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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1974, Collections de BAnQ.

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LE MAGAZINE VOL UME 12/ NUMÉRO 10/JUIN 1974 $0.75 publié par l'université du québec QUEBEC ORIQUE / H ENGRAISSER L’URANIUM LA LOGIQUE DE L’APOCALYPSE LA SCIENCE DE LA PARAPSYCOLOGIE PROVENCHER ummssamasms Lisez les derniers BEST-SELLERS des ÉDITIONS DE L’HOMME (Les Plantes d’intérieur PROVENCHER, LE DERNIER DES COUREURS DE BOIS Paul Provencher Tout en faisant revivre un passé presque épique.Paul Provencher nous raconte comment il a appris à tirer parti de choses très simples qui rendent la vie en forêt tonifiante et agréable.$6.00 VIVRE EN FORET Paul Provencher De vieux secrets enfin divulgués.Les cartes topographiques, les abris, les wigwams, les tentes, la pêche, la conservation et la préparation du poisson et de la viande, les plantes comestibles et médicinales.$4.00 GUIDE DU TRAPPEUR Paul Provencher Ecrit par le dernier des coureurs de bois.LE GUIDE DU TRAPPEUR nous donne des notions élémentaires sur l'orientation, le feu.les trappes, les collets, les pièges, le tannage des peaux.$4.00 LES PLANTES D’INTERIEUR Paul Pouliot Un guide complet et très pratique à la portée de l'amateur: choix des plantes, cycles et facteurs de croissance, le sol.les arrosages, la fertilisation, la lumière, la multiplication.Par l'auteur de Techniques du jardinage.$6.00 LA VOILE Nik Kebedgy Le choix du voilier, son anatomie, le vocabulaire marin, l'inspection d'un voilier ayant déjà servi, les voiles, les vents, les manoeuvres, la sécurité nautique.les cordages et les noeuds.Tout pour l'amateur présent ou futur.Par un spécialiste.$5.00 LES POISSONS DU QUÉBEC E.Juchereau-Duchesnay J.St-Denys-Duchesnay Dessins et description de quarante poissons que l'on trouve au Québec.$2.00 J’APPRENDS A NAGER Régent La Coursière Tous peuvent nager, même un bébé de 3 semaines.Régent La Coursière nous offre un livre de référence pour l'enseignement des bases de la natation et de la sécurité aquatique.$4.00 POIDS ET MESURES, CALCUL RAPIDE Louis Stanke Cet ouvrage contient une série de tables de conversion des poids et mesures.des tables de calcul d'intérêt, de logarithmes, de fuseaux horaires, etc.$3.00 VOUS POUVEZ LES RECEVOIR CHEZ VOUS! REMPLISSEZ SEULEMENT CE COUPON ET RETOURNEZ-LE AUX b ?Provencher.le dernier des coureurs de bois .$6.00 ?Vivre en forêt, Paul Provencher $4.00 ?Guide du trappeur, Paul Provencher $4.00 ?Les plantes d’intérieur, Paul Pouliot $6.00 ?La voile, Nik Kebedgy $5.00 ?Les Poissons du Québec, E.Juchereau-Duchesnay et J.Saint-Denys-Duchesnay $2.00 ?J'apprends à nager.Régent La Coursière $4.00 ?Poids et mesures, calcul rapide, Louis Stanké $3.00 ?La Météo, A.Ouellet .?Les Mammifères de mon pays, collaboration .?Encyclopédie des oiseaux du Québec, Earl W.Godfrey .?Le Tennis, W.Talbert .?Ouverture aux échecs, Camille Coudari .?Le Parachutisme.Claude Bédard ?Initiation à la plongée sous-marine, René Goblot .?La Taxidermie.Jean Labrie $3.00 $2.00 $6.00 $2.50 $4.00 $4.00 $5.00 $4.00 ?CHÈQUE ?MANDAT-POSTE Ci-joint la somme de $.ÉGALEMENT EN VENTE CHEZ VOTRE FOURNISSEUR PRÉFÉRÉ O.S.5-74 ÉDITIONS DE L’HOMME * C.P.250, Sillery, Québec NOM .ADRESSE VILLE .* Filiale du groupe Sogides Liée «B (itire s iux piei aie, Il n, On Sien u jeter le r V/ i ' •' r mmm ‘ ' mw m • ‘ .æ SQ4Wly1IRE • i I r Il y a environ 20 ans, le gouvernement canadien menait déjà une campagne de cartographie et d'exploration géologique aérienne.Cette photo a été prise le 15 septembre 1956 par un avion de reconnaissance volant à une altitude d'environ 10 000 mètres.Elle couvre une superficie de 155 kilomètres carrés.On peut y voir une partie du glacier de Kaskawulsh (138°45' de longitude ouest, et 60°40' de latitude nord), situé dans la partie sud du Yukon.Les coulées de glacier y sont très apparentes, et ce sont des détails de ce type que recherchent les géologues.Les fluctuations de la superficie qu'il recouvre sont un important indice des changements globaux du climat.La datation (au carbone 14) des débris qu'ils laissent sur place, et la végétation qui croft au sein de ces dépôts de moraine, permettent de suivre leur évolution, à la trace.11 y a environ 6 000 ans, une période chaude avait repoussé les glaciers dans des recoins montagneux.Cependant, les vingt dernières années les ont vus regagner du terrain, par suite d'un refroidissement global de la Planète.De plus, la vue à grande échelle obtenue à partir de satellites (voir QUÉBEC SCIENCE, avril 1974) et complétée par de telles photographies, indique que les glaciers ont recommencé à gagner du terrain.L'apport sans cesse croissant de polluants en suspension dans l'atmosphère n'est pas étranger à leur progression.Ainsi, par les déchets qu'il injecte dans l'air, l'homme est peut-être en train de collaborer froidement à l'envahissement de son territoire par les montagnes de glace, pour le moment en attente aux frontières des calottes glaciaires.• C'est bien connu, la présence d'oiseaux dans le voisinage des aéroports engendre chaque année des catastrophes, les puissants réacteurs ne digérant pas —mais absolument pas— les volatiles petits ou gros.Pour les éloigner des aéroports, une seule solution: éliminer leur nourriture.Et le bifteck de la gent ailée est sans contredit le ver de terre (lombric).Évidemment, on pourrait toujours les éliminer à grand renfort de pesticides ou, à la rigueur en leur déclarant une guerre biologique sans merci.Mais pour radicale qu'elle serait, une telle extermination aurait des conséquences négatives: elle entrafnerait non seulement la pollution du sol, mais encore risquerait fort de déséquilibrer à long terme l'environnement.Car les vers de terre sont des animaux fort utiles.Ce sont en fait des laboureurs infatigables qui procurent aux sols une aération et un drainage intensifs (3 m2 de surface de galeries par m2 de sol), entrafnent une remontée des particules fines des niveaux profonds et un enfouissement des gros éléments, et stimulent l'activité microbienne.Enfin, ces humbles serviteurs inconscients puisent leur énergie dans la matière organique morte, sans valeur directe pour l'homme.C'est en tenant compte de l'apport éminemment positif du ver de terre que des chercheurs de l'université Laval, sous la direction du Dr Michel Maldague, se sont penchés sur le problème des méthodes éco-éthologiques permettant d'éliminer les vers de terre de la proximité des pistes des aéroports.Ils ont donc entrepris de déterminer un procédé artificiel qui perturberait le comportement normal des vers, sans toutefois leur être toxique, les forçant ainsi à se tenir à l'écart de la région traitée.Pour ce faire, il faut connaftre avec exactitude les exigences des vers, leurs capacités réactionnelles (instinct) et leur faculté d'adaptation à un nouveau milieu: la ? 18/ ENVIRONNEMENT ?lumière, l'humidité, les substances chimiques, le type de surface des sols, la nature des substrats et les chocs électriques constituent autant de facteurs capables d'influer sur le comportement d'une population de vers.Ainsi, par exemple, leur sensibilité est telle qu'on peut pratiquement les diriger «au doigt et à l'œil».(Leurs cellules sensorielles sont photosensibles.) Cependant, cette technique ne vaut que pour les vers qui s'aventurent en surface.Ce n'est donc pas cette dernière solution qu'ont retenue les chercheurs de Laval, mais une autre, encore plus inattendue: l'épandage de petits morceaux de verre broyé aux abords des pistes d'atterrissage.Il fallait y penser: combattre «le ver par le verre».Le lombric se blesse en voulant se nourrir et, en être intelligent, n'y revient pas.Si une telle solution est appliquée à l'échelle mondiale, les avions pourront atterrir et décoller sans crainte de heurter les volatiles friands de vers de terre, abrités qu'ils seront par des ramparts de tessons.Pour peu cependant que quelque gourou en mal de disciples ne leur enseigne pas à marcher sur le verre, ou que les oiseaux à écarter des pistes ne soient pas des autruches.• Les comités de l'industrie et de l'environnement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont formé, en 1971, un groupe ad hoc sur la pollution par l'industrie des pâtes et papiers.Son mandat était d'évaluer la pollution due à cette industrie et d'étudier les techniques envisagées pour réduire cette pollution.Dans un rapport ce groupe fait le bilan de cette industrie, la plus importante du Québec.L'industrie des pâtes et papiers telle qu'on la connaft remonte à une centaine d'années, même si on fabriquait déjà le papier à la main en Orient, il y a mille ans, et en Europe, il y a environ 700 ans.Au cours du XXème siècle, le procédé fondamental de fabrication a subi très peu de modifications, contrairement à ce qui s'est produit dans d'autres industries.Les opérations portent sur une plus grande quantité de matières premières, leur efficacité a été améliorée, lés méthodes de travail et les machines se sont développées.Pourtant, la matière première végétale et fibreuse doit encore être écorcée et défibrée par des moyens mécaniques, chimiques ou semi-chimiques.Tout cela doit être effectué en présence d'eau et de composés chimiques puissants (principale- LE PARER NON HYGIÉNIQUE Its B tubes Jeta Dans allai N aeau « ment des sulfures et des hyposulfites).Le produit obtenu de cette première opération est épuré en présence d'eau, transporté en suspension aqueuse jusqu'à la machine à papier, et déshydraté de façon à obtenir du papier, du carton ou des produits similaires.À ce cycle ancien, on a ajouté une opération nouvelle, celle du blanchiment de la pâte au sulfate qui n'est à proprement parler, faite que depuis environ une vingtaine d'années.La disponibilité de grandes quantités d'eau et de matières premières fibreuses joue donc un rôle critique dans l'implantation des papeteries.L'eau, en particulier, a toujours été une condition vitale à l'activité des papeteries, qui utilisent aussi les cours d'eau pour y rejeter leurs effluents.L'industrie des pâtes et papiers est l'une de celles qui utilisent le plus d'eau.D'une part, la consommation spécifique d'eau (en mètres cubes par tonne de pâte produite) est élevée.Elle a été d'environ 185 mètres cubes par tonne en 1970, au Canada.D'autre part, la production est considérable.Elle a atteint 18 millions de tonnes au Canada en 1970, ce qui signifie l'utilisation de 3,35 kilomètres cubes d'eau.En fait, ceci signifie qu'à ce A Le bois est la principale matière première servant à la fabrication des pâtes à papier.Pour apaiser l'appétit vorace des usines des pâtes et papiers, le Québec dispose d'une possibilité annuelle de coupe d'environ 20 millions de cordes.L'exploitation actuelle se fait au rythme de 12 millions de cordes de bois par année, dont une proportion de 70 pour cent sert à la fabrication du papier.taux, les usines canadiennes des pâtes et papiers utiliseraient, en l'espace d'une quinzaine d'années, toute l'eau du lac Saint-Jean.Très peu d'industries utilisent l'eau avec aussi peu d'efficacité et en de telles quantités.En fait, la consommation en eau d'une seule usine de pâtes et papiers est équivalente à celle d'une ville de 500 000 habitants.L'eau est l'essence même de la vie des industries des pâtes et papiers.Pourtant, selon les experts de l'OCDE, il est possible de concevoir des usines modernes dont la soif serait plus facile à étancher, avec des besoins en eau de 5 à 10 fois inférieurs à ceux des installations classiques.Ce serait un gros avantage, puisque l'on arriverait beaucoup plus facilement à traiter les résidus de ces usines, même si les déchets y seraient en concentration relativement plus forte.Ml, iC.C I ’»fj I Its pi J iils: I (BÉI I itsinti I ^ I ttchif I «'ttaiï I mies I beé I retenti I pte I compo j dins I; wpi ronfU, Pie,i titsn I ’«t b I te pj | (fes, | Dens P | 'title | Mite tint j Ai tepj ENVIRONNEMENT/19 En 1970, la quantité d'eau utilisée par l'industrie des pâtes et papiers des pays membres de l'OCDE a atteint près de 22 milliards de mètres cubes (22 kilomètres cubes), ce qui est équivalent à la moitié de l'eau contenu dans le lac Saint-Jean.Dans quelques pays, comme la Finlande et la Suède, cette industrie représente jusqu'à 70 pour cent des prélèvements d'eau, industriels et domestiques.Au Canada, ce pourcentage a été de 18,5 pour cent, cette même année.Voici les principaux produits de cette industrie, ainsi que les caractéristiques de leur fabrication.Les pâtes semi-chimiques (1,9 pour cent de la production canadienne) sont faites à partir de bois de feuillus ou de bois de résineux.Les billes de ce bois sont soumises à une série de traitements mécaniques et chimiques, chacune de ces opérations n'étant pas, par elle seule, capable de séparer les fibres aisément.Ce procédé, comparativement aux méthodes chimiques de mise en pâte, assure une plus grande rétention de la lignine (polymère complexe) et de l'hémicellulose (polymère composé de plusieurs sucres) du bois, dans la pâte.Ainsi, le rapport du poids de la pâte au poids du bois utilisé pour sa production est souvent très élevé.C'est pourquoi on parle alors de «pâtes à haut rendement».Les pâtes au bisulfite (6,7 pour cent de la production canadienne de 1970) sont obtenues en réduisant, de façon mécanique, des bois feuillus ou résineux, en petits morceaux et en les cuisant à haute pression, en présence d'une lessive de cuisson au bisulfite (d'ammonium, de calcium, de magnésium, ou le plus souvent de sodium).Les pâtes produites sont des pâtes écrues, qui n'ont pas été blanchies, mais qui peuvent l'être par la suite.Dans le procédé au bisulfite, la lignine qui relie les fibres de cellulose entre elles, se ramollit et se dissout en grande partie.En même temps, une bonne partie de l'hémi-cellulose est brisée en ses sucres par l'hydrolyse.Selon la cuisson, on obtient entre 45 et 60 pour cent d'une pâte de qualité courante.Il s'ensuit que 50 pour cent des constituants du bois utilisé se dissolvent dans la lessive de cuisson, ce qui permet aux fibres de la pâte de se séparer facilement.Ici, les grandes quantités de constituants qui se dissolvent, pendant les diverses phases de fabrication, risquent de constituer un important facteur de pollution si elles sont déchargées dans les cours d'eau.Les pâtes au sulfate ou à la soude représentent 22,9 pour cent de la production canadienne.On les obtient en réduisant mécaniquement des bois feuillus ou résineux en petits morceaux qui sont ensuite cuits sous pression, en présence d'une lessive à base de sulfate de soude ou de soude caustique.Le rendement du procédé de fabrication de ces pâtes est d'environ 40 pour cent.Pour en réduire la pollution, on s'efforce de récupérer les composés chimiques utilisés, mais la lessive ne peut être entièrement récupérée, et une certaine partie est déversée dans les cours d'eau.Le papier journal domine la production canadienne puisqu'il représente 48,7 pourcent.On le fabrique à partir des pâtes mécaniques dans une proportion de 60 pour cent, très légèrement collées, le reste étant constitué de pâtes au bisulfite.La pollution qui en découle est moins considérable que celle des papiers qui sont basés sur des traitements chimiques intensifs.Le reste de la production canadienne consiste en des cartons et des panneaux de fibres qui en représentent 6,7 et 2,0 pour cent respectivement.Ces derniers ne comportent pratiquement pas de retombées néfastes pour l'environnement.Généralement, la pollution de l'eau pro-veint des résidus de la fabrication de ces divers papiers.Ces résidus comprennent des composés organiques et des produits chimiques, des fibres, des colorants, des morceaux d'écorces, des cendres et des boues résiduaires de chaux.Cependant, contrairement à la croyance populaire, de nombreux constituants des effluents de l'industrie des pâtes et papiers ne sont pas très différents de ceux qui existent en abondance dans l'environnement naturel.À l'exception de la lignine, ils sont facilement biodégradables, mais leur concentration dépasse largement le taux naturel, et c'est là le problème.En plus de polluer l'eau, la fabrication des pâtes et papiers provoque une pollution de l'air.Celle-ci provient, en majeure partie de la présence de composés contenant du soufre.Cet élément entre pratiquement dans toutes les opérations de fabrication des pâtes chimiques et le tiers des pertes de soufre se dégage sous forme de gaz.Ces gaz odorants sont surtout dégagés sous forme d'anhydride sulfureux, ce composé que tout étudiant a déjà fabriqué lors d'expériences de chimie, et qui impressionne toujours la mémoire olfactive.Il est difficile de combattre ces gaz nauséabonds, dont l'odeur pénétrante se fait sentir, même dans une proportion de quelques millionièmes de pour cent par rapport à l'air.Néanmoins, ces gaz ne constituent pas un danger pour la santé.Les programmes mis de l'avant pour lutter contre la pollution des pâtes et papiers font l'objet d'une coopération internationale.Le consensus s'établit sur les mesures suivantes: récupération et incinération de la liqueur résiduaire, traitement des eaux usées dont la filtration des matières solides en suspension dans l'eau, utilisation de bassins de sédimentation, remplacement du chlore utilisé dans le blanchiment par l'oxygène, diminution de l'emploi des composés du soufre, réduction de la teneur des substances-déchets qui consomment de l'oxygène, réduction des émissions de gaz malodorants, et (la plus efficace) réutilisation des eaux usées.Depuis dix ans, les usines ont réduit d'environ 30 pour cent leur consommation d'eau, bien que la production ait augmenté, dans le même temps, de 40%.Cette tendance encourageante se poursuivra et l'utilisation répétée de l'eau prélevée de nos rivières, permettra de plus en plus de réduire la charge polluante qui y est rejetée.En outre, une réutilisation plus poussée de l'eau permettra de réaliser des économies dans le traitement externe des effluents.En 1970, le Canada comptait 79 usines de pâtes chimiques.De ses 38 usines de pâtes au bisulfite, une seule comportait, à cette époque, des installations d'incinération de la liqueur résiduaire.L'une des six usines de pâtes mi-chimiques a des installations de récupération.Mais, pour l'industrie canadienne, le problème essentiel est celui des usines de papier journal, qui fabriquent environ 45 pour cent de la production mondiale.Sur 45 de ces usines, 29 comprennent de petites productions intégrées de pâtes au bisulfite fournissant l'apport chimique nécessaire.À long terme, la viabilité de certaines de ces unités de production de pâte est problématique.Il est possible que, pour plusieurs d'entre elles, le coût d'installations de récupération de la liqueur résiduaire soit prohibitif.En matière de réglementation, les usines canadiennes devront toutes être en mesure de traiter les effluents.La réglementation est stricte, et va même jusqu'à l'arrêt obligatoire de la production pour les usines qui ne s'y conformeront pas.Dans le domaine de la pollution atmosphérique, aucune mesure n'a encore été prise, mais une législation visant à fixer, pour tout le pays, des objectifs uniformes de qualité atmosphérique est à l'étude.Il est temps que la santé de nos cours d'eau, et la qualité de l'air que nous respirons tant bien que mal, priment sur les profits des usines écologiquement désuètes. 20/ SANTÉ feu vert à lai par Alexandre Dorozynski ¦ SANTÉ / 21 Proscrite par la science officielle, la parapsychologie est en voie d'acquérir ses lettres de noblesse.Déjà la rétroaction biologique a pu être démontrée et contrôlée avec succès et le congrès 1974 de l'American Association for the Advancement of Science admettait les parapsychologues.parapsychologie Le Dr Fernand Poirier, neurologiste à l'Hôpital Marie Enfant de Montréal, n'est pas particulièrement porté sur la parapsychologie.Et pourtant.L'un des premiers Québécois à s'être intéressé au «biofeedback», ou rétroaction biologique, le Dr Poirier est devenu pionnier en matière de traitement de l'épilepsie.Il a montré que certains malades, en apprenant à reconnaître les diverses ondes cérébrales qu'ils émettent, peuvent apprendre à les contrôler, et aussi à «contrer» les décharges ou «orages cérébraux» qui se manifestent sous forme de crise.Pendant les essais cliniques de cette nouvelle forme de traitement, le Dr Poirier a enregistré les ondes cérébrales de centaines de sujets, alors que les sujets eux-mêmes voyaient se dérouler sur l'oscilloscope leurs propres ondes, ou bien écoutaient les variations de ces ondes, retransmises sous forme de bruit.C'est d'ailleurs la technique même de la rétroaction: en devenant consciente de certains paramètres physiologiques normalement inconscients, une personne peut apprendre à contrôler volontairement ces phénomènes.Il est démontré (et même les plus sceptiques le reconnaissent) que l'on peut ainsi modifier volontairement sa tension sanguine, son rythme cardiaque et même, la température d'une seule main.SANS PAROLES Or, pendant ces expériences de biofeedback, le Dr Poirier a remarqué un phénomène étrange: une sorte de résonnance entre les ondes cérébrales d'une personne et celles d'une autre, sans qu'il n'y ait de communication apparente entre ces deux personnes.Par exemple, un sujet passe en ondes «alpha», caractéristiques d'un état de relaxation attentive ou de méditation.Immédiatement, la personne à côté, qui pourtant ne peut la voir, fait de même.Ou bien, sans que l'on puisse expliquer comment et sans qu'un seul mot ne soit échangé, on observe une alternance de bouffées d'ondes alpha, comme une conversation sans paroles, qui peut durer plusieurs minutes.Coincidence?Peut-être, mais de tels phénomènes se produisent avec une fréquence qui dépasse de loin celle que l'on pourrait prévoir statistiquement.Le Dr Poirier montre volontiers quelques enregistrements électroencéphalographiques qui suggèrent que les deux sujets ont, d'une façon que l'on ne peut expliquer, communiqué entre eux.Comment?Ondes électriques, champs électromagnétiques?En tout cas, aucun moyen de communication que la science moderne a pu identifier —et que cette science, a priori, rejette.Le Dr Poirier, lui, se borne à constater —sans d'ailleurs publier les résultats de ces constatations qui ne seraient guère appréciés dans des publications scientifiques orthodoxes.MARGARET MEAD vs LA AAAS Pourtant, la science est en train d'entrouvrir ses portes à ce que l'on appelle la «parapsychologie», ou l'étude de «phénomènes psychiques» inexplicables, et donc traditionnellement proscrits.Aux États-Unis, plus de 200 chercheurs, dans des centres parmi les plus réputés, se sont lancés dans la «parapsychologie».La CIA elle-même s'est intéressée à savoir si les «psychiques» pouvaient brouiller les ondes radar et les ordinateurs et, au Pentagone, ('Advanced Research Projects Agency (ARPA) s'inquiète de l'avance que les Soviétiques auraient prise dans ce domaine et passe un contrat de recherches avec le Stanford Research Institute en Californie.L'American Association for the Advancement of Science, à l'instigation de l'an- thropologiste Margaret Mead, a admis les «parapsychologues» dans son sein, après les avoir tenus à l'écart pendant plusieurs années.Lors de la réunion annuelle de l'AAAS à San Francisco, en mars dernier, on pouvait assister à un spectacle unique dans les annales de cette société: plusieurs centaines de participants à cette réunion scientifique qui est la plus importante aux États-Unis, se plongeaient, sous la direction d'un psychologue, dans une silencieuse méditation.L'astronaute Edgar Mitchell, qui a fait lors du voyage d'Apollo 14 des expériences de télépathie, a quitté la NASA et fondé l'Institut des Sciences Noétiques (de la pensée) à Palo Alto en Californie.Il a été parmi les premiers à recommander et à financer l'étude scientifique des capacités d'un jeune Israélien, Uri Geller, qui défraie la chronique par ses démonstrations spectaculaires de psychokinèse (possibilité d'agir sur la matière par la pensée).On voit même plusieurs organisations médicales, bastions de l'orthodoxie, s'intéresser à certains guérisseurs qui semblent, par l'imposition des mains, obtenir des résultats contrôlables dans le traitement de maladies.DES CHARLATANS AUX ORTHODOXES Aujourd'hui, une centaine de collèges et universités américains offrent des cours de parapsychologie et certains ouvrent des services de «recherche» qui, il y a quelques années, eurent provoqué la risée du monde scientifique.A la Fondation des Recherches Psychiques, en Caroline du Nord, on enquête sur «la survie après la mort corporelle».À l'École de Médecine de l'Université de Virginie, le psychiatre lan Stevenson étudie l'hypothèse de la réincarnation.N'est-on pas allé, il y a quelques mois en Suède, jusqu'à réaliser une expérience macabre, qui consistait à peser le corps d'un mourant avant et après ? 22/SANTÉ ?sa mort pour tenter de déterminer si l'âme qui le quittait avait une masse mesurable?La liaison entre la parapsychologie et la science orthodoxe sera difficile, car elle implique non seulement l'élimination d'un certain charlatanisme qu'il est parfois difficile de dépister, mais aussi le bouleversement de certaines notions scientifiques fondamentales.En effet, admettre l'existence de phénomènes «psychiques» signifie admettre que les êtres humains peuvent recevoir des informations autrement que par l'intermédiaire des cinq sens connus.Cela signifierait que le monde «objectif» de la physique peut tolérer des incursions étranges du monde encore subjectif de l'esprit.Ces phénomènes sont d'autant plus difficiles à rationaliser qu'ils sont assujettis à des états psychiques variables, à des individus plus ou moins «doués» et même, à l'attitude de l'expérimentateur qui influe sur la performance d'un sujet.Les chercheurs les plus enthousiastes, en effet, obtiennent les meilleurs résultats, alors que les sceptiques ont, le plus souvent, des résultats négatifs —ceci n'implique pas nécessairement la tricherie, mais plutôt une participation de l'expérimentateur à l'expérience.Il est vrai que la science moderne orthodoxe a émis et accepté des hypothèses qui peuvent sembler encore plus inconcevables que les explications offertes par les parapsychologues.Il suffit de penser à la relativité d'Einstein, selon laquelle on change de forme et de poids au fur et à mesure que l'on se rapproche de la vitesse de la lumière; aux neutrinos, particules qui ne devraient pas exister puisqu'elles n'ont ni masse ni charge électrique, ou aux «trous noirs» dans lesquels tout se perd dans une force de gravité infinie.Mais lorsqu'on en vient à une discipline aussi révolutionnaire que la parapsychologie, la science «orthodoxe» est bien plus dure qu'avec ses propres adeptes plus conventionnels et exige des preuves bien plus écrasantes.Néanmoins, on peut déjà observer de nombreuses percées de certaines «spécialités» parapsychologiques envers lesquelles la science montre un intérêt nouveau.LA PHOTOGRAPHIE DE KIRLIAN La technique de la photographie de Kir-lian, mise au point il y a plus de 40 ans déjà par un électronicien soviétique, Simon Kirlian, et sa femme, consiste à placer un objet entre deux plaques métalliques au contact d'une pellicule photographique et à faire passer un courant électrique entre les plaques.La décharge électrique de l'objet expose le film, sur lequel apparaft une sorte d'auréole, ou corona.Lorsque l'objet ainsi photographié est vivant (plante, partie du corps humain, insecte), l'auréole est la plupart du temps vive et colorée.Selon les chercheurs américains qui ont utilisé cette méthode, l'émanation varie d'individu en individu et, chez le même individu, selon son état de santé.Le Dr Thelma Moss, psychologue à l'Université de Californie, maintient que l'image de Kirlian peut changer de façon spectaculaire lors d'altérations physiologiques ou mentales d'un individu.Plusieurs expériences ont montré, par exemple, que quelques heures après l'infection par le virus de la grippe, alors que la maladie est encore latente et ne présente aucun symptôme, des taches rouges commencent à apparaftre sur la photographie de Kirlian d'un doigt.De même, lorsqu'un sujet est en colère, la corona s'agrandit, et les couleurs rouge et orange dominent.Selon certains chercheurs, cette image reflète l'énergie intérieure d'un individu, son «aura» personnelle, qui pourrait même être transmise d'une personne à une autre.Ainsi, le Dr Moss maintient que l'aura de guérisseurs est très forte.Après l'imposition des mains, elle s'affaiblit, alors que l'aura des malades ainsi «traités» devient plus puissante.Des scientifiques «orthodoxes», qui ont étudié ce phénomène, l'expliquent d'une façon différente.Selon le Pr William Tiller de l'Université de Stanford, «le champ électrique provoque l'émission d'électrons à partir d'un système vivant, et une abondante ionisation grâce à l'accélération des électrons par le champ électrique.La recombinaison des électrons et des ions donne lieu à une émission de radiation.C'est cette radiation qui expose le film.» Selon le Dr Arthur Kantrowitz, qui dirige un laboratoire de recherches médicales à Everett, Massachusetts, la décharge est également modifiée par la chimie de la peau.La photographie de Kirlian, pense-t-il, pourrait devenir une méthode valable pour étudier cette chimie.INTUITION OU PERCEPTION EXTRA-SENSORIELLE?Lorsqu'un dirigeant d'entreprise prend une décision importante, sur quoi fonde-t-il cette décision?Études de marché, avis d'experts, étude des conditions économiques et autres moyens aujourd'hui classiques jouent certainement un rôle important, Mais pourquoi certains dirigeants, qui disposent des mêmes données que leurs concurrents, prennent-ils des décisions qui mènent leur entreprise au succès, alors que d'autres vont à la faillite?Certaines expériences tendent à montrer qu'une sorte de sixième sens, que l'on peut appeler intuition, joue un rôle important.Or, l'intuition n'est-elle pas synony- me de perception extra-sensorielle, puisqu'elle est une forme de précognition qui permet d'entrevoir l'avenir?John Mihalasky, professeur d'engineering industriel à l'École d'Engineering de Newark, New Jersey, et Douglas Dean, chercheur à la même école, ont réalisé avec la collaboration de 25 sociétés commerciales une série de tests dont les résultats peuvent surprendre.Ils ont choisi pour leur expérience des dirigeants de sociétés moyennes (donc, décision individuelle plutôt que corporative), et qui étaient en poste depuis au moins cinq ans.On expliquait à chaque dirigeant qui avait accepté de se soumettre à l'expérience qu'un ordinateur choisirait, au hasard, une série de 100 chiffres, et on lui demandait de deviner, à l'avance, ces chiffres, et de les marquer sur une carte perforée.Au bout d'un certain nombre d'essais, les résultats étaient introduits dans l'ordinateur, qui comparait avec les chiffres qu'il avait lui-même générés, et donnait un score.Le choix étant fait chaque fois entre 10 chiffres, de 0 à 9, le sujet devait, en moyenne, tomber juste dans 10% des cas.Il est vrai que pour la totalité des sujets pris ensemble, cette moyenne était respectée.Mais certains individus avaient des scores pouvant aller jusqu'à 24%, d'autres, aussi bas que 2%.Toujours rien de surprenant: on obtenait en fait une sorte de courbe de Gauss, avec un petit nombre de sujets ayant un score excellent, un petit nombre, un score très bas et la majorité oscillant autour de la moyenne.' Mais lorsque l'on comparait ces résultats avec l'évolution des sociétés que dirigeaient ces cadres, les résultats défiaient toute explication statistique.Parmi les 25 dirigeants sélectionnés, 12 avaient au moins doublé les bénéfices de leur société pendant la période de cinq ans.Or, 11 d'entre eux avaient des scores au-dessus de la moyenne dans le test de «précognition».Par contre, parmi les 13 dirigeants qui n'avaient pas doublé les bénéfices de leur société, 7 avaient des notes au-dessous de la moyenne, 1 une note moyenne, et 5 des notes au-dessus de la moyenne.Encore faut-il ajouter que ces cinq derniers avaient vu les bénéfices de leur société augmenter entre 50 et 100%, à peine au-dessous du «critère de succès» choisi par les expérimentateurs.Sans prétendre que ces résultats confirment l'existence de perceptions extrasensorielles, Mihalasky et Dean suggèrent prudemment que de tels tests pourraient être utiles pour aider une société à choisir des cadres parmi un groupe déjà qualifié.La fameuse Fondation Menninger à Topeka, Kansas, a depuis entrepris un programme de recherches destinées à explorer le potentiel d'utilisation de techniques «parapsychologiques» dans la sélection et la formation de cadres.L'intuition —ou SANTE / 23 la perception extra-sensorielle— semble en effet être «payante».LA FORME DES ÉMOTIONS Parmi les composantes les plus importantes, mais aussi les moins faciles à étudier, d'un individu, sont ses émotions.Par définition subjectives et volatiles, elles échappent à l'observation directe.Elles n'ont ni formule chimique, ni poids.Pourtant, elles ont une forme.Cette forme est révélée pour la première fois par une science nouvelle, la sentique, créée par un scientifique qui est également un pianiste de concert de réputation internationale.Le Dr Manfred Clynes, en effet, est non seulement licencié en musique de l'Université de Melbourne et boursier de la fameuse École de Musique Juilliard à New York, mais ingénieur et physiologiste.En tant que musicien, Clynes sentait que chaque compositeur possédait une sorte de «pulsation intérieure» qui caractérisait ses œuvres, et il tenta d'enregistrer cette pulsation.Pour ce faire, Clynes (ingénieur spécialisé en électronique) mettait au point un «transducteur» qui pouvait instantanément établir la moyenne des pressions et mouvements d'un doigt placé sur un bouton.Ensuite, il demandait à plusieurs de ses amis musiciens de poser un doigt sur le bouton, et avec le doigt, de diriger un orchestre imaginaire exécutant un morceau de tel ou tel compositeur.Le résultat se traduisait par une série de courbes.Et, pour chacun des compositeurs, et quel que soit l'interprète, les courbes étaient à peu près les mêmes.La courbe, en d'autres mots, permettait d'identifier le compositeur.Or, la musique est un moyen de communication des émotions, souvent bien plus efficace que la parole.Clynes poussait son expérience plus loin, en tentant d'identifier avec son appareil la forme des émotions.Un sujet volontaire, assis, les yeux fermés, écoutait une bande magnétique tout en maintenant son doigt sur le bouton du transducteur.Il entendait le nom d'une émotion (joie, colère, etc.) qu'il devait essayer de revivre.Puis, une série de déclics.À chaque déclic, il devait tenter d'exprimer cette émotion avec le doigt.UN PROGRAMME CÉRÉBRAL Certes, il n'est pas habituel d'exprimer ses émotions avec le doigt, mais on peut dire aussi qu'une émotion peut s'exprimer par n'importe quelle partie du corps.On laissait le sujet se débrouiller aussi bien qu'il le pouvait, pendant au moins une heure.Puis, on analysait les courbes.Et Clynes remarquait que chaque émotion avait sa courbe bien définie, qui se retrouvait d'un sujet à un autre, courbes qui représentent, dit-il, «l'émotion primitive» ou état sentique, qui fait partie intégrante de l'homme et reflète un programme cérébral inné.Il a refait son expérience au Japon, au Mexique et à Bali, pour constater que les courbes correspondant à chaque émotion ne variaient pas plus d'une race ou culture à une autre qu'elles ne varient d'un sujet ou un autre dans le même pays.La courbe permettait toujours d'identifier l'émotion.RÉTROACTION ALPHA — Toute personne qui se concentre émet des ondes alpha.Le problème est de s’en rendre compte.On y parvient ainsi.Un détecteur capte les ondes du cerveau et les amplifie.Puis, un appareil transforme l'onde en un signal sonore perceptible.Une fois consciente de ses émissions cérébrales, la personne émettrice peut songer à les modifier, c’est l'objectif de la rétroaction biologique.On vérifie l'autoamplîfication alpha par le déclenchement d'impulsions, lorsque l'amplitude dépasse un certain seuil.Bien entendu, Clynes lui-même a servi de sujet à ses propres expériences, et c'est alors qu'il remarquait que l'exercice demandé (d'éprouver une émotion après une autre) avait un effet bénéfique et relaxant, comme une sorte de gymnastique mentale.Depuis, plusieurs psychologues et psychiatres se sont penchés sur la «sentique», qui est utilisée aujourd'hui dans le traitement de certaines maladies mentales.Ainsi, le Dr Alfred P.French, du service de Psychiatrie au Centre Médical de Sacramento en Californie, a constaté des changements chez des malades suivant des cycles senti-ques selon la méthode de Clynes.«Les réponses varient d'un sujet à un autre, mais chez certains, on pouvait observer une amélioration radicale de symptômes de dépression, d'anxiété et d'insomnie, dès la fm de la première session.» Des enquêtes psychométriques, dit-il, ont confirmé ces résultats.Quant à Clynes, il poursuit ses recherches, qui tentent de rendre accessible à la science un domaine traditionnellement réservé à l'artiste.Ainsi, a-t-il retrouvé, dans les chefs-d'œuvre de certains peintres, une similitude entre la forme sentique d'une émotion et le coup de crayon ou de pinceau de l'artiste qui dépeint une situation dans laquelle cette émotion domine.TOUT L'ESPRIT N'EST PAS DANS LE CORPS L'aiguille d'aluminium de 40 centimètres de long, posée sur un pivot vertical, commence à bouger, tourne sur son pivot, se déplaçant sur 10 degrés de cercle environ, puis elle s'arrête.? 24/SANTÉ Devant l'aiguille, à une distance de deux mètres environ.Swami Rama est assis, son visage impassible couvert-d'un masque qui dévie le souffle de sa respiration sur les côtés.C'est par un effort de volonté qu'il a déplacé l'aiguille.Autour de lui, une douzaine de chercheurs, dirigés par le Dr Elmer Green, ont silencieusement observé la performance.La scène se déroule à la Fondation Men-ninger à Topeka, dans le Kansas, le centre de recherches «parapsychologiques» où les phénomènes les plus spectaculaires et les moins orthodoxes sont systématiquement passés au crible scientifique.Swami Rama, qui a fait son apprentissage de Yoga dans l'Himalaya, est venu aux États-Unis à la suggestion de son martre, ou «gourou», afin d'aider au rapprochement de la science occidentale avec la science orientale.Il a démontré les résultats de cet apprentissage.Il peut, par exemple, augmenter à volonté la température d'un de ses doigts de 10 degrés, modifier sa tension sanguine et changer son rythme cardiaque.Il est, selon toute évidence, également capable de «psychokinèse», ou action de l'esprit sur la matière.Selon lui, «tout le corps est dans l'esprit, mais tout l'esprit n'est pas dans le corps».C'est-à-dire que toutes les parties des structures énergétiques qui forment le corps se retrouvent dans l'esprit, mais toute l'énergie concentrée qui se trouve dans l'esprit n'est pas nécessairement dans le corps.Il dit qu'il réussit à matérialiser cette énergie de l'esprit pour agir sur la matière —sans préciser, bien sûr, si c'est une énergie électrique, électromagnétique ou autre.«Chacun peut avoir sa propre hypothèse, mais il doit tenir compte des faits», dit-il.Le fait, constaté maintes fois, est que l'aiguille bouge et que l'expérience, arrangée par l'équipe de la Fondation Menninger, ne se prête pas à la supercherie.Aux scientifiques de jouer pour démontrer le mécanisme de la psychokinèse.LE SUBCONSCIENT COMPLICE Jack Schwarz, lui, est d'origine hollandaise.Le pouvoir de son esprit se manifeste de façon différente: il semble capable de se rendre insensible à la douleur et de contrôler certains mécanismes physiologiques pour se, protéger de l'infection et de la maladie.À la fondation Menninger, une expérience curieuse a été répétée à plusieurs reprises.Schwarz, des électrodes placées sur son cuir chevelu pour enregistrer son activité cérébrale, prend une aiguille à tricoter et la roule dans la poussière.Puis, il l'enfonce dans son biceps gauche.L'aiguille traverse la peau, le muscle, et une veine.Lorsqu'il la retire, la blessure saigne pendant une dizaine de /-\ Des antennes vivantes Au laboratoire des systèmes de contrôle du Conseil national de recherches, à Ottawa, le Dr Allan Tanner a démontré qu'un faisceau de micro-ondes de faible intensité pouvait stimuler la production du myéline autour des nerfs.La myéline est un corps gras de couleur blanche qui enveloppe certains nerfs du cerveau et du système nerveux.Son absence provoque la sclérose en plaques, qui touche surtout les jeunes adultes, d'où un intérêt médical immédiat pour les micro-ondes.Par contre, lorsque l'intensité du champ augmente de façon considérable, l'action s'inverse et au lieu de stimuler la production de la myéline, les micro-ondes favorisent la formation de collagène, une substance fibreuse.Ceci complique l'application des micro-ondes au traitement de la sclérose en plaques, mais ouvre un autre champ d'application immense pour les micro-ondes.En effet, les chercheurs ont constaté que l'augmentation de collagène suscitée par les rayons électromagnétiques (EM) accélèrent la cicatrisation des blessures, surtout si l'on baigne la plaie d'histamine, un extrait d'ergot de seigle utilisé pour stimuler la contraction musculaire.Des essais laissent prévoir que la cicatrisation chez l'homme pourrait être réduite de cinq jours à cinq heures.Un autre exemple de l'influence des radiations EM chez les êtres vivants est celui de la perception directe des ondes lumineuses par le cerveau des moineaux, sans l'intermédiaire des yeux.Tout comme nos mains, leur bofte crânienne se laisse traverser par la lumière, surtout de couleur rouge, et des organes non identifiés du cerveau répondent à ces radiations EM visibles.Enfin, d'autres chercheurs (voir Perception des ondes UHF, Québec Science, septembre 1973) ont découvert que le cerveau humain capte les ondes UHF, de 0,3 à 3 GHz, sous forme d'ondes sonores.Encore là, on ignore comment le cerveau transforme ces ondes EM en signaux auditifs.S,_______________________________________________________________________> secondes, puis, il prévient: «Maintenant, cela va s'arrêter.» Deux secondes plus tard, le saignement, en effet, cesse.L'enregistrement des ondes cérébrales indique qu'il n'a éprouvé aucune douleur.Les ondes cérébrales alpha, ondes de «relaxation attentive», ont dominé tout au long de l'expérience.L'explication de Schwarz est différente de celle de Swami Rama.« 11 faut que je demande à mon subconscient s'il est d'accord.S'il me dit oui, je peux le faire.» Tous les deux utilisent, d'une façon encore totalement inexplicable, l'énergie de leur esprit dans un but précis et peu conventionnel.Uri Geller, le jeune Israélien que l'on commence à connaftre parce qu'il plie clefs et couteaux sans les toucher, a été.lui, le sujet d'expériences réalisées au Stanford Research Institute à Menlo Park, Californie.Les physiciens Russel Targ et Harold Puthoff ont constaté qu'il pouvait, par un effort de volonté, dévier l'aiguille d'un magnétomètre, pencher une balance et plier des objets en métal.Dans un laboratoire situé au-dessous de celui de Targ et Puthoff, se trouvent des ordinateurs utilisés pour un projet de recherches de ('Advanced Research Project Agency.On observait que pendant les expériences sur Geller, les ordinateurs se comportaient de façon anormale et certaines des bandes magnétiques étaient effacées.L'expert du Département de la Défense, George Lawrence, envoyé sur les lieux, et qui a assisté à plusieurs de ces expériences, conclut à la coi ncidence, et maintient que Geller n'est qu'un magicien et un tricheur.L'ennui —et Geller lui-même l'admet— c'est qu'il ne peut pas, à tout moment et sur demande, réaliser ses performances. SANTÉ / 25 L'HYPOTHÈSE ÉLECTROMAGNÉTIQUE Tricheur ou pas, la question n'est pas encore résolue.Il y a quelque temps.Will Lepkowski, rédacteur scientifique chez McGraw Hill, la plus importante maison d'édition américaine dans le domaine scientifique, interviewait Geller, qui lui demandait une clef.Posant la clef sur la table et sans la sortir de son trousseau, Geller la frotta d'abord de l'index de sa main droite, puis éleva sa main de quelques pouces au-dessus de la clef.«Je voyais sa main vibrer, comme s'il faisait appel à une force, dit Lepkowski.Puis je vis la clef plier lentement, jusqu'à un angle de 20 degrés.Et elle resta pliée.Il n'y avait aucun truc, aucune manipulation.La clef est toujours pliée, et elle n'a toujours pas quitté mon trousseau.» Uri Geller, personnage fantasque, souvent avide de publicité, est fortement contesté, comme le sont, d'ailleurs, les expériences de psychokinèse et de perception extrasensorielle.Pourtant, il n'est pas invraisemblable que ces phénomènes puissent, un jour, être expliqués en termes de physique et biochimie conventionnelles.On sait en effet que tout objet est entouré d'un champ et émet des radiations électromagnétiques, et que ces radiations réagissent avec les radiations de l'environnement.(Certaines de ces radiations peuvent d'ailleurs être nocives, comme l'ont montré notamment les études réalisées à Ottawa par l'équipe de J.Tanner du Conseil national de recherches.D'autres peuvent être utilisées dans un but thérapeutique pour accélérer la cicatrisation, par exemple (voir encadré).On sait aussi que toute activité du cerveau s'accompagne d'ondes électriques, qui peuvent être séparées en plusieurs catégories (alpha, bêta, thêta, delta) selon l'activité mentale.La physique moderne ne s'oppose pas à l'idée de la transmission de telles ondes, peut-être sous forme d'électromagnétisme, comme semblerait l'indiquer le fait que Geller pourrait influencer un magnétomètre.DES MÉDECINS CHEZ LE GUÉRISSEUR Il y a quelques mois, des chercheurs soviétiques publiaient les résultats d'expériences qui indiquaient que les cellules vivantes communiquent entre elles, même lorsqu'elles sont séparées par une paroi de quartz.Le Dr Vlai l Petrovich Kaznacheev, membre de l'Académie Soviétique de Médecine, a observé que des cellules émettaient un rayonnement constant dans les fréquences de l'ultraviolet.Des cellules rendues pathologiques par divers agents chimiques ou viraux, pouvaient ainsi, d'une façon que l'on n'a pas pu expliquer, transmettre leur infection à d'autres cellules avec lesquelles elles n'avaient aucun contact direct.LES EMISSIONS CEREBRALES Les ondes émises par le cerveau proviennent de l'intense activité électrochimique du système nerveux.Dans ce réseau, les signaux voyagent sous la forme de décharges électriques extrêmement faibles.Pour enregistrer ces impulsions de 5 à 50 millionièmes de volt, il faut recourir à des récepteurs et des amplificateurs d'une grande sensibilité.Ils n'ont été mis au point que vers les années 1920, après qu'on se soit moqué pendant des années du découvreur des ondes cérébrales, l'Anglais Richard Caton.Aujourd'hui, les élec-tro-encéphalographes ont permis d'identifier quatre ondes fondamentales du cerveau.Avec une fréquence de 8 à 13 cycles par seconde, le rythme alpha caractérise l'homme au repos, les yeux fermés.On le recueille dans les régions postérieures du cerveau.Aussitôt que l'attention est distraite par un phénomène extérieur, les ondes s'arrêtent.Par contre, l'état de méditation entraîne une forte amplification des ondes alpha.Le rythme bêta (15 à 30 hertz) provient des régions antérieures et n'est pas modifié par les perceptions sensorielles.De leur côté, les rythmes thêta (4 à 7 Hz), émis par le lobe temporal sur le côté du cerveau, et delta (0,5 à 3 Hz), que l'on observe chez l'homme éveillé, peuvent être reliés à des états pathologiques.Les ondes cérébrales constituent un outil de plus en plus important pour l'étude et le traitement des maladies mentales.L’onde oméga (ligne 1 ) représente la somme des ondes bêta, delta, thêta (ligne 2) et alpha (ligne 3).Si alpha est amplifiée, il y a émissions d’impulsions par l'appareil (ligne 4).V ’°—/ e V, S-uju,,—._ V y C'est par un effet comparable que l'on tente d'expliquer la faculté que certaines personnes posséderaient de guérir d'autres personnes en leur transmettant une sorte de magnétisme.Ainsi, la parapsychologie atteint même le domaine où l'orthodoxie est, traditionnellement, d'une rigueur inflexible: celui de la médecine.Aujourd'hui, on peut assister, aux Etats-Unis, à un spectacle qui, il y a quelques années à peine, eut été inconcevable: celui de médecins conduisant leurs malades auprès d'un guérisseur.C'est ce qui s'est passé récemment à l'Université de Stanford en Californie lors d'une réunion de l'Académie de Parapsychologie et de Médecine, association créée par le Dr Robert Bradley, obstétricien de Denver, et qui _ compte déjà quelque 2 500 membres.À Stanford, 10 malades, dont l'état ne s'était pas amélioré à la suite de traitements conventionnels, étaient présentés à madame Olga Worral, 67 ans, «faith healer» qui procède par imposition des mains (sans, d'ailleurs, jamais accepter de rétribution pour ses services).Selon les médecins eux-mêmes, la guérison, ou une amélioration, était constatée chez sept de ces patients.AU DELÀ DU CHARLATANISME La sérieuse revue Medical Economies destinée au corps médical publiait, après une enquête auprès de plusieurs médecins, les résultats obtenus dans plusieurs cas, dont celui d'un médecin, spécialiste de médecine interne et de cardiologie, qui était atteint d'un mélanome cancéreux considéré comme incurable.Après avoir assisté à plusieurs «services» que Madame Worral tient à l'église Méthodiste de Mount Washington, à Baltimore, et subi l'imposition des mains, le médecin en question observait une récession du processus cancéreux, suivie de ce qui semble être une guérison complète.Aucune hypothèse ne permet, jusqu'à présent, d'expliquer de tels cas, mais il semble significatif que la science ne rejette plus, en bloc, la parapsychologie dans le domaine du charlatanisme, et tente de réaliser des observations objectives (sans oublier, bien sûr, que de nombreux charlatans continuent de graviter dans ce domaine).En tout cas, certaines expériences (notamment de rétroaction biologique) ont démontré sans qu'il ne reste l'ombre d'un doute que l'organisme possède des facultés d'auto-contrôle qui ont été ignorées dans le progrès de la médecine moderne.L'intérêt authentique que la science commence à porter aux phénomènes dits psychiques, promet sans doute une révolution en ce qui concerne la connaissance des possibilités encore peu connues du cerveau —ou de l'esprit— humain. WM 26/ SANTÉ LA SCIENCE & LA S/INTÉ LA CLE DE L'AGRESSIVITE À la base du cerveau, un amas de matière grisâtre constitue un véritable relais pour les voies sensitives.Cet amas ovoïde, le thalamus, est le centre des réactions affectives.Déjà on a pu identifier ses parties médianes comme la régie centrale de notre agressivité.Cependant, les chemins du système nerveux par lesquels les réactions agressives sont déclenchées, n'ont pas encore été retracées.C'est pour découvrir la «route» de l'agressivité que les Drs J.Handler et J.P.Flynn ont entrepris d'étudier les effets de petites lésions localisées dans le thalamus du chat.Les sites choisis coïncidaient avec les zones de contrôle du comportement agressif de la bête.Sous des conditions rigoureuses d'aseptie, chaque bête utilisée avait été munie d'une électrode plongeante pouvant s'enfoncer jusque dans le thalamus.Au bout d'une semaine, le temps de récupérer parfaitement, les chats ont été placés dans des cages où se trouvait un rat (sous anesthésie) et un plat de pâtée: aucun d'entre eux n'a attaqué l'animal somnolent.Par la suite, on a enfoncé l'électrode greffée précédemment, plus à fond, vers les zones régissant l'agressivité, pour les soumettre à de petites impulsions électriques de façon à provoquer une attaque de la part du chat.Une fois cette réaction obtenue, les chercheurs notèrent la position correspondante de l'extrémité de l'électrode restée en place.Une douzaine de tests de contrôle ont permis de s'assurer de la répétition du comportement induit.Ainsi conditionné, le chat attaquait invariablement le rat.Restait à provoquer de petites lésions locales par des chocs électriques intenses.Ce qui fut fait.Par la suite, aucune autre attaque ne put être stimulée: les lésions provoquées avaient complètement annihilé l'agressivité du chat, il devient donc possible, en détruisant des fibres thalami-ques, d'enrayer les comportements agressifs.À la suite de ces expériences, on procéda à l'analyse des cerveaux afin de déterminer le site exact des lésions en question.Elles se trouvaient toutes dans la région médiane postérieure du thalamus.On a même retracé les fibres dégénérées dans la partie inférieure.Cette dégénération se prolongeait jusque vers une commissure postérieure et suivait la portion dorsale du B Ventricule latéral [^1 Ventricule moyen B Thalamus [ 4 1 Hypothalami ENCÉPHALE (coupe frontale) Aire psychomotrice Aire somatomotrice Zone somatosensitive Zone somatopsychique ENCÉPHALE (hémisphère gauche) ventricule moyen.Les ramifications de ces fibres^disparaissaient au sommet de ce dernier.À noter que l'hypothalamus n'avait subi de dégénération dans aucun des cas étudiés.Ainsi, les stimulations induites au niveau du thalamus suivent la dorsale du ventricule moyen pour se rendre vers les aires psychomotrice et somatomotrice.Dans le cas d'une attaque induite par des stimu- lations naturelles, la réaction au niveau des zones somatosensitive et somatopsychique procède vers le ventricule moyen, passe par le thalamus qui agit alors au niveau psychomoteur.Aussi n'est-ce plus rêver que d'imaginer une société où les seules barricades seraient celles qui bloquent les chemins de l'agressivité.• VIRAGE DE LA MÉDECINE Les systèmes de soins ne constituent qu'une des facettes de l'effort visant à améliorer la santé des Canadiens.Le relèvement du niveau de vie et les progrès réalisés dans le domaine des sciences médicales fondamentales y ont contribué tout autant, sinon plus.Cependant, rançons du progrès, la pollution de l'environnement, la vie sédentaire, le manque d'exercice et les mauvaises habitudes alimentaires viennent freiner l'amélioration générale de la santé.A la fin, le système actuel des soins médicaux ne servirait-il plus qu'à accueillir et à guérir les éclopés de la vie moderne?Dans un document de travail intitulé «Nouvelle perspective de la santé des Canadiens», le ministre de la Santé et du Bien-être social, M.Marc Lalonde, trace les grandes lignes d'une nouvelle conception de la santé.Dorénavant, l'assainissement du milieu, la réduction des risques auxquels s'expose l'individu et la connaissance approfondie de la biologie humaine s'imposent comme SANTÉ / 27 autant de préalables essentiels à l'amélioration des conditions de vie.Comme le souligne le ministre Lalonde, un malade qui souffre se laissera facilement convaincre de consulter un médecin, mais il est très difficile d'amener un bien portant à corriger ses néfastes habitudes de vie.Il faut qu'il réalise que malgré les progrès de l'hygiène publique, la contamination de l'eau prend chaque jour plus d'ampleur, que l'urbanisation affecte sa santé physique et mentale et que l'évolution accélérée de la société apporte son cortège de stress.Désormais, la santé doit s'appuyer sur les quatre piliers de la biologie, de l'environnement, des habitudes de vie et de l'organisation des soins de santé.Auparavant, presque tous les efforts étaient consacrés aux soins.Selon la nouvelle conception proposée par le ministre, les trois premiers éléments prendront au moins une importance égale à celle de l'organisation des soins (hôpitaux, cliniques, ambulances et médicaments).Ceci représente un changement radical dont la recherche médicale a déjà commencé à se ressentir durement.En effet, la recherche en médecine s'est surtout occupée de guérir des maladies de plus en plus compliquées et des cas de plus en plus désespérés.On a qu'à penser aux transplantations cardiaques.Il faudra maintenant inventer une nouvelle médecine et une nouvelle recherche médicale préoccupées par le patrimoine génétique et par la maturation et le vieillissement des nombreux systèmes de l'organisme.Il faudra aussi cerner et corriger les influences du milieu (aliments, médicaments, eau et air) qui sapent lentement la santé des hommes.Enfin, ce qui pose tout le problème de la liberté individuelle, il faudra se pencher sur les habitudes de vie et peut-être inviter les personnes «qui vivent pour mourir» à modifier leur comportement.Les bouleversements profonds que va vivre le domaine de la santé devraient attirer les esprits aptes à relever des défis.• DIAGNOSTIQUEUR ÉLECTRONIQUE Les rapports pathologiques sont d'une importance capitale pour établir les diagnostics précis sur lesquels reposent les traitements médicaux appropriés.Il faut pour cela comparer une grande quantité de données statistiques aux symptômes spécifiques de chaque patient.Jusqu'à tout récemment les médecins ne pouvaient se soustraire à la tâche longue et peu efficace qui consiste à trier manuellement les fichiers d'informations pertinentes à chaque cas.Les docteurs C.A.Lazio, M.R.Reesal et M.L.Hercz, rattachés au Service de Génie médical de l'université McGill, ont décidé de céder cette tâche à l'ordinateur.En effet, avec l'accroissement du nombre de patients provoqué par la mise en vigueur du Régime de l'assurance maladie, les médecins sont aux prises avec le défi surhumain de maintenir des listes complètes de données essentielles sur des milliers de patients.Leur objectif était au départ de classifier de manière à ce qu'elles soient facilement et rapidement disponibles les informations sur l'histoire médicale du patient, l'évolution de la maladie, les résultats d'observations cliniques et les tests de laboratoire.Ces derniers sont d'un très grand intérêt puisqu'ils s'appuient sur des faits objectifs plutôt que sur les observations subjectives du médecin.Ces dernières sont souvent sujettes à erreur puisqu'il est reconnu que plus de la moitié des médecins ne pratiquent pas avec l'efficacité à laquelle on devrait s'attendre.Les tests de laboratoire constitueront donc la base même du diagnostic.De plus, le médecin traitant peut vérifier constamment l'efficacité de ses mesures thérapeutiques puisqu'il dispose désormais de données précises sur l'évolution de la maladie.Celle-ci a été parfaitement décrite dans un dossier de base emmagasiné dans l'ordinateur et construit à partir de données pathologiques qui vont de l'examen de secrétions et de tissus prélevés lors d'opérations chirurgicales jusqu'aux rapports d'autopsie.Le médecin a donc accès à toute l'information amassée à partir de plusieurs cas, guéris ou décédés, pour suivre son patient.Ce n'est pas la somme d'informations disponibles qui manque, mais l'accessibilité à cette information.Dans le cas de l'Hôpital général de Montréal, par exemple, où défilent annuellement 16 000 personnes, comment le pathologiste peut-il réussir à analyser toute l'information dont il a besoin?La méthode conventionnelle consiste à utiliser un «ordinateur à trous».Il ne coûte pas cher, mais il met les nerfs de ses utilisateurs à l'épreuve.Les renseignements sont inscrits sur quelques milliers de cartes perforées de trous.En en superposant un certain nombre et en observant les coincidences par transparence, le médecin arrive à y puiser l'information cherchée.Le nouveau système, lui, commence par une normalisation de la terminologie.Puis, chaque terme est codé et placé en ordre hiérarchique.Les groupes de maladies générales sont subdivisés en sous-groupes et ces derniers en sections.Tout cela est stocké en mémoire électronique.Pour aller chercher l'information dont il a besoin, le médecin commence par fournir à l'ordinateur le sexe, l'âge, les détails anthropométriques et cliniques, les résultats des tests subis par son patient et le diagnostic du médecin traitant.Si ce diagnostic ne laisse planer aucun doute, l'information vient s'ajouter au dossier de base pour utilisation ultérieure.Si le cas est douteux, le médecin demande à l'ordinateur d'établir des corrélations avec l'information déjà emmagasinée.Le médecin pourra donc immédiatement raffiner son diagnostic et prescrire un meilleur traitement.Cet ordinateur diagnostiqueur peut aussi devenir un instrument de recherche utile dans la nouvelle médecine sociale préventive.En effet, une fois qu'il possède des milliers de dossiers, il pourra révéler la fréquence de telle ou telle maladie chez les différents groupes de populations.Enfin, les coûts du système se comparent favorablement à l'emploi de l'«ordinateur à trous» avec, en plus, amélioration de la qualité du diagnostic et économie de temps et d'énergie.De plus, grâce au diagnostiqueur électronique, le médecin-compilateur pourra se remettre à l'exercice de la médecine.• 28/ LA SCIENCES LES HOMMES la logique de l'apocalypse Le problème le plus important du monde actuel est sans doute celui de la limitation des armes nucléaires.Et, sans doute, le plus complexe.Le voici, résumé en huit graphiques.par Albert Legault et Georges Lindsey La bombe d'Hiroshima n'a tué que 78 000 personnes.On dispose aujourd'hui de bombes nucléaires capables de provoquer la mort de 35 pour cent des habitants d'une ville comme Montréal.Or, cinq nations du monde disposent aujourd'hui, ensemble, de plus de 3 000 engins balistiques porteurs d'une ou plusieurs de ces bombes.Chacune de ces nations a enfoui ses missiles dans le sol ou les a embarqués à bord de sous-marins reposant au fond des mers pour qu'ils soient invulnérables.Puis, les autres ont été avertis: «Si jamais vous nous attaquez, de la mer et du sol surgiront automatiquement des armes de vengeance qui effaceront tout profit que vous pourriez retirer d'une attaque en vous infligeant des dommages intolérables.» Chaque pays ayant dit qu'il ne se servirait jamais le premier de ces armes, elles n'existeraient donc que pour prévenir la guerre.Ainsi est née la dissuasion nucléaire.UN SEUIL INTERDIT En effet, les experts en stratégie s'entendent pour reconnaftre qu'au-dessus d'un certain seuil, le combat serait «intolérable».En d'autres termes, les effets d'une guerre nucléaire seraient tellement dévastateurs que les adversaires préféreraient s'entendre plutôt que d'en venir aux coups.Ce seuil au-dessus duquel la guerre deviendrait «impensable» est fixé à un niveau plutôt élevé que bas.Admettons, pour les besoins de la cause, que Soviétiques et Américains préféreraient la paix, les premiers à la perte de 100 de leurs villes, et les seconds à la perte de 50 de leurs villes.L'hypothèse inverse pourrait fort bien être retenue.Il reste toutefois que les villes américaines sont moins nombreuses et plus peuplées que les villes soviétiques, ce qui explique la différence des seuils numériques que nous retenons pour les uns et les autres.De plus, l'inégalité d'appréciation est fort possible, puisque le calcul que se font les Américains du seuil d'«intolérabilité» des Russes pourrait être différent de ce qu'ils pensent en réalité.Le principe du «seuil» étant admis, nous postulons désormais qu'un seul engin balistique suffit, d'un côté comme de l'autre, pour détruire une agglomération urbaine.On a alors réalisé l'équation, «nombre de missiles» = «nombre de villes susceptibles d'être détruites».Nous pouvons représenter cette situation par un graphique (méthode d'analyse développée par G.D.Kaye, voir A/r Force College Journal, Toronto, 1961, p.81-89).Par exemple (voir graphique 1), les «Blancs» possèdent un certain nombre de missiles représenté par la barre horizontale.Le nombre de missiles des «Noirs» est indiqué par la barre verticale.Les Blancs, de leur côté, ont besoin d'un nombre de missiles au moins égal à la ligne horizontale hachurée pour faire subir des dommages intolérables aux Noirs.Inversement, les Noirs possèdent «la barre verticale» des missiles, dont «la barre verticale hachurée» peut faire subir des dommages intolérables aux Blancs.Le point A marque ainsi les seuils de dissuasion des parties en présence.En d'autres termes, les Blancs pourraient décider de faire la guerre si les Noirs possédaient un nombre de missiles inférieur à la barre verticale hachurée, et les Noirs, de leur côté, pourraient trouver le coût d'une guerre tolérable dans la mesure où les Blancs ne posséderaient que la «barre horizontale hachurée» de missiles, au moins.ENGINS TROP PRÉCIS La condition essentielle et nécessaire pour que les Blancs et les Noirs soient dissuadés de se livrer l'un et l'autre la guerre, est donc que les Blancs aient un nombre d'engins balistiques égal ou plus grand que la barre horizontale hachurée, et les Noirs un nombre égal ou plus grand que la barre verticale hachurée.Le point A marque donc les coordonnées des seuils de dissuasion respectifs.En deçà du point A, il y LA SCIENCE & LES HOMMES / 29 aurait, à proprement parler, absence ou manque de dissuasion, étant donné que r l'un ou l'autre des adversaires pourrait estimer que le «jeu en vaudrait la chandelle».Cette situation, toute théorique, peut être modifiée à volonté.Par exemple, si les Blancs disposent d'un très grand nombre de missiles, ils peuvent toujours décider de frapper les «premiers» pour désarmer leur adversaire.La question est donc de savoir si les Blancs peuvent détruire suffisamment de missiles chez les Noirs pour ! réduire la capacité qu'ils possèdent à un nombre inférieur à la barre verticale hachurée.Pendant les premières années des systèmes nucléaires stratégiques, la précision des engins ne permettait pas d'envisager la possibilité de détruire les missiles adverses dans une attaque surprise.Les armements nucléaires constituaient alors des engins de «dissuasion pure».Aujourd'hui, par contre, les perfectionnements apportés augmentent considérablement la probabilité qu'un missile «noir» détruise un missile «blanc» dans son silo terrestre.Les missiles embarqués à bord de sous-marins sont tout de même encore considérés comme invulnérables.La vulnérabilité variable des engins complique l'analyse de la dissuasion.Admettons que la probabilité qu'un engin «blanc» détruise un engin «noir» dans son silo soit représentée par le symbole «CFB».Inversement, «CFN» représente la probabilité qu'un engin noir détruise un engin blanc.CFB et CFN représentent donc le «coefficient d'efficacité contre-force» des engins des Blancs et des Noirs respectivement.Cette probabilité pourrait être égale à zéro, par exemple, si l'emplacement des silos où sont enfouis les engins est absolument inconnu de l'adversaire, ou au contraire très élevé, c'est-à-dire égale à 1 (100% de probabilité), si l'emplacement des engins de l'un est connu avec certitude, et que les engins de l'autre sont très précis et dotés d'une tête nucléaire suffisamment forte pour détruire un engin enfoui dans son silo.MISSILES INVULNÉRABLES Supposons une situation extrême où l'efficacité contre-force des engins serait égale à zéro.Le graphique 2 traduit cette situation.En effet, dès l'instant où Blancs et Noirs possèdent une quantité d'engins supérieure aux barres hachurées respectivement, les deux protagonistes se trouvent en situation de dissuasion mutuelle.Par contre, le quart inférieur droit du graphique traduit une situation de dissuasion unilatérale à l'avantage des Blancs, puisqu'ils possèdent une quantité d'engins (représentée par la barre horizontale hachurée) supérieure à celle nécessaire pour J dissuader les Noirs, tandis que ces derniers ne disposent pas du nombre d'engins suffisant pour dissuader les Blancs (ce nombre étant représenté par la barre verticale hachurée).La situation inverse prévaut dans le quart supérieur gauche du graphique puisque les Noirs posséderaient une quantité d'engins supérieure à la barre verticale hachurée, et les Blancs une quantité inférieure à la barre horizontale hachurée.Les missiles MSBS (mer-sol balistiques stratégiques) embarqués à bord des sous-marins illustrent concrètement le cas des missiles invulnérables.Par contre, dans le graphique 3, les seuils de dissuasion ont été fixés à 200 et 100 engins, respectivement, parce que les sous-marins sont vulnérables à l'attaque contre-force qui pourrait être réalisée en temps de guerre contre le tiers des sous-marins généralement retenus à leur port d'attache pour des fins de ravitaillement ou de réparation.En outre, la défense antimissile, si elle existe, pourrait intercepter une partie des engins destinés à détruire des villes.Nous postulons aussi que les engins embarqués à bord des sous-marins nucléaires ne sont dotés que d'une seule tête nucléaire.Le graphique 3 traduit ainsi la courbe de progression des engins embarqués à bord de sous^marins depuis le début des années 1960.A supposer que ni les EU, ni l'URSS n'aient disposé à l'époque d'autres vecteurs d'attaque (par exemple des bombardiers ou des engins intercontinentaux), l'on pourrait conclure que les deux Grands se trouvaient peu après 1963, en situation de dissuasion mutuelle stable.Notons, de plus, que les États-Unis ont conservé une avance substantielle dans le domaine des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins jusqu'en 1967, date qui marque le départ d'un accroissement phénoménal des engins soviétiques mer-sol balistiques stratégiques (MSBS).Les États-Unis ont arrêté à 656 le nombre de leurs engins MSBS (soit 41 sous-marins porteurs de 16 missiles chacun), tandis que les Soviétiques surclassaient les Américains dès 1972, au moment du premier accord SALT.Le point supérieur droit du graphique indique les coordonnées des nombres (950, 710) sur lesquels les deux Grands se sont entendus en mai 1972 pour limiter le nombre de leurs engins mer-sol balistiques dans l'avenir.L'entente réalisée est valable pour 5 ans et est consignée dans une convention provisoire.LES MISSILES VULNÉRABLES Les engins intercontinentaux enfouis dans des silos sont certes protégés contre les effets de souffle, mais ils ne sauraient résister contre un coup direct, ou encore contre un coup puissant qui éclaterait dans le voisinage du silo de l'engin.Il est ?*-3 : 30/ LA SCIENCE & LES HOMMES Seuils de dissuasion exprimés en nombre d’engins © O co CD "O E O) "O O) -Q E A i i MANQUE I DE I DISSUASION l 0 L- Nombre de missiles des Blancs Situations stratégiques possibles en cas d'efficacité contre-force nulle DISSUASION UNILATÉRALE (Les Noirs pas dissuadés) CFB = CFN = 0 DISSUASION MUTUELLE i A I l DISSUASION UNILATÉRALE ( Les Blancs pas dissuadés) O L donc logique de penser qu'un pays pourrait fort bien tenter de frapper son adversaire le premier, afin de le désarmer, et par conséquent, de réduire au minimum, les représailles auxquelles il s'exposerait en cas d'attaque.Supposons que les Blancs dirigent un nombre d'engins égal à la différence entre leur nombre total d'engins et la quantité nécessaire pour détruire un nombre de villes intolérable pour les Noirs, contre les silos des Noirs.(Ce «surplus» d'engins est représenté par la barre horizontale pointillée.) Nous l'avons vu, toute la question se résume à l'interrogation suivante: les Noirs seront-ils en mesure de riposter contre les villes blanches?En d'autres termes, le nombre de missiles non détruits chez les Noirs sera-t-il inférieur ou supérieur à celui exigé pour dissuader les Blancs d'attaquer (quantité représentée par la barre verticale hachurée).Admettons la situation suivante représentée par le graphique 4.— Les Noirs sont dissuadés d'attaquer s'ils s'exposent, en retour, à la perte de 50 de leurs villes.— Les Blancs sont dissuadés d'attaquer s'ils s'exposent, en retour, à la perte de 100 de leurs villes.— La probabilité qu'un engin blanc détruise un engin noir est de 50%.Dans ces conditions, il est clair qu'au point P ( 1050, 1400) les Blancs sont dissuadés d'attaquer puisqu'ils ne détruiraient, en utilisant leur «surplus» de missiles (en pointillé horizontal), que 500 engins des Noirs.De la même façon, au point P' (1050, 1000), les Blancs ne détruiront, en utilisant leur «surplus» d'engins (en pointillé horizontal) contre les silos des Noirs, que 500 engins de ces derniers.Il en restera donc 500 aux Noirs pour riposter contre les villes blanches.Au point P" (1050, 450), cependant, le calcul des probabilités nous enseigne que de la somme des engins utilisés (la barre horizontale pointillée), les Blancs pourront en répartir 700 sur 350 engins noirs, et 300 sur les 100 autres.350 engins noirs seront visés deux fois et les 100 autres, trois fois.Comme CFB = 0,5, c'est donc dire que 87,5 (0,5 X 0,5 X 350 = 87.5) et 12,5 (0,5 X 0,5 X 0,5 X 100 = 12.5) engins survivront, soit 100, exactement la quantité nécessaire aux Noirs pour dissuader les Blancs (barre verticale hachurée).En d'autres termes, le point P" correspond très exactement au seuil de dissuasion limite pour les Blancs.Au-dessus de ce point, les Noirs sont dissuadés d'attaquer; ils ne le sont plus en dessous.En fait, si les Noirs ne possèdent que 200 engins, soit le point P'" (1050, 200), les Blancs pourraient fort bien prendre l'initiative et ne pas s'exposer, par conséquent, à des représailles «intolérables».Pour que la dissuasion soit réalisée, il faut donc que chaque fois que les Blancs pour- LA SCIENCES LES HOMMES / 31 raient être tentés d'attaquer avec leurs missiles, au moins le nombre de missiles des Noirs nécessaires pour les dissuader (barre verticale hachurée) échappe à la destruction.Si ces différents nombres de missiles sont constants, on peut déterminer le lieu géométrique des points P.En d'autres termes, il s'agit d'établir la valeur exacte pour laquelle le nombre de missiles noirs nécessaires pour dissuader les Blancs, échappera à l'attaque pour chacune des valeurs variables «total des missiles blancs» — «minimum de missiles blancs nécessaire pour dissuader les Noirs», et ensuite relier tous les points successivement entre eux sur la courbe AP".Le même calcul peut être réalisé pour les Noirs, ce qui donne respectivement pour Blancs et Noirs les deux courbes AP" et AQ" (voir graphique 5).En réalité, plus les engins seront précis, plus la zone de la dissuasion mutuelle tendra à se rétrécir, comme l'illustre le graphique 6.De fait, c'est par un facteur de 20 qu'a été amélioré, au cours de l'âge balistique, le degré de précision des engins.Les développements technologiques ne sont donc pas absents de l'esprit des négociateurs soviétiques et américains qui tentent depuis le début de leurs conversations, en 1969, de s'entendre sur la façon la meilleure de limiter leurs armements sans remettre pour autant en cause la stabilité de la dissuasion.CHIRURGIE NUCLÉAIRE Courbe de progression des engins embarqués à bord de sous-marins 900- 800- SALT-1 600- ZONE DE DISSUASION STABLE 400- 1966 200 400 Nombre de missiles embarqués américains La dissuasion des Blancs par les Noirs Le lecteur pourra consulter le graphique 7 pour mieux assimiler la notion de la stabilité de la dissuasion.Il faut, pour que la stabilité existe, que ni l'un ni l'autre des adversaires n'ait un motif rationnel de déclencher l'attaque contre l'autre.On ne peut parler de stabilité dans le rectangle délimité par les seuils de dissuasion, puisqu'il n'y a pas à proprement parler de dissuasion; les adversaires seraient alors en mesure de tolérer le coût de la guerre.La zone de dissuasion unilatérale où se situe le point P"" (et la zone équivalente dans le quart supérieur gauche du graphique) peut également être considérée comme stable puisque ni les Blancs ni les Noirs ne sont légitimement en droit de craindre une attaque qui soit à strictement parler intolérable.Conséquemment, ni Blancs ni Noirs n'ont de raison valable de vouloir frapper en premier.La situation est toutefois différente dans la zone délimitée par le point P'" (et la réciproque à gauche de la courbe AQ), puisque les Blancs savent très bien, si les Noirs frappent les premiers, qu'ils subissent des pertes «intolérables».Il en résulte que les Blancs pourraient être tentés de frapper préventivement, c'est-à-dire de sang froid, dans le but de désarmer leur rival avant qu'il ne soit trop tard, ou alors par anticipation, c'est-à-dire dans la crain- Nombre de missiles des Blancs 32/ LA SCIENCE & LES HOMMES Courbes traduisant les limites à la dissuasion des Blancs et des Noirs ( Les Noirs pas dissuadés) DISSUASION MUTUELLE ( Les Blancs pas dissuadés) Variation des limites des zones de dissuasion en fonction de la variation du coefficient d'efficacité contre-force te que celui-ci ne soit sur le point de l'attaquer.Dans ces conditions, les Blancs ont avantage à frapper les premiers.C'est la raison pour laquelle il faut parler de dissuasion unilatérale instable.L'intérêt d'une telle représentation graphique est qu'elle situe très bien le problème au niveau de la dissuasion nucléaire tripo-laire.La situation, en effet, peut être parfaitement stable en ce qui concerne les deux Grands, mais elle ne l'est pas si nous considérons les problèmes non plus par rapport aux EU et à l'URSS, mais par rapport à la Chine et à chacun des deux Grands pris séparément.Disons tout de suite que si les deux Grands devaient ajouter aux pertes qu'ils sont en mesure de s'infliger mutuellement, celles qui pourraient survenir du fait d'une action séparée de la Chine, une telle situation aurait pour effet de réduire les zones qui marquent la limite à leur dissuasion respective.D'autre part, il est évident que ni l'URSS, ni les États-Unis devraient logiquement être tentés de détruire l'arsenal nucléaire de la Chine, aussi longtemps que son programme nucléaire en sera à ses tout débuts.La Chine, en effet, selon la logique des seuils de dissuasion que nous avons définis, ne serait pas en mesure de faire subir à son adversaire des dommages sérieux («intolérables»).Les deux Grands, de leur côté, n'ayant aucune raison logique de craindre une attaque chinoise, n'ont aucune raison logique non plus, de vouloir déclencher la guerre par anticipation (à moins qu'il ne s'agisse d'une politique suicide irrationnelle de la Chine).La situation sera cependant fort différente lorsque la Chine disposera de suffisamment d'engins pour infliger aux Russes et aux Américains des pertes intolérables.Il est probable que c'est dans cette zone de dissuasion unilatérale instable que se trouvent aujourd'hui les deux Grands vis-à-vis de la Chine.Cette situation est appelée à durer aussi longtemps que la Chine n'aura pas, grâce à son programme d'armements accéléré, atteint la zone de dissuasion mutuelle stable.On comprend mieux, dans ces conditions, que des rumeurs circulent périodiquement sur la possibilité que les Russes déclenchent une attaque préventive «chirurgicale» contre la Chine.AVANTAGE DE L'URSS En guise de conclusion, inspirons-nous de la méthode que nous venons de développer pour représenter graphiquement la situation stratégique en ce qui concerne la courbe de progression des engins balistiques soviétiques et américains.Admettons, pour les besoins de la cause, que le fllj: s filmes iflmde - I :'«t- ! ni!': : ; ssnt.: J: ï:' J Üii":.ceL! ' : iïrim (II :: :: iVe Kljvij".runss, M::' ; I : • • I si i'-i ;i,:i': ! Iiirli itlas oifieiîP- :‘®îl [îïl! STï-iiSl'fr n.li'i J» ;pp^ j ' |i rj' •iilOflSr I LA SCIENCE & LES HOMMES / 33 coefficient d'efficacité contre-force des engins soviétiques soit égal à 3/4, et celui des Américains à 1/2.Cette différence, nous en convenons, peut paraître gratuite, mais elle peut être justifiée du fait que les Soviétiques disposent de lanceurs plus lourds et plus puissants que ceux des États-Unis.I Is sont également dotés de têtes nucléaires plus puissantes.Supposons, en outre, que l'hypothèse de base en ce qui concerne les seuils de dissuasion sont 100 pour les États-Unis, et 50 pour les Soviétiques.Admettons encore que chaque vecteur n'est doté que d'une seule tête nucléaire.Notons, enfin, que la zone de la dissuasion stable est émargée d'une «zone de sécurité» qui tient compte des erreurs d'appréciation des services de renseignements, ou encore de la probabilité de défectuosité des engins.Les paramètres de base ont certes varié du début des années 1960 à 1972.Il reste cependant que le graphique 7 traduit assez bien l'aspect général de la situation.Ainsi, dès 1961, l'URSS s'est trouvée quelque part dans la zone de la dissuasion unilatérale stable.Les États-Unis, par la suite, ont rapidement repris du poil de la bête pour faire jouer à leur avantage la dissuasion.Ceux-ci ont ainsi traversé, entre 1962 et 1964, toute l'étape de la dissuasion unilatérale instable.Peu après 1967, les deux Grands se sont trouvés en situation de dissuasion mutuelle stable.Il reste toutefois que l'URSS s'est dangereusement rapprochée depuis 1971 de la zone où elle pourrait faire jouer la dissuasion à son avantage.Il n'est donc pas étonnant, dans ces conditions, que les deux Grands aient attaché, depuis 1969, une telle importance aux entretiens qu'ils poursuivent dans le cadre des conversations sur la limitation des armements stratégiques (plus communément connues sous le nom de SALT).• Cet article est une adaptation du chapitre VII du livre Le Feu Nucléaire publié aux Éditions du Seuil, Paris, 1973.Situations stratégiques stables et instables DISSUASION UNILATÉRALE INSTABLE DISSUASION UNILATÉRALE STABLE DISSUASION UNILATÉRALE INSTABLE DISSUASION UNILATÉRALE STABLE Le cheminement à travers les diverses zones de dissuasion de la courbe de progression des engins intercontinentaux soviétiques et américains 1400- # 1970 1200- 1000- • 1968 800- ZONE DE DISSUASION STABLE 600- 400- MARGE DE SÉCURITÉ 200- 1000 1200 200 400 Nombre d'engins balistiques intercontinentaux américains S.¦ '¦ & ¦ 34/ LA SCIENCE & LES HOMMES LÀ SCIENCE & LES HOMMES L'EFFICACITE DE LA SORCELLERIE Jusqu'à tout récemment les ethnologues se contentaient de décrire l'organisation sociale, la religion et la magie des sociétés dites traditionnelles d'Afrique.Depuis quelques années, par contre, un certain nombre de chercheurs du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative du Conseil national de la recherche scientifique de France (CNRS) ont abandonné cette approche purement descriptive.On continue à considérer les mêmes phénomènes, mais dans la perspective plus radicale, et même pratique, de l'«efficaci-té du symbolique».Le domaine qui se prête admirablement bien à cette nouvelle problématique est évidemment celui de l'ethno-médecine.Il comprend tous les moyens d'action que chaque culture met à la disposition de ses membres pour transformer le corps humain.En pratique, l'ethno-médecine concerne ce qu'on a jusqu'ici classé sous les appellations de sorcellerie et de magie.Les tenants de ('«efficacité du symbolique» se gardent bien de présenter l'ethnomédecine comme une nouvelle discipline spéculative qui garderait on ne sait quel relent d'obscurantisme.Au contraire, disent-ils, il s'agit d'une tentative résolument inspirée des courants de la science moderne qui n'en finit pas de rompre avec le positivisme scientiste hérité du XIXème siècle.De son côté, l'ethnologue accorde toute son attention aux dimensions subjectives et culturelles de la maladie.Il n'accepte pas de considérer les rites de la médecine traditionnelle comme un succédané à la science dite positive, ou à un mode de guérison basé sur l'usage exclusif de drogues diverses, en faisant abstraction des systèmes socio-symboliques à l'intérieur desquels ils s'exercent.En fait, dans ces sociétés, le traitement et les causes de la maladie font partie des processus intimes des relations sociales.Imputée à la colère des aieux, à la mauvaise humeur des génies garants du territoire, à la magie des rivaux en amour, ou aux sorciers du voisinage, la maladie est toujours traitée comme une action persécutive de l'Autre visant à punir la condui- te sociale de l'individu.Il faudra donc avoir recours à plusieurs personnes de l'entourage pour mener à bien le traitement.Les onguents ne servent que de véhicules tangibles pour ces liens sociaux.Par exemple, si le mal est imputé au mécontentement des esprits ancestraux, la cure traitera du rapport du malade avec sa famille, son lignage et son clan.Si les troubles sont attribués aux génies du lieu, la thérapeutique visera à réaménager les liens de l'individu avec son groupe territorial, son village ou son quartier.Le travail de l'ethnographe médecin débouche donc sur les modes de résolution des conflits sociaux, les processus de décision collective et la régulation des rapports sociaux.Car, la médecine traditionnelle ne cherche pas uniquement à guérir l'individu pour lui-même, mais plutôt en tant qu'élément de la société.C'est finalement la société elle-même qu'on guérit et c'est, peut-être, de ce côté qu'il faut chercher l'efficacité de la sorcellerie et de la magie des sociétés traditionnelles noires.• .¦ '¦•-.“-.i ,A\.¦ Agriculture 1^^ Canada RECHERCHE POUR LA SOCIÉTÉ Les chercheurs et les agents de classement des porcs collaborent à la préparation d'un nouveau système de classement que l'on proclame comme le meilleur au monde.Il en résulte que tout l'élevage porcin au Canada est axé sur la production de gros morceaux de viande maigre et nourrissante que demande le consommateur.Les abattoirs et les agriculteurs ont donné tous deux leur appui au système qui garantit de meilleures recettes au éleveurs produisant des porcs de meilleure qualité.Hon.Eugene Whelan, Ministre S.B.Williams, Sous-Ministre En 186 (iMa laijedi œailéi lîtion i v- : 3 :a ; : ; I'ty, 'h!-; ! kn||,, il:! '¦S'il ~ ' aa ! i itieill feprji L'activj, Wes KiS'T K'JOliî dû joui économ Wcel $cjpj ffhomry èescè sent pas ectivitpt i bouler, l'industr Wj depani, i ^ PfQtrv "Cl;,, 'a.C’es '°1!le p ‘"taire 1 H LA SCIENCE & LES HOMMES / 35 L'AVENIR DU En 1960, la société Mobil Oil obtint des gouvernements provincial et fédéral des permis de recherche pétrolière couvrant 4 450 kilomètres carrés de littoral atlantique, dans la région de l'Ile de Sable, au large de la Nouvelle-Écosse.Cette initiative a déclenché tout un processus d'exploration pétrolière dont le dénouement pourrait modifier considérablement la vie socio-politico-économique des provinces maritimes.Michael Gibbons et Roger Voyer, ont tenté de cerner ce développement important dans une étude de prospective technologique faite à la demande du Conseil des sciences.Le mérite de l'étude intitulée «Un mécanisme de prospective technologique, le cas de la recherche du pétrole sous-marin sur le littoral atlantique» est de bien identifier les acteurs du processus qui serait mis en branle, advenant la découverte de nappes rentables, et de poser quelques questions sur les conséquences de l'exploitation pétrolière.Les deux prospectivistes ont identifié trois classes d'acteurs dans le scénario éventuellement amorcé par l'apparition de pétrole.Le premier groupe, les protagonistes, jouent le rôle principal avec l'industrie pétrolière en tête de file et le ministère fédéral de l'Énergie, des Mines et des Ressources et les gouvernements des provinces maritimes sur leurs talons.L'activité des acteurs du second plan, appelés les «deuxièmes rôles», n'est pas déterminante, mais influence la recherche pétrolière.Il s'agit de plusieurs ministères du gouvernement fédéral (Expansion économique régionale, Industrie et Commerce, Environnement, Transports et Sciences et Technologie) et de sociétés industrielles, de chantiers maritimes, d'associations de pétroliers et de groupes d'hommes d'affaires.Tout à fait à l'arrière scène, les inactifs, eux, ne s'intéressent pas à la recherche pétrolière, mais les activités océanotechniques pourraient bouleverser leur activité.Ils comprennent l'industrie de la pêche, l'agriculture et la foresterie.L'ensemble de ces trois types de participants constitue le mécanisme de la prospective technologique.Les deux auteurs expliquent ensuite le fonctionnement de l'interaction entre ces acteurs.Des trois protagonistes mentionnés, c'est l'industrie pétrolière qui joue le rôle le plus actif.Chaque grande société entoure ses opérations du plus grand secret, mais les autres viennent rapidement re- PÉTROLE ATLANTIQUE Saini-Laurent
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