Québec science, 1 janvier 1980, Octobre
Volume 19, numéro 2 OCTOBRE 1980 ül ° Trop DOUCEMENT vers de NOUVELLES PRATIQUES M i ,y^J i cjisurance-maladie Liai du Québec '::V •i?i'rv NUMÉRO D ASSURANCE-MALADIE 0000 DLi k.C l Nirinil /* nr O PHtNOiVl EV NOM À M3^ffA!?SANcx •' ooo 00000 000 PHcNOM Eï NOM A ÜA wAIsSanTT Or w w ^ UA; i^AlbûAN^c W 0000Ü ÜÜ0 00 00 O NOM DU MARI O EXPIRATION O no Donna 22 octobre 1980 / QUÉBEC SCIENCE AR> DOI I Et si les consommateurs «comblés» étaient aussi des usagers bernés?par Yanick Villedieu Énorme, tentaculaire, coûteux, conservateur sous son vernis de modernisme.Dix ans après l'instauration du régime d'assurance-maladie québécois — c'est le 1 er novembre 1970qu’a retenti pour la première fois le célèbre chac-chac de la «castonguette» —, notre système de santé est resté étrangement semblable à lui-même.Mais en plus énorme, en plus tentaculaire, en plus coûteux, voire en plus conservateur qu'il ne l'était alors.Car les espoirs suscités par la réforme des affaires sociales, ultime grand bond en avant d'une révolution très tranquille commencée une décennie plus tôt, il serait bien malaisé de dire qu'ils ont été comblés.$2 000 PAR AN PAR FAMILLE Au cours des années soixante-dix en effet, le réseau de médecine privée, de cette médecine à saveur parfois très commerciale, est devenu plus fort et plus expansionniste que jamais.L'hôpital, où il nous faut toujours naître et mourir, a consolidé sa place au centre d'un empire où l'on persiste à le considérer à la fois comme une cathédrale et comme un garage.Et le jeu croisé des experts, de la technologie et du médicament a continué de nous déposséder de notre propre corps, de notre propre tête.De notre santé.Fait positif à souligner: les barrières d'ordre financier ont été levées et il n'en coûte désormais plus rien, directement s'entend, pour aller chez le médecin ou à l'hôpital.Cette gratuité des services pour l'usager reste un acquis fondamental, une mesure d'équité sociale minimale sur laquelle il ne saurait être question de revenir.Mais cette gratuité dont nous bénéficions, comme consommateurs, ne doit pas pour autant nous faire oublier les sommes considérables que nous engloutissons, comme société, dans un système où l'on semble parler plus fréquemment dollars que santé.En 1978-1979, années des dernières données disponibles, les seules dépenses publiques de santé s'élevaient, au Qué- bec, à 3,3 milliards de dollars — c'est-à-dire à $ 527 par personne.C'est donc en moyenne plus de $2 000 que la famille type, un couple avec deux enfants, consacrait cette année-là à ces dépenses.Et ce montant, il faut le rappeler, ne tenait pas compte du coût des médicaments prescrits (sauf pour les assistés sociaux et les personnes âgées, à qui ils étaient payés par la Régie de l'assurance-maladie) et des médicaments non prescrits, ni du coût de services non couverts par le régime, comme par exemple les soins dentaires pour les plus de quinze ans ou les soins dispensés par des psychologues.EXPERTS POUR EXPERTS.Pourtant, ce n'est peut-être pastellement l'importance globale de la facture que la façon dont sont dépensés ces milliards qui a de quoi étonner.Aujourd'hui (et demain) comme hier, c'est le curatif qui accapare la quasi-totalité des budgets.Que l'on répare les pots humains cassés, puisqu'il s'en casse et qu'il continuera de s'en casser, voilà qui est chose normale et, de façon générale, plutôt bien faite par notre médecine.Mais que l'on ne fasse que cela ou presque, voilà qui surprend et inquiète.Alors en effet que la médecine qui coupe, recoud, drogue et répare est florissante, on en est encore au stade des balbutiements en matière de prévention, d'éducation sanitaire, de promotion de meilleures habitudes de vie et surtout, surtout, d'amélioration des conditions sociales et environnementales qui favorisent la santé.Dix ans après les travaux de la Commission Castonguay-Nepveu, qui inspirèrent la réforme, cette persistance, sinon ce renforcement de la place du curatif est certainement un grand sujet de déception.Comme l’est sans doute le fait que ce système de santé soit finalement resté entre les mains des experts, de tous ceux qui savent, comprennent, raisonnent et par conséquent décident à la place des premiers intéressés, les usagers.Bien sûr, les experts d'aujourd'hui ne sont plus tout à fait les mêmes que ceux d'hier.À côté des médecins, dont la position reste toutefois passablement solide, la classe des technocrates a su se tailler une place importante.Mais experts pour experts, le consommateur n'est pas sûr d'en être aussi bénéficiaire qu'on ne le lui raconte.Et sa participation à la gestion et à l'orientation de ses services de santé — l'un des leitmotivs les plus rebattus de la réforme — est à toutes fins utiles une promesse morte et enterrée.Même le grand mouvement de décentralisation qu'annonce aujourd'hui le ministère des Affaires sociales est étranger à l'usager: ce n'est pas à lui que le ministère redonnera du pouvoir, mais à d’autres organismes eux aussi technocratiques, eux aussi contrôlés par des experts.MARGINALITÉ Autre grand espoir déçu, même s'il faut, en cette matière, parler à l'échelle de plusieurs décennies: le fait que les mentalités et les pratiques aient si peu et si lentement évolué.Grosso modo, nous «fabriquons» toujours, en 1 980, les mêmes professionnels de la santé.Dans les facultés de médecine, il est vrai, de sérieux efforts ont été faits pour modifier les programmes de formation, pour y inclure certaines préoccupations plus sociales, plus communautaires.Mais on peut se demander si les étudiants, une fois rendus dans un milieu professionnel qui a ses lois, ses codes et ses exigences, ne devront pas reléguer aux oubliettes ces belles, mais peu «réalistes», préoccupations.Par ailleurs, il faut bien reconnaître que les pratiques nouvelles, celles qui dépasseraient les traditionnelles interventions curatives individuelles, émergent au prix d'une dépense si phénoménale d'énergie qu'elles ne sont guère sorties, jusque-là, de leur inconfortable marginalité.Certes, les idées et les pratiques propres à l'approche sociale et communautaire de la maladie et de la santé font tranquillement leur petit bonhomme de chemin.Les Centres locaux de services communautaires (CLSC) et les départements de santé communautaire (DSC) implantés, eux, en milieu hospitalier existent et même se développent.Des 23 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1980 sasu* e auss île.El sa æ:' I 'un fe I I : I I cen'esl meiaJii nieseoi ssicoi msiioa- ssioi»» le irf8' joilff inesp^l andei* ^ rv v â U>-k ST «r ¦,,-., ::.':%?*•>*v•'•'rs • A' «ipgaasi» mm , ’¦ -i» ¦A x,’ J • ' - if - r c'f= UiS USINES A MIRACLES Dans ces cathédrales du système de santé, les grands prêtres sont encore les médecins V par Michel Gauquelin Les histoires d'hôpital, tout le monde en a une à raconter.Si ce n'est pas vous qui l'avez vécue, c’est quelqu'un de la parenté ou un voisin, mais de toutes façons elle sera toujours assez extraordinaire pour ébahir vos amis, les rendre admi-ratifs ou.les indigner.Si vous êtes malchanceux au volant, pas très adroit dans le bricolage, ignare en matière de champignons et que vos enfants se prennent pour des singes dans les arbres ou des acrobates à bicyclette, vous avez certainement déjà connu la plus célèbre des excroissances de votre plus proche hôpital: l'urgence.Dans cette sorte de cour des miracles, mais à peine un pied dans la porte de l'hôpital, après avoir attendu assez longtemps pour vous sentir vraiment blessé ou malade, vous avez eu vos points de suture, votre piqûre et votre potion magique.Après le choc, cela représente un vrai réconfort.Mais, dans le fond, vous êtes frustré parce qu'on ne vous a pas dorloté.Il y a des visions plus positives de l'hôpital.L'accouchement parfait, à la Leboyer s'il-vous-plaît, et tous ces beaux bébés derrière la vitre de la pouponnière.Il faut dire que, sauf exception, personne n'est malade dans ce cas.Il y a aussi l'intervention chirurgicale réussie, une greffe difficile, des heures et des heures en salle d'opération avec une équipe remarquable.C'est peut-être une première mondiale, affirme le journal du matin avec une photo d'un chirurgien masqué.Mais la plupart du temps, les histoires d'hôpitaux, les vôtres et celles des journaux, sont moins reluisantes: les ambulances détournées d'hôpital en hôpital car les urgences sont encombrées, des dizaines de personnes en salle d'attente de la clinique externe parce qu'elles ont toutes été convoquées pour un rendez-vous à la même heure, un jeune homme de 19 ans qui prétend s'être fait enlever sans raison médicale l'estomac, la rate et presque tout le pancréas, des erreurs dans les médicaments administrés, des semaines sinon des mois avant 34 octobre 1980 / QUÉBEC SCIENCE En plus des médicaments, les équipements lourds dans les hôpitaux constituent un marché lucratif pour l'industrie.D'ailleurs, presque toutes les grandes multinationales ont des secteurs spécialisés dans l'appareillage médical.d'être hospitalisé, à Montréal en particulier.Depuis quelques années et de plusen plus souvent, les employés débrayent et on assiste même à des grèves générales.Plus récemment, on vient de découvrir les maladies iatrogènes, ces maladies directement causées par les interventions médicales.Tout dernièrement, faute de quorum, l’élection de représentants des usagers au conseil d'administration a été annulée dans dix hôpitaux de la région de Québec.Ce n'est pas vraiment l'apocalypse et on hésite à décerner des blâmes.Le médecin est encore bien coté au palmarès de la confiance et, quant aux employés, il serait risqué de s’en prendre à toutes celles et à tous ceux dont dépendent notre santé et notre confort en milieu hospitalier.Alors, pourquoi ne pas s'en prendre au «système»?IL FAUT ÊTRE PATIENT Notre système de santé actuel est hérité, pour une bonne part, des recommandations formulées au tournant des années soixante-dix par la Commission d'enquête sur la santé et le bien-être social, la Commission Castonguay-Nepveu.Une de ses conclusions majeures: nous sommes trop centrés sur le traitement des affections aiguës, sur l'hôpital et le médecin spécialiste.En recommandant la mise sur pied d'un système de soins de première ligne, axé sur la prévention grâce aux CLSC, la Commission compte bien réduire la fréquentation des hôpitaux car, moins malades ettraités au plus vite, nous serons moins hospitalisés.La structure du nouveau système se bâtit donc avec la répartition suivante: les soins généraux dans les CLSC, les soins spécialisés et ultra-spécialisés à l'hôpital, simple ou universitaire.De plus, tout ce réseau d'établissements devra être accessible physiquement et financièrement, répondre aux besoins de santé de la population et distribuer des soinsde qualité sur les plans scientifique, humain et social.Au passage, on verra à atténuer les disparités régionales.En fait, il y a aujourd’hui près de trois fois moins de CLSC que prévu et, en fin de compte, les 239 centres hospitaliers, notamment les 146 de soins de courte durée, participent largement aux soins primaires par le biais de leurs cliniques externes et urgences, qui reçoivent plus de neuf millions de personnes par année.4 S.IV* * t * y * > U Que ce soit à l'externe ou pour les lits d'hospitalisation — et il y en a plus de 53 000 au Québec —, ça ne dérougit pas: environ 800 000 personnes ont été hospitalisées l'an passé.L'hôpital est peut-être accessible, mais à condition d'attendre.D'autre part, entre autres à cause de cet engorgement, tout le monde se plaint d'une certaine déshumanisation.La santé, et la recouvrer, ne s'évalue pas seulement au strict point de vue médical : c'est aussi dans la tête et dans le coeur qu'on doit être bien.Enfin, il faut bien constater que les objectifs de participation de la population souhaités par la Commission sont loin d'avoir été atteints.Perdu dans un conseil d'administration dont le pouvoir réel est de toutes façons très discutable, le «représentant des usagers» représente bien peu de choses, sinon lui-même.Pour l'adjoint au directeur général de l'Association des hôpitaux de la province de Québec (AHPQ), Normand Choinière, la réforme des services de santé a marqué toute la vie de l'hôpital, causé bien des tensions et n'a pas empêché que des problèmes majeurs surgissent.Ce qui, en fait, a caractérisé la mise en place de la réforme, c'est «la cohérence, la logique, le contrôle, sous l'emprise de la technocratie».Des valeurs liées à la Révolution tranquille.UN COBAYE DU NOM DE SACRÉ-COEUR «Il y a vingt ans, un médecin, deux médecins, huit médecins arrivaient dans un hôpital avec toute leur force scientifique et politique.Ils faisaient prendre à cet hôpital une direction en créant un nouveau service, en spécialisant une QUÉBEC SCIENCE / octobre 1980 35 salle d'opération, entraînant alors un grossissement des activités de soutien», raconte Normand Choinière.Des hôpitaux propulsés par des médecins spécialistes, il y en a eu plusieurs, sinon beaucoup.Sur le bord de la Rivière-des-Prairies, à Montréal, l'hôpital du Sacré-Coeur est symbolique de cette époque, passi lointaine puisqu'il s'agit de 1965 à 1975 dans ce cas.Après avoir été sanatorium jusqu'en 1956, Sacré-Coeur ne tardera pas à se développer comme hôpital.En 1966, le ministère de la Santé d'alors accepte que l'hôpital devienne un centre ultra-spécialisé avec vocation régionale, comprenant le développement de laboratoires et de la radiologie, et avec création de consultations externes, clinique d'urgence et unités de soins intensifs.De fait, l'expansion a lieu, à coups de millions.En T973, Sacré-Coeur signe un contrat d'affiliation avec l'Université de Montréal et devient hôpital universitaire, rôle qu'il jouait officieusement déjà.En 1975, les travaux sont stoppés : le ministère a décidé de ne plus éponger les déficits répétés de Sacré-Coeur.En cinq ans, les besoins de l'hôpital sont passés de 13 à 27 millions de dollars, soit un taux de croissance de 100% alors que la moyenne provinciale est de 39%.Bon an, mal an, Sacré-Coeur se paye un million de déficit.Inutile de dire que le Conseil du Trésor voit cela d'un mauvais œil.Dans le temps de le dire, un comité spécial mixte débarque à Sacré-Coeur pour éclaircir l'affaire.Présidé par Jean-Yves Rivard, qui était professeur au département d'administration de la santé de l'Université de Montréal, le comité remet son rapport en moins de six mois.Si Sacré-Coeur a tant augmenté ses dépenses d'opération, affirme le rapport, c'est à cause des changements dans la nature et le volume des services.Développement des cliniques externes et de l'urgence, mais aussi apparition et développement d'ultra-spécialisations et de chirurgie «lourde», accueil fait à des spécialistes et reconnaissance de tous les départements pour fins d'enseignement.Le rapport Rivard s'attarde également sur les dépenses générées par les médecins spécialistes pour en arriver à la conclusion que chaque nouveau spécialiste a généré en moyenne, en 1974 seulement, environ $180 000 en dépenses additionnelles pour l'établissement.Or le nombre total de médecins est passé de 1 61 à 303 entre 1 969 et 1 975, avec des croissances très marquées en pratique générale et dans des spécialités comme la cardiologie, la neurologie, la chirurgie cardio-vasculaire et thoracique, l'anesthésie, l'orthopédie, la radiologie .L'hôpital du Sacré-Coeur n'est pas un cas isolé de ce que plusieurs appellent le développement sauvage et les folies budgétaires.Mais du côté des médecins, tout en reconnaissant des abus, on parle plutôt de développements rapides.«Non, le médecin n'a pas été à l'origine d'un développement échevelé, précise Jacques Létourneau, président de l'Association des conseils de médecins et dentistes, lui-même bâtisseur d'un centre de radiothérapie à Québec.Et peut-on dire que les grands instituts de cardiologie, de neurologie ou de recherches cliniques qui ont souvent été le fait d'un seul homme ne sont pas nécessaires, même après la disparition de leur fondateur?» AU ROYAUME DE LA TECHNOLOGIE L'ultra-spécialisation coûte cher, car elle entraîne beaucoup de coûts indirects, mais il n'y a pas qu'elle.En fait, au delà c/i des questions d'argent, c'est tout un s développement de la technologie et des équipements qui marque notre époque, la pratique médicale et dont on trouve des traces fort coûteuses dans les centres hospitaliers.Les 500 plus grandes multinationales ont presque toutes une branche spécialisée en appareillage médical.Présentes partout dans le monde, elles font pression sur les médecins qui se laisseraient fasciner par l'avancement de la science.et le gadget, affirme un fonctionnaire du ministère des Affaires sociales en soulignant que sur les sept tomographes axiaux installés au Québec, il y en a cinq de trop.Ces appareils, qui coûtent autour de 400 000 dollars et servent pour identifier les lésions cancéreuses, peuvent satisfaire chacun plusieurs millions d'habitants.Des dédoublements, il y en a, mais il faut bien avoir le strict minimum, rétorquent les médecins, sinon l'hôpital devient une grosse clinique externe.On ne note pas de sous-développement flagrant, admettent-ils, mais la distribution sur le territoire pourrait être améliorée.À Québec, on trouve qu'il y a trop de «scanners» à Montréal, tandis que dans la métropole on se dit particulièrement touché par les restrictions.Cardiologue à l'hôpital du Sacré-Coeur depuis plus de vingt ans, André Proulx affirme qu'il est difficile de se tenir à jour en nouvel équipement.«Ici, nous avons un retard en médecine nucléaire. 36 Même si la technologie permet dans bien des cas d'améliorer la qualité des traitements en milieu hospitalier, elle interpose un écran entre l'infirmière et le malade, contribuant ainsi à déshumaniser les soins.En radiologie, nous devons faire certains examens à l'extérieur.Le médecin est frustré face à cela car on ne lui donne pas les outils dont il a besoin.Si l'hôpital était une entreprise privée, libre, on serait en meilleure position.» C’est un point de vue, mais en voici un autre: «Je fais une mise en garde: il va falloir faire des relations entre l'équipement et ce à quoi il sert, pour savoir s'il y a un rapport entre la rapidité de guérison, la prolongation de la vie ou la diminution de la mortalité et l'avancement technologique dans un secteur donné.» Cette réplique, c'est Réjean Cantin, sous-ministre adjoint aux programmes de santé, au ministère des Affaires sociales, qui la sert.Tous ces appareils génèrent un lot d'examens et beaucoup de coûts indirects qui inquiètent le sous-ministre adjoint.4 800 ANALYSES A L'HEURE Le laboratoire d'un hôpital est un petit monde fort révélateur de cet essor technologique et où on en apprend long sur la vie de l'institution tout entière.À plus forte raison quand il s'agit du laboratoire de Sacré-Coeur.Une centaine d'employés, environ quatre millions de dollars de budget, des millions d'analyses effectuées tant pour l'hôpital lui-même que pour les CLSC et d'autres institutions de la région.jusqu'à la Baie-James, le laboratoire de Sacré-Coeur est un gros laboratoire, avec les quatre secteurs conventionnels: anatomie-pathologie, hématologie, bactériologie et biochimie.«Au début, je travaillais derrière une cage d'ascenseur.Aujourd'hui, on a récupéré des chambres à coucher, le sous-sol et vous avez vu à quel point les corridors sont occupés».LouisTrochu est le chef du service de biochimie.Pendant qu'il évoque ces contraintes avec une certaine philosophie mais sans résignation, les deux autres biochimistes du service, Claude Hinse et Raymond Lepage, entrent dans le bureau.«Les laboratoires se sont développés de façon vertigineuse, avec un manque de structure et d'espace, continue Louis Trochu.Celui-ci a été repensé dans une optique des années soixante alors que nous sommes en 1 980.» Peut-être, mais en tout cas l'appareillage ne semble pas si démodé.Le Vickers M 300 de Sacré-Coeur est un de ces multi-analyseurs qui, avec quelques millilitres de sang, un seul échantillon, vous font 16 analyses simul- octobre 1980 / QUÉBEC SCIENCE ; tanément: azote, phosphate, cholestérol, etc.À raison de 300 spécimens à l'heure, cela fait 4 800 analyses dans l'heure.À un coût beaucoup plus bas que celles faites «à la mitaine».«L'utilisez-vous à 100% de sa capacité?» Non, bien sûr.À combien alors?«Comprenez que s'il travaillait 24 heures par jour, il suffirait pour toute la ville de Montréal.Or il a des frères jumeaux, les SMAC, les SMA 12, les COULTER, à Notre-Dame, au Royal-Victoria, peut-être une demi-douzaine au Québec.» Finalement, aucun des trois biochimistes ne proteste quand les chiffres de 50 et même de 25%sont avancés.«En fait, on a ajusté nos besoins aux appareils existants, et non l'inverse», souligne Claude Hinse.«On cherche autant à prouver ce que le patient n'a pas qu'à trouver ce qu'il a», continue Raymond Lepage.Ne serait-ce que parce que le médecin veut se protéger contre des poursuites judiciaires toujours possibles et très à la mode aux États-Unis.Plus nouvelle serait l'attitude du patient qui réclamerait de son médecin une batterie d'analyses.La cause?Les compagnies, qui bien souvent vendent non seulement l'appareil mais les réactifs et divers médicaments, ne se contenteraient plus de «vendre» au médecin mais rejoindraient directement le consommateur.Si vous croyez avoir telle maladie, exigez de votre médecin telle analyse.En fin de compte, combien d'analyses peuvent être considérées comme inutiles à Sacré-Coeur ?De 50 à 80%, semble-t-il.Il est vrai que le Vickers n'est pas sélectif: il fait les 1 6 analyses ou rien du tout.A sa façon, Jacques Létourneau abonde dans le même sens : «Oui, un pourcentage très élevé des examens sont négatifs.» LE VRAI CLIENT Selon la loi, le médecin seul est habilitéà demander l'admission du malade pour une hospitalisation et ce médecin en est le seul responsable en milieu hospitalier, même si, à l'occasion, il va consulter un collègue ou co-traiter avec lui.Et c'est encore lui qui décide de libérer le patient.Le processus de diagnostic-prescription thérapeutique-contrôle de l'évolution et libération n'est pas en soi caractéristique de l'hôpital, mais la présence de tout un ensemble de services de soutien l'est: radiologie, laboratoires, bloc opératoire, etc., autant d'instruments dont le médecin dispose, gratuitement faut-il rappeler, pour rétablir la santé de ses patients.On comprend alors ce que veulent dire les petites phrases chocs: «Le patient est celui du médecin, pas celui de l'hôpital» et «le vrai client de l'hôpital, c'est le médecin et non le patient».De fait, c'est bien le médecin qui passe des commandes, réclame des analyses en laboratoire et sa façon de pratiquer est donc déterminante pour l'hôpital. QUÉBEC SCIENCE / octobre 1980 37 Cette pratique évolue et semble liée à l'essor technologique et au mode de rémunération.Ainsi, le médecin compte de plus en plus sur les analyses, faciles à obtenir grâce aux machines, pour avoir un diagnostic sub-clinique avant même que les signes cliniques n'apparaissent, que la pathologie ne soit développée.C'est donc de plus en plus la machine qui fait le diagnostic.Rémunéré à l'acte, le médecin peut poser beaucoup plus d'actes avec les machines.En plus d'un examen général pour une femme enceinte, le gynécologue va demander une échographie.«Pourquoi ne pas inclure cette échographie dans l'examen général.quitte à relever un peu le prix payé pour cet examen?», suggère un médecin qui voit ainsi une façon de freiner la tendance à accumuler les examens.Tout hôpital a des protocoles.Avant d'entrer en salle d'opération, la règle sera d'avoir la formule sanguine, l'analyse d'urine, un électrocardiogramme, une radiographie pulmonaire, par exemple.Là encore, les machines interviennent dans la pratique du médecin, mais on ne peut considérer ces exigences comme superflues, précise Jacques Létourneau.Avant de mettre un patient sur le respirateur automatique, n'est-il pas plus prudent d'avoir une radiographie pulmonaire?Ces protocoles et tout ce qui est consigné dans le dossier médical, dossier qui est de la responsabilité du médecin, représentent une garantie de qualité des soins et une façon de contrôler les gestes posés par les médecins, poursuit le président de l'Association des Conseils de médecins et dentistes, ces organismes présents dans tous les hôpitaux et dont un des mandats est justement de contrôler l'acte médical.«Assez régulièrement, affirme-t-il, un conseil doit prendre des mesures pour conserver la qualité des actes.Un médecin fautif devra faire un recyclage ou, s'il est chirurgien, il sera assisté obligatoirement par un collègue.» A côté de tous ces gestes strictement médicaux, il y a l'élément humain.A peu près tout le monde se sent désarmé face à une «déshumanisation» dont on attribue la cause à tout le monde, à la surpopulation des hôpitaux, parfois à la trop grande accessibilité aux soins hospitaliers, et au «manque de temps» pour parler avec le malade.FINI, LE SURPLUS DE GRAS Les hôpitaux vivent sur un rythme élevé et on est presque tenté de parler de cadences.Le phénomène est relativement nouveau, semble s'accélérer et s'explique sans doute en grande partie par le mot «dollar».Pour le sous-ministre adjoint Réjean Cantin, «l'argent est de plus en plus rare et il se fera de plus en plus rare.Il faut donc s'assurer que chaque dollar est bien investi, et pour s'en assurer l'analyse des hôpitaux se fait maintenant en terme de performance.» Les dépenses des hôpitaux ont été de $2 224 000 000 en 1978-1979 (plus de 2,2 milliards.), soit 67% de l'ensemble des dépenses publiques de santé.L'essor des hôpitaux, parfois grandiose, a multiplié les coûts à tel point qu'aujourd'hui on est entré dans l'ère du «finies les folies».Pour commencer, depuis 1 972, les établissements hospitaliers sont sous le régime du budget global.Chaque hôpital reçoit de l'État un montant et doit se débrouiller avec.Cette somme se négocie, bien entendu.Mais de moins en moins car, depuis que les bases ont été revisées, il faut parler plutôt de simples ajustements d'une année sur l'autre.Le test réalisé à Sacré-Coeur a permis de tirer des leçons.Mais encore faut-il résorber les déficits accumulés.«Au 38 octobre 1980 / QUÉBEC SCIENCE rythme où allaient les dépenses, en 1978, ces déficits auraient atteints plus de 280 millions de dollars en 1 982.Nous avons donc lancé une offensive pour que chaque établissement arrive à l'équilibre budgétaire.Le moyen poury arriver est le plan de redressement financier», explique Gérard Soucy, responsable de cette opération au ministère des Affaires sociales.Une savante méthode a été mise au point.Les hôpitaux sont répartis en huit groupes et une moyenne est faite dans chaque groupe, qui permet dedirequetel hôpital est en «économie de ressources» et tel autre en «excédent».Le principe est de «dégraisser les gras pour engraisser les maigres».En 1978-1979, 102 hôpitaux étaient en plan de redressement, mais il semble qu'il y a encore du chemin à parcourir car le ministère estime qu'au 31 mars dernier le déficit accumulé représentait encore un peu plus de cent millions de dollars.Meilleure productivité des ressources a été le mot d'ordre.Certains gros hôpitaux font même du zèle.Au ministère, on est particulièrement fier de Notre-Dame, à Montréal, qui a fait de grands efforts de «productivité» et a ainsi pu résorber l’an dernier la moitié des sept millions qu'il traînait.Comment économise-t-on?En limitant la portion de viande à 110 grammes, en regroupant les achats et des services comme la buanderie et les repas, en jouant sur la retraite anticipée et la mobilité du personnel: les équipes volantes grossissent.En minutant les soins infirmiers: raser une barbe doit prendre dix minutes, comme cela se fait dans plusieurs hôpitaux sur la base d'une méthode connue sous le nom de PRN et qui, mise au point par une équipe de l'Université de Montréal, n'est pas sans rappeler les principes qui régissent une usine.Les postes transformés, les postes coupés, le non-remplacement pendant les vacances et le surcroît de travail qui en découle, la fermeture de lits pendant l'été, le non-remplacement au départ volontaire ou à la retraite (attrition), toutes les techniques sont utilisées.Les administrations se défendent bien de vouloir mettre du monde à pied, sur le trottoir, mais le ministère concède qu'un fort nombre de postes doivent être abolis, 2 027 dans les 102 hôpitaux touchés par les plans de redressement.La CSN porte o CE Jacques Létourneau, radiothérapeute La loi n'oblige pas à la guérison Le centre de radiothérapie de l'Hôtel-Dieu à Québec, c'est son œuvre.Jacques Létourneau en est fier: 99 lits, une soixantaine d'employés, six radiothérapeutes pour traiter environ 200 malades par jour.Le centre couvre un territoire qui va de Trois-Rivières à Gaspé et il n'est pas dépourvu de matériel sophistiqué et coûteux: un bêtatron d'un million et demi de dollars, trois bombes au cobalt de 200 000 dollars chacune, et le reste.« Lorsque je suis arrivé, en 1 968, j'ai mis mes conditions.La seule chose que je n'ai pas eue, c'est l'autonomie administrative.Aujourd'hui, le centre se compare avantageusement aux grands centres américains ou européens».«À l'heure actuelle, quand un médecin veut un appareil, il doit passer par 36 comités, défendre son projet.Le médecin, dans son centre hospitalier, se sent constamment mis de côté par une administration de plus en plus présente, avec des directeurs de ci et des directeurs de çà, des sous-directeurs de ci et des sous-directeurs de çà.Le grand danger, c'est que le médecin se désintéresse, face à cette frustration.Ce que je reproche à l'administrateur, c'est de ne pas dialoguer avec le médecin.» Les relations du médecin avec le patient à l'hôpital?«La loi n'oblige pas à la guérison.Les gens ont tendance à en demander trop.Le médecin ne dialogue plus autant avec son malade et il porte là une responsabilité.En discutant avec le patient des résultats auxquels s'attendre, le médecin se protégerait en même temps.Une bonne information est importante.J'en sais quelque chose en tant que radiothérapeute: s'il y a un domaine où on ne peut garantir le résultat, c'est bien celui du cancer.» ce chiffre à 4 000, car elle ajoute les postes coupés auparavant dans les hôpitaux en équilibre budgétaire.Selon Gérard Soucy, le surplus de gras a disparu, ce que confirme son sous-ministre, Réjean Cantin, qui, tout en évaluant qu'on peut encore améliorer la gestion, notamment dans les services de support, estime qu'on est bientôt rendu au bout du rouleau, dans les petits hôpitaux en particulier.Les plans de redressement sont là pour rester, mais tout le monde est inquiet car le Conseil du trésor persiste à n'accorder que des miettes pour compenser l'inflation.Face à une inflation de 10,9% l'an dernier, le Conseil du trésor n'a accordé que 5% pour cette année, pour les dépenses non salariales, c'est-à-dire environ 20% des dépenses d'un hôpital.Si cela persiste, le grand rêve de l'équilibre va s'envoler et certains centres hospitaliers vont devoir remettre en cause les services qu'ils offrent, affirme un document interne du ministère.Car, pour le moment et malgré les protestations des syndicats, tant le ministère que l'Association des hôpitaux de la province de Québec persistent à affirmer que la qualité des soins n'a pas été affectée, Normand Choinière reconnaissant cependant que le volume des soins donnés a baissé.L'ENTREPRENEUR PRIVÉ DANS L'ENTREPRISE PUBLIQUE Tout comme l'argent est le nerf de la guerre, les restrictions financières sont omniprésentes dans la vie quotidienne de l'hôpital et empoisonnent les relations de tous les gens qui y travaillent.Les Le Soleil QUÉBEC SCIENCE / octobre 1980 39 - médecins accusent les administrateurs de leur couper les vivres, ces derniers se retournent alors contre le ministère qui, à son tour, se plaint du Conseil du trésor.Peut-être réalistes, les employés syndiqués s'en prennent à tout ce beau monde, à commencer au plus haut niveau: le gouvernement.Ces restrictions favorisent en fait la mise à nu d'une lutte pour le pouvoir à l'intérieur de l'hôpital.Après avoir été rois et maîtres, les médecins se sentent contestés dans leur leadership par les administrateurs.Il est fini le temps où l'administrateur avait pour rôle, selon le médecin, de «tenir l'hôpital propre» et de passer la commande de matériel et de personnel.L'administrateur est maintenant un technocrate, doublé d'un financier.Inutile de dire que la religieuse a définitivement disparu du paysage.Le partage des ressources est au cœur du problème, affirme Jacques Létourneau.«Les médecins veulent développer, bonifier leurs actes, avoir appareillage, personnel et services.L'administrateur, face à cela, a des problèmes de budget.Il va donc dire noui ou non.C'est au niveau des grandes décisions que les accrochages sont les plus durs et, s'il n'y a pas de dialogue, celafinit mal.» Pour l'administrateur, précise ce médecin spécialiste qui cite le chiffre d'une demi-douzaine de grands administrateurs d'hôpitaux contraints à la mutation.ce qui n'arrive jamais pour le médecin.«C'est le médecin qui place la commande et il a donc un pouvoir réel, confirme Normand Choinière de l'AHPQ, un organisme qui, en principe, représente l'ensemble de l'hôpital mais qui est souvent perçu comme reflétant fortement les préoccupations des administrateurs.Or le médecin, et il est le seul dans ce cas, est un entrepreneur privé dans une entreprise publique.Le médecin prend sa décision en fonction de ses intérêts, professionnels et financiers.» Mettre à salaire tous les médecins qui œuvrent à longueur de journée à l'intérieur de l'hôpital simplifierait beaucoup les relations.mais l'AHPQ ne préconise pas encore ouvertement cette mesure.Un cran en dessous, on découvre les frictions entre les techniciens, infirmiers et infirmières, auxiliaires de ceux-ci, travailleurs sociaux, etc.Les conflits ouverts ne sont pas légion, mais chacun se montre parfois jaloux de ses prérogatives et, accroché à sa corporation, tient à ce qu'on n'empiète pas sur sa plate-bande, tout en demandant plus de pouvoirs.Beaucoup sont arrivés à l'hôpital avec l'essor technologique.Le développement du secteur hospitalier semblant s'être arrêté, on se retrouve un peu comme au bord du Pacifique lorsque la conquête de l'Ouest s'est achevée: il faut se répartir le territoire.Cette répartition se cristallise à l'heure actuelle avec la question des délégations d'actes, pour laquelle le gouvernement hésite à trancher.Une salle d'urgence bondée : le public se demande encore pourquoi.QUI VA MENER QUI?Même si le conseil d'administration a le pouvoir formel, c'est sans doute le comité de régie, qui regroupe les principaux directeurs et donc surtout des administrateurs, qui a de plus en plus les mains sur les manettes.Mais le conseil des médecins et dentistes, qui regroupe pour sa part tous ces professionnels au niveau de chaque établissement, n'est pas pour autant sans pouvoir.Faisant directement affaire avec le conseil d'administration, il joue un rôle clef dans la mesure, entre autres, où c'est par son truchement qu'un médecin obtient son privilège de pratiquer dans un hôpital.De plus, c'est souvent le pouvoir moral et indirect qui est le plus important.Et ce pouvoir-là, les médecins sont sans doute conscients de l'avoir en main.Il reste qu'il y a compétition constante car, comme dit le médecin Jacques Létourneau, «la question est de savoir qui va mener qui».LES NOUVEAUX PESTIFÉRÉS Pomme de discorde mais aussi sujet de réconciliation entrecesdeuxgroupes, les malades chroniques envahissent progressivement les hôpitaux de soins de courte durée et se retrouvent un peu comme des pestiférés au beau milieu de 40 Les chroniques dans les hôpitaux, une pomme de discorde entre le ministère, les administrateurs et les médecins.toutes ces tensions.Tout le monde en dit du bien, mais ils dérangenttout le monde.Les malades chroniques ce sont tout simplement, pour la majorité, des personnes âgées atteintes de troubles physiques liés au vieillissement et qui nécessitent des soins assez simples.L'hôpital du Sacré-Coeur en a plus que son quota.«Officiellement, c'est 10% et en fait, on en a au moins 20%.Nous n'avons pas de véritable structure pour les prendre en charge et, par ailleurs, ils mobilisent des lits de sorte qu'il fautfaire attendre pendant deux à trois mois des malades pour soins aigus», explique Roger Alarie, directeur des services professionnels, et médecin.Les rumeurs courent que certains hôpitaux en auraient 40%.Indirectement, c'est la vocation de l'hôpital qui serait touchée car une nouvelle philosophie se développerait par le biais du type de soins, de contacts, de personnel spécialisé qu'on veut apporter à ces malades chroniques.Une démotivation des médecins et d'une partie du personnel s'ensuivrait.De fait, pour le médecin, un «chronique» ne présente guère d'intérêt scientifique, ce n'est pas un beau cas, et en plus, à la longue, ses revenus pourraient en être affectés.Comme ces malades ne commandent pas une expansion scientifique et une acquisition d'appareillage, ils devraient apporter une certaine tranquillité aux administrateurs.Mais, selon un médecin, les administrateurs devraient se méfier car, autour du malade chronique, se greffent des coûts: la famille va réclamer des radiographies pulmonaires, des examens en quantité, «pour ne pas laisser mourir».Constatant le vieillissement de la population québécoise, le ministère des Affaires sociales a mis en branle des mesures pour corriger la situation des personnes âgées.Des centres d'accueil d'une capacité de 5 000 lits doivent être construits en 1980-1981.«Après, on va évaluer, tenir compte des problèmes particuliers.Mais au Québec, c'est une philosophie qui est là, les malades chroniques resteront dans les hôpitaux de soins de courte durée, car il y a un sain équilibre à garder», affirme Réjean Cantin.L'AHPQ a déjà pris position sur la question: le gouvernement doit mettre des ressources à ce chapitre et il n'a pas le courage politique de prendre un certain nombre de décisions.Par exemple, de changer la vocation de certains hôpitaux de soins aigus en soins prolongés.Le président de l'Association des conseils de médecins et dentistes, Jacques Létourneau, va même plus loin: «Si le gouvernement persiste dans ses politiques, un problème majeur va se poser.Il va falloir discuter publiquement de l'euthanasie.Il y a des exemples.En Suisse, il y a des foyers pour malades chroniques très bien structurés et un canton aurait mis à l'étude un projet de loi sur l'euthanasie.Tant qu'ils sont répartis et qu'on ne les voit pas, on ne se pose pas de questions, mais quand ils vont être regroupés, qu'on va avoir mobilisé du personnel, cela va se voir et il faudra poser la question.» L'évolution technologique et son impact sur la pratique médicale, les frictions liées à l'exercice du pouvoir, les luttes interprofessionnelles, les syndiqués sur la défensive et les années de vaches maigres en matière de budgets, sans compter la question de plus en plus brûlante des malades chroniques, tous ces éléments viennent concourir à alimenter les tensions à l'intérieur de l'hôpital À cet égard, l'hôpital ne se distingue guère d'autres ensembles: comme dans une petite ville, on y retrouve des activités multiples et les difficultés liées à la vie en commun de tout un petit monde.Quand •on songe aux 4 100 employés, aux 60 millions de dollars de budget et aux 900 lits de l'hôpital Notre-Dame à Montréal, le plus gros hôpital au Québec, et aux efforts de rentabilité et de rendement, c'est l'image de l'usine qui surgit.Mais, d'un autre côté, c'est aussi la polyvalente, où l'on ne fait que passer, anonyme et perdu, en quête de tel ou tel type de service.À tous les niveaux, chacun est conscient que cette machine soi-disant bien huilée ne donne pas entière satisfaction.Que faire pour assurer la meilleure qualité des soins et surtout un milieu de vie qui revigore, qui redonne une pleine santé?Le ministère des Affaires sociales voit la solution en terme de décentralisation plus poussée.«A-t-on déjà vu une multinationale fonctionner avec 1 400 filiales», demande Réjean Cantin.Selon le sous-ministre adjoint, il va falloir que le ministère voit aux grandes MAS 41 ÜUÉBEC SCIENCE / octobre 1980 À IL, .orientations, à la planification générale, pour laisser aux Conseils régionaux de la santé et des services sociaux (CRSSS) plus de pouvoirs décisionnels.Les établissements, et donc les 239 hôpitaux du Québec, seraient ainsi plus proches des besoins réels de la population.Une telle décentralisation devrait bientôt se concrétiser dans un mécanisme de réforme au niveau législatif.Telle que présentée à l'heure actuelle, la décentralisation n'est qu'une déconcentration administrative, estime Normand Choinière à l'AHPQ.Pour lui, la solution doit passer par un véritable pouvoir régional et local, exercé par des élus au niveau des conseils d'administration.En attendant, l'AHPQ plaide pour un Livre blanc sur la santé et réclame un sommet sur le sujet.À lire les projets de décentralisation du ministère et à entendre le sous-ministre adjoint insister sur la nécessité de ne pas agir trop brusquement, car il faut que les mentalités changent, des transformations radicales à brève échéance ne sont pas à craindre.À plus long terme, cependant, un projet comme celui des plans d'effectifs médicaux pourrait influencer tout le champ hospitalier.Il s'agit ni plus ni moins que de répartir sur le territoire les médecins spécialistes, dont 70% sont concentrés à Montréal actuellement.Ce contingentement en est à ses tous premiers balbutiements et ne suscite guère d'enthousiasme chez les médecins pour qui une pratique à Rouyn-Norahda signifie un isolement professionnel et social, difficile à assumer pour un jeune médecin spécialiste.Avant qu'un bouleversement majeur n'arrive à ce niveau et ne rende plus accessible à chacun de nous, où que nous vivions, les soins spécialisés que doivent fournir les hôpitaux, il va s'écouler encore bien des années pendant lesquelles la question-clef sera celle de l'argent.Inflation et chômage nous sont promis pour longtemps encore et, de plus en plus, on parle de crise fiscale de l'État.Qui va avoir l'argent: les routes, les écoles ou les hôpitaux?Mystère.Mais une chose est sûre, dans les hôpitaux, ces unités de plus en plus spécialisées et à l'équipement très coûteux, le rendement de chaque dollar va être minutieusement examiné.Et gare aux ressources non productives ! : m La corporation Depuis l'instauration du Régime d'assurance-maladie du Québec, il y a dix ans, la Corporation professionnelle des médecins du Québec a participé activement à l'amélioration de la pratique médicale au Québec en assumant pleinement son rôle de protecteur du public.Pour ce faire, elle s'est donné de nouveaux outils depuis dix ans comme: • la création d'un Service des études médicales qui s'assure que le médecin qui arrive sur le marché du travail est compétent; • la création d'un Service d'inspection professionnelle qui voit au maintien de la fessioni compétence des médecins en exercice; • la création d'un Service d'éducation médicale continue qui aide les médecins à maintenir leur compétence; • la création d'un Service du Syndic qui étudie les plaintes; • la création d'un Service de la répression de l'exercice illégal de la médecine qui s'assure, en vue de la protection du public, que les hC Beos Ce ne sont là que quelques-unes des raisons qui font que la Corporation professionnelle des médecins du Québec est àl’étoui Pour plus d'informations, s'adresser à la Direction des communications, Corporation professionnelle des médecins.;. æ* •• Âr 13'' ‘*ai j: %», ^.T ?-r\ .¦* ¦*4V “•V , 4 ,>r ïgi£;' TVfci ^ :V ^ -A tïl V»>*' 'r'f F r-V , ^ m «*‘12 w*W-l hm™ : i3 4* f* .=, Ayant perçu l'odeur d'une femelle, il s'en approche.Une femelle qui n'est pas en chaleur repoussera cet intrus de son territoire.Si, au contraire, elle est réceptive, une longue poursuite s'engage à travers les arbres et sur le sol.Lorsque plusieurs mâles poursuivent la même femelle, c'est habituellement le plus tenace et le plus agressif qui réussira à s'accoupler avec elle.Il assurera sa préséance en empêchant tous les autres mâles de s'en approcher.Une fois l'accouplement terminé, le mâle quitte le territoire de la femelle, lui laissant l'entière responsabilité de l'élevage des jeunes, et se met à la recherche d'autres femelles en chaleur.Cette recrudescence printanière d'activité et d'agressivité se manifeste aussi chez l’Écureuil volant.Les regroupements à plusieurs observés en hiver éclatent sous l'effet de la compétition entre les mâles et de leurs incessantes sollicitations auprès des femelles.Également préoccupés par la reproduction, les Pola-touches poursuivent, la nuit, les femelles dans la cime des arbres et, souvent, en planant d'un arbre à l'autre.Chez les deux espèces, les naissances des jeunes ont lieu d'avril à août et la gestation est de 35 à 45 jours.Lorsque les conditions sont favorables, les femelles peuvent avoir deux portées par année, habituellement en mai et en août.On peut donc assister à des poursuites A la fin de l’été, une activité importante pour l’Écureuil roux sera de faire des réserves pour l’hiver.Des cavités naturelles dans le sol, sous les bûches ou dans un tronc creux pourront lui servir de caches.sexuelles jusqu'au milieu de juillet, quoique celles du printemps soient plus vigoureuses ! Au printemps, nos écureuils ont épuisé leurs caches de nourriture; mais ils peuvent maintenant compter sur de nouvelles sources d'approvisionnement.Ils se nourrissent des bourgeons et des fleurs qui se développent dans les feuillus et profitent aussi de la montée de sève.On les voit lécher la sève qui coule quelquefois le long des branches ou des troncs endommagés par le gel, le frimas et le vent durant l'hiver.Dans les érablières, ils vont lécher les chalumeaux des érables entaillés.Plus tard en été, les écureuils ne dédaignent pas les œufs d'oiseaux, ni même les oisillons qu'ils ont raflés dans les nids.Ils pénètrent parfois dans les terriers des souris et des compagnols pour dévorer les petits.Les insectes sur les feuilles et dans l'écorce occupent aussi une bonne place dans leur régime.Mais la majeure partie de leur nourriture est constituée de fruits, de graines de conifères et de feuillus et, particulièrement chez le Polatouche, de champignons.En hiver, le lichen constitue la principale source de nourriture pour l’Écureuil volant.un 3i SOUS LA SURVEILLANCE MATERNELLE Dans les semaines qui précèdent la naissance des jeunes, l'activité des femelles en gestation est importante.Elles construisent ou remettent en état les nids aériens où naîtront leurs petits et en défendent l'accès aux autres écureuils.Le moment venu, la femelle se retire dans son nid pour mettre au monde ses petits.Les nouveau-nés sont nus et roses et ont les yeux et les oreilles fermés.A peine plus gros qu'un dé à coudre, leur poids est de six grammes, soit moins d'un vingtième du poids moyen d'un adulte.La portée de l'Écureuil roux comprend de quatre à huit petits, habituellement cinq, tandis que l'Écureuil volant a le plus souvent des portées de trois.L'instinct maternel de l'écureuil est exemplaire.Pendant le premier mois suivant la naissance, la mère passe la majeure partie de son temps avec ses petits à les tenir au chaud, les nourrir et les nettoyer.Elle ne quitte le nidque pour manger, prenant bien soin au préalable de recouvrir sa progéniture avec le matériel qui tapisse l'intérieur de l'abri.Au retour, elle flaire ses petits et les rassemble contre elle pour les allaiter.tes |f fer « Sim QUÉBEC SCIENCE / octobre 1980 69 TT/Av ï •v,.: ^ v»«.»?• • .;¦>¦ AV' 'N ces écureuils en groupe, partageant le même nid ou se nourrissant dans le même arbre.MAILLON DE LA CHAÎNE ÉCOLOGIQUE Bien qu'ils causent quelquefois des dégâts aux arbres et aux arbustes dont ils rongent les bourgeons terminaux, les écureuils participent sans le vouloir au reboisement des forêts.En effet, les cônes, les noix et les graines enfouis et oubliés dans l'humus germeront tôt ou tard.Ces animaux prolifiques s'attaquent aussi à un grand nombre d'insectes nuisibles.Ils sont eux-mêmes la proie d'un nombre incalculable de prédateurs ailés ou poilus: buses et hiboux de toute espèce, martres, visons, renards, lynx ou ratons laveurs.De nuit comme de jour, les écureuils occupent une place prépondérante dans l'écosystème forestier du Québec.?On pourra à l'occasion observer le nid d'un Écureuil gris construit dans v un arbre, te! celui-ci dans un bouleau.Au moindre danger, la mère n'hési-itera pas à déménager ses petits dans un autre nid.Elle les saisit délicatement, un par un, par la peau desflancs, permettant i;T;ÿ|ainsi au petit de s'agripper à son cou, et ., iva et vient d'un nid à l’autre jusqu'à ce que toute sa progéniture soit en sécurité.Le jeune Polatouche se développe plus lentement que le jeune Écureuil oux.Il commence à entendre vers l'âge fe trois semaines, alors que son poil et ses moustaches sont parfaitement déve-oppés et qu'il se déplace de plus en plus dans le nid.À cinq semaines, il voit très Q|C,iv'B r ¦ pien.C est le moment où le jeune Ecureuil roux effectue ses premières sorties hors du nid.On ne verra pas cependant .de jeunes Polatouches à l'extérieur du nid avant l'âge de sept semaines.Nourris jusque-là du lait de leur mère, jji les jeunes écureuils profitent de leurs premières sorties pour découvrir en sa peuvent compagnie iments ils sont le plus vulnérables.À la moindre [alerte, les petits détalent hâtivement vers e nid.Malgré tout, plusieurs sont victi-mes des martres, des lynx, des buses ou ¦ mes hiboux.Le jeu occupe une grande place dans a vie du jeune écureuil.Poursuites, luttes, pirouettes et acrobaties favorisent le développement de sa coordination, tout en lui permettant d'acquérir une connaissance de plus en plus grande de son environnement.À mesure qu'il vieillit, le jeune s'éloigne de plus en plus du nid et découvre les avenues aériennes que lui offrent les branches des arbres rapprochés.Le sevrage a lieu vers les deux mois.À cet âge, la tendance des jeunes à se disperser augmente, à mesure que diminue la tolérance de la mère à leur égard.Les jeunes Écureuils roux poussent leurs premiers cris de territorialité, le trrrr si souvent proféré par les adultes pour éloigner les intrus, et ils construisent maladroitement leurs premiers nids de feuilles.Les jeunes Écureuils volants, plus grégaires, effectuent leurs premiers vols planés sur de courtes distances, en poussant avec excitation des petits cris aigus.Dans les forêts de feuillus et les parcs urbains, l'Écureuil gris mène une vie comparable à celle de ses deux cousins.Il est diurne comme l’Écureuil roux et constitue également des caches en prévision de l'hiver.Dans les villes, il peut à l'occasion s'introduire dans les habitations pour compléter son approvisionnement.Moins agressif que l'Écureuil roux, l'Écureuil gris ne s'attaque qu'aux écureuils étrangers, tolérant visiblement ses voisins.Il n'est pas rare qu'on observe Pour en lire plus : J.Ferroq, Cycle annuel d'activité de l'Écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus), adultes et jeunes en semi-liberté au Québec, Le naturaliste canadien, 103: 1-10, 1976 H.Lair, Écureuils chapardeurs dans les érablières du Québec, Carnets de Zoologie, 38: 36-41, 1978 D MacClintock, Squirrels o! North America, Van Nostrand Rheinhold, New York, 1970 70 octobre 1980 / QUÉBEC SCIENCE .Yanick Villedieu ^ganté postface de Fernand Seguin y QUÉBEC SCIEItE EDITEUR J La bible de la santé des Québécois Le premier livre sur l'état de santé des Québécois et la première évaluation de leur nouveau système de soins.Plus de dix mille exemplaires vendus depuis sa parution.DEMAIN LA SANTÉ par Yanick Villedieu Québec Science Éditeur ISBN: 0-919712-00-2 1976, 300 pages, $8.50 BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir les volumes suivants: ?DEMAIN LA SANTÉ, Yanick Villedieu, 300 p„ $8.50 ?LE SEL DE LA SCIENCE, Fernand Seguin, 140 p., $9.50 ?FACE AU NUCLÉAIRE, collectif.2e édition, 334 p., $9.50 ?LES TRACES DU PASSÉ, François Picard, 208 p., $9.50 ?DES MACHINES ET DES HOMMES, Louis Brunei 176 p., $7.50 ?Ci-joint mon paiement au montant de $.?Veuillez me facturer pour la somme de $.Nom.Adresse.Code posta!.Téléphone.Chez votre libraire ou chez QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Téléphone: (418) 657-2426 Code 28 lie QUÉBEC SCEriŒ i 1669» *001 1979) ' ' Tt* kv;' mi y , ’SSJ Dix ans de Québec Science Enfin un index cumulatif de tous les sujets abordés dans le magazine QUÉBEC SCIENCE d'octobre 1 969 à août 1 979.Un guide indispensable pour tous ceux — et ils sont nombreux — qui se réfèrent aux anciens numéros de QUÉBEC SCIENCE.INDEX DE (pour les volumes 8 à 17 inclusivement; QUÉBEC SCIENCE d'octobre 1969 à août 1979 1969—1979 par Joseph Risi Québec Science Éditeur ISBN: 2-920073-06-0 1980, 00 pages $3.95 BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir le volume suivant: ?INDEX DE QUÉBEC SCIENCE 1969-1979, Joseph Risi, ?Ci-joint mon paiement au montant de $.?Veuillez me facturer pour la somme de $.Nom.Adresse.Code posta!.Téléphone Chez votre librairie ou chez QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Téléphone: (418) 657-2426 Code 29 î UÉBEC SCIENCE / octobre 1980 71 CANCER PRÉVENIR CE QU’ON NE PEUT GUÉRIR Mît i Melf jans S!,Ü Een peu de médecins contes-|ent aujourd’hui les vertus de ja vaccination comme moyen ie prévenir les maladies infec-ieuses.Pourtant, on connaît ort peu de cas où un vaccin est itile une fois la maladie déclen-:hée ! Alors pourquoi en serait-1 autrement du cancer ?Cette réflexion bien élémen-aire, on l’a entendue à plusieurs [eprises dans des colloques médicaux, au fil de la dernière Innée.Elle a été reprise en éditorial, tant par le Journal de 'Association médicale cana-lienne que par le New England Medical Journal, ou la revue britannique The Lancet.Elle :émoigne d'un virage impor-:ant dans la philosophie des spécialistes du cancer, depuis quelques mois, virage qui pourrait bien conduire à la mise en place de vastes programmes de vaccination anticancer.En fait, ce n'est pas la première fois qu’il en est question.Dès qu’on s'est mis à soupçonner des agents viraux dans la genèse de certains cancers, on a envisagé du même coup la «solution vaccinale».De tels vaccins existent d’ailleurs dans certaines leucémies animales, telles la maladie de Marek qui décime encore certains poulaillers.Mais les virus de cancers humains nous échappent encore.Pourtant, dès le tournant des années soixante-dix, diverses statistiques épidémiologiques (au Québec notamment) ont démontré que les populations vaccinées massivement contre la tuberculose avaient un taux de leucémies deux fois moins élevé que les populations de niveau de vie analogue, où cette vaccination n’avait pas été encouragée.Il semblait donc plausible que le vaccin en question, le bacille Calmette-Guérin (ou BCG), ait agi comme un stimulant à long terme du système immunitaire, et facteur préventif face au cancer.Malheureusement, les «preuves» de cette action préventive à long terme ne sont que statis- tiques, et le BCG lui-même est fortement contesté par beaucoup d’équipes de recherche à travers le monde.Au cours des dernières années toutefois, d’importants progrès ont été réalisés dans la biochimie du cancer, et certaines protéines de surface propres aux cellules cancéreuses ont été identifiées.Il est donc aujourd’hui possible de produire des «sérums antigéniques», c’est-à-dire des préparations qui contiennent ces protéines cancéreuses et qui permettent à l'organisme de se doter d’anticorps actifs directement contre un ou plusieurs cancers.Chez l’homme, de tels sérums antigéniques ont déjà été utilisés expérimentalement, en doses massives, pour le traitement de plusieurs formes de cancers.Dans la plupart des cas, les résultats sont intéressants (régression des masses cancéreuses ou net ralentissement de la progression de certaines tumeurs), mais l'immunothérapie compte très peu de succès réels à long terme.Tôt ou tard, les injections d’antigènes cessent d’avoir leur effet de «coup de fouet» pour le système immunitaire, et la maladie reprend le dessus.D’où l’idée séduisante d’agir avant que la maladie ne fasse son apparition.Avant que le système immunitaire ne soit débordé, en somme.Le programme envisagé pourrait ressembler à celui-ci.Les données épidémiologiques nous permettent d’identifier certains groupes particulièrement vulnérables à certains cancers.Par exemple, les tumeurs au poumon frappent surtout les travailleurs de la métallurgie, les mineurs du charbon ou de l’amiante, certains travailleurs du textile ou de l’isolation, et quelques autres groupes professionnels .et surtout s’ils fument.La vulnérabilité varie aussi, dans certains cas, en fonction du sexe ou de l’âge.Il serait donc possible dans un premier temps d'isoler certains groupes-cibles et de proposer à ces personnes une vaccination par les antigènes correspondant aux cancers les plus fréquents dans leur groupe.Lors d’un atelier de travail à Ottawa sur les moyens de prévention du cancer du poumon auprès des personnes à risque élevé, le Dr Anthony B.Miller, de l'Institut du cancer du Canada à Toronto, mentionnait le printemps dernier les problèmes que cette approche nouvelle risque toutefois de soulever.Le premier est d’ordre éthique: il concerne la réticence que la profession médicale entretient face à l’idée de soumettre des personnes saines à un traitement médical quelconque.Mentionnons toutefois que cette réticence devrait s’appliquer en principe à toute campagne de vaccination.Mais elle s’accentue dans le cas du cancer, à cause de la nature particulière de cette maladie, associée très souvent (sinon toujours) à un dérèglement du système immunitaire.On a ainsi démontré, dans le cas des analogues de la vitamine A par exemple, que certains traitements, préventifs chez certains, avaient au contraire un effet stimulant pour une tumeur analogue chez un autre patient.Qui peut garantir que les anticorps développés chez un individu «prédisposé » au cancer, à la suite de cette vaccination, ne deviendraient pas par la suite des « anticorps facilitants », cette aberration immunitaire découverte assez récemment et qui explique parfois la croissance anormalement rapide de certaines tumeurs ?Pour l’instant, on a donc commencé de nombreuses expériences épidémiologiques de vaccination préventive par les antigènes tumoraux.sur des animaux de laboratoire.Les expériences ont utilisé jusqu’ici un grand nombre de préparations vaccinales, allant des simples antigènes tumoraux en solution, jusqu’à l’injection de cellules cancéreuses entières, rendues inactives par traitement à la mitomycine C, à la neuraminidase, aux radiations, ou à d’autres facteurs bloquant le métabolisme.D’autres produits comme le DDA, le LEXIQUE ANGLAIS-FRANÇAIS Termes techniques à l’usage des biologistes par JEAN VAILLANCOURT Les biologistes, étudiants ou diplômés, doivent souvent consulter ou rédiger des textes scientifiques anglais.C’est surtout et avant tout à leur intention que ce lexique a été préparé.Cependant les scientifiques de toutes disciplines pourront tirer avantage de cet ouvrage.15 x 23 cm., xii, 428 pages.Prix: $12,00 En vente chez votre libraire et aux: Editions de EUniversité d’Ottawa, 65, avenue Hastey, OTTAWA.Ontario KIN 6N5 72 octobre 1980 / QUÉBEC SCIENCE lévamisole ou les polynucléo-tides synthétiques (de faux ADN ne contenant qu'une seule paire de nucléotides, répétée un grand nombre de fois) ont été utilisés comme stimulants de l'immunité naturelle (ce sont d’excellents inducteurs d’interféron) ou comme «associés» à l’injection de ces sérums immunologiques.Les sujets expérimentaux étudiés sont en général des animaux mutants qui développent des cancers dans près de 100 pour cent des cas.On a ainsi pu établir une protection efficace contre la leucémie, les lymphomes, les tumeurs mammaires, et certaines tumeurs épithéliales.Mais bien sûr, comme toujours en recherche médicale, le taux de protection n’est jamais total, ce qui n’écarte donc pas les inquiétudes quant à une possible action opposée chez certains individus.Avant d’expérimenter sur des groupes humains, il faudra donc mieux comprendre l’action immunitaire anti-tumorale.Mais il faudra aussi étudier soigneusement les premiers groupes cibles dans la population, d’autant plus que la lenteur d’apparition des cancers (jusqu’à 20 ans par exemple dans le cas du cancer du poumon chez l’homme) risque de retarder de plus d’une génération la première évaluation des expériences pilotes ! Entre-temps, un autre problème se pose, plus « politique » d’une certaine manière : l’apparition éventuelle d’un vaccin ¦ Conseil national National Research I ’T de recherches Canada Council Canada POSTES D'ATTACHÉS DE RECHERCHE 1981 pour des recherches en science et en génie, dans les laboratoires du CONSEIL NATIONAL DE RECHERCHES DU CANADA énumérés ci-dessous: LABORATOIRE SCIENTIFIQUE DE L'ATLANTIQUE DIVISION DES SCIENCES BIOLOGIQUES LABORATOIRE RÉGIONAL DES PRAIRIES DIVISION DES RECHERCHES EN BÂTIMENT DIVISION DE GÉNIE ÉLECTRIQUE INSTITUT DE GÉNIE DES MATÉRIAUX DIVISION DE GÉNIE MÉCANIQUE ÉTABLISSEMENT AÉRONAUTIQUE NATIONAL DIVISION DE CHIMIE INSTITUT HERZBERG D'ASTROPHYSIQUE DIVISION DE PHYSIQUE Les candidats doivent avoir reçu récemment un doctorat ès Sciences (Ph.D.), ou une maîtrise dans un des domaines du génie, ou être sur le point d'obtenir un de ces diplômes avant d'obtenir le poste.Les" postes d'attachés de recherche sont accessibles aux ressortissants de tous les pays, même si la préférence est accordée aux citoyens canadiens.Les attachés de recherche seront nommés au personnel du Conseil national de recherches pour une période déterminée.Ils se verront offrir les mêmes salaires et avantages dont jouissent présentement les membres permanents du personnel.La nomination initiale portera, en général, sur une période de deux ans et pourra être renouvelée sujet au rendement de l'attaché de recherche et selon les besoins de la Division.Les renouvellements sont considérés chaque année.La durée de l'emploi comme attaché de recherche pourra varier d'une division à l'autre, mais ne dépassera pas cinq ans.Une allocation de voyage est aussi prévue.On peut obtenir un formulaire d'inscription auprès du Bureau des attachés de recherche, Conseil national de recherches du Canada, Ottawa, Canada, K1A 0R6.Date limite d'inscription: le 15 décembre 1980 contre les tumeurs professionnelles ne risque-t-elle pas de rendre moins évidente la nécessité d’améliorer les conditions de travail, de même qu’un éventuel vaccin contre le cancer du poumon ne servirait-il pas de « caution morale » à bien des fumeurs ?«Mais soyons réalistes,» notait Anthony B.Miller, lors de l’atelier de travail mentionné plus haut: «Comme il y a déjà de nombreuses personnes exposées à des facteurs cancérigènes, et qu’aucune autre approche (telles les programmes de dépistage précoce ou les campagnes anti-tabac) ne semble effective, aussi bien développer et évaluer au plus tôt la prophylaxie chez ces gens ! » Pierre Sormany À L’ÉCOLE, ON APPREND AUSSI À FUMER C’est lors de la transition entre le primaire et le secondaire que le jeune écolier québécois connaît une modification radicale de ses habitudes face à la cigarette, passant du statut «d’essayeur» à celui de «fumeur».Ainsi, toute intervention préventive en vue de former des générations de non-fumeurs devrait être tentée auprès des jeunes de 6e année (11 ans), soit juste avant leur passage au secondaire I, selon une étude réalisée durant l’automne 1978 par le département de médecine sociale et préventive du Centre hospitalier de l’université Laval auprès de 6 116 écoliers de la région de Québec.En effet, on retrouverait lors de ce passage le plus fort taux d’essayeurs, soit 46% chez les garçons et 44% chez les filles, ainsi que la plus forte croissance dans les pourcentages de fumeurs.L’étude démontre également que si les filles commencent à fumer plus tard que les garçons (14% d’entre elles ayant expérimenté la cigarette avant huit ans contre 22% chez les garçons), elles seraient cependant plus nombreuses qu’eux à l’âge de 14 ans, avec des proportions de 90% contre 86%.«ü" Un non Le ûe coï«.s’ajii : ii'Wî S : - s ; Forêt conservation un nouvel envol! in nouveau magazine âgé de 40 ans .e Québec vient de voir apparaître un louveau magazine.âgé de 40 ans! Il ’agit de FORÊT CONSERVATION, le nagazine de la forêt, de l’environnement it des sciences naturelles.En effet, ce nagazine vient de se transformer radica-ement et de se donner une nouvelle image.)e magazine interne diffusé auprès des nembres de l’Association forestière qué-lécoise et des Clubs 4-H (des organismes irivés à but non lucratif oeuvrant à la ;onservation de l’arbre, du milieu forestier 5t de l’environnement), FORÊT CONSER-fATION devient maintenant un magazine lui s'adresse aussi au grand public, plus larticulièrement aux Québécoises et aux îuébécois soucieux d’une utilisation ¦jionit niite jttta»1 [ht! te sfiltei • crois-1 ifS’kl I I I I I I ationnelle des ressources.ibonnez-vous Ne rien inscrire dans les espaces ombrés ?.Le magazine de ta forêt, de l’environnement et des sciences naturelles.Des articles dont les sujets sont des plus intéressants: le chauffage au bois, la récupération et le recyclage du papier, la faune, les fleurs sauvages, les plantes d’intérieur, lâchasse et la pêche, la photographie-nature, l’énergie, ia forêt et le développement régional, l’industrie forestière, la conservation, l’environnement, l’utilisation rationnelle des ressources, les feux de forêt, le Québec touristique, la biomasse forestière, le flottage du bois, le choix d’un arbre pour nos jardins, la forêt privée, l’arbre de Noël, le reboisement, le sirop d’érable, les réserves écologiques, la recherche, le milieu forestier, les arbres remarquables, l’interprétation de la nature, les sciences naturelles, les métiers de la forêt, l’aménagement de petits lots boisés, la forêt urbaine, la forêt et l’eau,etc.1- M 2- MME 3- MLLE Je m’abonne pour._ année(s) au tarif de 15 00$ pour un an Des chroniques variées et des chroniqueurs prestigieux «Déclic», par Antoine Desilets, photographe-reporter émérite.«Horticulture — Arboriculture», par Roger Van den Rende, une des sommités québécoises en matière d’horticulture.«Énergie», par André Delisle, physicien, journaliste scientifique, collaborateur régulier à QUÉBEC SCIENCE.«Plein air», par Raymond Gagné, journaliste, rédacteur de chroniques sur la chasse, la pêche et l’environnement.«L’or vert», par Louis-Jean Lussier, ingénieur conseil.«Les livres», par Jean-Pierre Drapeau, directeur de FORÊT CONSERVATION.«Finance», par les journalistes de FINANCE, édité par Jacques Forget.SAC REG NOM —^^^^^^^LJ 1 1 il 1 1 1 l l l PRÉNOM 1 1 1 1 1 1 1 1 1 ADRESSE (NO) (RUE) — 1 1 1 1 1 1 1 1 J ^ 1 ^^ L 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 (VILLE) 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 | 1 1 1 1 1 1 (COMTE, PROV.ou ÉTAT) -1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 CODE POSTAL l l 1 i I 1 1 .I i i GRP CAT i i _ i I GDI CD2 _J I .I I (stf Le fermier avait vu la ballon se poser dans son champ et éta convaincu qu'il avait affaire à une manifestation d'ordre divin, finit cependant par ouvrir sa porte et accueillit les deu aéronautes chez lui.Il n'en perdit pas moins ses soupçons t passa la nuit, assis sur une chaise, à surveiller ses curieu invités.Rien ne vint plus par la suite troubler le ciel c Saint-Jude ou même celui de Montréal pendant plusieui années.C'est alors que vint Napoléon FiHion.Sculpteur de son métie ce monsieur consacrait ses heures de loisir à tenter de résoudi les problèmes — fort épineux à l'époque — de la direction j de la stabilité des ballons.é' inquoiê mil n ms iin 11 U y avait déjà longtemps que les frères Montgolfier avaiei emprunté pour la première fois les voies ascensionnelles.Ma cette «science» qui consistait à monter au ciel et quis'appek «aérostatique», s'appelait précisément ainsi parce qu'elle éu statique.On s'aperçut très tôt qu'il ne servait pas à grand-chot de monter si on était condamné à rester sur place ou à êt emmené par le vent ailleurs que là où on souhaitait aller.On développa donc une science plus prometteuse, l'aér dynamique.FiHion allait être un pionnier dans ce domaine t pour ses contemporains, H ne semblait faire aucun doute qu vT' < VXV * /YY X / • ¦ t* w.wâ n i ¦ M iiaittî wiï\;'Z1 ¦ Serge Les: ÜÉBEC SCIENCE / octobre 1980 tosol/f voué à une grande notoriété.Selon le journal Le Canada, WsfJbo/éo/i allait «doter la science de l'aérostation d'une HmMovation qui placerait assurément son inventeur bien haut teiijjs le monde scientifique».\ ballon blindé \ion était un inventeur, c'est certain.Mais ce qui Test moins, spect utilitaire de ses inventions.U construisit un .\igeable entièrement recouvert d'aluminium ! Le secret de navigation aérienne, disait-il, repose sur ce «métal vingtième Ip/e».Il K rquoi en aluminium ?En toute franchise, je n 'aipas réussi à er la réponse à cette question.Bien sûr, l'idée de recouvir ballons d'une enveloppe protectrice n'était pas mauvaise.Aet smp fl Éeli lis fs/'et/rs contemporains de F illion, à commencer par le comte ei fiZeppelin, le faisaient, quoiqu'avec des matériaux différents.H ballon en aluminium avait bien été construit en 1897 par "‘ 4 Allemand du nom de Schwartz, mais il ne vola pas et jisonne ne crut bon de l'imiter.^Explication que donnèrent les journaux du temps à cette ILi/eac/Pé n'avait d'ailleurs rien à voir avec la protection des I/0A7S contre les mauvais coups.Le «blindage» devait per-Vittre à la structure de «résister à une pression énorme, .Miérieure en tout cas à celle que les vents et les courants d'air Cl ur.JI i ^ ^mitaient exercer sur elle».Il s'agissait bien sûr d'un faux ^Mbième car jamais encore on n'avait vu un ballon se faire fraser par les vents ou la pression atmosphérique ! importe, FiHion mit deux ans et «20 000 vis numéro 2» à embler son appareil.Celui-ci comportait tout de même Autres caractéristiques que son blindage.Le dirigeable ® Pieté devait s'attaquer au problème de la stabilité à haute tktude.Pour ce faire, FiHion allait lui installer un poids nMiKpendu à quelques mètres sous la nacelle.La locomotion jj/f assurée par une hélice actionnée par «un mécanisme wctement semblable à celui d'une bicyclette».fi/s ce qui est le plus remarquable dans l'histoire de ce ballon sans doute le fait qu'il vola!Bas.Mais H vola.Car Napoléon wait quand même calculer.A raison d'un cubage de 8200 *ds cubes d'hydrogène, le ballon pouvait miser sur une force ensionnelle de plus de 200 kilos alors qu'H n'en pesait m wo.mH Issf le 25 juillet 1904 que cette chose devait «fendre l'air».\vant une petite foule de 200 personnes, on lâcha tout et Aéronef s'éleva d'environ 50 mètres.H semble qu'on éprouva tains problèmes au gonflage et c'est ce qui explique que le Ylon ne soit pas monté plus haut.Pour la suite, H est difficile I savoir ce qui se passa.Selon un journal, «H fit évoluer sa Kchine dans l'espace avec une aisance parfaite», alors qu'un re indique que «le ballon monta dans les airs mais se mut ïcilement par suite d'un défaut de l'appareil».Cela n'em-ha pas un journaliste d'écrire sans se gêner: «Nous pouvons |e que le problème de la navigation aérienne est résolu».alheureusement pour lui, FiHion ne parvint pas à convaincre ft mécènes des bienfaits de sa réussite.Il annonça qu'H wursuivrait ses expériences dès qu'H aurait trouvé une source |{ financement.Il n'effectua jamais d'autres prouesses.éronautique québécoise aurait eu de toute façon beaucoup chemin à rattraper pour rejoindre les développements ernationaux d'alors.Zeppelin avait déjà une bonne longueur vance sur tout le monde en matière de direction des ballons \ moins de deux mois après l'envolée de FiHion, OrviUe Wright ssissait le premier virage en avion.©LIVRE ai MOIS LA TERRE EN COLÈRE Les cataclysmes naturels Basil Booth et Frank Fitch, préface de Haroun Tazieff Le Seuil, collection Science ouverte, Paris, 1980, 328 pages, $24.70 s ïL* «.d'épaisses couches de neige s'étendront à perte de vue sur l'ensemble de l'hémisphère nord, vers la fin du mois de février, et alors seulement la différence avec un hiver normal sautera aux yeux, car ce dégel quetout le monde attendra avec impatience ne viendra jamais, et le temps froid, ponctué par des bourrasques de neige, persistera, s'installera définitivement.» Ce sera le début d'une nouvelle glaciation, un des nombreux périls qui menacent l'espèce humaine depuis qu'elle existe.Les géologues, depuis qu'ils étudient et observent minutieusement le comportement de notre globe terrestre, peuvent aujourd'hui attester de l'inévitabilité d'une multitude de cataclysmes naturels d'ampleur colossale qui se produiront quelque part dans le futur.Et, dans ce livre, les géologues britanniques Basil Booth et Frank Fitch s'attachent à nous montrer ce potentiel de violence que recèle notre bonne vieille Terre.Bombardements extraterrestres, tremblements de terre, changement du niveau des mers, volcanisme, altérations climatiques, et leurs corollaires pour la race humaine, désastre et mort, figurent au menu.Heureusement, les explications des mécanismes impliqués alternent avec la narration de catastrophes maintenant célèbres.Ce qui permet au lecteur de souffler et de bien mesurer l'envergure de ces phénomènes géologiques et astronomiques qu'a connus la Terre, et qu'elle vivra encore pendant quelques milliards d'années.Toute la puissance de destruction que l'Homme, dans son délire le plus profond, a engendré et est aujourd'hui capable de mobiliser demeure encore dérisoire face à ces forces naturelles.C'est vous dire! L'homme survivra-t-il à ces cataclysmes futurs?Les auteurs insistent beaucoup sur la nécessité d'intensifier et de coordonner les efforts d'observations, de prévisions et de mises sur pied de programmes d'aide pour les zones sinistrées sur une base internationale, le déroulement des cataclysmes ne tenant aucun compte de nos ridicules frontières politiques.Ils estiment, entre autres, que les Nations Unies devraient disposer d'une Agence centrale pour la lutte contre les catastrophes naturelles dans le monde.Cette volonté de coopération devra, selon les auteurs, s'accompagner aussi de la volonté de réduire les dommages causés à l'environnement par la pollution qu'entraîne l'activité humaine.Bref, un livre intéressant, peut-être insistant un peu trop sur l'aspect «catastrophe», mais qui a le mérite de faire le tour de la question et de s'adresser à pratiquement tout le monde.Claude de Launière 80 PARUTIONS RÉCENTES LA NOUVELLE ALLIANCE Métamorphose de la science llya Prigogine et Isabelle Stengers, Gallimard, collection Bibliothèque des sciences humaines, Paris, 1979, 305 pages, $22.50 Ce livre veut présenter la métamorphose conceptuelle de la science, depuis l'âge d'or de la science classique jusqu'à l’ouverture actuelle.Ce n'est ni d'une encyclopédie ni d'un ouvrage de vulgarisation et aucune application théorique n'est traitée en détail; on se sert plutôt de l’astrophysique, de la science des particules élémentaires et même de la relativité comme exemples pour dégager des idées générales, «les idéesqui mènent la science un temps et celles qu'elle refuse».On essaie de dégager la signification de trois siècles d'évolution scientifique dans une perspective particulière, celle du contexte culturel de la civilisation occidentale.Les auteurs s'emploient à démontrer que les problèmes qui marquent une culture peuvent avoir une influence sur le contenu et le développement des théories scientifiques.Un exemple parmi tant d'autres: le résultat de la découverte de la boussole, de l'imprimerie et de la poudre qui est si différent en Europe et en Chine.Les structures sociales ont une influence primordiale sur la science: à la fin du Moyen-Âge, en Europe, la classe des entrepreneurs libres, des artisans inventeurs n'est pas une classe méprisée comme dans la société grecque : elle est très dynamique, portée à amplifier au maximum les effets d'une nouveauté et à en exploiter les possibilités, dussent-elles porter atteinte à l'ordre social.Par contre, les scientifiques chinois étaient des fonctionnaires soumis aux règles de la bureaucratie, serviteurs d'un État dont l'objectif premier était de maintenir la stabilité et l'ordre.Des découvertes telles que celles mentionnées plus haut allaient contribuer à détruire les fondements de la société médiévale et lancer l'Europe dans l'époque moderne, tandis qu'en Chine, quoiqu'apparues plus tôt, ces mêmes découvertes n'allaient pas avoir le même effet déstabilisant.La Nouvelle Alliance décrit en première partie l'histoire triomphante de la science classique, et les conséquences culturelles de ce triomphe.On explique les raisons qui ont porté les gens à parler de l'âge d'or de la science à l'époque de la science newtonienne.L'histoire de tout le livre est un peu celle du triomphe newtonien, de la découverte jusqu'à nos jours de domaines toujours nouveaux qui prolongent la pensée newtonienne, ainsi que l'histoire de la mise à jour des limites de cette science, des difficultés et des doutes qu'elle a suscités.La deuxième partie du livre, un peu plus spécialisée, suit le développement de la science de la chaleur, à partir de la formulation par Fourier d'une loi mathématique pour la propagation de la chaleur et d'une étude du défi que représentait cette loi à l’époque jusqu'aux développements contemporains de la thermodynamique.La troisième partie, la partie la plus technique même on a réduit au minimum l'utilisation destermes techniques, présente l'affrontement de deux doctrines : la dynamique et la thermodynamique.On tente de faire ressortir, dans un contexte historique, les différences fondamentales entre ces deux mondes séparés, qui semblent n'apparaître que pour mieux justifier cette remarque du mathématicien et philosophe Whitehead: «Un heurt de doctrine n'est pas un désastre mais c'est une chance à saisir.» Danielle Ouellet GUIDE DES OISEAUX D'AMÉRIQUE DU NORD GUIDE des d'AMERIÛUE du NORD C.Robbins, B.Bruun et H.Xim Illustrations: A.Singer.Adaptation française: M.Desfayes Éditions Marcel-Broquet, Laprairie, 1980, 351 pages, $14.95 Cet ouvrage est une traduction de l'oeuvre bien connue des mêmes auteurs (Birds of North America, Golden Press, New York, 1966).L'adaptation française conserve le concept de ce guide qui tente de concurrencer celui de R.T.Peterson)/! Field to the Birds, Houghton Mifflin, Boston, 1947).Tous les oiseaux de l'Amérique du Nord sont traités et les éléments consacrés à chaque espèce (illustration en couleurs.carte de distribution et texte descriptif) sont présentés sur deux pages opposées, à raison de quatre à six espèces ensembles en moyenne.Ces attraits ne sont cependant pas des avantages décisifs.Deux défauts majeursfontque ce guide ne peut dépasser l'excellence de celui de Peterson.Les textes descriptifs sont trop succincts de sorte que les points cruciaux d'identification sont escamotés dans bien des cas d'espèces difficiles à séparer.Si les illustrations sont mieux réussies artistiquement, elles n'atteignent pas le but qu'elles doivent avoir dans ce type d'ouvrage: faciliter la détermination sur le terrain en exagérant les caractéristiques qui différencient les espèces semblables.L'adaptation française de ce guide est encore moins à conseiller que l'édition originale car elle n'en corrige aucun défaut et en ajoute d’autres, y compris des traductions erronées de passages ayant trait à l'identification.En ne traduisant pas le paragraphe 3 de la page 15 de l'édition originale, l'adaptateur a donc pu et ce, sans en avertir le lecteur, présenter une nomenclature scientifique de son choix qui n'est pas conforme à celle préconisée par l'American Ornithologists' Union, l'autorité reconnue en la matière.Contrairement à ce qu'annonce l'introduction, tous les noms américains des espèces traitées ne sont pas ceux adoptés par l'American Birding Association.En outre, et toujours sans que le lecteur en soit averti, le nom américain préconisé par l'AOU est également indiqué quand il diffère de celui de l'ABA! Selon l'introduction, les noms français mis en évidence dans ce guide sont ceux proposés par le Comité de nomenclature française des vertébrés du Canada (Société zoologique de Québec).L'adaptateur affirme en outre que «dans le cas où le nom adopté diffère de celui employé en Europe francophone, le nom alternatif figure au-dessous».L'inclusion de quelque 60 noms européens va de soi pour désigner doublement les espèces holarctiques (qui nichent en Europe et en Amérique) car ce sont des équivalents différents des noms adoptés ici qu'il importe de faire connaître.Mais en présentant plus de 200 noms alternatifs additionnels pour des espèces qui ne nichent qu'en Amérique, l'adaptateur laisse croire que ces noms de son cru (rarement judicieux) sont «employés (couramment) en Europe » ou, pire encore, que les espèces en cause sont toutes des espèces holarctiques.Si cette adaptation voulait combler ici le manque de guide en langue française, on doit dire octobre 1980 / QUEBEC SCIENCE que le remède est pire que le mal, d'autant plus que son titre doit s'écrire : «Guide des oiseaux de l'Amérique du Nord».On ne peut donc que souhaiter qu'un éditeur et un traducteur intègre nous présentent une adaptation française de la troisième édition entièrement remaniée du guide de Peterson dont la publication est imminente.Normand David ytemïers Uwesl ¦Reçus Acoustique urbaine J.-G.Migneron Masson.Paris, et Les Presses de l'université Laval.Québec 1980.427 pages.$24.00 Analogie et connaissance Tome I — Aspects historiques sous la direction de A.Lichnerowicz, F.Perroux et G.Gadoffre Maloine, collection Recherches Interdisciplinaires.Paris, 1980.213 pages, prix non communiqué Au cœur des sociétés Raison utilitaire et raison culturelle Marshall Sahlins Gallimard, collection Bibliothèque des sciences humaines.1980 (édition originale, en anglais.1976) 303 pages.$29.95 Bioénergétique, nutrition digestion Jean-Pierre Régnault Décarie éditeur, Montréal.1980.157 pages.$8.75 Comment peut-on etre criminel ?Yves de Saussure L’Âge d'Homme.Lausanne.1979.159 pages.$14.95 Critique de la sociologie Aspects anthropologiques Marshall Sahlins Gallimard, collection Bibliothèque des sciences humaines.Paris.1980 (édition originale en anglais 1976).192 pages.$14.95 Demain, la nouvelle parapsychologie Jean Barry Dangles, collection Horizons psi.Saint-Jean-de-Braye (France), 1980, 237 pages, $22.25 Contrôles nerveux et hormonal François Peronnet Décarie éditeur, collection Bio-modules, Montréal.1980.158 pages, $8.75 EHtt illÉBEC SCIENCE / octobre 1980 .'ORDINATEUR VU SERVICE DE DIEU Trois moines bénédictins de Maredsous en Belgique, aidés de neuf laïcs, se sont mis à l'œuvre pour produire sur ordinateur un système de concordance en cinq langues de la Bible.Cet outil de référence donnera l'équivalent dans chacune de ces langues de chaque mot de la Bible avec des extraits des différents contextes dans lesquels le mot apparaît.Mais ce n'est qu'un début.Des lectures de la Bible avec notes explicatives seront disponibles plus tard au simple toucherd'un bouton.Selon le responsable du projet, «les moines dans les temps médiévaux copiaient les manuscrits sur parchemin; au XXe siècle, pourquoi ne pas communiquer la Bible électroniquement?» PATRONS FLEXIBLES! ÿii tl! (Si #s Les horaires variables, ce système qui permet aux employés de choisir leurs propres heures de travail à l'intérieur de certaines contraintes, se sont répandus aux États-Unis, surtout à cause des pressions incessantes des employés.Selon une étude faite par Stanley Nollen, de l'université Georgetown, que rapporte la revue Psychology Today, la productivité des employés s'est accrue à la suite de l'application de ce système; cela serait dû à un meilleur moral des employés et à un plus bas taux d'absentéisme.Depuis ses débuts en 1970, 13% de toutes les compagnies américaines ont adopté ce système ou une de ses variantes, et aucune n'a ressenti de baisse de productivité.L'effet «Hawthorne», ou le gain causé par la nouveauté et l'intérêt porté à un changement, ne s’est pas matérialisé même après plusieurs années.Enfin, seulement 8% de ces compagnies ont abandonné ce système.SOLEIL LACTÉ Les buveurs de lait de l'État de Victoria en Australie peuvent remercier le ciel, plus précisément le soleil, pour leur lait pasteurisé.Une usine de pasteurisation, alimentée en énergie par le soleil, traite chaque jour 13 000 litres de lait, chauffés à 74° C pendant 1 5 secondes avant d'être refroidis à 3,5° C.L’usine tire son énergie d’un réservoir d'eau de 25 000 litres réchauffé par 120 panneaux collecteurs d'énergie solaire ayant une surface totale de 190 m2.La vapeur d'une chaudière fournit la chaleur supplémentaire nécessaire advenant un ciel trop nuageux.Selon les responsables de l'usine, 55 à 60 pour cent de la chaleur fournie à l'usine de pasteurisation provient du soleil.RÉCOLTER À TOUT VENT Un instrument qui devrait aider les fermiers à moissonner plus efficacement a gagné le premier prix du concours anglais des Micro-plaquettes.Inventé par Sinar Agritec, une compagnie du Surrey, l'instrument mesure la capacitance des particules de grains et, à partir de cette mesure, calcule le niveau d'humidité.L'instrument aidera donc les fermiers à prévoir le moment idéal de la moisson des céréales comme le blé et sera aussi utile aux boulangers qui veulent vérifier le niveau d'humidité du grain dans les entrepôts.L'ORIGINE DE LA FLORIDE Le Dr Bruce McFadden, géologue, le Dr Douglas Jones, paléontologiste, le Dr Douglas Smith, géophysicien, ont passé l'été à recueillir des roches dans les États du Sud-Est américain.Ils veulent y mesurer les particules magnétiques infinitésimales.Cela devrait leur permettre de connaître l'emplacement de la Floride au moment de la formation de ces roches.Le Dr McFadden croit que l'Afrique et l'Amérique du Nord ont dérivé comme un seul grand continent pour 200 millions d'années.À leur séparation, une partie de l'Afrique resta à l'arrière pour former le Sud-Est des États-Unis dont la Floride.Le Dr Smith déclareque les spécimens de pierres à chaux et de grès recueillis antérieurement sont remarquablement similaires à ceux du Sénégal et du Libéria.LE SAINT SUAIRE, NOUVELLE PREUVE SCIENTIFIQUE! Le révérend père Francis L.Filas, jésuite, dit avoir découvert une nouvelle preuve sur l'âge véritable du Saint-Suaire, honoré depuis des siècles comme le linceul de Jésus-Christ.Des marques découvertes sur les photographies du Saint-Suaire sont très semblables à celles de la pièce de monnaie du temps du régime de Ponte Pilate, entre 29 et 32 avant Jésus-Christ.L'empreinte a été trouvée au-dessus de l'œil droit de l'homme au suaire et concorde avec la tradition de cette époque de placer une pièce de monnaie sur les yeux d'un mort pour les garder fermés.En 1978, une équipe de 36 scientifiques avaient déterminé que l'empreinte ne pouvait être truquée.LE PÔLE CHAUD D'URANUS Un radioastronome de l'Institut Herzberg d'astrophysique du Conseil national de recherches a constaté que la température polaire d'Uranus, qui possède un système d'anneaux semblable à celui de Saturne, est de 50° C plus élevé que celle enregistrée à son équateur.Une telle différence de température semblait difficile à expliquer considérant la grande Illustrations: Jacques Laçasse 82 O octobre 1980 / QUÉBEC SCIENCE distance qui sépare Uranus du Soleil.Les astronomes de l'Institut croient que la longue exposition du pôle nord d'Uranus à la lumière du soleil durant son été et l'absence d'une source de chaleur à l'intérieur de la planète s'unissent pour réduire la convection atmosphérique et la distribution de chaleur qui en résulte.Rappelons que l'hiver plonge presque entièrement un hémisphère uranien dans une nuit de 21 ans et que le milieu de l'été pour l'hémisphère nord d'Uranus se produira en 1 985.POUR DES DENTS SANS CARIE Le professeur Thomas Lehner, chef d'une équipe d'immunologistes de l'hôpital Guy à Londres, a récemment développé un vaccin qui, espère-t-il, protégera les dents de la carie causée, en grande partie, dans le monde industrialisé, par une consommation effrénée de sucre.Des singes vaccinés, nourris d'une diète riche en sucre, ont développé 70% moins de caries.On avait déjà mis au point certains vaccins contre la carie dentaire, mais on a dû les abandonner en raison de possibles effets néfastes sur le coeur.De tels effets n'ont pas été remarqués durant les huit années que se sont poursuivis les essais du vaccin actuel.Le professeur Lehner répétera les essais sur les humains aussitôt que des études supplémentaires auront prouvé la sûreté du vaccin.VIEILLIR OU RAJEUNIR?L'artiste Nancy Burson et un ancien étudiant du Massachusetts Institute of Technology, Tom Schneider, ont uni leurs efforts pour inventer un procédé qui, en 20 secondes, produit la photographie d'une personne, vieillie ou rajeunie, selon ledésirexpriméparcelle-ci.Ce procédé fait appel à un système vidéo relié à un ordinateur spécialement programmé à cet effet.Burson appelle ce procédé une «forme d'art».en NOVEMBRE René Vézina nous introduira dans le monde de la science-fiction, monde encore marginal au Québec mais prometteur Pierre Sormany nous présentera ceux qui, au Québec, s'intéressent aux techniques de clonage et de recombinaisons génétiques Luc Chartrand révélera comment et pourquoi l'université McGill était devenue un centre de recherche sur le cerveau, partiellement financé par la CIA 1902 FAITES-VOUS PLAISIR ABONNEZ-VOUS! Au Canada: ?Groupe: (10 et plus — 1 an): $17.00 ?Abonnement spécial (2 ans / 24 numéros) : $35.00 ?Abonnement régulier (1 an / 12 numéros) : $ 19.00 À l'étranger: ?Abonnement spécial: (2 ans / 24 numéros): $45.00 ?Abonnement régulier: (1 an / 12 numéros): $25.00 COUPON D'ABONNEMENT là remplir en lettres MAJUSCULES) ?abonnement ?réabonnement 31 | | nom 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 II M M 1 1 61 prénom 80 LBJ U 7 | | 8 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 9 numéro rue appartement 28 | | i I I I M M l 1 1 M 1 1 II 1 1 29 IL ville 1 1 1 1 1 II 1 1 province 4g 1 1 1 II 1 1 1 1 1 60 49 pays 68 ?Chèque ou mandat postal ci-joint I__1__I__1__I__1__I ?Veuillez me facturer 69 code postal 74 • Tarif en vigueur jusqu'au 31 mai 1981 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec, GIT 2R1 V' :> rL»>i.r;» r&zfW Ml ;jv ^ I k S?'1 til m :^^-i —H1- TB^ -llÉ 1*^- .«r- fit L *1 î« Le régime d’assurance-maladie du Québec a dix ans.Depuis l’entrée en vigueur du régime et à la collaboration des professionnels de d’assurance-maladie, le 1©r novembre 1970, la santé, la Régie s’est acquis une régules Québécois ont accès gratuitement à une tation qui déborde lar- ri~ Régie de gamme de plus en plus grande de services gement nos frontières.Irr ckfouébec malad'e de santé.Grâce aux efforts qu’elle déploie Iv.'' ïv: wee amaiu a ar sa présence physique dans les diverses régions du X- Québec aussi bien que par ses multiples activités d'enseignement à distance, l’Université du Québec contribue à rendre plus accessible l'enseignement universitaire.Plus de 320 programmes d'études couvrant la plupart des disciplines sont offerts par l'ensemble des dix établissements qui composent le réseau de l'Université du Québec.LES CONDITIONS D'ADMISSION Aux programmes de premier cycle: détenir un diplôme d'études collégiales (D.E.C.I ou l'équivalent; ou posséder des connaissances appropriées, une expérience jugée pertinente et être âgé d'au moins vingt-deux ans.Outre ces conditions générales, le candidat doit, pour certains programmes, satisfaire à des conditions particulières.JIOUMV Vfuff \îûntimf Pour de plus amples renseigne- ments on peut s'adresser à: Us i Université du Québec Coordination du dossier étudiant 2875, boulevard Laurier Ste-Foy.Québec G1V 2IVI3 (418) 657-2362 Université du Québec à Montréal Bureau du registraire Case postale 8888 Montréal, Québec H3C 3P8 (514) 282-7161 tiyersité du QKiébec à Rimouski "registraire 300, avenue des Ursulines Rimouski, Québec G5L 3A1 (418) 724-1432 Université du Québec à Trois-Rivières Bureau du registraire 3351, boulevard des Forges Trois-Rivières, Québec G9A 5H7 (819) 376-5454 Université du Québec à Chicoutimi Bureau du registraire 930, rue Jacques-Cartier est Chicoutimi, Québec G7H 2B1 (418) 545-5613 (Rouyn) 435, rue Gagné Case postale 700 Rouyn, Québec J9X 5C6 (819) 762-0971, poste 150 S» mattv.*.Aux programmes de deuxième cycle: pour être admis dans un programme de deuxième cycle, il faut détenir un baccalauréat ou l'équivalent, obtenu avec une moyenne cumulative d'au moins 3,0 (sur 4.0), ou l'équivalent dans la discipline ou le champ d’études du programme de deuxième cycle ou dans l'une des disciplines qui interviennent explicitement dans ce dernier; ou il faut posséder les connaissances requises, une formation appropriée et une expérience jugée pertinente.Le candidat à un programme de deuxième cycle dont la préparation est jugée insuffisante peut soit se voir imposer des cours d'appoint, soit être admis en pro-pédeutique.Aux programmes de troisième cycle: pour être admis dans un programme de doctorat, il faut détenir une maîtrise ou un diplôme équivalent, soit dans la discipline ou le champ d'études du doctorat, soit dans une discipline qui intervient explicitement dans le programme de doctorat; le candidat qui détient le grade de bachelier, possède les^ connaissances ‘Trûis^lÿiym Centre d'études universitaires dans l'Ouest québécois Bureau du registraire (Hull) Case postale 1 250, succursale «B» Hull, Québec J8X 3X7 (819) 776-8247 Institut national de la recherche scientifique Bureau du registraire Complexe scientifique 2700, rue Einstein Case postale 7500 Sainte-Foy, Québec GIP 3W8 (418) 657-2508 Institut Armand-Frappier Bureau du registraire 531, boulevard des Prairies Case postale 100 Laval-des-Rapides, Québec H7N 4Z3 (514) 282-7380 requises et une formation appropriée peut aussi être admis.Le candidat peut, lors de l'admission, se voir imposer des cours d’appoint pour combler certaines lacunes dans ses connaissances.>3 wsi^ École de technologie supérieure Bureau du registraire 180, rue Ste-Catherine est Montréal, Québec H2X 3M4 (514) 282-7784 École nationale d'administration publique Bureau du registraire 625, rue St-Amable Québec, Québec G1 R 2G5 (418) 657-2476 Télé-université Bureau du registraire 214, avenue St-Sacrement Québec, Québec GIN 4M6 (418) 657-2990
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