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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1989, Collections de BAnQ.

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.3,25$ Volume 27 numéro 6 Février 1989 QUEBEC SCIENCE I v POLLUTION OMESTIQUE ARE AUX CHAMPIGNONS! EXPLORATEURS ECTRICITÉ VENDRE OBÉSITÉ ABDOMINALE i DÉPÔT DANGEREUX SlfP : • .¦JB.) S* rier de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé è Québec.250.Sillery, Québec.Canada GIT 2R1. [r." ijOwSwwwmNvi : UNIVERSITÉ DU QUEBEC UQ t UQAH ENAP UQA ETS I UQA fAF UQA INRS TELU€ 1 UQTR I UQA 1 au service Université du Québec pH? urne 27, numéro 6 ARTICLES Pollution domestique Gare aux champignons ! Parce quelles sont trop bien isolées, nos maisons renferment de nombreux polluants microbriologiques.Par Gilles Parent Le réseau hydro-québécois Pleins feux sur les exportations Les ventes d’électricité aux États-Unis sont-elles vraiment rentables?Quelles implications ont-elles sur le réseau ?Par Raynald Pepin Le Canada en orbite L’équipe spatiale canadienne composée de six astronautes prépare ses prochaines missions dans l'espace.Par Françoise Côté Attention ! Dépôt dangereux L'endroit où on porte le surplus de graisses importe beaucoup.Ainsi, la bedaine de monsieur est particulièrement dangereuse.Par Gilles Drouin QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 11 fois l’an par les Presses de PUniversité du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 1989, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère e Copyright 1989 QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC lif Î2 >8 SOMMAIRE Page 20 Page 26 Page 32 mm j- ' MW y.// ¦ Page 38 Février 1989 CHRONIQUES 8 LES PIONNIERS Jacques Rousseau: le dernier des explorateurs Par Claire Chabot 15 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Les déchets biomédicaux Bagarres dans les estrades Une technique rassurante pour les cardiaques Des recherches qui ne font pas de bruit Produire du mazout avec de la boue Une station d’épuration modèle Jus de fruit: la modération a meilleur goût 44 MICROMÉGA Le micro-ordinateur branché sur Alex Par Jean Lalonde 47 LA DIMENSION CACHÉE Un terrain glissant Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 48 EN VRAC 49 LU POUR VOUS La médecine mécanisée Les délices du futur 50 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1989 3 Au total.2 milliards injectés chaque année dans notre économie Hydro-Québec, une des plus importantes sociétés de services publics du monde, injecte chaque année plus de 2 milliards de dollars au Québec.Grâce à ses achats de biens et de services, elle soutient annuellement plus de 55 000 emplois directs et indirects.Elle contribue ainsi largement à notre prospérité.Hydro-Québec est également un moteur de notre :liinn^i lllll11!1' P»" 1 ®i! !_r développement.Avec ses tarifs, parmi les plus bas en Amérique du Nord, elle attire chez nous de nouvelles entreprises, et donne à celles qui y sont déjà un avantage important vis-à-vis des concurrents étrangers.Dynamisme industriel et technologies nouvelles: une autre façon pour Hydro-Québec de contribuer à notre qualité de vie.L'ÊLECTRIFFICACITÊ QUÉBEC SCIEItE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551 — Abonnements: poste 2854 Rédaction: SCIENCE-IMPACT: (418) 831-0790 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00101.ou par télécopieur: (418) 831-0009 * DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION La coordination rédactionnelle de QUÉBEC SCIENCE est effectuée par Les communications SCIENCE-IMPACT C.S.I.Itée Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Claude Forand, Michel Groulx, Fabien Gruhier, Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau, Jean Lalonde, Yvon Larose, Claude Marcil, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Raynald Pepin, Gilles Provost, Jean-Guy Rens, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Réalisation graphique Line Nadeau Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Alain Vézina Séparation de couleurs et photogravure Gravel Photograveur Inc.Impression Interweb inc.PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques bas £ Membre de CPPA ,esW Û Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos): 28,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 49,00$ Groupe: (1 an/11 nos): 25.00$ (10 ex.à la même adresse) À l’unité: 3,25$ À l’étranger: Régulier: (1 an/11 nos): 39,00$ Spécial.(2 ans/22 nos): 68,00$ À l’unité: 4,00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de: DAWSON FRANCE, B.P.40, 91121, Palaiseau, Cedex Pour abonnement ou changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250.Sillery GIT 2R1 lus elle avance, plus la série d’articles de Claire Chabot sur les pion- nier s de la science québécoise nous fait réaliser à que! point nous Æ sommes redevables à ces précurseurs.Jacques Rousseau, cofondateur du Jardin botanique de Montréal et l’un des plus proches collaborateurs du frère Marie- Victorin, était à la fois botaniste et ethnologue.Personnage coloré, sa vie et son oeuvre racontées par Claire Chabot ressemblent à une véritable saga ! Certes, on ne peut pas parler de saga de l’espace pour le Canada.Pas encore! Mais notre pays a quand même su, au cours des dernières années, se tailler une place enviable dans la recherche spatiale.Après Marc Garneau, ce sera bientôt au tour de Steve MacLean de réaliser, à bord d’un prochain vol de la navette spatiale américaine, d’importantes expériences, entre autres, sur un système canadien de vision spatiale.Un dossier que Françoise Côté, une journaliste chevronnée qui a su conserver un enthousiasme contagieux, a élaboré avec le plus grand soin.Si les Canadiens peuvent désormais utiliser la navette spatiale américaine, ce n’est pas d’hier que les Américains, eux, se servent de l’électricité que nous leur exportons.Se situant au-delà des débats passionnés et partisans, notre collaborateur Raynald Pepin complète son reportage sur le réseau hydro-québécois en traitant à fond des exportations d’électricité.À lire pour être vraiment au courant.On s’en doutait bien, mais on peut l’affirmer, maintenant que les recherches aboutissent à une conclusion claire: les personnes qui ont tendance à accumuler la graisse à l’abdomen sont beaucoup plus vulnérables que la moyenne des gens au développement de troubles cardiaques, du diabète ou d’accidents cardio-vasculaires.Un dossier original de Gilles Drouin sur la distribution «régionale» du tissu graisseux.Le syndrome de Saint-François-d’Assise, vous connaissez?L’air de cet hôpital de Québec serait à ce point contaminé par des moisissures toxiques qu’il serait dangereux d'y travailler et d’y séjourner.Mais il n’y a pas que les édifices publics qui seraient en cause.Nos maisons, rendues étanches pour économiser la précieuse énergie, risquent de se transformer en foyers de contamination.Gilles Parent fait le point sur ce problème inattendu, mais important.Ce numéro ne serait pas complet si on n’y retrouvait pas les pages d’actualité de l’Agence Science-Presse et les chroniques très appréciées de nos lecteurs: «La Dimension cachée» (Raynald Pepin y aborde un sujet glissant.) et «MicroMéga» (Jean Lalonde explique comment se brancher sur Alex avec un micro-ordinateur).Une chose que les lecteurs et lectrices de Québec Science apprécient aussi: les lampes de poche offertes en prime.Elles se sont envolées si vite qu’il a fallu en doubler le nombre! P- QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1989 5 COURRIER À PROPOS DES PAPIERS EMBALLANTS Les commentaires du chroniqueur Raynald Pepin, dans la chronique «La Dimension cachée» du numéro de novembre 1988, m’ont particulièrement intéressée.Je viens tout juste de prendre connaissance d’un autre aspect de l’utilisation du papier d’aluminium dans le livre du Dr Brian L.G.Morgan, Nutrition Prescription, édité par Crown Publishers Inc.(New York, 1987).J’y ai appris que certains chercheurs croient que l’aluminium aggrave les symptômes de la maladie d’Alzheimer et conseillent à ces malades et à la population en général d’éviter d’utiliser l’aluminium lors de la cuisson et la consommation des aliments.En ce qui concerne le papier d’aluminium, on précise qu’il ne semble pas y avoir d’effets négatifs pour la santé, pourvu que la partie en contact avec l’aliment soit le côté mat.Bien que la cuisson dure un peu plus longtemps en utilisant le papier d’aluminium de cette manière, je crois qu’il est prudent de se conformer à cette façon de faire.Maryse Azzaria, Sainte-Foy CONTRE VENTS ET MARÉES Il est exact que l’on peut calculer les forces de marée pour la Lune et le Soleil à l’aide de la loi de la gravité et il est aussi exact que les forces s’additionnent vectoriellement.Mais, lorsque vous ajoutez: «Par exemple, lors de la pleine lune, les deux forces opposées s’annulent en partie et la marée est plus faible qu’à la nouvelle lune», cela n’est pas correct.Ronald Ouellette, Repentigny J’ai écrit une jolie fausseté dans ma chronique d’octobre 1988, «D’une marée à l’autre-».Lors de la pleine lune, les marées sont bien sûr aussi fortes que lors de la nouvelle lune, puisque leur amplitude dépend de la variation des attractions lunaires et solaires entre les deux faces opposées de la Terre.Raynald Pepin UN LECTEUR ATTENTIF J’aimerais féliciter l’auteure de la chronique «Les Pionniers».J’en apprends beaucoup sur nos premiers grands scientifiques.Le style est vivant et l’histoire de nos héros de la science est passionnante.Les photos, en général, y sont très soignées.Par contre, je trouve que les photos couvertures du magazine n’ont plus le «punch», l’originalité d’avant (je lis Québec Science depuis 10 ans).Et que dire des dernières couvertures! Pourtant, elles faisaient la réputation de Québec Science autrefois.C’est bien dommage pour une revue de si grande qualité.Gabriel Dubois, Montréal QUI EST QUI?L’article de Claire Chabot «Armand Frappier: face au péril de la tuberculose», dans la chronique «Les Pionniers», est très intéressant et bien rédigé.Permettez-moi cependant de vous signaler une petite erreur à propos du bas de vignette de la photo qui apparaît à la page 12.On aurait dû présenter les personnes de droite à gauche, et non l’inverse.Claire Fredette Laplante, Institut Armand Frappier L’ANATOMIE A COLORIER Kapit, W.91M40MM&, r*ÊmÊÈ& Tm*èz&*v, B «ÉTACWWtfUSt h m&imûm GRftWS ÔSa mzmMVr, mm «ttiÉiitoion «BSWWÜ On pourrait être surpris, au premier abord, d’un livre d’anatomie à colorier qui ne s’adresse pas aux enfants en bas âge; car il ne s’agit pas d’un jeu mais d’une ingénieuse méthode pédagogique qui fait appel au coloriage pour comprendre et mémoriser des concepts, des structures, des organes, des systèmes.¦ Le lecteur participe de façon active et créative à son apprentissage et, de ce fait, mémorise mieux et, surtout, comprend mieux: il y a fort à parier qu’après avoir terminé la page 25 le lecteur n’oubliera pas de si tôt quels sont les «muscles du sourire» et pourquoi le faciès de la paralysie du nerf facial est si caractéristique.En plus de détails anatomiques, ce livre enseigne la terminologie.par le coloriage.Sa présentation (feuilles détachables) et son format facilitent la révision des examens.Particulièrement utile aux étudiants (art, médecine, biologie, sciences paramédicales, etc.) cet ouvrage intéressera autant les amateurs de yoga, les sportifs, les esthéticiennes, les curieux et les «amateurs de crayons-feutre».tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’anatomie humaine.et l’apprendre en s’amusant.EDISEM, 1987, 142 planches .17,00$ BULLETIN DE COMMANDE Veuillez m’adresser_____ex.de L’ANATOMIE À COLORIER au prix de 17,00 $ Nom et Prénom, (en capitales) Adresse__________________ Ville .Date .Code postal _ .Signature Règlement ci-joint ?Chèque bancaire ?Mandat postal ?UIBM ?Date d’expiration ___________________ somabec Ltée 2475, Sylva Clapin, Téléphone: (514) 774-8118 Case postale 295, Montréal: 467-8565 St-Hyacinthe, Québec, J2S 5T5 Télex: 05-830549 6 FÉVRIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE OCEANOLOGIE En mai dernier, on annonçait, à Rimouski, la construction de la nouvelle station aqui-cole de Pointe-au-Père.L’INRS-Océanologie s’enrichit ainsi d’installations de premier ordre qui lui permettront de renforcer le rôle moteur qu’il joue en recherche océanologique.De vastes bassins d’expérimentation en eau de mer, des dispositifs permettant l’étude des écosystèmes marins et des phénomènes de pollution, des laboratoires pour les études fines de la biologie des espèces importantes sur le plan commercial.Tous ces équipements serviront une meilleure compréhension et une exploitation plus rationnelle des richesses marines.Bien ancrés dans le Québec maritime, l'INRS-Océanologie et son laboratoire de Pointeau-Père sont aussi, dès maintenant, un atout majeur pour le développement des industries de la mer dans cette région.Un contexte idéal pour la recherche océanologique: ?Environnement marin ?Milieu physique côtier ?Écotoxicologie ?Processus physiologiques et biochimiques en milieu marin ?Processus liés à l’aquiculture Renseignements: Tél.: Québec (418) 654-2500 Rimouski (418) 724-1651 L’INRS LE SCEAU DE QUALITÉ EN RECHERCHE ORIENTÉE Université du Québec Institut national de la recherche scientifique ILES PIONNIERS i JACQUES ROUSSEAU : le dernier des explorateurs par Claire CHABOT * Explorant en canot la péninsule d’Ungava, le botaniste québécois a découvert les trésors de la toundra: ses fleurs, ses lichens, ses caribous, ses carcajous et, surtout, la culture de ses habitants.«Esprit curieux dans un corps ambulant», Jacques Rousseau a personnifié le botaniste idéal, celui qu’avait décrit le philosophe Jean-Jacques Rousseau.Sans chercher de parenté lointaine avec son célèbre homonyme, on se surprend pourtant à leur trouver une ressemblance du côté de l’humanisme.Cofondateur du Jardin botanique de Montréal, Jacques Rousseau a été l’un des plus proches collaborateurs du frère Marie-Victo-rin.Au fil des ans, il a également poussé ses expéditions botaniques de plus en plus loin vers le nord du Québec, jusqu’à la péninsule du Québec-Labrador où il a découvert et classifié une centaine de nouvelles espèces.C’est à partir de ses descriptions du paysage végétal nordique qu’il a créé le concept d’une zone de transition entre la forêt boréale et la toundra: la zone «hémiarctique».Ses nombreuses descriptions ethnographiques des Montagnais-Nas-kapis et des Inuit font de Jacques Rousseau l’un des pionniers de l’anthropologie au Québec.Son intérêt pour l’ethnobotanique l’a mené à de véritables enquêtes historiques sur les connaissances botaniques et médicinales des Amérindiens et des premiers colons, suivant les traces des Cartier, Lescarbot, Boucher.À sa mort, il a laissé de nombreux travaux inachevés, dont la traduction du journal du botaniste finlandais Pehr Kalm, venu au Canada en 1749.Jacques Rousseau est l’un des premiers «nordistes» québécois.Son amour pour le Nord et ses habitants a dépassé de loin le simple intérêt scientifique: il s’est intégré à son imaginaire.«Ô soleil accablant de l’été arctique! écrit-il.Depuis des jours, aucun nuage pour tiédir la flamme du ciel.Je cherche l’ombre, j’ai l’obsession de l’ombre.Je fuis l’étuve de la tente pour l’abri du canot renversé sur la grève, avant de retrouver l’huile vive du lac.J’ai plein les yeux des océans de lumière, j’ai plein la peau des saharas de soleil, la toundra exhale une haleine fiévreuse.» UN BOTANISTE À LA MARIE-VICTORIN «On demandait souvent à mon mari de raconter quelques anecdotes au retour de ses voyages, se rappelle Mme Madeleine Rousseau.Pour lui, l’aventure, c’était de voir un ruisseau qui n’avait coulé pour les yeux de personne.Il trouvait encore plus de beauté à un site en appelant les choses par leur nom, même si c’était en des termes rébarbatifs.» «[.] le clapotis menu de la vague du canot, écrit encore Jacques Rousseau, le petit Esquimau qui sourit à sa mère dans le capuchon de l’anorak, la trouvaille sur la plage d’un caillou qui narre l’histoire de la terre ou, sur le talus, une plante que personne n’a encore vue, une herbe insignifiante, sans nom, qui ajoute un chaînon aux connaissances humaines.Ce sont là grandes aventures.» L’aventure de Jacques Rousseau commence dans le sous-sol de la jeune Faculté des sciences de l’Université de Montréal, rue Saint-Denis, en 1926.Élève studieux et timide, il deviendra successivement expérimentateur, chargé de cours et professeur agrégé au Laboratoire de botanique.Fils spirituel du frère Marie-Victo-rin, il partage le même enthousiasme pour le développement scientifique du Québec et la même ardeur au * La rédaction de cette série d’articles a été réalisée dans le cadre du Programme de soutien aux activités de diffusion de la culture scientifique et technique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science.I 8 FÉVRIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE ••• .W • 'X kvivX-v travail.Jacques Rousseau devient ainsi le plus fougueux et fidèle collaborateur du célèbre botaniste,.participant activement à ses principales œuvres : il est le premier secrétaire de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS), animateur à Radio-Collège et aux Cercles des Jeunes Naturalistes, professeur à l’Institut botanique et assistant-directeur au Jardin botanique de Montréal.Lui reconnaissant un talent en taxonomie, Marie-Victorin demande à Jacques Rousseau d’écrire, dans la Flore laurentienne, les chapitres sur les violettes et les astragales.Ce dernier sujet fera l’objet du doctorat de Jacques Rousseau.Il ira même jusqu’à en construire les clefs analytiques des genres et des familles.Approfondissant plusieurs domaines à la fois, le jeune botaniste instaure un cours de paléobotanique ainsi que le premier cours de génétique donné à la Faculté des sciences, pour lequel il rédige un manuel qui servira dans quelques universités.En 1942, Jacques Rousseau entreprend une expédition à l’île d’Anti-costi afin de poursuivre les herborisations de Rolland-Germain et du frère Marie-Victorin, lequel ne peut, à cause de l’état de sa santé, entreprendre ce périple.Seul, son bagage sur le dos, il traverse l’île à pied : de la Vauréal à la crique à la Chaloupe Jacques Rousseau fait le point avec ses guides amérindiens sur la route à suivre.Photo prise à l’époque des grandes expéditions qu’il réalisa au Nouveau-Québec entre 1944 et 1951.et, sur la rive sud, de la rivière Mac-Donald à la rivière Jupiter.À partir de cette époque, Jacques Rousseau va pousser ses expéditions de plus en plus au nord et se détacher peu à peu de la tradition botanique de l’Institut en s’ouvrant à l’étude ethnologique des Amérindiens.Quand le frère Marie-Victorin meurt, au retour d’une herborisation en 1944, Jacques Rousseau est en expédition au lac Mistassini.Prénom: Jacques : Rousseau , ,nns ~ r .a- le 5 octobre 19Uj> de 14 enfants.et lieu de naissant .^ Saint_Larnbert.d’une fa 0uareau, Rest mort le 4 août 197U, dans les Laurentides.dans les Laurent ^ ^ ^ ues Rousseau ^^ ,rent des champs a linguistique- , s péninsule otanique, Ses ™réf'°Zirs en fisc» de la lier des chercheurs exp expl07 ’ert une centaine maea eo,nciden, ^ Jf, élevées.U a on, é,é EXPLORER LES PAYSAGES NORDIQUES « La série de ses grandes explorations au Nouveau-Québec, de 1944 à 1951 : lac Mistassini, rivière George, rivière Payne et Kogaluk, rivière Korok jusqu’au mont Torngat, sont des exemples d’énergie et de courage qui semblent frôler parfois la témérité», affirme le mycologue René Pomer-leau.«Cependant, il ne laissait rien au hasard.Il savait calculer les risques et mesurer les efforts physiques selon ses normes et ses propres forces.Il choisissait avec grand soin ses guides amérindiens qu’il traitait comme des égaux car, sur leur propre territoire, leur expérience dépassait la sienne.» «Son esprit frondeur ifioffl .écrit le géographe Louis-Edmond Hamelin, il, Kl! aïs st .üliiSf! «kti le poussait à être le premier à faire les choses.Avec les moyens disponibles à cette époque, il a effectué des expéditions pénibles en canot, qui ne sont pas étrangères à son vieillissement précoce.Peu de gens avant lui, s’il y en a eu, ont traversé le col de l’Ungava arctique.Au nord-est du Nouveau-Québec, une expédition sur la rivière Ituiœ George en 1947, cours d’eau tristement célèbre, lui a fait voir les der ÎIKIÎJ des Naskapis sim ça a %i ti- mers campements régionaux.» En 1905, Mme Hubbard descendit la rivière George avec un guide indien sur les traces de son mari disparu.Chroniqueur sportif, il était parti au Labrador sans provisions, avec un équipement de chasse et de pêche qui nij s’est avéré inadéquat pour la faune boréale.Des trappeurs le trouvèrent : mort de faim.«Lorsque Mme Hubbard descendit la rivière, écrit Rousseau, les troupeaux de caribous étaient considérables alors, et l’un de ceux qu’elle rencontra comptait plusieurs centaines de têtes.Mais, où sont les caribous d’antan?Seules les sépultures isolées le long de la rivière attendent du haut de leur promontoire le retour du caribou.» Sur les rives de la rivière George, le botaniste ne rencontre que désolation : les caribous et les hommes ont déserté peu à peu ce désert glacial.ftjie ^ su “Csii, '«mit ni «De la jeunesse, j’ai gardé bien peu de choses, mais j’en ai encore au moins épargné une: la faculté de m’émouvoir, de m’indigner et d’aimer.Pour comprendre les hommes, il faut les aimer», déclarait Jacques Rousseau lors du congrès national de la Fondation française d’études nordiques.René Pomerleau se souvient d’une ;xpédition avec lui dans les monts Otish, en 1949.«Accompagné d’un t: ûguide indien, Rousseau est parti pour ilïl une randonnée avec du thé comme mi seule provision.Loin du campement, Sel il a eu sa première crise cardiaque: it I il dut coucher à la belle étoile.» Resté id seul avec le jeune fils de Rousseau, tiii François, René Pomerleau ne dormit 'oaj pas de la nuit.Le lendemain, le bota-itrfc niste revint au camp exténué, mais ni heureux : il avait récolté une nouvelle r espèce, YAgoseris naskapensis.Jacques Rousseau rapporte de ses : expéditions une fascination pour le v| Nord, mais aussi de nombreuses Jj données scientifiques inédites : il ,jsî cartographie des régions encore inexplorées, découvre une centaine de 0t| nouvelles espèces de plantes et définit une zone géographique intermédiaire, ¦ la zone hémiarctique, située entre la ' forêt boréale du plateau laurentien et la toundra de la péninsule d’Un-: gava.Le terme «hémiarctique» n’a r pas été adopté de façon généralisée , par la communauté scientifique internationale, bien que, dans le : domaine de la zonation, on se réfère aux travaux de Rousseau.En effet, .cette zone de toundra forestière, de superficie importante au Québec, est presque inexistante, ailleurs, dans l’ensemble de la région circumpolaire, sauf en Sibérie orientale.LA CULTURE AMÉRINDIENNE EN PÉRIL «I ! Nommé directeur du Jardin botanique de Montréal, en 1944, Jacques Rousseau va se battre pour la construction des nouvelles serres, prévues dans le plan initial.Après la Deuxième Guerre mondiale, les budgets du Jardin sont plus importants que jamais; les mesquineries, les jalousies et les conspirations tourmentent le botaniste.Les altercations avec le nouveau maire, Jean Drapeau, et ses élus municipaux s’amplifient; il se décide à accepter le poste de directeur du Musée de l’Homme à Ottawa.Pour des raisons encore obscures, le botaniste n’y sera pas longtemps: on le congédie deux ans après son arrivée.Il choisit alors l’exil ! Ces années d’intrigues n’ont pas diminué pour autant l’ardeur au travail de Jacques Rousseau; ses études ethnographiques sur les Mon-tagnais et les Cris, rencontrés dans la région de Mistassini, et les Inuit de l’Ungava et de la baie d’Hudson présentent les multiples facettes de la culture amérindienne.Anthropologue autodidacte, il a mis à profit ses connaissances en sciences naturelles pour décrire la culture matérielle des «premiers Canadiens», en rapport étroit avec le milieu naturel.Dans ses descriptions sur l’organisation socioéconomique des Amérindiens, il a tenu compte de l’influence directe de la venue des Européens en Amérique sur les nombreuses modifications des modes de vie traditionnels, dessinant ainsi de véritables esquisses historiques de l’Amérique du Nord.«Au cours de ses expéditions, affirme l’anthropologue Marc-Adélard Tremblay, Jacques Rousseau a pu observer directement les pratiques religieuses amérindiennes.Il les a décrites abondamment, allant des pratiques divinatoires individuelles aux cérémonies collectives présidées par les jongleurs.Si les premières sont faciles d’accès pour les ethnologues, il n’en était pas de même des secondes puisqu’elles étaient bannies par les autorités religieuses.«Grâce aux rapports amicaux qu’il entretenait avec les autochtones, il a été investi de secrets et a été témoin de pratiques magiques et religieuses que peu de Blancs de son époque ont connues.» En 1953, il assiste à une cérémonie de la «tente tremblante», rituel qui a aujourd’hui quasi disparu.Autour de quelques jeunes bouleaux plantés en cercle, les participants disposent des peaux de caribous pour former une tente conique, laissant une ouverture à son sommet.Au coucher du soleil, le sorcier en fait trois fois le tour, soulève les peaux et pénètre dans la tente.À l’extérieur, l’assemblée silencieuse entoure la tente qui se met à trembler.En transe, le sorcier entre en communication avec le grand manitou, l’esprit pourvoyeur: ils parlent de l’absence du gibier et de la faim, des tabous à respecter.En 1959, Jacques Rousseau s’embarque pour la France: on lui a confié un poste de professeur associé au Centre d’études arctiques de la Sorbonne et à l’École pratique des Hautes Études.Celui qui l’accueille à Paris, le nordiste Jean Malaurie, QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1989 11 K 7.:• Jacques Rousseau en canot avec un guide amérindien.Lors de ses voyages dans le Nouveau-Québec, Jacques Rousseau a entretenu des rapports amicaux avec les A mérindiens dont il fit connaître la culture par ses études et ses articles de journaux.raconte dans quelles conditions le botaniste quittait son pays natal.«Ignoré des universités et des organismes de recherche de sa province d’origine, il a dû, pour vivre, vendre sa bibliothèque à un riche industriel d’origine Scandinave et postuler un poste à l’étranger.» Il est en correspondance avec les autorités d’Éthiopie quand il reçoit l’invitation française ! Pour parer au mal du pays, le botaniste québécois continue à écrire des articles sur la culture amérindienne, dans le journal La Patrie, où il remet en question les stéréotypes véhiculés sur les Indiens, tels le flegme et l’insensibilité à la douleur, qui mènent irrémédiablement au racisme, cette «abominable monstruosité».Si les ponts sont coupés avec les universités du Québec, le courant se maintient avec la population qu’il veut éduquer.Dans ses nombreuses descriptions, il parle de la transformation culturelle des Amérindiens, au niveau de l’alimentation, des vêtements et des armes, il y présente leur vision du monde, leur religion, etc.Jacques Rousseau souligne le degré d’acculturation auquel sont arrivées ces populations et dénonce les conditions d’asservissement qu’elles subissent à cause de contraintes biologiques (épidémies de variole, de tuberculose), économiques (échange inégal), politiques (législation canadienne) et idéologiques (évangélisation).« C’est un défenseur des nations autochtones — non des traditions amérindiennes —, écrit Marc-Adélard Tremblay, car il estime que les Amérindiens ne peuvent être stationnaires et, à l’image de toutes les autres civilisations, ils doivent s’ajuster et évoluer en fonction des dynamismes qui s’exercent sur eux.L’objectif à poursuivre, selon lui, n’est pas de les «ghettoïser» et de les figer irrémédiablement dans des patrons de culture qui sont dysfonctionnels, mais plutôt de leur permettre d’évoluer à leur rythme, dans leur style vers des formes culturelles qu’ils estiment progressives, c’est-à-dire bénéfiques pour eux dans le temps présent et pour leurs descendants dans les années à venir.» Selon l’anthropologue, les dénonciations et les interventions de Rousseau, si elles reflètent la fougue de son caractère et sa détermination, sont annonciatrices d’un nouveau type d’anthropologie: l’anthropologie participante et engagée.POUR UNE VERITABLE MULTIDISCIPLINARITÉ Au début des années 60, Louis-Edmond Hamelin, fondateur du Centre d’études nordiques de l’Université Laval, veut faire revenir Jacques Rousseau à Québec.«Quand je suis allé au conseil de la Faculté, raconte-t-il, personne ne voulait de Rousseau.Il y a même un vice-recteur qui est venu me dire de changer d’idée: on ne voulait pas avoir de troubles.et que, si ça ne marchait pas, j’en serais le seul responsable.Maintenant que l’expérience a réussi, tous sont fiers d’y avoir collaboré.» Finalement, en 1962, le doyen de la Faculté des sciences de l’Université Laval, Mgr Alexandre Vachon, se rend à Paris proposer à Jacques Rousseau de poursuivre ses recherches au Centre d’études nordiques.Jeune étudiant, Louis-Edmond Hamelin avait connu le botaniste en suivant les cours de Radio-Collège, puis à Laval en 1948, où Jacques Rousseau avait donné un cours.«Il m’a profondément influencé au niveau de la multidisciplinarité, pas celle des sciences connexes, mais la vraie!» dit M.Hamelin.La multidisciplinarité à laquelle pense le nordiste est celle qui a fait écrire au géologue André Cayeux — que M.Hamelin avait également fait venir au Centre d’études nordiques —, un article dans une revue de philosophie et, à M.Rousseau, des articles sur la flore de la rivière George ou sur les rites religieux des Montagnais-Naskapis.En effet, Jacques Rousseau était l’un des rares chercheurs, avec l’écologiste Pierre Dansereau, à avoir couvert un champ de disciplines s’étendant des sciences naturelles aux sciences humaines.Pour ses recherches en ethnobotanique, il a mis à profit ses connaissances en botanique dans de nombreuses études sur l’utilisation des plantes «économiques» et médicinales par les Amérindiens.Une étude approfondie a permis à Jacques Rousseau de déterminer l’identité de YAnnedda, le remède des Amérindiens pour guérir le scorbut.Dans le récit des voyages de Jacques Cartier, on peut lire une description de cette maladie qui ne laisse aucune équivoque, mais le manuscrit se termine là où commence la description de la fameuse plante.Très tôt, l’iden- rf'i U ité de YAnnedda, appelée aussi ’«arbre de vie», a été oubliée.Samuel e Champlain et Marc Lescarbot, remier historien de la Nouvelle-'rance, ont vu le fléau s’abattre sur es premiers colons sans pouvoir rouver le remède qu’avait utilisé Facques Cartier.À partir des manuscrits des con-”nl’ :emporains de Jacques Cartier et en ;enant compte des études précédentes :aites sur le sujet, Jacques Rousseau 'ait une recherche qui demande des mnnaissances non seulement botaniques ma s aussi linguistiques, soit ^)our discerner les différentes nomen-latures, soit pour traduire le vieux rançais ou même reconnaître les fré-:As'~ quentes fautes de syntaxe de Cham-1 plain, qui peuvent porter à confusion.C’est finalement à partir d’un manus-:rit du moine André Thévet, qui i1! s’était entretenu avec Cartier et i.misj Donnacona, le chef indien de Stada-Laoitl con£ emmené en France en 1536, et P® I de la description des arbres plantés à Miti cette époque dans le jardin royal de Fontainebleau que Jacques Rousseau a identifié l’arbre de vie: le Thuya occidentalis.Au même moment, epfoj l’analyse biochimique de divers coni-esartiii fères susceptibles d’être YAnnedda, ieotfiij faite par Auguste Modelé, de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, confirma la présence staii f- de vitamine C aux propriétés anti-nîcï# scorbutiques dans les feuilles du i-Etat; itaÉii , J ara liitipli» irel tsitdî.cèdre blanc.UN HUMANISTE BOUILLANT Jacques Rousseau est l’un des rares ]auii!4 érudits qu’ait produit le Québec.«Ce flboisl n’était pas un homme ordinaire! itmltsitj affirme Louis-Edmond Hamelin.C’était un homme de croisade avec le sens de la tragédie.Son caractère n’était peut-être pas commode, mais ia|)îiî celui qu’on lui a prêté a joué contre ild®» l’homme; le caractère qu’on lui reconnaissait exagérait celui qu’il ;;:o[t£ avait.Il ne fallait pas traiter Rous-ltj}(i|( seau n’importe comment, ajoute - M.Hamelin, le prix à payer était très élevé.Il avait une puissance de jconit; 1.lsA®| i :nt^: s# réponse, mais il recherchait surtout le dialogue, un dialogue serré et épuisant par des conversations ininter- À Payne Bay, en 1947.Des visiteuses Inuit assistent à la confection de l’herbier de Jacques Rousseau.Collaborateur du frère Marie-Victorin, il a découvert une centaine d’espèces de plantes lors de ses nombreuses expéditions botaniques./V rompues, longues parfois de six heures.» Jacques Rousseau disait souvent aux jeunes chercheurs : «Ce n’est pas suffisant de faire une recherche pointue, il faut la porter au grand public.» À l’instar du frère Marie-Victorin, il fut l’un des chercheurs qui a consacré le plus de son temps à écrire des articles de vulgarisation aussi divers que «La surprenante histoire du maïs», «Les Indiens aussi rêvent pour être heureux», «La formation de l’eau d’érable» et «Le glossaire du parler français du Canada».Si, par exemple, un industriel l’appelait pour lui demander s’il était possible de cultiver des huîtres dans la baie James, il pouvait consacrer trois jours à chercher des informations précises.Pendant les dernières années de sa vie qu’il passe à l’Université Laval, il demeure au cinquième étage d’une résidence pour étudiants.«Sa porte était toujours ouverte, raconte Louis-Edmond Hamelin.Les étudiants allaient lui parler, se confiaient à lui.Ils le considéraient un peu comme un sage.Tous les soirs, il était le dernier à fermer la lumière dans le pavillon des étudiants, raconte Louis-Edmond Hamelin.Je me souviens de la seule fois où Rousseau est entré en furie dans mon bureau pour me raconter qu’on refusait de fermer l’Université à 15 h à cause d’une tempête de neige : il se faisait du souci pour les étudiants et les travailleurs.Réaction étonnante, de la part de cet explorateur qui a bravé mille tempêtes ! » «Jacques Rousseau était amusant, se souvient l’écologiste Pierre Dansereau.Il avait de l’esprit.Et quel fin gastronome ! Entre autres, il connaissait très bien la cuisine chinoise.Un jour, il avait amené tout le personnel du Jardin botanique dans un restaurant du quartier chinois.Pour chacun d’entre nous, il avait préparé d’avance un menu avec l’identification botanique de toutes les plantes qu’on allait manger.» René Pomerleau, lui, se rappelle de certains mets que le botaniste avait préparés dans le Nord québécois avec les moyens du bord : un lagopède des saules aux bolets roux et un filet de touladi aux pholiotes des monts Otish.Quel menu pour ces deux mycophiles ! Derrière le scientifique se cachait aussi l’amateur d’art.Le peintre québécois René Richard a suivi le chercheur dans l’une de ses expéditions dans le Nord, au mont Torngat.Madeleine Rousseau se souvient aussi de l’expédition qu’elle a faite avec son mari à Sandy Lake dans l’extrême nord de l’Ontario pour chercher les dessins et tableaux de Norval Morrisseau, artiste ojibwé, à l’occasion d’une exposition qu’ils avaient organisée au Musée du Qué- QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1989 13 bec, en 1966.Ensemble, les Rousseau ont parcouru 2 000 kilomètres de chemin de fer, ont fait cinq heures d’autocar et une heure d’avion pour atteindre le bassin de la baie d’Hudson.Jacques Rousseau a décrit ainsi leur arrivée: «Le minuscule avion nous dépose devant le poste de traite, que des pistes de raquettes, d’étroits sentiers battus par l’auto-ski et la «tobagane» relient capricieusement aux maisons de bois rond, dispersées parmi les conifères alourdis de neige.Une demi-heure de marche et nous sommes chez Norval Morrisseau, entouré de ses cinq enfants et de sa jeune femme, Harriet.» C’est ensuite dans ces termes qu’il commente l’œuvre: «Tous ses sujets sont tirés de la faune réelle ou mythique; mais ils comptent à l’occasion des demi-dieux, des hommes-sirènes, des jongleurs inspirés, partiellement métamorphosés.Dépourvu de l’anthropomorphisme coutumier, il y voit une symbiose incessante des êtres vivants, des éléments et même des esprits.» Dans un émouvant hommage à Jacques Rousseau, Jean Malaurie cite des paroles que le chercheur québécois avait prononcées à un congrès international de la Fondation française d’études nordiques: «De la jeunesse, j’ai gardé bien peu de choses, mais j’en ai encore au moins épargné une: la faculté de m’émouvoir, de m’indigner et d’aimer.C’est peut-être là un de mes ultimes conseils.Pour comprendre les hommes, il faut les aimer.Je vous quitterai abruptement à la fin du jour; j’ai foi en l’avenir et, pour cela, je refuse de me coucher avant que la nuit ne soit réellement descendue.» Jacques Rousseau est mort subitement, à l’âge de 65 ans, à son chalet du lac Ouareau.Le botaniste a été foudroyé par une crise cardiaque, en plein soleil, parmi les fleurs.Pour en savoir davantage: ROUSSEAU, Jacques, «Le Nouveau-Québec.Contribution à l’étude de l’occupation humaine», coll.Bibliothèque arctique et antarctique 2, École pratique des Hautes Études (Sorbonne), p.29-94.La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?I I ifettc! 0 ^ Pour „ le chercheur, l’étudiant, l'universitaire.La Recherche cons- *10 est une revue internationale^! publiée en^B français.Ses articles^] sont écrits 1 par des cher-cheurs du monde entier Et lus dans e monde StllOSi faieii RECHERCHE .»« '«ails l'- Offre spéciale Je désire souscrire un abonnement d un an (il numéros) La Recherche au tarif de 39 dollars canadiens au lieu d 54,45 dollars (prix de vente au numéro).Un délai minimum de huit semaine interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numén L'abonné(e) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu nom adresse pays '«nid a retourner accompagne de votre paiement a DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité.H4N 1 S2 14 FÉVRIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE Actualité par l’Agence Science-Presse 1J1 n’existe au Québec aucun plan I d’ensemble préconisant le recours Là des techniques éprouvées d’éli-.nination des déchets biomédicaux.Un projet de politique est attendu ;et hiver, mais avant d’entreprendre il l’éliminer correctement ce type de r déchets, les hôpitaux du Québec devront apprendre à parler de la inême chose.«La plus grande difficulté provient en effet des différentes nterprétations que font les aôpitaux de ce qu’est un déchet jiomédical», explique M.Clément Veilleux, directeur des stratégies et politiques environnementales au ministère de l’Environnement du Québec.C’est pourquoi un groupe de fonctionnaires de ce ministère et de celui de la Santé et des Services sociaux a commencé la rédaction d’un projet de politique et de réglementation des déchets biomédicaux par un essai de définition.«C’est un exercice qui peut paraître simple, mais qui s’est avéré plus complexe que prévu», ajoute M.Veilleux.Évidemment, la principale distinction doit se faire entre les déchets infectieux et ceux qui ne le sont pas.L’appendice d’une personne saine, par exemple, ne risque pas de causer de dommages à l’environnement.Il en va autrement des vaccins ou des médicaments périmés, ou encore des produits antinéoplasiques qui servent au traitement du cancer et dont certains sont eux-mêmes cancérigènes.Les seringues, les scalpels, les éprouvettes ou les compresses souillées sont aussi classifiés selon qu’ils sont contaminés ou non.Les parties du corps humain — à l’exception du sang — ainsi que les fœtus font déjà l’objet d’une réglementation particulière.Des distinctions seront aussi faites pour les déchets des compagnies pharma- Les déchets biomédicaux HÔPITAL SAiNT- DRûME VILLE DE Buonpegiî m £2 1IM ceutiques, des établissements vétérinaires ou des laboratoires de recherche.La quantité de déchets biomédicaux qui requièrent un traitement particulier varie de 50 grammes à 7 kilogrammes par jour et par lit, car l’appréciation du risque n’est pas la même dans tous les hôpitaux.Certains ne séparent pas les déchets contaminés des déchets ordinaires, augmentant ainsi les besoins d’élimination contrôlée.D’autres se débarrassent sans précautions des déchets contaminés.Dans certains cas, c’est la pagaille: le manque de concertation est tel que des déchets contaminés, soigneusement emballés, sont déposés dans le corridor du bloc opératoire et.envoyés avec les déchets de cuisine dans une benne à ordures qui les écrase, faisant éclater les sacs et se répandre les liquides contaminés.D’autres cas font état de matériel piquant ou tranchant, jeté sans précautions avec les ordures ordinaires.Des chiffres du gouvernement fédéral permettent d’estimer à 6 000 tonnes la quantité de déchets biomédicaux jetés par les hôpitaux québécois chaque année.Mais, encore une fois, ce n’est qu’une approximation.Il existe de nombreuses méthodes pour éliminer ces déchets.La plus connue reste l’incinération à température contrôlée, mais elle est coûteuse et même dangereuse quand elle est mal pratiquée.Un autre procédé, américain, consiste à compacter puis à laver à l’eau de Javel les produits infectieux.L’autoclave est une autre méthode de désinfection reconnue.«Il s’agit donc, précise M.Veilleux, d’utiliser la méthode appropriée à chaque catégorie de déchets.Mais, avant cela, il faut apprendre à mieux définir le risque posé par chaque type de déchets et, ainsi, en arriver à réduire les quantités de ce qui est coûteux à éliminer.» Car, évidemment, la question sous-jacente est QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1989 15 Jacques Goldstyn r toujours la même: les coûts.Selon M.Veilleux, ceux-ci pourraient représenter un dixième d’un pour cent du budget annuel de l’établissement, soit quelques dizaines de milliers de dollars pour un hôpital moyen.Clément Veilleux estime que son groupe sera en mesure de déposer sous peu un projet de politique et de réglementation de l’élimination des déchets biomédicaux.Il ne s’agira pas d’une loi, mais plutôt d’une politique assortie de règlements que les établissements de santé publics et privés, les cliniques vétérinaires, les entreprises funéraires, les compagnies pharmaceutiques et les laboratoires de recherche devront respecter.Avec les B PC, les autres déchets toxiques et la pollution du fleuve, les déchets biomédicaux représentent une autre facette de la dégradation de notre environnement sur laquelle nos politiciens devront se pencher.Marc Ledoux BAGARRES DANS LES ESTRADES «Durant une compétition sportive, il y a toujours deux matchs: l’un se joue sur le terrain, l’autre dans les estrades.Si le premier a parfois une influence sur le second, il s’agit généralement de deux parties totalement différentes.» Telle est la conclusion de Michel Marois qui termine sa thèse de doctorat en science politique sur le phénomène de la violence dans les foules sportives.«La violence du sport et le nombre de spectateurs, poursuit M.Marois, n’ont pas de rapport direct avec la façon dont la foule réagit.Les bagarres résultent d’une interaction entre les partisans des équipes en présence, et même entre des factions partisanes d’une même équipe, souvent sans rapport avec ce qui se passe sur le terrain.» La violence des foules se manifeste surtout lors d’événements se rapportant au sport national.K iî) h Ainsi, les grandes bagarres surviennent souvent à la suite de peccadilles.En 1981, lors d’un match de soccer entre amateurs, à Lima, au Pérou, 600 spectateurs ont trouvé la mort dans l’affrontement qui a suivi une décision contestée de l’arbitre.En 1899, au Québec, la police a dû intervenir dans une partie de hockey pour sauver un arbitre du lynchage.C’est, le plus souvent, le sport national qui donne lieu aux plus graves affrontements.Au Québec, dans le hockey, on a de tels exemples à tous les niveaux de compétition — même lors de joutes d’enfants de 12 ans, comme on l’a déjà vu.D’autres sports sont touchés, telles la lutte et les courses de chevaux: de violentes émeutes ont eu lieu, dans le passé, à Blue Bonnets et à l’ancienne piste Richelieu, toutes deux à Montréal.La violence au soccer, en Angleterre, est toutefois un phénomène bien particulier.«Il s’agit là d’une véritable sous-culture, de dire Michel Marois.On croit que des gens irrationnels n’hésitent pas à provoquer, alors qu’ils ne sont que quelques-uns, des centaines de partisans de l’équipe adverse.En fait, un tel geste constitue une forme de valorisation reconnue à l’intérieur de cette sous-culture.» Selon M.Marois, on aurait tort d’associer les Hooligans à la classe défavorisée de certains quartiers ouvriers anglais.«Il n’y a pas plus de chômeurs ou de jeunes chez les Hooligans que dans la population en général; c’est pourquoi il faut se garder d’explications sociales ou politiques simplistes.» Même l’émeute qui a suivi la suspension de Maurice Richard par le président anglophone de la Ligue nationale de hockey, à la fin des années 50, était, selon M.Marois, beaucoup plus le résultat de l’état d’excitation de la foule à ce moment-là que la manifestation d’un conflit nationaliste.Pour contrôler les foules, les Britanniques sont en train de transformer leurs stades en forteresses, avec des cloisons de béton et des barbelés.Ah ! le merveilleux monde du sport! Michel Marsolais liiis JllSCl :E i Bill.ià J», mie ne SmIîi UNE TECHNIQUE RASSURANTE POUR LES CARDIAQUES «Docteur, vais-je m’en tirer?» interroge, anxieux, le cardiaque qui a été terrassé par une crise.À cette question, le médecin ne pouvait guère répondre, jusqu’à maintenant, que par des vagues «sans doute» ou «je crains que non».Il devait se fier à ses seuls jugement et expérience de clinicien, car aucun moyen objectif et vraiment sûr ne permettait d’évaluer l’espérance de vie des victimes d’infarctus.Mais une technique, à l’essai à l’Institut de cardiologie de Montréal, pourrait changer tout cela et permettre aux médecins soit de rassurer leurs patients, soit de savoir s’il est urgent de tout mettre en oeuvre pour les sauver.Cette technique est toute simple: sept à dix jours après la crise, le patient est appelé à faire des exercices sur un tapis roulant ou sur une bicyclette ergométrique.16 FÉVRIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE S:-' ' I I tllKlli™ On lui injecte alors du thallium.Cet élément radioactif est davantage absorbé par les régions saines du muscle cardiaque, que par celles qui fonctionnent mal; les zones mortes du cœur ne l’absorbent pas du tout.À l’aide d’une caméra spéciale, sensible aux rayons gamma, on photographie le cœur.’image en trois dimensions ainsi obtenue est interprétée à l’aide d’un ordinateur, pour révéler l’activité et la vitalité des différentes régions du cœur.B, 16 Jtte cm elfe KM [Vu U Image normale du muscle cardiaque produite à l’aide du cardiolite, un radioactif.«F 0 y J IC Ifp àljF jet# Cette photo «permet de savoir si le patient a beaucoup, peu ou pas de chances de s’en sortir», explique le Dr George Seller, de l’Université de Virginie, l’un des inventeurs de cette technique.«On peut donc établir quels patients ont absolument besoin de chirurgie pour s’en sortir.» Des essais cliniques ont démontré que les pronostics obtenus étaient valables au moins jusqu’à deux ou trois ans après le test initial.Afin d’améliorer cette technique, l’Institut de cardiologie fait l’évaluation d’un autre traceur radioactif, le cardiolite, récemment mis au point par la compagnie DuPont et l’Institut de cardiologie.Le cardiolite renferme du techni-cium, un élément synthétique dont les radiations peuvent être captées plus facilement (les photos obtenues sont meilleures), tout en étant moins dommageables pour le patient.Le cardiolite a aussi l’avantage de se fixer aux tissus du cœur de façon très stable; s’il est injecté au patient dès son entrée à l’hôpital, une photo prise le lendemain montrera le cœur tel qu’il était au moment de la crise.Le cardiolite permet enfin de voir comment le cœur répond aux traitements et d’adapter ceux-ci en conséquence.Cette technique est plus sûre et moins coûteuse que l’angiographie à laquelle on a eu recours jusqu’ici en cardiologie.Elle ne nécessite pas, comme cette dernière, d’intervention chirurgicale.Le thallium est déjà utilisé en clinique et le cardiolite pourra l’être, si les tests confirment sa valeur.Michel Groulx DES RECHERCHES QUI NE FONT PAS DE BRUIT Achevée en 1981, au coût de 70 000$, la chambre anéchoïque de l’École Polytechnique de Montréal est une des deux seules installations de ce genre au Québec.Construite à même le roc et indépendante de la structure de l’immeuble, cette salle, absolument sans écho, permet de réaliser des expériences en acoustique qui trouvent déjà des applications pratiques.Des essais se poursuivent notamment sur des écrans ajourés «déphaseurs».Conçus par le professeur Maurice Amram, ces écrans sont munis de fentes qui déphasent les ondes sonores, leur permettant presque de s’annuler mutuellement.Ces recherches pourraient améliorer l’efficacité des murs antibruit traditionnels qui réfléchissent les sons, sans toutefois les éliminer.«Le spectre sonore d’un réseau routier est cependant trop large pour que ce type d’écran soit efficace à 100%», explique Germain Ostiguy, professeur de La salle sans écho de l’École Polytechnique où des expériences sur les bruits sont réalisées.mécanique appliquée et concepteur de la chambre anéchoïque de l’École Polytechnique.Mais cette technologie peut être très performante pour éliminer les sons purs à basse fréquence, comme ceux émis par les transformateurs d’Hydro-Québec.» Le professeur Ostiguy travaille également à tester les propriétés acoustiques de différents engrenages.«Il est possible, explique-t-il, d’utiliser des engrenages de plastique dans des industries comme le textile, ce qui réduirait énormément le bruit dans les usines.» Des silencieux pour petits moteurs (comme ceux des tondeuses à gazon) sont aussi testés dans la chambre anéchoïque.Cependant, souligne le chercheur, la réduction des vibrations à la source reste le meilleur moyen de contrôler le bruit, dans le domaine de l’industrie.Orientées vers des applications industrielles, les recherches réalisées par l’École Polytechnique dans la chambre anéchoïque se heurtent toutefois à un manque de personnel qualifié.«Ça fait sept ans, déplore M.Ostiguy, que nous cherchons, sans succès, un docteur en acoustique pour poursuivre des travaux.Nous ne pouvons pas répondre aux demandes de l’industrie avec le personnel actuel.» Michel Marsolais QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1989 17 École Polytechnique PRODUIRE DU MAZOUT AVEC DE LA BOUE Au Centre technique des boues usées d’Environnement Canada, à Burlington, en Ontario, on produit du mazout un peu comme la Nature.mais en 30 minutes plutôt qu’en quelques millions d’années! Cela, tout simplement en cuisant les boues des stations de traitement des eaux usées.L’économie est double, car on évite ainsi les frais d’élimination de ces boues.Les boues d’épuration séchées sont introduites dans un four grâce à une vis sans fin.Au sein du réacteur, la température oscille entre 300 et 350 °C, ce qui rend la boue chimiquement très réactive.Une tuyauterie favorise la recirculation des vapeurs et leur transformation.Le système récupère de l’eau, des gaz non condensables et de l’huile.Ce mazout peut ensuite être transformé en pétrole et commercialisé.Les gaz non condensables et le charbon peuvent être réutilisés pour sécher les boues usées ou pour chauffer le réacteur.Près de 95% de l’énergie contenue dans la boue d’épuration est ainsi récupérée.Environnement Canada met actuellement en place une installation pilote à la station d’épuration des eaux d’Halifax, en Nouvelle-Ecosse.On compte ainsi traiter 20 tonnes de boues par jour.Selon les spécialistes d’Environnement Canada, on pourrait traiter 350 000 tonnes de boues par année, au pays.À 30$ le baril de mazout, les 700 000 barils produits annuellement permettraient une économie d’environ 20 millions de dollars.Le procédé présente un intérêt pour les municipalités à travers le monde, particulièrement en Europe où l’élimination coûte cher.Le Centre technique des eaux usées a breveté son réacteur et n’attend plus que l’entrée en fonction de son démonstrateur d’Halifax pour mousser sa publicité.A lan Mc Lean UNE STATION D’ÉPURATION MODÈLE La petite ville d’Orford, en Estrie, possède depuis avril dernier la station d’épuration la plus moderne au Canada.Conçue par l’ingénieure Alexandrea Kantardjieff, de la firme Teknika de Sherbrooke, elle servira de modèle aux futures stations de Sherbrooke et de Québec parce qu’elle incorpore deux innovations majeures.Après des étapes préliminaires de dégrillage et de décantation, qui permettent d’éliminer le papier et les phosphates, les eaux usées passent par un filtre de biocarbone.Employé pour la première fois au Canada, ce filtre est composé de schiste expansé, des petites pierres concassées de 3 à 6 mm sur lesquelles s’attachent des microorganismes qui digèrent les déchets.«Ce procédé, explique Mme Kantardjieff, nous fait sauter une étape, celle de la séparation de la boue et des micro-organismes, puisque ceux-ci demeurent attachés au schiste.» Quelques municipalités utilisent encore le chlore pour désinfecter l’effluent qui retourne à la nature.Or, au ministère de l’Environnement, on croit fortement que ce chlore réagit avec les matières organiques pour former des orga-nochlorés, ces molécules qu’on croit responsables de certains cancers.Mais, à Orford, on désinfecte aux ultraviolets, «un procédé efficace, sécuritaire et peu coûteux», soutient Mme Kantardjieff.En avril 1988, l’usine terminait sa période de rodage et entrait en fonction.On attend maintenant de voir comment elle réagira cet hiver à la «production organique» de 10 000 skieurs, soit cinq fois la population normale de la ville.Carole Brodeur JUS DE FRUIT : LA MODÉRATION A MEILLEUR GOÛT Ne donnez pas trop de jus de fruit à vos jeunes enfants, car cela peut provoquer des crampes d’estomac et de la diarrhée.Tel est le conseil du Dr Robert Issenman, de l’Université McMaster, à Hamilton.De plus, il souligne que le fait d’absorber trop de jus crée un déséquilibre en augmentant l’apport en hydrates de carbone (sucres).En fait les jus, même naturels, contiennent souvent autant de sucre que les boissons gazeuses.De plus, malgré leurs vertus, les jus ne peuvent pas remplacer le lait, fait remarquer le spécialiste.h à® fa[É ÉSS fai shtiî m "m lis 'Lui i m I,« I ‘ü: æ m m ''Jï! r: 'r: "Jiv ii’;: fr\ï % h % 'if: % % .18 FÉVRIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE Bourses Fernand-Segu Concours de journalisme scientifique Les bourses Fernand-Seguin de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences ont pour but de reconnaître les nouveaux talents qui émergent dans le domaine du journalisme scientifique non professionnel.-\v Pour participer à ce concours, les personnes intéressées doivent présenter un article portant sur un thème scientifique ou technologique et dont le contenu est vulgarisé.Le thème choisi peut relever aussi bien des sciences humaines que des sciences physiques ou des sciences de la nature.Admissibilité • Est admissible à ce concours toute personne qui réside au Québec et qui n'a jamais occupé d'emploi à temps plein dans un organe de presse, ni déjà tiré la majeure partie de ses revenus d'une activité de rédaction scientifique ou de journalisme à la pige.• Ne sont pas admissibles: les lauréats et les lauréates des concours précédents.Modalités de participation Le dossier soumis doit comprendre: • une description de l'ensemble de la recherche: lectures, entrevues et démarches préparatoires à la rédaction; • un article inédit de 5 à 10 feuillets, dactylographié à double interligne sur du papier blanc (215 mm sur 280 mm); • le curriculum vitae.Quatre copies du dossier devront parvenir à l'Acfas au plus tard le 10 mars 1989.Aucun dossier, ou pièce de dossier, ne sera retourné aux candidats et candidates.Critères d'évaluation Parmi les critères d'évaluation, on retiendra: • la qualité du français écrit; • le degré de vulgarisation; • le sens critique et l'esprit de synthèse; • la qualité de la recherche, la diversité des entrevues et de la documentation; • la portée sociale du sujet traité.Le jury tiendra compte de la polyvalence de la personne qui soumet un article, c'est-à-dire de son aptitude à traiter un sujet débordant du cadre de sa formation scolaire ou professionnelle.PVaoLo- eL^aUS Résultats • On attribue un maximum de trois bourses.• Les décisions du jury sont finales et sans appel.• L'Acfas annoncera le nom des récipiendaires à la fin d'avril 1989.Stage de formation Chacune des personnes gagnantes choisira, dans l'ordre de son classement, celui des organes de presse participants où elle désire effectuer un stage d'une durée de trois mois, aux dates de son choix.Pour cette période, une allocation de 4 000 $ lui sera versée.Les organes de presse participants pourront recevoir, sur présentation des pièces justificatives, un remboursement des frais d'encadrement des stagiaires pouvant aller jusqu'à 2 500 $.Envoyer le dossier à: Acfas 2730, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Montréal (Québec) H3T 1B7 Pour plus d'information, téléphoner au (514) 342-1411 Date de dépôt: 10 mars 1989 Ce concours est commandité par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science du Québec. Pollution domestique GARE AUX CHAMPIGNONS ! À force de vouloir protéger nos maisons contre des éléments extérieurs, nous risquons de les transformer en foyers qui abritent des êtres.pas très familiers.par Gilles PARENT Depuis quelques années, les Tremblay souffrent de problèmes d’allergies : inflammations, yeux rougis et autres sym-tômes semblables.La situation est pire pour les deux plus jeunes enfants.À la clinique d’allergie, on fait ce qu’on peut, mais.Un bon matin, le téléphone sonne.Une équipe de biologistes spécialisés dans l’analyse des polluants de l’air propose de venir échantillonner l’air intérieur de la résidence.Une fois sur place, ils font remarquer qu’une corde de bois de chauffage, entreposée au sous-sol, est vraisemblablement la cause du problème.En deux temps trois mouvements, la corde de bois se retrouve à l’extérieur et c’est la fin de tous les ennuis de santé de la famille.Pour reprendre une formule connue, l’histoire que vous venez de lire est vraie.Seuls les noms ont été changés pour protéger la réputation des victimes.Victimes de quoi, au juste?Des champignons microsco- piques ou, si vous préférez, la partie non visible des moisissures, dont on compte près de 80 000 espèces différentes.Les humidificateurs et les sous-sols humides, mal ventilés, constituent d’excellents milieux pour la prolifération des champignons.Les quelque 100 familles visitées par Paul Comtois et son équipe d’aérobiologistes de l’Université de Montréal en savent quelque chose.UNE QUESTION D’ÉTANCHÉITÉ Pourtant, cette situation existe depuis belle lurette.Pourquoi commence-t-on à s’en préoccuper maintenant?«Au cours des dernières années, explique M.Paul Comtois, les maisons sont devenues de plus en plus étanches.Le taux d’humidité y est plus élevé, ce qui favorise le développement des moisissures.En plus, les micro-organismes nuisibles demeurent davantage emprisonnés dans la maison.» Autre facteur important: nous passons jusqu’à 90% de notre temps à l’intérieur des maisons.L’air extérieur est également chargé de micro-organismes.Pensons seulement aux pollens responsables, entre autres, du rhume des foins.Les champignons microscopiques sont, quant à eux, présents partout dans la nature, mais le grand air les empêche d’affecter notre santé.Quand on analyse l’air intérieur, on remarque toujours la présence des mêmes champignons qu’à l’extérieur.Aucun problème jusque-là.Mais, si l’on retrouve d’autres souches, alors on peut se poser des questions, puisque cela signifie que les foyers de propagation sont à l’intérieur.La présence de spores de champignons dans l’air peut provoquer différents symptômes, qui varient, dans le cas des réactions allergiques, selon la sensibilité des individus.Ces symptômes sont, la plupart du temps, reliés à des dermatites ou à de l’asthme.À leur tour, les spores dégagent des mycotoxines qui peuvent causer N 20 FÉVRIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE ___ij K I tîlî Peiel ft' Chez les Bégin, de Saint-Louis-de-Pintendre, près de Québec, des vices de construction seraient à l’origine de la prolifération de moisissures dans leur maison.L'absence de pellicule imperméable goudronnée sur l’extérieur des fondations, de même qu’un drain périphérique défectueux, auraient créé une humidité excessive propice au développement de moisissures au sous-sol (en mortaise).QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1989 21 Michel Hamel toute une gamme de réactions allant des plus bénignes à celles qui sont fatales, en passant par des symptômes à ceux de la grippe, par l’inflammation des alvéoles pulmonaires, voire à des modifications irréversibles de la fonction pulmonaire.Les myco-toxines inhalées peuvent être transportées dans le sang et causer d’autres types de dommage.Par exemple, Y Aspergillus fumigatus et le Tricho-derma viride émettent de la glio-toxine, laquelle a un puissant effet immunosuppresseur.Dans le cas de l’hôpital Saint-François-d’Assise, à Québec, on soupçonne sérieusement le Stachybotrys atra d’avoir affecté la santé des employés en causant, entre autres, un syndrome de fatigue extrême.DES MAISONS CONTAMINÉES?Nos maisons sont-elles pour autant devenues des endroits dangereux?Pas vraiment.David Miller, d’Agri-culture Canada, a été l’un des premiers à se pencher sur les risques pour la santé humaine causés par des champignons en milieu résidentiel.En 1986, il a procédé avec son équipe à des analyses minutieuses de 47 sortes de moisissures dans l’air d’une cinquantaine de maisons à travers le Canada.«Il est vrai, précise-t-il, que les spores du Stachybotrys atra peuvent émettre de très puissantes toxines.Mais nous n’en avons trouvées que dans une seule des 50 maisons étudiées.» Dans deux autres résidences du groupe étudié, on a décelé de Y Aspergillus fumigatus, une autre souche considérée comme potentiellement très toxique.Même si une faible présence d’un champignon toxique ne veut pas nécessairement dire qu’il y aura émission de mycotoxines, le Dr Miller recommande de ne pas courir de risques.Dans une publication scientifique récente, il affirme que la présence d’un champignon comme le Stachybotrys atra est inacceptable dans l’air intérieur des maisons.Une famille de Chicago aurait certainement pu profiter d’un tel con- LES POLLUANTS MICROBIOLOGIQUES Plusieurs types de micro-organismes circulent dans l’air intérieur des bâtiments.En fait, la circulation y est pas mal plus dense qu’on ne le croit.Ici, c’est un acarien, petite bestiole à peine visible à l’œil nu et qui ressemble vaguement à une araignée.Là, c’est une moisissure sur une orange oubliée sur le comptoir de la cuisine.Plus loin, dans le système de ventilation, ce sont des bactéries qui se promènent.À travers tout ça, il y a le Pénicillium, en plus du Cladospo-rium et Aureobasidium, champignons microscopiques dont les noms rappellent les personnages d’Astérix.Tout un trafic ! Pour s’y retrouver, prenons une à une ces petites bestioles.D’abord les bactéries.On sait qu’elles peuvent se promener dans l’air après qu’une personne a toussé ou éternué.Mais les bactéries peuvent aussi être transportées par l’eau, se multiplier et changer de véhicule pour se disséminer ensuite dans l’air des maisons.C’est ainsi que l’on expliquerait la fièvre des humidificateurs.Chez certaines personnes dont le système immunitaire est affaibli, les bactéries peuvent provoquer des pneumonies.Justement, la Legionella adore l’eau chaude chargée de matière organique.Des études épidémiologiques pointent du doigt cette bactérie comme cause de 10% à 15% des cas de pneumonie dans les hôpitaux.La Legionella peut donner simplement des symptômes comme ceux de la grippe, mais elle peut aussi causer des pneumonies fatales.Quant aux virus, ils ne peuvent se multiplier que chez leur hôte.De plus, les virus humains sont presque totalement spécifiques aux humains.Il est donc peu probable qu’ils jouent un rôle important dans les problèmes de qualité de l’air dans les édifices.Les acariens sont souvent ignorés comme organismes allergisants, même si l’un d’entre eux est un antigène qui vient au second rang des causes d’asthme bronchique allergique.Ces insectes microscopiques aiment bien la poussière surtout si elle est humide.Les acariens semblent faire bon ménage avec l’humidité et les moisissures.Les fameux champignons, eux, font partie du règne végétal, mais contrairement aux plantes, ils sont dépourvus de chlorophylle.Ils se con- tentent souvent de décomposer la matière organique, ce qui leur vaut le nom évocateur de saprophytes.Les champignons charnus, comme ceux que l’on mange ou que l’on rencontre aux champs, ne sont en fait que l’organe reproducteur d’une thalle, l’appareil végétatif de l’ensemble.Quand on soulève un tel champignon, on retrouve inévitablement une moisissure sous sa tige.Sous le chapeau du champignon, il y a des lamelles d’où partent de grandes quantités de spores qui vont coloniser d’autres milieux.Dans le cas des champignons microscropiques, l’appareil reproducteur s’appelle conidie.Supposons qu’une spore soit émise à partir des conidies et qu’elle rencontre une belle orange un peu trop mûre qui traîne sur un comptoir.Elle s’y établit et, rapidement, une partie filamenteuse se développe : le mycélium.Le tout est toujours invisible à l’œil nu, mais un ensemble de mycéliums devient une thalle enfin visible.C’est à partir de cette étape que l’on parle de moisissure.La couleur de base est blanche ou jaunâtre, mais les spores peuvent Une moisissure de type Aspergillus.Les moisissures profitent de l’ombre et du calme de la maison pour coloniser les lieux et les choses.aussi donner une autre coloration, comme le vert.Ce sont surtout ces spores qui, émises en grandes quantités dans l’air, peuvent être à l’origine de certains problèmes de santé.Irai Eu ifc Û\ i :r ; .: I s, F 22 FÉVRIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE L 'analyse de l’air intérieur commence dans cet appareil volumétrique qui recueille les échantillons d’air (à gauche).L’aérobiologiste procède ensuite à leur analyse microbiologique en laboratoire.Cet examen peut démontrer la présence de spores de champignons (à droite) comme celles que l’on voit, en blanc, sur la lame microscopique.seil.Pendant des années, les membres U, ; de cette famille ont souffert de maux de tête et de gorge, de fatigue, de ii i diarrhée et de dermatites.Des spores ; de Stachybotrys atra ont été découvertes dans une conduite d’air froid, non isolée, et dans des carreaux de plafond humide.Un nettoyage en règle de la maison, pour en retirer toute trace de champignon, a fait disparaître les symptômes.Il s’agit d’un des rares cas documentés de .i contamination par mycotoxines.Par ailleurs, même si un comité se penche sur la question, au niveau fédéral, il n’y a aucune norme à l’heure actuelle quant à la quantité de colonies de champignons tolérable dans l’air intérieur.Aux États-Unis, il est question de fixer le seuil à 500 ou 1 000 colonies par mètre cube d’air.Le Dr Miller suggère plutôt de faire varier la norme entre 50 et 300 colonies selon la diversité et la toxicité des souches, sans oublier la norme 0 pour le fameux Stachybotrys atra.LES AÉROBIOLOGISTES À L’ŒUVRE Bref, certains champignons peuvent être très toxiques.Heureusement, il ne faut pas s’attendre à en trouver dans chaque maison.L’équipe de Paul Comtois en a toutefois découverts dans quelques édifices à bureaux de Montréal.Si on trouve de tels champignons, il est nécessaire de les éliminer au plus tôt.Voilà qui solutionne une partie du problème.Mais il n’y a pas que les problèmes de forte toxicité.Il y a aussi la sensibilité de l’individu et les problèmes d’allergie.Ici, l’intervention des aérobiologistes arrive à point.On procède à des tests en clinique, pour les 6 espèces de moisissures les plus communes — mais pas pour les 79 994 autres ! Il devient alors tout à fait pertinent de se rendre sur place pour la poursuite de l’enquête, surtout si les malaises des occupants disparaissent lorsqu’ils quittent leur maison.Les recherches du groupe de l’Université de Montréal n’ont pas permis d’établir de liens de cause à effet incriminant les moisissures, mais elles indiquent une corrélation entre le nombre de moisissures et les symptômes d’allergie.Le seul moyen d’en savoir plus est de procéder à un nettoyage en règle, d’éliminer les milieux favorables au développement des moisissures et de vérifier si les symptômes disparaissent, ce qui s’est déjà produit dans bon nombre de cas.Il faut aussi tenir compte de la quantité de spores en circulation.« Aucun des membres de mon équipe, explique Paul Comtois, n’est allergique à quoi que ce soit.Mais, lorsqu’on retrouve dans l’air intérieur de 12 000 à 15 000 colonies par mètre cube, alors que la moyenne est de 100 ou 200, plusieurs d’entre eux attrapent de sérieux maux de tête.Il n’est pas étonnant que les gens qui vivent dans de telles conditions soient malades.» ATTENTION AUX VIEILLES MAISONS! Les recherches de Paul Comtois indiquent également une corrélation entre le nombre de moisissures présentes dans l’air intérieur et l’âge des maisons.Il semble que les pires cas soient les vieilles maisons sur lesquelles ont été effectués des travaux d’isolation et qui ont été rendues plus étanches.La meilleure conjoncture, pour créer des problèmes de santé, est d’avoir une zone humide où se développent les champignons et une zone adjacente plus sèche qui favorise le déplacement des spores.Les endroits à surveiller sont les systèmes de chauffage-climatisation à air pulsé, les climatiseurs, les filtres QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1989 23 LES MYSTÈRES DE SAINT-FRANÇOIS-D'ASSISE WwSffîî S1 •l'miiiiin 11 i > .j| Mk'M •wm i ni »' Rarement, un cas de pollution intérieure n’aura fait parler autant que celui de l’hôpital Saint-François-d’Assise, à Québec.Depuis 8 ans, plus de 150 membres du personnel de l’hôpital se plaignent de différents problèmes de santé, surtout de fatigue extrême.Tantôt, on a cru avoir affaire au virus d’Epstein-Barr, associé à la mononucléose, ou au cyto-mégalo-virus (CMV), mais jamais ces deux virus pathogènes n’ont pu expliquer l’ensemble des cas.Pas plus que d’autres hypothèses, plus ou moins sérieuses, comme le fait que les employés n’aient pas une bonne alimentation ou qu’ils souffrent de problèmes psychologiques.De son côté, le syndicat CSN a soulevé l’hypothèse d’un problème de contamination du système de ventilation.Le dossier s’est vite transformé en saga patronale-syndicale.Aucune étude épidémiologique n’est venue faire la lumière sur cette situation.Les parties patronale et syndicale, de même que le Département de santé communautaire (DSC) de Saint-Sacrement, dont relève l’hôpital, n’ont tout simplement pas voulu s’engager dans cette voie ou n’ont pu s’entendre sur la façon de procéder.C’est dans ce contexte que le Dr Pierre Auger, du DSC du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), a rencontré, au fil des ans, des employés souffrant de ce qui était devenu le «syndrome Saint-François-d’Assise».Associé à la partie syndicale, le Dr Auger a poursuivi ses recherches et précisé l’hypothèse du système de ventilation, en pointant du doigt un champignon toxique.En 1982, incapables d’obtenir la collaboration de l’administration de l’hôpital Saint-François-d’Assise pour faire valider cette hypothèse, des représentants syndicaux prennent clandestinement des échantillons de moisissures et les font analyser par le Laboratoire de biotechnologie de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Le rapport des mycologues indique la présence de Stachybotrys atra.L’administration refuse de reconnaître la valeur de ce test.Quelques mois plus tard, l’Institut de recherches en santé et sécurité du travail (1RSST) entreprend un programme de recherche pour vérifier l’efficacité de différentes méthodes de décontamination des systèmes de ventilation.En guise d’avant-projet, le chercheur Jacques Lavoie croit utile de prélever des échantillons des moisissures à différents endroits.Rédigé avec l’aide de la mycologue Sophie Pineau, du Groupe de recherches aérobiologiques de l’Université de Montréal, le rapport de l’avant-projet de 1TRSST est rendu public en novembre 1988 et donne raison aux théories du Dr Auger et de la partie syndicale.Au niveau de l’air ambiant, on pointe du doigt la salle des soins intensifs de la pouponnière, où l’on retrouve plus de 1 000 colonies de Pénicillium chrysoge-num par mètre cube, une concentration qui peut constituer un risque pour les occupants des lieux, d’après les auteurs du rapport.Au niveau des systèmes de ventilation, on retrouve le Stachybotrys atra à au moins cinq endroits différents.Toujours selon les auteurs du rapport, ce champignon peut, selon les souches, produire de la trichothecène, une puissante toxine considérée comme mortelle chez les animaux et qui peut aussi affecter la santé des humains.D’autres espèces potentiellement toxiques sont aussi présentes dans le système de ventilation.La situation n’est guère différente du côté des échantillons de surface.Sur les 34 frottis recueillis, 12 lieux de prélèvement contiennent des moisissures élaborant diverses mycotoxines.Pourquoi y a-t-il plus de moisissures à Saint-François-d’Assise qu’ailleurs?Principalement parce que, dans l’un des bâtiments, des infiltrations d’eau non corrigées pendant des années ont créé de nombreux foyers de propagation des moisissures.Ajoutez à cela un toit qui coule et un système de ventilation qui n’a jamais fait l’objet d’un nettoyage en règle et voilà réunis des éléments favorables à la multiplication des polluants microbiologiques.Malgré les conclusions du rapport de recherche de 1TRSST, la direction de l’hôpital ne reconnaît que du bout des lèvres le risque associé à la présence de champignons.Des représentants de l’administration ont même affirmé qu’il ne fallait pas s’inquiéter puisqu’il y avait davantage de spores dans l’air de nos campagnes! Cette affirmation ne tient pas compte des règles les plus élémentaires de la mycologie, en ne considérant pas la toxicité des différentes espèces de spores.Bien sûr, aucun lien n’a encore été établi entre la présence des champignons et les problèmes de santé des employés.Il serait d’ailleurs étonnant que l’on ait trouvé de tels liens, puisqu’on n’en a jamais cherché ! En effet, même si le problème perdure depuis des années, aucune étude épidémiologique n’a encore été entreprise.Un peu avant la réalisation de l’avant-projet de l’IRSST, le ministère de la Santé et des Services sociaux s’est préoccupé davantage du dossier et a entrepris le déblocage de fonds importants pour la décontamination de l’hôpital.La facture risque d’être élevée: environ cinq millions de dollars.Le dossier Saint-François-d’Assise n’est pas clos pour autant.Il faut voir maintenant si les travaux de décontamination, entre autres du système de ventilation, seront effectués à la satisfaction de toutes les parties.Aurait-il mieux valu utiliser les deniers publics pour prévenir cette situation au lieu d’attendre si longtemps?Voilà une des nombreuses questions qui demeurent sans réponse.Tout comme le lien précis entre la présence de champignons et la santé des employés, c’est l’un des nombreux mystères de Saint-François-d’Assise.Michel Hamel f i d’humidificateurs, les carreaux inso-¦ norisants, etc.On a même retrouvé des moisissures à l’intérieur des murs, j Et il ne faut pas oublier la fameuse ! 1 corde de bois du sous-sol qui constitue, selon Paul Comtois, un risque évident de contamination.Alors, faut-il éliminer complètement les moisissures?Pas question.! Celles-ci sont essentielles à la décomposition de la matière organique.ISans elles, les feuilles mortes de l’automne ne deviendraient pas un .humus régénérateur, quelques sai-ji sons plus tard.En fait, pas de moi-jlsissures, pas d’agriculture! Pas de ï« biotechnologie, non plus.Les moi-: sissures ont en effet la capacité de coloniser plusieurs milieux et sont de véritables usines de transformation .des produits chimiques.Le seul pro-^j.ii blême, c’est que, parfois, ces micro-lài i usines se mettent à polluer elles itt ?aussi ! Mais cette pollution, contrairement à celle des usines pleine grandeur, peut être facilement contrôlée.«Les gens sont tous prêts à collaborer et à adopter des mesures simples, comme changer de tapis, nettoyer l’humidificateur ou tout simplement ventiler certains espaces», note Paul Comtois.En somme, s’il est parfois complexe de décontaminer des édifices commerciaux qui abritent des champignons toxiques, les solutions aux problèmes d’allergie causés par la pollution microbiologique intérieure en milieu résidentiel tient à peu de choses.Il faudra donc se résoudre à faire la différence entre les bonnes et les mauvaises moisissures, à éliminer les indésirables et à conserver les autres.D’ailleurs, en effectuant tous ces travaux de nettoyage, si la faim vous tenaille et que vous décidez de prendre une pause, servez-vous donc une bonne tranche de roquefort.Son goût unique est dû à une moisissure: Pénicillium roqueforti.Bon appétit ! ?Pour en savoir davantage: Santé et Bien-être social Canada, Groupe de travail sur les champignons dans l’air des maisons, supplément spécial à la revue canadienne de santé publique, vol.78, n° 2, 1987, 32 pages.CANMET Centre canadien de la technologie des minéraux et de l’énergie PROGRAMME DE CONVERSION DE L’ÉNERGIE Dans le cadre de son Programme de conversion de l’énergie, CANMET lance des appels d’offres pour l’exécution de travaux de recherche et de développement à frais partagés.Le Programme promeut le développement de techniques permettant l’utilisation efficace des combustibles fossiles au Canada.Les sociétés intéressées à participer à des projets conjoints avec CANMET, dans les domaines spécialisés de recherche et développement portant sur le traitement des combustibles, sont invitées à faire des soumissions.CANMET dispose d’un personnel hautement spécialisé et d’installations modernes aptes à répondre aux besoins des industries canadiennes.Le Programme de conversion de l’énergie vise, entre autres, à promouvoir le développement d’installations de recherche dans le secteur privé au Canada.Les soumissions seront étudiées à la lumière de plusieurs disciplines dont la conversion et l’utilisation du charbon, la récupération et la valorisation du bitume et du pétrole lourd, le développement de catalyseurs, l’enrichissement des distillais et la conversion au gaz naturel.La participation du gouvernement fédéral pourrait atteindre 50 % du coût des soumissions acceptées.Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à l’adresse suivante : Bureau de développement commercial Laboratoires de recherche sur l’énergie CANMET 555, rue Booth OTTAWA (Ontario) K1A0G1 (613)995-1493 ¦ * ¦ Énergie.Mines et Energy.Mines and | O cV Ressources Canada Resources Canada V_yCXl IdvId L'Hon.Marcel Masse.Mon.Marcel Masse, Ministre Minister QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1989 25 U nui mnmuK PLEINS FEUX SUR LES EXPORTATIONS Pour augmenter les exportations d’électricité aux États-Unis, Hydro-Québec doit améliorer son réseau hydroélectrique.Au bout du compte, ces ventes sont-elles vraiment rentables?par Raynald PEPIN question des exportations d’électricité soulève les passions.Non seulement est-elle hautement teintée de partisanerie politique, mais elle touche aussi les conceptions des Québécois sur l’environnement, ainsi que sur le Québec et son développement économique.Le bilan objectif et complet des exportations reste à faire; ce n’est pas le but de cet article, qui s’intéressera à des questions plus concrètes.Pourquoi vendre de l’électricité à l’extérieur, alors qu’on en manque parfois au Québec?Comment se fait-il que les Américains paient parfois «notre» électricité moins cher que nous?Hydro-Québec exporte de l’électricité depuis longtemps, mais le mouvement s’est accéléré depuis le début des années 80.Les installations du complexe La Grande sont alors entrées en service et, à cause du ralentissement économique, la demande a crû beaucoup plus lentement que ne l’avaient prévu et espéré Hydro-Québec et les constructeurs du barrage.La société d’État s’est retrouvée avec d’importants surplus.«Cette situation n’est pas particulière au Québec, avance Jacques Guevremont, vice-président exécutif, responsable des marchés externes à la société d’État.Après la crise du pétrole, toutes les compagnies d’électricité ont trop construit.» Résultat: tout le monde s’est retrouvé avec des capacités de production dépassant la demande.Puisque les autres ont aussi des surplus, comment Hydro-Québec peut-elle alors exporter?À cause de ses coûts de production.«Nous avons un avantage, affirme M.Guevremont.Une fois les immobilisations faites, produire de l’électricité à partir de l’eau coûte beaucoup moins cher que la produire au moyen de centrales thermiques utilisant du charbon ou du pétrole.(Le coût marginal de l’électricité produite par une centrale hydroélectrique est inférieur à 0,l
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