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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Vol. 41, no 4
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1975, Collections de BAnQ.

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LA REVUE 4 1375 S?) f 13 a SOMMAIRE « La femme vue par notre graphiste Odette Duchesne » FEMME OFESSION MOUVEMENT '«AVAIL ülPi VOLUME 41 N° 3 1975 LA REVUE DESJARDINS est l'organe officiel de La Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, 150, avenue des Commandeurs, Lévis, Québec, Canada.Ce numéro est tiré à 21,000 exemplaires.Il est imprimé aux ateliers Charrier & Dugal (1965) Limitée.Le prix de l'abonnement annuel est de $3.50.Affranchissement numéraire au tarif de la troisième classe, permis n° 110.Port payé à Québec.ISSN 0035-2284 DIRECTION /COMMUNICATIONS INTERNES: MADELEINE JOUBERT CHEF DE LA DIVISION / INFORMATION : CLAUDE MOQUIN RESPONSABLE DE LA RÉDACTION: MICHEL BEAUCHAMP COLLABORATION / RÉDACTION : DENISE BOUTIN-GRÉGOIRE MAQUETTISTE: ODETTE DUCHESNE DROITS ET RESPONSABILITÉS Il n'existe aucun droit de reproduction ou de traduction pour les articles de cette Revue.Par ailleurs, les éditeurs vous seraient reconnaissants de bien vouloir identifier la source quand vous prendrez la liberté de nous reproduire.Les opinions émises dans les articles publiés pour La Revue Desjardins n'engagent que la responsabilité de leur auteur.DÉPÔTS LÉGAUX: Bibliothèque nationale du Québec, Montréal.Bibliothèque nationale du Canada, Ottawa.La nouvelle Québécoise — Hélène Pelletier-BaMargeon.3 Le Mouvement des Caisses populaires.Desjardins, un monde ouvert aux femmes?.12 Jeanne Ferlatte, ex-gérante d'une caisse populaire !.14 COOP-001 un projet .— Francyne McKenzie.19 Le sérieux et la ténacité engendrent la réussite — Michel Beauchamp.23 La gestion des coopératives aux H.E.C.— Marie-Claire Ma/o.25 Lizette Vachon: être à l'aise dans le monde du travail — Denise Boutin-Grégoire.29 Consommateurisme: confrontation ou participation .— Michelle Lejeune.31 Inter-caisses: une innovation d'importance capitale — Claude Moquin.34 Quelques statistiques.38 Le rôle des femmes au sein du Mouvement des Caisses populaires Desjardins — Denise Boutin-Grégoire.41 Prendre les moyens pour communiquer .— Julie D.Beaupré.44 Bibliographie — Condition féminine.50 L'audio-visuel à la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins — Louise Tremblay. La nouvelle Québécoise zp Hélène Pelletier-Baillargeon* En m'offrant l'hospitalité de ses colonnes, la Revue Desjardins, me demandait d'évoquer pour ses lecteurs ce que j'anticipais des grands traits d'évolution de la future Québécoise.Même si 25 ans à peine nous séparent de l'an 2000, disons au départ que je trouve bien hasardeux, dans le contexte mondial actuel, de jouer au prophète! Il y a quinze ans à peine, qui, hors quelques spécialistes méconnus, soupçonnait le problème écologique mondial?Qui dans l'opinion publique appréhendait sérieusement la crise de l'énergie et celle de l'alimentation, l'explosion démographique du Tiers-Monde et la dénatalité des pays industrialisés?Première considération donc : la question féminine ne se pose pas abstraction faite des autres aspirations humaines.Elle est étroitement liée aux divers conflits, interrogations ou découvertes scientifiques des sociétés où elle se pose.C'est ainsi que toute la problématique féministe a changé radicalement d'optique et de vocabulaire, il y a un quart de siècle à peine, lorsqu'au hasard d'une découverte médicale le Dr Pincus, un endocrinologue, s'est mis à expérimenter, pour la première fois avec succès, les œstrogènes en comprimés (dont l'effet principal devait s'avérer inhibiteur de l'ovulation) sur un groupe-témoin de volontaires portoricaines.On peut aujourd'hui considérer, en effet, que c'est la rupture, opérée scientifiquement, du lien séculaire entre sexualité féminine et procréation, qui a permis d'affirmer pour la première fois dans l'histoire de l'humanité que la femme pouvait exister comme personne autonome.Tant qu'elle demeurait assu- jettie aux forces occultes et mystérieuses de la Vie, son rôle dans les sociétés demeurait inexorablement lié à la fécondité.Objet de choix personnel désormais, la décision d'enfanter devient, aux mains des femmes, un « nouveau pouvoir» au sens le plus révolutionnaire du terme.C'est à dire un « pouvoir » susceptible de modifier profondément nos relations humaines et nos rapports sociaux.Mais dans un second temps, ce « nouveau pouvoir », dont découleront en corollaire presque tous les autres, sera susceptible de s'exercer de façons fort diverses selon les cultures nationales qui !'adapteront à leurs valeurs propres.C'est ainsi que le problème de la natalité, pour poursuivre le même exemple, se pose en des termes fort différents aujourd'hui pour une Américaine, une Africaine ou une Chinoise.L'entrevue célèbre de l'écrivain Han Suyin, au Sei de ia Semaine de Radio-Canada il y a quelques années, nous a rappelé judicieusement que «l'Internationale des femmes» n'était pas pour demain et que les diverses expressions du nationalisme étaient susceptibles de modifier profondément l'itinéraire des femmes d'un pays donné vers la conquête de leur autonomie personnelle.* Hélène Pelletier-Baillargeon a milité au sein de différents groupes de pression au Québec.Elle fait partie depuis plusieurs années de I équipe de la revue Maintenant.3 Photo: Information Canada Dans un troisième temps aussi, disons que, toujours dans un pays donné, la nature du régime politique à l'intérieur duquel la question féminine se pose est susceptible d'en amoindrir ou d'en exacerber au contraire la requête.Les dictatures et les régimes d'extrême-droite, tels qu'on peut en observer aujourd'hui en Espagne, en Amérique Latine et jusqu'à tout récemment en Grèce et au Portugal se sont toujours montrés d'ardents défenseurs des conceptions les plus traditionnelles et les plus effacées du rôle de la femme.Ce sera donc sous ces régimes, que les femmes attendront le plus longtemps des droits aussi élémentaires que le droit de vote ou l'accès aux universités.D'autres régimes dits «libéraux», mais où se pratique le capitalisme de concurrence, récupéreront les slogans favoris de la libération de la femme au niveau de la publicité la plus tapageuse, mais en désamorceront habilement le caractère novateur en faisant bifurquer ses orientations dans le sens de la consommation la plus passive.Enfin, un quatrième élément m'apparaît essentiel à considérer pour qui prétend se livrer à un essai de prospective touchant la question fémi- nine : c'est la rupture ou la continuité du nouveau modèle féminin par rapport au modèle historique.Beaucoup d'équivoque, en effet, subsiste dans le titre donné autrefois par le Chanoine Groulx à l'un de ses plus marquants ouvrages: Notre maître le passé.Cette expression peut certes, à première vue, revêtir une signification limitative : elle pourrait alors vouloir dire que les peuples sont condamnés à se répéter indéfiniment?Elle pourrait, mieux encore, exprimer aussi la valeur éducative et politisante de la connaissance et de la réflexion historiques.Enfin, elle peut nous amener de façon très suggestive à augurer des grands traits d'une évolution à partir des «tendances » observées chez le modèle historique.Dans le cadre du présent article, c'est sans doute cette dernière acception qui retiendra le plus volontiers mon attention.Citoyennes du monde Plus que jamais, depuis l'avènement des moyens modernes de communication de masse, les Québécoises se trouvent en quelque sorte «branchées» sur les grands courants et les ri * Si Mi 4 grandesrequêtes de la pensée féministe mondiale.Emprisonne-t-on des militantes de gauche au Chili, manifeste-t-on pour ou contre l'avortement en France, aussitôt l'opinion québécoise s'en trouve saisie et les femmes d'ici se mettent à exprimer leur propre vécu à partir de l'événement extérieur qui leur est rapporté.Comme les mouvements de décolonisation qui ont fait accéder à l'indépendance de jeunes pays d'Afrique depuis le début de ce siècle, comme les mouvements anti-ségrégationistes aux U.S.A., le féminisme apparaît de plus en plus comme un vaste et irréversible mouvement historique.Tout comme les pays dont l'économie traditionnelle avait longtemps reposé sur l'exploitation coloniale ou l'esclavage, nos sociétés se trouvent profondément insécurisées devant la radicalité de certains éléments de cette nouvelle « révolution ».L'économie et la gérance domestiques, l'éducation et la garde des enfants, mais surtout la sauvegarde de toutes les valeurs d'affectivité, de chaleur, de gratuité, de poésie dont, séculairement, on avait fait de la femme la gardienne, voilà tout un lot de tâches et de vertus que les sociétés ne peuvent plus déléguer d'un bloc à la responsabilité d'un sexe en particulier.Elles doivent désormais les assumer, les distribuer, les sauvegarder solidairement.Ces grands traits essentiels de la requête féministe, on les retrouve aujourd'hui dans les propos familiers des Québécoises.On ne discute guère plus aujourd'hui dans les usines ou les bureaux des principes théoriques tels que le droit à l'éducation, l'égalité des sexes, le libre choix de sa carrière, de son conjoint ou de ses maternités.Ces réalités-là semblent désormais acquises dans l'opinion des femmes et c'est désormais au niveau des modalités et des moyens concrets que portent leurs discussions les plus serrées: parité de salaires, égalité de chances dans l'embauche, garderies publiques, libre accès à la contraception, etc.Aussi le scénario de telle conquête sectorielle du féminisme américain, français ou britannique a-t-il toutes les chances du monde de se répéter au Québec quelques mois ou quelques années après sa «première mondiale»: les femmes du Québec, depuis la «révolution tranquille» sont bel et bien devenues citoyennes du monde.Toutefois, nous le verrons bientôt, les Québécoises n'ont pas copié servilement des modèles étrangers d'action comme hélas, le Québec l'a fait dans combien d'autres secteurs de son activité sociale ou culturelle! Leur itinéraire vers l'autonomie se dessine au contraire comme le fruit d'une heureuse harmonisation de leur héritage culturel et de leurs aspirations futures.Un itinéraire d'une grande maturité aussi, et qui sait faire en douceur l'économie d'excès caricaturaux et disgracieux dont nos voisines du Sud avaient au contraire pimenté à plaisir le leur! Filles, femmes, mères et sœurs de Québécois Tous les actuaires, mathématiciens et autres voués par métier à la prédiction, commencent par scruter avec soin l'allure générale d'une courbe avant de se hasarder à parler de son avenir.On me permettra certes, la même précaution ! En ce sens, je suis convaincue que ce passé nous est très mal connu et qu'à partir des clichés que nous entretenons à son endroit, nous méconnaissons souvent la richesse et la diversité de notre psychologie féminine nationale.Le grand remous, provoqué ces derniers mois, dans l'opinion par la découverte des terribles lacunes de l'enseignement de notre histoire nationale dans le système scolaire actuel, en témoigne: nous commençons tout juste à soupçonner les répercussions à long terme d'une méconnaissance de notre bagage ancestral.Le cas de l'histoire des femmes du Québec, celle qui nous intéresse particulièrement aujourd'hui, n'est en rien différent de l'histoire de l'Église, des classes sociales ou des idéologies politiques: elles ont été réduites à quelques traits grossiers rapidement esquissés au cours de la «révolution tranquille».Sous l'influence de l'idée de «rattrapage» qui dominait les années 60, il convenait en tous points d'établir que nous avions été jusqu'à ce jour un petit peuple obscurantiste et retardataire qu'il convenait de toute urgence de remettre vivement à l'heure de New-York ou de Paris!.Cette façon de voir, dix ans après, devait s'avérer un peu courte et dans certains cas catastrophique.Ainsi la vision acceptée et galvaudée de la femme québécoise dans les média des années '60 était celle de la mère de famille nombreuse, subissant sans mot dire les directives de son mari et des curés après avoir subi celles de sa mère et des Sœurs durant son enfance! Cette mère-là, décrite par tous les écrivains de l'époque, partageait tout son temps entre le récurage besogneux et les maternités.Elle était donc, pensait-on, à cent mille lieues par ses préoccupations des enjeux rencontrés par le Québec du XXe siècle.Quel formidable rattrapage ne devait-on pas lui faire subir pour l'extirper de sa grande noirceur! Ceux qui stigmatisaient de la sorte nos braves mères n'avaient certes pas la mémoire historique bien longue: le XIXe siècle, les homélies de Mgr Paquet et Bourget devaient probablement constituer le fin mot de leurs sources et de leurs références! L'avenir devait en effet leur ménager des surprises, car ces Donalda, ces mères Plouffe et ces Angélina devaient, en quelques décennies, effectuer un itinéraire audacieux qui allait outrepasser les rêves les plus farfelus de leurs anciens juges.Or, ces ressources ne leur venaient pas d'ailleurs.Elles les puisaient en elles-mêmes et l'originalité de leur démarche témoignera longtemps, d'un passé qui les avait généreusement nourries.Une société égalitaire de pionniers et de paysans Dès que l'on se penche avec un tant soit peu d'attention sur l'évolution du féminisme français, par exemple, on s'aperçoit quel poids historique formidable constituait pour Simone de Beauvoir et ses contemporaines la longue tradition de classe de la bourgeoisie française.Célébrée par les arts et la littérature, choyée par l'aisance d'une vie oisive, la femme de la «belle époque» n'en Photo: Direction générale du tourisme était pas moins galamment exclue du monde des hommes et des vrais enjeux de la collectivité à laquelle elle appartenait.La simplicité même de nos origines québécoises nous a permis de faire l'économie de cette forme d'aliénation qui a conduit tant de nos contemporaines françaises à définir leur situation en fonction de la «lutte des sexes».Cette ségrégation des sexes issue des mœurs bourgeoises ne s'est guère faite sentir chez nous avant l'avènement de l'industrialisation.C'est principalement l'urbanisation, on l'a maintes fois souligné, qui a amené l'éclatement du couple rural et plongé la femme au foyer dans ce sentiment d'isolement et d'inutilité qui devait la conduire à la première contestation de sa situation marginale.Paradoxalement, la société rurale qu'on a voulu décrire comme facteur de fixité et d'hostilité au changement, a longtemps permis à la Québécoise de roder avec son compagnon une profonde relation de «partnership» dont tous deux conservent encore la marque même en société urbaine.L'intelligence, le jugement, l'initiative de la femme constituaient, et constituent encore, un investissement décisif dans une entreprise agricole.Ses opinions et ses choix pesaient à l'égal de ceux de l'homme dans les décisions communes à prendre.La marque de cette prise en considération se retrouve aujourd'hui dans le couple québécois: c'est généralement ensemble qu'on choisit sa maison ou sa voiture, l'école que fréquenteront les enfants ou le genre de vacances qu'il convient de prendre. Tandis que les féministes européennes ont encore à bagarrer chez elles pour obtenir d'avoir voix au chapitre en des matières aussi élémentaires, les Québécoises ont franchi assez naturellement des barrières aplanies autrefois par leurs mères au cours d'un étroit et chaleureux compagnonnage historique.La vie des pionniers en effet était faite pour rapprocher naturellement ceux et celles qui affrontaient ensemble les mêmes difficultés et les mêmes dangers.L'histoire des premières religieuses nous montre même quelles libertés devaient par nécessité s'octroyer des fondatrices comme Jeanne Mance, Marie de L'Incarnation et Marguerite Bourgeois par rapport aux coutumes françaises.Comme les missionnaires d'aujourd'hui, elles avaient à partager, avec leurs compagnons d'aventure, des initiatives héroïques qui ne permettaient pas ultérieurement de retour en arrière dans la voie de la sujétion féminine traditionnelle.L'Acte d'Union, Mgr Bourget et les communautés Les chroniqueurs des XVIle et XVIIle siècles, les baron de Hontan, les Peter Kalm ou François-Xavier de Charlevoix, sont unanimes à s'étonner (ou à se scandaliser.) de la grande liberté avec laquelle la femme québécoise de l'époque s'exprime sur toutes choses et règle sa vie en fonction de ses goûts marqués pour la vie sociale et le plaisir! Les citations abondent sous leur plume, notant la beauté, la vivacité d'esprit, la frivolité, et l'indépendance de jugement de nos aïeules! Lors de l'invasion américaine, plusieurs d'entre elles, notamment la veuve Gabourie et les femmes de Pierre Parent et d'Augustin Chabot, faisant fi, des appels à la soumission venant de l'épiscopat, ne se mêlent-elles pas d'agitation politique à Ste-Marie de Beauce et à l'île d'Orléans?Durant les troubles de '37-'38, les femmes de Saint-Benoît ne se regrouperont-elles pas sous la présidence de la femme du notaire J.J.Girouard pour former Y Association des dames patriotiques du comté de Deux-Montagnes ?Voilà, certes, qui laisse loin derrière nous le ber de la revanche et le métier à tisser.Sait-on même encore aujourd'hui que l'Acte constitutionnel de 1791 avait accordé le droit de vote aux femmes et que celles-ci l'exercèrent passionnément durant cinquante-huit ans?Jusqu'à ce qu'en 1849, dans le ressac qui devait suivre l'Acte d'Union, une loi spéciale ne vienne le leur retirer après l'avoir supprimé aux prêtres six ans auparavant.Il faudra ensuite aux Québécoises attendre 1940 pour obtenir à nouveau, sous le régime Godbout, leur précieux droit au suffrage.Les années 1840, en effet, et par coïncidence la nomination de Mgr Bourget au siège épiscopal de Montréal, provoqueront une brutale discontinuité avec ce modèle historique égalitaire libre et séduisant.C'est sous l'impulsion de ce prélat célèbre, qu'arriveront massivement au Québec pour éduquer nos «filles des champs et des bois», les grandes communautés religieuses européennes.Celles-ci apporteront dans leur bagage la spiritualité féminine rigoriste en vogue dans les classes sociales rigides de la société française de l'époque.Cette tradition puritaine consacrera chez nous la vocation effacée et soumise de la femme au foyer.Les chefs spiri- m mt A Ai ¦y xgg m ik i V .V v\\] "\w N & '-'¦'¦y nXNwv'- 7 -, ' vvy A \\V>y /''‘N M v V y ’K '> "i \\ ¦¦¦ a æâsKî?.^r^r îî#s» iTr^sjarcii t.c-.: ijm-.:* ; —‘ - ¦ * ^ — —B i;v-W!T.| r- 4-'^r ¦ “ : icr.^Ss^SfcSp;: % r iLSs tuels comme les leaders politiques, les écrivains et pamphlétaires, tels que Henri Bourassa, Olivar Asselin ou Arthur Buies, mettront constamment en garde la femme de cette époque contre l'instruction trop poussée les dangers de la curiosité intellectuelle, la lecture indue des romans, l'indépendance d'esprit, l'ambition économique, les plaisirs de la vie sociale et, bien sûr, à plus forte raison, les conflits de la vie politique! Les anglo-canadiennes à la rescousse Inutile de dire que, dans un pareil climat, les premières démarches des femmes pour obtenir le droit de vote se heurteront à un mur de préjugés et d'émotivité où évêques et politiciens accableront à qui mieux mieux les premières suffragettes qui réclament des droits aussi élémentaires que celui de disposer de leurs salaires ou de recevoir des allocations familiales.(Gérard Filion, dans le Devoir, se moquera même de l'idée saugrenue des allocations familiales en disant qu'elles lui font penser aux «primes pour les veaux!») Le livre de Madame Thérèse Casgrain Une femme parmi les hommes évoque avec humour et un détachement admirable le caractère oppressif et étouffant du Québec d'alors.Conspuées et ridiculisées par leurs compatriotes, les premières militantes québécoises devront aller chercher au Canada anglais les appuis qui leur font défaut chez nous.La réponse et la solidarité des Canadiennes anglaises ne se fait pas attendre et, l'avons-nous dit tout à l'heure, en 1940, les femmes du Québec, les dernières du Canada, obtiennent à nouveau le précieux droit de vote qu'elles avaient perdu en 1849.Un avenir qui renouera avec nos valeurs d'origine Dans un premier temps, et cela était normal, le féminisme québécois a porté la marque culturelle de cette influence anglo-canadienne qui, sous les régimes Taschereau et Duplessis, était venue lui tendre une main fraternelle.Car, on l'a maintes fois observé, c'est dans les pays nordiques anglo-saxons et protestants que l'idéologie féministe a toujours trouvé son premier et son meilleur terreau d'accueil, les pays méditerrannéens et catholiques traînant toujours loin derrière eux leurs vieux préjugés platoniciens à l'égard de la Femme! L'un des traits dominants de ce féminisme de culture anglo-saxonne consiste certes à faire appel au regroupement et à la solidarité exclusivement féminine afin d'ouvrir, par une action collective des femmes, une brèche définitive dans l'univers masculin du travail, de la vie sociale et politique.Le second trait majeur de cette même démarche consiste pour les femmes à 9 accepter tel quel sans le remettre en question cet univers masculin, ses rites et ses lois, à le considérer comme un objectif final à atteindre et à se modeler autant qu'il sera nécessaire afin d'y entrer de plein pied avec les hommes et d'en soutenir victorieusement la concurrence.Si, à ce moment précis de cet article, je puis me risquer à jouer les prophètes, ce serait certes pour dire qu'à l'heure actuelle les Québécoises me semblent en train de mettre au point une stratégie qui, pour s'éloigner de plus en plus du principe de la ségrégation comme mode de regroupement et d'action, n'en sera pas moins profondément révolutionnaire en ce sens que, loin d'accepter inconditionnellement les rites et les lois du monde masculin, elle ira les contester jusque dans ses retranchements en refusant cette «adaptation» qui équivaudrait, pour les femmes, à renoncer à leurs caractéristiques et à leurs valeurs propres.« Ce n'est pas à nous à devenir dures, efficaces, impitoyables et compétitrices comme vous l'êtes afin d'entrer dans votre univers journalier.Votre société est devenue une jungle: nous allons la contester et la modifier afin de pouvoir y entrer librement sans nous renier nous-mêmes».Voilà en gros ce que me semblent nous dire de plus en plus de Québécoises que j'observe vivre dans leurs engagements quotidiens auprès d'un syndicat, d'un groupe de citoyens, d'un comité scolaire, d'un mouvement d'Action politique, sociale ou religieuse.En ce sens-là, j'estime que mes sœurs québécoises sont portées plus ou moins consciemment en cela par la richesse du plus ancien et du plus pur de leurs modèles historiques de militance féminine: celui qui s'épanouit de leurs origines jusqu'au ressac de 1840.Ce modèle chaleureux, indépendant et très personnel les amène à réclamer de profonds changements dans nos mentalités; mais à les réclamer de façon douce, nuancée, persuasive et progressive dans sa fermeté.Un peu dans le sillage des premières militantes à exiger le droit de vote et qui se présentaient devant l'Assemblée nationale.«avec leurs plus jolis chapeaux! » Un peu comme ces premières religieuses éducatrices à fonder des collèges classiques féminins et qui, avec une ruse toute féminine, prétendaient gentiment ne vouloir donner à ces messieurs que « des épouses plus dignes d'eux !.» Solidaires de leurs hommes depuis la fondation de ce pays, les Québécoises, comme groupe, auront de moins en moins tendance à «se liguer 10 contre eux» pour opérer leur libération: elles la feront souvent avec eux, sentant d'instinct qu'une petite collectivité, isolée culturellement comme la nôtre, doit se tenir les coudes et non diviser ses forces face à des puissances adverses beaucoup plus redoutables qu'un mari ou un petit employeur! Dans le Québec de demain Dans un Québec qui opère ces années-ci des révisions de vie cruciales touchant son avenir constitutionnel, un Québec déchiré par les rivalités intersyndicales et la corruption politique, un Québec qui se cherche de nouvelles valeurs éthiques après la mise en veilleuse du magistère de l'Église, les femmes ressentent de plus en plus le besoin de se solidariser des autres groupes tout aussi défavorisés par l'inégale répartition du pouvoir dans notre société.Leur aspiration vers une société plus humaine, plus juste, plus égalitaire et plus tendre les amènera de plus en plus à se reconnaître des fraternités naturelles avec tous les combats menés contre un système social basé sur la relation dominant-dominé et l'exploitation des plus faibles.Car la lutte féministe, poursuivie avec lucidité et cohérence, aboutit presque toujours à la contestation du capitalisme et des bureaucraties déshumanisantes.Aussi puis-je imaginer avec une prudente certitude que l'avenir nous fera voir l'action des Québécoises dans leur milieu, non comme un facteur de résistance au changement ou comme un repli sur un féminisme agressif et cloisonné, mais comme une courageuse et lucide participation à la révision globale du contrat social auquel noùs convie la période de crises que nous traversons présentement.Jadis, nos aïeules ont héroïquement parié, envers et contre tous les prophètes de malheur, pour cette ruse historique sans précédent que l'on a appelé la «revanche des berceaux».Je compte.beaucoup, personnellement, sur le «génie» toujours vivant des femmes modernes de cette race: nos nouveaux défis provoqueront chez elles de nouvelles stratégies, j'en ai la certitude.Et puis, dans ce bon petit coin de pays, il y a si peu de vrais misogynes! .Sans doute est-ce qu'ils ne réussissent jamais à passer l'hiver sans nous ?* - I* .- n*' • - • *Tr.—- r.JW ¦ ¦ •••*•.¦m&k ÿv'w- ;S' ¦ r ''P-i-t 11 Le Mouvement des Caisses populaires Desjardins, un monde ouvert aux femmes?¦ Le 16 janvier 1975, le directeur du personnel de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, M.Gilles Jobin, accordait une entrevue à Denise Boutin-Grégoire.M.Jobin a traité de la présence de la femme au sein du Mouvement des Caisses populaires.»., Voici les principaux points qui ressortent de l'entrevue : — Il y a quelques années, une femme qui se mariait devait abandonner son emploi et quitter la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.— Autrefois, certains gérants n'auraient pas accepté d'être critiqués par les femmes (exemple: par une femme inspecteur).— Il n'y a pas beaucoup de femmes qui occupent un poste « professionnel» au sein du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.— Il est généralement plus difficile qu'on l'imagine de trouver des femmes répondant aux critères d'embauche.— Il faudrait prévoir des mécanismes permettant à la femme d'accéder à un plus haut niveau de responsabilité.— Certains employeurs craignent d'embaucher les femmes à cause du phénomène «maternité».— La femme provenant d'un milieu urbain a tendance à demeurer plus longtemps sur le marché du travail comparativement à la femme provenant d’un milieu rural.— Au sein de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, à peine 10% des femmes qui demandent un congé de maternité reviennent sur le marché du travail.— La règle «à travail égal, salaire égal» n'a pas toujours été respectée.Elle l'est de plus en plus.— Plusieurs membres des caisses populaires acceptent mal l'idée de devoir transiger avec une femme.D'où les réticences d'accorder à une femme certains postes importants au sein de la caisse populaire (exemple: gérant).— Des mécanismes seront bientôt mis en branle pour établir de meilleurs plans de carrière à l'intention des femmes travaillant au sein du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.— Garderies: l'organisation d'une ou de garde-rie(s) n'est pas une priorité, actuellement, au sein du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.— L'engagement progressif de femmes compétentes est un objectif de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.Ce sont ces femmes qui sensibiliseront leurs collègues aux problèmes qu'elles rencontrent quotidiennement dans leur milieu de travail.12 Photo: Studio Etchemin La présence de la femme à la direction des Caisses populaires* On compte environ 675 femmes à la direction des Caisses populaires; cette participation de la femme correspond à 4.2% de l'ensemble des dirigeants des Caisses populaires Desjardins.Si l'on tient compte des postes occupés, on obtient la distribution suivante des dirigeants de sexe féminin : EN % DU TOTAL EN % DES DIRIGEANTS Administrateurs 204 30.3% 2.9% Commissaires 44 6.5% 1.2% Conseillers 245 36.4% 6.5% SOUS-TOTAL 493 73.2% 3.3% Gérants 180 26.8% 14.1% TOTAL 673 100% 4.2% HP * Etude des dirigeants des Caisses populaires Desjardins (p.19) Rapport préliminaire Juillet 1972 Service de la recherche.Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins 13 Gaspésie Jeanne Ferlatte, ex-gérante d’une caisse populaire! HH mmasam wmm èj.'ëC' iiiralStlSui* ¦ ¦¦ ¦> .-TT ' - .y ; ¦ ¦.W£rm}M< mÈÊSm'ë^ wîisè'i - ‘ .S » irf .; ‘w:^- iTs,.•;v>: y x m.*ï'?< ' ¦:-vî'siss/^i»*^ R.D.Depuis combien d'années participez-vous au développement du Mouvement coopératif et quelles sont les fonctions que vous avez assumées jusqu'à maintenant?J.F.J'ai débuté en 1947 .À ce moment-là, je ne portais pas le titre de gérante mais je faisais le travail d'un gérant.C'est en 1951 que j'ai eu le titre de secrétaire-gérante .J'ai toujours été membre du Conseil d'administration de la Caisse populaire de Caplan.J'ai également fait partie du Conseil de surveillance de l'Union régionale de Gaspé pendant au moins six ans.Je suis actuellement à ma retraite depuis le 1er novembre 1974, mais je suis membre du Conseil de surveillance de la Caisse populaire de Caplan.R.D.Comment la caisse populaire peut-elle, selon vous, contribuer au développement d'une communauté?Est-ce que les caisses populaires ont amélioré, selon vous, le sort des Gaspésiens ?J.F.En 1934, la Caisse populaire de Caplan est née d'un besoin.C'était la crise économique .Le groupe de pionniers était un groupe de fervents coopérateurs.Ce groupe a marqué le devenir de la Caisse populaire de Caplan.Au début, nous avons aidé la commission scolaire et la municipalité.Nous avons également contribué à la mise sur pied d'un magasin coopératif qui existe depuis plusieurs années.De plus, à ce moment-là, les cultivateurs ne pouvaient compter que sur la caisse populaire.Nous avons également mis l'accent sur l'éducation en organisant des «cercles d'étude» ou des cours sur le budget familial.Nous avons été présents dans les écoles pour inciter les jeunes à épargner .L'Union régionale de Gaspé a collaboré avec nous en matière d'éducation.Les caisses populaires ont certainement amélioré le sort des Gaspésiens.Elles offraient des services que les autres institutions n'offraient pas.R.D.Vous avez « vécu» les différents changements qui sont survenus au sein du Mouvement des Caisses populaires.Quels ont été les changements qui ont le plus marqué le développement des caisses populaires?J.F.Étant donné nos possibilités financières, nous offrons beaucoup plus de services qu'au-trefois.Le sociétaire désire obtenir des services et offrir des services est un des principaux objectifs des administrateurs .On aurait dû, cependant, poursuivre ce que nous faisions en matière d'éducation des membres même si cela s'avérait difficile.Il aurait fallu persévérer.Les changements qui ont eu lieu au niveau des systèmes de comptabilité ont aussi affecté le travail des employés des caisses populaires.Grâce à la mise sur pied de certains services au niveau de l'Union régionale, il y a eu amélioration des communications entre l'Union régionale et les Caisses populaires locales.R.D.Qu'est-ce qui différencie le plus le Mouvement des Caisses populaires Desjardins d'aujourd'hui de celui d'hier?fin 14 fl^ J.F.Aujourd'hui le monde de la coopération est beaucoup plus complexe qu'autrefois.Il y a plus d'argent en circulation, les problèmes technologiques, etc.La caisse populaire a été fondée sur une base de coopération avec de véritables coopérateurs.Aujourd'hui, on devrait s'arrêter et s'interroger sur notre action coopérative .R.D.Est-ce que vous êtes optimiste quant à l'expansion du Mouvement des Caisses populaires Desjardins ou formulez-vous certaines craintes quant à son développement?J.F.Je suis optimiste parce que dans certaines régions on accorde de l'importance à la formation et à l'éducation des employés.Il faudrait, toutefois, continuer à pénétrer le monde scolaire.R.D.Comment les membres du personnel, ainsi que les dirigeants des caisses populaires, peuvent-ils réellement contribuer à l'expansion du Mouvement?J.F.En étant de bons coopérateurs .R.D.Est -ce que les membres du personnel et les dirigeants des caisses populaires d'aujour- d'hui sont suffisamment éduqués en matière de coopération ?J.F.On a de la difficulté à recruter du personnel sensibilisé à la coopération .On a un peu négligé de préparer la relève.R.D.Est-ce que les membres sont suffisamment associés au développement de leur caisse populaire?Pourquoi ne participent-ils pas davantage aux activités officielles de leur caisse populaire ?J.F.A Caplan, nous avons toujours eu une bonne participation des membres à l'assemblée générale.Ailleurs, il semble qu'on rencontre certaines difficultés.Dans notre région, la participation s'améliore.La formule «atelier» favorise l'expression d'idées .L'assemblée générale doit être préparée.Il faut en parler aux membres, les inviter à venir, faire de la publicité.R.D.Quels sont les principaux problèmes que vous avez rencontrés comme gérante?J.F.Somme toute, je n'ai pas tellement eu de problèmes.Mais aujourd'hui tout est plus complexe .Maintenant, on emprunte beaucoup plus .Il faudrait favoriser l'éducation à l'épargne.15 A 16 R.D.Comment la caisse populaire peut-elle réussir à être réellement présente dans son milieu ?J.F.On doit s'impliquer personnellement au sein des organismes de la communauté.La caisse populaire peut encourager financièrement la concrétisation de certains projets communautaires .R.D.À quoi attribuez-vous la faible présence des femmes au sein du Mouvement des Caisses populaires Desjardins?J.F.Les administrateurs n'ont pas toujours cru qu'il était possible, pour une femme, d'occuper un poste important.La règle «à travail égal, salaire égal » n'existait pas .Pendant plusieurs années mon salaire était inférieur à ce qu'on aurait donné à un homme.À un moment donné, on s'est même posé la question à savoir si on ne devait pas me remplacer par un homme.R.D.Est-ce que le fait d'être femme vous a nui dans votre travail?Si oui, comment?J.F.Je me suis toujours sentie bien à l'aise dans ma peau .Certains membres de la caisse populaire étaient sceptiques.Ils auraient préféré transiger avec un homme.J’adorais mon travail et je n'accordais pas plus d'importance qu'il n'en fallait au fait d'être une femme.R.D.Comment concevez-vous l'engagement de la femme au sein des organismes d'une communauté donnée?J.F.La femme doit s'engager de plus en plus.Elle doit s'affirmer dans son milieu.L'émancipation de la femme ne dépend pas du fait qu'elle travaille à l'extérieur ou non .Une femme peut s'émanciper en travaillant à la maison ou à l'extérieur.Par le travail, on peut s'épanouir! R.D.Certains affirment que les caisses populaires «n'appartiennent» plus réellement aux membres et qu'elles sont devenues des institutions «bourgeoises».D'autres pensent qu'elles appartiennent encore aux membres.Qu'en pensez-vous ?J.F.Je crois que la majorité des membres considèrent que les caisses populaires leur appartiennent.Par la ristourne et la participation aux assemblées générales, les membres prennent conscience que la caisse populaire leur appartient .Il faut continuer à promouvoir l'éducation des membres.> x.* : .v A A”'j R.D.Comment fourrait-on concilier les intérêts de quelques coopérateurs avec ceux de certains autres coopérateurs?Par exemple, les intérêts des coopérateurs des grands centres avec ceux des petits centres?J.F.Chaque milieu doit se préoccuper de résoudre ses propres problèmes .Il faut consulter les gens de toutes les régions avant de prendre une décision au niveau de l'ensemble du Québec.R.D.Que pensez-vous de l'inter-coopération ?J.F.Si nous sommes de véritables coopérateurs, il faut collaborer entre nous, oublier les mauvaises expériences du passé.Il faut communiquer régulièrement avec les autres coopérateurs.•-*x.La Caisse populaire de Caplan 1934: 109 membres $1,088 actif 1954: 632 membres $131,200 actif 1975: 1,580 membres $3,000.000 actif U.R.de Gaspé Cinquante ans déjà! «MM» SSsfpSS wHBiSSsBilwaswi 1975 marque le cinquantième anniversaire de l'Union régionale de Gaspé.Dans le but de souligner cet anniversaire, l'union organise différentes manifestations.Les activités du 50e anniversaire ont débuté le 14 juin 1975 et se poursuivront jusqu'au printemps 1976.Parmi les principales activités qui se sont déroulées ou se dérouleront sur le territoire de l'Union régionale de Gaspé, soulignons les activités suivantes: ouverture officielle du nouvel édifice de l'Union régionale, organisation de soirées sociales ou récréatives dans les différents secteurs de l'Union régionale, réceptions, rencontres avec les autorités du Mouvement des Caisses populaires, rédaction d'un ouvrage sur l'histoire de l'Union régionale de Gaspé par M.Adrien Bernard, ex-directeur général, etc.La coordination des réalisations qui marqueront le cinquantième anniversaire de l'Union régionale de Gaspé est sous la responsabilité de M.Paul-Émile Arsenault.'U- *Jr-.- Wmm mgsm mm Photo: Office du film de Québec 4,500 inscrits COOP-001 : un projet de promotion collective et de formation professionnelle Francyne McKenzie* Le projet COOP de la Télé-université que certains qualifiaient d'utopique avant qu'il ne se réalise s'est non seulement avéré un succès sous plusieurs aspects, mais il constitue probablement au Québec la première expérience éducative d'envergure fondée essentiellement sur la collaboration étroite de l'Université avec un secteur socio-économique: celui de la coopération.Nous verrons plus loin les implications de cette collaboration.Mais d'abord, rappelons brièvement ce qu'a été ce projet et ce qu'il a pu apporter.Un projet « ouvert » En quoi consistait ce projet?Essentiellement, en un cours universitaire d'initiation à la Coopération.Connu sous le libellé plus ou moins heureux de COOP-OOl, ce cours «ouvert» qui s'adressait à un public très large sans considération du niveau de scolarité des inscrits voulait DOCUMENT DE RÉFÉRENCE tomes 2et3 COURS P'INmATION A LA COOPÉRATION TÉLÉ-UNIVERSITÉ / UNIVERSITÉ OU QUÉBEC J!M(I )}»• à la fois initier au phénomène coopératif, former à la pratique coopérative et améliorer la performance des personnes déjà impliquées dans le secteur coopératif.De par ses objectifs et aussi de par l'hétérogénéité des personnes et des groupes visés, il s'offrait donc à la fois comme un projet de promotion collective et de formation professionnelle.L'hypothèse étant faite, d'une part, que les personnes qui agissent en milieu coopératif à titre d'employés ou d'administrateurs élus ne sont pas d'emblée informées des principaux aspects du phénomène coopératif non plus que formées à la pratique coopérative et, d'autre part, que la masse des québécois déjà impliqués dans le circuit coopératif à titre de coopérateurs n'a pas nécessairement pris conscience de toute la signification de son geste ni réfléchi à toutes les possibilités socio-économiques de la force coopérative.COOP-OOl voulait permettre à l'une et l'autre de ces catégories de participants de progresser dans la voie de la réflexion, de l'analyse et de l'action.Un cours « à distance », multi-médiatisé, donnant droit à 3 crédits Par quels moyens avons-nous favorisé l'atteinte de ces objectifs?Le choix des moyens s'inscrit dans la nécessité d'agir hors-campus, donc «à distance», pour rejoindre les personnes dans leur milieu: au foyer, au travail, dans leur localité ou du moins dans leur région.Ces moyens consistaient: 1.en une documentation écrite assez volumineuse expédiée au participant et lui permettant de cheminer seul dans son apprentissage.Cette documentation a été fort appréciée.De tous les moyens mis à leur disposition, les étudiants sont d'avis que le document de référence est le plus utile ; 2.en une série d'émissions TV diffusées en circuit ouvert sur les ondes des postes privés (réseau TVA) qui s'offrait comme un autre moyen d'apprentissage en même temps qu'il * Francyne McKenzie est directrice du programme « Connaissance de l'Homme et du Milieu », Télé-université, Université du Québec.19 nous permettait d'élargir l'auditoire à des téléspectateurs, non-inscrits.Les contenus des émissions ont plu, la qualité technique en a déçu certains ; 3.en 4 séances de séminaires d'une journée chacune.Ce travail de groupe avec animateur portait sur un sujet en particulier; il devait également faire une place importante à la réalité coopérative régionale.Bien que les séminaires n'aient pas été obligatoires, on y a participé à 80% et on attache à ce moyen encore plus d'importance qu'à la TV ; 4.en un journal de liaison publié dans le journal Ensemble et expédié à l'étudiant.Ce moyen n'aurait pas eu toute la faveur espérée; il venait grossir une documentation déjà fort élaborée ; 5.et, bien sûr, en des outils d'évaluation: contrôle de connaissances, évaluation qualitative personnelle et remise d'un travail écrit.Instruments que les étudiants ont jugé nécessaires et auxquels se sont soumis avec succès plus de 90% des candidats ayant persisté jusqu'à la fin du cours.La durée du cours est de 15 semaines.Des résultats étonnants Ambitieux dans ses intentions, complexe dans son modèle organisationnel et assez novateur dans ses implications pédagogiques, ce projet aurait pu échouer.Il n'en fut rien.Au contraire.Sur le plan quantitatif, les résultats impressionnent encore; 4,500 inscrits dont 2,500 pour crédits.Le % de ces derniers ont abandonné avant la fin du cours.On a consacré en moyenne 8 heures de travail par semaine à COOP-001.Neuf (9) étudiants sur dix (10) sont satisfaits du cours.La grande majorité considère: que « le contenu du cours est substantiel et captivant, que les notions abordées durant le cours étaient expliquées adéquatement, que les liens entre les divers aspects du cours étaient évidents et que les objectifs leur apparaissaient bien définis.Ils ont en général été très satisfaits de la façon dont le cours a répondu à leurs besoins personnels et de l'aide qu'ils ont reçue pour favoriser leur apprentissage.Enfin, l'organisation générale du cours leur est apparue adéquate ».(1) Bref, les objectifs auraient été atteints.Les objectifs d'information surtout (l'acquisition de connaissances nouvelles, la découverte d'autres secteurs coopératifs que celui qui était familier à l'inscrit.).Sur le plan de la performance les résultats indiquent que les employés de coopérative auraient tiré profit de ce cours dans l'exercice de leur tâche quotidienne.Sur le plan de la motivation, un indice de qualité étranger au motif « intéressé » habituel : les deux-tiers des participants estiment qu'ils se seraient quand même inscrits au cours si celui-ci n'avait pas comporté la gratification des trois crédits universitaires.Quelques lacunes Les aléas d'une organisation précipitée se sont faits sentir auprès des animateurs: plusieurs ont regretté ne ne pas être plus tôt et plus étroitement associés aux politiques de la Télé-université, le tiers ont été insatisfaits de leur rapport avec le milieu universitaire et près de la moitié auraient souhaité recevoir une aide accrue de la part de l'Université du Québec.Au niveau des contenus, d'aucuns ont été déçus des chapitres portant sur la gestion des coopératives.(1) Cormier, R.A., Bernier, Léon, Ragé, Hélène, INRS-Éducation.Synthèse de l'évaluation du projet Coop-R-0C062, avril 1975, p.11.20 ll'llt'î «it'"'.1.l\V^v ^ Vi ffifisiim ^ ^ -i A iiitf kl! du Québec i\.V.J 1 -¦:**< ¦ Ces deux lacunes ont été comblées lors de la reprise du cours en février 1975.Les animateurs, en plus petit nombre puisque le cours a été offert à 250 étudiants seulement, auraient le sentiment «d'avoir été plus près des choses» et plus concernés par le programme de travail des séminaires.Par ailleurs, la partie de la documentation portant sur la gestion et l'administration des coopératives a été complètement reprise et fort avantageusement enrichie.(2) Elle constitue un apport inédit à la littérature coopérative en ce qu'elle échappe aux pièges qui ont guetté jusqu'ici les auteurs en gestion coopérative, savoir: le «culte de la technique» qui les amène à présenter comme ayant une valeur «in se» les nouvelles techniques de gestion sans jamais laisser voir comment elles pourraient être intégrées dans le contexte administratif de la coopérative; ou encore celui du «refrain démocratique» qui les conduit à opter résolument pour le discours normatif, discours fort louable sans doute mais qui ne va guère au-delà des considérations éculées sur les grandeurs et les servitudes de la gestion dite «démocratique».Enfin, une faiblesse qui a été relevée par les animateurs avec à propos croyons-nous à l'occasion de la reprise du cours : les ém iss ions télévisées.Diffusées en circuit fermé lors des séminaires, ces émissions ont pris l'allure de hors-d'œuvre et ont peu contribué au déroulement des séminaires.Nous entendons combler cette lacune pour la prochaine diffusion du cours en janvier 1976 et remplacer cette série par des documents plus rigoureusement didactiques ou du moins plus pertinents qui rendraient compte aussi des changements intervenus depuis 1974 dans le monde coopératif.«S* V- La clé de ce succès Il est évident que l'intérêt premier de ce projet réside dans l'action conjuguée du milieu universitaire et du milieu coopératif.Et c'est en grande partie à cause de cela qu'il a réussi.En effet, il nous est possible d'affirmer que sans le support du milieu coopératif, il aurait été difficile à l'organisme encore tout neuf qu'était la Télé-université de recruter un aussi grand nombre de participants et de repérer, en vue des séminaires prévus, au-delà de 140 animateurs compétents capables d'assumer la responsabilité d'autant de groupes d'étudiants répartis sur tout le territoire québécois.La décentralisation des structures coopératives a sûrement facilité l'implantation et le déroulement du projet et l'appui concret des institutions coopératives affiliées au Conseil de la Coopération du Québec aura été des plus précieux notamment au niveau de la promotion du cours et de l'animation des étudiants.De la même façon nous pouvons soutenir que laissées à elles-mêmes il aurait été difficile aux institutions coopératives d'offrir l'équivalent de ce cours d'initiation.D'abord parce que ce cours n'existait pas; qu'il a fallu le créer de toute pièce ; regrouper pour ce faire les quelques spécialistes en histoire, en sociologie, en droit, en économique et en gestion de la coopération; surmonter les inévitables divergences de vues liées à toute équipe multidisciplinaire; tenter de réconcilier deux écoles: l'économique et la sociale .une antinomie bien connue qui loge sous le dipôle « entreprise-rentabilité, association de personnes-démocratie».Un débat stérile s'il n'est que théorique et dont on use abondamment chaque fois qu'il s'agit de distinguer la gauche de la droite au sein des institutions coopératives.(2) Il s'agit de la 1ère partie du tome 3 du document de référence, 221 pages, écrite par M.Gilles Châtillon membre de I équipe pedagogique du cours.21 22 COURS D’INITIATION À LA COOPÉRATION Il a fallu aussi combler des lacunes importantes sur le plan des contenus: une histoire de la coopération québécoise qui n'existe pas, une sociologie qui s'apparente davantage à une histoire de la pensée coopérative ou à celle de la doctrine qu'à l'étude systématique de ce phénomène social, une analyse économique partielle inégalement partagée d'un secteur à l'autre, un droit coopératif limité à la législation — la jurisprudence étant encore inexplorée — et, nous l'avons mentionné, une théorie de la gestion encore inexistante.Toutes ces lacunes n'ont pas été comblées mais le cours aura permis d'accélérer sensiblement les développements dans ces divers domaines.Quoi qu'il en soit, nous croyons que ce projet a rendu service aux institutions coopératives: il leur a permis de franchir durant quelque temps les distances qui les séparent d'un secteur à l'autre et de s'acquitter ensemble d'un devoir qu'elles se reconnaissent toutes: celui de l'édu- cation coopérative.Les projets coopératifs communs ne sont pas légion: COOP-OOl en aura été un.« Et tant de lauriers à cueillir » Mais on aurait tort de se réfugier dans le futur antérieur.Ce projet ne fait que commencer, il est loin d'avoir répondu au besoin qui en justifie l'existence.Bon nombre d’administrateurs élus, de gestionnaires, d'employés de coopératives n'en ont même pas entendu parler et en fait, il n'a touché qu'une infime proportion de coopérateurs.L'intervention de la Télé-université a été hautement saluée par les dirigeants des institutions coopératives.H lui faut maintenant l'accueil de la base, l'adhésion des gérants, celles des unités locales pour contribuer à la formation des coopérateurs car rien dans la structure coopérative ne saurait remplacer un coopérateur informé et conscient.CAI SS E POPULAIRE DUBERGER L'expérience de Saint-Jovite Le sérieux et la ténacité engendrent la réussite Michel Beauchamp * m ^ à tm CZTl — C'est grâce au travail de réflexion et d'organisation d'une dizaine de citoyens de Saint-Jovite que le Club coopératif de consommation des Laurentides a été fondé.Désireux, en effet, de «prendre leurs affaires en main» et de faire face aux difficultés économiques actuelles, certains citoyens de Saint-Jovite ont décidé de se documenter sur les clubs coopératifs et d'utiliser le potentiel de la formule coopérative.Difficultés rencontrées Avant de concrétiser leur projet, les coopérateurs de Saint-Jovite se sont butés à certaines difficultés.Quelques marchands locaux, par exemple, ont orchestré de petites campagnes de dénigrement dans le but, semble-t-il, de décourager les promoteurs du projet et de créer un climat d'incertitude autour de l'expérience du Club coopératif.De plus, selon Raymonde Boisvert, présidente du Conseil d'administration, «les gens n'étaient pas confiants.Ils attendaient de voir si le projet se concrétiserait ou non ».Malgré toutes ces dif- ficultés de parcours, le projet s'est avéré une expérience fructueuse! Éducation, participation et consultation C'est en communiquant avec les coopérateurs des autres clubs de consommation québécois et en cherchant à promouvoir la participation et l'éducation des membres que les chefs de file du Club coopératif de consommation des Laurentides ont réussi, selon Raymonde Boisvert, à concrétiser leur projet et à le rendre crédible aux yeux de leurs concitoyens.C'est également en faisant appel à quelques organismes du milieu que les coopérateurs de Saint-Jovite ont pu actualiser leur projet.(Des dons ont été faits au Club coopératif de consommation par certains syndicats.Des animateurs à l'emploi d'organismes communautaires (ex.: Société Saint-Jean-Baptiste) ont conseillé les coopérateurs tout au long de leur démarche.La Caisse populaire de Saint-Jovite a accepté de prêter $100.(montant d'une part sociale) aux individus désireux de devenir mem- 23 4- » ^ a .- ^ •* ' ' ': %vâk -S '; .4 V bres du Club coopératif de consommation — aux conditions normales d'emprunt—, etc.).Les membres ont également contribué à la réussite du projet en s'impliquant personnellement et en consacrant un minimum de trois heures par mois à leur coopérative.De plus, différents comités ont été mis sur pied (bénévolat, information, achat, etc.) et les gens qui militent au sein de ces comités le font de manière assidue.C'est en s'impliquant que les participants ont réussi à se donner leur propre formation coopérative.Craignant, par ailleurs, un certain gigantisme, les membres du Club coopératif de consommation des Laurentides ont décidé de consolider la situation actuelle au lieu de parrainer de quelconques projets d'expansion.À court terme, leur priorité sera l'éducation des nouveaux coopérateurs.Place sera également faite à l'information des membres et aux rencontres avec les membres des autres clubs coopératifs de consommation.Rôle de la femme et intercoopération À titre de présidente du Conseil d'administration du Club coopératif de consommation de Saint-Jovite, Raymonde Boisvert témoigne de l'engagement des femmes au niveau de la concrétisation de projets coopératifs.D'ailleurs, 50% des gens qui participent aux activités du Club coopératif de consommation des Laurentides sont des femmes.Pour Raymonde Boisvert «la femme devrait participer davantage aux activités des organismes communautaires.Elle doit aussi s'engager au plan de la coopération et susciter l'inter-coopération ».C'est en s'engageant socialement qu'on pourra, selon Raymonde Boisvert, « prendre nos affaires en main et faire contre-poids à ceux qui nous exploitent ».Un autre club coopératif .— Raymonde Boisvert est présidente du Club coopératif de consommation des Laurentides depuis septembre 1974.Elle est également employée de la Caisse populaire de Saint-Jovite où elle a travaillé pendant huit ans.Elle y travaille encore.— Le Club coopératif de consommation des Laurentides a plus de 120 membres.La coopérative a également embauché deux employés à plein temps.— Les activités du Club coopératif ont officiellement débuté en juin 1974.24 Photo: Information Canada Photo: Office du film de Québec La gestion des coopératives aux H.E.C.* Marie-Claire Malo 0) Quelle place la gestion des coopératives oc-cupe-t-elle aux H.E.C.?Il y a quelques années une telle question n'aurait même pas eu sa place dans les débats à l'ordre du jour, ni aux H.E.C., ni ailleurs.Il a fallu que les coopératives fassent leurs preuves avant que le milieu des affaires, les universités et le gouvernement en tiennent compte.Aujourd'hui le mouvement coopératif a acquis une importance objective indéniable dans les secteurs financier et agricole.Deux québécois adultes sur trois sont membres de caisses populaires, dont le mouvement mis au monde par Desjardins il y a 75 ans, atteint maintenant près de $5 milliards d'actifs.La Coopérative Fédérée, véritable multinationale québécoise, se classe parmi les cinq premières entreprises canadiennes-françaises.Personne n'ignore non plus le dynamisme de la Coopérative agricole de Granby.Autant de réalisations coopératives d'envergure! Ensemble elles constituent un patrimoine autochtone considérable dont l'une des différences marquantes, par rapport à l'entreprise privée, est son caractère de pérennité.Comment, en effet, une coopérative pourrait-elle passer aux mains d'intérêts étrangers ?Sa nature et sa structure propres rendent impossible une telle éventualité.Outre les secteurs mentionnés ci-dessus, le mouvement coopératif pénètre également la consommation, les pêcheries, le secteur forestier et l'éducation.Par ailleurs, on a vu éclore, ces dernières années, maintes coopératives dites «nouvelles» surtout remarquables par l'esprit d'innovation qui les anime en vue d'utiliser au maximum la formule coopérative pour répondre à des besoins les plus variés.' y _ Nous sommes devant un monde complexe et en ébullition dont les grands secteurs accusent des rythmes de croissance très accélérés.Un milieu présentant à ses dirigeants des défis de taille ! Une telle évolution nous fait pressentir le besoin d'une relève informée, compétente et innovatrice, tant au niveau des administrateurs que des gestionnaires.Par ses ressources et sa compétence distinctive l'École des H.E.C.est en mesure de jouer un rôle important à ce niveau.Rapprocher l'École et le milieu des coopératives en vue de développer l'enseignement de leur gestion aux H.E.C., voilà l'objectif que poursuivent les responsables du Centre sur la Gestion des Coopératives.Les attentes des étudiants À l'origine du projet Gestion des Coopératives, on retrouve le désir manifesté par de plus en plus d'étudiants de travailler pour des organisations de ce type, davantage en harmonie avec leurs valeurs et leurs aspirations.Très fréquemment les étudiants choisissent des sujets traitant des coopératives pour leurs travaux académiques, et ce autant au niveau du B.A.A.que du M.B.A.La participation au cours sur la Coopération de M.François-Albert Angers, ainsi qu'aux ateliers sur les coopératives en sociologie de l'organisation et en économie, permet de plus à bon nombre d'entre eux de confronter leurs idées et opinions sur les différents aspects traités.Sur le plan collectif on a observé une volonté de promouvoir la formation en gestion des coopératives dans l'espoir que l'École s'associe davantage à cet objectif.Cette attitude s'est clairement exprimée lors de la Semaine de la Coopération en mars 1973, en particulier lors de la journée où fut tenu le colloque sur « la gestion des coopératives » auquel ont contribué de nombreux parti- * Cet article est déjà paru, en mars 1975, dans Le Caducée, mensuel d'information de l'Association des Diplômés de l'École des Hautes Études Commerciales de Montréal.Certaines publications du Mouvement coopératif ont publié cet article dans leurs pages.(1) Marie-Claire Malo a été secrétaire du Comité sur sur la gestion des coopératives.Elle a complété ses études à l'Université de Montréal.25 26 cipants venus du mouvement.Parallèlement à l'organisation de ces activités, un groupe d'étudiants appuyés par l'A.E.H.E.C.et Coop-HEC, allaient prendre l'initiative conjointement avec des professeurs, d'amorcer le début d'une phase d'institutionnalisation, en donnant naissance au Comité sur la gestion des coopératives, responsable du projet de Centre sur la gestion des coopératives.Un appui soutenu de l'Union régionale de Montréal Pour fonctionner, le Comité sur la gestion des coopératives a reçu un appui considérable de l'Union régionale de Montréal des Caisses populaires Desjardins.M.Hamelin, président de l'Union, n'a pas hésité à accorder sa confiance aux initiateurs du projet.Cette collaboration s'est traduite par une première subvention de l'ordre de $15,000, en plus de mettre à la disposition du comité les services de M.Roland Daviault à titre de personne-ressource, pendant l'été 1973.La contribution de l'École s'est traduite par une subvention de $4,000 en plus des locaux et services mis à la disposition du comité.Le comité a également bénéficié de la contribution de M.Émile Girardin, président d'honneur du Conseil d'administration de l'Union régionale de Montréal et de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins.La présence assidue de M.Girardin aux réunions du comité et sa participation active aux discussions ont amorcé très favorablement le rapprochement désiré entre l'École et le milieu.De plus en plus de professeurs intéressés Il y a toujours eu à l'École des H.E.C., des préoccupations et des contributions individuelles à l'égard du milieu des coopératives.Qu'on se rappelle Minville et sa vision du développement du Québec, Barbeau comme l'un des fondateurs de La Familiale, sans oublier les nombreux écrits de M.Angers qui vient d'ailleurs de publier un ouvrage sur le sujet et travaille déjà au second tome.Un certain nombre de professeurs (MM.Dell'Aniello, Delorme, Faille, Lanoix, Mme Bernard .) ont choisi de traiter des coopératives dans leurs mémoires de licence ou leurs thèses de doctorat.Plusieurs autres siègent sur des conseils d'administration de coopératives.Aujourd'hui de telles contributions tendent àse propager davantage, avec cette fois un souci de développer un contenu pédagogique sur le sujet, en vue de l'insérer dans les cours pertinents.L'interaction milieu-professeurs-étudiants prend alors sa véritable dimension.Comme manifestations récentes de cet état d'esprit mentionnons: la rédaction de trois cas sur le mouvement Desjardins, supervisée par M.Bertin Nadeau, professeur de politiques générales d'administration ; l'utilisation, dans plusieurs cours de finance, du cas sur la Caisse populaire Ste-Madeleine-Sophie rédigé par M.Roland Daviault ; et un tout nouveau cas sur les négociations collectives de 1973 à Cooprix, supervisé par M.René Doucet, professeur de relations de travail.Conscients du rôle des professeurs dans le processus d'interaction milieu-H.E.C., les responsables du Centre sur la gestion des coopératives souhaitent que de telles initiatives se renouvellent.Vers l'ensemble du mouvement coopératif Dès le début les membres du Comité sur la gestion des coopératives ont clairement manifesté la préoccupation de rejoindre l'ensemble du milieu coopératif.La liste des personnes du milieu consultées sur le projet de Centre en témoigne d'ailleurs fort bien.Dans ce souci d'ouverture à l'ensemble des coopératives du Québec, il est prévu de mettre sur pied des groupes de travail conjoints au niveau des divers projets et activités en vue d'associer les personnes-ressources du milieu les plus compétentes sur les questions en cause.Diverses formes de collaboration peuvent être envisagées selon la nature du projet ou son bénéficiaire; une coopérative, un secteur coopératif ou l'ensemble du mouvement coopératif.Créer un réseau On ne saurait concevoir un enseignement en gestion qui n'émane pas pour une bonne part, du milieu même où se vit ce type de gestion.Rapprocher l'École et le milieu des coopératives à cette fin nécessite donc l'établissement de liens de nature à favoriser une interaction assez proche des vécus respectifs.C'est d'ailleurs par un semblable processus que l'enseignement de la gestion des entreprises privées a pu se développer au niveau universitaire au cours des cinquante dernières années, recevant un appui considérable de ces organisations.L'organigramme du Centre met en lumière les interactions souhaitées.Il ne s'agit pas de créer une structure lourde, en parallèle à celle de l'École.Les responsables du Centre visent plutôt le développement d'un réseau axé sur des relations directes avec le milieu et de nombreuses possibilités pour les ressources de l'École de s'impliquer dans des activités en gestion des coopératives.Le Centre a pour rôle de favoriser l'émergence de ces contributions.Dans cette optique, le Comité sur la gestion des coopératives a doté le Centre d'une structure souple et dynamique, conçue pour favoriser des occasions de rapprochement nombreuses entre les professeurs des H.E.C.et la réalité coopérative.Liens institutionnels: un comité conjoint d'orientation Comment orienter le développement de l'enseignement de la gestion des coopératives aux H.E.C.?Quelle structure doit chapeauter le Centre?Les membres du Comité sur la gestion des coopératives ont répondu à de telles questions par la mise sur pied d'un COMITÉ CONJOINT D'ORIENTATION DU CENTRE.Ce comité conjoint accentue le processus d'institutionnalisation amorcé en mai 1973 par la mise sur pied du Comité sur la gestion des coopératives, sans cependant prétendre avoir atteint un stade définitif de formalisation.Le Comité conjoint d'orientation du Centre vient tout juste d'être formé.En ce qui a trait à la représentation du milieu coopératif, le comité se compose actuellement de présidents ou directeurs généraux issus des trois grands secteurs coopératifs et du directeur général du Conseil de la Coopération du Québec.Participants du milieu coopératif: — M.GAUDIOSE HAMELIN, président de l'Union régionale de Montréal des Caisses populaires Desjardins et président de la Société d'investissement Desjardins.— M.Georges-E.TURCOTTE, directeur général de la Coopérative Fédérée de Québec.— M.JACQUES TOWNER, directeur général de la Fédération des Magasins Co-op.— M.GILLES ARÉS, directeur général du Conseil de la Coopération du Québec.La participation personnelle de ces dirigeants du milieu coopératif représente une importante contribution au développement de l'enseignement de la gestion des coopératives aux H.E.C.MM.Arès, Hamelin, Turcotte et Towner ont eu l'occasion de suivre l'évolution du projet Gestion des Coopératives et leur collaboration à cette démarche est acquise.Participants de l'École des H.E.C.: — M.ROGER CHARBONNEAU, directeur de l'École.— M.RAYMOND CHAUSSÉ, directeur du Centre de Formation et de Perfectionnement en Administration.et deux professeurs seniors: — M.MARCEL CÔTÉ, professeur en administration et personnel.— M.JEAN-GUY ROUSSEAU, professeur en sciences comptables.L'appui de la direction de l'École a été acquis dès le début, notamment par la participation de M.Paul Dell'Aniello au Comité sur la gestion des coopératives.À son départ, M.Roger Charbon-neau l'a remplacé et dès sa première réunion au Comité il a tenu à souligner son accord avec la démarche entreprise, assurant ainsi la continuité de l'appui de l'institution au projet Gestion des Coopératives.M.Côté a été associé au projet Gestion des Coopératives dès ses débuts alors qu'il participait aux réunions du groupe d'étudiants et de professeurs décidés à promouvoir l'enseignement de la gestion des coopératives aux H.E.C.À cause d'un séjour en Algérie, dans le cadre des activités internationales de l'École, il lui a été impossible de siéger au Comité sur la gestion des coopératives.M.Rousseau s'est familiarisé avec le mouvement coopératif par ses relations avec plusieurs de ses dirigeants et aussi comme administrateur de coopérative.Quant à M.Chaussé, il a manifesté une ouverture et une disponibilité remarquables à l'égard du projet, comme membre du Comité sur la gestion des coopératives.Il a participé au groupe de travail sur l'implantation du Centre aux côtés de MM.Leclerc, Pariseault et Towner, du milieu coopératif, ainsi que MM.Guertin et Choquette tous deux professeurs aux H.E.C.La coordination du Centre est actuellement assumée par M.DELMAS LÉVESQUES qui a d'ailleurs joué le rôle de coordonnateur des activités en gestion des coopératives depuis le début du projet.Le financement du Centre provient de l'Union régionale de Montréal de la Coopérative Fédérée et de la Fédération des Magasins Co-op.Un aperçu des activités Bien que la pratique de la gestion des coopératives soit répandue à travers le monde, il n'existe dans ce domaine que très peu de corps de connaissances relativement organisées (analyses, concepts, principes, théories, etc.) Aussi s'avère-t-il essentiel de développer du contenu pédagogique sur le sujet pour alimenter l'enseignement de la gestion des coopératives.C'est par un accès direct aux coopératives, à travers diverses activités permettant la réalisation de matériel pédagogique sur leur mode de gestion (réalisation effectuée ou dirigée par les professeurs eux-mêmes) que des connaissances pourront s'intégrer dans l'enseignement dispensé par l'École.Et ce, tant par l'insertion d'aspects propres à la gestion des coopératives à l'intérieur des cours déjà offerts, qu'au niveau de cours à mettre sur pied, portant spécifiquement sur ce sujet.On a souligné plus haut que bon nombre de professeurs ont déjà commencé à introduire dans leurs cours des aspects propres aux coopératives, notamment sous forme de cas, méthode pédagogique très répandue à l'École des H.E.C.En termes de référence et de documentation, une aide précieuse est offerte parla bibliothèque des H.E.C., par ailleurs ouverte aux institutions coopératives elles-mêmes ainsi qu'aux autres universités et collèges.Grâce à la collaboration de M.PATRICK ALLEN, directeur de la bibliothèque, un membre de son personnel, Mme MICHÉLE RHÉAUME-CHAMPAGNE a entrepris un important travail bibliographique dans le domaine de la documentation sur les coopératives, la coopération et le coopératisme.Sur un autre plan, l'actuelle publication de «codex» ou «cahiers imprimés» laisse entrevoir un aspect du rayonnement de l'École pouvant se révéler fort appréciable au chapitre de la diffusion des connaissances en gestion des coopératives.En termes de services au milieu, l'acquisition et l'approfondissement de connaissances en ce domaine, par une équipe de professeurs comme celle des H.E.C., où se côtoient expérience pratique et formation académique axée sur la gestion, peut non seulement amener la formation de nouveaux gestionnaires aptes à relever les défis que pose le développement des coopératives, mais aussi permettre aux administrateurs et aux cadres de ces organisations, de bénéficier des ressources de l'École et de sa compétence ainsi acquise, notamment au chapitre du perfectionnement.À titre d'exemples, mentionnons le succès des projets Design Management et Hydro-Québec, organisés par le C.F.P.A.Ces activités de perfectionnement englobaient des aspects de recherche, consultation et réalisation de matériel pédagogique, et ont permis par cette dernière dimension, d'enrichir le contenu de plusieurs cours réguliers des programmes de formation, donnés par les professeurs ayant contribué aux projets.Ces différentes activités présentent à l'heure actuelle divers degrés de développement, vu leurs interrelations et surtout compte tenu de la phase initiale où se situe le projet Gestion des Coopératives considéré globalement.C'est par étapes, dans une perspective dynamique, que leur réalisation est envisagée.28 U.R.de Québec Lizette Vachon: être à l’aise dans le monde du travail Denise Boutin-Grégoire Ayant travaillé dans des domaines traditionnellement réservés aux hommes, Mlle Lizette Vachon, agent de communications à l'Union régionale de Québec des Caisses populaires Desjardins, s'est toujours sentie à l'aise dans les tâches qu'elle a exécutées.Tout d'abord enseignante, puis responsable du syndicat, elle a par la suite occupé le poste de gérante à la Caisse populaire d'Inver-ness.Elle a relevé tout un défi puisqu'elle n'avait aucune formation dans le domaine, mais elle voulait tenter une expérience nouvelle.Obligée d'apprendre tout elle-même, elle a dû en outre faire face à des membres qui se posaient bien des questions quant à savoir si une femme pouvait les conseiller et administrer convenablement une caisse populaire.Il y a eu à cette époque quelques fermetures de compte, de souligner Mlle Vachon, mais ils ont été réouverts par la suite.Lizette Vachon est agent de communications à l'Union régionale de Québec des Caisses populaires Desjardins.^ AA %.%y fer- - Æ ¦ ¦ ' ¦ 29 La nouveauté Mlle Vachon mentionne qu'elle a été bien acceptée par l'ensemble des membres.Ces derniers ont participé en grand nombre à l'assemblée générale un peu par curiosité et aussi par intérêt, afin de savoir si leur argent avait bien été géré.Après quatre ans et demi comme gérante, Mlle Vachon estime que tout a marché fort bien.Elle recevait un.fort appui des trois conseils, l'équipe a été rajeunie et, à son départ, elle estime avoir fait le maximum pour la caisse populaire.À un moment donné, le travail est devenu trop routinier.C'est alors qu'elle est partie à la recherche de d'autres défis.Cela l'a conduite à l'Union régionale de Québec à titre d'agent de communications.Elle vit actuellement une expérience nouvelle et fort intéressante.Tout en quittant la caisse populaire, Mlle Vachon voulait demeurer près des caisses populaires.Le travail qu'elle accomplit à l'Union régionale lui en donne l'occasion puisqu'elle a, en neuf mois, préparé et assisté aux assemblées générales de 120 caisses populaires.Quelques surprises Les premières fois qu'elle visitait les caisses populaires, quelques gérants ont été bien surpris de voir arriver une femme pour les aider, mais elle a été fort bien acceptée puisqu'elle connaissait leurs problèmes pour les avoir vécus lorsqu'elle détenait ce poste.« Mon expérience dans une caisse populaire a été précieuse dans l'exercice de mes nouvelles fonctions, car, lorsque je rencontre un gérant, je parle le même langage que lui et peux répondre davantage à ses attentes.» Un caractère « fonceur » Mlle Vachon pense que c'est dû à son caractère «fonceur» qu'elle n'a pas eu de difficulté à se faire accepter dans les postes qu'elle a occupés.« De plus, précise-t-elle, après huit ans de leadership au niveau syndical, on n'a plus peur de faire connaître ses idées.» Quant à la tenue d'une année consacrée à la femme, elle n'est pas tout à fait d'accord.« Les femmes qui ont voulu vraiment faire leurs preuves ont été capables de le faire sans une année de la femme, et les femmes qui ont attendu cette année pour s'émanciper vont se replier sur elles-mêmes l'année prochaine.«Car, ajoute-t-elle, si la femme possède les connaissances et la compétence, elle peut accéder à des postes qui lui conviennent.» Quant à la présence des femmes dans le Mouvement des Caisses populaires Desjardins, Mlle Vachon estime qu'il faut faire place à la femme.« Une femme compétente a très bien sa place à titre de dirigeante et apportera une nouvelle dimension à la gestion d'une caisse populaire.» «Toutefois, poursuit-elle, il ne faudrait pas élire des femmes parce que c'est l'année de la femme, mais bien à cause de leur compétence.» « En outre, conclut-elle, il faut que la femme demeure féminine et puisse se faire entendre, tout en n'adoptant pas une attitude agressive.» 30 Consommateurisme: confrontation ou participation Michelle Lejeune* BMfilMi Le consommateur Seul, l'individu cherche, et pour dire vrai, cherche à l'aveuglette, à optimiser son temps, et son argent.Il fonctionne à très court terme, d'une paye à l'autre et ne voit généralement pas plus loin que l'unité familiale quant aux conséquences de ses décisions.Il ne sait pas la différence entre besoins et désirs et voulut-il le savoir aucun enseignement systématique ne lui est présentement offert.Regroupé, il apprend à élargir ses horizons de consommateur et à soupeser les conséquences de ses décisions à moyen et même à long terme.Il apprend à définir ce que doit être le mode de vie d'un consommateur et à rechercher des solutions aux problèmes qui lui sont propres.if H1 / «5?La place du marché Autrefois, dans une société à économie traditionnelle, l'acheteur traitait directement avec le producteur ou l'artisan.Il pouvait obtenir directement son information, la discuter et faire valoir immédiatement son opinion sur le produit acheté.En ce qui concerne le climat socio-économique, cet échange continu gardait la place du marché de l'époque vigoureuse et saine.Dans notre société de production de masse, urbanisée à plus de 80%, cette forme de transaction est devenue physiquement impossible.Comment alors garder la place du marché vivante et saine?Pour conserver les éléments de la forme primitive de l'échange dans une société qui respecte la liberté de ses membres, il faut redonner à chacun des agents en cause i.e.le vendeur et l'acheteur, une égale opportunité de se faire valoir.Le « consommateurisme » Greyser et Diamond, dans la revue Harvard Business Review de septembre 1974, définissent le consommateurisme comme « un mouvement cherchant à augmenter les droits et pouvoirs des acheteurs par rapport à ceux des vendeurs.» Le consommateurisme a déplacé l'approche classique du phénomène de la consommation sous la forme de courbes économiques d'un univers statique vers la dynamique des systèmes et la psycho-économie.Samuelson et Keynes sont des exemples fort bien connus pour ce qui est du premier cas, alors que Georgè Katona illustre bien dans The Mass Consumption Society, une ouverture vers la seconde notion.Les théoriciens Autrefois abordé à travers une courbe d'offre et de demande, d'utilité marginale ou une courbe d'indifférence, grâce au travail de pionniers comme Katona, le consommateur en viendra à être étudié à travers l'échelle des besoins de Maslow, la théorie de dissonnance de Festinger, la théorie d'équilibre de Heider.Le consommateur abandonne le tableau économique à deux dimensions pour devenir un élément multi-dimensionnel de la place du marché.Car celle-ci est une force dynamique en devenir constant et la contribution intelligente du consommateur est un pré-requis essentiel à son développement ordonné.C'est en introduisant ce dernier sous forme de module organisé dans le système commercial que nous éviterons des situations de crises internes aiguës.Des auteurs * Michelle Lejeune a milité au sein de différents organismes favorisant les intérêts des consommateurs.Elle est vice-présidente de I Association des consommateurs du Canada et membre du Conseil canadien de la consommation.Elle a obtenu une maîtrise en sciences commerciales (option Marketing).31 comme Sidney Levy, Theodore Levitt et surtout Philip Kotler ont contribué énormément à cette école de pensée.Ceci est d'autant plus vrai dans le cas d'une société post-industrielle et démocratique comme la nôtre.Le consommateurisme ne peut en effet se développer que dans une société ayant atteint le stade de production de masse et respectueuse de la liberté de ses constituants.L'environnement post-industriel Rostow, par exemple, argumente d'une façon convaincante qu'une économie ayant à son actif toutes les ressources techniques et ayant sauvegardé la liberté de produire ce qu'elle décide de produire, aura tendance plus ou moins à se concentrer vers la production de biens durables et de services qui deviendront les principaux secteurs d'activités économiques.Ceci entraîne, entre autres, pour le monde des affaires, le développement d'une technologie et d'une habilité administrative; pour le consommateur, une aliénation du fournisseur de ses besoins; et, pour les deux, une situation innovatrice et sans précédent pour les guider Nous retrouvons dans cet historique de la production un autre argument pour justifier le regroupement de la clientèle.Le consommateurisme, perçu sous cet angle, devient un effort systématique d'identification des besoins du consommateur mais, cette fois-ci, par lui-même.Confrontation ou participation Une fois ses besoins identifiés, celui-ci cherchera à les faire valoir.C'est à ce point stratégique qu’il a le choix d'utiliser la confrontation s'il se sent profondément aliéné des opérations de la place du marché ou d'opter pour la négociation s'il se définit comme participant ayant autant d'intérêts et de droits que les autres agents du réseau commercial.Faute d'éléments qui lui permettent une intervention à l'intérieur de ce réseau exception faite du système coopératif, le consommateur se retrouve dans une position de faiblesse et d'aliénation.Le monde des affaires, malgré les adjurations de ses chefs de file dès les années '60, commence à peine à mettre en place des structures de consultation au stade pré-décisionnel de ses activités.Les efforts et les résultats qui se manifestent présentement s'effectuent à un rythme beaucoup trop lent.Entre temps, le scepticisme et l'insatisfaction du consommateur se développent à mesure qu'il devient plus informé.Son expérience et ses exigences sont immédiates, alors que les solutions escomptées mettent un temps indéterminé à s'implanter.Autant d'éléments qui l'incitent à recourir à la confrontation pour la défense des besoins qui lui sont particuliers.Si cette stragégie demeure la seule avenue valable pour acheminer les intérêts du consommateur, le climat socio-économique ne peut que dégénérer.Une meilleure perception des opérations de la place du marché, autant par le consommateur que par l'homme d'affaires, amènerait la mise en place de modules représentant d'une façon légitime les intérêts des acheteurs en opposition aux vendeurs, mais à titre de négociant et jouissant de la même crédibilité que les producteurs peuvent détenir par rapport aux transformateurs, et ceux-ci, par rapport aux distributeurs.Des modules de consommateurs La place du marché se renouvelle continuellement et demande une présence immédiate et efficace des agents qui l'animent.On peut la comparer aux organismes vivants et s'inspirer des propos du biologiste Von Bertalanffy dans la recherche de solutions.En 1933, celui-ci introduisait le concept de système ouvert, «un système qui semble rechercher des objectifs sans donner à croire qu'il soit possiblement rationnel.La raison pour laquelle le système ouvert semble rechercher des objectifs, sans support rationnel, provient du fait qu'il est constitué d'une manière telle qu'il y a un équilibre entre ses parties.Le système recherchera un retour vers l'équilibre chaque fois que cet équilibre sera dérangé.» Rôle du gouvernement Le gouvernement peut-il intervenir à l'intérieur de la place du marché?En tant que responsable de la communauté, tant et aussi longtemps que les modules d'intérêt du consommateur ne pourront pleinement assumer un rôle aussi sophistiqué et énergique que celui des autres agents, le gouvernement ne peut ignorer ses responsabilités.Il peut encourager la confrontation, il peut chercher à se substituer comme interlocuteur des intérêts des consommateurs ou il peut encore alimenter toute forme de modules qui pourraient faire valoir d'une façon valable et représentative les intérêts des consommateurs.Étant donné la multiplicité des biens et services qui se transigent quotidiennement dans une société post-industrielle hautement urbanisée, étant donné l'existence d'une société fondée sur le respect de l'individu, l'approche de système ouvert semble offrir le plus grand nombre d'éléments pour un développement sain et vigoureux de la place du marché.Le consommateurisme de participation y trouve sa place, les consommateurs apprennent à regarder au-delà de leurs besoins immédiats, à '% » M s 11 soupeser les conséquences de leurs appétits à moyen et long terme et les hommes d'affaires, à éviter des décisions parfois fort coûteuses.Phénomène de l'échange Cette approche a été longuement exposée par les théoriciens du marketing.Philip Kotler, par exemple, dans Journal of Marketing (avril 1972) sous le titre de « Concept générique de marketing » argumente que de la transaction du marché, à la transaction institution-client, à la simple transaction, les notions de marketing peuvent s'appliquer à toute unité sociale recherchant un échange de valeurs avec d'autres unités sociales.C'est un concept intéressant, où l'individu regroupé en module, à partir de la recherche de ses intérêts propres, développe un comportement de négociant ce qui implique la reconnaissance d'un éventuel équilibre avec les besoins des autres agents concernés.C'est le développement d'un comportement qui fait appel à la maturité, au respect d'autrui sans pour autant nier la tendance bien naturelle des individus de rechercher la satisfaction de leurs besoins.Dans une civilisation sans précédent, cette formule a le bénéfice d'offrir à une société dite démocratique, l'opportunité de cheminer vers un mode, une qualité de vie qui répond à ses aspirations profondes, qui encourage chaque groupe à assumer ses responsabilités et à définir ses besoins aux autres groupes, fonctionnant «d'équilibre» en «équilibre», i.e.dans l'intérêt de toute la communauté.33 une innovation d’importance capitale Claude Moquin Inter-Caisses a été inauguré officiellement le 2 juin 1975, à la Caisse populaire Sault-au-Ré-collet, à Montréal.(1) Les ministres des Communications du Canada et du Québec, messieurs Gérard Pelletier et Jean-Paul L'Allier étaient présents.Ils ont été à même de constater l'avance réelle des caisses populaires Desjardins dans le secteur de la télé-informatique, appliquée aux institutions financières.Il en a été ainsi des autres invités d'honneur et de plusieurs représentants du Mouvement des Caisses populaires Desjardins qui ont assisté à la cérémonie de lancement.Pour le président de La Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, cette première nord-américaine «est une étape préliminaire importante à la société sans chèque ».Considérations qui ont amené le lancement d'Inter-Caisses L'observation d'une longue évolution qui a marqué, particulièrement au cours des dernières années, le monde des caisses populaires est à l'origine du système Inter-Caisses.Cette observation que l'on doit d'abord à l'Union régionale de Québec des Caisses populaires Desjardins a porté sur les quatre principaux aspects suivants : — le changement dans les habitudes bancaires — la notion des services de convenance — la notion de territoire de service — le sentiment d'appartenance.I — Le changement dans les habitudes bancaires Point n'est besoin d'être un grand observateur pour réaliser combien les habitudes bancaires des gens ont changé depuis quelques décennies et ce, pour plusieurs raisons.Loin d'être stationnaires, les besoins financiers de la population se sont manifestés au gré des transformations sociales et économiques dont les traits dominants peuvent s'exprimer comme suit: (1) On peut se procurer pour fins de visionnement, la bande magnétoscopique réalisée lors de cette cérémonie de lancement en s'adressant à Mlle Ginette Bruneau (835-2345).if- r»’-* *•>*&&*.*J.- '.V V - *- * C- X* s.* .2* ; i Lk:v; ( =T*ff -JL~ JJ.^ J* '-ZJÏ v?V •
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