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Titre :
Québec rock
Magazine mensuel présentant le monde de la musique rock et de la musique populaire d'ici et d'ailleurs. [...]

Québec Rock est un magazine consacré à la musique et publié à Montréal de 1977 à 1986. Fondé par Paul Haince, Jacques « Coco » Letendre et le journaliste Marc Desjardins, qui y fera carrière, il est d'abord offert gratuitement sur papier journal dans les magasins de disques; il connaîtra un fort succès commercial en format magazine à la suite de son rachat par Guy Perron.

Québec Rock rassemblera au cours des ans une équipe de journalistes jeunes et dynamiques, dont certains connaîtront une longue carrière médiatique - notamment Georges-Hébert Germain, Nathalie Petrowski, Franco Nuovo et Laurent Saulnier. Le magazine s'occupe surtout de couvrir les événements musicaux, avec des entrevues, des nouvelles du milieu musical québécois et international, des critiques de disques, mais aussi des chroniques variées, particulièrement sur la mode et le cinéma.

Plusieurs numéros ont été de grands succès en kiosque, s'écoulant à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires : ils présentaient en page couverture Normand Brathwaite (pour la comédie musicale Pied de poule), Michael Jackson, Ding et Dong, Corey Hart, Diane Dufresne, etc. Québec Rock a été une sorte de Rolling Stone québécois qui, avec sa version anglaise Graffiti, en est venu à détrôner le magazine américain dans son créneau au pays.

Son éditeur a aussi publié un magazine à succès pour les adolescents, Fan Club, et a été un exemple à l'époque sur le plan de la convergence médiatique, profitant de productions télévisuelles associées sur TQS pour utiliser la dynamique des renvois promotionnels.

Éditeur :
  • Montréal, Québec :Québec rock,1977-1986
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Québec rock, 1986-02, Collections de BAnQ.

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PER Q-60 102^ «T i i I i 'f '¦ : ¦ * ¦s.DU MÉTAL HURLANT AU ROCK MUSCLE i |fl STEVEN SPIELBERG LE ROI DU CINÉMA POPULAIRE JOUE ET GAGNE THE BOX 4 , BONHEUR, ARGENT, SEXE ET LES FEMMES MODE LE SUCCÈS FABULEUX DE CINQ ENTREPRENEURS QUEBECOIS PETE TOWNSHEND-QUINCY JONES* DIANE DUFRESNE-EBTG-THE KANE GANG-PREFAB SPROUT*DISQUES• LIVRES*CINÉMA*ETC. Désormais, Sew transforme \otre salon, \otre auto et \ot re sac à dos en salle de concert.Le principe de base d’un lecteur de disque n’a pas changé depuis son invention en 1877.Jusqu’à aujourd’hui.Aujourd’hui, Sony révolutionne la reproduction sonore en donnant au monde le premier lecteur de disque compact.Le lecteur de disque compact remplace l’imprécision d’une aiguille phono lectrice par la précision d’un faiseau laser, les sillons imparfaits des disques par des codes d’ordinateur mathématiquement parfaits et les microsillons vulnérables par de petits disques résistants.Le magazine High Fidelity le qualifie de «changement le plus fondamental en audio depuis plus de quatre-vingt ans».Aujourd’hui, tandis que plus de 30 compagnies s’apprêtent à participer à la révolution, Sony en prépare deux autres: Le lecteur de disque compact d’auto et le lecteur de disque compact portatif.* Alors les gens qui recherchent la difélité d’une salle de concert n’auront plus à s’en passer.Votre représentant autorisé de Sony du Canada se fera un plaisir de vous faire entendre ces merveilles de la technologie moderne.LA SEULE ET UNIQUE SONORITÉ DE SONY DU CANADA LTÉE Montréal / Toronto / Ottawa / Winnipeg / Calgary / Edmonton / Vancouver ?Le modèle D-5A illustré est livré complet avec un adapteur CA.Le contenant à piles, le casque et le sac à dos sont des suppléments facultatifs.Sony est une marque déposée de la Corporation Sony.Sony du Canada Ltée en est un utilisateur. J NO.102 1986 FEVRIER GRAFFITI Les Temps modernes: Super-compact, Rasoir comme pas un, Double face, etc.Pulsions: Playlist, 12 pouces, palmarès vidéo, le rock en français.Evénements: Charbonneau et le chef, Faust, Les nouilles, Rock et Belles Oreilles, etc.Interviews: Everything But The Girl, Kane Gang, Icicle Works, Prefab Sprout.Franco Rock: Claude Dubois, Jackie Quartz, Diane Dufresne, Isa Minoke, Humphrey Salade.MUSIQUE 20 Rush.La seconde jeunesse des vétérans du rock canadien.28 The Box.Une vraie boîte à surprises.64 Pete Townshend.La vieille garde se porte bien.DOSSIER RADIO 24 Ondes de Choc — 2e partie.Le succès du dance music au Québec: un phénomène unique.BRITANNIA 46 Splendeuretdécadencedel’Empire britannique: en musique comme en mode, les sujets de sa Majesté sont capables de tout.r r ¦ .Patrick Emiroglu et Corey Hart COREY HART 40 Entrevue exclusive avec le rebelle au coeur à jamais saignant.ENTREVUE DU MOIS 59 Steven Spielberg et Quincy Jones.ACTUALITE 30 Un portrait des jeunes entrepreneurs qui sont en train de modifier radicalement le visage de la mode.CINEMA 81 Jewel Of The Nile, The Colour Purple, Roch Demers, Point de Vue.RUBRIQUES 68 Disques 76 Livres 78 Vidéo News 86 Vidéo Films 89 Mythes: Les Paul 90 Jet Set: Amazones et guerriers.Éditeur: Guy Perron Éditeur délégué et directrice de la publication: Marleen Beaulieu Rédacteur en chef: Patrick Emiroglu.Com/té de rédact/on; Marleen Beaulieu, Patrick Emiroglu, Guy Perron, Pierre Tremblay.Secréfa/re de rédaction; Frédéric Tomesco.Directrice artistique: Suzanne Fortin.Adjoint à la Directrice artistique: Pierre Durocher.Recherche: Marie-France Bazzo, Philippe Bélanger, Christian Belleau, Michel Clément, Alain Denis, Sylvain-Claude Filion, Olivier Gravel, Marie-Catherine Giguère, Francis Juneau, Pierre Leroux, Jacques Mathieu, Geneviève Proulx, Laurent Saulnier.Cinéma: Marie-Christine Abel.Disques: Christian Belleau, Marie-Catherine Giguère, Francis Juneau, Louis Léger, Laurent Saulnier.Photographie: Alpha diffusion, Harold Beaulieu, Keystone, Ponopresse, Dick Walsh.Publicité, ventes: Montréal, Médiavation, 1260 MacKay, (514) 935-8855; Toronto, David Hazan, (416) 598-3358.Production: typographie et montage: Photocomposition Tréma Inc.; Quadrichromie: Stanmont, Contact Couleur.Impression: Litho-Prestige.Pelliculage: Contact/Couleur.Service des abonnements: B.P.247, Dépôt «N», Montréal, Québec, H2X 9Z9.Tarif d’abonnement annuel: 28$, États-Unis 34$, Europe 40$.Groupe Québec Rock, siège social: 3510 St-Laurent, suite 404, Montréal, Québec H2X2V2, (514) 844-8491.Président et directeur général: Guy Perron Directeur de la promotion: Pierre Tremblay.Contrôleur: Jacynthe Gadoury.Secrétariat: Anne-Marie Le Beau.Bureau de Toronto: C.P.576, Station P, Toronto, Ontario M5S 2T1, (416) 598-2998.Québec Rock est publié 12 fois par année par Québec Rock Inc.Tous droits réservés.Le contenu du magazine ne peut être utilisé sans l’autorisation écrite de l’Éditeur.L’Éditeur ne se tient pas responsable de la perte des manuscrits, photos ou illustrations.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Bibliothèque nationale du Canada, ISSN 02267187.Courrier 2e classe, enregistrement no 5047.Port de retour garanti. mm 91ÊÊÊ tfi ' ÿ/H .,,, : -;4 ¦ ;$&£¦ mÈÈ ¦,,'" l’in & m.*;:r " |Kï|| 'ViMmi % t(' ¦",:' •*' ’.-ita?-; F et sur leur peau était gravé .• • •-•, pi#^ '' Süè&S llll.•' tü" ç! Irifp Îlÿll* l''9SSi0 îAiïÊis: LA CROISIÈRE S’AMUSE C’est sous le soleil brûlant de la Basse-Californie, à Guymas plus précisément, que la crème des vacanciers québécois s’est donnée rendez-vous pour passer Noël bien au chaud et célébrer de digne façon l’arrivée de l’an nouveau.Invitée par l’inimitable Douglas «Coco» Léopold, la joyeuse bande de touristes, au sein de laquelle les anciens politiciens (Serge Joyal, Pierre-Elliott Trudeau) côtoyaient le «braintrust» de Québec Rock, en a profité pour faire le plein de soleil.Ouvert à l’été 1984, le Club Méditerran-née de Guymas est réputé pour les possibilités sans limite qu’il offre aux amoureux de l’équitation et du tennis.Toutefois, dbmme on peut le voir sur ces photos, les amateurs de voile n’ont pas non plus été déçus: les bandes de dauphins qui tournoyaient autour du bateau leur en ont mis plein la vue.Guymas, Basse-Californie: un coin de paradis sur terre.n Si Les joyeux globe-trotters.De g.à d., on reconnaît: (à l'arrière plan), Marleen Beaulieu et Guy Perron (Québec Rock), Mark et Scott (McGill), Charles Sweffer (consultant en marketing), et Georges Depatti (propriétaire des restaurants Giorgio).À l’avant-plan: Pierre-Elliott Trudeau, Danièle Tremblay (Directrice du Marketing), Rolf Greiche (Propriétaire des magasins d'optométrie Greiche & Scaff).Pour guérir les cicatrices de la vie politique, un seul remède: l'air du large.H Un trio du tonnerre: Pierre-Elliott Trudeau, Isabelle Barrière (Club Méditerran-née, secrétaire à Montréal) et Douglas Léopold (CKMF).Sous le chapeau-cloche, le très Honorable Pierre-Elliott Trudeau, admirateur inconditionnel de Québec Rock.et de Marleen Beaulieu (à droite).5 PAR OLIVIER GRAVEL ET ROBERT LA FERTE SUPER-COMPACT Chapitre II de la bataille de la miniaturisation du lecteur de compact-disc.Technics vient de battre Sony à son propre jeu.Le SL-XP7 est actuellement le plus petit lecteur de compact-disc commercialisé au monde.Posez Tune sur T autre trois boîtes de disques compacts, et vous obtiendrez la taille approximative de l’appareil.Trois disques que vous pourrez écouter sur une seule charge de T étui optionnel rechargeable.On attend la réponse de la concurrence! DEUX TASSES, TROIS MOUVEMENTS RASOIR COMME PAS UN Vous serez si satisfait que vous voudrez acheter la compagnie.Tout au moins pourrez-vous vous permettre un TRACER de PHILIPS.À notre avis un des Plus beaux rasoirs de la Création.Le TRACER est disponible en deux modèles, quatre couleurs: Le premier est gris ou bleu et rechargeable en deux heures.Le second est noir ou rouge et électrique.Un design ergonomique et deux têtes rotatives à auto-affûtage en font un rasoir aussi bon que beau.Le Super-Rasoir! innun BRAUN a toujours su concevoir des appareils culinaires à la fois simples et intelligents.Cette cafetière par exemple, la KF-45, prévient le dé-gouttement lorsque vous retirez la carafe de la plaque chauffante.Une jauge a été prévue dans le réservoir d’eau et un interrupteur spécial vous permet de ne faire que deux ou trois tasses de café à la fois.Bref du café bien fait, vite fait.Au fait, pourquoi -45?Ka-Fé?DOUBLE FACE Voici un baladeur hypocrite, un «visage à deux faces».Le WM-W800 de SONY est un walkman unique en son genre.Deux cassettes peuvent y prendre place, ce qui vous permet de faire des copies tout en vous baladant.Vous emportez une cassette de moins aussi! Un réducteur de bruit DOLBY est incorporé, ainsi qu’une entrée de ligne.L’alimentation est possible par quatre modes.Il est disponible dans les couleurs «Henry Ford»: «n’importe quelle couleur pourvu que ce soit noir!» LE BRUIT ROSE DE LA ZONE ÉROGÈNE I Toehuxs TECHNICS vient de mettre sur le marché un égalisateur de fréquences un peu spécial.Il inclut un analyseur de fréquences et un générateur de bruit rose (pink noise).Un ordinateur interne peut ajuster votre son pour obtenir la réponse la plus linéaire possible.La caractéristique la plus amusante de cet appareil est sa surface d’ajustement.Aucun réglage mécanique! La courbe désirée est tracée au simple toucher du doigt sur la surface sensible.À voir! Mi V/77L ; % ¦/.U'w W,*4^ ' Vs» JD1 Cw.j4 4L pc lüiijsFS».TT C.Ff * , Xj ip^ yy w ^ #7 /¥ / d 5?r.•r w k:a( .'*>:'•• ., vx\ M/ 2 .r'l" ' Jj ^V-I V-«i V^V ¦* « s' ./ ;r; Rj 5 fl ¦ V C.B.M.C.G.L.S.P.T.PAUL HARDCASTLE Just Money 1 1 1 2 DEBBIE HARRY Fee/ the Spin 0 3 0 1 LEDERNACKEN The Drums of Matumba 0 4 2 0 ONE TO ONE There Was a Time 1 3 1 2 PERFECT WORLD Have a Good Look 2 1 1 1 PRINCE & THE REVOLUTION America 3 0 3 1 ALEXEI SAYLE Didn't You Kill My Brother?0 1 1 3 SHRIEKBACK Fish Below the Ice 3 5 2 3 SIOUXSIE & THE BANSHEES Cities in Dust 4 4 2 2 THE SMITHS The Boy with the Thom in His Side 4 3 3 2 STAPLE SINGERS Are You Ready?3 3 2 2 UB 40 Don't Break My Heart 3 4 3 1 - H \ r' : \ i —( _J 5: Super! 4: J’aime beaucoup.3: C’est bon.2: Passable.1 : Bof.0: Je déteste.1.WHAM! / 'm Your Man 2.COREY HART Everything in My Heart 3.JOHN COUGAR MELLENCAMP Smalltown 4.paul McCartney Spies Like Us 5.ARCADIA Election Day 6.STING Love Is the Seventh Wave 7.ARTISTS UNITED AGAINST APARTHEID Sun City 8.SCRITTI POL ITTI Perfect Way 9.DIONNE WARWICK That’s What Friends Are For 10.STEVIE WONDER Go Home * Gracieuseté Much Music X ' ’ - I b en français Mid: Mike: Mike Stand: Mix (faire un): Mixer: Mixing Board: Monitor: Monitor Board: Off-beat: Open Reel Tape: Output (Out): Overhead: P.A.: Patch Bay: Patch de console: fréquences médianes micro pied de micro enchaîner mélangeur de son console retour de scène, moniteur console de moniteurs à temps faible magnétophone à bobines sortie réserve de puissance système de son boîte de jonction ou de raccordement interconnexion J/ÛfT 7 3,/3*P, play, M 'UST^v O 3 ““O Aïn o u,atfler,r>e Q, pun tï~_ Mtr *£/V Ab**v\l^Sséric ^ Tre, ¦CO) ¦Vb/a ^'OST-LAURENT.50' aO^ H 4¥à$'4ÿ$ttà> iwJââ .: -, - • , s - ' '• wf f 1 - 1 en ont misé une dose sur leurs chansons afin de pouvoir se maintenir dans le peloton de tête des palmarès.Même Rod Stewart, même Mick dagger, même Kiss en 1978 avec / Was Made for Loving You et, ultime sacrilège, ZZ Top apparaît dans les palmarès dance/disco avec son dernier-né, Sleeping Bag, disponible en 12” remix.Quand le mot disco est sorti, au début des années 70, il s’agissait de rythmes noirs, rhythm & blues, funky, à la Sly Stone.Quand Giorgio Moroder «enfante» Donna Summer en 1975, avec un marathon orgasmique de 18 minutes qui a pour titre Love to Love You Baby, les choses se mettent à changer frénétiquement.Les salles de danse, devenues des discothèques clinquantes où se célèbre le culte de la boule en miroirs, sont envahies par le nouveau beat bien carré, d’un automatisme éminemment facile à suivre.Tout tient dans la mesure, la percussion répétitive, le drive.En 1977, / Feel Love de Donna Summer, en parallèle avec la trame du film Saturday Night Fever des Bee Gees, enclenche l’âge d’or du disco qui s’étendra jusqu’en 1981, Geajx Giaizzdla: «TOUT SAUF DU DANCE » tmÊmm ¦ George Cucuzzella.Il a 32 ans, marié, deux enfants; il est né en Sicile mais vit à Montréal depuis 1965.«Je ne vivrais pas ailleurs qu’à Montréal» ajoute-t-il, heureux dans cette ville où il a considérablement développé le marché du dance music, en distribuant sur son étiquette Unidisc une brochette de vedettes comme Geraldine Hunt, Freddie James, Voggue, Carol Jiani, et surtout, Lime (Denys et Denyse Lepage).Encore adolescent, il est le DJ qui inaugure le Limelight, en 1973.Il écrit ensuite dans le Record Pool, un magazine consacré au disco, puis, devient importateur de 12”.Cucuzzella fonde ensuite sa propre maison de disques, Unidisc, en 1978.Son flair fait sa fortune dans le dance music qu’il promouvait à Montréal durant l’âge d’or du disco.Il vend plus d’un million d’unités par année à travers le monde.Et c’est généralement avec du produit québécois.Il connaît son matériel.Sans être musicien, il jette toujours une dernière oreille sur ses produits.«J’ai le nez pour les touches finales, assure-t-il.» Ses nombreux disques d’or et de platine en témoignent.George Cucuzzella connaît bien la musique.Mais lorsqu’il rentre chez lui, il préfère écouter autre chose, le rock des années 50 ou 60.«n’importe quoi sauf du dance music»! malgré le crash de 79, pendant lequel l’éclair new-wave éclipse tout.En devenant le dance music, le beat disco s’est donné du muscle, du tonus, de l’expression, en opposition avec ce qu’on a appelé le «disco plastic», constitué d’un rythme sans âme et de remplissage.Autrefois cantonné dans les stations de radio top-40, le dance music est maintenant partout.Il a son propre palmarès dans le magazine Billboard depuis huit ans, et a envahi les autres hit-parades.«Ce n’est plus une catégorie à part» souligne Guy Brouillard, directeur musical à CKOI-FM.«On retrouve régulièrement deux ou trois titres dance-music dans le Top 10 de Billboard.» La musique des Thompson Twins a conquis les ondes de CHOM-FM, encore récemment temple du solo de guitare, et même Madonna et Tears For Fears ont accès aux augustes ondes de CKAC, sur la bande AM.Montréal ayant toujours été à l’heure juste en matière de musique populaire, il ne faut pas s’étonner d’y voir apparaître la première station spécialisée dans le dance music au Canada au début des années 80: CKMF 94.François L’Herbier, directeur musical, affirme: «le dance music est le style qui prédomine en ce moment.» Douglas Léonoui: «JE MEfS SOUVENT UN PEU DE VIANDE SOUS LA CREME FOUETTEE» Né dans une famille anglophone de Westmount, diplômé de McGill, de Harvard et de la Sorbonne, Douglas Léopold est un oiseau rare.L’hypercroissance de ses facultés de communicateur en ont fait un personnage insubmersible qui depuis neuf ans fait les délices de ses admirateurs autant que de ses détracteurs.Sous la peau de son fascinant et insupportable «Coco», il distille la culture en petites bouchées, «pour que la masse elle aussi puisse avoir la qualité» et se fait l’ambassadeur du bi-culturalisme montréalais en touchant tous les publics.Il a écrit dans le Downtowner, The Gazette, The Montreal Star, After Dark, GO; il fait de la radio à CKMF, il fait de la télé à CFCF et à Télé-Capitale.Il sillonne les circuits dorés du jet-set avec une aisance enrageante.«Il est très important pour moi de vivre dans ma ville» et c’est pourquoi il se mêle de tout.Dès qu’il entre en ondes, toutes les lignes téléphoniques rougissent.«Le temps d’attention de l’auditeur ne dépasse plus quinze secondes aujourd’hui» me lance-t-il en ouvrant son micro pour débiter quelques phrases sur un village de Noël, le succès de René-Daniel Dubois, un dîner du nouvel an à 4000 $ le billet à New York et pendant lequel Julio Iglesias chantera, et un livre sur le stress.Stressé, Douglas Leopold?«Je me couche tous les soirs à 1 h et je me lève à 7 h 30.Je lis les journaux, j’écoute toutes les nouvelles.Je suis un news freak.» Son style de vie trépidant crée quelques complications, comme se débrouiller pour porter quatre costumes différents pour quatre événements de différents calibres dans une même soirée.«Ma vie privée est un désastre, ajoute-t-il.Les gens de mon âge ne veulent plus aller dans les boîtes.» On a reproché à Douglas Leopold de servir de la culture instantanée, de choquer avec son personnage au vocabulaire redondant.«Il faut aller très vite, insiste-t-ü, dans ce siècle du vidéo.Je mets un peu de viande sous la crème fouettée, souvent, pour informer.Personne ne parle des choses underground à Montréal, du Passeport, des Foufou-nes, du Pipeline.Et y a rien qui dessert les 18-30 à la télévision ici, pourquoi on a pas de Joan Rivers, de David Letterman?Tout fonctionne encore comme dans les années 70, à la télévision.Céline Dion et Martine St-Clair, on veut savoir! Are they having sex and with who!» Douglas Leopold aura imposé son style.Tous les imitateurs l’inscrivent m Coco.systématiquement dans leurs répertoires; c’est déjà une forme de reconnaissance.Girouette habile, clown futé, Coco Léopold joue bien de ses talents.Quand de ses lèvres s’échappe ce torrent de mots, ce hachis anglo-français qui a fait sa marque («je parle le seul français que les gens de Hampstead comprennent, dit-il»), on peut se permettre de sourire.Ce sont les choses qui choquent qui font avancer un monde.A un moment donné, Douglas Leopold interrompt son babil pour prendre deux secondes de silence, puis déclarer: «je suis un anarchiste».25 ; AUDIO VIDEO Au coeur de la nouveauté mm i i ?1 *_• playback.AKAI A I Magnetophone a cassettes radio-stereo MU “ £m\3 I Un look exquis, un son de qualité et un prix abordable pour un portatif.A I \A/9HQ Magnétophone double à cassettes radio-stéréo MJ" VU b U O Fonctionnel, en plus d'un son propre et clair.Akai Audio Video Canada Inc.VANCOUVER: 2440 Viking Way, Richmond B.C.Téléphone: Administration et vente (604) 270-4464 MrSSISSAUGA: 121 Watline Rd., Mississauga, Ont.(416) 273-5800 MONTRÉAL: 10,664 Côte de Liesse Service Road West, Lachine (514) 636-9260 UNE INDUSTRIE FLUCTUANTE Le mariage du beat disco à toutes les sauces a connu autant de grandeurs que de misères, mais finit par chromer tous les rythmes d’une façon quasi-générale.On admet, par exemple, l’influence déterminante du dance music, qui a beaucoup amélioré les standards de production: on soigne les sons à l’infini, la qualité du pressage, les effets stéréophoniques.L’industrie devient d’ailleurs de plus en plus intransigeante envers ceux qui proposent le produit.La mise en marché du format 12” (30 cm en français) après 1976 a été l’un des facteurs qui a permis au disco de se propager comme une traînée de poudre.Mais il semble que les autres rythmes, le rock, entre autres, réussissent à ramener la couverture de leur côté en s’intégrant au dance music.«Il y a de plus en plus de remix rock» confirme le DJ Denis Proulx.Dans les discothèques, on sent le mouvement à mesure que la nature des mix change.Les discothèques ne sont plus disco: on croise de moins en moins les chansons en faisant tourner les tables au même beat.D’où la justesse de cette nouvelle expression, universelle: le dance music (musique qui se danse).Par extension, CKMF a créé l’expression «slow dance» pour qualifier les rythmes plus ralentis.Quant au dance music en français, il balbutie encore.Hyper-identifiés au nationalisme, les artistes québécois en ont timidement tâté, Boule Noire ici, Patsy Gallant par là.À CKMF, on diffuse Daniel Lavoie (seulement son plus récent, naturellement), Diane Tell, Marie-Michèle Desrosiers.Le produit semble être plus fort en France, avec des artistes comme Jeanne Mas, Rita Mitsouko, Mino.Pourtant la langue française a déjà prouvé qu’elle pouvait s’intégrer aux autres rythmes américanisés, c’est prouvé pour le rock, et même le rap, que ce soit avec Le Rap à Shirley de Lucien Francoeur ou le tube de 1982, Chacun fait ce qui lui plaît avec Chagrin D’Amour.Mais le gros complexe traditionnel des Québécois refait surface devant l’audace.Quand Toulouse avait enregistré Lindbergh en disco en 1976, il s’en était trouvé pour crier au scandale.Aujourd’hui on s’en fait moins.Ou on s’en fait plus, mais dans d’autres domaines.L’influence britannique est plus forte, le triple-swing nous repossède, et, question d’identité, les jeunes sont plus rockers au Canada.LA RADIO DANCE MUSIC Les stations de radio ont joué un rôle déterminant dans l’évolution du dance music, même si elles sont souvent à la remorque des discothèques en matière de nouveautés, à cause du phénomène de retransmission à la masse qui s’échelonne sur plus longtemps.On «casse» plutôt les nouveaux vinyles dans les discos.Si CKMF a adopté son format dès le début des années 80, ce n’est qu’en 1984 que le CRTC a reconnu cette appellation dans ses catégories de licences.CKMF est reconnue pour entretenir un son extrêmement «propre».François L’Herbier rappelle: «À une certaine époque, on enlevait tous les solos de guitare en studio et on remettait la chanson en ondes.» Maintenant, fort d’un auditoire qui le suit, CKMF prend plus de risques dans le rock.Avant la sortie de If You Love Somebody Set Them Free, Sting ne chantait pas sur les ondes de CKMF.«On refuse encore souvent le dance-rock, ajoute L’Herbier, à moins que ce soit un hit terrible.» À CKOI-FM, c’est exactement le contraire.Programmant sa musique en fonction d’un principe top-40, CKOI intègre généralement les succès dance music de l’heure à son palmarès.«Mais, d’ajouter Guy Brouillard, on laisse tomber le disco-piton, à moins que ce soit une bombe évidente, comme Huey Baby Harris avec You’ve Got to Be a Winner.» CKOI diffuse plusieurs segments de dance music, dont les Flashdance mixés par Denis Proulx (le même qui faisait Le Party avec Marithé) et quelques autres émissions comme Dance Music International et Rythmes et Couleurs.Malgré son apparente accessibilité, le dance music impose certains cadres restrictifs à CKMF, en matière de programmation musicale.Le style de la station doit donc être diversifié.C’est pourquoi on mise sur une formule jet-set, avec des animateurs-vedettes dont plusieurs font de la télévision (Roch Denis, Mario Liret-te, Douglas Leopold en ce moment; Alain Montpetit et Michel Jasmin autrefois).Le directeur de CKMF, Guy Banville, explique que CKMF «n’est pas seulement la danse des pieds, mais aussi la danse de l’esprit.» Distiller de la bonne humeur toute la journée?C’est mince comme propos, mais ça n’agresse pas et ça donne une bonne musiquedefond.Pourpro-grammer la musique, François L’Herbier fonctionne selon le principe d’une discothèque.«On capte l’attention du public en jouant ce qu’il aime, et une fois les gens à l’écoute, on explore et on essaye d’aller un peu plus loin.» MONTRÉAL, CAPITALE DU Xk r I , il T IvA r «C’était vrai il y a deux ans» laisse tomber François L’Herbier avec un soupir.«À New York, ils capotaient sur notre style, le sens britannique du rythme et la saveur européenne du produit.» C’était la belle époque de Gino Soccio, de Lime, et d’une panoplie de nouvelles vedettes qui se vendaient sur les palmarès américains comme Chéri (Murphy’s Law), Vog-gue (Love Buzz, Dancin’the Night Away), et Carol Jiani (Love Trial, The Woman in Me).George Cucuzzella, fondateur de l’étiquette Unidisc qui se spécialise dans le dance music québécois, estime que la radio est moins ouverte que par les années passées, spécialement en ce qui concerne les artistes locaux.Guy Brouillard, à CKOI, les tourne quand ils sont bons.«Le problème, explique Guy, c’est que des artistes comme Lime ou Soccio ne se renouvellent pas assez, manquent d’audace.C’est une question de compétition.Mais Montréal est encore une ville chaude, parce qu’il y a encore beaucoup de succès nord-américains qui démarrent ici, comme Huey Baby Harris, Falco (Rock Me Amadeus), Jayne Collins (Madonna ’s Eyes) et Love & Rockets (Ball of Confusion).François L’Herbier de CKMF estime que nous nageons en plein calme.«Ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu quelque chose de particulièrement excitant, un débordement.» Puisque la chanson canadienne s’interroge, George Cucuzzella s’est tourné vers l’Europe pour se rebâtir un marché.Avec de nouveaux poulains comme Trans-X, il a vendu plus d’un million de copies de Living on Video (connue ici en français, en 1983, sous le titre Vivre sur Vidéo) en Angleterre, en Australie et au Japon.Trans-X sortira un nouveau microsillon dance-pop en février.Mais selon Cucuzzella, la baisse du marché dance-music n’est pas seulement locale, mais internationale.C’est probablement parce que le disco plastique, synthétique, est dépassé.Dépassé par tous ces nouveaux hybrides qui naissent d’un bord et de l’autre de l’Atlantique, les rythmes technos, les innombrables retours de quelque faction rock, le néo-psychédélisme qui frappe à toutes les portes.et qui sait si on ne verra pas apparaître une vague néo-disco! Autrefois hymne des plaisirs chromés, maintenant cadence omniprésente du quotidien de l’homme et de la femme, le dance music charrie à la limite tous les tempos qui font bouger.Mais Montréal demeure une ville forte en musique populaire.Et si Toronto commence à développer un marché de vedettes locales, c’est plutôt dans le rock qu’elle y réussit.Montréal, si elle produit momentanément moins de disques, n’en garde pas moins dans son jeu un atout inné et unique: le sang latin, dont s’abreuvent les beats les plus courus sur la planète par les temps qui courent.C’est ce que devraient mettre dans leurs pipes les créateurs qui ne savent plus qui imiter pour vendre du vinyle: c’est de la différence que s’inspire l’inédit. The Bax PAR LAURENT SAULNIER S'il y a un groupe à qui le succès ne risque pas de monter soudainement à la tête, c'est bien The Box.Contre vents et marées, bravant les turbulences de la scène musicale, la formation montréalaise avance résolument dans la voie qu'elle s'est tracée, mais à pas comptés et avec une infinie précaution.Car, dans l'état actuel de l'industrie du disque, prudence est de plus en plus mère de longévité.Jean-Marc et ses collègues n'ont aucunement envie de devenir les seconds "Men With One Hit" québécois.Cet article aurait pu s’intituler A Boy in the Box.Parce que The Box, c’est d’abord et avant tout Jean-Marc Pisapia, chanteur soliste, guitariste et auteur des textes.La barbe hirsute et les cheveux bouclés, grand et mince, très mince, il est l’anti-star.Aucune extravagance, pas de Porsche ou de vêtements signés: Jean-Marc arrive dans les bureaux de Québec Rock avec de grosses bottes blanches dignes des expéditions au-delà du cercle polaire.Féru d’aviation, Jean-Marc s’excuse presque de sa culture que lui ont donné parents et professeurs.Pour contrebalancer cette tare intellectuelle pour un coeur de rocker, Jean-Marc fait montre d’un cynisme éloquent.«Sûr que je veux faire du fric.Le fric, c’est le bonheur.Riche à ne pas savoir quoi faire de ton argent pour justement faire ce que tu veux.» Le sexe?«Le sexe, c’est le bonheur, volet II!» Cette attitude frondeuse, apanage des rockers pour manchettes explosives, Jean-Marc se l’est bâtie comme une carapace à l’épreuve des questions insidieuses.Paradoxalement, The Box fait une musique qui est loin d’être facile.Une musique très articulée, artistique, si on la compare à n’importe quelle chanson extraite du Top 40, qu’il soit américain ou canadien.Et dans ce monde du showbiz où l’image est aussi importante que le message, Jean-Marc et son groupe font bande à part.«The Box a toujours eu la réputaton d’être un groupe sans image et ce, en grande partie par ma faute.Maintenant, le groupe assume son évolution et intègre des costumes pour certaines chansons, théâtralise les textes.D’un groupe sans image, The Box devient un groupe à cent images, un band caméléon qui se met au service de la chanson, du texte pour lui donner toute son importance, pour faire ressortir toute sa splendeur.» «Je trouve que présenter un spectacle avec costume et théâtralisation des pièces, c’est une façon de monter une représentation qui donne autre chose à voir que quatre ou cinq bozos qui débitent une enfilade de chansons avec un set de lumières aussi impressionnant que tu voudras.Ce sera toujours les mêmes quatre ou cinq gars du début à la fin du concert.Les shows de The Box, c’est une manière intéressante, je pense, de ne pas ennuyer les gens parce qu’il y a toujours du changement.» Des concerts mis en scène, c’est ce que Peter Gabriel faisait avec Genesis en 1974 ou Roger Waters avec Pink Floyd.Jean-Marc dira que c’est effectivement un retour en arrière mais qui n’a pas grande importance, puisque les vingt ans et moins n’ont jamais vu ce genre de shows.Par contre, selon son frère Guy, le claviériste du groupe, c’est une continuité dans l’évolution du rock.«Wood-stock fut une borne importante dans l’histoire du rock.À partir de ce moment-là, le rock a évolué vers des productions grandioses, un aspect scénique presque hors de contrôle, des spectacles-concepts et ce, jusqu’à la fin des années 70.Quand le mouvement punk est arrivé, ce fut alors le retour en arrière vers des spectacles simples, comme dans les années 60, avec l’agressivité en plus.Avec The Box, on continue quelque chose qui s’était presque éteint.On ravive le feu.» The Box, La Boîte.Son contenu est un contenant.Le contenu, des musiques souvent inspirées du moyen-âge, rappelant parfois ce que nos appelions il y a quelques années le rock progressif à la Genesis, Gentle Giant ou Jethro Tull.Influences que le groupe ne renie pas.Par contre, le contenant est à la hauteur de son époque, typiquement années 80.Nappes de synthés pour un déjeûner sur scène.«Pour moi, une bonne histoire reste une bonne histoire, peu importe le temps et l’espace dans lesquels elle se déroule, raconte Jean-Marc.» «Je veux faire du fric.Le fric, c’est le bonheur.Riche à ne pas savoir quoi faire de ton argent pour justement faire ce que tu veux».«D’un autre côté, j’exècre les gens qui se servent de la crédulité de la jeunesse pour monter un peuple contre l’autre.Pour moi, Rocky IV, avec bien d’autres productions américaines, atteint ce but-làd’une manière formidable.Si on pense un jour se débarasser de tout ce militarisme qui engendre guerres et conflits à travers le monde, ce n’est certainement pas en nourrissant les jeunes de ce genre de merde-là qu’on y parviendra.Stallone a très bien placé ses pions sur l’échiquier.D’abord, parce que l’époque est extrêmement propice à ces vues réaction-naiers, ensuite, parce que l’histoire de ce boxeur arHéricain seul qui défonce le méchant russe fait en sorte que les gens perdent toute notion de gouvernement, de peuple.Dans vingt ans, le jeune qui a été impressionné par Rocky IV va toujours porter les stigmates du stéréotype du mauvais russe.Rocky IV, c’est carrément un film de propagande comme on en voyait en Allemagne dans les années 20, lors de la montée du nazisme.Je préférerais vendre mon cul plutôt que de fai- The Box: viser la carrière à long terme plutôt que le hit qui dure deux mois.BOlTE À MUSIQUE, BOlTE À MALICE re des bassesses à la Rambo ou Rocky.» «C’est évident, comme tout le monde, je veux faire de l’argent, mais pas à n’importe quel prix: je ne suis pas prêt à faire n’importe quoi pour ça.À 24 ans, j’étais encore sur les bancs d’école à la Faculté d’architecture de l’Université de Montréal.Je me demandais si c’était bien ça que je voulais faire de ma vie.Puis, j’ai décidé de monter un groupe pour gagner ma vie.Quand tu arrives dans le milieu artistique à cet âge-là, tu as une maturité qui te permet de prendre du lousse avec ta carrière au niveau du temps et de l’argent.Tu ne tiens pas à tout avoir tout de suite.Un contrat pour les États-Unis, ça prendra le temps qu’il faut.On n’est pas pressé, on peut attendre un bon contrat.On ne s’embarquera pas dans la galère américaine pour péter de la broue et se brûler en trois ans.J’ai le temps dans ma poche et l’expérience de Men Without Hats derrière moi.» Toute la philosophie du choix de profession de The Box est là.La carrière à long terme avant le hit dévastateur qui dure deux mois.Petit à petit, le public s’intéresse à The Box, groupe low-profile, un peu à la Dire Straits, guitariste vedette en moins.Car The Box ne suc- combe pas à la virtuosité qui a fait tant de mal aux dinosaures qui les ont précédés.Dans le groupe, tout se plie aux exigences du texte.La musique n’est plus qu’un support.Exemple frappant: comparez With All This Cash et L’Affaire Dumoutier.Pour la première, l’histoire d’un type plu- « Rocky IV, c’est carrément un film de propagande comme on en voyait en Allemagne dans les années 20, lors de la montée du nazisme».tôt gâteux, riche à craquer, qui se fait couillonner par sa femme, est appuyée par une musique aussi gaga, presque nouille, n’eut été de la joie évidente que le groupe met à la jouer.Pour L’Affaire Dumoutier, par contre, le texte est un peu plus complexe.On suit un policier vaguement dépassé mener son enquête suite à un meurtre dans la France profonde.Les arrangements de la pièce sont conséquents, plus soignés, plus fouillés et, de par son accent, étrangement, pour un groupe de francophones, le français devient une langue exotique.Non, la drogue y était pour rien dans ses voyages mentaux.Jean-Marc a pris son dernier joint lors de son anniversaire pour ses 14 ans.«La dope, ça fait quatorze ans que je n’y touche plus.Il faut se remettre dans l’ambiance de l’époque, alors que la drogue était bien mal connue.Dans ce temps-là, si tu fumais un joint, c’était l’escalade et, deux semaines après, tu te retrouvais avec une seringue dans le bras!» Et la bière qu’il savoure tout au long de notre entretien, ce n’est pas une drogue?«Je prends de la bière seulement quand je fais des entrevues pour Québec Rock!.Et puis, c’est pas de la bière, c’est de la Porter Champlain!» Jean-Marc est franc, direct et attentif.On ne lui passe pas n’importe quoi.Il a apprivoisé le classique, le jazz, le rock et tous ses amalgames.Même s’il est resté accroché à une certaine époque (et une certaine idée) du rock, il n’a pas eu peur de la moderniser pour en faire un produit bien de son temps.Il faudra compter sur The Box parce qu’ils ont l’attitude des gagnants et ça, c’est contagieux.¦ ¦: -v ' • .j»-¦ ." * - .v J, - -¦ .- • '*'?.F M * M OnT REAL v-àK ik: SPIRTS E 1 R IN- DISPONIBLE CHEZ: Montréal San Francisco Eviva Étienne Tristan Quetche Province F-17 Ça Clique Jeans Bleu Boutique Impossible Electra 9600, rue Meilleur, suite 950, tél.: (514) 381-6281 \ ^ M 3 /• - A A vosnuuxtues.Les desseins de la mode semblent parfois impénétrables, ou en tous cas bien compliqués, surtout vus du Québec.C'est dans les grandes capitales européennes que se prépare le marché de la mode de demain.Tout le marché textile, du filateur au détaillant, doit savoir deux ans à l'avance ce qui l'attend.PAR MARIE-FRANCE BAZZO PHOTOS HAROLD BEAULIEU C’est dans les grands bureaux de style créés par les industriels de la mode que l’on décide de concert d’opter pour le fuseau plutôt que la patte d’éléphant.Ensuite, on définit une gamme de coloris que l’on proposera aux tisseurs, puis on pense à lancer une série d’accessoires.L’imprévu et la spontanéité en prennent un coup! L’industriel n’a plus qu’à adapter ces tendances.Les influences viennent de partout, du haut comme du bas.En haut, les grands couturiers, emblèmes du chic passe-partout.On reprend ses chaînes dorées et son satin matelassé à Chanel, ses gros noeuds de satin à Balmain, on les adapte à la sauce démocratique du marché et on en fait des hybrides inspirés, mignons et pas trop chers.Ça, c’est la voie traditionnelle, de haut en bas.Mais voilà, ce filon n’est pas inépuisable, et il faut bien s’ajuster aux mouvements de rue qui font l’époque.Les stylistes sont toujours à l’affût du nouveau.Ainsi, avec Prince et ses vestes de dompteur, le psychédélique esquisse une remontée.Et ce n’est un secret pour personne, Madonna a fait plus pour l’industrie de la dentelle que le mariage de Lady Di elle-même.Et que dire de ces braves bourgeoises à la crête de coq et au cuir clouté sur bas résille qui n’ont jamais entendu parler des Clash, mais qui suivent la mode?On est donc en mesure de se demander qui sont, au Québec, ces téméraires entrepreneurs qui, à une distance d’océan des capitales de la mode, décident de ce que le public du prêt-à-porter achètera.Car il faut savoir que l’industrie textile est un des secteurs mous de l’éco- nomie canadienne, lourdement menacée par les importations étrangères.Elle employait en 1984 80 000 personnes dans le textile et 95 000 dans la confection.Chiffre qui monte à 280 000 quand on y ajoute les employés des services.En 84, les entrepôts recelaient pour $11 milliards de marchandises, prix de détail, destinées au marché domestique et d’exportation.Face à l’importation, aux contingences du marché, l’industriel doit donc décider s’il fabrique sa propre ligne, qui lui assurera son look particulier, pour la vendre dans ses magasins, à sa clientèle, ou s’il se spécialise dans la confection et laisse à d’autres le soin d’écouler ses collections.Le problème de tous demeure la «réactualisation», lorsqu’un coup de mode, aussi rapide qu’un flash, impose au magasin (ou au producteur) de se fournir (ou de confectionner) en produits up-to-date qui sont la mode du jour, et pas forcément celle du lendemain.Pour parer à ce fragile équilibre de lacréation et de l’industrie, les industriels doivent bien cibler leur clientèle.C’est ce qu’ont compris cinq des grandes marques montréalaises de prêt-à-porter.Elles ont trouvé et développé leur créneau particulier.Jordache et Rainbow misent ainsi sur le jean.Leurs publics, jeunes et moins jeunes, fanatiques de la toile bleue, ne jurent pas que par le traditionnel 5 poches, mais également par toute une gamme de vêtements de denim que les compagnie ont imaginés.Santana, par contre, a diversifié son produit pour toucher différents marchés; maternité, enfants, famille.Avec Bedo, autre marché, autre style.On parle à la femme.On lui parle jeune, on lui parle maille: tricots et vêtements à coordonner, pratiques et chaleureux.Thalie, elle, s’adresse à une jeune femme peut-être plus classique, éthérée, pastel, au chic romantique.Quant au Château, plus besoin de présentations.Éternel ami du jeune depuis les années 60, sept ou huit générations de jeunes ont fait leurs beaux samedis de ses fringues colorées et brillantes, toujours au goût du jour.De ces cinq entreprises, seuls Le Château et Bedo confectionnent et distribuent dans leurs propres magasins leurs propres lignes, ce qui leur assure cette homogénéité d’esprit et de look à travers les années.Par contre, ces six grands, tout en visant des clientèles sensiblement différentes, ont une vision unanime du portefeuille du client: le budget raisonnable, sinon modeste des jeunes.32 Rainbow LE LUCKY LUKE DU PRÊT-À-PORTER Clop, clop, clop, voici venir au galop, tel un vrai cowboy, un homme et sa légende.Cet homme c’est Richard Brown, et quand vous saurez qu’il a été chanteur et guitariste dans deux groupes des sixties, The Black Sheep et The Lost & Found, et qu’il veut maintenant entrer dans la légende bleue du jean avec sa nouvelle ligne Brown’s Blue Jeans, vous saurez que vous avez devant vous un authentique Lucky Luke du prêt-à-porter.Mais reprenons ce conte western — qui se passe à Montréal —- par le début Brown travailla dans l’industrie du vêtement à l’expédition puis à la vente avant de lancer sa propre entreprise, Rainbow, en 75.Elle devint Rainbow Jeanswear quand la rage du jean fut à son apogée.Aujourd’hui que Brown recherche un look total — jupes, vestes manteaux, toujours à base du tissu magique — la Cie s’appelle Rainbow Clothing Company et est en constante expansion: 12% d’augmentation des ventes en 85.Mais Richard Brown n’est pas un «poor lonesome cow-boy.» Il a su former équipe avec Suzanne Bouchard, designer, avec qui il élabore ses collections pour hommes et femmes de 18 à 34 ans.Sa grande fierté, c’est au jean traditionnel qu’il la doit: il vient de lancer une nouvelle division, Brown’s Blue Jean, qui mise sur le vrai de vrai, le jean 5 poches, d’une résistance à toute épreuve, et il compte s’attaquer au quasi-monopole de Levi’s sur le marché canadien (95% des ventes).Inusable, le jean.Increvable, le cow-boy.33 Tlutlie PUIS QUE DU RfVPIER GLACE Mais au fait, c’est quoi, Thalie?Une image, celle d’une jeune fille alanguie et ethérée, pieds nus dans le grand vent des bords de l’Atlantique, avec d’amples vêtements pastels qui flottent dans le vent, ou vêtue de laine et de mohair vaporeux.Qui est Thalie, une sauvageonne romantique ou une nymphette à la David Hamilton?En tous cas, Thalie est certainement un bon système de publicité.Et c’est avant tout la ligne de prêt-à-porter d’Antoine Narsi (à gauche sur la photo, où il pose en compagnie de Paul Narsi, son associé mais également son frère).Et Antoine Narsi, c’est un self-made man qui semble plaire à marier les différents aspects des choses: Ouest et Est, création et industrie.Et ça lui réussit très bien.Originaire du Moyen Orient, ce jeune industriel a créé sa compagnie de prêt-à-porter en 78 en pensant à la femme dynamique, donc pratique, qui aimerait pourtant se parer de mystère, d’atmosphères.Et comme elles sont nombreuses à rêver d’un classicisme retouché à l’inédit, Thalie a rapidement conquis les Québécoises.Comme Thalie ne possède pas son propre réseau de boutiques, la grande force de Narsi réside dans ses campagnes de publicité séduisantes qui les font toutes se précipiter sur les vêtements Thalie et leurs promesses de rêve et de volupté.Et quand on sait que Narsi est à la fois un admirateur de l’avant-gardisme de de Vamamoto et très respectueux de la rigueur de St-Laurent, on veut bien croire que les images qu’il propose ne sont pas que du papier glacé.34 Santana DE FIL EN AIGULLE POUR TOUTE LA FAMHXE Encore une histoire qui finit bien: il était une fois deux frères, Joe et Salvatore Parasuco, qui ouvrirent au début des années 70 trois boutiques de vêtements unisexe au centre ville de Montréal.Ils connurent un vif succès.Il y avait également un troisième acolyte, Nick Cavalière.Ils étaient tous trois nés en Italie et y retournaient souvent embrasser la Mamma, et revenaient les bras chargés de superbes vêtements européens destinés à leur usage personnel, qui rendaient tout le monde jaloux.La demande pour ces coupes souvent inédites ici fut telle que de fil en aiguille, ils décidèrent de fermer boutique et de se consacrer à la confection.Ainsi naquit Santana.Pendant les années 70, ils se spécialisèrent dans le jean, mais depuis 1980, on remarque chez Santana un souci constant de diversifier ses lignes de vêtements.Présentement, outre ses collections complètes de jeans pour hommes et femmes, Santana offre des pantalons, des robes, des vestes, du sportswear,habille les enfants de 7 à 16 ans et se spécialise également dans le vêtement de maternité et les grandes tailles.Bref, toute la famille y trouve son compte.Santana est distribué à travers toute l’Amérique du Nord, et, juste retour des choses, en Europe.Les efforts des frères Prasuco et de Cavalière portent en grande partie sur la recherche, le design, la distribution et le marketing, puisqu’ils ne possèdent pas de magasin de détail.Ils continuent à aller en Italie, mais habillés.Santana.35 le Château LAVOE ROYALE Le Château réussit à donner cette impression à chaque génération de jeunes qu’elle est la première à découvrir ce temple du prêt-à-porter et à renouveler la mode.Mais voilà, c’est comme ça depuis 1959! Des hippies aux punks aux preppies, tous y sont passés un jour.Le Château est presque un concept: vitrines hardies, système de son branché plein volume sur la station rock la plus populaire de Montréal, vendeurs au look jeune et savamment coloré, magasins colorés et modernes; une centaine à travers le pays, une percée récente réussie à New York, Washington, Chicago et Boston.Et derrière cette fabuleuse réussite, un homme dans la cinquantaine, complet et cheveux gris: Herschel Segal.Issu d’une famille de manufacturiers de vêtements, le jeune Segal, après des études en économie et en sciences politiques, décida d’ouvrir sa boutique sur la rue Craig, quitte à être en déficit jusqu’à ce qu’il eusse l’idée de vendre des vêtements de cuir, début 60.À partir de ce moment, les affaires du Château partent en flèche.Les succursales ouvrent les unes après les autres.Segal ne s’arrêtera pas au cuir; il se mettra à importer dlEurope et d’Angleterre les styles des années 60.À la fin des années 70, Le Château aborde un autre tournant capital de son évolution: il n’achète plus, des stylistes créent sa propre collection de vêtements, chaussures et accessoires.Dire que les affaires du Château sont florissantes relève du pléonasme: Herschel Segal a trouvé la voie royale.36 Jonfache LE FLAK DU COUP D'ECLAT Un des premiers et des plus prestigieux noms dans le monde du jeans, Jordache compte maintenant 18 manufacturiers licenciés au Canada, s’occupe de satisfaire les capricieux besoins de la jeunesse en matière vestimentaire, en plus d’être distribué à peu près partout.Dave Tanner, le premier au Canada à détenir une licence de la compagnie américaine Jordache Jeans, est en fait le président de Savroche Entreprises qui s’occupe de distribuer les produits Jordache.Tanner se décrit d’ailleurs lui-même comme un «produit de l’industrie du vêtement», puisqu’il y travaille depuis sa sortie du CEGEP.À 22 ans, son entreprise d’ensembles pour bébés était déjà rentable, mais il préféra s’en dissocier, aboutissant en fin de compte à Hong Kong où il oeuvra un certain temps dans l’import-export.De retour en Amérique du Nord, il devint gérant de la production, puis superviseur des ventes pour une entreprise de vêtements de sport.En 1979, il obtint la licence de Jordache pour le Canada.Son dernier coup d’éclat consiste en la distribution des «Guess Jeans» de Georges Marciano.En dehors de son travail, Tanner consacre la majorité de son temps à sa famille, et se divertit en pratiquant ses sports favoris, le ski et la pêche.À cause de la rareté de son temps de loisirs, il reconnaît devoir faire preuve d’une grande flexibilité afin que ses nombreux déplacements à l’étranger n’empiètent pas sur les quelques moments de détente dont il dispose.Dynamique, Tanner est constamment à l’affût de nouvelles idées dont pourraient s’inspirer ses campagnes de promotion, pour lesquelles il possède un flair tout particulier. Bedo UN LOOK MAXIMUM POUR UN PRIX MMMUM Tout Bedo est dans ce mot d’ordre de son directeur, Peter Narsi: «un look maximum pour un prix minimum»; l’allure et la clientèle.L’allure: un chic classique toujours éclairé d’une touche d’excentricité, des couleurs à la mode du jour, et bien sûr, le tricot: des pulls, des vestes.Des vêtements de base à superposer, à coordonner, à marier avec les accessoires proposés par Bedo.La clientèle: familiale, puisqu’on y vend des vêtements pour hommes et enfants, mais la femme de 17 à 35 ans y est privilégiée, 80% de la marchandise s’adresse à elle.Il faut dire que ça marche fort pour Peter Narsi, ce jeune président de compagnie pour qui les journées ont 48 heures, qui prend l’avion pour Paris, New-York ou Hong-Kong comme un taxi et qui est un passionné de mode.En 1973, à 21 ans, il ouvrait à Montréal son premier magasin, Bedo Frères, qui comme dans les contes de fées yuppies, ne cessa de prospérer pour maintenant former un groupe de 20 boutiques à travers le Québec et l’Ontario, et viser à présent le marché canadien.Narsi assure l’homogénéité du style de ses vêtements en s’approvisionnant chez Esprit, French Connection, Takano, Willy Wear.Il possède également sa propre ligne, fabriquée à Montréal et Hong-Kong, qui accorde une large place aux tricots.De belles jeunes femmes à chemises imprimées et longues jupes tricotées, pull de laine sur les épaules: voilà le look Bedo selon Peter Narsi.38 SOUND POUR OBTENIR UN EXEMPLAIRE DE CETTE AFFICHE 20 1 X 24 , ENVOYEZ 3 00S À stereophones KOSS LTÉE, 4112, SOUTH SERVICE ROAD, BURLINGTON.ONTARIO.L7L 4X5 Il ne fume pas( ne boit pas, ne prend pas de drogues, ne drague pas — c'est du moins ce qu'il dit.Son bonheur, il le cherche et le trouve dans le travail acharné et la solitude de la création artistique, à l'écart du tourbillon du succès.Non, ce n'est pas le portrait-robot d'un jeune pianiste soviétique qui participe à un concours international parrainé par les Bé-réts blancs en collaboration avec l'Armée rouge.C'est celui d'un rocker des années 80 qui ne veut pas n'être qu'une autre étoile filante dans l'univers en expansion du Top 40.ou LAI 40 PAR PATRICK EAAIROGLU C’est un après-midi comme les autres; ciel gris, livide et morne, banlieue industrielle et centre d’achat à l’avenant.Une adresse anonyme, qui pourrait être celle d’un fabricant de chaussettes ou de lave-vaisselles, abrite un bureau qui ne l’est pas moins.Derrière la façade, heureusement, il y a de l’ambiance.L’équipe qui s’active autour de Corey Hart est très jeune; c’en est frappant.Présentations, poignées de main, on s’installe pendant que le maître de céans demande à son manager, avec une exquise délicatesse, de bien vouloir quitter les lieux durant l’entrevue.Fort bien; nous pouvons donc commencer.Déclic.Corey Hart a été interviewé un nombre incalculable de fois depuis quelques mois, sur sa musique, son succès qui semble météorique, ses débuts, ses influences, son enfance, son image, sa performance scénique, son signe astrologique, ses ambitions et tutti quanti.À force d’en parler, du reste, on en oublie l’essentiel et on ne se rend plus compte à quel point le fait d’être parvenu à être, à 24 ans, une rock star internationale par sa seule détermination, a quelque chose de prodigieux."J’ai toujoufs voulu composer, écrire et faire de la musique, mais je n’ai jamais voulu être une rock star à n’importe quel prix» Corey Hart a fait un bout de chemin depuis le jour où, à quatorze ans, il enregistrait son premier 45t avec la collaboration de Paul Anka.Le rock aussi a fait un bout de chemin.Il n’est plus l’apanage des mauvais garçons de bonne famille anglaise qui commettaient excès sur excès avec les meilleures intentions du monde et le sens poétique qui sied aux explorateurs de terres inconnues et vierges, à la recherche de la Grande Aventure.And the show must go on.Le rock a la peau dure et l’appétit vorace.«Le livre noir du rock, celui de l’autodestruction et du chaos, a été écrit par Jimi Hendrix, Sid Vicious, Elvis Presley et tous les autres.C’est un mode d’emploi connu; mais celui de la survie et de la reconstruction l’est moins.C’est celui-là qui m’intéresse; il n’est pas encore écrit».Ce n’est pas Corey Hart qui a dit ça, c’est Sting, son maître à penser.Mais c’est du pareil au même.Toute l’attitude de Corey Hart est tendue vers le désir de survivre, de s’en sortir, de vaincre l’indifférence.Attitude personnelle, d’abord, puisqu’il passe le plus clair de son temps à composer, écrire, faire des spectacles et mener sa barque avec une obstination, un acharnement qui ne se dément pas avec le succès.Attitude de son personnage, ensuite.Toutes les jeunes filles du monde ont envie de consoler cet amoureux éconduit, ce rebelle meurtri mais franc comme l’or, qui n’a pas dit son dernier mot.Never Surrender.Telle est l’image de marque de Corey Hart.Mais une telle image peut-elle vieillir?C’est une des (sérieuses) questions que nous avons posée au principal intéressé.QUÉBEC ROCK: Quels sont tes dessins animés favoris?Corey Hart: Euh.Je n’ai pas tellement le temps de regarder la télévision ces temps-ci, mais ce sont les Flinstones (la Famille des Pierrafeu).Q.R.: Et ton personnage favori?C.H.: Pebbles, la petite fille, jeune, pure et innocente.Q.R.: Tu préfères Coke ou Pepsi?C.H.: Ni l’un ni l’autre.Je bois du cream soda.Q.R.: Mais si tu étais sur une île déserte et qu’il te fallait choisir?C.H.: Lequel des deux est l’underdog?Q.R.: S’il te restait dix minutes à vivre, que ferais-tu?C.H.: Je crois que je composerais une bien mauvaise chanson.Je demanderais onze minutes, j’essaierais de retarder l’échéance.Q.R.: Que penses-tu de la drogue?C.H.: Je n’y pense pas.C’est une perte de temps.Q.R.: Tu en as déjà pris?C.H.: Euh.à laquelle fais-tu allusion?Q.R.: Aucune en particulier.Qu’est-ce qui te fait rire?C.H.: Les idiosyncrasies, les traits de personnalité des gens, plus 42 K’ ' ^ y - / wm itàmiW ï: que les mises en situations elles-mêmes.Les tartes à la crème et les peaux de bananes, je ne trouve pas ça très drôle.Q.R.: Que fais-tu pendant tes temps libres?C.H.: Ça fait quatre ans que je n’arrête pas de tourner et de faire de la musique, c’est ce que j’aime le plus au monde.J’aime beaucoup le hockey, mais.je n’ai plus le temps.Et quand on fait vraiment ce qu’on aime, on a pas vraiment de regrets de ne pas pouvoir faire autre chose.Q.R.: Quelle est la pire bêtise que tu aies faite récemment?C.H.: C’était l’an dernier, pendant un spectacle à Albuquerque, au Nouveau Mexique, en exécutant Jailhouse Rock.Quand je joue cette pièce, j’invite toujours une fille à danser avec moi sur la scène.Cette fois-là, je ne sais pas pourquoi, j’ai pointé du doigt une marna noire qui devait peser dans les 400 livres; elle était.immense.Je n’arrivais même pas à la faire bouger et j’ai fait un faux mouvement: elle m’est tombée dessus et elle est restée comme ça, sur moi, je ne pouvais plus bouger.Les musiciens ont arrêté de jouer, ils étaient morts de rire.Q.R.: Bruce Allen, le manager de Bryan Adams, déclarait récemment que «tu ne tenais pas compte du public masculin».Qu’en penses-tu?C.H.: C’est de la merde.Bruce ne pense pas ce qu’il dit.D’ailleurs, toute la controverse autour de la compétition qui existerait entre Bryan Adams et moi ne m’intéresse absolument pas.C’est de la pure invention et je suis en dehors de ça.Q.R.: Mais tu admets qu’il y a beaucoup de jeunes filles, parmi ton public?C.H.: Je ne calcule pas ce genre de choses.Mon public est constitué par les gens qui s’intéressent à ma musique, par ce que je fais.J’imagine que parmi eux, il y a des filles.Mais je ne cherche pas à séduire un public précis.Q.R.: À ton avis, quelle est la raison d’être d’une rock star?C.H.: Je n’ai jamais voulu être une rock star.Quand j’étais petit, je ne pensais pas à devenir célèbre et connaître la gloire: je voulais écrire des chansons et faire de la musique, un point c’est tout.Q.R.: Pourquoi?C.H.: Parce que c’est la chose qui me permet de me libérer de mes frustrations et d’être totalement sincère, parce que c’est la chosequejesaisfairelemieux.JesuissûrqueSimon Le Bon, par exemple, voulait devenir une rock star.Je n’ai rien contre lui, mais nous n’avons pas la même approche.Q.R.: Pourtant, toi aussi, tu t’es créé une image.C.H.: Ce n’est pas pareil.Prends un groupe comme Police, par-exemple.Sting peut bien poser torse nu sur la couverture d’un magazine, ça n’enlève rien au talent et à la richesse musicale du groupe: la mise en marché est secondaire par rapport au potentiel et à la créativité d’un groupe comme Police; ça ne fait aucun doute.D’ailleurs, il y a certainement beaucoup de jeunes filles dans le public de Sting également.Mais je crois que passé un certain stade, l’image d’une rock star ne lui appartient plus; il n’en est donc plus responsable.Q.R.: Et la raison d’être elle-même?C.H.: Je ne sais pas vraiment.Mais quand je suis sur une scène et que le courant passe avec mon public, que je sens toute cette énergie et cette électricité qu’il y a dans l’air, je sais pourquoi je fais ce métier.Q.R.: Mais ça ne doit pas être facile d’aller au cinéma un samedi soir.C.H.: Effectivement! Mais c’est la rançon du succès; ça fait partie du jeu et je l’accepte, même si quelquefois c’est frustrant.J’aimerais bien aller au Forum voir une partie de hockey de temps à autre, mais en dehors des spectacles, je n’aime pas susciter l’attention.D’un autre côté, je me dis que je fais ce que j’ai toujours voulu faire.Q.R.: Que ferais-tu si tu n’étais pas musicien?C.H.: Je serais misérable! Q.R.: Nous avons sélectionné les noms de femmes belles, riches et célèbres.Nous aimerions connaître ton avis sur elles.C.H.:.?Q.R.: Catherine Deneuve?C.H.: Madame Chanel?Brrr.elle est tellement froide! Non, ce n’est pas mon genre.43 Q.R.: Brooke Shields?C.H.: Oh! Elle est née le même jour que moi, le 31 mai.Q.R.: Nastassia Kinski?C.H.:.Mmmoui, elle est pas mal.Q.R.: Madonna?C.H.: Mon gérant en est fou.Il a des posters d’elle partout.Q.R.: Mila Mulroney?C.H.: Mila Mulroney!! Euh.Elle est Yougoslave, je crois.Q.R.: Brigitte Bardot?C.H.: Non.Q.R.: Shirley Temple?C.H.: Mais ce n’est pas encore une femme, ça?Q.R.: K.D.Lang?C.H.: Elle est drôle.Q.R.: Sade?C.H.: Elle, je l’a-do-re.Elle est fantastique.Q.R.: Ah, tout de même.Au fait, pourquoi n’étais-tu pas au gala de l’ADISQ l’an dernier, alors que tu étais à la remise des Junos?C.H.: C’était juste une question de circonstances.Je voulais y aller, mais les organisateurs du Gala ont changé la date et j’étais retenu en tournée.Mais l’an prochain, j’y serai certainement.Q.R.: Comment te vois-tu dans dix ans?C.H.: J’espère être capable d’évoluer et de progresser sans cesse musicalement.Si je sens que je n’en suis pas capable, je m’arrêterai d’écrire et de composer.Je ne veux pas rester figé.Dix ans, c’est la distance qui sépare Sting de Corey Hart.Après l’énorme succès de son dernier disque, Boy in The Box, on aurait pu s’attendre à ce qu’il prenne un peu de repos et qu’il jouisse des fruits de son travail.Mais tel n’est pas le cas.Sitôt la tournée actuelle terminée, Corey et son groupe entreront en studio afin que le prochain disque sorte cet été.Le mot «vacances» ne semble pas faire partie de son vocabulaire.Une telle capacité de travail, un tel acharnement me met cependant la puce à l’oreille.Corey Hart a peut-être un peu «arrangé» la vérité en affirmant n’avoir jamais voulu devenir une rock star.Je le soupçonne de vouloir devenir la plus grande star de toutes — L’élève qui dépasse son maître.Et le plus étonnant, c’est qu’il a toutes les chances d’y arriver s’il ne ne laisse pas consumer par sa propre énergie.Et dire que j’ai oublié de lui demander sa saveur préférée de crème glacée.¦ • Est né à Montréal le 31 mai 1962.• Passe la majorité des dix premières années de sa vie en Espagne et au Mexique, où il apprend à parler couramment l’espagnol.A l’âge de douze ans, il revient se fixer à Montréal, où il réside depuis en permanence, si l’on excepte un séjour d’une année à New York (voir plus bas).• Enregistre son premier 45 tours à l’âge de 14 ans, sous l’oeil vigilant mais bienveillant de Paul Anka, son idole de jeunesse.Contacté à Las Vegas par la soeur de Corey, le crooner canadien, intrigué, avait accepté de parrainer le jeune chanteur pour sa première tentative discographique.Celle-ci passe cependant totalement inaperçue, ce qui ne fait que renforcer la volonté de son auteur de persévérer (serait-ce là l’origine inconsciente de Never Surrender?.).• C’est l’année suivante qu’il se met sérieusement à composer.Déçu, mais pas découragé, par l’insuccès de son premier disque, il commence à faire la tournée des maisons de disques.Pour convaincre les directeurs artistiques de lui donner sa chance, il s’est muni d’une cassette où il s’accompagne au piano.Peine perdue: partout où il passe, on le trouve bien mignon, mais sans plus.Meilleure chance la prochaine fois.• À 17 ans, il reçoit une invitation du prestigieux Festival Mondial de la Chanson de Budokan (au Japon, en banlieue de Tokyo).Seul participant à ne pas encore être sous contrat avec une maison de disque, Corey parvient néanmoins à tenir la dragée haute à des concurrents tels Christopher Cross (États-Unis) et Dan Hill (Canada).• Son véritable coup de chance, c’est à Montréal qu’il se produit: toujours aussi opiniâtre dans ses démarches, il profite du passage de Billy Joel et de son groupe en ville pour leur envoyer un de ses fameux démos à leur hôtel.En fin de soi- DEUX TEMPS TROIS MOUVEMENTS PAR FRÉDÉRIC TOMESCO rée, l’impensable se réalise: Joel et sa bande débarquent au studio où travaille Corey Hart, et, suite à des discussions qui se poursuivront tard dans la nuit, le saxophoniste Ritchie Canata l’encourage à venir enregistrer à New York.• Devant cette occasion inespérée qui s’offre à lui, le jeune musicien n’hésite pas très longtemps: saisissant sa chance au vol, il déménage ses pénates dans la métropole américaine.L’expérience et la confiance en soi que lui apporteront cette année passée aux côtés des professionnels du métier auront un impact déterminant sur l’évolution de sa carrière.• Les démos enregistrés à New York confèrent à Corey ce qui lui manquait jusque-là: une crédibilité auprès des gens du milieu.Rapidement, les offres vont affluer: en l’espace d’une seule journée, le chanteur se voit proposer pas moins de trois contrats! Se méfiant des méga-machines de marketing, il opte finalement pour Aquarius Records, basée à Montréal, ce qui, à son avis, lui laisse une plus grande marge de manoeuvre sur le plan artistique.Le contrat est signé au début 1983.• Sous la gouverne des illustres Jon Ast-ley et Phil Chapman,il enregistre son premier disque, First Offense, qui renferme une addition de dernière minute, Sunglasses At Night, fortement inspirée du Sweet Dreams des Eurythmies.T rois fois platine au Canada (300 000 exemplaires vendus) et disque d’or (500 000 copies) aux É.-U., First Offense met son auteur sur la carte céleste.Plus important encore, le vidéo de Sunglasses At Night (la pièce grimpe jusqu’au 7e rang du palmarès Billboard) répand l’image de jeune rebelle écorché que cultive Corey, qui devient rapidement sa marque de commerce.• En tournée, il accompagne les plus grands noms du pop: Hall & Oates, Rick Springfield, April Wine, Thomas Dolby et Culture Club représentent pour lui autant de chances de conquérir un nouvel auditoire et donc d’élargir le sien.• Mis en nomination pour un Grammy et quatre Junos, il doit se contenter du Juno pour le vidéo de l’année 1984, Sunglasses At Night.• Après l’intermède réussi d’/f Ain’t Enough (#16 au Billboard), deuxième simple extrait du microsillon, Corey se remet au travail, cette fois à Morin Heights.Le résultat, Boy in The Box, surpassera tout ce que First Offense a accompli.• Neuf fois platine au Canada et une seule (!) fois aux É.-U.(plus d’un million d’albums vendus), ce second disque permet à Corey Hart de s’imposer en Amérique, en Europe et même en Australie.En particulier, Never Surrender (qui sera plus tard élue chanson de l’année au Canada) atteint la 3e position du Top 20 américain.Les 45 tours suivants, Boy in The Box et Everything in My Heart, se glisseront pour leur part dans le Top 30.De quoi satisfaire l’appétit de leur auteur jusqu’à son prochain 33 tours. VOS YEUX&VOS OREILLES •XEAC TEAC XEAC TE AC.FABRIQUÉ AU JAPON PAR FANATICS Distribué par: TEAC Canada Ltée, 1 3610, Nashua Drive, Unit 1&2 Mississauga, Ont.L4V1L2 (416)673-3303 Télex 06-968726 Le «Prince's Trust": têtes célèbres et têtes couronné^), se portent au secours des enfants dans le besoin.Au second plan (de g.à d.): Phil Collins, Ashley Ingram (Imagination), lan Anderson (Jethro Tull), Rick Parfitt (Status Quo), John Keeble, Martin Kemp et Stéve Norman (Spandau Ballet), Nick Rhodes (Duran Duran), Kenny Jones (The Who), Bill Wyman et Charlie Watts (Stones), Gary Brooker (Procol Harum) et Eric Clapton.Au premier plan: George Pratt (M.C.), Tony Banks (Genesis), Lee John (Imagination), Mike Read (D.J.à la BBC), Errol Kennedy (Imagination), Tony Hadley (Spandau Ballet), Midge Ure (Ultravox), Prince Charles, Lady Diana, Robert Plant, Graham Dene (D.J.à Capitol Radio), Simon Le Bon, Joan Armatrading, Paul Young, Andrew Sheehan (producteur), David Jensen (Capitol Radio), George Martin (producteur), Peter Smith (journaliste), Francis Rossi (Status Quo).Agenouillés: Pete Townshend, Mike Rutherford (Genesis).Il fait de plus en plus gris sur Londres, la Cité des brumes.Mais le célèbre fog, qui inspirait tant d'intrigues mystérieuses ou sordides aux grands romanciers du siècle dernier, voile désormais la misère industrielle.Un taux de chômage inquiétant et le coût élevé de la vie expliquent en partie la violence des émeutes qui ont éclaté l'automne dernier dans le quartier noir de Tottenham.Pourtant à quelques kilomètres de là vit un tout autre Londres.C'est celui des chroniques mondaines où, dans le somptueux hall du Ritz, on sert le thé à 16 heures accompagné de fins sandwiches au concombre.Dans cet univers éthéré, les plus grandes vedettes du rock côtoient, comme il convient, les célébrités mondaines de la City dont Lady Di, chapeaux et sourires assortis, n'est pas la moindre.Ces deux images de Londres, tout le monde les connaît.Mais la deuxième se vend et s'exporte mieux, tandis que la première se paie très cher. SPLENDEUR ET DÉCADENCE PAR JACQUES MATHIEU Dominant la ville, Big Ben résonne plus gravement depuis quelques mois.Les incidents raciaux de Tottenham, de Brixton et de Birmingham ont sonné le glas des politiques gouvernementales: en se donnant le double objectif de couper largement dans les dépenses publiques tout en relançant l’économie, le gouvernement de Margaret Thatcher s’est employé à promouvoir les vertus du plein emploi, sans pour autant adopter des mesures concrètes pour l’encourager.Les premiers touchés par le chômage sont les jeunes et les immigrants venus des anciennes colonies de l’Empire britannique — pour la plupart Antillais, Indiens et Pakistanais.Sans espoir et sans le sou, ils se regroupent au sein de clans organisés, arpentent les rues et marquent les immeubles et les automobiles du feu de leur contestation et de leur désespoir.Ce sont ces images que nous renvoie chaque jourla télévision, passant des ruines fumantes d’un commerce de Brixton aux manifestations hebdomadaires des pacifistes à Trafalgar Square, dans le centre-ville londonien.Et devant les caméras du sérieux réseau BBC, bien installés dans leur fauteuil du 10 Downing Street, Mme Thatcher et ses conseillers déclarent gravement que la riposte policière sera menée d’une main de fer.Les patrouilleurs, armés des dangereuses balles de plastique et de gaz lacrymogènes, auront l’ordre de rétablir la paix.Mais dans les rues délabrées de Tottenham et d’ailleurs, la ligne dure des autorités n’apparaît pas être la solution idéale.Devant la porte de son vieux logement, une jeune mère de famille affirme sans l’ombre d’un doute que la violence ne reculera pas devant la violence.Le fond du problème se manifeste avec encore plus de clarté à la lumière des données sur le chômage.Sur 56 millions d’habitants, l’Angleterre compte 3 millions et demi de sans-emplois (13 %) • Le nom le plus au monde, pour une auberge, en termes de lettres, est le Thirteenth Mounted Cheshires Rifleman Inn, en périphérie de Manchester.• La plus vaste importation de cocaïne, par courrier, a voyagé par avion du Pérou jusqu'à la boutique d'animaux de James Isaac entre avril et novembre 1984.Évaluée à 120 000 livres sterling, la cocaïne renforçait les couvertures rigides de livres d'art historiques.«Vous squattez chez vos parents?» |MË dont plusieurs sont immigrants.La situation est à ce point dramatique qu’un des journaux les plus vendus en kiosque s’appelle Jobs, sorte de centre d’emploi par correspondance.Dans certains quartiers de Londres, des panneaux cloués aux murs des immeubles affichent quotidiennement le nombre de chômeurs.Les chiffres, peints sur de petites plaquettes de bois, fluctuent selon les variations du taux de chômage local.Mais la capitale britannique n’est pas la seule ville à devoir composer avec les dures conséquences de la nouvelle réalité économique du pays.Birmingham, deuxième ville en importance du • Engelbert Humperdinck détient le record du plus long séjour sur les palmarès britanniques avec la chanson Release M qui a tenu le coup durant 56 semaines consécutives.* À cause des pluies acides, la quasi-totalité de l'abbaye de Westminster a été rhabillée de nouvelles pierres.Lancé en 1973, le projet de restauration de 10 millions de livres doit se poursuivre jusqu'au milieu des années 90.Royaume-Uni, est en déroute avec un taux de chômage de 50 %.Comptant 60 000 immigrants, la ville résiste tant bien que mal aux troubles qui menacent la paix sociale, alors que trois peuples aux mentalités différentes doivent vivre quotidiennement côte à côte.Pour sa part, Liverpool, le berceau des Beatles, a vieilli.Le bitume craquelé des rues lui donne une apparence désertique, quasi-fantômatique.Et la situation ne risque guère de s’améliorer, puisque les autorités municipales songent sérieusement à congédier 30 000 de leurs employés qu’elles n’arrivent plus à payer.Depuis 1965, des dizaines de compagnies ont fui la ville, entraînant dans leur sillon quelques 300 000 habitants.Quoi qu’il en soit, même si l’Empire britannique n’a plus la puissance qu’il avait du temps de Georges NI, les Anglais des années 80 ne cessent pas moins d’étonner par leur dynamisme, exprimé sur d’autres plans.Dans le domaine culturel et particulièrement en musique, ils surprennent toujours autant par leurs sens de l’innovation.À Londres, comme à Sheffield ou à Glasgow, les successeurs de Bowie et de dagger n’ont qu’une idée en tête, celle de convaincre qu’ils sont uniques.Sur le terrain, la plupart des «petits nouveaux» n’ont pas de formation musi- Photo Ponopresse f À l'ombre de la Tour de Londres, les araignés cale acquise dans les grandes écoles.Leur première performance, ils l’ont improvisée dans la ruelle un jeudi soir, sur des couvercles de poubelles alignées en rang d’oignons.La première guitare qui a subi les iélans de ces musiciens en herbe a été acquise au prix de longs itinéraires de camelot du Times ou grâce aux généreux pourboires de «Lord Untel» surveillant la toilette dominicale de sa Bentley.Les plus arrogants auront peut-être même vendu la moto d’un copain pour s’offrir le tout dernier modèle de synthétiseur.Plus sérieusement, si l’Angleterre est intéressante au point de vue musical c’est que la relève peut compter sur l’aide du milieu.L’industrie underground des années 60 a su préparer le terrain pour les jeunes des années 70 qui, à leur tour, l’ont fait pour les vedettes connues aujourd’hui.Tous les groupes qui savent défendre leurs trois accords et qui prouvent leur originalité ont accès facilement à tout un réseau de petites salles.Bref, la chance est laissée au coureur et la grosse machine américaine a sûrement encore beaucoup à apprendre.Ces dernières années, le principe du système «Aide-toi-et-le-ciel-t’aidera» n’a pas seulement servi la musique mais aussi tout le milieu culturel anglais.Depuis, une multitude de designers, artistes et créateurs de tous acabits se sont taillé une place au soleil.Et le touriste qui débarque à Londres aujourd’hui armé de sa caméra, a bien peu de chances de rencontrer sur son chemin les signes du déclin britannique et de la violence qu’il engendre.Non, il descendra plutôt paisiblement jusqu’à Regent’s Park.Là, habillées comme si elles étaient des scouts, les «nannies» promènent joyeusement leurs poupons parmi les oies et les pélicans devant Buckingham Palace.Tout est calme aussi dans le très chic quartier Mayfair.Même King’s Road, dernier fief de la contestation punk, abrite aujourd’hui un des plus grands centres de la mode avant-gardiste, où se promènent les têtes vertes et orange et les corps moulés dans la laine feutrée, le cuir et le satin.Il est difficile aussi de croire à tout ce que les journaux rapportent sur les problèmes financiers du pays, lorsque, dans les rayons pullulent.lis y ismmi Mmnia .Tandis que, dans le parc, les Conserwateurs rigolent.du magasin Marks and Spencer, les hordes de consommateurs britanniques perdent subitement leur flegme légendaire pour s’arracher les dernières nouveautés.En fait, sur les photos touristiques, il y aura plutôt le vendeur de marrons chauds sur Paddington Street.Muni de l’équipement photographique approprié, notre touriste pourra prendre sur la même image bon nombre de théâtres et de cinémas de Piccadily Circus.Avec un peu de chance, il croquera sur le vif le chauffeur en livrée ouvrant la portière de la Rolls d’une grande dame devant Har-rods.Mais, s’il a réussi à photographier ce jeune homme de 17 ans, sur un vieux matelas dans un appartement dénudé et gris, notre touriste pourrait bien ne pas en être un.En bonne gardienne de la monarchie, Londres, même pauvre et malade, n’a rien perdu de sa coquetterie.Et ce, même si l’heure est à l’incertitude dans cette ville qui fait de l’arrivée des banquiers le matin dans City, une attraction touristique.Les gens d’affaire de ce haut lieu de la finance savent mieux que quiconque que l’argent des étrangers, en particulier des Arabes, a déjà servi à l’achat d’une partie de leur territoire.D’où, sans doute, certaines de leurs frustrations.Mais ces frustrations sont-elles suffisantes pour que la population décide de congédier le gouvernement de Mme Thatcher aux prochaines élections?Rien n’est moins sûr.Et puis, les Anglais ont leurs consolations.En effet, même le plus traditionnel des «British» vous parlera avec tendresse de l’ex-punk du coin, l’Irlandais Bob Geldof, père héroïque du concert L/Ve Aid pour venir en aide aux victimes de la famine en Ethiopie.Et l’affection qu’ils portent à cette jardinière d’enfants devenue princesse est touchante.Ce sont d’ailleurs Lady Diana et Charles qui, lors d’une récente visite officielle aux Etats-Unis, ont sans doute le mieux illustré la détermination des Anglais en période de crise.Se pliant aux dures exigences du métier de représentant commercial, le prince et la princesse de Galles, souriants, ont fait la promotion dans un grand magasin, de produits fabriqués dans leur Grande-Bretagne natale.Noblesse oblige! 49 L'UNDERGROUND EN SURFACE DES GROUPES RAR MILLIERS PAR CHRISTIAN BELLEAU, MARIE-CATHERINE GIGUÈRE, JACQUES MATHIEU ET FRÉDÉRIC TOMESCO The Jesus and Mary Chain LE NOUVEL HABIT DE LA RENE The Jesus & Mary Chain: l’Orchestre cacophonique d’East Kilbride.THE THREE JOHNS Après avoir successivement combattu le racisme, la famine et l’appartheid, voici que le rock s’élève contre les tyrans de ce bas monde, en l’occurence la Dame de Fer.«Rock’n’roll versus Thaatchiism», telle est en effet la noble devise des Three Johns, exprimée sur leur premier album, Atom Drum Bop (1984).Lancée à toute allure sur le tempo dévastateur d’une boîte à rythme, la musique du trio de Leeds se distingue par ses guitares hargneuses et par la voix plaintive de son soliste, sorte de croisement entre le chant d’un coq castré et la litanie d’un muezzin vaguement psychotique.Jusqu’à présent, les plus belles réussites des 3 Johns demeurent les 45 t Do the Square Thing (1984) et Death of The European (1985), aussi explosifs l’un que l’autre.F.T.• La température annuelle est en moyenne de 10° Celsius en Angleterre.• La plus grande manufacture de popcorn au monde, en termes de productivité, est la House of Clarks, dans l'Essex.• Si vous déménagez dans le Royaume-Uni, vous voudrez peut-être vous joindre à un club.Quelques suggestions: la Société Anti-Esclavagiste pour la Protection des Droits Humains (fondée en 1839), la Guilde de l'Aide aux Gens Distingués (Guild of Aid for Gentle People, 1904) et l'École Royale des Travaux d'Aiguille.epuis qu’elle sent qu’un vent de changement s’apprête à balayer de nouveau la scène musicale britannique, la presse spécialisée essaie désespérément d’identifier ceux qui mettront le feu aux poudres.Cette année, les «experts» ont jeté leur dévolu sur un quatuor écossais, The Jésus and Mary Chain.Auréolés de leur étiquette de «nouveaux Sex Pistols», ces adolescents boutonneux nous entraînent dans un voyage sans retour au tréfonds du garage.Un conseil: pour les accompagner, munissez-vous d’une ample provision de coton ouaté.«Si c’est trop fort pour toi», disait Lemmy, l’ineffable leader de Motorhead, «c’est que tu es simplement trop vieux.» Cette remarque n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, puisqu’elle est devenue le modus vivendi du Jesus and Mary Chain.Le groupe ne se gêne d’ailleurs pas pour étaler toute sa jeunesse et son arrogance sur Psychocandy, une collection de tranches de vie dont l’ombrageuse beauté en fait oublier la simplicité mélodique, adroitement dissimulée derrière des guitares survoltées.Sur leur premier album, les troupes de choc du pop survolent et embrassent d’un seul riff l’essentiel de la culture musicale anglo-saxonne des vingt dernières années.Les Stooges, Phil Spector, Captain Beefheart, Elvis et le Velvet Under- ground, pour ne nommer que ceux-là, sont tour à tour réincarnés dans le plus inextricable des fouillis sonores, défilant sous vos oreilles à une vitesse vertigineuse avant de retourner s’évanouir définitivement dans la nuit des temps.À l’extrême limite du minimalisme, la démarche du Jesus and Mary Chain n’a cependant rien d’original.Comme ses arrière-grands-pères les Sex Pistols, la formation menée par les frères Reid cherche délibérément à choquer, à provoquer.Ses armes sont rudimentaires, mais efficaces: des pièces évocatrices {Suck, Vegetable Man), une attitude méprisante envers le «bizness» (un des musiciens s’est déjà amuser à subtiliser le porte-feuille d’un directeur de WEA, pour le lui rendre.vide), une confiance inébranlable («Nous sommes le meilleur groupe au monde»), et des spectacles courts, intenses et violents (l’émeute qui suivit un de leurs concerts londoniens fait maintenant partie de la légende).Imprévisible, The Jesus & Mary Chain est capable du meilleur comme du pire (durée moyenne sur scène: 25 minutes).Au RPM Club (à Toronto, en décembre dernier), il n’a pas mis de temps à prouver sa valeur: en un peu moins d’une heure, l’Orchestre cacophonique d’East Kilbride y a interprété un concerto pour feedback et décibels d’une rare fraîcheur.Espérons que la fleur de la nouveauté ne se fanera pas trop vite.F.T. Photo Lynn Goldsmith TheHùtemm; SUBI LES AQUARELLES Mike Scott: de quoi faire envie à un député du Parlement.I faut absolument que le public réalise à quel point le système politique conventionnel en vigueur depuis plus de 40 ans est sclérosé.C’est ce que je dis dans Old England e\ This Is the Sea: nous devons modifier notre attitude du tout au tout et abandonner ces valeurs dépassées, sinon nous courons à la catastrophe.» Rejoint à Bordeaux, où les Waterboys poursuivent leur périple européen en compagnie des Simple Minds, Mike Scott surprend d’emblée.Là où on pourrait s’attendre à l’entendre disserter sur les vertus du bellzouki (un instrument dont il a la parfaite maîtrise) ou sur l’oeuvre de C.S.Lewis (un auteur qui l’a parti- THE FALL Du haut de sa tour d’ivoire lézardée, Mark E.Smith jette un regard cynique et désabusé sur la société post-punk de la Fière Albion, en proie à une décrépitude dont l’ampleur n’a d’égal que le caractère inévitable.Son groupe, The Fall, en piste depuis 1977, a survécu tant bien que mal à plusieurs changements de personnel, tel un serpent dont les trop nombreuses mues ont failli lui faire y laisser sa peau pour de bon.Aujourd’hui unifiée, la formation reflète plus que jamais les vues de son créateur: elle joue un rock économe, aigre et incandescent, doté d’une âme propre, mais dont la vigueur s’apparente beaucoup à l’énergie du désespoir.F.T.culièrement marqué), le voilà en train d’exposer sa théorie politique avec une concision qui ferait honneur à n’importe quel député au Parlement.«La politique conventionnelle ne change rien.Je ne veux pas dire par là que nous avons besoin d’une révolution pour régler nos problèmes, mais il nous faut au moins voir les choses différemment et nous entraider.Les gens ne coopèrent jamais lorsque opposés les uns aux autres.Or, tant qu’il y aura plusieurs partis politiques, cette compétition interne durera et les nations ne progresseront pas.En réalité, à l’échelle planétaire, il n’y a qu’un seul parti: celui de l’Humanité.Nous devrions tous en tenir compte et nous donner des objectifs communs.» N’étant pas un auteur engagé (il préfère aborder des thèmes comme la nature, la religion et le surnaturel), on peut se demander pourquoi Scott fait volte-face de • Le plus grand cinéma du Londres métropolitain est l'Odeon de Hammersmith, qui peut accueillir 3 483 cinéphiles.• L'Angleterre compte en moyenne 330 téléviseurs par 1 000 habitants.• Le plus grand nombre d’épisodes d’une même série télévisée à être vendus est de 1 144, achetés par CBKST à Saskatoon.Le feuilleton: Coronation Street.• On trouve en Angleterre plus de 1 000 bars ou tavernes portant le nom de Red Lion.• Londres détient le taux de location industriel le plus élevé avec un tarif de 51 livres le pied carré, par mois, utilités incluses.• Vers 1740, il y a eu une vague criminelle tellement forte que chaque accusé qui comparaissait en cour était presque exécuté automatiquement.la sorte.«Avant d’avoir terminé mon dernier disque, This Is the Sea, je n’envisageais pas de traiter de politique dans mes chansons.Maintenant que mes idées sur le sujet sont plus claires, je pense être en mesure de les exprimer.» On s’en rend compte dans la façon dont il parle de «son» troisième microsillon: Mike Scott est l’âme des Waterboys.Chanteur, compositeur, guitariste et homme-orchestre (il sait aussi jouer du piano et de la basse), le maestro édim-bourgeois a su créer un rock lumineux et vivifiant comme l’air du large; auquel les instruments acoustiques donnent toute sa richesse et sa limpidité.Critique (demandez-le à ses musiciens), il n’épargne personne dans son tour d’horizon de la scène musicale actuelle: «Nous sommes dans une des pires périodes de l’histoire en termes de créativité.C’est comme à l’époque du Glam-rock, rien ne se passe.Heureusement, la situation devrait s’améliorer d’ici deux ans.» Et que voit-il pour servir de détonateur?«Live Aid.De fait, les années 80 ont véritablement commencé avec Live Aid.Une décennie ne débute jamais vraiment avant son milieu.Prends les sixties: l’usage du LSD s’est répandu en 1964-65, et ce fut le point de départ du psychédélisme.Dixansplustard, lesSex Pistols donnaient leur premier concert à Bromley et, sans le savoir, déclenchaient le punk et les années 70.Aujourd’hui, nous nous dirigeons vers une nouvelle explosion musicale et sociale, mais j’ignore de quoi elle aura l’air.Tout ce que je sais, c’est que ça ne se passera pas comme en 77.Inutile donc de chercher à mettre sur pied un punk revival'.» F.T.• Un jury d’enquête a statué le 16 mai 1984 que le banquier britannique et agent-double Dennis Skinner, victime d’une chute de 12 étages à son appartement de Moscou, a été «illégalement tué».• En juin 1984, une étude publiée aux Communes par un comité des Affaires Étrangères a indiqué que 546 crimes graves, incluant viol, inceste et chantage, ont été commis par divers diplomates étrangers au cours des dix dernières années.• Incluant toutes ses variations patronymiques, le nom de Smith est le plus répandu dans le Royaume-Uni.• Le plus long séjour sur les palmarès britanniques a été réalisé par Frank Sinatra avec la chanson My Way.Total: 122 semaines. Love and Sockets UE SUCCES ROSSE AVANT L'ART Love and Rockets: Kevin Haskins, David J.et Daniel Ash.Ceux qui prétendent faire de la musique uniquement pour l’art ou pour se faire plaisir sont des hypocrites.» Ainsi parle Daniel Ash, chanteur et guitariste de Love and Rockets.Revirement pour un groupe qui, autrefois, était connu sous le nom évpcateur de Bauhaus?Pas vraiment.Pour Ash, Love and Rockets est l’aboutissement d’une longue entreprise musicale commencée en 1980, lorsque Bauhaus devient un groupe culte avec la sortie de Bela Lugosi’s Dead.Après un certain temps, Ash s’est senti prisonnier du genre.Il voulait aller plus loin et fonde Tones On Tail, un projet de studio qui lui sert d’exutoire à Bauhaus et lui permet d’exprimer autrement sa créativité.Suite à la séparation de Bauhaus (1983), il s’implique à plein temps dans Tones On Tail, faisant équipe avec le batteur Kevin Askins et l’ex-roadie devenu bassiste, Glen Campling.Au début 1985, le retour au bercail du bassiste David J.(qui avait entrepris une carrière solo parallèlement à sa collaboration épisodique au Jazz Butcher) coïncide avec le départ de Campling: Love and Rockets peut prendre son essor.Le psychédélisme des années 60 (en spectacle, le groupe reprend d’ailleurs le célèbre Lucifer Sam de Syd Barrett), combiné avec le glitter de Bowie et Roxy Music, et le punk du milieu des années 70: telle est la formule de Love and Rockets.«C’est aussi une question d’attitude, explique Ash.Quand le néopsychédélisme est sorti il y a deux ans, c’était du pseudo.Ça sonnait faux.Aujourd’hui, le climat s’y prête et la musique est redevenue sincère.Je crois qu’elle est là pour rester, cette fois.» Le succès commercial?«Oui, mais pas au point de perdre notre intégrité».Car, pour eux, intégrité signifie respect des objectifs initiaux.Témoin, leur premier 45t vedette: «À notre première séance de répétition, rappelle Kevin Haskins, j’ai suggéré aux autres qu’on fasse un jam sur Ball of Confusion, étant donné que c’est un morceau que nous connaissons tous.Très vite, les atomes crochus ont réapparu et nous avons enregistré la chanson.Elle nous a permis d’élargir notre auditoire, tant mieux, mais je suis surtout fier que cela se soit fait à nos conditions».Question d’attitude.M.C.G.et F.T.DEPECHE MODE Lorsque nous nous sommes présentés au 61 Collier Street à Londres, même le personnel de cette filiale de WEA ignorait que deux étages au-dessus pratiquaient les «Mode».Difficile de les déranger en plein travail.Mais Andy Fletcher, co-fondateur du groupe, a néanmoins pris le temps de raconter qu’il s’agissait des chansons du nouvel album Black Celebration, dont la sortie chez nous est imminente (elle suit de peu celle de Catching Up With Depe-che Mode, une compilation de 45t récents et anciens).Entre quelques accords, Fletcher a ajouté que le son a évolué depuis People Are People et Master And Servant, mais que les textes garderont le même esprit.J.M.BRlTRinttR • Jadis, les femmes criminelles étaient le plus souvent brûlées vives.On jugeait la chose plus décente que de courir le risque de les voir exhiber leurs parties intimes en se balançant, une fois pendues, au bout de la potence.• Le plus petit syndicat au monde est le London Handforged Spoon and Fork Makers Society, fondé en 1874.La dernière assemblée réunissait la totalité des 6 membres.• Les Britanniques mangent plus de sucreries que tout autre nation du monde avec une moyenne de 1.2 once par personne, chaque jour.52 Cocteau Tïïins igaiaaB LE VOYAGE INTERIEUR s, X Les Cocteau Twins: Liz Frazer, Simon Raymonde et Robin Guthrie.Les Cocteau Twins n’ont pas très bonne réputation.Malgré cela, ils ont réussi à vendre leurs disques à plus de 100 000 exemplaires en Angleterre, ce qui est rare pour un groupe issu du milieu underground écossais.Qui plus est, leur dernier 33t, Treasure, remportait le titre du meilleur album de 1984 (à égalité avec Born in U.S.A.) décerné par les lecteurs du New Musical Express, tandis que Liz Frazer recevait celui de chanteuse de l’année.Ce tour de force, ils l’ont réussi en boudant les cocktails de promotion et surtout en fuyant les journalistes qui, ironiquement, ne peuvent s’empêcher de les encenser.Par principe et par timidité, le trio refuse de poser pour la famille et la postérité.Grâce à la chance, nous avons pu les rencontrer dans les locaux de leur maison de production.Il est midi lorsqu’Elizabeth (Liz) Frazer et Robin Guthrie arrivent dans la salle de projection dont les quatre murs sont couverts de cassettes vidéo.Seuls un gros téléviseur et un sofa meublent l’espace.Toute petite et discrète, Liz se cale d’abord au fond de son siège alors que Robin, les cheveux blonds en tempête, se love à ses côtés en dévorant son sandwich aux oeufs.L’entrevue peut enfin débuter.Ce n’est par snobisme que les Cocteau Twins n’accordent pratiquement jamais d’entrevue.«Nous préférons simplement notre public aux reporters et notre musique aux confidences», avoue candidement la chanteuse.À ses débuts avec le bassiste Will Regie (remplacé depuis par Simon Raymonde) en 1982, le couple Fraser-Guthrie marquait l’époque punk.«Liz n’avait pas d’expérience musicale, raconte Robin.Elle était davantage connue pour ses loisirs baroques: coller des os de poulets Kentucky sur les meubles de son appartement et coudre des coquillages sur ses vêtements!» Mais cette image singulière a rapidement été supplantée par la qualité de leur matériel et par l’originalité du son «Cocteau».La superposition des voix, superbement arrangées, se fond dans une musique propice au voyage intérieur, chargée de sensibilité.Sans coup d’éclat, le groupe a réussi à hisser certaines de ses chansons dans le Top 20.Au Canada, il vient de lancer un double maxi-45t, Tiny Dynamine!Echoes in a Shallow Bay.Toujours actifs, les Cocteau Twins ont aussi terminé leur quatrième 33t (après Garlands, Head Over Heels et Treasure), en plus d’avoir participé au second disque de This Mortal Coil, un projet qui regroupe des membres de diverses formations de l’étiquette 4 AD.Enfin, il ne faudrait pas se surprendre de les voir venir bientôt au Canada pour une première tournée.La chasse au trésor peut commencer.J.M.THE SMITHS The Smiths.Le Fab Four de 1984.Le groupe qui, enfin, osait proposer une alternative à l’électro-pop et à la muzak des discothèques en infusant dans l’insipide production de 83, une idée neuve et rafraîchissante: revenir à la case de départ.Beaucoup de guitares donc (voir la filière Rickenbac-ker), des chansons trempées dans l’acier, un chanteur écorché vif comme Jésus sur sa croix.Et puis, un jour, tout le monde s’est mit au néo-sixties anglais, à la Byrds Connection et à toutes ces sortes de choses.Dequoi baillerd’ennui.En 85, le deuxième album officiel (Meat is Murder) des moutons noirs de Manchester n’a pourtant pas réussi à rencontrer l’approbation générale et à connaître le succès immédiat de leur premier micros-sillon.Il y a bien cette perle rare qu’est How Soon is Now?Mais n’était-elle pas à l’origine la face B d’un 45 tours sorti en 84?The Smiths auraient-ils donc déjà atteint leurs limites?C’est ce que nous verrons en 1986.C.B.SISTERS OF MERCY Pour les Soeurs de Miséricorde, aucun doute n’est permis: l’habit fait le moine.Des pochettes de leurs disques à leur accoutrement, en passant par leur musique elle-même, tout concorde pour projeter cette image de mystère, d’envoûtement et d’impénétrable obscurité.Malheureusement, la messe (noire, cela va de soi) semble avoir été dite une fois pour toutes avec l’excellent 33 tours First and Last and Always (1985): suite au forfait des trois-quarts du groupe, le chanteur Andrew Eldritch se retrouve seul, condamné à poursuivre ad vitam aeternam ses incantations funèbres dans les ténèbres les plus complètes.F.T.53 LE VAGUE À L'ÂME DE LA NOUVOLE VAGUE t.CABARET VOLTAIRE ien des choses ont changé depuis la naissance des «Cabs» (qui i tiennent leur nom du café où se rencontraient les Dadaïstes au début du siècle), il y a douze ans.Connus pour leur musique industrielle et l’inévitable émeute qui marquait la fin de leurs spectacles, les deux musiciens ont finalement laissé les marteaux-piqueurs.Cloîtrés dans leur maison-studio de Sheffield, au milieu des ordinateurs, Richard Kirk et Stephen Mallinder règlent l’humanité sur métronome et le résultat est étonnant (leur remarquable vidéo de Sensoria a d’ailleurs été primé par le très respectable Los Angeles Times).Tout au fond de son fauteuil, Mallinder avoue sans rougir être plus «pop», plus accessible.Il ne nie pas non plus que son rêve le plus cher, c’est de voir une de ses pièces dans le lucratif Top 20.Son nouvel album, The Covenant, The Sword and The Arm of the Lord, encore plus dansant que Micro-Phonies, lui permettra peut-être d’arriver à ses fins.J.M.• On trouve 400 bibliothèques publiques à Londres.• Les femmes britanniques ont en moyenne 25 ans au moment de leur premier enfantement.• Le Royaume-Uni est le seul pays du monde à avoir fourni quatre Miss Monde.• À huit occasions, Alfred West, né à Londres, a réussi à couper un cheveu humain en 18.Ml NEW MODEL ARMY Aux dires du bureau de l’immigration américaine, New Model Army n’a aucun mérite artistique, puisque c’est précisément cette raison qu’on a invoqué pour lui refuser l’entrée aux États-Unis en décembre dernier.Et, sans vouloir être méchant, force est d’admettre que les autorités amerloques n’ont pas tout à fait tort: lourde, malhabile et aussi subtile que le jeu de pieds d’un éléphant, la musique de ces Clash de 6 division est en somme parfaitement prévisible, ce qui, à l’heure où la standardisation et le copiage éhonté sont de mise, est loin d’être un avantage distinctif.Et puis, quand on se sent obligé d’imiter un groupe de heavy metal canadien (Helix) en intitulant son album No Rest for the Wicked, il y a de quoi être envoyé moisir illico presto dans les oubliettes les plus profondes du showbusiness.F.T.¦special! BRITANNIA SPECIAL BRITANNIA ECHO AND THE BUNNYMEN Il subiste aujourd’hui peu de rescapés de la vague fulgurante de rock tourmenté née en 1980: New Order (électro-disco-frigo-rock); Robert Smith des Cure (l’éternel naufragé schi-zo); Psychedelic Furs (totalement déformés depuis la chirurgie esthétique pratiquée par Keith Forsey); U2 (les premiers de classe); enfin et surtout, Echo and the Bunnymen qui, bon temps mauvais temps, persistent à travers tempêtes et marées sans broncher d’un cil.Echo n’ont produit aucun album l’an dernier mais ont cependant commis ce magnifique 45 tours, Bring on the Dancing Horses, sans doute le meilleur Bowie depuis Heroes.De Crocodiles (80) à Ocean Rain (84), rien n’a vraiment changé.McCulloch prêche toujours dans le désert, secoué par ces guitares granuleuses qui donnent soif et ces rythmes hypnotiques qui rendent fou.C.B.LLOYD COLE AND THE COMMOTIONS S» 1985 année tranquille?Oui et non.Trop peu d’événements marquants, mais beaucoup de nouveaux groupes prometteurs.Lloyd Cole et ses Commotions sont un de ceux-là.Avec Rattlesnakes, ils ont réussi à émerveiller les plus blasés d’entre nous.Le son étincelant des guitares douze cordes, le vaporeux orgue Hammond, l’ambiance feutrée mais franche (l’école Motown), la voix loureedienne de Cole suffisaient à nous remplir de bonheur et nous faire croire à nouveau à la magie d’une pop bien roulé, jamais mièvre.Fin d’année 85; le nouvel album, Easy Pieces, sort en importation.Lloyd Cole cultive toujours son look d’étudiant en littérature anglaise du dix-septième siècle et égrène ses mots comme un chapelet de rubis, mais la magie a disparu.Il y a même une chanson qui s’intitule Why I Love Country Music.Tout comme pour les Smiths, les Commotions n’auront pas tardé à trouer le fond de leurs chaussettes.L’année 85 avait pourant si bien commencé! C.B.BLOW MONKEYS Traditionalistes jusque dans l’âme (leur chanteur, Robert Howard, est mieux connu sous le pseudonyme de Doctor Robert — le titre d’une pièce des Beatles), les Blow • En mars 1983, à trois reprises, des lettres piégées ont été trouvées dans le courrier de Margaret Thatcher.Le service postal les a livrées sans anicroche; un adolescent de 14 ans a été inculpé.• Le mâle britannique a une espérance de vie de 69,9 ans; la femelle britannique dure jusqu'à 76 ans.• La dernière exécution publique en Angleterre a eu lieu en mai 1868.Monkeys sont en train de nous refaire le coup de Sade & Co., à savoir qu’ils réintroduisent dans le pop des éléments que l’on croyait à jamais enfouis sous des tonnes de ferraille synthétique.Leurs mélodies tendres et langoureuses, qu’annonçait le mini-album Limping for a Generation (1984), et que confirme le nouveau microsillon An/ma/Mag/'c, réalisent avec brio la fusion entre des styles aussi divers que le jazz, le rhythm & blues et le pop.Les Blow Monkeys savent peaufiner leurs chansons d’amour avec soin, laissant ainsi à l’auditeur tout le plaisir d’une écoute respectueuse et admirative.F.T.WOODENTOPS Si leur nom ne vous dit rien, sachez que, même en Angleterre, on les connaît peu.Chez nous, seuls d’intrépides discophiles savent qu’ils ont enregistré quelques singles (Plenty, Move me, Well, Well, Well et It Will Come), fait un vidéo-clip et travaillent ce mois-ci à leur tout premier album dans un vieux local du sud de Londres.Entre leurs quatre murs de planches dans la poussière dansante, ils y forgent un rockabilly romantique et adoptent déjà une attitude de star.Mais, le jour où il a daigné nous recevoir, c’est quand même un peu gêné que Rolo, leleaderdu groupe, a dû s’armer d’une hache pour enfoncer la porte du local.Même les stars oublient leurs clés.J.M.• Certaines chauve-souris, la «coquerelle des feuilles d’arc-en-ciel» et la sauterelle mangeuse de verrues sont des espèces menacées protégées par le gouvernement britannique.• Il est illégal d'acheter ou de vendre des vipères, des grenouilles, des crapauds, des couleuvres et des tritons.• L'allocation annuelle de la Reine est de 3 850 000 livres.Son mari, le Prince d'Edimbourg, reçoit seulement 186 500 livres. LA NxvJut BRITANNIQU Tendances , Printemps-Eté 8t Du noir.beaucoup de L'épiderme mis à nu.Trous et déchirures de toutes sortes.Le «Wet Look».Le retour du Country-Wes' Pattes d'éléphant à la James Brown.Les nattes rasta.Réapparition du style go-< Tout ce qui choque.Tout ce qui coûte cher if Body Map John Galliano * Joseph Tricot Body Map Katharine Hamnet Vous ne pouvez qu'imaginer toute la parce qu'ils sont construits pour être gamme de sons que votre guitare et résistants, spectacle après spectacle, vous pourrez créer avec le FX 65 Jetez un coup d'oeil sur la série STEREO CHORUS et le FX 75 FX de STEREO FLANGER.Et le son sera DOD.aussi bon en tournée qu'il l'est | UJ| U ™ aujourd'hui, chez vous.Simplement La plus grande gamme de traitement de signal au monde.Distributeur canadien: Heinl Electronics Inc., 16 Mary Street.Aurora, Ont.L4G 3W8 (416) 727-1951 Ponopresse ’*’***•9/,' "wm -.- ’ ri$mM Steven if JE PC SERAI ¦WALT DISNEY.» PAR FRANCO NUOVO (NEW YORK) — Il n'a l'air de rien.Enfin, de presque rien.À la limite de l'insignifiance.Ni grand, ni petit; ni gros, ni maigre; les cheveux mi-longs oscillant entre un gris timide et un châtain certain, il arbore une barbe de deux jours et porte de banales lunettes cerclées d'or qui tentent de dissimuler un strabisme évident.Au premier coup d'oeil, Steven Spielberg fait davantage penser à un matheux, qu'à un metteur en scène de cinéma.Loin de la caricature, il est plutôt du genre à préférer la casquette à l'écharpe, à imposer un style plutôt que de le copier.U Ri •j LE DÉFI ’homme habite sur les hauteurs de Los Angeles et n’est de passage à New York que pour promouvoir son Color Purple.Plus qu’à l’aise dans son pantalon large et son blouson trop ample, il ne roule pas des mécaniques.En fait, il semble plutôt timide.Ce qui ne l’empêche pas à 38 ans d’être un des plus célèbres réalisateurs au monde en plus de compter à son actif le plus grand succès de box office de tous les temps, E.T., et quelques autres blockbusters de la trempe de Jaws, Close Encounters of The Third Kind et Raiders.Et du coup, sans crier gare, celui qui avait presque toujours joué la carte de l’action, des effets spéciaux, de la surprise et du succès, le roi du cinéma populaire, change son fusil d’épaule.Comme si son mariage récent avec l’actrice Amy Irving et ses nouvelles fonctions de papa heureux coïncidaient avec un virage professionnel.Versatile, touche-à-tout, actif, ce bouf-feur et faiseur d’images qui, à 20 ans à peine, suite à un petit film de 24 minutes tourné pour l’Université de Californie, était découvert par Universal (TV) et tournait Duel, le spectaculaire télé-film qui devait le lancer, se retrouve aujourd’hui face au projet le plus «épeurant» de sa vie: The Color Purple.Une adaptation de roman mais pas n’importe lequel.Un prix Pulitzer signé Alice Walker qui traite des Noirs américains, de violence, de féminisme et de changements.Voilà qui ne ressemble pas à Spielberg.En tout cas, pas au Spielberg de E.T.et encore moins à celui de Raiders.Ni non plus à ce type qui, il n’y a pas si longtemps encore, déclarait en entrevue au magazine Rolling Stone, qu’il n’avait jamais beaucoup lu, qu’il n’aimait pas lire et qu’il était de la génération de la télévision.Et pourtant.«Je suis tout simplement tombé amoureux de cette histoire, raconte Spielberg.J’ai été touché, renversé par le récit.Je ne réfléchis pas longtemps au pourquoi des choses.Quand j’aime, je suis du genre, en général, à me jeter à fond dans la soupe.» Suite à la lecture de Color Purple, il a donc plongé et accepté l’offre de Quincy Jones qui, appuyé par l’auteur, lui proposait de porter le roman à l’écran.Ainsi Steven Spielberg tâtait une terre nouvelle et Jones, quant à lui, devenait producteur pour la première fois.«Mais c’était un vrai défi, insiste-t-il.Le plus gros de ma vie.Le livre n’a absolument rien d’un film.Il ne répond à aucune structure cinématographique.Il a donc fallu tout inventer et trouver une manière d’imager la lutte menée par cette femme.«Si on peut parler de nouveau départ, poursuit Spielberg, il ne faut cependant pas croire que j’aurais pris une chance pareille si mes films d’avant n’avaient pas marché aussi fort.» Parce que pour Spielberg, The Color Purple, c’est un coup de dé.Le gros risque.Plus gros que d’habitude.Si ses films ont tous été différents les uns des autres, ils portent tous, quand même, la griffe Spielberg.Ici, la chose est tout autre.Le projet arborait dès le départ une teinte qu’il ne connaissait pas.Et puisque même les paranoïaques ont des ennemis, Spielberg s’est mis à douter.D’abord de lui, de ses habilités à faire un film qui traite uniquement d’émotions et de sentiments, puis des autres.«J’ai commencé à avoir des appréhensions face aux acteurs, raconte-t-il.Je me demandais ce qu’ils pensaient de moi et de mon travail.Enfin, s’ils m’acceptaient.J’étais à la fois inquiet et curieux de savoir comment ils me percevaient.T out ça probablement parce que je les aime et que je sais que ce qu’ils ressentent est important.» Attention cependant! Il insiste: «Je n’ai pas changé.J’ai toujours été comme ça.C’est ma nature.Je suis resté le même.Ma façon de travailler est restée la même.C’est le sujet qui a bougé, qui s’est transformé.Il demandait peut-être un peu plus de sensibilité.» À la première lecture du livre d’Alice Walker, Spielberg était déjà remué par le contenu humanitaire.Les problèmes raciaux ne l’intéressaient pas.Le roman traite de changements et de mouvements.«D’ailleurs, dit-il, si ça n’avait été qu’une histoire de race, je n’aurais jamais fait le film.» Dès cet instant, sa décision était prise.Il allait tourner The Color Purple et volontairement se laisserait aller au lyrisme et aux émotions plus qu’il ne l’avait jamais fait.Le virage était amorcé.«L’important c’est que les gens, le public, aiment les films.Trop de gens s’intéressent à l’argent que rapporte une production plutôt qu’à son contenu artistique.» LA CRITIQUE Doté d’une vaste culture cinématographique, Spielberg tient compte de l’his- toire.Et si certains, par exemple, critiquent son commercialisme et l’accusent d’avoir copié des styles, il s’élève: «Je n’ai jamais rien fait du genre.J’ai été influencé, oui, mais je n’ai jamais plagié.S’il m’arrive d’adopter un angle de caméra, c’est parce qu’il est efficace et qu’il est difficile de trouver mieux.» «Mais en fait, poursuit-il, ça ne me dérange pas vraiment ce qu’on dit de moi.Les cancans font partie du cycle de la vie.C’est une affaire d’amour et de haine.On ne peut pas l’éviter, surtout dans ma situation.Et que voulez-vous que j’y fasse si à son époque Jaws est devenu le film le plus populaire de l’histoire du cinéma?Je me réjouis.L’important, ce n’est pas d’être critiqué parce que j’ai fait tel ou tel film.L’important c’est que les gens, le public, aiment les films.» Il sait pertinemment d’autre part que The Color Purple ne sera jamais un «blockbuster» et qu’il ne fera pas sauter les caisses.Il s’en fout.«Color fera ce qu’il doit faire, c’est tout, dit-il philosophiquement.J’espère simplement que ce soit un bon film.Je crois que trop de gens s’intéressent à l’argent que rapporte une production plutôt qu’à son contenu artistique.» Remarque étonnante de la part d’un Spielberg qui, au fil des ans, et de film en film, a accumulé les millions en faisant des pieds de nez à ses aînés hollywoodiens.«Je ne sais pas pourquoi mes longs métrages ont fait de l’argent, s’excuse presque Spielberg.Ça ne m’intéresse pas.Il y a tout simplement des choses que je ne peux contrôler.» Du coup, il donne en exemple Amazing Stories, la série qu’il produit pour la télévision.«Tout le monde pensait que les cotes d’écoute seraient fracassantes, qu’on ferait sauter la baraque.Et bien, niet! Les résultats ne sont pas extraordinaires.Ils sont honnêtes.C’est déjà bien.» Spielberg se défend d’être un homme d’affaires.C’est une fausse image.En fait, les affaires l’emmerdent.Il le clame bien haut.Son truc, c’est pas ça.Plus jamais, par exemple, il le jure, Amblin, sa compagnie, neproduiracinqfilmsen une année comme ce fut le cas l’an dernier.«Je ne veux pas devenir un Walt Disney 2».C’est trop.Je tiens à me garder du temps pour vivre, pour voir ma famille, mon fils.Produire deux films par année, c’est amplement suffisant.L’un tourné par quelqu’un d’autre, l’autre par moi.» Le prochain, Battery not included, il le réalisera d’ailleurs lui-même.Quant à Raiders III, la suite des aventures d’In-diana Jones, elles sont prévues pour 1987.Pas avant.Steven Spielberg ne déplace pas beaucoup d’air.C’est un discret.Il repart, comme il est venu, presque sur la pointe des pieds.Il n’est pas du genre rire gras et gros cigare.Il laisse ça aux autres.aux plus pauvres.¦ 60 Qmcy Jonesi 40 ANS DE MUSIQUE La carte de route parle d’elle-même.Du genre de celles qui font la joie des biographes.Depuis 1946, année fatidique, depuis sa rencontre à Seattle avec Ray Charles, Jones a déployé ses tentacules sur l’industrie.Il a côtoyé les plus grands: Hampton, Gillespie, Sinatra, Vaughan, Basie, Monk, Parker, Davis,.et pris en-main les destinées musicales des Jackson, Benson et Summer, pour ne nommer qu’eux.Récemment, il se lançait même dans la production du spectaculaire We Are The World au profit de l’Éthio- pie.Et je ne parle pas encore des 33 musi- PAR FRANCO NUOVO Chef d'orchestre, compositeur, arrangeur, touche à tout, Quincy Jones en impose.Une allure de seigneur, une harmonie dans les gestes, une douceur de la voix et une rigueur de ses propos suffisent-ils à expliquer cependant le pourquoi de sa réussite?Je m'attendais à voir un frimeur, j'ai trouvé un communicateur hors-pair, un homme d'affaires et un artiste doté d'une sensibilité indéniable.Ses propos stimulent, éveillent la curiosité et le businessman vend sa salade.ques composées pour des longs métrages et de ses succès retentissants.De se 16 Grammy Awards et de ses nominations aux Oscars.Ouf! Voici enfin, comme si ça ne suffisait pas, qu’il se lance maintenant dans la production cinématographique.Et pas avec n’importe qui, avec Steven Spielberg s’il vous plaît.Fasciné par le roman d’Alice Walker, Quincy Jones a mis onze mois à convaincre le réalisateur de tourner The Color Purple.Ils se connaissaient depuis trois ans, depuis l’enregistrement de l’album E.T.«J’étais certain, raconte Jones, que Steven était le seul à pouvoir faire ce film.Je savais que plus que n’importe qui sur la planète, il avait l’expérience, la vision, l’imagination, l’âme et la science nécessaires pour porter The Color Purple à l’écran.» Pour lui Spielberg dispose d’un pouvoir unique.«Il pense comme le public et laisse parler son coeur.» Mettant pendant quelques secondes sa peau de musicien de côté, Jones saute à pieds joints dans son costume de producteur démagogue.À l’écouter, on se demande s’il est utile que le film fasse ses frais.L’important, selon lui, c’est qu’il soit vu.Peu importe qu’il conquiert le box office.À en croire ses propos, tout le monde s’en fout.Haro sur le commercial et vive les actions humanitaires! Mais c’est encore quand il cause notes et accords qu’il est le meilleur.Couvrant une période de 40 ans allant de 1909 à 1947, retraçant l’existence de Noirs américains fraîchement sortis de l’esclavage, The Color Purple fait inévitablement référence à leur musique.Ici, l’oeil du mélomane et de l’historien s’anime.«C’était une période extraordinaire pour la musique et la culture noire, explique Jones.En fait, on était en plein conflit.Après l’esclavage, la musique de la communauté s’est scindée.Les Gospels qu’on chantait dans les Églises ont perdus des fidèles et on assistait par ailleurs à la naissance d’une musique de la rue baignée dans le whisky, une sorte de musique du diable.» Il était donc nécessaire d’immerger Color Purple dans un bain de rythme et d’harmonie.«Steven voulait beaucoup de musique et nous avons essayé d’en glisser partout, le plus possible.Mais pas comme du spectacle.Plutôt comme de la nourriture, comme quelque chose qui fait partie intégrante de la vie.» ¦ 61 AUX NOUVEAUX ARTISTES PROFESSIONNELS RIDEAU présente Si vous êtes un ARTjSTE PROFESSIONNEL DANS LE DOMAINE DES VARIÉTÉS vous avez une chance de participer, le 17 MAI 1986, au Spectacle RIDEAU (Réseau Indépendant des Diffuseurs d’Événements Artistiques Unis) organisme subventionné par le ministère des Affaires culturelles du Québec.CRITÈRES D’ADMISSIBILITÉ Être auteur-compositeur-interprète ou interprète d’oeuvres originales (soliste ou groupe) ou humoriste; Être membre de la Guilde des Musiciens et/ou stagiaire à l'Union des Artistes; Avoir l’expérience de la scène; Avoir un répertoire prêt pour la tournée; Fournir: dossier de presse et curriculum vitae; fiche technique; bande démo cassette audio et/ou vidéo (min.3, max.5 chansons).FAIRE PARVENIR LE TOUT AVEC UN CHÈQUE CERTIFIÉ OU MANDAT-POSTE DE 15$, POUR L’ÉTUDE DU DOSSIER, AVANT 17 HEURES LE 1er MARS 1986 À: SPECTACLE RIDEAU 1986 2141, rue Montcalm, Montréal, Québec H2L 3H8 (514) 521-0071 ** INSTITUT DES TECHNIQUES DE SCENE DU QUEBEC 11» i £ £ »¦ * .PROGRAMMATION 86 NIVEAUX 1 ET 2 FEVRIER MARS avril mai • INFORMATION-418-681-3536 idée originale des productions ASSAM inc.en collaboration avec APS KZ^SEIMIMHEISER ©YAMAHA Soundcraft ü— STRAND CENTURY SYLVANIA S fcw ECLA v MUSIQUE RICHARD Vêtements, accessoires pour hommes et femmes 4077 ST-DENIS, MONTRÉAL H2W2M7 844-8385 4278 ST-DENIS, MONTRÉAL H2J 2K8 843-7470 pou (dsi® Pour une coupe qui siéra à votre personnalité, faites confiance à nos professionnels.SALON DE COIFFURE POUR HOMMES PLACE VERSAILLES 7275 Sherbrooke est (Piece Versailles, face eu Steinberg) 352-1290 • COUPE e MISE EN PUS • PERMANENTE TEINTURE, etc. Découvrez-les.grâce à un avant-goût gratuit.Les images et le son avant-gardistes de MUCHMUSIC, le réseau musical national, PLUS les grandes productions à SUPER ÉCRAN, le canal des films, PLUS des événements sportifs exclusifs à TSN: voilà ce qui vous attend ! 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Avec son album solo, le grand Pete se jette à l'eau.et ça me donne envie de ricaner.Je n’ai aucun respect pour le jeune morveux de Pete qui a écrit ça.Maintenant, je rassemble les frustrations que je ressentais quand j’étais jeune et j’essaie activement de changer les choses que je trouve injustes dans la société et dans l’establishment artistique.» Une action qui passe d’abord et avant tout par sa communauté: après avoir été lui-même accro à l’héro, Townshend refusa catégoriquement de prendre part à la campagne officielle anti-héroïne.«Je suis contre les campagnes de propagande.L’héroïne est un problème personnel, pas de société.Il faut le résoudre cas par cas, individuellement.» Sans militer officiellement, Townshend a tout de même raconté comment lui s’en est sorti en espérant donner l’exemple, et le sujet d’un des premiers livres qu’il a publié est un traitement révolutionnaire contre la toxicomanie.Il a aussi présenté, en novembre dernier, trois concerts-bénéfices pour financer un centre de désintoxication.La drogue n’est pas son seul champ de combat.Il s’est impliqué avec sa femme Karen dans la mise sur pied d’un refuge pour femmes battues, le premier en Angleterre.Membre du très sélect Prince’s Trust, organisme parrainé par le prince de Galles venant en aide aux jeunes défavorisés, Townshend a animé une série d’ateliers pour ceux-ci et leur a fourni de l’équipement.Sur le plan international, il fut bien sûr du Live-Aid où, pour la circonstance, les Who se réunissaient une dernière (?) fois.Et en bon gentilhomme, Townshend n’a pu refuser l’invitation de Steve Van Zandt pour tenir la guitare sur la pièce anti-apartheid Sun City.PROFESSION: ÉDITEUR Il est faux de croire que les activités littéraires de Pete Townshend ne font que Pete Tin t nshcnd commencer.Déjà, en 1975, il créait deux entreprises: une librairie, Magic Bus, et une petite maison d’édition, Eel Pie.Sur les rayons de Magic Bus, on trouvait des livres sur la musique, le Zen, la médecine ainsi que les titres d’Eel Pie portant sur Elvis Presley, Pablo Casals et la contre-culture.La petite maison d’édition intéressait Faber & Faber.Son président, Matthew Evans, réalisa bien vite que ce n’était pas d’Eel Pie dont il avait besoin mais bien de son fondateur.«Ça m’a pris à peu près trois mois pour comprendre ce qu’il voulait, dit Townshend en riant.Je trouvais cette situation très étrange.» Malgré tout, il rejoint Faber en juillet 83.«Mon poste d’éditeur m’apporte une très grande joie.La jeune génération est saturée de télévision; elle a éliminé tous les arts établis sans les remplacer correctement.C’est un médium plat, insipide.Avec Faber, nous essayons de montrer aux jeunes que quelqu’un quelque part est encore concerné par l’écriture, l’art, la réflexion.Je suppose que ça semble élitiste mais c’est comme ça que je le ressens.» Townshend a rapidement pris le rythme de travail d’un éditeur sérieux.Il participe aux réunions, lit cinq manuscrits par semaine, corrige les épreuves.C’est un vrai job, pas seulement un poste honorifique.Il a autorisé la publication de nombreux ouvrages, sur un large éventail, toujours hors.normes, du livre sur les Hell’s Angels à celui sur la jeunesse chinoise en passant par une biographie de John Lennon.«Quel que soit le sujet, ce qui m’intéresse, c’est l’écriture.Je hais les longues phrases.L’anglais moderne doit être vif, claquant, snappy.» Ce qui amène Townshend à devenir lui-même écrivain.Horse’s Neck, son premier livre, est un recueil de nouvelles mi-fiction, mi-autobiographique, une série d’excursions dans ses souvenirs de jeunesse, ses rencontres d’alcolo, ses aventures sexuelles.Même si les critiques ont été sévères avec lui, attaquant son «mysticisme», Townshend est néanmoins maintenant établi comme'une voix littéraire légitime.PROFIL DUN GUITARISTE .Regardez bien Pete Townshend et essayez d’imaginer un son de guitare qui PAR LAURENT SAULNIER Faber & Faber est une bonne vieille maison d'édition typiquement anglaise, respectable en tout point.On y a même déjà publié un prix Nobel de littérature.Pourtant, elle vient d'engager ce grand flanc mou qui sirote tranquillement son café derrière un bureau trop propre.Une petite plaque dorée nous le présente: P.D.B.Townshend, auteur-éditeur.Mieux connu sous le prénom de Pete.Oui, c’est le même qui a écrit Magic Bus, My Generation, I Can See for Miles, Won’t Get Fooled Again et conçu le premier opéra-rock, Tommy.Un incroyable tour de force.Oui, c’est fe même qui défonçait ses amplis à coup de guitares brisées, qui à joué à Woodstock et à Monterey et qui s’habillait d’un veston aux couleurs de l’Union Jack.Aujourd’hui, à quarante ans, Townshend regarde l’époque des Who avec un certain dédain.«J’écoute My Generation EN FACEA restituerait le plus fidèlement son image.Exercice difficile mais ô combien révélateur.Vous y arrivez?Townshend est grand, assez mince mais fort, solide sur ses pieds bien ancrés au sol.Allez chercher ce profil, cauchemar de son adolescence (on serait complexé à moins!).Ce nez proéminent, busqué, sauvage, asymétrique mais cadrant bien avec ses yeux profonds, calmes, aux paupières lourdes et tombantes.Ce grand front (signe d’intelligence, paraît-il), ce menton court et rond.Maintenant reprenez ceci et appliquez-le à un son de guitare.C’est pareil.Aussi anarchiquement construit mais bien construit.Tout croche et original, sauvage et intelligent, profond et proéminent, lourd et rond.Townshend a un physique bourré de sens.On ne peut passer à côté de ce corps pour expliquer sa musique.«Quand j’étais enfant, j’avais ce nez énorme et on me taquinait toujours à ce propos.Alors, je me disais: bon sang, je vais leur montrer, je pointerai mon grand pif dans tous les journaux d’Angleterre et là, ils ne riront plus.Mon jeu de scène était entièrement mis au point de manière à me transformer en corps pour faire oublier mon visage.» “ Son nouvel album, White City, n’est qu’une partie d’un projet multi-média comprenant une nouvelle (que l’on retrouve à l’endos de la pochette) et un vidéo de soixante minutes.«J’espère que ce projet donnera une nouvelle forme à la vidéo.Je suis très déçu du développement des clips conçus pour la promotion.Ça ressemble beaucoup plus à des commerciaux télé qu’à de l’art vidéo.Je m’intéresse à l’intégration complète des formes artistiques.» «Je suis né et j’ai grandi juste à côté de White City (un quartier de Londres), qui était en fait très grise.Les adultes allaient travailler, les enfants étaient à l’école et les journées passaient comme ça, sans surprises.Les plaisirs étaient rares et appréciés.Je suis retourné à White City un matin de l’été dernier, à l’aube.J’ai marché dans le quartier.Quand les enfants sont sortis pour aller à l’école, les rues menaçantes ont changé.Elles bouillonnaient de vie, d’enthousiasme.Il me semble qu’il n’y faisait pas aussi bon vivre à mon époque».Évidemment, Pete Townshend est encore pleins de projets.Le premier de ceux-ci devrait voir le jour incessamment sous la forme de Scoop II, seconde compilation de démos maisons.Puis il travaillera avec l’ex-chanteur des Who, Roger Daltrey, sur un nouvel album, donnant ainsi suite à After the Fire qui figure sur le dernier disque de Daltrey.Finalement, ce qui lui tient le plus à coeur, le projet Li-fehouse, qui sera, comme White City, multi-média.Lifehouse est en chantier depuis 1972, alors que Townshend était encore avec tes Who.Décidément, la vie commence à quarante ans pour Pete Townshend.¦ 64 65 Comment tout extraire de vos disques.Peu importe le prix.LE CHOIX DES PROFESSIONNELS.1^ POUR PLUS D'INFORMATIONS.VOYEZ VOTRE REVENDEUR STANTON OU ÉCRIVEZ À: ' ?105 Sparks Ave.Wlllowdale.Ont.M2H 2S5 Sous les 110$.La nouvelle L747 allie plus de caractéristiques dans une seule cellule que plusieurs manufacturiers le font dans ur.e gamme entière: le dessin à enfichage P pratique (des adaptateurs sont disponibles pour montage standard), la pointe ' Stereohedron exclusive et la construction à quatre bobines anti-ronronnement.Écoutez-là et écoutez toute la musique délaissée par les autres cellules.D’autres cellules enfichables sont disponibles de 30$ à 109$.,, Sous les 50$ Le standard de diffusion au Canada — les stations de radio et les studios d'enregistrement ont choisi Stanton dans une proportion de 3 pour 1 plutôt que n’importe quelle autre marque.Pourquoi?Le rendement — y compris une réponse linéaire de 20 Hz à 22 Khz et une élasticité améliorée.À ce prix, il n'y a aucune excuse à choisir moindre que Stanton.Sous les 300$.Rien de moins que révolutionnaire, le EPOCH II de Stanton offre une extraordinaire batterie de caractéristiques: torce d'appui de seulement3/.gramme,massede l'aiguille ultra-faible, levier à rigidité de diamant, pointe Stereohedron II et calibration individuelle.Si vous avez la chaine appropriée, la EPOCH II possède tout le rendement requis pour extraire TOUTE la musique de vôs disques.De 115$ à 299$.DISQUES, LIVRES ET CASSETTES USAGÉS MB PICTURES fie womA fi/téA&nleyt, JANVIER Un production King’s Road THE BEST OF TIMES mettant en vedette Robin Williams, Kurt Russell Holly Palance A VENIR Steven Spielberg présente un film de Richard Benjamin § MONEY F T une comedie historique LEGEND une aventure mettant en vedette Tom Cruise Mia Sara et Tim Curry Proclame «Meilleur Film» par: -L’Académie Britannique du Film -L’Association des Critiques de Films de Los Angeles ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo Ray Char.es: ««évr'er £u Mlles Davis: 9 févrtei Tina Turner: 16 **"ier Duran: 2 n>ars IBIIIB Duran Dur «LuKant* sur les millHI «rtr*0P*«^S?uM106.1)- ISSSBlmSH ^ en diffus^ stéreop^ aMO MF I Jtiéfifiiiï ““ âSX Ç?^hec vjyjéSSS’ ® ^ .P*»* te ARCADIA So Rod The Rose Capitol SV-12428 Pendant que la moitié newyorkisée d’un des maxi-groupes de la planète escalade les palmarès au cours d’une excursion «provisoire» qui s’éternise, l’autre moitié forme Arcadia et accouche après 10 mois d’un disque ambitieux, que Roger Taylor décrivait (Québec Rock no 99) comme.«rattaché à l’aspect symphonique de Duran Duran, alors que Po- ?\ THE CLASH Cut The Crap Epic FET-40017 BIG AUDIO DYNAMITE This Is Big Audio Dynamite CBS-FC-40220 Les preux chevaliers sauveurs du rock’n’roll sont de retour! En 77, ils étaient le plus grand groupe de rock.Qui ne s’est pas transformé en pogo en dansant sur l’hymne incandescent qu’est London Calling?En 85, après la rupture difficile avec Mick Jones, qui était selon moi, l’âme du Clash, les revoici plus nuis que jamais, malheureusement vivants.If reste tout de même deux membres originaux: le colérique Joe Strummer et le discret Paul Simonon.Cut The Crap nous ramène huit ans en arrière dans un no future aux collages anarchiques et aux crinières iroquoises.Contrairement à Strummer, le rock et ses adeptes ont changé, ont évolué et ont d’autres chats à fouetter que les ineptes Clash.Les titres des chansons sont éloquents.Dirty Punk, We Are the Clash (auto-suggestion, renforcement, comme s’ils n’en étaient pas sûrs.), This is England, Dictator, etc.Comment peut-on en dire tant et en faire si peu?Oui, oui, vous êtes les Clash et c'est l’Angleterre, et quoi encore?On respire de l’air?Non, pas possible! Ces nouveaux Clash nous prennent pour des idiots.À trop faire attendre, on n’espère plus et on oublie.Par contre, le Big Audio Dynamite de Mick Jones est beaucoup plus sympathique.On y est respectueux et on se prend moins au sérieux.Moins d’agressivité inutile, plus de sourires, le politique est toujours au rendez-vous, mais pas tautologique comme dans Cut The Crap.Le leitmotiv de BAD, c’est une musique de danse intelligente et puissante, forte et moderne.BAD réinvente le rock métissé et abuse de techno.BAD ne fait que des chansons re-mixées, pleines de breaks imaginatifs, de drum-machines explosives.Mick Jones n’a jamais aussi bien chanté.Comparé à Strummer, c’est Sinatra contre Mad Dog Vachon.McCartney contre Rambo.C’est définitivement un genre nouveau auquel nous convie BAD.Près des toasters de NY, mais original.L.S.wer Station vient du côté dur.» Si le phénomène Power Station pique la curiosité de leurs fans et joue le rôle d’éclaireur, Simon LeBon, Nick Rhodes et Roger Taylor assurent leurs arrières en tirant de fort prestigieux lapins (Sting, David Gilmour, Herbie Hancock) du haut-de-forme du jet-set musical.Le résultat, inégal quant à l'invention mélodique et au contenu verbal, implique toutefois une somme de travail considérable où le multi-piste permet à une foule de peintres sonores de brosser une fresque géante par couches successives.L’hermétisme un peu confus d’Election Day ouvre la première face.Ça sonne bien, mais MmeThatcherpeut voguertranquille, ce n’est pas le capitaine LeBon qui va la torpiller vraiment, il reste poli en prévision de son prochain naufrage.Ensuite on frôle dangereusement la banalité avec des déclarations aussi surprenantes que «Hey goodbye, goodbye is forever.» Arcadia n’a pas toujours quelque chose à dire, mais s’arrange pour le dire de façon grandiose.Le texte fait partie de la musique, un choix souvent bien commode.Plus originale, la deuxième face contient des emprunts à différentes traditions musicales, un violon tzigane, un koto japonais, et des trouvailles magiques quant à l’ambiance entourant des textes plus audacieux.Le point culminant arrive in extremis avec Ladylce, qui n’éblouira pas les programmeurs de radio AM, mais justifie enfin l’emploi surabondant des machines «intelligentes» entendues tout au long d’un disque qui doit une bonne part de sa brillance à la technologie.F.J.PETE TOWNSHEND White City—A Novel WEA 79 04731 White City est l’album de la résurrection de Pete Townshend.Avec à ses côtés la section rythmique de Big Country, Pino Palladino (le bassiste de Paul Young) et David Gilmour, Townshend est celui qui fait la liaison entre la vieille garde et les jeunes lions.Toujours aussi puissant, aussi revendicateur, aussi fougueux, il est un des rares à pouvoir prendre le thé avec le prince Charles et, ensuite, parler 68 WNte City guitare avec les kids de son quartier.Musicalement, il déploie autant d’agressivité qu’avant, mais cette fois, elle est canalisée par la production impeccable de Chris Thomas.On connaît bien sûr Give Blood et Face the Face, mais retournez la galette, vous découvrirez le superbe Come to Marna, une chanson dédiée à sa mère, et White City Fighting, co-écrite par Townshend et Gilmour, résumant tout le concept, toute la pensée du projet White City.Ne manquez pas non plus la nouvelle au verso de la pochette nous démontrant les talents littéraires de ce brave Pete.L.S.HOODOO GURUS Mars Needs Guitars! Mercury MERM I Mais qu’ont-ils donc tous ces nouveaux groupes à se jeter dans le petit train du revival country-rock?À la limite, des groupes comme Lone Justice, Long Ryders ou Green on Red ont l’excuse d’habiter en Californie.De la part des Hoodoo Gurus, c’est moins pardonnable: ces inconditionnels du garagisme ont galéré dur dans tous les trous paumés du désert australien en désespérant de leur avenir et en s’accrochant à leurs guitares comme des vautours; ils ont enregistré un premier disque (Stonage Romeos) qui prouvait que le néo-sixties pouvait enfin être transcendé par une IVI/VFSS IV E E GE IT/V F* «B ambiance raffinée et moderne; et puis, ils ont ressorti chemises paisley et lunettes noires des boules à mites avant tout le monde sans jamais sombrer dans l’hommage nostalgique.Peut-on donc leur en vouloir d’avoir signé avec Mercury?D’avoir joué ici la carte commerciale, témoignant du désir ardent d’être reconnu et accepté du public américain?Album moyen et plutôt décevant, Mars Needs Guitars! ne l'est que relativement.Car, disons-le tout haut, il serait davantage souhai- table d’entendre Bittersweet d\x fois par jour à la radio que n’importe quel hit d’Arcadia, Duran, Wham!, ou Culture Club.C.B.MIDGE URE The Gift Chrysalis CHR 1508 Il y a décidément du Ultravox là-dedans.Mais ça, on ne peut l’éviter, puisque Ure fait partie de ce groupe depuis si longtemps.C’est sa personnalité qui transpire de la musique.The Gift est, comme son nom l’indique, un véritable cadeau.Il se laisse écouter tout seul, sans protestation, sans questions.Ure a su utiliser tout ce qui lui tombait sous la main: sa porte de garage, par exemple, pour mieux imager The Chieftains.Ou un vieil instrument oriental pour donner le ton à Edo.Et des textes.Ure compose une prose sensible et imagée.Wastelands jette un regard critique sur l’industrie du rêve qu’est celle du showbiz.Sa plume est légère et imaginative.Avec Midge Ure, la vieille garde de la nouvelle vague britannique se porte mieux que jamais.M-CG.ASIA Astra Geffen XGHS 24072 Prenez 4 musiciens de super-groupes des années 70: John Wetton, bassiste chez King Crimson, Palmer de ELP, Geoff Downes de Yes, et, pour cet album, Mandy Meyer, ex-Krokus, à la guitare (qui remplace Steve Howe), et vous obtenez un son rock FM poli, pompier, à peine supportable.Le premier album, grâce à la renommée des musiciens et à quelques hits radiophoniques s’était bien vendu.Leur deuxième, copie intégrale du premier, avait obtenu un succès plus que mitigé, sentant vraiment trop le réchauffé.Pour ce troisième, intitulé Astra, la formation a le malheur de persévérer dans le même style dégoulinant de synthétiseurs.Le rock d’Asia a pris de la bedaine, annonçant bientôt la crise des 40 ans, la crise de mi-carrière (peut-être est-ce le temps pour eux de songer à se recycler?).La dynamique et la qualité du son ne décevront pas les amateurs du genre.Le «Royal Philarmonic Orchestra» apparaît d’ailleurs sur la dernière pièce, dont le refrain me sert de conclusion: «Rock and Roll dream, not what it seems.» L.L.LOVE AND ROCKETS Seventh Dream Of Teenage Heaven Beggars Banquet VOG 1 3362 Du bon travail! Des guitares fusées ou planantes qui font frissonner; une batterie qui prend d’assaut aux bons moments; une basse qui sert d’épine dorsale en soutenant le tout.Love and Rockets: une nouvelle façon d’apprêter la musique à la sauce psychédélique.Ceux qui s’attendent à un album à la Ball of Confusion seront surpris.D’ailleurs, on ne retrouve pas le hit sur la copie britannique.L’at- LOVE AND ROCKETS piiillg! SEVENTH DREAM OF TEENAGE HEAVEN ms mosphère qui se dégage de Seventh Dream en est une de couleurs et de sensations.Les harmonies vocales de Daniel Ash et David J.hantent la musique avec la morbidité appropriée.Voilà un album qui retient assurément l’attention.Les pièces se suivent sans briser l’ambiance et, lorsque les dernières notes de l’instrumental Saudade (saw-da-dé) finissent de résonner, on en redemande encore et encore.M-CG.THE CULT Love Beggars Banquet VOG-1-3365 Toute cette soudaine exaltation pour The Qül cuLjr $.x y à * l i i\/r 69 Cult est insoutenable.Ces clowns ne sortent pourtant pas de nulle part: gradé de l’ancienne légion des punks «positifs» (Sisters of Mercy, Theatre of Hate, Bauhaus) The Cult n’est en fait qu’une version remaniée de Death Cult qui, elle-même, en était une de Southern Death Cult.Sous la direction fascisante d’Astbury, chanteur-compositeur du Cuit, le groupe s’est en effet mis à la page: en se forçant, il arrive presqu’à sonner comme un bon sous-produit de U2 et cie.Le soliste ayant passé le plus clair de sa jeunesse au beau pays des succédanés, le Canada, on ne s’étonne plus de rien.Pas même de ses apologies vaseuses de Deep Purple et Led Zeppelin.Alors?Ou Astbury est tombé sur la tête, ou il a croisé trop de beer-bash à Hamilton, ou bien il y prenait trop de drogues.Mais le visage maigre et osseux, les yeux globuleux et la voix suppliante de condamné à mort d’Astbury ne laissent plus de doutes: il respirera autant d’encens qu’il peut, son album Love demeurera un essai poussif de hard-rock américain, le penchant anglais et pompeux de Bryan Adams et Van Halen.La basse est ronflante, la batterie musclée, les guitares incisives et faussement délabrées.La machine est efficace mais répète inlassablement des motifs éculés dont même le Fillmore East a perdu le souvenir.C.B.THE MUSIC OF KURT WEIL Lost In The Stars A&M SP-9 5104 Lost in the Stars est la troisième compilation due à Hal Wilner.La première fut consacrée à Nino Rota (superbe, écoutez la musique des films de Fellini), la seconde à Thelonious Monk (That’s the Way I Feel Now, indispensable).Celle-ci est dédiée à Kurt Weil, compositeur né allemand en 1900, mort américain en 1950.Au service de Kurt Weil, une palette généreuse de voix (Marianne Faithfull, Sting, Lou Reed, Tom Waits, Aaron Neville, etc.) et un temple de la renommée des instrumentistes -.J ^KTüfV^ (Todd Rundgren, Charlie Haden, Fred Frith, Branford Marsalis, John Zorn, etc.).Comment voulez-vous que ce disque soit mauvais?Comment ne pas aimer Kurt Weil?Ambiance douce-amère, violon écorche-coeur, opérettes berlinoises, paroles de Bertolt Brecht, dyslexie new-yorkaise, cabaret décadent.Vous avez là la base, l’essence même de ce qu’un compositeur peut avoir de mieux.Lost in the Stars, The Music of Kurt Weil est votre première obligation de l’année.L.S.THE JESUS AND MARY CHAIN Psychocandy WEA 24 07901 Les quatre écossais de Jesus and Mary Chain ont la vie dure: leurs spectacles provoquent des émeutes et WEA semble peu soucieux de les signer pour leur distribution américaine, préférant ces pleutres de Dream Academy qui partagent étrangement le même label, Blanco y Negro.Mais voilà, The Jesus and Mary Chain est trop scandaleux pour tous les faux puritains qui voulaient interdire «Je Vous Salue Marie» de Godard et qui, en 76, n’ont pourtant pas hésité à signer les Sex Pistols.Et c’est dommage, car nous sommes en train de passer à côté du premier groupe rock important depuis le phénomène punk.Important parce qu’immo- PSYCH0 ral, radical et tellement hors-mode qu’ils risquent de se séparer d'ici six mois.Imaginez les Beach Boys (circa 66) et Donny Osmond enregistrant avec les Damned (circa 77), les Sex Pistols et Joy Division en même temps, un album que produirait l’ex-producteur des Ro-nettes et Crystals, Phil Spector: Voix suave, jamais criarde; rythmique rampante, jamais excitée; guitares hululant comme des chimères une nuit de pleine lune et un son suintant comme l’humidité des cavernes de Croma-gnon.Bref, il y a ceux qui renieront Psychocandy tel un vulgaire accident de la nature.Les autres le salueront comme le salutaire laxatif qui purifiera leurs âmes encrassées par la médiocrité.C.B.JONI MITCHELL Dog Eat Dog Geffen XGHS 24074 Il faut rendre hommage à Joni Mitchell pour la persistance de sa démarche.À travers les vents et les marées des modes et des styles à l’ordre du jour, elle garde la meilleure attitude possible: elle les devance de cent coudées.Toujours débordante d’idées, chaque nouvelle parution enrichit son répertoire, prolonge une tendance amorcée sur le disque précédent ou bifurque soudainement vers des terres inexplorées.Dog Eat Dog reprend le jazz/rock savant de Wild Things Run Fast: on retrouve Larry Klein et sa profonde basse, Vin-nie Colaiuta à la batterie, le saxo évanescent de Wayne Shorter à deux reprises, mais le tout se colore de l’usage fréquent de l’informatique musicale.Ici encore Joni Mitchell donne l’exemple, elle se sert des claviers programmés avec son goût sûr de grande artiste.Ses textes naguère plutôt intimistes ou même égocentriques s’ouvrent sur le monde (Ethiopia, Tax Free, The Three Great Stimulants, Dog Eat Dog) et, quand elle revient à son cas personnel, c’est pour ciseler un bijou, Lucky Girl.«I’m a lucky girl, I found my friend».Elle a de la chance, comme artiste, de pouvoir suivre sa propre étoile, mais s’agit-il vraiment de chance?La chance, a dit je ne sais plus qui, c’est le mérite des autres.FJ.THE WATERBOYS This is the Sea Island ISL-1058 Mike Scott aurait-il enfin un groupe?Longtemps, sa manie de vouloir jouer de tout (piano, chant, basse, guitare) l’a éloigné du reste du monde.Égocentrique au dernier degré, narcissique jusqu’à l’os, le beau Scott a su se faire détester de tous.Aurait-il donc enfin un groupe?The Water-boys, nom qui servait plus à dénommer un projet solo, semble aujourd’hui cacher un noyau plus divers, et plus solide.En les personnes de Karl Wallinger (basse et claviers) et Anthony Thistlethwaite (saxophone), nous verrons les parfaits compléments à cet Écossais d’Édimbourg aux allures d’ange déchu, et dont le lyrisme déchirant ne sera pas sans rappeler celui d’un Jeffrey Lee Pierce.Le disque précédent avait su redorer le blason d’un rock épique que les Anglais faisaient souvent tomber dans le néant.Mais tout comme eux, Scott alourdit quelquefois sa production de détails inutiles, de sonorités brouillonnes et d’idées confuses.À l'école de Bowie, les Waterboys ne figurent pas comme les derniers des cancres.Avec This is the Sea, ils font preuve d’une maîtrise de ce style difficile qu’est le romantisme rimbaldien.Plus près de Echo and the Bunny-men que de U2, les Waterboys possèdent également cette verve indisciplinée des petits génies incompris.C.B.70 PATBENATAR Seven The Hard Way Chrysalis CHX-41507 Bon, c’est son 6ième album studio: après In the Heat of the Night, Crimes of Passion, Precious Time, Get Nervous et Tropico, voici Seven The Hard Way.Sa biographie nous le dit, elle a été élevée à la dure à Brooklyn.Ça transparaissait dans ses 4 premiers albums, qui renfermaient un rock de béton, mettant en vedette une voix haut-perchée néanmoins chargée d’émotions.Avec Tropico le son devint plus commercial, amenant avec lui le succès tant attendu.Seven The Hard Way s’inscrit donc logiquement dans la même veine que son prédécesseur.Ma foi, on ne peut lui en HHKHi 1 vouloir de tenir à conserver sa place chèrement acquise à sa cinquième tentative discographique.Produit par son mari, qui allie ses talents de guitariste à celui de producteur, l’album comporte bien sûr le hit radiophonique de circonstance (Invincible pour ceux qui n’ont pas écouté la radio ces derniers mois).Ça sent la recette, mais l’urgence dans la voie de madame Benatar-Geraldo rachète l’ensemble.Je suis peut-être victime du complexe de Lolita, mais cette femme aux allures de petite fille transmet bien l’énergie de sa musique.L.L.SADE promise Portrait FR 40263 Voici le disque parfait à avoir sous la main lorsque vous avez invité l’élu(e) de votre coeur pour une soirée romantique.Le vin est bien chambré, le soufflet au fromage s’annonce exceptionnel et vous vous mettez à table au moment où l’aiguille se pose délicatement sur le vinyle.La première pièce vous surprend un peu par une instrumentation «big band» qui ne PROM'ISF dure que le temps de l’introduction.Le reste de l’album se caractérise par le côté dépouillé des arrangements.Le son «Sade», comme les 5 millions de personnes qui ont acheté son premier disque, j’aime bien: ces percussions très latines, le mélange sexy de la voix et du saxophone, la subtilité textura-le des claviers, la basse bien ronde.Dans Promise, tout y est: la voix de Sade est toujours aussi chaude, mais l’ensemble ne décolle pas, le soufflet n’a pas monté.Le problème de cet album, c’est le manque de mélodies accrocheuses; d’une chanson à l’autre les intervalles et la diction sont identiques.Après tout, ce n’est peut-être que le syndrome classique du deuxième album, quand les marchands de musique vous pressent et que le marketing se fait dictateur.L.L.CRUZADOS Cruzados Arista AL8-8383 L.A.Typiquement L.A.Comme The Blasters.Comme Los Lobos.Les buildings, le smog, emprisonnants.L’océan, horizon d’évasion, sans limite, l’espoir.Les chansons sont identiques au paysage: déroutantes à prime abord.Le rock, brut, carré, (oserais-je?) pur, urbain.Mais l’espoirtout de même, la joie de vivre, la certitude qu’on vit une époque aussi formidable que la sensation d’avoir la motocyclette coincée entre ses cuisses, que celle de bouffer les autoroutes, dévorer les déserts et de gober la liberté.Les Cruzados nous balancent leur premier disque aussi facilement, aussi inopinément que \’Autre multipliait le pain et les poissons.Ils croient en leur musique, au rock comme s’ils étaient les premiers à tenir une guitare électrique.Cette foi défonce les hauts-parleurs et envahit non seulement les oreilles mais le corps entier.Il est rare que je m’emballe pour deux, trois accords de rock’n’roll.Il me faut vraiment un grand art pour que ce soit le cas.Les Cruzados possèdent cet art.Et ils ne font pas que l’avoir: la possession exige l’intégration, l’inspiration, le dévouement, la transpiration.Ils ont tout ça.L.S.GENELOVES JEZEBEL Vertigo VOM 1 3355 L’habituelle formation guitares, piano, basse et batterie, permet d’innombrables variations de rythmes et de timbres, mais la quantité industrielle de groupes utilisant les mêmes instruments finit par épuiser un bon nombre de possibilités.Pour un public attentif, les chansons de ce deuxième disque des ju- meaux Aston peuvent sans doute se distinguer les unes des autres, mais pour qui n’est pas conquis d’avance, seules quelques-unes sortiront du rang du rock métallique mixé lointain avec gros reverb où les paroles se perdent.Cependant, dans Stephen (face A), le groupe invente un nouvel usage aux accords soutenus de guitares distordues tandis que la mélodie évoque les meilleurs slows des Stones.Somme toute, le groupe fait bon usage d’un budget limité.FJ.RUBEN BLADES Escenas Elektra 96 04321 Révolutionner la salsa, un des genres de musique les plus conventionnels des deux Amériques, voilà le but de Ruben Blades, auteur, musicien et chanteur panaméen, premier rôle du film Crossover Dreams, et maintenant diplômé en droit de Harvard.Il y arrive en traitant des thèmes actuels (Tierra Dura: l’Éthiopie, Caina: la cocaïne) au lieu de rabâcher les éternelles invitations à la danse et les imprécations contre la femme infidèle.Escenas plaira aux amateurs de salsa qui pourront danser sans s’arrêter au sens percu- Rubén Blades y Seis del Solar Ê ê .éi tant des paroles, et ravira les hispanophones qui découvriront une écriture hautement intelligente n’enlevant rien à l’entrain de la musique.En plus de la basse et du piano on retrouve les congas, les bongos et la cloche à vache typiques, mais Blades leur allie la puissance d’une batterie rock et remplace les cuivres par deux synthétiseurs, ce qui modernise l’ensemble quitte à sacrifier un peu de conviction.Comme invités spéciaux, on a droit à Joe Jackson dans un solo de «sintetizador» (Can-cion del final del Mundo), et à Linda Ronstaçjt chantant un espagnol impeccable dans un duo avec Blades, S/Venc/os.F.J.71 DIVINYLS Chrysalis CHS 41511 Les Divinyls ont déjà été plus sauvages.Mais business oblige.Christina Amphlett a déjà eu une allure un peu plus outrageuse.Soit, ses uniformes demeurent, mais son look s’est sensiblement assagi.Le résultat est apparent sur What A Life!: du punk civilisé.Civilisé?Oui, car on a réussi à contrôler l’énergie du groupe, à la mettre en laisse.La réalisation coule comme de l’eau.Les guitares sont mordantes juste comme il faut; les percussions sont fracassantes, mais pas trop.Bref, nous sommes en présence d’un album bien léché, sans de trop grandes variations.Il demeure, cependant, les textes de Amphlett.À l’image de la femme des années 80: elle jette un regard cynique sur les dragueurs de bar (Casual Encounter) ou sur le mythe du Prince Charmant (Sleeping Beauty).Son élocution fait parfois sourire et ses intonations rappellent celles des Benatar ou Mills.Intéressant, mais pas essentiel.M-CG.THE ICICLE WORKS Beggars Banquet TIW-1 Il est temps de sortir son chapeau de paille, sa chemise à carreaux, sa salopette et de se planter un brin de blé ou d’avoine entre les dents.Pour plus d’effets, on peut glisser ses pouces sous ses bretelles et se promener en bombant fièrement le torse.Voilà: maintenant vous pouvez écouter Seven Horses Deep! Les Icicle Works s’étaient établis comme un groupe à la tête de la nouvelle vague néopsychédélique commencée en Angleterre il y a un peu plus d’un an.On avait trouvé toutes sortes de bonnes choses à dire à leur sujet.THE ICICLE WORKS Mais Seven Horses Deep?Cela veut dire quoi, au juste?Un retour vers la base?Avec des accords de guitares très country-western.Les Américains y arrivent beaucoup mieux.Non pas que cet album soit déplaisant.Pas du tout.McNabb chante bien et compose de belles mélodies.Mais ça traîne de la patte.Un disque qui sert de bien joli fond à la conversation M-CG.THE LONG RYDERS State Of Our Union Island ISL-1072 Pour situer ce groupe californien qui emprunta son nom au film de Walter Hill (The Warriors), précisions que son chanteur, compositeur et guitariste Sid Griffin s’est payé le luxe d’écrire une biographie sur le légendaire chanteur de country-rock et fondateur du groupe The Flying Burrito Bros., Gram Parsons.Pour ceux qui connaissent un peu Parsons et sa fin tragique dans le désert de Mojave, cela leur donnera une idée du propos et du ton: regain de nationalisme américain et volonté d’authencitité parrainée par un retour aux sources, aux barbiches à la Lincoln et à l’esprit qui régnait durant la guerre de Sécession.THE LONG RYDERS S TATE OF OUR UNION •:> wC., ,lf Ce pourrait être flamboyant, du moins excitant, tout comme Jason and the Scorchers; mais non, tout cela sent la rance et ressemble au tas de poussière qui se dépose depuis cent ans sur les tombes des martyrs de la Confédération.Stupidement rangés dans le clan du Paisley Underground, les Long Ryders ont connu leur heure de gloire avec un EP (10-5-60) et un album (Native Sons) qui avaient su éviter les tics de prêcheurs.State of Our Union confirme mes craintes : ce revival de country-rock (remember Poco?) est une mauvaise blague.Dites-moi, qui veut traverser le désert à dos d’âne en 1986?C.B.10,000 MANIACS The Wishing Hair Elektra 96 04281 Ce groupe de Jamestown, petite ville tranquille de l’état de New York, nous propose dans un deuxième disque enregistré à Londres un voyage nostalgique au coeur folkie des années soixante, des poèmes en vers libres chantés d’une voix unie par leur auteur Natalie Merchant sur fond de guitare à douze cordes, mandoline, piano, accordéon et batterie discrète, éclairé à l’occasion par des éclats de guitare électrique.La musique sort rarement du premier degré où le confinent les instruments acoustiques égrènant quelques arpèges superposés, mais 10,000 MANIACS The Wishing Chair le défilé serré des paroles domine l’ensemble avec un contenu aussi abondant que celui des journaux des dix dernières années et une construction aussi hasardeuse que celle des chansons improvisées par des enfants jouant dans un rayon de soleil.Le délire des enfants charme et surprend bien souvent, mais les strophes de Mlle Merchant s’alignent presque sans refrain et sans accent mélodique puissant, imitation sonore de l’interminable tapisserie de Pénélope, et distillent un ennui plus ou moins profond, rompu à l’occasion par une chanson à l’identité plus marquée et à la prosodie moins fragile, comme My Mother The War.FJ.THE UNTOUCHABLES Wild Child Stiff/MCA-5634 Lancés par d’anciens Specials établis à Los Angeles, les Untouchables nous livrent un premier album d’inspiration «motown».Êtes-vous parés pour le voyage dans le temps?Alors, attachez vos ceintures: même la batterie sonne comme sur les enregistrements de l’époque! Et on ne s’arrête pas là: un rap, un reggae, un funk qui utilise les riffs de sax à la James Brown, sans oublier une pièce de ska.Cet album est une véritable anthologie de la musique soul, même si tous les titres ont été composés en 1985.Les intouchables ont du mmw IIS® charme, bien que l’innovation et l'originalité ne soient pas au rendez-vous.La production de Stewart Levine leur confère une certaine authenticité; le son «live» et les arrangements, somme toute assez simples, laissent de plus supposer un bon groupe de scène.Pour votre prochain party, succès assuré avec The Untouchables: ils sauront faire danser vos invités.Les pièces s’enchaînent si bien d’un rythme à l'autre que vous pourriez donner congé à votre DJ pour toute une face.L.L.72 POUR CEUX ET CELLES QUI SONT CRÉATIFS.LE STUDIO D'ENREGISTREMENT MULTI-PISTES PORTATIF.TASCAM Produits Teac Production .' r ." l / ¦Éifi 'Jm •4lï 4* r w I 'W'" Wn : ¦ I ?'f ' V m « li .m % ¦f i i W: ' A _X I \ ' • f s' /q.: ^ , ^ j t ^ *\ | ' , * .* * ' Y# ' / i »> , -/ S_ :ii\ » ¦Y TASCAM MINISTUDIO THE PORTA ONE Pour plus d'informations, voyez votre vendeur TASCAM ou écrivez à TASCAM, TEAC CANADA LTD, 3610 Mashua Dr #1.Mississauga, Ontario L4V 1L2 RENAUD •\ U N * N ! •( RA' ° nT w Mistral Gagnant LE FABULEUX NOUVEL ALBUM INCLUANT LA CHANSON DE LANNÉE MISS MAGGIE DISPONIBLE SUR DISQUE, CASSETTE CR02 ET COMPACT DISC distribution m ¦ ntl H RECORDS l’étiquette Records Canada Inc.¦ Comptoir de vente et location d'équipement d'éclairage professionnel Distributeur: Filtres Lee, Lampes G.E., Sylvania, Osram, Philips, Thorn EMI Et toujours .Service de conception et installation.techniciens professionnels • Situation stratégique au coeur de l'action Service hors-pair depuis 1979 Shawinigan • I Trois-Rivières •, Québec % Montréal Orummondville 840 Boland, Trois-Rivières, Québec, G8Z 4H2 (819) 372-0600 & A m .t:: îi'i'
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