Québec science, 1 janvier 1979, Décembre
Smm Volume 18, numéro 4 DÉCEMBRE 1979 L’ANNËE DU SOIEIL • DOSEZ VOTRE CAFÉ IA SOCIÉTÉ EN JEUX • l£ LANGAGE DES POUPÉES (¦ -v^ .>s ¦ s ¦: " C.ï ' ¦ ' - ¦ %¦ ; ^ ¦' : : .f.* > , ’¦ ,t .v:-^er t ï- le cristal et la fumée Essoi rganiî du vivant ¦L&ll i- * r't : ¦ ' \ w ••Vï ENTRE LE CRISTAL ET LA FUMÉE LE SEXE ET L'INNOVATION Essai sur l’organisation du vivant Henri Atlan La vie n’a pas fini de nous surprendre: réduite à des interactions moléculaires, mais étendue à des lois d’organisation inattendues, elle est aujourd’hui observée dans des systèmes vivants dont la logique interpelle et renouvelle la pensée rationnelle.Notre psychisme, nos sociétés, objets des sciences humaines au statut toujours aussi mal assuré, nous font penser l’organisation comme une forme ininterrompue de nouveau, de sens, de vivant, entre et à partir de deux formes de morts, entre le cristal et la fumée.André Langaney La propriété la plus troublante de la vie est sans doute le renouvellement continu de ses formes.Son caractère d’innovation permanente est au cœur des problèmes scientifiques, philosophiques et moraux, que pose la biologie moderne.C’est dire l’importance d’une réflexion générale sur les mécanismes de cette innovation.Innovation dans les structures biologiques elles-mêmes d’abord.Innovation, bientôt, par la sexualité qui transforme les comportements et l’organisation sociale des espèces.ENTRE LE CRISTAL ET LA FUMÉE, Henri Atlan, Éditions du Seuil, Paris, 1979, 288 pages, $25.55.LE SEXE ET L’INNOVATION, André Langaney, Éditions du Seuil, collection «Science ouverte», Paris, 1979, 190 pages, $17.80.EN VENTE EN LIBRAIRIE DIFFUSION DIMEDIA, INC., 539, boulevard Lebeau, Ville Saint-Laurent, Québec, H4N 1S2 (514) 336-3941.WrÆm QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 Sommaire Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1979.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1.©Copyright 1979 — le magazine Québec Science — Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Control Data Canada George J.Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de THydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Sauvegarde Oie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Jean-Marc Gagnon directeur Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Pierre Parent Andrée-Lise Langlois réalisation graphique Raymond Robitaille composition typographique Patricia Larouche administration et secrétariat Marie Prince promotion et publicité Claire D'Anjou Nicole Bédard Cécile Buteau Christian Gosselin diffusion Distribution postale Paul A.Joncas Photogravure et impression L'Éclaireur liée Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements Spécial: (2 ans / 24 numéros): $30.00 Régulier: (1 an / 12 numéros): $17.00 Groupe (10 et plus): $15.00 A l'étranger: $21.00 A l'unité: $2.00 Port de retour 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Dosez votre café Jean-Pierre Rogel La caféine est une drogue méconnue qui est peut-être votre pire meilleur ami 34 La société en jeux Lise Barrette et André Lemelin La théorie des jeux ne prédit pas Tissue finale d'un conflit, mais contribue à la prise de décision 40 Le langage des poupées Georgette Goupil Jouer, pour les enfants, c'est surtout une façon de communiquer 4 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE LE CHOIX SOLAIRE Une énergie qui entre dans la vie quotidienne Ch.Vauge L’utilisation de l’énergie solaire n’est plus une utopie et devient même, depuis la crise énergétique de 1973, une solution de rechange à long terme.Première des énergies dites «naturelles», le soleil dégage en direction de la terre une puissance de 173 millions de gigawatts, soit près de six millions de fois la consommation du réseau électrique français.L’idée était tentante de puiser à cet énorme réservoir l'énergie nécessaire aux activités humaines.L’énergie solaire est-elle rentable?Les expériences ont-elles été concluantes?«Le choix solaire» répond à ces questions.2-222-02326-2 254 pages $16 (Coédition Tchou) RAPPEL : L’ÉNERGIE SOLAIRE.PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES 2-222-01819-6 216 pages $12 BON DE COMMANDE Veuillez m'expédier : ?Le Choix solaire à $16 $ - ?L'Énergie solaire à $12 $ ____________ ?Je désire recevoir votre documentation ?Paiement ci-joint à l'ordre des Presses de l'Université de Montréal 1 1  percevoir sur mon crédit Chargex - Visa n° I I I I I 1 I 1 1 1 1 1- Nom Adresse Code postal DIFFUSION AU CANADA JL w Les Presses de l’Université de Montréal C P 6128.Suce "A" Montréal.Qué .Canada H3C 3.17 Tél 343 6929 SPÉLÉOLOGIE: UN SPORT ET UNE SCIENCE Nous aimerions apporter quelques rectifications concernant le rôle et les intérêts attribués à la Société québécoise de spéléologie dans l'article intitulé «Le trésor de Saint-EIzéar», publié dans l'édition de septembre 1979 de votre magazine scientifique.On semble vouloir y assimiler la S.Q.S.à un organisme de sport — il y aurait de quoi faire rougir les responsables du dossier Plein-Air du Haut-Commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports! La spéléologie a cette particularité d'être à la fois une activité de plein-air et une science qui incorpore ou utilise les résultats de plusieurs autres disciplines (géologie, géomorphologie, hydrogéologie, climatologie, chimie-physique, biologie, sociologie, archéologie, etc ).Et c'est précisément ce deuxième volet qui nous a toujours semblé prioritaire dans le cas de la grotte de Saint-EIzéar.Ainsi la S.Q.S.compte parmi ses membres plusieurs des meilleurs experts scientifiques dans le domaine de la spéléologie et c'est grâce à leurs investigations scientifiques et à leur action de sensibilisation auprès de la population locale que la grotte de Saint-EIzéar a été redécouverte le 15 janvier 1977.Or, les études qui sont actuellement menées par le ministère des Richesses naturelles sont très partielles et ne touchent qu'un aspect des études possibles.Elles empêchent toutefois tout autre forme d'étude et interdisent l'accès de ce site à la communauté scientifique du Québec.La S.Q.S.a toujours et continuera de décrier cette tendance à la chasse-gardée et à une prétendue expertise et continuera à exiger que ses scientifiques ou ceux de d'autres associations puissent y réaliser des études différentes, spécifiques mais complémentaires.Comme vous pouvez le constater, nous sommes plutôt loin du sport! Michel Beaupré S.Q.S.POMMES SOUS ATMOSPHÈRE CONTRÔLÉE Suite à l'article paru dans le numéro d'octobre 1979 sous le titre «La McIntosh détrônée», je désirerais apporter les rectifications suivantes.L'auteur de l'article, M.André Lamou-reux, écrit: «La McIntosh est excellente au goût, mais son grand défaut, c'est qu'elle ne se conserve pas longtemps.Deux ou trois mois au plus.» Ces «deux ou trois mois» ne donne qu'une information bien partielle de la situation.Il est vrai que la pomme Mc- 1 Intosh, entreposée au froid et à l'humidité, ne se conserve pas plus longtemps.Les amateurs de cueillette libre ont sans doute eu l'occasion de le constater s'ils n'ont pas réussi à manger tous leurs fruits avant la période des Fêtes.Mais, pour donner une figure com- ! plète du calendrier d'autosuffisance québécoise en matière de pomme McIntosh, il ne faut pas oublier les pommes entreposées à l'échelle commerciale, dans des conditions plus sophistiquées que l'entreposage à l'air froid et humide, c'est-à-dire dans des conditions où l'atmosphère des chambres froides est modifiée.Plus de 1 200000 boisseaux de pommes McIntosh étaient entreposés sous atmosphère contrôlée (AC) au premier février 1979.Ces fruits d'une qualité sans doute acceptable étaient vendus sur les étalages des épiceries sous étiquette AC.Certains de ces fruits s'y retrouvaient encore en juin (référence: relevés du Service de mise en marché du ministère de l'Agriculture du Québec).Je ne nie pas l'intérêt qu'il y a à diversifier la production pomicole québécoise et à améliorer la qualité des arrivages de pommes locales en période d'hiver, mais je crois que ce que l'on dispose maintenant ne doit pas être ignoré avant de convoiter les produits importés.Luce Bérard Physiologiste préposée à l'entreposage des fruits et légumes Agriculture Canada A L'AFFÛT DES OISEAUX Je suis abonné à Québec Science depuis un an et je m'intéresse beaucoup aux oiseaux et à la nature.À la suite de la lecture de l'article sur les Faucons pèlerins, dans le volume 18, numéro 1, je me suis demandé s'il existait un club d'ornithologie.J'aimerais savoir si, en étant étudiant, je pourrais baguer des oiseaux.Pourriez-vous m'indiquer l'endroit où je pourrais avoir de la documentation et l'adresse du club d'ornithologie, s'il en existe un.Pascal Berthelot Mont Saint-Hilaire // existe plusieurs clubs d'ornithologie au Québec et, à notre connaissance, les plus près de chez vous seraient situés à Montréal.Voici leur adresse: Société de biologie de Montréal, Section d'ornithologie, 2730, Chemin de la Côte Sainte-Catherine, Montréal.H3T 1B7, a/s Marc Saint-Germain; Club des amateurs d'oiseaux de Montréal, 12735, Jean-Nollet, Montréal, HIE 2C5, a/s Jean-Marie Rivard.H est probable que ces clubs pour- QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 ront vous fournir de la documentation, ou vous indiquer où vous la procurer, et vous donner toutes les informations pertinentes.«DÉCONCENTRATION» SERAIT DE MISE J'aimerais apporter une précision sur l'article d'André Lamoureux paru dans le numéro du mois d'octobre dernier, «Des cerveaux migrateurs».Malheureusement cette imprécision se glisse dans presque tous les journaux et articles dits «scientifiques» depuis que l'on parle de «décentralisation» au pays.Lorsque les gouvernements fédéral et/ou provinciaux parlent de décentralisation, dans la très grande majorité des cas, ceux-ci nous parlent de déconcentration: tout comme dans votre article, vous confondez décentralisation et déconcentration.Le Petit Robert, édition 1977, page 462, définit le mot déconcentration comme suit: système dans lequel le pouvoir de décision est exercé par des agents et organismes locaux, résidant sur place mais soumis à l'autorité centrale (à la différence de la décentralisation).Ghislain Deschênes Hull LA CARTE DES VENTS Félicitations pour votre article sur l'énergie éolienne.Pour le bénéfice de vos lecteurs, j'aimerais souligner qu'une cartographie des vents mensuels moyens sur le Québec méridional, accompagnée d'un texte explicatif, est disponible gratuitement en s'adressant au sous-signé.Le Service de la météorologie étudiera plus à fond, dans les mois qui viennent, la statistique des vents pour plusieurs localités du Québec.Les résultats seront distribués aux intéressés.Richard Leduc Service de la météorologie 194, avenue Saint-Sacrement Québec, GIN 4J5 LES RÉSURRECTIONNISTES DANS NOTRE LITTÉRATURE Au sujet de l'article intitulé «Ces chers ancêtres», paru dans le numéro d'août dernier et signé par Luc Chartrand, je voudrais signaler que dans les Contes et Récits de Faucher de Saint-Maurice (VLB Éditeur, 1977), il est une histoire portant sur une expédition particulière de cer- Îtains résurrectionnistes.Il s'agit de «Belle aux cheveux blonds».On y trouve des vers de la Comédie de la mort de Théophile Gauthier: «Analyseurs damnés, abominable race, Hyènes qui suivez le cortège à la trace 5 Pour déterrer les corps; Aurez-vous bientôt fait de déterrer les bières Pour mesurer nos os et peser nos poussières: Laissez dormir les motsl» Les résurrectionnistes ont bel et bien laissé quelques pistes dans la littérature.On retrouve aujourd'hui des bijoux de grande valeur enfouis dans ce qu'il nous reste d'écrits et de contes.Qualifier la médecine d'héroïque n'est pas peu dire, à l'époque où feux follets et loups-garous y allaient de pair.Norbert Latulippe Lévis ADRESSE UTILE Est-il possible d'obtenir l’adresse de la Société québécoise de spéléologie?Jean Sauvageau Saint-Casimir La Société québécoise de spéléologie est située au ! 415 est, rue Jarry, Montréal, H2E 217.• TECHNICIENS SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL • DIPLÔMÉS DU CEGEP PROFESSIONNEL BACCALAURÉAT EN TECHNOLOGIE dans les programmes de: CONSTRUCTION CIVILE ÉLECTRICITÉ MÉCANIQUE Le bachelier en technologie est un technicien qui a reçu une formation collégiale pratique, à laquelle on ajoute une solide formation universitaire.RÔLE DU BACHELIER DANS L'INDUSTRIE: • Améliorer des procédés de fabrication; • Développer de nouvelles méthodes et de nouveaux produits; • Superviser des opérations industrielles et des chantiers de construction; • Résoudre des problèmes pratiques de gestion industrielle.CONDITIONS D'ADMISSION: • Diplôme d'études collégiales (DEC professionnel en techniques physiques); • Diplôme d'un ancien Institut de technologie; • ou l'équivalent dans un programme correspondant aux programmes de l'E.T.S.Pour renseignements et admission: Bureau du registraire École de technologie supérieure 180 est, rue Sainte-Catherine Montréal, Québec H2X 1 K8 Téléphone: (514) 282-7784 Université du Québec Ecole de technologie supérieure 1969-1979 Le réseau de l'Université du Québec: dix ans de réalisations 1 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE MÉDECINE UN MEDICAMENT POUR LES ULCÈRES On vient de découvrir un nouveau médicament qui donne de bons résultats dans le traitement des ulcères du duodénum accompagnés d'écoulements sanguins, maladie qui, si elle n’est pas contrôlée, peut entraîner la mort.Ce médicament est le résultat des recherches du Dr Harry Himal et de son équipe, effectuées dans le cadre d’un programme de recherche à long terme, à l'université McGill et au Royal Victoria Hospital.Ce nouveau médicament porte la dénomination commune de Cimétidine et est en vente sous le nom commer- cial de Tagamet.Il peut s’administrer par injection ou par voie orale.Pour bien comprendre la manière dont il agit, il est bon de rappeler brièvement la conformation de l’appareil gastro-intestinal.Juste au-dessous de l’œsophage se trouve l’estomac supérieur, dont la fonction principale est d’emmagasiner les aliments, mais qui produit aussi la gastrine, un acide qui pénètre dans le duodénum.Le duodénum est situé à l’entrée de l’intestin grêle.Son nom lui vient d’un mot latin qui signifie douze, car sa longueur est égale à la largeur de douze doigts, ce qui correspond aux premiers 30 centimètres de l’intestin, juste après l’estomac.Les ulcères du duodénum peuvent être dus à un excès de gastrine provenant de l’esto- mac, mais ils peuvent avoir d’autres causes.Le Dr Himal affirme que la Cimétidine est la première forme de traitement que l’on choisit pour traiter cette maladie, car elle arrête complètement la sécrétion d’acide gastrique.Si le médicament ne donne pas les résultats escomptés, on doit opérer.Quelles sont les manifestations de la maladie?Voici l’histoire d’un cas type, celui d’un homme de 65 ans.Il ne ressentait pratiquement aucun signe avant-coureur; en tout cas, il ne souffrait absolument pas jusque-là.Un matin, au-réveil, il se sentit mal en point.C’est à peine s’il put rester debout une demi-heure.Dans l’après-midi, il vomit, et il crut alors à un simple empoisonnement alimentaire.Mais le lendemain, il ne se son teint gris, soupçonna immédiatement une hémorragie interne.En quelques minutes, le patient se retrouva raccordé à trois tubes — dans un bras, la transfusion sanguine, dans l'autre, l’alimentation intraveineuse, plus un tube dans le nez pour amener de l’eau froide, avec des cristaux de glace, dans l’estomac pour arrêter l’hémorragie.En moins d’une heure, l’endoscopie avait confirmé un ulcère du duodénum avec hémorragie.L’endoscopie est une technique qui permet de regarder à l’intérieur de n’importe quel canal du corps à l'aide d’un tube de fibres flexibles, muni à son extrémité d’un sentait pas mieux.À la clinique externe de l’hôpital, le médecin, voyant dispositif optique.L’endoscope permet de découvrir la présence d'ulcères, dans l’œsophage d'abord, lorsqu’on fait descendre le dispositif optique, puis dans l’estomac et enfin dans le duodénum.IMOl'II DISTRIBUTIONS TN PHYSIQUE LA SCIENCE SOVIÉTIQUE AU QUÉBEC .EN FRANÇAIS S.V.P.! MATHEMATIQUE V.VLADIMIROV En vente dans toutes les librairies qui tiennent un rayon scientifique ou bien retournez-nous ce coupon accompagné de votre paiement à l’adresse suivante: LIBRAIRIE NOUVELLES FRONTIÈRES 185, rue Ontario Est Montréal H2X 1H5 Tél.: 844-3636 STRELKOV, S.: Mécanique, 594 p., relié, 1978 KRINITSKI, N.: Programmation et langage symboliques, 510 p„ relié, 1979 NESTOURKH, M.: L’origine de l’homme, 441 p., relié, 1976 ?$12.95 ?$12.50 ?$ 5.95 ÉDITIONS DE MOSCOU PISKOUNOV, P.: Calcul différentiel et intégral, T.1: 512 p., T.II: 614 p., relié, 1978 set de 2 livres VLADIMIROV, V.: Distributions en physique mathématique, 280 p., relié, 1979 ?$18.95 ?$ 8.30 Le lecteur trouvera dans cet ouvrage des notions théoriques fondamentales et plusieurs applications des distributions aux équations aux dérivées partielles, aux fonctions holomorphes de plusieurs variables complexes et à la physique mathématique.L’auteur, membre de l’Académie des Sciences de l’URSS, directeur de l’Institut Stéklov de Moscou, a vu plusieurs de ses ouvrages traduits à l’étranger, notamment aux Éditions Dunod (France).EINSTEIN, LE LIVRE DU CENTENAIRE (Éditions Hier et Demain, France) — Sous la direction de A.P.French, Président de la Commission Internationale pour l’enseignement de la physique — Préface d’Alfred Kastler, Prix Nobel — Souvenirs de scientifiques ayant personnellement connu Einstein, abrégé de l’œuvre d’Einstein, correspondance d’Einstein, écrits d’Einstein — Comprend une bibliographie, un index des sujets et un index des noms — 340 p., grand format, 1979 ?$28.90 Ci-joint un chèque ?ou un mandat ?au montant de $ NOM .ADRESSE.VILLE.CODE POSTAL «Il li (a ::IS« Httn QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 7 Il permet aussi au chirurgien de voir si la lésion saigne.L'expérience a démontré que, lorsqu’on réussit à situer exactement l'ulcère, les risques de mortalité diminuent.Les chirurgiens attendirent quatre jours pour opérer le patient en question, afin de s'assurer qu’une intervention était vraiment nécessaire.Dans environ 70 pour cent des cas de ce genre, le traitement à l’eau glacée fonctionne bien: il stoppe l’hémorragie et permet d'éviter l’opération chirurgicale.Sinon, on a recours à la Cimétidine et, si elle échoue, ; on se résout à l’intervention chirurgicale.Dans le présent cas, il fallut opérer, car même la Cimétidine ne donna pas les résultats escomptés.L'opération assure la guérison.Elle consiste à exciser l'ulcère ainsi que la partie de l’estomac qui produit la gastine.Pendant la convalescence, le patient suit un régime: pas de crudités, ni de fruits frais, beaucoup de liquide et de fortes doses de vitamines.Au début, le patient, dont l’estomac est raccourci, se sent gavé après les repas, mais ces malaises diminuent s’il s’allonge quelques minutes sur le dos.Par la suite, le régime consiste en trois repas complets par jour, plus une collation le matin, l’après-midi et le soir.Le Dr Himal et ses collègues ont découvert que chez 20 pour cent des patients souffrant d’un ulcère du duodénum avec hémorragie, il n'y avait pratiquement aucun symptôme avant-coureur jusqu’à ce que le patient soit sur le point d’être terrassé par l'hémorragie interne.Les ulcères d'estomac sont souvent attribués à une forte consommation d’alcool, qui peut également réactiver un ulcère du duodénum déjà existant.Mais le Dr Himal dit qu’on ne sait pas jusqu’à quel point l’alcool est responsable.Beaucoup de gens souffrant d’ulcères n'en ont jamais bu.La plupart des ulcères gastriques se situent dans le duodénum.Toutefois, avant les années 1880, on les observait surtout dans l'estomac.On ne sait cependant pas la cause de ce transfert de l’estomac au duodénum.On estime à dix pour cent de la population ceux qui souffrent d'ulcères gastriques, et dans 90 pour cent de ces cas, il s’agit d’ulcères du duodénum.Le taux de mortalité pour l’ensemble des ulcères gastriques n’est pas élevé.Environ cinq pour cent.Mais c’est une maladie qui peut handicaper sérieusement ses victimes.On a estimé aux Etats-Unis que le secteur industriel perdait environ dix millions de dollars par an du fait des heures de travail perdues pour cause d’ulcère.Cet absentéisme affecte environ 20 pour cent des malades souffrant d'ulcère.On peut estimer que l’industrie canadienne perd, quant à elle, plus d’un million de dollars par an.Les ulcères du duodénum peuvent être dus à un certain nombre de facteurs.L’afflux excessif de gastrine dans le duodénum peut venir de l’alimentation, d’un défaut héréditaire, du stress ou de la présence d’hormones agissant sur l’estomac dans l’organisme.Le Dr Himal et ses collègues poursuivent leurs recherches afin de découvrir les causes de l’ulcère du duodénum, quelle est la meilleure façon d’opérer et comment diagnostiquer plus tôt la maladie.Fred Poland GÉNÉTIQUE LES INTRONS, DES INTRUS INTRIGANTS Décidément, comme dit l’humoriste, rien n’est simple: des morceaux de nos gènes, ces précieux et complexes chefs d’orchestre de l’activité cellulaire, seraient parfaitement inutiles.Et ces bons-à-rien seraient peut-être loin d'être quantité négligeable puisque dans certains cas, on a constaté qu’ils prennent autant, sinon plus de place, que les portions utiles des gènes en question.C'est en tout cas l’idée qui s’impose de plus en plus nettement à la suite de la découverte, il y a à peine plus de deux ans, de gènes dont la structure a semblé surprendre tout le monde.On sait qu’un gène est constitué de deux longues chaînes d’acide désoxyribonucléique (ADN) enroulées en forme de «double hélice»; sur l’ADN, support matériel des caractères héréditaires, sont inscrites, selon un code particulier, toutes les informations qui définissent un être vivant.On sait aussi, on savait en tout cas, que tous les maillons de ces chaînes d’ADN, rigoureu- sement ordonnés les uns à la suite des autres, sont porteurs d'une information précise, utilisable et utilisée par la cellule.Or, et voici la surprise, il apparaît que certains gènes, chez les espèces supérieures, comportent de longues séquences d’ADN qui ne sont pas traduites sous forme de protéines.Autrement dit, qui ne «travaillent» pas, qui ne participent pas à cette activité fondamentale de l’ADN qui est de produire des protéines (parmi lesquelles les enzymes) dont la cellule a besoin pour vivre.Ces portions d’ADN «inutiles» — du moins à ce qu’on en ait actuellement — sont intercalées entre les portions «utiles», les unes comme les autres faisant toutefois partie intégrante du gène.Les premières ont reçu le nom Cintrons, les secondes celui & exons.Quant aux gènes ainsi fabriqués, on les appelle des gènes-mosdiques (pour l’anglais split genes).On en a mis en évidence chez la souris, le poulet, l’homme et, de façon générale, chez nombre de virus des mammifères.C'est au moment où l’ADN commence le processus devant aboutir à la fabrication d'une protéines (on sait qu’il fabrique en premier lieu une molécule d’acide ribonucléique messager, l’ARNm, qui sera ensuite recopiée sous forme de protéine) que les introns sont éliminés: seuls les exons entrent dans la recette de fabrication de l'ARNm.Comme l’avoue lui-même l’un des célèbres découvreurs, en 1953, de la fameuse i i Intron A , i Intron B ADN Exon 1 Exon 2 Exon 3 T ¦ 1 i 2,3, m ARN ô ?1 T 2 m ARN © © Lors de la transcription des gènes mosaïques, un mécanisme intervient pour éliminer les introns, partie inutile de l’ADN intercalée entre les parties utiles, elles-mêmes appelées exons.Plusieurs hypothèses ont été formulées pour expliquer ce mécanisme.L’hypothèse retenue par Crick suppose la transcription de l'ADN au complet en m ARN, puis l’excision des introns transcrits, suivie de l’épissage des exons retenus. 8 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE «double hélice», Francis Crick, l'arrivée des gènes-mosaïques et la multitude de questions qu’ils soulèvent ébranlent assez sérieusement certains acquis de la génétique moléculaire.Dans un article publié le printemps dernier {Science, vol.204, pp.264-271), Crick parle même de «mini-révolution».Le phénomène par lequel les gènes-mosaïques fabriquent, à partir de leur ADN composés d’introns et d’exons, de l'ARNm composé uniquement d’exons, ce phénomène est en effet des plus curieux: par un processus encore fort mal compris, la chaîne introns-exons est coupée, les introns sont excisés et les exons soudés, épissés entre eux bout à bout.Comment se réalise l’exci-sion-épissage?Toute réponse à cette question, note Crick, est dans l’état actuel de nos connaissances largement spéculative.Il y a certainement une ou plusieurs enzymes impliquées.Mais combien au juste?Deux, dix, cent?De plus, comment la ou les enzymes identifient-elles l’endroit où couper?Enlèvent-elles l’intron d’un seul coup?Qu'advient-il de l’intron une fois qu’il a été éliminé?Est-il véritablement aussi inutile qu’il le paraît, ou la cellule lui a-t-elle trouvé quelque chose à faire?Autant de points d'interrogation qui ont déclenché, un peu partout dans le monde, une course fébrile entre les chercheurs spécialisés dans ce domaine de recherche de pointe.Et ce n’est pas tout, loin de là.Car une autre question — une autre série de questions faudrait-il plutôt dire — soulève, pour reprendre les mots de Crick, une «extraordinaire fascination» chez ces mêmes chercheurs: celle de savoir comment ce phénomène a pu faire son apparition dans l'évolution des espèces.Par accident?Il est en effet possible d’imaginer qu’une portion d'ADN étrangère ait fait irruption et se soit installée dans l'ADN d’une cellule donnée: le mécanisme d’excision-épissage pourrait n’être qu’un moyen de défense inventé par celle-ci pour se débarrasser, le moment voulu, de l’intrus.Par contre, selon d’autres chercheurs avec lesquels Crick ne se dit qu’à moitié d'accord, le phénomène serait beaucoup plus «positif», les introns servant à souder entre eux des exons existant déjà, mais dont le rapprochement apporterait quelque chose de nouveau, une couleur de plus sur la palette génétique des espèces.Quoi qu’il en soit de toutes ces hypothèses et des.réponses qui ne manqueront pas d’être apportées aux questions qu elles soulèvent, un fait est certain: les gènes-mosaïques — et notamment ces introns qui ne sont peut-être pas que de vulgaires intrus — ouvrent des perspectives inattendues à la biologie moléculaire.Et partant, à la connaissance des mécanismes fondamentaux de la vie.Yanick Villedieu TÉLÉCOMMUNICATIONS SOIGNER PAR LA TELEVISION siste.Si l’on ajoute à cela la gravité des accidents de travail, leur fréquence élevée, on peut comprendre le sentiment d’isolement du personnel médical et le besoin pressant d’instruments permettant la consultation médicale spécialisée, la surveillance à distance de À mille kilomètres de Montréal, à vol d’oiseau, se trouve le centre hospitalier et médical le plus isolé du Québec.Il dessert une population ouvrière active pouvant s'élever, au plus fort de la saison d'été, à 15 000 travailleurs.C’est l’hôpital de LG 2-Baie James.Il compte une vingtaine de lits environ et utilise les services de deux médecins, d'un dentiste et de huit infirmières.Depuis le mois d'avril 1979, l’hôpital de LG 2 reçoit, par la vertu des techniques de télécommunications et du génie biomédical combinées, un appui constant du personnel et des services spécialisés de deux centres médicaux de Montréal.Les problèmes liés à l'isolement de l’hôpital de LG 2 sont délicats: il faut parfois plusieurs jours pour qu’une radiographie puisse être interprétée à Montréal, et un délai d'au moins huit heures pour que le rapport du radiologue soit transmis au médecin sur place; les 60 accouchements annuels ne peuvent avoir lieu sur le territoire desservi par l’hôpital, faute d’un anesthé- certains malades et l’obtention d'un avis médical immédiat en cas d’urgence.Ajoutons enfin que l'isolement de LG 2 rend difficile le recyclage constant du personnel hospitalier et son recrutement pur et simple.Là où le Montréal métropolitain compte 17,73 médecins pour 10000 habitants, le Nord-Ouest du Québec, qui englobe la Baie James, n’en a que 5,42, contre Sur un chantier tel que LG 2, à la baie ]ames, la gravité des accidents de travail et leur fréquence élevée font davantage ressentir le sentiment d’isolement du personnel médical et le besoin de moyens permettant la consultation de spécialistes et l’obtention d’avis médical immédiat en cas d’urgence.La télémédecine sera un des moyens d’y remédier.une moyenne québécoise de 12,45.En 1975 et 1976, une première étape a été franchie par l’équipe du Programme de génie biomédical de l’Université de Montréal (depuis, l’Institut de génie biomédical) pour atténuer les effets de l’isolement sur les centres médicaux éloignés.Elle consistait à relier quelques hôpitaux de la région de l’Outaouais et du Nord-Ouest au service de cardiologie de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.Le succès de l’expérience a encouragé les membres de l'Institut à mettre sur pied une expérience de télémédecine plus globale qui offrirait divers soins médicaux spécialisés au centre hospitalier La Grande Rivière, à la Baie James.«Vous savez, me dit le Dr Fernand Roberge, de l’Institut, responsable du projet, vous ne pouvez pas débarquer à la Baie James avec armes et bagages, vous installer avec vos téléviseurs et dire aux gens: «Vous appuyez là, vous ajustez ici, bonsoir et merci.» La technologie n'est pas une fin en soi.C’est un instrument, et si la communauté humaine où il sert doit s’adapter à lui, il QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 9 faut aussi donner aux utilisateurs le temps de l'adapter à leurs besoins.» Télémédecine a connu une première phase où l’on a relié LG 2 à Sacré-Cœur, à l'Hôtel-Dieu et à l’Université de Montréal par canaux télévisuels, via le Satellite Anik B, à des fins de consultation, de santé communautaire, de médecine dentaire, de nursing et de pharmacie.D’avril à fin août 1979, deux heures de TV en direct ont été réalisées, offrant des services de télé-consultation et de télé-enseignement.Pierre Mathieu, coordonnateur technique du projet, évalue cette première phase: «La TV, c’est la Rolls.À 1 000 dollars de l’heure, on hésite à s’en servir, c’est intimidant.Il nous fallait une Honda, plus conforme aux besoins quotidiens exprimés par les utilisateurs.La , solution est venue du couplage d’un téléviseur à balayage lent avec la transmission digitalisée de son image par lignes téléphoniques.Environ 70 secondes plus tard, à 1 000 kilomètres, l'image se décode et apparaît sur le téléviseur du récepteur.» C’est à l’adaptation de cette technique que les chercheurs de l'Institut travaillent maintenant.Il faut améliorer la définition de l’image pour rendre la lecture des radiographies aussi claire qu’avec le système de TV conventionnel.Comme la lenteur du procédé peut rendre pénible la reconsultation d'une image, on songe à diffuser d’abord les radios en balayage lent, les enregistrer au point de réception et les soumettre en différé au radiologue.D’autre part, le système à balayage lent convient parfaitement au télé-enseignement en temps réel.Pour quelques dizaines de dollars par mois, le système fonctionnera bientôt, et ce pour un an, à titre expérimental, 12 heures par jour.G H).Faquin La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?Offre spéciale * /' N yCÆlV 3^ Wi RECHERCHE ¦Pour chercheur, diant, sitaire, rche cons-ynthèse e tout ce d’im- {k ! ponant sur tous les fronts de la recherche de la %mSËÊ biochimie Jmr/faWÆ à l'astro-physique^H Recherche est une revue internationale^B publiée en^B français.bs Ses articles « nÉ| du monde SjSSjWGk Et lus dans «¦¦ïgB^Ie monde entier.Je désire souscrire un abonnement d’un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 26 dollars canadiens au lieu de 33 dollars.nom____________________________ adresse________________________ pays— à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, bd Lebeau, Ville-St-Laurent P.Q.H4N 1S2.* offre réservée aux particuliers, à l’exception de toute collectivité. 10 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE L'INRS: UN ACQUIS POUR LE QUÉBEC En mars dernier, M.Camille Laurin, ministre d'Etat au Développement culturel, rendait public son Livre vert «Pour une politique québécoise de la recherche scientifique.En réponse à ce Livre vert, plusieurs mémoires ont été présentés au Ministre.Le mémoire de l'Institut national de la recherche scientifique, fruit des idées de tous ses personnels, a été déposé à la fin de juin 1979.Ci-après, nous retenons les points saillants de ce document.Quelques lignes directives Dans sa rapide évolution actuelle, la société québécoise a besoin de s'appuyer sur une recherche de qualité et de quantité suffisante.Une politique québécoise de la recherche scientifique doit s'inspirer d'un projet qlobal de société et, donc, d'une politique de la science.Pour l'INRS, cette politique de recherche s'établit au départ sur les deux principes suivants: 1) la somme des connaissances scientifiques doit être accessible à notre société; 2) la contribution québécoise à l'avancement des connaissances, si elle est de qualité, pourra profiter à d'autres.Toute société doit encourager le développement d'une large base de recherche scientifigue (recherche libre) ainsi gue le développement d'un certain nombre de champs particuliers de recherche.L'Institut croit qu'une bonne partie de l'effort de planification de la recherche se situe d'abord au plan de la concertation des agents et des utilisateurs de la recherche.Au cours de la prochaine décennie, l'effort collectif de recherche du Québec devrait être porté à 1,4% de son PNB, soit au niveau actuel de l'Ontario.Dès maintenant, on devrait, comme le souligne le Livre vert, voir à corriger ou atténuer certaines faiblesses (plus grande présence francophone dans la R-D industrielle et universitaire, augmentation de la qualité de la recherche gouvernementale qui est sous la responsabilité du Québec).L'Institut déplore le fait que le Livre vert utilise une grille d'analyse où le lieu d'exécution de la recherche prend le pas sur la nature même de cette recherche.Si la recherche appliguée devient un objectif secondaire ou non prioritaire de l'université, comme l'avance le Livre vert, on peut concevoir que cette activité importante de l'INRS fasse problème aux auteurs du Livre vert.L'INRS croit que l'institut public de recherche peut être souhaitable dans certains domaines mais il reste sceptique quant à la permanence de l'autonomie de ce quatrième lieu de recherche tel qu'il est présenté dans le Livre vert.Dans d'autres domaines prioritaires de recherche, l'envergure ou la durée ne légitiment pas la création de tels instituts.L'INRS: un acquis pour le Québec Comme on le sait, le Livre vert a accordé une attention particulière à l'INRS, qui a été créé en 1969, dans un contexte où existait une volonté certaine de doter le Québec, sinon d'une politique scientifique, tout au moins d'outils et d'agents devant servir ou conduire à l'élaboration d'une telle politique.Il faut bien faire comprendre que l'affirmation du Livre vert à l'effet que l'INRS a été conçu comme l'agent unique des missions gouvernementales de recherche orientée, n'est confirmée ni dans les lettres patentes ni dans la pratique du financement de l'INRS, celui-ci n'ayant reçu aucun traitement particulier.Depuis sa création, l'INRS a toujours eu le souci d'informer le public sur ses activités.(Les lecteurs de Québec Science en savent quelque chose).Peu d'organismes scientifiques comme l'INRS se sont donné une commission scientifique et des comités de liaison (des consciences) et se sont soumis à l'examen d'experts de l'extérieur.Il faut aussi noter que la grande majorité des membres du Conseil d'administration de l'Institut viennent de l'extérieur.Conformément à ses-lettres patentes, l'INRS a choisi, comme activités caractéristiques, la recherche fondamentale orientée, la recherche appliquée et la formation de chercheurs.Intégré au réseau universitaire québécois, l'Institut poursuit ses travaux dans des domaines jugés prioritaires pour le développement du Québec en liaison avec les organismes publics compétents.Ces activités sont conduites dans le cadre de thèmes globaux et de problèmes généraux, par des équipes interdisciplinaires rassemblées dans les huit centres de recherche de l'INRS et dont les résultats sont appréciés par les Québécois.Conscient des problèmes de relations humaines inhérents à la recherche, l'INRS a su développer une structure qui, avant tout, est au service des chercheurs.PUBLIREPORTAGE QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 11 [iieœi œde força-lé une nldes spertî afonlé nsftl ihoisi Ma-naScn [uéié-wes 3a en s.Ces es de réoiés iiçla- 5asu ervice À l'Institut, la formation de chercheurs prend différentes formes qui visent à intégrer les individus à ses recherches.Ainsi, entre autres, l'accueil de stagiaires et d etudiants post-doctoraux, l'embauche d'assistants de recherche et les programmes uniques d'enseignement au niveau de la maîtrise et du doctorat sont autant de moyens d'assurer la relève scientifique.Etabli en divers endroits du Québec, l'INRS a su montrer une ouverture qui constitue, jusqu'à un certain point, un précédent universitaire au Québec.Que dire de l'association INRS-Institut de recherche de l'Hydro-Québec qui a permis au Québec d'avoir accès à une expertise de pointe dans certains domaines de l'énergie?L'entente INRS-Université du Québec à Rimouski a conduit, entre autres, à la formation chez nous, d'océanographes de première valeur et à l'établissement du Laboratoire océanologique de Rimouski (LOR) qui est ouvert à l'ensemble de la communauté scientifique québécoise.L'expérience vécue quotidiennement par les membres de l'INRS et des Recherches Bell Northern place des Québécois à la fine pointe du développement des télécommunications.De multiples autres exemples d'ouverture, que ce soit avec des organismes universitaires, publics ou privés, pourraient être présentés ici et souligneraient combien l'INRS croit en la collaboration des chercheurs québécois.Aujourd'hui, en 1979, l'INRS estime toujours valables les priorités de recherche reconnues et les axes de développement qu'il a choisis en 1970.C'est pourquoi, ?.;?-VT c ¦ , i 1/ ?au cours des prochaines années, l'INRS entend développer et consolider ses centres et groupes de recherche selon ses orientations actuelles, lesquelles collent à la réalité québécoise.Il est toujours disposé, s'il en est requis ou s'il est doté des ressources nécessaires, à entreprendre des activités dans d'autres domaines.L'INRS a constitué, à sa façon, un banc d'essai qui s'est avéré utile et efficace et sur lequel le Québec devrait compter pour la relance de la recherche scientifique au Québec.Les résultats de recherche que l'Institut a obtenus ont été reconnus aussi bien, entre autres, par les organismes subventionnaires et commanditaires que par le Conseil des universités.C'est dans le même lieu, avec de meilleures conditions matérielles et en collaboration plus étroite avec leurs collaborateurs, que tous les personnels de l'INRS veulent poursuivre les mêmes objectifs qui les ont animés depuis la création de l'Institut.Rappel: ce que fait l'INRS L'Institut national de la recherche scientifique, qui fait partie de l'Université du Québec, a été créé par le Gouvernement du Québec en décembre 1969.Ses chercheurs oeuvrent au service des Québécois à l'intérieur des centres et groupes interdisciplinaires de recherche suivants: INRS-Eau à Sainte-Foy INRS-Èducation à Sainte-Foy INRS-Ènergie à Varennes INRS-Océanologie à Rimouski INRS-Pétrole à Sainte-Foy INRS-Santé à Montréal INRS-Télécommunications à Verdun INRS-Urbanisation à Montréal L'INRS, en plus d'avoir ses propres programmes d'études avancées en sciences de l'eau et de l'énergie, en pharmacologie et en télécommunications, collabore à d'autres programmes de formation de diverses universités québécoises et utilise également différents moyens de formation afin d'assurer une relève scientifique au Québec.Outre qu'il a réussi à échapper à l'immobilisme en créant un milieu propice à la recherche et à la formation de chercheurs, l'INRS rend, depuis déjà dix ans, de nombreux et importants services, particulièrement en certains domaines jugés prioritaires.Cette réussite est le résultat du labeur constant d'une équipe pluridisciplinaire, consciente de travailler, pour le bénéfice de la collectivité québécoise, à une œuvre dont les implications s'avèrent capitales.Renseignements Pour de plus amples renseignements sur l'INRS et ses divers centres, s'adresser au: Secrétariat général INRS Case postale 7 500 Sainte-Foy, Québec G1V 4C7 Téléphone: (418) 657-2508 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique PUBLIREPORTAGE 12 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE ANTHROPOLOGIE LE CANNIBAUSME: UN MYTHE SANTÉ LE PLOMB DES TIREURS D’ÉLITE Découvrira-t-on chez les policiers du Québec, à l’instar de la ville de New York, une intoxication par le plomb due à l’oxyde de plomb libéré dans les salles de tir d’entraînement?LU* L'intoxication par le plomb revêt une forme définitive et sans appel parmi les amis d'Al Capone: ils en meurent.Mais, elle revêt une forme plus subtilei et plus insidieuse pour tous ceux qui travaillent en présence du plomb ou de ses dérivés.L’intoxication chronique ou aiguë par le plomb cause une maladie qui s’appelle le saturnisme.L'accumulation de traces de ce métal lourd dans l’organisme peut notamment affecter le système nerveux et occasionner des troubles gastro-intestinaux assez importants.Selon le Dr Alf Fischbein, de l’École de médecine de l’hôpital du Mount-Sinaï à New York, les policiers qui s’entraînent régulièrement au maniement des armes à feu sont des victimes toutes désignées pour le saturnisme et on aurait intérêt à les soumettre à une surveillance médicale beaucoup plus stricte.Le Dr Fischbein en est arrivé à cette conclusion en examinant 81 policiers de la ville de New York.Plus de la moitié d’entre eux présentaient des niveaux de plomb dans le sang supérieurs à 40 microgrammes par décilitre, ce qui est le maximum considéré comme acceptable.Les fumées d’oxyde de plomb libérées dans les salles de tir d’entraînement seraient en grande partie responsable de ce début d’intoxication, soutient le Dr Fischbein.Tout en conseillant des études plus approfondies, l’équipe du Mount-Sinaï est d’avis que le saturnisme chez les policiers mériterait d’ores et déjà des mesures radicales.Une meilleure ventilation dans les salles de tir serait une des façons d'éliminer à la source cette intoxication.De plus, une surveillance médicale étroite des policiers à cet égard serait urgente, aux yeux des chercheurs new-yorkais.].P.R.Pour l’anthropologie, le cannibalisme est un fait établi.On cite volontiers les Congo, par exemple, qui engraissaient leurs prisonniers avant de les faire cuire; ou bien les Tupinamba d’Amérique du Sud, dont l’art culinaire stipulait des règles très précises de découpage de leurs victimes; ou encore les Foré de Nouvelle-Guinée, qui contractaient une maladie dégénérative rare du système nerveux, le kuru, parce qu’ils auraient mangé de la viande humaine mal cuite; enfin, les Aztèques, qui organisaient des sacrifices humains rituels.L’anthropophagie existe, mais qui l’a rencontrée?Dans un livre récent qui tombe comme un pavé dans la mare des anthropologues, le professeur William Arens, de l’Université d’État de New York, jette un doute terrible: et si le cannibalisme n’était qu’un mythe, un des plus fabuleux qui soit?«À travers ma recherche, dit William Arens, j'ai été incapable de trouver des observations fiables de première main susceptibles de prouver que le cannibalisme existait comme coutume établie, dans quelque société que ce soit, à l'exception toutefois de périodes de disette.» Au contraire, poursuit Arens, les rumeurs, ouï-dire, accusations non fondées et la pure propagande abondent.Et tandis que nous discutons «scientifiquement» de la valeur protéinique des diètes des Aztèques, par exemple, il se pourrait très bien que nos bases scientifiques ne soient que du sable.Dans le cas des Aztèques, qu’Arens examine en détail, les seules observations sont celles de Cortès et d’une poignée de ses compatriotes.Aucun ne décrit un sacrifice humain auquel il aurait assisté, tous se contentent de colporter un ouï-dire sur le cannibalisme des Aztèques.Il existe bien un ou deux témoignages plus crédibles et rigoureux de consommation de chair humaine lors de rassemblements rituels, mais cela se limite à un morceau symbolique de bras, toujours dans le cadre d’une cérémonie religieuse.Tout le reste est fondé sur les écrits de Cortès ou de ses semblables, dont les intérêts à faire apparaître les Aztèques comme des sauvages sanguinaires, mangeurs d’hommes tous les jours, ne sont que trop apparents: ils justifiaient ainsi leur destruction de l’empire aztèque.Curieusement, Cortès indique d'ailleurs que les Aztèques, de leur côté, croyaient les Espagnols cannibales.L’examen critique que fait Arens du cas des Foré est encore plus troublant.Il démontre comment le Dr Carleton Gajdusek en est arrivé à soutenir, dans les années 50, que la maladie fatale du système nerveux qui sévissait parmi les Foré, dénommée le kuru (et apparentée à la maladie de Creutzfeld-Jacob ainsi qu'à la maladie de Parkinson) provenait de la consommation de chair humaine mal cuite, sans qu’il en possède la moindre preuve.Ni Gajdusek, ni aucun membre de son équipe, ni aucun anthropologue qui a travaillé en Nouvelle-Guinée, n’a jamais assisté directement à une scène cannibale chez les Foré.Les témoignages des Foré eux-mêmes sont vagues, obscurcis par des problèmes de communication et ne peuvent en aucun cas être considérés comme des preuves au sens scientifique, soutient Arens dans son livre, The Man-Eating Myth.Le doute que l’anthropologue américain jette sur cette coutume, et surtout sur la rigueur scientifique de l'anthropologie en tant que science, est sérieux et on peut QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 13 s’attendre à ce que plusieurs chercheurs se fendent en quatre pouf lui répondre.Avec éclat, Arens a rouvert le débat sur les fondements idéologiques de la science, sur la dialectique de l'observeur et de l'observé.Se pourrait-il, avance-t-il en conclusion, que les scientifiques se soient conduits dans ce cas comme des agents de leur culture, justifiant l'action «civilisatrice» de leurs compatriotes sur les «sauvages»?Qu'ils en aient oublié la rigueur de la démarche scientifique et construit des modèles explicatifs sur du sable?L’idée du cannibalisme ne serait ainsi qu’un mythe subtilement raciste, une frontière entre «nous civilisés» et «les autres, sauvages».La thèse est séduisante, mais il faudra attendre pour la confirmer ou l'infirmer sérieusement.]ean Pierre Rogel SANTÉ POUR LE CŒUR FATIGUÉ DES HOMMES Désormais, mener une vie saine ne sera plus nécessairement tout à fait synonyme de vivre comme un candidat libéral modèle.Si l'on en croit en effet une étude britannique dont les résultats ont été publiés dans The Lancet, M.Ryan et ses amis feraient peut-être bien de mettre un peu de vin dans leur eau.Car ce divin liquide, Rabelais m'en soit témoin, aurait des vertus plus que bénéfiques en matière de prévention des maladies cardio-vasculaires — l'une des plus grandes causes de mortalité dans nos sociétés, comme chacun sait.Les faits sont certains, épidémiologiquement parlant, et les corrélations indéniables: plus la consommation d'alcool par habitant est élevée, moins forte est la mortalité par accident cardio-vasculaire.Et si l’on y regarde de plus près, c'est le vin, et pas n'importe quel autre alcool* qui a cet effet prophylactique: les taux de mortalité cardio-vasculaire sont deux à trois fois plus élevés dans les pays faibles consommateurs de vin (le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada) que dans les pays grands consommateurs (la France et l'halie).Le vin, montre de plus cette étude fort sérieuse, a un effet «préventif» tellement fort au niveau du cœur et des artères que ses bienfaits, statistiquement parlant bien entendu, ne peuvent être annulés «ni par le facteur revenu personnel, ni par la consommation de cigarettes, ni par le régime alimentaire».Ceci dit, et les épidémiologistes le notent bien, il reste à prouver de quelle façon le vin agit sur l'organisme, et notamment sur les éléments du sang impliqués dans le déclenchement des maladies cardio-vasculaires.Puis l'on pourrait passer au stade des essais contrôlés.D’ailleurs, l'un des auteurs de l'étude, A.L.Cochrane, s'est rendu célèbre en réalisant plusieurs «essais contrôlés» assez peu conventionnels auprès de personnes atteintes de maladies cardiaques.Les résultats de ces travaux montraient que le traitement à domicile était aussi efficace que l’hospitalisation en unité ultra-spécialisée.L’histoire n’en disait pas la raison, il est vrai.Peut-être était-ce que les malades soignés à domicile pouvaient régulièrement descendre.dans leur cave.Yanick Villedieu ASTROPHYSIQUE EN EXPANSION ILLIMITÉE Une nouvelle confirmation que l’univers serait en expansion perpétuelle vient d’être apportée par une expérience de l’astrophysicien Arno Penzias, qui en expliquait la teneur lors du symposium sur les molécules interstellaires, tenu l’été dernier au Québec.Selon la théorie cosmologique du «Big Bang», l'univers serait né de l’explosion d’une sphère de matière et de radiations dont la densité atteignait des milliards de tonnes par litre et la température un million de milliards de degrés.Depuis l'apport d’Einstein à la cosmologie par sa théorie révolutionnaire, nous acceptons l’indissociabilité de l’espace et du temps, mais aussi de l’espace-temps et de la matière.Ce n’était donc pas seulement la matière qui prenait naissance dans le Big Bang, mais également l’espace-temps.Pourquoi cette naissance explosive?Les scientifiques n'en savent trop rien, mais ils peuvent cependant décrire, avec force détails, l’expansion qui a suivi, et cela à partir du premier centième de seconde après l’instant zéro, jusqu’aux 18 milliards d’années qui nous en séparent.Évidemment, beaucoup de points demeurent obscurs, mais cette théorie, longtemps controversée, a été confirmée une fois pour toutes par la découverte, dans les années 60, d'un bruit de fond de l’univers, une radiation «fossile», qui proviendrait du pétard initial.Cette découverte valut d'ailleurs à Arno Penzias et Robert Wilson le prix Nobel de physique, l’année dernière.Mais cette expansion de l’univers, confirmée par des observations dès l’époque (1910-1920) où Einstein formulait ses équa- tions cosmologiques, les astronomes se demandent depuis longtemps si elle se poursuivra éternellement ou si l’univers ne s’affaissera pas à un moment donné, sous la contrainte de la force gravitationnelle, un peu comme un ballon qui se dégonfle.D'après les solutions apportées par le mathématicien russe, Alexander Friedmann, aux équations de champ d'Einstein, décrivant le comportement d’un univers homogène et isotrope, la réponse résiderait dans la quantité de matière présente dans l'univers.Si la densité de la matière formant l'univers est inférieure à un certain seuil critique (environ 10-3° gr/cm3), cela signifie que l’univers est infini en étendue et qu'il doit poursuivre son expansion éternellement.Par contre, si elle dépasse ce chiffre, la courbure produite par la gravité fait que l’univers se referme sur lui-même et la gravité serait alors suffisante pour arrêter l’expansion et inverser le mouvement.Un seul lecteur peut permettre de répondre à cette question.Il s'agit de la quantité de deutérium (hydrogène lourd) présent dans l’univers, par rapport à l’hydrogène ordinaire.La synthèse du deutérium est une étape essentielle dans l’échelle de fusion conduisant à l’hélium, et la condition pour qu’il soit resté une quantité assez importante de deutérium dans l’univers, après le Big Bang originel, est que la densité de la matière n’ait pas excédé un certain seuil, relativement bas.Dans ce cas, toutes les particules de deutérium n'auraient pas eu le temps de fusionner avec des protons ou d’autres noyaux avant que la densité ne décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE .! mŒMXfmwMmw 14 décroisse trop.Il resterait alors dans l’univers des traces de cet élément «fossile».Malheureusement, les recherches dans ce domaine se heurtent à deux difficultés majeures.La première, bien évidente, réside dans la difficulté de repérer dans un si vaste univers de si faibles traces de cet élément.Et puis, comment être sûr que le deutérium repéré provient de l'explosion initiale et non pas de ces usines à transmutation que sont les étoiles.Comment en effet faire la distinction entre le deutérium originel et celui provenant des étoiles?La réponse nous est venue, en 1975, sous la forme d’une expérience proposée par J.Ostriker, de Princeton, et B.Tinsley, de l’observatoire Lick.Selon eux, le deutérium originel, issu du Big Bang, devrait être plus abondant au bord des galaxies qu’en leur centre, où la «Le bruit engendré par la circulation routière devient de plus en plus envahissant dans le temps et l'espace; il agresse sauvagement l'individu.» C’est ainsi que le Comité des transports de la région de Montréal soulevait en septembre 1977 la question de la pollution par le bruit.Dans son rapport, Le transport des personnes, le comité déplore également que «contrairement aux mesures appliquées pour le contrôle de la qualité de l’air et des eaux, cette forme de pollution n’a fait l’objet, à ce jour, que d'interventions ponctuelles».Pourtant, même si les effets du bruit causé par la circulation sont encore mal connus, on sait qu’ils sont d’ordre physiologique, psychologique et socio-économique.Ce type de bruit, par exemple, diminuerait l’acuité auditive d’une personne qui y est exposée durant de longues majeure partie du gaz interstellaire provient des étoiles.Cette hypothèse s'est vu confirmée par les résultats d'une recherche effectuée par Arno Penzias à l’aide d'une antenne micro-ondes de sept mètres.Comme il le confiait lors d’une interview accordée dans le cadre du dernier Symposium sur les molécules interstellaires, qui se tenait récemment au Mont-Tremblant, «il existe bel et bien du deutérium dans l’univers, mais, qui plus est, ce deutérium se retrouve en quantité dix fois plus grande aux frontières des galaxies qu’en leur centre.» Cela semble démontrer que la formation du deutérium dans l’espace a précédé celle des galaxies lors du Big Bang originel.L'univers serait donc, selon M.Penzias, en expansion ad vitam aeternam.Claude de Launière années.Selon le rapport Le transport des personnes, «le bruit engendré par la circulation sur les boulevards Métropolitain et Décarie à Montréal «constitue un impact sonore sévère pour les riverains de ces voies rapides».Avec un débit d'environ 10000 véhicules à l’heure (en 1974), dont 12 pour cent de véhicules lourds, ces autoroutes engendreraient des niveaux de bruit dépassant 85 décibels alors que les normes sont de 70 db en zone résidentielle et de 75 db en zone industrielle.Le bruit de la circulation serait aussi une cause de stress et d’angoisse, et augmenterait le rythme cardiaque et la pression sanguine.D’ailleurs, le bruit serait devenu un facteur dont plusieurs personnes tiennent compte maintenant dans l’achat d’une nouvelle résidence.Selon Daniel Waltz, du Service de l’environnement du ministère des Transports, il n’y aurait que trois façons de réduire ces sons désagréa- .blés: s’attaquer à la source même du bruit (le véhicule moteur); tenir compte de ce facteur dans un projet d’autoroute ou de voie rapide (prévoir des barrières antibruit); et réglementer l’utilisation des terrains et des routes par un zonage approprié.Un premier pas dans ce sens: depuis environ deux ans, le ministère des Transports du Québec doit obtenir des Services de protection de l’environnement un permis pour tout projet de construction de chaussée à quatre voies et plus.C’est avec un «laboratoire de simulation informatique», d’inspiration américaine, que le ministère des Transports peut prédire l’impact sonore d’une nouvelle autoroute.Une foule de relevés sont d’abord pris sur le terrain avec un sonomètre, un appareil qui capte les sons de la même façon que l’oreille humaine.Les relevés sont automatiquement codés sur une cassette digitale.La situation future est ensuite TECHNOLOGIE LE GRONDEMENT DES AUTOROUTES simulée par ordinateur.En tenant compte d’un grand nombre de variables comme le débit de la circulation, sa composition, le type de chaussée, la présence d’obstacles sous forme.d'habi-tation, de barrières ou ‘de végétation, etc., l’ordinateur calcule l’énergie moyenne qui sera émise par le bruit.Une autre méthode de simulation, qui consiste à reconstituer le bruit de la circulation dans une chambre acoustique et sur une maquette du projet, est étudiée à l’université Laval par le professeur J.G.Migne-ron, de l’École d’architecture.Mais selon Yves Sainte-Marie, spécialiste en sciences physiques au ministère des Transports, la méthode américaine aurait plusieurs avantages, pour une précision semblable, dont l’économie et la souplesse.«Si un variable change, dit-il, il faut recommencer la maquette en partie ou en totalité au lieu de refaire simplement les calculs par ordinateur.» Dans la lutte contre le bruit, la priorité est donc donnée aux nouvelles autoroutes.Il est plus facile et moins coûteux de prévenir que de guérir! Mais comme la plupart des autoroutes du Québec ont été construites avant l’apparition des préoccupations environnementales, c’est aux autoroutes existantes que des solutions devront être apportées.Or, selon Transports Québec, les programmes visant à éliminer ce genre de problèmes n’en sont encore qu’au stade de recherche des solutions les plus économiques (revêtements moins rugueux, murs de terre ou de béton).De plus, quand une municipalité rejoint une autoroute en s’agrandissant, c'est elle qui deviendrait responsable du problème.Si l’on en juge par le peu de solutions appliquées jusqu’à ce jour dans les villes, faut-il en conclure que la pollution par le bruit ne fait pas encore assez de bruit?Marcel Art eau La «bible» de la santé des Québécois LES TRACES DU PASSÉ par François Picard 13,3 x 21,8 cm ISBN-2-920073-01-X François Picard les TRACES L'archéologie renouvelle notre histoire L'histoire des peuples ne peut plus se raconter uniquement à partir d'archives ou de documents écrits: les hommes ont laissé bien d'autres traces de leur passage sur la terre.Aussi, la science historique s'est-elle enrichie de l'apport de nouvelles disciplines, parmi lesquelles l’archéologie.Au Québec, cette discipline ne s'est imposée que depuis une quinzaine d'années.Il reste encore énormément à faire pour tirer tout le parti possible de ces travaux.Mais leurs premiers résultats sont déjà passionnants: l'auteur en dresse un bilan détaillé, avec de nombreuses photos à l'appui.Dans la même collection 0) H3 Louis Brunei TELECOMMUNICATIONS DES MACHINES ET DES OMMES O C LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE du magazine QUÉBEC SCIENCE DEMAIN LA SANTÉ par Yanick Villedieu 13,5 x 21,5 cm ISBN-0-91 971 2-00-2 Télécommunications: DES MACHINES ET DES HOMMES par Louis Brunei 13,5 x 21,5 cm ISBN-0-91 971 2-00-2 FACE AU NUCLÉAIRE Collectif 1 3,5 x 21,5 cm ISBN-2-920073-00-1 r Bon de commande Veuillez me faire parvenir les volumes suivants: Quantité Total CH DEMAIN LA SANTÉ, Yanick Villedieu, 296 p , $8.50 .—I DES MACHINES ET DES HOMMES, Louis Brunei, 176 p., $7.50 .?FACE AU NUCLÉAIRE, collectif.320 p., $9.50 .C] LES TRACES DU PASSÉ, François Picard, 208 p., $9.50 .D Ci-joint mon paiement au montant de $.EU Veuillez me facturer pour la somme de $.Nom.Adresse.Code postal.Téléphone.LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE • C.P.250, Sillery.Québec, GIT 2R1 Téléphone: (418) 657-2426 \Çr> ":r.fit- s-^pi ;i.'s> 7 ' > ttv 737 ‘*8Bi "•v7»h .il» .¦ SURPRISES DES TROPIQUES Si on n’y prend garde, la maladie transforme parfois le plus beau voyage dans le Sud en un véritable cauchemar par Yanick Villedieu Les premières bordées de neige de notre éternel et inéluctable hiver ne nous sont pas encore tombées sur la tête que déjà les agences de voyage nous font miroiter les attraits mirifiques du Sud, du soleil et des îles.Chaleur et fruits frais, plages et vents alizés, nuits grisantes passées sous les palmiers, couleurs et lumière, musique et rythmes exubérants, parfums de fleurs en février, cuisine aux saveurs exotiques, plaisirs créoles et joyeuses tropiques.Comme dit Charlebois, «je vous laisse l'hiver».Bien.Mais il arrive parfois que tout le beau rêve, une fois le voyageur rendu sur place, soit gâché par un fauteur de troubles auquel on pense bien rarement quand on parle vacances: la maladie.La plupart du temps bénigne mais quelquefois grave, elle peut transformer le plus merveilleux des projets en cauchemar mémorable.Rien de plus efficace, en effet, qu'un coup de soleil plus cuisant que de coutume ou qu'une diarrhée le moindrement carabinée pour faire du valeureux et conquérant touriste un misérable et vulgaire patient.L'ENNEMI NUMÉRO UN Évidemment, les risques de contracter une maladie dite tropicale varient considérablement selon les pays visités, selon les individus, les types et la durée des voyages.Quinze jours dans un hôtel H(t «S«l| îisiis 0Î et 1 cou- Mis m.américain d'Acapulco n'équivalent pas à trois ans dans un hôpital de brousse africain, ni même, d'ailleurs, à deux semaines de tourisme «à l'aventure» au Mexique ou en Martinique.Il y a aussi un monde entre le téméraire à-qui-rien-ne-peut-arriver et le cacochyme qui confond tropiques et bouillon de culture et part avec une trousse à pharmacie grosse comme une valise.Une chose cependant est certaine: pour des raisons aussi bien naturelles que socio-économiques, l'environnement physique et microbiologique dans lequel j! va baigner le voyageur, que ce soit pour () quelques jours ou pour plusieurs années, j! est radicalement différent de celui auquel || il est habitué.Et, par conséquent, poten-|i bellement dangereux pour lui.Son orga-E nisme va en effet avoir à affronter une j pléiade de nouveaux «ennemis», depuis 1 le soleil jusqu'à des micro-organismes j inconnus sous nos latitudes, ennemis I qu'il va devoir apprendre rapidement à f connaître et, éventuellement, à com-jl battre.De tous ces agresseurs inconnus, le i plus redoutable est certainement l’agent i responsable du paludisme, un parasite 'I dont le vecteur est un moustique, l'ano-l| phèle.C'est grâce à ce dernier, si l'on peut dire, que le parasite est transmis ‘l d'un sujet porteur à un sujet sain: en n mordant le premier, l'anophèle s'infecte, : puis inocule la maladie à l'autre personne i en la mordant.Connu aussi sous le nom i de malaria, le paludisme est parfois I mortel et se manifeste par de fortes I fièvres, des maux de tête violents, des vomissements.Diagnostiqué à temps, il se traite bien.De plus, nous le verrons plus loin, il se prévient encore mieux.«Malheureusement, dit Jean Robert, médecin et microbiologiste, le public voyageur — et les agences de tourisme — sont absolument inconscients de ce problème.Ce qui fait qu'avec le développement des vacances d'hiver dans les pays chauds, en Amérique latine ou en Afrique, le nombre de cas rapportés augmente sans cesse.Au Québec, on en a signalé au moins une trentaine de graves en 1978, et ce chiffre est certainement en dessous de la réalité.» Car le paludisme, en dépit des espoirs qu'avaient soulevés les premiers résultats de la campagne mondiale d'éradication entreprise il y a une vingtaine d'années, n'a pas tendance à disparaître de la surface du globe.Au contraire.L'Amérique du Nord, l'Australie, la plupart des îles Caraïbes, le continent européen, l'Asie du Nord ont certes été «nettoyés», d’expliquer un expert de la lutte antimalarique, le professeur Bruce-Chwatt, lors du Congrès international des médecins francophones tenu à Québec en octobre dernier.«Mais le paludisme endémique reste fortement enraciné en Afrique tropicale, dans plusieurs zones de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud, ainsi que dans la presque totalité de l'Asie du Sud et du Sud-Est.En fait, plus de 350 millions de personnes vivant dans ces zones ne sont encore absolument pas protégées contre la maladie paludéenne.» D'où une détérioration notoire de la situation, depuis un peu plus d'une dizaine d'années.«En 1 977, note encore l'expert international, le nombre de cas notifiés a plus que doublé par rapport à 1972.En même temps, le nombre de cas de paludisme d'importation augmente partout: l'an passé, en Europe, on en a enregistré près de 4 000.Trois à six pour cent de ces cas ont été mortels, le plus souvent à cause de diagnostics erronés ou tardifs.» Près de nous, les zones les plus dangereuses du point de vue paludisme sont certaines régions du Mexique et le reste de l'Amérique latine continentale, sauf en très haute altitude, ainsi qu'une île des Caraïbes, Haïti-Saint-Domingue (les autres îles en sont exemptes).Il faut pourtant savoir qu'une simple escale, même imprévue, en zone contaminée peut être l'occasion d'une piqûre d'anophèle.SE FAIRE LA PEAU.Il existe, en plus du paludisme, bien d'autres maladies graves que le voyageur peut contracter sous les tropiques.La fièvre jaune, le choléra, l'hépatite infectieuse sont du nombre.Par ailleurs, même s'il ne s'agit pas de maladies tropicales à proprement parler, les risques de poliomyélite, de thyphoïde, de tuberculose ou de tétanos ne doivent pas être négligés.Dans la plupart de ces cas, la vaccination avant le départ sera indiquée, sinon obligatoire. 18 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE En s'en allant dans le Sud pour trouver le soleil, il ne faut pas oublier qu'il peut aussi gâcher des vacances si on ne prend garde à sa force.Un coup de soleil, c'est une brûlure au premier degré, et parfois même au second.• Certains produits rendent la peau plus sensible au soleil.Le jus de mangue que les enfants peuvent se répandre sur la poitrine en mangeant ce fruit est l'un d'eux.Pourtant, ce n'est pas nécessairement ces redoutables maladies infectieuses que le touriste est appelé à contracter le plus facilement.Infiniment plus fréquentes en effet sont les infections cutanées de toutes sortes, les diarrhées et, de façon générale, les parasitoses — problèmes de santé qui ne sont pas toujours sans gravité.Premier agresseur auquel s'expose le voyageur: le soleil.Ses «coups» peuvent être très graves: tout le monde le sait, mais beaucoup l'oublient, au moment de partir, avec leur tuque et leurs mitaines.Or, un coup de soleil, c'est une brûlure au premier, parfois au deuxième degré.Sa vigueur, soit dit en passant, peut être accentuée par certaines substances dites photosensibilisantes, ou même phototoxiques: produits cosmétiques (par exemple, eau de Cologne à base d'essence de bergamote, certains déodorants), jus de citron vert (on s'en passe parfois sur la peau pour se rafraîchir.) ou jus de mangue (les enfants qui en croquent s'en garnissent facilement le menton et la poitrine): certains médicaments (des neuroleptiques, des antiseptiques, des antibiotiques) ont aussi cet effet.L'arrivée en climat tropical provoque également un bouleversement des conditions physiques et physiologiques dans lesquelles doit fonctionner cet organe de contact avec l'environnement qu'est la peau.Les mécanismes de la sueur, par exemple, pourront mettre un mois avant de s'adapter.Par ailleurs, laflorecutanée subit une mutation brutale sous l'effet de la chaleur et de l'humidité: toutes les conditions se trouvent donc réunies pour rendre le sujet particulièrement sensible à toutes sortes de maladies cutanées, de dermatoses infectieuses, en général pas très graves.Il faut aussi signaler, bien évidemment, les multiples infections de la peau qui peuvent être causées par la flore et la faune propres auxpaysque l'on visite.Ces dermites sont parfois très aiguës et particulièrement douloureuses.De plus, une morsure ou une piqûre d'insecte peuvent être la voie de pénétration dans l'organisme de maladies plus graves que le simple désagrément qu'elles provoquent.Dans le même ordre d'idées, mais au chapitre cette fois des affections contractées par voie cutanée, il convient d'accorder une attention particulière à l'ankylos- QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 1 Risque de paludisme Risque de fièvre jaune * ' tomiase.Cette maladie, qui touche probablement le quart de la population de la planète, est causée par un parasite qui vit à l'état larvaire dans la boue.Si l'on y marche pieds nus, par exemple, le parasite peut pénétrer sous la peau et, de là, aller se fixer au niveau des parois intestinales, causant douleurs et anémie.Le port de sandales ou de chaussures est la mesure préventive recommandée, d'autant plus que les ankylostomes ne sont pas les seuls agents infectieux qui peuvent pénétrer de cette façon dans l'organisme.ET LES INTESTINS Quel voyageur n'a pas connu, sous les tropiques, un épisode de diarrhée?Ce problème de santé est si banal qu'il fait presque partie du rituel du vacancier en mal de Sud et de soleil.Ne dit-on pas, d'ailleurs, que sept personnes sur dix font une turista — un mot qui dit bien ce qu'il veut dire — lors de leur premier séjour au Mexique?À la nécessaire acclimatation de la flore intestinale aux conditions nouvelles i qui lui sont faites (alimentation, solide et liquide, eau) s'ajoutent en effet des facteurs comme la fatigue ou le stress avant et pendant le voyage, l'excitation et les excès des premiers jours, ou encore les médications dites préventives et qui, mal adaptées, n'ont en fait qu'un effet aggravant.Dans la très grande majorité des cas, ces mini-gastro-entérites de réaction seront aussi brèves que bénignes, et une diète liquide suffira à les soigner.Plus inquiétantes et spectaculaires sont les diarrhées d'origine infectieuses.Pas nécessairement réservées aux tou- ristes, elles s'accompagnent de fièvres et de douleurs diverses; il peut être urgent de consulter un médecin, parfois même d'hospitaliser.Sans parler de cette situation éminemment dramatique qu'est la diarrhée due au choléra (le malade perdra jusqu'à 20 litres de liquide par jour), ces diarrhées infectieuses sont souvent causées par des intoxications alimentaires.Des aliments souillés ou mal conservés peuvent en être l'origine.Et il n'est pas nécessairement besoin de se rendre en milieu autochtone pour se trouver dans cette situation: un buffet servi en plein air — et en plein soleil — le long d'une piscine d'un établissement de luxe vous rend malade sa floppée de touristes plus sûrement que le restaurant populaire du marché local.Par ailleurs, nul n'échappe à ces mésaventures, face auxquelles les cordonniers eux-mêmes sont parfois bien mal chaussés: un conférencier au Congrès des médecins francophones tenu à Québec a raconté un cas d'intoxication alimentaire collective survenu à Abidjan, parmi les participants à un congrès de médecins.Nommer le pays, mondialement connu pour sa gastronomie, dont l'ambassade avait organisé cette malheureuse réception serait aussi déplacé que discourtois.Un troisième type de diarrhée peut se manifester en pays tropical et toucher aussi bien les populations locales que les personnes de passage.Il s'agit de diarrhées d'origine parasitaire, pas nécessairement aiguës, très souvent causées par des aliments contaminés.La dysenterie amibienne est du nombre.Mais toutes les parasitoses — dont certaines ne peuvent toutefois être contractées qu'à la faveur d'un séjour pro- Répartition du paludisme et de la fièvre jaune en 1977 (d'après l'Organisation mondiale de ia santé).Notons que le paludisme est absent des Caraïbes, sauf en Haïti et en République dominicaine. 20 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE longé sous les tropiques — ne sont pas nécessairement transmises par voie alimentaire.Les anophèles, on l'a dit, transmettent le parasite sanguin du paludisme.D’autres insectes se chargent d'inoculer une foule de parasitoses dont certaines sont d'une extrême gravité: qu'on pense seulement à l'onchocercose, dont le surnom, «la cécité des rivières», est évocateur à la fois de l'épidémiologie et des conséquences physiologiques.Les parasites peuvent aussi pénétrer simplement par voie cutanée, comme on l'a vu plus haut dans le cas de l'ankylostomiase.C'est également ce qui se passe avec une autre maladie tropicale grave: la bilharziose.Selon Pierre Viens, l'un des rares médecins québécois spécialisés en pathologie infectieuse tropicale, et auteur d'une brochure pratique intitulée Voyager en santé sous les tropiques (Éditions Le Caducée), on dénombre actuellement près de 200millionsdecasdebilharziose dans le monde.«Cette maladie, écrit-il, est transmise par l'intermédiaire d'un petit mollusque d'eau douce qui excrète un parasite, lequel pénètre à travers la peau, même saine, du baigneur imprudent.» La baignade en eau douce, voire un simple passage à gué, est donc à proscrire rigoureusement dans toute la zone tropicale.Toujours selon Pierre Viens, les cours d'eau des Antilles (Martinique, Guadeloupe, Sainte-Lucie) sont «particulièrement contaminés par ce parasite».À noter que la bilharziose se manifeste, lors de l'infestation, par une réaction cutanée et une fièvre, puis par des douleurs abdominales et des diarrhées.PRÉVENIR Dieu merci, le touriste ou le voyageur peut cependant éviter assez facilement ce genre d'ennuis.Il lui suffira pour ce faire non pas de voir le risque et le microbe partout, mais plus simplement de prendre quelques précautions et mesures de prévention avant et pendant son séjour en zone tropicale.Et la première de ces précautions, c'est bien entendu la vaccination.Légalement obligatoire dans certains cas, elle est plutôt, dans d'autres cas, médicalement indiquée — ou, à l'inverse, non conseillée.Ainsi en est-il de la variole.Alors que le dernier cas notifié date de plus de deux ans (26 octobre 1977, en Somalie), alors que l'Organisation mondiale de la santé s'apprête à déclarer cette maladie disparue de la surface du globe, plusieurs pays continuent d'exiger le certificat de vaccination antivariolique à leurs frontières.Le 15 septembre dernier, selon un relevé de l'OMS, ces pays étaient encore au nombre de 37, situés en majorité en Afrique.Par contre, certaines vaccinations que les médecins jugent essentielles ne sont pas exigées par les autorités administratives.C'est le cas de la fièvre jaune, endémique en Amazonie et en Afrique tropicale: tous les pays concernés n'obligent pas les voyageurs à être vaccinés.Cependant, il faut se rappeler qu'il n'existe pas de traitement à cette maladie possiblement mortelle.Même chose pour la poliomyélite: les personnes jeunes qui se rendent en pays tropical devraient être vaccinées, les personnes plus âgées pouvant se contenter d'une simple dose de rappel.Quant au choléra, il s'avère que le vaccin disponible n'est guère efficace à le prévenir; certains pays, toutefois, l'exigent encore.Sous les tropiques comme ici, on devrait être correctement protégé contre le tétanos.Si l'on se rend en zone d'endémie ou d'épidémie, il faudrait selon lecas être vacciné contre la fièvre typhoïde, contre la tuberculose (encore très répandue en zone tropicale, elle est, selon Pierre Viens, «un des principaux risques auxquels un voyageur qui part pour une longue période devra faire face»), ou encore contre la méningite cérébro-spinale (endémique dans les pays du Sahel).Certaines situations de voyage impliquent aussi des vaccinations contre la rage, la rougeole (qui frappe les enfants, sous les tropiques, à un âgeplusprécocequesous nos latitudes), la peste ou le typhus.L'hépatite infectieuse, enfin, est une autre maladie possiblement très grave et très fréquente dans de nombreux pays tropicaux.Malheureusement, il n'existe pas de vaccin contre cette maladie.On utilise donc un dérivé sanguin contenant déjà des anticorps contre le virus de l'hépatite, en l'occurrence la gammaglobuline.Son efficacité dure quelques mois seulement.DE LA CHLOROQUINE ET DU BON SENS Avec la vaccination, la prophylaxie du paludisme se présente comme une mesure sanitaire de base de la part de la personne qui voyage.On a vu plus haut que cette maladie redevenait, depuis quelques années, un problème de santé publique d'une extrême gravité sur le plan mondial.On a vu aussi que d'immenses régions, justement situées dans la zone subtropicale, sont encore contaminées, et qu'il suffit d'y passer quelques dizaines de minutes pour être exposé à la morsure du vecteur de ce parasite.Or, il existe un bon moyen de prévenir le paludisme: les médicaments antimalariques, dont le plus célèbre est la chloroquine.Le traitement commence le jour du départ et doit être poursuivi, aux doses et fréquences prescrites, pendant toute la durée du séjour et huit semaines après le retour au pays — ce pays fût-il paralysé par un froid à ne pas mettre un ours *7 ** £>Serrait-, I C-H.I fy\ & ’ 'êiÊmMÉLMiin On peut considérer cette gravure de 1635 comme une des plus anciennes représentations de l’activité solaire, montrant des taches et des éruptions solaires; c’était 25 ans après l’invention de la lunette astronomique par Galilée.d'hui, mais remonte, semble-t-il, à plusieurs siècles.Au début du 17e siècle déjà, Galilée avait remarqué avec sa lunette que des taches apparaissaient parfois à la surface du Soleil.En 1843, l'Allemand Samuel Heinrich Swabe découvrit la périodicité de ces taches, mais ce n'est que quelques années plus tard que le Suisse Rudolph Wolf put déterminer une période de onze ans, caractérisée par un minimum et un maximum de taches à la surface solaire.DES TACHES ET DES ÉRUPTIONS La naissance d'unetache est précédée de l'apparition d'une facule à la surface du Soleil.C'est une partie du disque solaire, de forme et de dimension variables, qui se met à briller davantage que le milieu environnant.La tache naît ensuite dans la partie centrale de la facule.Peu à peu, elle prend l'aspect d'un noyau très sombre, Yombre, qui fait au maximum un quart de la surface de la facule et est entouré d'une large zone de structure filamenteuse convergeant vers le noyau, que l'on appelle la pénombre.La tache peut être de forme et d'étendue variées.Une petite tache a la taille de la Terre tandis que d'autres sont des milliers de fois plus grandes.Ces taches semblent être composées de gaz en ébullition provenant de l'intérieur du Soleil et accompagnés d'intenses émissions de toutes sortes de radiations.Ce phénomène serait causé par des variations du champ magnétique interne du Soleil, mais on ne sait pas comment, ni pourquoi.La tache apparaît plus sombre que la photosphère environnante parce que sa température est d'environ 4 200°, comparativement à près de 5 700° alentour.Selon leurtaille, 23 les taches ont un champ magnétique plus ou moins important pouvant varier de 10 à 30 milliteslas.On observe habituellement deux taches jumelées dans un même facule, les polarités magnétiques de chacune étant opposées à l'autre.La tache de tête, selon le sens de rotation du Soleil, est généralement la plus grande.Les taches n'apparaissent qu'entre 35° de latitude nord et 35° de latitude sud, dans ce que l'on appelle les zones royales, pour une durée variant de quelques jours à quelques semaines.Selon des conventions établies par les astronomes, on considère qu'un nouveau cycle solaire débute lorsque, dans un hémisphère du Soleil, naissent des taches de polarité opposée à celle des taches existantes.On mesure le degré d'activité solaire en calculant la surface qu'occupent les taches sur la face visible du Soleil, ou encore le nombre de centres actifs (groupes de taches) décelables dans un même mois, ce qu'on appelle le nombre de Wolf-, cette dernière méthode est la plus répandue.Le plus haut maximum connu a été de 201, en mars 1958.Pour 1980, certains astronomes prédisent un maximum d'au moins 154, avec seulement quelques possibilités d'atteindre ou de dépasser 200.Les perturbations sur Terre sont d'autant plus importantes quesont nombreux les centres actifs où se produisent les éruptions.Ces dernières, qui n'ont rien à voir avec celles de volcans, semblent trouver leur origine sur les bordures des taches dans des zones de fortes perturbations magnétiques.C'est une émission soudaine d'une quantité énorme de matériaux et d'énergie.Mais le point de départ de ce phénomène reste très vague.Les astronomes se demandent si les particules sont accélérées lors d'une explosion qui causerait l'éruption ou par l'éruption elle-même.Selon les observations, une zone déjà anormalement lumineuse augmente brutalement d'éclat pour atteindre un maximum en quelques minutes; puis la luminosité décroît lentement, mais irrégulièrement.Les astronomes classent ces éruptions selon la surface sur laquelle elles s'étendent au moment de la brillance maximale et selon leur éclat lumineux, qui peut atteindre 20 fois celui de l'atmosphère solaire en temps normal.Au moment de l'éruption, on peut souvent remarquer un jet de gaz qui s'élève de façon rectiligne jusqu'à parfois plus de 200000 kilomètres du Soleil.Parfois, le jet peut former un arc vers un autre point du Soleil, où il se produit alors d'autres éruptions; c'est du moins ce qu'ont pu observer les astronautes de Skylab.De façon moins visible, une éruption s'accompagne d'une émission d'ondes électromagnétiques, de protons et d'un nuage de plasma, qui ont tous un impact sur l'atmosphère terrestre. 24 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE ¦F T’ .4*r5é w *\ * •• & - a# I /* 1 ¦.%- X iC'.' L'ombre et la pénombre d'une tache peuvent recouvrir une surface solaire de plusieurs dizaines de millions de kilomètres carrés.Ce groupe de deux taches a été photographié en avril 1978.lors d'une période d'intense activité solaire, à l'aide du télescope de l'Institut Herzberg d'astrophysique à Ottawa.Les éruptions provoquent parfois de telles protubérances en forme de boudes: malgré plusieurs siècles d'observation, les astronomes se demandent toujours ce qui peut les causer.DES VAGUES DE RADIATIONS ATTEIGNENT LA TERRE Les ondes électromagnétiques mettent environ huit minutes pour atteindre l'atmosphère terrestre.Ce sont des ondes radio, de la lumière visible, des rayons ultraviolets et des rayons X.Elles annoncent la possibilité dorages magnétiques et ionosphériques un ou deux jours plus tard.À la suite d'une éruption, la Terre reçoit du Soleil entre 1 000 et 1 000000 de fois plus d'ondes radio que normalement, et le flux d'ultraviolets peut être d'au moins dix fois supérieur au flux normal.Ainsi, quelques minutes après l'éruption, le champ magnétique terrestre est perturbé.La région D de l'ionosphère (première couche de l'ionosphère s'étendant de 60 à 80 km d'altitude) est davantage ionisée et elle absorbe mieux certaines ondes radio.Cela crée alors des problèmes dans la transmission des ondes courtes, plus particulièrement entre 3 et 30 MHz.Au lieu de se réfléchir sur la couche F de l'ionosphère (à une altitude de 200 à 300 km), les ondes radio sont alors entièrement absorbées par la couche D, où il y a excès d'ionisation.L'interruption des communications est brutale.Elle dure un peu plus longtemps que l'éruption elle-même, pour disparaître ensuite doucement.Cela peut être une question de minutes aussi bien que de jours, dans le cas où la perturbation est due à un orage géomagnétique ou ionosphérique.À d'autres moments, plus nombreux, les radioamateurs peuvent tirer avantage de la période d'activité solaire maximale: certains jours, avec un émetteur de faible puissance, ils sont capables de communiquer avec d'autres stations situées à plusieurs milliers de kilomètres.Cependant, cela entraîne par la même occasion une saturation des fréquences disponibles.De son côté, le flux de protons, qui met d'une à cinq heures pour atteindre le voisinage de la Terre, suit des trajectoires déterminées par le champ magnétique terrestre.Étant donné que les zones de basses latitudes sont relativement bien protégées par ce champ magnétique, les protons ont tendance à bombarder les régions polaires, où ils provoquent une augmentation de l'ionisation vers.80 km d'altitude.Cela provoque habituellement l'extinction des communications en basses fréquences dans les régions touchées; c'est souvent le cas dans le nord du Canada.Le nuage de gaz ionisé atteint en général l'environnement terrestre entre 20 et 50 heures après l'éruption.Dans la plupart des cas, un ou deux jours après une éruption intense, un nuage de particules enveloppe la Terre d'un seul coup, provoquant un orage magnétique qui entraîne des perturbations des liaisons par radio ou la surcharge des lignes de transport du courant à haute tension.Certaines particules, qui restent piégées au niveau des zones de Val Allen, vers les pôles, produisent pendant quelques jours des perturbations dans le champ magnétique terrestre.C'est alors que les appareils d'orientation, tels que les boussoles et les compas, se dérèglent, créant des complications importantes dans le transport aérien ou maritime.LES RIDEAUX DU CIEL Les aurores polaires sont un autre phénomène lié aux éruptions.Elles sont de formes variées: un arc régulier, une bande moins régulière orientée selon un méridien géomagnétique, une juxtaposition de rayons verticaux ou une lueur diffuse.Les aurores se produisent surtout à l'intérieur d'un anneau centré sur les pôles géomagnétiques et situé aux alentours du 67e degré de latitude.Les aurores proviendraient de l'excitation de molécules et d'atomes de l'atmosphère provoquant un phénomène lumineux, se situant entre 80 km et plusieurs centaines de kilomètres d'altitude.La densité des électrons est très élevée à l'intérieur d'une aurore.Le mécanisme qui donne naissance aux aurores polaires n'a pas encore été identifié avec certitude.Il est lié au flux de protons et au nuage de particules ionisées émis par le Soleil.On cherche actuellement à déterminer dans quelle mesure.Mais, de toute façon, une chose est certaine: la forme et la localisation des aurores prouvent que l'on est en présence de particules électrisées, dépendantes du champ magnétique terrestre.Les effets des éruptions solaires ou des cycles d'activité sur le climat sont encore moins connus.Il semble qu'il y ait certaines concordances, mais aucun chercheur n'a été capable de le démontrer vraiment.Des études faites sur les anneaux de croissance des arbres, pour voir s'il existe une relation entre la pousse des végétaux et l'activité solaire. Source: John A.Eddy Science 192.1 189 (1976) QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 1870 1880 1890 1930 1940 1950 1860 1900 1920 1960 1850 1910 1970 ©3® Les hauts et les bas de l'activité solaire suivent un cycle de onze ans.Des observations scientifiques du Soleil ont lieu depuis le milieu du 18e siècle, mais jamais on a été aussi bien équipés pour le faire.laissent entrevoir certains rapports possibles.PLUSIEURS ATOUTS EN MAIN En fait, le domaine de l'action du Soleil sur la Terre est encore plein de mystères.Mais, pour l’explorer, les chercheurs ont aujourd'hui en main plus d'atouts que jamais.L'équipement technique dont ils disposent est des plus modernes.Pendant un peu plus d'un an encore, des éruptions vont se produire selon une moyenne de trois par jour.Et, qui plus est, la plupart des astronomes et astrophysiciens spécialisés dans l'étude du soleil ont décidé de coordonner leurs observations au niveau international, dans le cadre d'un programme baptisé Solar Maximum Year.Cela représente une soixantaine d'observatoires à travers le monde qui, sur un signede leurcentrede coordination, vont pointer leurs télescopes solaires sur un point précis du Soleil, où l'on prévoit une éruption.Les observateurs ont en effet remarquéque certaines conditions étaient nécessaires à l'intérieur d'un centre actif pour que l'éruption se déclenche.Selon David M.Rust, l'un des responsables du programme de coordination, on peut s'attendre à des éruptions lorsque le Soleil émet davantage de rayonnements X et d'ondes radio, ce qui est mesuré en permanence, et que les relevés de champs magnétiques dans un centre actif indiquent des champs magnétiques très compressés et malmenés.Le programme de recherche se veut le plus exhaustif possible.Les chercheurs voudraient surtout savoir tomment les éruptions se déclenchent.Ils veulent découvrir pourquoi certains grands centres d'activité produisent des éruptions tandis que d'autres, tout aussi importants, sont calmes, connaissant seulement une très légère hausse de leur émission d'ondes radio, d'ultraviolets et de rayons X.Ils voudraient aussi comprendre comment des rayons cosmiques solaires, qui sont en fait des particules atomiques chargées d'une énergie pouvant dépasser plusieurs milliards d'électrons-volts, sont générés par des éruptions géantes qui ne se produisent que quelquefois par année.Enfin, ils voudraient pouvoir identifier l'origine des aurores ou autres perturbations atmosphériques.SATELLITES ET TÉLESCOPES TOURNÉS VERS LE SOLEIL Au Canada, l'Observatoire solaire de l'Outaouais a un rôle à jouer, un rôle tout aussi important que celui de Big Bear, aux États-Unis, ou que la tour solaire de Meudon, en France.Le télescope canadien est conçu pour fournir des photos chronologiques, à grande échelle, de la structure de l'atmosphère solaire.Son but: une meilleure compréhension des causes de l'activité solaire et des phénomènes explosifs connexes.Le programme d'observation est complété par des études théoriques de phénomènes intervenant dans la chromosphère.Étant donné que de nombreuses radiations sont arrêtées par l'atmosphère terrestre — et c'est tant mieux pour nous! — on va aussi utiliser les satellites.Les observations se feront dans la gamme des rayons X, ce qui est impossible depuis le sol terrestre.Ainsi, des mesures seront prises à partir des Voyager, des Pioneer, des Helios actuellement sur orbite.Le vaisseau spatial soviétique Prognoz-7 sera aussi de la partie.Mais le plus important sera sans contredit le SMM américain(So/arMax/mt/m Mission), un merveilleux véhicule spatial quia coûté environ 70 millions de dollars aux contribuables américains.Il suivra une orbite circulaire à 775 kilomètres de la Terre, et ses appareils, qui fonctionneront simultanément, devraient repérer les éruptions et prendre une quantité impressionnante de mesures.Prévu au départ pour octobre, son lancement devrait avoir lieu en décembre ou janvier.La navette spatiale permettra de le récupérer «sain et sauf» en octobre 1981.Ce vaste projet suscite l'enthousiasme des astronomes et des physiciens du monde entier.Comme le faisait remarquer un astrophysicien: «Nous sommes encore à l'ère des vaillants chevaliers de la connaissance à l'assaut du ciel.» De fait, c’est bien de recherche fondamentale et d'accroissement des connaissances pures qu'il s'agit, puisque les retombées pratiques d'un tel projet sont assez minces: mieux prévoir quelques perturbations des liaisons radio ou des lignes de transport de l'électricité.Mais peu à peu, le Soleil livre ses mystères, et cela n'est pas un mince résultat. DOSEZ VOTRE CAFE La caféine est une drogue méconnue qui est peut-être votre pire meilleur ami par Jean-Pierre Rogel Le café est'une drogue douce qui a toujours suscité les passions.Déjà au 15e siècle en Arabie, certains chefs musulmans le recommandaient pour stimuler la ferveur religieuse, tandis que d'autres traitaient de tous les noms les buveurs de café.Tout au long des 1 7e et 18e siècles en Europe, des autorités politiques ou religieuses ont tenté tour à tour de bannir ou d'encourager la consommation de café sous divers prétextes.Pour les uns, c'était le nectar des dieux, pour les autres, le breuvage du diable.Ou encore, un élixir «qui donne intelligence et présence d'esprit», ou alors «un agent d'entraînement à la dépravation de nos jeunes gens».Vers 1750, le roi de Prusse, Frédéric le Grand, a songé un instant à le bannir, et Jean-Sébastien Bach a aussitôt volé au secours de sa boisson préférée en écrivant la Cantate du café, maintenant oubliée.Aujourd'hui, les passions sont moins vives, mais les effets du café restent un sujet de controverse.On discute du syndrome du caféisme, l'intoxication par la caféine, une substance chimique qu'on ne retrouve d'ailleurs pas seulement dans le café.On discute des effets réels du caféisme, en particulier durant la grossesse.On sait encore peu de choses du rôle éventuel de la caféine dans certaines malformations à la naissance, de son potentiel mutagène ou cancérigène, seule ou lorsqu'elle est associée aux deux autres drogues les plus répandues, le tabac et l'alcool.C'est que, paradoxalement, on étudie très peu cette vieille drogue familière qu'est la caféine.Sans doute parce qu'il s'agit d'une drogue mineure, d'une drogue douce.Sans doute parce que les urgences sont ailleurs, sans doute aussi parce que la caféine est tellement intégrée à notre vie qu'elle passe inaperçue.Mais la conséquence est que nous ne savons pas combien d'entre nous sont atteints de caféisme, si la maladie progresse et à quels risques réels nous nous exposons, en tant qu'individus et en tant que collectivité.Nous nageons en plein brouillard et ce n'est pas une figure de style.Au Québec, il n'existe aucune étude épidémiologique 28 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE générale sur la caféine.Pour estimer la consommation globale de café, on se fie sur des statistiques canadiennes ou américaines qui datent de plusieurs années et qui ne tiennent pas systématiquement compte des autres sources de caféine: le thé, le cacao, le chocolat, le cola, le maté (une variété de houx d’Amérique du Sud) et certains médicaments.Au service de la recherche du ministère des Affaires sociales, on avoue ne connaître aucune équipe de recherche travaillant au Québec sur l'impact de cette drogue.Pour trouver un chercheur qui puisse se prononcer sur ce sujet avec quelque autorité, il faut aller à Toronto à l'Addiction Research Foundation, où l'équipe du Dr Richard Gilbert a mené plusieurs recherches reconnues.Enfin, un rapide sondage parmi les médecins omnipraticiens québécois montre qu'ils semblent peu sensibilisés au problème du caféisme et peu au courant des recherches récentes, alors qu'ils connaissent bien les problèmes de tabagisme et d'alcoolisme.CAFÉ FORT OU FAIBLE?La carte de visite de la caféine dit: alcaloïde principal du café et du thé.Officiellement: du 1, 3, 7 triméthylxantine.Propriété principale: neurostimulant.Ce qui veut dire que cette substance chimique stimule le système nerveux central à différents niveaux et entraîne des actions respiratoires, cardio-vasculaires et autres.Nous aurons l’occasion d'y revenir.Où la trouve-t-on?Dans le thé et le café, bien sûr, mais aussi, et c'est là que l'inventaire se complique, dans le cacao, le chocolat, le cola, certains médicaments et toute une flopée de produits naturels exotiques, comme le maté, le yoco, le guarana.Les doses varient énormément, bien sûr, mais cela veut dire qu'à toutes fins pratiques, un inventaire complet de toute la caféine que nous absorbons est très difficile.Les Nord-Américains que nous sommes compteront le thé et le café, mais ne devront pas oublier le chocolat, le cacao et toutes les boissons qui contiennent du cola.Une petite bouteille du fameux «Coke», par exemple, contient seulement moitié moins de caféine qu'une tasse de café moyen.À raison de trois «Coke» et deux tablettes de chocolat par jour, certains enfants sont plus sûrement imbibés de caféine, si l'on tient compte de leur poids, que d'honnêtes fonctionnaires inconditionnels de la pause-café biquotidienne! Il faut aussi tenir compte du mode de préparation du café et du thé.La tasse moyenne de café comptera pour 100 mg de caféine dans la plupart des études.Mais il faut savoir qu'une tasse de café-filtre colombien noir un peu «corsé» peut contenir 170 mg, alors que la tasse de café brun de machine distributrice n'en contiendra que 50 mg ou 75 mg, et le jus lavasse de votre belle-mère, 40 mg! Au Canada, nous possédons d'ailleurs quelques données intéressantes.Alors que la moyenne internationale de la tasse de café-maison tourne autour de 100 mg de caféine, une recherche effectuée par l'Addiction Research Foundation à Toronto a établi que la tasse moyenne de café «fait à la maison» en Ontario contient 75 mg, mais varie de 26 mg à 176 mg.Toute une différence et toute une variation dans les doses! De la mêmefaçon, la dose de caféine dans le thé est de 27 mg par tasse en Ontario, soit deux fois plus bas que la moyenne internationale.On ne dispose d'aucun chiffre pour le Québec, mais on peut postuler que cette tendance est commune aux deux provinces canadiennes.À moins qu'une partie de notre identité culturelle soit cachée au fond de nos tasses de thé et de café.300 000 DROGUÉS?Pour évaluer le danger de la caféine, on dispose toutefois d’un point de repère: la «cote d'alerte» des 600 mg quotidiens.Au-dessous de ce seuil, s'accordent en effet à dire les toxicologues, il n'y aurait pas de danger important pour la santé, en règle générale.Ce qui permet au Dr Richard Gilbert d'affirmer: «Lorsque la dose quotidienne de caféine absorbée est inférieure à l'équivalent de huit tasses moyennes de café par jour, il existe peu de preuves que ce soit néfaste pour la santé.» Au ministère de la Santé à Ottawa, on estime grossièrement que cinq pour cent de la population pourrait consommer plus de 600 mg de caféine par jour.Ce qui fait tout de même 1 250000 personnes, dont 300000 Québécois.Ces chiffres ne sont qu'indicatifs, mais l'estimation est inférieure à celle d'un expert renommé, le Dr John Greden de l'Université du Michigan, dans un récent article de la revue The Sciences, publiée par l'Académie des sciences de New York.«Un estimé conservateur est que 20 à 30 pour cent d'adultes américains prennent plus de 500 ou 600 mg par jour.En vérité, il est possible que près de dix pour cent des adultes consomment plus de 1 000 mg par jour.» Pour certains spécialistes, le seuil des 600 mg quotidiens est trompeur.«Une chose est certaine, souligne le Dr Greden, les manifestations de la caféine sont variables selon les individus.En réalité, la plupart des gros consommateurs peuvent en prendre de grandes quantités sans problème, mais pour d'autres, l'explication est différente.La plupart des gens consommant de la caféine n’atteignent des niveaux toxiques qu'après des années ou des décennies de consommation.» Quand les symptômes d'intoxication apparaissent, ils se sont développés si insidieusement, si lentement, qu'on ne pense pas à associer la caféine aux signes .v.i, Le café se prépare avec le grain torréfié et moulu d'un arbuste à feuilles persistantes, le caféier (Coifea), appartenant à la famille des rubiacées fRubiaceae/ Le caféier porte de petites fleurs blanches odorantes émanant par grappes le long de ses branches.observés.Ceci serait dû à des différences de métabolisme entre les individus, aussi bien qu'à un phénomène d'accoutumance, c'est-à-dire une tolérance acquise de l'organisme qui devient capable de supporter des doses croissantes de caféine pour obtenir les mêmes effets. QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 29 / UN STIMULANT INQUIÉTANT À l'origine des effets de la caféine: son rôle de stimulant du système nerveux central.C'est son avantage, ce qui a fait sa réputation de «nectar des dieux».Le méthylxantine stimule l’activité biochimique du cerveau, d'où la sensation de réveil, d'activité physique et intellectuelle plus fébrile.«Cette boisson semble égayer l'esprit, le rendre propre au travail», notait le philosophe d'Alembert qui, dans un même souffle, ajoutait sans broncher «.et en dissiper les ennuis, comme le faisait le fameux Népenthès chanté par Homère».En plus de la stimulation de toutes les parties du cortex cérébral, la caféine a Un enfant peut déjà être un habitué de la caféine sans même avoir pris une seule tasse de café, s'il consomme beaucoup de chocolat et de «Coke».Ainsi quatre tablettes de chocolat ou moins de deux bouteilles de Coke sont l'équivalent d'une tasse de café.La moitié de l'espèce humaine boit du thé à l'occasion, voire chaque jour.Au Canada, la consommation moyenne annuelle de thé par habitant est de 1,1 kilogramme.Et une tasse de thé contient de 60 à 75 milligrammes de caféine.une action au niveau respiratoire et circulatoire.Elle accélère de 10 à 20 battements par minute le rythme cardiaque, un peu après l'ingestion.L'organisme compense cette accélération en provoquant une dilatation des vaisseaux sanguins et un accroissement de l'activité rénale pour rétablir une tension artérielle normale.Mais tout ceci se traduit par une pression globale sur le cœur, un stress qui déclenche une hausse du taux de cholestérol dans le sang.Le risque d'accidents cardio-vasculaires se trouve donc augmenté de 30 à 40 pour cent chez les gros consommateurs (plus de 500 mg) de caféine, estime-t-on généralement.L'action immédiate du café sur les reins est bien connue: ce «nectar des dieux» augmente la production de l'urine.Rien d'alarmant, mais ceux qui sont sujets à des troubles rénaux, de la vessie ou de l'urète, multiplient leurs problèmes en absorbant de la caféine.Quelques études ont suggéré que le méthylxantine pouvait causer le cancer des voies urinaires, mais on ne possède aucune preuve de ce fait.Tout au plus considère-t-on que l'absorption régulière de hautes doses de café augmente légèrement le risque du cancer de ces organes.Au niveau de l'estomac, la caféine accroît considérablement (de deux à quatre fois) la sécrétion d'acide chlorhydrique, mais cela ne dure que de 15 minutes à trois heures après l'ingestion.À long terme, toutefois, ce surcroît d'activité pèse sur l'organisme et peut provoquer des troubles digestifs.Certains sont mineurs, comme les brûlures d'estomac, mais d'autres sont plus sérieux: on pense que le café peut être une cause directe d'ulcères.À cet égard, il vient renforcer l'action de l'alcool, cause bien connue d'ulcères de l'appareil digestif.L'ANGOISSE DU BUVEUR DE CAFÉ La plupart des symptômes du caféisme sont très courants, et communs à plusieurs maladies: battements cardiaques, signes de nervosité, brûlures d'estomac n'ont rien de très original.De plus, il est rare que tous ces symptômes apparaissent ensemble.Encore une fois, la caféine se révèle une drogue insaisissable, fuyante ou trop bien camouflée.«Avec des symptômes pareils, les erreurs de diagnostic sont monnaie courante», souligne le Dr Greden.Les troubles du sommeil sont un des aspects les mieux documentés du caféisme.En 1 964, le Dr Avram Goldstein, de l'université Stanford de Californie, a montré que le café retardait la venue du sommeil, augmentait la nervosité pendant le sommeil, dont le nombre de réveils en sursaut.On s'y attendait un peu! La légende de l'introduction du thé en Europe veut qu'elle ait été inventée par un moine boudhiste qui, furieux de s'être endormi, s'était coupé les cils.«Ceux-ci, en pénétrant dans le sol, donnèrent naissance à la plante dont lesfeuillesbannissent le sommeil», dit la légende.Tout juste note-t-on que là aussi, l'habitude joue puisque les gros buveurs développent souvent une tolérance à l'insomnie chronique.Une autre légende, tout aussi intéressante du point de vue médical, veut que le roi Arthur ait offert deux tasses d'un thé corsé à sa belle pour s'assurer qu'elle ne s'endormirait pas la nuit de noces.Le thé avalé, la belle s'endormit à poings fermés, tandis qu'Arthur tourna comme une girouette dans le lit une bonne partie de la nuit.La belle ci"MJ tli-.M»' .0>*WÏV HNIM.N Li UKA.sc Dttcn .-1 monts MUMVi.J Pt" 30 décembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE manifestait une tolérance à la caféine, mais pas le valeureux Arthur.Plusieurs études ont montréqueceux qui prennent du café régulièrement à fortes doses sont plus angoissés que d’autres qui n'en prennent pas.Parallèlement, d'autres recherches montrent que ces gros buveurs de café prennent généralement plus de tranquillisants du type Valium et Librium.Mais prennent-ils du café pour surmonter leur angoisse, qui existe déjà, ou bien le café cause-t-il (ou amplifie-t-il) leur angoisse?«C'est une des questions où il nous faudra attendre d'autres études avant de pouvoir répondre», estime le Dr Greden.Les données dont nous disposons sont en effet trop fragmentaires et la relation de cause à effet n'a pas été prouvée.Les réactions passagères de dépression peuvent être soulagées par le café.Tous les buveurs de café ou de thé connaissent cet effet tonique de leur «petit jus» qui les remet d’aplomb quand ils ont les «bleus».La tolérance acquise par l'organisme influence beaucoup dans ce cas: un buveur habitué peut sentir plus souvent cette sensation de dépression et avoir besoin de plus de caféine qu'un autre pour se sentir mieux.Ainsi s'accélère le cercle de la dépendance de la drogue, accroissant la consommation, la nervosité générale, les troubles de sommeil, le stress et la fatigue.Toutes les études à ce sujet confirment par ailleurs l'accroissement des effets chez les «caféïnomanes» qui sont des fumeurs réguliers.La cigarette agit comme un «renforçateur» de la nervosité, elle accroît le stress sur l'organisme.Au niveau des risques d'accidents cardiovasculaires, en particulier, l'action conjuguée de deux drogues semble très néfaste au regard de certaines études.Parce que la nicotine rend plus difficile le travail du coeur tout en le stimulant, elle accroît la dilatation des artères pour mieux irriguer le coeur.Cette action va dans le même sens que celui de la caféine, et le stress sur le muscle cardiaque est d'autant plus grand.MIEUX QUE LE HAMSTER Un autre domaine où la caféine agit un peu comme la nicotine, c'est dans le syndrome d’abandon.Une personne sevrée de ses huit cafés quotidiens risque fort d'en sentir des effets: maux de tête persistants, sensation de faiblesse ou nausées.Le café en est bien responsable, puisque la reprise des huit tasses de café par jour fera cesses ces effets secondaires, souvent alliés à une mauvaise humeur qui n'est pas sans rappeler l’irritabilité du fumeur repenti.au désespoir de son entourage.Il faut toutefois nuancer: ily a des gros buveurs de café qui peuvent cesser du jour au lendemain d'en prendre sans éprouver le moindre malaise.Parmi ceux PAS SEULEMENT DANS LE CAFÉ Breuvages (par tasse) Breuvages mg de caféine café infusé 100-150 café instantané 86-99 thé 60-75 café décaféiné 2-4 liqueurs cola 40-60 Médicaments (par pilule) Médicaments sous prescription APC's (aspirine, phenacetin, 32 caféine) cafergot 100 composé Darvon 32 fiorinal 40 Analgésiques (sans prescription) anacin, composé d'aspirine, bromoseltzer 32 midal 32 excedrin 66 pre-mens 30 Plusieurs préparations pour le rhume (sans prescription) 30 Source: The American Journal of Psychiatry, octobre 1974 qui subissent le syndrome d'abandon (60 à 85 pour cent), seul un quart d'entre eux doivent affronter un mal de tête aigu et lancinant.Un des points délicats concernant la caféine est son potentiel d'action sur les gènes et son rôle éventuel dans les malformations à la naissance.Pour le Dr John Timson, de l'Université de Manchester en Angleterre, qui a étudié le sujet, «il n'y a pas de risque appréciable de mutations chez l'homme, ni de malformations à la naissance, pour des doses normales de caféine quotidiennes», soit inférieures à 800 mg.Le Dr Timson explique que la caféine est mutagène chez les bactéries, les champignons et les algues, mais que la preuve n'est pas faite selon lui chez la mouche du fruit.Drosophila, et encore moins chez le rat et les autres mammifères.On sait que la caféine peut altérer les chromosomes de cellules de mammifères en culture de laboratoire, mais cela ne nous autorise pas à extrapoler chez l'homme, dit le généticien britannique, et en aucun cas nous ne possédons de preuves directes.«Peut-être que l'homme est mieux adapté à la caféine que le hamster chinois», commente le Dr Timson.Des études en laboratoire ont montré que, chez les animaux, de fortes doses de caféine administrées à des femelles enceintes provoquent des malformations à la naissance, comme les déformations du palais et des doigts.Mais il s'agit de fortes doses! Si on les rapporte au poids, cela revient à 30 mg/kg chez le rat, c'est l'équivalent de 24 tasses de café par jour pour une femme enceinte.Même en corrigeant par poids métabolique (qui tient compte des différences de métabolisme selon les espèces), on aboutit à une consommation de 35 tasses de café moyen par jour pour une dose unique, et sept tasses pour une dose régulière répétée.«La preuve de l'implication de la caféine dans les malformations est incomplète et discutable, déclare le Dr Gilbert de l'Addiction Research Foundation, mais elle existe».Pour le spécialiste de Toronto, ce risque de malformations à la naissance commanderait donc que la femme enceinte ne prenne pas plus de deux ou trois tasses de café par jour, ou mieux, qu'elle s'abstienne totalement de prendre du thé ou du café.Au point de nos connaissances, souligne-t-il, il nous faut entreprendre de nouvelles études sur ce sujet.PAS DE MAGIE Comme dans le cas du tabagisme, il n'existe pas de traitement miracle du caféisme.Il suffit d'arrêter l'abus, sous surveillance médicale, de contrôler les effets secondaires.La dépendance de la drogue cesse graduellement, en même temps que la consommation des produits à caféine.«On doit s'attendre à un déséquilibre passager du tonus affectif, avec des hauts et des bas de tristesse et d'excitation, explique un médecin de Québec, mais cela est peu, comparé au traitement des drogues plus fortes comme la marijuana, l'héroïne ou même l'alcool.» Difficile à cerner, trop bien caché dans notre mode de vie, le caféisme ne demande pas de traitement complexe et coûteux.Le Dr Greden met peut-être le doigt sur un point sensible de ce mal fuyant, lorsqu'il souligne dans The Sciences: «Ni le diagnostic ni le traitement du caféisme n'impliquent aucune magie médicale.Pas de tests ésotériques en laboratoire.Pas de chirurgie.Pas de pilules.Simplement un questionnaire médical, de l'observation, et la réduction de consommation.» A une époque où la médecine soigne beaucoup par médicaments et traitements sophistiqués, voire par «techniques de pointe», le traitement de l'intoxication par cette drogue douce n'est pas très spectaculaire.Il est même tout à fait hors de la mode, voire anachronique.Comme il est apparemment hors de la mode d'étudier cette drogue mineure, banale et si peu exotique.À ce compte, ce remontant du matin, de 10 h 1 5, du midi, de 1 5 h 00 et des soirées de notre vie d'agités peut continuer longtemps à être, sans que nous nous en doutions, notre «pire meilleur ami». DU NOUVEAU DE TEXAS INSTRUMENTS Voici deux nouvelles calculatrices, légères et compactes avec fonctions statistiques complètes et mémoire permanente.Tout ça à prix abordable.TI-50 Business Analyst II Eli à a ta a [isi C5t°i r«#j 'tin "ajj ^ S'a» tu] ]u] atss/ŒË, tEa] 'e.La TI-50 est une calculatrice scientifique à affichage à cristaux liquides (LCD).Elle vous offre 60 fonctions préprogrammées telles: racines, puissances, fonctions réciproques, logarithmes et calculs trigonométriques.La TI-50 permet 15 niveaux de parenthèses, selon la logique algébrique.Les deux mémoires adressables et les registres statistiques sont conservés automatiquement dans la mémoire permanente, que la calculatrice soit en marche ou non.A la fois simple et puissante, la TI-50 vous offre beaucoup à un prix raisonnable.La Business Analyst II est une calculatrice financière qui offre les memes caractéristiques d'affichage (LCD) et de statistiques que la TI-50.Cinq touches (N, %i, PMT, PV, FV) permettent une analyse 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QUÉBEC SCIENCE L’UNIVERSITÉ LAVAL EN CAPSULES Un combustible «de récupération» En utilisant des sous-produits de l'industrie du bois et de celle du papier, des chercheurs de l'Université Laval ont mis au point un nouveau combustible qui vient d'être breveté.Le professeur J.-R.Moreau, du Département de génie chimique, Martin P.Pelletier, de la Papeterie Cascade de Cabano et Gérald B.Tremblay de l'Alcan d'Arvida, ont mis au point ce produit qui mélange des particules de bois (sciure, copeaux, planures, écorces.) avec du ligno-sulfonate (sous-produit du procédé de fabrication du papier au sulfite), pour ensuite le mouler sous une pression de 3 000 k Pa.Les recherches ont duré quelques années, l'obtention du brevet, une autre année.Simultanément, depuis plus d'un an, la Compagnie Étabel de Saint-Georges de Beauce, résout tous les problèmes qui surgissent lors du passage de la production de nouveaux produits du laboratoire à l'industrie.Parce qu'il est constitué de matériaux «de récupération» d'origine locale, et est fabriqué par un procédé relativement peu exigeant en énergie, le produit final pourrait bien être, dans peu de temps, une source de calories moins chère que les hydrocarbures et moins soumise aux aléas des marchés internationaux.L'Université Laval a cédé les droits d'utilisation du brevet pour une période de cinq ans à la Société Étabel.Les variations à la hausse du coût des hydrocarbures devraient rendre bientôt possible la production d'un combustible universel simple et économique, tant pour l'industrie que pour le chauffage domestique.Le brevet d'invention porte le titre: «Process for agglomerating wood material and products obtained thereby».Au vent du fleuve Le Service des énergies redécouvertes du Gouvernement du Québec a accordé une subvention de $45 000 pour que le Parc des anciens combattants de Lauzon puisse être éclairé «par le vent» (Québec Science, octobre 1979).Ce montant défraiera une partie des coûts d'une éolienne de 9,2 mètres de diamètre et d'une puissance de 4 kilowatts qui sera achetée et installée avec l'aide technique de l'Université Laval et plus particulièrement du professeur Henri Gerardin du Département de génie mécanique.En échange de cette aide, les chercheurs de l'Université pourront utiliser l'éolienne pour les fins de leurs travaux.Légende: Prototype de l'éolienne double à axe vertical — Adam et Ève — réalisé par le Département de génie mécanique Depuis 1975, les professeurs Henri Gerardin et John Dickinson étudient l'utilisation de l'énergie éolienne.Avec de très petits moyens pendant les premières années et en intégrant les étudiants à différents aspects de la construction d'éoliennes et d'appareillages de contrôle, les recherches ont pris une certaine extension.Le Département de génie mécanique a installé une éolienne à axe vertical à la station agronomique expérimentale de Saint-Augustin.Cette éolienne, de construction très simple, est destinée au milieu rural.Elle pourrait être construite par l'agriculteur au départ de plans.Les aubes pourraient être faites en matériaux locaux.voire même des paniers tressés si l'appareil était fabriqué dans les pays en voie de développement.Un modèle original «Adam et Ève», avec rotors doubles en contra-rotation, est actuellement monté sur un camion pour «passer des tests» grâce à une subvention de l'IREQ.Une version «commerciale» de ce type sera installée sur le toit du Pavillon de génie de l'Université Laval où se construira bientôt un laboratoire des énergies nouvelles, qui abritera des appareils pour l'étude d'utilisations de l'énergie solaire et de l'énergie éolienne.Chronomètre de compétition: une nouvelle génération Jean-Françoys Brousseau, étudiant en troisième année de génie électrique, a remporté le concours du jeune inventeur de l'année, organisé par le Club optimiste Jacques-Cartier de Longueuil, en collaboration avec le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ).La cérémonie de remise de ce prix de $1 000 a eu lieu le 20 septembre à Sainte-Foy.Jean-Françoys Brousseau consacre une bonne partie de son temps libre au loisir scientifique, au ski alpin et au soccer.Il n'est pas étonnant, dès lors, que son invention soit un appareil spécialement adapté au chronométrage de compétitions de ski alpin ou nordique.Il s'agit d'un appareil totalement nouveau.Ne possédant aucun équivalent sur le marché, il est destiné à combler les lacunes de systèmes tels que les chronomètres commerciaux, en simplifiant largement les opérations de chronométrage.L'appareil est donc inédit tant par sa puissance, son autonomie complète, son caractère portatif, sa simplicité d'opération et son adaptation au milieu sportif (conditions extrêmes d'opération), que par son principe de fonctionnement.Par un minimum d'opérations manuelles, les moments de départ et d'arrivée de 128 compétiteurs peuvent être transférés en mémoire au fil des événements.Le temps du compétiteur, obtenu par soustraction, peut être calculé instantanément à n'importe quel moment par l'appareil.De même, on peut suivre l'évolution de n’importequel compétiteur par l'opération en mode «spécial» qui permet la soustraction «continuelle» (opération en temps réel: on voit le temps défiler).L'autonomie totale de l’appareil permet l'opération en toute sécurité.On notera l'alimentation de secours (12 volts), l'absence de liens essentiels avec tout autre périphérique (pas d'ordinateur central nécessaire) et la construction TTL et mémoires statiques.Les périphériques comprennent, entre autres, une imprimante qui permet de retracer toutes les opérations effectuées et d'obtenir la liste de tous les temps à la fin de la compétition.Un affichage géant permet au public de suivre le déroulement de la compétition.L'interface directe à un micro-ordinateur complet permet la classification, le calcul des points propres à l'épreuve et la publication quasi-instantanée des résultats.éliminant ainsi tout le travail de secrétariat habituel.Un tel système, avec transfert automatique des données, n'avait jamais été réalisé à cette échelle auparavant.Le concours «Le jeune inventeur de l'année» a pour objectif d'encourager et de développer la créativité et l'ingéniosité chez les jeunes de moins de 21 ans.Pour cette première année, il était placé sous la présidence d'honneur de Jean-Marc Gagnon, directeur et rédacteur en chef du magazine Québec Science, et le jury était composé de Marcel Risi, directeur de l'information technologique au CRIQ, Serge Chicoine, agent de brevet au CRIQ, et François Beau-det, directeur du Musée historique de l'électricité de Longueuil.te a 33 QUÉBEC SCIENCE / décembre 1979 L’alcool et le nouveau-né Il est connu que depuis quelques années, la consommation d'alcool augmente au Québec et parmi les buveurs, la proportion de femmes est à la hausse.Ce fait peut être plus lourd de conséquences que celles qui viennent directement à l'esprit.En 1973, des chercheurs, Jones et Smith, publiaient dans «The Lancet», la description d'une série de malformations qui affectaient des enfants de mères alcooliques.C'est le fameux «Fêtai Alcohol Syndrome» ou FAS qui se traduit par syndrome alcoolique du nouveau-né.Les principales composantes de ce syndrome sont des défectuosités crâniofaciales, des malformations des ‘I membres, des problèmes du système cardio-vasculaire, des retards de croissance et de développement.De plus, le taux de mortalité périnatale dépasse la normale et le quotient intellectuel est plus bas.En 1 978, Clarren et Smith, dans une monographie sur le FAS, parue dans le «New England Journal of Medecine», affirme que parmi les causes connues de déficience mentale dans le monde occidental, un usage immodéré d'alcool pendant la grossesse en est une des plus importantes.Il reste qu'il est difficile, chez l'homme, de dissocier l'alcoolisme de certains facteurs socio-économiques et environnementaux et qu'il est délicat de tirer trop hâtivement des conclusions d'une problé-l matique aussi complexe.Le professeur Gilles Kirouac, du Département de psychologie de l'Université Laval, tente, par des recherches sur les animaux, de mieux cerner l'effet de l'alcool absorbé lors de la vie fœtale, sur la croissance et le développement du comportement des rejetons.La procédure expérimentale élimine autant que faire se peut les influences extérieures qui oblitèrent partiellement les résultats obtenus chez l'homme.Dans une étude qui a servi de cadre à une maîtrise de recherche, Marie Demers comparait les rejetons de trois groupes de rates.Les animaux du premier groupe recevaient des injections d'alcool — éthanol — du cinquième au dix-huitième jour de grossesse.Aux rates du second groupe, on injectait une solution saline, pour éliminer le facteur de traumatisme dû à l'injection dans les comparaisons entre les groupes 1 et 2.Un troisième groupe servait de contrôle.Une fois les rejetons nés, ils étaient nourris par des mères non traitées.A partir des premiers jours, les chercheurs mesuraient certains comportements: le port de la tête, des épaules et des hanches, des mouvements comme la rotation, la reptation, la marche.Ils ont réussi à mettre en évidence que les ratons de mères alcooliques étaient plus petits, mais qu'une fois nourris convenablement par leur «mère adoptive», cette différence s'estompait vite.Par contre, certains tests de développement locomoteur se révélaient statistiquement significatifs: les rejetons du premier groupe étaient manifestement plus lents dans leur évolution.Ils prenaient plus de temps pour se tenir à quatre pattes, pour retomber sur leurs pattes une fois lâchés à 30 centimètres au-dessus de la surface du sol, pour grimper dans un grillage et pour marcher.Ces variations dans le temps d'acquisition de certains mouvements sont interprétées par certains chercheurs comme étant causées par des déséquilibres biochimiques au niveau du cerveau.Cette étude n'est qu'un exemple des recherches qui se font mais elle permet de préciser les variables qui devraient être mises en évidence par d'autres expériences.Chez l'homme, l'alcoolisme ne débute pas avec la grossesse, dans la plupart des cas.Mais, l'alcool est aussi utilisé comme thérapie pour arrêter des «faux travail» ou des accouchements prématurés.Si cette pratique n'est plus aussi en vogue qu'elle ne l'a été, il faudrait tout de même savoir s'il existe des moments de la grossesse où le fœtus est particulièrement sensible à l'alcool.Il serait aussi intéressant de se pencher sur la quantité d'alcool qui se révèle toxique.Aucune étude sur l'animal n'a été faite à ce sujet et du point de vue clinique, cette question est fort épineuse.L'alcool passe la barrière placentaire et le taux d'alcool dans le sang du fœtus est proche de celui du sang maternel.Certaines études parlent d'une à deux onces d'alcool pur par jour comme dose toxique pour le bébé.D'autres plus conservatrices parlent de six «verres».De toute façon, puisque chaque individu réagit différemment, il est plus prudent de déconseiller l'alcool durant la grossesse et de considérer les alcooliques comme ayant des grossesses à risques au même titre que les diabétiques, par exemple.V D'autres recherches ont mis en évidence que chez les rats adultes, nés de mères alcooliques, les capacités d'apprentissage sont significativement amoindries.Dans ce cadre-là, il serait intéressant de savoir si le milieu de croissance permettrait de combler, du moins partiellement, ce retard, en comparant l'évolution de ratons en conditions normales de laboratoire et celle d'animaux mis dans des cages plus élaborées où leurs sens seraient éveillés par des tunnels, des roues, des objets.Un milieu «enrichi».Il ne fait maintenant aucun doute que l'alcool a un effet néfaste sur le bébé à naître, il reste encore bien des dimensions du phénomène à étudier.Marianne Gagnon Division de l'information Tour des arts, local 214 Université Laval Pour en lire plus: Clarren, S.K., Smith, D.W., The Feta! Alcohol Syndrome, N.Eng.J.Med., 298: 1063-1067, 1978 Coyle, J., Wayner, M.J.et Singer, G., Behavioral Teratogenesis: A Critical Evaluation.Pharmacology, Biochemistry and Behavior, 1976, vol.4, pp.191 -200 Demers, M., et Kirouac, G., Prenatal Effects of Ethanol on the Behavioral development of the Rat, Physiological Psychology, 1978, vol.6 (4), pp.517-520 Joffe, J.M., Preneta! Determinants of Behaviors, New York Academic Press, 1979 Jones, K.L., Smith, D.W., Recognition of the Fetal Alcohol Syndrome in Early Infancy, Lancet, 22:99 — 1001; 1973 Galanter, M., ed.Currents on Alcoholism, 5 volumes parus, Grune et Stratton, 1978 ¥S : SÏIÏS il T*• 7*y*U>^0;~.V§«v.^ ^r-ï^'.:,‘, ‘'Iv •V'r./-'.Vh'-: s^-r.XM,\ v'^V-fe-: v,•« iC>: '/: v/:s>v.^- ^y,-y; v^r~- : \- '!'.v*^ VtW -V> ¦¦'*' ,1_- 1,' "J “ ^.w* ' r___a ;.- » Si mm .y » iM ü ÜÜ y ! i ,''' -y-/ ' .¦- IM® mm wmmmmm.mm ¦mm ïms %m.iMm.• ^- v -: •'-• ïtë?S*£ M’® >A:v‘v m&ÈÊ mm Mmy.¦ ¦ wmm -n •*'
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