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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1982, Collections de BAnQ.

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I -A-PORTfcR L’INFORMATIQUE 9 Me Ç9 inov 0-d -iv3yiN0W Idas 0 SIN3a iS 00ilT /Isto ~ 10d3a nv3HnQ 339300 31VN0I1VN BHOBHIOI iHIS ' vJRRIER 2ièm class*?Enregistromont numéro 1052 ort payé à Quebec C P 250.Sillory Québec G1T2R1 CHEMINEES?NON.DES EPURATEURS.La présence d'une usine dans une région constitue un facteur de vitalité économique.Cette présence entraîne cependant des conséquences sur l'environnement.Alcan en est consciente.Elle consacre des efforts considérables et des sommes importantes à la protection des milieux où elle est présente.En 1982, Alcan remportait, entre autres, le "Lauréat de la Protection de La qualité de la vie, c'est aussi un de nos produits.l'Environnement" de la Chambre de commerce de Valleyfield pour son usine Beauharnois.Et nous en sommes fiers.ALCAN % 10 Jt«l( K A2A 1 ÉBEC SCIENCE / décembre 1982 Sommaire Volume 21, numéro 4 DÉCEMBRE 1982 Ordinateur, qui es-tu?François Picard Tout ce que vous vouliez savoir sur les ordinateurs (et que vous n'avez jamais osé demander).Ou presque.Le prêt-à-porter de l'informatique François Picard Que choisir parmi cet assortiment de microordinateurs que l'on nous offre?Les puces à l'école Jacques Desautels et Denis Therrien Une révolution dans l’éducation?Non, mais un outil d'apprentissage intéressant 0 Les «micro» au boulot René Vézina La machine avait déjà remplacé les bras; cette fois, il s'agit de remplacer les cerveaux Actualités ^Chroniques Post-Scriptum 6 Énergie Fusion : c'est parti ! 8 Bactériologie Les antibiotiques de l'avenir Cancer du sein L'approche non mutilante 10 Joël de Rosnay La biotique pour l'an 2000?12 Sans frontières 56 Musique Un professeur électronique Écologie Le lynx se fait plus discret 58 Filtre au charbon activé Un coup de pouce aux bactéries 60 Neurobiologie Des aiguilles antidouleur 62 Bientôt demain 63 Boîte à livres 64 Courrier 66 En vrac QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1982.ISSN-0021 -6127.Répertorié dans PÈRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GU 2R1 TéL: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de: CPPA © Copyright 1982 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés. VOICI DEUX NOUVELLES FAÇONS DE RÉSOUDRE VOS PROBLÈMES GRÂCE À HEWLETT PACKARD n n i n n [TTci U U nsc l.U U HP-11C _____________ _ _ f ng « ; > OEPBïOft'H'N - SOYD DB |SST | |GTO| | 5IN | ^COs| | TAN | |EEX | fïIPPFIFa HP-12C «ÿ| [ÇLJÇl H E W LETT PACKARD $1 58.95 HP-11C UNE PROGRAMMATION ÉLABORÉE AVEC: • 63 étapes et 21 mémoires adressables ou 203 étapes de programmation et 1 mémoire adressable.• 4 niveaux de sous-routines.• Enregistrement indirect (1).• 5 clés à définir (A-E).GÉNÉRATEUR DE NOMBRES ALÉATOIRES FONCTIONS HYPERBOLIQUES FONCTIONS SCIENTIFIQUES FONCTIONS STATISTIQUES HP-12C UNE PROGRAMMATION AVEC: • 8 étapes de programmation et 20 mémoires adressables ou 99 étapes de programmation et 7 mémoires adressables.CALCULS DE: • Prixetdatesà l’échéanced’obliga-tions.• Taux internes de rentabilité.• Taux d’hypothèques.• Dépréciation.• Intérêts pour période différée.FONCTIONS STATISTIQUES AUTRES CARACTERISTIQUES - Boîtier mince - Affichage à cristaux liquides - Mémoire continue afin de conserver les programmes et les données - Fonctionnement avec piles alcalines ou à l’oxyde d’argent.AUSSI DISPONIBLES: HP-32E ($102.95), HP-37E ($141.95), HP-41C ($308.95), HP-41CV ($428.50).Une réduction supplémentaire est accordée à nos membres.Des dépliants détaillés sont à votre disposition.Pourquoi payer plus cher ailleurs?Venez nous voir.* Commandes postales acceptées avec chèque visé, prière d’ajouter la taxe de vente provinciale [9%] et les frais d’expédition de $4.00 [$6.00 pour les modèles de plus de $200.].nies prix sont sujets à changement sans prèevis» COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE LOCAL C-106 Ecole Polytechnique Campus de l'Université de Montréal C P 6079, Suce.«A» Montréal H3C 3A7 Tél : (514) 344-4841 CHEMIN DE POLYTECHNIQUE -J COTE NEIGES U i/î QUEEN MARY O O ÈBEC SCIENCE / décembre 1982 5 3UEBE( SCIENCE DIRECTION: Jean-Marc Gagnon, directeur général ÉDACTION: ean-Pierre Rogel, rédacteur en chef iane Dontigny, adjointe à la rédaction iliane Besner, Luc Chartrand, jAndré Delisle, François Picard, Vonik Tanneau [collaborateurs réguliers ; PRODUCTION GRAPHIQUE: Richard Hodgson (conception graphique) ndrée-Lise Langlois (réalisation graphique) [Alain Vézina (photo couverture) Raymond Robitaille (typographie) Litho Acme inc.(séparation de couleurs) Imprimerie Canada inc.(photogravure et impression) COMMERCIALISATION René Waty, responsable Marie Prince, publicité i Nicole Bédard, abonnements iiMessageries Dynamiques [(distribution en kiosques) Presses de l'Université du Québec Québec Science (Abonnements — - Canada : Spécial : (2 ans / 24 nos): 40,(X) $ Régulier : (1 an / 12 nos): 23,00$ Groupe: (10 et plus — 1 an): 21,00$ À l’unité: 2,95$ I1 À l’étranger: Régulier: (1 an / 12 nos): 32,00 $ À l’unité: 3,50$ Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l’ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier du QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le ministère de l’Éducation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président vice-président — Division du Québec Conseil de la langue française Michel Plourde président Control Data Canada George J.Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée Longueuil, P.Q.Recherches Bell Northern M.André J.Beauregard vice-président adjoint Laboratoire de Elle des Sœurs SCRIPTUM Il y a seulement dix ans, le mot «ordinateur» évoquait ces gros bahuts encombrants, dévoreurs de cartes perforées et cracheurs de flots de papier, apanage des grandes entreprises.Aujourd'hui, il évoque plutôt ces petites machines portatives qu'on vend partout dans les magasins populaires d'électronique, au coin de votre rue.Un clavier, un petit écran, un ou deux éléments de la grosseur d'une boîte à chaussures, et vous avez une machine aux performances étonnantes, souvent comparables à celles des gros bahuts de jadis.Quant aux prix, ils ont chuté à grande vitesse: on vend depuis quelques semaines sur le marché un microordinateur complété moinsdeSOO $, capable de faire ce que d'autres ordinateurs faisaient il y a deux ans à quatre fois plus cher.Cette explosion technologique se déroule dans une grande confusion de l'information pour le grand public.Que sont ces machines?Quels services peuvent-elles rendre, à quels coûts?Quelles applications auront-elles demain?Il était temps d'essayer de répondre à ces questions, qui nous venaient autant de nos lecteurs et lectrices que de nos propres observations de l'actualité.Pour ce faire, nous avons choisi de centrer notre effort sur la micro-informatique, le domaine des petits ordinateurs individuels destinés au grand public.Fidèles à une certaine tradition de vulgarisation (déjà!), nous avons tenté d'expliquer les principes de ces machines avant d'aborder leurs applications.Notre collègue François Picard était tout désigné pour travailler sur ce grand dossier.Archéologue de formation, François Picard est aussi un collaborateur de longue date de Québec Science sur les questions de technologie et il est le titulaire de la chronique mensuelle Bientôt demain.C’est sur son micro-ordinateur per- sonnel, installé chez lui en pleine campagne, que notre collaborateur a composé son texte.Cet ordinateur lui a d'ailleurs servi de terrain d'essai pour s'initier lui-même à l'informatique et particulièrement à la programmation.Il s'en sert régulièrement pour le traitement de textes (une tâche importante pour tout journaliste), pour la consultation de banques de données scientifiques et pour sa gestion personnelle.«En tant que professionnel travaillant très souvent à la maison, le microordinateur est pour moi un instrument très utile.Je n'arriverai plus à m'en passer!» avoue Picard.Jacques Desautels et DenisTher-rien, qui signent un article sur l'enseignement et l'informatique, sont tous deux professeurs au département de didactique de l'université Laval.Desautels est l'auteur de Êcole+science-échec et DenisTher-rien se spécialise, quant à lui, dans le travail pédagogique à l'aide du microordinateur.« Les défis en ce domaine sont énormes, affirme-t-il, surtout en matière de logiciels.Et c'est le moment de les relever.» L'article qui complète ce numéro spécial est signé par René Vézina, qui suit depuis quelque temps le dossier de la télématique pour Québec Science (voir notamment le numéro de juillet, pages 14 et 15 et page 46).Il complète ce tour d'horizon en s'attachant particulièrement aux conséquences de l'informatisation sur le marché de l'emploi, à l’aide des études disponibles.Car s'il est utile de décrire les machines et leurs applications, il est aussi important de présenter les choix qu'elles nous permettent, précisément pour choisir en connaissance de cause.Sinon le virage informatique à prendre risque de se transformer en dérapage plus ou moins contrôlé. 6 décembre 1982 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS ENERGIE FUSION: C'EST PARTI! Au cours des prochaines semaines, l’Institut de recherches en électricité du Québec (IREQ) lancera, auprès des industriels québécois, une série d’appels d’offres de première importance, pour la fourniture d’équipements spécialisés pour le Tokamak de Varennes, près de Montréal.Les plans de cette toute première machine à fusion thermonucléaire de conception canadienne sont maintenant prêts, et la construction devrait effectivement commencer l’automne prochain.D’ici là, c’est donc du côté des fournisseurs Une vue, en coupe, du futur appareil Tokamak de Varennes.de technologie de pointe que se concentrera le programme canadien de fusion : système d’alimentation électrique de très grande puissance (50 mégawatts) ; électro-aimants ; chambre à vide à double paroi ; appareils de mesure spécialisés, etc.Après deux ans d’études de conception, c’est donc maintenant que commence réellement l’aventure thermonucléaire canadienne.Un rappel utile: la fusion thermonucléaire, c’est la réaction atomique qui s’opère au cœur des étoiles, et fournit l'essentiel de l'énergie de l’univers.Sous l’effet des forces gravitationnelles énormes, les atomes d’hydrogène se heurtent les uns les autres, et se fusionnent parfois pour donner de l’hélium ou des corps plus lourds.C’est cette fusion qui libère d’énormes quantités d’énergie excédentaire.Sur Terre toutefois, l’attraction gravitationnelle ne suffit pas à fusionner l’hydrogène.Et comme les noyaux de ce gaz, chargés positivement, se repoussent au contraire, il faut une force inouïe pour vaincre cette répulsion naturelle.Jusqu’ici, on n’a réussi à libérer l’énergie de fusion qu’en plaçant de l’hydrogène en plein cœur d’une.bombe atomique! C’est la recette de la terrible bombe H.Deux voies s’ouvrent toutefois désormais pour domestiquer de façon plus pacifique cette énergie inépuisable : soumettre des gouttelettes d’hydrogène au feu intense de multiples rayons lasers, ou chauffer un gaz d’hydrogène en le confinant de force dans un champ magnétique très puissant.Si la première solution apparaît plus séduisante, elle a l’incon- * /I0 J- vénient de provoquer des micro-explosions, et de fonc- i tionner de manière discontinue.Au contraire, le confinement magnétique de plasmas à très j haute température offre la I possibilité d’un fonctionnement continu (voir Québec Science, juin 1979, pp.34 à 42).Tout au long des années 70, les progrès les plus saisissants dans ce domaine de la fusion thermonucléaire ont été réalisés à l’aide de machines de conception soviétiques, les Tokamaks : une chambre à vide en forme de beignet est enfermée dans une véritable cage d’électro-aimants ; le courant généré à l’intérieur par les aimants suffit à surchauffer l’hydrogène, et à le confiner pendant quelques fractions de seconde.Au cours des années 1984 et 1985, quatre très grands dispositifs devraient, à quelques mois d’intervalle, entrer en opération, et libérer pour la première fois plus d’énergie que n’en consomment ces for- 1 midables machines.Ce sont le TFTR (Tokamak Fusion Test Reactor) de Princeton, aux États-Unis, le JET (Joint European Taurus) construit en Angleterre, le JT-60 japonais, et le T-15 soviétique.À côté de ces machines de grandes dimensions, le petit Tokamak de Varennes ne fera certes pas le poids.Le «beignet» aura moins de deux mètres de diamètre, avec une chambre à vide de un demi-mètre de section.Le tout pourrait tenir en somme dans une petite chambre.Pourtant, pour l’industrie québécoise, ce pro- , totype fournira une occasion unique d’entrer dans un secteur de pointe qui pourrait générer des milliards de dollars en retombées économiques, au tournant du prochain siècle.Sur le plan scientifique, le Tokamak de Varennes présente aussi des originalités susceptibles d’attirer l’attention des chercheurs du monde entier: pour la première fois en effet, m rc ut::: :s ïr.;; le a lit Un tap » - if:.; imp:: il ni lei tei : ¦ Mm UÉBEC SCIENCE / décembre 1982 7 1 *' Ji.n réacteur à fusion sera ali-! nenté directement à partir du ee Jéseau électrique «commer-jial», plutôt que d’avoir ses : propres accumulateurs.L'exis-rc • tence du laboratoire de grande » puissance de l’IREQ, capable te ; le générer des courants de plu-peurs millions de watts, rendait possible ce défi.SSE I; Autre originalité : bien quelle fusil te libérera jamais autant f» l’énergie qu’elle en consom-isi tnera, cette machine expéri-, i mentale fonctionnera en con-ssï i inu pendant des durées de 30 fà t secondes, et cela permettra 'O* |l'étudier l’accumulation des gi impuretés, lorsque des atomes si " lu plasma d’hydrogène vien- dront heurter les parois internes de la chambre à vide.Ce problème des impuretés risque d’être une des pierres d’achoppement des premiers réacteurs commerciaux de fusion ther-monucléaife, et l'expertise canadienne deviendra alors cruciale.Enfin, le futur Tokamak de Varennes sera rapidement démontable (une autre première) afin de permettre la mise à l’essai successive de divers matériaux pour le recouvrement des parois, ainsi que de multiples appareils de contrôles destinés éventuellement à assurer le fonctionnement en régime continu des réacteurs commerciaux.Ce seul aspect pourrait placer les fournisseurs québécois de systèmes de contrôles et mesures en position de leadership, lors de l’avènement des centrales de première génération.Annoncé officiellement en janvier 1981, le programme canadien de fusion est financé grâce à un accord parachevé en septembre dernier entre le Conseil national de recherches du Canada et l'IREQ, qui financeront à parts égales des investissements de 37,5 millions de dollars au cours des trois prochaines années.La machine devrait être en opération à l’automne 1984.Sa conception a été confiée à un consortium regroupant, outre l'IREQ, des chercheurs de l’INRS-Energie (Université du Québec), de l’Université de Montréal, de la firme de génie-conseil nucléaire Canatom, et de la société MPB Technologies (qui regroupe les anciens chercheurs de RCA, demeurés à Montréal après l'exode de cette société vers l'Ontario).Pierre Sormany Luniversité: école supérieure qui propose aux étudiants des cours de distraction, de rêverie, ou des changements d'humeur.Alain Finkielkraut :f0 u si»' If foi» 6 ¦ Énergie, Mines et I Ressources Canada Energy, Mines and Resources Canada / •f ?0“ Vu le rythme vertigineux auquel se succèdent les progrès technologiques, c’est souvent l’application de cette nouvelle technologie qui traîne de la patte.Au Centre canadien de la technologie des minéraux et de l’énergie (CANMET), un service d’Énergie, Mines et Ressources Canada, des scientifiques et techniciens s'affairent à réduire l'écart entre le potentiel de la technologie de pointe et son application dans l'industrie canadienne.La séparation magnétique, une technique plusieurs fois centenaire pour le traitement du minerai, est un de ces domaines où les chercheurs de CANMET tentent de marier la nouvelle technologie aux besoins de la société et de l'industrie canadiennes.Des traités du XVIe siècle font allusion à l'utilisation d'aimants pour le traitement du minerai de fer.Ce n’est cependant qu'au siècle dernier qu'un chercheur danois découvrait, tout à fait par accident, le potentiel énorme du mariage de l’électricité au magnétisme.Un grand nombre de modèles de séparateurs électromagnétiques ont été mis au point depuis le début du siècle pour l’élimination des débris ferreux, la purification du sable utilisé pour la fabrication du verre, ou bien pour la concentration de /.Il , s s * s s s fa “ *»#*** r® «J 4 O « 11 -i t s « v v 9 .9 9 ¦ » I sala minéraux ferromagnétiques, mais jusqu'à tout récemment, il s'agissait d'appareils volumineux, requérant beaucoup d'énergie.Plusieurs modèles de ces énormes séparateurs, qui peuvent traiter jusqu'à 100 tonnes de minerai à l'heure, sont encore utilisés en Europe.Les premiers séparateurs magnétiques à très haute intensité ont vu le jour au début des années 70.Ayant établi que le refroidissement d'un électro-aimant en augmentait sa puissance tout en réduisant sa consommation d'énergie, la société Magnetic Engineering Associates a mis au point le premier séparateur refroidi à l'eau et doté de mécanismes de contrôle électroniques.Le CANMET a fait l'acquisition, en 1978, du premier séparateur magnétique à haut gradient au Canada.Depuis lors, divers essais ont permis d'identifier des applications possibles pour des entreprises canadiennes.La société Bombardier par exemple, qui utilise le sable pour apprêter le métal, envisage de recourir à la séparation magnétique pour recycler ce sable en le débarrassant de ses débris ferreux.Le CANMET envisage d'acquérir un nouveau modèle de séparateur dont le rendement est encore plus élevé.Puisque la température des circuits électromagnétiques est maintenant près du zéro absolu, ces nouveaux séparateurs magnétiques cryogéniques ont une puissance qui, il y a à peine quelques années, était inimaginable.Certains n'hésitent pas à affirmer que la séparation magnétique par supraconduction et haut gradient pourrait révolutionner le secteur du traitement des minerais, comme l'avait fait, au début du siècle, l'avènement du processus de flottation.Les applications possibles dépassent cependant la métallurgie.Dans une période où le recyclage devient de plus en plus une nécessité économique et la protection de l'environnement prend une importance grandissante, ces séparateurs pourraient devenir des outils précieux dans la purification des eaux et des déchets industriels.On peut obtenir des renseignements supplémentaires sur la séparation magnétique à très haute intensité en s'adressant à : Communications EMR 580, rue Booth OTTAWA, Ontario K1A0E4 (613)995-3065 Le séparateur magnétique à haut gradient aux laboratoires de CANMET, à Ottawa. 8 décembre 1982 / QUÉBEC SCIENCE /ACTUALITÉS BACTÉRIOLOGIE LES ANTIBIOTIQUES DE L'AVENIR Qui n’a pas eu, à un moment ou à un autre de sa vie, une petite dose de pénicilline ! Longtemps considérée comme une panacée, la bonne vieille pénicilline a cependant perdue des plumes depuis quelques années avec l’apparition de souches bactériennes résistantes.Si elle n’est plus d’attaque comme à la belle époque, elle n’en reste pas moins un antibiotique de premier choix pour nombre d’infections bénignes, surtout celles causées par des bactéries à Gram positif, peu aptes à développer des résistances, par exemple les pneumocoques et les streptocoques.Toutefois, le monde des antibiotiques a fait des petits au cours des dernières décennies.«Ces nouvelles générations d’antibiotiques ont permis à l’arsenal thérapeutique de faire un pas de géant depuis les 20 dernières années», a souligné Michel G.Bergeron, directeur du département de maladies infectieuses au Centre hospitalier de l’université Laval, dans le cadre du 5 le congrès du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.D’abord, de nouveaux membres de la famille des pénicillines sont venus s’ajouter, notamment l’ampicilline.Cette dernière échappe davantage à l’action de certaines enzymes, comme les bêta-lactamases qui, sécrétées par la bactérie résistante, détruisent la partie active de la molécule antibiotique et en annulent ainsi l’effet.Pour déjouer les bactéries développant de plus en plus de résistances, on a mis au point de nouveaux antibiotiques ou de nouvelles générations d’antibiotiques capables de déjouer les mécanismes de défense d’un ennemi en constante évolution.La classe des céphalosporines compte parmi les antibiotiques les plus prometteurs : un spectre d’activité très large, une résistance plus grande aux enzymes bactériennes et une demi-vie plus longue qui permet de changer la pharmacologie de l’antibiotique.Ainsi, l’administration d’une dose par jour seulement peut être suffisante.La première céphalosporine est arrivée sur le marché en 1964.Depuis, il en est apparu 14 nouvelles, dont sept au cours des trois dernières années.Et il y en aurait actuellement 18 autres à l’étude.C’est dire la cote de popularité de ces générations d’antibiotiques.La famille des céphalosporines a l’énorme avantage de ne pas être toxique pour l’organisme comme c’est le cas, par exemple, pour les aminosides, une famille d'antibiotiques particulièrement toxiques pour le rein.Mais l’ombre au tableau, c’est leur coût, environ quatre fois celui des aminosides.Il faut en effet « bricoler » en laboratoire plusieurs milliers de molécules de céphalosporines avant d’en mettre quelques-unes sur le marché.«En principe, les céphalosporines ne doivent pas être utilisées comme antibiotiques de première ligne ou de premiers soins, signale Michel G.Bergeron.Elles sont indiquées surtout pour des infections sévères ou mixtes et peuvent éviter d’avoir à combiner deux antibiotiques.Et, dans certains cas, les céphalosporines remplacent avantageusement les aminosides.Pour la plupart des infections mineures, il semble cependant que ce soit encore la famille des pénicillines qui ait le rapport coût/ efficacité le plus intéressant.» Les céphalosporines offrent pour leur part la stratégie antibiotique de l’avenir mais, à la vitesse où ces antibiotiques arrivent sur le marché, indique Michel G.Bergeron, il faudra bientôt des «céphalosporino-logues » pour indiquer au médecin laquelle il est préférable d’administrer dans une situation donnée.La méthode du «pifomètre» risquera peut-être d’entraîner abus ou mauvaise utilisation de cette nouvelle génération très prolifique d’antibiotiques.Ginette Beaulieu r L'activité physique.Le meilleur maquillage qui soit! V La mouvamant Canadian du Uan-étra phyalqua.Médecine mc eill_________________________ Des diplômés très demandés Fonderies d’aluminium, usines d’objets métalliques, mines d’amiante, hôpitaux et tours à bureaux, partout on retrouve des chercheurs de l’Institut de médecine et de sécurité du travail de McGill occupés à évaluer l’effet des poussières, fibres, vapeurs et bruits ambiants sur la santé des travailleurs.Certains de ces chercheurs sont des étudiants inscrits aux diplômes en hygiène du travail ou en santé au travail de l’Institut.Depuis 1979 en effet, on offre à McGill ces deux programmes d’études d’un an aux titulaires d'un BSc en biologie, chimie, physique, psychologie et sciences infirmières de même qu’aux médecins et aux ingénieurs.“La demande pour nos diplômés s’accroît rapidement’’, révèle le docteur Corbett McDonald, directeur de l'Institut.“Et elle demeurera élevée, car il faut multiplier de beaucoup le nombre actuel de ces spécialistes au Québec si l’on veut être en mesure de pourvoir en personnel compétent tous les services de médecine du travail que les départements de santé communautaire, les commissions de santé et sécurité au travail et certaines grandes entreprises sont tenus d’ouvrir, de par la loi de santé et sécurité au travail.” Des nourrissons aux vieillards Quelle mère d’un enfant prématuré ne s’est pas inquiétée de l’inactivité de son nourrisson lorsqu’elle le compare à un bébé du même âge, né à terme."Si votre nourrisson a maintenant trois mois et qu’il est né deux mois avant terme, il a effectivement un mois comme âge chronologique.Nous nous attendons donc à ce que son développement soit analogue à celui d’un enfant d’un mois.” Cette affirmation rassurante est tirée d’un dépliant que l’École de physiothérapie et d’ergothérapie de McGill destine à toutes les mères dont les nouveaux-nés ont fait un séjour dans les unités de soins intensifs néo-natals du Royal Victoria, pour les inviter à participer avec leur enfant à une étude sur les effets d’une physiothérapie précoce sur le développement moteur des nourrissons.Une autre recherche, dirigée par un ingénieur de l'École, en collaboration avec des spécialistes de l’hôpital Ste-Justine, devrait mener sous peu à la mise au point d’une nouvelle orthèse grâce à laquelle les enfants souffrant de la dystrophie musculaire de Duchenne seront capable de marcher.Enfin, deux importants projets de recherche concernent les personnes âgées, atteintes de la maladie de Parkinson.Publi-reportage i ¦ QUÉBEC SCIENCE / décembre 1982 CANCER DU SEIN L'APPROCHE NON MUTILANTE Plus de 75 pour cent des femmes chez qui on diagnostique un cancer du sein pourraient conserver leur sein sans diminuer pour autant leur chance de survie.C’est ce qu’a affirmé à l’occasion du 51e congrès du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, Roger Poisson, directeur du service de chirurgie oncologique à l’hôpital Saint-Luc de Montréal, qui s’intéresse depuis 12 ans à une nouvelle approche dans le traitement chirurgical du cancer du sein.Il compte parmi les pionniers d’une technique de chirurgie dite non mutilante qui vise à conserver le sein entier le plus souvent possible, «en enlevant ce qu’il faut sans plus », car, pour lui, « plus n’est pas nécessairement mieux ».Pourtant la mastectomie radicale est encore très répandue chez nous.Mais il y a lieu d'espérer, car l’approche non mutilante commence depuis quelques années à gagner du terrain.La chirurgie sélective pratiquée, entre autres, par Roger Poisson consiste à enlever la tumeur du sein en déformant le moins possible la glande.L’opération laisse généralement le sein à peu près intact.Et on s’assure d’enlever une marge de tissu sain au pourtour de la tumeur.Cette technique raffinée permet également d’extraire les ganglions envahis grâce à une dissection de l’aisselle, et ce sans laisser de gros bras ou d’épaules ankylosées comme c’est parfois le cas avec la chirurgie radicale.L’équipe de Roger Poisson a suivi, sur une période moyenne de huit ans, 233 patientes qui avaient dû être traitées, de 1970 à 1976, pour une lésion maligne au sein.Cette étude pilote montre que le sein a été préservé dans plus de 90 pour cent des cas.L’analyse des résultats révèle également que le taux de survie chez les patientes ayant subi une chirurgie sélective (exérèse) est comparable, à stade de maladie égal, au taux de survie des femmes à qui on avait enlevé tout le sein.«Ce traitement non mutilant peut même augmenter le taux de survie en encourageant les femmes à consulter plus tôt, celles-ci ayant moins peur de perdre leur sein», signale Roger Poisson.Mais, convient-il, lorsque la tumeur est grosse ou difficile à localiser, la mastectomie reste alors la meilleure solution.Pour ce spécialiste, la survie de la patiente atteinte de cancer du sein ne tient pas seulement au traitement local (chirurgie), dans la mesure où l'on contrôle le cancer localement, car la véritable bataille se livre à distance, c’est-à-dire contre les micrométastases.C’est pourquoi il faut doubler le traitement chirurgical d’un traitement systémique pour mer les colonies cancéreuses qui peuvent avoir élu domicile dans le foie, les os, les poumons.On met de plus en plus l'emphase sur ce genre de traitement systémique, notamment la chimiothérapie.«Une meilleure compréhension de la biologie du cancer nous a permis de faire des pas de géant en matière de traitement», fait valoir Roger Poisson.En évitant la mutilation, la chirurgie sélective apparaît comme une alternative à la mastectomie on ne peut plus souhaitable et constitue une nette amélioration de la qualité de vie.Ginette Beaulieu LE CLUB DES PETITS DÉBROUILLARDS petitj pé&zcuiu, T X ous les «petits débrouillards» intéressés peuvent se joindre au Club des petits débrouillards et recevoir chaque mois le journal «JE ME PETIT-DÉBROUILLE» dans lequel on retrouve des expériences inédites du professeur Scientifix, des jeux scientifiques, le courrier du professeur et des articles sur les loisirs scientifiques.De plus, les membres du club bénéficient de tarifs réduits sur l'achat de volumes et de revues, reçoivent une carte de membre et peuvent participer à des activités spéciales.Le Club des petits débrouillards est une collaboration du Service Hebdo-Science et du Conseil de développement du loisir scientifique.Pour devenir membre du Club des petits débrouillards, recevoir chaque mois le journal «JE ME PETIT-DÉBROUILLE» et bénéficier des autres avantages réservés aux membres : Nom.Adresse .Je désire devenir membre du Club des petits débrouillards ?premier abonnement dans la famille 5 $ ?second abonnement dans la famille 1 $ Total: ?chèque ?mandat (à Tordre du Club des petits débrouillards) au montant de: Conseil de développement du loisir scientifique 1415, Jarry Est, Montréal H2E 2Z7 10 ACTUALITÉS JOËL DE ROSNA Y LA BIOTIQUE POUR L'AN 2000?Joël de Rosnay est de toutes les révolutions, quelles soient systémique, biologique ou informatique.Et il entrevoit aujourd’hui l’essor de la biotique, carrefour des récents développements en biologie et en informatique.Les organisateurs du colloque Augustin Frigon ont dû ouvrir les cloisons extérieures de l’amphithéâtre de l’École polytechnique: une demi-heure avant l’arrivée de Joël de Rosnay, la salle était remplie.L’«homme symbiotique» — thème de la conférence — a attiré de nombreux étudiants et professeurs et même d’éternels étudiants, tel Raoul Duguay, à l’affût d’inspirations scientifico-poétiques.Qu’y a-t-il donc de commun entre le biologique et l’informatique, entre l’homme et la machine, pour que Joël de Rosnay parle de symbiose?D’abord, des langages.Le langage de la vie, inscrit dans le code génétique, est un langage linéaire.Ainsi, dans l’ADN, une séquence donnée de bases azotées sera le code correspondant à telle protéine.Un peu à la façon des lettres qui s’additionnent pour former des mots.De telle sorte qu’ayant appris à décoder ce langage biologique, on a aussi appris à le lire.Et des machines à lire les protéines — les séquenceurs — sont apparues dans tous les laboratoires de recherche.Il existe même un atlas mondial de séquences de protéines, un dictionnaire du biologique en quelque sorte.De là à fabriquer des machines à écrire les gènes, il n’y avait qu’un pas.Et, en 1980, la société Bio-Logicals de Toronto mettait sur le marché une machine qui pouvait fabriquer en quelques heures des fragments de gène artificiel.Toutes ces informations biologiques stockées sur des machines permettent un traitement d’information inespéré jusqu’à maintenant.On peut trouver des séquences communes dans plusieurs virus oncogènes, par exemple.On peut aussi retracer l’origine de certaines espèces par une analyse automatique des gènes.Toutes ces possibilités de traitement de l’information gravitent autour de quatre symboles équivalant aux quatre bases entrant dans la constitution de l’ADN : A pour adénine, T pour thymine, C pour cytosine et G pour guanine.Ce qui permet de penser que, peu à peu, on sera amené à développer un nouveau langage de programmation de la biologie, un Fortran ou un Basic de la biologie, si on veut.Mais il y a plus.En microélectronique, les unités de stockage d’information, les puces, sont fabriquées actuellement sur une base de silicium.Mais elles pourraient être biologiques, à l’avenir.Des brevets ont déjà été pris aux États-Unis pour fabriquer des micro-circuits sur la base de macromolécules biologiques ayant des propriétés de semi-conducteurs.Ces «bio-puces» auraient des capacités de stockage d’information assez extraordinaires, ce qui semble peu négligeable dans la mesure où on est sur le point d’atteindre les limites des circuits intégrés actuels.Ainsi, d’affirmer Joël de Rosnay, l’information contenue dans toutes les mémoires d’ordinateur disponibles actuellement pourrait tenir dans des «bio-puces» de un centimètre cube ! De plus, ces molécules décembre 1982 / QUEBEC SCIENCE Les possibilités des supraconducteurs organiques ont enthousiasmé Joël de Rosnay pour la biotique.Ci-haut, dans l’ampoule, autour de l’électrode, des bâtonnets de (TMTSF)2PF6, le premier matériau organique dont les propriétés supracon-ductrices ont été mises en évidence à Orsay.pourraient s’usiner elles-mêmes, grâce aux propriétés d’auto-assemblage des cellules.Mais là où se distinguerait cet ordinateur biologique, c’est dans ses rapports avec l’homme, être biologique par définition.Car ces « puces » biologiques pourraient éventuellement redonner la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds ou même la mémoire à ceux à qui leurs souvenirs jouent de mauvais tours.Incorporées à l’individu, elles agiraient comme senseurs pour détecter les baisses subites d’insuline chez les diabétiques ou les insuffisances cardiaques chez d’autres.Mais ce scénario de l’homme branché sur ses senseurs biologiques, eux-mêmes branchés sur tout un réseau biotique, n’est pas pour demain: dans 10 ou 15 ans peut-être.Cependant, comme le rappelle Joël de Rosnay, les chercheurs n’avaient prévu de ¦ ¦; ISC-K QUÉBEC SCIENCE / décembre 1982 f 11- prototype de machine automatique à synthétiser les gènes que pour l'an 2000, alors que de telles machines sont aujourd’hui opérationnelles.Il aime aussi citer la réflexion de ce moine du temps de Gutenberg : «L'imprimerie n’a aucun sens parce que personne ne sait lire!» Et il ajoute: «Je ne suis pas là pour évaluer s’il est souhaitable socialement que de tels développements aient lieu; je suis là seulement pour faire état des recherches qui ont cours actuellement dans les laboratoires.» C’est un vulgarisateur chevronné qui n’aime pas s’aventurer dans les débats politiques ou moraux : « Il y a des gens beaucoup plus compétents que moi pour faire ce genre de réflexions, ajoute-t-il.Moi, je n'arrive à bien parler des choses que quand j’ai développé un enthousiasme personnel vis-à-vis de ces choses.C'est ce qui me motive!» Et il enchaîne sur sa vision d'une société réticulaire où chaque individu est lié, via son terminal à domicile, à toute l'information disponible à l'échelle internationale.La maison devient le ganglion de base de tout un réseau de capillaires interconnectés les uns aux autres : c’est un domicile cybernétique ! Oui, Joël de Rosnay est enthousiaste.Et tout fraîchement initié aux merveilles de 1 informatique depuis qu’il s’est procuré un micro-ordinateur avec lequel il peut, de chez lui, avoir accès à des banques de données et traiter de l’information.Ce n’est sans doute pas étranger au fait que l’informaticien ait pris le pas sur le biologiste, dans sa récente conférence.Qui, de l’homme ou de la machine, l’emportera ?Une seule chose est sûre, et c est Raoul Duguay qui l'a résumée : « Tout est dans tout.» Et, d ajouter Joël de Rosnay: «Et réciproquement.» Liliane Besner 11 La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous? Offre spéciale * Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 32 dollars canadiens au lieu de 44 dollars.nom__________________________________________________________ adresse______________________________________________________ pays_________________________________________________________ à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4N 1S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité. ¦: 12 décembre 1982 / QUÉBEC SCIENCE 0.!s par Bernard Giansetto L'HOMME QU! VEUT REFROIDIR VÉNUS Refroidir la planète Vénus pour la rendre habitable par l’homme, est l'un des projets présentés au 33e congrès international d'astronautique qui s'est tenu à Paris cet automne.Son auteur, Christian Marchai, affirme avoir soigneusement étudié la possibilité de réaliser cette transformation.Vénus, la «jumelle de la Terre», a longtemps été considérée comme la planète la mieux adaptée à un peuplement éventuel.Si les deux «sœurs» ont la même masse, approximativement le même volume, leurs atmosphères diffèrent sensiblement: composée à 96 pour cent de gaz carbonique, l'atmosphère vénusienne a une pression 90 fois supérieure à la nôtre et une température au sol de 460° C.Cependant, d'après les observations des sondes, la quantité de carbone, élément indispensable à la vie, y est du même ordre sur Vénus que sur Terre, même si la forme diffère: gaz dans un cas, charbon, pétrole, calcaire.dans l'autre.M.Marchai explique que puisque la différence d'équilibre entre les roches et le gaz carbonique sur les deux planètes s'explique par la différence de température, il suffit de rompre cet équilibre en refroidissant Vénus.Pour ce faire, le moyen le plus efficace consisterait à intercaler, entre celle-ci et le Soleil, un nuage de poussières suffisamment dense pour en filtrer les rayons.Ce nuage serait obtenu à partir d'un météorite que l'on intercepterait et que l'on ferait exploser, à l'aide d'une bombe atomique par exemple.La poussière se satelliserait alors sous forme d'un anneau qui pourrait assurer un refroidissement de un à trois degrés par semaine, ce qui serait suffisant pour obtenir une température «vivable» en quelques années.(Agence France Presse) ¦ Sans frontières 1 ™l n BON JUSQU'AU DERNIER GÈNE Le café, produit qui occupe aujourd'hui la seconde place en valeur du commerce mondial après le pétrole, fait actuellement l'objet d'intenses recherches visant à son amélioration génétique.On espère ainsi accroître la production et la qualité du café, sélectionner des variétés résistantes aux maladies et à certains climats, produire un grain moins chargé en caféine et mécaniser la récolte.À titre d'exemple, le potentiel de production de certaines souches cultivées en Afrique atteint maintenant deux à trois tonnes à l'hectare, soit cinq à dix fois la production moyenne des exploitations rurales traditionnelles.On assiste actuellement à une intensification de la prospection des plants sauvages afin de constituer des collections vivantes qui permettront d'enrichir le «pool» génétique.On exploite le mode !ll| liil Î.Mi « tl!(| I tej | SS( " tefe ^ pu fil ¦rl fcs de reproduction de chaque espèce pour créer des variétés de structure génétique différente.Mais dans bien des cas, il ne faut pas espérer longtemps encore collecter des I *0' ,NÎ^ ,/ .il»11' I petite échelle, ce qui les rend peu pratiques pour une quelconque fonction de traitement de textes.Le HHC a au minimum 1K de RAM qui peut être étendu à 50K avec des modules additionnels.Le PC-2 et le PC-1500 sont en fait les deux mêmes appareils mais présentés avec un clavier différent.Ils disposent au départ de 2,6K de RAM que l'on peut étendre à 1 6K avec des modules.Aux environs de 300 $ pour leur modèle de base, les appareils de Radio-Shack et Sharp sont moitié moins chers que celui de Quasar.Le principal handicap de ces micro-ordinateurs est leur petit écran à cristaux liquides qui ne permet de ¦— j2 h S ^__ voir que quelques chiffres ou quelques mots à la fois.D'un autre côté, on remarque que les périphériques en font des systèmes assez chers.Ainsi, un HHC avec 16K de RAM et une imprimante revient déjà à 1 600 $, ce qui est le prix d’un microordinateur avec écran de même puissance.EN PASSANT PAR LES 500 $ La gamme des 500 $ est pour l'instant la plus intéressante.Les deux principaux modèles sont le VIC-20, bientôt remplacé par le Commodore 64, et le TRS-80 Couleur de Radio-Shack.Le principal argument de vente du modèle de Commodore semble être que l'acheteur peut avoir chez lui un micro-ordinateur pour le même prix qu'un jeu électronique.Pour une mise de fonds de 500 $, on peut disposer d'un véritable microordinateur de 5K de RAM pour le VIC-20 et de 16K de RAM pour le TRS-80 Couleur.Dans les deux cas, la mémoire vive des ordinateurs peut être portée à 32K.On peut aussi leur ajouter des lecteurs de disquettes, mais il faut réaliser que les périphériques augmentent très rapidement le prix de ces appareils.Les deux micro-ordinateurs fonctionnent en huit couleurs de base, 30 décembre 1982 / QUEBEC SCIENCE SINCLAIR Quelques-uns des micro-ordinateurs disponibles sur le marché: d'abord le Sinclair, de la gamme des 100 $, et le Commodore 64, de la gamme des 500 $.mais on note une résolution maximale supérieure(192> 1 ^ — Au Québec, on ne connaît pas, pour le moment, les intentions gouvernementales.Mise à part la création d'un cours optionnel d'initiation à l'informatique pour le niveau secondaire, il semble bien que si plan il y a, il est fort bien caché.Mais qui sait, notre gouvernement nous réserve peut-être une surprise.Il serait toutefois malheureux que les jeunes Québécois ne puissent avoir accès aux outils d'apprentissage, tel le micro-ordinateur, à cause d'une vision étroite de leurs aînés.Le micro-ordinateur pénétrera inéluctablement dans la classe, un peu à la manière des calculatrices.Les langages se simplifient, les coûts baissent rapidement et rien ne semble faire obstacle à l'envahissement Aux États-Unis, on trouve même des colonies de vacances-informatique.À la colonie de Timbertech à Sunnyvale, en Californie, les jeunes passent au moins quatre heures par jour devant leurs terminaux.À la fin du séjour, ils mettent au point leur propre programme.de la société par les micro-ordinateurs.Dans cette perspective, on ne voit pas comment l'école pourra demeurer longtemps à l'écart.Cette marée technologique ne constitue pas cependant en soi une révolution en éducation.S'il est vrai que les jeunes se familiarisent aussi H rapidement avec l'ordinateur qu'avec la bicyclette, il ne faudrait pas en conclure que l'apprentissage va devenir un jeu ne nécessitant aucun effort.L'apprentissage authentique exigera toujours, au-delà de la familiarité avec un outil, une motivation profonde et soutenue.Le rôle de l'éducateur est précisément d'entretenir cette motivation et de combattre ainsi le mythe de l'apprentissage rendu facile.?Commentnournr les oiseaux autour de chez sw NOURRIR les oiseaux autour DE CHEZ SOI par Normand David et Gaétan DuqueKe, QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR, Quebec 1982, 72 pages ÜIn 2 M0O73-25 4,95$ Ce petit guide illustré, une simple mangeoire et quelques graines, voilà tout ce qu'il vous faut pour vous égayer chaque matin d'un hiver qui s'annonce plutôt sombre.CHEZ VOTRE LIBRAIRE OU VOTRE MARCHAND DE JOURNAUX Le Commodore 64 895$* Une percée technologique.Commodore est le seul à offrir une mémoire intégrée de 64K, une comptabilité avec le CP/M,® des graphiques de haute résolution, un synthétiseur de musique et une gamme élargie de logiciels comprenant les programmes EasyCalc, EasyPlot, EasyFinance, EasySchedule, et ce, pour seulement 895 $.* Venez le voir.Nous vous démontrerons qu'il est unique en son genre.ivmv h marque déposée de Digital Research.Ini ndf pat le labriqiuni Ses possibilités sont Incroyables.Son prix aussi.lundi à mercredi 9 h à 17 h jeudi et vendredi 9 h à 21 h ordinateurs IRISCO Le premier spécialiste des micro-ordinateurs 1990, boul.Charest ouest, Suite 118 Sainte-Foy, P.Q.G1N4K8 (418)683-2468 QUÉBEC SCIENCE / décembre 1982 47 LE JARDIN DU PROFESSEUR SCIENTIFIX Juste à temps pour Noël, le troisième livre de la Collection des petits débrouillards vient de paraître.»t Rolxv-t RJGHÀRDS 51DSTYN IAMP-RICI lions dv JaC W.'.ït'ïïW-j y ' r IMP] .jpTTTT nerfce: Biasi*a ¦r=~- DTEUR Et le petit débrouillard qui aura reçu LE JARDIN DU PROFESSEUR SCIENTIFIX en cadeau et passé une partie de ses vacances à regarder pousser les racines et transpirer les feuilles, risque d'avoir bien plus de merveilleux dans les yeux à la rentrée, que ses amis qui auront épuisé leur énergie nerveux à jouer à la guerre stellaire électronique.Il sera fin prêt pour la culture intérieure de l'ail, des échalottes et des tomates-cerises et, enfin, pour se lancer dans la grande aventure des semis intérieurs et du potager extérieur, si petit soit-il, que lui propose ce livre.JARDINEZ AVEC LE PROFESSEUR SCIENTIFIX, par Huguette Beauchamp et Robert Richard, illustrations de Jacques Goldstyn, QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR, Québec, 1982, ISBN 2-920073-24-9, 154 pages, 14,95 $ EN ETJ5 LES VOYAGES Fi Avec un jeu stratégique sur micro-ordinateur Nos clients s'enrichissent, pourquoi pas vous?•Agréables soirées d’hiver sans sortir de chez-vous •Peut être utilisé par plusieurs personnes • Généralement moins cher qu’ailleurs • Livraison rapide partout au Québec Pour vos belles soirées d’hiver Le nouveau Sensory Chess Challenger “6” Un défi passionnant pour tout joueur d’échecs de novice à intermédiaire.6 niveaux progressifs de difficulté.Temps de réponse rapide.Son superbe échiquier à surface sensitive permet un confort d’utilisation inégalé.Un ordinateur d’échecs semblable se vendait l’année dernière, 300 $ ou plus.Maintenant, prix CERVO 2000: 219,95 $ opère sur 120V ou sur batterie (non incluse).Le nouveau Sensory Chess Challenger “9” Le partenaire des joueurs d’échecs avertis et expérimentés; coté à 1771 (USCF), il offre un programme d’échecs très sophistiqué; échiquier à surface sensitive et lumineux ; retour de 15 coups en arrière; prix CERVO 2000: 324,50 $.Autres modèles disponibles à compter de 89 $ Portatifs - experts - deluxe.Autres jeux stratégiques sur micro-ordinateurs Bridge - Dames (100 ou 64 cases) - Reversi -Tarot - Backgammon.Également le Sinclair ZX 81 (ordinateur personnel) Catalogue gratuit envoyé sur demande (plus de 25 modèles annoncés).Commandes téléphoniques acceptées (514) 276-8615 Généralement livré le lendemain dans votre localité, (Voyageur Express ; livraison gratuite partout au Québec ; marchandise soigneusement inspectée avant expédition).Visa - Master Card - Transfert bancaire -Mandat postal.Ouverture du lundi au samedi (heures normales d’ouverture).Centre Régional de Vente d’Ordinateurs 7225, rue St-Denis, suite 4, Montréal OOOO H2R 2E3 Z W W W (514) 276-8615 CERVO 48 décembre 1982 / QUÉBEC SCIENCE i w.tsui (pâlot La machine avait déjà remplacé les bras; cette fois, il s’agit de remplacer les cerveaux par René Vézina Le patron du journal faisait face à un épineux problème: il était bien tenté d'acquérir l'impressionnante machine qu'on lui proposait et qui pouvait sûrement augmenter sa production, mais il redoutait la réaction de ses employés, en particulier les imprimeurs qui n'apprécieraient sûrement pas de se voir remplacés par un engin mécanique.Et d'abord, comment faire pour installer la chose en question sans éveiller les soupçons?Il décida alors de recourir au stratagème suivant: après avoir monté la machine en secret dans la pièce voisine avec les ingénieurs, il fit savoir aux imprimeurs, un soir, que le journal n'était pas prêt et qu'ils n'avaient pas à se présenter pour leur quart de travail.Sitôt la place désertée par les autres employés, on introduisit l'engin en ordre de marche dans l'atelier.Évidemment, au petit matin, tout le monde fut bien surpris de voir le journal livré à la même heure, alors que l'équipe responsable de l'impression n'avait toujours pas été appelée! L'explication connue, on organisa sur-le-champ la riposte: et devant la perspective inévitable d'un affrontement qui empoisonnerait la situation, patron et employés finirent par en arriver à un compromis qui laisserait la machine en place, mais qui accorderait aussi aux ouvriers déplacés plein salaire jusqu'à ce qu'ils se soient trouvés un nouvel emploi.Comme le dit la chanson, c'est une histoire vraie, sauf quelle ne date pas d'hier comme on serait porté à le croire.En fait, il s'agit là d'un des épisodes de la Révolution industrielle, survenu il y a exactement 171 ans à Londres, alors que les dirigeants du Times décidaient de moderniser leur entreprise en adoptant la machine à vapeur pouraction-ner les presses.À l'aube d'une nouvelle révolution, informatique celle-là, cette histoire prend cependant des allures de symbole, puisque l'entrée en force des nouvelles technologies dans nos sociétés semble elle aussi se faire à la faveur du couvert de la nuit.Qui blâmer?L'aventure promet d'être si captivante, avec tout son côté magico-clinquant, qu'il faut presque réactiver des histoires comme celle qui précède pour se rendre compte que le véritable débat de fond sur toute cette question est en train de s'esquiver en douce.LES CERVEAUX BIENTÔT MIS À PIED?En cette fin du 20e siècle, le microprocesseur a remplacé la machine à vapeur comme agent de changement, mais l'équation reste la même: progrès technologiques intégrés aux modes de production égalent meilleur rendement, mais aussi hausse potentielle du taux de chômage.Tels sont, dans ce mouvement répétitif de l'histoire, les deux pôles autour desquels gravitent cette nouvelle révolution à saveur informatique.Mais on commence tout juste à s'interroger sur les enjeux et les répercussions de cette emprise croissante de l'ordinateur et de sa famille sur l'ensemble des sphères d'activité.Au mois de mai dernier, on a, par exemple, tenu à Montréal les premiers états généraux de la télématique au Québec, réunion qui a attiré plus d'une centaine d'intervenants.Un des organisateurs de l'événement, Jean-Paul Lafrance, professeur de communication à l'UQAM, pose ainsi le problème: «Il faut comprendre que nous abordons aujourd'hui une période de profonde mutation.C'est vrai que la Révolution indus- trielle a déjà provoqué un bouleversement majeur qui ressemble à celui qu'on est en train de vivre, à une différence près: ici, ce ne sont plus les bras que l'on s'apprête à remplacer, ce sont les cerveaux.» Et pourtant, on croyait bien que la faculté de penser constituait l'ultime bastion humain.L'expansion de la micro-informatique et de la télématique laisse cependant entrevoir un nouveau rapport de forces entre l'homme et la technologie.Deux acteurs viennent contribuer fortement à réécrire le scénario: la robotique et la bureautique, issues de la même famille des néologismes en -tique, et promises à une fulgurante ascension au palmarès technologique.Dans chacun des cas, leur développement répond à un rêve de tout dirigeant d'entreprise, c'est-à-dire produire davantage et à meilleur coût, que ce soit des automobiles ou de savantes études.À cet égard, les possibilités des deux systèmes sont quasi insondables, et l'avalanche de salons et de symposiums de toutes natures est révélatrice de leur popularité grandissante, même s'il est assez clair que l'attention ne se porte pas, pour l'instant, sur les perspectives sociales sous-jacentes à un pareil déploiement.DES MYTHES MIS AU PAS Si les technologies en cause sont révolutionnaires, certains de ses produits semblent l'être un peu moins, par exemple les robots.De fait, ce n’est pas d'hier qu'on rêve aux automates, qu'on leur attribue des pouvoirs surnaturels et oubliés.Bien plus, le terme «robotique» a été popularisé par lesauteursclassiques de science-fiction, Isaac Asimov en tête.Aussi pourrait-on s'étonner du grand cas qui est présentement fait de l'arrivée des robots dans les complexes industriels.Il convient, à cet QUÉBEC SCIENCE / décembre 1982 49 _ îr-sKsI mM sÿi:'5.#îSrîjl''-'V’ iT^K-£-V.N-.f .' _a nmw >m&‘, égard, de mettre quelques mythes au pas.D’une part, s’il est une donnée dont les constructeurs se soucient peu lorsqu'ils fabriquent un robot, c'est bien son apparence.Envolé, le rêve de créer une machine à l'image de son créateur! La seule ambition du robot moderne, c'est d'être fonctionnel.Aussi se compose-t-il essentiellement, dans la plupart des cas, d'un bras articulé régi par un centre de commande intégré et programmable.Cela suffit, même si certaines unités se veulent évidemment plus sophistiquées et s'adjoignent, par exemple, une caméra de télévision couplée à un calculateur pour reconnaître les formes et décider du geste à accomplir.Pour l'instant, le robot-type semble être à mi-chemin entre l'automate des légendes et l'appareil mécanique qui ne peut effectuer qu'une tâche élémentaire, ce qui ne l'empêche pas de modifier sensible- ment les règles du jeu dans plusieurs usines en voie d'automatisation.Il faut effectivement tenir compte du fait qu'il s'agit d'un changement graduel puisque — et c'est là une autre impression trompeuse — le parc robotique n'est pas si fourni qu'on serait porté à le croire.Si on exclut du décompte les machines automatiques non programmables, on dénombrerait environ 20 000 unités, dont la bonne moitié se retrouvent au Japon où, résultat d'une logique imparable, il y existe même des usines robotisées pourfabriquer d'autres robots! L’industrie nippone emploie d'ailleurs ces soldats de métal au maximum de leur capacité, se permettant, comme la Mitsubishi Electric, une firme spécialisée dans l'avionnerie, de les faire travailler la nuit, dans l'obscurité, avec un chauffage minimum .Le reste des effectifs se concentre aux États-Unis, en France et dans les autres pays euro- Les traditionnels outils du travailleur du tertiaire — la machine à écrire et les classeurs où sont rangés les innombrables dossiers — céderont-ils la place au poste de travail bureautique centré sur l'écran cathodique et le davier sur lequel on passe sa commande à /'ordinateur?péens possédant des grandes chaînes de montage automobile.DES ESCLAVES ÉLECTRONIQUES Par contre, si le robot n'aspire pas vraiment à ressemblerà l'homme, en revanche, il réussit de plus en plus à le remplacer, vérité qui, elle, tient de moins en moins du mythe.Du fait qu'il peut travailler continuellement et même dans un environnement parfois hostile à l'homme — sans compter son évidente docilité aux ordres du contremaître — le gain de Greg Davis/Sygma 50 décembre 1982 / QUÉBEC SCIENCE productivité calculé par l'introduction d'une unité sur une chaîne de montage a été sommairement évalué à 50 pour cent.Ce surcroît de productivité mène par ricochet, selon des calculs effectués par la centrale syndicale française C.E.D.T., à une perte nette de trois emplois par robot «engagé» chez Renault; au train où vont les choses, on évalue à quelque 50 000 les postes de travail qui risquent d'être supprimés en France d'ici 1985.Bien sûr, ce bilan négatif pourrait être nivelé si la construction première de ces créatures devenait une industrie domestique d'appoint; mais des 3 000 unités actuellement à l'œuvre, en France, seulement un millier sont autochtones.Le reste, évidemment, parle avec un fort accent étranger, américain ou japonais .Chez nous, le débat sur la robotique paraît toutefois moins âpre, et pour cause: la population robotique canadienne ne dépasse pas le nombre de 200 ou 300, dont moins d'une centaine est basée au Québec.L'arrivée progressive de ces machines perfectionnées ne provoque cependant pas, à première vue, de sévères empoignades dans notre société, peut-être à cause du fait qu'elle ne fait que prolonger la tendance à l'automatisation observée dans l'industrie de transformation depuis presque le début du siècle.Tout en luttant pour préserver sa place, le travailleur s'est habitué à côtoyerdes engins mécaniques qui font désormais partie intégrante du décor de l'usine et qui, à tout prendre, ne représentent que des outils de plus en plus raffinés.Ce raffinement technologique aura finalement conduit, au cours des ans, à diminuer l'importance des industries primaires et secondaires au profit du secteur des services et de l'information, qui regroupe aujourd'hui la majorité des salariés.Actuellement, plus d'un Nord-Américain sur deux y trouve son emploi, proportion qui, au Québec, est passée : ‘ L')T de 40 pour cent dans les années 50 à près de 70 pour cent en 1981, d'après les derniers relevés.Et c'est ici que le bât blesse, puisque d'autres machines envahissent à leur tour cette ancienne chasse-gardée : dans ce cas-ci, la micro-informatique a donné naissance à la bureautique.FINIE LA PAPERASSERIE! On a dit de la bureautique qu'elle allait enfin mettre à mal un des fléaux de notre société moderne, la paperasserie bureaucratique, jusqu'ici indisssociable de ce monde dominé par l'information.On a même inventé un nouveau secteur, ^«quaternaire», détaché du tertiaire, pour désigner plus spécifiquement cet univers au sein duquel s'agitent maintenant la plus grosse partie des salariés dont la fonction consiste essentiellement à produire, analyser, diffuser et stocker l'information.Non pas des reportages ou des articles, mais toutes ces données, tous ces messages, tous ces documents qui circulent dans les bureaux et dont la manipulation alourdit sensiblement la machine gouvernementale ou privée, dans le domaine de l'administration.Un exemple: l'an dernier, on a débloqué, aux États-Unis, des fonds pour aider les citoyens américains dans le besoin.Après coup, les calculs ont démontré que pour chaque dollar déboursé, l'opération en avait coûté neuf! Tout le reste s'était perdu en contrôle, vérification, émission de crédits, etc.Dans ce contexte, il ne faut pas s'étonner que la productivité dans ce secteur progresse à pas de tortue : à peine quatre ou cinq pour cent, entre 1970 et 1980 selon des données de l'O.C.D.E., tandis que celle de l'ouvrier en usine doublait.Compte tenu des promesses de l'informatique, son application à l’univers des bureaux laisse finalement présager un nouveau démarrage.Sur quoi repose cette offensive?Ici encore, micro-informatique et télématique mènent le bal, et marquent le triomphe de l'écran cathodique sur le papier.Les fruits de cette union sont de plus en plus nombreux et variés: on connaît déjà le terminal d'ordinateur et la machine de traitement de textes assortie à une imprimante, de plus en plus répandue, mais on développe rapidement le visiophone, les appareils de micrographies (pour les microfiches), les télécopieurs et aussi tous les services que la sophistication télématique rend possible.La liste, dans ce cas-ci, s'allonge presque chaque jour: téléconférence, courrier, annuaire, dictionnaire et calendrier électroniques, transactions bancaires, système électronique de transfert de fonds, ettout ce qui s'ajoutera lorsqu'on aura véritablement maîtrisé le traitement de la parole.Cette gestion informa- QUÉBEC SCIENCE / décembre 1982 51 L'organisation du travail des téléphonistes de Bell Canada s'est transformée depuis que cette entreprise a informatisé leurs postes de travail.* (fà&Wi m ; tisée permet non seulement une meilleure coordination des données à l'intérieur d'une entreprise, mais ouvre aussi la porte à l'interconnexion avec les grands réseaux comme Datapac, Infoswitch, et tous les autres que les organismes publics et privés proposent déjà à une clientèle désireuse de troquer ses classeurs contre la mémoire inépuisable (ou presque) d'un gros ordinateur central.Ésotérique en apparence, le fonctionnement de tous ces appareils devient relativement simple lorsqu'on en déchiffre la clé, à l'instar de ces machines à écrire tellement plus serviables lorsqu'on finit par maîtriser la fameuse «méthode».En fait, le poste de travail bureautique — baptisé «buroviseur» — est centré autour de l'écran et du clavier sur lequel on passe sa commande à l'ordinateur, selon la fonction ou le service choisi.S'il s’agit de consulter la banque de données, le terminal retransmettra à l'usager les informations demandées, ou son texte s'il est plutôt question de rédiger une belle lettre.Les systèmes plus complexes que l'on expérimente actuellement prendront également en charge, d'après les désirs de l'utilisateur, les messages à envoyer, l'organisation des téléconférences écrites ou visuelles (sans qu'on ait besoin de bouger de sa chaise) et décideront, tant qu’à y être, du meilleur agenda possible pour le patron! Multifonctionnel, le buroviseur supprime la linéarité du travail adminis- tratif, calqué sur la chaîne de montage, et expédie rapidement les affaires courantes.LE QUÉBEC VULNÉRABLE! Un excellent remède, proclament avec conviction les prophètes de la bureautique.Mais aussi un remède de cheval, soulignent avec inquiétude d'autres observateurs un peu plus critiques de la scène informatique.Céline Saint-Pierre, sociologue à l'Université du Québec à Montréal, est de ceux-là, qui posent la question en regard des enjeux sociaux qui l'accompagnent.Au moisdejuinder-nier, elle faisait partie d'un imposant contingent de chercheurs internationaux qui ont élaboré un atelier de travail sur le sujet, lors du dernier congrès de l'Association internationale de sociologie tenu à Mexico.À ses yeux, il est certain que l'extension des nouvelles technologies au secteur des bureaux laisse entrevoir un important accroissement du taux de productivité (évalué à 300 pour cent, si on les avait introduites entre 1970 et 1980); mais il est tout aussi certain que ce phénomène va entraîner une douloureuse saignée dans le volume d'emploi si on ne planifie pas la transition.D'après les données que Mme Saint-Pierre a recueillies, la perte est quasi inévitable.«En Allemagne, dit-elle, on prévoit que le matériel de bureautique devrait entraîner une diminution de 50 pour cent de l'emploi des dactylos, alors qu'en France, le rapport Nora-Minc considère que l'informatisation va entraîner d'importants gains de productivité d'ici 1990 tout en réduisant le volume de l'emploi de l'ordre de 30 pour cent dans des secteurs tels que les banques et les assurances.» En fait, il semble que ces statistiques valent pour l'ensemble des pays industriels, à l'exception.du Japon, bien placé pour voir venir le vent et préparer sa main-d'œuvre en conséquence.C'est donc avec un peu d'appréhension qu'on se tourne du côté du Québec, a pr/o/'/vulnérable du fait de l'importance relative de sa main-d'œuvre concentrée dans les emplois reliés à l'information.C'est bien connu: la Belle Province travaille dans les bureaux.De fait, des statistiques compilées par Pierre-André Julien, professeur d'économie à l'UQTR, montrent qu'au Québec, le secteur quaternaire regroupe plus de 40 pour cent des salariés, qui vient s'ajouter à un autre 25 pour cent œuvrant dans le domaine particulier des services.D'après Julien, conférencier invité lors des états généraux de la télématique du printemps dernier, «la révolution de la télématique va se produire avant tout dans ces secteurs, pour affecter entre 30 et 65 pour cent des emplois (à partir d'un rapport de l'O.C.D.E.en 1981).En d'autres mots, si les robots ne pourront diminuer énormément les emplois dans les usines déjà fortement automatisées, ou dans l'extraction minière et l'agriculture très capitalisée, la bureautique va transformer drastiquement plusieurs branches d'activité du tertiaire dont l'activité a très peu évolué depuis plusieurs décennies.accélérant ainsi le processus de déqualification des tâches et de précarisation des emplois et obligeant des millions de travailleurs à se recycler.» Cette perspective n'est évidemment pas exclusive au Québec, puisque le bilan n'apparaît pas beaucoup plus reluisant pour l'ensemble du Canada: selon les données du document Bâtir l'avenir, livre blanc du ministère québécois des Communications, «environ cinq millions de personnes exercent, au Canada, des fonctions directement reliées au travail de bureau et on prévoit que d'ici une quinzaine d'années, ce nombre aura diminué de moitié».LES FEMMES EN PREMIER Quels devraient être les travailleurs les plus affectés?Dans un rapport justement intitulé Préparons la société informatisée, demain il sera 52 décembre 1982 / QUÉBEC SCIENCE trop tard, le Conseil des sciences du Canada précise que «ce seront les femmes, les membres des groupes minoritaires, les cadres moyens et les employés d'usine qui ressentiront les premiers les effets de la mutation micro-électronique».L,e cas des femmes requiert une attention spéciale, puisque le même rapport souligne que 80 pour cent de la main-d'œuvre féminine active gagne sa vie dans les secteurs tertiaire et quaternaire; Pierre-André Julien évalue à 100 000 la saignée possible dans les emplois de bureau au Québec, occupés majoritairement par les femmes.Ce débat est de plus en plus pris en charge par les principales intéressées; ainsi le magazine québécois La vie en rose consacre son édition de septembre à un bilan critique sur le sujet.On y présente notamment une des seules études systématiques et approfondies réalisées au Québec sur la question, rédigée par Heather Menzies et publiée par l'Institut de recherches politiques.Dans son livre, Women and the Chip, Heather Menzies cite le cas qu'elle a étudié, celui d'une grosse compagnie d'assurances qui a supprimé, par son processus d'informatisation, tous les postes de secrétaires sauf deux, et qui laisse à huit opératrices de traitement de textes le soin de répondre aux besoins des quelque 200 professionnels et cadres de l'entreprise.Sur la base de ce calcul, l'entreprise a sûrement augmenté sa productivité, mais le problème des employées déclassées reste entier, puisque les projections que Heather Menzies a établies à l'échelle du Canada font frémir: d'ici 1990, un million de Canadiennes risquent de faire les frais du progrès et d'être prises en charge par d'autres machines, les ordinateurs des services d’assurance-chômage.Devant ces perspectives alarmantes, les plus ardents défenseurs des nouvelles technologies font valoir que le gigantesque marché créé par la demande incessante en informati- KAYAK: le poste de travail de demain Le terme «buroviseur» vient des recherches des gens de l'INRIA, l'Institut de recherches en informatique et en automatique, qui conduisent actuellement en France une des plus intéressantes expériences dans le domaine, le projet «Kayak».Aux commandes de son poste de travail intégré, l'employé de bureau de demain mène l'essentiel de ses activités sans avoir à se déplacer.À sa portée, il trouve un clavier, puis une sorte de curseur appelé «souris» qui lui permet de reproduire électroniquement dessins ou graphiques, et un microphone pour, littéralement, «parler» avec son système.Les données viennent s'afficher sur un terminal-écran qui est polyvalent au point qu'on le qualifie de «multifenêtres» puisqu'il permet de visualiser simultanément un nombre important d’informations (courrier électronique, agenda, production en cours, appels téléphoniques, etc.) telles qu’elles se présenteraient, en somme, sur sa table de bureau.Toute cette installation est reliée au réseau local de l'entreprise, rendant possible une consultation immédiate de la banque de données communes.Elle met également à profit la télématique pour converser avec d'autres usagers disséminés, qui sait, dans le monde entier.que aura tôt fait de récupérer la main-d'œuvre laissée sur le carreau, phénomène déjà observé lors de la mécanisation de l'industrie pendant la Révolution industrielle et au début du 20e siècle.Ce raisonnement optimiste fait malheureusement face à trois écueils.D'abord, la vitesse d'introduction des nouvelles technologies se fait au pas accéléré, beaucoup plus rapidement que lors des périodes précédentes, et le temps de réaction et d'adaptation du système laisse entrevoir une difficile digestion.Deuxièmement, ces mêmes technologies sont par leur nature économes, tant dans leur utilisation que leur fabrication: il est donc douteux que la production de matériel informatique crée autant d'emplois qu'il n'en supprime.Enfin, il est encore moins évident que ces postes spécialisés soient accessibles à court ou à moyen terme aux travailleurs déplacés.D'ailleurs, malgré les espoirs et exhortations des organismes publics, l'emprise des géants américains ou japonais est telle que les stratèges québécois ou canadiens devront faire preuve d'une grande habileté pour développer des créneaux viables.Nous comptons bien ici certaines firmes spécialisées dans l'électronique ou l'informatique, comme Northern Telecom ou AES Data, mais elles n'engagent au total, pour le Québec, que 15 000 personnes et ne paraissent pas en mesure de créer plus de 2 000 postes d'ici 1984.Comme pour ajouter l'injure à l'insulte, le marché intérieur pour la bureautique a augmenté de 400 pour cent lors des quatre dernières années, et on prévoit qu'il devrait atteindre cinq milliards de dollars d'ici 1985.FONCER TÊTE BAISSÉE OU.Ce dernier chiffre, tiré du deuxième tome de Bâtir le Québec, ne colore pas trop les rêves de Céline Saint-Pierre qui a émis ces prudentes prédictions quant aux emplois éventuellement créés: « Bien sûr, on parle d'un virage technologique, maisc'est à peine si on sait où il nous conduit.On y va tête baissée, parce qu'il faut suivre le courant, et le Québec part à la remorque comme d'habitude.Il est urgent qu'on établisse tout au moins une stratégie originale, qu’on concentre nos énergies là où nous bénéficions peut-être d'avantages concurrentiels, pour retirer le maximum de certaines technologies qu'on pourrait développer et appliquer.en dialoguant avec les syndicats, en les impliquant dans les décisions.Pour l'instant, il n'est passurprenant qu'ils soient agressifs et qu'ils se tiennent sur la défensive.» Il est vrai que, jusqu'à présent, le milieu syndicat n'a pas eu le beau rôle dans toute cette histoire.Les accusations pleuvent: ou bien il est absent des grandes discussions, ou bien il se cantonne dans une obstruction systématique.Cela traduirait-il la réaction un peu incertaine d'un groupe qui se sent menacé et qui n'a pas d'autre recours que de livrer un combat d'arrière-garde?«Même si on l'entend souvent, l'argument est un peu gros», réplique Michel Doré, QUÉBEC SCIENCE / décembre 1982 53 ¦ ^ ; '¦ ri ;':if ¦ ' sails I c'est | ¦;;t |;
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