L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mai 1951, Mai
Vol.X N° 9, mai 1951, QUÉBEC.SOMMAIRE ÉDUCATION ET FORMATION Editorial, Reconnaissance à Marie Cécile Rouleau, p.674 — Un nouveau Catéchisme, Omer-Jules Desaulniers, surintendant de l'Instruction publique, p.675 — L'Assompdon de la Bienheureuse Vierge Marie, Son Excellence Mgr Georges-Léon Pelletier, Évêque de Trois-Rivières, p.679 — La promulgation du Dogme de l'Assomption de Notre-Dame, Georges Huber, p.681 — Maman Marie, Notre-Dame des petites besogne-, Paul-Henri Cari^nan, ptre, p.700—-Assumpta est, Gabrielle Patry, p.701 — Marialisation du catéchisme, J.-E.Paquin, p.702.LEÇONS-TYPES Religion : lre et 2e années, p.707 ; 3e et 4e années, p.707 ; 5e année, p.710 ; 6e année, p.713 ; 7e année, p.716 ; 8e à 12e année, Jules Falardeau, p.720.Langue française : lre année, p.722 ; 2e année, p.723 ; 3e année, p.724 ; 4e et 5e années, p.725 ; 6e et 7e années, p.730 ; 8e et 9e années, p.738 ; 10e, 11e et 12e années, p.744.Langue seconde : 5e, 6e et 7e années, La méthode directe de Conversation anglaise, Gertie Kathleen Hart, p.748.Mathématiques : lre année, p.751 ; 2e année, p.751 ; 3e année, p.752 ; 4e année, p.753 ; 5e année, p.754 ; 6e et 7e années, p.755 ; 8e et 9e années, p.756 ; 10e, 1 Ie et 12e années, p.757.Histoire du Canada et Géographie : lre, 2e et 3e années, p.760 ; 4e et 5e années, p.764 ; 6e et 7e années, p.769 ; 8e et 9e années, p.772 ; 10e, 11e et 12e années, p.775.TRAVAUX MANUELS Niche pour statuette, p.779 ; Niche, deuxième suggestion, p.780.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Cours de vacances, pour le Personnel enseignant, Omer-Jules Désaulniers, p.781 — Université Laval, cours d'été, p.782 — Journée de l'arbre dans les Ecoles, p.783 ^ anadian Passenger Association, Billets spéciaux à prix réduit pour Professeurs et Étudiants, 3e page de la couverture — Ainsi vécut Marie, 4e page de la couverture.ATTENTION ! Vers le 15 juin « L’Enseignement primaire » publiera un numéro hors-série, propriété du titulaire contenant le texte du Nouveau Catéchisme.Ce Catéchisme en librairie au cours du mois d’août sera en vigueur dans les écoles dès septembre prochain.Les années du cours concernées par cette édition seront clairement indiquées dans ce numéro spécial.Ne partez pas pour vos vacances sans apporter ce document important.C.R. 674 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ma ÉDITORIAL.AMOUR et RECONNAISSANCE à MARIE par CÉCILE ROULEAU, directrice.En cette fin d'année scolaire marquée du Dogme de VAssomption de la très sainte Vierge Marie, il convient d'adresser au Ciel une prière reconnaissante et de raviver notre dévotion envers la Mère des mères, notre Mère.Est-ce à dire qu'il fallait cette déclaration solennelle pour que nous invoquions avec ferveur Notre-Dame de l'Assomption transportée par les anges, en corps et en âme, dans Véternelle demeure de son Fils bien aimé ?Etait-ce nécessaire que le chef actuel de la chrétienté.Sa Sainteté le Pape Pie XII, déclarât, objet d'un dogme, ce passage d'une vie terrestre, célestement vécue, à la vie glorieuse, seule vraie Vie, pour aimer Marie ?Dans une province catholique comme la nôtre, il serait difficile d'envisager V indifférence, ne serait-ce que d'un baptisé, envers notre Mère du Ciel.Que l'on n'ait pas le coeur réchauffé par l'amour de la « Mère du Bel Amour )), cela ne peut se concevoir.Ces démonstrations ont permis à tous les voués à Marie de vibrer à l'unisson, d'extérioriser ce sentiment commun d'admiration et d'amour, cette conviction unanime et profonde par un acte de foi solennel prononcé par Rome et répété par l'univers chrétien.Ajoutons à cela un acte de reconnaissance: Reconnaissance envers Dieu le Saint-Esprit qui a fait de Marie le temple de notre Rédemption ! Reconnaissance envers Dieu le Fils qui nous a donné sa Mère en disant au disciple de l'amour: (( Voilà ta mère )) ! Reconnaissance envers Dieu le Père qui a permis l'entrée glorieuse de Marie dans Véternelle félicité ! Reconnaissance envers la Trinité Sainte qui a éclairé et inspiré le vicaire du Christ.Je vous invite donc à prendre connaissance du magnifique reportage des cérémonies qui ont marqué, à Rome, la Promulgation du Dogme de l'Assomption de Notre-Dame.L'esprit et le coeur tout pleins de Marie, avec la Direction de « L’Enseignement primaire )), vous lui direz merci.Il y a dix ans, en effet, nous implorions Marie pour mener à bonne fin la lourde tâche qu'on nous confiait alors.Invoquée sous le vocable de Notre-Dame de la Protection, celle-ci nous a dispensé ses faveurs et ainsi, a favorisé des réalisations extraordinaires; réalisations que vous serez à meme de constater à nouveau dans un prochain numéro, alors qu'une vue d'ensemble du travail effectué dans cette décennie sera présentée A Marie, amour et reconnaissance ! Cécile Rouleau. 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 675 Un nouveau Catéchisme.par OMER-JULES DESAULNIERS, surintendant de VInstruction publique._ A Le 1er décembre 1942, l’assemblée des Archevêques et Evêques de la Province confiait à une commission présidée par S.Exe.Mgr Desranleau le soin de refondre le texte du catéchisme en usage dans nos écoles.Cinq ans plus tard, c’est-à-dire en 1947, cette commission présentait un premier projet, élaboré au cours de plus de 200 séances plénières sans compter le travail de recherches personnelles fourni par chacun de ses membres.Dans chaque diocèse, divers comités de théologiens et d’éducateurs religieux et laïques furent priés d’étudier ce projet et de soumettre les suggestions jugées opportunes.Ces suggestions furent ensuite colligées, étudiées et le texte modifié à la lumière de ces observations.Aujourd’hui, j’ai le très grand honneur de présenter les fruits de ce labeur aux éducateurs de la province de Québec.Sans aucun doute il vous tarde d’apprendre en quoi la nouvelle présentation du catéchisme diffère de l’ancienne.Auparavant, il me semble opportun d’expliquer brièvement les raisons de cette transformation, entreprise pour répondre au voeu général des éducateurs.Ceux-ci, en effet, trouvaient difficile de faire assimiler aux enfants du cours élémentaire la matière du traité catéchistique jusqu’ici en vigueur.Ils soumettaient respectueusement que la présentation en était trop abstraite, que beaucoup de réponses étaient trop longues et que certains points de doctrine n’étaient pas suffisamment développés.D’autre part, les éducateurs demandaient que le nouveau manuel de catéchisme fît davantage appel à l’affectivité de l’enfant, utilisât la méthode inductive plutôt que la méthode déductive, l’emploi du style direct dans les questions et les réponses et, surtout, l’adaptation au nouveau programme d’études élémentaires.Ces seules raisons auraient pu justifier la Commission d’entreprendre son gigantesque travail.Mais il y avait plus, beaucoup plus que le besoin d’une simple adaptation pédagogique correspondant aux développements de cette science: il y a les buts d’ordre surnaturel qui ont surtout orienté la Commission dans son travail.En effet, n’eût été la certitude morale qu’un nouveau manuel rédigé’ à la lumière des développements modernes de la pédagogie et de la psychologie puisse permettre d’atteindre plus sûrement le hut de l’école catholique qui est de (( tendre, de toutes façons, à réaliser chez l’enfant, la conformité avec Jésus-Christ dans les pensées, les jugements et les actions )) (Cf.prog., p.27), on n’aurait pas voulu imposer à toute notre population, enseignante et enseignée, la rude épreuve de s’adapter à un nouveau texte et, ce qui paraît plus difficile encore, à un nouvel esprit. 676 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai LE NOUVEAU CATÉCHISME Dans le nouveau catéchisme, la doctrine est évidemment la même.Aussi, dans l’ensemble, on a essayé de suivre autant que possible le texte du manuel actuel.Les divisions diffèrent cependant, car on a voulu qu’elles soient conformes au nouveau programme de religion.Les voici: 1ère partie: Ce qu’il faut croire: le Je crois en Dieu.2ème partie: Ce qu’il faut faire: les Commandements.Sème partie: Ce qu’il faut avoir: la grâce, les vertus, les dons.4ème partie: Ce qu’il faut employer: les sacrements, la prière.De plus, tout au long du catéchisme, on fait ressortir la grande importance de la vie surnaturelle.Tout le texte est centré sur ce point vital de la doctrine et de la morale catholiques.PREMIÈRE PARTIE : 1° Les articles du Je crois en Dieu sont strictement suivis et clairement expliqués (Cf.Catéchisme du Concile de Trente); 2° En outre ces articles sont placés dans un ordre logique et facile.Ainsi: ?) Les leçons sur le péché sont renvoyées à la 2e partie, après les Commandements; ?) Des leçons sur la Création de l’homme, sur son élévation à la vie surnaturelle, sur la chute d’Adam et d’Eve et sur le péché originel sont ajoutées.On a souligné l’ordre surnaturel voulu par Dieu dès le commencement du monde et corrigé, par ce procédé, l’asymétrie du catéchisme actuel; c) Les leçons sur l’Incarnation et la Rédemption sont plus développées et plus précises; d) Le chapitre de l’Eglise, l’un des plus importants et des plus difficiles, a été l’objet d’une attention spéciale; l’ordre hiérarchique y est clairement exposé et fait l’objet de cinq leçons au lieu d’une seule dans le catéchisme actuel; e) Les fins dernières sont expliquées avec le douzième article du Je crois en Dieu: La vie éternelle.DEUXIÈME P VRTIE : Vous constaterez un supplément de doctrine.En effet: 1° Tous les commandements sont centrés sur le grand commandement de l’amour de Dieu et du prochain; on lui consacre une leçon complète et on le rappelle à chaque commandement de Dieu; 2° Chaque commandement est traité séparément sous l’aspect positif et surnaturel et non seulement sous le signe du péché; 3° Une grande attention a été apportée au 3e et au 4e commandements de Dieu, en précisant bien le sens du 3e et en analysant le 4e pour répondre aux besoins de notre temps; ainsi, outre l’énumération des devoirs des enfants et des parents, on y a spécifié les devoirs des employés et des employeurs, des citoyens et des gouvernants; 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 677 4° L’étude des 6e et 9°, des 7e et 10e commandements de Dieu est faite séparément pour bien distinguer les fautes extérieures et intérieures comme le fait si bien le texte de l’Exode; 5° Les commandements de l’Église sont traités séparément afin de faire connaître la loi de l’Église avec plus de clarté et inspirer le respect de son autorité; 6° Dans la rubrique Ce qu’il faut éviter, on présente quatre leçons sur les sortes de péchés et une cinquième traite exclusivement de la Conscience.Si les commandements sont des moyens d’aller au Ciel, éviter le péché en est un autre.TROISIÈME P\RTIE : 1° Deux leçons, i.e.vingt-quatre réponses traitent de la Grâce, ce qui est beaucoup plus complet que dans le catéchisme actuel; 2° On traite aussi des vertus surnaturelles et des dons du Saint-Esprit, formant ainsi une belle synthèse de tout l’organisme surnaturel dont il est si important de faire saisir la richesse.Cet ordre est, de plus, conforme à la Tradition et au traité de saint Thomas d’Aquin.Dans le catéchisme actuel, on parle des vertus et des dons en cinq endroits différents.QUATRIÈME PARTIE : 1 ° On a insisté sur la valeur surnaturelle et pratique des sacrements, surtout pour le Baptême, ja Confirmation et VOrdre en y rattachant la vie de la sainte Église catholique.Une leçon spéciale est consacrée à la Vocation; 2° V’Eucharistie, la Pénitence et le Mariage, ces sacrements qui doivent être particulièrement bien connus de tout le peuple chrétien, ont été traités de façon dogmatique, claire et pratique; 3° Dans les prières, on a expliqué avec beaucoup de clarté celles du peuple et des enfants: le Notre Père, le Je vous salue Marie et l’on termine par le Rosaire, dans la récitation duquel la population catholique de notre pays attend beaucoup pour la paix du monde si menacée actuellement; 4° Comme appendice, on a ajouté une leçon sur ce qu’il faut faire pour vivre saintement tous les jours, dans les diverses circonstances de la vie, les dimanches et fêtes d’obligation, chaque mois, chaque année, durant la maladie et à l’heure de la mort.LE TEXTE a Les rédacteurs se sont inspirés des trois lois de l’Evangile même, reproduites dans les directives pédagogiques générales du nouveau programme d’études.1° Loi d’adaptation à la nature de l’homme, à la mentalité particulière delà population et à la vie surnaturelle d’âmes régénérées; 2° Loi d’unification en ne démontrant qu’une idée à la fois, de façon à ne pas disperser l’attention des enfants ni affaiblir l’impression qui doit dominer en vue d’un effort volontaire et d’une résolution que la leçon doit préparer.3° Loi de progression en procédant par étapes selon le développement intellectuel et affectif des élèves et l’ordre des vérités à enseigner, d’ou: progression dans les connaissances acquises, dans la maturité affective et dans l’exposé doctrinal. 678 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai On s'est aussi efforcé de ne pas perdre de vue que le manuel présenté est destine a des enfants.Aussi: ^ 1° On a évité: a) Tout ce qui rappelle la casuistique, le système; b) Les mots abstraits, didactiques, scolastiques ou peu usuels; c) Les réponses trop longues, celles qui contiennent deux idées ou des explications; d) Les tournures de phrases (questions) utilisant le substantif au heu du mot d’action; 2° On a cherché à poser des questions précises n’exigeant qu’une seule réponse.Ainsi, 300 questions environ sont des dédouble-ments des^ anciennes.Voilà qui justifie le nombre imposant des VJ2 numéros du présent manuel.Le texte à apprendre est pratiquement le même quant à la substance; s’il y a plus de questions, elles sont plus faciles à mémoriser; 3 Dans la plupart des cas, la question n’est plus répétée dans la réponse.Celle-ci a un caractère spontané et direct, tout en exigeant la réflexion.La vérité a apprendre est contenue dans la question et l’enfant est obligé de comprendre et de réfléchir avant de répondre.Aucune réponse n’est donnée par un oui ou un non.Par cette méthode, si la question est comprise, il n y a qu’une seule réponse exacte possible; f La plupart des réponses ne dépassent pas deux ou trois lignes; elles sont ainsi plus faciles; 5 L année du cours que concerne chaque point de doctrine est indiquée par le chiffre correspondant placé avant chaque question; ^ 1 6 Afin de faire passer la théorie dans la pratique immédiate, chaque leçon se termine par une résolution ou par une prière.CONCLUSION Ln parcourant le texte du nouveau catéchisme, j’aime à croire que vous aurez, comme moi, l’impression qu’il est une simplification du catéchisme actuel, qu il cherche a 1 alléger et non à l’alourdir par des additions et des explications savantes.Dans mon humble opinion et dans l’opinion de ceux qui l’ont lu, il amélioré le texte ancien, le complète, le précise et le rend plus facile.Le texte de ce nouveau manuel — sujet encore à de légères modifications — vous parviendra par l’intermédiaire de votre revue “L’Enseignement primaire'” de juin, c est-a-dirp un peu avant la publication du manuel officiel qui sortira des presses en août, et sera alors revêtu de l’approbation de Nos Seigneurs les Archevêques et Eveques de la Province.Nous avons adopté cette procédure aim de vous permettre d’en prendre connaissance durant les vacances d’été et de pouvoir 1 etudier à loisir dans l’intérêt de vos élèves.Enfin, chers éducateurs, s il est une matière dans laquelle votre enseignement ne doit pas accuser de faiblesse, c’est bien celui de la religion.Je vous exhorte donc a vous préparer avec un soin particulier à utiliser ce nouveau manuel à fond des septembre prochain.Sans doute, vous aurez quelque peine à vous dissocier du texte ancien, fortement imprimé dans votre esprit depuis votre enfance.De at*’ 7wrS eProuverez des difficultés à vous adapter au nouvel esprit du manuel.Mais 1 enort vaut d’être tenté.La vie surnaturelle de vos élèves en est le prix.Je vous souhaite un succès égal à la grandeur de la tâche ! OMEK-Jl LES DESAULNIERS, surintendant de VInstruction publique. 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 679 L'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie par Mgr GEORGES-LÉON PELLETIER, Evêque de Trois-Rivières.La Direction de “L’Enseignement 'primaire”, toujours soucieuse de collaborer efficacement à la formation de la jeunesse, consacre le présent numéro à l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, en relation avec la définition dogmatique de l’an dernier.Initiative excellente, qui mérite des félicitations et portera des fruits.La proclamation du dogme de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie aura marqué l’Année Sainte 1950, d’une sorte de point culminant célèbre à jamais dans l’histoire de l’Eglise.Se faisant l’écho de la croyance bi-millénaire des chrétiens, répondant à la demande générale des enfants de l’Eglise, explicitant une vérité révélée, le Souverain Pontife Pie XII, glorieusement régnant, a défini solennellement que la Sainte Vierge était au ciel en corps et en âme.Voici ce texte saisissant qui commande à notre foi: « C’est pourquoi, après avoir adressé à Dieu d’incessantes et suppliantes prières, et invoqué les lumières de l’Esprit de vérité, pour la gloire du Dieu tout-puissant, qui prodigua sa particulière bienveillance à la Vierge Marie, pour l’honneur de son Fils, Roi immortel des siècles et Vainqueur de la mort et du péché, pour accroître la gloire de Son auguste Mère et pour la joie et l’exultation de l’Eglise tout entière, par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul et par la Nôtre, Nous proclamons, déclarons et définissons que c’est un dogme divinement révélé que Marie, l’immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste » (1).Tous ceux qui furent les bienheureux témoins de cet événement indescriptible qui s’est déroulé au matin de la Toussaint 1950, sur le portiqup de Saint-Pierre de Rome, n’oublieront jamais l’émotion qui les étreignait.Cette scène tenait plus du ciel que de la terre.Tous nous assistions comme ébahis devant tant de splendeur, transportés vers l’au-delà et remplis d’une joie indicible.Communiant de toute son âme à cette gloire que la terre conférait à la Mère de Dieu, cette multitude, confondue dans l’action de grâces, avait l’impression de prendre une part glorieuse au couronnement de la Reine de l’Assomption.Alors que le Souverain Pontife, de sa voix prenante, lisait l’acte de la définition, nous obligeant désormais à croire que Marie, Mère de Dieu, Immaculée dans sa conception, se trouve vivante au ciel et en son corps et en son âme glorifiés, nous étions tous portés à répéter les mêmes paroles.C’était ainsi marquer l’envie qui nous hantait de souligner à notre divine Mère combien nous voulions sa gloire; et que le couronnement décerné par l’Église militante, était un écho de filial amour à la glorification qui salua jadis son entrée triomphale dans le royaume des élus.A son tour, notre terre parlait comme le ciel: (( Quelle est donc celle-ci (1) « Munificentissimus Deus », 1er février 1950. 680 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai qui apparaît comme l’aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil, mais terrible comme une armée rangée en bataille )) (2).Et, pendant que du regard, nous scrutions le ciel, dans notre cœur ému revenait la vision du disciple bien-aimé: (( Un grand signe apparut dans le ciel, une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête )) (3).• Combien cette définition vient à son heure.Pour confondre le rationalisme qui réduit la destinée de l’homme aux horizons terrestres, l’Église ne cesse d’ouvrir des perspectives sur le ciel; à un moment où l’on doute de l’homme jusqu’au désespoir, ne convient-il pas de chanter dans Marie glorifiée en son âme et en son corps, la réussite parfaite de la grâce; pour parer au faux mysticisme qui tente de voiler l’au-delà, ne devient-il pas plus nécessaire encore d’insister sur nos fins dernières; quand l’idolâtrie de la chair vient profaner le corps, n’est-il pas urgent de rappeler à tous que ce même corps est le temple de l’Esprit-Saint et que Dieu ambitionne de le glorifier ?L’apothéose du 1er novembre dernier, qui s’est déroulé au cœur de la chrétienté, doit se continuer dans nos vies.Cette joie du couronnement aura été sincère si chacun, par son christianisme rayonnant, vient ajouter un fleuron à l’auréole de Notre-Dame.Marie, gloire de Jérusalem, joie d’Israël, honneur de notre peuple (4), nous sollicite avec bonté de grandir à son école.Comprenons donc avec elle, qu’il faut repasser dans notre cœur ce qui est dit du Christ (5).Aimons l’Église comme elle l’aime elle-même.Servons le Seigneur comme elle l’a servi elle-même.Embrassons la vie de prière, de pénitence et de sacrifice, comme elle l’a tant de fois demandé.Aimons notre prochain comme elle aime le monde dont chacun est son enfant.Débordons de charité envers ceux qui ont besoin, afin d'imiter un peu celle qui, du haut du ciel, distribue à profusion les richesses infinies de la Rédemption.Soyons enfin des apôtres de la miséricorde divine.« Nous vous avons accompagnée de tous les vœux possibles quand vous montiez vers, votre Fils, et que nous vous avons suivie, du moins à distance, o Vierge bénie ! Que votre bonté fasse connaître au monde la grâce que vous avez trouvée auprès de Dieu.Obtenez par vos saintes prières, le pardon des coupables, la guérison des malades, la force aux âmes faibles, la consolation aux affligés, le secours et la délivrance à ceux qui sont en péril )) (6).Reine de l’Assomption, notre jeunesse écolière veut vous suivre, protégez-la; les éducateurs et les éducatrices s’emploient à bâtir une génération selon votre cœur, aidez-les.Unis dans la Croisade du Rosaire, les fidèles de toute notre province s’agenouillent quotidiennement pour vous adresser votre salut préféré, soyez leur vie, leur douceur et leur espérance.f Georges:Léon Pelletier, Evêque de Trois-Rivières.(2) Cantique des cantiques, 6, 10.(3) Apocalypse, 12, 1.(4) Judith, 15, 10.(5) S.Luc, 2, 19.(6) Saint Bernard. 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 681 La promulgation du Dogme de l'Assomption de Notre-Dame par GEORGES HUBER, Rome.Rome, novembre 1950.« L’événement le plus important de l’histoire de l’Église contemporaine depuis le Concile du Vatican )) : c’est ainsi que Son Éminence le cardinal J.C.McGuigan, archevêque de Toronto, définit la promulgation du dogme de l’Assomption de Marie en corps et en âme au ciel.Pour Son Éminence le cardinal J.Pizzardo, préfet de la Sacrée Congrégation des Séminaires et Universités, il voit dans la proclamation de l’Assomption une pierre milliaire de la dévotion mariale: une étape qui marque tout à la fois un point d’arrivée, après la définition de la Maternité Divine au Concile d’Éphèse (431)’ et de l’immaculée Conception au siècle dernier (1854), et un point de départ vers un nouvel essor de la théologie et de la piété mariales.« Esprits et cœurs tout pleins de Marie )>.Les deux princes de l’Église firent ces déclarations au cours du congrès mariologique international, qui, dans la ville éternelle, préluda à la définition solennelle du dogme.Ne convenait-il pas de préparer les pèlerins présents à Rome et les fidèles de la ville éternelle au grand événement du 1er novembre, par un ensemble d’exposés sur (( le rôle de Marie dans le dogme, la liturgie et la vie de l’Eglise )) ?Le congrès, qui pendant six jours siéga à l’Athénée Pontifical du Latran, comporta trente-deux sections de travail, dont l’une, des théologiens et mariologues canadiens, et plus de deux cent cinquante conférences et rapports.Une atmosphère de liesse insolite régnait à la séance d’inauguration, à laquelle prirent part le Sacré Collège, le corps diplomatique accrédité près du Saint-Siège et une foule d’ecclésiastiques et de laïques.On sentait l’approche d’une grande fête, on en goûtait d’avance les joies et les parfums.Parlant du bonheur procuré par la présence glorieuse de Marie à tous les habitants du ciel, le poète Dante s’exprime ainsi: Vidi .ridere ima bellezza che letizia Era negli occhi a tutti li altri.(Je vis sourire une beauté qui était une joie dans les yeux de tous les autres).« Une vision semblable, observa le cardinal Pizzardo dans son discours d’inauguration du congrès, se présente maintenant à mes yeux, en présence de cet auditoire d’élite dont l’esprit et le cœur sont tout pleins de Marie.)) Marie, Salut du peuple romain.Cette joie mariale devait, quelques jours plus tard, à la veille de la proclamation du dogme, briller et chanter au grand jour, dans la grandiose procession qui conduisit, des hauteurs antiques du Capitole au parvis de la basilique du Vatican, l’icone de Marie Ô82 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai vénérée dès le moyen âge sous le vocable de Salus populi romani: Marie, salut du peuple romain ! Image d’autant plus chère au peuple fidèle que c’est devant elle, dans la Capella Borghese de la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, que le Pape actuel célébra sa première messe le 3 avril 1899.La procession dura plus de trois heures.Clergé régulier et séculier, associations religieuses masculines, hommes et jeunes gens, séminaristes, pèlerins de tous les pays, y prirent part.On remarqua la présence de plusieurs cardinaux, d’un nombre imposant d’évêques, du maire de Rome et d’un représentant du gouvernement italien.Drapés dans leurs pittoresques manteaux armoriés du moyen âge, les huissiers de la ville escortaient l’effigie de la Vierge.La nuit était tombée déjà et VAvenue de la Réconciliation toute illuminée, lorsque l’image de la Vierge déboucha sur la place de Saint-Pierre grouillante de pèlerins.On déposa l’icone sur un autel autour duquel brillait des centaines de cierges.La foule, des centaines de milliers de personnes, dont plusieurs attendaient là depuis deux ou même trois heures l’arrivée de la Madone, la foule chantait des cantiques.Tout à coup, les hauts-parleurs de la place de Saint-Pierre résonnèrent, annonçant la transmission de la Prière à Notre-Dame de l’Assomption, composée par Pie XII pour la proclamation du dogme et récitée par lui dans sa chapelle privée, à l’intention des pèlei'ins.Le silence se fit, si profond, qu’on n’eût guère pensé que plus de 500,000 personnes se tenaient sur la place de Saint-Pierre et dans les rues avoisinantes.Claire et nette, sereine et sonore, la voix du Pape se fit entendre dans la nuit.J’étais dans la foule, tout près de l’obélisque.Devant moi se tenait un vieux prêtre.Dès que retentit la voix du Chef de l’Église, il se jeta à genoux et demeura dans cette position, la tête inclinée et les mains jointes, jusqu’à la fin de la prière.Beaucoup de personnes l’imitèrent à l’entour.Prière à Notre-Dame de l’Assomption.O Vierge Immaculée, Mère de Dieu et Mère des hommes, Nous croyons avec toute la ferveur de notre foi en votre triomphal assomption corps et âme au ciel, où vous êtes acclamée Reine par tous les chœurs des Anges et toutes les phalanges des Saints; et nous nous unissons à eux pour louer et bénir le Seigneur qui vous a exaltée sur toutes les autres créatures, et pour vous offrir l’élan de notre dévotion et de notre amour.Nous savons que votre regard, qui enveloppait maternellement l’humble et souffrante humanité de Jésus sur la terre, se rassasie au ciel en voyant l’humanité glorieuse de la Sagesse incréée; et que la joie de votre âme à contempler face à face l’adorable Trinité fait tressaillir votre cœur de béatifiante tendresse; et nous, pauvres pêcheurs, dont le corps alourdit le vol de l’âme, nous vous supplions de purifier nos sens, pour que nous apprenions, dès ici-bas, à goûter Dieu, Dieu seul, dans la beauté des créatures.Nous avons confiance que vos regards miséricordieux s’abaissent sur nos misères et nos ayigoisses, sur nos luttes et nos faiblesses; que vos lèvres sourient à nos joies et à nos victoires, que vous entendez la voix de Jésus vous dire de chacun de nous, comme jadis de son disciple bien-aimé: Voilà ton fils; et nous, qui vous invoquons comme notre Mère, nous vous prenons, comme Jean, pour notre guide, notre force et notre consolation en cette vie mortelle.Nous avons la vivifiante certitude que vos yeux, qui ont versé des pleurs sur la terre baignée du sang de Jésus, se tournent 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 683 encore vers ce monde en proie aux guerres, aux persécutions, à Voppression des justes et des faibles; et nous, dans les ténèbres de cette vallée de larmes, nous attendons de votre céleste clarté et de votre douce pitié soulagement aux peines de nos cœurs, aux épreuves de VEglise et de notre patrie.Nous croyons enfin que dans la gloire où vous régnez, (( vêtue de soleil et couronnée d’étoiles )), vous êtes, après Jésus, la joie et Vallégresse de tous les Anges et de tous les Saints; et 7ious, de cette terre, où nous passons en pèlerins, réconfortés par la foi en la résurrection future, nous regardons vers vous, notre vie, notre douceur, notre espérance; attirez-nous par la suavité de votre voix pour nous montrer un jour, après l’exil, Jésus, fruit béni de votre sein, 6 clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.Un seul cœur et mie seule âme.La prière du Pape terminée, la foule entonna un cantique à Notre-Dame: Au ciel, au ciel, j’irai la voir un jour.Chacun chantait dans sa langue.Les idiomes différaient, mais la mélodie, la pensée, la foi, l’amour pour la Vierge se fondaient.Ces pèlerins accourus de tous les quartiers de Rome, de toutes les provinces de l’Italie, de toutes les contrées du monde, formaient, dans leur ferveur mariale, un seul cœur et une seule âme.Cependant, les regards montaient, dans l’obscurité de la nuit, vers le palais du Saint-Pere, s’arrêtant à la deuxième fenêtre du dernier étage.En ce moment, le Pape quittait sa chapelle pour gagner sa bibliothèque privée.La fenêtre de la bibliothèque, qui est la chambre de travail de S.S.Pie XII, s'illumina, un camérier ouvrit les fenêtres, se retira, puis apparut la blanche silhouette de Pie XII.Il faut avoir assisté à ces scènes pour connaître l’enthousiasme des fidèles et mesurer leur attachement au Chef de l’Église: c’étaient des acclamations qui s’élevaient, dans toutes les langues, des mains, des bras, des chapeaux, des foulards qui s’agitaient.Pie XII, du haut de son palais, répondait aux fidèles, par des gestes affectueux des mains et des inclinations de la tête.La procession, la prière du Pape et sa première rencontre avec les pèlerins n’étaient qu un prélude aux magnificences de la journée du 1er novembre, fête de la proclamation du dogme de l’Assomption de Notre-Dame.Mais avant d évoquer ces rites, il convient, pour n’omettre aucun élément de ces historiques journées romaines, de rappeler l’assemblée du 30 octobre.Le Consistoire.Les cardinaux et évêques présents à Rome, se réunirent en Consistoire semi-public.Dans un discours prononcé en langue latine, le Chef de l’Église leur exposa les raisons qui 1 avaient porté à proclamer le dogme de l’Assomption de Marie et les bienfaits que l’Église attend de cette promulgation: Vous n’êtes pas sans connaître le motif pour lequel Nous vous avons au-jourd hui convoqués à ce Sacré Consistoire.Il s’agit d’un événement qui pour Nous, comme pour vous et pour le monde catholique tout entier, sera sans nul doute cause d’une très grande joie.Le 1er novembre, fête de tous les Saints, le front radieux de leur Reine, l’auguste Mère de Dieu, resplendira d’un nouvel éclat, tandis que Nous définirons et décréterons solennellement, par l’inspiration et l’assistance divines, son Assomption corporelle au Ciel.Ce que, dès les temps les plus reculés, l’Église pieusement croit et honore, ce qu’à travers les siècles les Saints Pères, les Docteurs et les Théologiens ont L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai élaboré en le mettant en une lumière toujours plus claire, ce qui enfin fut demandé de toutes parts et par des fidèles de toutes conditions en d’innombrables documents, Nous Nous apprêtons à le sanctionner et à le définir: à savoir que Marie, la Vierge Mère de Dieu, a été élevée à la gloire céleste avec son âme et son corps.Avant de prendre cette décision, Nous avons jugé bon, comme vous le savez, de confier la chose à des hommes de grande science pour être étudiée et mûrement pesée.Ils ont, sur Notre ordre, rassemblé toutes les suppliques parvenues au Saint Siège sur cette question, les examinant avec attention, afin de dégager de la façon la plus évidente ce que le Magistère Sacré et l'Eglise catholique tout entière estimaient de foi sur ce point de la doctrine.Par Notre ordre également, ils ont étudié avec le plus grand soin tous les témoignages, indices et vestiges de la foi commune de l’Eglise sur l’Assomption corporelle de la Bienheureuse Vierge au Ciel, tant dans l’enseignement commun du Magistère Sacré que dans la Sainte Écriture et le plus ancien culte de l’Église, dans les documents des Pères et des théologiens et enfin dans l’harmonie de l’ensemble des vérités révélées.Nous avons, au surplus, adressé des lettres à tous les Évêques, leur demandant de Nous manifester non seulement leur propre opinion, mais aussi la pensée et le désir de leur clergé et de leur peuple.En un chœur admirable et quasi unanime arrivèrent jusqu’à Nous les voix des Pasteurs et des fidèles qui professaient la même foi et demandaient la même chose comme souverainement désirée par tous.Nous avons alors estimé qu’il n’y avait pas lieu de tarder davantage et en conséquence Nous avons décidé de procéder à la définition du dogme.Comme l’Église Catholique tout entière ne peut ni se tromper ni être trompée, puisque son divin Fondateur, qui est la Vérité même {loan, XIV, 6), a dit à ses Apôtres: (( Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mattk.XXVIII, 20), il s’ensuit nécessairement que la vérité de l’Assomption, fermement crue par les Pasteurs et par leurs peuples, peut être définie par Notre autorité suprême.Ce n’est pas non plus sans un dessein de la divine Providence que cet heureux événement coïncide avec l’Année Sainte qui va s’achever.A tous les hommes, en effet, et spécialement à ceux qui de partout sont venus en cette Ville Sainte purifier leur âme et réformer leur vie dans l’esprit chrétien, il semble que la bienheureuse Vierge Marie, resplendissante sur son trône d’un lustre nouveau, tende ses bras maternels, les exhortant instamment à gravir avec courage les sommets de la vertu, pour qu’au terme de l’exil terrestre, ils viennent enfin jouir, dans la patrie céleste, de la suprême béatitude.Et ces foules innombrables de fidèles qu’avec une joie indicible Nous avons vu, au cours de ces derniers mois, envahir non seulement la maison du Pere Commun et l’immense Basilique Vaticane, mais la Place Saint-Pierre elle-même et les voies adjacentes — attestant ainsi leur foi ardente et leur fervente piété veuille la Très Sainte Mère de Dieu les prendre sous sa vigilante protection et leur obtenir les lumières et les dons célestes qui leur permettront de tendre, avec toujours plus d’élan, à la perfection chrétienne.Nous nourrissons en outre la grande espérance que l’auguste Mère de Dieu, couronnée d’une nouvelle gloire sur la terre, considérera avec amour et attirera puissamment à elle ceux qui languissent dans l’inertie spirituelle ou se sont laissé séduire par l’attrait du vice, ou ceux qui, ayant perdu le droit chemin de la vérité ne reconnaîtraient pas la sublime dignité de Marie, à laquelle se rattache si étroitement le privilège de son Assomption corporelle au Ciel.Veuille Notre très bénigne Mère, élevée à la gloire céleste, amener à la divine lumière qui descend du ciel le monde entier, enveloppé encore en beaucoup d’endroits par les ténèbres de l’erreur, tourmenté de cruels fléaux et angoissé 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 685 par de graves périls; puisse-t-elle obtenir à l’humanité les divines consolations qui réconfortent et relèvent l’âme, même au milieu des plus vives souffrances.Qu’elle obtienne de son divin Fils que les nations et les peuples, divisés entre eux à leur commun détriment, voient enfin resplendir à nouveau la paix: celle qui repose, comme sur son plus sûr fondement, sur la tranquillité du bon ordre, sur la justice rendue aux citoyens et aux peuples, sur la sauvegarde dûment garantie à tous de leur liberté et de leur dignité.Veuille la Vierge bénie défendre surtout, de son puissant patronage, l’Église catholique qui, en bien des régions, est peu connue, ou en butte à de fausses accusations et à des calomnies, ou enfin opprimée par d’iniques persécutions.Puisse-t-elle ramener heureusement à son unité tous ceux qui s’égarent.C’est tout cela, Vénérables Frères, que vous vous efforcerez d’obtenir de la commune Mère Céleste par de ferventes prières, vous et tout le peuple chrétien avec vous.Le placet de l’Épiscopat.Avant de terminer, le Chef de l’Église voulut encore une fois connaître les sentiments de son auditoire, les représentants de l’épiscopat universel: Mais ûiaintenant, bien que, comme Nous l’avons dit, Nous ayons reçu sur ce très important sujet les réponses des Évêques de toutes les parties du monde, Nous désirons toutefois que vous veuilliez bien Nous manifester encore votre sentiment dans cette nombreuse et auguste assemblée.Vous plaît-il, Vénérables Frères, que Nous proclamions et définissions solennellement, comme un dogme révélé par Dieu, l’Assomption corporelle de la Bienheureuse Vierge Marie au Ciel ?A ce moment, cardinaux, patriarches, archevêques et évêques se levèrent et par une acclamation spontanée manifestèrent leur adhésion.Le silence étant rétabli, chacun des cardinaux présents exprima son sentiment par le mot 'placet (Il me plait).S.Exc.Mgr Joseph VII Chanima, patriarche de Babylone des Chaldéens, lut une déclaration au nom de ses confrères, où il répétait le Placet fervent de tout l’épiscopat catholique.Nous Nous réjouissons immensément, conclut alors le Saint-Père, que d’un cœur et d’une voix unanimes, vous soyez d’accord avec ce que Nous même pensons et désirons: cette admirable union de sentiments des Cardinaux et des Evêques avec le Pontife Romain fait, en effet, ressortir plus clairement encore ce que la Sainte Église, en cette matière, croit, enseigne et désire.Ne vous lassez pas cependant d’implorer Dieu dans une incessante prière, pour que, par sa grâce et son inspiration, se réalise heureusement ce que Nous attendons tous ardemment, et pour que cet événement tourne à l’honneur du saint nom de Dieu, à l’avantage de la religion chrétienne, à la gloire de la très Sainte Vierge, et qu’il soit pour tous un nouveau stimulant à la piété envers elle.De Pie IX à Pie XII.C’est à l’intérieur de la vaste basilique de Saint-Pierre que Pie IX, le 8 décembre 1854, proclama le dogme de l’immaculée Conception.Cinquante mille fidèles assistèrent à la cérémonie.Pour donner à tous les p'-lerins venus à Rome — plus d’un demi million_ la possibilité d’assister au rite sacré, Pie XII, par un geste de paternelle condescendance, décida de procéder sur le parvis même de la basilique vaticane à la définition dogmatique de l’Assomption. 686 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Des craintes s’étaient levées: Si, le premier novembre, le temps ne se prêtait pas à une cérémonie en plein air .?L’événement justifia la confiance du Saint-Père.Les cérémonies se déroulèrent sous un ciel de satin bleu, sans nuage, dans une atmosphère douce et de plus en plus tiède, à mesure que le soleil, de la région des Monts Sabins, montait vers le zénith.Coup d’œil unique .Dès les premières heures du matin, dès avant les premiers rayons du soleil, des centaines, des milliers de pèlerins affluèrent sur la place de Saint-Pierre.Vous les voyiez arriver par tous les moyens de transport, déboucher de toutes les avenues et de toutes les ruelles, parler toutes les langues de la terre et porter tous les costumes.C’était une invasion de la place de Saint-Pierre.On eut pu répéter les paroles du voyant de Patmos en admiration devant l’affluence des élus au trône de l’Agneau: «Je vis une foule immense que 'personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue ».Une tribune spéciale se trouvait réservée aux membres de la presse, sur la colonnade de gauche.Le coup d’œil, de là-haut, était unique: en bas, les flots de pèlerins suivant leurs bannières et leurs pancartes et se massant sur la place; en arrière, la façade de Saint-Pierre, la Chapelle Sixtine et les palais du Vatican caressés par le soleil; plus loin, les toits, les coupoles, les campaniles de la ville éternelle; tout au fond, à l’horizon, les Apennins: au-dessus de ces hommes, de cette cité et de ces montagnes, un ciel intensément bleu, vraie joie pour l’œil et pour le cœur: l’azur n’était-ce pas la couleur et le symbole de Marie ?Cependant, le parvis et la place de Saint-Pierre s’emplissent.Les édifices qui l’entourent se couvrent, eux aussi, de fidèles: ce sont de vraies grappes humaines sur les toits, sur les terrasses, aux fenêtres, aux balcons.Le trône.Devant le portique de la basilique, au milieu de l’esplanade, un podium à plusieurs degrés se dresse, dominé par le trône pontifical: il se dessine en blanc sur une tenture de damas rouge rehaussée de franges d’or.Au-dessus du trône s’avance un baldaquin.Une double rangée de bancs revêtus de draperies s’allonge devant le trône du Pape: les membres du Sacré Collège y prendront place.A gauche et à droite, des emplacements sont réservés pour l’épiscopat, le corps diplomatique, les délégations spéciales, le clergé régulier et séculier, les membres du cortège pontifical.Présence canadienne.Pour la proclamation du dogme, plusieurs gouvernements ont tenu à envoyer à Rome une mission extraordinaire: l'Italie, l’Irlande, l’Espagne, le Pérou, la République Dominicaine, la Province de Québec, qui est représentée par les honorables Onésime Gagnon, trésorier, et Camille Pouliot, ministre de la Chasse et des Pêches.Le président du conseil italien, M.Alcide De Gasperi, est à la tête de la délégation italienne.M.Robert Schumann, ministre des affaires étrangères de France, assiste aux rites à titre privé.Le cortège pontifical.Il est 8 heures 30.Une foule dense se presse du parvis de la basilique jusqu’au bout de Y Avenue de la B.éconciliation et dans les ruelles avoisinantes.Les hauts-parleurs retentissent, la cérémonie historique commence.Une voix entonne les litanies des Saints.La foule répond.A ce moment, le cortège pontifical quitte la Chapelle Sixtine.Il descend l’escalier roval et bientôt débouche à la Porte de Bronze, pour s'avancer vers le centre de la place de Saint-Pierre et se diriger ensuite vers le portique de la basilique. 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 687 Marchent d’abord les représentants des ordres mendiants dans leur habit caractéristique: Augustins déchaux.Capucins, Mercédaires, Minimes, Tertiaires Franciscains Réguliers, Conventuels, Franciscains, Ermites Augustins, Carmes déchaux, Servîtes, Dominicains.Suivent les ordres monastiques: Olivétains, Cisterciens, Vallombrosiens, Camaldules, Bénédictins du Mont-Cassin, Chanoines réguliers du Latran.Arrivent ensuite, précédés de la croix, les élèves du grand séminaire pontifical romain, les révérends curés et les chapitres des églises collégiales et des basiliques de la Ville éternelle.C’est l’Eglise enseignée.Précédée de la ci’oix papale et de sept prélats du Tribunal de la Signature apostolique ainsi que des dignitaires ecclésiastiques et laïques de la Curie romaine, voici l’Eglise enseignante: les évêques, les cardinaux, le Souverain Pontife.Les évêques et les abbés de monastères portent chape et mitre blanches.Ils forment un groupe considérable, une longue traînée blanche.Une moitié précède, l’autre suit le Saint-Père.Immédiatement avant le Pape, comme une garde d’honneur fidèle jusqu’à l’effusion du sang, usque ad effusionem sanguinis, voici le Sacré-Collège: les cardinaux-diacres, en dalmatique d’or, puis les cardinaux-prêtres, en chasubles d’or, et les cinq cardinaux-évêques, en chapes d’argent.Tous portent une mitre blanche.* L’histoire de l’Eglise défile sous nos yeux .Spectacle admirable que celui de ces trente-huit cardinaux traversant la place de Saint-Pierre et s’avançant lentement vers le parvis de la basilique ! En eux, c’est un peu l’histoire de l’Eglise contemporaine qui défile sous nos regards.Ce vieillard à l’œil vif et au pas ferme malgré ses 80 ans, c’est l’archevêque de Munich, qui tint tête à Hitler et à ses séides.Il s’incline, en arrivant sur le parvis, devant un de ses confrères, infirme, qu’on a amené précédemment sur une voiturette et qui a pris place sur le banc réservé au Sacré-Collège: le cardinal Salliège, lui aussi, un résistant.Ce prélat haut et maigre, recueilli, au visage d’ascète, c’est le cardinal Dalla Costa de Florence: pasteur modèle, la police le surprit une nuit, dans une ruelle de sa ville, chargé d’un lourd sac: il allait visiter des pauvres honteux .Cet autre prélat, qui semble encore bien jeune, c’est Monseigneur Gilroy, le cardinal d’Australie, qui accomplit naguère de brillantes légations au Japon et dans l’Inde.Les cardinaux Tappouni et Agagianian représentent l’orient chrétien; Mgr J.C.McGuigan rappelle le Canada, Mgr Tienchensin, la Chine, Mgr Cerei-ra, le Portugal .Le cardinal Schuster, bénédictin, porte une soutane noire, le cardinal Piazza, carme, une soutane brune.L’auguste personne du Saint-Père.Sans s’arrêter longtemps au spectacle si imposant de l’épiscopat et du Sacré-Collège, les regards se portent vers le dais qui avance en oscillant, abritant l’auguste personne du souverain Pontife.Le Pape est assis sur la sedia gestatoria, revêtu d’une ample chape d’or et coiffé d’une précieuse mitre.Deux évantails, les flabelli, avancent à ses côtés, des gardes nobles et des gardes suisses en grande tenue l’escortent.Le visage du Pape est pâle, émacié, sillonné de rides: il porte sur lui les souffrances de la seconde guerre mondiale et les tourments de l’après-guerre.Le front du Pape rayonne, ses yeux brillent, ses lèvres sourient.Inlassable, sa droite se lève pour bénir, en un geste lent, ample, hiératique, les pèlerins qui l’acclament.Les vivats fusent dans toutes les langues, les bras s’agitent, des centaines, des milliers de regards montent vers le Vicaire du Christ.Les yeux ne se rassasient point de contempler le visage de Pie XII tout rayonnant de bonté et de piété.Cardinaux, archevêques, évêques, dignitaires de la cour pontificale, clergé régulier et séculier et corps armés du Vatican ont pris place.Pie XII est assis sous le baldaquin, face à l’assistance.Aux deux côtés du trône se tiennent des gardes nobles — casque à crinière, uniforme écarlate — et des gardes suisses: casque et cuirasse scintillant au soleil, espadon, uniforme jaune, rouge et bleu dessiné par Raphaël.Les cardinaux Mercati, 688 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai bibliothécaire de la Sainte-Église Romaine, et Canali, grand pénitencier, officient comme diacres, à gauche et à droite du Saint-Père.Sur les marches et au pied du trône se tiennent les autres dignitaires.Le P.Soccorsi, S.J., directeur de la Radio vaticane, surveille les microphones: toute la chrétienté n’est-elle pas, en ce moment, à l’écoute?L’obédience des cardinaux.Pendant que la chapelle sixtine exécute un motet marial, les cardinaux viennent, les uns après les autres, faire obédience, en baisant la main du Pape, suivis de représentants de l’épiscopat: acte public d’hommage au Vicaire du Christ.Puis commence le rite de la promulgation du dogme.Son Éminence le cardinal Eugène Tisserant, vice-doyen du Sacré-Collège, remplaçant le cardinal Marchetti-Selvaggiani.doyen, malade, s’avance devant le trône, accompagné de deux archevêques et de deux évêques, de rite latin et de rites orientaux, et de deux avocats consistoriaux.Ce groupe s’agenouille, tandis que les évêques ôtent leur mitre.D’une voix claire, où perce l’émotion de cette heure unique dans l’histoire contemporaine, le cardinal Tisserant invoque au nom de l'Église la proclamation du dogme.Le Souverain Pontife se déclare prêt à acquiéscer, mais veut encore qu’on prie.Toute l’assistance se met alors à genoux.Un instant de poignant silence s’établit.Puis Pie XII entonne le Veni Creator.La foule entière continue, en alternance avec la Chapelle Pontificale.Pie XII se lève, chante l’oraison du Saint-Esprit, monte au trône et s’assied, coiffé de la mitre d’or.L’instant solennel.Pierre va parler par la bouche de son Successeur Pie.Pontife suprême, maître infaillible, le vicaire de Jésus sur terre va définir le dogme de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie au ciel, en corps et en âme.La nature elle-même se fait, s’il se peut, encore plus belle à ce moment: un ciel profondément bleu et ensoleillé s’arrondit sur Rome, une douce chaleur baigne la place de Saint-Pierre; au loin, vers le nord, le croissant de la lune, symbole de la Vierge, profile dans l’azur la pâleur de son dernier quartier .Des centaines de milliers de chrétiens retiennent leur souffle.D’une voix ferme et claire, détachant chaque syllabe, chaque mot, le Saint-Père lit le texte irréformable de la constitution Munificentissimus Deus.Ce document, dont toutes les pages, toutes les phrases, toutes les paroles ont été longuement préparées, choisies, pesées, Pie XII le vit en quelque sorte: il s’anime en exaltant les grandeurs de Marie, sa voix vibre de joie en exposant les bienfaits que l’Église attend de la définition dogmatique.L’Église universelle, qu’anime l’Esprit de Vérité et qu’il dirige infailliblement dans l’approfondissement des vérités révélées, a manifesté de diverses façons, au cours des siècles, sa foi en l’Assomption.Les évêques du monde entier sont presque unanimes à demander que la vérité de l’Assomption corporelle de la Vierge Marie au ciel soit définie comme un dogme de foi divine et catholique.Cette vérité s’appuie sur l’Écriture Sainte, elle est profondément ancrée dans l’esprit des fidèles, on en trouve l’expression dans le culte chrétien dès les premiers temps de l’Eglise; elle est en harmonie parfaite avec les autres vérités révélées; enfin, la science et la sagesse des théologiens lui fournissent une explication et une illustration brillante.Pour tous ces motifs Nous croyons le moment venu de définir solennellement cet insigne privilège de Marie.Nous avons confié Notre pontificat à la protection particulière de la Vierge, Nous avons recouru à elle dans bien des circonstances tragiques; Nous avons Pie XII promulgue le dogme de l’Assomption.-> ^ /' HüÜ '.'Vv;'"' ®0" Æ i et 1 « ¦ , ' i • ***:¦ ¦: .¦ 690 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai consacré publiquement le genre humain à Son Cœur Immaculée et maintes fois Nous avons expérimenté son aide puissante.Aussi bien avons-Nous confiance que la déclaration solennelle de l’Assomption contribuera puissamment au progrès du genre humain et à la gloire de la Très Sainte Trinité, à laquelle des liens intimes unissent la Mère de Dieu.On doit espérer qu’à l’avenir les fidèles auront une piété encore plus fervente envers leur Mère céleste.On peut également attendre que tous les chrétiens sentent un désir très vif de participer à l’unité du Corps Mystique du Christ et de voir augmenter leur amour pour Celle qui nourrit des sentiments maternels pour tous les membres de ce même corps.On peut en outre espérer que les fidèles, méditant les glorieux exemples de Marie, comprendront toujours mieux l’éminente dignité d’une vie humaine toute consacrée au service de Dieu et au bien du prochain.Alors que les doctrines matérialistes et la corruption morale qu’elles entraînent menacent d offusquer les lumières de la vertu et de détruire les vies humaines dans les guerres, la définition de l’Assomption mettra dans une éclatante lumière la sublime destination de notre âme et de notre corps.Enfin, la foi en l’Assomption corporelle de Marie au ciel renforcera la foi en notre propre résurrection et la rendra plus agissante.La coïncidence de cet événement solennel avec l’Année Sainte Nous est un motif de joie.Ainsi Nous pouvons, durant ce grand Jubilé, orner le front de la Vierge d’une perle brillante, et en même temps laisser, de notre ardente dévotion envers Marie, un souvenir plus durable que le bronze.Et voici la conclusion, La définition solennelle: Aussi bien, après avoir prié longtemps et invoqué la lumière de l’Esprit de Vérité, pour la gloire de Dieu tout-puissant, qui eut pour la Vierge Marie un amour de prédilection, pour l’honneur de son Fils, roi immortel des siècles et vainqueur du peche et de la mort, pour augmenter la gloire de Marie et pour remplir de joie et d’exultation VÊglise toute entière, par l’autorite de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et par la Nôtre, nous déclarons et définissons comme un dogme de révélation divine: Marie, Mère immaculée de Dieu et Vierge perpétuelle, au terme de sa vie terrestre a été élevée avec son corps et son âme dans la gloire du ciel.Dès que les hauts-parleurs ont porté sur toute la place de Saint-Pierre les dernières paroles: corpore et anima ad caelestem gloriam assumptam, la foule éclaté en ovations interminables.On voit pleurer des hommes et des femmes .Elle a enfin sonné, l’heure attendue depuis près d’un siècle par les dévots de la Vierge ! Et si la joie des membres de l’Église militante, réunis, de corps ou de cœur, autour de Pie XII, est si intense, quelle doit être la liesse de la cour céleste entourant la reine des Anges et de tous les Saints ?Accompagnés des mêmes prélats que tout a l’heure, le cardinal Tisserant s approche du trône, remercie le Pape de la promulgation du dogme et sollicite respectueusement la publication de la Bulle.Le Pape accède à ce désir.Puis, descendant du trône, il entonne le Te Deum, qui éclaté, solennel et puissant, chanté par la foule qui est toute saisie de ferveur et de joie.(( C était si beau, dit un témoin, que cela ne saurait guère être plus splendide au ciel.)) « Peut-être n y aura-t-il plus sur la terre de plus belle Toussaint, jusqu’à la Toussaint éternelle )), observe Mgr R.Fonte-nelle, chanoine de Saint-Pierre, dans une correspondance de La Croix de Paris. 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 691 L’homélie du Pape.A la fin du Te Deum, Pie XII chante l’oraison de la messe de l’Assomption.Puis il remonte à son trône, et, dans un silence impressionnant, s’adresse à l’assistance: Vénérables Frères, Chers fils et filles venus dans cette Rome sainte de toutes les régions du monde catholique.Emus par la définition dogmatique de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, en son corps et en son âme, vous exultez de joie parce que vos cœurs et les âmes de tous les fidèles sentent leur désir satisfait.Avec vous.Nous éprouvons le besoin de chanter une hymne d’action de grâce à la très aimable Providence divine qui a voulu réserver à vous la joie de cette grande journée et à Nous, le privilège de ceindre le front de la Bienheureuse Vierge Marie d’un splendide diadème, qui couronne les exceptionnelles prérogatives de la Mère de Dieu.Par un dessein impénétrable de la Providence divine, à l’égard des hommes de notre génération, victime de tant d’épreuves, de tant d’oppressions, de tant d’égarements et de tant de déceptions, mais aussi si désireuse de retrouver les biens perdus, voici que s’ouvre pour eux un lambeau lumineux du ciel, par lui nous apercevons à nouveau l’espoir d’une vie meilleure où la Vierge Marie est assise comme Reine et comme Mère à côté du Soleil de justice.Souhaitée depuis longtemps, cette journée est enfin venue pour vous et pour Nous.Notre voix qui sous l’assistance du Saint-Esprit a solennellement défini le privilège insigne de la Mère du Ciel, fait écho à la voix des siècles et même à la voix de l’éternité.Vos acclamations correspondent aussi aux acclamations de ceux qui, à travers les siècles, ont sollicité la grande journée que nous vivons.Vos acclamations se propagent vers tous ceux qui se trouvent en cette immense Place devenue ce matin comme le temple de votre piété débordante.Ebranlées par votre émotion, il semble que les pierres mêmes de cette Basilique vaticane vibrent et avec elles les murs de tous les nombreux temples élevés dans le monde en hommage à la Vierge de l’Assomption.Ces églises sont à la fois les piédestals terrestres du trône céleste de Marie et les monuments d’une foi unanime.En ce jour de joie, Nous levons les yeux vers le Ciel et Nous voyons descendre sur les âmes une onde de joie et avec elle un torrent de grâces et d’enseignements qui doivent conduire l’Église militante à une sainteté renouvelée.C’est pourquoi Nous Nous adressons avec confiance a Marie cette créature toujours sublime en faveur des hommes de notre temps et de notre génération et Nous crions à tous: Sursum corda.A tant d’âmes, désemparées et égarées, qui sont le triste héritage d’une époque barbare et tourmentée à tant d’âmes opprimées, qui ne savent se résigner, qui ne peuvent plus croire à la bonté de la vie et acceptent seulement leur existence par contrainte; à toutes ces âmes, l’humble Vierge de Nazareth ouvre une nouvelle perspective de vie et montre à quelle destinée et à quelle mission elle fut élevée, elle qui fut choisie de Dieu pour être la Mère du Verbe Incarné et qui accepta docilement la parole du Seigneur.Et vous, qui êtes particulièrement près de Notre cœur, vous qui faites l’angoisse de Nos jours et même de Nos nuits, vous qui êtes à chaque heure l’objet de Notre sollicitude, vous les pauvres, les malades, les réfugiés, les prisonniers, les persécutés, les chômeurs, vous qui êtes sans toit, vous qui souffrez de quelque façon que ce soit, dans tous les pays, vous pour qui les jours terrestres ne semblent apporter que larmes et privations — malgré les efforts que l’on fait et que l’on doit faire pour vous soulager —, élevez vos regards vers Celle qui, avant vous, a parcouru les voies de la pauvreté, du mépris, de l’exil et de la 692 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai douleur, et dont l’âme a été transpercée par un glaive de souffrances, tandis que, au pied de la Croix, elle avait les yeux fixés sur l’éternelle lumière de Dieu.En ce monde torturé par les méfiances réciproques, par les divisions et les haines, parce que la foi est affaiblie et la charité presque éteinte, Nous demandons que la Vierge de l’Assomption sollicite le retour de la charité.Elle le fera sans doute parce que nous sommes tous fils de la même Mère, Marie, qui vit dans les Cieux et parce que avec elle, nous sommes membres du même corps mystique.Nous lai demandons de nous conduire à la vérité et à la charité et en nous agenouillant, Nous lui disons cette prière: Ici, le Pape s’agenouille et récite la belle prière à Notre-Dame de l’Assomption que les pèlerins avaient déjà entendue la veille.Ils la connaissent.La presse l’a publiée.Des éclaireurs en ont distribué le texte sur la place de Saint-Pierre.Peu à peu, timidement d’abord, puis de plus en plus résolument, les fidèles unissent leur voix à celle du Pape, et, à la fin, c’est toute l’assistance qui prie avec Pie XII: « De cette terre où nous passons en pèlerins, réconfortés par la foi en la résurrection future, nous regardons vers vous, notre vie, notre douceur, notre espérance; attirez-nous par la suavité de votre voix pour nous montrer un jour, après l’exil, Jésus, fruit béni de votre sein, ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie ».Dernier rite de la cérémonie de la proclamation du dogme: après le chant du Confiteor par le cardinal Bruno, Pie XII donne la bénédiction Urbi et Orbi.La foule s’agenouille, tandis que, lentement, la main du Pape se lève en un geste qui voudrait embrasser tout le globe.Le bourdon de la basilique vaticane à ce moment s’ébranle, les cloches de Rome se mettent à sonner, sur toute la face de la terre des milliers de cloches chantent la liesse de l’Eglise qui voit le diadème de sa Reine orné d’une nouvelle perle.Pendant cette sonnerie, le cortège papal se reforme et pénètre dans la basilique éclairée par une myriade de lampes et par un lumineux soleil qui traverse les baies et embrasse les ors, les marbres et les tentures.La messe papale.Dans un cadre de splendeur, d’harmonie et de joyeuse ferveur, la messe papale déroule ses rites majestueux.La Chapelle Sixtine exécute la messe Assumpta est de Pierluigi da Palestrina, œuvre encore inédite, dont on a récemment découvert les manuscrits.Le propre de la messe qui remplacera désormais celui de la fête de l’Assomption (15 août) avait été composé spécialement pour la circonstance: il emprunte à la Genèse et à l’Apocalypse, au Psaume 44, au livre de Judith et au premier chapitre de saint Luc des textes appropriés à la mission terrestre et céleste de la Vierge Marie: « Tu es la gloire de Jérusalem, tu es la joie d'Israël, tu es Vhonneur de notre peuple! .Oui, désormais toutes les génératio7is me diront bienheureuses, car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses)): comme ces textes inspirés, après la proclamation du dogme de l’Assomption, résonnent d’une nouvelle profondeur ! Et comme ils traduisaient la joie des fidèles ! Selon l’usage, l’Ëpître et l’Évangile sont chantés en latin et en grec.Témoignage émouvant de l’union des Eglises latine et orientales, dans la fidélité commune à la doctrine catholique et à l'Evêque de Rome.Il était 12 heures 40 lorsque, salué par la fanfare des trompettes d’argent et les acclamations de la foule, Pie XII quitta la basilique, pour remonter dans ses appartements privés.N’eût été sa fatigue au terme de ces longues cérémonies, il serait monté à la loggia de la basilique, pour bénir, encore une fois, les centaines de milliers de p lerins massés sur la place et qui n’avaient pu entrer dans Saint-Pierre.>- Pie XII debout pendant le chant du Te Deum. % Wm WmÈw4 •V v.: •• '•''' '• iglilpi •V T— ^ < •&> < •Xt-f-?;- -f ' ¦ >' »! • .-:x .que.v ! 1 \'fr\ t .y ;: ,.¦&&&?%}> 'v' „ ., - ¦.' • V/.V.V.V.V ¦ ' .¦/ r " .®ipl v « Üii! : .r ‘"-'V J ., '.— _ * # >•••'- •': :);|® > ¦*v ¦ V *¦ i$ ¦ km Vs::v: •:v^; ¦ ’x ,¦":' ¦"' A: 694 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Rome illuminée.Des illuminations sans précédent dans l’histoire de la ville de Rome marquèrent, le soir, cette inoubliable journée mariale: basiliques, églises, palais, rutillaient sous l’éclat des projecteurs et des flambeaux.Aux carrefours des rues, des mains pieuses avaient fleuri les statues de la Vierge.Magnifique était l’aspect de la basilique vaticane, dont la coupole toute lumineuse se profilait dans la nuit.Une croix de lumières scintillait sur les antiques murs du Château Saint-Ange.La théorie de martyrs, de vierges et de confesseurs, qui se dressent sur la double colonnade de Saint-Pierre, semblaient s’animer.A la façade des palais apostoliques, une fenêtre brilla tard dans la nuit: celle du Pape.Plusieurs fois elle s’ouvrit, et la blanche figure de Pie XII, le Pape de VAssomption, apparut pour bénir, salué avec enthousiasme par les milliers de pèlerins massés sur la place.Toute l’Italie rendit, cette nuit-là, un hommage de lumière à Notre-Dame.Dans les cités et les villages des églises illuminées, des statues fleuries, des feux dans les montagnes, marquèrent la joie d’un peuple.Chaque lumière, dans l’obscurité de la nuit, chaque lampe qui brûlait, chaque torche dont la flamme s’agitait, n’était-ce pas le chant d’un hameau, d’un foyer ou d’une âme en fête, un cantique d’amour, un hymne de reconnaissance, une invocation à Celle dont les plus grands poètes et les plus pénétrants théologiens reconnaissent qu’ils ne sauraient célébrer dignement les grandeurs ?(( Je vous le demande, s’écrie saint Thomas de Villeneuve, quelle beauté, quelle vertu, quelle perfection, quelle grâce pouvait manquer à la mère de Dieu ?Laissez libre cours à vos pensées et à votre imagination: représentez-vous une vierge très pure, très prudente, très belle, très pieuse, très humble, très douce, pleine de toute grâce, rayonnante de toute sainteté, ornée de toute vertu décorée de tous les charismes, infiniment agréable à Dieu; Marie est encore plus grande, plus excellente, elle est supérieure à toutes les splendeurs que vous pouvez imaginer! )) Les journées romaines de l’Assomption eurent leur clôture, le jeudi 2 novembre, dans une audience accordée par le Pape aux cardinaux, patriarches, archevêques et évêques présents à Rome, au nombre total de plus de 700.Dans un ample discours en langue latine, le Pape, après avoir évoqué les fastes de la proclamation dogmatique, précisa les grandes préoccupations de l’Église à l’heure actuelle: la paix, le renoncement et le don de soi, le respect du mariage, de la famille et de la virginité, l’intégrité de la doctrine catholique et la sanctification du clergé.LE DISCOURS DE S.S.PIE XII AUX CARDINAUX, ARCHEVÊQUES ET ÉVÊQUES C’est avec une émotion telle que Nous en avons rarement éprouvée au cours des années de Notre pontificat que Nous vous saluons, Vénérables Frères, Notre bonheur et la couronne de Notre joie.Le motif de cette consolation vous est évident.Un dessein du Dieu éternel, qui est toute bonté, Nous a choisi, bien qu’indigne, Nous qui depuis Notre plus jeune âge honorons d’un culte très ardent la Sainte Mère de Dieu, pour sceller par un décret de Notre Magistère suprême et déclarer par une proclamation infaillible que l’Assomption au ciel, en corps et en âme, de la Vierge immaculée Mère de Dieu est une vérité de foi divinement révélée.Tel est le motif de Notre consolation et de Notre joie, de même qu’hier Notre joie fut grande de vous voir si nombreux autour de Nous dans l’exercice des prérogatives de Notre ministère, confirmant par votre présence les suffrages quasi unanimes que vous aviez émis, témoins également de la foi de vos fidèles en ce grand mystère qui regarde la Mère de Dieu et notre Mère.Une heure exceptionnelle.C’est une heure solennelle que Nous avons conscience de passer avec vous.Jamais assurément dans les fastes de l’Église, excepté au moment du Concile œcuménique du Vatican, un plus grand nombre d’évêques n’entoura le successeur du Prince des apôtres.Les progrès de la technique et le perfectionnement des moyens de transport ont rendu 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 695 possible cet heureux rassemblement, non sans un grand profit pour l’unité de l’Église.Aussi rendons-Nous grâces à la Providence divine de ce que ces avantages matériels aient été procurés au moment où, sous l’impulsion de la grâce, se fait sentir, aussi bien chez les pasteurs que parmi les fidèles qui leur sont confiés, une volonté d’unité, plus efficace que jamais peut-être dans l’histoire.Le fait que de régions éloignées et même des extrémités du monde vous vous voyez réunis ici est un nouveau et très éloquent témoignage sur la nature de l’Église, qui embrasse dans son sein toutes les nations.Aux spectacles que cette Année Sainte a ménagés comme aucune des précédentes, votre nombreuse assemblée met comme un couronnement, en montrant de façon lumineuse comment les catholiques de toute race et de toute langue s’unissent dans la charité.Motifs de tristesse Cependant, l’âme remplie d’une vive douleur, Nous ne pouvons faire ce qui n’est pas imputable à la faute de l’Église, mais à la violence extérieure.Il manque, hélas, parmi vous et parmi les groupes de pèlerins, ceux à qui a été refusée la liberté de se joindre pacifiquement à leurs frères pour confesser une même foi dans cette ville de Rome que l’univers chrétien considère comme sa mère aimée et aimante et comme sa capitale.O fils très regrettés, lamentablement privés des droits sacrés de la liberté, vous n’êtes nullement oubliés de Nous, vous n’êtes pas sortis de Notre cœur; bien plus, s’il convenait que Notre amour pour les brebis du Christ comportât des degrés, vous auriez la première place dans Notre bienveillance.Chaque jour, Nous prions instamment pour vous et pour les nations auxquelles vous appartenez.Nous savons distinguer le vrai du faux, nous savons distinguer les peuples des idéologies qu’on leur impose bien qu’elles entraînent la ruine temporelle et éternelle.Si Nous avons rejeté et condamné certaines idéologies, Nous ne 1 avons pas fait contre certaines nations ou contre aucun État en tant que tel, mais Nous avons proteste contre des opinions erronées qui s’efforcent de détruire la notion même de Dieu et la foi chrétienne et usent dans ce but infâme du pouvoir des partis politiques.Nous n avons rien dit ni rien fait, que ce que la conscience de Notre devoir, qui est pour Nous un ordre, a demandé de Nous.Est-il donc encore besoin, ici, de repousser l’accusation, que certains — vous devinez tous a qui Nous faisons allusion — portent contre le Pontife romain, de vouloir la guerre, de s’employer à fomenter et à provoquer la guerre, et de se mettre en cela au service d’un Etat considerable et puissant.Si ces dernières années, la guerre mondiale à peine achevée, les nations n’ont cessé d’être agitées et troublées, comme par un tremblement de terre, par la crainte d’un nouveau conflit armé, la faute n’est nullement à rejeter sur 1 Eglise et sur son Chef suprême, qui furent et qui sont les constants défenseurs et soutiens de la paix.Les jugements que Nous avons cru devoir porter sur la paix et la guerre, Nous les avons portés ouvertement et librement — pour ne pas parler de Nos autres documents — dans Notre message radiophonique adressé au monde entier la veille de Noël 1948.Alors en vérité Nous ne pensions pas que dans un si bref délai les événements confirmeraient Nos paroles.Nous sommes loin cependant d’abandonner tout espoir de voir la paix sauvegardée sans le risque d’une nouvelle guerre.Que Dieu, à qui rien n’est impossible (1), écarte les sinistres maux que l’on prévoit.Que Marie, la Mère très bonne de la grâce, la Mère de la miséricorde, implore Dieu pour la conservation d’une véritable paix.Ce sera la première et très instante prière que Nous adresserons à la Reine des cieux après Nous être réjoui vivement d’avoir ajouté à ses louanges et à son honneur.Et vous, vénérables frères, exhortez le clergé et les fidèles confiés à votre vigilance à s’efforcer incessamment et de toutes leurs forces de favoriser la vraie paix par leur charité, leurs prières et le don d’eux-mêmes.Actualité de la pénitence Nous voulons profiter de l’occasion qui Nous est actuellement offerte pour vous dire publiquement à vous, Vénérables Frères, et à tous ceux qui portent le nom de catholiques, (1) Luc, I, 37. 696 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai ce à quoi Nous réfléchissons depuis longtemps déjà.Vous savez que la loi ecclésiastique de l’abstinence et du jeûne a été très allégée en ces dernières années sous la pression des circonstances dans lesquelles se trouvaient un très grand nombre de catholiques, ceux surtout qui habitent les grandes villes et qui travaillent dans les usines: pour eux l’observation de l’ancienne loi était dure et presque impossible.C’est pourquoi le changement dont Nous venons de parler a été apporté provisoirement.Les chrétiens de notre temps dégénéreraient de la vertu de leurs ancêtres si à un moment où sévissent plusieurs de ces démons qui, selon les paroles du divin Maître, ne peuvent être chassés que par le jeûne et par la prière (2) et où l’immolation spirituelle de soi est absolument nécessaire pour dominer et repousser tant de maux de l’ordre moral et social, ils ne compensaient par des œuvres de pénitence volontaire convenant à notre époque l’affaiblissement de l’ancienne et vénérable loi.Cela se fait déjà assurément.En ce qui concerne les œuvres de charité, accomplies après la dernière guerre mondiale et au temps même de la guerre, c'est une grande consolation pour Notre cœur de reconnaître que la libéralité des catholiques a été telle qu’elle ne craint la comparaison avec aucune autre sorte de libéralité accomplie aux âges précédents.En ce qui Nous concerne, profitant également de cette occasion.Nous adressons Nos remerciements aux évêques du monde entier, à ceux en premier lieu qui exercent leur ministère dans les régions prospères et aux fidèles qui leur sont confiés, pour Nous avoir abondamment fourni les secours grâce auxquels Nous avons pu subvenir à l’indigence de tant de malheureux.Outre la munificence que Nous avons rappelée, les faits nous montrent que le goût de la pénitence reste encore vif dans l’Eglise; il se manifeste clairement lorsqu’on supporte d'un cœur tranquille et fort, l’épreuve ou la misère, permises ou envoyées par Dieu, ou bien lorsqu’on renonce spontanément au plaisir immodéré.Ravages de l’amour du luxe.Nous ne pouvons faire allusion au plaisir sans déplorer l'accroissement intolérable des dépenses de luxe qui contrastent durement avec la misère d’un grand nombre.Sans aucun doute le luxe et la soif des plaisirs sont la suite d’une conception de la vie viciée par le matérialisme et ils engendrent des mœurs correspondantes.Peut-il en être autrement ?En effet, quand l’homme perd le sens de sa dignité, quand dans sa conduite, il rejette la mesure et l’équilibre, et méprise les valeurs spirituelles, surnaturelles et éternelles, au lieu de reconnaître en elles la vraie source du bonheur, alors l’avarice et le désir effréné des biens de la terre débordent; au lieu du respect dû à Dieu et à sa Majesté, c’est le culte de la technique et de la force brutale.Nous ne retirons pas ni ne désavouons les éloges que Nous avons faits plus haut.Mais on ne peut ignorer et nier ce flot de plaisir et de luxe qui roule comme un torrent, qui ne passera point sans atteindre aussi les catholiques et même pénétrera sérieusement ici et là leur milieu, l’Église, mère bienveillante et indulgente, ne contraint la liberté que là où le réclament la simplicité de la vie chrétienne, l’observation de la morale et le devoir de subvenir à l’indigence d’autrui.La joie n’est-elle pas comme un caractère et un ornement des nations catholiques ?Toutefois, la recherche des plaisirs de la vie ne doit pas outre-passer la mesure de l’honnête.Nous exhortons donc vivement tous les fidèles à s’enrôler sous le signe du renoncement chrétien et du don de soi, qui va au delà de ce qui est prescrit et fait mener le combat généreusement, à chacun selon ses forces, selon l’appel de la grâce et sa propre condition.Il y a donc plusieurs buts à atteindre.Chacun doit d’abord par la pénitence expier ses fautes, purifier son âme des souillures du péché, s’affermir et se sanctifier.Il faut ensuite être un exemple et un stimulant pour ses frères dans la foi et pour ceux du dehors: ce qu’on retranchera à la vanité, on le donnera à la charité, on le donnera miséricordieusement à l’Église et aux pauvres.Les fidèles de la primitive Église se conduisaient ainsi; par le jeûne et l’abstinence ils accroissaient les ressources de leur charité.L’imitation de leur exemple est digne de louange et convient à notre situation et à notre époque, non seulement dans telle ou telle région qui se fait remarquer par sa libéralité et secourt l’Église, mais à toutes les régions de la terre sans exception.(2) Matt., XVII, 20. 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 697 Vénérables Frères, Nous avons vivement à cœur que Notre conseil se réalise pleinement.A Nos oreilles comme aux oreilles des premiers chrétiens résonne l’exhortation de l’apôtre Paul: «J’accomplis en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ, pour son corps qui est l’Église )) (3).Nous avons tous à nous consumer « dans la patience, les travaux, les veilles, les jeûnes, dans une charité vraie )) (4), selon le mot du même Apôtre, à construire le règne de Dieu.N’est-ce pas expressément pour les prêtres que retentit cette parole menaçante: « Je châtie mon corps et je le réduis en servitude de peur qu’ayant prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé » (5).Tel est le deuxième motif qui Nous fait demander l’aide puissante de la Mère de Dieu.Que Marie élevée au ciel, elle dont l’âme et le corps ignorent absolument toute faute, nous obtienne de son divin Fils l’accomplissement de notre espoir.Désordre dans les institutions familiales.Si nous considérons avec plus de soin le monde où nous vivons, de très graves problèmes, ceux notamment qui concernent le mariage et la famille, réclament plus instamment notre attention et notre zèle.Nous ne croyons point Nous tromper en estimant que le désordre qui trouble d’une manière générale et profonde l’institution de la famille mine comme une maladie la société d’aujourd’hui et s’aggrave malgré les écrits si nombreux qui traitent de ces questions, théoriquement ou pratiquement.Il ne peut en être autrement tant que ceux qui veulent guérir cette plaie séparent le mariage de la loi divine telle que la nature de l’homme la révèle de toutes parts et que la doctrine de l’Église la promulgue.Erreurs à Tordre du jour.Le langage n’arrive pas à décrire le torrent fangeux des livres, brochures, essais, journaux de tout genre, qui, par leurs propos et leurs images sans sérieux ni pudeur, corrompent le bon sens populaire et la vraie notion d’humanité.Certes, Nous n’ignorons pas et ne méprisons pas les progrès dont se glorifient la médecine, la psychologie et la science sociale.C’est Notre vif désir que le soin des âmes, les consultations matrimoniales et les institutions familiales en profitent.Mais Nous réprouvons et Nous condamnons le fait qu’au delà des recherches honnêtes et sérieuses, se développe une misérable littérature qui, sous le couvert d’une science fausse et trompeuse, pousse les ignorants à éprouver les plaisirs malsains et à couvrir, sous le fard d’une fausse science, les poussées ténébreuses de leur nature corrompue.Il ne convient pas que les chercheurs et les praticiens d’un art exposent sans prudence à leurs clients, au détriment de l’âme et du corps, ce qui est pour eux-mêmes science utile.Il ne faut pas laisser s’accréditer l’opinion erronée, si répandue au temps de « l’illuminisme )) qu’il suffit de savoir pour être vertueux.Cette opinion, toujours dangereuse, est ici mortelle.Tout aussi nuisibles sont les idées que l’on répand et propage dans le peuple pour créer une opinion artificielle, laquelle, par contrainte morale et plus souvent économique, réglera les relations entre les sexes, suggérera la façon de contracter le mariage et de constituer la famille.L’ordre moral n’est-il pas renversé quand l’homme, image de Dieu, se laisse conduire en sa vie la plus intime, par des gens qui ne poursuivent bassement que leur intérêt ?Faire connaître la doctrine chrétienne du mariage.Une opinion publique saine et pure sur le mariage est sans doute une force qui peut appuyer les principes et les règles de la vie: aussi est-elle nécessaire.Mais si on la proclame saine et si elle est telle, elle n’est pas seulement une prescription imposée de l’extérieur; elle est avant tout une doctrine qui jaillit de la nature humaine prise en son entier et qui lie l’homme à Dieu et à la loi de Dieu.(3) Cor., I, 24.(4) II Cor., IX, 27.(5) / Cor., IX, 27. 698 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Le point principal de Nos réflexions est l’union étroite du mariage et de la famille avec la loi de Dieu.Seule la reconnaissance du lien sacré du mariage donne dans les difficultés de la vie la garantie indispensable et la protection qu’il faut contre la légèreté humaine, l’inconstance, l’esprit de changement.Même dans l’adversité, cet engagement sacré fait sentir sa force bienfaisante, sauvegarde le caractère de la société domestique et maintient dans la vérité et la fidélité le lien qui unit les époux.A ce sujet, bien des catholiques mêmes ont des idées fausses et confuses.Une fausse philosophie enseigne, en effet, qu’il faut absolument rejeter une norme donnée du dehors, à savoir la loi, comme étant étrangère à la vraie nature de l’homme et dissolvant les forces de la vie intacte et féconde.Il est donc clair que cette philosophie ruine la morale conjugale telle qu’elle règne là où la doctrine de l’Eglise est observée.C’est pourquoi il n’y a rien de plus important que de faire connaître à temps et le plus largement possible ce point de doctrine, à savoir que l’homme né pour atteindre le bonheur temporel et éternel, ne peut atteindre ni l’un ni l’autre qu’en accomplissant les devoirs auxquels il est tenu et en obéissant à la loi de Dieu.Si on écarte cette dépendance, il y a des choses que l’on ne peut ni comprendre ni assurer: le droit pour chaque personne d’être protégée et de se perfectionner, la liberté de cette même personne, la conscience d’avoir à rendre compte de nos actes.Si quelqu’un en appelle au don de la liberté que Dieu lui a concédé pour se déclarer dispensé d’observer l’ordre divin, il prononce des paroles qui se contredisent.On ne peut jamais s’engager sur cette voie parce qu’elle est criminelle et ruineuse, même lorsqu’on veut venir au secours des hommes dans les dures crises de la vie conjugale.Il est donc pernicieux, tant pour l’Église que pour la société civile, que les pasteurs d’âmes, dans leur enseignement et dans la vie courante, se taisent habituellement et délibérément lorsque, dans le mariage, sont violées les lois de Dieu, qui sont toujours en vigueur, quelles que soient les circonstances.On cherche des excuses principalement dans les privations et dans la pauvreté qui rendent ordinairement dur l’état familial.Notre cœur de Père regrette et déplore tout cela, mais il n’est pas permis de s’écarter de l’ordre ferme et stable établi par Dieu.Que nulle part et jamais il ne faiblisse; mais il faut, dans une nécessité si urgente, que l’ordre social soit amélioré.Si tout chrétien, par justice et par charité, doit concourir à cet heureux changement, cela importe d’autant plus qu’il s’agit de porter secours à une immense multitude d’hommes, qui ne peuvent mener une vie conjugale juste, honnête et heureuse, qu’en triomphant de très rudes difficultés.Contre une emprise de l’Etat.Il y a une parole que l’on répète actuellement beaucoup: (( Sécurité sociale ».Si cela veut dire sécurité grâce à la société.Nous craignons beaucoup, Vénérables Frères, que le mariage et la famille n’en souffrent.Comment donc ?Nous craignons non seulement que la société civile entreprenne une chose qui, de soi, est étrangère à son office, mais encore que le sens de la vie chrétienne et la bonne ordonnance de cette vie n’en soient affaiblis, et même ne disparaissent.Sous cette appellation, on entend déjà prononcer des formules malthusiennes; sous cette appellation, on cherche à violer entre autres les droits de la personne humaine ou, du moins, leur usage, même le droit au mariage et à la procréation.Pour les chrétiens et en général pour ceux qui croient en Dieu, la sécurité sociale ne peut être que la sécurité dans la société et avec la société, dans laquelle la vie surnaturelle de l’homme, la fondation et le progrès naturels du foyer et de la famille sont comme le fondement sur lequel repose la société elle-même avant d’exercer régulièrement et sûrement ses fonctions.Défense de la famille.Dans les années désastreuses qui viennent de s’écouler, la famille, bien qu’affaiblie de multiples manières, a montré clairement quelle était sa force de résistance.En effet, appuyée sur sa force naturelle, elle triomphe facilement de toutes les autres institutions 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 699 humaines.C’est pourquoi, si l’on s’efforce activement d’aider la société humaine, il ne faut rien négliger pour que la famille soit préservée, soutenue, et soit capable de pourvoir à sa propre défense.Telle est la troisième chose qu’avec d’instantes prières Nous demandons à la Vierge de l’Assomption.Comme le mariage et la famille se trouvent dans des conditions si défavorables que l’espoir de leur triomphe est incertain, que Marie veuille, par une supplication toute puissante, implorer Dieu, Notre Créateur et Rédempteur, pour que les hommes reviennent au respect de la haute idée du mariage, qu’il a Lui-même voulue et établie, pour que les fils de l’Église contractent toujours le mariage par le moyen du sacrement et uniquement entre eux, et par la chasteté de leur union, soient comme l’image de l’admirable lien qui unit le Christ et l’Église.Là ou les unions pures sont florissantes et ornées des vertus chrétiennes, fleurit également et dans la même mesure la virginité nourrie de l’amour du Christ.Exhortez votre clergé.Nous vous en prions, à faire le plus grand cas de cette forme de vie supérieure qui égale les hommes aux anges, à la cultiver religieusement et à inviter aussi les autres à suivre un si noble chemin, spécialement le sexe féminin dont la coopération dans l’apostolat ne peut fléchir sans que l’Église en souffre grandement.Rôle des pasteurs.Telles sont les trois prières ardentes que Nous adressons à Dieu après avoir invoqué le patronage efficace de la très bienveillante Vierge Marie; et Nous sommes certains, Vénérables Frères, d’avoir votre plein accord dans l’expression de ces vœux.A ce que Nous avons dit, il n’est point nécessaire que Nous ajoutions deux points que Nous avons extrêmement à cœur, l’un concernant la conservation de l’intégrité de la doctrine catholique, l’autre le zèle pour la formation et la sanctification du clergé.Nous avons en effet traité longuement de ces sujets dans l’Encyclique Humani generis et dans l’Exhortation Menti nostrae.Cependant c’est Notre ardent désir en cette réunion si imposante et vraiment unique de dire combien Notre cœur est ému de reconnaissance en voyant les évêques du monde entier s’acquitter de leur office de telle manière que, s’attachant fidèlement au successeur de saint Pierre, ils font preuve d’une conscience admirable, d’une vigilance active, d’un zèle perspicace pour le progrès de la religion, et d’une énergique volonté d’action.Que s’élèvent donc les vagues écumantes et continuellement renouvelées de la tempête qui, soit de l’intérieur, soit de l’extérieur, sévit contre l’Église, leurs efforts se briseront contre cette inébranlable volonté d’unité dont Nous avons parlé et que le divin Rédempteur dans sa dernière prière sacerdotale (6) a recommandée, pour ne pas parler de la promesse du Christ dans laquelle il a affirmé Lui-même que les portes de l’enfer ne prévaudraient pas contre l’Église (7).L’âme remplie de consolation et d’une sainte joie, à vous tous, Vénérables Frères, qui êtes ici maintenant, et à tous vos collègues répandus dans l’univers, ainsi qu’aux prêtres et aux fidèles confiés à vos soins, de tout cœur, Nous accordons la Bénédiction apostolique.Après avoir prononcé son discours, le Pape conversa affablement avec les prélats présents.Les jours suivants, la plupart quittèrent Rome, pour rejoindre leurs diocèses.Les évêques canadiens restèrent, avec S.Exc.Mgr I.Antoniutti, délégué apostolique au Canada et S.Ém.le cardinal J.C.McGuigan, archevêque de Toronto, pour assister, le 12 novembre, à la béatification d’une dévote insigne de Notre-Dame de l’Assomption: Marguerite Bourgeoys.Georges HUBER, Rome.(6) Joan., XXII, 21.(7) Matt., XVI, 16. 700 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Maman Marie, Notre-Dame des petites besognes par PAUL-H.CARIGNAN, pire, Visiteur propagandiste des Ecoles ménagères de la province de Québec.Vies de mamans: faire grandement les minimes travaux.Grandir à la hauteur de la grâce les multiples tâches familiales.Savoir que le bonheur, c’est une foule de petites choses.Une maman, c’est un cœur émietté.Toutes les parcelles, comme dans l’Hostie, contiennent le cœur en entier.Toutes les parties en sont délicates et délicieuses.Blé moulu de l’amour devenu farine humaine, toujours prête à être mangée.Graines minuscules qui éclatent en chaleur vitale, en radiation vigoureuses, qui réchauffent les cœurs, alimentent les âmes et multiplient les vies.Que dire de Maman Marie ?Une petite maman d’un village de Judée qui a accompli mille besognes petites, que nos mamans œuvrent encore aujourd’hui.Il est nuit.Le petit Jésus se plaint doucement.Maman se lève une fois, deux fois, aussi souvent que le petit enfant pépie.Ce n’est rien; une petite besogne ! Il faut recouvrir Jésus.Ses petits pieds trop vigoureux ont piétiné.Le geste d’amour qui relève les draps repousse la fatigue n’est-ce pas, nos mamans ?Tôt le matin, dès que le soleil filtre sa première note lumineuse, Marie est debout.Il faut moudre le blé pour le pain.Ce n’est rien, une petite besogne ! La pierre rude écrase et les grains et les doigts aussi.Joseph doit avoir son pain, lui qui travaille si dur, n’est-ce pas, nos mamans, qui devez vous lever tôt pour préparer le déjeuner aux enfants qui partent pour l’école, trois, quatre, cinq parfois ?Et pour le mari aussi, pressé de se rendre à son chantier ?Et voilà que Jésus s’éveille.Il gazouille des gazouillis célestes, qui émerveillent Marie, sa petite maman.Une autre besogne s’annonce.Bébé la réclame.Il exige une beauté, une propreté neuve.Ce n’est rien, une petite besogne.Et l’eau éclabousse Marie, jaillit sur ses joues, parce que le petit espiègle, de ses petites mains.n’est-ce pas, nos mamans, que c’est une petite, mais rude besogne de laver bébé, et l’autre qui n’est plus le bébé, mais qui ne se débarbouille pas encore tout seul ?Et la lessive.Marie se rend au lac voisin avec les autres mamans pour la lessive du lundi.Ce n’est rien, une petite besogne ! Et pendant que l'on frotte le linge avec la pierre, les langues marchent.Et l’on parle des enfants, et l’on parle du mari et l’on parle .de tout.J’imagine Marie, que vous deviez en imposer par votre modestie et votre retenue.N’est-ce pas, nos mamans, que la lessive du lundi est une rude besogne ?Vous redonnez la pureté, la blancheur, la bonne odeur à toute la maisonnée. 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 701 Et les repas à préparer, et la maison à balayer, et les bas à raccommoder, et les meubles à faire reluire, et les leçons à faire apprendre, et la maison à agrémenter, et les jardins à sarcler, et les planchers à laver, et le repassage, et la couture, et le marché à faire, et les pauvres à recevoir et les services à rendre au prochain, et la bonne humeur à maintenir, et les chansons à moduler, et le budget à équilibrer, et le mari à encourager, petites besognes qui s’entrecroisent aujourd’hui et qui se répéteront tous les demains.Notre-Dame des petites besognes vous les avez accomplies à Nazareth et vous aussi nos chères ma- mans, dans les réduits bruyants et étroits des villes.Et vous continuez de le faire, avec amour.C’est par le don complet de votre cœur, distribué goutte à goutte, à tous les instants du jour, que vous ressemblez à Marie et à Jésus, son fils qui a donné jusqu’à la dernière goutte de son sang pour ceux qu’il aimait, nous tous.Que les petites mamans de demain vous suivent en accomplissant en perfection leurs petites besognes de petites filles.C’est par cette petite voie qu’elles attein-dront à la grandeur de Maman Marie.Paul-H.CARIGNAN, Vtre.Assumpta est.Étoile de la mer et Reine du cortège De tous les chérubins, le jour où Gabriel Te confiait le Messie attendu d'Israël, La nature exulta dans un vibrant arpège ! Qui contemple à loisir la fresque du Corrège Peut te voir gracieuse en ton vol vers le ciel, Triomphant de la mort, du poids originel.Comme il sied à la Vierge Auteur d’un privilège ! Le chemin douloureux suivi jusqu’à la fin.Quand Jésus enseignait sur les bords du Jourdain.Présageait ici-bàs ta marche triomphale ! Vierge de Nazareth, Mère d’un Fils Divin Qui t’offrit à Cana le miracle du vin.Ta mort est glorieuse, illustre et magistrale ! GABRIELLE PATRY. 702 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai AUX ÉDUCATEURS Marialisation du catéchisme par J—E.PAQUIN, professeur, Ecole normale Marie-Rivier, Saint-Hyacinthe.Au milieu des difficultés et des périls dans lesquels s’agite la génération présente, un des devoirs les plus impérieux des parents, et plus particulièrement des instituteurs et institutrices, tant religieux que laïques, n’est-il pas d’aller à la Jeunesse de nos écoles, couvents et collèges, de vivre avec elle, de l’instruire et de la moraliser par un enseignement dogmatique du Catéchisme au moyen de la marialisation de cette matière.Le programme de catéchisme, tel que conçu dans le Nouveau Programme des Ecoles primaires, est de belle portée pédagogique: ceux qui l’ont édifié ont favorisé, pour l’éducateur, une préparation de classe très solide, bien raisonnée et sagement, reliée à l’étude de la Bible et de l’Évangile.Nous nous en réjouissons; mais nous ne craignons pas d’ajouter que, si la doctrine de Jésus-Christ doit être insufflée dans l’âme de nos petits et grands élèves de nos diverses écoles, on ne peut s’empêcher de la compléter en y faisant voir partout le rôle co-rédempteur de la Vierge Marie.L’esprit du Nouveau Programme veut que, par Marie, l’on s’empare de l’âme des enfants par sa sensibilité tout autant que par son intelligence.Comment le cœur penché sur les attentions de la Mère de notre Sauveur ne deviendrait-il par un instrument docile de la volonté et de 1 intelligence, en une meilleure compréhension de la mission du Christ ?Le sentiment d’une telle obligation est entre au plus profond de moi-même et je puis vous dire sans forfanterie et en pleine sincérité qu’il n’est pas une parole ni une idée de ce que je puis vous communiquer que ce sentiment n’ait dictées.Et, comme dans toute méthode d’enseignement, rien ne doit être lettre morte, je crois sincèrement, après beaucoup d’autres, que situer la personne de la Vierge Marie dans l’enseignement du Catéchisme, c’est une de ces idées agissantes de première valeur, un moyen d’entraînement de la volonté vers le bien et une arme de plus pour la lutte.Dans ses directives pédagogiques, le Programme d’études nous remet en mémoire que l’éducation chrétienne embrasse la vie humaine sous toutes ses formes: sensible, spirituelle, intellectuelle, morale, individuelle, domestique et sociale, non certes pour la diminuer en quoi que ce soit, mais pour l’élever, la régler, la perfectionner d’après les exemples et la doctrine du Christ.En marialisant l’enseignement du catéchisme, nous relions merveilleusement et divinement les exemples de Jésus avec ceux de sa Mère, en sorte que se réalise sûrement et profondément, chez l’enfant, la conformité de ses pensées, de ses jugements et de ses actions avec ceux de Jésus et de Marie.Quelle plus merveilleuse éducation chrétienne peut être plus souhaitable ! Et dans cette œuvre toute édificatrice, le maître ou la maîtresse de religion peut remplir facilement son rôle d’instruire, de convaincre et de faire agir.C’est ainsi que les connaissances à communiquer deviendront très profondes, mieux expliquées et mieux appliquées, car seront présentées en même temps les perfections de Jésus et les vertus ineffables de sa Mère: on ne 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 703 saurait, dans l’ordre de la rédemption de l’âme, séparer l’action rédemptrice du Sauveur et l’action médiatrice de sa sainte Mère.Pour convaincre l’enfant, l’enseignement marialisé présentera une norme effective et pratique de vie, tout comme elle se crée dans la famille, sous l’action combinée du papa et de la maman: quel idéal de vie meilleur peut-on alors présenter aux jeunes chrétiens de nos écoles ?Sa Sainteté le pape Pie XII n’a-t-il pas écrit: (( Surtout ne 'permettez pas que le culte de la Vierge Mère de Dieu, qui de l’aveu des Saints, est un signe de prédestination, soit sous-estimé, chez les enfants, au point de s’éteindre et de s’alanguir peu à peu )) (Encyclique sur la Liturgie).Le même Pape rappelle le culte prééminent de la Vierge: « Sa vie, par la mission quelle a reçue de Dieu, est étroitement liée aux mystères du Christ, et personne n’a suivi de plus près les traces du Verbe incarné.Dieu a voulu que nous ayons tout par Marie ».Il faut donc que l’éducateur et l’éducatrice chrétiens de notre province et de notre pays donnent à la Vierge, sa place dans l’enseignement du catéchisme.Utilisons donc le catéchisme pour marialiser les âmes de nos petits enfants.Épuisons toutes les ressources que nous offrent le catéchisme, l’Écriture Sainte, l’Histoire de l’Église, la Bible en un mot, pour établir une véritable dévotion au Christ et à Marie.Ceci semble avoir été compris dans plus d’un milieu de notre monde pédagogique.Le Rév.Père A.Paquin, Montfortain, n’a-t-il pas présenté une conférence magistrale, sur la marialisation du catéchisme, devant les éducateurs de Shawinigan ?Monsieur l’abbé Ed.Dubé, visiteur ecclésiastique, M.Wilf.Vincent, président de la Commission scolaire et l’abbé Maurice Lecler, aumônier du Syndicat professionnel des Institutrices catholiques avaient tenu à assister, au cours de janvier dernier.A une réunion des Éducateurs, le 26 novembre 1949, organisée au Plateau, par le Service Marial, n’a-t-on pas formé le vœu d’obtenir la Messe et l’office de Marie-Médiatrice, pour le diocèse de Montréal, le 31 mai de chaque année ?La Sacrée Congrégation des Rites accordait, sur recommandation de Mgr Charbonneau, le 19 décembre 1949, au diocèse de Montréal, la Messe et l’Office de Marie-Médiatrice, rite double-majeur.Le 2 février 1950 fut le jour mémorable où le chapitre du diocèse de Montréal donnait son assentiment.A Drummondville, à Saint-Hyacinthe, aux Trois-Rivières, on s’occupe actuellement de la marialisation du catéchisme.Mgr Pelletier, Mgr Léger et Mgr Roy accordent leur bienveillance à cette forme plus parfaite d’enseignement du catéchisme,.Tous les éducateurs doivent s’intéresser à l’enseignement marialisé du catéchisme, car, selon le mot de Pie XII, « on frémit à la pensée qu’une partie notable de la jeunesse, de 15 à 20 ans, s’éloigne de l’Église par suite de purs préjugés et malentendus, nés principalement de l’insuffisance d’un aliment spirituel adapté à leur état, à leurs besoins et à leur goût ».La vie de Marie n’est-elle pas propre à apporter cet élément spirituel, d’autant plus qu’elle rend la doctrine de vérités plus attrayante, auréolée de l’héroïsme des vertus mariales ?Ainsi l’enseignement catéchistique ne prend plus son cachet trop dogmatique, si difficile à être compris et assimilé par l’enfant.Mettons Marie dans cet enseignement, et disparaîtra le côté toujours abstrait des grandes vérités dogmatiques, ayant la froideur d’un théorème ou la sécheresse d’un Code.On voit bien que cet enseignement dépend beaucoup moins de la bonne organisation d’une leçon que du bon maître qui fait la valeur d’un enseignement qui doit se vivre dans la pratique des actions coutumières de la vie chrétienne.Eh oui î Le problème de l’enseignement religieux, spécialement le problème du catéchisme et de son organisation, est un problème capital pour l’Église.C’est l’opinion de J.Colomb, p.s.s.On se préoccupe peut être encore trop d’un enseignement livresque; la mentalité profonde de certains éducateurs, des fidèles et même des prêtres et des catéchistes, est loin d’avoir pris conscience de la (( primauté du catéchisme ».Comment expliquer que des normaliens et des normaliennes de 15, 16 et 17 ans ne craignent pas d’avouer que l’explication concrète, vécue et exemplaire du catéchisme manque dans beaucoup d’écoles ?Il ne faut pas que notre personnel enseignant perde le sens des tâches essentielles de 704 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai l’Église, de l'action de la Vierge et des Saints, tout autant que la hiérarchie des valeurs entre nos propres actions et celles de Jésus, de Marie et des Saints.En conséquence, l’enseignement maria-lisé s’impose de plus en plus.Beaucoup de papes nous ont rappelé et nous rappellent encore le culte prééminent de la très sainte Vierge: « Sa vie, de par la mission quelle a reçue de Dieu, nous le répétons encore et toujours, est étroitement liée aux mystères du Christ ».Crions tous vers elle, car elle enseigne toutes les vertus que N.-S.J.-C.est venu nous enseigner.Elle nous donne son Fils, et avec lui elle nous apporte tous les secours dont nous avons besoin, car Dieu a voulu que nous ayons tout par Marie.Ce culte de Marie, en ligne avec celui de Jésus, nous pouvons le développer par les images, les statues, les médailles, le chapelet, les cantiques, les organisations mariales, par des gravures fabriquées par nous-mêmes sous le coup de notre initiative et de notre piété.Cela s’ajoute merveilleusement à l’enseignement catéchistique.Je vous dirai, en passant, que je connais des normaliennes qui ne quittent pas leur École normale sans avoir eu soin, durant trois ou quatre ans, de se composer une collection d’environ deux cents gravures mariales, adaptées aux textes du catéchisme, œuvre d’inspiration personnelle et d’adaptation semblable à celles qu’elles entreprirent pour l’enseignement mathématique, grammatical, historique ou géographique.N’est-ce pas merveilleux ?Qui d’entre tous nos éducateurs n’aurait pas un semblable courage ?N’est-ce pas un merveilleux procédé d’intuition bien propre à développer l’esprit d’observation des enfants et d’attirer l’attention de leur esprit pour mieux juger, apprécier et raisonner tous les actes de la vie d’un bon chrétien ?Heureux seront ceux et celles qui, pour mieux regarder Jésus, sauront le regarder en Marie ! Permettez que j’apporte quelques témoignages en faveur de mon plaidoyer marial: a) Le Père Lombaerde, dans « Ma journée avec Marie », écrit judicieusement ces pensées: (( Il faut donner à Marie, dans Vexposition de la religion, la place qu’elle occupe dans le plan divin.Ceci paraît tout naturel, et cependant il n’est presque rien de plus négligé.On parle de Marie dans un ou deux chapitres spécialement réservés à ce dessein; on expose ainsi à part toute la doctrine touchant la divine Vierge .puis plus rien.On parle de la création, du péché, de la grâce, des sacrements, de la prière, des mystères, etc.mais nulle part on retrouve Marie.Cependant y a-t-il un seul mystère où la Mère de Dieu ne soit intervenue, soit directement, soit indirectement ?Il ne s’agit pas de faire de Marie le point central du catéchisme, mais de lui assigner sa place réelle .au lieu de l’isoler dans un coin .La Mère de Jésus est partout ».b) A un congrès marial, tenu à Québec en 1929, un vœu recommandait d’expliquer aux fidèles et aux enfants, tant dans la prédication que dans les catéchismes, la doctrine de la Médiation de Marie.c) Du 4 au 9 juillet 1943, à Trois-Rivières, deux cent cinquante prêtres religieux, instituteurs et institutrices et les membres dirigeants de l’Action catholique suivirent une semaine d’Études Mariales et d’enseignement du catéchisme.Ils émirent le vœu « que, dans les catéchismes, on fasse mieux connaître la sainte Vierge et qu’on étudie la doctrine de Marie Médiatrice à travers les actes et la prédication de Jésus ».d) Pour le bénéfice de notre thèse, je citerai tout simplement divers congrès de même nature: à Lourdes, en 1930; — en 1936, les Journées mariales de la Société française des Études où le Père Druvé, Jésuite, présenta deux rapports: (( Position et Structure du traité marial » — (( Pratique de l’enseignement de la théologie mariale »; des Pères Eudistes, Montfortains, de la Salette et des Prêtres séculiers y reconnurent le droit de la mariologie à constituer l’enseignement du catéchisme fondé sur la maternité divine et spirituelle de Marie.On y suggéra de s’appliquer à mettre en lumière l’unité de la mariologie, d’appuyer sur la Révélation: Écriture sainte, Tradition, les Saints-Pères, la Bible, afin de développer une compréhension plus parfaite du vrai sens de la vie chrétienne.e) Dans un de ses rapports, M.l’abbé Bonnichon disait ceci: « L’expérience vous a permis de constater avec certitude la médio- 1951 ÉDUCATION ET FORMATION 705 crité générale des connaissances du clergé et des fidèles et des éducateurs en mariologie.Vous avez même fait sans doute une seconde constatation, corrélative à la 'première: cette médiocrité de la science chez les fidèles s’enracine dans un insuffisant enseignement du catéchisme marialisé ».Inutile, ajoutait-il, de décrire les conséquences de ces défauts: absence de vraie dévotion à Marie chez beaucoup de chrétiens et même de prêtres, dévotion sentimentale chez d’autres, gêne au moins chez les meilleurs à cause de cet hiatus qui sépare les connaissances dogmatiques explicites des pratiques du culte rendu à Marie.Qu’on souffre cette remarque: La faiblesse doctrinale des fondements de la dévotion et du culte marial apporte, à notre époque, un plus grave préjudice qu’en d’autres temps: sentimentalisme, dévotion nulle, indifférence religieuse, etc.Que peut-on conclure après cet exposé qui soit utile à l’éducateur, qui soit propre à bien accomplir son rôle de catéchiste ?Qu’il faut centrer le rôle de la Vierge Marie sur toutes les vérités capitales de notre religion.Il y a beaucoup de vérités dogmatiques et morales qui sont des moyens vitaux du catholicisme, nous dit le Nouveau Programme.Songe-t-on à donner à leur S aspect intellectuel un aspect d’ordre pratique en les complétant par les mille et un faits de la vie de Marie ?La plupart des catéchismes que l’on consulte ordinairement ne parlent que peu du rôle de Marie, peut-être pas plus de trois à quatre fois, v.g.i l’immaculée Conception au sujet du péché originel, de la Maternité divine au sujet de l’Incarnation et de la dévotion à Marie dans l’étude de la Salutation Angélique.Le catéchisme du cardinal Gaspari (1932) ne présente sur 595 questions seulement 14 qui traitent de la très sainte Vierge: et c’est un traité catéchistique plus complet que les autres sur la mariologie.C’est encore insuffisant, quoiqu’il y traite sérieusement de la maternité de grâce, mais bien moins de sa royauté, de la plénitude de grâce et de corédemption.Il n’y a pas à s’étonner que les enfants ne puissent justifier que Marie est leur Mère.On peut hasarder cette conclusion, qui n’enlève rien du reste à la merveilleuse valeur du catéchisme, que c’est un devoir pour l’instituteur ou l’institutrice d’y insérer, en bonne place, des questions sur Marie, comme Corédemptrice, comme notre Mère, comme notre Maîtresse que l’on a fait, en mettant l’Ecriture sainte au service du catéchisme, peut également se faire en complétant par un enseignement mariologique.Mais dira-t-on: Comment mettre Marie en bonne place ?Comment déterminer cette bonne place ?Voici que revient encore et toujours le problème pédagogique, problème qui commence par la même option: Faut-il construire des chapitres sur la Très Sainte Vierge ?Ce n'est pas nécessaire: il suffit de répandre les vérités de la théologie mariale à travers les différents chapitres du catéchisme, en faisant sa préparation de classe journalière.Voyez-vous: si l’on se contente de présenter à l’enfant, comme dans le catéchisme diocésain, quelques phrases éparses sur Marie, on aura beau lui en souligner l’importance capitale, il ne la saisira pas, parce que l’enfant n’est pas apte à la synthèse, parce qu’il faut tenir compte de la psychologie enfantine plus que de l’ordonnance théologique.Le Rosaire est aussi une méthode incomparable, puisqu’il présente la doctrine avec des images: il y a toute une pédagogie dans le rosaire.En effet, il faut ici deux choses: l’exposé des mystères du Rosaire, mais aussi l’exposé synthétique et doctrinal.Le Père Génevois rappelle que les attaches de la doctrine mariale avec toutes les parties du dogme catholique sont une des grandes idées du Père Auriault, S.J., professeur de mariologie à l’Institut Catholique de Paris.Ce fut le sujet d’un rapport qu’il présenta au Congrès Marial de Lourdes en 1930.— Sœur Sophie, de Fribourg-en-Breslau, fit rapport, après enquête dans les communautés religieuses: elle conseillait qu’on devrait étudier la question de l’intégration de la mariologie dans l’enseignement dogmatique, dans les écoles, par l’enseignement religieux en général.Enfin dans l’Encyclique du Corps Mystique, on lit ce beau passage: (( Il faut maintenir que le Christ requiert le secours de ses membres; Il veut recevoir aussi l’aide de Marie, car sans Elle, ne pouvait s’accomplir l’œuvre de la Rédemption.Et pour distribuer le trésor de la Rédemption parmi les membres de son 706 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Eglise, non seulement le Christ 'partage avec Marie Immaculée V œuvre de la sanctification des âmes, mais II veut encore que Celle-ci naisse pour ainsi dire de son travail.Mystère redoutable, certes, et qu’on ne méditera jamais assex ».A la lumière de ces importants témoignages, peut-on nier que l’enseignement du catéchisme marialisé ne répond pas exactement à l’esprit du Nouveau Programme ?En effet, les lois essentielles à toute saine pédagogie s’appliquent à tous les cours du stage primaire et secondaire.Partout, il faut une simplification extrême de la matière à enseigner d’après la loi de l’unification; il faut des procédés d’une sage et très patiente lenteur en conséquence de la loi de progression; enfin il faut, par la mariologie tout spécialement, appliquer la loi d’adaptation à toute la vie chrétienne.D’ailleurs le Programme nous avertit que Jésus ne peut se présenter au centre de l’enseignement catéchistique sans sa Sainte Mère, la douce Vierge Marie.L’instituteur ou l’institutrice la présentera aux enfants comme leur Mère toute puissante pour intercéder auprès de Jésus, comme la Médiatrice de toute grâce et comme Modèle parfait de vie chrétienne unie à celle de Jésus.Nos enfants n’auront jamais trop d’amour filial et confiant en Marie, tout comme au petit Jésus.Le Père Charmot, S.J., écrit: (( Quoiqu’il en soit des valeurs théologiques et dogmatiques, il ne faut pas oublier, dans la pratique, les valeurs psychologiques: celles-ci ne correspondent pas toujours à celles-là .La dévotion intense à Marie produit dans certaines âmes des effets spirituels que la Communion, sans doute, est capable de produire, mais que le bon Dieu a bien voulu accorder le plus souvent à la piété mariale ».Fortes paroles qui doivent nous convaincre de pénétrer tout notre enseignement religieux de l’âme de Marie.Le mot final, lecteurs et éducateurs, m’est inspiré par saint Louis de Montfort, dans son petit fascicule « Secret de Marie )): Il faut que nos enfants, sous notre direction, deviennent des saints.Pour qu’ils deviennent tels, il leur faut trouver la grâce par Marie.Et dans ce but, Marie grande, puissante et bonne, leur est donnée et, dans le même but, donnons-nous à Marie par le saint esclavage d’Amour.Pour aller à Jésus, Allons, chrétiens, allons par Marie.Pour aller à Jésus C’est le divin secret des élus.J.-E.PAQUIN, prof.Attention !.L’Institut Nazareth, dirigé par les Sœurs Grises de Montréal depuis 1861, inaugurera dès septembre prochain, un programme présentant des cadres nouveaux pour l’orientation scolaire et professionnelle des Jeunes Aveugles.Sœur EMMA HENRI, s.g.m.Directrice générale des études.Sœurs Grises de Montréal. PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE Leçons-Types (d’après le nouveau programme) • • • -A.1 • • • Religion CATÉCHISME PREMIÈRE et DEUXIÈME ANNÉES Note pédagogique.—Les connaissances concernant la sainte Vierge, au programme de religion des petits, ont déjà été données dans cette revue.Nous reportons les titulaires au mois de novembre 1950, de la page 122 à la page 126.Nous n’avons pas jugé utile de nous répéter, sous une autre forme, sachant bien que les professeurs ou les catéchistes profiteront du (( Mois de Marie )) pour rappeler aux enfants des notions sur lesquelles il leur est nécessaire de revenir.Nous signalons aussi à leur zèle la leçon sur le « Je vous salue Marie )>, dans la revue d’octobre 1948, page 187.De plus, il leur sera facile d’adapter aux petits l’un ou l’autre des catéchismes de ce mois, soit j Chant: C’est le mois de Marie.[ Comparaisons — Exemples des saints.INTRODUCTION C’est le mois de Marie, C'est le mois le plus beau, A la Vierge chérie.Disons un chant nouveau.Vous venez de chanter: C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau .Nous avons commencé le mois de Marie.Le mois de mai est ainsi appelé parce qu’il est tout entier consacré à honorer la sainte Vierge.Pour honorer notre bonne Mère du ciel avec plus de ferveur, nous parlerons aujourd’hui, dans notre catéchisme, de la vraie dévotion à la très sainte Vierge.En quoi consiste la dévotion à Marie Si je vous demandais en quoi consiste l’hommage que vous rendez à votre maman de la terre, à sa fête ou à la fête des mères, vous me répondriez peut-être: (( A lui offrir des fleurs ou à lui donner un cadeau ».C’est vrai, sans doute.Mais pourquoi votre maman est-elle contente de recevoir vos fleurs ou votre cadeau ?En d’autres termes: Qu’est-ce que vous voulez dire, exprimer, ou faire comprendre à votre mère en lui offrant votre présent?.Vous voulez lui dire votre respect, votre confiance et votre amour.Ce sont vos sentiments que votre mère devine et elle en est plus émue que de votre cadeau peut-être.Il y a donc deux choses dans votre hommage à votre mère: les sentiments de votre cœur et le présent que vous offrez.Il doit en être ainsi dans notre dévotion envers notre Maman du ciel.La vraie dévotion à la très sainte Vierge consiste: 1° dans les sentiments de notre cœur qui sont le respect, la confiance et l’amour, pour ne mentionner que les principaux; 2° dans des actes extérieurs qui sont comme des présents: nos prières, nos chants, les 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 711 fêtes en son honneur, l’imitation de ses vertus, la consécration de notre personne à son service.Remarquez bien, mes enfants, que la vraie dévotion à la sainte Vierge ne consiste pas uniquement dans les actes extérieurs, comme porter une médaille ou un scapulaire, faire un pèlerinage ou une procession.La vraie dévotion réside surtout dans les sentiments vifs et profonds de notre âme qui se manifestent par des actes extérieurs à l’honneur de Marie.Le respect envers Marie Le premier sentiment qui concourt à nous -donner une vraie dévotion à Marie est le respect.Qu'est-ce que le respect ?.(laisser définir) Le respect est un sentiment d’estime et de vénération pour les personnes qui ont des qualités remarquables, un rôle important à remplir ou une grande dignité.Ainsi un enfant bien élevé a du respect pour ses parents qui lui représentent Dieu et à qui il doit tout ce qu’il est.Pour quelles raisons la sainte Vierge mérite-t-elle notre respect ?.(laisser parler les enfants) Vous avez bien trouvé, mes enfants.La sainte Vierge mérite notre respect: 1° parce qu’elle est la Mère de Dieu.Sa maternité divine en fait la plus éminente des créatures; 2® parce qu’elle est sainte.Marie, immaculée dans sa conception, a possédé toutes les vertus au plus haut degré.Elle est la reine des saints; 3° parce qu’elle est élevée en gloire et en puissance.Au ciel, elle est la plus proche du trône de Dieu, et il lui accorde tout pouvoir au ciel et sur la terre.Marie est la médiatrice de toutes les grâces.Nous ne saurions donc nous faire une trop haute idée de sa grandeur.Après Dieu, Marie est digne de toute vénération, de tout honneur et de toute louange.Comment pouvons-nous témoigner notre respect à la très sainte Vierge ?.(laisser trouver) Naturellement, nous nous tiendrons bien endant la prière; nous chercherons les plus elles prières et nous les dirons avec grande attention.C’est une marque de respect que de se bien préparer aux fêtes de la sainte Vierge, par exemple, en purifiant notre âme par la confession.Il y a des saints qui saluaient toujours l’image de Marie.Nous pouvons les imiter.Pourquoi avez-vous préparé un oratoire pour le mois de Marie ?N’est-ce pas une marque de respect ?Respectons aussi toujours le nom de la sainte Vierge et réparons pour ceux qui le profanent.L’amour de Marie L’amour est un sentiment fait d’estime et de tendresse pour une personne.Il nous la rend chère, nous attache à elle et à tout ce qui la concerne.Tel est l’amour que nous avons pour nos parents.Ce sentiment de notre part est de toute convenance envers la très sainte Vierge, qui est notre Mère, à la fois toute puissante et toute bonne.Il nous rapproche d’elle car l’amour filial ne connaît pas de distance entre mère et enfant.Dites pourquoi nous devons aimer la sainte Vierge ?.(laisser parler) Nous devons aimer la sainte Vierge: 1° parce qu’elle mérite notre estime plus qu’aucune autre créature, étant la plus élevée en dignité, en gloire et en puissance; 2° parce qu’elle est notre Mère.Nous l’avons déjà dit.A ce titre, elle mérite toute notre tendresse.Elle nous aime et nous comble de ses bienfaits, au point que nous ne pouvons pas les énumérer et que nous serions des monstres d’ingratitude si nous n’aimions pas Marie; 3° parce que c’est le désir de Jésus que nous l’aimions puisque c’est lui qui nous l’a donnée pour Mère.Comment devons-nous témoigner notre amour à la très sainte Vierge ?.(laisser trouver) Nous devons témoigner notre amour envers la très sainte Vierge: 1° en pensant à elle, à sa dignité, pour faire grandir notre estime; à ses bienfaits généraux et particuliers, pour accroître notre reconnaissance et notre tendresse; 2° en lui parlant cœur à cœur dans la prière, comme on parle à une mère tendrement aimée; en recourant à elle dans tous nos besoins, comme l’enfant qui appelle sa maman au secours dans le danger; 3° en gardant son image avec amour: tableau, statue, médaille ou scapulaire.Il y a des Saints qui baisaient une image ou une médaille de Marie; 4° en imitant surtout ses vertus car l’amour tend à nous faire ressembler à la personne aimée; 5° en nous consacrant à elle pour ne jamais lui déplaire et nous séparer d’elle, en offensant Dieu peu- le péché.La confiance en Marie La confiance est un sentiment qui nous porte à recourir à une personne quand nous pensons qu’elle peut nous aider et qu’elle le fera volontiers.Ce sentiment grandit en proportion de la puissance et de la bonté qu’on reconnaît à la personne en qui on se confie.Ainsi on a d’autant plus de confiance en un médecin qu’il passe pour habile.On a d’autant plus confiance en son père ou tout autre bienfaiteur, qu’il accorde plus volontiers ce qu’on lui demande.Deux éléments commandent la confiance; ce sont la puissance et la bonté.Comment pouvons-nous avoir une confiance sans bornes en la très sainte Vierge ? 712 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Votre petit catéchisme vous l’enseigne: « Parce quelle est la plus puissante protectrice que nous puissions avoir au ciel ».^ En effet, dans la sainte Vierge il y a les deux éléments qui produisent la confiance: 1 ° sa puissance n’a pas de limites puisque Dieu, devenu son Fils, ne sait rien lui refuser; 2° sa bonté est aussi sans bornes puisqu’elle a pour nous un cœur de mère.Le cœur de Marie étant la plus parfaite copie du cœur de Jésus, qui est infiniment bon pour les hommes, possède toute la bonté et toute la tendresse qu’un cœur peut avoir pour nous.De plus, Marie est notre Mère, parce qu’elle est la Mère de Jésus dont nous sommes les frères, et parce que Jésus nous l’a donnée pour Mère sur la Croix.Marie nous aime donc comme ses enfants, de tout l’amour qu’elle avait pour son Fils Jésus.Cet amour est si grand qu’il ne peut s’exprimer.Cette bonté de Marie s’étend à tous: aux enfants, comme nous, qui ont ses préférences; aux personnes pieuses qui la prient, et même aux pécheurs en qui elle voit des enfants malheureux, menacés de la mort éternelle.L Eglise nous donne l'exemple de la confiance en Marie dans la prière publique.Elle réclame son intercession au Confiteor, elle se recommande à elle en plusieurs endroits de la Messe, comme en certaines oraisons {en lire une, si Von veut).Chaque Messe se termine par trois Ave Maria suivis du Salve Regina.{Le lire lentement ou le réciter avec piété.) Comment alors, mes enfants, ne témoignerions-nous pas notre confiance à Marie dans notre devotion privée?L’Eglise nous y encourage car elle enrichit d’indulgences la plupart des prières que nous lui adressons depuis le chapelet et le rosaire jusqu’aux plus courtes oraisons jaculatoires.La sainte Vierge répond-elle à notre confiance ?Y a-t-il dans l’histoire de notre beau pays des exemples de confiance récompensée ?.Jacques Cartier voit cesser le scorbut après avoir promis un pèlerinage à Marie: Champlain ayant recouvré Québec, fait construire la chapelle de Notre-Dame de la Recouvrance; on consacre une colonie à la sainte Vierge sous le nom de Ville-Marie; le Canada est sauvé par Marie en 1711.Il y a des lieux de pèlerinage où les nombreux ex-voto racontent les bienfaits de Marie: Notre-Dame de Bon-Secours à Montréal; Notre-Dame des Victoires à Québec, Notre-Dame-du-Cap au Cap de-la-Madeleine, qui est notre pèlerinage national à Marie.Ces grands exemples sont passés à l’histoire mais nous ne pourrions jamais raconter toutes les faveurs particulières de Marie.Recourons donc à elle dans tous nos besoins, sans exception et nous éprouverons infailliblement son secours.La dévotion à Marie est nécessaire Pensez-vous, mes enfants que la dévotion à Marie est nécessaire pour aller au ciel ?.{laisser parler) La dévotion à Marie est nécessaire au salut, non pas, il est vrai, d’une nécessité absolue, comme le Baptême, mais d’une nécessité morale» a tel point que saint Alphonse de Liguori a pu écrire: Un véritable serviteur de Marie ne peut être damné.Puisque la sainte Vierge est la « Médiatrice de toutes grâces », cela signifie bien que nous devons recourir à elle pour être sauvés.Nous ne pouvons pas nous sauver sans la grâce n’est-ce pas?Et l’Église nous fait invoquer Marie sous le titre de « Mère de la grâce divine ».Mater divinae gratiae.Cela est vrai pour que Marie nous ait donne Jesus, auteur et source de toutes les grâces, et encore dans le sens qu’au ciel, elle nous obtient et nous distribue les grâces que son divin Fils nous a méritées.Nous devons donc recourir à Marie pour obtenir les grâces nécessaires à notre salut.Donc la dévotion à Marie est nécessaire.De grands saints, ont employé des expressions imagées pour nous faire comprendre la nécessité de la dévotion à Marie.Telles sont ces trois belles appellations: Echelle du ciel.Réservoir des grâces, Canal des grâces.L’Église elle-même invoque Marie sous le titre de Notre Avocate dans le Salve Regina, de Mère de la divine grâce, et de Porte du ciel, dans les litanies.{Ecrire au tableau) Saint Alphonse de Liguori a écrit: « Il est impossible qu’un serviteur de Marie puisse se damner » _ {écrire).Mais ici, il faut écarter certaines idées fausses, mes enfants.Il y a des chrétiens qui^ continuent à prier et à honorer Marie, malgré que leur conscience leur reproche bien des fautes et qu’ils ne fassent rien pour mieux vivre.Us espèrent que la sainte Vierge aura pitié d’eux et leur obtiendra miséricorde.Ceux-là, sont des enfants malheureux dont' la sainte Vierge a pitié en leur obtenant la grâce d’un retour à Dieu.Mais on ne doit pas s autoriser de quelque pratique en l’honneur de la sainte Vierge pour vivre dans le péché et compter sur une conversion à l’heure de la mort.Quel est celui qui a une vraie dévotion à la sainte Vierge ?.{laisser trouver et résumer) Celui qui a une vraie dévotion à Marie est celui qui l’aime comme sa mère, qui a confiance en sa protection pour faire le bien ou revenir au bon Dieu s’il tombe dans le péché, qui la prie fréquemment, qui pratique ses vertus, qui s’efforce de la faire honorer autour de lui.C’est à ce vrai serviteur de Marie que le salut est assuré.La dévotion à Marie nous procure des avantages inappréciables Ici, mes enfants, nous allons résumer, tout ce que nous venons de dire sur la dévotion à Marie.Essayer d’énumérer ses avantages .{laisser parler) Nous les classerons un peu.1° Le premier avantage de la dévotion à Marie est de nous faire vivre plus pleinement la vie chrétienne.Marie nous donne Jésus.Marie nous conduit à Jésus; 2° la dévotion à Marie est à la portée des enfants même; elle s’accommode des pra- 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 713 tiques les plus simples, elle nous assure la protection toute puissante de Marie.3° dans l’ordre surnaturel, Marie est le refuge des pécheurs.4° dans l’ordre naturel, Marie est le salut des infirmes.Elle guérit les malades; la consolation des affligés: elle console toutes les peines; 5° elle est le secours des chrétiens car elle nous assiste dans toutes nos nécessités.Conclusion et résolution Que ferons-nous pendant ce mois de mai pour témoigner à Marie notre respect, notre amour, notre confiance ?.(laisser dire et résumer) 1° Pour marquer notre respect à Marie, nous lui avons dressé un autel et l’avons orné.Nous saluerons son image ou sa statue en entrant en classe.2° Pour lui témoigner notre amour, nous ferons avec piété nos exercices du mois de Marie (lecture, prière ou chant).3° Nous demanderons beaucoup de grâces pour nous, pour nos parents, pour les pécheurs, etc.avec la ferme confiance d’être exaucés.Terminons ce catéchisme par un beau cantique qui fait bien plaisir à la sainte Vierge: Je mets ma confiance Vierge, en votre secours Servez-moi de défense.Prenez soin de mes jours.Et quand ma dernière heure Viendra fixer mon sort.Obtenez que je meure De la plus sainte mort.SIXIÈME ANNÉE MARIE ET LA FÊTE DES MÈRES Note pédagogique.— (( Marie et la fête des mères )) voilà un catéchisme hors les cadres du programme mais qui ne manque pas d'opportunité.La fête des mères nous est commune avec bien des gens qui ne partagent ni nos croyances religieuses ni notre mentalité nationale.Bien plus, la propagande commerciale risque de ruiner ce que le snobisme n’a pas encore détruit.Il est donc fort à propos d'apprendre aux enfants à donner à cette fête son caractère vraiment familial et plus encore un cachet religieux et marial.Avec des élèves de 6e année et dans l’ordre des sentiments, mieux vaut une intuition psychologique et morale que des moyens extérieurs et concrets.Nos adolescents ont besoin de sentir vibrer leur âme tout comme ils saisissent les battements du cœur.Pour cela, il faut la réflexion dans le calme et le silence.Ce catéchisme se présente comme un exercice de réflexion.Le catéchiste propose des sujets de réflexion, ménage des pauses et l’âme des enfants se replie sur elle-même et prend conscience de ce qui se passe en elle.Pour conserver l’attention des élèves, on peut couper le développement de ce sujet par quelques couplets de cantique à Marie: Je te bénis, douce Vierge Marie .Je viens Poffrir mon cœur, etc.L'application de ce catéchisme est une préparation religieuse à la fête des mères, à la fois fête de la maman de la terre et de la Maman du ciel.Le mode de cette préparation devrait être laissé à Vinitiative des élèves, soit pour une préparation collective, soit pour une préparation particulière.[ 1.Grandeur du rôle de mère.But précis ¦{ 2.La fête des mères est une fête religieuse.{ 3.La fête des mères est une fête mariale.Moyens concrets 1.Images diverses représentant le rôle de la mère.- 2.Image ou statue de Marie portant l’Enfant Jésus dans ses bras.3.Affiche spéciale ou mot d’ordre illustré. 714 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai INTRODUCTION A l’occasion de la fête des mères que vous préparez avec bonheur, mes chers enfants, il est comme tout naturel que vous ne sépariez pas dans votre vénération, votre reconnaissance et votre amour ces deux personnes exquises que le bon Dieu vous a données: l’une dans l’ordre de la nature, l’autre dans l’ordre de la grâce; l’une dont le nom a été balbutié le premier par vos lèvres d’enfant, l’autre que vous avez appris à connaître et à aimer quand vous étiez tout jeunes encore: j’ai nommé votre maman de la terre et « la Maman du ciel ».Chrétiens, nous avons deux mères Un grand éducateur de notre^pays, M.C.-J.Magnan, inspecteur général des Ecoles normales, racontant le bonheur qu’il avait eu de prier la sainte Vierge à Lourdes, le lieu béni de tant d’apparitions de Marie, disait fort justement: « Le bon Dieu connaissait bien le cœur des hommes: il a placé une Mère dans le ciel ».Hé bien ! oui, mes enfants, le cœur des hommes est ainsi fait qu’il aime par dessus tout « sa mère ».Nous chérissons plus que tout au monde notre maman de la terre.Mais quelle assurance et quelle joie pour nous que d’aller au Père éternel par notre bonne Maman du ciel, la sainte Vierge ! Sans doute, en réunissant dans notre esprit et dans notre cœur nos deux mères, nous ne les plaçons pas sur un pied d’égalité.Autant le ciel l’emporte sur la terre, autant la grâce surpasse la nature, autant l’âme est supérieure au corps, autant la sainte Vierge surpasse en perfections et en mérites la plus accomplie de toutes les mères.Mais nous pouvons unir leur culte en la fête des mères.Et tout d’abord, quel culte ne devons-nous pas à notre maman de la terre 1 Une mère !.Qui dira jamais ce que c’est qu’une mère ?.Une mère !.C’est la tendresse, c’est le dévouement et c’est l’amour !.Répétez-vous à vous-mêmes ces mots si doux et si forts, tandis que je tenterai de les développer: tendresse .dévouement .amour !.Votre mère, c’est la tendresse qui s’est penchée attentive sur votre berceau, mes enfants; c’est un dévouement de tous les instants qui a pris soin de votre vie, qui vous a appris à parler, qui a guidé et soutenu vos premiers pas, qui a éveillé votre intelligence et répondu à tous vos pourquoi, qui vous a conduits à l’école, qui vous a fait connaître le bon Dieu, qui vous a appris à être de bons enfants .C’est l’amour qui vous a caressés, choyés, qui a saisi toutes les occasions de vous faire plaisir, qui a consenti tous les sacrifices pour votre bonheur .Votre mère n’est-elle pas tout cela pour chacun de vous ?.Et votre mère sera, pour chacun de vous, durant toute votre vie, tendresse.dévouement.amour.Le cœur d’une mère n’a pas d’âge.C’est pourquoi les enfants bien nés aiment leur mère jusqu’à leur dernier moment, ou plutôt, ils l’aiment éternellement.(Utiliser les images.) Aujourd’hui, vous êtes remplis de tendresse pour votre mère, mais plus tard, quand vous serez devenus grands, que vous comprendrez mieux tout ce que vous devez à votre mère, vous l’aimerez bien davantage.Une maman chrétienne fait plus que soigner ses enfants, que leur prodiguer son amour, que les protéger de sa tendresse, elle fait grandir leur âme dans la grâce du bon Dieu.Une mère est comme « une sorte de sacrement » qui fait épanouir la grâce et les vertus surnaturelles dans l’âme de ses enfants.Elle les forme à la pratique du bien et elle les rend capables de répondre généreusement à leur vocation.On a dit que « le sacerdoce est d'abord dans le cœur des mères ».En effet, toutes les grandes œuvres, tous les nobles dévouements, toutes les plus sublimes vocations sont d’abord et avant tout l’œuvre des mères.Que de grands hommes ont attribué à leur mère leur succès et leur bonheur dans la vie ! Pensez, mes enfants, à tout ce que votre mère a fait pour votre âme: tout ce qu’elle vous a enseigné de Dieu, de la prière, de vos devoirs de chrétiens, de la sainte Vierge, votre Maman du ciel, de votre ange gardien, des saints .Repassez les exemples qu’elle-même vous a donnés: exemples de piété, de charité, de travail, d’esprit de sacrifice .Votre maman a réellement façonné votre âme, n’est-ce pas ?.De plus les mères prient pour leurs enfants et leurs prières sont toutes puissantes.Vous ne pouvez savoir toutes les bénédictions et les grâces célestes que votre maman a attirées sur vous ! Hélas ! Il y a parfois des enfants qui s’égarent comme l’Enfant prodigue .Ce pauvre malheureux avait-il encore sa mère ?Non, sans doute, car il n’aurait pu quitter le foyer .Avait-il eu une sainte Mère ?.Oui, sans aucun doute, car il est revenu au foyer.Il y a des mères qui pleurent et qui prient pour un fils prodigue .Et Jésus ne résiste jamais aux larmes des mères.Il les exauce sur terre, il les exauce surtout du ciel où elles intercèdent pour un pauvre orphelin.Que de pauvres égarés ont dû à leur pieuse mère leur retour à une vie chrétienne et heureuse.On ne se lasserait pas de citer les paroles qui ont été écrites sur ce beau sujet.Saint Augustin eut pour mère sainte Monique.De païen qu’il était, il devint chrétien, puis évêque et docteur de l’Eglise.Et il a pu écrire: « C’est à ma mère, à ses mérites, à ses prières, que je dois d’être ce que je suis.Si je n'ai pas péri dans l’erreur et dans le mal, ce sont les larmes de ma mère qui me l’ont obtenu ».Oh ! qu’il est sublime le rôle de la mère au point de vue naturel comme au point de vue surnaturel ! Que de bienfaits reçus, que de fautes évitées, que de redressements effectués, que de carrières ou de vocations généreusement entreprises, grâce à ses prières, à ses exemples, à ses sacrifices ! Pensez à tous ces biens reçus et disons ensemble de tout notre cœur: « O ma mère, soyez bénie !.» 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 715 La fête des mères est une fête religieuse Les paroles que vous venez de prononcer, mes enfants, sont l’accomplissement d’un commandement divin, et elles sont en même temps comme une prière: elles appellent les bénédictions du ciel sur votre mère.Il est donc bien vrai que nos meilleurs sentiments à l’égard de notre mere trouvent leur parfaite expression dans la religion.Et la fête des mères doit être une fete religieuse.Sans doute, il convient quelle soit avant tout, au foyer, une fête intime où tous les membres de la famille rendent à la mère, les honneurs auxquels elle a droit, lui offrant des vœux et des presents, se.rejouissant en sa compagnie.Mais il faut bannir de cette fête familiale tout caractère de mondanité qui altérerait les sentiments si délicats auxquels elle doit donner libre cours de part et d’autre.Cette fête doit resserrer les liens d’amour maternel et d’amour filial qui rendent la famille forte et heureuse.Il faut lui garder son cachet d’intimité.II.com ient surtout de joindre aux démonstrations de tendresse des actes religieux: ils en marqueront la sincérité, les élèveront et les rendront efficaces.Si les mères chrétiennes prient pour leurs enfants, comme nous l’avons dit plus tôt, à combien plus forte raison les enfants doivent-ils prier pour leur mère.Jésus pourra-t-il résister à la prière des enfants ?.Qu’il est beau de voir.les membres d’une famille prendre part.a la sainte Messe et communier pour leur mère, ou lui préparer un bouquet spirituel ! N’est-ce pas aussi touchant de réciter chapelet en famille, le soir de la fête des meres ?Autrefois, la fête des mères n’existait pas.La mere était bien la reine du foyer honorée tous les jours.Parce qu’en certains pays, on a malheureusement oublie ou rejeté le précepte du Décalogue: « Père et mère honoreras », on a senti le besoin d’instituer une fête civile pour honorer la mère et réunir la famille désagrégée.La fete des mères a pour but de restaurer la famille, dans ces malheureux pays.Point n’est besoin de restauration du foyer dans notre catholique province de Québec, par une fête civile.Mais il est opportun de conso-hder le foyer par une fête religieuse: c’est Dieu jU\ a famille.Faisons donc de la fete des meres une fête religieuse, et pourquoi pas une fete mariale dans ce beau mois de mai ?.La fete des meres est une fête mariale Plusieurs enfants comprennent, comme d’instinct, que la fete des mères est une fête mariale, en ce sens qu’ils prient leur Maman du ciel de bemr celle de la terre.C’est très bien, mais on peut faire plus et mieux encore.Il est du devoir des enfants pieux d’élever leurs regards plus haut que la terre, de contempler et de vénérer cette autre Mère à qui ils doivent encore plus qu’à leur maman d’ici-bas, la très sainte Vierge Marie.La fête des mères, c est d abord la fete de la Mère des mères et il convient de lui offrir nos hommages.{Image ou statue de Wlarie) Regardez, mes cette belle image {ou cette belle statue) de Marie.Ne nous offre-t-elle pas la représentation la plus pure, la plus noble, la plus touchante du role de la mere ?Y a-t-il jamais eu dans le monde une tendresse plus profonde que celle de Marie pour son Jésus?Y a-t-il eu un dévouement plus sacrifié, plus immolé que le sien?Y a-t-il eu un amour plus doux et plus tort, plus ardent que l’amour de Marie?La sainte Vierge est le chef-d’œuvre de Dieu, la Mere par excellence.On ne peut rêver d’une mere plus parfaite que Marie, la Mère de Dieu et .la notre ! Ecoutez, mes enfants, ce que la sainte Vierge nous enseigne en la fête des mères.Elle nous dit un merveilleux plan du bon Dieu.La famille humaine du chrétien comprend normalement le père, la mère et les enfants.Et nous venons de reconnaître que c’est la mère qui, par son cœur, y exerce la plus grande influence.Dans l’ordre surnaturel, on doit s’attendre à une merveille semblable bien que plus grande encore.Il ne convenait pas que notre famille du ciel fut inférieure à celle de la terre.Dieu ne pouvait pas permettre que la joie fût incomplete au cœur de ses enfants.Oh ! sans doute, Dieu seul ^suffit: c est lui qui sera notre ciel pendant 1 éternité.Mais Dieu connaissait ce besoin de tendresse du cœur humain que seule une mere, peut comprendre et combler, c’est pourquoi il a voulu une Mère pour le chrétien dans l’ordre surnaturel.La famille du chrétien a Dieu pour Père Les chrétiens sont appelés les enfants de Dieu.Quelle sera leur Mère?Comment sera-t-elle digne de la Famille ou elle doit occuper une si grande place ?.Mes enfants, vous savez comment le bon Dieu a fait son chef-d’œuvre, Marie.Il a choisi une de ses creatures, la plus belle, la plus pure, la plus sainte .Il l’a ornée de tous les dons de la nature et de la grace .puis, par un prodige inouï qui s’appelle le mystère de l’Incarnation, il l’a élevée à la dignité de Mère de Dieu.Et du même coup, Marie devient Mère spirituelle des chrétiens.Celle qui a donné naissance à Jésus devient, par le fait même, Mere de tous ceux qui, dans la suite des temps, seront les membres du Corps mystique du Christ, qui seront greffés sur lui au jour de leur Baptême et participeront à sa vie.Peut-on rêver d’une Mère plus parfaite, plus accomplie que Marie ! Et ce n’est pas tout encore.Afin que nous soyons bien assurés de 1 amour de Marie, Jésus nous l’a donnée pour Mere, sur la Croix, pour bien marquer que la très sainte Vierge ayant coopérer par ses souffrances à notre Rédemption est vraiment notre Mère.Y a-t-il une mère qui aime plus ses enfants que Marie nous a aimés ?.De quelles faveurs ne nous a-t-elle pas déià’combles !.Comment pourrions-nous ne pas exprimer à la sainte Vierge les sentiments de reconnaissance, d admiration et d’amour qui remplissent 716 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai notre cœur à l’occasion d’une fête instituée pour glorifier les mères ?.Conclusion Fêtons nos deux mères en une même fête.Glorifions d’abord notre Maman du ciel, la sainte Vierge.Offrons-lui nos louanges, notre vénération et notre amour.Prions-Ia ensuite avec ferveur pour notre maman de la terre.Puis allons offrir à cette dernière nos vœux et nos présents tout parfumés de nos prières mariales.Ils ne manqueront pas de lui être agréables et surtout de contribuer davantage à son bonheur.Cantique à Marie Je te bénis, puissante et bonne Mère, Je te bénis, toi qui du haut des deux, Sur ton enfant qui te prie sur la terre.Avec amour daigne jeter les yeux.Combien défais ta bonté généreuse M'a prodigué ses trésors infinis.Je chanterai sur ma lyre joyeuse.Je te bénis, je te bénis.SEPTIÈME ANNÉE MON ATTITUDE ENVERS LA SAINTE VIERGE {Prog., p.181) Note pédagogique.— Le programme de 7e année propose une étude assez étendue de la dévotion à Marie.Nous en avons extrait « Le Culte de Marie )>.Pour intéresser les élèves de 7e année aux vérités religieuses et les en bien pénétrer, il est bon de les leur présenter dans un aperçu synthétique et saisissant, comme l’indique très bien le programme.Dans la présente leçon, que Von trouvera peut-être chargée, il y a bien peu à retenir de mémoire, mais il y a une forte leçon à dégager et c’est tout l’ensemble qui la rend saisissante.Cette leçon si importante c’est « Le rôle de la sainte Vierge dans la liturgie ou dans le culte catholique )).Les faits si jwmbreux montrent à l’évidence que Marie a la première place après Notre-Seigneur et qu elle dépasse, on serait tenté de dire infiniment, tous les saints.Cette leçon préparée par les élèves en équipes leur apprend l’usage de leur missel et leur fait découvrir les trésors de vie spirituelle qu’il renferme.De plus, la lihirgie renferme toute la doctrine de l’Eglise et une doctrine vivante, pénétrante, vivifiante.On ne saurait trouver un enseignement plus pratique.Pour certaines pratiques de dévotion à la sainte Vierge, nous reportons les catéchistes aux leçons déjà parues dans la revue: Le Rosaire, 1945 — Le Scapulaire, 1945 — L'Immaculée Conception, 1947 -L'Assomption, 1950.Questionnaire objectif: 75 questions sur la sainte Vierge, 1947.But précis r 1.Nature du culte rendu à la sainte Vierge dans l’Eglise.Culte et dévotion.• 2.Caractères du culte de la sainte Vierge.Son développement.3.Obligation qui nous incombe de rendre à Marie le culte qui lui est dû. 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 717 (Faire réunir les moyens par les élèves) 1.Images représentant: à) une église dédiée à Marie; Moyens concrets b) une fête liturgique; (la Purification) (au choix) c) une peinture de maître; (Marie portant VEnfant-Jésus) d) un lieu de pèlerinage.(Lourdes, Notre-Dame du Cap) 2.Prière — Cantique.3.Usage du missel — Recherches.INTRODUCTION Nous avons étudié la vie de la très sainte Vierge, ses grandeurs, ses vertus.Dans ce beau mois qui lui est consacré, chacun de nous, mes enfants, doit naturellement se demander: Quelle doit être son attitude envers la sainte Vierge ?Nous devons envisager une double attitude, l’une intérieure et l’autre extérieure.Quelle doit être notre attitude intérieure, c’est-à-dire quels doivent être nos sentiments envers la très sainte Vierge ?.(laisser parler) Nos sentiments peuvent se ramener à trois principaux: le respect, l’amour et la confiance envers Marie.(Voir catéchisme de 5e année.) Ils constituent notre dévotion à la très sainte Vierge.Nous n’y insisterons pas car nous y reviendrons en parlant de notre attitude extérieure.Disons cependant que la sainte Vierge aime surtout les sentiments profonds de notre cœur et qu’aucune pratique extérieure ne peut avoir de valeur à ses yeux si elle n’est accompagnée de respect, d’amour et de confiance.Quelle doit être notre attitude extérieure, c’est-à-dire quels sont les actes qui témoignent de nos sentiments de respect, d’amour et de confiance envers Marie?.(laisser trouver et classifier) Il convient de grouper nos hommages à Marie en deux catégories: 1 ° les hommages publics que nous lui rendons avec toute l’Eglise et qui constituent le culte de la sainte Vierge; 2° nos hommages privés, personnels, que l’on appelle « pratiques de dévotion » et qui constituent pour une part la dévotion à Marie.Bien que l’on puisse voir une différence entre le culte et la dévotion, on peut cependant dire que les deux sont synonymes ou plutôt que la dévotion comprend le culte.Nous étudierons aujourd’hui le culte de la sainte Vierge: 1.Sa nature.2.Ses caractères.3.Son obligation.Votre travail d’équipes consistera ensuite à rechercher les pratiques du culte et les pratiques de dévotion.Comme chaque équipe fera bénéficier la classe entière de ses recherches, quel mois de Marie fructueux nous allons faire !.Nature du culte que l’Église rend à la sainte Vierge Le culte de la sainte Vierge se compose d’un certain nombre de prières, de fêtes et de céré- monies publiques, revêtant un caractère officiel et contrôlées par l’Eglise.La dévotion à la sainte Vierge, sans se limiter au culte public et extérieur, comporte encore, en plus, une grande variété d’actes et de sentiments individuels.On pourrait dire que le culte est l’épanouissement extérieur de la dévotion intime des fidèles envers la Mère de Dieu.Souvent des pratiques qui ont été commencées individuellement ont été introduites par l’Eglise dans la liturgie ou le culte officiel.Il en a été ainsi de la plupart des fêtes de la sainte Vierge.Mais quelle est au juste la nature de ce culte rendu à Marie ?Ce culte diffère de celui que nous rendons à Dieu et qui est l’adoration ou le culte de latrie; mais il est supérieur à celui que nous rendons aux autres saints.On prie la sainte Vierge, on la loue, mais personne ne l’adore parce qu’elle n’est qu’une créature bien que la plus digne.Mais en raison même de son éminente dignité de Mère de Dieu, il est juste qu’elle reçoive des honneurs plus fréquents et plus élevés que tous les autres saints.C’est ce que nous exprimons par un mot « hyperdulie » qui veut dire un cidte supérieur à celui que nous rendons aux autres saints et que nous nommons « dulie ».Caractères du culte de la sainte Vierge Les caractères du culte rendu à la très sainte Vierge nous montrent encore combien il est supérieur à celui que nous rendons aux autres saints.Vous pouvez vous-mêmes, mes enfants, trouvez ces caractères.Y a-t-il longtemps que l’on honore la sainte Vierge dans l’Église ?Par exemple, y a-t-il longtemps que l’on célèbre la fête de l’Annonciation ou celle de la Purification ?.Comme ces fêtes se rapportent également à Notre-Seigneur, elles sont très anciennes dans l’Église.On peut donc affirmer que le culte de la sainte Vierge se caractérise par son ancienneté.Est-ce que tous les peuples vénèrent saint Jean-Baptiste pour leur patron, comme les Canadiens français ?.Est-ce que tous les catholiques honorent Marie ?.Le culte de Marie se distingue donc par son universalité.Y a-t-il une religion chrétienne que n’honore pas Marie ?.-^ Les protestants, mais ils sont séparés de l’Église catholique.Est-ce que l’Église catholique a toujours honoré Marie ?.Le culte de Marie jse caractérise encore par sa perpétuité dans l’Église catholique.Le culte de la sainte Vierge, par le fait même qu’il tient de très près au culte de Notre-Sei-gneur, participe aux caractères de la religion chrétienne elle-même: ancienneté, perpétuité. 718 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai universalité.Voulez-vous que nous disions encore un mot de ces trois caractères ?{Ecrire au tableau noir.) Ancienneté du culte de Marie.On peut dire^que le culte de Marie est aussi ancien que l’Eglise.Les premiers chrétiens n’ont cessé d’entourer Marie d’une vénération toute filiale.Les enseignements des apôtres et des évangélistes ont de plus fait consigner ses titres dans 1 Évangile et le Credo: Je crois .en Jésus-Christ .qui est ne de la Vierge Marie.Les premiers chrétiens ont vénéré Marie comme Mère de Dieu.Cela ne veut pas dire que toutes les pratiques de dévotion actuellement en usage datent du commencement de l’Eglise: chapelet, angélus, etc.Le culte de Jésus-Christ est aussi ancien que l’Eglise mais il s’est développé.Ainsi les processions du Saint-Sacrement sont récentes.Le culte de Marie est dans le même cas et il est bien sûr que, en même temps que celui de Jésus, il se développera encore.Perpétuité du culte de Marie.Il n’est aucune époque, mes enfants, ni aucun pays catholique où ce culte ait cessé.Au contraire, il a persisté en s’enrichissant au cours des siècles.Seuls les pays protestants ont cessé de prier et de vénérer Marie et ils ont dû pour cela détruire ses sanctuaires anciens, briser ses statues et ses images, rejeter tous les objets de piété mariale.Les malheureux ! Ils ont renié leur Mère du ciel.C’est pourquoi ils ne se convertissent pas .Universalité du culte de Marie.Avec l’Eglise, le culte de Marie s’est rapidement propage dans le monde.Il est supérieur e.n .c^a ?u vculte de plusieurs saints qui est limité soit à un pays (saint Patrice), soit à certains jours (les mardis de saint Antoine).Partout ou le nom de Jésus a été connu et honoré, on invoque aussi celui de sa bienheureuse Mère.Partout où une église est érigée et ouverte au culte, l’autel de Marie s’élève à côté du maître-autel, celui de son divin Fils.Au moins, voyons-nous son image là où il n’y a pas d’autel.Obligation du culte de la sainte Vierge Mes enfants, vous ne chercherez pas bien longtemps dans votre esprit et dans votre cœur, comme aussi dans vos connaissances religieuses pour trouver les raisons qui nous obligent à rendre un culte à la sainte Vierge.O douce obligation !.La sainte Vierge est Mère de Dieu.Pourrions-nous sans déplaire à Dieu ne pas la venerer ?Et par toutes les grâces exceptionnelles que Dieu lui a accordées en vue de cette incomparable dignité .Marie n’est-elle pas digne de tout honneur, de toute louange, d’un culte au-dessus de celui de tous les saints ?La sainte Vierge est notre Mère.Au prix de quelles souffrances la sainte Vierge a coopéré à notre Rédemption ! L’Église l’appelle Co-rédemptrice des hommes.Jésus sur la Croix nous l’a donnée pour Mère.La reconnaissance nous commande un culte comme à la plus aimante, à la plus dévouée, à la plus immolée des mères.La sainte Vierge est la Médiatrice de toutes grâces.Nous prions les saints comme les amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de lui, cela est vrai de la sainte Vierge à plus forte raison.L’Église l’appelle Mère de la grâce divine, Porte du ciel .Nous avons un besoin immense de son secours, de sa protection toute-puissante.Le culte de la sainte Vierge est tellement uni à celui de Jésus que la mesure de notre piété envers Marie est la mesure même de notre esprit chrétien.Organisation du travail en équipes Le culte de la sainte Vierge se compose de prières, de fêtes et de cérémonies en son honneur.Trois équipes vont se partager les recherches.Première équipe: Prières du culte public à Marie.Deuxième équipe: Fêtes en l’honneur de Marie.Troisième équipe: Cérémonies liturgiques en l’honneur de Marie.Deuxième équipe LES FÊTES DE LA TRÈS SAINTE VIERGE Questionnaire pour diriger les élèves dans leurs recherches et leurs réflexions.1.Pourquoi l’Église a-t-elle institué des fêtes en l’honneur de Marie ?2.Combien votre missel mentionne-t-il au- jourd’hui de fêtes de la sainte Vierge ?3.Dites ce que les principales fêtes de Marie rappellent aux fidèles.4.Quelles sont les plus anciennes de ces fêtes ?les plus récentes ?celles qui sont d’obligation ?5.Connaissez-vous d’autres fêtes d’un carac- tère particulier ?6.Comment doit-on célébrer les fêtes de la sainte Vierge ?7.Quelles sont les deux fêtes de la sainte Vierge dans le mois de mai ?8.Que rappelle la fête de Notre-Dame Auxi- liatrice ?9.Que rappelle la fête de Marie Médiatrice ?10.Quelle réflexion vous inspire la connaissance de toutes ces fêtes de Marie.L’Église a institué des fêtes en l’honneur de la sainte Vierge pour honorer les principaux événements de sa vie, ses grandeurs et ses vertus. 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 719 Notre missel mentionne aujourd’hui vingt fêtes de la sainte Vierge.Parmi les fêtes de la sainte Vierge, deux d’entre elles sont communes avec Notre-Sei-gneur: l’Annonciation le 25 mars et la Purification le 2 février, puisqu’elles rappellent, la première, l’Incarnation et la seconde, la Présentation de Jésus au Temple.Six autres sont pour ainsi dire correspondantes aux fêtes de Notre-Seigneur: L’Immaculée Conception, 8 décembre, correspond à l’Incarnation.La Nativité, 8 septembre, correspond à Noël.Le Saint Nom de Marie, 12 septembre, correspond au Saint Nom de Jésus.La Présentation au Temple, 21 novembre, correspond à la Présentation de Notre-Seigneur.Les Sept Douleurs, vendredi de la Passion, correspond à la Passion de Notre-Seigneur.L’Assomption, 15 août, correspond à l’Ascension.D’autres fêtes rappellent des événements remarquables pour l’Eglise: Notre-Dame, des Neiges, 5 août, rappelle la dédicace de l’Eglise de Sainte-Marie-Majeure à Rome; Notre-Dame du Saint Rosaire, 7 octobre, rappelle une grande victoire à Lépante; Notre-Dame du Mont Carmel, 16 juillet, commémore l’institution du scapulaire; Notre-Dame de la Merci, 24 septembre, rappelle l’ordre du même nom; Notre-Dame de Lourdes, 11 février, commémore les apparitions à sainte Bernadette Soubirous; Notre-Dame de Pontmain, 17 janvier, rappelle aussi des apparitions en ce lieu.Deux autres fêtes se rapportent encore à la vie de la sainte Vierge: La Visitation,^ juillet, qui nous redit sa visite à sa cousine Elisabeth; Notre-Dame des Apôtres, samedi dans l’octave de l’Ascension, qui nous rappelle le rôle de la sainte Vierge auprès des apôtres réunis dans le Cénacle avant la descente du Saint-Esprit.Enfin, certaines fêtes honorent les vertus de Marie ou sa puissance d’intercession.Telles sont Notre-Dame Auxiliatrice, 24 mai, et Marie Médiatrice, 31 mai.Parmi les fêtes de la sainte Vierge, les quatre plus anciennes sont l’Annonciation, la Purification, l’Assomption et la Nativité.La fête de la Visitation, de la Présentation, du saint Nom de Marie et surtout celle du Cœur Immaculé de Marie Médiatrice sont les plus récentes.L’Immaculée Conception est la seule fête d’obligation au Canada, les autres fêtes sont so-lennisées le dimanche.Il y a aussi d’autres fêtes d’un caractère plus particulier comme celle des Épousailles de la sainte Vierge, au mois de janvier, Notre-Dame de Lorette, Notre-Dame de La Salette, Notre-Dame de la Guadeloupe, la Médaille miraculeuse, Notre-Dame du Bon Conseil, le Saint Cœur de Marie et plusieurs autres: il y en a une vingtaine.Ces fêtes sont particulières à certains pays.On doit célébrer les fêtes de la sainte Vierge avec beaucoup de piété.Dans la vie ordinaire des hommes, toute fête suppose une préparation.Peut-on comprendre comment des chrétiens ne se préparent pas à une fête de leur Mère du ciel ?On n’ose pas l’expliquer par un manque d’amour, la sainte Vierge qui nous aime tant doit en avoir de la peine.Nous devons donc nous préparer à célébrer les fêtes de la sainte Vierge.Tout d’abord, notre âme doit être bien pure et nous ne devons pas hésiter à nous confesser.Puis, comme Marie n’a pas d’autre joie que de nous voir aimer son Jésus, nous devons nous unir à lui dans la sainte Communion, en assistant à la Messe.Comme on orne la maison pour une fête, nous devons aussi orner notre âme par des actes de vertu, par des sacrifices, par des prières.C’est f)ourquoi les âmes pieuses préparent une fête de a sainte Vierge par une neuvaine.Deux fêtes sont préparées par une vigile: V Immaculée ^Conception et VAssomption.Mais lorsque l’Église ne prescrit pas cette vigile, les âmes dévotes à la sainte Vierge tiennent quand même à faire une préparation immédiate la veille d’une fête de la très sainte Vierge.Pour exciter dans notre âme les sentiments de ferveur qui conviennent à la fête, le moyen le plus simple, le plus facile, est de lire à l’avance l’explication de cette fête et la liturgie dans son missel.Prenons comme exemples les deux fêtes de la sainte Vierge durant le mois de mai.Le beau mois de Marie nous apporte la fête de Notre-Dame Auxiliatrice et celle de Marie Médiatrice.La fête de Notre-Dame Auxiliatrice nous rappelle un fait bien pénible pour l’Église en ce temps-là: un Pape fut emprisonné par l’empereur des Français.Le Pape Pie VII, pour s’être opposé aux exigences de l’empereur, fut amené en France, séparé des cardinaux et emprisonné par Napoléon Ier.Il subissait cette terrible épreuve depuis cinq ans _ sans espoir de recouvrer sa liberté.Toute l’Église priait pour le chef dont elle était privée, en s’adressant à la sainte Vierge avec la plus grande ferveur.Tout à coup, une série d’événements imprévus força Napoléon à rendre la liberté à son illustre prisonnier.Le Pape attribua sa délivrance à la protection de Marie.Il établit donc une fête solennelle en l’honneur de sa puissante protectrice et la fixa au 24 mai.Voici l’oraison, l’une des plus belles prières que nous puissions adresser au bon Dieu par l’intercession de la sainte Vierge: « 0 Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui, pour la défense du peuple chrétien, avez admirablement établi un secours perpétuel dans la bienheureuse Vierge Marie, faites, dans votre bonté, qu après avoir été soutenus par une si puissante protection dans les combats de la vie, nous remportions à la mort la victoire sur l'esprit malin.Par Notre-Seigneur .(On pourrait lire aussi la secrète et la postcommunion) La fête de Marie Médiatrice a pour but d’honorer la puissance d’intercession de la sainte Vierge et de nous enseigner cette vérité: « Toutes les grâces nous viennent par Marie ».Elle est la Médiatrice comme Jésus est le Médiateur entre Dieu et les hommes.(Lire au missel 720 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai cette si consolante doctrine de la Médiation de Marie.Il serait trop long de la reproduire ici.) Marie ayant coopéré par sa Maternité divine et ses souffrances au pied de la Croix à l’Incarnation et à la Rédemption, elle a mérité de coopérer à l’application que le Très-Haut en fait continuellement aux créatures.L’Eglise nous fait dire dans l’oraison: « Seigneur Jésus-Christ, notre Médiateur auprès du Père, vous qui avez daigné constituer Médiatrice auprès de vous la très sainte Vierge, votre Mère et aussi la nôtre, faites que quiconque sera venu à vous pour implorer vos bienfaits, se réjouisse de les obtenir tous par Marie: ô vous qui vivez avec le même Dieu le Père ».La considération du culte rendu à Marie dans l’Eglise catholique nous fait mieux comprendre la dignité suréminente de notre céleste Mère et nous inspire une confiance sans borne en sa bonté et en sa puissance.Nous sommes comme éblouis par l’éclat de tant de grandeur mais en même temps attirés par sa tendresse et nous ne saurions dire quel sentiment domine en nous de l’admiration ou de l’amour.A Marie Médiatrice de toutes les grâces, on donne aussi ce titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur.Et voici la belle prière déjà assez bien connue qu’on lui adresse: ^ SOUVENEZ-VOUS à Notre-Dame du Sacré-Cœur Souvenez-vous, ô Notre-Dame du Sacré-Cœur, de l’ineffable pouvoir que votre divin Fils vous a donné sur son Cœur adorable.Pleins de confiance en vos mérites, nous venons implorer votre protection.O céleste trésorière du Cœur de Jésus, de ce Cœur qui est la source intarissable de toutes les grâces et que vous pouvez ouvrir à votre gré, pour répandre sur les hommes tous les trésors d’amour et de miséricorde, de lumière et de salut qu’il renferme, accordez-nous, nous vous en conjurons, les faveurs que nous sollicitions.(Exposer ici la grâce que l'on désire.) Non, nous ne pouvons essuyer de refus; et puisque vous êtes notre Mère, ô Notre-Dame du Sacré-Cœur, accueillez favorablement nos prières, et daignez les exaucer.Ainsi soit-il.Devoir CALENDRIER MARIAL Pour bien nous pénétrer, mes enfants, de l’importance et de la grandeur du culte de la sainte Vierge, et lui consacrer toute l’année par ses fêtes, vous allez composer votre calendrier marial.1.Recherchez les fêtes de la sainte Vierge pour chaque mois.2.Trouvez une image qui se rapporte à cha- cune de ces fêtes.3.Prenez une page pour chaque mois de l’année; disposez sur cette page l’image illustrant chaque fête de ce mois, inscrivez la date ou les dates en gros caractères.Si vous désirez joindre une pensée appropriée à chaque fête, écrite en plus petits caractères, votre calendrier sera encore plus éloquent.HUITIÈME à DOUZIÈME ANISÉE SALVE REGINA DE MARIA NUNQUAM SATIS (S.Bernard) Mes chers amis.Non, on ne peut jamais en dire assez de Marie, Mère de Dieu, Reine des Anges, Souveraine des Saints, Corédemptrice du genre humain, notre Mère si miséricordieuse.Depuis qu’en notre nom, l’Apôtre bien-aimé, saint Jean, a reçu cette noble Dame comme sa Mère et notre Mère, les plus beaux noms ont été cherchés dans l’imagination des hommes, et jamais nous n’avons pu épuiser la série des titres qui répondent aux diverses fonctions de Marie, dans le ciel et sur la terre.Mais en un cours aussi restreint, on ne peut qu’effleurer ces joyaux qui forment la couronne de Marie, Reine du Monde.Si vous le voulez, nous parcourerons ensemble une prière qui n’est pas contenue dans l’Evangile comme l'Ave Maria, mais qui n’en est pas moins d’une grande piété et bien doctrinale.Elle résume si bien tous les sentiments réels que nous avons envers Notre-Dame, en ce beau mois de Marie.Je veux parler de cette prière que tous les prêtres et les religieux récitent plusieurs fois le jour dans la récitation de leur bréviaire ou de l’Offlce de la sainte Vierge.Ils 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 721 ïai , J, mrer A Uiir tais- 111TB •far J'!-' ifi.r ck- Ht iia;( 1 nw ires.I ipro- iftito I itijri USt' amt a®' rsti o finissent en effet toutes les heures canoniales par ce résumé de la doctrine mariale, dans laquelle les Pères de l’Église semblent avoir mis ce que leur cœur pouvait exprimer d plus affectueux et de plus reconnaissant envers Marie.C’est comme un nouveau Amen qui résume toutes les intentions de nos prières.L’Eglise n’a-t-elle pas réservé cette prière pour terminer la célébration du saint Sacrifice de la Messe.C’est un dernier hommage adressé après celui de l’autel à Celle que nous appelons du beau nom de Notre-Dame du Saint-Sacrement.Salve D’abord l’âme chrétienne s’incline respectueusement devant Celle qui remplit la Cour céleste de sa grâce et de sa majesté.Nous oublions pour un instant ce titre intime de Maman, pour nous prosterner affectueusement et présenter nos hommages à celle qui a eu le magnifique privilège de porter la personne du Fils de Dieu.Salve Regina Nous la saluons immédiatement du titre qui lui revient, d’abord comme fille du roi David, puis comme épouse du Saint-Esprit et Corédemptrice de nos âmes.Mater misericordiae Mais cette crainte filiale, le cède à un cri du cœur: Maman, miséricordieuse.C’est dans ses bras que nous nous jetons, car nous sentons toute notre misère et toute sa puissance.Toute puissance m’a été donnée sur la terre et dans les enfers, peut-elle nous dire.Vita, Dulcedo ©t Spes nostra Oui, Salut a Marie, qui d’abord nous a donné la Vie dans son^ Fils Jésus.Elle nous présente l’Etre de notre être, la Vie de notre vie, la grâce nécessaire à tous nos mouvements.De plus, Marie nous accompagne, tous les matins à l’Autel du Sacrifice et à la Table de communion.Comme autrefois à Nazareth et au^pied de la Croix, elle demande à son Fils les graces dont nous avons besoin; comme autrefois à Cana, elle force la grandeur et la bonté divines de^ nous accorder, malgré notre indignité, les grâces qui sont nécessaires.Marie est notre Douceur; c’est la Mère qui comprend nos problèmes, qui sourit à nos difficultés, qui vient à notre secours, qui attend le moment de notre retour à Dieu.Oui, c est notre Espérance; sans Marie, pas de salut.Comme nous le voyons dans les Litanies de la sainte Vierge, comme nous le récitons tous les jours, elle est la Porte du Ciel, le Secours des chrétiens et la Mère des désespérés.Salve j Nous terminons ce refrain de louanges et d hommages respectueux à la Souveraine des Anges et des Saints.Ad te clamamus, exsuies filii Hevae Puis vient la prière intéressée, après ce préambule entièrement adressé à son honorable Personne.Oui, nous sommes les fils de la première Eve, condamnés à un exil sans fin sur la terre.Si la nouvelle Eve ne vient pas nous offrir sa main et nous retirer de ces régions de ténèbres pour nous amener avec elle dans le royaume céleste pour toujours, c’en est fait de nous et pour toujours.Ad te suspiramus, gementes et fientes in hac lacrimarum velle Que faisons-nous dans cette vallée de larmes, sans Marie, sinon gémir et pleurer.Mais le Rosaire en main, les bras tendus vers Notre-Dame de Fatima, nous verrons nos gémissements changes en chants d’allégresse et nos pleurs transformés en lumières de confiance et d’amour.Eia ergo, Advocata nostra, illos tuos miséricordes oculos, ad nos converte Troisième appel lancé à notre Mère, pour tourner vers nous l’Avocate des causes les plus désespérées.Nous lui demandons de jeter sur notre cause ses yeux si miséricordieux; ces yeux que Bernadette vit à Lourdes, ces yeux que contemplèrent les enfants de la Salette et de Fatima.Et Jesum benedictum, fructum ventris tui, post hoc exsilium ostende Montrez-nous ce beau Jésus que vous contempliez à Bethléem; Montrez-nous ce Jésus que vous trouviez dans le Temple au milieu des Docteurs; Montrez-nous ce Jésus qui parcourait les routes de la Samarie, de la Galilée et de la Judée en faisant le bien; Montrez-nous ce Jésus couvert de blessures et d’angoisses; Montrez-nous ce Jésus vous souriant une dernière fois du haut de la Croix; Montrez-nous enfin ce Jésus ressuscité, montant au ciel, pour vous préparer un trône de gloire et de bonheur éternels.O Clemens.O Pie, O Dulcis Virgo Maria O Mère clémente, douce et gracieuse; O Mère pieuse, qui nous avez rachetés des flammes de l’enfer, en union avec votre divin Fils; O Mère si douce, qui nous voulez tous dans le Cœur de votre Fils et aussi dans votre Cœur Immaculé; O Vierge pure et sans tache, que le souffle du mal n’a même pas effleurée; O Rose mystique, toute belle et ravissante; O Marie, O notre bonne Mère, priez pour nous votre divin Fils, pour que nous devenions dignes de ses promesses éternelles.Amen.Jules Falardeau, professeur. 722 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Langue française PREMIÈRE ANNÉE « MARIE, MA MAMAN DU CIEL » ÉVEIL DE L’INTÉRÊT Note pédagogique.— Se -procurer de jolies images de Marie-E?ifant, de VImmaculée-Conception ou de tout autre sujet.Expliquer le sens des gravures.Parler avec amour de notre Maman du ciel.PRÉSENTATION DU TEXTE Mes chers enfants, Nous allons aujourd’hui, étudier une belle histoire.Venez mes Petits enfants Si votre maman de la terre est bonne, la Sainte Vierge au ciel est encore meilleure et beaucoup plus puissante.Nous allons donc apprendre ensemble, à connaître (( Marie, notre Maman du ciel )).Lecture par le maître L’autre jour, en feuilletant un vieil album de sa grand-mère, Louise trouva des images si belles, si belles, qu’elle ne pût s’empêcher d’appeler sa maman à son secours.La maman, toujours si bonne, se rendit à son désir, et se penchant vers l’album: « Oh ! dit-elle, ces images ne sont pas de la terre !.C’est le portrait de la Sainte Vierge, notre maman du ciel .Eh ! bien, mon enfant, écoute, ce que te disent ces images.« Tu vois cette belle petite fille, c’est Marie, la bien-aimée d’Anne et de Joachim, c’est la future maman de l’Enfant-Jésus.Elle vint au monde sans aucune tache sur son âme .Dès l’âge de trois ans, elle était si pieuse, si pure, que ses parents la conduisirent au temple, et là, elle se donna à Dieu pour toujours.« Maman, reprit Louise, qu’a-t-elle fait, la Sainte Vierge au temple ?Elle a prié pour nous tous, elle a fait des sacrifices pour les pécheurs et elle a désiré la venue de Jésus sur la terre.Pour la récompenser, Dieu envoya l’ange Gabriel lui annoncer qu’elle deviendrait elle-même, la mère de Jésus.Louise très attentive aux explications de sa maman reprit aussitôt: Maman ! elle a dû être contente de son sort ?.Oui, mon enfant, c’était un grand honneur, pour elle; mais elle savait que son Jésus mourrait un jour, sur la croix.Et alors, quelle douleur, pour son cœur de Mère ?Elle a accepté cependant, parce qu’elle aimait les sacrifices, et qu’elle voulait que nous allions tous au ciel.Maman, continua Louise, la Très Sainte Vierge est-elle rendue au ciel ?Oui, mon enfant, elle a vécu environ 73 ans, et après avoir bien souffert sur la terre, entourée des douze apôtres que Jésus avait choisis, sa belle âme s’est envolée au ciel, dans un acte d’amour.Le visage de Louise s’anima: « Maman, comme je voudrais la voir au ciel, la Très Sainte Vierge ?Elle doit être si bonne, si pure !.« Pour la voir, mon enfant, il faut être sage, pieuse et obéissante sur la terre !.Merci, Maman, de votre belle leçon, grand-Mère avait bien raison, de prendre soin de son album.Questions d’intelligence 1.De qui parle-t-on dans ce texte?2.Comment s’appelaient son papa et sa maman ?3.A sa naissance, avait-elle une tache sur son âme ?4.Qu’a-t-elle fait, la Sainte Vierge, au temple ?5.Qui vint lui annoncer, la naissance de Jésus ?6.Marie a-t-elle aimé les sacrifices ?7.A quel âge, Marie, est-elle morte ?8.Que faut-il faire sur la terre, pour aller au ciel, avec la Très Sainte Vierge? 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 723 Dictée La Sainte Vierge Marie est la maman de Jésus.Elle est venue au monde, l’âme pure.L’ange Gabriel lui annonça la naissance de Jésus.Elle a aimé les sacrifices, et Jésus l’a couronnée au ciel ?Chant Protégez Marie, ma Maman.(Soif.Cong.N-Dame.Ancienne édition.) Récitation MAMAN - MARIE La Maman de Jésus, dis, sœurette, où est-elle P — Au Paradis, Suzon, et si belle, et si belle, Que les blonds chérubins la regardent toujours.— Je veux la voir, aussi, cette Vierge immortelle, Et je veux que mon front, sous sa main Mater-S’incline tous les jours ! [nelle, Tes vœux sont exaucés, fit doucement Pauline, Une Mère entend tout: et la voix cristalline, Et les souhaits émus de tous nos cœurs d’enfants Parfois, elle descend vers la troupe enfantine .Souriant à la terre, à la mer opaline, Pour sauver les méchants !.F.d.J.i DEUXIÈME ANNÉE Première quinzaine LA VIERGE ENFANT Écoutez bien, mes enfants, je vais vous raconter aujourd’hui une belle histoire.Il y a près de deux mille ans, bien loin d’ici, dans la ville de Nazareth, vivaient le saint homme Joachim et sa vertueuse femme, Anne.Mariés depuis quelque temps déjà, les deux époux demandaient chaque jour au bon Dieu de leur donner un enfant, afin que leur joie fut complète.Un jour enfin, naquit dans leur maison une petite fille qui devait être la plus sainte et la plus grande de toutes les femmes.Avec quel bonheur Joachim et Anne reçurent cette enfant bien-aimée ! Avec quelle tendresse ils la pressèrent sur leur cœur ! De quels soins attentifs ils l’entourèrent à chaque instant ! Mais cette petite fille que le bon Dieu leur avait confiée n’était pas une enfant ordinaire.Dès sa naissance, le Seigneur l’avait comblée de ses grâces et elle était née sans la faute originelle sur son âme.Et la petite fille grandit auprès de son père et de sa mère; elle fit ses premiers pas, dit ses premiers mots et on s’aperçut, autour d’elle, qu’elle était parfaite en toutes ses actions.Jamais elle ne fit la moindre faute.Elle était pure, douce, aimante, humble, obéissante, charitable.Elle n’avait qu’une pensée: servir Dieu de toute son âme et ne jamais faire la moindre chose qui put lui déplaire.Et son père et sa mère, étonnés de la voir, chaque jour, avancer à grands pas dans la voie de la perfection en étaient dans l’émerveillement.A l’âge de trois ans, elle se consacra à Dieu et se présenta au Temple pour servir le Seigneur.Durant douze années, elle y fit l’admiration de ses compagnes par sa modestie, son humilité, son obéissance et par toutes les vertus dont elle s’était plu à embellir son âme.Cette petite fille dont je viens de vous parler, ne l’avez-vous pas reconnue ?C’est la maman du petit Jésus, la très sainte Vierge Marie, notre mère à tous.Prions-la bien tous les jours de notre vie; efforçons-nous de l’imiter et demandons-lui la grâce d’aimer Jésus comme elle-même l’a aimé sur la terre.Questionnaire 1.Comment s’appelaient les parents de la petite fille dont je viens de parler ?2.Dans quelle ville vivaient-ils ?3.Que demandaient ses parents au bon Dieu ?4.Pourquoi demandaient-ils cela?5.Le bon Dieu écouta-t-il leurs prières ?6.Etait-ce une enfant comme les autres que cette petite fille P 7.Que devait devenir plus tard cette petite fille ?8.Joachim et Anne étaient-il heureux d’avoir cette enfant ?9.Qu’avait fait le Seigneur pour elle dès sa naissance ?10.Avec quelle faute naissons-nous que la sainte Vierge n’avait pas eue ?11.Auprès de qui grandit la petite fille?12.De quoi s’apercevait ses parents ?Dictée Marie a été la maman de Jésus.Elle est aussi notre mère à nous.On nomme ses parents Joachim et Anne.Marie est née dans la ville de Nazareth.A l’âge de trois ans, elle se consacra à Dieu et se présenta au temple. 724 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Deuxième quinzaine N.P.— Le titulaire relira le même texte sur la Vierge enfant.Questionnaire 1.Nommez cinq des qualités de la petite fille dont nous venons de parler.2.Quelle était sa pensée ?3.Comment la trouvaient son père et sa mère ?4.A quel âge se présenta-t-elle au temple ?5.Pourquoi se présenta-t-elle au temple?6.Durant combien d’années fit-elle l’admira- tion de ses compagnes ?7.Par quoi s’est-elle fait remarquer ?8.La connaissez-vous cette petite fille ?Nom- mez-là.9.La sainte Vierge est-elle notre mère à nous aussi ?10.Que devons-nous faire pour elle tous les jours de notre vie ?11.Que lui demanderons-nous ?12.Par quelle prière l’invoquons-nous souvent ?Dictée Marie est la plus sainte de toutes les femmes.Le bon Dieu la combla de ses grâces dès sa naissance.On l’appelle ITmmaculée-Concep-tion parce qu’elle n’avait pas la tache originelle sur son âme.On invoque la sainte Vierge par le rosaire.Récitation MARIE AU TEMPLE Comme en un vallon solitaire S’abrite la fleur printanière, Marie, à l’ombre du saint lieu, Croissait sous le regard de Dieu.La douceur était la parure De cette Vierge aimable et pure, Et l’innocence de son cœur Du lis surpassait la blancheur.XXX.Cantique C’est le mois de Marie, C’est le mois le plus beau ! A la Vierge chérie, Disons un chaut nouveau.Ornons le sanctuaire De nos plus belles fleurs; Offrons à notre Mère Et nos chants et nos cœurs.L’aimable violette Cherchant l’obscurité, De la Vierge reflète La douce humilité.Fais que dans la patrie Nous chantions à jamais, Sainte Vierge Marie, Ta gloire et tes bienfaits.TROISIÈME ANNÉE TEXTE L’ANNONCIATION Sa Sainteté le Pape Pie XII proclamait le 1er novembre 1950 que la très Sainte Vierge était au ciel vivante avec son corps et son âme.Une question se pose peut-être dans ton esprit.Comment cela se peut-il ?Lis attentivement ce qui suit et tu auras la réponse à ta question.Un jour, vivait à Nazareth, une jeune fille très pure.Elle se nommait Marie.Elle priait beaucoup le bon Dieu d’envoyer le Messie sur la terre.Elle pensait tellement à cela qu’elle n’avait pas aperçu l’ange Gabriel qui se tenait devant elle.«.Je vous salue, pleine de grâces .» A ces mots, la très Sainte Vierge lève la tête et voit ce bel ange.« N’ayez pas peur, lui dit l’ange.Je viens de la part de Dieu vous demander si vous acceptez de devenir sa Mère.» Marie réfléchit un instant et donne cette belle réponse: « Voici la servante du Seigneur.Je suis prête à faire tout ce que Dieu me demandera ».L’ange Gabriel s’envole aussitôt vers le ciel porter la bonne nouvelle à son divin Maître.Parce qu’elle a accepté d’être la Mère de Jésus, Marie a mérité, après sa mort, de monter vivante au ciel avec son corps et son âme.Comme la très Sainte Vierge, sois prêt à répondre à l’appel de Jésus lorsqu’il frappera à la porte de ton cœur.Questionnaire 1.Quel Pape a proclamé que Marie était au ciel avec son corps et son âme ?2.Quel jour le Pape a-t-il proclamé ce dogme ?3.Où demeurait la très Sainte Vierge P 4.Que demandait-elle à Dieu dans sa prière?5.Rapporter les paroles de l’ange Gabriel ?6.Quelle fut la belle réponse de Marie ?7.Pourquoi la très Sainte Vierge a-t-elle mérité d’être au ciel avec son corps et son âme ?8.Que dois-tu faire pour imiter Marie ? 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 725 Grammaire Noms: 1.Relever tous les noms propres du texte.2.Dans le dernier paragraphe, dire le genre et le nombre de tous les noms communs.Adjectifs : 1.Ajouter un adjectif aux noms suivants et en dire le genre: question, esprit, fille, mère, réponse, nouvelle, cœur.2.Ajouter un nom aux adjectifs ci-après: facile, jeune, bon, prêt, pleine, belle, vivante.3.Faire un adjectif avec les noms suivants: vie, pureté, beauté, bonté, divinité.4.Dans les deux phrases ci-après quel mot sert à montrer l’objet et comment l’appelez-vous et dire quel nom il détermine: ?) A ces mots, Marie lève la tête.?) La très sainte Vierge donne cette belle réponse.5.Dans les phrases suivantes, trouver les mots qui marquent la possession, comment les appelez-vous et quel nom ils déterminent: Une question se pose dans ton esprit.Acceptez-vous de devenir sa Mère ?L’ange porte la bonne nouvelle à son divin Maître.La très Sainte Vierge a mérité, après sa mort, de monter au ciel vivante avec son corps et son âme.Garde ton cœur prêt à suivre Jésus.Ver bes: 1.Du 2e paragraphe, relever tous les verbes à l’imparfait et dire quel verbe c’est.2.Mettre les verbes suivants au futur simple: Elle se nommait; j'ai pensé; les enfants prient; vous auriez.3.Des paroles de l’ange et de Marie, trouver tous les verbes à l’indicatif présent et en dire la personne.4.Dire à quel mode et à quel temps sont les verbes ci-après: Je lèverai la tête.Marie réfléchit un instant.L’enfant a donné une bonne réponse.Je suis prête.L’ange Gabriel s'envolerait au ciel.Ayez confiance en Marie, elle exaucera vos prières.5.Composer une phrase avec chacun des verbes suivants en la mettant à chacun des temps étudiés: penser, prier, réfléchir, avoir confiance, imiter, choisir, être prêt.Dictée L’ANNONCIATION L’ange Gabriel demande à la très Sainte Vierge si elle accepte d’être la Mère de Jésus.Marie donne cette magnifique réponse: « Voici la servante du Seigneur.Je suis prête à tout ».Toi aussi, imite ta bonne Maman du ciel en étant prêt à répondre à l’appel de Jésus.Analyse Analyser tous les mots de cette phrase: Marie donne cette magnifique réponse.Rédaction A l’aide du texte, composer une phrase avec chacun des mots suivants: Nazareth, ange, réponse, prêt.Récitation UN NOM GLORIEUX 1.Il est un nom que tout chrétien vénère Et qu’il apprend à chérir au berceau, Un nom qui brille au ciel et sur la terre.Dans la cité, comme dans le hameau; 5.Un nom puissant qui calme l’onde amère Et mène au port le fragile vaisseau; Nom glorieux que des hommes de guerre.En lettres d’or mettent sur leur drapeau 1 9.Et ce grand nom, c’est le vôtre, ô Marie 1 Nom que redoute et respecte l’impie.Et que parfois il invoque à genoux.12.Que votre nom, ô Mère virginale ! Soit le dernier que notre bouche exhale.Quand s’ouvrira l’éternité pour nous I J.-B.Caquette, Chant « NOTRE-DAME DU CANADA » QUATRIÈME et CINQUIÈME ANNÉES ÉVEIL DE L’INTÉRÊT Note pédagogique.— Pour rendre ce texte plus intéressant, le titulaire pourra se servir d'une gravure représentant le mystère de la Visitation. 726 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Mes chers élèves.PRÉSENTATION DU TEXTE Le texte que je vais liie sui la \ isitation va nous rappeler que le service de Dieu ue tait qu un avec le service du prochain.Marie imite ainsi par avance la conduite de son ils qui dira un jour: « Je ne suis pas venu en ce monde pour être servi, mais pour servir ».^ns Ie Magnificat, Marie semble nous dire: « Soyez des âmes reconnaissantes envers Le bon Dieu ».Lecture par le maître Texte LA VISITATION L’ange Gabriel annonce à la sainte Vierge que Dieu donnerait bientôt un fils à Élisabeth.Aussitôt, Marie s en va, en grande hâte, par des chemins montagneux, chez sa cousine, afin de lui rendre les services dont elle a un si pressant besoin.Elisabeth la salue par ces paroles: « Vous etes benie entre toutes les femmes.D'où me vient ce bonheur que la mere de mon Seigneur daigne me visiter ?» Alors^ Marie compose ce sublime cantique: « Mon ame glorifie le Seigneur, parce qu il a fait en moi de grandes choses ».^ O Vierge du Magnificat, faites de nous, des âmes de gratitude, des âmes qui disent toujours oui à Dieu.Questions d’intelligence 1.Qui annonce a Marie, qu’Élisabeth aurait bientôt un fils ?2.Que fait Marie, en apprenant cette nou- velle ?3.Pourquoi cet empressement de Marie à se rendre chez sa parente ?4.Citez les paroles de sainte Élisabeth ?5.Dans quelle prière redisons-nous ces paroles ?6.Comment Marie répond-elle à cette salu- tation ?7.Pourquoi la sainte Vierge glorifie-t-elle le Seigneur ?8.Quand chante-t-on le Magnificat ?9.Nommez des vertus pratiquées par Marie lors de la Visitation.10.L’Église célèbre la Visitation le.2 juillet.11.Etes-vous des âmes empressées à rendre service au prochain ?Serez-vous des âmes de gratitude P Pourquoi ?Lecture par les élèves Lecture silencieuse.Lecture individuelle.Noms ange chemins services paroles bonheur cantique Vocabulaire Adjectifs saints difficiles dévoués respectueuses grand sublime Verbes annoncer aller rendre saluer venir composer Exercices de vocabulaire: 1.Trouvez un synonyme à chacun des mots suivants: a) hâte.promptitude b) paroles.mots c) routes.chemins d) gratitude.reconnaissance 2 3.Trouvez un contraire à chacun des mots suivants: a) ange.démon b) bonheur.malheur c) hater.retarder, ralentir d) glorifier.humilier e) bénir.maudire f) grand.petit Quel verbe peut-on former avec: a) Dieu.diviniser b) service.servir c) salutation.saluer d) bénédiction.bénir e) gloire .glorifier /) visitation.visiter 4.Trouvez deux adjectifs ou plus qui peuvent convenir aux mots suivants: a) ange.gardien et protecteur b) Dieu.bon et puissant c) Marie.empressée et charitable d) Elisabeth.polie et respectueuse e) services.dévoués et attentifs /) parole.mystérieuse et divine 5.Faites une phrase avec chacun des groupes de inots du vocabulaire (1er groupe: ange, sainte, annoncer).Exercices de grammaire et d’analyse 6.Indiquez l’espèce d’articles: a) L’ange.I’: article défini élidé b) la sainte Vierge.la: article défini c) un fils.un: article indéfini 7.Trouvez les adjectifs qualificatifs dans la 2e phrase du texte et raisonnez-les.8.Mettez le verbe au futur simple: Élisabeth la saluer par ces paroles.9.Justifiez l’orthographe de bénie: « Vous êtes bénie entre toutes les femmes ».10.Mon âme glorifie le Seigneur, parce qu’il a fait en moi de grandes choses.a) Combien y a-t-il de propositions dans cette phrase ?Séparez-les.b) Indiquez la nature de chacune.c) Trouvez les éléments (sujet, verbe, complément) de la lre proposition.d) Donnez la fonction des mots écrits en italique. 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 727 Dictée LA PRÉSENTATION Le quarantième jour après la naissance du Sauveur, Marie voulant se soumettre à la loi de Moïse, se rend donc au Temple pour y être purifiée et pour présenter au Seigneur son cher petit Jésus.Là un saint vieillard nommé Siméon, averti par l’Esprit-Saint, prend l’Enfant entre ses bras et bénit Dieu, en disant: « Maintenant, vous pouvez me faire mourir, puisque mes yeux ont vu le Sauveur que vous nous donnez et qui sera la lumière de tous ».Cette fête se célèbre le 2 février.On fait la procession de la Chandeleur et l’on allume beaucoup de cierges parce que l’Enfant-Jésus qui fut présenté au Temple ce jour-là est la « lumière du monde ».Questions d’intelligence 1.Où se rend Marie le 40e jour après la nais- sance de Jésus ?2.Pourquoi s’y rend-elle ?3.Que veut dire: pour présenter au Seigneur ?4.Citez les paroles du saint vieillard Siméon ?5.Quel jour se célèbre la fête de la Présen- tation de Jésus ?6.Pourquoi allume-t-on beaucoup de cierges le jour de la Chandeleur ?7.Qui est « la lumière du monde » ?8.Trouvez deux vertus pratiquées par Marie lors de la Présentation.Exercices de vocabulaire 1.Quelle expression du texte veut dire la loi mosaïque ?2.Trouvez un verbe qui a le même sens que: obéir, célébrer, appeler, offrir.3.Trouvez un nom ou un adjectif de la même famille que:^ purifier, soumettre, avertir, sanctifier, présenter, bénir.4.Ajoutez trois attributs à : a) Marie était.b) Jésus était.c) Siméon était.Exercices de grammaire et d’analyse 5.Indiquez les sujets du verbe.Marie se rend au Temple.Là un saint vieillard prend Jésus entre ses bras.6.Trouvez les compléments du verbe.Marie présente au Temple son cher petit Jésus.7.Donnez la nature des mots en italique.Mes yeux; ont vu le Sauveur que vous nous donnez et qui sera la lumière de tous.8.Donnez la fonction des mots en italique.Cette fêle se célèbre le deux février.Rédaction Composez un paragraphe de deux ou trois phrases sur l’une ou l’autre des idées suivantes.Au Temple .Le vieillard Siméon .La lumière du monde.Récitation PROMESSES A LA SAINTE VIERGE Je veux toujours, ô ma Mère chérie, Te contempler au céleste séjour; Mais pour te voir, je dois, toute ma vie, En t’imitant, te prouver mon amour.Je veux toujours porter le scapulaire, Ce vêtement sera mon bouclier; Je veux aussi réciter le Rosaire, Par lui toujours je veux te supplier, Je veux toujours, ma Mère, je le jure, T’aimer, te plaire, et chérir ton Jésus; Je veux enfin garder mon âme pure, Pour voir au ciel, la Reine des élus.Louis Rouhier.REVUE Signes d’orthographe et de ponctuation 1.L Eglise célèbre l’Immaculée Conception le huit décembre.Dans L’Eglise on met (1) 1 — une apostrophe.2 — un trait d’union.2.Connais-tu ta maman du ciel Pour que cette phrase soit complète, il faut ajouter .:••••.U) 1 — un point d'interrogation.2 — un point d’exclamation.3.On fête la naissance de Marie le 8 du mois de septembre.Dans fete on met un accent.(3) 1 — aigu.2 — grave.3 — circonflexe.Nom 4.Les parents de Marie s’appelaient Anne et Joachim.Marie, Anne, Joachim sont des noms.(2) 1 — communs.2 — propres.3 — composés.5.A l’âge de trois ans, Marie fut présentée au Temple par ses parents.La fonction de Marie est.(1) 1 — sujet.2 — complément.3 — attribut.6.Mettez au féminin: compagnon, prophète, Gabriel, roi, orphelin, époux.7.Elle apprit à chanter les Psaumes de David.David est.(2) 1 — sujet.2 — complément. 728 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Article 8.Elle demeura .Temple jusque vers l’âge de quatorze ans.(2) 1 — aux.2 — au.9.On lui donna de la soie, la est un article.(1) 1 — défini.2 — indéfini.10.On lui donna .étoffes magnifiques.(1) 1 — des.2 — aux.11.Elle confectionna les vêtements des prêtres et le linge .autels.(2) 1 — de les.2 — des.Adjectif 12.Marie était pieuse, obéissante, humble et charitable.Les 4 adjectifs.(2) 1 — qualifient Marie.2 — sont attributs de Marie.13.Elle donnait toujours le .exemple à ses compagnes.(1) 1 — bon.2 — bonne.14.Le démon était inquiet en voyant une si bonne enfant.Le féminin de inquiet est.(2) 1 — inquiette.2 — inquiète.20.Les épousailles de Marie .fêtent le 23 janvier.(i) 1 — se.2 — ce.21.Marie était seule en sa maison, lorsqu’une grande lumière emplit la chambre.Elle devait prier, elle entr’ouvrit les yeux, elle est de la.(3) 1 — 1re personne.2 — 2e personne.3 — 3e personne.22.était l’archange Gabriel, grand commis- sionnaire du bon Dieu.(2) 1 —S’ 2 —C’ 23.Il la salua par ces paroles: « Je vous salue, pleine de grâce », vous est.(2) 1 — sujet.2 — complément.24.L’Enfant qui naîtra de vous sera le Fils de Dieu, qui est pronom.(3) 1 — indéfini.2 — possessif.3 — relatif.25.Élisabeth aussi, votre vieille cousine, aura un fils, car rien n’est impossible à Dieu, rien est.(2) 1 — complément de est.2 — sujet de est.3 — attribut de impossible.Verbe 15.Formez un adjectif avec les noms suivants: joie, jeunesse, piété, inquiétude, religion, ange, exemple, obéissance, charité, humilité.16.Marie venait de finir sa quatorzième année, quatorzième est un adjectif.(2) 1 — numéral cardinal.2 — numéral ordinal.17.Elle savait que toute jeune fille juive devait se marier jeune, toute est un adjectif.(3) 1 — possessif.2 — démonstratif.3 — indéfini.4 — numéral.18.Joseph fut choisi pour être .époux.(1) 1 — son.2 — sont.Pronom 19.Une pieuse légende dit qu’avec Joseph, vin- rent d’autres jeunes gens.Tous mirent leur baguette dans le Temple.Seule celle de Joseph fleurit, celle est un pronom.(2) 1 — possessif.2 — démonstratif.3 — personnel.Marie demanda à Joseph de l’accompagner chez sa cousine, demanda est conjugué au passé (1) 1 — défini.2 — indéfini {composé).Ils frappèrent, Elisabeth accourut.Le verbe accourir est du (3) 1 — 1er groupe.2 — 2e groupe.3 — 3e groupe.28.Le cœur d’Elisabeth brûlait de bonheur, comme le tien brûle, lorsque tu es à genoux devant un Tabernacle où vit l’Hostie.Le sujet de vit est.(2) 1 — Tabernacle.2 — Hostie.29.Marie embrassa Elisabeth qui lui dit: « Vous êtes bénie entre toutes les femmes », bénie est conjugué avec l’auxiliaire.(1) 1 — être.2 — avoir.30.Elle répondit par les belles paroles du Magnificat.On chante le Magnificat à Vêpres et quand .est heureux.(2) 1 — Ont.2 —On. 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 729 31.Mon âme .le Seigneur.(2) 1 — glorifirat.2 — glorifiera.32.Le Sauveur est né.Marie le dépose dans une crèche .ces chants qui viennent d’en haut: « Paix sur la terre aux âmes de bonne volonté ».(3) 1 — Ecouton.2 — Ecoutant.3 — Ecoutons.33.Hérode cherche l’Enfant de Marie pour le .(2) 1 — tué.2 — tuer.Participe 34.Voulant fuir, ce tyran, la sainte Famille se retira en Egypte.Voulant est im.(1) 1 — participe présent.2 — participe passé.35.A douze ans Jésus est .au Temple parmi les Docteurs de la loi.(2) 1 — retrouver.2 — retrouvé.3 — retrouvez.36.L’Evangile dit qu’il grandissait en âge et en sagesse et qu’il était .à ses parents.(3) 1 — soumit.2 — soumi.3 — soumis.37.Le participe passé employé avec être s’ac- corde avec le sujet.(1) 1 — Vrai.2 — Faux.38.Le participe présent se termine par ant et est toujours invariable.(2) 1 — Faux.2 — Vrai.39.Aux noces de Cana, l’eau fut .en vin par Jésus à la prière de Marie.(1) 1 — changée.2 — changé.40.Pie XII a .l’Assomption de Marie, comme dogme de foi, le 1er novembre 1950.(2) 1 — proclamer.2 — proclamé Mots invariables 41.Ajoutez les prépositions: dans, sur, selon.Marie avait imité son Fils, toute sa vie, elle l’imita aussi .son triomphe .la mort: elle ressuscita.Ce fut le troisième jour qui suivit son trépas .la Tradition.42.Félicitons Marie, de ce privilège qu’elle est seule .partager avec Jésus.(1) 1 —à 2 —a 43.Tous les anges et tous les saints sont accou- rus au-devant de la Vierge de Nazareth s’élevant en corps et en âme vers les hauteurs .son Jésus l’appelle.(1) 1 —où 2 — ou 44.Est-ce bien .cette humble femme ignorée du monde, l’épouse de l’ouvrier Joseph?1 — la 2 —là 3 —l’a 45.Oui .c’est bien elle.Oui, est.(1) 1 — adverbe 2 — préposition 46.Et devant toute la cour céleste émerveillée, Jésus la couronne Souveraine du ciel et de la terre, Reine des anges et des hommes .et est.(2) 1 — interjection 2 — conjonction Analyse 47.Lorsqu’un groupe de mots renferme un verbe employé à un mode personnel, ce groupe de mots est appelé.(2) 1 — préposition 2 — proposition 48.Les vrais enfants de la sainte^Vierge se réjouissent de voir arriver ses fêtes; ils s’y préparent avec soin et les célèbrent pieusement.Combien y a-t-il de propositions ?.(3) 49.Écrivez la 2e et indiquez-en la nature.2e proposition: ils s’y préparent avec soin.Indépendante.50.Trouvez les éléments: Sujet: ils Verbe: se préparent Complément direct: s’ Complément indirect: y Complément circonstanciel: avec soin 51.Indiquez la nature des mots en italique de la lro proposition.Chant CANTIQUE À NOTRE-DAME DU CAP Air: Nous voulons Dieu Refrain Bénis, ô tendre Mère, Ce cri de notre foi: Nous voulons Dieu, c’est notre Père.Nous voulons Dieu, c’est notre Roi. 730 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Chantons la douce Souveraine De ce pays béni des cieux.Vierge du Cap, ô notre Reine, Reste avec nous, donne-nous Dieu — 2 — Le fleuve, un jour, par un miracle, A ton message se soumet; Et sur des glaces de débâcle Passe le Pont des Chapelets.— 3 — Tes yeux, jadis, au Sanctuaire, Se sont ouverts sur nos douleurs; Puissante Reine du Rosaire, Regarde-nous, change nos cœurs — 4 — La pénitence et la prière Sur nos sentiers refleuriront, Et des avé du saint Rosaire, Mère, nous te couronnerons.SIXIÈME et SEPTIÈME ANNÉES ÉVEIL DE L’INTÉRÊT Décorons la classe aux couleurs bleu et blanc.Demandons aux élèves d’apporter un beau tableau de l’Assomption qu’on ornera de fleurs.Les élèves plus habiles pourraient préparer de jolies pancartes avec sentences mariales.Faisons de ce mois: un mois de triomphe à la Vierge.Rien de trop beau pour une Mère aussi incomparable ! PRÉSENTATION DU TEXTE Chers enfants» Au cours de l’Année Sainte, vous avez à maintes reprises, entendu parler de la glorification corporelle de Marie.Comme on ne se lasse jamais de parler et d’entendre parler des personnes qui nous sont chères, nous nous entretiendrons durant ce beau mois de mai de l’Assomption de la sainte Vierge, événement qui restera, en effet, un des plus marquants du vingtième siècle, et pour nous, catholiques, un des plus heureux de notre vie.Lecture par le maître Texte L’ASSOMPTION En la fête de la Toussaint, au milieu d’une splendeur incomparable, Sa sainteté Pie XII déclarait et proclamait comme dogme de foi l’Assomption de Marie au ciel.Au cours de l’Année sainte, Rome a exalté plus d’un saint en les canonisant.Mais, qu’est-ce qu’une canonisation en comparaison de l’acte solennel de novembre dernier P Remarquez la différence ! Quand l’Eglise canonise un saint, elle proclame de façon infaillible et sur sa propre autorité l’assomption « spirituelle » d’un de nos frères; on est tenu, dès lors, de croire que Vâme de tel ou tel personnage est au ciel, parce que l’Eglise nous l’affirme.Mais ici, c’est l’Assomption « corporelle » de Marie qui est proclamée, et cela, sur l’autorité même de Dieu; on est conséquemment tenu de croire, sous peine de n’être plus catholique, que le corps glorifié de notre divine mère, est monté au ciel parce que le pape infaillible déclare que Dieu l’a dit.Ainsi donc, pour la Mère comme pour le Fils, Dieu a devancé le moment de la résurrection générale.Il ne permit pas non plus que leurs corps très purs éprouvassent la corruption du tombeau.La croyance séculaire de l’Assomption corporelle de Marie vient d’entrer dans le credo catholique: elle est devenue un article de foi.Désormais, il faut croire avec la même fermeté, avec la même ferveur au Dieu, Créateur du ciel et de la terre., en Jésus-Christ, son Fils unique, qui a souffert, qui est mort, qui est monté au ciel .* et à sa Mère Immaculée, qui règne à ses côtés, glorieuse comme lui, dans un corps semblablement transfiguré.Si nous nous efforçons de rendre notre âme de plus en plus semblable à l’âme immaculée de notre Mère, nous pouvons espérer fermement qu’un jour nous aurons le bonheur de la voir pour l’éternité dans le ciel.Questions d’intelligence 1.Quand fut défini et proclamé le dogme de l’Assomption ?.Le 1er novembre 1950. 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 731 Mai 2.Qu’est-ce qu’un dogme ?.Une vérité de foi que tous les chrétiens doivent croire sous pleine d’être hérétiques et séparés de l’Eglise.,011! ela cle, ipo 3.En quoi consiste le dogme de l’Assomption ?Il consiste à croire que Marie n’a pas connu la corruption du tombeau mais qu’elle est montée au ciel, en corps et en âme sans attendre la résurrection générale.4.Existe-t-il une différence entre l’état présent de la Sainte Vierge au ciel et celui des autres bienheureux ?.Oui, une très grande différence; ceux-ci, en effet, ne sont pas au ciel en personne: c’est leur âme qui est bienheureuse, et non pas leur personne, qui n’existe pas dans le présent.Exemple: l’âme de saint Pierre est au ciel, mais saint Pierre lui-même ne s’y trouvera en personne qu’après la résurrection générale.5.Connaissez-vous d’autres dogmes concernant notre mère du ciel ?.Le dogme de la Maternité divine (431) et celui de l’Immaculée-Conception (1854).6.Qui a proclamé le dogme de l’Immaculée- Conception ?.S.S.le Pape Pie IX.7.Que répondriez-vous à l’objection suivante: La mort est la conséquence du péché originel, la Sainte Vierge n aurait donc pas dû mourir, puisque l'Eglise a proclamé solennellement qu'elle a été préservée de la tache du péché originel ?.Oui, mais, nous savons aussi, et c’est encore l’enseignement de l’Église, qu’elle a bien voulu être semblable à son Fils, qui librement a choisi de nous racheter par sa mort.8.Mais, pour qu’elle soit en tout semblable à son Fils que devait-il advenir de son corps ?.Son corps ne devait pas connaître la corruption du tombeau et Dieu l’a ressuscité par sa Toute-Puissance et il l’a élevée au ciel, où elle tient la première place après son Fils, au-dessus des anges et des saints.9.Pour nous, catholiques, que produira cette définition espérée et si longuement atten-jst J due?.ri; Elle produira certainement une aug- mentation de foi et d’espérance; elle accroîtra surtout notre amour pour Dieu et pour sa Mère, la Vierge au cœur Immaculé.ient ! 10.Quand l’Église célèbre-t-elle la fête de l’Assomption?.Le 15 août.Lecture par les élèves (|{ Lecture silencieuse.Lecture individuelle.Noms Basilique Saint-Pierre cérémonies assomption gloire année Vocabulaire Adjectifs immense grandioses corporelle mariale sainte Verbes envahir se dérouler glorifier éclater apporter Exercice de vocabulaire: 1.Par quel mot du texte peut-on remplacer l’expression: a) éclat grandiose.splendeur b) louer beaucoup.exalter c) mettre au nombre des saints.canoniser d) après sa mort le corps de la Sainte Vierge, réuni à son âme, fut miraculeusement élevé au ciel.assomption e) qui ne peut se tromper.infaillible /) le droit, le pouvoir de commander.l’autorité g) de siècle en siècle.séculaire h) changer la figure, la forme, le caractère .transfigurer 2.Expliquez la différence entre ascension et assomption: a) ascension.Elévation de Notre-Seigneur au ciel par sa propre puissance.assomption.Enlèvement de la Sainte Vierge au ciel par les anges.b) béatification et canonisation: béatification.Acte solennel prononcé par le pape agissant en son nom particulier qui met au rang des bienheureux un personnage dont la vie et la mort ont été édifiantes.canonisation.Canonisation dit plus que béatification; il désigne la déclaration solennelle par laquelle le pape, agissant cette fois comme juge et après une longue et minutieuse procédure, ordonne l’inscription d’un nouveau nom dans le « canon )) ou catalogue des saints reconnus par l’Église.3.Formez: a) un adjectif, un verbe, un adverbe avec le mot comparaison.comparable, comparer, comparativement.b) un nom, un verbe, un adverbe avec le mot spirituel.esprit, spiritualiser, spirituellement.c) un adjectif et un verbe avec le mot corruption.corruptible, corrompre.4.Trouvez le contraire de: a) incomparable.comparable.b) exalter.décrier, rabaisser, ravaler.c) spirituelle.corporelle.d) affirmer.nier, démentir. 732 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai e) glorifier.humilier, rabaisser./) devancer.suivre, succéder.g) générale.particulière.Grammaire 6° et 7e années: 1.Relevez: a) une phrase à la voix interrogative.Mais, qu’est-ce qu’une canonisation en comparaison de l’acte solennel de novembre dernier ?b) une phrase à la voix exclamative.Remarquez la différence ! 2.a) Trouvez ^ le complément du verbe a exalte.Plus d’un saint.b) Est-ce un complément direct, indirect ou circonstanciel ?.Complément direct.c) A quel groupe ce verbe appartient-il?.1er groupe, d) A quel mode et à quel temps est-il employé ?.Mode indicatif, temps passé composé.3.a) Indiquez la nature du mot canonisant .Participe présent.b) Le participe présent varie-t-il ?.Il est invariable.c) Qu’exprime-t-il ?.Il exprime une action.d) Peut-il avoir des compléments ?.Oui.é) Indiquez-les, s’il y a lieu.« Les », complément direct./) De quel mot est-il précédé ?.De la préposition « en ».4.a) Justifiez l’orthographe de: on est tenu Participe passé conjugué avec l’auxiliaire être s’accorde avec son sujet « on », 3e personne du masculin singulier.b) Le pronom on peut-il être du féminin ?Oui, s’il désigne évidemment des êtres féminins, il en adopte le genre.Exemple: Si bonne qu’on soit, quand on est mère, on sait au besoin punir son fils.c) Conjuguez le verbe tenir: au présent du conditionnel et du subjonctif.Je tiendrais Que je tienne tu tiendrais que tu tiennes il tiendrait qu’il tienne nous tiendrions que nous tenions vous tiendriez que vous teniez ils tiendraient qu’ils tiennent 5.Justifiez l’orthographe.a) solennel.adj.quai.masc.sing.quai.acte.b) glorifié.part.adj.masc.sing, se rapporte à corps.c) générale.adj.quai.fém.sing, q^ial.résurrection.d) purs.adj.quai.masc.plur.quai, corps.e) immaculée.adj.quai.fém.sing.quai.âme.Analyse 6e et 7e années: Dieu ne permit pas que le corps de son Fils et celui de sa divine Mère éprouvassent la corruption du tombeau.1.a) Trouvez le nombre de propositions dans cette phrase.• .Il y a deux propositions.b) Quels sont les éléments de la lro proposition : Sujet: Dieu.Verbe: permit.Complément du verbe: 1 ° ne pas, compl.modificatif.2° la 2e prop, compl.dir.2.Analysez grammaticalement: a) permit.verbe transitif, permettre, 3® groupe, mode indicatif, temps passé simple, 3° personne du sing, à cause de son sujet Dieu.b) ne pas.loc.adv.mod.permit.c) à quelle voix le verbe est-il conjugué.A la voix négative.3.Indiquez la nature et la fonction des propo- sitions contenues dans cette phrase: lre proposition.Dieu ne permit pas, princ.2 e proposition.Que le corps de son Fils et celui de sa divine Mère éprouvassent la corruption du tombeau, sub.compl.dir.de permit.4.Analysez grammaticalement: a) corps .nom comm.masc.sing, sujet de éprouvassent.b) son .adj.poss.masc.sing, j se rapporte à Fils.c) Fils.nom propre masc.sing, compl.dét.de corps.d) celui.pron.dém.masc.sing, sujet de éprouvassent.e) éprouvassent.verbe trans.éprouver, 1er groupe mode subj.temps imparfait 3e pers.du plur.à cause de ses sujets corps et celui.5 Trouvez la fonction de: à) divine.quai.Mère.b) Mère .compl.dét.de celui.c) corruption .i .compl.dir.de éprouvassent.d) tombeau.i .compl.dét.de corruption. 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 733 Dictée LE DÉCÈS DE LA MÈRE DE DIEU Une tradition antique nous enseigne que, le temps arrivé du décès glorieux de la bienheureuse Vierge, tous les apôtres qui parcouraient Tunivers pour le salut des nations, furent un moment donné, transportés dans les airs à Jérusalem.Là, ils eurent une apparition des anges, et ils entendirent la psalmodie des puissances célestes.C’est dans cette atmosphère de gloire divine que la Vierge remit son âme sainte entre les mains de Dieu.Son corps, qui pour une raison insondable, avait engendré Dieu, fut porté à Gethsémanie au chant des anges et des apôtres, et déposé dans un sépulcre.Durant trois longs jours, les anges remplirent cet endroit de leurs harmonies, puis le concert angélique cessa.Les apôtres présents ouvrirent le tombeau.Car, Thomas, seul absent, était arrivé après le troisième jour du décès.Il voulut lui aussi vénérer ce corps qui avait donné le jour à Dieu.Mais, nulle part dans le sépulcre, les apôtres ne purent découvrir le corps sacré de la Vierge.Ils ne trouvèrent que les objets avec lesquels on l’avait soigneusement enseveli, et toutes ces choses exhalaient un parfum ineffable dont les apôtres furent remplis.Ceux-ci refermèrent le sépulcre.Stupéfaits devant ce prodige tout de mystère, une seule idée leur vint à l’esprit: ^ Celui qui s’était plu à prendre sa chair de la Vierge Marie, à se faire homme et à naître, tout Dieu le Verbe et Seigneur de gloire qu’il était, et qui dans sa naissance avait conservé intacte la virginité de sa Mère, celui-là s’était plu pareillement à conserver incorruptible après décès ce corps immaculé, et à l’honorer de la translation au ciel avant la résurrection commune et universelle.Extrait de saint Jean Damascene, Instruction IL N.B.— La dictée sera suffisamment longue en arrêtant à: Stupéfaits .on pourra se contenter de lire le dernier paragraphe.Questions d’intelligence 1.Qu’est-ce que la Tradition ?.La Tradition désigne les récits transmis non pas par écrit ou grâce à des documents authentiques, mais seulement oralement.2.Le mot légende est-il synonyme de tradition?Non, une légende est un récit où l’histoire est défigurée par des traditions.(Exemple: la légende de Barbe-Bleue a un fond de vérité) 3.Croyez-vous que Marie est morte de maladie, de vieillesse ?.Non, elle est morte d’amour.(Elle ne pouvait pas mourir de maladie, sa constitution parfaite y répugne.Ça ne pouvait être non plus la vieillesse qui l'abattit; elle vécut soixante-douze ans ce qui n’est pas un âge de décrépitude, pour une personne très forte et très saine.D’ailleurs, maladie, dêcripilude, ne sont-elles pas des suites du péché d’origine dont elle était exemple ?) 4.D’après saint Jean Damascène où mourut la sainte Vierge ?.La Sainte Vierge mourut à Jérusalem dans cette salle, auguste du Cénacle où l’Agneau de Dieu s’était immolé pour servir de nourriture à ses enfants.5.Où étaient alors les apôtres ?.Ils parcouraient l’univers pour le salut des nations et furent à un moment donné, transportés dans les airs à Jérusalem.6.Qui leur apparut ?.Ils eurent l’apparition des anges et ils entendirent la psalmodie des puissances célestes.7.Où déposa-t-on son corps ?.Dans un sépulcre à Gethsémani.8.Que se passa-t-il durant trois jours ?.Les anges remplirent cet endroit de leurs harmonies.9.Pourquoi les apôtres ouvrirent-ils le tom- beau ?.Thomas, seul absent, était arrivé après le troisième jour du décès; voulant lui aussi vénérer ce corps auguste on décida d’enlever la pierre sépulcrale.10.Quelle fut leur surprise ?.A leur grand étonnement, nulle part dans le sépulcre, les apôtres ne purent découvrir le corps sacré de la Vierge.Ils ne trouvèrent que les objets avec lesquels on l’avait soigneusement enseveli, et toutes ces choses exhalaient un parfum, ineffable dont les apôtres furent remplis.Ils refermèrent le sépulcre.Exercices de vocabulaire 1.Trouvez un mot du texte qui aurait à peu près la même signification que: a) ancien.antique.b) extrêmement heureux .bienheureux.c) chant des psaumes sans inflexion de voix et sur la même note.psalmodie.d) qu’on ne peut pénétrer.insondable.e) suite de sons agréables à l’oreille.harmonie./) rendre un hommage respectueux à ce qui en paraît digne.vénérer.g) répandre des odeurs.exhaler.2.Trouvez quelques mots de même famille que: a) univers.universalisation, universalité, universel, universellement, universaliser. 734 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai b) air .aérage, aération, aérer, aérien, aériennement.c) ensevelir.ensevelissement, ensevelissenr.3.Signification: a) puissances célestes.Dieu, les saints, les anges.b) puissances des ténèbres .les démons.4.Quel nom peut-on former avec: a) antique 6) glorieux c) angélique d) absent 5.Former un verbe avec: a) décès b) glorieux c) bienheureux .béatifier.d) apparition .apparaître.e) psalmodie.psalmodier.Grammaire 6e et 7e années: 1.Ecrivez: a) au futur simple: parcourir, entendre, psalmodier, remplir.b) à l’impératif présent: ouvrir.2.Indiquez: a) la nature et la fonction de qui (lre phrase).pronom relatif sujet tie parcouraient.b) Quel est son antécédent.Apôtres, 3e personne du pluriel.3.Lisez les trois premiers paragraphes puis relevez les participes passés conjugués avec l’auxiliaire être en indiquant le sujet.a) furent transportés.Apôtres, 3e pers.du plur.b) fut porté .corps, 3e pers.du sing.c) (fut) déposé.corps, 3e pers.du sing.d) était arrivé.Thomas, 3e pers.du sing.e) furent remplis.Apôtres, 3e pers.du plur.4.Indiquez: le groupe, le mode, le temps et la personne des verbes.a) parcouraient.3e groupe, indicatif imparfait, 3e personne du pluriel.b) entendirent.3e groupe, indicatif, passé simple, 3e personne du pluriel.c) avait engendré.1er groupe, indicatif, plus-que-parfait, 3 e personne du singulier.d) remplirent.2e groupe, indicatif, passé simple, 3e personne du pluriel.Trouvez la nature et la fonction de: a) antique.adj.quai.quai, tradition.b) c) d) e) f) g) arrivé.part.adj.se rapp.à temps.donné.part.adj.se rapp.à moment.présents.adj.quai.quai, apôtres.vénérer .verbe à l’infinitif compl.dir.de voulut.nulle.adj.ind.se rapp.à part.sacré .part.adj.se rapp.à corps.6.Donnez un exemple où l’on écrira bienheureux en deux mots.Il s’écrit en deux mots lorsque (( bien )) est adverbe.(Ex.: lu es bien heureux d’avoir évité ce danger) 6e et 7e années: Les apôtres eurent une apparition des anges et ils entendirent la psalmodie des puissances célestes.1.Séparez les propositions et indiquez-en la nature.lre prop.: Les apôtres eurent une apparition des anges.Indépendante.2e prop.: ils entendirent la psalmodie des puissances célestes.Indépendante.2.Quels sont les éléments de la lre proposition.Sujet: apôtres.Verbe: eurent.Compl.du verbe: apparition compl.dir.3.Trouvez deux compléments du nom.anges, puissances.4.Analysez grammaticalement: a) ils.pron.pers.3e pers.du masc.plur.sujet de entendirent.b) psalmodie.nom comm.fém.sing, compl.dir.de entendirent.c) célestes.adj.quai.fém.plur.quai, puissances.5.Trouvez la nature et la fonction de: a) nous (lre phrase).pron.pers.compl.ind.de enseigne.b) Vierge (lre phrase).• • nom propre compl.dét.de décès.c) tous (lre phrase).adj.ind.se rapp.à apôtres.d) univers (lre phrase).nom comm.compl.dir.de parcouraient.e) salut (lre phrase).nom comm.compl.cire, de parcouraient./) airs (lre phrase).nom comm.compl.cire, de transportés. 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 735 Rédaction L’ASSOMPTION Qu’est-ce que l’Assomption ?Y a-t-il longtemps que les chrétiens croient à l’Assomption de Marie ?En quoi consiste ce privilège ?Qui a proclamé le dogme ?Quand ?Qu’est-ce que nous devons croire ?Quelle vertu nous enseigne notre bonne Mère du ciel dans son Assomption ?7e année: LE PÈLERIN CANADIEN Le 13 novembre dernier, 58 passagers dont treize prêtres revenaient de Rome.L’avion qui les transportait avait déjà accompli trente traversées Montréal-Rome, aller et retour, sans encombre.Mais cette fois la Providence en avait décidé autrement.L’avion échoua dans un ravin des Alpes françaises, à dix milles de l’endroit où la Vierge en pleurs était apparue le 19 septembre 1846, Impénétrables sont les desseins de la Providence.Envisagé sous son angle purement surnaturel, ce terrible accident nous semble quelque peu moins triste .Un homme du peuple a saisi ce consolant aspect, et il l’a traduit en ces termes: « Du moins, tout ce monde était en état de grâce ».Voilà une constatation qui adoucit, et de beaucoup, l’amertume de ce désastre.Récitation CREDO Pendant que Là-Haut, les neuf Chœurs des Anges entonnent le Magnificat devant l’Éternel, entraînant les élus dans une commune louange à la Porte du Ciel .La meilleure des Mères, humblement s’avance, et la Trinité entière la couronne à nouveau, l’immaculée Conception, Vierge de l’Assomp- [tion, pur flambeau des âmes que fascine l’Èspé- [rance !.Et pendant que sur terre les peuples en liesse écoutent, recueillis, dans l’ardeur qui les presse autour du Vicaire de Jésus-Christ.Le successeur de Pierre, que la tâche davantage anoblit, proclame à tous les croyants, ses innombrables [fils, le Dogme de l’Assomption glorieuse de [Marie !.Un nouveau bourgeon vient de poindre à l’arbre de l’Eglise si souvent secoué, si souvent émondé, mais jamais terrassé .Et ce bourgeon est né de la mansuétude de Celle que l’Écriture nous dit « Belle comme le soleil » (( Terrible comme une armée rangée en ba- [taille ».et que nous nommons: Mère de la Multi- [titude !.Oui, nous le croyons: Ta mort fut l’écho magnifique de ta vie .Et ton Assomption glorieuse est pour nous le mystère de tous les mys- [tères .la gloire de toutes tes gloires .la grandeur, l’achèvement de toutes tes grandeurs ! .O Marie, notre Mère unique, guide les égarés vers l’unité de la foi, au sein de l’Église catholique !.L.M.Chant AVE MARIS STELLA JTRAI LA VOIR UN JOUR 3e Mystère joyeux: L’ASSOMPTION REVISION Ponctuation Mettez la ponctuation convenable.1.Tous les apôtres sauf Thomas étaient présents 2.Pourquoi Marie a-t-elle survécu plusieurs années à son divin Fils 3.Gloire à la Vierge de l’Assomption 4.La mort des saints affirment nos Saints Livres est précieuse devant Dieu Nom Indiquez la fonction des noms en italique.1.Marie recevait quotidiennement son Jésus sous les espèces sacramentelles.2.Jésus jugea bon de laisser à l'Eglise nais- sante sa sainte Mère.3.La petite Maria Goretti fut victime de la chasteté.4.Peuple chrétien! tu as toujours cru au glo- rieux mystère de l’Assomption.5.ces .âmes étaient en état de grâce.(2) 1 — tous, bons 2 — toutes, bonnes 6.A Pâques ., il y eut de grandioses céré- monies à Rome.(1) 1 — dernier 2 — derniers 3 — dernière 7.De tout cœur, ils entonnèrent .hymne Veni Creator.(2) 1 — le, bel 2 — la, belle 8.Dans bon nombre d’églises, il y a des .à l’effigie de l’Assomption de Marie.(3) 1 — vitrail 2 — vitrails 3 — vitraux 736 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai 9.Certaines églises romaines sont de véritables .(2) 1 — chefs-d’œuvres 2 — chefs-d’œuvre 3 — chef-d’œuvres 10.L’Italie est sous un des plus beaux .de l’Europe.(3) 1 — cieux 2 — ciel 3 — ciels 11.Les .se placent au premier rang parmi les peuples qui ont le plus travaillé à la réalisation de la proclamation du dogme de l’Assomption.(1) 1 — Espagnols 2 — Espagnol 12.La Vierge de l’Assomption est la patronne des.(2) 1 — Acadien 2 — Acadiens 13.Plus de quarante .assistaient à la procla- mation du dogme de l’Assomption.(3) 1 — cardinal 2 — cardinals 3 — cardinaux 14.Les ., les .ont été honorés par l’Église au cours de l’Année sainte.(1) 1 — Goretti, Monfort 2 — Gorettis, Monforts Article Dites si l’article est défini, indéfini ou partitif, élidé ou contracté.1.La Mère de /’Église mourut dans la salle où naquit /’Église lors de la descente du Saint-Ésprit sur la Mère et les enfants réunis en prière.2.Les saints anges allèrent au-devant de Marie avec un bonheur invincible.Adjectif qualificatif 1.Un soleil d’or réchauffait doucement l’air .de ce premier matin de novembre.(1) 1 — frais 2 — fraîche 2.Le soir, les pèlerins envahirent de nouveau la basilique Saint-Pierre en chantant des cantiques.(3) 1 — marial 2 — mariaux 3 — mariais 3.Vous nous enseignez, ô Marie, le secret de la .joie.(1) 1 — vraie 2 — vrai 4.La voix .du vicaire de Jésus-Christ ne cesse de prêcher l’esprit de pénitence et de prière.(1) 1 — paternelle 2 — paternel 5.A l’instar de Jésus, ayons pour notre mère tous les égards.(2) 1 — possible 2 — possibles 6.A chaque .le Saint-Père apparaissait à sa fenêtre pour bénir les pèlerins.(3) 1 — demi heure 2 — demie-heure 3 — demi-heure 7.Mes .grands-parents étaient allés à Rome au jubilé de la Rédemption en 1933.(2) 1 — feu 2 — feus 3 — feux 8.Beaucoup de .ont fait le pèlerinage de l’Année sainte.(2) 1 — nouveau mariés 2 — nouveaux mariés Adjectif déterminatif 1.On compte en Espagne plus de .temples, cathédrales, simples églises et même ermitages consacrés à l’Assomption.(1) 1 — quatre mille 2 — quatre milles 2.Plus de .cardinaux, archevêques et évêques étaient réunis dans l’abside de Saint-Pierre de Rome pour la messe papale du 1er novembre 1950.(2) 1 — six cent 2 — six cents 3.Le 13 novembre, un terrible accident d’avion a fait périr dans les Alpes françaises .Canadiens.(2) 1 — cinquante-un 2 — cinquante et un 3 — cinquante-et-un 4.A quel âge mourut la Sainte Vierge P quel est un adjectif.(3) 1 — indéfini 2 — possessif 3 — interrogatif 5.Prenez la bonne habitude de réciter chaque jour .avé pour la conversion des pécheurs.(1) 1 — quelques 2 — quelque 6.grands que soient vos défauts, recourez à Marie et elle vous en fera triompher.(2) 1 — quelques 2 — quelque 7.les plus jeunes ont apporté leur offrande pour des messes aux intentions du Saint-Père .(1) 1 — même 2 — mêmes Pronom Indiquez la nature et la fonction de chaque pronom. 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 737 1.Notre-Seigneur quitte visiblement son Église à peine fondée.Il laisse sur terre ses timides successeurs, lesquels pourtant avait tant besoin de lui.Sa commisération, sa tendresse pour ses apôtres, sa sollicitude pour les premiers fidèles, lui interdisaient de les priver du même coup et de leur Père et de leur Mère.2.Sa Sainteté Pie XII confie les prêtres du monde entier à la Mère de Dieu, dispensatrice de grâces célestes et il leur demande: « Tournez avec confiance vos yeux et votre esprit vers celle qui est la Mère du Prêtre Eternel ! » 3.Si, comme certains le prédisent l’an 2000 devait avoir « ses terreurs », il reste que l’an 1950 aura eu « sa splendeur » ! Verbe Mettez le verbe au temps indiqué.1.Votre Assomption être (ind.prés.) l’espoir de vos enfants qui, dorénavant, fixer (fut.simple) sur vous leurs regards, jusqu’à ce que vous les attirer (subj.passé) vers votre trône de gloire.2.Pie XII être (fut.simple) pour toujours le grand pape de l’Assomption.3.Le 2 novembre dernier, d’être (ind.impar.) la chrétienté, tout entière représentée par une multitude incroyable d’évêques et de fidèles rassemblés autour du Pape; dêtre (ind.impar.) les catholiques de tous les pays, de toutes les langues qui acclamer (ind.impar.) dans l’histoire et pour l’éternité, l’Assomption de Marie dans la gloire.4.Ce ne être (ind.prés.) pas les engins de guerre qui gagner (fut.simpl) la victoire, mais les armes blanches et douces de la prière, et les armes rouges du sacrifice.5.Marie recevoir (ind.impar.) quotidienne- ment son Jésus sous les espèces sacramentelles.6.Les anges se disputer (ind.près.) l’honneur d’être tout près de l’héroïne qu’on exalter (ind.prês.)\ dêtre (ind.prés.) à qui reviendra l’honneur de la soutenir dans sa gracieuse assomption vers le ciel.7.C’est toi qui .le chapelet ce soir.(1) 1 — réciteras 2 — réciterai 3 — récitera 8.Une multitude de cardinaux, d’archevêques et d’évêques .à Rome pour la proclamation du dogme.(3) 1 — était 2 — étais 3 — étaient 9.Pierre ou Paul .l’heure mariale.(1) 1 — présidera 2 — présideront 3 — présiderons Participe passé Orthographiez convenablement le participe.1.« L’auguste Mère de Dieu a été élevé au ciel et placé au-dessus des chœurs angéliques ».2.C’est la première fois dans l’histoire du monde que la définition d’un dogme est filmé.3.Quelques jours avant la définition solennelle, le Père commun des fidèles avait réuni les évêques présents à Rome pour leur demander leur sentiment concernant l’Assomption.4.Durant la cérémonie du 1er novembre, un cardinal s’est présenté aux pieds du Saint-Père pour lui demander de proclamer le dogme de l’Assomption de notre Mère au ciel et, après la lecture de la Bulle, il ^est revenu remercier, au nom de toute l’Église, le Souverain Pontife et lui pro mettre obéissance.5.Quand le Pape eut pri place sur sa « Cathé- dra », il entonna le Veni Creator à genoux, face à la foule.6.Les saints sont mort pour l’amour c’est-à-dire pour Dieu.Pour lui, ils ont tout sacrifié.7.Les dernières années que la Mère de Jésus a passé sur la terre restent, pour nous, enveloppé d’un profond mystère.7e année: 8.Des avé, j’en ai beaucoup récité durant l’Année sainte.9.Les soixante-douze années que Marie a vécu sur la terre ont été rempli par des œuvres de miséricorde et d’amour parfait.10.La prière donne plus de joies encore que je ne Yavais cru.11.Avons-nous fait toutes les bonnes actions que nous avons pu?12.Les mille deux cents dollars que ce pèlerinage vous a coûté.Mots invariables 1.Dieu est .bon ! si est.(3) 1 — préposition 2 — conjonction 3 — adverbe 2.Vou-; récitez votre rosaire tous les jours, et moi aussi, aussi est.(1) 1 — adverbe 2 — conjonction 738 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai 7e année: 3.La traversée dura six jours.(I) 1 — de suite 2 — tout de suite 4.Quelques pèlerins, pour des raisons person- nelles, ont dû revenir.(2) 1 — plutôt 2 — plus tôt 5.Les pèlerins du mont Obiou étaient .mourir.(1) 1 — prêts à 2 — près de Analyse 1.Vrai ou faux.On compte ordinairement autant de propositions dans une phrase qu’elle con- tient de verbes à un mode personnel ’ exprimés ou sous-entendus.Vrai* 2.Combien y a-t-il de sortes de compléments ?Il y a cinq sortes de compléments.3.Nommez-les.Compl.déterminatif, compl.explicatif, compl.direct, compl.indirect, compl.circonstanciel.4.Vrai ou faux.De même qu’il y a cinq sortes de compléments, on distingue cinq sortes de subordonnées.Vrai.5.Vrai ou faux.Une subordonnée, complément déterminatif peut se retrancher sans nuire essentiellement au sens de la phrase.Faux.HUITIÈME et NEUVIÈME ANNÉES L’ASSOMPTION DE MARIE ÉVEIL DE L’INTÉRÊT Note pédagogique.— Images ou statues de Notre-Dame en sa glorieuse Assomption.Si possible, dresser, décorer un petit autel, dédié à Notre Mère du ciel.Fleurs de mai, lampions, contribueront à fixer Vattention de nos élèves.PRÉSENTATION DU TEXTE Mes chers élèves, Aujourd’hui, notre leçon se fera plus recueillie, plus pieuse.Nous méditerons un peu sur la magnifique prière, composée par notre Saint-Père le Pape Pie XII, à l’occasion du dogme de l’Assomption de notre Maman du ciel.Ces saintes paroles, nous les ferons nôtres et nous aimerons les redire souvent à la louange de notre Mère céleste.Lecture par le maître Texte Prière de Pie XII à Marie, NOTRE-DAME DE L’ASSOMPTION O Vierge immaculée, Mère de Dieu et Mère des hommes: 1.Nous croyons avec toute la ferveur de notre foi en votre Assomption triomphale en âme et en corps au ciel; où vous êtes acclamée Reine par tous les chœurs des anges et par toutes les phalanges des saints.Et nous nous unissons à eux pour louer et bénir le Seigneur, qui vous a exaltée sur toutes les autres pures créatures, et pour vous offrir l’élan de notre dévotion et de notre amour.2.Nous savons que votre regard, qui maternellement enveloppait l’humble et souffrante humanité de Jésus sur la terre, se rassasie au ciel à la vue de l’humanité glorieuse de la Sagesse incréée, et que la joie de votre âme à contempler face à face l’adorable Trinité fait tressaillir votre cœur de béatifiante tendresse; Et nous, pauvres pécheurs, nous dont le corps alourdit le vol de l’âme, nous vous supplions de purifier nos sens, afin que nous apprenions, dès ici-bas, à goûter Dieu, Dieu seul, dans le charme des créatures.3.Nous avons confiance que vos regards miséricordieux s’abaissent sur nos misères et sur nos angoisses, sur nos luttes et sur nos faiblesses; que vos lèvres sourient à nos joies et à nos victoires; que vous entendez la voix de Jésus 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTGODOLOGIE 739 vous dire de chacun de nous, comme jadis de son disciple bien-aimé: Voilà votre fils; Et nous, qui vous invoquons comme notre Mère, nous vous prenons, comme Jean, pour guide, soutien et consolation dans notre vie mortelle.Pie XII.Questions d’intelligence 1.Quels titres le Souverain Pontife donne-t-il à la Très Sainte Vierge?.Vierge immaculée.Mère de Dieu et Mère des hommes.2.Quel acte de foi s’échappe de son cœur?.Nous croyons, avec toute la ferveur de notre foi, en votre Assomption triomphale en âme et en corps au ciel.] 3.A qui devons-nous nous unir pour honorer Marie ?.Aux chœurs des anges et des saints.4.De quel bonheur notre Mère céleste jouit- elle au ciel ?.Elle se rassasie de joie et d’amour à la vue de l’humanité glorieuse de son Fils Jésus, et dans la contemplation de l’adorable Trinité.' 5.Quelle supplique notre bien-aimé Pontife lui adresse-t-il au nom des hommes ?.Nous avons confiance que vos regards miséricordieux s’abaissent sur nos misères et sur nos angoisses, sur nos luttes et sur nos faiblesses.N.P.— Mai étant un mois de révision, nous nous écarterons quelque peu du texte pour nous permettre de revoir quelques règles de grammaire, apprises au cours de Vannée.Grammaire et analyse «Espèce et genre: 1.Donnez l’espèce et le genre de: a) Assomption: nom féminin; chœurs: nom masculin; phalanges: nom féminin; élan: nom masculin; éclair: nom masculin; ténèbres: nom féminin.b) Faites accorder: Les Marguerite Bourgeoys, les Jeanne-Mance, nous ont laissé d’admirables exemples de piété et de dévouement.La chapelle de Notre-Dame du Bon-Secours érigée par la dévotion mariale de notre première Bienheureuse Canadienne, fut bien souvent visitée par les Maisonneuve, les Dollard, les Lambert Classe et les autres héros de la Colonie.’ronoms : 2.Croyez-vous que la Vierge Marie soit au ciel en corps et en âme P — Oui, nous le croyons.Cette croyance, toute nouvelle, ou qui semble l’être, êtes-vous convaincus de sa véracité P — Oui, nous la croyons véritable, parce que fermement appuyée sur le roc de la Foi.Tous ces chrétiens accourus à Rome pour la proclamation du Dogme de l’Assomption, ont-ils fait preuve de bonne volonté P — Nous les croyons fervents et très dévots à notre Mère du ciel.Adjectifs: 3.Dans les lueurs pourpres de l’aurore, Marie, notre Mère, traverse les immensités lumineuses.Les constellations stellaires, la saluent au passage.Lui formant écharpe royale, les sept couleurs de l’arc-en-ciel, projettent sur Elle, leurs tons merveilleux, les bleu-ciel, les violet-tendre, les teintes d’indigo, les verts délicats, les jaune-orange, enfin, les rouges princiers, l’enveloppent d’un vêtement splendide et inconnu de la terre.Semblable à la fleur fraîche-éclose, à ces beaux lis rayonnant de blancheur, à ces roses épanouies qui retiennent nos regards, Elle monte, monte toujours, attirée par l’amour de son Fils, le Roi éternel de gloire.F.d.J.Verbe: 4.Si nous croyons avec toute la ferveur de notre foi, plus nous croîtrons en dévotion envers notre Mère du ciel.a) Présent de V indicatif : Je croîs en ma Mère du ciel, et je crois en ferveur; Tu crois en ta mère du ciel et tu croîs en ferveur; Il croit en sa Mère du ciel et il croît en ferveur; Nous croyons en notre Mère du ciel et nous croissons en ferveur; Vous croyez en votre Mère du ciel et vous croissez en ferveur; Ils croient en leur Mère du ciel et ils croissent en ferveur.b) Passé défini: Je crus .et je crûs en ferveur; Tu crus .et tu crûs en ferveur; Il crut .et il crût en ferveur; Nous crûmes .et nous crûmes en ferveur; Vous crûtes .et vous crûtes en ferveur; Ils crurent .et ils crûrent en ferveur.c) Futur: Je croirai .et je croîtrai en ferveur; Tu croiras .et tu croîtras en ferveur ; Il croira .et il croîtra en ferveur Nous croirons .et nous croîtrons en ferveur; Vous croirez .et vous croîtrez en ferveur ; Ils croiront .et ils croîtront en ferveur.d) Subjonctif présent: Que je croie .et que je croisse en ferveur ; Que tu croies .et que tu croisses en ferveur; Qu’il croie .et qu’il croisse en ferveur; 740 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Que nous croyions .et que nous croissions en ferveur; Que vous croyiez .et que vous croissiez en ferveur; Qu’ils croient .et qu’ils croissent en ferveur.e) Subjonctif imparfait: Que je crusse .et que je crûsse en ferveur; Que tu crusses .et que tu crûsses en ferveur; Qu’il crût.et qu’il crût en ferveur; Que nous crussions .et que nous crûssions en ferveur; Que vous crussiez .et que vous crûssiez en ferveur; Qu’ils crussent .et qu’ils crûssent en ferveur.Verbe procédé d’un collectif: 5.Choisissez: a) La foule des croyants {acclament, acclame) la céleste Mère dans son Assomption glorieuse.acclame.b) La multitude des étoiles (a souri, ont souri) à sa merveilleuse Montée vers les parvis divins.a souri.c) Peu de pécheurs {connaît, connaissent) la miséricordieuse bonté de notre Mère du ciel.connaissent.d) Beaucoup se {perdent, perd) par leur faute.perdent.e) La plupart ne {l'invoque, l'invoquent) pas assez fréquemment et {néglige, négligent) d’avoir recours à sa puissante intercession.invoquent, négligent.Analyse grammaticale Indiquer la nature et la fonction des mots en italique.6.Les comment et les pourquoi, sont souvent des mots déplacés dans les mystères de la prédestination.?) Comment et pourquoi.noms communs, masc.plur.sujet de sont; mots.nom comm.masc.plur.attr.de comment et de pourquoi.?) ’Marie, notre Maman du ciel, est toute tendresse, toute miséricorde, pour ses enfants de la terre.Maman.nom propre, fém.sing, mis en apposition de Marie.c) O Vous, pauvres pécheurs, qui ne songez qu’à vos plaisirs, avez-vous oublié le triomphe de votre Mère ?pécheurs .nom corn.masc.plur.mis en apostrophe.Analyse logique Quelques complétives circonstancielles: 7.Avant que le sommeil ne ferme mes paupières, je veux t'offrir, ô Mère chérie, la couronne de mon rosaire.a) Avant que le sommeil ne ferme mes paupières.Subordonnée circonstancielle de temps de veux.b) Je veux t’offrir, ô Mère chérie, la cou- ronne de mon rosaire.Proposition principale.8.Si l'âme se donne à la Reine du ciel, elle est sûre d'être sauvée.a) Si l’âme se donne à la Reine du ciel.Subordonnée circonstancielle de condition de la principale.b) elle est sûre d’être sauvée:.Proposition principale.9.Propositions diverses: Nous savons que votre regard, qui maternellement enveloppait l'humble et souffrante humanité de Jésus sur la.terre, se rassasie au ciel.Trois propositions dans cette phrase.a) Nous savons.Proposition principale.b) que votre regard se rassasie au ciel.Subordonnée compl.directe de savons.c) qui maternellement enveloppait l’hum- ble et souffrante humanité de Jésus sur la terre.Subordonnée compl.expi.de regard.10.Et nous, pauvres pécheurs, nous dont le corps alourdit le vol de l'âme, nous vous supplions de purifier nos sens, afin que nous apprenions, dès ici-bas, à goûter Dieu, Dieu seul, dans le charme des créatures.Trois propositions dans cette phrase.a) Nous, pauvres pécheurs, nous vous supplions de purifier nos sens.Proposition principale.b) (Nous) dont le corps alourdit le vol de l’âme.Subordonnée compl.déterm.de nous, pauvres pécheurs.c) afin que nous apprenions, dès ici-bas, à goûter Dieu, Dieu seul, dans le charme des créatures.Subordonnée circonstancielle de cause de purifier.Exercice de revision: tout, même, quelque.1.Jacinthe aurait voulu que tous les chrétiens aimassent la Sainte Vierge, comme elle l’aimait.2.Dans un ovale tout lumineux, se déplaçant de l’est à l’ouest, glissant avec lenteur et majesté, à travers l’espace, la Vierge Marie, descend vers ses enfants de la terre.3.L’aéroplane céleste, porte vers nous, la Mère d’amour et de miséricorde.4.Toute belle, les chœurs angéliques, l’avaient autrefois élevée dans l’azur étoilé.5.En ces jours de détresse, tout entière à son rôle de Médiatrice, son Cœur, son Ame, son Corps, se penchent vers ses enfants malheureux .6.A Fatima, lorsque la Dame aura terminé son message à la terre, le même globe lumineux, sera vu, remontant vers le ciel.7.Outre ce merveilleux véhicule, des fleurs toutes blanches, lancées sans doute par les mains des anges, souriront au passage de la Mère de Dieu .8.A ce spectacle, des incré- ^ 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 741 b dules même sont revenus au Dieu de leur enfance.,|]e, Quelques vieux pécheurs se sont convertis sur l’heure .Même endurcis, ils n’ont pu résister aux appels de la « Ravisseuse des cœurs ».9.Quelque grandes que soient nos fautes, ne ¦ J désespérons jamais .Une Mère aussi bonne lC que puissante veille sur nous.10.O Notre-E«d' Dame de l’Assomption, attirez-nous tous au Royaume de la lumière et de la paix ! Jésus, la joie et l’allégresse de tous les anges et de tous les saints.4.Par quelles exclamations se termine cette belle prière ?.Après notre exil, montrez-nous Jésus, ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.Grammaire F.d.J.N.B.— On pourra référer avec profit au numéro mai-juin 1950.liîUJIt irage, ipale, ieL te de Jésus , de Dictée Prière de Pie XII à Marie, NOTRE-DAME DE L’ASSOMPTION (suite) 1.Nous avons la vivifiante certitude que vos yeux, qui ont versé des larmes sur la terre baignée du sang de Jésus, se tournent encore vers ce monde en proie aux guerres, aux persécutions, à l’oppression des justes et des faibles; et nous, dans les ténèbres de cette vallée de larmes, nous attendons de votre céleste lumière et de votre douce pitié le soulagement des peines de nos cœurs, des épreuves de l’Église et de notre patrie.mi irase, ipale.| !e vol n, de S le de iitail laçai! tut # I Jai I et* 8»?f.f ala! W i# ' i de' 5.Nous croyons enfin, que dans la gloire où vous régnez, revêtue de soleil et couronnée d’étoiles, vous êtes, après Jésus, la joie et l’allégresse de tous les anges et de tous les saints; Et nous, de cette terre où nous passons en pèlerins, réconfortés par la foi en la résurrection future, nous regardons vers vous, notre vie, notre douceur, notre espérance, attirez-nous par la suavité de votre voix, pour nous montrer, un jour, après notre exil, Jésus, le fruit béni de vos entrailles, ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie ! Pie XII, Pape.Questions d’intelligence 1.Comment le saint Pontife prouve-t-il sa confiance en Marie ?.En croyant que ses yeux, qui ont versé tant de pleurs à cause de nos péchés et ingratitudes, se tournent encore vers ce monde en proie aux guerres, aux persécutions, à l’oppression des justes et des faibles.2.Qu’attendent encore les humains de la maternelle bonté de la Vierge miséricordieuse ?.Le soulagement des peines de nos cœurs, des épreuves de l’Eglise et de notre patrie.3.Comment Notre Très Saint-Père le Pape entrevoit-il la Vierge, aux cieux ?.Il la voit, revêtue de soleil, et couronnée d’étoiles, tout auprès de Sur les verbes: Faites accorder les verbes en italique.O Notre-Dame, Maman de Jésus et la nôtre, comme en mil huit cent cinquante-huit à Lourdes, comme en mil huit cent quatre-vingt-huit, au Sanctuaire du Cap, comme à Notre-Dame de Fatima en mil neuf cent dix-sept, reviens, reviens sur la terre .Réponds aux appels de tes enfants malheureux, assaillis par les dangers de toutes sortes.Dissipe les ombres mauvaises, ô toi, qui jadis, portas Jésus dans tes bras maternels ! Mère, plus brillante que le soleil, plus belle que la lune, vois notre pauvreté, notre détresse .Abaisse vers nous tes yeux, pleins de douceur et de miséricorde .Nous le savons, tu règnes auprès de ton Fils .Ton âme immaculée, ton corps sans tache aussi, jouissent du très grand bonheur de l’immortalité • ¦ • Mère, la plus miséricordieuse des Mères, aie pitié de tes enfants, pleurant dans la Vallée .Vallée de larmes, où l’on se bat, où l’on se déchire, où l’on se tue sans pitié .Ce sont tes fils, glorieuse Reine !.Souviens-toi que notre saint Pontife n’a ajouté le merveilleux fleuron de ta couronne, que pour créer un lien de plus, entre la Mère et ses fils misérables .Souris à tous nos maux, étends tes mains bénissante sur le monde en pleurs, et dis à ton Jésus de pardonner encore .Faites accorder le verbe et chercher le pourquoi de cet accord.1.La douceur, la céleste affabilité de la Vierge s'incline de préférence vers les petits et les humbles .2.La Conception immaculée de Marie, sa Maternité divine, sa vie toute de grâce, conduit naturellement vers le dogme de son Assomption glorieuse.Les sujets forment une gradation.3.Les menaces, les coups, les souffrances morales, rien ne détourne de Marie, la Voyante de Fatima.Les sujets sont résumés par un seul mot.4.La Vierge Marie, revient fréquemment sur la terre, parce que la plupart des hommes s'égarent dans les brumes épaisses du doute.5.Ni l’argent, ni l’ambition des humains, touchent le Cœur de Dieu, seules les larmes d’une Mère peuvent sauver le monde.Les deux sujets sont unis par ni. 742 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Analyse logique 1.Ayons une confiance sans bornes en notre Mère du ciel, afin d'être des lis pour Jésus.a) Ayons une confiance sans bornes en notre Mère du ciel.Proposition principale.b) Afin d’être des lis pour Jésus.Subordonnée circonstancielle de but de la principale.2.La prière confiante à Marie fortifie Vâme, augmente les vertus quelle fait épanouir, et dont elle conserve la fraîcheur.Quatre propositions dans cette phrase.a) La prière confiante à Marie, fortifie l’âme.Proposition principale.b) (la prière) augmente les vertus.Proposition principale juxtaposée.c) qu’elle fait épanouir.Subordonnée compl.déterm.de vertus.d) et dont elle conserve la fraîcheur.Subordonnée compl.déterm.de vertus.3.Il se peut que Marie Médiatrice fléchisse le Cœur de Dieu et sauve le monde.Trois propositions dans cette phrase.a) Il se peut .Proposition principale.b) que Marie Médiatrice fléchisse le Cœur de Dieu.Subordonnée sujet réel de se peut.c) (que Marie Médiatrice) sauve le monde.Subordonnée sujet réel de se peut.4.Nous avons la vivifiante certitude que vos yeux, qui ont versé des larmes sur la terre baignée du sang de Jésus, se tournent encore vers ce monde en proie aux guerres, aux persécutions, à l’oppression des justes et des faibles.Trois propositions dans cette phrase.a) Nous avons la vivifiante certitude.Proposition principale.b) que vos yeux se tournent encore vers ce monde en proie aux guerres, aux persécutions, à l’oppression des justes et des faibles.Subordonnée compl.indir.de la principale.c) qui ont versé des larmes sur la terre baignée du sang de Jésus.Subordonnée compl.expi.de yeux.Exercice sur les verbes: Indiquer les verbes du texte, les conjuguer: a) au futur, b) au subjonctif présent, c) à l’impératif.Que les enfants de l’Église catholique, Nos fils bien-aimés, entendent nos paroles et qu’animés chaque jour d’une piété, d’une vénération, d’un amour plus ardents, ils continuent d’hono-rer, d’invoquer, de prier la bienheureuse Mère de Dieu, la Vierge Marie, conçue sans la tache originelle, et que, dans tous leurs périls, dans leurs angoisses, dans leurs nécessités, dans leurs doutes, et dans leurs frayeurs, ils se réfugient avec une entière confiance auprès de cette très douce Mère de miséricorde et de grâce.Car, il ne faut jamais désespérer, sous la conduite, sous les auspices, sous le regard, sous la protection de celle qui a pour nous un cœur de Mère, et qui, traitant elle-même l’affaire de notre salut, étend sa sollicitude sur tout le genre humain; qui, établie par le Seigneur Reine du ciel et de la terre, et élevée au-dessus de tous les chœurs des anges et de tous les ordres des saints, se tient à droite de son Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, intercédant auprès de lui avec toute la puissance des prières maternelles.Pie XII.Conjugaison J’entendrai .que j’entende .Tu continueras .que tu continues .continue.Il se réfugiera .qu’il se réfugie .Verbe falloir: inusité à la lre personne du pluriel.Nous désespérerons .que nous désespérions .désespérons.Vous étendrez .que vous étendiez .étendez Us tiendront .qu’ils tiennent .Sur les participes: 1.Grâce à un privilège spécial, la Vierge Marie a vaincu le péché dans son Immaculée Conception.2.Marie n’a jamais connu la corruption du tombeau.3.Son corps très pur, animé par son âme virginale, a franchi sans efforts les espaces infinis qui séparent le ciel de la terre.4.Toute pure, elle n’a pas eu à attendre la fin du monde pour ressusciter glorieusement.5.Jésus-Christ, à cause de sa piété à l’égard de sa Mère, a voulu l’élever au ciel.6.L’Eglise s’est sagement refusée à recevoir les récits anciens de la mort et de l’Assomption de Marie, à cause de leur carence évidente de sûreté historique.7.Mais il demeure toujours 1951 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 743 possible que quelques Apôtres, et quelques-uns des premiers chrétiens, aient eu connaissance, comme de l’Ascension de Jésus, de cette glorieuse Assomption de Marie, à laquelle l’Eglise entière a toujours cru sans Yavoir vue, par la seule force de son amour.J.Larochelle.Vocabulaire Donnez Ica mots de la même famille que: 1.Vierge: virginal, virginité, virginalement.a) La Vierge Marie, écrasa la tête de l’antique serpent de son pied virginal.b) La virginité des âmes consacrées au Seigneur, fait la gloire de l’Église catholique.Marie est la Reine des Vierges.2.Mère (de mater): maternel, maternité, ma- ternellement.a) Marie étend sur nous ses mains mater- nelles, lorsque nous la prions avec foi et confiance.b) L’un des principaux arguments invo- qués en faveur du Dogme de l’Assomption glorieuse, est la Maternité divine de notre Mère du ciel.3.Assomption: enlèvement de la Sainte Vierge au ciel par les anges.Jour où l’Église célèbre la fête de ce miracle: le 15 août.V.B.— Faire remarquer aux élèves la différence entre VAscension de Jésus et VAssomption de Marie.4.Ascension: Élévation miraculeuse de Jésus- Christ au ciel; c’est aussi le jour où l’Eglise célèbre ce triomphe du Divin Crucifié, soit le jeudi, dix jours avant la Pentecôte.5.Etoile: Etoilé, stellaire, constellé, constella- tion.a) Marie est la lumineuse Étoile, qui éclaire le firmament, parfois trop sombre, de nos jours.b) Les rayons stellaires, inondant quelque- fois la terre endormie, sont moins doux à nos yeux, que le rayonnement émané du nom de Marie.c) Les astres qui constellaient l’azur som- bre des nuits, ont pâli devant la splendeur de la Vierge Marie, lors de son Assomption glorieuse.d) Nos prières à notre Maman du ciel, forment de merveilleuses constellations au firmament des âmes.Rédaction L’ASSOMPTION ET LE COURONNEMENT DE NOTRE MÈRE Vous avez vu le tableau d’un peintre célèbre représentant les apôtres au tombeau de la Vierge Marie.De la tombe entr’ouverte s’exhale une odeur pénétrante de lis et de roses.Nouveau prodige ! Les fleurs embaumées se sont épanouies, au fond du cercueil.Penchés au-dessus du tombeau glorieux, les Apôtres, les saintes Femmes, dans l’admiration, contemplent la floraison céleste .Imaginez le dialogue et racontez comment ont dû se passer les choses.Terminez par une petite exhortation à la confiance envers notre Mère du ciel.Chant « RESPICE STELLAM, VOCA MARIAM
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