Québec science, 1 janvier 1978, Septembre
üuHhü LA BAIE JAMES -pouk Os weÊeuft et pouti (k pitié mme ' mm Volume 17.numéro 1 SEPTEMBRE 1978 .—.LA CONQUETE DE VENUS ^ LE DÉFI RURAL • LE MONDE EN COLLISION • NON AU RACISME feb ^.r ^;^6ive e^.^a v-i IZT^ws Les barils vides ont été abandonnés un peu partout dans les bois, là où s'installaient les campements d'exploration.Qu'arrivera-t-il à toute la ferraille montée à la baie James?Pour le moment elle est regroupée dans des dépotoirs, quand c'est possible.Pour la suite, rien n'est sûr et Armand Couture, un des membres du comité de gérance de la Société d'énergie de la Baie James, affirme qu'il n'est pas question de subventionner le transport pour la redescendre dans le sud.UN INVENTAIRE ÉCOLOGIQUE UNIQUE L'avifaune est également une ressource pour les Cris.Presque tous leurs villages sont d'ailleurs situés sur la côte, classée comme zone à haut potentiel pour la sauvagine qui y trouve des aires de repos lors des migrations de printemps et d'automne.Oies blanches, canards mallards, noirs et plongeurs, canards de mer comme l'eider commun, macreuses, bécasseaux et pluviers à collier se retrouvent sur cette côte et parfois à l'intérieur des terres.Les poissons ont une croissance et une fécondité généralement plus faibles que dans le sud.Plutôt peu productives, les eaux sont pauvres en nourriture, ce qui ralentit la maturité et la reproduction.Tout comme les arbres, les poissons d'une espèce ont sensiblement la même taille mais peuvent avoir des âges très différents.Sur les 31 espèces recensées, une dizaine sont plus particulièrement pêchées: le corégone, l'omble de fontaine, l'épinoche à trois épines et le meunier rouge, tandis que l'esturgeon de lac, le doré jaune et le grand brochet sont à la limite nord de leur distribution.Dans le bassin de la Caniapiscau seize espèces seulement, mais la fameuse ouananiche.Ressource importante, l'ichtyofaune a été étudiée dans le détail: 60 000 poissons sont passés dans les mains des biologistes entre 1973 et 1975! Une des tâches les plus importantes a été par ailleurs l'inventaire écologique du territoire et de certaines zones qui le jouxtent.Les 410 000 km2 ouverts ont fait l'objet de centaines de relevés sur le terrain après une opération d'interprétation de photos aériennes.Ce travail de moins est l'œuvre du service des études écologiques régionales d'Environnement Canada et il se trouve aujourd'hui consigné sur des cartes et des fiches.Chacune des 123 cartes, au 1 /125 000, représente un système écologique, c'est-à-dire une portion de territoire de 5 à 300 km2 carrés possédant ses caractéristiques propres: relief, matériau géologique de surface, densité de lacs, abondance de ruisseau, etc.Elle tient compte des écosystèmes terrestre et aquatique et ainsi, sur chaque carte on retrouve les deux systèmes.La fiche, elle, renseigne encore plus dans le détail puisqu'elle descend au 1/20 000.Pour jouer avec ces données de base, il existe des clefs d'interprétation ou clefs de potentiel.Ces grilles donnent des points pour chaque facteur selon une espèce: les rives découpées pour la truite mouchetée par exemple.On comprend que ces cartes soient une mine d'or pour les développeurs et qu'elles soient utilisées tant en ingénierie qu'en environnement pour chercheur le tracé idéal d'une route allant de LG2 à Poste de la Baleine, ou d'une voie ferrée reliant le lac Saint-Jean au lac Albanel, site du projet Ferai.Selon Didier Bussy, qui gère cette banque de données sur informatique à la Société de développement, les demandes commencent à affluer.Quant à Michel Jurdant, le père de cet inventaire, il est en train de classer et cartographier la côte nord et la basse côte nord, la rivière La Romaine y compris, là où l'Hydro-Québec mijote de nouveaux projets.LES ÉCOLOGISTES NE FONT PAS TOUJOURS LE POIDS Tous ces précieux renseignements auraient été beaucoup plus utiles.avant 1 971.Ils ont aujourd'hui leur intérêt pour les études de futurs développements, que ce soit en hydro-électricité vers la Grande Baleine ou les rivières NBR (Not-taway, Broadback et Rupert), ou pour les projets miniers, industriels et touristiques que concoctent très discrètement la Société de développement et ses filiales. QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 23 Comme pour une maison qu'on construit et dont on finalise les plans en cours | de construction, selon l'expression d'Armand Couture, le complexe La Grande fait encore l'objet de choix secondaires.Laquelle des quatre variantes sera choisie pour détourner les eaux de la Caniapiscau vers La Grande Rivière?L'étude d'impact I tiendra compte des questions environnementales.Pour le service Environnement I de la Société d'énergie, le détournement I par le sud était la meilleure hypothèse, I dira Denyse Therrien Bollulo, chef de la I division Études.En fait, c'est la voie nord | qui a été choisie, vient de confirmer Armand Couture, assurant que les hypothèses se valaient.Des études d'impact, avec considérations écologiques intégrées, ont également été produites récemment pour des décisions majeures comme le choix du site de la centrale LG 1.Un épais rapport du service environnement a conclu que le kilomètre 47 devait être retenu, même s'il est très proche de Fort George et j encore plus du site de Chisasibi où ce village de 2 000 Cris sera déménagé.La i perte d'une forêt mixte, élément rare à la baie James, se trouve compensé par une plus grande possibilité de reconstitution de végétation ripicole et d'herbiers, habitat favorable pour les lagopèdes et la perdrix, ainsi que par un bon potentiel de frai pour les poissons, ce que n'offrait pas l'autre site étudié au kilomètre 71.Cette fois l'écologie a triomphé et LG1 sera construit au kilomètre 47, à la satisfaction des autorités cries de surcroît.Mêmes études pour le détournement de l'Eastmain par les lacs Boyd et Sakami, avec des variantes impliquant 4 ou 103 millions de dollars, ce qui a fait sursauter le comité de gérance à la mi-mars dernier.Mêmes études encore pour les centrales additionnelles et pour les futurs complexes NBR et Grande Baleine.Les étude d'impact écologique sont donc maintenant réalisées et elles sont prises en considération, même si leurs recommandations ne l'emportent pas toujours.La rentabilité reste avant tout économique.LES CASTORS FONT UN TOUR D'HÉLICOPTÈRE Faute de pouvoir refaire l'histoire, les écologistes se rabattent sur la minimisation des impacts.Personne ne semble leur contester cela, du moins lorsque leurs projets n'entravent pas la bonne marche des chantiers et la réalisation de l'échéancier.Leurs champs d'action sont principalement les réservoirs, les éco-tones, c'est-à-dire les bordures de rivières et plans d'eau, les zones détournées et les parties aval des ouvrages.Il est clair que le régime des réservoirs ne sera pas favorable à une bonne partie de l'ichtyofaune, surtout pour les conditions de frai et pour la production de nourriture associée aux berges.Tant .j.A ' y-’Vv.A .1 if'-''" J-4L % .- ¦ -y ***-££ •• - dans les bureaux de Montréal qu'au camp du Lac Hélène près de LG2, base d'une trentaine de biologistes et techniciens, on étudie la reconstitution d'éco-tones sur les réservoirs afin que la petite faune et les poissons y trouvent un milieu favorable.Pour les frayères, le travail s'effectue sur les rivières tributaires de ces nouveaux lacs.Compte tenu des coûts de transport du bois, de sa piètre qualité et de la faible dimension des arbres, il est apparu que le déboisement total des parties inondées, avant la mise en eau, n'aurait pas été rentable.On se contentera donc de couper le bois, sans valeur commerciale, là où l'esthétique souffrirait trop, là où les pêcheurs ont besoin d un accès sans risque de couler leurs embarcations et en quelques autres points jugés essentiels, comme les corridors de navigation.Le déboisement par des agents naturels pourra être utilisé après-coup: la couche de glace emprisonnant les troncs, une Le grand barrage de LG2 est une fourrnd-lière où grondent les mastodontes, de jour comme de nuit.La centrale de LG2 fournira, à elle seule, autant d’électricité que tout le complexe Manie-Outardes. 24 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE LE PARADIS OU L’ENFER?Si l'on en croit la Société d’énergie de la Baie James, qui vient d'ailleurs de remettre un mémoire en ce sens au Comité conjoint sur les conditions de vie dans l'industrie de la construction qui enquête sur les chantiers isolés, la baie James est un petit paradis pour ceux qui y travaillent.La SEBJ reconnaît qu'il y a quelques aspects «contraignants» dus à l'éloignement, mais qu'on y est bien logé, que la nourriture est excellente, que les loisirs et la vie communautaire y sont de toute première qualité.«La baie James, un pénitencier» titrait récemment «Le Bâtisseur», journal de la CSN-construction.L'image est forte mais remet un peu à sa place la vision idyllique du patron.Car s'il est vrai que la nourriture est gratuite, abondante et d'assez bonne qualité dans les cantines, la vie des travailleurs n'a rien de paradisiaque.C'est payant de travailler à la baie James.D'accord, mais parce qu'on y travaille 70 à 80 heures en moyenne par semaine, parfois cent heures.Et il ne faut pas oublier que la grande majorité des travailleurs sont mis à pied pour les six à sept mois d'hiver.Les campements sont faits de maisons mobiles avec des chambres pour deux personnes de trois mètres par trois mètres.Les toilettes et douches sont communes aux vingt hommes.Il est préférable d'avoir un compagnon peu bruyant, qui se lave souvent, qui a des horaires adaptés aux vôtres si vous ne voulez pas avoir envie de l'assassiner.Quand vous partez en congé, vous perdez votre lit, déménagez votre baluchon et croisez les doigts pour avoir un bon compagnon au retour.Les infrastructures sociales, récréatives et sportives sont là, c'est vrai.Mais elles sont en petit nombre, ce qui confirme qu'après des journées harassantes, la douche, une couple de bière à la taverne, un repas copieux et le sommeil soient les activités les plus suivies.Il existe deux mondes sur chaque chantier: le campement, qui ressemble à un camp de concentration, et le village familial, qui se rapproche du village de maisons mobiles.Dans le premier, les ouvriers, dans le second, les cadres mariés et leurs familles.Les meilleures installations, que ce soit à LG2-Radisson ou à EOL, sont celles du village familial, fréquentées principalement par les cadres même si enprincipe les ouvriers y ont accès.Les classes sociales sont très apparentes et ne se mêlent pas.«Tout cela est temporaire, et il en coûterait une fortune pour que les familles des ouvriers puissent habiter ici».Les familles séparées, ce coût social, n'a jamais été pris en considération lors de la décision de harnacher La Grande Rivière.Pourtant 16 111 personnes travaillaient là-bas cet été.variation du niveau des eaux suffira pour casser les arbres qui seront rassemblés pour être détruits sur un bûcher flottant.Les tourbières sont nombreuses sur le territoire de la baie James (500 km2 dans les parties inondées).Comme elles représentent un excellent potentiel pour la sauvagine, on étudie la possibilité de les aménager une fois qu'elles se seront soulevées lors de la mise en eau.Zones détournées et zones aval présentent les problèmes majeurs.Pour une bonne part, c'est la Société des travaux de correction du complexe La Grande (SOTRAC), organisme conjoint SEBJ-Indiens créé en vertu de la Convention de la Baie James, qui s'occupe de l'aménagement des zones aval, dramatiquement modifiées dans certains cas.Pour la rivière Eastmain, par exemple, des études sont faites pour sauver quelques sites, en rehaussant des seuils et en installant des passes migratoires grâce auxquelles les corégones oublieront peut-être qu'il leur manque au moins 87 pour cent d'eau dans la rivière.Mais vaut-il réellement la peine de construire de nouvelles routes, d'installer des campements, et ainsi de perturber toute une région vierge, pour réaliser cela.?Sauver quelques castors semble poser moins de difficultés.Déjà plusieurs centaines de ces animaux ont été trappées par 33 familles cries au cours de l'hiver dernier dans le futur réservoir de LG2.Cet été, une opération capture et déménagement a eu lieu dans la région du détournement EOL (Eastmain-Opinaca-La Grande).Les castors ont été déménagés en hélicoptère sur des sites le long des affluents de l'Eastmain.Munis d'émetteurs, plusieurs d'entre eux seront suivis par des biologistes.Chaque opération, aura coûté plus d'un quart de million, et le gérant général de SOTRAC, Marc Saint-Jacques, n'aime pas trop les gens qui s'amusent à calculer à combien revient chaque castor trappé ou déménagé.LA BONNE TERRE EST RARE Nombre de sites auront été affectés par les travaux et le resteraient par la suite.Comme il n'existe que très peu d'expérience de renaturalisation en milieu subarctique, une équipe du lac Hélène réalise à l'heure actuelle plusieurs tentatives pour faciliter la regénérescence du couvert végétal, afin de ne pas laisser dans un état trop pitoyable des 7 000 hectares qui auront été touchés parles travaux.La tâche n'est pas facile puisque l'épaisseur de terre végétale ne dépasse guère les vingt centimètres, chiffre moyen calculé en comptant les tourbières, beaucoup plus épaisses.Très souvent, à plus forte raison dans la région de la Caniapiscau, il ne s'agit que de quelques maigres centimètres.Sur ces sols pauvres, libres de gel pendant cent jours au maximum, quelques végétaux ont accepté de pousser, soit le long de la route LG2-Lac Hélène, soit près des maisons du personnel-cadre de Radisson sous forme de gazon.Les premiers résultats sont encourageants aussi bien pour des plantes locales que pour une quinzaine de plantes exogènes qui se sont acclimatées.Du côté des arbres, plusieurs dizaines de milliers de boutures de chèvrefeuille, de saules, de peuplier ou de gadellier d'Amérique, de plants de pin gris, d'aulne et de bouleau font l'objet de cultures en serres.Travail de longue haleine quand on sait que nombre d'épinettes indigènes ne dépassent pas quinze centimètres de diamètres avec cent ans d'âge.Les sites à réaménager sont les campements, les bancs d'emprunt, les routes temporaires, les abords de routes permanentes, les aéroports, les aires de travaux et d'accumulation de matériaux.Tous n'auront pas le même traitement et on soignera beaucoup mieux les endroits qui seront très à la vue des éventuels touristes, c'est-à-dire la région de LG2-Radisson, là où est le barrage le plus spectaculaire.Mais c'est également la zone qui a été la plus bouleversée: il a fallu creuser un peu partout des carrières pour prendre les rocs, graviers et moraines qui, par dizaines de millions de mètres cubes, servent à construire cet énorme barrage et les 31 digues qui contiennent les eaux de son réservoir.Au moins dix millions, peut-être vingt millions de dollars, seront investis dans des réaménagements qui visent surtout des résultats à court terme pour 600 hectares, dont 240 dans le chaotique chantier de LG2.LE CHANTIER MODÈLE Chaque chantier a son responsable de l'environnement, parfois assisté d'un adjoint.Cet employéde la Sociétéd'éner-gie dépend du chef de chantier, grand manitou et seul maître à bord, après le calendrier.Son rôle est de s'assurer que tous et chacun travaillent proprement, que soient respectés l'environnement et les lois qui le régissent.À Eastmain, sur le chantier EOL, Robert Roy cherche avant tout à «minimiser les impacts négatifs des travaux».On parle de lui comme d'un «mordu» de l'environnement qui sait se faire respecter.en souplesse.Il voit à ce que les QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 25 ouvertures de bancs d'emprunt soient correctement localisées, il suggère aux ingénieurs un enrochement à la sortie d'un évacuateur de crue pour éviter l'érosion qui endommagerait les berges voisines, il fait reprendre un bord de route qui a été bulldozé sauvagement, il négocie un tracé de route avec l'entrepreneur qui veut passer au plus court pour épargner sur l'usure des pneus (6 500 dollars chacun) de ses mastodontes.À maints égards, surtout en comparaison avec LG2, EOL est le chantier * modèle en matière d'environnement.Ainsi, on a laissé quelques arbres au milieu du campement des ouvriers d'East-main et au village familial des cadres, on a fermé le premier dépotoir qui était mal situé, à deux pas du village familial, on a relocalisé le puits d'eau potable de l'aéroport qui était vraiment trop près des garages, on obtient des entrepreneurs qu'ils coupent d'abord les arbres, qu'ils les brûlent pour favoriser la regénérescence, qu'ils décapent à la petite cuiller la bonne terre végétale et qu'ils la mettent soigneusement de côté en vue des futurs réaménagements.Bref, à EOL, on va résolument dans le sens du mieux.Les résultats sont là et, même si tout n'est [pas aussi parfait que ce que montre une visite d'une journée, cela prouve qu'il est possible de construire des barrages dans une relative propreté, en évitant de massacrer à plusieurs kilomètres à la ronde.Tout ne va pas pour le mieux partout.À Caniapiscau, à la fin du printemps, l'un des entrepreneurs n'avait pas encore pris très au sérieux les clauses environnementales consignées sur son contrat, et qui constituaient certes une nouveauté.En haut lieu, à la SEBJ, on est discret sur ce cas et on se contente de parler de contrat non rempli.Toujours est-il que le paiement d'une première tranche, plusieurs millions de dollars, aurait été bloqué jusqu'à ce que ce gros entrepreneur se conforme aux règlements, notamment à ceux des huiles usées pour lesquelles une comptabilité doit être tenue.La situation décrite par le Conseil consultatif de l'environnement en matière sanitaire s'est améliorée depuis 1975-1976 et ce sont les nouveaux chantiers et leurs infrastructures qui en ont le plus bénéficié.Diverses pressions publiques et gouvernementales, une progressive prise de conscience sur le terrain, un renforcement de l'application des normes internes des sociétés, sont cause de la transformation.Plusieurs lois, à commencer par celle de la qualité de l'environnement de 1972, et plus récemment celle sur les carrières et sablières de l'automne dernier, sont venues mettre une certaine pression.Ainsi, il faut maintenant des permis pour ouvrir un banc d'emprunt.Et les services de protection de l'environnement du Québec, après La piètre qualité du logement des ouvriers est une des causes du taux de roulement élevé de la main-d'œuvre: 45 jours en moyenne.U est difficile de vivre à long terme dans ces unités mobiles, à raison de deux hommes par chambre de trois mètres par trois mètres environ.La présence des «utihdors», conduits isolés dans lesquels passent fils et tuyaux, l'absence de verdure et l'alignement serré des «maisons» font des campements ouvriers un milieu de vie plutôt déprimant.Au lac Hélène, près de LG2-Radisson, près de 35 000 boutures de bois tendre ont été cultivées avec succès depuis deux ans en vue de faciliter le réaménagement des zones déboisées.La rudesse du climat présente une contrainte importante pour les huit millions de plants qui viendront couvrir 5 400 hectares de terrains affectés. y - -s» Entre LG2 et l'aéroport les abords de la route ont été massacrés sur une bonne vingtaine de kilomètres.Les scientifiques du lac Hélène procèdent à l'heure actuelle à des tentatives de plantation de «gazon» sur les bas-côtés de la route tandis que plusieurs carrières ont été plus ou moins bien cachées par des buttes.s'être quelque peu améliorés dans leur efficacité, se montreraient plus vigilants, ce qui oblige Société d'énergie et entrepreneurs à attendre le permis pour débuter les travaux.C'est tout un événement à la baie James! NBR, GRANDE BALEINE ET UNGAVA Que réserve l'avenir dans ce territoire modelé par l'hydro-électricité?Déjà un réseau de surveillance écologique, expérimenté sur le petit réservoir du lac Desaulniers près de LG2, a été mis sur pied.Une série de stations de mesures biotiques et abiotiques, disposées à des endroits stratégiques à travers le complexe La Grande, va accumuler des renseignements sur la qualité des écosystèmes aquatiques et sur son évolution.Les changements physiques, chimiques et biologiques des réservoirs, leur température, leur couleur, etc., le plancton, le benthos, les poissons, tout cela va être suivi de près pendant plusieurs années.Une compétence va être acquise, qui devrait pouvoir servir pour les choix de projets hydro-électriques de troisième génération dans le Nord québécois: complexe Grande Baleine sans doute et baie d'Ungava.Pour NBR, qui a des chances de venir tout de suite après La Grande Rivière, il est déjà trop tard puisque les études environnementales, très avancées, ne tiendront pas compte de données pas encore disponibles.Au moins des études ont-elles eu lieu.Mais les écologistes, même aujourd'hui, savent que leurs plus brillantes recherches et recommandations peuvent se trouver reléguées au second plan derrière les impératifs techniques et économiques.En fait, ce qui s'est passé à la baie James est significatif.La bataille pour sauver dix, mille ou cent mille épinettes a tourné court, car ce qui se passait là-bas n'était rien en comparaison de déboisements ou atteintes graves à l'environnement que nous connaissons dans le sud.Michel Jurdant, lui, affirme qu'en dehors de la faune et de la flore aquatique, très touchées par les réservoirs et les zones aval, l'impact sera limité car en fin de compte la surface réellement touchée par les aménagements eux-mêmes est minime.Quant à d'éventuelles modifications de climat, qui ont déjà fait couler beaucoup d'encre, on sait maintenant que les changements dans les températures et les précipitations seront infimes et limités à l'environnement immédiat des réservoirs.Certes de grandes superficies vont être noyées mais, continue Michel Jurdant, songe-t-on un instant à l'impact énorme qu'a subie la plaine du Saint-Laurent quand l'homme l'a déboisée.Pour l’écologiste d'Environnement Canada, le véritable impact, celui qui est grave, c'est le tout premier, celui qui affecte les autochtones dans leur vie, leurs traditions séculaires.Pour en lire plus Boyce Richardson, Baie-James: sans mobile légitime.L'Étincelle, Montréal 1972 La baie James indienne, texte intégra! du jugement du juge Albert Malouf.Éditions du Jour, Montréal, 1 973 La Convention de la Baie James et du Nord québécois.Éditeur officiel du Québec, Québec, 1976 Recherches amérindiennes au Québec, La baie James des Amérindiens, décembre 1 971 Conseil consultatif de l'environnement, Audiences sur les impacts environnementaux du développement de ta baie James, Québec, mars 1 977 Services de protection de l'environnement du Québec, Rapport technique des secteurs Hygiène publique.Protection de l'environnement Écologique et Mesures correctives pour le territoire de la Baie James, mai 1 977 Hélène Lajambe, Coûts et externalités de l'aménagement hydroélectrique de la baie James, département d'économique, Université McGill, Montréal, novembre 1977 Revue L'Ingénieur, La protection de l'environnement au complexe La Grande, mai-juin 1 978, No 325 (Textes écrits par des employés de la Société d'énergie de la Baie James) Société de développement de la Baie James-Environnement Canada, Études sur l'environnement, territoire de la baie James, années 1973 à 1976-1977 Environnement-Baie James, compte rendu du Symposium de 1976, Environnement Canada, SDBJ, SEBJ, Montréal 1976 Hydro-Québec, Société d'énergie de la Baie James et Société de développement de la Baie James, rapports annuels En Grande, journal interne publié par les relations publiques de la Société d'énergie de la Baie James QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 IA CONQUÊTE DE VÉNUS Connaître Vénus pour mieux comprendre la Terre 28 IL EXAMINERA DE HAUT Le Pioneer Venus 1, appelé Orbiter, étudiera directement l'atmosphère supérieure et l'ionosphère.U recueillera aussi des données sur la basse atmosphère et la surface de Vénus.De plus, il caractérisera la structure Interne de la planète.par François Picard Elle brille à la suite du Soleil quand il se couche, ou précède son lever.Plus éclatante que les autres étoiles, on peut même parfois l'observer en plein jour à proximité du Soleil.Vénus a déjà été visitée par plusieurs satellites artificiels mais elle reste encore bien mystérieuse.On la connaîtra probablement beaucoup mieux dès le mois de décembre prochain.Pioneer Venus T et 2, deux véhicules spatiaux automatiques américains, doivent l'atteindre respectivement le 4 et le 9 décembre et émettre vers la Terre une quantité de données inédites, dont certaines aideront à mieux comprendre notre propre planète.Les autres planètes du système solaire, ayant la même origine que la Terre, peuvent aider à comprendre ce qu'est notre planète, d'où elle vient et où elle va.Elles auraient évolué différemment quant à leur taille et à leur proximité du Soleil.Ainsi, Vénus, avec son épaisse atmosphère de bioxyde de carbone, présenterait un état vers lequel la Terre évolue.Mars, alors dans un stade de formation de son atmosphère et de persistance d'eau liquide à sa surface, serait un jour comme est la Terre actuellement, à une époque où la Terre ne sera d'ailleurs plus habitable.On se demande sérieusement si l'augmentation des proportions de bioxyde de carbone dans son atmosphère n'accélère pas dramatiquement le processus de transformation de la Terre et ne va pas en faire une planète semblable à Vénus.De même, la météorologie de la Terre est très complexe et nous sommes encore bien loin d'en connaître tous les détails et tous les caprices.Les systèmes atmosphériques de Vénus et de Mars sont beaucoup plus simples: Vénus, sans océans, à rotation lente, avec d'épais nuages d'acide sulfurique et son atmosphère de bioxyde de carbone qui empêchent les échanges de température entre sa surface et sa haute atmosphère, et Mars avec ses tempêtes de poussière et caractérisée par une atmosphère très fine avec peu de nuages et donc l'impact de la chaleur du Soleil à sa surface.Comme la Terre tient de ces deux systèmes, leur étude contribuera sûrement à élever la compréhension de ce qui se passe chez nous.Mars a déjà été visitée par le laboratoire Viking (Québec Science, volume 15, numéro 6): Vénus est cette année la cible de deux véhicules spatiaux, Pioneer Venus 1 et 2.ÉPIÉE DEPUIS 26 SIÈCLES Même si des tablettes de Ninive rapportent que Vénus fut l'objet d'observations dès 684 avant Jésus-Christ, on peut considérer que le pionnier en la matière n'est autre que Galilée qui utilise, en 1610, le télescope qu'il vient d'inventer pour com- septembre 1978 / QUEBEC SCIENCE parer cette planète à la Lune.En 1761, le Russe Lomonosov découvre l'existence d'une atmosphère sur Vénus en interprétant des effets d'optique durant son passage.On détermine quelques décennies plus tard son diamètre, 12 100 kilomètres, et sa vitesse de rotation autour du Soleil, 225 jours.Deux Américains, Edward St.John et Seth B.Nicholson, suggèrent en 1 920 que Vénus est sèche et poussiéreuse puisqu'on est incapable de détecter la présence de vapeur d’eau dans son atmosphère.Douze ans plus tard, on y découvre du bioxyde de carbone.En 1 956, on capte des ondes radio, d'une longueur d'onde de trois centimètres, en provenance de la planète, ce qui indique une température très élevée à sa surface.Des observations à l'aide d'un radar, en 1962, montrent la rotation rétrograde de Vénus qui dure environ 240 jours.Les satellites artificiels se mettent alors de la partie.La même année, Mariner 2 confirme une très forte pression en surface et constate l'absence d'un champ magnétique substantiel.Cinq ans plus tard, Mariner 5 mesure la structure de la haute atmosphère, localise l'altitude des nuages par rapport à la surface, découvre l'ionosphère et remarque que le bioxyde de carbone est l'élément principal de l'atmosphère.En 1968, des observations réalisées par radar permettent de déterminer le rayon exact de Vénus, à cinq kilomètres près; les données obtenues par radar et radio situent la température de surface à 477°C et la pression au même endroit à 8 825 kilopascals.Après s'être posée à la surface de Vénus, en juillet 1972, la sonde soviétique Venera 8, pendant ses 107 minutes de fonctionnement, détermine les proportions d'uranium, de thorium et de potassium dans certains matériaux de surface, démontrant des similitudes avec des roches terrestres.Un relevé radar de la surface de la planète effectué en 1 973 révèle la présence de cratères de dimensions moins importantes que ceux que l'on pourrait trouver sur Mars ou sur la Terre.En 1977, des relevés radar précis confirmaient la présence de volcans et de cratères.Des photographies dans la gamme des ultraviolets, transmises par Mariner 10 en 1974, montrent des détails de la structure des nuages et leur rotation en quatre jours autour de la planète.Les premières photographies de la surface de Vénus sont l'œuvre de deux sondes soviétiques, Venera 9 et Venera 10, qui s'y posent en octobre 1 975, à 2 000 km l'une de l'autre.La première montre un sol recouvert de roches d'allure jeune alors que la seconde présente un sol tout à fait différent, plus ancien, où les roches semblent avoir subi une érosion.Vénus suscite encore de nombreuses questions, et les données qui nous parviendront au cours des prochains mois des laboratoires spatiaux automatiques QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 29 ¦¦am»***' UN SCÉNARIO SPATIAL Voici comment se présente, schématiquement, la mission Pioneer-Venus.On observe le Pioneer-Venus 1, avec ses antennes pointées vers la Terre et vers Vénus, et le Pioneer-Venus 2 qui envoie ses quatre sondes vers la planète à étudier.Pioneer Venus 1 et 2, fourniront sûrement des éléments de réponse Parmi ces questions, on peut retenir les suivantes.Quelles sont les composantes de l'atmosphère de Vénus?Qu'est-ce qui cause le temps qu'il fait sur cette planète?La chaleur qui y règne est-elle vraiment due à un effet de serre?Puisque Vénus n'a pas de champ magnétique, quelles sont les interactions de son ionosphère et des vents solaires?Qu'est-ce qui cause des marques noires dans les nuages de Vénus?Comment la température et la pression varient-elles dans l'espace et dans le temps dans la haute atmosphère?Ces questions et quelques autres ont servi de base à la conception des deux satellites.POUR DÉCHIFFRER LES SECRETS DE VÉNUS Pioneer Venus 1, parti de Cap Canaveral le 20 mai, doit se placer sur une orbite de Vénus le 4 décembre prochain.Sa partie principale comme celle de Pioneer Venus 2, contient le système de manœuvre pour la mise en orbite et les corrections de trajectoire, les systèmes d'ordinateur et de communication, un système d'orientation à partir du Soleil et des étoiles, les réservoir de carburant, de l'hydrazine.Sur sa hauteur, il est recouvert de pan- neaux capteurs d'énergie solaire, reliés aux batteries de 28 volts qui alimentent l'ensemble des appareils.Cette partie que les deux véhicules ont en commun, a été baptisée le «bus» par ses concepteurs.De la même façon, étant donné leur mission, Pioneer Venus 1 est appelé Orbiter et Pioneer Venus 2, Multiprobe.L'Orbiter comprend donc le «bus»de base et les éléments plus spécifiquement reliés à sa mission: douze instruments scientifiques et une mémoire qui lui permet de conserver les données lorsqu'il se trouve derrière Vénus ou lorsqu'il ne peut pas les retransmettre vers la Terre pour une quelqu'autre raison.Un photopolarimètre mesure la distribution verticale des nuages et des particules de brume et observe la circulation des nuages et des taches ultraviolettes dans l'atmosphère.Un radar fait un relevé précis de grandes parties de la surface de la planète; les données reçues à Terre seront rassemblées par un ordinateur qui dressera une carte comparable en qualité à celles faites sur Terre par la même méthode.Un radiomètre à infrarouge mesure les radiations infrarouges émises par l'atmosphère à diverses altitudes entre le haut des nuages, à I altitude de 60 km, et 150 km; il recherche aussi des traces de vapeur d'eau dans les nuages.Cet instrument comporte huit détecteurs, sensibles chacun à une fraction différente du spectre infrarouge.Un spectromètre à ultraviolet observe les marques atmosphériques ultraviolettes qui ne peuvent être repérées qu'à travers des filtres ultraviolets; il peut identifier le mécanisme qui excite les gaz de la haute atmosphère et mesurer l'hydrogène qui pourrait s'échapper des couches les plus extérieures de l'atmosphère, ce qui signifierait que la planète perd de l'eau.D'autres instruments mesurent la composition chimique de la haute atmosphère, sa distribution et sa concentration en ions chargés positivement, la rapidité, la direction et la température des vents solaires, les vestiges d’un champ magnétique, l'interaction entre le plasma de l'ionosphère de Vénus et les vents solaires, la masse et les mouvements de la planète.Les expériences se poursuivront pendant au moins 225 jours, soit une année de Vénus.Le Multiprobe, arrivé à proximité de Vénus cinq jours plus tard, est donc aussi composé d'un «bus» qui doit envoyer quatre sondes, une grosse et trois petites, vers la surface de la planète.Le «bus» lui-même va renvoyer des données sur la composition de la haute atmosphère avant de se désintégrer sous l'effet de la chaleur.La plus grosse sonde mettra 55 minutes pour atteindre la surface de Vénus; au cours de cette descente, les sept instruments qui se trouvent à son bord fourniront des données sur l'altitude et la composition des couches de nuages, les composantes de l'atmosphère, la température, la pression, la densité des courants d'air chaud dans l'atmosphère.Les trois petites sondes envoyées dans des directions différentes disposent de trois instruments qui déterminent la structure atmosphérique, la disposition et la composition des couches de nuages et la distribution de la chaleur dans l'atmosphère.Toutes les données fournies par les deux missions représentent plus que l'ensemble des données que l'on a déjà sur Vénus.Transmises directement par les six véhicules spatiaux, elles seront dirigées vers le centre spatial de Ames en Californie qui est spécialisé dans l'étude de l'atmosphère des planètes et est donc maître d'œuvre du projet Pioneer Venus.L'analyse des données se fera cependant dans plusieurs centres de recherches de la NASA et dans diverses universités américaines et étrangères.Et probablement qu'après plusieurs mois ou plusieurs années de recherches on va découvrir des éléments importants qui nous manquaient pourcomprendre notre planète; du moins, c'est ce que l'on en attend.Vénus est si fascinante: elle a à peu près le même diamètre, la même masse et la même densité que la Terre et pourtant son environnement est très différent! 30 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE LES 2e ET 3e CYCLES À L’INRS L'objectif principal de l'Institut national de la recherche scientifique porte sur la poursuite de travaux de recherche orientée.Comme corollaire, on peut mentionner que la formation des chercheurs constitue aussi une priorité de l'Institut.A l'INRS, la formation de chercheurs prend différentes formes.Ainsi, entre autres, l'accueil de stagiaires et de post-doctoraux, l'embauche d'assistants de recherche et l'offre de programmes d'enseignement au niveau de la maîtrise et du doctorat sont autant de moyens de formation en vue d'assurer la relève scientifique.Les programmes d'enseignement de l'Institut sont offerts dans les domaines de l'eau, de l'énergie et des télécommunications.L'INRS-Eau, situé au Complexe scientifique de Sainte-Foy, est le seul au Québec à décerner une maîtrise en sciences dans le domaine de l'eau.S'adressant aux diplômés de premier cycle, le programme d'enseignement vise à l'élargissement des connaissances spécialisées qui sont reliées à cette ressource importante.À la fin de sa formation, le diplômé de l'Institut aura appris, au contact des équipes de recherche, à contribuer efficacement aux travaux de groupes multidisciplinaires et il pourra, de ce fait, trouver plus facilement un emploi sur un marché du travail vaste, diversifié et d'un grand intérêt actuel.Le programme de formation comporte d'abord un tronc commun de matières obligatoires dont l'enseignement assure à tous les étudiants une connaissance de base des disciplines reliées à l'eau; des travaux pratiques et des projets complètent cet enseignement.La suite du programme de formation permet à l'étudiant de démontrer, par la présentation d'un mémoire, son originalité et son aptitude à parfaire une recherche, tout en orientant, au moyen d'un choix de trois cours, sa spécialisation dans un ou deux champs d'intérêt.Le programme de maîtrise en sciences de l'eau comprend 63 crédits ainsi répartis: cours de base (30), cours choisis (12), séminaires et conférences (4), stage (5) et mémoire (1 2).Présentement, les chercheurs de l'INRS-Eau œuvrent à l'intérieur de cinq programmes de recherche: a) l'hydrologie déterministe et statistique; b) l'utilisation de la ressource en milieu urbain; c) les effets de l'utilisation et de l'aménagement des ressources naturelles sur la qualité du milieu aquatique; d) l'étude en laboratoire de la dynamique des processus chimiques et biologiques du milieu aquatique; e) la télédétection appliquée à l'étude des problèmes de l'eau.«rf ÉNERGIE Point n'est besoin de souligner la priorité de ce domaine pour le Québec.L'INRS-Énergie, par sa recherche et ses programmes d'enseignement, veut apporter sa contribution à la solution de certains problèmes reliés à la crise énergétique.Par ses programmes de maîtrise et de doctorat en sciences de l'énergie, l'INRS-Énergie veut donner à l'étudiant une solide formation générale tout en le spécialisant dans certains secteurs de l'énergie.Le programme d'études extérieures de l'INRS-Énergie, dont les laboratoires sont situés à Varennes, permet à des étudiants d'être en contact avec des professeurs associés et visiteurs, qui œuvrent à l'intérieur de l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec (IREQ), et de collaborer aux recherches de ces derniers.Quant aux programmes d'études de l'INRS-Énergie, ils ont trait à la conversion, la génération, le contrôle et la mise en réserve de l'énergie.La maîtrise en sciences de l'énergie comprend 60 crédits dont 39 sont affectés au mémoire.Pour ce qui est du programme de doctorat, 108 crédits sur 120 se rapportent à la thèse.En ce qui a trait à la recherche, les chercheurs du centre effectuent des travaux de recherche sur la fusion thermonucléaire (interaction laser-matière, confinement électrostatique-magnétique du plasma (KEMP), technologie des réacteurs à fusion).Notons aussi que l'INRS-Énergie s'intéresse de plus en plus aux énergies renouvelables, comme l'énergie solaire, ainsi qu'aux arcs industriels et à d'autres applications.Ml RH TÉLÉCOMMUNICATIONS Le programme de maîtrise en télécommunications vise l'enseignement et le développement de la recherche dans le domaine de l'ingénierie des télécommunications.Grâce à des ententes avec la société Recherches Bell Northern, l'INRS-Télécommunications peut intervenir dans un secteur d'étude et de recherche difficilement réalisable pour les laboratoires de recherche universitaires traditionnels.Cet exemple intéressant de l'établissement de relations étroites et profitables entre les milieux scientifiques de l'industrie et de l'université procure de nombreux avantages à l'étudiant du centre en le plaçant, entre autres, face aux réalités de l'opération de tous les jours des systèmes de télécommunications.Le centre INRS-Télécommunications, dont les locaux sont situés à Verdun (île-des-Sœurs), permet au thésard d'acquérir une solide formation générale et de se spécialiser dans un des secteurs du domaine des télécommunications.PUBLIREPORTAGE QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 31 ns y m- ils I es I en ra i I le IS- es, les te- st is.lie, let ses lés at, de ion ie- les iux ise slie ta- ies ei- ile- she :de lité itte pé- no- ies ao :de des Le programme de maîtrise en télécommunications comprend 45 crédits dont 21 sont alloués au mémoire.Les activités de cours portent sur des sujets comme les mathématiques avancées et les statistiques, les réseaux téléphoniques, les systèmes de commutation, les télécommunications numériques et la téléinformatique.Au début de sa formation, l'étudiant est soumis à une période intensive de cours (6 mois) et, par la suite, il s'adonne à un projet de recherche (9-12 mois).En plus de participer aux projets de recherche de l'INRS-Télécommunications, comme la communication visuelle, le traitement numérique des signaux de voix et l'analyse et la conception des réseaux de télécommunication, l'étudiant pourra œuvrer à des projets de recherche de la société Recherches Bell Northern.NOUVEAUX PROGRAMMES D’ENSEIGNEMENT L'INRS est à mettre sur pied deux nouveaux programmes d'enseignement: la maîtrise en pharmacologie clinique et le doctorat en sciences de l'eau.En regard de la pharmacologie clinique, l'INRS-Santé, situé à l'Hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine (Montréal), verra à donner à l'étudiant une formation de recherche appliquée en pharmacologie qui lui permettra de cerner des problèmes de thérapeutique et de toxicologie et d'y apporter des solutions appropriées, mais toujours en conformité avec une méthodologie scientifique rigoureuse.L’ÉTUDIANT À L’INRS Durant la dernière année, plus de 40 étudiants étaient inscrits aux différents programmes d'enseignement des 2e et 3e cycles de l'INRS.Notons que, dans les quatre dernières années, l'Institut a décerné 46 diplômes de maîtrise et neuf de doctorat.Vu le nombre restreint d'étudiants à l'INRS et la structure des centres de recherche de l'Institut, le thésard jouit de divers avantages: un encadrement personnalisé, une initiation à la recherche de pointe, un contact humain et fréquent avec les chercheurs du centre.De plus, dans certains cas, l'étudiant peut jouir d'une aide pécuniaire appropriée aux circonstances.En somme, l'étudiant trouve à l'INRS un enrichissement personnel sur plusieurs plans.CONDITIONS D’ADMISSION Maîtrise Baccalauréat spécialisé, avec une moyenne cumulative d'au moins «B» ou l'équivalent dans l'une des disciplines suivantes: Sciences de l'eau: agronomie, biochimie, chimie, économique, foresterie, génies, géographie, géologie, mathématiques, physique ou l'équivalent; Sciences de l'énergie: mathématiques, mathématiques appliquées, chimie, physique, génie physique, génie électrique, génie chimique, génie mécanique, génie métallurgique ou l'équivalent; Télécommunications: physique, génie électrique, génie physique ou l'équivalent.Doctorat Sciences de l'eau: maîtrise en sciences de l'eau ou l'équivalent; Sciences de l’énergie: maîtrise en sciences de l'énergie ou l'équivalent.RENSEIGNEMENTS Pour de plus amples renseignements sur les divers programmes d'enseignement de l'INRS, prière de remplir le formulaire présenté ci-après ou communiquer avec le Registraire à (418) 657-2508.Le Registraire Institut national de la recherche scientifique Case postale 7 500 Sainte-Foy, Québec G1V 4C7 Veuillez me faire parvenir: ?Annuaire 1978-1979 ?Formulaire d'admission ?Renseignements additionnels sur .Nom: Adresse Téléphone Université du Québec Institut national de la recherche scientifique PUBLIREPORTAGE '.VJ 32 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE NON AU RACISME Rencontre avec Albert Jacquard, généticien, qui entreprend une croisade contre l’utilisation abusive de la science pour justifier le racisme ' 7 r • v ¦ ài %- ';k A AitfS ¦im ».% s» " ¦ Xfi mmt mâïÊâ ¦ .¦ fmm l QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 33 Propos recueillis par Pierre Sormany ?/ ai ai Notre intelligence dépend-elle de notre bagage héréditaire, ou nous vient-elle surtout de la stimulation dont nous avons pu jouir, pendant nos années de développement?Est-elle innée, ou surtout acquise?La réponse, bien sûr, se situe entre ces deux extrêmes.Mais en soutenant que les facultés intellectuelles dépendent beaucoup plus des gènes que de l'expérience acquise, certains psychologues ont voulu démontrer qu'une bonne part de l’inégalité entre les races, les classes sociales ou les individus, était imputable au biologique.Certes, les tenants de cette position radicale, rangés principalement derrière HJ.Eysenck en Grande-Bretagne et Jensen aux États-Unis, ne nient pas qu'exceptionnellement des personnes douées mais mal stimulées puissent se retrouver dans des groupes défavorisés.Mais tôt ou tard, si elles sont bien nanties au point de vue génétique, leur descendance finira par «percer», et accéder à des classes sociales mieux favorisées.Cet écrémage constant assure le statu quo: les professionnels, les professeurs d'université et les cadres supérieurs sont mieux équipés, génétiquement, que les tapissiers et les jardiniers; les blancs américains sont en moyenne plus intelligents que les noirs.Et ceux qui nient ces réalités, affirment-ils d'un même souffle, ne sont que des «égalitaristes militants»! «Abus de langage, mais surtout, abus de la science!» clame en réponse Albert Jacquard, un des chefs de file de la nouvelle génétique, et directeur du Service de génétique de l'Institut national des études démographiques de Paris.Pour lui, de tels discours frisent la fraude.Car les «héréditaristes» utilisent dans leurs démonstrations des chiffres qui servent à mesurer tout autre chose, des définitions qui ne correspondent à rien, et des hypothèses tronquées.Albert Jacquard a entrepris une vaste croisade.Non pas pour faire triompher une vision «environ-nementaliste» qui n'aurait guère plus de sens, mais simplement pour définir les termes, séparer ce qui est scientifique de ce qui ne l'est pas, et donner au non spécialiste les notions de base qui lui permettront de rejeter comme absurde ce qui ne repose sur rien, fut-ce présenté sous un habile maquillage mathématique.Sa croisade: une série de conférences, tant en France qu'au Québec (du moins à Montréal), quelques articles dans des revues scientifiques, et un livre qui paraîtra dès cet automne, aux éditions du Seuil.«J'ai voulu en faire un livre qui s'adresse autant au chauffeur d'autobus qu'au garçon d'ascenseur, explique-t-il.Les gens de l'université vont bien se dire que Jacquard n'est plus capable d'écrire que des textes à large diffusion, mais Ht qu'importe! Car ce n'est pas très grave de raconter aux universitaires que leur patrimoine génétique est supérieur à celui des avocats.Mais ça devient criminel de persuader les «jardiniers» et les «tapissiers» qu'ils se situent génétiquement au bas de l'échelle, et que leurs enfants seront marqués dès la conception par cette infériorité.» QUE VEUT DIRE «GÉNÉTIQUE»?C'est donc à une définition que Jacquard convie d'abord son interlocuteur.«Un caractère ne peut se manifester que sur un individu réalisé à partir des gènes.Une personne dépourvue de gènes n'aurait pas d’intelligence, mais elle n’aurait pas non plus de religion ou de fortune.Alors, on pourrait dire que tout est génétique, et ça n'aurait aucun sens.» Pour Jacquard, il faut donc restreindre le terme «génétique» aux cas où une liaison a pu être établie entre un caractère donné et la présence dans le patrimoine génétique de certains gènes, ou de certaines associations précises.«La couleur de la peau, le daltonisme, certaines formes de diabète, etc.sont «génétiques».Par contre, dire que l'intelligence est génétique est absurde car nu! n'a la moindre idée des rapports entre ce caractère, et la collection des gènes de chacun.» Alors que veulent donc dire les «héréditaristes» lorsqu'ils affirment que l'intelligence est génétique?Tout simplement qu'elle serait dépendante en plus grande part du déterminisme biologique que du potentiel de mise en valeur apporté par l'expérience vécue.Albert Jacquard ne nie pas.Mais il soutient que tout effort pour quantifier la part de chacun de ces deux facteurs est anti-scientifique.«Dire qu'un résultat est dû pour 70 pour cent à une cause A et 30 pour cent à «.ça devient criminel de persuader les jardiniers et les tapissiers qu'ils se situent génétiquement au bas de l'échelle.» une cause B n’a de sens que si ces deux causes sont additives.Ainsi, si je dis que les recettes de l'État sont dues à 56 pour cent aux impôts directs, cela signifie qu'en enlevant ces impôts, le résultat chuterait d'autant.Mais on ne peut ni enlever l'effet des gènes, ni celui de la culture, dans le cas de l'intelligence.» Selon le généticien français, il n'y a qu'une bonne réponse à la question: l'intelligence est due à un orqane «construit à partir d'une information génétique, et un apprentissage de cet organe, au cours d'une certaine aventure humaine bien ma! désignée par le mot «environnement».La performance obtenue résulte non de l'addition de ces deux causes, mais de leur interaction.La part de chacun ne peut donc être définie,» écrivait-il dans un texte publié par la revue La Recherche.Que mesurent donc les chiffres avancés par Eysenck, Jensen et les autres?Une seule chose: l'héritabilité de l'intelligence.Et Albert Jacquard corrige immédiatement: «// ne s'agit même pas de l'intelligence, mais du quotient intellectuel, qui n'est qu'une mesure du potentiel de réussite scolaire! Or, ce O! est bien loin de tenir compte de toutes les facultés intellectuelles, toutes les facettes de cette réalité ma! définie.» Nous revoici donc dans les définitions, mais avant de s'attaquer à la représentativité de cet indice de pronostic scolaire, c'est sur la notion même d'héritabilité que Jacquard nous invite à réfléchir. 34 septembre 1978 / QUEBEC SCIENCE < * ** «.nous permettre de prévoir, à l'intérieur d'un milieu donné, l'héritabilitédu Ql entre parents et enfants, avec une vaste marge d'erreur.» DES AGRICULTEURS AUX PSYCHOLOGUES L'héritabilité a d'abord été introduite par les biométriciens, c'est-à-dire les biologistes qui s'intéressaient à la mesure de certains caractères, d'une génération à l'autre.Les personnes plus grandes que la moyenne ont-elles tendance à engendrer des personnes plus grandes que la moyenne?Une telle recherche, notera Jacquard, peut évidemment être réalisée pour n'importe quel caractère mesurable, que ça soit le tour de tête, la taille, ou le revenu annuel.En plaçant en abscisse le caractère mesuré chez les parents, et en ordonnée la même mesure chez leurs enfants, on obtiendra pour l'ensemble de la population une zone de points dont la moyenne peut former une droite horizontale (c'est-à-dire que la mesure moyenne n'augmente pas chez les enfants lorsqu'elle augmente chez les parents) ou au contraire qui atteint 45 pour cent (c'est-à-dire que la mesure chez les enfants dépend directement de celle chez les parents).L'héritabilité, c'est la mesure de cette pente.Et si on calculait la tendance des filles à se teindre les cheveux, en fonction de cette même tendance chez leurs mères, on arriverait probablement à une hérita-bilité non nulle.Aucun rapport avec la génétique, pourtant.Dans leurs efforts pour mettre au point des races animales ou végétales de plus en plus efficaces, en termes de rendement agricole, les généticiens ont néanmoins redéfini cette notion d'héritabilité, sur une base génétique cette fois.Ils en sont arrivés à l'établissement d'une mesure d'héritabilité génétique en fonction de calculs de variance: de combien est réduite la variance globale lorsqu'on supprime les différences de milieu?De combien, lorsqu'on supprime les différences génétiques?«Mais, précise aussitôt Jacquard, une analyse de variance ne permet jamais d'inférer à une analyse de causes, car la mesure de variance génétique changera en des milieux différents» (de la même façon que la variance due au milieu diffère selon qu'elle porte sur des individus différents).Mais les agriculteurs travaillent sur des grands nombres.Avec des milliards de semences, de contenu génétique voisin, et plantées dans un sol à peu près homogène, une analyse de variance a un sens.Ces conditions ne sont guère celles de la psychologie.Encore moins lorsqu'on tente de comparer des races différentes dans leurs gènes comme dans leur «milieu».LES HARICOTS ET LES MAÇONS Dans ses conférences, Albert Jacquard cite deux exemples pour démontrer cette affirmation.Le premier concerne les haricots, qui, en leurs pays d'origine, en Amérique du Sud, ne donnent qu'un rendement moyen de 5 quintaux à l'hectare.Les mêmes semences produisent jusqu'à 1 5 quintaux, dans des terres très riches, en France notamment.Les sélectionneurs français ne s'en sont toutefois pas contenté, et ils ont amélioré le patrimoine génétique en sélectionnant des espèces mieux adaptées au climat et au sol fran- çais, et qui produisent jusqu'à 30 quintaux.Dans ce cas, les généticiens français pourraient conclure que l'augmentation totale de 25 quintaux l'hectare est due à 40 pour cent à des facteurs environnementaux, et à 60 pour cent à des facteurs génétiques.Mais à l'inverse, si le généticien haïtien décidait d'implanter la semence française dans son sol national, il découvrirait que celle-ci n'y produit plus rien.Elle est à peu près incapable de survivre en sol pauvre.Dans ce cas, la variation due à l'environnement déficient serait de 30 quintaux, que le sélectionneur haïtien ne pourrait amoindrir que dans un rapport de 1 /6 environ, en retournant progressivement vers la variété autochtone originelle.Il conclurait donc que l'environnement est un facteur bien plus important que la génétique! Et tous les deux auraient raison! Car justement, l'héritabilité génétique d'un caractère varie selon les milieux et selon la nature des individus considérés.Elle n'est pas la même pour les haricots français que pour ceux d'Amérique du Sud, pas plus qu'elle n'est la même pour un noir et pour un blanc, ni pour un noir américain et pour un noir africain! Le second exemple permet aussi de voir que la «variance» change en fonction de l’importance relative des facteurs considérés et de leur interaction.Il concerne deux catégories de maçons travaillant à l'érection d'un mur.Jacquard parle de Jurassiens et de Bretons, mais on pourrait tout aussi bien au Québec parler de syndiqués CSN et FTQ.Si les deux groupes font le même travail, on peutfort bien mesurer la productivité moyenne d'un groupe, puis de l'autre, et calculer ainsi quelle part du travail accompli est due à un facteur ou l'autre.Les deux rendements sont additifs.Mais si les premiers font le béton, et les autres élèvent le mur, la situation est très différente.La productivité totale n'est pas la somme des productivités CSN plus FTQ, mais bien l'interaction entre les deux.Dans un chantier où il manquerait de travailleurs de la CSN, le rendement total varierait directement en fonction du nombre de ces derniers, les bâtisseurs de murs étant, de toute façon, trop nombreux.Dans un autre chantier où les faiseurs de béton seraient surabondants, ce sont des bâtisseurs FTQ que dépendraient, presque complètement, les variations de rendement.DES FAUSSES COMPARAISONS Deux individus quelconques ont nécessairement des patrimoines génétiques différents, mis à part les jumeaux homozygotes (nés de la séparation du même ovule fécondé).Ils ont toujours vécu des expériences différentes, tant au niveau des contraintes physiques de leur développement, que des facteurs culturels. :ac[ QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 111(315 'tain tea oate- cie« 'Mr."(as tei; esta instl tea (te30 mae appoti Itessi- lOI'jl- Mae- «at in! Cat e if an tseloa sille sltaa-uSai oat»» taaoii «lion icteats IIW-1 ttatail-1 tjpatle! ijisoa : patlet siea' eatW apeane alcalw ipli est »*te»-1 >ton, et lion est totale [tidies tactiee j| oit il j CSN.Ie oeatee ersJes >13(0"' paatiet at s«'- itsFTÛ {e# lOHS aéces- jiipoes (PO»’11’ ,#e éctt^ »ive311 \\&* jltatels- Leur intelligence sera donc différente, et il est probable que la caractéristique particulière de cette intelligence qu'est censé mesurer le Ql sera elle aussi différente.On ne peut donc mesurer l'héritabilité que selon deux méthodes.D'abord en étudiant les enfants adoptifs, de patrimoine génétique différent, mais de milieu analogue.La mesure n'est toutefois qu'approximative, puisque deux frères ont certes une expérience en partie commune, mais jamais parfaitement identique.Ce n'est que sur un éventail de milliers de cas qu'on pourrait considérer ces variations interindividuelles comme négligeables.L'autre méthode, à l'inverse, consiste à étudier le cas de jumeaux homozygotes élevés dans des milieux différents.Une fois encore, la méthode n'est qu'approximative, puisque les jumeaux ainsi séparés vont tout de même partager certaines expériences communes (s'ils sont tous deux élevés dans le même pays, par exemple, leur bagage culturel se ressemblera).«H faudrait, note Jacquard, que l'éventail des milieux adoptifs de ces jumeaux soit parfaitement représentatif de l'ensemble de la société pour laquelle on veut étudier l'héritabilité.Or, la littérature ne mentionne que 128 paires étudiées jusqu'ici, dont 53 l'ont été par le britannique Cyril Burt, soupçonné d'avoir falsifié ses données (vo\r Québec Science, mai 1 977, page 46), et 44 par Schields, qui reconnaissait que 31 d'entre elles avaient été élevées par des familles apparentées, et 4 fréquentaient une même école.» Il ne reste donc qu'une quarantaine de cas valables, tout au plus.Pas assez pour en tirer autre chose que des approximations très floues.Pour Jacquard, le scientifique ne peut conclure de tous ces chiffres que des notions du genre: l'héritabilité génétique du quotient intellectuel, qui n'est pas une mesure totale de l'intelligence, varie entre 25 et 65 pour cent, dans les milieux où on a pu l'étudier jusqu'ici.Des autres milieux, on ne peut rien direlDemême, la part de ce Ql attribuable au milieu varierait entre 15 et 55 pour cent, alors que le reste vient de l'interaction entre le génome et l'environnement.Jacquard précise toutefois: «Une telle affirmation peut peut-être nous permettre de prévoir, à l'intérieur d'un milieu donné, l'héritabilité du Ql entre parents et enfants, avec une vaste marge d'erreur.Mais ce n'est absolument pas utilisable pour comparer deux milieux donnés.» Et il ajoute: «Le malheur, c'est que de telles analyses de variance peuvent toujours être exécutées, et prendre une apparence scientifique d'autant plus convaincante que les calculs semblent complexes.Mais cela ne suffit pas à donner un sens à une question qui, au départ, en était dépourvue.Car les laborieux calculs donnent des chiffres qui iMiSraj mesurent tout autre chose, ou même ne mesurent rien!» «La science, dira encore Jacquard en conférence, travaille plus à poser les bonnes questions qu'à donner des réponses.Celles-ci découlent trop de celles-là.En posant des questions dépourvues de sens, on ne peut arriver qu'à des réponses absurdes.» LE QUOTIENT CULTUREL À une mauvaise définition du terme «génétique» et à une mauvaise utilisation du concept d'héritabilité, dont la mesure proposée repose de toute façon sur trop peu d'études, s'ajoutent enfin une bien mauvaise définition de l'intelligence, et une utilisation abusive du terme «égalité».Pour le généticien français, on ne peut employer ce dernier terme que dans un contexte défini.«Deux individus peuvent être égaux en droit, ou en salaire.H ne sont pas égaux ou inégaux dans l'absolu.Une telle affirmation est totalement dépourvue de sens.» Aussi, on ne peut parler d'égalité, pour l'intelligence, que si on discute d'une donnée quantifiable.C'est alors une comparaison mathématique qui a un sens.«C'est donc non pas de l'intelligence dont il est question, mais du quotient intellectuel, ce qui n'est pas du tout la même chose.Or, tous les tests utilisés pour établir ce Ql ont un rapport évident avec notre culture.Ils ont été fabriqués pour prévoir le succès scolaire d'individus de race blanche d'Europe ou d'Amérique du Nord.» Bien sûr, ajoutera Jacquard, les psychologues prétendent aujourd'hui pouvoir mettre au point des tests «culture free», c'est-à-dire où les aptitudes mesurées seraient indépendantes de l'environnement culturel des sujets.«Quelle aberration! H s'agit là d'une autre solution chimérique sans rapport avec le réel.Il n'y a pas plus d'intelligence sans culture qu'il n'y a d'enfant sans gêne.L'objectif de tout test étant de mesurer le potentiel d'une intelligence, et cette intelligence n'a pu se développer que dans un certain environnement culturel».«Même si l'écart mesuré entre les blancs et les noirs des 35 États-Unis correspond à une mesure objective, cela ne prouve qu'une chose: ces deux groupes ne bénéficient pas du même environnement culturel, ce qui pouvait être connu bien avant de procéder à tant d'observations et de calculs!» Et pour Jacquard, cela reste vrai même si on démontrait qu'à l intérieur de chacun de ces deux groupes, le Ql était génétiquement héritable à 100 pour cent.«Le fait qu'on puisse imputer à une seule cause les écarts au sein d'une population soumise à un environnement donné ne permettra jamais d'imputer à cette même cause les écarts entre deux populations.Le prétendre, c'est tenir un raisonnement dépourvu de logique.» Un seul exemple, puisé dans un texte du généticien américain Lewontin, permettra de comprendre cette affirmation.Supposons que l’on tente d'attribuer à des causes génétiques ou environnementales les différences dans la couleur de la peau d'une population blanche new-yorkaise, formée d'employés de bureau, peu exposés au soleil.On arrivera probablement à établir que cette différence de pigmentation s'explique presque complètement par des facteurs génétiques.En procédant de même avec une population blanche de baigneurs à Miami, les résultats confirmeraient une fois de plus l'héritabilité génétique quasi totale de cette pigmentation.Pourtant, personne ne soutiendra que l'écart moyen entre les habitants de la Floride et ceux de New York soit génétique! «Justifier les inégalités sociales en s'appuyant sur les notions de Ql ou d'héritabilité constitue une utilisation frauduleuse de la science et une escroquerie morale», tranche Jacquard.À un moment où le racisme tente de refaire surface avec un alibi scientifique, il fallait que cela soit dit. .v.ï;!: 36 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE LE DEFI RURAL a(!EC JilJî Igllî [il If Plier la technique aux exigences rurales (dm | Bief itiî» i«I«i 'Iffif! 1 QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 37 ._ 4MMR LA DISPERSION ET LTSOLEMENT Autant, dans les villes, les populations sont concentrées sur une superficie réduite, autant, dans le milieu rural, les habitats sont dispersés.Ce phénomène se retrouve dans les campagnes du Tiers-Monde, comme nous le montre ce village d'Éthiopie, aussi bien que dans les pays développés.par Jean-Marc Fleury Les habitants des régions rurales n'ont pas retiré leur juste part des progrès technologiques.Que ce soit dans les pays industrialisés ou dans les pays dits en voie de développement, les ruraux demeurent les grands oubliés de la révolution scientifique et technologique.Plusieurs raisons expliquent que le processus technologique a surtout servi l'intérêt des citadins au détriment de celui des paysans et des villageois.D'abord, l'élaboration des nouvelles techniques exige des quantités d'informations disponibles uniquement dans les grandes bibliothèques.Ensuite, ces informations doivent être mises en valeur par une foule de spécialistes qu'il faut bien rassembler quelque part.De plus, les universités, les capitaux, les moyens de communications et tout ce qu'il faut pour soutenir d'importantes activités de recherche et développement (R-D) se situent de préférence dans les centres urbains.En retour, les savants et les ingénieurs remercient la cité en mettant ses problèmes au premier rang de leurs préoccupations, construisant systèmes de transport aérien et souterrain, centrales d'énergie et gigantesques installations sanitaires.Une autre explication valable du parti pris urbain de la technique serait peut-être aussi que la société a attaché trop d’importance aux critères de rendement et de puissance qui sont l'essence même du progrès technique.Afin de prouver de quoi elle est capable, la technique a tendance à proposer des machines toujours plus grosses, plus puissantes, plus précises et plus efficaces qui trouvent plus facilement leur place dans les grandes cités que dans les petits villages.Dans la ville, la technique donne plus rapidement sa mesure, non seulement à cause des ressources urbaines, mais aussi à cause de la grande échelle que peuvent y atteindre ses réalisations.Les hommes ont donc abandonné la ville à la technique.En glorifiant les économies d'échelle, ils se sont pliés à la centralisation et à un rythme de vie effréné.Aujourd'hui, civilisation technique et civilisation urbaine sont indissociables, la technique étant avant tout au service du citadin, pour son bonheur et son malheur.La campagne, de son côté, continue de passer pour un secteur arriéré et retardataire.LES CHOUCHOUS DE LA TECHNIQUE Mais la préférence urbaine de la science et de la technologie apparaît de plus en plus insensée.Dans plusieurs pays industrialisés, le mouvement de migration vers les villes s'est ralenti et même inversé (aux États-Unis).Puis cette préférence qui fait des urbains les chouchous de la technique, est une grossière injustice pour le quart de Canadiens, la moitié de Latino-Américains et les trois quarts d'Africains et d'Asiatiques qui habitent dans des villages.Même si l'urbanisation que connaissent nombre de pays en développement se poursuivait, il y aura toujours plus de la moitié des huit milliards d'être humains que comptera la planète en Lan 2000 qui vivront dans les zones rurales.Il est illusoire, et certainement non souhaitable, que les grandes villes de l'Inde, du Pakistan, du Bangladesh, de l'Indonésie et de la Chine continuent d'absorber les millions de migrants des campagnes.Malgré la pression accrue que cela représente pour les sols d'Asie et d'Afrique, l'exode rural doit être contenu.L'humanité n'a pas le choix: des milliards d'hommes naîtront, vivront et mourront encore longtemps à la campagne.Il faut créer des conditions de vie acceptables pour eux.Schumacher, l'auteur de Small is beautiful, l'affirme sans détour: «Rétablir un juste équilibre entre la vie à la ville et la vie à la campagne est peut-être la tâche la plus importante qui s'offre à l'homme moderne.» Quelques personnes ont commencé à entreprendre le déménagement d'un peu de science et de technique à la campagne.Au cœur des pays les plus riches, des jeunes fuient la ville et achètent des maisons rurales et des fermes abandonnées.Simultanément, à la tête des pays les plus pauvres, des chefs d'États cherchent les meilleures façons d'améliorer les conditions de vie de leurs populations largement paysannes.Les deux groupes se rejoignent dans leurvolontécommune d'adapter le processus du progrès technique au contexte rural.Beaucoup de jeunes occidentaux qui retournent dans les régions rurales consacrent énormément d'efforts à inventer de nouvelles façons d'obtenir leur énergie, leur nourriture et leur logement.L'intense activité qu'ils déploient à construire éoliennes, maisons solaires et étangs de pisciculture incorporant le recyclage des déchets domestiques démontre leur refus non pas du progrès technique mais uniquement de la forme qu'il a prise dans certaines villes agonisantes.De même, dans un nombre croissant de pays du Tiers-Monde, les gouvernements réalisent, après avoir misé sans succès tous leurs espoirs de décollage économique sur une industrialisation forcenée, que leur économie s'appuyera d'abord sur une agriculture solide, ou ne sera pas du tout.Au lieu de continuer à saigner les campagnes de leurs ressources afin de maintenir les privilèges des citadins du Tiers-Monde, des chefs d'État reconnaissent enfin qu'ils ont l'obligation d'améliorer les difficiles conditions de vie des pauvres des campagnes.Désormais, le mot à la mode dans les gouvernements et les agences d'aide internationale est «développement rural intégré».À cause de ces nouvelles préoccupations, le choix de technologies appropriées au contexte rural est devenu une importante priorité car les ressources des campagnes ne sont pas celles des villes.On a donc mis de Lavant des technologies «intermédiaires», «appropriées», «moyen- septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE 38 1920 1940 1900 LES ÉQUATIONS DU FUTUR 1960 1980 2000 2020 2040 2060 ?main-d'œuvre agricole ?population ?biens Ce modèle de développement économique du Canada conçu par le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources du Canada prévoit une importante expansion de la main-d'œuvre agricole à partir de l'an 2000.nés» ou «douces» qui, que ce soit dans l'hémisphère sud ou nord, ont toutes en commun d'être relativement peu dispendieuses, peu compliquées et d'un usage facile.Ce qui au départ n'était l'effort que de quelques marginaux connaît un nouvel élan grâce à l'implication croissante d'organismes officiels, aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres.Après les initiatives du Centre de recherches pour le développement international du Canada (CRDI), de l'Université des Nations Unies et de la Banque mondiale, un nouvel indice de l'intérêt de Yestab-lishment technico-scientifique pour le ruralisme technologique vient de se manifester aux États-Unis.L'administration du président Carter envisage en effet de créer une Fondation pour le développement dont le mode de fonctionnement s'inspirerait largement de celui du CRDI canadien.Tout comme la société d'Ètat canadienne, la nouvelle fondation américaine aurait pour mission de financer la recherche appliquée dans les pays en développement, en appuyant surtout la R-D qui vise à satisfaire aux exigences des régions rurales.Si la nouvelle fondation voit effectivement le jour, on aura alors attelé les ressources de la plus puissante société technologique du monde aux immenses besoins des habitants de deux millions de villages.UNE TECHNIQUE À L'ÉCHELLE HUMAINE Jusqu'ici la technique a d'abord été urbaine, la ville réunissant le plus de conditions favorables à son éclosion.En même temps, les technologies ont augmenté en complexité, en puissance et en coût.Bien sûr, leur rapidité, leur précision et leur efficacité ont crû tout autant, mais au prix d'une fragilité qui, si elle peut être tolérée à la ville à cause du réservoir de dépanneurs, devient vite inacceptable à la campagne.De leur côté, les technologies appropriées aux régions rurales doivent se caractériser par leur utilisation possible par presque tout le monde, par leur coût abordable et leurs applications à petite échelle.Ceci signifie que leur conception demande une mentalité différente de la part des fabricants.Au lieu de laisser la technique s'emballer, ils doivent la plier aux moyens humains.En fait, la recherche et le développement de technologies rurales offre une occasion unique d’inventer une technique plus à la mesure de l'homme.L'antagonisme ville-village ne date pas d'hier.Ses incidences technologiques ne sont qu'une de ses manifestations contemporaines.Les villes ont draîné sans arrêt les ressources naturelles et humaines des villages.En concentrant d'énormes potentiels culturels et intellectuels, elles ont en retour favorisé l'apparition de la civilisation technico-industrielle.Les ruraux ont donc pu se procurer en ville transistors, automobiles et lessiveuses-sécheuses.Avec un retard considérable, les centres ont étendu à la périphérie les nouveaux services dont disposaient les citadins.L'un des exemples les plus célèbres de l'extension à la campagne d'une technologie urbaine est l'électrification rurale.De par sa seule nature, rien n'empêche le courant électrique de couler tout autant à la campagne qu'en ville.Mais il faut reconnaître que le système de génération et de distribution de l'énergie électrique tel qu'il existe à l'heure actuelle a d'abord été conçu pour la ville.On peut s'étonner de l'insistance avec laquelle on s'est employé à le transposer en zone rurale sans l'adapter vraiment.À la campagne, comme en ville, on a distribué à des consommateurs pourtant dispersés l'énergie de grandes centrales au moyen des mêmes fils et des mêmes poteaux.Le réseau électrique a rapidement pris une allure tentaculaire qui rend l'électricité bien plus coûteuse en campagne qu'à la ville.Selon toute évidence, l'électrification rurale telle qu'elle a été réalisée découle d'une mentalité technologique selon laquelle il n'existe pas d'autres façons de produire de l'énergie électrique ailleurs que dans d'immenses centrales hydro-électriques, nucléaires ou autres.Une telle façon d'envisager la production d'énergie est parfaitement valable lorsqu'il s'agit de répondre à la demande de concentrations de populations, mais pas autant lorsque vient le moment de satisfaire la demande de populations dispersées.En fait, l'électrification rurale «à l'urbaine» que l'on a connue a bloqué le développement des véritables sources d'énergie adaptées au contexte rural.CAMISOLE DE FORCE URBAINE La préférence urbaine de la technique a entraîné l'exploitation des sources d'énergie ponctuelles (centrales) au détriment du développement des sources diffuses.Avec leur parti pris en faveur des villes, les ingénieurs ont préféré inventer des centrales thermiques, nucléaires et hydro-électriques toujours plus puissantes, au lieu de cueillir les énergies solaires éparpillées.Le rayonnement solaire tombe sur la tête de tout le monde à la 39 iiiila h'f b n.nr-i ira ï LES CONCENTRATIONS URBAINES Les migrations de la campagne vers la ville ont entraîné la concentration de grandes populations dans les villes.Pour faire face au problème de logement, on a envisagé, entre autres, la construction d'habitations à loyer modéré (HLM), comme à Singapour, un État de l'Asie du Sud-Est.QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 campagne, tandis qu'en ville il y a toujours un édifice pour l’intercepter.Puisqu'il y était impensable de recourir massivement aux éoliennes et aux panneaux solaires, l'énergie solaire est restée sous-développée, sauf sa forme hydro-électrique à cause de la grande puissance ponctuelle des grandes rivières.Maintenant la crise de l'énergie et la volonté de certains de vivre confortablement à la campagne se sont conjuguées pour faire éclater la camisole de force urbaine et susciter un nouvel intérêt pour l'utilisation des énergies diffuses dans les zones d'habitats dispersés.En août 1977, lors d'un colloque sur le potentiel de l'énergie solaire dans les communautés rurales, à Dar es-Salaam en Tanzanie, des experts ont démontré que plusieurs formes d'énergie solaire pouvaient d'ores et déjà satisfaire aux besoins énergétiques des communautés rurales plus ou moins isolées.Le coût de l’énergie des éoliennes, des mini-turbines hydro-électriques, des digesteurs à biogaz et des panneaux solaires était comparable à celui des génératrices Diesel et des réseaux électriques nationaux.Tout dernièrement, le Bureau américain d'évaluation des technologies a conclu à la suite d’une étude fouillée que les petites installations solaires locales fourniront l'énergie à un prix compétitif avec celui des réseaux, vers le milieu des années 1980, et cela sans aucun nouveau développement important de la technique solaire.L'électricité produite localement devrait alors coûter le même prix que celle'des grands réseaux, soit entre $0.04 et $0.10 du kilowatt-heure.Il est clair qu'à partir du moment où l'on cherchera à satisfaire les besoins en énergie des régions rurales en abandonnant les préjugés urbains, la technique solaire connaîtra un développement très rapide.ALIMENTER L’HYDRO-QUÉBEC Le domaine de l'énergie-électrique offre un exemple patent de la préférence urbaine de la communauté scientifique et technologique.Au Québec, comme dans la plupart des pays, les grandes firmes d'ingénieurs-conseils proposent uniquement la construction de centrales hydro-électriques immenses.On oublie sciemment de souligner que l'exploitation des ruisseaux et des rivières au moyen de petites turbines permettrait aux régions rurales de s'autosuffire.En Chine, on compte pas moins de 50 000 mini-centrales hydro-électriques d'un kilowatt à quelques centaines de kilowatts.En France, les exploitants de miniturbines sont reliés au réseau national auquel ils vendent leurs surplus.Quel particulier, ici, a déjà envisagé de vendre de l'électricité à l'Hydro-Québec?Pourtant, l'abondance des ressources hydrauliques québécoises devrait faire du Québec la terre de prédilection de la mini-hydro-électricité.Il pourrait aussi en être de même avec les éoliennes.Cela se fait déjà au Danemark où un collège a construit la plus puissante turbine à vent du monde, les surplus étant vendus au réseau national.L'utilisation de compteurs qui fonctionnent dans les deux sens — imaginez la jouissance de celui qui facture de l'électricité à l'Hydro-Québec — résout automatiquement le problème du stockage et des pénuries temporaires.En vendant de l'énergie au réseau, le propriétaire de mini-turbines amortit rapidement le coût d'installation.Cette contribution active à la solution du problème de l'énergie, au lieu du branchement passif à un réseau, illustre bien la philosophie de participation et d'autosuffisance des technologies rurales authentiques.En exagérant un peu, on pourraitdireque la solution au problème de l'énergie consiste à Jransformer les consommateurs en producteurs.Les campagnes sont aussi les seules à disposer de plusieurs formes d'énergie solaire, bois, paille, résidus de récolte et fumiers, que l'on regroupe sous l'appellation de biomasse.La production de gaz méthane (ou biogaz) par fermentation des fumiers, par exemple, se transpose difficilement en ville.Sur les fermes, ce procédé peut fournir suffisamment d'énergie pour satisfaire à l'éclairage et la cuisson.Il en est ainsi en Chine rurale, sous un climat tout aussi rigoureux que celui d'ici.D'ailleurs des scientifiques québécois commencent à s'intéresser à la fermentation des fumiers pour pro- duire de l'énergie mais aussi pour augmenter la qualité des engrais organiques dont l'exploitation devient de plus en plus pressante face à l'augmentation du coût des engrais chimiques.DOUZE AU TÉLÉPHONE Les communications, voilà sans doute le talon d'Achille des campagnes.Les routes, si essentielles, les vident tout autant de leurs populations qu'elles facilitent l'acheminement des récoltes vers les marchés.Le journal quotidien, une technologie foncièrement urbaine, arrive avec un ou deux jours de retard et devrait changer de nom.Il y a bien la radio et la télévision, mais les émetteurs sont trop loin, près des villes.Quant au téléphone, une autre technologie urbaine, il est bien utile, mais impossible d'obtenir une ligne sans la partager avec ses voisins.Si l'on met de côté la boîte postale, avec son petit drapeau rouge, et le courage des facteurs ruraux, la campagne se trouve bien dépourvue en moyens de communications originaux.Mais voilà que de nouvelles technologies s'annoncent qui rétabliront peut-être l'équilibre ville-village en rendant financièrement abordable la construction de systèmes de communications ruraux.En premier, il y a eu les satellites de communications ruraux.En premier, il y a eu les satellites de communications que l'on a utilisé pour relier des continents, mais qui peuvent tout aussi bien relier des villages.Gigantesques antennes de 40 000 kilomètres de hauteur, les nouveaux modèles de satellites géosta- 40 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE tionnaires à haute puissance émettent un signal que les récepteurs radio et les téléviseurs pourront bientôt capter directement.Plus récemment est apparue la fibre optique, un fil de verre mince comme un cheveu qui débite l'information à un taux équivalent à celui d'une dizaine de câbles transtlantiques.Le Canada, déjà à l'avant-garde de l'utilisation des satellites de communications n'a aussi rien à envier à quiconque dans le domaine de la technique des fibres optiques.La mince fibre optique promet de révolutionner les communications rurales et de briser définitivement l'isolement des campagnes.Faits de silice, un des matériaux les plus abondants sur terre, les fils de verre coûtent déjà moins cher que les câbles coaxiaux (utilisés par les compagnies de télécâble) et devraient d'ici peu revenir à un prix comparable à celui des simples paires de fils de cuivre de nos téléphones.Au lieu de véhiculer un courant électrique, les fibres optiques transmettent des ondes lumineuses dont les fréquences dix milliards de fois plus rapides que celles des stations radio permettent en théorie l'encodage d'autant de fois plus d'information.Une seule fibre optique suffit alors pour apporter dans une maison un grand nombre de canaux de télévision et de stations radiophoniques MF, tout en assurant la liaison téléphonique et la communication avec les ordinateurs dont se doteront bientôt magasins, banques et caisses populaires.Enfin, avantage décisif dans les régions à habitat dispersé, la transparence des fibres optiques à la lumière étant supérieure à la conductivité des fils de cuivre pour l'électricité, les transmissions à distance nécessitent moins de répéteurs.LES EXIGENCES DE LA RENTABILITÉ En juin dernier, le ministère des Communications du Canada annonçait qu'il partagerait avec la Manitoba Telephone System, la Canadian Wire and Cable Ltd.et les Recherches Bell-Northern, l'implantation expérimentale d'un réseau de communications par fibre optique dans Elie, un petit village du Manitoba.L'objectif de l'expérience est d'inventer une toute nouvelle technologie des communications spécialement conçue pour les 27 pour cent de la population canadienne qui vivent à la campagne.À l'heure actuelle, l'installation du service téléphonique à la campagne coûterait sept fois plus qu’en ville.Pas étonnant que les compagnies traînent de la patte et que 30 pour cent des abonnés ruraux partagent leur ligne avec plus de quatre familles.Par contre, la grande quantité de services que peut apporter un seul fil optique — ce sera comme si on branchait téléviseur et radio sur le fil du téléphone en autant d'exemplaires que l'on veut et que tout puisse fonctionner en même temps — devrait servir de base à la mise au point d'un réseau de communications polyvalent proprement rural.Pendant que la téléphonie optique rurale fait ses premiers pas, les pionniers de l'utilisation des satellites de communications en sont déjà à plusieurs années d'expérimentation.Déjà, les satellites Anik ont à leur actif le premier accouchement supervisé par satellite.L'Université du Québec continue de jouer un rôle de premier plan dans l’utilisation des satellites pour apporter l'enseignement universitaire à la campagne grâce à des liaisons audio-visuelles bidirectionnelles entre sa constituante de Trois-Rivières et l'école de Saint-Norbert, à proximité de Winnipeg, ou en reliant ses campus de Flull et de Rouyn-Noranda.Deux villages, Saint-Raymond de Portneuf et Buckingham (Outaouais) ont aussi utilisé des liaisons satellites mises à leur disposition par l'UQ.Ainsi, naissent lentement la télé-université et la télémédecine avec toutes les promesses qu'elles représentent pour les régions rurales.Si le fil optique ou le signal du satellite daignait aussi apporter sur l'écran du téléviseur de la maison rurale des images du dernier film en ville, on aurait un début de téléloisirs.Cela contribuerait grandement à réduire l'isolement des ruraux.DES TECHNICIENS AUX PIEDS NUS Les résidents des campagnes étant éloignés des spécialistes des villes, il y a place pour toutes sortes d'intermédiaires entre les deux groupes, pas seulement pour les vendeurs itinérants et les revendeurs (middlemen).Les responsables sanitaires des pays pauvres l'ont compris les premiers et ont entraîné des auxiliaires sanitaires, condisciples des médecins COMMUNIQUER PAR LA LUMIÈRE Les régions éloignées pourraient tirer avantage d'un réseau de communications par fibre optique.Celui-ci, en plus de pouvoir transporter beaucoup plus d'informations en même temps, nécessite un nombre réduit de répéteurs.Voici un exemple d'un village relié par un te! réseau.aux pieds nus chinois.Dans certains pays du Tiers-Monde, comme en Iran et en Thaïlande, on a même créé de nouveaux programmes universitaires afin de former des médecins spécialisés dans les besoins sanitaires des campagnes.Un tout petit pays, File Maurice, a repris le concept des auxiliaires pour l'appliquer aux bibliothécaires.D'ici peu, des bibliothécaires aux pieds nus parcou-reront les campagnes pour apporter aux villageois l'information accumulée dans les bibliothèques urbaines.Les nouveaux bibliothécaires ruraux deviendront d'indispensables auxiliaires des agronomes, des auxiliaires sanitaires et des autorités villageoises.Et, qui sait, y aura-t-il aussi des informaticiens aux pieds nus, pour favoriser l'utilisation des micro-ordinateurs qui introduiront l'informatique jusque dans les villages et sur les fermes, et toutes sortes d'autres experts aux pieds nus, véritables traits d'union entre les ressources urbaines et les exigences rurales.Il va sans dire que la demande pour les auxiliaires se fait plus pressante dans les pays en développement, mais le gouvernement du Québec n'a-t-il pas jamais réussi à convaincre médecins, dentistes et professeurs à exercer leur métier à la campagne?Si le métier de sage-femme était légalisé, par exemple, où les sages-femmes seraient-elles les plus utiles?On pourrait mentionner beaucoup d'autres exemples de technologies rurales à développer.Qu'il suffise de mentionner l'irrationalité de la technique toilettes à l'eau-fosse septique dans les maisons de ferme.Là aussi leur usage tient sans doute à l'imitation servile d'une technologie urbaine, car, tôt ou tard, les fermiers réaliseront qu'ils auraient avantage à utiliser des toilettes sèches qui transforment les excréments et les déchets organiques en engrais.Aucune nation ne pourra y échapper: il faut adapter les services sociaux et les techniques aux régions rurales sous-développées du Sud et du Nord.Le retour à la terre, à l'origine une simple mode, deviendra peut-être une façon tout à fait correcte et moderne de vivre sa vie.En tout cas, ceux qui ont le choix n'hésite pas un instant, ce qui explique le développement phénoménal de la Floride rurale.D'ici quelques années, le retour à la campagne pourrait même devenir une nécessité pour les plus jeunes.LA DIVERSIFICATION S'IMPOSE En effet, les indices s'accumulent qui tendent à démontrer que l'agriculture ne sera pas une industrie comme les autres et que ses besoins en main-d'œuvre augmenteront.Dans les pays occidentaux, l'agriculture a largement succombé à l'attrait des techniques urbaines, recourant aux grosses machines et aux produits artificiels.Mais la compaction QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 41 ' I OilS e,i) :.Il [ iaa; I :ayi Ji»-1 iss, niés lUSSi poui lins- jus- tes, sim ntes inde sale «sle pas tias.leui j ifie ople, îles toiip des sols et l'efficacité déclinante des pesticides ont commencé à réduire les rendements des meilleurs sols.De leur côté, les petits agriculteurs des pays pauvres n'ont jamais eu les moyens de s'adonner à la fièvre technologique.La très grande majorité continuent de pratiquer une agriculture tout à fait différente de la nôtre.Au lieu d'uniformiser champs et cultures pour rentabiliser la machinerie qu'ils n'ont pas, ils pratiquent une polyculture complexe qui associe étroitement différentes cultures.Soit que les rangs de bananiers alternent avec les rangs de haricots, ou que plants de maïs et d'arachides se côtoient sur les mêmes rangs.Souvent, les petits paysans intègrent même la culture des arbres à celle des graminées et des légumes, tous ces végétaux se conjuguant pour nourrir hommes, bovins et poissons.Il va sans dire que leur agriculture est beaucoup plus complexe que la nôtre et exige l'intervention continue de l'homme.Mais la polyculture a toute la main-d'œuvre qu'il lui faut dans les pays pauvres où souvent jusqu'à 30 pour cent de la population est en chômage.Les experts agricoles internationaux souhaitent donc maintenant conserver la polyculture et travaillent à en améliorer les rendements au lieu de prêcher uniquement la monoculture à l'occidentale.En pays tempérés, les associations culturales ne semblent pas encore présenter autant d'avantages que dans les pays tropicaux, mais certains experts affirment quand même que notre agriculture deviendra plus complexe.La mise au point de variétés hâtives de plantes jusqu'à maintenant tropicales, sorgho, soja, et de céréales entièrement nouvelles comme le triticale va élargir le spectre des possibilités culturales, ici aussi.Nos fermiers devront aussi recourir aux moyens culturaux de préférnce aux produits chimiques pour lutter contre les mauvaises herbes, les insectes et les maladies.La lutte biologique, par exemple, qui enrôle virus, microbes et insectes contre les ennemis des plantes, sera inévitablement d'une gestion plus complexe que le simple épandage de produits chimiques.D'autres facteurs risquent aussi de compliquer la production agricole puisque certains proposent de cultiver les arbres pour produire du méthanol, le plus immédiat succédané du pétrole, et toutes les autres substances dérivées du pétrole.Au Québec, il faudra aussi continuer à alimenter les usines de pâtes et papiers.Or, il s'écoule bien des années avant que l'on retire des profits d'une plantation sylvicole.Une solution consiste à s'inspirer des pratiques tropicales et à cultiver des légumes entre les arbres et même à tenter de nourrir du bétail avec leur feuillage.L'agroforesterie permettrait donc de rentabiliser la culture d'arbres TL ^ * UNE TECHNIQUE LOCALE Les paysans des pays du Tiers-Monde n'ont pas eu les moyens de s'approprier les techniques développées dans les pays industriels et ont dû mettre au point leurs propres méthodes, comme cette petite batteuse à riz utilisée par les Vietnamiens.devenus indispensables (Québec Science, juillet 1978).Les machines agroforestières seront sans doute suffisamment perfectionnées pour évoluer au sein de cultures associant céréales, légumes, arbres et animaux, mais le recours éventuel à Lagroforesterie vient ajouter aux autres signes indiquant que l’agriculture de demain sera plus compliquée et nécessitera une gestion humaine plus intense.Les seuls besoins alimentaires de milliards d'humains seront aussi tels que même si un travailleur agricole nourrira encore plus de personnes, il en faudra encore plus.Un scénario futuriste pour le Canada prévoit d'ailleurs une augmentation très rapide de la main-d'œuvre agricole à partir des années 1990.UN NOUVEAU MARCHÉ EN VUE Enfin, il est de plus en plus évident que l'agriculture industrielle ne peut déboucher que sur un cul-de-sac.Non seulement l’agriculture doit-elle nous nourrir, mais c'est elle qui garde le sol en vie (Schumacher).Qu'adviendrait-il de nous et de notre garde-manger si la terre venait à être stérilisée par la grossièreté des machines?Nous ne pouvons tout simplement pas confier la terre à la seule technique; l'homme se doit de demeurer le gestionnaire intime du sol.Ainsi, il faut plier la technique aux exigences rurales.Les besoins ruraux étant ceux de petites communautés, les techniques rurales seront à l'échelle humaine.Ce sera pour la technique une occasion unique d'acquérir un visage humain.Le développement des techno- logies rurales devrait aussi aller de pair avec les programmes gouvernementaux de décentralisation et le développement de la petite et moyenne entreprise.À la longue, un authentique processus de développement régional pourrait prendre naissance, conduisant à une véritable atténuation des disparités régionales.Les pays qui seront les premiers à produire les nouvelles technologies rurales verront ainsi s'ouvrir un immense marché, à peine entamé.Pour en lire plus M.Lipton, Why Poor People Stay Poor, A Study of Urban Bias in World Development, Maurice Temple Smith, Londres, 1977 E.F.Schumacher, Small if Beautiful, Une société à la mesure de l'homme.Seuil, 1978 J.Walsh, President and Science Adviser Push for a Foundation for Development, dans la revue Science, volume 200, page 1 252, 1 6 juin 1978 L'énergie et le développement rural, Ressources renouvelables et options techniques pour les pays en développement, National Academy of Sciences, Washington, Distribué gratuitement par VITA, 3706 Rhode Island Avenue, Mt Rainier, Maryland 20822, États-Unis Rapport d'activité du CRD! 1977/78, Centre de recherches pour le développement international, C.P.8500.Ottawa, Kl G 3H9 Transfert de technologie intégré-!, dans la revue Impact, science et société, volume 28, numéro 2, avril-juin 1978, publiée par l'Unesco, 7, place de Fontenay, 75700 Paris, France PUBLIREPORTAGE Grands fumeurs, les adultes québécois sont des candidats de choix pour les maladies coronariennes Dans une étude menée par des chercheurs de l'Université Laval, les Québécois âgés de 35 à 64 ans confirment leur réputation d'être les plus grands fumeurs du Canada et parmi les plus grands consommateurs de tabac dans le monde.De ce fait, ce sont des candidats de choix pour les maladies coronariennes et cérébro-vasculaires qui, en Amérique du Nord, sont responsables de 54% des décès dans cette tranche de la population.Par contre, les deuxautres facteurs de risque les plus couramment retenus, l’hypercholestérolémie (ce que, dans le langage populaire on appelle le gras dans le sang») et l'hypertension dh^une incidence relativement faible dans la population sur laquelle a porté la recherche.L'étude se propose aussi d'étudier les mesures de prévention et d’éducation qui devraient être planifiées pour lutter contre les maladies cardio-vasculaires, et de mettre au point une méthode d'enquête et de recherche qui pourrait être généralisée et utilisée par d'autres organismes.L'étude est menée depuis 1973 par un groupe de recherche de l'Université Laval, dont les principaux responsables sont les Drs G.Dagenais (Institut de cardiologie de l'Hôpital Laval), P.J.Lupien (Centre hosprtalier’oe l'Université Laval) et J.Rochon (Département de médecine sociale et préventive).Elle a été rendue possible grâce à une subvention de $140 000, pour trois ans, de la Fondation Joseph C.Edwards.Les trois facteurs de risques étudiés — li| tabagisme! l'hypercholestérolémie et I'hypertensidn — ont été retenus parce que, ayant été utilisés dans beaucoup d'autres études semblables, ils permettent des comparaisons avec d'autres populations.Par ailleurs, ils sont modifiables soit par l’éducation et la volonté de l'individu, soit par traitement médical, et peuvent par conséquent faire l'objet d'une abtion préventj>e.L'échantillon de départ a été constitué de quelque 7 000 hommes, âgés de 35 à 64 ans, tirés au hasard des listes électorales de sept villes de la banli.éue de Québec.Une visite à domicile invitait les sujets a subir des tests dans une clinique proche.Ces t^sts portaient sur trois «indicateurs de risque»: • la cigarette, lorsque le niveau de consommation atteint ou dépasse 20 cigarettes par jour; • la pression sanguine, lorsqu'elle atteint ou dépasse 1 60/95 mm Hg; • le taux de cholestérol lorsqu'il atteint ou dépasse 20 mg/dl.Finalement, 4 639 candidats se sont prêtés à ces tests ce qui représente un taux particulièrement élevé de participation.Les examens médicaux ont été repris en 1 975 et 1 976.En 1977, l'équipe a effectué une enquête par la poste et le taux de réponse a encore été de 95%, ce qui montre bien l'intérêt suscité par cette étude dans le milieu.Les résultats: 62.4% des sujets sont des fumeurs — 40% de grands fumeurs; 21.3% sont hypertendus; 1 0.1 % ont un taux de cholestérol élevé.Si le tabagisme est le facteur prépondérant on constate par contre que le pourcentage des sujets présentant de l'hypercholestérolémie est d'environ la moitié du taux canadien.Il est très inférieur au taux de 33% relevé dans des études françaises sur la région parisienne, et d'environ 30% relevé dans différentes études américaines.Par contre, l'hypertension artérielle atteindrait un taux légèrement plus élevé que dans d'autres régions du Canada.Nombreux sont les sujets qui ne connaissaient pas leur état: seulement 20% des hypertendus et 10% de ceux qui souffrent d'un taux élevé de cholestérol étaient sous traitement.Une analyse de corrélation entre la présence de ces facteurs de risque et la scolarité s'avère non significative dans le cas du cholestérol mais met en évidence une relation inverse avec l'hypertension et le tabagisme.Ces résultats vont à l'encontre de l'idée largement répandue que l'hypertension est une maladie de «cadre dirigeant» et que le cholestérol est une maladie de «riche».L'aspect prévention: Pour une planification de la prévention, l'étude de l'incidence de la maladie coronarienne et des maladies cérébro-vasculaires sur la population considérée est primordiale.Mises sur ordinateur, les données concernant chaque sujet sont tenues à jour, de même que l'évolution de l'état de santé, du moins lorsque des facteurs pertinents à l'étude interviennent.Quelques résultats très partiels ont été obtenus, jusqu'ici, concernant l'influence de la prévention.Ainsi des cours de nutrition ont été donnés par des diététiciennes à des sujets souffrant d'un haut taux de cholestérol.Ce taux a baissé pendant la période du cours mais pour remonter par la suite.Quant à l'élaboration et à la publicisation d'une méthode d’enquête et de recherche, elle est en cours et plusieurs organismes se sont montrés intéressés à l'utiliser.Conclusions: L'étude montre que la répartition des facteurs de risque de maladies coronariennes dans la population de la région de Québec est différente de celle mise en évidence par les études françaises et américaines.Le tabagisme constitue ici le facteur dominant.L'analyse des données se continuera afin de déterminer l'influence de variables comme le niveau socioéconomique et la scolarité qui, selon l'étude faite par le M.A.S.en 1974 dans la région du Montréal métropolitain, sont en relation avec la mortalité par maladies cardio-vasculaires.Marianne Gagnon Division de l'information Université Lavai Pour en savoir plus: Beaudry-Dasrimé M., Desaulniers-Drolet M., Provencher H.J.: Consommation alimentaire des adultes de milieux favorisé et défavorisé de la ville de Québec.Can.J.Pub Health.395-403, 1977.Couture A.: Rapport préliminaire sur les priorités d'intervention en matière de maladies coronariennes.Direction générale de planification, ministère des Affaires sociales, 1977.Dawber T.R., Kannel W.B., Revotskie N.et al: Some factors associated with the development of coronary heart disease.Six years follow-up experience in the Framingham study.Am.J.Pub.Health.49: 1349-1360, 1959.Goulet C., Allard C.et Poirier R.: Étude épidémiologique d'une population urbaine canadienne-française.Facteurs associés au profil coronarien.Cœur Méd.Interne.7: 257-263, 1968.Ministère des Affaires sociales du Québec: La mortalité dans les aires sociales de la région métropolitaine de Montréal.Éditeur officiel du Québec, 1977.Richard J.L., Ducimetière P., Bonnaud G.et al: Incidences et évaluation du risque de maladie coronarienne.Étude prospective parisienne.Arch.Mal.Cœur.5: 531-540, 1977. PUBLIREPORTAGE Laval en capsules Le point sur la maladie de Parkinson Du 24au 27septembre, Québec accueillera les spécialistes mondiaux de la maladie de Parkinson.Le sixième symposium international, consacré à cette maladie, se tiendra au Château Frontenac sous la présidence du Dr L.-J.Poirier, de la Faculté de médecine de l'Université Laval et directeur du Laboratoire de neurobiologie de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus.Une centaine de communications feront le point sur les connaissances actuelles.Des exemples de résultats cliniques et de différentes études, plus spécifiques, seront présentés en séances d'affichage.Condition physique et génétique Photo Michel Mainville — SÀV Trois chercheurs du Laboratoire des sciences de l'activité physique de l'Université Laval, Claude Allard, Claude Bouchard et Angelo Tremblay, ont commencé une étude, cet été, visant à identifier, s'il y a lieu, les composantes génétiques de la condition physique Ils ont recueilli trois types de variables: des marqueurs génétiques (groupes sanguins, enzymes érithrocitaires polymorphiques.), des conditions d'environnement et des mesures caractéristiques de la condition physique.Le traitement statistique des données mettra en évidence leurs liens éventuels.C'est l'utilisation de l'unité mobile du laboratoire qui a permis de concrétiser ce projet de recherche qui, lorsqu'il sera terminé, aura porté sur environ 2 500 personnes.On n'aurait pas pu envisager, en effet, que tout ce monde se déplace pour venir passer une journée de tests à l'Université.L'étude porte sur des familles du Québec métropolitain d'ascendance canadienne-française, dont les parents ont moins de 50 ans et qui ont un minimum de deux enfants de plus de 10 ans.Tous doivent être en bonne santé au moment des tests.Chaque famille établit un rapport détaillé sur les habitudes alimentaires, les activités physiques, l'éducation et les habitudes de vie (tabac, alcool, sommeil) de chacun de ses membres pendant les quelques jours précédant la visite des chercheurs.C'est lors du passage de l'unité mobile du laboratoire que sont évalués certains paramètres comme la capacité physique de travail, la masse grasse et maigre dans le poids corporel, la tension artérielle et l'écho-cardiogramme.C'est le même jour que sont effectués les prélèvements sanguins, pour déterminer le groupe, le taux de cholestérol.L'équipe du laboratoire mobile passe une journée entière avec chaque famille en leur offrant le petit déjeuner, puisque les prises de sang doivent se faire à jeun.L'étude est faite en collaboration avec le Centre de recherche en nutrition de l'Université et avec une clinique médicale de la région de Québec.Rencontre internationale sur la Gnose et la Bibliothèque de Nag-Hammadi Du 22 au 25 août, s'est tenu, à l'Université Laval, un Colloque international qui a réuni quelque 60 spécialistes des langues anciennes et de l'histoire des religions, venus de France, de Belgique, d'Allemagne, des États-Unis, de Suisse, de Hollande et de Suède.À l'ordre du jour, un sujet hautement spécialisé mais qui constitue une des grandes découvertes du siècle dans ce domaine: la BibliothèquegnostiquedeNag-Hammadi, découverte vers 1 945, près de Louxor en Haute Égypte.L'ensemble des manuscrits comprend 13 livres ou codex réunissant 55 traités.Ils contiennent des traductions en langue copte de textes gnos-tiques originellement écrits en grec, dans les premiers siècles de notre ère.La découverte de Nag-Hammadi présente un double intérêt: elle jette une lumière nouvelle sur la gnose, une idéologie religieuse qui s'est développée sensiblement à la même époque que le christianisme et a exercé une influence considérable sur le Moyen-Orient: elle a provoqué un renouveau d'intérêt pour le copte, une langue morte qui correspond à la dernière phase de la langue égyptienne et qui a été remplacée, vers le Vile siècle, par l’arabe.La tenue de ce colloque à Québec s'explique par la présence à l'Université Laval, d'un important groupe de recherche qui, sous la direction des professeurs Michel Roberge et Hervé Gagné, de la Faculté de théologie, ont entrepris, en collaboration avec des chercheurs européens, de Strasbourg en particulier, la traduction en français des textes de Nag-Hammadi.Formée d'une dizaine de jeunes chercheurs, l'équipe de l'Université Laval est une des plus importantes dans le monde à étudier ce qui constitue une des grandes découvertes archéologiques de l'époque contemporaine.La revue «Toxicomanies» sera maintenant publiée par l'Université Laval Un communiqué conjoint des ministères concernés et de l'Université Laval a annoncé à la fin juin que la revue «Toxicomanies», publiée jusque-là par l'Office de prévention et de traitement de l'alcoolisme et autres toxicomanies (OPTAT), serait maintenant sous la responsabilité de l'Université Laval.La revue «Toxicomanies» s'adresse aux professionnels de la santé et aux chercheurs.Seule revue scientifique francophone spécialisée dans le domaine de l'abus des drogues, elle s'est méritée une audience internationale puisque près de 200 abonnements lui proviennent de l'extérieur du Canada.L'Université Laval assurant désormais la responsabilité de cette revue scientifique, l'administration de la revue sera faite par les Presses de l'Université Laval, tandis que la responsabilité scientifique sera assurée par un Comité de direction et par le Groupe de recherche sur l'abus des drogues et de l'alcool, le Groupe RADA.Le professeur Simone Radouco-Thomas, du Département de pharmacologie de l'Université Laval, assurera le secrétariat scientifique de la revue.Tout abonnement nouveau et tout réabonnement devront désormais être adressés aux Presses de l'Université Laval qui assureront l'administration de la revue: impression, expédition, fourniture de volumes antérieurs et de tirés à part, etc.Par cette entente, le ministère des Affaires sociales accorde à l'Université Laval ses droits d'auteur sur la revue et lui remet les fonds résiduels de l'OPTAT pour une subvention totalisant $28 000, après avoir transféré à l'Université Laval, en novembre 1977, les fonds documentaires de l'OPTAT que l'on peut maintenant consultera la Bibliothèque générale de l'Université.Division de l'information Université Laval 44 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE LE MONDE EN COLLISION On peut expliquer le monde par les catastrophes qui s’y produisent par Jean-Marc Carpentier et Danielle Ouellet «Tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté», disait le poète.Mais en fait d'harmonie, de brusques changements de forme ou d'état viennent constamment troubler l'équilibre de la nature.La fleur qui s'ouvre, le fruit mûr qui tombe, le ruisseau qui devient torrent, le cœur qui bat ou la cellule qui tout à coup se dédouble, sont autant de discontinuités ou, comme disent les mathématiciens, de «catastrophes».Ce concept revêt un sens très large.Il englobe les situations qui évoluent brusquement dans le temps, comme la pomme tombant soudainement de l'arbre, et s'applique aussi à la description d'un système plus global qui change subitement d'état.C'est le cas de la marmite dont l'eau commence à bouillir, ou du système économique aux prises avec une crise.Outre ces catastrophes dans le temps, il y a des catastrophes dans l'espace.Ainsi, la peau peut-elle s'interpréter mathématiquement comme une zone de catastrophe entre l'air ambiant et le tissu organique.UN MODÈLE POUR LES EXCEPTIONS L'étude formelle de ces catastrophes souvent anodines fait l'objet d'une théorie mathématique très récente, la «théorie des catastrophes» élaborée par le Français René Thom.Détenteur de la médaille Fields, la plus haute consécration pour un mathématicien, ce dernier n'est évidemment pas un plaisantin.RenéThom a présenté sa théorie au public pour la première fois en 1 972, dans un livre intitulé: Stabilité structurelle et morpho-génèse, envisageant d'emblée de multiples applications, en sciences physiques et en biologie.Pour certains spécialistes, il s'agit là d'un événement mathématique aussi fondamental que la découverte du calcul intégral et différentiel il y a trois siècles.Or, il s'agit justement du contraire.Tandis que le calcul différentiel et intégral s'applique à la description des phénomènes évoluant de façon continue — quitte à s'affranchir des discontinuités en les baptisant «exceptions» — la théorie des catastrophes considère que les points vraiment significatifs sont précisément ceux où le système se comporte de façon inattendue.Selon cette approche, une poutre sera mieux décrite par ses caractéristiques de rupture en cas de surcharge que par les équations reliant les tensions internes aux forces appliquées.Pour Thom, les singularités sont le squelette du phénomène et elles permettent de le décrire parfaitement.En fait, il n'y a aucune contradiction, car il s'agit d'outils mathématiques, de modèles.Le rôle du modèle est de donner une image analytique de la réalité.Deux modèles aussi différents l'un de l'autre que ceux de Newton (calcul intégral) et Thom (théorie des catastrophes) ne s'excluent pas.Ils se complètent et constituent deux chemins différents pour accéder à une même réalité.La puissance d'un modèle est fonction de la diversité des situations qu'il permet de décrire, et de l'exactitude des précisions qu'il fournit.Ainsi, la gravitation universelle de Newton et la relativité d'Einstein constituent des théories ou des modèles fondamentaux.Or, la théorie des catastrophes semble jouir de ces deux caractères d'universalité et de force prévisionnelle.Il pourrait donc s'agir d'un outil conceptuel de grande valeur.LE VISIBLE COMPLIQUÉ FAIT FACE À L'INVISIBLE SIMPLE Mais Thom préfère voir d'abord dans sa théorie un état d'esprit, «une manière de voir les choses qui repose sur des principes».Le but de la théorie des catastro- phes serait de remplacer le «visible compliqué» par de l'«invisible simple».La théorie opère une transposition graphique du phénomène étudié: le système y est décrit par des paramètres d'état dont l'évolution dépend de stimuli extérieurs représentés par des paramètres de contrôle.Prenons tout simplement un élastique que l'on étire progressivement.Le changement d'état se traduit par un amincissement, par un pâlissement de la couleur et une augmentation de la longueur.L'état du système est donc décrit par les paramètres suivants: longueur, couleur et épaisseur.Le paramètre de contrôle est évidemment la force qui s'exerce à chaque bout de l'élastique.Si la force de contrôle augmente régulièrement, l'élastique finira par casser.Ce changement brusque amènera de nouveaux paramètres d'état: la couleur, la longueur et l'épaisseur de l'élastique changeront brutalement.L'évolution des paramètres d'état en fonction de celle des paramètres de contrôle peut être représentée par un graphique.On visualise ainsi l'évolution du système et on identifie très clairement le point de rupture: la catastrophe.Bien entendu, lorsqu'il y a plus d'un paramètre de contrôle, le graphique cesse d'être une simple ligne et prend l'allure d'une course plus ou moins complexe, mais peu importe: c'est en réduisant à des formes géométriques les phénomènes ou les systèmes en évolution que René Thom a élucidé leur nature.D'ailleurs, la théorie des catastrophes dérive de la topologie, branche des mathématiques qui étudie les propriétés des surfaces à plusieurs dimensions.Grâce à cette représentation graphique, le mathématicien a défini les surfaces d'équilibre à l'intérieur desquelles le système évolue de façon stable: si certaines valeurs des paramètres de contrôle font glisser le système à l'extérieur j QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 45 I de sa surface d'équilibre, c'est.la I catastrophe.1 t.L: I «Oh J èmefj il doit [ieuis 3C0Î1- lélas-ml.Lî at am lie * ;e diii l«e.Si jlière-1 et.Ce I #e iieiî" mSi3'j ionde j ittin , Bien imW81 d’èwJ d’anH ilS|*U ^ ijflJî! 00leS Tiooi3?liiéo"® ; LA PSYCHOLOGIE DU CHIEN MISE EN GRAPHIQUE La question qui se posait était de savoir si l'on pouvait codifier la géométrie de ces surfaces d'équilibre.Par un développement mathématique très complexe, Thom a montré qu'elles se classent en quelques formes fondamentales définissant des catastrophes dites élémentaires.Avec trois paramètres de contrôle, le phénomène a ainsi le choix entre cinq formes élémentaires de catastrophe.Avec quatre paramètres de contrôle, il n'y aurait que sept catastrophes élémentaires.Une fois identifiée la forme de la surface d'équilibre, il devient théoriquement possible de savoir si une modification au niveau d'un des paramètres de contrôle risque oui ou non de briser l'équilibre de la situation.Exemple classique pour illustrer la théorie: celui du chien agressif.Comme paramètres de contrôle, on invoque alors deux facteurs opposés: la crainte et la rage.La rage pousse l'animal à attaquer, et la crainte à battre en retraite.La «catastrophe» est évidemment la morsure.Aussi longtemps que le chien ressentira une peur assez intense pour contrebalancer son agressivité; il s'abstiendra de mordre, et ne quittera donc pas sa «surface d'équilibre».On conçoit très bien que les contours de celle-ci se fondent sur la psychologie du molosse, d'où leur complexité.Si en plus on suppose l'animal enchaîné, il faudrait tenir compte d'un troisième paramètre de contrôle — strictement mécanique celui-là: la solidité de la chaîne.Le comportement du chien peut s'illustrer graphiquement.Les facteurs de contrôle forment les axes de la surface de contrôle.L'attitude du chien est portée sur un troisième axe, perpendiculaire à cette surface, et constitue le paramètre d'état.À chaque point de la surface de contrôle, formé de la combinaison d'un état de peur et d'un état de rage, il existera au moins un comportement possible.L’intensité de celui-ci sera donnée par la valeur du point de la surface placé directement au-dessus de la combinaison précédente.La courbe en forme de replis, qui illustre un type de catastrophe élémentaire, s'applique à notre chien.Tant et aussi longtemps que les combinaisons de crainte et de rage sont représentées par des points situés à l'extérieur de la zone de replis, le système se comporte de façon continue.Si, par une variation en plus ou en moins de l'état de crainte ou de rage du chien, l'état du système se déplace et atteint la zone de replis, deux valeurs de comportement extrêmes deviennent alors également probables.Intérêt de ce modèle: il permet de décrire des situations discontinues au moyen de surfaces continues.C'est le repli de la surface continue qui tient alors lieu de discontinuité.LES CATASTROPHES AU CŒUR DU DÉBAT Tandis que René Thom perfectionnait sa théorie, elle lui échappait de plus en plus, dans la mesure où de nombreux autres chercheurs s'en emparaient, en particulier pour tenter de l'appliquer à des situations concrètes.Christopher Zeeman, de l'Institut de mathématique de l'Université de Warwick en Angleterre, est du nombre, et l'école qu'il dirige a pris beaucoup d'importance à cet égard.Zee-man a montré que la théorie des catastrophes décrivait fort bien certaines attitudes psychologiques.Ainsi, un adversaire timide, forcé de faire des concesssions répétées à son opposant, peut fort bien perdre son calme et devenir subitement très agressif.Le comportement d'un marché boursier constitue un autre exemple d'application de la théorie.Zeeman montre que l'effondrement ou le crash survient lors d'un déséquilibre critique entre l'offre et la demande, et lorsqu'une trop grande part du marché passe aux mains de spéculateurs.Il illustre également les attitudes belliqueuses de pays ennemis.On voit alors comment le jeu de tensions multiples peut déboucher sur une négociation ou sur un conflit armé.Sa mise en équations sous forme de catastrophe mathématique n'empêche pas la guerre de demeurer une catastrophe tout court.Mais qui sait?À mieux en connaître les mécanismes théoriques, on apprendra peut-être à la prévenir.Dans un domaine voisin, Zeeman a bâti tout un modèle décrivant le développement des tensions dans les prisons, jusqu'à la mutinerie.Trop heureux de trouver dans les applications sociales de la nouvelle théorie une issue à leur univers abstrait, certains mathématiciens ont accueilli ces travaux avec un enthousiasme parfois excessif.D'autres, au contraire, ne voient là qu'une fumisterie, et ne ménagent pas leurs critiques.Deux Américains, Sussman et Zahler, parlent carrément de charlatanisme scientifique, et assurent que la théorie est impuissante à prévoir le moindre événement.Enfin, certains «modérés» renvoient dos à dos les enthousiastes et les ennemis de la théorie, expliquant qu'elle n'est dénuée ni de fondement ni de valeur, mais qu'il est ridicule de lui chercher des applications en dehors des sciences physiques.À l'intérieur de la physique, par contre, elle pourrait constituer un outil efficace.On cite en particulier l'étude de certaines situations critiques dans le domaine de l'écoulement des fluides.Cette position a le mérite d'être raisonnable.En attendant que les combattants des deux bords accordent leurs violons, nous nous y tiendrons.Pour savoir si la théorie des catastrophes mérite de siéger, aux côtés de la relativité, du calcul intégral ou de la mécanique newtonienne, sur le prestigieux podium des grands modèles scientifiques, bien des recherches seront encore nécessaires.Des recherches et non pas des «engueulades» aussi violentes qu'intolérantes.Mais, on le sait, dans l'histoire de la science, les engueulades sont fréquentes.Prenons le parti de nous en réjouir: cela prouve que les scientifiques sont aussi des êtres humains. UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE HEWLETT-PACKARD.L’EXCELLENCE À PRIX AVANTAGEUX* HP33E $149.95 HP32E $119.95 HP31E $79.95 0.0 0 0 0 I.B 3 H.5 5 a 8 3 fl.I, B 3 H, 5 B l.B 3 0.su LAST X PROM PREFIX WANT PREFIX PREFIX ENTER?ENTER ?ENTER?«HMS cos-' TAN-’ ?RMS PAUSE LAST X Chacune des calculatrices de la nouvelle gamme scientifique de série E profite des nombreux perfectionnements du génie humain qui ont contribué à sa création.Que vous choisissiez le modèle scientifique HP-31E, ou le modèle scientifique avancé HP-32E, ou encore le modèle scientifique programmable HP-33E, vous profitez d'un surcroît de puissance de calcul, d'un plus grand nombre de possibilités de calcul des fonctions, de la qualité traditionnelle de Hewlett-Packard .le tout offert à un prix fort avantageux, compte tenu du rendement effectif.Pour démonstration et renseignements supplémentaires, communiquez avec le concessionnaire HP de votre localité ou écrivez â: Hewlett-Packard, Canada Limitée Division des calculatrices 275, boul.Hymus Pointe-Claire, Québec H9R 1G7 ‘Prix de détail suggérés au Canada HEWLETT iho] PACKARD 20859 QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 47 TECHNOLOGIE LE LASER DE SHERLOCK HOLMES (Si le rayon laser n'est pas | encore, dans la vie courante du moins, le «rayon de la mort» (que nous annonçaient il y a peu de temps les auteurs de science-fiction, il aura tout de même bientôt sa place dans les romans policiers.Sinon comme arme du crime, du moins comme instrument utile à tous les «Sherlock Holmes» de seconde classe.Ce sont en effet les limiers de l'Ontario Provincial Police qui, les premiers, ont découvert qu'en éclairant une surface avec la lumière bleue d'un laser à l'argon et en la regardant avec des verres filtrants de couleur jaune, on pourrait ainsi faire apparaître très nettement les empreintes digitales i laissées sur cette surface.Mais voilà: la constatation expérimentale ne pouvait s'expliquer en termes scientifiques.Pourquoi donc ces empreintes absorbaient-elles le bleu pour réémettre le jaune, selon un procédé de fluorescence que rien ne laissait prévoir?Selon le périodique Science Dimension, du Conseil national de recherches, à Ottawa, Paul Carey et Bera MacClement, deux chercheurs de la division des sciences biologiques de cette institution, ont entrepris de résoudre cette énigme.Leur enquête «policière» a tout d'abord mal commencé: ils n'ont guère pu reproduire en laboratoire les découvertes intrigantes des limiers ontariens.Les volèurs de cette province auraient-ils des doigts fluorescents, contrairement aux chercheurs du CNRC?Puis un jour, après avoir manipulé le réservoir d'encre d'un appareil enregistreur, sans pourtant s'être sali les mains (du moins l'aurait-il juré!), Paul Carey devait enfin découvrir qu'à leur tour, ses doigts laissaient de belles grosses empreintes jaunes sous éclairage laser.Les policiers ontariens avaient donc été plutôt chanceux, et la fluorescence découverte ne provenait pas de la biochimie de la peau, mais des impuretés qui, inévitablement, aboutissent sur les doigts.Pourtant, la méthode conserve une grande importance.D'abord, parce que toute main qui n'est pas rigoureusement nettoyée finira par recueillir de telles traces fluorescentes.Alors que les huiles naturelles de la peau sont finalement absorbées par certaines surfaces ou, au contraire, s'évaporent, les traces fluorescentes demeurent en place.On a ainsi pu faire réapparaître des empreintes qui, si l'on se fiait à toutes les autres techniques connues, semblaient disparues depuis plusieurs années! En second lieu, les techniques classiques (une poudre est appliquée sur la surface où elle adhère aux traces d'huiles naturelles) ne sont d'aucune utilité sur certains matériaux électrostatiques qui ne permettent pas une adhérence différentielle des révélateurs utilisés.Désormais, les pneus d'automobile, les plastiques d'emballage et le cellophane n'auront plus de secret! Enfin, le tracé de ces empreintes par fluorescence révèle de nouvelles caractéristiques propres à chacun en ce qui concerne les pores de la peau, caractéristiques imperceptibles selon les procédés classiques.Voilà qui aidera à l'identification des coupables.Mais ce n'est pas tout.Car les chercheurs du CNRC n'entendent pas s'interrompre sur une si bonne, voie.La fluorescence différentielle des empreintes leur apparaît beaucoup trop prometteuse pour la confier au seul hasard des mains CKRL-MF munautaire, à but non lucratif, 89.1 De par sa nature communautaire.Campus Laval (CKRL) s'appuie pour une large part, tant dans sa crédibilité que dans son financement, sur le soutien moral et économique que lui apportent ses membres.Devenir membre de CKRL-MF c'est participer à son orientation par le biais de l'assemblée générale, c'est recevoir le bulletin d'information «En Différé», c’est finalement adhérer à un projet collectif d'amélioration et de prise en charge de la radiophonie par la communauté.En faisant parvenir votre nom et votre adresse, ainsi qu'un chèque au montant de $5.00 à CKRL-MF, suite 0447, Pavillon de Koninck, Université Laval, Ste-Foy, G1K 7P4, vous pourrez ainsi devenir membre.CKRL-MF, suite 0447, Pavillon de Koninck, Université Laval, Ste-Foy, P.Q.G1 K 7P4. 48 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE sales.Alors pourquoi ne pas la provoquer, même pour des empreintes de mains propres?Et c'est ainsi que vient de naître une technique utilisant le fluoram, qui n'est pas fluorescent à la lumière laser utilisée, mais qui le devient lorsqu'il réagit avec certains acides aminés stables dont on retrouve Si vous croyez encore que les Noirs ont une petite tête et, qu'en conséquence, ils sont moins intelligents, peut-être savez-vous ou serez-vous heureux d'apprendre que la chose a été démontrée scientifiquement.Une toute petite ombre au tableau cependant: ces affirmations, fût-il nécessaire de le dire, ont été démenties depuis.Pourtant, elles avaient été démontrées.Avec statistique à l'appui! À sa mort, en 1851, Samuel George Morton avait amassé une collection de crânes de des traces dans toute empreinte.Très prometteur, esti-me-t-on au CNRC.Malheureusement, le laser ne peut percer tous les secrets: on reste encore impuissant devant les criminels qui.utilisent des gants! Pierre Sormany plus de 1 000 spécimens, dont 600 assez complets pour en faire des mesures précises.Quelle aubaine pour les partisans de l'esclavage de disposer d'une confirmation scientifique, objective, de l'infériorité des Noirs! Plaçons-nous dans le contexte du XIXe siècle: opinion publique divisée sur la question de l'esclavage, débat entre monogénistes et polygé-nistes sur l'origine commune ou séparée des différentes «races» humaines.Aux États-Unis, la science commence à s'affranchir de l'influence européenne.Les penseurs et savants américains vont s'affirmer, penser et découvrir par eux-mêmes.Dans cette vague, on allait acclamer, avec raison, ceux qui allaient fournir des données objectives à un débat où s'entremêlaient les théories scientifiques, les positions philosophiques et religieuses, les faits et les spéculations.Lui-même polygéniste convaincu, Morton publia trois œuvres importantes: Crania Americania, Crania Aegyptica et enfin, en 1849, une synthèse de tous ses calculs sur la capacité crânienne des différentes «races» ou groupes ethniques.En accord avec ses propres convictions, les Caucasiens se situent tout en haut de l'échelle, les Amérindiens au milieu et les Noirs tout en bas.Un professeur de l'université Harvard, Stephen Jay Gould, s'est chargé de revoir les calculs, vérifier les méthodes statistiques et corriger les résultats de Morton, comme en fait part la livraison du 5 mai de la revue Science.Bien sûr, cela ne promettait guère de surprise: les idées de Morton et de ses contemporains sont pour le moins démodées.II paraît même absurde de croire que les Noirs sont des êtres à petite tête.Les polygénistes se font rares.On sait bien que le volume crânien dépend de la stature entière du corps et que l'intelligence n'est pas fonction de la grosseur du cerveau.Qui plus est, on ne compare même plus les capacités mentales de deux groupes ethniques différents avec des tests de quotient intellectuel, ces tests étant indissociables d'un contenu culturel bien spécifique.Il ne s'agit donc pas de donner un dernier coup d'épée aux partisans de la discrimination raciale (quoiqu'il s'en trouve encore).Ce n'est pas sur le mythe racial qu'il faut porter notre attention, mais bien sur RECHERCHE L’OBJECTIVITÉ EST RELATIVE TRADUIT ASTRONOMIE GENERALE P.BAKOULWE.E.K0II0II0VITCH.V.MOROZ LA SCIENCE SOVIÉTIQUE AU QUÉBEC .EN FRANÇAIS S.V.P.En vente dans toutes les librairies qui tiennent un rayon scientifique ou bien retournez-nous ce coupon accompagné de votre paiement à l’adresse suivante: I.ibrarie Nouvelles Frontières 185 est, rue Ontario Montréal H2X 1H5 Tél.: 844-3636 ÉDITIONS DE MOSCOU • Exposé détaillé des problèmes et des acquisitions actuelles de cette branche de la science.• Tient compte des données fournies par les vaisseaux cosmiques soviétiques ou américains Vénéra-8.l.una-17.Mariner-9.etc.• Bakouline.spécialiste de l’astrométrie.est membre de l’Association astronomique et géodésique de l’URSS.• Kononovitch et Moro/ sont membres de l’Union astronomique internationale.ANCKHINE.P : Biologie et neurophysiologie du réflexe conditionné, 667 pages, relié sous jaquette.1975 ?$11.10 KOVANOV.J.: Manuel pratique de l’infirmière.640 pages, relié.1977 ?$11.75 KOI.MOGOROV & FOMINE: Éléments de la théorie des fonctions et de l’analyse fonctionnelle.536 pages, relié sous jaquette.1977 ?$11.75 I.ANDAU & LIFCHITZ: Théorie du champ.450 pages, relié sous jaquette.1966 ?$ 9.50 NESTOURKH.M.: L’origine de l’homme.441 pages, relié sous jaquette.1976 ?$ 5.95 BAKOULINE.P.& AL.: Astronomie générale.523 pages, relié sous jaquette.1975 ?$11.75 Ci-joint un chèque ?ou un mandat ?au montant de $ nom .ADRKSSK .Ml I K .( ODE POSTAI QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 49 celui de l'objectivité scientifique.Une fois les calculs révisés et les erreurs corrigées, les patients travaux de Morton ne mènent plus du tout aux mêmes conclusions.L'erreur la plus importante, et la plus généralisée, se trouve dans la composition des échantillons sur lesquels Morton calculait la moyenne de capacité crânienne.Par exemple, des échantillons de race blanche avaient tendance à compter plus de crânes d'hommes, alors que ceux de race noire, souvent, avaient une majorité de crânes de femmes.Comme la grosseur du crâne dépend de la stature du corps, le crâne de l'homme est légèrement plus gros que celui de la femme, quel que soit le groupe.De même, Morton ajoutait ou omettait, dans sa classification, des sous-groupes particuliers, selon que la moyenne du sous-groupe favorisait ou non son hypothèse de départ.On inclut les Incas pour abaisser la moyenne des Amérindiens et on exclut les Hindous qui viendraient abaisser la moyenne des Caucasiens.S'ajoutent à cela quelques erreurs ou oublis, une valeur arrondie vers le bas alors qu'elle aurait dû l'être vers le haut.Il écrit ailleurs que le plus petit crâne qu'il ait jamais rencontré était celui d'un Noir, ce que ses propres chiffres démentent.Mais le plus troublant, c'est que selon toute vraisemblance Morton était d'une absolue bonne foi.Et c'est bien la leçon qu'il faut tirer de cet exemple historique, un peu gros sans doute, mais réel.Morton a publié toutes ses données brutes, ses méthodes de calcul et la façon d'arriver à ses conclusions.Il n'a rien fait pour camoufler les manipulations et les failles qu'on décèle dans ses travaux.C'est donc inconsciemment que ses résultats ont été biaisés.Pourquoi?Parce que Morton avait au départ un parti pris, une thèse à démontrer.Mais quel scientifique est à l'abri de telles erreurs?Gould voit venir les objections: les travaux de Morton avaient des implications politiques et émotionnelles très grandes.En outre, il est plus facile de manipuler des statistiques qu'une expérience en labora- toire.À quoi Gould répond que la plupart des scientifiques font de leurs recherches un combat personnel et qu'ils sont impliqués émotivement.Les chercheurs sont des êtres humains, marqués comme tous les autres par un bagage culturel et des convictions.Le camouflage et la fraude sont relativement faciles à détecter.Mais ce n'est pas le cas pour des manipulations inconscientes, exercées par çles cher- cheurs sincères et honnêtes.Pour Gould, il n'y a pas de remède, car ce n'est pas une maladie.C'est une situation de fait, normale et inévitable.L'exemple de Morton démontre que l'objectivité totale n'existe pas.C'est un avertissement et une invitation à une prudence et une rigueur toujours plus grandes.Vincent Choquette CHIMIE ÉCHEC AUX BPC Les biphényls polychlorés (BPC), tout comme le DDT et les képo-nes (un autre insecticide qu'on croit source possible de dommages nerveux chez l'homme) doivent leur étonnante stabilité dans l'environnement à leur structure moléculaire, qui comprend plusieurs atomes de chlore.Or, si cette stabilité est fort importante dans les domaines d'application où sont utilisés ces produits (les BPC sont utilisés dans les isolateurs, les échangeurs de chaleur et, de moins en moins, dans la fabrication de peintures), c'est aussi de là que surviennent les problèmes.Libérés dans l'environnement en quantité plutôt faible, ces produits polychlorés n'auraient que très peu d'effets nocifs pour l'homme s’ils ne s'y accumulaient, pour se concentrer de plus en plus à chaque échelon de la chaîne alimentaire.La méthode généralement employée pour se débarrasser de ces produits gênants, lorsque cela devient nécessaire, repose sur leur combustion à très haute température.Toutefois, les populations habitant près des sites de combustion s'inquiètent avec raison des résidus libérés dans l'air, dont rien n'assure qu'ils soient parfaitement exempts de molécules polychlorées.En outre, les pertes par fuite, lavage ou évaporation au niveau des usines de production ou des utilisateurs subséquents ne peuvent guère, pour leur part, être traitées de la sorte.Un chimiste de l'Université de Waterloo, Jim G.Smith, travaille présentement à la mise au point d’un procédé chimique de traitement de ces résidus polychlorés qui les rendraient alors parfaitement inoffensifs à long terme.Son approche repose sur l'utilisation de composés orga-nométalliques à base de sodium.De tels composés ont la propriété d'être très réactifs en présence d'autres produits organiques, avec interaction dans AGRICULTURE MËFIEZ-VOUS DU MAIS EN SILO - r.i l’ji] La fermentation du foin ou du maïs dans les silos peut produire divers gaz extrêmement redoutables dont le bioxyde d'azote, de formule N02.Cegaz est le principal responsable des accidents rapportés occasionnellement par les journaux en des termes trop vagues pour que le public comprenne où se situe le vrai danger: il ne suffit pas de lire qu'«une personne a été retrouvée morte dans un silo» pour apprendre à se méfier des processus biologiques complexes qui donnent naissance aux gaz nocifs.D'ailleurs, vu la faveur dont jouissent de nos jours le retour à la nature et la vie champêtre, on a peine à admettre qu'un innocent tas de foin puisse sécréter les pires polluantschimiques.Jugeant qu'on mésestimait ou méconnaissait généralement ce problème, le ministère de l'Agriculture du Québec vient d'appeler les intéressés à la prudence en indiquant dans un communiqué les quelques précautions indispensables pour éliminer tout risque d'asphyxie.D'abord, le bioxyde d'azote, de couleur brun orangé, irrite les voies respiratoires et fait tousser.Au moindre sym-tôme, il faut donc évacuer le silo, se rendre dans un endroit bien aéré, et appeler le médecin pour prévenir toute séquelle.Comme les bactéries produisant les émanations mortelles commencent leur activité immédiatement après le début de l'ensilage, on ne doit jamais pénétrer dans un silo sans avoir fait fonctionner la ventilation pendant une bonne demi-heure, ni sans avoir pris soin de s'attacher à une corde et s'être assuré de la présence d'au moins deux personnes à l'extérieur.Fabien Gruhier 50 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE ce cas entre les ions de chlore et ceux de sodium.Les produits de réaction comprennent donc, d'une part, du vulgaire sel de table (chlorure de sodium) et, d'autre part, des complexes organiques à base de phényls et de naphtalène, biodégradables et de toute façon faciles â brûler sans risque pour l'environnement.Le problème que soulève toutefois cette approche tient justement à la grande réactivité des composés organométalli-ques, qui doivent être isolés à la fois de l'oxygène et du gaz carbonique de l'air et de tout contact avec l’eau.Dans un premier temps, la difficulté n'est guère insurmontable puisqu'il s'agit de traiter des quantités relativement grandes de SPC (ou même de DDT ou de képones) dont on cherche à se débarrasser dans des usines destinées à cette élimination.L'équipe travaille actuellement avec le naphta-lénide de sodium (dont le coût serait de $2.73 pour chaque kilogramme de BPC traitée), la réaction a lieu dans des cuves hermétiques, à l'aide de divers solvants.Il ne s'agit donc que de régler des questions économiques relatives au coût du composé réactif et des divers solvants utilisables, et de dessiner ensuite un «projet pilote» permettant de rentabiliser cette opération.On récupérerait à la fois le sel (pour l'épandage sur les routes), le solvant (pour réutilisation dans la réaction) et les substrats organiques (qui pourraient éventuellement être revendus à l'industrie pétrochimique ou simplement utilisés comme source d'énergie).Mais la grande réactivité du naphtalénide de sodium posera plus de problèmes lorsqu'on cherchera à mettre au point, selon le procédé du chimiste ontarien, des filtres industriels capables de débarrasser l'air ou l'eau de rejet des usines de leurs traces de BPC, voire ensuite de commercialiser des dispositifs mobiles capables de dépolluer de la sorte les boues de fond des lacs ou des rivières.L'objectif de Jim Smith, à plus long terme, est donc de raffiner le composé organométallique (ou d'en développer de nouveaux), afin de le rendre spécifique: qu'il réagisse préférentiellement avec les ions chlorés des biphényls, même en présence d'air ou d'eau.Et adve-nant une réussite sur ce plan, encore faudra-t-il que les nouveaux composés mis au point demeurent économiquement utilisables.Pour l'instant, cet objectif plus lointain de la dépollution des traces de BPC ressemble un peu à la quadrature du cercle.Mais advenant même l'échec de cet objectif à long terme, les travaux actuels permettent d'espérer, dans un délai assez court, l'élimination des risques relatifs à la combustion intensive des BPC usés.Ce n'est déjà pas négligeable.Pierre Sormany NUCLEAIRE VITRIFIER LES DÉCHETS RADIOACTIFS Dans la chaîne de production de l'énergie atomique, il y a des maillons faibles.Entre autres, il faut se débarrasser des déchets radioactifs qui continuent à émettre des radiations dangereuses pendant des milliers d'années.En ce qui concerne les déchets liquides, la solution la plus prometteuse consiste à les solidifier pour les enfouir profondément, de telle sorte que l'épaisseur du roc absorbe les radiations.donnait, sa surface en serait augmentée et l'eau agirait d'autant plus vite.Parmi les solides envisagés, un des plus prometteurs est un verre de borosilicate, maistous les chercheurs ne partagent pas le même optimisme lorsqu'il s'agit de savoir si le procédé est vraiment au point.Dans la revue Nature, deux groupes de chercheurs font état des résultats de leurs tests.Tandis que le groupe britannique se dit très rassuré sur la qualité du Or, cela pose certains problèmes.Le solide en question doit remplir son rôle pendant des millénaires et, même bien enfoui, il n'est pas à l'abri des épreuves.Sa principale qualité doit être la résistance à l'eau.En effet, les eaux souterraines peuvent «rincer» le solide, emportant avec elles des éléments radioactifs.Cette action de l'eau doit être aussi peu prononcée que possible.De plus, le bloc doit résister physiquement, parce que s'il se frac- procédé, un groupe américain émet de sérieuses réserves.Non pas qu'il mette en doute les résultats du premier.C'est plutôt la valeur des expériences qui est en cause.Les Anglais travaillent depuis les années 60 sur le procédé Fingal de conversion des déchets liquides en blocs de verre.Ils disposaient pour les tests effectués récemment d'échantillons vieux de onze ans et entreposés depuis.Le verre est fabriqué à 1 050°C en ajoutant 25 parties de déchets radioactifs liquides à 43 parties de Si02 (silice) et 32 parties de NaB407.Le test, assez simple, consiste à déposer pendant sept jours un échantillon de verre dans un flacon d’eau distillée à 90°C.La perte de poids de l'échantillon permet de mesurer la vitesse à laquelle le verre dégage des substances radioactives dans l'eau.Pour fin de comparaison, on gardait un échantillon de verre tout à fait semblable, mais inactif, dans les mêmes conditions.Les tests démontrent que le verre au borosilicate n'a subi aucun phénomène de vieillissement au cours des onze années.Les chercheurs anglais signalent en outre deux caractéristiques importantes de leurs travaux.D'abord, le verre en question a été fabriqué à l'échelle semi-industrielle, selon un procédé adapté à la production, et non dans les conditions très privilégiées d'un laboratoire.Ensuite, les matières radioactives entrant dans sa composition n'étaient pas artificielles.C'étaient de véritables déchets radioactifs produits par une usine nucléaire.Sur ces arguments, on se dit très satisfait et confiant que le procédé pourra être implanté à l'échelle industrielle en toute sécurité.L'article publié par les chercheurs américains est de nature à rafraîchir l'enthousiasme suscité par le premier.On y signale que d'après la plupart des études, il est vrai que le verre de borosilicate dégage très peu d'éléments radioactifs.Cependant, ces tests mettent à l'épreuve le verre dans des conditions de température et de pression normales (environ 25°C et, 100 k Pa (1 atmosphère).Or, ces tests ne sont pas probants, le verre devant se trouver dans des conditions bien différentes une fois enfoui.D'abord, durant les premières décennies suivant l'enfouissement, la température pourrait s'élever jusqu'à 300-400°C dans ce dépôt souterrain.Ensuite, elle resterait sensiblement élevée pendant plusieurs centaines d'années.La pression serait aussi des centaines de fois plus élevée.Au contact des eaux souterraines, étant données ces conditions, les réactions seraient QUÉBEC SCIENCE / septembre 1 978 51 II,g ïheis atis iesi ’"i (iil)ri Mis lyfc poids eue- illelt) antes Pm aèt lomi «il, «te iSlS leiis-ora oslais aac-ibis leen lue a ielle, éala s te sd'ui «lié-dans upas yéii-spto-éa»e sedii pue le anléa louie thet- iawe asme Ouï lupad luelel éjape 30» jenlà 5 des jteel niton mi i* j liions mW- emiè- J IW- [aluns i3(H tute' jeta'1 mees- sides leyée leitf’ sans doute fort différentes de celles qu'on observe à température et pression normales.On peut donc s'attendre à ce qu'il se produise des échanges et des réactions chimiques entre la matière radioactive et les formations géologiques qui la retiendront prisonnière.Il pourra se former des minéraux qui n'y étaient pas auparavant.Après quelques milliers d'années (ce qui est court, dans le contexte), le produit de ces réactions ajouté à ce qui restera du stock initial constituera une nouvelle forme de déchets, une source de pollution radioactive susceptible d'être entraînée à travers les formations rocheuses et, éventuellement, de contaminer la biosphère.On rapporte quelques expériences qui confirment ces réactions entre les déchets nu- Le soleil est-il une étoile variable?C'est une question que les astronomes continuent à se poser, bien que la réponse tende plutôt vers la négative.Mais la question intéresse au plus haut point les climatologues qui cherchent une relation soleil-climat.Le problème n'est pas simple.Lorsqu'on étudie le soleil, on lui trouve une activité quasi fébrile.La couronne, visible à notre époque lors des éclipses, en témoigne.On observe de gigantesques irruptions, qu'on nomme protubérances, les fameuses taches dont la quantité varie selon un cycle de 11 ans, etc.Ce sont tous des phénomènes associés à la variabilité du champ magnétique du soleil.Mais quant à la luminosité, les variations observées sont minimes.D'ailleurs, selon la théorie la plus généralement acceptée sur l'âge et l'évolution du soleil, ce dernier en serait au milieu de sa vie, dans une phase où sa luminosité est censée être constante.Ce n'est donc qu'en se référant au magnétisme qu'on pourrait parler d'étoile variable.Voilà qui n'est pas commode pour les climatologues.En effet, le principal paramètre, pour eux, est évidemment la cléaires et le roc.Par exemple, un échantillon de verre de borosilicate enfermé dans une capsule d'or remplie d'eau, à environ 300°C et 30 OOO k Pa (300 atmosphères), s'est sérieusement détérioré en deux semaines seulement, et des cristaux ont recouvert l'intérieur de la capsule.Pendant les deux semaines, 12 pour cent du césium présent dans le verre est entré en solution dans l'eau, donc une forte proportion.Les chercheurs de l'Université de Pennsylvanie sont donc beaucoup moins optimistes que ceux d'Oxford.Nul doute que le procédé devra être perfectionné encore avant d'être utilisé à grande échelle.Vincent Choquette luminosité.Le soleil est avant tout source de chaleur.Mais comme cette luminosité est à peu près constante, la relation soleil-climat n'est vraiment pas évidente.Il existe pourtant des masses de corrélations statistiques entre le climat et l'activité solaire.Si plusieurs savants restent sceptiques, c'est parce qu'ils voient difficilement comment l’activité magnétique du soleil pourrait influencer le climat terrestre.Plusieurs d'entre eux tiennent à conserver, comme facteur principal d'un changement climatique, une variation de l'apport énergétique du soleil.Mais puisque les corrélations statistiques relient le climat et le cycle des taches solaires, il semble tout naturel de suivre cette piste.En ce sens.Ralph Markson, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), propose dans la livraison du 11 mai de la revue Nature une explication qui s'accorde assez bien avec les données statistiques: le soleil influerait sur le courant électrique atmosphérique.Il existe en effet un courant électrique permanent dans l'atmosphère.En gros, ce courant part du générateur de courant continu que sont les orages électriques, monte dans l'atmosphère, redescend à travers les zones de beau temps et, enfin, remonte vers les nuages des orages électriques.La foudre en est une manifestation des plus spectaculaires.Ce courant est possible parce que l'air est ionisé.Et plus il l'est, plus il est conducteur et plus la résistance du circuit est faible.En analysant la répartition de la résistance dans le circuit, Markson retient que celle-ci est plus élevée au-dessus des nuages des orages électriques, donc dans des zones accessibles aux radiations ionisantes.Par ailleurs, il montre que l'effet des radiations ionisantes étant en relation avec la latitude, on peut expliquer certaines contradictions apparentes dans les corrélations statistiques, notamment le fait qu'à une même phase du cycle de 11 ans, la fréquence et l'intensité des orages électriques augmentent dans les zones de haute latitude en même temps qu'elles diminuent dans les zones de basse latitude.En supposant que l'activité magnétique variable du soleil conditionne le comportement du circuit électrique atmosphérique, Markson a suggéré quelques mécanismes par lesquels des phénomènes électriques pourraient influencer le climat terrestre au cours du cycle des taches: effet de l'intensité du courant sur la vitesse d'électrification des nuages, effets physiques sur la formation des gouttes de pluie, effets sur le mouvement des grandes masses d’air à l'échelle hémisphérique.Les suggestions de Markson sur les effets climatiques directs ou indirects d'une variation de courant électrique atmosphérique demeurent certes dans le domaine de la spéculation.Cependant, l'auteur estime que la relation entre l'activité solaire et le circuit électrique constitue une base théorique assez solide pour qu'on l'étudie plus à fond.En effet, un contrôle solaire du climat par le biais de phénomènes électriques permet de contourner plusieurs difficultés que présentent les explications thermiques.En plus du fait que l'apport d'énergie solaire est à peu de choses près constant, les faibles variations de température susceptibles de se produire ne peuvent qu'affecter les régions très élevées de l'atmosphère.Or, les phénomènes météorologiques consécutifs à l'activité solaire se produisent dans des régions de plus faible altitude.Un phénomène électrique ne pose aucune difficulté en ce sens, puisque le circuit électrique est affecté dans son ensemble.En outre, un phénomène thermique devrait s'opérer sur une période de plusieurs jours.Un phénomène électrique, lui, ne requiert pour se manifester qu'une journée environ, ce qui s'accorde mieux avec la plupart des observations.Les idées de Markson présentent en tout cas l'intérêt de ne pas faire appel à la variabilité du soleil, phénomène qu'on n'a jamais vraiment démontré.Vincent Choquette CLIMATOLOGIE LE SOLEIL ÉLECTRIQUE 52 S.3 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE MICROBIOLOGIE LE VACCIN DERNIER CRI Ce sont probablement les éleveurs de bœuf de l'Ouest canadien qui profiteront les premiers d'une nouvelle sorte de vaccin.Celui-ci est le fruit des recherches en manipulations génétiques du Dr George Khachatou-rians, au département de microbiologie de l'Université de la Saskatchewan, à Saskatoon.En effet, la première cible visée par ce nouveau vaccin est une maladie néonatale des bovins, qui prend la forme d'une diarrhée sévère, provoquée par la souche antigénique k 99 à'Escherichia coli.Cette bactérie, hôte le plus familier du tube digestif des animaux supérieurs, où elle joue généralement un rôle symbiotique fort utile, contient parfois des plasmides responsables de la production detoxi-nes pathogènes.C'est le cas de la souche k 99 qui serait responsable de pertes économiques annuelles de l'ordre de 1 8 millions de dollars pour les éleveurs de l'Ouest.Or, aucun vaccin n'est présentement dis- ponible pour lutter contre ce colibacille modifié.Mais le principal intérêt des recherches de Khachatourians, outre son importance économique, repose sur la forme de vaccin qu'il est en train de mettre au point.Jusqu'ici, en effet, on a d'abord utilisé, pour stimuler les défenses des organismes qu'on souhaitait immuniser, des bactéries tuées, qui ne provoquent toutefois que des réactions faibles, ce qui force à augmenter les quantités injectées.On utilise aussi, lorsque c'est possible, des bactéries vivantes, mais atténuées pour perdre leur caractère virulent.Plus récemment, une troisième forme de vaccin, entièrement synthétique, a été introduite dans la lutte contre certaines maladies.Il s'agit de greffer à un leurre (une sphé-rule lipidique, par exemple) les protéines de la membrane cellulaire des bactéries pathogènes, de sorte que l'organisme réagisse contre ces «imitations».De prix assez élevés, ces «leurres», qui peuvent être dessinés «à la carte» pour la lutte contre plusieurs maladies en même temps, posent toutefois le même problème que les bactéries tuées: leur faible puissance d'immunisation.C'est à partir d'un phénomène assez rare, bien que plusieurs fois observé en laboratoire, concernant la vie intime des bacilles E.coli, que Khachatourians a songé à créer une nouvelle catégorie de vaccin: les mini-cellules.Lors de la division cellulaire de ce bacille, il arrive en effet que la nature fasse des erreurs et crée, au lieu de deux cellules identiques, une cellule à peu près normale et une autre, dix fois plus petite, vivante, mais incapable de se reproduire.En étudiant ce processus, le chercheur de l'Universitéde la Saskatchewan est arrivé à créer une souche d'E.coli mutants qui donnent de telles minicellules à chaque division.Cette première «production en série» de mini-cellules vivantes, mais sans avenir reproductif, a donc donné l'idée au chercheur de leur implanter par la suite, par échanges génétiques inter-bactériens, le fameux plasmide codant pour l'antigène k 99.On en est là pour l'instant.Il restera bien sûr, dans le cadre de ce projet pionnier financé par le Conseil national de recherches du Canada et l'Organisation mondiale des maladies vétérinaires infectieuses, à vérifier si la production de ces mini-cellules immunisantes peut être accélérée suffisamment pour devenir économique, et bien sûr à prouver leur pouvoir immunisant sur des animaux d'élevage.Mais si le programme s'avère un succès, ce qu'on devrait savoir d'ici deux ou trois ans tout au plus, il ne fait pas de doute que le procédé pourrait être étendu à l'ensemble des infections dont Escherichia coli peut devenir un porteur éventuel, non seulement en médecine vétérinaire, mais aussi pour l'homme.Après les vaccins tués, les vaccins atténués, puis les vaccins synthétiques, il faudra peut-être bientôt parler des vaccins à bactéries stériles.Pierre Sormany à h//àâi/i-ce .Sy'i/u.r vs/s//frj e// r/s //n/Yi/f dk)ùr// b; fii fe fil î: fï b h k k t bi ht b b b b- b l b b h ;:¦¦¦ V b QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 53 catt ms, le Ipoiii lit II catie nance ETHNOGRAPHIE LES AZTÈQUES ÉTAIENT ANTHROPOPHAGES ûiji- iesj ieces ante (sam- n^ae, rpon- sani- m bail is ans ns de wrrait le des il ali m aussi siac-audia [ te îles.iiurn La chair humaine, ça se mange, c'est même très nourrissant! En fait, on y trouve un pourcentage de protéines semblable à celui de la viande de bœuf, de porc ou de mouton.L'anthropophagie, devenue fort rare de nos jours, était chose commune chez les Aztèques, il y a environ i 500 ans.Ce peuple, remarquablement bien organisé politiquement et administrativement, dominait une vaste zone, des environs de l’actuelle ville de Mexico au golfe du Mexique, entre 1325 et l’arrivée des Européens.L’Espagnol Cortès en a détruit la capitale, Tenoch-titlan, et tout l’empire en 1520-1521.Leur civilisation nous est connue par trois textes aztèques en écriture idéographique, les témoignages des Espagnols et les recherches archéologiques.Pour le chercheur américain M.Harner, le cannibalisme des Aztèques provenait d’un souci I diététique.En période de fami-i ne, n’ayant pas d’animaux her-| bivores et, par conséquent, de i protéines à sa portée, ce peu-| pie aurait été plus enclin aux | sacrifices humains et au cannibalisme.Mais selon Bernard R.Ortiz de Montellano, professeur de science et de technologie à la Wayne State University de Détroit, cette hypothèse serait tout à fait erronée et c’est dans la revue américaine Science (numéro 4342) qu’il réfute les arguments de Harner.La capitale des Aztèques, Tenochtitlan, avait une population estimée à 300 000 personnes et le nombre de sacrifices humains aurait été d’à peu près 15 000 annuellement.Seuls, les sacrifiés à Tlaloc, le dieu de la pluie, n’étaient pas mangés mais enterrés intactes.D’autre part, seuls les nobles avaient l’honneur de boire du chocolat ou de manger de la chair humaine; la noblesse chez les Aztèques n’étant pas héréditaire mais obtenue à la suite d’actes de bravoure, on considère qu’environ 25 pour cent de la population de la capitale pouvait y avoir accédé.Avant tout, Bernard R.Ortiz juge ethnocentrique l’attitude de Harner d’assumer que les Aztèques manquaient de protéines simplement parce qu’ils ne mangeaient pas de ces herbivores domestiques qui font partie du menu des Européens et des Américains.On s’est d’ailleurs rendu compte récemment que certains Indiens du Mexique ou du Guaté-mala souffraient de malnutrition parce qu’on les avait incités à substituer une nourriture européenne à leur nourriture traditionnelle composée de jus d’agave, de céréales ou de chocolat.En fait, les Aztèques semblent avoir eu un menu très diversifié: de nombreux fruits et légumes tropicaux, un mammifère appelé tatou, des belettes, des serpents, des souris, des iguanes, des daims, des dindes, des chiens, des poissons, des grenouilles, des salamandres, des fourmis, des vers et toutes sortes d’autres insectes.Ce sont autant de sources de protéines.A cela s'ajoute le lourd tribut payé en nourriture, surtout des céréales et des fèves, par les peuples asservis par les Aztèques.De même, vers 1500, on comptait quelques 9 000 hectares de chi-nampas, à proximité de la ville.Il s'agit de vastes structures artificielles édifiées en bordure du lac entourant la capitale avec la boue que l'on y trouvait; on y faisait quantité de cultures.Si l'on prend en considération tous ces éléments, on a du mal à imaginer les Aztèques mourant de faim ou souffrant d’un manque de protéines.Même au moment de la seule famine que nous connaissons, entre 1450 et 1454, les chroniqueurs aztèques racontent que des gens mouraient de faim et étaient la proie des bêtes sauvages parce qu’on ne les enterrait pas; pourquoi ne les auraient-ils pas mangés, alors?Pourquoi donc ce cannibalisme à la suite de sacrifices humains?D'après les données qu'il possède, l’auteur de l’article remarque que les grandes périodes de sacrifices sont en novembre, en plein temps des récoltes, en mars, alors que les réserves sont presque intactes, et en octobre, pendant la cueillette des fruits.L'explication la plus plausible serait donc un geste de remerciement envers les dieux.Les croyances aztèques voulaient que la victime d'un sacrifice devienne sacrée et, par conséquent, manger son corps devenait l'équivalent de manger le corps du dieu lui-même: ce n’est pas sans nous faire penser à la communion des catholiques! Les nobles Aztèques mangeaient donc les bras, les jambes, les fesses ou les épaules des sacrifiés avec d'aussi pures intentions, sans aucun préjugé.Bernard R.Ortiz de Montellano attribue l'erreur d'interprétation originale aux récits très orientés des chroniqueurs espagnols que furent en particulier Cortez et Diaz del Castillo.Cortez voulait justifier sa destruction de l'empire aztèque en présentant ses habitants comme des êtres inhumains.Selon —Dtaz del Castillo, influencé de la même manière, les Aztèques n'allaient en guerre que pour obtenir de la chair humaine, sodomiser leurs victimes ou sombrer dans la boisson.Une fois de plus, on se rend compte qu'un auteur peut être facilement influencé par son environnement sociopolitique.L'histoire a souvent été déformée de la sorte, et il est bon que parfois des chercheurs plus objectifs rétablissent la vérité historique.François Picard GÉOLOGIE LES ROCHES RAJEUNISSENT Agacé par certaines anomalies dans les datations géologiques — par exemple des laves volcaniques plus anciennes que les volcans dont elles sont issues! —le professeur Christopher Brooks, géologue de l'Université de Montréal, a mis au point une nouvelle technique de datation, l'«isochrone Brooks» ou «isochrone de manteau».Basé sur une comparaison de certains rapports isotopiques du strontium et du rubidium dans les échantillons de roche considérés, l'isochrone de manteau permet de distinguer entre l’âge de la roche elle-même — c'est-à-dire l'époque de sa cristallisation — et l'âge des magmas dont elle fut formée.Le Pr Brooks a découvert que les méthodes de datation isotopique, telles que pratiquées habituellement, faisaient fréquemment appel à des caractéristiques antérieures à la cristallisation, liées au matériau lui-même.Autrement dit, pour prendre une comparaison, on confondait l'âge de la tranche de pain grillée avec la date de la moisson du blé ou 54 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE celle de la mouture du grain.Car la roche conserve en son sein des «souvenirs» isotopiques beaucoup plus vieux que sa naissance.En utilisant deux méthodes différentes de datation, et moyennant une savante soustraction mathématique, le géo- logue montréalais réussit à démêler les diverses composantes de l'âge des roches.Ce qui lui permet de dégager de nouvelles hypothèses concernant la formation de la Terre.Fabien Gruhier émissions seront d'ailleurs diffusées en circuit fermé, à d'autres heures de la journée, à l'intention des patients de certaines institutions de la région.Ces patients constituent aux yeux des chercheurs un échantillonnage plus valable, puisque l'équipe peut alors contrôler un nombre beaucoup plus grand de variables circonstancielles.Quant à la durée de l'expérience, rien de précis pour l'instant.«Le temps qu'il faudra», note simplement Colette Chabot.Même imprécision pour la forme des questionnaires, le contenu des messages, leur mode de diffusion dans le temps, etc.«On veut être assez libres pour s'adapter en cours de route», note-t-elle, en rappelant que son expérience, rigoureusement contrôlée, est la première du genre au Canada (et peut-être dans le monde).Avis donc aux personnes souffrant d'insomnies.CIME-FM diffuse sur la fréquence 99,5 MHz de la bande FM.Pierre Sormany COMMUNICATIONS UN SOMNIFÈRE RADIOPHONIQUE NUTRITION LE FRUCTOSE AUSSI, FAIT GROSSIR Les premières expériences de publicité subliminale sur les ondes canadiennes furent celles de la compagnie Kraft Foods, il y a quelques années.Expériences fort brèves, d'ailleurs, puisque le CRTC intervint aussitôt pour interdire complètement le procédé, avant même qu'on ait pu en mesurer un tant soit peu l'efficacité.En gros, un message subliminal est un message diffusé de telle sorte qu'il soit reçu par les sens, mais qu'il ne soit pas «décodé» par la conscience de l'observateur.Le message s'inscrirait donc, selon la théorie, à un niveau purement inconscient, et pourrait rendre ensuite le sujet plus vulnérable, plus «éveillé» à un rappel de la stimulation ainsi préparée.L'exemple classique consiste à incorporer l'image d'un produit (une bouteille de coke, par exemple) ici ou là le long d'une bobine de film.Comme ces images ne durent qu'un vingt-quatrième de seconde, le spectateur ne percevra rien de distinct.L'hypothèse subliminale veut que, mis par la suite en présence d'une publicité portant sur le même produit, ou de ce produit lui-même, le sujet soit plus «attentif», donc plus vulnérable.Dans d'autres cas, les techniques subliminales tenteront d'associer, au niveau inconscient toujours, la représentation d'un produit à vendre à un autre perception très agréable.Ou inversement, de coupler un produit avec des images subliminales désagréables, comme on le fait maintenant dans le cas de thérapies anti-tabagisme.Le problème, c'est que toutes ces hypothèses n'ont que fort peu (ou pas du tout) de confirmations expérimentales.Soucieuse de collaborer à l'expérimentation sur ce domaine, et de savoir en même temps si les messages subliminaux pouvaient efficacement prendre le canal de l'oreille, au lieu de celui de l'œil uniquement, Colette Chabot, de la station radiophonique CIME-FM (une station qui se veut celle de la détente, des loisirs et de l'écologie, et qui diffuse dans le bassin des Laurentides au nord de Montréal) a obtenu du CRTC l'autorisation de mener cet automne une expérience de messages subliminaux, entièrement contrôlée par du personnel qualifié.Bien sûr, il ne s'agit pas de messages publicitaires.On mise au contraire sur des incitations à la détente, superposées de manière à être à peu près imperceptibles à la trame normale d'une émission musicale, diffusée tous les soirs en fin de soirée.Et, au cas où cela aurait une certaine efficacité (sait-on jamais!), les automobilistes à l'écoute de cette station seront alors avertis de changer de poste, s'ils ne veulent pas prendre le risque de s'endormir au volant! Le contrôle expérimental fait appel à la collaboration des auditeurs, qui seront invités à participer activement à l'expérience.Ils rempliront pour le compte de l’équipe dirigée par Raynald Chabot, des questionnaires portant sur les moments où ils se sont sentis le plus détendu, sur le moment où ils croient s'être endormis, etc.On essaiera ensuite de voir s'il y a des recoupements entre les impressions ressenties par les auditeurs et la diffusion des messages subliminaux.Les bandes sonores des L'édulcorant miracle n'existe toujours pas: la Corporation professionnelle des diététistes du Québec, la CPDQ, vient, par un communiqué, de mettre le public en garde à propos des vertus supposées du fructose.Ce sucre «naturel» bénéficie indûment des malheurs de la saccharine, récemment bannie aux États-Unis au nom de la prévention anticancéreuse.Privées du substitut qui leur permettait de manger sucré, les personnes au régime —dia- bétiques, obèses ou simplement soucieuses de leur ligne — lui ont cherché un remplaçant.Beaucoup ont porté leur choix sur le fructose, guidés en cela par une habile incitation publicitaire et l'habitude abusive qu'ont les supermarchés et les pharmacies d'escompte de classer cette substance parmi les produits de régime ou «naturels».«Bien sûr, le fructose est un produit naturel, explique Mme Hendrix, de la CPDQ, puisqu'il est responsable de la saveur sucrée des fruits.Mais c'esttout aussi vrai du saccharose, dont il partage tous les inconvénients.» Ces inconvénients sont bien connus: le saccharose fait grossir car il possède pour l'organisme une valeur strictement calorique — énergétique — mais son intérêt nutritif est nul.Les gens qui suivent un régime amaigrissant ont un «budget» calorique strictement limité.Ils ne peuvent donc pas se permettre de le dilapider avec un aliment à «calories vides» qui ne leur apporte ni vitamines ni protéines.Or, le fructose fait lui aussi grossir: il n'y a aucune raison d'absorber le second si l'on estime ne pas pouvoir consommer le premier.«Certes, explique-t-on à la CPDQ, le fructose possède un pouvoir sucrant un tout petit peu plus élevé.A sensation égale, on peut ainsi en absorber très légèrement moins — quelque chose comme un quart de cuillerée en moins dans une tasse de café.Mais il est vendu dix ou douze fois plus cher que le sucre ordinaire.Cette «économie» de calories est donc très onéreuse.Quant aux diabétiques qui ne sont soumis à aucun régime amaigrissant, l'emploi modéré du fructose leur est parfois recommandé.Mais cette pratiquefait l'objet d'une certaine controverse et rencontre assez peu la faveur des spécialistes en Amérique du Nord.Fabien Gruhier ence QUÉBEC SCIENCE / septembre 1978 Mises, is It SSt! US rap- nee, ,esi PARUTIONS RÉCENTES LA BATTERIE ROYALE .-• par François Picard, Collection Civilisation du Québec, Série Place royale, ministère des Affaires culturelles, Québec, 1978, 75 pages, $1.50 Ce petit ouvrage indispensable aux amoureux du Vieux Québec est d'abord — comme son titre l’indique — le dossier complet de la Batterie Royale.La plate-forme aux onze canons, utilisée jusqu'en 1759, fut longtemps un élément clef de la défense de Québec.Récemment reconstruite dans l'état exact qu'elle présentait au début du 18ième siècle, sa robuste silhouette épaule de nouveau l'ensemble historique de la Place Royale auquel, à défaut d'une protection militaire, elle redonne tout son cachet.Quand on a dit cela, on a grossièrement schématisé.Les spécialistes, comme les «mordus», ont évidemment besoin d'en savoir davantage: quand, comment, pourquoi une batterie de canons précisément là?Dans quelles conditions et circonstances historiques fut-elle construite?Combien de fois remaniée?Avec quels matériaux?Etc.L'opuscule de notre collaborateur François Picard — qui dirigea la plus grande partie des travaux archéologiques sur le site — répond à toutes ces questions.Il replace si bien l'histoire de la Batterie Royale dans son contexte que l'on réapprend en même temps l'histoire du régime français.Mais il offre surtout une magistrale leçon d'archéologie: depuis les recherches en archives jusqu'aux derniers fignolages de la reconstitution, en passant par les fouilles, le choix d'une époque pour la reconstruction, la recherche de pierres et briques identiques aux matériaux d'origine, toutes les étapes du travail sont clairement explicitées, illustrées de nombreuses photos et fac-similé de documents anciens.Ceux qui se moquent des détails apprécieront la méthodologie, et ceux qui se moquent aussi de la méthodo- logie saisiront une occasion de faire du tourisme intelligent.Fabien G ru hier LES RETROUVAILLES, La prison *retrotwcifcr Collection de la Direction générale du patrimoine au ministère des Affaires culturelles, Québec, 1978, $0.75 chacun.Partir à la découvertedes lieux et sites historiques québécois tout en se montant une agréable collection, c'est ce que propose au public depuis peu le ministère des Affaires culturelles.Les retrouvailles, c'est une série de brochures d'une vingtaine de pages bien illustrées et agrémentées d'un texte simple et donc facile à lire par tous.On y raconte l'histoire de chacun de ces lieux ou sites classés par la Commission des biens culturels, de leur origine à maintenant, en rapportant ou en citant les textes d'archives qui les décrivent, qui parlent des travaux qui ont causé leurs transformations successives.Bien sûr, il s'agit le plus souvent d'églises car c'est là que les architectes ou les artistes québécois pouvaient le plus facilement s'exprimer.Les communautés religieuses avaient souvent plus d'argent que les nobles ou les seigneurs, et la religion occupait une place prépondérante dans la vie de nos ancêtres: l'art québécois fut donc jusqu'il y a quelques années surtout un art religieux.Mais les lieux et sites historiques du Québec, c'est aussi des maisons, des manoirs, des régions qui ont servi de cadre à des événements historiques, des moulins, des forges, des sites de potiers, et même des bateaux.Les premiers numéros de la collection portent sur Les églises et le trésor de Berthierville(Gaétan Chouinard), La prison des plaines d'Abraham (Monique La Grenade-Meunier), L'église et l'enclos paroissial de Saint-Mathias de RouviHe (Guy-André Roy), Les églises et le trésor de Saint-Pierre de la Rivière-du-Sud (Gaétan Chouinard), Les monuments historiques de La- terrière (Gaétan Chouinard), La maison André B.Papineau à Ville de Laval (Paul Gagnon) et La plaine côtière de Bellechasse (plusieurs auteurs en collaboration).Les nouveaux numéros doivent paraître au fur et à mesure qu'ils seront prêts.D'ici quelques années, les informations les plus pertinentes concernant ces sites importants de notre patrimoine auront été livrées au public.La collection dans son ensemble constituera un beau livre de l'histoire du Québec.François Picard LES VIEUX MURS TÉMOIGNENT Michel Gaumond, collection Civilisation du Québec, série Archéologie, ministère des Affaires culturelles, Québec, 1978, $1.50 Trois exemples de ce que peuvent nous apprendre des fouilles archéologiques sur l'histoire d'un site et de ses occupants.Il s'agit en fait de la réédition de trois documents déjà publiés séparément.L'originalité de ce livre consiste cependant en la présentation côte à côte de rapports d'archéologues écrits à cent ans de distance.Ainsi, on se rend compte qu'en 1879, on faisait déjà à Québec des fouilles archéologiques pour essayer de savoir ce que les documents d'archives ne révélaient pas.Faucher de Saint-Maurice, archéologue et écrivain, faisait il y a cent ans les fouilles du collège et de l'église des Jésuites situés à l'emplacement de l'actuel terrain de stationnement de l'Hôtel de Ville de Québec.En plus des ruines des bâtiments, il trouvait des objets ayant appartenu aux occupants du site: vaisselle, bijoux, monnaies, ossements humains,.Il nous raconte tout cela dans son rapport.Michel Gaumond nous décrit ensuite la première église de Saint-Joachim de Montmorency en se servant des documents historiques et des résultats des fouilles archéologiques effectuées en 1 964 et 1 965.Aujourd'hui, on ne peut voir sur place que les fondations de cette église détruite le 23 août 1759 par un détachement de soldats anglais.La maison Fornel, qui est le troisième sujet de ce livre, est cette maison de Place Royale où l’on peut visiter une exposition qui retrace l'histoire du Québec à travers l'archéologie préhistorique et historique.Cette maison appartenait au début du IBème siècle à certains des plus riches bourgeois de la ville: c’est dire 55 que c'est une construction de qualité.Les nombreux objets révélés par les fouilles donnent une idée de la vie que pouvaient avoir les riches habitants de la basse-ville.Cet ouvrage est une leçon d'histoire à travers l'étude de murs en ruines, de traces d'occupation et d'objets ou de fragments d'archives agrémentent ces trois témoignages et en rendent la lecture plaisante à tous ceux qui s'intéressent au passé, à l'histoire et à l'archéologie.François Picard COMMENT MEURT L'AUTRE MOITIÉ DU MONDE Susan George, traduit de l'anglais par Zéno Biandu.Robert Laffont, Paris, 1978, 400 pages, $18.80 Six heures: c'est à peu près le temps qu'il faut pour lire Comment meurt l'autre moitié du Monde.Pendant ce temps, 2 500 personnes mourront de faim ou d'une maladie due à la malnutrition quelque part dans le monde.C'est que la nourriture est contrôlée par les riches.La faim n'est pas un fléau, nous dit Susan George, elle est un scandale.Les riches proposent, les riches disposent.Cest un plaidoyer pour la raison et pour la justice sociale que ce «livre intelligent», «éclairant», pour reprendre les mots de John K.Galbraith.Il est un réquisitoire contre le rôle de l'Occident dans le problème de la faim; il voudrait être un plaidoyer pour l'autonomie des pays pauvres, seule stratégie capable de les sortir de cette dépendance.Le problème n'est pas tellement d'éduquer les paysans que de «déséduquer» les cadres techniques et scientifiques qui tentent d'appliquer dans le Tiers-Monde une technologie occidentale.La nourriture est devenue une nouvelle forme de pouvoir.Qui contrôle les stocks mondiaux de céréales contrôle le niveau de la faim.Selon Susan George, il faut regarder ce qui se passe du côté des compagnies céréalières (General Foods, Ralston Purina, Quaker Oats, Swift, etc.) et certains gouvernements pour comprendre «la pénurie organisée».Même la FAO subit les foudres de l'auteur.La Banque Mondiale aussi.Bref, un livre qui nous invite à étudier les riches et les puissants et non les pauvres et les défavorisés.Comment pouvons-nous espérer changer le monde si nous ne sommes pas capables de changer les bobines d'un projecteur.Il faut examiner le rôle 56 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE des pays riches dans cette crise.C'est un livre qui nous aide à comprendre la nature structurale de l'agriculture des pays riches et sa relation avec la faim dans le monde.Claude Tessier LES MAUVAISES HERBES COMMUNES DU CANADA GtraU A.Mulligan Les Mauvaises Herbes communes du Canada par Gerald A.Mulligan L'Étincelle, Montréal, et le ministère des Approvisionnements et Services, Ottawa, 1978, 138 pages, $6.95 Pour mener avec succès le combat sans fin contre les mauvaises herbes, il faut d'abord les connaître au point de vue botanique, puis les identifier partout où elles rencontrent un environnement propice à leur croissance: terrains vagues, pelouses, jardins, bord des routes, pâturages, prairies, champs remués et cultivés.Cet ouvrage contient 11 7 illustrations en couleur des mauvaises herbes les plus répandues au Canada, accompagnées d'une brève description de la morphologie, du milieu favorable à l'apparition, de la période de floraison et du mécanisme de propagation.Il permet de procéder rapidement à l'identification des mauvaises herbes qui prolifèrent souvent dans des habitats artificiellement créés par l'intervention de l'homme.Voilà un recueil fort utile aux citadins tout comme aux cultivateurs, campeurs, jardiniers, botanistes amateurs ou professionnels.Joseph Risi DE LA BIOLOGIE A LA CULTURE par Jacques Ruffié, Flammarion, collection Nouvelle bibliothèque scientifique, Paris, 1977, 598 pages, $28.50 Vue sous son angle biologique, l'apparition de l'homme n'est en rien différente de l'apparition de toute autre espèce.Le mécanisme qui conduit à nous, note Jacques Ruffié, est identique à celui qui mène à la drosophile ou au cheval.Il n'y a pas de «nature humaine» qui s'opposerait à la «nature animale».Le mythe de la création est mort avec Darwin.Le seul élément qui singularise l'hominisation est le sens dans lequel s'est exercé la sélection.Les théories évolutionnistes ont maintenant plus d'un siècle.L'oeuvre de Theillard de Chardin, qui tenta de les réconcilier avec la notion de projet divin, date de près d'un demi-siècle.Celle de Jacques Monod, qui avec Le hasard et la nécessité attaqua de front cette notion de «projet évolutionniste» à la lumière de la biochimie moderne, a maintenant vieilli de dix ans.Nous sommes au temps des synthèses.Au moment où l'on traduit la thèse de Franck Tinland sur la nature humaine (La différence anthropologique: essai sur les rapports de la nature et de l'artifice), en attendant les second et troisième tomes de La méthode d'Edgar Morin, qui veulent justement se pencher sur ce passage de la biologie à la sociologie, et peu après que les socio-biologistes aient posé sur des bases darwiniennes la question des comportements sociaux, le livre de Ruffié surgissait au bon moment.Un projet ambitieux, qui coupait en quelque sorte l'herbe sous les pieds de toufe les spécialistes de «l'hominisation».Un projet ambitieux, fort bien reçu par la critique lors de sa parution (il y a maintenant plus d'un an et demi).Et pourtant, avouons-le, un projet raté! Le livre de Ruffié constitue une somme exceptionnelle du savoir humain sur ces questions importantes de l'évolution biologique et de l'apparition de la culture.Mais cette force (qui en fait un ouvrage de référence nécessaire) en est aussi la principale faiblesse.La première partie, portant sur les différentes hypothèses évolutionnistes, est fort riche.Elle présente un souci du détail qui encombre plus qu'il n'éclaire.Le lecteur se trouve plongé au cœur d'un traité de biologie fondamentale.Mais aux côtés de cette description académique du darwinisme, des critiques néo-lamarkienne (l'environnement, vu comme moteur premier de l'évolution) et kimu-rienne (le hasard, vu commefac-teur déterminant presque exclusif) sont traitées à la légère, et le compromis proposé, quoique méritoire, demeure sans profondeur.Il y a déjà là un certain déséquilibre.Mais c'est par la suite que le traité devient intéressant.et qu'en même temps il se gâte.À travers de nombreuses lectures, évoquées en de nombreuses citations, l'auteur nous entraîne, par un bond vertigineux, de cette discussion théorique jusqu'au cœur des sociétés humaines modernes, et étudiant en paragraphes lapidaires ce phénomène de l'hominisation.Pourtant la juxtaposition d énoncés plausibles ne suffit pas à composer une thèse articulée.Le texte de Ruffié ne convaincra que les lecteurs déjà gagnés à ses théories.Les difficultés sont escamotées.Qu'il suffise de mentionner que l'auteur règle en deux pages à peine le problème central de la socio-biologie (comment les comportements de sacrifice peuvent-ils être maintenus au fil de l'évolution biologique), pour en conclure, péremptoirement, que «c'est l'altruisme planétaire qui peut sauver l'humanité du suicide collectif».Malgré tout, par son ambition, et par la somme de connaissance que Ruffié regroupe ici, son ouvrage deviendra sans doute une borne inévitable pour tous les auteurs qui aborderont désormais ce domaine de la nature humaine, et du passage de l'évolution biologique à l'évolution culturelle.Un ouvrage majeur, mais rédigé par un biologiste (généticien) qui a du mal à faire la part des choses entre la science et l'idéologie, souvent naïve, dès qu'il sort de la génétique qu'il connaît bien.La grande synthèse, quant à elle, reste à faire.Pierre Sormany Derniers livres reçus Électrotechnique générale A.Blajkine et coll.Éditions Mir, Moscou, 1977, 661 pages, $13.80 Équations intégrales M.Krasnov, A.Kissélev, G.Makarenko Éditions Mir.Moscou, 1977, 208 pages.$5.30 Logique des neurones et du systèmes nerveux.Essai d'analyse théorique des données expérimentales P.Nelson Ma/oine-Doin, collection Recherches interdisciplinaires, Paris, 1978, 318 pages.$44.50 Manuel pratique de l'infirmière.Soins aux malades sous la direction de V.Kovanov Éditions Mir, Moscou, 1977, 640 page.$11.75 Méthodes de la théorie des fonctions d'une variable complexe par M.Lavrentiev et B.Chabat Éditions Mir, Moscou, 1977, 728 pages, $14.75 Le parler populaire de la Beauce par Maurice Lorent Leméac, Montréal, 1977, 224 pages.$8.95 Sources de l'histoire du Saguenay-Lac Saint-Jean.Tome III — Guide bibliographique André Côté publication du Centre de documentation.Direction de T inventaire des biens culturels.Direction générale du patrimoine, ministère des Affaires culturelles, Québec.1977.273 pages, $9.95 Statistique descriptive Yves Mainguy Les Presses universitaires de France, collection Mementos themis, Paris, 1977.143 pages.$12.30 Stress et bio-feedback Barbara B.Brown préface de Hans Se/ye, traduit dé /'américain par Jean-Pierre Schetagne.L'Étincelle, Montréal, 1978, 148 pages, $13.95 Thermodynamique et biologie.Tome I — Entropie, désordre et complexité J.Tonnelat Maloine-Doin.Paris.1978.237 pages.$17.00 : : 57 ~:N VRAC.UNE MAUVAISE NOTE POUR LES AVOCATS ET LES HOMMES D'AFFAIRES _es membres du Parlement canadien qui Dnt une expérience professionnelle en droit ou en affaires comprennent peu étude des problèmes de la recherche scientifique canadienne.C'est ce que l'évèle le rapport d'une enquête effectuée jsar des hommes de science représentant a Fédération canadienne des sociétés siologiques, l'Association canadienne des professeurs d'universités, l'Associa-ion canadienne des médecins, l'Institut de chimie du Canada, le Conseil de re-sherche en sciences sociales, le Conseil anadien des géosciences et plusieurs autres organisations.Ainsi les députés, de quelque parti que ce soit, qui ont une axpérience comme fonctionnaires, enseignants, fermiers, techniciens, écono-nistes, comptables, médecins et pharmaciens ont tous des résultats plus élevés que les députés avocats et hommes d'affaires (qui se classent respecti-/ement avant-derniers et derniers).LES SOLDATS ET LA MARI L’usage de la marijuana, spécialement par les jeunes recrues, augmente et devient un problème dans les forces armées canadiennes.De plus, le lieutenant-général J.C.Smith, sous-ministre adjoint du ministère de la Défense nationale, ajoutait devant le Comité de la défense de la Chambre des Communes que l'abus de l'alcool était un problème encore plus sérieux.La vie dans les forces armées canadiennes serait-elle moins idyllique que le suggère leur publicité, que les jeunes recrues aient besoin de faire usage de cette «herbe à rêver»! AU PAYS DES ASCENSEURS New York est la capitale du «pays des ascenseurs».Les ascenseurs new-yorkais transportent six pour cent de tous les passagers ascensionnistes dans le monde et New York aurait le «voyage en ascenseur» le plus long, soit les 110 étages du World Trade Center.Les Américains qui, plus que tout autre peuple, ont l'expérience des hauts et des bas, ont de plus fait preuve d'ingéniosité pour tromper I ennui des gens impatients aux heures de pointe.Ainsi, ils ont pensé placer une jolie fille à un pseudo-bureau d'information près des ascenseurs ou disposer des miroirs entre ceux-ci: le temps que les gens regardent la jeune fille ou s'examinent et l’ascenseur arrive.Mais l'Américain moyen ne prendra place dans l'ascenseur que s'il peut s'assurer un espace personnel d'un tiers de mètre carré.C'est la découverte d'un anthropologue qui avait installé son bureau.dans un ascenseur.FINI LE CHRONO Le chronomètre ne sera bientôt plus qu'un souvenir pour les médecins qui doivent prendre le pouls de leurs malades.Une firme britannique met actuellement sur le marché un nouvel instrument pesant seulement 60 grammes qui, maintenu, au bon endroit bien sûr, sur le poignet du patient, donne le nombre de pulsations par minute.Le Pulsaid, le premier du genre au monde, enregistre le pouls et transmet l'information à un conducteur piézo-électrique par l'intermédiaire d'une membrane de caoutchouc flexible.Grâce à un système électronique de conversion des impulsions mécaniques en impulsions électriques, on obtient l'affichage sur un cadran du nombre d'impulsions par minute.Le médecin peut ainsi découvrir en quelques instants seulement les irrégularités et les anomalies du pouls.LES DERNIERS DE LA FAMILLE Vous êtes le cinquième enfant d'une famille?Si oui, il y a de fortes chances que vous soyiez moins intelligentquevos aînés.Vous êtes alors désavantagé par la naissance.Ce sont deux spécialistes danois, L.Belmont et F.A.Marolla, qui le disent.Ils vont jusqu'à déduire de leur étude que les plus jeunes enfants d'une famille nombreuse ont davantage tendance au suicide ou souffrent plusfacile-ment d'un affaiblissement de l'acuité visuelle.De plus, la télévision et l'absence de discipline aggraveraient la situation.D'autres chercheurs, américains ceux-là, confirment ces données.UNE NOUVELLE LUNE Un savant bien heureux: Clyde Tombaugh, l'astronome américain qui avait découvert Pluton en 1930.Cette planète, la plus éloignée du Soleil, restait pourtant bien mystérieuse.On avait fait des suppositions quant à sa taille et son poids, mais sans jamais être en mesure d'affirmer quoi que ce soit.Et puis, voilà qu'un astronome américain, James Christy, de l'observatoire de la marine américaine à Washington, remarque un petit satellite en orbite autour de Pluton sur des photos de la planète prises en avril dernier.Ça change bien des choses! On est maintenant en mesure de calculer le diamètre de Pluton: 2 100 km à 2 900 km au lieu de 5 800 km comme on le pensait auparavant, et sa masse ne serait que des deux dixièmes de celle de notre lune.Charon, son satellite, qui en est éloigné de 1 900 km seulement, aurait 800 à 960 km de diamètre.Autre fait intéressant: Charon est en orbite fixe autour de Pluton, seul cas du genre connu jusqu'à présent.UN AUTRE TROU NOIR Les trous noirs passionnent de plus en plus les astronomes autant que le public.Un troisième trou noir a été détecté au mois de juin grâce à l'observatoire détecteur de rayonnements Xqu’est le satellite Copernic.Scorpii V-861, telle en est sa dénomination, a été repéré dans la constellation au Scorpion.Ces phénomènes seraient des étoiles éteintes très denses avec une telle force gravitationnelle que même la lumière ne pourrait s'en échapper.En observation, on ne remarque donc qu'un trou noir.Ce que l’on détecte, en fait, ce sont les rayonnements émis par des gaz ou des matières interstellaires qui se déplacent très rapidement en étant attirés par l'étoile morte.Les deux autres trous noirs repérés jusqu'à présent s'appellent Cygnus X-1 et Circinus.Comme l'atmosphère terrestre est opaque aux rayons X, seuls des satellites peuvent effectuer le travail de recherche pour les astronomes.UN POTAGER LUNAIRE La culture de légumes dans l'espace passionne les savants soviétiques.Il est vrai qu'après toutes les régions désertiques qu'ils ont réussi à transformer en aires cultivables, en Sibérie, par exemple, il y a de quoi être encouragé.Actuellement, ils font des recherches sur la culture de blé, de carottes, de betteraves à sucre, de radis et de quelques autres plantes dans des conditions d'éclairage semblables à celles de la lune, soit un mois de jour et un mois de nuit.Les résultats sont positifs.Au même moment, on apprend que les astronautes de la station spatiale Saliout ont mangé des échalottes cultivées à bord de leur station spatiale en même temps que quelques autres légumes.LES ONDES COURTES À LEUR MEILLEUR Dès maintenant, et cela pour trois ou quatre ans, la propagation des ondes radio est facilitée au moment de la forma- 58 1 septembre 1978 / QUÉBEC SCIENCE tion de taches solaires et perturbée lors d'éruptions solaires.Ces deux phénomènes atteignent leur point culminant tous les onze ans, le prochain étant 1 980.Lors de la formation de taches solaires, on peut entendre des postes très éloignés aussi bien sur la bande MF (par exemple des stations de radio du Tennessee un soir de juillet), que sur les bandes des ondes courtes ou à la télévision.Ce qui se passe dans ce cas: un rideau de particules électriques enveloppe la terre et les signaux radio s'y réfléchissent, ce qu'ils font d'habitude sur l'ionosphère.C'est donc le temps idéal pour écouter des stations radiophoniques éloignées et devenir un amateur de l'écoute des ondes courtes.DÉGUSTATEUR D'ALIMENTS, UN MÉTIER! Un métier pas comme les autres: dégustateur de spaghettis.Et ça existe vraiment au Canada.Agriculture-Canada offre en effet aux industries et aux consommateurs un service de recherche sur les aliments où on évalue certains produits commerciaux ou expérimentaux.Dans le présent cas, il s'agissait de vérifier la texture de 1 7 sortes de spaghettis par des moyens mécaniques et sensoriels.Pour ce faire, 10 morceaux de chaque sorte de spaghetti ont été coupés par 10 lames en 100 points différents, imitant ainsi la mastication.Parallèlement à cette opération, des dégustateurs, qui ont bien sûr suivi un entraînement adéquat, goûtent à des échantillons pour en évaluer les propriétés comme la consistance sous la fourchette ou la dent.Les résultats disponibles aident à mettre sur le marché un produit hautement commercialisé.en OCTOBRE Michel Gauquelin fera le point sur les conséquences du développement de la baie James pour les Indiens et les Inuit Jean Baroux nous présentera le récipiendaire du prix Kalinga 1977, Fernand Seguin Luc Chartrand examinera les possibilités actuelles des techniques de «lavage de cerveau» NE NOUS CHERCHEZ PLUS ABONNEZ VOUS Au tarif de $17.00* (1 an / 12 numéros), je m'abonne pour .années au magazine QUÉBEC SCIENCE.?abonnement ?réabonnement COUPON D'ABONNEMENT (à remplir en lettres MAJUSCULES) i i i i i i i I l I I I I l I II I I I II I I II i M LJ 31 nom I I II II I I I I i I I I 11 I I I 1 J 61 prénom 80 LBJ U 7 8 II I I I I I I I I I I I I I I I I I I I 9 numéro rue appartement 28 i i m m i i i i i i i i i m r i i i 49 province ou pays ?Chèque ou mandat postal ci-joint I I I | I I | D Veuillez me facturer 69 code postal 74 * Tarif en vigueur jusqu'au 31 décembre 1978 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery.Québec, GIT 2R1. Répertoire des produits fabriqués au Québec 1978 LE RÉPERTOIRE DES PRODUITS FABRIQUÉS AU QUÉBEC avec ses 5756 fabricants et ses 2966 produits faits au Québec est le reflet aussi exact que possible de l activité industrielle du Québec de 1978 et s avère un guide indispensable pour toute personne dont l'activité est reliée à l’acquisition ou à la spécification de produits.par produit 3.la liste alphabétique des compagnies manufacturières québécoises 4.la liste des produits par compagnie manufacturière québécoise IL COMPREND QUATRE PARTIES : 1.la liste alphabétique des produits 2.la liste des compagnies manufacturières québécoises m RÉPERTOIRE DES PRODUITS FABRIQUÉS AU QUÉBEC NOM: ADRESSE: CODE POSTAL: Faire le chèque ou mandat au montant de $25.00 au nom du Centre de recherche industrielle du Québec Poster à: CENTRE DE RECHERCHE INDUSTRELLE DU QUÉBEC 333, rue Franquet.' 2£9038.Ste-Fby.Que.f J CENTRE DE RECHERCHE G1V4C7 V^IXIV»€ INDUSTRIELLE DU QUÉBEC BIBUo/ La plus jeune université.éxÆüil ‘ï.; m ÏSSSS&É ^ REÇU I SEP .- 1 -••' : ' .mais on y compte près de 40 000 étudiants dont les deux tiers sont âgés de 25 ans ou plus.On y offre plus de 320 programmes universitaires de premier, deuxième et troisième cycles.On y conduit de nombreux projets de recherche auxquels plus de $8 000 000 sont consacrés sous forme de subventions.On la retrouve à la grandeur du Québec par ses dix unités constituantes.L'Université du Québec à Montréal, à Trois-Rivières, à Chicoutimi, à Rimouski, le Centre d'études universitaires dans l'Ouest québécois, l'Institut national de la recherche scientifique, l'Institut Armand-Frappier, l'École nationale d'administration publique, l'École de technologie supérieure et la Télé-université.Université du Québec
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.