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Titre :
Écrits du Canada français
Revue littéraire de haute tenue qui accueille les textes d'auteurs établis et d'auteurs émergents [...]

Créée en août 1954 par Jean-Louis Gagnon, journaliste, et Claude Hurtubise, la revue littéraire Écrits du Canada français, rebaptisée Les Écrits en 1995, propose des oeuvres d'imagination et d'analyse (poèmes, nouvelles, extraits de romans, essais, pièces de théâtre, études) d'auteurs québécois d'expression française. Il s'agit du plus ancien périodique littéraire du Québec encore en production. Publiée à Montréal, selon une fréquence irrégulière d'abord, la revue vise une cadence de trois numéros par année à partir de 1982.

Les Écrits du Canada français participent de la volonté du milieu des lettres canadiennes-françaises de se doter d'instances de production et de légitimation. Ce projet s'affirme à compter des années 1940, décennie qui voit naître La Nouvelle Relève (qui succède à La Relève), Gants du Ciel et, surtout, Amérique française, qui connaît son zénith au moment de la création des Écrits du Canada français. Ces derniers offrent tôt une forte concurrence à Amérique française, qui disparaîtra définitivement en 1964, faisant des Écrits la principale revue littéraire au Québec.

Le manifeste de fondation sur lequel s'ouvre le numéro inaugural des Écrits du Canada français rallie 28 auteurs, journalistes et critiques d'allégeances variées, au nombre desquels se trouvent plusieurs collaborateurs de la revue d'idées Cité libre (Gérard Pelletier, Pierre Elliott Trudeau, Gilles Marcotte). Le texte de présentation met de l'avant la liberté des oeuvres retenues, autant dans la forme que dans le contenu, de sorte que le souci d'authenticité et la qualité intellectuelle représentent leurs seuls points de convergence. Les signataires récusent ainsi une ligne de conduite idéologique qui aurait prescrit un engagement politique. Dès la création, les fondateurs caressent le projet de faire des Écrits du Canada français une revue s'adressant aussi bien aux lecteurs québécois qu'aux lecteurs étrangers.

Les principaux auteurs et penseurs québécois actifs depuis la Deuxième Guerre mondiale sont publiés dans les Écrits du Canada français : Hubert Aquin, Marcel Dubé, Anne Hébert, Marie-Claire Blais, Yves Thériault, Pierre Vadeboncoeur, Claude Gauvreau, Gilles Marcotte...

L'année 1981 marque un tournant dans l'histoire de la revue, qui traverse alors une période houleuse caractérisée par des difficultés administratives et financières : afin d'y remédier, les Écrits du Canada français se constituent en corporation à but non lucratif. Paul Beaulieu assure la présidence du nouveau conseil d'administration, succédant au fondateur, Jean-Louis Gagnon. Le numéro double 44-45 témoigne de remaniements majeurs, parmi lesquels la réduction de la longueur des textes, l'impression sur un papier de meilleure qualité et une nouvelle maquette de couverture. Le tirage est fixé à 1 000 exemplaires.

En vertu d'une lettre d'entente signée le 1er février 1994, les Écrits du Canada français sont cédés à l'Académie des lettres du Québec, alors que Jean-Guy Pilon en devient le directeur. En 1995, le nom de la revue est abrégé pour devenir Les Écrits. À cette époque, la revue prend résolument le parti de publier surtout des textes de création littéraire, elle qui faisait auparavant paraître autant des oeuvres de création que des travaux d'analyse.

Naïm Kattan et Pierre Ouellet occupent successivement le rôle de directeur après Jean-Guy Pilon. À partir de 2010, une place de choix est accordée dans les pages de la revue aux arts visuels, qui y côtoient désormais les arts de l'écrit. Les rênes des Écrits sont confiées à Danielle Fournier, l'actuelle directrice, en 2016. Sous sa gouverne, la revue déploie des efforts pour s'ouvrir davantage au reste de la francophonie.

Sources :

AUDET, Suzanne, « De l'arbre à ses fruits - Étude de la collection "L'arbre" de la maison d'édition Hurtubise HMH (1963-1974) », mémoire de maîtrise, Sherbrooke, Université de Sherbrooke, 2000, http://savoirs.usherbrooke.ca/bitstream/handle/11143/2133/MQ61701.pdf?sequence=1&isAllowed=y (consulté le 14 juin 2017).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1987, vol. 8, p. 272-273.

BEAULIEU, Paul, « Les Écrits du Canada français, mai 1981-21 février 1994 », Les Écrits du Canada français - 50 ans d'écrits libres (numéro spécial), 2004, p. 11-15.

BIRON, Michel, François DUMONT et Élisabeth NARDOUT-LAFARGE, Histoire de la littérature québécoise, Montréal, Boréal, 2010, p. 271-288.

DUQUETTE, Jean-Pierre, « Les "nouveaux" Écrits du Canada français », Voix et images, vol. 8, no 1, automne 1982, p. 149-151.

GIGUÈRE, Richard, « Amérique française (1941-1955) - Notre première revue de création littéraire », Revue d'histoire littéraire du Québec et du Canada français, nº 6, été-automne 1983, p. 53-63.

LAVOIE, Sébastien, « Les écrits en fête », Lettres québécoises, no 155, automne 2014, p. 58-59.

PLANTE, Raymond, « Les agneaux sont lâchés », Liberté, vol. 14, no 3, juillet 1972, p. 109-123.

« Présentation », Les Écrits du Canada français, vol. 1, no 1, 1954, p. 7-8.

REVUE LITTÉRAIRE LES ÉCRITS, « Histoire et structure », http://www.lesecrits.ca/index.php?action=main&id=5 (consulté le 14 juin 2017).

ROYER, Jean, Chronique d'une académie 1944-1994 : de l'Académie canadienne-française à l'Académie des lettres du Québec, Montréal, L'Hexagone, 1995, p. 138-145.

Éditeurs :
  • Montréal :Écrits du Canada français,1954-1994,
  • Montréal :Académie des lettres du Québec
Contenu spécifique :
No 51
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Écrits (Montréal, Québec)
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Références

Écrits du Canada français, 1984, Collections de BAnQ.

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Œorits du Canada français Journal non-conformiste Petit récit Temps lointains II Contes poétiques Nouvelle amere Conte Chroniques CATIEN LAPOINTE Gilles Marcotte.Pierre Ttottier Hélène J.Gagnon Réjean Bonenfant.Jacques Brassard Paul Toupin______ Michel de Celles Simone Beaulieu_____________ Pierre TVottier, Willie Chevalie Paul Beaulieu Évocation de Clément Marchand suivie de TROIS POÈMES de Gatien Lapointe du Canada français ÉCRITS DU CANADA FRANÇAIS Publiés par les Écrits du Canada français, société sans but lucratif constituée en vertu de la partie III de la loi sur les compagnies du Québec.Le Conseil d’administration: Président : Vice-présidents : Trésorier: Secrétaire : Administrateur: Le vérificateur: Note de gérance Les Ecrits du Canada français publieront tout manuscrit inédit qui aura été accepté par le conseil de rédaction.Le prix de chaque volume: $6.50 L’abonnement à quatre volumes: Canada: $25.00; Institutions: $35.00; Étranger: $35.00 payable par chèque ou mandat à l’ordre de Les Écrits du Canada français.Le conseil de rédaction: Paul Beaulieu, Pierre Trottier.LES ÉCRITS DU CANADA FRANÇAIS 5754 avenue Déom Montréal, Québec H3S 2N4 Paul Beaulieu Claude Hurtubise Jean-Louis Gagnon Jean-Joffre Gourd, c.r.Roger Beaulieu, c.r.Jean Fortier Guy Roberge Michel Perron, C.A. écrits du Canada français 51 MONTREAL 1984 Le Conseil des Arts du Canada a accordé une subvention pour la publication de cet ouvrage Maquette de la couverture: JEAN PROVENCHER Dépôt légal/2e trimestre 1984 Bibliothèque nationale du Québec Copyright 1984, Les Écrits du Canada français CATIEN LAPOINTE OU LA JUSTE MORT ( ( 7 CATIEN LAPOINTE OU LA JUSTE MORT Clément Marchand Il y a maintenant beaucoup de tombeaux derrière moi.C’est avec une stupeur grandissante que je les additionne.La mort de ceux qu’on aime est notre propre mort.Il vient un temps où, pour vous, le monde est peuplé d’inconnus qui vont, poussés par la vie, parfaitement étrangers à ce que vous êtes.Vous êtes soudain devenu un être anonyme dans une société en continuel devenir, sans cesse repeuplée de nouveaux visages.Ceux qui avaient pour vous de la considération vous attendent de l’autre côté, celui des Ombres.Catien Lapointe, qui incarnait si bien la force évidente, la sûreté de soi, lui qui, semblait-il, avait réponse à tout, a été couché à son tour.Il s’en est allé avec ses doutes et ses incertitudes qu’il cachait avec tant de soin.Car il avait une grande pudeur de ses faiblesses.Et c’est l’image d’un homme au-dessus de tout, qui n’a besoin d’aucune pitié, qu’il nous a laissée.Ce qui m’a le plus frappé chez lui, c’est la distance à laquelle il tenait toute compagnie.Il avait la faculté d’être seul.Il pratiquait le sens de l’éloignement, même dans une situation de promiscuité physique.Il a su s’entourer d’une incroyable solitude.A tel point qu’on l’a découvert quatre jours après sa fin, solennellement couché dans sa maison, dont la vieille gredine de mort avait poussé la porte sans façon.Il n’attendait personne.Il n’avait communiqué avec qui que ce soit.C’est comme s’il avait voulu entourer de mystère le grand événement.Le temps qu’a nécessité sa découverte nous renseigne sur ce filet de sûreté qui protégeait sa vie et que personne ne pouvait déchirer.Sa foi était au charnel.Il considérait son corps plus que tout.Il avait divinisé ses sens.Quand une telle puissance s’écroule, le rapport des forces qui nous relient à l’existence devient matière à questionnement.On se replie sur soi-même et l’on sonde avec effroi les valeurs dont on dépend et dont la précarité vient d’être prouvée.Catien Lapointe nous avait tous marqués.Sa disparition brutale cause le même choc que celle d’Hubert Aquin.Tous les deux se sont enlevé la vie: l’un par balle, l’autre par un excès d’angoisse existentielle qui a soudain brisé son rythme vital.Il était porteur de sa propre destruction.C’est qu’au fond Catien Lapointe se devait de mourir maintenant.Essentiellement, il avait tout dit et il n’avait plus rien à découvrir.Sa poésie si dense, presque nucléaire, était arrivée à son terme.Dans quel sens aurait-il pu encore progresser?Il n’y en avait plus.Il ne lui restait qu’une seule solution: celle de la désintégration spirituelle; qu’une seule avenue: celle du non-dire.Belle fin, et conséquente pour celui qui, depuis longtemps, d’une manière à l’autre, toujours mutant, se fuyait, effaçait ses pistes, radiait ses acquis, déphasait ses circuits, devenait singulier.Dans ses relations avec le Verbe, au-delà de toutes les expériences, répudiant un monde d’hypertrophie langagière, son éthique en était rendue à condamner le langage lui-même.Sous nos yeux, à notre étonnement, d’une oeuvre à l’au- 9 tre, il avait évolué vers une ellipse, une litote suprêmes, au-delà desquelles il n’y a plus d’expression.Comment expliquer un pareil aboutissement?Pris d’un orgueil démiurgique, rejetant toutes les défroques d’une culture trop riche, il avançait nu, parfaitement dépouillé, dos tourné au livresque, pour se livrer avec une triste jouissance, et avec quelle rigueur, à l’alchimie verbale qui le fascinait.La disposition d’un mot dans un poème devenait pour lui une sublime torture.Il considérait ce mot comme une matière issue de l’univers et dont il fallait trouver l’emplacement idéal pour ne pas rompre un équilibre ni briser une ordonnance prévus pour ce mot, de tout temps.Tel est le drame d’une intelligence dont les puissances créatrices doivent cohabiter avec une autocritique à la lucidité assassine, parce que destructrice impitoyable de toute illusion et de tout bonheur humains.Émergeant de ses terribles inhibitions, il ne fait aucun doute qu’était devenue pour lui atroce la joie d’écrire, tant elle présupposait de tourments surmontés, dans cette tentative ultime pour élucider, percer, décrypter une fois pour toutes le mutisme des mots.Soucieux d’unité et d’intégrité métaphysiques, il a connu l’abstraction qui tue.Je ne suis pas sûr que nous devions retenir sa leçon qui, d’ailleurs, ne s’adresse à personne, chaque poète étant pour lui un tout souverain qu’il ne faut pas tendre à changer et dont, surtout, il ne faut d’aucune manière agresser les structures. TROIS POÈMES 13 TROIS POÈMES Gatien Lapointe là, dans la brûlure de chair, dans le vacillement d’ailes du silence, terre fruste j’érafle j’éraillé, nu j’arrache de l’abrupt par frissons folle balle au bond du cerf, sueurs / liqueurs, radiantes cornes du sacré! par coups de fièvres dans la grouillante matière, foudre en vrille loin dans l’avenir, émotion halant ses feuilles lettres dans le corps de lettres s’ébauchent accords rauques (qui a dit Pour ouïr dans sa chair pleurer le diamant?) par mottons de mots dans la gorge jusqu’aux lèvres du solstice les arômes les orages se pressant arbre-radar atroce extase du frôlement d’infini rompt les reins glaive englouti — noir trou de soleil! enfer / enfance, quoi gros coeur grogne muqueuse aurore ?étourdi, étirant la main sur la croupe de l’éclair défriche, naïves musiques, le texte de l’étemel 14 -HaC i_£.'fç, Ga c, iU^.^ S VU £>a hAcA£^§ (^U Æfi' Wt b-(kAZ.QjL fAxu e.cv^uXjL cA6e>u ^ /tLùvAS, cL il^ cL'^euy: — COùL^Jl ^-lU-Ud^eA "^TV-l'i ili.^-4- 'TlUAuJkJ ÔèAvl*'s.d_ 1>1X§ (^ CL'iÇt^ir (Ù\ C^l [ e^c- (j" - i f — + 1
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