Québec rock, 1 juin 1978, Juin
C ^ Ü3CÜ! &200 NUTTS Ajtoure - .i ffi-JillMB jggPP : ;• > ÜH ¦ .¦ ifci.rÙ! .¦(l.fillWirtMitr in -*)r____i_____________________________________ k7 / TROIS-RIVIÈRES OTRE-D MÊÊIËËlSÊfSÊÊ : ^\y^/s,/•=».• .* .J S* 1 s iïZMf 4-$M 11 p ; S%t , i l E -.««si» m ' wimfÊms ' & ^ " ^ X., ^ V miMm 10 des plus GRANDS SUCCÈS de BEAU DOMMAGE Réunis sur un album, pochette double, avec 70 PHOTOS COULEUR et tous les textes des chansons mmmmf ULO unïlvüX SUCCES SKAO 70.058 DISCOGRAPHIE BEAU DOMMAGE .it (‘¦i/ « r/"v y atA!J %OMIiAès ST 70.034 BEAU DOMMAGE SKAO 70.037 OÙ EST PASSÉE LA NOCE?ST 70.048 UN AUTRE JOUR ARRIVE EN VILLE.ST 70.055 PASSAGERS Tous ces albums sont disponibles sur cassettes et cartouches 8 pistes CAPITOL PENSE QUÉBÉCOIS.CAPITOL PENSE QUÉBÉCOIS.CAPITOL PENSE QUÉBÉCOIS._ mm 1! * •'?lIllillBiliP RAOUL LUOAR YAUGUD DUGUAY L’ENVOL SK-AO 70.042 M ST 70.054 ALLLO TOULMOND ST 70.036 DIONNE BREGENT PITOL PENSE QUÉBÉCOIS.CAPLTOL PENSE QUÊB BÎ1QU?VIVANT AVEC TOULLLMOND SWBC 70.057 ET LE TROISIEME JOUR” ST 70.044 DEUX ST 70.052 MICHEL RIVARD MEFIEZ VOUS DU GRAND AMOUR ST 70.053 JULIE AREL JUIJEAtm a îo?MERCI A TOI ST 70.045 f/uk ybsl JE NOUS AIME.ST 70.056 MORSE CODE LA MARCHE DES HOMMES ST 70.038 4» PROCREATION SK AO 70.046 JE SUIS LE TEMPS ST 70.051 Tous ces albums sont disponibles sur cassettes et cartouches 8 pistes — .mm mu.m.u i .CAPITOL PENSE QUÈB ¦ '¦ v * v’i ' ' ’ Jt ¦ ISlIISi ililllii iiiii®i ! i«iii ¦ yg mÊMmm ipllilli .¦ i4.C' .i ¦• Si« Syntonisez R£MI - AM"FM aVCC - PAUL ET PAUL - GASTON BRISSON Q^donBrissori Corridor ST 70.040 LEUR NOUVEAU 33 TOURS ST 70.059 Paul et Paul en spectacle ST 70.050 LE GRAND CIRQUE ORDINAIRE SKAO 70.041 Tous ces albums sont disponibles sur cassettes et cartouches 8 pistes.(Orne d - mil ; CAPITOL PENSE QUÉBÉCOIS. i m ; ¦¦ I* : IS ¦ Lou Reed PLUTÔT LES METS CHINOIS QUE L’HÉROÏNE IlSfÉ New York-Montréal, connection é-vidente et intime entre deux pôles d'un même univers mordant et carrément vicieux, celui du rock n’ roll.Le Bowery et la rue St-Laurent; le Village et le Vieux Montréal; le Bottom Line et l’Évêché: transit urbain, d’un club à l’autre, échange de cultures qui ont tout en commun parce qu’elles viennent toutes de nulle part et que même ce nulle part-là est ailleurs.Montréal, mai 1978, le mois de Marie dans une ex-ville sainte où les temples se défont maintenant en lambeaux malgré les rénovations subventionnées à grands frais par des administrateurs superbement climatisés en haut de leurs vingt étages.Au milieu de ce remue-ménage printanier sans objet, un grand oiseau de métal malléable dépose au milieu de nous le challenger perpétuel au titre de prince noir du rock.“Lou Reed is home”, parce qu’au fond, chez nous c’est chez vous ou n'importe où sous les draps des Holiday Inn, lorsque votre route ressemble de plus en plus à votre vie réelle.Lou Reed au beau milieu de Dorval, avec soixante valises et une paire de verres fumés pour se protéger de la foule blanche et peut-être aussi de sa petite amie japonaise qui est possiblement un samourai extraterrestre.Flottant, plutôt que marchant comme un aveugle dirigé par ses perceptions extra sensorielles et par son road manager à la large narine il déborde les touristes arrivant tout cuits de Fort Lauderdale et s’engouffre dans une voiture qui n’est pas la sienne comme toutes ces autres illusions qui semblent vous appartenir à chaque étape d'une longue tournée presqu’organisée.Les rock stars sont des touristes chaotiques, bercés comme des bébés au fond des sièges des avions ou des limousines, comme pour leur faire digérer le vide plus profond que celui des trous noirs dans l’espace.Aujourd'hui, si c'est dimanche, ce doit être Montréal.Monsieur Lou Reed est tout vêtu de cuir, à l’épreuve des balles, du mépris et peut-être même de la neurasthénie.Il grimace deux ou trois sourires de reconnaissance et s’effondre épuisé par l'effort.Cet homme est une légende et le poids qu’il a à porter sur ses épaules est démesuré pour ses petits cinq pieds cinq, ben ordinaires.Il est né à New York sous le signe des Poissons, un deux mars des années 40.Il n’a plus à monter ou à descendre.Il est planant sur une orbite graduée où l’a placé en 1973 "Walk on the wild side".Pourtant, ce "King freak of New York” n’est pas bien bien menaçant.Il est plutôt assez timide et adore plus les mets chinois que l’héroine qui lui a boycotté le cerveau pendant nombre d’années et dont il n’utilise maintenant plus que le nom pour faire jouir ses fans invétérés.Pendant tout son séjour à Montréal, il s’enfermera pour éviter de parler même aux membres de son groupe, sauf pour quelques rares moments où il mettra son masque de rock star décadente et fera quelques sorties mémorables.Bobby McNeilly, le road manager de Reed et auparavant de Peter Frampton, descendra de la limousine devant le Nelson tout en arrosant les jeunes promeneuses indécentes du dimanche de ses regards concupiscents.“We’re only here for a vacation.glad the weather is fine.” Monsieur Reed joue à l’Évêché parce qu’on lui a proposé et parce qu’il préfère maintenant faire des petits clubs plutôt que de grandes salles.Voilà pourquoi d’ailleurs il fera dix soirs au Bottom Line à New York plutôt qu’un soir à l’Academy of Music.La tournée elle-même semble totalement démentielle.Ils en sont au troisième road manager en deux semaines, mais celui-ci tiendra la coup.Il est bâti comme un brise-glace et fait rouler son moteur cérébral aux neiges éternelles de Bolivie.Le fils de famille qui a dix-sept ans et envie ces super-techniciens qui vont de ville en ville en traînant la cape des super-stars n’a aucune idée de la folie furieuse qui les guette à chaque détour de route ou dans chaque recoin de salle ou d’hôtel.Ces ‘‘grandes familles” de la route ressemblent beaucoup plus à des armées de mercenaires en Angola qui tirent à chaque jour à pile ou face la raison de leur présence sur ce chemin pavé de clous.Et au travers de cette tempête ambulante, Lou Reed ira et viendra, réussissant à donner quatre spectacles, oscillant du gluant au sublime, dépendant de son humeur, et peut-être de celui de sa petite amie japonaise.Accompagné de sept musiciens aux capacités partagées, partant d’un saxophoniste, claviériste, ex Rhinocéros, ex Joni Mitchell Band, ex Steely Dan, Lou maganera sa petite guitare transparente tout en voyageant de la chanson-hymne ’’heroin’’ à des moments improvisés et grinçants qui ne seront pas sans rappeler "Métal Machine Musik”.Dégageant autour de lui une aura dépressive ressemblant au Berlin d’après-guerre, il sera égal à lui-même, adoré par des journalistes qui ayant assisté à tous ses shows seront tombés sous le charme alors que d’autres détesteront ce petit bonhomme qui est une légende sans être admirable.Et pour deux nuits seulement, mesdames et messieurs, tous les lecteurs frustrés du "Village Voice" et du “Soho News” auront pu s’imaginer que ce petit club de la Place Jacques-Cartier qui a de la difficulté à survivre, c’était le Max’s Kansas City et que New York c’est çâ le “vrai trip”.Andry Warhol n’y était pas mais c’était tout comme puisque Gilles Gagné est venue faire son petit tour, tout comme Carole Laure et Lewis Furey, Gilles Carie et Anne Létourneau, Pierre Flynn et Nathalie Petrowski, même un surprenant Jocelyn Bérubé ou Vincent Dionne.Stevie Nicks de Fleetwood Mac y est passé complètement incognito parce qu’à Montréal on a tout ce qu’il faut pour se buter au jet-set underground.par Marc Desjardins POSTERS COULEUR (23 x 35) $4.00 CHACUN (taxe et frais de poste compris) Genesis - Kiss - Yes - Emerson - Led Zeppelin - Pink Floyd - Aerosmith -Frampton et plusieurs autres.CHANDAILS OFFICIELS DE TOURNEE $6.50 CHACUN (frais de poste inclus) GRANDEURS: S-M-L-XL (extra large) • Led Zeppelin United States of A-merica 1977 (couleur: noir seulement) • Rolling Stones Tour of the Americas 75 (couleur: pastels assortis) • David Bowie World Tour ’78 (couleur: noir seulement) • Frampton US Tour ’77 (couleur: pastels assortis) Et plusieurs autres Aussi disponibles: chandails officiels de Queen, Kiss, Eagles, Heart, Led Zeppelin, Boston, etc.Macarons et photos couleur de Yes, Genesis, Page, Queen, Pink Floyd.Plant.Gabriel, etc.Catalogue complet: .35 ?LES PRODUCTIONS ARC-EN- ciel ENR.C.P.281, Laval-des-Rapides, Ville de Laval, Qué.H7N 4Z9 18 Photos: Gaston Aubré présente les deux premiers disques de sa série COLLECTION DE JEUNES A UTEURS-COMPOSITEURS QUEBECOIS KKL1-0266 ¦ : ¦ KKL 1-0274 ¦y Û X ¦ •/fol , m ; ¦ SAl'j * i» r Chez RCA La musique de chez nous se porte bien! m M mm* gi&.-'ùr- m '0ÊÊp- ter ,; •*5&v «»¦ ’T' ¦«'f'» ,v«-.: Mi J'S .•#6.•:%»r ¦ 1=3 cLdc ;q ?c: [nfO JSZ MïïœüM C_b r S /s se so^^ rencontrés au Café du Quai à Magog ou Harmonium jouait.Fiori est ensuite allé écouter Séguin dans un show à VOutremont.Un week-end à Val-Morin ensemble.C'était il y a 4 ans ou 4 1/2 ans.Ils se sont découvert plusieurs points en commun.La première fois qu'ils ça a donné une chanson, “Ça fait du ont jammé bien".Aujourd’hui, ensemble, Serge Fiori et ( Richard Séguin ont réalisé leur première collaboration: un superbe album intitulé “200 nuits à l’heure”, disque qui se trouve déjà entre les mains de plus de 50,000 joyeux amateurs de musique! Serge et Richard ont accepté de se raconter à QUEBEC ROCK.Dans un coin tranquille d’une vieille maison du Vieux-Montréal, par un bel après-midi du début du mois de mai, assis en rond autour de l’appareil à cassettes avide de tout savoir, Serge et Richard ont parlé de tout: de leurs premières rencontres à la réalisation de leur grand projet: “200 nuits à l’heure”.Ponctuée de “t’sais ce que veux dire”, de “finalement” et de “carrément”, la conversation a débuté comme toute conversation qui se tient, par le début: SÉGUIN: La première fois que j’ai entendu la musique de Serge, je suis tombé “à terre”, litttéralement.J’ai eu tout de suite envie de le rencontrer.Après notre première rencontre, ça été très vite.On a tout de suite eu envie d’écrire ensemble.“Ca fait du bien”, qu’on a refaite sur le long-jeu a été la première chose qu’on a faite ensemble.C’était juste une musique.Ensuite, Serge est venu me chercher après “Récolte de rêves”.J’étais un peu vidé et j’étais à St-Venant (dans les Cantons de l’est).Il est venu passer 6 mois à la maison.C’est à ce moment-là qu’il a écrit “L’Heptade”.FIORI: Je suis arrivé chez lui comme ça et j’ai passé tout l’été et quelques autres mois.Là, on s’est vraiment regardé vivre pis on a appris à se connaître.On n’était pas tout seul; y avait un gros noyau d’une trentaine de personnes qui se tenaient là pendant ce temps-là, Michel Rivard, toute la gang des Séguin, pis moé j’étais là-d’dans.ça été une belle période.Puis il y a eu la Montagne (la Saint-Jean-Baptiste 1975).Tous les 2 ensemble, à cause de ce Y w 4 ; :•' h m &»/"¦' ' 1ÉÊÊ SiB.%* ^m.a qu’on avait vécu, on était plus prêts à vivre un événement comme ça.On était tellement ben et serein à ce moment-là.Y avait vraiment rien de plus important sauf le fait d’être là.Après la St-Jean, on a commencé iHeptade”.J’pouvais pas faire “l’Heptade” sans inviter c’te monde là, surtout Richard, pour au moins “faire les voix”.Q.R.- PEUX-TU NOUS PARLER DE L’ÉCRITURE DE “L’HEPTADE”.?FIORI: “LHeptade” ça n’a pas été écrit d’un bloc.J’t’avoue que les premiers _8 mois de cette période d’écriture-là, j’savais pas du tout où j’m’en allais.J’savais pas ce que ça donnerait.Là y a eu un paquet d’affaires dans ma vie qui ont fait que tout ça est devenu ben clair.Ça a peut-être duré un an et demi l’écriture.4 ou 5 mois chez Richard, le reste, chez nous à St-Césaire.C’est ça, on a fait “IHeptade”.Ce qui était ben bizarre pendant ces 3 ou 4 années-là, c’est qu’on avait pas nécessairement l’idée de faire des choses ensemble, sauf des choses à côté comme la St-Jean par exemple, ou jouer sur le long-jeu de l’un ou l’autre.C’était plutôt une question de se regarder vivre pis de se Sonner un coup de main quand l’autre en avait besoin, de s’encourager dans les bouts difficile qu’on avait qui étaient pas mal similaires finalement, et dans les Séguin et dans Harmonium.De là à passer au fait de faire un album, ça a pris encore une couple d’autres années.C’était pas important finalement qu’on fasse un album, pis on l’a pas enligné d’même.J’ai déjà été avec d’autres personnes avec qui j’ai essayé d’échanger des choses, où l’unique but était de faire un album pis ça n’a pas “marché”.SÉGUIN: L’album est juste la conséquence d’une affaire.A un moment donné, on avait juste besoin de se rencon- mf: my m .-v \ ^ ::N ¦% , 4 ¦ trer ensemble au niveau créatif.Ça faisait longtemps qu’on était mûrs.J’étais en train de Yvirer” fou.Lui était en train de “faire” Supertramp.Y fallait que j’écrive, y fallait que je fasse quelque chose.Tout de suite quand il est revenu de la tournée Supertramp, on s’est enligné pis on a commencé.On avait fait les “voix” pour Gilles (Valiquette sur l’album “Vol de nuit”) en studio et ça nous avait donné le “buzz” de travailler ensemble.FIORI: Finalement, c’est là que ça a débloqué.Ça faisait un bout de temps qu’on s’était pas vus.La première journée qu’on s’est retrouvé, les “voix” avec Gilles pis tout ça, là c’était LE temps.Moi, j’ai arrêté Harmonium à cause qu’on avait fait 110 shows l’année passée pis qu’on avait not’ voyage.SÉGUIN: Moi, j’étais arrêté depuis déjà un an.J’étais à St-Venant.J’avais passé un été et un hiver assez durs.C’était la fin d’un cycle, la fin du trip (après “Festin d’amour”).Pis moi, j’avais ben envie de passer vraiment à d’autre chose.On avait tous les deux envie de démystifier tout le mythe qu’il y avait autour de nos carrières.Moi, l’image de “croque-nature” et du retour à la terre.J’avais d’autre chose à dire.Même chose pour Serge.C’est un peu ça qu’on a sorti en composant nos tounes.C’est un exorcisme en fin décompté.Q.R.- LES GENS SORTENT D’EUX-MÊMES DES TAS DE CHOSES POUR POUVOIR CONTINUER.FIORI: C’est exactement ça.Ça a juste carrément pu de bon sens où le monde nous a mis.Dans le sens que t’as carrément pu'le choix de penser à tes chansons parce qu’y faut que tu commences à penser à trop d’affaires.“LHeptade”, c’est correct, c’est UN côté de moi, y a des gens qui ont fait partie de ça, mais c’est pas moi.Je me trouve plus large que ça dans ma conception.Richard aussi.“Festin d’amour” comme il dit, c’est une affaire; les Séguin ont eu cette période-là qui était très bonne.Mais il y a aussi d’autre chose.Richard pis moi quand on se rencontrait pis qu’on faisait juste se laisser aller pis jouer, on jouaît pas des “mantra”.Y avait un côté plus “feeling”.SÉGUIN: En ce qui nous concerne, on a touché à quelque chose, c’t’un “turning point”, tu peux pu r’venir.Tu l’as vu, tu MMmËÊËÊÈMÈ ¦ " .' ; —- ¦ _ V" i £/ J V i ^ mâ§ .wiïiïmm M'/Æ'Æm/;.-Vï\ * «i .Ill ; >v'- Sti ¦HhHhhH HHi sais ce que c’est.Au niveau de l’écriture entre les deux, j’ai jamais écrit de même avec quelqu’un pis c’est la même chose pour Serge.C’est un complément que ça faisait longtemps qu’on cherchait! Q.R.- COMME DEUX FRÈRES FIORI: C’est vrai, parce qu’on a été ben isolé dans chacune de nos affaires à cause du rôle qu’on avait dans chacun de nos groupes qui fait que comme relation, ça avait souvent l’air de ça: 2 grands frères ou 2 p’tits frères qui se guettaient l’un et l’autre et qui faisaient attention à ce que l’autre fasse pas trop de faux mouvements.l’ange-gardien jusqu’à un certain point.Si cette année on faisait pas créativement un pas, si on “s’assoyait" pas alentour d’une table avec 15 cafés, des feuilles pis des guitares.des nuits blanches à se Yvirer à l’envers”, là vraiment, on passait à côté.parce qu’y faut pas que t’éternises une relation comme ça à pas faire de quoi ensemble.SÉGUIN: Tu deviens frustré à la fin.Tu te rencontres, tu dis bon, pis tu remets ça.Quand on s’est retrouvé ça été ben intensif au niveau de l’écriture, ça été tout un mois dans les Cantons de l’Est.Ferme la porte.On a eu des bouts d’euphorie comme on a eu des bouts de dépression.C’était en octobre (en empiétant un peu sur novembre) l’année passée.Un bonhomme qu’on connaissait à Ayers Cliff depuis une couple d’années nous a passé sa maison.Il veillait un peu sur nous autres comme un bon père, il faisait à manger, puis il partait pour nous laisser travailler, il s’occupait de nous, nous demandait si on avait besoin de quelque chose.C’était ben spécial comme contexte d’écriture.On s’est poussé avec un sens critique qui “avait pas d’allure”, j’avais jamais vécu ça.Q.R.- COMMENT AVEZ-VOUS TRAVAILLÉ?FIORI: Y a des périodes d’intentisé.Il n’y a plus de sens pratique.II n’y a plus rien, t’es carrément habité 24 heures par jour par ça, le fait de faire ça.SÉGUIN: On a fait des “stretch” de 18-20 heures.ça sortait pas.on savait de quoi on voulait parler, on savait pas comment l’aborder.Je prends le thème de “200 nuits.”, ça a pris 2 nuits et 2 1/2 jours pour sortir la forme de ce que ça allait être.On a “jammé” autour du thème, on voyait des choses, c’était pas ça, on raturait.Y a des textes qu’on a changé 3 fois.! FIORI: On a fait la musique d’abord.Pour moi je trouve ça plus important.Si tu veux faire un bon mariage entre texte et musique, c’est plus facile de partir de la musique.J’ai déjà fait de la musique sur des textes pis t’as tendance à devenir trop “background”.Et puis finalement, il s’agit de négliger ni l’un ni l’autre.L’affaire sur cet album, la différence, c’est le sens critique l’un de l’autre.Parce que Richard était confronté à moi et moi à lui.Y a rien qui pouvait passer de mauvais ou d’artificiel.parce que créativement tu peux te perdre, tu peux tomber dans de Tégo”.SÉGUIN: .Ou dans tes images, tu te réfères à du connu, tu sais ben, t’as tes recettes, tes p’tits mots à toi, tes phrases.Q.R - IL Y A LE STYLE SÉGUIN, LE STYLE FIORI, IL FAUT FAIRE UN STYLE POUR LES DEUX.FIORI: Ouais.ou même nettoyer le tien! Richard, je connais ce qu’il est, je sais comment il a écrit avant, mais en ce qui me concerne moi, y a ben des affaires vagues dans ce qu’il a écrit, y a ben des affaires vagues dans ce que j’ai écrit moi.pis là il m’arrive avec une chanson qui est la sienne, dont je prends le texte pis je me dit.bon ben ça passe pas, tu me parles pas vraiment.Faque là, y s’assit, pis la fumée y sort des oreilles.On était vraiment le public l’un de l’autre.On se “fessait dans face” constamment.c’est vrai! C’était vraiment très dur mais très positif.Au niveau de l’album ça, a donné un résultat qui est là.J’adore l’album, j’en suis content.Mais ce qui est le plus important, c’est le point de départ de ce sens critique-là, le point de départ de ce sens vient.Ça s’est fait ben vite, on a pas eu tellement de temps, on a fait ça pendant unmois.SÉGUIN: Janvier, tu pratiques à Bobinason, ensuite tu “montes” à Ste-Agathe avec l’unité mobile où tu enregistres, tout la gang renfermée, on vivait là.22 jours (étendus sur un mois), 2 semaines de “mix” chez Michel Lachance notre producteur.Ça s’est fait vite! Au fur et à mesure que l’album avançait, j’ai découvert des choses que je ne savais pas de moi.Lui il m’a fait chanter comme jamais j’avais chanté avant.II me poussait.illusion”, j’avais jamais chanté de même, je ne connaissais pas ma voix, c’est mon cas, je l’ai découvert, j’ai rien qu’envie d’exploiter ça encore plus.L’aspect vocal, c’est une autre affaire qu’on s’est dit qu’on va toucher à un moment donné d’une façon encore plus large que ça.FIORI: Parce que finalement, à cause de l’élément temps pis à cause qu’on avait quand même d’autres choses à faire, du fait qu’on a fait l’album très rapidement avec le plus de critique, d’amour et d’émotion.Mais comme je t’ai dit, c’est un point de départ, c’est sûr qu’on va se retrouver pis qu’on va faire d’autres choses mais cette fois-là avec un point de départ qui est quelque chose qu’on a déjà fait, en se connaissant encore plus.là c’est une autre affaire! SEGUIN: On savait pas comment on travaillait avant.Moi j’avais un paquet de bibittes au niveau de tout, de l’image à casser.C’est une thérapie, je ne peux pas l’envisager d’une autre façon.On s'est “saigné à blanc” mais ça s’est fait.c’est sorti!.FIORI: Moi je sais que je ne pourrai pu jamais me débarasser de cette relation-là au niveau création.Je pense qu’on va toucher vraiment à l’essentiel de l’un et de l’autre parce que ça jamais été fait chacun de notre bord.SÉGUIN: Y a une affaire qui est ben ben magique dans tout ça, c’est que lui.comment je peux dire ça?.y peut voir jusqu’à un certain point tout ce qu’il peut aller chercher en d’dans de moi, souvent même des choses que tu ignores.Quand t’as quelqu’un à côté d’assez sensible pour dire: .vas- y pousse-la ta folie, vas-y au boutte au boutte.Notre folie, on peut la pousser au boutte l’un et l’autre, c’est ça qui est fantastique.FIORI: C’est quand même formidable comme relation.le seul centre d’intérêt de cette relation-là est un de pousser l’autre.Dans ben des relations comme ça, y a toujours un peu de retenue.SEGUIN: .mais on se connaît assez! Ce que Serge m’a dit et ce qu’on s’est échangé, tu mets ça dans un autre contexte, t’aurais l’impression que c’est 2 gars qui sont en train de se battre parce que ce qu’on s’est dit des fois c’était très violent!.Q.R.-PAS DE SHOWS?FIORI: On veut pas faire de shows alentour du disque.C’est quelque chose qui est complètement dans les airs, qui est pur, qui est un long-jeu, qui a été fait dans le temps qu’il a été fait, comme il a été fait pis qu’y a aucune suite.Le long-jeu est une entité en tant que telle, pas de suite à ça.Ceux qui veulent écouter les chansons les écouteront là-dessuS.Quand on aura le goût de monter sur une scène, on montera! Faut pas que tu montes sur un “stage” parce qu’il y a une demande, tu te “foques”! Après 50 shows tu deviens zombie! Ça devient tellement mécanique tout ça.On a parlé tous les 2 depuis un certain bout de temps d’une façon de faire des shows, pas alentour de nous 2 ou d’un groupe mais plutôt alentour d’un thème ou d’un sujet, c’est-à-dire que tu montes un show de 2 heures sur un tel thème.Chaque individu qui va aller jouer pour ce show-là va avoir la chance de demeurer “individu”.Tu fais un show, tu fais une tournée, une fois que c’est fini, tout de suite t’as la possibilité de préparer autre chose de complètement différent.Là, les gens vont savoir à quoi s’attendre: y vont s’attendre à rien! Y vont s’attendre à ce qui va arriver.Une tournée de 110 shows comme on a fait l’an dernier, c’est ridicule! C’est pas “vivable”! Y fallait le faire pour prendre conscience vraiment maintenant de ce qu’on est et de ce qu’on veut faire.qui est d’écrire! Fondamentalement, c’est écrire.Le plus beau moment c’est ça, c’est quand on se retrouve pour écrire.On part quelque chose!.Ce long-jeu là pour moi, je peux l’écouter! Ce long-jeu là est même aussi surprenant pour moi que pour quelqu’un qui va l’entendre! Chaque musicien passe.Dans la conception du “mix”, c’était ben important que chaque instrument, tu puisses le suivre d’un bout à l’autre.un “son” nette et ben clair pour que tu suives Robert Stanley (guitare électrique) d’un bout à l’autre si ça t’intéresses.SEGUIN: Dans les arrangements, tout le monde s’est impliqué! C’était ben spécial au niveau de l’implication de tout le monde y compris Neil Chotem qui n’a “pas de bon sens dans l’décor”.On le retrouve tout le temps comme arrangeur ou avec l’Orchestre^ymphonique.Tout le monde avait cette image-là de lui.Mais là on le retrouve comme pianiste.J’te dis qu’il était beau à voir!.Q.R -LES CHANSONS?FIORI: Il y a 7 chansons sur le long-jeu et la seule unique raison pourquoi il y en a 7 c’est que on a en a fait 2 chacun tout seul pis 3 ensemble (rires!).Initialement y en avait 8! SEGUIN: Il y a “200 nuits à l’heure” qu’on a fait ensemble, paroles et musique.C’est un trip surréaliste! On est sorti un peu des cadres dans lesquels on écrivait avant.C’est comme dans un film de science-fiction.Elle a été traité comme un film, de toute façon elle “sonne” de même.Y a un scénario, y a toutt’, c'est un déroulement de 2 bonhommes qui embarquent dans un véhicule, un véhicule qui peut emmener ben du monde.la pochette a été faite en rapport avec ça.pis on s’en va chez le roi de coeur.Ce véhicule-là s’envole à un moment donné et il attérit sur une planète, une rue, ça peut être n’importe où.On s’en va dans une maison avec un coeur au-dessus.On chante tous les deux à l’unison.FIORI: Y a “Ça fait du bien” qui est la première chanson qu’on a écrite ensemble il y a 4 ans et qui est vraiment notre point de départ; c’est une chanson qu’on a fait un et l’autre dans nos spectacles.C'est devenu le lien entre tout ce monde-là.On voulait vraiment la faire sur le long-jeu d’une façon à ce quelle ne perde pas ce petit côté “live”.L’important du long-jeu aussi, c’est que ça été fait très “live”, fallait pas que ça perde la dimension d’un show mais qu’on puisse quand même faire une couple de corrections.On l’a faite avec Monique (Fauteux) qui chante avec nous autres pis qui a un moment donné a eu la chance de se laisser aller àr la fin avec un beau p’tit “blow” très intéressant.Ensuite, il y a la toune “exorciste” à Richard, “Illusion”.SEGUIN: .Y a toujours quelqu’un qui te détruit en d’dans de toi, qui t’empêche de., sortir de toi! Ça peut être un cri primaire; je ne donne pas de solution.j’arrive pas avec une réponse.C’est juste un cri de libération, pour un moment, c’est une prise de conscience ben brutale pis j’voulais pas passer à côté.FIORI: Pour moi c’est une des tounes les plus importantes.On parlait tantôt de la façon que Richard chante; c’était vraiment la chanson qu’il fallait sortir de tout ça.Une chanson très violente jusqu’à un certain point, qui est très affirmative de ce moment-là.SEGUIN: Elle est dure à prendre, elle est dure à la première “écoute”.C’est un cri qui est douloureux mais je voulais pas passer à côté! Je dis pas que je ferais tout le temps des tounes de même, c’est beau être “heavy” mais!.Je l’ai faite.pour moi, ça en est un point de départ.FIORI: La première toune de l’aut’ bord, c’est “Viens danser”, une chanson de moi, paroles et musique.C’est mon espèce de réponse à moi à tout le milieu musical.On se retrouve au Forum en plein milieu de la toune, avec 20,000 allumettes pis du monde qui est là.Ça parle des gros shows sans âme, juste du gros flash.Moi ça me pue au nez ces sRows-là.La toune amène à la fin une espèce de danse qui est très “basic”.Un point commun de chacun de nos shows, soit Harmonium ou les Séguin, c'était qu’à un moment donné dans une partie du spectacle, il était ben important que le monde commence à danser! C’est carrément par besoin de voir bouger tout ce monde-là.Notre formation ne nous permettait pas de faire du rock n’ roll à cette période-là.Notre façon à nous autres de réagir c’était de les faire danser.Même affaire pour Richard à la fin de leur spectacle, c’était la danse.tout le monde dansait! Q.R.- LE RAPPORT ENTRE LES DEUX FIORI: Souvent c’est pas 2 personnes qui peuvent sortir la meilleure ligne, c’est une.Mais elle vient quand même de 2 personnes.Pour moi le long-jeu, y a été écrit à 2 d’un bout à l’autre., Richard a écrit illusion” mais je suis là, juste à côté, et je fais d’aut’ chose, je le regarde aller, pis je pousse, pis je lui dit “ça pas d’bon sens ou ça ben du bon sens”.Lui y fait la même affaire avec moi.“Viens danser”, ce qui m’a fait aller aussi loin que ça, c’est Richard parce qu’il m’a tellement encouragé à expliquer mon point de vue qui était une chose que je pensais depuis longtemps.C’est finalement ben gros à cause de lui que je l’ai écrite.SEGUIN: C’est la même chose pour toutes les tounes.C’est la magie de cette rencontre-là.FIORI: .Y a ben des boutt’ où on n’a pas encore été assez loin.C’est une chose qu’on se promet de faire à un autre moment donné.Moi je me rends compte à quel point pendant quand même 4 ans, avec tout ce que j’ai fait, je me suis beaucoup censuré, malgré moi, j’ai jamais pensé à ça.Mais le contexte faisait que je me censurais.Nous autres, là où c’est important, c’est que la censure prend le bord complètement.On est assez honnête l’un face à l’autre pour s’envoyer promener.Ensuite y a “Chanson pour Marthe”, la femme à Richard.Une très belle chanson d’amour écrite musique et paroles par lui.SEGUIN: .T’écoute la toune, ça dit tout! “La moitié du monde”, une chanson que Serge a écrite paroles et musique.Ça faisait ben longtemps que Serge avait le goût de parler.Pendant 8 heures, j’ai écouté.Quand on est arrivé pour écrire la toune le lendemain, la synthèse était tellement claire que ce qu’on a fait, on a essayé de retrouver les même éléments dont il avait parlé la nuit d’avant, ça a donné ça, toute la première partie.La deuxième partie, ça c’est un point que j’ai trouvé ben le fun dans l’écriture de Serge, c’est que d’un “down” que tu vis, tu peux transcender ton “down” pis en arriver à la porte de sortie.Pour moi dans l’album, “La moitié du monde”, elle te donne une porte de sortie, comment sortir de ton “down” social ou de ce que tu subis du monde.La dernière toune, c’est “La guitare des pays d’en haut” pis là on parle de nos guitares, ]3etite mention à faire, parce qu'on s’est rendu compte que dans le texte on mentionne jamais qu’on parle à nos guitares ce qui fait qu’à la première “écoute”, tout le monde s’imagine que c’est une “ostie” de déclaration d’amour un à l’autre.Jeff Fisher fait un solo de synth comme j’en ai rarement entendu.Faut que tu dises que dans le long-jeu, y a ai beaucoup de premiers “takes”.Comme Fisher, le solo qu’il a “blowé”.y faisait juste “tiouner” ses affaires, ajuster ses sons.Même chose pour Libert dans son solo de sax dans “Ça fait du bien”.Le premier “take” c’est toujours le moment le plus pur, le plus spontané.Souvent on enregistrait 10 fois mais on r’venais touiours au .premier “take".FIORI: La seule chose qu’on est un peu contre, c’est cette espèce de côté longueur mais on pouvait rien y faire.Les chansons ont des longues fins qui finissent pas.On aurait pu faire autrement mais c’est pas ça qui est arrivé.T'écoutes “Ça fait du bien”, ça finit quand tout le monde arrête de jouer.Tas Libert qui donne sa dernière note.Q.R.- ON PEUT PARLER DES MUSICIENS, DE LA PRODUCTION.SEGUIN: Bon, attends que je me souvienne, que je n’oublie personne.En plus de nous deux aux guitares et Serge la maison pour vraiment l’écouter dans la même dimension que le monde va l’écouter chez lui.Michel a une des conceptions de production les plus “flyées” que je connaisse.C’est un bonhomme qui est tellement au piano électrique des fois, y a Neil ouvert, tellement large, tellement con- Chotem aux claviers, Michel Dion à la basse, Libert Subirana au sax et à la flute, Robert Stanley à la guitare électrique, Denis Farmer à la batterie, Jeff Fisher aux synthétiseurs, Pierre Cormier aux congas, Monique Fauteux à la “voix”.Y a un bonhomme que tu soulignes en gros qui s’appelle Michel Lachance.extraordinaire.Michel, il a suivi le déroulement de cet album-là depuis les tout débuts, dans le temps de l’écriture à Ayers Cliff.Q.R.- VOUS ÊTES VOUS AMUSÉ BEAUCOUP EN STUDIO?FIORI: Énormément.pour une des premières fois! Une étape qui avait toujours été très décevante pour moi, c’était le “mix”.Ça a été ma grosse déception pour tous les autres long-jeux.Pour la première fois, on a fait un “mix”, un vrai “mix”.On a fait le “mix” chez Michel chez lui.On a travaillé avec le camion de Filtroson à Rougement où Michel demeure.Il a mis le camion à côté de la maison, il a “ploggé” toutes ses affaires dans ses boîtes.On “mixait” dans le camion pis après on allait écouter ça dans scient de ce que tu es, c’est ben important! Le long-jeu qu’on vient de faire là est plus près de ce qui a été enregistré que “ITlep-tade” ou les autres albums que j’ai faits avant.On commence à apprendre à comment travailler.Pour nous autres, le step important c’est de se prendre en main à tous les niveaux, à avoir les moyens pour faire les choses qu’on veut faire.Comme le long-jeu, de ça j’suis content! Ça s’est fait assez vite.Le disque est sorti, le monde va l’écouter.C’est ça.c’est ça FIORI/SÉGUIN! JULOS BEAUCARNE vient de paraître en Ame POKE LC/ PCTIT/ CT LC/iSÈÂflD/ En spectacle au Québec • Du 8 au 18 juin Au théâtre de lîle (d’Orléans) • Du 20 au 25 juin À l’Imprévu Sur Disques DERAM Dist.par London ¦CorypoK UN ALBUM MAGISTRAL LE TOUT DERNIER NÉ DE Sur disques LFS 9027 25 VANCOUVER EO.À l’affiche en juin: "The Music of Montréal’’ avec Plume, Barde et A ngèle A rseneault Par Manon Guilbert “A mare usque ad mare,” c’est un long voyage lorsque vous avez le malheur d’être à bord d'un avion qui s’arrête à tous les trois cents kilomètres et c'est une surprise, sachant que c’est toujours le même pays, de ne rien reconnaître au paysage qui en cette mi-avril ressemble à peu de choses près au mois de juillet que nous connaissons au Québec.Ainsi, émerveillée par la beauté des fleurs et des arbres en feuilles, je fais connaissance avec Vancouver.Pendant les trois jours de mon séjour dans cette ville magnifique, je constaterai combien on y vit différemment sans laisser le stress détruire les énergies positives.Les anglophones que j’y ai connus, tout en travaillant avec une efficacité à en déconcerter plusieurs, demeurent souriants et disponibles à répondre à chacune de nos demandes.J'accompagnais, dans ce trop court périple l’imprésario des inimitables Mimes Electriques qui donnaient un spectacle au Centre Culturel de Vancouver, magnifique église réaménagée en salle de concert, où durant tout le mois de juin des Québécois viendront y chanter.Sous la bannière “The Music of Montreal”, s'y succéderont Angèle Arsenault, le 18 juin, Plume Latraverse, le 23 et le 24 juin, et Barde, du 29 juin au 1er juillet.Là-bas, on aime les Québécois.On leur envie peut-être un peu une culture qu’ils possèdent bien à eux, tandis qu’ils déplorent que la leur s’envole dès qu’ils la sentent un peu s'affirmer.La proximité de la Californie fait que chacun de leurs efforts sont rapidement récupérés.Sans pour autant être synonymes d'exotisme, nous les étonnons et de plus en plus ils s’interrogent sur notre façon de vivre.Le directeur artistique du Centre Culturel, sympathique excentrique anglais, nous surprit grandement lorsqu’il fit part de toutes ses connaissances sur notre musique.“Paul Piché, Daniel Lavoie, Alain Lamontagne, je les ferai tous venir ici," nous dit-il.Les Québécois sont reçus avec chaleur; je l’ai constaté en suivant dans les stations radiophoniques et les chaînes de télévision, les Mimes Electriques et Diane Tell. CBC, Christian, animateur d’une émission de variétés les accueillit, heureux de partager quelques minutes d’antenne avec des francophones du Québec.Le département français de Radio-Canada souffre de quelques problèmes internes en ce qui concerne la production locale; réalisateurs et techniciens effectuent plusieurs recherches pour promouvoir la production française.Curieuse, je désirais mesurer l'ampleur de la présence française en Colombie-Britannique.Je sentais tout de même, au fur et â mesure de mes rencontres, que nous pouvions, en tant que peuple qui s’affirme, représenter une certaine menace.Sur Robson Street, je me suis arrêtée au “Le Bouquineur", librairie-galerie française, dont la propriétaire, Linda Ismert, s’occupe depuis quelques dix ans à diffuser la littérature, la peinture et la musique francophone.En jetant un coup d’oeil sur ses étalages, je me rends compte qu’elle possède au point de vue littérature tout ce que nous pouvons nous procurer ici comme "best-sellers”.Mais du côté disque, on ne retrouve que de vieilles productions, les nouveaux disques semblent mettre un an ou deux à se rendre jusqu’à Vancouver.Dans un magasin qui se spécialise dans le matériel francophone, c’est plutôt décevant.Linda a pourtant plusieurs contacts avec les compagnies de disques montréalaises.Ses clients, qu’ils soient francophones ou anglophones, possèdent en commun une grande curiosité en ce qui concerne la culture québécoise.Linda les informe au meilleur de sa connaissance tout en se consacrant à la distribution de manuels pédagogiques dans les écoles pri-maires et secondaires où le français prend de plus en plus sa place comme langue seconde.Mon attitude la découragea peut-être, moi si fière d'avoir parcouru le vaste pays pour retrouver dans une province presqu’entièrement anglophone, des traces de ma culture en ayant peut-être l’air d’une colonisatrice.J’ai perçu dans notre discussion que nous pouvions représenter, comme francophones reconnus, ce que déjà les rejetons de la mère-patrie provoquèrent, chez nous.La puce à l’oreille, je suis allée visiter ta relationniste de l'Association Franco-Colombienne, possédant son propre Centre Culturel.Résidant à Vancouver depuis son enfance, elle tend, avec la collaboration de ses confrères, à intégrer dans cette société anglophone, la minorité francophone qui représente 38,000 26 individus.Leurs problèmes paraissent énormes, venant en nombre après les minorités chinoises et japonaises, ils craignent plus que tout l’assimilation.Malgré leurs bonnes intentions de parler le français par coeur, ils doivent nécessairement faire quelques concessions.Ils n’ont nulle envie de s'identifier aux gens du Québec dont la lutte se situe à un tout autre niveau.Me citant les paroles du premier ministre Lévesque, lors d'une récente conférence de presse à Vancouver, elle illustre le caractère de leurs revendications."Minorité francophone de Colombie-Britannique, déménagez au Québec ou assimilez-vous!” Le Québec et les Québécois, depuis, sont écartés, sans scrupules, comme nuisibles à leur but d’être reconnus, un jour, comme minorité officielle de la Colombie.Au Centre Culturel de l'Association, on est prudent, on recherche davantage l’aspect folklorique franco-colombien.Le festival de la francophonie qui aura lieu, au début de l’été, regroupera surtout les talents locaux.Vivre en français, ce n’est pas toujours facile.Le son québécois est appré- cié surtout dans la mesure où il ne dérange pas.Les anglophones seraient-ils nos meilleurs auditeurs?Je me pose la question.Jaurais apprécié rencontrer davantage de gens afin d’approfondir et de peser ces quelques impressions.La présence francophone en Colombie-Britannique?M.JJ.Johannesen, du Young People’s concert et fondateur des Jeunesses Musicales du Canada, francophone résidant à Vancouver depuis de longues années, m’a conseillé gentiment de ne pas trop la chercher! sommes mm.r>- - v ALLOCUTION DE MONSIEUR RENÉ LÉVESQUE, PREMIER MINISTRE DU QUÉBEC, DEVANT LES MEMBRES DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE, PARIS, LE 2 NOVEMBRE 1977 PAT.18003 EN VENTE CHEZ: • BERTRAND Place Ville-Marie Place Bonaventure • J.P.BEAULIEU Complexe Desjardins • CLAUDE RAYMOND MUSIQUE Place Bourrassa • LES DISQUES LEMAIRE Beloeil Distribué par Solo Distribution 27 DES MOTS SUR LA MUSIQUE DU SHOWBUSINESS Par Diane St-Amant Le mois dernier j’ai commencé à vous expliquer les principales "phases" qui font qu’une chanson peut-être disponible sur disque.Après la création il y avait l’édition, la production, la gravure et la manufacturation.Aujourd’hui, je vous parlerai de la distribution et de la promotion, qui demeurent à mon avis, les deux phases les plus importantes dans la "carrière" d'un disque.LA DISTRIBUTION Au Québec la plupart des distributeurs sont des filiales de multinationales.Leur “fonction" première est de distribuer les disques dans les magasins.Pour ce faire les distributeurs font affaires avec des sous-distributeurs aussi nommés “rack jobbers”.Les distributeurs sont un aspect de l’industrie du disques des plus impressionnants avec un tas de “départements" (vente, marketing, promotion, relation publique, etc.) qui regroupent souvent quelques centaines d'employés.En principe c'est aussi simple que ça.Mais en réalité.Ce n’est pas parce qu’un producteur a signé un contrat avec un distributeur que son "produit" (disque) sera dans tous les magasins du Québec le lendemain.Il est rare de voir un distributeur garantir que X milliers de copies du disque seront dans les magasins dans une limite de temps précis.Quand il s'agit du disque d'une grosse vedette.peut-être, mais quand il s'agit du disque d’un nouvel artiste.les garanties de ce genre sont plutôt rares.Dans le cas où aucune garantie minimum de distribution n’est accor- dée, le distributeur se contentera de rajouter le nouveau disque à la liste des disques qu’il distribue, de faire "bouger” le département de promotion (j'expliquerai plus bas en quoi ce travail consiste) et finalement d’attendre les “commandes".C’est à mon avis une très grosse erreur, mais c'est le système.,.Si le disque jouit d’une bonne promotion, surtout sur les ondes radiophoniques, les détaillants (Alternatif, Sam, A & A) passeront leurs “commandes” aux différents distributeurs.Mais la production de disques est assez impressionnante en nombre et les stations radiophoniques très sélectives (lire même "spécialisées”) que bien des disques ne seront jamais diffusés.Donc, sans "diffusion” point de “commande".Ce qui me surprend le plus chez les “multinationales” du disques, c’est que même après avoir investi beaucoup d’argent dans une production, ils n’investissent que des “miettes” dans la publicité et la promotion.Il m’est même venu à l’idée que certaines multinationales “signaient" avec des producteurs québécois pour bien “paraître” dans le “milieu”.Mon imagination me porte même à dire que délibérément ils ne font rien pour "mousser" la vente de sorte qu'il y ait des pertes désirées pour fin d’impôt ou autre.LA PROMOTION Si on regarde les retombées qu’a la promotion sur les “commandes”, on y voit vite son importance car l’industrie du disque comme toute autre industrie existe pour la "rentabilité” et surtout le profit.Quand le disque est pressé, toute la machine de promotion se met en branle pour faire connaître le disque et l’artiste qui l'interprète.Il existe plusieurs genres “d’agents de promotion”.Il y a ceux qui font partie d'une grande maison de publicité, ceux qui sont salariés par un distributeur et les agents libres qui travaillent à contrat avec un artiste.Au Québec, la plupart du temps c'est l’agent de promotion du distributeur qui va parcourir la province de long en large avec l’artiste pour organiser des “entrevues avec les média (radio, t.v., journaux).Son travail c'est surtout de faire accepter le “disque” par les radio-diffuseurs ce qui constitue la principale "action” pour créer la demande.EN GUISE DE CONCLUSION Avec les cinq articles que Québec Rock a publiés vous n’êtes peut-être pas prêt à affronter la “machine du showbusiness" mais j’espère que mes petites notes ont pu vous éclairer. alain simard et andré ménard présentent le magicien du violon JEAN-LUC PONTY ET SES MUSICIENS de retour pour trois soirées exceptionnelles À MONTRÉAL JEUDI, le 13 JUILLET A 7:30 et 10:30 THÉÂTRE SAINT-DENIS Billets en vente chez A & A, Discomanie L’Alternatif et au Théâtre Saint-Denis Une présentation de CKOI-FM À QUÉBEC VENDREDI, le 14 JUILLET À 8:00 et 10:30 PALAIS MONTCALM Billets en vente chez Musique d’Auteuil, Boutique du Disque, Place Laurier Disquerie Lemieux, Centre Jadis Une présentation CHOI-FM À IROIS-RIVIÈRE S SAMEDI, le 15 JUILLET Festival en plein air AU STADE DE TROIS-RIVIÈRES À 9:00 Billets en vente à l’Orphéon, Tabagie Champoux, chez Bornais et Belleville *en cas de pluie: au Colisée Billets en vente à Shawinigan à la Librairie Sauvageau En première partie: GENEVIÈVE PARIS BRAULT & FRÉCHETTE - No.PAR-11801 DISPONIBLE PARTOUT MAINTENANT Distribution Trans-Canada musique service eut/il w« ,Ô6 a# m di/comanie Maintenant au362Ste Catherine ouest (ANGLE STE CATHERINE ET BLEURY AU SUD DU METRO PLACE DES ARTS) J’AI VU UE LOUP LE RENARD i LE LION * J'ai vu le loup, le renard, le lion •>.ifTi si.La Bottine souriante DANIEL LAVOIE RAINBOW CHICK COREA The Mad Hatter SPYROGIRA A| «P* ifisi AL 01 MEOLA "Casino" FIORI • SÉGUIN ‘Deux cents nuits à l'heure' SCARLET RIVERA "Scarlet Fever" WORLD WAR I (Lennon ft McCartney) BOUTIQUE DISCOMANIE LTEE - 362 ouest, Ste-Catherine, Montréal COMMANDE SPECIALE Titre: _______________________________Artiste ____ Long-jeux .8 pistes .Cassette (cocher choix) Nom:____________________________________________M'écrire Adresse:________________________________________ Me téléphoner (j'assume les frais) Téléphone: ( ________ ) Je paye par: Master Charge: NO.Chargex: NO Mandat poste: ______________Inclus:.oui .^.non Je veux.copie(s) de mon choix (plus frais postaux) S'attendre à un délai d'au moins deux (2) semaines sur réception du paiement.MERCI FIORI SÉGUIN ~ * Deux vtT.K> nuits à l'heure "On est atteri un peu plus loin que prévu.“200 nuits a l'heure" 9 9 Sur disi|uc‘s cassettes et rubans X pistes CBS CBS ' .UNE SEULE ADMISSION POUR TOUTE LA SOIREE JAZZ ROCK MÜliBLUES FOLK 316 Ste-Catherine Ouest-Métro Bleury RENSEIGNEMENTS: 866-8228 JUIN Le célèbre batteur 1^^ UcUlCUI -2-3 Buddy Rich JEU.- VEN.SAM.JUIN Avec 15 musiciens à 9:30 et 11:30 5-6 Steve Kuhn Quartet LUN.-MAR JUIN Avec Miroslav Vitous à la basse 9:30 et 11:30 7-11 Gilles Valiquette MAR.DIM.JUIN 9:30 et 11:30 et 1:00 VEN.et SAM.14-18 Marie-Claire Séguin MER.DIM.JUIN Avec SERGE F10R1 - LOUIS VALOIS PIERRE HEBERT et NEILCHOTEM 9:30 et 11:30 21-22 Iron Butterfly 9:30 et 11:30 .A StyptotMlf MER.- JEU.JUIN ‘ JL,,N ftu
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.