Québec science, 1 janvier 1987, Octobre
^% ^ dann i celle ,r .K f - v'i ^ à >• 'i pee»- Venus des quatre coins du monde, 500 jeunes scientifiques ont partagé leurs découvertes avec le public lors de l’Expo-sciences internationale tenue à Québec, en juillet dernier.À droite, une jeune scientifique de la région de la Mauricie, Nancy Milot, explique comment elle fait parler la lumière.Alors qu’on assiste à une débauche de fibres optiques, de rayons lasers et d’informatique, la présence de jeunes scientifiques conscients des problèmes vécus dans leurs milieux, permet de relativiser leur vision du monde actuel.SAUVER LES CHÂTAIGNIERS Ainsi, parmi les projets à préoccupation environnementale, notons celui d’un club de biologie et de géologie du Portugal.Ces jeunes de Porta-legre, à l’est du pays, se sont sentis concernés par la disparition progressive du châtaignier, qu’ils jugeaient pourtant capital dans leur patrimoine écologique et agricole.Dans cette région montagneuse où l’on exploite aussi le chêne-liège, on tend à remplacer les châtaigniers (qui ne don- QUÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1987 - Quatre jeunes Gabonais ont conçu une machine à broyer le manioc de façon à faciliter le trempage et le pilonnage et à réduire le temps consacré à la préparation traditionnellement longue et fastidieuse de ce tubercule.Dieudonné Kiela explique leur projet.nent des fruits que vers leur 25e année) par des eucalyptus à croissance beaucoup plus rapide.«Nous avons fait une étude complète de la faune et de la flore de la région», dit Helena Maria Freire, étudiante en Lettres à l’Université de Lisbonne.«Nous avons cherché à cerner complètement le sujet.Ainsi, il a fallu identifier les différentes sortes de châtaigniers, leurs caractéristiques et rechercher les différents usages traditionnels en alimentation et comme bois d’œuvre.Mais, nous nous sommes vite aperçus qu’il fallait d’abord lutter contre les maladies qui attaquent les châtaigniers.Ces maladies sont essentiellement la maladie de l’encre (Phytophtora cambivora) et le cancer de l’écorce (Endothia parasitica).Nous menons actuellement une campagne d’information auprès des paysans pour les inciter à traiter leurs arbres malades et à protéger ceux qui sont sains.Il faut donc, à la fois, lutter contre la dégradation et inciter à reboiser.Pour cela, nous recherchons actuellement d’autres formes d’exploitation et de rentabilisation de la châtaigne en agroalimentaire.» Helena ajoute: «Au Portugal, les clubs scientifiques sont peu développés et la participation à des manifestations comme celle-ci est, pour nous, très importante et très bénéfique.» PRÉPARER LE MANIOC Quatre étudiants gabonais ont, eux aussi, voulu intervenir dans les gestes de la vie quotidienne de leur pays.Connaissant les difficultés du processus artisanal de la préparation du manioc en bâton de pâte, ils ont cherché à faciliter cette transformation.«Le manioc est une plante tubercule et sa culture se fait dans de vastes champs.Même si les feuilles en sont comestibles et délicieuses, nous tirons la plus grande partie de notre consommation du tubercule qui constitue en fait un renflement de la racine», explique Dieudonné Kiela.Traditionnellement, la préparation du manioc se fait en plusieurs étapes: la fermentation, l’égouttage, le pétrissage, le pilonnage et la cuisson sur feu de bois.C’est un processus long et laborieux.«Nous avons pensé mécaniser la pénible opération de pilonnage en concevant une machine artisanale qui broie les tubercules.Ce procédé permet de raccourcir la durée du trempage qui cause la perte de beaucoup d’éléments nutritifs et rend le pétrissage inutile.La cuisson traditionnelle au feu de bois est remplacée par celle au four solaire qui offre une source d’énergie gratuite et protège les forêts, déjà trop exploitées.» Enthousiaste, Dieudonné Kiela ajoute: «Notre procédé offrira donc plusieurs avantages.En plus d’y gagner en valeur nutritive, le produit sera réalisé plus facilement et plus économiquement.» Étudiants à Masuku, au Gabon, ces jeunes inventeurs projettent d’étendre leur procédé au domaine industriel.UNE AUTO HYDRAULIQUE Autres pays, autres défis.Deux jeunes Français exposent une voiture télécommandée qui présente l’originalité d’une propulsion hydraulique.Cette technique, utilisée surtout pour les véhicules de travaux publics, a été mise au point sur modèle réduit grâce à une miniaturisation de l’utilisation des fluides sous pression.Jean-Claude Blain et Jean-Claude Beltran de Samatan, 19 ans, du sud-ouest de la France, ont voulu prouver qu’on peut réduire la taille des systèmes hydrauliques pour les utiliser dans des véhicules courants.D’après eux, leur principe serait particulièrement bien adapté aux véhicules tout terrain.Les deux étudiants estiment que ce système apporterait plus de souplesse et de puissance à la voiture et présenterait également des avantages économiques.L’usure du moteur s’en trouverait réduite parce que son régime serait constant et la consommation de carburant baisserait de 25 à 30 p.cent.Les deux jeunes hommes ont conçu ce projet dans les ateliers de leur lycée à Samatan; mais, insistent-ils, «hors des cours et sans la participation des professeurs.» Ce projet leur a déjà valu deux premiers prix à la récente Expo-sciences de Toulouse.Tous deux disent miser beaucoup sur l’avenir de leur invention.Il sont actuellement à la recher- k 22 OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENC — I pW" ittilJ I (Bill» lilt ih ipartf it elia bal^ & »»' lieis^.si)ita|- jpani’ ;pl0iîl |tF.ffis" # 0*' che d’un fabricant d’automobile qui pourrait les aider à poursuivre leur projet.Pour l’instant, les frais de leur prototype ont été supportés par.une entreprise de vêtements.RENDEZ-VOUS EN 1989 Malgré la tristesse des adieux, le 16 juillet 1987, jour de clôture de l’expo-sciences internationale, fut un jour faste pour les jeunes ambassadeurs de la science.Une impressionnante remise de prix, de bourses et de mentions a en effet souligné les projets les plus remarqués et, aussi, l’immense travail de chacun des participants.Alors qu’Anita Luszszak, 15 ans, de l’Alberta, a reçu le prix Irma Levasseur (une somme de 1 000 dollars) du Secrétariat québécois à la Condition féminine pour son projet portant sur un générateur à pulsation, les Québécois Alain Vachon et Sylvain Paquet, 19 ans, ont reçu le prix de l’Ordre des ingénieurs du Québec pour leur travail intitulé: «Dobson équatoriale».Quant au Prix du public tant convoité, il a été partagé entre Paul Duarte, de France, pour son écriture au laser, et Frédéric Besnard, du Québec, pour son étude sur le nylon.Frédéric Caillaud, 11 ans, de France, a reçu du Conseil de développement du loisir scientifique le Prix jeunesse.Un événement exceptionnel a également marqué le dernier jour de cette manifestation.Sous l’instigation, entre autres, du Conseil de développement du loisir scientifique, un nouvel organisme international scientifique est né: le MILSET.Le Mouvement international pour le loisir scientifique et technique bénéficie d’ores et déjà de l’adhésion d’une quarantaine d’organisations d’envergure nationale provenant de 21 pays et de cinq fédérations internationales.Michel Bois, directeur général du CDLS, a souligné avec émotion les bons augures de cette naissance, le succès d’Expo-sciences internationale 87 et a fixé le prochain rendez-vous pour 1989.En France, cette fois-là, et avec d’autres jeunes qui partageront le même enthousiasme pour acquérir des connaissances et les mettre à la portée de tous.?QUÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1987 ÉOLE fait des siennes Les conditions climatiques très rigoureuses du Grand Nord québécois ne représentent plus, actuellement, un obstacle à la production et aux économies d'énergie.Les collectivités éloignées du Nouveau-Québec peuvent désormais espérer devenir moins dépendantes des carburants fossiles coûteux en ayant recours à une forme d'énergie qui soit à leur portée et donc plus rentable.En 1985, le principal promoteur, Hydro-Québec, de même que l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ) et Énergie, Mines et Ressources Canada (EMR) lançaient un projet conjoint d'installation d'une éolienne dans le Nouveau-Québec.Le projet vise à démontrer qu'il est possible d'exploiter une éolienne dans des conditions climatiques difficiles.Si les résultats s'avèrent positifs, on procédera éventuellement à l'installation d'ensembles d'autres éoliennes dans plusieurs collectivités du Grand Nord québécois.On a choisi de procéder à la première installation à Kuujjuaq, pour des raisons pratiques: l'accessibilité par bateau et par avion, la présence du personnel d'Hydro-Québec sur place, la liaison satellite entre la centrale de Kuujjuaq et les bureaux d'Hydro-Québec dans la Vieille Capitale.De plus, le comité administratif du village a donné son accord aux promoteurs pour que ceux-ci puissent utiliser des terrains pour une période de cinq ans.L'achat de «Kaiviituk» (le nom désigné par les Inuits pour la nouvelle éolienne), a été effectué en 1986.Le coût total du projet, qui comprend l'installation et la prise de mesures, est estimé à 595 000$.Cependant, pour une prochaine installation de même puissance et dans des conditions semblables, il en coûtera environ 365 000$.Le modèle choisi répond aux différents critères de rentabilité économique en matière d'énergie, mais il offre surtout les meilleures garanties de fonctionnement dans des conditions climatiques plus difficiles que dans d'autres régions du Québec.Les spécialistes d'Hydro-Québec ont choisi un modèle de fabrication danoise.Cette éolienne à axe horizontal a une capacité de production de 65 kW.Elle offre le grand avantage de pouvoir fonctionner à des températures de -35 °C.Dans le cadre du Programme de démonstration dans les collectivités éloignées, EMR a fourni une contribution de 200 000$ pour le projet de l'éolienne de Kuujjuaq.L'installation a été effectuée à l'automne de l'année 1986 et les spécialistes analyseront les résultats sur une période d'un an, soit d'ici la fin de 1987.Outre la preuve d'une technologie efficace dans des conditions climatiques rigoureuses, les avantages prévus concernent surtout l'impact énergétique; la production annuelle d'électricité prévue de l'éolienne est de 100 000 kWh, ce qui entraînera une économie de carburant diesel de 30 000 litres environ.À long terme, cela pourrait substituer 50% du pétrole consommé actuellement dans les régions du Grand Nord québécois.Cependant, les aspects innovateurs du projet, dont l'efficacité d'une technologie en climat arctique et le remplacement d'énergie produite par des génératrices diesels, n'ont pas réussi à faire disparaître certaines craintes.«Kaiviituk» doit démontrer qu'elle est issue d'une technologie qui sera fiable même dans des conditions climatiques adverses.Si l'on obtient des résultats positifs lors des essais, les retombées économiques pourraient être très intéressantes : au Québec seulement, une vingtaine de villages éloignés verraient bientôt leurs habitations alimentées en électricité par une nouvelle éolienne! Pour plus de renseignements: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0E4 Téléphone: (613) 995-3065 ¦ Énergie, Mines et Energy, Mines and I Ressources Canada Resources Canada L'Hon.Marcel Masse, Mon.Marcel Masse, Q’PI Sî/HVl Ministre Minister V_ycLl IcLPlCL PUBLIREPORTAGE L'ERE DES MATÉRIAUX COMPOSITES par MICHEL GROULX Nous vivons désormais à l’ère des composites.Ces matériaux nés dans les laboratoires possèdent des vertus à faire rêver.D’abord utilisés dans les transports et l’aéronautique, ils envahissent de plus en plus les secteurs de la construction et des loisirs*.mk ge de pierre, âge du bronze, âge du fer.Cette subdivision bien connue de notre préhistoire A montre à quel point les matériaux ont influencé les progrès de l’humanité.De tout temps, la survie de nos ancêtres a été liée à leur habileté à façonner le bois, la terre, les métaux.Ils devaient adapter leurs besoins aux propriétés que la nature avait conférées à ces matières premières: le silex pouvait servir à la confection de haches, mais pas à celle des canots; le bois, à la fabrication de maisons, mais pas à celle de chaudrons.Imaginez donc la surprise d’un de nos lointains ancêtres, si on lui avait mis entre les mains un composé léger comme du bois mais dur comme de la pierre, résistant aux plus hautes températures et pourtant facile à façonner.Et si on lui avait dit ensuite que ce n’était pas le Créateur qui avait décidé des propriétés de ce matériau, mais l’un de ses descendants ! 11 existe déjà des centaines de ces matériaux étonnants qu’on appelle composites.Issus de la science (et non de la magie!), ils sont en train de révolutionner les industries des transports, de la construction, de l’espace, des loisirs.Chaque année, ils pénètrent dans de nouveaux secteurs de notre économie.L’évolution récente des statistiques montre l’ampleur de la véritable révolution technologique que représentent les matériaux composites.Ainsi, en 1982, en pleine crise économique, alors que le taux de croissance des industries les plus dynamiques se maintenait tant bien que mal à 4 p.cent, celui de l’industrie des composites grimpait à 15 p.cent.Ce rythme de croissance s’est maintenu sans difficulté au cours des dernières années.Le succès des composites est dû à leur constitution elle-même : un assemblage de deux ou plusieurs matériaux de nature souvent fort différente.En général, l’assemblage comporte un renfort composé de fibres ou de petites particules noyées dans une matrice qui est au contraire faite d’une substance homogène.* La rédaction de cet article a été réalisée dans le cadre du programme de sensibilisation du public aux sciences et à la technologie du gouvernement du Canada.24 OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENCE 6e clocher de l’église de^Sainfe-Moniç(ue ïnonocoque et alitoportânt ' a été fabjiqué en plastiques renforces.Légei;, il a été facilemenf installé à l’aide d’une grpeif il rernp lace le clocher d’origine, pourffliprès 125 ans d’existence./ «C’est dans ce lien étroit entre matrice et renfort que réside le secret des performances des composites», explique M.Raymond Gauvin, directeur du Groupe de recherche sur les composites de l’École polytechnique de Montréal.«Dans un matériau fibreux traditionnel soumis à une tension, la rupture d’une des fibres entraîne souvent la rupture en cascade de toutes les autres fibres.Mais dans un composite, l’énergie de rupture se dissipe dans la matrice au lieu de se transmettre aux autres fibres.D’où une résistance mécanique à toute épreuve».Ainsi, le polyester renforcé de fibre de verre (qu’on appelle simplement «fibre de verre», à cause du nom de fiberglass qu’on a donné au produit fabriqué par la compagnie Owens Corning dans les années 40) peut, sous certaines conditions, résister à une traction de 2 400 MPa (soit 170 000 livres par pouce carré).En comparaison, l’acier inoxydable se rompt lorsque la tension dépasse 500 MPa.et il est quatre fois plus lourd ! CRÉER DES MATÉRIAUX Les autres propriétés des composites — légèreté, résistance à la chaleur, à la corrosion et aux produits chimiques, qualités isolantes — proviennent des propriétés de la matrice et du renfort.Les composites au carbone battent tous les records de résistance à la chaleur à cause du point de fusion de cet élément, qui dépasse 2 000°C.Le verre est un excellent isolant électrique.Cette propriété est transférée aux composites qui sont renforcés de ses fibres.Mais son principal défaut, sa fragilité, n’est pas transmis aux composites.Un autre avantage important des composites est qu’on peut faire varier les composantes de la matrice et du renfort en fonction des propriétés recherchées.On peut également modifier à volonté la proportion respective de la matrice et du renfort, ainsi que l’orientation des fibres.Il devient possible ainsi, de «créer» un matériau original dont le comportement aura été prévu et même déterminé avant qu’il ne sorte du moule ! «C’est 26 4^ BRASSEUR RANSPORI IIXS5EU* '«ANSPOIT fi Entièrement moulée en composite, cette semi-remorque ne possède aucune structure métallique pour la supporter, diminuant ainsi son poids et augmentant sa résistance à la corrosion.UNE PLACE POUR LE QUÉBEC Contrairement à ce qu’on pourrait s’attendre, les leaders mondiaux en matière de composites ne sont pas les Japonais, mais, sans conteste les États-Unis et l’Europe.En effet, la majeure partie des activités de recherche-développement et de production de ces nouveaux matériaux s’y déroule.Quelle position le Québec occupe-t-il dans une course dominée par de tels géants?Il est intéressant de constater que dans le secteur des transports sur route et sur l’eau, l’industrie québécoise des composites est tout à fait concurrentielle.Sur 128 entreprises québécoises spécialisées dans la fabrication de pièces en matériaux composites, 33 sont à l’œuvre dans ces secteurs.La réputation des camions, camionnettes, yachts et voiliers en composites produits au Québec n’est d’ailleurs plus à faire.Malheureusement, il n’en va pas de même dans les secteurs de pointe.En aérospatiale, des compagnies comme Canadair, Pratt & Whitney et Bell Hélicoptère utilisent certes de nombreuses pièces en composites, mais elles doivent les importer des États-Unis.Le marché des loisirs, pourtant prometteur, est presque complètement déserté par les industriels québécois.Ce retard s’explique par un certain nombre de facteurs.«La plupart des entreprises québécoises utilisent des méthodes de moulage manuelles ou semi-manuelles ne permettant la fabrication que d’un petit nombre de pièces de grande surface, constate Raymond Gauvin, mais elles maîtrisent mal les techniques mécanisées nécessaires à la production en série de pièces aux caractéristiques contrôlées — un « must » de la haute technologie ».«Nous manquons aussi de connaissances fondamentales et de main-d’œuvre spécialisée», renchérit Germain Bélanger.Heureusement, une série d’initiatives récentes prises par des centres de recherche et des établissements d’enseignement laissent espérer que le retard sera bientôt comblé.L’École polytechnique, l’Université de Sherbrooke, l’Institut de génie des matériaux et le Centre de recherche industrielle du Québec ont formé des équipes spécialisées et leur ont donné pour objectif de combler les lacunes de nos connaissances sur les composites.De son côté, le CEGEP de Saint-Jérôme a créé un Centre spécialisé sur les composites pour former une nouvelle génération de techniciens hautement qualifiés et capable d’améliorer, souhaitons-le, la performance du Québec dans ce secteur incroyablement prometteur où la place ne manque certainement pas pour les innovateurs.Germain Bélanger ainsi que lorsqu’il dessine un objet, le concepteur ne se trouve plus assujetti aux contraintes millénaires imposées par les matériaux eux-mêmes.Cela représente une véritable libération.On peut désormais conférer à un matériau les qualités requises pour satisfaire au design, alors qu’aupa-ravant, il fallait faire l’inverse!», constate M.Robert Guillemette, ingénieur au Centre spécialisé en matériaux composites du CEGEP de Saint-Jérôme.À l’heure actuelle, les composites les plus courants sont ceux à matrice de plastique renforcé de fibre de verre, appelés simplement plastiques renforcés.Il en existe deux catégories, qui correspondent aux deux grands types de plastique sur le marché.La première est celle des thermoplastiques.Ce sont les plastiques «classiques» que nous connaissons comme, par exemple, le polychlorure de vinyle.«Leur résistance mécanique est plutôt faible, commente Raymond Gauvin.Mais ils sont peu coûteux et ils peuvent, après solidification, être refondus puis resolidifiés plusieurs fois, ce qui permet de les remodeler à volonté».Ces propriétés assurent aux composites à matrice thermoplastique un grand avenir dans l’industrie automobile (voir l’encadré: «Finie la rouille»).La seconde catégorie de plastiques renforcés est celle à matrice dite thermodurcissable.Son ancêtre est la fameuse «fibre de verre» à matrice de polyester, mais elle comprend maintenant une kyrielle de produits à base d’époxy, de résines phénoliques et autres.Contrairement aux thermoplastiques, les plastiques thermodurcissables ne peuvent être refondus, une fois durcis.Par contre, leur résistance à la chaleur, aux impacts, à la torsion et à la tension est supérieure à celle des thermoplastiques.Leur légèreté est inégalable et leur fabrication, aisée.Ces avantages en font un matériau de choix pour l’industrie des transports, qui est d’ailleurs la plus grande consommatrice de ces composites, avec 30 p.cent du marché.Au Québec, plusieurs firmes se sont spécialisées dans le moulage de cabines complètes de camions de livraison, de camions- citernes, de semi-remorques et de caravanes.L’absence de corrosion prolonge considérablement la vie de ces véhicules, dont la rouille constituait la principale cause de «décès».POUR LE MÉTRO ET LE GRAND NORD Les plastiques renforcés ont aussi séduit les fabricants de matériel de transport en commun, mais il a fallu pour cela régler le problème de l’inflammabilité des résines et de la densité de la fumée qu’elles dégagent lorsqu’elles prennent feu.«Nous y sommes parvenus en incorporant des additifs à base d’antimoine et d’aluminium aux résines, explique Germain Bélanger, ingénieur-consultant, spécialisé dans les matériaux composites, et dont la compagnie Bombardier est FINIE LA ROUILLE! Nous sommes en 1995.Votre voiture vient de franchir le cap des 100 000 km.Pourtant, quoique vous ne l’ayez guère ménagée, pas la moindre trace de rouille n’a fleuri sur son capot, sur ses portes ou sur ses ailes.Vous rêvez?Non, vous vivez la concrétisation d'une promesse: celle des constructeurs d’automobiles d’incorporer à leur production un nombre croissant de pièces en composites.Une promesse qui est déjà en voie de réalisation.L’industrie américaine de l’automobile, qui a intégré quelque 140 000 tonnes de composites à ses véhicules en 1985, en consommera 206 000 tonnes en 1990, soit une augmentation de 48 p.cent.L’usage de composites et notamment de plastiques renforcés est déjà courant dans la fabrication des pare-chocs, des faces avant et arrière, de la suspension et du châssis des voitures.À ces pièces s’ajouteront bientôt le capot, les ailes, les portes, le toit, les sièges, les jantes, les arbres de transmission, etc.En plus de mettre la carrosserie à l’abri de la corrosion, les composites offrent les avantages de résister aux petits chocs, d’être plus légers et, par conséquent, d’économiser l’essence, de filtrer le bruit, d’amortir les vibrations et d’être faciles à réparer.Mais les services rendus par les composites à cette colossale industrie ne se limiteront pas aux pièces de carrosserie.On peut déjà fabriquer des moteurs dont les bielles, les valves, le bloc et les pistons sont en composites.Il y a deux ans, la Lola T616 d’Amoco, voiture de compétition propulsée par un moteur tout-composite, a remporté une course d’endurance de 3 heures à Watkins Glen, confirmant ainsi les perspectives d’un brillant avenir pour les composites dans ce domaine.Construits en matériaux composites, les sièges et les panneaux muraux du métro de Montréal ont démontré une résistance au feu inégalée.Si C ¦ I ÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1987 27 l’un des meilleurs clients.Ces modifications ont convaincu cette compagnie d’utiliser des composites dans la confection des sièges, des panneaux de finition intérieure et de plusieurs autres pièces des wagons de métro qu’elle a fabriqués pour les villes de Montréal et de New York.Et les constructeurs de camions et d’autobus ont suivi le mouvement».L’industrie de la construction aussi.En particulier dans le Grand Nord où les matériaux doivent être transportés par avion et donc être légers.Ainsi, les aéroports de Frobisher Bay et de Fort Chimo ont été construits à l’aide de panneaux «sandwich», incorporant une couche de mousse uréthane entre deux couches de composites.Cette technique permet d’obtenir un mur ultra-isolant et d’une grande rigidité, l’idéal pour affronter le climat rigoureux du Grand Nord.La popularité des plastiques renforcés dans ces secteurs s’explique également par leur fabrication relativement simple qui permet de réaliser des objets de grande taille en une seule pièce, sans joint ni suture.Il suffit de déposer dans des moules, à la main ou à la machine, des couches successives de tissus confectionnés à partir des fibres de renfort et imprégnés de résine.Ces tissus se présentent souvent sous forme de bande-lettres préimprégnées.On soumet ensuite le moule à une température et à une pression élevées, en présence d’un catalyseur, pour faire durcir la résine.Les plastiques renforcés ont toutefois quelques défauts dont le principal est la «température critique» à laquelle ils se détériorent, et qui ne dépasse pas 300 ° C dans le cas des meilleurs thermodurcissants.De plus, leur résistance à la torsion est encore bien inférieure à celle de l’acier, ce qui limite leur application, par exemple dans les structures architecturales.LE TOIT DU STADE La plupart de ces problèmes ont cependant trouvé leur solution avec l’arrivée d’une nouvelle catégorie de composites: les composites avancés.Cette nouvelle génération offre une 28 vaste gamme de matériaux dont les résistances mécanique et thermique et la légèreté dépassent souvent celles des meilleurs alliages métalliques.Ces matériaux peuvent avoir pour matrice des métaux (aluminium, magnésium, titane), du carbone ou des résines.Ces dernières sont le plus souvent renforcées avec des fibres de Kevlar ou de carbone.Comme en témoigne son utilisation (à l’état pur) pour la confection du toit du stade olympique de Montréal, le Kevlar, commercialisé par la compagnie DuPont, résiste mieux à la traction que le verre, est ininflammable et virtuellement inusable.Les composites à base de carbone possèdent la plupart de ces qualités, avec en plus celle de résister à de très hautes températures.dont le carénage des ailes et du fuselage, le cône de queue, le plancher, les ailerons, les gouvernails de direction et de profondeur sont en composites.Bell Hélicoptère se sert de composites pour la confection des pales et des rotors de ses engins.Une autre des nombreuses vertus des composites au carbone, la résistance aux hautes températures, les rend aussi utiles dans la fabrication des turboréacteurs, des aérofreins, du nez des navettes de la NASA et, bien sûr, du fameux bras articulé de celle-ci, dont le matériau a été mis au point par une équipe du Conseil national de recherches du Canada.La compagnie Boeing estime que d’ici l’an 2 000, les composites compteront pour 65 p.cent du poids de ses avions.Ce taux est actuellement de 20 p.cent.Les pêcheurs profitent déjà des caractéristiques des composites.Grâce à eux, leur canne à pêche est à la fois plus légère, plus performante et plus résistante qu'avant.Le marché le plus important pour ces composites est l’industrie aéronautique.C’est grâce à eux qu’on a pu réduire le poids des avions ou des véhicules spatiaux de l’ordre de 20 à 30 p.cent.Or, un kilo de poids «mort» sur un avion civil brûle 4 000 litres de carburant par an ! Aussi, les grands constructeurs d’avions remplacent-ils de plus en plus l’aluminium de leurs appareils par de tels composites.Par exemple, 195 éléments du Challenger de Canadair, DES SKIS AUX INSTRUMENTS DE MUSIQUE Un secteur particulièrement avide de hautes performances est celui des loisirs.Bien qu’en volume il ne représente qu’une petite partie du marché des composites avancés, les applications les plus variées s’y retrouvent: skis, raquettes de tennis, cannes à pêche, clubs de golf, casques OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENd b I ^ I I il I ült I ids I k k I an» I id I ds I dr.I ., 1 k: I ¦’* -8 de moto, perches à sauter, etc.À ce nombre s’ajouteront bientôt des cadres et des roues de bicyclettes, des bouteilles de plongée sous-marine, des structures de deltaplanes et.des instruments de musique ! Les recherches fébriles qui se poursuivent de par le monde pour élaborer de nouveaux composites ont récemment donné naissance à une nouvelle classe de composites avancés, pourtant issue d’un matériau vieux comme le monde: les céramiques.Tout comme celles que les artistes et les décorateurs façonnent depuis des millénaires, les céramiques avancées sont faites de fines poudres provenant de certains composés chimiques (souvent des oxydes métalliques), mais auxquelles on ajoute un renfort avant de les cuire.Pour l’instant, les composites à matrice de céramique ne courent pas les rues, notamment à cause de leur tendance à se fissurer et de leur prix élevé.Très résistantes aux hautes températures, aux agents chimiques et surtout à l’usure, elles connaissent Cette sculpture réalisée par Danielle Thibeault, a été créée à partir de plastiques renforcés.tout de même des applications aussi diversifiées que la fabrication d’outils de coupe et de rotors d’hélicoptères.Ces recherches mèneront aussi à l’amélioration des composites «traditionnels».Déjà, l’armée américaine (qui, on peut s’en douter, lorgne beaucoup du côté des composites !) a mis au point une nouvelle fibre de verre nommée S2, qui supporte beaucoup mieux les chocs et la chaleur que le verre de type E, matériau de base des fibres ordinaires.La fibre S2 pourrait donc garnir des blindages, revêtir des obus.et aussi donner lieu, espérons-le, à des applications pacifiques ! De plus, de nouvelles résines thermoplastiques, capables de supporter des températures de 400 °C, viennent de faire leur apparition dans l’univers des composites, ouvrant la voie à un vaste champ de possibilités.Pour l’instant, le seul frein à la pénétration des composites avancés est leur prix.Alors que le coût des plastiques renforcés se compare avantageusement à celui des autres matériaux, celui des composites avancés varie d’une dizaine de dollars le kilo pour certains composites à matrice métallique, à 400 dollars pour les composites au carbone.et jusqu’à 1 000 dollars pour les composites à matrices de céramique.Mais ces coûts baisseront à mesure que seront mises au point de meilleures méthodes de fabrication.Et les anthropologues du futur définiront peut-être une nouvelle grande ère de l’humanité : l’âge des composites ! ?'iir an1' ** ni ; il itie J* s)'"- tei# U# LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL SONT FIBRES D’ANNONCER LA PUBLICATION ATLAS HISTORIQUE DU CANADA Directeur : W.G.Dean Coordonnateurs: J.-P.Wallot, J.Warkentin • Une œuvre d’art et d’érudition, en trois volumes • Fruit de la collaboration de 240 chercheurs de 28 universités canadiennes • Un ouvrage prestigieux à la fine pointe de la recherche en géographie, archéologie, histoire et autres disciplines • Un ensemble de magnifiques planches accompagnées de textes explicatifs que tous voudront posséder et offrir en cadeau • Un projet généreusement subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada Atlas historique du Canada Directeur : R.Cole Harris Cartographe et graphiste : Geoffrey J.Matthews Édition française Direction : Louise Dechêne Traduction : Marcel Paré Présentation : Jean-Pierre Wallot Volume I : Des origines à 1800 LE volume I couvre les millénaires durant l lesquels les Indiens, les Inuits et les peuples qui les ont précédés occupent le territoire qui forme le Canada d’aujourd’hui; il retrace ensuite l’expansion du commerce et des établissements européens à Terre-Neuve, en Acadie, dans le reste de la Nouvelle-France et dans les régions du nord-ouest.1987, 200 p.(26,5 x 36 cm), 95 $ 70 planches en couleurs sur deux pages chacune, tableaux, graphiques, illustrations, dessins, relié toile sous jaquette Le volume II : le XIXe siècle, paraîtra probablement en 1991 et le volume III : le XXe siècle en 1989 L'/b/as est publié simultanément en version anglaise par les Presses de l'Université de Toronto.Renseignements additionnels sur demande* À ME *LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL 2910, bd Édouard-Montpetit, Montréal, QC, Canada H3C 1J7 Tél.: (514) 343-6932/6934 JUÊBEC SCIENCE • OCTOBRE 1987 Une profession encore Jeune : IT AGRONOMIE par DANIELLE OUELLET La méfiance des agriculteurs et la rudesse du climat n’ont pas rendu la tâche facile aux pionniers de l’agronomie québécoise.Mais, au cours de leur 50 ans d’existence, les agronomes ont contribué à faire passer le Québec de l’agriculture traditionnelle à l’industrie agro-alimentaire.Affirmer que l’histoire du Québec est étroitement liée à celle de son agriculture est presque un lieu commun et, pourtant, la profession d’agronome est encore toute jeune: l’Ordre des agronomes du Québec célèbre cette année son cinquantième anniversaire.Alors qu’au siècle dernier, la majorité de la population active s’adonnait à l’agriculture, il peut paraître surprenant que l’on ait attendu si longtemps pour se doter de spécialistes dans ce domaine.Aujourd’hui, on compte près de trois mille agronomes au Québec.L’agronome de 1987 est devenu un véritable conseiller scientifique agricole.Il est jeune, 32 ans en moyenne, et les nouveaux défis auxquels il doit faire face se multiplient.Régénération forestière, pluies acides, diffusion des technologies agricoles, développement agro-alimentaire, qualité de l’environnement, alimentation, énergie à la ferme, implantation de l’informatique, biomasse, gestion des marchés, fiscalité agricole, consultation privée ou direction d’entreprise, OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENC voilà autant de secteurs où l’agronome est devenu indispensable.Pourtant le milieu agricole québécois a tardé à reconnaître l’importance de son rôle de ses contributions.Il faudra attendre le début du 20e siècle pour voir émerger les agronomes comme groupe professionnel.Même si Mgr de Laval s’intéresse l’enseignement de l’agriculture dès les premiers temps de la Nouvelle-France, l’enthousiasme des pionniers se heurte souvent à la méfiance des cultivateurs face à une science méconnue.Cette situation apparaît 30 - u.i,.SU w E I SÎ^K|MMW>Él|M^^ ÉNÛiàÊMBtïiBK - '-,¦••••-."w-fv;“-v-;.'- -i .- —», .,^ - -r^;;-A ’ - ' VlVv •• , (- .-;y • A-' > ,-:4 , ¦ '¦ ¦•, ¦¦SWiajti I ¦-•¦.f r t I I Ijl®1 JII1P d’autant plus étonnante que, même si plusieurs n’hésitent pas à proclamer haut et fort la vocation essentiellement agricole de la province, l’agriculteur n’a pas toujours la vie facile dans ce froid pays de poudrerie.Les premiers colons de l’Amérique apportent avec eux les méthodes de culture très anciennes et rudimentaires pratiquées par les paysans de leurs pays d’origine.Durant la première moitié du 19e siècle, la situation évolue partout en Amérique du Nord, sauf au Québec où la tradition continue d’avoir force de loi.>HÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1987 C’était l’époque où l’agriculture s’apprenait dans les champs parmi des enseignants en soutane et des étudiants en costume.31 Malgré des résultats souvent décevants, le Québec agricole restera encore longtemps soumis à la dictature des saisons et à des méthodes de culture désuètes.LA PAROLE, LA PLUME ET L’EXEMPLE L’histoire de l’agronomie québécoise se confond avec l’action énergétique de ses pionniers.La plupart d’entre eux n’ont pas de diplôme universitaire et leurs outils de travail sont la parole, la plume et l’exemple.En collaboration avec des cultivateurs moins farouches, ils adaptent au contexte québécois des méthodes puisées à l’étranger.L’enseignement de l’agriculture et le journalisme agricole se développent au cours du 19e siècle.Parmi les précurseurs, émergent les noms des Perreault, Evans, Pilote, Barnard, Marsan et Chapais.Dès 1820, quelques écoles élémentaires dispensent des rudiments de jardinage et d’agriculture.Cet enseignement est souvent l’œuvre de véritables mécènes, comme l’avocat québécois Joseph-François Perreault qui, aussi longtemps qu’il en a les moyens, entretient une ferme-école près de Québec.Cependant, il a fallu attendre 1859 pour que le Canada se dote de sa première École d’agriculture.Cette année-là, sous l’impulsion de son directeur, l’abbé François Pilote, le Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière offre des cours de perfectionnement aux agriculteurs.D’autres collèges, comme celui de l’Assomption tentent, eux aussi, l’aventure de l’enseignement agricole, mais le manque chronique d’étudiants et une organisation parfois déficiente les obligent à abandonner.En 1893, les Pères Trappistes, sous la direction de Dom Antoine, fondent l’Institut agricole d’Oka qui sera rattaché à l’Université Laval à Montréal à partir de 1908.Peu après l’ouverture, on y accueille avec empressement le professeur Amédée Marsan qui, après avoir obtenu un diplôme en droit, s’est spécialisé en agriculture à Sainte-Anne-de-la-Pocatière avant d’enseigner au Collège de l’Assomption.Ses cours sur l’agronomie, l’économie rurale et les cultures spéciales pavent la voie à la formation des premiers agronomes, au début des années 1910.Le 19e siècle voit aussi naître un nouveau mode de transmission de l’information destinée aux cultivateurs: le journalisme agricole.En 1836, William Evans, un émigré irlandais, fonde le Journal d’agriculture qui ne prendra vraiment son essor qu’en 1843, après des débuts perturbés.Véritable pionnier de la vulgarisation agricole, Evans exploite sans relâche ses thèmes préférés: l’enseignement agricole dans les écoles primaires, la fondation d’écoles d’agriculture, l’établissement de fermes-écoles et le crédit agricole.En 1853, il publie un traité sur la théorie et la pratique de l’agriculture.Le gouvernement du Bas-Canada, enchanté par sa brochure, l’imprime à un millier d’exemplaires.UNE ÉCOLE DE BEURRE ET DE FROMAGE Bientôt les plus audacieux traversent l’Atlantique en quête de connaissances éprouvées.C’est ainsi que Joseph-Xavier Perreault, petit-fils de Joseph-François Perreault, se rend en France et en Angleterre pour étudier l’agronomie.De retour au pays en 1857, il s’emploie à adapter au Québec les méthodes européennes de culture et d’élevage.Perreault devient ainsi le premier agronome et le premier journaliste agricole cana-dien-français.Sur les traces d’Evans, il assume la direction du Journal d’agriculture-, le développement de l’enseignement agricole et l’importation d’animaux étrangers, comme la vache Ayrshire et le cheval Percheron, le passionnent également.Plusieurs pionniers trouvent leur inspiration en cultivant le sol québécois et, parmi ces mordus de la terre, Édouard-A.Barnard, un triflu-vien original qui s’entête à réussir en agriculture, devient un enseignant et vulgarisateur hors pair.Écrivain prolifique, il préconise l’organisation de l’industrie laitière.Sans doute inspiré par les plaidoyers de Barnard, c’est son beau-frère, Jean-Charles Cha-paix, qui met sur pied la première fabrique-école de beurre et de fromage, à Saint-Denis-de-Kamouraska.À l’action de ces pionniers, s’ajoutent d’autres initiatives comme celle du ministère de l’Agriculture qui fournit des conférenciers aux cercles agricoles lesquels organisent ensuite des séances d’information dans chacune des paroisses.Le ministère embauche aussi des publicistes agri- * Il c i 0 IS* Dî>lJ En 1962, le déploiement des antennes du premier satellite conçu et construit entièrement au Canada, Alouette 1, posait tout un défi technologique.mise en orbite du Spoutnik, en 1957, les scientifiques canadiens avaient compris que les satellites pouvaient offrir une base d’observation exceptionnelle pour étudier l’ensemble de l’ionosphère terrestre.Le Canada ne possédait cependant aucun moyen de lancement et il n’était évidemment pas question de mettre au point de telles fusées chez nous.En juillet 1959, une entente fut donc conclue avec les États-Unis pour la mise en orbite d’un satellite qui serait entièrement conçu et construit au Canada.\ Principal architecte du programme spatial canadien et l’un de ses artisans les plus dynamiques jusqu’à sa mort survenue en 1979, M.John H.Chapman a proposé et coordonné le programme Alouette.UN SATELLITE «MADE IN CANADA» Le Laboratoire de recherche en télécommunication du ministère canadien de la Défense (DRTE) qui avait proposé ce projet de satellite s’est donc vu confier le mandat de concevoir et de réaliser ce projet.À une époque où la technologie des satellites était encore à ses tout premiers balbutiements, la construction d’Alouette posait des défis technologiques particulièrement difficiles à résoudre comme, par exemple, celui des antennes qui devaient se déployer avec une envergure jamais vue de 45 m.1 Ql K 37 BKC SCIENCE • OCTOBRE 1987 Alors que les satellites de l’époque étaient généralement conçus pour fonctionner à peine plus d’un mois, les concepteurs d’Alouette s’étaient donné comme objectif de construire un satellite qui pourrait survivre une année complète dans le cosmos.Ils avaient cependant eu la prudence d’annoncer qu’ils seraient satisfaits d’une période de fonctionnement de trois mois.Alouette dépassa finalement les espoirs des plus optimistes en scrutant minutieusement l’ionosphère et en retransmettant inlassablement ses observations vers la Terre pendant plus de dix ans.Quelques semaines seulement après la mise en orbite d’Alouette 1, il était déjà devenu évident que les scientifiques canadiens avaient fait un excellent travail.Une nouvelle entente fut donc rapidement conclue avec la NASA en vue de poursuivre l’étude de l’ionosphère dans le cadre d’un programme global baptisé ISIS.Ce programme, qui s’est déroulé sur plus de deux décennies, a permis à des chercheurs de 16 pays différents de produire plus de 600 communications scientifiques à partir des observations recueillies par quatre satellites canadiens.UN INSTRUMENT D’AUTONOMIE Les autorités politiques canadiennes de l’époque ont voulu faire d’une pierre deux coups en utilisant le programme ISIS pour jeter les bases d’une expertise nationale dans le domaine de la technologie spatiale.C’est ainsi que la construction des trois autres satellites du programme ISIS fut confiée à RCA Victor de Montréal qui octroya de nombreux sous-contrats à des entreprises comme Spar Aérospatiale et de Havil-land, de Toronto.Quelques années plus tard, soit en 1967, le gouvernement fédéral décida d’abandonner la recherche fondamentale pour se consacrer en priorité aux applications technologiques de l’espace, notamment dans le domaine des télécommunications par satellite.Le der- nier satellite de la série ISIS fut donc remplacé par le satellite expérimental de télécommunications Hermès.Tout comme l’avait été Alouette en son temps, Hermès allait être à l’avant-garde de la technologie spatiale internationale tout en reposant exclusivement sur l’expertise canadienne.Réalisé sous la maîtrise d’œuvre de Spar Aérospatiale, Hermès est devenu une carte de visite très prestigieuse pour l’industrie aérospatiale canadienne.Les capacités de cette industrie dépassent maintenant les seuls besoins canadiens et s’orientent de plus en plus vers le marché international où elle fait très bonne figure.Un quart de siècle s’est donc écoulé depuis que notre Alouette nationale s’est installée dans le cosmos.Loin de s’être fait plumer par ses concurrents, le premier satellite canadien a tenu sa place avec brio avant d’être rejoint par plusieurs autres oiseaux dont le ramage se fait maintenant entendre dans tous les coins de la planète.?UK SCIENCE A VOTRE PORTÉE Vous souhaitez être initié à l'étude des sciences?Vous voulez, dans une approche non mathématique, comprendre les principes scientifiques clefs ayant permis la formulation d'hypothèses détaillées sur les origines de l'homme et de l'univers?Vous voulez saisir les nombreux liens qui relient la science à la société?L'Université de Montréal vous propose alors, le tout nouveau programme d'étude de 30 crédits en SCIENCES ET SOCIÉTÉ On trouve dans ce programme, des cours sur l'astronomie, la physique, la biologie, l'histoire et la philosophie des sciences, les sciences nucléaires et la société.Date limite d admission: le 1er novembre 1987 ADMISSIBILITÉ Les personnes qui avaient 21 ans au 1er mars 1987 s adressent à la Faculté de I éducation permanente, 343-6090.Celles qui n ont pas atteint cet âge, s adressent à la Faculté des arts et des sciences, 343-7258.Université de Montréal Faculté de l’éducation permanente Faculté des arts et des sciences Gaz Métropolitain AVIS DE NOMINATION André Caillé Le président du Conseil d'administration de Gaz Métropolitain, monsieur Roger Charbonneau est heureux d'annoncer la nomination de monsieur André Caillé au poste de président et chef de la direction de l'entreprise.Depuis son arrivée à Gaz Métropolitain en 1982, monsieur André Caillé a occupé successivement les postes de vice-président, Affaires corporatives et publiques, vice-président senior, Administration et Affaires publiques et vice-président exécutif et chef des opérations.Il avait précédemment occupé divers postes dans le milieu universitaire et dans l'administration publique.f'Vji j'Ofl: j'fn r® fl'll! L, Is fee •1 "l k 38 OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENCE ‘yy&lAY&MAs OttCHT Almm ROMXAU PSYCHOLOGIE DU TRAVAIL ET NOUVEAUX MILIEUX DE TRAVAIL "i-— PSYCHOLOGIE DU TRAVAIL ET NOUVEAUX MILIEUX DE TRAVAIL ISBN 2-7605-0449-2 1987 760 pages 34$ Le présent volume regroupe l'intégralité des 62 communications présentées au Colloque international de psychologie du travail de langue française tenu en mai 1986 à l'Université de Montréal.Les thèmes abordés sont regroupés en neuf chapitres: • Nouvelles théories et méthodologie en psychologie du travail • Orientation professionnelle et cheminement de carrière • Formation et perfectionnement des ressources humaines • L'analyse psychologique et la sécurité du travail • Satisfaction, motivation et stress au travail • Qualité de vie au travail • Recrutement et sélection des ressources humaines • Ergonomie et technologies nouvelles • Psychologie du travail et organisation Ce livre permet aux psychologues du travail, aux praticiens, chercheurs, enseignants ou étudiants en sciences de l'homme au travail, d'actualiser ou de compléter leur information dans les différents champs de la psychologie du travail.TECHNOLOGIES NOUVELLES ET ASPECTS PSYCHOLOGIQUES ISBN 2-7605-0450-6 1987 172 pages 15$ Sous la pression de nouvelles technologies et de nouveaux modes de gestion, les environnements de travail sont en profonde mutation.De nouveaux comportements prennent place et de nouveaux types de conflits se nouent.L'Homme au travail demeure toujours au centre de ces mutations.L'Homme prend un sens par les institutions qu'il crée et les institutions ainsi créées n'ont de sens que pour l'Homme.ainsi en est-il du travail.Tel est le questionnement auquel se sont livrés les spécialistes de la psychologie, de la sociologie, de l'ergonomie et des relations de travail, lors des journées d'études tenues à l'Université Laval par l'Association de psychologie du travail de langue française en mai 1986.lyjÉittodoloqiE des sciences socIaIes ET AppROck ÇXJAliTAtivE dES ORqANÎSAtiONS MÉTHODOLOGIE DES SCIENCES SOCIALES ET APPROCHE QUALITATIVE DES ORGANISATIONS Omar AKTOUF ISBN 2-7605-0457-3 1987 232 pages 18$ S'adressant aussi bien au néophyte qu'à l'initié qui s'interroge sur les conditions et possibilités d'une méthode de recherche moins entachée de quanti-tativisme, ce livre se veut à la fois une introduction à la méthodologie, une critique et une réflexion sur la conduite de la recherche dans les domaines de l'humain et du social, en particulier des organisations.L'auteur y tente une synthèse des traditions européennes et américaines en la matière ainsi qu'un dépassement de ce qu'il appelle la mathématisation de la réflexion au profit d'un modèle plus humaniste dont il esquisse les contours phénoménologiques et anthropologiques.Il met largement à profit ses propres expériences de recherche, notamment celles se basant sur l'approche ethnographique des entreprises (culture et représentations) et sur l'observation participante.Prix' 34$ Quantité Total $ 15$ $ 18$ $ Total $ • PSYCHOLOGIE DU TRAVAIL • TECHNOLOGIES NOUVELLES • MÉTHODOLOGIE DES SCIENCES SOCIALES ?Chèque ?Mandat postal ?Mastercard ?Visa n° - Date d'expiration________Signature • Prix sujet à changement sans préavis.Nom Adresse .Code postal Expédiez à: Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Téléphone: 657-3551, poste 2860 / i- -r wmm mmm - ¦' 7l Mia et Klaus LE PURGATOIRE DE LA VULGARISATION Où est donc passée la vulgarisation scientifique?Si l’on excepte les efforts enthousiastes et constants de l’équipe rassemblée autour des Petits débrouillards dont se désintéresse allègrement la télévision, il semble que le désir de faire jaillir chez les enfants l’étincelle de la curiosité scientifique appartienne à un âge révolu.La société québécoise, étourdie entre ses virages en gigue et ses slaloms en tique, les uns et les autres ponctués d’évaluations déchirantes, aurait-elle oublié le virage indispensable à l’épanouissement des générations futures, le virage de l’éveil scientifique?Je parle ici de ce que je connais bien, ayant été, grâce aux circonstances, l’artisan de la première tentative québécoise de vulgarisation scientifique par les techniques audio-visuelles.De 1954 à 1961 (et jusqu’en 1970 si l’on tient compte des reprises), ce furent pour moi des années merveilleuses; si j’en crois les témoignages reçus, l’émerveillement régnait de chaque côté de l’écran lumineux.Quelles en ont été les retombées précises?Je n’ai jamais cherché à le savoir, plus intéressé alors comme aujourd’hui à leur qualité qu’à leur comptabilité.L’entreprise que j’avais assumée ne visait pas avant tout à orienter les jeunes intelligences vers les carrières scientifiques, même si le besoin s’en faisait cruellement sentir; elle visait encore moins à se substituer à un enseignement scientifique formel, d’ailleurs déficient à l’époque comme il l’est encore trente ans plus tard; elle cherchait simplement, par la démonstration visuelle de principes scientifiques élémentaires, ensuite par le récit dramatisé de la vie des grands savants et des principaux inventeurs, à susciter la curiosité des enfants à l’égard de l’activité scientifique.L’apprentissage méthodique, me disais-je, viendrait par surcroît; la télévision, dans la meilleure hypothèse, n’est pas un instrument d’apprentissage, mais d’éveil: on n’apprend vraiment que par l’étude individuelle accordée à la musique intérieure.Ceux et celles qui ont cru approfondir la science grâce aux émissions de vulgarisation scientifique, n’ont eu que l’illusion de comprendre: en réalité, ils ont appris à aimer comprendre.Pour plusieurs d’entre eux, la conséquence aura été de s’engager dans la voie dont j’étalais les séductions et, guidés par la première étincelle, d’accéder à la compétence.Je n’aurai été, pour ma part, qu’un montreur d’illusions, qu’un illusionniste’, mais dans un monde qui a déserté le merveilleux, c’est un métier dont je n’ai eu qu’à me réjouir.Vingt ans de purgatoire L’entreprise de vulgarisation scientifique que je viens d’évoquer a survécu, grâce aux reprises, jusqu’au début de la décennie soixante-dix; l’avènement de la couleur électronique, qui aurait pu permettre de la renouveler, ne serait-ce qu’en rendant accessibles des démonstrations impossibles à illustrer en blanc et noir, en a précipité la fin; il ne s’est trouvé depuis aucune volonté de programmation pour la ressusciter.Tout au plus peut-on signaler, en 1978, la production par la Télé-université, d’une série télévisée portant sur le corps humain; en réalité, moins une tentative de vulgarisation qu’une présentation de causeries illustrées souvent sans rapport organique avec le sujet.Interminable série, répétée jusqu’à plus soif à toute heure du jour et de la nuit, comme si l’on avait voulu prouver au public que l’animateur en était réduit au rabâchage.Par cette astuce, les télévisions éducatives du Québec et de l’Ontario ont pu faire l’économie de nouvelles productions scientifiques originales.Seule, à ma connaissance, La conquête de l’espace, a pu voir le jour.Depuis bientôt vingt ans, la vulgarisation scientifique audio-visuelle assortie de démonstrations est entrée en purgatoire, par un phénomène analogue à celui qui, en littérature, atteint les ouvrages des auteurs récemment disparus, avant que de nouvelles générations ne les découvrent et n’en fassent des classiques.Dans le cas de la vulgarisation scientifique, le purgatoire marque un appauvrissement pri iiii î», fin H' 40 OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENCE 005353232353538948532348483200 d’autant plus regrettable qu’on ne saurait invoquer, pour le justifier la saturation du public-cible.La vulgarisation, en effet, s’adresse prioritairement aux enfants, à une cohorte approximativement équivalente à la fourchette des dix-quinze ans, une cohorte dont le renouvellement est beaucoup plus rapide que celui du public adulte.Les jeunes auditeurs et auditrices de La joie de connaître et du Roman de la science frisent maintenant la quarantaine; personne ne semble préoccupé d’offrir à leurs enfants une vulgarisation scientifique audio-visuelle renouvelée par l’évolution des techniques de présentation, une vulgarisation accordée à la sensibilité de notre époque.Le plus grave, c’est que personne ne semble déplorer l’existence de ce purgatoire, alors que le souci d’éveiller l’intelligence et la sensibilité à la culture scientifique devrait renaître à chaque décennie, à défaut de faire constamment partie du paysage audiovisuel désormais inscrit dans notre vie quotidienne.La Maison est morte Dans le purgatoire de la vulgarisation scientifique, on a cru voir une éclaircie à l’annonce, en 1985, d’une Société de la Maison des Sciences et des Techniques dont le mandat principal consistait à recevoir et à créer une Maison (ou un musée, le mot est affaire de mode) destinée à offrir à la jeunesse du Québec un lieu vivant où la vulgarisation scientifique audio-visuelle (et tridimensionnelle!) serait offerte en permanence dans un cadre propice à la stimulation sensorielle, émotive, esthétique et intellectuelle.La création de cette maison (ou de ce musée) constituait la principale recommandation du Groupe de travail sur les musées scientifiques, constitué par le Ministère des Affaires culturelles en 1979, et que j'avais eu le plaisir de présider; au terme d’une consultation élargie à l’ensemble du Québec par le biais des organismes représentatifs, l’existence d’un musée semblait correspondre à une volonté populaire clairement exprimée.À peine ébauchée, la Maison des Sciences et des Techniques subit un avortement hâtif par le fait de décideurs égarés dans leurs sparages technologiques; les tentatives de la sauver en restreignant le budget initial, hypertrophié à mon avis, survinrent trop tardivement dans un processus de décision déjà privé des soutiens politiques et moraux qu’on aurait pu souhaiter.La Maison est morte et ne ressuscitera pas avant le prochain siècle; dispersée la troupe des jeunes communicateurs scientifiques qui auraient pu en assurer l’implantation et qui, retrouvant le goût de la vulgarisation scientifique, auraient pu l’animer, la nourrir et l’empêcher de s’empoussié-rer avec le temps.La Maison est morte : vive le purgatoire ! Le purgatoire, avec sa connotation étymologique, c’est sans doute ce qu’il conviendrait de souhaiter à ceux qui ont refusé l’existence à un centre de vulgarisation scientifique, sans même se donner la peine d’expliquer publiquement les motifs de leur décision.Décision clandestine, honteuse, mais combien révélatrice d’une société qui ignore t la culture scientifique | au point de ne soutenir ^ la recherche scientifi-& que que dans la mesure ! où elle aligne les gros | sous à la sortie, qui en interdit la célébration publique dans un lieu privilégié comme une Maison des Sciences, qui la méprise enfin, au point d’en mesurer l’apprentissage scolaire au compte-gouttes, quitte à préparer paisiblement notre infériorité scientifique et technique pour des générations à venir.Encore un coup, et nous seront mûrs pour le dernier virage : le virage de l’asservissement au reste du continent.Les anciens porteurs d’eau seront devenus des porteurs de houille blanche.A "SJ /l^\a A.* 4 *¦ » * À* QltBEC SCIENCE • OCTOBRE 1987 La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?RF.CHERCHt F La ^ Recherche B Pour ^ chercheur, diant, sitaire, rche eons-ynthèse e tout ce dim- ^ les fronts de la recherche fÊUuâA biochimie iphysique^fi est une revue internationale publiée en^| ^ Ses articles^| Offre spéciale* Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 n0s) à la Recherche au tarif de 36 dollars canadiens au lieu de 46,75 dollars (prix de vente au numéro) .Un délai minimum de huit semaines interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L'abonné(e) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu.nom ___________________________________________________________ adresse _______________________________________________________ pays __________________________________________________________ à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4N 1 S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité.DF.PRES OU DE LOIN NE MANQUEZ RIEN !! 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C’est ce que nous permet maintenant la cuisine sous vide, une technique de préparation et de conservation des aliments révolutionnaire, certes, mais pas vraiment nouvelle.Mise au point il y a une trentaine d’années par le Français Georges Pralus, la technique est relativement simple.Les aliments sont d’abord lavés et apprêtés, puis insérés dans des sachets de plastique individuels.Une emballeuse scelle le sachet, tout en expulsant 99 p.cent de l’air qu’il contient.On cuit ensuite le tout selon les recettes voulues dans des fours à atmosphère contrôlée ou à vapeur.Enfin, les sachets sont refroidis pendant une heure dans des bassins d’eau dont la température oscille entre 0 et .H V>v La technique de cuisson sous vide s’implante de plus en plus.Après les restaurateurs, les consommateurs pourront bientôt se procurer des plats cuisinés.2 0 C.Il suffit ensuite de les réchauffer pendant quelques minutes à l’eau bouillante et le tour est joué! La cuisson sous vide comporte quelques avantages importants.D’abord, comme il n’y a presque plus d’air, les aliments ne s’oxydent pas et les bactéries ne peuvent croître.Les mets ainsi préparés peuvent donc se conserver plus longtemps.Au Québec, le temps de conservation autorisé est de 21 jours.Toutefois, en France, une loi limite à huit jours le temps de conservation.Quelques cas d’intoxications dues à une mauvaise utilisation des appareils, sont à l’origine de cette législation.Avec la cuisson sous vide, les restaurateurs peuvent compter sur une provision de plats bien cuisinés, disponibles rapidement en cas d’imprévus.Enfin, autre avantage, aucune matière grasse n’est requise pour la cuisson.Évidemment, la cuisson sous vide ne vas pas sans problème.D’abord, il a fallu repenser les recettes, en particulier les temps de cuisson.Chaque chef doit donc y aller de ses expériences et de ses adaptations avant de présenter au public ses petits chefs-d’œuvre sortis du vide! Les restaurants de la chaîne hôtelière Hilton sont des pionniers dans le domaine.Au centre de recherche en alimentation de New York, leurs chefs ont mis au point des classeurs entiers de recettes adaptées à ce type de cuisson et de conservation.La technologie du sous vide n’est toutefois pas accessible à tous les restaurants.Pour se procurer l’emballeuse, le four et la cellule de réfrigération, il faut débourser environ 25 000$.Il ne faut pas oublier d’y ajouter le temps nécessaire à la mise au point de recettes originales.Dans le domaine de la restauration, on ne s’entend pas sur le débit minimal qu’un restaurant doit avoir pour rentabiliser rapidement un tel investissement.Certains considèrent qu’un établissement de 20 à 40 places suffit, mais cette affirmation ne fait pas l’unanimité.Quoiqu’il en soit, le Québec ne compte actuellement qu’un peu moins de 10 restaurants qui ont recours à la cuisson sous vide.L’avenir immédiat des aliments cuits sous vide pourrait être plus brillant du côté des boutiques spécialisées en alimentation.En France, où la technique est plus répandue, on compte près de 600 boutiques qui offrent des plats cuisinés sous vide que l’on peut apporter chez soi.Ces «boutiques de plats cuisinés» offrent ainsi un «fast food» gastronomique qui convient bien aux célibataires et aux couples pressés de manger au retour du travail.Mar telle Thibault 250 000 km DE LITTORAL EN DANGER Le littoral canadien est menacé et, tôt ou tard, le gouvernement devra y consacrer plus d’argent et d’efforts.Telle est la conclusion qui se dégage des quelque 60 communications présentées lors de la Conférence canadienne sur le littoral, tenue l’été dernier.Les maux du littoral canadien (qui s’étend sur 250 000 km) sont nombreux.Par exemple, le long du Saint-Laurent, les rivages reculent sous l’érosion et les ports s’envasent.De même, les fles-de-la-Madeleine rétrécissent de 50 cm par année et pourraient disparaître d’ici 8 000 ans.Les solutions ne font toutefois pas l’unanimité.On connaît mal les effets à long terme des diverses techniques d’ingénierie visant à protéger les rives et, là comme ailleurs, s’opposent les interventionnistes: «Un mur ou une digue, au plus vite », et les écologistes : «Laissons agir les équilibres naturels».(A.S.-P.) E in iii 44 OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENCE En décembre prochain, Hydro-Québec devrait prendre une décision finale quant au confor-tement du barrage Daniel-Johnson (Manic V).Les dernières études, dont celle de la firme Harza, de Chicago, rendue publique l’été dernier, confirment la stabilité du barrage et l’absence de danger à court terme.Hydro-Québec a donc décidé de poursuivre les recherches sur les meilleurs moyens de remédier au problème des fissures qui risquent d’affaiblir ce gigantesque ouvrage de béton.Quand une brèche en écaille d’une quinzaine de mètres s’est décollée du mur, en mai 1981, on a cru que l’eau qui s’y était infiltrée avec les années avait littéralement fait éclater le ciment sous l’action du gel et du dégel.En 1983, une autre fissure de même type a nécessité de nouvelles études.«Le problème n’était pas l’apparition de fissures, rappelle Berge Thamazian, responsable de ce dossier chez Hydro-Québec, mais plutôt la découverte d’une fissure avec une configuration différente», comme celles dites «plongeantes» dont la propagation demeure une source de «réserves» dans le rapport Harza.En 1983, Hydro-Québec a confié aux firmes de génie-conseil SNC et ABBDL la lourde tâche de diagnostiquer les malaises de Manic V.Leur premier rapport d’étape s’est avéré sécurisant : les fondations et les contreforts de l’ouvrage étaient sains.Un autre rapport d’étape déposé au milieu de l’année 1985 suggérait toutefois le confortement de la base des voûtes à l’aide de butées de béton, au coût de 350 millions de dollars.En octobre de la même année, un quatrième rapport SNC-ABBDL s’affirmait nettement directif: il fallait commencer sans délai les travaux de solidification au bas des voûtes «parce que leur sécurité est en dessous des normes mathématiques».Un comité d’experts internationaux réunis en février 1986 a cepen-dans émis de sérieux doutes sur BARRAGE DANIEL-JOHNSON : UNE DÉCISION DIFFICILE ¦» Après l’installation d’abris chauffés à l’hiver 1985-1986, à la base du barrage Daniel-Johnson, Hydro-Québec a constaté que les fissures obliques, sources d’inquiétude, avaient cessé de progresser.l’ampleur du confortement préconisé et sur les possibilités de rupture appréhendées par SNC et ABBDL.Selon ce scénario, les fissures pourraient se réjoindre et affaiblir un point précis du barrage qui risquerait ainsi de.sauter comme un bouchon.L’hypothèse du bouchon devait perdre de son intérêt lorsqu’on put constater que les fissures obliques avaient cessé de progresser dès que des abris chauffés furent installés au bas des voûtes.Berge Thamazian, un ingénieur qui a visité bon nombre de barrages à voûtes européens confrontés à des problèmes identiques à ceux de la Côte Nord québécoise, a déclaré: «Nous savons maintenant que l’effet thermique sur les barrages à voûtes est très important».Assez important pour que la firme Harza en fasse l’objet de son prochain rapport.Un rapport qui devrait être remis ce mois-ci.Ensuite, Hydro-Québec aura jusqu’en décembre pour décider de la solution à adopter.Ivan Lamontagne La Terre est le berceau de l’humanité, mais on ne vit pas dans un berceau pour toujours.Konstantin Tsiolkovsky lUÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1987 45 Hydro-Québec SCIENCE.ON TOURNE Avec l’approche des jours froids, nous reprend le goût de rester à la maison et celui de la télévision! Cet automne et cet hiver, les amateurs d’émissions à caractère scientifique pourront se laisser couler dans leurs bonnes vieilles habitudes en retrouvant les vedettes habituelles: Science-Réalité à Radio-Canada, La conquête de l’espace qui se poursuivra en janvier, à Radio-Québec, et The Nature of Things qui en sera à sa 28e saison au réseau anglais de Radio-Canada.À Radio-Canada, on peut se vanter de produire la seule émission d’actualité scientifique de la télévision francophone.Ce qui ne veut pas dire que l’équipe de Science-Réalité se repose sur ses lauriers, bien au contraire.En plus (comme certains l’auront déjà remarqué) de renouveler entièrement ses décors, Science-Réalité accordera encore plus d’importance cette année à ce qui constitue vraiment l’actualité dans le monde des sciences et des techniques.Selon la réalisatrice-coordonnatrice, Thérèse Patry, tout en réservant encore une place importante à la recherche fondamentale, la série va tendre à se «rapprocher du monde».Ainsi, Science-Réalité nous en apprendra peut-être un peu moins dans les prochains mois sur ce qui se passe en Europe ou au Japon mais, par contre, l’émission nous parlera de l’Agence spatiale canadienne, de l’effort canadien de recherche sur le SIDA, des impacts environnementaux dus aux déversements de pétrole dans le Saint-Laurent, de l’accélérateur nucléaire miniature «Tokamak» expérimenté par Hydro-Qué-bec et l’INRS-Énergie, de la recherche sur les maladies transmises génétiquement dans les régions de Charlevoix et du Saguenay-Lac-Saint-Jean, bref, d’un tas de sujets qui nous touchent de près.De plus, à l’occasion, l’animateur Gilles-Philippe Delorme nous offrira une petite chronique sur la technologie du quotidien où il nous expliquera simplement le fonctionnement d’une de ces curiosités qui occupent notre environnement immédiat.Du four à micro-ondes à la montgolfière, on va enfin savoir comment ça marche, les dimanches soir à 18 heures, du début de septembre à la fin de mai.Radio-Québec ajoutera huit nouvelles émissions aux 13 premiers épisodes de La conquête de l’espace.Quatre d’entre elles seront consacrées à des pays considérés comme «puissances spatiales».Ainsi, on pourra en connaître davantage sur les programmes spatiaux du Canada et du Japon, sur les développements récents dans le domaine en URSS et sur ces puissances spatiales montantes que sont la Chine, l’Inde et le Brésil.Les quatre autres épisodes seront plutôt orientés dans une pers- pective «terrienne».On y traitera des rampes de lancement, ces «portes de l’espace», du cosmos au-delà de notre système solaire et enfin, de la profession d’astronaute.Louise Bouchard assure depuis le début la réalisation de la série entourée d’une solide équipe dont, pour la recherche et les textes, Jean-Marc Carpentier.À surveiller donc, à l’horaire de Radio-Québec à compter de janvier prochain : La conquête de l’espace, au total 21 émissions passionnantes.Radio-Québec nous sert actuellement un certain nombre d’acquisitions dignes d’intérêt.Par exemple.Les animaux et leurs mystères, une série espagnole à l’horaire depuis le 8 septembre, les mardis à 22 heures, pose un regard original sur la faune de la planète.Divers thèmes tels que la mort et la naissance, y sont explorés à travers les particularités de plusieurs espèces.Une autre acquisition, britannique celle-là, présente la flore et la faune du Bélize.Path of the Rain God nous fera pénétrer au cœur de la forêt de ce petit pays montagneux auquel les mass media s’intéressent beaucoup moins qu’à tous les autres États d’Amérique centrale.Une série de trois émissions à regarder les lundis 30 novembre, 7 et 14 décembre, à 20 heures.Au réseau anglais de Radio-Canada, The Nature of Things atteint cette année l’âge respectable de 28 ans, toujours avec le sympathique David Suzuki à l’animation.Il est à noter que l’équipe de la populaire émission s’est récemment rendue en URSS et en Inde.Le voyage a d’ailleurs été fructueux puisqu’il permettra la production de trois émissions qui seront diffusées en janvier et qui porteront plus particulièrement sur la technologie du laser, l’espace, la chirurgie des yeux et l’agriculture.L’émission reprendra sa place à l’horaire les mercredis à 20 heures, à compter du 7 octobre.Télé-Métropole avait retiré de la programmation l’émission Science et technologie l’année dernière; certains dossiers à caractère scientifique pourraient y être abordés, cette année, dans le cadre de la série d’affaires publiques, Contact, animée par Gilles Sénécal.Cette nouvelle série est diffusée le dimanche de 22 h 30à 23 heures.Pour le reste, qu’il s’agisse de CFCF, de Quatre-Saisons ou de TVFQ (la télé française) qui ne présentent pas d’émission consacrée à la science, ou encore de Radio-Canada ou de Radio-Québec, les grandes émissions d’information ne manqueront pas de couvrir les événements scientifiques d’importance et même, à l’occasion, d’y consacrer des reportages.Trop rarement, sans doute, pour les amateurs de science purs et durs comme vous et moi ! Géra Id Baril mil foi iSiij %![ .'idci 11 ¦.S in >ki lill» % % i'Hj ifiîÿ v,yi 46 OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENCI iif} IliïJ 6i ¦ï esü w »3 :te [iii (13 a!l! llfc fe ¥' m't ii [(3 ® lit l(il e?isa lij te'1 it-j [IB »i iS oivi.[C si;: 1.S lil îS i;s Si it :e i'S ;fî if ¦ :: , it ii ¦ ;:i (I r fi y L’ASTRONOMIE AMATEUR par DENIS GILBERT M.Alphonse Tardif devant le télescope de 35 mm de l’Observatoire du Collège de Lévis à Saint-Nérée.Que penser d’un groupe de personnes qui entrent dans un restaurant à quatre heures du matin et qui se mettent à discuter de l’origine de l’univers?Plusieurs seraient portés à croire que ce sont des fêtards qui reviennent d’une discothèque et qui ont un peu trop bu ! Erreur ! Il s’agit plutôt d’une autre espèce d’oiseaux de nuit, beaucoup plus rare que les fêtards, scrutant l’univers à la loupe, pardon, à l’oculaire, à la recherche du connu.et de l’inconnu : des astronomes amateurs.L’un d’entre eux, Alphonse Tardif, 53 ans, enseigne la physique et l’informatique au Collège de Lévis; il s’intéresse à l’astronomie depuis le début des années 60.Homme modeste qui préfère la quiétude de la nuit aux feux de la rampe, M.Tardif a de nombreuses réalisations à son actif.L’un des fondateurs de l’Association des groupes d’astronomes amateurs du Québec (l’A.G.A.A.), il créa, en 1979, le club d’astronomie de Lévis.Quatre ans plus tard, il contribua grandement à la construction de l’observatoire du Collège de Lévis à Saint-Nérée, dans la région de Belle-chasse.Depuis lors, il a organisé une multitude de soirées d’observations afin d’initier jeunes et moins jeunes à l’étude du ciel.Spécialiste de la photométrie instrumentale, science qui vise à mesurer l’intensité des rayonnements visibles ou proches du visible, M.Tardif inventa, en 1978, un photomètre (appareil qui sert à mesurer la brillance des étoiles) à état solide.Il s’agissait du deuxième prototype du genre au monde.Toutefois, il ne commercialisa pas son appareil: «Tout ce que je voulais vraiment, c’était relever un défi personnel, me dépasser en quelque sorte.» Mais il n’en a pas moins connu son heure de gloire.En effet, en 1985, l’Association des groupes d’astro- Effectifs : environ 5 000 astronomes amateurs et une vingtaine de professionnels ; Qualités requises : curiosité, détermination, minutie, ténacité et ingéniosité; Équipement et coûts: jumelles à 50 mm d’ouverture (environ 150$), annuaire astronomique (environ 10$) et un cherche-étoiles (environ 10$); pour se procurer un télescope de qualité (avec une lentille de 15 à 20 cm de diamètre), il faut s’attendre à débourser au moins 400$; Conseil: demander conseil à un astronome amateur avant d’investir dans l’achat d’un télescope; nomes amateurs lui a décerné le trophée «Méritas», l’Oscar de l’astronomie amateur québécoise pour reconnaître une contribution exceptionnelle à l’astronomie amateur et à sa vulgarisation.Même s’il a souvent la tête dans les étoiles, Alphonse Tardif garde les deux pieds bien sur terre.Comme la grande majorité des amateurs d’astronomie, il tient à partager sa passion avec le plus grand nombre de personnes possible et à développer le goût de l’astronomie au sein du grand public.Alphonse Tardif, ainsi que des centaines d’astronomes amateurs de partout au Québec, ne demandent pas mieux que de guider vos premiers pas dans la découverte de notre univers, cet univers dont la réalité dépasse largement tout ce qu’on peut imaginer.À quand votre première nuit blanche scientifique ! Lectures: la revue Le Québec Astronomique publiée à tous les deux mois par l’A.G.A.A., ainsi que les revues américaines Sky & Telescope et Astronomy.Livres: Devenez astronome amateur (Québec Science Éditeur) et À l’affût des étoiles (Dunod).Sans oublier la section AS de la banque d’information par ordinateur INFOPUQ.Renseignements supplémentaires: Association des groupes d’astronomes amateurs 4545, avenue Pierre-de-Coubertin C.P.1000, Succursale «M» Montréal (Québec) HIV 3R2 (514) 252-3038 L’ASTRONOMIE AMATEUR AU QUÉBEC lïUÊBEC SCIENCE • OCTOBRE 1987 99999999999^ LA BOMBE ET L’ORCHIDÉE Fernand Seguin Éditions Libre Expression Montréal, Québec 200 pages, 14,95 S Fernand Seguin nous offre une impressionnante collection de courtes réflexions — 60 exactement — où l’érudition et le sens critique s’allient à un style sobre, mais percutant, pour séduire le lecteur le plus exigeant.La bombe et l’orchidée est aussi le titre de la première chronique.Avec un humour caustique, l’auteur met en parallèle la difficile mise au point d’une bombe et l’épanouissement harmonieux, depuis des millénaires, de l’orchidée.Fernand Seguin annonce déjà ses couleurs: il préfère la fleur.au fusil.Et c’est avec un sourire au coin des lèvres que l’on s’apprête à savourer la suite.De la gourmandise à la fraude scientifique en passant par les biotechnologies et le psoriasis, La bombe et l'orchidée propose une information scientifique éclairée sur des problèmes toujours d’actualité.La remise dans son contexte historique d’une découverte scientifique à l’origine spectaculaire et, par la suite, décevante, est souvent prétexte à une mise en garde contre l’enthousiasme aveugle d’un succès immédiat.L’auteur s’inquiète notamment de la lourdeur de la bureaucratie scientifique moderne qui risque de nous priver d’un Pasteur, d’un Newton ou d’un Einstein; il démontre de plus un humanisme réconfortant en dénonçant le peu de cas que l’on fait parfois du «poids de l’angoisse des anorexiques» ou de la «qualité des soins à prodiguer aux vieillards».Dans un souci constant de faire partager sa «joie de connaître», Fernand Seguin poursuit ici avec brio son oeuvre de démystification de la science et des savants.Danielle Ouellet Marc Lachièze-Rey CONNAISSANCE DU COSMOS SCIfNCES 0 AUJOUHU HUI CONNAISSANCE DU COSMOS Marc Lachièze-Rey Albin Michel, Paris, 1987 232 pages, 28,50$ Collection Sciences d’aujourd’hui ISAAC ASIMOV Ces soleils qui explosent Les secrets des supernova ESRCE tes SOENCES CES SOLEILS QUI EXPLOSENT Les secrets des supernovæ Isaac Asimov Payot, Paris, 1987 271 pages, 40,75$ Collection Espace des sciences Les étoiles fascinent les humains.Depuis toujours ou presque, les astronomes, astrophysiciens et autres spécialistes du monde stellaire ont écrit des livres pour tenter d’expliquer aux simples mortels que nous sommes les mystères de cet espace infini.Profitant du fait que plusieurs personnes avaient le regard tourné vers le ciel à la recherche de la comète de Halley, les maisons d’édition ont inondé le marché avec une quantité quasi.astronomique de livres sur les comètes et l’astronomie en général.Mais l’astronomie n’est pas une science facile à vulgariser et tout le monde n’est pas un merveilleux conteur comme Hubert Reeves ou un habile vulgarisateur comme Isaac Asimov.L’astronomie est un monde de démesures.On y manipule les kilomètres, les années et les tonnes à coup de milliards.On parle d’unités astronomiques, de parsecs, d’années-lumière pour ne pas avoir à traîner constamment une ribambelle de zéros après le point.On y côtoie des phénomènes ésotériques comme la déviation de la lumière, l’effondrement des étoiles sur elles-mêmes, etc.Rien de tout cela ne tombe facilement sous les sens.Comment concevoir 12 milliards d’années alors que quelques humains seulement sont centenaires et que notre histoire n’a que quelques milliers d’années?Comment imaginer un voyage de quelques centaines d’années alors que très peu d’entre nous feront le tour de la Terre un jour.Il ne faut donc pas se surprendre que le contenu de beaucoup de livres ne soit pas accessible au grand public.Les auteurs en sont souvent d’excellents scientifiques, mais leur souci de la précision les empêche d’éliminer les détails qui alourdissent un texte, le rendant ainsi plus opaque.C’est le cas de Marc Lachièze-Rey qui vient de publier «Connaissance du cosmos» chez Albin Michel.Pour vulgariser, il faut savoir entre autres, créer des images, introduire un bon schéma ou une photographie pertinente.Autant d’éléments qui sont absents de cet ouvrage.Ce livre s’adresse plutôt aux astronomes amateurs avancés qui ont envie de pousser plus loin leurs connaissances.Toutefois, l’astronomie amateur n’apporte qu’une contribution mineure à la cosmologie, c’est-à-dire à l’étude de la formation et de l’évolution de l’univers.L’auteur nous y présente le modèle scientifique de l’univers le plus simple, celui qui est admis par la majorité des scientifiques.Malheureusement, en cosmologie, même le plus simple est compliqué.Hubert Reeves écrit dans la préface «qu’une équation mathématique bien placée, c’est un «coup de poing en dessous de la ceinture».Je ne sais pas à qui appartient la ceinture mais le livre de Lachièze-Rey compte quelques équations dont on se passerait.De son côté, Isaac Asimov nous présente un livre typiquement «asimovien».Il y applique une recette éprouvée: illustrations, images, comparaisons, etc.Surtout, il a recours à l’histoire comme fil conducteur.Ce qui permet d’introduire les notions une à une.Cette fois, Asimov nous présente non pas un ouvrage synthèse comme «L’univers de la science» ou «La conquête du savoir», mais plutôt un livre qui porte sur un sujet précis: les supernovæ.Avec «Ces soleils qui explosent», il offre un ouvrage accessible à un public beaucoup plus large.Asimov y explique en long et en large le phénomène des supernovæ, événement stellaire relativement rare qui a défrayé la manchette scientifique au début de l’année avec la découverte d’une nova par un astronome canadien.Égal à lui-même, Asimov est un virtuose de la calculatrice.Il n’a pas son pareil pour exprimer une distance ou une masse astronomiques en terrains de football, en éléphants, en pommes ou en oranges ! Ce qu’il y a de très bien avec les livres de ce prolifique auteur, c’est qu’ils sont conçus pour être des ouvrages de références faciles.Presque tous ses livres comportent un index et une table des matières simple et suffisamment détaillée.Qualités malheureusement absentes du livre de Lachièze-Rey, comme de la plupart des ouvrages de vulgarisation scientifique français.Gilles Drouin IKŒ je fa lésai 48 OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENC Stlt ÏS :: Ji« .afi> PRÊTE-MOI TA TECHNOLOGIE! (Gilles Drouin) Davantage un outil de développement qu’un traitement miracle pour entreprises anémiques, le transfert de technologie implique une maîtrise et des façons de faire particulières.Du simple contenant à jus au complexe barrage, le savoir-faire technologique a créé un marché des plus dynamiques.CANCER: OU EN SOMMES-NOUS?(Robert Verreault) H» W ipta li» ne iib »(! les» e lot ï> « Quels sont les progrès réalisés dans la lutte contre le cancer depuis les 30 dernières années?Où en est-on dans le dépistage, le diagnostic, le traitement et la prévention des types de cancer les plus répandus?Robert Verreault fait le point sur toutes ces questions.DES SAUMONS CULTIVES (François Goulet) Née il y a quelques années à peine, l’aquaculture du saumon connaît une croissance phénoménale dans l’Ouest canadien.Pratiquée en pleine mer dans des enclos flottants, cette forme d’élevage a couramment recours aux biotechnologies les plus avancées.H,® EiM zsmsms&si VOUS DEMENAGEZ?Collez, dans l'espace disponible, l'étiquette qui se trouve sur la page couverture de votre magazine -o O (J) — c 3 “T Q.œ" n‘ c o 0 o N c "O < o o D Q_ “T 0 3 oT O O" C o < 3 0 3 “ ' (/> Q- 0 CL C 3 CD CD 3 CD 3 CL CD ABONNEZ-VOUS! CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT OU EN NOUS FAISANT PARVENIR CECOUPON D'ABONNEMENT Au Canada: n Abonnement régulier (1 an/11 numéros): ?Abonnement spécial (2 ans/22 numéros): À l'étranger: ?Abonnement régulier (1 an/11 numéros): ?Abonnement spécial (2 ans/22 numéros): En France: ?Abonnement régulier (1 an/ll numéros): ?Abonnement spécial (2 ans/22 numéros): ?Abonnement ?Réabonnement ?Changement d'adresse 180 FFt.t 300 FFi 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1—1—1—1—1—1—1—1—1 31 NOM 1 1 1 1 I 1 1 1 1 1 i i i i i i^i i— 1 1 LBJ 60 LU 61 PRÉNOM 1 1 1 1 1 1 1 1 1 i i i i i i i—i—i— 80 J 1 7 8 9 NUMÉRO 1 1 1 1 1 1 1 1 1 RUE APP 1 1 1 1 1 1\1 l 28 J 1 1 29 VILLE 1 1 1 1 1 1 1 1 1 PROVINCE l 1 1 1 1 1 1 1 U 48 J 1 TÉLÉPHONE !i i^i— j 1 49 ?Chèaue Compte ?Visa ?Mastercard n° 68 69 CODE 74 ?Mandat postal Date d'expiration .Signature- Faites votre chèque à l'ordre de: QUÉBEC SCIENCE, 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy G1V 2M3 Pour informations: 657-3551, poste 2854 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.40, 91121, Palaiseau, Cedex Tarifs en vigueur jusqu'au 31 mai 1988.JÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1987 49 L’AVENIR EST AU MARIAGE TECHNOLOGIQUE Le prochain pas décisif en matière de technologie de communication est certainement l’intégration de la câblodistribution, de la téléphonie et de la télématique en un seul réseau pouvant desservir diverses catégories de clientèles.Voilà pourquoi les ministères des Communications du Canada et du Québec, ainsi que le consortium Consortel, ont décidé d’investir neuf millions de dollars en recherche-développement pour mettre au point des infrastructures communes.Bientôt, peut-être, un mari ou une femme aura le choix entre câblodistribuer, télé-matiquer ou téléphoner à sa douce moitié pour l’avertir de son retard pour le dîner.LES COUPLES TROP CHALEUREUX SONT FRAGILES Créer un supraconducteur pourrait sembler facile : il suffirait de faire apparaître des couples d’électrons dans un matériau, rapporte la revue française Sciences & Avenir (n° 485).L’affaire, on s’en doute.n’est pas aussi simple et si la supraconductivité, jusqu’à tout récemment, n’existait que dans le domaine des basses températures (-230 °C), cela ne doit rien au hasard ni à la maladresse des expérimentateurs, mais bien à la fragilité des couples d’électrons.En effet, dans les métaux, dès que la température augmente, les atomes s’agitent, détruisant la force de liaison entre la paire d’électrons : c’est le divorce.Chacun des membres du couple part de son côté.comme chez les humains lorsque la température monte trop ou quand l’un ou l’autre joue au superconducteur ! DES ROUTES ROULANTES À Tokyo, on étudie actuellement la possibilité d’installer un immense tapis roulant souterrain, de la largeur de la chaussée, pour faciliter le mouvement de la circulation dans le centre-ville aux heures de pointe.La construction d’une autoroute souterraine a été écartée en raison de l’absence de surfaces assez grandes pour poser des cylindres de ventilation.Du reste, même si de telles surfaces avaient été disponibles, les habitants des quartiers riverains n’auraient pas manqué de protester contre la pollution de l’air s’échappant des cylindres de ventilation.Par ailleurs, l’installation d’un immense tapis roulant représente un défi technologique extraordinaire pour assurer le passage ordonné de centaines de milliers de véhicules qui affluent chaque jour vers la ville et en sortent, bref pour se faire rouler! CRITIQUES DEMANDÉS Comme le rappelait Fernand Seguin dans notre numéro précédent, l’esprit critique si indispensable à l’avancement de la connaissance n’est pas nécessairement bien partagé.Voilà pourquoi sans doute un membre de l’Institut de biologie de Londres, Nicholas Russell, a proposé, dans le très sérieux hebdomadaire scientifique New Scientist, qu’à l’instar des arts et de la littérature qui possèdent leurs propres critiques, une nouvelle catégorie de professionnels soit créée: les critiques scientifiques.La science fait-elle partie de notre culture à un point tel que l’on puisse désormais modifier le proverbe et affirmer que la critique est aisée, mais que la science est difficile?DES YEUX QUÉBÉCOIS POUR LES ROBOTS JAPONAIS Il ne s’agit pas d’une cause humanitaire au sens traditionnel du mot, mais la firme Servo-Robot, de Boucherville au Québec, vient de «guérir» les robots-soudeurs industriels japonais de la cécité.Façon de parler, bien sûr.Car ces yeux de robots sont des caméras 3-D miniaturisées à balayage laser.Pourquoi des robots japonais?Parce que les systèmes mis au point par Servo-Robot ont été vendus à la compagnie Daihen et que cette dernière fournit 95 p.cent de ses robots à l’industrie japonaise.Bientôt, sans doute, nos yeux québécois contempleront les belles Toyota soudées par des robots aux yeux québécois.GALILÉE AVAIT RAISON, BIEN SÜR ! Des chercheurs de l’Université du Colorado ont répété avec «des moyens modernes» l’expérience que la légende attribue à Galilée en vue de prouver que, dans le vide, tous les objets tombent avec la même accélération, en raison de la gravité.Pour prouver son affirmation, Galilée aurait laissé tomber un bout de bois et un boulet de canon du sommet de la tour de Pise pour montrer qu’ils atteignaient le sol en même temps.Les scientifiques du Colorado ont refait la même preuve en utilisant une chambre à vide, un rayon laser, un interféromètre optique et des boules de cuivre et d’uranium pour, finalement, détecter une différence de 0,0000000005 dans l’accélération des deux masses ! 50 OCTOBRE 1987 • QUÉBEC SCIENI MAGE A nkmc Texte de Michel Noël Illustrations de Joanne Ouellet Le papier fait main *rr Vapetcrio $aint
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