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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 2001, Collections de BAnQ.

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I PER .* • '• *.« ' • ^ • %» »* ’.v,’ r-_.Edgar Morin L'indispensable JME Patrimoine industriel Premier épisode les brasseries S8L# ^ 77333301994903 JM é U i • F • t - IA?*' • t CRPITRL : 525 ÜÜÜ 000 $ PORTEFEUILLE : 170 ENTREPRISES PROMETTEUSES Sociétés d'investissement Innovatech : les spécialistes du financement en haute technologie ?ans le milieu du capital de risque depuis 1992, les spciétés Innnvatech, avec un fonds de 525 millions de dollars, comptent 170 entreprises dans leurs portefeuilles combinés.Couvrant tout le Québec, les sociétés Innovatech investissent dans une variété de projets à contenu technologique avec une préférence pour les investissements dans le domaine de l'innovation et du transfert technologique et les premières ou deuxièmes rondes de financement.MONTREHL 2D2D, rue University Bureau 1527 Montréal H3R 2R5 [5141 854-2929 SHERBROOKE 455, rue King Ouest Bureau 305 Sherbrooke J1H 5E9 (819) 820-3305 Pour des renseignements au sujet d'un partenariat fructueux : QUEBEC 10, rue Pierre-Olivier-Chauveau Québec G1R 4J3 [418] 528-9770 REGIONS RESSOURCES 1305, chemin Ste-Foy Bureau 101 Québec GIS 4N5 (418) 528-0315 Innovatech Sociétés d’investissement ice ___ MAIRE MARS 2001, VOLUME 39, NUMÉRO 6 www.CyberSciences.com ASTRONOMIE 18 Au-delà de l'Univers ?D'autres univers ! Notre cosmos n'est peut-être pas unique.C’est du moins ce que prétendent aujourd'hui des astrophysiciens.Y aurait-il donc eu plusieurs big-banqs ?Les autres univers répondraient-ils aux mêmes lois de la physique ?par Vincent Sicotte L'ENTREVUE DU MOIS 6 Edgar Morin : l'indispensable éthique Un des plus grands penseurs français s'inquiète : les enjeux que soulève l’activité scientifique commencent à nous échapper dangereusement.propos recueillis par Laurent Fontaine l'événement 10 L'homme du millénaire : on l'a mangé ! Les restes fossilisés du plus vieil homme connu viennent d'être mis à jour.Ils sont datés de six millions d'années.par Fabien Gruhier 14 Le Terre se réchauffe, le ciel a un coup de froid Les rejets de gaz carbonique ne mettent pas seulement en danger l'éguilibre climatique, ils affectent aussi la couche d’ozone.par Anne-Marie Simard PLANÈTE ADN 17 Vive l'arabette des dames Grande première en botanique : on a complété la carte du génome d’une plante.par Jean-Pierre Rogel techno~pratique 43 Des millions de microchercheurs ! Votre ordinateur sommeille ?Inscrivez-le à de grands projets de recherche ! par Philippe Chartier Dimension cachée 46 Plus dur que le marbre ! Comme vous avez de bonnes dents ! Voici maintenant pourquoi il faut les entretenir.par Raynald Pepin 48 Jeux par Jean-Marie Labrie SCIENCE ET CULTURE 49 Saga cosmique Un admirable documentaire pour comprendre les origines de la vie.par Joël Leblanc 50 Aujourd'hui, le futur par Marie-Pier Elie SANTE PUBLIQUE 0@e©(M( P) -‘ “I 26 Sans fil et sans risques ?Le téléphone sans fil comporte-t-il des risques pour la santé des personnes trop volubiles ?Les études s'accumulent et les doutes subsistent, par Laurent Fontaine PHYSIQUE 30 La météo : un vrai chaos ! On annonce de la neige et pas un flocon ne nous tombe sur le nez.La météo se tromperait-elle donc autant que nous en avons l'impression ?par Marie-Pier Elie 35 Du génie et des hommes Les usines et leurs machines ont aussi une épopée à raconter.Cette nouvelle série nous fait redécouvrir un patrimoine industriel souvent négligé.Premier épisode : les brasseries par Raymond Lemieux 36 Mystère et vieilles bulles « Broue », c'est une histoire de plus de 350 ans au Québec ponctuée de controverses et d'innovations.39 Le secret est dans la cuve * Une biotechnologie avant l’heure ?La bière est un produit vivant dont la production nécessite beaucoup de vigilance.+ Un guide pratique sur la santé des enfants de 0 à 12 ans.Une panoplie de trucs et de conseils qui aideront les parents à bien comprendre la santé de leurs enfants, par Catherine Dubé Billet 7 par Raymond Lemieux I L'hiver en voie de disparition Jamais la Terre ne se sera réchauffée à une telle vitesse ! Le thermostat est déréglé, affirment maintenant les scientifiques de l’important Groupe intergouvememental d’experts dans l’évolution du climat (GIEC).En fait, soutient le rapport qu’ils ont récemment produit, le réchauffement planétaire serait bien plus rapide que ce qu’avaient prévu les simulations à l’ordinateur.Pour les 100 derniers siècles, on ne connaît pas d’autres exemples d’une telle poussée de température.Et il y a de moins en moins de place pour en douter.L’outillage des climatologues et des météorologues est nettement plus perfectionné qu’il y a 10 ans — l’article sur la météorologie que nous publions ce mois-ci vous en donnera une bonne idée.Ces nouvelles techniques fournissent des résultats plus fiables, ce qui ajoute davantage de poids aux conclusions inquiétantes des chercheurs du GIEC.Le corollaire bien embêtant de cette poussée de fièvre, c’est que la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère n’aurait jamais été aussi élevée depuis 20 millions d’années.Cela met carrément en évidence l’incurie des sociétés industrialisées en matière d’environnement.Il faut rappeler qu’à ce titre, le Canada se retrouve troisième dans le peloton des grands pollueurs de la planète pour ce qui est des rejets de gaz carbonique par habitant, lui qui s’enorgueillissait au début des années 1990 d’être le premier pays à se doter d’un plan vert.Une initiative mise de l’avant par le ministre fédéral de l’Environnement de l’époque, Jean Charest.Depuis, ce plan vert généreux (on parlait de cinq milliards de dollars d’investissements) accumule la poussière sur une tablette.Le constat des climatologues a de quoi alarmer.En fait, ce n’est sans doute pas le gaz carbonique qui est la principale menace planétaire.C’est l’indifférence ! Et aussi une sorte d’incapacité pobtique, comme l’ont démontré les négociations de La Haye, en novembre 2000, où les représentants des gouvernements n’ont pas été capables de s’entendre sur l’adoption de mesures, maintenant essentielles, pour remettre la Terre en meilleur état.Ça donne froid dans le dos.Trous de En plus d’être insouciants, aurions-nous la mémoire courte ?Québec Science a entrepris de dépoussiérer l’histoire fascinante et presque oubliée de nos industries.Ces industries qui, au fil des décennies, ont été au premier plan des nombreuses innovations technologiques et scientifiques.Je vois venir quelques remarques : « Quoi?une apologie de ce qui est justement en train de mener la planète à la ruine ?» Mais justement, quelqu’un n’a-t-il pas dit un jour que ceux qui ne comprennent rien à l’histoire sont condamnés à la répéter ?£ Science Rédacteur en chef Raymond Lemieux Adjoint au rédacteur en chef Laurent Fontaine Collaborateurs Philippe Chartier, Catherine Dubé, Marie-Pier Eue, Fabien Grumer, Jean-Marie Labrie, Raynald Pepin, Jean-Pierre Rogel, Vincent Sicotte et Anne-Marie Simard Lirtitli iittt io«l îtïif! Split! Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Louise Bilodeau, Sophie Casson, Marc Cuadrado, Julie Durocher, Pierre-Paul Pariseau, Yves Provencher, Bruce Roberts, Rémy Simard Diffusion et promotion Hélène Côté Directeur exécutif Marc Côté Adjointe administrative Nicole Lévesque *St PUBLICITE Représentante Carole Martin cmartin@quebecscience.qc.ca Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 SITE INTERNET www.CyberSciences.com Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 41,35 $, 2 ans = 71,26 $, 3 ans = 98,87 $.À l’étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 S.Pour abonnement et changement d'adresse Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Tél.: (514) 875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Abonnement par Internet CyberSciences.com/abonnement Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l’Index des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en madère de sciences et de technologies.L’éditeur n’cst pas lié à quelques exigences publicitaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par la revue Québec Science.La direcdon laisse aux auteurs l’enrière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les dtres, sous-ritres, textes de présentarion et rubriques non signés sont attribuables à la rédacrion.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l’Audiothèque pour les personnes handicapées de l’imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 H Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Canada Québec Science reçoit l’aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme de soutien aux intervenants et événements majeurs en culture scientifique et technique).Nous recevons aussi l’aide Financière du gouvernement du Canada, par l’entremise du Programme d’aide aux publications (PAP), pour nos dépenses d’envoi postal.Membre de : The Audit Bureau of Circulations >6 La Revue Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 m Tél.: (514) 843-6888 Magazines du Québec Téléc.I (514) 843-4897 courrierAQuebecScience.qc.ca CEGEP de Jonquière 4 Québec Science ~ Mars 2001 11 Science.qc.ca L'article sur le Zyban, un médicament antitabac, que nous avons publié en novembre dernier, nous a valu un abondant courrier.En voici les extraits les plus significatifs.« Une des aides antitabagiques des plus efficaces » Monsieur Paul Lirette, directeur général aux relations à la clientèle chez Glaxo Wellcome, estime que le texte « contient de nombreuses allégations fausses et emploie un ton sensationnaliste qui ne correspond pas du tout à la réalité (.) » tout en dénonçant avec vigueur « le manque d’impartialité dont ont fait preuve Québec Science et son journaliste Normand Grondin », M.Lirette tient ici à rectifier certains faits.« Il n’y a aucune preuve substantielle pouvant suggérer un lien direct entre les cas de décès rapportés dans le Bulletin de Santé Canada et le Zyban.Il est important de noter que les fumeurs sont cinq fois plus à risque de crise cardiaque que les non-fumeurs, et ce risque persiste plusieurs années après que la personne a cessé de fumer.« (.) A partir de sa découverte fortuite et lors de sa mise au point par Glaxo Wellcome, le Zyban a été soigneusement testé par les professionnels de Glaxo Wellcome.Par la suite, il a évidemment fait l’objet de tous les contrôles habituels de Santé Canada.Les réactions indésirables dont vous faites mention dans l’article concordent d’ailleurs avec celles qui sont mentionnées dans la monographie du médicament remise à tous les médecins susceptibles de prescrire le Zyban à leurs patients.« (.) Dans ces renseignements plus détaillés — la monographie du produit transmise aux praticiens, — on mentionne que des problèmes de concentration, l’anxiété, la paresthésie et la neuropathie figurent parmi les effets indésirables éventuels.Dans ces cas, on ignore toutefois jusqu’à quel point ces effets peuvent être directement associés ou non au traitement par le Zyban, ou s’ils résultent d’un sevrage à la nicotine particulièrement difficile.« Depuis le lancement du Zyban, Glaxo Wellcome a toujours insisté sur la nécessité de la présence et de l’accompagnement du médecin, non seulement pour évaluer le fumeur désireux de cesser de fumer avec l’aide du Zyban, mais également pour bien suivre le patient afin de maximiser le potentiel de réussite.(.) « Glaxo Wellcome prend au sérieux tous les effets indésirables susceptibles d’être causés par ses médicaments.Tous les effets indésirables rapportés sont signalés à Santé Canada et transmis à notre système mondial de pharmacovigilance.(.) « Lorsqu’un médicament est très populaire, la Direction générale de la protection de la santé juge parfois nécessaire de publier un bulletin par lequel elle peut transmettre l’information objective aux médecins et leur donner ainsi l’heure juste quant aux effets d’un médicament qui suscite l’attention des médias.C’est dans cette optique que, dans le dernier Bulletin de Santé Canada, on cite le Zyban qui, soit dit en passant, est ou a été utilisé par plus de 900 000 Canadiens depuis son lancement au Canada.« Depuis sa mise en marché par Glaxo Wellcome en 1998, le Zyban a prouvé qu’il était l’une des aides antitabagiques les plus efficaces pour les fumeurs qui désirent cesser de fumer.(.) « La contribution de Glaxo Wellcome en cessation tabagique ne s’arrête d’ailleurs pas à la mise en marché du Zyban.Glaxo Wellcome s’est associée avec de nombreux intervenants en santé pour mettre sur pied et appuyer les programmes et les services qui encouragent les fumeurs à cesser de fumer.(.) » La cigarette : « beaucoup plus d'effets indésirables » « À la lecture de l’article de M.Grondin, vos lecteurs concluront sûrement que le Zyban est un médicament qu’ils doivent éviter de prendre à tout prix.Or le Zyban est un médicament efficace à long terme, bien qu’il ne fasse pas de miracle », écrivent les docteurs André Gervais, pneumologue au Centre d’abandon du tabagisme et Michèle Tremblay de la Direction de la santé publique de Montréal-Centre.« Utilisé au Canada depuis 1998 comme aide pharmacologique favorisant l’abandon du tabac, son efficacité a été démontrée par deux études rigoureuses.Cependant, le Zyban comme tous les médicaments sur le marché, médicaments en vente libre et produits naturels inclus, comporte des risques pour la santé.Certaines contre-indications à la prise de ce médicament exigent donc une consultation professionnelle et l’ordonnance médicale de ce produit.« Monsieur Grondin mentionne dans son article que le mécanisme d’action du Zyban sur deux neurotransmetteurs du cerveau est mal connu.C’est un fait, mais il aurait pu ajouter pour le plus grand bénéfice de vos lecteurs que la nicotine, responsable de la dépendance physique des fumeurs, agit aussi sur ces mêmes neurotransmetteurs, ainsi que sur de nombreux autres.« D’autre part, certains chiffres avancés par M.Grondin quant aux effets indésirables du produit, rapportés par les médecins et pharmaciens à Santé Canada, sont erronés.En effet, les 407 cas dont il est question sont survenus parmi 556 000 Canadiens et non pas 150 000 personnes comme il en est fait mention dans le texte.De plus, parmi les 256 cas considérés comme graves, les deux décès par infarctus rapportés sont survenus chez des personnes qui avaient des antécédents de maladie coronarienne.Il est important de rappeler que 30 % des maladies cardiaques sont causées par le tabagisme.Il est donc impossible d’affirmer que le Zyban est responsable de ces cas d’infarctus.(.) « Le Zyban a peut-être des effets indésirables.La cigarette en a encore plus.» « Une opération overkill ! » « Un chef-d’œuvre de désinformation qui frise le manque d’éthique journalistique, accuse le docteur Marcel Boulanger de l’Institut de cardiologie de Montréal.Dans l’article qu’est-ce que le lecteur ne trouve pas comme énormités ! “Mourir en (suite à la page 48) Des commentaires ?Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l’adresse suivante.Québec Science, 3430 rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal (Québec) H2X 3L3 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca • Les lettres reçues sont susceptibles d'être publiées.La rédaction se réserve le droit d'en tirer les extraits les plus significatifs et les plus informatifs.Sdsnce Zyban : un médicament antitabac qui peut tuer Lf ttateiMal tlt l'btun «a nulMn [wul «voir iletefirt) Utvamirart.Explkrailoi».Québec Science ~ Mars 2001 5 ê _ w I entrevue Les principes qui fondent la siéit • • • •>>>: - 6 Québec Science ~ Mars 2001 'indispensable Pour continuer d’éclairer l’humanité, la science doit trouver comment intégrer l’éthique dans son approche.Sans quoi, affirme Edgar Morin, nous avançons en aveugles.par Laurent Fontaine Depuis près d'un demi-siècle, le sociologue français Edgar Morin scrute les sciences sous toutes leurs coutures.La surspécialisation en sciences devient une menace pour le développement de la connaissance, affirme le directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifigue de Paris (CNRS), au terme d'une traversée qui lui a fait connaître l'anthropologie, la philosophie, la physique et la biologie.En outre, le mariage avec la technologie et la finance pourrait plonger la science dans une crise profonde.Québec Science : Vous semblez inquiet pour l'avenir de la science.Edgar Morin : Nous vivons une époque paradoxale.À l’ère de l’information, les savoirs prolifèrent, mais nous voyons que partout la connaissance se dégrade.On en sait plus dans tous les domaines.Mais plus il y a de connaissance, moins il y a de sagesse, comme si nous ne parvenions plus à tirer le sens de l’ensemble.On le voit partout, dans les sciences de la vie, les biotechnologies, etc.Pour en sortir, nous devons retrouver une manière de réintégrer la complexité dans l’approche scientifique, de relier les connaissances entre elles.Q.S.: Citant le philosophe allemand Martin Heidegger, vous dites même que la science est entrée dans une nuit profonde.D'où vient cette crise ?E.M.: Elle plonge ses racines au XVIIe siècle, à l’époque où Descartes a posé les fondations de la science moderne.Le premier principe que le philosophe français a établi, c’est que la science doit s’occuper des objets — son objectivité —, du monde et des étendues, tandis que tous les problèmes de l’esprit et du sujet humain relèvent de la méta- physique.Descartes a aussi posé comme principe que la science est par nature « amorale » — ce qui lui a permis de s’extraire du champ des passions politiques et religieuses dont elle était prisonnière.Elle se situe explicitement en dehors des jugements de valeur, du bien et du mal.Elle suit sa propre règle : connaître pour connaître ne peut être que bon.Avec ces deux principes, la science a pu assurer son propre développement.Mais elle a aussi évacué l’éthique de son champ d’action parce que, pour considérer l’éthique, il faut considérer le sujet; c’est-à-dire un être ayant une certaine autonomie, une certaine conscience et une certaine réflexivité.Deux autres principes ont permis à la science moderne d’émerger : le déterminisme — les lois de la nature sont immuables, telle cause provoque tel Québec Science - Mars 2001 7 l’entrevue EDGAR MORIN effet — et la simplification ou la réduction, c’est-à-dire l’idée que, pour comprendre le tout, il suffit de comprendre une partie.Donc qu’en fractionnant le champ de la recherche on peut mieux connaître.Ces quatre principes ont permis à la science de s’épanouir.Mais depuis la révolution de la physique contemporaine et le développement extraordinaire des connaissances, au fil du XXe siècle, ces fondements sont ébranlés.Q.S.: Que voulez-vous dire ?E.M.: Les principes qui fondent la science moderne nuisent aujourd’hui à son développement, et par là même à une vision globale, unifiée de l’homme et de la nature.La révolution de la physique quantique, avec ses particules aux comportements aléatoires, a forcé les gens de science à voir le monde différemment.Nous savons désormais que le désordre et l’ordre cohabitent, là où les scientifiques ne cherchaient qu’ordre.Cela signifie notamment que les déterminismes ne fonctionnent pas absolument.De même, de nouvelles connaissances comme l’écologie nous apprennent que le tout possède des propriétés que les parties n’ont pas.On ne peut donc plus seulement simplifier pour comprendre, ni seulement fractionner les problèmes pour saisir les phénomènes dans leur ensemble.Il faut développer une approche systémique.Enfin, en éliminant l’éthique de son champ, la science en est arrivée à « ne pas penser » — selon les mots d’Heidegger.En 1935 déjà, le philosophe allemand Edmund Husserl avait lui aussi montré dans son ouvrage Crise de la science européenne qu’il existe un trou noir dans la science.C’est l’aveuglement du scientifique, pas seule- ment sur lui-même mais sur ce qu’il fait.Voilà pourquoi je crois que la science est à un tournant.Elle doit passer du paradigme de la simplification à une manière de connaître qui intègre la complexité.Et elle doit aussi réintégrer l’éthique dans son approche, ce qui est en soi une révolution.Q.S.: Pourquoi l'éthique est-elle devenue si essentielle pour l'avenir de la science ?E.M.: Parce que la science s’est associée étroitement à la technique et à l’industrie.Au point qu’on ne distingue plus que difficilement l’une de l’autre, même dans les mots; on parle aujourd’hui de technoscience.La science n’est plus seulement prise avec ses propres lois.Depuis qu’elle s’est associée à l’industrie - - Les citoyens doivent intervenir dans le débat éthique.Malheureusement, ils sont plus spectateurs qu’acteurs, fascinés par les progrès.Ils ont beaucoup de mal à comprendre les enjeux de ce qui se met en place.et au capital, elle est aussi prise dans la logique du profit, une association qui va jusqu’à changer la vocation même de ce qu’est un chercheur.Un biologiste, par exemple, n’est plus seulement un spécialiste des modifications génétiques; il est aussi actionnaire d’une société qui en tire des profits.La situation n’est pas neuve; la science et la technique se sont toujours fécondées.Ce qui est énorme aujourd’hui, c’est la puissance développée par cette civilisation techno-scientifico-industrielle, avec ses menaces sur la biosphère, et le pouvoir de manipulation sur la vie.Déjà du temps de l’arme atomique, André Breton et les surréalistes avaient lancé un manifeste : « Fermez les laboratoires », demandaient-ils.C’était une revendication impossible.Récemment, d’autres penseurs ont proposé une pause réflexive, mais on ne les écoute pas, selon le principe qu’après tout, pourquoi s’arrêter si les autres continuent ?Q.S.: Car ils sont pris dans la logique de concurrence.E.M.: Exactement.La concurrence, qui en soi s’est avérée très féconde pour stimuler la recherche, s’avère aujourd’hui néfaste, car elle répond à des intérêts qui dépassent largement ceux de la science elle-même.Q.S.: Mais d'où viendra cette autorégulation de la recherche ?Vous dites vous-même que la science doit être libre.Par le fait même, personne ne sait où elle va.Si elle était esclave, par exemple de l'éthique, pourrait-elle aller bien loin?E.M.: Les scientifiques vivent effectivement une prise de conscience difficile et paradoxale.Voilà qu’ils doivent fixer eux-mêmes des barrières dans des domaines où ils ont avancé précisément parce qu’ils n’en avaient pas ! C’est un vrai problème : comment passer d’une pensée basée sur des jugements de faits à une pensée qui intègre des jugements de valeur, c’est-à-dire l’éthique ?Il y a cependant des pistes, des 8 Québec Science - Mars 2001 manières de connaître qui permettent de passer de l’un à l’autre.Prenez les sciences de l’environnement qui font appel à de multiples disciplines scientifiques pour comprendre les écosystèmes et la biosphère.Une telle connaissance ressuscite l’idée que la nature est vivante.Elle intègre aussi l’idée que nous, les humains, nous provoquons des processus qui peuvent conduire à notre propre destruction.Une telle connaissance nous met en face d’un problème éthique.Car vous avez de l’éthique dès que vous avez une approche globale.Vous avez de l’éthique dès que vous avez un sentiment de responsabilité et de solidarité, c’est-à-dire une conscience de l’interdépendance de tous.Q.S.: Pour y arriver, il faut donc décloisonner les disciplines?E.M.: Ce qui fera la différence, ce n’est pas la quantité d’information, mais notre capacité à l’organiser.Pour réintégrer la complexité, il faut réorganiser la con- naissance autour de grands ensembles, l’homme, le cosmos, les sciences de la Terre.Un peu comme si on appliquait un vieux principe de stratégie : l’essentiel n’est pas de tout contrôler, mais d’occuper les points centraux de la connaissance pour articuler le reste tout autour.Nous devons rompre avec le modèle des universités du XIXe siècle, qui imprègne encore la recherche et l’éducation : une faculté pour la biologie, la physique, les mathématiques, et chacun qui avance seul dans son champ d’expertise.Q.S.: Quel est, pour vous, le rôle des citoyens et du politique dans ce retour de l'éthique ?E.M.: Plus un processus est complexe, plus la conscience a du mal à le concevoir.Et à ce moment-là, que fait-on ?On renonce.La plupart des politiques, incapables de concevoir la complexité, refusent de penser et d’investir.Comme s’ils n’avaient pas compris que les problèmes de l’avenir sont posés par les bouleversements de la science.Nouveaux modes de fécon- dation, naissance artificielle, don de sperme anonyme, mères porteuses, toutes ces choses-là bouleversent déjà la notion de père, de mère, de filiation.Les citoyens aussi doivent intervenir dans ce débat éthique.Malheureusement, les enjeux leur échappent, ils sont plus spectateurs qu’acteurs, fascinés par le clonage, les progrès sur le génome, etc.Mais ils ont beaucoup de mal à comprendre les enjeux de ce qui se met en place.En fait, l’accélération du processus est très inquiétante, car plus les changements vont vite, plus la conscience est retardataire.Mais bien entendu l’excès de la gravité comporte sa propre issue.Le poète allemand Friedriech Hôlderlin ne disait-il pas : « Plus le danger croît, plus est proche ce qui sauve » ?OS •^À lire : Edgar Morin, Les Sept Savoirs nécessaires à l'éducation du futur (Seuil), une réflexion sur les « trous noirs » de l'enseignement menée avec le soutien de l’Unesco.¦pirtXM'CHAEL-Snî/y^- POUR LA “ Promotion des science* Appel de candidatures Prix Michael-Smith 2001 V; « J’AIMERAIS QU’ON PRENNE LE TEMPS CHAQUE ANNÉE DE SONGER AUX GENS QUI ACCOMPLISSENT UN TRAVAIL VRAIMENT EXCEPTIONNEL POUR AMENER LE PUBLIC À PENSER AUX SCIENCES ET À LA TECHNOLOGIE.» Michael Smith, légende canadienne du monde scientifique Les prix Michael-Smith récompensent des personnes et des grotipes qui font des efforts exceptionnels pour promouvoir les sciences au Canada.Qui peut être candidat?Toute personne, organisation ou entreprise du Canada.Les prix se divisent en deux catégories : les personnes et les groupes qui travaillent au-delà du cadre du système d’éducation régulier.Le comité des prix tient compte : • des efforts marqués potir amener le priblic à comprendre les sciences et le génie et à acquérir de nouvelles compétences à ce chapitre; • des retombées locales et de la durée du programme; • du contenu, de l’originalité et de la portée du programme.o CRSNG Investir dans les gens, NSERC la découverte et l'innovation Les sciences.l'affaire de tous! Les récompenses : Jusqu’à cinq lauréats (personnes SV ou groupes) pourront être choisis pour le prix.Les récompenses comprennent : • un prix de 5 000 $ pour chaque lauréat individuel; • un prix de 10 000 $ pour chaque organisme lauréat pour appuyer ses activités; • une médaille à l’effigie de Michael Smith pour tous les lauréats.Comment proposer une candidature?Les instructions et le formulaire de mise en candidature sont disponibles dans le site Web des prix Michael-Smith à l’adresse : www.crsng.ca/msmith/fi.Il suffit de suivre les instructions et d’expédier le document de mise en candidatLire dûment rempli au comité des prix Michael-Smith.La date limite pour présenter une mise en candidature est le 1er avril 2001.Les sciences et moi, ça clique! Canada Québec Science ~ Mars 2001 9 1 Science PALEONTOLOGIE ' ¦ Lsi .C A '¦¦æsæ^ dl&pp : s '¦._ x_’ :* / / /sssar Radio-Canada 'odw Télévision Bourse de 12 000 $ et stage de six mois en journalisme scientifique Date de clôture : jeudi 12 avril 2001 - 17 heures Pour obtenir le dépliant veuillez vous adresser à : Bourse Fernand-Seguin Association des communicateurs scientifiques 4388, rue Saint-Denis, bureau 304 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 844-4388 ou à la station de Radio-Canada de votre région Avec la collaboration de : première chaîne ¦$> Radio-Canada El El El El Québec Ministère de la Culture et des Communications Cf MERCK FROSST C3Z IScience ?LE SOLEIL ASSOCIATION QUUtCOBZ 15e CONGRÈS DE L'AQME 2001 MAITRISER 25 au 28 mars 2001 Loews Le Concorde Québec L'ENERGIE N 4ss\0^ • 30 conférences • Les volets : • Bâtiment • Industrie * Municipalité * Changement climatique • Formation * Facturation • Visites techniques •Foire commerciale le 27 mars de 16hà 19h (ouvert au public) • Soirée gala pour les congressistes aw Hydro Québec E- MètropoStan 1*12 • Pour informations: Marielle Gagnon AQME 514.866-5584 Pour de plus amples informations consultez notre site internet : www.aqme.org .— Québec S S Québec Science - Mars 2001 29 ;::r[ Jri-ru‘j ri -iJ/- v, .Physique • .• • '.vrai: Une belle fin de semaine ensoleillée, promettait la présentatrice au si beau sourire.Et voilà que vous fulminez sous la tente en écoutant la pluie ruisseler.Une science exacte, la météo ?par Marie-Pier Elle La meteo ne se trompe pas ! » La réplique de Pascal Yiacouvakis, météorologue et présentateur à Radio-Canada, est sans appel.Lorsqu’on lui fait remarquer qu’on doit tout de même parfois prendre le parapluie au lieu du parasol, c’est presque une tempête qui se lève : « Les prévisions sont parfois imparfaites.Mais la météo est une science exacte.Dire le contraire laisserait sous-entendre que les lois de la thermodynamique et de la mécanique des fluides sont inexactes.» 5 Les fondements de la météorologie 5 sont d’une désarmante simplicité : la 1 Terre est une gigantesque machine ther-1 mique.Il suffit, en gros, d’anticiper les : mouvements des masses d’air chaud 30 Q uébec Science - Mars 2001 V •'¦1 (venues de l’équateur) et froid (en provenance des pôles), et d’en déduire le temps qu’il fera, en sachant que l’air chaud peut contenir beaucoup de vapeur d’eau, et l’air froid très peu.Pour établir leurs prévisions, les météorologues s’intéressent donc surtout aux lieux de rencontre de ces masses d’air, les fronts, où se livrent des luttes sans merci.Ça ne devrait pas être bien sorcier.Mais ça l’est.Chaque jour, dans les 600 stations aérologiques du monde, quelques centaines de techniciens météo envoient une armada de ballons-sondes tâter le pouls de l’atmosphère.Une chorégraphie réglée comme un rituel sacré qui se déroule à midi, puis à minuit heure de Londres (soit cinq heures plus tôt ici). K Pascal Yiacouvakis, météorologue : « Savoir qu'il va neiger, ce n'est pas compliqué.Mais estimer quelle quantité de neige va tomber, c'est une autre histoire.Si je prévois 5 cm et qu'il en tombe 25 cm, ce sont les téléspectateurs qui vont me tomber dessus.» Quelque 156 000 dollars disparaissent ainsi quotidiennement dans les airs — chaque ballon-sonde vaut 130 dollars et ne peut être récupéré après avoir éclaté dans les hautes couches de la stratosphère.Mais les informations recueillies valent leur pesant d’or, car elles ont la particularité d’être tridimensionnelles, contrairement aux simples données récoltées sur le plancher des vaches.Température, humidité, pression, vitesse et direction du vent seront donc enregistrées jusqu’à une altitude d’une cinquantaine de kilomètres.Pour Environnement Canada, c’est de Maniwaki, en Outaouais, que s’envolent les ballons-sondes les plus près de nous, et non de Dor-val à cause du trafic aérien.À ces données, il faut ajouter celles que recueillent les bouées dérivantes flottant à la surface des océans, les avions commerciaux qui trimballent une panoplie d’instruments de mesure en plus de leurs passagers, ainsi que les renseignements fournis par deux satellites à orbite polaire et quatre autres satellites géostationnaires à 35 500 km au-dessus de l’équateur.Deux d’entre eux couvrent exclusivement l’Amérique du Nord : GOES-10, à l’ouest et GOES-8, à l’est.De là-haut, ils enregistrent sans répit l’information dans le spectre visible et infrarouge.Les rayons infrarouges permettent notamment d’évaluer l’importance de la couverture nuageuse car « contrairement à nous, plus les nuages sont épais, mieux ils réfléchissent », résume Pascal Yiacouvakis en souriant.Au rez-de-chaussée du Centre météorologique canadien, à Dorval, une impressionnante machinerie informatique attend de se mettre ces données sous la dent.Celles du ciel de Maniwaki mais aussi celles de tous les ballons-sondes, de toutes les bouées dérivantes, de plusieurs avions de ligne et de tous les satellites au monde ! Filant dans un réseau de fibres optiques, ces dizaines de milliers de données s’engouffrent d’abord dans un petit ordinateur, puis mettent le cap sur l’un des quatre superordinateurs qui remplissent la pièce.Ces derniers agissent comme un simulateur : ils reproduisent fidèlement le comportement de l’atmosphère d’après ce qu’on sait des lois de la thermodynamique et de la mécanique des fluides.C’est ce qu’on appelle de la modélisation.« On met la Terre entière dans une machine, littéralement ! » dit Pascal Yiacouvakis que les modèles météo passionnent.Passionnant, certes.Mais tout de même, pourquoi un ordinateur de plusieurs millions de dollars, qui peut effectuer des milliards de calculs à la seconde, a-t-il le droit à l’erreur ?Louis Lefaivre, chef de la division de la prévision numérique du temps au Centre météorologique canadien, se porte à la défense de la précieuse machine : « À moins d’un sérieux problème, l’ordinateur ne se trompe jamais ! » C’est plutôt, in- L'inévitable plafond Depuis que les météorologues utilisent l'ordinateur pour prévoir le temps qu'il fera, les progrès sont considérables.« Aujourd'hui, l’ordinateur peut effectuer plus de 100 milliards d'opérations par seconde, tandis que, quandj'ai commencé il y a une quinzaine d'années, c'était 2 ou 3 milliards, tout au plus », se souvient Pascal Yiacouvakis.Louis Lefaivre, lui, évoque les premiers systèmes avec lesquels il travaillait.Résolution : 381 km.Grosso modo, avec les progrès informatiques, on gagne une journée de prévisibilité tous les 10 ans.« Notre prévision sur 3 jours aujourd'hui est donc meilleure que notre prévision sur 2 jours d'il y a 10 ans», se félicite Louis Lefaivre.Est-ce à dire que dans des centaines d'années, on pourra prévoir le temps des mois à l'avance ?Non.On ne peut malheureusement repousser ainsi les limites.La plupart des météorologues s'entendent pour les situer à une quinzaine de jours.Au-delà, il ne sera probablement jamais possible d'avoir des prévisions fiables.À cause de l'immuable chaos qui vient mettre un frein même aux innovations les plus spectaculaires.Les principes énoncés par Edward Lorenz sont toujours applicables aujourd'hui : une erreur initiale met 2,5 jours à doubler en importance.En 15 jours, elle est donc multipliée par 64.Ce qui demeure acceptable.En un mois, elle aura par contre grossi d'environ 5 000 fois.Ce qui est immense, même pour la plus insignifiante des inexactitudes.Il subsistera donc toujours une part d'aléatoire dans la planifications de nos vacances.Québec Science ~ Mars 2001 31 1*8 CMC Environnement Canada (metres) 33 hours forecast of cumulative precipitation over 3 hours Rainfall 0.10.51.0 3.0 6.0 (mm) mixed Rain-Snow 0.1 0.51.0 3.0 6.0 (nun) Snowfall 0.10.51.0 3.0 6.0 (nun) Freezing 0.1 0.5 1.0 3.0 6.0 (nun) Ice pellet 0.1 0.5 1.0 3.0 6.0 (mm) Types de précipitations prévues avec échéance maximale de 48 heures : neige en bleu, pluie en vert, pluie verglaçante en rouge, mélange pluie/neige en jaune.L’intensité des précipitations est indiguée par le ton des couleurs.siste-t-il, le logiciel de contrôle de la qualité des données qui, de façon rarissime, peut commettre quelques bévues.Pour un maximum d’efficacité, il rejette certaines informations qu’il juge aberrantes, car les instruments servant à mesurer les conditions climatiques ne sont pas infaillibles et peuvent parfois dérailler.Le logiciel doit détecter tout ça et envoyer à la poubelle les données suspectes, sans même en tenir compte dans ses calculs.À l’occasion, il élimine une donnée significative, ce qui pourrait fausser la prévision.« Mais il est plus dangereux de laisser passer une donnée fausse que d’en éliminer une bonne.C’est pourquoi on préfère être trop sévère que pas assez », insiste Louis Lefaivre.La grande source d’erreur se situe bien avant le travail de l’ordinateur, à la cueillette des données elles-mêmes.C’est que la couverture du globe terrestre est imparfaite et inégale.« Notre image de l’atmosphère est pleine de trous », résume Louis Lefaivre.Les stations météorologiques ne sont pas réparties uniformément sur la Terre.Ainsi, les données concernant l’hémisphère sud sont très rares, tandis que les océans sont pour ainsi dire ignorés, bien qu’ils recouvrent 70 % de la surface de la Terre.« Il peut se passer des choses très importantes au-dessus d’un endroit dépourvu de station », dit Pascal Yia-couvakis.Le battement d’ailes d’un papillon, par exemple ?Dans les années 60, le météorologue américain Edward Lorenz avait popularisé cette illustration de la théorie du chaos en expliquant comment une perturbation à peine détectable, comme l’infime courant d’air provoqué par le gracieux insecte, peut avoir un impact démesuré — un ouragan— à l’autre extrémité de la planète quelques jours plus tard.C’est ce qu’on appelle la sensibilité aux conditions initiales.« Le déclencheur peut même être plus petit qu’un battement d’ailes de papillon, confirme Louis Lefaivre.Par exemple, le frottement d’atomes entre eux.On n’a évidemment aucun contrôle là-dessus.» En plus d’être trouée, l’image de notre cliché mondial est un peu floue.Forcément, puisqu’il est impossible d’avoir une précision absolue, même avec les meilleurs instruments de mesure disponibles.Chaque donnée enregistrée constitue donc une approximation de la réalité.Par exemple, si un ballon-sonde enregistre une température de 15,7 “C à telle altitude, ce n’est pas rigoureusement exact et pourrait plutôt vouloir dire 15,687643680578086.°C.L’instantané que les dizaines de milliers de données recueillies fournissent à l’ordinateur est donc imparfait dès le départ.Pour qu’il en soit autrement, il faudrait notamment que les pays en voie de développement consacrent une part plus importante de leur budget à la météorologie.On comprend aisément que leurs priorités se situent ailleurs.L’Organisation météorologique mondiale (OMM) fait toutefois ce qu’elle peut pour aider ces pays, car en améliorant l’homogénéité du réseau, on favorise nettement son efficacité.Mais à quel point l’Occident dépend-il des autres régions du monde pour établir ses prévisions ?« Depuis cinq ans, le nombre de radiosondes en Russie a diminué de près de la moitié, dit Louis Lefaivre.On soupçonne que cette ré- 32 Qu ébec Science ~ Mars 2001 duction des mesures russes a dégradé la qualité de nos propres prévisions ! » L’interdépendance des pays est telle que l’OMM oblige chaque Etat à rendre ses données disponibles à tous.Ce qui agace un tantinet Louis Lefaivre : « On se fait avoir, car on couvre un très grand territoire pour une petite population.» Les budgets sont donc rapidement engloutis dans une entreprise qui, finalement, profite au monde entier.Enfin, températures, pressions et tant d’autres précieux paramètres sont prisonniers du superordinateur de Dor-val.Il s’enclenche.La puissance des mathématiques se met à l’œuvre.Une puissance néanmoins limitée, car en gros, tous les modèles fonctionnent selon le principe suivant : ils doivent résoudre une équation.qui n’est pas résoluble ! En tout cas, pas de façon analytique comme le sont les équations dites linéaires.Louis Lefaivre résume ainsi ce paradoxe.« Dans une équation linéaire, si on additionne l’effet de A et l’effet de B, on obtiendra A+B.Pas dans une équation non linéaire ! » Les opérations sont donc infiniment complexes et font appel au calcul différentiel et intégral.Là encore, en bout de ligne, on n’obtient que des approximations.Jamais de certitude ! Après avoir effectué ces laborieux calculs, le modèle global assigne des valeurs de température, pression, humidité et vitesse du vent à 2,4 millions de points répartis uniformément à la surface du globe, et en trois dimensions.Chacun de ces points est séparé par 100 km.Autrement dit, la modélisation mathématique découpe l’atmosphère en boîtes de 100 km de côté, à l’intérieur desquelles on suppose que les conditions sont homogènes.Et c’est là un autre aspect du problème : dans une boîte de cette dimension, plusieurs effets papillon peuvent se manifester à loisir ! Il existe bien un modèle régional de 24 km, mais là encore la résolution est insuffisante pour aspirer à la perfection.« Un orage couvre un kilomètre tout au plus, explique Robert Mailhot, chef de la division analyse et pronostic du Centre météorologique canadien.Il est donc évident que les orages passent à travers les mailles du filet d’un modèle à 24 km ! » Alors pourquoi ne pas élaborer un modèle à plus haute résolution ?On y travaille déjà.Le modèle régional de- vrait sous peu passer à des « boîtes » de 16 km de côté, tandis qu’un modèle local à 10 km est déjà utilisé de façon ponctuelle.« Mais ça ne sert à rien de mettre un moteur de formule 1 dans une Lada », dit Robert Mailhot.A quoi sert en effet d’augmenter la résolution si la puissance de l’ordinateur n’est pas à la hauteur ?« On pourrait travailler demain matin avec un modèle précis au kilomètre près, mais l’ordinateur mettrait alors 24 heures à calculer une prévision.de 24 heures », explique Louis Lefaivre.C’est qu’en réduisant de moitié la taille de nos petites boîtes, on multiplie en fait leur nombre par huit, ce qui augmente considérablement le temps de calcul.Et, si précise soit-elle, une prévision qui met plus de temps à être calculée qu’à se concrétiser n’a aucune utilité.Une autre source d’imprévisibilité : l’atmosphère n’est pas un système fermé.Pour être réaliste, un bon modèle doit tenir compte du relief (une montagne peut forcer l’air à gagner de l’altitude, donc à se refroidir), de la nature du sol ou des cours d’eau (certaines surfaces vont mieux réfléchir la lumière solaire ou laisser de plus grandes quantités d’eau s’évaporer), etc.Mais comme pour les orages, la résolution des modèles ne permet pas de tenir compte de tous ces phénomènes locaux.Sans compter d’autres fluctuations, tels les incendies de forêt ou les éruptions volcaniques, qui sont totalement imprévisibles et peuvent provoquer des perturbations inattendues.Les prévisions météo sont également tributaires du cycle des saisons.« Il est beaucoup plus difficile de faire des prévisions l’été, à cause de la convection », dit Pascal Yiacouvakis.Les variations topographiques sont, on le sait maintenant, déterminantes dans l’évolution des conditions météo, tout en étant difficiles à saisir à la perfection avec un modèle de résolution à 24 km.C’est encore plus vrai en été qu’en hiver, car les rayons du soleil sont plus intenses.Lors de la saison froide, le réchauffement Des probabilités de probabilités Existe-t-il un laps de temps à l'intérieur duquel on peut prévoir de façon presque certaine le temps qu'il fera ?Non, disent depuis toujours les météorologues.« Une tempête, on peut la voir venir trois jours d'avance, mais un orage peut nous échapper quelques heures avant les premières gouttes », dit Louis Lefaivre du Centre météoro-logigue canadien.À long terme, certaines prévisions sont donc plus fiables que d'autres.Pourtant, cette notion de « fiabilité relative » reste plutôt méconnue du grand public.La plupart des bulletins météo diffusent des prévisions pour les cing prochains jours sans autres précisions.Cela pourrait bientôt changer.La nouvelle tendance en météorologie s'appelle les « prévisions d'ensemble », grâce auxquelles on pourra connaître l'importance à accorder à l'information météo qu’on se met sous la dent, ce qui n'est pas le cas avec les prévisions déterministes conventionnelles.Une approche qui risque de susciter de nouveaux problèmes d'interprétation.Par exemple, les prévisions d'ensemble feront appel à la notion de « probabilité d'occurrence », un jargon qui va semer un peu plus de confusion dans l'esprit des profanes.Mais comment les météorologues parviendront-ils à évaluer la pertinence de leurs propres prévisions ?« Il suffit de créer de petites perturbations artificielles dans les conditions initiales, puis de lancer plusieurs modèles mathématiques différents pour voir si l'ordinateur arrive à la même solution », résume Louis Lefaivre.Si les résultats restent les mêmes, malgré ces légères variations, la prévision météo a plus de chances de s'avérer exacte.Probablement.GEM (7/10/99 OBSERVED E Simulation de quatre jours à l'aide d'un modèle global.L’image est divisée en deux : à gauche la simulation des images prévues au jour 4; à droite les nuages observés au jour de validité.Québec Science ~ Mars 2001 33 Physique Grille du modèle global utilisé au Centre météorologique canadien.Il s'agit de la grille de 400 points par 200 points.au sol est moindre et, en plus, la neige réfléchit la chaleur de façon égale à peu près partout, peu importe que celle-ci rebondisse sur une colline, un lac ou une vallée.L’efficacité du modèle s’en trouve donc accrue, car les petites subtilités reliées à la topographie ont moins d’influence.Il ne faudrait toutefois pas présumer que la partie est gagnée d’avance pour les météorologues en hiver.L’estimation au centimètre près de la quantité de neige que les nuages saupoudreront sur nos têtes leur donne du fil à retordre.« Savoir qu’il va neiger, ce n’est pas compliqué, affirme Pascal Yiacouvakis.Mais estimer quelle quantité de neige va tomber, c’est une autre histoire.Si je prévois 5 cm et qu’il en tombe 25 cm, ce sont les téléspectateurs qui vont me tomber dessus.» Parlons-en, des téléspectateurs.« On se demande parfois si les gens écoutent vraiment le bulletin ou s’ils se contentent de regarder la miss météo », déplore Gilles Labrecque, météorologue au bureau des prévisions d’Environ-nement Canada, qui en a long à dire sur le sujet.Selon lui, même une prévision parfaite, à supposer qu’elle existe, est nécessairement entachée par le système de diffusion qu’elle doit emprunter pour rejoindre la population.Les météorologues sont par ailleurs tous un peu contrariés qu’on fasse presque systématiquement appel à des communicateurs, et non à des météorologues, pour parler du temps dans les médias.Aux bureaux de Dorval et de Ville Saint-Laurent, personne ne l’affirme haut et fort, mais les sous-entendus sont éloquents.Gilles Labrecque croit même qu’il s’agit d’une des sources d’erreurs autant, sinon plus importante, que la relative imprécision des modèles informatiques : « Il faut y aller avec des pincettes quand on diffuse des prévisions météorologiques.» Or, trop souvent, on voit des présentatrices promettre monts et merveilles climatiques plusieurs jours à l’avance, avec un enthousiasme débordant.« Elles Les présentatrices de météo à la télé : « Elles se mettent la tête sur le billot dans le but de plaire à l'auditoire.» se mettent la tête sur le billot dans le seul but de plaire à l’auditoire, soutient le météorologue.Comme si elles oubliaient que dans le temps de le dire, l’instabilité de l’atmosphère peut ruiner toutes ces bonnes nouvelles.» Mais ces faussaires de la météorologie sont loin d’être les seules à blâmer.Même lorsqu’elles pèsent soigneusement leurs propos, en les imprégnant de toutes les nuances nécessaires, les erreurs d’interprétation sont nombreuses.Comme si l’émetteur et le récepteur parlaient deux langues différentes.Par exemple, lorsqu’on évoque une « probabilité de précipitation de 70 % », bien des gens déduisent qu’il va pleuvoir 70 % du temps, ou encore sur 70 % du territoire.Il faudrait pourtant traduire ainsi : en un point donné, on a 7 chances sur 10 de recevoir de la pluie.Les exemples du genre pullulent.« Le jargon météorologique est expressément conçu pour décrire différentes réalités, mais les mots qu’on emploie ne signifient pas toujours la même chose pour le grand public, dit Gilles Labrecque.Aux yeux de plusieurs, il y a la neige et la pluie, un point c’est tout.» Mais il existe tant de nuances sous un ciel gris : la bruine, le grésil, la grêle, les averses, la pluie intermittente, la pluie verglaçante, entre autres belles couleurs de la grisaille.05 Futiles,les révisions » Le 5 juin 1944, les météorologues allemands sont formels : une dépression persistante promet une dizaine de jours consécutifs de mauvais temps.Du côté adverse, même constat.Il faudra remettre à plus tard le débarquement sur les côtes de la Normandie, prévu pour cette journée-là.L'histoire n’a pas retenu le nom du météorologue qui a détecté les conditions propices à une embellie de très courte durée, le lendemain.Sans lui, l’issue de la Deuxième Guerre mondiale aurait pu être radicalement différente.Il avait vujuste:le6juin, les Allemands n’ont pas vu venir l’éclaircie ni les hurluberlus qui ont profité de cette clémence inespérée des éléments.Comme quoi une banale prévision météo peut avoir plus d’impact qu’on ne le croit.Virus informatiques rSmeç'- la trousse d'urgence Une mine de conseils et d'astuces.Actuellement en kiosque 34 Québec Science - Mars 2001 industrie Du génie et des hommes * ' -h * * * .f W v fj i I Les usines, les cheminées, les sirènes qui ponctuent la journée de travail avec le va-et-vient des ouvriers.Ces images ont longtemps fait partie de la vie quotidienne des villes du Québec.Témoins d'une époque révolue, plusieurs des bâtiments de ce temps sont aujourd'hui à l'abandon.Doit-on les restaurer et les conserver comme biens patrimoniaux ?Mais peut-être faudrait-il d'abord accorder une valeur culturelle à cette aventure industrielle et technologique dont témoignent ces lieux de mémoire.Québec Science ouvre ce mois-ci une série inédite sur ce patrimoine.Il s'agit d'une incursion exceptionnelle dans l'histoire des sciences et des technologies au Québec, en bonne partie reléguée aux oubliettes.« Sur le plan identitaire, ces lieux industriels anciens sont importants, fait remarquer l’archéologue Marcel Moussette.Mais les entreprises ne conservent pas beaucoup d'archives.On a déjà effacé beaucoup de témoignages et perdu beaucoup de choses.» À tout le moins, cette série permettra, pensons-nous, de jeter un nouveau regard sur notre histoire collective qui ne peut se limiter qu’à des batailles, des fondations de villes ou d’institutions, des dates d'élections ou de crises politiques.R.L.Premier épisode : les brasseries >>> ;sr Québec Science ~ Mars 2001 35 > Patrimoine industriel MYSTERE et vieilles bulles Des trous de mémoire béants rendent difficile à lire l’histoire d’une des industries les plus anciennes au Québec : celle des brasseries.par Raymond Lemieux t « * 1 t’est la faute aux Anglais.On n’en sort pas.C’est à cause des colons Avenus du Royaume-Uni — et grâce à eux — que l’on boit de la bière au Québec.C’est à eux que revient le mérite d’avoir réussi l’implantation d’une industrie brassicole viable au pays.Bien sûr, les missionnaires récollets ont fait leur bière dès 1620.Bien sûr, les premiers canadiens se concoctaient une sorte de bouillon fabriqué à partir de pâte crue, de levain trempé dans l’eau.Bien sûr, il y avait quelques auberges qui proposaient à leurs clients de la boisson houblonnée.Mais on s’en tenait à une production modeste, domestique et sans prétention.De la vraie bière commerciale ?Jean Talon s’y essaie le premier.En 1668, l’intendant décide la construction d’une vaste brasserie à l’embouchure de la rivière Saint-Charles.La production annuelle est fixée à 4 000 barriques (alors qu’il y a déjà près de 5 500 personnes dans la colonie).La moitié est destinée au marché des Antilles.Dans les années 80, des fouilles entreprises par l’Université Laval et dirigées par Marcel Moussette, ont permis de redécouvrir le plancher dallé du germoir, la citerne d’eau et les séchoirs à orge de cette brasserie.Même des grains de très vieux houblon sont retrouvés dans un drain.« C’est un bâtiment important pour l’époque, dit l’archéologue.Mais on ne peut toutefois savoir si Jean Talon a réellement atteint la production voulue ni même s’il a réussi à vendre l’ensemble de cette production.» Bien que la bière soit « très bonne », comme le note Frontenac, la brasserie doit abandonner les opérations en 1675.Jean Talon n’a pas convaincu ses administrés qui s’en tiennent au bouillon et à l’eau-de-vie, ainsi qu’au vin dans les ménages mieux nantis.C’est d’ailleurs l’élixir de Bacchus qui prendra progressivement plus de place dans les habitudes de consommation.En 1739, rapporte l’historien Marc Lafrance dans la revue Cap-aux-Diamants, la Nouvelle-France a importé de la région de la Loire, de Bordeaux, voire d’Espagne, 775 166 bouteilles pour une population de 24 260 adultes.Cela fait 32 litres de vin par personne par année.Deux fois la consommation actuelle qui s’établit, selon Statistique Canada, à 14 litres par année au Québec ! Ce sont donc les Anglo-Saxons, nostalgiques de leurs pubs, de leur ale et de leur stout, qui réussissent à implanter solidement des brasseries commerciales.Ils s’appellent Loid, Daws, Dunn, Mol-son, Boswell, Carling, Dow, Labatt, O’Keefe.M oison d’abord.John Molson, qui n’est même pas né au moment de la bataille des plaines d’Abraham, met le pied à Montréal en 1782.Il a 18 ans et une petite fortune en ; poche.La bière est en demande, con- ) state-t-il alors.Flairant la bonne af-j faire, il s’associe à un entrepreneur,! Thomas Loid, qui commence à faire ¦ de la bière.Quatre ans plus tard, John 1 Molson devient propriétaire à part en- ?tière de la brasserie qui n’a jamais démé- j nagé, mais qui a aujourd’hui pris une al-1 lure de forteresse.Il produira 4 tonneaux ; de L 36 Québec Science ~ Mars 2001 i ¦> I de b ière par semaine, soit près de 2 650 bouteilles.« Selon les témoignages, Molson avait réussi à mettre sur le marché une des meilleures bières de l’époque », dit l’historien Stéphane Morin qui vient tout juste d’achever une thèse sur l’évolution des brasseries au XIXe siècle à Montréal.« C’est Molson qui a démarré [’industrialisation de la fabrication de la bière au Canada, dit-il.Entre autres choses, il a fait venir beaucoup de matériel d’Angleterre comme en témoignent des actes notariés de 1788.» De fait, nous sommes au tout début de la révolution industrielle.L’invention de nombreux outils, tels le thermomètre, le densimètre ou les chaudières à vapeur, a d’immenses retombées dans le monde de la bière.« Les brasseurs ont pu commencer à faire des mesures, indique Mario D’Eer, un criminologue recyclé dans la passion brassicole.Ça a permis de standardiser et de mécaniser la production, mais surtout de contrôler la qualité du produit.Avant, on ne pouvait jamais garantir le goût de la bière que l’on produisait.Bien des choses repo- chrono 1620 La fabrication de la bière fait partie des tâches des missionnaires récollets en Nouvelle-France.Dans leurs récits, les jésuites font état d'un établissement, à Sillery près de Québec, où, en 1646, on fabrique de la bière.La production qui en est issue n'est toutefois pas destinée au public.Le colon doit se contenter de bouillon - une sorte de bière domestique - et d'eau-de-vie.1668 L'intendant Jean Talon entend fournir de la bière à un prix raisonnable.Colbert, ministre général, approuve : « Le vice d'ivrognerie ne sera plus désormais l’occasion d'aucun scandale à cause de la nature rafraîchissante de la bière dont les vapeurs privent ________ rarement l'homme de «V\W\\ l’usage de la raison.» La brasserie de Jean Talon commence ses activités en 1670.Mais cette première aventure commerciale au pays est un échec.L’édifice logera les ouvriers du chantier naval voisin avant d’être transformé en résidence pour l'intendant.1690 Charles Lemoyne tente à son tour l'expérience.Il construit une brasserie sur ses terres de Longueuil.Nouvel échec.1714 Mise au point d'un outil devenu essentiel dans la fabrication de la bière : le thermomètre.Son inventeur est l'Allemand Daniel Fahrenheit.On pourra dès lors consigner quelques informations précieuses afin de développer une méthode de fabrication plus scientifique.Le physicien Anders Celsius propose une autre version du thermomètre en 1742.Québec Science - Mars 2001 37 HISTORY OF THE TALON VAULTS.QUÉBEC, DOW BREWERY - AQUARELLE DE JAMES COCKBURN > Patrimoine industriel saient uniquement sur l’art et le talent du brasseur.» Comment ces changements se sont-ils répercutés au Québec ?La ques tion pose bien des maux de tête aux quelques historiens qui veulent en savoir plus.« Les documents qui permettraient l’écriture d’une histoire intégrale de la bière au Québec sont trop disséminés, explique Stéphane Morin.Plusieurs brasseries sont nées dans le courant du XIXe siècle, la plupart ont fermé leurs livres sans léguer d’archives.» Résultat : la mémoire de l’industrie de la bière est aujourd’hui parsemée de trous.Ou de bulles.Par exemple, on ne sait pas com- en étudiant l’histoire de la brasserie Boswell, installée à Québec, sur les lieux même de la brasserie de Jean Talon.« Cela guette tous ceux qui tentent d’écrire l’histoire de l’activité industrielle », dit-elle.La cher-cheure s’est penchée sur une période récente de cette entreprise qui contrôlait les trois quarts du marché dans la région de Québec.« Rien qu’en considérant les années 1940 et 1950, j’ai pu apprécier combien la technologie a évolué vite.J’ai été capable de recueillir des informations là-dessus car j’avais encore la chance de pouvoir rencontrer des gens qui y avaient travaillé.Quantité annuelle de bière bue par chaque Québécois En 1869 :10,4 litres.En 1912:30 litres.Il s'agit environ d'une bouteille par semaine.En 1998:94,4 litres.C'est au Québec que l'on boit le plus de bière par habitant au pays après le Yukon (143 litres par habitant).if.TU' -¦-.t—«B Centre de distribution des produits Labatt sur la rue De Lorimier à Montréal en 1894.ment les grandes découvertes de Pasteur en microbiologie ont été intégrées à la fabrication de la bière, ni comment les entreprises ont cherché à tirer leur épingle du jeu lors de la période de la prohibition.Même Molson, pourtant un pilier de l’histoire de la bière au Québec, laisse filtrer peu d’informations.« Il y a un mystère Molson comme il y en a un pour les autres brasseurs, dit l’historien.Car ceux-ci maintiennent un secret absolu sur le brassage de chaque bière et sur ce qui lui donne son caractère distinct.» Pour les historiens, ça complique leur tâche.Nicole Dorion, une ethnologue de Québec, a aussi rencontré ce problème La brasserie Boswell n’existe plus.La bière Dow qu’elle fabriquait dans ses dernières années non plus.C’est qu’elle a été le point central d’une des crises alimentaires les plus terribles au Canada.Un épisode qui s’est terminé de manière dramatique quand la brasserie s’est trouvée — à tort ou à raison, on ne l’a jamais démontré — associée à une série d’intoxications entraînant la mort de 16 personnes à Québec en 1966.C’est un médecin qui a osé soupçonner publiquement que l’ajout de sel de cobalt dans la bière aurait été la cause de la tragédie.« Le chimiste qui travaillait dans l’entreprise ne s’est toujours pas remis de ces insinuations », rapporte Nicole Dorion.Boswell ne se relèvera jamais de cette affaire.À la fin des années 70, il ne restera que trois géants qui se partagent le marché de la bière au Québec : O’Keefe, Molson et Labatt.« Dans ce contexte, un modèle de bière s’impose : celle qui plaît au plus grand nombre de consommateurs, dit Mario D’Eer.A l’instar de l’alimentation de l’époque, le produit ne doit donc pas avoir trop de saveur, pour ne pas brusquer la majorité des buveurs.» En 1982, une première microbrasserie ose cependant faire un saut dans l’arène et propose une nouvelle bière : la Mas-sawippi.C’est le début d’un phénomène nouveau.D’autres microbrasseries emboîtent le pas : GMT, Les brasseurs du Nord, Unibroue, pour n’en nommer que quelques-unes.Elles mettent sur le marché autant de produits hors norme : des bières blondes mais aussi rousses, noires et blanches.Des bières de bleuet, de sarrasin, d’épeautre, également.À ce régime, elles réussissent à prendre 5 % du marché.« On ne boit plus de la bière de la même manière qu’il y a 40 ans, dit Andrée Marcil adjointe au vice-président à la microbrasserie Unibroue.L’amateur de bière ne se considère plus comme un consommateur mais comme un dégustateur.Il exige d’être étonné.» Pourvu que ça dure.QS La p’tite bière Ce fut l'heure de gloire des bières de gingembre, d'épinette et de salsepareille ! C'était à l’époque d’une campagne religieuse et morale menée notamment par le Conseil central de la Croix-noire contre la consommation d'alcool.La bière d'épinette, aussi appelée « p'tite bière », aura été la plus populaire des boissons de tempérance au début du XXe siècle.Qu'en reste-t-il ?Aujourd'hui encore, certaines entreprises la fabriquent de manière artisanale.Ce qui n'est plus le cas des bières de gingembre (un mélange d'eau de cassonade, de levure et de poudre de gingembre) et de salsepareille (extrait de racine très populaire dans les années 1840), devenues de vulgaires boissons gazeuses : la ginger ale et la root beer.Equivalent en valeur nutritive de 0,75 chopine de bière : 8,8 onces de morue; 3,7 onces de bœuf; 6,4 onces de lait.Équivalence réalisée par le docteur Lundin de l'université Harvard et rapportée par un document de l'Association des maîtres brasseurs du Canada publié en 1935.La diététique a - heureusement - bien changé depuis ! IC 38 Québec Science ~ Mars 2001 WMgtîij Le secret est dans la cuve L’homme connaît la bière depuis des siècles.Les Babyloniens la brassaient, les pharaons aussi.Avec la bénédiction de saint Arnould, le patron des brasseurs, les méthodes se sont heureusement raffinées.chrono par Raymond Lemieux Ai u fond, fabriquer de la bière n’est pas bien compliqué : il faut de l’eau, du houblon, de la levure, de l’orge.Même Benoit Maillette, maître brasseur chez Molson, peut le confirmer : « En fait, tout est une question de dosage puis de contrôle de la production et de la qualité, rappelle cet ingénieur chimiste qui œuvre dans une des plus importantes entreprises de bière au pays (quatre millions d’hectolitres par année).Mais nous ne devons pas oublier que nous travaillons avec un produit vivant.» Fabriquer de la bière est si « simple » que les recettes et techniques de brassage sont gardées top secret chez Molson.Comme ailleurs.C’est l’art et la manière des maîtres brasseurs qui font les particularités de chaque marque de bière.Mario D’Eer, auteur de nombreux ouvrages sur le nectar houblonné, va même plus loin : « La nature et la qualité des quelques variables qui composent la bière interfèrent tellement que la boisson n’est même pas pareille d’une journée à l’autre.» On finit par l’oublier : elle est avant tout un produit céréalier.La majeure partie de la bière bue au Québec et ailleurs treamliner de Labatt conçu en 1936 Les ingrédients de la bière De l'eau (entre 90 % et 95 %), du malt (entre 5 % et 8 %), du houblon (moins de 1 %) et de la levure (moins de 1 %).est composée d’orge.Hordeum vulgare, pour les intimes.Mais on peut aussi en fabriquer avec du maïs, de l’avoine, du riz, du froment ou de l’épeautre.La céréale est d’abord maltée.Dans le cas de l’orge, cela signifie que les grains trempent une cinquantaine d’heures jusqu’à ce qu’ils germent pour devenir du malt.Cette germination peut durer entre quatre et huit jours, jusqu’à ce que des enzymes se soient formés.Les maîtres brasseurs passent alors à l’étape du séchage, que l’on appelle le touraillage.Les grains sont exposés à l’air chaud.C’est la température qui détermine la torréfaction du malt et conséquemment son goût et sa couleur.Blondes, brunes, rousses ou noires ?En guise d’exemple, la superbe Saint-Ambroise noire nécessitera près de 725 kilos de malt pâle combiné à 225 kilos de malt grillé et d’avoine.D’autres céréales peuvent aussi être ajoutées selon le type de bière recherchée.C’est du malt de froment qui permet d’obtenir des bières blanches comme la Hoegaarden ou la Blanche de Cham-bly.Cette étape de production se fait, règle générale, dans des usines appelées La brasserie Molson.1760 Le début du régime anglais favorise la venue d'une immigration britannigue au Canada.La demande pour la bière augmente.De nombreuses petites brasseries font leur apparition.V: -J m 1782 John Molson arrive à Montréal.Il s'associe à un jeune brasseur, Thomas Loid, installé au pied du courant Sainte-Marie, là où se trouve toujours la brasserie gui prendra le nom de Molson.1785 La bière margue-t-elle les véritables débuts de la révolution industrielle ?En tout cas, la première machine à vapeur conçue par l'ingénieur écossais James Watt est mise en fonction en Angleterre.Elle sert au brassage d'un porter.1790 Un autre commerçant, Thomas Dunn, fonde une brasserie à Laprairie, alors située sur la route principale reliant Montréal à New York.En 1808, il déménagera ses cuves, rue Notre-Dame, à Montréal.1814 Identification, par un chimiste du nom de Kirchhoff, du premier enzyme hydrolitigue, leguel convertit l'amidon en sucre dans le brassage.1818 Un fils de brasseur écossais, William Dow, est embauché à la brasserie Dunn.Son frère le rejoint en 1830.Ils prendront le relais du fondateur.1828 John Labatt vient s'établir au Canada.Il sera suivi de Carling en 1840, de Boswell en 1844, de O'Keefe en 1846.Chez les buveurs, la bière est en voie de déclasser le rhum dont on fait alors largement usage.Québec Science - Mars 2^1 39 MOLSON ri>è > Patrimoine industriel des malteries.Puis arrive le moment du concassage : les grains d’orge sont broyés, écrasés et mélangés à l’eau chaude que l’on souhaite la plus pure possible.La brasserie de Thomas Loid a d’ailleurs été installée au bord du fleuve sur la rue Papineau à cause de la qualité de l’eau qu’on y puisait.Si Molson s’approvisionne maintenant au système d’aqueduc de la ville de Montréal — tout comme son éternel rival Labatt — la brasserie a quand même ajouté des systèmes pour retirer les molécules de chlore de l’eau, qui anéantiraient autrement tout le processus de fermentation à venir.Règle générale, une eau douce convient aux bières lagers tandis qu’une eau plus riche en minéraux est recherchée pour la production de aies.« Il peut arriver que les brasseurs déminéralisent leur eau pour ensuite ajouter eux-mêmes des minéraux qui seront alors mieux mesurés », dit Mario D’Eer Dans la cuve, une curieuse chimie se produit alors, une transformation que connaissent empiriquement aussi bien les Babyloniens d’il y a près de 7 000 ans que les pharaons, les Gaulois et la plupart des peuples du nord de l’Europe : l’amidon contenu dans le malt est soumis à l’action d’enzymes et de sucres naturellement présents dans la céréale.L’étrange mixture s’appelle le moût.« À cette étape, les grands brasseurs recourent parfois à une astuce pour utiliser il L’époque des tavernes.La mousse n’était pas en ces temps vue comme le gage d’une bonne bière.Ce qui a depuis beaucoup changé.moins de grains ou de matière première : ils ajoutent du sucre, dit Mario D’Eer.Le dégustateur peut s’en rendre compte : en bout de ligne, ça donnera des bulles un peu plus grosses et une mousse qui tient moins bien.» Ensuite, la température du moût est portée jusqu’à 75 °C dans une chaudière.Ce qui favorise à la fois la stérilisation du liquide et la concentration des sucres.Avant l’invention du thermomètre, c’est la netteté du reflet du brasseur penché au-dessus de la cuve qui indiquait la bonne température (véridique !).On y ajoute alors de petites boules de fleurs de houblon séché, une plante grimpante de la même famille L’étape de pasteurisation chez Labatt (1956).que le chanvre.Elle sécrète une oléoré-sine, appelée la lupuline, qui est reconnue pour ses vertus bactéricides, ce qui explique qu’elle contribue à bloquer la prolifération de microbes indésirables lors de la fermentation.Selon le type de bière recherché, on ajustera la quantité de houblon.Règle générale, on ajoute davantage de houblon pour accentuer la couleur, l’amertume et l’arôme.Le maître brasseur laisse alors refroidir le moût.Cette opération qui, jadis, nécessitait de prodigieuses quantités de glace est aujourd’hui accomplie par un système de refroidissement utilisant la plupart du temps de l’am- Des bulles, des bulles.« Une bonne bière a généralement de petites bulles », dit Mario D’Eer.C’est la viscosité permettant la formation de la pellicule entourant les bulles de gaz carbonique qui détermine leur grosseur.Et cette viscosité dépend de la qualité du sucre.« Une bière tout grain, sans ajout de sucre comme on peut le faire pour les bières commerciales, aura un pétillement plus fin.De plus, la grosseur de la bulle est liée à la qualité de la mousse.Une mousse tient mieux lorsqu'elle n’est pas assaillie par de grosses bulles.Il faut tout de même dire qu’auparavant, la mousse n’était pas nécessairement vue comme un facteur de qualité.Les temps ont bien changé.» 40 Québec Science ~ Mars 2001 moniac.Puis le liquide est acheminé vers une cuve dite de fermentation.Une étape qui a longtemps été délicate, car le moût ne doit pas être contaminé par des bacilles ou d’autres bactéries, ces microbes errants qui raffolent de ce mélange riche en acides aminées et en sucres simples.Pour tout dire, le matériel de brassage doit avoir une propreté d’hôpital ! La fermentation est déclenchée par l’ajout de la levure.Les aies sont fermentées entre 15 °C et 20 °C, et les lagers, dont la fermentation est plus longue, le seront entre 10 °C et 15 °C.I C’est à ce moment que la magie se produit.Ce procédé a longtemps mal été compris : l’existence de micro-organismes comme la levure n’a été révélée par le chimiste Louis Pasteur qu’à la fin de XIXe siècle.Jusqu’alors, la levure était considérée comme une substance bizarre, bien que très précieuse.C’est en fait un champignon unicellulaire également employé dans la fabrication du vin.Pour la conserver, il faut la maintenir à basse température.On comprend pourquoi il a longtemps été difficile de faire de la bière en été.La bière de la rue Notre-Dame est encore brassée à partir des souches d’une levure du type Saccharomyces cerivisce, que John Molson a lui-même ramenée d’Angleterre.C’est du moins ce que prétendent les documents promotionnels de la brasserie.« Les levures se nourrissent en chrono moût 1833 La fermentation du malt et la quantité d'alcool qui en sort dépendent d'un enzyme : la diastase.On saura plus tard que c'est la chaleur qui active cet enzyme.1839 Croisade en faveur de la tempérance.Un prédicateur, l'abbé Charles Chiniquy, tient toutes les tribunes, allant jusqu'à prôner l'abstinence.Déjà, certains curés refusent l'absolution _ à des personnes décédées en état d'ivresse.Le diable est dans la bouteille ! En 1842, une Société de tempérance, la Croix-noire, est fondée.1860 Louis Pasteur publie Mémoire sur la fermentation alcoolique.Il soutient que la fermentation doit être considérée comme un acte biologique naturel et non comme une synthèse chimique.Il faudra toutefois attendre la fin du siècle avant que l'ensemble de la communauté scientifique se rallie à sa thèse.Les découvertes de Pasteur marquent les débuts de la microbiologie.1869 La première machine à réfrigérer est installée dans une brasserie de la Nouvelle-Orléans, aux États-Unis.La brasserie danoise Carlsberg demande à Louis Pasteur de l'aider à concevoir une bière qui s'exporte bien.Le chimiste démontre alors que le vieillissement trop rapide d’une bière est dû à certaines bactéries.Il met au point un procédé qui, par la chaleur, détruit les pathogènes indésirables.La bière Carlsberg pourra traverser les mers et se vendre jusgu’aux Indes.quelque sorte des Une fusion ! Dow s'allie a une autre L'indice pH est inventé.Les brasseurs arrivent enfin à mesurer l'acidité de l’eau employée dans le procédé de fabrication brassicole.Une découverte bien reçue, car on sait depuis longtemps que l’acidité a un impact sur la qualité du produit, ainsi g que sur l'ensemble du processus Q biochimique pendant le brassage.brasserie - Dawes - pour devenir la National Breweries Limited gui reprend plus tard le nom de Dow.Son usine d’embouteillage, bâtie en 1952, abrite aujourd'hui l'École de technologie supérieure de l'Université du Québec à Montréal.1918 Le gouvernement du Canada interdit la fabrication et l'importation de toute boisson enivrante.On ne pourra brasser que de la bière ayant 2,5 % d'alcool ou moins.Le Québec emboîte le pas.1921 La politique de prohibition est abolie au Québec.Elle est remplacée par un mécanisme de contrôle des ventes qui sera chapeauté par la Commission des liqueurs, l'ancêtre de la Société des alcools du Québec.Une décision sage selon le New York Times qui relate : « La province de Québec espérait résoudre le problème des spiri tueux.Elle a essayé le système prohibitionniste mais les résultats ont été les suivants : péculat, corruption, boissons frelatées, accroissement de la consommation et des cas d'ivrognerie.» 1952 La Canadian Breweries achète National Breweries avec ses bières Dow, Dawes, Frontenac et Boswell.1966 Seize personnes meurent de façon mystérieuse à Québec.Un médecin avance gue les décès sont liés à une consommation excessive de bière Dow.Crise.La brasserie retire ses bouteilles du marché et sacrifie l'ensemble de sa production gui est versée dans les égouts de la capitale.Le lendemain, la « broue » sortait par les caniveaux ! 1974 Fusion Dow-Q'Keefe.En 1989, ce sera au tour de Molson de fusionner avec O’Keefe.1982 La brasserie Massawippi propose une première bière artisanale sur le marché québécois.C'est le début des microbrasseries., , Suivront les brasseries Cheval Blanc, ' GMT, McAusIan, Les brasseurs du Nord, .j.Quatre temps, Ferme B, Schoune, Nouvelle-France, Barberie, Chics chocs, Brasseurs de l'anse, Breughel, Broue Chop, Charlevoix, Saint-Laurent, Seigneuriale, Chaudron et Unibroue.^ Québec Science - Mars 2001 41 ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC À QUÉBEC - LABATT > Patrimoine industriel / qu’elles dégradent pour donner en retour de l’alcool et du gaz carbonique », explique Benoit Maillette.Une réaction que les biochimiste écrivent ainsi sur l’ardoise de leur laboratoire : CgH^O (les sucres) => 2C6H5OH (l’alcool) + 2COg (le gaz carbonique).L’action des levures est continuellement surveillée, car le taux d’alcool en dépend.Il peut se dérouler entre 4 et 10 jours pour que la fermentation soit accomplie, selon que la bière brassée soit une lager (7 à 10 jours) ou une ale (4 à 6 jours).Dans le cas des lagers, la levure se dépose au fond de la cuve tandis que la levure produisant la ale flotte à la surface.Une fois le travail accompli, on la retire afin qu’elle puisse servir à d’autres brassins.À la brasserie Boswell, relate l’ethnologue Nicole Dorion, une certaine quantité de ce surplus de levure était séchée.« Elle était vendue à des pharmaciens qui la proposaient à leurs clients comme produit tonique, dit-elle.Le brasseur pouvait aussi en prendre à son arrivée au travail s’il se sentait trop fatigué.» Reste à filtrer la bière pour la débar- rasser des particules et des cellules de levures en suspension.On transfère ensuite le liquide des cuves de fermentation vers les cuves de garde où il va séjourner quelque temps avant la mise en bouteilles ou en barils.Après quoi, la bière peut être pasteurisée ce qui permet une stabilisation biologique du liquide, disent les maîtres brasseurs.« Par la suite, le pire ennemi de la bière sera son oxydation », note Benoit Maillette.Pour s’en protéger, les brasseurs ont longtemps ajouté des agents antioxydants.Mais depuis le début des années 90, la plupart des brasseries trouvent le moyen de s’en passer.En ce qui concerne les bières dites de garde, une étape supplémentaire s’ajoute afin de provoquer une deuxième fermentation.« Ce qui peut leur valoir le terme de vin d’orge », souligne Andrée Mardi.Pendant un mois et demi, on laissera alors dormir la bière dans des cuves avant de la mettre en bouteilles.Il ne lui reste plus alors que l’ultime et la plus délicate épreuve : celle de nos papilles gustatives.QS -v- 4 ° Pour en savoir plus : Ales, lagers et lambics, la bière par Mario D'Eer, coéditions Trécarré et Bière Mag, Montréal-Chambly (Québec) 1998,418 p.39,95 $ Une petite encyclopédie fort bien faite et bourrée de renseignements.On y apprend entre autres choses guelgues notions pour déguster correctement les bières.Pour exercer ses papilles : La brasserie GMT (5585, rue de la Roche à Montréal) ouvre ses portes tous les samedis à 13 h.Il y a des dégustations sur place.Téléphone : (514) 274-4941.L'historien Stéphane Morin propose des soirées dégustation sur demande : (514) 992-6941.»CyberRessources www.bieremag.ca www.realbeer.com LA BIEf II irai Le magazine scientifique de l’heure \ Animé par Frédéric Loiselle Télé-Québec rv Avec la participation du ministère de la Culture et des Communications du Québec.Programme "Étalez votre science».Production Icotop inc 42 Québec Science - Mars 2001 par Philippe Chartier \ chartiep@cybersciences.com Des millions de microchercheurs ! Devenez un acteur de la recherche scientifique en faisant travailler votre ordinateur dans ses temps libres.- ^ ¥ ême avec beaucoup d’acharne ment, vous ne parviendrez pas à utiliser continuellement votre ordinateur au maximum de ses capacités.À chaque seconde, que vous le vouliez ou non, son microprocesseur gaspille des millions de cycles d’opérations, même lorsqu’il n’est pas en état de veille.C’est d’autant plus vrai que la puissance des micro-ordinateurs d’au-îjourd’hui dépasse bien souvent les É besoins d’un utilisateur moyen.: Au lieu de laisser se perdre cette puissance 1 dormante, l’idée est venue de l’exploiter.En combinant les cycles perdus de plusieurs milliers d’ordinateurs, on peut cumuler suffisamment de puissance pour créer un « superordinateur virtuel » capable de rivaliser avec les plus puissantes machines.Un véritable superordinateur demande des locaux spéciaux et tombe souvent en désuétude avant même que l’on ait terminé de le payer.En revanche, ce superordinateur virmel ne nécessite, lui, aucun entretien, et sa puissance augmente tranquillement au fur et à mesure que les membres du réseau mettent leurs engins à niveau.Jusqu’à tout récemment les projets de « calcul distribué », comme on les appelle, avaient des objectifs plutôt abstraits pour le commun des mortels.Par exemple, il s’agissait de calculer des nombres premiers ou des milliards de décimales de n (pi), ou encore de briser des clés de cryptographie (voir À la recherche du temps perdu, Québec Science, décembre 1997-janvier 1998).En opération depuis avril 1999, le projet SETI@home (1) est sans doute le plus connu du genre.Initiative de l’Insti- Comment ça marche La première étape consiste à télécharger et installer sur son ordinateur un petit programme d'analyse.Ensuite, le logiciel récupère par le biais d'Internet des données à analyser.Comme un économiseur d'écran, le logiciel peut travailler lorsgue vous n'utilisez pas votre ordinateur.S'il est très puissant, vous pouvez aussi le laisser fonctionner en arrière-plan de façon permanente.Il exploitera alors tous les petits temps morts, mais vous risguez parfois d’essouffler votre machine.En principe, le logiciel d'analyse est conçu pour être parfaitement « étanche ».C'est-à-dire gue vous n'aurez pas directement accès aux données qui vous sont « prêtées » et, inversement, vos documents et données restent confidentiels.Ouelgues mesures de précaution s'imposent tout de même.Pour éviter d'installer à son insu un logiciel mal intentionné, comme un cheval de Troie, il vaut mieux faire affaire avec un organisme reconnu et sérieux.Québec Science ~ Mars 2001 43 INFORMATIQUE WM tut américain SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence), SETI@home met à contribution les ordinateurs de milliers d’internautes pour analyser des données provenant du radiotélescope d’Arecibo, situé à Porto Rico, et tenter d’y détecter d’éventuels signaux extraterrestres {voir Lettre ouverte à E.T., Québec Science, juillet-août 1999).En décembre dernier, grâce à ces 2,5 millions de participants provenant de 226 pays, le programme SETI avait cumulé l’équivalent de plus de 500 000 ans de calcul ! Devant le succès phénoménal de SETl@home, plusieurs entreprises tentent à leur tour de tirer profit des richesses qui sommeillent dans votre micro-ordinateur.Et, avec plus de 400 millions d’ordinateurs personnels dans le monde, le potentiel est loin d’être tari; bien que le pourcentage des ordinateurs accessibles par Internet soit encore faible pour l’instant.L’expérience vous tente, mais la chasse aux extraterrestres ou aux décimales ne vous passionne pas outre mesure ?Rassurez-vous, il y en a désormais pour tous les goûts.Chez Popular Power (2), par exemple, on peut participer à une vaste étude sur le virus de la grippe, tandis que les collaborateurs de Parabon (3) et de United Devices (4) peuvent prendre part à la lutte contre le cancer en contribuant à l’évaluation de nouvelles molécules thérapeutiques.En partenariat avec le Scripps Research Institute, Entropia (5) a mis sur pied le projet Fight-AIDS@Home où l’on peut collaborer à la recherche de nouveaux médicaments contre le sida.De son côté, l’université Stanford mène un important projet de modélisation de protéines appelé Fold-ing@EIome (6).Comme premier projet.Distributed Science (7) propose pour sa part une vaste simulation pour évaluer différents modes de stockage des déchets nucléaires.Selon ses responsables, son réseau, qui compterait déjà plus de 145 000 participants, disposerait d’une puissance de calcul au moins trois fois plus grande que celle du ASCI White, le plus puis-sant ordinateur du globe, Bien d’autres projets sont en préparation, dont certains à des fins purement commerciales.Les studios d’animation, par exemple, pourraient profiter de services de calcul distribué.Les images de synthèse que l’on peut voir dans des films comme Toy Story ou Jurassic Park demandent des jours pour être générées avec un superordinateur.Alors que la plupart des projets dépendaient jusqu’ici de la bonne volonté ou de la curiosité des personnes, plusieurs entreprises n’hésitent pas à avoir recours à des loteries et d’autres appâts pour séduire les internautes.Certaines, comme United Devices et Parabon, envisagent même de rémunérer leurs participants.Comme pour les programmes de type « Payer pour surfer », il ne faut toutefois pas espérer des fortunes.Établis selon la disponibilité et la puissance de l’ordinateur, les tarifs devraient avoisiner les 10 dollars mensuellement.Ce n’est pas le Pérou, mais puisque c’est votre ordinateur qui fait tout le travail pour vous.QS La bête aux 12 teraflops Mis au point par la société IBM, le plus puissant ordinateur du monde s'appelle Advanced Strategie Computing Initiative White, ou ASCI White pour les intimes.Il pèse plus de 100 tonnes et occupe l'espace de deux courts de tennis ! Avec ses 8192 microprocesseurs, il a une puissance de 12,3 teraflops.En d'autres termes, il peut effectuer plus de douze mille milliards d'opérations à la seconde.Selon IBM, ASCI White effectue en une seconde les opérations gui prendraient 10 millions d'années à un humain, si celui-ci ne disposait que d'une simple calculatrice ! Le colosse sera utilisé par le gouvernement américain pour effectuer des simulations d'armes nucléaires.Selon ses concepteurs, ASCI White pourrait cependant s'acquitter de tâches beaucoup plus salutaires, comme le traitement de données génétiques, des simulations financières ou des modélisations de systèmes climatiques.Par exemple, ASCI White pourrait modéliser la météo du globe en quelques secondes, au lieu des 18 heures actuellement nécessaires aux ordinateurs des services météorologiques.Comme si cela ne suffisait pas, on discute déjà des plans du successeur d’ASCI White qui devrait atteindre les 100 teraflops d’ici quelques années.»CyberR< IBM www.ibm.com ASCI White www.llnl.qov/asci/ »»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»»» »CyberR< essources (1) SETI@home setiathome.free.fr (2) Popular Power www.popularpower.com (3) Parabon www.parabon.com (4) United Devices www.ud.com (5) Entropia www.entropia.com (6) Folding@home www.stanford.edu/qroup/ pandeqroup/Cosm/ (7) Distributed Science www.distributedscience.com Mercenaires du Web C'est un refrain bien connu, les internautes n'aiment que ce qui est gratuit.Bien des sites Web payants l'ont appris à leurs dépens ! Par contre, ils sont très ouverts quand vient le temps de recevoir de l'argent.Depuis un peu plus d'un an maintenant, des entreprises comme AIIAdvantage et DesktopDollars proposent une formule en apparence alléchante : payer les internautes pendant qu'ils surfent.En échange, il n’est pas nécessaire de vendre son âme, • _ mais simplement de tolérer qu'une fenêtre de publicité s'affiche en permanence durant les pérégrinations virtuelles.En plus du surf rémunéré, il existe des formules où l'on peut être payé pour lire des courriels de pub, écouter la radio sur le Web et même jouer en ligne ! Bref, tout pour retenir votre attention.Évidemment, avec une rémunération autour de 50 cents de l'heure, vous ne risquez pas de faire fortune.Il reste à voir si ces entreprises survivront bien longtemps, puisque plusieurs semblent déjà éprouver quelques difficultés à trouver le chemin de la rentabilité.Pour connaître les nombreux programmes existants : ClickAffiliate www.clickaffiliate.com 44 Québec Science ~ Mars 2001 Gagnez une éco-croisière sur le Saint-Laurent jusqu'au Labrador ! iie iirsja D'une valeur de 4 768 $ t t Dépaysement assuré ! a Quebec chance de gagner une magnifigue éco-croisière de 8 jours pour 2 personnes sur l'Écho des Mers.Vous y découvrirez les richesses de l'île d'Anticosti, des îles Mingan, de la Basse Côte-Nord jusgu'au Labrador tout en vivant au rythme du fleuve parmi les nombreux mammifères et oiseaux marins.Le forfait inclut : • l'hébergement en cabine avec toilette et douche privées • des guides biologistes et animateurs expérimentés • 7 escales, excursions et aux saumons (Ile d'Anticosti), l'île Quarry (Archipel de Mingan) et Red Bay (Labrador) • tous les repas, incluant casse-croûte lors des escales • cuisine régionale raffinée, produits de la mer interprétation à Départ de Rimouski le 25 juin 2001 >- Retour à Rimouski le 2 juillet 2001 Le tirage aura lieu le 30 avril 2001.Havre Saint-Pierre, Harrington Harbour, Blanc-Sablon, Tête-à-la-Baleine, Rivière C^R\ .,V( .J'1-.i ri Ecomertours Nord-Sud inc.—nord sûE—' www.ecomertours.com Association touristique régionale de Duplessis luit 0i lilii® jrfifl ¦ 0R\ l.VI Q4.lS —NORD SUD— Concours croisière Ecomertours ?Je m'abonne à Québec Science et j'ai une chance de gagner.?1 an (10 n“) 41,35 $ ?2 ans (20 n°s) 71,25 $ ?3 ans (30 n“) 98,87 $ Taxes incluses Offre valable au Canada seulement jusqu'au 27 avril 2001 Détachez et expédiez à Québec Science Service des abonnements : 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 ou téléphonez au : (514) 875-4444 ou 1 800 667-4444 ou télécopiez au : (514) 523-4444 ou par Internet : www.CyberSciences.com/abonnement Nom Adresse app.ville code postal téléphone courriel i Chèque [I] Visa MasterCard Chèque à l'ordre de Québec Science N° de carte Date d'expiration / Signature Toutes les demandes d’abonnement et de réabonnement au magazine Québec Science reçues entre le 12 janvier et le 27 avril 2001,17 heures, seront automatiquement inscrites au concours.Si le gagnant ou la gagnante est âgé de moins de 18 ans, il devra être accompagné d'un adulte.Les règlements du concours sont affichés à Québec Science, 3430 rue Saint-Denis, bureau 300.La valeur totale du prix est de 4 768 $ plus taxes.Le tirage au sort aura lieu le lundi 30 avril 2001.a?i La personne gagnante sera informée par téléphone et devra répondre à une question règlementaire.IScience la dimensioncachée par Raynald Pepin Plus dur que le marbre ! A lire avant votre prochaine visite chez le dentiste.Ou après, selon votre degré de sensibilité.De toute son existence, votre bouche n’a connu qu’un bref moment sans bactéries : c’est à l’instant qui a suivi votre naissance.A la première respiration, à la première tétée, elles ont colonisé cette terre encore vierge.Les spécialistes ont identifié plus de 250 espèces de bactéries qui peuvent rassembler plusieurs milliards d’individus dans une seule bouche ! Chacune 3 a sa surface préférée : l’intérieur des | joues, le dessous de la langue, le palais, —j la face avant des dents, une crevasse de Z) £ l’émail, etc.| Evidemment, la friction des aliments ou a: de la brosse leur fait la vie dure.Mais les bactéries ne se découragent jamais.Quelques minutes seulement après un brossage des dents en bonne et due forme, une mince (0,1 micromètre) couche de glycoprotéines provenant de la salive se forme sur les dents.Des bactéries transportées par la même salive se fixent rapidement sur cette couche.À partir du sucre alimentaire (saccharose), elles synthétisent et sécrètent de grosses molécules de sucres insolubles qui les emprisonnent dans un réseau : voilà la plaque dentaire qui renaît déjà, que vous aurez intérêt à faire sauter au prochain brossage.Car c’est là que ça se gâte.Les bactéries métabolisent les hydrates de carbone et libèrent des acides, comme l’acide lactique, l’acide acétique (constituant du vinaigre), etc.Ces acides présents dans la plaque, donc non lessivés par la salive, vont attaquer l’émail des dents.Les boissons gazeuses sont particulièrement nocives, car en plus du sucre, certaines contiennent de l’acide phosphorique, qui s’attaque aussi à l’émail.La couronne, la partie de la dent émergeant de la gencive, comporte trois couches : la pulpe centrale, la dentine puis l’émail.Ce dernier, épais d’environ 2 millimètres, est constitué à 97 % d’hydro-xyapatite [Ca^PO^g^OH^], un type de phosphate de calcium.La dentine, elle, comporte environ 70 % d’hydroxya-patite, 10 % d’eau et 20 % de composés organiques, surtout du collagène et d’autres protéines.L’émail est très solide.« Sur l’échelle de Knoop, la dureté de l’émail atteint 350, alors que celle de la dentine n’est que de 60», dit Pierre Desautels de la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal.L’émail est plus dur que le marbre et est aussi dur que le fer ! Et il faut que l’émail soit solide.« Avec les appareil de mesure, on a déterminé que la force exercée au niveau des mâchoires peut dépasser 1 000 newtons, indique Gilles Lavigne, professeur à l’université de Montréal et spécialiste du bruxisme (les grincements de dents, etc.).Si on tient compte du fait que les dents n’entrent pas en contact sur toute leur surface, les pressions impliquées dans la mastication sont énormes.» Elles dépassent celles que peut supporter le béton ! Après la formation des dents au sein des 46 Québec Science - Mars 2001 gencives, émail et dentine perdent leurs rares structures cellulaires.Non irrigués, ils ne reçoivent plus de calcium ou de phosphore de l’organisme; les échanges chimiques ne se font qu’avec la salive.L’hydroxyapatite peut se dissoudre lentement dans la salive, libérant des ions calcium, phosphates et hydroxyles (OH-).Cette déminéralisation est généralement compensée par le processus inverse, la reminéralisation, possible parce que la salive elle-même contient des minéraux et des ions.C’est ce qu’on appelle, en chimie, un équilibre.Si la plaque est acide, cependant, les ions hydrogène de l’acide réagissent avec les ions phosphates, ce qui détruit l’équilibre.La surface des dents peut rester intacte grâce à la reminéralisation liée à la salive alors que la déminéralisation se poursuit sous la surface.La carie, ça vous enlève les émaux de la bouche : quand acides et bactéries atteignent la dentine puis la pulpe, innervée, la dent peut devenir très douloureuse ! « Les zones les plus à risque sont les sillons et fosses des prémolaires, et surtout des molaires, explique Daniel Picard, dentiste-conseil à la Direction de la santé publique de Montréal-Centre.Ces sillons, qui se trouvent surtout sur les surfaces occlusales des dents (celles qui se touchent quand on mâche), comportent parfois des microfissures qui laissent pénétrer les bactéries, mais pas les poils de la brosse.C’est là que se logent plus de 80 % des caries chez les jeunes de 12 ans.Les autres endroits à risque sont les espaces entre les dents et la zone près de la gencive, parce que de nombreuses personnes ne passent pas la soie dentaire et brossent mal le pourtour de leurs gencives.» Comment empêcher les caries ?Il faut manger moins de sucre, et surtout en manger moins souvent; il faut passer la soie et se brosser les dents régulièrement pour affaiblir la plaque.Le fluor joue aussi un rôle important dans la prévention de la carie.L’ion fluor réduit le transport des sucres à travers les membranes cellulaires des bactéries.De plus, lors de la reminéralisation, un ion fluor (F-) peut prendre la place d’un ion OH-.Même avec une faible proportion des OH- remplacés, l’émail résiste mieux aux acides et se déminéralise moins.Les fosses et sil- lons sont ainsi renforcés; de plus, leur forme s’adoucit, ce qui réduit la rétention des bactéries.C’est pourquoi on ajoute du fluorure de sodium ou du monofluo-rophosphate de sodium [TN^FPOj] aux dentifrices.Pour la même raison, on donne des gouttes et des comprimés de fluor aux enfants pendant la période d’élaboration des dents dans la gencive.Une fois les dents sorties, ce serait inutile, comme on l’a vu, puisque l’émail n’est plus irrigué par le sang.Le dentiste peut aussi appliquer sur les dents du fluor topique, toujours pour affermir l’émail.On pratique l’opération surtout chez les enfants parce que c’est dans les quatre premières années après son éruption qu’une dent est le plus à risque, et parce que les enfants se nettoient moins bien les dents.Chez les adultes, le fluor et les minéraux apportés par la salive ont généralement rendu les dents plus résistantes.Pour éviter les caries dans les zones difficiles à nettoyer, les dentistes peuvent aussi appliquer un agent de scellement.« Pour sceller une dent, dit Daniel Picard, le dentiste la “décape” avec de l’acide phosphorique à 37 %, ce qui engendre sur l’émail des microporosités qui vont mieux retenir le scellant.Le dentiste applique ensuite la résine, qui est la même que celle utilisée pour les réparations en composite blanc sauf qu’elle ne contient pas de particules.Ce scellant dure en moyenne sept ans.» Une carie peut être réparée en nettoyant et en obturant la cavité, coupant ainsi l’accès des bactéries restant dans la dent à leurs nutriments.Après avoir nettoyé le trou avec sa fraise tournant à 100 000 révolutions par minute, le dentiste applique de l’acide phosphorique dans la cavité puis installe le composite.Celui-ci est constitué d’un composé organique et de fines (0,1 micromètre) particules de verre, de quartz ou de céramique.Sous l’action d’une lumière bleue (autour de 470 nanomètres), le composé organique se polymérise.Sur l’échelle de Knoop, la dureté du composite est d’environ 60, nettement moins que l’émail perdu.QS »CyberRessources Un ensemble de pages sur la santé buccale et les traitements dentaires, publiées par l'Association dentaire canadienne : www.cda-adc.ca en avril La revanche de la Gaspésie Un dossier exceptionnel, signé par des journalistes gaspésiens.Il nous fait redécouvrir un pays gui est, grâce à la science, en train de renouer avec la mer.par Nicole Blackburn, Naomie Briand et Joël Leblanc Patrimoine industriel (2e épisode) Le Québec à l'âge du fer Depuis les forges du Saint-Maurice jusqu'à Sidbec, suivez l'aventure du fer, ce métal symbole de la révolution industrielle.par Mathilde Régnault L'ambiguïté sexuelle Étonnant : certains hommes portent deux chromosomes X.Ce doublet chromosomique est plutôt une caractéristique du bagage génétique des femmes.Un phénomène rare, qui touche un homme sur 25 000, et qui n'est pas sans leur poser quelques problèmes.par Ma rie-Pier Elie Les origines du langage Quelle est la première de toutes les langues ?Comment est-elle née ?Pourquoi a-t-elle disparu ?Et si on peut faire une histoire des langues, où se situe le français au sein de cette fantastique saga ?par Laurent Fontaine Québec Science - Mars 2001 47 courrier (suite de la page 5) essayant de cesser de fumer” s’écrie l’auteur, après avoir mentionné la mort par infarctus du myocarde de trois fumeurs sous traitement au Zyban, comme si le lien de causalité existait ! « Et s’ils étaient morts au cinéma, l’auteur parlerait-il de films qui tuent ?Aujourd’hui même, au moment où j’écris ces lignes, selon Statistique Canada, 33 Québécois(es) mourront d’infarctus du myocarde.L’infarctus est le résultat de l’accumulation et de la longue action de divers facteurs de risque, dont le tabagisme qui joue un rôle majeur, et qui à lui seul est responsable de 30 % de tous les infarctus.« En poursuivant sa lecture, notre lecteur sera interpellé comme suit : “Est-il nécessaire de cesser de fumer au risque de sa vie ?” (.) L’auteur poursuit en insistant lourdement sur des effets indésirables graves et en effleurant à peine leur très lointaine probabilité de survenir.« Incidemment, attribuer au médicament la perte de concentration mentale témoigne d’une profonde ignorance du processus de cessation de fumer; ce symptôme est l’un des plus fréquents rapportés par les sujets qui ont cessé sans aucune aide pharmacologique.(.) « Manifestement, votre journaliste a mal intégré les données de sa recherche.Faut-il rappeler qu’il faut mettre les choses en perspective ?Je répète, (en cela j’ai été correctement cité) que ce médicament n’est pas anodin, que son emploi commande certaines précautions et que son utilité n’est plus à démontrer.« Comme clinicien spécialisé dans le domaine, et avec d’autres que j’ai contactés suite à cette parution, nous déplorons l’opération overkill de cet article, opération qui en arrive à soulever une question d’éthique, car elle risque de priver de nombreux patients d’un médicament utile en créant autour de lui un climat de peur que rien ne justifie.» Réponse de Normand Grondin : Comme le dit si bien le docteur Boulanger, le Zyban n'est certainement pas un médicament « anodin ».C'est pourquoi Santé Canada a pris la peine, dans son bulletin sur les effets indésirables des médicaments (Bulletin 10, numéro I, janvier 2000), de signaler aux professionnels de la santé que trois personnes sont décédées et sept autres ont survécu à un grave accident cardiovasculaire alors qu'ils prenaient du Zyban.Bien sûr, comme le fait justement remarquer le docteur Boulanger, ce n'est pas ce médicament qui est responsable de l'accident, mais plus probablement la condition cardiovasculaire des individus qui en ont pris.Cependant, précise Santé Canada, toutes ces personnes présentaient déjà une condition cardiaque défaillante (cas d'infarctus, antécédents de coronaropathie, etc.).Dans ces conditions, la véritable question est la suivante : si toutes ces personnes avaient un cœur fragile, pourguoi leur a-t-on prescrit du Zyban ?Surtout que le fabricant lui-même, Glaxo Wellcome, signale que son produit doit être utilisé avec précaution chez ce type de patient?De la même façon, comment expliquer les 64 cas de convulsions (grand et petit mal) sachant que le fabricant insiste lourdement sur le fait que le Zyban est contre-indiqué aux gens prédisposés aux convulsions et que la plupart des victimes présentaient ce genre de profil médical ?Étant moi-même un ex-gros fumeur, je réalise très bien à quel point il est impérieux, que dis-je vital, d’abandonner la pratique du tabagisme.Que ce soit « à froid » ou avec une aide thérapeutique.Mais il faut aussi se rendre compte que Zyban est aujourd'hui ce que Valium était à une autre époque : prescrit massivement et pas toujours à bon escient.Or, comme le dit si bien le docteur Pierre Biron, professeur à l'Université de Montréal et homme de science dont on peut difficilement mettre la compétence en doute : « Est-ce vraiment nécessaire de cesser de fumer au risque de sa vie ?» par Jean-Marie Labriei V X 103 Ce triangle formé de 9 perles ! t Les 9 perles valent respectivement ^ de 1 à 9 millions ! Situer les perles de telle façon que le montant des 4 perles de chaque côté du triangle soit le même et que la somme des carres des montants de perles de chaque côté soit également la même.?104 ^ Les 2 000 pommes sous formes de pyramides ! Construire trois pyramides différentes formées de pommes dont la somme est 2 000 : 1) la base de la pyramide de Pascal est un triangle équilatéral 2) la base rectangulaire de la pyramide de Descartes est formée de 7 pommes sur 4 3) la base de la pyramide de Bourbaki est de forme carrée Solutions 101 Construire plus de ponts que de murs ! Solutions suggérées N.B.: si vous observez attentivement les deux Figure 2 figures ci-dessus, vous verrez une grande différence entre les deux constructions.Dans la figure 1, il y a deux lignes qui rejoignent les côtés opposés.Dans le premier cas, le mur est moins solide que dans le deuxième.Figure 1 102 Encore le fameux théorème de Pythagore ! Solution suggérée : Dans le carré, on construit le segment BE.On peut écrire : (3+y)2 = x2 + 25 (1) dans le triangle rectangle ECD.Dans le triangle rectangle BEE et le triangle rectangle ABE, on a : 52 + (5-x)2 = 42 + y2 (2) En résolvant ces équations, on trouve pour le segment ED : 15/4.Niveaux H débutant ^ intermédiaire : expert 48 Q uébec Science ~ Mars 2001 pratique science /culture Saga cosmiq De superbes images pour comprendre d’où nous venons, en suivant pas à pas les scientifiques qui scrutent les origines de la vie.par Joël Leblanc ue sait l’homme de lui-même ?D’où vient-il ?Comment la vie a-t-elle pu évoluer pour donner, entre autres espèces, les hominidés ?Dans Le Lien cosmique, un film très documenté et produit avec l’aide de l’Office national du Film (ONF), Catherine Fol scrute ces questions.Grande gagnante de la Course Destination Monde il y a une dizaine d’années, la cinéaste dresse un portrait destiné surtout au profane.On y apprend les dernières hypothèses concernant l’apparition de la vie par panspermie (ensemencement de la Terre en matière organique par les poussières météoritiques qui nous pieu-vent dessus en permanence), les implications de la découvertes de planètes ailleurs que dans notre système solaire, les exploits de certaines formes de vie dans des milieux hostiles comme les grands fonds marins ou les vallées froides et sèches des environs du pôle Sud.Deuxième volet d’un triptyque sur la science, le documentaire laisse une large part aux grands chercheurs de notre temps.On peut voir Stanley Miller répéter son expérience de la soupe primitive qui l’a rendu célèbre il y a 50 ans, Christian de Duve, prix Nobel de médecine, l’astronome Michel Mayor, découvreur de la première planète extrasolaire, et plusieurs autres.Avec des joueurs d’un tel niveau, on s’attendrait à un film des plus scientifiquement stimulants.On reste malheureusement un peu sur sa faim, la production s’efforçant de toucher à de trop nombreux domaines sans les exploiter en profondeur.De la paléontologie à l’astrophysique, de la science des météorites à la biologie des abysses, on saute rapidement d’un sujet à l’autre en coupant les coins ronds et en demandant au spectateur de gober des vérités toutes faites, faute de temps pour élaborer sur leurs fondements.Le Lien cosmique a toutefois le mérite de présenter les toutes dernières découvertes.Des récentes percées, grâce aux satellites Titan et Europe, aux trouvailles de fraîche date faites par les explorateurs des milieux hostiles de l’Antarctique, la mise à jour est exhaustive et efficace.Autre réussite du film : représenter, grâce à un grand arbre virtuel, l’évolution de la vie sur Terre comme une quantité de ramifications émergeant toutes d’un tronc commun.Chaque feuille de l’arbre représentant une espèce, on comprend facilement que l’homme n’y est qu’une feuille parmi d’autres, plutôt que l’aboutissement de cette progression linéaire qu’on voit trop souvent dans certains livres.Les extinctions massives y sont aussi magnifiquement illustrées par de grosses branches tronquées qui ont vu l’espace qu’elles occupaient se faire combler par les branches avoisinantes ayant survécu à la catastrophe.Le film bénéficie d’une photographie superbe, depuis la vie fragile filmée à des milliers de mètres sous la surface des océans jusqu’à notre planète vue de l’espace, en passant par des images prises au microscope électronique et des séquences d’animation par ordinateur.Tout est mis en place pour charmer l’œil.La croissance en accéléré d’un cristal qui déploie ses branches ou la décomposition d’un cadavre de souris résumée en une trentaine de secondes sont deux scènes qui, à elles seules, valent le coup.Un outil pédagogique tout désigné pour les professeurs de sciences naturelles du secondaire et du cégep.QS Le Lien.cosmique Cattwine Fol Québec Science ~ Mars 2001 49 par Marie-Pier Elie ¦hnoscope Explorer les moisissures d'un yogourt dont la date de péremption est échue, puis faire danser des pattes de mouche grossies 200 fois.Le nouveau microscope Intel Play 0X3 risgue d’éveiller bien des esprits scientifiques.Même pas besoin de plisser les yeux pour contempler les merveilles de l’infiniment petit à travers de minuscules trous : on peut tout visionner sur récran d'un ordinateur PC directement relié au joujou.Ensuite, la créativité succède à l'émerveillement : un logiciel d'édition permet d'animer les images et même d'en faire un petit film.Les plus fouineurs peuvent aussi détacher la partie supérieure du microscope pour effectuer des recherches plus approfondies sur le terrain.Beau robot « A L'an dernier, les premiers animaux domestiques robotisés se sont insinués dans les vies de maîtres fortunés.Après pitou et minou, voici maintenant le premier robot humanoïde.Quarante-trois kilos répartis sur 1,2 mètre de charpente.Pourquoi ?Pour faire beau, tout simplement.Et peut-être éventuellement engager une conversation rudimentaire, ou à tout le moins écouter les complaintes de son acquéreur, puisqu'il sera doté d’ici le printemps d’un système de reconnaissance vocale.À condition d'être patient, on pourra même faire de petites balades en sa compagnie.Vitesse de pointe ?1,6 kilomètre à l'heure ! lei?instantanée Pas question de manquer le dernier épisode de Virginie ! C'est décidé, vous ferez tout pour obtenir le mini-projecteur de Microoptical, qui se greffe à n'importe quelle paire de lunettes conventionnelles.Comme par magie, l'image de vos acteurs préférés apparaîtra à 50 Québec Science ~ Mars 2001 quelques centimètres de votre œil gauche et vous suivra là où vous irez.Euh.peut-être pas, en fait, car le projecteur doit obligatoirement être connecté à la source par un câble.Il suffit alors de trouver un très long fil.www.microopticalcorp.com Un ordinateur aux pieds "Ce n'est pas un, Imais bien deux ordinateurs que l'on chausse en enfilant les Ravenshoes.Chaque soulier de course en comprend un.Le but ?Donner à la semelle une forme optimale foulée après foulée.Cest une petite pompe qui se charge de gonfler l'avant de la semelle pour amortir les chocs durant la course.Et, sitôt la ligne d'arrivée franchie, le tout se dégonfle sous l'œil vigilant d’un témoin lumineux qui prouve que le gadget fonctionne vraiment.rA w>m.Ac*- differentz la télé du futur 19h 19 h 30 19 h 30 La revanche des nerdZ lundi au jeudi Technofolie mardi Comment c'est fait mercredi Astral Media J A 'ms L B K -S !,•; .fi r % :k Une grande université à dimension humaine 3 • Des campus accueillants où l'on retrouve tous les services • Un milieu de vie convivial, économique et sécuritaire • Un environnement naturel d'une rare beauté I • Des programmes axés sur la formation pratique • Un taux de placement exceptionnellement élevé pour les stages en entreprise • Une masse salariale annuelle de 27 M$ versés aux stagiaires Un éventail imposant de groupes de recherche et de centres d'excellence Des domaines de recherche parmi les plus novateurs Au 1er rang des universités québécoises au chapitre des redevances annuelles pour les découvertes de ses chercheuses et chercheurs ‘Vj • £ UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE 1 800 267-UdeS www.usherb.ca Programmes de maîtrise Adaptation scolaire et sociale Administration Administration des affaires (MBA) Biochimie Biologie Biologie cellulaire Chimie Droit de la santé Économique Enseignement Environnement Études française Fiscalité Génie aérospati Génie chimique Génie civil Génie électriqu Génie logiciel Génie mécaniq Géographie Gérontologie Gestion de l'éducation et de la formatic Gestion et développeme des coopérât! Histoire Immunologiei Informatique Intervention ! ciale : concern tion toxicomc Kinanthropoli Littérature ca dienne comp; Mathématiqu Microbiologie Orientation Pharmacologi Philosophie Physiologie Physique Psychoéducat Psychologie de relations huma Radiobiologie Sciences cliniq Sciences de l'éducation Sciences huma V des religions Service social Théologie Programrrv de doctora Administration (t Biochimie Biologie Biologie cellulain Chimie Éducation Études françaises Génie chimique Génie civil Génie électrique Génie mécanique Immunologie Littérature canadien X ' : ii@ t's \ 'SU i -4 comparée Mathématiques Microbiologie Pharmacologie Philosophie Physiologie Âi Ï.ÏT E Physique ^ Radiobiologie j,.Sciences cliniques Télédétection Théologie ryy.If.4»
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