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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 2004, Collections de BAnQ.

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I Obésité, cancer, alzheimer, maladies cardiaques : * ^ '‘nndes batailles, de grandes victoires PER in BNQ i I >5^ ¦ < < w s/viatm tobre 2004, 5,95 $ r Sachez reconnaître les aliments miracles Pourquoi il faut repenser notre système de santé Le corps : une histoire de 4 000 ans Le bonheur selon Boris Cyrulnik www.cvbersciences.com |o -, Envoi de poste n° 40064577- publications -Enregistrement n° 08024.525.rue Louis-Pasteur.| Boucherville.Québec, Canada J4B 8E7 En vente jusqu'au 26 novembre 2004 06538563765410 Moins de pression Novartis aide les patients à réduire leur tension artérielle de millions de points.chaque année.V « Au moment du diagnostic, le médecin m’a dit que je ne devais plus rien faire d’éprouvant.Cette année, j’ai escaladé l’Himalaya et j’y retourne pour remettre ça.» — Ryan Bendixen Quand on a annoncé à Ryan Bendixen, membre d’une unité d’élite de l’armée, qu’il était atteint d’hypertension grave à l’âge de 20 ans, il était effondré.Ryan s’est trouvé subitement renvoyé de l’armée et confronté au risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque et d’insuffisance rénale.Il a cessé toute pratique des sports, a pris du poids et s’est mis à se sentir frustré, en colère et déprimé.Aujourd’hui cependant, grâce à des traitements rendus possibles par Novartis, Ryan est plus actif que jamais.Il est marié, vit dans les Rocheuses, escalade l’Himalaya et s’entraîne pour se joindre à un autre groupe d’élite, celui des meilleurs alpinistes du monde.Novartis est fière d’être la force novatrice qui rend l’espoir aux patients et à leurs familles.Aujourd’hui, Ryan est en mesure de prendre en charge son hypertension tout en jouissant pleinement d’une vie active.Repensez les frontières du possible.6 NOVARTIS www.novartis.ca Objectil SANTE OCTOBRE 2004, VOLUME 43, NUMÉRO 2 www.cybersciences.com Histoire 8 La conquête du corps Qu'est-ce que l'homme?Pourquoi souffre-t-il?L'histoire de la médecine accompagne la quête de l'Homo sapiens pour comprendre la vie.par Denis Goulet LES GRANDS MAUX Cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, alzheimer; ces épidémies des temps modernes sont-elles la rançon du progrès?Marie-Dominique Beaulieu: 18 «Il y a de moins en moins de place pour la maladie » Dans un monde axé sur la performance, nous occupons-nous bien de notre santé?propos recueillis par Isabelle Grégoire 22 Cardiologie : nouveau souffle Dans une salle d'opération d'un hôpital de Montréal des médecins arrêtent le cœur d'un homme.par Pascale Millot 29 Le cœur a ses raisons Quelques mois après un infarctus, la moitié des patients reprennent leurs mauvaises habitudes.par Hélène de Billy 31 Cancer: malaise dans la civilisation On en est maintenant certain: la pollution empoisonne l'organisme humain.par Isabelle Cuchet 36 Diabète : une épidémie en marche Cette maladie de l'âge mûr touche maintenant des adolescents.Chronique d'une catastrophe annoncée.par Catherine Dubé 42 Maladie mentale: le dernier tabou Dépression, stress, anxiété.En plus des maux de l'âme qu'il faut surmonter, il y a aussi les préjugés.par Michel Gervais 45 Le broyeur de souvenirs On vit plus vieux qu'avant.Mais le spectre de la maladie d'Alzheimer rôde.par Catherine Dubé FOCUS PLANÈTE : P*311®16 46 lly a 25 ans, le sida Le VIH a déjà tué 20 millions de personnes.Jamais une maladie n'aura suscité une telle mobilisation.par Yanick Villedieu Entrevue avec le ministre de la Santé 50 La prescription du Dr Couillard Prévention, justice et réflexion sont les bases d'un système de santé qui fonctionne.propos recueillis par Catherine Dubé et Pascale Millot Tf LES GRANDS MOYENS IL n'y a jamais eu autant d'outils pour combattre la maladie.A-t-on les moyens de se les payer ?Véronique Déry : 54 « Les pratiques médicales, ça ne se change pas du jour au lendemain » Avant d'autoriser un nouveau traitement, il doit être évalué et validé.propos recueillis par Danielle Stanton f "V La plupart des 4x4 ne peuvent s’abaisser à ça TOYOTA RAV4 2005 Le RAV4 peut vous emmener non seulement là où vont la plupart des VUS, mais aussi là où ils ne peuvent aller.Et il le fait avec une agilité remarquable, grâce à sa taille compacte, à son moteur de 161 ch et à la traction formidable de ses 4 roues motrices permanentes.Mais ce n’est pas tout ! Son système de distribution à calage variable intelligent (VVT-i) fait en sorte que vous puissiez jouer dans la cour des grands, si énormes et puissants soient-ils.1888T0Y0TA-8/www.toyota.ca CAMION TOYOTA un coup de cœur sans fin 57 Souriez, vous êtes scanné Grâce aux spectaculaires progrès de l'imagerie médicale, on peut désormais voir et agir à l'intérieur du corps.par Joël Leblanc 62 Pilules à gogo Consomme-t-on trop de médicaments?par Yasmine Berthou 68 Gène fatal Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, une personne sur quatre est porteuse du gène d'une maladie grave.par Catherine Dubé FOCUS PLANÈTE: 74 Quinze cents la vie Des centaines de milliers d'enfants meurent de diarrhée dans le monde, planète Un rien pourrait les sauver.par Marie-Eve Cousineau Savoir ' prévenir SAVOIR PRÉVENIR Bien manger, faire de l'exercice, éviter la cigarette et le stress; les secrets d'une bonne santé sont connus.Mais changer les modes de vie est une tâche très ardue.Dominique Garrel: 78 « L’obésité va faire baisser l’espérance de vie » Maigrir: une mission impossible?propos recueillis par Isabelle Paré 80 La santé dans ma pharmassiette Bombarder les cellules cancéreuses à coup de brocolis et de canneberges, c'est ce que propose la nutrathérapie.par Marie-Pier Elie 83 Le grand casse-tête alimentaire Fuir le sucre ou les gras?Bannir les trans ou les saturés?Beaucoup de questions, trop de réponses.par Marie-Pier Elie 86 La nuit porte conseil Le sommeil améliore la mémoire et la capacité d'apprendre.par Chantal Éthier 91 Régime génétique Si les médecins savaient ce que recèle l'ADN de leurs patients, ils pourraient mieux les soigner.par Catherine Dubé FOCUS PLANÈTE : 93 Le tabac passe au Sud Le tabagisme connaît une croissance fulgurante dans le Tiers-monde.planète par Jean-François Flenry SAVOIR CHERCHER Les récents progrès biomédicaux engendrent des questions troublantes.Raymond Lambert: 98 « Gare aux dérives ! » Aucune découverte n'est en soi condamnable.Ce sont les applications qui peuvent poser problème.propos recueillis par Hervé Anctil 101 Les cellules de la discorde Peut-on détruire une vie pour soulager un autre être humain?C'est ce qui sous-tend le débat sur les cellules souches.par Claude D'Astous 103 Quand les malades font avancer la médecine Jusqu'où peut aller la recherche clinique sur les êtres humains?par Hervé Anctil 106 La mort en face A-t-on le droit d'accélérer la fin de la vie sous prétexte d'atténuer la souffrance?par Louise-Maude Rioux Soucy FOCUS PLANÈTE : 109 Pour une éthique , à deux vitesses planete Mieux vaut offrir des vaccins imparfaits que pas de vaccins du tout.par Catherine Dubé ET LE BONHEUR DANS TOUT ÇA?Boris Cyrulnik: 111 «Être heureux, ça s’apprend » Bien des choses se décident très tôt dans la vie, y compris la capacité au bonheur.propos recueillis par Pascale Millot Octobre 2004 I Québec Science 5 ObjecBI SANTÉ »?>-> par Raymond Lemieux Pas assez de lits, pas assez de médecins, pas assez d’infirmières, pas assez d’argent.Ritournelle trop bien connue qui éclipse les autres malaises dont souffre le système de santé québécois.En quelques décennies, la médecine s’est radicalement transformée.Elle met aujourd’hui à notre disposition des moyens technologiques et des traitements efficaces mais aussi onéreux.L’imagerie médicale permet de mieux comprendre ce qui se passe à Pin-térieur du corps, les tests génétiques, de dépister davantage de maladies.En outre, une panoplie de médicaments nouveaux - et plus chers - garnissent nos pharmacies.La question qui se pose maintenant est la suivante : pourra-t-on continuer à avoir accès à tout ce que la science et la technologie nous promettent ?Pas certain.Il n’empêche qu’une formidable utopie s’est construite autour des ambitions de la recherche médicale.Celle d’une vieillesse sans souffrance, d’une vie jusqu’à 120 ans, de vaccins contre le cancer.Ce numéro spécial de Québec Science - exceptionnel par son ampleur - vous conduit à la croisée des chemins.Là où se rencontrent les chercheurs, les patients, les praticiens et les éthiciens.Là où se posent concrètement les choix.Nous l’avons divisé en cinq chapitres : les grands maux, les grands moyens, savoir prévenir, savoir chercher et, en guise de conclusion, une réflexion sur le bonheur menée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik.Le parcours que nous vous proposons est jalonné de grandes découvertes, d’espoirs et de drames.Il est aussi l’occasion de rencontres avec des hommes et des femmes dont les réflexions stimulantes font avancer la science et la médecine.Ce dossier n’est pas exhaustif.Comment pourrait-il l’être ?L’information en ce domaine est en effet si abondante qu’il nous a semblé plus pertinent de donner de la perspective à l’actualité médicale.Vous ne trouverez donc pas ici de catalogue des mille maux et conseils.Pas de recommandations pour soigner les ulcères, les hépatites, la migraine, l’eczéma, les allergies, l’asthme, l’arthrite rhumatoïde, la méningite, la typhoïde, le virus du Nil, la pneumonie atypique, l’ostéoporose, la schizophrénie, le cancer de la prostate, du côlon, du sein.Vous n’apprendrez rien non plus sur le syndrome de Roske-Toni-Caffey, de Rotor, de Manahan et Florentin, de Friedrich, de Garcin, de Felty, de Rothmund, de Rothmann-Makaî, de Roy et Jutras, de Roussy-Lévy ou de Frome.Plusieurs articles de notre dossier révèlent par contre comment nos modes de vie hypothèquent toujours un peu plus notre santé.L’obésité, par exemple, atteint des sommets chez les jeunes et pourrait entraîner une baisse de l’espérance de vie à cause des maladies qui y sont associées.Si personne n’a envie de se faire rebattre les oreilles par quelque morale de comptoir, il serait temps de revoir les stratégies de prévention pour contrer les quatre cavaliers de l’apocalypse du jour : le gras, le sucre, le tabac et le sofa.Cette stratégie permettrait aussi au système de santé de souffler un peu.Mais cette tâche pourrait être plus ardue que de développer des vaccins, faire un bébé à 50 ans, cloner des êtres humains ou prolonger la vie jusqu’à 120 ans.6 Québec Science | Octobre 2004 Sdencel La vie change, la , V’ médecine aussi Le bonheur selon Boris Cyrulnik ISdence Rédacteur en chef Raymond Lemieux rlemieux@quebecsdence.qc.ca Adjointe au rédacteur en chef Pascale Millot p.miUot@ quebecscience.qc.ca Coordonnatrice du numéro Catherine Dubé Equipe de rédaction et collaborateurs Hervé Anctil, Yasmine Berthou, Marie-Eve Cousineau, Isabelle Cuchet, Claude D'Astpus, Hélène de Billy, Marie-Pier Elie, Chantal Éthier, Laurent Fontaine, Michel Gervais, Denis Goulet, Jean-François Henry, Isabelle Grégoire, Joël Leblanc, Isabelle Paré, Louise-Maude Rioux Soucy, Danielle Stanton, Yanick Villedieu Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Louise Bilodeau, Paul Cimon, Arsenio Corôa, Sylvain Durocher, Christian Fleury, Bernard Lambert, Michel Larose, Katy Lemay, Lino, Luc Melanson Directeur exécutif Marc Côté Adjointe administrative Nicole Lévesque PUBLICITÉ LOCALE ET NATIONALE : Siège social à Montréal Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Secteur public/institutionnel : Carole Martin poste 26 cmartin@quebecscience.qc.ca Secteur privé/corporatif : Claire Breton poste 29 cbreton@quebecscience.qc.ca SITES INTERNET www.cybersciences.com Responsable: Isabelle Cuchet icuchet@ cybersciences, corn www.cybersciences-junior.org Responsable: Marie-Pier Eiie mpelie@cybersciences.com Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 43,45 $, 2 ans = 74,85 $.3 ans = 103,95 $.À l'étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d'adresse Tél.: (514)875-4444 Télec.: (514) 523-4444 Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville [Québec) J4B 8E7 Abonnement par Internet www.cybersciences.com/abonnement Pour ta France, faites votre chèque à l'ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Les Messageries Benjamin Distribution Canada hors Québec, Etats-Unis : LMPI Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés, le magazine sert avant lout un public qui recherche une inlormation libre et de qualité en matière de sciences et de technologies, l’éditeur n’est pas üé à quelques exigences publicitaires.Les journaù'stes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la FédéraSon professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratit, est pubb'é 10 lois l’an par la revue Québec Science, la direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés, les titres, sous-titres, textes de présentab'on et rubriques non signés sont attribuables à la rédadion.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l’Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 593-0103 Développement économique __ cf régional £\ j Québec CS Canada Québec Science est supporté par le Cegep de Jonquière et reçoit l'aide financière du ministère du Développement économique et régional Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d'aide aux pubbcations et du Fonds du Canada pour les magazines.Membre de : The Audit Bureau of Circulations __ La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 ^ Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 courrier ©QuebecScience.qc.ca Magazines du Québ CEGEP de Jonquière r H R L SINGUL wsmz découverts au Québec! Consulter notre site Web www.merckfrosst.com Marques déposées de Merck à Cov Inc., utilisées sous licence.MERCK FROSST Découvrir toujours plus.Vivre toujours mieux. Médecine conq uête corps Qu'est-ce que l'homme ?Pourquoi souffre-t-il ?Pourquoi meurt-il ?Que signifient ses maux ?Peut-on les soigner ?L'histoire de la médecine épouse la quête de ['Homo sapiens pour comprendre la vie.par Denis Goulet1 Au Moyen Âge, on pensait qu’un petit fruit en forme de cœur pouvait guérir les cardiaques, qu’un végétal ressemblant à un pied soignait la goutte, et les médecins observaient l’urine de leurs patients pour vérifier leur état de santé.L’évolution des traitements médicaux ne s’est pas faite en un jour.Elle est liée à l’histoire des sciences et des techniques, mais elle reflète peut-être plus encore les transformations de la culture et des croyances populaires.En fait, la maladie et la mort ont longtemps été affaire de magie, de religion et de morale.On a bien retrouvé dans certains papyrus de l’Egypte ancienne les descriptions des causes pathologiques naturelles, notamment du mauvais fonctionnement des organes, mais il faudra attendre plusieurs siècles avant que les premières approches rationnelles des maladies ne s’implantent en Occident.C’est Hippocrate et les auteurs du Corpus hippocratique qui, entre 460 av.J.-C.et 370 av.J.-G, élaborent la première doctrine médicale basée sur l’observation des signes naturels de la maladie.C’est la théorie des humeurs.Cette doctrine, reprise par l’anatomiste XVIIIe siècle, l'horreur de la chirurgie avant t'anesthésie et l'asepsie .romain Galien (ayant vécu entre 129 et 201 de notre ère) et par des générations de médecins après lui, sera suivie pendant plus de 2 000 ans, soit jusqu’à' la fin du XVIIIe siècle.Selon Galien, on dénombre quatre humeurs; principales : le sang, le phlegme, la bile jaune et la bile noire.Ce sont elles qui, en équilibre (crasie) ou en déséquilibre (dyscrasie), influencent la santé.Les humeurs sont formées d’une combinaison de quatre qualités physiques (le chaud, le froid, le sec et l’humide) et sont modifiées par qua- (suite à la page 10 Dessin d'André Vésale, tiré de De human! corporis fabrica libri septem, 1543. ^3 Ti ir# i ¦A f Ka 1 ID Nul n'est comparable pour notre engagement envers notre pays et la province de Québec.iiJootîj JfÜ»11' Pourquoi?Pour toutes ces raisons et parce que c'est ici que nous grandissons et que nous sommes établis! www.apotex.com tn a o if) Ul * I Cardiologie Nouvea souffle Lundi, sept heures du matin.Dans une des salles d'opération de l'Institut de cardiologie de Montréal des médecins arrêtent le cœur d'un patient.wmm wmm par Pascale Millot L’homme de 59 ans s’est présenté aux urgences souffrant de vives douleurs thoraciques.Le diagnostic est tombé sans tarder : blocage des artères coronaires à trois endroits, ce qui nécessitait un triple pontage.Une semaine plus tard, le voilà allongé sur une des quatre tables d’opération de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM).Anesthésié et lavé, le torse, le ventre et les jambes enduits d’un désinfectant rose, il est plongé dans une profonde narcose.Sa peau est incisée sur une longueur de 8 cm et le sternum est scié en son milieu afin de dégager les organes internes.Affublée de la tenue de rigueur et d’un bonnet de plastique, je vois distinctement ses poumons et son cœur qui bat.Penché au-dessus du poitrail ouvert, le chef résident de chirurgie, Miguel Cha-put, découpe au bistouri électrique la musculature pour accéder à l’artère mammaire dont une portion remplacera l’un des vais- 22 Québec Science I Octobre 2004 seaux défectueux.Pendant ce temps, Michel Pellerin, le chef du département de chirurgie qui supervise l’opération, ouvre la peau du mollet, dégage la veine saphène (un gros vaisseau de la jambe), en coupe un petit tronçon, recoud la veine et vérifie l’étanchéité du morceau sectionné en y injectant un liquide coloré.H le fait ensuite tremper dans du sérum physiologique qui empêchera qu’il se dessèche le temps de le greffer au cœur.Puis, avec la délicatesse d’une dentellière, il referme le mollet : à son réveil, le patient ne verra qu’une fine cicatrice.Tant mieux pour lui, car s’il avait la moindre idée de ce qui se trame en ce moment dans les profondeurs de son être, il ferait sans doute une crise cardiaque.Du moins si son cœur battait encore.Car une heure environ après le début de l’opération, le perfusionniste Yvan Gévry appuie sur l’un des boutons d’une grosse machine aux étranges rouages : un cœur-poumon artificiel.La tension devient palpable.« Toute er- reur est fatale », chuchote le perfusionniste à mon intention.Derrière leur masque et leurs verres grossissants, on devine l’extrême concentration des deux chirurgiens.Du cœur-poumon artificiel, un mélange de potassium et de sang oxygéné du patient est envoyé vers l’aorte.Sur l’écran suspendu au plafond, la ligne verte, celle qui reproduit les battements du cœur, se fige graduellement: l’électrocardiogramme est plat Le cœur strié de vaisseaux a cessé de battre.Pourtant, je suis la seule à paniquer.Doucement d’abord, puis de plus en plus rapidement, le sang se met à couler dans les tuyaux de plastique translucide reliés au cœur-poumon artificiel.Il est oxygéné et réchauffé avant d’être réinjecté a«t( disio, àinu iH,, % ¦ dans le réseau circulatoire du malade.Quand les chirurgiens auront fixé les artères au cœur en contournant les points d’occlusion, on stoppera l’injection de potassium, on diminuera progressivement le débit sanguin, et le cœur recommencera à battre, comme auparavant.Il faudra ensuite cautériser les vaisseaux et les tissus endommagés par les bistouris, percer trois orifices dans la peau pour y faire passer des drains qui préviendront l’accumulation de liquide, rapprocher les côtes avec un épais fil d’acier et recoudre muscles et peau.Des heures plus tard, l’homme aux cheveux blancs s’éveillera, et quelques jours après, il rentrera chez lui.Il suffit d’assister à ce prodigieux cérémonial pour prendre la mesure de cette opération pourtant devenue courante.À l’ICM, on fait environ 1 500 pontages par année et il s’en pratique 6 000 au Québec.Le taux de mortalité postopératoire est de l’ordre de 1 % à 2 %; et le taux de réussite à long terme, de plus de 90%.Le même que celui des opérations à cœur battant, que l’on pratique depuis une dizaine d’années.Dans ce cas, on ne détourne pas la circulation sanguine à l’extérieur du corps, mais on immobilise une partie du cœur à l’aide d’outils de précision et on bloque le débit sanguin dans l’artère à revasculariser.Une technique qui diminue légèrement le risque d’inflammation.« C'est très gratifiant de pratiquer la cardiologie, dit le chirurgien Michel Pellerin.Peu de disciplines permettent non seulement de sauver des vies, mais aussi d’améliorer la fonction d'un organe.» Haut les cœurs! Entre 1977 et 1999, le nombre de décès dus aux maladies cardiovasculaires a diminué de moitié.Octobre 2004 I Québec Science 23 il En 20 ans, la technologie a radicalement transformé la médecine du cœur.« C’est très gratifiant de pratiquer la cardiologie aujourd’hui, dit le chirurgien Michel Pellerin.D y a peu de disciplines qui permettent non seulement de sauver des vies, mais aussi d’améHorer la fonction d’un organe.Quand on se fait opérer, en général, on sort de l’hôpital avec un morceau en moins.En cardiologie, les gens arrivent avec des défaillances; on les répare, et ils repartent avec une meilleure qualité de vie.» Et on passe de moins en moins sous le bistouri.Ainsi, la plupart des patients souffrant d’obstructions artérielles partielles bénéficient aujourd’hui de ce que l’on appelle une angioplastie.On introduit dans le vaisseau bouché par des plaques d’athérosclérose un cathéter muni d’un petit ballonnet qui se déploie à l’endroit de l’obstruction pour débloquer l’artère.Pas d’anesthésie générale, pas de douleur, pas de cicatrice.Si tout se passe bien, le patient rentre chez lui le lendemain.Cette technique, qui existe depuis une vingtaine d’années, JÊ s’est considérablement améliorée.jgjj On en réalise 2 600 annuelle-ment à l’ICM.«H y a 10 ans, 40 % des patients devaient revenir après une angioplastie, parce que §leur artère se re-5 bloquait rapide-§ment » zplique le >docteur ï’S e r g e Installés dans les artères des malades, ces petits tuteurs empêchent la plupart des obstructions qui pourraient être fatales aux patients cardiaques.24 Québec Science I Octobre 2004 Doucet, cardiologue spécialisé en hémodynamique, la « plomberie du cœur ».Mais ça, c’était avant l’arrivée des « tuteurs » ou stents, de petits ressorts métalliques que l’on insère dans l’artère et qui la maintiennent ouverte dans 75 % des cas.Encore mieux, il y a deux ou trois ans on a développé des tuteurs médicamentés.Enduits d’une substance permettant une cicatrisation optimale, ces endoprothèses limitent le taux de reblocage (ou resténose) à 5 %.Mais il y a plus spectaculaire encore.Au Canada, 40 000 personnes sont victimes chaque année du syndrome de mort subite que l’on considère comme une des principales causes de décès dans la plupart des pays développés.Un syndrome souvent associé à une « fibrillation ventriculaire»; en gros, le cœur s’emballe et « pompe à vide », le débit sanguin s’avérant insuffisant pour l’alimenter.Mis au point au début des années 1980 dans la foulée des stimulateurs cardiaques (pacemakers^, dont la fonction est d’accélérer le rythme du cœur, l’usage des défibrillateurs implantables s’est généralisé en une dizaine d’années.Le défibrillateur est un appareil qui ressemble à un gros haricot et qui est programmé pour détecter les « arythmies malignes », ces emballements soudains du cœur qui peuvent conduire à l’arrêt cardiaque.Chaque fois que la machine perçoit une anomalie, elle envoie un choc électrique.Installées dans la poitrine de personnes ayant déjà eu des problèmes cardiaques, ces merveilles ont permis de sauver de nombreuses vies, car normalement 30 % des victimes d’infarctus en font un deuxième dans l’année suivante.Devant le succès de ce petit gadget, on a commencé à en installer de manière préventive chez des personnes n’ayant jamais développé de maladies coronariennes, mais présentant des risques élevés.Jean Gravel, lui, remercie tous les jours le bon Dieu de la technologie.Le 21 septembre 2002, ce grand costaud de 37 ans (1,90 m; 90 kg) bricolait dans son garage, comme tous les samedis, quand il s’est évanoui.Lorsqu’il est revenu à lui, il avait de la difficulté à respirer et transpirait à grosses gouttes.À l’ICM, on diagnostique une affection rarissime, la myocardie virale virulente.Un virus, probablement celui de la grippe, s’était logé dans son cœur, s’attaquant au muscle à une vitesse vertigineuse.Six heures plus tard, sa fonction cardiaque était tombée à 20 % de sa capacité normale et Toutes les avancées technologiques ont permis de réduire l’impact des maladies cardiovasculaires qui ne sont plus les premières causes de mortalité au pays.on l’avait déjà réanimé sept fois.Devant l’urgence de la situation, les chirurgiens décident de tenter le tout pour le tout et de lui implanter un cœur artificiel Novacor.Cette pompe d’assistance ventriculaire de la grosseur d’une noix de coco est un des derniers-nés des cœurs mécaniques.Il est plus puissant que le Thoratec moins coûteux et plus couramment implanté, mais insuffisant pour les personnes corpulentes.Le lendemain matin, Jean Gravel ne se reconnaît pas.« Le jour précédent, j’étais en pleine forme, et je me réveille avec un cœur mécanique dans l’abdomen, des tuyaux reliés à une batterie portative.Quel choc ! » Onze jours plus tard, il se retrouve de nouveau sur la table d’opération, cette fois pour y subir une greffe cardiaque.Maintenant, ce père de trois jeunes enfants n’a plus peur de la mort, pèse 20 kg de moins, ne mange plus de sucre, de gras ou de sel, et avale 13 comprimés par jour.Mais il a repris son boulot d’ingénieur en aéronautique; il pratique encore le ski alpin, il voyage et il fait de l’exercice èé.’ ko Sltlj: kp ÏLo’ï fct «tuf 5; kc %; A, r " 'S' VjTuil'ihi A r/11 b H i ¦ ne.lal hijîuI :!A‘ ri)oviJ« on. paraplégiques et à la réalisation de capteurs pi la commande d'une jambe artificielle.De plus, l'équipe a récemment développé un prototype d'œil électronique qui, en stimulant le cortex visuel grâce à des mesures précises du cerve: permettra à des aveugles de voir à nouveau.resmiq.grm.polymtl.ca La mission du Fonds Nature et Technologies est de promouvoir et de développer la recherc d'assurer sa diffusion et d'encourager la forme par la recherche dans les domaines reliés principalement aux sciences naturelles et au g Pour en savoir plus, visitez notre site au www.fqrnt.gouv.qc.ca Fonds de recherche sur la nature et les technologies Québec n É Le coeur a ses raisons Il est une eoipa eslin; îK pieufsl* De-5' irorf SOT I 0Ï M » •f Quelques mois après un infarctus, la moitié des patients négligent leur médication et reprennent leurs mauvaises habitudes.- 5 propos recueillis par Hélène de Billy Après un infarctus, la plupart des gens ont peur Très attentüs à ce que leur disent les médecins, ils suivent scrupuleusement les recommandations : ils avalent les médicaments prescrits, changent leurs habitudes alimentaires, font de l’exercice et arrêtent de fumer.Six mois plus tard, c’est une autre histoire.Les pilules restent de plus en plus souvent dans le flacon, la salière et le beurre retrouvent leur place sur la table, les séances d’exercice s’espacent.« C’est très grave, souligne la chercheuse Danielle Groleau, attachée à l’aile psychiatrique de l’Hôpital général juif de Montréal.Après un premier infarctus, les risques de récidive et de décès quadruplent si le patient néglige les recommandations des médecins.» Docteure en santé publique et anthropologue médicale, Danielle Groleau s’intéresse à I’impact de la culture populaire sur les comportements relatifs à la santé.En se penchant sur l’attitude de Québécois fran- cophones ayant été victimes d’un infarctus, elle a découvert que la croyance collective attribue un « sens » à cet événement, qui oriente grandement les choix des patients à leur sortie de l’hôpital.Pour nombre d’entre eux, les problèmes cardiaques sont un « signe » qu’ils doivent faire le ménage dans leur vie, plutôt que de cesser de fumer ! Or, les croyances coincident rarement avec le savoir professionnel.Le plus souvent, un dialogue de sourds s’enclenche entre médecins et patients, qui met la vie de ces derniers en danger.Car les professionnels de la santé ne réalisent pas toute l’importance de la culture populaire dans le comportement de leurs patients.Québec Science : Qu'est-ce qui motive le plus les gens à se prendre en main après une crise cardiaque?Danielle Groleau: Le goût de vivre qui se manifeste le plus souvent par l’attachement des individus à leurs enfants et à Octobre 2004 I Québec Science 29 LES GRANDS MAUX enir ' Maintenant que la séquence du génome humain est connue, les chercheurs s'intéressent désormais aux interactions et aux modes d'expression des gènes (la génomique).Les découvertes scientifiques qui découlent de ce type de recherches mèneront un jour à des traitements médicaux révolutionnaires et bien plus encore.Par ailleurs, ces recherches soulèvent des questions quant aux droits de la personne, au respect de la nature, aux pratiques scientifiques et aux limites du savoir.En plus d'investir dans des projets de recherche en génomique et protéomique, Génome Québec encourage le débat et appuie l'étude des questions éthiques, juridiques et sociales de la génomique.Pour plus d'informations, visitez www.genomequebec.com GenomeQuébec L'avenir commence maintenant leurs petits-enfants.Une large proportion de ces personnes se représentent l’infarctus comme un rite de passage.L’accident cardiaque leur donne le pouvoir de renégocier certaines de leurs responsabilités avec leurs proches.Ils en profitent pour changer leurs priorités et même parfois d’identité.Les seuls patients qui ne modifient pas leurs habitudes après un infarctus sont ceux qui affichent un taux élevé de détresse psychologique, car ils ont perdu le goût de vivre.Fait surprenant, les dépressifs qui prennent des antidépresseurs ont la même attitude que ceux qui n’en prennent pas.Car si les médicaments ont bel et bien gommé leurs symptômes de dépression, ces patients n’en ont pas pour autant retrouvé le goût de vivre.QS La plupart des patients affichent donc une attitude positive.DG Oui.Le problème, c’est que plusieurs délaissent leurs nouvelles habitudes de vie au bout de six à huit mois.C’est ici que la culture populaire entre en jeu.Il ne s’agit pas d’ignorance.Les patients sont tous au courant des facteurs de risque : le cholestérol, la cigarette, l’hypertension.Mais quand vient le moment d’expliquer pourquoi eux ont subi un infarctus, ils parlent presque uniquement du stress.Et quand on leur demande ce qu’ils entendent par là, ils évoquent un traumatisme familial, un deuil, une rupture.H se peut que le stress ait joué un rôle dans leur maladie, mais en concentrant toute leur attention sur leurs relations affectives, ils négligent leur régime alimentaire, cessent de prendre leurs médicaments ou recommencent à fumer.QS Est-ce un phénomène propre au Québec?DG Pas du tout.Dans tous les pays du monde, il y a une connaissance populaire qui relie les maladies à des causes qui n’ont souvent rien à voir avec le savoir médical.Ainsi, la personne qui déclare avoir eu un infarctus en raison de difficultés professionnelles ou familiales ne sera jamais démentie par son entourage parce que de telles déclarations trouvent un écho dans la communauté.QS Comment amener les gens à prendre davantage leur santé en main?DG Notre étude a clairement démontré que les gens ne perçoivent pas leur infarctus de la même manière que le corps médical.Il faut donc que les cardiologues le sachent, mais aussi les infirmières, les psychiatres, les résidents et les médecins de famille.Car si l’on veut corriger la situation, il faut que les intervenants se parlent et apprennent comment faire passer le message aux patients.Pour cette raison, nous recommandons d’implanter partout sur le territoire québécois des services de réadaptation après l’infarctus.QS II s'agit donc essentiellement d'un effort de communication.DG Tout à fait.Car pour diminuer le risque de récidive, les patients doivent changer leurs habitudes de vie.Il n’y a pas d’autre solution.CB Après la cri< Produit par la maison Virage < réalisé par Marcel Simard, le film Cœur à bout met en scèn des hommes et des femmes ont participé à l'étude de Dan le Groleau.Que ce soit Jacqui le camionneur qui renoue ave une famille qu'il a longtemps négligée, ou Philippe, jeune cardiaque de 25 ans, qui se s de son infarctus pour commu quer la détresse que lui a ins| rée le divorce de ses parents, tous «profitent» de leur crise cardiaque pour effectuer un cheminement intérieur.Cela I plusieurs ne suivent pas les c seils de leur médecin.Le film est à l'affiche du cinéma Beaubien à Montréal 1er au 14 octobre 2004.30 Québec Science | Octobre 2004 On en est maintenant certain : la pollution empoisonne ’organisme humain.ds Bffll rijMeJI wi]»: ftaiijiil soil ancer, malaise ans la civilisation l Wlm x N I 1 par Isabelle Cuchet Ce n’est pas tous les jours qu’une centaine de chercheurs, dont plusieurs prix Nobel, se réunissent pour lancer publiquement un cri d’alarme.« La pollution chimique menace la survie de l’espèce humaine », a clamé au printemps dernier ce groupe de scientifiques aux Nations unies.Cette déclaration, baptisée l’Appel de Paris, avait pour but d’attirer l’attention sur l’augmentation inquiétante des cas d’asthme, d’allergies, d’anomalies congénitales et surtout de cancers, dont la croissance aurait un lien direct avec la pollution.Partout, en effet, le cancer progresse.À la fin de cette année, plus de 145 000 personnes au Canada auront appris qu’elles en souffrent; c’est 63 % de plus qu’il y a 20 ans.« Le cancer touche en grande majorité les personnes âgées, explique Jack Siemiatycki, chercheur en épidémiologie environnementale et en santé des populations à l’Université de Montréal.La société vieillit; il est donc logique de constater une augmentation des cas.» Les méthodes de Octobre 2004 | Québec Science 31 LES GRANDS MAUX 5««æ dépistage de certains cancers, notamment celui de la prostate, se sont aussi nettement améliorées, ce qui permet de détecter plus de cas.Mais une cause bien plus sournoise inquiète les spécialistes : les changements dans notre environnement et dans nos habitudes de vie.Officiellement, 30 % des cancers sont encore dus au tabagisme et 20 % à une mauvaise alimentation.Quant au reste - la moitié -, ils sont liés à des facteurs tels que le milieu de travail, les antécédents familiaux, la consommation d’alcool, l’exposition au soleil ou aux émissions ionisantes dues aux rayons X et au radon, un gaz radioactif présent dans la nature et surtout dans les matériaux de construction, donc dans nos maisons.Mais, selon Dominique Belpomme, professeur de cancérologie à l’Umversité Paris-V et initiateur de l’Appel de Paris, ces chiffres sont obsolètes.Ils sont d’ailleurs tirés d’une étude réalisée au début des années 1980.«Je considère qu’aujourd’hui 60% à 70% des cancers sont dus à la pollution.» La plupart du temps, les agents du cancer sont très discrets car les produits nocifs dans l’environnement n’ont pas toujours d’effets toxiques aigus.« Un cancer commence toujours par une seule cellule qui échappe au contrôle de ses voisines pour une raison inconnue, explique Michel Charbonneau, professeur de toxicologie à l’INRS-Institut Armand-Frappier, à Laval.C’est ce qu’on appelle l’initiation.Ensuite, une succession de causes diverses provoque la prolifération de cette cellule.Il peut s’agir d’une réponse immunitaire inadéquate ou bien de l’exposition à de nouveaux agents cocarcinogènes, c’est-à-dire qui potentialisent le cancer.» Au bout de quelques années, un amas de cellules se forme : c’est la tumeur.Ainsi, la maladie n’est pas le résultat de quelques expositions à de fortes doses de polluants, mais plutôt la conséquence d’une succession d’expositions à de faibles doses de différentes substances, ces expositions ayant débuté parfois dès le stade fœtal.D’où la difficulté à trouver les causes.Les toxicologues n’ont plus aucun doute sur le caractère cancérigène de certains polluants.C’est le cas de l’amiante amphibole (cancers de la plèvre), auquel peuvent être exposés les travailleurs du bâtiment, ou 32 Québec Science I Octobre 2004 ' v.- « Ces 50 dernières années près de 100 000 nouvelles molécules ont été répandues dans l'environnement, et seulement 10 000 ont été testées pour mesurer leurs effets sur la santé.» àf* -X-.*¦'»**¦- .i du polychlorure de vinyle (PVC) que connaissent bien les ouvriers de l’industrie du plastique.« Dans les années 1970, on s’est rendu compte que ces travailleurs étaient très souvent atteints d’un cancer très rare, l’angiosarcome du foie.On a rapidement relié l’apparition de la maladie à l’exposition auPVC», explique Michel Charbonneau.Dans ces cas précis, il suffit de retirer les produits de l’environnement pour réduire l’incidence de la maladie.Pour prouver le caractère cancérigène d’une substance, les scientifiques s’appuient sur deux disciplines : la toxicologie et l’épidémiologie.Les toxicologues observent les effets du produit suspect sur des animaux (rats, souris, chiens, etc.) et extrapolent les résultats à l’homme, avec plus ou moins 'TK r .7^^- uteras, ’ai un cœui; j’ai un foie, j’ai deux reins :t j’ai, bien sûr, un cerveau; mais je suis moi.Dr, la maladie mentale est perçue comme itteignant la personne non pas dans ce qu’elle a, mais dans ce qu’elle est, si bien qu’avoir une maladie cardiaque et avoir une naladie mentale n’a pas du tout la même tfiss^ iignification pour soi-même et pour les îtf^.iutres.Ainsi, n’y a-t-il qu’un petit pas, mais qui n’est petit qu’en apparence, entre « avoir une maladie mentale » et «être un malade mental ».Et, paradoxalement, 4 même si, sur le plan du langage, on peut dire de quelqu’un, «c’est un diabétique», et de l’autre « il a une maladie mentale », sur le plan de la perception, il y a, dans ce dernier cas, une identification de la personne à sa maladie qui n’existe pas vraiment dans le cas du diabétique ou du cardiaque.On n’a pas honte de dire qu’on s’est fait enlever un rein ou qu’on s’est fait faire un pontage coronarien.Mais avouer qu’on est maniacodépressif, qu’on souffre de troubles d’anxiété ou d’une dépression majeure, c’est autre chose ! C’est pourtant, au moins en partie, affaire de cerveau, de neurones, de niveau de sérotonine, de neurotransmetteurs et de neurorécepteurs; bref un problème physicochimique.Quoi qu’il en soit, la honte, le silence et le tabou sont là.Ils constituent le principal obstacle à la solution des problèmes qui nous intéressent ici.Le dernier rapport de Santé Canada sur la maladie mentale résume bien la situation : « Les niveaux élevés de stigmatisation et de discrimination [subis par les malades] représentent une Octobre 2004 I Québec Science 43 des réalités les plus tragiques des maladies mentales au Canada.Découlant de la superstition, du manque de connaissance et d’empathie, ainsi que d’une tendance à craindre et à exclure les personnes qui sont perçues [comme étant différentes], la stigmatisation et la discrimination existent depuis toujours.Il en résulte les stéréotypes, la peur, l’embarras, la colère et un comportement d’évitement.[Cette altitude incite] les gens à garder le silence sur leux maladie mentale, les amenant souvent à différer une demande de soins [.], à [négliger] le traitement recommandé et à éviter de partager leurs préoccupations avec leur famille, leurs amis, leurs collègues, leur employeur, les dispensateurs de services de santé et d’autres dans la collectivité.L’une des priorités les plus pressantes de la Canadian Alliance for Mental Illness and Mental Health pour améliorer la santé mentale des Canadiens et des Canadiennes, est la lutte contre la stigmatisation et la prévention de la discrimination envers les malades mentaux [.p.» Mais, fort heureusement, les choses changent.Une des raisons de cette évolution tient sans doute au fait que de plus en plus de gens vivent des problèmes de santé mentale et qu’un nombre croissant de familles sont affectées par leurs souffrances.Une grande étude réalisée par l’École de santé publique de l’université Harvard et commanditée par la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé a montré qu’en additionnant les années de vie perdues et les années de vie vécues avec une incapacité, les troubles mentaux étaient en voie de devenir, du moins dans les pays occidentaux, la première cause d’incapacité, devançant même le cancer et les maladies cardiorespiratoires4.Cette croissance n’est pas due à une augmentation de la schizophrénie et de la maladie bipolaire, qui affectent, chacune de manière stable, environ 1 % de la population.Elle tient à la montée incessante de la dépression et des troubles s’y apparentant.Toujours selon la même étude, il est probable, si la tendance se maintient, qu’en 2020, la dépression, à elle seule, sera le deuxième élément le plus important de tout le poids de la maladie Troubles mentaux : des espoirs pour demain Ca se passe dans la tête, bien sûr.Quelque part c dans la jungle des 100 milliards de neurones connectés par une centaine de substances chimiques qui permettent quelque 100 billions de connections.Pas étonnant que, de temps en temps, «un fusible saute» - pour reprendre une expression populaire.La détresse psychologique affecte 20% de la population au Québec.Mal de civilisation?Pas seulement, car les causes des problèmes de santé mentale sont aussi génétiques et physiologiques.Le dernier rapport sur la santé mentale dans le monde produit par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle à quel point l'évolution des connaissances en neurosciences a été impressionnante.Les techniques d'imagerie permettent de mieux voir ce qui se trame dans la tête des déprimés, des stressés ou même des schizophrènes, et des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.Mais les traitements ne sont pas toujours très efficaces et la prévention primaire souvent impossible.Le rapport de l'OMS insiste cependant sur quelques points encourageants, résultant des récents travaux en neurosciences, dont ceux qui portent sur la plasticité synaptique.On sait en effet aujourd'hui que le réseau d'interconnexions des neurones peut être modifié tout au long de la vie.Contrairement à ce que l'on a longtemps pensé, le cerveau n'est pas statique.Cette donnée est porteuse d'espoir, car elle valide l'efficacité de certains traitements pharmacologiques et ouvre des possibilités nouvelles d'interventions psychosociales.Les recommandations de l'OMS sont claires: «Rendre les psychotropes disponibles à tous les niveaux de soins; traiter, lorsque cela est possible, les troubles au niveau primaire; [mettre] en service des ressources à assise communautaire propres à une intervention précoce.Et surtout freiner la stigmatisation associée au traitement.» ( R.L.) iar, :¦ mie («global burden of disease»).Remonter aux sources du secret qui entourait jadis la maladie mentale en général, de la honte qu’elle engendrait et de l’exclusion qu’elle entraînait, comme nous l’avons fait ici, nous aide à déceler les relents de ces attitudes dans les réactions que suscitent encore aujourd’hui les problèmes de santé mentale, notamment en milieu de travail.Gai; ne nous y trompons pas, si les mentalités ont considérablement évolué, il reste beaucoup de chemin à parcourir avant que les personnes vivant de tels problèmes les reconnaissent aisément, en parlent ouvertement et aient spontanément recours à l’aide appropriée.J’en veux pour preuve le fait, confirmé par de nombreuses études, que la majorité des personnes qui souffrent de dépression ne se font pas soigner.Mais l’ère du silence arrive à terme grâce à la diffusion des connaissances sur la maladie mentale et surtout du progrès de la recherche sur les causes des désordres mentaux, et sur les façons les plus efficaces d’y remédier.Négligée pendant des années, la recherche en ce domaine se développe aujourd’hui de manière accélérée dans des directions prometteuses, comme celles de la génétique de la psychiatrie, de la neurophotonique, de la psychopharmacologie ou des neuro-' sciences en général.Elle intéresse un nombre croissant de chercheurs de haut niveau.Elle est mieux financée.Elle dispose de moyens techniques de plus en plus sophistiqués.Comme pour tant d’autres maladies, c’est en elle que réside l’espoir de voir enfin compris des phénomènes qui, par ignorance, ont été source de peur et de tabous pendant des siècles.G5 1 FOUCAULT, M.Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Gallimard, 1972.- SWADON, P., art.« Malades mentaux », Encyclopcedia Universalis, vol.10, Paris, 1971.j 3 Santé Canada.Rapport sur les maladies mentales au Canada, Ottawa, octobre 2002.4 MURRAY, C.J.L.et A.D.LOPEZ.The Global Burden of Disease, Cambridge, Mass., Harvard School of Public Health, 1996.fOlllm; Is, V L'ami de la pharmacie La pari des dépenses publiques sur l'ensemble des dépenses en médicaments est passée de 16% à 46% en 25 ans.En 2002, chaque Québécois a, en moyenne, consommé 36 comprimés de benzodiazépines et autant de comprimés d'antidépresseurs.Cela a représenté plus de 250 millions S.Tout ça pour combattre le mat de vivre. r'i- I r:"^| lœilitt | I e broyeur de souvenirs In vit plus vieux qu'avant.Mais le spectre de la maladie d'Alzheimer rôde.ar Catherine Dubé Si on vivait jusqu’à 160 ans, on finirait tous par avoir des symptômes de la maladie d’Alzheimer.» La loutade, lancée par le directeur du Centre dcGill d’études sur le vieillissement, Judes ’oirier, n’en révèle pas moins l’inquiétude u chercheur.Car si on vit plus vieux pi’avant, le specue de l’alzheimer est de plus n plus envahissant.Environ 91 000 Québécois bataillent ictuellement contre cette maladie ou l’une es démences qui lui ressemblent.D’ici 10 ans, on s’attend à ce qu’ils soient deux ¦ u ois plus nombreux.La maladie d’Alzheimer est insidieuse et I ommence à saper les neurones longtemps want que les premiers symptômes n’ap-| > paraissent.Au moment où les personnes at- ¦j.:eintes se mettent à avoir de drôles de com-j xprtements et des oublis inquiétants, les trois , quarts de leurs neurones se sont déjà éteints.'.ar.ilt 5 _ ,PEZ> tfJllSS) Avec l’âge, tout le monde perd un peu rjj.plus de son bagage neuronal, mais grâce à : j son incroyable plasticité, le cerveau com-,ji pense et les neurones fonctionnels prennent .if le relais.Le scénario déraille dans le cerveau des malades atteints d’alzheimer : les neurones étouffent sous des plaques de pro-, téines et sont asphyxiés de l’intérieur par des fibrilles.On connaît les protéines en cause (peptides bêta-amyloïdes dans les plaques et protéines tau dans les fibrilles), mais on ne comprend pas encore très bien comment se déclenche la maladie.Les quelques médicaments disponibles tentent de freiner la dégringolade vers la démence.Pour les malades et leur famille, c’est déjà beaucoup.« Durant les premiers mois du traitement, on note même des améliorations.La personne redevient plus autonome, recommence à mettre la table, par exemple », dit le docteur Serge Gauthier qui dirige l’Unité de recherche sur la maladie d’Alzheimer au Centte McGill d’études sur le vieillissement.Mais aucune de ces pilules ne soigne la maladie.Après une année ou deux, l’alzheimer reprend le dessus.Les chercheurs s’affairent donc à trouver des moyens de tenir le démon à distance, avant même l’apparition des symptômes.Ils suivent plusieurs pistes et ont déjà identifié quelques facteurs semblant favoriser le déclenchement de la maladie.Certains, comme des gènes de prédisposition, sont malheureusement peu contrôlables.D’autres, comme les traumatismes crâniens, peuvent être évités, ou contrôlés, comme l’hypertension, le diabète ou le cholestérol.L’activité physique et intellectuelle, qui toutes deux entretiennent la mémoire, la logique, la vitesse de réaction et plusieurs autres fonctions cognitives, semblent aussi agir comme bouclier contre la maladie.Les gens plus scolarisés semblent, pour cette raison, mieux armés.Comme ils disposent d’un bagage imposant de connexions entre neurones, les symptômes mettent plus de temps à apparaître.Il n’est jamais trop tard pour se mettre aux mots croisés et à la lecture, qui favorisent eux aussi l’augmentation des connexions entre neurones.Ajouter des antioxydants à son menu, comme la puissante vitamine E, pourrait aussi avoir un effet protecteur.« Des chercheurs ont par ailleurs remarqué que les patients traités avec des statines, la classe de médicaments la plus prescrite contre le cholestérol, semblent moins souffrir d’alzheimer que les autres », mentionne Judes Poirier, qui a lui-même obtenu des résultats intéressants avec le probu-col, un médicament plus g ancien, également destiné g aux cardiaques.Ce lien 3 entre cholestérol et alzhei- CO • X 5; mer est moms étonnant c/l S qu’il n’y paraît.Le choles-o térol (par ailleurs essentiel 2 à la santé des neurones) transporte en effet dans le cerveau des protéines; celles-d se transforment en plaques qui finissent par détruire les neurones.En réduisant le cholestérol, les statines diminuent probablement aussi la formation de ces plaques.Ce type de médicament ralentit également la progression du mal chez les gens déjà atteints.L’équipe de Larry Sparks, chercheur au Sun Health Research Institute, en Arizona, a réussi à stabiliser et même à améliorer l’état de la moitié des 60 patients à qui il en a donné pendant un an.Entre-temps, presque toutes les compagnies fabriquant des statines ont entamé des études cliniques pour vérifier le potentiel de leurs produits contre la démence.On sait déjà, par ailleurs, que ces médicaments réduisent les risques de complications du diabète, un autre facteur de risque de la maladie d’Alzheimer.Les statines, seraient-elles, comme le suggère Judes Poirier, l’aspirine du XXIe siècle ?05 Octobre 2004 I Québec Science 45 LES GRANDS MAUX ¦Uni .DPI N Æmf' ' M ,-0^ üûtjlia® jstfk o„#l I Les rayons X Ce sont des ondes électromagnétiques, comme la lumière, d'une fréquence trop élevée pour être perçues par l'œil, mais détectables avec une pellicule photo.Les rayons X traversent facilement la chair, mais ils sont bloqués par les os.Il suffit donc de se placer entre leur source et une pellicule pour se «photographier» l'intérieur.Le problème, c'est leur pouvoir destructeur.À trop forte dose, ils provoquent cancers et stérilité, comme l'ont découvert à leurs dépens les pionniers de la radiologie.Mais les améliorations technologiques ont permis de réduire considérablement les doses sans altérer la quaü'té des images.qui se passait dans le cerveau de téléspectateurs lorsqu’ils regardaient les publicités de différents partis politiques », donne en exemple le docteur Normand Laberge, vice-président exécutif de l’Association canadienne des radiologistes.On peut en quelque sorte voir les gens réfléchir.La grande révolution en imagerie médicale, c’est l’informatique qui l’a apportée.La possibilité de traiter d’énormes quantités d’information a permis de produire des images en trois dimensions.En faisant tourner les bons vieux rayons X autour du patient, on peut recréer, grâce à l’ordinateur, des tranches du corps humain.En recombinant plusieurs tranches, on reconstruit une partie ou l’ensemble du corps sur un Les ultrasons Ces sons, d'une fréquence trop élevée pour qu'on les entende, traversent certains tissus et rebondissent sur d'autres.L'analyse de ces échos permet de recréer l'obstacle rencontré.C'est le principe de l'écholocation, bien connu chez les cétacés et les chauves-souris, et de l'échographie utilisée chez les femmes enceintes, mais aussi utile dans la détection de certains problèmes gastriques ou génitaux.Les images obtenues exigent une certaine expérience pour être correctement interprétées, mais les ultrasons ont l'avantage d'être inoffensifs pour les tissus, d'où leur usage très répandu pour voir les bébés en formation.Les rayons gamma Encore plus pénétrants que les rayons X, les rayons gamma sont émis lors de la désintégration d'un atome radioactif et peuvent facilement être détectés.Mais au lieu que le rayon traverse le corps pour être capté de l'autre côté, on injecte la source d'énergie directement dans l'organisme et on repère où elle se loge.L astuce consiste à administrer une substance radioactive qui se concentre dans certains tissus, par exemple l iode dans la glande thyroïde.L'iode radioactif, en se désintégrant dans les tissus thyroïdiens, émet des rayons gamma et révèle leur position.On parle ici de tomographie par émission de positrons (TEP), une méthode qui ne permet pas de voir les structures internes, mais plutôt de localiser précisément certaines activités métaboliques.écran.C’est ce qu’on appelle la scanographie ou scanner.Ce type d’examen présente un avantage non négligeable pour les patients : il ne fait pas mal.Finies, par exemple, les douloureuses colonoscopies.Aujourd’hui, le patient est « passé au scan» et le tour est joué.«Une fois l’intestin reconstitué sur l’écran, on s’y promène en vol plané et les anomalies, comme les polypes, sont clairement visibles », explique le docteur Laberge.Mais ce n’est pas tout.Il existe aujourd’hui des logiciels de diagnostic assisté.L’ordinateur fait un premier examen des clichés, détecte les structures suspectes et les signale au médecin.Lorsque vient le tour du spé- m# i ^ - :r ¦ daliste, une partie de son travail est déjà accomplie.Quant à la téléradiologie, elle permet de consulter en direct un radiologue de l’autre côté du globe lorsque aucun n’est disponible à proximité.Enfin, les nanotechnologies ont permis d’indéniables prouesses techniques.Il existe aujourd’hui une caméra grosse comme un comprimé, que le patient avale et qui parcourt tout son tube digestif.On la récupère à la sortie.On utilise également des objectifs en fibres optiques, fins comme des cheveux, qu’on peut introduire dans n’importe quel conduit, aussi petit soit-il.Dans les deux cas, la caméra envoie des images de son périple que le médecin observe à l’écran.Plus prometteur encore : la radiologie permet de détecter les maladies avant même l’apparition des premiers symptômes.On peut mesurer la calcification des artères pour anticiper les problèmes coronariens, détecter des tumeurs cancéreuses qui ne font pas encore un millimètre, voir Il était une fois les rayons X En 1901, le physicien allemand Wilhelm Conrad Rôntgen reçoit le premier prix Nobel de physique de l'histoire pour sa découverte des rayons X.Parce qu'ils donnent la possibilité de voir à travers la matière, les mystérieux rayons enflamment l'imagination populaire.Des compagnies en profitent même pour vendre des textiles opaques, qui empêcheraient certains pervers d'utiliser la découverte pour reluquer sous les vêtements des dames.À ses débuts, la radiologie n'était pas facile à pratiquer.Il fallait extraire l'air de tubes de verre qui étaient ensuite traversés par des arcs électriques pour produire les fameux rayons X.Les fuites dans les tubes étaient fréquentes et les temps d'exposition atteignaient parfois une heure, pour des résultats souvent approximatifs.Mais les rayons X ont rendu possible le vieux rêve des médecins : examiner l'intérieur des patients sans les opérer.En février 1896, quelques semaines seulement après la découverte de Rbntgen, le docteur lohn Cox, de l'Université McGill, à Montréal, réalise une des premières radiographies cliniques de l'histoire et localise une balle dans la jambe d'un homme impliqué dans une bataille de rue.Le célèbre cliché fera grande impression et sera le premier du genre à être utilisé en cour.le cerveau fonctionner en direct.« On entrera bientôt dans l’ère de l’imagerie cellulaire et même moléculaire, prédit Normand Laberge.D’ici une quinzaine d’années, la résolution des scans ne per- mettra plus seulement de voir les organes et les tissus, mais aussi les cellules.» H sera alors probablement possible de détecter celles qui sont défectueuses avant même qu’elles ne deviennent cancéreuses.0m La facture Les dépenses de santé effectuées au Québec ont augmenté de 183% en 25 ans.Et cela est mesuré en dollars constants! Près de 98% de l'argent est alloué aux services hospitaliers (séjours à l'hôpital etc.) et aux services médicaux (traitements, médicaments, etc.).Le reste?Pour la prévention! Autant dire des miettes! 3* -, J cJïÇÎ IM* • Investir DANS LA RECHERCHE EN SANTÉ .UNE QUESTION DE VIES ! uyu.frsQ.gouv.QC.ca Fonds de la recherche en santé Québec rara Planifier.Investir.Animer.i 60 Québec Science I Octobre 2004 tau» i» .TO «toi La recherche à TETS ?.¦.> sont très altérés dans leur développement, tant C L U ' '• 111C LU.biologiquement que sur le plan de leur comportement.La privation affective est un grave traumatisme Mais gaver un enfant d’affection n’est pas l’assurer du bon heur.QS Peut-on avoir peur du bonheur?BC On peut vivre le bonheur comme un trauma quand on n’a pas été habitué aux petits bonheurs du quotidien vécus avec sa mère et son père, en participant aux pique-niques, aux vacances, aux sorties sportives ou culturelles.Nombre de garçons et de filles qui ont ressenti beaucoup d’insécurité dans les relations affectives de la petite enfance vivent l’amour comme un trauma.Ils deviennent malades d’angoisse quand ils sont amoureux.C’est une émotion tellement grande que certains êtres traumatisés ne savent pas comment la traiter.Sans amour, ils sont désespérés, car leur vie est vide de projets, mais l’amour les rebute.Ils ont le choix entre le désespoir de la mélancolie et le traumatisme de l’amour.QS La notion de bonheur diffère beaucoup selon les cultures et selon les époques.BC Tout à fait.Avant la Révolution française, on vivait entre deux paradis : le paradis perdu d’avant « ces deux coquins d’Adam et Eve », et le paradis à regagner si on avait été bien sage en ce monde.Le passage sur terre n’était qu’une vallée de larmes.Après la Révolution française, le mot bonheur est devenu social.Saint-Just a dit : le bonheur doit se produire ici-bas, et c’est la société qui doit l’organiser.Et aujourd’hui, dans notre culture de victoire chimique, on croit que le bonheur peut être moléculaire.Mais les gens qui pensent pouvoir être heureux en avalant des substances chimiques confondent bien-être et bonheur.Ainsi, dès que l’effet de la molécule disparaît, ils se retrouvent encore plus malheureux qu’avant, parce que non seulement ils ont confondu le bonheur et le bien-être, mais qu’en plus ils sont en état de manque.QS Comment expliquez-vous alors cette surconsommatio de pilules du bonheur?BC Je vous répondrais par une boutade qui n’en est pas une : pit vous fermerez de bistrots, et plus les gens prendront de trar quillisants ! Quand je suis malheureux sans savoir vraimer pourquoi, je vais au bistrot du coin prendre un verre de vin, je rer contre des gens avec qui je dis des bêtises.Le vin aussi, c’e; chimique, mais c’est du chimique qui a une histoire, une cultun Ainsi, je partage mon tranquillisant « cultivé» avec d’autres et, er semble, on va s’étonner, se désorienter, s’irriter, se faire rire; bre on va vivre.Et après une heure ou deux avec un peu de chimie ( beaucoup de relations, donc beaucoup d’émotions, je vais rentre chez moi avec un effet tranquillisant supérieur à la chimie, car ce événement a un sens.On peut se le représenter, y repenser, fait des hens.Alors qu’avec la chimie, on a un flash de bien-être qi s’évanouit dès que la chimie disparaît.On n’a pas de représentatio mentale, verbale d’un flash, d’une drogue.Je pense d’aillem | que si les jeunes se droguent tant, c’est parce qu’il y a une défai lance culturelle qui empêche la construction de leur identité.QS Êtes-vous heureux?BC Très souvent et de plus en plus.Mais même quand j’étais er fant, j’étais souvent heureux alors que, logiquement, je n’aurai j pas dû l’être.Et maintenant, je le suis encore plus.L’explicatio que je me suis donnée, c’est que j’ai dû avoir de solides empreinte affectives imprégnées dans ma mémoire par ma mère et mon pèn dont je ne garde pourtant aucun souvenir.Et j’ai un pouvoir d rêverie pathologique.Même enfant, je rêvais de situations folle qui se sont réalisées.Ce n’est pas normal.QS Boris Cyrulnik était de passage à Jonquière en mai dernier, pou participer à la journée Roland-Saucier, qui s’adresse aux pre fessionnels de la psychiatrie et de la santé mentale.114 Québec Science I Octobre 2004 W.'-Wr'J A Caroline est rayonnante depuis qu’elle est enceinte.Quoi de plus beau que de donner la vie?Quoi de plus satisfaisant que de contribuer à nourrir cette vie ?Chez Agropur, nous produisons des aliments savoureux et nourrissants, et nous le faisons depuis plus de 65 ans.agropur rf^dwmp I La nature est notre source Caroline, future maman ¦m - v:.v Médicaments périmés, antibiotiques jamais terminés, contenants sans étiquette, médicaments de pharmacies différentes : pour votre bien, faites le ménage de votre pharmacie.N’oubliez pas que si vous devez absolument prendre des médicaments, vous ne devez pas avaler n’importe quoi, n’importe comment.Québec SS
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