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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Août - Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1965, Collections de BAnQ.

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PER R-243 ¦ À LIRE DANS CE NUMÉRO, LE PREMIER D’UNE SERIE D’ARTICLES SUR LES ILES-DE-LA-MADELEINE SOMMAIRE 122 135 Les besoins de nos gens ont beaucoup changé depuis vingt-cinq ans Éditorial : Le 9e congrès des Caisses 123-125 populaires Desjardins Cyrille Vaillancourt Message de l'honorable Cyrille Vail- 126-127 lancourt aux délégués a la quarante-deuxieme assemblée générale annuelle de T/Union régionale des Caisses populaires Desjardins du district de Québec Reportage : Voyage aux îles-de-la- 1 2S-1 34-Madeleine - I Jean-Jacques LeFrançois Notes et commentaires Cyrille Vaillancourt Sociologie : La participation des fem- 136-13$ mes au développement du Québec Philippe Garioue Consultations juridiques : Signature 139 sociale.Compte d’épargne Le Conseiller juridique LA COUVERTURE : Lever du jour aux îles-de-la-Madeleine (Photo : Jean-Jacques LeFrançois).RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA FÉDÉRATION DE QUÉBEC DES UNIONS RÉGIONALES DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN, LÉVIS (QUÉBEC) L/l RET UE DESJARDINS, organe officiel de La Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des Caisses d’épargne et de crédit, publiée sous la direction de Jean-Jacques LeFrançois, et tirée ce mois-ci à 17,000 exemplaires, est imprimée aux ateliers Charrier & Dugal, Inc., à Québec.• Le prix de l’abonnement, pour un an, est, pour les Caisses et leurs membres, $1.75, pour les autres, $2.25.• Le ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l’affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication.f-HciP——» l-l£JLÜJ—J Les besoins de nos gens ont beaucoup changé depuis vingt-cmq ans De la fin de la guerre (1945) à 1955, les revenus des Canadiens ont passé de $8 à $18 milliards ; ils ont donc plus que doublé.Les épargnes personnelles, au lieu de doubler, se sont réduites de moitié : de $2 à 1 milliard, pendant cette même période de dix ans.Et les dettes à la consommation, au lieu de se réduire avec la hausse plus que doublée des revenus, se multipliaient par 7 : elles passèrent de $300 millions à plus de $2 milliards.Les besoins se sont développés à un point tel qu’il est devenu difficile à beaucoup de nos gens qui gagnent des revenus intéressants de (( joindre les deux bouts ».Et que dire des autres qui gagnent moins que le raisonnable 1 Voulez-vous connaître : a) les causes qui conditionnent le comporte- ment économique de nos gens ?b) les moyens à prendre pour mieux administrer votre budget et vivre selon vos moyens, si vous voulez avoir, selon l’expression du président d’une Caisse populaire urbaine, les moyens de vivre ?De tels renseignements sont contenus dans un beau livre de 405 pages qui a pour titre : Les comportements économiques de la jamille salariée du Québec C’est le résultat d’une enquête que notre Fédération de Québec, en collaboration avec L’Assurance-Vie Desjardins, a fait faire à la demande du congrès des Caisses populaires tenu à Lévis en 1957.Des experts en sciences économiques et sociales de l’université Laval à Québec ont fait cette enquête qui a duré quatre ans (1959-63).Y sont traités les problèmes financiers de nos familles, leurs niveaux de vie, leurs revenus, leurs besoins de consommation, la façon dont ils dépensent leurs revenus pour satisfaire leurs besoins en alimentation, en vêtement, en logement, en mobilier, pour l’instruction des enfants, etc.Vous serez étonnés de ce que vous apprendra ce livre.C’est une mine de renseignements d’une valeur inestimable, qui ne coûte que $5.Un document à lire.Se le procurer et le lire, c’est un placement qui vous rapportera du cent pour un.Faites-le donc sans tarder.Vous l’obtiendrez en écrivant à la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, édifice Desjardins, 59, avenue Bégin, Lévis.Cyrille Vaillancourt 122 Le 9e congrès des Caisses populaires Desjardins - M3 des I ques :!iers linis- l’en- ::,é w I an^ ".ive^ua ' il-; :r «• 2 I t2î!‘ I iflîi a* I ue ïOü^ emfiits î quinf ' procu-ceniefl* ltPour rJer' ' anià|a Caisse ce 0fî' ;e:3' Le 9e congrès des Caisses populaires Desjardins, qui a été tenu à Montréal du 15 au 18 juin 1965, avait pour thème d’étude : la Caisse populaire et la communauté québécoise.Si ces assises sont terminées, les problèmes qui ont jait l’objet des discussions au cours de ces journées d’étude doivent demeurer présents à notre mémoire à tous, afin que les Caisses populaires, soucieuses d’y apporter des solutions, soient toujours à l’avant-garde et qu’elles continuent d’évoluer selon les exigences des temps ou nous vivons, sans pour autant s’écarter des principes jondamentaux qui doivent les guider et sans perdre de vue les buts qui ont présidé à leur établissement.Evoluer avec l’esprit des temps présents ne veut pas dire qu’il jaille détruire ce qui a été fait jusqu’à maintenant ; cela ne signifie pas qu’il jaille accepter tout ce qui nous est suggéré, sous prétexte qu’on est « dans le vent », car ce n’est pas le bon critère d’une sage politique puisque le vent, s’il peut aider un bateau à voile à glisser sur L’eau, peut aussi tout détruire sur son passage.Je n’ai pas l’intention de faire ici une synthèse des délibérations du congrès ; un rapport en sera publié qui vous permettra d’en prendre connaissance ainsi que des résolutions qui y ont été adoptées.Je veux simplement signaler quelques traits caractéristiques de ces journées d’étude.C’est peut-être la première fois cette année que les femmes ont pris une part aussi active au congrès des Caisses populaires.Nous eh sommes très heureux.On a souvent dit et répété que dans la plupart de nos foyers c’est La femme qui est le ministre des finances.Si c’est la femme qui administre Les finances familiales, donnons-lui donc la possibilité de se bien renseigner sur les méthodes à prendre qui l’aideront à organiser et à équilibrer un budget.À la séance d’étude du congrès du 15 juin, les femmes ont demandé aux dirigeants du mouvement des Caisses populaires d’organiser à leur intention des moyens d’information pour les mieux renseigner afin de devenir de meilleures collaboratrices et peut-être même des directrices de Caisses populaires.Elles espèrent donc que leur participation au congrès des Caisses populaires de 1967 soit encore plus active et qu’elles puissent tout comme les hommes, assister aux réunions plénières, tout en souhaitant que les réunions en commission aient lieu entre elles.Elles souhaitent qu’une des Leurs puisse faire partie de l’organisation du prochain congrès, et même de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.C’est un vœu qui fut vite exaucé, puisqu’à l’issue du congrès, madame Mariette Barker, conseillère en économie familiale, fut désignée vice-présidente au comité des congrès, et mademoiselle Eva Lambert, de la section des jeunes, conseillère du dit comité.123 Les femmes ont aussi émis le vœu que quelques Caisses populaires voisines les unes des autres fassent entre elles l’engagement d’une conseillère en économie familiale afin de promouvoir l’éducation des adultes.L’éducation des enfants est très importante, certes, l’éducation des adultes l’est aussi, sinon plus.Education et instruction ne sont pas synonymes chez bien des gens, car il y a des personnes instruites qui sont aussi très mal éduquées.Il y a des gens instruits qui ne savent pas comment faire et équilibrer un budget familial.On ne saurait faire prendre conscience de ces choses à un enfant, mais il y a possibilité de le faire comprendre à un adulte.Ce vœu émis par les femmes qui participaient au dernier congrès des Caisses populaires devrait, croyons-nous, être réalisé le plus tôt possible.Des Caisses populaires ont défà engagé une femme pour aller dans les familles les aider à faire cette éducation familiale, sociale, etc.Ce n’est pas le résultat monétaire immédiat d’un tel travail d’éducation qui doit nous préoccuper, mais les conséquences bienfaisantes qui découleront dans dix ou quinze ans de cette éducation entreprise maintenant.J’assistais récemment à l’assemblée générale annuelle de la Caisse populaire de Giffard.Cette dernière paie une conseillère qui se rend dans les familles, tant celles qui ont un emprunt à la Caisse populaire et qui ne se rendent pas à leurs obligations, que celles qui ont recours à ses services.Cette conseillère en économie familiale s’applique à promouvoir dans les foyers l’œuvre d’éducation et de formation que doit accomplir dans les familles la vertu d’épargne.Je n’ai pas manqué de féliciter les dirigeants de la Caisse populaire de Giffard de leur compréhension et de leur esprit vraiment réaliste.Je sais aussi que cinq Caisses populaires de La ville de Montréal ont décidé de se grouper pour tenter de faire cette éducation économique, coopérative et sociale de leurs sociétaires.Ce sont les Caisses populaires de Hochelaga, La Nativité d’Hochelaga, Maisonneuve, Sainte-Jeanne-d’Arc et Sainte-Claire.Comme le dit M.Gilles Tittley, directeur du Service d’éducation et d’information de L’U- nion régionale de Montréal.« ces Caisses populaires veulent faire connaître leur Caisse, organisme communautaire, et ses services, et faire prendre conscience aux individus de leurs responsabilités dans le domaine économique par l’étude et la pratique du budget familial ».Nous ne pouvons que féliciter ces Caisses populaires de leur initiative.Au-delà de 2,500 personnes ont assisté au 9e congrès des Caisses populaires tenu en fuin dernier.Voyant ce nombre imposant de congressistes, nous nous demandions comment Les choses iraient, si tous étaient vraiment intéressés à participer aux réunions d’étude dans les différents secteurs.Nous avons constaté avec plaisir que dans les 22 comités d’étude qui avaient été organisés, les participants ont travaillé ferme, conscients qu’ils venaient à ces assises dans un but sérieux, non pas pour faire des revendications mais pour prendre des résolutions en vue d’agir plus efficacement.Nous sommes fiers de tous les délégués à ce congrès.Que certains aient émis certaines idées un peu fantaisistes, il n’y a pas à s’en surprendre, c’est humain.Ce qui importe, c’est d’y aller avec franchise et esprit de compréhension mutuelle qui ne peuvent conduire qu’à des ententes sur les choses essentielles : la coopération dans les idées en vue d’une meilleure coopération dans l’action.Dans son discours d’ouverture du congrès, M.Emile Girardin, président de La Fédération de Québec des Caisses populaires Desfardins, et moi-même, dans ma conférence au début du congrès, avons insisté sur les principes fondamentaux que nous devons maintenir et conserver si nous voulons que nos Caisses populaires continuent de se développer, de progresser et de faire du bien.Je terminais mes remarques en ces termes : (( Le thème de notre congrès : La Caisse populaire et la communauté québécoise en 1965.Je ne crains pas d’affirmer que depuis leur fondation nos Caisses populaires se sont toufours tenues à La page et qu’elles ont évolué dans le sens du progrès ; cependant, cette évolution s’est toufours faite dans un esprit de coopération et d’entraide parce qu’elles ont toufours mis à la base la grande vertu chrétienne d’amour et de charité.Contrairement à F évolution moderne ou l’on met en premier lieu le culte de l’argent, les Caisses populaires ont mis à l’avant le culte de l’homme, la primauté de l’humain sur l’argent, et depuis 65 ans je n’ai jamais entendu personne se plaindre qu’une Caisse populaire lui ait jait tort ; bien au contraire, les Caisses populaires ont jait du bien à tout le monde parce qu’à la base de leur organisation elles avaient ce principe jécond de coopération.(( Qui dit coopération dit humanisation, dit entraide, dit charité et amour.Dans nos Caisses populaires, au lieu de nous servir de L’argent pour asservir les hommes nous utilisons cet argent humanisé pour servir les hommes.Changer notre structure, diviser nos Caisses populaires en cellules plus petites, par exemple organiser nos Caisses populaires par industrie ou association, ce serait diviser les hommes entre eux et peut-être commencer une lutte jratricide, alors qu’il jaut nous unir.(( Partout on parle de paix.La paix ne peut être obtenue par la jorce mais plutôt par une disposition psychologique, tel que défini au schéma XIII du chapitre IV de la dernière séance du Concile œcuménique.Pour que les hommes cessent de se combattre il jaut qu’ils commencent à ne plus se mépriser, à ne plus se haïr, à ne plus se diviser.IL y a donc tout d’abord à promouvoir une tâche de rapprochement psychologique pour atteindre ce but de paix.N’est-ce pas ce que nous faisons dans nos Caisses populaires ?La paix est avant tout dans les cœurs, et pour bien coopérer il jaut avoir un cœur qui aime son prochain.« On parle partout depuis quelques années des taudis qui existent encore au sein de grandes villes.Or, nos Caisses populaires en prêtant à L’habitation ne combattent-elles pas cette plaie des taudis ?C’est dans ces taudis que « s’éduque )) surtout la jeunesse délin-quente, pour ne pas dire davantage.En facilitant l’accès à la propriété on assure aux familles moins fortunés mais honnêtes un toit, un gîte ou toute la famille réunie vit plus heureuse et de façon plus confortable.Et c’est là que je vois une des applications que Son Eminence le cardinal Villeneuve faisait de nos Caisses populaires Lorsqu’il disait : La Caisse populaire est une œuvre de rédemption sociale )).« J’ai voulu, mes chers amis, exposer les faits, et, en le faisant, faire passer dans vos cœurs une flamme bien vivante, une Lumière plus brillante que jamais, et vous dire que vous êtes à L’avant-garde de tous les progrès : matériel, moral et spirituel.)) (( Il y a quelques années encore, nous regardions le passé avec nostalgie ; aujourd'hui, nous envisageons l'avenir avec confiance.Il y a quelques années, nous nous efforcions de survivre ; aujourd'hui, nous voulons être et devenir.Il y a quelques années, nous faisions passivement confiance à des moyens d'action traditionnels ; aujourd'hui, nous voulons adapter ces moyens d'action aux nécessités nouvelles.Il y a quelques années, nous avions un (( gouvernement provincial )) parce que la Confédération en prévoyait un ; aujourd'hui, nous nous servons du gouvernement du Québec en lui demandant d'être une force qui, enfin, a pris conscience d'elle-même et abandonné le négativisme.)) {Extrait du discours de L’honorabLe Jean Lesage, premier ministre de La province de Québec, au banquet de clôture du 9e Congrès des Caisses populaires Desjardins, Le 18 juin 1965.) Message de l'honorable Cyrille Vaillancourt aux délégués à la quarante-deuxieme assemblée générale annuelle de L'Union régionale des Caisses populaires Desjardins du district de Québecf tenue a Lévis, le 29 juin 1965.L'actif total des Caisses populaires affiliées à La Fédération des Caisses populaires Desjardins s’élevait à 1,062,-211,833.au 31 décembre 1964.Sur ce montant, l’actif des Caisses populaires de L’Union régionale de Québec représentait $287,923,481., dont $21,688,446.en capital social et $244,752,723.en épargne.Le nombre de sociétaires des Caisses populaires affiliées à La Fédération des Caisses populaires Desjardins était de 1,616,741 à la fin de décembre 1964, comparé à 1,493,054 l’année précédente.Au cours de 1964 les Caisses populaires de L’Union régionale de Québec ont fait 38,641 prêts sur reconnaissance de dette pour un montant total de $31,056,084., et 8,030 prêts hypothécaires pour un total de $30,713,894.La moyenne par emprunteur sur reconnaissance de dette a été de $863.en 1964, comparé à $745.en 1963, et pour les prêts hypothécaires, de $4,170.en 1964 comparé à $3,970.l’année précédente.La chose s’explique assez facilement : le coût de la vie augmentant d’années en année les gens sont obligés d’emprunter davantage.La moyenne d’épargne par Caisse populaire dans notre Union régionale a été de $819,609.en 1964, comparé à $670,598.en 1963.La moyenne d’épargne par sociétaire s’est élevée à $584.73 en 1964 contre $576.97 l’année précédente.Pour l’ensemble des Caisses populaires affiliées à La Fédération des Caisses populaires Desjardins, la moyenne d’épargne par Caisse populaire a été de $711,264.en 1964, et de $654,882.en 1963, et la moyenne d’épargne par sociétaire, de $563.11 en 1964 comparé à $552.66 l’année précédente.La moyenne d’épargne par sociétaire est plus élevée dans les Caisses populaires des villes que de la campagne.Cet état de choses est facile à comprendre.Il faut bien admettre, en effet, que les revenus des sociétaires de Caisses populaires à la campagne sont moindre que ceux des sociétaires de Caisses populaires à la ville.Dans l’ensemble des Caisses urbaines la moyenne d’épargne par sociétaire a été, en 1964, de $611.96 comparé à $604.40 en 1963, et dans les Caisses rurales, de $463.80 en 1964 comparé à $446.77 en 1963.Sur chaque dollar déposé dans les Caisses populaires en 1964 combien en est-il resté ?Pour l’ensemble des Caisses populaires ce solde d’épargne s’établit comme suit pour les cinq dernières années : 1964 - 3.0, 1963 -2.8, 1962 — 3.2, 1961 — 4.2, 1960 — 3.3.Dans les Caisses populaires de L’Union régionale de Québec ce solde d’épargne a été le suivant : 1964 - 2.5, 1963 - 2.7, 1962 -3.1, 1961-3.9, 1960-3.4.Les bénéfices bruts réalisés par votre Caisse centrale au cours des douze mois écoulés se chiffrent à $1,272,-747.97, plus le droit d’entrée qui s’élève à $13,387.50, soi un total de $1,296,135.47.La répartition des bénéfices est ainsi faite : Administration : 33.13%.Intérêts sur l’épargne : 38.15%.Fonds de réserve : 5.39%.Fonds de prévoyance : 2.68%.Boni 6% : 13.85%.Ristournes : 1.97%.Caisse d’éducation : 4.83%.L’augmentation des bénéfices a été de $14,081.30 sur l’année précédente.L’avoir-propre sera donc de $1,543,000., une augmentation de $116,000.sur l’an dernier.Le solde de la caisse d’éducation n’est pas inclus dans l’avoir-propre, car ce solde sera dépensé.Concernant notre Service d’éducation, nous avons mis de côté au cours de l’année un montant de $90,000.pour payer tous les frais de ce service, mais comme à la fin d’avril il y avait encore des comptes en suspens il est resté environ $30,000.Nous attribuons une partie de notre augmentation extraordinaire de l’année à ce Service d’éducation.Nous recevons beaucoup de lettres nous félicitant de notre manière de faire dans ce domaine de l’éducation.On ne s’est jamais appliqué, dans le passé, à essayer de faire l’éducation de nos sociétaires de Caisses populaires, et celle de tous d’ailleurs.On a plutôt fait une publicité tapageuse pour activer toujours davantage la vente de marchandises souvent sans grande valeur, et ainsi faire dépenser les gens.Et pourtant, faire l’éducation du peuple, lui enseigner à dépenser avec discernement, à bien équilibrer un budget, c’est un travail constructif.Quand on voit certaines gens qui n’ont jamais réfléchi à ce problème venir nous dire que nous devrions changer notre manière de faire et de procéder, je trouve la chose inouïe et je me demande s’ils ont vraiment pensé à ce qu’ils disaient ou écrivaient.Est-ce en continuant à dépenses follement qu’on va 126 arriver à régler les problèmes économiques et moraux de la société ?Il est regrettable de constater qu'on en est rendu là dans trop de milieux.Penser avant de dépenser, c'est un principe exprès, et malheureusement trop de gens ne l'appliquent pas.Il en est actuellement qui nous demandent si les Caisses populaires vont changer leur politique.Qu'ont-elles à changer ?Depuis qu'elles existent n'ont-elles pas fait du bien ?n'ont-elles pas aidé leur sociétaires à grandir, à se développer, à devenir meilleurs ?Nos Caisses populaires ont fait du bien jusqu’à maintenant, pourquoi ne continueraient-elles pas dans le même sens ?La grande politique de nos Caisses populaires dans le passé a été le prêt à l'habitation.Réalise-t-on ce que représente pour un pays l'argent prêté à l'habitation ?Sait-on que, depuis la dernière guerre mondiale, il s'est construit au Canada plus de 2,100,000 maisons ?Ce qui veut dire que, depuis la fin de la guerre, soit depuis vingt ans, le nombre des habitations au pays a été doublé.Ces habitations ont permis de loger 7 millions de personnes.Ces dernières années, l'habitation a représenté près de x/i de tous les investissements publics et privés.L'an dernier, 166,000 habitations ont été mises en chantier.Vous avez entendu parler du fameux rapport du Conseil économique qui prévoit l'activité économique d'ici 1970.D'après ce rapport, le programme d’habitation comporte environ 190,000 logements pour 1970, ce qui signifie que l'emploi et l'économie du pays s'annoncent bien, à la condition que l'industrie de la construction soit prospère.On parle beaucoup actuellement de rénovation urbaine, de démolition des taudis, etc.Pour réaliser un tel programme, pour remplacer les taudis par des maisons qui logeront confortablement les familles, il faut de l'argent.Et on vient nous dire que nos Caisses populaires devraient surtout prêter sur reconnaissance de dette pour permettre aux gens de s'acheter des automobiles, etc., sans s’occuper si ces familles sont bien logées, sont assurées de la sécurité du lendemain.Que fait-on de la vie morale et de la vie familiale dans chaque foyer ?Il faut dire, cependant, que ces gens qui nous disent de procéder ainsi sont ceux-là même qui crient que les taudis devraient être détruits et être remplacés par des maisons confortables.La construction amène aussi une importante impulsion économique supplémentaire, car en prêtant pour permettre de construire davantage on développe une demande générale croissante de toutes sortes de matériaux et d’objets : appareils ménagers, tapis, rideaux, meubles, services divers, transport, etc.Voilà pourquoi je dis que nos Caisses populaires ont fait ce qu'elles devaient faire et continuent à agir de la même façon, contribuant ainsi à la prospérité du pays.Un autre avantage à ne pas mésestimer, c'est qu'en prêtant à l’habitation on prévient le chômage.Des gens nous font remarquer que nous aurions dû investir $300 à $400 millions pour développer les mines sur la Côte-Nord.Je me demande tout d'abord où sont les compétences dans nos Caisses populaires pour diriger une telle exploitation.En outre, c'est très beau développer ce coin de notre province, c'est profitable pour les gens de l'endroit, mais est-ce un moyen de réduire le chômage à travers la province ?Tandis qu'en prêtant pour l'habitation à la grandeur de la province et même du pays nous faisons travailler une multitude de gens partout et, je le répète, nous aidons à un grand nombre d'entreprises qui fabriquent les matériaux et les objets qui entrent dans la construction et l'aménagement des maisons.Chers amis, continuons à bien faire, à bien agir, aidons nos gens en leur faisant du bien et sans jamais leur causer de mal.Il est une autre chose que certaines gens voudraient nous faire faire : organiser les classes de la société les unes contre les autres, dans ce sens qu'ils voudraient que nous organisions des Caisses populaires spécialisées : par exemple, que les employés de telle usine aient leur Caisse populaire, de même les employés de tel magasin, etc.Il arrive que si cette usine ou ce magasin ferme ses portes, la Caisse populaire n'existe plus.En outre, procéder ainsi met les gens en compétition, et ce ne sont plus des coopératives, au contraire.Dans nos Caisses populaires nous avons adopté la paroisse comme base d'opération parce que la paroisse renferme une grande famille, peu importe que ces gens travaillent ici ou là, et on a ainsi un organisme beaucoup plus puissant et plus stable.Cela ne veut pas dire que dans les villes les Caisses populaires doivent restreindre leurs activités à la paroisse toute récente.Dans la ville de Québec, par exemple, si une Caisse populaire a été fondée dant telle paroisse il y a vingt-cinq ans, et que, depuis, cette paroisse a été divisée en deux, trois ou quatre autres paroisses, la Caisse populaire garde le même territoire que lors de sa fondation, et elle se trouve développée d’autant.Rien n'empêche de fonder une Caisse populaire dans chaque nouvelle paroisse, si on le désire ; elles seront alors deux, trois ou quatre Caises populaires à travailler d'un commun accord à assurer la prospérité non seulement de chacune de ces paroisses mais aussi de toute la ville.D’ailleurs, la plupart des Caisses populaires urbaines font affaire dans toute la ville : il y a tellement de gens qui changent de résidence ou de place d'affaires chaque année qu'il serait difficile pour une Caisse populaire de restreindre ses activités à sa paroisse.Je le répète, les Caisses populaires spécialisées sont beaucoup moins puissantes et peuvent aider plus difficilement leurs sociétaires, surtout en ce qui concerne l'habitation, c'est-à-dire les prêts hypothécaires.Il peut, cependant, y avoir des exceptions.L'Union de Québec compte une Caisse populaire spécialisée qui fait affaire avec les employés d'un organisme, c'est la Caisse populaire des fonctionnaires provinciaux, ayant un actif de près de $3 millions et qui rend beaucoup service.Cette Caisse populaire ne travaille pas en marge des autres Caisses populaires de la ville de Québec.Elle a aidé plus d'un employé civil à devenir propriétaire de sa maison, de son foyer où il fait bon vivre. A oyage aux Iles- TEXTE ET PHOTOS DE En quatre articles, dont voici le premier, Jean-Jacques LeFrançois nous parlera d’un coin pittoresque, unique, on peut dire, du Pays de Québec, en plein golfe Saint-Laurent, petit pays qu’à cause de son isolement on est malheureusement porté à oublier, voire à ignorer.Des origines du peuplement de ces îles, puisqu’il s’agit des Iles-de-la-Madeleine, nous verrons les difficultés auxquelles ont eu à faire face leurs habitants acadiens, leur essaimage, par groupes, vers des régions nouvelles, puis, comment, par la coopération, alors qu’ils subissaient toutes sortes de misères, exploités par les marchands étrangers, ceux qui y sont demeurés ont réussi à atteindre une certaine aisance.1 Mais tout n’est pas parfait.IL y a l’avenir.Il y a les jeunes qui s’en vont et ne reviennent aux Iles que pour visiter la parenté.Il y a le problème de la relève des chefs de file du mouvement coopératif là-bas ; elle ne s’annonce pas.Le dernier article portera sur les travaux aux Iles-de-la-Madeleine du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec {B.A.E.Q.), importants, vu la science qui a présidé aux études de ce coin enchanteur ou il va falloir quand même continuer à se tenir en vie.Car les géologues ne prévoient pas la disparition des Iles, par l’action de la mer et des vents, l’érosion, avant quelque cinq mille ans encore .«Ce sable fin, comme nulle part ailleurs on en trouve, ces plages immenses et désertes, ces monuments extraordinaires sculptés par la mer dans le grès rouge, ces rochers, ces collines, ces gens joviaux, hospitaliers, Todeur de la mer, du poisson, le miroir qu’offre Teau de ces baies par un matin calme .» L’Américain s’enthousiasmait, gesticulait.Son compagnon approuvait de signes de tête.Nous déjeunions, lui, un autre Etatsunien, et moi, à la table du ^capitaine du North Gaspé qui nous ramenait des Iles.Les deux voyageurs s’étaient trouvés, la veille, sur les ^quais de Souris (Havre-à-la-Souris), en Nouvejle-Écosse, alors que le bateau appareillait pour les Iles-de-la-Madeleine, avaient demandé au capitaine où il allait, quand il en reviendrait, et décidé, comme ça, de s’embarquer.Ils n’avaient pas été désappointés.Au contraire.D’où l’exubérance du plus jeune des deux, un homme dans la soixantaine avancée.Nous venions de quitter Cap-aux-Meules, l’établissement principal aux Iles-de-la-Madeleine.La traversée s’annonçait des plus belle, par une mer calme qu’argentait le soleil torride de juillet.— « Ce qu’il faut, là-bas, continua l’Américain, 1.Revenu brut moyen, pêcheurs côtiers, Québec—-Esquisse du plan de La pêche, publication du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec (B.A.E.Q.), Mont-Joli, 1965 : Gas-pésie : $2,696.; Côte-Nord : $2,408.; ÎLES-DE-LA-MA-DELEINE : $4,570.2.L’on dit, ici et là, depuis quelque temps, que l’Etat provincial, par son ministère du Tourisme, Chasse et Pêche, projette un petit hôtel — 16 chambres — qui serait construit à Cap-aux-Meules .c’est un hôtel énorme 2 et de la réclame ; tiens, j’annoncerais dans le New York Times et les plus importantes publications des U.S.A.Il y a là une fortune à faire .» /s Le capitaine Bourgeois, un homme des Iles, vieux loup de mer qui dirige la manœuvre, à l’accostage et au départ, par de simples « psst 1 » qui semblent avoir sur les hommes de son équipage un effet magique, posa son couteau et sa fourchette dans son assiette, et regarda son invité avec un sourire .— « Vous voyagez aujour- d’hui par beau temps, dit-il tranquillement.Cela ne dure pas.Cinq semaines au plus.Fin août, septembre, c’est la tempête, le mauvais temps.La mer est terrible.Il y a, dans ces parages, de la glace au mois de mai.» Ce qui ne désarma nullement le voyageur.— « Alors, j’annoncerais : Can you rough d up ?Le touriste, aujourd’hui, ne tient pas compte de la température ; ils accourraient, les touristes, vous les verriez accourir pour la dure traversée 1 » Le capitaine seyontenta de sourire.Il faut dire que les gens des Iles ne semblent pas être des enthousiastes, et cela est peut-être dû, l’est probablement, aux difficultés innombrables qui les ont assaillis durant deux cents ans depuis l’exode forcé de la vieille Acadie.Les Iles-de-la-Madeleine n’étaient pas habitées lorsque Jacques-Cartier les vit pour la première 128 e - la - Mad -JACQUES LE FRANÇOIS fois au cours de son voyage de 1534.Il avait toutefois été surpris, en arrivant à l’îlot qu’il nomma Brion (ou Brillance), d’y trouver des étendues montrant des signes de culture.Cela impressionne, mais s’explique raisonnablement lorsque l’on pense aux expéditions des Vikings, puis des Islandais, leurs descendants, aux XIe et xne siècles au Groenland 3 où ils s’établirent, puis à Terre-Neuve et au Labrador, sans parler du mystérieux Vinland .On sait aussi que les pêcheurs normands, basques et bretons, fréquentaient le golfe depuis des temps immémoriaux.(( Le docteur Storn 4 assure que les Scandinaves franchirent le détroit, pénétrèrent dans le golfe et essayèrent de fonder un établissement.)) On a prétendu là-dessus que les prairies naturelles trouvées par Cartier sur Brion provenaient d’une culture antérieure.Cartier parle de (( prairies, de campagnes pleines de froment sauvage et de pois, qui semblent avoir été semés par des laboureurs )).Paul Hubert 5 rapporte les propos du Frère Marie-Victorin qui visita l’île Brion avec lui : (( Le Frère Marie-Victorin, en compagnie de qui j’ai visité cette île, s’écria : — « C’est bien cela ! Rien n’a bougé ici depuis trois siècles.Là-haut, sur la falaise, les grands arbres et les prairies pleines de gesses purpurines, à mes pieds le froment sauvage et les pois de mer fleuris comme pois de Bretagne.Et la quantité de raisins ayant ta fleur blanche dessus, quelle description merveilleusement précise de la grande canneberge en fleur, gardant encore mous et juteux ses raisins de la saison passée 1 Quant aux fraises, roses incarnates, persil de mer et spiranthes embaumées, il n’y aurait qu’à se pencher pour en cueillir des monceaux 1 )) Cartier n’indique-t-il pas à des pêcheurs égarés la direction du fameux Havre-de-Brest, sur la côte du Labrador qu à cette époque reculée, les navigateurs connaissent bien ?Les chasseurs de morse (vache marine) fréquentaient ces parages depuis des temps lointains.Les troupeaux de morses étaient si considérables, aux Iles-de-la-Madeleine, que malgré des massacres épouvantables de ces animaux — dont on retirait l’ivoire et de l’huile —, ils durèrent jusqu’à la fin du XVIIIe siècle alors que, dit la légende, Louis Theriault (Terrio), tua le dernier, en 1799, à la Petite-Echouerie .Or on sait que les établissements islandais du Groenland et d’ailleurs en Amérique du nord (Terre-Neuve, Labrador) fournissaient, au xue siècle et sans doute avant, l’ivoire 3.LeFrançois, Jean-Jacques, Les raids des Vikings et tes activités de teurs descendants de par te monde ; communication à la Société généalogique canadienne-française, janvier 1965.4.Cité par Paul Hubert, Les ltes-de-ta-Madeteine et tes Madetinots, Rimouski, 1926.5.Idem.e 1 e i n e — I des morses à l’Europe qui n’utilisait pas, à ce moment-là, l'ivoire de l’éléphant.6 Des titres avaient été accordés à Nicolas Denys, le 3 décembre 1653, lui concédant les îles du golfe Saint-Laurent.(( Concession des Pays et Iles situés entre la grande Baye Saint-Laurent à commencer depuis le cap Canceaux jusqu’au cap des Rosiers )).7 Par cet acte, passé entre la compagnie de la Nouvelle-France et celle de Miscou et le Sieur Nicolas Denys, celui-ci s’engage à payer 15,000 livres aux dites compagnies et à (( faire dans l’étendue des dits pays, terres, costes et isles à luy concédés dans le temps et espace de six ans, au moins deux habitations8 de 40 familles chacune, françaises, catholiques, apostoliques et romaines, ou une seule de 80 familles ».Comme tous les aventuriers français des débuts de la colonie, Denys chassa et pêcha, mais oublia de coloniser.Il perdit ses droits, probablement après s’être enrichi .qui passèrent à François Doublet, le 19 janvier 1663 : « Acte de concession de la Compagnie de la Nouvelle-France, assemblée avec celle de Miscou, au sieur Doublet, capitaine de navire, des îles de la Madeleine, Saint-Jean, aux Oiseaux, et de Brion, en toute propriété et redevance de vassetage de notre 6.LeFrançois, Jean-Jacques, op.cit.7.Archives de l’Acadie.Cité par Paul Hubert.8.Etablissements.Situation des îtes-de-ta-Æadeteine dans te gotje Saint-Laurent.MOYENNE CÔTE NORD **%***• x DETROIT TERRE-NEUVE Gospé GASPÉSIE Cop Roy ST-PIERRE MADELEINE Baie Miromichi LÉGENDE NOUVEAU- BRUNSWICK fChéhcomp ILE DU' (PRINCE -EDOUARD^ .Limite «Je lo plote-forme des i de lo M (30 brosses) ANTICOSTI_____Région Chéticomp ____Lieu _____Iles «Je lo Modeleme CAP-BRETON NOUVELLE-ÉCOSSE i_e Cota» Mo»I S O.da GOLFE SAINT- LAURENT .' CAP-AUX-MEULES (GRINDSTONE) ffc/e de Plaisance ILES -DE - LA-MADELEINE HAVRE-AUBERT LEGENDE Récif ou IlOI (un Ou plutieuisi.Nom «l«s Noyou» ftocn»?ou» Moi^oui - V- 0 Roc»*» ai»«- Cnswu* Dune Ou NofO .Mmin • Cap- oiui - Moult» .A t*i No/n ûes Dune* Nom des Logune* Nom d'un* locoMé Pomi de ir>onguiotion, ollitudc en pied* , Point de »ep*fe.O i#o mille Service de la cartographie économique, ministère de Tlndustne et du Commerce, 19Ô9 Ci-contre, de haut en bas : Un vieux loup de mer qui dirige la manœuvre, à l’accostage et au départ, par de simples psst ! .; l approche de Cap-aux-Aïeules, principal établissement aux îles .; Une voiture, ça ne flotte pas.Alors .dite Compagnie de Miscou, et chargée vers elle de cinquante livres par chacun an pour toute redevance, qui sera payée pendant les trois premières années sans pourtant que le dit sieur Doublet puisse traiter aucunes peaux ni pelleteries dans l’étendue des dits lieux ni ailleurs.)) 9 Or, en arrivant aux Iles, à la mi-mai 1663, Doublet y trouva, installés, une vingtaine de Basques qui y avaient passé Thiver avec le Sieur Dantès de Bayonne et (( qui avaient bien réussy à la pesche des loups marins soubs la recommandation de M.Denis ».Ils attendaient leur navire commandé par le capitaine Jean Sopite, de Saint-Jean-de-Luz (( qui devoit leur apporter des vivres et faire pendant Testé la pesche de morues et emporter leurs huilles qu’ils avaient faittes ».Doublet se rendit aussi compte qu’un Sieur Pierre de Peyre-longue, Bourgeois de Bayonne, réclamait des droits aux Iles parce qu’en 1659, il y avait « bâti un établissement ».Il ne s’agit encore que de chicanes d’aventuriers et on peut imaginer que le (( corsaire Doublet » leur fit leur affaire .Mais sa tentative de colonisation ne fut pas plus heureuse que celle de Denvs.Le domaine passa à un Gabriel Gauthier (mai 1686), puis au comte de Saint-Pierre, par des actes datés 1720 et 1722.Le 1er juin 1730, le Conseil d’Etat remet les Iles-de-la-Madeleine au domaine du Roi.On concède de nouveau, peu de temps après, au Sieur de Harenedé, puis, le 10 mai 1735, au Sieur Claude Chenu Bois-Moris.Vers 1734, des Canadiens français d’en bas de Québec se rendent aux Iles et en reviennent avec de Thuile (de morse), y retournent, finissent par y passer l’hiver.Puis les frères Pascaud, négociants de La Rochelle, obtiennent des privilèges aux Iles.Lorsqu’ils s’y présentent, en 1743, ils y trouvent une petite colonie (( assez turbulente » mais avec laquelle ils s’arrangent.On en est toujours à la pêche, à la tuerie de la vache marine, au commerce de Thuile.Lorsque la flotte anglaise met le siège devant Louisbourg, à Tîle Royale (île du Cap-Breton), les Pascaud repassent chez eux et les Canadiens français et les sauvages, continuent leur chasse et leur pêche .^ On peut dire qu’au moment de la Conquête, les Iles-de-la-Madeleine n’avaient pas encore été colonisées.Elles avaient fait Tenvie de toutes sortes de commerçants du temps ou d’aventuriers, — c’est la même chose —, qui espéraient en tirer 9.« Journal du corsaire Jean Doublet, de Ronfleur, lieutenant de frégate sous Louis XIV », dans Inventaire des concessions en fiej et seigneurie, Jois et hommages, et aveux et dénombrement (II), Archives de la province de Québec, Pierre-Georges Roy, Beauceville, 1927. KL.LïOffice national du film y était des profits, et fourni à quelques Canadiens français et à leurs inséparables compagnons sauvages de quoi vivre un peu.On a dit que les Iles-de-la-Madeleine avaient été nommées par le corsaire Doublet en l’honneur de sa femme, Madeleine Fontaine.Cela est inexact puisque dès 1632, Champlain, sur l’une de ses cartes 10 indique La Magdelene.Louis-Edmond Ha-melin, le directeur du Centre d’études nordiques de l’université^Laval, dans son avant-propos à Sables et mer aux I les-de-la-Al acte le l ne 11 résume l’évolution du toponyme madelimen : (( En généralisant, écrit-il, on peut dire que jusqu’au xviii6 siècle, trois ou quatre noms d’îlots : a) Brion ou Brillante ou Bryon, b) Allezay, c) Margault ou Margaux ou Tanguex ou Oyseaux, d) La Magdelene (Champlain, 1632) étaient plus utilisés qu’un terme global qui aurait désigné tout l’archipel ; on peut cependant déduire de certains textes et cartes que les mots Araynes, Ramée, Sabloen ou Sabloes ont pu avoir été employés pour désigner tout le groupe de ces îles.« À partir du XVIIIe siècle, l’expression La Magdelene tend non plus à désigner l’un des Noyaux du Groupe principal mais l’ensemble de l’Archipel.Et on lit, en 1703, Isles de la Madelaine ; en 1744, Madalena ; en 1765, Isles Magdelaine ; en 1778, le cartographe Des Barres écrit Magdalen Islands, expression anglaise qui demeurera jusqu’à nos jours.(( En français, la morphologie du terme va changer mais guère sa signification.Vers 1834, des pétitions parlent d’Iles de la magdeleine.En 1853, Bouchette écrira Isles de la Magdeleine.A partir de la seconde moitié du XIXe siècle et, presque définitivement, Isles devient Iles, Alag devient Ala, lai disparaît et de la s’installe entre Iles et Madeleine.En 1870, Taché parlera des Iles-de-la-Madeleine.Quant à Faucher de Saint-Maurice, il décrira en 1879 l’Archipel de la Madeleine.«Au XXe siècle, les auteurs auront tendance à relier par des traits d’union les membres de l’ex- 10.Trudel, Marcel, « La Nouvelle-France, d’après Champlain », Atlas historique du Canada français, Les Presses de rUniversité Laval, 1961.11.Publication du ministère de l’Industrie et du Commerce, Québec, 1958.pression, surtout lorsqu’on parle du comté.La carte du Cadastre, notamment, écrit en 1941 : Iles-de-la-Madeleine.)) C’est ainsi qu’il doit maintenant en être.Il reste quand même que ces îles, dont plusieurs sont reliées par des barres de sables, des dunes, comme on dit là-bas, sont les points élevés d’un plateau qui dut, un temps avoir la conformation que montre aujourd’hui (voir carte, page 130) la côte de 10 brasses, et, plus anciennement, celle de 20 brasses, ce qui voudrait dire, à cette époque, un plateau d’une superficie presque quatre fois plus grande que celle déterminée par la côte de 10 brasses.Le géologuejFlarke 12 rattache le grès rouge, si frappant aux ^Iles, aux formation de l'île-du-Prince-Edouard (Ile-Saint-Jean) ; un autre géologue, Alcock,13 lui, croit qu’il est plutôt en corrélation avec les grès rouges de la formation Bona-venture, qui s’étend de la Baie-des-Chaleurs jusqu’à Percé.Le grès rouge, qui occupe plus des trois quarts de l’étendue actuelle des Iles, et qui est si pittoresque, couvre les parties basses des îles Havre-Aubert, Etang-du-Nord, Havre-aux-Maisons et Entrge, presque toute la superficie des îles Brion, Crosse-Ile et Grande-Entrée et toute celle des îles Pointeau-Loup et Rocher^aux-Oiseaux (Margault) (Que de jolis noms aux Iles 1).Alcock 14 est d’opinion que ces îles furent rattachées au continent et à ferre-Neuve jusqu’au début du Pléistocène 15 et qu elles doivent leur origine au glacier du Labrador qui a déprimé l’est du Canada et est passé par les Iles.Ap rès la disparition de la glace, le relèvement de la croûte terrestre, très accentué près de Québec (600 pieds) a été nul sur le littoral de la Nouvelle-Ecosse.L’eau a envahi cette dernière région, ne laissant émerger sous forme d’îles que les sommets du plateau madelinot.Depuis lors, la mer a arraché aux roches friables des côtes des masses énormes de matériaux, les a pulvérisés et déposés sous forme de bancs de sable.Elle travaille toujours sans relâche, et si un relèvement du plateau ne la fait reculer, on calcule que dans quelque 5,000 ans, ces îles verdoyantes seront entière- 12.Cité par Jean-R.Beaudry, « Les îles-de-la-Made-leine », extrait de Agriculture, volume X, n° 1.Voir, Clarke, J.M., (( Observations on the Magdalen Islands », N.Y.State Museum, Bull.149, 1910 ; Aussi, Clarke, J.M., « The Origin of the Gulf of St.Lawrence », Bull.Soc.Géogr.Q., vol.7, n° 1 (1913).13.Cité par Jean-R.Beaudry.Voir, ÂLCOCK, F.J., (( The Magdalen Islands, their geology and mineral deposits », dans Can.Inst.Min.and Metal (1941).14.Op.cit.15.L’ère de la pierre taillée, d’une durée de plusieurs centaines de milliers d’années, qui prit fin vers 12000 av.J.-C., avec l’avènement du mésolithique.trist tern larn Griii Slcib VU, leine enga 132 ment remplacées par des masses de sable aussi tristes et stériles que les barres qui les relient aujourd’hui.16 L’Angleterre entreprit d’organiser ses nouveaux territoires.Les Iles furent annexées au gouvernement de l erre-Neuve et concédées à un colonel de l’armée impériale pour services rendus.Richard Gridley devait être un homme assez extraordinaire si bon en juge par sa carrière militaire.Né à Boston le 3 janvier 1710, il passait à l’armée britannique, en 1755, comme colonel et ingénieur en chef.Il avait, antérieurement, pris part au premier siège de Louisbourg (1745).Il était de l’expédition contre Ticondéroga, en 1756, fut chargé de la construction du fort George, servit sous Amherst, en 1758, se retrouva parmi les officiers du major-général Wolfe sur les Plaines d’Abraham en ce fameux matin du 13 septembre 1759.Gridley engage des Canadiens^ français et des Acadiens pour ses pêcheries des Iles.Un rapport du gouverneur de ferre-Neuve, dont, comme on a vu, dépendent à ce moment les Iles-de-la-Made-leine, indique que « 17 Acadiens et 5 Canadiens engagés dans les pêcheries de M.Gridley ont prêté 16.Beaudry, Jean-R., op.cit.le serment d’allégeance )).17 On a dit^que ce furent des familles de l’Ile-Saint-Jean (Ile-du-Prince-Edouard), de Chédabouctou (Ile-Royale), et d’Halifax, dont la majorité émigraient alors vers Saint-Pierre et Miquelon (pour demeurer sous la domination française) qui suivirent ainsi le colonel Gridley à Havre-Aubert (ou Havre-au-Ber) aux Iles-de-la-Madeleine.Trois de ces familles, du Cap-de-l’Est, celles de Louis Thénault (Terrio), d’Edouard Noël, et de Louis Snault dit Arsenault (d origine marseillaise), vendirent leurs emplacements à trois beaux-frères, James Clarke, John Rangin, et George Goodwin, et s’en furent fonder Havre-aux-Maisons, plus au nord.En 1765, les Iles produisent 900 barriques d’huile de morse.L’Anglo-Saxon conquérant s’organise ici comme il l’avait fait avec vigueur et succès plus au sud, dans ses colonies.Cela fait contraste avec le piétinement, l’hésitation, le manque d’organisation, le peu d’appui de la Métropole, puis la corruption qui, de la cour de Versailles, se propagea, en Nouvelle-France, à celle de Bigot avec les résultats qu’on sait.En 1774, les Iles-de-la-Madeleine passent sous la juridiction du Bas-Canada.On y faisait toujours la pêche, la chasse au loup marin et au morse.Or, lorsqu en 1783, les colonies du sud se détachent de la couronne anglaise, elles conservent des droits 17.Cité par Paul Hubert.Le miroir qu offre L’eau de ces baies par un matin caLme .Havre-Aubert. au Canada, dont celui (( de pêcher et de préparer le poisson dans les havres, les baies, Jies anses non habitées de la Nouvelle-Ecosse et des Iles-de-la-Madeleme )).Les nouveaux (( Américains )) n'y vont pas de main morte, n’étant pas chez eux .prennent tout ce qu’ils peuvent de poisson, tuent, massacrent tout ce qu’il leur est possible de tuer, de massacrer, de loup-marin et de morse.N’oublions quand même pas que la dernière vache marine fut tuée, selon la légende, par un Louis Thé-riault, en 1799 .Gridley, devenu riche, abandonna son fief qui passa à Sir Isaac Coffin, le capitaine du navire qui avait conduit à Québec Lord Dorchester, ci-devant Guy Carleton.On retrouvera le nom des Coffin (John Townsend Coffin, neveu du premier, puis Isaac Tristam Coffin) jusqu’à^la fin des chicanes qui mettront les habitants des Iles aux prises avec les seigneurs du lieux.Il faut, pour expliquer le peuplement des îles-de-la-Madeleine, passer par celles qui ont nom Saint-Pierre et Miquelon.On a vu que, jusqu (à l’avènement du régime anglais au Canada, les Iles n’a-vaient pas été vraiment colonisées mais plutôt visitées et exploitées par des aventuriers.Le colonel Gridley semble avoir été le premier à faire venir des gens pour les mettre au travail.La population des Iles est, comme on le sait, d’origine acadienne.Or ces Acadiens ont fait, pour aboutir aux Iles-de-la-Madeleine, un extraordinaire détour.En octobre 1763 arrivent à Saint-Pierre et Miquelon 15 familles acadiennes déportées qui reviennent, pour la plupart, de Boston : des Vignault, des Leblanc principalement ; 2 Sirs (Cyr), 2 Hébert, un Thériault.Jean Vigneault, parti de Savanagh, en Géorgie, et Magloire Hébert, de Charleston, en Caroline du sud, avaient mis 7 ans à faire le voyage 1 Au mois d’août 1764, d'autres Acadiens arrivent à ^Saint-Pierre et Miquelon, de ^Chédabouctou, de l’Ile Saint-Jean (Ile-du-Pnnce-Edouard), de Boston, de Halifax.On compte 551 Acadiens aux îles Saint-Pierre et Miquelon en 1767, soit 105 familles.Les Acadiens s’y rendent parce que le traité de Paris a laissé à la France ce petit territoire dans nos parages.Or, la France ayant mis son doigt dans les affaires anglaises au moment de la guerre de l’indépendance américaine (La Fayette et Ro-chambault), les Anglais s’emparèrent des îles Saint-Pierre et Miquelon, ce qui n’est pas difficile à comprendre.Le 14 juillet 1778, le contre-amiral Montague, gouverneur de Terre-Neuve, se présente devant Saint-Pierre et Miquelon avec un vaisseau de 48 canons et trois frégates, se rend maître de la pla- ce, dévaste les lieux, déporte les Acadiens en France.Les hostilités terminées, une partie de ces Acadiens, qui semblent être nés pour les désastres, revient à Saint-Pierre et Miquelon.Ils y étaient 432 en 1784.1784, c’est près de 1789 — et de la Révolution française.Nouveaux ennuis.Les Acadiens refusent la Révolution, la République, et sous la conduite de leurs prêtres, ils s’évadent durant la nuit.Où aller?Certains se dirigent vers l’île Royale (Ile-du-Cap-Breton), les autres vers les Iles-de-la-Madeleine.Ils repassent ainsi, ce qui est assez extraordinaire, et de plein gré, sous la domination anglaise 1 L’abbé Jean-Baptiste Allain, un prêtre normand chassé de France par la Révolution, dirige 250 Acadiens vers les Iles-de-la-Madeleine.Ses registres indiquent les noms suivants qui, après ceux des employés de Gridley, peuvent être considérés ceux des premiers occupants des Iles : Bourque, Boudreau, Vignault, Thériault, Arsenault, Bonne-rie, Deveau, Hébert, Grenier, Briand, Yturbide, Sire, Gallant, LeBorgne.Il faut dire aussi que les Acadiens craignaient une nouvelle visite aux îles Saint-Pierre et Miquelon de la flotte anglaise, vu les relations tendues entre la France de la Révolution et la Grande-Bretagne au moment où l’on coupait le cou au roi et a la noblesse française.En effet, le 14 mai 1793, le vice-amiral King et le brigadier O’Gilvie jetaient l’ancre devant Saint-Pierre et Miquelon.Les Acadiens restée là prirent la mer vers Arichat (île Royale) sous la conduite de l’abbé Lejamtel, un autre Normand, originaire de Grandville.On dit qu’en 1776, une centaine de familles acadiennes étaient très bien installées aux îles Saint-Pierre et Miquelon.En 1809, il y avait 68 familles aux Iles-de-la-Madeleine ; en 1824, 195.On rapporte 1,738 âmes en 1844.En 1895, Dépopulation est de quelque 5,000 habitants.Les Iles sont aujourd’hui habitées par une douzaine de mille personnes.Nous verrons, dans un prochain article, comment, à la suite de difficultés, de chicanes avec les seigneurs du lieu, les habitants des Iles se mirent en mouvement, émigrèrent vers la Côte-Nord et vers Terre-Neuve, où ils fondèrent des établissements, vers Miramichi et la baie Sainte-Anne, puis vers l’intérieur du Québec : Kénogami, Lac-au-Saumon, et jusque dans le bas de la Beauce, où ils fondèrent la paroisse de Saint-Théophile dont nous reparlerons.Notons enfin qu’à File d’Entrée et à la Grosse-Ile, vivent des communautés /^ascendance écossaise venues la plupart de l’Ile-du-Cap-Breton, mais qui, bien qu’ayant les mêmes occupations et menant le même genre de vie que les Acadiens (il serait grand temps de dire les Canadiens français) des Iles, semblent s’isoler, n’avoir avec le groupe francophone que bien peu de rapports.134 o t e s e Signe des temps ?À rassemblée générale annuelle de La Caisse centrale Desjardins de Lévis, tenue à Lévis le 29 juin 1965, le comptable en chef, M.J.-Roland Bélanger, disait que le nombre d’ordres de paiement retournés au cours de l’année sociale avec la mention (( pas de fonds » s’élevait à 37,080, pour un montant total de $3,355,-946.88, soit une augmentation quant au nombre, de 1,668 ordres de paiement, ou 4.72%.Quant au montant, l’augmentation a été de $368,734.23, ou 12.35%, sur l’année précédente, ce qui représente une moyenne mensuelle de $280,000.et une moyenne journalière de $94,000.Et ces chiffres ne sont que pour un secteur 1 Est-ce un signe de prospérité ?Est-ce plutôt un signe que nos gens sont moins honnêtes qu’autrefois ?Nous vous laissons la réponse.C est payant Les compagnies de finance prêtent à 18%, 20%, 24% et elles ne perdent pas souvent d’argent.Ainsi, en 1963, Household Finance Corporation, la plus important compagnie de prêt au Canada, a payé des dividendes s’élevant à $4,397,250., sur un capital de $3,075,000.Household Finance Corporation au Canada, une subsidiaire de la même compagnie aux Etats-Unis, prête beaucoup plus que $100 millions par année.Il y a au moins dix ans que cette Compagnie paie des dividendes annuels dépassant le montant total du capital.Paris aux courses Les gens aiment les jeux de hasard et la spéculation.En 1964, il s’est parié aux courses, à Québec, une somme dépassant $12 millions, et à Montréal, au-delà de $80 millions.Ces chiffres sont assez éloquents.Qu’ en pensez-vous ?Taux d’intérêt sur achat d’automobiles Le docteur Jessie Coles, de l’université de Californie, faisait récemment une étude auprès de 105 familles qui avaient acheté des automobiles .sur un plan de finance.Une famille seulement sur 105 sa- t C o m m vait exactement le taux d’intérêt qu’elle payait sur sa finance ; 30 ramilles croyaient payer entre 5% et 12%, alors que le taux d’intérêt moyen payé était de 12% à 20% ; plusieurs familles payaient 33% d’intérêt ; l’une de ces familles payait même 40%.Il serait opportun que le gouvernement passe une loi obligeant les prêteurs à déclarer le taux d’intérêt qu’ils chargent à leurs emprunteurs.Revenu des particuliers D’après le rapport du Bureau fédéral de la statistique, basé sur le recensement de 1961, le revenu moyen des Canadiens autres que les cultivateurs était de $3,596.Le revenu moyen pour les hommes était de $4,178., et pour les femmes, de $2,051.Les ouvriers de la Colombie britannique avaient la plus haute moyenne de revenu, soit $3,857., et ceux de Terre-Neuve, la plus basse moyenne, $2,690.Prêts Au mois de janvier 1965, les prêts personnels faits par les Banques à charte s’élevait à $1,794 millions — environ deux fois le montant des prêts consentis par les Caisses populaires et les Credit Unions.Le taux d’intérêt usuel sur ces prêts personnels faits par les Banques (crédit à la consommation) est de 10% à 12% ; ce taux s’explique du fait que ces prêts sont généralement remboursables à douze mois et que l’intérêt est chargé sur le montant initial du prêt.Nomination d’un comité de législation coopérative Le Secrétaire d’Etat du Canada, l’honorable Maurice Lamontagne, a nommé un comité spécial pour étudier une législation prévoyant l’incorporation fédérale des coopératives.Il décrit cette étude comme étant nécessaire, à raison du développement du mouvement coopératif au Canada et de l’existence de coopératives dont le champ d’opérations s’étend à plusieurs provinces du Canada.Le président de ce comité est M.Louis Lesage, c.r., directeur du Ser-tice des compagnies etudes corpora-vions au Secrétariat d’Etat ; les au- e n t a i r e s très membres en sont M.D.Gordon Blair, conseiller juridique de la Cooperative Union oj Canada, Me François Jobin, c.r., conseiller juridique du Conseil de la coopération du Québec et du Conseil canadien des coopérateurs de langue française, et le docteur S.C.Hudson, directeur du Service de l’économie au ministère fédéral de l’Agriculture.Les affaires Une étude faite récemment indique que moins de 2% des compagnies dans le monde contrôlent de 70% à 80% des affaires mondiales.Aux Etats-Unis, 1 % des maisons d’affaires font entre 70% et 80% du total des affaires.Cyrille Vaillancourt Le christianisme vd en Russie Au cours d’une conférence de presse, le professeur Georges Casalis, de la Faculté de théologie protestante de Paris, a parlé de son récent voyage en U.R.S.S., au cours duquel il a visité de nombreuses communautés orthodoxes et baptistes.Il s’est dit tout particulièrement impressionné par l’intensité de la vie religieuse : c’est ainsi que le jour de la fête de l’Annonciation, le 7 avril, plus de 8,000 fidèles assistaient à Léningrad au service orthodoxe auquel le professeur Casalis prenait part et que plus de 2,000 d’entre eux ont communié.Quant aux églises baptistes, en un an, 780 nouvelles paroisses se sont ajoutées aux 4,500 déjà existantes.Les baptistes espèrent également obtenir l’autorisation d’ouvrir bientôt un séminaire à Moscou.Certes, dit le professeur Casalis, les fermetures d’églises, les vexations variées que l’on inflige aux chrétiens, par exemple l’interdiction des baptêmes privés, qui n’étaient jusqu’à maintenant soumis à aucun contrôle officiel, continuent, avec une intensité qui varie selon les régions.Il n’en demeure pas moins que l’on peut noter une soif religieuse générale qui se manifeste notamment par l’avidité avec laquelle on cherche à se procurer la Bible et les ouvrages de théologie.Le rapport bien connu de M.Ilytchev reconnaissait d’ailleurs déjà la vitalité du christianisme en U.R.S.S.(La Semaine religieuse de Québec, 22/7/65.) 135 des femmes La participation Nous sommes les contemporains de la transformation la plus rapide et la plus fondamentale de l’histoire de la société québécoise.De toutes parts des aspirations nouvelles se manifestent presque quotidiennement, avec une intensité de plus en plus grande.Le visage du Québec subit des transformations profondes et, selon les espoirs de tous ceux qui sont présentement engagés dans ces changements, ceux-ci devraient nous conduire vers une amélioration constante de notre mode de vie.Chaque jour, des déclarations sont émises suggérant des mesures à prendre afin d’obtenir ce climat de bien-être général qui atténuera les tensions existantes.Le but que se donne un nombre grandissant de personnes est de faire passer le Québec de son niveau actuel d’insatisfaction des besoins à celui de l’harmonisation entre une société vraiment dynamique et les plus profondes aspirations des hommes.Mais il faut réaliser dès maintenant que les possibilités de satisfaire ces ambitions légitimes, dépendront, dans une mesure encore à peine soupçonnée, d’un effort continu de la part de tous les Québécois, quelle que soit leur origine sociale.De plus, il est important de comprendre que certains changements dans les attitudes des Québécois doivent prendre place avant qu’il soit possible d’espérer pouvoir rejoindre les buts qu’ils se donnent.Parmi ces changements se situe la question de la responsabilité individuelle et collective des femmes du Québec à la réalisation de ces aspirations.Selon mon jugement, la participation des femmes aux transformations du Québec va devenir la mesure même des possibilités de succès de cette promotion collective tant désirée.Si elles y participent, nous aurons de grandes chan- * Conférence donnée à Québec, le 22 août 1965, au jubilé d’or des cercles des fermières.** Doyen de la Faculté des sciences sociales de l’université de Montréal, et président du Conseil supérieur de la famille.ces de réussir ; si elles sont absentes, j’ai bien peur que les espoirs seront déçus.Certains peuvent penser que j’attache trop d’importance à la participation des femmes aux transformations de la société québécoise, et que l’avenir du Québec sera assuré par d’autres facteurs plus fondamentaux.Permettez-moi de dire que ce raisonnement est faux.La participation des femmes à la construction de la nouvelle société québécoise sera l’élément décisif de notre réussite collective, ou la marque de notre propre incapacité.Et voici pourquoi.Regardons tout d’abord les chiffres.Selon le recensement de 1961, il y avait à cette date près de 2,260,000 femmes au Québec.Par ailleurs il y avait à cette même date près d’un demi-million ce femmes au travail.De ce chiffre, près de 65% étaient dans des occupations stratégiques à l’avenir du Québec, puisqu’elles s’occupaient des services communautaires, de l’éducation, de la santé, du bien-être, ou encore participaient à la bonne marche des services commerciaux et industriels.En 1961, il y avait près d’un million trois cent mille hommes et un demi-million de femmes au travail.Croire qu’il est possible de bâtir l’avenir de notre société sans la participation de près de 30% de la main-d’œuvre c’est ignorer les nécessités même du développement.Il est inutile de souligner que le progrès que nous désirons tous a ses exigences : particulièrement en ce qui concerne la compétence de la main-d’œuvre du Québec.La formation professionnelle des femmes devient donc, au même titre que celle que reçoivent les hommes, un des facteurs décisifs de la création de notre avenir social, économique et politique.Mais il n’y a pas ici seulement un problème de formation professionnelle.La grande question est de savoir si les femmes du Québec pourront utiliser leur compétence en accédant, et au même titre que les hommes, aux positions stratégiques de contrôle sur les prises de décision PAR PHILI qui décident de l’avenir.Si le Québec s’engage dans la construction d’une nouvelle société, sans s’assurer de la possibilité d’utiliser au maximum la compétence des femmes, il se prive délibérément des talents d’une partie importante de sa population.Car, et il faut le reconnaître, à part quelques cas, les femmes québécoises ne possèdent pas les mêmes possibilités de formation et de promotion professionnelles que leurs consœurs de l’Ontario.Il s’agit là, en vérité, de la situation générale de la condition féminine dans le Québec.Nous devons comprendre et, pour les mêmes causes qui ont retardé le Canada français, et en raison des pénalisations qu’ont subies les Canadiens français par le passé, les Canadiennes françaises ont été, et reste encore plus que les hommes, handicapées dans le Québec.Il n’est donc pas possible d’espérer transformer la société québécoise sans faire un effort spécial pour rehausser la condition de la femme dans le Québec.Par ailleurs, il est important de se souvenir que la société industrielle, qui est le but et l’instrument de la promotion collective des Canadiens français, ne tient pas compte des différences de sexes.Au contraire, dans l’ensemble, l’évolution technique et la promotion professionnelle de la femme sont indissociables.Ainsi, puisque le travail professionnel dans la société industrielle d’aujourd’hui fait de moins en moins usage de la force physique, et de plus en plus des qualités intellectuelles pour lesquelles les femmes sont sur un pied d’égalité avec les hommes ; pour bâtir la société industrielle au Québec tout autant que la Société agricole en rénovation il faut la participation des femmes.Autrement, non seulement le développement du Québec en serait retardé, mais on n’arriverait jamais à pouvoir créer cette société vraiment dynamique que tous désirent.Si nous voulons le développement rapide et l’amélioration des conditions de vie dans le Québec, il faut se garder de se laisser enfermer dans des 136 IGUE développement du Québec* habitudes de pensées en ce qui regarde la femme qui ne sont plus en relation avec les réalités d'aujourd’hui.Reprenons les statistiques afin de bien comprendre ce qui est en jeu, et examinons un autre exemple très concret : celui de l’attitude de chaque femme comme mère de famille.Il ne s’agit plus ici de la formation ou de la promotion professionnelle des femmes, mais de quelque chose qui est à la source même des traditions canadiennes-françaises.Il y avait en 1961 près de deux millions d’enfants québécois en dessous de 15 ans, dépendant de leurs parents.Il ne vous sera pas difficile d’admettre que la vie familiale est le fondement même de la personnalité de chaque enfant, et donc de ses possibilités en tant qu’adulte.Le genre d’adultes qu’ils deviendront dépendra en grande partie de la façon dont ils auront vécu comme enfants.Rappelons-le, afin de souligner le rôle des femmes dans l’avenir du Québec ; ce sont les mères qui ont l’influence principale dans la formation de la personnalité des enfants.Toutes les recherches accumulées depuis une cinquantaine d’années le confirment.L’attitude de ces mères envers l’avenir du Québec, leur désir de voir leurs enfants participer à la création d’une société dynamique, vont devenir les principaux éléments de l’orientation de ces enfants vers cet avenir.Il faut le répéter le plus souvent possible.Car, s’il est certain que même si le père a sa propre responsabilité et son influence en cela, c’est la mère qui a l’influence primordiale dans l’orientation morale et spirituelle des enfants ; c’est elle qui, dans une large mesure, peut inspirer ce souci de la perfection, du travail bien fait, du désir de connaître et d’innover, qui marqueront les enfants et les rendront plus aptes à bâtir l’avenir avec confiance et compétence.En agissant de sorte que chaque jeune Québécois développe au maximum ses capacités et ses compétences, chacune des mères assure par cela les fondements mêmes de la promo- tion individuelle et collective du Québec.C’est aussi à l’âge critique des premières années d’école que ce rôle de la mère est fondamental.Quoiqu’elle partage avec le père la responsabilité de surveiller l’éducation des enfants, puisque le père est plus fréquemment absent en raison de son travail, c’est donc à elle que revient en grande partie la tâche d’éveiller et de stimuler les enfants aux études.C’est aussi à elle que revient la tâche d’obtenir un harmonieux développement intellectuel et physique.C’est aussi la mère qui est la plus apte à interpréter auprès des éducateurs le caractère particulier de chaque enfant, ainsi que de donner aux maîtres ce soutien nécessaire pour que les enfants bénéficient des leçons de l’école.Il faut le dire et le redire, afin qu’il n’existe plus aucun doute dans l’esprit de tous les Québécois.L’avenir du Québec va dépendre, en grande partie, du degré de compétence et de capacité d’innovations de chacun.En préparant leurs enfants à vivre une vie selon le maximum de leurs possibilités, les mères participent directement à l’élaboration d’une société dynamique.Mais l’interprétation des femmes de leur rôle de mère a aussi d’autres conséquences.L’avenir du Québec ne dépend pas seulement de la compétence que possédera chaque enfant comme adulte.En raison des circonstances particulières de la survivance canadienne-française, l’avenir du Québec est encore en grande partie un problème de population.Selon les changements dans les attitudes des femmes envers la maternité, qu’elles la considèrent comme un bonheur personnel ou comme une lourde tâche, l’avenir du Québec en sera très différent.Une diminution rapide du taux de fertilité des familles québécoises a déjà été enregistrée.Sans qu’il soit nécessaire de dire qu’il existe un état de crise, il est important de réaliser qu’une baisse en dessous d’un certain niveau va influencer le rythme des développements du Québec.Présentement, pour compenser le manque de population, les autorités gouvernementales se tournent vers l’immigration.Il ne s’agit pas ici de vouloir critiquer cette politique.Pourtant, une solution plus efficace serait la mise en vigueur d’une législation en faveur de la maternité, afin d’aider d’une manière adéquate les familles qui décident d’avoir des enfants.Il faut, au Québec, une politique de la famille et de la population, car il n’est plus possible de laisser à la charge des parents le coût total de l’éducation et de la formation des enfants.Etant donné l’accroissement nécessaire de la durée des études dans une société industrielle moderne, une présence plus longue des enfants au foyer, le désir d’obtenir de meilleures compétences, il importe d’établir une politique de promotion de la famille et de la femme.Il importe de reconnaître leurs droits non seulement à des aides financières adéquates, mais aussi à des services spéciaux.Il faut que chaque famille, et chaque mère de famille puisse exercer le mieux possible leurs fonctions dans la société.Mais n’oublions jamais que cette promotion de la femme comme mère de famille n’est qu’un aspect de sa promotion totale.Comme professionnelles ou comme maîtresses de maison, les femmes ont des responsabilités que nul ne peut ignorer s’il désire vraiment la création d’une société québécoise dynamique.Par exemple, c’est dans leurs mains que passent les sommes énormes que représentent les achats de nourriture, de vêtements, de dépenses d’entretien de maison, celles des loisirs familiaux, etc.La manière dont chacune d’entre elles règle les repas de sa famille en utilisant les produits locaux ou les produits importés, a une influence déterminante sur la production locale et sur l’importation, et donc sur la balance des activités économiques québécoises.Qu’elles adoptent dans la gestion du budget familial un régime d’économie, ou qu’elles s’engagent dans des dettes, et une grande partie du système économique québécois en est transformée.137 Cette promotion de la condition féminine, puisqu’elle permettra une plus grande participation des femmes au développement du Québec, exige évidemment qu’elles soient présentes à tous les niveaux de responsabilité.Aucun principe de morale ou de vie sociale n’interdit cette présence.Aucune loi divine ou naturelle ne leur défend l’accès aux postes de responsabilités civiques.Au contraire, nous savons que leur absence de ces postes, de cette participation aux prises de décision, decision, devient chaque jour une faiblesse de plus en plus grande dans la réalisation des développements désirés par la société québécoise.Cependant, il faut bien réaliser qu’il ne suffit pas d’affirmer la nécessité de la promotion des femmes dans le Québec et de leur présence aux postes de direction pour que la situation se transforme d’elle-même.Il est nécessaire que les femmes prennent conscience que nulle autres qu’elles mêmes doivent travailler à obtenir cette promotion et cette participation.Elles ne leur seront pas offertes sans qu’elles le demandent.S’il faut admettre que la transformation dans les attitudes envers la condition féminine n’est pas chose facile, il faut aussi reconnaître que la possibilité de réaliser une société dynamique, à la taille des possibilités les plus hautes de la vie humaine, ne pourra se faire si la moitié de la population du Québec n’est pas consciente des conséquences de son infériorité vis-à-vis de l’autre moitié.Même dans chaque famille, il n’est pas bon qu’au foyer la femme se montre une mineure, dans l’ordre de sa compétence intellectuelle, devant son mari.Entre elle et lui doit s’établir une autre communauté que celle du plaisir et de l’intérêt matériel.Il est nécessaire que le couple soit aussi uni par une communauté de pensée, dans un mutuel amour et respect.Ceci n’est réalisable que si les femmes possèdent l’égalité totale dans leur formation intellectuelle et dans leur promotion professionnelle.Permettez-moi de conclure rapidement ma présentation en propo- sant pour votre examen certaines considérations sur l’action politique des femmes dans le Québec.Car c’est au niveau de l’action politique que va se décider finalement la question de la participation des femmes aux développements du Québec.Certaines personnes, décidément en retard sur leur siècle, et sur les enseignements de l’Eglise, continuent de critiquer l’action politique des femmes.Elles sont convaincues que cela va à l’encontre de ce qu’elles appellent la nature même de la vocation féminine.Pourtant, toutes les informations que nous possédons sur l’action politique des femmes dans tous les pays prouvent, au contraire, que cette participation aux décisions politiques résulte en un bénéfice fondamental, en une amélioration constante de la vie sociale, économique et politique de chacun de ces pays.Et ceci parce que l’action politique, pour celles qui l’abordent avec la volonté sincère et généreuse de servir la communauté, n’est qu’une extension naturelle de cette préoccupation pour le bien-être des autres qui caractérise les femmes au foyer.Par ailleurs, cette préoccupation avec le bien-être des autres rend la femme particulièrement sensible aux misères et à la détresse qui existent encore au Québec.Parce qu’elles ne sauraient demeurer satisfaites de leur confort personnel devant la pauvreté, la peine et la douleur qu’éprouvent les autres, elles seront une source vivifiante de projets de législation ayant pour but d’améliorer les conditions de vie.La présence des femmes au niveau des commissions scolaires et dans les organisations paroissiales a déjà démontré combien leur compétence et leurs intérêts profitent à chaque communauté.Leur présence au niveau des conseils municipaux est devenue indispensable au bon fonctionnement de ses organismes.Mais ce n’est pas seulement au niveau des organisations locales qu’elles doivent être présentes.Par exemple, le rôle des femmes dans les syndicats et les organismes professionnels a déjà amplement démontré leur habileté comme organisa- trices sur une grande échelle.Leur présence plus nombreuse aux niveaux des institutions gouvernementales serait un gage certain de l’accroissement de l’efficacité de notre société.C’est qu’il existe une relation directe entre les intérêts féminins et leur engagement au niveau d’une politique québécoise globale.A travers l’idée de développement, les Québécois ont pris conscience de la realisation possible d’une société capable de satisfaire leurs plus hautes aspirations.En faisant de sorte que les décisions gouvernementales représentent effectivement les intérês des deux sexes, les femmes peuvent assurer, par cette participation, la création d’une société vraiment orientée vers le bonheur et le bien de tous.Puisque nous sommes engagés à vouloir faire du Québec une société à la taille de nos aspirations, et qu’il nous est donné d’agir pour le bien commun, faisons en sorte qu’en facilitant la participation des femmes aux développements du Québec, il nous soit possible d’aider à formuler l’image future de l’humanité — une humanité moins dure pour les femmes comme pour les hommes.ma Caisse populaire revue d’information à l’intention des familles.Unique en son genre.Paraît à tous les deux mois.$3.00 du cent exemplaires. Signât question : Si j'ai bien compris l'article publié dans le dernier numéro de La Revue Desjardins concernant la signature des documents, il jaudrait à l'avenir que les contrats de prêts hypothécaires, de même que les quittances et les mainlevées, soient accompagnés de deux résolutions, l'une du conseil d'administration autorisant telle personne à signer, l'autre de la commission de crédit autorisant le prêt ou la quittance.Si tel est le cas, une copie de l’article 68 du règlement de la Caisse pourrait-elle servir comme résolution générale pour autoriser le gérant à signer ?réponse : Voici la réponse de votre conseiller juridique à cette question qui nous a été soumise par le gérant d’une Caisse populaire : C o m p t question : Monsieur X a deux comptes dans une Caisse, l'un portant le numéro 2000 et l'autre portant le numéro 2000A.Il tire un chèque de $1,500.sur son compte numéro 2000, dont le solde n'est que de $1,000., alors que son compte numéro 2000A a un solde créditeur de $2,000.La Caisse a-t-elle le droit de payer le chèque en effectuant un transfert du compte 2000A au compte 2000 ou doit-elle refuser le chèque avec la mention : « provision insuffisante » ?réponse : Voici la réponse donnée par notre conseiller juridique à cette question u r e « Les termes de la nouvelle loi des Caisses d’épargne et de crédit nous forcent à envisager l’adoption de deux résolutions lorsqu’il s’agit de faire signer les contrats de prêts hypothécaires, ou d’en accorder quittance partielle ou totale, ou mainlevée.« La commission de crédit, ayant désormais seule juridiction, adopte une résolution accordant un prêt hypothécaire .à monsieur ., membre de la Caisse, affectant l’immeuble dont la description sommaire est fournie.« S’il s’agit de quittance générale et finale, ou de mainlevée, sans que quittance ne soit accordée, la commission de crédit adopte une résolution donnant cette quittance générale ou partielle, ou accordant cette mainlevée à monsieur X de la garantie que détenait la Caisse sur l’immeuble suivant descriptions sommaires.
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