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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1986, Collections de BAnQ.

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2,95$ LE MAGAZINE SANS FRONTIÈRES ALERTE ROUGE AUX QUAND LA TORNADE FRAPPE : ; ".y - LA CAVE A VIN DU CANADA WHISKY EN BOULE GOODBYE 1985, BONJOUR 1986! LA MECQUE DE L'OCÉANOGRAPHIE B!qLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 01977 1700 ST DENIS G SEPT 8b MONTREAL P.Q.AQuT 90 H2X 3K6 Courrier de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé à Québec.Port de retour garanti.C.P.250.Sillery.Québec.Canada GIT 2R1. i i i i i ERSITÉ DU QUÉBEC CHICOUTIMI RIMOUSKI miMunnis mm Créée en 1968 par l’Assemblée nationale, l’Université du Québec constitue aujourd’hui un réseau implanté dans sept villes qui rayonnent, en outre, dans quelque 35 sous-centres.Le réseau compte 11 établissements: six universités constituantes — l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Hull (UQAH), l’Université du Québec en Abitibi-Témiscaminpue (UQAT); deux écoles supérieures — l’École nationale d’administration publique (ENAP), l’École de technologie supérieure (ETS); deux instituts de recherche — l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand-Frappier (IAF); un établissement de formation à distance — la Télé-université (TÉLUQ).L’Université du Québec regroupe aujourd’hui une communauté universitaire de plus de 73 000 étudiants, 1 800 professeurs réguliers et 3 000 employés non-enseignants.L’Université du Québec offre 366 programmes d’études de 1er cycle, 87 programmes d’études de 2e et 3e cycles.Elle rassemble aussi une communauté scientifique travaillant sur plus d'un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de 26 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.Université du Québec LE R E S E AU DE L EXCELLENCE -/e mCfO-tiM- QJËBEC SCIENCE JANVIER 1986 Volume 24, Numéro 5 Page 44 Page 16 Page 24 Du bénévolat scientifique 53 Alerte rouge aux MTS Ginette Beaulieu On parle maintenant d’épidémie, et les jeunes sont les plus touchés.Pourtant, on'pratique toujours la politique de l’autruche.16 Quand la tornade frappe Claude de Launière Pour les chercheurs, ces spirales dévastatrices venues du ciel sont encore un mystère 24 La Mecque de l’océanographie Pierre Sormany Près de Cape Cod, un village de scientifiques tente de percer les secrets de la vie maritime 30 Goodbye 1985, Bonjour 1986 Vonik Tonneau Un petit jeu sans prétention pour les experts de l’actualité scientifique que vous êtes 38 La cave à vin au Canada Claude Forand Pour améliorer la qualité de leurs vins, nos voisins de l’Ontario ont misé sur la technologie 40 Whisky en boule Claude de Launière En apesanteur, les liquides se mettent en boule.Un phénomène que le capitaine Haddock avait déjà expérimenté, à son grand désespoir 44 Recherche de pointe: beaucoup d’idées 7 Post-scriptum Le mot du rédacteur en chef 5 Des moutons et.des forêts 9 Infopuce Apprivoiser l’informatique 13 Le Limnos scrute le Saint-Laurent 10 Boîte à livres Nous avons lu pour vous 54 Les charmes d’Uranus dévoilés 11 Cinéscience La science à l’écran 55 Pour croquer à belles dents 47 En vrac Les p’tits mots de la fin 56 Du caviar à la québécoise 49 Mois prochain 57 Le retour de l’hélice 51 Courrier 58 QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 3 KAMI / LAWSENCE M.ELSON felabWQyiM Lawrence M.Elson .¦zoologie ® @®[L®(S0IB fteot BU .Kapit, W.L’ANATOMIE À COLORIER Oui c’est bien un livre à colorier d’anatomie humaine — un moyen facile d’apprendre l’anatomie en s’amusant.Ce livre fait appel à un système ingénieux de coloriage pour présenter des concepts, des structures, des appareils.Il présente de nouvelles façons de visualiser la structure du corps humain et le lecteur participe de façon active et créative par le coloriage.Les pages détachables permettent une vision d’ensemble des appareils et, en plus des détails anatomiques, cet ouvrage enseigne la terminologie anatomique grâce au coloriage.Le format est destiné à faciliter la révision des examens.Particulièrement utile aux étudiants en art, en médecine et en sciences paramédicales, cet ouvrage intéressera aussi bien les amateurs de yoga et les esthéticiennes que tous ceux qui veulent en apprendre plus sur l’anatomie humaine.et le faire en s’amusant.Edisem, 1983,142 pages.16,50$ Elson, L.M.LA ZOOLOGIE À COLORIER Toutes sortes d’animaux, du Requin à l’Anémone de mer, du Flagellé à la Grenouille, regroupés en embranchements, du simple au complexe.Ce livre met l’accent sur les animaux représentatifs et bien connus de chaque groupe.C’est en coloriant les planches et en lisant les courts textes qui les accompagnent que vous apprendrez I anatomie et la physiologie des animaux qui vous sont familiers.Apprenez comment la Méduse capture sa proie; préparez votre examen d’anatomie de la Grenouille; apprenez comment les parasites infectent I Homme.Tout cela, en coloriant! Vérifiez par vous-même comment un dessin que vous coloriez peut remplacer avantageusement, s’il est bien pensé, des pages et des pages de texte.Particulièrement utile aux étudiants en biologie ou en zoologie de niveau universitaire, cet ouvrage, par son approche unique, intéressera également toute personne cùrieuse des phénomènes de la Nature.Colorier ce livre, c’est une façon efficace et éprouvée d apprendre une foule de choses sur les nombreuses créatures, petites et grandes, qui, comme nous, habitent la Terre.Edisem, 1985, 240 pages, 107 planches d’illustra-tions .18,50$ - Bon de commande Veuillez m’adresser à découper et à retourner à -exemplaire(s) de «L’Anatomie à colorier» au prix de.16,50 $ somabec 2475, Sylva Clapin, Case Postale 295, St-Hyacinthe, Qué.J2S 5T5 Tél.: (514) 774-8118 Montréal.: 467-8565 -exemPlaire(s) de «LaZoologie à colorier» au prix de.18,50 $ Règlement ci-joint ?Chèque bancaire ?Mandat postal ?Nom et Prénom_________________________ (en capitales) Adresse ______________________________ '-)ate-Signature Date d’expiration « (J.ï W lu» )jff r siffi sæ irit feiii W |l»ïi Iras Il Si ip b» I «ml 1 Si*] I* S®! 1 liCii Lin nu lUff! nsi kpiè üii Il su s as 'tnitt k««i a si, « *itti Coin, i’ll!; % H S Hess «tït 1 fa wmzM QUEBEC SCIENCE C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-3551; 1-800-463-4799 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste 2494 DIRECTION Fernand Grenier, directeur Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Géraid Baril, Ginette Beaulieu, Gilles Drouin, François Picard, Pierre Sormany, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers Claude Forand, correspondant à Toronto Bernard Giansetto, correspondant à Paris Ève-Lucie Bourque, recherches iconographiques PRODUCTION Richard Hodgson, conception graphique Line Nadeau, réalisation graphique Raymond Robitaille, typographe Alain Vézina, photo couverture Les ateliers graphiscan liée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc., Sillery, Qc photogravure et impression PUBLICITÉ Les Communications 2005 Raymond Denis 1209, rue Bernard ouest.Bureau 203 Outremont, P.Q.H2V IV7 Tél.: (514) 277-8080 COMMERCIALISATION René Waty, directeur de la commercialisation Marie Prince, adjointe à la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/12 nos): 25,00S Spécial: (2 ans/24 nos): 44,00S Groupe: (1 an/12 nos): 23,005 (10 ex.à la même adresse) À l’étranger: Régulier: (1 an/12 nos): 35,005 Spécial: (2 ans/24 nos): 61,005 À l’unité: 3,505 Voir le coupon d'abonnement à la fin du magazine QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le Fonds FCAR pour l’aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que le Programme d’appui fédéral à la sensibilisation du public à la science et à la technologie.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1986, ISSN-0021-6127.Répertorié dans POINT DE REPÈRE.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti.Port payé à Québec.Télex: 051-31623 Membre de: CPPA © Copyright 1986 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.LE MO CHEF RÉDACTEUR Les maladies transmises sexuellement : cela n’a rien d’une réalité plaisante.Mais c’est une réalité forte, poignante, violente, qui traverse notre société.qui aimerait mieux regarder ailleurs et ne pas le savoir?C’est le constat qu’a fait Ginette Beaulieu en enquêtant sur ces maladies aux initiales pudiques, MTS.Le cri d’alarme lancé par les milieux de la santé au Québec au sujet des MTS est pressant: si nous ne nous réveillons pas, nous risquons une catastrophe, en termes de coûts humains et sociaux.«Mais c’est à se demander si, en parlant des MTS, on ne touche pas aux fibres profondes d’une société dont le passé religieux n’est pas si lointain.» Sujet tabou, les MTS?À écouter les médecins témoigner, on est porté à le croire.Lors de son périple américain, l’an dernier, Pierre Sormany (en plein interview, sur notre photo) s’est rendu près de Cape Cod, au Woods Hole Oceanographic Institution.Il nous le présente, à juste titre, comme étant «la Mecque de l’océanographie».Lieu de recherche par excellence pour des chercheurs d’excellence, le Woods Hole est à la fine pointe des études sur la biologie moléculaire, aussi bien que sur l’ingénierie sous-marine (le «coup» du Titanic, souvenez-vous, ils en étaient.).«C’est le côté transdisciplinaire du Woods Hole qui fait sa force, en grande partie, et en fait un centre «sans frontières» de brassage d’idées et d’expériences au plus haut niveau », estime Sormany, qui a pu comparer avec d’autres centres de recherche américains.C’est un autre journaliste qui a étudié en physique, Claude de Launière, qui nous présente les tornades.Rares mais dévastateurs, ces cataclysmes naturels sont des démons qu’il nous faut prévoir et comprendre, si on veut un jour pouvoir les contrôler, ou en minimiser les dégâts.Pour compléter ce numéro, nous vous proposons une sorte de «cocktail maison », si on veut.D’abord, un peu de technologie sur un sujet très domestique, la fabrication du vin canadien.Notre correspondant à Toronto, Claude Forand, rapporte que les manufacturiers ontariens ont investi massivement pour relever le «pari qualité».Puis, un peu de physique de l’apesanteur avec Claude de Launière, pour comprendre pourquoi, dans la fusée, le whisky du capitaine Haddock flotte dans les airs, en boule: les photos des astronautes dans la navette prouvent qu’Hergé avait bien imaginé la scène.Enfin, nous glissons d’un pas de plus vers le divertissement (attention, là, hein, le divertissement sérieux, c’est pas Croc, ici !.) en vous proposant de jouer à dire au revoir à 1985.QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 5 PUBLIREPORTAGE L'IIMRS ET LA RECHERCHE EN OCÉANOLOGIE L INRS-Océanologie est le centre de recherche fondamentale et appliquée en océanologie de l'Institut national de la recherche scientifique.Ses laboratoires sont situés à Rimouski et à Pointe-au-Père.Les chercheurs du Centre effectuent leurs études en regard, avant tout, du milieu côtier de l'estuaire et du golfe Saint-Laurent.Néanmoins, dans le cadre de collaborations internationales ou de problèmes spécifiques, d'autres régions océaniques sont explorées.La recherche L'ensemble des activités de l'INRS-Océanologie gravite autour de trois grands thèmes de recherche : les processus biologiques et biochimiques des écosystèmes marins, le milieu physique côtier ainsi que l'halieutique et l'aquiculture.Dans le premier thème, les scientifiques visent, entre autres, à élucider le rôle des facteurs biologiques dans la transformation de la matière organique en milieu marin.Ils s'intéressent aussi aux phénomènes de pollution par les métaux et les hydrocarbures en ce qui a trait aux organismes marins ainsi qu à leurs effets sur la chaîne alimentaire plancto-nique et benthique.Pour ce qui est de la dynamique côtière et de l'hydrodynamique côtière et littorale, les travaux du Centre sont exécutés en vue de connaître les mécanismes et d'étudier les lois qui régissent l'équilibre existant entre les interfaces air-terre-mer.Grosso modo, les chercheurs étudient les processus de dépôt, d érosion et de transports des sédiments en milieu estuarien et en milieu littoral marin.Outre qu il poursuit l'analyse de ces processus littoraux, le Centre se penche sur les conséquences d'aménagements côtiers sur l'environnement.L objectif de l'INRS-Océanologie en halieutique et en aquiculture est de résoudre des problèmes scientifiques qui se posent au Québec dans le secteur des pêches et de la transformation des produits marins.Ainsi, des projets en cours portent sur des systèmes de culture à dialyse, le pétoncle géant, les saumoneaux, l'omble de fontaine, la moule bleue.Soulignons que la célèbre Fondation Donner a reconnu les efforts du Centre en aquiculture en lui octroyant une subvention d'un quart de million, il y a quelques mois.Depuis sa création, le Centre a été invité, à maintes occasions, par des entreprises ou organismes, à collaborer dans le cadre d'études d'impact, d'études des effets de polluants, d'études préalables en vue d'installations portuaires, d'études de systèmes de diffusion d'eaux usées, d'études de déplacements sédimentaires, etc.L'enseignement L INRS-Océanologie n'offre pas de programmes de 2e et de 3e cycles comme tels.Il collabore plutôt intensément aux programmes en océanographie de I Université du Québec à Rimouski.Aussi, le Centre collabore à la direction de thèses d'étudiants d'autres universités dans la mesure où ces projets s'intégrent à ses programmes de recherche.De plus, de jeunes chercheurs post-doctoraux et des assistants de recherche sont accueillis à l'INRS-Océanologie en vue d une formation plus poussée.Les équipements La communauté scientifique du Québec peut avoir accès, selon certaines modalités, au Laboratoire océanologique de Rimouski, à la Station aquicole de la Pointe ainsi qu'à d'autres équipements.Renseignements Pour des renseignements supplémentaires sur I INRS-Océanologie ou les sept autres centres de recherche de l'INRS, on peut s'adresser au: Secrétariat général INRS Case postale 7 500 Sainte-Foy, Oc G1V4C7 Téléphone: (418) 654-2564 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique 6 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE QUÉBEC E T NOUVELLES D’ AILLEURS RECHERCHE DE POINTE BEAUCOUP D’IDÉES, PEU DE BÉTON Marcel Risi, directeur du Centre québécois de la valorisation de la biomasse.Dans le parc industriel de Shawinigan, en bordure de l’autoroute 55, la machinerie lourde a déjà commencé à s’affairer sur le site du futur Laboratoire de technologies électrochimiques de l’IREQ.Mais des six centres de recherche promis par le gouvernement québécois dans le cadre de son plan de relance de 1983, le LTE sera le seul à prendre forme dans le béton.En effet, la direction du Centre québécois de valorisation de la biomasse (CQVB), l’autre centre «lourd» qui devait s’implanter à Québec à proximité du CRIQ, a rendu public en octobre dernier son programme d’activité, avec une première décision d’importance: «Le Centre ne prévoit pas faire d’investissements majeurs pour de nouveaux équipements, préférant utiliser ceux qui existent déjà, là où ils sont, quitte à les perfectionner.» Dans le jargon politique, on parle alors de «centre éclaté».Un conseil d’administration avec une équipe légère de planification (13 personnes dans le cas du CQVB), et des laboratoires associés dans les universités ou les industries du secteur.«Si on décide de faire un projet sur la tourbe, affirme le directeur Marcel Risi, ancien sous-ministre adjoint au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Science et de la Technologie, on ira le faire à Rivière-du-Loup, proche des Tourbières Premier.Ou si l’on s’intéresse à l’hydrolyse du bois, l’équipe d’Es-toban Chornet de Sherbrooke a déjà tout un équipement de base pour le fractionnement de la lignine.Et ainsi de suite.» Malgré cette différence dans les infrastructures, les deux centres ont un point en commun: dans leurs domaines respectifs, ils s’intéressent tous deux en priorité à la mise à l’échelle des procédés.Ainsi, les projets de recherche actuels d’Hydro-Québec en électrochimie se poursuivront à Varennes, tout comme il continuera de s’en faire à l’Université de Sherbrooke ou à l’École polytechnique de Montréal.«Mais c’est quand on voudra faire passer les procédés du bench test au niveau préindustriel qu’on pourra profiter des installations du centre de Shawinigan», annonce le responsable, M.Guy Bélanger.Même philosophie au CQVB, «sauf qu’il y a au Québec suffisamment d’installations disponibles comme plate-formes expérimentales pour que l’on ne soit pas obligé de construire à neuf dans notre cas», estime Marcel Risi.Cette philosophie «industrielle», on la retrouve aussi dans le Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), nouvelle version, héritier de deux des autres centres annoncés en 1983.En effet, les budgets prévus pour le centre de recherche en télé- QUÊBEC SCIENCE • JANVIER 1986 7 matique et le centre de recherche en graphisme numérique ont en effet été confiés au CRIM en échange d’un changement radical dans son statut.Créé en 1984, le CRIM avait d’abord été conçu comme une excroissance des quatre universités montréalaises, une mise en commun de leurs ressources financières pour se doter d’équipements plus performants et une mise en réseau de leurs chercheurs pour travailler sur certains axes de recherche «prioritaires».Désormais, c’est un centre coopératif université-entreprise qui opérera sous ce sigle.C’est en octobre dernier, aux premiers jours de la campagne électorale, que le premier ministre Pierre-Marc Johnson, une brochette de députés et ministres, des représentants consulaires de quatre pays, et tout le «gratin» informatique montréalais ont assisté à la concrétisation de ce mariage université-entreprise.«Lorsque la Commission québécoise sur l’électronique et l’informatique a produit son rapport, rappelle Pierre Ducros, président de cette commission et de la firme DM R, un des nouveaux partenaires du centre, notre diagnostic était très positif face aux chances du Québec de percer dans ce domaine de pointe.Nous avons un excellent réseau d’enseignement, des entreprises très performantes, le marché américain à notre porte, et une nouvelle volonté de concertation entre tous les intervenants.Mais nos faiblesses traditionnelles ont résidé dans le nombre insuffisant de diplômés, et la coupure entre l’université et l’entreprise.» Pour lui, le «nouveau» CRIM pourrait bien être la pièce manquante du casse-tête technologique ! Deux autres centres avaient été promis par le MESST : le Centre de recherche sur les applications pédagogiques de l’ordinateur (APO-Québec) et le Centre de recherche sur la bureautique et les ressources humaines.Le premier respectera dans les grandes lignes les orientations prévues par son comité d’implantation.Malgré des budgets modestes (trop, sans doute!) de 14 millions de dollars sur cinq ans, incluant les infrastructures et l’équipement informatique, le centre veut regrouper sous son aile une «masse critique» de chercheurs dans son domaine.Une vingtaine sans doute, avec çà et là des «équipes associées» externes, liées par contrats de recherche.«Dans notre secteur, estime Pierre Bordeleau, p.d.g.d’APO-Québec, les entreprises de didacticiels sont trop fragiles pour qu’on puisse leur demander une participation de 20 000$ pour le CRIM.Et il n’y a pas d’organisme qui dispose d’une masse critique de chercheurs suffisante pour mener la recherche de pointe essentielle.» Pour éviter la coupure qui s’opère trop souvent entre les centres de recherche institutionnels et l’entreprise (ou le réseau de l’Éducation, dans ce cas), les chercheurs du centre seront toutefois des contractuels.Attachés à un projet, ils retourneront ensuite dans leur milieu.Le centre espère ainsi susciter la naissance de foyers secondaires de recherche et développement.Quant au dernier centre, destiné à l’étude de la bureautique et des ressources humaines, son statut n’était pas encore précisé en décembre dernier.Il faut dire qu’avec l’implantation à Ville de Laval d’un énorme laboratoire fédéral ayant mission d’englober toute la bureautique, y compris ses effets sociaux et économiques, le petit projet issu de l’Université Laval et du sommet économique de Québec se cherche un peu un créneau.En attendant, la ville de Québec peut se consoler: si le CQVB ne construit pas, et le Centre de recherche en bureautique et ressources humaines tarde à naître, l’Institut d’optique qui devait initialement relever du Conseil national de recherches du Canada, sera lui aussi à caractère mixte, avec une forte implication industrielle.L’objectif: faire de la capitale un pôle d’attraction pour les industries de la lumière ! Ce changement de vocation est en fait une retombée de la nouvelle entente fédérale-provinciale (le «beau risque»!) qui a aussi amené Ottawa à retirer son projet de centre de recherche en électrochimie, dont personne ne situait clairement le rôle, au profit d’une intégration des équipes du CNRC dans le LTE de Shawinigan.Pierre Sormany DES CANADIENS À BORD DU JOIDES RESOLUTION Le Canada participera au Programme de sondage des fonds marins (PSFM) d’une durée de neuf ans et dirigé par les États-Unis.Une entente signée récemment à Washington assurait aux Canadiens une place à bord du navire de recherche, le Joides Resolution, pour toutes les campagnes pouvant intéresser le Canada.En échange, ce dernier s’engage à verser 2,5 millions de dollars par année au programme américain, ce qui représente une faible part du coût annuel d’exploitation du projet, qui se chiffre à 30 millions.Une équipe pluridisciplinaire de 50 chercheurs et techniciens venus de divers pays sondera le fond des océans du monde à bord du navire de recherche.L’équipe réunira des données sur l’évolution géologique des profondeurs océaniques et des marges continentales.Figurant parmi les premiers projets, des sondages auront lieu dans la mer du Labrador et la baie de Baffin.(L.b.) 8 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE DES MOUTONS ET.DES FORÊTS D} ici la fin du siècle, le bois de la Nouvelle-Zélande pourrait devenir tout aussi familier que son mouton sur le marché mondial.Plantation et aménagement intensif, amélioration génétique des essences, recherche à long terme, ce sont les principaux facteurs qui font de la Nouvelle-Zélande un important producteur forestier.Au début de 1985, une mission québécoise a pu mesurer toute la force du secteur forestier néo-zélandais.Sous la direction d’André Plamondon, professeur à la faculté de foresterie et de géodésie de TUni-versité Laval, le groupe avait comme principal mandat d’observer l’organisation du secteur forestier de la Nouvelle-Zélande et d’en faire ressortir les éléments dont le Québec pourrait s’inspirer dans sa politique forestière.La Nouvelle-Zélande s’est dotée d’une solide structure de recherche pour maintenir son secteur forestier en plein essor.On y effectue des recherches à long terme pouvant s’étendre sur 10 ou 15 ans.«Ici, au Québec, c’est pratiquement inconcevable d’espérer obtenir les fonds nécessaires pour de telles recherches», souligne André Plamondon.La Nouvelle-Zélande est parmi les seuls pays à produire par micropropagation, sur une base commerciale, des plants améliorés d’essences résineuses économiquement intéressantes.On utilise les aiguilles des meilleurs spécimens pour produire une multitude de plants dont une partie se retrouvent dans des vergers à graines où, de génération en génération, on récolte les graines des meilleurs spécimens.Au fil des générations, on se retrouve avec des arbres de plus en plus résistants, qui croissent de plus en plus vite.Par exemple, le Pin radiata, l’essence la plus répandue dans les plantations, ne prend que de 25 à 30 ans pour atteindre des diamètres de 45 à 50 centimètres.En Californie, terre d’origine de cet arbre, il en faut de 30 à 40.L’exemple du Pin radiata montre bien que le climat favorable n’est pas le seul facteur d’explication de cette grande productivité.L’aménagement joue un rôle important.On y effectue jusqu’à deux opérations d’élagage des arbres pendant la vie de l’arbre en plus de nettoyer le sous-bois.Cela permet d’améliorer les conditions dans lesquelles l’arbre se développe et d’obtenir un bois de qualité supérieure.En Nouvelle-Zélande, l’exploitation forestière s’apparente beaucoup plus à la culture.Près de 20% du territoire forestier est occupé par des plantations d’arbres qui sont soumises à une exploitation intensive.Cette portion de territoire fournit la très grande majorité du bois servant au sciage ou aux pâtes et papiers.Les autres 80% du territoire forestier sont réservés pour la conservation des espèces indigènes, pour les sports et les loisirs de même que pour une exploitation plus sélective.La production intensive s’accompagne cependant de quelques aberrations écologiques.Une seule essence, le Pin radiata, constitue 95% des plantations, exposant ainsi le pays aux affres d’une épidémie.On utilise aussi systématiquement des pesticides.Il semble que les Néo-Zélandais ne s’inquiètent pas outre mesure des problèmes écologiques que pourrait amener ce type d’exploitation, possiblement parce qu’ils accordent une grande importance à l’amélioration génétique des arbres.Si on espère appliquer le «modèle» néo-zélandais, en tout ou en partie au Québec, il faudra d’abord, selon les membres de la mission, regrouper les responsabilités qui touchent la forêt de près ou de loin au sein d’un même ministère, comme c’est le cas en Nouvelle-Zélande.Il s’agit d’une revendication qui refait surface régulièrement depuis quelque temps déjà.Gilles Drouin La Nouvelle-Zélande produit par micropropagation des plants améliorés de résineux économiquement intéressants.Le Pin radiata, l’essence la plus répandue dans les plantations, atteint, en 25 à 30 ans, des diamètres de 45 à 50 centimètres.j « 3 A-Vs, LE LIMNOS SCRUTE LE SAINT-LAURENT Comme le disait si bien Harry Sloterdijk d’Environnement Canada, «on est loin du fleuve dont Samuel de Champlain vantait la pureté».Les sceptiques qui disaient que l’homme ne parviendrait jamais i Par carottage, on recueille des échantillons des sédiments du fond du fleuve.à polluer des étendues d’eau aussi vastes que les Grands lacs et le Saint-Laurent sont maintenant depuis longtemps confondus.Résultat?Les autorités gouvernementales font aujourd’hui face à une obligation: dépolluer le Saint-Laurent.Mais pour cela, ils ont besoin d’outils, tel le navire Limnos, un «pêcheur de pollution».Depuis 1978, la région du Québec d’Environnement Canada maintient un réseau de surveillance formé d’environ 40 stations situées entre Cornwall et Québec.C’est le Limnos, principal bateau canadien de recherche affecté aux Grands lacs, qui recueille les échantillons de pollution sur ce réseau.Les données recueillies sont par la suite analysées au Laboratoire Bayfield à Burlington.Il devient alors plus facile de comprendre les phénomènes physiques des eaux du fleuve et surtout les substances toxiques qui les polluent.Le bateau est muni d’équipements complexes, pour prélever les échantillons d’eau et de sédiments, et d’un laboratoire où une équipe de scientifiques effectue certaines analyses.Ainsi, au cours d’une visite du navire à Québec, les journalistes ont pu voir les scientifiques à l’œuvre sur le pont et dans le laboratoire.Par exemple, nous avons observé comment ils procèdent à l’analyse de levures et de champignons qui sont responsables de la dégradation des substances toxiques.Il est alors possible de déterminer le degré de toxicité de l’eau et d’évaluer la différence d’une station à l’autre sur le réseau.Dans une seconde expérience, vis-à-vis deux stations à la hauteur de l’île d’Orléans, on pompe l’eau du fleuve (plus précisément 1 200 litres pour avoir également des échantillons d’eau provenant des profondeurs); à l’aide d’une centrifugeuse, on sépare les solides de l’eau.L’équipage recueille également des échantillons du fond du fleuve par carottage.Les carottes de sédiments sont recueillies dans une boîte spéciale remplie d’une atmosphère à l’argon, un gaz mobile noble qui empêche l’oxydation des éléments.Lors de la visite des installations du Limnos, on ne nous a pas dévoilé les résultats des analyses.Les données (D’après APN) Un nouveau traitement des brûlures a été mis au point en Union soviétique: l’aérothérapie ou ATU.Le patient est d’abord isolé du reste de la pièce par une couverture de plastique transparente.Un courant d’air stérile est ensuite continuellement dirigé par jets séparés sur chaque section de la peau afin qu’une partie endommagée ne soit pas contaminée par un jet d’air qui en aurait touché une autre.Ce traite- Quand on remonte les carottes, on peut les recueillir dans une boîte spéciale, remplie d’argon, qui empêche l’oxydation des éléments.seront compilées au Laboratoire Bayfield à Burlington et les résultats seront disponibles d’ici quelques mois.Pour les scientifiques du Limnos, le navire est, bien sûr, un outil précieux mais avant toute chose un investissement rentable.Ils n’ont pas tout à fait tort, même si les observations sur le terrain s’avèrent souvent très coûteuses, elles n’en demeurent pas moins un outil indispensable à l’atteinte de l’objectif de dépollution du Saint-Laurent.Louise Bourget ment protège presque totalement les brûlures d’une éventuelle infection et prévient l’intoxication de l’organisme.Il permet aussi de préparer une plaie en vue d’une greffe de la peau trois fois plus rapidement qu’en utilisant les bandages.L’aérothérapie aurait permis de diminuer considérablement le taux de mortalité des brûlés dans les 90 établissements de santé soviétiques où on le retrouve.(G.D.) UN BON COURANT D’AIR 10 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE _ LES CHARMES D’URANUS DÉVOILÉS e 24 janvier au matin, la sonde spatiale Voyager 2 passera aux abords d’une planète si distante de nous que les signaux radios transmis par l’engin mettront 2 heures 45 minutes à nous parvenir.Ce premier survol de la planète Uranus revêt un immense intérêt scientifique puisque nous ignorons pratiquement tout de ce monde lointain.Uranus gravite à trois milliards de kilomètres du Soleil, soit une distance 19 fois plus grande que celle qui sépare la Terre de cette étoile.Il est en fait si éloigné de nous qu’il resta inconnu aussi longtemps que les hommes durent se contenter de regarder le ciel à l’œil nu.Aujourd’hui, nos plus puissants télescopes confèrent au disque turquoise d’Uranus une dimension dépassant à peine notre Lune vue à l’œil nu, sans toutefois révéler aucun détail de sa surface.Et les cinq satellites uranusiens, tous plus petits que notre Lune, n’apparaissent alors que comme de petits points blancs.Aucun des anneaux de la planète — découverts tout récemment — n’est visible de la Terre.Les éléments d’incertitude concernant Uranus ne manquent donc pas; nous ignorons, entre autres, sa dimension exacte ainsi que la durée de son jour.Uranus est aussi le théâtre d’un grand mystère: son axe de rotation est parallèle à celui du plan de l’équateur solaire (l’écliptique).Cette planète décrit en quelque sorte son orbite autour du Soleil en roulant sur le côté, tel un baril.Nulle part ailleurs, le système solaire n’offre quoi que ce soit de semblable puisque toutes les autres planètes orbitent en tournoyant à la manière d’une toupie.En conséquence, les hivers sur Uranus sont plus que sibériens car tout un hémisphère de la planète est totalement maintenu dans l’obscurité.durant plus de 20 ans! Pour expliquer cette curieuse orientation, les scientifiques émettent l’hypothèse qu’Uranus aurait été frappé de plein fouet par un autre astre, perdant ainsi l’équilibre.Voyager 2 croisera donc le domaine uranusien à la manière d’une flèche traversant sa cible (évitant cependant soigneusement le centre.occupé par la planète).Il est, d’autre part, extraordinaire que cette sonde soit arrivée jusque-là.Lancée le 20 août 1977, elle suivit une trajectoire en arc de cercle passant par l’orbite de Mars, puis traversa la ceinture d’astéroïdes pour arriver à Jupiter en 1979.Le frôlant, Voyager 2 subit une accélération qui l’amena à croiser Saturne deux ans plus tard.Cette planète projeta à son tour la sonde en direction d’Uranus.Ainsi, Voyager 2 rallia la planète turquoise en seulement huit ans et demi alors que, sans l’assistance gravitationnelle de Jupiter et de Saturne, le voyage aurait duré au moins 16 ans.La découverte d’Uranus, le 13 mars 1781, consacra le nom de William Herschel, un homme à l’étonnant destin puisqu’il avait commencé par garder des moutons avant d’être admis à Londres, comme musicien de la Garde royale.Passionné d’astro- nomie, il avait alors consacré 19 années de sa vie à la construction de «son» télescope.Les astronomes de l’Observatoire de Greenwich — à l’époque la plus prestigieuse institution d’astronomie au monde — déclarèrent que ce télescope «dépassait en qualité et en pouvoir de grossissement tous ceux existant à ce jour»! Grâce à cet instrument, Herschel repéra une planète deux fois plus distante du Soleil que Saturne.Une telle découverte, la première faite à l’aide d’instruments, doubla d’un coup la dimension du système solaire.Herschel voulut la nommer Geor-gium Sidus (c’est-à-dire «l’étoile géorgienne») pour rendre hommage à son protecteur, le roi George III d’Angleterre.Cependant, ses confrères de Greenwich insistèrent pour poursuivre la tradition astronomique.Voilà pourquoi la septième planète porte le nom d’Uranus, le père mythologique de Saturne.Cette planète fait partie du groupe des quatre géantes (comprenant également Jupiter, Saturne et Neptune).Celles-ci possèdent une épaisse atmosphère composée principalement d’hydrogène et d’hélium et elles ont chacune un cortège de lunes orbitant autour d’elles.Uranus est une planète gazeuse d’environ 51 000 kilomètres de diamètre (soit 64 fois la grosseur de la Terre, mais seulement 14,5 fois plus lourde).Elle semble être la jumelle de Neptune — huitième planète du système solaire, encore moins connue puisque encore plus éloignée de nous.Vingt fois plus petit que La sonde Voyager 2, lancée en 1977, survolera la planète Uranus le 24 janvier, puis se dirigera vers Neptune.QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 11 PUBLIREPORTAGE Jupiter, Uranus pourrait n’être qu’un «Jupiter» démuni d’une bonne partie de son enveloppe gazeuse.On pense que sa surface serait constituée de glace d’hydrogène et d’hélium, recouvrant des océans de méthane, d’ammoniac et d’eau.La température y serait de l’ordre du -200 0 C et la gravité équivaudrait à peu près à celle que nous subissons.Nous ne connaissons actuellement que cinq satellites uranusiens.Les quatre principales lunes ont un diamètre d’environ 1 500 kilomètres chacune et leur surface est trois fois plus sombre que la normale.Durant des millénaires, Saturne demeura le joyau du système solaire, étant la seule terre du ciel auréolée d’un cortège de microsatellites formant de majestueux anneaux.Ce n’est qu’au printemps de 1977 que des astronomes découvrirent une série d’anneaux autour d’Uranus.Alors que ceux de Saturne sont massifs et ne comprennent que de très petites séparations, ceux d’Uranus consistent essentiellement en de minces concentrations de débris largement séparées.Ainsi, Uranus compte huit — peut-être même neuf — anneaux différents.Us n’ont guère plus de dix kilomètres de largeur, sauf un qui atteint tout au plus 100 kilomètres.Autre particularité, ces anneaux sont pour la plupart ovales, alors que l’on s’attendrait à ce qu’ils soient circulaires.Ils semblent aussi être formés de particules les plus sombres connues jusqu’à ce jour puisqu’ils ne reflètent que 2 % de la lumière reçue du Soleil.Cette sonde croisera Uranus à la foudroyante vitesse de 72 500 kilomètres à l’heure.Sa trajectoire est calculée de telle sorte que la réaction de gravitation l’expédiera en direction de Neptune pour un rendez-vous fixé le 24 août 1989.Après quoi, Voyager 2 quittera définitivement le système solaire pour devenir le quatrième vaisseau interstellaire à errer à jamais dans le grand océan des étoiles.Claude Lafleur ET QUE ÇA COULE! Pour transporter plus de 5 000 m3 de pétrole par jour sur une distance de 870 km, il fallait voir grand.Une vision de cette ampleur a donné lieu à la construction du premier oléoduc de l'Arctique canadien, qui s'étend de Norman Wells, dans la vallée du Mackenzie, jusqu'à la ville de Zama, dans le Nord de l'Alberta.Construit par l'Interprovincial PipeLine (NW) Ltd.au coût de 366 millions de dollars, ce pipeline achemine vers les marchés du Sud canadien le pétrole brut et les liquides de gaz naturel de cette région.Lorsqu'un tel projet est mis en œuvre, le rôle du gouvernement fédéral est d'assurer que les normes environnementales, géotechniques et socio-économiques seront respectées.L'Office national de l'énergie (ONE) établit la réglementation du pipeline, et Énergie, Mines et Ressources Canada, par l'entremise de l'Administration du pétrole et du gaz des Terres du Canada (APGTC), s’occupe d'administrer le régime de gestion du pétrole et du gaz.D'autre part, le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (MAINC) s'assure que les projets mis en œuvre dans les régions pionnières situées au nord du 60e parallèle auront des retombées économiques pour les habitants du Nord et qu'ils seront réalisés de façon à respecter l'environnement de ces régions.Dans le cas du pipeline de Norman Wells, le MAINC a nommé un coordonnateur fédéral chargé d'appliquer la réglementation établie par TONE, et le cadre de gestion prévu pour les régions pionnières.Le Cabinet a approuvé un montant de 21,4 millions de dollars pour permettre aux autochtones de participer au projet et pour assurer des retombées pour le Canada.La construction du pipeline Norman Wells, de l'étape de la planification jusqu'à l'achèvement des travaux, a dû respecter les exigences relatives à la protection de l'environnement.Au moment de déterminer l'emplacement du pipeline, il a fallu tenir compte de divers facteurs environnementaux, tels la qualité du sol, les lieux d'hibernation de la faune, et les inclinaisons de terrain.Par ailleurs, sur le plan géotechnique, il fallait tenir compte du fait que le pipeline Norman Wells allait être construit dans une région où le sol est partiellement constitué de pergélisol, un sol gelé en permanence.Afin d'assurer la stabilité à long terme du pipeline, des mesures devaient être prises pour empêcher le dégel du pergélisol autour des piliers.Pour y parvenir, tout en assurant la fluidité du pétrole lourd, la température du pétrole doit être maintenue à 0 °C.Ainsi, le sol ne risque pas de se transformer en boue sous le pipeline, et celui-ci peut demeurer stable.Au plan socio-économique, il semblait que seuls les sociétés et les consommateurs du Sud du Canada profiteraient du pipeline Norman Wells une fois la construction achevée.Mais ce projet a rendu possible la création d'emplois directs équivalant à plus de 2 350 années-personnes, et a donné lieu à des retombées de quelque 100 millions de dollars pour les entreprises du Nord.Près de la moitié (45 %) de tous les travailleurs de la construction qui ont œuvré à ce projet étaient des habitants du Nord.En somme, le projet de construction du pipeline de l'Interprovincial PipeLine (NW) Ltd., qui relie Norman Wells, situé à proximité du cercle arctique, au Sud du Canada, constitue un modèle pour les travaux futurs de mise en valeur dans la vallée du Mackenzie.Les connaissances et l'expérience acquises profiteront aux habitants du Nord en plus de constituer un précieux atout pour l'essor économique du Canada.Pour plus de renseignements sur le premier pipeline du Nord canadien, s'adresser à : Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) Kl A 0E4 Tél.: (613) 995-3065 1+ Énergie, Mines et Ressources Canada Energy, Mines and Resources Canada Canada r 12 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE 78^^5034 Préparer une chronique comme Infopuce donne mille et une occasions de lire des nouvelles sur les développements de la micro-informatique.Comme elles ne paraissent habituellement que dans des revues spécialisées de langue anglaise, la plupart d’entre vous n’en avez aucune connaissance.J’ai donc décidé de consacrer cette chronique de début d’année à des nouvelles brèves qui ne manqueront pas de vous intéresser quel que soit l’ordinateur que vous utilisiez.• Aux personnes qui désirent utiliser un ordinateur portatif avec un téléphone cellulaire dans leur véhicule, un entrepôt ou quelque part dans la nature, la compagnie Cantel propose un adapteur qui s’ajoute au téléphone de base et coûte 302$.• En novembre, Tandy lançait son nouveau portatif, le Tandy 600.11 a un écran à cristaux liquides sans reflets, de 16 lignes de 80 caractères.Il comprend une unité de disquettes de 3,5 pouces (360 Ko) incorporée et six logiciels en mémoire morte.Sa mémoire vive (RAM) de base est de 32 Ko et elle peut être étendue à 224 Ko pour 350$ environ.Le microprocesseur du Model 600 est un 80C88 à 16 bits.Le modem 300 bps est intégré.Seul handicap: il est plus lourd que le modèle 100, son prédécesseur, avec 5 kilogrammes contre 1,7 kilogramme.Son prix est de 1 599$ aux États-Unis.• Avec MacCharlie, le Macintosh devient «enfin» un autre compatible IBM-PC.MacCharlie, c’est une petite boîte beige qui renferme des circuits électroniques permettant d’utiliser des logiciels faits pour IBM sur un Macintosh d’Apple.MacCharlie comporte un microprocesseur Intel 8088 et 640 Ko de mémoire vive, deux unités de disquettes 5 'A pouces et il permet le transfert de logiciels produits à partir du MS-DOS 3.1.Bien qu’il serve à utiliser des logiciels IBM sur l’écran du Mac, et le transfert de fichiers Macintosh en format MS-DOS, l’exécution de ces tâches reste très lente.Prix: 1 795$.Info.: Dayna Communications, 50 South Main Street, Fifth Floor, Salt Lake City, UT 84144,(801) 531-0600 DU NOUVEAU, PLEIN LES BRAS • La compagnie américaine Roland DG annonçait, en novembre, la mise en marché d’un moniteur à très haute résolution, le Roland MB-142, dont la lecture ne fatigue pas plus les yeux que celle d’un magazine.Cette particularité vient du fait que les caractères sont noirs sur fond blanc et que le moniteur fonctionne à une fréquence de 25 MHz, c’est-à-dire que les changements d’images sont plus rapides qu’avec la plupart des moniteurs utilisés jusqu’à présent.Cet appareil est destiné actuellement aux IBM PC et compatibles.(Prix: 375$ US) Info.: Roland DG, 7200 Dominion Circle, Los Angeles, CA 90040 (213) 685-5141 • En novembre dernier, le Conseil scolaire de l’fle de Montréal créait un Centre de développement de la micro-informatique à des fins éducatives.Pour la première fois au Québec, des commissions scolaires s’unissent pour créer un service commun qui a pour tâche d’encourager l’intégration du micro-ordinateur au processus d’apprentissage des élèves du primaire et du secondaire.Info.: CDAME, 500 boul.Crémazie est, Montréal, H2P 1E7, (514) 384-1830 • Selon un sondage effectué récemment par la revue Popular Computing, le propriétaire d’ordinateur type aux États-Unis serait un sujet mâle âgé de 40 ans, de «l’élite» de la classe moyenne et serait homme d’affaires, ingénieur ou éducateur.Il a en moyenne 16,3 ans d’études, donc un haut niveau d’éducation.Les plus riches ont opté pour un IBM-PC ou compatible, les autres pour un Apple, Macintosh ou TRS-80.On observe aussi que 80% des propriétaires de Mac Font choisi presque exclusivement pour sa facilité d’utilisation alors que les propriétaires d’IBM, TRS et Apple ont surtout considéré les possibilités d’extension, la fiabilité et la disponibilité de logiciels.• Après une baisse des ventes atteignant 50% pour la première moitié de 1985 et la mise à pied de 700 employés, Commodore compte sur son Amiga pour relancer les affaires.De son côté, ATT a mis à pied 2 400 employés en particulier à cause de la diminution des ventes d’ordinateurs mais aussi à la suite d’une restructuration de ses services entraînant la fusion de deux de ses filiales.• Le logiciel Lotus Jazz développé pour le Macintosh n’a pas du tout le succès escompté.Il se vend mal à la fois parce qu’il est lent et parce que les gens d’affaires ont du mal à croire que le Mac puisse être un appareil efficace pour eux.• Malgré l’importante production nip-pone d’ordinateurs, les Japonais ont acheté pour 686 millions de dollars d’ordinateurs aux Américains pendant la première moitié de 1985.• Les utilisateurs d’IBM-PC, en particulier les écoles, qui souhaitent utiliser des logiciels faits pour Apple II peuvent maintenant le faire grâce à une nouvelle carte produite par la firme américaine Diamond Computer Systems.Des tests effectués par la revue Creative Computing ont permis de constater qu’il était effectivement possible d’utiliser sur un IBM, sans autre modification, des logiciels Apple sur leur disquette originale.Prix: 499$ US.Info.: 3380 Montgommery, DR, Santa Clara, CA 95054, (408) 986-0100 I I QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 13 ; • L’Université de Waterloo (Ontario) a développé un compilateur de langage Fortran pour IBM-PC, le WATFOR-77.Il permet de compiler rapidement le Fortran directement en mémoire, puis d’exécuter les codes sans avoir à passer par une étape de production d’un fichier objet, comme c’est habituellement le cas.Il est donc plus rapide què la plupart des autres compilateurs de Fortran.Le Watfor 77 est vendu au prix de 295$ par la compagnie Watcom Products de Waterloo.Info.: Watcom, 415 Philipp Street, Waterloo, Ontario, N2L 3X2, (519) 886-3700 • Ceux qui étaient déjà passionnés par le Mac Write, ce logiciel qui permet de produire des textes sur l’écran du Macintosh puis de les imprimer par la suite en choisissant parmi sept caractères différents, seront heureux d’apprendre que la compagnie Casady Co.vend un logiciel qui permet de produire 47 types de caractères différents nouveaux.Info.: P.O.B.223779, Carmel, CA 93921, U.S.A.• Voilà quelques mois, on considérait comme une grande innovation les modems fonctionnant à la vitesse de 2 400 bits par seconde (bps).Mais voici maintenant les modems 10 000 bps comme le Fastline de Digital.Us ont ceci de particulier qu’ils commencent par tester la ligne téléphonique avant de «décider» de la vitesse à laquelle les informations seront envoyées.Ensuite, ils vérifient constamment si les données parviennent à destination sans erreur.Bien entendu, ils ne fonctionnent ainsi que s’il y a un modem du même type à l’autre extrémité de la ligne.Mais ils peuvent aussi être utilisés à 300 ou à 1 200 bps.Info.: Digital Communications, I 000 Aldeman Dr, Alpharetta, GA30201, U.S.A.• Microsoft, la plus grande compagnie productrice de logiciels, a mis au point un tableur (ou feuille de calcul électronique) de 255 colonnes pouvant contenir jusqu’à 4 096 données chacune.C’est un record.II s’agit de la dernière version de Multiplan.• Alors qu’il fallait payer 800$ ou plus il y a un an pour une imprimante couleur, on en trouve maintenant pour moins de 350$.C’est le cas en particulier de la OKIMATE 20 de Okidata.Elle permet de créer des graphiques ou des textes en un maximum de 20 couleurs différentes.Info.: (609) 235-2600 • Des compagnies américaines de circuits intégrés accusent les Japonais de faire du dumping aux États-Unis.Elles affirment que les Japonais vendaient en novembre 1985 pour seulement 4$ des eproms (circuits intégrés programmables à volonté) qu’ils vendaient 17$ en janvier de la même année et qu’ils produiraient en réalité au coût de 6,34$.• La compagnie Apple annonce une unité de disque de 20 méga-octets pour son Macintosh.Elle devrait coûter environ 2 500$ au Canada.On peut écrire à l’auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur Infopuq (INFOPUQ) ou CompuServe (ID 72135, 1410).ENFIN DISPONIBLE EN LANGUE FRANÇAISE! GODEL ESCHER BACH les Brins d'une Guirlande Éternelle par Douglas Hofstadter occasion nous est rarement donnée de découvrir un ouvrage qui nous offre véritablement des perspectives nouvelles, qui nous séduit par la dimension de son savoir, par la beauté et la spontanéité de son style, qui réussit avant tout à rendre intelligibles et établir des liens entre des modes de pensée et des domaines totalement disparates et jamais associés auparavant.Un livre exceptionnel (prix pulitzer 1980) vendu à plus de 500 000 exemplaires depuis sa sortie aux U.S.A.L'auteur examine les relations entre la conscience, l’intelligence et les structures formelles (les machines).'Tous les vingt ou trente ans un auteur inconnu nous offre un livre dont la profondeur, la clarté, la portée, l'humour, la beauté et l'originalité le font immédiatement reconnaître comme un événement littéraire majeur.Code/, Escher, Bach: les Brins d'une Guirlande Éternelle est l'un de ces livres." Martin Gardner/Scientific American En vente en librairie InterEditions Diffusion: Diffulivre Inc.2973, rue Sartelon, Saint-Laurent, Qué.H4R 1E6 • Tél.: (514) 336-2663 14 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE UQAM PROGRAMMES D'ÉTUDES DE DEUXIÈME ET DE TROISIÈME CYCLES ADMISSION A LA SESSION D'AUTOMNE 1986 M Le développement des programmes d'études avancées se poursuit avec vigueur à l'UQAM.Depuis un an, de nouveaux programmes de maîtrise, de certificat de deuxième cycle et un programme court de deuxième cycle, ont été ouverts.Les programmes suivants sont offerts: CERTIFICATS D'ÉTUDES DE DEUXIÈME CYCLE • électrochimie appliquée * (conjointement avec l'École polytechnique et l'Université de Montréal) • études américaines contemporaines ?• intégration de la recherche à la pratique éducative • météorologie • thanatologie MAÎTRISES • administration des affaires (admission en décembre seulement pour l'année débutant au mois de mai suivant) • analyse et gestion urbaines (conjointement avec l'ENAP et l'INRS) • art dramatique • arts plastiques • biologie • chimie • communication • économique • éducation • enseignement au primaire * • études des arts • études littéraires • géographie • gestion de projet (conjointement avec l'UQAC, l'UQTR l'UQAH) • histoire • informatique de gestion • kmanthropologie * • linguistique • mathématiques • philosophie • psychologie • sciences de la terre • sciences de l'atmosphère • sciences de l'environnement • science politique • sciences religieuses • sexologie • sociologie PROGRAMME COURT DE DEUXIÈME CYCLE • éducation morale ?DOCTORATS • administration (conjointement avec les H.E.C., l'Université Concordia et l'Université McGill) • histoire • philosophie (extensionné de l'UQTR) • psychologie • science politique • sémiologie • sociologie ?Nouveau programme Aide financière La Fondation de l'UQAM offre un certain nombre de bourses d'études de deuxième et de troisième cycles.Des postes d'adjoint de recherche et d'auxiliaire d'enseignement sont également disponibles dans les départements.DATE LIMITE DE PRÉSENTATION DES DEMANDES D'ADMISSION: 1 er février 1 986 Renseignements Pour obtenir des renseignements complémentaires et un formulaire de demande d'admission, on s'adresse par téléphone au (51 4) 282-31 21 ou par écrit au Service de l'admission.Bureau du registraire.Université du Québec à Montréal, Case postale 8888, Succursale 'A', Montréal (Québec) H3C 3P8.Université du Québec à Montréal ^ ^ r r£?S%Bszi - ¦ -*s; •., - .^ ' v.-'^zï; ¦•.-: c > ^ '¦ >- w - ~~ ¦'¦¦' '¦¦: .:, ¦va>- WmÊÊÊÈk imm Sfs®ià?-.Tgg&ïâ w&gg '¦¦ X S^slgg#: /O-;:: — JANVIER 1986 • QUEBEC SCIENCE %&p.-V%viîï :¦ ^£P,c’ii- ii^gags V-.^‘::- i—a— ALERTE ROUGE AUX On parle maintenant d’épidémie, et les jeunes sont les plus touchés.Pourtant, on pratique toujours la politique de l’autruche.GINETTE BEAULIEU SANTÉ PUBLIQUE MTS! Voilà une abréviation bien discrète pour un groupe de maladies en dangereuse expansion, celui des maladies transmissibles sexuellement.Le Québec connaît, comme ailleurs à travers le monde, une flambée sans précédent des «maladies d’amour» au point qu’il a pratiquement perdu tout contrôle sur la situation.Les départements de santé communautaire (DSC) du Québec viennent de faire leur priorité de la lutte contre ces maladies.Celles-ci sont, en effet, au premier rang des maladies infectieuses en Amérique du Nord.Ces «maladies honteuses» ne sont plus ce qu’elles étaient! Aujourd’hui, on ne parle plus seulement de gonorrhée et de syphillis, mais d’une quarantaine de maladies, dont les infections à chlamydia, une vedette en pleine gloire actuellement, l’hépatite B, l’herpès simplex, les infections à cytomégalovirus et, bien sûr, le SIDA.De plus, un nombre important de personnes infectées ont peu ou pas du tout de symptômes, ce qui complique singulièrement le tableau ! C’est le cas, par exemple, de 60 à 80 % des femmes qui ont une gonorrhée ou une infection à chlamydia.À cela s’ajoute l’arrivée récente chez nous de bactéries résistantes aux traitements conventionnels.Et, comme si ce n’était pas suffisant, un nombre croissant de jeunes viennent grossir les rangs des victimes de MTS.On identifie maintenant les 15-35 ans comme le groupe-cible.Sans compter que, malgré le courant de libération sexuelle des dernières décennies, tout ce qui se passe «en bas de la ceinture» fait encore l’objet de tabous et est trop souvent soumis à la loi du silence.Des personnes sont encore traitées à l’insu de leur partenaire: «Faut pas que me femme le sache ! Dis-lui que c’est des vitamines»! «Les gens parlent davantage de leur sexualité mais pas des problèmes qui en résultent», témoigne un médecin.Le tableau d’ensemble est tel que des omnipraticiens, médecins de première ligne, s’avouent complètement dépassés par l’ampleur et la complexité du problème et ne voient pas la façon d’y faire face.«Le sys- tème est en déroute face aux MTS», constate le docteur Christian Fortin, au DSC du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL).«UN ÉCHEC COMPLET» «À 19 ans, j’ai fait une salpingite (infection des trompes) à la suite d’une gonorrhée.On m’a ensuite appris que je risquais de ne jamais avoir d’enfant, ma trompe droite étant bouchée.Quelques années plus tard, on m’a enlevé l’utérus ainsi que l’ovaire et la trompe qui ne fonctionnaient pas.Tout cela pour une MTS qui n’a pas été traitée à temps.» L’histoire de Marie-Claude, c’est aussi celle de nombreuses femmes qui font aujourd’hui les frais d’accidents de parcours dont les pénibles conséquences vont les marquer leur vie durant.Malgré la libération sexuelle, ils existent encore ces tabous qui font des MTS des maladies honteuses «On est actuellement aux prises avec deux épidémies simultanées.Une épidémie de complications causées par des infections à chlamydia, en particulier les salpingites et les grossesses extra-utérines, et une épidémie d’infections virales comme l’hépatite B, l’herpès, le cytomégalovirus, les condylomes et le SIDA», souligne le docteur Marc Steben, du Département de santé communautaire (DSC) de Verdun.Des infections contre lesquelles on ne peut rien car on ne dispose d’aucun médicament pour les enrayer.La seule véritable solution: briser par tous les moyens la chaîne de la contagion.Une solution à peu près impensable actuellement ! «Notre système de santé est face à un échec complet en matière de santé publique.Il n’a pas été capable de reconnaître que l’épidémie de MTS qui sévit depuis plus de dix ans est un problème majeur de santé publique.Même aujourd’hui, alors qu’on admet unanimement qu’il y a beaucoup de cas et que les chiffres officiels, bien que loin de la réalité, le montrent hors de tout doute, ça ne bouge pas», s’indigne Christian Fortin.C’est à se demander s’il faut absolument en mourir pour qu’une épidémie soit prise aux sérieux ! Cet été, Québec a connu une première avec l’apparition de huit cas de gonorrhée résistante, un exemple de la situation critique qui résulte du manque de moyens pour contrôler une épidémie de MTS.Il s’agit d’un événement majeur en matière de santé publique autant à cause du défi que cela constitue au plan des examens de laboratoire et des traitements que de l’augmentation des coûts et des risques de complications et d’échecs pour l’avenir.Actuellement, deux de ces huit cas courent toujours dans la nature.«Je suis à peu près sûr que c’est en train de s’implanter dans la région.Pour moi, c’est un échec, signale le docteur Jacques Ringuet, directeur du DSC de Saint-Sacrement.Avec les moyens dont on dispose, on ne réussira pas à maîtriser la situation et c’est très grave.» L’apparition d’un nombre similaire de cas de gonorrhée résistante dans une population de 12 millions, à Los Angeles, a provoqué une mobilisation générale de tout le système de santé afin de circonscrire la contagion.L’opération a finalement réussi, mais le directeur du programme de contrôle des MTS a tout de même perdu son poste parce qu’il avait été un peu lent à réagir.LUTTER CONTRE UN ENNEMI QU’ON NE CONNAÎT PAS?Pour mener une offensive efficace, encore faut-il être en mesure d’évaluer les forces de l’adversaire.Or, on ne peut se fier aux statistiques officielles sur les MTS car elles ne décrivent pas la situation réelle.Ces statistiques reposent sur cinq maladies à déclaration obligatoire (MADO) qui ne sont même pas déclarées.En effet, on estime que seulement 10% des cas le seraient.De plus, trois des JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE .jsj T/:- r I: : ' IK If iff tf II h srt cinq maladies apparaissant sur cette liste n’ont fait aucune victime au Québec ces dernières années alors que d’autres sont plus courantes et font beaucoup plus de dégâts, comme l’infection à chlamydia et le SIDA, et elles n’y sont pas inscrites.Le SIDA s’ajouterait cependant à la liste de MADO sous peu.On se retrouve donc avec des statistiques ayant tout au plus une valeur indicative, ainsi que des estimations grossières effectuées par des gens sur le terrain et des approximations des données américaines.Au Québec, le nombre de cas déclarés de gonorrhée a augmenté de 40% de 1975 à 1984, passant de 62 à 108 personnes atteintes par 100 000 de population, soit un total de 6 000 cas.Mais cela ne serait que la pointe de l’iceberg: il faudrait multiplier ce nombre au moins par dix pour s’approcher de la réalité.Quant à l’infection par chlamydia, on évalue à environ 125 000 le nombre de QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 Comment freiner une épidémie sans armes et sans savoir qui est atteint?Québécois qui pourraient en être atteints.«Quand on connaît mal l’ampleur d’un problème, il va de soi qu’on ne peut mettre en place les structures nécessaires pour en venir à bout», note Christian Fortin.Selon le docteur Jean Robert, directeur du DSC de Saint-Luc, il est temps de réfléchir sur l’importance et le sens que l’on donne aux MADO.«Il faut voir, dit-il, si, avec les MADO, on n’essaie pas simplement de se donner bonne conscience.» C’est peut-être un moyen qui n’a plus de raison d’être! On pourrait aussi compter sur des enquêtes épidémiologiques qui sont tout aussi efficaces, souligne-t-on.«Si on ne cherche à faire inclure l’infection à chlamydia dans les maladies à déclaration obligatoire que pour confirmer le pouvoir et le droit qu’a le directeur d’un DSC de prendre des mesures, comme l’accès gratuit aux traitements, et d’obtenir les ressources en conséquence, je n’en vois pas la nécessité.Compte tenu de la situation, je crois de mon devoir d’agir comme si l’infection à chlamydia était à déclaration obligatoire et d’offrir à notre clientèle, qui est la plus défavorisée du Québec, le traitement gratuit.Je n’aurai aucun scrupule à appliquer l’article de la loi stipulant que le directeur d’un DSC doit prévenir les épidémies.Cela peut coûter cher mais c’est le prix à payer pour préserver la santé publique», ajoute Jean Robert.«Nous sommes pris dans un cercle vicieux», constate Marc Steben.On dispose de peu de moyens pour déterminer de façon précise l’ampleur de l’épidémie de MTS au Québec.Or, sans cela, il est impossible de dégager les ressources nécessaires pourcourt-circuiter efficacement la course des MTS.UNE ARMËE EN DÉROUTE Lors de la réorganisation du système de santé, au début des années 70, on tablait sur le fait que le problème des maladies infectieuses, dont les MTS, était en bonne partie résolu et qu’il pouvait être pris en charge par les nouvelles structures alors mises sur pied, les DSC et les CLSC.Ce transfert de responsabilité ne s’accompagnait cependant d’aucun programme, d’aucun objectif précis.Et dans le même mouvement, on abolissait les cliniques antivénériennes, créant ainsi un énorme vacuum.Ce faisant, on confiait la responsabilité première du traitement des MTS aux médecins de pratique privée, eux qui, jusque-là, s’en étaient peu ou pas préoccupés.«En fermant la douzaine de cliniques, dn a voulu «démarginaliser» les patients et, surtout, faire des maladies transmissibles sexuellement des maladies comme toutes les autres, explique le docteur Serge Dumas, de la clinique de médecine familiale de l’hôpital Saint-Sacrement.Mais on a oublié qu’à cause de leur caractère épidémique, elles ne sont pas des maladies comme les autres.» Faut-il donc revenir aux cliniques spécialisées et intégrées au système de santé d’avant 1970, qui existent d’ailleurs dans d’autres pays tels que le Royaume-Uni où l’on en compte 230 réparties sur tout le territoire?En fait, la mise sur pied de telles cliniques n’est pas perçue actuellement comme LE moyen à mettre de l’avant pour faire échec aux MTS.Certes, elles peuvent favoriser un dépistage et un traitement plus rapides de même que le suivi et la recherche, mais selon Marc Steben, elles devraient se situer en deuxième et troisième lignes pour venir à l’aide des médecins.La réponse au problème des MTS doit en fait venir de beaucoup plus loin.LE DÉPISTAGE, UNE LACUNE Combien de femmes ont vu une partie de leur vie empoisonnée par des «maux de ventre», des «problèmes de femme».sans que jamais leur gynécologue identifie le bobo.Cela ne leur venait même pas à l’idée que leur cliente pouvait avoir une gonorrhée ou d’autres maladies du même acabit.«Si on me donnait un chèque en blanc pour régler le problème des MTS, fait remarquer Marc Steben, je pense que j’opterais pour le dépistage de masse de certaines maladies comme l’infection à chlamydia et la gonorrhée.Pour le docteur Steben comme pour beaucoup d’autres, le dépistage apparaît comme une voie à privilégier.«Chez une femme qui subit un examen gynécologique annuel, c’est au chapitre des MTS qu’il y a le plus de risque de trouver quelque chose.Or, encore aujourd’hui, non seulement les tests de dépistage pour les MTS ne font pas partie des examens de routine, mais ils sont souvent mal reçus par les femmes lorsqu’il en est question, déplore Serge Dumas.C’est pourtant dans l’intérêt de toute femme de 15 à 35 ans de se prêter au 20 LES JEUNES: UNE CLIENTELE A RISQUE « a ctuellement, le tiers des jeunes ont des relations sexuelles avant 17 ans.11 n’est donc plus permis de voir des jeunes femmes de moins de 20 ans sans les soumettre à un dépistage pour les MTS.C’est chez elles qu’il y a le plus de chance de trouver des «asymptomatiques», souligne Serge Dumas.En effet, une fille âgée de 15 à 20 ans aurait dix fois plus de chances de développer une infection qu’une fille plus âgée car elle est plus vulnérable aux infections, souligne Marc Steben.Il est donc important que les jeunes sachent que ça existe, mais qu’ils peuvent s’en protéger, notamment en utilisant le condom.En 1980, 50% des cas de gonorrhée au Québec se rencontraient chez les jeunes de 15 à 19 ans.Cela est d’autant plus grave que cette maladie, souvent asymptomatique, peut entraîner la stérilité, si elle n’est pas soignée.«A Québec, on n’arrive pas à entrer dans les écoles pour donner de l’information sur les MTS car les comités de parents ne veulent pas, déplore Serge Dumas.Ils ont peur qu’on incite leurs jeunes à avoir des relations sexuelles.C’est dire la force des tabous ! Les parents doivent savoir que leurs jeunes sont susceptibles d’attraper une MTS ; ils doivent avoir l’ouvertüre d’esprit nécessaire pour aborder franchement la question.Je pense même que les condoms devraient être disponibles dans les écoles, comme ça se fait en Scandinavie et en Angleterre.Mais on est encore loin de ça ! » Au DSC de Verdun, l’expérience est beaucoup plus positive.«On nous a permis de parler des maladies transmissibles sexuellement, et non pas de contraception, en croyant que cela allait dissuader les adolescents d’avoir des relations sexuelles», explique Marc Steben.«La réponse est très bonne», souligne Benoît Vigneault, responsable de l’information dans les écoles pour le DSC.Depuis cinq ans, 10 000 étudiants du secondaire IV et V et du niveau cégep ont été rencontrés chaque année.«On leur présente la notion de MTS comme devant faire partie de leurs responsabilités sociales.On essaie également d’éliminer les sentiments de culpabilité et de honte qui entourent trop souvent ce problème de santé en présentant la MTS comme un accident de parcours qu’il est toutefois possible de prévenir en utilisant le condom.C’est avec les jeunes qu’il est le plus facile de faire évoluer les mentalités et les habitudes», estime Benoît Vigneault.dépistage sous toutes ses formes, questionnaires, tests, etc., quand on sait tous les ravages qu’une MTS non traitée peut faire.En fait, il faut soupçonner une MTS chez toute personne active sexuellement ou qui a des symptômes associés.» Comme la plupart des DSC à travers le Québec, celui de Verdun fait de la lutte aux MTS une priorité pour 1985-1986 et 1986-1987.Il met de l’avant un projet de dépistage systématique du chlamydia chez toutes les femmes qui subissent une cytologie.«On évalue le coût de ce projet entre 200 000$ et 300 000$, seulement pour déblayer le terrain afin de s’orienter vers des groupes à risques», souligne Marc Steben.Mais le dépistage sans outils diagnostiques, c’est un peu comme une pelle sans manche! «Au moins 90% des médecins, et c’est là une estimation très conservatrice, n’ont pas accès à des ressources diagnostiques valables.Il s’agit là d’un énorme problème», constate Marc Steben.De plus, les laboratoires des hôpitaux sont débordés.Aucun des milieux hospitaliers n’est prêt à devenir un centre de dépistage de MTS, alléguant que cela alourdirait leur budget alors qu’ils subissent déjà des compressions budgétaires énormes.En somme, les médecins hors des hôpitaux sont laissés à eux-mêmes.Dans ce contexte, faut-il se surprendre, lorsqu’une femme souffre de vaginite ou qu’un homme a un brûlement (urétrite), que les médecins les traitent automatiquement pour une gonorrhée en donnant une dose de pénicilline, sans faire de prélèvements, ni de cultures pour vérifier s’il s’agit d’une autre maladie?« Encore trop de médecins traitent les MTS à l’aveuglette ! C’est inacceptable dans un contexte médical moderne comme le nôtre.Si on était un pays sous-développé, on pourrait toujours le comprendre, mais ce n’est pas le cas!» fait valoir le docteur Christian Fortin.Mais le médecin a-t-il vraiment le choix?JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE IB SANTÉ PUBLIQUE Les médecins de pratique privée, qui détectent 80% des MTS, n’ont accès qu’à 5% des tests disponibles, dénonçait récemment l’Association des médecins omnipraticiens de Montréal (AMOM).Cette pénurie serait particulièrement aiguë dans le cas de l’infection à chlamydia.De plus, le test pour ce type d’infection n’est pas gratuit, sauf dans les hôpitaux qui ferment soigneusement leur porte à toutes demandes extérieures.Et tous les patients ne peuvent défrayer 50$ pour un tel test! L’AMOM estime à cinq millions de dollars le montant qu’il faudrait injecter dans le réseau pour assurer un dépistage et un traitement adéquat du chlamydia.De l’avis du docteur Steben, il faut outiller tous les médecins en pratique privée pour qu’ils puissent s’occuper des MTS.«Je ne vois pas pourquoi ils ne seraient pas équipés pour diagnostiquer l’infection à chlamydia avec le Micro-Trak, par exemple, qui coûte de 5$ à 7$ par examen.Notons que ce test, solution de rechange à la culture cellulaire, longue et chère, ne fait pas encore l’unanimité.Alors qu’à Montréal, on peut se fier aux résultats dans une proportion de 90 à 95%, à Québec, l’efficacité de ce moyen n’est pas encore évidente.Pour sa part, Jean Robert, directeur du DSC de Saint-Luc, constate que la technologie actuelle est limitée et qu’on demande souvent à l’analyse de laboratoire de dire plus qu’elle ne le peut.«Car, dit-il, avoir le test et le faire passer correctement, c’est une chose; savoir l’interpréter, surtout lorsqu’il est négatif, c’est une autre chose.Idéalement, le médecin devrait pouvoir dépasser le test.Mais il a besoin, pour ce faire, d’avoir une formation suffisante, ce qui n’est pas le cas actuellement.» QUAND LA SOCIÉTÉ JOUE À L’AUTRUCHE Le problème du contrôle des MTS n’est pas seulement médical, mais aussi social.Or, une société ne s’organise pas pour lutter contre un problème qu’elle nie, fait remarquer QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 Le condom, le moyen le plus ancien et encore le plus efficace Serge Dumas.Et pour faire face à un problème de cette envergure, il est nécessaire d’avoir une attitude de société.«Nous luttons actuellement contre une résistance inimaginable.Pourtant, attraper une gonorrhée ou une infection à chlamydia, c’est une malchance, pas une tare.C’est une question de microbes et de porteurs.C’est mathématique ! Le fait d’avoir plus d’un partenaire sexuel et d’admettre que les autres en font autant nous met automatiquement en situation d’avoir une MTS», ajoute-t-il.Mais n’a-t-on pas les médecins qu’on mérite?Ils n’ont pas posé de questions à des gens qui ne voulaient pas donner de réponses ! Selon Christian Fortin, notre système de santé est à l’image de la société québécoise.Il a été et il est encore trop puritain.Les gens doivent prendre conscience du problème de santé que représentent les MTS et mettre de la pression sur les autorités du système de santé.Pourquoi le SIDA fait-il bouger tant de monde aux États-Unis?«Essentiellement parce que les gens les plus à risque font partie d’une communauté bien implantée, politiquement active et surtout qui n’a pas eu peur de parler du problème, de faire des marches en plein Los Angeles pour ramasser de l’argent aux fins de recherche.C’est évident qu’on trouvera plus vite des solutions là-bas», constate Christian Fortin, qui a passé la dernière année à Los Angeles dans le cadre d’un séjour de perfectionnement.REDORER LE BLASON DU CONDOM.La pilule a apporté bien des changements dans notre attitude face à la sexualité.En éliminant les barrières que constituaient le condom et le diaphragme, elle a surtout contribué largement à mettre le feu aux poudres: les taux de MTS se sont mis à grimper en flèche.«Au plan de la santé publique, si on avait un geste concret à poser, susceptible d’avoir des effets immédiats, il faudrait miser sur la promo- 21 Gaëtan Laroche SANTÉ PUBLIQUE tion du condom.En termes de prévention, c’est probablement ce qui coûte le moins cher», fait valoir Jean Robert.On met donc de plus en plus d’espoirs dans ce petit bout de caoutchouc pour freiner la dangereuse contagion des MTS.Mais pour faire le marketing du condom de façon efficace, signale Marc Steben, il faut en améliorer l’image et le rendre accessible un peu partout, avec des machines distributrices dans les bars, les restaurants, les stations-service, les saunas, les universités, etc.La Suède, avant-gardiste dans le contrôle des MTS comme dans bien d’autres domaines, a déjà une longueur d’avance dans ce sens.Entre autres, une vaste campagne d’information auprès des jeunes pour les inciter à revenir à l’usage du préservatif masculin a déjà commencé à porter fruit : les MTS battent en retraite.Des jeunes portent même des tee-shirts illustrés d’un dessin humoristique sur les condoms.Et les filles sont invitées à se munir elles aussi de préservatifs.au cas où! «Plutôt que d’interdire des choses, il faut donner les moyens de vivre sa sexualité en santé.Et il est de notre devoir de faire mieux connaître ces moyens surtout quand ils sont à la portée de tous comme c’est le cas pour le condom.On n’a jamais empêché les tuberculeux de respirer ou de tousser, pourquoi empêche-rait-on un individu d’avoir les activités sexuelles qui lui conviennent sous prétexte qu’elles comportent des risques de maladies », fait valoir Jean Robert, président depuis 1984 du Comité provincial sur les maladies infectieuses.LA PYRAMIDE À L’ENVERS «On peut difficilement faire pire que ce qu’on a fait jusqu’à maintenant.En espérant que l’épidémie de SIDA aura au moins pour effet bénéfique de nous réveiller en tant que collectivité.Chose certaine, on a un sérieux rattrapage à faire mais on ne semble pas pressé de le faire», note encore Jean Robert.En fait, la volonté politique est tout au plus tiède, pour UNE NOTE TRÈS ELEVEE.A PAYER De la simple infection, urétrite chez l’homme et cervicite ou vaginite chez la femme, à toute la panoplie de complications, en particulier salpingite pour la femme, prostatite et épididymite pour l’homme, sans compter toutes les répercussions possibles hors du système génital, la cystite à répétition, les arthrites, le syndrome de Reiter, la conjonctivite, la pneumonie, l’amydalite, le bilan pour la santé des individus atteints par une ou parfois même plusieurs MTS peut être très lourd.Et quand on sait qu’une personne sur 20, selon des estimés conservateurs, peut être atteinte d’une MTS, c’est dire l’importance des coûts médicaux et sociaux en cause.À titre indicatif, disons seulement qu’une hospitalisation pour salpingite coûte entre 1 500$ et 2 000$ et qu’on hospitalise environ 40 000 femmes par année pour cette complication.«C’est un problème d’autant plus critique que 20% des femmes restent infertiles après une première salpingite, explique Serge Dumas.On con- sidère en fait qu’une femme sur deux nées après 1960 aura fait une salpingite avant l’an 2000, ce qui signifie qu’environ 10% d’entre elles seront infertiles, sans compter celles qui en feront deux ou trois.Et l’infertilité semble d’autant plus irrémédiable que la femme atteinte est jeune.» Signalons aussi que le taux de grossesses extra-utérines a triplé depuis dix ans.Simplement au chapitre des complications, le coût est évalué à 25 millions de dollars pour le Québec, un coût qu’il faut multiplier par quatre pour le Canada.Et il n’a pas encore été question du coût social de l’infertilité, des grossesses extra-utérines et des bébés qui naissent avec des infections, autant d’événements qui entraînent «des conséquences familiales et sociales catastrophiques», ajoute le docteur Steben.«Pour une femme, la salpingite est souvent un drame qui ruine sa vie», note le docteur Michel Marchand, de la clinique l’Annexe, à Montréal, la seule clinique privée spécialisée en MTS au Québec.Pour venir à bout des MTS, encore faut-il avoir la volonté de les vaincre ne pas dire inexistante.Au ministère de la Santé et des Services sociaux, la situation se résume ainsi: désorganisation et démotivation.«Avant d’établir quelque programme ou politique que ce soit concernant les MTS, on attend les propositions des DSC.On veut appliquer le principe de la pyramide mais à l’envers, en demandant à ceux qui œuvrent sur le terrain, dans les DSC, de fournir les pistes et les grandes lignes de contenu pour un éventuel programme, au lieu de les imposer à partir du sommet de la pyramide», explique le docteur Jean-Paul Breton, du ministère de la Santé et des Services sociaux.L’idée n’est pas mauvaise mais elle est loin de traduire un sentiment d’urgence.D’un avis unanime, l’im- plication du MSST n’est pas forte.Au point même d’abuser de la bonne volonté et de la patience de plus d’un directeur de DSC.«Tant qu’il n’y aura pas de volonté politique plus claire, on se bat contre des moulins à vent.Pour ma part, je me bats depuis plus d’une dizaine d’années, mais ma patience a des limites», confie Jean Robert.«En fait, le ministère a favorisé la mise sur pied du Comité des maladies infectieuses pour pallier son inaction et combler le vide qu’il a lui-même créé », estime Jacques Ringuet, du DSC de Saint-Sacrement.La situation traduit, de toute évidence, une absence criante de leadership en matière de santé publique.Il n’y a personne qui semble vouloir en faire son cheval de bataille.Bien que le tableau se complique dangereusement, rendant le problème des maladies transmissibles sexuellement de plus en plus alarmant, rien n’indique que les autorités du système de santé soient sur le point d’effectuer un virage.En somme, il ne reste plus que deux issues: la chasteté ou le condom.?22 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE GÜ'OÊ cBtCîfi ta^s /x?\ts ^O^^p\'esP tesO^V^'C ,oWo»abo»«^s à r\E\-' \,uc 208 P ,ages Vlous a auûü tassai w7 au est otoienlv .,.,“:ï«®es" \t'eS °.L,iète^ oae PvoVdé^°0chV d^eè^®fr“-e cVto^f **- «.¦>¦* “iS» « ,'01*.»'«'* ' 26 ’V s —- *w,°' ^ C©'- t''dée'?;st^® :dü bes0'n -épett0'te acte® P^étad®^ au P ,ud''c iues e%'Sw ue ,ntes- des d\^ét®r cdes LES FEMMES ET L'ALCOOL en Amérique du Nord et au Québec Louise NADEAU, Céline MERCIER et Lise BOURGEOIS 1984 184 pages 13,95$ de '°® tpét LES ENJEUX DU PROGRÈS Science, technologie et société Sous la direction de Alberto CAMBROSIO et Raymond DUCHESNE Presses de l'Université du Québec/Télé-université 1984 370 pages 24,95$ Depuis longtemps, les sciences et les techniques donnent forme au monde dans lequel nous vivons.Aujourd hui, avec I explosion mondiale du fait scientifique, n'appartient-il pas au savoir des sciences, non seulement de modeler notre environnement, mais également de régler notre travail et de décider de ce que nous devons penser et croire?An-m/iTÉc QPM.QnRIFI I FS FT MOTRICES L’alcoolisme féminin est un sujet sur lequel s'expriment toujours d'innombrables préjugés et vérités approximatives.Qu'en est-il au juste?Que savons-nous objectivement des taux de consommation, des maladies qui s'y rattachent et des problèmes qui en découlent?Comment se comparent les situations de la femme qui reste à la maison et de celle qui travaille à I extérieur?Comment se présente l'alcoolisme suivant l'âge, le statut social et les revenus des femmes?La santé mentale, la transmission héréditaire, les effets sur le foetus, le traitement de l'alcoolisme.Voilà autant de questions abordées dans cet ouvrage de grande acuité sur un thème d'importance à la fois individuelle et sociale.Éducation — Rééducation Isabelle GAGNON-BOUCHARD et Andrée GUAY-BOISVERT avec la collaboration de Gilles HARVEY 1984 288 pages 24,95$ Ce livre fournit au lecteur une multitude d'activités psychomotrices qui peuvent être utilisées en éducation, rééducation ou thérapie, auprès de l'enfant et de l'adolescent.Ces diverses activités ludiques, sportives et expressives, lorsqu'elles sont bien choisies, peuvent favoriser le développement physique, intellectuel et social de l'enfant.BON DE COMMANDE ?GUIDE DES NOUVELLES THÉRAPIES .?LES FEMMES ET L'ALCOOL.?LES ENJEUX DU PROGRÈS .?ACTIVITÉS SENSORIELLES ET MOTRICES 23,95$ 13,95$ 24,95$ 24,95$ Carte ?Visa ?Mastercard n° Date d'expiration .Signature .Sous-total - Frais de port et de manutention 1,75 $ Ci-joint chèque ?mandat ?au montant de — NOM .ADRESSE CODE POSTAL Disponible chez votre LIBRAIRE ou aux Presses de l'Université du Québec/Québec Science Éditeur Case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 CLAUDE DE LAUNIËRE QUAND LA Pour les chercheurs, ces spirales dévastatrices venues du ciel sont encore un mystère Tout le monde a oublié la journée du 31 mai 1985.Tout le monde.sauf ceux qui ont assisté — et survécu — à un des spectacles les plus violents que la nature puisse offrir.Rappelez-vous ! Durant la soirée, au téléjournal de la société d’État, Bernard Derome avait soudainement interrompu la lecture du bulletin de nouvelles pour annoncer que «des cellules orageuses génératrices de vents violents, de grêle et de fortes pluies pouvant occasionner des crues soudaines, se déplaçaient vers la région de Montréal».L’Ou-taouais avait déjà eu droit à un avertissement beaucoup plus sérieux.Une alerte météorologique émise à 19 h 45 mettait la population en garde contre des conditions de temps violent et la possibilité de formation d’une tornade.Une possibilité qui se matérialisa 14 fois dans le centre et le sud de l’Ontario.Tout avait débuté bien avant dans la journée alors qu’une dépression centrée sur le lac Supérieur amenait vers la région des Grands lacs, le nord-est des États-Unis et le sud du Québec de l’air chaud et très humide.Sa rencontre avec des masses d’air froid devait rapidement provoquer la formation de nuages d’orage.Les premiers qui apparurent sur les écrans radar se trouvaient au-dessus du lac Huron; puis la ligne d’orages s’étira rapidement vers le sud jusqu’en Pennsylvanie.La première tornade toucha la région de la baie Géorgienne vers 15 heures, mais ce n’est que vers 16 heures que l’élément destructeur commença son oeuvre dévastatrice.L’est de l’Ontario fut le premier à se débattre avec ce temps violent.On y dénombra 14 tornades, 12 morts et des centaines de millions de dollars de dégâts.Les municipalités de Tottenham, Grand Valley et Barrie furent touchées.Dans cette dernière, la tornade avait joué à «saute-mouton», touchant le sol sur une dizaine de kilomètres et provoquant la destruction de 400 maisons.Les vents y avaient atteint des vitesses de plus de 400 kilomètres à l’heure.Les États de Pennsylvanie, de New York et de Ohio furent les victimes suivantes.Le mauvais temps et de nombreuses tornades y laissèrent 76 morts et des dommages importants.Dans l’État le plus touché, la Pennsylvanie, des villages entiers furent rayés de la carte. KHOT .* * * .> .- , V ¦ * -C MÉTÉOROLOGIE Heureusement, Montréal ne connut que les derniers sursauts d’énergie de ce temps orageux: quelques vents violents et des précipitations abondantes mais de courte durée.Les tornades sont peu fréquentes dans nos régions.On en rapporte en moyenne six par année au Québec, selon Gilles Desautels du Service de l’environnement atmosphérique d’Environnement Canada.Ce sont surtout nos voisins américains qui «y goûtent» de façon régulière, particulièrement au printemps.Ces tourbillons d’air, qui deviennent souvent visibles sous la forme d’un entonnoir s’étendant de la base du nuage jusqu’au sol, sont difficiles à expliquer.Cependant, depuis quelques années, grâce au radar Doppler, la compréhension du phénomène a beaucoup progressé.De nombreux points demeurent obscurs, mais les scientifiques peuvent maintenant en dresser un scénario valable.PETIT NUAGE BLANC DEVIENDRA ORAGEUX Avant d’expliquer les tornades, il est essentiel de comprendre les conditions et le milieu qui leur donnent naissance.Premier élément: le nuage converti/.Celui-ci se formera si une masse d’air plus chaud, donc plus léger que l’air environnant, peut s’élever.Le phénomène se produit de façon constante dans l’atmosphère.Par exemple, durant les chaudes journées d’été, le soleil réchauffe le sol qui, lui, réchauffe l’air en surface.S’il y a accumulation suffisante de chaleur, la masse d’air s’élève, se condense et, à une certaine altitude, forme des cumulus de beau temps, ces petits nuages blancs qui agrémentent le ciel bleu des après-midi d’été.Certains de ces nuages se gonfleront davantage et pourront apporter quelques averses locales.Quelquefois, un cumulus poursuivra sa croissance pour former un nuage porteur d’orage: le cumulonimbus.C’est dans cette cellule orageuse qu’une tornade prendra naissance.Toutefois, ces nuages d’orage se forment rarement de façon isolée, souligne M.Desautels: «Les conditions d’instabilité s’étendent généralement sur une grande surface et on observe plutôt la formation de familles de cellules orageuses.» Ces nuages susceptibles de générer des tornades sont également porteurs de temps orageux violent.Imaginons donc des conditions propices à la création de telles perturbations atmosphériques.Supposons, par une journée de printemps, une région de quelques centaines de kilomètres carrés recouverte en surface par une masse d’air chaud et humide, surmontée d’une masse d’air sec et plus frais.Pour être bien sûr qu’on a C'est à partir des cumulus, nuages de beau temps, que se forment ces nuages d'orage, puis les tornades réuni toutes les conditions, ajoutons entre ces deux masses d’air, comme le suggère John T.Snow, chercheur à l’Université de Purdue aux États-Unis, une mince couche d’air dans laquelle la température augmente avec l’altitude: une inversion, pour employer le langage des météorologistes.Souvent, l’inversion constitue un obstacle à la formation d’un nuage convectif.Une parcelle d’air chaud s’élevant dans l’inversion devient vite plus froid que l’air environnant et, de ce fait, tend à retourner au sol.Toutefois, cette inversion peut également favoriser la formation d’orages violents en retardant la formation des nuages et en permettant aux instabilités présentes de mieux se développer durant la journée.Ainsi, par une journée particulièrement chaude, alors que le soleil continue à chauffer le sol et les amateurs de soleil, l’air se réchauffe et l’humidité croît en raison de l’évaporation qui se produit.Après le passage des tornades du 31 mai dernier sur la ville de Barrie, en Ontario, on a retrouvé des débris jusqu’à 25 kilomètres de la ville.i®: X 1 p • m.i- dm.M - .T - ; ¦’'•j VHS 26 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE MÉTÉOROLOGIE La période de maturité durant laquelle le nuage peut accoucher d’une tornade ne dure que quelques minutes.Mais on a estimé qu’à la base de l’entonnoir, les vents circulaires pouvaient atteindre 400 kilomètres à l’heure.UNE MONTAGNE D’INSTABILITÉ ET UN «COUP DE PIED» Dans cette «soupe» atmosphérique, tous les ingrédients propices à la création d’orages violents sont maintenant présents, sauf un.Pour que des cumulonimbus se forment, il faut généralement un mouvement initiateur: l’air chaud doit être soulevé à un niveau où il pourra commencer son ascension librement.Le «coup de pied» nécessaire peut prendre différentes formes.Souvent, la rencontre d’un front froid déclenchera le mouvement: l’air froid et dense avançant dans la masse d’air plus chaud forcera celle-ci à s’élever.Ou encore, un relief accidenté, par exemple une chaîne de montagnes, obligera l’air chaud à s’élever.Dans nos régions, selon M.Desautels, les cellules orageuses se retrouvent très souvent au voisinage de fronts froids.Avec cette arrivée d’air froid et le soulèvement qu’elle provoque, l’inversion peut difficilement maintenir l’air chaud près du sol.Elle s’érode rapidement et, par plusieurs points, laisse s’engouffrer l’air chaud.Il en résulte la mise en marche du processus de formation de plusieurs cumulonimbus, processus très rapide qui se complétera en moins d’une heure.Cet air en ascension bénéficie souvent d’une aide qui accélère la dissipation de l’inversion: le courant JET.Il s’agit d’une zone de vents forts qui, en haute altitude, s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres.En se déplaçant, ces masses d’air contribuent à la convection en poussant l’air froid vers le bas et, derrière, en tirant l’air chaud vers le haut.Ces vents peuvent atteindre plus de 350 kilomètres à l’heure.Selon M.Snow, lorsque des orages violents produisent des tornades, on retrouve presque toujours un courant JET important en fond de scène.Dans notre petit coin de ciel d’environ 150 kilomètres de largeur sur 250 kilomètres de longueur, l’instabilité règne maintenant en roi et maître.La température y diminue avec l’altitude plus rapidement que ne refroidit l’air chaud en ascension.L’air chaud qui monte a donc une température plus élevée que son environnement et continue son ascension, accroissant encore l’instabilité du milieu, ce qui lui permet de monter jusqu’à la tropopause, la couche qui sépare la troposphère et la stratosphère.À l’intérieur de la tropopause, on observe un réchauffement de la température avec l’alti- tude.L’épaisseur de cette couche varie en fonction de la saison, de la température de l’air et de la latitude.Dans nos régions, elle varie entre 7 (l’hiver) et 16 kilomètres (l’été).VOYAGE DANS UN NUAGE Ces cumulonimbus qui se développent dans un brassage énergétique important peuvent atteindre des diamètres de 10 à 20 kilomètres et une altitude de plus de 14 kilomètres.Au début de leur brève existence, les courants d’air sont uniquement ascendants, mais l’air ne peut monter continuellement sans qu’il y ait à un certain moment une rechute, un courant descendant du même ordre de grandeur.Rapidement, les gouttelettes d’eau, à l’intérieur du nuage, gèlent.Toutefois, le mouvement ascendant sera assez fort pour qu’elles poursuivent leur montée.Bientôt un courant descendant, ou éventuellement leur poids, inversera leur trajectoire.La grêle peut descendre puis remonter plusieurs fois avant de toucher le sol.Au cours de ces va-et-vient, elle pourra accumuler plusieurs couches de glace et atteindre les dimensions d’une balle de baseball.Pour bien mesurer la force des courants ascendants et descendants à l’intérieur de ces gros nuages d’orage, soulignons qu’un petit avion qui aurait le malheur d’y pénétrer y perdrait rapidement ses ailes et en ressortirait à la verticale.Quant aux gros avions commerciaux, les passagers auraient l’impression de se retrouver dans un manège d’un parc d’amusement.Les pilotes les évitent donc systématiquement.La zone d’instabilité, qui atteint maintenant plus de 150 kilomètres de largeur et s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres, est formée d’une multitude de ces cumulonimbus, ou cellules orageuses, constituant une famille.Les cellules orageuses les plus violentes, vues d’un satellite, sont coiffées d’excroissances dépassant la couverture nuageuse de deux à quatre kilomètres; elles résultent des grands mouvements ascensionnels agitant l’intérieur de ces nuages.QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 27 MÉTÉOROLOGIE La durée de vie de chacune des cellules orageuses d’une famille n’est pas très longue mais, alors que des cumulonimbus se dissipent, d’autres se forment.Un nuage, en expirant, contribue à l’instabilité en apportant dans les masses d’air environnantes de l’air froid sous forme de précipitations, provoquant ainsi un soulèvement de l’air chaud à l’avant du nuage et initiant la formation d’autres nuages.ET ÇA TOURNE! Un orage violent susceptible de donner naissance à une tornade a une durée de vie de une à deux heures et la plus grande partie de sa courte existence est consacrée aux phases de construction et de dissipation.La période de «maturité» durant laquelle le nuage peut accoucher d’une tornade ne dure que quelques minutes.Selon les modèles les plus probables, tout se passerait en deux étapes.Première étape.À l’intérieur du nuage doit s’établir une circulation analogue à celle de ces grandes dépressions qui s’étendent sur plus de I 000 kilomètres.Tout débuterait à l’intérieur du nuage par un mouvement de rotation autour d’un axe horizontal.Voyons comment.La vitesse des courants ascendants augmentant avec l’altitude, ils peuvent, en conjonction avec des vents appropriés, créer un mouvement de rotation le long d’un axe horizontal.II suffit d’imaginer une parcelle d’air dont le sommet se déplace plus vite que la base pour comprendre ce mouvement de rotation.Par la suite, des courants d’air ascendants particulièrement forts permettraient à l’axe de rotation de basculer pour se retrouver à la verticale.Le mouvement de rotation s’établit alors à partir du milieu du nuage.Il correspondrait, selon M.Snow, à un vent d’environ 50 kilomètres à l’heure.Au début, l’air pénètre dans la colonne d’air formée par les courants ascendants, d’un peu partout, mais rapidement la force provenant de la pression d’air réduite au centre du nuage est contrebalancée par la force centrifuge des masses d’air en rotation.La colonne d’air en rotation s’étire rapidement vers le bas, le vent augmente à la base du nuage et, au sol, des rafales de vents de plus de 100 kilomètres à l’heure peuvent être enregistrées.Mais la tornade n’est toujours pas là !.En fait, la plupart du temps, le phénomène se limite à cette première étape et le nuage continue son activité normalement jusqu’à sa dissipation.Quelquefois, pour des raisons que les scientifiques ne peuvent encore expliquer, un «noeud» de convergence de vents particulièrement violents provoque un deuxième mouvement de rotation à l’intérieur du nuage.D’un Elle frappe sans prévenir, joue à saute-mouton, se joue du béton et, en une minute, crée la désolation diamètre de moins d’un kilomètre, il débute près du sommet.Il s’étend alors rapidement vers le bas, son diamètre diminuant pour n’atteindre qu’une centaine de mètres près du sol.La deuxième étape est terminée et la tornade est née.Sa vie sera très brève mais sa puissance lui permettra de laisser des traces indélébiles de son passage sur le sol et dans la mémoire des gens qui en auront été les spectateurs ou les victimes.Le radar Doppler étant inefficace pour étudier un phénomène de cette dimension, la description des vents et des pressions en jeu au cœur du tourbillon provient surtout de simulations sur ordinateur et en laboratoire.Voici ce qu’elles nous révèlent.En réponse à la différence de pression entre le centre de la tornade et son environnement, l’air pénètre dans l’entonnoir par son extrémité située à une faible distance au-dessus du sol.Il accroît sa vitesse avant de bifurquer brusquement vers le haut en décrivant une spirale à l’intérieur du Les habitants de Bonaventure, en Gaspésie, se souviennent sûrement de la tornade qui balaya la région le 24 mai 1975.V*, S- „ C-:.' 28 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE Jean Lauzon/Alpha MÉTÉOROLOGIE PRÉVOIR L’IMPRÉVISIBLE Cumulonimbus- Courant ascendant Précipitation Formation de cumulonimbus, accumulation d’humidité, masse d'air chaud en ascension, et il s’établit une instabilité propice à la formation d’une tornade.« énéralement, lorsque des ora-I Tges violents se forment à l’ex-trémité de la région couverte par nos radars, et quand ces masses d’air se déplacent dans la bonne direction, nous pouvons suivre l’évolution du système et émettre, si nécessaire, des préavis de plus de cinq heures.Toutefois, la plupart du temps, les cellules orageuses se développent plus à l’intérieur de la zone surveillée et les préavis ne sont que de deux ou trois heures.» Ces alertes météorologiques dont parle M.Desautels avertissent la population de probabilité de «vents violents, de grêle, de fortes pluies».Le terme «tornade» y est presque toujours absent.«Tout ce que nous pouvons identifier, ce sont des conditions propices à la formation d’orages violents et il n’existe actuellement aucun moyen de détecter ou de prévoir la formation d’une tornade».Ce n’est que lorsque les services météorologiques obtiennent un rapport visuel d’observation d’une tornade qu’ils peuvent ajouter au communiqué «la possibilité de formation de tornade», souligne M.Desautels: «Nous tentons d’associer la tornade observée à une ou plusieurs cellules orageuses sur nos écrans radar; il nous est alors possible de prévoir le déplacement de nuages à l’intérieur desquels pourraient se former d’autres tornades.» C’est ce qui se passa le 31 mai dans le cas des tornades qui frappèrent la région de Barrie.Le préavis fut d’une demi-heure.Depuis le début des années 70, le radar Doppler a permis d’observer les mouvements d’ensemble des masses d’air à l’intérieur des cellules orageuses et de mieux comprendre leurs interactions avec l’environnement immédiat.Mais les tornades sont des phénomènes de dimensions beaucoup plus petites et le radar Doppler ne peut détecter ces brusques soubresauts atmosphériques.Une nouvelle technique pourrait cependant changer les choses.Le radar lidar Doppler, un appareil qui fonctionne sur le même principe que le radar Doppler mais en utilisant des ondes lumineuses (en infrarouge) plutôt que des microondes, ce qui lui permet d’obtenir une plus grande résolution.L’appareil actuellement à l’essai dans différents centres météorologiques américains semble fournir des résultats intéressants.Ce nouvel outil permettra surtout d’observer et de mieux comprendre la nature de ces violents tourbillons d’air.Mais il ne faut pas se faire d’illusion: les tornades étant des phénomènes très localisés, impliquant de nombreuses variables, elles demeureront encore longtemps des sursauts d’énergie atmosphérique imprévisibles.centre de l’entonnoir.Les vents circulaires les plus violents, évalués à partir des dommages qu’ont subis des structures, peuvent atteindre 400 kilomètres à l’heure.Ils se retrouvent surtout dans cette région circulaire à la base de l’entonnoir.SE JOUER DU BÉTON COMME DE LA PAILLE Pour bien évaluer les forces générées, soulignons que la faiblesse de la pression atmosphérique à l’intérieur du tourbillon et la vitesse des vents font que des édifices explosent littéralement ou sont aspirés par la tornade.Dans certains cas, la brique et le béton peuvent être transportés aussi facilement que de la paille.Ainsi, après le passage des tornades du 31 mai dernier sur la ville de Barrie en Ontario, on a retrouvé des débris jusqu’à 25 kilomètres de la ville.La durée de vie d’une tornade est de l’ordre d’une minute.A l’occasion, comme dans le cas de Barrie, elle peut persister plus longtemps.Souvent, en observant les dégâts, on peut noter une suite de zones ravagées séparées comme si l’entonnoir avait exécuté des sauts.L’explication du phénomène est simple, souligne M.Desautels: «Il pourrait s’agir de plusieurs tornades formées à partir du même nuage dans un court laps de temps.Plus simplement, un seul entonnoir pourrait toucher le sol, soulever des débris, perdre de son intensité, puis quitter le sol, reprendre de la vitesse et entrer une deuxième fois en contact avec le sol.» De tels sauts peuvent se produire à plusieurs reprises.On en aurait déjàcomptéjusqu’à huit.Mais beaucoup reste à comprendre.La description des événements qui amènent la formation du tourbillon d’air dévastateur est incomplète et elle ne peut rendre compte de toutes les tornades observées.Selon M.Snow, ce phénomène naturel qui ne représente qu’un court instant de la vie d’un nuage et une mince fraction de son énergie, accaparera encore beaucoup d’énergie cérébrale avant d’être bien compris.?QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 29 imiiMjrô | t « J* JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE i mm r.U > » JQU LJL llllIl lllll l l £.l l l LLLLLLL tLLUtLt LLHL -y-r= mm Wmm PIERRE SORMANY LA MECQUE Près de Cape Cod, un village de scientifiques tente de percer les secrets de la vie marine Le touriste qui explore la péninsule de Cape Cod, à la limite sud du Massachusetts, bifurquera d’ordinaire vers le nord, vers ses dunes de sable, vers Provincetown, capitale de la liberté des moeurs, dans un décor coquet d’une Nouvelle-Angleterre de livres d’images.Ou alors, s’il arrête au sud, à Falmouth par exemple, c’est probablement qu’il possède un bateau de plaisance.Car les voiliers qui y mouillent appartiennent à des Bostoniens, certes, mais aussi à des gens de Hartford, de New York ou même de Montréal.Sur la carte touristique, Woods Hole, à quelques kilomètres de Falmouth, n’est qu’un quai; le point d’embarquement pour l’île enchanteresse de Martha’s Vineyard, où le clan des Kennedy venait dorer ses étés.Depuis un siècle pourtant, pour quelques milliers des plus grands biologistes nord-américains, Woods Hole est devenu une étape presque essentielle dans la course au prix Nobel.Les petites maisonnettes de bois qui, partout ailleurs sur la péninsule, abriteraient des familles de pêcheurs, servent ici de refuge permanent pour quelque 1 200 spécialistes et techniciens (l’été, leur nombre passe à plus de 2 000) à l’emploi de quatre grands laboratoires de recherche et de quelques autres institutions scientifiques secondaires.Et si l’on rencontre encore des pêcheurs dans les havres du village, ce sont bien souvent les labos qui recueillent le fruit de leur pêche.Cela a commencé en 1871, lorsque le premier directeur de la U.S.Commission of Fish and Fisheries, Spencer Fullerton Baird, décida de mettre en place un programme de recherche sur la faune des spécimens, et c’est à Woods Hole qu’on alla les «cueillir».Mais la faune marine y était si abondante et diversifiée, et les eaux si pures, que la station de collecte temporaire fut transformée en laboratoire permanent quatre ans plus tard.Désormais intégré au National Marine Fisheries Service, le Northeast Fisheries Center recueille aujourd’hui encore l’ensemble des renseignements scientifiques utiles pour connaître l’évolution des bancs de poissons, leur santé, leur habitat, l’état de la pollution ou la nature de l’activité de pêche dans l’Atlantique Nord.31 BIOLOGIE CONCENTRATION DE PRIX NOBEL En 1888, alors que la biologie expérimentale en est à ses balbutiements, des professeurs des universités Harvard et Williams ainsi que du Massachusetts Institute of Technology décident d’y établir un laboratoire estival, conçu comme un lieu d’entraînement pour favoriser des approches interdisciplinaires en biologie.Financé par la Women’s Educational Association of Boston, le Marine Biological Laboratory (MBL) refuse dès le départ tout lien formel avec les institutions universitaires de Boston afin de demeurer un lieu ouvert à «tous les chercheurs américains intéressés aux problèmes de la vie».Un siècle plus tard, Lewis Thomas, directeur du Sloan Kettering Institute de New York, peut-être le plus connu des biologistes américains auprès du grand public, dira du MBL qu’il est devenu «le véritable laboratoire national de biologie, sans que personne ne l’ait jamais désigné officiellement comme tel».Plus de 40 détenteurs de prix Nobel, couvrant tout le spectre des sciences biologiques, y ont séjourné comme résident permanent ou stagiaire estival.Parmi, eux, Ivan Pavlov, le découvreur du réflexe conditionné en psychologie comportementale; Thomas Morgan, premier généticien à avoir étudié la drosophile et père de la théorie chromosomique de l’hérédité; James Watson et Francis Crick, codécouvreurs de la structure en hélice de l’ADN ; Alan Hodgkin et Andrew Huxley, qui ont étudié ici même, dans le laboratoire de Woods Hole, le déclenchement et le transport des influx nerveux (voir l’encadré sur « Dr Calmar et son gros nerf»); George Wald, biochimiste qui y démontra les mécanismes chimiques de la vision des couleurs; Max Delbruck et Salvador Luria, qui décrivirent les mécanismes de l’infection virale; Albert Von Szent-Gyorgyi, découvreur de la vitamine C, père de la première théorie fonctionnelle de la contraction musculaire.Aujourd’hui encore, à 90 ans, Szent-Gyorgyi travaille en solitaire, dans son laboratoire du MBL, au développement de sa théorie «bioélectrique» du cancer, une approche controversée certes, mais où l’on reconnaît l’originalité de pensée du «vieil homme de Woods Hole».À L’ASSAUT DES SECRETS DES MERS En 1930, un institut privé de recherche, la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), vient s’ajouter au paysage de la petite communauté.Moins prestigieuse peut-être que son voisin immédiat, la «Woo Hii» comme on l’a baptisée familièrement dans le village, y est aujourd’hui l’employeur le plus important.Au-delà de 800 employés permanents, cinq bateaux de recherche, deux submersibles de grande profondeur et une activité fébrile sur les quais, à longueur d’année.Au programme de l’institution: la physique et la chimie des océans certes, mais aussi la faune maritime, le climat, les écosystèmes côtiers.et les politiques internationales en matière de gestion des mers.En 1962, la liste des résidents institutionnels s’allonge encore.Caché dans une zone boisée du village, un campus secondaire du WHOI offre alors hospitalité à un laboratoire du U.S.Geological Survey (USGS) où travaillent aujourd’hui une centaine de géologistes, géophysiciens, océanographes et spécialistes de l’informatique.Puis en 1975, la Sea Educational Association de Boston entreprend d’y offrir des sessions intensives en sciences de la mer (six semaines d’études à Woods Hole suivies de six semaines de stage en haute mer, pour une trentaine d’étudiants à la fois, six fois par année).Deux ans plus tard, le National Academy of Sciences y installe ses «summer conferences» sur la biologie et les sciences de la mer.Résultat : aucun village dans le monde n’enregistre une vie scientifique aussi intense.Dans le calendrier Le Knorr, devenu célèbre lors de la découverte du Titanic, naviguant sur les mers antarctiques.•4 ’• Viillj 32 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE Richard J.Bowen/WHOI BIOLOGIE Chaque année, dans la ronde des mises en candidature pour les prix de l’Académie Nobel, il s’en trouve certains pour recommander qu’on honore.un animal de laboratoire.Deux candidats reviennent souvent dans les suggestions: la drosophile (mouche à fruits) dont les générations rapides et les mutations claires ont servi d’assise à la génétique moderne, et le calmar de Woods Hole ( Loligo pealei), qui nous a livré la clé de compréhension des transmissions nerveuses.Cet animal extraordinaire doit sa survie à ses réflexes d’une rapidité inouïe.La clé de cette efficacité: les axones de ses cellules nerveuses (les longues extensions cellulaires qui transportent les influx bio-électriques) sont d’une grosseur telle qu’on peut les observer à l’œil nu, et même y infiltrer des aiguilles fines ou des micro-électrodes.L’étude de ce matériel de laboratoire unique a donc débuté dès les années 1930 et une cinquantaine de chercheurs du MBL ont travaillé l’année dernière avec les quelque 10 000 calmars récoltés dans la mer.Au début des années 1950, Alan Hodgkin et Andrew Huxley ont réussi à insérer deux fils parallèles dans l’axone géant du calmar.En variant la tension électrique et en mesurant les différences de potentiel qui en résultaient tout au long de la membrane, ils ont pu établir le seuil d’excitation des cellules nerveuses (environ 20 millivolts), la vitesse de transmission des influx (jusqu’à 120 mètres à la seconde) ainsi que le mécanisme de cette transmission.Leur explication, récompensée d’un prix Nobel de médecine, reposait sur la présence d'une forte concentration d’ions de sodium à l’extérieur de la membrane cellulaire, et d’ions de potassium à l’intérieur.Quand une décharge électrique survient, il s’ensuit une perturbation dans la membrane qui provoque le passage forcé de ces ions de part et d’autre de cette paroi.Il en résulte un potentiel électrique qui va aussitôt renverser ce double mouvement.La paroi se neutralise à nouveau, mais cette excitation transversale se propage aux zones voisines.Il manquait toutefois encore une pièce essentielle à la compréhension de ce phénomène.Quel est donc le mécanisme de «transport forcé» qui initie les échanges d’ions à travers la paroi?Hodgkin et Huxley avaient proposé que certaines molécules chargées pouvaient jouer, à l’intérieur de la membrane, le rôle de «portes tournantes».L’excitation d’une région voisine engendrerait, par effet électromagnétique, le mouvement de ces portes.Si leur suggestion était exacte, un courant infime, lié au mouvement de ces molécules sur elles-mêmes, devrait précéder de très peu le déclenchement de l’influx à chaque point de la membrane.Il a fallu près de 20 ans pour que le Chilien Francisco Bezanilla, chercheur invité au MBL, et un collègue américain Clay Armstrong parviennent enfin à détecter cet infime courant déclencheur (gating current) sous le déluge électrique de l’influx, confirmant l’intuition de leurs prédécesseurs.Aujourd’hui, Bezanilla relève de l’Uni- ! versité de Californie à Los Angeles; Armstrong, de l’Université de Pennsylvanie.Mais tous les étés, ils se retrouvent avec une douzaine de collègues de partout aux États-Unis, à traquer les derniers secrets de ces membranes conductrices d’influx.À quelques portes de leur laboratoire, un chercheur de Darthmouth College, Robert D.Allen, en utilisant la dernière-née des technologies de microscopie électrique (video enhanced resolution), a réussi à faire «voir» réellement sur un écran vidéo d’importants mouvements de vésicules, comme une autoroute encombrée, tout le long des axones.Ces échanges chimiques, moins rapides que les influx eux-mêmes, semblent toutefois liés aux mêmes phénomènes électriques et pourraient expliquer certains phénomènes de mémoire à court terme (maintien temporaire de «l’excitabilité» d’une cellule), de même que de nombreux troubles de fonctionnement du cerveau.DR CALMAR ET SON GROS NERF Chez ce calmar, les axones des cellules nerveuses sont d’une grosseur telle qu’on peut les observer à l’œil nu.QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 33 MBL BIOLOGIE À LA MÉMOIRE DES ESCARGOTS Lorsqu’ils perçoivent une lumière intense, les petits escargots Her-missenda ont le réflexe inné de se diriger vers elle.Lorsque l’eau devient turbulente, ils ont le réflexe de resserrer leur emprise sur le sol, pour ne pas être entraînés.Mais qu’arrive-t-il si l’on fait en sorte que la turbulence suive toujours d’assez près l’apparition d’une lumière?Réponse: tout comme le célèbre chien de Pavlov qui avait appris à saliver dès qu’il entendait une cloche annonciatrice du repas, les petits nudibranches vont alors réagir à la lumière.en se préparant à lutter contre les turbulences.Daniel Alkon avait moins de 30 ans lorsqu’il a entrepris de «conditionner» de la sorte ces petits escargots orange et bleu.Il ne s’agissait pourtant pas simplement de répéter sur ces animaux ce que son illustre prédécesseur (qui travailla lui aussi au MBL, d’ailleurs) avait fait avec le chien.Douze ans plus tard, il peut désormais entrevoir l’aboutissement de son projet: un schéma complet du système nerveux d’un animal, avec toutes les connexions entre neurones, et une bonne idée des échanges électrochimiques qui s’y opèrent.Certes, l’animal est plutôt simple.L’œil humain, par exemple, contient au-delà de 100 millions de cellules photoréceptrices.Celui d’Hermissenda en contient cinq.Pas un de plus.Et tout le reste est à l’avenant : 14 cellules dans chaque ganglion optique, 26 chimiorécepteurs dans chacune des deux tentacules, quelques centaines de neurones au total.Pourquoi un tel travail de bénédictin?«Mais, pour comprendre l’homme!», annonce d’emblée le neurobiologiste.En fait, c’est le chercheur d’origine autrichienne Eric Kandell, neurobiologiste à l’Université Columbia, et lui aussi estivant de Woods Hole, qui a ouvert la voie en entreprenant, au début des années 1960, de cartogra-phier le système nerveux d’un autre escargot de mer, l’Aplysie.Son but: voir quels changements survenaient lors d’un apprentissage.«Bien sûr, répond-il à ses détracteurs, on ne peut extrapoler directement de l’escargot jusqu’à l’homme, mais nous avons -7 Daniel Alkon mit 12 ans à «conditionner» le petit escargot Hermissenda et à étudier son système nerveux.l’impression qu’au niveau électrique et biochimique, les mêmes phénomènes sont en jeu.» Avec Hermissenda, Daniel Alkon a réussi à identifier un changement permanent dans les réactions biochimiques du système nerveux, après conditionnement.En fait, ce change- ment prenait place en un endroit bien déterminé: au niveau de l’équilibre des ions calcium et potassium, sur la membrane des cellules photosensibles.«Nous croyons que plus un organisme est primitif, plus les mécanismes de l’apprentissage seront périphériques.Chez Hermissenda, ils se situent au niveau des récepteurs.Plus on grimpera dans l’évolution, plus les changements se joueront dans le cerveau central.Mais du point de vue biochimique, il est probable que les mêmes mécanismes jouent.» Eric Kandel partage cette conviction que l’on peut apprendre beaucoup de la mémoire des escargots.Le problème, c’est que ses expériences sur l’Aplysie ont mis en évidence un tout autre mécanisme de mémoire persistante.Dans ce cas, la «modulation», au lieu de modifier les équilibres chimiques le long de l’axone, touchait les cycles enzymatiques, au niveau des sypnapses (point de jonction entre deux cellules nerveuses).Il n’y a pas nécessairement de contradictions: les deux chercheurs ont tout simplement regardé en des endroits différents.N’empêche que cela démontre que, même chez les plus simples escargots, l’apprentissage implique sans doute plus d’une transformation.Et s’il a fallu 12 et 20 ans pour tracer la carte d’un système nerveux complet, il en faudra au moins autant pour comprendre son fonctionnement! 1 i c 34 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE Alan Kuzirian/MBL BIOLOGIE LES PLUIES ACIDES, LES ABYSSES ET LES MARAIS Pendant deux ans, dans le laboratoire des docteurs Craig Taylor et Holger Jannasch, chercheurs permanents de la WHOI, trônait un aquarium de taille moyenne, rempli d’une solution violacée, dégageant une odeur d’œufs pourris.La concoction : une colonie bactérienne issue des abysses océaniques.Le but de la «culture»: trouver une solution aux pluies acides ! L’histoire de cette recherche remonte à 1978, lorsque les chercheurs de la WHOI, en collaboration avec ceux de la Scripps Institution de San Diego, explorent, à bord du submersible Alvin, les chaînes volcaniques submergées par 3 000 mètres de fond, au large des îles Galapagos.Dans ces profondeurs, aucune lumière ne filtre.Pas de photosynthèse, donc pas de vie en principe.Mais soudain, ô surprise, la population animale se densifie, et les chercheurs découvrent d’étranges rassemblements d’espèces jusque-là inconnues, dont de superbes vers, au corps enfermé dans un long tube rigide, surmonté d'une crête rouge sang.Les photos feront aussitôt le tour du globe.L’énigme aussi.D’où provient donc cette vie des profondeurs?Certes, elle ne se développe qu’en présence de courants d’eau très chaude, jaillissant des parois volcaniques (on trouvera d’ailleurs des colonies de ce genre près d’autres «vents thermiques»), mais la chaleur ne suffit pas à expliquer la vie.La solution viendra d’une jeune étudiante de 25 ans, Colleen Cavanaugh, stagiaire au MBL, qui ne s’intéresse pourtant pas à cette époque aux habitants des profondeurs.Son domaine est en surface: le marais salant de Sippewisset, non loin de Woods Hole, sans doute le marais le plus étudié au monde.En 1980, à l’occasion d’une conférence publique à Harvard, elle s’étonne devant les photos détaillées de ces vers qu’elle observe pour la première fois : aucune bouche, pas d’estomac, pas d’anus.Mais comment se nourrissent-ils?Et d’où proviennent ces cristaux de soufre qui saturent les tissus du ver géant?L’explication lui saute aux yeux.Dans le marais qu’elle étudie, certaines populations bactériennes vivent de synthèse chimique: on oxydant le sulfure d’hydrogène, elles libèrent l’énergie nécessaire au métabolisme.Or, les «vents chauds» d’origine volcanique regorgent de sulfures.Assez en tout cas pour servir de base à tout un écosystème.La jeune biologiste ira plus loin encore.Les cristaux de soufre constituent justement le produit final de ces réactions: serait-il possible que les bactéries aient élu domicile à l’intérieur même des tissus du ver, qu’elles alimenteraient «de l’intérieur»?La microscopie allait confirmer son hypothèse, et donner aux bactéries «sulfureuses» une nouvelle importance aux yeux des biologistes.C’est ainsi que les microbiologistes Taylor et Jannasch décidèrent de les étudier et, pourquoi pas, de les mettre à profit.N’y aurait-il pas moyen de concevoir des bassins de culture bactérienne tels qu’un gaz pollué par du soufre (un sous-produit polluant des raffineries et des aciéries, notamment), après l’avoir traversé, en ressorte «nettoyé»?La technologie en jeu est d’une simplicité remarquable.Il suffit de faire circuler le gaz pollué dans un bassin d’eau de mer: comme le sulfure d'hydrogène et l’acide qui en découle sont tous deux fortement toxiques, les micro-organismes ont tôt fait de mourir, sauf, bien sûr, ces étranges bactéries des abysses qui y prolifèrent au contraire.«Et ces bactéries ne sont pas toxiques, selon Craig Taylor.On pourrait utiliser le bouillon pour nourrir des moules ou autres crustacés, qui feraient ensuite le délice des amateurs de fruits de mer.J’ai même l’impression qu’un tel bassin de dépollution de taille industrielle pourrait générer des profits ! » En mai dernier, le petit aquarium était vide et le laboratoire ne sentait plus les œufs pourris.Les études «scientifiques» étant terminées, le projet en est maintenant à l’étape des installations pilotes: une série de bassins de quelques mètres de diamètre capables de simuler les éventuelles cuves industrielles.Mais peu d’anecdotes illustrent aussi bien les avantages de la multidisciplinarité de Woods Hole que cette histoire de ces animaux de grands fonds découverts par des océanographes, étudiés par des biologistes, expliqués par une microbiologiste des marais.et qui finiront peut-être par apporter une solution partielle à un problème de pollution industrielle! ¦cm.y ] H QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 35 BIOLOGIE VAtlantis II, un autre navire de la WHOI, transportant le submersible Alvin qui permit d’explorer les chaînes volcaniques submergées au large des îles Galapagos et d’y découvrir un monde vivant jusqu’alors inconnu.y '.iX; WOMS HOLI mêï hebdomadaire publié par la WHOI, on retrouve chaque jour plusieurs présentations publiques sur des projets en cours, auxquelles s’ajoutent les conférences plus formelles du Journal Club de l’Institution.Même chose au MBL, avec les Friday Evening Lectures qui attirent désormais les plus grands chercheurs de toutes les universités américaines.LES ENFANTS À L’ÉCOLE DES SCIENCES Pourtant, dès qu’on s’éloigne du quai d’attache des grands navires de la WHOI, ou de l’étang où mouillent la dizaine de bateaux qui vont quotidiennement recueillir les spécimens requis pour le MBL, cette activité scientifique fébrile ne transparaît guère.Woods Hole redevient en apparence un paisible village de pêche et il faut s’arrêter dans les cafés où se donnent rendez-vous les «Pi-aych-di» de passage pour réaliser que les clients en jeans et «T-shirt» viennent y discuter du dernier modèle informatique des courants marins, de l’étrange métabolisme des vers des profondeurs, ou de la mémoire des escargots.À moins qu’on ne se rende tout simplement à l’école du village.Mary Greenbelt, enseignante au primaire à Falmouth, se rappelle d’un cours de «leçon des choses» où elle avait demandé aux élèves d’apporter des photos d’animaux qu’ils jugeaient étranges.«Deux des enfants apportèrent en classe non pas une photo, mais la bête elle-même.D’étranges poissons ou crustacés sur lesquels travaillaient leurs papas ! » L’anecdote n’est pas étonnante.Car si l’enseignement est encore du genre traditionnel à Falmouth, il existe à Woods Hole une école d’été spécialisée dans l’enseignement des sciences, dont l’organisation est exceptionnelle.Destinée aux enfants de 7 à 15 ans, les professeurs y sont choisis par les parents, en fonction de leur expertise scientifique.Les cours y sont le plus souvent de haut niveau, avec excursions dans les marais ou le long des étangs, travaux de recherche, discussions avec des scientifiques, etc.L’école a été créée en 1913 pour permettre aux enfants des pêcheurs du village de comprendre ce qui préoccupaient ces «étrangers» en sarrau blanc.À vrai dire, ce «pont» entre les scientifiques et les autres n’a toujours fonctionné qu’à demi, et les enfants des chercheurs forment la grande majorité des inscrits ! LA RENCONTRE DES COURANTS DU NORD ET DU SUD Divers facteurs expliquent le destin exceptionnel de Woods Hole.La situation de la péninsule de Cape Cod, quelque part entre Boston et New York, y est certes pour quelque chose.La relative douceur du climat aussi.Mais c’est surtout du côté de la mer qu’il faut regarder pour comprendre l’attrait du lieu.Du côté nord, les courants froids du Labrador viennent s’éteindre le long du «cap», entraînant avec eux tous les spécimens des eaux froides.Mais il suffit de naviguer 200 kilomètres vers le large, du côté sud, pour se retrouver en plein Gulf Stream, au milieu de poissons et de plantes des tropiques.Et les rivages de Cape Cod, de part d’autre de Woods Hole, offrent toute la gamme des écosystèmes: dunes de sable, pic rocheux, marais salants, lagunes plus ou moins stagnantes.Un autre attrait: l’histoire.Celle, exceptionnelle, de cette «communauté utopique», comme l’ont baptisée les éditeurs de Nature.Celle de la biologie et des sciences de la mer surtout, dont on ne retrouve nulle part ailleurs une trace aussi claire.La bibliothèque, gérée conjointement par le MBL et la WHOI, offre, en effet, la collection la plus complète de livres et de revues scientifiques sur la biologie, l’écologie et l’océanographie que l’on puisse trouver dans le monde.Plus de 3 000 périodiques publiés dans 40 langues y sont conservés, en général depuis leur toute première parution.On y trouve des titres qui remontent jusqu’en 1665! Une raison suffisante pour que bien des chercheurs reviennent, chaque été, passer quelques semaines à Cape Cod.?36 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE Rod Catanach/WHOI L'ampleur du phénomène des blessures dans le sport La croissance accélérée qu'a connu la pratique des activités sportives au Canada et au Québec ces dernières années a eu des effets bénéfiques sur le niveau de condition physique des Canadiens.Mais cette pratique accrue d'activités physiques a forcément entraîné une augmentation du nombre de blessures associées à ces activités.Les quelques chiffres qui suivent visent à dresser un portrait sommaire du phénomène des blessures dans le sport au Québec.Selon les données du ministère des Affaires sociales du Québec, il y a eu au Québec, du 1er avril 1983 au 31 mars 1984, 1 345 cas d'hospitalisation à la suite d'un accident associé à la pratique d'une activité sportive.Le nombre total de jours d'hospitalisation s'élevait à 6 842 pour un séjour moyen de 5,1 jours/victime.En se basant sur deux études d'envergure menées aux États-Unis1'2, il est estimé que seulement 2 à 3% des blessures survenues lors de la pratique des sports et traitées dans les salles d'urgence nécessitent une hospitalisation.À partir des 1 345 cas d'hospitalisation relevés en 1983-84, on peut donc estimer de 45 000 à 67 000 le nombre de blessures subies annuellement lors de la pratique d'activités sportives au Québec.Il s'agit là d'un chiffre conservateur.PARAPLÉGIE L'Association canadienne des paraplégiques, division du Québec, a relevé 103 cas de para et de quadraplégie du 1er avril 1983 au 31 mars 1984.De ce nombre, 14 (13%) étaient associés à la pratique d'un sport.Le ski alpin et le hockey sur glace En ski alpin, la Patrouille canadienne de ski qui opère dans la moitié des centres de ski alpin du Québec, relève annuellement une moyenne de 1 900 blessures.Le tiers de ces blessures sont des entorses; le cinquième sont des fractures.En hockey sur glace, selon une étude menée pour le compte de la Régie de la sécurité dans les sports du Québec par M.Claude Chapleau de l'Université de Montréal, une blessure sérieuse (fracture, commotion.) survient à tous les 5 matchs.À l’échelle provinciale, ce taux donne un nombre total de 27 000 blessures/année, pour le hockey amateur fédéré seulement.Il faut ajouter à ce nombre toutes les blessures subies par les joueurs évoluant dans les ligues d'adultes où souvent les mesures de sécurité font défaut.C'est à cette problématique que s'attaque la Régie de la sécurité dans les sports du Québec au moyen de réglementations et de campagnes de sensibilisation, dans le but de rendre la pratique du sport plus saine et plus sécuritaire.1.Gallagher et a/.The incidence of injuries among 87 000 Massachusetts children and adolescents: results of the 1980-81 state wide childhood injury prevention program surveillance system.American Journal of Public Health.1984, 74 (12), 1340-1347.2.National Electronic Injury Surveillance System, NEISS data highlights, Jan-Déc, 1984.Régie de la sécurité dans les sports du Québec CIAUPIUS NfeKON l " ¦ vti œ.Journal est POUR LES PBTiTS PÙBPOOIUARPS 'mmm mm Chaque mois, le prof Scientifix et son équipe proposent des découvertes passionnantes aux filles et aux gars de 7 à 13 ans.Comment mesurer les gouttes de pluie ?Comment entendre une tempête dans une boîte de conserve ?Qui sont les Chinois québécois ?Comment un enfant grandit-il ?Que sait-on de la planète Vénus ?Qu’est-ce que la téléphonie cellulaire?Pourquoi une balle de baseball courbe-t-elle?Qui était Marie-Victorin ?Que fait une chimiste au Laboratoire de la police scientifique ?D’où vient le lait ?Tout ce menu, sous forme d’expériences à réaliser, de jeux, de questionnaires amusants, de bandes dessinées, de textes illustrés, etc.Avec des surprises à chaque mois.L’abonnement annuel (11 numéros) ne coûte que dix dollars.Les jeunes reçoivent en plus une superbe carte de membre ultra-solide, en couleurs.Le Je me petit-débrouille est également en vente dans les kiosques à journaux (1,50 $ l’exemplaire).Donnez cet outil essentiel à votre enfant! Il vous étonnera par sa petit-débrouillardise! Faites parvenir vos nom et adresse avec un chèque ou mandat-poste de 10 dollars à : CLUB DES PETITS DÉBROUILLARDS Conseil de développement du loisir scientifique 4545, avenue Pierre-de-Coubertin Case postale 1000, succursale M Montréal, Québec HIV 3R2 QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 37 Un petit jeu sans prétention pour les experts de l’actualité scientifique que vous êtes GOODBYE VOYAGE AUTOUR D’UNE COMÈTE tftÉl W:0i H 1.Tous les combien d'années la comète Halley passe-t-elle dans le voisinage de la Terre?132 ans ?98 ans ?76 ans 2.Quelle longueur mesurera la queue de la comète Halley au moment où celle-ci sera le plus rapprochée du Soleil?Entre 2 et 4 millions de kilomètres ?Entre 40 et 80 millions de kilomètres ?Entre 120 et 180 millions de kilomètres 3.Une sonde, lancée par l’Agence spatiale européenne, doit aller rencontrer la comète Halley au début de 1986.Elle porte le nom d'un grand peintre italien.Lequel?Giotto ?Titien ?Bellini es r 1tiÀ/*VJ*uak LES FAITS DE L’ANNÉE 1.Le prix Nobel de la paix 1985 a été décerné non pas à une personne, mais à une association.Laquelle?Le mouvement Greenpeace ?L’Internationale des médecins ?L’Association contre le racisme 2.Ce sont deux chercheurs américains, MM.Brown et Goldstein, de l’Université du Texas, qui ont reçu le prix Nobel de médecine 1985.Ils ont découvert: ?Le virus du SIDA ?Le vaccin contre la lèpre ?Le contrôle du mécanisme du cholestérol De quel type était la baleine qui, en octobre 1985, a remonté le Saint-Laurent pour aller s’échouer au lac Saint-Pierre?Rorqual à bosse ?Rorqual commun ?Baleine bleue Le 1er septembre 1985, le navire américain Knorr découvrait l’épave du Titanic, reposant à près de 4 000 mètres de fond.Combien d’années s’étaient écoulées depuis le naufrage de ce géant des mers?89 ans ?73 ans ?54 ans 5.Quel prénom a reçu le premier bébé-éprouvette du Québec, né le 10 août 1985?Benjamin-Pierre ?Anne-Catherine û Jérôme-Olivier 38 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE ïssïiïïssæaigi!!; 6.En 1985, la navette spatiale américaine a accueilli à son bord deux passagers inhabituels.Il s’agissait de: ?Deux politiciens ?Deux cheiks arabes ?Deux champions sportifs ?Deux chimpanzés 7.À l'automne 1985, une équipe de médecins français a annoncé, un peu prématurément, semble-t-il, que la cyclosporine constituait un traitement efficace contre le SIDA.Quelle est l'utilisation habituelle de ce médicament?Pour empêcher le rejet des greffes ?Dans le traitement de la tuberculose ?Dans le traitement de l’hépatite virale QUAND LES HOMMES DE LETTRES PARLENT DE SCIENCE 1.«Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.» De qui est cette phrase si souvent reprise depuis qu’elle fut prononcée par ce lettré, qui était aussi un homme de science et.d'église?2.«Ce n'est pas dans la science qu’est le bonheur, mais dans l’acquisition de la science.» Voici une autre phrase qui a pour auteur un grand poète américain qui écrivit des histoires extraordinaires.Qui est-ce?3.«Avoir entendu, mais non retenu, n’est pas la science.» L'auteur de cette phrase vécut dans l'Italie du 13e siècle.On ignore si ses nombreuses activités lui valurent l'enfer ou le paradis.Qui est-ce?>4 n / REMONTONS AUX ORIGINES 1.2.3.L’homme de Néanderthal était un: ?Australopithèque ?Homo habilis ?Homo erectus ?Homo sapiens Il y a un peu plus de dix ans, Donald Johanson et son équipe découvraient, en Éthiopie, les fragments de Lucy.Pourquoi l’a-t-on baptisée ainsi?C’était le prénom de la femme de l’anthropologue ?À cause d’une chanson des Beatles ?C’était le prénom de l’anthropologue de l’équipe qui avait découvert le premier de ces fragments Le volume de son cerveau est d’environ 1 000 millilitres.C’est un : ?Gorille ?Homo erectus ?Australopithèque ?Homo sapiens ?Homo habilis LES CHOSES DE LA VIE Combien de temps un boa constrictor adulte peut-il rester sans manger ?Une semaine ?Un mois ?Un an Réponses en page 50 QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 Lesquelles de ces espèces sont génétiquement les plus proches ?Le cheval et le zèbre ?L’orang-outang et le chimpanzé ?Le gorille et l’homme ?L’hippopotame et le rhinocéros Lequel de ces animaux effectue la plus longue migration?Le caribou ?Le requin marteau ?L’oie blanche ?Le papillon monarque Pourquoi le ciel est-il bleu?Seule la lumière bleue pénètre la couche d’ozone de l’atmosphère ?À cause du reflet de l’eau ?Parce que les molécules de l’air réfractent seulement la lumière bleue Illustrations: Jacques Goldstyn LA CAVE A VIN DU CANADA Pour améliorer la qualité de leurs vins, nos voisins de l’Ontario ont misé sur la technologie CLAUDE FORAND En 1975, le président d’une importante compagnie de vins ontariens, qui voyageait par Air Canada, commanda un de ses produits.A sa grande surprise, l’hôtesse qui ne l’avait pas reconnu revint avec six bouteilles et lui fit ce commentaire laconique: «Vous pouvez les avoir toutes.Personne n’en veut de toute façon.» L’anecdote est révélatrice de l’appréciation des vins ontariens, comme de ceux des autres provinces d’ailleurs: le produit serait de piètre qualité, trop sucré et inapte à concurrencer les grands crus venus de France, d’Italie ou d’Allemagne.Une discussion qui a depuis longtemps tourné au vinaigre.L’industrie vinicole de l’Ontario remonte à 1860.La région de la péninsule du Niagara, bénie par Bacchus en raison de son relief plat, de la qualité de son sol et de sa pluviosité, reste encore de nos jours la «cave à vins» du pays.C’est là que se retrouvent la majorité des viticulteurs qui produisent 60% des vins canadiens, grâce à une récolte annuelle d’environ 80 000 tonnes de raisins.40 Dès les premières années, les viticulteurs obtinrent certains succès en produisant des vins à base de la variété concord, une vigne indigène robuste qui croissait largement dans le sud ontarien et en Nouvelle-Angleterre.Mais voilà.malgré ses qualités, le concord possède un arrière-goût acceptable dans le jus de raisins, mais hautement condamnable dans le vin.Les compagnies s’ingénièrent d’ailleurs à le camoufler habilement par une épaisse couche de sucre et une maturation lente.En dépit de cette tare congénitale, le concord restera malgré tout le pivot de toute l’industrie vinicole ontariennejusque dans les années 40.C’est à cette époque que des experts français sont venus en Ontario tenter timidement d’anoblir le concord, en le mariant avec des variétés souches de grand renom comme pinot chardonnay (la vigne qui produit le bourgogne blanc) et pinot noir (bourgogne rouge).Ce retard, les Ontariens eux-mêmes en sont les premiers responsables.Votée en 1916, la prohibition interdit pendant onze ans la fabrication et la consommation de tout alcool.sauf celles du vin à des fins médicinales, grâce aux astucieuses pressions du lobby des viticulteurs ontariens.On devine la suite: du jour au lendemain, la prohibition fit de l’Ontario une province de buveurs de vin.En dix ans, le nombre de permis d’exploitation passa de 10 à 57, tandis que la consommation de vin fit un bond effarant, passant d’un million de litres en 1921 à plus de neuf millions, dix ans plus tard.Le produit-vedette : un vin rouge très alcoolisé, fait à base —on le devine — de la variété concord.Les conséquences allaient coûter très cher à la province.«Parce qu’ils pouvaient vendre n’importe quoi, les viticulteurs et les compagnies ont perdu tout intérêt à produire des vins de qualité, rappelle Tony Aspler, œnologue de Toronto et auteur d’un ouvrage sur le sujet.Quant aux buveurs de whisky et de bière, ils reprirent bien vite leur vieille habitude une fois la période de la prohibition passée.De sorte que sans tradition vinicole, les générations suivantes ont consommé de la piquette mise en marché par des compagnies d’abord soucieuses de leurs profits.» Le coup de grâce fut porté en 1965.Le célèbre critique Cyril Ray remarqua devant tout le monde que les Anglais préféreraient certes avaler n’importe quel vin bon marché d’Europe ou d’Amérique du Sud, plutôt que de goûter à un Château-Gai.UN VIN AU GOÛT NOUVEAU Une remarque du genre explique pourquoi les vins européens ne mirent que douze ans à accaparer le marché ontarien, mais surtout pourquoi l’industrie vinicole de l’Ontario s’est depuis retroussé les manches pour produire des vins de qualité.«L’industrie, estime Tony Aspler, est en train de vivre la période la plus emballante de son histoire.» Car les vins ontariens ne visent rien de moins que les standards internationaux de qualité.Et certains d’entre eux y sont déjà parvenus.Trois facteurs y ont concouru: des vignes dont la qualité s’est accrue, le perfectionnement technique des maîtres-brasseurs et l’attrait récent des consommateurs envers des vins de table plus légers.41 Moins d'un an après leur fabrication, les vins blancs sont mis en marché.Cela nécessite une qualité technique et une salubrité supérieures.ta * m* s Si ' ^ ' À Winona, dans le sud de l’Ontario, Andrés constitue un exemple de ce renouveau.Cette compagnie — qui, avec Bright’s, Calona et Jordan & Ste Michelle, accapare le marché — avait réussi en 1971 un coup de maître en lançant son célèbre vin mousseux Baby Duck.Envié et imité, ce produit peu alcoolisé (7%) et mousseux fut pendant dix ans le vin le plus vendu au pays.Le succès d’Andrés vient de ce que la compagnie a réussi à doser savamment le taux de sucre et d’acidité du concord (eh ! oui.).Mais surtout, cet exploit commercial démontra que le consommateur ontarien était désormais prêt à se laisser surprendre.«Dès les années 70, précise M.Aspler, les tendances américaines laissaient prévoir que les vins rouges seraient bientôt en perte de vitesse, que le consommateur, plus soucieux de sa santé, recherchait plutôt un vin blanc, moins alcoolisé.Lorsque cette tendance déferla sur le pays, les viticulteurs ontariens furent pris de court: seuls quelques hybrides pour vins blancs purent répondre à cette demande ! » Car même dans la région du Niagara, il faut de bonnes vignes pour produire du bon vin.Le message semble avoir été peu compris par l’Institut de recherches horticoles de l’Ontario qui, en 1927, ne recommanda aux viticulteurs que trois vignes indigènes — concord, niagara et worden — et les maintint sur la liste jusqu’en 1963! Durant tout ce temps, l’Institut s’était toujours refusé à recommander des variétés souches européennes qui, bien que reconnues pour produire des vins de tables supérieurs, sont néanmoins très fragiles au climat canadien.L’ART DES SAVANTS MÉLANGES Ce qui explique que les maîtres-brasseurs de l’Ontario sont avant tout devenus des experts dans l’art de mélanger les hybrides de vignes pour composer le bouquet des vins.«En Europe, explique M.Barry Poag, maître-brasseur chez Andrés, chaque région cultive la meilleure vigne -adaptée à son sol et fabrique un ou deux vins.Pas ici.De deux à dix vignes hybridées entrent dans la composition des vins.» Chez Andrés, près de 90% des vins commercialisés sont le résultat de ce mélange qui tient plus du savant dosage que de la tradition.La compagnie utilise couramment 15 hybrides.«L’intérêt pour les hybrides est indéniable, poursuit M.Poag.Ils fournissent un rendement à l’hectare plus élevé et peuvent parvenir à maturité plus tôt, ce qui est essentiel pour éviter le gel en octobre.» Mais la mise au point de tels hybrides ne se fait pas en criant lapin: depuis sa fondation en 1906, l’Institut de recherches horticoles de l’Ontario a tenté plus de 100 000 de ces croisements, et seulement quelques-uns furent commercialisés.L’Institut s’est depuis mis à l’heure juste, puisque 55% des vignes en production au Niagara sont de fait des variétés hybrides.Actuellement, 200 de ces croisements sont sur le marché et une vingtaine d’autres font l’objet d’essais au champ.Les changements technologiques font aussi partie de cette cure de rajeunissement entreprise par les compagnies ontariennes.Chez Andrés, des centaines de barils de métal plutôt qu’en bois témoignent du marché de vente particulier au pays.Ces barils sont plus faciles à stériliser et les vins plus fruités, puisque le métal — contrairement au bois — ne «respire» pas, éliminant du même coup l’exposition des vins à l’air.« La plupart de nos vins ne sont pas destinés à une lente maturation, en raison d’un roulement rapide sur le marché de vente.Les vins rouges subissent une maturation durant une à trois années, tandis que les vins blancs sont généralement mis en marché moins d’un an après leur fabrication», précise M.Poag.Une approche qui nécessite en revanche de miser sur la qualité technique et la salubrité.Aussitôt l’étape de la fermentation terminée, les jeunes vins sont centrifugés et filtrés, puis entreposés dans les barils aseptisés en acier inoxydable.Avant l’embouteillage, le produit est finalement filtré pour éliminer les micro-organismes ou les cellules mortes.Selon le processus traditionnel, il faut plusieurs mois 42 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE Claude Forand VINICULTURE avant que les vins ne se clarifient naturellement de leurs déchets par gravité.Autre indice du virage des compagnies ontariennes vers des vins de qualité: l’équipe technique d’Andrés est formée de chimistes et de microbiologistes formés non pas en Europe mais en Californie, cet État américain qui — dénigré encore il y a 20 ans — produit de nos jours les excellents Cabernet et Chardonnay.MARKETING OBLIGE Tony Aspler estime que l’Ontario a aujourd'hui atteint le stade de la Californie des années 60.«Nous ne produirons probablement jamais un Château Lafite ou un Richebourg, mais un bon vin blanc Chardonnay ou un Johannisberg Riesling est certainement à notre portée — autant d’ailleurs que d’autres vins qui n’ont rien à voir avec la tradition européenne comme le Seyval blanc, Vidal, Baco et Maréchal Foch.» La situation est d’autant plus compliquée, précise M.Aspler, que l’industrie vinicole de chaque province est dominée par une Société des alcools qui fixe les règles du jeu: quels vins peuvent être importés pour mélange, quelle quantité peut faire partie du mélange, etc.De sorte que d’un bout à l’autre du pays, le même vin d’une compagnie — embouteillé dans l’une ou l’autre province — n’a pas le même goût ! » Même si elles ont amélioré la technique, les compagnies sont encore loin d’avoir gagné la partie: elles doivent maintenant amadouer les consommateurs.Un chemin long et pénible puisqu’on l’absence de tradition vinicole dans la province, les vins européens de France, d’Italie et d’Allemagne surtout ont depuis longtemps gagné les tablettes des magasins et le cœur des consommateurs de l’Ontario.Les magasins d’alcool de la province offrent 2 000 produits à leur clientèle, dont 800 sont de fabrication canadienne.La politique ontarienne de majoration des prix, si elle pénalise les vins européens, ne facilite pas en retour les ventes interprovinciales de vins canadiens.La province majore les vins locaux de 45 %, les autres vins de table canadiens de 85 % et les vins européens de 110%.Malgré tout, la compétition reste inégale, estime Jan Wescott, directeur exécutif de l’Institut canadien des vins, à Mississauga.«Les prix des vins européens vendus sont déjà artificiellement bas, en raison des soutiens importants accordés par la Communauté économique européenne.Ce qui explique le faible écart entre les vins européens et ceux de l’Ontario.Ce qui explique qu’Hochtaler d’Andrés (750 ml) se vende 4$ et que sa contrepartie allemande, Liebfraumilch Blue Nun (750 ml) se vende 5,65 $.«Le Canada est sûrement le seul pays au monde où c’est devenu un passe-temps national que de dénigrer nos vins et de boire en retour n’importe quel vin bon marché importé d’Europe, en autant que le nom sur l’étiquette soit illisible ! » lance M.Aspler.À la guerre comme à la guerre.En 1978, la maison Château-Gai lançait Alpenweiss, un vin blanc de style allemand qui, malgré son appellation, est bel et bien canadien, mélange, entre autres, de la variété locale Seyval.Andrés répondait en 1980 avec Hochtaler, heureuse mixture de cinq variétés locales et américaines.Dans les deux cas, le consommateur n’y vit que du feu.L’ère du marketing vient de sonner.LES RATÉS CONTINUENT Malgré son essor, l’industrie vinicole de l’Ontario subit encore des ratés: on apprenait récemment que la Société des alcools de l’Ontario n’avait pas retiré du marché dix vins domestiques fabriqués par Jordan et Bright’s (des portos et des sherries) bien qu’elle savait depuis 1980 que ces produits contenaient du carbamate d’éthyle, un agent qui s’est révélé cancérogène en laboratoire.Près de 1,5 million de bouteilles contenant ce produit auraient été vendues en cinq ans.Le 9 décembre dernier, un nouveau rebondissement affectait l’industrie des vins ontariens : le gouvernement fédéral annonçait son intention de réduire considérablement le niveau permis de carbamate d’éthyle dans les vins et spiritueux.La conséquence immédiate était le retrait des étagères de la Société des alcools de l’Ontario d’une trentaine de vins, surtout des sherries et des portos, et la perspective pour l’industrie ontarienne de devoir changer rapidement des aspects importants de ses procédés de fabrication.Malgré ses efforts de modernisation, l’industrie du vin canadienne n’est pas encore sortie du bois, si on peut dire! ?Se gagner la faveur des consommateurs, tel est le défi de l’industrie vinicole ontarienne, mais ses récentes mésaventures pourraient lui imposer un recul important.• i; tixî i II II II • ta i QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 43 CLAUDE DE LAUNIÈRE WHISKY ENWÜLE En apesanteur, les liquides se mettent en boule.Un phénomène que le capitaine Haddock avait déjà expérimenté, à son grand désespoir S V ^ '/ f WL .mm 7 :: [f|r I Si I "V I ° 1 P( 6 Vingt-huit années se sont écoulées avant que l’astronaute Joseph Allen, en 1982, répète l’expérience du capitaine Haddock, mais, cette fois, avec du jus d’orange.«Mille milliards de mille sabords!» C’est sûrement dans ces termes que le célèbre capitaine Haddock a dû exprimer son étonnement en voyant, à la télévision, l’astronaute américain Joseph Allen s’amuser avec des boules de jus d’orange à l’intérieur de la navette Columbia.«Voyez, professeur Tournesol, elles flottent comme mon whisky dans votre damnée fusée lors de notre voyage vers la Lune.» Ce à quoi Tournesol, 44 toujours un peu «dur de la feuille», a dû répondre: «Mais, enfin, capitaine, regardez ces boules de liquide qui flottent dans la cabine spatiale, c’est tout simplement fascinant !» Ce cher Tryphon Tournesol a raison.Le phénomène est intéressant et son explication n’est pas aussi évidente qu’on pourrait le penser.Rappelons brièvement les faits, ceux imaginés par l’auteur Hergé dans son livre On a marché sur la Lune.La fusée a quitté notre bonne vieille Terre depuis un bon bout de temps et le moteur atomique pousse nos passagers vers leur objectif tout en leur fournissant, grâce à sa poussée, une gravité « artificielle » lorsque, soudainement, il s’arrête.Il ne s’agit pas d’une défaillance mécanique, mais bien d’une erreur humaine.Les coupables, vous vous en doutez, sont les limiers Dupont et Dupond, qui n’en sont pas à leur première.JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE «I Allons, whisky, p-p-p ~ CI) Q.C CQ (D 3 CT> D o' ABONNEZ-VOUS! CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT OU EN NOUS FAISANT PARVENIR CECOUPON D'ABONNEMENT Au Canada: ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros): 25$ ?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): 44$ À l'étranger: ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros): 35$ ?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): 61 $ En France: ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros): 225 FFt.t.c.?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): 385 FFt.t.c.?Abonnement ?Réabonnement ?Changement d'adresse 1 i i i i i i i i i 1 I 1 i 1 1 1 1 1 1 1 1 1 u _i 1 31 NOM 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 LBJ 60 LU 61 1 L PRÉNOM 1 1 1 1 1 1 1 1 1 ±J 1 1 1 1 1 l 80 _J 1 7 8 9 NUMÉRO RUE APP 28 I I_I I I__l_l_I__I_I_I_I__I—I—I—I—I—I—I—I I- 29 VILLE PROVINCE 48 TÉLÉPHONE 1 1 l l 49 J 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 68 69 CODE 74 ?Chèque Compte ?Visa ?Mastercard n° ?Mandat postal Date d'expiration_____________________________________________ Signature______________________________________________________ Faites votre chèque à l'ordre de: QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Pour informations: de Québec: 657-3551, poste 2854, de l'extérieur sans frais: 1 -800-463-4799 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de: DAWSON FRANCE, B.P.40, 91121, Palaiseau, Cedex Tarifs en vigueur jusqu'au 1er juin 1986 QUÉBEC SCIENCE • JANVIER 1986 57 27 MÉDECINE DOUCE RECONNUE Je veux vous dire ma stupéfaction devant l’article sur les médecines douces.C’est un tour de force que de faire un tel article sans dire un mot de la chiropractie, la seule médecine douce qui soit reconnue par la loi dans la province de Québec, la seule qui soit réglementée et contrôlée, la seule qui exige de ses membres une formation universitaire.Pourrais-je vous suggérer de visiter le Canadian Memorial College à Toronto pour vous faire une idée de l’état de la question?Par contre, l’article a su faire ressortir le problème central: une médecine douce ne vaut que par la qualité de la formation de ceux qui la pratiquent.Bruno Guay Saint-Félicien La chiropractie est, en effet, la seule médecine douce qui soit reconnue, qui n’a plus à se battre pour avoir droit de cité au Québec, et dont les praticiens reçoi- vent une formation solide.Nous le reconnaissons volontiers, mais nous n’avons pas abordé cette question car l’article visait surtout à montrer les difficultés que rencontrent toutes les autres médecines douces à sefaire reconnaître et le problème sérieux que représente la formation inadéquate de leurs adeptes.DES MÉTÉORITES SUR LA TÊTE?Selon mon professeur, les chances de recevoir un météorite sur la tête sont presque nulles, mais il ne sait pas combien il en tombe sur la Terre chaque année.Avez-vous des informations à ce sujet?Marc 14 ans Eh bien, mon cher Marc, ton professeur a semble-t-il raison, et nous avons trouvé quelques informations pour toi: des chercheurs canadiens ont calculé qu’il tombe chaque année sur la Terre environ 24 000 météorites pesant entre 100 grammes et 10 kilos, et près des trois quarts tombent dans les océans.Si on ajoute à cela que celles qui tombent sur la terre n’ont aucune raison particulière de tomber sur des zones peuplées (qui sont quand même une faible partie de la terre ferme), nous pouvons dormir sur nos deux oreilles.Incidemment, des chercheurs de l’Institut Herzberg d’Ottawa analysent régulièrement les données provenant de caméras automatiques pouvant enregistrer le passage de météorites dans le Grand-Nord canadien: aussi on en saura peut-être plus un jour à ce sujet.ïa/tez-le.PaRTICIPBCTtan NOUVELLES PARUTIONS AGRICULTURE ET DÉVELOPPEMENT DANS L'EST DU QUÉBEC Bruno JEAN 460 pages, 23,95 $ Une forte déprise agricole a caractérisé l'histoire récente des régions périphériques et notamment celle de l'Est du Québec.L'évolution de cette agriculture régionale résultant davantage d'une transformation des conditions économiques et sociales de la production agricole que des contraintes écologiques, l'ouvrage retrace le processus historique d'implantation d'un modèle de développement agricole qui a accéléré la différenciation régionale de l'agriculture québécoise et l'avènement de régions rurales marginalisées où la modernisation de l'agriculture signifie aussi sa marginalisation.UN ÉCHIQUIER CENTENAIRE Théorie de la valeur et formation des prix Sous la direction de Gilles DOSTALER avec la collaboration de Maurice LAGUEUX 242 pages, 14,95$ Presses de l'Université du Québec/ Éditions La Découverte Il y a cent ans, en 1885, dans sa préface au livre deuxième du Capital de Marx, Engels mettait les économistes au défi de résoudre le problème posé par la contradiction entre la théorie de la valeur de Marx et la formation des prix.Cela allait déclencher l'un des débats les plus nourris de toute l'histoire de la pensée économique, qui serait loin d'être clos par la publication du troisième livre du Capital.C'est tout le rapport entre théorie marxiste, théorie classique et théorie néoclassique qui est en jeu sur cet «échiquier centenaire».LE LIBÉRALISME CLASSIQUE André LIEBICH 632 pages, 31,95 $ L'histoire mondiale des quatre derniers siècles a été fortement influencée par l'émergence de la pensée libérale.Celle-ci, s'opposant à l'autoritarisme religieux et au despotisme politique, met l'accent sur la liberté des individus où l'État, en juge impartial, assure à la fois la sécurité, le bien-être et l'épanouissement des citoyens.Ce choix de textes des principaux théoriciens du libéralisme à travers les siècles permet de suivre l'évolution de la pensée libérale et d'en mesurer l'impact sur l’histoire moderne des sociétés occidentales.Il constitue un ouvrage fondamental pour l'étude de l'économie politique.Disponible chez votre LIBRAIRE ou chez l'éditeur, en postant ce coupon: Veuillez m'expédier: Prix Quantité Total ?LE LIBÉRALISME CLASSIQUE 31,95 $ $ ?AGRICULTURE ET DÉVELOPPEMENT 23.95$ $ ?UN ÉCHIQUIER CENTENAIRE 14,95$ $ Frais de port et manutention 1,75 $ ?Chèque ou mandat postal ci-joint au montant de _ Portez à mon compte ?Mastercard O Visa # Date d'expiration________________________________ Signature _______________________________________ Nom Adresse Code postal Expédiez à: Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-3551, poste 2860 JANVIER 1986 • QUÉBEC SCIENCE _____________________________L 58 INFQPUQ LE SERVICE D'INFORMATION PAR ORDINATEUR DES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC 00 h 15, Pierre relève le courrier électronique laissé à son attention deux heures plus tôt.Coût: 25 cents 20 h 40, Isabelle consulte des références bibliographiques 08 h 02, Isabelle.enseignante s'informe du contexte géopolitique d'une nouvelle Salut Pierre.je suis bien content de ton adhésion à INFOPUQ.Ça va simplifier nos communications Avec le temps, tu découvriras sûrement d’autres usages à cette banque.Je fais suivre le texte A bientôt.André cjCccvo' .C.W.y Élis 18 h 35, Yan, 14 ans télécharge un logiciel éducatif de la banque.Coût: moins d'un dollar 1 4 h 12, Pierre.chargé d'affaires obtient le relevé des congrès tenus cette semaine 1 7 h 23, Sophie, 12 ans, se documente sur les ressources fauniques Une excellente raison de s'équiper d'un micro et.de l'utiliser Reliez votre ordinateur personnel à INFOPUQ, le service d'information accessible instantanément par le réseau téléphonique, sans frais interurbains de presque partout au Québec.Il vous suffit de transformer votre micro-ordinateur, quel qu'il soit, en terminal de communication à l'aide d'un logiciel et d'un modem.INFOPUQ vous offre une vaste gamme d'informations sur des champs d'intérêts variés, dont: • l'actualité et son contexte • la micro-informatique: ses clubs, ses nouveautés, des tests.• la jeunesse: les activités, les programmes d'emploi .• l'éducation : ses nouvelles brèves, des expériences d'enseignement, du matériel didactique • la santé: la prévention et les urgence-santé • des connaissances générales sur le pays: ses ressources, ses statistiques: la toponymie et l'histoire .Il y en a pour toute la famille et tous les 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dans les parcs et réserves du Québec.700 km de sentiers balisés et bien entretenus pour les amateurs de ski de randonnée et de raquette.700 km d’air pur, de paysages grandioses et de tranquillité, tout près de vous.Vous pouvez même, dans certaines régions, réserver un chalet pour quelques dollars.Pour connaître les sentiers de votre région ou réserver un chalet, vous n’avez qu’à communiquer avec le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, par téléphone, sans frais, à l’un des numéros suivants: Québec ss Le ski de randonnée et la raquette, des atouts pour le Québec C’EST RECONNU
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