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Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Supplément 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1977, Collections de BAnQ.

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CE VUE D’ENSEMBLE DE IA CONTAMINATION PAR LE MERCURE AU CANADA w$m $ ?Mv m3£§0 m w^ÆSè.j^^^^feïssl^fe» ¦ftet QUÉBEC SCIENCE / octobre 1977 Table des matières Introduction .3 Observations.4 1.Le mercure: substance naturelle utilisée par l’Homme.4 Formes et propriétés du mercure.4 Répartition et transformations naturelles du mercure dans la biosphère.4 Migrations dans l’environnement.4 Migration biologique dans l’ambiance .5 Production, utilisation industrielle et rejet du mercure dans l’environnement.5 Production et approvisionnement en mercure métallique.5 Usages .6 Rejets.7 11 faut une stratégie de réduction des contaminations.7 2.Évaluation de la toxicité du mercure.9 Toxicité du mercure.9 Absorption et fixation du mercure par l’organisme .9 Effets toxiques du mercure.9 Diagnostic.10 Les populations menacées Qui pourrait se trouver exposé?.11 Teneurs en mercure du sang des Autochtones.11 Mesures de lutte contre la contamination mercurielle toxique.11 3.Évaluation des lois et réglementations existantes.13 Fondements constitutionnels des actions entreprises.13 Législation et réglementation actuelles.14 Points saillants des mesures prises.14 Les leçons à tirer .19 Récapitulation et conclusions.20 Bibliographie et notes .22 Remerciements Le présent document de travail a été rédigé par Clarence T.Charlebois, avec l’aide précieuse de M.François Rivest et de Mad.Anne Nichols.L'auteur remercie vivement les Drs André Barbeau et John Jaworski, qui ont collaboré avec lui pour la rédaction de l’exposé «Three Perspectives on Mercury in Canada: Medical.Technical and Economie», qu’on peut se 2 procurer sur demande au Conseil des sciences du Canada. octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE Introduction Le présent document de travail fait partie d’une étude du Conseil des sciences entreprise en octobre 1975 au sujet des agents-toxiques d’origine technique.Le Comité chargé de cette étude a choisi six contaminants de l’ambiance: l’amiante, le plomb, le mercure, les oxydes d’azote, le chlorure de vinyle et le rayonnement ionisant, bien représentatifs des contaminants d’origine industrielle et qui illustrent la réglementation canadienne des agents toxiques.Chaque contaminant a été étudié sur les plans médical, technique, juridique et réglementaire (compétence administrative).On a choisi la contamination par le mercure* parce que celui-ci est largement utilisé au Canada, et qu’il provoque des troubles neurologiques importants.Les Autochtones y sont particulièrement exposés.Historique Peu avant 1970, les gouvernements fédéral et provinciaux prirent des mesures pour protéger les Canadiens des effets toxiques des composés tant minéraux qu’organiques du mercure.En 1966, Agriculture Canada rendit obligatoire la coloration des semences traitées par des insecticides, fongicides et autres produits mercuriels afin d’éviter toute erreur d’utilisation.En 1968, le gouvernement albertain interdit la chasse au faisan, après qu’on eût décelé de fortes teneurs de mercure-méthyle (methylmercury en anglais) dans la chair des animaux sauvages des Prairies.En 1969, Environnement Canada découvrit que la chair des poissons pêchés dans la Saskatchewan-Sud contenait jusqu’à 10 mg/kg de mercure-méthyle, en poids humide.La pêche fut donc interdite dans certaines rivières et lacs de la Saskatchewan et de l’Alberta; 450 tonnes de poissons contaminés par le mercure-méthyle furent détruits.En 1969, l’Administration fédérale, appliquant la Loi sur les produits dangereux, interdit l’utilisation d’enduits contenant du mercure sur les produits destinés aux enfants.Environnement Canada entreprit alors une étude exhaustive du mercure-méthyle dans la chair des poissons des eaux canadiennes.Pourquoi ces mesures?On ne peut les évaluer qu’à la lumière de l’expérience acquise à l’étranger au sujet des formes organiques du mercure.Au Japon, après 1950, la consommation des produits de la mer a causé une épidémie d’hydrargyrisme, que l’on a nommé la «maladie de Minamata».Officiellement cette maladie a entraîné la mort de 111 personnes, et frappé de diverses incapacités 800 autres personnes.En 1959, on identifia la cause de cette épidémie: la contamination des fruits de mer de la baie de Minamata par des composés organiques du mercure.La société Chisso, fabriquant des produits et des engrais chimiques, avait déversé du mercure-méthyle dans les eaux de la baie depuis 1932.La maladie de Minamata fit une tragique réapparition en 1965 à Niigata, également au Japon.Là aussi la maladie était causée par la consommation de poissons contaminés provenant de l’Agano, une rivière où la société Showa Denko rejetait un effluent contenant du mercure1.L’utilisation agricole de mercure-méthyle pour le traitement antifongique des graines, et l'utilisation erronée de celles-ci ont causé de nombreuses maladies, et même le décès de consommateurs sans défiance.En Irak, on a relevé 450 décès et 6 500 cas de maladie par hydrargyrisme depuis 19562.Ces tragédies furent consécutives à la consommation de viande de bétail nourri de graines traitées, ou à celle de pain fait de leur farine.Des épidémies aussi tragiques et inutiles ont été rapportées depuis dans d’autres pays3.Le présent document de travail permettra au lecteur d’évaluer les avantages de l’utilisation du mercure, ainsi que les dommages causés à l’environnement et à la santé humaine, et l’incitera à participer au débat sur la réduction de la pollution mercurielle, en particulier, et sur les contaminants résultant de l’activité industrielle, en général.• Nous utilisons le terme «mercure» pour désigner le mercure métallique, ses ions et ses composés tant minéraux qu’organiques. QUÉBEC SCIENCE / octobre 1977 Observations Importance de la teneur en tant qu’indicé de toxicité Les organismes vivants diffèrent fortement de taille, de poids, de composition biochimique et de milieu de vie.La seule façon grâce à laquelle nous pouvons comparer la toxicité du mercure pour ces organismes consiste à mesurer la teneur en diverses formes de mercure de l’air qu’ils respirent, de l’eau qu’ils habitent ou boivent et de la nourriture qu’ils consomment, et celle présente dans leur sang, leur cerveau ou dans d’autres organes, ainsi que dans leurs poils (ou cheveux) et leur urine.Ce n’est pas tant la quantité totale de mercure présent dans le milieu interne ou l’environnement externe qui importe en toxicologie comparée, mais la teneur mercurielle de ces milieux.Les expressions utilisées pour indiquer la teneur sont fonction des volumes ou des masses considérées.Par exemple, la teneur en mercure du cerveau de personnes non exposées est généralement inférieure à 1 nanogramme (K)-9 g) par gramme de matière cérébrale, et la teneur naturelle de mercure dans le tissu musculaire des poissons d’eau douce varie de 0,005 à 0,2 microgramme (10~6 g) par gramme de muscle.Il est donc possible de comparer les teneurs naturelles de mercure chez ces deux types d’organismes en les exprimant en millionièmes.La teneur en mercure du cerveau d’une personne non exposée est donc de 0,001 millionième, et celle d’un muscle de poisson varie de 0,005 à 0,2 millionième.1 millionième = 1 partie pour un million en anglais*) = 1 microgramme par millilitre (m g/ml) = 1 milligramme par kilogramme (mg/kg) = 1 000 milliardièmes Note du traducteur: Certains auteurs francophones utilisent aussi l’abréviation ppm, en dépit des dangers de confusion entre millier, million et milliard.Nous avons pensé bien faire en utilisant le terme «millionième», d'usage plus répandu, et sans équivoque.1.Le mercure: substance naturelle utilisée par l’Homme Le mercure se trouve dans l’environnement: air, sol et eau, et dans la matière vivante: plantes, animaux (et Homme).Bien que la quantité totale de mercure contenue dans la biosphère (environnement et matière vivante) reste inchangée, la quantité de mercure dans un milieu donné varie en fonction des processus naturels et des modes d’utilisation et de rejet par l’Homme.Formes et propriétés du mercure Le mercure, métal lourd présent dans la Nature, peut subir diverses transformations chimiques et physiques.Il possède trois degrés d’oxydation qui correspondent aux états métallique, mercureux Hg2++ et mercurique Hg++.On le retrouve surtout sous trois formes dans l’ambiance: mercure métallique, qui forme des amalgames naturels avec les autres métaux comme l’étain, le zinc et le cuivre; composés minéraux du mercure et composés organiques (alcoyles, alcoxyalcoyles et aryles).Un grand nombre de composés organiques et minéraux du mercure sont très rémanents, c’est-à-dire qu’ils résistent à la décomposition.Parmi les propriétés spéciales du mercure et de ses composés qui les rendent extrêmement utiles dans l’industrie et l’agriculture, on compte: • la liquidité à la température ambiante; • une forte conductibilité; • l’amalgamation aisée avec un grand nombre de métaux; • une dilatabilité uniforme sur toute la gamme thermique de l’état liquide; • une forte toxicité pour les bactéries et les moisissures.Répartition et transformations naturelles du mercure dans la biosphère La résistance du mercure à la décomposition, sa faible pression de vapeur, qui lui permet d’être facilement transporté dans l’atmosphère, et la multitude des transformations physiques et chimiques qu’il peut subir lui permettent d’être omniprésent dans la biosphère.Les concentrations de mercure résultent à la fois des processus naturels et des utilisations qu’en fait l’Homme.Migrations dans l’environnement Les concentrations de mercure les plus élevées se retrouvent dans les gisements de cinabre et de métacinabarite.On le trouve aussi dans le charbon, les phosphates sous-marins et à l’entour des gisements d’or, de molybdène ou de métaux industriels4.Les plus importants gisements commerciaux de mercure sont associés aux roches volcaniques du Paléozoïque, telles que celles de la Cordillère occidentale du Canada5.Dans l’Est canadien, la teneur moyenne en mercure des roches du Bouclier canadien est de 0,125 mg/kg (soit 0,125 millionième)6.Les effets de l’intempérisme (action des agents physiques et biologiques de l’ambiance) entraînent la migration du mercure vers les sols meubles.La teneur en mercure du sol atteint de 1 à 2 mg/kg (1 à 2 millionièmes) en moyenne.L’érosion des roches, la lixiviation (action de l’eau) de la roche-mère, les précipitations et le ruissellement accroissent la teneur mercurielle des eaux des rivières, des lacs et des océans.Ultérieurement, ce mercure se retrouve en quasi- octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE totalité dans les sédiments sous forme minérale.La teneur moyenne en mercure des sédiments des cours d’eau et des lacs7 est de 0,03 ng/g et dans ceux des océans8 de 0,01 ng/g.Le mercure naturellement présent dans l’atmosphère provient d’émanations volcaniques, de migration à partir des roches soumises à l’intempérisme et d’évaporation à partir des eaux.11 précipite aussi de l’atmosphère avec les gouttes de pluie, les cristaux de neige et les poussières.Bien que l’on ne dispose d’aucune donnée précise sur ses migrations aériennes, on sait que du mercure se dépose chaque année sur la calotte glaciaire du Groenland9.On suppose généralement que sa rémanence dans l’atmosphère est de quelques jours, de quelques semaines et parfois plus.Migration biologique dans l’ambiance Il est probable que les végétaux absorbent du mercure sous forme minérale à partir de l’eau ou de l’air, tandis que les animaux en absorbent surtout par la respiration, et la consommation de plantes et d’animaux en contenant.Les formes minérales du mercure sont beaucoup plus courantes que les formes organiques.Mais, du point de vue des effets biologiques, ce sont les formes organiques, surtout le mercure-méthyle, qui sont les plus importantes.Le mercure sous forme minérale peut être transformé en formes organiques par l’action de bactéries.Ce processus porte le nom de méthylation.Certains micro-organismes produisent une dé-méthyla-tion des composés organomercuriques dans la Nature10.Les concentrations de mercure-méthyle dans l’environnement dépendent des processus de méthylation et de dé-méthylation.La méthylation est produite par des bactéries aérobies et anaérobies, et elle se manifeste dans les vases et sur le tégument des poissons, à la surface des particules détachées dans le sol et dans le tractus gastro-intestinal de la plupart des animaux.De nombreux facteurs modifient l’ampleur et la rapidité de la méthylation: température, potentiel d’hydrogène", concentration et réactivité des ions Hg, ainsi que vitesse de croissance et activité métabolique des organismes méthyla-teurs.On estime que le taux de transformation du mercure sous forme minérale en mercure sous forme organique dans les sédiments des cours d’eau n’atteint guère 1 pour cent par an.Le mercure-méthyle et le mercure-diméthyle se caractérisent par leur rémanence, ou résistance à la décomposition biochimique, et par leur toxicité pour la matière vivante.La résistance du mercure sous forme organique à la décomposition favorise sa bio-accumulation, ou concentration de plus en plus forte à chaque maillon de la chaîne trophique.On peut considérer cette chaîne trophique comme une succession d’organismes, dont chacun se nourrit de son prédécesseur et est mangé par son successeur, par exemple: larve d’insecte —?vairon (mené)—?brochet —?phoque —?Esquimau.Les concentrations de contaminants dans les tissus du prédateur sont donc plus élevées que celles des tissus de l’organisme mangé.Le taux de concentration biologique effectuée par le prédateur dépend de la différence entre ses taux d’assimilation (habituellement rapide) et d’élimination (lente) du contaminant.Les poissons absorbent du mercure surtout par leur tractus gastro-intestinal et par les branchies.La plus grande partie, si ce n’est tout le mercure absorbé par les poissons se trouve sous forme de mercure-méthyle.Quatre-vingt-dix pour cent du mercure assimilé par le corégone provient de 1 eau, et seulement dix pour cent des larves d’insectes consommées.Cette répartition est de 50 pour cent à partir de chaque source pour une espèce prédatrice comme le brochet.La teneur moyenne en mercure de la chair des poissons d’eau douce vivant en eau non contaminée est d’environ 30 ng/g (30 milliardièmes).Les teneurs léthales de mercure-méthyle varient entre 10 et 20Mg/g( 10 à 20 millionièmes).Le brochet est un des derniers maillons d’une chaîne trophique complexe; les teneurs en mercure de sa chair peuvent atteindre de 10 000 à 25 000 fois celle de l’ambiance12.En général, la concentration du mercure dans les muscles croît avec la taille du poisson.La mesure des teneurs en mercure des sédiments et des eaux s’est montrée erratique; c’est pourquoi on mesure celle des poissons pour évaluer la réactivité biologique du mer-cure-méthyle de l’environnement.Les teneurs de mercure dans la chair des poissons de certaines espèces des Grands Lacs sont bien inférieures aux normes maximales canado-étatsuniennes (0,5 mg/kg ou 0,5 millionième).Mais les teneurs mesurées chez de gros spécimens de crapets de roches et d’achigans à petite gueule sont supérieures aux normes13.Les régions contaminées comprennent Marathon, Peninsula Harbour, la baie Nipigon et la baie Thunder, dans le lac Supérieur.Plusieurs échantillons d’omble gris (toula-dis) capturés dans ces zones contenaient des teneurs moyennes de mercure allant de 0,57 à 0,80 mg/kg.Bien que les teneurs des eaux en mercure aient constamment décru dans le lac Érié et la partie aval du lac Sainte-Claire, la teneur moyenne en Hg de la plupart des poissons est encore supérieure à 0,5 mg/kg14.L’Homme devient parfois victime d’hydrargyrisme en mangeant ces poissons, mais il ne faut pas oublier que d’autres espèces de mammifères et d’oiseaux sont piscivores, et que leurs tissus ont des teneurs élevées en mercure; elles sont à leur tour mangées par l’Homme, surtout par les Autochtones.Production, utilisation industrielle et rejet du mercure dans l’environnement Les processus géochimiques entraînent l’émission d’environ 3 000 tonnes (métriques) de mercure dans l’atmosphère chaque année.En 1972, la contamination technique, soit par rejet industriel ou utilisation agricole, a atteint 7 000 tonnes15.Les rejets de mercure au Canada ont été de l’ordre de 75 tonnes en 1970.La production mondiale de mercure métallique a été de 10 236 tonnes, et l’on prévoit qu’elle croîtra au taux de 1,5 pour cent par an.La production canadienne a été de 727 tonnes en 1969, soit 7 pour cent de la production mondiale.Le Canada n’en a produit cependant que 430 tonnes en 1973.Production et approvisionnement en mercure métallique L’Espagne, ITtalie et la Yougoslavie étaient les principaux producteurs occidentaux de mercure avant la Seconde Guerre mondiale.Les hostilités tarirent ces sources d’approvisionnement, et la société Cominco entreprit d’exploiter ses mines du lac Pinchi et de Talka en Colombie-Britannique.La production canadienne cessa pratiquement à la fin du conflit.L’extraction de minerai, la redistillation, le recyclage et l’importation permettent d’alimenter le marché en mercure métallique.La croissance du prix international du mercure après 1960 a permis à la société Cominco de rouvrir sa mine du lac Pinchi et, en 1968, le Canada produisait à nouveau la plupart du mercure dont il avait besoin.L’extraction du minerai de mercure au Canada a, jusqu’à maintenant, dépendu des fluctuations de l’offre et de la QUÉBEC SCIENCE / octobre 1977 Tableau 1 Producteurs de mercure ou de composés du mercure Producteurs Procédé Quantité Cominco Mine Lac Pinchi, C.-B.Extraction primaire Nulle en ce moment Anachemia Chemicals Ltd Ville Saint-Pierre.Qué.Redislillalion Non publiée Engelhard Industries of Canada Ltd.Toronto, Ont.Redistillation Confidentielle Johnson & Mathey & Mallory Toronto.Ont.Redislillalion Confidentielle McArthur Chemical Lachine, Qué.Redislillalion Non publiée demande mondiales, donc du prix international du métal.Ces fluctuations ont conduit plusieurs sociétés canadiennes à redistiller certains stocks de mercure (voir le Tableau 1).Le recyclage de produits contenant du mercure (vieilles piles, amalgames dentaires et boues mercuriques) fournit le mercure de récupération qui a permis aux États-Unis de satisfaire jusqu’à 18 pour cent de leurs besoins internes.Usages C’est tout d’abord en médecine que le mercure a été utilisé.Les médecins romains et arabes, ainsi que les premiers alchimistes, utilisaient les composés du mercure comme diurétiques, antiseptiques et onguents pour traiter la syphilis, les dermatoses parasitaires, la teigne, etc.Les composés du mercure ont aussi été largement utilisés comme agents de conservation dans les produits de beauté, les lotions, les sels de bains, etc.On a parfois utilisé certains composés comme colorants aux débuts des industries de la teinture et de la tannerie.Les chapeliers européens utilisaient un composé du mercure pour façonner le feutre.La consommation et les utilisations du mercure, et de tous les métaux industriels, a augmenté de façon très importante durant la deuxième moitié du XXe siècle, lors de la multiplication des utilisations de l’électricité.Les secteurs industriel, agricole et secondaire de l’économie canadienne utilisent le mercure dans plus de 3 000 usages, et surtout dans les trois secteurs suivants: 1 — L’industrie du chlore Ta conductibilité élevée et le bas point de fusion du mercure le font utiliser comme cathode dans l’électrolyse du chlorure de sodium, en vue d’obtenir de l’hydroxyde de sodium (ou soude caustique) et du chlore.La plus ancienne installation d’électrolyseurs à cathode de mercure encore en fonctionnement est celle construite en 1935 par la Canadian Industries Limited à Cornwall, Ont.Le Tableau 2 contient la liste des installations de ce genre au Canada, le nom de la société propriétaire et le pourcentage du capital social en mains étrangères.L’électrolyse peut être effectuée dans des cellules à diaphragme, sans mercure, procédé utilisé pour la première fois au Canada durant les années 1890.L’avantage le plus important des électrolyseurs à cathode de mercure est la possibilité de produire de la soude caustique en quantité et en qualité suffisantes pour l’utilisation directe par les industries des pâtes et papiers et de l’aluminium.Cependant, depuis 1973, de nombreuses usines de chlore ont transformé 6 leurs installations pour utiliser des cellules à diaphragme.La quantité totale de mercure métallique utilisée par l’industrie du chlore en 1969 a été de 110 tonnes, soit environ 78 pour cent de la production canadienne de mercure.2 — Les catalyseurs au mercure Ces catalyseurs ont surtout servi à la production de chlorure de vinyle gazeux et d’acétaldéhyde à partir d’acétylène.3 — Les agents algicides, parasiticides et fongicides Ces composés ont été choisis parce qu’ils sont peu coûteux, détruisent de nombreux micro-organismes et agissent à faible dose.• Les composés du mercure-phényle sont utilisés dans l’industrie des pâtes et papiers pour détruire les moisissures et les levures.On peut les utiliser à toutes les étapes de la fabrication: entreposage et transport des pâtes, papiers finis et panneaux.• En agriculture, on utilise les composés organomercuriques pour la lutte contre les maladies cryptogamiques, celles transportées par les semences et celles du sol.On peut les appliquer directement sur le feuillage et tes sols, ou traiter les semences.Le traitement des semences par les composés organomercuriques a été appliqué pour la première fois en Allemagne en 1914, aux États-Unis en 1926, et au Canada en 1929.Les grandes épidémies de charbon qui ont affecté les cultures dans l’Ouest canadien, entre 1930 et 1950, ont mis ces nouveaux fongicides en vogue.En 1970, 95 organomercuriques étaient homologués par Agriculture Canada, dont divers alcoyles, alcoxyalcoyles et aryles mercuriels utilisés déjà depuis quelques années.Le traitement des céréales est devenu moins nécessaire à cause de la sélection de variétés de céréales résistantes au charbon; cependant l’existence de produits phytosanitaires efficaces contre le charbon et les larves de taupins a conduit bon nombre d’agriculteurs à continuer ces traitements, même en l’absence de charbon.Les données de Statistique Canada montrent que le traitement des semences par les composés mercuriels était devenu courant après 1950.La Figure 1 montre l’évolution de l’utilisation des produits phytosanitaires mercuriels.Le traitement des semences a diminué régulièrement à partir du maximum de 1964, à cause des restrictions économiques, de la réduction de la superficie emblavée et des préoccupations écologiques.Figure 1 Quantité de semences de céréales traitées par les parasiticides mercuriels au Canada p | Nombre approximatif d'hectolitres de semences traitées '-1 Calculé grâce aux données de Statistique Canada.«Ventes de parasiticides par les déclarants du Canada» 103 hi | .| Quantités possibles de semences traitées 200 -, 10 000 _ 5 000 _ 55 ANNÉE Source: Institut de salubrité de l’environnement des Prairies.PIEH no 4.Investigations into the Use and Health Hazards of Mercury in Saskatchewan.F.Fehr et C.A.R.Dennis.Régina.juin 1975.p.12 octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE Tableau 2 Industrie canadienne de fabrication du chlore par électrolyseurs à cathode de mercure Société Emplacement des usines Année de mise en marche Mainmise étrangère Nationalité Actions avec de l’intérêt droit de vote prépondérant en mains étrangères Emplois Usine Adm.Aluminum Co.of Canada Arvida, Qué.1947 Canada 45,0% 8 500 American Can of Canada Ltd.Marathon, Ont.1952 É.-U.99,2% 540 90 Canadian Ind.Ltd.Dalhousie, N.-B.1963 R.-U.74,1% - — Canadian Ind.Ltd.Cornwall, Ont.1935 R.-U.74,1% 188 58 Canadian Ind.Ltd.Shawinigan, Qué.Canso Chem.New Glasgow, N.-É.1970 non identifié 91,2% — — Domtar Chem.Ltd.Quevillion, Qué.1961 Canada 3,8% 100 4 F.M.C.of Can.Ltd.Squamish, C.-B.1965 É.-U.100% — - Prince Albert Pulp Col.Ltd.Prince Albert, Sask.1964 Ê.-U.70,0% 350 50 Reed Paper Ltd.Toronto, Ont.1962 R.-U.100,0% — — Standard Chem.Ltd.Beauharnois, Qué.1949 Ê.-U.100,0% 68 51 L’utilisation agricole des composés organomercuriques représente moins de 6 pour cent de la consommation totale du mercure dans la plupart des pays industrialisés16.Cette utilisation agricole, qui représentait 18 pour cent de la consommation totale en 1964, n’en constituait plus qu’envi-ron 3 pour cent en 1970.— Les composés organiques du mercure sont largement utilisés dans la fabrication des peintures -émulsions au latex et des peintures aux huiles siccatives.Ces composés servent de colorants ou d’agents de conservation des peintures avant utilisation.Certaines peintures antisalissures contiennent une petite quantité de mercure servant de fongicide, et sont utilisées au Canada dans les locaux humides de l’industrie ou du logement.Leur teneur en mercure est de 0,05 pour cent.Selon une estimation de l’Association canadienne des manufacturiers, l’ensemble des peintures vendues chaque année au Canada contient environ 9 tonnes de mercure.Rejets La dispersion du mercure dans la biosphère (air, eau, sol et organismes vivants) est, en majeure partie, le résultat de processus naturels, mais les concentrations locales élevées résultent généralement des activités de l’Homme.En 1976, un rapport d’Environnement Canada mentionnait que l’on retrouvait du mercure et de ses composés dans le Nord-Ouest du Québec, et que son utilisation par l’industrie et l’agriculture entraînait des concentrations locales élevées17, constituant un grand danger pour les organismes vivants.La Figure 2 montre que l’Homme accroît inconsidérément les teneurs en mercure de l’environnement de quatre façons principales: — Les rejets industriels: à cause de l’utilisation directe de mercure métallique dans les processus industriels.Le mercure en est alors le sous-produit.— Les utilisations commerciales: emploi direct du mercure et de ses composés en agriculture; le mercure est alors un produit fini.— Les pertes accidentelles: utilisation directe du mercure métallique dans les laboratoires et le domicile; par exemple, bris de thermomètres.— L’émission de rejets de traitement: le mercure est un résidu de l’extraction minière, du grillage des minerais sulfurés et de la combustion des charbons et hydrocarbures.Les spécialistes d’Environnement Canada ont calculé que 82,2 tonnes de mercure avaient été rejetées dans l’environnement canadien en 197018.Le Tableau 3 donne la répartition des sources de ce mercure.On estime que plus de 7 000 tonnes de mercure sont rejetées dans l’environnement global.J.W.MacNaught a estimé que 2 160 millions de tonnes de charbon avaient été utilisées pour l’élaboration des infrastructures industrielle, économique et domestique du Canada pendant son premier siècle d’existence19.Or, la teneur moyenne en mercure du charbon et des autres combustibles fossiles20 est de 0,2 g/T.Donc en un siècle, le Canada, une petite nation industrialisée, a rejeté dans l’environnement 430 tonnes de mercure (27 T en 1970), dont la plus grande partie s’est déposée aux alentours des lieux de combustion.La production mondiale de charbon est supérieure à 3,2 milliards de tonnes par an21.En considérant que cette quantité est brûlée, on en conclut que 640 tonnes de mercure sont rejetées chaque année au cours de cette combustion.Il faudra trouver des solutions techniques pour éviter ces rejets.Voici les facteurs de complication: — la dépendance mondiale croissante à l’égard des combustibles fossiles; — le charbon est le combustible fossile le plus abondant; — la politique fédérale vise à augmenter la production canadienne de charbon, et peut-être à la quintupler durant les quinze prochaines années; — l’option électronucléaire est de plus en plus remise en question; — les perspectives prometteuses qu’évoque le remplacement du pétrole et du gaz par le charbon dans l’esprit de bien des gens.Il faut une stratégie de réduction des contaminations Les rejets de mercure dans l’environnement canadien ne font qu’augmenter.Les agents atmosphériques et autres peuvent le transporter et le déposer à de grandes distances des usines.Il faut donc mesurer la contamination mercurielle de l’air, des sédiments et des tissus végétaux et animaux, surtout à proximité des usines émettrices et des agglomérations humaines, et la surveiller constamment.On devra aussi identifier les autres sources de contamination et les réduire QUÉBEC SCIENCE octobre 1977 Figure 2 Le mercure dans la biosphère et son cheminement vers l’Homme par des moyens physiques ou chimiques.On dispose de plusieurs techniques pour mesurer les teneurs en mercure métallique, composés minéraux et mer-cure-méthyle22.La mise au point d’une méthode normalisée et précise de mesure du mercure-méthyle serait précieuse pour les études comparatives23.Nous avons aussi besoin d’un laboratoire de référence assurant la qualité des analyses effectuées dans les divers laboratoires régionaux.Étant donné leurs répercussions sur l’environnement et la toxicité des rejets mercuriels, il faudrait les réduire le plus possible.On utilise actuellement deux méthodes.La première, qui consiste à éviter d'utiliser le mercure, est certainement la façon la plus sûre d’éliminer les rejets.On peut mettre au point des produits de remplacement sûrs ou des techniques ne nécessitant pas de mercure.La deuxième, utilisable s’il est impossible de trouver des solutions de remplacement et s’il apparaît que le mercure a une grande utilité sociale24, consiste à accroître l'efficacité de son utilisation.On peut y parvenir grâce à des techniques de captage du mercure émis dans les fumées industrielles et dans les eaux rejetées et par la conception et la mise en place d’installations de recyclage.Mais même si les rejets de mercure sont fortement réduits ou éliminés, les composés minéraux du mercure présent dans l’environnement y resteront, et une partie de ceux-ci se transformeront en ce puissant toxique du système nerveux, le mercure-méthyle.Tableau 3 Rejets de mercure dans l'environnement canadien, en 1970 Sources en tonnes Rejets en pourcentage du total Production Extraction du minerai de mercure 1.05 1.3 Concentration du minerai 0.76 0.9 Production secondaire 0.004 * Distillation 0.002 * Production totale 1.82 2.2 Utilisation de mercure métallique Industries du chlore et soudières 26.4 32.1 Amalgames dentaires 0.17 0.2 Appareillage électrique 0.003 * Extraction de l’or 0.28 0.3 Industrie pharmaceutique 0.0001 * Instruments et appareils 0.03 # Utilisation totale 26.88 32.7 Utilisation de composés mercuriels Agriculture 1.5 1.8 Fabrication de peintures 0.036 * Cathodes de piles 0.008 * Utilisation pharmaceutique 0.65 0.8 Utilisation totale 2.20 2.7 Divers Peinture intérieure 0.99 1.2 Peinture extérieure 5.04 6.1 Combustion de charbon 6.99 8.5 Combustion de pétrole 20.0 24.3 Combustion de ga/ naturel 0.002 * Combustion du bois 2.87 3.5 Incinération des déchets 4.44 5.4 Incinération des boues résiduaires 0.54 0.7 Tubes fluorescents 0.94 1.1 Bris de thermomètres 0.4 0.5 Extraction du zinc 5.26 6.4 Extraction du cuivre 3.42 4.2 Extraction du plomb 0.40 0.5 Total, divers 51.29 62.4 Total général 82.19 100.0 • Négligeable (moins de 0.1 pour cent) Source: Environnement Canada.Rapport EPS-3-AP-74-I octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE 2.Evaluation de la toxicité du mercure Les milieux tant biologiques que physiques sont largement contaminés par le mercure, qui ne contribue à aucun processus biologique connu.Ces faits ne sont pas préoccupants.Par contre, l’accumulation toxique du mercure, surtout sous ses formes organiques, dans les tissus des organismes vivants mérite que les médecins, les spécialistes de l’environnement, de l’industrie, du secteur public et des syndicats l’étudient, et que le public s’y intéresse.Toxicité du mercure Dès le premier siècle avant notre ère, Pline avait décrit la maladie des esclaves travaillant dans les mines de cinabre.La première mention d’empoisonnement fatal par un composé minéral du mercure date du XVesiècle, et concerne un mineur de cinabre.Les premiers décès par empoisonnement par composé organique du mercure furent ceux de deux laborantins travaillant dans un laboratoire de chimie.En 1940, D.Hunter et Russel signalèrent des cas d’empoisonnement d’ouvriers dans une usine où l’on fabriquait du mercure-méthyle; ils ont publié par la suite leurs observations cliniques et pathologiques25.Mais ce n’est qu’en 1960 qu’on s’est rendu compte de la toxicité du mercure pour les populations accidentellement exposées26.Absorption et fixation du mercure par l’organisme Le mercure pénètre dans l’organisme humain par inhalation, absorption alimentaire et absorption cutanée.Les vapeurs de mercure respirées sont dissoutes dans le sang qui les transporte vers des organes essentiels, tel le système nerveux et le foie.La teneur atmosphérique moyenne atteint 1 ng/m3 d’air27.Comme la quantité d’air inhalée est en moyenne de 10 m3 par jour, la quantité de mercure absorbée est de l’ordre de 10 nanogrammes.Il est peu probable que cette quantité ait un effet notable sur la santé.Nous absorbons le mercure contenu dans nos aliments et notre eau de boisson.Mais, en dépit de cette présence généralisée, le mercure ne semble pas avoir de rôle métabolique.Les eaux des ruisseaux, rivières et lacs contiennent généralement de faibles quantités de mercure (0.02 ng/g d’eau).Ces teneurs sont cependant plus élevées dans les régions où le mercure est utilisé en agriculture ou dans l’industrie.On n’a décelé que des traces de mercure dans l’eau d’adduction des villes canadiennes.Par contre, les aliments constituent une source importante du mercure absorbé.Le Tableau 4 montre les teneurs en mercure de divers aliments consommés au Canada, telle que l’a indiquée F.M.DTtri en 197228.La quantité moyenne de mercure absorbée quotidiennement par chaque Canadien, qui était de 5 microgrammes en 193029, est passée à 20 Mg en 197030.Mais ces chiffres sont d’une précision illusoire, à cause de la diversité des régimes alimentaires et du manque d’exactitude des mesures passées, mais récemment améliorées.Après absorption de la nourriture, le mercure traverse la paroi intestinale, ou bien il est éliminé dans les excréments.Environ 1 pour cent de la quantité totale de mercure présent dans l’organisme est éliminé chaque jour31.Les sels minéraux de mercure sont moins absorbés que les sels organiques, et ceux-ci peuvent se décomposer en sels minéraux de mercure dans l’organisme même.Mais la plus grande partie du mercure sous forme organique demeure intacte.Le mercure-méthyle qui s’accumule dans les tissus vivants passe à raison de plus de 90 pour cent au travers de la muqueuse gastrointestinale.Il traverse facilement les barrières hémato-encéphalique et placentaire.Environ 10 pour cent de la quantité totale de mercure-méthyle de l’organisme se retrouve dans le cerveau.Effets toxiques du mercure Les caractéristiques des maladies causées par les contaminants de l’environnement permettent de les différencier: durée de contact avec le contaminant, teneur à laquelle la victime a été exposée ou quantité absorbée, organes essentiels touchés, spécificité des effets pathologiques et des effets psychiques, et degré de réversibilité de ces effets.Les travailleurs sont exposés au danger de contamination par les composés minéraux du mercure.Après exposition suffisamment longue aux vapeurs de mercure, on note l’apparition des symptômes suivants: faiblesse et fatigue, pertes de poids et d’appétit (anorexie), éréthisme nerveux (trouble psychique caractéristique), tremblements et inflammation des gencives (gingivite) et de la muqueuse buccale (stomatite).Tableau 4 Teneur en mercure de certains produits vivriers du Canada (1970) Produits Teneur (en g/kg) Pommes de terre 200 Oeufs 20-29 Produits laitiers 70-180 Légumes 25-280 Filet de boeuf 10 Viande rouge, poisson et volaille 3-310 C’est dans les reins qu’on retrouve les plus grandes concentrations tissulaires.L’hydrargyrisme se traduit parla persistance de ces symptômes, ou même par le décès par néphrite chronique.L’élimination du mercure présent dans le cerveau étant lente, l’éréthisme et les autres troubles du système nerveux central persistent pendant un certain temps après l’exposition.Les analyses de sang, de cheveux et d’urine peuvent ne pas montrer de teneur excessive en mercure chez les consommateurs ayant mangé récemment du poisson contaminé.Le mercure-méthyle, un composé organique, s’accumule dans des zones limitées du cerveau, surtout dans le cervelet, responsable de la fonction d’équilibre, et la scissure calcarine, aire sensorio-visuelle.Les symptômes, ou signes, de l’empoisonnement par le mercure-méthyle reflètent l’endommagement du système nerveux central: — perte des sensations cutanées et profondes, — rétrécissement du champ visuel, — troubles de l’ouïe, — troubles de la parole et de la coordination musculaire (ataxie), — spasmes musculaires, paralysie générale, — difformités, — coma et mort.Ces symptômes sont accompagnés par des modifications de la personnalité: agressivité, délire de persécution et prostration.Le mercure-méthyle constitue un danger sérieux pour le foetus, car il a une grande affinité pour les tissus fœtaux et QUÉBEC SCIENCE / octobre 1977 placentaires, et il peut modifier le patrimoine génétique.On a trouvé une corrélation positive entre les teneurs en mercure du sang et du lait des femmes de pêcheurs de profession.La fréquence des aberrations chromosomiques de différents types, touchant les plantes, les drosophiles et les rats exposés au mercure-méthyle s’est montré plus élevée que chez les groupes-témoins.On n’a cependant pas relevé de défauts génétiques ou une quantité excessive d’aberrations chromosomiques (par effet mutagène) chez des enfants ayant subi une intoxication par le mercure pendant leur gestation32.Bien qu’on n’ait pas encore rapporté de défaut génétique par intoxication mercurielle du foetus, on a des preuves de son effet tératogénique.L’administration, par C.Ramel, de doses élevées de phosphate de mercure-méthyle à des rates gravides, dix jours après leur fécondation, s’est traduite par une perte de poids des nouveaux-nés, dont 31,6 pour cent souffraient de fissure palatine33.Au Japon, M.Harada a rapporté 23 cas congénitaux de «maladie de Minamata»34.Dans ces cas, la guérison est pratiquement impossible, car le système nerveux du foetus a subi des dommages irréparables.Bien que le mercure-méthyle s’attaque surtout au système nerveux, il affecte aussi d’autres organes.«Par exemple, les troubles de la fonction hépatique, les cas de diabète et d’hypertension sont plus nombreux dans les régions contaminées [du Japon] que dans les régions-témoins.Des autopsies effectuées dans des cas aigus et subaigus ont montré que le mercure-méthyle avait endommagé le foie, les reins, le pancréas et la moelle osseuse du malade.Les symptômes neurologiques de la maladie de Minamata sont si prédominants qu’ils ont monopolisé l’attention: les examens métaboliques et fonctionnels sont donc demeurés insuffisants»35.On a observé des symptômes cliniques de l’intoxication par le mercure-méthyle à la suite d’une exposition de courte durée (aiguë) à de fortes concentrations de ce produit en Irak et au Japon (à Minamata).Ce sont ces symptômes qui permettent d’identifier les cas de «maladie de Minamata».Mais comme le Dr M.Harada, un spécialiste japonais, l’a souligné: «l’utilisation du terme «maladie» ne décrit pas de façon précise un état qui est en fait une intoxication.Il s’est cependant répandu avant que les scientifiques ne parviennent à identifier les causes»35.L’exposition chronique à de faibles concentrations de mercure-méthyle provoque l’apparition de symptômes semblables.Elle s’est produite à Minamata, mais aussi au Canada, bien que les symptômes les plus sévères n’y aient pas été observés36.Le Dr M.Harada a émis l’hypothèse selon laquelle «certains symptômes neurologiques, tels que l’atrophie musculaire, les crises épileptiques et les douleurs des membres .peuvent être considérés comme des formes chroniques de l’intoxication par le mercure-méthyle».Diagnostic Ce sont des troubles neurologiques, se manifestant par des dérèglements des sensations, de la vue et de la coordination musculaire, qui permettent d’identifier les maladies hydrar-gyriques.Le diagnostic exact de l’intoxication par le mercure et de son début dépasse encore la science médicale.Les instruments de prévision généralement utilisés par les cliniciens au cours des programmes de contrôle et de traitement sont les relations entre la toxicité d’une substance et celle de ses métabolites, ou d’autres formes biologiques, et sa teneur dans le sang, les cheveux et l’urine.On n’a pu mettre en évidence aucune relation de ce genre à propos de l’intoxication par les composés organiques du mercure.On estime que la teneur minimale de mercure dans le sang qui déclenche des symptômes, dans les cas d’exposition aiguë, est de 0,2 Mg/g- Cette évaluation découle de l’étude faite lors de l’épidémie de Minamata.On n’a pas déterminé de seuil toxique de teneur sanguine pour une exposition plus durable à une concentration plus faible.Le Comité d’experts du ministère québécois des Affaires sociales a cependant estimé que les troubles neurologiques, comme le rétrécissement du champ visuel, pouvaient être décelés chez des personnes dont le sang contenait aussi peu que 0,02/ug/g de mercure au moment de l’examen.On peut dire, en règle générale, que les personnes dont le sang contient 0,1 Mg/g de mercure-méthyle et qui ont été exposées à cette substance pendant une longue durée risquent d’être intoxiquées.Il faut cependant modifier cette règle dans le cas des femmes enceintes et des enfants, au sujet desquels il importe de prendre des précautions plus sévères, en raison de leur plus grande sensibilité, prouvée, au mercure-méthyle.Il n’existe aucun symptôme ou ensemble de symptômes particuliers à l’intoxication ou au début d’intoxication par le mercure sous forme organique.Le comité d’experts québécois mentionne dans son rapport que: «Le clinicien doit poser un diagnostic en se fondant sur son interprétation subjective d’un ensemble de signes et symptômes, le plus consciencieusement possible, à la lumière de son expérience.Certains symptômes ou groupes de symptômes pris individuellement permettent de déceler diverses lésions ou maladies .Ainsi l’alcoolisme et la malnutrition produisent fréquemment des tremblements des mains et des polynévrites, mais il est extrêmement rare d’observer en même temps un rétrécissement du champ visuel.Le diagnostic habituel de l’intoxication au mercure sous forme organique doit envisager l’intoxication par plusieurs autres métaux lourds, particulièrement le plomb, et parfois même l’intoxication au monoxyde de carbone.La non-spécificité des lésions pathologiques du cerveau produites par ces dernières substances explique l’ubiquité de ces symptômes.Malgré tout, il est possible de s’appuyer sur un ensemble de symptômes plus ou moins caractéristiques de l’intoxication par le mercure»36.Le meilleur diagnostic ne peut être établi qu’après la mort du sujet, lorsque l’examen du cerveau permet d’y déceler des lésions et dommages neurologiques.Même cette technique n’est pas parfaite, car les lésions observées ne sont pas spécifiques de l’intoxication par le mercure sous forme organique.Les dommages causés aux cellules du système nerveux central sont irréversibles.Les fonctions multiples des cellules font que plusieurs cellules ou complexes cellulaires effectuent les mêmes tâches essentielles.On utilise généralement des médicaments qui réduisent la teneur en mercure de l’organisme en favorisant son excrétion.La victime suit, par la suite, un régime enrichi dans le but d’activer le métabolisme des nerfs non endommagés.La dernière étape consiste en un traitement physiothérapique pour réduire les symptômes comme l’ataxie, la dysarthrie et les tremblements.Les Japonais, très expérimentés dans les techniques thérapeutiques, ne mentionnent qu’une efficacité limitée.Des dommages neurologiques sérieux ont déjà été causés lorsque les symptômes sont manifestes, et ils sont alors pratiquement irréversibles.Ceci s’applique particulièrement aux cas congénitaux, mais aussi aux troubles psychiques.On a, par exemple, relevé 29 pour cent de déficients mentaux parmi les enfants nés en 1955 et 1959 dans la zone de Minamata la plus contaminée»35. octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE Les populations menacées Qui pourrait se trouver exposé?Les Autochtones, qui dépendent de la pêche pour manger et subsister, sont parmi les plus exposés.La consommation quotidienne de 120 g de poisson contenant 1 Mg/g de mer-cure-méthyle représente l’absorption de 120 jug de mercure par jour.Il est probable que la dose hebdomadaire moyenne dépasse 135 jug, et qu’en été elle est bien plus élevée parmi les pêcheurs sportifs et les Autochtones.On n’a jamais su avec précision le nombre d’Amérindiens du Canada.Nous avons donc utilisé les statistiques de diverses années compilées par trois organismes afin d’en obtenir une estimation très approximative (Tableau 5).La plupart des Amérindiens vivent dans des communautés où le poisson a toujours été un aliment de base.Bien que la contamination mercurielle du poisson n’ait pas été prouvée dans chaque région du Canada, on sait qu’un nombre alarmant de lacs et de cours d’eau abritent au moins une espèce contaminée22.Les Blancs constituent 90 pour cent de la population du Moyen-Nord (Tableau 5).Certains d’entre eux peuvent aussi être exposés à la contamination mercurielle par les poissons, qui constituent leur nourriture et leur moyen d’existence.Les pêcheurs sportifs et leurs guides sont exposés à l’intoxication par le mercure contaminant le poisson.Statistique Canada rapporte que, pour les seules années 1973 et 1974, 1,29 million de Canadiens et près d’un million de non-résidents ont obtenu des permis de pêche au Canada.Ces chiffres sont inférieurs à la réalité, car de nombreuses personnes pêchent sans permis dans les ruisseaux, lacs et rivières du Canada.De nombreux travailleurs sont exposés à la contamination mercurielle, dans l’industrie et le secteur agricole.Il est difficile de déterminer leur nombre; la seule industrie des peintures emploie environ 10 000 travailleurs.Teneurs en mercure du sang des Autochtones Il n’est pas nécessaire d’entreprendre une enquête nationale sur les teneurs en mercure des tissus corporels des Canadiens.Cependant, les Administrations fédérale et provinciales ont entrepris de mesurer la teneur en mercure du sang des individus appartenant aux groupes menacés.Le Tableau 6 présente les résultats déjà obtenus.Certaines teneurs sont suffisantes pour provoquer des dommages aux chromosomes et au foetus; dans certains cas on a noté des symptômes d’intoxication.Les fraternités autochtones ont contesté plusieurs fois l’exactitude de ces statistiques, car les relevés ont été effectués en général en hiver, alors que la consommation de poisson était la plus faible.D’autre part, les individus les plus exposés (les guides) étaient absents, parce que les enquêteurs faisaient leurs visites à l’improviste.Santé et Bien-être social Canada a récemment compilé les statistiques concernant son programme sur Fhydrargy-risme37.En décembre 1976, l’Administration fédérale avait achevé l’examen de 103 collectivités réparties dans tout le pays, et effectué 10 068 analyses sanguines.Parmi celles-ci, 206 faites au Québec et 72 exécutées en Ontario ont décelé des teneurs dépassant 100 ng/g.Il faut cependant souligner que ce nombre d’analyses ne portait pas sur autant d’individus, car certains ont fait l’objet de cinq analyses, ou plus, lors des 6 années d’étude.En 1976, Santé et Bien-être social Canada a mis sur pied un programme de surveillance constante et de suivi des personnes fortement contaminées.Ces études ne comprennent cependant pas d’examens neurologiques de désordres apparents, ni des dépistages d’effets non encore évidents de l’intoxication mercurielle.Mesures de lutte contre la contamination mercurielle toxique Il est nécessaire que tous les paliers d’administration, les chercheurs médicaux, les praticiens et les groupes de personnes touchées travaillent de concert pour détecter dès l’origine toute intoxication mercurielle, et mettre en œuvre les thérapeutiques appropriées.Il faut mettre sur pied des programmes de recherche et actions médicales variées pour bien appréhender la nature du danger de l’exposition durable à de faibles concentrations de mercure-méthyle.Sans ces programmes, on ne pourrait évaluer l’ampleur du problème au Canada, ni utiliser le meilleur traitement possible.Il faut que les organismes subventionnaires financent les chercheurs afin: — qu’ils puissent déterminer quels organes essentiels sont affectés par l’intoxication mercurielle, ainsi que les teneurs-seuils à partir desquelles ces effets sont observés; — de préciser le taux d’absorption et d’accumulation par les organes, en fonction des teneurs de mercure dans le sang des sujets; — de déterminer les modes d’attaque du système nerveux central et des organes par le mercure-méthyle (ces données seraient fort utiles pour le traitement des maladies hydrar-gyriques, et pourraient amener la découverte d’une technique biochimique permettant d’effectuer un diagnostic précoce de l’intoxication); — d’identifier le mécanisme de l’action mutagène du mercure; — d’établir une réserve d’échantillons d’aliments datés, afin de comparer leur teneur en mercure sur une longue durée.En 1976, Santé et Bien-être social Canada mit sur pied un programme médical de surveillance constante des teneurs en mercure du sang dans les populations exposées.Il devrait étendre ce programme afin de: — surveiller de façon sélective les groupes les plus susceptibles d’être intoxiqués par le mercure: femmes enceintes, enfants et Autochtones.On a, par exemple, trouvé que le mercure-méthyle nuisait au développement du fœtus.Pour déterminer l’incidence de cet effet, on pourrait automatiquement mesurer la teneur en mercure des cordons ombilicaux de tous les enfants nés au Canada; — rassembler toutes les données permettant de cerner la population exposée.Ces données peuvent être tirées des dossiers médicaux généraux et industriels, des statistiques d’exposition au mercure, des observations sur les habitudes alimentaires, ainsi que des teneurs en mercure mesurées des eaux potables, des végétaux et les animaux.Dès qu’on aura garanti l’accès à cette information grâce à son stockage dans une banque de données centralisée, il sera plus facile de mettre en évidence les populations exposées; — quand les individus et les groupes exposés auront été identifiés, il faudra leur accorder toute l’attention nécessaire.Les programmes de suivi constant ne seront pas les seuls nécessaires: il faudra aussi mettre sur pied des programmes d’information et de réadaptation.La mise en évidence récente, au Japon, des difficultés d’instruire les enfants exposés au mercure-méthyle, et les inquiétudes soulevées par le nombre élevé de suicides chez les Indiens soulignent la nécessité d’une étude systématique de la nature et de la portée des effets psychiques et sociaux de l’intoxication par le mercure.n QUÉBEC SCIENCE / octobre 1977 Tableau 5 Population autochtone du Canada AutochtonesetBlancsduMoyen-Nord(1972) Région Indiens inscrits Indiens non-inscrits2 Inouits3 Total Autochtones Blancs Total4 Québec 29 014 70 000 4 300 103 314 12 480 431 465 433 945 Ontario 63 249 100 000 — 163 249 14 670 134 395 149 065 Manitoba 41 187 80 000 - 121 187 20 825 48 395 69 220 Saskatchewan 42 506 80 000 jf — 122 506 Il 915 9 905 21 820 Alberta 33 403 60 000 — 93 402 19 790 129 620 149 410 Colombie-Britannique 52 208 60 000 - 112 208 18 430 178 180 196 610 Territoires du Nord-Ouest 7 245 10 000 18 668 35 918 - - - Yukon 3 173 5 000 - ¦8 173 - - — Provinces maritimes 10 705 5 000 1 055 16 760 735 50 585 51 320 Total 282 600 470 000 13 000 776 718 98 845 982 545 1 081 930 Note: Les données relatives aux populations autochtones sont tirées des compilations statistiques établies par les trois organismes ci-dessous en 1972.1975 et 1976: 1) Ministère des Affaires indiennes et du Nord.Population indienne inscrite selon le sexe et l'époque.1975.division de la statistique.Ottawa 2) Conseil autochtone du Canada.«Who are we.wat are we».Métis et Indiens non-inscrits.1972 3) Communication privée de l'Institut culturel inouit 4) Conseil canadien d’aménagement rural.Une stratégie de développement pour le Moyen-Nord du Canada.Ottawa.1976, Tableau 6 Pour clarifier les relations de cause à effet concernant l’intoxication mercurielle, il faudra analyser ses relations synergiques avec d’autres substances toxiques, qu’on n’a guère étudiées.Le cadre de la présente vue synoptique ne permet pas l’analyse d’un sujet aussi complexe, mais il est cependant impératif de clarifier les interactions entre mercure et autres contaminants.Tableau 6 Relevés canadiens sur les teneurs sanguines en mercure-méthyle Teneurs en nanogrammes par gramme Nombre Teneur Teneur Région Années d’individus moyenne maximale (en ng/g) (en ng/g) Territoires du Nord-Ouest (1972-73) 176 22.1 119,2 Yukon (1972) 104 8,1 21,0 Colombie- Britannique (1970) 350 7,3 34,8 Alberta (1972) 144 9,95 50.0 Saskatchewan (1972) 679 6,7 16,0 (28% Autocht.) 19,7 ?(moy.Autocht.) Manitoba (1973) 385 22,3 120,0 (64% Autocht.) Nouveau- Brunswick aucun relevé Nouvelle-Écosse aucun relevé Ile du Prince-Édouard aucun relevé Terre-Neuve aucun relevé Nord-Ouest ontarien Grassy Narrows 1970 35 46.4 159 1972 64 52.0 289 White Dog 1970 61 77.4 385 1972 49 62.5 222 Tous deux 1975 11 136,0 — (guides) Nord-Ouest québécois Matagami 1971 76 44,0 306 Miquelon 1971 146 21,5 148 Mistassini 1971 198 36.7 155 12 Source: Ces données ont été tirées de plusieurs documents non publiés par Santé et Bien-être social Canada. octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE 3.Évaluation des lois et réglementations existantes Le perfectionnement des processus industriels a entraîné la synthèse, l’utilisation et le rejet dans l’environnement de substances très toxiques pour l’individu et la collectivité.C’est pourquoi l’État a mis en place des organes chargés de supprimer ou de réduire cette pollution, dans l’intérêt public.L’Acte de l’Amérique du Nord britannique a réparti les compétences entre les Administrations fédérale et provinciales.Cette répartition a été modifiée et précisée depuis par les tribunaux.Les deux paliers de gouvernement réclament la compétence dans les domaines suivants de lutte contre la pollution: la santé des mandants, y compris les Autochtones vivant dans les réserves et la population active, l’agriculture, l’instruction publique, les mines et l’industrie, les transports, la pêche, l’alimentation et l’environnement.Fondements constitutionnels des actions entreprises La répartition des compétences en matière de lutte antipollution et de santé publique est déterminée par l’Acte de l’Amérique du Nord britannique et la jurisprudence établie entre les gouvernements.La règle du droit antérieur veut cependant qu’en cas d’incompatibilité des législations fédé-rales-provinciales, ce soit la législation fédérale qui ait primauté.Les pêcheries.La réduction du danger d’intoxication mercurielle repose sur une gestion efficace des pêcheries.En droit constitutionnel, toutes les pêcheries côtières et intérieures relèvent de l’autorité exclusive du Parlement du Canada.Les provinces possèdent le droit de légiférer dans les domaines de la propriété et des droits civils, et peuvent donc régir l’activité halieutique, à condition de se conformer à toute réglementation promulguée par le gouvernement fédéral.Dans la pratique, les pêcheries des provinces des Prairies, de l’Ontario et du Québec sont gérées par les Administrations provinciales, et les règlements sont adoptés par l’Administration fédérale sur recommandation de celles des provinces.L’agriculture.La production vivrière était la principale activité économique lors de la création de la Confédération; aussi a-t-on assigné des responsabilités directes à chaque palier de gouvernement.Un arrangement pratique réserve la surveillance des produits phytosanitaires mercuriels et de leur utilisation (si elle est limitée) à l’Administration fédérale, tandis que ses homologues provinciales sont chargées d’émettre les permis de vente et d’utilisation.Les mines et l’industrie.Ces activités ont pris de plus en plus d’importance dans la vie économique du Canada depuis la confédération.Toutes les sociétés industrielles doivent être constituées en vertu de lois provinciales.Les Administrations provinciales ont le droit de saisir ou d’exproprier des terres qu’elles considèrent nécessaires au développement industriel ou à la mise en exploitation des ressources, ainsi que celui d’accorder des licences ou des permis, d’imposer des taxes et de réglementer les rejets dans l’air, l’eau ou le sol avoisinant.Le gouvernement fédéral possède cependant un droit d’intervention réel et potentiel dans les secteurs des transports et du commerce.Note: Ce chapitre a été écrit par Clarence T.Charlcvois et François Rivest qui équilibre la compétence provinciale, prévalente en ce domaine.Les transports et le commerce.Sur les plans interprovincial et international, ces activités relèvent presque exclusivement du gouvernement fédéral.La navigation et le transport ferroviaire dans toutes les provinces sont de compétence fédérale; seul le transport par route est de compétence provinciale.La compétence directe et unique du gouvernement fédéral en matière de commerce extérieur s’est concrétisée par des accords bilatéraux et multilatéraux avec les gouvernements voisins qui ont pour but de limiter, ou même de supprimer la pollution atmosphérique d’outre-frontières.Sous l’égide de la Commission mixte internationale, on s’efforce de délimiter des objectifs en matière de qualité de l’eau et d’élaborer les normes correspondantes.La santé publique.L’Acte de l’Amérique du Nord britannique a pratiquement confié toute la compétence en cette matière aux provinces.Mais le gouvernement fédéral, à cause des fonds importants dont il dispose et de la compétence générale qu’il possède sur le plan de l’intérêt national, s’est tracé un rôle dans cet important domaine.À partir du moment où l’Administration fédérale découvre qu’une substance est toxique pour l’homme ou dangereuse pour le poisson, les mesures qu’elle prend pour lutter contre ce péril ont priorité sur les législations provinciales.Les Autochtones.Leur santé et leurs moyens d’existence ont été très affectés par la contamination mercurielle.Les Affaires indiennes sont, en vertu de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, de compétence fédérale.Mais celle-ci ne couvre pas les Indiens non-inscrits.Les provinces ont un rôle important à jouer, étant donné les pouvoirs qu’elles possèdent dans le domaine de la santé et de l’instruction publique.La main-d’œuvre.Ce sont les autorités provinciales qui ont compétence en matière de salubrité et de sécurité de l’ambiance professionnelle, à l’exception d’environ 200 OOOtravailleurs qui relèvent du Code canadien du travail, régi par le ministère fédéral du Travail.Les deux paliers d’autorité promulguent des normes de salubrité et de sécurité de l’ambiance professionnelle, y compris celles de qualité de l’air, et qui nécessitent des examens médicaux périodiques.L’environnement.L’Acte de l’Amérique du Nord britannique ne parle guère du milieu ambiant.La compétence fédérale est cependant notable, car le gouvernement a des responsabilités en matière d’affaires extérieures, de pêche et de questions sanitaires.Son pouvoir de financement permet à l’Administration d’effectuer des recherches à une échelle dépassant les possibilités de ses homologues provinciales.Les pouvoirs actuels du gouvernement fédéral empêchent les Administrations provinciales de faire preuve de mollesse dans l’élaboration et l’application des normes anti-pollution.Les gouvernements provinciaux ont le pouvoir de légiférer et d’appliquer des normes pour la protection de l’environnement dans tous les domaines de leur compétence.Tout gouvernement provincial, à cause des pouvoirs qu’il exerce dans les secteurs de l’industrie, des ressources naturelles, de la main-d’œuvre et des municipalités, pourrait aisément régir presque tous les aspects de la protection de l’environnement.Seul le manque d’intérêt ou de moyens peut expliquer son inaction.13 Klgljiiiiiii.:-; 14 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1977 Législation et réglementation actuelles Nous disposons de plusieurs tactiques pour lutter contre la pollution industrielle, et empêcher celles qui pourraient avoir de tragiques conséquences.Cependant aucune méthode ne serait efficace si les individus, les associations bénévoles ou les organismes réglementaires s’intéressant à la lutte contre la pollution ne disposaient pas des données leur permettant de prouver, à la satisfaction des tribunaux, la réalité des faits suivants: «a) les effets et les coûts de la pollution sur les plans sanitaire, biologique et économique; b) la validité des techniques de dépollution .qui pourraient être disponibles à court terme; c) et le dynamisme de l’ensemble de l’industrie, lui permettant de payer les installations de dépollution, donc de satisfaire aux normes proposées, avec l’aide des incitations fiscales possibles, et de remédier aux perturbations économiques et aux problèmes humains qui surgiraient probablement»38.Quand les autorités gouvernementales disposent des données nécessaires, elles peuvent prendre les mesures pour forcer les pollueurs à changer de comportement et pour prévenir tout dommage éventuel39.Pour réduire les quantités d’effluents, les autorités peuvent imposer des normes d’ambiance et indiquer la teneur-plafond en polluants des effluents.Pour que ces mesures soient prises au sérieux, les autorités doivent exiger l’observation de ces normes maximales.Il existe déjà des mécanismes législatifs et économiques permettant d’assurer cette observation: la persuasion (par négociations), la coercition (par poursuites, surveillance et ordres de suspension), les incitations économiques à réduire les rejets, telle l’amende pour retard de dépollution imposée à la firme n’ayant pas respecté un échéancier de réduction progressive des rejets tolérables, et les incitations fiscales par déduction des dépenses de dépollution des bénéfices imposables.Pour réduire les dommages déjà causés par une contamination, ou éliminer celle-ci, les autorités peuvent encourager l’industrie grâce à des allègements fiscaux, des prêts, des subventions, et des décharges d’impôt, ainsi que par des programmes péremptoires et rétroactifs d’évaluation des rejets.Enfin, si elles cherchent à prévenir la contamination future par les rejets, les autorités peuvent demander des pouvoirs pour sanctionner les prospectives technologiques effectuées par l’industrie et les plans d’utilisation du sol, avant l’émission d’un permis de construction.Ces stratégies de dépollution ne peuvent être utilisées actuellement au Canada car: — les autorités chargées de protéger l’environnement doivent à la fois élaborer les normes et les appliquer; — les incitations législatives et économiques visant à réduire notablement la pollution industrielle ont rarement été efficaces.Souvent, les normes n’ont pas été imposées; — les poursuites intentées par un organisme réglementaire contre un pollueur ont peu de chances de réussir.Pis encore, les amendes alors imposées au pollueur coûtent bien moins que la réalisation d’un programme facultatif de dépollution; — notre régime judiciaire tend à favoriser l’appropriation privée des avantages à court terme aux dépens du droit à long terme du public, mal précisé, à la qualité de l’environnement.C’est dans le cadre de ces restrictions que nous donnons le tableau de la répartition juridique des compétences fédérales et québécoise en matière de contamination mercurielle (tableaux 7 et 8).Outre les lois citées au Tableau 7, le Parlement a adopté, en fin 1975, la Loi sur les contaminants de l’environnement, laquelle a été promulguée au début de 1976.En vertu de cette Loi, les ministères de l’Environnement et de la Santé ont créé une commission de lutte contre les contaminants de l’environnement, chargée d’étudier toute substance toxique, ou dangereuse pour l’environnement.Cette Loi préventive vise à réglementer la fabrication, la transformation, la commercialisation et l’utilisation des substances en quantités supérieures à 226,5 kg par an.On a élaboré une réglementation restrictive des polychlorodiphényles (PCB en anglais) et l’on projette d’étudier le cas du mercure de façon intensive.Bien que la plus grande partie de cette législation fédérale, et de celles des provinces, soit exécutoire et pratique, elle n’atteindra son objet que si des organismes réglementaires sont chargés de l’appliquer.Beaucoup soutiennent qu’elle restera inefficace si l’Administration ne surveille pas adéquatement les contraventions possibles et n’impose pas de lourdes amendes en cas de non-observation.Aucune des législations décrites ne stipule que le public doit être renseigné ou doit participer à l’élaboration des normes ou à celle des échéanciers de dépollution industrielle: «Sans la participation du public, étayée par l’accès à cette information indispensable, les organismes de protection de l’environnement continueront de faire face seuls aux pressions de l’industrie et aux priorités politiques du gouvernement: croissance industrielle et taux d’emploi élevé sont pratiquement incompatibles avec un environnement sain et agréable»38.Points saillants des mesures prises La lutte contre la contamination mercurielle et la protection de la santé publique et de l’environnement sont des responsabilités qui doivent être partagées non seulement par les gouvernements fédéral et provinciaux, mais aussi par les firmes canadiennes, les groupes concernés, la communauté scientifique et, dans une certaine mesure, par les organes d’information.Il faut se souvenir, lorsqu’on accuse l’un de ces groupes de négligence, que la contamination mercurielle n’est pas la seule question importante à laquelle ils ont à répondre quotidiennement.Les organismes et les législations de protection ne s’ajustent que lentement aux nouvelles réalités.Le régime parlementaire du Canada dresse des obstacles.Le pouvoir discrétionnaire des ministres, le manque d’information suffisante, le manque d’accès à l’information et la non-participation du public au processus décisionnel, que nous considérons maintenant comme des obstacles, n’étaient pas aussi apparents quand la presse électronique était encore du domaine de la science-fiction40'41.La complexité de la situation et les difficultés réelles n’excusent pas l’irresponsabilité ou la négligence des autorités, mais soulignent notre responsabilité collective en matière de critique et d’analyse des imperfections de notre mécanisme de gouvernement issu du passé, et d’élaboration de solutions de rechange.Les années 1960 En 1964, M.John Sprague, alors au service de l’Office des recherches sur les pêcheries, assista, au Japon, à une conférence internationale, où il apprit de première main ce qui s’était passé à Minamata.Nanti des données sur les rejets de composés organiques du mercure et leurs effets sur la santé, il s’efforça de déterminer si ceux-ci étaient aussi rejetés par les usines canadiennes de produits chimiques.Ses conclu- octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE sions furent négatives.En 1966, M.Robert Jervis assista, en Suède, à un colloque sur la contamination mercurielle des poissons de lacs.Mais ni M.Jervis ou M.Sprague ne réussirent à convaincre les autorités fédérales responsables des pêches d’entreprendre une étude pour mesurer les teneurs en mercure de la chair des poissons pêchés au Canada.En 1966, à la suite des tragédies survenues en Irak et au Pakistan, où des semences traitées à l’aide d’un parasiticide contenant des composés organiques du mercure avaient été consommées par des gens qu’elles avaient empoisonnés, le ministère fédéral de l’Agriculture exigea que les semences traitées par des parasiticides soient colorées, afin d’éviter toute utilisation erronée.En 1966-1967, trois événements déterminèrent le gouvernement fédéral à prendre des mesures au sujet du poisson contaminé.Tout d’abord, l’Organisation mondiale de la Santé recommanda, en 1966, qu’on fixe à zéro l’apport quotidien admissible de composés mercuriels absorbés dans les aliments, et en pratique les teneurs résiduelles42 à 0,05 mg/kg.Deuxièmement, M.Jernelov, un scientifique suédois, démontra en 1967 que le mercure sous forme minérale, présent dans les sédiments des cours d’eau, pouvait être méthylé par les bactéries du milieu.Ce mercure-méthyle toxique était ensuite concentré au long de la chaîne trophique12.Troisièmement, durant la même année, unNorvégien préparant son doctorat à l’Université Western Ontario présenta à la Commission des ressources en eau de l’Ontario les preuves de la contamination des poissons de lacs ontariens par le mercure.Ces découvertes conduisirent les autorités fédérales de l’environnement à contrôler les poissons pêchés commercialement, à interdire, en 1968, toute pêche commerciale dans la rivière Saskatchewan-Sud et à détruire 450 tonnes de poissons contaminés.En 1969, elles firent entreprendre un relevé exhaustif du mercure dans les eaux canadiennes.L’analyse des échantillons prélevés en aval de l’usine de chlore de la Dow Chemical, dans la rivière Sainte-Claire, montra une contamination importante par le mercure.Les années 1970 — L’Administration fédérale En décembre 1970, le ministère fédéral de l’Agriculture rendit publique, dans un mémoire, sa décision d’interdire la production et la vente des apprêts mercuriels pour semences.En février 1971, la Société Royale du Canada parraina un colloque où M.A.B.Morrison présenta une méthode normalisée pour la détermination de l’apport quotidien admissible d’un contaminant donné31.Il indiqua la nécessité de déterminer, tout d’abord, la quantité maximale de contaminant n’ayant pas d’effet visible sur les animaux de laboratoire les plus sensibles, et de recueillir des données sur l’exposition de l’Homme au contaminant.En 1971, on ne disposait d’aucune donnée sur la contamination mercurielle.En 1971, la Direction des aliments de Santé et Bien-être social Canada, après consultation avec Environnement Canada, publia une directive interdisant la distribution, la vente et la consommation de poisson contenant plus de 0,5 mg/kg de mercure.Les raisons de cette directive étaient les suivantes: — les scientifiques japonais avaient indiqué que l’apport de 2 mg de mercure par jour constituait une dose mortelle; — on divisa cette dose par 40 pour obtenir l’apport quotidien admissible; soit 2 mg/jour / 40 = 0,05 mg/jour; — si la consommation quotidienne de poisson par Canadien est de 100 grammes, il faut que la chair absorbée contienne moins de 0,5 mg/ kg de mercure pour que l’apport quotidien admissible soit inférieur à 0,05 mg.Les répercussions économiques de cette décision pour les Autochtones furent sérieuses.Les entreprises de pêche des Indiens de Matagami employaient 200 hommes, et leur chiffre d’affaires atteignait 400 000 $ avant qu’on les ferme pour cause de contamination excessive du poisson.Aucune autre source d’aliments ou prêt à fonds perdus n’a été offert aux Indiens; les frais d’assistance sociale se sont accrus, et tout un mode de vie a été abandonné.En 1972, le ministère fédéral de l’Environnement promulgua une réglementation des effluents mercuriels des usines de chlore.Elle stipulait que: «la quantité de mercure présent dans l’effluent rejeté quotidiennement dans des eaux à population piscicole ne doit pas dépasser 2,27 g par tonne de chlore fabriqué le même jour»41.En mars 1973, le Sous-ministre de la Santé créa le premier organe pour l’échange de l’information dans le secteur fédéral: le «Comité permanent du mercure dans l’environnement», lequel comprenait des membres autochtones, et avait pour mandat: 1.d’agir comme coordonnateur du recueil et de l’étude des données ayant trait au mercure dans l’environnement; 2.de faire des recommandations au Sous-ministre de la Santé et à ceux des autres ministères sur des sujets comme le régime alimentaire, la nutrition et la prophylaxie, et d’évaluer les effets des programmes fédéraux sur les caractéristiques culturelles des habitants des régions touchées; 3.de préparer des plans d’urgence pour parer aux effets des composés organiques du mercure sur la santé.Le 9 décembre 1975, le Ministre fédéral de la Santé et du Bien-être social annonça au Parlement la tenue d’une réunion des ministres de la Santé, de l’Environnement et des Affaires indiennes et de leurs homologues ontariens afin de créer un comité mixte Ontario-Canada44.D’autres comités fédéraux-provinciaux furent créés au cours des mois suivants pour le Manitoba, l’Ontario et le Québec.Leurs membres représentaient le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux et les Autochtones.Ils avaient pour mandat: 1.d’étudier les données concernant les sources connues de contamination mercurielle; 2.de mettre au point un plan d’action coordonnée des ministères et autres organismes pour lutter contre les répercussions de la contamination mercurielle pour l’Homme; 3.de passer en revue régulièrement les progrès accomplis par ces programmes; et 4.d’identifier les autres contaminants industriels qui pourraient être toxiques.En avril 1976, le Comité mixte Ontario-Canada approuva une proposition d’étude épidémiologique exhaustive des effets de la contamination mercurielle dans le Nord de l'Ontario.Cette étude comprenait les éléments suivants: 1.Relevé et recueil préliminaire de données sur les concentrations et la répartition du mercure — une grande partie de ce travail avait déjà été effectuée par M.Clarkson.2.Étude clinique — déjà entreprise, mais il fallait améliorer l’analyse des données, et mettre au point une présentation informatique.3.Participation d’un épidémiologue à cette phase du programme afin d’obtenir son avis au sujet de la structuration de l’étude et de l’utilisation des statistiques.4.Relevé sur la nutrition — la plus grande partie du travail sur le terrain avait déjà été effectuée par un nutritionniste travaillant sous contrat de la Direction générale des services QUÉBEC SCIENCE / octobre 1977 16 Tableau 7 Compétence fédérale en matière de contamination mercurielle I ) Ministère Cadre législatif Lois Législation auxiliaire Normes et exigences Environnement A ir Eau Ambi;ce Air Environnement (et Pêches) Loi sur la lutte contre la pollution atmosphérique Règlement proposé pour les 5,3 g par tonne industries du chlore utilisant de production prévue des cellules d’électrolyse à cathode de mercure Loi sur l’immersion de déchets en mer Règlement sur l’immersion des déchets en mer (1975) 0,75 mg par kg de déchets solides2 Loi sur les pêcheries Règlement sur le mercure provenant des usines de chlore (1972) 2.27 g par tonne de chlore produit Travail Code du Travail, partie IV Règlement du Canada sur les espaces clos (1972) Règlement du Canada sur les substances dangereuses (1972) 0,05 mg/ m3 et 0,01 mg/l pour les composés alco; s et la peau Agriculture Loi sur les produits antiparasitaires Séries de mémoires Santé et Bien-être social Loi des aliments et drogues Lignes directrices concernant le poisson commercialisé (1972) Consommation et Corporations Loi sur les produits dangereux Annexe à la Loi (1969) Transports Loi sur la marine marchande du Canada Règlement sur les substances polluantes (1972) Interdiction des rejets en mer Affaires extérieures Accord canado-américain sur la qualité de l’eau Objectifs provisoires proposés 0,2 g de mercure total par litre d’eau filtrée , Tableau 8 Compétence québécoise en matière de contamination mercurielle p L Ministères Il ^ Cadre législatif Lois Législation auxiliaire Air Environnement Norrs Eau 1 Travail et main-d'oeuvre Loi sur les établissements industriels et commerciaux Règlements concernant les établissements industriels et commerciaux (1972) Environnement Loi sur la qualité de l’environnement Règlements concertant les établissements industriels (1944) Règlements proposés concernant les rejets dans les réseaux d’égout 0.01 mg/l pour les réseaux d’égout utilisés par 20 000 personnes ou plus Règlements concernant la gestion des déchets liquides (1975) Tout rejet interdit3 Règlements proposés concernant la qualité de l’ambiance professionnelle Ordonnances (I976)4 5,3 g par tonne de production quotidienne prévue 2,5 g par tonne de chlore produit ou 90 g par jour pour toutes les eaux Règlements proposés concernant les piscines publiques Thermomètre et débitmetre au mercure interdits octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE 1) Le Gouverneur général en conseil ratifie les recommandations faites par ces organismes.2) Une teneur double est tolérée (1.50 mg kg) dans le cas des déchets liquides.Processus réglementaire rofessionnelle Santé du travailleur Divers Élaboration des normes 1 Inspection Mise en vigueur Service de protection de l’environnement (EC) Bureaux régionaux ou provinciaux du Service de protection de l’environnement Santé nationale et Bien-être social et organismes provinciaux Service de protection de l’environnement et Sciences océaniques et aquatiques (EC) Bureaux régionaux du Service de protection de l’environnement Service de protection de l’environnement Service de protection de l’environnement Bureaux régionaux et provinciaux de l’environnement il Examens médicaux ‘i sur demande des agents I du Code du Travail Travail Canada Travail Canada et organismes provinciaux Travail Canada Élimination des produits phytosanitaires mercuriels pour les semences - 8 sont encore vendus Division des produits végétaux (Agriculture Canada) 0,5 g/ g (teneur maximale des tissus musculaires) Direction de la protection de la Santé (SBSC) Service des pêches et de la mer (EC) Santé nationale et Bien-être social et organismes provinciaux Aucun apprêt mercuriel sur les produits destinés aux enfants Direction de la sécurité des produits (CC) Service des opérations extérieures (CC) Section de la prévention de la pollution.Direction de la Sécurité des navires - Garde côtière 0,05 n g/g de mercure total dans la chair de poisson 1) 0.01 mg m' est la teneur moyenne maximale de mercure sous forme organique et alcoylée à laquelle les travailleurs peuvent être exposés pendant 8 heures.L’exposition maximale tolérable est de 0.05 mg/ mJ pour les autres formes de mercure.On tolère des teneurs trois fois supérieures quand le temps d'exposition ne dépasse pas 5 minutes.2) Ces règlements dépendaient du ministère des Affaires sociales entre 1944 et 1972.3) Les déchets liquides doivent être transportés et éliminés par des établissements spécialisés.4) Émises par le Directeur du Service de protection de l'environnement, ces ordonnances ne visent que les 4 usines de chlore du Québec.Processus réglementaire dt exigences Ambiance professionnelle 1 ^tr Santé des travailleurs Élaboration des normes* Inspection Mise en oeuvre u.ui mg m3 X05 mg m’ 1 11 mg.10 m3 Examens médicaux sur demande du Service d’inspection Examens médicaux sur demande du Service de protection de l’environnement Travail et Main-d'oeuvre Service de protection de l’environnement2 Ministère du Travail, de la Main-d’oeuvre et des Affaires sociales Service de protection de l’environnement et Affaires sociales Travail et Main-d’oeuvre Service de protection de l'environnement Service de protection de l’environnement Service de protection de l’environnement 0,01 mg, m ’ et M)5 mg/m3 1 Service de protection de l’environnement Enfouissement dans des cuves Service de protection des boues industrielles de l’environnement contenant du mercure Service de protection de l’environnement • Le Lieutenant-gouverneur en conseil représente l'autorité finale en matière d'élaboration des normes. QUÉBEC SCIENCE / octobre 1977 médicaux.Il sera peut-être nécessaire d’effectuer une analyse plus détaillée des résultats.5.Participation d’un sociologue-anthropologue qui collaborera au choix d’un groupe-témoin approprié.6.Évaluation psychologique — les spécialistes japonais ont souligné la nécessité d’une telle évaluation.Il semble que celle-ci soit possible pour les écoliers, mais impossible pour les adultes.7.Évaluation psychiatrique — on pense qu’elle est probablement irréalisable; cependant, d’autres études seront faites avant toute décision.8.Recherches génétiques ou généalogiques — des travaux préliminaires avaient déjà été effectués.9.Recherches en laboratoire en plusieurs domaines comme l’apport discontinu de mercure, les teneurs-seuils et les répercussions chez les nouveaux-nés.Le 5 avril 1976, le Comité permanent du mercure dans l’environnement auprès du gouvernement fédéral fut dissout par le Sous-ministre de la Santé nationale, à cause de l’instauration d’un certain nombre de comités fédéraux-provinciaux.Il déclara que ce Comité n’avait plus de raison d’être, car les régions étaient représentées au sein des comités d’action provinciale.Il abolissait ainsi le seul centre d’information national sur la contamination mercurielle, et le seul organe que les provinces auraient pu utiliser pour coordonner leur lutte contre les répercussions de la contamination mercurielle.Les années 1970 — Les Administrations provinciales L’Acte de l’Amérique du Nord britannique a donné les principaux pouvoirs et responsabilités dans les domaines de la santé, de l’environnement, des mines et de l’industrie aux gouvernements provinciaux.De plus, les pouvoirs délégués par le gouvernement fédéral aux provinces par la Loi sur la pêche rendent celles-ci responsables de l’application des règlements relatifs aux effluents contenant du mercure, promulgués par Environnement Canada.Cette responsabilité devient celle du ministre fédéral de l’Environnement dans les cas où les provinces ne s’en acquittent pas.En 1970, le gouvernement de l’Ontario ordonna à la société Dow Chemical de cesser tout rejet de mercure.En 1971, la province de l’Ontario intenta une poursuite de 25 millions de $ contre cette firme.Six ans plus tard, les tribunaux ne s’en occupaient pas encore.C’est la difficulté de prouver juridiquement que la société Dow Chemicals est responsable de la pollution du lac Érié et de la Détroit qui en est en partie la cause45.En 1970, le Manitoba promulgua la Fishermen’s Assistance and Polluters Liability Act.En 1972, l’Administration manitobaine utilisa cette loi pour intenter des poursuites contre Y Interprovincial Co-operatives Ltd.de la Saskatchewan, et la Dryden Chemical Ltd., de l’Ontario, dont les rejets mercuriels avaient réduit les moyens d’existence des pêcheurs professionnels du Manitoba.Ces sociétés ont fait appel en Cour suprême dont le jugement, prononcé en 1975, déclara que le pouvoir de légiférer en matière de cours d’eau interprovinciaux relevait du Parlement du Canada.La loi manitobaine ne s’appliquait donc pas dans ces cas.En dépit de ces poursuites, la société Dryden Chemical n’a entrepris qu’en 1975 d’employer des procédés de fabrication n’utilisant aucun mercure, bien qu’ils fussent disponibles auparavant.Les ministères provinciaux de la Santé et de l’Environnement ont, à plusieurs reprises, indiqué que le poisson de certains lacs et rivières ne devait pas être consommé par les 18 femmes enceintes ou allaitant, et les jeunes enfants.On a décelé des teneurs de mercure bien supérieures à la limite maximale de 0,5 mg/kg dans la chair des poissons des lacs Témiscamingue et Saint-François, des rivières Outaouais, Rideau et Thames et, plus récemment, des lacs Muskoka.En 1975, l’Ontario créa un groupe de travail chargé de faire un tour d’horizon des problèmes posés par le mercure.Ce groupe présenta son rapport en 1976.En voici les princi- | pales recommandations: 1.On doit interdire la pêche dans les cours d’eau contaminés.2.Il faut entreprendre immédiatement une étude clinique et épidémiologique des bandes amérindiennes de White Dog et de Grassy Narrows, ainsi que des groupes-témoins.3.Il faut élaborer des normes réalistes d’apport hebdoma-daire admissible de mercure, basées sur des faits médicaux.4.Il faut draguer les sédiments contaminés des parties les plus polluées du bassin hydrographique English-Wabigoon.5.Il faut légaliser la mise en accusation des pollueurs par les citoyens exerçant un recours collectif.6.Il faut créer un Institut indépendant d’hygiène du milieu qui s’occupera des contaminants de l’ambiance.7.Tout rejet de mercure doit cesser46.Le 21 novembre 1975, le ministère québécois des Affaires sociales créa un comité pour l’étude de la contamination mercurielle dans le Nord-Ouest du Québec.Ce comité d’experts travaillant hors du secteur public publia en 1976 les conclusions et recommandations que voici: 1.Le mercure contamine chacun des niveaux du cycle biologique nutritionnel (sédiments, plancton, eau, poissons, oiseaux, mammifères, ichtyophages) dans plusieurs régions du Nord-Ouest québécois, plus particulièrement dans le bassin hydrographique Bell-Nottaway.2.Cette pollution de l’environnement cause une contamination par le mercure organique (révélée par des taux élevés dans le sang et les cheveux) chez une proportion importante de la population autochtone du Nord-Ouest, dont les habitudes alimentaires et culturelles favorisent l’ingestion saisonnière de grandes quantités de poisson.3.Cette contamination mercurielle a déjà produit des signes objectifs d’intoxication et d’atteinte neurologique chez 25 des 49 Autochtones examinés au cours de cette enquête préliminaire.L’existence de cette intoxication est confirmée par les données obtenues lors de l’autopsie d’une patiente préalablement examinée et reconnue cliniquement comme intoxiquée.4.Les conditions d’un nouvel épisode «type Minamata» d’intoxication au mercure organique existent donc déjà au Nord-Ouest québécois et nécessitent une intervention ferme, énergique et urgente des autorités gouvernementales.Les Autochtones du Témiscamingue et de la région du Réservoir Gouin, qui sont probablement encore plus exposés, devraient être étudiés immédiatement.5.Le Comité propose pour l’immédiat la création par le Ministre des Affaires sociales d’un Bureau du Mercure qui remplacerait tous les comités du mercure existant au Québec et qui aurait pour mandat la mise en marche immédiate des programmes suivants: prévention, dépistage, médecine, nutrition, dépollution, information et recherche.Des recommandations multiples et spécifiques sont faites pour l’organisation et la bonne marche de ces programmes.6.Le Comité recommande la formation immédiate d’un comité d’orientation qui aura pour tâche de formuler et d’élaborer le mode de fonctionnement, la formation et le financement, dans les plus brefs délais, d’une Régie Auto- 'It ïsl si: :û Isli 3 ïï aè Xîi •iiiil i[ Up *5; 11 \h kk i:ï % ¦ L' [félli ) :: y'.- icaos.: ¦ ésiofii y-: y ./¦ sis«s ifiti»'': jlfjli |11# iei>H [i# liî Li^ pai'1 m (0i >A T< iiiltij M nome des Maladies de l'Environnement qui, lors de sa formation, absorberait le Bureau du Mercure.7.Le Comité insiste sur la nécessité d’impliquer directement dans l’élaboration et le processus décisionnel de tous ces programmes, les «usagers» exposés à l’intoxication du mercure.Tout particulièrement, le Comité insiste sur l’obligation, pour la réalisation des programmes qui concernent les Autochtones, d’utiliser les structures autochtones déjà en place36.La population autochtone Les Autochtones constituent la population la plus exposée à l’intoxication mercurielle, à cause de leurs habitudes alimentaires et de leurs activités de guide, de chasse et de pêche.Avant 1973, on a effectué plusieurs relevés médicaux mal planifiés, sous les auspices de la Direction générale des services médicaux du ministère fédéral de la Santé et du Bien-être social, parmi les Autochtones de diverses régions.Les individus et les collectivités que l’on croyait en danger n’ont pas été informés des raisons de ces études, et on ne leur en a pas communiqué les résultats.En 1974, la National Indian Brotherhood, qui représente les Indiens inscrits du Canada, mit sur pied un programme concernant la contamination mercurielle.Cette initiative a donné lieu à la publication de plusieurs rapports internes du secteur public.En 1975, la Fraternité a coordonné la visite des réserves de Grassy Narrows et de White Dog par des experts du corps médical japonais.Elle a fait connaître les conséquences tragiques de la contamination par le mercure, les mesures officielles qui, selon elle, étaient discriminatoires à l’égard des Autochtones et l’inaction de l’Administration.Le 21 mars 1975, on présenta les conclusions préliminaires des experts japonais au Comité permanent.Le Dr Miyamoto déclara alors: «J’ai été, en général, fort impressionné par la différence importante entre le mode et le niveau de vie des Blancs et ceux des Indiens.C’est toujours la classe aux revenus les plus faibles qui souffre le plus des dommages causés par la pollution de l’environnement.Au Japon, les victimes ont toujours été des membres de familles de cultivateurs, de pêcheurs et d’ouvriers pauvres.Ils ont peu de pouvoir au sein de la société et, de ce fait, sont démunis.Dans les réserves, surtout celle de Grassy Narrows, la pollution industrielle a détruit les moyens d’existence des Indiens, qui n’ont pas d’autres métiers pour vivre.Ils n’ont pas été satisfaits des compensations offertes par l’Administration.Ils ne veulent pas d’argent, mais désirent travailler dans un environnement sain.L’Administration devrait, à l’avenir, régler ses actions en fonction de cette préférence des Indiens, et non pas uniquement leur offrir des compensations pécuniaires».Les experts japonais ont suggéré de procéder comme suit: «Premièrement, il faut que l’on comprenne la réalité des dommages; les symptômes de l’intoxication sont visibles.E)euxièmement, il faut étudier la pollution, cause des dommages.Troisièmement, il faut évaluer ces derniers en fonction de la responsabilité des pollueurs.On doit ensuite prendre des mesures de dépollution sérieuses, et arrêter 1 oppression par les pollueurs en exigeant une réduction des rejets.Il faudrait publier ce protocole d’action et le rendre disponible à tous les intéressés».La Fraternité pense que les résultats obtenus et les visites ultérieures de scientifiques japonais ont forcé les autorités canadiennes à effectuer les analyses médicales appropriées, et que le tout s’est traduit par une prise de conscience du public à l’égard de l’envergure du problème.octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE Le 25 novembre 1976, les Cris du Nord québécois intentèrent une poursuite en dommages de 8 millions de $ contre quinze firmes du Québec, et demandèrent à la Cour supérieure d’ordonner que cesse toute contamination des eaux par le mercure.Ceci est la première poursuite intentée au Canada par un individu ou une association contre des pollueurs par le mercure.Les organes d’information Les journalistes de la presse écrite et parlée sont responsables de la présentation des nouvelles bien documentées, dans un esprit critique.En matière d’intoxication et de pollution du milieu, cette responsabilité prend une importance particulière.Dès que les autorités publiques, les firmes industrielles, les syndicats et la collectivité scientifique ont communiqué les données pertinentes, les organes d’information doivent les diffuser parmi le public.C’est seulement de cette façon que ce dernier peut exercer ses droits démocratiques.Un journaliste canadien, M.Warner Troyer, qui a reçu un prix national pour le scénario d’un film décrivant la tragédie de Minamata et la situation au Canada, a décrit le rôle de la presse écrite et parlée et évalué les résultats obtenus dans l’introduction de son ouvrage: No Safe Place: «Après avoir oeuvré pendant 25 années dans le journalisme, celui-ci m’apparaît avoir plus souvent échoué que réussi.Nous sommes rarement parvenus à dépasser le niveau du travail ordinaire pour en faire celui d’un artisan, et encore plus rarement celui d’un artiste.Les raisons de nos échecs sont trop nombreuses, et évidentes.Le journalisme a besoin de plus de spécialistes qui acquièrent une formation et se cantonnent dans des domaines spécialisés.Cet effort ne se rencontre que rarement, et souvent il n’est pas sans reproche»48.Les leçons à tirer Il faudra considérer les mesures prises dans plusieurs domaines par les Administrations, les firmes industrielles et la collectivité scientifique.Sur le plan de la législation, le Parlement canadien n’a guère adapté les lois existantes à la limitation des ressources naturelles et de la capacité d’élimination des rejets industriels de notre environnement, limitations dont on a pris conscience au milieu du XXe siècle.Il faut réviser les méthodes juridiques d’administration de la preuve d’une pollution de l’environnement et de son origine.Il faut que les plaignants aient accès aux dossiers de l’État ou des industries, afin d’étayer leurs poursuites.Il faut raccourcir les procédures judiciaires, car elles exigent des délais d’information trop longs.On accorde une licence au pollueur quand un jugement réclame cinq ou dix ans d’élaboration.La contamination mercurielle au Canada en offre une bonne illustration.Au cours des sept dernières années, très peu de procès ont été menés à bien et, dans tous les cas sauf un, le plaignant était un organisme de l’État.Ce n’est que récemment que ceux qui ont été les plus touchés, à savoir les Indiens et les pêcheurs professionnels, ont intenté des poursuites contre les pollueurs industriels, ce qui démontre bien les limitations de leur accès à l’information.Il faut que les Administrations soient tenues responsables des mesures qu’elles prennent et de la façon dont elles s’acquittent de leurs charges.Aucune loi fédérale importante n’exige la participation du public à l’élaboration des normes et à la surveillance et à l’application des règlements.La Loi sur les produits dangereux stipule qu’après la classification d’un produit ou d’une substance parmi les agents toxiques, on pourra créer, sur demande, une commis- 19 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1977 sion chargée d’examiner à nouveau la décision.Mais seuls les fabricants et les distributeurs peuvent faire cette demande, et non le public.Plusieurs provinces ont promulgué des lois qui prévoient la participation du public; mais, même dans ces cas, le ministre responsable peut s’y opposer.Toutes les législations anti-pollution permettent l’inspection des usines, mais ni l’Administration, ni les firmes concernées ne sont tenues d’en publier les résultats.L’étude de la contamination mercurielle fournit un exemple de répartition confuse des compétences et de manque d’action coordonnée.Non seulement le public est-il incapable de déterminer qui sont les responsables, mais les ministères eux-mêmes ne peuvent se pousser mutuellement à agir.Par exemple, on pourrait interpréter comme suit le mandat implicite du Comité fédéral permanent: démontrer que la contamination par le mercure représente un danger important pour l’environnement canadien et ceux qui y vivent; et pousser, inciter ou obliger les autorités provinciales de la santé à assumer leurs responsabilités.La suppression de ce Comité a éliminé les possibilités d’échanges d’information sur le plan national, et de planification de l’action fédérale, provinciale ou inter-provinciale.La décision de bannir la pêche professionnelle, et non la pêche sportive, dans les eaux contaminées illustre bien l’approche contradictoire des ministères fédéraux et provinciaux.Les ministères du Tourisme n’ont pas participé aux comités permanents fédéraux ou provinciaux de la contamination par le mercure.Les consultations entre fonctionnaires et leur information auraient écarté toute suspicion, et la bipolarisation des opinions.Le ministère fédéral des Affaires indiennes et du Nord est chargé de veiller au mieux-être des Autochtones; or ce ministère ne s’est pas prononcé au sujet de la contamination par le mercure.L’application des règlements représente une autre responsabilité de l’Administration qui cause des difficultés.En général, les organismes réglementaires négocient avec les pollueurs les détails de la technique anti-pollution à utiliser et les échéanciers de réalisation.Cette méthode, bien que très avantageuse, n’en comporte pas moins un sérieux inconvénient.Si la contamination mercurielle ne se traduisait que par des limitations à la pêche, aux loisirs, au tourisme et autres activités personnelles ou économiques apparentées, il serait légitime de tenir compte des répercussions économiques pour l’industrie.Mais la contamination par le mercure est bien plus grave: elle cause des maladies débilitantes et irréversibles, des morts et la destruction des moyens d’existence, et donc du bien-être de gens dont la vie même dépend de la pêche, des loisirs ou du tourisme.L’industrie prenant ses responsabilités divulguerait les données pertinentes, même au risque de poursuites.C’est une condition préliminaire à toute action efficace de lutte contre la contamination mercurielle des sédiments, et de réduction de ses effets nocifs.La divulgation délibérée de ces données permettrait de mieux surveiller l’incidence d’autres substances toxiques connues, ou non encore décelées, et de lutter contre elles.La collectivité scientifique canadienne s’est réunie en 1971, sous les auspices de la Société royale du Canada, afin de débattre du «Mercure dans l’environnement de l’Homme».Cette rencontre a permis d’échanger des données relatives à l’origine du mercure de l’ambiance, à l’envergure de la contamination mercurielle, et aux aspects biologiques de la pollution par le mercure et des teneurs maximales admissibles49.Ces scientifiques n’ont cependant pas cerné 20 les lacunes des données recueillies, ni recommandé de mesures précises en matière de surveillance médicale, surveillance de l’environnement, diagnostic et thérapeutique.Récapitulation et conclusions Le mercure se retrouve presque partout dans l’environnement.Les effets extrêmement nocifs de la contamination mercurielle résultent des activités qui diffusent et concentrent cette substance.Le mercure représente un danger pour la santé des travailleurs, des Autochtones, des pêcheurs dont l’ambiance professionnelle est justement l’environnement et de ceux qui consomment des aliments contenant du mercure.Cet examen des aspects écologiques, sanitaires, juridiques et réglementaires de l’intoxication par le mercure au Canada met en relief plusieurs leçons.Premièrement, la lutte contre la contamination de l’environnement par le mercure nécessite: — l’identification des sources possibles de contamination; — la normalisation des techniques de mesure des teneurs en mercure; — un laboratoire normatif assurant la qualité des analyses effectuées dans les divers laboratoires régionaux; — la surveillance continuelle des teneurs en mercure dans l’air, les sédiments, les tissus des plantes et des animaux, particulièrement à proximité des sources de rejets et des agglomérations; — l’élimination, physique ou chimique, des concentrations excessives de mercure localisées; — des innovations techniques permettant une combustion plus efficace du charbon; — la mise au point de produits chimiques de substitution sûrs, ou de techniques ne faisant pas appel au mercure; — l’installation de récupérateurs de mercure, afin de mettre fin aux rejets dans l’environnement.Deuxièmement, la lutte contre les effets toxiques du mercure nécessite: — une plus grande aide à la recherche médicale afin: a) de préciser la nature du danger d’une exposition durable à de faibles concentrations de mercure-méthyle; b) de trouver des techniques de diagnostic suffisamment sensibles pour détecter le début d’une intoxication par le mercure-méthyle; c) de trouver des thérapeutiques palliant les effets irréversibles de l’intoxication par le mercure-méthyle.— la mise sur pied de programmes médicaux afin: a) d’identifier les personnes en danger, en effectuant la surveillance des teneurs en mercure dans le sang et les cheveux de ceux qui vivent à proximité des sources de rejets et de ceux qui ont l’habitude d’absorber des aliments contaminés par le mercure; b) de surveiller constamment ces cas; c) de renseigner et de réadapter les individus et les collectivités touchés; d) d’étudier les effets socio-psychologiques possibles de l’exposition à de faibles concentrations de mercure (prospective épidémiologique); e) de créer une banque de données centrale.Troisièmement, les correctifs à apporter à la législation et à la réglementation comprennent: — la révision des stipulations juridiques relatives à l’accès à l’information et à la charge de la preuve concernant la pollution de l’environnement et ses origines; — la création d’un organisme central servant: a) de bourse de l’information, b) de tribune pour les discussions interprovinciales et fédérales et la concertation, la collabora- " ùctobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE «• y:r: : : :7 7 tie.i:»:; il® d® lift] UK» tion et la consultation entre organes de compétences diverses; — l’acceptation de ses responsabilités de la part de l’industrie, se traduisant par la divulgation des données pertinentes, même au risque de poursuites; — un programme de colloques scientifiques où l’on identifierait les lacunes de nos connaissances, et où l’on cernerait les domaines où l’État devrait agir.La plupart des leçons que nous pouvons tirer du dossier de la contamination mercurielle s’applique à d’autres contaminants rémanents et bioaccumulés.Nous espérons que les autorités compétentes prendront les mesures nécessaires pour toute la série des contaminants des ambiances professionnelles et de l’environnement*.Le Dr Miyamoto, dont l’expérience sur la maladie de Minamata embrasse plus de vingt ans, offre l’avis suivant aux Canadiens: «Notre longue expérience montre bien qu’il est impossible de résoudre complètement les problèmes que cause la pollution de l’environnement par des compensations pécuniaires, et qu’on ne peut utiliser exclusivement des mesures d’ordre technique pour résoudre les problèmes qui affectent la région de Dryden-Kenora et les réserves indiennes.C’est donc peut-être à nous, scientifiques japonais, d’insister sur le fait qu’il n’existe pas de solution technique ou pécuniaire.La seule vraie solution consiste à ne plus polluer»47.iiP1 lalio» s ifli bïM uiitH sells [tes* et a* e^ ties* Il existe des cycles biologiques de synthèse et de destruction des composés d'autres métaux lourds toxiques par l'intervention de bactéries: étain, palladium, platine, or et thallium.Le sélénium, le tellure et le soufre sont des métalloïdes toxiques qui peuvent subir une méthylation et être bioaccu-mulées50.Le cadmium et le plomb sont deux autres métaux lourds toxiques très préoccupants, en raison de leur large utilisation dans l’industrie.21 QUÉBEC SCIENCE , octobreJ£77, Bibliographie et notes 1.Alors qu'au Japon le mercure rejeté dans les eaux se trouve sous forme organique, au Canada il se présente sous forme de composé minéral ou de métal, 2.Organisation mondiale de la santé, Conférence sur l’intoxication par les graines traitées au mercure-alcovle, Bagdad, Irak, 9-13 septembre 1974.3.Par exemple en 1960 en Irak, en 1963, 1974, 1965 au Guatémala, en 1969 au Pakistan et en 1970 aux É.-U.A.4.N.Fimreite, «Mercury Uses in Canada and Their Possible Hazards as Sources of Mercury Contamination», Environmental Pollution, no I, 1970, Elsevier Publishing Co.Ltd., Angleterre, 1970, pp.119-131.5.G.E.Bangay, Production and Use of Mercury in Canada, Environnement Canada, Service de planification et de recherche, juillet 1971, Document no 71-8, 33 p.6.J.E.Maclatchy et I.R.Jonasson, The Relationship Between Mercury Occurrence and Mining A ctivity in the Nottaway and Rupert Basins of Northwestern Québec, Énergie, Mines et Ressources, et Environnement Canada, Commission géologique du Canada, 1974, GSC 74-56, 10 p.7.I.R.Jonasson et R.W.Boyle, «Geochemistry of Mercury», Mercury in Man's Environment, Proceedings of the Symposium, 15-16 février 1971, Société royale du Canada, Ottawa, n° 1971, pp.5-22.8.A.L.Hammond, «Mercury in the Environment: Natural and Human Factors», Science n° 171 (3973): pp.788-789, 26 février 1971.9.H.V.Weiss et coll., «Mercury in a Greenland Icesheet», Sciencen0 174, 1971, p.692.10.W.J.Spangler et coll., «Degradation of Methylmercury by Bacteria isolated from Environmental Samples», Applied Microbiologv, n° 25, p.488, 1975.11.Une légère acidité favorise la formation du mercure-méthyle dans le milieu aquatique.Voir S.M.Wood, et coll., «Synthesis of Methylmercury Compounds by Extracts of a Methanogenic Bosterium», Nature, n° 220, pp.173-174, 1968.12.Jensen S.Jernelov, Biocidinform, 10.4, 1967.13.Commission mixte internationale, Bureau de la qualité des eaux des Grands Lacs, Sous-comité de surveillance, Rapport, 1975.14.Bien qu’on ait mis en relief la bioconcentration des composés organiques du mercure, le même processus s’applique aux composés minéraux de ce métal, et les mêmes effets se produisent.15.B.H.Ketchum, The Waters Edge: Critical Problems of the Coastal Zone, M.I.T.Press, Cambridge, Mass., 1972, pp.146-186.16.Organisation de coopération et de développement économiques.Études sur l’utilisation, le rejet et l’incidence biologique du mercure, et sur la lutte contre cette contamination, 1974.17.Environnement Canada, Région du Québec, Le mercure dans le Nord-ouest québécois, situation actuelle et recommandations, juillet 1976, 8-RQ-76-CE-5R.Voir également R.L.Thomas, R.K.MacMillian, W.E.Lowe et R.G.Sly, Preliminary Report of a 1975 Survey on the Distribution of Mercury in the Sediments of the Bell River System, N.W.Québec, Between Lake Quevillon and Lake Malagami.Centre canadien des eaux intérieures, Burlington, Ont., novembre 1975, 64 p.18.Environnement Canada, Directorat de la lutte contre la pollution de l’air, National Inventory of Sources and Emissions of Asbestos, Beryllium, Lead and Mercury.Summary of Emissions for 1970, janvier 1974, EPS3-AP-74-1, 19 p.19.J.Watson MacNaught, Canadian Mining and Metallurgical Bulletin, février 1967.20.D.W.Koppenall, «Hazardous Chemicals from Cool Conversion Processes», Environment Science and Technology, vol.10, n° 12, novembre 1976, pp.1104-1107.21.M.K.McMullen, «Coal and Coke».Canadian Mineral Yearbook, 1975.22.Conseil des sciences du Canada, Three Perspectives on Mercury- in Canada: Medical, Technical and Legal, rédigé par C.T.Charlebois.23.G.H.Tomlinson et coll., «Studies on Mercury in the Environment in the Quevillon Area», Centre de recherches Domtar, Senneville, Qué., Rapport n° 1, pp.7-17.24.«La contamination mercurielle n’est pour la société qu’un problème parmi d’autres; mais c’est l’une des contaminations les plus toxiques parmi celles des métaux lourds et des composés organiques synthétiques qui ont été rejetés sans souci dans l’environnement depuis les débuts de l’ère industrielle.Cependant l’abandon de l’utilisation du mercure aurait des répercussions sur les échanges internationaux et l’emploi des mineurs; il faut comparer les avantages de l’utilisation du octobre 1977 / QUÉBEC SCIENCE mercure avec des valeurs sociales plus essentielles, sur les plans moral et stratégique.Toutefois, la société ne peut échapper au choix, car même l’inaction en est un.Grâce à une meilleure appréhension des effets du mercure sur l’environnement, ce choix sera mieux justifié, et donc constructif».OCDE, op.cit.25.D.Humer et coll., Quarterly Journal of Medicine n° 9, p.193, 1940.26.M.Harada, «Minamata Disease — Chronology and Medical Report», Communication à la Conférence scientifique internationale sur l’Environnement de l’Homme, Kioto, Japon, novembre 1975.27.L.M.Azzaria et F.Habashi, «Mercury Pollution — An Examination of Some Basic Issues», Canadian Mining and Metallurgical Bulletin, août 1976.28.F.M.D'ltri, The Environmental Mercury Problem, Chem[ca\Kubbev Co., Cleveland, Ohio, p.124, 1972.29.Q.Stock et F.Cucuel, «The Distribution of Mercury», Naturwissens-chaften, 1934, vol.22, pp.390-393.30.R.Hartug et B.D.Dinman (dir.de publ.).Environmental Mercury Contamination.Science Publishers, Ann Arbor, 1972, 349 p.31.A.B.Morrison, «The Canadian Approach to Acceptable Daily Intakes of Mercury in Foods», Compte rendu du Colloque sur le mercure dans l’environnement de l’Homme.Société royale du Canada, 1971, pp.157-164.32.Research Committee on Minamata Disease, «Pathological, Clinical and Epidemiological Research about Minamata Disease» (traduction R.Ishizaka), Interuniversity Consortium for Environment, Durham, N.C., 1974.33.C.Ramel, «Genetic Effects of Organic Mercury Compounds.I.Cyto-logical Investigations of Ellium Roots».Hereditas n° 61, p.208, 1969.34.M.Harada, H.Moriyama et M.Noraka, «Investigation on Babies of Minamata Disease at a Later Period» (en japonais), Japan Journal of Clinical and Experimental Medicine, vol.48, p.1431, 1971.35.M.Harada, «Minamata Disease: Chronology and Medical Report», Compte rendu de la Conférence scientifique internationale sur l’environnement de l’Homme, Kioto, Japon, novembre 1975.36.A.Barbeau, A.Nantel et F.Dorlot, Étude sur les effets et toxicologie du mercure organique dans le Nord-Ouest québécois, Éditeur officiel du Québec.Service de la reprographie, juillet 1976.37.Communication privée du Dr Brian Wheatly, Direction des services médicaux.Santé et Bien-être social Canada.38.David Estrin, administrateur de la Canadian Environmental Review Association, «Pollution Abatement: Some Observations on Political and Legal Realities», communication à la Conférence sur les mécanismes économiques «judiciaires de la coercition, 21 février 1977, sous les auspices du Bureau consultatif de la recherche, Commission mixte internationale.39.Les poursuites individuelles pour dommage à l’environnement sont rarement couronnées de succès au Canada.Il faut que la Common Law prévoit des actions semblables au recours collectif utilisé aux É-U.40.B.Doern, Regulatory Processes and Jurisdictional Issues in the Regulation of Hazardous Products in Canada, rédigé à l’intention du Conseil des sciences du Canada, décembre 1976.4L R.T.Fransonet A.R.Lucas, The Legal Controlof Hazardous Products in Canada, rédigé à l’intention du Conseil des sciences du Canada, décembre 1976.42.J.G.Saha et K.S.McKinlay, «Use of Mercury in Agriculture and its Relationship to Environmental Pollution», Toxicological and Environmental Chemistry Reviews.1973, vol.1, pp.271-290.43.Gouvernement du Canada — Réglementation de l'emploi du mercure dans les usines de chlore, Loi sur les pêcheries, Gazette du Canada, IIC partie, 28 mars 1972, P.C.1972-576, p.(59) 1-5.44.Débats de la Chambre des Communes, 1ère session, 30e Parlement, vol.119, n° 221, p.9842, Rapport officiel, mardi 9 décembre 1975.45.Dans la plupart des cas, on n’a offert aucune autre source d'aliments ni de prêts à fonds perdus aux pêcheurs amérindiens et aux collectivités affectées.Récemment, le ministère ontarien des Mines et des Richesses naturelles a installé des congélateurs dans les réserves de Grassy Narrows et de White Dog, et il a fourni du poisson non contaminé.46.Rapport d'une équipe envoyée par le gouvernement ontarien.Mercury Poisoning in Irak and Japan, Gouvernement de l'Ontario, 22 juin 1976.47.K.Miyamoto, tiré d’un mémoire au Comité permanent du mercure dans l’environnement, Ottawa, 21 mars 1975.48.Warner Troyer, No Safe Place, Clarke & Irwin Publ., Toronto, 1977.49.Compte rendu du Colloque sur le mercure dans l’environnement de l’Homme, Société royale du Canada, 15 et 16 février 1976.p.157.50.J.M.Woods, «Biological Cycles for Toxic Elements in the Environment», Science, n° 183, 4I29I: pp.1049-1052, 15 mars 1974.Le Comité des contaminations industrielles dangereuses Conseil des sciences du Canada Président: le Dr David V.Bates, Membre du Conseil des sciences, Doyen de la Faculté de médecine.Université de la Colombie-Britannique.Membres: M.John E.Akitt, Vice-président général, Esso Chemicals.M.Gordon C.Butler, Directeur, Division de biologie, Conseil national de recherches.M.James M.Ham, Doyen, École des Études supérieures, Université de Toronto.M.F.Kenneth Hare, Directeur de l’Institut des études sur l’environnement, Université de Toronto.M.Terence G.Ison, Professeur, Faculté de droit.Université Queen’s, Ancien directeur de la Commission des accidents du travail, Colombie-Britannique.le Dr A.J.Nantel, Directeur, Centre régional de toxicologie.Université Laval.M.Cornelius Reimer, Administrateur national.Oil, Chemical and Atomic Workers Union.le Dr H.Rocke Robertson, Membre du Conseil des sciences.Ancien Président de l’Université McGill.Cette vue d’ensemble a été rédigée par MM.Jack Basuk et Clarence T.Charlebois, conseillers scientifiques au Conseil des sciences du Canada.23 Bibliothèque et Archives nationales Québec I 7^ I *7 Le Journal/Revue Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028
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