Québec rock, 1 novembre 1985, Novembre
NO 99 NOVEMBRE CANADA 2,95$ BELGIQUE 155FB FRANCE 20FF 4073 CND PER Q-60 ~v.ïlllîü: ; Duran à Arcadia MSI les jeans Musique The Cure Paul Young John Cougar Mellencamp Reportage Cinéma Meryl Streep st Sting A / / 555 ouest rue Chabanel, suite 1516 Montréal, Québec H2N 2H7 tél.: (514) 383-0680 THnnE EflTERPRISES IRC.DISPONIBLE CHEZ: HOLT RENFREW, NEON, LA BAIE, EATON, PANTORAMA, SIMONS, QUEBEC MODE, PENTAGONE m NO.99 1985 NOVEMBRE GRAFFITI Styles: le plus grand défilé de mode du monde.Événements: Hair, Zen techno, Joe Bocan, Madame, Festival du Cinéma international, Via Design, etc.Les temps modernes: Caméscope, Le nec plus ultra, Ni chaud ni froid, Cantell et Bell.Pulsions: Playlist et 12 pouces, palmarès vidéo, le rock en français.Interview: A-Ha, ABC, Arto Lindsay.Franco Rock: Rock et Belles Oreilles, Joe Bocan, Offenbach, Corbeau.MUSIQUE 20 John Cougar.Appellez-moi John Mellencamp.40 Arcadia.Le paradis de Simon Le Bon et des autres demi-dieux.60 The Cure.L’incurable perversion.66 Paul Young.Le crooner à la voix d’or plaît aux jeunes filles de 7 à 77 ans.ACTUALITE 22 Dossier-radio.Lescomètesetlestrousnoirsd’ununiversenpleine expansion.REPORTAGE 34 Greenpeace.Le combat des guerriers de l’arc-en-ciel et l’entrevue d’une de leurs amazones, Joyce McLean, présidente dù mouvement au Canada.MODE 48 La poursuite du bleu.L’histoire du denim, de la conquête de l’ouest à Billie Jean.DOSSIER 26 Les groupies.Les coeurs brisés se ramassent à la pelle lorsque c’est la saison de la chasse aux idoles.CINEMA 82 Plenty, Visage pâle, Le Quatrième pouvoir, Maxie, Point de vue.John Cougar Mellencamp La poursuite du bleu Robert Smith, The Cure ; / T' V; 68 Disques 74 Livres 78 Vidéo News 80 Vidéo Films 89 Mythes: Velvet Underground 90 Jet Set: les nouvelles stars d’Hollywood Éditeur: Guy Perron Éditeur délégué et directrice de la publication: Marleen Beaulieu Rédacteur en chef: Patrick Emiroglu.Comité de rédaction: Marleen Beaulieu, Patrick Emiroglu, Guy Perron, Pierre Tremblay.Secrétaire de rédaction: Frédéric Tomesco.Directrice artistique: Suzanne Fortin.Adjoint à la Directrice artistique: Pierre Durocher.Recherche: Christian Bel-leau, Alain Denis, Sylvain-Claude Filion, Olivier Gravel, Louis Léger, Pierre Leroux, Pierre Marchand, Geneviève Proulx, Laurent Saulnier.Cinéma: Marie-Christine Abel.Disques: Christian Belleau, Marie-Catherine Giguère, Francis Juneau, Gérard Lambert, Laurent Saulnier.Photographie: Alpha Diffusion, Harold Beaulieu, Bruno Dayan, Keystone, Ponopresse.Publicité, ventes: Montréal, Médiavation, 1260 MacKay, (514) 935-8855; Toronto, David Hazan, (416) 598-3358.Production: typographie et montage: Photocomposition Tréma Inc.; Quadrichromie: Stanmont, Option Couleur.Impression: Litho-Prestige.Pelliculage: Option Couleur.Service des abonnements: B.P.247, Dépôt «N», Montréal, Québec, H2X 9Z9.Tarif d’abonnement annuel: 28$, États-Unis 34$, Europe 40$.Groupe Québec Rock, siège social: 3510 St-Laurent, suite 404, Montréal, Québec H2X 2V2, (514) 844-8491.Président et directeur général: Guy Perron Directeur de la promotion: Pierre Tremblay.Contrôleur: Jacynthe Gadoury.Secrétariat: Sylvie Bellavance.Bureau de Toronto: C.P.576, Station P, Toronto, Ontario M5S 2T1, (416) 598-2998.Québec Rock est publié 12 fois par année par Québec Rock Inc.Tous droits réservés.Le contenu du magazine ne peut être utilisé sans l’autorisation écrite de l’Éditeur.L’Éditeur ne se tient pas responsable de la perte des manuscrits, photos ou illustrations.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Bibliothèque nationale du Canada, ISSN 02267187.Courrier 2e classe, enregistrement no 5047.Port de retour garanti. iff!# !': Sppp"!f ^$1 1 *> »d / a • * : Üh:: i*?! / ir POUR IAMOUR DE LA MUSIQ Ilya une énorme différence entre la vraie musique et la haute fidélité.Malheureusement, même avec les chaînes stéréo les plus dispendieuses, tout ce que vous obtenez le plus souvent, c’est de la haute fidélité spectaculaire, pas de la musique.Cela n’a pas besoin de se passer ainsi: quand on porte suffisamment d’attention à la disposition des composantes, même une chaîne peu coûteuse peut parfaitement traduire la musique que vous écoutez.La chaîne ci-haut comprend les nouvelles enceintes Index de Linn (497$ la paire), l’amplificateur intégré Nairn Nait (627$), le bras Linn Basik Plus avec cartouche (le tout pour 298$) et la table Sondek LP12 de Linn (1195$).Le coût total de la chaîne est de 2 614$.Que vous prévoyiez acheter une chaîne complète ou simplement améliorer votre chaîne actuelle, nous vous suggérons auparavant de vous rendre chez votre détaillant Linn/Naim.Il verra à ce que votre achat vous permette de profiter pleinement de la musique que vous écoutez, plutôt que de simplement disposer d’une chaîne haute fidélité spectaculaire.Distribué au Canada par: ALDBURN ELECTRONICS, LTD, 127 RUE PORTLAND, TORONTO, ONTARIO M5V 2N4 Par Alain Denis, Geneviève Proulx, Sylvain-Claude FHion, Olivier Gravel, Louis Léger, Laurent Saulnier et Frédéric Tomesco.V y Ai BVRIS / ^ypur fêter l’arrivée de l’automne, la Fédération française du prêt-à-m porter féminin avait vu grand: un somptueux défilé sur l’avenue Foch, à Paris, tout juste à l’ombre de l’Arc de Triomphe.Heureusement pour les quelque 150 000 spectateurs qui s’étaient déplacés pour l’occasion — mais malheureusement pour les mannequins! — la température estivale était au rendez-vous.Au total, la présentation des collections de l’automne-hiver 1985-86, constituées de chauds lainages, a mobilisé 500 mannequins, 150 habilleurs, 100 coiffeurs et 45 maquilleuses.Pour l’après-festival, les chiffres furent encote plus impressionnants: deux tonnes de fruits, huit cents kilos de salades et légumes, deux cents kilos de coquillages et crustacés, cinq cents litres de café et thé et deux mille cinq cents pâtisseries, préparées par les quarante cuisiniers et pâtissiers du très chic restaurant parisien Fouquet’s.Coût total de l’opération: 1 600 000 $.Enfin, n’oublions pas non plus les deux cent cinquante bouteilles de champagne consommées par les participants: un événement si grandiose, ça s’arrose! CAPITALE DE LA MODE LE CAMÉSCOPE •W’™'! n 1982,127 fabricants de produits Lj vidéo se sont réunis, pour se met-i\ ' tre d’accord sur un nouveau for-ÆL mat de cassette vidéo.Plus de VHS, plus de Beta, tous les appareils seront compatibles entre eux.Utopie?Peut-être pas.En fait, le système que l’on connaît maintenant sous le nom de «8mm», reprend là où les deux formats commerciaux se sont arrêtés.D’accord, ces derniers se sont améliorés constamment: prenez par exemple le nouveau SuperBeta.Mais le 8mm profite justement de l’expérience acquise sur les autres formats, dès sa naissance.Les avantages majeurs de ce système sont sa compacité et aussi le fait que la plupart de ces appareils sont des tout-en-un.On pourrait les appeler «caméscopes» du fait qu’ils incorporent dans un même boîtier, une caméra vidéo de haute précision et un magnétoscope.Vous n’avez qu’à les relier à un téléviseur pour visionner votre dernier chef-d’oeuvre.La cassette elle-même est un tout petit peu plus grande qu’une cassette audio.On parle de stéréo dans un proche avenir, la qualité actuelle du son se rapprochant déjà de celle du compact-disc.À suivre.Î3 9Ê \ / if v ’ NI CHAUD, NI FROID Cest le malin.La veille, l’ai voulu iconomlawaur les frais de chauf.jage, et baissé mon régulateur au nuit la tempé™ureSeeUmTn'VOilà'ce,,e pour dîner, Tn re^rdam^on0" con9elé Plusieurs manufacîuri,rL om en fonction deYheïre.cher là ra™ ."la Dalsse I® soif au cou- cher, la remonte au réveil, la rebaisse au ri* part pour le boulot etc on l e u dé' appareil en deux form^uP * tirouver cet s’adapter à la pluoart tT peuvent ronds, carrés ou mctengSs ru.S,a,S' ves touiours continuer à ïéaler Æ PiOU' ture manuellement « reg,er la tempéra- dans le cas dis week InïT?par .exemP»e piles on oeut ds- Actionnant à ques'diza,PnesdVdo?,7sCCaoëû,'SUrqUel-queauchalet, pouremic^î CANTELL ET BELL ue ce soit pour communiquer des données par ordinateur, pour converser avec un collègue du bureau, ou pour annoncer notre retard pour dîner, il nous faut un téléphone, chose plutôt rare à trouver sur le Métropolitain, ou sur une autoroute.BELL et CAN-TEL offrent depuis un certain temps déjà un service de téléphonie cellulaire.Ce principe s’éloigne beaucoup des téléphones portatifs connus jusqu’ici.On communique dans les deux sens en même temps, et la réception est aussi bonne qu’avec votre appareil domiciliaire.Les premiers appareils cellulaires étaient tout de même très encombrants, ce qui rendait leur utilisation hors d’un véhicule difficile.Maintenant, certaines compagnies offrent des appareils tenant dans la main, tout compris.Toute la région métropolitaine est déjà couverte et on se rend, au nord par exemple, jusqu’à Ste-Adèle, et ce n’est pas fini.Evidemment c’est tout nouveau, tout beau et cher.Mais souvenez-vous du phénomène des microordinateurs, dont les prix sont passés de celui d’une voiture à celui d’un magnéto-cassette.Observez bien la pousse subite des petites antennes sur les voitures un peu partout, du vrai pissenlit tellement il y en a! ijtâ&ü ‘ssSSssl .: ; ¦WISSM*' 2222 V LA COULEUR DU SON ans la série des «Ne tirez pas sur le pianiste», voici maintenant le grand succès «Ne peignez pas vos haut-parleurs».Dans le rôle principal, la nouvelle enceinte en couleurs de BOSE.En ordre d’apparition: le blanc, le bleu, le noir, le rouge et le vert.Maintenant disponibles en version canadienne, les BOSE 301-11 en couleurs ont déjà fait leurs preuves en costume traditionnel, le fini noyer.Elles sont le fruit de 20 ans de recherches en acoustique, et se servent des murs adjacents pour réfléchir les hautes fréquences, créant ainsi un espace sonore des plus aérés.Dans une salle de cinéma, les haut-parleurs sont situés derrière l’écran, laissant ainsi croire que le son vient de l’image.Les BOSE agissent de même, en se fondant à la décoration de votre pièce.Nous n’avons pas tous une salle d’écoute de style provincial français.La plupart d’entre nous habillons nos murs de couleurs vives, et sommes horrifiés à l’idée de laisser nos enceintes de la même couleur que le fini de la familiale du voisin.Plutôt que de les peindre nous-mêmes, BOSE nous propose un caisson blanc, assorti d’une grille rouge, bleue, verte ou blanche, ou une enceinte complètement noire, se mariant ainsi facilement avec tout décor.Une fois les murs terminés, rangez donc vos pinceaux.6 Donnez à la couleur naturelle de vos cheveux l’audace d’un moment.Avec Flirt* le gel avive-couleur.Flirt ajoute des reflets chauds et vibrants.Un peu ou passionnément, selon le temps que vous le laissez agir: de 5 minutes, pour de légers reflets, à 15 minutes pour des tons plus vibrants.Facile à utiliser.Flirt illumine vos cheveux, sans jamais les pâlir, pendant six shampooings.Seule subsistera l'impression que vous aurez créée.Flirt, gel avive-couleur un lustre chatoyant, en six tons: Safran, Grenadine, Carmine, Chianti, Cassis, Raisin.•MCc 1985 CLAIROL CANADA, DIVISION DE BRISTOL-MYERS CANADA INC., DÉTENTEUR AUTORISÉ MONTRÉAL, QUÉBEC.H3A 2N4. THE CURE In Between Days MADONNA Dress You Up NICK MASON & RICK FENN Lie For a Lie MERCY MERCY What Are We Gonna Do About It?OINGO BONGO Weird Science PROPAGANDA Machinery SIMPLY RED Moneys Too Tight (To Mention) THE SINATRAS I’m Lonely SLY & ROBBIE BAND Get to This, Get to That THE STYLE COUNCIL Shout to the Top MAURICE WHITE Standby Me C.B.M.C.G.L.S.P.T.5: Super! 4: J’aime beaucoup.3: C’est bon.2: Passable.1: Bot.0: Je déteste.Headphones: Headset: Heavy: High: Hi-hat: Holder: Horn: Horns: Hot: I.C.: Input (In): Jam: Jingle: écouteurs casque d’écoute lourd, stressant hautes ou ultra-hautes fréquences charleston, cymbale a coulisse support de micro cor, flûte de hautes fréquences cuivres en demande, excellent, survolté (ex.: circuits) circuits intégrés entrée boeuf (taire un) mélodie ou couplet publicitaire '' Z'oTJ^ITS 3- "HAiïse»y^ber 4.p,e?c,°rn s jV'"9oieryL0HDE Lone/y o/’ jf}^p oZ°éA ¦ ‘«ffiS*’*-»*»' >°.cê&Cl^no» ¦B B°y *ZTT Hsrc Q % C Qf>9f ce^ ve yn BASF 90 BASF high precision cassette CR-EJL chromdioxid extra BASF Chrome.Le ruban le plus silencieux au monde* Quand vous achetez la plupart des rubans audio, on vous en donne toujours un peu plus, que vous en vouliez ou non.Ca ressemble un peu à ssssssça.Sauf si c’est un ruban BASF Chrome.Car, contrairement aux autres rubans d’oxyde ferrique, les cassettes BASF pur chrome sont faites de particules de dioxyde de chrome spécialement formulées, de façon à assurer la meilleure qualité sonore de tous les rubans disponibles sur le marché.Elles possèdent également une extraordinaire sensibilité dans la gamme critique des hautes fréquences.En fait, elles sont spécialement conçues pour la position «Type II» de votre magnétophone.Et elles sont garanties à vie.Donc, si la musique que vous enregistrez est la seule chose que vous voulez entendre, ce petit message devrait vous enchanter l’oreille.BASF Chrome: le ruban le plus silencieux au monde.BASF Rubans Audio et Vidéo La qualité qui ne faiblit jamais. mrnm k HAIR! 20 personnes sur scène, une version [ adaptée aux situations politiques des années 80, le retour de la plus importante comédie musicale jamais réalisée.Au Spectrum de Montréal, les 6, 14, 15 et 16 novembre, avec Freddie James et Jay Boi-vin.peut-être le retour du flower-power! FESTIVAL DU CINÉMA INTERNATIONAL our une quatrième année consé-m JP cutive, les cinéphiles braves se retrouvent à Rouyn-Noranda pour A •e Festival du Cinéma International en Abitibi-Témiscamingue, du 9 au 14 novembre.Programme varié et dépaysement garanti.LE GARS DE QUÉBEC ogol revu et corrigé par le maître M ’ du théâtre québécois contempo-¦ W rain, Michel Tremblay.LE REVI-V A ZOR de Gogol est transposé dans la petite paroisse de Ste-Rose-de-Lima en 1952.Une imposante distribution comprenant Monique Miller, Benoît Girard, Hubert Loiselle, Normand Lévesque et Jean Duceppe lui-même, au théâtre Port-Royal de la PdA, jusqu’au 7 décembre.VIA DESIGN frwnq roisième rencontre annuelle de Ë Via Design qui a déjà démontré È comment il fallait s’y prendre M pour séduire l’oeil et les sens.Le meuble et la ligne d’avant-garde dominent durant cette nouvelle édition de Via Design qui prend place au Palais des Congrès du 21 au 24 novembre.Expositions, colloques internationaux et happening-mode.LA CUISINE eux qui fréquentent ou travaillent Æ y dans les restaurants vont adorer.Endroit démentiel aux heures de V pointe, LA CUISINE d’Arnold Wesker accueille un nouveau, Guy, qui risque sa peau dans cet engrenage à la fois loufoque et dramatique.Une brochette de 25 comédiens sur scène dont quelques grands: Guy Nadon, Claude Préfontaine, Yvon Leroux et de nombreux autres.Au Théâtre du Nouveau-Monde (84, Ste-Catherine ouest) dès le 21 novembre.BIENVENUE MADAME •mr -jr n groupe qui fait parler de lui de Ê J plus en plus, qui remporte un cer-Ë I tain succès avec son 45t ON VEUT Am/ PAS PAYER, et qui entreprend une grande tournée pour promouvoir son microsillon.Le nouveau rock francophone.Les dates: Valleyfield (7 novembre), Joliette (14), Ottawa (15), Trois-Rivières (16), Sherbrooke (19), Drummond-ville (21), Québec (23), Campbellton (28) et Moncton (30).Le groupe Madame.RAPIDO — Daniel Lavoie avec une version améliorée de son spectacle HÔTEL DES RÊVES, salle de Maisonneuve de la PdA jusqu’au 3 novembre; — La surprenante installation GENERAL IDEA au Musée d’Art Contemporain, jusqu’au 3 novembre; — Lecture publique de LA MUSICA de Marguerite Duras, les 5 et 6 novembre, au café étudiant du Cégep Montmorency à Laval; •— The Lounge Lizards, du jazz en folie, au Spectrum, le 7 novembre; — Nazare Pereira, la brésilienne endiablée qui a séduit les festivals de Québec et de Joliette, sur la scène du théâtre Outremont (1248 Bernard ouest) et à Québec le 11 novembre; — SIMPLE MINDS à l’aréna Maurice-Richard, le 6 novembre; 10 — LE SYSTÈME MAQISTÈRE, spectacle multi-disciplinaire de Yves Dubé, présenté par le groupe Opéra-Fête, à la Galerie O.F.(3454 St-Denis) jusqu’au 30 novembre; — Rencontre annuelle des collectionneurs de disques, au Spectrum, le 9 novembre; — Robert Paquette, retour en force au Club Soda (5240 avenue du parc) du 27 au 30 novembre; — CHUTELIBREsepoursuit jusqu’au 10 novembre à La Licorne (2075 St-Laurent); — Le Centre d’Essai des Auteurs Dramatiques célèbre ses 20 ans avec 20 lundis spéciaux.À signaler: lecture publique de LES VISITEURS DE MADAME ARTÉMISE de Jean-Pierre Ronfard à Espace Libre le 4 novembre, et deux textes de Jacques Ferron le 25 novembre à La Licorne; — Reprise de la comédie politique RAZ DE MARÉE à la salle Louis-IX, à l’église St-Louis-de-France (3767 Berri) jusqu’au 23 novembre; Invité au happening-mode de Via Design '84, Stephen Jones coiffe toutes les têtes célèbres, JOfBOCAN: paradoxale 17 '«e à volte- ff surprendre et séduiré* Décor,0“' ch8nteuse0dans tour de chant qui inauoure .VerS Un nouveî*u •e.Le Milieu (5380 e.9, e une nouvelle sal- ^•aiment,aproVoCa ;onUrent)- Pour ce“* vembre.ation.jusqu au 16 no- — Une adolescente délinquante et fugueuse est en vedette dans LA CHAMBRE BLEUE d’Hélène Lasnier, à l’Eskabel, jusqu’au 9 novembre; — BUNDOCK, semi-finaliste à l’Empire des Futures Stars et maintenant sous la gérance du star-maker Marc Durand, se produit au Café Campus (3315 Reine-Marie) le 24 novembre; — Une exposition intelligente: LE BA-HAUS AU QUÉBEC, à la faculté d’architecture de l’Université McGill; du 4 au 30 novembre; — Christian Tisari, un chevronné de l’exploration visuelle, et «Michel Côté», un débutant en expressionnisme, se partagent jusqu’au 22 novembre la Galerie Noctuelle (307 Ste-Catherine Ouest, suite 555); — Claude Dubois est en tournée tout le mois au Québec.On le verra notamment à Rivière-du-Loup (le 13), à Rimouski (le 14), à Chicoutimi (le 23), à Jonquière (le 24), à Alma (le 25) et à Baie-Comeau (le 29). s 350 Sauvé ouest Montréal H3L 1Z7 514/381-5671 SALLE DE MONTRE 555 Chabanel ouest Suite M27 Montréal H2N 2H7 514/382-1123 Liste de dépositaires sur demande JOHN COUGAR MELLENCAMP ÿ ÏSSÉÉ , -'fôé.s', "-'t ' : ill riVELY OL NIGHT/RAIN ^LL TOWN / MINUTES THE SCARE MEMORIES 5 Produced by Little Bastard & Don Gehman Le disque audio-numérique et la cassette comprennent une pièce supplémentaire: THE KIND OF FELLA I AM JOHN COUGAR HEUENCAMP LE REPERTOIRE COMPLET DE JOHN COUGAR MELLENCAMP EST MAINTENANT DISPONIBLE SUR DISQUE AUDIO-NUMÉRIQUE PolyGram New Music New Videos New York >*rrv BABYLONE EN MUSIQUE a montre entame pour la millième fois la seule chanson qu’elle connaît.La levée du corps n’est pas facile, après le party d’ouverture de la 6ième édition du séminaire sur la nouvelle musique hier soir au Palladium, la mégadiscothèque newyorkaise.Le Marriott Marquis, l’hôtel dont les salles de conférence ont été louées pour l’occasion, se trouve en plein Time Square.Les requins de l’industrie du disque doivent aimer les eaux troubles de l’endroit, avec ses panneaux publicitaires géants sur les gratte-ciels, la circulation insensée, le concert des avertisseurs, les enfilades de cinémas pornographiques, le dealer qui vous propose en une phrase toutes les drogues imaginables agrémentées de vos fantaisies sexuelles les plus refoulées.Juste avant d’arriver à l’hôtel, trois «break dancers», radio distortionnée au maximum, rappent pour le plaisir des passants: New York city where music is king and the master mix is everything.Pendant trois jours, plus de quarante causeries abordant les aspects les plus divers de la mise en marché de la musique et du vidéo seront dispensées aux quelque quatre mille congressistes attendus.Quelques titres au hasard du programme: «Licence internationale, Talent et engagement, Exploitation de la vidéo-musique, La base d’un contrat de disque, La technique en studio, La scène indépendante anglaise, Les producteurs, Les radios étudiantes, Les D.J.et les «remixeurs» etc.Frank Zappa ouvre le bal en nous rappelant de ne pas prendre à la légère les sempiternelles jérémiades des mêmes dix mille personnes qui écrivent à leurs sénateurs pour se plaindre du contenu des paroles des chansons et de la libération des moeurs en général.Oncle Frank vous le rappelle: écrivez à vos stations de radio, télévision, vos députés pour défendre votre droit au choix des programmes.Un plancher est aménagé pour les exposants, principalement des maisons de disques indépendantes, des distributeurs, des maisons de vidéo, des magazines spécialisés, des promoteurs de concerts.Les grosses compagnies de disque sont aussi présentes, et distribuent leurs cassettes de promotion qui s’arrachent comme des petits pains chauds.Le dynamisme anglais est toujours cité en exemple face aux monstres américains sclérosés, mais ici une petite industrie d’étiquettes indépendantes est en voie de trouver son public et met à votre disposition les musiques les plus variées.Pour clore le séminaire, la conférence-vedette intitulée «Artistes», avec Jimmy Cliff, Deborah Harry, Adam Clayton de U2, Martin Fry de ABC et John Lurie des Lounge Lizards.Sans oublier la coqueluche de L.A., Suzanne Vega, dont la voix sensuelle et le vidéo impeccable ont beaucoup été appréciés.Yoko Ono, présente elle aussi, répond pince-sans-rire à un compositeur lui proposant des chansons: «Bien entendu, mais j’ai d’abord 75 de mes propres compositions à produire, pouvez-vous attendre?» Le soir, après une journée de congressiste bien remplie, on pouvait assister à plusieurs spectacles répartis entre différents clubs (comme le Ritz, Irving Plaza, le Cat Club, etc.), où l’on pouvait entre autres voir Midnight Oil, Joshua, Shriekback, Cha Cha Da Vinci, John Sex, Kristie Rose et Love and Rockets.Pour ceux d’entre nous qui composent, une industrie parallèle est ouverte à votre production, persévérez.Quant aux amateurs de musique, encouragez les étiquettes indépendantes, c’est la seule manière de maintenir une pluralité face à l’entropie du système.Cette année encore, la 6ième édition du séminaire sur la nouvelle musique permettra à de nouveaux projets musicaux de se concrétiser, et au bout du compte, c’est ça qui importe.L.L.L’HEURE DE L’ORIGINALITE .m a tÎQSU „ l aCivitédeLoisselimitaità p-SSib- raensS'maintanant,U,co„cap«»n "^P^eUacua- lité de ce tissu est un atout qui démarque Lois de ses concurrents- unect.entèle Répondant aux ex g ^ g innové à plu-de plus en Plus1vafouDLe de pantalon pour sieurs égards en marché a rallié les temmesqu elle a mis ntenant parmi les suffrages et compt^ récemment, en pre- Son d^n retour en torce du btue leans de ^S.ÆS.Ï-denlmÆ^- seur accrue à 15 °"cesSl985, Lois a réorien-Depuis le Pr'"t(f^rketing et repense son té sa strategie de mark 9 à touCher un action Publ'(;lta'I aUqmenter son niveau de nouveau public et 9 nouvel elan notoriété.Un exemple de^ ^ ^ „ le dénominateur'commun est rorrgrnatite.A3 A-HA.CES ROMANTIQUES VENUS DU FROID epuis trois ans qu’il dure, le défer-g \ lement des troupes de choc de la È g Fière Albion sur nos ondes radio a g JF laissé des traces un peu partout, ^opè même, il a eu pour effet de trans-former Londres en base d'attaque pnvdé-qiée du continent nord-américain.9 Pour les musiciens du trio norvégien A-ha la seconde invasion britannique a éga- lement eu son importance.Mieux, elle a di- évidente, 'eur “JJJe'JJ'ent de for- rectementété roriqine deleur succès^ -Ces, suttou.au tuel: «Après une Pr®mièroet p ®, Waak niveau de la simplicité de nos compositions °ue se ,ai‘sen,ir ce,,e e vêtaient restés6 mois), nousnoussom-mès Installés à Londres en1M3 déc,dés ê profiter de l’incroyable vitalité de ‘a scène locale Nous nous sommes mis à écouter des disques de Soft Cell: ce fut le premier groupe qui nous a vraiment mard“é®” " 9 Effectivement, l’influence du mouve ment néo-romantique sur A-ha est plutô aue^ie^f ait sentirc^te inf luence»,opine Sarket «Auparavant, nous essayions de faire comme les Doors par exemple, c es-à-dire traiter dix thèmes musicaux enJJ” "8o,rd’XruanUd,^Jar.SMPa1™npiu froid.ÜABCDU CHANGEMENT ue fait-on lorsqu’on s’appelle ABC et que notre second disque est un flop monumental?On a le choix: faire carrément marche arrière ou se fondre dans l’anonymat du milieu pop ambiant.Mieux encore, afin d’être sûr de ne pas rater son coup, on peut décider d’équilibrer la dose: une cuillerée de classicisme pour maman, une cuillerée de dance music apprêtée à la sauce synthéti- que pour papa, et tout le monde sera content! Tel un caméléon soucieux de sa survie, ABC a réalisé que son public préférait qu’il revête son ancienne peau, et en a déduit de l’échec de Beauty Stab que l’emploi des guitares était à proscrire à tout jamais.À l’inverse du précédent, le troisième album du groupe est donc entièrement axé sur la musique de danse, ce qu’explique en ces termes le claviériste Mark White: «How To Be a Zillionnaire est un pont entre notre passé et notre présent.Je crois que c’est parce qu’il était en avance sur son temps que Beauty Stab n’a pas marché.mais nous aurions changé de style de toute façon.Vois-tu, le but ultime d’ABC, c’est le changement.» Effectivement, tout au long de l’entrevue, White ne se gênera pas pour répéter à satiété le mot «changement», histoire de bien vendre sa salade.Par contre, pas une seule fois il n’osera prononcer le mot «progression».Est-ce une coïncidence?F.T.ARTO LINDSAY A VICTORIAVILLE urant quatre jours, du 2 au 6 octobre, la polarisation culturelle du Québec fut détournée par de brillants agents (presque) secrets.Montréal connut quand même un week-end achalandé.Mais l'événement de l'automne logeait à Victoriaville lors du 3e Festival international de musique actuelle du Québec.Je vois d'ici les sourires en coins, les regards narquois et les airs incrédules de tous les trop fiers montréalais.Eh oui, il se passe des choses importantes même hors du nombril québécois.Mais qu'est-ce qui peut bien arriver dans ce bled perdu?Ce qu'il y eut.c'est une réunion inégalée de musiciens hollandais, américains, brésiliens, canadiens, africains, britanniques et québécois.Sous la bannière générale de -musique actuelle-, nous avons eu droit a du jazz, de l opéra.du rock, de la musique concrete, contemporaine, classique, percussive, improvisée, etc.Car ce qui compte, beaucoup plus que le genre musical, c est la redéfinition de celui-ci.L idée générale consiste a exagérer une des facettes d un genre pour faire en sorte que la démarche s éloigne le plus possible du plus grand dénominateur commun.On investit, entre autre, dans de nouvelles sonorités, nouveaux instruments, changements de rythmes, de balance, de textures, etc.De la centaine d'invités au 3e festival de musique actuelle, nous avons retenu, en particulier, Arto Lindsay, probablement le plus accessible, le plus funk, le plus énergique, le plus agressif, le plus rock, le plus dérangeant.Lindsay dérange parce qu’il est trop rock pour les jazzophiles et trop éclaté pour les rockers.Enfant du Brésil pendant quinze ans puis pivot de l’underground new-yorkais lors de son adhésion aux Lounge Lizards (qui seront au Spectrum le 7 novembre), Lindsay se décrit et décrit sa musique comme un produit d’influences.-J’ai choisi les État^s-Unis, je suis né au Brésil.J ai ça en dedans de moi.J'essaie de faire de la musique pop mais filtrée par mes convictions, mes influences.Je veux faire de la musique pour la plus large audience possible, sans décevoir la plus petite qui me connaît déjà.Je ne peux être moins que moi-même.Je ne peux me réduire comme ça.-L.S./¦? espièg®' i •un Tlk et en/°uc adi%iïsw^ a nÉV-D^S^ r onent8le ^sss Br Retags 6 3 sugge ROCK ET BELLES OREILLES Guy voulait être bandit, Richard détective, Bruno astronaute, André rêvait de ressembler à Bruce Huard des Sultans et Yves aurait aimé être esquimau.Maintenant qu’ils sont dans la vintaine, ils sont devenus quatre zigs malicieux à qui le succès fredonne le chant caressant des sirènes sinueuses depuis qu’ils se sont rencontrés.C’est l’équipage d’une aventure qui a pour nom Rock et Belles Oreilles et qui navigue doucereusement dans le bon sens de la rivière.and ils se sont rencontrés, com-M ^ me dans le Club des Cinq, dans le Ij .jr Module de communication de Æêib*' l’UQAM au début des années 80, l’un était en cinéma, l’autre en journalisme, et les autres en radio.Leurs humours respectifs se sont fiancés au journal du module dans lequel ils se défoulaient en grinçant des dents, et tout a dégénéré en un mariage parfait lors de l’enregistrement, en guise de stage radio, d’une série de 13 émissions pour le compte de CIBL FM.104 émissions-bénévoles et deux ans plus tard, le groupe passe au service de CKOI FM et double les cotes d’écoute le dimanche matin.Rock et Belles Oreilles fait ensuite son apparition aux Lundis des Ha! Ha! en janvier 1985 et s’illustre suffisamment pour finir par animer le show en avril.Louanges exagérées de la part de la critique, en mal de'*’ stars à encenser.On crie déjà aux successeurs de Ding et Dong.Et ça leur fait peur.Ça se comprend.Au printemps, Rock et Belles Oreilles a déjà remporté un succès remarquable avec le 45t Ça Rend Rap, qui a beaucoup tourné à CKOI (of course) et en province, mais qui n’a pas écoulé beaucoup de vinyle.Un joli vidéo-musique, pourtant, produit à l’émission de Donald Lautrec, montrait que le groupe pouvait être à l’aise ailleurs que derrière un micro.Ils sont de plus auréolés de l’attention et de l’estime que les Français leur ont portés: mention spéciale au Festival de la FM à La-Rochelle en 1984 et lauréats du marathon radiophonique en 1985.La rencontre avec Louis Saia aux Lundis des Ha! Ha! a été up point tournant.Il a fait la mise en scène du spectacle que le quintette est allé roder à Magog cet été devant 18 salles combles.C’est un premier spectacle, mais Rock et Belles Oreilles s’est déjà trimballé dans tous les Cégeps imaginables, le Campus et les Foufounes Électriques.«Mais après 60 shows, on n’avait jamais fait ça, une répétition» souligne Guy, l’oeil polisson, qui a dû se plier à la discipline de Louis Saia.Ils se sont mis sérieusement au travail et ont d’ailleurs la chance d’être entourés de collaborateurs reconnus comme Suzanne Hamel aux costumes et Jean-Claude Leblanc à l’éclairage.Un spectacle constitué de 10 chansons, toutes des parodies incluant leur nouveau 45t Le Feu Sauvage de l’Amour, et une dizaine de sketches portant sur les années 60, la publicité, les nouveaux mâles, la relaxation.Un humour hybride entrelardé de rigolade musicale.Ça promet tout un ragoût.D’ailleurs elles sont très en demande, les Belles Oreilles: on les verra aussi au show d’Yvon Deschamps Samedi De Rire, et à un spécial avec le groupe Toulouse en décembre à Radio-Canada.Eux-mêmes sont surpris de leur succès.Leur petit hobby du vendredi soir (tripper noir et rire comme des fous) est devenu une véritable PME de l’humour.Ouais, cinq joyeux troubadours de l’ère techno, qui partagent trois passions: le mini-golf, le David Letterman Show, et les Talking Heads.De plus, à l’unanimité, ils trouvent que René Simard est la personne la plus sympathique qu’ils aient rencontrée dans la jungle du showbiz.Authentique.Je vous le jure et eux aussi.Demandez-leur.S.-C.F./6 I Voici la nouvelle caméra VHS Movie, de Hitachi.La première caméra vidéo à vous offrir plusieurs caractéristiques que les autres caméras ne possèdent pas, et la plupart des caractéristiques que les autres magnétoscopes eux, possèdent.Hitachi a réussi à intégrer à sa caméra vidéo un magnétoscope doté de toutes les fonaions d’enregistrement et de lecture.Cette caméra vous permet non seulement de réaliser vos propres films, mais aussi d’enregistrer à partir de votre téléviseur ou de regarder votre long-métrage préféré.La caméra VHS Movie comprend un réglage automatique du blanc, qui contrôle l’intensité des couleurs pour vous offrir des teintes plus riches que jamais.Et un système de TTés polyvalence, la caméra VHS Movie peut enregistrer de votre téléviseur ou d’un autre magnétoscope.m ¦BU mise au point automatique à rayons infrarouges pour des images plus claires, plus nettes.Même les problèmes de faible éclairage sont diminués grâce à sa luminance de 7 lux.Et la caméra VHS Movie vous offre jusqu’à 160 minutes de temps d’enregistrement Toutes ces caractéristiques vous donneront des résultats d’une qualité professionnelle.et Hitachi a trouvé le moyen de les réunir dans un appareil qui ne pèse que 2,8 kg (6,2 Ib).Passez donc voir la nouvelle caméra VHS Movie chez votre marchand Hitachi.Avant qu’il y ait foule.^HITACHI LA SCIENCE AU SERVICE DES SENS mm iipliP OFFENBACH EST MORT, CORBEAU RENAÎT En 1964, Gérald Boulet rêvait aux Bea* ties, à Chuck Berry et aux grands du rythm’n blues.Vingt et un ans plus tard, le rêve se poursuit même si les Gants Blancs, son premier combo, Offenbach Pop Opéra et Offenbach, le patriarche des groupes rock québécois, appartiennent tous à l’histoire.Homme de tête, homme de coeur, Gérald, devenu Gerry, se souvient des spectacles chahutés, de la messe à l’Oratoire, de la soirée crève-coeur en compagnie de Chuck Berry, des tentatives de percée en France et du Forum de Montréal en 1980-81-83-85.Des souvenirs.mais aussi des projets, parce que le rock ne meurt pas.«J’irai en France pour sûr.voir Higelin et Lavilliers, pour prendre le temps de me ressourcer.Pas question que j’enregistre avant 86.Le rock ça se pense», de répondre Gerry, la voix éraillée.En attendant, CBS proposera, testament oblige, un album-double tiré du spectacle d'adieu d’Offen-bach à Montréal.Quant à John McGale et Breen Leboeuf, membres en règle du groupe depuis 1978, ils donneront suite à leur nouvelle association avec Jerry Mercer, ex- April Wine, au cours des prochains mois.Drôle de coïncidence tout de même.Offenbach se saborde au moment où Corbeau que l’on croyait mort et enterré depuis la fugue de Marjo, en septembre 1984, ressuscite ce mois-ci avec Donald Hince à la guitare, Michel Lamothe à la basse, Roger Belval, alias Wezo, à la batterie.et l’énigmatique cinéaste-visionnaire fou Pierre Harel, membre fondateur du groupe en 1977, retrouvé en avril dernier après cinq années d’exil volontaire.«La beauté brute de Marjo, son énergie sur scène, sa voix, c’était Corbeau.Les gens s’en souviennent.Maintenant, disons qu’on passe à autre chose.Rock?C’est certain, mais le message est plus fou, les textes plus forts, les idées plus réfléchies», de répondre Donald Hince, entre deux séances de répétition.«Vous allez être surpris», conclut-il.Le premier 45 tours du nouveau Corbeau, Francine, est délibérément provocant, délibérément séduisant.Si tout va comme prévu, il devrait être lancé sur le marché au moment où vous lisez ces lignes.Un album suivra, de même que le prochain long métrage de Pierre Harel, Grelot Rouge et Sanglot Bleu, dont la sortie est prévue au cours des prochains jours.A.D.JOEBOCAN, LEPARADOXE FAIT FEMME /oe Bocan aime Tchaikowski, Sarah Vaughan et Tina Turner.Quand elle était petite fille, elle voulait devenir actrice ou soeur missionnaire.Elle a horreur des reptiles /s mais se ballade sur scène enrobée d’une peau de python.Joe Bocan est paradoxale.Elle est séduite par le showbusiness et veut séduire le showbusiness.Enfant, la petite Joanne Beauchamp jouait au «Gala des Artistes» avec ses petites amies, en se drapant de robes volées à sa mère.Élevée à Laval-des-Rapides, Joe Beauchamp a ensuite étudié l’interprétation à St-Hyacinthe, puis, a joué plusieurs pièces et participé à l’émission MINIBUS à Radio-Canada.Elle écrit aussi quelques textes pour son ami Torn Ri vest et ses talents de chanteuse sont remarqués alors qu’elle participe au spectacle DÉFENDU en 1984.Joe Bocan avait déjà tâté de la chanson sérieusement.En 1983, elle avait terminé deuxième dans la catégorie auteur/compositeur au Festival de Granby.«Mais j’étais mal préparée, explique-t-elle.Les circonstances ont été bousculées, ça ne s’est pas passé comme je le voulais.» En février 1985, elle provoque l’enthousiasme de la critique avec «Vingt Chansons Branchées» à l’Eskabel.Cet automne, Joe Bocan récidive avec un nouveau show intitulé PARADOXALE, présenté à la nouvelle salle Le Milieu, rue St-Laurent.Elle mise sur le visuel (éclairages de Michel Beaulieu, décor de Danielle Lévesque, costumes de Jean Rossignol!) et cherche surtout à rendre des atmosphères prenantes (mises en scène de René-Richard Cyr et de Claude Poissant).Joe Bocan se dit positive et elle propose des textes sombres par lesquels elle entend véhiculer de l’espoir.Le paradoxe ne la quitte pas.De son visage lumineux et de son sourire parfait on retient une femme qui songe et qui rêve.Joe Bocan ne parle pas de son futur, se livrant par hoquets, gardant ses meilleurs secrets.De vivante à absente, Joe Bocan semble aller et venir allègrement d’un monde à l’autre.Et la mort l’obsède.«J’y pense tous les jours, ça vit toujours auprès de moi, la mort.» Comme une autre couleur sur sa palette.La paradoxale Joe Bocan sera au Milieu jusqu’au 16 novembre.Derrière elle, Torn Rivest à la direction musicale et trois choristes.S.-C.F. i w^j m^ÊË *¦ m Fédération des produc i ( ut s df lu Qu^beç 7 7 W John Mellencamp.dit Courier la upctit hotard» au coeur tendre Les rockers, les purs, ne courent pas les rues.Faut les chercher .parfois même les traquer jusqu’en Indiana, dans le Midwest américain où James Dean a légué sa légende et où un chanteur l’assume depuis ses seize ans.Fauteur de troubles invétéré, marginal réconcilié, John Mellencamp est tout PAR ALAIN DENIS —"s etit batard, ferme ta gueule!» John Mellencamp a entendu cette phrase des milliers de fois.- - La première, à quatorze ans.Leader d’un groupe rock local, il crachait déjà les classiques de Wayne Cochran et James Brown, pour 30$ la fin de semaine, au visage d’un auditoire ivre-mort, usé par l’industrie métallurgique.Quelle affaire! La deuxième fois, âgé de 18 ans, il venait de se marier clandestinement au Kentucky avec sa première flammedu high school, Priscilla.Indigné, son père le lui a fait savoir: il l’a foutu à la porte.La troisième, en 1976, c’était lors d’un voyage à New York pour présenter une bande démo de la chanson Kicks de Paul Revere And The Raiders, un hymne anti-héroïne.La quatrième.la cinquième.la sixième.il ne les a pas oubliées.Originaire de Seymour, en Indiana, le deuxième d’une famille de cinq enfants, John Mellencamp, l’adolescent, n’avait d’autres ambitions que'de boire, fumer, flirter, chômer, se battre et zoner.Les 18 000 habitants de sa ville s’en souviennent.Ses parents aussi.Patience, le succès arrangera les choses.Comme Bran-do dans The Fugitive Kind, un rebelle.finalement accepté pour ce qu’il est.«Il y a quatre ou cinq ans, pour un oui ou pour un non, j’aurais lancé des pierres à la figure du premier venu.la défonce à tout prix.Maintenant, c’est différent.J’ai appris à observer les gens, à les regarder vivre.» Installé aujourd’hui à Bloomington, à proximité du campus de l’Université de l’Indiana, 50 milles à l’ouest de sa ville natale, John Mellencamp, à 34 ans, a su canaliser sa délinquance.Il s’est intégré à son coin d’Amérique.Au point de se / 7 y/Ê\M\PtlCCUttp r*ou quand les hmxjs deviennent des héros lever et de prendre position ouvertement en septembre dernier lors de l’événement Farm Aid, le concert-bénéfice qu’il organisait à Champaign (Illinois) en compagnie du roi country Willie Nelson, pour veniren aide aux fermiers du Midwest, au centre d’un bourbier économique nauséabond.Démarche revendicatrice on ne peut plus logique, elle rapportait plus de neuf millions de dollars et faisait suite à son septième microsillon, Scarecrow.Un album typiquement amerloque qui loue la fierté des prolétaires et qui pleure la déchéance d’un pays, le sien.Un album mature que John Mellencamp n’aurait pu s’offrir il y a dix ans, à l’époque de son deuxième groupe, Trash, un mélange hétéroclite de Bowie, des Hell’s Angels et de son idole Mitch Ryder.En 1976, remercié par son employeur, ses dernières prestations d’assurance-chômage en poche, il entame une ronde de lobbying auprès des maisons de disques newyorkaises.Le piranha Tony Defries, banquier de Bowie et ardent fanatique de stars instantanées gonflées à l’hélium, passe à l’attaque.John Mellencamp ne fait pas le poids.Il a l’habitude de se battre à Seymour pour secouer la torpeur de son patelin.Mais Seymour n’est pas la toute-puissante New York.jungle où ne s’amusent que les patrons-traiteurs de talent, modeleurs de réalité.Et la réalité, DeFries l’applique au risque de briser le plus farouche des novices, quel qu’il soit.Mellencamp écope.Son nom d’origine hollandaise ne cadre pas dans les plans de DeFries qui lui accole le pseudonyme inculte de «Cougar» sur son premier microsillon, Chestnut Street.Incident.Un ramassis malhabile de chansons lancé à la hâte, châtié par la critique, renié quelques mois plus tard par Mellencamp.«Vous savez, je ne peux supporter les personnes qui m’appellent Johnny Cougar: Fuck them!» Désinformés par DeFries qui sera éventuellement congédié, les journalistes américains vouent instantanément une profonde haine à Johnny Cougar, le petit bâtard à la gueule agile, dont la réputation le précédera pendant de nombreuses années.«Opportuniste sans talent», claironnent-ils.Pourtant, les démagogues électroniques devront un jour se couvrir.Johnny Cougar va détonner.Pat Benatar en a souvenance.En 1979, après avoir demandé à sa compagnie de disque «de la poudre et un canon», elle recevait / Need A Lover.Une bombe signée Mellencamp.Trois ans plus tard, l’Amérique bascule dans la coupe du rocker de Seymour.Son cinquième album, American Fool, écoulé à plus de trois millions d’exemplaires en 1982, est celui qui se vend le mieux à travers les États-Unis cette année-là, alors que les chansons Hurt So Good et Jack and Diane atteignent successivement le Top 10 et lui valent une nomination pour un trophée Grammy.Malgré tout, la critique demeure extrêmement négative à son égard.Le trop influent Rolling Stone le lessive.Sa réputation le précède toujours.L’arrivée de Uh-Huh, l’année suivante, confirme que la rancoeur des journalistes ne valait pas plus que le venin de leurs écrits.Le révisionnisme est de mise.Jann Wenner, éditeur de Rolling Stone, fait la courbette, pétrifié.Sur la pochette, John Cougar Mellencamp révèle son véritable nom en même temps qu’il nous offre un rock ferme, épuré, et plus conscient que jamais.Réécoutez Pink Houses, Crumblin’Down et Authority Song.Des classiques gravés dans le rock du Midwest, de Rushmore et du Capitole à Washington.Le succès glorifie, mais John Mellencamp n’en a rien à foutre.Il n’a jamais souhaité être reconnu pour ses talents de compositeur, mais plutôt comme le parfait truand.Proprio de trois Harley, d’une Corvette et d’une Chevy hot-rod, il favorise bien plus la pétarade que la sérénade.Tout de même bizarre de la part d’un chanteur qui, il y a quelques mois, nous présentait un microsillon considéré comme un des plus marquants de l’année.Volontairement simple, Scarecrow tranche sec avec la guimauve abrutissante que la radio MF (moche et facile) nous propose quotidiennement.Les Américains font allusion au néo «garage sound».Mellencamp, lui, parle d’un retour aux sources, à ses influences; Lovin’Spoonful, The Seeds, Eddie Floyd, The Beau Brummels, The Buckinghams.«La critique a beau penser ce qu’elle veut, me comparer à Bruce Springsteen.il faut se rendre à l’évidence.J’ai grandi avec la musique des années soixante, avec les valeurs des années soixante, avec l’Amérique.Je ne vais tout de même pas renier mes racines afin de plaire aux journalistes.» Soyez-en assurés: John Mellencamp ne désavouera jamais ses origines.Riding The Cage, son premier film prévu pour le printemps 86, en sera un exemple probant.Il raconte l’histoire d’un chanteur country déchu, vivant à Los Angeles, qui décide de retourner en Indiana pour faire le point sur sa vie.Là-bas, il succombera aux charmes de sa première flamme du high school.Coécrit par Larry McCurty (Terms Of Endearment) et Mellencamp, Riding The Cage marquera également les débuts de Mellencamp au cinéma, sous la direction de Jonathan Kaplan, principal responsable des clips pour Scarecrow et d’un documentaire-vidéo tourné lors de l’enregistrement de l’album, le printemps dernier.En 1980, il n’y avait pas plus de 30 personnes pour voir John Cougar au Club Montréal.Consécration intime.Ce mois-ci, consécration ultime, il amorce une nouvelle tournée d’une centaine de spectacles à travers les arénas d’Amérique.comme un voyou devenu héros.¦ 21 ONDESDE î ¦ PAR SYLVAIN-CLAUDE FILION Le visage de la radio montréalaise ne sera jamais plus le même.Après avoir connu cinq années stables, la FM s’installant en vain-queur et les stations AM tentant désespérément de sauver les meubles, la radio montréalaise est à la veille du plus important bouleversement de ces dernières années.Un vent de renouveau souffle enfin sur les ondes.À l’heure actuelle, la plus importante masse d’auditoire est celle du baby boom, une génération qui a maintenant entre 25 et 49 ans, le principal public-cible des radios puisque groupe de consommation.Car n’oublions pas que les diffuseurs ont besoin de publicité pour vivre, et qu’il faut pour vendre un public qui achète.Le nouveau souffle qui risque de changer l’ordre des choses au cours des prochains mois pourrait être imputable à trois personnes.Trois hommes de radio qui sont nés au coeur même du baby boom.Ce sont les trois B à surveiller.Braide, Beauchamp, et Beaulne.Trois leaders de trois empires radiophoniques qui se disputent l’assiettedes cotes d’écoute.Mais avant que la bataille ne s’engage, jetons un oeil sur l’histoire récente.La petite histoire de la radio Installée dans les années 20, la radio a été déclassée par la télévision à son avènement, mais dès les années 60, certaines stations se sont imposées avec de nouvelles formules.Ce sont alors les beaux jours de CJMS, la radio musicale de l’époque.Au tournant des années 70, CKAC prend la tête pour la garder une douzaine d’années, CJMS, CKVL et même CBF-690 (Radio-Canada) talonnent de près.CKLM, la Miousik-machine (une sorte de CKOI des années 70) franchit souvent la barre des 500,000 auditeurs/semaine avec une formule top-40.* Puis, c’est la vague FM qui déferle.C’est aux sondages de 1980 que le vent a sérieusement tourné.La vague FM devient un phénomène de masse correspondant à une évolution marquée des moeurs modernes: stéréophonie, recherche sonore, musicalité plus «libre».Cependant, la radio FM, les ondes chargées de commerciaux, est rapidement 22 devenue un bastion commercial et peu à peu, on y a transposé des formules du AM pour polir et assurer la suprématie.Le phénomène CK0I En cinq années, CKOI-FM est passée de 300,000 auditeurs à plus d’un million pour déloger CKAC et devenir la première station FM au Canada.Phénomène unique dans les annales canadiennes.Bob Beauchamp, qui dirige CKOI, l’admet lui-même: l’histoire de CKOI, c’est un peu son one-man show.Beauchamp a propulsé un concept instauré juste avant son arrivée par Guy Aubry (maintenant à CKMF): formule d’animation identique pour tous les animateurs, avec un minimum de traits personnels.Station populaire au Québec, CKOI n’est par réputée pour embaucher des animateurs particulièrement cultivés.Une bonne partie de son succès est redevable au directeur musical Guy Brouillard qui a développé une grille musicale gagnante.CKOI offre une formule proche du top-40: tant que les chansons se renouvellent, le public colle.CKOI a certainement innové.Première station montréalaise à changer ses lettres d’appel potir le slogan «i-97» calqué sur les grandes FM américaines (par exemple, K-95 Fort-Lauderdale ou Y-100 Miami).Les autres stations ont emboîté le pas.CKOI fait aussi de la promotion son arme prépondérante.Des concours, des autocollants, un tas de gadgets et une grosse machine bleue qui sillonne la ville et les banlieues.Autre phénomène copié par d’autres FM dont CKMF qui trimbale maintenant sa Camaro rouge.«Nous sommes habitués à être copiés, commente Bob Beauchamp.On ferait toujours ailleurs ce que nous avons fait il y a deux ans ou deux mois.» CJMF LE ROCK EN LIBERTÉ SURVEILLÉE Bob Beauchamp a de quoi se réjouir: CKOI est no.1 au Qu ébec.PAR IVAN LAMONTAGNE De son modeste bureau du deuxième étage, Claude Thibodeau peut, d’un seul coup d’oeil, photographier presque les trois quarts de la Ville de Québec.Mais c’est vers l’intérieur que la vue demeure la plus imprenable.A travers les dizaines de posters qui tapissent les murs, les piles de disques, cassettes, lettres éparpillées ici et là, Claude Thibodeau voit et sait mieux que quiconque ce que désirent entendre ses 300 000auditeurs.Certainement mieux en tous les cas que les «Big Brothers» (l’expression est de Thibodeau!) du CRTC (Conseil de radiodiffusion et de télécommunications canadiennes) qui ne cessent, dit-il, de faire la preuve de l’absurdité, de l’incohérence et de l’inconséquence du système.Et vlan! Voilà le jeune guerrier reparti sur le sentier de la guerre.Claude Thibodeau avait pourtant déjà déposé les armes une première fois le 31 mars 1984 — «avec la rage au coeur» s’empresse-t-il de préciser — quand le CRTC avait refusé de renouveler la licence de diffusion de CJMF «devant l’aggravation progressive de l’état de non-conformité de la titulaire relativement aux conditions de sa licence au cours des trois dernières années, notamment au niveau de la musique».«CJMF doit se la boucler», avaient alors proclamé en choeur les bonzes du CRTC.Effectivement, CJMF se la bouclera pendant un peu plus de quatre mois, le temps d’en faire une sentence exemplaire et de tenir des audiences publiques sur le sujet.Ça lui apprendra, la vilaine, à vouloir impunément défier les règlements du CRTC en s’entêtant à diffuser «dans un format progressif rock plutôt que dans le format musical M.O.R.(middle of the road, c’est-à-dire musique légère)».«Un exercice de justification du CRTC qui a coûté 1,5 million de dollars aux contribuables», clame Thibodeau qui diffuse, depuis le 18 août 1984, sous l’étiquette «rock progressif» mais dont six chansons sur dix doivent être fredonnées dans la langue de Molière.Il y a dans les propos du jeune directeur de 30 ans et dans les quelques coups de poing qu’il laisse parfois tomber sur la table un vague sentiment de frustration, de colère à peine voilée.Il faut dire que dès les premiers balbutiements de la station, en septembre 1979, CJMF avait dû, elle aussi, montrer rapidement des dents pour se tailler une place dans le coeur et dans les oreilles des Québécois de la Vieille Capitale.Après trois années d’opération, la seule station FM indépendante de Québec, avec son format M.O.R., rejoignait environ 100 000 auditeurs mais «tournait» toujours dans le rouge.Comble de malheur, deux nouvelles stations FM, CITF et CHIK, opérant dans des formats M.C.R.et musique de détente, devaient faire leur apparition en ondes dès 1982.«Peut-être, dira Claude Thibodeau, que le CRTC avait alors oublié ses propres lois qui précisent que les nouvelles licences doivent compléter le réseau existant et non pas le doubler».Pour se démarquer de ses concurrentes et espérer tenir le coup, «Harmonie FM» devait alors procéder à une première métamorphose musicale.«Nous n’avions pas le choix, c’était le country ou le rock.» Le 8 septembre 1982, Claude Thibodeau, qui était en poste depuis à peine 24 heures, recevait un télégramme du CRTC.Ça se gâte! On se plaint.«CJMF ne respecte pas ses engagements,» diront les concurrents.Ici Thibodeau intervient: «Dans le plan de redressement que nous avons soumis au CRTC le premier janvier 1983, nous avions tout mis en oeuvre pour respecter à la lettre leurs règlements, sauf pour le genre musical où nous ne pouvions nous permettre de retourner en arrière.Leurs règlements nous défendaient de faire tourner du rock alors que si l’on s’en tenait à leurs propres définitions, Véronique Béliveau avec son «Je suis fidèle» devenait illégale sur nos ondes.C’est sur ce genre de technicalités qu’on a été crucifié.» Cette vision pragmatique, anti-intellectuelle et peut-être pas vraiment conformiste de la chose musicale fera en sorte que la facture sera finalement lourde à payer.«Il sera bientôt minuit.Je dois m’arrêter de parler si nous ne voulons pas être dans l’illégalité.Merci d’avoir été avec nous jusqu’à la fin.» dira, la voix étouffée par l’émotion, ce même Claude Thibodeau quelques secondes avant de tourner une dernière fois la clef, le 31 mars 1984.HARMONIE FRAGILE Aujourd’hui, un peu plus d’un an après, Claude Thibodeau dit avoir beau- coup vieilli.«D’au moins dix' ans», soupire-t-il.Ce qui ne lui a pas du tout enlevé le goût de prendre le risque de dire ce qu’il pense tout en courant le risque de se casser la gueule.«Le CRTC a voulu faire de CJMF un cas exemplaire mais tout le monde savait que le CRTC s’attaquait au plus petit et que cette même petite station indépendante n’avait aucun lobby, aucun chum à Ottawa pour parler en sa faveur.Le cas de CJMF n’a été, pour le CRTC, qu’un simple exercice de justification puisque pendant tout ce temps, le Conseil a fait encore preuve d’incohérence avec ses propres lois non pas en fonction de ce qu’il nous a imposé mais bien par toutes les irrégularités qu’il a laissé passer par la suite.Combien de stations FM dans la région, sont, elles aussi, constamment dans l’illégalité?Nous avons pourtant porté plainte mais leur licence a été renouvelée comme si de rien n’était.».Le marché radiophonique de Québec est actuellement desservi par 11 stations (5 stations MA et six stations MF dont une de langue anglaise) et Claude Thibodeau se demande toujours sur quels principes repose ce marché.«Je crois tout simplement avoir été beaucoup trop naïf envers le système établi.Aujourd’hui, je sais comment ça marche mais je sais aussi que si le Canada était administré selon les règlements du CRTC, ce n’est pas une feuille d’érable qu’on aurait sur le drapeau mais bien une faucille et un marteau.Si dans une discothèque, le «D.J.» devait obligatoirement faire tourner 65% de sa musique en français, plus personne ne viendrait l’écouter.C’est ce genre de réglementation qui nous est imposée et qui est, selon moi, une atteinte fondamentale à la liberté des gens, à leur liberté de choisir».Mais n’y a-t-il pas une culture et des artistes québécois à protéger?Thibodeau n’y croit plus.«Les jeunes ont le sens des valeurs nord-américaines.Tôt ou tard, on va être assimilé par la culture anglophone et ce n’est pas en nous imposant un 60% de français dans nos stations qu’on va pour autant retarder l’échéance.Tout ce que nous parvenons à faire, c’est de brûler l’artiste.Daniel Lavoie n’arrivait plus à vendre son dernier album au Québec parce qu’il était entendu sur toutes les ondes et à toutes les heures de la journée.Daniel est aujourd’hui en France où il a vendu plus de 125,000 copies de ce même album».L’entrevue tire à sa fin et Claude Thibodeau en a encore gros sur le coeur mais comme l’expérimenté boxeur à la veille du quinzième round, il préférera, pour l’instant, reprendre son souffle pour mieux attendre, patiemment dans son coin, le «eue» qui lui rappellera que son combat n’est pas fini.23 CKOI ,000,000 CK AC 970,000 940,000 910,000 880,000 850,000 820,000 790,000 760,000 CKMF 730,000 CJMS 700,000 670,000 CHOM CKVL 640,000 610,000 CHOM 580,000 550,000 520,000 490,000 CJMS 460,000 430,000 CKMF- CKVL 400,000 370,000 340,000 310,000 CKOI 280,000 250,000 En moins de cinq années, la majqrité des stations FM se sont hissées aux meilleurs positions du palmarès des cotes d'écoute.TABLEAU DES PRINCIPALES STATIONS EN FORCE été 1985 automne 1980 (rang) 1 CKOI-FM 1 081 000 417 000 (9e) 2 CKAC 924 000 1 051 000 (1er) 3 CKMF-FM 733 000 496 000 (6e) 4 CHOM-FM 673 000 612 000 (4e) 5 CJFM-FM 519 000 307 000 (12e) 6 CFGL-FM 503 000 441 000 (8e) 7 CJMS 487 000 745 000 (2e) 8 CITÉ-FM 470 000 397 000 (10e) 9 CJAD 466 000 (en grève) 10 CKVL 409 000 727 000 (3e) 11 CFQR-FM 394 000 522 000 (5e) 12 CBF 353 000 (en grève) 13 CKGM 333 000 487 000 (7e) 14 CIEL-FM 310 000 288 000 (13e) Cependant, diffuser à 307,000 watts favorise un peu CKOI, alors que toutes les autres stations se contentent de 10,000 à 50,000 watts.L’auditoire de CKOI est conséquemment périphérique, car les chiffres démontrent quà Montréal même, le marché est légèrement dominé par CKMF.L'HUMOUR L’une des armes de CKOI a été l’humour.Jusqu’à tout récemment, il n’y avait que CKAC qui diffusait son légendaire «Festival de l’Humour».CKOI a innové dès 1982 en présentant le premier radio-roman en stéréophonie Pas De Céleri Pour La Baronne (une autre aventure de supermax).Puis, il y a eu l’humoriste Christian Tétreault avec ses controversées maintenant une satire intitulée Miami Mice; CKMF met en ondes les aventures du Capitaine Bonhomme à Hollywood, et CJMS diffuse sur tout le réseau Mutuel une riposte à CKAC avec Radio-Folie.L’humour se vend bien, plus besoin de le rappeler.On n’a qu’à observer le phénomène Ding et Dong, et tout l’effet d’entraînement que les Lundis des Ha! Ha! ont eu sur le showbiz québécois.Cet automne, CKOI présente les Mardis Rock’n’Drôle au Club Soda, où la relève de l’humour côtoie celle de la chanson francophone.Une autre initiative de Bob Beauchamp.MUSIQUE ACTION L’un des événements majeurs de ces dernières semaines a été le rachat de CHOM et de CKGM par un consortium de Toronto qui possède déjà une douzaine de stations de radio, et quelques postes de télévision dont Much Music.En autorisant la transaction, le CRTC* a exigé de CHOM qu’elle dépense au moins 50,000$ par an pour aider l’industrie de la chanson française.Bon joueur, CHOM investit 100,000$.D’autres stations suivent et à la suite de laborieuses consultations avec l’industrie, Ottawa organise un vaste programme d’aide au showbizz.On entend subventionner les artistes professionnels incapables de financer la production de leurs disques, et les débutants qui n’ont pas les moyens de se payer un démo*.Il s’agit de la plus importante initiative d’aide et de promotion jamais vue au Québec pour contribuer au développement d’une industrie qu’on dit en crise depuis des années.On prévoit accorder un demi-million de dollars par année et les premières bourses pourraient être versées avant la fin de 1985.Bob Beauchamp va plus loin: les concurrents de la 4e édition de l’Empire des Futures Stars pourraient bien être forcés de chanter en français.Et la confiance règne: «D’ici deux ans, ajoute-t-il, on va entendre énormément de nouveau produit au Québec.Ce ne sera pas nécessairement comme le grand rush des années 60, mais il y a déjà du très bon matériel qui se fait aujourd’hui.Il manque seulement de débouchés.» Car les commanditaires font toujours la sourde oreille, échaudés par les échecs passés.UN RETOUR DES RADIOS AM?Alors que les FM se sont confortablement installés dans le peloton de tête des cotes d’écoute, les stations AM font des pieds et des mains pour rattraper l’auditoire.Peut-on croire à un éventuel retour des radios AM?«C’est encore difficile à dire, explique Rob Braide de CHOM.Quand on regarde le marché torontois, on est tenté de croire que c’est possible.Le marché AM est encore fort là-bas et deux stations AM ont le million d’auditeurs.Selon Paul-Émile Beaulne, éminence grise de CJMS, il n’y a que des radios qui offrent des choix.Les AM sont en régression parce que la compétition n’a pas été assez percutante.CKAC a tout monopolisé.» Bob Beauchamp n’y croit pas vraiment.«Il n’y a pas de nouvelles formules en radio, il n’y a que de nouvelles façons de les appliquer.» Quand aux AM stéréo, leur impact est encore minime.«Elles prendront de la valeur lorsqu’on y adaptera le format» affirme Paul-Émile Beaulne.Pour Rob Braide, les AM stéréo vont percer «le jour où on trouvera des récepteurs AM jusque dans les petites voitures.» Pourtant l’évolution de la musique pop montre peu à peu les signes d’un format musical plus top-40, plus AM.De nouveaux groupes britanniques comme The Adventures, Matt Bianco, Everything But The Girl et The Dream Academy proposent des hits qui rappellent dangereusement les chansons pop des années 60.Retour du SUITE À LA PAGE 64 24 Macdonald exporta AVIS: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l’usage-éviter d’inhaler.Moyenne par cigarette Export “A” Medium format régulier: “goudron” 13 mg., nicotine 1.0 mg.Format King Size: “goudron” 13 mg., nicotine 1.0 mg. 7 i «Aie! Aie! Aie! Qu'est-ce que vous dites de ça?» Que ce soit par idiotie ou par idéalisme, c’est idem.Lorsqu’on a l’idée de s’identifier à une idole avec qui on rêve d’une idylle parce qu’on croit qu’elle est la personne idéale pendant que tout le reste nous semble hideux, on a tous l’air un peu idiot et on y perd rapidement son identité et parfois son carnet de chèques dans un restaurant chinois.Mais ça, c’est une autre histoire.Le phénomène des idoles et de son pendant direct, les groupies, ne date pas de la dernière ondée sur le jardin de roses de Mme Butterfly.Déjà les Grecs, du temps de la bonne vieille mythologie, connaissaient sous le terme «eidôlons» ces êtres touchés de la main de Dieu.Québec Rock a en savoir davantage.26 PAR PIERRE LEROUX Il n’y a pas que les femmes qui nous trompent, il n’y a pas que les maris qui soient infidèles.Il y a aussi les mots qui le sont en nous tirant la langue.Un type qui aime les livres s’appelle un bibliophile; celui qui connaît le vin, un oenologue; un homme qui aime les Anglais (et il s’en trouve!), un anglophile; mais s’il s’agit d’une gamine de 16 ans qui frétille dans sa mini-jupe en regardant David Lee Roth chanter qu’il n’est pas autre chose qu’un gigolo, eh bien je vous le donne en mille, on appelle ça une groupie, une fan, ou comme dirait ma grand-mère, une toquée.La naissance des groupies n’appartient pas à l’histoire récente, quoique puissent en penser certains managers de rock qui profitent assez bien de la chose.Déjà, bien avant que Pierre de Cou-bertin, dit «le baron», fasse dans sa première couche, les Jeux Olympiques de l’Antiquité suscitaient l’engouement des aïeules de nos groupies modernes.Pensez donc! Comme les athlètes couraient tout nus dans le stade(1) et que les jeunes filles étaient interdites dans ce Forum(2), celles-ci développèrent illico le désir d’aduler ceux-là.Ce qu’on ne voit pas ne vous fait pas de mal, dit le proverbe, et les nouveaux dieux du stade (enfin.les anciens) apprirent rapidement l’importance de cultiver le mystère.Plus vous réussissez à alimenter celui-ci, plus les groupies conservent de place dans leur imagination pour donner libre cours à leurs fantasmes.LES TEMPS MODERNES.Les premiers à bénéficier vraiment du star system furent les acteurs dès la commercialisation de l’invention des frères Lumière.En peu de temps, ces nouveaux comédiens, jusque-là confinés aux salles de théâtre, obtinrent un auditoire mondial, attisant en même temps les passions populaires.L’avènement du stylo Bic et de l’appareil photo ont également révolutionné le «groupisme».Bien sûr, bien avant on s’arrachait l’encrier de Molière, la chemise de Napoléon ou les bottines de la marquise de Sade au cours de ventes aux enchères enflammées, mais maintenant on pouvait désormais collectionner autographes et photographies.I» ¦ Avec les photos, ms autographes et les tournées de plus en plus fréquentes des sportifs, acteurs ou chanteurs, on allait assister à l’éclosion d’une nouvelle race d’aficionados: les fans.Ceux-ci peuvent être regroupés en deux classifications, selon la méthode inspirée du professeur Mendeleïev: ceux qui se contentent de collectionner gentiment les photos et cartes que l’on retrouve dans les magazines et les paquets de chewing-gum en se foutant pas mal des risques de caries, et les autres.Les autres, ce sont ceux qui aspirent à rencontrer et préférablement s’envoyer en l’air avec leur idole.Parmi ceux-là, on compte les plus voraces minettes, les plus intrépides dont celles qui vendraient parfois leur âme, ce qu’il en reste, ou la trousse de maquillage de leur soeur aînée pour une mèche de cheveux de leur idole ou un grand frisson.Ah! Mes jolies, c’était la belle époque quand Lauren Bacall, Joan Crawford, Douglas Fairbanks, W.C.Fields, Humphrey Bogart, Gary Cooper ou James Dean avaient leur fan-club.On s’échangeait les bouts de papier sur lesquels la vedette avait écrit «A Gertrude» et une photo dédicacée pouvait rapporter une assiette de rutabaga à son détenteur.À l’époque de la crise, c’était appréciable.Certains de ces fan-clubs subsistent même après la mort du principal intéressé.On n’a qu’à se rappeler la folie qui a gagné les collectionneurs à la mort d’Elvis ou la fièvre qui s’est emparée des maisons de disques qui ont multiplié les rééditions quand Brel a avalé son extrait de naissance.Mais trêve de billevesées historiques et passons aux choses sérieuses, place aux plus terribles spécimens de groupies, celles qui soupirent dans le «backstage» du rock’n’roll.LES FANS FONT DU VENT À Montréal, la chasse s’ouvre avec la saison des concerts rock.Les proies s’appellent Duran Duran, Motley Crue, Platinum Blonde, Wham!, Culture Club ou s’affublent d’un nom plus ridicule encore.Ils attirent pourtant, à chaque fois, une collection de pin-ups qui feraient le bonheur du révérend curé d’Ars, de Bernadette Soubiroux ou de Solange Harvey si elles se mettaient à table au confessionnal.Elles font la file aux portes des Michael Jackson, surnommé «/'Attila du showbusiness», est la terreur des jardiniers: partout où pas-sent ses fans, l'herbe ne repousse plus! «Boy George, je l’aime un peu, beaucoup passionément, à /a folie.» and i idole, en I occurence C> ndi LaujjNnescônd au milieu du i Moi aussi, je veux toucher!- ’ 1 hôtels, parfois pas les bons, multiplient les coups de téléphones ou traquent leurs idoles à l’entrée du Forum ou dans les boîtes «in» de la ville après le concert.Il y a des soirs au Forum où ça suinte de libido sur les murs gris où autrefois, seul le Rocket Richard avait droit de cité.Les intéressées profiteront de deux ou trois trucs du métier, comme ça, parce que finalement, j’ai envie de passer aux confidences, de lâcher le morceau, comme un truc qui vous pèse en attendant d’aller roupiller du sommeil du juste.Question hôtel, il faut pas chercher de midi à quatorze heures.Si votre idole danse ou chante en français ou donne dans l’art lyrique, il faut la chercher à l’hôtel du Parc (Catherine Lara, Pina Bausch, Wilhemenia Fernandez, Julia Migenes-Johnson, etc.).Pour les groupes rock, les meilleurs chances se situent aux Quatre Saisons (Duran Duran) ou au Hyatt ou encore au Manoir Lemoyne parce que près du Forum et plus discret que les grands hôtels.Si c’est une vedette de cinéma, veillez du côté du Méridien (si elle est française) ou du Ritz Carlton (pour les Américains).Enfin, le Bonaventure abrite parfois des auteurs connus (Dominique Lapierre, Thierry Breton), de même que le Ritz.Évidemment, il s’agit-là de principes généraux qui souffrent de nombreuses exceptions (certains artistes changeant d’hôtel à chaque visite), mais ces données pourront aider à circonscrire le sujet.Bon! Voilà pour le lieu.Maintenant, faudrait pas imaginer tout de suite la salle de bain aux miroirs et le petit-déjeûner au lit.Avant, détail négligeable, il faut parfois faire un brin de causette avec l’idole.Et c’est là que les choses se compliquent.Très régulièrement, les appels sont filtrés ou les chambres retenues par les imprésarios.Ainsi, si vous téléphonez aux Quatre Saisons pour parler à John Taylor de Duran Duran, lorsqu’il est de passage, on vous dira que l’on ne connaît pas, mais si vous demandez la suite de Donald K.Donald, Sésame s’ouvre parfois.Pour le reste, il faudra miser sur vos bas résille, votre voix suave et la chance, sans compter le facteur PD qui risque de compromettre singulièrement votre destin.Un dernier avis: n’envoyez pas de fleurs; la plupart ne savent pas où les mettre et vous aurez balancé votre pognon à l’eau courante.Mais en marge de ces plaisanteries ou ces indiscrétions, il reste la bonne vieille formule des familles: les fan-clubs.Écrire à une star et espérer une réponse, c’est comme envoyer une lettre au Père Noël.La plupart du temps c’est le bureau de poste (pour le père Noël) qui répond.Quelques rares artistes se donnent le mal de dépouiller leur courrier, mais le plus souvent, ils confient cette tâche à leur agent, leur secrétaire, leur 23 CARNET D’ADRESSES Fan Club Bryan Adams * 406-68, Water Street Vancouver BC, V6B 1A4 Bee Gees * A/S Renee Schreber P.O.Box 8179 Miami Beach Florida U.S.A.33139 John Cougar Fan Club * P.O.Box 1785 Bloomington Indiana USA 47402 Culture Club * Wedge Music 63, Grosvernor Street London W1 Grande-Bretagne Eurythmies * D& A Limited Box 245 London N89QG Grande-Bretagne Hall & Oates * Champion Entertaiment 130, W57th Street New York, N.Y.U.S.A.10019 Dire Straits * A/S Ed Bicknell Damage Management 152, Walton Street London SW3 Grande-Bretagne Kiss Army* Winterland Prod.P.O.Box 77505 San Francisco CA U.S.A.94107 Julian Lennon et Yoko Ono' A/S Sam Hayadoy Lennono Music Studio 1 1, West, 72th Street New York, N.Y.U.S.A.10023 Moody Blues* A/S Jacquie 55, High Street Cobhand Surrey Grande-Bretagne Elvis Presley Fan Club * A/S Peter Smith 26, 12ième Avenue Roxboro Québec Tél.: (514) 324-2020 Kenny Rodgers * Ken Kragan and Co.1112, North Sherbourne Dr.Los Angeles CA U.S.A.90069 Diana Ross Fan Club * Box 1649-R Covina CA U.S.A.91722 Rick Springfield Fan Mail* 15456, CabritoRoad Van Nuys Ca USA Supertramp* A&M 1416, North La Brea Hollywood U.S.A.90028 Tears for Fears World Service * P.O.Box 4ZN London W1A Grande-Bretagne STARS DE CINÉMA Brigitte Bardot La Madrague Saint-Tropez 83990 France Jean-Paul Belmondo Moulin des Corbeaux Saint-Maurice 94410 France Alain Delon 4, rue Chambiges 75008, Paris France Gérard Depardieu Art Media 10, av.George V 75008, Paris France Catherine Deneuve 36, av.Georges-Mandel 75116, Paris France Jacques Dutronc 67, rue de Provence 75009, Paris France Serge Gainsbourg 5, bis rue de Verneuil 75007, Paris France Roger Moore * C/O London Management Ltd 235, Regent Street Londres W1 Grande-Bretagne Rudolf Noureev Villa La Tubie Monte Carlo Principauté de Monaco Caroline ou Stéphanie de Monaco Palais de Monaco Principauté de Monaco *Avis aux amateurs: La correspondance doit être rédigée en Anglais. maison de disques ou, plus pratiquement à un fan-club.Ces groupes d’inconditionnels profitent généralement de contacts privilégiés avec les maisons de disques, qui voient en eux une source profitable d’alimentation pour la popularité de leur poulain.Ainsi, moyennant une somme généralement modique, on peut recevoir bulletin périodique relatant les épisodes de la carrière de la star, photos, cartes de membre et autres gadgets à l’effigie de l’idole.C’est un des meilleurs créneaux pour les commerçants désireux d’écouler leurs stocks de scoubidous à l’image de l’artiste.Vous en trouverez une liste sommaire en annexe de cet article et généralement les compagnies de disques peuvent vous indiquer comment correspondre avec l’élu de votre obsession sans toutefois se donner toujours la peine d’acheminer votre courrier si vous l’expédiez à leur attention.Les demandes des fans oscillent parfois sur la frontière de la lubie en série (et non de la Libye en Syrie comme certains le croient).Aussi, il peut être illusoire de demander la cravate de Bowie, la casquette d’Elton John ou la perruque de Dolly Parton à moins d’être en cheville avec le coiffeur de madame.Mais pour le reste, la chasse est ouverte.¦ (1) Mode réapparue dans plusieurs collèges américains il y a une dizaine d’années et désignée sous le nom de «nuvitisme» ou bien «nudisme» selon certains exégètes.(2) Pas encore sous l’empire de Donald K.Donald.Vingt ans avant les émeutes de Brixton ou de Tottenham, les Bobbies en avaient plein les bras, mais avec un autre genre de manifestants: les admiratrices des Beatles.d.* Skmm «Mais qu 'est-ce qu 'elles ont donc à les trouver si charmants?», semble se demander ce brave Bobby londonien.«De mon temps, // me semble pourtant que les fans de la 4 Reine savaient un peu mieux se comporter.» maxell ^ m'ï&rA f?.\ Ÿ^Êim^n?^.'J* V VOUS OFFRE SES MEILLEURS VOEUX À L’OCCASION DES FÊTES ET VOUS RAPPELLE.QUE LES ANNÉES PASSENT.1985.C’est l’année de Live Aid, des Blue Jays et du programme sceaux primes de Maxell.pour ne citer que trois des événements les plus marquants.Ainsi, le 31 décembre marque la fin de l’année tout comme celle du programme sceaux primes.Nous tenons à remercier tous nos clients qui, en participant au programme sceaux primes, ont contribué à son succès retentissant.Mais hélas, toute bonne chose a une fin.Pour être admissible, vous devez nous faire parvenir tous vos envois d’ici le 31 décembre 1985 et éviter ainsi les retards de livraison.Comme certains articles sont plus en demande que d’autres, n’oubliez pas d’indiquer des solutions de remplacement.ET NE SE RESSEMBLENT PAS! 1986.C’est la nouvelle année qui s’annonce pleine de promesses, spécialement chez Maxell avec une promotion sans précédent! 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Canada.Aujourd’hui, le mouvement, présent dans une quinzaine de pays, est devenu une grosse affaire: un million et demi d’adhérents, une assise financière de 10 millions de dollars US, un revenu annuel de quatre millions de dollars sous forme de dons (450 000 $ au Canada), et tout un réseau de distribution pour la vente de macarons, de t-shirts, de disques, d’affiches et de vignettes de pare-chocs.Il était pratiquement inévitable qu’un mouvement comme Greenpeace fasse son apparition au tournant des années soixante-dix.La télévision de l’époque avait depuis peu commencé à renvoyer à ses spectateurs l’image d’un monde de souffrance et d’angoisse: guerre et préparatifs de guerre, pollution, violence raciale, assassinats de chefs politiques, dégradation des cours d’eau, agressions contre la faune et la flore.Des mots nouveaux ont alors fait leur apparition: environnement, écosystème, espèces en voie de disparition, pollueurs, faucons et colombes.La «paix verte» Ainsi se trouvent réunis, jusque dans son nom même — la «paix verte» — les deux grands ordres de préoccupation de Greenpeace: la paix et la protection de l’environnement.Les dossiers défendus par le mouvement en témoignent éloquemment: non-prolifération nucléaire, protection des animaux depuis le vison jusqu’à la baleine en passant par les bébés phoques et les kangourous, lutte contre les déversements en mer de produits toxiques, contrôle des déchets nucléaires et protection du continent antarctique, dernier refuge de la vie naturelle.Dans bien des cas, les objectifs visés sont formulés en termes absolus.Pendant l’été de 1983, Greenpeace a mené en Sibérie une campagne contre la chasse à la baleine.L’un des dirigeants canadiens du mouvement a déclaré à la presse que cette action allait enfin contribuer à «river l’un des derniers clous dans le cercueil de l’industrie baleinière».Ce radicalisme apparent n’exclut toutefois pas certains révisions déchirantes de l’orthodoxie environ-nementaliste.Ainsi en est-il de la campagne à propos des bébés phoques, qui contribua à mettre au jour une réelle contradiction des intérêts.À force de sensibiliser l’opinion sur cette question, Greenpeace s’aperçut en effet que son action jusqu’au-boutiste allait risquer de mettre en danger l’existence même de certaines populations, dont la survie dépendait précisément de cette forme de chasse.Fallait-il choisir entre la survie des bébés phoques et celle des chasseurs?Pas nécessairement, finit-on par reconnaître.Ce qui allait désormais être combattu, c’est la chasse à des fins commerciales.Le mouvement alla jusqu’à annuler en Grande-Bretagne une campagne pour la protection des animaux à fourrure: les protestations des autochtones du Canada étaient devenues trop pressantes.Ces sauts et soubresauts montrent à quel point un mouvement comme Greenpeace, aussi idéaliste soit-il, finit par se heurter à des obstacles qui ne proviennent pas toujours du complexe militaro-industriel.Dans certains cas, les difficultés ont même surgi de l’intérieur de l’organisation, ainsi qu’en fait foi la vive querelle qui opposa, à l’automne de 1980, le bureau de Greenpeace à Vancouver et l’antenne que cadernier avait établie à San Francisco.La réussite financière du rejeton (budget annuel de 1 million de dollars), amena le bureau fondateur à vouloir toucher la moitié des fonds perçus par l’ensemble de son réseau international.Il s’ensuivit une bataille juridique qui risquait de porter un coup fatal au mouvement.La question passer leur message, des méthodes que l’on pourrait qualifier de classiques: campagnes d’information ou de sensibilisation, présentations de mémoires, interventions auprès des autorités politiques, etc.Le mouvement Greenpeace pour sa part, a choisi une approche bien différente.Il ne faut pas oublier que le rôle de la presse électronique s’est radicalement transformé depuis l’assassinat du président Kennedy en 1963: le public avait alors eu l’occasion de voir, en direct à la télévision, le présumé meurtrier d’un président américain se faire lui-même assassiner.La manière de dire les choses compte autant que ce qu’on dit.Et la manière, aujourd’hui, est celle du spectacle télévisé.Voilà pourquoi les actions de Greenpeace sont orchestrées de façon à produire le maximum d’impact publicitaire.Dans une entrevue au Financial Post, Patrick Moore, ancien président du mouvement au Canada, explique en ces termes la raison d’être des méthodes de Greenpeace: «À l’ère des communications instantanées, on peut, Des plongeurs de Greenpeace se préparent à boucher ie tuyau d'évacuation des eaux usées d'une usine dans le New-Jersey.finit par se régler sans l’aide des tribunaux.Désormais, l’organisme international qui chapeaute les organisations locales de Greenpace prélève un pourcentage sur les recettes de chacune.Le symbolisme en action Ce qui fait cependant la particularité de Greenpeace, ce sont ses moyens d’action.La plupart des mouvements écologistes — comme la Société pour vaincre la pollution — utilisent, pour faire au moyen d’un tout petit exemple, produire un impact considérable sur le public.Notre action est symbolique.Nous avons appris à créer un symbolisme propre à faire réagir les media».Les journaux et la télévision de tout l’Occident nous ont montré les images d’un membre de Greenpeace en train de se faire pourchasser par des militaires soviétiques pendant qu’il tentait de s’enfuir avec un film prouvant que l’U.R.S.S.violait les accords internationaux en matière de chasse à la baleine.L’aven- 35 Madame la présidente, monsieur h Une entrevue avec deux représentants canadiens de Greenpeace?Qu’est-ce qu’on va s’en raconter des histoires de commandos écolos! On s’en pourléchait d’avance rien qu’à penser à ce mouvement qui lance ses navires à l’assaut des puissances mondiales, qui défie les intérêts économiques les mieux organisés et dont les équipées en Sibérie et à Terre-Neuve ont fait les manchettes de tous les journaux du monde.Le jour de l’entrevue, nous sommes vite retombés sur terre.Les traits fins, un regard décidé, un visage qui exprime la tranquille détermination d’une femme qui en a vu d’autres, mais qui s'impose avec l’air de ne pas y toucher, c’est Joyce McLean, présidente de Greenpeace pour le Canada.L'accompagne Bruce McKay, directeur du bureau montréalais du même organisme.On apprend très tôt dans l’entretien que Greenpeace est doté, au niveau international, d’un conseil d’administration de cinq personnes, que chacun des 16 pays membres a son propre conseil d’administration, ceux-ci étant eux-mêmes réunis dans un conseil international.Tout cela fait bien des conseils et a l’air passablement difficile à suivre.On pensait parler guerre et faits d’armes, et nous voilà sagement penchés sur des organigrammes et des plans de financement.C’est que Greenpeace n’est pas seulement devenu une grosse affaire (voir notre article de fond).Le mouvement, de nous apprendre la présidente, s’est lancé dans toutes sortes d'activités propres à favoriser la communication de son message: conférences, présentations cinématographiques, production d’un disque réunissant les vedettes les mieux installées de la musique pop contemporaine, depuis Queen jusqu’à Eurythmies en passant par Peter Gabriel et Kate Bush.Tous les artistes participants ont d’ailleurs accepté de verser leurs cachets au mouvement Greenpeace.Des disques?Des films?Des conférences?Tout cela a l’air effectivement bien sage et prouve à quel point le mouvement, au fil des années, a fini par s'intégrer à notre décor quotidien.Les jeunes manifestants d’hier sont devenus les éducateurs d’aujourd’hui.Joyce McLean raconte qu’elle s’était présentée la veille de l’entrevue devant un groupe de collégiens de Toronto.Elle reste encore frappée par le fait que les jeunes à qui elle s’adressait avaient du mal à passer par-dessus le caractère illégal de certaines des activités de son mouvement.L’avenir de Greenpeace s’annonce plus difficile en raison du conservatisme de la génération d’aujourd’hui.On pense au personnage d’Alex joué par Michael J.Fox, dans l’émission Family Ties.C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Greenpeace a eu l’idée de ce disque, ma Greenpeace Canada.rssieur le Lean, ta Présidente de foi assez intéressant.Mais, se demande-t-on, le mouvement ne risque-t-il pas de voir son public cible se contenter d’acheter le disque, sans se préoccuper du problème écologique?Peut-être, de répondre la présidente, mais au moins l’opération aura permis entre temps de financer les activités du groupe.C’est vrai qu’ils savent compter, ces gens.Oublions les questions d’argent et voyons quels sont les dossiers dont le mouvement veut s’occuper aujourd’hui en priorité: il y a d’abord les océans et la préservation de leur chaîne alimentaire; viennent ensuite les produits toxiques, avec notamment l’épineuse question des pluies acides; enfin, la question de l’An-tarctique requiert une attention toute particulière.Il est même prévu que Greenpeace y installe pour l’hiver un campement de quatre personnes.Le mouvement entretient-il des liens avec d’autres organismes?À Montréal, il y a la Société pour vaincre la pollution.Mais, de nous expliquer, Bruce McKay, SVP n’aime pas trop qu’on le crie sur les toits.Le style «action directe non violente» de Greenpeace y suscite certaines inquiétudes.Et le plus grand obstacle à l'action de Greenpeace, quel est-il?Ce serait non pas tant les actes de sabotage de certains services secrets, mais bien plutôt le fait que les gens s’imaginent n'avoir aucun pouvoir sur les choses.Cette impression d’impuissance, faut-il ajouter, n’est pas ressentie au même degré dans toutes les régions du Canada.À preuve, les gens de Vancouver sont particulièrement sensibilisés aux questions écologiques et nucléaires.Plus on se dirige vers l’Est, plus l'intérêt semble se porter ailleurs.Peut-être faut-il s’aviser, ainsi que nous y invite Joyce McLean, que l’Amérique du Nord compte 170 000 sites d’enfouissement de produits toxiques, dont 20 000 au Canada.Et qu’il existe actuellement 60 000 produits chimiques, dont seulement 1 000 ont été prouvés sans danger.C’est ce que Greenpeace essaie de faire comprendre, avec les moyens particuliers qu’il s’est donnés.Y a-t-il quelqu’un pour écouter?(/) Massacre de dauphins à l'île d’/ki (Japon, 1980).i ture était téméraire, voire même carrément dangereuse.Et c’est justement pour cette raison qu’elle a été tentée.Il ne fait aucun doute qu’elle a attiré les media bien mieux que ne l’aurait fait une conférence de presse donnée dans le confort d’une salle d’hôtel.Des «bombes médiatiques» Mais pourquoi vouloir, au risque de sa vie, faire les manchettes des journaux télévisés?Parce qu’on pense ainsi planter dans l’opinion publique ce qu’un publicitaire du mouvement a appelé des «media bombs».L’image est évocatrice: les bombes de Greenpeace disputent à celles de Beyrouth ou.de Belfast l’honneur d’occuper une place de choix sur la feuille de route des bulletins de nouvelles.Mais les «bombes médiatiques» ont en même temps une autre propriété: grâce à leur effet spectaculaire, elles sont capables de provoquer une impression si vive qu’elle laissent dans l’esprit du public un souvenir facilement ressuscitable.Des bombes à retardement, en quelque sorte.En touchant ainsi l’inconscient collectif, on compte atteindre les décideurs publics, que l’on sait très sensibles aux sondages d’opinion.r-SSF®* Mm*/*,.media, ne puisse servir que dans les pays dits démocratiques?Ironiquement, c’est peut-être lorsque Greenpeace se trouve attaqué que l’on peut le mieux en mesurer l’importance et l’influence.Les gros titres sur l’affaire du Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande l’indiquent bien: la presse parle d’un «French Watergate» ou d’une seconde Affaire Dreyfus (un officier israélite, Alfred Dreyfus, avait été faussement accusé et condamné à la fin du siècle dernier par la justice française).Les revers d’un mouvement écologico-pacifiste seraient-ils capables de jeter un voile d’incertitude sur l’avenir d’un gouvernement?Le seul fait de poser la question indique où en est rendu Greenpeace dans l’estime mondiale.Un jour viendra où la vie sur terre aura été pratiquement anéantie par l’action de l’être humain.Des hommes et des femmes de toutes les nations — les guerriers de l’arc-en-ciel — se réuniront dans une grande tribu afin d’aller créer un monde nouveau.C’est du moins ce que raconte une légende indienne, dont Greenpeace s’est inspiré pour baptiser l’un de des navires.L’avenir nous dira si les Greenpeacers d’aujourd’hui seront un jour nos guerriers de l’arc-en-ciel.¦ Tout cela est bien beau, mais quels résultats ce type d’action produit-il?Aux États-Unis, l’ex-Commission de l’énergie atomique — qui était chargée de superviser le programme nucléaire — annonça en 1972 que l’île d’Amchitka, où Greenpeace s’était signalé peu de temps auparavant, n’allait plus servir comme terrain d’essai nucléaire.La Commission invoqua des «motifs d’ordre politique et autres».En revanche, la campagne des bébés phoques à Terre-Neuve amena rapidement le gouvernement Trudeau à adopter une ordonnance interdisant l’arrosage des animaux à la peinture verte (c’était la tactique qu’avait imaginée Greenpeace afin de décourager la chasse en en rendant le produit inutilisable).Cette réaction officielle a fait dire à Robert Hunter (quel nom de choix pour un activiste antichasse!), que son mouvement «avait sous-estimé les tendances totalitaristes d’Ottawa» (R.Hunter, Warriors of the Rainbow, Holt, Rinehart and Winston).Par ailleurs, la presse soviétique n’a fait aucun état des incursions des «Greenpeacers» en Sibérie.Se pourrait-il que la philosophie du mouvement, inspirée d’une conception occidentale des Un manifestant de Greenpeace grimpe sur la cheminée d'une centrale au charbon en Ohio pour y suspendre une affiche et protester contre les émanations causant les pluies acides. F .• JlPw ^ N '• k * < '• ' •» \> Fl ^ *.v J) «.• -• y• «.* » i«t *1 »?'*4 ' J» • ?‘J ,fî'*> *re partie?ZTnne do^l ce qui me?en ostie ?tr°isième disque ^t'Huent à refaire ie Pas tant qu’ils ia,t^smanqué lTmedisquequet tion.A part ça % font po/>7^ d’imagina fis savent n ’"S t0ntbien les h/na, E "a .•nff Ucidecon ^TtreCeqUieut^ZZZt^ n / 'ftra/WEA 96 043^ PasserunesnirA 6r Smi>h ne pfnZ^gnie de Ro.éclats de rire n °met Pas de oranHc Doc!'6'6malde ^ee/ThP S/r?///7 Door n échappe n=o The Head on the "o/re c/e l’existence.^ ^/o/7 P/u/ô/ s/’ Pu/surpasseson'cl?ffreUna'bumréus- M.-C.G.STEVIE WONDER IN SQUARE CIRCLE Tamla/Quality T-6134 Quand j’ai appris que j’héritais de la critique de son nouvel album, j’ai paniqué à l’idée que Stevie Wonder nous refasse le coup de I Just Called to Say I Love You.J’en avais des sueurs froides.Heureusement, In Square Circle m’a rassurée.Et même si l’ensemble du disque ne fait pas flipper, on y retrouve toutefois quelques pièces fort séduisantes, telle Part-time Lover, où l’on peut entendre dans les choeurs des gens comme Luther Vandross et Philip Bailey.Ici, Stevie Wonder a tout fait: composition, arrangement et réalisation.Et tout ça avec cette sensibilité qui lui est propre.Mais Wonder ne se contente pas de chanter l’amour.Il milite et prend fermement position contre l’apartheid avec It’s Wrong (Apartheid).Pour l’occasion, il s’est entouré de chanteurs africains et quelques refrains sont chantés en dialecte africain.In Square Circle respire le bien-être de Wonder et son besoin de le partager.M.- C.G.WÊKÊÊÊ/ÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊKKKÊKÊÊKÊKÊÊÊKÊÊÊÊÊÊÊKÊÊÊKKÊÊÊKKÊÊÊÊÊKÊÊÊÊÊÊÊKÊÊÊÊÊÊ THE COLOUR FIELD M VIRGINS AND PHILISTINES Chrysalis CHS 41480 Specials, Fun Boy Tree.Deu/ des p us beaux fleurons du Two-Tone.Terry Hall, le rescapé, l’âme blanche fanatique de noir, la voix chaude, agréable,qal ne re ase aUjx cune fantaisie, une des plus bettes vo,x (parce que collant parfaitement a la musique qu’il choisit) de la pop br'tanmque.Son nouveau groupe: The Colour Field.Ti trade,’album: Virgins and Philistines.Ici, aucune comparaison ne Pau tan.Des éclairs des oldies, une bribe de psychédélique, un soupçon be tacgo / résistible guitare acousf,duyhp™hez le sente soul l’emballage pop.Cherchez le rock.Sûrement un des me/Weurs a/bums de l’année parce qu’intemporeU ecou rai Virgins and Philistines dans t™s ou quatre ans commejerne passetes ^ si c'était la musique que Ton voûtai, en-tendre depuis longtemps.La magie n a pas d’âge. ATE BUSH OUNDS OF LOVE l/ll America ST 17171 mit^T^ZiZ7£rP^s TaTsZl plan musical que lyrique mélodies sont splendides, tous^s t' s bénéficient d’un accompagnemen licat de sa voix haut perchee.Kate sh ne possède pas seu/emenf des cor-s vocales étonnantes, elle sait en user ^isfuetuné d'esprit mention 7m des idées en même temps ^ onnante facilité, un sens ,negate de rybridation, justesse de goût, perfect" j son recherche technique avec un ta nt remarquable à transformer les tech-ologies les plus avancées en lents d’expression surannées.L e 'e cet album est un rêve, un rêve sensuel, t il se passe des choses.f -, à Voici donc un album agréable et facrie * .coûter, Kate Bush conftnue a !er ses textures en douceur Bien aere -hic et sobre, ce disque est envoûtant fougueux, habité par un ta/ent sans pare 'puissance des compositions beauté des textes voix intense et honnetete du pro-oos) Il mérite tous les adjectifs banals ZÎjevTens de lui accoler - ef davantage.Il attend les vôtres.HEADPINS HEAD OVER HEELS MCA 5630 Ça commence bien: une pochette de disque peu flatteuse, qui nous montre un groupe à la pose et au look ultra-classique (le blouson de cuir du guitariste, ouvert jusqu’à la taille pour bien mettre en évidence la poitrine velue de l’intéressé, est du plus bel effet.), ça n’a rien pour vous mettre en confiance.En bref, rien d’imaginatif.Et la musique?Même commentaire, sauf que c’est bien fait: Head Over Heels promet quelques hits à la radio, à moins que l’on ne s’entête à vouloir étiqueter la musique des Headpins de Heavy Metal.Il s’agit en fait d’un rock solide, batterie et guitares à l’appui.Un rock assez fort pour permettre à la guitare de prendre quelques grandes envolées lorsque ça lui chante.Rendons donc à la Cléopâtre de service ce qui lui appartient: Darby Mills peut tenir tête à n’importe quel soliste heavy.C’est là que réside la force des Headpins: une chanteuse bien en voix.Mais le maillot léopard que Mlle Mills se croit obligée de porter n’est pas nécessaire.à moins que la musique seule ne soit pas suffisante pour aguicher la clientèle?M.-C.G.¦JÇate 'Bush ‘Mounds Oj Lo janesiberry t h e speckless sky JANE SIBERRY THE SPECKLESS SKY Duke Street Records DSR 31019 Lorsque le premier album de Jane Si-erry est sorti l’an dernier, plusieurs n ’ont pas manqué de la comparer à nnC0mna ne notTd!AnderSOn- SiberrV ^ pris bon-ne note de ce compliment et avec The œttTnfî8 Sky’ 6116 réussit à transcender cette influence pour s’affirmer en tant aue compositeure de premier ordre ^ Ses pièces sont travaillées au oiselet textes^0''1 dir,eCt relie constamment les textes surréalistes aux musinne* cettireSS,VeS' Qu’°n '’Omette ou non cette musique synthétisée aux arrenZl' ments comolexes; riô™, .anQe- olùs h» ’ etC-}- L* Prétention n’y est Pjns heureusement.H reste des chan nZToiTJ- Ch°Serare' otites Ce st pas avec des maison?¦ quées que fa science et fart de l'archltec ture progressent.C’est grâce anvZîï, ques malades qui y croient encore.Ts.ADAMANT VIVE LE ROCK Epic FE 40159 Pour ceux qui veulent du rock, bien doré et bien cuit comme un pain de campagne, sans parlottes inutiles, ce disque est pour vous.Adam Ant n ’a pas molli et roule à une moyenne de deux cents kilomètres/heure, sans trop se préoccuper de la visibilité, de la ligne blanche ou des risques que Ton prend à doubler dans un virage.Le nouveau Ant est de retour parmi nous avec onze morceaux carrés et joufflus qui vont de la mélodie autoroutière au gros rock qui tache.Le tout est propre, calibré, ciblé pour accrocher.J’explique.Vous prenez un rock simple mais énergique et vous le gavez.De tout.De grasses et opulentes guitares, de batteries capiteuses, de basses ronfleuses et rouées.Vous montez le son, un brin d’écho, et voilà un rock retapé.Et c’est bien de lifting dont cet album procède, et ceci en deux temps durs aux trente ans qui refusent l’oubli: on met du hard dans son rock, puis on polit son hard pour pouvoir en bouffer.Triste et classique.Malgré tout le respect.Ce n 'était pas vraiment une chronique.Juste de l’information.Il n’y a donc pas de conclusion.Ah, si! Débrouillez-vous, après tout.G.L 'mximz&zx the fleshtones SPEED CONNECTION II qualifié les Fleshtones de ban- J oindre et conséquemment, le rock n %,I perd ses défenseurs les plus passion- n^pn pffet 1RS a décidé de mettre à la por- te ses étinefs protégés, qui n’ontiama,s ^Nous en sommes donc à rl^ewre des^rè- ^ bir-oŒÆS Confection foui court, enregistré au me- -CA-S^tssss* vo/x de Za rnimH ils durent recom- ““nneT etf'est tant mieux, puisque cet- ^ mencer, et c e nrouDe au sommet < ?REM) sur ?m es Soeed Connection II étale les deux titres, bpee , ée p/eshtones grands momeZdJ^beJmhconimeie .et fait dono t gurer cet u ^ ABC HOW TO BE A ZILLIONNAIRE Vertigo VOG 1 3354 Peut-être les Baker, Benitez, Rodgers et autres grands vizirs de la console de mixage se seraient-ils suicidés s’ils avaient pu prévoir jusqu ’à quel point leurs techniques de production seraient surutilisées aujourd’hui.Comme ce que ABC a fait, par exemple.?; Franchement.Et dire que Martin Fry, ?: avec quelques années de plus, aurait pu „ ?: devenir un crooner for séduisant, dans le u' 9enre ferryesque.Mais non, il se transforme en caricature de dessin animé et conçoit un album qui dépasse les limites du bon sens dans l’utilisation des techniques c/’overdubs.Pis encore, Fry, White et leurs deux acolytes (un nain et une femme) y vont à fond la caisse avec les percussions électroniques, sans compter les textes fourmillant de philosophie à quatre sous.C’est com-plè-te-ment débile.Et ça vous défonce les tympans (à éviter sur un baladeur).Ou peut-être suis-je tout simplement passée à côté des intentions réelles de M.Fry, à supposer qu ’il en ait ia-maiseu?M.-C.G.n 1983, ° en S?mFn 198™eïe aJépéiéle pro- îSm nfswoon Cfu prefab Sprout.îsus avec Swoo louange ime Costello ^JZ rneimur hyrambiqueen P é emme„,, Atin d'éviter, cette P^y MoA.on^^oiAeor-coivposi^èur-ohanteur^ oncerné de/i9iifw«nfUraDPeHe
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