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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1984, Collections de BAnQ.

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Volume 23, numéro 1 septembre 1 984 2,95$ 1 1 C 1 r ES BOUILLOIRES IATURELLES N MYSTÉRIEUX BJET VOLANT OULEUR DE MER IA SURFACE E IA PEAU MJOUT U QUOTIDIEN A "%, Port de retour garanti COURRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1 052 Port payé à Québec C P 250, Sillerv Québec GIT 2R1 ance: 23 FF HStSiMRii f»> .¦ '>- - ¦ wïMyimlf ^ggspHnPB ^«SUSSï^wn,,*»; .¦ ;-V Jÿe ¦ •j^ÿ-ÎHkw// ¦" .- •.rr.¦.' •-•i-VfUii '*£BV&&iLh& Or** '- : ’ üâ^,.•a^ÿÿ>’: r^-WKT^ÿ.îiJŸîft^, - V* (yj?j .:•: r^v/ • -s*®**- IsBbk^ •- -:-.• ¦ 28 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE Les trois étapes d'un coup de foudre: l'éclair se divise en deux pointes au niveau du sol, puis une sphère lumineuse apparaît au point d'impact, enfin l'éclair se fragmente, mais la boule brille encore.U y a quelques années, l'IREQ installa des détecteurs de foudre le long des fils électriques.l'expérience, les résultats ont été plutôt décevants.«Pour arriver à simuler un phénomène, il faut le connaître un peu.Malheureusement, nous ignorons toujours ce que sont réellement ces foudres sphériques» de conclure M.Drouet.UN OU DES PORTRAITS-ROBOTS?Il est cependant possible, à partir des témoignages accumulés de dresser un certain portrait du comportement et des caractéristiques de la foudre globulaire.Premier point: elle fait habituellement acte de présence durant un orage accompagné de tonnerre.En fait, selon J.D.Barry, chercheur américain qui a fait un recensement des cas d'observation, 90 pour cent des apparitions de foudre en boule se produisent durant un orage.La durée de vie de la boule lumineuse — qui constitue un problème majeur pour les théoriciens — varie d'une fraction de seconde à plusieurs minutes.Généralement, elle se situe entre trois et cinq secondes.La boule dégage habituellement une lumière d'une couleur rouge ou orange bien qu'à l'occasion elle présente des couleurs allant du jaune au vert en passant par le blanc et le bleu.Ses dimensions sont également variables.Elle peut atteindre plus d'un mètre mais le plus souvent son diamètre estde l'ordrede 10a 20 centimètres.Son déplacement est pour le moins étrange.En fait, il constitue une deuxième caractéristique difficile à expliquer.La boule lumineuse se meut souvent horizontalement, à faible vitesse.Elle peut même s'immobiliser, comme nous l'avons vu.Fréquemment, elle se déplace le long de fils conducteurs électriques, ou alors, elle semble éviter de tels supports, flottant dans l'espace d'une façon désordonnée.Dans quelques cas, elle a été vue tombant d'un nuage à grande vitesse.Quel- quefois, elle rebondissait au sol comme s'il s'agissait d'un corps élastique.VISITES IMPROMPTUES Ce n'est pas seulement dans «les sept boules de cristal» et dans ('imagination du créateur deTintin qu'une foudre globulaire pénètre dans une maison par une cheminée ou une fenêtre.Plusieurs rapports font état de telles visites.Ainsi, au début du siècle, 11 personnes étaient assemblées au salon du Baron de France durant un violent orage lorsqu'une boule de feu de couleur bleue se retrouva au milieu de la place.Elle traversa lentement le salon, frôlant quatre invités, et quitta l'auguste assemblée par une sortie pourexplo-ser quelques secondes plus tard.L'incident fut rapporté dans le Bulletin de la Société astronomique de France.La foudre en boule est également apparue dans des lieux clos.Une autre particularité de son comportement difficile à expliquer.Un cas: lors d'un orage électrique, une sphère lumineuse de couleur orange de la grosseur d'une pomme apparut à la poignée de porte d'une chambre fermée au moment où le tonnerre se fit entendre.Elle disparut presque aussitôt sans laisser d'autre trace qu'une odeur d'ozone.La foudre en boule a également été vue à l'intérieur et autour d'avions en vol.Un exemple: en 1960, un KC97 américain, énorme appareil de ravitaillement en vol, volait dans les nuages à une altitude de 5 400 mètres.Le commandant de bord observa soudain le passage au travers du pare-brise d'une boule jaunâtre de 45 centimètres de diamètre.Elle passa entre lui et le copilote, suivit le couloir, croisant l'ingénieur et le navigateur, pour finalement atteindre l'arrière de l'avion où l'opérateur du système de ravitaillement signala sa présence au commandant.Elle bondit alors au-dessus de l'aile de l’avion pour ensuite disparaître dans les nuages.La visite de la foudre sphérique n'a pas toujours été aussi discrète.Dans certains cas, on a pu observer à son passage une température suffisamment élevée pour fondre le métal ou une force suffisante pour dévier l'avion de sa trajectoire.Bref, on le QUEBEC SCIENCE / septembre 1984 29 Des lasers naturels pour expliquer la foudre en boule?Dans le cadre de l'étude de la foudre en boule, Michel Drouet, qui travaillait également sur un projet de création d'un plasma par laser, a pensé à une explication possible de la foudre globulaire.«Si, à l'aide d'un laser suffisamment puissant, on génère des impulsions lumineuses focalisées avec une lentille sur un espace quelconque, on obtient, au point de focalisation, une petite boule lumineuse dont le diamètre dépend de la puissance du laser».Cette boule dont parle Michel Drouet est un plasma.Le phénomène peut se produire à plus grande échelle.«Nous savons également que si l'on prend un tuyau, par exemple, de 100 mètres de longueur contenant de l'air, du C02 et de la vapeur d'eau — ce que l'on retrouve dans l'atmosphère par temps orageux — et que l'on produit à l'intérieur une impulsion électrique typique d'un orage, on observera un phénomène de laser dans la décharge électrique.Ce phénomène donne naissance à une impulsion lumineuse qui se propage suivant l'axe du tube.Si cette impulsion rencontre une surface, le sol par exemple, il y a création d'une boule de plasma.» Dans la réalité, ce tube laser pourrait être la colonne d'air ionisé créée lors de la première décharge électrique.Le générateur, lui, serait la foudre linéaire.«Nous savons que les conditions réelles de décharges sont telles qu'il puisse se produire ce phénomène de superradiance».Évidemment, le vent influe sur le canal d'air.Cette action du vent permettrait d'expliquer le déplacement de la boule.La décharge électrique étant toujours suivie d'un courant de suite, on pourrait ainsi obtenir des boules de plasma pouvant persister jusqu'à une seconde.«Ce modèle permettrait de rendre compte d'une certaine partie des observations» ajoute Michel Drouet qui avoue cependant n'avoir pas disposé de suffisamment de temps pour vérifier expérimentalement le modèle.constate, l'étrange boule de feu agit de façon déroutante.FEUX DE SAINT-ELME ET ILLUSIONS D'OPTIQUE Au cours des 140 dernières années, de nombreux modèles théoriques ont été pensés par de brillants théoriciens pour expliquer son existence.Aucun, cependant, ne peut rendre compte de façon satisfaisante de toutes les propriétés — quelquefois contradictoires — qui lui sont associées.Quelques chercheurs, dont l'Américain J.D.Barry, ont émis l'hypothèse que plusieurs des foudres globulaires rapportées étaient en fait des feux de Saint-Elme, ces décharges de faisceaux électriques que l'on peut observer à l'occasion dans la nature.Ce serait notamment le cas des boules lumineuses en contact avec un conducteur quelconque relié au sol.Ces feux de Saint-Elme se forment lorsque l'air est humide et que le champ électrique atmosphérique devient plus intense (quelques milliers de volts par millimètre), situation observée durant les orages.On peut alors voir aux mâts des navires ou sur n'importe quelle protubérance un halo lumineux bleu vert ou blanc qui semble adhérer à la protubérance.Une explication sérieuse de la foudre en boule à partir du feu de Saint-Elme nécessiterait dans plusieurs cas que le champ électrique se déplace constamment d'un objet à un autre capable d'agir comme électrode pour la décharge électrique, ce qui semble peu probable.De toute façon, cette hypothèse ne pourrait expliquer les nombreux cas où le globe se promène librement dans l'air.Les illusions d'optique ont également été avancées comme explication du phénomène.Elle repose sur le fait qu'une vive lueur — ici l'éclair — laisse une image rétinienne persistante que l'on perçoit comme une tache lumineuse.Cette explication ne peut cependant être valable dans la plupart des cas pour plusieurs raisons.Notamment, parce que lorsqu'il y a plusieurs témoins, tous voient la boule suivre le même trajet.Ces deux hypothèses ne peuvent donc, tout au plus, solutionner qu'une infime partie du dossier de la foudre en boule.MATIÈRE FULMINANTE OU NUAGE LUMINEUX?Plusieurs théories élaborées au début du 20e siècle reposent sur l'idée que la foudre sphérique était constituée de la même matière que l'éclair linéaire.Une matière qualifiée de «fulminante».On la supposait composée des gaz présents dans l'air et de beaucoup d'énergie.Elle pro- venait du canal d'air ionisé par l'éclair.Cette théorie avait le défaut majeur de ne pouvoir justifier la longue durée de vie observée dans plusieurs cas et la formation de la boule lumineuse dans des endroits clos.Des modèles chimiques figurent également à la liste des solutions proposées par les scientifiques.Dans un de ceux-ci, on suppose que la foudre en boule est un phénomène secondaire déclenché par une décharge électrique et maintenue par la réaction chimique de certaines composantes également produites par l'éclair.Effectivement, la formation d'une sphère lumineuse par ignition de substances combustibles en faibles concentrations (hydrogène et oxygène, méthane, etc.) dans l'air permet de reproduire plusieurs des propriétés de la foudre en boule.Un exemple: lorsque les concentrations de gaz sont suffisamment élevées, le nuage formé émet un sifflement semblable à celui noté dans quelques observations.De plus, il dégage peu de chaleur, une particularité observée à maintes occasions.Le modèle a toutefois de sérieuses limitations.Il ne peut rendre compte des manifestations électriques observées au passage de la boule lumineuse.Plus important, le nuage pourrait être dissipé complètement par de légers courants d'air.L'idée que la foudre en boule soit une forme particulière de la décharge électrique ordinaire qui se produirait dans des conditions exceptionnelles, est probablement celle qui a séduit le plus les scientifiques.Cette vision a l’avantage d'utiliser une source d'énergie énorme présente dans les orages.Cependant, des points importants comme le mouvement de la boule, son apparition dans les endroits clos, et, dans plusieurs cas, son imperméabilité aux conducteurs ne peuvent être justifiés. 30 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE PLASMA ET ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES La théorie d'agglomération de matières inflammables, la théorie nucléaire, les nuages d'ions moléculaires figurent également sur la longue liste de tentatives d'explication de la foudre en boule.Toutefois, c'est le plasma, ce gaz ionisé, qui constitue le fer de lance des plus récentes hypothèses.La foudre en boule considérée comme un plasma présente cependant un problème majeur.Le plasma créé ne possède pas une énergie suffisante pour durer pendant des temps suffisamment longs (quelques secondes).Ainsi, grâce à l'apport d'énergie provenant de l'éclair, les molécules d'air peuvent perdre plusieurs des électrons qui gravitent autour des noyaux.Par cette ionisation, les molécules acquièrent de l'énergie qu'elles restituent sous forme de lumière et de chaleur.Le célèbre physicien russe P L.Kapitsa a calculé qu'il faudrait, pour que la boule lumineuse constituée de plasma se maintienne en vie pendant un temps suffisant, quelle contienne plus d'énergie que ce que le plasma complètement déshabillé de son cortège électronique pourrait fournir, chose impossible selon les lois de la physique.Ce problème, nous l'avons vu, a été rencontré dans de nombreux modèles.Comment diable trouver une forme d'énergie localisée dans une sphère qui flotte dans l'air en dissipant beaucoup d'énergie et qui, malgré cette dilapidation énergétique, peut résister plusieurs secondes, voire même quelques minutes?Kapitsa a réglé le problème en supposant que l'énergie de la boule de plasma était entretenue par un apport continu d'énergie émanant de l'extérieur; en fait, d'ondes électromagnétiques qui proviendraient de la décharge électrique linéaire, l'éclair classique.On parle alors de «plas-moïde».Le point d'apparition de celui-ci serait l'endroit où ces ondes électromagnétiques générées par l'éclair atteindraient leur maximum.Cette hypothèse a été reprise et améliorée par d'autres chercheurs à la lumière des progrès théoriques et expérimentaux dans l'étude du plasma.Cette théorie permet d'expliquer plusieurs des caractéristiques de la foudre globulaire laissées dans l'ombre par les autres théories.Ces propriétés comprennent la formation de la boule dans les endroits clos, leur pénétration par les cheminées et surtout leur longue durée de vie.Mais il existe des «pépins».Des expériences réalisées en laboratoire n'ont pas convaincu les milieux scientifiques.Certains processus, dont la production de photons lumineux à partir du «plasmoïde», demeurent obscurs.La diversité des apparences que peut prendre la foudre en boule, ses comportements variés et les difficultés de concevoir un modèle donnant une explication complète du phénomène, semblent indiquer qu'il pourrait en fait exister plusieurs types de foudre globulaire.L'idée d'une théorie unique pourrait alors laisser place à une approche plus simple et dissiper quelque peu le mystère entourant ce phénomène naturel.?Du Pique-Nique à l’Expédition est un guide d’alimentation pour séjour en milieu naturel.On y traite des règles d’une saine alimentation, des exigences particulières du plein-air en diverses saisons, de l’approvisionnement, des règles pour l’élaboration des menus, de la préparation avant le départ, de la mise en sac, de la préparation au campement,et on y offre 1 20 recettes et 9 suggestions de menus pour des sorties de 2-5 et 10 jours; le tout complété par la liste des achats nécessaires à leur réalisation.BON DE COMMANDE DU PIQUE-NIQUE À L’EXPÉDITION DÉTAIL QTÉ $14.95.TOTAL:.NOM:.ADRESSE:.CODE POSTAL:.TÉL:.POUR INFORMATIONS OU COMMANDES: LES PRODUITS PLEIN-AIR POHÉNÉGAMOOK 80, Frontenac, Rivière-du-Loup, Québec - G5R 1 S8 (418) 862-6903, Poste 369 Monsieur Jocelyn Guimont du Pique-Nique à l’Expédition Lé PRIX EDMOND- de-NEVERS 1963-1964 L'Institut québécois de recherche sur la culture se soucie de la formation et de l'avenir des jeunes chercheurs.Le prix Edmohd-de-Nevers est l'une des premières initiatives qu'il prend en ce sens.Le prix est décerné annuellement à un étudiant du deuxième cycle ayant présenté dans une université du Québec une thèse de maîtrise portant sur la culture, quelle que soit la discipline concernée.Le prix comporte une médaille et la publication de la thèse par l'Institut.1.Est admissible tout étudiant ayant présenté dans une université du Québec, entre le 1" octobre 1983 et le 30 septembre 1984, une thèse de maîtrise portant sur la culture.2.Le candidat devra faire parvenir à l'Institut une copie de sa thèse, accompagnée d'un résumé d'au plus deux pages et d'un document officiel attestant que la thèse a été agréée par un établissement universitaire avant le l" octobre 1984.3.Le choix sera fondé sur l'originalité, la cohérence de la démarche et, bien entendu, sur la qualité de la langue.Pour poser sa candidature, il suffit de faire parvenir les documents exigés, au plus tard le 12 octobre 1984, à l'adresse suivante: Prix Edmond-de-Nevers Institut québécois de recherche sur la culture 93, rue St-Pierre, P.Q.G1K 4A3 Téléphone: (418) 643-9107 H'iquef (I 'sl'oin.|| S' Ces maiion i IE rauŒÆ~ IVJBfc * na^Lic-e technologie TSk ‘ fs/yc 'f- frf- i,%Vf IA!» PM ! .\ le, ses if qu'il L'idée La fourrure polaire à l'intérieur de ce vetement, seche 5 fois plus rapidement que la laine; elle est également beaucoup plus résistante et possède les mêmes capacités isolantes.Quelle merveille! $ u le i '¦ r* 1 / / *¦ jf ' v.I , /• - W/ ' r^àSTE DES DETAILLANTS CHLOROPHYLLE: a.-: ¦ “ .ik.» cwcdouMn— vouwioî lAvommiw » QUEBEC - 8ütf« S CAMP(W> POLIQU# SfQfW , • AKOS - EUREKA SPORE » MSPf - CARPER SPORE • R1MGUSK1 GEROROK SPORE • PRfVOSI - BOUTIQUE IE GIE{ • EROIS RWERES - IE HORDEI • SHAWinGAA-SUO - PIEU AIR SHAWUHGARSUO » VUlE SE PAStAl - SPORÎAGIf • SACRE-COEUR - SPORT AIOUI • 10RGUEUII - BOUIIQUE COURIR GUY lEPIIE - SPORT-AIOUI * VICTORIAVUIE .MCUItREAl • SHERBROOKE ' CHARIOTTETGW» • SI lOHKS IHFIDI .EOROKIO ¦ PETERBOROUGH - OTTAWA - VELO PUm AIR - BLACKS CAMPING - LACOROff - GLOBE 1ROTTEUR - l'EVASIOR EK PlflK AIR - AZIMUT PLEIN AIR - BOUTIQUE KOflOlK - ESCALADE ESTRlE - CAMPLR S CITY OUTDOOR SPECIALITY SHOP - OUTDOOR HUT - BLACKS CAMPING I0YCE S OUTDOOR STORE TRAIL HEAD HENFOHTS A«K ÉPAULES ET COUDES EN CORDURA SOO COUPE-VENT SOUS LA FERMETURE ECLAIR FERMETURES ECLAIRS SOUS LES BRAS POCHE CHAUFE-MAINS MUNIE 0 UN RENFORT COL HAUT POUR PROTECTION DU COU POIGNET ET CEINTURE EN TISSU ELASTIQUE - COUPE ALLONGEE EXTERIEUR: 100% ANTRON INTERIEUR 100% POLYESTER RANGE ELASTIQUE: 100% POLYESTER FERMETURE ECLAIR YKK L'EQUIPE CHLOROPHYLLE EST DÉSOLÉE OE VOUS AVOIR FAIT ATTENDRE POUR LE NAHANNI 32 Le golfe du Saint-Laurent est un des rares endroits du monde où on peut les observer par Louise Beaudoin et Richard Sears Ballotés par les vagues du golfe du Saint-Laurent, nous attendons patiemment, assis sur les bords du pneumatique.Soudain, à quelques mètres de l'embarcation, une portion de l’eau devient turquoise, puis, à mesure que la forme se précise, d'un bleu de plus en plus clair.Comme un sous-marin, le corps fuselé d'une baleine bleue fait surface.Après l'explosion des narines béantes qui expulsent l'air des poumons, la tête plate et allongée émerge.Lentement, le dos se courbe et s'arque complètement pour la descente.Enfin, la baleine bleue lève gracieusement sa queue, large de six mètres, une cascade d'eau ruisselant derrière elle, et coupe doucement la vague.La tête de l'animal, elle, est déjà à 25 mètres de profondeur.Durant les quelques instants de sa présence à la surface, le cliquetis de nos caméras se confond avec le souffle puissant du corps immense qui fend l'eau.Puis, la mer agitée se referme et le petit pneumatique dérive, cognant contre la vague formée par le passage du géant.Aux aguets, nous reprenons avec le cétacé, l'éternel jeu de l'attente.Silencieux, nous scrutons les eaux maintenant apaisées.Intensément conscients de cette masse gigantesque qui se déplace, invisible, sous l'embarcation, nous rechargeons nos appareils, espérant avoir capté sur pellicule, l'identité de l'animal, la pigmentation de son dos.Richard Sears est un biologiste américain qui observe les baleines bleues depuis quatre ans au Québec; on lui doit les photographies de cet article.Louise Beaudoin est journaliste.Il y a à peine une quinzaine d'années, tout ce que l'on savait des rorquals bleus du golfe provenait, en bonne partie, d'informations recueillies auprès de baleiniers norvégiens.Récemment, des voyages organisés pour observer ces grands cétacés, notamment à Tadoussac et aux Escoumins, ont jeté un peu de lumière sur leur présence dans l'estuaire.D'avril à décembre, ces mammifères marins se dispersent dans le golfe, en particulier le long de la Côte-Nord.On soupçonne qu'elles hivernent au large des côtes de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve.Mais en fait, l'étude du plus grand mammifère ayant jamais habité la planète en est toujours à ses balbutiements.LA BONNE CARTE D'IDENTITÉ Partis d'une recherche sur les mammifères marins de la Côte-Nord, démarrée en 1979, mon équipe et moi avons, entre autres, axé nos études sur cette mystérieuse baleine bleue.Mais pour comprendre son comportement, étudier ses déplacements et sa place au sein de l'habitat marin, il fallait d'abord être en mesure de reconnaître, d'année en année, chaque animal de cette espèce.Les premières techniques d'identification des grands cétacés étaient rudimentaires.On utilisait une sorte de dard métallique numéroté, planté dans le dos de l'animal.Cette forme d'identification dépendait cependant du bon vouloir des chasseurs de baleines qui devaient communiquer le numéro de série et l'endroit de capture de l'animal.Depuis l'interdiction de la chasse à la baleine bleue, en 1955 dans le golfe et en 1 966 sur toutes les mers, les recherches sur les cétacés ont pris de l'ampleur, passant d'une étude de «nature morte» à une étude de «nature vivante».En effet, les biologistes ont graduellement adopté des techniques d'identification sur le terrain qui permettent d'en apprendre davantage sur les baleines sans avoir à les tuer.Les scientifiques ont d'abord tenté d'employer des marqueurs portant des banderoles de couleur ou des symboles facilement identifiables mais cette méthode comportait une grande marge d'erreur.L'utilisation de radio-émetteurs, décochés sur le dos de l'animal, permet de suivre les déplacements d'un indi- vidu aussi bien lejour, la nuit que par très mauvais temps.Mais tous ces «gadgets» se sont avérés plus ou moins efficaces jusqu'à présent.Il est difficile de les implanter ou de les accrocher et ils coûtent cher en temps et en équipement.Mais pour l'instant, les cétologues s'intéressent à une forme plus naturelle d'identification: le repérage de cicatrices, de difformités et spécialement de pigmentations particulières à chaque individu d'une même espèce.Depuis 1977, une méthode qui consiste à photographier la queue des baleines est utilisée avec succès pour le rorqual à bosse.Deux mille individus de cette espèce sont main- 34 septembre 1984/ QUÉBEC SCIENCE tenant connus et catalogués le long de la côte ouest de l'Amérique du Nord.En plongeant, le rorqual à bosse lève régulièrement la queue dont la surface ventrale porte des marques distinctives blanches et noires.Ces marques sont aussi personnelles que les empreintes digitales humaines.En étudiant les photographies des années précédentes, les chercheurs comparent les marques des queues et identifient ainsi la baleine.Les informations obtenues permettent de tracer un portrait assez précis du comportement de l'espèce: distribution, population, longévité, lieux de migration.À bord de bateaux pneumatiques, nous avons donc commencé, en 1979, à suivre les baleines bleues pour photographier leur queue.Mais déception! Cette méthode est moins efficace pour la baleine bleue.Seulement de 30 à 40 pour cent des individus lèvent la queue en plongeant et la pigmentation de la partie ventrale de celle-ci est peu contrastée.Il fallait donc trouver un autre moyen pour les identifier.Les marbrures tachetant le dosde chaque rorqual bleu présentaient une possibilité d'identification intéressante.Mais il fallait avant tout s'assurer que la configuration de ces marbrures ne changeait pas au cours des ans.En 1981, nos espoirs sont récompensés.Nous comparons avec succès les deux photos prises à un an d'intervalle du dos de la même baleine.Nous avons maintenant la preuve que la pigmentation reste la même au moins un an et qu'elle est personnelle à chacun des cétacés.Grâce à cet animal, nous avions découvert la clé pour étudier et comprendre les baleines bleues du golfe du Saint-Laurent.Sauf la queue, la tête et les nageoires, leur pigmentation marbrée se répartittout le long du corps, commençant de un à deux mètres derrière les narines.À l'aide de film noir et blanc, nous photogra- phions chaque côté du dos et parce que le corps est très long, nous prenons comme repère la petite nageoire dorsale.Nous avons ainsi identifié jusqu'à maintenant 70 individus, aperçus au moins durant une saison.De plus, renforçant nos hypothèses sur l'efficacité de cette méthode d'identification, dix baleines de ce groupe sont réapparues sur une période de cinq ans, dans le secteur le long de la Côte-Nord.Leur identification est un travail de longue haleine.Pour photographier les deux côtés de la baleine, il faut la suivre pendant au moins deux séries de plongées.Comme elle ne reste en moyenne que 1,8 minute à la surface, nous n'avons que le temps de capter un côté du dos à la fois.Puis, pour prendre l'autre côté, il faut attendre qu'elle remonte après une plongée de 10 à 20 minutes.En plus de son identification photographique, chaque individu possède sa propre fiche personnelle sur laquelle nous suivons pas à pas son histoire naturelle.Nous y inscrivons les détails observés à chaque rencontre: son utilisation de l'habitat, son comportement, ses mouvements dans le golfe.Bientôt, nous serons aussi en mesure de synchroniser ces informations avec un catalogue vidéo sur la vie et les particularités de chaque animal.UN RENDEZ-VOUS ANNUEL Le troupeau de 100 à 200 baleines bleues qui se rassemblent chaque année dans le golfe semble en effet être divisé en sous-groupes.Des 70 individus connus, quarante patrouilleraient le secteur Sept-îles-Mingan-Anticosti, et trente, la région Pointe-des-Monts-embouchure du Saguenay.Démontrant que certains animaux retournent systématiquement à la même place au cours des ans, l'un d'entre eux est vu aux Escoumins depuis 1975.Il était facilement reconnaissable à cause de la difformité de sa queue, mais maintenant nous avons aussi sa pigmentation dorsale sur pellicule.Malgré tout, il y a des exceptions à cette règle de déplacement.Deux animaux partant des Escoumins, ont été retracés 21 jours plus tard à Mingan, à 500 kilomètres de là.Un autre individu, photographié à Old Fort Bay, sur la Basse-Côte-Nord, a été repéré 22 jours plus tard à Mingan, aussi à 500 kilomètres de là.Quatre régions du golfe attirent particulièrement les baleines bleues: l'embouchure du Saguenay, Pointe-des-Monts, le secteur île Anticosti-Archipel de Mingan et le détroit de Belle-lsle.En fait, depuis que nous avons commencé les recherches dans le golfe du Saint-Laurent, 80% des baleines bleues que nous avons aperçues voyageaient le long de la Côte-Nord.Différentes espèces de dauphins et de rorquals partagent le même écosystème que la baleine bleue.À chacun de ces endroits, de forts courants et marées agitent les eaux.Ils provoquent un véritable tourbillon de vie marine, habitat par excellence pour la prolifération des organismes microscopiques à la base de la chaîne alimentaire aquatique comme les euphausiacés ou «krill».Ces animalcules transparents ayant la forme d'une crevette constituent la principale nourriture du grand cétacé et vivent à une centaine de mètres de profondeur.Le repas quotidien du rorqual comprend jusqu'à quatre tonnes de ces petits animaux.Généralement, la baleine bleue se tient seule ou en couple mais lorsque la nourriture est abondante, des groupes de dix à 12 animaux peuvent se retrouver dispersés dans un rayon de quelques kilomètres.Certaines baleines peuvent rester jusqu'à trois semaines au même endroit. QUEBEC SCIENCE / septembre 1984 35 D'avril à décembre, 100 à 200 baleines bleues sillonnent le golfe du Saint-Laurent.Elles se distinguent par leur deux narines, alors que les bélugas et autres baleines à dents qui les accompagnent n’en ont qu’une Un rorqual bleu se tourne sur le dos pour se nourrir.Sa gueule peut engloutir jusqu'à 70 tonnes d'eau et de nourriture.Les marbrures, près de la nageoire dorsale, permettent aux chercheurs de différencier les rorquals.Ces marques sont aussi personnelles que les empreintes digitales humaines.Avec son souffle puissant, une baleine expulse l'air de ses poumons. septembre 1984/ QUEBEC SCIENCE Les chercheurs disposent de moins de deux minutes pour observer les rorquals avant qu'ils ne plongent pour 10 à 20 minutes.A TABLE! Voir un de ces géants de la mer se nourrir est un spectacle impressionnant.En général, la nourriture se trouve à une grande profondeur et ces repas sont difficiles à observer.Par contre, quelquefois, le «krill» monte à la surface.À quatre reprises, trois fois en avion, une fois en pneumatique, nous avons été les témoins ébahis du repas du rorqual bleu.Des airs, nous avons d'abord vu apparaître à la surface la gigantesque poche ventrale gorgée de 70 tonnes d'eau et d'euphausides.L'animal n'avale pas immédiatement, sa gueule est adaptée spécialement pour recevoir cette importante quantité d'eau.L'immense sac se gonfle depuis le bout des mâchoires inférieures jusqu'au milieu du corps.Ces plis ventraux qui strient cette partie du corps de la baleine sont d'ailleurs caractéristiques des rorquals.À l'intérieur de la bouche, à la base de la mâchoire inférieure, une ouverture se forme menant à la cavité de la poche ventrale.Lorsque la baleine engloutit l'eau, la large langue très élastique se retire par cette ouverture et s'étend dans la cavité créée par l'expansion des plis ventraux.L'action de l'ensemble des plis se compare aux mouvements d'un accordéon.Leur élasticité permet d'emmagasiner de gargantuesques volumes de liquide.À la surface, la baleine roule maintenant lentement sur le côté, pour s'arrêter sur le ventre.Puis les mâchoires entr'ouvertes, elle expulse l'eau à travers ses fanons.En plus de faire jaillir l'eau, le cétacé doit, pour avaler sa nourriture, ramener le «krill» dans sa gueule, puisque la poche ventrale ne communique pas avec l'œsophage.Les muscles de la langue et du ventre se contractent alors et la langue, comme une immense cuillère débordant d'eau et de nourriture, reprend sa placeà la base de la gueule, repassant par l'ouver- • .- '• .il y a de 60 à 70 millions d'années, I les ancêtres de la baleine faisaient leur entrée dans l'océan et les cétacés ont atteint leurforme actuelle depuis au moins cinq millions d'années.Ils se partagent en deux sous-ordres: les odontocètes ou baleines à dents et les mysticètes ou baleines à fanons, dont fait partie le rorqual bleu.Les fanons sont des plaques faites du même matériau que les ongles et descendent en rangs serrés le long de la mâchoire supérieure de l'animal.Les fibres, qui garnissent le bord interne de chacune des plaques, font office de tamis qui filtrent l'eau et retiennent la nourriture à l'intérieur de la gueule.La baleine bleue possède, de chaque côté de la mâchoire, de 270 à 395 fanons de un mètre de long chacun.Baleine à fanons, la baleine bleue a deux narines (les baleines à dents comme les bélugas et les cachalots n'en ont qu'une) et elle fait surface toutes les 10 à 20 minutes pour respirer.La période de gestation des baleines bleues est d'un an.À la naissance, le baleineau mesure six mètres et pèse déjà plus de2,2 tonnes métriques(2 200 kilos).Comme tous les mammifères, les baleines possèdent des glandes mammaires et c'est grâce à leur lait contenant 50% de matières grasses que le petit baleineau croît de cette façon phénoménale.Le bébé en consomme 225 litres par jour, grossissant de 3,6 kilos à l'heure.Au bout de huit mois, le jeune est sevré.Il pèse alors plus de 22 tonnes métriques et mesure 1 5 mètres.Si le poids moyen du rorqual bleu oscille entre 80 et 115 tonnes métriques, les plus grandes baleines de cette espèce atteignent 136 tonnes métriques, soit trois fois le poids moyen des plus gros dinosaures.La longueur varie entre 20 et 30 mètres.La baleine bleue atteint sa maturité sexuelle à dix ans.À ce moment, elle peut mettre bas à tous les deux ou trois ans.Sa longévité s'établirait entre 40 et 80 ans.Les rorquals bleus se tiennent normalement seuls ou en paires.Mâle et femelle ne semblent pas rester ensemble pour la vie puisque habituellement le bébé voyage seul en compagnie de sa mère.Avec le passage de la navigation de la voile à la vapeur, au début du siècle, la population mondiale de 200 000 à 300 000 baleines bleues a été décimée et réduite à environ 11 200.Walter Vibert, 94 ans, de Longue-Pointe-de-Mingan, se rappelle quede 1905à 1915, Sept-lles a aussi eu sa propre usine pour l'extraction de l'huile de baleine.À l’époque, M.Vibert travaillait pour les chasseurs de baleines norvégiens.Mais c'est surtout le rorqual commun qui était la cible de ces chasseurs, le nombre de rorquals bleus étant probablement déjà dans ces temps-là très restreint dans le golfe.Bien que protégée aujourd'hui, la baleine bleue est toujours une espèce menacée, en voie d'extinction, mais elle récupère lentement.Quelques centaines d'individus habiteraient le nord-ouest de l'Atlantique. QUÉBEC SCIENCE / septembre 1984 37 •'âf&ïâ z-.¦"?¦¦¦?- • i- ture entre la poche ventrale et la mâchoire inférieure.Ainsi, la poche se dégonfle, et après trois à cinq respirations, la baleine replonge.Cette façon de se nourrir a été baptisée arc and roll feeding', «se nourrir en s'arquant et en roulant».Vue de la surface de l'eau, la perspective est différente.D'abord, comme une sorte de pellicule vivante couvrant la mer, des millions d'eu-phausides se tortillent et sautillent.On a l'impression que l'eau est en train de bouillir.Puis surgit la mâchoire inférieure de la baleine.Agressive, la puissante musculature de la queue propulse le corps sur le dos.Caverne béante dans laquelle notre canot pneumatique pourrait facilement être happé, la gueule engouffre, dans un éclaboussement d'écume, les tonnes d'eau grouillante de «krill».Cette autre manière de se nourrir se nomme lunge feeding ou «se nourrir en fendant l'eau».Après, comme dans le premier cas, l'animal roule sur le ventre, sa poche ventrale s'étire au maximum.Puis la baleine respire, expulse l'eau à travers ses fanons et, conservant la nourriture dans sa gueule, plonge en déglutissant.LA SÉLECTION PAR LES GLACES Des survols en avion de la région nous permettent, entre autres choses, de déterminer l'arrivée et le départ des baleines bleues dans le golfe.Selon nos observations, les premières arrivent au début d'avril et commencent à quitter le secteur en novembre.Elles peuvent même entrer plus tôt ou quitter plus tard, si un hiver chaud empêche la formation des glaces ou si les glaces sont dégagées plus rapidement.Par exemple, en janvier 1982, nous avons aperçu une baleine bleue se nourrissant en face de Baie-Johan-Beetz sur la Basse-Côte-Nord.Mammifère marin, la baleine est parfaitement adaptée au froid.Ses organes vitaux sont profondément enfouis au sein de son corps immense.À l'extérieur, sa peau, de la consistance du caoutchouc, est comparable à une combinaison de plongée.De plus, entre la peau et l'intérieur du corps, une épaisse couche de graisse enveloppe hermétiquement tout l'animal.La mort dans les glaces pourrait cependant faire partie du processus de sélection naturelle de l'espèce.En effet, des baleines bleues sont régulièrement retrouvées sans vie, prisonnières des glaces ou échouées sur une plage après y avoir été poussées par les glaces.Pour profiter de l'abondance de «krill», les grands cétacés arrivent tôt dans le golfe, dèsque lesglaces se dégagent.Les baleines trop vieilles ou trop jeunes et inexpérimentées resteraient coincées dans les glaces, seules les plus fortes réussissant à s'en tirer.Selon le biologiste David Sergeant, au moins huit seraient mortes de la sorte depuis 1974, toutes à la pointe sud-ouestdeTerre-Neuve.Au moment où sa queue s'élève, comme pour nous saluer, ta tête de la baleine est déjà 25 mètres plus bas.L'homme mis à part, la baleine bleue ne connaît qu'un seul ennemi : l'épaulard.Mais encore là, l'orque ne s'attaquerait qu'aux très vieilles, aux malades et aux très jeunes.C'est un phénomène très rare que nous n'avons jamais eu l'occasion d'observer dans le golfe.Mais pour ce mammifère marin, le vrai danger pourrait bien être la collision avec les bateaux qui empruntent la voie maritime.Plusieurs animaux observés portent en effet des cicatrices le long du corps et sur la queue.C'est le cas par exemple d'une paire de baleines que nous avons identifiées: l'une a la moitié de la queue coupée tandis que l'autre a des cicatrices barrant son dos.Il est possible que certains rorquals aient même été tués ou grièvement blessés dans des collisions avec des bateaux, absorbés qu'ils étaient par leur repas ou se reposant à la surface.Ils seraient ainsi souvent pris par surprise.Contrairement aux baleines à dents (baleines pilotes ou cachalots), on ne rapporte pas d’échouage en masse de groupes de baleines bleues sur les plages.Parfois, un individu sera retrouvé sur le rivage, probablement mort en mer de vieillesse, de maladies inconnues ou de collision avec un bateau, avant que le courant ne le pousse sur la plage.Malgré l'homme, sa chasse sans merci, ses gros cargos, et sa pollution des eaux, la baleine bleue a réussi, jusqu'à maintenant, à ne pas faire partie de la collection des espèces disparues de la surface de la terre.Nous ne savons pas encore jusqu'à quel point la pollution a affecté ou réduit la production d'euphausides dans le golfe.Mais chose certaine, s'il y a moins de «krill», les baleines bleues disparaîtront rapidement des côtes du Québec.La survie du plus gros animal ayant jamais habité le globe dépend cependant du fragile équilibre de la chaîne alimentaire aquatique.? 38 septembre 1984 / QUEBEC SCIENCE Qu’elle soit tatouée, bronzée ou maquillée, votre peau est une forêt où vivent une faune et une flore abondantes par Patricia Jouvenne Si d'aventure, une personne non avisée, entendait dire que son corps est couvert d'habitants microscopiques, elle se défendrait en répondant qu'elle prend sa douche quotidiennement.Son trouble ne serait pas diminué si on lui expliquait que le fait de prendre un bain ou une douche met au jour des microorganismes cachés dans les fissures de la peau qui viennent augmenter la population totale à la surface de celle-ci.Une telle pensée donne envie de se gratter.Mais il suffit de considérer notre peau comme un écosystème en équilibre composé d'une flore et d'une faune microscopiques et de diverses niches écologiques, comme un ensemble dynamique où lesdiffé-rents éléments sont organisés en fonction d'un but, celui de maintenir la santé de l'individu.En effet, la présence naturelle d'une flore non pathogène dans certaines régions du corps protège l'organisme en entrant en compétition avec les microorganismes qui lui sont nuisibles.La peau est une sorte de sol avec des propriétés qui peuvent être bénéfiques ou nuisibles pour les organismes qu'elle supporte.La comparaison avec un sol ordinaire ne s'arrête d'ailleurs pas là.Les deux manquent d'organismes producteurs et obtiennent leur matériel organique d'une autre source.Le sol la reçoit par le haut sous la forme de matière végétale morte et la peau l'acquiert par le bas.Dans les deux cas, il s'agit d'une matrice non vivante imprégnée de différentes solutions où les organismes vivants, aussi bien dans le sol que dans la peau, sont groupés autour de structures qui pénètrent depuis la surface jusqu'aux couches profondes.Dans le sol, les populations de microorganismes les plus denses se retrouvent dans la rhizosphère, là où se trouvent les racines.La zone comparable pour la peau est le follicule pileux.PAYSAGE CUTANÉ La surface de la peau est un environnement instable pour les microorganismes qui y vivent.La couche cutanée la plus superficielle, la couche cornée, est constituée de lamelles en forme d'écailles faites de kératine, une protéine composant les cheveux, les ongles et les poils.Ces lamelles, ou squames, sont continuellement remplacées par les cellules épidermiques qui meurent lors du processus de fabrication de la kératine et, durant les activités variées de l'hôte, les squames sont constamment répandues.Pour les microorganismes vivant sur la peau, les squames représentent d'énormes galets de matériel inerte qui tombent, pouvant emporter quelques-uns d'entre eux dans leur chute.La surface cutanée inégale est perforée, à différents endroits, par deux types d'orifices.L'un d'eux est le canal de la glande sudoripare, apportant une solution légèrement saline contenant une petite quantité de substances azotées ainsi que d'autres éléments nutritifs.Le flux de la glande varie et la solution s'évapore, faisant penser à une flaque au bord de la mer, avec ses fréquents changements de niveau d'eau et de salinité.L'autre type de perforation est le follicule pileux d'où sort le poil, un grand tronc d'arbre fait de kératine dure.Le follicule pileux exsude le sébum fabriqué par les glandes sébacées.Le sébum est une sécrétion complexe contenant une forte proportion de lipides.Il se mélange avec la sueur et se répand à la surface de l'épiderme adjacent aux follicules pileux.Les sécrétions glandulaires et les sous-produits dérivés de la fabrication de la kératine fournissent des acides aminés libres comme éléments nutritifs pour les habitants de la peau.Les quantités disponibles d'hydrates de carbone et de certaines vitamines apparaissent être peu abondantes, mais il n'y a aucun signe montrant que leurs réserves soient insuffisantes.Le climat de la peau est agréablement chaud et il est sujet à de petites variations.La température et les réserves d'eau sont favorables à la croissance microbienne, bien que, pour de nombreuses espèces bactériennes, le manque d'acidité de la peau soit un handicap.La peau n'a pas à proprement parler de producteurs.Le corps humain lui-même est le grand producteur de nourriture.Les microorganismes habitant la peau sont des consommateurs, qui utilisent les sécrétions cutanées et des décom-poseurs, qui se nourrissent de déchets.Le microorganisme aussi sert de nourriture, puisqu'il meurt et se décompose sur la peau.UN MILIEU OUVERT.La peau est un milieu ouvert, avec ses «entrées» et ses «sorties».Les «entrées» sont nombreuses et de sources variées.L'énergie solaire qui apporte la chaleur et peut être à l'origine de feux destructeurs du milieu, les brûlures; l'eau qui provient des pluies humidifiant l'air, des douches et des bains; l'air environnant qui apporte l'oxygène par le processus de la photodissociation et le carbone provenant du dioxyde de carbone atmosphérique.Ce dernier est, en outre, produit par les émissions industrielles et la circulation automobile, lesquelles chargent l'air de particules graisseuses et de diverses poussières que nous transportons, non seulement à la surface de la peau mais également sur nos vêtements et sous la semelle de nos chaussures.Ainsi, l'air, l'eau, les QUÉBEC SCIENCE / septembre 1984 objets, les autres personnes et les animaux sont des vecteurs de microorganismes avec lesquels nous sommes en contact de façon permanente.D'autres «entrées» jouent également un rôle dans l'écologie de la peau.Ce sont les savons qui ôtent les matières grasses en excès sur la surface cutanée et éliminent simultanément les habitants en présence ainsi que les cosmétiques et autres produits de soin pour la peau qui préservent à la peau un taux d'humidité adéquat (voir encadré).Les «sorties» regroupent principalement la desquamation de la peau et l'évaporation par la sueur.MAIS HOSTILE Même si la peau est constamment en contact avec des bactéries présentes dans l'air ou sur les objets, elle ne constitue pas un milieu très favorable à la multiplication de la majorité d'entre elles.En effet, selon les différents endroits du corps, la peau présente une grande variété de structures et de fonctions: ce sont des facteurs de sélection qui déterminent les types et la quantité de microorganismes qui vont y être présents.Peu de bactéries en contact avec la peau sont capables d'y croître longtemps à cause des substances bactéricides que celle-ci sécrète.Les glandes sudoripares produisent des lyzozymes qui détruisent les parois bactériennes.Les glandes sébacées sécrètent des lipides complexes qui peuvent être partiellement dégradés par certaines bactéries.Les acides gras qui résultent de ce processus sont très toxiques pour d'autres types de bactéries.Néanmoins, la peau arbore une variété de microorganismes que l'on peut classer en deux catégories.La flore résidante qui consiste en des types invariables de microorganismes régulièrement trouvés dans une région donnée et à un âge donné qui, si elle est perturbée, se rétablit d'elle-même.La flore transitoire, constituée de microorganismes non pathogènes ou potentiellement pathogènes qui habitent la peau pour quelques heures, jours ou semaines.Elle provient de l'environnement, ne produit pas de maladies et n'est pas établie de façon permanente sur la peau.Les membres de la flore transi- Ève-Lucie Bourque 40 septembre 1984/ QUÉBEC SCIENCE toire sont généralement de faible importance pourvu que la flore résidante normale demeure intacte.Cependant, si la flore résidante est perturbée, les microorganismes transitoires peuvent proliférer et engendrer des maladies.Le seul animal que l'on retrouve sur la peau est la mite du follicule, Demodex folliculorum, d'une grandeur de l'ordre du dixième de millimètre.Elle vit et se reproduit autour des cils et des follicules pileux dans les plis externes du nez et du menton chez la plupart des adultes.Les autres organismes sont des bactéries, des levures et des virus.Les membres dominants de la communauté cutanée sont les bactéries, divisées en organismes Gram-positifs et Gram-négatifs appelés ainsi selon leur réaction au test de coloration de Gram, qui démontrent des différences anatomiques et physiologiques.Sur la peau saine, les bactéries Gram-positives prédominent et sont représentées par deux groupes, les coques aérobies qui sont des cellules sphériques, et les diphtéroï-des qui sont en forme de bâtonnets.La plupart des coques sont inoffensifs, sauf dansdescirconstancestrès spéciales.Toutefois une espèce.Staphylococcus aureus, est la cause de boutons, de furoncles et d'infections plus sérieuses chez les nouveau-nés ainsi que des surinfections de blessures.Cette espèce est résistante aux antibiotiques et se loge principalement dans les narines.Chez les nourrissons, elle se loge également dans l'ombilic et la peau de l'abdomen alors que chez les adultes elle colonise le périnée.Normalement, elle n'entraîne pas de changement pathologique dans la peau.Les diphtéroïdes peuvent être divisés en trois groupes écologiques.L'un d'eux comprend les espèces Corynebacterium acnés et Propioni-bacterium acnés, bacilles responsables de l'acné.Ils sont anaérobies et Les produits de soin pour la peau sont largement employés afin de combattre, entre autres choses, la déshydratation cutanée due au froid, au vent, au soleil, au chauffage et aux produits cosmétiques mal adaptés.Pourtant, les crèmes et laits hydratants n'apportent pas d'eau à la peau.Ils agissent par l'intermédiaire d'agents gras qu'ils renferment et qui leur donnent un aspect onctueux.Parmi ces agents gras, la glycérine et la lanoline entrentfréquem-ment dans la composition chimique des produits de soin.La glycérine, parexem-ple, possède des groupements hydrophiles (parties de la molécule qui ont une affinité pour l'eau) qui se tientavec l'eau contenue dans la peau et forme un film extrêmement fin à la surface de l'épiderme (de l'ordre du millionnième de millimètre).Ce film protecteur conserve _ .HO .HO__CH .Glycérine à la peau son degré d'hydratation en assurant la rétention de l'eau dans les tissus, sans toutefois empêcher l'évaporation nécessaire car la quantité de glycérine appliquée est minime comparativement à la quantité d'eau contenue dans la peau.La glycérine possède également des groupements hydrophobes (parties de la molécule qui ne se lient pas avec l'eau) qui s'associent avec les autres substances contenues dans le produit comme les éléments minéraux, les acides aminés, les vitamines, les extraits végétaux et les extraits animaux.Ainsi, en se liant à l'eau, laglycérine facilite,d'une part, la lutte contre la déshydratation et, d'autre part, permet aux principes actifs des différentes substances d'agir sur la peau.vivent dans les profondeurs des follicules pileux.Les autres diphtéroïdes sont aérobies.Un type requiert des nutriments lipidiques et l’autre n'en a pas besoin.Sur la peau de la plupart des gens, vivent aussi des bactéries Gram-négatives.Un groupe, les Mimeæ, dont certains sont des pathogènes potentiels qui peuvent causer des érythèmes, des rougeurs.Ils semblent être communs sur les pieds des enfants et des hommes adultes mais ils sont rarement trouvés chez les femmes adultes.La flore cutanée normale n'admet que quelques levures.Certaines d'entre elles sont partiellement ou totalement dépendantes des lipides trouvés sur la peau et croissent plus abondamment sur le cuir chevelu et sur les parties grasses du visage, telles que les plis du nez et de l'oreille.Moins fréquentes que ces dernières formes, certaines levures croissent entre les orteils mais ne sont jamais nuisibles.Parmi les résidents de la peau saine, plusieurs espèces pathogènes vivent difficilement en équilibre avec leur hôte.Après une longue période durant laquelle ils demeurent inoffensifs, un changement de l'environnement cutané interne ou externe peut bouleverser l'équilibre.Ces espèces se multiplient alors et pénètrent dans la couche cornée.Le champignon qui provoque le «pied d'athlète» illustre bien ce phénomène.Ces champignons habitent souvent la plante des pieds et les espaces entre les orteils, sans occasionner plus que de minimes modifications dans la peau.Mais un changement dans l'environnement de l'hôte — un déplacement vers les Tropiques, un manque temporaire d'hygiène, une altération de la condition immunologique — peut entraîner la prolifération des champignons et l'apparition de la maladie.Il est impossible de dire dans quelle mesure les virus résidentdans la peau saine, étant donné que leur présence est difficile à identifier en l'absence de dommages apparents chez l'hôte.Étant donné que les virus sont des parasites des cellules vivantes et que ces dernières n'existent pas dans la couche cutanée superficielle, les virus de la peau QUÉBEC SCIENCE / septembre 1984 41 La peau et sa faune couche cornée épiderme ‘couche cellulaire mite du follicule glande sébacée derme follicule pileux tissus conjonctif glande sudoripare R io squa aas-Httra.mm Egp-'fàM tmmmÊËM vivraient donc dans les couches profondes.Par ailleurs, les virus qui parasitent les bactéries (bactériophages) sont présents sur la peau en nombre important.Les virus responsables de l'herpès simple et des verrues s'y retrouvent parfois.DÉSERTS ET MÉGALOPOLES Les peaux humaines se distinguent les unes des autres de manière significative dans la densité des populations qu'elles supportent.Certaines ont régulièrement un taux élevé de bactéries tandis que d'autres présentent un taux relativement bas.De grandes différences de densité existent également entre le désert des avant-bras abritant une population clairsemée et la forêt tropicale plus fortement peuplée des aisselles.Il est généralement admis que les populations bactériennes les plus denses se situent sur le visage, le cou, aux aisselles et à l'aine.Le tronc et le dessus des bras ont des populations davantage clairsemées.La communauté microbienne sur la plante des pieds et entre les orteils est considérable et variée.Des études réalisées à l'aide de techniques d'échantillonnage à l'Université de Pennsylvanie ont montré que chez l'homme adulte, l'aisselle est la région la plus dense avec une population moyenne de 2,41 millions de bactéries par centimètre carré d'épiderme.Les dénombrements moyens pour le cuir chevelu et le front sont respectivement de 1,46 million de bactéries et 200 000 bactéries par centimètre carré.En opposition, les taux en ce qui concerne le dos atteignent la moyenne de 314 bactéries par centimètre carré seulement.Alors que les avant-bras comptent une population pouvant varier de 105 à 4 500 bac- La mite du follicule (1) est habituellement, avec les nombreuses bactéries abritées par le poil (3, en agrandi), la seule forme de faune qui habite une peau saine.Les peaux mortes, ou squames, logent aussi champignons et bactéries (2, en agrandi) téries par centimètre carré.Le sol contient de 10 millions à 10 milliards de bactéries et champignons par gramme.Comparativement, l'épiderme renferme 530 millions de microorganismes par gramme de peau morte.Il apparaîtrait que, tout au moins certaines régions de la peau, soient aussi abondamment peuplées en microorganismes que les sols naturels.La plupart des microorganismes vivant habituellement dans le sol, l'eau et partout dans notre environnement ne peuvent se multiplier à la surface de la peau.À condition que cette dernière ne soit pas endommagée, elle est également défavorable à l'exploitation de la plupart des organismes pathogènes.La peau est, tout d'abord, trop acide pour certaines espèces de microorganismes.Sa surface est trop desséchée et la constante desquamation entrave l'établissement des envahisseurs.De plus, les activités métaboliques de la flore résidante représentent un mécanisme de défense intéressant sur le plan écologique.L'accumulation d'acides gras insaturés inhibe la croissance de plusieurs types de bactéries et champignons pathogènes.Un organisme nouvellement venu a donc plus de chances de réussir à coloniser une niche écologique si celle-ci n'est pas déjà exploitée par une population autochtone.Son invasion au sein d'une communauté établie et complexe est toujours très difficile.Il est donc clair qu'une communauté complexe et fascinante se maintient d'elle-même à la surface corporelle de chacun d'entre nous.L'étude de l'écologie de la peau est, par conséquent, essentielle à son contrôle et à celui des surinfections des blessures.Elle pourrait également aider à élucider certains problèmes que l'écologie classique n'a pu résoudre.? 42 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE SALIOUT au quotidien Montez à bord du train de l’espace, avec ces cosmonautes qui battent des records de durée de vol en apesanteur par Claude Lafleur Chaque année, des cosmonautes soviétiques séjournent sur orbite terrestre durant plusieurs mois.Le dernier équipage à date a quitté la Terre le 8 février dernier pour ne revenir qu'en automne ou au début de l'hiver! Ces missions de très longue durée, que seuls les Soviétiques réalisent, sont devenues si routinières que les médias d'information n'en parlent plus.Et pourtant ces expéditions représentent une aventure en soi, car vivre en apesanteur comporte maints aspects déroutants et parfois difficilement imaginables pour les terriens que nous sommes.Reconstituons donc une mission typique de ces cosmonautes, en prenant la place de l'un d'eux.Ces voyages présentent la particularité de s'amorcer.en plein désert.« Baïkonour-sur-espace», c'est en quelque sorte la banlieue du cosmos: de là partent tous les conquérants soviétiques.Isolé du reste du monde, ce cosmodrome est situé à plus de 2 000 km au sud-est de Moscou, en plein désert kazakh.Il y règne un climat aride, la température oscille allègrement entre -30° et +40°C et le Soleil y brille plus de 300 jours par année.Le cosmodrome fut créé de toutes pièces aux abords de la bourgade de Tyuratam.Seule la vie implantée et maintenue par l'homme s'y développe.comme dans le cosmos! La bourgade est aujourd'hui devenue une ville de 50 000 habitants — rebaptisée Leninsk — dont la seule raison d'être est la conquête spatiale.Étant une cité essentiellement militaire, Leninsk présente l'originalité de n'apparaître sur aucune carte.Pour cette raison, les Soviétiques parlent du Cosmodrome «de Baïkonour», un village pourtant situé 375 kilomètres plus à l'est! Deux semaines avant le lancement, les deux équipes de cosmonautes (l'une désignée pour s'envoler et l'autre de réserve) quittent la Cité des Étoiles, en banlieue de Moscou, où une bonne partie de leur entraînement s'est effectuée.Ils laissent derrière eux femmes et enfants; ceux-ci ne les verront partir pour l'espace qu'à la télévision, comme tout autre Soviétique.À Baïkonour, les cosmonautes voient, pour la première fois, la fusée Zemyorka et le vaisseau Soyouzqui les emporteront.UNE FUSÉE ORIGINALE Les composantes de la fusée et du vaisseau arrivent au cosmodrome deux semaines avant les cosmonautes.C'est dans un immense bâtiment gris et rose que les équipes de montage réalisent en quelques jours l'assemblage mécanique, électrique et hydraulique de la fusée et y arriment le vaisseau destiné à transporter l'équipage.Dorénavant, les cosmonautes s'entraînent à bord de 'leur' Soyouz.Celui-ci est un vaisseau pesant six tonnes et demie et constitué de trois compartiments.Le module à sa base est un cylindre contenant une bonne partie des équipements servant au fonctionnement du véhicule, ainsi que les systèmes de propulsion.Au-dessus de ce module, on retrouve l'habitacle où prennent place les cosmonautes lors du lancement et du retour sur Terre.En forme de cloche, c'est le seul élément récupérable.Au sommet de cette cabine, on retrouve le module orbital qui contient principalement les systèmes nécessaires à la jonction du Soyouz avec la station orbitale Saliout.Deux jours avant le lancement, la fusée sort du bâtiment d'assemblage couchée sur un wagon spécial, tractée à petite vitesse par une locomotive diesel jusqu'au pas de tir.Là, en sept minutes, la fusée Zemyorka, accrochée à son berceau de transport, est disposée à la verticale et fixée sur le pas de tir.Avant que le lanceur ne soit libéré du berceau, quatre bras métalliques se referment sur son corps.L'accès à ses différents étages est assuré par deux tours qui viennent enfermer complètement la fusée.Cette étonnante méthode de mise en place d'une fusée (aux États-Unis, un lanceur est assemblé et transporté à la verticale) n'est pourtant qu'une pure routine pour les équipes de Baïkonour puisqu'ils ont de la sorte préparé plus d'un millier de Zemyorka.D'une hauteur de 49 m (équivalant à un immeuble de 16 étages), la Zemyorka est constituée de trois étages placés de façon originale: les premier et second étages sont disposés côte à côte (et non superposés, comme c'est généralement le cas).Le premier étage est en réalité un ensemble de quatre propulseurs disposés en croix autour du second étage, pour bénéficier d'une poussée maximale dès le départ.DÉPART Le matin du grand jour, l'équipage se lève et passe un dernier examen médical complet.Le petit déjeuner est copieux, puisqu'il faut faire le plein d'énergie.Par la suite, les cosmonautes enfilent leur scaphandre blanc et prennent le bus en direction du pas de tir.Là, la fusée est préparée sans qu'il n'y ait véritablement de compte à rebours (c'est-à-dire de longues séquences chronométrées QUÉBEC SCIENCE / septembre 1984 43 v i V ijT] ï tt ' V - et strictement planifiées).Il s'agit plutôt d’une succession d'opérations qui se déroulent de façon très souple.L'équipage arrive sur le pas de tir deux heures vingt minutes avant le lancement.Au pied de la fusée, les cosmonautes prennent part à une dernière conférence de presse avant de se diriger finalement vers leur Zemyorka.Un dernier salut de la main et ils prennent l'ascenseur qui les mène au sommet du vaisseau Soyouz dans lequel ils pénètrent.L'ingénieur de bord, le commandant et le cosmonaute-chercheur prennent place dans la cabine, sur des sièges spécialement taillés à leurs mesures.L'habitacle est si étroit et leur combinaison si encombrante qu'il leur faut une bonne vingtaine de minutes pour s’installer.La Zemyorka et le Soyouz sont minutieusement vérifiés une ultime fois alors que les derniers techniciens quittent définitivement le pas de tir.Ils vont s'abriter au centre de direction du lancement, installé dans un bunker à seulement 100 m de là.Peu après, les deux tours donnant accès à la fusée sont retirées et la chronologie de tir est engagée.La séquence finale se déroule de façon automatique.Sept minutes avant la mise à feu, les cosmonautes ferment la visière de leur casque et, conformément à la tradition, le commandant de l'équipage lit un communiqué qui sera reproduit dans la Pravda du lendemain.À l'heure prévue, les moteurs du premier et second étage de la fusée s'allument en quelques fractions de TASS 44 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE 'cm mu m Sslgi¥M¥ mm\ SïlUfl Pour se préparer à leur mission, les cosmonautes s'entraînent dans cette maquette identique à la station orbitale Saliout dans laquelle ils séjourneront.À l'extrême droite de ce simulateur, exposé à la Cité des Étoiles, on aperçoit le port d'arrimage où s'accroche le vaisseau transportant l'équipage.seconde.La fusée émerge alors du nuage orange des gaz de combustion et s'élève dans un grondement assourdissant, traînant une longue flamme derrière elle.Dans la cabine, où jusqu'à présent régnait le plus grand calme, le tonnerre éclate maintenant.«Tout vibre, les indicateurs du tableau de bord semblent pris de folie.Soudain, nous avons l'impression d'être dans un ascenseur qui s'élève rapidement.La cabine étant enfermée dans sa coiffe protectrice, on ne voit rien du dehors.Seul l'altimètre nous indique que nous quittons la Terre.L’accélération se fait de plus en plus sentir, c'est comme si nous avions une vache qui nous écrasait.Et elle devient de plus en plus lourde! Même notre scaphandre, pourtant si léger, nous serre l'estomac».Durant le lancement, les cosmonautes n'ont qu'à surveiller le déroulement des événements car tout se fait automatiquement ou, en cas d'urgence, sur l'initiative des contrôleurs au sol.Les quatre éléments propulseurs du premier étage se séparent après deux minutes de vol, à une altitude d'environ 35 km.La coiffe et le système de secours (permettant d'éjecter la cabine habitée en cas d'incident) sont largués 40 secondes plus tard.Pour la première fois, les cosmonautes jettent un regard par les hublots et observent la Terre: la fusée se dirige vers la partie est du territoire soviétique et ils aperçoivent bientôt l'océan Pacifique.UNE VACHE QUI VOUS ÉCRASE Coup de frein : le second étage cesse de fonctionner et, pour quelques instants, les cosmonautes flottent dans leur siège.«Ouf, la 'vache' est partie!» L'étage est largué et retombe dans les steppes du Kazakhstan; c'est alors que le troisième étage s'allume.L'accélération reprend de plus belle, et la sensation d'écrase- ment avec.Le bruit et les vibrations s'intensifient davantage.Encore quatre minutes et le Soyouz est sur orbite terrestre.En neuf minutes de vol, le Soyouz a atteint 25 fois la vitesse du son.«Etrange sensation, après avoir été malmenés durant de longues minutes, soudainement, plus rien! Plus de 'vache', aucun bruit — seul le ronronnement du Soyouz — et surtout aucune vibration! Nous avons l'impression que le vaisseau est immobile, comme en simulateur au sol.Et pourtant nous filons à 27 000 km/h ! » Le Soyouz fait le tour du globe en une heure et demie, à environ 250 km d'altitude.Lors de l'insertion sur orbite du Soyouz, la station orbitale Saliout se trouvait à 1 5 000 km devant.La station navigue à une altitude légèrement plusélevée (325 km) et prend un peu plus de temps à faire un tour de Terre.Par conséquent, le Soyouz se rapproche du Saliout, à raison de 1 000 km par révolution.Ainsi, une journée entière La sation Saliout a la forme d'une bouteille d'eau gazeuse.Les sections blanches sont accessibles aux cosmonautes alors que les parties grisâtres contiennent de l'équipement isolé.sera nécessaire pour rejoindre la station.«Nous constatons un autre phénomène bizarre, presque inattendu.Non seulement la 'vache' n'est plus là à nous écraser, mais nous flottons! Nous flottons dans nos sièges, c'est fantastique! Même notre documentation de bord et notre stylo flottent aussi.» Pendant les trois premières révolutions autour du globe, l'équipage et les techniciens au sol vérifient en profondeur l'état et le fonctionnement des systèmes de bord, et particulièrement l'étanchéité des compartiments du Soyouz.Ce n'est que lorsque l'intégrité du vaisseau est établie avec certitude que les trois membres de l'équipage enlèvent leur scaphandre.Au cours de la quatrième et cinquième orbites, des QUÉBEC SCIENCE / septembre 1984 45 JK- \ ' 1 *.is C'est par train que le Soyouz T-6 est acheminé vers le site de lancement.i: ' 4 ! manœuvres sont effectuées pour élever l'orbite de Soyouz afin de s'approcher de la station.Par la suite, durant une période de huit heures, l'équipage a droit à sa première : période de sommeil.L'ingénieur et le cosmonaute-chercheur se rendent passer leur «nuit» dans le comparti-I ment orbital, alors que le commandant dort dans son siège.«STIKOVKA!» Seconde journée sur orbite.Après un déjeuner léger, les cosmonautes commencent les manœuvres de rapprochement en allumant plu- I sieurs fois les moteurs du Soyouz.Il : s'agit d'atteindre progressivement l'altitude du Saliout, phase délicate car le vaisseau ne dispose que d'une quantité fort limitée de carburant.Les réserves totales ne sont en effet que de 700 kg alors qu'un rendez- vous en requiert normalement la moitié.Pis, si les réserves tombent sous les 1 50 kg, alors le rendez-vous est annulé puisqu'une centaine de kilogrammes d'ergol sont nécessaires pour le retour sur Terre.À la dix-septième orbite, le vaisseau Soyouz ne se trouve plus qu'à une centaine de mètres de la station Z < orbitale.Celle-ci, qui apparaissait d'abord simplement comme un point lumineux dans le firmament, prend maintenant les allures d'un sous-marin muni de trois ailes.Saliout a la forme d'une bouteille d'eau gazeuse, longue de 15 m et d'un diamètre maximal de 4 m.Elle est munie de trois ailes qui génèrent l'électricité à l'aide de cellules photosolaires.La carapace du Saliout est recouverte d'un revêtement vert foncé d’où émergent plusieurs appareils aux formes et fonctions les plus diverses.Sur ordre du centre de contrôle, l'équipage entame la procédure d'accostage.Le commandant prend le contrôle du Soyouz alors que l'ingénieur énonce laconiquement la distance et la vitesse relative des deux vaisseaux.«Quinze mètres, soixante centimètres par seconde.Cinq mètres, trente centimètres seconde.Deux mètres.Stikovka ! (arrimage)».La jonction s'effectue sur le port avant du Saliout.Les cosmonautes Makarov et Janibekov à bord du complexe scientifique Soyouz-Saliout-Soyouz, se préparant pour un examen médical.L'arrimage réussi, l'équipage procède aux branchements de tous les circuits du vaisseau sur ceux de la station (liaisons mécaniques, électriques et hydrauliques).Ces opérations sont suivies d'une longue et minutieuse vérification de l'étanchéité des deux vaisseaux et de l'égalisation de la pression atmosphérique entre chaque véhicule.C'est alors seulement que l'ingénieur ouvre les écoutilles séparant le Soyouz du Saliout et pénètre dans ce qui sera la demeure de l'équipage pour les prochains mois.Il a tôt fait d'ouvrir les lumières et d'y découvrir un message laissé par les précédents occupants: « Bienvenue à bord et bon séjour».Une caméra de télévision, placée à l'entrée de la station, nous montre en direct l'entrée joyeuse des cosmonautes.Ils se félicitent mutuellement, sans manquerde remercier les techniciens au sol de leur aide.C'est l'euphorie à bord.Dans les heures qui suivent, l'équipage met en marche les principaux systèmes de survie, les régénérateurs d'air et de climatisation.Un premier repas est consommé à bord, avant d'aller dormir.Après deux longues journées de travail intense, le sommeil devrait venir rapidement, mais les cosmonautes sont trop surexcités pour fermer les yeux.LE MOTEL DU COSMOS À leur troisième journée de vol, les cosmonautes se familiarisent davantage avec les aires de la station.Bien qu'ils se soient entraînés durant de longues heures à bord d'une maquette en tout point identique au Saliout, ils ont quand même quelque difficulté à s'y reconnaître.«On dirait que tout a changé de place, que l'habitacle est plus spacieux.L'apesanteur nous permet l'accès à de nouvelles sections de la station, particulièrement aux appareils installés au plafond!». 46 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE le filage électrique font l'objet d'un examen minutieux.L'équipage pré- ¦ Saliout comprend deux modules habitables.Lorsque les cosmonautes pénètrent dans la station, ils franchissent d'abord le compartiment de passage (3 m de long, 1,50 m de diamètre) qui renferme l'équipement nécessaire aux sorties à l'extérieur de la station, ainsi que plusieurs tableaux de commande.Ce compartiment, qui n'est ni plus ni moins que le goulot de la «bouteille», est séparé du module principal par une seconde écoutille.Pour des raisons de sécurité, les constructeurs ont préféré diviser la station en plusieurs sections hermétiques: on ne peut en effet exclure la possibilité d'une perte d'étanchéité à la suite d'un bris mécanique ou d'une collision avec des micro-météorites.Cette seconde écoutille donne accès au compartiment de vie qui occupe la majeure partie de la station.De forme rectangulaire (8 m de long, 2,50 m de haut et 2 m de large), cette pièce sert à la fois de laboratoire et de local d'habitation.En venant du compartiment de passage, nous faisons face à une petite plate-forme surélevée: c'est le poste principal de contrôle de la station avec les sièges du commandant et de l'ingénieur.En avançant, nous apercevons la table des repas et, à droite, dans une niche, le poste pour les expériences d'astrophysique.L'équipement scientifique, la documentation de bord et la pharmacie sont rangés dans des armoires numérotées, sur les murs, le plafond et le plancher.À mi-chemin du compartiment, au plafond, la bicyclette d'exercice physique et le tapis roulant pour le jogging, les étagères de la serre cosmique et les réfrigérateurs.Au-delà, une colonne tron-conique d'appareillages photographiques obstrue partiellement le chemin.C'est derrière cette colonne que se trouvent les installations sanitaires.Et juste au-dessus de la colonne, dans le plafond de la station, on a aménagé une case où dorment les cosmonautes.L'agencement et les couleurs créent un effet d'espace propice au bon travail et à la détente des cosmonautes.Les murs du compartiment sont recouverts de tissu gabardine aux couleurs vives: l'un d'eux est vert laitue et l'autre de ton crème, tandis que le plafond est blanc.Plusieurs tableaux sont accrochés aux parois: un portrait de Lénine, une photographie de Gaga-rine (devenu le saint-patron des cosmonautes soviétiques) et quelques photos de famille.UNE MAISON DE FOU! La première semaine à bord du Saliout est consacrée à la vérification et à la mise en marche de tout l'équipement de bord.À l'arrivée de l'équipage, plusieurs appareils sont hors de service ou fonctionnent en régime automatique.Les cosmonautes vérifient donc soigneusement les systèmes de survie et d'orientation de la station ainsi que l'état des panneaux solaires.La tuyauterie et pare egalement l'appareillage scientifique : les fours métallurgiques sont branchés, les caméras sont déballées et l'équipement médical est mis en place.Au cours de cette première semaine, chacun des hommes doit s'adapter à son nouvel environnement, car travailler en apesanteur présente tout un défi.Désormais, il n'est plus question de marcher sur le plancher de la station; il faut plutôt se déplacer avec les mains.Mais le «cosmonaute-nageur» n'a plus assez de ses deux mains pour se déplacer tout en transportant des objets! D'autre part, il n'est plus maintenant possible de déposer simplement les objets sur une table ou dans un coin, car alors ceux-ci s'envoleront au gré des courants d'air ou au moindre choc.Il faut donc toujours tout attacher, tout retenir ou tout ranger.Et même alors, le rangement dans des compartiments pose de délicats problèmes car lorsque vous ouvrez une boîte en apesanteur, son con- QUÉBEC SCIENCE / septembre 1984 et d'un "i I '?• coït 'tec?- I ;anieuf i nais, il I fsurle tpîcldt Hais te sassa ncoin, au gré get.S ns des élicats h con- tenu s'éparpille systématiquement tout autour, à la manière d'une valise surchargée! Il faut en plus faire attention aux bouts de fil ou de ficelle qui s'entremêlent à la manière de serpents.Nous imaginons donc sans peine que les premiers jours passés dans un tel environnement produisent chez le cosmonaute une grande fatigue et une certaine frustration .Et, comme si ce n'était pas suffisant, l'organisme humain réagit lui aussi à l'absence de la gravité.La circulation sanguine ne se fait plus aussi bien car le sang ne descend plus naturellement vers les jambes.Le sang se concentre surtout dans la tête: «Nous avons l'impression de vivre la tête en bas.Nous sommes tout congestionnés, comme si nous souffrions d'un gros rhume.Notre visage est boursouflé et prend des allures orientales.Notre propre mère ne nous reconnaîtrait probablement pas !» De plus, les cosmonautes en viennent parfois à souffrir de nausées et à perdre l'appétit, c'est le 47 Les missions spatiales soviétiques sont continuellement sous la surveillance du Centre d'opérations en vol.fameux mal de l'espace.Ces malaises particuliers sont dus à la confusion qui s'établit entre ce que le cosmonaute voit et ce qu'il ressent physiquement.Par exemple, s'il regarde par un hublot, il constatera aisément que la station se déplace rapidement, alorsqueson organisme ne perçoit aucun mouvement.D'autre part, le cosmonaute se trouve désorienté dans le Saliout du fait qu'il n'existe maintenant ni haut et ni bas.Fort heureusement, la plupart de ces malaises se dissipent normalement au cours de la première semaine de mission.La circulation sanguine s'ajuste, les muscles abdominaux se développent, les problèmes d'orientation se résorbent et les malaises physiologiques se dissipent au fur et à mesure que le cosmonaute apprend à vivre en apesanteur.C'est pourquoi, au cours de cette période d'adaptation, les responsables de l'envolée établissent un horaire de travail peu chargé: les cosmonautes vaquent tranquillement aux travaux d'aménagement tout en prenant le temps de se reposer et de s'acclimater à ce nouvel environnement.DES ALIMENTS QUI FLOTTENT Malgré tout, le simple fait de vivre là-haut demeure tout un défi.Hors de la protection de la Terre, l'homme doit lui-même prendre en charge tout ce qui est essentiel à sa survie.Ainsi, les cosmonautes évoluent dans une atmosphère gazeuse identique à celle de la Terre (composée d'oxygène et d'hydrogène à pression normale).La température ambiante est maintenue à 21 °C et le taux d'humidité est d'environ 40 pour cent.Une telle ambiance permet donc aux hommes de s'habiller d'un simple vêtement de toile muni d'un grand nombre de poches (qui contiennent une foule de menus objets utiles).L'atmosphère est régénérée chimiquement en passant au travers de filtres: le dioxyde de carbone et les vapeurs d'eau (expirées par les hommes) sont absorbés, alors que l'oxygène et l'hydrogène ressortent purifiés.L'air circule par l'entremise d'éventails et le système fonctionne automatiquement.Par contre, l'eau pose un problème de taille pour les missions de longue durée puisque chaque cosmonaute en boit plus d'une tonne par année, donc une demi-tonne en une mission de six mois ! Cette imposante quantité, à laquelle il faut ajouter celle consommée pour les autres besoins (hygiéniques, culinaires, etc.) représente une masse et un volume dépassant les capacités technologiques actuelles.À bord du Saliout, l'eau est donc récupérée et réutilisée.Ainsi, l'humidité contenue dans l'atmosphère est récupérée en faisant passer l'air auprès d'une plaque froide qui condense l'eau.Cette eau est alors recueillie dans un contenant et chimiquement purifiée.La consommation de nourriture, pourtant si simple sur Terre, pose là encore toute une gamme de problèmes.Libérées de la gravitation terrestre, les substances liquides ne demeurent plus dans leur contenant, mais se mettent systématiquement en boule, comme du mercure, et dérivent inopinément dans l'habitacle.Les aliments solides n'ont également aucune «raison» d'adhérer à une fourchette ou à une cuillère, et euxaussi naviguentà leur guise.Évidemment, toute parcelle de nourriture flottant librement dans le Saliout risque à tout moment d'entraver le bon fonctionnement de l'appareillage.La nourriturefaitdonc l'objet d'une minutieuse préparation avant l'envolée.Selon le cas, les aliments sont découpés en bouchées et enduits d'une substance gélatineuse quiadhèrebienàla fourchette ou à la cuillère.Les liquides demeurent en tout temps dans des réci- 48 septembre 1984 / QUEBEC SCIENCE L'équipage au Soyouz T-7, Leonid Popov, Alexander Serebrov et Svetlana Savitskaia, au cours d'une simulation d'apensateur au Centre de formation des cosmonautes Y.Gagarine.pients hermétiques et consommés à l'aide de paille.Les breuvages, les sauces et les crèmes sont réduits en poudre, alors que les viandes, les légumes et les fruits sont asséchés.Ainsi les cosmonautes disposent d'un repas complet, comprenant de la viande (bœuf, poulet, porc, etc.), des légumes, une sauce ou une soupe, un dessert (pudding ou crème de fruits), en plus d'un breuvage (jus, thé ou café).Un supplément vitaminique est également absorbé chaque jour.Ce régime satisfait généralement au goût du cosmonaute puisqu'avant de partir, il élabore lui-même son menu selon ses préférences.Mais, en cours de voyage, le goût semble se modifier au grand étonnement de tous: le jambon est à présent trop salé alors que le jus d'abricot devient la boisson favorite! Personne ne comprend pour l'instant la raison de ces changements de goût.Les aliments frais (tels que les légumes et les épices) sont cultivés à bord de la station et s'ajoutent à l'alimentation normale.Les Soviétiques ont installé dans le Saliout une jardinière expérimentale qu'ils ont baptisée d'un nom évocateur: «l'Oasis».Les cosmonautes, pour leur part, prennent un grand plaisir à jardiner: «Cela nous détend et nous rappelle notre planète natale.Jardiner est davantage un loisir qu'une corvée».Les cosmonautes réussissent ainsi à faire pousser des fèves, du blé, des concombres, du persil et des oignons.Finalement, même dormir en apesanteur nécessite certains accommodements.Les cosmonautes dorment dans des sacs de couchage accrochés dans une cavité aménagée au «plafond» du Saliout (rappelons qu'en apesanteur, il n'y a ni haut, ni bas; c'est parfois pratique!).Flottant dans leur sac, ils se sentent très confortables puisqu'aucune partie de leur corps n'est écrasée par leur propre poids.Ils regrettent cepen- dant l'absence d'une chambre privée car ils sont quelque peu incommodé par les bruits de la station.Ces bruits les hantent continuellement: ils craignent, semble-t-il, que quelque chose ne tombe en panne, mettant ainsi leur vie en danger.Bien sûr, dans leur sommeil les cosmonautes rêvent.de la Terre, de ses forêts et de ses lacs.DES PIONNIERS D'UN NOUVEAU GENRE La réalisation de missions à bord de stations orbitales Saliout n'a pas uniquement pour but de maintenir en vie un équipage durant plusieurs mois.Les cosmonautes doivent également réaliser toute une gamme de travaux dans des disciplines aussi diverses que l'étude de la Terre, la biologie, et la métallurgie.Le programme de la mission commence véritablement la seconde semaine lorsque l'équipage adopte un horaire de travail semblable à celui des terriens: cinq journées de travail suivies d'une fin de semaine de deux jours.Et comme à la Cité des Étoiles, ils vivent à l'heure de Moscou.Une journée normale de travail débute à huit heures avec le lever des cosmonautes.Ils prennent le temps de se laver (avec des serviettes mouillées, car une simple douche en apesanteur requiert plusieurs heures) et de déjeuner.De 10 à 13 heures, il vérifient minutieusement l'état de la station et réalisent au besoin les ajustements et réparations nécessaires.Après une période pour dîner et pour se reposer, ilstravaillenttrois heures.Suit la période du souper et une troisième série de recherches scientifiques.Ils se couchent finalement vers 23 heures.Au cours de leur fin de semaine, les cosmonautes se détendent en jouant aux échecs — contre les techniciens au sol — à l'aide d'un jeu aimanté, lisent les volumes de la bibliothèque du bord ou simplement s'adonnent aux plaisirs de flotter en apesanteur! De plus, grâce au système de vidéo-cassette, ils peuvent visionner des films ou des parties de hockey retransmises depuis le centre de contrôle.Ils doivent cependant surveiller attentivement le fonctionnement de la station car leur vie en dépend.même lors des journées de congé.Ils en profitent aussi pour mettre à jour leur documentation de bord et pour rédiger les comptes rendus des expériences scientifiques.La vie à bord des stations orbitales soviétiques est peu banale.Les cosmonautes y réalisent actuellement des séjours de plus de six mois, au cours desquels ils procèdent à un grand nombre d'expériences.De plus, durant leur marathon, ils reçoivent de la visite et du ravitaillement et, lorsque des impératifs techniques l'exigent, ils marchent dans l'espace.Ces cosmonautes vivent une expérience unique et pionnière.Ils sont pour l'instant quelques dizaines, ils seront demain quelques centaines.Montrent-ils la voie à un des nouveaux modes de vie de l'homme? 1UÈBEC SCIENCE / septembre 1984 49 par François Picard Les livres sur la micro-informatique sont de plus en plus nombreux sur les étagères des librairies et il devient très difficile de trouver celui dont on a vraiment besoin.Cette situation est due tant à la quantité de livres disponibles qu'à un manque de démarcation claire entre les divers ouvrages.De plus, les bons livres sont beaucoup plus rares que ceux de qualité médiocre.À vrai dire, on trouve maintenant des livres sur les ordinateurs pour à peu près tous les goûts, toutes les bourses et tous les appareils les plus vendus.Il faut toutefois se méfier et prendre le temps d'en examiner le contenu avant de faire un choix.En effet, bien des gens ont déjà été très déçus parce que les livres qu'ils avaient achetés ne correspondaient pas à leurs besoins et attentes, ou parce qu'ils étaient consacrés à un autre ordinateur que le leur.Jusqu'en 1983, la majorité des livres sur les micro-ordinateurs disponibles au Canada étaient en anglais, mais on peut dire que les choses changent puisque la proportion d'ouvrages en français ne cesse d'augmenter.Il ne faut cependant pas se faire d'illusions: la majorité de ces livres sont des traductions de l'anglais et les créations québécoises restent rares.Malgré tout, les livres produits au Québec dénotent un travail de qualité et une recherchede rigueur moins présente dans les livres américains destinés au grand public, où le côté distraction est davantage développé.Sur 18 livres en français que nous avons reçus ces quatre derniers mois, la moitié sont des traductions d'ouvrages américains ou britanniques.Ce n'est jamais indiqué clairement sur la page couverture.On y voit parfois le nom de l'auteur étranger.Mais, plus souvent, il n'en est fait aucune mention; c'est le cas en particulier des livres comme LE CP/M et LA PUISSANCE DE LOTUS 1-2-3.En fait, on supprime facilement ce qui pourrait empêcher l'acheteur potentiel de s'intéresser au livre.Marketing oblige.Par contre, on remarque une innovation: les éditeurs annoncent plus régulièrement sur les couvertures l'appareil dont il faut disposer pour profiter pleinement de leur livre.Parmi les nouvelles parutions, notons deux ouvrages de référence qui intéresseront surtout les étudiants ou les spécialistes: le DICTIONNAIRE D’INFORMATIQUE anglais/français et français/anglais de Masson et LE TOUT MICRO 84-85 publié par Hachette Informatique.Le premier est une réédition Info/puce DES LIVRES, ENCORE DES LIVRES l tes-: revue et corrigée.Le second dresse un tableau assez complet du monde de la micro-informatique en France, ce qui est d'ailleurs son principal handicap pour le lecteur québécois, qui n'est pas concerné par plus de la moitié du livre.On trouve aussi des livres d'intérêt général portant soit sur des ordinateurs, soit sur des logiciels.C'est le cas de LE MACINTOSH, LE CP/M ou LE LIVRE DE BORD DU COMMODORE 64.Ce dernier a été écrit par un Québécois, Mathieu Kokinski.Il en est de même pour deux ouvrages didactiques, INTRODUCTION AU LANGAGE BASIC et MICRO-MATH, dont les auteurs sont respectivement Marie-Michèle Boulet et Denis Therrien.Celui-ci a pris la peine d'expliquer les modifications, souvent minimes, à apporter pour que l'on puisse utilisersurdivers appareils les logiciels dont il publie la liste, fait tellement rare qui vaut la peine d'être mentionné.Trois autres livres peuvent servir à I initiation des enfants à la micro-informatique: LOGIBUL AU PAYS DE L'INFORMATIQUE, MON AMI L'ORDINATEUR et SESAME.Les auteurs de ces trois livres ont estimé que des animaux seraient plus appropriés que des êtres humains pour introduire des jeunes à l'ordinateur.Dans le premier cas, il s'agit d'une souris, dans les deux autres de gorilles, des animaux qui, comme chacun sait, s'y connaissent parfaitement en informatique ! • LE CP/M, par Tom Hogan, traduit par Christiane Saint-Genest, Vifi-Sogiciel et Les Éditions Ville-Marie, Montréal, 256 p„ 12,95$ • LA PUISSANCE DE LOTUS 1-2-3, par Management Information Source, traduit par P.Paré, Éditions Turgeon, Montréal, 176 p„ 24,95$.• DICTIONNAIRE D'INFORMATIQUE anglais/français et français/anglais, Michel Ginguay, Masson, Paris, coédition avec Mémoire vive, Westmount, 447 p., 14,95$ • LE TOUT MICRO 84-85, par Delphine Lefebvre et coll.Hachette, collection Hachette Informatique, Paris, 445 p., 19,95$ • LE MACINTOSH, par Edwards S.Connolly, traduit par Systim International, Modulo, Outremont et Belin, Paris, 152 p., 18$ • LE LIVRE DE BORD DU COMMODORE 64, par Mathieu Kokinski, Éditions Mémoire vive, Westmount, 222 p., 17,95$.• INTRODUCTION AU LANGAGE BASIC, NIVEAU 1, par Marie-M.Boulet, Éditions SMG, Trois-Rivières, 84 p., 9,95$.• MICRO-MATH, par Denis Therrien, Vifi-Sogiciel et Les Éditions Ville-Marie, Montréal, 104 p., 12,95$.• LOGIBUL AU PAYS DE L'INFORMATIQUE, par Sheila Dvorchik, traduit par Catherine Louvet, Modulo, Outremont et Belin, Paris, 112 p., 12$.• MON AMI L'ORDINATEUR, par P.Paré, dessins deTibo, ÉditionsTurgeon,, Montréal, 143 p„ 12,95$.• SESAME, ou Le Basic français pour jeunes explorateurs, par Louise Cormier, Puce, Montréal, 84 p., 8,45$; avec le logiciel, 34,75 $.On peut écrire à l'auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur CompuServe (ID 72135,1410), QL/MAIL (Casier 191 ) ou The Source (ID ST5310). 50 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITES PECHE AU SAUMON LES MONTAGNA/S GESTIONNAIRES AVISÉS ./ G Les Montagnais de Mingan, nouveaux propriétaires des rivières Manitou et Mingan, entendent développer et gérer le Complexe hydrographique dans une optique communautaire.Les représentants montagnais faisaient part de leurs intentions lors d’une conférence de presse, à Québec, le 16 mai dernier.À cette occasion, ils rendaient publique leur décision d'interdire, au cours de la saison 1984, toute pêche au saumon sur les portions des deux rivières maintenant sous leur responsabilité.De plus, les nouveaux gestionnaires annonçaient que l'étude du potentiel salmonicole du bassin hydrographique, entreprise dès cet été, se poursuivra pendant les cinq prochaines années.On se souviendra que des portions des rivières Manitou et Mingan, autrefois propriété de Les Associés Mingan — Mingan Associates Ltd., étaient acquises en novembre dernier par le ministère des Affaires indiennes dans le but de les remettre à la Bande de Mingan.Par la suite, une consultation auprès de la population autochtone a révélé chez celle-ci un fort désir de voir le saumon de ses rivières exploité de façon rationnelle et contrôlée.C'est pourquoi le Conseil de bande a fait effectuer une étude qui servira à déterminer les carac- téristiques actuelles de la population de saumon du Complexe, sa population potentielle et les stratégies à adopter pour en arriver à une exploitation optimale tout en assurant le renouvellement de la ressource.La première étape de l'étude, dont les résultats seront connus au printemps 1985, a été confiée à la firme Dryade, spécialisée en études environnementales.Voyons un peu en quoi consistera le travail de ces spécialistes.D'abord, on sait que le saumon venu de la mer remonte les rivières de la Côte-Nord chaque année pour s'y reproduire.C'est pendant cette période, qui s'étend habituellement de juin à août, que se pratique la pêche.À l'automne, les géniteurs parvenus au terme de leur périple vont frayer, c'est-à-dire que le mâle fécondera les œufs déposés par la femelle.Des œufs éclos au printemps sortiront des petits saumons qui passeront alors de trois à quatre ans en rivière avant de séjourner à leur tour en milieu marin.Les saumons prennent d'ailleurs des noms différents selon les diverses étapes de leur développement.Les tout petits sont les alevins, ensuite ils seront tacons jusqu'à leur descente vers la mer, rite de passage qui en fera des saumoneaux.Une fois atteint ce stade, on les qualifie dans l'ensemble de géniteurs mais, selon le nombre d'années passées dans l'Atlantique, on leur donnera des noms encore plus précis.Parexemple, on nommera castillon le saumon qui a séjourné un an en mer.Donc, pour évaluer l'importance et les caractéristiques d'une population de saumon, on profite des périodes de migration propres à l'espèce.Ainsi le moment propice pour recueillir des données sur les géniteurs est la période de remontée des rivières, ou période de montaison.Généralement les biologistes étudient soit les caractéristiques de la population adulte, soit celles des jeunes saumons dans leur habitat en eau douce, soit celles des saumoneaux lors de la dévalaison annuelle vers la mer.Pour ce qui est de l'étude menée cet été par Ghislaine Saint-André et ses collègues de Dryade, on y recueille des informations sur la population adulte et sur les tacons, dans l'ensemble du bassin hydrographique.Et à chacun de ces deux stades de développement du saumon correspond une technique de prélèvement des données.Ainsi, à l'aide d'un filet dérivant installé dans l'estuaire de la Mingan, des techniciens attrapent un certain nombre de saumons qui arrivent de la mer et auxquels ils attachent une étiquette.Ensuite, des filets-trappes disposés en amont sur les deux rivières permettent de recapturer une partie des géniteurs étiquetés et, à partir de là, de faire des savants calculs.Pour ce qui est des tacons, on en prélève des spécimens à l'aide de la pêche électrique, un drôle d'appareil composé essentiellement d'une petite génératrice portée sur le dos et de deux électrodes tenues à bout de bras.À l'aide de cet appareil, le technicien crée dans l'eau un courant électrique au contactduquel le jeune saumon subit une paralysie momentanée, juste le temps qu'il faut pour le cueillir sans l'endommager.Là aussi on prend des mesures, on examine les écailles, qui renseignent sur l’âge du poisson, et à partir des résultats obtenus dans divers habitats prédéterminés on réussit à tracer un portrait assez fidèle de la population dans son ensemble.Dès que seront connus les résultats de l'étude du groupe Dryade, les Montagnais pourront préciser dans quelle mesure leurs rivières seront accessibles à la pêche de subsistance et dans quelle proportion elles seront ouvertes à la pêche sportive.En attendant, il faudra lancer sa ligne ailleurs que sur les rivières Manitou et Mingan.G é raid Baril QUÉBEC SCIENCE / septembre 1984 51 ^ÛSStii l'I'IfUi ALIMENTATION ™p!e,oii n pui a SA UC/SS ES AU GLYCEROL «« iie odes de Ainsi |j des ion-ïiodede es de la sjeanes ' et ses eille des idulteet u bassin tesdeui saumon ptélèse-ide d'un mite de ipenlun atiivenl wt une ¦trappes mières irtiedes le là, de ttedui s spéci- fiée sur sàbout letecb-intélec-saumon Grâce au glycérol, on pourra peut-être un jour manger des charcuteries sans que la crainte du cancer nous fasse avaler de travers.C'est du moins ce que veut démontrer une thèse de doctorat présentée dernièrement par Christophe Lacroix à la faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'université Laval.Jusqu'à maintenant et depuis fort longtemps, la moindre saucisse à hotdog est bourrée (200 ppm) de nitrite de sodium afin d'assurer sa conservation et de lui préserver sa belle couleur rosée.Or, dans les années 60, il est apparu que ce produit pouvait être dangereusement cancérigène.Depuis, plusieurs études ont confirmé l'existence de ce danger sans que le produit ne cesse d'être utilisé massivement.L'industrie agro-alimentaire tient au nitrite pour trois raisons: celui-ci préviendrait le botulisme, cette infection causée par un microbe qui se développe dans un aliment non stérilisé; il active le processus de salaison et de fumage; il fait durer la coloration rouge de la viande sans être un colorant.Dans sa thèse, Christophe Lacroix avance que le glycérol pourrait remplacer avantageusement les nitrites et nitrates.La principale caractéristique de ce composé naturel étant de réduire l'activité de l’eau, il stoppe le développement des microbes.De plus, il aurait un effet bénéfique sur la texture et la stabilité des émulsions de viande constituant la base de certaines charcuteries.En fait, le glycérol n'est pas une nouveauté.Les scientifiques le connaissent depuis une quarantaine d'années et il est utilisé couramment en pâtisserie.C'est plutôt son usage généralisé comme agent de conservation qui est en cause.Et encore, l'idée n'est pas farfelue puis- FORESTEFUE CORDE À L/NGE POUR SAP/NS Inaccessible à l'industrie forestière, le bois qui pousse sur une pente supérieure à 50°?Pas dans un pays aussi montagneux que l'Écosse, ni bientôt dans une région aussi accidentée que Charlevoix ou la Gaspésie.Le travail que la débusqueuse ne peut accomplir, c'est un système de transport par câble (ou téléphérage), mis au point en Écosse, qui s'en chargera.Depuis deux ans, la société d'État Rexfor expérimente ici, pour le ministère Énergie et Ressources du Québec, cette méthode qui rend accessibles des boisés MS que c'est ainsi que la NASA stabilise en ce moment les aliments apportés en mission spatiale.Le défi semble donc de persuader les industriels d'opérer la substitution.Chose qui risque d'être plutôt difficile car, d'une part, pour empêcher le camouflage, la loi interdit l'ajout de colorants et, d'autre part, le glycérol ne règle pas le problème de la couleur.G é raid Baril souvent situés près des usines, mais laissés pour compte faute de techniques de récupération adéquates.On évalue à 700 000 mètres cubes le potentiel de récolte annuelle de résineux qui serait ainsi rendu disponible au Québec.Rexfor cherche à déterminer la rentabilité du procédé.«L'an dernier, explique François Racine, responsable de l'expérience, on a rodé le système.Trop de facteurs sont entrés en ligne de compte pour nous permettre déjà de conclure.Mais les opérations de cet été devraient nous fournir des réponses fiables.» « Déjà, a-t-il ajouté, quelques compagnies privées se montrent intéressées.» La technique employée consiste à tendre un jeu de câbles d'acier depuis le sommet de la montagne jusqu'au pied où se trouve la machine écossaise appelée Smith-Timbermaster.Cet appareil de petite taille, qui coûte environ 60 000$ est muni d'un mât amovible auquel sont rattachés les câbles.Une fois les arbres abattus de la façon conventionnelle, ils sont accrochés, soulevés — et non traînés sur le sol, évitant ainsi de labourer la couche d'humus —, puis acheminés vers le bas de la pente.Ils reprennent alors leur place dans la séquence normale des opérations forestières.Louise Desautels A Université de Montréal Faculté de l’éducation permanente Hubert REEVES de retour cet automne pour une série de trois conférences intitulée ASTRONOMIE: VOYAGE DANS LE COSMOS Pavillon 3200 rue Jean-Brillant Les mercredis 10, 17 et 24 octobre 1984 à 1 9 h 30 Frais : 20 $ Renseignements: Université de Montréal Faculté de l'éducation permanente C.P.6212, Suce.«A» Montréal H3C 3L4 Tél.: (514) 343-6090 DEMANDE D'INSCRIPTION «Les belles soirées et matinées» Veuillez m'inscrire aux conférences Astronomie: voyages dans le cosmos.Ci-joint mon chèque de 20$ à l'ordre de l'Université de Montréal.NOM.PRÉNOM.ADRESSE .VILLE.CODE POSTAL .TÈL.(durant le jour) LE CANADA en rouge, bleu et vert Des forêts d'un rouge éclatant; d’immenses champs bleus et roses; des cours d'eau d'un noir profond.De telles images peuvent évoquer les scènes d'un nouveau film fantastique de Spielberg, Fellini, ou encore, d'un bon vieux Hitchcock.Pourtant, ce n'est pas du cinéma! Il s'agit plutôt d'images du Canada tirées de «bandes magnétiques» captées par des instruments sophistiqués à bord d'un satellite LANDSAT, en orbite à 900 km de la Terre.Le premier de ces satellites fut lancé par la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1972.Le Centre canadien de télédétection (CCT), un service d'Énergie, Mines et Ressources Canada (EMR), capte régulièrement, grâce à sa station de réception de Prince Albert (Saskatchewan), des données sur bandes magnétiques qu'il transforme ensuite en images, à l'aide d'ordinateurs.Tout comme un film à trois dimensions sur grand écran ne se compare pas au même film vu à la télévision, les images obtenues par le satellite LANDSAT offrent une perspective différente de celles apparaissant sur des photographies aériennes ou de simples cartes.Les couleurs, qui ne correspondent en rien à la réalité visible, y apportent une touche plutôt étonnante.Ces images saisissantes du pays sont maintenant disponibles à la Photothèque nationale de l'air d'EMR ou au service de l'Assistance à l'utilisateur du CCT.Les meilleures images captées par LANDSAT ont été mises en diapositives couleurs.Quelque 900 diapositives, sur une possibilité de plus d'un million d'images, constituant une série de 11 jeux régionaux, projettent une vue d'ensemble du Canada.Les images LANDSAT n'ont pas été mises en diapositives uniquement pour le plaisir des yeux; elles ont notamment servi à faire le dénombrement des feux de forêts dans une zone de 100 000 km2 dans la région du lac St-Jean et à effectuer des inventaires forestiers dans le cadre de projets hydro-électriques.Elles sont également un outil de travail indispensable pour observer la géographie du pays, veiller à la protection de l'environnement, permettre les explorations géologiques, l'inventaire des ressources renouvelables, la révision cartographique, évaluer la productivité du territoire agricole, etc.Tout comme il n'y a pas deux êtres humains qui ont les mêmes empreintes digitales, il n'y a pas deux objets qui réagissent de la même manière au spectre de la lumière.Ainsi chaque objet possède une signature spectrale relevée par les composantes du système de balayage de LANDSAT.Cela signifie qu'à l'intérieur du satellite se trouvent 24 détecteurs reliés à un miroir rotatif extérieur, qui oscille comme un balai (d’où son som)et qui capte les particularités d'une bande de terrain de 185 km de largeur.En attribuant une couleur à chacune des bandes (rôle joué par les détecteurs qui décomposent le spectre de la lumière), soit le vert, le rouge, le proche infrarouge et l'infrarouge, et en combinant trois de ces bandes, une image couleur peut être obtenue.Ainsi, selon l'intensité d'une couleur apparaissant sur l'image, les spécialistes peuvent établir, par exemple, l'état de santé d'une forêt.Les clichés ont été classifiés selon les numéros du système de références internationales de LANDSAT.Sur chaque diapositive se trouve une fiche sur laquelle sont inscrites la trajectoire et la rangée où a été prise l'image, de même que la date.On peut obtenir plus ample information sur les images satellites LANDSAT et sur les autres travaux du Centre canadien de télédétection en s'adressant à: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa, (Ontario) Kl A 0E4 (613)995-3065 Energie, Mines et Ressources Canada Canada CHANGER?A MON ÂGE?MAIS POURQUOI?Les choses évoluent.Au fil des ans, même si votre amour pour les vôtres ne s'est en rien altéré, les circonstances de la vie, elles, ont beaucoup changé.Il est peut-être temps, alors, pour vous et votre famille, de revoir et de modifier certaines clauses de votre testament.Vos enfants sont devenus adultes.Il y a eu récemment plusieurs changements importants dans les lois.Votre situation financière n'est plus la même.Vous pourriez peut-être bénéficier de certains nouveaux avantages fiscaux.Plusieurs facteurs font qu'une modification de testament peut être nécessaire Quand vous le ferez, pensez-y.Une simple phrase comme: "Je donne à la Société Canadienne du Cancer la somme de $_________________" permettra à notre civili- sation de continuer la cause courageuse entreprise par Terry Fox lors du Marathon de l'Espoir.Envisager la mort n'est drôle pour personne.Faites un don de vie.Votre contribution peut faire toute la différence entre combattre.et gagner.Société Canadienne du Cancer L’HUILE MÉTROPOLITAIN.La solution de l’avenir maintenant brevetée au Canada Le problème de la rouille Parmi tous les problèmes auxquels fait face l'automobiliste, celui de la rouille en est un de taille.La rouille est un mal naturel, produit par l'oxydation du métal qui se trouve soumis à l'action de l'air et de l'eau.Il semblerait y avoir deux types de rouille pouvant affecter les véhicules: la rouille de surface et la rouille interne.La première est plus facile et moins coûteuse à réparer.Elle origine de la disparition de la couche protectrice extérieure du métal: la peinture.La deuxième est beaucoup plus grave; une réparation majeure s'impose: c'est la rouille interne qui ronge le métal à partir du dessous de la carrosserie.Les procédés antirouilles Les procédés conventionnels sont connus et offrent des garanties.De plus, aujourd'hui, la majorité des manufacturiers accordent des garanties de trois ans contre les perforations, mais non contre un début de corrosion interne.Le traitement à l'huile, excellent pour les voitures neuves, est particulièrement recommandé pour les véhicules usagés, d'abord parce qu'il est moins coûteux que les antirouilles conventionnels, et surtout parce que l'huile a la fluidité nécessaire pourtraver-ser les poussières qui n'ont pas manqué de s'accumuler sous la voiture pour aller recouvrir tous les coins et recoins de la carrosserie et arrêter la progression de la rouille.L'efficacité du traitement à l'huile Métropolitain est tel qu'une perforation dûe à la rouille conservera la même apparence et les mêmes dimensions un an plus tard.L'huile Métropolitain En partant du principe qu'il fallait protéger le métal de l'action néfaste de l'eau, de l'humidité et du calcium avec un enduit d'huile, il se révéla important de considérer les caractéristiques du produit.L'huile devrait avoir les qualités suivantes: très forte adhésion à la tôle, excellente pénétration et facilité à disperser l'eau.Une formule fut trouvée et l'huile Métropolitain fut ensuite confiée au CRIQpour une analyse sévère.Le CRIQ y apporta de nombreuses modifications et améliorations.Ainsi, six produits composent l'enduit de l'antirouille à l'huile Métropolitain: trois huiles de chaînes moléculaires de longueurs différentes, deux additifs chimiques anticorrosifs et une fragrance pour éliminer l'odeur de l'huile.Cette formulation est protégée par un brevet depuis juillet 1983.Un fait important est à noter lors de l’application du traitement: l'huile Métropolitain ressort toujours par les mêmes interstices que l'eau dans la carrosserie; c'est donc dire que l'huile projetée sous pression et chauffée va exactement aux mêmes endroits que celle-ci.Le traitement L'huile chauffée à 50°C et projetée sous pression pénètre Les traitements antirouille sont efficaces.En guise de preuve, nous vous présentons les résultats d'un sondage effectué par le Club Automobile du Québec au cours de l'été 1978.Nombre moyen de Nombre perforations de véhicules par véhicule Ensemble des véhicules examinés 2 837 1,38 Véhicules non traités 1 341 1,68 Véhicules traités à l'antirouille 1 159 1,19 Véhicules traités à l'huile 337 0,89 Nombre Nombre de véhicules de retour Véhicules traités à l'antirouille Métropolitain 65 000 0,01% aisément dans tous les recoins de la carrosserie et ce, aussi facilement que l'eau peut le faire.Cette huile imbibe les tôles et son action pénétrante combinée à une facilité d'adhésion, travaille pour vous pendant plus d'un an.L'économie Un calcul simple permet de constater que pour un investissement de moins de 50,00$ par an, vous évitez des réparations majeures à la carrosserie (tout près de 1 000,00$) et vous pouvez facilement retarder de quelques années l'achat d'un autre véhicule, économie de 1 000,00 à 10 000,00$ à 15% d'intérêt par an.Ce qui fait du traitement à l'huile Métropolitain un des meilleurs investissements en ces temps difficiles.La garantie Vous avez un an de garantie.Si le véhicule reçoit le traitement à tous les ans, et la garantie se prolonge pour une durée maximale de 15 ans.Antirouille à l'huile Métropolitain est maintenant implanté dans trois des principales régions du Québec: soit à Lon-gueuil au 340 boulevard Roland-Therrien (514-651-5531), au 2343, boul.Hamel, Québec (418) 687-5660, à Trois-Rivières (St-Louis de France), au 1600, boul.Saint-Louis, (819) 378-8222.PUBLIREPORTAGE 54 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS TRAVAIL EMPLOIS POUR SCIENTIFIQUES Au mois de mai dernier le ministre québécois de la Science et de la Technologie, M.Gilbert Raquette, lançait trois nouveaux programmes destinés à augmenter les ressources scientifiques et techniques des entreprises.Comme le programme de stages-étudiants en entreprises, dont la prolongation était annoncée à la même occasion, les trois nouveau-nés devront favoriser l'accroissement du nombre de scientifiques, d'ingénieurs ou de techniciens dans l'industrie québécoise.Ces prochaines années, le ministre compte ainsi créer 1 500 emplois dont 500 seraient permanents.Il y a deux ans, pour répondre à un besoin manifeste de la PME, le gouvernement québécois mettait sur pied un programme expérimental de stages en entreprises destiné aux étudiants de niveaux collégial et universitaire.Il n'a pas fallu longtemps aux entrepreneurs pour se rendre compte de l'impact technologique que pouvaient avoir ces nouvelles ressources humaines chez eux.C'est ainsi que l'année dernière les stages-étudiants en entreprises ont obtenu un grand succès et que bon nombre de jeunes diplômés se sont vu offrir un emploi à la fin de leur stage.Il n'en fallait pas plus pour inciter le ministère de la Science et de la Technologie à y aller de nouvelles mesures de création d'emplois scientifiques cette année.Le premier de la série est un programme de soutien à l'emploi scientifique dans l'entreprise, dont la durée prévue est de quatre ans.Pour chaque emploi créé dans ce cadre, l'employeur bénéficiera d’un montant correspondant à 70 pour cent du salaire de base de l’employé pour la première année et à 30 pour cent du salaire indexé pour la seconde année.En retour, l'employeur doit garantir l'emploi subventionné pour la troisième année.Une seconde formule est susceptible, celle-là, de renforcer la collaboration entre les entreprises québécoises et les institutions d'enseignement et de recherche.En effet, grâce au programme de transfert de ressources scientifiques universitaires et collégiales vers l'entreprise, 50 professeurs chaque année et pendant une période de trois ans pourront être prêtés à l'industrie.Le troisième programme, prévu lui aussi pour trois ans, a pour but de soutenir le travail de certaines équipes de recherches universitaires engagées dans des activités d'information, de formation et d'aide technique aux entreprises.Un total de 15 équipes pendant ces trois années se verront donc offrir le financement d'une année de leurs activités par l’octroi d'une somme de 150 000$ à chacune.La première année seulement, ces trois nouveaux programmes coûteront près de sept millions de dollars prélevés à même le budget du ministère de la Science et de la Technologie.Pour ce qui est du programme de stages-étudiants, qui devient d'ailleurs permanent, son coût annuel est porté à un million de dollars avec pour objectif la création de 750 stages de 8 à 14 semaines au cours de l'été 1984.Tous ces beaux projets se révéleront-ils être «la clé du développement économique de notre société», selon les voeux mêmes du ministre Paquette?En tout cas, ils donneront la chance à de nombreux scientifiques de se faire valoir concrètement et cela pourrait avoir des effets très positifs sur le développement industriel au Québec.D'ailleurs, la réceptivité à ces mesures de la part des entreprises parle d'elle-même.Par exemple, à peine trois semaines après l'annonce de la prolongation du programme de stages-étudiants le budget alloué était déjà engagé à 80 pour cent.Enfin, d'après ce qu'a pu observer Jean-Yves Duthel, attaché de presse du ministre, «quand un dirigeant de PME met la main sur un scientifique, il ne veut plus le lâcher».Il semblerait en effet que les industriels et les entrepreneurs québécois ne demandent pas mieux que de se mettre à l'heure de la technologie.Gérald Baril ÉDUCATION LE PALMARES DES COURS DE SCIENCE u Québec, les étudiantes du secondaire sont plus satisfaites des Lcours de sciences naturelles (biologie, chimie, physique) que des cours de sciences humaines (géographie, histoire et initiation à la vie économique).Elles s'y appliquent davantage que leurs camarades de classe masculins qui se disent, pour leur part, également satisfaits des deux catégories de cours.Ce sont les conclusions d'une étude menée par trois chercheurs du département des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal portant sur la perception de l'efficacité de six cours dispensés au deuxième cycle du secondaire.Pour les fins de l'étude, Jean Chélico, Marthe Demers et Serge Lemieux ont r .1 QUÉBEC SCIENCE / septembre 1984 55 Como.«Sut tel nom.ment lécep.eniie-Pie, à reste Wiel, er>.I elset man- ie»ie San) les rais ,C6S CO, ont INFORMA TION BONNE FÊTE HEBDO-SCIENCEI aveux Muiriei pis-*/.retenu quatre critères d'évaluation, dont deux du domaine cognitif — le rendement académique et l'implication intellectuelle — et deux autres du domaine affectif — la satisfaction et l'intérêt.Le rendement académique se traduit par la somme des perceptions qu'a l'élève de son évaluation globale, de l'opinion de son professeur au sujet de sa réussite et de l'opinion de ses camarades au sujet de sa réussite.L'implication intellectuelle se définit comme la somme des activités intellectuelles auxquelles l'élève pense avoir fait appel en relation avec le cours.La satisfaction est la réponse émotionnelle généralement de plaisir, d'enthousiasme ou de joie, et l'intérêt se manifeste par une tendance générale de l'étudiant envers le cours.Ainsi, les cours de biologie sont perçus comme les plus efficaces selon tous les critères énumérés.Par contre, les cours d'histoire, de géographie et de chimie récoltent les taux d'efficacité les plus faibles.Au chapitre de la satisfaction, les cours de chimie se classent bon dernier, tant chez les filles que chez les garçons.Malgré cette dernière place, la chimie suscite quand même plus d'intérêt que les cours d'histoire et de géographie, surtout chez les filles.Dans l'ensemble, les cours de sciences de la nature sont considérés comme plus efficaces que les cours de sciences humaines.Selon Mme Demers, la popularité de la biologie tient au fait que les cours répondent de façon concrète aux attentes des étudiants, alors que la didactique des cours de chimie et de physique est trop abstraite pour le groupe d'âges auquel elle s'adresse.Mme Demers estime que certains professeurs souffrent du «syndrome du programme à couvrir», et qu'ils n'utilisent pas assezd'exemplessimples, tirés du quotidien des élèves.La pédagogie pour l'enseignement des sciences est certes déficiente à ce point de vue, conclut-elle.Cette étude a été menée auprès de 3 856 élèves francophones, dont 1 993 filles et 1 863 garçons répartis en 151 classes.Ces élèves provenaient de 14 régions du Québec.Le but de l'étude était de jeter les bases permettant d'évaluer sérieusement l'efficacité d'un cours.Selon les chercheurs, une évaluation de la sorte est indispensable si l'on désire connaître le degré d'atteinte des objectifs d'un cours, et si l'on projette d'y apporter des changements.Cette recherche ouvre la porte à des analyses et à des évaluations des programmes de chimie, d'histoire et de géographie.Madeleine Huberdeau Le 14 août dernier, le Service d'information Hebdo-science a publié son 300e numéro consécutif.Comme à chaque semaine depuis l'automne 1978, une cinquantaine d'hebdomadaires et une soixantaine de stations de radio recevront une information scientifique écrite dans un style clair et accessible à tous.À ses débuts, Hebdo-science ne visait que la presse écrite mais, rapidement, le service a débordé sur la radio et même la télévision.Les stations de radio reçoivent la même information que les hebdos mais présentée sous une forme plus radiophonique.«Nous avons préféré opter pour cetté formule plutôt que pour des capsules enregistrées par nous à l'avance, explique Félix Maltais, directeur d'Hebdo-science.Ceci permet aux stations de conserver un son qui leur est propre et c'est plus économique pour nous.» Le Service Hebdo-science a déjà à son actif quelques séries d'émissions télévisées conçues en collaboration avec les universités et le réseau Intervision.Ces émissions ont été réalisées et diffusées en 1982 et 1983.En 1983-1984, plusieurs difficultés principalement d'ordre technique ont empêché la diffusion régulière d'autres émissions.Malgré tout, deux émissions thématiques l'une sur le bruit et l'autre sur le sommeil produites en collaboration avec l'Université de Montréal seront possiblement diffusées sur les ondes de Radio-Québec.La série «Les petits débrouillards» constitue sans nul doute le plus beau succès de cette équipe dynamique.Au début, traduction de textes fournis par l'Ontario Science Center, la chronique hebdomadaire est rapidement devenue un produit entièrement québécois.La collection de livres faits à partir de cette série dépasse les 30 000 exemplaires vendus et des pourparlers pour une traduction anglaise vont bon train.On parle même d'une version espagnole.De ce côté, les projets ne manquent pas.Une autre série d'expériences du Professeur Scientifix devrait sortir vers le début de 1985, alors que quelques ouvrages thématiques feront leur apparition sur le marché.Parallèlement, le club des petits débrouillards, formé en collaboration étroite avec le Conseil de développement du loisir scientifique, continue de se porter à merveille avec ses 5 000 membres âgés de 10 à 13 ans dont 45 pour cent sont des filles.Dans l'immédiat, Hebdo-science concentrera ses efforts sur la promotion afin d’augmenter le nombre des abonnés pour ainsi faire un pas de plus vers l'autofinancement.Actuellement, l'agence se finance à 20 pourcent, le reste provenant de subventions gouvernementales.Gilles Drouin dans votre eau chaude Se tourner vers le soleil.pour un brillant avenir.Vous pouvez réduire votre consommation d’énergie provenant de sources traditionnelles en achetant un chauffe-eau solaire.Le gouvernement du Canada vous aidera à couvrir les coûts de l’achat et de l’installation de l’équipement.Tous les appareils admissibles à une aide financière du gouvernement du Canada sont accompagnés d’une garantie de trois ans de l’Association des industries solaires du Canada.Pour de plus amples renseignements sur le Programme canadien de démonstration des chauffe-eau solaires, il suffit de communiquer avec la Direction des économies d’énergie et des énergies renouvelables d’Énergie, Mines et Ressources Canada.Colombie-Britannique Manitoba Nouveau-Brunswick Terre-Neuve Vancouver (604) 666-5949 Winnipeg (204) 949-4266 Dieppe (506) 388-6070 Saint-Jean (709) 772-5353 Ailleurs 112-800-663-1280 Ailleurs 1-800-542-8928 Ailleurs 1-800-332-3908 Ailleurs à Terre-Neuve et au (sans frais) (sans frais) (sans frais) Labrador faites le “0” et demandez Zénith 07792 (sans frais) Alberta Ontario Nouvelle-Écosse Yukon St-Albert (403) 420-4035 Toronto (416)966-8480 Halifax (902) 426-8600 Whitehorse (403) 668-2828 Ailleurs faites le “0" et demandez Ailleurs 1-800-222-6477 Ailleurs 1-800-268-1197 Ailleurs 1-426-8600 (sans frais) (sans frais) (sans frais) Zénith 06068 (sans frais) Saskatchewan Québec île-du-Prince-Édouard Territoires du Nord-Ouest Saskatoon (306) 665-4532 Montréal (514)283-5632 Summerside (902) 436-7283 Yellowknife (403) 920-8475 ; Ailleurs faites le “0” et demandez Ailleurs 1-800-667-9719 Ailleurs 1-800-361-2671 Ailleurs 1-436-7283 (sans frais) (sans frais) (sans frais) Zénith 06068 (sans frais) Le Programme canadien de démonstration des chauffe-eau solaires.Un programme d’aide à la technologie énergétique de demain.Énergie, Mines et Energy, Mines and Ressources Canada Resources Canada Canada COLLOQUE INTERNATIONAL TRADITIONS MARITIMES AU QUÉBEC Québec, 10, Tl, 12 octobre 1984 Dans le but de connaître l’état des recherches les plus récentes sur les traditions maritimes au Québec, quarante conférenciers traiteront de: I l’âge des découvertes, .II ressources marines et pêcherfes, III navigation et transport sur le Saint-Laurent, • IV conservation et mise en valeur .__ pour informations (418-643-8378) Gouvernement -du Québec Commission des biens culturels _ h ca Chaussez-vous bien, vous jouerez mieux! pamiapacTian J’aimerais vous montrer un nouveau moyen facile d’apprendre à parler anglais” Vous avez toujours rêvé d'apprendre l’anglais-pour voyager, pour lire, pour regarder la télévision, peut-être même pour progresser1' dans votre carrière.Mais vous avez toujours trouvé que c'était trop difficile ou trop compliqué.Maintenant, avec ma nouvelle méthode moderne, vous pouvez apprendre à parler anglais couramment, sans gêne, en aussi peu que 90 jours.Et cela vous prendira moins de jcRfifiS; Présidente 1 temps et moins de détermination que vous ne le croyiez nécessaire.Vous n'avez pas à vous rendre en classe - vous apprenez chez vous, à votre rythme.Et vous y prenez plaisir- parce que cette méthode est moderne, pratique et agréable ! De plus, elle a été mise au point spécialement pour les Québécois et Québécoises.Cassette-échantillon ?Veuillez m’envoyer ma cassette GRATUITE présentant des échantillons de votre cours d’anglais M.contemporain.Mme Mlle 40121 PRENOM NOM DE FAMILLE Adresse App.Ville Prov.Sans obligation Code poste! N° de tél.Âge (si moins de 18 ans) ________________________________ ?Veuillez m’envoyer des renseignements sur vos cours de ?Espagnol ?Allemand ?Italien ?Autre (préciser)- Cours de langues Campion 146 ouest, rue Front, Bureau 450, Toronto (Ontario) M5J 1G2 58 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE Cinéscience LA FRANCE À LA RESCOUSSE?Gérald Baril «Est-ce que ceux qui contrôlent la technologie contrôlent aussi les contenus culturels?» La Rencontre franco-québécoise sur la culture, organisée par l'Institut québécois de recherche sur la culture qui s'est tenue au Québec en juin dernier, a répondu oui à cette question lancée dès l'ouverture de l'événement par le sociologue français Georges Balandier.Sentant de part et d'autre de l'Atlantique la noble culture française menacée par les grandes puissances de l'électronique et de l'informatique, divers spécialistes français et québécois se sont réunis à cette occasion pour trouver une solution commune au problème.La peur donne des ailes, dit-on.Cela semble se vérifier dans le cas du gouvernement français qui multiplie les représentations à l'étranger (Athènes 1978, Venise et Mexico 1982, Québec 1984) soi-disant pour organiser la riposte à l'impérialisme culturel anglophone.Auprès des Latino-Américains, ils tablent sur leurs communes origines latines, avec les Européens, ils invoquent les similarités culturelles dues à la proximité géographique; quel prétexte n'inventeront-ils pas bientôt pour se rapprocher de la culture japonaise?Quant au gouvernement québécois, personne ne se surprendra de l'entendre plaider pour la culture francophone, même si on aimerait peut-être qu'il change de disque de temps à autre.La Rencontre franco-québécoise sur la culture a donc proposé la création d'un marché commun francophone de l'audio-visuel.Très bien.Mais pour ceux qui réalisent et pour ceux qui consomment les produits culturels, la culture est de plus en plus planétaire.Par contre, les producteurs et distributeurs ont des avantages évidents à retirer de la prédominance chez eux et de la pénétration à l'étranger de produits à saveur locale.Les Français ont peur que les Qué- bécois se tournent complètement vers les émissions de télé et les films américains.Quant aux Québécois, ils demandent aux Français d'assurer une diffusion adéquate à leurs produits audio-visuels, en retour de quoi ils continueront de faire une place dechoixaufilm français dans la programmation des cinémas et des réseaux de télévision sous leur contrôle.À première vue, cela semble aller de soi, mais en réalité l'échange est souvent inégal.Par exemple, dans le cas des coproductions cinématographiques, les accords favorisent généralement le partenaire dont la structure de production est la plus forte.Bien plus que la question de la langue, les nouvelles conditions de la création auraient dû préoccuper l'ensemble des participants à la Rencontre.Le fait que les participants gestionnaires aient été plus nombreux que les créateurs n'a pas permis le surgissement de confrontations intéressantes.Et si le sujet «nouvelles conditions de création» était proposé à la discussion, il était toutefois confiné à un seul atelier.Pourtant, les technologies nouvelles sont en voie de transformer en profondeur les rapports du créateur avec son oeuvre et avec la société.Faut-il croire que le sujet soit trop universel pour les administrateurs et les commerçants de la culture française ?Les cinéastes, on le sait, se font bousculer depuis un certain temps par la technique vidéo.Mais désormais, de plus en plus d'écrivains, de peintres, de sculpteurs, de musiciens sont concernés par la micro-électronique et l'informatique.L'utilisation du traitement de texte par les écrivains et du synthétiseur par les musiciens sont devenues monnaie courante, mais d'autres façons de mettre la micro-informatique au service de l'art sont à développer.Par exemple, le sculpteur, qu'on assimilait volontiers au tailleur de pierre, au menuisier ou au soudeur, pourra maintenant, s'il le désire, procéder à une série de tests sur ordinateur avant de se lancer dans la réalisation de son œuvre.Il pourra créer une structure observable sous tous ses angles grâce au graphisme en trois dimensions.Il pourra expérimenter différentes couleurs, différentes textures correspondant au bois, à la pierre, au bronze, etc.Enfin, il pourra placer sa sculpture dans différents environnements pour juger de son impact éventuel.La possibilité d'inventer un décor et de le reproduire en trois dimensions, la possibilité d'y faire bouger et d'y éclairer de différentes façons de nombreux objets ouvrent dans plusieurs disciplines des perspectives jusqu'à maintenant insoupçonnées.Ainsi, en théâtre, le scénographe pourra lui aussi élaborer plusieurs hypothèses avant de les mettre en pratique.S'il dispose d'un système assez puissant, le concepteur de décors pourra synthétiser une réplique de la scène, des comédiens, des sources de lumière et mettre tout ça en interaction comme si c'était la vraie vie.Les créateurs sont à la fois séduits et inquiets face aux nouvelles technologies.En fait, ce n'est pas la technologie elle-même qui les effraie, au contraire.Les problèmes viennent plutôt du peu d'accessibilité du matériel et des logiciels qui permettent les expériences intéressantes.Certaines configurations de petite taille offrent des possibilités plastiques relativement évoluées, tout en ayant l'avantage de préserver la spontanéité de l'artiste.Cependant, le mouvement et la très haute définition de l'image requièrent souvent un appareillage plus sophistiqué.Et comme le mentionnait François Roberge, il y a quelque temps, dans la revue Propos d'Art: «Lesgestionnairesd'en-treprise sont plutôt jaloux de leur système à eux.Dans les grandes «boîtes» comme Radio-Canada ou l'ONF, outils de gestion, s'ils sont présents.Et pour y accéder, le créateur doit faire œuvre politique.» C'est-à-dire que pour disposer de moyens importants, le créateur doit se soumettre aux critères de la culture officielle ou dominante.Alors au bout du compte, une domination en vaut une autre.La technologie qui parle français n'est pas nécessairement une garantie de qualité, ni de libre expression. ÉBEC SCIENCE / septembre 1984 59 11 Pourra ^sié.ES EPIDEMIES DANS L'HISTOIRE DE L'HOMME J.RUFFIE J.G SOURNIA mm logiciels eneoces aille ol-istigues loulea réseivei aie Cent el la limage iquÊ.il Fran- 'esP'eo-jaloo* il Dans i com-i FONf-ils sonl :édei,lo me poire po»' impôt-se son-la cal-ilnanic ite,iinî ¦auito-le Iran-reman1 jniia Essai d'anthropologie médicale Jacques Ruffié ! et Jean-Charles Sournia Flammarion, Paris, 1984 280 pages, 1 9,25 $ Voilà un livre qui aurait pu chercher à évoquer (un de plus) les moments les plus macabres de l'histoire de l'humanité.Mais, fort heureusement, il n'en est rien! Bien sûr, on y décrit les grandes épidémies qui ont marqué notre histoire, mais avec une approche, l'anthropologie, qui rend le sujet fort intéressa nt.Les auteurs, Jacques Ruffié, un biologiste et vulgarisateur dont la réputation n'est plus à faire, et Jean-Claude Sournia, médecin, ne se contentent pas de rappeler les épouvantables ravages provoqués par la peste, la lèpre ou le choléra.Ils y prennent plutôt prétexte pour expliquer comment les humains ont développé, face aux grandes épidémies, des modes d'adaptation par l'immunité héréditaire — et de défense — par l'hygiène et les vaccins.Mais beaucoup plus, les auteurs nous donnent à voir les mécanismes biologiques et génétiques qui ont entraîné en quelque sorte l'inégalité des hommes ou des espaces géographiques devant les épidémies.On y apprend également comment les conquistadores ont fait de leur conquête (empires aztèque et inca) le plus gigantesque génocide que l'humanité ait jamais connu, simplement par des germes de maladies qu'ils portaient en eux sans le savoir.Et même comment les épidémies ont transformé le paysage économique en regard, par exemple, de la concentration des fortunes et de l'expansion du commerce! Il s'agit en somme d'un très bon essai d'anthropologie médicale qui nous fait voir sous un angle nouveau le rôle des épidémies dans l'évolution humaine.Les auteurs envisagent même la médecine d'aujourd'hui, à l'heure de la prévention, et entrevoient pour l'avenir une médecine prédictive où il sera possible d'identifier à l'avance nos facteurs de risques personnels à l'infection.À la bonne heure ! Ginette Beaulieu LES ENFANTS DE LA SCIENCE Robert Clarke Stock, Paris, 1 984 275 pages, 1 9,95 $ Ce livre du journaliste scientifique du Matin de Paris porte sur les conséquences sociales, légales et éthiques des nouvelles interventions médicales dans le domaine de la reproduction humaine.Écrit simplement, pour le grand public, il s'attache à décrire les nouveaux pouvoirs de la médecine de ces dernières années, en mettant surtout en lumière les conséquences de ces interventions sur la société.Bébés-éprouvette, utérus de location, donneurs de sperme et donneuses d'ovule, embryons à congeler: les acquis les plus récents de la médecine en ce domaine sont abordés.Le grand mérite du livre réside dans la perspective de débat largement ouvert sur les profondes modifications d'une fonction millénaire, la reproduction humaine.Psychologues, théolo- DICTIONNAIRE DES MÉDICAMENTS DE A à Z Serge Mongeau et Marie-Claude Roy Québec/Amérique Montréal, 1 984 525 pages, 1 4,95 $ Malgré les apparences de son titre, ce livre est plus qu'un dictionnaire.Les auteurs, un médecin et une pharmacienne, y font implicitement le procès d'une forme de médecine, celle qui, pour chaque symptôme, prescrit une pilule sans vraiment s'attaquer aux causes.Ce genre de pratique fait consommer beaucoup de médicaments au Québec: 150 millions de dollars en prescrip- giens, spécialistes du droit ont la parole dans ce livre.D'un point de vue nord-américain, on peut toutefois regretter que la situation aux États-Unis soit décrite de façon un peu sommaire et maladroite, notamment par deux témoignages in extenso un peu plaqués dans le livre.L'autre faiblesse de cet ouvrage, au demeurant fort intéressant, est que l'actualité change tellement rapidement qu'il est déjà un peu dépassé au moment où il sort des presses.Depuis quelques mois, le débat sur les «mères d'accueil» est en effet vif en France, mais n'a pu être intégré dans ce livre écrit en 1983.Jean-Pierre Roge! tiens aux bénéficiaires de l'aide sociale et aux personnes âgées pour la période 1981-1982; 1 000 tonnes d'aspirine consommées annuellement au Canada; une personne sur deux qui utilise au moins un médicament chaque jour.Et la plupart des médicaments sont mal utilisés, voir même inutilement.Le livre présente donc les médicaments comme une forme de traitement parmi d'autres: chirurgie, alternatives douces, médecine préventive, saine alimentation, approches de relaxation.Il complète l'information sur les médicaments les plus utilisés au Québec — les auteurs estiment que l'information fournie par les médecins et pharmaciens est rarement suffisante — pour que les consommateurs comprennent mieux leur mal et son traitement.Comprendre un traitement, disent-ils, c'est l'accepter, ce qui «facilite la mobilisation de ses énergies pour aider à la guérison».La couverture nous annonce des renseignements sur plus de 1 000 médicaments.En fait, 152 substances seulement sont analysées, présentées toutefois sous leurs nombreuses marques de commerce.Pour chaque substance, on a indiqué les usages, la posologie habituelle, les contre-indications, les effets secondaires possibles, les interactions médicamenteuses et un jugement global.Les évaluations sont nuancées, rarement abrasives ou dithyrambiques.Le chapitre consacré aux voies alternatives est trop court pour donner une véritable compréhension des médecines douces au lecteur.Mais celui-ci appréciera les indications sur les mesures concernant les maladies les plus courantes, mesures qui permettent de diminuer ou de remplacertota-lement l'usage des médicaments.Écrit dans^un langage clair et accessible, ce livre peut rendre service à tous ceux qui utilisent des médicaments et qui veulent prendre leur guérison en main.Et il y a fort à parier que bien des médecins auraient avantage à s'en servir.François Goulet 1 60 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENO POUR SAUVER LES BÉLUGAS Nouvellement formée, la Fondation pour la sauvegarde des bélugas du St-Laurent, organisme privé à but non lucratif, a comme objectif unique la survie de la population de bélugas (Delphinapterus leucas) qui habite le St-Laurent dans la région du Saguenay.Ces petites baleines toutes blanches s'y installèrent bien avant que l'homme ne fasse son apparition sur le continent, alors que les glaciers se retiraient et que le St-Laurent d'aujourd'hui était en formation.En nous appuyant sur les résultats de recherches scientifiques, nous considérons que cette population de mammifères marins est en danger d'extinction.Notre action consiste d'abord à rallier tous ceux qui ont cette espèce à cœur par la récolte de fonds auprès du grand public et des sociétés privées.Les sommes ainsi récoltées serviront à entreprendre des projets de recherche et des programmes d'observation qui nous permettront de situer avec précision l'état actuel de la population et les dangers sournois qui la Courrier Xe SC, c P 250.S'Ilery menacent.Ainsi, nous voulons suivre de près l'évolution de la taille de la population d'une année à l'autre, et étudier en profondeur le comportement lors de la période des amours et des naissances.Nous aimons voir dans la survie de cet animal exceptionnel un symbole de la survivance de tous les pionniers de l'Amérique.Nous vous encourageons à supporter notre cause en contribuant à la Fondation.L'achat symbolique de notre affiche-thème constitue une façon simple de participer.Pierre Béland, PhD, pour la Fondation pour la sauvegarde des bélugas C.P.147 Rimouski G5L7B7 JpF •+m'* Microscopes .Stéréomicroscopes .Loupes .Télescopes .Livres .Boussoles .Balances à ressort Pesola .Balances de précision Kern .Couteaux Suisse .Géoscopes .Jumelles .Curvimètres .Thermomètres .Anémomètres .Altimètres .Hygromètres .Pluviomètres .Chronomètres .Matériel médical .Dissection .Herbier .Entomologie .Ornithologie .CATALOGUE GRATUIT Livraison gratuite avec achat de 25$ et plus! Œ WTimiSTE 4, rue de l’E/êché est Rimouski (Québec) C.P.815 G5L 1X4 Tel.¦ (418) 724 • 6622 POURQUOI le cheval somnole-t-il debout?Au cours des millénaires, le cheval, ainsi que ses cousins le zèbre, le mulet et l'âne, ont perfectionné un mécanisme de fuite très particulier: ils dorment d'un demi-sommeil en position debout.Ainsi, bien que le cheval puisse sans problème dormir couché, ce mammifère herbivore de la famille des Équidés se repose généralement debout.Son état plus ou moins profond de somnolence, entrecoupé de plusieurs périodes d'éveil, lui assure une excellente capacité de réaction au danger.Le repos du cheval est un phénomène complexe dans lequel interviennent des structures d'os, de tendons et de muscles.En somnolant, l'animal transfère son poids d'un membre postérieur à l'autre.Debout sur trois membres à la fois, il refait ses forces en reposant alternativement chacune de ses pattes.Parmi les structures impliquées, mentionnons la corde fémoro-métatar-sienne.Reliée au système nerveux parasympathique, celle-ci permet l'extension des membres postérieurs sans l'aide des muscles et donc sans innervation consciente.Un rôle similaire est joué par la corde du biceps au niveau des membres antérieurs.L'accrochage de la rotule au tibia concourt également au repos de l'animal.Celui-ci empêche ses genoux de plier en barrant l'articulation du grasset avec le ligament de la rotule.Pour se remettre en mouvement, il doit au préalable faire glisser sa rotule.Selon qu'il s'agisse d'un cheval léger ou d'un cheval de trait, un spécimen adulte peut peser entre 600 et 900 kilos.On dénombre environ 65 000 chevaux au Québec.Yvon Larose N.D.L.R : Un sujet vous tracasse?Envoyez-nous vos questions.Nous y répondrons dans le cadre de cette chronique.N.D.L.R.: Toutes nos excuses.Dans la page des jeux du numéro d'août de Québec Science, les questions 3,1 et 3,2 réfèrent à des articles qui n'ont été publiés que dans le présent numéro.Ceux qui ont trouvé les réponses n'en ont que plus de mérite! iSECÿ IÉBEC SCIENCE / septembre 1984 61 lut) mulet et celtisme Wd'eii et.sset mittilèie Hides se >on étet nolence, sd'éieii, acité de eomèee leittdes muscles ere soit l'autre, lois, il Ml» «tuées, métatai-«tpaia-(tension aide des on » oué pu lu tibia animal, plier en r avec le eltreen | le It 'alléeerl hevaut [arose casse! ta/s y cette Ne manquez pas notre NUMÉRO SPÉCIAL SUR LES BIOTECHNOLOGIES Ces technologies du futur transformeront-elles notre vie quotidienne à l'approche du XXIe siècle?Que sont-elles exactement, quels sont les enjeux scientifiques et économiques de la révolution biologique?Quels sont les atouts du Canada et du Québec?Une équipe de journalistes de Québec Science a tenté de répondre à ces questions dans un grand numéro spécial.Faites-vous plaisir ABONNEZ -VOUS ! CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT OU EN NOUS FAISANT PARVENIR CE COUPON D'ABONNEMENT VOUS DÉVffi^GEZ ’ Au Canada: ?Abonnement régulier (i an/12 numéros): ?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): ?Abonnement de groupe (i an/12 numéros): (10 exemplaires et plus à la même adresse) À l'étranger: ?Abonnement régulier (i an/12 numéros): ?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): En France: ?Abonnement régulier (i an/12 numéros): ?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): 35$ 61 $ 225FFt.t.c 385 FFt.t.c.COUPON D’ABONNEMENT (à remplir en lettres MAJUSCULES) ?abonnement ?réabonnement ?changement d’adresse 31 60 nom nu®®ro d'abonné ioil « ont «lé umé/H-este» iLNcre^ADBESS Appartement I .Rue i Numéro .province ou paVs ! ViRe l Code P°sta' tie adresse sur le coupon d 61 prénom 80 LBJ 7 I | U 8 Il II 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 9 numéro rue Il 1 II II appartement 28 29 IL ville 1 1 1 1 1 1 1 province 1 1 1 1 1 1 1 48 49 pays ?Chèque Compte ?Visa ?Mastercard n° ?Mandat postal Date d’expiration 69 code postal 74 Faites votre chèque à l'ordre de: QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Pour informations: de Québec: 657-3551, poste 2854 de l’extérieur appelez sans frais le numéro 1-800-463-4799 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de: DAWSON FRANCE, B.P.40, 91121, Palaiseau, Cedex 2301 Tarifs en vigueur depuis le 1 er juillet 1984 XvX'>: 62 septembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE par Vonik Tanneau L'APHRODISIAQUE AMAIGRISSANT Les endorphines, cette sorte d'opium naturel du cerveau, ont de multiples effets: elles soulagent la douleur, provoquent certaines formes d'euphorie, stimulent l'appétit, etc.Eh bien! tout ce que les endorphines font, la naltrexone le défait, y compris couper l'appétit.Deux chercheurs américains ont donc eu l'idée d'administrer ce médicament à des obèses pour les aider à maigrir.Il paraît que ça marche et que le médicament pourrait être mis en vente dans quelques années.La naltrexone ne crée pas d'habitude et a très peu d'effets secondaires, affirme le docteur Levine.Sauf un, assez spécial : il stimule de façon très nette les fonctions sexuelles.Alors, si vous voulez un bon aphrodisiaque, tout en perdant quelques kilos.CHAT-RIÉ?J'ai toujours pensé que nous avions beaucoup à apprendre des chats, ces rois de l'économie d'énergie.Il semble que ce soit aussi l'avis d'une jeune gymnaste américaine qui a abandonné les exercices brutaux comme le jogging et la musculation pour les postures félines.Elle fait déjà école et, dans ses cours, on s'étire, on se passe la patte — pardon, le pied ! — derrière l'oreille, on se roule en boule.Tous les mouvements sont permis, pourvu qu'ils imitent ceux du chat.Il paraît que ces chattitudes apportent bien-être et équilibre.On peut sans doute aussi, avec un peu d'entraînement, devenir marathonien du sommeil.En vrac AU SECOURS, UNE TRUITE! Si un de vos amis revient de la pêche en vous disant qu'il a pris une truite de 100 livres, le croirez-vous?Sans doute que non.Pourtant, dans quelques années, ça pourrait être vrai.Deux biologistes de l'université McMaster, en Ontario, sont en bonne voie d'obtenir des truites arc-en-ciel géantes, en clonant le gène de l'hormone de croissance de ce poisson.Il paraît que ces monstres auront la même combativité que leurs petites sœurs que taquinent avec plaisir les pêcheurs.Si c'est vrai, ne comptez pas sur moi pour aller dans une chaloupe avec une ligne! J'aurais bien trop peur que ça morde.LE ROI DU COTON Norman Hollies est le doyen du confort vestimentaire.Cela fait 25 ans qu'il cherche le tissu le plus agréable à porter lorsqu'on transpire.Le secret est que le vêtement ne bloque pas la transpiration en emprisonnant la sueur.Donc, après 25 ans de recherches, des dizaines de tests et sûrement plusieurs dizaines de milliers de dollars de subventions, Hollies vient de révéler sa découverte à un récent congrès de l'American Chemical Society.Une grande découverte en vérité : c'est le tissu 100% coton qui est le roi du confort et il le recommande fortement pour les jours chauds et humides.Il me semble qu'on ne l'avait pas attendu pour savoir ça ! DES ROLAIDS POUR LES RIVIÈRES & fU^ I •• ii Un artiste de Seattle, Buster Simpson, a trouvé un moyen original de lutter contre la pollution des rivières et des lacs par les pluies acides.Il leur administre des Rolaids géants d'une vingtaine de kilos et de 50 centimètres de diamètre, sculptés dans de la chaux.Il a jeté ses cachets-sculptures dans une douzaine de cours d'eau.En fait, Simpson ne prétend pas régler le problème avec ses pilules.Il veut plutôt attirer l'attention des gens sur l'inaction des gouvernements qui se contentent de neutraliser provisoirement l'acidité de l'eau en yjetant des tonnes de chaux, d'administrer des Rolaids de plus en plus gros à mesure que le problème grossit.LE CRIME ET LE SUCRE Manger moins sucré pour être moins violent.C'est l'expérience que vivent depuis quelque temps les détenus de plusieurs prisons américaines, à la suite d’une étude menée par un criminologue, qui a démontré un lien entre les comportements antisociaux et une alimentation riche en sucre et en junk food.En dimi-.nuant la quantité d'aliments sucrés, on a observé une nette diminution des comportements violents chez 276 jeunes détenus de Virginie.Deux ans après le début de l'expérience, on relevait 50 pour cent moins d'actes antisociaux dans l'institution.On ne sait pas encore très bien si c'est le sucre seul ou les autres additifs que l'on trouve dans l'alimentation traditionnelle des prisons qui sont responsables de la délinquance, mais cela semble du moins prouver que «l'on i est ce qu'on mange». V .Un barrage?Bien plus.Un générateur d'emplois.Le potentiel hydro-électrique du Québec est colossal.Voilà pourquoi Alcan y a pris racine dès 1901, malgré l'éloignement des matières premières et des grands marchés mondiaux.Elle a érigé elle-même tout un réseau de barrages et de centrales afin de répondre aux besoins énormes en électricité qu'exige la production d'aluminium.Grâce à ce réseau, Alcan peut produire un métal dont le prix demeure compétitif.Cet avantage concurrentiel a permis au Québec d'établir son leadership mondial dans l’industrie de l'aluminium et, aujourd'hui, d'assurer à plus de 30 000 Québécois un travail stable et rémunérateur.La mise en valeur de nos ressources renouvelables, c'est aussi un de nos produits.— — ii ii III ALCAN !v DES DICTIONNAIRES POUR TOUS mm HARRAP'S SHORTER anglais-français/français-anglais plus de 350 000 traductions et exemples une sélection importante de termes techniques et scientifiq notation phonétique de chaque mot clef selon les principes?^ de l'association phonétique internationale Éditions Harrap, 1 800 pages, relié 95$ DICTIONNAIRE DES SYNONYMES, ANALOGIES ET ANTONYMES par R.Boussinot Pour trouver le terme exact, éviter les répétitions de mots et enrichir son vocabulaire dans la langue la plus soutenue comme dans le langage le plus simple.— Indispensable aux cruciverbistes Éditions Bordas, 1 032 pages, relié 1995$ DICTIONNAIRE DU BON FRANÇAIS: L'ANTI-FAUTES Consacré aux difficultés de la langue française: orthographe de tous les mots usuels et semi-usuels difficiles, prononciation, conjugaison, pluriels litigieux, questions d'accord, de construction des verbes, d'emploi des modes, de syntaxe.emplois abusifs, anglicismes, confusions à éviter.Éditions Bordas, 900 pages, relié 95$ dictionnaire des synonymes analogies el antonymes dictionnaire du bon français HARRAP'S DICTIONNAIRE Anglais-Français French-Englisk DICTIONARY £n t/ente Jinni toutes Les lilrtahies mohm**» in 9».
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