Québec science, 1 janvier 1970, Avril
?fi îS T ^SaBfeSia^BgafetefM 1 '*r*t+i 1 m.P ^ K- |j>\W.f.f| *mmm S SI iiiMiiigMM i i m a&z % i ras; 1 KM1 •WTSp* r% m - J-ry ^-V-rvv:^.m I a Kfti&SS 1 mmm lgM?Q [êggërga Ce coup d'oeil, nocturne et discret, sur une fenêtre anonyme, rappellera au Québécois que son pays, premier producteur mondial d'électricité par if: habitant, possède là encore un énorme potentiel.T ; SOMMAIRE Éditorial: Vive l'école vivante! Jocelyne Dugas 1 SCIENCES Les grands voyages des oiseaux L'oiseau est, par excellence, un animal migrateur.U parcourt parfois jusqu'à 30 000 km par an.Raymond McNeil 2 - 5 Mars: un dossier en progrès Les photos de Mars, prises par les satellites Mariner 6 et Mariner 7, lèvent une partie du voile sur cette planète mystérieuse.Jean-René Roy 6-9 La médecine nucléaire La prévention et la guérison des maladies, rôles pacifiques de l’énergie atomique.Guy Gavrel 10- 11 ACTUALITÉ L'électricité québécoise à l'avant-garde Dans la banlieue de Montréal, vient de commencer la construction d’un des plus grands centres de recherche en électricité du monde.Jean-Claude Paquet 12- 14 Nouveaux aspects de la sociologie La place et la fonction de la sociologie, cette "science de l'homme", dans notre civilisation technologique.Michel Lapalme 15 - 16 RUBRIQUES Le labo: nicotine, foie et vitamine C Serge Fradette 17 Comment on devient INGÉNIEUR EN ÉLECTRICITÉ 18 Comment devenir INGÉNIEUR EN ÉLECTRICITÉ 19 FLASH Michel Gauquelin Marc Duvivier 20-21 Voulez-vous lire?Voulez-vous voir?Jean-Paul Boudreault 22 - 23 Vous dites?24 FLASH-JEUNES Marc Duvivier "C" Revue mensuelle de promotion scientifique publi par Les Presses de l'Université du Québec, en collaboration avec le ministère de l'Éducation et l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).Rédaction Directrice Jocelyne Dugas Secrétaire de rédaction Michel Gauquelin Adjoint à la rédaction Marc Duvivier Administration Québec Science, a/s Les Presses de l'Université du Québec, case postale 250, Sillery, Québec 6 TéL: 529-3393 Abonnements Le volume annuel commence en octobre et se termine en mai, soit 8 numéros Tarif individuel: $3 (Canada); $3.50 (étranger) Tarif groupe-étudiants; $2(15 abonnements et plus à une même adresse) Vente au numéro: 40 cents Couverture, illustrations ef mise en page Couthuran arts graphiques Composition typographique Multex, Incorporée Impression Charrier et Dugal (1965) Limitée Tous droits de reproduction et de traduction réservés par l'éditeur Tout écrit publié dans la revue n'engage que la responsabilité du signataire Courrier de deuxième classe, enregistrement n° K Membres du comité d'orientation Louis Berlinguet, Vice-président à la recherche, Université du Québec Pierre Bernier, directeur des services pédagogique j CEGEP de Saint-Hyacinthe Bernard Chapais, étudiant au Collège Saint-Laure Maurice Brossard, doyen aux études graduées et i | la recherche.Université du Québec à Montréal François Carreau, professeur assistant de mathématiques.Université de Montréal Pierre Couillard, professeur agrégé au Départeme j des sciences biologiques, Université de Montréal Charles H.Bussières, professeur à l'institut de Technologie agricole, St-Hyacinthe Jacques Desnoyers, professeur agrégé de chimie, Université de Sherbrooke Claude Frémont, directeur adjoint du Départeme de physique.Université Laval Maurice Goupil, professeur de physique, Corporal des Enseignants du Québec Jean-Gilles Jutras, secrétaire général, Fédération < commissions scolaires catholiques du Québec G.Kaplan, professeur de biologie, Université d'O Paul Laurent, agent d'information au service des relations publiques de l'Hydro-Québec Gérald Marion, professeur en sciences économiqi Université de Montréal Fernand Seguin, journaliste.Société Radio-Canac Marcel Sicotte, directeur, École secondaire Saint-Martin, Ville de Laval Guy Simard, étudiant au CEGEP du Vieux-Mont' Tous droits réservés © 1970 — LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC — Dépôt légal deuxième trimestre 1970 — Bibliothèque nationale du QUÉBEC — Imprimé au Canada québec science / avril 1970 / 1 par Jocelyne Dugas Pendant des mois elle a épié, dans un labo maison, les moindres mouvements d'une centaine de souris blanches.Elle étudiait les effets des inhalations de colle sur la souris, une expérience qui touche de près à l'actualité.Qui est cette jeune fille, aujourd'hui étudiante en médecine?La gagnante du premier prix de l'Expo-sciences 1969 de Montréal.Le second prix a été décerné l'an dernier à un mordu de l'électronique, qui a construit un modèle fort intéressant d'auto téléguidée.Et c'est ainsi que pour plusieurs jeunes tout a commencé.Par le désir de créer ou de reproduire une expérience, un montage ou un appareil présentés dans des revues ou des expositions, ou dont ils ont eu l'intuition.Car comme disait Einstein, l'imagination est plus importante que la connaissance.La curiosité scientifique, si elle est alimentée, mène fatalement au désir de savoir, de comprendre.Encore faut-il un milieu favorable.Les jeunes qui participent aux expos-sciences sont malheureusement la minorité.Car l'expo-sciences au plan local suppose l'école vivante, l'école sans murs, où le professeur sert d'animateur, de conseiller, où les apprentis-savants inventent quotidiennement, à peu de frais, avec des moyens très simples, leur propre univers scientifique.N'est-il pas étonnant, à l'heure d'Apollo et des greffes du coeur, de constater que les activités parascolaires sont à la baisse dans nos écoles et nos CEGEP?Ce phénomène aurait plusieurs causes, entre autres la rigidité de certaines administrations scolaires qui n'autoriseraient pas l'usage de locaux ou de laboratoires après les heures de cours, souvent par suite du peu de disponibilité des professeurs, eux-mêmes quelquefois trop esclaves de leur convention collective d'où le "bénévolat" d'antan est absent.Les étudiants se voient reprocher aussi leur apathie à l'égard des activités parascolaires, lorsqu'elles existent.La question du transport scolaire à heures fixes n'est pas là pour aider les choses, bien sûr.L'environnement familial, non plus, ne possède pas toujours les ressources intellectuelles nécessaires pour servir de stimulant.Et puis, il y a l'atrophie du sens créateur entraîné par les lacunes de l'élémentaire.Une chose est certaine: ceux qui se rendent jusqu'aux expos-sciences sont une minorité de privilégiés qui, règle générale, ont reçu l'appui de leurs professeurs, de l'administration et de leurs parents.Allez voir ces réalisations individuelles ou collectives dans nos expos-sciences: au plan local, dans les écoles; au niveau régional, à l'Expo-sciences de Montréal qui tient ses assises les 9-10-11 avril, et aux autres expos-sciences de même type au Québec; enfin, à l'échelon canadien, à McMaster University en mai prochain.Vous noterez que les travaux des exposants sont jugés d'après des critères d'originalité, de rigueur scientifique et de perfection, toutes choses qui n'exigent pas du candidat qu'il possède de grands moyens.Vous trouverez là une assez bonne image de ce que pourrait donner l'école "libre", qui partirait des intérêts concrets des jeunes pour les initier à la théorie, non plus "obligatoire" mais volontairement recherchée.De toute façon, l'école de demain sera vivante ou elle ne sera plus.¦ québec science / avril 1970 / 2 4i| 170 i par Raymond McNeil LES GRANDS VOYAGES DES OISEAUX québec science / avril 1970 / 3 Nombreux sont les groupes d'animaux migrateurs.C'est ainsi que les poissons, les papillons et les mammifères effectuent de longs déplacements saisonniers.Mais les migrations les plus connues et, sans doute, les plus spectaculaires sont celles des oiseaux.Qu'ils se dirigent vers l'ouest ou vers le sud, qu'ils descendent dans les vallées ou se réfugient sur les ties, leurs itinéraires et les mobiles qui les poussent à se déplacer sont étudiés avec minutie par les ornithologues.La régularité de la disparition des oiseaux à l'automne et de leur retour au printemps a toujours fasciné les hommes.Plusieurs théories plus ou moins fantaisistes ont été proposées pour expliquer l'apparition et la disparition soudaines des oiseaux à certains moments précis de l'année.Aristote (Peterson, 1968) admettait le phénomène de la migration des espèces telles que les grues et les pélicans, mais il précisait que, contrairement à la croyance générale, les oiseaux n'émigraient pas tous et qu'un grand nombre d'entre eux, parmi lesquels les merles, les tourterelles, les alouettes et les cigognes, se cachaient pendant l'hiver.Une forme d'adaptation: l'hibernation O Pendant près de 2 000 ans jusqu'à la fin du XVIe siècle et, surtout, au Moyen Âge, plusieurs auteurs ont repris à leur compte les idées d'Aristote et ont prétendu que les oiseaux tels que les hirondelles hibernaient dans la boue.Puis on a admis les migrations des grands oiseaux; cependant, certains naturalistes pensaient que, pour traverser les océans, les petits oiseaux se logeaient sur le dos des plus gros (grues, cigognes, oies), dont le vol était plus puissant.En 1703, une docte personne écrivit que les oiseaux atteignaient la lune en 60 jours et que, faute d'y trouver de quoi se nourrir, ils tombaient en hibernation.Linné, le père de la nomenclature moderne, croyait, lui aussi, à l'hibernation des hirondelles.L'hibernation est une forme d'adaptation qui permet à certains animaux de faire face aux rigueurs de l'hiver.L'hibernation chez les oiseaux n'était plus qu'un mythe rejeté depuis environ un siècle lorsque en 1949, E.C.Jaeger découvrit par hasard l'hibernation chez un engoulevent de Californie (Phalaenoptilus nuttali).Il semble (Dorst, 1956) qu'au moins une partie de la population californienne de cet engoulevent hiberne régulièrement en réagissant au manque d'aliments et au climat défavorable.D'ailleurs, les Indiens de cette région appellent cet oiseau Holchko ou “le dormeur".Sédentaires et migrateurs O Prise dans son ensemble et compte tenu de l'écologie des espèces composantes, l'avifaune du Québec peut être répartie comme suit: A.Les sédentaires, qui passent toute l'année chez nous.Ces espèces sont plutôt rares au Québec, les principales étant les mésanges, les géli-nottes et les tétras, les sittelles, les geais gris, et les pics mineurs et chevelus.B.Les migrateurs qu\ comprennent: a.des visiteurs d'été qui forment la partie la plus importante de nos oiseaux nicheurs: hirondelles, fauvettes, grives, moucherolles, etc.b.des visiteurs d'hiver qui nichent dans les régions arctiques et viennent hiberner dans nos régions: Plectrophanes des neiges.c.des oiseaux de passage qui nichent plus au nord et hibernent plus au sud de nos régions: les oies, certains canards, la plupart des bécasseaux et des pluviers, etc.d.des migrateurs partiels, c'est-à-dire qu'une partie de la population est migratrice alors que l’autre est sédentaire.La corneille fait partie de cette catégorie.Au sens le plus large, le mot migration, qui dérive du latin migrate, désigne tout genre de déplacement ou de voyage, qu'il soit saisonnier ou dicté par une raison quelconque (Peterson, 1968).Etant donné ce sens très large généralement accordé au mot migration, on doit distinguer plusieurs types de migrateurs (voir Wing, 1956). québec science / avril 1970 / 4 Dessin fourni par l'auteur V il \ I / y Migrations boréales, australes et intratropicales O Lorsqu'il s'agit d'oiseaux, la migration la plus spectaculaire et la plus courante est évidemment la migration latitudinale.Cette migration implique un double voyage en direction nord-sud ou vice-versa, soit l'aller et le retour effectués à des périodes assez précises de l'année, entre une région de reproduction située dans le nord et une région d'hivernage située plus au sud ou vice-versa.La plupart des oiseaux du Québec se placent dans cette catégorie puisqu'ils vont passer l'hiver boréal dans le sud des Etats-Unis, l'Amérique Centrale, les Antilles, et en Amérique du Sud jusqu'en Patagonie et en Terre de Feu.Les migrateurs boréaux les plus célèbres sont sans doute la Sterne arctique, le Pluvier doré de l'Atlantique et le Goglu.Il existe aussi des migrateurs latitudi-naux dans les régions australes, quoiqu'ils y soient moins nombreux.Ce sont des oiseaux qui nichent dans la partie sud du continent sud-américain et qui, pendant l'hiver austral (juin et juillet), émigrent au nord de l'Amérique du Sud.Parmi les migrateurs austraux, on compte aussi les Pétrels océaniques qui quittent leurs terrains de reproduction des abords de ('Antarctique en juin, juillet et août pour aller jusqu'aux bancs de Terre-Neuve.Le Viréo aux yeux rouges est peut-être la seule espèce américaine qui comporte à la fois des migrateurs boréaux (le Vireo olivaceus olivaceus niche au Canada et émigre au nord de l'Amérique du Sud), des migrateurs austraux (V.o.chivi: niche en Argentine et émigre pendant l'hiver austral au nord de l'Amérique du Sud) et une population sédentaire au nord de l'Amérique du Sud (V.o.vividior).Il faut en outre mentionner que des migrations latitudinales ont aussi été signalées dans les régions intratropicales de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, alors que des oiseaux changent d'habitat selon le rythme des saisons sèches et humides, surtout pour faire face à des fluctuations dans l'abondance des ressources alimentaires.Distribution et route de migration de la Sterm arctique /'Sterna paradisaeaL Cette espèce travers! l'Océan Atlantique à deux reprises en se rendant, ses quartiers d'hivernage situés dans /'Antarctique ' Les limites extrêmes de ses quartiers dt reproduction et d’hivernage sont séparées par uni distance de 11,000 milles.La Sterne arctiqui parcourt dans sa migration annuelle une distanci minimum de 25 000 milles.(«Ü, irujontî0 Migrations longitudinales, altitudinales et de mue O Même dans les latitudes nordiques, les migrations ne se font pas toutes en direction nord-sud.En effet, au Canada, le Gros-bec errant (Hesperiphona vespertina) est l'une des rares espèces nordiques à effectuer une migration longitudinale) en direction est-ouest (VanTyne et Berger, 1959).Ce type de migration se rencontre plus fréquemment dans les régions tropicales.D'autre part, certains Tétraonidés et Phasianidés de l'Amérique du Nord font une migration altitudinale.La plupart des migrateurs altitudinaux descendent, l'hiver venu, du sommet des montagnes vers le fond des vallées.Le Colin des montagnes (Oreortyspictus) est de ceux-là.Toutefois, à cause d'impératifs alimentaires, le Tétras sombre (Dendrapagus obscurus) fait sa migration en sens opposé.Certains canards, avant d'entreprendre leur migration latitudinale, font une migration de mue, en ce sens qu'une fois la nidification terminée, ils se réfugient sur des fies pour muer.De cette façon, ils sont mieux protégés contre leurs prédateurs, car pendant leur mue ils perdent la capacité de voler.Sporadisme et nomadisme O Le nomadisme qui, au sens large, peut être considéré comme un type de migration (Wing, 1956) caractérise certaines espèces (par exemple, le Bec-croisé rouge, Loxia curvirostra) toujours en mouvement, à la recherche de nourriture sur une aire très importante, sans trajectoire définie et choisissant le lieu et l'époque les plus favorables pour se reproduire.Pour sa part, la migration sporadique (Wing, 1956) se caractérise par une invasion subite d'une région par une espèce et selon une périodicité bien déterminée.Tous les quatre ans par exemple, l'Harfang des neiges (Nyctea scandiaca), qui niche dans le cercle polaire, envahit le Québec durant l'hiver, seulement lors d'une diminution de sa nourriture sur le terrain de nidification.Ce cycle de migration est prédéterminé par un cycle d'abondance des lemmings qui constituent l'aliment de base des harfangs dans le Nord.On peut séparer les migrateurs en voyageurs diurnes et en voyageurs nocturnes.Voyagent généralement de jour les oiseaux à vol direct et puissant et ceux qui s'alimentent durant le vol: passereaux granivores, rapaces diurnes, corneilles, hirondelles et martinets, etc.Par contre, les espèces à vol plus faible, qui vivent dans les bosquets ou les buissons, qui s'alimentent sur le sol ou dans la végétation, voyagent la nuit.Un grand nombre de passereaux insectivores sont des migrateurs nocturnes.Toutefois, certaines espèces telles que les oies, les canards et la plupart des oiseaux de rivage voyagent indifféremment le jour ou la nuit.Mais, qu'ils soient voyageurs nocturnes ou diurnes, les oiseaux ne volent jamais douze heures d'affilée, à moins qu'ils n'effectuent un long vol sans escale au-dessus de la mer.ou « Biapte» tàcesquiei idralîITi® line la*» leoraosiiii is les canard Biainede L'altitude brandit* japliiedes ! situe entre moyenne la distance istridutios It quelques lilomètres, Muellement «iqiation.«die dans lion, effectue •^-américain.fcjrandmij Oestres, puis cmètres, La plupart Atours f® | prtuti *tsde, ^nmi Î-S - "Won et Surii '"Pt.rlique 't du "aordinai,, men fôpari têtu itiûû I Vitesse, altitude du vol et distance O =.I La majorité des espèces voyagent en volant.I Toutefois, certaines espèces qui ne peuvent 1 voler, tels les manchots de l'Antarctique, voyagent en nageant.D'autre part, certaines espèces qui effectuent une migration altitudinale (Tétras sombre) et les autruches, qui ne volent pas, voyagent en marchant.La vitesse de vol en cours de migration varie selon les espèces et les conditions météorologiques.La vitesse des petits oiseaux n'excède guère 45 km/h; celle des I rapaces oscille entre 45 et 60 km/h.Les I oiseaux de rivage atteignent 75 km/h alors I que les canards se déplacent à une vitesse tm [moyenne de 75 à 90 km/h (Peterson, 1968).L'altitude du vol varie selon les espèces retrès I les conditions météorologiques et la topo-et 9 graphie des régions survolées.L'altitude lus |se situe entre 100 et 6 000 mètres (au-dessus des Andes et de l'Himalaya), mais la moyenne est de l'ordre de 900 mètres.„ La distance à parcourir varie selon la :|| distribution géographique des espèces et .I selon le type de migration.Elle peut varier s de quelques dizaines de mètres (migration II altitudinale) jusqu'à plusieurs milliers de kilomètres.La Sterne arctique parcourt annuellement près de 30 000 kilomètres en migration.Le Pluvier doré de l'Atlantique niche dans l'Arctique, hiberne dans les pampas de l'Argentine et, en cours de migration, effectue un vol sans escale de 3 800 kilomètres au-dessus de la mer de la Nouvelle-Écosse jusqu'au nord-est du continent Isud-américain.Le Goglu est probablement le 0 plus grand migrateur parmi les oiseaux [terrestres, puisqu'il parcourt 11 000 8 kilomètres.La plupart des migrateurs suivent un 1 parcours fixe d'année en année, c'est-à-Idire qu'ils utilisent des corridors aériens.I Les points de départ et d'arrivée sont fixes: un migrateur niche chaque année à un endroit précis et hiberne ensuite à un endroit précis dans le Sud.Un grand nombre de stations de marquage d'oiseaux migrateurs à travers le monde confirment de plus en plus cette idée.La précision quasi infaillible avec laquelle se déroule la migration et les grandes distances à parcourir présupposent chez l'oiseau l'existence d'une grande capacité énergétique et d'une faculté d'orientation extraordinaire.québec science / avril 1970 / 5 Distribution géographique et routes de migration du Pluvier doré de l'Atlantique ('Pluvialis dominicaj et du Goglu /Dolichonyx oryzivorusL A noter que le Goglu et le Pluvier doré, de même que la plupart des oiseaux de rivage de l'Est de l'Amérique du Nord, suivent un parcours automnal différent de celui qu'ils empruntent au printemps.Dessin fourni par l'auteur Pluvier doré de l’Atlantique La sélection naturelle O La majorité des ornithologistes admettent que les migrations des oiseaux résultent de l'évolution et de la sélection naturelle.Selon Lack (1954), le sédentarisme existe chez les espèces où le comportement de migrateur| causerait plus de perte pour l'espèce que l'habitude de résider toujours au même endroit.Même si les migrations ont débuté avant les glaciations du Pléistocène, celles-ci n'en sont pas moins responsables de la géographie actuelle des migrations en en Amérique du Nord.Selon Jean Dorst (1956), "les migrateurs boréaux proviendraient.de stocks initiaux distincts qui auraient émigré parallèlement à la fin du dernier glaciaire: l'un serait constitué par des oiseaux septentrionaux venus se réfugier vers les basses latitudes pendant les périodes glaciaires; l'autre comporterait des oiseaux d'origine tropicale qui auraient profité du réchauffement pour peupler des territoires de plus en plus nordiques." Différents auteurs ont soutenu l'une ou l'autre de ces théories, mais elles sont en réalité parfaitement compatibles et s'appliquent à des phénomènes qui se sont déroulés simultanément.» L'au teur est pro fesseur au départemen t des sciences biologiques de l’Université de Montréal.Goglu Route probable de plusieurs oiseaux de rivage de l’Est de l’Amérique du Nord 1- Parcours automnal 2- Parcours printanier BIBLIOGRAPHIE Dorst, J., 1956.Les migrations des oiseaux.Petite Bibliothèque Payot, Paris.Jaeger, E.C., 1949.Further observations on the hibernation of the Poor-will.Condor, 51, 105-109.Lack, D., 1954.The regulation of animal numbers.Clarendon Press, London.Peterson, R.T., 1968.Les oiseaux.Collection Life, Life le Monde Vivant.VanTyne, J.et Berger, A.J., 1959, Fundamentals of ornithology.John Wiley & Sons, Inc., London.Wing, L.W., 1956.Natural History of Birds.Ronald Press Co., New York. CARTE D'IDENTITE DE MARS sY Distance du soleil: Diamètre: Volume (Terre: 1,0) Masse (Terre: 1,0) Densité (eau: 1,0) Jour: 24h 37m 23s Vitesse orbitale: Gravité à la surface: Satellites: Âge: 141,5 millions de milli 4 200 milles 0,15 0,11 3,96, (Terre: 5,5) Année: 687,0 jours 15 mi/sec 0,37, (Terre: 1,0) Phobos, Deimos 4 à 5 milliards d'année La sonde interplanétaire Mariner utilisée par I, NASA dans l'exploration de Vénus et de Mars.Le satellites Mariner 6 et 7, construits selon a modèle, pesaient 910 livres dont 141 pour le instruments scientifiques.L'émetteur de 20 watts, permis de transmettre les images à la Terre distant de plus de 60 millions de milles.; Le "tour du chapeau" est réussi: en trois prodigieuses embardées interplanétaires.Mariner 4 (1965), Mariner 6 et Mariner 7 (1969) ont élucidé une foule d'énigmes concernant l'atmosphère, la surface ainsi que de nombreuses propriétés physiques de la planète Mars.En approchant la planète rouge, ces robots soulevaient néanmoins davantage de questions qu'ils ne dévoilaient de mystères.Après des périples de quelques centaines taines de millions de milles, les deux sondes interplanétaires de 910 livres.Mariner 6 et 7, frôlaient Mars à une distance de près de 2 000 milles.Leurs doubles caméras respectives permirent de révéler des détails de moins de 1 000 pieds et de prendre des vues d'ensemble montrant que Mariner 4 n'avait pas tout dit.Le 31 juillet 1969, l'espion spatial Mariner 6 contournait l'équateur de Mars, et transmettait ses précieuses informations aux Terriens, à 59,5 millions de milles vers l'intérieur du système solaire.Cinq jours plus tard, à 61,8 millions de milles de notre planète.Mariner 7, survolant le pôle sud de Mars, couronnait le vol jumelé en révélant le paysage bizarre de ('Antarctique martien.tedîtie rrsrri h 5 %r.Itiitv.T, C n ; 3 ippii : :L I Demsi s:.-: SI irJid O/Lïï!: LlKiJIcC; to*s«! sur Mar; Mu dé» Mt: VQ ;:r t notre jioi;: iüsatetiiii mt moulé Ij Sre|8 •ikies, Wsdüiri i:5,5| moi Jidiui •' % [ *i m fe?Olï3U weïijj québec science / avril 1970 / 7 iïlflPS: un DosaER en progrès par Jean-René Roy ste WH Ijlîlc itiina 100 pecti- S ndre ihlï : d e I Chutes de météorites O Les deux engins ont transmis 200 clichés (Mariner 6: 74 et Mariner 7: 126) alors que Mariner 4 n'en avait pris que 21.Cette mission nous a permis d'apprendre que Mars ne ressemblait ni à la Lune ni à la Terre mais qu'elle avait sa propre personnalité.De même que le caractère et le passé d'un homme expliquent les moindres rides de son visage, de même les milliards d'années de rotation autour du soleil ont laissé des traces sur les surfaces planétaires.En effet, les chutes de gigantesques météorites ont provoqué de grands ravages aussi bien sur Mars que sur la Lune.Quant à la Terre, les mêmes tragédies s'y sont déroulées, avec des conséquences peut-être plus désastreuses, étant donné la fragilité volcanique et la plasticité de notre globe; toutefois, les nombreux cratères y ont été rapidement comblés par l'érosion et l'activité tectonique.Les satellites météorologiques nous ont montré la richesse de la garde-robe qui habille notre globe, signe de 'intense activité qui se déroule sous le manteau atmosphérique.Quelques milliers d'années suffisent à faire disparaître les traces les plus visibles.Des cratères érodés O On retrouve, sur Mars, trois sortes de terrains.Tout d'abord, de vastes régions atteignant 2 500 milles de longueur sont criblées de cratères dont la densité rivalise avec celle des hauts plateaux lunaires.Même si certains copient les formations identiques de notre satellite naturel, les cratères martiens apparaissent clairement érodés et bien moins définis, contrastant avec la fraîcheur et la ligne marquée de ceux de la Lune.Sur Mars, ils présentent un degré de conservation très pauvre.Une atmosphère ténue, provoquant des blizzards peu fréquents mais suffisants sur une longue période, arrondit les saillies de cratère tout en polissant les rugosités dans la topographie.Outre les processus atmosphériques et les variations brusques de température, le caractère friable du sol pourrait avoir joué un rôle.Les cratères de Mars atteignent jusqu'à 160 milles de diamètre, rivalisant avec ceux de la Lune et avec les vestiges de cratères fossiles qui, croit-on, recouvrent notre planète.L'absence de cratères secondaires et de rayons radiaux produits par les retombées de débris et de poussières lors de l'impact primaire, permettent de penser que les forces d'érosion y sont beaucoup plus actives que sur la Lune, mais moins efficaces que sur la Terre.Plaine désertique et terrains chaotiques O La seconde forme de terrain, c'est la plaine désertique.À certains endroits, les régions de cratères dévalent graduellement, par plus de cent milles d'escarpements, sur une gigantesque plaine nue, sans relief, qui ne compte pratiquement aucun cratère.Même les clichés de haute résolution, pouvant montrer les objets éloignés de plus de 1 000 pieds, demeurent absolument nus.Néanmoins, le fait de ne rien apercevoir n'a pas découragé les chercheurs; cette immense plaine monotone constitue seulement un mystère de plus dans le casse-tête martien.Ces étendues que l'on ne retrouve pas sur la Lune, prouvent qu'il existe sur Mars un processus rapide de nivellement des accidents du relief.D'autre part, la morphologie extrêmement chaotique qui apparaît sur les clichés a doté Mars d'un type de terrain exclusif.Une photographie couvrant une superficie de 700 milles sur 1 000 révèle que la moitié de cette région est entièrement bouleversée; le sol est labouré en tous sens.C'est une série d'escarpements et de petites vallées très régulières.Le relief n'est que faiblement marqué par les cratères et son altitude est assez élevée.Cette topographie a l'apparence d'un énorme glissement de terrain, mais les dimensions de ces régions incitent à rejeter cette explication.Sur la Terre, ce type de terrain existe, mais jamais sur une telle échelle.>: T: ¦ : «^.VvS / : à:' ¦ ' Jet Propulsion Laborator québec science / avril 1970 / 8 «K#1 M V'- i; ¦ ' ^ ' *¥ /'r - ¦ ' - ¦ ¦¦¦' ' ' '.' ^ : v r/, / ¦ - m w ¦¦ r " \ .‘ Ce cliché de Mariner 6 couvre une superficie de 50 milles sur 40, située en bordure d'un cratère géant de 160 milles de diamètre.Par rapport à la Lune, les cratères plus plats présentent moins de pics centraux, des fonds et des saillies plus arrondis.L'Antarctique martien O Les images de la calotte polaire transmises par Mariner 7 nous ont montré le paysage saisissant de cratères bien délimités, aux parois blanchies par la neige.Même si les conditions physiques favorisent nettement la présence de bioxyde de carbone (CO2), la composition de la calotte n'est pas encore déterminée.Nous sommes donc en présence de neige carbonique et les éventuels glaciers sont constitués de C02, communément appelé g/ace sèche .Cependant, il n'est pas impossible que la surface soit recouverte d'un mélange de glace ordinaire et de C02 cristallisé, probablement obscurci par des nuages ténus de particules de glace sèche en suspension.On a récemfnent établi que la quantité d'eau que contient l'atmosphère martienne équivaut à un film d'eau épais de 2/1 000 de pouce dans l'hémisphère sud et de 1/1 000 de pouce au nord; ceci correspond à l'évaporation d'environ 1 mille cube d'eau; déposé en neige, un frimas de quelques millimètres couvrirait les pôles.Robert Leighton, responsable de l'expérience de télévision des Mariners , a affirmé que la blancheur du pôle sud pouvait s'expliquer par la présence d'une très mince couche de n'importe quel matériau finement répandu.Néanmoins, si certains traits du relief polaire sont vraiment dus à des rafales ou des bourrasques quelconques, cela impliquerait une épaisseur de plusieurs pieds.Cette vue remarquable du Pôle sud de la planète a été prise par Mariner 7.La surface photographiée représente une longueur de 1 200 milles.On distingue plusieurs structures linéaires et des semblants de dunes.Certaines de ces formations pourraient être constituées de neige ou de bioxyde de carbone cristallisé.Forte teneur en bioxyde de carbone O La pression atmosphérique (6 millibars) est environ 100 fois plus faible que la nôtre, et la température est suffisamment basse (160°K - 193°F) pour que le C02 se cristallise.Lorsque la température s'élève durant l'été martien, le C02 solide passe directement à l'état gazeux; la pression étant trop faible, il n'y a pas de phase liquide.Ce phénomène de sublimation permettrait la présence de quantités considérables de C02 solide sans qu'il y ait de liquide.Nos deux planètes voisines, Vénus et Mars, se caractérisent par leur très forte teneur atmosphérique en bioxyde de carbone.L'atmosphère terrestre ne contient que 0,03 pour cent de C02,l'azote constituant 78 pour cent et l'oxygène 21 pour cent.Tant sur Mars que sur Vénus, l'oxygène est très rare; sur Vénus, la teneur en azote ne dépasse pas 20 pour cent.La récente mission Mariner a enregistré l'absence totale d'azote sur Mars.L'atmosphère martienne serait composée de 80 à 100 pour cent de bioxyde de carbone, le reste étant de l'argon.Un radiomètre à infra-rouge placé à bord des Mariners devait mesurer la chaleur émise par la planète.La température à la surface durant le jour varie de 220°K à 296°K, soit de -63°F à -62°F; sur la face nocturne, les lectures enregistrées oscillent entre 170°K et 220°K (-1530F à -630F).Un désert glacial O L'expérience d'occultation, par laquelle on fait passer le satellite derrière la planète, a permis d'obtenir d'importants profils de température et de pression atmosphérique, à quatre points de la planète.La pression mesurée, 65 millibars, est équivalente à celle que nous trouvons ici à une altitude de plus de 115 000 pieds.Mars possède une ionosphère à une altitude moyenne de 85 milles; cette couche atmosphérique ionisée possède une densité sept fois plus faible que la nôtre, soit 150 000 électrons cm-3, mais suffisante pour la transmission des ondes radio appropriées.Le spectromètre à ultraviolet permis de détecter le bioxyde de carbone ionisé, le monoxyde de carbone ainsi que l'oxygène et l'hydrogène atomiques; l'existence de ces structures chimiques est due à la transparence de l'atmosphère de Mars aux rayons ultra-violets.La photodissociation des molécules se déroule à une allure alarmante pour toute structure moléculaire complexe; sous l'absorption des photons ultraviolets, les molécules faiblement liées se brisent.Sur Mars, les "coups de soleil" peuvent être meurtriers.La rareté de l'eau sous forme liquide constitue un obstacle majeur au développement de la vie sur la planète Mars.Aucune espèce terrestre ne pourrait subsister dans un tel milieu.Mars est un désert glacial et tout organisme, non seulement aurait à se protéger du bombardement ultra-violet, mais devrait encore pouvoir utiliser l'eau sous forme de vapeur ou de glace.Toutefois, la variété semble être de mise sur la planète et d'autres surprises nous attendent.e.UF joleurs^ ,1313,® jjfofbitî®1 jiittacW juceurs»1 Il est ^ «iiété.et1 vilslsfûsn! étant sud | Mile de le La Terni ntite or |wi(on1,2t ::iis S a itce PF, soit | dessus du I,- :::r s.àcomp québec science / avril 1970 / 9 i 1 Les martiens ne sont pas morts O Quoi qu'il en soit, la présence de végétation grandiose aux variations saisonnières et régulières semble exclue.Le phénomène de variation des couleurs demeure toujours une énigme.Néanmoins, les Martiens ne sont pas morts: les petits hommes verts n'ont jamais existé.Les tâches ne manquent pas pour le Mariner qu\, en 1971, gravitera autour de Mars pendant 90 jours; l'opération Viking qui suivra en 1973, visera à mettre un véhicule sur orbite autour de Mars; de celui-ci se détachera une capsule qui se posera en douceur sur la planète.Il est évident que la présence de la vie a été, et continue d'être, un facteur de contrôle majeur de la composition chimique de l'atmosphère terrestre.Parallèlement, l'apparente absence de vie, tant sur Mars que sur Vénus, peut en grande partie expliquer la nature hostile de leurs atmosphères.La Terre est aussi unique pour la quantité d'eau qui recouvre sa surface, environ 1,2 milliard de milliards de tonnes.Si la température était aussi élevée que celle de Vénus (environ 900°F, soit près de 200 degrés au-dessus du point de fusion du plomb), les océans s'évaporeraient, créant une atmosphère si dense que la pression atteindrait 300 fois la pression actuelle.Sans océans, l'atmosphère terrestre contiendrait très peu d'azote, tout comme Mars; notre atmosphère serait plutôt composée d'un très fort pourcentage de bioxyde de carbone avec des traces d'azote.Vers l'asphyxie planétaire O L'étude comparative des atmosphères de Vénus, de Mars et de la Terre qui, à un facteur de 2 près, sont à des distances semblables du Soleil, soulève plusieurs énigmes passionnantes.Les trois planètes sont nées de la même source de matière originelle.Les atmosphères se sont formées définitivement, après que les gaz légers tels l'hydrogène et l'hélium se soient échappés dans l'espace; la proximité du Soleil a causé en quelque sorte l'ébullition de ces molécules légères.On estime que les atmosphères actuelles des trois planètes soeurs sont de caractère secondaire, c'est-à-dire que les gaz qui les composent se sont échappés de l'intérieur du globe solide de la planète, principalement par activité volcanique.L'évolution de plusieurs milliards d'années et l'apparition de la vie sur la Terre il y a près de 3 milliards d'années ont mené aux différences fondamentales que nous observons aujourd'hui.Les investigations accomplies par les sondes spatiales interplanétaires ont activé le débat concernant les causes de ces différences.Il a été suggéré que si toute vie terrestre était détruite, notre atmosphère se modifierait graduellement pour ressembler à celle de Mars ou de Vénus: un choix entre la peste et le choléra! Un équilibre fragile O Une telle éventualité n'est pas aussi irréelle qu'on semblerait le croire.L'équilibre de l'atmosphère est extrêmement fragile et susceptible de sautes d'humeur, comme en témoignent les fréquentes époques glaciaires.Nous ignorons encore les effets, à l'échelle du globe, des légères altérations survenant dans la composition, la teneur des constituants et la température de l'atmosphère.La façon dont nous utilisons l'atmosphère comme dépotoir soulève les craintes les plus sérieuses.En cent ans, la teneur atmosphérique en C02 s'est accrue de 15 pour cent, à cause de l'utilisation inconsidérée des combustibles fossiles.Cette même combustion, qui s'accroît chaque année à un rythme effréné, utilise maintenant 15 pour cent de la production biologique d'oxygène.Le smog, l'avion à réaction (qui brûle 35 tonnes d'oxygène à chaque traversée de l'Atlantique), le déboisement, la pollution des eaux menacent d'affecter la composition et la température de la mince couche gazeuse qui recouvre notre globe; les conséquences pourraient s'avérer, à brève échéance, catastrophiques.Espérons que les études de Vénus et de Mars éclaireront les mécanismes fondamentaux des atmosphères planétaires, et que nous pourrons, avant qu'il ne soit trop tard, mettre un terme à cette "roulette russe".Entre-temps, il nous appartient d’agir énergiquement afin d'éliminer cette exploitation irrationnelle de la nature.Si nous perdons l'atmosphère.Quelle que soit notre curiosité, personne ne souhaite vérifier si une Terre sans vie ressemblerait à Vénus plutôt qu'à Mars." L'auteur est étudiant à la maîtrise.Département d'astronomie.Université de Western Ontario.m tt ' « V r | Jet Propulsion Laboratory BIBLIOGRAPHIE Eshleman, Von R., The Atmospheres of Mars and Venus, Scientific American, mars 1969, pp.79-88.Michaux, C.M., Handbook of the Physical Properties of the Planet Mars, NASA Sp-3030, 1967,167 pp.Roy, J.R., -4 la conquête de la planète Mars, Le Jeune Scientifique, février 1967, pp.115-119.Roy, J.R., La Lune, un nouveau continent, Le J.S., mars 1968, pp.124-129.Sagan, Cari, Les Planètes, Life, 1967, 200 pp.Tofini, P., La planète Terre, 2 vol., Ed.Gérard Verviers, 1966, (ou Marabout Université).U/KSA-JPL.Mariner-Mars 1964 (rapport final), NASA Sp-139, 1967, 346 pp./' Mars Pictures from Mariner 6 and 7, Sky and Telescope, Octobre 1969, pp.212-221.First findings from the Mariner Flybys, Ce cliché de Mars, pris par Mariner 7, d’une Sky and Telescope, Octobre 1969, pp.232-234.distance de 535 650 milles, montre la bordure irrégulière de la calotte polaire sud. québec science / avril 1970 / 10 la médecine nucléaire par Guy Gavrel L'énergie atomique joue un rôle de plus en plus important dans le domaine de la santé: protection des personnes exposées aux radiations ionisantes, lutte contre le cancer, radiodiagnostics, irradiation du sang chez les transplantés cardiaques et stimulation des coeurs artificiels.L'article qui suit fournit d'importantes précisions sur les multiples aspects de la médecine nucléaire.Dans tous les établissements atomiques — centres de recherche et centrales nucléaires — des médecins et des hygiénistes nucléaires veillent sur la santé des employés.La radioprotection met ceux-ci à l'abri des radiations.C'est ainsi que les locaux, les vêtements et tous les objets des établissements atomiques sont régulièrement inspectés au moyen de détecteurs de rayonnement.Douches spéciales O Par ailleurs, les employés et les visiteurs doivent porter sur eux un dosimètre individuel qui enregistre constamment la dose de radiation qu'ils reçoivent.Des urinaly-seurs servent à détecter les particules radioactives absorbées par l'organisme.Les traitements dépendent du degré de contamination.Des douches spéciales pour les yeux, les mains et les autres parties du corps sont employées pour la décontamination de la peau.Les doses maximales admissibles (DMA) sont fixées par la Commission internationale de la protection radiologique.Les établissements nucléaires sont divisés en zones à l'intérieur desquelles les règles de radioprotection sont différentes et correspondent au risque encouru.On distingue généralement quatre zones: • la zone 1, dite “zone inactive" où aucune radioprotection n'est nécessaire • la zone 2, (zone verte), où les règles de radioprotection régissent les conditions de travail • la zone 3, (zone orangée), où les séjours sont réglementés • la zone 4, (zone rouge), dont l'accès est interdit.Tout est donc prévu pour la protection contre les radiations ionisantes et les hygiénistes nucléaires seront de plus en plus recherchés par les centrales atomiques.Cobalt 60 et césium 137 O Depuis une vingtaine d'années, on a recours à des sources gamma pour traiter les tumeurs cancéreuses.Le Canada a fait oeuvre de pionnier dans ce domaine en réalisant le premier appareil commercial de téléthérapie muni d'une source de cobalt 60.La demi-vie (ou période radioactive) du cobalt 60 est de 5,26 ans.Le faisceau gamma émis par la source de cobalt 60 est dirigé vers la tumeur.Les particules radioactives qu'il contient enrayent le développement des cellules anormales.Il faut, cependant, que les cellules saines soient irradiées le moins possible.C'est pourquoi on a recours à la cyclothérapie dans laquelle le rayonnement reste constamment dirigé sur la partie à soigner tandis que la source tourne autour du malade.On utilise, en Suisse, des sources de césium 137 pour administrer des traitements semblables.La demi-vie du césium 137 est de 29,4 ans et l'Agence internationale de l'énergie atomique l'a officiellement classé parmi les radioéléments émettant des radiations dites de "haute énergie".D'un maniement aisé, le césium n'affecte ni la peau ni les os et l'organisme le supporte bien.Sa dosimétrie est facile, du fait que son absorption est pratiquement égale dans tous les tissus.La césiumthérapie est, en somme, bien supérieure à la radiothérapie classique, mais le rendement du césium est moins bon, en profondeur, que celui du cobalt.C'est pourquoi ce dernier est préférable lorsqu'il s'agit de traiter les tumeurs profondes chez les malades corpulents.Plus de 700 appareils au cobalt fabriqués au Canada sont actuellement en service dans le monde.Ces machines permettent de donner, chaque année, une dizaine de traitements individuels à près d'un million de cancéreux.Il faut noter que la téléthérapie s'automatise rapidement.C'est ainsi que l'intensité de la dose et la durée du traitement, de même que la facture du malade, sont maintenant calculées par ordinateur.àtfüjn ir iers( : T3p 'iB «mr.: paie: lîmiiemj Isifsitfîn On : jpoj (: 0 ^liOUItîi ~ï, tyommeni ^întsti T-;;;;-.^ï-rcss ‘',i'Hn:G| québec science / avril 1970 / Il Le Theratron 80 est un appareil de télégraphie muni d'une source de cobalt 60.u-'-i .-•.•-•••* - ' -X - - Stimulateurs cardiaques atomiques O Des milliers de stimulateurs cardiaques alimentés par des piles chimiques sont posés chaque année dans le monde.Malheu-i reusement, les malades qui en sont pourvus doivent être opérés tous les 18 mois environ afin que leur stimulateur soit remplacé.On dispose maintenant de stimulateurs cardiaques "atomiques" capables de fonctionner pendant plus de 10 ans.Leur source d'énergie peut être du plutonium 238 métallique dont la demi-vie est de 87,4 ans.Pour limiter le rayonnement de cette source, il faut employer du plutonium très pur.L'extraction à partir du neptunium et la purification du plutonium 238 sont effectuées avec de la trilaurylamine, solvant organique très sélectif.L'énergie calorifique du radioélément est alors transformée en énergie électrique grâce à un convertisseur thermoélectrique au tellurure de bismuth.Des sources scellées de plutonium 238 ayant une capacité de 75 milliwatts thermiques ont été récemment fabriquées en France par le CEA (Commissariat à l'énergie atomique).Molécules marquées O Après l'application des rayons X au diagnostic médical, fondée sur l'inégale absorption de ces rayons par les tissus organiques, le radiodiagnostic fait maintenant appel à des molécules marquées que l'on fait circuler dans l'organisme.L'on commence, par exemple, à se servir d'hormones marquées à l'iode radioactif pour le dosage radioimmunologique.Quand on sait que les hormones sont présentes à l'état de traces dans le plasma sanguin ou l'urine, seuls les dosages effectués à l'aide de traceurs donnent une solution acceptable pour l'établissement des diagnostics de fonctionnement.Pour l'investigation morphologique ou fonctionnelle de divers organes, le médecin nucléaire emploie des radioéléments lui permettant d'obtenir des images statiques ou dynamiques.Lorsque l'organe faisant l'objet de l'examen se trouve à une faible profondeur sous la peau, des émetteurs X peuvent être utilisés.Le cas typique est celui de la thyroide qui peut être explorée avec l'iode 125, émetteur X d'une énergie moyenne de 27 keV.Les rayons X permettent l'usage de collimateurs plus efficaces et plus légers que ceux qu'exigent les rayons gamma."Chambre à étincelles" O Un appareil appelé "chambre à étincelles" transforme en image visible les rayons X émis par la région traitée.D'autres techniques sont également utilisées.La médecine nucléaire en est à ses premiers pas.De nombreuses expériences cliniques seront encore nécessaires pour analyser les bienfaits et les méfaits des radiations ionisantes sur l'organisme humain.La période de tâtonnement sera longue car personne, même parmi les plus grands spécialistes, ne peut se flatter de prévoir toutes les réactions du corps.L'irradiation générale du sang chez les transplantés cardiaques permet d'amenuiser l'action des lymphocytes qui rejettent le coeur greffé, mais en même temps cette irradiation met l'opéré à la merci des virus les plus anodins.Les transplantés meurent plus souvent d'un rhume que d'un rejet.Les accidents de ce genre et les succès obtenus finiront par mettre la médecine nucléaire sur la bonne voie.¦ L'auteur est rédacteur scientifique à L'Énergie atomique du Canada, limitée, EACL, Ottawa. québec science / avril 1970 / 12 L'ÉLEcmicirÉ Québécois À I'avantgaikJe Le Québec, premier producteur mondial d'électricité par habitant, ne disposait, jusqu'à présent, d'aucun laboratoire spécialisé dans la conversion de l'énergie.Le journaliste Jean-Claude Paquet nous dit ici comment l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec, orienté vers la production, le transport et la distribution de l'électricité, entend combler cette lacune.par Jean-Claude Paquet ! (idiiis^ Lsil'ei* fMricW fcHanic5Pfl (duença'w a::: ::: m ••••••••••••••< >••••••••••••••••••• .im: m •••••••••••••••••••••••< «««?•< a:::::::::;::: «ma;:: !••••••••••••• I V'.' i&üiiS; québec science / avril 1970 / 13 : Créé sur le papier en 1967, l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec est devenu une réalité le jour où une cinquantaine d'hommes de science pénétraient pour la première fois dans les locaux de Boucherville, dans la banlieue de Montréal.Pertes d'énergie O Dès 1964, la nécessité de créer un laboratoire de recherche s'intéressant à la conversion de l'énergie était soulignée.Faute d'installations suffisantes en effet, le Québec devait faire largement appel, dans ce domaine, à la technologie étrangère, bien qu'il figure au premier rang mondial pour la production d'électricité par habitant.Dans les années 60, alors que le barrage de Manie 5 prenait forme, les ingénieurs commençaient à se préoccuper de l'achemine ment vers la région de Montréal de l'énergie produite par les différentes centrales du complexe Manicouagan-Outardes.Or, le transport de l'électricité sur une aussi longue distance pose de graves problèmes car les pertes d'énergie en cours de trajet sont considérables.Cependant, plus la tension est élevée, moins les pertes sont grandes, relativement.C'est pourquoi, alors que les lignes à haute tension ne dépassaient guère auparavant les 350 000 volts, les ingénieurs de l'Hydro-Québec songèrent à en construire une de 735 000 volts.Laboratoires étrangers O Comme une ligne de transport à si haute tension n'existait nulle part ailleurs, sa mise au point nécessita de nombreuses recherches.Mais ne possédant pas de laboratoires susceptibles d'effectuer ce genre de travaux, le Québec dut confier la recherche à des laboratoires étrangers, français notamment.Que le plus grand producteur mondial d'électricité par habitant soit obligé de confier ses travaux de recherche à 'étranger peut sembler paradoxal.Plus étonnant encore: seule l'Europe avait su créer des laboratoires de recherche adéquats en matière d'électricité, alors que l'Amérique du Nord fournit environ 40 pour cent de la production mondiale.C'est donc pour pallier cette anomalie que l'Hydro-Québec décidait, en 1967, de créer son propre Institut de recherche.Tel qu'il a été conçu, il devrait même constituer le plus important centre de recherche en électricité au monde.L'objectif fondamental de l'Institut est d'améliorer le service de l'électricité et d'en réduire le coût de production.Nous avons jusqu'à présent construit des centrales hydro-électriques selon les vieilles méthodes, nous avons installé des lignes de transport à peine améliorées et nous utilisons encore largement, pour le transport de l'électricité jusqu'à domicile, les traditionnels poteaux avec leurs petits compteurs au sous-sol.Malgré cela, tout n'est pas critiquable puisque nous disposons encore d'un des meilleurs services d'électricité au monde.miHtHtWiWüüüüiiMfttnii ::::::::::::::::::::::::::::::::::::: îfiitnw ; :::: UII.ïTTTT :: :::::: ::::: :::::::::::::::: ::::::::::::::::::::::::::::: ?îînîîî:::nî::: tau:::::::::: :::::::: iiiiiiiiijliiiiiiiiii jjiiiijjjjli* MH! Hvdro-Québec vüilflH^^SaGRi^ québec science / avril 1970 / 14 Nouvelles méthodes de transport O Mais, à l'heure où les villes surgissent comme des champignons, les besoins en électricité doublent tous les huit ou dix ans, et les sources d'approvisionnement de l'énergie sont de plus en plus éloignées.Les programmes de recherche de l'Institut couvrent donc aussi bien le domaine de la production de l'énergie, que ceux du transport et de la distribution de l'électricité.Sur le plan de la production, après le harnachement des chutes Churchill, au Labrador, il ne reste guère de sites utilisables, à proximité.C'est pourquoi l'Institut de recherche en électricité de l'Hydro-Québec (IREQ) a entrepris de très importantes recherches sur les méthodes nouvelles de production d'énergie, notamment par le procédé de la fusion thermonucléaire.En ce qui concerne le transport de l'énergie, l'I REQ sera doté du plus important laboratoire à haute tension au monde.On s'efforcera par exemple de mettre au point des lignes de transport plus puissantes que toutes celles qui ont été utilisées jusqu'à présent.On essaiera, par ailleurs, de découvrir les moyens les plus économiques pour transformer le courant alternatif en courant direct et vice-versa, ce qui pourrait réduire encore considérablement le coût du transport.On envisage même d'y étudier le transport de l'énergie sur des cables refroidis à des températures cryogéniques.Quant à la distribution de l'énergie, on tentera d'inventer des moyens de signaux qui rendraient possible la lecture automatique des compteurs d'électrici- 26 docteurs ès sciences O De nombreux programmes de recherche sur l'utilisation de nouveaux matériaux et sur l'appareillage de distribution (transformateurs, disjoncteurs, fusibles et câbles) sont également prévus.Sans entrer dans le détail de tous ces programmes, qui ne débuteront d'ailleurs que dans quelques mois lorsque l'installation des laboratoires sera terminée, précisons qu'un projet d'une telle envergure nécessite un personnel scientifique considérable.Lorsque le recrutement sera terminé, les laboratoires de l'I REQ réuniront, en effet, quelque 250 personnes, dont près de la moitié seront des scientifiques de différentes disciplines: ingénieurs, chimistes, physiciens, mathématiciens, etc.Sur une cinquantaine de scientifiques déjà recrutés et qui ont commencé à équiper leurs laboratoires, on ne compte pas moins de vingt six docteurs ès sciences.En vue d'amorcer les travaux de recherche avec un groupe de scientifiques extrêmement spécialisés et expérimentés, le personnel a été recruté dans différents laboratoires à travers le monde.Et plusieurs jeunes Canadiens, détenteurs de doctorats ou de maîtrises en science, furent envoyés en stage dans les laboratoires à haute tension en Europe.Une technologie québécoise O Les laboratoires, actuellement en voie d'installation, seront dotés de l'équipement le plus moderne qui soit disponible à l'heure actuelle.Ainsi, un équipement approprié entre les mains d'un personnel scientifique hautement qualifié devrait donner naissance, à plus ou moins brève échéance, à une technologie québécoise de l'électricité dont nous pourrons être fiers.Par surcroit, l'I REQ songe à recruter une partie importante de son personnel scientifique chez les diplômés des universités du Québec et d'autres provinces.À l'heure actuelle, c'est l'Hydro qui, au Québec, compte le plus grand nombre d'ingénieurs à son service.Avec la création de l'I REQ et l'arrivée de physiciens, de chimistes et de mathématiciens, elle ouvre désormais toutes grandes ses portes sur d'autres disciplines.¦ Wæ A Sainte-Anne-de-Varenne, près du poste de Boucherville (banlieue de Montréal), la construction des laboratoires généraux de l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec est en bonne voie.! l'MAV'VA! 4901 québec science / avril 1970 / 15 Nouveaux aspects .dE U socioloqiE par Michel Lapalme Le sociologue, ce nouveau venu au Québec, offrait au public un visage déroutant.Polyvalent, curieux de tout, il passait, aux yeux de certains, pour un dilettante.Aujourd'hui, tandis que sa science se diversifie, il doit se spécialiser.M.Fernand Dumont, professeur à l'Université Laval, s'efforce de définir, en compagnie du journaliste Michel Lapalme, la place de la sociologie dans notre monde technologique.Le sociologue, un théoricien de salon?Depuis que la sociologie est devenue la discipline universitaire préférée des étudiants, d'autres disciplines se sont mises à crier "au voleur".Tandis que les départements de sociologie prospèrent, le génie et l'administration souffrent d'une désaffection.Dans un petit pays dont les besoins en générateurs d'emplois sont permanents et où le développement technologique et scientifique paraît être la seule source de progrès, le fait que des milliers d'étudiants s'engouffrent dans les classes de sociologie ressemble à une évasion.C'est ce qui a fait dire à certains: "Les facultés de sociologie ne font que prendre la relève de nos facultés de théologie; quand la société a besoin de moteurs, on forme des cliniciens de l'âme.Que d'énergie perdue! " M.Fernand Dumont: "Le sociologue est le critique éclairé d'une société partagée entre le rêve et la technique." Dans l'industrie forestière O A l'Université Laval, à Québec, le professeur Fernand Dumont est sans doute devenu l'un des sociologues les plus réputés.Face à la critique, il a cette réponse étonnante: "Où sont passés les étudiants qui ont quitté les facultés de sociologie au cours des dernières années?Dans l'enseignement, bien sûr, mais aussi dans l'administration." Jusqu'à présent, la demande était si forte de la part de l'enseignement que de nombreux étudiants étaient naturellement tentés de s'y orienter dès la fin de leurs trois années de baccalauréat en sociologie.Mais, selon M.Dumont, il y a eu également, ce qui est plus surprenant, une forte demande de l'administration." "Je pense notamment, précise-t-il, à l'industrie forestière.De nouvelles techniques ont accentué la rotation de la main-d'oeuvre dans ce secteur.L'industrie forestière fit un jour appel aux sociologues pour étudier l'ensemble des problèmes de personnel qu'elle rencontrait.Depuis, les sociologues ont essaimé un peu partout dans cette industrie."Il y a d'autres exemples: la publicité mais surtout l'administration gouvernementale, les ministères du Bien-Être, du Travail, de l'Éducation en particulier.Dans tous ces secteurs, les sociologues font à la fois de la recherche et du travail administratif.Cette combinaison des deux éléments a été clairement illustrée par les recherches qui ont mené à la création du Bureau d'aménagement de l'Est du Québec (BAEQ) où l'on eut finalement recours davantage aux sociologues qu'aux économistes." Quebec science / avril 1970 / 16 ¦S-!r31« Î-3 o o n* on- Des "touche-à-tout" O "C'est la raison pour laquelle la sociologie se diversifie.Il ne faut pas oublier qu'elle a vu le jour, ici, à la veille des années 50 et qu'elle n'a pris son essor que dix ans plus tard.Les premiers étudiants, peu nombreux, faisaient tous la maîtrise.Aujourd'hui, un bachelier sur deux seulement la prépare.Certains se dirigent vers l'enseignement mais d'autres, de plus en plus nombreux, après trois ans de sociologie vont chercher une autre formation, en administration par exemple.L'entreprise a intérêt à les utiliser parce qu'ils sont prêts à faire des études techniques sur des questions importantes." Ceci peut paraître assez éloigné de la conception traditionnelle de la sociologie.Nous sommes habitués à rencontrer les sociologues dans les milieux de l'éducation, dans certaines sphères du gouvernement et, parfois, dans les comités de citoyens.On les voit, surtout à la télévision et lors des colloques, se prononcer sur la plupart des sujets.C'est pourquoi on les considère comme des "touche-à-tout" etnon comme des spécialistes."Nous avons hérité, poursuit M.Dumont, d'une vieille image de la sociologie.Aujourd'hui encore, celui qui demande nos services connaît mal le domaine que nous couvrons et exige trop de nous.Il est vrai que tous les problèmes sont susceptibles d'intéresser le sociologue.On ne peut définir de limites théoriques.Dans une société riche, où les problèmes de fonctionnement social sont nombreux, le sociologue est évidemment plus sollicité.Mais son action est limitée par la quantité des données dont il dispose sur un sujet et par les moyens qu'on lui donne." Sociologie du travail O "Au Québec, il y a beaucoup de données dans le domaine écologique (l'homme dans son milieu) grâce aux recherches du BAEQ, par exemple, mais c'est un savoir inégal selon les régions."On possède aussi de nombreuses données sur la sociologie du travail, à cause de l'intérêt qu'y trouvent le ministère du Travail, les syndicats et l'industrie, mais aussi parce que les sociologues ont été, disons, intéressés sur le plan idéologique."Enfin, l'étude des moeurs, du comportement, que l'on appelle aussi "sociologie de la culture" et qui comprend l'éducation, les moyens d'information, l'animation culturelle, la littérature, la religion, la langue, tout ce secteur est déjà très bien couvert."Les carences sont de deux ordres: d'une part, on ne connaît presque rien sur certaines régions, celle de Montréal en particulier où l'on devrait créer, à mon avis, un institut permanent de recherche.D'autre part, de nombreux éléments restent éparpillés, faute d'organisation." *11^" Médecine et criminologie O "Si le sociologue peut paraître "touche-à-tout", c'est qu'il est utile dans beaucoup de secteurs.Ainsi, à Sherbrooke, ces recherches en sociologie médicale se développent rapidement grâce à la faculté de médecine.À l'Université de Montréal, on a crée un département de criminologie qui fait appel aux étudiants ayant reçu entre autres une formation préalable en sociologie."Je pense que la sociologie est une discipline qu'on acquerra avant d'aller chercher une formation pratique dans un secteur spécialisé.Le courant se développe aussi en sens inverse: en médecine, en administration, on donne une formation sociologique aux étudiants; non pas quelques heures de cours, mais parfois une partie importante du programme.Je pense que ce double courant va se maintenir."On a cru que les étudiants en sociologie étaient trop nombreux parce qu'il a fallu subitement, en moins de 20 ans, découvrir et utiliser cette discipline.En fait, il n'y avait pas assez d'étudiants, mais il y en aura peut- : être trop désormais, car les autres secteurs professionnels apprennent à utiliser cette discipline.ttiiK' (mi' fri- tetra®*1 jisont b ¦:: ÉW'55-’ UJcCorM «lie Clan Est-ce quai il foie! Hanü ont établi icotineencin itinioe.acide io-butyriqi itectés mais r Le foie oi itéressant, me ortla nicotir* oie! Ilnoosf (obayeedéqua rent choisies licaots: "Il faudra sans doute que les sociologues proprement dits soient moins nombreux.Ce sera une bonne chose à mesure que la sociologie pénétrera dans l'exercice des autres professions.La sociologie deviendra plus scientifique et, si je puis dire, moins polyvalente.Le sociologue pourra ainsi tenir davantage son rôle de critique éclairé face à une société partagée entre ses rêves et les impératifs techniques." ¦ yitarieC, foie; (ilcesontdes' que leur coi t- C-: u'[ pcerteiiai pWixdiis raiioluti québec science / avril 1970 / 17 Quelles sont les relations entre la nicotine et la vitamine C au niveau du foie?Pour répondre à cette question, Serge Fradette, étudiant en 2e année au CEGEP de Maisonneuve, a choisi d'observer les réactions de la souris albinos.Il nous livre ici les résultats de ses travaux.Cigarette = nicotine = dégâts.Pour vérifier cette équation, il n'y a rien de plus captivant que d'en faire l'expérience.Jusqu'à présent, la majorité des travaux de recherche sur le sujet se sont limités à étudier l'influence de la nicotine sur les voies respiratoires.WJ.McCormick et Orner Pelletier, par leurs travaux, nous amenèrent à étudier les interrelations entre la nicotine et la vitamine C (antiscorbutique) au niveau du foie.Est-ce que la nicotine agit au niveau du foie?Hansson, Hoffmann et Schmiter-Ibw ont établi que le foie catabolise la nicotine en cinq métabolites: nicotine, cotinine, acide 7 -3-pyridyl-N-méthyl amino-butyrique et deux autres produits détectés mais non encore identifiés.Le foie offrait un milieu de travail intéressant, mais comment mettre en rapport la nicotine, la vitamine C et le foie?Il nous fallait donc trouver un cobaye adéquat et 100 souris albinos furent choisies à partir des critères suivants: a) elles faisaient la biosynthèse de la vitamine C, abondante au niveau du foie; b) ce sont des mammifères, c'est-à-dire que leur comportement physiologique ressemble à celui de l'homme; c) elles sont économiques et d'une maniabilité aisée.Cependant, le fait que la souris fabrique sa propre vitamine C présentait certaines difficultés.Il ne s'agissait plus, pour nous, de mesurer l'influence directe de la nicotine mais plutôt de remarquer l'apparition d'un déséquilibre.De fait, nous avons noté ce déséquilibre et vous pourrez vous-même l'observer sur les graphiques.Grâce à des calculs statistiques, nous avons également enregistré une baisse de 1,43cog de vitamine C par mg de nicotine pris.Ces quantités ne sont pas énormes mais elles traduisent la présence d'un déséquilibre.La partie la plus intéressante de ce travail demeure la discussion mais il faudrait faire appel à des notions complexes de biochimie et de physiologie qui demanderaient de trop longues explications.Ce qu'il faut retenir de cette expérience, c'est que l'apprentissage de la méthode scientifique importe plus que les résultats eux-mêmes.¦ NICOTINE.Foie et vitamIne C par Serge Fradette le labo ms G R ARH I QU E 2 : Écart de ta quantité de la vitamine C1 fonction du temps BIBLIOGRAPHIE COTININE: Cosak, Fradette, Greaves, Plante et Roberge: Influence de la nicotine sur la quantité de vitamine C dans le foie de la souris albinos, 130 pages, CEGEP de Maisonneuve.McCormick, NJ., Ascorbic acid as a themo-therapeutic agent, Arch.Pediat., 69:151, 1952.CH j OH Pelletier, Orner, Smoking and vitamine C level in humans, Am.J.of Clinical Nutrition, vol 21, no 11, 1968, pp.1259-1267.Hansson, E.et Schmiterlôw, Metabolis of nicotine in various tissues, Sweden, pp.87-95. Jean-Louis Frund québec science / avril 1970 / 18 Il II II III III I II I I I I Il I II II ¦ tnmmEnr an ŒWEnr.Ji iNqÉNÎEIJR EN ÉlECTRiciTÉ NGt M.Lionel Boulet: de 40 ans." "Je laisse la création aux moins Construire un barrage aussi prestigieux que Manie 5, trouver des solutions aux problèmes de la pollution industrielle, créer des postes pour ouvrir des voies nouvelles à une jeunesse impatiente, hisser le Québec au rang des premiers pays de l'ère postindustrielle, autant de défis que relève, jour après jour, le directeur de l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec, Lionel Boulet.Mariage à trois O Abrité des vents, accroché sur la descente Sainte-Julie de Boucherville, en pleine campagne, à l'ombre des pylônes transportant 735 kV, l'Institut de recherche semble sortir tout droit d'un film de science-fiction: au centre, un ingénieur en électricité, récipiendaire du Prix scientifique du Québec, qui croit au mariage à trois: celui de l'ingénieur, du sociologue et de l'économiste."L'ingénieur de demain devra faire équipe.Si le rôle du chercheur demeure fondamental, il ne peut plus vivre isolé dans sa tour d'ivoire.Pour réaliser ses projets, l'ingénieur doit avoir de l'audace, mais une audace en accord avec les possibilités économiques et sociales de son pays", dit Lionel Boulet C'est sans doute pour mettre en pratique cette idée qui lui est chère que cet ingénieur en électricité, après avoir passé vingt ans dans l'enseignement et la recherche, a répondu à l'appel de l'Hydro-Québec qui lui a demandé de mettre son expérience au service du Québec.Un étudiant sérieux O Après des études secondaires au Séminaire de Québec, Lionel Boulet s'inscrit à l'Université Laval où il reçoit en 1942 le diplôme de bachelier en scjences.Après un court séjour aux Etats-Unis, il en revient maître ès sciences.En 1948, il obtint un doctorat en sciences de l'Université Sir George Williams.Toute la carrière de cet ingénieur est jalonnée de succès et de prix scientifiques: en 1938, c'est le Prix du Prince de Galles, en 1943, celui de l'Institut canadien des ingénieurs, puis en 1967, la médaille du gouverneur général du Canada."Ce n'est pas ma faute, dit Lionel Boulet, timidement, j'aimais les études.Je devais être un étudiant sérieux." Son père aurait voulu faire de lui un homme d'affaires, un administrateur.Mais le génie l'attirait et ce n'est qu'après avoir accompli une longue carrière dans l'enseignement et avoir assumé la direction du Département de génie électrique de l'Université Laval, que Lionel Boulet est venu à l'industrie.A la tête du seul Institut de recherche en électricité du continent nord-américain, l'ingénieur nous dit: "Aujourd'hui, je n'ai plus le temps de chercher, de découvrir, de créer.Il y a dans la vie de plusieurs hommes, deux temps: un temps pour la création, un temps pour la production."Je laisse aux moins de 40 ans la création, mais je me réserve une tâche qui me paraît essentielle: leur ouvrir des voies nouvelles afin que leur talent et leur génie trouvent le moyen de s'exprimer et de rendre à tous la vie meilleure"" ;vw ,v.47;y/y;v///.v.-vv.-.y.V//AV.- y.v, .: ÎNqÉNiEUR en EUcmicm québec science / avril 1970 / 19 par Solange Chalvin commErrr deuetur Aptitudes • Facilité pour les mathématiques • Goût de l'effort et capacité de travail soutenu Formation professionnelle • Études universitaires, baccalauréat ès sciences (cjénie électrique) • Etudes de maîtrise d'un an après le B.Sc.• Études de doctorat (Ph.D.ou D.Sc.) de trois ans au minimum • Connaissance essentielle des deux langues (l'anglais et le français) et, au niveau de la maîtrise, du doctorat et du postdoctorat, connaissance utile d'une troisième langue (l'allemand ou le russe) la iclifi jrïï'1 3 Établissements • Les universités Laval, de Montréal, McGill et de d'enseignement Sherbrooke assurent la formation de l'ingénieur aux trois cycles (baccalauréat, maîtrise et doctorat) • L'Université du Québec donne le premier cycle de cet enseignement à Montréal, Trois-Rivières et Chicoutimi.Débouchés Très nombreux actuellement: • L'enseignement au secondaire, au collégial et à l'Université • La recherche pure et appliquée en électricité, à l'université, dans l'industrie et au gouvernement.(Conseil national de recherches, RCA Victor, Institut de recherche de l'Hydro-Québec, par exemple) • Plus particulièrement: développement de nouvelles techniques de production, de transmission et de distribution de l'énergie Émoluments • À titre indicatif et pour débuter, approximativement: • $7 200 par an — baccalauréat ès sciences • $8 000 par an — maîtrise • $9 600 par an — doctorat Après quelques annés d'expérience de $12 000 à $18 000 ' . québec science / avril 1970 / 20 ¦{HH ¦" iniv ORDINATEURS EUROPÉENS Voulant échapper à l'emprise américaine ____________________________ dans le domaine de l'informatique, des sociétés européennes sont en train d'implanter, chez elles, un système de téléinformatique.Trois nouvelles sociétés spécialisées dans le traitement à distance de l'information viennent en effet d'être créées à Bruxelles et auront leurs succursales en Grande-Bretagne et en France.Elles sont regroupées sous le nom de Système international et ont pour promoteur Rolls Royce, qui est l'un des trois grands producteurs mondiaux de moteurs d'avion, et le groupe français de sociétés d'engineering.Inter G.Le financement étant assuré par les banques, les deux promoteurs n'apporteront que leur savoir-faire, Rolls Royce ayant déjà développé un important réseau d'informatique.L'adoption LE SYSTÈME MÉTRIQUE d un sys^eme EN AMÉRIQUE DU NORD “nlver*el de poids et _________________________ mesures permettrait d'économiser des millions de dollars et d'heures de travail.Ceci explique la progression, même si elle est encore très lente, du système métrique en Amérique du Nord.Aux Etats-Unis, quelques géants (la NASA, l'industrie pharmaceutique et certains fabricants de matériel militaire) se sont déjà convertis au nouveau système international.Au Canada, l'Hydro Ontario envisage de calibrer tous les instruments de la centrale nucléaire de Bruce selon le système métrique.Par ailleurs, M.Jean-Luc Pépin, ministre de l'Industrie et du Commerce, affirme, dans son livre blanc, que le gouvernement canadien considère l'adoption de ce système comme inévitable et souhaitable.LES ESQUIMAUX ET LE PÉTROLE Un comité vient d'être créé pour favoriser l'emploi des gens du Nord, Indiens, Esquimaux et Métis, dans l'industrie du pétrole.Cette orientation fait suite au développement rapide des industries du pétrole et du gaz dans le Nord canadien, avec notamment le récent renforcement du consortium Panarctic Oils, détenu à 45 pour cent par l'État.Composé de représentants de l'industrie et du gouvernement, le nouveau comité a pour tâche d'accroître la formation professionnelle et l'embauche des autochtones.Il a lancé une revue intitulée OKURUK, mot esquimau qui signifie pétrole.L'Université McGILL ENCOURAGE McGill de L'EXPLORATION Montréal va MINIÈRE contribuer ______________„___________ à la création d'un Institut de recherche en exploration minière dont la vocation sera d'étudier les implications scientifiques de l'exploration minière et ses répercussions sur la population locale et le milieu ambiant.L'IREM devrait être, selon ses promoteurs, une entreprise conjointe des milieux industriels, universitaires et gouvernementaux, financée grâce à des subventions versées par des compagnies privées.Le nouvel institut permettra d'améliorer l'exploration, d'accroître la participation canadienne sur le plan de la production et de retenir au Canada de nombreux experts en exploration minière.Pour la MALADIES Première DE CIVILISATION Î?IS a.U Canada, __________________________ une équipe du laboratoire du Département d'éducation physique de l'Université Laval vient de réaliser le microcathétérisme du coeur droit dans des conditions d'effort physique maximal.Cette technique consiste en l'introduction d'une sonde minuscule (micro-cathéter) dans la lumière d'une aiguille insérée dans une veine de l'avant-bras.La sonde est ensuite avancée jusqu'à l'intérieur des cavités cardiaques et de l'artère pulmonaire.Ce système permet de mesurer la ventilation pulmonaire, la dépense d'énergie, le débit cardiaque, l'électrocardiogramme et l'équilibre acido-basique.L'équipe, qui comprend un cardiologue, un biochimiste, un psychopédagogue, un physiologiste et plusieurs professeurs, sera bientôt en mesure d'étudier la prévention des maladies cardiaques et la réhabilitation de certains cas d'infarctus du myocarde.Elle prépare en outre un programme permettant de lutter efficacement contre les maladies de "civilisation". des hommes: ce vaste et ambitieux sujet vient d'être abordé par le Conseil pour la biologie dans les affaires humaines.Ce nouvel organisme international, créé par l'Institut Salk, de La Jolla (Californie), compte parmi ses membres permanents cinq prix Nobel de médecine.Le Conseil a créé six commissions au sein desquelles les hommes de science côtoieront des spécialistes des questions juridiques, morales, philosophiques et sociologiques.Ces différents groupes sont chargés d'étudier les rapports de la biologie avec l'éducation, le droit, la culture, la santé publique, l'environnement et les affaires internationales.Les L'HOMME ET LA SCIENCE consequences À L'INSTITUT SALK des progrès scientifiques ___________________________ sur la vie québec science / avril 1970 / 21 Ces L'ÉCLIPSE photographies DU 7 MARS 1 «Çlipse du Soleil _____________________________ du 7 mars dernier ont été prises à Québec par MM.Yvon Dufour et Jean-Paul Boudreault avec une lunette astronomique de cinq pouces de diamètre, diaphragmée à quatre pouces avec un filtre de 20 000 d'absorption.Les taches sont des régions du Soleil où la température est plus basse.Elles apparaissent plus ou moins régulièrement suivant un cycle de 11,1 ans et leurs dimensions sont de l'ordre de celle de la Terre.Pendant QUATRE FUSÉES la dernière CANADIENNES éclipse PENDANT L'ÉCLIPSE de soleil, _________________________ quatre fusées ont été lancées depuis la base d'East Quoddy (Nouvelle-Écosse).Au moment même où la Lune disparaissait derrière le Soleil, l'une des fusées s'élançait dans le ciel.Après avoir franchi plus de 160 km au-dessus de l'océan, elle retombait dans la mer à 70 km des côtes.Pendant tout le trajet, les émetteurs radio avaient envoyé aux savants des signaux d'une importance capitale pour le projet de satellite de communications que le Canada songe à établir dans le grand Nord.SMI DES VIRAGES POUR LES LASERS - Mis au point dans les laboratoires de la ___ compagnie de téléphone Bell, de tout nouveaux guide-lumière", sortes de conduits transparents formés sur des plaques de verre, permettront de diriger les rayons laser, tout comme le courant dans les circuits électroniques.Le "guide-lumière" est un mince ruban de verre ou de cristal à peu près cent fois plus mince qu'un cheveu, posé contre une plaque de verre.Agissant selon le principe des miroirs dans un tunnel, le ruban guide le rayon laser, lui faisant effectuer des courbes relativement fortes.Appliqué aux transmissions à grandes distances, ce système permettrait de multiplier par cent la capacité actuellement obtenue avec les microondes.Il ouvrirait ainsi de nouvelles portes aux micro circuits optiques.La compagnie de Téléphone Bell estime cependant que le système actuel permettra de subvenir aux besoins des dix prochaines années. québec science / avril 1970 / 22 L'Office du film du Québec tient à la disposition des associations, clubs de jeunes ou autres groupes organisés un certain nombre de courts métrages scientifiques.Ces films, parmi lesquels ceux que nous présentons ci-dessous, peuvent être obtenus gratuitement en s'adressant, quinze jours à l’avance, à L'OFQ, Hôtel du Gouvernement, Québec ou à 360, rue McGill, Montréal.RENDEZ-VOUS AVEC L'OMBRE Durée: 15 minutes, français, sonore, couleur, 16 mm, nO7106 de l'OFQ, Réalisation: B.Paris, 1966 Le rayonnement ultra-violet du Soleil ne peut s’étudier qu'en s'élevant au-dessus de l'atmosphère terrestre.Ce rayonnement est différent suivant les diverses couches du Soleil et une éclipse de Soleil comme celle du 7 mars 1970 est une occasion rêvée pour en étudier les composantes.Mettant à profit l'éclipse de Soleil du 12 novembre 1966, des chercheurs français et argentins ont établi une base de lancement de fusées qui fourniraient d'utiles renseignements sur la couronne solaire.Nous assistons à la fabrication, au transport et au lancer de deux fusées Titus avec tout leur équipement scientifique.Ces fusées de 12 mètres de haut sont constituées de deux étages à poudre.Elles peuvent transporter une charge utile de 400 kg à 270 km d'altitude.BALLONS POUR L'ESPACE Durée: 10 minutes, français, sonore, couleur, 16 mm, nt> 1257 de l'OFQ.Réalisation: B.Paris, Prod.: Concorde Europe Films.Le CNES (Centre national des études spatiales) à Avie-sur-Adour, en France, possède un centre de lancement de ballons unique en Europe.La première activité de cet organisme est constituée par l'exploration de l'espace jusqu'à une altitude de quelques centaines de kilomètres au moyen de fusées-sondes et de ballons servant principalement aux études météorologiques.Le film montre le mode de fabrication de ces ballons tétrahédriques en polyéthylène, renseigne sur les instruments de mesures qu'ils comportent et nous fait suivre le lancer et le vol, ainsi que la poursuite et la récupération.î québec science / avril 1970 / 23 LA MATIÈRE Ralph E.Lapp, Ed.Robert Laffont, Paris 1969, 190 pages, $2.50.Le Dr R.E.Lapp nous présente l'histoire peu connue de la matière à partir de la théorie d'Aristote avec ses quatre éléments: l'eau, l'air, la terre et le feu, depuis les alchimistes du Moyen-Âge, et les patients expérimentateurs qui établirent nos conceptions scientifiques modernes, jusqu'aux particules élémentaires trouvées dans les grandes centrales nucléaires.L'édition originale a été publiée aux États-Unis par Time, Inc., en 1963.La version française provient des Éditions R.Laffont.Cet intéressant ouvrage est abondamment illustré.Chaque page, ou presque, contient une photo ou quelques schémas en couleurs.Les 98 premiers éléments sont représentés en couleurs avec la date de leur découverte, ainsi qu'une description succinte de leurs propriétés et de leurs usages.Par exemple, à l'élément no4, Be, on trouve: "Béryllium (du minerai béryl), découvert en 1798; produisant des alliages très élastiques, il est utilisé dans la fabrication des ressorts, pignons.et pour la construction des ogives de fusées." la matière [j SCIENCE-ROCHE l’ordinateur sans mystère L'ORDINATEUR SANS MYSTÈRE Annette Lauret et Francis Arnion, Ed.Dunod, Paris 1969, Coll.Science Poche, n015.125 pages, $2.50.Cet ouvrage s'adresse au public cultivé qui souhaite connaître les ordinateurs et en comprendre le fonctionnement.Il traite successivement des organes centraux chargés de la commande et du traitement, des "périphériques", de la programmation, et enfin des applications de l'ordinateur.Dans chacune de ces parties, les auteurs partent de l'élément de base qu'ils décrivent avec soin et construisent peu à peu l’ordinateur en lui ajoutant des ensembles nouveaux.Le lecteur peut concilier ainsi l'unité de structure de l'ordinateur et son universalité d'emploi.En outre, de multiples exemples et schémas concrétisent les notions de cet ouvrage.CONQUÊTE DE LA LUNE Dr Herbert Pichler, Ed.Buchet/Chastel, Paris 1969, 320 pages, $12.50, Préface de Wernher Von Braun.La conquête de la Lune en juillet 1969 a suscité une abondante littérature qui embarrasse le lecteur dont le budget ou les heures de lecture sont restreints.Un des ouvrages les plus complets, tant par son ampleur que par la variété des sujets exposés, est celui du Dr Pichler.Après avoir raconté avec maints détails l’odyssée d'Apollo 11, l’auteur se lance dans une description de la lune, de ses relations avec les autres astres et de sa topographie.Puis, après quelques considérations sur les fusées, le Dr Pichler consacre un chapitre à l'homme dans l'espace.Les développements de l'astronautique sont ensuite esquissés à travers l'histoire des lancements des sondes et des satellites lunaires, puis des hommes, tant sur orbite terrestre que vers la Lune.Des perspectives d'avenir concluent cet ouvrage.Vingt-neuf photos en noir et blanc, 27 photos en couleur et 40 schémas agrémentent ce volume, un "classique" de l'astronautique.Dr.Herbert Pichler Préface de 'ernher Von Braun LE MONDE DE DEMAIN -Wife LE MONDE DE DEMAIN Kenneth K.Goldstein.Ed.Flammarion, 1969, 127 pages, $ 5.Dans un siècle, il y aura trente milliards d'individus sur la Terre.Il est difficile de prévoir comment vivront ces hommes, surtout si l’on songe qu'il y a un siècle aucun auteur n'était en mesure de prévoir l'apparition de l'avion, du téléphone, de l'automobile et de la photographie, notamment.K.K.Goldstein évoque les découvertes d'aujourd'hui comme des applications courantes de demain.Ses prédictions ne s'attachent qu'è l'aspect "machines au service de l'homme".Selon lui, dans moins d'un siècle, l'homme se sera adapté à la vie sous-marine, tandis que, par la vitesse atteinte et par le nombre des passagers transportés, les avions auront atteint le gigantisme.De nouvelles applications commencent à apparaître au niveau des laboratoires spatiaux, des transports terrestres, des sources d'énergie, tandis que de nouveaux outils (rayon laser, ordinateur) bouleversent les méthodes de travail.Les médecins guériront les malades à l'aide de techniques bio mécaniques, les écoliers disposeront de professeurs électroniques adaptés à leur personnalité et les villes présenteront des visages nouveaux.Ce livre, dont chaque page contient une photo couleur, est un véritable "guide pour le futur". québec science / avril 1970 / 24 AERE ET ATTRAYANT Nous venons tout juste de recevoir un exemplaire de la revue QUÉBEC SCI ENCE.Je ne connais pas cette revue, non plus que le “Jeune Scientifique" qui l'a précédée.Pour Les Presses de l'Université du Québec, la valeur n'aura pas attendu le nombre des années.Je me permets de vous offrir mes plus sincères félicitations pour un travail que je crois être de toute première qualité.La présentation est excellente, aérée et attrayante.Quant aux articles, je n'ai pas encore eu le temps de m'y plonger, mais je ne doute pas qu'ils seront équivalents à la présentation matérielle.Jacques Lacroix l'Association canadienne d'éducation Toronto DES NOUVELLES INTERNATIONALES La formule de la publication me plaît beaucoup, et je voudrais encourager l'équipe à continuer.Néanmoins, j'exprime le souhait d'y voir apparaître une nouvelle rubrique ressemblant à celle des pages 22 et 23 du numéro de janvier 1970, mais s'établissant dans le contexte scientifique mondial.Ainsi, tout en encourageant la recherche scientifique québécoise, nous pourrions être mis au courant des dernières découvertes scientifiques, à l'extérieur.Le scientifique québécois, s'il doit travailler chez lui, ne doit pas oublier que des efforts se font à travers le monde.Marc Au b ray Membre de T A JS et du CJS Montréal ABONNEZ-VOUS A: ?Étudiant Les Presses de l'Université du Québec Case Postale 250, Sillery, Québec 6 1 an (8 numéros): $3 NOM:.RUE: .VILLE:.Zone ?Professeur ?Autre: ?École:.?Collège:.?Université:.?Organisme:.mm • - ON DEMANDE.MONITEURS DE SCIENCES NATURELLES Les étudiants qui possèdent déjà de solides connaissances en sciences naturelles, l'expérience de l'étude de la nature sur le terrain et qui aimeraient occuper une partie de leurs vacances dans un camp: — soit comme responsable de toutes les activités de sciences naturelles (âge: 20 ans et plus) — soit comme techniciens en sciences naturelles pour assister le responsable (âge: 18 ans et plus), sont invités à offrir leurs services sans tarder au Secrétariat des CJN, Jardin botanique, 4101 est, rue Sherbrooke, Montréal 406.Le Secrétariat des CJN reçoit souvent des demandes de la part des camps du Québec et il s'efforce de répondre à ces besoins.JEUNES SPÉLÉOS La spéléologie, science qui a pour but l'étude des cavités souterraines naturelles, prend aujourd'hui une expansion nouvelle au Québec.Un grand nombre de jeunes scientifiques trouveront dans cette science un champ d'orientation immense: géologie, hydrologie, biologie.Les jeunes attirés par cette science peuvent écrire à l'Association des jeunes spéléologues québécois, qui leur fera parvenir, par retour du courrier, une brochure explicative.L'adresse de l'AJSQ: 3187, 35e rue, Montréal 455, Québec.L'AJS RÉVEILLE L'HOMO SAPIENS AMORPHUS L'été prochain, l'Association des jeunes scientifiques offrira plusieurs services aux étudiants.Dès le mois de juillet, des stages seront organisés en collaboration avec certains organismes.Sont d'ores et déjà prévus: un stage d'étude en électricité pour 30 personnes, avec l'aide de l'Hydro-Québec; un stage de minéralogie-techniques minières (20 stagiaires) grâce aux départements de géologie des universités; un stage d'aéronautique et, enfin, de chimie-physique-électronique.Ce dernier aura lieu au CEGEP de Jonquière et regroupera 30 stagiaires.L'Association espère aussi mettre sur pied une commission d'enquête chargée: 1) d'inventorier les services extrascolaires actuellement offerts aux étudiants en sciences; 2) d'effectuer un sondage permettant de connaître les services les plus demandés; 3) de proposer quelques mesures de planification visant à éviter le double emploi.Un congrès provincial sera organisé en octobre 1970.Par ailleurs, la section aéronautique caresse plusieurs projets, notamment le lancement d'un ballon sonde, la construction d'un télescope et d'une station de météorologie.Le seul problème qui reste à résoudre est celui du financement.Si le gouvernement et le CJS s'en acquittent, la réalisation de toutes ces activités ne sera plus qu'une question de routine.Pour tous renseignements et pour les inscriptions, s'adresser à l'Association des jeunes scientifiques, 2730, Côte Sainte-Catherine, Montréal 250.CONGRÈS DES JEUNES SCIENTIFIQUES UNIS Le prochain congrès de l'Association des jeunes scientifiques unis, dont le responsable est M.Claude Racine, se tiendra le 16 mai à l'Hôpital Saint-Augustin, à Courville.Plusieurs forums sont prévus ainsi qu'une conférence.Les congressistes seront également invités à élaborer la nouvelle politique de leur association.LES EXPOS-SCIENCES AU QUÉBEC Le mois dernier, QUÉBEC SCIENCE annonçait qu'une expo-sciences se tiendrait à Montréal, au Salon de l'éducation du Québec, Place Bonaventure, les 9, 10 et 11 avril.A la même époque, trois autres expositions sont prévues.La première, pour la Rive sud (Commission scolaire régionale de Chambly) se tiendra à la polyvalente de Mortagne, les 6, 7 et 8 avril; la seconde aura lieu au Collège de Rigaud, les 18 et 19 avril; la dernière, celle de la Vallée du Richelieu, est annoncée pour les 22 et 23 avril à l'Hôtel de ville de Beloeil.Ces quatre expos-sciences sont reconnues et recommandées par l'ACFAS.¦ ^UOTHÈQ^ 1 NATIONALE 6MAU970 DEPT DES PEKIGDiQUES BIB NAT DU QUEBEC 170C ST DENIS > MON T BEAL 129 ## 002235 05 70 les presses de l'université du québec
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