Québec science, 1 janvier 1982, Octobre
?*o P£/Ç à-Lj JH .Vçlurrië,21, muméro 2 OCTOBRE 1982 2,95 $ «RU *hALT L_^P^ à Qtiéfaec' C P 250, Sillery Québec G1T2R1 xi 11.1 V Z/6 t Le beurre n est pas une invention nouvelle.La nature et la santé s’accordent sur les choses les plus simples, comme le pain, comme le beurre.On peut les faire facilement, avec les mêmes ingrédients, de la même manière que nos ancêtres.On ne peut pas en dire autant de tout ce qu’on trouve sur le marché.HParce que du beurre, c’est du beurre.Les producteurs de lait de votre province. L JEBEC SCIENCE / octobre 1982 Sommaire Volume 21, numéro 2 OCTOBRE 1982 18 26 Cosmos à la Russe Jean-Marc Carpentier 25 ans après le premier Spoutnik, la «conquête du cosmos» est toujours d'actualité en U.R.S.S.Halte aux vibrations Yanick Villedieu L'énigmatique «maladie des doigts blancs» touche de 1 2 000 à 15 000 travailleurs forestiers au Québec L'écotour de l'automne Jean-François Pronovost Chaussez vos bottes, ajustez vos jumelles, nous vous convions à découvrir les plaisirs cachés de la saison I Y a-t-il un monstre dans votre lac?Luc Chartrand Vraisemblablement non.Mais cela n'empêche pas la «cryptozoologie lacustre» (hum !.) de prospérer 16 PRISME: ! Les chercheurs qui fraudent Post-Scriptum 6 Physique Un monopole enfin ! 8 Loisir scientifique Des von Braun en herbe Énergie Des maisons super-efficaces 9 Santé La prévention à 3,25 pour cent 10 Sciences économiques Le budget et le multiplicateur 12 Sans frontières 48 Recherche Le potentiel des cégeps 52 Agriculture Bientôt du vin québécois?53 Cancérologie Soigner la prostate 54 Bientôt demain 55 Boîte à livres 56 Courrier 58 En vrac QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1982.ISSN-0021 -6127.Répertorié dans PÈRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti : QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de: CPPA © Copyright 1982 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés. 4 QUEBEC SCIENCE / octobre 1982 La TI 58C de Texas Instruments pjjjgzMrail ?! 6 (P 8 HATRU ADDITION AMO mULTIPUCATION ML-03 AjA*Xj» ® 33 CM» Pau»» O MS Grad Adv Tl Programmable 58 C Une calculatrice programmable avec mémoire continue et modules de programmation La Tl 58C utilise les «modules de programmation», des petits cubes de mémoire contenant jusqu'à 5000 pas de programme.Vous pouvez faire appel en tout temps à un des 25 programmes qui y sont conservés en permanence.La calculatrice est offerte avec le module de base qui comprend des programmes de mathématiques, statistiques, finance, etc.La Tl 58C offre la possibilité d'utiliser un maximum de 480 pas de programme ou de 60 mémoires, avec toutes les combinaisons intermédiaires permises (400 pas et 10 mémoires, 320 pas et 20 mémoires, etc.).De plus, la Tl 58C est dotée d'une mémoire permanente qui conserve données et programmes que la calculatrice soit en marche ou non.La Tl 58C par ces nombreuses caractéristiques vous offre une puissance peu commune.Le guide de programmation de 250 pages, offert avec la calculatrice, vous permet de commencer vos propres programmes immédiatement.OFFRE DE MODULE(S) GRATUIT(S) À l'achat de la TI-58C ou TI-59, vous recevrez gracieusement de la compagnie TEXAS INSTRUMENTS un (1) module (pour TI-58C) ou deux (2) modules (pour TI-59) à votre choix, en faisant parvenir un coupon accompagné d'une preuve d'achat avant le 15 janvier 1983.CETTE OFFRE SE TERMINE LE 31 DÉCEMBRE 1982.Pourquoi payer plus cher ailleurs?Venez nous voir.* Commandes postales acceptées avec chèque visé; prière d'ajouter la taxe de vente provinciale [9%] et les frais d'expédition de 4,00 $ [6,00 $ pour les modèles de plus de 200,00 $].Prix sujet à changement sans préavis.COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE LOCAL C-106 Ecole Polytechnique Campus de l'Université de Montréal C.P.6079, Suce.«A» Montréal H3C 3A7 Tél.: (514) 344-4841 KF CHEMIN DE POLYTECHNIQUE (f) if) Q n (j LU Q QUEEN-MARY UIËBEC SCIENCE / octobre 1982 5 QUÉBEC SCIEMCE DIRECTION: Jean-Marc Gagnon, directeur général RÉDACTION: Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Luc Chartrand, André Delisle, Claude de Launière, François Picard, Vonik Tanneau, Yanick Villedieu collaborateurs réguliers PRODUCTION GRAPHIQUE: Pierre Parent, responsable de la production Andrée-Lise Langlois (réalisation graphique) Alain Vézina (photo couverture) Raymond Robitaille (typographie) Litho Acme inc.(séparation de couleurs) Imprimerie Canada inc.(photogravure et impression) COMMERCIALISATION René Waty, responsable Marie Prince, publicité Nicole Bédard, abonnements Messageries Dynamiques (distribution en kiosques) 40.00 S 23.00 S 21.00 S 2,95 S 32.00 6 3.50 6 Presses de l'Université du Québec Québec Science ! Canada : Spécial : (2 ans / 24 nos) Régulier: (1 an/12 nos) Groupe: (10 et plus A l’unité: À l'étranger: Régulier: (1 an / 12 nos) À l’unité: Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l’ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE i SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier du QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le ministère de l'Éducation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada M.Claude St-Onge ï vice-président Banque de Montréal Jean Savard I vice-président — Division du Québec Conseil de la langue française | Michel Plourde t président Control Data Canada George J.Hubbs 1 président i Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée i Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet j directeur Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée - Longueuil, P.Q.Recherches Bell Northern M.André J.Beauregard I vice-président adjoint P Laboratoire de l'ile des Sœurs pcgscraPiy^ Le 12 avril 1961, les Soviétiques réussissaient à mettre en orbite le premier cosmonaute de l'histoire: Youri Gagarine.Vingt et un ans plus tard, 109 hommes, tant américains que soviétiques et deux femmes (soviétiques) ont volé en orbite autour de la Terre, à bord de 94 véhicules.«Nous vivons une ère où il y a toujours en moyenne plus d'un homme dans l'espace», constatait récemment le Français Albert Du-crocq, un des observateurs les plus avisés de la conquête de l'espace.Oui, nous sommes déjà à l'heure des bilans ! Ils sont impressionnants: en tout, nous avons passé plus de neuf ans dans l'espace, si on additionne tous les temps des missions américaines et soviétiques; 12 astronautes ont marché sur la Lune, plus de vingt sont sortis dans l'espace.Tous ces vols ont exigé une longue préparation et du matériel de haute technologie, bien entendu, et ont apporté de précieux renseignements sur la vie dans l'espace pour les hommes, sur les vols spatiaux, et sur la Terre.De toute évidence, nous nous dirigeons, tant du côté américain que du côté soviétique, vers de véritables chantiers de l'espace et ce, pour très bientôt.Si nous sommes abreuvés d'informations sur le programme spatial américain, nous savons peu de choses, en Occident, sur le programme spatial russe, malgré l'ouverture manifestée par les Soviétiques en ce domaine.Notre collaborateur, Jean-Marc Carpentier, est allé en U.R.S.S.au printemps dernier, dans le cadre d'une série télévisée, et rend compte dans ce numéro de l'état d'avancement du programme spatial russe.Son article tombe à point, après la mission de Saliout 7 et au tournant de ces vingt premières années de conquête de l'espace.Le reste de ce numéro nous ramène au Québec, au cœur de la réalité domestique.D'abord une réalité un peu inquiétante, une de celles qu'on ne veut pas voir collectivement, qu'on cache comme un «bobo» qu'on voudrait oublier: celle des maladies industrielles dues aux vibrations, décrites par Yanick Villedieu.Celles-ci sont nombreuses, frappent fort, et par une multitude d'agents: les fameuses scies utilisées en foresterie, bien entendu, mais aussi, une foule de machines industrielles.Luc Chartrand, quant à lui, nous entraîne vers une réalité plus légère qui se mêle plaisamment à la fiction : celle de nos monstres lacustres.Pourtant, son article n'a rien de léger.C'est avec les armes de la science et avec le sérieux de la démarche scientifique que nous avons pris les faits rapportésau sujet des supposés monstres lacustres.On peut s'en étonner: ne vaudrait-il pas mieux hausser les épaules et laisser tomber ces discussions sur des sujets si peu convaincants d'un point de vue scientifique?Nous pensons que l'engouement public pour ces phénomènes et le vent de pseudoscience qu'ils poussent sont des arguments qui, au contraire, devraient inciter les scientifiques à intervenir.Intervenir pour démêler le fatras de mythes et de faits contestables sur lesquels on bâti des chimères, d'un petit nombre d'observations sérieuses.qui ne valent sans doute pas tout ce remue-ménage, d'un strict point de vue scientifique.Enfin, Jean-François Pronovost, un spécialiste du plein-air, nous propose un «écotour d'automne» qui donnera des idées à certains, du moins l'espérons-nous, en cette saison où la nature est resplendissante, et le loisir scientifique abondant. octobre 1982 / QUEBEC SCIENCE : ACTUALITES Le magnétisme monopolise à l'heure actuelle l’attention des physiciens.Et pour cause, car le physicien Bias Cabrera, de l’université Stanford aux Etats-Unis, pourrait bien avoir mis la main sur une particule dont l’existence avait été prédite il y a 50 ans et dont la venue pourrait bien déterminer l’orientation des recherches à venir.La «bête» traquée porte le nom de « monopole magnétique».Un aimant a toujours deux pôles : le nord et le sud.Pourquoi ne peut-on pas isoler le pôle nord du pôle sud, comme on isole des charges électriques positives et négatives ?Qu’on coupe un aimant une, ou deux, ou une infinité de fois, on obtient invariablement des dipôles.Et même si l’on en arrivait aux atomes, le résultat serait toujours identique : des dipôles.Il semble impossible d’isoler une particule qui n’aurait, par exemple, que la charge magnétique nord en d’autres termes un monopole magnétique.Depuis plus de 100 ans, on a une explication à ce phénomène, et ce grâce à la théorie électromagnétique de Maxwell.Le mouvement des électrons autour du noyau atomique est la cause du champ magnétique de chaque atome.Ce dernier est induit par le mouvement des charges électriques.Mais il n’y a rien dans la théorie de Maxwell qui empêche une éxplication inverse.En théorie, on pourrait bien tout expliquer en termes de charges magnétiques monopôlaires, d’autant plus que la symétrie serait alors parfaite: l’électricité et le magnétisme seraient des phénomènes miroir en tous points.C’est en partie pour établir cette symétrie que le physicien P.Dirac postula, en 1931, qu’il devait bel et bien exister des charges magnétiques isolées.Fondamentalement, son intention était d’expliquer la quantification de la charge électrique : le fait que la charge électrique PHYSIQUE UN MONOPOLE, ENFIN! XI .-•St 1®* m d’un corps est toujours un multiple de la charge d’un électron.Dirac démontra que s’il existait un seul monopole magnétique n’importe où dans l’univers, alors la charge électrique devait être quantifiée en tout lieu.Toutefois, les monopoles de Dirac avaient des propriétés bien curieuses.Tout d’abord, une « corde » infiniment longue qui reliait deux monopoles isolés.Puis ils devaient avoir une charge d’environ 70 fois l’unité de charge électrique.C’est énorme.Et, finalement, comme chaque particule de matière est associée à une particule d’antimatière, aux monopoles devaient correspondre des antimonopôles.A partir de ce moment, la chasse était ouverte.Du domaine des équations du théoricien, le monopole passait aux laboratoires des expérimentateurs.Ce passage se révéla difficile.Les indications de Dirac, en vérité, demeuraient bien incomplètes : il n’avait fait aucune prédiction relativement Bias Cabrera dans son laboratoire à l’Université de Stanford.à la masse et à l’abondance de ces particules.^ Par ailleurs, on a bien cru un moment que les monopoles resteraient le fruit de l’imagination de Dirac.D’autres théoriciens démontrèrent que l’existence du monopole entraînait la violation d’un principe alors fondamental en physique : celui de réversibilité dans le temps.La démonstration théorique s’effondra cependant lorsqu’en 1964, deux chercheurs observèrent la désintégration d’une particule bien connue, la kaon neutre, qui viola sans scrupule le fameux principe.Leur existence rétablie sur le plan théorique, les recherches reprirent de plus belle.En vain.Ce n’est qu’au milieu des années 70 que l’on comprit pourquoi cet objet précieux refusait de se laisser capturer par les systèmes de détection les plus sophistiqués.Gérard’t Hooft et Alexandre Polyakov ont découvert indépendamment qu’une certaine classe de théories des particules élémentaires non seulement permettait l’existence des monopoles, mais l’exigeait.De plus, on pouvait enfin compléter le dossier du recherché.Les nouvelles théories prédisent que la masse de ces particules est supérieure à tout ce que l’on a observé et prédit jusqu’ici.Elle doit être environ 1016 fois la masse d’un proton : une masse comparable à celle d’une paramécie ou d’une amibe.On avait tenté de capturer un éléphant à l’aide d’un filet à papillon ! Par ailleurs, la particule a perdu sa corde, à la grande satisfaction de tous.Même si l’exotisme de cette particule lui réservait une place de choix dans les recherches, les théoriciens lui découvrirent une importance encore plus grande.La dernière décennie a vu paraître des théories qui unifient trois des quatre forces connues de la nature.Deux de ces forces, la force électromagnétique et la force nucléaire faible, sont déjà liées par la théorie électro-faible.Les théories actuelles tentent de rapatrier la force nucléaire forte, responsable de la cohésion du noyau atomique.Ces théories prédisent la désintégration du proton et associent à cet événement de marque la présence des monopoles.C’est encore une fois au tour des expérimentateurs de jouer.L’observation directe d’un monopole constituerait un moment historique en physique.Mais un tel monstre demeure inaccessible même aux plus puissants des accélérateurs de particules qui existent et qui existeront jamais.Un seul phénomène peut être la source de ces pachydermes, et il est de taille : le Big Bang, la naissance de notre univers.De cette «explosion», toutes les énergies sont disponibles.Elle a ?. SttH Iodic! I'esis- mis BOtHill isierJi) icspK- Je® eiion jpitdi envin» pfOIOIl! icellt J1# Je op-.jjedii" .leiiis-1; ^ili |e io«s.*f < a rij lie1 0)^' id^ pit11 les^ pp .(OI"' is1»10" JeK1' ,i#' net£# ^ ell"' |ei[ ,1 2 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1982 donc pu donner naissance à de nombreuses paires de monopoles et antimonopôles dont une petite fraction se serait recombinée, s’annihilant alors les uns les autres.On estime qu’il resterait environ un monopole pour 1020 protons.Cela signifie qu’il devrait y avoir dans l’univers une densité correspondante au passage de quelques monopoles par an pour un kilomètre carré.C’est peu, mais c'est mieux que rien.Dernièrement, l’événement tant attendu aurait eu lieu.Bias Cabrera a annoncé qu’il avait enregistré le passage d’une de ces bêtes.Son expérience comprenait une bobine de niobium de cinq centimètres de diamètre, plongée dans un cylindre d’hélium dont la température atteignait presque le zéro absolu, soit -273° C.À cette température, le niobium devient superconducteur : une fois que le courant y est introduit, il y circule perpétuellement, la résistance étant nulle, et sa valeur demeure constante.Un monopole passant nonchalamment dans la bobine provoquerait un changement dans le flux électrique d’une quantité prévisible, l’augmen- 1+ Énergie, Mines et Ressources Canada 580, rue Booth 8e étage Energy, Mines and Resources Canada SLOWPOKE: un nouveau venu dans la famille nucléaire canadienne.On ignore pour le moment quand le nouveau-né pourra se joindre à ses cousins CANDU pour produire de l'énergie mais on sait que le nouveau membre de la famille nucléaire canadienne s'appellera Slowpoke et qu'il mesurera environ dix mètres (30 pieds) de hauteur.Bien qu'il comptera dans sa parentée les réacteurs CANDU, qui ont permis aux scientifiques canadiens de pousser jusqu'à la fine pointe du progrès la technologie et la science nucléaires, Slowpoke est plutôt issu d'une famille de mini-réacteurs nucléaires qui servent fidèlement la science dans des laboratoires depuis maintenant 20 ans.Mis au point par l'Énergie atomique du Canada limitée, les quelque six mini-réacteurs Slowpoke qui sont utilisés dans des laboratoires à Ottawa, Halifax, Montréal, Toronto, Edmonton et Saskatoon avaient eu jusqu'à tout récemment une vocation purement analytique.Puisque chaque élément naturel affiche des caractéristiques propres lorsqu'il est irradié, les mini-réacteurs Slowpoke ont été un outil précieux dans la recherche scientifique, que ce soit en médecine ou en archéologie.C'est en grande partie grâce à cette technologie Ce diagramme montre le Slowpoke 3 dans son bassin d'eau.Il est situé dans une remise adjacente au bâtiment devant être chauffé.La flèche indique le sens dans lequel l'eau se dirige vers les échangeurs de chaleur, au-dessus du bassin, puis dans le bâtiment.7 tant ou le diminuant selon la polarité du monopole.C’est exactement ce que Cabrera observa, ses mesures correspondant précisément aux prédictions théoriques.Il vérifia précautionneusement que la cause de ce changement ne fut pas externe, par exemple un séisme ou la fluctuation du voltage de ses appareils.Il tenta même de reproduire le résultat en égratignant son équipement avec un tournevis.Ses collègues ont examiné le cas avec attention et, jusqu’ici, il a résisté à toutes les attaques.Si on réussit à en capturer d’autres, les physiciens pourront effectuer un tri dans leurs théories puisque certaines d’entre elles ne permettent pas l’existence d’une particule semblable.Elle impliquerait également une révision des théories cosmologiques : la masse de l’univers en serait considérablement modifiée et, par le fait même, son évolution.Cette découverte pourrait bien mériter le prix Nobel au chercheur de Stanford, Bias Cabrera.On parle même d’une des découvertes du siècle.Jean-Pierre Marquis nucléaire que les scientifiques ont pu repérer et identifier des produits toxiques provenant de la pollution.Les géologues ont pu pour leur part retracer l'évolution de la croûte terrestre et ainsi identifier les zones riches en ressources.Le recours à la technologie Slowpoke a aussi ouvert la porte à des progrès remarquables en archéologie.L'analyse d'un simple cheveu provenant d'une momie a permis aux archéologues d'établir le régime alimentaire, l'état de santé, et même la qualité de l'air que respiraient les Égyptiens de l'époque des Pharaons.Ayant donc fait ses preuves dans le laboratoire, Slowpoke s'apprête maintenant à rejoindre ses cousins CANDU dans la production d'énergie.Grâce au financement consenti par Énergie, Mines et Ressources Canada, une équipe de scientifiques de l'Énergie atomique du Canada, sous la direction de M.John Hilborn, travaillent présentement dans un laboratoire à Chalk River à la mise au point de Slowpoke 3, un mini-réacteur qui pourrait d'ici quelques années remplacer les chaufferies au mazout ou au gaz de certains immeubles dans des régions éloignées.Si Slowpoke 3 est une option attrayante pour le Canada, c'est que ce mini-réacteur représente la technologie nucléaire à sa plus simple expression.Le réacteur Slowpoke n'est en fait qu'une bouilloire nucléaire.Si on le compare au réacteur CANDU, Slowpoke est minuscule.Sa source d'énergie, de l’uranium enrichi, a la taille d'une simple corbeille à papier.Ce noyau nucléaire est tout simplement plongé dans un puits de quatre mètres par quatre mètres, d'une profondeur d'environ dix mètres, et rempli d'eau.Une fois chauffée, l'eau est acheminée à un échangeur, où la chaleur est récupérée pour le système de chauffage.Un mini-réacteur Slowpoke produit environ 20 kw, soit l'équivalent de l'énergie de deux cuisinières électriques.Puisque ce type de réacteur ne requiert pas d'eau lourde et de système à haute pression, son mécanisme est relativement simple.Lorsque l'eau devient trop chaude, le noyau nucléaire est tout simplement soulevé du puits et le réacteur est donc stoppé automatiquement.Ce mini-réacteur peut donc fonctionner sans surveillance et son noyau nucléaire est efficace pour jusqu'à cinq ans.M.Hilborn et ses collègues aux laboratoires de l'Énergie atomique du Canada, à Chalk River, prévoient que le premier miniréacteur Slowpoke pourrait être sur le marché d'ici trois ans.Même si personne ne conteste la grande sécurité du modèle Slowpoke, les scientifiques veulent soumettre le réacteur à toutes les vérifications possibles pour assurer que Slowpoke 3 sera bel et bien une chaufferie efficace, qui n'aura besoin d'aucun entretien et qui pourra fonctionner pendant cinq ans sans faire le plein.M.Hilborn et ses collègues ne se font cependant pas d'illusions.Pour un propriétaire de maison, une facture d'environ 700 000 dollars pour un calorifère, c'est un peu élevé.Cependant, dans les régions éloignées du Grand Nord, où l'approvisionnement en mazout est difficile et hazardeux, Slowpoke 3, le nouveau venu de la famille nucléaire canadienne pourra avoir sa place.PUBLIREPORTAGE Canada 8 octobre 1982 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS LOISIR SCIENTIFIQUE VON BRAUN EN HERBE i' Le lancement d’une fusée miniature, c’est quasiment aussi intéressant que celui d’une fusée spatiale à Cap Canaveral, si l’on tient compte, bien sûr, de la distance à laquelle on peut s’approcher du missile dans les deux cas.Et les occasions d’assister à des lancements se font de plus en plus fréquentes au Québec où ce loisir scientifique, peu connu du public, prend pourtant de l’envergure et a déjà plus de 2 000 adeptes.Club organisateur du Championnat canadien de fusées miniatures en août dernier, l’Association astronautique amateur de Québec compte quant à elle 125 membres même si elle n’existe que depuis deux ans.Alors qu’aux Etats-Unis, on peut lancer une fusée miniature à peu près n’importe où et n’importe quand, il n’en est pas de même au Canada.Un amendement à la Loi sur les explosifs a été nécessaire en 1978 pour que les amateurs canadiens puissent pratiquer ce hobby.Il y a cependant encore des restrictions : une fusée ne peut peser plus de 500 grammes ; la poussée de son moteur doit être inférieure à 80 newtons/ seconde; on n’a pas le droit d’effectuer un lancement à moins de huit kilomètres d’un aéroport; et la présence d’au moins un adulte est obligatoire.Il y a toutes sortes de modèles de fusées, les unes achetées toutes faites, mais aussi beaucoup de modèles originaux, certains comportant même un système de prise de vue.Ces fusées atteignent normalement une altitude variant entre 80 et 200 mètres, mais le record établi le jour du championnat canadien a été de 630 mètres.Au cours de leur descente, les fusées doivent être freinées par un parachute, une banderolle ou des surfaces autorotatives qui se déploient autour de l’axe principal lorsque le missile atteint son apogée.Les propulseurs sécuritaires à carburant solide sont de diverses dimensions selon la poussée que l’on désire obtenir; ne servant qu’une fois, ils doivent être remplacés à chaque vol.Le plus passionnant dans ce domaine semble être la construction à l’échelle de modèles existants.Selon Pierre Dion, président de l’Association astronautique amateur de Québec, « peu de gens s’y consacrent parce qu’il s’agit d’un travail extrêmement minutieux, nécessitant quelques centaines d’heures d’ouvrage».Le participant doit en effet constituer un dossier sur une fusée dont le modèle lui plaît, puis la reproduire à l’échelle exacte jusqu’au moindre détail, qu’il s’agisse d’un boulon ou de sa décoration.De plus, ce prototype doit voler parfaitement.C’est le summum que n’atteignent que les meilleurs, les Von Braun en herbe.François Picard Danièle Shaw ENERGIE DES MAISONS SUPER-EFFICA CES jU Saskatoon, en 1981, ont été construites 14 mai-sons unifamiliales que rien en apparence ne distingue des résidences voisines.Pourtant elles consomment pour leur chauffage moins du quart de l’énergie requise dans les habitats conventionnels.Elles ont vu le jour grâce à un programme initié conjointement par le Canada et la province de Saskatchewan, qui exigeait des normes rigoureuses de conservation d’énergie et de solaire passif, compte tenu des résultats concluants d’une première construction expérimentale en 1977 à Régina.Cet habitat, qu’il est déjà coutume d’appeler super-efficace, est caractérisé par une isolation thermique extrême, souvent le double ou le triple de celle prévue habituellement.Les fenêtres, occupant une surface totale assez restreinte, sont principalement disposées sur la façade sud.Elles fournissent de la chaleur par gain solaire direct, qui circule dans tout l’espace habitable sans qu’on ait besoin d’un quelconque réservoir de stockage.Enfin l’étanchéité est très poussée grâce à un pare-vapeur appliqué uniformément sur la face interne de l’enveloppe de l’édifice, en feuilles de polyéthylène de six millimètres d’épaisseur.Un vestibule à deux portes (véritable sas), des coupe-froid sur les portes et fenêtres et d’autres mesures de détail complètent l’éventail : il en résulte une réduction radicale des infiltrations et exfiltrations.Une ventilation mécanique est obligatoire, permettant des renouvellements d’air en moyenne quatre fois moindres que ceux enregistrés ailleurs.Le plus souvent il s’agit d’un échangeur de chaleur transférant la chaleur de l’air vicié à l’air neuf introduit avec des rendements de l’ordre de 80 pour cent, évitant en outre divers problèmes d’excès de 7::.K s ; ï;' ECSBii QUÉBEC SCIENCE / octobre 1982 Il fai i tre h iOtiil» I :00 I iniirf I :«*' I ceiiiii* I Ltp# I ilsKp1 Ifüïja'9 I I I îlcsi»1 I I (il pis» I [&' gaz carbonique et d’humidité.En fin de compte, l’énergie solaire, la chaleur dégagée par les occupants et appareils domestiques et un système d’appoint se partageront en parts à peu près égales le chauffage de ces maisons.Les performances réelles enregistrées dans ces 14 maisons sont très encourageantes : pour des investissements supplémentaires de trois à dix pour cent (en moyenne de six pour cent) par rapport au coût total des édifices, les économies d’énergie réalisées s’élèvent, par rapport aux maisons conventionnelles, de 60 à 95 pour cent (en moyenne de 75 pour cent).Les écarts enregistrés selon les modèles dépendent du choix des matériaux et du soin apporté par les entreprises à la construction.Des obstacles subsistent.Les entreprises doivent acquérir un nouveau savoir-faire, élaborer des plans en prenant en compte la surépaisseur d’isolant dans la structure et la protection du pare-vapeur.Par ailleurs, certains occupants peuvent se sentir mal à l’aise dans ce cocon hermétique, sur-isolé, assez peu vitré et très dépendant de la ventilation mécanique.Certains modèles intégraient des serres, mais les résultats furent peu probants : un compromis reste encore à trouver avec des maisons solaires passives plus classiques.Actuellement une centaine de maisons super-efficaces sont déjà construites en Saskatchewan, quelques milliers sont prévues.D’autres provinces emboîtent le pas et ont déjà mis sur pied des programmes analogues.Le ministère de l’Énergie et des Ressources du Québec étudie le dossier.Certains n’hésitent pas à parler au sujet de ces maisons de véritable révolution silencieuse dans le domaine de l’habitat.Bernard Lewy-Bertaut SANTE LA PREVENTION À 3,25 POUR CENT Un maigre 3,25 pour cent.C’est à ce chiffre qu’en est arrivé le Conseil des Affaires sociales et de la Famille (CASE) au terme d’une étude visant à mesurer la part des dépenses publiques de santé imputables à la prévention, au Québec.Ce résultat vient nettement contredire les chiffres habituellement acceptés dans les milieux dits informés, à l’effet que la prévention représente 5 à 15 pour cent des dépenses de santé, «et probablement 10 à 12 pour cent».Qui plus est, ajoute l’auteur de l’étude, François Camirand, «cette prévention a une allure assez traditionnelle».En effet, les sommes dépensées par la Régie de l’assurance-maladie (42 pour cent du total des dépenses publiques en prévention) et par le ministère des Affaires sociales (40 pour cent du total) sont surtout investies dans des programmes de prévention secondaire ou tertiaire — celle qui vient, si l’on peut dire, après coup.Et même les dépenses de prévention primaire — celle qui s’attaque aux «facteurs de risque» avant qu’ils n’aient touché l’individu — vont le plus souvent à des programmes fort peu novateurs, comme l’application de fluorure ou la vaccination.Avouant avoir retenu «une définition restrictive de la prévention», l’auteur du document explique qu’il a voulu écarter de son relevé tout ce «curatif précoce» que beaucoup aimeraient faire passer pour du préventif.Par contre, on a parfois été assez «généreux» dans les additions, par exemple en considérant comme préventives toutes les activités des départements de santé communautaire.On a également retenu, comme dépenses de prévention, une bonne partie des sommes consacrées à l’inspection par la Commission de la santé et de la sécurité du travail, le budget de Kino-Québec ou quelques-uns des millions dépensés par le ministère de l’Environnement.Même la Société des alcools — quand elle vous explique que «la modération a bien meilleur goût» — fait de la prévention, selon le document du CASE.Assurée que les résultats de cet exercice minutieusement mené sont certainement très proches de la réalité, la présidente du Conseil des Affaires sociales et de la Famille, Madeleine Blanchet, se dit «éton- née » des faibles montants investis dans la prévention: 134 millions de dollars, par rapport à des dépenses de plus de quatre milliards pour la seule année 1980-1981, «ce n’est pas un chiffre glorieux », commente l’épidémiologiste.Mais c’est un chiffre qui pourrait au moins lancer les discussions à un colloque que le Conseil a convoqué pour le début d’octobre sur le thème, justement, de la promotion de la santé.Yanick Villedieu LES EDITIONS SAINT-YVES INC.ONT DU 1er OCTOBRE AU 1er DÉCEMBRE 1982 Si vous commandez directement ces livres aux Éditions Saint-Yves inc., utilisez le bon de commande ci-dessous: BON DE COMMANDE QUANTITÉ TOTAL Le dynamisme des concepts, K.Dabroswki (Initiation à la désintégration positive), 173 pages La psychonévrose n'est pas une maladie.K.Dabrowski, 307 pages .Psychothérapies actuelles.K.Dabrowski, L.Granger et ai, 193 pages.S'il y a un toxicomane dans votre famille, K.Dabrowski, L.Goguen et ai.162 pages.Pour revitaliser son mariage, M.F.Keyes, 138 pages.Un certain regard (Synthèse d’analyse transactionnelle), C.Poulin, 148 pages.Plaidoyer pour une école humaine, J.M.Hamelin, R.Duval et P.l'Archevêque.159 pages.L'art de préparer sa carrière, R.R.Carkhuff et T.W.Friel, 251 pages.L'art de résoudre un problème, R.R.Carkhuff.163 pages .La réincarnation, A.Couture, M.Mercier et J.Prieur, 82 pages.NOM:.ADRESSE: Sous-total Frais de port et de manutention Chèque ?mandat ?au montant de .CODE POSTAL:.1,25 S NOUS SERONS AUX SALONS DU LIVRE DE L ESTRIE ET DE MONTRÉAL LES ÉDITIONS SAINT-YVES INC.C.P.9638, Sainte-Foy, Québec, Qué.G1V 4C2 10 octobre 1982 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS SCIENCES ÉCONOMIQUES LE BUDGET ET LE MUL TIPLICA TEUR H S ^ il y a un sujet à l’ordre du jour, c’est bien celui du gel des salaires des secteurs public et parapublic québécois.Dans une des premières réactions d’universitaires spécialistes des sciences économiques, le professeur James Portier, de la faculté des sciences de l’administration de l’université Laval, propose une analyse des conséquences du dernier budget provincial sur l’économie québécoise, dans le cadre du quatrième numéro de la revue Conjoncture et prévision.L'argumentation du professeur Portier n’est pas fondamentalement nouvelle, mais elle situe la politique des finances publiques dans une perspective d’analyse économique générale, en rappelant quelques concepts fondamentaux des sciences économiques et, ce qui n’est pas négligeable dans une science souvent «jargon-neuse», en les vulgarisant clairement pour le grand public.Résumons d’abord la situation.Le 5 avril dernier, à l’occasion du sommet économique, les Québécois apprennent que leur gouvernement est aux prises avec une impasse — un «trou» — de 700 millions de dollars.Les revenus du Québec sont à la baisse sous l’effet conjugué de la récession, des allégements fiscaux, des diminutions d'impôts déjà accordées et du manque à gagner dans les transferts fiscaux venant d'Ottawa.Pour résoudre ce déséquilibre des finances publiques, on décide finalement de comprimer les salaires des travailleurs des secteurs public et parapublic pour une somme de 641 millions de dollars (521 millions venant des salaires des personnels syndiqués, 74 millions des cadres, et 45 millions des personnels de la santé).Si on ajoute à cette somme des hausses d’impôts indirects d’une valeur de 250 millions, on obtient une réduction du déficit anticipé de 3,9 milliards à 3 milliards de dollars.Ainsi, le «trou» disparaît, proprement bouché.Mais attention ! Est-il bien exact que le déficit gouvernemental sera réduit d’autant que le montant des coupures salariales décidées, demande le professeur Pottier ?Le premier mécanisme que l’économiste de l’université Laval met alors en lumière est celui dit «du multiplicateur».Il s’agit, en termes simplifiés, de la chaîne production - consommation qu’entraîne le versement des salaires du secteur public, lequel versement est générateur par ailleurs de revenus nouveaux par le fisc, sous forme d’impôts sur le revenu ou de taxes indirectes.En gelant les salaires, le gouvernement fait jouer le multiplicateur à la baisse, explique-t-il, en rappelant que le chiffre généralement utilisé par les experts en finances publiques est de 1,8 : « Un multiplicateur de 1,8 signifie que toute variation, à la hausse ou à la baisse, des dépenses gouvernementales de un dollar, mesu- rée en termes réels, provoque une variation du produit national brut de 1,80 $ dans la même direction, après cinq trimestres.» Ici, en gelant des salaires, on supprime des millions de dollars en pouvoir d’achat réel et le mécanisme du multiplicateur joue à la baisse.Parce que leur pouvoir d’achat réel sera réduit, les 320 000 employés des secteurs public et parapublic devront réduire leurs dépenses réelles de consommation.A leur tour, les entreprises québécoises réduiront leur production et leur emploi.A travers ce mouvement, le gouvernement se sera privé d’au moins 200 millions de dollars en impôts directs et indirects de ces travailleurs gelés et des nouveaux travailleurs qui, autrement, auraient été embauchés pour soutenir la demande de consommation de biens et services.A ces pertes, il faut ajouter des dépenses additionnelles au titre de paiements d’aide sociale, car la compression sera source de chômage.Au plan des effets directs, il n’y a, en effet, pas de différence entre geler les salaires et mettre à pied 38 000 fonctionnaires, rappelle M.Pottier.En choisissant le gel, le gouvernement s’assure que les nouveaux chômeurs viendront en majorité du secteur privé plutôt que du secteur public, c’est tout.Avec l’effet du multiplicateur, soutient-il, le nombre de chômeurs additionnels devrait dépasser les 30 000.Finalement, si l’on chiffre tout cela, on aboutit à 198 millions de dollars comme estimé de la réduction nette du déficit provenant de la compression des salaires, selon l’auteur de cet article, intitulé «L’impasse, le gel et le naufrage ».« Ainsi, l’opération gel et récupération des salaires ne peut guère faire mieux que réduire le déficit de 30 pour ô.cent environ de son objectif » officiel.À quel prix ?Considé-I rons le chômage.La mesure annoncée devrait, à elle seule, ajouter environ deux pour cent au taux de chômage.Si, à ce coût économique, on ajoute les coûts sociaux, politiques et humains de l’opération, on doit admettre que les coûts dépassent largement les bénéfices réels », conclut-il.Le professeur Pottier poursuit son article en élaborant sur les liens entre le déficit gouvernemental et la conjoncture économique.Ce faisant, il estime qu’en parlant d’impasse, le gouvernement a dramatisé sa position au maximum, en partie d’ailleurs sous la pression de l’opposition qui criait «au loup» face au déficit.Le niveau idéal de celui-ci, rappelle-t-il, est une question très débattue parmi les économistes, mais il faut bien voir que les politiques suivies ont des effets différents sur l’économie.Une politique budgétaire restrictive, comme celle adoptée par le gouvernement, risque d’augmenter le taux de chômage par l'effet à la baisse du :s«f A» pis n'y i,® Iff» nietiKi soi'' inijo*' otif oilA» en,«:' iH ffilB# l#a, J# t ifl* jjlllt: ;[ k )«?' Ijlll16* liens i obr G)®*' ,iii^ tlk^ if nr OHO»* iisf: .4- d>/ ui# QUÉBEC SCIENCE / octobre 1982 11 II#1 Jr/ siiJ multiplicateur, tandis qu’une politique expansionniste diminuera le chômage tout en courant le risque d’un déficit accru, avec ses conséquences, notamment sur la quantité et la qualité des emprunts (c’est-à-dire que les fameuses cotes AA, AB, etc., des obligations gouvernementales sont en baisse et que l’Etat paie plus cher pour des emprunts additionnels).Le professeur Portier juge, quant à lui, qu’«à 50 ans de distance, le budget du 25 mai 1982 réédite les erreurs du président nqniculhjpe iàf américain Herbert Hoover » et suggère qu’il serait peut-être préférable de sacrifier la cote AA des obligations et de laisser jouer pleinement les mécanismes de stabilisation automatique.Rendu à ce point, le spécialiste des sciences de l’administration admet que l’analyse débouche sur l’opinion, et la science sur la politique.C’est-à-dire, sur une tout autre histoire .Jean-Pierre Rogel mcgHL LEO et MIRABEL Renseignements: (514) 392-5306 Jolie plante à fleur jaune, le lotier est en passe de devenir un fourrage très populaire au Québec.Il est aussi riche en protéines que le trèfle et la luzerne et, contrairement à ceux-ci, il ne cause pas de ballonnements.C’est au collège Macdonald de l’Université McGill que l’on a créé les variétés LEO et MIRABEL de lotier qui sont particulièrement bien adaptées aux rigueurs de notre climat.Or, si le lotier pousse bien en terrain pauvre, légèrement acide ou alcalin, il n’est pas très fertile.Sa cousse est déhiscente; une fois mûre elle s’ouvre d’elle-même et les graines s’éparpillent au vent, ce qui réduit son rendement de beaucoup.Un professeur au département de phytotechnie de la faculté d’agriculture de McGill, M.William F.Grant, a réussi à augmenter le rendement de la variété MIRABEL en lui transférant, par manipulations génétiques, les meilleures caractéristiques de plusieurs variétés de lotier sauvage.C’est d’ailleurs avec du MIRABEL amélioré que l’on a ensemencé plus d’un demi-million d’hectares au Québec et en Ontario.ijp[S; [t# - Un redoutable prédateur Le puceron vert du pêcher est la bestiole noire des horticulteurs de serre.Ce miniscule insecte en effet se nourrit de la sève des feuilles de toute plante verte et sécrète, le plus souvent sur ses fruits, un liquide miellé sur lequel prospère la moisissure.Pire, ce puceron transmet un virus qui flétrit les feuilles.Il peut donc ruiner toute une récolte de fleurs et plantes vertes.Les insecticides viennent à bout des pucerons, mais non sans dommage.C’est pourquoi Linda Gilkeson, étudiante de maîtrise en entomologie à la faculté d’agriculture de McGill, s’est intéressée à l’élevage industriel du prédateur naturel des aphidiens, l’aphidolète aphidimyza.Le professeur Stuart Hill, son directeur de thèse, a d’ailleurs obtenu une subvention du Conseil de recherches et services agricoles du Québec pour qu’elle crée une lignée d’aphidolètes aphidimyza adaptées au climat de nos serres.Linda compte bien arriver sous peu à vendre ses petits prédateurs aux producteurs horticoles.¦ Publireportage» Gouvernement du Québec Conseil exécutif Secrétariat au développement scientifique CONCOURS DE JOURNALISME SCIENTIFIQUE 1982-1983 Ce concours a pour but de favoriser la diffusion de la culture scientifique en offrant des stages de formation en journalisme scientifique.Les trois lauréats du concours auront la possibilité d'effectuer un séjour de trois mois dans l'un des organes de presse participants.Il s'agit de La Presse, du Soleil, de Québec Science, d'Hebdo Science, du Courrier Médical, de Science et technologie et de L'Actualité médicale.Admissibilité Sont admissibles à ce concours, tous les résidents du Québec, hommes ou femmes, n'ayant jamais occupé d'emploi régulier dans un organe de presse, ni déjà tiré la majorité de leurs revenus d'une activité de rédacteur scientifique ou de journaliste à la pige.Les lauréats du précédent concours ne sont pas admissibles.Participation : Les candidats devront présenter, sur un thème scientifique ou technique de leur choix, quatre copies d'un dossier comprenant: — une description de l'ensemble des recherches, lectures, interviews et démarches préparatoires à la rédaction; — le produit final de leurs travaux, un article n’excédant pas 10 feuillets, dactylographié à double interligne sur du papier blanc de format 8'A" x 11 — un curriculum vitæ mis à jour.Les quatre exemplaires du dossier devront parvenir au Secrétariat développement scientifique au plus tard le 31 janvier 1983.Aucun dossier, ou pièce de dossier, ne sera retourné aux candidats.Évaluation : Un jury composé de trois experts, évaluera chaque dossier selon les critères suivants : 1.le niveau de la langue, la qualité de l'écriture journalistique et la vivacité du style; 2.le sens critique du journaliste et sa capacité de synthèse; 3.la qualité des recherches, la diversité des entrevues et de la documentation; 4.la pertinence sociale du sujet traité; et 5.la polyvalence du rédacteur.Le., sa capacité d'aborder adéquatement un sujet en dehors de sa formation académique ou professionnelle.Ce jury classera dans l’ordre les trois lauréats selon leur mérite.Les décisions du jury sont finales et sans appel.Les résultats du concours seront annoncés par le ministre d’Etat au développement culturel et scientifique vers le 30 mars 1983 Stage de formation Les trois lauréats dans l'ordre de leur classement choisiront celui des organes de presse participants où ils désirent effectuer un stage d'une durée de trois mois, aux dates de leur choix.Chacun des lauréats touchera pour cette période une allocation salaire de 3 600 $, Pour de plus amples informations, veuillez communiquer avec; Georges Lagacé Secrétariat au développement scientifique Conseil exécutif 1020, rue St-Augustin, Édifice «D» 7e étage, Québec, Qc, GIR 5J1 TéL: (418) 643-7999 CNÉXO octobre 1982 / QUEBEC SCIENCE par Bernard G/ansetto LE FOND DES OCEANS EN FUITE Une bonne partie du fond des océans fuit comme une passoire laissant ainsi l'eau de mer pénétrer par percolation jusqu'à cinq kilomètres de profondeur dans le roc.L'eau alors surchauffée rejaillit sous forme de geysers chargés de minéraux.Ce phénomène est si courant que les scientifiques croient qu'un volume d'eau égal à tous les océans de la terre circule au travers de la partie la plus chaude des sous-sols marins, tous les huit ou dix millions d'années.Cette vision révolutionnaire d'un paysage qui couvre 70 pour cent de la surface terrestre est apparue à la suite d'expériences — forages, sondages — effectuées dans les océans.Des quantités énormes de matière sont arrachées aux continents par l'érosion et sont transportées par les rivières jusqu'aux océans.Les géochimistes ont longtemps été perplexes en constatant que beaucoup de ces substances telles que le magnésium ne s'y accumulent pas.Il apparaît en fait que la circulation aquatique les dépose profondément dans la croûte océanique où leur composition chimique est alors altérée.Après que l'eau ait traversé la croûte océanique, très chaude en ces profondeurs, le magnésium laisse place à des sulfates solides et à des minéraux sulfureux.Dans le même temps, l'eau a enlevé et filtré de la croûte rocheuse du potassium, du calcium, du silicium, du fer, du lithium et du manganèse.Ceci explique la raison pour laquelle il y a autant de manganèse dans les océans et dans les nodules métalliques convoités par les projets miniers à grande profondeur.C'est ainsi que les geysers sous-marins font littéralement pousser des «cheminées» solides de neuf mètres et plus, composées de cuivre, de zinc, de sulfures de fer, ainsi que des sulfates de calcium et de magnésium.(Nature) m ¦ 'mm IM Sans frontières LA PRISON, REMÈDE CONTRE LE VIEILLISSEMENT «Les gens qui passent la majeure partie de leur vie adulte en prison semblent se sentir et être 15 ans plus jeunes que ceux qui n'ont jamais été privés de liberté», explique Monika Reed du Tennessee Correction Institute.Elle vient de passer un an et demi à étudier 19 prisonniers d'âge mûr: les trois quarts d'entre eux se sentaient effectivement plus jeunes que les gens du «dehors» du même âge.ÉT Mme Reed attribue cette source de jouvence à une vie régulière sanstension et à un systèmedevaleursqui ne met pas l'accent sur l'importance de vivre vieux.Privés de vie de famille, les prisonniers ne connaissent ni le veuvage, ni le divorce.Le travail est leur seul moyen de se tenir occupés et la retraite n'est donc pas une préoccupation.Ils n'ont pas non plus à paraître mûrs même s'ils ne le sont pas puisque rien ne les contraint à jouer des rôles contre leur nature.Mme Reed ne croit pas que la solution à une jeunesse prolongée réside dans l'incarcération, mais elle soutient que le vieillissement est accéléré par les pressions sociales qui entourent ceux d'entre nous qui vivent en liberté.(Omni) PLUS DE RISQUES QU'ON L'AVAIT CRU Les risques d'accident nucléaire sont plus élevés qu'on le prévoyait dans les années 70.Selon une étude basée sur les dix ans d'expérience américaine dans la production industrielle d'électricité nucléaire effectuée pour la Nuclear Regulatory Commission (N.R.C.), un réacteur pourrait subir desdommagesde la gravité de celui de Three Mile Island entre 1,7 et 4,5 fois tous les 1 000 ans.Ainsi si 1 000 réacteurs étaient en opération, il y aurait au moins un accident grave par année.Il n'existe présentement que 74 réacteurs en fonctionnement aux États-Unis.Ces chiffres sont à rapprocherde ceux des années 70 qui fixaient les risques à un accident tous les millénaires.Officiellement, en 1974, on allait même jusqu'à parler d'un accident grave tous les 20 000 ans.Les auteurs de l'étude estiment enfin que 38 pour cent des causes d'accident sont des erreurs humaines.De leur côté, les responsables du N.R.C.disent que tous ces chiffres sont à prendre avec prudence puisque de nombreuses améliorations ont été apportées aux usines nucléaires depuis l'accident de Three Mile Island, améliorations non prises en compte par le présent rapport.(Science) ¦ ¦ - clinati r*i Med Wijii QfllOflt Mied Hr Neb Cleans Au KSCB2 i I— s QUÉBEC SCIENCE / octobre 1982 'él#.IL FERA PLUS CHAUD GRÂCE AU BIOXYDE DE CARBONE Il semble maintenantclairque la quantité de bioxyde de carbone dans l'atmosphère augmente; pourtant, les conséquences climatiques sous certaines latitudes — plus de chaleur et d'humidité — ne seront pas nécessairement mauvaises.Le bioxyde de carbone présent dans l'atmosphère agit comme un écran à sens unique et permet à la terre par un effet de «serre» de conserver une bonne partie de l'énergie et de la chaleur solaires qui, autrement, retourneraient dans l’espace.On s'est aperçu que la mer qui contient 60 fois plus de bioxyde de carbone que l'atmosphère a une capacité d'absorption limitée et que la plus grande partie de ce produit de la combustion du charbon, du pétrole, du gaz naturel et de la déforestration — sans parler des volcans — risquait de demeurer longtemps au-dessus de nos têtes.Au rythme actuel, une tendance certaine au réchauffement devrait se manifester dans les années 90.Avec, pour conséquence, des variations pluvio-métriques qui pourraient, par exemple, diminuer le débit du Colorado de 50 pour cent et plus modestement affecter le Danube, le Po, le Rhône ou le Yangtsé, mais augmenter substantiellement celui du Niger, du Sénégal ou du Mékong.La plupart de ces fleuves étant la base de systèmes d'irrigation, les conséquences pourraient être vitales.En ce qui concerne les rendements, l'augmentation de bioxyde favorisera la photosynthèse et permettra une matura- tion plus rapide: ainsi les productions de riz, de blé ou de soya devraient augmenter.Sans parler de l'allongement de la saison agricole sous les hautes latitudes grâce aux températures plus clémentes.Mais une conséquence qui revient sans cesse dans les discussions serait la dislocation partielle des glaces antarctiques, provoquant ainsi la submersion des villes et des terres côtières.- ¦ ¦¦ fm Mais de tels changements seront très lents — un scientifique présent à l'assemblée océanographique commune, qui a rassemblé en aoûtà Halifaxquelque 800 spécialistes venus de 36 pays, parlait d'un minimum de deux siècles.Il serait donc prudent de commencer à y penser maintenant pour permettre à l'humanité d'en éviter ou au moins d'en atténuer les effets défavorables et de tirer le maximum d'avantages des changements positifs.(Scientific American) DEUX FOIS PLUS D'ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE EN 1985 Neuf pour cent de l'électricité produite dans le monde est d'origine nucléaire, a annoncé l'Agence internationale de l'énergie atomique (A.LE.A.) dans son rapport annuel.Selon ce document, il existait à la fin de 1981, 272 réacteurs nucléaires en exploitation dans 23 pays, mais seulement quatre pays en développement exploitaient sept centrales, c'est-à-dire 1/62 de la puissance installée dans le monde.D'autre part, 236 réacteurs sont en construction et LA.LE.A.estime qu'en 1985, 17 pour cent de l'électricité mondiale sera d'origine nucléaire.L'agence note qu'il continuera de coûter moins cher de produire de l'électricité dans les centrales nucléaires plutôt que dans les centrales à mazout; et les prix demeureront compétitifs par rapport aux centrales à charbon, sauf dans les régions où le charbon est bon marché.(Agence France Presse) 13 LES CONTRACEPTIFS INJECTABLES: LA CONTROVERSE N'EST PAS FINIE Depuis une quinzaine d'années, les contraceptifs injectables ont fait leur apparition et bien que 84 pays aient homologué l'un d'entre eux (LA.M.P.R.), seulement 1,5 million de femmes y ont recours de par le monde, soit quarante fois moins que la pilule.Les deux produits injectables actuellement commercialisés sont l'acétate de médroxyprogestérone-retard (A.M.P.R.) ou depo-provera qui, injecté à raison de 150 mg, confère une protection contre la grossesse de 99,8 pour cent sur une période d'au moins trois mois.L’autre, l'énantate de noréthistérone (EN-NET) ou norigest, injecté à raison de 200 mg, assure une protection d'environ deux mois.L'A.M.P.R.détient 98 pour cent du marché, l'EN-NET n'ayant été lancé que très récemment.En fait, malgré leurs avantages, ces contraceptifs sont loin de faire l'unanimité.Le Food and Drug Administration des États-Unis hésite à les homologuer.Ils perturbent le cycle menstruel normal en provoquant des périodes de saignement excessif ou au contraire des aménorrhées (arrêt complet de la menstruation) ou encore des saignements inattendus.On parle aussi de cancéro-génicité.À de nombreuses reprises, on a aussi évoqué la possibilité d'abus: «Il est sans doute important, écrit le magazine de l'Organisation mondiale de la santé (O.M.S.), de s'assurer que ces produits ne soient injectés qu'à des femmes qui ont volontairement choisi de les prendre après avoir reçu une information complète sur les effets secondaires et les autres possibilités offertes.Cette question s'est posée pour LA.M.P.R.parce qu'on en a usé — et aux dires de certains abusé — dans les camps de réfugiés ou dans des pays pratiquant la discrimination raciale.» Jusqu'ici, les études n'ont pas mis en évidence d'effets sérieux de LA.M.P.R.ou de l'EN-NET.Néanmoins, ces deux composés ont été utilisés pendant un temps relativement court et les effets potentiels à long terme (sur une période de plus de 15 ans) ne sont pas encore connus.L'O.M.S.vient cependant de lancer un projet de grande envergure dans onze pays pour examiner la relation entre l'utilisation des contraceptifs stéroïdes, y compris ces deux produits, et l'apparition du cancer.(Santé du monde) Les pylônes Rôle et critères de choix Dans le paysage, on voit se dresser des pylônes qui supportent les lignes électriques.À quoi servent-ils et pourquoi sont-ils différents de forme ?Pourquoi ne sont-ils pas de la même taille ou également espacés ?Les pylônes sont un des éléments constitutifs du réseau de transport.Pour transporter l’électricité des lieux de production aux lieux de consommation qui, dans un réseau comme celui d'Hydro-Québec, sont souvent éloignés les uns des autres, il faut recourir à des câbles continus, appelés conducteurs, entre les points de production, c’est-à-dire les centrales, et les points de consommation, c’est-à-dire les abonnés.Transport souterrain ou aérien Naturellement, on peut se demander pourquoi ces câbles ne sont pas toujours enfouis dans le sol.Les avantages du transport souterrain, en particulier sur le plan visuel, sont évidents.Mais les inconvénients sont nombreux.Le coût d’aménagement d'un réseau souterrain est de cinq à dix fois plus élevé que celui d'un réseau aérien.Les réparations, elles aussi, sont coûteuses et prennent beaucoup de temps.Il n'y a pas de pollution visuelle mais, à des tensions élevées, il faut, pour isoler les câbles du conduit souterrain, une substance dont la valeur diélectrique soit très bonne, par exemple l’huile.Or l’huile est susceptible de polluer le sous-sol en cas de fuites.Le transport souterrain cause également des problèmes du fait que les lignes doivent traverser des propriétés.Il est donc réservé à des zones où le coût se justifie et où, souvent, il représente la seule solution possible.C'est pour toutes ces raisons qu’on recourt le plus souvent au transport aérien.L’air est un excellent isolant.Mais il faut supporter les câbles, d’où la nécessité de supports appelés pylônes, dotés d’un dispositif isolant, appelé isolateur, entre le câble et le support.Les critères de choix d’un type de pylône On peut utiliser plusieurs types, configurations et matériaux de pylônes.Le choix repose sur des facteurs techniques et économiques qui tiennent compte d’un objectif essentiel : la fiabilité du réseau et la sécurité du service aux abonnés.La résistance du pylône, ses caractéristiques et donc sa configuration sont déterminées par les efforts transmis par les câbles.Ces efforts dépendent du poids des câbles eux-mêmes, c’est-à-dire de la tension de la ligne et des conditions climatiques.Mais les caractéristiques du tracé de la ligne ri et les contraintes d’environnement entrent aussi en jeu.Publi-reportage Hydro-Québec Septembre 1982 La tension Le choix de la tension dépend d’un certain nombre de contraintes techniques et économiques, ainsi que des caractéristiques du réseau existant.Pour transporter une puissance, exprimée en mégawatts, d'un point A à un point B, plusieurs paliers de tension et donc plusieurs dimensions de câbles peuvent être utilisés.Comme la puissance transportée augmente avec la tension de la ligne, plus cette puissance est importante, plus on aura tendance à choisir une tension élevée.Pour une puissance donnée à transporter, on peut donc soit recourir à des tensions élevées — le poids des câbles sera alors important et la résistance des pylônes devra être calculée en conséquence — soit recourir à des tensions plus faibles, mais alors il faudra multiplier le nombre de câbles et donc de pylônes.Par ailleurs, la longueur de la portée entre deux pylônes et la distance entre le conducteur et le sol entrent aussi en jeu pour le calcul des caractéristiques du pylône.Les paliers de tension couramment utilisés au Québec pour le transport et la distribution de l’électricité sont de 12 000 à 69 000 volts pour la distribution et de 69 000 à 735 000 volts pour le transport.On a tendance de plus en plus à éliminer la répartition grâce à des postes de transformation qui permettent de passer directement de la ligne de transport à très haute tension aux lignes de distribution (par exemple, de 315 000 volts à 25 000 volts).Le transport peut aussi se faire soit à courant continu soit à courant alternatif.Ce dernier permet de passer d’une tension à une autre plus facilement.Un réseau est donc nécessairement composé de lignes à des tensions différentes.Le choix de la tension d'une ligne dépend aussi du réseau en place, auquel il faut s’adapter pour effectuer des additions.Les lignes de transport très longues, nécessaires au Québec du fait des distances, favorisent le courant continu mais, comme le réseau d’Hydro-Québec a toujours été à courant alternatif, on a adopté ce dernier pour le réseau de la Baie James et plus généralement pour les nouvelles lignes de transport.Les conditions climatiques Les conditions climatiques, et notamment de vent et de glace, comptent aussi.Le problème est particulièrement aigu au Québec où les charges de verglas sont parmi les plus élevées au monde.Le poids de la glace sur les câbles à 735 kV de la Baie James équivaut à celui de 4 ou 5 automobiles accrochées à un câble entre deux pylônes, ou à 4 fois le poids du câble lui-même.Le tracé de la ligne L'état du sol et les accidents naturels influencent aussi le tracé de la ligne, et donc le type de pylônes choisi, ainsi que l’espacement et le matériau utilisé.Les contraintes d’environnement Afin d’éviter certaines zones écologiquement « sensibles », il faut parfois modifier le tracé des lignes, multiplier les pylônes ou choisir certains types de pylônes plus appropriés que d'autres.Tous ces facteurs entrent en jeu, actuellement comme dans le passé, pour justifier le recours à tel ou tel type de pylône.Par ailleurs, des recherches constantes sont menées dans ce domaine pour trouver des solutions qui satisfassent le mieux aux contraintes techniques, économiques et d’environnement.L’évolution des types de pylônes utilisés par Hydro-Québec, qui fera l’objet d’un prochain article, est le résultat de ces recherches.La consommation d’électricité est un des plus sûrs indices du développement économique et industriel.Si on considère ce développement comme souhaitable, la présence des pylônes est inévitable.U QUÉBEC SCIENCE / octobre 1982 Expédition vous informe sur le ski, le canot-camping, la randonnée pédestre, l’escalade, etc.Il permet à des spécialistes de chez nous de partager leurs connaissances.Expédition n’a qu'un seul souci: aider les Québécois à réaliser leurs vacances en plein air.Pour ça, Expédition fait connaître des lieux de pratique, des techniques, des équipements disponibles, etc.Expédition présente aussi des dossiers inédits sur la déshydratation des aliments, les matériaux de construction des vêtements, des skis, des canots, etc.Lisez les a-ventures de Québécois au Mexique, dans les Monts Torngats, dans Charlevoix, au mont Tremblant, sur la rivière Toulnustouc.etc.Vous aurez le goût de faire comme eux.,,, ISj , py ¦ kj* 1 s.\7V isp » Pour tout savoir sur le ski d’expédition, le canot-camping, la randonnée pédestre abonnez-vous Magazine Expédition 140, place du Collège #6 Longueuil J4J 1G2 tél.(514) 651-9953 f- * mM*- & r § * COUPON D’ABONNEMENT Epargnez 2$ en vous abonnant Seulement 10$ pour 6 numéros 1 an chèque ?mandat poste ?inclus $_ Nom Adresse Code postal tél.Date de naiss.profession. 16 par Jean-Pierre Rogel Que des fraudes agitent le monde de la politique et des affaires, voilà qui semble banal.Mais que des fraudes soient révélées en science, voilà qui surprend et inquiète: l'image du chercheur honnête et désintéressé n'est-elle pas présente à l'esprit de tous, et amplement colportée par les media?Pourtant, il faut bien se rendre à l'évidence: données falsifiées ou inventées, pièces à conviction fabriquées ou «manquantes», fausses représentations, les chercheurs trichent eux aussi, parfois.Le cas de Mark Spector, auteur d'une «théorie des kinases», un temps célèbre mais aujourd'hui démasqué comme tricheur, a secoué récemment l'opinion publique américaine (voir Québec Science, décembre 1981, page 6).Quelques mois plus tard, c'était John Darsee, un golden boy de la fameuse École de médecine de Harvard, dont la tricherie éclatait au grand jour.Ce brillant chercheur de 33 ans, étoile au firmament de la recherche dont les travaux sur l'infarctus du myocarde étaient célèbres, a été reconnu coupable de falsification de résultats, de tripotage de données et autres «gestes inélégants» sur de nombreuses recherches.Pis, l'École de médecine de Harvard a été blâmée par les autorités américaines pour son manque d'empressement à rapporter les irrégularités constatées dans ce cas.Récemment, ces mêmes autorités décidaient de rayer des listes de chercheurs subventionnés un dénommé Mark Strauss, de l'Université de Boston, reconnu coupable d'avoir tronqué des données scientifiques de recherches sur les médicaments, il y a quatre ans.Du coup, c'est un peu tout le milieu de la recherche médicale nord-américaine qui est en émoi.Plusieurs fraudes célèbres jalonnent l'histoire des sciences.Certaines sont très connues.On peut citer celle de Cyril Burt, un des plus éminents psychologues de sa génération, qui avait cependant «inventé» des observations sur de vrais jumeaux séparés pour prouver que les fonctions de l'intelligence sont surtout génétiques.octobre 1982 / QUÉBEC SCIENCE Prisme LES CHERCHEURS QU! FRAUDENT IW 4 ^ Si Z € • à /?L'affaire «du crâne de Piltdown», quant à elle, est sans conteste la fraude scientifique la plus spectaculaire.Découvert en 1912, ce crâne mystérieux fut acclamé comme le «chaînon manquant» que prévoyait la théorie de l'évolution, entre le singe et l’homme.Ce n'est que 50 ans plus tard que le British Museum devait reconnaître officiellement qu’il s'agissait d'un crâne d'homme moderne et d'une mâchoire d'orang-outang, le tout soigneusement ma- quillé pour «faire vieux».Autrement dit, un faux, fabriqué de toutes pièces.Par qui?La question reste toujours sans réponse claire, après des centaines de pages écrites sur le sujet.Mais ce qui est sûr, c'est que presque tous les paléontologues de l'époque ont cru, à un moment ou à un autre, en l'authenticité de «l'homme de Piltdown».Moins connue, la fraude du zoologue viennois Paul Kammerera aussi marqué l'histoire de la biologie et OJiiSC mallei crapai sacci taiacii Nen l’jUlp, i .> Nai CSCfK QUEBEC SCIENCE / octobre 1982 ¦i - jOllfi yP3' /“ if38 =1 fourni à l’écrivain Arthur Koestler la matière d'un livre: L'étreinte du crapaud.Dès 1909, Kammerer affirma avoir contraint des crapauds accoucheurs, Alytes obstetricans, à s'accoupler dans l'eau: les mâles ainsi traités acquéraient des brosses copulatrices, ou spicules cornées sur les pattes, et ce caractère était transmissible de façon héréditaire, de sorte que tous les mâles le possédaient à partir de la cinquième génération, affirmait Kammerer.Tout ceci prouvait selon lui l'hérédité des caractères acquis.Jusqu'au jour où un chercheur américain disséqua subrepticement une patte de crapaud de Kammerer et découvrit que le derme avait subi des injections.d'encre de Chine.Kammerer se suicida quelques mois plus tard dans des circonstances troubles, en laissant une lettre jurant qu'il n'était pas l'auteur de la fraude.Plus récente, l’affaire du maquillage des souris de Summerlin, en 1974, jette la lumière sur un type Publier ou périr, dit-on.Une pression sociale accrue.différent de fraude.Si, dans le cas de l'affaire de Piltdown et de celle de Kammerer, la toile de fond est un contexte de règlements de comptes entre collègues envieux, danscecas, il s'agit manifestement d'un cher-cheurfébrile qui avaitcru obtenirdes résultats importants et en avait tiré des conclusions hâtives.Dans son désir de prouver sa théorie, Summerlin avait maquillé des souris avec un colorant pour faire croire que des greffes de peau spéciales avaient réussi.Qu'est-ce qui a poussé Summerlin à tricher?Il semble que la surexcitation de la découverte et la pression du milieu y soient pour beaucoup.La théorie était prometteuse.Vite, on voulait des confirmations expérimentales.On le pressait«d'aboutir et de publier».Bien sûr, rien ne justifie éthiquement le recours à la fraude, mais il faut avouer que le contexte de compétition et de productivité de la recherche ne met pas toujours les scientifiques en situation idéale dans leur «quête désintéressée du savoir».Ce n'est peut-être pas un hasard si les trois fraudes récemment dévoilées aux États-Unis, celles de Spector, de Darsee et de Strauss sont le fait de trois jeunes chercheurs, brillants mais subissant fortement la pression du milieu, et travaillant dans ces grands laboratoires ultracompétitifs dont la taille des équipes et des ressources est énorme (ce qui, en soi, ne facilite pas toujours un contrôle rigoureux, un grand patron de recherche pouvant chapeauter jusqu'à dix équipes de 5 à 30 chercheurs).«La pression sociale et professionnelle pour obtenir très vite des résultats publiables devient affolante dans certains laboratoires américains», estime Richard Béliveau, un biochimiste de Montréal de retour d'un séjour de recherche aux États-Unis.«J'ai vu huit équipes indépendantes travailler sous la supervision de trois, patrons, qui cosignaient presque toutes les publications scientifiques d'un laboratoire, et je crois bien qu'il était humainement impossible que ces patrons contrôlent toutes les activités et vérifient les résultats publiés», assure un autre chercheur montréalais qui a passé cinq années à Boston.Pour d'autres, c'est le mécanisme de «la révision par les pairs» qui préside à toute recherche et toute publication qu'il convient de resserrer.Tel chercheur mentionne que la forme même des articles publiés, brève, concise, chiffrée, favorise un type de recherche; tel autre dira que le pouvoir des arbitres (ceux qui donnent un avis à un comité de publication scientifique) est trop étendu ou trop ambigu.On cite volontiers des cas d'arbitre ayant donné des avis négatifs à des travaux de concurrents, d'autres ayant «piraté» les résultats d'une recherche non publiée.Ces critiques laissent penser que la recherche que nous connaissons aujourd'hui est peut-être, à certains égards, une «machine emballée».Plusieurs commencent à dire à mi-voix que cette activité scientifique aurait besoin de s'exercer dans un 17 cadre plus serein, moins bousculé par des impératifs de rendement, sans qu'on perde pour autant l'émulation entre équipes et chercheurs.De ce point de vue, le contexte économique que nous connaissons actuellement en Amérique du Nord n'est pas pour rassurer: n'aura-t-on pas tendance à accélérer les tendances à la compétition et à la productivité, à mesure que les fonds consacrés à la recherche, du moins civile, se font plus rares?Pour le reste, sans doute faut-il souhaiter que les quelques fraudes scandaleuses ne jettent pas le discrédit sur toute la science.Une douzaine de fraudes spectaculaires en un siècle est un bilan qui se compare favorablement au monde de la politique ou des affaires, somme toute ! On peut admettre que tous les cas n'éclatent pas au grand jour, mais ceci reste vrai de toute activité en société.En réalité, la recherche est le produit d'une activité humaine et .explique-t-elle de récents cas de fraudes?sociale: voilà une dimension de la «science» qui échappe souvent au grand public.Les résultats de la recherche sont l'objet de discussions entre spécialistes qui ont leur personnalité propre, leurs opinions dont ils ne peuvent totalement se défaire.Parfois, ces résultats sont, au contraire, imposésd'en hautparquelque autorité.Promotions, renommées d'individus et d'équipes, ambitions diverses, sans compter les convictions politiques, idéologiques et religieuses, parcourent ce monde non uniforme de la recherche et le secouent parfois comme de grands frissons.C'est ce que nous avons tendance à oublier, dans notre foi aveugle en la science, mais c'est la vérité: la recherche scientifique est une activité aussi humaine que les autres.Il est compréhensible qu'elle ait ses errances et ses moutons noirs, comme il est impérieux qu'elle cherche toujours à se perfectionner et à se doter de garde-fous.? 18 octobre 1982 / QUÉBEC SCIENCE COSMOS A LA 25 ans après le premier Spoutnik, la «conquête du cosmos» est toujours d’actualité en U.R.S.S.par Jean-Marc Carpentier Les touristes qui logent à l’hôtel Cosmos à Moscou ne peuvent qu'être fascinés par le majestueux monument qui lui fait face.Au pied de cet obélisque, dont la pointe en forme de fusée semble se perdre dans les nuages, on retrouve, fixé dans la pierre, le visage de ceux qui ont contribué à ouvrir les portes du cosmos à l'État du «socialisme avancé».Derrière cette curieuse assemblée s'ouvre le parc de l'Exposition des réalisations économiques de l'Union soviétique.Parmi la centaine de pavillons réunis dans ce parc au nom chargé de promesses, le pavillon du Cosmos occupe une place centrale et est de loin le plus populaire et le plus visité.On y entre comme dans un temple, avec respect et émerveillement.Un long corridor où sont disposées les répliques de dizaines de vaisseaux spatiaux, de satellites et de fusées de toutes sortes nous conduit à un grand dôme qui constitue la partie arrière du pavillon.Là, au-dessus du train spatial formé par l'union des capsules Soyouz et Progress à la station orbitale Saliout, flotte comme en une chapelle ardente l'image de celui qui a été le premier à s'échapper dans l'espace, le 12 avril 1961, et dont la mort tragique quelques années plus tard est venue hâter la «sanctification»: Youri Gaga-rine.Il est intéressant de découvrir qu'en Union soviétique, la conquête de l'espace reste un sujet d'actualité alors qu'en Occident, la course à la Lune et au cosmos est devenue un espèce de rêve flou oublié quelque part au tournant des années soixante tout comme le flower power et la contestation des étudiants.Si l'on parle tant de cosmos en U.R.S.S., c'est bien sûr parce qu'on fabrique beaucoup plus facilement en apesanteur et très loin dans l'espace les héros et les rêves qui sont si nécessaires à l'homme de la rue en ces temps difficiles.Mais c'est aussi, et il ne faut pas l'oublier, parce que ce pays est de loin le plus actif dans l’espace à l'heure actuelle.LE PRINCIPAL ARTISAN: KOROLEV Le premier lancement de la navette spatiale Columbia, le 12 avril 1981, jour du vingtième anniversaire de l'envol de Gagarine, ne suffit pas à masquer le retard des Américains dont le dernier vol habité remonte à juillet 1975.Depuis cette date, les Soviétiques ont effectué plusieurs centaines de lancements dont plus de vingt-cinq vols habités.Ils ont acquis pendant toutes ces années une solide expérience de vie dans l'espace, certains cosmonautes comme Valeri Rioumine et Leonid Popov y restant plus de six mois sans interruption en 1980.L'équipage du Soyouz-T-7 incluait même une femme, Svetlana Savitskaya.Il s'agit de la deuxième femme seulement à aller dans l’espace, la première ayant été Valentina Tereshkova, il y a de cela 19 ans.Ils en sont de plus à la septième station orbitale de la série Saliout et comptent même établir une base spatiale permanente vers 1984.L'établissement de cette base viendrait concrétiser une idée qui avait germé au début du siècle dans le cerveau du «Jules Verne» russe Constantin Tsiolkovski.On retrouve une similitude étonnante entre les esquisses maladroites de cet ingénieur, le premier théoricien des vols interplanétaires, et les capsules spa- tiales des cosmonautes d'aujourd'hui.Les Russes ont également eu leur «Von Braun» en la personne de Serguéi Korolev.La carrière scientifique de Korolev s'était amorcée dans le sillage du père de l'aéronautique russe, Andrei Toupolev, par la création de planeurs et d'avions et déjà, avant la Deuxième Guerre mondiale, il étudiait les possibilités de voler plus haut, plus vite, plus loin, à la grande satisfaction de Tsiolkovski.Il comprit cependant très vite qu'il faudrait d'abord construire un moteur à réaction.L'équipe d'enthousiastes formée par Korolev réussit à construire et à tester un tel moteur dès 1933 sur de petites fusées et à faire voler un planeur à moteur à réaction en 1940.Durant la guerre, l'Union soviétique accrut encore son effort de recherche dans le domaine de l'aéronautique.Avant la fin des années 1940, les Russes avaient mis sur pied 13 instituts de recherche et 35 usines de développement et de ILi Depuis le vol historique de Youri Gagarine en avril 1961 jusqu'à la récente mission du Soyouz-T 7 en août dernier, le chemin parcouru par les Soviétiques reste impressionnant.La «course au cosmos» est d'ailleurs un sujet d'une actualité toujours brûlante en U R S S. 20 octobre 1982 / QUEBEC SCIENCE construction entièrement consacrés à ce secteur.Dès 1954, Korolev fit parvenir au conseil des ministres de l'U.R.S.S.un document dans lequel il proposait la construction et la mise en orbite d'un satellite artificiel de la Terre.Il devra cependant attendre une décision officielle jusqu'en janvier 1956.On connaît la suite.Le 4octobre 1957, le fameux «Beep-Beep» du Spoutnik annonce le triomphe russe tout en semant la consternation en Occident.Mais Korolev voit déjà plus loin.Dix-huit mois avant le vol du Spoutnik, il avait en effet entrepris d'étudier la possibilité de placer un homme dans l'espace.Moins de quatre ans plus tard, soit le 12 avril 1961, Youri Gagarine devient le premier être humain à contempler la Terre dans son ensemble.La contribution de Serguéi Korolev à la conquête de l'espace est tout à fait exceptionnelle.Il a travaillé aussi bien à la conception qu'à la construction et au lancement des fusées, des capsules spatiales habitées et des satellites scientifiques soviétiques.Le «concepteur en chef» Korolev a su inspirer un sentiment d'admiration et de loyauté aussi bien chez les cosmonautes que chez les jeunes ingénieurs soviétiques.Mais en accord avec la politique spatiale soviétique, son identité aussi bien que son rôle dans le programme spatial national sont restés secrets jusqu'à sa mort survenue en janvier 1966.LA COURSE SPATIALE Dès les premiers moments de la course à l'espace, les Soviétiques marquèrent le pas.Les lancements surprises de Spoutnik 1 et surtout de Spoutnik 2, un mois plus tard avec une chienne à bord, combinés à l'échec de la tentative américaine de mettre en orbite un premier satellite en décembre 1 957, amènent le gouvernement américain à fonder la Consacré héros national après avoir été en 1961 le premier cosmonaute de l'espace, Youri Gagarine devait disparaître tragiquement quelques années plus tard lors d'un vol d'essai.La France dans l'espace La présence de Jean-Loup Chrétien à bord du Soyouz-T-6 constitue une grande première aussi bien pour la France que pour l'Union soviétique.C'était, en effet, la première fois que les Russes invitaient pour un vol un citoyen de pays non communistes.Pour la France, il s'agissait évidemment d'une première expérience de vie dans l'espace.La collaboration spatiale franco-soviétique n'est cependant pas récente puisque les premiers accords ont été signés par le Général de Gaulle.Ces accords ont été régulièrement renouvelés et augmentés et ils englobent maintenant un très grand nombre d'expériences de toutes sortes.C'est en avril 1979 que les Français ont reçu une proposition de participer à une mission à bord de la station orbitale Saliout.Pour eux, il n'était pas question de laisser passer cette chance alors qu'un Allemand, un Suisse et un Hollandais venaient d'être sélectionnés pour voler dans le Spacelab à bord de la navette spatiale américaine.Les Français investissent largement dans le domaine spatial et se doivent d'acquérir une expertise de vie dans l'espace.Deux pilotes d’essais, Jean-Loup Chrétien et Patrick Baudry ont été sélectionnés parmi 400 candidats et envoyés à l'entraînement en U.R.S.S.Ils ont dû apprendre le russe au cours de deux années de stages intensifs à la fameuse «Zviozdni», la «Cité des étoiles» où s'entraînent tous les cosmonautes russes.C'est Jean-Loup Chrétien qui a finalement été sélectionné, Patrick Baudry lui servant de doublure.Dans ce vol, le cosmonaute se comportait d'ailleurs autant comme cobaye que comme expérimentateur.Depuis leur retour en France, les deux cosmonautes participent à des séries d'expériences qui permettront entre autres de préparer l'entraînement d'autres cosmonautes.On parle déjà d'un autre vol franco-soviétique mais rien n'est encore confirmé.Nul doute que les pouvoirs politiques français préféreront laisser aller encore quelque temps afin de ménager les susceptibilités politiques de chacun.Mais il ne s'agira sans doute que d’un répit car la France se doit de former des cosmonautes au moment où les vols spatiaux vont se multiplier aussi bien du côté américain que soviétique. ¦ m QUÉBEC SCIENCE / octobre 1982 21 .•rP'6 Its.,41 Pi À la base de lancement de Baïkonour, les fusées sont amenées en position horizontale sur une voie ferrée, puis graduellement relevées pour la mise à feu en position verticale.NASA et à mettre sur pied le programme spatial qui conduira Neil Armstrong sur la Lune en juillet 1969.Les Russes restent largement en avance sur les Américains jusqu'en 1965-1966.Au cours de ces deux années les Américains lancent dix missions habitées dans le cadre du programme Gemini contre une seulement dans le cas des Soviétiques.Ces derniers sont alors préoccupés par la mise au point de leur capsule Soyouz, capsule qu'ils n'ont cessé d’utiliser depuis mais pas toujours avec succès.La période 1965-1975 est celle de la suprématie incontestable des Américains aussi bien au niveau des vols habités que des missions planétaires automatiques ou des satellites.Les Soviétiques ont cependant profité de l'inertie américaine qui a suivi la conquête de la Lune pour reprendre les devants dans la course à l'espace.On pourrait presque dire que les Américains ont profité d’un vol conjoint avec les Soviétiques pour leur passer le flambeau.En effet, le 15 juillet 1975, une capsule Apollo rejoint dans l'espace le Soyouz-19 au cours de ce qui devait être le dernier vol spatial américain jusqu'à l'avènement de la navette spatiale au début de 1981.Ce n'est d'ailleurs peut-être pas un accident si le lancement de la navette Columbia a eu lieu ce 12 avril 1981, jour du vingtième anniversaire du vol de Gagarine.Les Américains voulaient sans doute faire savoir aux Soviétiques qu'ils étaient de retour dans l'espace et qu'ils comptaient bien ne pas y perdre leur temps.C'est donc un peu la course du lièvre et de la tortue qui se poursuit et nul ne saurait dire aujourd'hui si le sprint américain aura raison de la persévérance russe.Cette persévérance a permis à l'U.R.S.S., en multipliant les vols habités, d'acquérir une expérience de vie dans l'espace qui est largement supérieure à celle des Américains.Par contre, les Russes accusent sur le plan technologique un retard très important.Quinze ans après le développement de la super-fusée Saturne V, les Russes n'ont pas encore réussi à mettre au point un lanceur équivalent.Les plus puissantes fusées soviétiques, les lanceurs «Proton», peuvent mettre en orbite des charges utiles d'au plus une vingtaine de tonnes soitcinqfois moins que la Saturne V.Il semblerait cependant que les Soviétiques tentent depuis 1968 de développer un lanceur super-puissant et qu'au moins trois tentatives de mise à feu se seraient soldées par des échecs.LA LIGNÉE DES SOYOUZ Connue sous le nom de code G-1, la fusée en question pourrait transporter une charge satellisable se situant entre 1 65 et 180 tonnes.Sa mise en service prochaine reste cependant très hypothétique et il semble bien qu'on doive s'en remettre pour quelque temps encore au lanceurs Proton mis au point au début des années 1960.Les capsules Soyouz sont plutôt rudimentaires et se comparent aux capsules américaines Gemini qui ont précédé le programme Apollo.Les Soyouz connaissent, par exemple, certains problèmes de manœuvrabilité et il arrive régulièrement que des rendez-vous spatiaux soient manqués (Soyouz 1 5, 23, 25 et 33) et que les équipages rentrent bredouilles.Les vols des Soyouz 1 et 11 ont été plus dramatiques.Le premier véhicule, lancé le 23 avril 1967, n'a pu se stabiliser sur son orbite tournant sur lui-même pendant 26 heures avant de tenter une entrée dans l'atmosphère.La capsule toujours en rotation s'est alors enroulée dans les parachutes avant de s'écraser au sol en entraînant la mort du cosmonaute Vladimir Komarov.Le second accident est survenu en juin 1971 alors que le vaisseau Soyouz 11 ramenait sur terre les trois premiers cosmonautes qui avaient séjourné dans la station orbitale Saliout 1.L'ouverture accidentelle d'une vanne provoqua une dépressurisation de la capsule et le décès des trois membres d'équipage.Suite à cette accident, les Soviétiques durent se résoudre à obliger leurs cosmonautes à conserver leurs scaphandres pendant le retour sur terre et à ne placer que deux hommes dans le Soyouz trop exigu.Il en fut ainsi jusqu'au Soyouz 38 avant qu'une modernisation du véhicule alors baptisé Soyouz-T ne permette de nouveau à trois personnes de prendre place à bord.DU RENDEMENT AVANT TOUT Malgré quelques améliorations ici et là, l'équipement spatial soviétique n'a pratiquement pas évolué depuis dix ans.Cette technologie est cependant aujourd'hui fiable puisqu'elle a été utilisée dans près de 35 vols Agence Novosti 22 octobre 1982 / QUEBEC SCIENCE mm* 3jpi à Brj ¦' s habités au cours de cette période.Avec les capsules Soyouz, les stations orbitales Saliout constituent la base de la technologie spatiale soviétique.On en est maintenant à la septième de ces stations orbitales, la première ayant été lancée en 1971.Contrairement aux stations Saliout 3 et 5 dont les orientations étaient plutôt militaires, Saliout 6 a été conçue dès le début comme une base de recherche scientifique.L'utilisation de Saliout 6 a été couronnée de succès.Lancée en 1977, la station a accueilli une quinzaine d'équipages qui y ont effectué plus de 1 500 expériences scientifiques avant de céder sa place à Saliout 7 au début de l'année 1982.Mais contrairement aux stations Saliout précédentes que l'on laissait se détruire en rentrant dans l'atmosphère, Saliout 6 risque de faire encore parler d'elle.En effet, le 19 juin dernier, le satellite Cosmos 1267 est venu s'amarrer à une extrémité de la station.Avec une masse de près de 20 tonnes, ce satellite est presque aussi gros que la station elle-même et les spéculations vont bon train sur le pourquoi de cet accouplement.Selon certaines sources américaines, Cosmos 1 267 serait un satellite-tueur équipé d'un canon-laser.D'autres analystes pensent plutôt que cet ensemble constitue peut-être la base d'une première station orbitale permanente de grande envergure.Il ne serait peut-être pas étonnant de voir un jour le Saliout 7, lancé entre-temps, se raccorder à cet ensemble pour former une station toujours plus vaste.Cette formule permettrait aux Soviétiques de bâtir de grands complexes spatiaux sans compter pour autant sur des lanceurs puissants.Il suffirait d'assembler ces stations à partir de «briques» de 20 tonnes mises en orbite à l'aide des mêmes vieux lanceurs Proton qui sont pratiquement fabriqués en série.LE TRAIN DE L'ESPACE Comme ils l'ont toujours fait, les Soviétiques continueraient alors d'utiliser leurs équipements de façon Dans le pavillon du Cosmos du parc des expositions à Moscou, les Russes ont monté un «train de l'espace» réel, en accolant les capsules Progress et Soyouz (notre photo) à la station orbitale Saliout.optimale.Contrairement aux Américains qui ont laissé leur seule station orbitale Skylab se détruire en rentrant prématurément dans l'atmosphère après seulement trois missions scientifiques, les Russes ont su tirer profit de leur station Saliout, pourtant quatre fois plus petite.Avec leurs 1 5 mètres de long et leurs 18 tonnes, on ne peut pas dire que les Saliout soient très spacieuses.Cinq ou six personnes peuvent cependant y vivre avec un minimum de confort.La station compte cinq compartiments qui totalisent un volume de cent mètres cubes.La station est toujours mise en orbite vide.Les équipages s’y rendent à bord de capsules Soyouz qui viennent s'arri- Jean-Marc Carpentier asifaaMt stiit:: fly IOÛÎ |yiP3S QUÉBEC SCIENCE / octobre 1982 rrmrmTTTTTlïïïïTTTTrrT Jean-Marc Carpentier H mer à sa partie avant.Lequipage pénètre dans la station en traversant un sas équipé de sept hublots et à l'intérieur duquel il est possible d'effectuer des observations astronomiques.Il entre ensuite dans le compartiment de travail qui comprend les pupitres de contrôle de la station et de ses équipements.Ce compartiment débouche sur celui des équipements scientifiques qui seront manipulés au cours des différentes étapes de la mission.On arrive finalement au compartiment de vie où les cosmonautes dorment, mangent et effectuent leur conditionnement physique.Ils peuvent même y prendre une douche un peu spéciale en dépit de l'absence de gravité.On atteint finalement le der- nier compartiment où se trouvent les moteurs et les équipements lourds et qui se termine par le sas arrière de la station.C'est d'ailleurs le fait de pouvoir recevoir une capsule spatiale à chacune de ses extrémités qui rend Saliout si intéressante.Une fois complétée par deux capsules, la station devient un véritable train de l'espace de 30 mètres de long.En règle générale, c'est à l'avant que s'amarre leSoyouzen provenance de la Terre avec un nouvel équipage.Il arrive souvent que l'équipage qui est relevé utilise la capsule des arrivants pour rentrer à la maison et ainsi de suite.La faible charge utile des Soyouz ne permet cependant pas d'amener une grande quantité de La fusée Vostok fait partie de la première génération des lanceurs soviétiques.La tuyère centrale est celle des moteurs du deuxième étage, et elle est entourée de celle des moteurs du premier étage.Le Lunokhod est un engin relativement lourd comparé aux véhicules lunaires américains, mais il a recueilli énormément de données scientifiques.matériel en plus de l'équipage.Afin d'utiliser au maximum un équipement aux performances modestes, les Soviétiques ont décidé de modifier des capsules Soyouz et d'en faire des véhicules d'approvisionnement baptisés Progress.Chacun de ces camions de l'espace peut alors amener 2 300 kilogrammes d'équipement, de carburant et de vivres vers la station Saliout et lui permettre ainsi de continuer à opérer pendant des années.Une fois sa charge utile transférée à l'intérieur de la station orbitale, le Progress se détache et va se détruire en rentrant dans l'atmosphère terrestre.MILITAIRE D'ABORD En cinq ans, on a lancé onze missions de ravitaillement semblables vers la 24 octobre 1982 / QUEBEC SCIENCE L'équipage du Soyouz-T 7 au cours de leur entraînement au centre Youri Gagarine: Leonid Popov, Alexander Serebrov et, au centre, Svetlana Savitskaya, la deuxième femme à aller dans l'espace.station Saliout 6, ce qui a permis de la conserver opérationnelle beaucoup plus longtemps que prévu.C'est par exemple les Progress qui ont amené le carburant nécessaire pour remonter Saliout sur son orbite et éviter qu'elle ne s'écrase comme l'ont fait le Skylab américain et les cinq stations Saliout précédentes.Comme on peut le comprendre, la technologie utilisée par les Soviétiques pour leurs vols habités est à la fois très efficace et peu complexe.Les capsules Soyouz et les camions de l'espace Progress ne sont qu'un seul et même véhicule qui a été fabriqué à une cinquantaine d'exemplaires depuis dix ans.Ils sont tous deux lancés par les mêmes fusées Proton qui sont fabriquées en série et > .VJ Une semaine dans l'espace C'est de la base spatiale de Baïkonour dans le Kazakhstan que les Soviétiques effectuent la plupart de leurs lancements.C'est sur ce pas de tir, construit en 1955, que le premier Spoutnik a été lancé il y a 25 ans, suivi quatre ans plus tard par le «Vostok» de Youri Gagarine.Ce site est resté longtemps un des endroits les plus secrets d'Union soviétique.Les seules images de cette base connues en Occident avaient été transmises à l'extérieur des pays par les Soviétiques eux-mêmes.Pour la première fois, les autorités soviétiques ont cependant décidé d’ouvrir les portes de leur base à la presse occidentale à l'occasion du vol conjoint franco-soviétique du 24 juin dernier.Les procédures de lancement sont pratiquement restées inchangées depuis un quart de siècle.Contrairement à ce qui se passe à Cap Canaveral où les fusées sont assemblées debout dans un grand building et amenées ainsi sur le pas de tir, les fusées russes sont transportées à l'horizontale sur une plateforme poussée par une locomotive diésel.Il ne faut ensuite que sept minutes pour dresser à la verticale cet ensemble de 49 mètres de haut.Après un certain nombre de tests, on commence à emplir les réservoirs d'oxygène liquide et de kérosène (250 tonnes).L'équipage monte à bord deux heures et demie avant le départ et le compte à rebours commence.Jean-Loup Chrétien s'apprête à devenir le premier occidental non-américain à voler dans l'espace.À l’heure H moins une minute, les turbo-pompes sont mises en marche et les cinq moteurs allumés.Leur poussée dépassera les 300 tonnes après quelques secondes et la fusée s'élève alors lentement avant de disparaître dans le ciel étoilé du Kazakhstan.Quelques minutes plus tard, le troisième étage se détache et c'est le centre de contrôle de Kaliningrad qui prend la relève.Situé à 20 km au nord de Moscou, ce centre de contrôle correspond au Johnson Space Center de la NASA à Houston.Comme à Houston, des centaines d'opérateurs sont assis à leurs consoles face à un mur recouvert d'une mappemonde géante où s'inscrivent les trajectoires de la capsule et de la station Saliout.Sur le même mur, des écrans géants retransmettent des images de l’intérieur de la station Saliout.Le centre de Kaliningrad compte 22 ordinateurs et 2 000 opérateurs dont 30 pour cent des femmes.Ces contrôleurs resteront rivés 24 heures de suite à leurs consoles avant d'être remplacés.Les communications entre Kaliningrad et les capsules Soyouz ou les stations Saliout sont assurées par sept stations de poursuite réparties sur l'ensemble du territoire soviétique ainsi que de nombreux navires aussi bien dans l'Atlantique que dans le Pacifique.Une fois dans l'espace, la capsule Soyouz se mit à la poursuite de la station Saliout.La cible fut en vue après un peu plus de 24 heures et l'arrimage eut lieu aussitôt.Après une semaine de travail dans l'espace, les trois cosmonautes dirent au revoir aux deux occupants du Saliout à ce poste depuis le 13 mai 1982 et rentrèrent dans leur Soyouz.Les deux véhicules se détachèrent et le Soyouz largua son «module orbital» désormais inutile.La mise à feu du moteur du Soyouz pendant 200 secondes entraîna une réduction de la force centrifuge qui le retenait sur orbite.Il fallut alors 47 minutes au bolide pour franchir les 10 000 km qui le séparaient encore du point d'atterrissage situé à 700 km de Baïkonour.Le bouclier thermique de la capsule commença à s'échauffer au contact de l'atmosphère pour atteindre une température de 10 000 degrés.Les cosmonautes qui vivaient en apesanteur depuis une semaine subirent alors une décélération qui triplait leur poids.Les parachutes de guidage et de freinage s'ouvrirent ensuite tour à tour.L'arrivée au sol à huit mètres par seconde fut encore adoucie par l'allumage de petites rétrofusées alors que cette boule calcinée contenant trois hommes n'était plus qu'à un mètre de notre bonne vieille Terre.Agence Novosti / A.Mokletsov m QUEBEC SCIENCE / octobre 1982 4 Li- ^ M s " ?___ * fi W 'P3S 'allée des cosn+enautps et l'obélisque «Cosmos» sont parmi les lieux qui exhaltent la ferveur des Moscovites.utilisent les mêmes moteurs que les missiles militaires SS-6, produits en plus grande série encore.Quant aux stations Saliout, on en est déjà au septième exemplaire et rien ne laisse entendre qu'on pourrait s'arrêter là.Les grosses fusées Proton qui utilisent des moteurs «civils» sont peut-être plus coûteuses, mais elles servent tant au lancement des stations Saliout qu'à la mise sur orbite des gros satellites à vocation scientifique et militaire qui sont lancés en grand nombre.Côté militaire et scientifique, les Soviétiques sont en effet très actifs.Ils lancent en moyenne une centaine de satellites par année.La moitié de ce nombre serait composée de satellites ayant des objectifs militaires, soit environ 30 pour cent de plus que les Américains.Selon leur masse, ces charges sont satellisées à l'aide de lanceurs Cosmos ou Proton ou encore de petits lanceurs dérivés de missiles ballistiques.25 ESTELLE LACOURSIÈRE ILLUSTTtATlONS DE PIERRE LEDUC I Il ne semble pas en définitive que les Soviétiques nous réservent de grandes surprises dans un avenir immédiat.Leur programme de vol spatial habité s'est toujours déroulé sous le signe de la continuité et de la persévérance.Il faut donc s'attendre davantage à les voir installer une grande station orbitale permanente, pouvant accueillir une dizaine de cosmonautes, plutôt que de lancer une navette spatiale semblable à celle des Américains.Il n'est d'ailleurs pas sûr que leur formule soit plus coûteuse et moins performante que celle choisie par les Américains.Une fois encore, le lièvre et la tortue se retrouvent presque nez à nez.Reste à savoir si le lièvre américain, fier de son dernier sprint, résistera à la tentation de se reposer sur ses lauriers.À moins bien sûr que les militaires, en mal de nouveaux horizons d'un côté comme de l'autre, ne viennent changer les règles du jeu.?DES HERBES AUX ARBRES Bravo à Jude Girard, d’Alma, Jean-Guy Dagenais, de St-Laurent, Marie Chagnon, de Cap-des-Rosiers, Jean-Noël Schmidt, de Valleyfield, Julie Saindon, de Contrecœur, Robert Loiselle, de Chicoutimi, Yolande Paré, de Pont-Rouge, Sandra Beauregard, de St-Basile-le-Grand et Jacques Robidoux, de St-Isidore-de-Laprairie.Pourquoi?Parce qu’ils ont gagné chacun un exemplaire de L’ARBRIER QUÉBÉCOIS pour leur participation au concours LES HERBES DE L’ÉTÉ.Un concours qui d’ailleurs, s’est avéré fort populaire.Surveillez bien votre QUÉBEC SCIENCE: il y aura d’autres concours ! 26 octobre 1982 / QUÉBEC SCIENCE HALTE AUX VIBRATIONS L’énigmatique «maladie des doigts blancs» touche de 12 000 à 15 000 travailleurs forestiers au Québec par Yanick Villedieu Selon une enquête effectuée en 1978 par une équipe de l'université Laval dirigée par Gilles Thériault, Louise De Guire et Suzanne Gingras, 30 pour cent des travailleurs forestiers utilisant la scie mécanique souffrent du phénomène de Raynaud, un problème de santé causé par les vibrations et appelé parfois «maladie des doigts blancs».La proportion des travailleurs atteints grimpe régulièrement avec les années d'exposition, pour toucher pratiquement les 50 pour cent après 20 ans d'utilisation.Si l'on se fie aux travaux d'un expert du Conseil national de recherches du Canada, A.J.Brammer, ces données pourraient bien être très conservatrices.Selon lui en effet, même les scies dotées d'un système antivibratoire, et qui sont apparues sur le marché il y a une douzaine d'années, peuvent causer la maladie des vibrations.Il a calculé que dix pour cent de ceux qui les utilisent pourraient ressentir les premiers symptômes au bout de quatre ans, et 50 pour cent au bout de dix ans.Aux États-Unis, d'après les estimations de D.E.Wasserman, le spécialiste de la question au NIOSH (National Institute for Occupational Health and Safety), près de deux millions de travailleurs sont exposés aux effets d'outils vibrants, ce qui représente 1,8 pour cent de la population active américaine.Selon Dominique LeBorgne, de l'IRAT (Institut de recherche appliquée sur le travail), la proportion atteint les 6,1 pour cent au Canada et les 6,6 pour cent au Québec, où la forêt et les mines occupent une place importante dans la vie économique.À l'usine GM de Sainte-Thérèse, des travailleurs utilisant les polis- !•> •isy & cl %. \0 ^) ^0 ^ .e?ve^eO o^.e ;®% e.® ^ ^ XS ^v$vy o a'- vg* >0^ a ^y/ V>4 v0,\o A .a.- .* > rï-> siy cS- y y%°vV%V ovale :: .M 't* 0^ 0^ ,è> ot^y# y Jd° A /Z V î :9> | i'ù’f ‘f,i ,ÿi 6 .-V- ^ «O s' 'c „"'* r„
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.