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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1996, Collections de BAnQ.

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6 Les Français sont-il PER r-tf BNQ œnce ECTES Volume 35, numéro 3 Novembre 1996, 3,95 $ Comment pn tire les ficelles Ine aile volante >our transporter lille passagers ! elémédecine : l'hôpital virtuel ?ïs explorateurs l'obésité U i VV4 9 77333301994903 Université de Montréal Baccalauréat, maîtrise ou doctorat, diplôme d'études spécialisées ou certificat; la diversité des programmes que l'Université de Montréal vous offre multiplie vos possibilités de faire le bon choix au bon moment.C'est ça le grand choix! Pour obtenir l'affiche présentant la liste complète des programmes d'études de l'Université de Montréal, composer le (514) 343-6032, jour et nuit.a V 'Ï - v r,.Æ G*'’ ¦ \y ?¦ :ig- ¦ v: ^ y._ .7.y.H f I I ' ' ' in ! i U 1 - J Sa I / I ¦ •i>: 1 '¦J - ivvV'.'• ’T-‘7 m:- mmm ‘¦¦ Jà-,, :'4 H’-îa • |V .v .-Av- ^ i:» r/sss p f BhwIIb SCIENCES PUKES ET APPLIQUÉES FACULTÉ DES ARTS ET DES SCIENCES Actuariat Biochimie Biologie et biotechnologie végétale Chimie Écologie et environnement Économie-mathématiques Géographie Géographie environnementale Géologie Informatique Informatique-mathématiques Mathématiques Mathématiques-économie Mathématiques-informatique Mathématiques-physique Microbiologie et immunologie Physiologie animale Physique Physique-mathématiques Sciences biologiques Sciences biomédicales Statistique FACULTÉ DE L'AMÉNAGEMENT Aménagement Architecture Architecture de paysage Conservation de l'environnement bâti Design des jardins Design d'intérieur Design industriel Gestion de projets d'ingénierie et d'aménagement Gestion urbaine pour les pays en développement Paysage Uroanisme ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES (H.E.C.) Affiliée à l'Université de Montréal, l'École des H.E.C.offre la gamme complète des études en gestion, du baccalauréat au doctorat, pour faire carrière ici ou dans le monde.Pour information : (514) 340-6151.ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL Avec bientôt 125 ans d'histoire, l'École Polytechnique de Montréal est reconnue comme leader national en formation, en recherche et en transfert technologique dans le domaine du génie.L'École est affiliée à l'Université de Montréal.Pour information: (514) 340-4711.ETUDES MULTIDISCIPLINAIRES (2e et 3° cycles) FACULTÉ DES ÉTUDES SUPÉRIEURES Administration sociale Bioéthique Biologie moléculaire Environnement et prévention Ergonomie Muséologie Santé et sécurité du travail Sciences humaines appliquées Toxicologie et analyse du risque SCIENCES DE LA SANTÉ DEPARTEMENT D'EDUCATION PHYSIQUE Éducation physique Gestion en sport et en activité physique Sciences de l'activité physique ÉCOLE D'OPTOMÉTRIE Optique physiologique Optométrie FACULTÉ DE MÉDECINE Administration des services de santé Anatomie Biochimie Biochimie clinique Biopathologie cellulaire Ergothérapie Études médicales post-M.D.Génie biomédical Hygiène du travail et de l'environnement Médecine Microbiologie et immunologie Neuropsycnologie Nutrition Orthophonie et audiologie Pharmacologie Physiologie Physiothérapie Santé communautaire Santé publique Sciences biomédicales Sciences neurologiques Virologie et immunologie FACULTÉ DE MÉDECINE DENTAIRE Dentisterie pédiatrique Hygiène dentaire Médecine dentaire Résidence multidisciplinaire Sciences bucco-dentaires FACULTÉ DE MÉDECINE VÉTÉRINAIRE Internat (I.P.S.A.V.) Médecine vétérinaire Sciences vétérinaires FACULTÉ DE PHARMACIE Développement du médicament Pharmacie Pharmacie d'hôpital Sciences pharmaceutiques FACULTÉ DES SCIENCES INFIRMIÈRES Intégration et perspectives Milieu clinique Santé communautaire Sciences infirmières THEOLOGIE FACULTE DE THEOLOGIE Études bibliaues Études catécnétiques Études pastorales Études théologiaues Pastorale en milieu de santé Sciences de la religion Sciences religieuses Théologie SCIENCES HUMAINES, ARTS ET LETTRES FACULTE DES ARTS ET DES SCIENCES Action communautaire Archivistique Arts et sciences Arts plastiques Bibliothéconomie et sciences de l'information Études allemandes Études anglaises Études arabes Études cinématographiques Études classiques Études est-asiatiques Études françaises Études hispaniques Études italiennes Études latino-américaines Études médiévales Études néo-helléniques Études québécoises Études russes Histoire Histoire de l'art Intelligence artificielle Langue et civilisations anglaises Linguistique et traduction Littérature Littérature comparée Philosophie Traduction et linguistique FACULTÉ DE MUSIQUE Composition Ethnomusicologie Général Interprétation Musicologie Répertoire d'orchestre EDUCATION PERMANENTE FACULTÉ DE L'ÉDUCATION PERMANENTE Modules de formation offerts dans les domaines suivants: santé, intervention, communication.Anglais langue seconde Animation des groupes et des organisations Communication appliquée Créativité: applications professionnelles Criminologie Droit Études individualisées Français langue seconde Gérontologie Gestion appliquée à la police et à la sécurité Gestion des services de santé Information et journalisme Inhalothérapie Intervention auprès des jeunes Intervention en milieu multiethnique Maintien à domicile Micro-informatique Publicité Rédaction Relations industrielles Relations publiques Santé communautaire Santé et environnement Santé et sécurité du travail Santé mentale Toxicomanies: prévention et réadaptation Traduction Violence et société SCIENCES SOCIALES, DROIT, ÉDUCATION FACULTE DES ARTS ET DES SCIENCES Anthropologie Communication, Sciences de la Démographie Économie et politique Étude des institutions économiques Politique et économie Psychoéducation Psychologie Relations industrielles Science politique Sciences économiques Service social Sociologie FACULTÉ DE DROIT Droit Droit-notariat FACULTÉ DES SCIENCES DE L'ÉDUCATION Administration de l'éducation Andragogie Didactique Éducation comparée Éducation comparée et internationale Éducation préscolaire et enseignement primaire Enseignement secondaire Fondements de l'éducation Ingénierie de la formation Mesure et évaluation Option «générale» Orthopéaagogie Psychopédagogie Technologie éducationnelle LES DATES LIMITES POUR LES ÉTUDES DE FERMIER CYCLE au plus tard le 1er novembre pour le trimestre d'hiver au plus tard le 1er mars pour les trimestres d'été et d'automne POUR LES ÉTUDES SUPÉRIEURES au plus tard le 1er novembre pour le trimestre d'hiver au plus tard le 1er février pour les trimestres d'été et d'automne POUR LA FACULTÉ DE L'ÉDUCATION PERMANENTE au plus tard le 1er novembre pour le trimestre d'hiver au plus tard le 1er mars pour la session intensive de mai et de juillet au plus tard le 1er juin pour la trimestre d'automne Information sur les programmes: (514) 343-7076 922 Billet Monts et merveilles Il a l’air gentil, affable et compréhensif.Mais derrière cet homme idéal, qui sollicite doucement votre attention en vous proposant son aide, se cache peut-être un manipulateur, un adepte d’une pseudoreligion, voire d’une secte.11 y a quelque 800 sectes au Québec, et on en sait fort peu sur elles.Même après la tragédie de l’Ordre du Temple solaire et les délires de Moïse en Gaspésie.Quelles sont leurs activités, jusqu’où s’étend leur réseau d’influence ?Mais surtout : qu’est-ce qui pousse des milliers de personnes à s’engager dans de tels mouvements ?Notre reportage « Comment on tire les ficelles » tente de démonter cette mécanique de l’endoctrinement et de l’exploitation des esprits.Vous constaterez combien les recettes des sectes sont déjà vieilles, passablement éprouvées mais toujours efficaces.Toutefois, pour ceux sur qui le mors se referme, il est très difficile de s’en défaire sans blessure.Ainsi, il faut saluer la publication de l’ouvrage d’Yves Casgrain, Les sectes : guide pour aider les victimes (Éd.L’essentiel), qui vient combler un vide à ce propos.Il restera encore aux ex-adeptes à se faire à l’idée que la quête d’un sens à la vie peut se faire librement et en d’autres lieux.• •• Mille milliards de yens pour la recherche Fiction : le ministre responsable de la Science et de la Technologie du Canada avec les ministres provinciaux mijotent de lancer un grand plan de développement scientifique et d’investir cinq milliards de dollars en cinq ans pour redonner un élan à la recherche fondamentale.Bref, cinq milliards de dollars alloués à des initiatives de recherche qui ne viseront pas nécessairement une application à court terme.« Le Canada est à la traîne parmi les pays industrialisés, il faut rattraper le retard, dit le ministre.11 faut stimuler et alimenter la créativité des scientifiques.» Vraisemblable, cette fiction ?On se demanderait plutôt ce qui a piqué le gouvernement d’adopter un tel programme en pleine période de compressions budgétaires.Aux côtés des calculs de déficits, de croissance et de perte d’emplois, la créativité pèse aussi lourd que les nuages.Et la tendance est plutôt aux coupures dans tous les pays du monde.Dans tous les pays ?Non, un petit archipel résiste à la morosité ! Le mois prochain, un impressionnant programme scientifique sera débattu par les parlementaires du Japon.Budget : 17 000 milliards de yens, soit près de 22 milliards de dollars.L’empire de l’industrie électronique veut devenir la superpuissance scientifique du XXIe siècle.« Nous craignons la désindustrialisation, la baisse du dynamisme de la société », a expliqué le ministre japonais de la science.Le plus fabuleux dans tout cela, c’est que la priorité ne sera pas la mise au point de nouveaux téléviseurs ou de nouveaux gadgets électroniques, mais l’acquisition de connaissances qui touchent notamment le cerveau, la structure des protéines, les prévisions climatiques, les nouveaux matériaux et l’exploration spatiale.Selon les chiffres de l’UNESCO, le Canada est un des pays industrialisés qui gaspille le plus le potentiel de ses chercheurs.Par million d’habitants, le nombre de chercheurs potentiels est à peu près identique à celui du Japon; cependant, ce dernier a, toutes proportions gardées, deux fois plus de personnes engagées dans la recherche et le développement que le Canada.Les chercheurs que nous laissons sur le carreau auront toutes les raisons de se mettre à l’apprentissage du japonais.Et après, on viendra se plaindre de l’exode des cerveaux.Raymond Lemieux Actualités 8 Amiante : les Français sont-ils tombés sur la tête ?Des experts français ont tranché : toutes les formes d’amiante sont dangereuses.Un verdict trop hâtif ?par Normand Grondin 10 L'ennemi est dans nos murs Des centaines de bâtiments ont été isolés à l’amiante au Québec.Lesquels ?On ne sait pas.Ils sont pourtant potentiellement dangereux.par Normand Grondin im_ 12 Les explorateurs de l'obésité Le métabolisme des explorateurs révèle comment notre corps se décide à stocker du gras après en avoir trop perdu.par Isabelle Hachey 14 Chronique Internet Internet sauve des vies par Jean-Pierre Cloutier 15 Nouvelles brèves Chroniques 41 Innovations technologiques par VAgence Science-Presse a, JT 42 Dimension cachée À toutes les sauces par Raynald Pepin 44 Science et culture Un musée dans le bain par Raymond Lemieux À l'agenda 45 Des chiffres et des jeux par Jean-Marie Labrie 46 Livres Contes scientifiques pour tous par Raymond Lemieux Cédérom par Claude Mardi 47 Entrevue avec Jean-Pierre Allix Une géographie malmenée par Rachel Duclos 4 Québec Science / Novembre 1996 Psychologie Voler avec une aile fc),! Le design des futurs gros-porteurs — un millier de passagers — j ) pourrait changer du tout au tout si on parvenait à appliquer à i'I l’aéronautique civile les petits miracles qu’on a réussi à accomplir ;J dans le secteur militaire avec l’avion furtif.par Stéphan Dussault • — i irfiuiiî 'T' L'aile volante : un Québécois l'avait déjà inventée Un prototype d’aile volante a déjà vu le jour dans les années 40 dans les hangars d’une compagnie de Cartierville.par Stéphan Dussault : V.-is fît1; «ûss^a, Le Canada traque l'infiniment petit C’est dans le sous-sol de Sudbury qu’on espère résoudre l’énigme cosmologique de la formation des étoiles et celle de la masse manquante de l’Univers.par Jean-Marc Fleury MM' l 17 SECTES Cmment n Ore tes fteifes Le succès des idéologies sectaires tient à une chose : le cerveau est manipulable.Et certains individus sont prêts à être manipulés ! par Félix Légaré La psychothérapie : une porte ouverte sur le mysticisme La différence entre une psychothérapie et l’endoctrinement tiendrait à peu de choses.par Michel Trudeau Télémédecine : l'hôpital virtuel ?La télémédecine fait ses premiers pas dans les hôpitaux québécois.par Pierre Sormany :: V-" Québec Science / Novembre 1996 5 Le feu aux poudres L’article de Rachel Duclos intitulé « Les feux qui font peur aux pompiers » (juillet-août 1996) a été mal reçu par les principaux intéressés.Précisons que, dans le cadre du congrès de l’Acfas, notre journaliste a couvert une communication scientifique de Gilles Courtemanche, chef des opérations au service de prévention des incendies de la Ville de Montréal (SPIM), où il était surtout question des faiblesses des pompiers lors des interventions impliquant des matières dangereuses.Claude Rivest, coordonnateur régional aux interventions d’urgence à Environnement Canada, nous envoie une longue lettre dans laquelle il manifeste sa déception et accuse notre journaliste d’avoir résumé à outrance les propos de M.Courtemanche.« Le message que le lecteur va retenir, c’est que les pompiers sont totalement impuissants lors d’incidents impliquant des matières dangereuses, ce qui n’est absolument pas le cas (.).» Claude Rivest ajoute que les pompiers du SPIM partici- mmïk SË0:, * '9 jt*-J pent régulièrement à des exercices, sont bien équipés et bien encadrés par une équipe scientifique d’Environnement Canada.Le directeur du SPIM, Alain Michaud, a également voulu apporter quelques précisions afin, dit-il, de rectifier les propos de la journaliste qu’il qualifie d’« alarmistes ».Selon lui, la conférence s’adressait d’abord aux scientifiques en environnement et cherchait à informer les intervenants de la nécessité de travailler en étroite collaboration avec les pompiers durant ce genre d’événements.Il ajoute que « le SPIM affecte temps et efforts pour former des équipes d’intervention qui utilisent des technologies de pointe, formation d’ailleurs basée sur les exigences de la National Fire Protection Association ».Selon lui, l’article ne rend pas justice au travail du SPIM.Nous tenons pour notre part à rappeler que la vocation du magazine n’est pas de protéger des réputations, mais d’informer son public.Dans le cas présent, nous estimons que notre journaliste a bien fait son travail.À preuve : ni M.Michaud, ni M.Rivest n’ont accusé Rachel Duclos une seule fois d’avoir mal cité le conférencier, mais seulement d’avoir mal fait paraître le SPIM en rapportant ses propos.Du pour et du contre 5o w: tù.te 0/ L’avocat Éric Gagnon, de Chicoutimi, se dit surpris du ton employé par Raymond Lemieux dans son billet du numéro de septembre sur l’enseignement des sciences.« Je constate encore une fois, dit-il, le dédain du “scientifique" pour les connaissances humaines.» Selon lui, il est impossible de « ramener ce problème au choix entre l’étude des chakras de Wolfe et de Montcalm et à la question des manipulations génétiques, comme si la philosophie, l’histoire et le droit ne pouvaient aussi servir à comprendre ».tit 91 - P « R Québec science lllustrations/photos : Marc Cuadrado, Laurent Leblanc, Alain Massicotte, Pierre-Paul Pariseau, Rémy Simard Correction : Natalie Boulanger PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 425, rue de La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 courrier@QuebecScience.qc.ca http://QuebecScience.qc.ca DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Nicole Lévesque RÉDACTION Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Adjoint à la rédaction : Normand Grondin Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Carpentier, André Délisle, Jean-Marc Fleury, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Gilles Parent, Pierre Sormany, René Vézina Collaborateurs : Jean-Pierre Cloutier, Rachel Duclos, Jean-René Dufort, Stéphane Dussault, Jean-Marc Fleury, Isabelle Hachey, Jean-Marie Labrie, Félix Légaré, Claude Mardi, Raynald Pepin, Pedro Rodrigue, Pierre Sormany et Michel Trudeau COMMERCIALISATION Promotion : Hélène Lapointe Abonnements : Nicole Bédard ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) 1 an (10 numéros) 2 ans (20 numéros) 3 ans (30 numéros) À l'unité Groupe (10 ex./même adresse) 34,19 S Messageries Dynamiques Au Canada À l'étranger 37,60 S 48,00 $ 64,95 $ 86,00 $ 89,91 S 125,00$ 4,50$ 5,25$ 34,19$ Non disponible Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.- ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSE Téléphone : (418) 657-4391 PUBLICITE Communications Publi-Services inc.1, rue Forget, Saint-Sauveur (Québec) JOR IRQ Géraldine Richard, Jean Thibault Tél.: (514) 227-8414 Télec.: (514) 227-8995 ¦ RÉDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 4» fri) Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Quatrième trimestre 1996, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans VIndex des périodiques canadiens.© Copyright 1996 - La Revue Québec Science @ Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l'aide financière du ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie (Programme Revues de vulgarisation scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) H Gouvernement du Québec Ministère de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie 1+1 Industrie Canada Industry Canada Membre de: The Audit Bureau CPPA Québec Science est produit sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : (418) 627-8882 "'¦h i[\ vl 6 Québec Science / Novembre 1996 Donnez-nous vos commentaires ! Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514)843-4897.Québec Science 425, rue de La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca Malgré cela, notre lecteur admet que l’article l’a « tout de même fait réfléchir.» Du nouveau Louise Campeau, du service de régulation des naissances Seréna à Chicoutimi, a écrit à notre chroniqueur Raynald Pepin pour remettre gentiment à jour certaines de ses connaissances sur la sexualité masculine.Notre chroniqueur nous fait part de ce qu’il a appris.« Dans ma chronique de mars dernier, “Secrets d’alcôve”, je mentionnais que le liquide pré-éjaculatoire de l’homme peut contenir une bonne quantité de spermatozoïdes, ce qui rend très aléatoire la contraception au moyen du coït interrompu.En 1992, deux équipes différentes ont publié dans The Lancet (vol.340, p.1469-70) les résultats d’études sur le liquide pré-éjaculatoire d’hommes infectés ou nonpar le virus du sida.Même si les hommes n’étaient pas infertiles, aucun spermatozoïde n’a été décelé dans le liquide fourni par les hommes séronégatifs.« Chez quelques-uns des hommes séropositifs, les chercheurs ont trouvé de petits amas de spermatozoïdes agglutinés (non mobiles) dans le fluide, probablement des vestiges d’une éjaculation antérieure.Plusieurs échantillons contenaient des globules blancs infectés par le virus.Ces résultats restent toutefois à confirmer.Il est clair que même si le coït interrompu ne mène pas à une grossesse (en supposant un bon contrôle de l’homme), il peut contribuer à la transmission du sida.Bref, il n’y a pas de raison d’abandonner le condom.« D’où vient le mythe ?Un des chercheurs n’a pu trouver aucun article portant sur la présence de spermatozoïdes dans le liquide pré-éjacula-toire.Voilà une rumeur qui a fait des petits (si on peut dire).» Le fond du baril Jean-Pierre Barrette, de Terrebonne, est membre de la Société d’information sur le site d’enfouissement de Lachenaie.Il considère que l’article de Laurent Fontaine sur la visite organisée dans ce dépotoir bien connu (juillet-août 1996) banalise un peu trop ce dossier.Il met tout particulièrement en doute les véritables intentions du propriétaire du site, Browning-Ferries Industries, qui, dit-il, « est condamné à payer (.), bon an mal an, plus de trois millions de dollars en amendes ».Il ajoute que la preuve de l’imperméabilité du site aux écoulements de lixiviat n’a pas été faite, pas plus que la capacité de l’entreprise à contrôler la nature des déchets qui sont enfouis dans le site.Finalement, il souligne que les odeurs «parfoispeu ragoûtantes » dont fait mention notre collaborateur ne sont surtout pas « du folklore pour la population environnante ».« En tant que société, sommes-nous désespérés au point d’utiliser un site d’enfouissement comme attrait touristique ?Quand, pour la dernière fois, avez-vous fait visiter votre poubelle aux gens qui sont venus vous rendre visite ?» Usez le guide ! Internet, un monde facile à explorer grâce au 2e guide pratique de Québec Science Les 500 meilleurs sites sélectionnés, classés, commentés « Fait au Québec » par le réputé journaliste internaute Jean-Hugues Roy, coauteur du premier Guide pratique Internet de Québec Science En vente dans tous les bons kiosques (4,95 $).I\le le manquez pas ! Québec Science / Novembre 1996 7 Actualités Amiante : les Français sont-ils tombés sur la tête ?Les plus gros consommateurs d'amiante d'Europe ont brusquement changé leur fusil d'épaule sur la foi d'un rapport scientifique.Qu'est-ce que ce document contient de si explosif ?par Normand Grondin Le 14 juillet dernier, le président français Jacques Chirac ébranlait ses concitoyens en annonçant son intention de raser Jussieu, une des plus grandes universités de Paris.Vieille d’à peine 30 ans, Jussieu est suspectée depuis longtemps de distiller sournoisement le discret poison de l’amiante qu’on retrouve flo-qué1 sur plus de 240 000 m2 * * * * * 8 de la surface du campus.Imaginez la commotion : c’est comme si Lucien Bouchard annonçait la démolition de l’Université du Québec à Montréal pour cause d’amiante indésirable ! Quelques jours plus tard, Jacques Chirac changeait brusquement d’idée : on ne jetterait plus Jussieu à terre, on se contenterait de nettoyer l’université de fond en comble.Il n’en reste pas moins que l’événement montre bien dans quel état d’esprit se trouve le gouvernement français depuis que l’Institut national de la santé et de la recher- 1 On utilise de plus en plus le terme « floqué » pour indiquer que des fibres d’amiante ont été étendues sur les murs, les structures et la tuyauterie des bâtiments afin de les protéger en cas d’incendie.8 Québec Science / Novembre 1996 che médicale (INSERM) a déposé son rapport sur l’amiante, le 2 juillet dernier : on frappe d’abord, on discute ensuite ! La décision de bannir la fibre miracle de l’Hexagone à partir Bloc d'amiante chrysotile.La fibre la plus étudiée.et la plus controversée du monde.du 1" janvier 1997 est tout aussi éloquente.Nos cousins ne sont pas les seuls en état de choc : l’industrie québécoise de l’amiante a également accusé le coup.La France n’est pas un gros client, mais on craint que leur décision ne fasse tache d’huile.Et puis, l’INSERM a remis en question les effets de la chrysotile, le fer de lance de l’industrie québécoise.Tout ce remue-ménage pour un simple rapport ?Un rapport de plus, faut-il préciser, puisque 1 200 études et 4 500 communications scientifiques ont déjà fait de l’amiante la fibre la plus étudiée du monde ! Pourtant, ce document de 67 pages qui a enflammé les esprits et alimenté les manchettes desjournaux (« L’amiante tuera encore », « L’amiante hors la loi », « La fin d’un poison ») est tout sauf incendiaire ! En fait, c’est avec un ton très sobre qu’il traite de plusieurs sujets notoirement controversés.De plus, il s’agit d’un rapport et non d’une étude : 1TNSERM s’est « contenté » de faire une revue de la littérature existante et de tirer certaines conclusions.D’ailleurs, Marcel Golberg, épidémiologiste à 1TNSERM et l’un des auteurs du rapport, est le premier à reconnaître les limites du document.« On n’a rien inventé, dit-il, on s’est simplement basé sur ce qui avait été fait dans le passé, notamment par les Américains.Dans certains cas, c’est vrai qu’on a dû extrapoler en l’absence de données et tirer des conclusions qui ne conviennent pas à tout le monde.Mais on n’est pas les premiers à le faire ! » Que dit donc ce fameux document ?D’abord, il rappelle aux Français que l’amiante floqué sur les bâtiments jusqu’en 1978 a fait et fera encore des victimes parmi les travailleurs qui y ont été exposés.L’INSERM a estimé qu’en 1996 seulement l’amiante serait responsable de 750 mésothéliomes (cancers de la plèvre) et de 1200 cancers du poumon.Pour établir ces prévisions, 1TNSERM s’est basé sur deux études nationales sur les mésothéliomes et sur des données britanniques sur le cancer du poumon causé par l’amiante.Les Britanniques attribuent à l’amiante de 5 à 6 % des cas de cancer du poumon connus.Et une étude réalisée en 1986 par John Corbett McDonald, un Canadien considéré comme une sommité en la matière, parlait de 7 % des cas.L’Institut de l’amiante, un lobby québécois qui regroupe syndicats, patrons de l’industrie et représentants des gouvernements fédéral et provincial, prétend qu’on a surévalué le nombre de décès attribuables à l’amiante.Mais, pour les Français, profondément secoués en apprenant que l’amiante a : ¦ ¦ L'exposition à de faible doses d'amiante est-elle risquée ?À défaut de prouver que le ¦I danger existe.fait plus de victimes que le scandale du sang contaminé — et qu’elle en fera d’autres —, le débat est déjà clos.L’INSERM a également atta- les Français disent que rien ne permet de croire qu'il Au Québec, les milieux de travail ont été assainis.Mais, en France, la situation laisse encore beaucoup à désirer.qué de front les défenseurs de la chrysotile — le seul type de fibre d’amiante produit au Québec — en soutenant qu’il fallait, à peu de choses près, mettre cette fibre dans le même panier que les tristement célèbres amphiboles, l’autre variété d’amiante dont la toxicité est bien documentée.Selon les chercheurs français, la chrysotile serait responsable d’autant de cancers du poumon que les amphiboles.De plus, ils affirment qu’on lui doit un pourcentage non négligeable des cas recensés de mésothéliomes, alors que la majorité des études vont dans le sens contraire ! « Comme il y avait beaucoup de controverses autour de ces questions, on a décidé, à la lumière de ce qu’on savait, de trancher dans un sens plutôt que dans n'existe pas ! l’autre », reconnaît Marcel Golberg.L’Institut de l’amiante reproche encore une fois à l’INSERM de surévaluer les dégâts en utilisant des données sur l’exposition aux fibres trop élevées par rapport à celles qu’on observe aujourd’hui dans l’industrie.Il faut également signaler que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré en juillet dernier que son groupe de 17 experts considérait encore que la question concernant le lien entre le mésothéliome et la fibre chrysotile « n’avait pas été résolue ».« Toutes les études épidémiologiques indiquent que la chrysotile est moins toxique que les amphiboles, constate André Dufr-esne, chercheur et professeur au département de santé au travail de TUniversité McGill.Toutes, sauf une.Chez les animaux exposés à l’amiante (par ipjection ou inhalation), les expériences ont démontré que la chrysotile était plus toxique que les amphiboles, l’inverse de ce qui se produit chez l’humain ! » Comment expliquer ce résultat ?« On sait que le modèle animal est loin d’être comparable à celui des humains, mais ces données nous laissent tout de même perplexes.» De plus, un article publié en 1992 par le comité des présidents de la CSST dans VAmeri-can Journal of Industrial Medicine, attribue directement plusieurs cas de mésothéliome à la chrysotile et non à la trémo-lite, une amphibole qui conta-mine parfois le minerai.Finalement, le rapport s’avance sur un terrain dangereusement mou : celui des risques causés par l’exposition à de très faibles doses d’amiante, par exemple chez ceux qui vivent ou travaillent dans des bâtiments floqués.D’entrée de jeu, les Français précisent qu’il n’existe pas de méthode sûre pour quantifier ce risque, ni de preuve de l’existence d’un seuil critique d’exposition à l’amiante, ni même d’études directes à ce sujet.Tout un préambule ! Pour ces motifs, l’INSERM a donc choisi de contourner le problème en appliquant une méthode d’analyse de risque assez fréquemment utilisée qui consiste à extrapoler aux faibles doses ce qu’on connaît déjà sur les fortes doses.Les faibles doses sont, en moyenne, 100 fois moins élevées que les plus fortes.En fait, c’est un peu comme si on évaluait les risques potentiels d’un très petit fumeur de développer un cancer à partir de la consommation de cigarettes d’un très gros fumeur.Manifestement mal à l’aise avec cette approche, les chercheurs concluent en disant que cette extrapolation « demeure l’estimation incertaine la plus plausible dans l’état actuel des connaissances ».Bref, à défaut de prouver que le danger existe, on dit que rien ne permet de croire qu’il n’existe pas ! Jacques Siemiatycky, épidémiologiste à l’Institut Armand-Frappier et responsable d’une étude sur les expositions à de faibles doses d’amiante dont les résultats devraient être bientôt connus, qualifie pour sa part le tout « d’exercice académique Québec Science / Novembre 1996 9 Actualités Défloquage L'ennemi est dans nos murs On sait qu'il y a de l'amiante dans les murs d'un grand nombre de nos bâtiments publics.Mais on ignore le nombre exact de ces immeubles et dans quel état ils se trouvent.Pourtant, il serait fort utile de le savoir pour éviter d'autres drames.par Normand Grondin intéressant, mais seulement d’exercice ».« Ça laisse un peu trop de place aux jeux de devinettes, dit-il.Cependant, dans le monde de la santé publique, il faut parfois agir en l’absence de données : dans ce cas, c’est aux administrateurs et non aux scientifiques de prendre des décisions.» Les chercheurs de l’INSERM ont soulevé d’autres points intéressants.Ils rappellent, par exemple, que les connaissances actuelles laissent à penser qu’un cancer peut être provoqué par une seule cellule dont le code génétique a été altéré et que même une dose faible d’un agent cancérigène pourrait être à l’origine d’une tumeur.« L’hypothèse d’un seuil d’innocuité est donc, apnon, peu plausible », écrivent-ils.Contrairement à ce qu’on aurait pu s’attendre, le rapport ne demande pas la tête de l’amiante — du moins pas en termes aussi clairs ! —, mais seulement qu’on l’élimine chaque fois que c’est possible de le faire, comme le préconise l’OMS.Par contre, on ne se gêne pas pour enfoncer le clou de la chrysotile en demandant qu’on la traite sur le même pied que les amphiboles.« Pourquoi y aurait-il deux réglementations différentes ?demande Marcel Golberg.Par quelle logique serait-il moins grave de mourir d’un cancer du poumon causé par la chrysotile que d’un mésothéliome causé par une amphibole ?» Manifestement, les conclusions de l’INSERM ne sont pas tombées dans l’oreille d’un politicien sourd.Même si certaines données du rapport sont contestables et qu’on a démontré la possibihté de travailler en sécurité avec cette fibre, l’affaire semble entendue en France.D’ailleurs, en septembre dernier, s’est ouvert le premier grand procès contre les patrons de l’industrie.Et bien des Français croient que c’est l’occasion rêvée de faire payer à l’amiante quelques-uns de ses vieux péchés.Inquiets, les Français ont décidé en février dernier de répertorier tous leurs bâtiments floqués à l’amiante1.Les Américains ont fait la même chose avec leur écoles il y a quelques années.Dans les deux cas, même si on manquait de preuves pour accuser l’amiante, les gouvernements ont jugé qu’il valait mieux prévenir que guérir.Et chez nous ?Encore rien.Pourtant, on ne manque pas d’amiante dans nos murs ! Il y a au Québec plusieurs centaines •— et peut-être plus — d’édifices isolés à l’amiante.En fait, du début des années 50 jusqu’au moment où l’on a cessé de flo-quer, vers la fin des années 70, tous les grands bâtiments construits ou rénovés sont susceptibles d’avoir été floqués à l’amiante.« À Montréal seulement, dit Jacques Binet, médecin en santé au travail au CLSC Des Faubourgs, on a floqué à l’amiante plusieurs grandes tours à bureaux du centre-ville, des bâtiments de la ville, des hôpitaux et des installations industrielles.C’était vraiment une 1 Adopté le 7février dernier, un décret oblige tous les propriétaires de bâtiments isolés à l’amiante à les déclarer avant la fin de 1999 et à respecter la limite d’empoussièrement fixée à 25 fibres par litre d’air.technique couramment utilisée au Québec.» Aujourd’hui, quelques édifices ont déjà été déflo-qués et d’autres, comme la Cour municipale de Montréal, le seront bientôt.À l’époque, l’intérêt pour cette technique était compréhensible : la chrysotile, comme toutes les fibres d’amiante, a une faible conductivité thermique, ce qui la rend isolante, ignifuge et stable sous l’effet de la chaleur.Elle était donc parfaitement indiquée pour protéger les structures métalliques contre les incendies ou couvrir les systèmes de chauffage à chaudière.Sur la fibre Il existe deux variétés d'amiante : la chrysotile (la forme fibreuse de la serpentine) et les amphiboles (anthophyllite, amo-site, crocidolite, actinolite ettrémolite).La chrysotile constitue plus de 98 % de la production mondiale.Le Québec extrait 21 % du minerai mondial, mais occupe la première position sur le marché des exportations (43 % des expéditions).Sur les maladies qu'elle peut causer Les deux variétés de fibres sont cancérigènes, mais les amphiboles sont généralement considérées comme plus dangereuses que la chrysotile.On sait également que les longues fibres d'amiante, qu'il s'agisse d'amphiboles ou de chrysotile, sont plus toxiques que les fibres courtes.La grande résistance de cette fibre la rend difficile à éliminer par le corps humain.En s'accumulant dans les poumons, elle peut causer une fibrose pulmonaire (l'amiantose), un cancer du poumon, un mésothéliome (cancer de la plèvre ou du péritoine) et, plus rarement, d'autres types de cancer.Le temps de latence avant que n'apparaissent les premiers symptômes de la maladie est généralement très long : de 10 à 20 ans pour le cancer du poumon et entre 30 et 40 ans pour un mésothéliome.10 Québec Science / Novembre 1996 BflH 1 S JfS I Mais est-ce dangereux de vivre dans un bâtiment floqué ?Une exposition à long terme peut-elle provoquer un cancer du poumon ou un mésothéliome chez ceux qui occupent ce bâtiment ?Les études à ce sujet sont peu nombreuses, mais elles pointent toutes dans la même direction : dans des conditions normales, l’exposition à de faibles doses d’amiante ne poserait aucun risque mesurable.« Nous avons épluché toute la littérature scientifique écrite à ce sujet depuis 1990 sans rien trouver qui nous prouverait que, dans des conditions normales, un édifice d’amiante dans l’air d’une quinzaine de tours à bureaux floquées.Résultat : l’air y était aussi sain que celui.de la Ville de Montréal ! « C’était si minime que ça ne valait pas la peine d’en parler.» Mais il est question ici de structures en bon état.Or, ce n’est pas toqjours le cas.On sait que plusieurs bâtiments ont été floqués à la va-vite.André Dufresne a déjà vu de l’amiante appliqué directement sur les murs d’un édifice public, à l’air libre, sans même une couche de peinture protectrice ! Il a également inspecté plusieurs bâ- 1 Les Français ne sont pas les seuls à s'inquiéter.Les cols bleus de Montréal ont exigé qu'on décontamine plusieurs édifices municipaux, dont le bâtiment de la Cour municipale.Et cela, même si on n'a pas démontré que ces bâtiments présentaient un risque pour la santé des occupants.floqué n’est pas sécuritaire », indique Joanne Paquette, ingé-nieure en génie civil à la CSST.Depuis cinq ans, André Dufresne, chimiste et professeur au département de santé au travail de l’Université McGill, a évalué la quantité de fibres timents endommagés par le temps et par leurs occupants, dont le taux d’empoussièrement à l’amiante s’approchait de la limite permise au Québec.« Si on ne fait rien pour corriger la situation, dit-il, les bâtiments vont continuer à se dégrader et le risque que leurs occupants soient exposés à un taux de fibres plus élevé augmentera.» Ce n’est pas tout.Certaines bâtisses cachent également de mauvaises surprises.Le docteur Jacques Binet rappelle qu’on a floqué à plusieurs endroits des fibres d’amosite.L’amosite fait partie des amphiboles, une va- riété d’amiante qui provient d’Afrique du Sud et dont l’utilisation, en raison de sa toxicité, est interdite un peu partout dans le monde.Jean-François Wilhelmy, minéralogiste au ministère des Ressources naturelles du Québec, ajoute qu’on a longtemps floqué de la chrysotile en vrac dans certaines industries québécoises, sans distinction quant à la longueur des fibres.« Dans bien des cas, on ne sait pas à quel type de chrysotile on a affaire », dit-il.Or, les défenseurs de la chrysotile font grand état du fait que ce sont les fibres courtes de ce minerai qui sont considérées comme les moins dangereuses.Est-ce suffisant pour prendre les grands moyens et faire comme les Américains, qui ont défloqué à grands frais des milliers d’écoles et de bâtiments ?Sûrement pas, disent ceux que Québec Science a interrogés.Ils rappellent d’ailleurs que nos voisins, après quelques années de frénésie, ont mis la pédale douce à ce sujet.Par contre, ils s’entendent sur la nécessité de faire comme les Français — au moins sur ce point ! — et d’établir une liste des bâtiments floqués.Un inventaire complet nous renseignerait sur l’état actuel de nos bâtiments floqués et nous indiquerait si une intervention est nécessaire.Il permettrait également de contrôler les travaux et les rénovations réalisés sur les lieux.Ce n’est pas un luxe : on sait aujourd’hui qu’un grand nombre d’ouvriers québécois en contact avec des structures floquées — les plombiers-tuyau-teurs, ferblantiers et calorifu-geurs, notamment — ont été affectés par la fibre et que d’autres pourraient l’être dans l’avenir2.Ces travailleurs-là sont tous prévenus des dangers, croyez-vous ?Rien n’est moins sûr.« Aqjourd’hui, on sait qu’il y a des gens qui sont conscients des problèmes que l’amiante peut Actualités causer, d’autres qui les ignorent encore et d’autres qui s’en fichent », dit Jacques Binet.Selon lui, pour épargner de l’argent, plusieurs entrepreneurs refusent de se plier aux mesures de sécurité prévues par la réglementation lors d’une opération de dé-floquage ou de rénovation dans un bâtiment floqué.« Il se fait encore du travail au noir ou, disons, à grande vitesse, dit le médecin.Et si un employé refuse de faire ce qu’on lui demande, on en trouve un autre, et le syndicat n’en entend jamais parler ! » Depuis le printemps dernier, un comité formé de responsables du ministère de la Santé, de l’Institut de recherche sur l’amiante et de la CSST travaüle à mettre sur pied une campagne de prévention en milieu de travail, indique Joanne Paquette.Mais c’est un comité « interne », précise-t-elle, et la liste des bâtiment floqués n’est qu’un sqjet parmi d’autres et non une priorité du groupe.Jacques Binet, également membre de ce comité, considère pourtant que ce serait là une solution peu complexe et efficace.« C’est la bonne vieille méthode : on identifie d’abord les lieux du risque, puis on l’évalue et on applique les protections nécessaires.» « Qu’est-ce qui est le plus important pour la population, demande Joanne Paquette : essayer de trancher entre une étude et une autre, ou simplement faire en sorte que les fibres ne rentrent pas dans les poumons des travailleurs ?» • î Le bilan final d’un dépistage effectué en 1995-19% par le CISC Des Faubourgs auprès de 970 travailleurs de la construction indique que plus du quart d’entre eux sont atteints aux poumons (sous forme de plaques pleurales) à des degrés divers, tandis qu’une trentaine pourraient être victimes d’amiantose (le diagnostic final n’a pas encore été établi).Québec Science / Novembre 1996 11 Actualités Diététique Les explorateurs de l'obésité En observant le fonctionnement du métabolisme d'un explorateur québécois, on est arrivé à une conclusion étonnante : plus on maigrit rapidement, plus vite on risque d'engraisser ! par Isabelle Hachey Dans un sombre sous-sol de l’Université Laval, une petite pièce vitrée et complètement isolée, meublée d’un lit, d’une table, d’une radio, d’un téléviseur et d’une toilette, sert depuis deux ans de chambre d’expérimentation à une équipe de chercheurs en éducation physique.C’est ici, dans cette « chambre métabolique » que l’équipe d’Angelo Tremblay, professeur d’éducation physique et l’un des concepteurs de cette chambre, a récemment découvert que le corps humain était doté d’une « mémoire » lui permettant d’ajuster à la baisse ses besoins énergétiques après avoir subi une perte de poids importante.Au printemps 1995, Benoît Roy, lui aussi professeur d’éducation physique, a passé de longues journées dans cette chambre que seul un passe-plat muni de deux cloisons étanches relie à l’extérieur.À cette époque, il se préparait à entreprendre la traversée du Groenland en ski de fond, en compagnie des explorateurs Bernard Voyer et Thierry Pétry.« Avant de partir pour le Groenland, Benoît est venu me voir pour obtenir un avis sur son alimentation pendant le périple, raconte son collègue Angelo Tremblay.Il n’avait pas de grosses réserves de graisses et craignait d’être trop maigre pour effectuer la traversée.» En effet, durant un voyage semblable, il est humainement mm mmM impossible pour les explorateurs de transporter avec eux suffisamment de nourriture pour maintenir leur équilibre énergétique (l’énergie consommée par rapport à l’énergie dépensée).Il ont donc tout intérêt à stocker un peu de gras avant leur départ.Angelo Tremblay accepta donc de lui préparer un régime à forte teneur en gras.à condition qu’il se soumette à une expérience scientifique dans la chambre métabolique.Benoît Roy a donc servi de La chambre métabolique à l'Université Laval.On y mesure avec précision la quantité de calories dont un individu a besoin pour assurer le fonctionnement de base de son organisme.« cobaye », passant 6 séjours de 24 heures — 3 avant l’expédition et autant au retour — dans cette chambre munie d’appareils qui permettent de mesurer le métabolisme au repos, c’est-à-dire la quantité totale d’énergie dépensée durant une journée pour assurer le fonctionnement de base de l’organisme.Cette mesure est effectuée à l’aide d’un appareil qui détecte les changements de concentration de l’oxygène consommé et de l’oxyde de carbone expiré dans la chambre.Des sen-seurs, semblables aux détecteurs de mouvement antivol, permettent également de mesurer le taux d’activité du sujet.Le tout est traduit en kilo-joules (calories).Lors de son premier séjour dans la chambre, Benoît Roy pesait 67,2 kilos.Le régime engraissant — un surplus d’énergie quotidien de 2 000 kilojoules, (près de 500 calories) —, entrepris 2 mois avant l’expédition, avait augmenté son poids de 4,7 kg, dont 3,6 kg en gras.Les mesures prises dans la chambre métabolique démontrèrent que sa dépense d’énergie variait peu d’un séjour à l’autre.Mais, après la traversée du Groenland — sous l’effort, Benoît Roy perdit 7,9 kg en 22 jours —, Angelo Tremblay fit une surprenante découverte.Douze jours après son retour, Benoît Roy avait recouvré son poids habituel, soit 67,6 kg.Toutefois, selon les données enregistrées dans la chambre, sa dépense d’énergie quotidienne avait diminué de 15 % ! Son organisme s’était donc littéralement adapté pour parer à une éventuelle baisse draconienne de poids.« En dépit du fait qu’il avait le même poids, la même masse 12 Québec Science / Novembre 1996 Actualités La traversée du Groenland en ski de fond.Il est impossible aux explorateurs de transporter suffisamment de nourriture pour maintenir leur équilibre énergétique.Ils doivent donc, avant leur départ, accumuler des graisses.grasse, la même masse maigre, le même taux d’activité dans la chambre et qu’il mangeait exactement la même chose, il dépensait pas mal moins d’énergie, explique Angelo Tremblay.En fait, il était devenu plus efficace, énergétiquement parlant.» Un peu comme si une voiture, utilisée dans des conditions similaires et à quelques semaines d’intervalle, faisait autant de kilomètres en consommant moins d’essence ! Deux autres tests, effectués trois semaines et quatre mois après son retour de l’Arctique, confirmèrent que la dépense d’énergie quotidienne de Benoît Roy était toujours en deçà de la valeur enregistrée avant l’expédition.Ses besoins caloriques quotidiens avaient bel et bien diminué.Afin de vérifier ses résultats, Angelo Tremblay a répété l’expérience sur l’explorateur Bernard Voyer, à l’occasion de son expédition en Antarctique, l’hiver dernier.Encore une fois, il a observé à son retour une baisse considérable du métabolisme du skieur au repos.Comment expliquer ce phénomène ?Angelo Tremblay ne saurait encore le dire.Par contre, il a constaté une étrange similitude entre sa découverte et un autre phénomène, « l’effet yo-yo ».Ce dernier décrit les fluctuations fréquentes de poids que l’on observe chez les personnes obèses qui suivent un régime amaigrissant drastique (genre Weight Watchers).Après avoir perdu beaucoup de poids en très peu de temps, une personne obèse a souvent du mal à maintenir son nouveau tour de taille lorsqu’elle retourne à un régime « normal ».Et pour cause, estime Angelo Tremblay : l’organisme, tentant de prévenir une nouvelle « attaque », aurait tendance à rétablir son équilibre énergétique à un poids plus élevé ! Les chercheurs ont également noté que Benoît Roy avait tendance à manger davantage à son retour de l’expédition, même après avoir recouvré son poids initial.C’est la même chose qui se produit avec les personnes obèses.« Après avoir perdu beaucoup de poids, elles vont se remettre à manger plus et à reprendre du poids plus facilement étant donné que leur métabolisme a baissé », explique Sylvie St-Pierre, qui a aussi participé au projet.En adhérant à ces programmes miracles, on augmenterait donc les risques de prendre encore plus de poids dans le futur.Benoît Roy estime avoir lui-même ressenti les effets du rôle « conservateur » qu’a joué son organisme après son expédition.« Il m’a fallu deux mois pour retrouver un régime de vie normal, constate-t-il.Je n’ai pas été trop affecté, mais j’imagine que si je répétais cette expérience année après année, mon organisme commencerait à en avoir ras le bol ! » Encouragé par de tels résultats, Angelo Tremblay prendra bientôt la route du Mexique afin d’étudier les effets de la malnutrition survenue dès l’enfance.Il travaillera là-bas avec un groupe d’indiens qui ont subi une brusque transition dans leur mode de vie — d’abord austère, puis industrialisé — et qui sont particulièrement susceptibles d’être atteints de maladies métaboliques, telles que le diabète.• Université de Montréal Faculté des arts et des sciences À vous qui songez à des carrières scientifiques, la vitalité du secteur des sciences de notre Faculté peut vous conduire vers un avenir prometteur.Nous souhaitons vivement vous compter parmi nos étudiants et vous faire partager une vie intellectuelle et sociale d’une grande intensité.BIOCHIMIE Tél.: (514) 343-6374 CHIMIE Tél.: (514) 343-7058 GÉOGRAPHIE ENVIRONNEMENTALE Environnement humain Environnement physique Tél.: (514) 343-8031 GÉOLOGIE Tél.: (514) 343-6820 INFORMATIQUE ET RECHERCHE OPÉRATIONNELLE Tél.: (514) 343-6602 MATHÉMATIQUES ET STATISTIQUE Actuariat Mathématiques appliquées Mathématiques fondamentales Statistique Tél.: (514) 343-6743 PHYSIQUE Tél.: (514) 343-6667 SCIENCES BIOLOGIQUES Biologie et biotechnologie végétale Écologie et environnement Microbiologie Physiologie animale Sciences biologiques Sciences biomédicales Tél.: (514) 343-6585 Québec Science / Novembre 1996 13 Actualités Chronique liuemet PAR JEAN-PIERRE CLOUTIER* jpc@cyherie.qc.ca Internet sauve des vies Internet ne permet pas seulement à des millions de gens de sauver du temps, il peut également sauver des vies.Le décloisonnement d’Internet et sa nouvelle vocation grand public ouvrent de nouveaux horizons aux sciences médicales en permettant d’établir des lignes directes de communication entre chercheurs et médecins d’une part, et avec les sujets d’autre part.L’expérience de l’organisme Bone Marrow Donors Worldwide (BMDW) en est un exemple parfait.Depuis le site Web de l’hôpital universitaire de Leiden aux Pays-Bas (http://bmdw.leidenuniv.nl/), le BMDW recueille des don- nées sur les phénotypes du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) humain, qui sert à identifier les donneurs potentiels de moelle osseuse.On a tous en mémoire ces courses contre la montre engagées par des patients atteints de leucémie ou par leurs médecins pour trouver des donneurs compatibles.Il existait bien sûr des répertoires nationaux de donneurs, mais le nombre de sujets répertoriés était peu élevé.Le BMDW a donc décidé de regrouper les données des différents répertoires nationaux et de diffuser aux responsables le catalogue complet des donneurs inscrits ainsi que le profil de leur CMH.Grâce à la base de données du BMDW, on est ainsi passé de 150 000 donneurs répertoriés en 1989 à plus de 3 millions.On constate également une nette augmentation du bassin de donneurs depuis que l’organisme exploite les possibilités offertes par Internet.Auparavant, les données étaient recueillies puis diffusées selon les méthodes traditionnelles.Aujourd’hui, le BMDW main- tient une base de données actualisée tous les deux mois et diffusée sur Internet, bien qu’on n’ait pas renoncé à la diffusion sur disquette.Un logiciel de jumelage donneur/receveur permet même d’accélérer le traitement des données.L’organisme a également invité les utilisateurs du réseau à faire inscrire leur profil CMH dans l’un ou l’autre des 38 répertoires de donneurs situés dans 27 pays.La procédure est simple, bien expliquée sur le site Web, et les explications sont de nature à rassurer les donneurs potentiels.Au Canada, il y aurait, selon les dernières données disponibles, environ 100 000 donneurs répertoriés.Par contre, avec les trois millions de donneurs inscrits dans la base de données du BMDW, on accroît considérablement les possibilités de jumelage donneur/receveur.Précisons ici qu’on parle de répertoire de profils CMH et non de jumelage ABDR, une technique encore plus pointue.En revanche, le plus récent rapport annuel du BMDW fait état de projets de logiciels de jumelage en ligne qui seraient accessibles à tous les professionnels de la santé, qu’il s’agisse d’analyse ABDR, de jumelage des phénotypes, voire des profils d’ADN.La confidentialité des renseignements sur les donneurs est garantie par les différents répertoires participant au projet BMDW.On a recours à la méthode de cryptage des données PGP (Pretty Good Privacy) reconnue pour son efficacité, ce qui assure l’anonymat le plus complet jusqu’à l’étape du prélèvement.• Nouvelle edition ! Pour les simples curieux comme pour les vrais amateurs du cyberespace ! Québec Le cyberespace pour tous nce Internet Le guide pratique « Fait au Québec », par les journalistes spécialisés Jean-Hugues Roy et André Bélanger.Le meilleur carnet d'adresses, les meilleures illustrations, les meilleures instructions pour configurer votre ordinateur de A à Z, les meilleurs exemples, les meilleures anecdotes.Ne le manquez pas ! En vente en kiosque et en librairie (4,95 $) 14 Québec Science / Novembre 1996 Actualités 11 Nouvelles brèves par Pedro Rodrigue ¦ Écologie La B.A.des i moules zébrées ?Il y a longtemps que le lac Érié n’a pas été aussi propre.Grâce à qui ?Aux moules zébrées ! Depuis qu’ils ont envahi les Grands Lacs en 1988, ces prolifiques mollusques ne cessent de faire rager écologistes et administrateurs publics, car ils chambardent la chaîne alimentaire.Sauf que les biologistes viennent de s’apercevoir que les moules zébrées, qui tapissent certains fonds des Grands Lacs, parfois à raison de plusieurs milliers au mètre carré, exercent un effet — comment dire ?— bénéfique sur la pollution chimique et les algues parasi- ^ tes qui affligeaient 1 ces plans d’eau.À | raison d’un litre et | demi d’eau par J adulte par jour, les £ moules zébrées ne mettent en moyenne qu’une semaine pour filtrer tout le bassin occidental du lac Érié.Résultat : l’eau y est 6 fois plus limpide qu’il y a 10 ans.De même, on considère que la moitié des substances organiques et des métaux lourds qui polluaient naguère le lac Saint-Clair, à l’ombre des usines de Détroit et en aval des raffineries de Sarnia, sont aujourd’hui emprisonnés dans les tissus de ces envahisseurs.La bonne action des moules zébrées ne se limite pas à filtrer les polluants : ces gourmandes bestioles se nourrissent volontiers des algues microscopiques qui prolifèrent à cause de la pollution.Est-ce à dire que les biologistes s’apprêtent à sauter de joie ?Pas vraiment.« Les polluants seraient probablement : moins dangereux s’ils étaient enfouis dans les sédiments plutôt que dans la chah des moules zébrées, se lamente Jeffrey Reutter, directeur du laboratoire Stone de FUniversité de l’Ohio.Le danger réside surtout dans le fait que les moules zébrées, qui font elles-mêmes partie de la chaîne alimentaire, se transforment ainsi en amuse-gueules des plus toxiques ! » ¦ Pêcheries Laid mais délicieux Avant les moules zébrées, il y a eu les lamproies.La lamproie marine, ce poisson laid, anguilliforme et parasite, muni d’un redoutable appareil de succion, dévaste les pêcheries commerciales des Grands Lacs.Ce fléau existe depuis que la lamproie a pris d’assaut, entre 1936 et 1946, les plans d’eau en aval des chutes Niagara et accessibles par le canal Welland.Depuis 1955, la Commission internationale des pêcheries des Grands Lacs a tout fait pour tenter de s’en débarrasser : capture sélective, filets électrifiés, ensemencement de truites touladis qui dévorent les larves et, plus récemment, stérilisation des mâles qui sont ensuite relâchés pour « décevoir » les femelles.Mais après plus d’un demi-siècle de résultats peu concluants, on vient de découvrir qu’il existe un moyen radical pour les éliminer : il suffit de les manger ! En effet, des chercheurs de riJniversité du Minnesota ont constaté que la lamproie marine est considérée comme un mets de choix en Europe, en particulier au Portugal, où 80 spécimens ont été expédiés cet été pour tenter les gourmets.milliards de dollars.Les compagnies d'assurances de la planète ont dû débourser cette gigantesque somme pour dédommager les victimes d'inondations et de cyclones survenus entre 1990 et 1995.Toutefois, pour toute la décennie 1980, les indemnisations n'avaient pas atteint le tiers de ce montant.Ces chiffres ont été dévoilés lors de la rencontre des Nations Unies sur les changements climatiques qui s'est tenue cet été à Lisbonne, au Portugal.On soupçonne de plus en plus le réchauffement de la planète d'être responsable de ces catastrophes.Si tel était le cas, les assureurs ne seraient pas au bout de leurs peines : selon le Groupe intergouvememental sur l'évolution du climat — un organisme qui compte 2 000 chercheurs —, la température moyenne de la planète, qui oscille actuellement autour de 15°C, pourrait encore grimper de 1 à 3,5°C.Hé Noé ! Le déluge, c'est à combien sur le thermomètre ?('R-U ¦ Géologie La Terre tourne moins vite que son noyau Xiaodong Song et Paul G.Richards, deux sismologues de l'Université Columbia à New York, ont fait cette surprenante découverte : le noyau de la Terre tourne plus rapidement que sa surface ! En fait, à chaque siècle, le noyau interne prend un quart de tour d'avance sur la surface.C'est la première fois qu'on observe une telle liberté de mouvement dans un corps rocheux.Depuis quelques années déjà, les sismologues soupçonnaient notre planète d'obéir à plus d'un système de rotation.Plusieurs prédictions détaillées ont été avancées sur le sujet, mais, à ce jour, aucune n'avait pu être vérifiée expérimentalement.Les chercheurs sont parvenus à cette conclusion en étudiant la vitesse de propagation d'ondes sismiques qui ont traversé notre planète au cours des 30 dernières années.Ils ont ainsi comparé les temps de traversée des ondes voyageant par le noyau interne (NI) et de celles ne voyageant que par le noyau externe (NE).Normalement, si l'ensemble de la planète tournait à la même vitesse, la différence entre les temps NE et NI devrait être relativement constante.Les chercheurs ont plutôt observé une variation de 0,4 seconde entre 1967 et 1995.Variation qui s'explique par le paysage géologique changeant qu'engendre la rotation du noyau interne.Tranchée en deux, la Terre se présenterait donc comme une prune avec un noyau externe constitué à 90 % de fer liquide et un noyau interne légèrement plus petit que la Lune et constitué d'une masse de fer solide.C'est la viscosité du noyau externe qui permet au noyau interne d'exprimer ainsi sa « volonté » de tourner plus vite.Cette découverte permettra aux géophysiciens de mieux comprendre le comportement du champ magnétique terrestre et de mieux caractériser les phénomènes de diffusion de la chaleur interne de notre belle et étourdissante planète.Jean-René Dufort Québec Science / Novembre 1996 15 Un abonnement au magazine Québec Science Tout un cadeau ! 5 bonnes raisons de Toffrir en cadeau 3 Accessible à tous 1 Passionnant Le magazine par excellence de l'actualité scientifique et technologique au Québec et ailleurs dans le monde.Des dossiers fouillés, des sujets passionnants pour comprendre aujourd'hui le monde de demain.2 Fiable Une équipe de journalistes chevronnés, rompus à la vulgarisation scientifique, dont plusieurs récipiendaires de bourses et de prix prestigieux.Tt Commandes téléphoniques 1 LE MAGAZINE Oui Q Non I I Paiement ci-joint H Facturez-moi Offre valide au Canada jusqu'au 15 janvier 1997 Numéro d’enregistrement de la TPS : R-1335-97427 Numéro d’enregistrement de la TVQ : 1013609086 16 Quebec Science / Novembre 1996 29,95 $ pour l'abonnement d'un an (10 nos) Prix régulier en kiosque : 45,00 $ C( La science présentée de façon simple de manière à ce que les phénomènes les plus complexes puissent être compris par tous.4 La science mois après mois Un cadeau d'une belle valeur qui s'étend sur une année complète.Inclut les 10 numéros réguliers, le Guide des vacances et les suppléments gratuits.5 Économique A un prix des plus intéressants avec un rabais de 33 % sur le prix de vente en kiosque.: 11 ou remplissez le coupon ci-dessous nce Tout un cadeau ! Abonnement cadeau 1 an Spécial 29,95 $ Nom Adresse app.ville code postal Voulez-vous que Québec Science envoie une carte de Noël informant le nouvel abonné ?téléphone 'Ce il Détachez et expédiez à Québec Science C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Tél.: 1 800 613-4391 Télec.: (418) 657-2096 Internet : courrier@QuebecScience.qc.ca O Nom Adresse ville code postal téléphone ?Je m'abonne au prix régulier de 37,60 S see Cordes sensibles T ES C®ITirTIEN+ ©N +IRE LES FICELLES 05 ¦i Dans le film The Manchurian Candidate, un thriller psychologique réalisé en 1962, un homme assis dans son appartement fait tranquillement un jeu de patience.Lorsqu’il retourne la dame de carreau, un déclic se produit dans son cerveau programmé : il se lève et, sans une once de culpabilité, il va assassiner la femme de sa vie.Cette scène terrifiante a contribué à ancrer dans l’imaginaire populaire le mythe du lavage de cerveau.Une technique qui, croyait-on à cette époque, permettait d’inculquer au premier venu des idées ou comportements aux antipodes de sa personnalité.Durant les années 70, l’inquiétude qu’inspirait la popularité grandissante des sectes a incité plusieurs spécialistes à conclure que ces groupes devaient forcément laver le cerveau de leurs membres pour les pousser à abandonner famille et amis, à donner tout leur argent ou encore à poser des actes violents ou suicidaires.Mais, aujourd’hui, la plupart des spécialistes s’entendent pour dire que la réalité est beaucoup plus complexe et que le lavage de cerveau, s’il existe vraiment, n’explique en rien les excès auxquels peuvent se livrer certains groupes fanatiques.« Ce n’est qu’un mythe politique créé de toutes pièces pour attaquer certains groupes, religieux ou non », affirme Massimo Introvigne, directeur du Centre d’étude sur les nouvelles religions (CESNUR) de Turin, un organisme qui informe le public sur les nouvelles religions et prend leur défense.« En Italie, pendant les années fascistes, un article de loi sur le lavage de cerveau a été utilisé contre les homosexuels.On af- firmait que les jeunes homosexuels se faisaient laver le cerveau par des homosexuels plus âgés qu’eux ! » En 1981, la cour constitutionnelle italienne a finalement fait disparaître l’article en question après qu’un défilé de psychiatres eurent affirmé que le terme n’était pas accepté par la profession.L’Association des psychologues américains a fait la même chose en 1987, et les tribunaux de la plupart des pays occidentaux Les membres des sectes peuvent parfaitement identifier un futur adepte et lui présenter une offre qu'il ne pourra refuser.Des techniques simples, mais qui ont fait leurs preuves.par Félix Légaré Québec Science / Novembre 1996 17 On pousse les adeptes à se censurer et à se discipliner.Bref, à construire autour de chacun d'eux une prison invisible.rejettent maintenant cet argument lors de poursuites d’ex-membres contre leur ancien gourou.Si on a écarté pour de bon l’idée fantaisiste du lavage de cerveau, certains principes ont quand même été dégagés des expérimentations pour le moins « orwelliennes » qu’on a faites au nom de cette pseudoscience depuis un demi-siècle (voir encadré à la page 20).On a ainsi constaté que, combiné à un stress intense, l’épuisement nerveux provoqué par l’absence de sommeil peut éliminer toute résistance à l’autorité.Et que l’isolation sensorielle, telle qu’on la pratiquait durant les années 70 dans les prisons de l’Allemagne de l’Est — de longs séjours dans une cellule aux murs blancs totalement insonorisée —, peut briser les plus récalcitrants.Mais alors, si le lavage de cerveau n’existe pas, que se passe-t-il dans la tête des adeptes ?®n parle maintenant de contrôle de la pensée, d’influence indue, de manipulation ou encore de resocialisation, explique Mike Kropveld, directeur d’Info-Secte.Des techniques plus « subtiles » de contrôle de la pensée, mais d’une redoutable efficacité.Selon lui, les premières études qui ont permis de mieux comprendre le fonctionnement des sectes et des idéologies totalitaires nous viennent du psychiatre américain Robert Jay Litton, qui a, entre autres choses, étudié le fonctionnement des camps de rééducation chinois.Dans un essai publié en 1961 (Thought Reform and the Psychology of Totalitarism, chap.22), Litton identifie une série de critères essentiels au contrôle de la pensée, des critères qui servent encore aujourd’hui de référence aux groupes d’information et de prévention qui s’intéressent aux sectes (voir encadré ci-dessous).La recette des sectes Selon Robert Jay Litton, huit critères permettent de déterminer si une organisation pratique le contrôle de la pensée.1.On exerce un contrôle sur l'environnement et la communication.Non seulement la communication entre les individus, mais entre le membre et lui-même.2.On met en scène des mystifications.Une personne croit vivre une expérience dont les causes sont spirituelles, mais, en fait, elle est le résultat d'une mise en scène de ses supérieurs.3.On utilise un langage au vocabulaire polarisé et difficile d'accès.Les mots, incompréhensibles pour les non-initiés, servent surtout à enfermer le membre dans un langage simplificateur qui l'empêche de formuler des réflexions complexes et de réfléchir librement.4.On fait passer la doctrine avant les individus.Peu importe la situation particulière d'une personne, la croyance au dogme doit déterminer tous ses gestes.5.On vénère une science sacrée.Comme dans le système nazi ou la Chine du temps de Mao, la doctrine de l'État est indiscutable et parfaite.Si on s'oppose à l'État, c'est qu'on s'oppose à la raison.Donc, on est fou.6.On encourage fortement la confession et la dénonciation.L'entourage exige l'absence totale de barrières entre l'individu et le groupe.Toute action ou pensée contraire à la doctrine doit être confessée.L'espionnage par les pairs est fortement encouragé.7.On exige la pureté absolue.Le milieu suscite la culpabilité de l'individu en le contraignant à atteindre des standards de perfection inaccessibles.8.L’organisation possède un droit de vie ou de mort sur ses membres.La secte détermine qui a le droit d'exister ou non.Par exemple : le groupe convainc ses membres qu'ils font partie de la véritable race humaine et que le reste de la planète est peuplé d'insectes qui méritent l'extermination.Le genre d'attitude qui peut conduire aux génocides auxquels se sont livrés des systèmes totalitaires.m Évidemment, certains de ces critères peuvent se retrouver dans n’importe quel genre d’organisation, mais Litton précise que si chacun d’eux est appliqué à la lettre, on peut conclure qu’il y a pratique du contrôle de la pensée.D’autres chercheurs, comme Edgar Schein ou Steven Hassan, ont observé des variantes et des subtilités dans les méthodes d’endoctrinement des sectes ou d’autres organisations à tendance totalitaire.Privation de sommeil, alimentation pauvre en protéines, membres coupés de tous liens familiaux, obligés de travailler ou de prier sans arrêt : l’inventaire est large.Plus efficaces que la seule contrainte physique, ces règles enferment le membre dans sa propre culpabilité.On le pousse à se censurer et à se discipliner lui-même.Bref, à construire autour de lui une prison invisible.Massimo Introvigne est en désaccord avec cette approche, qu’il compare à l’idée que se faisaient nos ancêtres de 18 Québec Science / Novembre 1996 ' vü l’envoûtement.« Si ces forces étaient aussi magiques qu’on le dit, elles devraient retenir les adeptes plus longtemps.Or, on a démontré que le passage moyen d’un adepte dans l’Église de Moon était de trois ans en Europe.» Il est vrai que certains d’entre eux sont littéralement kidnappés de la secte par leur famille pour être ensuite déprogrammés (une pratique interdite dans plusieurs pays du monde), mais la majorité quittent la secte spontanément.Ce qui semblerait démontrer qu’ils ont conservé un peu de leur libre arbitre.Mike Kropveld admet que les dépro-grammeurs, en vogue dans les années 70 et 80, ont utilisé sur des ex-adeptes des méthodes aussi brutales qu’un lavage de cerveau ! Mais on a compris avec les années que le problème des sectes et des groupes totalitaires ne se posait plus simplement en termes de bourreaux et de victimes.C’est d’ailleurs ce qui, selon lui, rend la question aussi complexe.« Il se passe quelque chose entre le recruteur et le futur adepte qui ressemble à une manipulation à deux.Le recruteur ne choisit pas n’importe qui : il cherche une personne troublée, qui a besoin de réponses, et il s’adresse à elle en lui disant qu’il peut lui donner ce qu’elle cherche.» Dans ces conditions, la personne est évidemment beaucoup plus vulnérable aux arguments du recruteur, un peu à l’image de celui qui se dit prêt à tomber amoureux et qui croit rencontrer la personne de ses rêves.On sait tous que ce genre de situation peut sérieusement altérer le sens critique.Mais comment expliquer qu’un adepte soit prêt à tout abandonner de son ancienne vie, à donner sa fortune ou même à tuer pour combler les attentes de son gourou ou de sa secte ?« Aucun recruteur ne va vous aborder en vous disant : embarque dans ma secte, on se suicide tous mercredi prochain ! poursuit Mike Kropveld.Comme tout bon ven-deur, il doit d’abord se vendre lui-même et cacher les intentions réelles de son groupe.s’il les connaît lui-même, bien sûr ! Il est également fascinant de constater que les membres n’ont pas l’impression de faire un travail malhonnête.Dans certaines sectes, des femmes vont jusqu’à se prostituer pour attirer des hommes, et d’autres abusent de leurs enfants sans remords.Et tous persistent à croire que leurs gestes sont posés de bonne foi.» 11 n’existe évidemment aucun guide pratique pour comprendre les techniques employées par les sectes.Cependant, le Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens de Robert-Vincent Joules et Jean-Léon Beauvois relate plusieurs expériences de psychosociologie comportementale montrant qu’on peut aisément manipuler les gens à leur insu.Par exemple, on a démontré qu’il est plus facile de quêter de l’argent à un passant en lui demandant d’abord l’heure.Ce premier geste anodin établit un climat de confiance qui peut suffire à dissimuler un moment les intentions réelles de celui qui quête.Dans un registre plus inquiétant, on retrouve les expériences de l’Américain Stanley Milgram.Milgram a installé deux étudiants de chaque côté d’une vitre et demandé à l’un d’eux d’envoyer une décharge électrique à l’autre lorsque ce dernier fournissait une mauvaise réponse à un jeu de vocabulaire.Durant l’expérience, les charges administrées à la victime (qui ne faisait que jouer la comédie) ont augmenté jusqu’à un seuil très dangereux.En fait, Milgram a constaté que la présence de son équipe et le sérieux du protocole scientifique suffisaient à dégager l’étudiant de toute responsabilité morale.À littéralement dédouaner ses actes.« Dans la vie de tous les jours, nous sommes bombardés d’idées et de tendances contradictoires, dit Jean-Léon Beauvois, et c’est à travers ce fouillis qu’on se forge une opinion de soi-même.Mais si vous êtes plongé dans l’isolement d’un système totalitaire, vous n’entendez plus qu’une seule voix et, dans ces conditions, les méthodes de manipulation deviennent très efficaces.» Un amalgame de ces techniques de désinformation et de manipulation, parfois combinées à l’attraction d’un gourou charismatique, pourrait donc expliquer en partie comment des adeptes en arrivent à vider leur compte de banque au profit de la secte pour suivre des cours de perfectionnement toujours plus coûteux ou simplement à consacrer leur existence au porte-à-porte.Québec Science / Novembre 1996 19 Quand la psychiatrie tourne au cauchemar Les sectes n'ont rien inventé que les États totalitaires — et certains scientifiques — n’avaient imaginé avant elles ! Il fut une époque où le lavage de cerveau constituait un réel champ d'étude, dont les applications devaient servir à des fins politiques et militaires et même à la thérapie psychiatrique ! Une des méthodes utilisées couramment était celle de Pavlov.On a tous entendu parler des expériences de ce savant russe qui, dans les années 20, a ébauché la théorie du réflexe conditionné.Pavlov a démontré qu'en associant un son de cloche avec l'arrivée de nourriture, on pouvait faire saliver un chien juste au son de la cloche.C'est-à-dire conditionner ses réactions à l'aide de stimuli.Ce qu'on sait moins, c'est que Pavlov et ses confrères, Rozental et Rozenco, se sont ensuite livrés sur les chiens à des expériences plutôt horribles, notamment en remplaçant les sons de cloche par de douloureuses piqûres.Une succession ininterrompue de violentes excitations et d'inhibitions provoquait à la longue un effondrement psychique qui pouvait en quelque sorte inverser la personnalité de l'animal.L'animal se soumettait soudainement à un expérimentateur qu'il haïssait auparavant et mordait ceux envers qui il s'était montré affectueux ! Ces réactions ont d'ailleurs été observées par le psychiatre anglais William Sargant chez des soldats soumis, durant la Seconde Guerre mondiale, à l'épuisement et aux incessants bombardements.En s'inspirant des résultats du savant russe et des techniques utilisées durant la période de l'Inquisition en Europe, plusieurs régimes totalitaires ont testé des méthodes de lavage de cerveau sur des prisonniers.On infligeait des tortures physiques à un prisonnier en lui promettant de tout arrêter s'il se pliait à la volonté de ses geôliers.Selon les circonstances et les buts recherchés par les tortionnaires, on a utilisé des psychotropes, l'isolement physique, la privation de sommeil ou de nourriture.Les prisonniers étaient également soumis à des interrogatoires qui se poursuivaient sans arrêt des jours durant, ou encore on exigeait d'eux des centaines de confessions écrites.Tous ces traitements visaient à briser la personnalité de la victime pour ensuite la reprogrammer selon le désir des tortionnaires.Les plus tristement célèbres de ces expériences ont été tentées par les Chinois, durant la guerre de Corée.On cherchait alors à transformer des soldats américains en de bons communistes pour qu'ils aillent répandre leur nouvelle idéologie une fois de retour au bercail ! Plus près de nous, on se rappellera les expériences du docteur Cameron, réalisées à Montréal à la fin des années 50.Le psychiatre américain utilisait notamment l'isolement physique dans des caissons, le LSD et la diffusion continuelle de messages, durant la nuit, par le biais d'un haut-parleur placé sous l'oreiller du patient.D'autres expériences à peine moins barbares ont été tentées au cours des années 60 par le psychiatre anglais J.C.Barker.Sa thérapie de l'aversion rappelle le traitement que subit Alex, le personnage principal d'Orange mécanique.Elle consistait à « soigner » un mari infidèle en lui montrant successivement des photos de sa femme et de sa maîtresse.Quand la maîtresse apparaissait, le mari recevait une décharge électrique et entendait un message expliquant les méfaits de ce triangle amoureux sur son ménage.Ces expériences invraisemblables se sont à peu près toutes soldées par des échecs.Si les sujets ne sortaient pas de l'épreuve gravement atteints, comme ce fut le cas pour les patients du docteur Cameron, une fois sortis des murs de la prison, ils finissaient par oublier les idées qu'on avait tenté de leur inculquer.Un rapport de la commission nationale française sur les sectes en France, publié en janvier dernier, recensait 172 groupes religieux dont les agissements seraient contraires à l’éthique.C’est un nombre qui fait sérieusement réfléchir.Pourtant, les groupes d’étude sur les religions comme le CESNUR ont vertement dénoncé ce rapport lors de leur congrès international, qui se déroulait à Montréal l’été dernier, l’accusant d’être tendancieux et alarmiste.Le Suisse Jean-François Meyer, probablement le spécialiste le mieux informé sur POTS, a ajouté qu’une pression exagérée des médias et de la société sur des mouvements comme l’OTS ont pu contribuer au suicide collectif des membres.Les observations de Roland J.Campiche, de l’Université de Lausanne, semblent lui donner raison.Dans son livre Quand les sectes affolent, le sociologue ne réfute pas le caractère paranoïaque de certains leaders, mais fait remarquer que ce sont les pressions exercées sur eux qui provoquent les pires catastrophes.Ainsi, c’est l’assaut de la police américaine contre la secte de Waco en avril 1993 qui a été à l’origine du suicide de 80 de ses adeptes.On a appris par la suite, écrit-il, que le leader David Koresh n’avait aucune intention de se suicider et que des négociations plus sérieuses auraient pu éviter le massacre.Selon lui, on ne peut donc pas généraliser le potentiel de danger d’une religion.Il donne également en exemple la secte japonaise Aum, qu’il qualifie d’organisation terroriste à tendance vaguement religieuse.Pour lui, on ne peut comprendre les agissements d’Aum que dans le contexte d’un Japon où « la porosité entre le politique et le religieux » demeure très forte.Même s’il trouve ces arguments trop complaisants envers les sectes, Mike Kropveld admet que le rapport français a été bâclé et qu’une telle approche n’aide guère à apaiser les esprits et à démystifier les sectes.« Certaines organisations, indi-que-t-il, ont été déclarées dangereuses à la seule lecture de leurs écrits.C’est absurde ! Est-ce que la Bible est dangereuse ?Non, à moins d’en faire un usage incorrect, bien sûr.» Selon lui, il faut se rappeler que le débat sur les sectes n’est pas un débat sur les religions mais, avant tout, sur la responsabilité des individus.« Tout le monde peut croire ce qu’il veut, mais les adeptes demeurent toujours responsables de leurs actes, dit-il.Le problème, c’est que lorsqu’on sait comment s’y prendre, on peut sérieusement diminuer la résistance d’une personne et l’exploiter ensuite sans trop de difficultés.» • 20 Québec Science / Novembre 1996 Y a-t-il un gourou dans la salle 1 psychothérapie : il ne porte ouverte sur le mysticisme Les psychothérapies sont-elles des lavages de cerveau ?Michel Trudeau, auteur du pamphlet Pour en finir avec les psys (Éditions du Boréal), répond.Il est lui-même psychologue.Même en enrôlant quelqu'un dans une secte, on ne lui lave jamais le cerveau.On lui bourre le crâne.On le conditionne à vénérer l’escroc.» Laver le cerveau », qu’est-ce que cela signifie ?C’est une image : on dit « laver le cerveau », comme on dit « faire place nette » ou « table rase ».Pour parler d’un grand ménage dans les méninges, d’un raz-de-marée psychologique, d’une tornade spirituelle.Comme on dit « déblayer le terrain ».On dit « laver le cerveau » comme on dit « j’efface (mon brouillon) et je recommence (mon propre) ».La psychothérapie serait-elle autre chose qu’un lavage de cerveau ?« Laver » le cerveau, ce n’est pasjoli joli.L’expression, péjorative, implique une alternative fondamentale : que le psychothérapeute lave volontairement le cerveau du patient ou qu’il ne s’en rende même pas compte.Dans le premier cas, c’est l’idée qu’une psychothérapie « déconstruit » le patient, le déprogramme pour le remettre à neuf, qui l’emporte.Cette vision des choses poursuit l’analogie entre corps et machine.L’être humain est une automobile, un ordinateur, une tondeuse à gazon.Comme au XYIIL siècle, à l’époque dorée de la création des automates.Ceux qui pensent en ces termes métaphorisent la réalité.Ce n’est pas inutile, mais cela devient dangereux quand on prend le signifiant pour le signifié, le mot pour la chose, la représentation d’une réalité pour la réalité elle-même.Toutes les psychothérapies, de la psychanalyse aux thérapies cognitives, sont porteuses de cette idée de la déconstruction du sujet.Sinon en théorie, du moins dans les opinions des spécialistes.Mais même à l’intérieur de chacune des approches, l’idée ne fait pas consensus.On se méfie à juste titre de ce qui ressemble à une médicalisation du culte de la renaissance.Eh oui ! toutes les psychothérapies n’ont pas attendu le rebirth pour flirter avec la purification rituelle.Sous l’angle de la « déprogrammation », la psychothérapie glisse aisément vers la spiritualité.Et de là, vers le mysticisme et l’exploration des vies antérieures.Or, il y a l’autre option de l’alternative, Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses elles-mêmes, ce sont les opinions qu’ils en ont.Épictète (Manuel, V) Québec Science / Novembre 1996 21 celle où le « lavage » de cerveau coule de source, sans l'intervention volontaire du thérapeute.La psychothérapie serait-elle une déprogrammation involontaire ?Depuis Pinel, on sait au moins une chose : dans la relation entre un patient et un psychothérapeute, il se passe « quelque chose » qui échappe à la fois à l’un et à l’autre.Cette « chose » est la pierre angulaire de toutes les psychothérapies.Du « transfert » à l’« alliance thérapeutique », du « mimétisme » au « processus d’adhésion », une force intangible pousse un malheureux à « aller mieux » pour plaire à son thérapeute.Se pourrait-il alors que la psychothérapie ne soit qu’une fumisterie ?De toute évidence, oui.La psychothérapie est une mystification.Parfois, la mystification donne de bons résultats.Parfois, c’est désastreux.Et le désastre est forcément inévitable avec un psychothérapeute persuadé qu’il fait de la science.Qu’il applique une médecine contrôlée fondée sur des résultats expérimentaux.Que cette médecine agit véritablement sur le psychisme de son patient.Se présenter en psychothérapie, c’est accepter la réalité suivante : le psychothérapeute sérieux ne sait pas ce qu’il fait, le charlatan, oui.Drôle de paradoxe.Le scientifique prospecte, le gourou guérit par la parole et l’imposition des mains.La manipulation mentale est une réalité fondée sur une technique bien définie : 1.prendre un individu vulnérable; 2.le fatiguer physiquement, voire l’affamer; 3.le couper de ses références affectives, de sa famille, de ses amis; 4.l’isoler du monde extérieur; 5.le bombarder de phrases insipides et répétitives; 6.finalement, le revaloriser en lui laissant croire qu’il accède à des stades supérieurs de conscience, qu’il devient un « super individu », un quasi-dieu.En résumé, flatter le chat échaudé dans le sens du poil.C’est aussi cela qu’on appelle « lavage de cerveau », en cette fin de millénaire, âge d’or des « nouvehes religions ».Même en enrôlant quelqu’un dans une secte, on ne lui lave jamais le cerveau.On lui bourre le crâne.On le conditionne à vénérer l’escroc, mais on n’élimine jamais les impressions enfouies dans les circonvolutions de son cerveau.S’il est une connaissance vérifiée, c’est bien que le cerveau n’est pas — et n’a jamais été — un Petit Robert simplifié.Dominée par l’effervescence de cet organe en relation avec celui du psychothérapeute, et vice versa, la psychothérapie n’est pas la réécriture de l’his-toire de quelqu’un.On ne refait pas une trame inscrite dans le cerveau à grands traits d’émotions et d’impressions.Tout au plus, le psy et son patient, dans la relation qu’ils entretiennent, sont-ils des critiques littéraires aptes à changer l’opinion que le second a de son propre roman.Et si ce n’est que cela, c’est déjà beaucoup.taquer à des croyances pivots : la croyance que l’existence a un sens; la croyance que l’existence a une orientation; la croyance que l’existence a une fonction.Un sens, celui d’être aimé, désiré, de faire partie d’une trame.Une orientation, celle d’aller vers un dénouement.Une fonction, celle de transformer des événements en un spectacle agréable, celui du souvenir.On le comprend mieux, la guérison, en psychothérapie, est un concept vide de sens.En psychothérapie, on ne guérit pas, La psychothérapie est une mystification qui donne parfois de bons résultats.Mais le désastre est inévitable avec un psychothérapeute persuadé de faire de la science.En observant de jeunes enfants, on se rend vite compte que l’émergence du « sens de soi », de sa réalité propre, s’accompagne d’un récit.L’enfant commence à se raconter une histoire.La sienne.Parallèlement à ce qui se passe en lui et autour de lui — des événements sur lesquels il n’a aucun contrôle —, il échafaude un mythe personnel pour comprendre ce qui se passe.Les lieux, les visages, les odeurs et les sons, tout en étant les mêmes pour tout le monde, sont les ingrédients d’une histoire unique.L’individu, dans ses particularités, est un interprète de la réalité.Un spectateur actif.La psychothérapie n’a d’effet que sur ce mythe et sur lui seul.On ne change pas l’individu, on change Inversion de son histoire.En changeant l’opinion que quelqu’un a de sa propre histoire, on peut aussi le changer, c’est-à-dire qu’on peut modifier son comportement, ses attitudes, ses sentiments, voire ses aptitudes à faire les choses.Problème : on ne sait jamais si changer cette opinion aura des effets positifs ou négatifs.Mais pour qu’il y ait changement, quel qu’il soit, la psychothérapie doit s’at- on réécrit.Ainsi donc, « laver le cerveau » demanderait l’injonction du droit, pour celui qui consulte, de participer à la réécriture de sa propre histoire.C’est impossible.Toutes les victimes des gourous participent à leur enfermement idéologique.C’est la raison pour laquelle il est aussi difficile de sortir quelqu’un d’une secte.L’histoire d’une victime est une tragédie.Et la tragédie, le plus beau défi pour un acteur.Le « lavage de cerveau » est une notion que l’on doit aux jours sombres de la guerre froide.Les « méchants communistes », disait-on naguère, avaient mis au point des techniques pour façonner la pensée des gens, pour leur faire perdre tout sens critique.Notion de feuilletons et de romans d’espionnage.Notion idéologique.Se demander si la psychothérapie est un lavage de cerveau, c’est d’abord chercher à savoir si l’idéologie l’influence.Néanmoins, le psychothérapeute peut-il faire abstraction de ses croyances en pratiquant son métier ?Alors là, non, absolument pas.Mais, c’est une autre histoire.Michel Trudeau 22 Québec Science / Novembre 1996 our en savoir i - >'¦ Do la formule 1 dsns votre moteur Science Info-Tech Le magazine de l'informatique et de la technologie au service des utilisateurs et des décideurs québécois.Le journal Techno est inclus dans l'abonnement.s Débrouillards Reportages illustres, |3.D., expériences, jeux, rôlement scientifique! pour les 9-14 ans.enl le cerveau que des im.iges obots descendent Le Guide 1996 260 sites 5 visiter Quebec Science Toute l'actualité en sciences et technologie, incluant plusieurs suppléments thématiques Fiable et passionnant! yxiu/.'ÇJ B/jjafj'i JlmaiBjiJas La plaaètei r&cbuuJfcs?INTERFACE , .ILLISSEMENT V/ Franc-Vert Le magazine jeunesse de Téducation à l'environnement écouvrez la nature et environnement.en beauté.stronomie Interface Quatre-Temps ¦ Québec Oiseaux Pour découvrir la science et réfléchir sur ses enjeux L'abonnement inclut le bottin de la recherche.Touche la botanique, l'horticulture, les sciences de la nature et l'environnement.Pour tout connaître sur nos oiseaux.tronomie-Québec nagazine qui vous amène d'une étoile à l'autre.Pour l'avancement de l'enseignement des sciences au Québec.idea" uillez m'abonner au(x) magazine(s) suivant(s) pour un an Les Débrouillards (28,43 S) 10 nos Québec Science (37,60 S) 10 nos incluant plusieurs suppléments thématiques \ Info-Tech (31,13 5) 11 nos incluant 11 nos techno + Guide informatique ]jl Franc-Vert (23,93 S) 6 nos I Interface (41,02 S, étudiants : 20,51 S) 6 nos I Quatre-Temps (28 S) 4 nos I Québec Oiseaux (16 S) 4 nos I Astronomie-Québec (32 S) 6 nos I Spectre (27,35 S) 5 nos I L’Enjeu (17 S, étudiants : 15 S) 4 nos Nom.Prénom.Adresse.App.:.Ville.Province.Code postal.Tél.:.Faites votre(vos) chèque(s) à l’ordre du(des) magazine(s) choisi(s) et postez-le(les) à: Agence Science-Presse, 3995, Sainte-Catherine Est, Montréal, Québec, H1W 2G7 (SVP, un chèque par abonnement).Toutes taxes incluses.QUEBEC SCIENCE La compagnie Aérospatiale serait très près de mettre au monde la version civile du bombardier furtif B2.Un mastodonte à l'allure étrange qui fera lever bien des têtes.par Stéphan Dussault La première « aile volante » commerciale sera géante.Cet avion, actuellement sur les tables à dessin de l’entreprise française Aérospatiale, filiale d’Airbus Industrie, aura 96 mètres de large, soit l’équivalent, à 3 mètres près, de la distance entre le marbre et la clôture au Stade Olympique ! Avec de telles dimensions, l’aile volante du futur pourra contenir 1 000 passagers répartis sur deux étages, soit près de 600 personnes de plus que les plus gros transporteurs actuels.La mise au point d’un pareil monstre n’est pas qu’un simple défi technologique.C’est également une nécessité dans le contexte actuel du transport aérien.Selon le Conseil international des aéroports, le flux des grands aéroports de Houston, Paris, Détroit, Amsterdam et Bangkok a augmenté d’environ 10 % en 1993, et ceux de Séoul et Las Vegas ont connu des hausses de presque 20 %.Dans les prochaines décennies, on prévoit même une augmentation annuelle de 5 %.En théorie, donc, rien ne fait obstacle à la mise en service, aux alentours de 2020, de ce colosse des airs, que ce soit par Aérospatiale ou l’un de ses concurrents, Boeing et McDonnell Douglas, qui travaillent également sur le même type de projet.Pourquoi avoir choisi le concept d’une aile volante ?« Pour accueillir 1 000 passagers dans un avion conventionnel, il faudrait que le fuselage ait plus de 80 mètres de long (le Boeing 747-400 mesure 24 Québec Science / Novembre 1996 Amenez-en des passagers ! Pour réserver une place à bord de l'aile volante d'Aérospatiale, vous ne pourrez plus demander un siège près des hublots, qui seront remplacés par des écrans télé.En revanche, vous pourrez choisir l'un ou l'autre des deux étages.Le plancher supérieur pourra accueillir 800 passagers contre 200 pour celui du bas.Une fois à destination, rien de moins qu'une vingtaine de portes seront aménagées pour évacuer tout le monde ! « I I environ 70 mètres de longueur) », explique Vincent Cassigneul, responsable des avant-projets chez Aérospatiale.Or, un avion de 80 mètres ne pourrait tout simplement pas tourner sur les pistes trop étroites des aéroports ! « La seule solution, explique-t-il, consisterait à construire un avion conventionnel de trois étages.Sauf qu’on se trouve aux prises avec un problème de sécurité lorsqu’on doit évacuer les passagers d’urgence.» On s’entend donc pour dire que le seuil critique de l’avion conventionnel se situe aux alentours de 800 passagers, soit la capacité de l’Airbus A3XX, un avion à fuselage également à l’étude.Mais, dans l’immédiat, cet avion semble causer plus de problèmes qu’il n’offre de solutions.L’aile volante, avec ses 54 mètres de longueur, pourra tourner sur une piste d’atterrissage.La difficulté : sa largeur •— 32 mètres de plus qu’un Boeing 747-400 — ne lui permettra pas de se stationner ! Il faudrait donc élargir Faire de débarquement.Les ingénieurs d’Aérospatiale tentent de contourner ce problème en mettant au point des ailes repliables, un peu comme celles des chasseurs militaires, qui pourraient être rangées dans la cale.Mais le défi est de taille : comment mettre au point un système robuste sans ajouter trop de plomb dans les ailes de l’avion ?C’est d’autant plus important que la légèreté de l’aile volante demeure son principal avantage sur l’avion conventionnel.En fait, ses 600 000 kilos sont, toutes proportions gardées, comparables au poids des avions à fuselage alors que son aérodynamisme lui donne une plus grande marge de manœuvre.C’est l’absence de fuselage qui permet de diminuer considérablement la résistance à l’air de ce type d’avion.De plus, la répartition plus uniforme des passagers réduit l’effet de levier puisque le lourd fuselage fait place à une extension des ailes ayant pour fonction de maintenir l’avion dans les airs.L’avantage ?La résistance à l’avancement est réduite de 20 %, et il est possible d’obtenir un avion dont le poids par rapport au nombre de passagers est plus faible que celui d’un avion conventionnel.Aérospatiale veut également innover.en éliminant le train d’atterrissage ! Comment ?En le laissant au sol, tout simplement.Il faut préciser que le train d’atterrissage d’un avion de cette taille pèserait une vingtaine de tonnes, soit l’équivalent d’un avion de 40 passagers.Cependant, grâce à l’électronique, on estime qu’il serait possible d’activer, avec une très grande précision, un chariot sur lequel décollerait et atterrirait l’aile volante.Chez Aérospatiale, c’est même le premier choix envisagé.Mais certaines de ces améliorations ne sont véritablement possibles qu’avec une aile volante de grande envergure.Les expériences de Burnelli avec son modèle Loadmaster (voir article à la page 26) ont démontré que si l’aile est trop courte et le corps de l’avion trop épais par rapport à sa taille et à la force de ses moteurs, il rencontrera des problèmes d’aérodynamisme au décollage.Dans ce cas-ci, l’immensité des ailes du projet d’Aérospatiale compense amplement pour sa masse centrale.En fait, l’épaisseur du Loadmaster était de 3,4 mètres pour des ailes de 26 mètres de large.L’avion d’Aérospatiale a bien 3,6 mètres de plus d’épaisseur, mais elle possède en revanche une voilure plus large de 70 mètres.Un seul problème subsiste : l’instabilité notoire de l’aile volante, due en grande partie à l’absence de queue.« Sans fuselage, nous ne savons pas où et comment placer cet empennage », admet Vincent Cassigneul.Pour régler ce problème, on compte mettre au point un système informatisé qui réagira au millième de seconde près et activera les gouvernes aux extrémités des ailes pour compenser toute perte de stabilité causée par des turbulences.Pour le reste de l’avant-projet, les choix sont arrêtés.Avis aux claustrophobes : on sait déjà qu’on éliminera les hublots ! Inutiles en raison des rangées de plus de 30 passagers, ils auraient fait figure d’anachronismes.Mais consolez-vous : on compte les remplacer par des écrans qui vous montreront, par le biais de caméras en circuit fermé, tout ce qui se passe à l’extérieur ! Même les résidants des environs des aéroports devraient y trouver leur compte.En effet, l’aile volante sera, toutes proportions gardées, plus silencieuse que les avions conventionnels, tout simplement parce qu’elle absorbera le son des moteurs, situés non plus sous les ailes mais au-dessus.Du sol, l’expression « un ange est passé » prendra alors un tout autre sens ! • iv:: : Québec Science / Novembre 1996 25 Québécair L'aile volante .^ Dans les années 40, le Québec fut le berceau du concept révolutionnaire de l'aile volante.qui ne connut jamais de succès.On n'est jamais prophète en son pays.par Stéphan Dussault Dans les armées 1910, l’ingénieur italien Vincent Burnelli, ses 18 ans à peine sonnés, souhaite déjà révolutionner le monde de l’aviation.Il estime que tous les avions conventionnels sont mal fichus.Le problème : comme les ailes sont les seules parties à soutenir l’avion en vol, le fuselage — le corps de l’appareil — devient une masse inutile, qui ne sert qu’au transport et qui augmente énormément la résistance au déplacement de l’avion.Sur sa planche à dessin, Burnelli tente donc de transformer ce fuselage en une extension des ailes.Pour y arriver, il étire littéralement le fuselage jusqu’à former des ailes géantes pouvant soutenir davantage de poids.Entre 1920 et 1946, Vincent Burnelli crée huit concepts d’aile volante.C’est le dernier modèle, le Loadmaster CBY-3, qui voit le jour à Cartierville, une municipalité de File de Montréal, dans les ateliers de la Canadian Car & Foundry, une ancienne usine de chemins de fer convertie pour la construction d’avions militaires.Les autres avions de Burnelli sont élaborés en Angleterre et aux États-Unis.Le plus célèbre demeure l’avant-dernier modèle — très ressemblant à celui fabriqué ici — qui servit l’armée française du général Charles De Gaulle en 1941.Pour le néophyte, l’aspect extérieur du Loadmaster n’est pas très révolutionnaire.Rien à voir avec le spectaculaire bombardier B2 américain ou la gigantesque aile volante d’Aérospatiale.« Pourtant, ce type de fuselage permettait d’augmenter sa charge de 30 % par rapport à un avion conventionnel de même poids et de même puissance », rappelle Michel Saint-Arnaud, pilote chez Air Canada depuis près de 20 ans et président de la Fondation Aérovision, un organisme qui tente de mettre sur pied le premier musée québécois de l’aviation.« Tout ça, ajoute-t-il, parce que le fuselage contribue lui-même au maintien et à l’équilibre de l’avion.En soi, c’était un immense progrès.» Pour cette raison, l’aile volante fabriquée au Québec semblait le cargo militaire 26 Québec Science / Novembre 1996 lis l'avait déjà inventée $ î'i! aile 0 sa le it# a» ».i# tout indiqué au beau milieu de la Seconde Guerre mondiale.Cette innovation avait d’ailleurs intéressé les dirigeants de la Canadian Vickers (aujourd’hui Canadair), qui avaient eu vent des idées de l’ingénieur italien.Dans le plus grand secret, Canadian Vickers avaient assigné des ingénieurs à la Canadian Car & Foundry pour matérialiser les plans de Vincent Burnelli.Néanmoins, des trois avions Loadmaster CBY fabriqués à Cartiervüle, un seul, le CBY-3, a pris son envol.Pour quelles raisons ?Il existe plusieurs hypothèses — plus ou moins bien étayées —, mais un seul fait concret : le gouvernement canadien n’a jamais commandé un de ces avions.Sans cette source de financement, l’aventure pouvait difficilement connaître le succès.« Les origines italiennes de Burnelli ne Font peut être pas servi », pense Michel Saint-Arnaud, qui rappelle que Mussolini n’était pas très apprécié pendant la guerre ! Edgar Poirier, maquettiste à la Canadian Car & Foundry pendant 63 ans -— il a construit un modèle réduit du Loadmaster qu’on a malheureusement égaré — est du même avis.« Malgré ses défauts, le projet était loin d’être mauvais, dit-il.Le problème, c’est que, durant la guerre, il fallait avoir des amis bien placés pour obtenir des contrats, et Burnelli ne devait pas en avoir.» Le caractère particulier de Vincent Burnelli n’a certes pas aidé sa cause.Le magazine spécialisé Flymg le dépeint comme un homme inflexible lorsqu’il s’agissait de retoucher ses oeuvres.Finalement, il ne faut pas oublier que le premier CBY fut terminé en 1946, soit quelques mois après la fin de la guerre.Qui sait, peut-être était-ce là une raison suffisante pour ne pas donner suite au projet.Des Américains ont finalement acheté la seule aile volante achevée : elle se trouve actuellement aux États-Unis, dans un musée du Connecticut.Récemment, les muséologues américains ont accepté d’en faire don au futur musée québécois de l’aviation.Sa valeur est inestimable : le Loadmaster fabriqué au Québec est le seul avion de Burnelli tory ours existant.Les autres se sont écrasés, perdus ou ne sont jamais sortis de l’usine.Il faudra maintenant trouver l’argent pour le déménager et l’espace pour l’entreposer.Dans les années 20, Vincent Burnelli n’était pas le seul à s’intéresser au concept d’aile volante.L’Américain Jack Northrop, pour l’armée américaine, et les frères Horton, pour l’armée allemande, ont aussi travaillé cette idée.Après une vingtaine d’années d’esquisses et de prototypes expérimentaux, tous ont dû, comme Burnelli, s’avouer vaincus.Il faudra attendre en 1989 pour voir voler la première aile volante vraiment réussie : le fameux bombardier B2 « furtif ».Le maître d’œuvre ?Nulle autre que la firme Northrop, dont le travail acharné aura finalement porté fruit.Il faut rappeler que le concept de Northrop a mis du temps à décoller.Entre 1940 et 1942, le bombardier XB-35 s’est buté à de nombreux problèmes techniques, et le projet a piqué du nez.En 1949, deux prototypes du bombardier YB-49 se sont écrasés.Puis, en 1950, le bombardier YRB-49A a réussi à prendre son envol.Trente-trois ans plus tard, le B2 viendra couronner près de cinquante années d’efforts.« Malgré ses défauts, le projet était loin d'être mauvais.Le problème, c'est que, durant la guerre, il fallait avoir des amis bien placés pour obtenir des contrats, et Burnelli ne devait pas en avoir.» Envergure : 28 m Envergure : 12,5 m Envergure : 96 m L'évolution de l'aile volante en trois étapes.La première (A), conçue par l'ingénieur Burnelli dans les années 40.Plus tard, les militaires s'emparent de l'idée et mettent au point l'avion furtif N-1M (B), ancêtre du B2 {voir à la page 28).Enfin, Aérospatiale prépare une version civile (C).Québec Science / Novembre 1996 27 L'aile volante fantôme On croit à tort que le fameux bombardier américain B2, l'avion « furtif » de l'armée américaine, est parfaitement invisible dans les airs.En fait, les matériaux utilisés pour le construire lui permettent plutôt de se faire passer sur les écrans radars pour un avion beaucoup moins volumineux, donc moins menaçant.Imaginez la tête de l'ennemi en s'apercevant que ce qu'il croyait être un inoffensif Cessna vient de déverser 18 000 kilos de bombes ! « Les angles du bombardier B2 permettent de dévier les signaux des radars.Les images étant plus faibles, on peut aisément le confondre avec un avion de tourisme », explique Vincent Cassigneul, responsable des avant-projets chez Aérospatiale.Les matériaux composites utilisés pour habiller le B2 semblent aussi sophistiqués que secrets.Selon les responsables de l'armée de l'air américaine, le choix des alliages contribuerait, au même titre que le concept d'aile volante, à sa furtivité.Le B2 détrône ainsi les deux autres bombardiers américains, le B1B et le B52, autant par sa rapidité que par sa légèreté.De plus, la furtivité du B1B est relative alors que celle du second est nulle.Enfin, seuls deux soldats sont nécessaires pour les missions du B2, contre quatre et cinq pour les deux autres.Northrop, maître d'œuvre du projet, travaille sur un bombardier en forme d'aile depuis les années 40.Chaque B2 coûte 1,03 milliard de dollars, contre à peine 41 millions pour le B52, et le gouvernement américain en a commandé une vingtaine ! L'armée de l'air espère composer le premier escadron de huit avions B2 en 1997.Imaginez 8,2 milliards de dollars qui fileront devant vos yeux à la vitesse du son.• ¦ '-m: : FACULTÉ de FORESTERIE et de GÉOMATIQUE Technologies de pointe et connaissance du territoire à l'Université Laval Une formation unique et reconnue Alliant théorie, formation pratique et marché du travail Offerte dans un milieu de vie personnalisé et dynamique Découvrez les multiples facettes de la géomatique! Municipalités, forêts, transports, agriculture, mines, environnement.UNIVERSITÉ LAVAL LE SAVOIR DU MONDE PASSE PAR ICI Informez-vous sur nos programmes! • baccalauréat en géomatique (options génie et gestion) • maîtrise et doctorat en sciences géomatiques avec champs d'études et de recherche en télédétection, géodésie, législation foncière, métrologie, hydrographie, photogrammétrie, cartographie et systèmes d'information à référence spatiale Faculté de foresterie et de géomatique, Université Laval, Québec, G1K 7P4 Téléphone: (418) 656-3053 Télécopieur: (418) 656-3177 Adresse électronique: ffg@ffg.ulaval.ca 28 Québec Science / Novembre 1996 http://forestaeomat.for.ulaval.ca Fièvre informatique Télémédecine : l’hôpital virtuel ?Du spécialiste montréalais que vous pourrez consulter de Hong-Kong au chirurgien californien qui vous opérera à distance lorsque vous serez immobilisé en Inde, bienvenue à la médecine de demain, celle de la robotique et des télécommunications.par Pierre Sormany ¦ 'fü Lors du tremblement de terre en Arménie, en 1988, des équipes médicales de l’armée américaine sont restées plusieurs jours sur un pied alerte.aux États-Unis ! Leur mission : observer l’état des blessés, recommander des traitements d’urgence, discuter des stratégies thérapeutiques avec ceux qui, sur place, devaient parer au plus urgent.L’outil : un système de vidéoconférence et de transmission d’images haute résolution branché sur un lien satellite mis en place par la NASA.Une première.Depuis, le même système a été utilisé en Russie, en Ukraine et, plus récemment, en Bosnie.À l’heure de l’économie mondiale, voici la « médecine sans frontière », qui nous permettra de consulter à volonté les meilleurs spécialistes, où que l’on se trouve sur la planète.Le général Gordon Sullivan, ex-chef d’état-major de l’armée américaine, aujourd’hui à la retraite, en a fait « son » projet huma-nitahe.Invité au congrès Médecine 2001, à Montréal, en juin dernier, il a esquissé ce qu’il surnomme le « nouveau plan Marshall pour le XXL' siècle ».« C’est notre devoir humanitaire, dit-il, de mettre notre expertise et notre savoir médical au service des populations humaines qui en ont besoin.» Québec Science / Novembre 1996 29 Vers la téléchirurgie ?Le terme de télémédecine regroupe tout ce qui marie pratique médicale et télécommunications.On parle de transmission électronique des dossiers, de téléconsultations avec transmission d'images haute résolution, de télésurveillance des malades chroniques, de formation médicale à distance, d'accès direct aux bases de données épidémiologiques ou thérapeutiques (avec le soutien possible de systèmes experts).Mais on parle aussi, de plus en plus, de téléchirurgie.Ici, la réalité dépasse l'imagination.Mis au point par le Stanford Research Institute (SRI) pour l'armée américaine, un système robotisé permet à un chirurgien situé dans un hôpital d'opérer « en temps réel » un blessé qui pourrait être sur un champ de bataille, à des kilomètres de là.Grâce à des lunettes vidéo qui lui donnent une vision stéréoscopique du blessé, le chirurgien manipule les outils chirurgicaux de sa console de commande qui lui renvoient les vraies sensations, selon la résistance des tissus opérés.À l'autre extrémité, deux caméras observent le patient selon l'angle exact des yeux du chirurgien et un module robot reproduit ses gestes, en lui retournant l'information tactile requise.Le concepteur du système, Ajit Shah, du SRI, était venu l'an passé à Montréal présenter cette technologie futuriste.Il avait montré les résultats de 18 opérations faites à distance sur des animaux par des chirurgiens sans expérience.Des opérations comme l'ablation d'une vésicule biliaire, la réparation d'un estomac ou d'un intestin perforé et la suture de vaisseaux sanguins.À vue, les résultats étaient identiques à ceux d'interventions chirurgicales conventionnelles, « à l'exception du temps total d'intervention, qui était un peu plus long », reconnaissait-il toutefois.En juin dernier, c'était au tour de Shaun B.Jones, un des téléchirurgiens qui a participé aux tests, de venir à Montréal pour faire la promotion du système.« Cela demande à peine un peu plus de concentration que lorsqu'on travaille en endoscopie, a-t-il précisé.Dans les deux cas, on doit suivre sur écran le travail de nos propres mains.C'est de la chirurgie Nintendo ! Les vieux auront peut-être un peu de difficulté, mais les jeunes s'y font très vite ! » La technologie est prête à être testée sur l'être humain.Il ne manque que l'approbation de la Food and Drug Administration.Betsy Blakeslee, du bureau de gestion des technologies médicales de l'armée américaine, reconnaît toutefois que ça ne sera pas facile.« C'est un saut culturel énorme de savoir que le chirurgien n'est pas à nos côtés, que notre vie dépend de réseaux de communication.Mais j'imagine que, dans certaines situations, sur un champ de bataille ou quelque part dans la brousse, à des milliers de kilomètres d'un chirurgien, avec comme seul choix ce robot contrôlé à distance, on est prêt à tout.» Shaun B.Jones a mentionné une autre application possible de la téléchirurgie : pour des opérations très délicates, sur la rétine ou dans le cerveau, par exemple, on couplera le module de commande et le robot de telle sorte que les mouvements des mains du chirurgien seront réduits par un facteur de 100.Un déplacement d'un centimètre de l'outil de commande ne bougera le microscalpel que de 100 microns, permettant ainsi d'obtenir une précision impossible à atteindre à mains nues.¦ .Pierre-Marc Johnson, avocat et médecin montréalais préoccupé par les questions de développement, est venu lui donner la réplique.« Vous êtes-vous demandé si votre belle quincaillerie fonctionnerait dans des pays humides ou dans le sable du désert ?Qui payera les coûts d’implantation et de maintenance du réseau ?» Mais surtout, demande Pierre-Marc Johnson, l’accès au prix fort à des spécialistes américains est-il vraiment une priorité dans des pays où on n’a pas encore d’égouts et où la malnutrition est chronique ?« Quand j’entends ce genre de discours dithyrambique, je me dis que ce sont les intérêts des fournisseurs d’équipement et d’expertise que l’on sert, bien plus que ceux des populations que l’on prétend aider.» Débat d’universitaires et de rêveurs ?Pas du tout.Le réseau mondial de télémédecine qu’évoque Gordon Sullivan est déjà en bonne voie de développement.Second Opinion Inc., une entreprise américaine étabüe en Israël, offre à ses souscripteurs (quelques particuliers, mais surtout des compagnies d’assurances) l’accès à une banque de spécialistes consultants, qu’ils peuvent joindre à partir d’une quarantaine de pays.Vous avez eu un accident en voyage ?Vous ne vous fiez pas à la médecine locale ?Un simple appel et vous voilà en contact avec un spécialiste américain qui recevra en direct votre dossier médical et le résultat de vos tests.Cette médecine est encore embryonnaire.Mais quand les États-Unis, le Canada et l’Europe auront achevé la mise en place de leurs nouvelles « autoroutes de l’information » (des hens de télécommunication de très grande capacité), la téléconsultation deviendra chose courante.D’ici cinq ans, guère plus.Le Québec a déjà amorcé son passage à la télémédecine.Le 29 mai dernier, Québec Téléphone annonçait en effet que 12 hôpitaux de la Gaspésie seraient reliés entre eux et avec le Centre hospitalier de l’Université Laval de Québec (le CHUL) par des liens télématiques.Des 30 Québec Science / Novembre 1996 4099975 - Il La téléconsultation d’un médecin devrait être chose courante d’ici cinq ans.Sauf que le branchement risque de coûter cher et la tendance est plutôt aux coupures dans les budgets consacrés à la santé.services de téléconsultation en direct seront ainsi offerts en cardiologie pédiatrique, en radiologie et, éventuellement, en pathologie.Puis, le 18 juin, c’était au tour de Bell d’annoncer qu’elle reliera l’Hôtel-Dieu de Montréal et trois hôpitaux régionaux (à Rouyn-Noranda, à Joliette et l’hôpital Sainte-Marie de Trois-Rivières).Dans ce cas-ci, il n’est pas question de consultations d’urgence mais de téléconférences périodiques dans une perspective de formation continue.Deux projets différents qui serviront à vérifier si, sur les plans économique et technique, la télémédecine a de l’avenir au Québec.Pour le directeur du Réseau interrégional de télémédecine, le docteur André Lacroix, de l’Hôtel-Dieu de Montréal, la question ne se pose même plus.« On a de la difficulté à envoyer des spécialistes en région parce qu’ils s’y sentent isolés.Les échanges réguliers que permettent ces téléconférences peuvent briser cet isolement.» Il ajoute qu’en permettant aux médecins en région de communiquer avec les = meilleurs spécialistes de chaque pathologie, où qu’ils se trouvent au ! Québec, « on valorise leur pratique ».« C’est toute la médecine en 3 région qu’on améliore », affirme le médecin, i Pour Luc Bessette, urgentologue à l’hôpital Saint-Luc et organi-a: sateur du congrès international Médecine 2001, le maintien d’un lerche DE LA RECHERCHE FONDAMENTALE À LA THÉRAPEUTIQUE Grâce au savoir-faire et à l'expertise de ses chercheurs, à ses équipements de pointe, à la qualité de la formation qu'on y dispense, le Centre de recherche du CHUL offre un milieu unique au Québec où la recherche fondamentale et appliquée ainsi que le partenariat sont favorisés.Le Centre de Recherche du CHUL h LA POINTE ©E LA RECHERCHE BIOMÉDICALE ©ANS LE MONDE Québec Science / Novembre 1996 31 Quatrième ^ système de santé de qualité au Canada passe par la télémédecine.« Faute de marché et de fonds pour l’équipement de pointe, nos meilleurs spécialistes risquent de partir.Si on veut sauvegarder une médecine de qualité, il faudra concentrer notre expertise dans quelques grands centres et brancher tout le réseau sur ces lieux de recherche et de savoir.» Mais, au moment où la tendance est plutôt aux coupures dans les budgets consacrés à la santé, le branchement risque de coûter cher.« La télémédecine nécessite au départ des investissements importants, admet Luc Bessette, mais elle permet ensuite d’importantes économies parce qu’on évalue sur place des patients qu’on aurait dû autrement transporter à Québec ou à Montréal.Elle rend également possible l’exportation de notre savoir à l’étranger, une autre façon de rentabiliser nos investissements.» Pour l’urgentologue, cette technologie ne rendra pas nos soins de santé moins humains.Elle provoquera peut-être même l’effet contraire : « Parce qu’elle rendra l’expertise externe accessible au médecin traitant, sur place, elle lui permettra de maintenir avec son patient un lien qui se perd aujourd’hui, quand le malade passe d’un spécialiste à un autre.» le 4 novembre Palais des congrès de Montréal UN VIRAGE ÉCONOMIQUE Le Congrès traitera des questions qui surgissent lorsqu'on tente d'évaluer de quelle façon l'industrie pourrait maximiser les retombées économiques découlant de ses activités de recherche et développement, et accroître ses percées sur les marchés étrangers.• Quels sont les moyens à prendre conjointement pour transformer en valeur economique notre savoir-faire et notre vaste expertise scientifique et technique?• Quels sont les moyens à mettre en œuvre pour que notre industrie prenne une part active dans les nouvelles orientations du système ?• Comment mieux conjuguer les efforts pour atteindre un meilleur accès au marché local ?Cet événement se tiendra dans le cadre du congrès annuel de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).Sur le site de l’exposition, dans le pavillon de l'AQFlM, sous le thème Carrefour de l’innovation, les membres fabricants présenteront différents produits et équipements québécois.On y retrouvera également une séance de communication par affichage du Concours étudiants-chercheurs.AQF/M ^¦Association québécoise des fabricants de l'industrie médicale Pour renseignements : (514) 383-3(268 32 Québec Science / Novembre 1996 Le docteur André Lacroix, directeur du Réseau interrégional de télémédecine.« On a de la difficulté à envoyer des spécialistes en lfe,i région parce qu'ils s'y sentent isolés.Les échanges réguliers que per- E-.j., mettent les téléconférences peuvent briser cet isolement.: lui C’est aussi le pronostic de Betsy Blakeslee, du bureau de gestion des technologies médicales de l’armée américaine.Selon elle, on assiste actuellement à une « reconfiguration de la pratique médicale aux États-Unis » dont on devrait bientôt sentir les effets au Canada.Par exemple, les compagnies d’assurances américaines veulent de plus en plus passer du paiement à l’acte au paiement « par capitation », c’est- | Ni à-dire fondé sur la taille de la clientèle.Cette pratique favorise la délégation de nombreux actes vers des pourvoyeurs de soins primaires qui ne sont pas nécessairement des médecins ou, du moins, pas des spécialistes.« La téléconsultation et les autres outils de la télémédecine, comme les bases de données cliniques ou épidémiologiques et l’information médicale on line, vont permettre à ces pourvoyeurs de soins primaires d’établir une relation professionnelle plus complète avec leurs clients, constate-t-elle.Cela nous conduira à une revalorisation du lien patient-thérapeute.» Ken Boddy, médecin et chercheur de l’Université d’Édimbourg, est venu présenter à Montréal un exemple de ce genre de transformation.Depuis quelques années, un hôpital de la capitale écossaise a relié en réseau les cliniques de maternité (réseau des sages-femmes) et les bureaux de gynécologues de sa zone.En cas de complication, l’hôpital a immédiatement accès à toute l’information compilée en corns de grossesse.Il peut intervenir plus rapidement ou donner des conseils au personnel traitant lorsque l’hospitalisation n’est pas requise.Fort de ce succès, on a élargi l’expérience pour inclure la télésurveillance de l’état de santé de personnes âgées et de malades chroniques, à domicile ou en institution.« L’analyse coûts-bénéfices n’est pas encore claire, dit-il, mais ce qui est sûr, c’est que la télésurveillance a permis de réduire le nombre et la durée moyenne des hospitalisations : cela va de 20 % à 40 % selon les groupes suivis.» Pour lui, la télémédecine n’est pas un glissement vers une pratique plus technologique, mais au contraire un outil qui permet à la fois d’exercer une pratique plus humaine, hors de l’hôpital, et d’avoir accès rapidement aux ressources nécessaires en cas d’urgence.Les deux réseaux québécois de télémédecine annoncés cet été commencent à peine à fonctionner.Cela dit, la télémédecine se pratique déjà depuis trois ans entre l’hôpital de Rimouski et le CHUL, à Sainte-Foy, dans le domaine restreint de la cardiopédiatrie.Grâce au lien télématique, les médecins de l’hôpital de Rimouski appellent Québec et consultent, en direct, un cardiologue du CHUL chaque fois qu’ils rencontrent un problème cardiaque 11 chez un nourrisson ou un enfant à naître.Les images échographiques sont urgence se présente, l’hôpital doit envoyer le patient à Rimouski.Si bien que leur budget pour l’ambulance est de 300 000 dollars par année ! Si la téléradiologie leur permet de consulter un spécialiste sept jours sur sept et que cela diminue d’un tiers les déplacements d’urgence, l’équipement sera rentabilisé dès la première année.» Pour Lucie Couturier, vice-présidente à l’exploitation chez Cifra médical, le virage ambulatoire et la reconfiguration du réseau hospitalier ne laissent pas d’autre choix que de recourir massivement à la télémédecine pour tirer le meilleur parti de nos ressources humaines.Cette toute jeune entreprise ne compte que 20 employés et vient tout juste de commencer la commercialisation de ses postes de travail et de ses logiciels d’imagerie numérique.Elle est pourtant considérée comme un chef de file international dans le domaine des technologies de téléconsultation.« Toutes les provinces canadiennes vivent les mêmes contraintes et s’adressent à nous pour trouver des solutions.Des projets comme ceux auxquels nous sommes associés à l’Hôtel-Dieu de Montréal ou dans Test du Québec, il va y en avoir d’autres au cours des prochains mois, un peu partout au Canada », annonce-t-elle avec optimisme.Il reste toutefois bien des problèmes concrets à régler.Comment éviter que la possibilité de consulter de partout le meilleur spécialiste d’un domaine ne conduise à une médecine où quelques vedettes seront en trop forte demande ?Comment faire face aux engorgements d’horaires ?Comment régir les services médicaux entre pays ?Et, surtout, comment facturer une consultation qui met en scène en même temps un médecin de pratique générale et plusieurs spécialistes ?Et puis, il y a les problèmes de responsabilité médicale, de confidentialité des dossiers qui circuleront dans le réseau, etc.Autant de questions que les deux expériences québécoises devront évaluer.• acheminées par téléphone.Les deux médecins décident alors, images à l’appui, le type d’intervention à pratiquer ou si un transport d’urgence vers Québec est requis.C’est une petite entreprise de Québec, Cifra médical, qui a mis au point, en étroite collaboration avec les médecins concernés, les logiciels de traitement et de transmission d'images ainsi que les consoles de vidéoconférence.Québec Téléphone, partenaire du projet, a mis en place le lien de communication à très grande vitesse requis pour transmettre des images suffisamment précises pour permettre le télédiagnostic.Le projet pilote annoncé au printemps dernier repose donc sur ces trois années d’expérimentation, mais on Ta élargi au domaine de la radiologie et, plus tard, il comprendra également celui de la pathologie.Pour l’instant, ce sont les entreprises et le Fonds de l’autoroute de l’information du Québec qui ont payé l’implantation du système.Mais, selon le directeur des ventes de Cifra médical, Pierre Desrosiers, les investissements requis pour l’implanter à plus grande échelle seront largement compensés par les économies réalisées.« À l’hôpital d’Amqui, le radiologiste n’est là que trois jours par semaine.Les autres jours, si une /bd COLLÈGE DES MÉDECINS DU QUÉBEC Une médecine de qualité au service du public La mission du Collège des médecins est de promouvoir une médecine de qualité pour protéger le public et contribuer à l’amélioration de la santé des Québécois 2170, boul.René-Lévesque Ouest Montréal (Québec) H3H 2T8 Tél.: (514) 933-4441 ou 1 888 MÉDECIN Québec Science / Novembre 1996 33 ill Le Canada traque infiniment petit Une fabuleuse chasse à la plus petite et plus intrigante des particules de matière - le neutrino -vient de s'ouvrir.Elle donnerait la clé pour résoudre bien des énigmes de l'Univers.par Jean-Marc Fleury recherche : Pauline Degen ndeux kilomètres sous le sol de Sudbury, là où une gigantesque météorite a enfoncé la croûte terrestre il y a quelques millions d’années, des physiciens achèvent de construire le plus avancé des observatoires de neutrinos.Plus important projet fa Big Science au Canada, le Sudbury Neutrino Observatory (SNO) coûtera 70 millions de dollars et ses coûts d’opération s’élèveront à 4 millions par année.L’été prochain, avec 3 ans de retard et des coûts 2 fois plus élevés que prévu, le SNO commencera à enregistrer de 20 à 30 collisions quotidiennes avec la plus petite et la plus intrigante des particules de matière.Un exemple : un neutrino qui voyagerait pendant une année à la vitesse de la lumière (300 000 km par seconde) dans une masse de plomb a une chance sur deux d’en émerger sans aucune modification de sa trajectoire ! C’est que la force nucléaire qui maintient les quarks ensemble pour former les neutrons et les protons n’a aucun effet sur lui.Il traverse donc sans encombre un neutron ou un proton d’un noyau atomique.Le neutrino est aussi électriquement neutre -— son nom signifie d’ailleurs « petit neutre » — et il ignore la force électromagnétique.Enfin, le modèle standard de la physique, qui décrit tout ce que nous savons actuellement sur les parti- 34 Québec Science / Novembre 1996 cules de notre Univers, lui attribue une masse nulle.Le neutrino se moque tellement des forces qui lient l’Univers qu’il a sa propre force, la force nucléaire faible.Elle a une portée extrêmement réduite et explique le caractère si peu sociable du neutrino.Elle intervient dans la désintégration des atomes lorsqu’un neutron du noyau se transforme en proton.Par exemple, le carbone 14 utilisé dans la datation des artefacts d’origine biologique doit sa radioactivité à la désintégration bêta, c’est-à-dire qu’un de ses neutrons se transforme en proton en émettant un électron (le rayon bêta) et un neutrino.La désintégration bêta a été le premier phénomène à mettre les physiciens sur la piste du neutrino.Les montages expérimentaux de l’époque ne pouvaient le détecter, mais, en 1930, le physicien autrichien Wolfgang Pauli a expliqué le fréquent déficit en énergie des débris de la désintégration bêta en postulant qu’une particule extrêmement petite se sauvait avec une partie de l’énergie.Malgré tous les efforts des neutrinos pour rester discrets — chaque seconde, 65 milliards d’entre eux traversent chaque centimètre carré de notre corps sans se faire remarquer —, ils suscitent l’intérêt d’un nombre croissant de scientifiques.De Mme Creighton, puits numéro 9.C'est ici qu'on installe l'observatoire de neutrinos.On aperçoit quelques-iuns des 10 OOO photomultipliçateurs qiUtWoqxe ront la sphère de'plastnqbe.L'éoniitauvV ¦ dage bleu sera démantelé après la.construction du réservoir.plus en plus mal à l’aise à l’idée d’inclure dans leur glossaire une particule de matière de masse nulle, plusieurs physiciens voudraient bien lui donner du poids.D’autant plus que si le neutrino possédait une masse, cela contribuerait à résoudre le problème de la masse sombre de l’Univers (voir l’encadré à la page 38).En effet, il faudrait de 10 à 100 fois plus de matière que les quantités observées dans les galaxies pour en expliquer le comportement.Et le neutrino est un candidat idéal pour renflouer la masse de l’Univers.Il existe trois familles de neutrinos.Notre Soleil produit à profusion le neutrino électronique, le plus commun et le seul à participer à la désintégration bêta ainsi qu’à la désintégration bêta inverse (lorsqu’un proton absorbe un neutrino et se transforme en neutron).Dans les accélérateurs de particules, on produit également deux quasi-électrons instables u \ç \*/ ' i-lu- * fr r> £ tlütt id® [et très lourds : le muon et le tau.En se [désintégrant, chacun émet un neutrino qui lui est propre, le muonique et le tauique.[Il faut enfin ajouter à ce portrait les parte-pnaires antimatière : l’antineutrino électro-l«J|nique, l’antineutrino muonique et l’anti-jjfljj pneutrino tauique.Dans le modèle standard, le neuti’ino n’a pas de masse et il ne passe jamais d’une famille à l’autre.Un neutrino muonique ne transformera jamais un proton en neutron.Sauf que doté d’une masse, le neutrino devient une particule complexe, sujette à des fluctuations de personnalité.Ainsi, au-delà du modèle standard, non seulement le neutrino a une masse, mais l’acquisition de masse lui permet de passer d’une famille à une autre.Les changements d’une famille à l’autre |— ou oscillations interfamiliales — du [neutrino expliqueraient pourquoi les premiers observatoires ont mesuré des flux de neutrinos solaires inférieurs aux quantités prévues.Équipés pour ne détecter que les neutrinos électroniques, ils recevaient peut-être sans le savoir des neutrinos électroniques et d’autres transformés en neutrinos muoniques.Les concepteurs du SNO ont trouvé le truc permettant de démasquer les tours de passe-passe des neutrinos : enfouir dans la terre un grand réservoir rempli d’eau lourde — cette même eau lourde qui devait être utilisée dans les réacteurs nucléaires CANDU qu’on n’a toujours pas vendus.—, bien à l’abri des rayons cosmiques.En effet, ces derniers peuvent traverser l’atmosphère et plusieurs mètres de sol pour produire des réactions susceptibles d’induire en erreur les détecteurs de neutrinos.Par ailleurs, l’observatoire de neutrinos canadien n’aurait probablement jamais vu le jour sans une découverte faite en 1984 par le physicien américain Herbert Chen.Ce dernier a démontré que l’eau lourde offre des avantages particuliers pour détecter les neutrinos puisque ses atomes d’hydrogène sont des deutérium, des isotopes de l’hydrogène comportant un neutron en plus du proton, ce qui permet de piéger les neutrinos.C’est au puits numéro 9 de la mine Creighton, exploitée par la compagnie INCO, que l'observatoire a été enfoui.Les physiciens canadiens convoitaient ce site depuis le début des années 80.S’assurant la collaboration de l’INCO, ils ont réussi, en 1989, à débloquer les fonds nécessaires en mettant sur pied un consortium canado-américano-britannique.Ce puits se trouve près de Sudbuiy, à plusieurs kilomètres des grandes cheminées et installations de raffinage de l’INCO et juste à côté de la route transcanadienne.L’observatoire, situé à 2 070 mètres de pro- Québec Science / Novembre 1996 35 fondeur, un trajet de quatre ou cinq minutes en ascenseur, est accessible par un tunnel de la mine, une marche de 1,2 km dans la poussière de roche.En traversant la zone d’exploitation du filon, la chaleur est accablante et le bruit, assourdissant.Mais, une fois la porte de l’observatoire refermée, c’est un tout autre monde : murs frais peints, plancher de ciment et air climatisé.De plus, comme chaque grain de poussière minière peut contenir des traces de thorium et d’uranium radioactifs, l’observatoire a déclaré la guerre à la poussière.La douche est donc obligatoire, et le SNO fournit la combinaison, les bottes, le filet à cheveux, le casque et même les sous-vêtements ! Tout ça pour mettre le pied dans un des temples de l’astrophysique des particules.L’Observatoire de neutrinos de Sudbury mesurera la quantité, l’énergie et la direction des neutrinos produits par les réactions au cœur du Soleil.Et la masse ?Dans le domaine des particules élémentaires, les masses sont tellement petites qu’on mesure plutôt leur énergie de masse en élec-tronvolts (eV).Un neutron pèse un milliard d’électronvolts et un électron 500 000 eV.Cette mesure est possible depuis que Einstein a démontré l’équivalence entre la masse et l’énergie avec la formule E = me2.David Sinclair, directeur adjoint du SNO, explique le fonctionnement de l'observatoire à notre journaliste.Ceux qui tiennent absolument à utiliser des unités de masse n’ont qu’à diviser deux fois l’énergie de masse des particules par la vitesse de la lumière.Alors que la lumière produite en plein centre du Soleil met un million d’années avant d’émerger à sa surface, les neutrinos traversent les 700 000 kilomètres du rayon solaire en quelques secondes.Ils nous parviennent 8,5 minutes après leur production — le temps que prend la lumière pour voyager du Soleil à la Terre — et nous renseignent immédiatement sur ce qui passe au centre de notre étoile.Les observatoires de première génération ont détecté assez de neutrinos pour prouver que les réactions nucléaires assignées au Soleil étaient valables.Les Japonais ont aussi été les premiers, en 1989, à montrer que les neutrinos venaient bien de la direction du Soleil.Mais ils ont aussi confirmé le déficit en neutrinos solaires.Après des années d’expériences et de vérifications, il ne reste que les oscillations interfamiliales pour expliquer ce phénomène.I é immense avantage du SNO tient au fait qu’il détectera les trois familles de neutrinos.Même si, en avril der-I ¦ nier, le Super Kamiokande japonais, ¦¦ un détecteur de 50 000 mètres cubes d’eau entouré de 11 000 photomultiplicateurs, a été le premier observatoire de deuxième génération à entrer en fonction, il faudra attendre le SNO pour détecter tous les neutrinos, quel que soit leur déguisement.Le deutérium des 1 000 tonnes d’eau lourde du SNO ne sera indifférent à aucune des familles neutriniques.Dans un premier temps, le neutron du deutérium constitue un piège à neutrinos 2070m • — gps.Radioscopie du détecteur de neutrinos Les briques de Sulfucrete, conçues spécialement pour cet observatoire, servent d'écran contre la faible radioactivité naturellement présente dans cet environnement.L’énorme réservoir d'acrylique renfermant 1000 tonnes d'eau lourde.Le réservoir est transparent afin de permettre l’observation de chaque n capture » d'un neutrino.L'eau lourde (D20), purifiée de toute trace d'élément radioactif — le meilleur matériau possible pour la détection de neutrinos.Des tubes photomultiplicateurs de haute sensibilité, chacun de la taille d’un grand abat-jour, enregistreront l’éclair lumineux qui accompagne la collision d’un neutrino avec un noyau de deutérium.La caverne est remplie d’eau hautement purifiée dans laquelle le réservoir d'acrylique est suspendu.Une très faible proportion des trillions de neutrinos traversant le détecteur frapperont un noyau de deutérium.La réaction produit une impulsion lumineuse.L'analyse de l’impulsion permet d'identifier le type de neutrino ainsi que sa direction d'origine.___________________________________________________________I 36 Québec Science / Novembre 1996 La véritable personnalité du neutrino s v!' ;¦ 19 E :> nilfc p; f-fclJ- ai;.wit av fflf! | aaa a:- Les neutrinos de la nouvelle physique ont une masse.Ils auraient aussi deux facettes : la facette famille (électronique, muonique ou tauique) et la facette masse.Prenons deux familles de neutrinos, les électroniques et les muoniques.Pour les décrire, il suffit alors de deux états de masse, disons masse 1 et masse 2.Dans la nouvelle physique, le neutrino électronique peut être constitué à 90 % de masse 1 et à 10 % de masse 2 tandis que le muonique serait constitué de 10 % de masse 1 et de 90 % de masse 2.Par ailleurs, lors de leur propagation, les proportions de masse 1 et 2 changent.Le SNO obtiendra des informations sur la différence de masse entre les deux états de masse en vérifiant l’effet MSW, sigle formé de la première lettre du nom des deux physiciens russes et de leur collègue américain qui ont imaginé comment la matière pouvait avoir un effet subtil sur les neutrinos.Le cœur du Soleil ne produit que des neutrinos électroniques.Ces derniers doivent traverser 700 000 km de matière avant d’émerger du Soleil.La densité d’électrons décroît d’un facteur de 100 000 à partir du centre du Soleil.L’effet MSW prévoit que les neutrinos électroniques se transforment en neutrinos muoniques en passant d’une région de haute densité électronique à une région de plus faible densité.La proportion des deux états de masse varie et les neutrinos « oscillent » de l’état électronique à l’état muonique.L’ampleur de l’oscillation dépend à la fois de l’énergie des neutrinos, de la différence entre les deux états de masse ainsi que d’une valeur encore inconnue mesurant la propension des neutrinos à mélanger les états de masse.Pour différentes combinaisons d’énergie et de masses, l’oscillation vers l’état muonique s’effectue complètement lorsque les neutrinos électroniques traversent certaines régions de densité électronique.« C’est tout à fait comme si on avait deux cordes de violon de tonalité légèrement différentes, explique David Sinclair.En pinçant la première corde et en ajustant sa longueur, on peut transférer son énergie de vibration à la seconde corde.» De la même façon, le neutrino électronique traversant certaines régions de densité électronique s’effacerait en devenant muonique.La Terre représente aussi une certaine densité de matière qui permet à l’effet MSW de se manifester à nouveau, incitant les neutrinos muoniques à redevenir électroniques.Si l’effet MSW se confirme, le SNO obtiendra des résultats très différents le jour et la nuit, car les neutrinos de nuit auront traversé toute la Terre., •nrr**.j> Le Soleil.Notre étoile serait une productrice de neutrinos dits « électroniques ».S 4 VIIIe COLLOQUE REGIONAL SUR L’ENVIRONNEMENT « La gestion environnementale : Une responsabilité rentable ?» Vendredi 25 octobre 1996 dôtel Radisson Gouverneurs, Québec Conférences • Plénière • Kiosques • Rencontres • Systèmes de gestion environnementale • Gestion des mesures d’urgence • Prévention en milieu de travail • Occasions d’affaires • Coûts environnementaux • Fiscalité et aide financière Coûts d'inscription : 120 $ (taxes incluses) Etudiants et sans emplois : 60 $ (taxes incluses) Pour information : (418) 650-6610 • Internet : http://rqca.oiq.org Ordre i des ingénieurs ïST du Québec Régionale de Québec et Chaudière-Appalaches Comité des comptables agrees de Quebec Québec Science / Novembre 1996 37 Installation de sections de photomultiplicateurs dans le SNO.Chacun de ces photomultiplicateurs peut apercevoir une chandelle allumée sur la Lune.WW: y ^ électroniques.Au cours de cette première réaction, le neutrino qui passe suffisamment près du neutron transforme celui-ci en proton avant de se transformer lui-même en électron.L’électron absorbe la majeure partie de l’énergie du neutrino parce qu’il est plus léger que le neutron, tout comme la balle qu’on tire d’un fusil absorbe la majeure partie de l’énergie puisqu’elle est plus légère que le fusil.L’électron absorbe tellement d’énergie qu’il émerge de la réaction à une vitesse égale à celle de la lumière dans le vide.Cette vitesse étant supérieure à celle de la lumière dans l’eau, l’électron doit ralentir pour ne pas violer les lois de la physique.Il se départit Une solution de den® ;c'es lies, on : is plus Jf Aujourd'hui, il y a consensus autour de l'idée que l’Univers a commencé par une gigantesque explosion, le Big Bang.Depuis ce moment, il y a 15 milliards d'années, l'Univers poursuit son expansion.Par contre, débat reste ouvert quant à savoir s’il poursuivra son expansion, se stabilisera ou se recroquevillera sur lui-mêmef1 pour finir en un Big Crunch.Il suffirait de mesurer le volume et la masse d l’Univers pour clore le débat.Au-delà d'une certain! densité de matière, la force de gravité reprendra le des sus sur la force centripète impartie à la matière par l'ex plosion originelle, et l’Univers finira par se contracte: En deçà de cette densité, la force de gravité ne pourrp reprendre le dessus, et l'Univers s’étendra à l’infini Enfin, pour une densité dite oméga, l'Univers prendr: un temps infini à évoluer vers une taille limite.Les mi dèles d'évolution de l'Univers indiquent que la densii devrait être très près de la valeur oméga.Mais lorsqu'oi compte toutes les étoiles visibles de toutes les galaxiess on ne trouve que le centième de la masse nécessaire.En étudiant les galaxies de plus près, on a repéré bonne partie de la masse manquante.Le problème, c' qu'on ne peut la voir.Par exemple, la Voie lactée, galaxie, compte 150 milliards de masses solaires à envi fassurç ron 3 000 années-lumière de son centre.À deux foi ,,-raient co lalenei que ces medens q rendant it lie est tri dite, le contri novee en r unit dans ui notr#econde QUE SE PASSE-T-IL DANS LE MONDE?Comment les différents formes d’organismes de la terre se relient entre elles?Comment parviennent-elles à maintenir l’équilibre de la planète?Des questions et autres sujets auxquels les experts internationaux répondent dans notre magazine, La biodiversité mondiale (publiée quatre fois par année) Vous y trouverez aussi : ?les dernières nouvelles sur la biodiversité la liste des conférences à venir les notes de lecture de livres et périodiques les ressources de la cyberdiversité Envoyez votre abonnement à : La biodiversité mondiale Musée canadien de la nature C.P.3443 succursale D, Ottawa, ON ^ Canada KIP 6P4 tél : (613) 990-6671 téléc.: (613) 990-0318 cour.él: sswan@mus-nature.ca Also available in English as Global biodiversity Chèque à l'ordre du Musée canadien de la nature 25,00 S pour individus où 50,00 $ pour institutions* ?Chèque DVisa ?Mastercard # de carte:_______________________________________________ Date d’exp.:______________________________________________ Nom: _____________________________________________________ Adresse:__________________________________________________ Signature:_____________________________________________________ •Pour les commandes à l’étranger, veuiller payez en $ U.S.de son énergie par effet Tchérenkov, en émettant une onde de choc de lumière ayant la forme d’un cône, un peu comme le sillage d’un bateau sur l’eau.Ce cône caractéristique est alors détecté par les 10 000 photomultiplicateurs, extrêmement sensibles, qui entourent l’eau lourde.Les ordinateurs auxquels sont reliés les tubes photomultiplicateurs peuvent déduire la direction et l’énergie du neutrino incident.Le SNO devrait détecter une vingtaine de ces événements par jour.Toutefois, une autre réaction se produit au cours de laquelle le neutrino se contente de séparer le proton et le neutron du deutérium tout en leur communiquant son énergie.Le SNO pourra également observer une dizame de ces réactions par jour.« Ce processus, dit David Sinclair, directeur adjoint du SNO, est important parce que la probabilité de cassure du noyau de deutérium est la même, quelle que soit la sorte de neutrino.Ainsi, si nous pouvons mesurer le taux de la première réaction, causée uniquement par les neutrinos de type électronique, et celui de la seconde réaction, causée par tous les types de neutrinos, nous pourrons vérifier si le flux de neutrinos électroniques est égal au flux de tous les types de neutrinos.Si le flux de tous les neutrinos est deux fois plus grand, alors nous pourrons penser que les neutrinos électroniques manquants ont changé de famille.» La difficulté, tempère David Sinclair, consiste à détecter la deuxième réaction.« Dans ce dernier cas, il n’y a plus d’électron relativiste dans l’eau.Tout ce que nous avons, c’est un proton, une véritable nuisance, et un neutron.» Le truc, c’est alors d’ajouter du chlore dans l’eau.Le chlore capture les neutrons en produisant les cônes de lumière Tchérenkov.Il s’agit alors de comparer les taux d’événements ttiiifi «port «iîillt, intftq liilBfjf! Nii# 'Niiai few H Nfrif *ilak| 38 Québec Science / Novembre 1996 depa masse manquante lel'ici lette distance, on trouve le double de masse, même si la esqiie i [uantité de matière visible va en diminuant.Il y a telle-15 mil sent de masse qu'on devrait l'observer, mais elle reste Fatten nvisible : c'est ce qu'on appelle la masse sombre, aima En étendant cette étude aux galaxies et aux amas de suliiii [alaxies, on a estimé que notre Univers contiendrait 0 fois plus de matière sombre que de matière visible ! lamas qui porte sa densité à 0,1.Il nous manque donc tou-int ®Durs les neuf autres dixièmes de l’Univers.Le neutrino endral st bien entendu l'un des candidats pour la masse som-iètepa re : il a beau être minuscule, on croit que les galaxies emntt i seraient complètement imbibées.Le Big Bang en au-ténep lit également répandu une très grande quantité, de laàl'j irte que ces neutrinos fossiles empliraient l'Univers lets t vec une densité d’un milliard au mètre cube.Cependant, on ne les a jamais détectés parce que leur dnergie est très faible.Mais s’ils ont une masse, même alsl^rès petite, leur grand nombre fournirait une impor-jjante contribution à la matière invisible.Les upernovæ en ajoutent aussi régulièrement.« Quatre-, ingt dix pour cent de l’énergie d'une supernova est ,5161116 m‘se dans une bouffée de neutrinos qui dure à peine Ijijjj ne seconde », dit David Sinclair, directeur adjoint du NO.Pas surprenant que les neutrinos soient les plus jjçu ombreuses des particules de l'Univers.Ëe.le 16 ecessîi a repéi ile elts! et#* BfllW j SU B 0 311$® jds la* lois!* J 31)11® fier la if 0H avec chlore et sans chlore.D’où la complexe tuyauterie nécessaire pour ipjecter et récupérer deux tonnes de chlorure de magnésium dans l’eau lourde.L’été dernier, le SNO franchissait une étape décisive en assemblant la partie supérieure de la sphère en acrylique de 12 mètres de diamètre qui accueillera les 1 000 tonnes d’eau lourde.L’été prochain, la plus grande boule de plastique du monde flottera dans 7 000 tonnes d’eau ordinaire, au centre de la cavité souterraine d’une dizaine d’étages de hauteur.L’observatoire fonctionnera en suivant un cycle de 12 mois : 6 mois avec sel afin de capter les 3 familles de neutrinos, 6 mois sans sel pendant lesquels 1’observatoire ne sera sensible qu’aux neutrinos électroniques.Plus le SNO accumulera de cycles complets avec et sans sel, moins on doutera de ses résultats.La maîtrise de l’ipjection et de la récupération du sel dans les 300 millions de dollars d’eau lourde en fiducie a d’ailleurs fait du physicien l’un des plombiers les plus compétents du monde ! Le 30 août dernier, David Sinclair quittait ses bureaux de l’Université Carleton, à Ottawa, pour aménager à Sudbury.Il croit qu’il faudra un an pour mettre en marche et roder le SNO.Puis, il espère que l’observatoire fonctionnera au-delà de la fin du millénaire.« Notre contrat avec Énergie atomique du Canada prévoit que nous remettrons l’eau lourde avant la fin de l’an 2000, mais nous souhaitons poursuivre l’expérience », précise-t-il.Un vœu qui sera peut-être exaucé puisque tous les observatoires de neutrinos construits jusqu’à ce jour sont toujours en activité ! Il ajoute que la plus belle surprise qu’il pourrait avoir serait l’arrivée dans notre galaxie d’une supernova qui arroserait les 1 000 tonnes d’eau lourde d’un flux de neutrinos des milliers de fois supérieur à celui des neutrinos solaires.Ce serait, dit-il, un véritable cadeau du ciel.• Une petite partie de la tuyauterie qui permettra d’injecter et de récupérer les 2 tonnes de chlorure de magnésium dans les précieuses 1 000 tonnes d’eau lourde.1 -» Pour en savoir plus Dans ta lumière des neutrinos (SeuW, 1995), les chercheurs français Michel Cribier, Michel Spiro et Daniel Vignaud racontent un véritable roman du neutrino.Le numéro de mars 1992 de la revue La Physique au Canada est entièrement consacré au SNO, tandis que le numéro de juillet 1996 de Physics Today présente les observatoires de neutrinos de deuxième génération.Le site Internet du SNO (http://snodaq.phy.queensu.ca/SNO) contient des explications, des diagrammes et des photos.Il vous relie aussi aux autres observatoires de neutrinos en activité et en projet, ce qui vous fait voyager de l’Antarctique à Hawaï.L’Association des Microbiologistes du Québec Congrès Scientifique Les 26 et 27 octobre 1996 Institut Armand-Frappier Laval, Québec Pour information contacter : Nathalie Lemieux Téléphone et Fax : (514) 686-5810 Québec Science / Novembre 1996 39 I i Médecine nucléaire ê— Ordre des Technologues en ___] Radiologie du Québec WËadio-oncologie SYNDICA' DES ÏECHNOI Notre compétence un gage de qualité pour les défis à venir Une présena imlispensabh dans le réseai de la sanù I I I fini «131 lâiir I I r i Innovations PAR AGENCE Pifomètre | pour les légumes Les cultivateurs pourront bientôt se munir d’un « nez » pour détecter les maladies dans leurs entrepôts de légumes ! En effet, un ingénieur de l’Université McGill, Yvan Gariépy, se base sur l’analyse des composés volatils pour mettre au point une méthode de | détection des pathogènes.Le plus souvent, les cultivateurs s’en remettent à leurs yeux pour | détecter les maladies.En fait, l’observation visuelle régulière et un suivi de la température — qui augmente avec l’activité microbienne — constituent aujourd’hui les meilleurs gardiens de la qualité.Malgré ces efforts, souligne Yvan Gariépy, les cultivateurs perdent de 15 à 20 % des légumes entreposés en vrac.« Notre méthode, dit-il, permettrait de détecter plus rapidement les pathogènes et de diminuer les pertes annuelles, particulièrement sur le marché canadien de la pomme de terre, évaluées à près de 1,5 million de tonnes métriques par année.» Pour tester sa technique, l’ingénieur a construit une boîte hermétique dans laquelle U a déposé deux kilos de pommes de terre infestées.En introduisant de l’air purifié dans la boîte, il a pu identifier les composés volatils à la sortie en pratiquant une chromatographie.« Chaque pathogène dégage mie odeur spécifique, explique-t-il.Il s’agit de pouvoir reconnaître la signature de chacun d’eux.» Éventuellement, l’ingénieur voudrait récolter l’échantillon gazeux directement dans l’entrepôt.Il se bute toutefois à un problème : les nombreuses odeurs qui se dégagent du site et des employés peuvent masquer celle du pathogène.Il faudra donc réussir à reconnaître la signature de chacune de ces odeurs pour les distinguer des autres.On estime cependant que d’ici cinq ans les cultivateurs pourront détecter les maladies de leurs légumes.au pif.If Le cadenas qui sonne l’alarme Vous vous êtes encore fait voler votre vélo cet été ?Trois étudiants en génie de l’Université du Québec à Chicoutimi ont mis au point un « cadenas alarme universel » qui, garantissent-ils, vous mettra à l’abri des mauvaises surprises.En soi, l’appareil s’inspire des populaires cadenas en « U ».À ceci près qu’il comporte un boîtier, de la taille d’un paquet de cigarettes, à l’intérieur duquel se trouve un système d’alarme.C’est dans ce boîtier que s’insère le « U » un peu spécial de leur modèle : SCIENCE-PRESSE »IK£Éi r.il s’agit d’un câble flexible composé de huit fils électriques et de quatre câbles d’acier tressés.Si on tente de le sectionner, l’alarme se déclenche.Un témoin lumineux sur le boîtier indique que le système est en activité — un autre élément dissuasif, assure-t-on.Et lorsque vous récupérerez votre vélo, vous aurez tout intérêt à utiliser la bonne clé, car l’alarme se déclenche aussi lorsqu’on secoue un peu trop le cadenas ! • géomatique 1er Forum annuel de la R-D en géomatique au Québec Sessions d'affichage interactives Stands de démonstration • Séminaire sur le financement des activités R-D • Dîner-conférence • 5 à 7 maillage R-D Un événement pour tous les secteurs Public - Parapublic Industrie - Recherche - Formation -Utilisateurs et producteurs v-x DÉVELOPPEMENT de lo GÉOMATIQUE Pour information contacter Téléphone: (418) 523-2400 Télécopieur: (418)523-2329 Courrier électronique: cdg@cdg.cefrio.qc.ca Site internet: www.cdg.qc.ca Cet événement est réalisé grâce à la contribution financière des partenaires suivants: ES Gouvernement du Québec Ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie Bureau fédéral de Federal Office of développement régional Regional Development (Québec) (Québec) A ARPENTEURS-GÉOMÈTRES A, INTERGRAPH Québec Science / Novembre 1996 41 La dimension cachée i SCIENCE QUOTIDIENNE par Raynald Pepin A toutes les sauces Cuisiner, c'est maîtriser la délicate et instable chimie des aliments.Et réussir une sauce, c'est encore plus difficile ! Quintessence de Fart du cuisinier, les sauces ont de nombreux avantages : elles confèrent du velouté aux plats, rehaussent ou modifient leur couleur, mettent subtilement en valeur un aliment ou, au contraire, masquent le goût d’un autre.Personnellement, j’ai gagné mes galons de marmiton le jour où, grâce à une sauce savamment élaborée sans être trop relevée, mes enfants se sont finalement empiffrés de foie de bœuf ! Mais les sauces, même les plus simples, sont aussi le cauchemar du cuisinier.Parfois, elles semblent se refuser à prendre, épaississent trop ou forment des grumeaux.Toutes les sauces se caractérisent par quelques points communs.Leur consistance, entre celle d’un liquide et celle d’une purée, leur permet de napper un mets sans couler dans l’assiette.Cette consistance découle de leur composition : un liquide (eau, lait, bouillon) et un agent de liaison, l’épaississant (farine, jaune d’œuf, gélatine).Louis de Béchamel, un courtisan de Louis XTV, a légué son nom à une sauce se composant de farine, de beurre ou de margarine, de lait et de divers assaisonnements.La stœchiomé-trie de la sauce (l’étude des proportions selon lesquelles les produits chimiques réagissent entre eux) semble faire l’unanimité : deux cuillerées à soupe de farine et autant de beurre, plus une tasse de lait.Mais la méthode de préparation et les H temps de cuisson varient beaucoup d’un livre de recettes à l’autre, ce qui prouve que la cuisine est encore loin d’être une science exacte ! Par exemple, le livre de Jehane Benoit conseille de mélanger la farine et le beurre fondu, d’ajouter le liquide d’un seul coup et de faire cuire le tout.La tradition française demande plutôt de préparer un roux : « On chauffe doucement le mélange beurre-farine de 5 à 10 minutes avant de mettre le lait », explique Jean Beaudoin, professeur à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec.Comment une béchamel épaissit-elle ?Les grains de farine sont constitués de protéines, d’eau et d’environ 70 % d’amidon, un polymère de glucose.Mettez de l’amidon dans l’eau froide, il ne se passe pas grand-chose.Chauffez progressivement, et les molécules d’eau, ayant plus d’énergie, attaquent les granules d’amidon qui absorbent l’eau, gonflent et se désagrègent en partie.Des liaisons hydrogène se créent entre les molécules d’amidon en solution de même qu’entre les molécules d’amidon et d’eau.Le réseau formé augmente la viscosité du liquide et la sauce épaissit.Le beurre n’a rien d’essentiel à l’opération.J’ai ajouté deux cuillerées à soupe de farine à une tasse de lait et j’ai chauffé : la sauce a épaissi, sans faire davantage de grumeaux.J’ai aussi préparé deux béchamels, une avec cuisson préalable du mélange beurre-farine et l’autre sans.Selon certains auteurs, la cuisson du roux (farine + beurre) génère de nouveaux composés aromatiques et dissocie certaines molécules d’amidon, ce qui diminue le goût farineux de la sauce.Le résultat n’est pas évident puisque je ne suis pas arrivé à distinguer mes deux béchamels.Même la sauce préparée avec seulement de la farine et du lait n’en différait pas énormément.« La cuisson du roux est surtout importante en cuisine professionnelle, confirme Jean Beaudoin, car elle empêche les sauces que l’on conserve chaudes longtemps de continuer à épaissir.» Si on désire couper des calories (on dit maintenant des joules), on peut donc mettre moins de beurre que ne l’exige la recette, surtout si la sauce est assez aromatisée.Autre détail : une sauce liée à la farine ne doit pas trop épaissir lors de sa préparation, car en refroidissant sa viscosité augmente.Si elle est trop épaisse, on peut ajouter du lait, ou fouetter vigoureusement.et attentivement parce l’opération dissocie en partie les réseaux d’amidon.« Il est plus fa- 42 Québec Science / Novembre 1996 w________________________________ «t cile de rectifier une sauce trop épaisse qu’une sauce trop fluide », insiste Jean Beaudoin.Bons pour les papilles, mais un peu moins pour les artères, les œufs bénédictines du dimanche matin sont nappés : d’une sauce hollandaise qui est ti ! en fait une émulsion, comme la mayonnaise, le lait ou la vinaigrette.Sa consistance provient de la présence de gouttelettes de gras en solution.Ces grosses gouttelettes (à l’échelle moléculaire, s’entend) ralentissent l’écoulement du fluide et rendent le mélange onctueux.Pour faire une hollandaise, on fait fondre du beurre dans un bain-marie, on ajoute des jaunes d’œufs battus, du jus de citron et du sel, puis on chauffe quelques minutes en fouettant jusqu’à ce que la sauce épaississe.L’apport de chaleur permet de garder le beurre sous forme liquide, mais présente un inconvénient si on chauffe trop : les «I protéines des œufs peuvent fi | cuire et coaguler, ce qui en-J gendre des grumeaux.Le fouettement disperse le 4 gras en solution et le frac-«¦ tienne en fines gouttelettes ® d’environ un micromètre de t diamètre.Mais fouetter ne suf-«1 fit pas.Laissées à elles-mêmes, [f! ces gouttelettes se rencontrent .et fusionnent en gouttes plus > grosses jusqu’à ce que, comme ^ dans une vinaigrette maison, le $ gras se sépare de l’eau provenant du jus de citron et des jaunes d’œufs.Dans la hollandaise, ce triste sort est évité grâce à diverses substances présentes dans jéf le jaune d’œuf, en particulier Ha lécithine, un lipide qui agit jd, comme émulsifiant.La léci-thine se comporte comme une molécule de savon.Sa chaîne Ij| carbonée, non polaire, est so-, lubie dans les gouttelettes de ^ gras, alors que sa tête polaire .est soluble dans l’eau.La léci-J thine se niche donc à l’inter- À lire i face gras-eau et stabilise les gouttelettes de gras, tout comme le savon maintient la saleté en suspension dans l’eau.Chaque gouttelette de graisse est ainsi couverte de lécithine et d’autres émulsifiants.Les têtes polaires étant chargées, toutes les gouttelettes portent des charges de même signe et se repoussent, ce qui contribue à augmenter la viscosité.Cela nous permet de comprendre certains pièges à éviter lors de la confection d’une sauce hollandaise.Si on ne fouette pas assez, les gouttelettes de gras restent assez grosses et fusionnent plus facilement.Si on met trop de beurre, ces mêmes gouttelettes se trouvent en contact étroit et risquent fort de fusionner.Si on chauffe trop, l’eau s’évapore progressivement et les gouttelettes se rapprochent également.De plus, les protéines des jaunes d’œufs peuvent coaguler et former de petits grumeaux.Le bain-marie permet de mieux contrôler l’augmentation de la température de la sauce, car la source de chaleur ne dépasse pas 100°C et le transfert de chaleur se fait lentement.Au contraire, une casserole posée directement sur un élément acquiert généralement une température supérieure à 100°C, sauf à feu très doux.Le jus de citron confère un agréable petit goût acide à la sauce, mais il permet également d’augmenter la température à laquelle les protéines coagulent (90°C au lieu de 80°C).Sans jus de citron, la sauce va aussi épaissir, sauf que la marge de sécurité est plus mince.Si des grumeaux se forment, on peut toujours passer la sauce au mélangeur pour les désagréger en partie, mais ce n’est qu’un pis-aller.qui ferait d’ailleurs rougir tout saucier digne de ce nom.• Dans le prochain numéro La .de Mars Les Américains se préparent à aller sur Mars.Le scénario de la NASA pour conquérir la planète rouge, de l’entraînement très spécial des astronautes à la mise au point des équipements.par Claude Lafleur La bibliothèque idéale de la science Des scientifiques nous confient les titres des livres qu’ils préfèrent.Aussi, une sélection des ouvrages scientifiques québécois publiés cette aimée.Cent bougies pour la radio L’événement est quasiment passé inaperçu.Pourtant, cette année, notre radio est devenue centenaire.Le récit de son fulgurant développement.par Laurent Fontaine.Les écailles, les plumes ou la fourrure ?Qu’est-ce qui a couvert en premier l’épiderme des animaux ?Et pour quelles raisons ?Une énigme de l’évolution qui n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air.par Martine Turenne Québec Science / Novembre 1996 43 ^ A l'agenda Un musée dans le bain ! Au Musée de la civilisation de Québec, (418) 643-2158 Amazonie, mon amour ! Dotée d'une faune et une flore inestimables, la forêt amazonienne est aussi l'habitat de nombreuses tribus primitives, Mais elle est menacée.L'exposition nous incite à réfléchir sur sa sauvegarde de même qu'à reconnaître le potentiel pharmaceutique de cette mégaforêt.Jusqu'au 11 mai 1997.Au Jardin botanique de Montréal, (514) 872-1400 Les secrets des arbres Une conférence sur les mythes et les croyances liés à l'arbre.Le 6 novembre, à 19 h.Entrée : 7 $.À la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal, (514)849-1612 Cerveaux branchés C'est par là que passent nos émotions, nos rêves, nos pensées.Mais le cerveau demeure à plusieurs égards mal compris.L'exposition « Notre cerveau, ce super ordinateur vivant » nous fait découvrir son fonctionnement.Jusqu'au 13 janvier 1997.Pour annoncer des événements scientifiques d'intérêt général, faites parvenir vos communiqués de presse à Québec Science (rubrique « À l'agenda »), 425, rue de La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7.La rédaction se réserve le droit de sélectionner les événements.Le premier écomusée montréalais a ouvert ses portes.• mm insiRiKiEüBiihiiE i-îaRwa» airaiana«wn| 'jS «‘s-'saas On a longtemps appelé ce quartier le Faubourg à mélasse en raison de la présence de réservoirs de sucre brut importé des Antilles, réservoirs que l’on voit encore en bordure du fleuve, près du pont Jacques-Cartier.Mais le quartier Centre-Sud de Montréal a surtout été le théâtre de 200 ans d’industrialisation.Toute une épopée à raconter, ce que fait maintenant un nouveau musée.Il a fallu plus de 15 ans de travail et de démarches à l’organisme « L’écomusée du fier monde » avant que se concrétise ce projet d’un musée consacré au patrimoine ethnologique et industriel.C’est un ancien bain public, rue Amherst, que l’on a admirablement recyclé et restauré, qui l’abrite.L’immeuble, construit dans les années 20, a d’ailleurs une remarquable façade de style art déco.Le muséologue René Binette a suivi toute l’aventure.Il insiste sur l’originalité du projet.« Un musée, explique-t-il, c’est traditionnellement une collection et des visiteurs, tandis qu’un écomusée est plutôt associé à un territoire et à une population qui veut partager son histoire.» Et quelle histoire pour ce quartier de Montréal qui a été un témoin privilégié de l’évolution de l’industrie québécoise depuis le début du XIX' siècle ! Une histoire qui sent le cuir à chaussures, les biscuits, le levain, la combustion de charbon et le tabac.Molson y a lancé le premier bateau à vapeur canadien en 1807, la compagnie Viau y a cuit ses premiers biscuits, on y a tissé du coton, fabriqué du prélart et des chaussures et produit du gaz à partir du charbon.Même si la plupart des usines ont fermé leurs portes et que la population est passée de 100 000 à 35 000 habitants, le quartier n’en est pas à une révolution près : à Fère des télécommunications se dressent maintenant les antennes de Téléglobe Canada et des stations de télévision nationales.Un tel épisode du développement technologique et économique a forcément laissé des traces dans le quartier Centre-Sud.René Binette s’efforce de les identifier et de dénicher des objets qui rappelleront le temps passé.« Une boîte de cigares, une vieille pinte de lait, des photos peuvent signifier beaucoup.Mais il y a aussi et surtout les souvenirs, les anecdotes que les gens du quartier nous racontent, explique-t-il.On travaille beaucoup à partir des témoignages.» Et c’est leur mémoire qui constitue l’âme de l’écomusée.Outre l’exposition permanente qui retrace l’histoire du quartier Centre-Sud de Montréal, l’écomusée propose jusqu’en août 1997 l’exposition « Paysages industriels en mutation » et, jusqu’au 5 janvier 1997, une exposition sur les bains publics réalisée par l’Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve.Raymond Lemieux Écomusée du Fier Monde, 2050, rue Amherst, Montréal, (514) 528-8444.Ouvert le mercredi, de 11 h à 20 h, et du jeudi au dimanche, de 10 h 30 à 17 h.Entrée : adultes, 4 $; étudiants et âge d'or, 3 $.44 Québec Science / Novembre 1996 et des Jeux par Jean-Marie Labrie Jeu n° 11 Le compte est-il bon ?En additionnant, multipliant, soustrayant et divisant les nombres 1, 2, 3, 4, 5, 6 (mais en utilisant chacun au plus une fois dans chaque série d'opérations), on peut obtenir comme résultats des nombres naturels à partir de 260.Par exemple : 260 = (2 X6 + 1) X5X4 261 = (6 X 5 -1) X (4 + 3 + 2) 262 = 2 X [(6 X 5 + 3) X 4 - 1] Quel est le premier nombre naturel impossible à obtenir de cette façon ?Jeu n° 12 Soustraire un melon d'une pomme On dit souvent qu'il ne faut pas additionner des pommes avec des oranges.Toutefois, en enlevant un fruit d'un autre, on obtient ici un résultat étonnant.Quelle est la valeur de chaque lettre, si chacune correspond à un chiffre différent ?ORANGE MELON POMME Solutions d'octobre Jeu n° 9 Un carrousel de nombres Il faut d'abord trouver les facteurs de 200 (1, 2, 4, 5, 8, 10, 16, 20, 25, 40, 50, 80, 100, 125, 200, 250, 400, 500, 1 000, 2 000), puis en choisir un qui ira au centre.Il y a deux possibilités : 10 et 25.Jeu n° 10 Encore Pythagore ! Soit x et y les mesures des côtés de l'angle droit.x + y + 10 = 24 (1) x + y = 14 (2) Par la relation de Pythagore, on obtient : x2 + y2 = 102 ou 100 (3) L'équation (2) au carré donne : x2 + 2xy + y2 = 196 (4) En soustrayant l'équation (3) de l'équation (4), on obtient : 2xy = 96 (5) xy = 48 (6) L'aire du triangle rectangle est donc de 24 cm2.Niveaux de difficulté : débutant H : intermédiaire : expert Pour les 9 à 14 ans! 'J > k ' J,' Tr«i1 k» «1 â« j .1 • u I ^TOTti h lj f j « l-'l'lf! n instrument fascinant à découvrir en ’compagnie du jeune comédien Antoine Toupin.L’automne, c’est la saison idéale pour explorer la forêt.Les Débrouillards invite les jeunes à jouer aux détectives de la nature.Pourquoi ?Comment ?Voici un dossier sur cette intervention chirurgicale qui a sauvé la vie du jeune Hugues Giroux, 13 ans.n métier cour S ¦ =rmrrm Au Canada, il y a environ 9 000 pilotes d’avion professionnels.Combien parmi eux sont des femmes ?Seulement 400 ! Isabelle Derome est l’une d’elles.Elle nous parle de son métier.Un miniroman Des BD de Goldstyn, Garnotte et Gaboury é____________ Des expériences amusantes à faire à la maison, des concours, des jeux, la rubrique des correspondants.48 pages de découvertes ! Les Débrouillards est en vente dans tous les dépanneurs des chaînes Pro-prio et Provi-Soir, ainsi que dans les bonnes librairies, au prix de 2,95 $.Pour s’abonner (1 an, 10 numéros : 29,57 $), s’adresser à : Magazine Les Débrouillards 2924, boul.Taschereau, bureau 201 Greenfield Park, Québec J4V 3P1 Commande téléphonique (carte de crédit indispensable) : (514) 875-4444 /1 800 667-4444 Québec Science / Novembre 1996 45 Contes scientifiques pour tous La science a ses images mythiques : Einstein qui tire la langue, Archimède qui crie « Eurêka ! » en courant nu dans les rues, Newton qui reçoit une pomme sur la tête.Mais il y a également des histoires derrière chacune de ces images.Il y en a de belles, d’autres qui sont cocasses ou encore cyniques.Bien ficelées, elles composent un étonnant et admirable ouvrage : La baignoire d’Archimède.Une petite merveille qu’ont mijotée le physicien français Nicolas Witkowski et le journaliste scientifique Sven Ortoli.Ces images mythiques correspondent-elles à une déformation des faits de la véritable histoire des sciences ?Un peu, mais c’est ainsi que la science peut devenir un fait de culture, soutiennent les auteurs.« Nous croyons aux trous noirs comme les paysans francs croyaient aux esprits de la forêt, écrivent-ils.Celui qui entend parler d’attracteur étrange, de théorie des catastrophes, de boson intermédiaire ou de fractales, confessera volontiers qu’il s’agit là pour lui de paroles vides, qu’il ne peut même pas s’en faire une idée, même si la musique de certains mots lui devient familière.» C’est ainsi que, tranquillement, se fomentent des mythes dans l’incompréhension apprivoisée.« Le mythe est là pour servir de trait d’union entre la science et le commun des mortels (scientifiques compris), entre l’incompréhensible et le quotidien, le magique et l’ordinaire.» Et c’est tant mieux, disent les au- Sven Ortoli Nicolas Witkowski La baignoire d’Archimède QF O Cédérom Au nord.Jean Malaurie Inuit : Le Grand Nord esquimau - Une exploration interactive autour du cercle polaire.Édition « J'imagine le monde » de Montparnasse Multimédia en collaboration avec la Collection Terre humaine des Éditions Plon.Mac (LCIII minimum) et PC.Distribution : Periodica, (514) 274-3470.Ce cédérom pourrait très bien s'intituler Les vacances de Jean Malaurie tant les témoignages et textes de cet explorateur présentent une vision des Inuits empreinte de nombrilisme.Jean Malaurie se définit lui-même comme « le dernier témoin de leur société égalitariste et heureuse ».Le cédérom est composé de six chapitres : « Le Grand Nord esquimau », « Les itinéraires de Jean Malaurie », « Atlas arctique », « Art et mythologie », « Explorateurs et conquérants » et « Les hommes du pôle ».Les 15 itinéraires du « Grand Nord » vous tendent les bras.à moins que ça ne soit l'auteur ! Retrouvez-le dans « Jean Malaurie, chef d'expédition », « L'attelage de Jean Malaurie », « La solitude de Jean 46 Québec Science / Novembre 1996 La plus belle histoire du monde® fr Leurs, qui considèrent comme un signe de vigueur le fait que la science puisse être un « réservoir » de nos mythes.« Si Newton a donné à la science une théorie de la gravité, peut-on lire sur la jaquette de leur bouquin, ce petit livre invite ses amateurs à une pratique de la légèreté.» S’il y a de petites histoires de la science, il y en a aussi une plus grande.C’est celle que nous racontent, à l’invitation du journaliste Dominique Simonnet, un magnifique trio de conteurs : Hubert Reeves, Joël De Rosnay et Yves Coppens.De la formation de l’Univers jusqu’à l’apparition de la première forme de vie et enfin de l’espèce humaine, le récit que nous offrent les trois savants vulgarisateurs sous forme d’en- REEVES DE ROSNAY CÔPPENS
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