concret, du beau, du réel.C’est pourquoi les pages de la Rivïere-à-Mars sont vivantes, grâce à l’esprit d’observation de l’auteur.Le romancier met en scène les colons qui fondèrent la première paroisse du Saguenay et gagnèrent à l’agriculture le “royaume” du Lac Saint-Jean, ancien domaine forestier de la Compagnie de la Baie d’Hudson.Il nous montre à l’œuvre l’esprit d’entreprise, le courage d’exécution et la ténacité qui sont les vertus fondamentales de toute civilisation et qui ont maintenu jusqu’aujourd’hui notre survivance.Mais il nous fait voir aussi l’historique et incessant rabais de notre valeur d’homme en cette province, et cela chez les enfants mêmes du pionnier, qui, l’un après l’autre, passent dans la tribu, non des simples parasites, puisqu’ils sont ignorants, mais des déserteurs du sol ou des ouvriers nomades.C’est une leçon très actuelle que donne M.Potvin.L’intérêt de ce roman aussi documentaire que pathétique, aussi réaliste et pris à même la vie que poétique et teinté des rêves silencieux des familiers de la nature, naît d’abord de cette domination de l’homme sur les éléments impitoyables et sur les revers inattendus.Il s’accroît ensuite de ces trahisons familiales qui menacent les rêves de pérennité qu’un homme digne de ce nom forme toujours pour sa lignée et pour son œuvre.Il se perpétue enfin par-delà le roman dans les L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 461 espoirs qu’un petit-fils fait renaître en l’âme du pionnier.Le roman, la Rivïere-à-Mars, mérite nos encouragements.A bien des points de vue, il soutient favorablement la comparaison avec Maria Chapdelaine.Et, ce qui ne gâte rien, ce roman salutaire et bien écrit peut être mis en toutes les mains.“La Rivière-à-Mars” est en vente chez tous les libraires: {Tirage de luxe, $1.; édition courante, 75 sous.)—Dans toutes les librairies.OÜ FAIRE RELIER “L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE’’ M.Jérémie Richard, relieur, 31, rue du Sault-au-Matelot, Québec, s’est fait une spécialité de la rehure de Y Enseignement Primaire.Sa maison renommée fait de la reliure de bibliothèque et de luxe, à très bon compte.Nous recommandons l’Établissement de Reliure Richard à nos lecteurs.LE PORTRAIT DE JACQUES CARTIER Pour répondre à des demandes toujours croissantes, l’Administration a décidé de faire ré-impri-mer quelques centaines d’exemplaires du portrait de Jacques Cartier qui a paru en supplément dans la livraison de septembre 1934.On pourra donc se procurer cette gravure à raison de cinq cents l’unité, 25 cents la demi-douzaine, 40 cents la douzaine et $2.50 le cent, franc de port.Prière d’adresser les commandes, avec le montant requis, à l’ADMINISTRATION de L ENSEIGNEMENT PRIMAIRE, Case postale 636, Québec.A LIRE “La Joie au service de la pédagogie”, par Henri Goré, S.Sp., dans Y Enseignement secondaire au Canada, livraison de janvier 1935, p.203.Publication de 1 Université Laval, Québec.Dans les Etudes de Paris, livraison du 5 décembre 1934.“La Fleur du Saint-Laurent”, par Henri Bordeaux.Dans le Terroir de Québec, une traduction d’un chapitre du volume intéressant de M.J.-C Sutherland, The Romance of Quebec.Ce chapitre a pour titre “La place de Québec dans le Dominion”, et le traducteur est M.G.-E.Marquis. 462 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Dans les Études de Paris, livraison de novembre: “Pourquoi l’enseignement, libre vivra; ses raisons d’exister”, Jean Rameau.Dans le Canada Français, de Québec, livraison de novembre: “Quelques termes du terroir”, Adjutor Rivard, juge de la Cour d’appel.“LES METHODES ACTIVES DANS L’ENSEIGNEMENT RELIGIEUX” La collection “Les Sciences et l’Art de l’Education”, dont l’administration se trouve aux Editions du Cerf, à Juvisy (Seine-et-Oise), France, vient de s’enrichir d’un précieux ouvrage dont l’auteur, Madame Marie Largues, est bien connue de nos lecteurs.Mme Largues a à son acquit plusieurs ouvrages de haute valeur pédagogique, entre autres, La Rédaction chez les Petits.Son dernier volume, Les Méthodes actives dans l’enseignement religieux, est d’un mérite exceptionnel.Ce mérite a valu à l’auteur un hommage spécial de l’évêque de Dijon, Mgr Petit de Julie-ville, sous la forme d’une belle préface, où l’éminent prélat apprécie en termes les plus heureux la thèse pédagogique de Mme Largues.“Le livre fermé, dit Mgr de Dijon, on a conscience de voir plus clair”.Ce sera aussi l’avis de tous les maîtres et toutes les maîtresses qui trouveront dans l’ouvrage de Mme Largues un guide pratique et agréable dans l’enseignement du catéchisme.Le volume a été publié aux Éditions du Cerf, Juvisy (Seine-et-Oise), France.En vente aux librairies Carneau, à Québec, et Beauchemin, à Montréal.C.-J.M.“L’INSTRUCTION PUBLIQUE DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC” Sous ce titre vient de paraître la deuxième édition d’un résumé de l’histoire de l’enseignement dans la Province de Québec.Le volume comprend quatre chapitres: I.Historique sous le régime français et sous le régime anglais; II.Organisation scolaire; III.Les minorités scolaires; IV.Les communautés enseignantes et les écoles normales.Une page de Bibliographie termine le volume.Les aspirants et les aspirantes aux Brevets de capacité et les écoles normales peuvent se procurer cet ouvrage à Québec: Librairie Langlais, 239, rue Saint-Joseph et Librairie Carneau, 47, rue Buade; à Montréal, chez Beauchemin, 430, rue Saint-Gabriel, et chez Granger, 54, Notre-Dame Ouest, Montréal.Prix: 50 sous l’exemplaire; à la douzaine: $4.80; au cent, $30.00. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 463 “LE MILIEU, FACTEUR DE CULTURE FRANÇAISE” Le T.R.P.P.-M.Gaudrault, o.p., professeur au collège Dominicain d’Ottawa, a publié une brochure que nous recommandons à tous les éducateurs.Elle renferme le très intéressant rapport présenté par l’auteur sur Le Milieu, facteur de Culture française, au Congrès de l’Association cana-dienne-française d’Éducation d’Ontario, le 24 octobre 1934.Cette brochure se détaille à raison de 10 sous l’exemplaire: 1 pour $0.10; 25 pour $2.25; 50 pour $4.25; 100 pour $7.50.i Prière d’envoyer la commande à l’adresse suivante: Association canadienne-française d Education d’Ontario, Case postale 244, Ottawa.IMPRESSIONS ET OBSERVATIONS “Sur les routes de France “SUR LES ROUTES DE FRANCE”, par C.-J.Magnan, Éditions Beauchemm, 430,rue Saint- Gabriel, Montréal et Librairie Langlais, 239 rue St-Joseph, Québec._ / “Dans ces pages, j’exprime en toute simplicité les sentiments que j’ai éprouves sur les routes de France et je raconte ce que j’ai vu et entendu au pays de nos pères.” (Avant-propos, page S).Mais Monsieur Magnan n’a pas visité la France en simple touriste avide de s instruire ou de se divertir en pays étranger.Pour lui, visiter la France, c’est revoir la Mere-Patne, le pays des héros qui traversèrent les mers aux 17e et 18e siècles pour coloniser le Canada.• le pays d origine d’où partit mon ancêtre en 1665”; c’est parcourir en pieux pèlerin les sanctuaires religieux de rance; c’est au centenaire de la fondation de la première Conférence de a Samt-Vmcent de au revivre l’histoire de saint Vincent de Paul et de Frédéric Ozanam sur les lieux memes ou ils on vécu; c’est, par surcroît, visiter les plus beaux châteaux de France., Dans ces dispositions, Monsieur Magnan a éprouvé beaucoup d impressions et cueilli beauc j d’observations très justes et très intéressantes sur les routes de France._ Dans des notes de v > ges” il nous les communique avec une simplicité charmante et une emotion communicative.La Revue Trimestrielle, de Montréal, livraison de décembre, 1934.LE IVe CENTENAIRE DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS En 1534, le 15 août, à Paris, sur la colline de Montmartre, Ignace de ipagnons le Compagnie de Jésus, qui étend aujourd hui dans le monde entier .’apostolat.Le feude zèle et d'amiur allumé par Ignace ada^on- oraser l’univers: des âmes d’apôtres, des âmes de sainte furent forgees à ce feu.Le Canada con , de ces apôtres et de ces martyrs dès le début du 17e siècle.ai a rplphré à Paris de La quatrième centenaire de la fondation de la Compagme de «bus a e‘e ^ ^rea Pftrte, de ix manières: par une manifestation intellectuelle et par une demonstration relieuse . 464 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE En premier lieu, M.Lucien Romier, rendit un magnifique hommage aux Ordres religieux en général et aux Jésuites dans une conférence remarquable présidée par Mgr de la Serre, pro-rec-teur de 1 Institut catholique.M.Romier de conclure: "Enfin retenez ceci: l’exemple de saint Ignace nous enseigne qu on peut être un grand fondateur de civilisation,—car sans lui et sans la Compagnie de Jésus, l’Europe aurait passé au protestantisme,—sans avoir conçu de système, sans trop même savoir à l’avance où l’on va, si l’on a pour soi deux choses: la foi et la vue du bien d’autrui”.Le lendemain, la basilique du Sacré-Cœur était remplie.Présence du cardinal Verdier, du Nonce apostolique à Paris et de plusieurs évêques et de nombre de laïques éminents.L’évêque de Meaux raconta le chemin parcouru depuis quatre siècles par la milice organisée par saint Ignace et ses compagnons.Après ce discours d’une haute valeur historique, S.Exc.Mgr Maglione, Nonce apostolique à Paris, donna la Bénédiction après le chant du Te Deum.C.-J.Magnan, JOURNÉES ANTICOMMUNISTES Compte rendu L’École Sociale Populaire vient de publier en une brochure de 56 pages les allocutions et principales conférences données aux Journées anticommunistes de Montréal en septembre dernier.Ce compte rendu est vraiment précieux.Il nous présente sur la doctrine du bolchevisme (conférence de S.Em.le cardinal Villeneuve), sur l’expérience marxiste en Russie, sur la guerre livrée à Dieu par Moscou, puis sur les initiatives et les réformes qui s’imposent pour preserver notre pays du fléau communiste des études de première valeur où tout homme de bonne foi pourra se renseigner et s’éclairer.Cette brochure se vend 25 sous l’exemplaire, à L’Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux Montréal.LE DECALOGUE DE LA CONVERSATION 1.Parle peu, écoute beaucoup.2.Conserve le naturel dans le ton comme dans les pensées.3.Que ta voix ne soit ni assez basse pour qu’on doive s’efforcer de t’entendre, ni assez élevée pour qu’on se fatigue de t’écouter.4.Parle a chacun de ce qu’il sait le mieux ou de ce qu’il aime le plusj ne hasarde rien devant ceux que tu ne connais pas.5.Si tu racontes, que tes récits puissent intéresser tout le monde; des meilleurs, éloigne les détails oiseux.6.En toutes matières, préviens la satiété.7.Cherche plus à plaire qu’à briller; évite de te mettre en scène; excepte-toi des éloges que tu distribues, et ne laisse pas croire que tu n’en donnes que pour en recevoir.8.Ne sois dans tes discours, ni rigoriste, ni silencieux.9.Montre-toi bienveillant sans flatterie, sincère sans rudesse; préoccupe-toi de n’offenser personne; use peu de la raillerie, jamais de la méchanceté.10.Ménage les opinions d’autrui; accepte de bonne grâce la contradiction, et, si tu réfutes, ne dispute pas.C.-J.Magnan, directeur-propriétaire, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec, Canada.
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