Québec science, 1 janvier 1980, Août
«My s v il ' i ' > i': 1 jfjlltfifyr : liWlSIjÉ! i‘|r, ;! .Volume 18, numéro 12 AOÛT 1980 $2.25 Ki." 0 BOMBES à RETARDEMENT QUAND LA TERRE CRAQUE DES POISSONS À LA CHAÎNE • DES SERPENTS SANS VENIN DU NOUVEAU CHEZ QUÉBEC SCIENCE EDITEUR LE SEL DE LA SCIENCE, par Fernand SÉGUIN, Québec Science Éditeur, Québec, 1980, ISBN: 2-920073-02-8, 140 pages, $9.50 LESELDEIA SCIENCE POUR VOUS ACCOMPAGNER EN VACANCES, un livre qui est une initiation humaine et vivante à la pensée et à l'œuvre de sept grands scientifiques francophones de notre époque : Joël de ROSNAY, Albert JACQUART, Michel SERRES, Jacques ATTALI, Henri LABORIT, Rémy CHAUVIN et Erwin CHARGAFF; ^s personnages qui ont en commun de ne pas être de type traditionnel: chercheurs chevronnés, ils en sont tous venus à dépasser leurs disciplines respectives et à s'interroger sur l'Homme en société.BON DE COMMANDE msmmmmÊMirnéÊÊËsm Veuillez me faire parvenir les volumes suivants: Quantité Total LE SEL DE LA SCIENCE, Fernand Seguin, 140 p„ $9.50 FACE AU NUCLÉAIRE, collectif.2e édition, 334 p„ $9.50 LES TRACES DU PASSÉ.François Picard.208 p., $9.50 DES MACHINES ET DES HOMMES, Louis Brunei 1 76 p , $7.50 DEMAIN LA SANTÉ, Yanick Villedieu, 296 p., $8.50 ?Ci-joint mon paiement au montant de $ .?Veuillez me facturer pour la somme de $.Nom.Adresse LU Code posta!.Téléphone .QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR • C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Téléphone: (418) 657-2426 Code 22 Coijfri Gffn» IW C 3 QUÉBEC SCIEKE SOMM4IRE Volume 18, numéro 12 AOÛT 1980 Bombes à retardement André De lisle Le «racket» des barils qui rouillent, des dépotoirs clandestins, l'inaction des pouvoirs publics: Québec Science ouvre le dossier explosif des déchets dangereux r Quand la terre craque Claude de Launière Les tensions s'accumulent à l'intérieur du globe terrestre au point qu'elles dépassent sa résistance.Et c'est alors le tremblement de terre J, V 34 Des poissons à la chaîne André Lamoureux L’industrie de la pisciculture cherche à s'implanter au Québec 40 Des serpents sans venin François Picard On en compte sept espèces différentes qui rampent sur le sol québécois NOUVELLES ET CHRONIQUES 4 Courrier 5 Gérontologie Âge d'or et panthères grises Serres Le style Baie James 7 Métallurgie Le métal n'échappe pas à la fatigue 8 Diabète Un virus serait-il coupable?10 Céréales Pour l'auto ou pour l'assiette?Psychologie Précoces mais normaux 43 La filière verte 44 Le français scientifique Publier, or perish.45 Informatique Quand l'ordinateur remplace M.Météo 46 Ces chers ancêtres 47 Le livre du mois 48 Parutions récentes 49 En vrac QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, troisième trimestre 1 980.ISSN-0021 -61 27.Répertorié dans PÊRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de 0 CPPA © Copyright 1 980 — QUÉBEC SCIENCE — LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés. 4 août 1980 / QUÉBEC SCIENCE Jean-Marc Gagnon directeur Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Pierre Parent, Andrée-Lise Langlois réalisation graphique Richard Hodgson collaborateur Raymond Robitaille composition typographique Claire D'Anjou administration Normande Brouillard secrétariat Marie Prince promotion et publicité Nicole Bédard, Cécile Buteau et Christian Gosselin diffusion Distribution postale Paul A.Joncas Photogravure et impression L'Éclaireur Itée Séparation de couleurs acme litho inc.Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Les Presses de l'Universite du Quebec Abonnements Canada Spécial: (2 ans / 24 nos): $35.00 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champ du diable.Il nous paraît essentiel de renseigner vos lecteurs qu'un groupe d'étudiants de l'Université de Montréal ont effectué des recherches sur ce dépôt.Le champ des Guérets est situé sur le versant nord de la colline de Rigaud.Son intérêt vient du fait que c'est un des seuls dépôts en son genre en Amérique du Nord.Ayant étudié l'arrondi, la sphéricité et l'aplatissement de 160 échantillons, nous nous sommes interrogés sur l'origine de ce champ ainsi que sur le mode de façonnement des galets dans leur ensemble et pour quatre niveaux bien définis.Cette étude s'est réalisée par l'exécution d'une série de tests statistiques applicables pour le problème en question.Les lecteurs intéressés à avoir de plus amples informations pourront communiquer avec le département de géologie de l'Université de Montréal.Michèle Deschênes, Élisabeth Masson, Daniel Tessier Montréal QUESTION EMBALLAGE Dans presque tous vos numéros, vous avez au moins un article qui traite de l'environnement.Québec Science semble vouloir véhiculer une pensée: le respect de la nature sous toutes ses formes.Je suis complètement en accord avec vos principes.Là où je ne vous suis plus, c'est le fait que vous n'alliez pas plus loin.Ainsi, pourquoi l'utilisation de plastique pour envelopper vos revues lorsque vous savez que ce plastique aboutira à la poubelle?Ne serait-ce pas plus écologique et économique à la fois d'envoyer vos revues sans l'emballage?Daniel Léger Gatineau La raison pour laquelle nous expédions QUÉBEC SCIENCE sous emballage depuis trois ans environ, est bien simple: un pourcentage sans cesse croissant de nos abonnés se plaignait du fait que l'étiquette d'adressage était apposée directement sur la couverture du magazine.Sachant que plus de 90 pour cent de nos abonnés collectionnent QUÉBEC SCIENCE (entre autres pour ses pages couvertures qui ne sont jamais banales) nous nous sommes mis à la recherche d'un système d'emballage.Hélas! cet emballage est en «plastique» et ce, pour l'unique raison que les standards nord-américains sont tels qu'ils interdisent à toutes fins utiles ($$$) le recours à un emballage de papier.En attendant que le pétrole devienne à ce point rare qu'il faille modifier les standards et les machines utilisées, libre à vous de «recycler» l'emballage de QUÉBEC SCIENCE pour y conserver vos fruits ou vos légumes! LA COURTE VIE DES GLOBULES ROUGES Dans votre revue Québec Science de mai 1980, j'ai lu avec intérêt l'article de Carole Thibaudeau intitulé : «De l'insuline selon ses besoins».Toutefois, j'ai cru y relever deux erreurs: la première est que la vie du globule rouge normal est d'environ 180 jours, et non pas de deux mois.La seconde erreur est que les plaquettes sanguines ne proviennent non pas de la moelle épinière, mais plutôt de la moelle osseuse.Claire Bérard Montréal La longueur de vie des globules rouges, que l'on détermine en les marquant avec des substances radioactives, est évaluée à environ 120 jours.Nous avons donc sous-estimé leur longueur de vie alors que vous l'avez surestimée.Quant à l'origine des plaquettes sanguines, c'est effectivement dans la moelle osseuse qu'elles se forment, la moelle épinière n’étant constituée que de tissu nerveux.Nous * niions plus airbois. QUÉBEC SCIENCE / août 1980 GERONTOLOGIE AGE D’OR ET PANTHÈRES GRISES Solitude, pauvreté, manque d'autonomie face au monde extérieur.Au Québec comme ailleurs dans les sociétés occidentales, ou nord-américaines du moins, la condition de la femme âgée est encore plus dure que celle de l'homme âgé.Plus nombreuses — il y a 135 femmes de plus de 65 ans pour 100 hommes —, elles sont surtout plus démunies financièrement : près des deux tiers d’entre elles, quand elles vivent seules, et c’est souvent le cas, ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté.Ce sombre tableau, c’est Louise Dulude, auteur de Vieillir au féminin et de La femme âgée et la pauvreté, qui l’a tracé à l’occasion d'un colloque sur l'état de la recherche en gérontologie, lors du dernier congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, à l’université Laval.Selon elle, en effet, il est impérieux, quand on parle des personnes âgées, de toujours bien faire la distinction entre les hommes et les femmes, tant leurs conditions de vie respectives, à cet âge encore, sont différentes.Et c’est dans les stéréotypes qui prévalent dans nos sociétés, d’expliquer Louise Dulude, que se trouve la cause de ces inégalités.Par exemple, les femmes épousent des hommes généralement plus vieux quelles, ce qui, ajouté au fait quelles vivent plus longtemps, accroît la proportion des veuves.Leur situation économique, pendant leur vie active, ne leur permet pas d’acquérir un minimum de sécurité pour leurs vieux jours, même lorsqu’elles étaient sur le marché du travail.Enfin, la plupart du temps dépendantes de leur mari et fort peu autonomes sur le plan social, n’ayant par exemple que peu de relations d’amitiés à l’extérieur du foyer, elles se retrouvent, une fois veuves, plus solitaires encore que ne le seraient leurs compagnons devenus veufs.Mais ce n’est pas seulement les femmes qui ont à souffrir du maigre lot que notre société réserve à cet âge qui n’a souvent d’or que le nom.La mise à la retraite, ont expliqué deux travailleurs sociaux rattachés à l’Atelier de promotion collective de l’Université de Montréal, Gilles Plamondon et Louis Plamondon, est souvent vécue comme une véritable crise.Tout est modifié à ce moment-là : le réseau social, le réseau familial, la perception de soi.Et si la retraite est vécue, ou sg; «5?- W' -Y/:, redoutée, comme une véritable « mort sociale », selon le mot de la sociologue A.-M.Guillemard, c’est que toute la vie du travailleur avait été jusque-là organisée, modelée, structurée par et pour le travail.Ainsi, la mise à la retraite signifie-t-elle non seulement une perte des contacts sociaux associés à la vie de travail, mais aussi, et de façon souvent dramatique, l’apparition de problèmes financiers aigus : 90 pour cent des travailleurs subissent une perte de revenus quand ils «prennent» leur retraite, et une baisse de revenus telle que 63 pour cent des retraités vont se retrouver sous le seuil de pauvreté.Chose surprenante, et malgré l’évidence de plus en plus criante de ce problème aux multiples dimensions, les chercheurs qui se penchent sur le troisième âge ne semblent pas encore rendus très loin dans leurs travaux.Comme l’a montré une partie du colloque en effet, on en est encore plus souvent au stade des questions qu’à celui des réponses, et un groupe comme le Laboratoire de gérontologie sociale de l’université Laval a, sous bien des aspects, des allures de pionnier.« Les professionnels, y compris les psychologues, ne s’intéressent pas aux personnes âgées », dit le psychologue René L’Ecuyer.«Les sociologues non plus, renchérit la sociologue Verena Bernardin, du moins tant que les personnes âgées ne se mettront pas à se poser comme de vrais problèmes sociaux.» Pour Ellen Corin, du Laboratoire de gérontologie sociale elle aussi, c’est à l’anthropologie que l’on peut aussi faire appel pour mieux analyser les aspects les plus fondamentaux du vieillissement dans nos sociétés où sont valorisés l’avenir, le rendement, la productivité, où la mort est voilée, cachée, « interdite » pourrait-on presque dire.L'économique elle aussi, d’expliquer pour sa part Pierre Fréchette, spécialiste de cette discipline et professeur à l’université Laval, peut éclairer la situation du troisième âge, même si c’est de façon assez dure: «Il n’y aura pas de miracle en matière de revenu des personnes âgées, note l’économiste, et celles-ci devront reprendre en main elles-mêmes leurs propres affaires si elles veulent pouvoir se défendre et défendre leur situation.» Car inéluctablement, note le démographe André Lux, la population va vieillir et se féminiser.Dans une cinquantaine d’années, les 65 ans et plus seront proportionnellement deux fois plus nombreux qu’aujourd’hui.Et en l’an 2000 — demain —, il y aura dans ce groupe d’âge 169 femmes pour 100 hommes.Le problème est donc là, important, et qui ne saurait faire autre chose que s’aggraver.A Montréal, en mai dernier, on a créé l’Association québécoise pour la défense des droits des retraités et pré-retraités.Et déjà, dans certains groupes, on parle même de l’émergence d’une «gérontologie radicale», une ligne déjà incarnée aux États-Unis par un mouvement connu sous le nom de.Panthères grises ! Yanick Villedieu SERRES LE STYLE BAIE JAMES Le jardinage est devenu possible à la Baie James ; on a même tourné en avantage les longues journées de soleil qui agrémentent ces zones nordiques au climat trop froid pour les cultures extérieures.Des serres spécialement adaptées à ces régions sont maintenant disponibles sur le marché.Le modèle de ces serres, précisément baptisé «Baie James», a été conçu et expérimenté sur place par des chercheurs du Centre de recherches du Moyen-Nord à l’Université du Québec à Chicoutimi.Lors du colloque sur les énergies redécouvertes, tenu dans le cadre du dernier congrès de l’ACFAS, le professeur Jean-Joël Vonarburg a rendu compte de résultats d'expériences de cultures abritées aux villages des chantiers de la Baie James. DU NOUVEAU DE TEXAS INSTRUMENT Voici deux nouvelles calculatrices, légères et compactes avec fonctions statistiques complètes et mémoire permanente.Tout ça à prix abordable.11-50 Business Analyst II TI-5Q usiKHli ! (ǧ3 tÇQ |Œ) ICS $ 50 La TI-50 est une calculatrice scientifique à affichage à cristaux liquides (LCD).Elle vous offre 60 fonctions préprogrammées telles: racines, puissances, fonctions réciproques, logarithmes et calculs trigonométriques.La TI-50 permet 15 niveaux de parenthèses, selon la logique algébrique.Les deux mémoires adressables et les registres statistiques sont conservés automatiquement dans la mémoire permanente, que la calculatrice soit en marche ou non.A la fois simple et puissante, la TI-50 vous offre beaucoup à un prix raisonnable.La Business Analyst II est une calculatrice financière qui offre les mêmes caractéristiques d'affichage (LCD) et de statistiques que la TI-50.Cinq touches (N, %i, PMT, PV, FV) permettent une analyse rapide et précise d'un problème financier.D'autres fonctions facilitent les calculs d'investissement, d'amortissement, d'hypothèque, etc.La Business Analyst II vous offre, elle aussi, une mémoire permanente qui conserve les données des registres statistiques et le contenu de la mémoire adressable, en tout temps.Elle est offerte avec un étui de vinyle et un manuel complet d'instructions.Des dépliants détaillés sont à votre disposition.Pourquoi payer plus cher ailleurs?Venez nous voir * Commandes postales acceptées avec chèque visé; prière d’ajouter la taxe de vente provinciale [S%] el les frais d'expédition de S4.00 [S6.00 pour les modèles de plus de $200.\ Les prix sont sujets à changement sans préavis.COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE LOCAL C-106 Ecole Polytechnique Campus de l'Université de Montréal C P 6079, Suce.«A» Montréal H3C 3A7 Tél : (514) 344-4841 CHEMIN DE POLYTECHNIQUE co O u 2 CO O QUEEN MARY n QUÉBEC SCIENCE / août 1980 7 ~n v - *5" - ¦ En juin 1978, on installait une première serre, de dimension familiale, à Radisson; un peu plus tard, deux autres étaient construites à Keyano, près du chantier LG-4.Le modèle de ces abris avait été mis au point au cours des quelques années précédentes.Il s’agit de serres dites à «double tunnel».Sommairement, le système consiste à protéger les boîtes de culture en les recouvrant d’un film de plastique transparent.Seul ce tunnel, véritable petite serre contenue dans une grande, est chauffé; le soir, après le coucher du soleil, le tunnel est caché sous une mince feuille d’aluminium flexible.Cette couverture réfléchissante permet de diminuer sensiblement les pertes de chaleur nocturne.Au cours d’essais menés à Chicoutimi, les serres « à double tunnel» ont donné d’excellentes performances : des économies d’énergie de l’ordre de 75 pour cent par rapport à une serre conventionnelle à double paroi, dont tout l’espace intérieur est maintenu à température douce.Par contre, à la Baie James, les chercheurs de Chicoutimi se sont heurtés à un sérieux handicap.Sous ces climats, les sols se refroidissent rapidement au cours de la nuit, à cause de pertes par les parois de la serre.La couche superficielle du sol, par nuits très froides et très venteuses, peut devenir ainsi très froide, jusqu'à 15 degrés au-dessous de la température de l’air ambiant dans la serre.Les cultures souffrent évidem- ment de cet abaissement des températures.Une des solutions à ces pertes par radiation consiste à chauffer le sol de la serre.A la Baie James, on a retenu l’option «électricité» comme technique de chauffage, option qui est combinée au recouvrement par des écrans thermiques.Des câbles chauffants sont enfouis dans la terre pour former un grillage complet ; au cours de la nuit, ils fourniront la chaleur manquante.Cette formule semble adaptée à des grands chantiers hydro-électriques où le câble électrique souterrain n’est pas une denrée rare, puisqu’on l'utilise à l’intérieur des barrages et des installations connexes pour les protéger contre le gel.Ailleurs toutefois, cet équipement peut s’avérer très dispendieux.Sans compter le coût élevé du chauffage à l'électricité.Les chercheurs du Centre de recherches du Moyen-Nord ont ainsi envisagé d’autres techniques de réchauffement de la surface du sol.Une méthode très adéquate pour y parvenir consiste à chauffer une mince couche d’air directement au-dessus du sol.Un tel système a été inventé en Europe et est connu sous le nom de paillage radiant (Procédé Sunstock) : on fait circuler de l’eau tiède dans des gaines de plastique étendues autour des plants.A ce moment, la partie de contact sol-air devient plus chaude que l’air de la serre, ce qui assure le maintien des températures requises par les plants.Jumelée à un tunnel recouvert d’un écran aluminisé, la gaine thermique est particulièrement efficace même à des températures extérieures aussi basses que 40 degrés au-dessous de zéro.Reste à trouver l’eau chaude à bon compte pour l’alimentation du paillage radiant.Cette fois, les chercheurs ont regardé du côté des effluents d’une usine.En février 1980, une première serre de grandeur commerciale était installée à f Chicoutimi sur les terrains de | la compagnie Union Carbide.> Les eaux de procédés, autre-| ment rejetées dans un étang g par l’industrie, furent alors “ recueillies comme seule source de chauffage.La culture a pu débuter dès le mois de mars ; les tomates précoces furent récoltées fin avril ! Résultats plus qu’encourageants.«Si je pouvais vous expliquer ce que le phénomène de fatigue du métal implique au niveau moléculaire, je serais probablement récipiendaire d’un prix Nobel.Pourtant, ce problème de fatigue accapare l’attention des scientifiques depuis plus d’un siècle.» En fait, comme le souligne encore John Dunsby, chef du laboratoire des structures et des matériaux du Conseil national de recherches du Canada au stade actuel des recherches, l’explication mathématique et physique du processus destructeur demeure un rêve.Les ingénieurs qui doivent vivre avec ce problème utilisent donc une approche empirique, jonglant avec des règles d’ingénierie pour prévenir et réduire au minimum les risques de fissurations associés à la fatigue.Mais le mal fait toujours des victimes.Le récent écrasement d’un F27 de Québé-cair, à Québec en fait foi.L’enquête a clairement identifié le coupable : une pièce de métal d’un des moteurs qui a cédé sous le «poids» de la fatigue.À l’Établissement aéronautique national du CNRC, on s’intéresse au problème de- Autre particularité intéressante du «Procédé Sunstock», le plastique noir des gaines a la propriété d’absorber l’énergie solaire au cours de la journée.Une fois le paillage installé, on peut donc s’en servir comme collecteur solaire; l’eau en mouvement se réchauffe le jour, est accumulée dans des bassins isolés et est remise en circulation une fois la nuit venue.À Chicoutimi, les tests en ce sens ne sont pas encore terminés.Néanmoins, selon M.Jean-Joël Vonarburg, on peut présumer après une première saison qu’une telle serre, à paillage radiant et à double tunnel, peut être autosuffisante énergétiquement à partir de la mi-avril.puis longtemps.Présentement, l’équipe de M.Dunsby procède à des essais de fatigue sur la cellule d’un Tracker, bimoteur des Forces armées datant des années 50.Leur but : accoler à l’avion une durée d’exploitation additionnelle qui offre toutes garanties de sécurité.Juchée entre ciel et terre, emprisonnée dans un réseau de «palonniers» métalliques reliés à des vérins hydrauliques, la structure du Tracker subit depuis un an, de façon accélérée, l’effet de forces comparables à celles rencontrées lors du décollage, pendant le vol et à l’atterrissage.Un ordinateur, programmé à partir de données enregistrées dans des conditions réelles à l’aide d’accéléro-mètres, orchestre la simulation, reproduisant à l’aide des vérins hydrauliques les forces impliquées, les palonniers les répar-tissant proportionnellement le long de la cellule et des ailes.Tout en observant le comportement général de l’aéronef, les scientifiques de l’EAN tentent de déceler les endroits clefs où les symptômes de fatigue que sont les fissurations capillaires, prennent naissance et se propagent.C’est cette André Delis le MÉTALLURGIE LE MÉTAL N ÉCHAPPE PAS À LA FATIGUE 8 août 1980 / QUÉBEC SCIENCE ~ ,71 Ce bimoteur Tracker est emprisonné dans un réseau de palon-niers métalliques reliés à des vérins hydrauliques.Les forces appliquées par les vérins sur la structure de T avion simulent celles rencontrées au cours de la vie opérationnelle de l’avion.propagation progressive des fissures sous des mises en charge répétées que l’on qualifie de fatigue.Des mécanismes de dislocation provoquent la fissuration qui se développe jusqu’à ce que la pièce de métal «contaminée» perde suffisamment de sa résistance pour que le métal brise sous l’action des charges.Le temps requis entre l’initiation et la propagation de la fissuration varie grandement en fonction du matériel utilisé et du type de charge qu’il subit.Par exemple, si l’on veut briser un trombone (attache-feuilles), il faudra le plier plusieurs fois avant que la fatigue du métal entraîne la rupture.Bref, tout métal soumis à des charges répétées finira par céder; ce n’est qu’une question de temps.Le phénomène n’est pas particulier aux avions.La suspension des automobiles subit les inconvénients de cette « faiblesse» du métal.Les ponts également.Le problème est cependant plus préoccupant dans le domaine de l’aéronautique, les cellules des avions modernes étant conçues pour obtenir une finesse maximale avec un poids minimal.Ce qui implique l’utilisation de matériaux très résistants mais également très légers.Ces alliages de métaux offrent une grande résistance aux charges statiques, mais des fissurations capillaires finissent par s’y amorcer sous l’action répétée des charges.En fait, comme le soulignait M.Dunsby, aujourd’hui, les concepteurs d’avion adopte le prudent concept de «tolérance aux dommages ».Ils supposent que tout avion sortant de l’usine possède en elle le début de la gangrène, un défaut initial, un début de fissuration.Défaut dont ils évaluent la rapidité probable de propagation, fixant un nombre d’heures de vol minimum avant que n’apparaissent les premiers symptômes de fatigue.Grâce aux analyses du laboratoire de l’EAN, les Forces canadiennes pourront probablement prolonger la durée d’exploitation des Trackers et retarder l’achat de matériel de remplacement neuf et .coûteux.En tant que contribuables, on ne peut qu'applaudir.Puissent-ils durer cent ans.Claude de Launière DIABÈTE UN VIRUS SERAIT-IL COUPABLE ?Le diabète se situe au troisième rang dans les causes de décès en Amérique du Nord, derrière les maladies cardio-vasculaires et le cancer.De fait, le Nord-Américain a une chance sur cinq de développer un diabète au cours de son existence et environ dix millions d’Américains seraient atteints de la maladie.Enfin, on estime à cinq milliards par année les coûts reliés à cette maladie aux Etats-Unis.Ces données justifient les efforts entrepris ces dernières années pour percer le mystère entourant les causes de cette maladie.En 1921, les Canadiens Best et Banting avaient démontré le rôle de l’insuline dans cette maladie; cependant, les raisons premières provoquant la déficience de cette substance sont toujours inconnues.Parmi les différents mécanismes mis de l'avant comme cause du diabète, celui impliquant des virus a repris de l’importance ces derniers temps.On avait déjà envisagé une étiologie virale après avoir noté l’apparition d’un diabète à la suite d’infections virales, telles les oreillons ou la rubéole.Lorsqu’on a réussi à reproduire cette situation chez l’animal, la simple coïncidence fut éliminée.Des souris infectées par des virus présentèrent, en plus des manifestations de l’infection, des signes d’inflammation et d’atteinte cellulaire pancréatique puis de diabète.L’infection de la cellule par le virus amènerait une libération d’insuline qui abaisserait le taux de glucose sanguin.La cellule, vidée ainsi de son contenu, ne renouvellerait pas sa production d’insuline, et le diabète suivrait.Cependant, toutes les souris ne développent pas de diabète.De plus, le degré d’atteinte est variable.Ces variations dans la susceptibilité face à l’action du virus seraient sous contrôle génétique et se feraient au niveau cellulaire.Le degré de susceptibilité découlerait de la quantité et du type de récep- teur (protéine à la surface de la cellule reconnue par le virus qui s’y accolle) à la surface des cellules B, ces cellules du pancréas qui produisent l’insuline.Ainsi donc, dépendant de son matériel génétique, un individu pourra développer un diabète et la gravité de la maladie dépendra, sous certains aspects, de ce code génétique.L’application de ces théories à l’homme prirent un nouveau départ à la suite des constatations autopsiques faites chez un jeune homme décédé des suites d’une infection virale compliquée d’un état diabétique sévère (acidocétose).Des substances provenant de virus de type coxsackie furent en effet isolées à partir de prélèvements pancréatiques.Il est cependant prématuré d’affirmer que le diabète peut découler d’une infection virable à coxsackie d’autant plus que près de 50 pour cent de la population est exposée un jour ou l’autre à cet agent et qu’ils ne présenteront pas tous un diabète.Ces faits illustrent la complexité du problème de l’agent causal et de la réponse individuelle.Ils soulèvent aussi plusieurs interrogations.D’autres types de virus pourraient être impliqués et il est aussi possible que la maladie n'apparaisse qu’à la suite de nombreuses infections virales.Un agent étiologique unique semble peu probable pour le moment et l’on doit accorder un rôle prépondérant au code génétique qui régira le degré de susceptibilité à développer la maladie.Des facteurs connexes tels des processus immulogiques et des facteurs environnementaux comme les infections virales ou les substances toxiques agiraient peut-être comme déclencheurs du processus.Jean Lyonnais À Hydro-Québec, la communication est un outil de gestion qui fait partie des grands objectifs, au même titre que l'excellence technique ou le contrôle financier rigoureux.La mentalité du public québécois a profondément changé depuis une quinzaine d'années.Il était alors facile pour Hydro-Québec de rallier ses divers publics en projetant une image de prouesse technique qui flattait l'amour-propre, créait des espoirs nouveaux et soutenait notre nationalisme renaissant.Aujourd'hui, c'est dans un monde sceptique, critique, surinformé, que nous devons oeuvrer.La construction d'un grand ouvrage hydroélectrique n'impressionne plus dès lors qu'il apporte des inquiétudes dans la vie quotidienne.Pour qu'Hydro-Québec entretienne de bonnes relations avec son environnement socio-économique, il faut nécessairement qu'il y ait échange et ajustement entre les aspirations de la majorité de la population et les projets de l'entreprise.Ceci suppose une action d'information-éducation du public sur les objectifs et les contraintes de l'entreprise.Il faut que la population soit informée pour pouvoir comprendre.Il faut donc que l'entreprise soit présente dans son milieu et s'explique; il faut aussi qu'elle soit à l'écoute.Le monologue qu'était l'information d'autrefois n'a plus de sens aujourd'hui, parce qu'il est le type même de l'absence de communication.Nous devons aujourd'hui informer, consulter, recevoir le feed-back et les objections, examiner notre action, la modifier si nécessaire, rediffuser un nouveau message, et ainsi de suite.L'art de dorer la pilule, d'enterrer les problèmes n'est plus de saison.Aujourd'hui, à l'information écrite et au message audiovisuel, on a ajouté un autre moyen, redécouvert en quelque sorte et particulièrement important: le dialogue verbal.Ce dialogue se traduit par des réunions d'information au cours desquelles les spécialistes d'Hydro-Québec et les spécialistes de l'information viennent à la rencontre du public, informent celui-ci, mais en même temps en prennent le pouls, recueillent les commentaires de l'information diffusée par les moyens traditionnels et, point essentiel, transmettent ce feed-back à l'entreprise qui en tient compte dans l'orientation de ses actions.C'est la méthode de communication la plus complexe, mais aussi la plus vivante, la plus efficace et la plus directe pour l'entreprise comme pour le public.Les dirigeants et les gestionnaires d'Hydro-Québec considèrent d'ores et déjà la communication au même titre, par exemple, que la direction financière.Sous l'égide du Comité de planification générale, des comités d'interactions avec les publics ont fait une étude approfondie de nos divers groupes de publics et de nos méthodes d'action vis-à-vis de chacun.la communication 0WHVO«û-£jtiaBfc.îf r !vf“ à edwardsi) n'a rien à envier à la Couleuvre verte.Elle est cependant plus rare que cette dernière mais occupe la même zone de distribution.On la trouve surtout sur des falaises rocheuses ensoleillées où elle pond ses oeufs.Contrairement aux autres couleuvres du Québec, c'est un serpent nocturne.Elle mange plus particulièrement des grenouilles, des vers et des insectes.UN MAILLON INDISPENSABLE 13! eü lü :.3 jlî > • : r1 .Toutes ces couleuvres sont un maillon indispensable de la chaîne alimentaire et, à ce titre, méritent protection.Elles servent à limiter le nombre d'insectes, de grenouilles ou de rongeurs nuisibles aux récoltes.D'un autre côté, elles sont un mets apprécié des rapaces, des ratons laveurs, des mouffettes ou même des chats domestiques.Pour mieux les connaître, il est préférable de les observer dans leur milieu naturel, en visitant les habitats favorables, sous un tronc d'arbre mort, une planche, une pierre plate ou une pièce de métal situés au bord d'un ruisseau, d'une rivière ou d'un lac.M.Francis R.Cook, responsable de la section d'herpé-tologie au Musée national des sciences naturelles, suggère alors de prendre des notes détaillées sur l'habitat des spécimens observés, leur fluctuation démographique annuelle, leur date d'émergence au printemps, des informations sur la ponte et l'éclosion des œufs, la métamorphose, le lieu et la période d'hibernation.Les professionnels, peu nombreux et incapables d'être partout à la fois, ont besoin de telles données pour faire ensuite ressortir des constantes utiles sur le plan scientifique.D'autres personnes préféreront regarder de plus près, pendant un certain temps, un ou plusieurs serpents et songeront à en capturer.Cependant, insiste M.Raymond Leclair, un serpent, couleuvre ou autre, ne devient jamais un animal domestique, en ce sens qu'il n'a pas de reconnaissance individuelle.Il deviendra peu à peu moins agressif et, dans de rares cas, acceptera de manger dans la main de n'importe qui.Tous les herpéto-logues que nous avons contactés font une autre recommandation, catégorique celle-ci: avant d'acheter ou de capturer un serpent, il faut absolument s'informer, par des livres ou auprès de spécialistes, des soins à apporter à l'animal pour assurer sa survie.Il y a des règles à respecter, un «mode d'emploi», d'autant plus important que le reptile est éloigné de son site naturel.ACHETER DU SERPENT AU MÈTRE Cela vaut surtout pour les serpents exotiques qu'on peut acheter dans les «pet shops».Il y a une dizaine d'années, on pouvait se procurer dans une de ces boutiques du serpent à la longueur.Eh oui, un boa ou un python coûtait environ $15 le mètre, tandis qu'un serpent comme l'indigo, le préféré des collectionneurs pour son manque total d'agressivité et sa beauté, coûtait un peu plus cher.Cet engouement pour les serpents avait entraîné des importations abusives, des États-Unis plus particulièrement.Aussi un embargo a-t-il été mis depuis lors sur l'exportation des indigos, en voie de disparition, tandis que les règlements sont devenus plus sévères pour les boas ou les pythons.Les prix s'en sont aussi ressentis.Ainsi, pour un boa de deux mètres, qui coûtait $40 il y a dix ans, on doit débourser aujourd'hui de $400 à $500, et le prix d'un python royal bébé est de $150.Selon Agriculture Canada, qui a juridiction sur l'importation des serpents, à cause de la Loi sur les espèces en voie d'extinction et de la Loi sur les maladies et la protection des animaux, les importations se font de plus en plus rares.Depuis un an, à part quelques importations de serpents des États-Unis, on n'a remarqué aux frontières que deux envois de plusieurs centaines de serpents divers en provenance de Thaïlande, tous accompagnés des permis nécessaires délivrés par le pays exportateur et par Ottawa.«Bien sûr, ajoute le Dr Brisson, vétérinaire au bureau régional d'Agriculture Canada à Montréal, il y a aussi des importations illicites, en particulier par voie terrestre à partir des États-Unis, mais le contrôle dans ce cas est très difficile.Notre rôle se borne la plupart du temps à vérifier le contenu des boîtes qui renferment les serpents, car on peut en avoir profité pour y glisser autre chose, puis à nettoyer et à désinfecter les boîtes.Pour l'instant, ce qui se passe par la suite n'est pas de notre ressort, mais il est fortement question de réglementer d'ici quelques années la détention de tels animaux.» Les circonstancesfontdoncque maintenant les collectionneurs se tournent davantage vers les serpents.du Québec.Mais, qu'il s'agisse d'une couleuvre locale ou d'un quelconque serpent exotique, le seul moyen valable de les maintenir en vie, c'est de les garder dans un terrarium.C'est une boîte en bois avec un côté vitré et un couverclefaitd'un grillage assez serré pour empêcher le serpent de s'échapper.Cela permet d'éviter éventuellement d'avoir des problèmes avec 40 août 1980 / QUÉBEC SCIENCE ^r«^V +*'* ¦ ¦ •' ¦yi».:.'i5iv ¦y a», s^iairi— C'esf en les observant dans leur milieu nature! que l'on peut apprendre le plus sur les couleuvres.les voisins ou la chasse au serpent dans tous les recoins de la maison.Le serpent doit trouver dans son terrarium un bassin d'eau à son échelle, dans lequel il pourra se baigner, et un endroit où il aura le loisir de se chauffer soit au soleil, soit sous un réflecteur qui lui fournira une température de 30° C.Il doit aussi disposer d'un lieu plus frais où il pourra se retirer.Sur le fond du terrarium, on placera un morceau de tapis lavable plutôt que du sable ou du gravier, sans oublier une bûche ou des roches sur lesquelles il pourra se gratter au temps de sa mue.TROIS LAPINS POUR SON DÉJEUNER Les serpents ont des mets préférés, ils aiment la variété et ont une digestion très délicate.En captivité, ils peuvent être sujets à des carences alimentaires et en mourir, si l'on n’y prend pas garde.En général, ces reptiles préfèrent une proie qui bouge, mais ils mangent quand même, sans trop se faire prier, des animaux fraîchement tués.Ainsi, une Couleuvre d'eau ou une Couleuvre rayée tolèrent, en plus de grenouilles, de poissons ou de vers de terre, des morceaux de poulet et vont jusqu'à faire une entorse à leurs habitudes en dévorant quelques sardines en boîte.Par contre, le Boa est un peu plus difficile.Adulte, il aime manger pour un seul repas deux ou trois lapins ou l'équivalent en rats, en souris, en cochons d'Inde ou en hamsters.Parfois, il accepte cependant du poisson ou de la viande de boucherie, pourvu que le produit soit assez frais.Dans un but d'économie, certains éleveurs trichent avec leur Boa: ils lui donnent des saucisses roulées dans des poils d'un de ses rongeurs préférés.Il ne faut surtout pas s'étonner de la quantité de nourriture que peut ingurgiter un serpent en un seul repas.En effet, un serpent est habitué à de gros repas suivis d'un long jeûne, pendant lequel il digère lentement.Ainsi, une couleuvre peut rester jusqu'à deux semaines sans prendre de repas tandis qu'un boa peut attendre un ou même plusieurs mois pour s'offrir un nouveau gueuleton.Après son repas, le serpent tombe dans une sorte de léthargie, il digère : ne pas déranger! À ce moment-là, il a besoin d'une température de 30° C, sans laquelle la nourriture avalée risque de fermenter, puis de causer sa mort.D'autre part, si l'on manipule un serpent pendant sa digestion, il a tendance à vomir, mais n'y parvient pas à cause de ses dents tournées vers l’arrière, et il finit par s'étouffer ou par se laisser mourir.Comme on peut s'en rendre compte, l'élevage d'un serpent n'est pas de tout repos, sans compter qu'il ne faut s'attendre à aucune reconnaissance de sa part.À chacun ses goûts, bien entendu, mais il semble tout de même préférable d'observer ces animaux dans la nature, en évitant de les déranger.C'est là leur véritable place.Un serpent n'est pas plus un animal de salon qu'une grenouille, un canard, un tigre, une autruche ou un loup (ne riez pas, cela s'est déjà vu, et à Montréal).Ce n'est pas sans raisons que les vétérinaires ou les services de la faune attendent avec impatience une loi régissant la possession de certains animaux à domicile.Pour en lire plus: J.Sherman Bleakney, A Zoological Study of the Amphibians and Reptiles of Eastern Canada, Musée national du Canada, bulletin n° 155, Ottawa, 1958 Philippe Janvier, Le monde des reptiles.Albin Michel, collection Science parlante, Paris, 1973 Claude Mélançon, Inconnus et méconnus.Société zoologique de Québec, Québec, 1 950 H.W.Parker et A.G.C.Grandison, Snakes —A Natural History, Cornell University Press, Ithaca, 1 977 Harry Parsons, Ces horribles et dégoûtantes créatures, Parcs Canada, Ottawa, 1976 Les feuillets d'information sur les reptiles de la série NEOTOMA sont publiés par le Musée national des sciences naturelles, Section d'herpétologie, Ottawa Ontario, K1A 0M8.Si vous avez l'occasion d'observer des serpents dans votre région, vous pouvez communiquer les résultats de vos observations à M.Francis R.Cook, à la même adresse.Bernard Martin, Alpha Diffusion QUÉBEC SCIENCE / août 1980 41 PU B Ll-REPORTAGE Suivre P histoire en connaissant les hommes Connaissez-vous Mikak?Cette Inuk du Labrador, née aux environs de 1 740 et morte en 1 795, est l'un des premiers personnages inuit à se détacher en tant qu'individu dans l'histoire des rapports entre les européens et les Inuit du Labrador.Elle fut envoyée en Angleterre en 1768 par le gouverneur de Terre-Neuve, dans l'espoir que la grandeur de l'empire britannique impressionne cette femme et qu'elle devienne un ambassadeur de l'Angleterre auprès des siens.C'est à Londres que Mikak posa pour le peintre John Russel dans une somptueuse robe qu'elle avait reçue de ses hôtes.Ce portrait est conservé actuellement à l'Institut d'ethnologie de l'Université de Got-tigen en République fédérale d'Allemagne.Mikak n'est qu'un des 504 personnages morts entre 1771 et 1800 et dont les grands traits de la vie et de la pensée sont présentés dans le volume IV du Dictionnaire biographique du Canada.On y retrouve des personnages importants du régime français, militaires et religieux ou notables, mais aussi des artisans, des représentants des professions libérales, médecins ou notaires et des personnages de moindre importance dont la biographie jette un éclairage nouveau sur un aspect ou l'autre de la vie sociale de cette époque au Canada.Mikak, 1740-1795, par John Russel, Institut d'ethnologie de l'Université de Gbttigen (République fédérale d'Allemagne).Le Dictionnaire biographique du Canada/Dictionary of Canadian biography (DBC/DCB) est une gageure de taille: regrouper dans un seul ouvrage suffisamment d'informations pour reconstituer le canevas de l'histoire d'un pays.Elle a été prise à la fin des années 50 par un homme d'affaires torontois, James Nicholson, qui légua une partie de sa succession à l'Université de Toronto pour que celle-ci prépare et publie un dictionnaire biographique du Canada.En 1961, l'Université Laval, à l'invitation des Presses de l'Université de Toronto, s'associait au projet dans le but de publier simultanément deux éditions, l'une française, l'autre anglaise.Le premier volume paruten 1 966 et comprenait 594 biographies d'hommes et de femmes morts entre 1000 et 1700 ayant participé à la fondation des colonies qui forment le Canada d'aujourd'hui.Depuis, cinq autres volumes ont paru couvrant l'histoire du pays jusqu'en 1 800 et de 1860 à 1 880.Le Dictionnaire biographique du Canada, c'est une sorte de monument auquel chaque historien canadien est venu apporter sa pierre.Les articles basés sur de nouvelles recherches apportent non seulement des informations souvent inédites sur les personnages en question mais aussi une vision renouvelée de leur environnement historique.En 1986, les 12 tomes, couvrant les années 1000 à 1900, auront été publiées.Le DBC/DCB est sous la responsabilité d'un bureau de direction comprenant des représentants de l'University of Toronto Press, de l'Université Laval et des Presses de l'Université Laval De plus, chaque université possède un bureau comprenant quelques 17 personnes à plein temps qui effectuent les recherches, préparent des listes de noms à choisir, inventorient la documentation, vérifient les textes et les préparent pour l'impression.Pour la plupart, ce sont des diplômés en histoire.À cela s'ajoute des historiens et des archivistes des 10 provinces canadiennes qui sont régulièrement consultés.Les deux équipes consacrent quatre années de travail à la préparation de chaque volume.Les textes sont rédigés par des spécialistes répartis à travers le Canada, les États-Unis et de l’Europe.Le DBC/DCB est l'un des plus gros projets de recherche en sciences humaines au Canada.Jusqu'en 1 973, l'entreprise a été financée par la Fondation Nicholson de l'Université deToronto et l'Université Laval.Depuis 1973, la Fondation Nicholson et l'Université Laval continuent de financer le projet, mais le Conseil des Arts et, par la suite, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSHC) sont devenus les principaux subventionnaires.Retombée non négligeable de cet important travail: de nombreuses sources documentaires tant des archives publiques que privées ont été inventoriées, répertoriées et des quantités inépuisables d'informations ont été portées à la connaissance des chercheurs.Les beaux volumes rouges du DBC/DCB ne sont en fait que la pointe de l'iceberg.Marianne Gagnon Pour plus d'informations s'adressser au : Service des relations publiques Local 214 Tour des Arts Université Laval Cité universitaire, Québec G1K 7P4 (418) 656-2572 42 PUBLIREPORTAGE août 1980 / QUÉBEC SCIENCE L’UNIVERSITÉ LAVAL EN CAPSULES Diplômes, diplômés et diplômées Quelque 393 diplômes de maîtrise et 53 diplômes de doctorat ont été décernés cette année aux finissants de l'Université Laval lors de la traditionnelle collation des grades.Les diplômes en sciences humaines représentent 64% des diplômés au niveau du 2e cycle et 51% au niveau du troisième.La représentation féminine diminue du deuxième au troisième cycle en sciences humaines alors que, fait inusité, elle passe de 16 à 23% dans les sciences expérimentales.Il serait peut-être téméraire de conclure qu'une fois une femme lancée dans la recherche en sciences expérimentales, elle continue jusqu'au Ph.D.I Peut-être est-ce seulement une constatation statistique vide de sens vu le petit nombre de personnes contenues dans l'échantillon.Unicrrsitr i'aral A cause des exigences du milieu professionnel, c'est l'École de psychologie qui est l'unité ayant accordé le plus de diplômes du 2e cycle avec 59 diplômes; viennent ensuite les sciences politiques (23), la biologie (16) et le programme d'études en arts et traditions populaires (13).Au niveau du doctorat, c'est en science politique qu'on trouve le plus grand nombre de diplômés (5) alors que du côté des sciences expérimentales, deux programmes arrivent ex-aequo avec 4 diplômés: la physique et la physiologie.En outre, à l'occasion de cette cérémonie, l'Université a conféré trois doctorats honorifiques.Madame Pierette Sartin, spécialiste des problèmes du travail et écrivain de talent, a reçu un doctorat «honoris causa» en sciences sociales.Pierre Angers, président de la Commission d'étude sur les universités, a reçu, quant à lui, un doctorat d'honneur en éducation.Finalement, l'Université a décerné un doctorat honorifique en arts au Père Émile Legault, artisan de la réforme de la scène et spécialiste de la pastorale à la radio et à la télévision.Les premiers siècles du Christianisme Pour faciliter l'accès des chercheurs aux études portant sur les premiers siècles du christianisme, un groupe de chercheurs de la faculté de théologie ont mis sur pied un projet ambitieux.En effet, la Banque d'informations bibliographiques en patristiques (BIBP) est peu connue mais son importance est considérable.f;‘ 'rWÊ ’ ’S?ssa-'-æZ ssm- Ce sera une des seules banques d'information dans un domaine très spécialisé qui soit entièrement conçue au Canada.Son but est de recenser et d'analyser toutes les éditions de textes patristiques et les études sur cette période, ce qui permettra de constituer une banque de première valeur pour les études du christianisme des huit premiers siècles.Cet instrument de travail servira non seulement aux patristiciens ou aux spécialistes du christianisme ancien mais à tous les chercheurs qui doivent recourir à la patristique et pour qui la chose est plus difficile.La BIBP permettra non seulement un accès rapide à une documentation exhaustive mais encore, grâce à une technique de pointe, une utilisation très polyvalente et poussée des données enregistrées.A titre d'exemple, il sera possible de tirer de l'ordinateur des courbes d'intérêt pour une période déterminée ou pour les publications courantes.Le BIBP est donc plus qu'une banque de données bibliographiques c'est une base nouvelle pour la recherche en patristique.Commencé il y a six ans, le projet est sous la responsabilité scientifique de R.Michel Roberge, assisté des professeurs Paul Hubert Poirier, Michel Roy et Maurice Lebel.Cinq ou six étudiants gradués travaillent en permanence dans l'équipe qui comprend également un informaticien, un bibliothécaire et un documentaliste en chef.Cependant seul celui-ci est à temps complet.Jusqu'ici l'équipe a mis au point un projet pilote portant sur le dépouillement de 250 périodiques et qui a permis la réalisation de 15 000 analyses et de 50 000 références.Maintenant que la structure est au point, la banque a conclu des ententes avec les principaux centres de patristiques mondiaux et s'est ainsi dotée d'une structure internationale qui lui permettra de réaliser de façon plus rapide et plus systématique le dépouillement et l'analyse de la littérature récente.La BIBP, qui s'adresse à des utilisateurs de types très divers, allant de l’étudiant en préparation de thèse jusqu'aux centres de recherche, offre soit des services individuels, soit des services par abonnement.Selon R.Michel Roberge, il faudra encore environ trois ans pour que la BIBP soit à jour en ayant fait l'analyse de toutes les parutions passées.Ajoutons qu'à long terme le BIBP envisage la publication d'un répertoire bibliographique annuel.Dépistage et génétique des virus végétaux Plusieurs virus causent des dommages importants tant au niveau du rendement qu'à celui de la qualité de plusieurs productions végétales au Québec.Les viscoses des pommes de terre, des tomates de serre et des céréales sont sans doute parmi les plus connues.Le dépistage des virus est donc d'une importance primordiale pour certaines productions.Ainsi, tout le programme de certification de la pomme de terre au Québec dépend de la production initiale de quelques plants de pomme de terre «exempts de virus».En collaboration avec plusieurs organismes, le Laboratoire de virologie du Département de phytologie, dirigé par le docteur Alain Asselin, se préoccupe de vérifier l’application et la sensibilité de diverses méthodes de dépistage et de mettre au point, dans certains Micrographie électronique («34,200) de groupes de particules virales du virus de la mosaïque du tabac (TMV).cas, de nouvelles méthodes pouvant améliorer le dépistage ou l'identification des virus.C'est ainsi qu'une nouvelle méthode de dépistage et d'identification de diverses souches de virus à été récemment mise au point.Cette technique repose sur l'utilisation de l'électrophorèse d'extraits de plants virosés ou de virus putrifiés dans des gels d'agarose en présence de certains agents, tel que l’urée à faible concentration.Cette nouvelletechnique permet de dépister et d'identifier rapidement et directement, dans certains cas, diverses souches de virus.Cette nouvelle approche a déjà été appliquée à plusieurs souches de virus de la mosaïque du tabac (TMV) et au virus X de la pomme de terre (PVX).Du côté plus fondamental, le laboratoire s'intéresse à la génétique du virus de la mosaïque du tabac.Ce virus à ARN simple brin ne semble posséder de l'information génétique que pour l'expression de trois gènes.Excluant le gène de la capside protéique, on ne connaît encore pratiquement rien sur l'identité et le rôle des deux autres gènes.Une nouvelle approche a donc été développée pour faciliter l'étude génétique du TMV.Il s'agit de pouvoir induire des mutations spécifiques à des portions connues de TARN viral en utilisant l'hydroxylamine qui n'est un agent mutagène que pour TARN viral non protégé par le capside protéique. QUÉBEC SCIENCE / août 1980 43 Un intervenant valable par Guy Larin r i L a création à /'automne 1978 du Regroupement des récupérateurs à la source du Québec (R.R.S.Q.) témoignait du désir de plusieurs petits groupes de récupération et de recyclage de coordonner leur développement et d'unir leurs voix afin de constituer un interlocuteur valable aux yeux des gouvernements provincial et fédéral.Le premier mémoire préparé par le Regroupement et remis au ministre de /'Environnement du Québec comportait d'ailleurs nombre de recommandations dont plusieurs furent retenues et appliquées.Si la filière verte y fit alors écho, ce fut au travers du vécu et des expériences de recyclage tentées par des groupes en divers points de la province, parfois même par un ministère.Faute de temps, les réalisations de plusieurs autres groupes furent passées sous silence.Par exemple, à Sherbrooke, on est en bonne voie de démarrer un programme de tri à la source intégré au service de collecte municipal des déchets.Au Bureau Consultation Jeunesse du quartier Saint-Édouard à Montréal (Recyclage Saint-Édouard), en visant la réintégration sociale de jeunes en difficulté d'adaptation, on a su mettre sur pied un programme de récupération de verre et de papier d'un dynamisme te! que l'on songe maintenant à investir les revenus générés par cette activité dans l’acquisition du bâtiment qui abrite actuellement leurs locaux.Notons aussi la coopérative de recyclage de Valleyfield et Recyclage Rebuts Montréal.Ce dernier se classe aujourd'hui parmi les plus gros récupérateurs de verre au Québec.Et puis il y a le projet «Feuilli» à Terrebonne, «Une Terre» à Westmount et Beaconsfield, « Via» à Lévis et jusqu'aux gens de la Mauricie qui concoctent quelque chose d'assez semblable à «Récupération Bois-Francs» comme modèle de développement.Ces groupes sont réunis au sein du Regroupement en fonction d'un dénominateur commun bien précis: le passage gradue! de notre société de consommation vers une société de conservation par le biais de la réduction et de la récupération à la source des déchets; plus globalement, par une meilleure gestion de nos ressources.L'approche préconisée par le Regroupement se veut éducative, communautaire et globale.ÉDUCA TIVE par la nécessité de modifier le comportement des citoyens à la base en sollicitant leur participation.COMMU- NAUTAIRE par la création d'organismes régionaux, décentralisés, qui rendent possible la prise en charge par les citoyens de leurs déchets et l'élaboration de techniques de récupération et de recyclage adaptées à leurs milieux.Enfin.GLOBALE par l'organisation d'une action politique agissant sur la source même des déchets — soit au stade de la fabrication — en réclamant l'adoption de mesures favorables à la conservation, par exemple la normalisation des contenants retournables en alimentation.Le Regroupement publiait d'ailleurs en février 1980 un livre, intitulé Traitons nos déchets, l'abondance sans gaspillage, qui rend compte de sa position sur la gestion des déchets et le tri à la source et dont on peut obtenir copie gratuitement en s'adressant au Regroupement.Le 31 mai 1980, les groupes membres réunis en assemblée générale se dotaient d'un conseil d'administration représentatif de l'ensemble des régions québécoises et lui donnaient mandat de présenter un mémoire au ministre Yves Bérubé d'Énergie et Ressources, mémoire se voulant la réponse du Regroupement au plan Bérubé de relance de /'industrie des pâtes et papiers.On y constate d'abord les problèmes de cette industrie qui ont amené la mise sur pied d'un te! plan de relance: la vétusté des équipements et la lourdeur des investissements requis afin de les moderniser et d'accroître le rendement, tout en investissant les sommes nécessaires à l’installation d'équipements anti-pollution ramenant celle-ci à un seuil jugé «acceptable».Du côté de la ressource bois, malgré le mythe bien ancré chez le Québécois d'une forêt aux ressources inépuisables, /'insuffisance des efforts actuels en matière de sylviculture et de restauration forestière risque d'entraîner une pénurie dans les dix ou quinze prochaines années.Les ressources forestières québécoises sont handicapées par leur faible rendement à /'hectare sous un climat où le cycle de révolution forestière est de 60 à 70 ans comparé à 30 ans dans le Sud des États-Unis : pas étonnant alors que le Québec ait perdu 5,5 pour cent de la production canadienne au profit des États-Unis et de la Colombie-Britannique au cours des treize dernières années.Pour pallier à ce problème, le ministère d'Énergie et Ressources prévoit un reboisement annuel de 100 millions de plants qui prendront un minimum de 40 ans pour arriver à maturité.Or, il se jette actuellement au Québec 1 200 000 tonnes de papier par année; une tonne de papier représentant 20 arbres, c'est 24 millions d'arbres que Ton enterre ou que Ton brûle chaque année.Ces chiffres ne tiennent pas compte des 320 000 tonnes de papier actuellement recyclées chaque année au Québec, dont 83 000 tonnes sont importées des États-Unis.Le Regroupement propose donc au ministre de placer le recyclage au moins sur un pied d'égalité avec sa politique de reboisement.De nombreux arguments militent en faveur d'une telle décision.On sait que la fabrication de papier à partir de fibres secondaires demande moins d'énergie durant le processus de fabrication et diminue sensiblement la pollution de Fair et de F eau.Or, le plan Bérubé estime à 65 millions de dollars les investissements nécessaires au chapitre de la conservation de l'énergie dans l'industrie des pâtes et papiers, et à 430 millions ceux reliés aux équipements anti-pollution.Ne serait-il pas logique de réaliser une étude portant sur les économies que le recyclabe pourrait entraîner dans ces secteurs?Pour tout renseignement concernant le Regroupement ou l’un de ses groupes membres: R.R.S.Q., 1691, bout.Pie IX, local 302, Montréal, Québec, HIV 2C3, Tél.: (514) 526-0034.La filière verte reviendra dans quelques mois pour nous présenter un nouvel aspect de la vie écologique 44 — LE FRANÇAIS SCIENTIFIQUE PUBLIER, OR PERISH.Contrairement à ce que d’aucuns auraient pu croire — ou même espérer — il y a quelques années, l’anglais ne deviendra pas la langue scientifique universelle, cette espèce de «latin des temps modernes » dont l’usage ferait de plus en plus l’unanimité chez les chercheurs d’un nombre sans cesse croissant de pays.Au contraire.Car même si la langue de Newton occupe une place écrasante dans les publications scientifiques du monde occidental, elle perd tranquillement de sa prédominance à l’échelle d’une planète habitée aussi par trois milliards et demi de non-parlants anglais : 50 pour cent de ces publications se faisaient en anglais en 1970, contre 40 pour cent seulement huit ans plus tard.C’est en rappelant ce genre de réalité que Jean-Claude Pechère, professeur de microbiologie à l'université Laval, a expliqué la récente création de la LISULF, la Ligue internationale des scientifiques pour l’usage de la langue française, à l’occasion d’une conférence de presse donnée lors du dernier congrès de l’Association cana-dienne-française pour l’avancement des sciences.Selon M.Pechère, qui est président de la LISULF, on assiste en effet à une sorte d’explosion de l’usage des langues nationales dans le domaine de l’information scientifique et technique: «Les Russes publient en russe, les Chinois en chinois et les Japonais en japonais.Même les chercheurs des pays Scandinaves, qui semblaient totalement gagnés à la cause de l’anglais, commenceraient à revenir sur leurs positions», d’affirmer le microbiologiste.Toujours selon le président de la Ligue, c’est par une sorte de cercle vicieux que, depuis les dernières décennies, la tendance des non-anglophones à publier en anglais s’est accélérée.«Partant d’une situation où beaucoup de choses importantes étaient publiées en anglais, la tendance des meil- — leurs auteurs des autres langues a été de publier dans la presse scientifique anglophone; c’est ainsi que leur propre presse a eu tendance à s’appauvrir, et donc à devenir de moins en moins attrayante pour les bons auteurs.» Sans bien sûr nier la haute qualité des grandes revues scientifiques de langue anglaise, les créateurs de la LISULF estiment donc que des efforts sérieux devraient être consentis, aussi bien par les chercheurs que par les autorités concernées, pour promouvoir la création ou l’émergence de revues francophones de haut calibre.Il faut bien reconnaître cependant que la situation actuelle du français comme langue scientifique internationale est loin d’être brillante.Dans un article solidement documenté publié en novembre dernier dans Eau du Québec, un professeur de l’Ecole polytechnique de Montréal, Arnold J.Drapeau, révélait par exemple que sur plus de 4 000 articles publiés au cours des années 70 par des chercheurs de sept grands organismes situés au Québec, 83 pour cent l’avaient été en anglais.Un relevé analogue indiquait que 65 pour cent des communications faites par des chercheurs de trois instituts francophones québécois à l’occasion de congrès avaient été prononcés en anglais.Et tout indique, de préciser les créateurs de la LISULF, que la situation est au moins aussi détériorée, sinon plus, de l’autre côté de l’Atlantique, où une forte proportion des chercheurs français semble également convaincue que l’anglais serait indiscutablement et définitivement «la langue de la science ».Longue et difficile semble donc la pente à remonter.On le sait à la Ligue.Mais ce n ’est pas une raison pour ne rien entreprendre.Ni pour ne pas attiser un débat qui couve depuis quelque temps déjà, et qui a même commencé à faire çà et là des flammèches.Pour les tenants de l’usage de la langue française, ou de toute autre langue nationale, c’est même une question de conscience sociale du chercheur, qui se doit de recon- août 1 980 / QUÉBEC SCIENCE naître à la collectivité qui le nourrit et le supporte les mérites qui lui reviennent: «Nous ne voyons pas pourquoi nous devrions offrir aux Américains les fruits de nos travaux en ayant fait nous-mêmes les frais de.la traduction dans leur langue, expliquent-ils en substance.Les Japonais ont bien compris cela et, dans des domaines comme celui de la bioindustrie où ils sont à la fine pointe mondiale, ils ne font pas cadeau de leurs découvertes, qu’ils publient d’abord et prioritairement dans leur langue.» Par ailleurs, et contrairement à une opinion largement répandue, il n’est pas évident que l’existence des grandes banques informatisées d’information scientifique favorise un usage de plus en plus universel de l’anglais.Selon les représentants de la LISULF, ces banques permettent un accès rapide aux articles originaux qui, s’ils intéressent le chercheur, peuvent facilement être traduits dans sa langue.«En prônant l’usage de plus en plus large de langues autres que l’anglais, et même si nous semblons ramer à contre-courant, nous sommes persuadés de contribuer à l’originalité, à la qualité et à la diversité de la recherche scientifique sur le plan mondial », disent les fondateurs de la Ligue.Ainsi donc, pour un non-anglophone, publier en anglais reviendrait à se condamner, à plus ou moins longue échéance, à une sorte d’asphyxie culturelle.Et le célèbre publish or perish devrait se dire « publier (en français) ou périr (en anglais) ».Le débat, bien évidemment, est loin d’être clos.Le sondage que la LISULF entreprend auprès de tous les chercheurs québécois — et dont les résultats devraient sortir cet automne — pourrait s’avérer riche d’enseignement sur leurs états d’âme et leur croyance en l’utilité de faire ou non de la science en français.Et permettre du même coup de vérifier s’ils pensent, à l’instar de Jean-Claude Pechère, qu’«en misant sur l’anglais, on mise sur un mauvais cheval ».Yanick Villedieu ans avoir notre QUÉBEC SCIENCE / août 1980 45 INFORMATIQUE QUAND L’ORDINATEUR REMPLACE M.MÉTÉO Quand on parle de climat, c’est à celui que nous aurons l’année prochaine ou dans quelques décades que pensent les météorologues et climatologues.Mais la prévision n’est pas une chose aisée, les phénomènes atmosphériques restant encore mystérieux sous bien des aspects, sans compter que la pollution due aux activités humaines, l’augmentation du gaz carbonique dans l’atmosphère par exemple, pourrait fort bien avoir une influence sur le climat qui prévaudra demain sur notre planète.Pour deviner cet avenir, les spécialistes font appel à des modèles physiques et mathématiques, ces derniers portant sur des équations qui représentent les phénomènes physiques, les échanges entre les divers éléments qui interviennent dans l’atmosphère.Grâce aux modèles mathématiques, nous avons déjà fait un grand bout de chemin pour prédire le temps à venir.L’ordinateur permet de résoudre rapidement des équations de sorte qu’il est notamment possible aujourd’hui de simuler en quelques dizaines de secondes l’évolution d’un système climatique à l’échelle du globe, pendant 45 jours.Simulation toute théorique, il est vrai, mais que les spécialistes peuvent traduire graphiquement dans un film.Plus quotidiennement, en nourrissant un ordinateur avec des cartes construites à partir d’une multitude de renseignements sur les conditions de l’atmosphère, les services canadiens de prévisions météorologiques reproduisent de quinze minutes en.quinze minutes l’évolution des phénomènes atmosphériques jusqu’à une période de près de deux jours, et avec une excellente certitude.Honoré du prix 1980 de l’Association américaine de météorologie, M.André Robert, directeur du Centre de météorologie du Canada à Montréal, a largement contribué à l’amélioration de la précision et de la rapidité des prévisions en mettant au point un modèle qui permet de faire les opérations sur l’ordinateur en six fois moins de temps.Par ailleurs, précisait récemment Philipp Merrilees, directeur scientifique du Service de l’environnement atmosphérique d’Environnement Canada à Toronto, lors du congrès de l’Association des rédacteurs scientifiques du Canada, nous manquons encore de données de base, notamment sur les océans, pour alimenter les ordinateurs qui reçoivent déjà des renseignements sur la température, la densité de l’air, la composition des nuages, etc.De sorte que nous devons nous limiter à des hypothèses, c'est-à-dire à répondre à la question : Que pourrait-il se passer ?Alors que chacun aimerait savoir à coup sûr, ce qui se passera.Michel Gauquelin le mensuel ô l'humour phagocytant -Jy -, ' ‘ ; v.' w Notre nouveau numéro vous attend en kiosque Pour vous abonner, écrivez à CROC, 464 rue St-Jean, Vieux-Montréal H2Y‘'2S1, ou téléphonez à (514) 844-3911.CROC est distribué par les distributeurs associés du Québec. 46 août 1980 / QUÉBEC SCIENCE par Luc Chartrand Notre patrimoine bovin Cinq jours avant le référendum, j'ai fait la connaissance de LaGorgendière Rubis Docile.Personnage paisible s'il en est un.Docile — c'est son prénom — ne semblait guère préoccupée par la tempête politique qui gagnait même son village de Deschambault.Docile est une vache.Comme la plupart de ses soeurs, elle n'est pas particulièrement séduisante.L'œil hagard, le physique un peu débile, elle me regarde en laissant tomber mollement une bouse sur le plancher.«Non mais qu'est-ce qu'il me veut ce type?» Pourquoi ai-je décidé de vous parler de Docile en ce moment précis?C'est qu'elle est, à sa manière, un emblème national pour nous.Sûrement plus en tout cas que le mouton de Jean-Baptiste ou la fleur du lys qui ne pousse même pas par ici.Car elle n'est pas n'importe quelle vache.Elle fait partie d'une race qu'on baptisa «Canadienne» au siècle dernier, ce qui aujourd'hui se traduirait par «Québécoise».Les fermiers canadiens anglais avaient très bien saisi la nuance et l'avaient surnommée The French Canadian Cow.Docile, sans s'en douter, fait partie de notre patrimoine.Ses ancêtres ont contribué à écrire tout un chapitre de notre histoire agricole et zootechnique.Un de leurs grands défenseurs, Andréa Saint-Pierre, écrivait en 1936: «Lorsqu'on a voulu opprimer les Canadiens français, ceux-ci ont déployé l'énergie et les activités qui ont sauvé la race; // en fut de même pour la race bovine Canadienne, dont l'histoire, à bien des points de vue, ressemble beaucoup à celle de notre race humaine.» Originaires de Bretagne et de Normandie, les ancêtres de Docile sont venus au Québec vers 1608 avec Champlain et ont continué d'affluer pendant tout le régime français.Après la conquête, les troupeaux européens dont ils étaient issus furent assimilés à d'autres et finirent par disparaître complètement.Les bovins d'ici formèrent donc une race particulière, étant restés exempts de tout sang étranger.Leur séjour au pays en avait fait des bêtes parfaitement adaptées à notre climat.Pourtant, les premiers Québécois n'affectionnaient pas beaucoup les vaches qu'ils considé- H- raient comme un «ma! nécessaire».Ils les envoyaient paître tout l'été sur des terres de roches tandis que l'hiver, ils les entassaient dans des étables ma! chauffées.Peu d'espèces laitières au monde, estiment les agronomes, auraient survécu à un te! régime.La Canadienne avait développé des caractéristiques uniques, une résistance au froid, à la faim et aux maladies supérieure à toutes les autres races.Vï b[W tiw ’î?| En 1760, on comptait 50 000 têtes de bovins en Nouvelle-France.Un siècle plus tard, ils seront 500 000! Cette «revanche des étables» ne faisait que suivre l'évolution démographique des maîtres.Le cheptel grossissait à mesure que les besoins domestiques augmentaient, mais l'élevage commercial était à peu près inexistant à l'époque.A la moitié du 19e siècle, l'agriculture québécoise, délaissée par les dirigeants au profit de celle du Haut-Canada, était en fort mauvais état.Les fermiers désertaient les terres et commençaient à émigrer vers les États-Unis; il apparaissait de plus en plus urgent de hausser la productivité dans tous les secteurs de la vie agricole.On créa donc en 1852 un Conseil de l'agriculture qui avait pour objectif premier la modernisation de nos techniques.On fonda des écoles d'agriculture, on encouragea la publication de traités et de journaux agricoles et on commença à promouvoir la formation de vétérinaires.La vache Canadienne aurait pu bénéficier de tout ce mouvement, mais ce n'est pas ce qui arriva.Pour certains, la modernisation de la ferme passait par l'élimination de cette race jugée improductive.Il faut dire qu'en 1852, la Canadienne faisait piètre figure face aux belles Ayrshires et Holstein que l'Angleterre commençait à nous expédier.Traitées aux petits oignons depuis plusieurs générations, ces races étaient des productrices de loin supérieures à notre petite vache ma! élevée depuis deux siècles.Les fermiers anglais des Cantons de l'Est adoptaient fièrement les nouvelles importées tandis que les Canadiens français, même s'ils étaient souvent trop pauvres pour s'en procurer, les admiraient avec envie.C'est à cette époque que notre premier agronome, Charles Perrault, revint au pays après avoir été formé en Angleterre.Nommé au Conseil de l'agriculture, il devint un partisan inconditionnel de /'importation des Ayrshires.Une polémique s'engagea alors entre lui et quelques défenseurs de la race Canadienne.Ceux-ci, généralement des membres du clergé, s'attaquèrent à Perrault en insistant sur les états de service de cette «mère nourricière» qui avait abreuvé les enfants de la Nouvelle-France et du Canada français! CANADIAN COW.Itm bis, h lut h Su tm i lunis Kfiil - Sjjj, f %Qr|, % Cang^ îs/w.p- ltrh %i %VI He, %' % % S N QUÉBEC SCIENCE / août 1980 47 Tout le monde s'entendait sur un point: // était urgent que les fermiers du Québec s'engagent sur la voie de /'«eugénisme | bovin».C'est sur la technique que les vues différaient.L'abbé François Pilote, fervent nationaliste, fondateur de l'école d'agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, préconisait le maintien de la race par l'amélioration des traitements et la sélection rationnelle des meilleurs sujets pour la reproduction.A u Conseil de l'agriculture, on ne croyait pas à l'efficacité possible de cette méthode et on opta pour l'assimilation pure et simple de la Canadienne en encourageant son croisement avec les anglaises.Et comme pour donner le coup de grâce au bétail local, le Conseil interdit en 1856 la participation aux concours d'élevage de tous les animaux sans pedigree.Cette mesure visait particulièrement la Canadienne qui, formant de toute évidence une race distincte, n'avait jamais fait l’objet d'enregistrement.U arriva ce qui devait arriver.Les qualités du bétail indigène se perdaient au fi! des croisements.Pendant une trentaine d'années, environ le quart du bétail local fut ainsi appauvri, perdant son endurance légendaire.A partir de 1880, toutefois, la défense de la Canadienne allait se réorganiser.Le Dr J.A.Couture, vétérinaire, et Édouard Barnard, deux pionniers des sciences agricoles au Québec, se mirent à prêcher en faveur de la réhabilitation de nos bovins.Leurs conférences, articles et pressions au Conseil de l'agriculture aboutirent en 1886 à la Création d'un livre généalogique pour la race bovine Canadienne.Couture fonda à la même époque la Société des éleveurs de bovins Canadiens.Sous les aus-I pices de la Société, nos vaches allaient désormais être I soumises aux techniques d'amélioration qui n'entraveraient -'l pas leurs qualités génétiques.} Depuis ce temps, on a sérieusement augmenté le rendement ] de nos «noireaudes ».D'une production moyenne d'à peine i 3 600 kilogrammes de lait par année au début du siècle, la Canadienne en donne aujourd'hui plus de 4 500.Elle est de plus considérée comme une des meilleurs beurrières et a conservé son endurance d'antan.Elle rivalise maintenant au chapitre de la rentabilité avec les meilleures races d'importation.Malgré tout, encore aujourd'hui, elle a du ma! à s'imposer chez les éleveurs.Elle ne compte que pour dix pour cent du cheptel québécois.// semble qu'on ne soit jamais parvenu à éliminer les préjugés entretenus à son endroit.Pour l'Angleterre, l'exportation de bétail a longtemps été une source importante de revenus et les promoteurs de vaches anglaises ici n'ont jamais raté l'occasion de ridiculiser la French Canadian.«On a même poussé le snobisme, écrit Andréa Saint-Pierre, jusqu'à les appeler (les anglaises) «races aristo-9 crates» pour les distinguer d'avec la race Canadienne.» I C'est à Deschambault, à la ferme expérimentale du ministère I de l'Agriculture, où le gouvernement conserve un troupeau | de Canadiennes, que j'ai connu Docile.A la veille du 20 mai, I son avenir et celui de ses sœurs était encore au centre d'une I controverse entre les éleveurs.En raison de son faible [j nombre, la race est aujourd'hui menacée par l'affaiblissement i qui pourrait résulter d'une trop grande consanguinité.Depuis i 1971, le ministère a entrepris un programme expérimental I de croisement de nos vaches avec des taureaux «Suisses .Bruns», histoire de revitaliser un peu le bagage génétique.I Certains voient là une nouvelle menace à /'authenticité de g la race.MIVRE Eli MOIS LES DRAGONS DE L'ÉDEN Spéculations sur l'évolution de l'intelligence Cari Sagan, Seuil, Paris, 1980, 284 pages, $14.95 Un bagage de connaissances spécialisées ne donne pas aux hommes de science la solution des angoisses métaphysiques nées de la condition humaine.Cependant, certains s'efforcent de jeter des ponts entre les données brutes de la science et le vécu quotidien.Cari Sagan est de ceux-là.Empruntant à la paléontologie et la biologie d'une part, à la neurologie et l'informatique d'autre part, il tente de retracer le chemin de l'intelligence, de la bête à l'homme.L'Éden et les dragons sont les métaphores qui entraînent le lecteur depuis le familier jusqu'au technique pour l'amener à se mieux voir.Il est probable que l'observation des médiateurs biochimiques de nos humeurs et de leur passage à travers la circuiterie du cerveau feront de la psychologie une science exacte.Mais peut-on espérer cerner ainsi la nature de l'intelligence?L'œuvre porte en sous-titre Spéculation sur l'évolution de l'intelligence, et elle est effectivement hautement spéculative.Les risques sont élevés pour le lecteur porté sur les sciences occultes, d'autant plus qu'il s'y trouve des erreurs dans les faits.Mais le lecteur averti s'en accommodera parce qu'au total la lecture est plaisante, fascinante parfois et mène toujours à la réflexion.L'auteur suggère sans cesse des avenues à explorer, bien qu'il n'y ait en fait dans ce livre rien de particulièrement original.Ce n'est pas nécessairement un reproche, puisque ce genre de synthèse naît d'une multitude de lectures dont les bribes remontent sans étiquettes à la surface du cerveau.On reconnaît l'influence de Jung qui explora les mythes et les dragons qui sommeillent le jour et nous hantent la nuit.Sagan reprend de MacLean le concept du 'cerveau trinitaire', et oppose avec insistance le complexe R (d'origine présumément reptilienne) au système limbique et au cortex.Un long développement met indûment en relief un état de conflit permanent entre ces composantes du cerveau humain et amène l'auteur à conclure que «la marque d'une civilisation qui a réussi (.) [est] la capacité d'établir une paix durable parmi toutes les composantes du cerveau».Avouons que c'est une proposition pour le moins difficile à vérifier.Pour retracer l'évolution historique de l'intelligence du poisson jusqu'à l'homme, Sagan reprend (en simplifiant à tort cependant) les calculs de Jerison basés sur le rapport masse corporelle / masse cervicale.Malheureusement, le quotient d'encéphalisation n'explique pas tout: selon ce critère, la production culturelle des éléphants devrait dépasser la nôtre.Le livre parle en définitive peu de l'évolution future de l'intelligence, bien qu'un chapitre y soit en titre consacré.Une simple extrapolation de la courbe historique mène dans un futur rapproché à des dimensions crâniennes irréalistes.Sagan opte donc pour une obscure association avec les ordinateurs, suppléant à l'information génétique par l'information électronique.Mais en fait, l'information, même génétique, n’est rien en soi.La quantité d'ADN chez des formes dans les lignées ancestrales aux amphibians et aux reptiles est supérieure à celle observée chez leurs descendants; faut-il se contenter de dire que cet ADN est en partie redondant?L'évolution de l'intelligence s'est faite dans un contexte écologique, que le livre effleure à peine.Mais pourra-t-on jamais mesurer l'avantage que procure un quelconque supplément d'intelligence à quelque niveau de la chaîne alimentaire.Chez l’A/omo sapiens adulte, le cerveau utilise 20 pour cent du métabolisme de base; .et 50 pour cent chez l'enfant de moins de cinq ans! Quelle utilisation de l'habitat ferait une espèce fortement plus encéphalisée?Mais au fait, quels parents de demain accepteraient de passer la totalité de leur temps à pourvoir aux besoins naturels de bébés quasi impotents parce que coiffés d'un cerveau monopolisant 80 pour cent de leur métabolisme?Pierre Béland 48 PARUTIONS RÉCENTES L'IMAGE DE L'AMÉRINDIEN DANS LES MANUELS SCOLAIRES DU QUÉBEC Sylvie Vincent et Bernard Arcand, Cahiers du Québec / Hurtubise HMH, Collection Cultures amérindiennes, Montréal, 1979, 336 pages, $15.95 LE «SAUVAGE» Donald B.Smith, Cahiers du Québec / Hurtubise HMH, Collection Cultures amérindiennes, Montréal, 1979, 140 pages, $8.95 «Les préjugés et les clichés d'hier hantent encore le présent», affirme Donald B.Smith dans Le Sauvage pendant ta période héroïque de ta Nouvelle-France, traduction d'une thèse de maîtrise écrite il y a six ans qui porte sur l'image de l'Amérindien dans les écrits des historiens québécois, ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui.À UreL'image de l'Amérindien dans les manuels scolaires du Québec, on peut même dire qu'ils font plus que hanter le présent.Sur les 177 manuels examinés par Sylvie Vincent et Bernard Arcand et tous dûment approuvés par le ministère de l'Éducation, 105 contiennent des références aux Amérindiens ou aux Inuit, références qui dégagent une image, négative, qui risque de préparer les enfants au racisme et à la discrimination.Ce sont bien sûr les manuels d'histoire qui sont les plus révélateurs, et à eux seuls ils fournissent la matière de onze des treize chapitres de L'image de l'Amérindien.A l'aide de centaines de citations, les auteurs analysent en détail comment l'Amérindien va apparaître aux enfants: un goût inné pour la guerre, un être hostile et menaçant.Même si les plus récents manuels ont éliminé certaines descriptions de tortures infligées aux célèbres martyrs canadiens, il reste que les Amérindiens ont la cruauté dans le sang et dans les mœurs et qu'ils ne peuvent s'en départir.Massacreurs, les Indiens n'en deviennent pas moins, à l'occasion, des êtres doux.Dans ce cas, ils apparaîtront comme des poltrons.Malgré tout, on en trouve plusieurs accueillants et prêts à aider: ce sont les guides, les interprètes et les fournisseurs de fourrures.des personnages qui sont rélégués au rang de figurants de seconde zone.Naïfs et manipulés par les missionnaires et leurs chefs, ils deviennent parfois des victimes.Il n'est pas évident, notent les auteurs, qu'on veut attirer sur eux la pitié, mais il est clair, par contre, que l’exploitation dont ils sont victimes (maladies, alcool ou économiquement) n'est le fait que des «autres», puisque la colonisation française est empreinte d'humanisme et de bonté.Àchacun sa méthode, l'intégration pour les Français, le génocide pour les Anglais.Plusieurs chapitres s'attachent à l’ethnographie, apparence physique, technologie, économie, vie familiale et politique, croyances religieuses, et font ressortir que les manuels transmettent une image de retard sur l'Europe, bien compréhensible, aprèstout, puisque les Indiens sont des primitifs! Les Inuit, pour leur part, sont à peine présents dans les manuels.Ils n'en sont pas moins durs et féroces, inquiétants puisqu'ils mangent de la viande crue.Pour les époques plus récentes, ce sont des êtres charmés par les progrès de la civilisation.«Les manuels enseignent que les désirs des Amérindiens de contrôler eux-mêmes leur destin économique ou politique sont des ambitions et que lorsque ces ambitions contredisent les intérêts supérieurs de la colonie, il est pratiquement normal de vouloir les mater et les humilier», soulignent Sylvie Vincent et Bernard Arcand.Une phrase qui semble fort valable pour notre époque très contemporaine.Miche! G auquel in L'ILLUSION ÉCOLOGIQUE par J.L.Faivret, J.L.Missika et D.Wolton, Le Seuil, collection Intervention, Fous, 1980, $11.95 Les remises en question écrites de l'approche écologique sont peu nombreuses.Et ce n'est pas que tous soient favorables à l'option douce.Au contraire.Des critiques de plus en plus précises sont adressées aux écologistes, critiques qui peuvent forcer ces derniers à définir plus clairement leurs choix.L'illusion écologique, publiée au Seuil, est la traduction de l'inquiétude des trois auteurs face «à la bonne conscience antinucléaire».Ces trois chercheurs universitaires dénoncent la simplicité apparente, sinon excessive, de l'«idéo-logie écologiste»: le dieu solaire s'oppose au diable nucléaire.L'écologie douce combat la technocratie dure.Et s'il y avait des sociétés nucléaires démocratiques et des sociétés solairestout à fait fascistes?Voilà sûrement une bonne intuition de la part de critiques de l'écologie.Ils touchent là une préoccupation qui retient l'attention de plusieurs militants.«L'illusion écologique» n'est toutefois pas très bien cernée dans le court texte présenté.La démonstration des intuitions des auteurs reste superficielle et peu articulée.À l'intérieur d'un livre, somme toute très bref, une vaste gamme de sujets sont abordés, sujets souvent très hétéroclites, du débat nucléaire entre les scientifiques à l’analyse systémique appliquée à la décision politique en environnement.On peut retrouver dans ce livre une bonne vulgarisation des principes de l'analyse systémique, tels qu'expérimentés en sciences environnementales.Par contre, on sent à la lecture une certaine incompréhension des réels fondements de l'écologisme militant.Le texte pourra néanmoins alimenter les discussions aussi bien à l'intérieur des mouvements écologiques que dans les milieux scientifiques intéressés à l'écologie! André De!is le LA PÊCHE SUR LE SAINT-LAURENT MARcn'-MOcssirm LA PÊCHE SUR LF.SAINT LAURENT Marcel Moussette, Boréal Express, Montréal, 1979, $8.75 La recherche en histoire du Québec sort de plus en plus des sentiers battus.De l'histoire politique et économique, on est passé à l'histoire des gens et de leur environnement, en évolution incessante au cours des siècles.La passion de Marcel Moussette, c'est l’écologie historique, l'analyse des relations de l'homme avec son milieu.Au Québec, très vite, pour le nouvel août 1980 / QUÉBEC SCIENCE arrivant, il fallut devenir prédateur: une question de survie pour lesAmérindiensautantque pour les premiers Européens.Parti pour reconstituer l'histoire de la pêche sur le fleuve, Marcel Moussette s'est rapidement rendu compte que le domaine était trop vaste pour un seul individu.Les activités de pêche sont en effet très diversifiées sur le territoire couvert par le Saint-Laurent.Aussi l'auteur a-t-il concentré ses efforts de recherche sur les méthodes et les engins de capture utilisés tant dans la pêche commerciale qu'artisanale.En fouillant dans les archives et au cours d'enquêtes orales, il s'est intéressé à la pêche pratiquée par les pêcheurs commerciaux, les cultivateurs riverains, les Amérindiens ou les sportifs depuis le début de la colonisation européenne.Il en résulte un inventaire, mais un inventaire bien documenté.Les références à chaque outil ou à chaque technique de pêche apportent toutes des informations pleines d'intérêt sur les gens qui les employaient.On apprend, par exemple, que la plupart des méthodes de pêche commerciale en eau salée sont d'inspiration européenne tandis que la pêche en eau douce est plus apparentée aux Amérindiens.On découvre la pêche à la carpe à la main, en l'attrapant par la queue, ou la pêche au saumon au collet.La faux pour pêcher la morue n'a rien à voir avec celle qui sert à couper l'herbe et il y a presque autant de sortes de filets de pêche que d'espèces de poissons.François Picard Dernier! Livres Reçus L'habitat solaire: comment?Georges Alexandroff et Alain Liebard préface de Georges Leclere L’Équerre, Solaire 1 magazine, Paris, 1979.111 pages, prix non communiqué La médecine et notre temps publié sous la direction de André Lemaire et Jean Cottet Flammarion, Paris, 1980.277 pages.$22.00 La psychologie.Modèle systémique Yves Saint-Arnaud Presses de l’Université de Montréal et les éditions du C/M, Montréal, 1979.146 pages.$12.50 QUÉBEC SCIENCE / août 1980 MOINS D'EXAMENS INFLATIONNISTES?La Société américaine du cancer a changé d'idée sur la «valeur» de plusieurs examens médicaux de dépistage du cancer.La Société a recommandé aux médecins de laisser tomber certains examens et de réduire la fréquence de plusieurs autres.Elle ne conseille plus d'examen des expectorations et de rayons X des poumons pour les fumeurs et autres personnes à risque élevé du cancer du poumon parce qu'ils n'accroissent pas leurs chances de survie.Elle suggère l'examen du frottis vaginal pour détecter le cancer de l'utérus qu'une fois aux trois ans au lieu d'une fois l'an pour les femmes de 20 à 65 ans actives sexuellement.Elle recommande le même changement de périodicité pour les femmes de 20 à 40 ans quant aux examens de détection du cancer du pelvis et du sein.Et la diminution des examens aux rayons X pour les femmes.Selon la Société, «ces examens ne sauvent pas la vie d'un nombre suffisant de personnes pour justifier leur coût élevé»! AUTOMATISATION Pour les chercheurs et ingénieurs des industries minières, minéralogiques et métallurgiques, c'est un événement de très grande importance, comparable aux Floralies: le troisième symposium mondial IFAC, dont l'hôte est l'École polytechnique de Montréal, du 18 au 22 août prochain.On y retrouvera les meilleurs spécialistes du monde en automatique appliquée aux mines et à la métallurgie.Le thème est l'automatisation de l'extraction et du traitement des minerais et des métaux.LA POLLUTION N'A PLUS L'AIR DE RIEN Selon le modèle expérimental de R.Vis-kanta et R.A.Daniels de l'Université de l'Illinois (Journal of Applied Meteorology, vol.19, p.53), un accroissement de pollution dans l'atmosphèredesvillesréduit la température au sol.Les deux scientifiques ont construit un modèle bidimensionnel de l'atmosphère à une altitude de deux kilomètres au-dessus d'une ville.Le modèle prend en considération l'impact de plusieurs facteurs —- reliés aux produits chimiques polluants et à la topographie de l'environnement — sur la variation de la température en fonction de l'altitude.Des ordinateurs du Centre national américain de la recherche atmosphérique de Boulder, au Colorado, ont étudié le modèle.La conclusion des scientifiques: les gaz polluants et les aérosols en suspension pourraient, le jour, réduire la température à la surface d'une ville polluée de 2° C, et durant la nuit, augmenter la température de 1 ° C.Ces changements infimes de température, entre autres choses, signifieraient une concentration accrue de 14 pour cent de polluants au sol, les fins d'après-midi.CHAISE ROULANTE «DRAG»?LE TEMPS SOMBRE INDISPOSE Les gens sont plus susceptibles d'aider les autres lorsque le ciel est clair et ensoleillé, que durant les jours sombres et nuageux, ainsi que le démontre une étude que signalait dernièrement la revue Psychology Today.Au printemps et à l'été de 1 974, en hiver et au printemps 1975, des scientifiques de Minneapolis, au Minnesota, ont demandé à 540 personnes sur la rue à combien des 80 questions d'un sondage d'opinion elles étaient disposées à répondre.Un psychologue de l'Illinois, Michael Cunningham, a ensuite comparé les résultats à des lectures horaires de la quantité de soleil, de la température, de la pression barométrique, de l'humidité relative, de la vélocité du vent et même de la phase de la lune.Si toutes les variables sauf la lune avaient une minime influence, le soleil, seul, avait une grande influence.Plus la journée était ensoleillée, plus les gens étaient disposés à répondre aux questions, une moyenne de 63 sur 80; par temps sombre, une moyenne de 13 sur 80! Saab-Scania, une compagnie suédoise d'automobiles et de moteurs à réaction, a récemment lancé sur le marché américain une nouvelle chaise roulante qui non seulement peut monter les côtes et les chaînes de trottoir, rouler sur la glace ou dans la neige, mais encore, avec ses batteries, parcourir 40 km à une vitesse de 13 km/h.La Permobile qui, de l'avis de la compagnie, est la chaise roulante motorisée la plus avancée en technique et la plus sécuritaire, a été inventée par Per Udden, un étudiant diplômé en physiologie et en médecine de l'Institut médical Karolinska de Stockholm.La chaise peut être conduite par des personnes âgées de quatre à 104 ans, même si elles n'ont l'usage que de leurs épaules et de leurs avant-bras.UN PÉRIODIQUE «DERNIER CRI» Les lecteurs du périodique T/Ate pourront un jour écouter les nouvelles écrites.Time Inc.fait l'essai d'un disque transparent de cinq centimètres de diamètre fait de chlorure de polyvinyle et qui a une durée d'écoute de 90 secondes.Imprimé sur une page du périodique, le disque est Illustrations: Gaëtan Laroche 50 O «joué» par le lecteur lui-même à l'aide d'un microphonographe tenu à la main.Les essais sont faits conjointement par Time et Microsonics Corp.de Los Angeles, employant des microphonographes produits par Kyoshu Matsushita Electrics Co.du Japon.Ce nouveau concept ne sera pas sur le marché avant le milieu ou la fin de la présente décennie.Deux problèmes: l'impression «lente» des disques qui ne répond pas à la haute vitesse d'imprimerie des presses du périodique; le coût élevé des microphonographes.TfffC ROBOT PRIMATE?Le «Cart», un robot avec un ordinateur comme cerveau, a quatre roues et neuf yeux; il avance d'un mètre aux 10 ou 15 minutes, et s'arrête souvent pour évaluer la situation.Son créateur, Hans Moravec, de l’université Stanford de Californie, voit son robot comme «un essai modeste pour doter une machine de quelques attributs des animaux supérieurs».Le Cart est, selon son auteur, «un pas évolutif dans le développement des machines comme les premières expériences sur les vertébrés ont résulté en la création de l'homme»! Le robot a une plate-forme sur laquelle se trouvent une caméra de télévision, un transmetteur et un contrôle à distance.Le robot se meut avec prudence, s'arrêtant pour prendre des photographies: cette information enregistrée par la caméra est reçue par le cerveau-ordinateur qui la traite avant de permettre au robot de poursuivre sa route, ce qui explique sa lenteur.Le «Cart» est, semble-t-il, un des robots existants les plus perfectionnés.UN DÉPOTOIR SPATIAL On se pose toujours des questions sur la meilleure façon de se débarrasser des déchets nucléaires.Une des options envisagées, c'est de les rejeter dans l'espace.La compagnie Boeing Aerospace de Seattle vient ainsi de signer un contrat de $296 000 avec la Nasa's Marshall Space Flight Center pour étudier et analyser différents systèmes dans ce but.août 1980 / QUÉBEC SCIENCE en SEPTEMBRE 1 2 3 Luc Chartrand fera le point sur le dossier des musées au Québec Pierre Béland nous présentera ces énigmatiques poissons fossiles de Miguasha François Picard nous présentera les premières images de la vie intime des castors dans leur hutte 1812 FAITES-VOUS PLAISIR ABONNEZ-VOUS ! Au Canada: ?Groupe: (10 et plus — 1 an): $17.00 ?Abonnement spécial (2 ans / 24 numéros) : $35.00 ?Abonnement régulier (1 an / 1 2 numéros) : $ 1 9.00 À l'étranger: ?Abonnement spécial: (2 ans / 24 numéros): $45.00 ?Abonnement régulier: (1 an / 1 2 numéros): $25.00 COUPON D'ABONNEMENT ?abonnement là remplir en lettres MAJUSCULES) g réabonnement I I 11 M I I 1 11 I 1 11 I I I 1 I M I I 11 I 11 I I 31 nom 60 61 prénom 80 LBJ U 7 8 I II 11 I I I I I I 11 I I I 1 I L^J 9 numéro rue appartement 28 29 ville 48 49 province ou pays 68 ?Chèque ou mandat postal ci-joint I—I—I—I—1—I—I ?Veuillez me facturer 69 code postal 74 • Tarif en vigueur jusqu'au 31 mai 1 981 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec, GIT 2R1 QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR ET LA FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DU ICNSIR SCIENTIFIQUE PRÉSENTENT Faire Conçus par des amateurs chevronnés, les volumes de la collection FAIRE veulent mettre à la disposition du public le résumé des connaissant et du savoir- chacun I dans le contexte québécois.CHERCHONS NOS ANCÊTRES par Michel Langlois coll.FAIRE Québec Science Éditeur / FQLS Québec.1 980 ISBN: 2-920073-03-6 168 pages 12 photos couleur $8.95 Michel Langlois rCfurcfm\s DEVENEZ ASTRONOME AMATEUR préface de René Racing par Jean Vallières coll.FAIRE Québec Science Éditeur / FQLS Québec, 1 980 ISBN: 2-920073-4-4 242 pages 100 illustrations (dont 22 photos couleur) $10.95 w: QUI n'est pas intéressé à savoir d'où il vient, à connaître ceux dont il est issu ?Comment procéder?Comment éviter les multiples embûches?Où chercher les renseignements utiles?Comment rédiger la biographie de son ancêtre?À ces questions et à une foule d'autres, ce volume apporte des réponses claires et précises, qui résultent du savoir-faire accumulé par les généalogistes amateurs québécois.QUE nous montre le ciel à l'œil nu, à travers une paire de jumelles et dans un télescope?Quelles sont les meilleures périodes d'observation des planètes?Comment acheter un télescope de bonne qualité?Où trouver le matériel pour construire son propre télescope?Comment photographier le ciel avec ou sans télescope?Ce volume abondamment illustré répond de façon claire et détaillée à ces questions et à bien d'autres.E JUSTE Commandez-les maintenant: ?CHERCHONS NOS ANCÊTRES, par Miche! Langlois, coll FAIRE, 168 p-, 12 photos couleur, $8.95 ?DEVENEZ ASTRONOME AMATEUR, par Jean Vallières.coll.FAIRE, 242 p., 100 illustrations (dont 22 photos couleur) $10.95 ?Ci-joint mon paiement au montant de $.?Veuillez me facturer pour la somme de $ .Nom.Adresse.Code posta!.Quantité Total Wm&m .Téléphone .Code 22 Chez votre libraire ou chez Québec Science Editeur, C.P.250, Sillery, Québec G1T 2R1 fklnhmité cfio Quéiïü (Un crésemv à cyortéo mairv.ar sa présence physique dans les diverses régions du X- Québec aussi bien que par ses multiples activités d'enseignement à distance, l'Université du Québec contribue à rendre plus accessible l’enseignement universitaire.Plus de 320 programmes d'études couvrant la plupart des disciplines sont offerts par l'ensemble des dix établissements qui composent le réseau de l'Université du Québec.LES CONDITIONS D'ADMISSION Aux programmes de premier cycle: détenir un diplôme d’études collégiales (D.E.C.) ou l’équivalent; ou posséder des connaissances appropriées, une expérience jugée pertinente et être âgé d'au moins vingt-deux ans.Outre ces conditions générales, le candidat doit, pour certains programmes, satisfaire à des conditions particulières.Aux programmes de deuxième cycle: pour être admis dans un programme de deuxième cycle, il faut détenir un baccalauréat ou l’équivalent, obtenu avec une moyenne cumulative d'au moins 3.0 (sur 4.0), ou l'équivalent dans la discipline ou le champ d’études du programme de deuxième cycle ou dans l'une des disciplines qui interviennent explicitement dans ce dernier; ou il faut posséder les connaissances requises, une formation appropriée et une expérience jugée pertinente.Le candidat à un programme de deuxième cycle dont la préparation est jugée insuffisante peut soit se voir imposer des cours d’appoint, soit être admis en pro-pédeutique.% \lontmf 5 rtuff omiu Pour de plus amples renseignements on peut s'adresser à: Université du Québec Coordination du dossier étudiant 2875, boulevard Laurier Ste-Foy, Québec G1V 2M3 (418) 657-2362 Aux programmes de troisième cycle: pour être admis dans un programme de doctorat, il faut détenir une maîtrise ou un diplôme équivalent, soit dans la discipline ou le champ d'études du doctorat, soit dans une discipline qui intervient explicitement dans le programme de doctorat; le candidat qui détient le grade de bachelier, possède les connaissances requises et une formation appropriée peut aussi être admis.Le candidat peut, lors de l'admission, se voir imposer des cours d'appoint pour combler certaines lacunes dans ses connaissances.Ÿrois^Jtivïcres Wâ raisf^ Université du Québec à Montréal Bureau du registraire Case postale 8888 Montréal, Québec H3C 3P8 (514) 282-7161 Université du Québec à Trois-Rivières Bureau du registraire 3351, boulevard des Forges Trois-Rivières, Québec G9A 5H7 (819) 376-5454 Université du Québec à Chicoutimi Bureau du registraire 930, rue Jacques-Cartier est Chicoutimi, Québec G7H 2B1 (418) 545-5613 Université du Québec à Rimouski Bureau du registraire 300, avenue des Ursulines Rimouski, Québec G5L 3A1 (418) 724-1432 Centre d'études universitaires dans l'Ouest québécois Bureau du registraire (Hull) Case postale 1250, succursale «B» Hull, Québec J8X 3X7 (819) 776-8247 (Rouyn) 435, rue Gagné Case postale 700 Rouyn, Québec J9X 5C6 (819) 762-0971, poste 150 Institut national de la recherche scientifique Bureau du registraire Complexe scientifique 2700, rue Einstein Case postale 7500 Sainte-Foy, Québec GIP 3W8 (418) 657-2508 Institut Armand-Frappier Bureau du registraire 531, boulevard des Prairies Case postale 100 Laval-des-Rapides, Québec H7N 4Z3 (514) 282-7380 École de technologie supérieure Bureau du registraire 180, rue Ste-Catherine est Montréal, Québec H2X 3M4 (514) 282-7784 École nationale d'administration publique Bureau du registraire 625, rue St-Amable Québec, Québec G1 R 2G5 (418) 657-2476 Télé-université Bureau du registraire 214, avenue St-Sacrement Québec, Québec G1 N 4M6 (413) 657-2990
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