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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1957, Collections de BAnQ.

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ÉDIFICE DESJARDINS % 1 f * DESJARDINS itnriainiiaoioni' •t I Février 1957 XXIII —N BILLET -—— ?- PARCE qu il se croyait instruit, il se donnait le droit de parler de tout, de trancher toutes les questions: le pauvre jeune homme ne donnait plus de Limite à sa science.Plus on L’écoutait {et on l’écoutait), plus le champ de ses connaissances s’élargissait.Or, un jour qu il parlait d’armes de guerre, bombe atomique, chimie, aviation, des belles situations nouvelles créées par le progrès moderne, il demande à un des jeunes qui l’écoutaient ; — Et toi, que seras-tu plus tard 1 — Vivant .s’il y a moyen.* ?* Etre vraiment vivant, et créer dans la mesure de nos jorces, laisser toute notre personnalité à notre besogne d’homme l N’ est-ce pas avec nos mains que La plupart d entre nous doivent gagner Leur vie et manifester leur vraie vie ?Et j’essaie d’imaginer ce qu’ont dû être les mains de ceux qui ont bâti tous ces beaux monuments qui ont défié Le temps.Que de doigté, de délicatesse, de prévision Jaut-il encore pour ceux qui vivent toujours par la merveilleuse participation qu ils prennent à bâtir : la basilique de Sainte-Anne, celle de l’Oratoire Saint-Joseph, celle du Cap.Pour construire Milan, Chartres, il a fallu Le temps sans doute, mais il a fallu d’abord des hommes avec toute leur intelligence et toute leur confiance : de grands inconnus restés vivants dans leur œuvre.Vivant ! non pas pour acquérir une situation lucrative, ou pour jouir de la vie, et tuer l’enthousiasme, mais vivant pour être de ceux qui voient grand, et savent « accrocher Leur idéal aux étoiles ».Vivant.s’il y a moyen, pour mieux servir, (( parce que nous sommes faits de la même étoffe que tous ceux qui nous entourent et comptent sur nous ».SL nous sommes chefs, il faudra être vivants pour tous ceux, avec tous ceux dont nous sommes responsables.« Tu seras le chef parce que tu es nécessaire à l’œuvre que je veux fonder.Tu devras fabriquer à ton tour d’autres chefs comme toi, qui auront du feu, du cœur, qui aimeront leur travail, qui auront la foi, la vraie foi dans le but à atteindre.» Vivant.s’il y a moyen, mais avec une généreuse simplicité, parce que nos pieds reposent toujours sur l’empire des morts.(( Tu aimeras à être compté pour rien.» Au terme de La vie, au moment de la reddition des comptes, à notre tour nous aurons Les mains pleines, heureux d’avoir laissé de bons exemples, d’avoir participé à l’œuvre du Créateur, de céder notre place à d’autres vivants dont Le beau travail sera possible parce qu il y aura eu d’abord le nôtre.(( Quand Dieu efface, a dit Bossuet, c est qu il va écrire.» Jos.Turmel N O T R E COUVERTURE.— Vieille maison de Québec sous la neige.tinjEEES a EDIFICE DESJARDINS DESJARDINS Organe otticiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XXIII, No 2 QUÉBEC Février 1957 Sommaire • Billet.Éditorial : Liquidité dans nos Caisses populaires Desjardins.In Memoriam.Prêts et perception.Production agricole.Propagande coopérative.r Epargne scolaire.La fonction sociale de Targent.L’épargne chez les jeunes 1.Glanures.Nos Caisses populaires.Une femme et une mère modèle.Les coopératives et l’éducation de base.Notes et commentaires.Service de renseignements.Consultation légale.L’obstiné .et le train.PAGE Jos.Turmel.22 C.Vaillancourt.23 .24 Rosario Tremblay.25 P.-É.C.26 M.le chanoine P.Grondin 27 r Paul-Emile Charron.28 S.Exc.M.sr L.Morin.29 Gérard Lévesque.30 .32 Jos.Turmel.33 Sr Marie-du-Calvaire.34 r Paul-Emile Charron.35 .36 .38 Le Conseiller juridique.39 G.-A.Larouche, pire.39 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59.AVENUE BÉGIN, LÉVIS, P.Q.PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.$1.50 Pour les autres.$2.00 LA REVUE DESJ ARD INS est imprimée aux aie Lier s Charrier e3 Dugai, inc., Québec- Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa. Liquidité dans nos Caisses populaires Desjardins -?- ON se rappelle qu'au cours des derniers mois de 1956 nous avons écrit quelques articles pour expliquer pourquoi nous procédions de telle et telle façon dans les !! Caisses populaires.Nous avons aussi parlé de la liquidité dans nos Caisses populaires, insistant sur le fait qu'elle devait être suffisante pour garantir à chacun des sociétaires de pouvoir retirer son argent sur demande.Des théoriciens, certes bien intentionnés, nous disaient que c'était trop exiger de recommander 15% de l'actif complètement liquide et 55% en obligations facilement réalisables.Le temps s'est vite chargé de nous donner raison ; les Caisses populaires qui ont suivi nos conseils voient actuellement que ce n'était pas trop demander, et celles qui ont passé outre nos recommandations regrettent aujourd'hui de ne pas nous avoir écoutés.Avec l'inflation, et la hausse des taux d'intérêt sur les valeurs il est à prévoir que l'épargne dans les Banques comme dans les Caisses populaires ne sera pas aussi abondante.Qu'on le veuille ou non, l'inflation existe.Ce qui se vendait $1.il y a quelques années, coûte aujourd'hui $2.; il en résulte plus de déboursés pour les acheteurs.Les salaires sont plus élevés, il est vrai, mais comme toujours dans les crises d’inflation, les salaires n'augmentent pas aussi vite que les prix.Il en est qui prétendent que la hausse des taux d'intérêt empêchera la construction de maisons, et que c'est là une des causes de l'inflation.C'est un argument qui ne vaut pas.Je suppose que le taux d'intérêt sur hypothèque, qui était de 5j/2%, solt porté à 6% ; que représente cette augmentation sur $1,000, ?$5.par année, soit un peu plus de $0.01 par jour.En regard de la hausse des salaires, ce n'est pratiquement rien.Mais je sais que dans une coopérative près de chez nous, pour des maisons comme celles qui, en 1955-56, coûtaient $11,000.il faut aujourd'hui débourser de $12,300.à $12,500.Est-ce la hausse du taux d'intérêt qui en est la cause ?Pas du tout puisque la Caisse populaire qui prête à cette coopérative demande le même taux d'intérêt qu'autrefois, et que les terrains se vendent le même prix depuis deux ou trois ans.La vraie cause, c'est qu'il y a eu deux hausses de salaire de $0.20 de l’heure chez les ouvriers depuis douze mois, et que les matériaux employés se vendent plus cher ; et, par ailleurs, les ouvriers travaillent un peu moins puisqu'on a réduit les heures et, il faut bien le dire, on ne fait pas trop d'effort.Voilà une des causes de l'inflation.Avant les deux dernières guerres, les taux d'intérêt sur hypothèque étaient de 5J^% et 6%.À ce moment-là on pouvait changer, comme nous le disions dans un article précédent, notre papier monnaie pour de l'or ; personne ne s'en plaignait.Aujourd'hui, il faudrait que ce soit simplement ceux qui empruntent qui puissent dicter leurs vues et obliger les épargnants à leur accorder le taux d'intérêt qu'ils réclament.Les emprunteurs ont profité pendant des années d’un taux d'intérêt très bas, ce qui a contribué d'une certaine manière à créer l'inflation, car les épargnants ne pouvaient plus vivre avec le revenu de leur capital, et ils ont spéculé.Lorsque nous demandons à nos Caisses populaires de garder 15% de leur actif complètement liquide, c'est-à-dire en argent en dépôt à leur Caisse régionale ou à une 24 LA REVUE DESJARDINS Québec, février 1957 Banque, et de placer Tautre 35% sur obligations facilement réalisables, nous n'exagérons pas dans les temps présents.Nous avons passé par des crises d'inflation, de déflation et de dépression, et l'expérience acquise nous a dicté notre ligne de conduite.La chose sembla peut-être facile à régler pour celui qui est enfermé dans un bureau à échafauder de belles théories, mais c'est une toute autre affaire quand vient le moment d'appliquer ces théories dans la pratique.Il est sûrement nécessaire d'avoir des théoriciens, mais nous voudrions que ces théoriciens tombent parfois dans la réalité, ce qui leur permettrait peut-être de nous donner d'autres principes qui pourraient mieux nous guider.Nous nous permettons aussi de conseiller à nos Caisses populaires de ne pas exagérer dans les dépenses d'aménagement de bureaux ou de construction de locaux.Il serait peut-être préférable de différer pour quelque temps certaines constructions, car actuellement les prix sont très élevés, et peut-être que dans un an ou deux, quand on aura atteint une certaine stabilité, les prix seront-ils plus avantageux.Nos dirigeants de Caisses populaires seraient bien avisés de nous signaler les cas d'abus commis par certains vendeurs d'obligations, cause peut-être de la régression dans les dépôts d'épargne de certaines Banques et Caisses populaires.Exemple : Les obligations du Dominion, 3%, échéances 1962-66, se transigent actuellement sur un pied de rendement d’environ 92.Des colporteurs d'obligations passent par les campagnes et chez les ouvriers des villes et vendent de ces valeurs aux petits épargnants par petits montants de $1,000., $2,000.ou $3,000.à la fois.Voici une valeur garantie par le gouvernement, leur disent-ils ; le taux d'intérêt n'est pas aussi élevé que sur d autres obligations mais vous avez uné garantie de premier ordre.Nous avons échangé ces obligations contre d'autres valeurs industrielles et nous avons pu faire notre bénéfice.Nous allons vous vendre ces valeurs du Dominion à 98, ce qui va vous donner plus que 3% et vous serez sûrs de toujours ravoir votre argent.— Voyez-vous les bénéfices réalisés par ces vendeurs 1 Ces abus doivent cesser.Si vous avez connaissance de telles choses, veuillez nous en avertir.Les gérants de Caisses populaires sont là pour protéger leurs sociétaires, ne l'oublions jamais.Agissons toujours dans nos Caisses populaires avec prudence et sécurité ; de cette façon les sociétaires seront bien convaincus que s'ils ont besoin de leur argent ils pourront le retirer sur demande.IN MEMORIAM À Saint-Louis-de-Pintendre, Lévis, est décédé M.Albert Vallières.M.Vallières a été notre premier gérant à la Caisse populaire.Son épouse, madame Vallières, avait charge de la comptabilité.Les services que l’un et l’autre ont rendus à la Caisse sont incalculables.A madame Vallière, nous offrons toutes nos sincères condoléances. O M.Gérard Bégin, gérant de la Caisse populaire de Christ-Roi (Lévis), a perdu son vénérable père, M.Nérée Bégin.Pendant de longues années, M.Bégin avait été à l’emploi de L’Action Catholique, à Québec.Nous prions la famille du défunt, particulièrement M.Gérard Bégin, d’accepter nos vives condoléances.Mess Leurs tes sociétaires, vous avez deux sociétés d!assurance qui vous appartiennent : la SOCIÉTÉ ((’ASSURANCE des CAISSES POPULAIRES et l’ASSURANCE-VIE DESJARDINS.Y pensez-vous? LA REVUE DESJARDINS 25 Volume XXIII, n° 2 COl].sen lires i ne Opü- IL est difficile, sinon impossible, :ett{ I de parler de la perception des prêts, sans étudier brièvement tout d'abord, le problème de l'autorisation des prêts par la Caisse populaire.1—CONSEILS GÉNÉRAUX Liquidité lert mp-à la M- rii ian.iploi Les Unions régionales et la Fédération, se basant sur l'expérience acquise, ont établi un pourcentage de liquidité applicable à toutes les Caisses populaires qui sont affiliées aux Unions régionales, membres de notre Fédération.Depuis que les règlements des Unions régionales ont été amendés, il y a quelques années, la Caisse populaire qui ne respecte pas ce pourcentage de liquidité se rend passible d’expulsion de l’Union.Dans la pratique, le pourcentage de liquidité d’une Caisse populaire doit être plus considérable encore que celui recommandé, s’il se trouve certains dépôts considérables qui sont susceptibles d’être retirés a brève échéance ou encore si la Caisse populaire a accepté des prêts dont le déboursé n’est pas encore fait.Petits prêts D’après ses règlements, la Cais- !se populaire doit d’abord consentir les demandes de petits prêts, avant de faire des prêts plus considérables.Il est donc normal pour une Caisse populaire d’avoir un bien plus grand nombre de prêts sur reconnaissances de dette que sur hypothèques.Aussi, sera-t-il permis de signaler un état de chose anormal, sou ventes fois constaté.Trop de coopératives vendent a crédit, contrairement aux saines méthodes et règles connues.C’est a la Caisse populaire qu’il appartient logiquement, a titre de coopérative de crédit, de financer ses membres lorsqu’elle peut le faire, en respectant les conditions sta- Prêts et perception -?- tutaires, afin de leur permettre d’acheter au comptant a leur coopérative.Ce procédé rend sûrement de grands services à la coopérative elle-même ; elle libère ainsi du fardeau dispendieux des comptes recevables et épargne son capital d’opération.Par ailleurs, la Caisse populaire jouant son rôle normal de coopérative de crédit, en retirera, elle aussi, des bénéfices appréciables.Découverts et chèques sans provisions suffisantes Il convient ici de rappeler de nouveau l’irrégularité et l’illégalité de consentir des avances indirectes sous forme de comptes à découvert ou de chèques sans provisions suffisantes, gardés dans l’encaisse.La commission de crédit est seule autorisée à faire des prêts à ses membres, et ces prêts doivent prendre la forme de reconnaissance de dette avec les garanties jugées convenables, ou la forme de prêt sur immeuble, garanti par hypothèque, bail conditionnel, etc.En procédant de cette manière, le montant du prêt étant admis, la présentation du document créant la dette, comme exhibit, suffit pour faire la preuve.Par contre, lorsqu’il s’agit de comptes d’épargne à découvert ou de chèques sans provisions suffisantes, si une poursuite judiciaire est entreprise, le fardeau de la preuve incombe a la Caisse populaire.2.— BIEN PRÊTER C’est au moment de l'étude des demandes d’emprunt et avant de consentir un prêt qu’il convient de prendre les dispositions nécessaires en vue de faciliter la perception.Si la Commission de crédit juge que le crédit moral et les garanties offertes par le sociétaire sont acceptables et que le prêt est conforme aux exigences ordinaires, elle peut consentir un prêt, mais il importe que Les condi-tions de remboursement soient proportionnées à ta capacité financière de chacun.Dans certains cas il vaudrait mieux, si c’est nécessaire.On plisse sur la Terrasse .en hiver à Québec.V -, ;«*• K N * ^ 26 LA REVUE DES JARDINS Québec, février 1957 augmenter le montant du prêt en vue de consolider les dettes de Tem-prunteur de façon à ce que celui-ci n’ait a faire des versements appropriés qu’à une seule institution.Pourquoi exiger des remboursements que l’emprunteur sera incapable de rencontrer.Mais une fois les conditions de remboursement bien établies et acceptées par l'emprunteur, il convient de faire comprendre à ce dernier, au moment de lui remettre le montant du prêt, qu’il devra respecter scrupuleusement ces conditions de remboursement sans avoir à lui adresser un avis quelconque trois ou quatre jours avant l’échéance de chaque versement.C’est à ce moment qu’il faut rappeler à l’emprunteur qu’un seul versement en retard rend exigible la balance impayée du prêt et que la Caisse peut exécuter cette clause à la suite d’un retard non motivé et non justifié.Il faut aussi rappeler au sociétaire que d’après l’article 33 des règlements, pour emprunter de nouveau, il devra « avoir remboursé tout emprunt antérieur, ou encore, n’être pas en retard pour le remboursement d’un prêt en cours ou des versements qu’il s’est obligé de faire )).3— BIEN PERCEVOIR La Cause populaire a le devoir strict d’exiger le respect des conditions de remboursement.Elle doit, si elle a à cœur de bien remplir son rôle auprès de ses membres, favoriser le désendettement des sociétaires et, en même temps, les habituer à respecter la parole donnée afin d’améliorer la valeur morale et sociale des individus et contribuer à former des hommes.Dès le moindre retard, un avis ferme devra être donné au sociétaire et, ensuite, des sanctions appliquées immédiatement.L’envoi systématique et répété d’avis aux sociétaires qui n’y apportent aucune attention n’est pas le moyen de se faire écouter.Un seul avis devrait être suffisant ; smon, des moyens énergiques, légaux ou autres, s’imposent afin d’assurer le maintien de l’autorité de la Caisse et le sérieux de son administration.Éviter les pertes Si ce moyen simple et formateur était scrupuleusement suivi dans chaque Caisse populaire, il n’y aurait jamais de pertes à subir.Elles sont très rares, mais on en attribue presque toujours la cause à la négligence des commissaires de crédit de percevoir les prêts à l’échéance de chacun des versements alors que l’emprunteur et la caution avaient les moyens de les rembourser : Après deux, cinq ou dix ans, des décès, de la maladie, des accidents, du chômage et autres faits se sont produits qui ont empêché d’une façon efficace, la Caisses populaire d’exercer tout recours civil et de récupérer son prêt.Résultat : la Caisse po’pu-laire doit subir une perte, et l’administration en est responsable d’une certaine manière pour ne pas avoir fait la perception en temps.Élément de confiance Lorsque la perception des prêts en cours se fait normalement, il en résulte une plus grande confiance chez les déposants qui réalisent La grandeur moyenne des fermes du Québec est passée de 116.8 à 125 acres, de 1941 à 1951.Elles se sont agrandies avec la mécanisation qui, tout en suppléant au manque de main-d'œuvre agricole, permet de produire davantage et à meilleur compte pour rencontrer la concurrence sur les marchés et pour augmenter les revenus agricoles.Nos cultivateurs doivent produire plus et à meilleur compte pour vivre.Un grand nombre de fermes de l’Est canadien ne font pas vivre leur monde ; les unes sont trop petites, les autres ne sont pas assez fertiles, d'autres sont mal exploitées, ou inadaptées à l'agriculture.Leurs propriétaires doivent aller quérir un supplément de revenu ailleurs.D'aucuns le trouvent dans l’exploitation durant l’hiver de ce qu’ils appellent leur (( terre à bois ».On serait peut-être surpris de connaître la superficie de terre que leurs épargnes sont en sécurité.Les dépôts ont donc tendance à augmenter.Combattre l’inflation La perception bien suivie des prêts aux sociétaires est un moyen efficace de combattre l’inflation et de permettre aux Caisses populaires de faire leur part en vue de favoriser le désendettement et l’habitude de l’épargne.L’appel pressant de suivre la perception régulière des prêts avec fermeté, s’adresse à toutes les Caisses populaires.Des commissaires de crédit font preuve de faiblesse, et ils ne contribuent pas ainsi à aider les emprunteurs en les laissant croupir dans les dettes qu’ils auraient pu et dû honorer depuis longtemps.Les emprunteurs seront les premiers à venir vous remercier d’avoir agi avec fermeté, les amenant en quelque sorte à payer leur dette et à acquérir de bonnes habitudes d’économie et d’épargne.Rosario Tremblay enlevée à la forêt qui n'aurait jamais dû l’être ; le retour à la forêt leur rendrait, dans l'intérêt de nos familles rurales, la vie utile qu’elle n'aurait jamais dû abandonner.* * * 11 y a plus de 100 ans l'agriculteur américain produisait assez de denrées agricoles pour sa subsistance et celle de trois autres personnes.En 1920, d’après M.S.E.Johnson, économiste rural, le cultivateur américain en produisait assez pour faire vivre dix personnes, et aujourd’hui, il en produit suffisamment pour 15 personnes.De meilleurs méthodes d'exploitation agricole et la mécanisation qui permet un meilleur travail de la terre expliquent sans doute en très grande partie du moins un tel résultat.P.-É.C.Production agricole Volume XXIII, n° 2 LA REVUE DESJARDINS 27 Propagande coopérative -?- À trente ans de distance, tes choses ont-ettes vraiment changé en mieux ?Permettez que t’on vous remette sous les yeux, cet article qu’écrivait M.le chanoine Grondin, sous le nom de plume : Louis Arneau : je vous le livre tel quel, sans rien y changer.Puisse-t-il nous jaire réfléchir .et agir si nous en avons le courage III -J.T.LE mouvement coopératif va.Il pourrait aller mieux encore.Il faut rintensifîer, le fortifier, le galvaniser dans tous les milieux.Je me demande si, pour faire ce travail, en outre des officiers ordinaires, il ne serait pas opportun de former un comité de propagande ?La propagande 1 Mais il faut en faire avant de fonder une coopérative, pendant qu elle se fonde, et surtout .après qu’elle est fondée.Cela veut dire .toujours.Messieurs les officiers des Caisses populaires et des autres coopératives, vous êtes-vous jamais posé à vous-mêmes les questions suivantes : Ai-je assez de sociétaires dans ma Caisse, dans ma coopérative ?Où vont les épargnes de mes concitoyens ?où vont-ils acheter, et, à qui vendent-ils ?Quel pourcentage de la population de ma paroisse fait partie de ma Caisse ?.de ma coopérative ?Je viens de feuilleter des rapport mensuels de Caisses des différentes unions régionales de la province, et des rapports de coopératives de consommation.J’ai constaté avec chagrin que, dans toutes ces organisations, le nombre de sociétaires n’est pas ce ypi’il devrait être.A quoi cela tient-il ?Nos gens ne connaissent pas leurs Caisses, leurs coopératives ne les comprennent pas.Nos gens ne pratiquent pas la petite épargne, ignorent la force de la ristourne.Nos gens placent mal leurs épargnes, ne savent pas acheter au comptant.Voulez-vous vous convaincre, à jamais, que nos gens ne savent pas acheter au comptant.Voulez-vous vous convaincre, à jamais, que nos gens ne savent pas épargner ?Entrez dans un restaurant, une salle de pool ou une taverne, regardez ce qui s’y passe.Hommes mariés, jeunes gens, filles, fillettes et enfants y achètent bière, suçons, chocolat, cigares et cigarettes, y fument autant d’allumettes que de tabac .À tel point que la principale industrie de chacun de nos villages, petits et gros, c’est le restaurant, la salle de pool, l’hôtel où l’on vend clandestinement de l’alcool.Tous ces gens-là se déclarent incapables d’acheter au comptant .Allons 1 Est-ce vrai, oui ou non, ce que je vous dis là ?* * * Comment réagir contre ce fléau, cette rage du gaspillage, érigé en système, cette rage de vivre à crédit ?D’abord, en organisant l’épargne scolaire, pour former la tête de nos enfants à l’économie.Ensuite, en incitant les pères de famille qui ont une tête — il doit encore s’en trouver — à ouvrir un compte d’épargne à chacun de leurs enfants, le jour de leur naissance.C’est là un travail qui s’impose.C’est une saine propagande qui augmentera normalement le nombre de sociétaires des coopératives.Ce faisant, vous ne ferez que mettre en pratique l’article 41 de vos Statuts qui se lit comme suit : (( Le conseil d’administration peut organiser et maintenir, pour les enfants, un service par lequel il recueillera des mises, même d’un sou.)) C’est pour répondre à ce vœu que les Caisses populaires ont organisé le service d’épargne scolaire .Comment réagir encore ?En vous entendant avec M.votre curé pour organiser une soirée récréative gratuite, lors des assemblées générales, et en lui demandant, trois ou quatre fois l’an, un petit bout de prône si possible.Tous les prêtres savent où mènent le gaspillage, l’achat à crédit et quelles en sont les conséquences morales.Un garçonnet qui, à dix ans, par esprit de sacrifice et d’économie, saura dompter son caprice en se passant d’un suçon saura dompter sa bête, à quinze ou vingt ans, quand elle exigera d’autres caprices.Un père de famille qui achète au comptant se privera de bien des choses inutiles.* * * Souvent nos gens placent mal leurs épargnes et achètent ailleurs des choses que le marchand du village peut leur fournir à bon compte.Faisons une saine propagande coopérative pour garder notre argent chez nous, dans les paroisses.Acheter à Toronto, c’est faire passer nos épargnes en des mains étrangères.Là, elles servent à consolider ces monopoles dont nous souffrons tant, et dont, socialement, nous mourrons, si nous ne réagissons pas.Nos épargnes, elles sont sorties de notre province, de notre pays, elles sont allées en Europe même.En 1924, en plein parlement, un ministre déclarait qu’une seule paroisse du Québec avait souscrit $100,000.— cent mille piastres — pour financer une ville de France. 28 LA REVUE DESJARDINS Québec, février 1957 Que sont devenues ces obligations (ou debentures) étrangères, pour les appeler par leurs nom ?.Toutes ou presque, elles ont été à jamais perdues par nos épargnants.La Rente, que rédigeait alors M.Olivar Asselin — un homme discuté, mais un patriote sincère — , la Rente, dis-je, écrivait : « C’est quelque chose comme 15 à 20 millions de dollars que DEVENIR un homme ce n'est pas simplement atteindre son plein développement physique, sa taille d'homme.Devenir un homme c'est aussi développer ses facultés intellectuelles.Car ce qui distingue l'homme des autres êtres de la création c'est l'intelligence, qui est faite pour la vérité.Devenir un homme c'est être capable évidemment d'agir par soi-même grâce à une bonne formation physique.Devenir un homme c'est être capable, de plus, de penser par soi-même, de juger par soi-même, et de décider par soi-même.Devenir un homme c’est plus que cela encore : le développement physique et la formation intellectuelle ne suffisent pas à faire l'homme véritable ; il lui faut encore la formation morale.En outre de penser par soi-même et d’agir de ses propres forces, l'homme vrai doit pouvoir se conduire selon les données de la saine raison humaine éclairée par la foi.Les vertus morales lui sont nécessaires pour cela.Il doit acquérir les vertus lui permettant de conformer sa conduite aux données de sa raison.L'homme devient fort par des exercices physiques.Il le devient aussi moralement par la répétition d'actes bons ; il crée en lui des dispositions heureuses lui permettant de vaincre les difficultés de la vie, comme l'alpiniste qui parvient à nos compatriotes ont envoyé se promener à l'étranger, aux bénéfices des Allemands, des Autrichiens, des Russes, des Français et des Roumains.« Si l'on songe que ces millions sont sortis surtout de la campagne, on ne s'étonnera pas que l'agriculture n’ait pas toujours assez d'argent pour ses besoins ».Je termine.Nos gens ne savent pas épar- •-¦¦ -• A Epargne scolaire -?- escalader les plus hautes montagnes.Cette force morale lui est plus nécessaire que les connaissances intellectuelles.N'est-il pas plus important de savoir se bien conduire que de posséder telle ou telle connaissance ?Ce qui manque à notre époque en proie au besoin de jouissance et à l'appât du gain, a dit le grand humaniste chrétien Alexis Carrel, ce sont des hommes et des femmes véritables qui vivent intensément et énergiquement leur vie personnelle et sociale selon les données de la raison et de la foi chrétienne.Les Caisses d'épargne scolaire s'emploient à cette formation morale et sociale des jeunes en les entraînant à la pratique des vertus de prévoyance, d'entraide, d'économie, qui forgent l'âme, trempent le caractère.Les jeunes forment au sein de la Caisse scolaire une petite société.C'est d’abord l'idée de la responsabilité individuelle et sociale qui s'éveille dans leur cerveau.C'est aussi le sens de l'effort personnel, de l'entraide mutuelle, du bien commun et de la solidarité qui s'impose peu à peu à eux comme principes de vie et règles de conduite.Les Caisses scolaires sont des sociétés miniatures.Les jeunes y apprennent à vivre en société.Ils s'inculquent le sens communautaire et l'esprit de discipline, ils s'entraînent à la pratique des vertus qui en font des hommes gner.Prêchons l'esprit d'économie.Nos gens placent mal leurs épargnes.Dirigeons-les vers les Caisses populaires.Nos gens hésitent à faire partie de leur coopérative.Instruisons-les des principes coopératifs et .embrigadons-les le plus tôt possible dans leur coopérative paroissiale.C'est ça de la saine propagande.véritables, d'excellents citoyens pour la grande société de demain.Les Caisses d'épargne scolaires sont devenues une nécessité dans notre monde moderne ; elles sont un moyen combien efficace de formation morale et sociale de nos jeunes.Félicitons nos institutions d'enseignement qui le comprennent.Et rendons hommage à ceux qui se dévouent à cette œuvre d'éducation morale, sociale et economique de la génération montante.r Paul-Emile Charron ?
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