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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1946-03, Collections de BAnQ.

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Vol.V - N° 7 Mars 1946 QUÉBEC SOMMAIRE EDITORIAL Cécile Rouleau, directrice.N.ÉDUCATION ET FORMATION Formation religieuse SOLILOQUES : Mes intercesseurs, Victorin Germain, pire, p.482.Formation familiale par l’Enseignement ménager Une expérience à Montréal, Juliette Mireault, p.488.Formation nationale SEMAINE DE LA FIERTÉ NATIONALE : L'épopée rurale du Canada français, p.490.Formation pédagogique LA MÉTHODE DES CENTRES D'INTÉRÊT : Un 'sujet adapté à la 4e année, Roland Vinette, p.494.Formation professionnelle L'École Normale, par une religieuse de Mérici, p.497.PEDAGOGIE ET METHODOLOGIE SUGGESTIONS PÉDAGOGIQUES : Tests diagnostiques, langue française, première partie, p.501 ; deuxième partie, p.509.— Mathématiques, p.518.Leçons-types : racine carrée, p.535 ; secteur, p.538 ; algèbre, p.540 ; racine cubique, p.542.English Section The teaching of English composition in the high school, Brother Ignatius, p.544.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Mise au concours des nouveaux manuels de langue française en rapport avec le nouveau programme.— Réorganisation de 1 enseignement supérieur, B.-O.Filteau, p.550.— Final examinations for 1946, p.551.— Consultation pédagogique, p.554.— LE CERCLE D ETUDE : Tutelle vs liberté, p.557.Vous connaissez le catéchisme pittoresque ?Sr M.de Ste-Dometille, s.c.i.m., p_ i55_— CHRONIQUE DU MOIS : L'O.N.U.à l'oeuvre et à l'épreuve, Henri Fontaine, p.561.— Il faut lire, Lucien Lortie, p.563.95 478 L’ENSEIGNEMENT TRIMAIÏtE mars B P I T O R I A JL Vouloir A l’occasion du carême, l’Église rappelle à tous les fidèles l’austère devoir de la pénitence.Les paroles de sa sainte liturgie sont comme l’écho des prédications du Précurseur: “Si vous ne faites 'pénitence, vous périrez tous.,, Profitons de ce temps pour nous inciter davantage au travail de formation des volontés.Laissons-nous guider par les enseignements du divin Maître lui-même qui disait à ses disciples: “Lorsque vous jeûnez,ne pi-enez pas, comme les hypocrites, un air triste.Car ils se défigurent le visage afin de montrer aux hommes qu’ils jeûnent” (Mattli., VI, 16-18).Au contraire, qu’une joie spirituelle rayonne sur chaque visage.Dès longtemps nous savons la nécessité de l’abnégation et du sacrifice pour tremper les caractères; par ailleurs; pouvons-nous oublier que le royaume des cieux souffre violence et que ceux-là seüls peuvent le conquérir qui se font violence à eux-mêmes ?Et le seul moyen d’avoir une volonté forte, n’est-ce pas de multiplier les actes de volonté ?Les enseignements sur la tempérance et tous les autres qui découlent de cette vertu sont particulièrement recommandés pendant ce temps.Ne perdons pas l’occasion si merveilleuse que nous avons, pendant le carême, d’entraîner nos enfants à l’effort; à l’effort personnel et collectif, à l’effort voulu et non subi; faisons-leur comprendre qu’ils seront les premiers bénéficiaires de cet entraînement.Ainsi la vigueur de volonté que de telles pratiques feront acquérir à nos élèves sera une garantie de succès dans leur vie, quelle que soit leur orientation future.Il y a aussi une autre manière de profiter et de faire profiter nos élèves des suggestions de la sainte quarantaine.C’est de méditer tousles jours, de vivre les pensées et recommandations de la liturgie.Tout, en effet, dans les prières de l’office divin, dont la messe est le centre, nous invite à cette pénitence courageuse et joyeuse prêchée par le Christ.Il n’est pas nécessaire de vous suggérer telle et telle recette, vous trouverez vous-mêmes dans cette lecture, dans cette méditation quotidienne, mille et une inspiration pour votre conduite personnelle et votre œuvre d’éducation.Il en résultera sûrement, chez nos élèves, plus de piété, plus de dévouement, plus d’assiduité, plus d’application, plus de générosité, en somme, une meilleure sorte d’amour de Dieu.Semaine familiale Il y a déjà deux ans que le mouvement se poursuit des (( Semaines familiales )).Il ne paraît pas devoir se ralentir et c’est tant mieux ! Maîtres et maîtresses surtout y collaborent avec enthousiasme; pour cela aussi, tant mieux ! Au programme de chaque semaine, en effet, une journée est réservée à l’École,auxiliaire de la Famille.Les comptes-rendus nous révèlent d’heureuses initiatives de la part des éducateurs.Dans beaucoup d’écoles, les parents visitent la classe de leurs enfants et font connaissance avec leurs maîtres.Ces contacts ont obtenu d’excellents résultats entre autres, ceux d’une meilleure compréhension mutuelle et d’une plus grande collaboration.A cette occasion, en effet, des directeurs, 1946 ÉDUCATION ET FORMATION 479 des directrices, des instituteurs, des institutrices ont su avec tact dire aux parents quel est leur idéal professionnel: compléter V œuvre d'éducation commencée dans la famille; contribuer au bonheur de leurs enfants par une meilleure préparation à la vie, but de leur vie d'éducateurs.Faire de bons citoyens, de bons chrétiens et, pour finir, des élus.Tel doit être le résultat d’une collaboration entre l’école et la famille.A cette tâche, parents et maîtres doivent travailler de concert.Sans doute, les maîtres ont le devoir d’initier les jeunes aux connaissances intellectuelles, religieuses et profanes.Avec combien plus de facilité le feront-ils si les parents assurent la fréquentation scolaire, l’étude des leçons à la maison, l’exécution des devoirs écrits; avec combien plus de facilité encore le feront-ils si les parents, utilisant à bon escient le bulletin mensuel, appuient l’autorité des maîtres et aident leurs enfants, dans la mesure du possible, en les encourageant, en leur fournissant des explications additionnelles et surtout en leur faisant comprendre la nécessité du devoir bien fait pour la réussite de leur vie.Il se peut que bientôt vous soyez invités à faire votre part à l’occasion de l’une ou l’autre des semaines familiales.Voyez ce qu’a fait l’une d’entre vous: « Pour agrémenter toute vie, quelle qu’elle soit, il est bon que l’extraordinaire vienne se mêler à l’ordinaire.Voilà ce qui est arrivé mardi, le 2 octobre.A l’occasion de la semaine familiale les parents furent convoqués à la classe.A l’heure indiquée, 2^ h.de l’après-midi les parents se rendirent nombreux.L’arrivée improvisée de M.le Curé et de M.le Président de la commission scolaire fut vivement appréciée et rehaussa de beaucoup le ton de la fête.Parmi l’assistance, on remarquait mesdames Arthur Latulippe, Placide Marcotte, Fortunat Morris-sette, Clodémir Germain, Laurent Leclerc et Mlle Gemma Julien.Monsieur Albert Julien agissait comme maître de cérémonie.Voici les titres des petites saynètes et des chants mimés qui furent exécutés: on débuta par un mot d’appréciation et de bienvenue à l’auditoire présent.Une déclamation intitulée: C’est-à-dire sans le secours humblement imploré, et en quelque sorte acheté, du Maître, de l’Auteur de ,tout bien, je ne puis par moi-même faire de bien.C’est en vain que l’instrument s’agite; si l’agent principal ne dirige son agitation, il est et il reste stérile.Ainsi de l’apôtre.Ses travaux n’aboutissent qu’en proportion de son union à Dieu; et l’union à Dieu, qu’est-ce, après tout, sinon la contemplation, la vie contemplative ?La mesure de la contemplation, c’est donc la mesure des résultats de l’apôtre.Les grands convertisseurs, premier témoin, l’apôtre saint Paul, furent toujours de grands contemplatifs; les grands convertisseurs furent souvent des anachorètes, des ermites, des cloîtrés, sans relations sociales, sans contact aucun avec les pécheurs.A peine sacré, Mgr Lefebvre, évêque en Cochinchine, avait entrepris l’établissement, à Saïgon, d’un monastère de Carmélites.Le gouverneur crut devoir lui faire observer qu’avant de faire du luxe il faut d’abord se loger, autrement dit, qu’avant d’ouvrir un Carmel il faudrait d’abord s’assurer d’une chrétienté.Mgr Lefebvre, au courant des (2) Jean XV, 5. 1946 EDUCATION ET FORMATION 483 choses de l’apostolat, répondit: « Ce que vous appelez du luxe, je l’appelle, moi, la première nécessité du ministère chrétien.Dix religieuses priant me seront d’un plus grand secours que vingt missionnaires prêchant.» C’est qu’on peut être apôtre et convertisseur par la prédication de l’Evangile, qu’on peut l’être par l’assiduité à toutes les formes de la prière, qu’on peut l’être encore par la pratique des plus diverses mortifications.La condition première toutefois, c’est l’union à Dieu, c’est la reconnaissance de son propre néant, c’est le recours très humble et confiant à la Toute-Puissance.Mais de même que divers degrés de maladie supposent divers degrés d’habileté chez les médecins, ainsi diverses catégories de péchés ou de démons supposent chez les convertisseurs plus de sainteté, plus de force d’intercession, plus de puissance déléguée.• L’Evangile de Jésus-Christ nous fournit de cela une triple illustration: Premier épisode: Jésus sachant que sa mort approchait et voulant s’assurer des continuateurs efficaces, choisit, parmi ses adhérents les plus capables et les plus zélés, un corps spécial de soixante-douze disciples.Il les envoya, deux par deux, comme précurseurs, en Palestine méridionale avec mission de guérir les malades et de prêcher le royaume de Dieu dans les endroits où lui-même devait ensuite passer.A la fin de leur mission, raconte saint Luc (3), les soixante-douze revenaient tout joyeux de leur bon travail, tout heureux d’avoir correspondu à l’appel.Et ils disaient : — Maître, même les démons (si puissants!) nous sont soumis en votre nom.Et je reconnais là le ministère ordinairement dévolu aux prêtres, aux pasteurs, aux (3) Luc X, 17.missionnaires: prêcher, exercer la miséricorde, ramener à Dieu les pécheurs, ce qu’on appelle, par rapport à une autre qui est contemplative, la vie active par excellence.Deuxième épisode : Au lendemain de la Transfiguration (4), un père éploré se précipitait aux pieds de Jésus, le suppliant de guérir son unique enfant, épileptique et possédé du.démon: — J’ai prié vos disciples de le chasser, expliquait-il, mais ils ne l’ont pu faire.La double guérison, le double miracle, Jésus avait voulu l’accorder comme récompense d’une foi humble et touchante.Mais les apôtres ne pouvaient comprendre leur insùccès.— Pourquoi n’avons-nous pas réussi à chasser ce démon ?demandèrent-ils à Notre-Seigneur.— A cause de votre incrédulité .Si vous aviez tant soit peu de foi, rien ne vous serait impossible.Cette sorte de démons ne se chasse que par la prière et le jeûne.Deux motifs d’insuccès donc: la faiblesse d’une foi qui, robuste, pourrait déplacer les montagnes; une classe particulièrement puissante de démons requérant, pour être délogés, une plus intime union avec Dieu et un plus rigoureux exercice de la pénitence.Et deux raisons d’être, par conséquent, des spécialistes de la prière (5) et de la pénitence, des spécialistes de l’intercession et du sacrifice; deux raisons d’être de la vie contemplative.(4) Matth.XVII, 14-20.(5) « Cette prière ardente, pure, continuelle, fille des entrailles; cette prière humble et violente; .cette prière qui ne sort pas seulement des lèvres, mais de l’esprit et du cœur et de toutes les puissances de l’âme et de tous les sens du corps; cette prière pleine d’immenses désirs .cette prière qu’on arrache de ses entrailles en les déchirant, et si puissante auprès de Dieu.» Ste Angèle de Foligno.Livre des visions. 484 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars La pénitence spiritualise en quelque sorte le corps; la prière divinise en quelque sorte Pâme et, le corps et l’âme ainsi sublimisés, ma parenté avec Dieu, pur esprit, se trouve accrue comme aussi mon influence sur son cœur.Transformante, et bienheureuse, et trop rare union de la créature avec son Créateur! Merveille d’un merveilleux a-mour ! Troisième épisode: Sur le point d’inaugurer son troisième voyage de prédication à travers la Galilée (6), le divin Maître associe les apôtres à son œuvre d’évangélisation.L’entreprise est ardue,fatigante,surhumaine.La situation morale du peuple suggère à Notre-Seigneur deux comparaisons : un troupeau de brebis que son pasteur a abandonné, une moisson abondante qui, faute de bras, ne sera point récoltée.Jésus, dit le texte sacré, est ému jusqu’aux entrailles par ce défaut d’ouvriers diligents et saints, par ce défaut d’apôtres vrais et suffisamment nombreux.Mais que prescrit le bon Pasteur ?Quelle réforme ?quel remède ?- A-vant toute autre chose, le recours au ciel.Priez donc, recommande-t-il, priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers, le maître du troupeau d’envoyer des bergers.D’abord priez.Il ne dit pas: Précipitez-vous tous indistinctement, pêle-mêle et sans autre mandat, dans le ministère actif de la conversion des peuples.Non, mais: En toute prudence, en toute patience, priez, contemplez, intercédez pour que l’Esprit Saint, à votre prière, suscite des ouvriers, des bergers, des guides et des gardiens de devoir.Par où je trouve, bien indiquée, l’union providentielle des deux ministères officiels dans la sainte Église, d’action et de contemplation, de prédication et d’intercession, de vie active et de vie contemplative.* * * C’est en vertu de la bienheureuse communion des saints que les contemplatifs peuvent procurer aux peuples sans pasteurs des missionnaires, et aux missionnaires en lutte avec les grands démons, le concours de leurs incessantes immolations.Les victoires apostoliques ne sont point, ne sont jamais le fait de la seule valeur de l’apôtre.Elles sont des grâces, des largesses, des munificences implorées, obtenues, soit par l’apôtre lui-même en son oraison, soit par les coopérateurs de l’apôtre en leur contemplation.Il me revient un fait de l’Histoire sainte que tout le monde apprend à la petite école.C’était peu de temps après la sortie d’Égypte.Les Hébreux venaient d’entreprendre, au désert, la marche vers la Terre promise, quand les Amalécites vinrent attaquer Israël à Raphidim (7).Moïse dit à Josué: « Choisis-nous des hommes, et va combattre Amalec; demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu dans ma main.» Josué fit ce que lui avait dit Moïse, il combattit Amalec; or, Moïse, Aaron et Hur étaient montés au sommet de lâ colline.Lorsque Moïse tenait sa main levée, Israël avait l’avantage, et lorsqu’il laissait tomber sa main, Amalec était le plus fort.Comme les mains de Moïse étaient fatiguées, ils prirent une pierre qu’ils placèrent sous lui, et il s’assit dessus; en même temps Aaron et Hur soutenaient ses mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre; ainsi ses mains ne fléchirent pas jusqu’au coucher du soleil; et Josué défit Amalec et son peuple à la pointe de l’épée.» Toute ma leçon est là.Des troupes d’élite sous la direction d’un chef: c’est la vie active.A l’écart, dominant le tumulte et le fracas de la bataille, l’intercesseur et le groupe de ses assistants: c’est la vie contemplative.Le médiateur est muni de la baguette miraculeuse qui reppellera à Dieu ses promesses; il prie les bras en croix, figure anticipée du Rédempteur; il persiste dans l’oraison et l’incommodité malgré ses quatre-vingts ans; enfin, le geste cessant, l’ennemi fait des gains, le geste reprenant, Israël tient la victoire.Deux résultats indépendants de la vigueur des combattants.La grande journée et la durable leçon! (6) Matth., IX, 35-38.(7) Exode XVII, 8-13. 1946 ÉDUCATION ET FORMATION 485 Ceux qui luttent ont un indispensable besoin de ceux qui prient et qui crucifient leur chair à la croix même de Jésus-Christ.La veille d’un examen aussi grave que celui du doctorat en médecine, un candidat me disait: — J’ai confiance que tout va continuer de bien aller.C’est tardivement, savez-vous, que je suis venu à la médecine.J’étais marié déjà et père de famille quand j’ai préparé le baccalauréat et entrepris mon cours universitaire.Pour le mener à bonne fin, il me fallait un budget restreint et sans imprévu grave; il me fallait surtout une santé sans défaillance et des examens sans accroc.Or, jusqu’ici, dans des conditions d’étude qui sont loin d’être idéales, j’ai toujours réussi au delà de mes espérances et j’imagine que je serai protégé encore demain.— Protégé ?fis-je.— Ah! c’est vrai, je ne vous ai pas dit mon moyen.Eh bien! quand, d’accord avec ma femme, j’ai laissé une situation qui était avantageuse mais sans promesse d’avancement, j’ai voulu m’assurer, aux meilleures conditions possibles, contre tous les risques auxquels nous nous exposions.Nous sommes donc allés tous les deux à la ville voisine, chez les Sœurs Servantes du Saint-Sacrement.Nous leur avons confié notre projet.Elles nous ont pris sous leur spéciale protection.Et, comme prime, je leur ai promis, à même les revenus de ma future profession, la somme de mille dollars.Je sais que les petites Sœurs prient et font pénitence à nos intentions.Je sais que le bon Dieu les écoute.Je sais qu’il agrée l’offrande que j’ai promise.Et c’est pourquoi, vous me voyez sans trop d’appréhension à la veille des épreuves finales.Je ne puis m’empêcher de compter sur les prieuses du monastère .Et le succès couronna votre espoir, docteur.La collation de votre diplôme ne fut pas seulement pour vous l’officielle attestation de votre compétence; elle fut aussi pour votre épouse, pour vous-même, et pour moi, une preuve nouvelle de ce que peut la confiance dans l’intercession des contemplatifs.Bienheureuse assurance que l’assurance des prières! Bienheureuse collaboration que celle des cloîtrés! * * * Qu’est-ce donc, au juste, que l’état contemplatif ?Un père chartreux (8) l’a ainsi clairement expliqué: « Il faut distinguer, écrit-il, entre l’état intérieur privé, personnel, d’une âme établie dans l’union divine, et l’état extérieur, public, officiel, d’une institution destinée à favoriser les vocations contemplatives.« Quand, par la pénitence, un homme est arrivé à se détacher des créatures; quand par la prière, il est arrivé à s’attacher à Dieu, de telle façon que la vérité divine devient l’aliment habituel de son esprit, l’amour divin, la souveraine passion de son cœur, le service divin, l’unique occupation de ses forces; quand l’union à Dieu ravit, absorbe, transforme les facultés et les tendances, les actes et les habitudes; quand l’âme est devenue souple aux opérations de l’Esprit de Dieu, recevant les impressions de sa lumière, de sa chaleur et de sa force; quand elle a été rendue insensible aux séductions ou aux terreurs d’en bas; quand les liens de la bagatelle, rompus peu à peu, ont fait place aux liens de l’éternité, l’âme est établie dans l’état intérieur de contemplation.Et elle y est plus ou moins avancée, suivant que le mystère de l’union divine opère plus ou moins pleinement en elle.« L’état extérieur, public, officiel, de contemplation est réalisé dans les institutions, qui sont établies pour fournir au âmes appelées, le milieu et les moyens propres à les conduire à ces hauteurs.L’organisation des ordres religieux contemplacifs est conçue tout entière dans ce dessein de conduire les âmes à la séparation et à l’union.(8) Cf.La Vie Contemplative, son rôle apostolique, Montreuil-sur-Mer, 1900, p.55. 486 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars Les multiples moyens de pénitence travaillent à opérer la séparation; les divers exercices de prière visent à former l’union.La clôture, la vêture, le silence, les jeûnes, les abstinences, les veilles, les disciplines, la chasteté, la pauvreté et l’obéissance saisissent le religieux, l’isolent, le séparent et le détachent de toutes choses et de lui-même.Les divins offices, la sainte messe, l’oraison, les examens, les lectures, les exhortations, les dévotions, les actes pieux de toutes sortes et presque de tous les instants absorbent l’âme, afin de la conduire dans les régions de la rencontre divine.» Comme on comprend après cela, le précieux appoint, pour la protection des pécheurs et pour le progrès de la religion, de la perpétuelle intercession collective, de la perpétuelle pénitence en commun, des communautés contemplatives! On y rachète constamment des fautes constamment renouvelées; on y obtient constamment, pour des besoins toujours renaissants, des grâces d’un prix inestimable.Et ainsi se convertissent les pécheurs, ainsi se conquièrent au royaume de Dieu les païens eux-mêmes.* * * Mais, suis-je tenté de penser: les grands démons, les possesseurs, les esprits tenaces et difficiles à chasser, faut-il croire qu’il en reste de par le monde et parmi nos populations ?— Hélas! et que trop! Ne vois-je pas que la foi s’effrite en d’innombrables âmes ?Ne vois-je point que la pratique extérieure du culte masque à peine, chez un trop grand nombre, l’ignorance de la religion et l’habitude du péché ?(9) Toutes les puissances de l’enfer s’acharnent non seulement à entraver la conversion des nations infidèles, mais à saper et à détruire les forteresses de la foi en notre pays.J’en causais, l’autre jour, avec mon curé: (( Observez notre peuple, me dit-il.Ecou- (9) « Religion de façade.Religion du dimanche dont on fait bon marché pendant la semaine.Religion de jour dont on ne se souvient pas la nuit.» René Bazin.La Barrière.tez les incorrigibles blasphémateurs; enten dez les cyniques faux serments; voyez les vols directs et indirects; voyez les homicides connus et inconnus; comptez les abandons d’enfants et supputez les péchés de la débauche, de l’adultère, de la luxure sous toutes ses formes; regardez se multiplier les spectacles et s’amonceler les livres impudiques.Voyez baisser le trésor moral de la race et l’honneur de la famille proprement catholique.Ecoutez les critiques malveillantes, les murmures de l’envie, la croissante rumeur de la révolte.La foi baisse, et des bas-fonds d’une nature aux instincts effrénés monte, menaçante, la révolution.Quelle révolution ?La révolution contre Dieu, contre la loi de Dieu, contre les commandements de Dieu, la révolution contre les commandements de l’Eglise et contre les directives des pasteurs.De là à la révolution contre les pouvoirs établis il n’y a qu’un pas plus ou moins lent, mais strictement logique .» Le démon de la révolte n’est pas un mythe.Le démon n’est le démon que par l’effet d’une révolte, No?i serviam (10), je ne servirai point.L’impie d’aujourd’hui, l’anticlérical d’aujourd’hui s’apparente à Lucifer, justement en ce que lui aussi refuse l’obéissance.Il n’a qu’un but, qu’une préoccupation, qu’un souci: la jouissance.Et chaque jour, je vois de nouveaux transfuges se détacher de l’armée du bien, se vendre et, lâchement, passer à l’ennemi.Je pense alors malgré moi aux villes coupables; je pense au châtiment mérité (11): « Et Jéhovah dit: Le cri qui s’élève de Sodome et de Gomorrhe est bien fort et leur péché bien énorme.« Abraham, se tenant devant Jéhovah, dit: (( Est-ce que vous feriez périr aussi le juste avec le coupable ?Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville: les ferez-vous périr aussi, et ne pardonnerez-vous pas à cette ville à cause des cinquante justes qui (10) Jér.XII, 20.(11) Genèse XVIII, 23-32./ jT 1946 ÉDUCATION ET FORMATION 487 s’y trouveraient?».Jéhovah dit: « Si je trouve à Sodome cinquante justes dans la ville, je pardonnerai à toute la ville pour l’amour d’eux.» Abraham reprit et dit: « Peut-être que des cinquante justes il en manquera cinq; pour cinq hommes, détruirez-vous toute la ville?» Il dit: « Je ne la détruirai pas, si j’en trouve quarante-cinq.Abraham continua encore à lui parler et dit: (( Peut-être s’y trouvera-t-il quarante justes.» Et Jéhovah dit: « Je ne le ferai pas pour l’amour de ces quarante.» Abraham dit: « Que Jéhovah veuille ne pas s’irriter, si je parle! Peut-être s’en trouvera-t-il trente.» Et Jéhovah dit: « Je ne le ferai pas, si j’y trouve trente justes.» Abraham dit: (( Voilà que j’ai osé parler à Jéhovah.Peut-être s’en trouvera-t-il vingt.» Et il dit: « Pour l’amour de ces vingt, je ne la détruirai pas.» Abraham dit: « Que Jéhovah veuille ne pas s’irriter, et je ne parlerai plus que cette fois: peut-être s’en trouvera-t-il dix.» Et il dit: « Pour l’amour de ces dix justes, je ne la détruirai point.» Comment mieux me démontrer l’efficacité de l’intercession des saints ?Abraham uni à Dieu, par la vertu même de cette amitié, obtient un rabais considérable de la colère du Tout-Puissant.La présence de dix justes eût pu sauver, de la destruction par le feu du ciel, une ville coupable.Mais d’aussi graves infamies que celles des habitants de la Pentapole n’ont-elles pas lieu encore tous les jours ?Qui prétendrait que le péché, parmi une population mille fois accrue, n’est pas aussi mille et mille fois plus nombreux ?D'où vient donc que le feu du ciel ne fond point sur nous, sinon de la présence proportionnelle des justes, des fidèles, des croyants, des intercesseurs comme Abraham ?« On parle du champ de bataille, s’écrie un apologiste (12); et on ne sait pas où est le plus fort de la mêlée.On accuse les âmes les plus généreuses de déserter la lutte, alors qu’elles se portent au plus fort du combat.» « Quand donc comprendra-t-on, s’écriait Lucie Goyau (13), qu’une heure de vie intérieure intense, renfermée dans les bornes d’une étroite cellule, a quelque chose de plus décisif pour l’humanité que le gain de telle ou telle bataille sur l’un des plus vastes champs du globe ?» * * * Je ne cesse de m’en convaincre davantage, la contemplation, elle aussi, est apostolique; les contemplatifs, eux aussi, sont des apôtres.Aussi salué-je comme une bénédiction, comme un gage de protection et de miséricorde, la présence, parmi notre peuple, de ces modestes et silencieux asiles de la prière et de la mortification.Je salue nos Adoratrices du Précieux-Sang, nos Carmélites et nos Cisterciennes, nos Servantes du Très Saint-Sacrement, nos Servantes de Jésus-Marie, nos Visitandines et nos Cla-risses, nos Dominicaines contemplatives, nos Rédemptoristines et nos Bénédictines.Je salue nos Trappistes et nos Bénédictins comme les heureux et indispensables coopérateurs du ministère actif (14).Et je retiens que plus il y a d’apostolat à exercer, plus il y a non seulement utilité, mais besoin urgent de vie contemplative.Les contemplatifs jouent un rôle apostolique réel, efficace, conquérant.Que je les estime, par conséquent, que je les aime et que je les favorise ! (13) Journal.(14) « C’est de là que part l’éternel miséréré qui arrête en chemin les colères divines.Sans les compensations des prières virginales, la société serait continuellement tourmentée par les visites de la justice divine.» Monsabré.Conférences.Carême 1887.(12) Op.cit., p.23. 488 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars Formation familiale par l’Enseignement ménager Une expérience à Montréal par JULIETTE MIREAULT, directrice de VEnseignement ménager.Commission des Écoles catholiques de Montréal.Dans le but de résoudre un problème assez ardu, on a tenté, dans deux écoles de la Commission scolaire catholique de Montréal, une expérience dont les résultats ont dépassé tous les espoirs.On sait que le Programme des études prévoit une heure et demie par semaine pour l’enseignement ménager de la septième à la douzième année, et une heure seulement, de la deuxième à la sixième.Ce qui équivaut à six heures par mois pour les grandes élèves et quatre, pour les plus jeunes.Les titulaires de classes doivent donc retrancher de leur horaire, déjà chargé, ces six et ces quatre heures.Je m’empresse de dire que la plupart le font avec bonne grâce et dévouement.En femmes sérieuses et désireuses de donner tous les avantages possibles aux enfants qu’elles ont la tâche d’instruire, elles comprennent toute l’importance que présentent, dans l’éducation de la jeune fille, la connaissance de l’économie domestique et la pratique des devoirs d’une bonne maîtresse de maison.Quoi que puisse croire telle ou telle personne qui n’a jamais eu l’occasion d’organiser solidement un foyer, les qualités requises pour faire une ménagère adéquate ne tombent pas du ciel au moment où se prononce le oui sacramentel.Si solennel qu’il soit, ce grand oui ne donne pas la science infuse des obligations et des responsabilités de la jeune épousée.Tant d’amour, d’enthousiasme et de dévouement qui puissent fleurir en son cœur ne peuvent remplacer les connaissances même élémentaires de la bonne tenue d’une maison et des secrets culinaires.Il faut, pour son propre bonheur et celui de son mari, que l’épouse y soit préparée par l’acquisition, la culture et une certaine pratique de la science du ménage.Il est donc d’une importance capitale de doter celles qui seront des épouses et des mères, d’une éducation aussi étendue que possible; et nulle femme n’est complète si elle ignore les principes primordiaux d’où découlent l’ordre, l’économie et l’harmonie du foyer.C’est ce qu’ont compris les personnes qui sont chargées de préparer les Programmes d’Etudes pour toute la province, c’est ce qui les a incitées à enchâsser l’enseignement ménager.Encore faut-il que cette mesure soit appliquée de façon à lui faire donner le meilleur rendement possible.C’est aussi ce qui a motivé l’expérience qui fait le sujet du présent reportage, expérience faite dans deux écoles, l’une dirigée par des religieuses, l’autre, par des laïques.Qu’on me permette de remercier ici les deux directrices de ces écoles qui nous ont donné une collaboration aussi entière que gracieuse.Je veux encore dire un merci tout spécial à celle qui a agi comme professeur en cette circonstance et l’a fait avec tant de patience et de science.L’essai a été tenté de la manière suivante: Au lieu de déranger la titulaire de classe une heure et demie ou une heure par semaine, (pour élèves de sixième) on a réuni les élèves du cours ménager une fois par quinze jours, de 1 h.30à4 h.00.Ce nouvel arrangement avait l’avantage de faire bénéficier la classe régulière d’une heure de plus par mois tandis que la perte apparente d’une heure pour l’enseignement ménager était amplement compensée par la meilleure qualité du travail exécuté sans interruption pendant deux heures et demie.Ceci pour le temps.Dans une école, les élèves étaient 142 de la sixième à la neuvième année.Ce 1946 ÉDUCATION ET FORMATION 489 premier groupe était entièrement sous le contrôle de la maîtresse d’enseignement ménager.Quant au second groupe, 276 élèves, il comprenait celles de la deuxième à la sixième année; son travail était dirigé par la titulaire de classe après avoir été préparé par la maîtresse d’enseignement ménager qui, du reste, continuait la surveillance.Dans la seconde école, tout comme dans la première, les 104 élèves de la sixième à la huitième année, reçoivent, chaque quinzaine, leur cours régulier de cuisine ou de couture, sous la direction exclusive de la maîtresse d’enseignement ménager.Quant au groupe de 296 élèves de la deuxième à la sixième, un cours de couture leur est donné, chaque semaine par la titualaire de classe et, dans les mêmes circonstances qu’à la première école.Pour l’essai que nous décrivons, le travail imposé comprenait la coupe et la confection d’une pièce de couture pratique, en conformité avec le programme régulier, une reprise, des tricots ou un morceau de broderie.Dans les deux écoles, la maîtresse a réussi à remplir le plan qui avait été préparé.Chaque élève de huitième et de neuvième années est parvenue à couper elle-même son morceau de cotonnade qu’elle a cousu beaucoup mieux qu’aux cours ordinaire; en fait, avec une perfection surprenante chez une enfant si jeune, surtout si l’on se rappelle que les élèves travaillaient par groupe de vingt à vingt-cinq.Ce qui, évidemment, rendait la surveillance plus difficile.Tout l’ouvrage a été exécuté à l’école, même les boutonnières, ce que plusieurs avaient déclaré impossible, seuls les tricots et les broderies ont été terminés à la maison.En somme, le résultat de cet essai a été des plus concluants pour ce qui concerne l’avantage d’un cours donné dans un temps plus long, sans interruption, chaque quinzaine, au lieu de celui d’une heure et demie, toutes les semaines.Les personnes qui s’y connaissent ne seront pas surprises de ce succès.Il est évident qu’une couture faite immédiatement après que l’explication en a été donnée à bien plus grande chance d’être réussie que lorsque la façon de s’y prendre a été indiquée, une semaine plus tôt.Une ouvrière habituée se trouve embarassée quand elle doit reprendre un travail interrompu pendant plusieurs jours; à plus forte raison, serait-il juste d’espérer, de la part de commençantes, une grande application et un succès normal dans les mêmes conditions ?Pour le cours d’art culinaire, voici comment l’on a procédé.Les enfants étaient placées deux par deux.La recette était la même pour toutes et devait être confectionnée par chaque couple, après explication.Le plat préparé par les deux élèves a été divisé entre elles une fois la cuisson terminée et les petites cuisinières avaient la liberté de le déguster sur place ou de l’apporter à leur maman comme échantillon de leur savoir-faire; pour compléter la leçon, chaque enfant devait inscrire, dans un cahier ad hoc, la théorie et la recette, avec une petite illustration.Cette manière de procéder peut donner matière à discussion; elle n’en présente pas moins de sérieux avantages.Elle développe l’esprit d’observation chez les élèves, fixe plus vivement leur attention et permet de leur faire constater que l’art culinaire offre des difficultés.La confection d’un mets paraît facile à la fillette qui voit sa maman le réussir presque chaque jour.Mais lorsqu’on le lui fait préparer elle-même, elle ne tarde pas à s’apercevoir qu’il ne se fait pas tout seul.Qu’il s’agisse d’une tarte par exemple: ce doit être agréable et aisé de rouler la pâte et de la couvrir de fruits.Mais cette pâte ne doit ère ni trop dure ni trop molle, il faut n’oublier aucun ingrédient, pétrir assez, pas trop, bien sucrer les fruits et puis surveiller la température du four, cuire sans brûler.Bref, comme pour tout labeur, si l’on veut qu’il soit bien fait, il faut en connaître les principes.Et c’est ce que l’on s’efforce d’apprendre aux élèves.Il est clair qu’elles saisissent mieux ce qu’elles appliquent elles-mêmes que ce qu’on leur enseigne par simple démonstration.Dans ce dernier cas, c’est le professeur qui agit tandis que les élèves regardent.Mais le premier sait tandis que les autres doivent apprendre; et, le meilleur moyen d’absorber la science ést encore de la pratiquer. 490 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars A la séance hebdomadaire d’une heure et demie, l’élève n’a pas le temps de laver la vaisselle et de ranger les ustensiles et le matériel dont elle s’est servie.Pourtant, ce sont là des détails importants dans la bonne tenue d’une cuisine et qu’il faut apprendre aux enfants pour qu’elles s’en acquittent avec le soin requis.Un cours de deux heures et demie permet de s’occuper de ce point important et c’est un avantage de plus ajouté à l’essai dont je tente d’expliquer le côté pratique et possible.Pendant cette demi-jour née, dans les deux écoles, on a réussi à donner neuf leçons pratiques aux élèves de neuvième, et huit à celles de huitième, sept aux élèves de septième et quelques-unes à celles de sixième, en répartissant les leçons comme suit: Une leçon sur les légumes, les soupes, les viandes, les œufs, le poisson ou les pâtes alimentaires, les gâteaux ou les bircuits, les bonbons et les desserts au lait.Les élèves de neuvième année ont préparé un menu complet pour célébrer la fin de l’année scolaire; toutes ont participé au travail et le repas a été servi à l’école en récompense de leur application aux cours culinaires.Elles avaient invité leur maîtresse à partager ces agapes spéciales.Les élèves ont donc eu l’occasion d’apprendre comment dresser et servir une table et même recevoir quelques notions des bienséances d’un repas.Il est un point important sur lequel je tiens à insister: c’est que tout cela a été accompli moyennant le très modeste budget affecté à l’enseignement ménager par la Commission des écoles catholiques de Montréal, sans qu’il ait été nécessaire de contracter le moindre emprunt.Evidemment, pour réaliser un tel programme, tant régulier qu’occasionnel, il faut mettre en pratique les vertus qui sont l’apanage de tout éducateur intéressé au perfectionnement de ses élèves: dévouement, patience, courage, tact, science et bonne humeur.Il m’est bien agréable d’affirmer que toutes mes collaboratrices y ont apporté le meilleur d’elles-mêmes et je leur en exprime ma très vive gratitude.Un mot pour finir.Je ne puis nier que l’enseignement ménager ajouté au programme scolaire exige des sacrifices de la part des titulaires et cause du dérangement dans leur horaire, si courtes que soient les heures consacrées à l’économie domestique.D’autre part, on ne peut contester la nécessité de cette matière, dans l’éducation de nos filles.On ne peut nier, non plus, toute l’importance de la coopération que la titulaire de classe est en mesure d’apporter à la maîtresse d’économie domestique, parce qu’elle est en contact continuel avec ses élèves.Il lui est facile de leur faire entendre certains encouragements et de démontrer combien leur seront utiles les connaissances qu’elles auront acquises sur la couture, la cuisine et la tenue d’une maison.Pour un grand nombre, cela leur servira plus que d’autres matières scolaires.Et donc, son aide peut être infiniment précieuse à son collègue de l’enseignement ménager.L’essai que je viens de raconter a pour but de prévenir des ennuis qu’il est impossible d’éviter, malgré toute la bienveillance du monde, quand il faut répondre aux multiples exigences d’un Programme d'Etudes déjà chargé.On a pensé ainsi gagner du temps et ne priver les élèves d’aucun avantage.Si l’on a pu atteindre à un si bon résultat avec une demi-journée par quinzaine, que n’a-t-on pas le droit d’attendre si, selon le vif désir de personnes intéressées au développement de la culture ménagère chez nos petites filles, la demi-journée hebdomadaire était enfin mise au programme de cet enseignement ? 1946 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 491 ÉDUCATION NATIONALE A L’ÉCOLE Semaine de la fierté nationale.du 31 mars au 7 avril 1946 THÈME: L’ÉPOPÉE RURALE DU CANADA FRANÇAIS LUNDI : VOexXvre de Champlain le découvreur et de Louis Hébert le laboureur, en Acadie et au pays de Québec.Prière : Le Te Deum.Catéchisme: La foi des pionniers de l’agriculture.Lecture: Samuel Champlain, N.-E.Dionne (Extraits).Dictée: D’après le texte choisi.Hist, du Canada: L’Acadie (1604) et Québec (1608), premières terres colonisées par les blancs en Amérique.L’œuvre de Champlain à Port Royal et en Nouvelle-France.Leçons de foi, d’audace et de courage sans cesse répétées par les pionniers canadiens-français depuis la naissance du pays jusqu’à nos jours dans tout le continent.Louis Hébert, premier laboureur du sol canadien fonde le premier foyer en Nouvelle-France.Heureuse alliance de la race avec la terre canadienne qui, après trois siècles, a fait du Canada “le grenier du monde entier”.Géographie: Mot d’ordre: Situation géographique de Port Royal, de Québec.Croquis: une gerbe de blé.Pour Dieu et la Patrie.Devoirs: Chant: (Cours élémentaire) Démontrer comment Champlain a réalisé son rêve de bâtir un pays catholique et français.(Cours supérieur) Qui sert mieux son pays: l’agriculteur ou le soldat.Le credo du paysan (La Bonne Chanson).* * * MARDI : Prière: Catéchisme: Lecture: Dictée: l’Oeuvre de Robert Gijfard, premier seigneur canadien et de l’intendant Jean Talon.Le Notre Père.La charité envers le prochain.Les Relations des Jésuites (Extraits).Talon, par Thomas Chapais (Extraits).D’après le texte choisi.Hist, du Canada: Robert Giffard, premier seigneur de Beauport recrute une quarantaine de colons dans sa province natale du Perche.Son zèle colonisateur lui vaut l’honneur d’être l’un des fondateurs de la colonie française du Canada.Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France renommé par son habileté d’organisateur, groupe des villages dans le voisinage de Québec et fait tant pour le recrutement qu’en l’espace de sept ans la population se trouve doublée.L’agriculture, les industries minières, forestières, maritimes et commerciales établies par Talon permettent au Canada de se suffire par lui-même. 492 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars Géographie : Le fleuve Saint-Laurent.Mot d’ordre: Continuer l’œuvre de Talon en travaillant à la prospérité du pays.Devoirs : (Cours élémentaire) Décrire les diverses industries canadiennes établies par Talon.(Cours supérieur) Montrer comment Talon a accompli une œuvre d’une importance capitale en Nouvelle-France.Chant: Les Semailles (La Bonne Chanson).* * * MERCREDI : UOeuvre de La Corne dans l’Ouest Canadien et de Bienville en Louisiane.Prière: Louange à la Sainte Trinité.Catéchisme: Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien.Lecture: La Louisiane au temps des Français.Georges Oudard (Extraits).Dictée: D’après le texte choisi.Hist, du Canada: Le capitaine Louis Luc de La Corne, successeur de La Vérendrye fait les premières semailles dans la vallée de la rivière Carotte, en Saskatchewan.11 est le pionnier des fermiers de l’Ouest canadien.Jean-Baptiste Le Moyne, sieur de Bienville, fonde la Nouvelle-Orléans et devient gouverneur de la Louisiane en 1707.Ses trente-cinq ans d’administration lui ont valu le titre de “Père de la Louisiane”.Géographie: Situation géographique de la Louisiane et de l’Ouest canadien.Croquis: un canot d’écorce.Mot d’ordre: Travaillons à conserver notre héritage français en terre canadienne.Devoirs: (Cours élémentaire) Raconter la fondation de la Louisiane.(Cours supérieur) Démontrer l’œuvre des frères Le Moyne en Louisiane.Chant: Chanson des blés d’or (La Bonne chanson).* * * JEUDI : Madame de Repentigny et l’industrie ménagère : François Perreault et l’enseignement ménager.Prière: L’acte d’amour et de charité.Catéchisme: La vertu de force.Lecture: Les lettres, les sciences et les arts au Canada sous le Régime français, Antoine Roy (Extraits).Dictée: D’après le texte choisi.Hist, du Canada: Agathe de Saint-Père, veuve de Pierre Legardeur, sieur de Repentigny, ouvre une manufacture de toiles et d’étoffes pour venir en aide aux familles nombreuses de Montréal et montrer à la fermière canadienne à se servir du chanvre et du lin.Son courage et sa virilité lui ont valu l’éloge de ‘ la femme forte”, modèle de toutes nos mères, conservatrices de la vie française en Amérique.François Perreault, apôtre laïque, bâtit à ses propres dépens deux écoles à Québec sous le gouverneur Aylmer.Il pourvoit celle des filles de différents métiers pour y faire la toile et l’étoffe, celle des garçons d’outils de menuiserie et de charronnerie.Ce fut le père de l’enseignement ménager et des travaux manuels. 1946 ÉDUCATION ET FORMATION 493 Géographie: Mot d’ordre: Devoirs : Chant: Prière: Catéchisme: Lecture: Dictée: Hist, du Canada: Géographie: Mot d’ordre: Devoirs : Tracé de l’île de Montréal.Aime Dieu et va ton chemin.(Cours élémentaire) Dire quels bienfaits nous apporte l’enseignement ménager dans l’éducation nationale.(Cours supérieur) Faire le portrait moral de la fermière canadienne chez nos ancêtres.Le tricot de laine (La Bonne Chanson).* * VENDREDI : Trois prêtres, apôtres du sol canadien : Vabbé Pilote, Mgr Labelle et l’abbé Hébert.Le Magnificat.L’esprit de^sacrifice.Histoire du Canada depuis la Confédération, par L.-O.David.D’après le texte choisi.L’abbé François Pilote, directeur et procureur au collège Sainte-Anne de la Pocatière, attristé de voir la jeunesse canadienne émigrer aux Etats-Unis, décide d’y fonder une école d’agriculture.Son œuvre a grandi, s’est multipliée à travers la Province sous forme d’écoles spéciales d’agriculture, de fermes modèles et d’autres initiatives telles que l’école des Pêcheries et le Système de Coopération.L’abbé Antoine Labelle, curé de Saint-Jérôme, s’occupe de la colonisation pendant un quart de siècle, dans les cantons du Nord de la province de Québec et même dans les prairies du Nord-Ouest canadien.Son grand talent d’organisateur unit à ses qualités morales lui ont valu l’honneur d’être honoré de la dignité de protonotaire apostolique par Léon XIII et d’être nommé sous-ministre de la Colonisation.Il est le modèle des prêtres colonisateurs.L’abbé Hébert et les Vingt-et-un ! fondent le royaume agricole au Saguenay.Héroïsme de voyage et ténacité des premiers colons.Villes et villages de la région.Cf.Histoire du Saguenay parla Société historique du Saguenay.Librairie régionale du Saguenay.Situation géographique de la province de Québec.Croquis: une église de campagne.Encourageons nos enfants à rester les maîtres de la terre ancestrale, c’est le plus bel héritage qu’ils puissent posséder ici-bas.(Cours élémentaire) Exposer les bienfaits du clergé depuis la fondation de Québec.(Cours supérieur) , Exposer comment la paroisse constitue la meilleure sauvegarde religieuse et nationale.Les épluchettes (La Bonne Chanson).Chant: 494 r L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars Formation pédagogique La méthode des centres d'intérêt UN SUJET ADAPTÉ A LA 4e ANNÉE.par ROLAND VINETTE.D.Péd.Les articles précédents avaient un caractère plutôt théorique.Nous y avons, en effet, étudié les principes fondamentaux de la méthode des centres d’intérêt et les règles générales de la technique.Nous voudrions aujourd’hui illustrer l’application de ces principes et de ces règles à l’aide d’un exemple adapté à la 4e année.Dans un prochain article, nous apporterons un autre exemple adapté à la 6e ou à la 7e.* * * En quatrième, les enfants ont environ dix ans, plus ou moins.A cet âge, le stade des intérêts subjectifs est dépassé et a fait place à celui des intérêts objectifs; les notions de temps et d’espace se sont considérablement élargies; l’instinct social se manifeste dans la camaraderie et le goût pour les jeux collectifs.Les enfants sont alors sensibles aux contes, ils ont le goût de l’aventure et du merveilleux, ils aiment les récits de voyages et les biographies.Les garçons s’intéressent particulièrement à la mécanique.Il faudra donc tenir compte de ces intérêts dans le choix du sujet à étudier et surtout dans la manière de le réaliser.Il faudra aussi tenir compte du programme si l’on veut en concentrer les matières autour du sujet choisi.Les deux principes fondamentaux de la méthode seront ainsi sauvegardés.Un rapide coup d’œil sur le « Programme d’études des écoles primaires élémentaires )) nous suggère de faire accepter par les élèves l’organisation d’une visite de la province de Québec.Voyons comment ce sujet, assez vaste pour durer toute l’année, grouperait les matières du programme et ré- pondrait aux intérêts des élèves de quatrième année.Géographie Puisque ce sujet nous a été suggéré par le programme de géographie, voyons tout d’abord ce qu’il dit: « En quatrième année, les élèves font.une étude de la province de Québec à tous les points de vue, physique surtout, puis économique et politique.» « Exercices variés de cartographie au tableau noir et sur le cahier.» « Notions très sommaires sur le Canada et les cinq parties du monde.» « Moyens de transport et voies de communication.» Il est évident qu’un tel programme entre tout-à-fait dans les cadres de notre sujet.De plus, organisé sous forme de voyage imaginaire, ce travail répondra parfaitement aux goûts des enfants.L’étude des moyens de transport et des voies de communication, en plus de satisfaire les intérêts des garçons pour la mécanique, les mettra en communication avec le reste du Canada et les cinq parties du monde.La rencontre de tous les accidents géographiques, la visite des centres industriels et commerciaux et des édifices gouvernementaux permettront tour à tour l’étude de la Province à tous les points de vue: physique, économique et politique.La préparation de cahiers de géographie, individuels ou collectifs, favorisera les exercices variés de cartographie tout en dirigeant le goût du collectionne ment, si manifeste à cet âge. 1946 ÉDUCATION ET FORMATION 475 Il est inutile d’ajouter qu’un nombre indéfini de centres secondaires peuvent être habilement exploités: aviation, navigation, chemin de fer, agriculture, mines, forêt, etc.De plus, comme on peut le constater en consultant le Programme d’E-tudes, il sera facile de faire la revision de la matière de 3e et de préparer à celle de la 5e.L’association des connaissances se trouvera alors grandement facilitée.Histoire du Canada Le programme d’histoire du Canada de la quatrième année est ainsi rédigé: 1.— Revision du programme des années précédentes.2.— Étude de l’histoire proprement dite, en faisant d’abord celle de la localité ou de la région, pour apprendre les faits importants qui s’y sont passés, les noms remarquables qui s’y rattachent, les institutions qu’elle a vues naître.3.— Bref aperçu des régimes français et anglais.Il est certes difficile de trouver un sujet plus propice à l’étude de ce programme d’histoire qu’une visite de la province de Québec.La rencontre des monuments et des sites historiques qui couvrent notre province suffit à évoquer tous le grands noms et les grands faits de notre histoire.A titre d’exemple, signalons seulement, à Montréal: la place d’Armes et le monument de Maisonneuve, le parc Lafontaine et ses monuments de Dollard et de Lafontaine, le Grand Séminaire et ses deux tours, l’île Sainte-Hélène et ses fortifications, etc., etc.A Québec: la Citadelle et les Plaines d’Abraham, la Terrasse et le monument Champlain, et tant de monuments historiés dont les reliefs illustrent un épisode de nos chroniques; aux Trois-Rivières: le symbolique Flambeau et la série des fondateurs ou explorateurs et dans ces villes et dans un grand nombre de nos institutions, tous ces musées, grands ou petits, toutes ces collections si instructives; et nous ne parlons pas de la campagne, des vieilles églises, des anciens manoirs, des sites et des vestiges, des paysages, voire des établissements industriels où chacun peut puiser sa leçon de choses ou d’histoire.Quel plaisir pour des enfants de dix ans que de constituer un cahier d’histoire avec photos ou dessins de tous ces monuments et avec des textes personnels appropriés ! il y a de quoi satisfaire amplement le goût des contes, du merveilleux, de l’aventure et des biographies.L’instinct social sera habilement exploité et éduqué par la dramatisation de quelques-uns des événements les plus captivants.Il sera facile d’associer les connaissances d’histoire et de géographie, puisque c’est en voyageant à travers la Province que l’histoire sera étudiée.Arithmétique Il serait beaucoup trop long de reproduire ici le programme d’arithmétique de 4e année.Mais il n’y a qu’à parcourir pour constater comme on peut y satisfaire à l’aide des données de superficies, de distances et de populations.Les cartes routières, les horaires des compagnies de transport, le rapport annuel du Surintendant de l’Instruction publique et l’Annuaire statistique de la Province, voilà de quoi fournir matière à calcul à toute une classe, quel que soit le niveau de cette classe et pour plus d’une année.» En vérité l’arithmétique s’associe bien à la géographie dans notre centre d’intérêt.Langue maternelle La langue maternelle ne présente pas plus de difficulté.Qu’il s’agisse de lecture ou d’écriture, de récitation et de diction, de langage, de rédaction et de composition, de grammaire, d’analyse et de dictée, rien n’est plus facile que de choisir des textes ou des sujets traitant de la province de Québec.Les points de vue peuvent être si divers qu’il n’y a pas lieu de redouter la monotonie.La vie religieuse et sociale, économique et politique de notre Province, 496 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars ses traditions et son histoire, voilà autant de sources inépuisables de sujets de lecture, de récitation ou de composition.Religion Des matières importantes, la religion est ordinairement la plus difficile à incorporer dans un sujet profane de centre d’intérêt.La rigidité et la précision du programme de religion augmentent encore cette difficulté.Elle n’est cependant pas insurmontable.Ainsi, le programme de quatrième année comprend les prières suivantes: avant l’examen de conscience, après la confession, avant la communion, après la communion.Or, toutes ces prières peuvent fort bien être étudiées à l’occasion d’une cérémonie qui marquera le départ de nos voyageurs ou encore, une visite au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré.A la même occasion, on peut facilement étudier les chapitres du catéchisme qui traitent de la confession, de la communion et de la messe.Quant à la seule prière qui reste au programme, la manière de faire le chemin de la croix, elle peut être étudiée à l’occasion d’une visite aux sanctuaires du Cap-de-la-Madeleine, du Lac-Bouchette, de la Tour-des-Martyrs ou à l’occasion d’une simple visite au cimetière.Quand on aura épuisé toutes les associations rendues possibles par nos traditions ef nos fêtes, par la visite de nos sanctuaires, de nos églises et de nos institutions, par l’étude de notre organisation et de notre vie religieuses, il restera bien peu de chapitres du petit catéchisme et de l’histoire sainte qui n’auront pas été vus.Dessin, chant et solfège Nous groupons ensemble ces matières parce que nous pouvons dire de chacune d’elles ce qui a été dit au sujet de la langue maternelle: rien ne s’oppose à ce que la matière des leçons soit puisée à même nos choses et nos chants.Connaissances scientifiques usuelles Comme on pourra le constater à la lecture du Programme d’études, toute la partie qui traite de la zoologie, de la botanique et de l’industrie se rapporte aux choses de chez nous.Seule la première partie qui étudie les éléments d’anatomie humaine ne nous semble pas liée directement au centre d’intérêt choisi.Économie domestique Cette matière, dont le programme est trop détaillé pour être reproduit ici, peut être facilement associée à l’une ou l’autre des phases de notre centre d’intérêt: coutumes familiales, artisanat, spécialités régionales ou locales, etc.Agriculture On conçoit facilement que cette matière, quel que soit le programme de l’année concernée, puisse être associée sans effort à un centre d’intérêt sur la province de Québec dont la vie agricole est aussi importante qu’intéressante.Que reste-t-il à voir du programme de quatrième année ?Bien peu de chose, et cependant, vous n’avez là que les suggestions d’une seule tête qui n’a pas consulté d’autres documents que le Programme d'études.Que sera-ce quand 30 ou 40 élèves auront fouillé, pendant quelques semaines, brochures, livres, revues, journaux, etc.?Le maître sera littéralement submergé par le flot continu des projets et suggestions de ses élèves.Il n’aura plus qu’à contenir et à diriger leur activité débordante.et à trouver l’espace nécessaire à l’exposition de tous leurs travaux.Les principales étapes d’une telle expérience pourraient être marquées par une exposition, une séance, une visite réelle, des causeries d’élèves, etc.Chacun conserverait de magnifiques albums illustrés, fruit de son travail personnel.Tous auraient travaillé dans la joie et avec amour et le programme tracé et d’éducation sociale, civique, religieuse et nationale aura été consciencieusement rempli. 1946 ÉDUCATION ET FORMATION 497 Formation professionnelle L'école Normale par UNE URSULINE DE MÉRICI.Les sujets traités dans les articles précédents amènent naturellement à présenter aujourd’hui l’école normale, dont l’existence ne saurait être qu’en fonction de l’école urbaine ou de l’école rurale.Les écoles normales sont donc des institutions organisées en vue de procurer une solide formation pédagogique aux jeunes gens ou aux jeunes filles qui se destinent à l’enseignement primaire dans notre province.Peut-on mettre en doute la nécessité de ces établissements ?Quelle est la carrière qui n’exige du candidat une préparation spéciale au rôle qu’il doit jouer ainsi qu’aux difficultés qu’il doit vaincre ?Aussi à l’heure actuelle, avons-nous dans notre province 79 écoles normales dont 36 pour jeunes filles, 27 pour religieuses, 14 pour religieux et 2 pour jeunes gens.Elles sont fréquentées par 5132 étudiants réparties comme suit: 4230 jeunes filles, 244 religieuses, 431 religieux et 227 jeunes gens.Les écoles normales sont autonomes; elles doivent toutefois suivre le même programme et se soumettre à des règlements identiques.Chacune est dirigée par un principal, nommé par le Lieutenant-Gouverneur en conseil, sur recommandation du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, c’est la tâche du principal de veiller à la bonne administration de la maison, à l’efficacité de l’enseignement, à la formation intellectuelle et morale des élèves et de donner une attention particulière à la pédagogie.Les écoles normales de garçons supposent encore un assistant-principal et un certain nombre de professeurs religieux et laïques, ordinaires ou adjoints, nommés par le Lieutenant-Gouverneur en conseil.Chez les jeunes filles, la communauté religieuse dont relève l’institution, doit nommer une directrice qui, sous l’autorité du principal, voit à la discipline générale de l’école et, au besoin, à l’administration économique de la maison.Les écoles normales de filles ne comptent ordinairement qu’un professeur laïque, l’enseignement étant assumé par les membres de la communauté chargée de l’établissement.Les scolasticats-écoles normales de religieux et de religieuses suivent les mêmes programmes et les mêmes règlements que les écoles normales de laïques, sauf quelques dispositions relatives surtout aux examens centralisés, ils sont aussi soumis à la visite de l’Inspecteur général des écoles normales.Le jeune homme qui se destine à l’enseignement est admis à l’école normale après avoir terminé la onzième année.Son cours d’étude dure trois ans et se divise en deux: le cours complémentaire (deux ans)» et le cours supérieur.Le cours des élèves-institutrices est de quatre ans: et comprend un cours élémentaire de deux ans, un cours complémentaire et un cours supérieur.Sur présentation d’un certificat de neuvième, dixième ou onzième année, de l’école primaire, ou après examen, l’aspirante normalienne peut être admise, soit au cours 498 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars élémentaire, première ou deuxième année, soit au cours complémentaire.Aucun brevet n’est délivré à moins d’un séjour de deux ans à l’école normale.Notons, toutefois, que les bacheliers et bachelières de nos universités jouissent deconditions spéciales d’admission.Une école d’application qui comprend généralement toutes les années du cours primaire élémentaire et complémentaire, même, en certains endroits, une dixième année, est attachée à chacune des écoles normales.Futurs professeurs et futures institutrices, sous la direction de leurs professeurs de pédagogie, s’y exercent à l’enseignement.Et voilà pour l’organisation et le fonctionnement.Mais quelle influence l’école normale exerce-t-elle auprès des jeunes qui viennent y chercher lumières et directives pour l’avenir ?Un foyer de culture intellectuelle, telle se révèle chacune de nos écoles normales.Pour y obtenir un brevet, normaliens et normaliennes doivent d’abord préciser et compléter leurs connaissances.Un programme officiel assez chargé leur dispense « des clartés de tout », clartés auxquelles viennent s’ajouter, durant les loisirs, nombre de perfectionnements.Signalons telle organisation littéraire, tel cercle du bon parler, tel cercle des jeunes naturalistes» tel groupe de la bonne chanson, des conférences, des concerts, des auditions de disques, des auditions radiophoniques, des projections lumineuses, l’étude du chanl grégorien, du chant profane et de la musique, les classes-promenades, la visite aux expositions missionnaires ou agricoles, aux fermes expérimentales, les cours de diction et de culture physique, l’initiation à l’art dramatique, la composition de sketchs.etc.L’école normale étant surtout une école de formation professionnelle, la pédagogie, après la religion, s’y avère de suprême importance.Des cours de pédagogie et de psychologie appliqués à l’éducation offrent la théorie indispensable à l’art de bien enseigner; on étudie les meilleures méthodes qu’on expérimente ensuite dans les leçons modèles.Les classes d’application sont suivies d’un échange de vues où l’on met en commun remarques et suggestions inspirées par une critique avant tout constructive.Les cercles pédagogiques affermissent et complètent les principes reçus.En outre, dans nombre d’écoles normales, s’organisent des soirées pédagogiques mensuelles où l’on débat les questions de l’heure, où l’on étudie les problèmes que le milieu fait surgir.En plusieurs endroits, les inspecteurs d’écoles invitent les normaliennes à assister à leur conférence d’automne, ou mieux leur donnent une conférence spéciale, initiation fort appréciable à la carrière en perspective.Dans plusieurs écoles nor-' males les élèves visitent des classes de campagne à plusieurs divisions.Les normaliennes ont même le privilège, en certaines régions, de faire une ou plusieurs journées d’enseignement à l’école du rang; expérience qui peut épargner bien des déboires aux débutantes.Normaliens et normaliennes des villes ne sont pas moins bien partagés.Lorsque la communauté qui les dirige assume aussi la charge d’écoles paroissiales, scolastiques et élèves-institutrices, peuvent facilement y faire un stage fructueux.Les élèves des écoles normales ne demeurent pas étrangers à l’activité des associations de professeurs ou d’institutrices; le contact avec les anciens, par les amicales, les cercles d’étude ou les revues» contribue à leur donner une idée claire de l’existence qui sera bientôt leur partage.Mais si l’école normale s’en tenait à tout ce travail, elle formerait sans doute 1946 ÉDUCATION ET FORMATION 499 de bons professeurs, de bonnes institutrices; il leur manquerait pourtant, à tous, ce qui fait l’âme du métier: l’esprit foncièrement chrétien et le souci d’apostolat.Si l’on veut que « la jeunesse continue à s’abreuver à cette source sacrée de l’enseignement chrétien qui a fait la grandeur et la force de notre population )) selon la parole de l’honorable Orner Côté, ne faut-il pas pénétrer l’école normale d’une atmosphère profondément religieuse ?Dans les explications et les réflexions du maître, dans sa manière d’appliquer la discipline, on doit retrouver la préoccupation religieuse; sans cesse la religion doit régir ses pensées, ses sentiments et ses actions, en un mot, la religion lui doit vraiment être une vie.Par les catéchismes, les conférences et les instructions, où l’on appuie sur les vertus propres à l’état enseignant, par les cercles d’étude liturgique, la J.E.C., les congrégations de la sainte Vierge, etc., normaliens et normaliennes acquièrent cette solide formation religieuse sans laquelle ils ne seront qu’airains sonnants et cymbales retentissantes.La méthodologie catéchistique est donc l’objet d’une attention toute particulière et le matériel à la disposition des élèves, soigneusement adopté.Au point de vue social, l’école normale n’est pas moins bienfaisante.Outre les moyens de former à l’apostolat déjà énumérés et qui, en définitive, tournent au bien de la société, les élèves trouvent matière à formation dans l’ordre national ou même économique en étudiant ou observant le fonctionnement des caisses populaires, des coopératives, des cercles de fermières ou de l’U.C.C., des équipes d’études familiales, en suivant les leçons de secourisme, les cours spéciaux d’agriculture et d’enseignement ménager, en participant à l’organisation des jeux, à la rédaction du journal de l’école, etc.Les sciences ménagères sont à l’honneur dans la section féminine où elles contribuent à l’esprit familial.Des faits nombreux pourraient témoigner en faveur de cette heureuse influence de nos écoles normales, au point de vue intellectuel, pédagogique, moral et social; toutefois pour recevoir une formation complète, il paraît indispensable que les candidats à l’enseignement suivent le cours en entier.A la fin de ses études, la normalienne munie d’un brevet voit s’ouvrir une seule route: la carrière d’institutrice.Le normalien peut devenir d’abord professeur d’école primaire, puis, pourvu qu’il ait un certain nombre d’années d’enseignement et passe des examens spéciaux, professeur d’école normale ou inspecteur d’écoles: toutes les promotions de l’enseignement primaire lui sont accessibles: ne voit-on pas d’anciens normaliens de Jacques-Cartier ou de Laval occuper actuellement les plus hautes fonctions au Département de l’Instruction publique ?Comme toute œuvre humaine, l’organisation et le programme des écoles normales restent perfectibles.Cependant tous ceux qui s’intéressent à la pédagogie sont heureux de connaître quel travail immense a été accompli en ce domaine par les autorités compétentes.« Eprouvez et retenez ce qui est bon », nous dit saint Paul.Nos écoles normales construisent sur des bases solides.Elles adoptent, des méthodes modernes, tout ce qui s’harmonise avec notre idéal catholique et français; par leur modeste influence elles contribuent au progrès de notre peuple en préparant les ouvriers de sa génération. Si vous vous apercevez qu’un enfant n’a pas dit la vérité, ne le taxez pas trop vite’de menteur; évitez une généralisation hâtive.Car il faut distinguer mensonge objectif et mensonge subjectif.Il y a parfois des enfants timides qui ne savent pas s’exprimer.Il y a aussi de pauvres enfants plus ou moins mythomanes qui sont les victimes de leur imagination.Vous avez toujours intérêt pour les premières fois à considérer le mensonge comme une erreur d’optique et à dire à l’enfant: Si vous vous apercevez que l’enfant abuse de votre confiance, alors, mais alors seulement, dites-lui que vous la lui retirez et montrez-lui que désormais vous vous croirez obligé de vérifier chacun de ses dires.Abbé G.Courtois, (« Pour réussir auprès des enfants »). 1946 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 501 SUGGESTIONS PÉDAGOGIQUES Tests diagnostiques Langue française MORPHOLOGIE ET SYNTAXE PREMIÈRE PARTIE: de l’adjectif et du pronom N.B.— Les exercices qui suivent ne constituent pas véritablement des tests diagnostiques; ils nen sont que des échantillons.Le diagnostic complet exigerait, dans chaque section ou sous-section, un nombre plus considérable d’exercices du même genre, lesquels, par leur multiplicité, élimineraient un plus grand nombre d’erreurs fortuites de toutes sortes, étrangères à la fin propre du test, c’est-à-dire l’inventaire des connaissances acquises sur un point donné et, du même coup, le dépistage des erreurs à corriger ou des notions incomprises, quant à leurs applications pratiques.Par l’intermédiaire d’une revue pédagogique, il devient ainsi matériellement impossible de fournir plus que de simples illustrations de lests diagnostiques.Dans le travail qui suit, nous vous présentons deux séries d’exercices qui pourront être donnés avec bénéfice à quelques semaines d'intervale.Tous les mots qui doivent être soulignés pour indiquer la réponse seront écrits en caractères gras.DEUXIÈME et TROISIÈME ANNÉES Orthographe : 1.C dur et C doux.Inscrivez entre les parenthèses le numéro du mot où le C ne se prononce pas comme dans les trois autres mots.1) cave, 2) coco, 3) cube, 4) cela.(4) 1) cendre, 2) col, 3) cire, 4) cinq.(2) 1) cadran, 2) conduite, 3) cité, 4) cuivre.(3) 1) colon, 2) centre, 3) cigale, 4) citron.(1) 1) curé, 2) colombe, 3) cabane, 4) ciment.(4) 2.Le G.Inscrivez entre les parenthèses le numéro du mot où le G ne se prononce pas comme dans les trois autres mots.1) gage, 2) galette, 3) genou, 4) goutte.(3) 1) gêne, 2) gélatine, 3) gendre, 4) gauche.(4) 1) gilet, 2) gare, 3) gomme, 4) guerre.(1) 1) gâteau, 2) girafe, 3) guide, 4) goudron.(2) 3.Le G ou le J.Au bout de chaque ligne, écrivez le seul mot qui ne commence pas par la même lettre que les trois autres mots (G ou J).1) .ambe, 2) .ardin, 3) .énéral, 4) .ustice.général 1) .élatine, 2) .eudi, 3) .irouette, 4) .enou.jeudi 1) .upon, 2) .endorme, 3) .erbe, 4) .irafe.jupon 1) .ournal, 2) .ut/, 3) .eune, 4) .este.geste 1) .oujou, 2) .elure, 3) .uge, 4) .ambon.gelure 502 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars Vocabulaire : 1.Les synonymes.Ecrivez entre les parenthèses le numéro du mot qui n’a pas le même sens que les deux autres mots.1) instruit, 2) savant, 3) pieux.(3) 1) actif, 2) dissipé, 3) travaillant.(2) 1) fragile, 2) fort, 3) solide.(1) 1) élève, 2) écolier, 3) étude.C3) 2.Les antonymes.A chaque ligne, soulignez les deux mots qui ont un sens contraire.blanc, rouge, noir, couleur.pesant, léger, long, étroit.rond, gros, grand.petit, large.élevé, bas.épais.Grammaire : 1.L’adjectif qualificatif.1.A chaque ligne, trouvez un adjectif qualificatif (mot de qualité) et inscrivez-en le numéro entre les parenthèses placées au bout de chaque ligne.1) marche, 2) étroit, 3) grosseur.(2) 1) bonté, 2) travail, 3) paresseux.(3) 1) grand, 2) pauvreté, 3) franchise.(1) 1) couleur, 2) bleu, 3) peinture.(2) 2.Le genre et le nombre.Mettre entre parenthèses, quand c’est nécessaire, les lettres qu’il faut enlever aux adjectifs suivants pour les rendre masculins et singuliers.grande (e), longues (ues), petits (s), misérable, faibles (s), travaillante (e), seuls (s), habiles (s), délicates (es), grosses (ses), large, basses (ses), cruels (s), noirs (s), anciennes (nés), pointue (e).3.Accord de l’adjectif qualificatif.Pour chaque phrase, trouvez l’adjectif correctement orthographié et inscrivez-en le numéro entre les parenthèses placées au bout de chaque ligne.L'âne et le mulet sont 1) têtu, 2) têtus, 3) têtues.(2) On aime les fdlettes 1) polis, 2) poli, 3) polies.(3) Elles ont des gants 1) neuf, 2) neuves, 3) neufs.(3) Le feu et l’eau sont 1) ennemis, 2) ennemi, 3) ennemies.(1) 4.Grammaire théorique.Quand la phrase est vraie, soulignez le mot vrai, quand elle est fausse, soulignez le mot.faux.Les noms masculins sont toujours des noms d’homme.vrai, faux Les noms féminins sont toujours des noms de femme.vrai, faux Le verbe est un mot qui exprime une qualité.vrai, faux Le pluriel dans les adjectifs se forme comme dans les noms.vrai, faux Le nom propre commence par une lettre majuscule.vrai, faux Analyse : Écrivez votre réponse en un mot au bout de la ligne.Dans la phrase suivante, trouvez un adjectif: Pierre est un élève obéissant .Trouvez un adjectif masculin pluriel: La petite Marie a des gants neufs.Trouvez un adjectif masculin singulier: Jean est aussi habile que Louis.Trouvez un adjectif féminin singulier: Andrée est plus aimable que son petit frere .obéissant neufs habile aimable 1946 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 503 QUATRIÈME et CINQUIÈME ANNÉES Orthographe : 1.Partant de chacun des mots suivants, formez un adjectif qualificatif terminé par able.Réalité.réalisable Société.sociable Mépris.méprisable Remarque.remarquable Effacer.effaçable Excuse.excusable Pratique.pratiquable Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.lui qui a perdu notre balle.C’est, ces, ses Elle a retrouvé .parents.C’est, ces, ses La poule prend soin de .poussins.C’est, ces, ses .livres appartiennent à Cécile.C’est, ces, ses 3.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.Hier, ils .sont encore battus.Ce, se .ballon est crevé.Ce, se Quant à lui, .sont ceux qu'il préfère.Ce, se Ils ne savent .qu'ils font.Ce, se Ils vont .revoir un jour.Ce, se Vocabulaire : 1.Les synonymes.Ecrivez entre les parenthèses le numéro de l’adjectif dont le sens ressemble le plus à celui de l’adjectif qui est placé au commencement de chaque ligne.Habile.1) capable, 2) rapide, 3) vif.(1) Franc.1) véritable, 2) bon, 3) sincère.(3) Exact.1) mesuré, 2) précis, 3) droit.(2) Choquant.1) honteux, 2) fâcheux, 3) triste.(2) 2.Les antonymes.Écrivez entre les parenthèses le numéro de l’adjectif dont le sens est contraire à celui de l’adjectif qui est placé au commencement de chaque ligne.Semblable.1) égal, 2) contraire, 3) nul.(2) Lâche.1) dangereux, 2) brave, 3) mortel.(2) Triste.1) malheur, 2) malade, 3) joyeux.(3) Tranquille.1) agité, 2) docile, 3) obéissant.(1) 3.Les dérivés.Écrivez entre les parenthèses le numéro du mot qui sert à former les trois autres.1) content, 2) contenter, 3) mécontent, 4) contentement.(1) 1) douceur, 2) adoucir, 3) doux, 4) adoucissement.(3) 1) bonté, 2) bon, 3) boni, 4) abonnement.(2) 1) aimablement, 2) amabilité, 3) aimable, 4) ami.(4) Gra mmaire : 1.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.Nous sommes .frères.Tout, tous, toutes Nous avons vu des loups .blancs.Tout, tous, toutes La nuit, .les chats sont gris.Tout, tous, toutes Elle était .en sueur.Tout, tous, toutes Les nouvelles sont .à la guerre.Tout, tous, toutes 2.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.est votre anniversaire de naissance?.Quel, quelle, quels .conduite ridicule vous avez !.Quel, quelle, quels .sont vos devoirs pour ce soir ?.Quel, quelle, quels Nous ignorons .est sa peine.Quel, quelle, quels 504 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mar* 3.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot adjectif quand le mot ce est adjectif, et soulignez le mot pronom quand il est pronom.Voilà ce quil ne sait pas.Adjectif, pronom.Ce cheval est malade.Adjectif, pronom Ce beau pays est le nôtre.Adjectif, pronom Ce doit être Pierre qui a fait cela.Adjectif, pronom 4.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conv iendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.Elle est sans .ressource.Aucune, aucuns, aucunes Il n’a .entrailles.Aucune, aucuns, aucunes Elle ne ma rendu .soins.Aucune, aucuns, aucunes 5.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.Ces livres me coulent vingt-cinq sous.Chacun, chacuns, chaque .de ces livres me coûte vingt-cinq sous.Chacun, chaque, chaques .livre me coûte vingt-cinq sous.Chacun, chacuns, chaque.6.Dans chaque ligne, il n’y a qu’un seul pronom.Soulignez-le.mon, sa, le tien, celle.se.leurs, quaire, deuxième, une, cent, même.chacun.7.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot adjectif, quand leur est adjectif et soulignez le mot pronom, quand leur est pronom.Ils se parlèrent de leurs succès.Adjectif, pronom Il leur adressa alors la parole.Adjectif, pronom Ces deux frères ont perdu leur père.Adjectif, pronom Il leur fit la charité.Adjectif, pronom 8.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.Le roi et le berger sont .après la mort Mon père et ma mère seront.Pierre et Marie sont.Louis et Jean sont.égal, égaux contentes, contents prudents, prudente obéissant, obéissants 9.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.On aime les enfants.obéissants, obéissant Ces enfants sont bien.obéissants, obéissant En .ils se feront aimer.obéissants, obéissant 10/Quand le mot souligné est article, soulignez le mot article; quand il est pronom, soulignez le mot pronom.Nous Y avons consolé dans ses peines.Article, pronom As-tu revu les mêmes personnes ?.Article, pronom Vous le suivrez jusque chez lui.Article, pronom Il a trouvé les objets perdus.Article, pronom Nous les avons vus sortir.Article, pronom Grammaire ; Écrivez en un mot votre réponse au bout de la ligne.Quel est, dans la phrase qui suit, l’antécédent de qui ?Le chien lèche la main qui le frappe.main Dans la phrase qui précède, trouvez un pronom personnel:.le La nature répond à ceux qui Vinterrogent Dans la phrase précédente, trouvez un pronom complément indirect.ceux Dans la même phrase, trouvez un pronom complément direct.1’ 1946 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 505 SIXIEME et SEPTIEME ANNEES Orthographe : 1.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.J'aime Henri, mais je connais .défauts.C’est, ses, s’est, ces .vous qui auriez dû venir.C’est, ses, s’est, ces Nous avons visité .maisons-ci.C’est, ses, s’est, ces Il .pourtant souvent trompé.C’est, ses, s’est, ces .choses-là ne sont pas bonnes à dire.C’est, ses, s’est, ces Simone .brisé une jambe.~r.C’est, ses, s’est, ces .nous qui sommes les vrais coupables.C’est, ses, s’est, ces Partir, .mourir un peu.C’est, ses, s’est, ces 2.Au bout de chaque ligne, soulignez l’expression qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.souvent besoin d'un plus petit que soi.on a, on n’a .que ce que l'on mérite.on a, on n’a .pas souvent vu chose pareille.on a, on n’a .frappé à la porte.on a, on n’a Au bout de chaque ligne, soulignez l’expression qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.L’homme n'est malheureux que .il est méchant.parce que, par ce que Il ne vient pas .il est malade.parce que, par ce que On est souvent jugé .l’on fait.parce que, par ce que Je me tais .j’ai tort.• ¦ • parce que, par ce que Je suis instruit .vous dites.parce que, par ce que 4.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.Dites-moi .vous allez.ou, où Choisissez l'un .l’autre .ou, où Nous ignorons le jour .nous mourrons.ou, où Il leur fallait vaincre .mourir.ou, où D' .venez-vous "é.ou, où 5.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.Il monte .cheval.a, à Nous partirons demain .huit heures.a, à Le Canada .produit de grands hommes.a, à Un cœur pur est agréable .Dieu.a, à Il.reçu sa récompense.a, à 6.Au bout de chaque ligne, soulignez le mot qui conviendrait à l’endroit indiqué dans la phrase.Cette rivière est navigable .sa source.des, dès Le nombre .étoiles est infini.des, dès Il se lève .l'aurore.des, dès Les feuilles .arbres tombent.des, dès Vocabulaire : 1.Donnez à chacun des mots définis le numéro de la définition qui lui convient.1) Une réunion d’arbres abattus.batteur (2) 2) Celui qui bat.battu (5) 3) Une réunion de canons.battage (4) 4) L'action de battre les grains.batteuse (6) 5) Celui qui reçoit des coups.batterie (3) 6) Une machine à battre.abatage (9) 7) Mettre tout à fait à bas, abaisser.abatis (1) 8) Lieu où l'on abat les animaux de boucherie.abattoir (8) 9) L'action d'abattre . ' * \ Rapporteur N.P.— La notion de secteur et d’arc demeure fort abstraite si l’élève ne sait se servir d’un rapporteur.On peut se procurer cet instrument pour quelques cenls.D’ailleurs l’élève peut facilement s’en fabriquer un en carton.En effet, un rapporteur est tout simplement un demi-cercle.La construction d’un rapporteur donne lieu à toute une série d’exercices sur les secteurs et les arcs.L’élève aime agir.Il est très intéressé par ce travail.Muni de son rapporteur, l’élève peut se construire une foule de graphiques circulaires: temps consacré à chaque matière durant la journée.Portion de sa vie passée a) à dormir, b) à manger, c) à jouer, d) à travailler.Age des élèves.N.B.— Le graphique circulaire n’est pas très employé.Sa lecture est quelque peu difficile.Par exemple dans la figure 3 on ne voit pas à première vue la position des équipes.Le but du graphique est de concrétiser des données; ce résultat est habituellement mieux obtenu par le diagramme à rectangle (fig.5).Pourcentage du revenu dépensé pour différents items.nourriture Fig.1.— Moyenne pour un revenu de $1,800.Fig.2.—Moyenne pour un revenu de $10,000.Trouver l’angle au centre et la longueur de l’arc.1 i Solutions: Salaire $1,800.(Fig.1): % 360° X 40 Nourriture: = 144° 100 360° X 25 Loyer: = 90° 100 360° X 13 Habits: = 46 °48' 100 360° X 7 Assurances: = 25 °] 2 ' 100 360 ° X 7 Dépenses courantes: = 25°12' 100 360° X 5 Imprévu: ——- = 18° 100 360° X 3 Épargne: -—— = 10°48' 100 II Salaire $10,000.(Fig.2): 360° X .15 = 54° 360° X .16 = 57 °36' 360° X .15 = 54° 360° X .09 = 32024' 360° X .20 = 72° 360° X .12 = 43 T2' 360° X .13 = 46 °48' 1946 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 539 I % Quelle sera la grandeur du secteur représentant le classement de chacun des clubs de la ligue nationale.(Classement plus bas.) Un point égale 2°30'.Fig.3 Solution: Royal.36 points environ Ottawa.27 “ Québec.22 “ Valleyfield.22 “ Shawinigan.20 Hull.10 “ Classement ligue nationale (6 janvier 1946) PJC)G(2) P(3) N(4) P(5) C(6) Pts(7) Canadien: 24 14 7 3 80 61 31 Chicago: 24 14 7 3 108 85 31 Boston: 22 10 6 6 79 73 26 Détroit: 23 10 8 5 71 64 25 Toronto: 28 7 18 3 71 100 17 Ranger: 24 5 15 4 62 88 14 144 (1) Parties jouées.^ (2) Parties gagnées.(3) Parties perdues.(4) Parties nulles.(5) Total des points en tout.(6) Total des points entrés contre l’équipe.(7) Points du classement (G =2 pts; N = l?pt) III Si l’on veut représenter par un graphique à secteur les vitesses indiquées ci-dessous, quelle sera la grandeur de chaque secteur (1 mille = 25' environ).VITESSE RECOR» MONDIALE (or/on) 1905 (90) AVAWS.9UËRRE RSiW (125) 1913 WBS3KÊBÊ 1923 1939 - (265/ ?0 50 100 150 200 250 300 350 AOQ « ILLE9 A L'HEURE Fig.5 1903 = 12°30’ 1923 = 110 °25’ 1913 = 52° 5’ 1933 = 187 °30’ IV Solution: Il faut diviser les 360° entre les 144 points.Chaque point sera donc représenté par 2°30’.Canadien: Chicago: Boston: Détroit: Toronto: Ranger: 2°30’ X 31 = 77°39' 2 °30’ X 31 = 77 “SO' 2*30’ X 26 = 65° 2°30’ X 25 = 62 o30' 2°30’ X 17 = 42 °3f)' 2°30’ X 14 = 35° II Donnez le classement de la ligue senior d’après le graphique donné (fig.4).2°40’ = 1 point environ.Dans une classe de 24 élèves, d’après le graphique à secteur (fig.6), quel est le nombre d’élèves qui ont 13 ans, 14 ans, 15 ans, 16 ans, 17 ans ?Solution: Fig.6 13 ans: 14 ans: 15 ans: 16 ans: 17 ans: 24 X 30 360 24 X 90 360 24 X 135 360 ' 24 X 60 360 24 X 45 360 = 6 = 9 = 4’ = 3 43.-t ir 540 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars Exercices sur ia racine cubique Extraire la racine cubique des nombres suivants: I II III IV 21952; 39304; 85184; 658503 I 21'952 20 8000 8 13952 28 202 X 3 = 1200 20 X 3 X 8 = 480 82 = 64 1744 13952 II 39'304 30 27 000 4 12 304 34 302 X 3 = 2700 30 X 3 X 4 = 360 42 = 16 3076 12304 III 85184 40 64 000 4 21 184 44 402 X 3 = 4800 40 X 3 X 4 = 480 42 = 16 5296 21184 IV 658'503 80 512 000 7 146 503 87 8 O2 X 3 = 19200 80 X 3 X 7 = 1680 72 49 20929 146503 HUITIÈME ANNÉE ALGÈBRE Représentation géométrique de quelques puissances algébriques Qu’auriez-vous répondu ci une telle question ?Réponse.— Dieu a créé l’homme libre.Or, l’homme n’est pas infiniment parfait; s’il peut user de sa liberté, il peut aussi en abuser.Le mal vient précisément de cet abus de la liberté, tandis que le bien vient du bon usage de la liberté.Pour avoir le bien méritoire, produit du bon usage de la liberté, Dieu permet le mal, abus de la liberté.Prenons une comparaison: un fabricant sait fort bien, en mettant sur le marché une voiture automobile, qu’elle se brisera un jour ou l’autre puisqu’elle n’est pas parfaite.Ce qu’il envisage pour le moment, ce n’est pas la voiture brisée mais le bien qu’il en retirera lui-même et le service qu’elle rendra à autrui.Direz-vous que sous prétexte qu’un accident peut lui arriver sous peu, il vaudrait mieux qu’il ne la fabrique pas ?Evidemment non.Ainsi, ce que Dieu a voulu, c’est le bien de la liberté qui fait la noblesse et la grandeur de l’homme.Sous prétexte que l’homme pourrait, un jour ou l’autre, abuser de sa liberté en faisant le mal, Dieu aurait-il mieux agi en ne la lui donnant pas ?Supposer qu'un enfant refuse de déjeûner, de dîner et de souper pendant trois jours et en devienne malade.La faute est-elle à sa mère qui s’est donné la peine de préparer ses repas et a tout fait pour le faire manger, ou à lui qui s’est entêté bêtement ? J 566 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars Le bon Dieu ne veut pas le mal.Pour laisser à l’homme l'usage de sa liberté, il permet le mal qui arrive lorsque l’homme fait mauvais usage de cette liberté.Sous prétexte que l’homme doit mourir, Dieu aurait-il mieux fait de ne pas lui donner la vie ?Comme la vie, la liberté est un grand bienfait de Dieu et tous les jours nous devons le remercier de nousdes avoir donnés.La meilleure preuve de reconnaissance que nous pouvons lui donner, c’est de ne jamais abuser de notre liberté en faisant le mal.IX Question.— Comment guérir tes enfants menteurs ?Réponse.- Quelles sont les causes qui portent l’enfant à mentir?Des tests de psychologie expérimentale démontrent que 72% des enfants qui mentent le font par crainte, 7.6% par intérêt, 5.7% par étourderie, 3.7% par paresse, 3.5% par imagination, 2.6% par méchanceté, 2.6% par altruisme, et 2.3% pour divers motifs dont souvent le mauvais exemple qu’ils reçoivent de part et d’autre.Si la crainte est le plus fort mobile du mensonge chez l’enfant, c’est donc à la guérison de ce grand malaise que doivent tendre nos efforts.Le premier baume à appliquer, ne serait-ce pas de cultiver chez l’enfant une confiance, non pas aveugle mais raisonnée.Il faut ensuite s’efforcer d’éveiller et de développer chez lui, par l’enseignement théorique et surtout par des faits réels concrets, le culte du vrai et le sentiment de l’honneur.Ces deux remèdes agissant à la fois produisent, dans la plupart des cas, une amélioration certaine et durable.Ce motif de crainte se rattache à tout motif d’émotivité de l’enfant, la peur, par exemple.Aux maîtres de faire attention aux émotifs, aux nerveux excessifs, à toute réaction qui provient d’un état vraiment maladif chez l’enfant.Les autres causes se suppriment par ce même procédé ou par tout autre propre à combattre l’égoïsme, l’irréflexion ou la fausse conception de la charité due au prochain.Toutefois pour être vraiment fructueux, ces remèdes doivent porter sanction: pardon généreusement accordé pour une faute avouée, ou sévère punition fermement appliquée pour tout manquement à la franchise.Subordonnons ces moyens humains à la grande méthode surnaturelle: la-présence et la justice du Dieu qui sait tout, qui voit tout et qui sanctionne tout.Nous réussirons plus sûrement encore.Surtout, ayons soin d’être vrais nous-mêmes, en tout, partout et toujours.L’exemple prêche plus fort que les plus beaux discours.Combien d’enfants ont de formidables maîtres et modèles de mensonge dan» leur milieu.Faisons tout ce qui dépend de nous pour réagir contre ces influence» néfastes.Soyons maîtres et modèles de la vérité. 1940 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Le cercle d'étude 557 Quel est le sujet d’étude pour ce soir?TUTELLE vs LIBERTÉ —- Voilà un titre pour le moins énigmatique et fort prometteur, surtout lorsqu’on parle d’éducation.Sans ambages, la plupart d’entre nous déclareront avoir déjà trop souffert de la tutelle en éducation pour oser même s’arrêter à ce mot.On semble presque faire bloc solide autour de la liberté.Cependant quelques-uns se permettent de différer d’opinion et optent en faveur de la tutelle.Lequel des deux partis l’emportera?Attendons et nous verrons bien ! — Et d’abord, définissons les termes.Qu’est-ce que la liberté?— La liberté dans son sens le plus large est la détermination consciente du sujet, c’est-à-dire indépendante de toute coaction, de faire tel ou tel acte.— Que voulez-vous dire par indépendante de toute coaction ?— Une force extérieure quelconque qui entraverait la faculté qu’a l’homme de décider par lui-même de ses actions.— Maintenant que nous avons défini, n’est-il pas lieu de diviser?— Certainement.Toutes les sortes de libertés peuvent se ramener à deux catégories: liberté de droit naturel; liberté de droit positif.Nous admettrons avec Bossuet, que le bon usage de la liberté, quand il tourne en habitude s’appelle vertu et que le mauvais usage de la liberté, quand il tourne aussi en habitude, s’appelle vice.D’où nous concluons que le péché est un abus de la liberté.— La liberté peut-elle être entravée ?On est libre ou on ne l’est pas?— Pardon.Plusieurs agents intérieurs et extérieurs entravent la liberté: comme la peur, la passion, la crainte, etc.— Mais nous n’avons pas défini le mot tutelle ?— Disons que généralement ce mot est employé dans un sens péjoratif.L’auteur d’un fameux dictionnaire, Bescherelle, nous dit que quelqu’un est en tutelle quand il est gêné et contraint par quelque personne qui a pris une grande autorité sur lui, en sorte qu’il ne peut pas faire librement ce qu’il veut.—-Comment interprétez-vous tutelle dans le cantique, 0 Vierge tutélaire?— Le même Bescherelle ne dit-il pas que tutelle vient du latin tutella qui signifie d’abord puissance protectrice; puis du verbe tueri qui signifie défendre, protéger.C’est dans ce sens que certains auteurs pédagogiques l’entendent lorsqu’ils préconisent la tutelle en éducation.Pour les fins de discussion opposons tutelle à liberté et prenons le mot tutelle dans son sens défavorable.— Le maître et l’élève, voilà deux libertés en présence.L’enfant et sa liberté seront l’objet de notre étude, car l’éducateur ne doit jamais oublier qu’il doit être le tuteur de la liberté de l’enfant sans mettre celle-ci en tutelle.— Quand doit commencer l’éducation de la liberté ?— L’éducation de la liberté doit commencer dès l’âge préscolaire pour atteindre son plein épanouissement vers la fin de l’adolescence.A l’âge préscolaire, c’est-à-dire de 0 à 7 ans, il faut dans le début faire un choix pour l’enfant, en lui apprenant petit à petit à faire le sien.A cet âge, on doit laisser faire seul à l’enfant tout ce qu’il peut faire seul.Ce premier apprentissage est très important, nécessaire même à l’apprentissage plus complet qui doit suivre.— A ce sujet, il est très intéressant de lire, de 0 à 7 ans, par monsieur l’abbé Victorin Germain. 558 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mars — Mais pour nous, il s’agit de l’école.Que faut-il faire ?— Il faut procéder en vertu des mêmes principes.— Exemple ?— Au début vous n’avez qu’à faire un choix conforme aux goûts de l’enfant, un choix qui déclenche facilement son activité, un choix auquel il adhère spontanément.La confiance, à cette époque, joue un rôle de premier plan.Aussi est-il très important de ne pas disproportionner les valeurs.A cet âge il faut traiter les enfants selon leur développement physique et intellectuel.Il faut apprendre aux enfants à se passer de nous petit à petit.Tout éducateur doit se considérer, plus comme chargé d’assurer l’épanouissement d’une personnalité naissante que comme un revendicateur et un témoin de l’autorité.Il doit viser à se rendre de moins en moins nécessaire aux éduqués afin que ces derniers puissent vivre correctement sans lui.— N’empêche qu’avec tout cela, c’est notre liberté qui décide et non la sienne?— Parfaitement.— Quel mal y a-t-il ?Pour former la liberté, croyez-vous qu’il faille s’en remettre au règne du caprice ?— C’est exactement le point que je voulais faire préciser.Pour former la liberté, il n’est pas nécessaire que les libertés s’opposent et s’affrontent, il faut au contraire qu’elles s’unissent et collaborent.C’est l’enfant qui apprend à marcher, c’est tout de même sa mère qui le lui montre en l’incitant chaque jour davantage.— C’est facile pour les petits, mais quand vous arrivez à l’âge impossible de l’adolescent ?— Même principe avec adaptation spéciale aux circonstances de temps, de lieu et de personnes.Il y a la manière et il y a le moment.Il faut choisir le bon moment.— Un autre volume très instructif et très intéressant sur ce sujet est celui du chanoine Delbrel.Il développe par le menu cette triple devise: Les comprendre, les aimer, les guider.— L’un des moyens les plus efficaces à cet âge, c’est de leur confier, le plus possible, des responsabilités.C’est une preuve d’estime et d’affection à laquelle ils ne résistent pas.¦—-Georges Duhamel,dans son livre intitulé: Le jardindes bêtes sauvages implore la pitié pour tous les adolescents du monde.Le cœur d'un adolescent, dit-il, est d'un enfant, malgré sa voix qui mue.Ce grand écrivain estime qu’on ne peut être de véritables éducateurs si on ne scrute à fond les problèmes de l’adolescence.— Jusqu’où peuvent aller ces responsabilités ?— Je vous répondrai dans le même sens que tout à l’heure en vous citant le Pere Alcantara Dion: il dit, « que la participation libre de l’élève à sa formation n’implique pas du tout qu’il doive être l’auteur, seul ou avec d’autres, du règlement de son école, car bien que cela pourrait lui donner quelque initiative, cette pratique est très blâmable, car les adolescents ne sont point en état de savoir exactement ce qui leur convient et ce qui ne leur convient pas.—- Et les récréations?— Gardons le thème, puisque c’est le sujet choisi pour le prochain cercle d’étude.— Mais à part les règlements et la récréation, il y a moyen de leur laisser beaucoup d’initiative, de responsabilités et de libertés.Par exemple, qu’un d’entre eux organise la collecte du Sou de la Survivance dans son école.Qu’un certain nombre d autres conduisent une petite étude sur la paroisse.Qu’un comité voit à créer un climat familial dans la classe.Que les élèves ornent leur classe à leur goût, etc.U y a, en particulier, tout le domaine de l’Action catholique, etc., etc.— Le maître peut encore laisser à ses élèves la liberté d’expression sur différents sujets.Leurs petites erreurs elles-mêmes contribueront à leur formation.— Comme vous le voyez, il y a mille et un moyen de cultiver la liberté des enfants tout en la respectant parfaitement.Comme toutes les autres facultés, la volonté a besoin d être disciplinée.C’est un travail de longue haleine qui se fait par 1 élève, sous la direction éclairée et aimante du professeur.— A bon entendeur, salut ! 1946 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 559 Vous connaissez le catéchisme pittoresque ?RÉCIT D'UNE EXPÉRIENCE FAITE EN DEUXIÈME ANNÉE pur Sr M.de Ste DOMETILLE s.c.i.m.Me serait-il permis de verser au dossier une expérience vraiment intéressante ?Nommée à une classe de deuxième année sans avoir jamais enseigné à d’aussi jeunes élèves, je redoutais particulièrement le catéchisme.Un prêtre me rassura.« Vous n’avez, me dit-il, qu’à prendre le Catéchisme 'pittoresque (1) de l’abbé Germain.» J’ai voulu suivre son conseil.* * * Lorsque la Directrice en prit connaissance, elle se reprocha de n’avoir pas, plus tôt, mis entre les mains d’enfants aussi jeunes un volume qui, par un choix si varié d’histoires et de gravures, facilite autant les leçons.— « Vraiment, me dit-elle, ils n’hésiteront pas à troquer le catéchisme diocésain contre celui-là; c’est le livre idéal pour les petits.» Ce fut, en effet, un vrai bonheur pour ces enfants de recevoir chacun leur nouveau catéchisme.Je leur permis de parler, et je fus à même d’entendre des exclamations comme celles-ci, jaillissant de tous côtés: — Quel beau livre ! Mère l’avait bien dit.— Des images partout, as-tu vu ?— Des histoires aussi ! —Ah ! moi, j’aime tellement cela ! — Regarde cette page, c’est le ciel tout petit.—- Connais-tu toutes ces bêtes-là?Y étaient-ils toutes dans le paradis ?— On va en apprendre dans ça ! — Comme ça va être plaisant, cette année ! Que je suis contente ! Moi, je vais le savoir tout le temps.— Moi, je savais mes leçons, mais je regrette pas Vautre, pareil, etc., etc.C’était charmant de les entendre.• Tous avaient grande hâte de montrer leur manuel à papa et à maman.Us en firent, du reste, si bien l’éloge que bon nombre de parents me dirent combien ils étaient contents de voir que leurs enfants se faisaient un point d’honneur de savoir toujours leur leçon.— C’est, par cette matière, ajoutaient-ils, que commence maintenant leur étude à la maison.* * * Des semaines, des mois ont passé sans que l’ardeur se ralentisse; au contraire, tous aiment de plus en plus leur catéchisme.Je ne donne jamais la leçon trop longue, à leur avis.Au quinze décembre, ils savent parfaitement 335 réponses.Je fais la récapitulation depuis une semaine, et je passe, chaque jour, une heure tout-à-fait délicieuse; j’ose croire qu’il en est ainsipoureux, parce qu’ils sont toujours surpris quand j’annonce la fin de la leçon.(1) Germain, abbé Victoria, Catéchisme pittoresque à l’usage des commençants, de leurs parents et de leurs maîtres, conforme au programme officiel (septembre 1938) de l’enseignement primaire élémentaire de la province de Québec, 60e mille: 180 pages, 180 gravures, 586 questions et réponses, 20^sous, franco, chez l’auteur, 680, chemin Ste-Foy, Québec, et chez les principaux libraires.¦ «Kg™ 1$; 5ti0 L’ENSEIGNE MENT PRIMAIRE mars Il faut entendre les appréciations.Je les consigne telles que je les ai reçues, sauf les fautes ! — Mère, avec ce livre-là, j’ai toujours hâte d’étudier ma leçon; Vautre, je le trouvais donc difficile ! Aussi, j’ai pleuré souvent en l’apprenant.—• Moi, quand je vais chez grand’-maman, j’apporte mon catéchisme; puis, ma tante me le demande.Je ne le manque jamais; ça leur fait plaisir.— Papa dit que je suis bien chanceux d’avoir un beau livre comme cela; il voudrait être petit comme moi.Le soir, quand je sais ma leçon, il lit des histoires plus loin et me les conte ; puis j’aime tellement ça ! — Je voudrais, moi, que ce catéchisme soit plus gros; on garderait le même tout le temps; je ne veux plus changer.* * * Un garçonnet remarque que je n’ai pas raconté la dernière histoire du chapitre de la Sainte Trinité.Il essaie de la lire, mais ne parvient pas à en saisir le sens et me dit:
de

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