Québec rock, 1 décembre 1985, Décembre
PER Q-60 4^ IOÔ un / , : I If m 1 Wki 3111 4 J VOUS « ZZTOP*INXS KATE BUSH SIMPLE MINDS ™UALI MONTREAL, VII ITÔMEDU RDRT/ NOËL CHEZ LES ; iflll ¦ m V P J J : ¦ *'• ¦ mM-MiasamP I j, » i rr- CINÉMA COMMANDO AFTER HOURS UN SYSTÈME D’ENREGISTREMENT PROFESSIONNEL AUSSI UNIQUE QUE U MUSIQUE QUE VOUS Y METTEZ MW « « « „ ¦ ¦ ¦ * * * I ' a » - 'V -¦ - - 5 3 o p oasai-!.ï»' • 9 «o Le nouveau système Micro Studio Akai est conçu en fonction des besoins d’un musicien.Nous savons que la création d’une musique originale relève du perfectionnisme, et que la seule chose qui peut dépasser l’écriture en matière de difficulté est l’enregistrement.Dorénavant, l’enregistrement professionnel est plus facile que jamais Le coeur du système est le MG-1212, une console à douze canaux combinée à une enregistreuse douze pistes (plus une piste de synchronisation et une piste de contrôle) au sein d’un même ensemble.Grâce à une cassette audio d’un demi-pouce à grande vitesse, le MG-1212 est entièrement informatisé, ce qui élimine virtuellement les rapiéçages difficiles pour divers modes.Cela permet d’économiser du temps et de l’énergie sans compromettre la performance ou l’inspiration.Plusieurs musiciens professionnels utilisent déjà le ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ '****! ‘.w > ” - - .„ -T : ' ; «P .1 ^ * 1 -. NO.100 , 1985 DECEMBRE GRAFFITI Styles: Michel Vaudrin, la comète de l’extravagance.Les Temps Modernes: Alpine-Luxman et le mur du son.Evénements: Mademoiselle Autobody, Martha Graham, Artistes pour la paix, Anna Prucnal, Air Froid, etc.Pulsions: Playlist et 12 pouces, palmarès vidéo, le rock en Français.Interviews: Midge Dre, The Cuit, Jane Wiedlin, Dream Academy, The Lucy Show.Franco-Rock: Jano Bergeron, UZEB.MUSIQUE 20 ZZ Top.Un système pileux et désopilant, un boogie torride et musclé.27 Marillion.Genesis est moribond, mais son fantôme court toujours.28 Stevie Wonder.Génial ou mièvre, pleurnichard ou révolutionnaire: la merveille est capable de tout.33 KateBush.Qu’elle est jolie, la fée des étoiles! 60 INXS.Prononcer In Excess.75 Simple Minds.Il court, il court, le succès.ACTUALITE 22 Montréal, destination exotique.Les grands noms du rock boudent le Québec.Pourquoi?Sylvester Stallone STALLONE 34 Le symbole de l’Amérique profonde rivalise de popularité avec le Patron.Découvrez les raisons de ce succès sans bornes apparentes.MODE 50 La mode en musique.Les plus grands rockers vous regardent.REPORTAGE 42 Noël chez les Papous.Aux antipodes du Noël Blanc: c’est pas de la dinde, c’est du cochon.CINEMA 82 Commando, Making Choices, Dudley Moore, Guy Fournier, Point de vue.C: Jy- RUBRIQUES 66 Livres 68 Disques 77 Vidéo News 80 Vidéo Films 89 Mythes: John Lennon 90 Jet Set: les grands galas Éditeur: Guy Perron Éditeur délégué et directrice de la publication: Marleen Beaulieu Rédacteur en chef: Patrick Emiroglu.Comité de rédaction: Marleen Beaulieu, Patrick Emiroglu, Guy Perron, Pierre Tremblay.Secrétaire de rédaction: Frédéric Tomesco.Directrice artistique: Suzanne Fortin.Adjoint à la Directrice artistique: Pierre Durocher.Recherche: Philippe Bélanger, Christian Belleau, Michel Clément, Alain Denis, Sylvain-Claude Filion, Olivier Gravel, Francis Juneau, Roger Lemoyne, Pierre Leroux, Geneviève Proulx, Laurent Saulnier, Martin Smith.Cinéma: Marie-Christine Abel.Disques: Christian Belleau, Marie-Catherine Giguère, Francis Juneau, Gérard Lambert, Laurent Saulnier.Photographie: Alpha Diffusion, Harold Beaulieu, Marc Drolet, Roger Lemoyne, Keystone, Ponopresse.Publicité, ventes: Montréal, Médiavation, 1260 MacKay, (514) 935-8855; Toronto, David Hazan, (416) 598-3358.Production: typographie et montage: Photocomposition Trëma Inc.; Quadrichromie: Stanmont, Option Couleur.Impression: Litho-Prestige.Pelliculage: Option Couleur.Service des abonnements: B.P.247, Dépôt «N», Montréal, Québec, H2X 9Z9.Tarif d’abonnement annuel: 28$, États-Unis 34$, Europe 40$.Groupe Québec Rock, siège social: 3510 St-Laurent, suite 404, Montréal, Québec H2X 2V2, (514) 844-8491.Président et directeur général: Guy Perron Directeur de la promotion: Pierre Tremblay.Contrôleur: Jacynthe Gadoury.Secrétariat: Anne-Marie Le Beau.Bureau de Toronto: C.P.576, Station P, Toronto, Ontario M5S 2T1, (416) 598-2998.Québec Rock est publié 12 fois par année par Québec Rock Inc.Tous droits réservés.Le contenu du magazine ne peut être utilisé sans l’autorisation écrite de l’Éditeur.L’Éditeur ne se tient pas responsable de la perte des manuscrits, photos ou illustrations.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Bibliothèque nationale du Canada, ISSN 02267187.Courrier 2e classe, enregistrement no 5047.Port de retour garanti.3 ,1 T" ' V « .«.o * ,a#'.' ¦!.%.Miiil égt Avis: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l’usage—éviter d’inhaler.Moyenne par cigarette-Player’s Extra Légère: Format Rég.: ‘‘goudron’’ 9 mg, nicotine 0.8 mg; K.S.: ‘‘goudron’’ 11 mg, nicotine 1.0 mg.Player’s Légère: Format Rég.: "goudron" 14 mg, nicotine 1.0 mg; K.S.: ‘‘goudron’’ 15 mg, nicotine 1.1 mg.Player’s Filtre: Format Rég.: “goudron" 17 mg, nicotine 1.2 mg; K.S.: “goudron" 16 mg, nicotine 1.2 mg. Par Philippe Bélanger, Christian Bel-leau, Michel Clément, Sylvain-Claude Filion, Marie-Catherine Giguère, Olivier Gravel, Robert La Ferté, Geneviève Proulx, Laurent Saulnier, Frédéric To-mesco, Pierre Tremblay.m m mm %* MICHEL VAUDRIN, LA COMETE DE L’EXTRAVAGANCE a 29 ans, il a déjà derrière lui une brillante traînée de réalisations remarqua-Gk blés.Ses vêtements-spectacles donnent à voir, portent à rêver, font pétil-jLiik 1er l’imagination.Sa recherche perturbe les orthodoxes, étonne ceux qui Ê m croient avoir tout vu.Découvrir Michel Vaudrin, c’est s’engager dans le merveilleux que le futur nous réserve.Comme les chercheurs d’or, les prospecteurs de l’avenir font cavalier seul.Les visions qu’ils rapportent de leur voyage intérieur, les créateurs nous les transmettent.L’atelier de Michel Vaudrin évoque d’ailleurs le chaos d’avant le commencement du monde.Sous la 1 000 watts qui éclaire la vaste pièce, des montagnes de tissus, de rubans, de retailles.Le sol est jonché des matériaux les plus saugrenus, du grillage-moustiquaire jusqu’au «hoola-hoop».Tout peut servir.Magnétiques comme le grand monolithe dans le film 2001 : Odyssée de l’espace, trois machines à coudre imposent, dans cet environnement confus, leur présence stable.Au gala COIFF’MODE 85, à l’hôtel Méridien de Montréal, en août dernier, on lui a ménagé une place à part parmi les nouveaux grands de la mode.En plus de concevoir les maquillages, les bijoux, les accessoires, Michel Vaudrin choisit la musique, règle les éclairages.Tout porte sa touche.Place aux robes-spectacles! Voici «Tourbillon», spirale rose et noire d’une seule venue, «Colimaçon», véritable pagode pour mannequin-déesse mouillée d’une rosée scintillante de 3 000 pierres et «Carnaval de Rio», «Sirène» et «La Joconde s’évadant du Louvre par Satellite».À venir?Bientôt, un concept d’uniforme pour l’infirmière de l’an 2000, des robes conçues pour être présentées par des ballerines sur pointes, des nouveautés dans la collection de fourrures et les prouesses magiques d’une imagination à la fois débordante et solidement structurée.Sa signature: VAUDRIN MONTRÉAL.Pourquoi?D’instinct, il associe son nom à l’éventuelle capitale internationale de la mode.Il rêve, il veut, il sait qu’il habillera la scène et la salle.Sa clientèle s’appellera New York, Paris, Tokyo.M.C.5 De plus en plus, les gens offrent des choses pratiques, ou encore forment un groupe pour offrir un plus gros cadeau à quelqu’un de spécial.Après la traditionnelle cravate et l’éternelle bouteille de liqueur fine, ce sont les produits relatifs à l’automobile qui se vendent le mieux.En Juin 1985, ALPINE fournissait à ses concessionnaires neuf Trans-Am d’essai, chacune d’elle contenant pour plus de 10 000$ d’équipement électronique divers.Ne reculant devant rien, nous avons exposé nos yeux et oreilles à un de ces véhicules.Les résultats furent pour le moins impressionnants! CONCERT SUR ROUES Il n’y a pas si longtemps, les audiophiles de la route devaient se contenter de ml destes lecteurs de cassettes dont la performance variait avec l’état de la chaul sée.Le bloc d’accord perdait la station à tous les coins de rue et les haut-parleur n 'étaient que des cônes en carton s’ondulant à la première goutte d’eau.ALPINE a su contrecarrer ces problèmes d’une main de maître.Les haut-parleurs sont en polypropylène, matériau plastique résistant à presque toutes les conditions.Le bloc d'accord est numérique et 24 stations peuvent être mises en mémoire.Du côté du lecteur de cassettes, on retrouve l’auto-inversion, les réducteurs de bruit DOLB Y B et C et bien d’autres fonctions pouvant faire pâlir d’envie votre magnétocassette domestique.Le compact dise a révolutionné le monde de la reproduction musicale.Il transforme votre salle d’écoute en salle de concert.Maintenant, votre voiture profitera elle aussi de cette transformation.En effet, un lecteur de disques compacts au laser a été encastré dans le tableau de bord de la Trans-Am.Les problèmes inhérents aux secousses faisant «sauter» le laser en lecture ont aussi été réglés.Une suspension soutient le bloc-laser pour l’isoler des chocs de la route.Mais le compact dise a aussi ses obligations.Une telle gamme dynamique nécessite beaucoup de puissance.Environ 600 watts ont été prévus, non pas pour vous briser les tympans, mais bien pour rendre l’impression «concert» encore plus réelle.ALPINE prévoit offrir bientôt une forme améliorée d’un «juke-box», contenant des disques compacts.Le module sera placé dans le coffre, alors qu’un panneau de commande vous permettra de choisir vos pièces favorites sans quitter la route des yeux.EMISSIONS CELLULAIRE *K£*i •«*-**• Xfi COURT-CIRCUIT De nos jours, les voleurs sont assez habiles et décidés pour passer au-travers de presque n’importe quel système d’alarme conventionnel.En voici un qui saura les décourager: Le modèle 8120 d’ALPINE est muni d’une télécommande, entre autres caractéristiques hors du commun.Cette télécommande vous permet d’armer ou de désarmer le système de protection, à distance.Une deuxième fonction est disponible, comme par exemple pour déverrouiller les portes et le coffre lorsque vous avez les bras chargés de paquets, ou encore l’allumage des phares pour éclairer la voiture dans un stationnement sombre et vilain.Un ordinateur intégré calcule la position de votre véhicule dès que vous en êtes sorti.Il détecte tout mouvement de la voiture.Mais un vent fort peut faire balancer une automobile, me direz-vous.Et vous aurez parfaitement raison! Aussi ALPINE a modifié le principe du déclenchement de l’alarme, en ajoutant une deuxième condition: le bruit.Si quelqu’un de mal intentionné frotte une clef sur le fini de votre chère voiture, il fera bouger le détecteur du système d’une façon perceptible pour ce dernier.Évidemment, ce mouvement sera accompagné du bruit de la clef sur le métal.Des microphones installés à l’intérieur détectent ce bruit et déclenchent l’alarme.Une sirène est activée, ainsi que le klaxon et les phares.Après un certain laps de temps, le système s’arrête et s’arme à nouveau.En cas de débranchement de la batterie du véhicule, l’alarme sera automatiquement déclenchée, alimentée par une pile interne rechargeable.Qu’un seul fil soit coupé, et l’alarme retentira aussitôt.Pour désarmer le système, en entrant dans l’habitacle, vous composez simplement un code de cinq chiffres sur un clavier numérique, qui sert aussi de clavier de programmation.Et voilà! Évidemment, lorsque le système d’alarme est en opération, il est absolument impossible de faire démarrer le moteur, l’allumage étant court-circuité.Il est très peu probable qu’un cambrioleur vienne à bout d’un appareil comme celui-ci.Sensible et perfectionné, le système de sécurité ALPINE est un ajout sensé.Déjà en utilisation intensive par les gens d’affaires, le téléphone cellulaire est un achat important.Il importe donc d’en avoir le plus possible pour votre argent.Lors du développement de son appareil cellulaire, ALPINE n’a pas lésiné sur les caractéristiques qui furent intégrées.Vous pouvez mémoriser quarante numéros, prendre un numéro en note pendant une conversation qui elle, peut se faire à mains libres, et bien d’autres choses encore.Le système «mains-libres» d’ALPINE est simple: un microphone unidirectionnel est installé près du volant, à portée de voix.Un haut-parleur auxiliaire est fixé sous le tableau de bord, apparent ou non.La composition peut se faire sans décrocher l’appareil, et on vous demande confirmation du numéro composé avant de se mettre en ligne.Une excellente façon d’économiser sur les frais de numéros erronés.Les niveaux du haut-parleur et de l’écouteur sont tous deux réglables, pour compenser les bruits de la route.Si vous sortez de votre voiture, sachez que vous pouvez relier votre avertisseur, vos phares ou tout autre moyen d’avertissement, à votre appareil.Le klaxon par exemple, retentira pendant les 20 premières secondes de sonnerie.L’émetteur lui-même, peut s’installer où vous voulez, que ce soit sous le siège avant ou dans le coffre.La petite antenne si répandue maintenant est généralement posée sur le toit, pour permettre une meilleure réception.En somme, le téléphone cellulaire est un outil de travail facile à utiliser et agréable en même temps.Il s’avère être le compagnon idéal de celui qui ne veut pas perdre de temps.O.G.etR.L. ._.¦ ¦ /- iV mmïÆ Pour ceux qui préfèrent la formule Club ISL^ :' :: .imsÊWËê SitÊmm Les Multiclubs.tout le raffinement et tout le plaisir de la formule club., à un prix que vous pouvez vous offrir! Parlez-en.vous ferez un malheur!.et bien des heureux! M „ ; /> Pour de plus amples informa fions, communiquez avec: MONTREAL LA m OUTREMONT STE-MARTHE DEUX-MONTAGNES Centre les Promenades Boul.les Promenades 5540 Côte des Neiges Centre d’Achat St-Martin 949 Curé Labelle 681-4621 1627 Van Home Centre d’Achat Plaza du Boulevard 40 K, St-Charles 694-9174 733-5396 271-9968 472-0590 12 POUCES ON AÊ30UTÉ POURMDUS 5: Super! 4: J’aime beaucoup.3: C’est bon.2: Passable.1 : Bof.0: Je déteste.— MM u « iij P.B.C.B.M.C.G.L.S.THE BOX L’affaire Dumoutier 3 3 3 4 FALCO Rock Me Amadeus 1 2 5 2 BRYAN FERRY Don’t Stop the Dance 3 4 4 4 FICTION FACTORY Not the Only One 0 1 3 2 ARETHA FRANKLIN Who’s Zoomin' Who 2 4 3 2 JAN HAMMER Miami Vice Theme 3 1 2 1 HOODOO GURUS Bittersweet 5 4 4 3 PHILIP OAKEY & GIORGIO MORODER Good-Bye Bad Times 1 0 1 1 PREFAB SPROUT When Love Breaks Down 5 2 5 2 SCRITTI POLITTI Perfect Way 1 3 2 2 TROUBLE FUNK Still Smokin’ 4 4 1 2 JANE WIEDLIN Blue Kiss 0 3 3 2 VDÉDS 1.JOHN COUGAR MELLEN-CAMP Lonely 01’ Night 2.COREY HART Boy in the Box 3.PAUL YOUNG I’m Gonna Tear Your Playhouse Down 4.READY FOR THE WORLD Oh Sheila 5.WHITNEY HOUSTON Saving All My Love for You 6.THOMPSON TWINS Lay Your Hands on Me 7.STING Fortress Around Your Heart 8.LOVERBOY Lovin ’ Every Minute of It 9.DIRE STRAITS Money for Nothing 10.STARSHIP We Built This City * Gracieuseté MuchMusic amsmm ¦ .jr-.ils! 1 ^mviers disque au laser pavillon de diffusion motif ou attaque rythmique, mélodique ligne synchronisation, synchro en concert, diffusé en direct quai de chargement microsillon, 33-tours fort, puissant basses fréquences paroles alimentation électrique primaire Mainspeaker: haut-parleur de chant bande originale, curseur principal Loud: Low: Lyrics: Mains: Master: 7 3'«to pUy, 'M UsrOéc T>“ T»eaa'J',e 'ChriS"'an ao»eauJ °s 35Iost-laubent.sv)^ 700 8 I’VE GOT A SWATCH K®.- :4# ¦ ¦¦ ¦> V-."'>’ -:- ' :::^'T„./': r.' ¦¦ ’.' ' - 'i* '?¦' jPù/fjj'jJ-y- ' SyMf- ÉpJ emS r% iu;i: ¦ ¦ ¦ ïÿîîsl Ül >.4^1 „ r "vp PM Pi :,-v,".Ééi^ÿ-^- Vous en rêviez depuis si longtemps.Et maintenant, la voilà à votre poignet.Lanouvelle SWATCH.Avec ses couleurs étourdissantes.Son style plein d’audace.Et sa qualité hors pair.Car la SWATCH est antichoc, étanche, ultra-quartz.Choisissez votre SWATCH aujourd’hui même.Parmi 22 modèles différents, tous au prix de 45 $.Chacun assez fou pour combler vos rêves.Distribuée au Canada par Cosmoda, la maison des accessoires, Toronto, Ontario.swatch'n S WATCH.LA MONTRE SUISSE EN LIBERTÉ. NTERVE JANE WIEDLIN: APRÈS NOUS LE DÉLUGE Voilà déjà près d’un an qu’elle fait carrière en solo et, pourtant, Jane Wied-lin, ex-guitariste des Go-Go’s, ne peut s’empêcher de parler de son passé avec une évidente fierté: «Sans nous, soutient-elle crânement, il n’y aurait eu ni Madonna, ni Cyndi Lauper.Pour l’instant, notre impact est modeste, mais cela ne saurait durer.D’ici quelques années, les filles de 14 ans qui jouent de la guitare dans leur chambre à coucher vont émerger, et c’est alors qu’on pourra évaluer l’importance réelle des Go-Go’s.» Pour amorcer pareille bombe à retardement, Wiedlin reconnaît volontairement que la lutte fut acharnée.Sa voix fluette et nasillarde laisse même poindre une certaine amertume rien qu’à l’énoncé des difficiles premiers pas de son ancienne formation.«Nous avons dû surmonter beaucoup de résistance simplement pour qu’on nous prenne au sérieux.Heureusement, nos efforts ont été récompensés, mais je persiste à croire que celles qui nous ont suivies ont eu la vie beaucoup plus facile.» La guitariste est toutefois la première à admettre que les succès répétés de Cyndi Lauper et de Madonna devraient à leur tour lui être bénéfiques.Désireuse de s’en convaincre, elle vient de lancer son premier album solo: «Je commence à zéro, mais, au moins, la voie est libre.Tout ce que j’espère, c’est que le public apprécie mes talents de compositrice avant tout.J’en ai assez d’être étiquetée «artiste féminine».Je joue de la musique, un point c’est tout.» F.T.THE LUCY SHOW: C’EST PARTI The Lucy Show serait-il le prochain coup d’éclat canadien?Fort possible.Ce quatuor mi-canadien, mi-anglais, basé à Londres, a de quoi surprendre.Fondé il y a environ trois ans et demi par Mark Bandola et Rob Van-Deven, de Calgary (Alberta), The Lucy Show vient tout juste de sortir son premier album, Undone.«En 1978, je suis parti pour l’Angleterre,» raconte Bandola.«J’ai écrit plusieurs lettres à Rob qui est finalement venu me rejoindre un an plus tard.Au départ, nous n’avions pas l’intention de former un groupe.On jouait de la guitare ensemble, pour se détendre.Tout est arrivé tranquillement, de façon graduelle.» Les influences sont diverses, affirme Bandola.Elles vont des Beatles à Peace, en passant par les 13th Floor Elevators.Chez les groupes plus récents, REM, Let’s Active et The Fall sont à l’honneur.Le nom du groupe, The Lucy Show, leur est venu à l’esprit lors d’une discussion autour d’une bière.«On s’est mis à parler des vieilles émissions de télé et «The Lucy Show» semblait une bonne idée.Avec un nom pareil, on ne risquait pas de se faire coller tout de suite une étiquette et ça, c’est une véritable bénédiction!» Pour les collectionneurs, The Lucy Show possède un mini-album et deux 45-tours sur étiquette indépendante.M.-C.G.10 BASF high precision cassette rP-F TT OD v_^/\ c JLL Y\J chromdioxid extra E ¦45 min ¦ 132 m BASF Chrome» Le ruban le plus silencieux au monde.Quand vous achetez la plupart des rubans audio, on vous en donne toujours un peu plus, que vous en vouliez ou non.Ca ressemble un peu à ssssssça.Sauf si c’est un ruban BASF Chrome.Car, contrairement aux autres rubans d’oxyde ferrique, les cassettes BASF pur chrome sont faites de particules de dioxyde de chrome spécialement formulées, de façon à assurer la meilleure qualité sonore de tous les rubans disponibles sur le marché.Elles possèdent également une extraordinaire sensibilité dans la gamme critique des hautes fréquences.En fait, elles sont spécialement conçues pour la position «Type II» de votre magnétophone.Et elles sont garanties à vie.Donc, si la musique que vous enregistrez est la seule chose que vous voulez entendre, ce petit message devrait vous enchanter l’oreille.BASF Chrome: le ruban le plus silencieux au monde.BASF Rubans Audio et Vidéo La qualité qui ne faiblit jamais. P S#s Pour plus d'informations: evolution technology inc, S' 1155 oppleby line, r évolution buriington, ont., L7L 5H9 technology (4i ôj 335-4422 Disponible chez audio centre 5260 Sherbrooke ouest, Montréal, Qué H4A 1T9 (SI4) 482-4420 1930 St-Martin ouest.Lavai, Qué.H75 IM9 (514) 687-3627 % I s CARVER Puissant Mélodieux Précis I MIDGE URE: ÉTONNANT, CE SUCCÈS?L orsque If I Was, le dernier 45-tours solo de Midge Ure, atteignit la première place des charts anglais, personne n ’en fut autant surpris que le compositeur lui-même: «Je n’en reviens pas encore,» avoue candidement le leader d’Ultravox, pourtant habitué aux premières places avec son groupe, véritable machine à succès dans son pays d’origine.«Comme c 'est souvent le cas avec les simples d’Ultravox, je m’attendais à ce que If I Was parvienne à se classer dans le Top 20, pour ensuite disparaître assez rapidement.Mais, de là à imaginer ce qui s’est produit en réalité, c ’est une autre histoire.» Peut-être le sympathique Écossais considère-t-il que sa réputation en tant qu ’artiste solo n’est pas encore établie.Et pourtant, il n’en est plus à sa première expérience dans le domaine, ayant déjà attiré l’attention grâce à sa reprise de la pièce des Walker Brothers, No Regrets, ainsi qu’à la collaboration avec l’ex-bassiste de Japan, Mick Karn (After a Fashion).Mais c 'est surtout pour son implication dans le projet Band-Aid qu ’on se souvient de lui.À ce sujet, aurait-il aimé jouir de la même renommée que son ami Bob Geldof, avec lequel il a composé Do They Know It’s Christmas?«Pas vraiment.Je préfère être passé plus ou moins inaperçu: je veux être connu pour mes talents de musicien, pas pour mes actes de charité.» Quoi qu’en soit, Ure semble tout de même avoir trouvé le moyen d’allier charité et musique: son premier album solo s’intitule The Gift.PB.THE CULR LES FLEURS DU MAL Nous sommes au début 83.Sous le crachin du Yorkshire, lan Astbury, ci-devant chanteur du Southern Death Cult, complote avec Billy Duffy, guitariste de son état, qui vient de quitter Theatre of Hate.Leur intention: mettre sur pied un groupe capable de créer immédiatement des remous, sinon aussi bien ne pas y penser.Fort d’un simple exceptionnel (Fatman) sorti en 82, le Southern Death Cult n’a pas survécu à la notoriété underground.Abandonnant au passage un adjectif, Astbury et Duffy baptisent donc Death Cult leur nouvelle formation.Celle-ci atteint rapidement ses objectifs: les 45-tours Brothers Grimm et God's Zoo tombent comme de véritables pavés dans la mare quasi-asséchée du New Positive Punk, si bien que le Death Cult se retrouve propulsé à la tête d’un nouveau mouvement, le rock «gothique» (signes distinctifs: mélodies sombres et guitares stridentes).Mais, faute d’adeptes, ce culte-là est lui aussi voué à l’échec; en émerge une version raccourcie, The Cuit, qui sort son premier album, Dreamtime, à l’automne 84.Un an plus tard, au moment où le paisley se remet à fleurir sur les chemises, The Cuit rapplique avec Love, un microsillon dont les nombreux renvois aux années 60 et 70 font grincer des dents plus d’un critique.T raité de «sale hippie» par la presse britannique, Astbury, quia passé son adolescence au Canada, ne s’en fait pas outre mesure: «Les autres groupes, ceux qui se prétendent «différents», refusent d’utiliser la guitare de façon franche, uniquement parce que cela a déjà été fait pendant les sixties.Or, en adoptant cette attitude, ils risquent de se faire contrôler par leur musique.Dans notre cas, aucun danger: c’est nous qui avons le contrôle, et nous n’avons pas l’intention de le perdre.» Si vous êtes allergiques aux fleurs, la pochette du disque, ornée d’hiéroglyphes extravagants et laids, et le look que cultive Astbury, volontairement débraillé avec son écharpe en satin et ses cheveux longs, n’ont pas de quoi vous mettre en confiance.Ce que confirme le principal intéressé: «Led Zeppelin, Deep Purple, Hendrix, les Stones.C’est la meilleure musique qui ait jamais été faite, man.» Vous sentez-vous prêts à endurer le mouvement néo-hippie?F.T.DREAM ACADEMY: ENTRE HIER ET DEMAIN Plus on se rapproche de la fin de la décennie, plus on dirait que la génération actuelle de musiciens aurait souhaité naître vingt ans plus tôt.Dernier groupe en date à s’ajouter à la longue liste d’artistes «rétrogressifs», The Dream Academy se démarque cependant de ses semblables par sa démarche, comme l’explique fort logiquement le claviéris-te Gilbert Gabriel: «La nuance est simple, mais capitale.Nous n’essayons pas de recréer les années soixante; nous préférons les invoquer indirectement.Notre musique fait référence à des souvenirs et des paysages intérieurs disparus, mais en se plaçant dans la perspective des années 80.C’est un peu comme regarder en arrière au moyen d’un télescope.» Les membres du Dream Academy seraient-ils nostalgiques?On pourrait le croire à l’écoute de leur premier album, qui dépeint une atmosphère comparable à celle du Pink Floyd des débuts ou même des Beatles.«C’est vrai, beaucoup de gens ont dit que notre musique leur rappelait celle des Beatles.En soi, nous sommes nostalgiques, ne serait-ce que parce que nous partageons le même idéalisme et que nous cherchons à exprimer sincèrement nos émotions, chose de plus en plus rare aujourd’hui.» Musicalement, cet idéalisme se traduit par l’incorporation d’instruments aussi peu conventionnels — pour le rock — que le hautbois et le violoncelle.«C’est la seule façon de découvrir de nouvelles sonorités,» conclut Gabriel.«Le paradoxe dans tout ça, c’est que nous sommes un groupe reviva-liste.qui va de l’avant!» F.T.I J-Jf ' Jfjf / I Eut?msrM ¦V a w ;iÈÊ Ma % 4 > m X h JANO S’EN VIENT! Tout n ’a pas commencé au Spectrum où sa personnalité magique s'est imposée, ni avec son premier 33 tours, échantillon mesuré d’un potentiel démesuré, ni au dernier gala del’A.D.I.S.Q.Dans un numéro difficile et réussi, elle y a marié des extraits du répertoire de Céline Dion, Paul Piché, Marie-Michèle DesRosiers, Robert Charlebois, Corey Hart dans un pot-pourri où l’âme de chacun a passé.A 4 ans, dans son village natal de Chapais, Jano Bergeron grimpe sur une chaise et chante pour la parenté.Pendant qu ’on s’étonne d’une qualité de voix et d’un charme magnétique qu’on ne lui connaissait pas, Jano découvre là, tout de suite, qu’elle est née pour chanter, jouer la comédie, vivre sur scène.Micro, feux de la rampe, public ouvert seront son oxygène pour avancer, s’épanouir, s’imposer.Jusqu’à 15ans, guidée par son instinct sûr, elle profite de toutes les occasions pour se manifester.Ira-t-elle jusqu’à succomber aux attraits de cette cage aux fauves qu’est le milieu du spectacle?La famille s’inquiète.Pour ne pas décevoir, Jano enfouit ses aspirations dans le secret de son coeur et fait semblant d’être ordinaire.Lourd mensonge à soi-même, inconfort profond qui dure cinq ans.Tricher l’étouffe.Adieu Chapais, bonjour Montréal! Pour sa première nuit, la métropole lui offre un banc de parc.C’est suffisant.Au P.J.’s, entre deux spectacles de travestis, Jano prend le plancher et chante un blues a capella.Ce regard franc, ce nez effronté, l’emprise de la jeune inconnue sur la clientèle ravie et surtout cette voix sensible, souple, confortable à tous les registres séduisent le gérant de la boîte.Il l’engage sur le champ.Quatre chansons par spectacle, trois soirs par semaine.Jano arrive en ville.Elle ne brûle aucune étape.Rien de l’A BC du métier ne lui est épargné.Elle traverse avec un talent obstiné la rude école des cabarets, des piano-bars.Son message se raffine, sa personnalité s’affirme.En nomination au titre de «révélation de Tannée», au gala de l’A.D.I.S.Q., la consécration attendue ne s’est pas produite.Déception.Le lendemain à la télé, de noir vêtue, elle chante comme une gagnante et déclare à l’animateur qu ’Une faut pas lâcher.Courageuse, elle tire profit des circonstances.Une année toute neuve commence pour elle.Elle aura cent fois l’occasion, d’ici le prochain gala, de se révéler avec une évidence qui déjà s’impose.Bientôt on la verra à la télé, à Vedette en Direct puis à Tapis Rouge aux côtés de Charles Aznavour.À l'émission RSVP, à l’occasion d’un spécial hiver, elle va chanter du Offenbach à sa manière.Suivra un Samedi de Rire avec Yvon Deschamps.Pas encore assez connue, Jano Bergeron?Savoir qu’elle s’en vient nous donne la chance de réserver, pour ses prochaines apparitions, le meilleur fauteuil dans la meilleure rangée! M.C.UZEB, ENTRE LES LIGNES Pour le lancement du quatrième album d’Uzeb, Between the Lines, c’est Michel Cusson, le guitariste, qui s’est plié à la ronde interminable des interviews.Normal, c’est lui qui a composé presque tout l’album.Sauf qu’habituellement, c’est Alain Caron, le bassiste, qui faisait la corvée.Étrange.Caron n’a donné aucun commentaire sauf à Québec-Rock.Voici donc les deux têtes d’Uzeb nous présentant Between the Lines.Michel Cusson: «Pour moi, c’est définitivement le meilleur disque d ’Uzeb.On a passé 150 heures en studio seulement.On savait avant de commencer où on s’en allait.Between the Lines est beaucoup plus précis.Avec Jean (St-Jacques, le nouveau cla-viériste), on s’entend super bien, le feeling passe plus.On ne voulait rien prouver avec ce disque.Ce n’est pas un album de virtuose: on a joué la musique pour la musique, pour que chaque pièce soit la plus forte possible.C’est une approche beaucoup plus rock au niveau des rythmes, des sonorités, des textures.On est sorti du pattern du solo à tout casser, pour blower au maximum.Attends de voir ça en spectacle par exemple! Là, ça a sa place.» Alain Caron: «C’est un disque qui est effectivement moins jazz.Plus rock, là, je ne sais pas.Les arrangements sont au premier plan pour avoir un son moderne,jeune, définitivement 1985.Je ne me suis pas impliqué au niveau de la production de cet album.C’est beaucoup plus l’album de Michel et de Jean.Moi, j’ai joué.Mais ça donne un résultat intéressant.Je suis très content du résultat.J’ai bien joué et (’investissement que je n’ai pas mis sur la production d’Uzeb, j’ai pu le mettre ailleurs.Je prépare actuellement quelque chose qui devrait être super.» Deux opinions différentes sur le même album par deux membres du même groupe.Between the Lines sort au Canada, en Europe, au Japon et bientôt aux États-Unis.La tournée suivra et arrivera au Québec à la fin du printemps 86.D’ici là, Alain Caron aura peut-être décidé de parler de son projet.L.S.14 ‘EXTRYWjANZ À l’occasion du centième numéro de QI^EEliC Montréal rr CMO MF/IOÔJ Magog présentent QVjjÿjjpC "EXTWW3ANZA** Dimanche le S décembre Un document choc de 120 minutes qui vous fera revivre, en entrevue et en musique, la grande épopée de Surveillez l’heure de diffusion dans votre région et soyez à l’écoute Vous pourriez vous mériter un des nombreux prix qui seront offerts durant l’émission. AIR FROID ! ne première au Canada.La troupe I Tess Imaginaire, déjà remarquée j; pour ses Bédés théâtrales, présen-te AIR FROID, texte adapté à partir d’une nouvelle de Lovecraft, jusqu’à la mi-décembre à l’Eskabel (1235 Sanguinet).Langage gestuel impressionniste, éclairages et effets spéciaux, tout pour rendre l’univers fantastique et surréel de Lovecraft, que la critique américaine a désigné comme successeur d’Edgar Poe.Le thème: la dégradation de l’homme dans les grandes villes.Une réflexion passionnante.MADEMOISELLE AUTOBODY A '• W( Sfc Il y a quelques années, un groupe de jeunes femmes de Québec City se faisait remarquer avec une satire tordante des carnavals de beauté intitulée «Enfin Duchesse!» Elles sont de retour au Théâtre d’Aujourd’hui (1297 Papineau), jusqu’à la mi-décembre, avec une nouvelle création hilarante: MADEMOISELLE AUTOBODY! À ne pas manquer, surtout pour bien rire, cette nouvelle comédie subversive des Folles Alliées.LES ARTISTES POUR LA PAIX Depuis mars 1982, existe à Montréal un organisme nommé LES ARTISTES POUR LA PAIX.Il y a deux ans, ils organisaient au Spectrum de Montréal un spectacle-événement qui avait fait parler de lui.Près d’une trentaine d'artistes participeront à un nouveau happening au théâtre Arlequin, vendredi le 6 décembre.Parmi les personnalités présentes: Pierre Verville, Sylvie Tremblay, Pauline Julien, Raoul Duguay, Wondeur Brass, Steve Faulkner, Michel Robert, Jean Leclerc, L’Écran Humain, Pierre Curai et Marie Tifo, Anne Dandurand et Johanne Fontaine, des artistes du Cirque du Soleil et quelques danseurs des Grand Ballets Canadiens.À l’occasion de l’année internationale de la jeunesse, les profits de ce spectacle-bénéfice seront versés à la Fondation Jeunesse 2000 - volet Désarmement, Paix et Liberté.Information: 288-4261.DERNIÈRE CHANCE DE VOIR ANNA PRUCNAL La blonde comète polonaise effectue une dernière tournée nord-américaine avant de poursuivre des engagements au théâtre et au cinéma qui la maintiendront en Europe jusqu’en 1989.Pour le feu de la passion, le 29 novembre à Québec, les 5,6 et 7 décembre à la salle Wilfrid-Pelletier à Montréal, et à Ottawa, le 9 décembre.M NTRÉAL Pour la première fois, à l’âge de 92 ans, Martha Graham visite Montréal.La plus célèbre et la plus ancienne compagnie de danse américaine sera en spectacle à la Salle Wilfrid-Pelletier de la PdA du 13 au 15 décembre.Martha Graham charrie avec elle une oeuvre monumentale: 174 ballets dont certains sont des chefs-d’oeuvre.On l’a déjà comparée à Picasso et à Stravinski, et ses techniques de mouvements ont fait école.Pionnière, innovatrice, Martha Graham a réinventé la danse moderne pendant 50 années de travail passionné.Son incroyable imagerie dramatique est magistralement transcendée par la décomposition du mouvement et les lignes brisées.— Le groupe MADAME est toujours en tournée.Des spectacles à Jonquière le 4, Ro-berval le 5, Alma le 6, Chicoutimi le 7, Chi-bougamau le 8 et à Laval le 13.Bientôt à Montréal; — COMME IL VOUS PLAIRA de Shakespeare, mise en scène par Lorraine Pintal et présenté par l’Option-Théâtre du Cégep Lionel-Groulx (514-430-3120) du 14 au 18 décembre; — DING ET DONC, dernière prolongation à Montréal du 5 au 14 décembre, au théâtre St-Denis; — L’ÉTOILE DES MAGES, le traditionnel spectacle scientifique du Planétarium Dow, jusqu’au 5 janvier; — LE GARS DE QUÉBEC de Michel Tremblay, à l’affiche du théâtre Port-Royal jusqu’à la mi-décembre; — BAUHAUS toujours: deux expositions à la Cinémathèque Québécoise: CINÉMA ET BEAUX-ARTS AU TEMPS DU BAUHAUS jusqu’au 15; et HANS RICHTER jusqu’au 22 décembre (335 de Maisonneuve est); — LES PERSONNAGES D’ADOLESCENTS DANS LE THÉÂTRE QUÉBÉCOIS, dans le cadre des Lundis du CEAD, présenté par le théâtre de l’Atrium au CLSC Rosemont; — MORT ACCIDENTELLE D’UN ANARCHISTE, de Dario Fo, est promené en pro- vince par la compagnie Jean-Duceppe à Shawinigan le 1 er décembre, en Abitibi du 4 au 8, et dans le Témiscamingue du 10 au 15; POMME SI EUCLIDE AVAIT CROQUÉ, la plus récente installation de Pierre Granche au Musée d’Art Contemporain jusqu’au 12 janvier 1986; —- VOISIN, VOISINE, un souper-théâtre de Christian Bédard au théâtre de la Dame de Coeur à Upton (514-549-4617); — AVANT LA NUIT.OFFENBACH, un texte fantaisiste de Michel Garneau sur la musique festoyante du grand Jacques Offenbach, au Rideau-Vert jusqu’au 22 décembre; — LA NOCE, en prolongation du 3 au 7 décembre à la salle Louis-IX à l’église St-Louis-de-France (coin Berri et Roy); — CASSE-NOISETTE, un conte qui ne vieillit pas, présenté encore cette année par les Grands Ballets Canadiens à la salle Wilfrid-Pelletier du 19 au 29 décembre; — THE ZEN OF AN INTELLIGENT MACHINE, à l’affiche du CENTAUR jusqu’au 22 décembre; — LA CUISINE, comédie qui explore le monde des cuisines des grands restaurants, se poursuit au TNM jusqu’au milieu du mois; — MANHATTAN TRANSFER revient séduire les tympans avec un spectacle toujours parfait, au St-Denis, les 2 et 3 décembre. iPsl Plus qu’un mafâzii Produit par le In magazine télévisé.jpe Québec Rock Inc.Sur les ondes de Videotron, Câble 26.Montréal et Québec.Lundi 20:00 hrs.Mardi 21:30 hrs.Mercredi 22:30 hrs.Vendredi 21:00 hrs.Samedi 20:30 hrs.ma Junos, à Toronto Le réalisateur Pierre Marchand retient un sourire alors que Marc Carpentier et le producteur Donald K.Donald jouent à Miss Pepsodent.Alors que le guitariste John Albani tourne la tête, le coordonnateur de Graffiti Magazine, Pierre Tremblay, en profite pour inviter la chanteuse Lee Aaron chez lui.Graffiti Magazine est une production du Groupe Québec Rock en collaboration avec les productions Flash-Back.Commandité par m Pour Guy Perron et Marc Carpentier, la soirée de travail se termine sur une note positive.De son côté, Dale Martindale d’images In Vogue vérifie la finale sur l’écran moniteur. Comme la tour de Pise, la tête de Bryan Adams penche de plus en plus au fur et à mesure que le temps passe, ce qui ne surprend guère lorsqu’on connaît la longueur de l’éreintante tournée qu’il vient tout juste de terminer.A vant de s’écrouler complètement pour cause de surmenage, notre rocker national a quand même eu le temps de poser en bonne compagnie dans les coulisses du Forum.Ici, on le voit aux côtés de Régis Fumât, propriétaire de la Boutique 8V2 Top Wes-tern, de Marleen Beaulieu, éditeur délégué de Québec Rock, et de Guy Perron, éditeur.Vivement les vacances! Trois mois après ses débuts, l’émission Graffiti, produite par le groupe Québec Rock, s’est déjà forgée une solide réputation au sein de la grille variée des programmes du câble.Axée sur des sujets «jeunes», l’émission est animée par Chantal Machabée et Marc Carpentier, et est diffusée cinq fois par semaine au câble 26: le lundi à 20 h, le mardi à 22h30, le mercredi à 23h30, le vendredi à 21 h et, finalement, le samedi à 20h30.Encore lui! Enfin, pas directement.Tout ça pour dire que Bryan Adams est une fois de plus à l’origine de cette photo: le mois dernier, les disques A&M du Canada, en la personne de Nicole Duchesne (à gauche), remettaient un exemplaire du disque Reckless de Bryan Adams, certifié platine, au magazine Québec Rock.Pour recevoir ce «trophée», qui récompense la contribution à la cause de l’autre Bryan, étaient présents: Marleen Beaulieu, éditeur délégué, et Patrick Emiroglu, rédacteur en chef du magazine.Rêveur, Patrick voit déjà se profiler à l’horizon une cérémonie semblable pour le nouveau Simple Minds.Pas avant quelques mois, bien entendu.Ne reculant devant rien pour accomplir son devoir, notre valeureux directeur de la promotion, Pierre Tremblay, s'est aventuré jusqu ’à pénétrer dans l’antre même de la bête, en T occurence la loge de Môtley Crue.Son but: ramener de son héroïque mission cinq albums autographiés, qui ont depuis été attribués à de nouveaux abonnés particulièrement chanceux.Pierre ne s’en est pas encore remis.18 Harold Beaulieu dance des années 80! Comprenant les succès sur 12 pouces de: Michael Jackson ABC PatBenatar Paul Young Thompson Twins Herbie Hancock Billy Idol Gino Vanelli Cyndi Lauper Platinum Blonde 12 numéros: 19.95$ 24 numéros: 38.00$ EN PLUS DE RABAIS SUR L’ABONNEMENT Profitez d’un tarif exceptionnel Oui, je m’abonne maintenant à Québec Rock et je reçois gratuitement la cassette Graffiti des succès dance des années 80. 1 > mM / ,4 « Sc?*-:.•, UN CO VOTE SOUS IE CAPOT David Byrne aime ZZ Top.Andy Warhol aime ZZ Top.Laurie Anderson aussi.Tout le monde aime ZZ Top.Pourquoi?Posez un de leurs albums sur la platine.et lisez! PAR ALAIN DENIS Extra-fort ZZ Top! La meilleure sauce piquante du sud des États-Unis.Le groupe rock le plus confus du Texas, le plus déroutant.Billy Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard.deux ex-pansus toujours velus, un barbu de nom qui ne l’est plus, tous de la génération des pileux désopilants.Quinze ans qu’ils roulent leur boogie-poussière, devenu techno-taco depuis Eliminator en 1983.Quinze ans à écumer les tavernes mexicaines de Houston et à découvrir les restos fin-gosiers les plus huppés du monde.Les nouveaux riches s’amusent.Aujourd’hui, difficile de leur échapper.Appelez ça la vengeance des cactus ou l’insurrection des pare-soleil errants: ZZ Top est mégalo, caustique, toujours honnête et délibérément accrocheur.Les USA lui appartiennent depuis des années.Souvenez-vous des microsillons Fandango! en 1975etTejasen 1976.Des classiques! Le Canada, depuis deux ans, avec 700 000 exemplaires d’Eliminator et l’Europe, qui vient à peine de se remettre d’une tournée de concerts géants.Faites-le compte.Quinze millions d’albums consommés à l’échelle de la planète depuis 1969.ZZ Top cogne dur.«I’m Bad, I’m Nationwide».Mais vous ne saisissez toujours pas.Que peuvent bien avoir ces trois bisons égarés?Une bonne gueule?Non mais, vous voulez rire! Un message énonciateur de grandes vérités?Pas plus.Leur musique?Vous brûlez.Leur sens des affaires?Là, vous chauffez définitivement, comme un enchilada avalé de travers.ZZ Top a compris une chose: le précepte de la musique télévisuelle.Soyez laids, soyez beaux, modernes ou bien rétros, mais, bon sang, profitez-en.Donnez-vous un look! Papa Gainsbourg a dit: «La beauté c’est bien.mais un beau mec devient laid.Un mec affreux par ailleurs ne peut que s’embellir.» Génial! Alors ZZ Top cultive son esthétisme particulier.Le chic à l’envers.Du sale propre.L’élégance de mauvais goût.Le luxe texan.Les super nanas, une Ford 34 et les barbes.on connaît.Oh pardon! Derrière le pelage: l’art, les diamants, le bizness.Champion toutes catégories, ZZ Top maîtrise mieux que quiconque les différents aspects du processus de mise en marché.Orchestrée par le respectable Bill Ham, l’homme de tête des trois T exans depuis bientôt dix-sept ans, cette habile mise en marché n’épargne rien ni personne.Leur catalogue-réclame est universel.Pour 12$, une boucle de cein-tureàl’effigieZZTop; pour7$, les fameuses cordes Lone Star Slims employées par Billy G., «The string with that deep blue sound» nous promet-on; pour 6$, un modèle réduit à l’échelle 1/24 de l’Elimi-nator; pour 10$, le porte-clefs emblématique; pour 104$, la collection complète des T-shirts ZZ Top; pour 175$, une copie conforme de la mini-guitare Chiquita créée par le maître Gibbons.Et en prime, les dates de la tournée-automobile Eliminator, en chrome et en cuir à la Place Bo-naventure de votre quartier! Bonjour le fan club! Les purs montrent les dents.«ZZ Top au fourneau!».Peut-être bien, mais un fait demeure, difficile d’accuserquelqu’un de monnayersa popularité.L’art c’est l’or! Un réflexe bancaire exorcisé pendant les années 70, institutionnalisé aujourd’hui.Les Stones le font, Duran Duran également.Demandez-le à n’importe quel propriétaire de Cadillac à Houston, il répondra sans hésiter: «Money is everything! Money is everywhere!».Merde à J.R.! Bienvenue au paradis ZZ Top.Depuis la campagne présidentielle ironique parrainée par les cerveaux bien pensants de Saturday Night Live en 1984, qu’il remportait haut la main, ZZ Top se torture de belle façon à son club de santé privé à Houston, racheté à une vieille dame en mal de sa Floride natale.Faut bien garder la forme! Après les sessions de sueurs organisées, quoi de mieux que quelques bonnes froides au saloon du coin.Et hop les exercices.Le coude sur le comptoir.1-2 allez! LATMLOGE TEXANE A quelques rues de là, le pauvre Bill Ham manigance les trucs les plus marrants.Son coup d’éclat, Eliminator bien entendu, le succès, les clips, les charts, la critique.mais bien avant, la légendaire tournée World Wild Texas Tour pour appuyer le 33 Tejas.En 1976, ilfaitdeZZ Top la plus grande attraction scénique aux USA.Sur les planches, Gibbons, Hill, Beard, mais aussi un bison, une bête à cornes, des serpents et un rapace vivants.Une jolie faune animée déambulant sur une scène de 35 tonnes à la forme du Texas.Rococo la maxi sortie! A la Nouvelle-Orléans, ZZ Top matraque le record d’assistance de Led Zeppelin.Même Presley doit s’avouer vaincu à Nashville.En tout, plus d’un million de spectateurs! ZZ Top est pesant.La tournée rapporte 11,5 millions $ de bénéfices bruts.Septembre, la même année: le split non-officiel.Le début de la bonne vie.Deux ans à se prélasser à la façon internationale pour rigoler et pour tout remettre en question.Dusty Hill, l’expert blues, le collectionneur, tue le temps au Mexique et dans les îles du Pacifique.Frank Beard, ex-partenaire avec Hill au sein de Lady Wild And The Warlocks, aligne les matches de golf dans les Caraïbes.Billy G., lui, débarque à Paris pour collaborer avec quelques artistes néo-phosphores.Une confrontation qui marque.Il occupera plus tard une chaire au Musée d’Art Moderne de Houston, ira traquer le yéti au Tibet en 1981 et se fera voir avec ses nouveaux comparses Jack Nicholson et Antonioni.Voilà pour le côté visionnaire-braque-artiste qui plaît.L’autre côté maintenant.Vous allez comprendre pourquoi les intellos-musiciens Byrne et Anderson, Warhol-la-perruque et autres fanas du NME respectent le ZZ Top, la plus ancienne formation américaine de rock encore en activité dans sa composition originale.«En cette époque de rock homogénéisé, de musique synthétique, de multi-pistes et de prises innombrables, de re-recording, un disque honnête par des musiciens accomplis est un plaisir réconfortant.ZZ Top joue le blues-rock comme il doit l’être: loyal, honnête et spontané.» Et vlan! C’était en 1970.Quelques mots inscrits en épigraphe sur le premier album du groupe.D’une simplicité déconcertante, d’une vérité absolue, même après neuf albums.En 1985, c’est tout ça ZZ Top.Personnages de bédé, boogie torride et musclé, intégrité.La trilogie texane! ¦ Discographie: ZZ Top’s First Album: Rio Grande Mud; Très Nombres; Fandango!: Tejas; Best Of; Degüello; El Loco; Eliminator; Afterburner.21 mm maxell.VOUS OFFRE SES MEILLEURS VOEUX À L’OCCASION DES FETES ET VOUS RAPPELLE.QUE LES ANNEES PASSENT.1985.C’est l’année de Live Aid, des Blue Jays et du programme sceaux primes de Maxell.pour ne citer que trois des événements les plus marquants.Ainsi, le 31 décembre marque la fin de l’année tout comme celle du programme sceaux primes.Nous tenons à remercier tous nos clients qui, en participant au programme sceaux primes, ont contribué à son succès retentissant.Mais hélas, toute bonne chose a une fin.Pour être admissible, vous devez nous faire parvenir tous vos envois d’ici le 31 décembre 1985 et éviter ainsi les retards de livraison.Comme certains articles’sont plus en demande que d’autres, n’oubliez pas d’indiquer des solutions de remplacement.ET NE SE RESSEMBLENT PAS! 1986.C’est la nouvelle année qui s’annonce pleine de promesses, spécialement chez Maxell avec une promotion sans précédent! Le 1er janvier, Maxell lancera une nouvelle formule pour témoigner sa reconnaissance à ses loyaux clients.Profitez-en au maximum! Lorsque vous exigez la qualité authentique Maxell, rien de moins, vous obtenez les meilleurs rubans accompagnés d’une garantie complète et.(désolés,impossible d’endireplus avant 1986!) Commencez l’année du bon pied en vous rendant chez un détaillant Maxell autorisé pour en savoir davantage.Tri-lel associates limited 105 Sparks Avenue,Willowdale,Ontario,Canada M2H 2S5 MariBon LE FANTÔME DE PAR CHRISTIAN BELLEAU Surprise! Une musique que l'on croyait morte et enterrée avec les obscures et ennuyeuses années 70, balayée par le mouvement punk, est en train de connaître une glorieuse résurrection en pleine vague de rock épique et pur.Il a bien fallu que tout le monde se rende à l'évidence: la musique progressive renaît de ses cendres.Pour Marillion, progresser signifierait-il retourner dix ans en arrière?ans le rayon de la nouvelle mu-i sique, des groupes comme Propaganda et Frankie Goes to Hollywood arrivent à provoquer, grâce à des suites instrumentales et interminables, un engouement qui n’a rien à envier à quiconque.Mais si ces derniers emploient une recette éculée, qui fit le succès du dance-music (sequencer, rythme rapide et prononcé, effets spéciaux), un groupe comme Marillion, de son côté, se refuse à jeter de la poudre aux yeux en utilisant une quincaillerie d’artifices sans âme.Et même s’il évolue dans un genre inventé par Genesis, on ne retrouve chez lui aucun écho nostalgique.Groupe progressif résolument moderne, Marillion a su marier avec bonheur le style de Gabriel et Hackett à la nouvelle technologie, et à un jeune public habitué à des productions plus dures et moins vaporeuses que par le passé.Marillion ne doit donc rien à l’industrie du disque.Son succès, il le doit à une cohorte de fans dévoués et intransigeants qui ne laisse à personne le droit de dicter son goût musical.Marillion, dont le nom est inspiré d’une nouvelle de Tolkien, est né en 1978 et fut fondé par Derek Dick, surtout connu sous le pseudonyme de Fish.Groupe irlandais, et donc profondément marqué par le folklore celtique, Marillion est basé à Dublin, mais se compose de musiciens qui proviennent de tous les horizons britanniques.Mark Kelly, autodidacte dubli-nois, est le plus jeune membre du groupe (24 ans), mais aussi le plus moderne: pianiste, il oeuvre sur un Emulator et de nombreux Yamaha.Pete Trewavas (26 ans), originaire du sud de l’Angleterre, est loin d’être un guitariste frustré: c’est un bassiste heureux de l’être.Steve Ro-thery (25 ans) est un guitariste du nord de l’Angleterre et un perfectionniste qui fabrique, avec Fish, la musique du groupe; amateur des Beatles, il adore Carlos Santana et Al Di Meola.Ian Mosley, batteur de 31 ans, est le seul musicien «professionnel» du groupe; il étudia percussions classiques et théorie musicale, et est celui qui, par son expérience (il joua avec Daryl Way de Curved Air, Gordon Giltrap et Steve Hackett), rassure et stabilise Marillion.Cinquième membre, et non le moindre, Fish est sans conteste le noyau cérébral, le penseur et le poète-visionnaire du groupe.Écossais et impulsif de nature, Fish est le seul à boire, à fumer, à parler fort et à remuer constamment.Derek Dick n’est ni raisonnable, ni réaliste, et c’est tant mieux puisqu’il confère à Marillion une «substantifique moelle» riche et abondante.Tel une araignée, il tisse une trame symbolique complexe qui hante les chansons, les climats plutôt, avec un détail autobiographique frôlant la schizophrénie.Le grand rêve de Marillion, la confection d’un album concept, s’est enfin réalisé avec la réalisation de Misplaced Childhood.Troisième volet d’une trilogie amorcée il y a trois ans, ce nouveau disque approfondit et résout des thèmes annoncés par les deux albums précédents (Script for Jester’s Tear et Fugazi).Mais voulant, cette fois-ci, éviter l’erreur commise par de nombreux groupes de l’âge d’or du progressif (dont Yes avec Taies from Topographie Oceans), Marillion a décidé d’écrire une musique simple et belle, qui parle plus au coeur qu’à l’esprit.Enregistré à Berlin, loin du bruit et de la fureur de Londres ou de New-York, Misplaced Childhood a été conçu (avec Chris Kimsey, impeccable aux commandes) sans se soucier des refrains et des ponts, bref de tout l’attirail qui contribue à sonner «commercial»: c’est une suite ininterrompue de 42 minutes que le groupe veut tenter de reproduire telle quelle sur scène.Aujourd’hui, Marillion passe à la radio même aux États-Unis.Les billets de concert se vendent mieux que jamais.Car, sans jamais tomber dans un intellectualisme cérébral excessif, la musique de Marillion est forte et chargée émotionnellement, et au fond, Fish est un rocker.Et également un poète.Ses symboles (le bouffon, le caméléon, la pie, l’araignée, l’enfant) sont recherchés et redondants, mais ils passent la rampe.Ils sont faciles à lire pour ceux qui en prendront la peine.Les dessins riches de Mark Wilkinson en donneront l’envie.Non, Marillion n’est pas un groupe qui vous fera danser le samedi soir.Par son propos, il éveillera votre curiosité.Par sa musique, il comblera les mélomanes et les nostalgiques de Genesis qui peuplent une terre sur laquelle, décidemment, rien de nouveau ne veut pousser sous le soleil millénaire.¦ 23 texie fonder mm ilH*' K .fi * ¦ m a^5: is kj.¦ 4I" II I YEUX DU COEUR PAR FRANCIS JUNEAU Un excès d'oxygène administré lors de sa naissance, le 13 mai 1950, a privé Stephen Judkins Hardaway de la vue.Pendant les premières années de sa vie, il ignorait sa condition et croyait que le monde se goûtait, s'entendait, se sentait, tout simplement.En grandissant, il comprit qu'il était aveugle, mais sans éprouver de nostalgie pour les images, n'ayant pas de souvenirs visuels.a question de la cécité a souvent été soulevée autour de Stevie Wonder, qui a maintes fois expliqué que sa pensée construit ses propres «images» en référence au monde visible à partir des données fournies par les autres sens.Il affiche d’ailleurs un sens de l’humour blindé à propos de sa cécité, allant même jusqu’à tourner un faux commercial d’appareil-photo pour l’émission newyorkaise Saturday Night Live, où on le voit jouer au tennis (!) puis photographier au hasard autour de lui en disant: «the S0-&-S0 camera, anyone can use it!» Même poussées jusqu’à l’absurde, ces farces font partie du besoin perpétuel de désamorcer la tension dramatique provoquée par son handicap.Jose Feliciano ou Ray Charles ont souvent félicité publiquement l’éclairagiste de leur spectacle en s’empressant d’ajouter: «Je n’ai pas eu froid de la soirée.» L’éclat de rire général détend l’atmosphère et la pitié ne déforme plus la relation entre l’artiste et son public.Wonder foule le succès Dans le cas de Stevie Wonder, cette relation avec le grand public s’est maintenue au beau fixe presque constant depuis son adoption comme phénomène de virtuosité précoce jusqu’à sa maturité philantropique actuelle.Il réunit une foule de talents, et sous ses doigts les chansons se changent en hits.Avec une douzaine de disques dans les Top 40 et plus d’une vingtaine de chansons dans les Top 10 depuis ses débuts de jeunes prodige, Stevie constitue à lui seul une industrie de la pop music.Premier artiste américain à détenir simultanément un 45-tours et un album en première position (Fingertips et The 12 Year Old Genius), ou à faire figurer un disque en tête de palmarès dès sa sortie (Songs In The Key of Life), il a obtenu trois années de suite le Grammy du meilleur album.(Innervisions, Fullfillingness’ First Finale, et Songs in the Key of Life).Il a reçu un Oscar pour / Just Called to Say I Love You.Plusieurs de ses compositions sont devenues des «classiques» connus dans le monde entier, et son influence sur les auteurs-compositeurs traverse les styles et les époques.Connu avant le succès international des Beatles, il a non seulement survécu à cette vague de fond, mais accumulé les succès au long de la route.C’est la route justement qui provoqua le seul arrêt dans sa production abondante, un accident de voiture en août 73 l’ayant gravement blessé et privé de l’odorat, perte tragique pour un aveugle.Malgré un coma prolongé, dont son gérant Ira Tucker le tira, paraît-il, en lui fredonnant Higher Ground (qui figurait sur Innervisions sorti juste avant l’accident), et une période de doute sur la survie de ses capacités créatrices, Stevie se remet et compose bientôt les chansons de Fullfillingness’ First Finale, qui lui vaudront cinq Grammies.Ceux-ci s’ajoutent à la demi-douzaine de l’année précédente et permettent à Wonder de renouveler son contrat avec Motown contre une garantie de treize millions de dollars en sept ans et 20% des royalties.C’est le plus gros contrat signé dans le domaine musical jusqu’alors, et il consacre Wonder comme le plus grand artiste-homme d’affaires noir de l’histoire.«Black» n’est plus seulement «beautiful», il est «successful» et même.«Wonder-ful».Deux ans plus tard paraît l’album double Songs in the Key of Life, un chef-d’oeuvre qui propulse son auteur vers de nouveaux sommets.Cette collection de bijoux réunit tant de qualités diverses et se mérite tant de distinctions qu’il serait trop long de les énumérer.En 79, il conçoit et enregistre la bande sonore d’un film, prouvant une fois de plus que son inspiration dépasse les limites rattachées à son infirmité.Le film Journey Through the Secret Life of Plants ne sort pas, mais le disque double, malgré un accueil plutôt tiède comparé au coup de foudre précédent, atteint quand même le niveau de vente certifié «platine» et n’est pas du tout «the double album no one bought» comme certains le croient encore aujourd’hui (Jon Pareles, Rolling Stone 459, 24 Octobre 85).Hotter than July, l’année suivante, replace Wonder parmi les plus gros vendeurs et précise son implication politique.Le phiiantrope pop En effet, Stevie ne se contente plus de prêcher par les paroles de ses chansons, il veut donner l’exemple et propose au grand public de se joindre à lui dans le mouvement visant à faire du 15 janvier, date de naissance du pasteur noir assassiné Martin Luther King, une fête nationale.Le 15 janvier 81,200 000 personnes manifestent pacifiquement avec lui à Washington.Et l’an dernier, grâce aux efforts constants du lobby animé par Wonder, le Congrès américain proclamait le troisième lundi de janvier jour férié en l’honneur de la mémoire du Révérend King.Cette année, \\ aécrW Don’t Drive Drunk dans le cadre de la campagne contre l’ivresse au volant, mais sa principale préoccupation tourne autour de l’obsédant apartheid sud-africain.Il a accepté l’Oscar pour / Just Called.au nom du leader sud-africain Nelson Mandela, et s’est fait arrêter à Washington lors d’une marche anti-apartheid.On lui reproche souvent l’aspect très léger de sa production récente, mais son implication dans de nombreux comités de bienfaisance et le soutien financier qu’il offre à plusieurs fondations d’aide aux étudiants méritent une considération spéciale.Stevie Wonder a montré qu’il peut mener à bien des tâches humanitaires plus obscures et sans bénéfice personnel.Le poivre et le sucre Son dernier disque, In Square Circle, est perçu comme très sucré.Il comprend trois chansons à implication sociale profonde, dont It’s Wrong, anti-apartheid, mais l’ensemble des chansons d’amour pour adultes de classe moyenne domine nettement.L’équilibre entre les thèmes sérieux et la savoureuse guimauve des hits ne doit pas se trouver facilement, et Wonder ne veut pas risquer de perdre l’oreille du grand public par un contenu trop sévère.Il verse alors une montagne de sucre pour chaque pincée de poivre.En insistant sur le charme mélodique, il s’éloigne de la force rythmique qui lui valait une bonne communication avec la jeunesse, base de son succès pendant de longues années.Une partie de son public a bien sûr vieilli avec lui mais elle ne représente pas la majorité de ses admirateurs.À propos de sa prédilection pour les chansons d’amour par rapport au contenu social, Wonder a déclaré récemment.«On ne peut pas restreindre ma musique à une seule catégorie.Je ne me soucie pas trop de la politique américaine.On peut changer les choses s/on ne reste pas assis et quand on le veut vraiment.Je ne dirai pas que le racisme n’existe plus, malheureusement il existe.Mais il s’est transformé en un problème de classes sociales.Le drame n’est plus seulement d’être noir, mais aussi d’être pauvre.» In Square Circle est le premier disque d’une trilogie.Il vaudrait mieux attendre la parution des deux autres pour juger de l’ensemble: seule la patience respecte le génie.«L’essentiel est invisible pour les yeux», dit le proverbe.Tel un Petit Prince devenu grand, Stevie Wonder a appris à voir avec les yeux du coeur.¦ Montréal «DESTMAnON ROCK EXOTIQUE»?Au cours des mois d'octobre et novembre, les amateurs montréalais ont été choyés par la quantité de spectacles rock qui leur ont été offerts.Mais s'ils jettent un coup d'oeil plus inquisiteur sur le bilan de l'année 1985, ces mêmes amateurs ont d'excellentes raisons de se demander si leur ville n'est pas en train de devenir (à moins qu'elle ne le soit déjà!) un marché secondaire, une «destination exotique» pour les groupes rock américains et britanniques.PAR MARTIN SMITH En prenant temporairement pour acquis que la ville du maire Drapeau ne puisse plus revendiquer la fierté de présenter tous les meilleurs spectacles rock, doit-on en faire porter le blâme à des promoteurs trop conservateurs?Serait-ce que les salles montréalaises ne répondent plus adéquatement aux besoins des groupes?Est-ce à cause des goûts musicaux particuliers des Montréalais?Est-ce à cause de nouvelles données techniques ou économiques dans l’organisation des tournées des groupes?La faiblesse du dollar canadien crée-t-elle à l’endroit de Montréal un obstacle psychologique, un préjugé négatif dans l’esprit des rockers comme dans celui des joueurs d’une équipe de baseball qu’il n’est point besoin de nommer?Montréal est peut-être en train de devenir un marché secondaire pour les spectacles rock, mais elle l’est déjà au niveau du marché du disque dans cette catégorie de musique.Les compagnies de disques estiment que le marché de Montréal et du reste du Québec ne représente qu’environ 15 pour cent de leurs ventes totales à travers le Canada.La centralisation des achats de certaines chaînes de magasins de disques (A&A, Sherman et Sam) et de magasins à rayons qui placent leurs commandes pour le Québec directement aux bureaux-chefs torontois des compagnies de disques crée une certaine distorsion dans les pourcentages, mais il n’en reste pas moins que la part du Québec dans l’ensemble du marché canadien du disque rock est loin d’être proportionnelle à celle que sa population occupe dans le Canada (27%).Montréal se retrouve sur un pied d’égalité avec Vancouver dans le marché du disque, mais très loin derrière Toronto qui occupe entre 45 et 55 pour cent du marché selon les compagnies auxquelles on s’adresse.Calgary et les provinces de l’Ouest représentent entre 15 et 20 pour cent; les Maritimes, un peu plus de 5 pourcent.Il y a évidemment des exceptions à ces chiffres mais en règle générale, ce sont ceux sur lesquels les compagnies se basent pour évaluer si un disque s’est vendu ou si un artiste est particulièrement populaire dans telle ou telle région.Par exemple, des artistes comme Twisted Sister, Motley Crüe, Ronnie Ja- mes Dio, Laura Branigan, Laurie Anderson, Accept et Murray Head vendent tous plus de 30 pour cent de leurs disques au Québec.Tout ce qui s’appelle jazz et «dance music» se vend aussi très bien au Québec.Le «heavy métal» a toujours été un très bon vendeur.D’autres artistes comme Madonna, Phil Collins, David Lee Roth, «Les véritables forces dominantes de l’industrie des spectacles, ce sont les grosses agences américaines qui représentent les artistes et mettent sur pied les tournées.» Bryan Adams, Supertramp, Sade, Michael Jackson, Cyndi Lauper, Pink Floyd dépassent toujours, au Québec, la barre des vingt pour cent de leurs disques vendus sur le marché canadien.En dépit de ces bons résultats, plusieurs de ces groupes n’iront qu’à Toronto comme en fait foi la liste des groupes qui se sont produits dans la Ville-Reine, depuis le début de 1985, sans faire un arrêt à Montréal.Madonna, Prince, Julian Lennon, Huey Lewis and the News, Chicago, AC/DC, The Firm, The Kinks, Robert Plant, The Pointer Sisters, Power Station, Bruce Springsteen, Van Morrison, The Waterboys, Roger Waters, Wham!, X et Neil Young, pour ne citer que les noms les plus connus, font tous partie de cette liste.En contrepartie, tous les groupes rock constituant des attractions majeures qui sont venus à Montréal sont aussi allés à Toronto.Tous, sans exception.Pourquoi?Les promoteurs d’ici sont-ils plus enclins à se remplir les poches qu’à satisfaire les demandes d’un public avide de voir ces vedettes en spectacle?«Si quelqu’un m’adressait un tel reproche, je lui répondrais qu’il est plein de m.», répond spontanément Ruben Fo-gel des Productions Fogel/Sabourin.«Il y a beaucoup de groupes qu’on fait venir à perte parce que c’est dans notre intérêt, dans celui des «booking agents» et de tout le monde que des nouveaux groupes se fassent connaître.Il est donc irréaliste et impossible (les agents sont là pour nous le rappeler) de ne faire affaire qu’avec des groupes qui vont nous rapporter des profits», ajoute-t-il.Donald Tarlton, alias Donald K.Donald, parle le même langage que Ruben Fogel, mais il utilise des termes qui dénotent la place prépondérante qu’il occupe dans le milieu montréalais de la production de spectacles rock.«Une telle supposition est tout à fait erronée.Je suis intéressé à faire venir à Montréal les meilleurs spectacles même s’ils ne permettent pas toujours de faire des profits.Je n’ai pas les ressources économiques nécessaires pour subventionner l’industrie du spectacle rock à Montréal et je n’ai aucun désir de le faire.» Les deux plus importants promoteurs montréalais soulignent que la production de spectacles rock est un champ d’activité économique comme un autre, plus risqué que la moyenne, et que les mêmes règles s’y appliquent: la philanthropie n’y a pas beaucoup de place.«Les Montréalais se voient offrir tous les groupes que j’ai les moyens de faire venir en ne perdant jamais de vue le fait que je dois avoir les ressources financières, le lendemain d’un spectacle, pour pouvoir passer au prochain groupe sur 26 .¦ ¦ ' ./ M a ;v' iîtglliyi ¦ ft ft.: Les joyeux jumeaux de la promotion: Michel Sabourin et Ruben Fogel.lüii mm I Le pape du spectacle rock à Montréal, Donald Tarlton.fbt .m ronmtoetpa$lS Donald K.Donald donne les raisons pour lesquelles les Montréalais n'ont pu voir, cette année, les groupes suivants que les Torontois ont eu la «chance» de voir en spectacle.A vous de juger si ces raisons vous semblent valables.«Les Expos étaient au Stade à toutes les dates disponibles dans sa tournée.La réaction du public montréalais à l’endroit de Springsteen a toujours été plus lente et plus faible qu’ail-leurs, où les billets pour ses spectacles se vendaient immanquablement en quelques heures, le jour même de leur mise en vente, ce qui n’a jamais été le cas à Montréal.La confiance de ses organisateurs n’était donc pas très forte.Malgré cela, j’étais prêt à garantir qu’on pourrait emplir le Stade pendant deux soirs bien que j’aie été convaincu, et que je le sois encore, que Bruce Springsteen n’a pas, ici, le pouvoir d’attraction de Michael Jackson avait à son apogée» (Bruce Springsteen a vendu plus de 120 000 exemplaires de Born in the USA au Québec mais Jackson a vendu 600 000 exemplaires de Thriller).MADONNA: «Au cours cours de sa première tournée, son gérant a décidé de ne présenter qu’un seul spectacle au Canada.Dans ce temps-là, c’est presque toujours Toronto.Mais vue sa montée de popularité incroyable entre janvier et mai, il fut entendu qu’elle viendrait au Forum en juin.Nous avons alors passé une entente avec Ronald Corey et Gerry Grundman, du Forum, pour que l’installation de la nouvelle horloge au centre de la patinoire soit retardée.Malheureusement, la compagnie avec laquelle Madonna faisait affaire pour la sonorisation et l’éclairage de son spectacle était sous contrat avec un autre artiste à la date où Madonna devait jouer au Forum.» PRINCE: «Tellement d’intermédiaires étaient impliqués dans la tournée de Prince que ses décisions étaient basées strictement sur des aspects monétaires.Il devait venir à Montréal dans la seconde phase de sa tournée, mais elle n’a jamais eu lieu car les organisateurs se sont retrouvés en cour aux Etats-Unis pour régler leurs différends financiers avec plusieurs promoteurs locaux.» «Il demandait trop par rapport au genre de recettes qu’on pouvait faire dans une salle de la grosseur que justifiait sa popularité.Nous avons préféré attendre de le faire venir au Concert Bowl lors de sa prochaine tournée».WHAM! «Ils ne faisaient qu’une minitournée de dix villes et ils voulaient jouer devant plus de 40 000 personnes à chaque endroit.Je ne pense pas que leur degré de popularité, ici, ait pu nous permettre de leur garantir ce genre d’auditoire» (Wham! a vendu plus de.170 000 exemplaires de Make it Big au Québec!).mon agenda.Ce n’est pas une avidité insatiable pour les profits qui dirige mes choix mais bien plus une volonté de survie», affirme Donald Tarlton.Michel Sabourin, la deuxième moitié du tandem Fogel/Sabourin, est aussi convaincant à ce sujet: «Tu ne peux pas être dans cette business-là uniquement pour faire de l’argent, parce qu’il existe des placements qui rapportent de bien meilleurs rendements.tu est là-dedans pour la musique presqu’au même titre que le musicien mais tu n’oublies jamais que c’est ton gagne-pain».Les promoteurs locaux, il ne faut pas l’oublier, ne sont qu’un maillon de la chaîne de l’industrie nord-américaine des spectacles rock.Montréal n’est qu’un des 100 à 150 marchés nord-américains, et ce qui y sera présenté dépend donc entièrement de ce qui tournera en Amérique du Nord, à quelques exceptions près.Donald K.Donald peut sembler être un requin dans ses eaux territoriales montréalaises, mais dans l’océan nord-américain, il nage au rythme dicté tout d’abord par les Neptune que sont les grandes agences, puis par les dizaines d’autres requins plus gros et plus forts que lui qui opèrent dans des marchés plus importants.A l’occasion, les promoteurs locaux prendront l’initiative d’appeler un agent ou le gérant d’un artiste, lorsqu’ils ont l’impression que cet artiste est «chaud» à Montréal et que le marché est mûr pour l’accueillir.Mais c’est l’exception plutôt que la règle.«Le promoteur joue le rôle d’un catalyseur: par sa présence et les rapports constants qu’il a avec les agents, il déclenche une réaction qui se traduit souvent par la venue d’un artiste dans sa ville.Traditionnellement, la majeure partie de nos opérations est amorcée par les agents», dit Donald Tarlton.Donald K.Donald est dans le marché de la production de spectacles rock depuis 20 ans, Fogel/Sabourin depuis 12 ans.Les deux entreprises ont développé des relations privilégiées avec certains agents et leurs artistes, et ces relations deviennent de véritables chasses gardées que toutes les parties ont intérêt à maintenir.«Au fil des ans, les groupes naissent et meurent au gré des goûts du public mais les agents, les promoteurs, leur personnel et leurs avocats demeurent», explique Donald Tarlton.Pour mieux la comprendre, l’industrie des spectacles rock peut être comparée à une pyramide.À la base, on retrouve le public consommateur de disques et de spectacles.À l’étage suivant, les magasins de disques, les stations de radio, les média spécialisés, en bref, tous les intervenants qui sont en mesure de jauger les goûts du public ou, plus cyniquement, d’aider à les façonner.Au centre de la pyramide, on trouve les promoteurs qui 27 servent de lien entre le marché local et la portion internationale de l’industrie, celle qui décide ce qui se passe et quand ça se passe.Les véritables forces dominantes de l’industrie des spectacles (à l’avant-dernier étage de la pyramide), ce sont les grosses agences américaines qui représentent les artistes et mettent sur pied les tournées.On pense à des géants comme International Creative Management (Boy George, Mellencamp), International Talent Group (Bowie, Collins, Duran Duran, Paul Young), Premier Talent (Springsteen, Lauper, Benatar, U2) et d’autres.En compagnie des gérants des artistes, ce sont ces agences qui décident qui va où, quand.Les artistes occupent le sommet de la pyramide.La structure demeure la même à travers les années même lorsque le faîte de la pyramide change.Cette comparaison très sommaire laisse de côté bien des données mais elle reflète quand même assez fidèlement la structure de l’industrie: les décisions se prennent à New York ou Los Angeles, et ce qui se passe sur la scène rock montréalaise est entièrement dépendant de ce qui se produit en Amérique du Nord.Donald Tarlton, Ruben Fogel et Michel Sabourin peuvent bien dire que Montréal se classe parmi les dix plus gros marchés en Amérique du Nord mais si Andy Waters, le responsable du Nord-Est américain chez ICM, la plus grosse agence au monde, croit que Montréal se situe plutôt dans les cinquante premiers marchés, il y a de fortes chances que ce soit cette classification qui prévale quand vient le temps d’organiser une tournée.Évidemment, cette classification n’est pas coulée dans le béton.Elle varie selon les groupes et leur popularité, qui change dans les diverses régions selon les goûts des gens.C’est là que le promoteur local revêt toute son importance, puisque l’évaluation du risque qu’il prend en décidant de faire venir tel ou tel groupe dépend en grande partie de sa connaissance, souvent intuitive et rarement scientifique, des particularités de son marché.«Au Québec, la pénétration des media américains est moins forte qu’ailleurs à cause de la langue, en partie.Les Québécois sont donc moins assujettis au lavage de cerveau des véhicules promotionnels des produits américains et sont conséquemment plus ouverts aux produits britanniques.Notre mélange de culture européenne et américaine fait qu’on est plus sensible à une musique plus sophistiquée, plus avant-gardiste et qu’on n’est pas aussi obnubilé par le «good ol’rock’ n’roll» américain», affirme Michel Sabourin.Donald Tarlton est plus caustique lorsqu’il dit: «Notre culture nous pousse à être plus portés vers l’exploration: nous ne serons jamais une simple franchise fast-food de rock’n’roll.nous voulons un menu beaucoup plus élaboré, un menu de gourmets».Sans s’en douter, Andy Waters corrobore ces énoncés lorsqu’il affirme que «la réaction des Torontois à l’endroit des groupes américains est semblable à celle des gens de Cleveland ou de Détroit alors que celle des Montréalais est beaucoup plus fluctuante: avec certains groupes, ça marche comme dans le reste de l’Amérique du Nord, avec d’autres, ça ne marche pas du tout.Très souvent, des groupes ne démontrent pas envers Montréal la confiance qu’ils ressentent à l’endroit de Toronto».Les Montréalais ne gobent pas automatiquement tout ce que leur offre l’appareil de marketing américain et les «Les Montréalais ne gobent pas automatiquement tout ce que leur offre l’appareil de marketing américain.» exemples pour le prouver sont multiples: Nina Hagen et OMD ont attiré 1 800 personnes, cet été, alors que R.E.M.n’en attirait que 1 000 et Katrina and the Waves (précédée du hit Walking on Sunshine) n’allait même pas en chercher 500.Dire Straits a attiré 9 200 personnes à Montréal, mais 16 000 à Ottawa et 28 000 à Calgary (des villes cinq fois moins populeuses).A l’inverse, les 6 800 billets du spectacle de Sting se sont vendus en 32 minutes à Montréal alors qu’il a fallu plus d’un mois pour écouler 6 000 des 10 000 billets disponibles pour son spectacle à Ottawa.Les 6 800 billets pour le show de Simple Minds à Montréal se sont vendus en un peu plus de 40 minutes alors que le même groupe a joué devant à peine 3 000 personnes à New York.L’absence de certains facteurs d’uniformisation des goûts (un «Much Music» en Français, par exemple) a certainement un rôle à jouer dans cette spécificité montréalaise, mais d’autres raisons expliquent aussi la place exotique que Montréal occupe dans l’esprit des gens oeuvrant dans le monde des spectacles rock en Amérique du Nord.La faiblesse du dollar canadien et les problèmes de traversée d’une frontière jouent contre la venue de certains groupes à travers tout le Canada (il semble que ce soit le cas de ZZ Top, par exemple).Mais un bassin de population beaucoup plus important, la présence des sièges sociaux des compagnies de disques (à l’exception de Polygram) et des principaux media nationaux et un meilleur éventail de salles continueront d’être un pôled’attraction formidable pour Toronto au détriment de Montréal.Les groupes rock les plus populaires ont de plus en plus tendance à vouloir jouer dans des stades extérieurs devant des auditoires de 40 000 et 60 000 personnes ce qui jouera aussi contre Montréal, jusqu’à ce que les problèmes d’acoustique du Stade Olympique soient réglés — s’ils le sont — par la construction du toit.Aussi étrange que cela puisse sembler, il y a aussi un facteur géographique qui joue contre Montréal.A l’intérieur d’un rayon de 200 milles de Toronto, il existe quatre autres marchés intéressants: Buffalo, Détroit, Cleveland et Pittsburgh.Les marchés les plus proches de Montréal sont tous à plus de 400 milles.Ces questions de distances comptent quand vient le temps de faire le «routing» d’une tournée.Montréal ne peut pas être considérée comme la Sibérie des spectacles rock, loin de là, mais on ne peut plus dire que les groupes rock se pressent pour jouer à tout prix dans cette véritable morgue qu’est l’auditorium de Verdun ou dans ce trou sans fond (financier et sonore) qu’est le Stade Olympique.Heureusement le Spectrum constitue un pôle d’attraction puisque cette salle est une des trois ou quatre meilleures dans sa catégorie en Amérique du Nord.Andy Waters n’hésite d’ailleurs pas un instant pour affirmer qu’il y a définitivement un manque de salles convenables («facilities») à Montréal.Les promoteurs locaux n’ont pas un rôle aussi important à jouer qu’on pourrait le croire à prime abord dans l’exotisme de Montréal en tant que destination rock.On peut quand même se demander si l’intérêt de Donald Tarlton pour les spectacles rock n’est pas en train d’être supplanté par d’autres entreprises comme les comédies musicales.Qui pourrait résister à l’attrait de «Je n’ai pas les ressources économiques nécessaires pour subventionner l’industrie du spectacle rock à Montréal et je n’ai aucun désir de le faire».— Donald K.Donald connaître la gloire à New York et d’y récolter à la pelle les fruits tangibles d’un succès: le «Tango Argentine» que Donald Tarlton co-produit sur Broadway a généré des recettes de 317 337$ (américains) au cours de sa première semaine à l’affiche et les critiques dithyrambiques ont conduit à une renégociation du contrat d’engagement qui passe de cinq semaines à une période illimitée.Il reste aux amateurs montréalais à espérer que le passé récent ne soit pas garant de l’avenir et que le fait que ZZ Top, par exemple, fasse un retour sur une scène montréalaise après onze ans d’absence puisse être un présage de temps meilleurs.28 ¦I AVIS: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l’usage-éviter d’inhaler.Moyenne par cigarette-Export “A” Medium format régulier: “goudron” 13 mg., nicotine 1.0 mg.Format King Size: “goudron” 13 mg., nicotine 1.0 mg. LA PROMESSE DE SADE i n c i ii a n t le p r e m i e r simple THE S W E E O O de la dame qui n o u s^a o I I e r I DIAMOND LIFE K a g n a ni du British Music Aw a r d jjfc : ; ' ^ p o u r T a I I) u m d e T a n n é e, < o m p r e n a n I S1 M hûÆo l#ll *() r I K A I O K V O 11 R ' I O V I I S ¦ K I N (, ¦0 H A N Hi N I O Y O II R I O V I i) I /K M O \ li I I I I 1 H i A M n N I) I l I K I» R O M I S I \ ,s'1" I’ R o M i S r (Ai .^ Çp e s d e u x^liuSA n I m .i i n I e n a n I d i s p o n i b I e s *, u r , J 1 touts et cassettes a u c h r o m u 0 r Kate Rush La musique populaire aujourd'hui, c'est un peu un ramassis disparate.Il y a la guimauve FMf le Top 40 restitué, les marginaux à la mode, ceux qui ne le sont pas du tout.et loin devant, Kate Bush.Heureusement.Sans compromis, à sa façon, à 27 ans, elle modèle la musique plutôt que de se laisser moduler par la loi du profit.DANS UN ¦ CONTE DE FEE PAR ALAIN DENIS £n 1980, le temps s’arrête.Après les microsillons The Kick Inside et Lionheart, lancés sur le marché à sept mois d’intervalle en 1978, Kate Bush décide de freiner.De réorienter sa démarche créatrice.Stop! Tout le monde descend.Terminés, les jeux multi-média de la star gonflable, les sourires promotionnels pour les photographes de papa EMI.Kate Bush réfléchit.Elle agit.«Le succès est un bouffe-temps incroyable.Vous n’en avez que pour les autres, les journalistes, la business.Pour créer, il faut être capable de dire non, de prendre du recul.et surtout se concentrer sur ce qu’on a à faire: la musique.» Drôle de temps, tout de même, pour sauter du train.Wuthering Heights, The Man With the Child in His Eyes, Hammer Horror et LVow dominent.Kate Bush s’in-ternationalise.L’Europe la pose sur ses genoux, le Bas-Canada l’embrasse.De fait, seuls les Américains la snobent.Pas mal dites-vous?Peu importe.Elle s’acco-mode difficilement des confettis.En octobre 1980, avec l’album Never For Ever, Kate Bush s’offre une musicalité plus personnelle et le pop douillet d’hier fait place à l’expérimentation aléatoire.Le public anglais est toujours aussi réceptif, mais.Mais il y a Boy George, Duran Duran, Eurythmies et autres doux illuminés de la scène pop britannique qui s’apprêtent à tabasser les palmarès tous azimuts.Tris- te réalité: Kate Bush, à contre-courant, s’évanouit.The Dreaming, son quatrième album, le premier qu’elle réalise elle-même, paraît en septembre 1982.Un grand disque certes, fouillé et révélateur.Un grand disque qui échoue, toutefois.Les années 80 gouvernent, l’heure est à l’instantané vidéo et non au délire féérique.A 24 ans, Kate Bush semble emportée par son propre tourbillon.Les faux connaisseurs prétendent qu’elle n’appartient plus à son époque.«Vous voulez savoir?J’ai été associée à la vieille école en Angleterre pour deux raisons: mes réalisateurs et ma maison de disques.EMI est celle qui a signé puis rejeté les Sex Pistols durant les années 70.Alors, je n’y peux rien.Je suis satisfaite de mon travail seulement depuis que j’en suis entièrement responsable.» Et depuis trois ans, au Kent, dans le sud-est de l’Angleterre, Kate Bush savoure son autonomie retrouvée.Son plus récent microsillon, Hounds Of Love, a été enregistré chez elle, dans son mégastudio 48 pistes.Son plus achevé selon la critique; il témoigne admirablement bien de la tendance musicale amorcée avec Never For Ever et The Dreaming.Un premier compromis?N’allez surtout pas lancer cette boutade à Kate Bush.Hounds Of Love arrive à point, tout simplement.Finalement.A croire que l’oreille s’éduque.Numéro un dès sa parution en Angleterre, Hounds Of Love a envahi successivement l’Allemagne, les Pays-Bas, la France et l’Australie avant de secouer le Canada et même — attention — les trop conservateurs Etats-Unis, qui se sont eux aussi laissés tenter.Et encore une fois, on s’entendra pour dire que Kate Bush est belle.Qui suis-je pour vous dire le contraire?¦ 32 IL N 'Y A PAS DE MEILLEUR LECTEUR DE DISQUES COMPACTS AU MONDE.COMPACT DIGITAL AUDIO Le DA 501.C’est la vedette no 1 de Hitachi.Il sort tout ce qu’il y a à sortir d’un disque compact: rien n’est plus proche de la réalité.Gamme dynamique de 95 db.Distorsion harmonique pratiquement inexistante (0,003%).Mais surtout il porte le nom de Hitachi.Ce qui signifie qu’il a fait l’objet de recherches et de tests qui dépassent largement les normes de l’ordinaire.Ainsi, Hitachi utilise des circuits LSI plus perfectionnés que jamais auparavant.Grâce à ces perfectionnements, non seulement les lecteurs de disques compacts Hitachi fonctionnent mieux, mais ils sont plus fiables.Il faut entendre le son du 501 pour y croire.Asseyez-vous confortablement, commande sans fil en inain.Essayez la recherche de piste aléatoire à mémoire.Elle vous permet de repérer instantanément n’importe quel point du disque.et même de programmer le 501 pour la lecteur automatique de 15 plages dans n’importe quel ordre.Et “quand une fois ne suffit pas;’vous aimerez utiliser la fonction répétition.Nous pourrions continuer, mais passez donc plutôt chez votre concessionnaire Hitachi.Demandez-lui de vous faire entendre les lecteurs de disques compacts Hitachi.Il y a des chances qu’ils vous ôteront l’envie d’aller voir ailleurs.0 HITACHI LA SCIENCE AU SERVICE DES SENS UN COEUR DE VELOURS UN GANT DE BOXE La nuit de Noël 1985.Moscou.Rocky Balboa s'en va affronter Yvan «The Siberian Express» Dragof le champion de boxe incontesté des deux côtés du Rideau de Fer dans la catégorie poids lourds.Cette fois.Rocky doit défendre l'honneur de son pays.Il va engager une bataille qui se situe au-delà du sport.Il est involontairement devenu le symbole de la conscience nationale américaine.PAR MARIE-CHRISTINE ABEL « À vec un prénom aussi inhabituel que Sylvester, tu /¦ débutes ta vie en étant sur la défensive».En fait, à sa naissance à New-York le 6 juillet 1946, la future star A.M.aurait normalement dû recevoir le prénom de Tyrone — en hommage à Tyrone Power qui était l’acteur favori de sa mère Jacqueline.Saufque, pendant qu’elle était toujours sous anesthésie, Frank le père décida de gratifier son premier fils de deux prénoms courants dans lignée Stallone: Sylvester Gardenzio.Évidemment, Jacqueline ne fut pas contente d’apprendre la nouvelle, mais le certificat de naissance avait déjà été rempli.Quand Sylvester devint lui-même père, il affubla son plus vieux du prénom de Sage Moonblood; et son plus jeune, de celui de Seth Sergheo.Indubitablement, Rocky est désormais convaincu que les prénoms inusités forgent des personnes inusitées sur le plan créateur.Tenant davantage du vilain petit canard que de Sylvestre le chat (à l’école primaire, c’était son surnom), l’enfant se tenait à l’écart des autres.Et il rêvait.Au point que souvent, il avait du mal à définir la frontière entre son fantasme et la réalité.Une anecdote: à huit ans, le vilain petit canard voue une admiration sans bornes à Superboy — le superhéros de comic-books à dix cents qui combat pour la Vérité, la Justice et la tarte aux pom- 34 Ponopresse Dans Rocky IV, Stallone proclame à qui veut l'entendre qu'il est, lui aussi, «né aux U.S.A.» Sygma Malgré le titre du film (First Blood), le sang qui dégouline le long de la tempe du héros n’est pas le premier à couler, loin de là.mes de môman.Sous son costume d’école, Sylvester porte toujours une paire de collants noirs, une culotte courte rouge et un chandail où il a peint un S majuscule.Un jour, il parle de ses fameux dessous à un confrère de classe qui, lui, va tout rapporter au professeur.Pas très doué en psychologie, ce dernier oblige l’enfant à se déshabiller devant la classe pour montrer son beau costume marqué d’un S.Stallone en a été gêné pendant des semaines, ignorant encore que, dans les années 80, une autre génération de petits garçons porteraient sous leurs vêtements d’école un costume de Rambo.Frank le coiffeur et remariée au propriétaire d’une chaîne de restaurants envoie l’adolescent dissipé dans une école privée en Suisse.Là-bas, il adopte le prénom plus commun de Mike; devient l’ami du prince Paul d’Ethiopie (le neveu d’Haile Selassie); et décroche le rôle de Biff dans une production scolaire de la célèbre pièce de théâtre d’Arthur Miller, La Mort d’un Commis-voyageur.Suivent deux ans d’études théâtrales à l’Université de Miami, qu’il abandonne finalement pour débuter illico sa carrière d’acteur.New-York, New-York! C’est la ritournelle des auditions devant des metteurs en scène dont aucun ne retient L9étalon italien Pour lui éviter la maison de correction, sa mère divorcée de sa candidature.En attendant, il est placier au cinéma Baronet, ou nettoie la cage des lions au zoo de Central Park pour 1.12$ de l’heure.36 échange de la pellicule originale et de leur silence.Mais je ne leur aurais jamais racheté le film même s’ils me l’avaient offert à 2$.Je crois que mon public peut comprendre que lorsque quelqu’un a faim, il commet des actes qu’il ne ferait pas normalement.Dans mon cas, c’était le film porno ou c’était dévaliser un passant.» Il semble qu’aujourd’hui, le film soit disponible sur un mystérieux circuit porno.Et cela, sous le titre non-équivoque de The Italian Stallion — l’étalon italien.¦ En chômage mass bronzé Pendant que personne ne lui offrait de rôle à sa mesure, Sylvester Stallone s’exerçait à s’écrire des rôles.Et il est d’accord pour dire que ses premiers scénarii méritent de moisir au fond d’un tiroir.«J’ai écrit déjà un horrible texte racontant l’histoire d’un chanteur rock atteint d’une maladie cardiaque qui ne peut être guérie que par une mystérieuse substance qui se trouve dans les bananes.Le chanteur rock tombe amoureux d’une fille qui va éventuellement le plaquer.Le pauvre chanteur en est si troublé qu’il s’en va donner son spectacle sans manger son quota quotidien de bananes.Au beau milieu d’une chanson, il s’effondre.Repentante, la fille accourt avec un régime de bananes, mais il est trop tard.Le chanteur rock est mort: ta daaa!» conclut le scénariste de Rocky.Avant Rocky, il aura écrit une dizaine de scénarios.Entretemps, il déménage ses pénates de New-York à Hollywood.«En Californie, j’étais toujours en chômage; mais au moins, j’étais bronzé!» rappelle-t-il en riant.Mais il a tort de s’en faire: son heure de gloire approche.Bientôt, le miracle de Rocky lui gonflera le coeur, et surtout, lui enflera la tête au point de lui faire déclarer publiquement qu’il se considère «supérieur à Gustave Flaubert, ce romancier français du XIXe siècle.» Car Flaubert a mis 18 ans à écrire Madame Bovary tandis que lui, Sylvester Gardenzio Stallone, a écrit Rocky en trois jours et demi! Enfin, l’Histoire jugera.D’ici là, il faut voir comment le destin s’y est pris pour faire de sa personne, une légende vivante.La formule Rocky: L9optimisme Le 15 mars 1975, Stallone n’a aucun mal à se procurer un billet pour assister au match Muhammad Ali-Chuck Wepner.En effet, le combat promet de ressembler à une farce puisque Wepner n’est mémo pas classé parmi les dix aspirants possibles au championnat poids lourds.On sait maintenant qu’à la stupéfaction générale, Wepner a^tenu les 15 rounds.Fasciné, Stallone se reconnaît dans Wepner.Cette nuit-là, il va relire les scénarios qui lui ont pris tant de ses énergies et sa critique sera sans pitié: «de banales et déprimantes histoires de perdants!» L’histoire de Rocky sera écrite pour se terminer de façon autrement plus optimiste: «Il y a trop de films qui laissent échapper de mauvaises vibrations.Tous ces films qui traitent de politique, de psychologie ou de relations homme-femme mettent en scène des anti-héros qui attirent les critiques de cinéma mais éloignent la masse des gens.Moi, je respecte la loi du cinéma hollywoodien des années 30: des héros qui se hissent depuis les profondeurs du désespoir jusqu’à un but final.Et pendant que le héros se bat pour atteindre ce noble but, le spectateur pense en-dedans de lui-même: Mon dieu, voici le genre de personne que je veux être ou que j’aimerais que ma fille épouse, etc.Bref, donnez au monde des symboles positifs et vous remplirez vos salles de cinéma.» Le 1er août 1975, Stallone se voit offrir 75 000$ par United Artists pour son script de Rocky I avec la promesse qu’il vont engager une star pour incarner le premier rôle:James Caan, Robert Redford ou Al Pacino.Encore méconnu, Stallone n’a pas 100$ dans son compte en banque mais il refuse parce qu’il veut lui-même jouer le rôle-titre.UA monte son prix à 100 000$, puis à 150 000$ — mais il s’obstine.Son impresario a beau le trouver dingue, il ne cédera son scénario qu’à la condition sine qua non qu’il sera Rocky.C’est clair?C’est clair.Finalement, c’est UA qui abandonne la partie après avoir monté les en- 37 IJÊrjLék It J lw|J 1 Ponopresse Dans Escape to Victory, le Bruce Springsteen du cinéma démontre qu1 chères jusqu’à 315 000 dollars: Stallone personnifiera Rocky, mais il n’aura pour son scénario que le minimum de la Writer’s Guilde, soit un petit 20 000 dollars.Plus un pourcentage des recettes, mais comme le film ne marchera pas.Outre de multiples rôles de figuration tel celui-ci dans Bananas de Woody allen, où on l’aperçoit à l’écran les quelques secondes qu’il lui faut pour étrangler une vieille dame, la filmographie de Sylvester Stallone se recoupe sous trois bannières: acteur, scénariste et réalisateur.A titre d’acteur uniquement, il a joué dans No Place To Hide (1973), The Lords Of Flatbush (1974), Capone et Death Race 200 de Roger Gorman (1974-75), F.I.S.T.de Norman Jewison (1978), Nighthawks de Bruce Malmuth (1981), Escape to Victory de John Huston (1981) et Rhinestone de Bob Clark avec Dolly Parton (1984).Il va sans dire qu’il est le scénariste unique de Rocky I (76), II (79), III (82) et IV, dont il est le seul héros en même temps que le réalisateur à partir du numéro II.Dans Paradise Alley (1978) également, il cumule les trois fonctions.En revanche, il y a une fois où il reste terré derrière la caméra pour laisser toute la place à John Travolta et c’est dans Staying Alive (1983), qu’il réalise d’après un scénario qu’il a écrit en collaboration.Tous les films auxquels il participe sans enfiler les gants de boxe de Rocky rapportent des recettes médiocres au guichet.Tous les films jusqu’à.Rambo I (1982) dont le titre véritable est First Blood.1985 a donc vu arriver Rambo II et son succès qui a battu des records historiques.Il nous a promis un Rambo III et ainsi de suite.Bref, Sylvester Stallone n’est désormais en compétition qu’avec Sylvester Stallone puisque dans le ring de la ferveur populaire, c’est Rambo contre Rocky! Toujours est-il que Rocky IV se passe en Union Soviétique, mais qu’il a été tourné à Vancouver, Canada, durant le printemps dernier.Un reporter.du magazine Saturday Night a d’ailleurs raconté à ses lecteurs comment se déroulait une journée de tournage avec 3 000 Colombiens-britanniques il peut également taper dans un ballon rond.ayant répondu à l’annonce du journal qui demandait des figurants pour jouer le rôle du public moscovite.D’abord, ils doivent se rappeler de diriger leurs encouragements vers Yvan «The Siberian Express» Drago et leurs ondes négatives vers Rocky «The Italian Stallion» Balboa.Pas l’inverse! Ensuite, on informe les 3 000 figurants que ce n’est pas dans les moeurs des Moscovites de huer en criant «chou-ou-ou!» ou encore «booo!».Non.Les Moscovites expriment leur mécontentement en sifflant et en tapant des mains au-dessus de leur tête: voilà ce qu’ils doivent faire quand Rocky apparaît dans le ring.Par contre, quand c’est leur pseudo-compatriote Drago qui monte dans l’arène, ils doivent signaler leurs enthousiasme en lançant dans les airs leurs poings énergiques.Changement de pays, changement de codes culturels.Ah, mais c’est la nuit de Noël.Et Rocky, on le sait, possède un coeur de velours à attendrir un gant de boxe.Hors d’haleine, à la fin du combat, il fait un petit discours à l’intention du public communiste: à son arrivée à Moscou, il les haïssait et eux, le baissaient.Mais maintenant qu’il a gagné, ils font tous ensemble partie de la grande fraternité universelle.D’ailleurs, est-ce que ça ne serait pas merveilleux si tous les pays du monde pouvaient régler leurs différents, comme ça, dans un ring?Toujours étendu sur le tapis, Yvan Drago approuve de la tête et la foule communiste fait la fête à Rocky.On se souviendra que le président Reagan s’est déclaré publiquement un fan de Rambo — dont il aurait aimé requérir les services lorsque des Américains ont été détenus en otages par des terroristes arabes.Sera-t-il d’accord avec les méthodes diplomatiques de Rocky?A ceux qui doutent que Reagan retrousse jamais ses manches pour affronter Gorbatchev «dans le ring», Stallone aurait affirmé qu’il songe de plus en plus à une carrière politique.Cette vision de l’an 2 000, apocalyptique ou idyllique selon les points de vue, n’a peut-être rien d’impossible si l’on se rappelle que Ronald Reagan fut lui aussi un acteur.Sylvester Stallone, contrairement à l’actuel président USA, a l’habitude d’écrire ses propres scénarii.Mais, comme il préfère les dialogues monosyllabiques, on risque dans le futur d’avoir droit à beaucoup d’action.Et peu d’explications.¦ 39 I I i f Vous ne pouvez qu’imaginer toute la parce qu’ils sont construits pour être gamme de sons que votre guitare et résistants, spectacle après spectacle, vous pourrez créer avec le FX 65 Jetez un coup d’oeil sur la série STEREO CHORUS et le FX 75 FX de STEREO FLANGER.Et le son sera DOD.aussi bon en tournée qu’il l’est | J Hi J aujourd’hui, chez vous.Simplement La plus grande gamme de traitement de signal au monde.Distributeur canadien Heml Electronics Inc., 16 Mary Street, Aurora, Ont L4G 3W8 (416) 727-1951 ¦ Il la technique ANGLAISE àls À la recherche de la perfection, à la mesure de l'art! 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rattachées au-dessus du nez par un bout de fil de fer, ça lui donne un air ambigu, capable d'exprimer deux émotions à la fois.Pointant du doigt l'endroit où la route devient une sorte de rivière brune impraticable, même pour notre quatre par quatre, il prononce en pidgin le mot «maske», équivalant au traditionnel «mana-na» mexicain.À l'époque des Fêtes, quelques jours avant mon deuxième Noël dans les Highlands de Nouvelles Guinée, je me retrouve au milieu de nulle part.Pas de party ou de cadeaux cette année.Tout le village est au rendez-vous pour la danse rituel^' Noël L'AN DERNIER ’année dernière, j’étais avec un groupe de volontaires anglais et J; de membres du personnel mé-^ j dical de diverses missions.Réfugiés au sommet d’une montagne dans le «pub», reconstitué dans ses moindres détails, d’un vieil hippie excentrique, nous pouvions contempler la vallée de Wabag, un endroit magnifique.Le «pub» offrait un bar bien garni et une salle équipée d’un jeu de dards.Des Papous à barbe longue et jupe de paille traditionnelle assuraient le service avec une nuance de rude timidité attribuable, sans doute au mystère que représente pour eux les préférences occidentales pour la disposition des ustensiles ou l’ordre des mets.Nous passions un Noël agréable finalement, au milieu des tournois de dards, des discussions sur qui paierait quoi, et des déclarations pince-sans-rire au sujet 42 m de ce qui n’allait pas avec «ces gens-là», c’est-à-dire les Niugininas, le peuple de la région.Au matin, soudainement, le personnel papou avait disparu.Il ne restait qu’un vieux jardinier qui, une longue lance à la main, nous indiqua la vallée voisine en criant: «Fight!» Le reste du temps des Fêtes, je l’ai donc passé dans la jungle avec la tribu Naté, qui voulait attaquer par surprise la tribu Mae, dont un membre avait tué un Naté lors d’une bataille au couteau, entraînant soit la guerre, soit le paiement d’une dette de plusieurs centaines de cochons.UncontedeNod À L'ENVERS ans un conte de Noël normal, le monde en bataille s’arrête miraculeusement la nuit de Noël, donnant un sens poignant aux souhaits de bonne volonté habituels.Ici au contraire, c’était le calme plat quelques jours avant Noël à Mendi, quand une rumeur se mit à circuler à propos d’une guerre tribale sur le point d’éclater près de Kandep à cause du meurtre à coups de hache de trois jeunes femmes.Cette explosion de violence contrastant avec le style local d’affrontement entre voisins, qui se rapproche plutôt de la guerre d’opérette, j’ai sauté dans le premier véhicule partant dans cette direction, espérant prendre des photos d’un type de pratique guerrière que le gouvernement actuel s’efforce de supprimer.Les guerres tribales ont habituellement un caractère sportif, des règlements flous, et un nombre de victimes modeste.Les armes se limitent aux arcs, lances et flèches auxquels s’ajoutent quelques haches, surtout oour impressionner l’adversaire.On us3 d’une stratégie minime, et des échanges verbaux interviennent fréquemment, concours de jurons inclus.On brûle quelques mai- sons, on massacre des cochons, on ravage des jardins.On s’inflige des blessures mineures, surtout à cause des flèches-maison, on massacre des cochons, on ravage des jardins.On s’inflige des blessures mineures, surtout à cause des flèches puisqu’il n’y a pas de corps à corps, et si on perd un homme de temps en temps, les femmes et les enfants ne sont jamais impliqués.Cette fois encore, ma présence sur le champ de bataille surprend quelque peu les Papous.Les uns se fâchent, d’autres se contentent de me décocher des regards soupçonneux.Si on m’a déjà autorisé à rester neutre auparavant, aujourd’hui je dois choisir un camp et suivre sa tactique: avancer avec précaution, puis courir comme un perdu quand les flèches adverses commencent à tomber trop près.Sans faire exprès, je me retrouve au pied des arbres où se dissimule «l’ennemi», et une volée d’injures en Anglais jaillit aussitôt.Il a fallu que je tombe sur un groupe comprenant un Papou lettré.Je m’explique tant bien que mal, démontrant surtout que mon matériel photo n’a rien d’une arme secrète que je pourrais utiliser contre eux.Ils finissent par m’inviter à les suivre jusque dans leur village, et c’est là que j’apprends la préparation d’une grande fête «de l’autre côté des montagnes».Je n’aurai sans doute pas de cadeaux de Noël, mais au moins j’ai trouvé un party.l'a :tlua unies MISSIONNAIRES a fête qu’on s’apprête à célébrer pourrait se dérouler à n’importe quel moment de l’année, JBL»4é les Papous ayant une notion du temps assez vague pour ignorer leur âge.Mais puisque ça semblait faire plaisir aux missionnaires, qui furent les premiers à construire des écoles et des hôpitaux en même temps que des églises, ils ont peu à peu greffé leurs festivités autour de quelques points saillants du calendrier liturgique, en gardant toutefois leur libre arbitre.La «parole de Dieu» les a impressionnés assez vivement pour que recule un peu leur religion animiste, et différentes sectes chrétiennes se partagent les Highlands.Les raconteurs d’histoires bibliques comme les Seventh Day Adventists obtiennent un grand succès grâce à la simplicité style livre d’images de leur doctrine.Le choc des cultures donne parfois de curieux mélanges.Ainsi sur la côte, à Port Moresby, la principale ville du pays, un grand magasin a retenu les services d’un Père Noël papou, vêtu de rouge et affublé de la barbe blanche officielle.Par ailleurs, la visite du pape à Mount Hagen, capitale provinciale des Highlands centraux, a suscité beaucoup d’en- 43 thousiasme, manifesté par une grande démonstration de costumes et de maquillages traditionnels, tout en laissant un souvenir durable.Maintenant on peut demander à un jeune écolier néo-gui-néen: que veux-tu devenir plus tard, pape ou papou?Lajète ÜUVMJJMSE a fête doit avoir lieu dans un village de la tribu Foy, près de Pi-maga dans la région du lac Ku-tubu, où se trouvent les seules embarcations de fabrication indigène de toute l’île.Parfois, pour être belle, seul un masque suffit.La bourgade se compose essentiellement de la longue maison centrale où les hommes vivent tous ensemble, et des petites maisons des femmes tout autour.Le peuple Foy pratique la ségrégation des sexes même après le mariage.L’influence du monde extérieur se réduit à la présence de lampes à l’huile, d’un baril d’aluminium pour l’eau de pluie, de quelques seaux de plastique, et d’un jeune anthropologue australien établi ici depuis plus d’un an avec un magnétophone à cassettes.Il parle le dialecte local, un tour de force car il y a plus de sept-cent idiomes tribaux à peu près aussi faciles d’accès que le chinois classique, mais fixe constamment un point indéterminé de l’horizon même en conversant avec un vis-à-vis, comme s’il était sans cesse préoccupé par quelque chose d’important.Sans doute une suite de la malaria iné- 44 vitable sous le climat.Les préparatifs de la fête s’étalent sur plusieurs jours.Chaque soir, les hommes pratiquent leurs chants et leurs danses à la lueur des lampes de la maison longue.Les chansons répétitives, donc un peu hypnotiques, évoquent paraît-il les ancêtres.Jim les enregistre consciencieusement, tandis que les cochons qui grognent tout autour émettent une trame de fond quelque peu ironique.Comme c’est souvent le cas, on élève depuis plusieurs années les porcs qu’on tuera à la fête.Il y en a plusieurs centaines, la vie du village suit plus ou moins leurs sautes d’humeur.L’odeur ambiante n’éprouve pas trop le nez, mais, comme dirait le digne anthropolo- gue, elle pique les yeux.De larges fossés ont été creusés en prévision de la cuisson simultanée de tous les porcs, qui, précédée de la boucherie et suivie de la grande bouffe elle-même, doit être terminée à midi du jour suivant la nuit de la fête, car c’est à cette heure-là qu’il pleut, systématiquement.Comme la boucherie ne commence qu’à l’aube, il faut accomplir une tâche énorme en quelques heures pour manger avant midi.C’est justement autour de midi le jour précédent que les villageois commencent à se peindre et à se costumer pour la danse rituelle.Environ trente danseurs d’une tribu voisine passent l’après-midi dans les buissons environnants à préparer leurs maquillages et leurs parures, puis paradent en entrant dans le village.Ils ont droit à une acclamation générale en tant qu’invités spéciaux, rétribués en cochons et en coquil- lage pour leur participation à la fête.La danse commence à la tombée de la nuit dans la maison longue, où les femmes sont admises pour l’occasion.Elles ne peuvent y pénétrer en temps normal, tandis que les hommes vont où bon leur semble n’importe quand.Un tel arrangement implique bien sûr la polygamie.Un enfant désigne volontiers plusieurs aînés comme son «père»; on peut en déduire une certaine souplesse matrimoniale.La soirée s’ouvre avec les hommes du village qui dansent puis chantent en jouant un peu de percussions, après quoi les visiteurs donnent leur spectacle, se relayant pour eux aussi danser, chanter, et jouer de certains instruments percus-sifs toute la nuit.Les enfants s’endorment ici et là, et en attendant le festin du lendemain, on mange du sago, farine de coeur de palmier qui peut être cuite dans des tubes de bambou, et de la canne à sucre.L’abattage des porcs est l’équivalent papou du feu d’artifice.En un rien de temps le village se décore de ruisseaux écarlates, dans un harmonieux concert de cris porcins et d’exclamations triomphales.On patauge dans la graisse, on s’enivre d’odeurs violentes en se pourléchant les babines à l’idée de l’imminent festin.Recette de MkH Brûler d abord le poil des cochons, ensuite étriper.(Les femmes papous nettoient les tripes et les bourrent de fougères comestibles).Disposer les pierres brûlantes au creux des fossés préalablement creusés.Déposer les morceaux de porc restés accrochés jusque là un peu partout dans les fossés avec des herbes et des feuilles aromatiques ainsi que des fougères (ou des épinards).Recouvrir de feuilles et de terre, puis allumer des grands feux au-dessus.Laisser cuire trois bonnes heures.Déterrer et manger à même le fossé en compagnie de vos invités.Bon appétit, et Joyeux Noël! La hache maniée d’une main sûre vient à bout des crânes les plus récalcitrants, fait jaillir en geysers rutilants le sang des cochons qui, à l’instant tragique, ont l’expression d’agonie étonnée d’un pasteur de village apprenant que sa fille n’est plus vierge.Les enfants expérimentent des textures organiques variées en s’adonnant aux jeux les plus coquins, tels le ballon-de-graisse-chasseur ou la bataille de tripes volantes.Bref, tout le monde s’amuse bien, même si l’apothéose du party papou ressemble au cauchemar d’un végétarien.Après tout, l’essentiel reste d’avoir l’esprit des Fêtes.¦ ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooo ffl PICTURES tie 'IpomA' fi/iéû&nle/i * LE 20 DÉCEMBRE O O D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE Q obe MDS UN F LM DE SYDNEY PO OUT OF JANVIER Une production King’s Road The BEST 8 of TIMES § mettant en vedette ^ Robin Williams, Kurt Russell ^ Holly Pallance O o o o o o o o o o o o 4 i/ev/ft o BRAZIL 8 'Première parution en Anglais seulement OOOOOOOOOOOOO FEVRIER Le MOTEL BATES ouvre à nouveau ses portes PSYCHO III avec Anthony Perkins Diana Scarwid, Jeff Fahey Produit par Hilton Green Dirigé par Anthony Perkins DE LA SATISFACTION, veux-tu K.t • /- W} •''* L^iV,n\ "V \ F \CV /i.& ¦».„ i ' / o , S RK»» jwT "k.f ,f* Lcr feuille de chou en question possédait 24 pages noires et blan- I /jrg ches quand elle fit son apparition la première fois, en avril 7 977.Elle si ; 4 s'appelait tout naturellement Québec Rock.Au début, on la feuille-'m&"r* ÊêÊÊ fa'* distraitement, par curiosité.mais petit à petit, les lecteurs de-vinrent plus nombreux, plus curieux, plus exigeants, et Québec Rock IjO/î se métamorphosa: la chrysalide devint papillon.Par le rythme, le contenu, la couleur, c'était la naissance d'un véri-! table magazine qui saurait prendre sa place dans le coeur de toute une génération, un point de référence sur tout ce qui se fait et se «¦P* J crée aujourd'hui.Au Québec et ailleurs.Et déjà, Québec Rock est centenaire.Pour une revue, c'est la fin de ¦ l'âge ingrat, le moment précis où l'adolescence prend des allures de maturité.Le moment où les projets futurs n'ont plus les allures de fantasmes impossibles et deviennent des promesses d'avenir.Des promesses que toute l'équipe, qui vous souhaite en passant un Noël comme vous le voulez et une année comme vous la souhaitez, saura tenir.Rendez-vous au millième anniversaire.9' f x7‘\*'Zo\ l t "ÜF / * :- 7:
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