Québec science, 1 janvier 2007, Juin
Obésité : la faute aux polluants ’étranges insectes menacent nos forêts Le fabuleux destin d'irma LeVasseur JD 8®,95 S % \ % Enquête „ sur la ., face cachee l’Univers ?x* «r ’ £.ü'0jlsç S0| anb ^ 's ôe galaxies et j/ 065385637616 If WTUMLISTE Astronomie • Ornithologie • Entomologie • Mycologie Météorologie • Microscopie • Géologie • Biologie Physique • Anatomie • Chimie • Loupes • Herborisation Livres et documentations • Plein air • Accessoires de voyages Matériel de laboratoire • Matériel scolaire Jeux didactiques • Ateliers • Formations.m \^ •.; t r' » » • • I i • * «•v •• L* .• ¦ ‘ V ^ f V* ‘ .* •• , .‘•-t • *- / y'- - ;> • - .jç; '*'4 n p S-' Ï *: J IE NATURALISTE Contactez-nous.2925, chemin Sainte-Foy Téléphone: (418) 653-2444 Québec, (Québec) Sans frais: 1 -877-653-2444 G1X 1P3 Pratiquer l'astronomie à la boutique, c'est possible! Des formations et des ateliers offerts pour tous en magasin.La plus grande boutique virtuelle sur les sciences et l'astronomie au Québec WWW.lenaturaliste.com S ky-/Scout 0 CELESTRON Personal Planétarium ; ' %0W I 31 few! JWels Mm JUIN 2007, VOLUME 45, NUMÉRO 9 wwyv.c'ybersciences.com IS 01 !telisfi Gros problème Un médecin allemand présente une exposition de cadavres embaumés au silicone.Voyeurisme macabre ou anatomie 101?par Mélanie Saint-Hilaire La Terre et nous 10 Amos, je boirai de ton eau ! L'eau la plus pure du monde se trouve en Abitibi.par Josée Descôteaux Inno techno 12 Un lièvre dans mon ordinateur WIST est le nouveau joujou des gestionnaires de la faune pour prévoir l'évolution des écosystèmes, par Joël Leblanc Espace-temps 14 Choc céleste Dans le Petit Nuage de Magellan deux étoiles soufflent leur vent l'une vers l'autre.Du jamais vu! par Joël Leblanc PlanèteADN 16 Une douzaine d’ovules ?Le commerce d'ovules est prospère sur les campus des États-Unis.Et il est déjà bien installé au Canada.par Jean-Pierre Rogel 18 Obésité: ce n’est pas votre faute! La malbouffe et la sédentarité sont les grands responsables de l'épidémie d'obésité.Mais il y en a d'autres.Au banc des accusés : la pollution, les gènes, le manque de sommeil et les bactéries intestinales.par Catherine Dubé et Mélanie Saint-Hilaire Panique verte y 24 Invasions barbares / Deux petites bestioles capables de ravager des / forêts entières de feuillus sont aux portes du Québec.f par Anne-Marie Simard / qbo/o del’Univers^ Enquête „ sur la ., face cachee l’Univers Des larmes pour la science 39 Le canal charité en baisse Les téléthons peuvent-ils encore servir la recherche?par Van Turgeon -O o> in c O Trous de mémoire 42 Le combat d’irma La cofondatrice de l'Hôpital Sainte-Justine, Irma LeVasseur, a eu une vie tumultueuse.Portrait d'une illustre oubliée, par Noémi Mercier ^6 e j‘m q, p J noUW Science culture i 47 Aujourd'hui le futur par Philippe Desrosiers 48 Jeux par Jean-Marie Labrie 49 A un cheveu de l’invisible Bien Vu! 50 Les enfants d'irma L'Hôpital Sainte-Justine porte-t-il bien son nom?par Serge Bouchard et Bernard Arcand ¦ t’a®’'"*5" expoQZÏ Itwasrûcetoseei »-»par Raymond Lemieux Un jour, un jour L’avenir a existé.Je l’ai visité, il y a 40 ans.Il était fait d’audace et de délires visionnaires, d’espoirs et de folies architecturales.Il s’appelait Expo 67.Nous n’avions pas de cégeps; on manquait d’universités; nos parents et nos grands-parents n’avaient, pour nombre d’entre eux, qu’une cinquième année en guise de scolarité, mais nous nous étions offert une formidable fenêtre sur le monde et sur des lendemains que nous voulions chantants.Je vous parle d’un temps que les moins de deux fois 20 ans ne peuvent pas connaître.Nous étions conviés à de fabuleuses aventures spatiales en visitant le pavillon des Etats-Unis, et celui de l’Union des républiques socialistes soviétiques.(La guerre froide ?Pas chez nous !) Nous découvrions les traditions culturelles des pays africains et asiatiques.(Que nous étions loin des étranges et absurdes débats sur les accommodements raisonnables !) On nous offrait la science dans les pavillons thématiques.(C’était avant le boom du mouvement féministe: ils portaient des noms comme «L’homme et la mer», «Le génie créateur de l’homme », « L’homme et la santé».) Les angoisses climatiques liées au réchauffement de la planète ne nous effleuraient même pas : on nous faisait miroiter un progrès infini dans les pavillons climatisés de l’industrie.Un tour de minirail - cet étrange petit train qui serpentait sur une voie surélevée autour des pavillons de l’Angleterre, de la Prance, de l’Allemagne et du Canada - couronnait chaque journée passée dans ces îles inventées.Bref, le monde tournait bien et le futur semblait radieux aux yeux des enfants des années 1960.«Terre des hommes» nous avait inoculé le plaisir de penser l’avenir.Les lendemains déchantent, c’est bien connu.Moins de 10 ans plus tard, un autre grand projet, le Stade olympique, hypothéquait le Québec pour plusieurs décennies.Aujourd’hui, la moindre extravagance se traduit en déficits, en dépassements de coûts.(Besoin d’exemples, vraiment ?Le CHUM, les trois stations de métro à Laval.) Tout se chiffre, tout s’administre.Et quand on chiffre mal, on se fait taper sur les doigts, comme les administrateurs de l’Université du Québec à Montréal, avec leurs beaux et coûteux îlot Voyageur et pavillon des sciences.C’est peut-être une bonne chose, direz-vous.N’empêche, n’aurions-nous pas perdu en chemin l’élan et la ferveur qui habitaient les concepteurs de l’Expo ?Cet élan indispensable à ceux qui veulent penser un monde meilleur ?Naïf ?On voit pourtant, dans d’autres villes, pousser des projets futuristes où se lit encore cette confiance en l’avenir.À Lisbonne, on est saisi par la beauté du pont Vasco de Gama; à Barcelone, par le quartier olympique; à Shanghai, par des constructions toutes plus audacieuses les unes que les autres; à Paris, par l’hallucinant quartier de la Défense.Quarante ans après l’Expo, nos projets à nous, le long du Saint-Laurent, on ne les rêve plus totalement; on se demande combien ça va coûter.On vit dans le plan B de notre avenir : cela donne des projets édulcorés et absolument pas inspirants.Dans un tel contexte, la nostalgie de l’Expo n’est pas prête de s’évanouir.D’autant qu’il est encore tôt pour préparer l’Expo 2034 qui pourrait commémorer le demi-siècle du Canada.Il faut juste souhaiter que les plus de deux fois 20 ans comme moi puissent y participer.4 Québec Science I Juin 2007 Rédacteur en chef Raymond Lemieux rlemieux@quebecscience.qc.ca Rédactrice en chef adjointe Pascale Millot p.millet @quebecscience.qc.ca Viragi vos st Reporters Catherine Dubé, Marie-Pier Elie et Noémi Mercier Collaborateurs Bernard Arcand, Serge Bouchard, Philippe Desrosiers, Josée Descôteaux, Jean-Marie Labrie, Joël Leblanc, Jean-Pierre Rogel, Mélanie Saint-Hilaire, Anne-Marie Simard et Yan Turgeon.Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Frefon, Katy Lemay Direction Sylvie Bergeron Adjointe administrative Nicole Lévesque Responsable de la diffusion Dominique Owen PUBLICITE LOCALE ET NATIONALE : Mc3 média Michel Laurier (514) 397-4000 michel.laurier@mc3media.ca SITES INTERNET www.cybersciences.com Responsable: Noémi Mercier n.mercier @quebecscience.qc.ca www.cybersciences-junior.org Responsable: Catherine Dubé courrier@cybersciences-junior.org Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 43,04 $, 2 ans = 74,15 $.3 ans = 102,98 $.À l'étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d'adresse Tél.: (514) 521-5376 ou 1 866 828-9879 Québec Science, Service à la clientèle, 1251, rue Rachel Est, Montréal (Québec) H2J 2J9 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Viltebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Québec n S Canada rail par ijyeetle Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Les Messageries Benjamin mm Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2007, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 2007 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Poste : Convention de la poste-publications n" 40064577, n» d'enrégistrement 08024.Retournez toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada.Le magazine sert avant tout un pubb'c qui recherche une inlormation b'bre et de quaüté en mat'ère de sciences et de technologies, l’éditeur n'est pas lié à quelques exigences pubb'citaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journah'stes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratil, est publié 10 lois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les dires, sous-titres, textes de présentaüon et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 395-0103 Québec Science est supporté par le Cegep de Jonquière et reçoit l'aide financière du ministère du Développement économique de l'Innovadon et de l’Exportation.Nous reconnaissons l'aide linancière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d'aide aux pubdcadons et du Fonds du Canada pour les magazines.La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: 1514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 courrier® quebecscience.qc.ca Magazines du Québ M B I f iistn, CEGEP de Jonquière yy/fJ&Yfp&ïXfJÿ.8 Courrier courrier@quebecscience.qc.ca Virage technologique : vos solutions Vite, une révolution ! De nombreux lecteurs ont réagi au texte écrit par l’ancien premier ministre du Québec Bernard Landry («Vite une révolution!», avril 2007).Il y prônait un virage technologique conciliant l’économique et le social.Denis Bond, de Matane, regrette que le mot environnement ne soit mentionné nulle part dans le texte.« Considérant les menaces écologiques qui nous guettent, toutes les nouvelles mesures économiques devront do?tner aux générations futures un avenir sain et prometteur.Le modèle économique actuel basé sur la consommation excessive doit changer.Bientôt, on ne pourra plus consommer, brûler, remplacer et jeter des objets.Il vaudrait mieux com?nencerà ralentir si l’on veut se sauver soi-même et la planète.C’est le monde entier qui doit relever ce défi.Tout effort est voué à T échec et ne sera que temporaire s’il ne se fait pas dans le plus grand respect de la nature.Cette nature que nous avons épouvantablement négligée et saccagée depuis le début de T ère industrielle.» Angèle Gosselin, de Gatineau, pense qu’une bonne partie de la solution aux problèmes économiques réside dans le télétravail.«Si je suis débordée, mon truc, pour gagner quelques heures, est de travailler à la maison.J’économise deux heures en déplacements et en temps de repas, plus une heure de préparation (habillement et maquillage).Voilà pour l’augmentation de la productivité.Incroyable: trois heures de plus par jour pour une seide personne ! Mais ça ne s’arrête pas là.J’économise aussi l’essence.Imaginez : un million de travailleurs par jour qui ne prennent pas leur auto ! On ar-rivem même à réduire de façon appréciable nos émissions de CO2 .'Autre avantage: à distance, je peux travailler depuis Matane, Sept-îles ou Gaspé.Ainsi, ces régions souffriraient moins du chômage, et leurs infrastructures de santé seraient utilisées à leur plein potentiel.» Yvon Lemelin, de Lac-Etchemin, prône une augmentation du financement de la recherche scientifique.«Le gouvernement du Québec se doit d’ouvrir un fond RE A pour acheter les brevets et aider à développer la recherche dans nos universités.Les scientifiques ont besoin d’argent au début de leurs projets, car aux premiers résultats prometteurs, les grandes entreprises s’empressent d’acheter les brevets et souvent d’engager les scientifiques pour les avoir sous leur contrôle.Avec les brevets, les investisseurs sont presque certains de récupérer leur mise de fonds.Avec un RE A investissement, on peut maintenir nos chercheurs chez nous.Avec un RE A développement, on garde des emplois au Québec, tout en offrant une formation très spécialisée.«Il y a plein de recherche et dévelop- pement dans nos universités, mais il n’y a pas de support adéquat pour poursuivre et atteindre les résultats finaux.On laisse ainsi les cerveaux filer à l’étranger.La richesse vient avec la mise en marché, une fois que l’efficacité du brevet est prouvée.Avec Québec Science, je m’émerveille toujours de découvrir tout ce qui se fait dans nos universités.Si seulement on avait une structure assez solide pour protéger cette richesse!» François Boudreault, de Québec, a publié sur son blogue une lettre ouverte à Bernard Landry en réponse à son texte.En voici un extrait.« On appelle scientisme la vision du monde selon laquelle la science est seule garante de la vérité et qu’elle résoudra donc, à elle seule, tous les problèmes de l’humanité.Je suis heureux de voir que vous ne mangez pas de ce pain-là.Du moins pas complètement.Vous énoncez clairement dans votre texte les défis auxquels nous serons confrontés, dans un proche avenir, et vous déclarez que l’État Des honneurs pour Québec Science Encore une fois cette année, Québec Science figure en bonne place au concours des Grands Prix des magazines du Québec et des Prix du magazine canadien.Jean-Benoit Nadeau est finaliste dans la catégorie reportage avec son article sur les nouveaux usages du bois (« Bois nouveau», décembre 2006-janvier 2007); Mélanie Saint-Hilaire est nominée dans la catégorie Portrait pour son texte sur le mathématicien Jean-Marie De Koninck («Super Math ! », mai 2006).Québec Science récolte deux nominations dans la catégorie Dossier thématique («Il/Elle», mars 2006 et « Une prière pour Darwin », avril 2006).Bernard Arcand et Serge Bouchard sont en nomination pour la meilleure Chronique d'humeur ou billet («Bien vu!»).Notre reporter Catherine Dubé, quant à elle, court la chance de remporter le prix du meilleur article pratique ou de service pour son texte «Été, sommes-nous bien protégés ?» (juillet-août 2006).Enfin, deux journalistes en début de carrière, qui ont fait leurs premières armes à Québec Science, sont en nomination pour le prix du journaliste de la relève, Raphaëlle Derome et Thomas Gervais.Québec Science a également retenu l'attention des jurys de la trentième édition des Prix du magazine canadien dont les gagnants seront annoncés en juin.Deux de nos journalistes se sont distingués; il s'agit de Marie-Pier Elie, finaliste dans la catégorie Humour, pour son article sur le spermatozoïde (« Super héros », mars 2006) et de Jean-Benoit Nadeau (« Bois nouveau »), dans la catégorie Science, technologie et environnement.Plus de lecteurs.Québec Science est de plus en plus lu, a révélé l'enquête annuelle de Print Measurement Bureau (PMB) qui évalue sur 2 ans le lectorat de 115 publications canadiennes.Depuis l'enquête de 2006, notre magazine a vu le nombre de ses lecteurs augmenter de 6,2%.Ce n'est pas rien, car la tendance est plutôt à la baisse dans le cas de la majorité des magazines québécois.Vous êtes aujourd'hui 392 000 personnes (205 000 hommes pour 187 000 femmes) à nous lire et cela nous réjouit! Juin 2007 I Québec Science 5 077727 Oui aux oméga-3 Jean-Paul Gosselin, de Montréal, consomme depuis longtemps des oméga-3 auxquels nous avons consacré l'article «Les promesses des oméga-3», dans notre numéro d'avril 2007.«[Ii était] temps que la commu- \ nauté scientifique et médicale les mette en valeur! J'ai en ma possession un bouquin publié en 1987 et intitulé The Omega-3 Breakthrough : The Revolutionary, Medically-Proven Fish Oil Diet, écrit par un Américain nommé Julius Fast.Malheureusement, près de 20 années se seront écoulées avant que l'on reconnaisse les bienfaits des oméga-3, particulièrement, sur la santé cardiaque!» Mercure et oméga-3 Juste au moment de la publication de notre article.Santé Canada annonçait avoir révisé ses normes sur la présence de mercure dans le poisson.Pas d'inquiétude, les plus riches en oméga-3 (saumon, hareng, sardines, omble, maquereau, truite) peuvent être dégustés deux à trois fois par semaine.Santé Canada a plutôt dans sa mire des* espèces prédatrices, comme le requin, l'espadon, le rouvet et le makaire, qui ne devraient pas se retrouver plus d'une fois par semaine dans notre assiette, et encore moins souvent dans celle des femmes enceintes et des enfants.Le thon blanc figure aussi, dans une moindre mesure, parmi les espèces dont il faut se méfier.Le thon pâle ne présente pour sa part aucun danger.D'ailleurs, une étude pilotée par l'Institut national de santé publique du Québec rassurera définitivement les sceptiques.L'équipe du chercheur Eric Dewailly a acheté du saumon ainsi que des truites d'élevage dans des épiceries et des poissonneries de Québec pour en connaître la teneur en contaminants.Ils ont fait le même exercice avec des saumons et des truites sauvages, pêchés dans des rivières de la province.«Ils ne représentent aucun danger, on pourrait en manger deux fois par jour!» assure l'un des scientifiques, Michel Lucas.Les promesses des A = omega-3 v devra jouer un rôle concret pour baliser la marche vers cet avenir que plusieurs envisagent, actuellement, avec appréhension.« Mais vous passez complètement - de façon bien inexplicable - à côté d’un pan énorme de la réalité qu’il nous faudra tous bientôt affronter.Peut-être cette omission s’explique-t-elle en partie par le fait que le virage technologique auquel vous nous aviez convié en 1981 a eu pour conséquence d’amplifier, d’aggraver, d’accélérer la destruction de l’écosystème dans lequel nous devons prendre place aujourd’hui.Toute une génération a ainsi pris le virage technologique de la révolution tranquille avec enthousiasme, en niant parfois la réalité des conséquences vicieuses que ce virage était en train de provoquer, ou en réagissant trop lentement, la plupart du temps.» On peut lire le texte intégral à l’adresse suivante : http://francoisboudreault.wordpress.com Histoire du disque: des précisions Spécialiste de l’histoire de l’enregistrement sonore, et directeur du Musée Edison du phonographe, à Sainte-Anne-de-Beaupré, Jean-Paul Agnard a tenu à ajouter quelques précisions au texte « Comment on a capturé le son » (avril 2007).Au sujet de Charles Gros, la journaliste a écrit : «[II] dessine les plans d’un appareil.Il brevette son idée.» En fait, précise M.Agnard, il n’existe aucun dessin de cette idée.De plus, Charles Gros ne prendra jamais de brevet.Il déposera ce qui est appelé maintenant un « pli cacheté» à l’Académie des sciences de Paris, c’est-à-dire une lettre fermée dans laquelle il décrit son idée.L’Académie l’enregistre et y applique son cachet.Par ailleurs, les cylindres n’utilisent pas d’aiguilles, mais des saphirs à bout rond, puis des diamants à bout rond, pour les cylindres en celluloïd.Oups! Le roman de Didier van Cauwelaert qui imagine le clonage du Christ s'intitule L'évangile de Jimmy et non La légende de Jimmy (qui est une chanson popularisée par Diane Tell), comme il est mentionné dans l'article «Cloner Jésus, le frère André et Marguerite d'Youville?» (avril 2007).A./Ph.D./D.E.S.S./L.I.B./M.ScVM.B.A./Psy.D./M.Éd./LL.D./M.A./Ph.D./D.E.S.S./L.I.B./M.Sc./M.B.A./Psy.D./M.Éd./LL.D./M.A./Ph.D./D.E.S.S./L.I.B./M.Sc.i, .Jsy.D./M.Éd./LL.D./M.A./Ph.D./D.E.S.S./L.I.B./M.Sc./M.B.A./Psy.D./M.Éd./LL.D./M.A./Ph.D./D.E.S.S./L.I.B./M.Sc./M.B.A./Psy.D./M.Éd./LL.D./M.A./Ph.D./D.E.' ‘ ~c./M£A./Psy.D./M.Éd./LL.D./M.A./Ph.D./D.E^S./L.I.B./M.qt/M.B.A./PsUX/M.Éd./LL.D./M.A./Ph.D./D.E.S.S./L.I.B./M.Sc./M.B.A./Psy.D./M.É^^D./M E.l S /Hb./M Sc./M B.A /Psy D./M Ed LL D/A /Ph D /DE» /U B .'M™.MB A /Psy D./M.Ed /LL.D./M.A./Ph D 10 ESS /L I B ;M V M E^^^D • 'M.BPHD./S .^^B^flM'W.A.Ky.ti.'^^Lin/M./Ph.¦¦¦: A./PHD./jr m Æ J-.B./M c./M.B M.A./Ph L’UQAM offre plus d’une centaine de programmes de cycles supérieurs pour approfondir vos connaissances et vous faire avancer.Pour tout savoir sur nos programmes et les modalités d’admission, consultez notre site Web.www.etudier.uqam.ca 6 Québec Science I Juin 2007 UQAM Prenez position KmSSm‘ • matière renouvelable: L’AVENIR MEMBRE DU GROUPE QIT-Fer et Titane mène ses activités de façon à contribuer concrètement à la transition du Québec vers le DÉVELOPPEMENT DURABLE.Elle investit dans la modernisation de ses installations pour consolider les emplois de ses employés actuels et assurer la prospérité des générations futures, le tout dans le respect des ressources qu'elle utilise.L'avenir, QIT le bâtit aussi pour la qualité de vie des collectivités où elle a ses installations en étant un partenaire appliqué à leur développement.RIO TINTO une force mondiale www.qit.com vaxxj QIT-Fer et Titane inc. La mort leur va si bien Le Centre des sciences de Montréal accueille une exposition de cadavres humains embaumés avec du silicone.Voyeurisme macabre ou anatomie 101 ?Gunther von _ >ns (à dr « Pour savourer les bienfaits vie, il faut accepter la mo pi^- ; philosophe le pèr la plastina par Mélanie Saint-Hilaire Appelez ça l’ultime strip-tease.Une vingtaine de cadavres dépouillés de leur peau, les viscères à l’air, posent dans des attitudes de la vie quotidienne.Vous admirez les muscles du joueur de soccer en action et le cerveau du penseur en réflexion; vous comparez un poumon de fumeur à un poumon normal.Voilà quelques-uns des quelque 200 organes qui montrent, entre autres, l’impact du mode de vie sur la santé.Bref, vous contemplez, halluciné, votre propre architecture interne.Plus de 20 millions de visiteurs dans le monde ont déjà admiré les corps humains disséqués par l’anatomiste Gunther von Hagens, qui sont en ce moment au Centre des sciences de Montréal dans le cadre de l’exposition Le monde du corps 2.« Pour savourer les bienfaits de la vie, il faut accepter la mort», philosophe Gunther von Hagens dans un courriel envoyé de Chine, où il réside.À la fois scientifique, artiste et entrepreneur, cet Allemand de 62 ans est un authentique excentrique.Le médecin blême à l’éternel chapeau noir se compare volontiers aux pionniers de l’anatomie, comme Léonard de Vinci.Mais il a un sens on ne peut plus moderne du showbiz.Il n’y a que lui pour exécuter une dissection publique à Londres ou danser en costume de squelette à la Love Parade de Berlin.Ses « œuvres », il les réalise grâce à un procédé de conservation appelé « plastina-tion ».Après dissection, le mort est plongé dans l’acétone, un solvant qui débarrasse les cellules des liquides corporels et des graisses solubles.Puis il est immergé dans des substances plastiques.Une fois le cadavre placé sous vide, l’acétone s’évapore.Les cellules ainsi vidées se remplissent alors de résines réactives et d’élastomères.Enfin, le corps est placé dans sa position d’éternité et rigidifié à l’aide de gaz ou de chaleur.Après 1 000 heures ou plus de travail, on obtient une «poupée» de caoutchouc rigide.Sèche, colorée et inodore.Le docteur von Hagens a breveté la plastination en 1978 dans le but de créer du matériel pédagogique pour les étudiants en anatomie.Son laboratoire de la Ruprecht-Karls-Universitàt, à Heidelberg en Allemagne, a fourni des organes préservés aux facultés de médecine du monde entier.À 75 000 € (116 000 $) le cadavre, ses affaires ont vite prospéré.En 1993, il fondait l’Institut de plastination.Son commerce de l’après-vie lui rapporte maintenant des millions et comprend des usines en Allemagne, au Kirghizstan et en Chine.Surnommé le «Walt Disney de la mort », l’homme s’est découvert une mis- sion : démocratiser l’anatomie.« Graduellement, j’ai réalisé que les profanes étaient fascinés par les plastinats et j’ai pensé sortir les spécimens du labo pour les montrer au grand public », explique-t-il.Succès total.Depuis la première à Tokyo, en 1995, l’exposition (qui circule en trois versions) a fait escale dans plus de 30 villes, dont Vancouver et Toronto.Peu à peu, le « plastinateur » s’est permis plus de fantaisie.Ici, un cavalier chevauchant un étalon disséqué.Là, une femme alanguie exhibant, dans son ventre ouvert, un fœtus de huit mois : «Je suis un scientifique qui embrasse l’art.L’art anatomique présente l’intérieur du corps de façon esthétique pour soutenir le but didactique.» En Allemagne, où les jeux macabres évoquent de terribles souvenirs, on a hurlé à la profanation.Saisie de l’affaire, la cour de Heidelberg a conclu que l’exposition de dépouilles, motivée 8 Québec Science | Juin 2007 par l’art et la science, ne constituait pas une offense.Elle a aussi jugé légales les affaires de l’Institut de plastination, celui-ci n’utilisant que des corps non réclamés par les héritiers (des reportages avaient dénoncé un trafic de cadavres provenant d’hôpitaux kirghizes et de prisons chinoises).« Que la discussion ait tourné en attaques personnelles à mon égard est un signe que mes opposants manquent d’arguments convaincants », dit von Hagens qui a obtenu plusieurs injonctions contre des médias.Il insiste : chaque individu exposé dans Le monde du corps a autorisé sa plastination.Le programme de don de corps de l’Institut WilipJ compterait plus de 6 800 signataires, dont quelque 200 Nord-Américains.Exaspéré par ces incessantes attaques, le médecin a déménagé son exposition en Amérique, en 2004 : « Alors que les cercles scientifiques allemands considèrent inconvenant d’enseigner aux profanes, les Américains en sont fiers.Cette soif de science populaire aide ma mission d’éducation en santé et de démocratisation de l’anatomie.» Le Centre des sciences de Montréal est conscient des enjeux moraux soulevés par la mise en scène de ces sculptures humaines.Les visiteurs pourront se préparer grâce à une mini-expo sur l’histoire de l’anatomie et s’exprimer lors d’un forum public animé par la journaliste Anne-Marie Dussault.« L’exposition soulève des appréhensions, concède Michel Groulx, chef de la recherche au Centre des sciences de Montréal.Comment va-t-on réagir face à des morts ?Mais en fait, elle parle de la vie, puisqu’on voit les corps en action.» Pour Gunther von Hagens, la chose est entendue.Quand il mourra, il sera plastiné.De préférence en tranches, pour pouvoir être à plusieurs endroits en même temps.« Si mon âme est pourvue d’une mémoire autobiogra-phique, souligne-t-il, elle sera très fière de voir comment mon corps enseigne aux futures générations.» QB Pour en savoir plus Le monde du corps 2.Du 10 mai au 16 septembre, au Centre des sciences de Montréal, j || Tél.: (514) 496-4724 ou 1 877 496-4724 www.centredessciencesdemontreaL.com Lamour-nez l’instar des autres animaux, les l drosophiles (communément appelées « mouches à fruits ») souvent utilisées en laboratoire, sont soumises à la loi des phéromones, ces molécules volatiles sécrétées pour indiquer aux autres membres de leur espèce leur désir de s’accoupler.Sous cette influence chimique, les drosophiles ne courtisent habituellement jamais un partenaire du même sexe.Barry Dickson, de l’Institut de recherches en pathologie moléculaire de Vienne, en Autriche, aurait découvert le responsable de ces mœurs hétérosexuelles : un récepteur à phéromone mâle situé dans certains neurones olfactifs, l’équivalent du nez » de ces petits insectes.Mâles et femelles en sont tous deux dotés.Après avoir créé en laboratoire des drosophiles dépourvues de ce récepteur, le chercheur a constaté que cela déréglait complètement leurs mœurs sexuelles.Les mâles se séduisaient entre eux et les femelles cessaient tout manège amoureux.Dans un article publié par la revue Nature, le chercheur précise que ce modèle n’est pas pplicable aux comportements sexuels humains, car les gènes qui régulent l’accouplement chez cette mouche n’existent pas chez l’homme.N’est-il pas rassurant de savoir qu’on ne se fait pas ainsi mener par le bout du nez ?Plus de mauvais sang ini la pénurie de sang et les problèmes de compatibilité lors des transfusions ?Des enzymes gloutonnes se chargeront bientôt de rendre n’importe quel groupe sanguin universel.Henrik Clausen et son équipe de l’université de Copenhague, au Danemark, ont découvert deux enzymes bactériennes capables de convertir au groupe O tous les dons de sang.Ce groupe est le seul compatible avec tous les receveurs.C’est le type d’antigènes (A ou B) présents à la surface des globules rouges qui détermine les groupes sanguins : A, B, AB (une combinaison des deux) ou O (pour l’absence totale d’antigènes).Ces antigènes sont des sucres dont la tête est reconnue par le système immunitaire du receveur qui risque la S Ml mort s’il reçoit un mauvais groupe.Les deux enzymes identifiées par les chercheurs, de type glycosidases (littéralement « coupeurs de sucres »), ont chacune la particularité de décapiter l’un des deux types d’antigènes, A ou B, les rendant ainsi identiques.Pour mener à bien leurs travaux, publiés dans la revue Nature Biotechnology, les chercheurs ont scruté 2 500 bactéries et champignons avant de mettre la main sur les deux enzymes nichées au sein des bactéries Bacteroides fragilis et Elizahethkingia meningosepticum. La Terre et nous Amos, je boirai de ton eau ! L’eau la plus pure du monde se trouve à Amos, en Abitibi.Mais cette richesse est menacée.par Josée Descôteaux Cette eau cristalline sort de l'esker Saint-Mathieu-lac-Berry, en Abitibi, une formation géologique qui filtre à merveille la pluie et la neige fondue.- > -rt .y-rrri^ ytggp : • H •• V -j,?-^ " -¦ 'i-V_ if?’.- t-ZM.Il y a un demi-siècle, la ruée vers l’or a ouvert les entrailles de l’Abitibi.Aujourd’hui, des chercheurs y mènent une opération à cœur ouvert pour jauger et protéger une richesse mal connue : l’eau la plus pure du monde.L’eau d’Amos a en effet reçu ce titre prestigieux parmi 200 villes, dont Paris et Genève, dans le cadre d’une compétition internationale de la meilleure eau potable, qui s’est tenue en Virginie il y a quelques années.Cette eau cristalline, dont le pH frôle l’équilibre parfait, n’est pas purifiée artificiellement.Son secret ?Elle serpente et niche dans le ventre de formations géologiques appelées eskers.L’Abitibi et le nord de l’Ontario comptent environ un esker tous les 15 km.Au pays de Raoûl Duguay, leur apparition remonte à plus de 8 500 ans, lors de la fonte d’un glacier qui recouvrait la région.Des rivières sont alors apparues sous la glace et, à mesure que le courant diminuait, les sédiments qu’elles transportaient ont peu à peu formé des dépôts de sable, de gravier et de rocs.Ces dépôts sont les eskers.Ils peuvent mesurer quelques mètres ou une centaine de kilomètres; ils ont l’aspect de longues crêtes étroites et sinueuses.Le sable et le gravier qui les constituent forment une espèce de mousse granulaire qui filtre l’eau de pluie et de fonte.« L’eau réagit habituellement aux minéraux en place, mais dans le cas des eskers, les minéraux, dont le quartz, sont très peu réactifs.L’eau est donc à peine minéralisée et elle a un pH au-dessus de la neutralité.C’est ce qui fait sa pureté», explique Vincent Cloutier, géologue et chercheur à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).Partiellement enfouis sous l’argile, les eskers d’Abitibi peuvent contenir de grandes quantités d’eau souterraine d’une qualité incomparable.Pour favoriser la gestion de cette ressource naturelle, l’UQAT a mis sur pied, en 2003, un projet d’étude des eaux souterraines en collaboration avec la Commission géologique du Canada, l’INRS (Institut national de recherche scientifique) et la MRC d’Abitibi.« Pour protéger la ressource, il faut la connaître, explique Jean Veillette, chercheur en géologie du quaternaire à l’UQAT.Il peut y avoir plusieurs bassins le long des eskers et, en creusant, on peut trouver de l’eau plus profondément.Il faut donc procéder à des forages pour savoir ce qui se passe dans le sous-sol.» Qui plus est, la qualité n’est pas uniforme dans la région, précise Vincent Cloutier.Les scientifiques tentent donc de comprendre le parcours de l’eau, des précipitations jusqu’à la nappe phréatique.Leurs recherches portent égale- 10 Québec Science I Juin 2007 WmM mm r.ment sur l’âge de la ressource, car le mélange des eaux récentes et anciennes peut en altérer la qualité.En plus d’attiser la curiosité des scientifiques, elles alimentent près de 73 % de la population de l’Abitibi.Les quelque 13 000 résidants d’Amos consomment pour leur part l’eau de l’esker Saint-Mathieu-lac-Berry (probablement le plus imposant de la région, avec ses 70 km de longueur), celle-là même qui s’est vu décerner un prix international pour sa pureté.L’esker Saint-Mathieu-d’Harricana, quant à lui, constitue la source d’une usine de mise en bouteilles, et l’eau de l’esker Saint-Mathieu-lac-Berry est utilisée dans la fabrication de la bière belge «8», distribuée au Québec par McAuslan.' Le paradis de l’eau pure n’est pourtant pas à l’abri de tout péril.Les cordons de sable et de gravier que constituent les es-kers se sont avérés un remblai naturel idéal pour la construction des routes au moment de la colonisation de la région et, à la fin des années 1960, ils ont aussi servi à construire la route qui relie Amos à Matagami.L’expansion de la forêt - des conifères comme le pin, par exemple -pourrait également endommager les es-kers, selon Jean Veillette, et leurs nappes d’eàu sont également vulnérables aux sources de contamination industrielle ou domestique.« Les sites d’extraction de gravier sont souvent utilisés comme des dépotoirs quand ils sont vides.Ce qu’il ne faut surtout pas faire, évidemment», enchaîne le chercheur.Lors du Colloque sur l’eau souterraine qui se tenait à Amos en mars dernier, le Groupe de recherche de l’UQAT a proposé de mettre en place un programme de gestion durable de cette précieuse ressource.La partie est toutefois loin d’être gagnée car, comme le signale Jean Veillette, les gouvernements provincial et fédéral n’acceptent souvent d’investir dans la gestion de l’eau que lorsqu’elle fait l’objet d’une menace tangible.« Notre problème, c’est qu’on n’a pas encore de problème ! » ironise-t-il.«Espérons, ajoute Daniel Lampron, de la Société de l’eau souterraine de l’Abitibi-Témiscamingue, que l’intervention des scientifiques et des citoyens pourra permettre d’éviter les erreurs commises dans la gestion de la forêt.» Q rlSÈ- C ^ -Ç -1 Le soleil de Séville rès de 624 miroirs de 120 m2 cha- ^ ^ Né* .•v ! cun composent la première centrale solaire européenne.Elle vient d’être inaugurée près de Séville, en Espagne.Ces miroirs captent et reflètent la lumière en la dirigeant vers une tour de 115 m de hauteur.L’énergie du Soleil réchauffe une cuve installée à la base du bâtiment.La vapeur qui s’en dégage actionne ensuite une turbine.Et voilà les watts ! La puissance obtenue est de 11 mégawatts, ce qui suffit à répondre aux besoins d’une ville de près de 5 000 habitants.Olé ! Phoques sans banquise La glace a été ttop mince à bien des endroits du golfe Saint-Laurent cette année.Le Fonds international pour la protection des animaux affirme même que plusieurs blanchons se sont noyés aux environs des Ües-de-la-Madeleine.L’organisme voit là un argument de plus pour mettre un terme à la chasse printanière des phoques.Ce qui n’a pas l’heur de convaincre le ministère des Pêches et Océans du Canada.Selon le dernier relevé effectué par- les autorités, le troupeau de phoques du Groenland de l’Atlantique du nord-ouest, qui se reproduit dans le Golfe, compterait environ 5,8 millions d’individus.C’est trois fois plus qu’en 1970.Changements climatiques : Mars aussi ! La température moyenne de la planète rouge a augmenté de 0,65 °C entre 1970 et 1990.Pourtant, jusqu’à preuve du contraire, il n’y a là-bas aucune industrie pétrolière ni de Martiens en automobile.Cette augmentation de la température serait plutôt liée à un accroissement du dépôt de poussières.Leur accumulation favorise en effet l’absorption du rayonnement solaire, ce qui réchaufferait le sol de Mars, abondant en oxyde de fer.La température moyenne y est d’ordinaire de -63 °C avec un maximum qui peut parfois atteindre 20 °C.Pollution made in China Il n’y a pas que les jouets, les t-shirts et les appareils électroniques qui nous arrivent de Chine et d’Inde.Il y a aussi la pollution.Les courants aériens soufflent de telle sorte que les rejets des industries asiatiques traversent le Pacifique et altèrent le bel équilibre climatique de l’Ouest canadien.C’est une étude de l’université du Texas, menée au cours des 10 dernières années, qui a mis en lumière ce lien climatique trans-Pacifique.En fait, les chercheurs ont remarqué que la force des tempêtes qui touche la côte ouest canadienne a crû depuis 1994.Cela coincide avec une augmentation de la charge polluante des nuages -10 à 20 fois plus importante - qui se forment en Asie avant de traverser l’océan.Les chercheurs tentent maintenant de savoir si cela peut modifier le Pacific Storm Track, un courant de vent dominant qui transporte ces nuages d’ouest en est.Juin 2007 ! Québec Science 11 MICHEL ROULEAU Inno techno WÊÊÊÊÊÊmÊÊÊÊÊÊÊÊ^^mmÊÊÊÊam^^mmÊÊm Un lièvre dans mon ordinateur Wist fonctionne un peu comme le jeu Sim City ! C’est le dernier joujou des gestionnaires de la faune pour prévoir l’évolution d’un écosystème sur plus de 100 ans.par Joël Leblanc BjgtgfcÿSI Maman lièvre se réveille au crépuscule.Elle sort de son terrier, suivie de sa progéniture, et commence à brouter du trèfle dans la plaine.Tout près, une chouette perchée dans un arbre les aperçoit et fond sur eux.Ils détalent pour rejoindre la tanière, mais un des petits, moins chanceux, est happé par l’oiseau de proie.Il servira de repas à deux oisillons.Un drame animal comme il en survient par milliers dans la nature.et dans les ordinateurs de Lael Parrott.Ses lièvres à elle sont virtuels, tout comme le trèfle, la chouette et ses petits.«Je tente de prévoir l’évolution des écosystèmes par mo- délisation, explique la professeure agrégée du département de géographie à l’Université de Montréal.Grâce au logiciel que mon équipe et moi avons conçu, nous simulons des écosystèmes dans tous leurs détails et observons leur évolution sur plusieurs années.» Ce logiciel, c’est WIST (Weather driven, Individual-based, Spatially explicit, Terrestrial ecosystem model) traduction libre : un modèle d’écosystème terrestre, influencé par la température, basé sur l’individu et aux dimensions déterminées.Pour commencer, Lael Parrott introduit dans l’écosystème virtuel tous les animaux et les plantes supposés s’y trouver à l’origine.Elle précise la position géographique, ce qui détermine l’intensité de l’éclairage et la durée du jour.Ensuite, elle spécifie la température de départ.« Une fois tous ces détails réglés, je peux lancer la modélisation et observer l’évolution de mon écosystème sur une période pouvant aller jusqu’à 100 ans.» Pour chaque animal, l’ordinateur doit connaître le poids, le pourcentage de gras, le taux de reproduction, la mobilité, la tendance à migrer ou à rester dans un territoire, les besoins métaboliques comme manger, dormir, etc.Pour les plantes, il a besoin de la masse des feuilles, des tiges, des racines, du taux de photosynthèse, de la teneur du sol en nutriments, de la vitesse de croissance, entre autres.« Chaque être vivant a son “script”, c’est-à-dire quelques centaines de petites règles de comportement et de paramètres.Chaque animal dans l’écosystème suit ces règles et “vit” comme un vrai animal : il naît, se nourrit, grandit, se reproduit et meurt de faim ou sous les coups d’un prédateur.» Et le logiciel peut mesurer l’évolution de l’écosystème très finement.Toutes les 10 minutes, on peut savoir combien d’individus il reste de chaque espèce, leur poids, leur taille, etc.À chaque simulation, on doit intégrer l’écoulement de l’eau, en surface ou sous terre, ainsi que la dispersion des graines; il faut également prendre en compte les micro-organismes et la vitesse à laquelle ils décomposent la matière, etc.œciJS tik U"' b I («&' vifcl t [llilflÜCu J iinproce : Heu» r à» ; îoRîb II perionii il - r.'.::r covr.: peiivffl lusq b'tiis ri;:.:: lEiailtFi: ! ra IJCJl; posé Map mé!;: Bi'IS.; Mœb pets f:«; a ici! i filtrés F-s h-, Tb; iSsyie: Çlercle bé;;.sdh; ¦ [ taoii^ i ¦ 12 Québec Science I Juin 2007 Une telle approche demande évidemment une puissance de calcul phénoménale.« Prenez une parcelle de terrain de 500 m sur 500 m, donne en exemple Lael Parrott.Introduisez 20 espèces différentes pour un total de 50 000 individus.Une simulation sur 100 ans demandera environ 60 heures de calcul à un processeur.» Heureusement, le Laboratoire de systèmes complexes, qu’elle dirige, est affilié au Réseau québécois de calcul de haute performance, le RQCHP.La récente acquisition par ce réseau d’un Altix 4700, un super-ordinateur doté de 384 processeurs à cœur double, ouvre d’incroyables possibilités.Les chercheurs peuvent maintenant simuler des territoires de plus de 10 km2.Chacun des processeurs travaille sur une parcelle de ce terrain, mais est en communication avec les autres, car si un lièvre décide de migrer, il peut disparaître d’un processeur et apparaître dans un autre.C’est toute une faune qui évolue dans les circuits imprimés des ordinateurs.Mais peut-on vraiment se fier à un tel modèle ?« Dès qu’on lance une simulation, des courbes de populations typiques apparaissent, affirme Elise Pilotas, étudiante au doctorat dans le laboratoire de Mme Parrott.Les tracés montrent des pics et des creux de population pour les proies, de même que pour les prédateurs, avec un petit décalage temporel entre les deux.Ces cycles affichent une période de 9 ou 10 ans, comme dans les vrais écosystèmes.» On peut ainsi envisager toutes sortes de scénarios.Que se passe-t-il en temps normal ?Lorsqu’on introduit une espèce ?Ou qu’on en élimine une ?Pourrait-on prédire l’avenir d’un écosystème réel avant qu’il soit perturbé par une coupe à blanc ou un réchauffement du climat ?«Je ne crois pas qu’on puisse prédire l’évolution d’un écosystème à coup sûr, répond la chercheuse.Mais on peut établir des probabilités.Si on refait 100 fois la même simulation sur 100 ans avec la même perturbation initiale, et qu’un résultat semblable apparaît dans 90 de ces simulations, on a une bonne idée des conséquences les plus probables.» Un outil pour prédire les effets des changements climatiques ?G6 Marcher au-dessus du Grand Canyon Surplombant 1220 m de vide, une plateforme panoramique, baptisée « Skywalk », offre depuis mars dernier une vue imprenable sur le fleuve Colorado, en Arizona.Entièrement transparente, cette passerelle de 43 m de long, en forme de fer à cheval, est accessible aux touristes en mal de sensations fortes pour l’équivalent de 85 $.La structure représente un incroyable défi à la gravité.Pesant près de 500 tonnes et pouvant supporter le poids d’une centaine de personnes, la passerelle en verre feuilleté est soutenue par d’énormes attaches en acier ancrées dans la falaise.Située à Eagle Point, une partie du Grand Canyon peu fréquentée, cette attraction touristique est une bénédiction pour les Amérindiens hualapai qui ne reçoivent annuellement que 300 000 visiteurs sur les 4 millions fréquentant le parc national.Peinture auto-dcatrisante Des verres de lunettes sans risques de rayures, une voiture à la carrosserie éternellement neuve : voici venue l’ère des matériaux autoréparables.Ces matériaux (mie peinture par exemple) renferment des micro-capsules qui, lors d’un choc, libèrent des particules capables de se souder les unes aux autres pour reformer le matériau abîmé.Un peu comme de petites briques qui s’assem- £¦ bleraient toutes seules.Mais pour démarrer la réaction de réparation, les particules ont besoin d’un coup de £ pouce : une bonne dose d’énergie.Les ^chercheurs ont donc mis au point le pre- mier mécanophore : une molécule de synthèse capable de transmettre aux mini-briques l’énergie de déformation causée par le choc.Tout excitées, celles-ci n’ont alors qu’une envie : s’unir les unes aux autres ! Et voilà: la peinture s’auto-répare grâce à l’énergie qui l’a endommagée ! Les travaux de l’équipe de Jeffrey Moore ont été publiés dans la revue Nature.Cellule virtuelle Les chercheurs peuvent désormais tester des traitements médicaux sur des cellules virtuelles grâce à une énorme base de données informatique accessible en ligne (http ://bigg.ucsd.edu).Toutes les réactions chimiques connues (3 300 en tout !), nécessaires au fonctionnement de notre organisme, sont répertoriées dans la base BiGG (Biochimie, Génétique et Génomique) de l’université de San Diego, aux États-Unis.Pour étudier l’effet d’un médicament contre le diabète ou la mucoviscidose, ou l’impact d’un régime alimentaire sur la santé d’une personne, les scientifiques doivent en effet tenir compte de ces multiples réactions, qui varient d’une cellule à une autre selon leur fonction : respirer, bouger, digérer, etc.Avec BiGG, on peut, en quelques clics, simuler ce qui se passe dans les cellules avant de réaliser des expériences cliniques.Il suffit de choisir, à l’écran, les caractéristiques génétiques de la cellule étudiée - malade ou saine - pour reproduire les mécanismes chimiques observés lors d’une véritable expérience.Le « mannequin » virtuel d’une cellule, basé sur P 50 années de découvertes scientifiques, est modifiable à l’infini.Les travaux de l’équipe du professeur Bernhard Palsson, à l’origine du projet, ont été publiés dans Proceedings of the National Academy of Sciences.Juin 2007 Québec Science 13 STEVE SPATAFORE Esoace tenir) s Chôc céleste Dans le Petit Nuage de Magellan, deux étoiles soufflent [eur vent l’une vers l’autre.Du jamais vu ! par Joël Leblanc ¦im 'X.¦, % 'S&& ^ &****!¦
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