Québec science, 1 janvier 1995, Juillet-Août
uel Moustiques et sida : la vérité lllilllii! )MI3 BNQ lence Volume 33, numéro 10 Juillet-août 1995,3,45 S Comment naissent les grandes énigmes .'île de Pâques .a grande pyramide Vrf S'! es ovnis •*'«r es pistes de Nazca I .e triangle des Bermudes .'Atlantide e monstre du Loch Ness if* r * ^ '.JL ‘1 ¦ f s .i ?j i0 S Girl l3l («TTnm v.773333019949 Billet Oblitéré Pour rappeler l’entrée de la civilisation dans l’ère nucléaire, les autorités américaines ont annoncé l’émission, cet été, d’un timbre-poste commémorant l’explosion de la première bombe atomique à Alamogordo, Nouveau-Mexique, le 16 juillet 1946.LA bombe est donc devenue un objet de fierté nationale.Et, pour ajouter au cynisme, le timbre sera accompagné d’un texte spécifiant que son invention a apporté la paix dans le monde, ce qui est pour le moins discutable.Certes, il ne faut pas nier un fait d’histoire, aussi cruel soit-il.Mais cette initiative philatélique a toutes les caractéristiques d’une œuvre de propagande, car elle occulte tout le drame humain derrière le véritable événement, soit l’anéantissement des villes d’Hiroshima et de Nagasaki.Le sinistre anniversaire aurait pu être une occasion de méditer plus sobrement sur le pouvoir de la science.Mais ce ne sont pas tous les scientifiques qui aiment rendre des comptes.Surtout pas devant l’opinion publique.« Laissez-moi donc tranquille avec vos scrupules; cette bombe n’est-elle pas de la belle physique ?», avait répliqué Enrico Fermi, un des maîtres d’œuvre de la fameuse bombe, à des chercheurs s’inquiétant de la puissance de feu qu’elle représentait.Absous par la raison d’État, les scientifiques de l’atome ont, tout au long de la guerre froide et de la course aux armements, poursuivi leurs travaux à huis clos malgré les critiques des groupes de citoyens sur la collusion entre la science et les intérêts militaires.La dynamique de recherche instaurée au moment du développement de la bombe atomique s’est donc simplement perpétuée, sans obstacles financiers ni politiques, et encore moins moraux.Si, avec la fin de la rivalité entre les superpuissances, les pacifistes sont devenus silencieux, le phénomène de collusion entre la science et les intérêts militaires, lui, n’a pourtant pas disparu.Bien au contraire.Derrière des portes closes, on continue de concevoir de nouvelles armes, plus efficaces et plus meurtrières.La dernière en liste est un fusil à rayon laser, tel qu’on en a vu dans les films de SF, qui rend aveugle le soldat ennemi.À l’instar de la bombe A qui bénéficie actuellement d’une véritable apologie, ces nouveaux engins passeront-ils donc comme autant de lettres à la poste ?Il y a fort à craindre que oui.Malheureusement pour la science et pour les victimes des prochains Hiroshima.Raymond Lemieux Actualités 5 Santé Les moustiques transmettent-ils le sida ?Parce qu’ils nous prennent du sang, les maringouins sont parfois soupçonnés de transmettre le virus du sida.Ce qui est impossible.Voici pourquoi.par Martine Turenne 6 Toxicomanie Pilule de sobriété : il y a un hic ! Un médicament qui semble efficace contre l’alcoolisme tarde à être homologué par Ottawa.par Stéphan Dussault 7 Énergie Les vents de la mer 8 Spécial Congrès de l'Acfas Le congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences constitue la plus importante rencontre savante québécoise.Cette année, 3 000 personnes y ont participé.Quebec Science était là.Environnement : La productivité marine affectée par les UVB Santé mentale : Les hommes et les ados d'abord Génie : Un aluminium de meilleure qualité Entomologie : Les insectes contaminés par le mercure Soins infirmiers : Le choc culturel Géographie : Un atlas québécois sur la planche 14 Chronique Internet Les régions : un tiers-monde télématique par Jean-Hugues Roy 16 Une entreprise privée américaine réalisera, aux îles-de-la-Ma-deleine, un rêve qu’Hydro-Qué-bec avait abandonné : produire de l’électricité à l’aide du vent.par Benoît Chapdelaine Nouvelles brèves par Pedro Rodrigue À l'agenda Chroniques 42 La dimension cachée Il y a du génie dans votre bicyclette Comment un cycliste parvient-il à demeurer en équilibre ?par Raynald Pepin 44 Histoires de science Théano, Aspasie, Hypatie et les autres.Les mathématiques se conjuguent aussi au féminin.par Danielle Ouellet 46 Livres Une collection remarquable L'écologie révisée 47 Entrevue avec Joël de Rosnay L'homme symbiotique par Félix Légaré 2 Québec Science / Juillet-août 1995 'fjfel iLestW® id ilium ds I Un pont de Normandie à Sorel ?Une nouvelle génération de ponts permettra de relier par route des îles, des rivages que l’on croyait séparés à jamais.C’est le cas du très beau pont de Normandie inauguré l’an passé.On rêve d’en construire un encore plus spectaculaire entre Tracy et Berthier-ville, au Québec.par Claire Gagnon esinsKt0| eiwMîi : :te cto 1 iitias I plaociiî I idiet untie15, latine Montréal, rîle aux trésors Sous l’asphalte de Montréal dorment des vestiges qui peuvent nous en apprendre beaucoup sur les débuts de la colonie et la vie quotidienne dans les premiers faubourgs de la métropole.par Michel Groutc • - - » cf V‘ TT 'Tïï'" - ra Di ill .’lïïi t fi -O ep fî- ff>.n V 30 Ulysses : gros plan sur le Soleil La sonde spatiale Ulysses arrive au pôle Nord du Soleil.De nouvelles révélations sur la vie de notre étoile sont attendues.par Claude Lafleur Comment naissent les grandes énigmes Les récits entourant l’île de Pâques, les ovnis, la grande pyramide, l’Atlantide ont, certes, de quoi fasciner.Mais quand l’imagination des explorateurs ou de certains pseudo-scientifiques s’emballe, elle éclipse l’explication la moins farfelue et la plus sensée des choses.Quand on parle des pyramides, par exemple, on aime mieux attribuer leur réalisation aux ingénieurs extraterrestres qu’aux esclaves de l’Égypte ancienne.C’est ainsi que l’on fabrique de fausses énigmes.par Claude Forand, Félix Légaré et Claude Mardi 18 île de Pâques 300 ans de solitude 19 Soucoupes volantes L'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ovni Photos d'ovnis : faites-les vous-même ! 21 Triangle des Bermudes La mer à boire 22 Loch Ness Le ver l'a mangé 23 Le mystère de la grande pyramide 5 000 ans d'histoires 24 Atlantide La légende engloutie 25 Pistes de Nazca Trop belles pour être vraies ?Des chiffres r U et des jeux périmentez le potentiel ludique s chiffres r JeanMarie Labrie Québec Science/Juillet-août 1995 Vaccins : précisions À la suite de l’article de Pierre Sormany sur la vaccination de mai 1995, il nous apparaît souhaitable de faire les rectifications et précisions suivantes.Le rapport de l’Institute of Medecine précise que le vaccin contre la coqueluche peut causer des encéphalopathies aiguës qui se manifestent principalement par des convulsions et qui ne laissent pas de séquelles, mais il conclut qu'il ne peut établir cette relation pour les encéphalopathies chroniques, c’est-à-dire les problèmes neurologiques permanents.Contrairement à ce qui est dit dans l’article, tout problème de santé survenant après une vaccination est inscrit au fichier de surveillance.Cependant, tous ces problèmes ne sont pas considérés d’emblée comme des « effets secondaires » de la vaccination puisqu’un grand nombre d’entre eux seraient survenus même en l’absence de vaccination.Avant que l’étiquette « effet secondaire » soit accolée à un problème de santé, il faut qu’une relation de cause à effet soit démontrée par d’autres études.L’efficacité du vaccin contre la coqueluche telle que mesurée au Québec varie de 56 % à 71 % et non de 0 % à 50 %.Enfin, bien que l’amélioration de l’hygiène contribue constamment à la diminution des maladies infectieuses, c’est essentiellement grâce à la vaccination qu’il a été possible d’éradiquer la variole.La vaccination a été faite de façon large et rapide autour de chaque cas rapporté et a été accompagnée de mesures de quarantaine qui empêchaient aussi la propagation.Il serait illusoire de croire que c’est l’amélioration des conditions socio-sanitaires de l’Afrique des années 70 qui a permis d’éliminer cette maladie.Parlez-en à ceux qui étaient en Afrique à cette époque et vous verrez que les conditions socio-sanitaires de la Somalie où le dernier cas de variole a été signalé n’étaient pas propices à l’élimination spontanée des maladies.Gaston de Serres, M.D.et l’équipe de prévention des maladies infectieuses Centre de santé publique de Québec Une association fructueuse Une activité réalisée par une équipe de chercheurs d’Hydro-Québec a été sélectionnée par Québec Sciences comme l’une des 10 découvertes marquantes de l’année 1994 (« Une arme de plus pour les limiers verts », février 1995).Nous voulons remercier la revue pour cet honneur qui échoit à l’équipe de chercheurs engagés dans ce projet et à Hydro-Québec par son institut de recherche.Nous aimerions apporter la précision suivante.Nous désirons mentionner que le chercheur de cette institution et du CNRS associé au projet, Jean Chevalet est le directeur de recherche à l’origine du concept qui est présentement développé par l’équipe à l’IREQ dans le cadre de notre association avec l’Université Pierre et Marie Curie, en France.Gilles Y.Champagne et Guy Bélanger IREQ Isocyanates suspects Dans votre article « Quand le travail provoque l’asthme » (avril 95), vous mentionnez à la dernière ligne que le quart des cas d’asthme professionnel sont dus aux vapeurs d’isocyanates.Je travaille depuis plus de cinq ans dans la fabrication de mousses méthanes où nous employons des isocyanates.Pourriez-vous m’indiquer vos références quant à cette affirmation ?Denis Grégoire Saint-Charles de Drummond Les statistiques présentées dans l’article proviennent de l’Institut de recherche en santé et sécurité au travail, (514) 288-1551.Bravo pour l'audace ! J’ai été surprise de voir le titre de votre numéro d’avril 1995 qui semblait vouloir remettre en question les origines de l’homme et j’ai apprécié les points apportés dans l’article.La théorie de l’évolution est tellement acceptée comme étant une vérité absolue (demandez aux gens de la rue et vous verrez !) même chez la grande majorité des scientifiques, qu’il est audacieux de la remettre en question.(.) Merci infiniment ! Isabelle Robitaille Sainte-Foy Donnez-nous vos commentaires ! Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514) 843-4897.Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 Adresse électronique courrier@quebecsdence.qc.ca nce Québec CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L2M7 courrier@quebecscience.qc.ca DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Joan Laçasse RÉDACTION Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Adjoint à la rédaction : Normand Grondin Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Carpentier, Jean-Marc Fleury, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Gilles Parent, Sarah Perreault, Pierre Sormany, René Vézina Collaborateurs : Benoît Chapdelaine, Gilles Drouin, Stéphan Dussault, Claude Forand, Claire Gagnon, Michel Groulx, Isabelle Hachey, Jean-Marie Labrie, Claude Lafleur, Félix Légaré, Claude Marcil, Danielle Ouellet, Raynald Pepin, Pedro Rodrigue, Jean-Hugues Roy et Martine Turenne.Page couverture : Schuster / Publiphoto Illustrations : Pierre-Paul Pariseau Correction : Natalie Boulanger PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Recherche iconographique : Joan Laçasse Séparation de couleurs, pelliculage électronique : Film-O-Progrès Impression : Interweb COMMERCIALISATION Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) Au Canada lan (10 numéros) 34,19$ 2 ans (20 numéros) 59,03 $ 3 ans (30 numéros) 82,05$ À l'unité 3,93 $ Groupe (10 ex./même adresse) 30,77$ À l'étranger 43.00 $ 75.00 $ 105,00$ 4,50$ Non disponible Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSE Téléphone : (418) 657-4391 PUBLICITÉ Communications Publi-Services inc.1, rue Forget, Saint-Sauveur (Québec) JOR IRQ Géraldine Richard, Jean Thibault Tél.: (514) 227-8414 Téléc.: (514) 227-8995 RÉDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Troisième trimestre 1995, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans Y Index des périodiques canadiens.© Copyright 1995 - La Revue Québec Science Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l’aide financière du ministère de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie (Programme Revues de vulgarisation scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) ES Gouvernement du Québec Ministère de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie 1+1 Industrie Canada Industry Canada Membre de The Audit Bureau CPPA >6 Québec Science est produit sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : (418) 627-8882 4 Québec Science/Juillet-août 1995 Actualités Santé Les moustiques peuvent-ils transmettre le sida ?Non, répondent les entomologistes.À moins, peut-être, d'être piqué coup sur coup par 10 millions de moustiques porteurs du VIH ! n sait depuis longtemps que des insectes piqueurs peuvent transmettre certaines maladies virales aux animaux ou aux humains.Dans les pays tropicaux, la malaria fait encore de sérieux ravages et, chez nous, on a recensé quelques cas d’encéphalites, notamment à la fin des années 70.Des chevaux et des chiens en sont morts, quelques personnes en ont été incommodées.Alors, si des moustiques peuvent transmettre de telles maladies, pourquoi pas le sida ?La question s’est rapidement posée au début des années 80, alors que les scientifiques tentaient de cerner avec précision les différents vecteurs de la maladie.« On a alors sérieusement pensé que les moustiques pouvaient transmettre le virus », dit l’entomologiste Jean-Pierre Bourassa, président fondateur du Groupe de recherche sur les insectes piqueurs (GRIP), à l’Université du Québec à Trois-Rivières.À la même * époque, les médias faisaient grand cas des récriminations d’une petite communauté du sud de la Floride, qui imputait aux moustiques leur taux très élevé d’infections au VIH.Mais, depuis, plusieurs études ont par Martine Turenne / tante.Or, la recherche a démontré que le sang des sidéens n’en contient que de très faibles quantités.Mais supposons, très théoriquement, qu’on se retrouve en présence du phénomène contraire, poursuit Jean-Pierre P Bourassa, et que la première P observation ne tienne plus.| Même dans ce cas, on sait que | la transmission ne peut se fai-| re.Pourquoi ?Parce que sitôt ! le sang absorbé, l’insecte pi-" queur amorce sa digestion, un 0 processus qui s’étend sur deux | ou trois j ours et pendant le- 1 quel, repus, le moustique se re-| pose.Durant cette période, les I particules de virus sont atta- quées par des sucs gastriques.| Après un ou deux jours, le virus est complètement détruit, contrairement à celui de l’encéphalite, par exemple, qui peut survivre jusqu’à 25 jours dans le système digestif et s’en trouver même ragaillardi.Supposons une fois de plus que toutes les particules virales n’ont pas été digérées par la femelle.Ce qui est théoriquement improbable, mais bon, nous sommes dans les présomptions.« Pour qu’il y ait transmission lors d’une autre piqûre, ajoute l’entomologiste, il faudrait que le VIH puisse Québec Science / Juillet-août 1995 5 / / / été menées sur le sujet, notamment au Centre de contrôle des maladies (CDC), à Atlanta, et elles ont toutes conclu qu’il était impossible que cette transmission ait lieu.Les raisons tiennent tout autant à la nature même de la maladie qu’à celle des insectes piqueurs.D’abord, la quantité de sang impliquée dans la « transaction » moustique-humain est trop faible pour être significative.Lorsque la femelle pique afin d’obtenir des protéines sanguines pour ses œufs, explique Jean-Pierre Bourassa, elle insère sa pièce buccale, le proboscis, dans le vaisseau sanguin.Pour que quelques particules de VIH puissent se rendre jusqu’au système digestif du moustique, il faudrait que le sang de la personne piquée en contienne une quantité impor- Actualités Toxicomanie Pilule de sobriété : il y a un hic ! Un médicament qui semble efficace contre l'alcoolisme tarde à être homologué par Ottawa.traverser les parois du tube digestif pour atteindre les glandes salivaires.Sauf que ce passage paraît impossible puisque les insectes n’ont pas de système circulatoire fermé, ni de vaisseaux sanguins.» Et qu’arriverait-il si le moustique piquait à nouveau, sans attendre la fm du processus de digestion, comme le font parfois certains types d’insectes, dont les intraitables mouches à chevreuil ?« Nous avons pu constater, dit-il, que les particules virales ne restent pas sur la pièce buccale.Elles ne peuvent pas y survivre.» Et surtout, la très faible quantité de particules virales potentiellement transmissibles élimine tout risque de contamination.Plusieurs scientifiques ont également suggéré que le virus meurt dès qu’il est éjecté en dehors du système lymphatique des humains.Mais Jean-Pierre Bourassa traite cette hypothèse avec prudence.« Le contact avec l’air peut rendre le virus inactif, mais il n’est pas prouvé que ça le tue.Il peut se réveiller une fois réintroduit dans le système.» Quoi qu’il en soit, les risques de transmission du sida par les insectes piqueurs sont purement théoriques.On a évalué qu’un moustique transportant 1 000 unités de VIH (ce qui est a priori irréaliste) aurait une chance sur 10 millions de transmettre une seule de ces unités à un humain ! Ou, si l’on préfère, une personne devrait se faire piquer, coup sur coup, par 10 millions de moustiques infectés pour recevoir une simple unité de virus ! Bref, circuler dans une forêt boréale infestée de marin-gouins au mois de juin ne peut pas vraiment être qualifié de « comportement à risque » dans la transmission du sida.Surtout que cet été, selon les heureuses conclusions du GRIP, le nombre d’insectes piqueurs sera nettement en dessous de la moyenne ! • Quarante ans de recherches viennent d’aboutir : depuis janvier dernier, les alcooliques américains ont accès à la toute première « pilule de sobriété ».Dix ans auparavant, le même produit - le naltrexone - venait en aide aux héroïnomanes des États-Unis.Commercialisée sous le nom de ReVia, la pilule a été conçue pour faciliter la sobriété une fois la boisson mise de côté.La posologie : une pilule par jour pendant les 12 premières semaines de sobriété.Le plaisir que procure l’alcool est causé par l’augmentation du taux d’endorphines dans le corps.Plus on boit, plus le taux d’endorphines est élevé.La principale fonction du naltrexone - un composé chimique -est justement de bloquer l’action des endorphines.Donc, s’ü y a rechute pendant ces 12 semaines, le plaisir du buveur est diminué, ce qui le ramène plus facilement à la sobriété.« Jamais un médicament n’a offert un potentiel aussi grand », dit Jean-Pierre Chiasson, médecin à la Clinique du nouveau départ et spécialiste des questions de toxicomanie.Les chercheurs ont aussi démontré que les consommateurs de naltrexone demeuraient sobres en plus grand nombre.Sauf qu’on ne peut pas encore expliquer précisément pour quelles raisons.L’enquête la plus exhaustive faite sur le produit, celle de par Stéphan Dussault l’Université Yale, a étudié les réactions de 104 alcooliques en thérapie.Après 3 mois d’un test à double insu, 51 % des participants traités au naltrexone étaient toujours sobres, comparativement à 23 % de ceux traités avec un placebo.Et parmi tous ceux qui avaient rechuté malgré le naltrexone, seulement un sur deux avait bu plus de deux consommations.« Après un verre, l’alcoohque n’y trouve aucun plaisir », affirme Jean-Pierre Chiasson.Aux États-Unis, le naltrexone est utilisé depuis 1984 par les héroïnomanes.Curieusement, la Direction générale de la protection de la santé (DGPS) de Santé Canada a, en 1984, refusé à DuPont Merck Pharmaceutical l’accès au marché canadien.Le motif : les effets secondaires du produit, même s’ils sont considérés comme mi- neurs (de la nausée aux douleurs articulaires).DuPont est revenu frapper à la porte de Santé Canada en 1992.Mais la compagnie, tout comme la DGPS, refuse de s’étendre sur le sujet.« Nous estimons avoir répondu aux interrogations de la DGPS », se borne à dire la directrice de la réglementation chez DuPont, Marylin Lockarth.DuPont espère que la DGPS rendra son verdict cette année.Santé Canada estime que 5 % de la population canadienne est alcoolique.Économiquement parlant, c’est tout le système de santé qui sortirait gagnant de la commercialisation d’une telle pilule.« L’alcoolisme est une maladie beaucoup plus répandue que l’héroïno-manie, dit Maurice Dangier, du Centre de recherche de l’hôpital Douglas.Cette donnée peut peser lourd dans la décision de la DGPS.» Il faudrait cependant évaluer comment les alcooliques accueilleraient cette pilule.Plusieurs membres des Alcooliques Anonymes disent ne pas croire aux vertus d’un médicament.« La nature de l’alcoolisme, c’est surtout émotif », dit Pierre, alcoolique et sobre depuis 14 ans.DuPont met également la pédale douce puisqu’il prend soin de préciser que si son produit n’est pas combiné à une thérapie, le taux d’échec est très élevé.• 6 Québec Science / Juillet-août 1995 Actualités Énergie Les vents de la mer Plus performantes que les « moulins à vent » des années 60, les éoliennes modernes semblent être en train de se tailler une place — si petite soit-elle — dans le paysage énergétique québécois.par Benoît Chapdelaine .Les éoliennes font déjà partie du paysage de la Californie où on en compte plus de 15 000.A la fin de l’été, les îles-de-la-Madeleine deviendront le site du premier parc d’éoliennes au Québec.Un parc composé d’une rangée de 16 tours, semblables à des pylônes électriques, dotées chacune d’une énorme hélice d’avion et générant une puissance maximale — mais modeste — de 6 mégawatts (MW).L’an prochain, ce sera au tour de la Gaspésie d’accueillir ces moulins à vent modernes.La compagnie Kenetech, le même producteur privé qu’aux îles, prévoit construire dans la péninsule deux parcs de 50 MW avec plus de 330 turbines à vent.Et la compagnie York-Vestas a annoncé son intention d’ériger 8 éoliennes à Cap-Chat.C’est une première au Québec.Pourtant, les parcs d’éoliennes font déjà partie du paysage de plusieurs pays européens et des États-Unis.À elle seule, la Californie compte plus de 15 000 éoliennes.Cela dit, il coulera encore beaucoup d’eau dans les turbines d’Hydro-Québec avant que la bordure de l’autoroute 20 ressemble à celle de l’Intersta-te 581, à l’est de San Francisco.Là-bas, les automobilistes se font saluer depuis une dizaine d’années par des milliers de grandes et jolies pales blanches.« Aux États-Unis, l’énergie coûte extrêmement cher, explique Monique Gastinel, spécialiste des éoliennes à Hy-dro-Québec.Mais ici, et jusqu’à tout récemment, l’énergie éolienne n’était pas concurrentielle avec l’hydroélectricité.» C’est précisément parce qu’elles commencent à rivaliser avec les centrales hydroélectriques qu’Hydro-Québec ne peut plus les ignorer, constate l’ingénieur Jacques Thel-lier, consultant à Montréal pour York Research et le géant danois Vestas.Hydro-Québec s’est d’ailleurs engagé à acheter de l’énergie aux producteurs d’énergie éolienne.La société d’État compte ainsi économiser l’entrée d’eau dans ses turbines.« C’est un moyen de production assez intéressant pour faire une analyse de couplage avec notre centrale diesel aux îles-de-la-Madeleine », dit Monique Gastinel.Les modèles d’éoliennes fabriqués par Kenetech Wind-power s’orientent automatiquement face au vent et ajustent l’angle et la vitesse des pales pour un maximum d’efficacité.Alors qu’ü n’y a pas si longtemps les éoliennes étaient à peine plus puissantes que les moulins à vent du XVII1' siècle, celles d’aujourd’hui ont une puissance maximale de 400 à 600 kW.Et on pourrait faire mieux encore.« Le premier modèle de 1,5 MW devrait être disponible l’an prochain », pense Jacques Thellier.D’une hauteur de 60 mètres, ces éoliennes coûteront deux fois plus cher à produire, mais seront trois fois plus efficaces.Depuis quelques armées, on a aussi amélioré les pales de turbine de 20 % en réduisant leur poids.Paradoxalement, les éoliennes ne constituent pas un gage absolu de protection de l’environnement.Dans les zones à forte concentration d’éoliennes, on a vu plusieurs oiseaux de proie, distraits un instant, se heurter aux grandes pales.D’ailleurs, en Californie, la Société Audubon réclame un moratoire sur la construction d’éoliennes dans les secteurs très fréquentés par les aigles à tête blanche.Les éoliennes ont un autre handicap : elles occupent beaucoup d’espace.En principe, pour arriver à combler l’ensemble de la demande américaine en électricité, il faudrait recouvrir d’éoliennes 3 % du territoire national ! De plus, il est nécessaire de maintenir un périmètre de « sécurité » de 150 à 200 mètres autour des pylônes.« Des études balistiques ont montré qu’une pale qui se décroche peut, en théorie, parcourir une distance de 1 000 mètres avant de tomber », précise Jacques Thellier.Bien qu’en général, ajoute-t-il, elles viennent plutôt s’écraser tout juste au pied des tours.En principe, donc, rien ne s’oppose à l’agriculture ou à l’élevage dans la zone occupée par les éoliennes.D’ici quelques années, si les projets de Vestas se réalisent, on pourrait même installer des éoliennes en mer, près des côtes européennes.• Québec Science / Juillet-aout 1995 : Actualités Le congrès de l'Acfas édition 1995 Incomparable forum d'échanges et de communications scientifiques, le congrès de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (Acfas) a rassemblé cette année, à Chicoutimi, plus de 3 000 participants sur le thème « Sciences et société — Partenaires pour l'avenir ».Il s'agissait de la 63e édition de cet événement annuel.Du 22 au 26 mai, près de 2 000 communications y ont été prononcées et plus d'une soixantaine de colloques se sont tenus.Ce qui en fait la plus importante rencontre savante québécoise.On discute de tout au congrès de l'Acfas.De sujets très « pointus » — comme « l'hydrolyse enzymatique des esters citriques ou tricarballyli-ques » — tout comme de sujets d'intérêt public tels que « le référendum québécois et ses suites », « les changements climatiques » ou.« l'histoire de la machine à laver le linge ».Une équipe de journalistes de Québec Science s'est rendue à l'Université du Québec à Chicoutimi pour l'occasion.Ils ont assisté à quelques-unes des communications scientifiques.Voici ce qu'ils rapportent.par Valérie Borde, Gilles Drouin, Isabelle Hachey et Raymond Lemieux ^CFAS 95 Environnement La productivité marine affectée par les UVB Une étude de l'INRS-Océanologie à Rimouski a conclu que les rayons ultraviolets perturbent la vie aquatique plus qu'on ne le croyait jusqu'à présent.L’amincissement printanier de la couche d’ozone a provoqué une réduction significative de la biomasse de chlorophylle et de phytoplanc-ton dans les eaux de la baie Paradise, située dans la partie occidentale de l’Antarctique.C’est du moins ce qu’indiquent les données analysées par une équipe pilotée par le biologiste Serge Demers, de l’INRS-Océa-nologie.Ces données proviennent de chercheurs de l’Institut argentin de l’Antarctique qui ont effectué des mesures de l’ozone et recueilli des échantillons de micro-organismes présents dans la baie au cours des 24 dernières années.« C’est la première fois qu’une équipe établit une cor- rélation aussi forte entre la diminution de la couche d’ozone et l’affaiblissement de la productivité marine », souligne Serge Demers, qui précise cependant que le lien de cause à effet n’est pas encore parfaitement démontré.Mais l’hypothèse d’une destruction des micro-organismes par les rayons ultraviolets — en particulier les UVB — semble se confirmer, car les chercheurs n’ont trouvé aucun changement notable en ce qui concerne plusieurs autres paramètres, notamment la circulation de l’eau, l’ensoleillement et le réchauffement de l’eau.Selon Serge Demers, l’augmentation du rayonnement ultraviolet a modifié considéra- Les recherches tendent de plus en plus à montrer que les rayons ultraviolets pénètrent profondément dans l'océan et perturbent la biologie marine.blement la composition de la biomasse planctonique.Ce sont surtout les grands phyto-planctons, comme les diatomées, qui ont payé la note d’une trop forte exposition aux rayons du soleil.Au début des années 70, les diatomées constituaient presque 100 % des échantillons argentins.En 1993, les micro-organismes de moindres dimensions, comme les flagellés, ont pris plus d’importance.« Ces résultats vont dans le même sens que ceux des 8 Québec Science / Juillet-août 1995 recherches, de plus en plus nombreuses, qui tendent à montrer que les rayons ultraviolets pénètrent profondément dans l’océan pour perturber la biologie marine », explique le chercheur.Et, contrairement à ce que la communauté scientifique reconnaît généralement, il semble bien que les rayons UVB peuvent atteindre une profondeur de 30 mètres dans des eaux ayant très peu de matières en suspension.Une telle action en profondeur est doublement inquiétante.D’abord, les microorganismes comme les diatomées sont à la base de la chaîne alimentaire et leur diminution entraînerait nécessairement une certaine disette.Puis, la disparition massive de diatomées pourrait accélérer le réchauffement planétaire.En effet, ces microorganismes absorbent une partie du gaz carbonique présent dans l’atmosphère.Il existe toutefois peu d’études réalisées en milieu naturel sur l’effet des ultraviolets sur la vie marine.Récemment, l’équipe de Serge Demers a effectué des expériences en utilisant des bassins remplis avec l’eau du Saint-Laurent.Au moyen de filtres, ils ont réduit la quantité d’ultraviolets selon un ordre de grandeur comparable à une augmentation de 1 % de la couche d’ozone.Les chercheurs ont alors noté une augmentation de 20 % des micro-organismes.Bien que l’équation ne soit pas nécessairement réversible, ce résultat laisse supposer qu’une augmentation des ultraviolets résultant d’une diminution de 1 % de la couche d’ozone pourrait avoir comme effet de diminuer la masse de phytoplanctons dans une proportion similaire.Or, au printemps 1995, les scientifiques ont enregistré un amincissement de 20 % de la couche d’ozone au-dessus de l’hémisphère nord.(G.D.) Actualités S 9 Santé mentale Les hommes et les ados d'abord Le ministère de la Santé et des Services sociaux divulguent des chiffres alarmants sur le suicide au Québec.En 1993, 1 313 personnes, dont 1 049 hommes, sont décédées par suicide au Québec.11 y a quatre fois plus d’hommes que de femmes qui s’enlèvent la vie au Québec.En 1993,1 313 personnes sont décédées par suicide au Québec, dont 1 049 hommes.Parmi ceux-ci, 493 étaient âgés de 20 à 39 ans.Le suicide constitue ainsi la première cause de mortalité chez les hommes appartenant à cette catégorie d’âge.Chez les femmes, c’est la catégorie des 35-54 ans qui affiche le taux de suicide le plus élevé, plus de 50 % en 1993.Danielle St-Laurent, du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), a révélé ces inquiétantes statistiques lors d’un colloque sur la prévention du suicide.Ces chiffres font douter du réalisme de l’objectif du ministère de réduire de 15 % le nombre de suicides et de tentatives de suicide d’ici l’an 2002.Le MSSS a également étudié les données disponibles à ce sujet depuis 1975.La grande majorité provenait du Bureau de la statistique du Québec et du bureau du coroner, les deux sources réputées les plus fiables dans ce domaine.Le constat n’a rien de réjouissant.Pour l’ensemble du Québec, les taux de suicide ont augmenté de façon spectaculaire entre 1971 et 1983, passant de 10,6 à 18,2 pour 100 000 personnes.Ils ont ensuite légèrement baissé pour connaître une période de stabilité jusqu’en 1992 (17,6 pour 100 000) et augmenter à 18,1 pour 100 000 en 1993.Loin de régresser, le taux de suicide chez les hommes, lui, a atteint un sommet en 1993.De 1971 à 1993, il a plus que doublé, passant de 13,5 mortalités pour 100 000 personnes à 29,4.Chez les femmes, les taux ont également presque doublé durant la même période.Mais la pire progression se situe chez les jeunes de 20 à 24 ans où le taux de suicide réussi a bondi de 18,1 à 46 pour 100 000.Le saut est tout aussi spectaculaire chez les 15 à 19 ans (12,1 à 31,3) avec une concentration effarante chez les 18 et 19 ans (respectivement 46,6 et 47,4 en 1993).Le MSSS a également recueilli des données sur les taux d’hospitalisation de courte durée pour tentative de suicide entre 1987 et 1994.Durant cette période, on a observé une hausse de plus de 20 % chez les hommes et les femmes.Mais c’est surtout chez les adolescentes que l’augmentation est dramatique.Pour les 15-19 ans, le taux est passé de 88 à près de 130 par 100 000 habitants, tandis que, chez les 10-14 ans, ce taux a augmenté de 40 à 65.Ces quelques données mettent en évidence l’importance grandissante du suicide au Québec.Et, à la lumière de ces faits, il semble bien que le MSSS devra mettre les bouchées doubles pour atteindre ses objectifs.(G.D.) Québec Science / Juillet-août 1995 S Actualités Genie Un aluminium de meilleure qualité Les recherches dans l'industrie de l'aluminium visent maintenant à diminuer les coûts de production.Résultat : des usines plus efficaces, mais moins de boulot pour les travailleurs ! ACFAS 95 En 10 ans, la recherche effectuée par les grands producteurs d’aluminium a évolué du tout au tout.D’un outil de diversification qui devait aider les firmes comme Alcan ou Péchiney à développer de nouveaux produits dans des marchés de pointe comme l’électronique, la recherche est devenue le nerf de la guerre en matière de coûts de production de l’aluminium.Ce revirement spectaculaire s’imposait : après avoir encaissé des profits records au début des années 80, l’industrie a traversé une crise majeure et connu des déficits non moins records 10 ans plus tard.« La recherche est maintenant perçue comme l’outil qui nous permet de maîtriser le mieux possible nos technolo- gies de production », a expliqué Christian Bickert, directeur de la technologie pour Péchiney en Amérique du Nord.Jean-Paul Huni, du Centre de recherche d’Alcan à Arvida, parle aussi d’un changement d’objectifs : les chercheurs sont maintenant considérés comme des fournisseurs de services aux différentes usines du groupe, des gens prêts à résoudre leurs problèmes.L’électrolyse, qui permet de transformer l’alumine en aluminium, est la cible numéro un des équipes de recherche.On a donc développé de nouvelles techniques d’analyse de l’alumine permettant d’améliorer la qualité de la matière première.Puis, on s’est attaqué à un travail de titan : la modélisation mathématique de tout ce qui se passe dans une cuve d’électrolyse, du cheminement précis des électrons à la forme de l’interface entre le bain d’alumine et l’aluminium en formation, en passant par les phénomènes de corrosion des matériaux constituant les cuves.Tout cela pour mieux comprendre l’électrolyse, pour mieux ajuster les quantités de matières premières à utiliser, les cycles de production, la puissance électrique, etc.Les résultats ne se sont pas fait attendre.En 10 ans, la durée de vie moyenne d’une cuve d’électrolyse — chaque cuve coûte environ 100 000 dollars et certaines usines en possèdent jusqu’à 300 — est passée de 4 à 7 ans.En même temps, la demande énergétique de Télectrolyse est passée de 13 900 kW la tonne d’aluminium produite à 13 200 kW.En Australie, une usine a même atteint une moyenne de 12 900 kW en 1994.Un record en un temps si court ! On a également automatisé la production le plus possible afin de diminuer les coûts reliés à la main-d’œuvre et à la sécurité, ajoute Christian Bickert.« Nos chercheurs ont conçu des programmes informatiques complexes pour piloter la production et mis au point des systèmes experts intégrant le savoir-faire des ouvriers.Nous avons ainsi gagné 2,5 % sur le prix de revient de l’aluminium, sans que la qualité du métal en soit affectée.» Le revers de la médaille : dans la nouvelle usine de Péchiney à Dunkerque, il a fallu réorganiser le travail de manière à limiter les effectifs à 600 personnes, alors qu’une usine de taille comparable emploie habituellement 800 travailleurs.(V.B.) mç CHICOUTIMI vutfAuümi Mé, te CoHGe&S PE taCF&S >ERa -a ! MGiU.MONTREAL 10 Québec Science/Juillet-août 1995 Actualités seieiit j l'aaift \S 95 Entomologie itîttafiéi im# pfciil [ISIS (IR li 3 ls fonss eletÉ misn Des insectes contaminés par le mercure ni les» 1 ¦isit» ] IHÉéiis 1 sàfi».fl Élis I itett [j’imet» apieffl® iiolsis ÿsJe s# ifjliii®' Udp] leiiié* I us de [iHe&'id I ii! j## ; ^ i I #^'r JS Dans les lacs naturels et les réservoirs hydroélectriques, ce n'est pas l'eau qui est responsable de la contamination des poissons au mercure mais les insectes.Mouches noires, patineuses et papillons de nuit sont empoisonnés au mercure, un contaminant cancérigène.Et c’est en se gavant d’insectes que les poissons s’intoxiquent à leur tour.Il a fallu qu’un jeune chercheur en sciences de l’environnement de TUniversité du Québec à Montréal fasse de la question du mercure et des insectes son sujet de doctorat pour constater ce problème.Depuis l’été 1992, Alain Tremblay a échantillonné 60 000 insectes autour de 12 lacs naturels et de 3 réservoirs situés entre Montréal et la baie James.Ces insectes ont été récoltés à l’état larvaire, c’est-à-dire lors de la phase la plus importante de leur vie.Alain Tremblay a d’abord comparé le niveau de contamination des lacs naturels et des réservoirs pour constater qu’il n’y a pas plus de mercure dans les réservoirs que dans les lacs naturels, et cela, à quelque latitude que ce soit.Sauf que sous forme de méthylmercure — c’est ainsi que ce métal lourd arrive à s’infiltrer dans les organismes vivants —, le niveau de contamination est plus important dans les réservoirs.Le phénomène s’explique par le haut taux de carbone dans les étendues d’eau nordiques : s’il y a plus de carbone, il y a plus d’activité bactérienne, ce qui favorise la méthylation du mercure et son assimilation dans la chaîne alimentaire.Or, a constaté Alain Tremblay, 78 % du mercure méthylé mesuré dans les réservoirs se retrouve dans les insectes, 20 % dans le zooplancton et 2 % en phase dissoute.L’insecte semble donc un vecteur important de contamination.Curieusement, on émet depuis longtemps des avertissements incitant les pêcheurs à limiter leur consommation de poissons — le doré et le brochet, notamment — capturés dans certains lacs et réservoirs hydroélectriques de la baie James.Mais c’est la première fois qu’on prend la peine de vérifier si l’alimentation des poissons est en cause.Les insectes composent pourtant jusqu’à 93 % de la diète des poissons insectivores.(R.L.) e&jim Protection L'environnement Beaucoup de facteurs ambiants comme les pluies acides, les polluants, les abrasifs, les dépôts de sel, la boue, les poussières et les rudes conditions climatiques du Québec détruisent rapidement toutes protections.Année après année, elles s'amenuisent, permettant ainsi à la rouille de s'installer.Les pièges sont nombreux Les cailloux et autres petits projectiles frappant avec force et vélocité les surfaces métalliques cassent les protections et laissent le métal à nu.La corrosion localisée: Voilà le mal qui ronge les véhicules d'aujourd'hui.Sont logées à la même enseigne: corrosion de fissures, corrosion sous les dépôts, corrosion des petits trous et corrosion galvanique.Ces types de rouille affectent les mêmes points d'un véhicule, châssis, dispositif de freinage, direction, suspension, montants et bas de caisse.Les dessins suivants montrent comment un traitement adéquat laisse l’humidité en surface.Métal Les replis, les joints de tôles ainsi que les défauts dans la structure du métal, sont aussi des points de départ favorables à la corrosion localisée, tenace et destructrice.Si rien n'est fait pour arrêter ce processus, la rouille se répandra sournoisement jusqu'à ce que les dommages deviennent visibles.V'/C —X".///¦¦' / ' A A Humidité A //emprisonnée // ////// // y/7/7 / ' Métal W///////7 (Sans protection efficace le métal rouille) 7-T7 Antirouille Métropolitain/^ L Metal (Protection Antirouille Métropolitain) Pluies Acides - Ph 6.0 7.0 4.7 4.3 pluies acides Environnement corrosif | | Faible Moyen Sévère (Ces données sont tirées d'une étude américaine sur 1 environnement.) Notre produit: La collaboration que nous avons avec le CRIQ (Centre de recherche industrielle du Québec) depuis 1979, nous permet de vous offrir un produit constamment amélioré.Sa grande fluidité lui permet de s'infiltrer partout dans les Métropolitain ça ne rouille pas c'est GARANTI! SPÉCIAL Traitement complet 49,98$ plus taxes (Valide jusqu'au 12 août 1995) Soit 10.$ de rabais sur le prix régulier de 59,98$ interstices, replis de tôle et sous les dépôts, comblant fissures et petits trous.Sa protection est efficace à 100% pour au moins un an, il suffit de répéter l'application tous les ans et la rouille n'aura jamais d'emprise sur votre véhicule.Trois-Rivières : 378-8222 Québec : 687-5660 Lévis : 833-3411 Longueuil : 651 -5531 Level : 668-9883 Anjou : 356-1519 Montréel : 488-7300 Informez-vous: Nouvelle garantie à vie transférable pour véhicules neufs Québec Science / Juillet-août 1995 11 Actualités ^CFAS 95 Soins infirmiers Le choc culturel Rien n'est tout à fait noir ni tout à fait blanc dans le monde de la santé.Surtout lorsqu'on entre dans la grande sphère du multiculturalisme.7 En découvrant une énorme ecchymose au bas du dos d’un bébé amérindien, une infirmière sursaute et soupçonne ses parents de le battre.En fait, il s’agit d’une « tache de Mongolie », une tache de naissance bleue caractéristique aux autochtones.Ce genre de méprise est fréquent au sein des hôpitaux de la province, de plus en plus en contact avec différentes ethnies.Comment les infirmières québécoises doivent-elles se comporter face à un client africain, asiatique ou sud-américain ?Le premier colloque québécois portant sur la « problématique de la communication en soins infirmiers interculturels » n’a pas apporté de solutions miracles à un problème aussi vaste.« Il n’y a pas de recette magique, explique Bilkis Vis-sandjée, de l’Université de Montréal.C’est plutôt un ensemble de balises et une dé- marche dynamique et créatrice qu’il faut adopter afin de mieux intervenir auprès des populations de différentes cultures.» Tout au plus le colloque a-t-il rallié les participants sur un même point, soit de tenter d’assouplir le système extrêmement rigide du milieu hospita- lier.« Paradoxalement, c’est l’exercice rigoureux de la profession qui la condamne, affirme Albert Doutreloux, anthropologue de l’Université Laval.Et l’un des problèmes majeurs, c’est cette conviction que nous avons que nos méthodes et nos techniques sont objectives.» « Il est vrai que par notre éducation et notre formation, ajoute Bilkis Vissandjée, il est souvent difficile de dépasser un ensemble de normes sociales, de certitudes établies et d’idées reçues, ce qui occasionne des transferts culturels très souvent porteurs d’échecs.» On a tenu à mettre en garde les participants contre les « intuitions » des professionnels.Comme cette infirmière qui, croyant qu’une cliente pakistanaise n’osait pas s’asseoir dans la même pièce que son mari, insulta celui-ci.En fait, la cliente n’avait tout simplement pas envie de s’asseoir ! « Il faut faire un procès à la bonne vo- II est souvent difficile pour les infirmières de dépasser un ensemble de normes sociales, de certitudes établies et d'idées reçues, ce qui occasionne des problèmes aux patients issus d'autres cultures.lonté », dit M.Doutreloux.Selon lui, interpréter les gestes des clients étrangers, c’est risquer de se méprendre sur leurs intentions.Pour guider les intervenants, deux livres ont été lancés lors du colloque : Santé et intervention auprès des réfugiés d’Asie du Sud-Est de Marie-France Allen, Francine Saillant et Serge Genest (Université Laval) et Culture et santé publique de Raymond Massé (éditions Gaëtan Morin).« Il faut se mettre en attitude de réception », conclut Albert Doutreloux.C’est-à-dire ne pas catégoriser, écouter et s’ouvrir.Et, surtout, ne pas prendre pour universel tout ce qui est occidental.(I.H.) Sur les traces de Fernand Seguin La bourse Fernand-Seguin qui récompense le meilleur reportage scientifique rédigé par une ou un journaliste débutant a été remise, cette année, à Caroline Julien, étudiante en communication à l'Université du Québec à Montréal.Cette bourse de 12 000 dollars est décernée par l'Association des communicateurs et scientifiques du Québec.Le concours bénéficie de l'appui financier de la société Merck Frosst, de la Société Radio-Canada et du ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie.La lauréate du prix de l'an dernier, Marie-Claude Girard, a fait un stage à l'émission Découvertes, de Radio-Canada, et au magazine Québec Science , où elle a signé plusieurs articles.12 Québec Science / Juillet-août 1995 wæmmÊËM «Plj! Actualités r a0«"f I iooi!'5'* 1 et(Plf I jiiiî* I 1 '1^* E 2) Partager également entre 10 personnes 8 terrains rectangulaires de même grandeur situés à trois endroits différents.3) Décomposer un triangle acutangle (dont les trois angles sont aigus) en huit petits triangles acutangles.C D Dans ces trois activités, quels nombres de 0 à 9 doivent remplacer les lettres pour que les égalités soient vraies ?Dans chaque cas, chaque lettre correspond à un seul nombre.1) TT + OO = SOS 2) 7314 + ABCC - PEER 3) DOUZE DEUX UN + UN N.B.Dans ce dernier cas, il y a SEIZE 12 solutions différentes.Québec Science / Juillet-août 1995 41 La dimension cachée par Raynald Pepin L A SCIENCE DANS L A V I E QUOTIDIENNE Il y a du génie dans votre vélo Le vélo, c'est l'heureux mariage entre une machine humaine bien rodée et un design industriel bien pensé.Silencieux, agréable, efficace, simple, peu polluant, le vélo est tout le contraire d’une bagnole.En prime, le vélo fonctionne 100 % à l’huile de genou.Excellent pour la patate et fameux pour le mollet, il demande cependant un effort constant et une mécanique bien ajustée.Pour partir, on pousse donc sur la pédale, et cette force fait tourner le pédalier.Celui-ci est, en fait, un levier — parce que la chaîne se trouve plus proche de l’axe que la pédale, la force transmise à la chaîne est plus grande que la force exercée sur la pédale.La chaîne transmet la force au pignon fixé à la roue arrière.Le pignon et la roue entière constituent un autre levier — cette fois-ci, parce que le pneu est plus éloigné de l’axe que la chaîne, la force transmise au pneu est plus faible que celle exercée par la chaîne sur le pignon.Le pneu, lui, pousse le sol, avec lequel il est en contact, vers l’arrière.Simultanément, d’après la troisième loi de Newton (action-réaction), le sol pousse la roue, et donc le vélo, vers l’avant.Grâce au frottement, le pneu ne glisse pas.C’est donc le frottement honni qui propulse le vélo ! Le frottement est bon ou mauvais selon l’endroit où il se produit.Dans les roulements, il fait perdre de l’énergie.Mais c’est aussi lui qui maintient le guidon, la selle et les roues en place.ainsi que les vêtements du cycliste (sans frottement, les tissus s’effilocheraient !).42 Québec Science/Juillet-août 1995 «- -V'- .Lors d’un effort prolongé, une personne ordinaire exerce sur la pédale une force valant environ le quart du poids du corps.Durant quelques instants, si on démarre en force, cette force peut atteindre (ou même dépasser, si le cycliste tire sur le guidon) le poids du corps.Pour une personne de 70 kilogrammes, avec une manivelle standard de 17 centimètres, un plateau de pédalier de 46 dents, un pignon de 30 dents et une roue standard de 27 pouces, la force propulsive atteint alors 227 newtons.Le vélo accélère ainsi, mais pour un temps très bref, autant qu’une auto qui fait le 0-100 km/h en 10 secondes ! En changeant la chaîne de pignon et de plateau, ou en poussant plus ou moins fort sur les pédales, on modifie la force propulsive.Par exemple, pour démarrer, on met la chaîne sur le îi "^llllliT ^ petit plateau et le grand pignon, maximisant la force et donc l’accélération.Les rayons des pignons et plateaux utilisables sont déterminés par la fréquence de rotation du pédalier.Nous, cyclistes ordinaires, pédalons à l’aise à une fréquence variant de 65 à 90 tours par minute.Les professionnels, eux, moulinent souvent à plus de 100 tours par minute.Les frottements dans les roulements et dans la chaîne dissipent couramment jusqu’à 10 % de l’énergie dépensée par un cycliste.Davantage d’énergie est perdue à cause de la déformation des pneus lors du roulement parce que les frottements internes dégagent de la chaleur.On réduit ces pertes en gonflant les pneus au maximum de la pression recommandée — cela diminue les déformations — ou en utilisant des pneus et chambres à air minces.au prix de crevaisons supplémentaires.Au contraire, les « doublures » ajoutées à l’intérieur des pneus augmente la résistance de roulement.La résistance est aussi plus élevée pour de petites roues car, avec un faible rayon de courbure, le pneu se déforme davantage.Quand on roule avec un enfant, il faut en tenir compte.Surtout que la résistance de l’air a également plus d’effet sur l’enfant que sur l’adulte, la surface de l’enfant par rapport à son poids étant plus grande.Ces pertes d’énergie ne doivent pas nous décourager : le vélo reste le moyen de transport le plus efficace qui soit.En bonne partie à cause de sa faible vitesse, qui réduit les pertes dues à la résistance de l’air.Il faut cinq fois moins d’énergie à une personne pour parcourir un kilomètre en vélo que pour marcher la même distance.Le marcheur dépense de l’énergie uniquement pour se tenir debout, alors que le cycliste est assis.De plus, les accélérations et décélérations des jambes à chaque pas et les collisions des pieds avec le sol font perdre beaucoup d’énergie au piéton.Simple, le vélo, disions-nous plus tôt ?Pas tant que ça : par exemple, la question de la stabilité du vélo préoccupe les scientifiques depuis un siècle et a donné lieu a des centaines de publications, mais sans jamais être complètement résolue.Ce n’est pas un problème facile : le vélo avance, il peut s’incliner et virer et, de plus, la roue avant tourne elle-même autour d’un axe passant par le tube de direction, ce qui influence l’inclinaison et le virage.En vélo, on est toujours en équilibre instable.Dès que le vélo penche un peu, la gravité tend à accentuer l’inclinaison.Pour éviter la chute quand on roule, on tourne légèrement le guidon du côté de l’inclinaison.Le vélo entame alors une courbe, mais son inertie tend à le faire continuer tout droit.et à le redresser.En d’autres termes, la force centrifuge apparaissant avec la trajectoire courbe relève le vélo.Le fait qu’il est impossible de rouler en vélo avec une roue avant dont la direction est fixe appuie cette explication.Quand on roule à une vitesse normale, soit aux environs de 20 km/h, les corrections intermittentes qu’il faut apporter à la direction de la roue avant sont très faibles.C’est que la rotation de la roue avant augmente la stabilité de sa direction, comme dans le cas d’un gyroscope ou d’une toupie.À faible vitesse ou avec de petites roues, cet effet est minime, et le cycliste doit effectuer des corrections plus fréquentes et plus importantes.Ironiquement, un enfant apprend donc à rouler en vélo dans les conditions les plus difficiles ! Expliquer comment on parvient à conserver l’équilibre en roulant sans tenir le guidon est un peu plus difficile.Il semble qu’on déplace latéralement notre centre de gravité, ce qui fait s’incliner le vélo et amène la roue avant à tourner dans la direction de l’inclinaison, générant ainsi la force centrifuge nécessaire.En effet, par essais et erreurs, les fabricants de vélo du siècle dernier ont atteint une géométrie optimale.L’axe de la direction (le tube de fourche) est incliné de façon à ce que son intersection imaginaire avec le sol se trouve devant le point de contact de la roue avant au moment où celle-ci est droite.C’est pourquoi, lorsque le vélo penche, la poussée du sol sur le pneu engendre une rotation, et la roue avant tourne toute seule.Essayez-le avec un vélo penché im- mobile; quand le vélo roule, la roue tourne aussi, mais beaucoup moins parce que le frottement exercé par le sol tend à ramener la roue droite.Dans une côte, on sue pour augmenter notre énergie potentielle.Une personne pesant 70 kilogrammes qui roule à 20 km/h sur le plat dépense environ 75 watts.Avec la même puissance, elle ne monte une côte de 6° (ou 10 %) qu’à 4-5 km/h.Les moustiques ont tout le temps de la rattraper ! En général, même si on augmente l’effort dans une côte, les vitesses atteintes restent faibles.La montée de la côte nous offre l’occasion d’ouvrir la bouche, mais pas pour chanter.Quand on doit respirer plus de 40 litres d’air par minute pour maintenir l’effort, on commence automatiquement à respirer par la bouche parce que l’air s’écoule mieux par la bouche que par le nez.Sur le plat, ceci se produit quand on approche les 25 km/h.Pour terminer notre balade, il faut freiner.Dans les meilleures conditions, un cycliste roulant à 25 km/h prend près d’une seconde et demie pour arrêter; durant ce temps, il parcourt au moins cinq mètres.Ce n’est pas vrai qu’un vélo arrête sur un 10 cents! S’il pleut, la distance de freinage est au moins quadruplée, car l’eau réduit de 90 % le frottement entre les patins de frein et les jantes.Après l’application des freins, 50 tours de roue sont nécessaires pour évacuer l’eau et retrouver les conditions de freinage usuelles.Quand on roule à vitesse constante sur le plat, la roue arrière supporte environ 60 % du poids de l’ensemble vélo-cycliste parce que le centre de gravité se trouve plus proche de la roue arrière.Lors du freinage, et surtout lors d’un freinage brutal, la situation change totalement : la roue avant supporte la majeure partie du poids, soit jusqu’à 90 % ou plus ! Le contact entre la roue arrière et le sol devient très faible et c’est pourquoi cette roue dérape facilement.En auto, le même phénomène se produit mais de façon moins accentuée, car le centre de gravité de l’auto est plus bas.Après quelques heures de vélo, O fait bon se détendre.Je termine donc avec une suggestion de lecture.On connaît surtout Herbert George Wells pour ses livres de science-fiction {La guerre des mondes, L’homme invisible, etc.).Mais il a également écrit La burlesque équipée du cycliste, un roman drôle et émouvant, presque une satyre sociale qui décrit les premiers pas d’un timide employé anglais de la fin du XIXe siècle en vélo mais aussi en amour.• ÊBROUiLURK Le magazine drôlement scientifique des 9 à 14 ans vous propose en juin-juillet-août : La science du soccer Le soccer est un sport excitant à jouer et à regarder.C'est aussi un sport scientifique ! Au pays des éponges Elles sont molles et élastiques.Elles ont l'air de champignons, d'arbustes ou de vases.Les éponges : animaux ou végétaux ?Dossier chaud 10 idées amusantes et 10 endroits formidables à visiter.pour passer de belles vacances.Attention ! Débrouillards au boulot La bande des Débrouillards se met dans le pétrin.pour aller à Disney World.Le Sphinx de l'autoroute Le premier miniroman des Débrouillards.Une aventure époustouflante en l'an 2025 ! En plus : Des expériences amusantes à faire à la maison, des concours, des jeux, des fiches à collectionner, des bandes dessinées, la rubrique des correspondants.52 pages de découvertes !
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