Le soleil, 20 août 1977, Cahier B
[" LE SOLEIL QUEBEC, SAMEDI 20 AOUT 1977 les dossiers ^\tit SlJ»' *>*' s-\t?J VTîCwt^' jSr ^4 par Jean-Paul Gagné Vy iîP^ ^ H «¦.\u2022s '\t' yv *' ?^ Manie V, un« des plus prestigieuses réalisations d'une société d'Etat.Lr Soleil, Claudr Trsiirr Les sociétés d'Etat sont-elles mal utilisées?S'il faut en croire le programme du Parti québécois, les recommandations du rapport Tetley sur les investissements étrangers, le rapport Descôteaux-Vézina sur une politique économique québécoise et maintenant le rapport Fournier sur les sociétés d\u2019Etat, ces dernières seront appelées à jouer un rôle plus important au cours des prochaines années.Les sociétés d'Etat ont en effet déjà fait l\u2019objet de nombreuses analyses et de nombreux commentaires par certains dirigeants du nouveau gouvernement; présentement, un comité gouvernemental se penche sur la façon de les encadrer davantage et d\u2019accroître leur contribution au développement économique du Québec.La dernière étude réalisée sur le sujet est celle d\u2019un professeur de l\u2019Université du Québec à Montréal.M.Pierre Fournier, pour le compte de l'Office de planification et de développement du Québec.Elle n\u2019a pas encore été rendue publique.LE SOLEIL en a toutefois obtenu une copie avant sa publication officielle d'ici quelques semaines.Cette étude qui comporte 130 pages, est à la fois une sorte de bilan d\u2019un certain nombre d\u2019entreprises publiques et une synthèse des travaux effectués précédemment sur l\u2019importance et le potentiel des sociétés d\u2019Eltat et des idées avancées par le Parti québécois.Pierre Fournier reproche aux sociétés d'EXat leur passivité et leur manque d\u2019agressivité.Le blâme ne s\u2019adresse pas toujours à elles seules, mais le plus souvent au gouvernement qui n'a pas suffisamment cherché à les encadrer, à coordonner leur action, à les utiliser pleinement, à les doter de budgets suffisants, etc.L'auteur propose de rejeter l\u2019idée de créer une ¦\u2019Société de gestion des entreprises publiques et industrielles \u201d (rapport Descôteaux-Vézina) et plutôt de mettre sur pied une \"Direction générale au sein du super-ministère de l\u2019Economie qu\u2019envisage le programme du Parti québécois\".Notons en passant que te ministère de l\u2019Industrie et du Commerce vient tout juste de se donner un sous-ministre adjoint responsable des sociétés d\u2019Etat se rapportant au MIC en la personne de M.Jacques Clermont La plupart des commentaires et des recommandations du professeur Fournier concernent directement les sociétés étudiées, soit la Caisse de dépôt et placememt, la Société générale de financement, la Société de développement industriel du Québec, SIDBEC, l'Hydro-Québec, la Société de développement de la baie James, la SOQUEM et la SOQUIP.Comme l'essentiel de l\u2019analyse et des recommandations concernant la Caisse de dépôt et placement font l\u2019objet d\u2019un article spécial à la page une, nous nous attarderons principalement ici aux autres soci tés Société générale de financement du Québec Pierre Fournier estime que, depuis 1973, la SGF s\u2019acquitte bien de son mandaL mais qu elle devrait bénéficier d un appui financier plus important puisqu\u2019elle pourrait rendre rentable une mise de fonds plus importante et qu elle devrait se montrer plus agressive dans la prospection et l\u2019initiation de projets industriels En outre, le professeur Fournier déplore que dans ses associations avec ses partenaires privés, telle la BC.Forest Products dans le projet Donohue\u2014Saint-Fèlicien, la SGF n\u2019a pas toujours su convaincre son partenaire de mieux servir les intérêts québécois.Par exemple, la \u2019\u2019B.C.Fore.st Products a refusé toute politique d'achat qui aurait augmenté les coûts de l \u2019entreprise\", si bien que l\u2019équipement a été en bonne partie acheté en Ontario Le gouvernement québécois devrait donc définir plus clairement les objectifs et les priorités de la SGF et identifier les secteurs où il parait essentiel d\u2019assurer une présence québécoise.Le professeur de l\u2019UQUAM dénonce le complexe de certains administrateurs de sociétés d\u2019Etat en regard de l'entreprise privée, complexe selon lequel il n\u2019apparaît pas normal pour une société d\u2019Etat de concurrencer le secteur privé et d\u2019étre aussi rentable que lui.Dénonçant certaines déclarations d'au moins un dirigeant de la SGF à l\u2019effet que cette dernière devrait se débarrasser de filiales rentables, l\u2019auteur estime que la SGF devrait au contraire \"se servir des profits générés par ses entreprises pour développer des activités dans d\u2019autres secteurs\".Enfin, Pierre Fournier souhaite une meilleure coordination entre la SGF, la Société de développement industriel et la Caisse de dépôt, lesquelles jouent toutes un rôle au niveau du financement des entreprises privées et peuvent toutes y prendre des participations.Société de dévrioppctnenl indiistiki dki Québec Se réjouissant du \"virage nationaliste\" pris en 1973 sous l\u2019impulsion de M.Lucien Saulnier et qui s\u2019est notamment traduit par un plus grand souci pour l\u2019intégration des sociétés étrangères en exigeant d\u2019elles des garanties au sujet des achats faits au Québec, de la recherche faite au Québec, de l\u2019embauche de diplômés québécois, etc., Pierre Fournier estime toutefois qu\u2019il est difficile pour l\u2019in.riant d\u2019en mesurer véritablement l\u2019impact Les résultats globaux de la SDI apparaissent conformes aux objectifs\", mais l\u2019auteur croit que, même si la société a cherché à accorder la priorité aux secteurs les plus susceptibles de transformer la structure indu.strielle, \"les effets d\u2019entraînement semblent difficiles à mesureri .Le développement régional et la création d\u2019emplois par la SDI sont apparus comme des objectifs \"secondaires\" aux yeux du professeur de l\u2019UQUAM.Il reproche à la SDI de manquer d\u2019agressivité dans la poursuite des objectifs économiques qui lui ont été fixés et croit qu elle \"pourrait jouer un rôle plus actif\" La SDI ne manque pas de fonds, mais de projets.Elle devrait initier elle-même certains projets comme par exemple provoquer des rapproche- ments entre certaines entreprises.\" Elle pourrait jouer le \"rôle de promoteur et de vendeur\u201d au lieu d\u2019attendre des clients.Comme il semble y avoir des perspectives intéressantes du côté de la distribution, et que ce secteur se prête bien à la promotion de l\u2019achat chez nous, l\u2019auteur du rapport suggère d\u2019amender la charte de la SDI pour lui permettre de jouer un rôle dans ce domaine.Enfin, Pierre Fournier estime qu elle deiTait s\u2019impliquer davantage au niveau du capital-actions des entreprises surtout les multinationales, ce qui est un moyen de favoriser leur intégration.SDÇUEM w Le professeur Pierre Fournier qualifie de \"performance exceptionnelle\" les cinq decouvertes minières faites en dix ans par la SOQUEM et le degré de rentabilité qu elle a déjà atteint.En conséquence, il ne s\u2019explique pas pourquoi le gouvernement n\u2019a pas misé davantage sur elle pour accroître encore davantage l'exploration, et \"s'assurer que le degré de contrôle qu'exerce la SOQUEM sur les différents projets conjoints est proportionnel à la mise de fonds qu'elle effectue\".(Le programme du PQ propose d\u2019ailleurs d\u2019accroitre les ressources de la SOQUEM).L\u2019impact de la SOQUEM sur la structure de l\u2019industrie minière a été \"très secondaire\", estime l\u2019universitaire, principalement parce que la société d\u2019Etat n'a pas été capable de s'associer des partenaires autochtones solides et sérieux.En conséquence, Pierre Fournier suggère au gouvernement d\u2019accroitre le capital-actions de la SOQUEM pour que celle-ci \"privilégie encore davantage l'exploitation, qui représente la phase la plus rentable de l'industrie minière\".s6quip La SOQUTP est vue par le professeur Fournier comme étant la société d\u2019Etat qui a été la plus victime des tergiversations, de l\u2019indécision et du désintéressement de son actionnaire, le gouvernement L\u2019auteur estime que le gouvernement a eu tort de bloquer plusieurs projets de SOQUIP, dont celui d\u2019investir dans le raffinage et la distribution au début des années 1970, suite à des pressions de l'entreprise privée.L'auteur fait siennes les propositions déjà avancées par l\u2019économiste André Marier à l\u2019effet de se servir de SOQUIP pour étendre la distribution du gaz au Québec en nationalisant Gaz métropolitain et pour permettre à l\u2019Etat d\u2019entrer dans le raffinage et la distribution des hydrocarbures en prenant une participation dans Golden Eagle Il estime qu\u2019on devrait accroître le rôle de la SOQUIP dans l\u2019exploration à l\u2019extérieur du Québec où les chances de découverte semblent pUis grandes.SIDBEC Le professeur déplore la non-rentabilité de SIDBEC, mais ne se risque pas à jeter le blâme sur quiconque.Il regrette le fait que SIDBEC ait un comportement de société secrète, et demande qu\u2019elle soit plus transparente.Ce constat vaut également pour d'autres sociétés, telles la Caisse de dépôt et l\u2019Hydro-Québec.Pierre Fournier estime que SIDBEC devra compléter son intégration en aval, c'est-à-dire susciter l\u2019implantation d un nombre significatif d'entreprises consommatrices d'acier ou bien faire elle-même l\u2019intégration en \"créant des filiales dans les domaines de la fabrication métallique\".Hydro-Québec En ce qui concerne l\u2019Hydro-Québec, Pierre Fournier endosse une proposition déjà faite dans le rapport Descôteaux-Vézina de restructurer l'Hydro-Québec pour y distinguer trois entités distinctes: une entreprise de distribution, une entreprise d\u2019ingénierie et de construction et une entreprise de fabrication d'appareils et de matériel électriques.L'auteur demande aussi un meilleur contrôle gouvernemental sur la société d\u2019Etat et une meilleure harmonisation des politiques de l\u2019Hydro avec celles du gouvernement Enfin, relativement à la baie James.l'auteur dit mal s'expliquer pourquoi des sociétés d\u2019Etat comme la SOQUEM, la SOQUIP et Rexfor ne peuvent pas, en vertu de la loi de la baie James, être majoritaires lorsqu\u2019elles s'associent avec la SDBJ ou l\u2019entreprise priv^ sur le territoire concédé à la Société de développement de la baie James.Bref, l\u2019idée générale qui se dégage de l'étude du professeur Pierre Fournier, c\u2019est que les sociétés d\u2019Etat québécoises ne sont pas pleinement utilisées par le gouvernement québécois.En parallèle à un rôle accru des sociétés, l\u2019auteur suggère que l\u2019Etat resserre son contrôle sur elles et que pour y arriver celui-ci se dote des compétences nécessaires.Par exemple, c\u2019est un secret de polichinelle que \"1 Hydro possède des compétences tellement supérieures à celles des fonctionnaires superviseurs que les relations ne sont pas bonnes, les fonctionnaires étant incapables de suivre les dossiers d égal à égal\". B 2 Quihéc, l« SoWil, somedi 30 août 1977 Les députés ayant parlé tout Tété.Vous avez pris des vacances.Au Québec, si vous avez suivi les sages conseils du ministère du Tourisme.Dans le Maine ou dans le Mass., si vous avez fait comme le premier ministre et ses amis.Ou, si vous êtes un émule du ministre des Finances, en Colombie (la vraie, celle d'en bas, pas celle d'au-delà des Rocheuses) ou dans quelque autre contrée exotique.Sinon, vous avez essayé d'en prendre à Balconville, en oubliant les nouvelles et les journaux, en cessant de vous tourmenter sur le sort de la nation et de la nébuleuse réciprocité interprovinciale, en écoutant la radio ' pop \" avec vos enfants.L'heure de la rentrée sonne déjà.Il faut faire les emplettes scolaires, le tri du linge d'automne, astiquer les doubles fenêtres, vérifier les dates d'inscription aux cours et au hockey, reprendre le fil à peine interrompu par un été trop court, comme tous les autres.Pour vous remettre dans le bain, vous reprenez l'écoute du téléjoumal, vous feuilletez négligemment la pile de journaux jaunis dans l'entrée.Et c'est là que ça vous saute au visage.Alors que l'Opposition multiplie les amendements au projet de charte linguistique, le gouvernement s'apprête à appliquer le bâillon, lisez-vous en manchette d un fort sérieux journal du matin.Vous vous dites; ce n'est pas vrai, le reporter se trompe sans doute, il y a méprise; ou alors, c'est un exemplaire de la mi-juillet et non de la mi-août.Pourtant, le lendemain, la manchette se fait plus précise: le leader parlementaire du gouvernement, Robert Bums, négocie avec les leaders de l'Opposition: ou vous adoptez la charte d\u2019ici la fin du mois, ou nous suspendons les règles ordinaires de procédures et nous appliquons le bâillon.Pas possible, dirait le Père Plexe.Les bouchées doubles Pourtant, la radio et la télé confirment: le gouvernement présente une motion lui permettant de faire siéger l'Assemblée nationale sans interruption, jour et nuit s'il le faut, tous les jours de la semaine, sauf le dimanche, lui permettant également de suspendre plusieurs privilèges des députés.Et pourquoi?Pour faire adopter avant la Fête du travail le grand oeuvre du Dr Camille Laurin.Vous n'en revenez pas.Un éclair traverse votre esprit: comme tous ceux qui le peuvent, les honorables représentants du peuple ont décidé de faire relâche pendant quelques semaines et de vivre quelques jours avec leur famille, à Percé (s'ils sont obéissants), à Cape gilles lesoge Cod (s\u2019ils sont indépendants) ou en Colombie s'ils brassent de grosses affaires.Cette fois, nerveusement, vous mettez vos journaux en ordre pour vérifier.Désastre! Non seulement ils n'ont pas ajourné, mais ils ont déjà mis les bouchées doubles, en siégeant exceptionnellement le lundi et le samedi.Bon.C'est donc qu'ils ont laissé de côté cette charte de malheur \u2014 probablement pour permettre à René Lévesque de venir à bout de ses tiraillements \u2014 pour passer à des choses tout aussi importantes et d'ailleurs annoncées dans le discours inaugural du début de mars.Par exemple, l\u2019abolition des caisses électorales secrètes, c'est sûrement chose faite, et le projet de loi 2 a dû être approuvé avec allégresse par le représentant de Sa Majesté.Vérifions.Malheur de malheur! Il n'en est rien.Bon.C'est donc que le retour de la prospérité économique est assuré et que des mesures énergiques ont fait leur effet?Vous écarquillez les yeux en lisant, toujours dans te très sérieux journal du matin, que te taux de chômage au Quétec atteint un nouveau sommet et a grimpé à 10.3 pour cent Pas possible! Québec fera de nouveaux efforts, annonce te premier ministre, de retour lui aussi, mais il compte d'abord sur le gouvernement fédéral.Surprenant, très surprenant! Mais enfin! Dans un mois.ou plus Qu en est-il des amendements au code du travail et du projet de loi antibriseurs de grève, ou alors du nouveau régime d\u2019assurance-automobile, de la loi concernant les handicapés ou la protection de la jeunesse?Hélas, ils attendent sagement leur tour dans la file d'attente.Le train.législatif passera bien un mois ou l\u2019autre.Tiens, voici deux bonnes nouvelles: les médicaments seront désormais gratuits pour toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, et le régime de rentes du Québec a été expurgé de plusieurs injustices D autre part, la sidérurgie d'Etat, Sidbec.s'est fait attribuer d'importants fonds supplémentaires.Ces mesures n\u2019ont pas eu le retentissement qu'elles méritent et le premier ministre s'en est justement plaint à ses amis de la presse.Vous êtes sur le point de lui donner raison quand vous vous avisez que durant toutes ces semaines, ces mois mêmes, c'est te sort de la langue française qui a grugé presque toutes les énergies, le temps, tes ressources intellectuelles et humaines.Dans ce déluge de paroles,,, verbales, comme dirait l'humoriste, queiques bons mots lus au passage vous trottent dans l'esprit: la stratégie du gouvernement fait penser à un serpent qui se mord la queue; cette Assemblé doit être délibérante, et non délirante.Leur auteur doit savoir de quoi il en retourne puisqu'il est vice-président de cette docte Assemblée et qu'il a nom Jean-Guy Cardinal.Plus ço change.Puis, lentement, vous vous rendez compte que le gouvernement a dû réviser sa stratégie et recourir, comme ses prédécesseurs libéraux tant vilipendés, au réglement de clôture des débats, au bâillon, â la guillotine, au couperet.C'est à son tour à se faire vouer â tous les diables.l'Opposition n'ayant qu'â sortir des tiroirs les couplets enflammés des Bums, Charron, Laurin, Léger, Bédard, Lessard.Mais vous constatez aus.si qu'au-jourd'hui, comme il y a trois ou cinq ans, l'Opposition a couru après ce qui lui arrive en faisant une lutte à outrance, ce qu'en jargon parlementaire on appelle un filibuster, en utilisant à fond toutes les arguties procédurières, en étirant le temps et les débats comme de la tire.Vous vous dites que plus ça change, plus c'est pareil, ce qui vous rend morose.Poussant un peu plus loin, vous estimez que, puisque le gouvernement du Parti québécois adore ce qu'il brûlait hier, et l'inverse pour l'Opposition, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond quelque part, ou, comme dirait Hamlet, \"something is rotteh.\" Mais il faut ranger le matériel de pêche et vous devez ajourner là-dessus vos profondes et sombres réflexions sur la démocratie à la québécoise.\"\u201cH .flSi:-.: \"Je n'ai pas eu de vacances, c'est vrai.Mais, je me suis quand même payé une partie de balle-molle contre les journalistes.\" f f Homme possédé d'un idéal national La premier ministre québécois, M.René Lévesque, aura 65 ans mercredi prochain.Nous avons pensé que l'occasion était appropriée pour vous présenter une analyse du portrait qu\u2019en a fait un journaliste de langue anglaisa, Pater Dasba-rats.par Réjean Lacombe Au moment où Peter Desbarats accoucha, en 1976 de son livre \"René, A Canadian in Search of a Countr)\u2019\", il ne se doutait pas qu'un an plus tard son livre allait devenir un \"best-seller\u201d, non seulement au Québec mais aussi et surtout au Canada anglais.En fait, les résultats de l'élection du 15 novembre dernier ont eu pour effet de provoquer à la fois inquiétude et euphorie, satisfaction et mécontentement Toutefois, à travers cet amalgame de réactions diverses, un sentiment presque unanime s'est manifesté: Qui est René Lévesque?Le livre de Desbarats, journaliste de carrière allait donc fournir l'explication claire, logique, honnête et même lucide à l 'intrigue qui se nouait autour de ce personnage qui, depuis près de vingt ans.est devenu une sorte d'incarnation du Québec que l'auteur définit comme étant \"un homme possédé d\u2019un idéal national\".Que l'on soit thuriféraire ou antagoniste de l'actuel premier ministre du Québec, cela n'importe guère.Chacun y puisera matière à satisfaction à la lecture de ce livre.Cependant, le succès de libraire du livre de Desbarats, dont la traduction a été assurée par Robert Guy Scully, journaliste québécois, laisse clairement entendre que personne n\u2019est indifférent devant cette \"bête politique\" qu'est René Lévesque.Mais, \"René Lévesque ou le projet inachevé\" ne doit pas être considéré uniquement comme étant une biographie du chef du gouvernement québécois.C\u2019est davantage et surtout une vaste fresque politique et sociale du Québec à la lumière des agissements de celui qui a été successivement journaliste.ministre sous le gouvernement Lesage, président-fondateur d'un parti politique et premier ministre On a beaucoup écrit sur Lévesque.Trop peut-être.Ce foisson-nement aura ainsi permis à quelques auteurs de bros.ser rapidement et superficiellement de mielleuse monographie.Mais, heureusement.Desbarats a évité la facilité.Il est allé au-delà de la louange généreuse et facile en écrivant ce livre dans un style journalistique impeccable.Il a habilement cerné la force et les faiblesses de Lévesque Et, du même souffle, il a scruté, disséqué et expliqué l'évolution du Québec depuis le début de la décennie 1960 Evolution qui s'apparente, il va sans dire, à celle de Lévesque.En fait, le \"René Lévesque\" de Desbarats doit être considéré comme étant beaucoup plus qu'une simple biographie.Ce livre est à lui seul une tranche importante de l'histoire du Québec que Desbarats aura mis trois ans à écrire.Dans cette optique, il devient une source de renseignements inépuisables.Des anecdotes Le chef du gouvernement québécois avait indiqué lors du lancement officiel du livre de Desbarats dans le cadre du Salon international du livre de Québec, qu il n'avait pas lieu de mettre en doute l'exactitude des faits puisque lui-même les avait vérifiés avant la publication du livre sans toutefois modifier d\u2019un iota les écrits de l\u2019auteur.Puisque nous sommes au chapitre des anecdotes, il est intéressant de découvrir les raisons qui ont mené l'auteur à ne pas utiliser la traduction intégrale du titre du livre.On s'en doutera un peu, il y a du René Lévesque là-dessous.C'est d'ailleurs lui-même qui a avoué qu'initialement la version française devait porter le titre: \"René ou un Canadien à la recherche d'un pays \u201d.\"Si vous faites cela, aurait dit M.Lévesque, je vous dénonce\".On a alors songé à un autre projet de titre.\"René Lévesque ou le rêve inachevé\", pensait-on allait plaire davantage au président du Parti québécois.\"Etes-vous fous, se serait exclamé Lévesque.Ce n'est pas un rêve, c'est une réalité\".Bon prince, l'auteur opta finalement, avec l'accord de M.Lévesque, pour \"le projet inachevé\".Quoi qu'il soit, il faut retenir à la lecture du livre de Desbarats que cette fresque politique et sociale a été écrite avant l'élection du 15 novembre.Nul doute que l'auteur aurait modifié substantiellement certains passages du livre à la lumière du résultat de ces élections.\u2018iv.: \"* \u2022 \u2022 \u2022 .*¦» V *.N/* ¦WV.1 , à %.Ainsi, Desbarats doit se contenter de prophétiser certains événements qui aujourd'hui deviennent une quasi réalité.On en veut pour toute preuve ce bref passage oû il indique que \"l\u2019idée que René Lévesque pourrait négocier l\u2019avenir du Canada avec Pierre Trudeau se situe trop avant dans l'avenir pour n'être autre chose qu'une folle spéculation: mais comme cette perspective est riche!\" Dans la même foulée, Desbarats, sans mettre en doute l'acharnement de Lévesque à conduire le Québec vers son indépendance, semble enclin à croire, ou du moins à laisser croire, que cette idée de l'indépendance véhiculée par le PQ, n'est au fond qu'un moyen pour en arriver à négocier un nouveau système fédératif.\"Au printemps 1976, raconte Desbarats, certains remarquèrent un curieux parallèle entre la situation au Québec et celle qui prévalait en Italie oû, à l'élection généra- le, un leader communiste sjTnpathi-que et expérimenté avait failli, pour la première fois, mener les siens à une participation au pouvoir.Comme les péquistes, les communistes semblaient avoir presque oublié leur philosophie de base, faisant campagne avec les promesses de bonne administration.C\u2019est nettement vers une tactique \"italienne\" que se dirige le PQ, sur le plan électoral: les indépendantistes au pouvoir, mais pas nécessairement l'indépendance\".L avenir évidemment apportera une réponse à ces constatations.Et.comme l'indique Desbarats, nous croyons que \"même pour les historiens.qui connaîtront plus tard le déroulement d'événements que nous ignorons encore, la tâche de juger définitivement ce mouvement et la contribution de Lévesque au Québec sera une tâche complexe\".Lévesque et Trudeau Mais nonobstant ce prophétisme, il e.st également intéressant de lire le parallèle que brosse l'auteur entre MM.Lévesque et Trudeau.D'autant plus captivant puisque ce sont les deux .seuls hommes politiques des années 1960 qui sont encore en selle.Desbarats rappelle ainsi les \"interminables\" discussions hebdomadaires entre MM.Trudeau.Lévesque, Marchand, Gérard Pelletier alors rédacteur en chef de La Presse.A cet égard, comme pour mieux indiquer la vigueur des discussions, Desbarats rapporte une déclaration de M.Trudeau qui disait qu\u2019il n'existait pas d'ordre du jour de ces rencontres, \"seulement le désordre de la nuit\".C'était à l'époque de la nationalisation de l'électricité.Mais, Desbarats ne se contente pas uniquement d'expliquer les divergences de vue de ces deux hommes politiques au chapitre du nationalisme québécois.Il navigue au-delà de ces constatations et pose par le fait même un diagnostic fort équilibré sur MM Lévesque et Trudeau \"Il (Lévesque) est maintenant en politique depuis seize ans, écrit Desbarats Sa carrière a débuté cinq ans avant que Pierre Trudeau, Jean Marchand et Gérard Pelletier n'entrent en politique Marchand et Pelletier ont maintenant donné tout ce qu ils avalent à donner Des trois \"colombes\u201d québécoises qui vinrent à Ottawa en 1965, le premier ministre Trudeau seul reste puissant et à un moment décisif de sa propre carrière.Lévesque a plus d\u2019années de vie politique que Trudeau.mais c\u2019est Lévesque qui semble maintenant porteur d\u2019un germe de vie politique renouvelé et qui se révélera peutétre le Canadien apte à compléter l'oeuvre que les quatre hommes entreprirent au début de la décennie soixante \" Lévesque.I homme politique % ^ «lsk, : ^ \\ * J?;< ' üsf X\tt 11 Raieü**-*} dynamique, sondant les limites de ses nouvelles capacités.Trudeau, l\u2019intellectuel distant, encore délesté des préoccupations de tactique politique.Aujourd'hui, le premier ministre (Trudeau) est devenu le plus calculateur des politiciens, méfiant et soupçonneux.C'est Lévesque qui pousse jusqu\u2019aux frontières de nouveaux territoires politiques\".Le jugement est sans l\u2019ombre d un doute sévère Mais, force nous est donnée de constater qu\u2019il est d'une implacable lucidité.Maintenant.les deux hommes sont face à face.L'avenir nous dira lequel de ces deux \"chênes\u201d tombera le premier Somme toute, le livre de Desbarats est un livre utile II nous aide, non seulemont à mieux comprendre I évolution parfois effrenée du Québec.mais aussi à connaître l'homme et le politicien \"qui a toujours abordé le leadership d\u2019une formation politique comme un job, non comme un art ésotérique ni comme une vocation mystique II a été.dans ces termes-là, un artisan insolite mais utile\" En scrutant le \"coeur de I hom-me , Desbarats en vient à la conclusion qu'il \"est fondamentalement impossible de trouver le point dans la carrière de Lévesque \u2014 ni peut-être dans son àme \u2014 ou les intérêts du Québec cèdent la place a ses propres intérêts C est un homme possédé d un idéal national Ouébae, U Sobfl, lomad) 20 août 1977 .Protection du public, B 3 Me André Desgagné s'y attardera por Anne-Marie Voisard La néceisité \"d'appronfondir la notion de protection de public\" vient en tète des préoccupations du nouveau président de l'Office des professions du Québec, Me André Desgagné.En poste depuis le début du mois.Me Desgagné estime qu'il est prématuré de parler de priorités.\"Je veux faire, avant, un tour approfondi du jardin\".Le nouveau président reconnaît que ce concept de protection du public est demeuré \"imprécis\", \"fluide\", bien qu'il constitue l'objectif fondamental à la base de la réforme des professions.Pourtant, c'est un concept qui conditionne tout., y compris l'épineuse question du secret sur les sanctions disciplinaires pour laquelle Me Desgagné souhaiterait le statu quo.Exception faite de ce débat qui provoque une réaction spontanée du nouveau président parce que, explique-t-il, il y fut confronté dès le premier jour de son entrée en fonction.Me Desgagné préfère réserver ses jugements pour plus tard.Déjà bien au fait des dossiers et des études en cours.Me Desgagné fait confiance en l'organisme qu'il dirige pour que la lutte, que se font entre elles ou contre l'office lui-mème les diverses corporations professionnelles, ne vienne pas éluder le grand objectif de protection du public.Force de persuasion Même si l'office ne détient aucun pouvoir décisionnel et que \u2014 à la manière de la Régie de la langue française \u2014 - il ne peut compter que sur sa force de persuasion, Me Desgagné est convaincu qu'il est possible d'agir efficacement dans la mesure où, par la qualité de son personnel, l'office se donne suffisamment de crédibilité.Organisme intermédiaire entre le législateur et les corporations, l'office n'a pas à protéger l'intérêt de membres; il ne prétend donc pas à un monopole.Il lui est donc plus facile d'entendre les besoins du public.D'autre part, ce n\u2019est certainement pas en utilisant, comme seule arme, la persuasion qu\u2019on fracasse des vitres.Me Desgagné est conscient qu'il faudra encore du temps avant qu'on puisse parler de véritable réforme des professions.Mais, que voulez-vous, dit-il, \"on est passé d'un système d'incohérence \u2014 avant, l'exclusivité du champ d'exercice s'obtenait par le lobbying \u2014 à un autre système qui veut protéger le public\u201d Guerre des professions C'est donc dans cette perspective de protection du public, mais avec toutes les limites qui lui sont imposées, que Me Desgagné entend pénétrer dans le débat des professions.Il partage l'opinion de son prédécesseur.Me René Dussault, quant à \"l\u2019exclusivité du champ d\u2019exercice qui risque de conduire.AAe André Desgogné; \"On chemine ovec la Mciété' Le SelcU, Jecquee DeKhèiies si on le multiplie, à un cloisonnement épouvantable\".Le nouveau président s'appuie sur l'argument \"de la complémentarité ou de l'in-ter-relation entre les secteurs d'acitivité\".On sait que la quasi-totalité des corporations, qui ne jouissent actuellement que de l'exclusivité du titre, réclament en outre un monopole d'exercice en alléguant que c\u2019est la seule façon pour elles de bien protéger les intérêts du public.Me Desgagné s'interroge devant cet argument des corporations.Il s'interroge également sur le problème de la délégation d'actes professionnels qui est la conséquence directe des champs d'exercice trop hermétiques.\"Est-ce qu\u2019on peut, dit-il, forcer la délégation après avoir reconnu des champs exclusifs?\" Plus précisément, est-ce qu'on peut obliger les médecins à déléguer certains actes aux infirmières et ces dernières à déléguer d'autres actes aux infirmières auxiliaires?Me Desgagné en revient encore une fois à la force de persuasion quand il est question de l\u2019étude recommandant l'abolition de tarifs d'honoraires minimums.\"On ne peut contester le sérieux du document et on n'a pas l'intention de le laisser sur les tablettes\", dit-il sans savoir toutefois si les modifications qui seront apportées dans ce domaine seront conformes aux conclusions de l\u2019étude menée pgr l'Office des professions.Le nouveau président ne se formalise pas de ces lenteurs et de ces obstacles.Il considère d'ailleurs que c'est normal \"parce que, dit-il, avant de modifier des comportements ii y a des mentalités à changer.On chemine avec la société.\" MS P- m k 'Je veux faire un tour approfondi du jardin.' ïS i Le SaleU, Jeceeee DeecMaee < Desgagné: \"Une synthèse de mon curriculum vitae\" A 52 ans.Me André Desgagné, C.R, qui vient tout juste d'accéder à la présidence de l'Office des professions du Québec, entrevoit ses nouvelles fonctions comme \"une synthèse de mon curriculum vltae\" Il est vrai que le successeur de Me René Dussault, premier président de l'office devenu sous-ministre à la Justice, a à son crédit une carrière bien remplie.On pourrait presque dire qu'il a touché à tout, y compris au journalisme et à la politique.Il a travaillé à l'Action catholique durant ses années d'études à l'Université Laval.Plus récemment, en 1973, il s\u2019est présenté sous la bannière péquiste dans Dubuc.C\u2019est le libéral, Ghislain Harvey, qui l'avait emporté.Me Desgagné est natif de Qué- bec.Ce sont ses fonctions de recteur fondateur de l'Université du Québec à Chicoutimi qui ont sans doute voulu qu'il fasse de la politique au Saguenay.Au moment de se porter candidat.Me Desgagné achevait son mandat de recteur et il avait déjà pris la décision, nous dit-il, de ne pas solliciter un deuxième mandat.Quoi qu'il en soit, après sa défaite dans Dubuc, Me Desgagné ne devait pas tarder à revenir à Québec pour y reprendre la pratique privée du droit à l'étude Gagné, Letarte et Associés.Il s'occupe alors de relations de travail à titre de représentant de la partie patronale.A l'été de 1976, il se retrouve au coeur du conflit sur les services essentiels dans la région de Québec en tant que procureur patronal.Avant de connaître ainsi les' feux de l'action.Me Desgagné avait vécu des ann^s beaucoup plus calmes en tant que professeur de droit à l'Université Laval et à l'Université de Montréal.Lui-même détenteur d'un doctorat en droit de l'Université de Paris, Me Desgagné enseignait alors au niveau du doctorat En regard d\u2019un curriculum vitae aussi impressionnant, on comprendra que le nouveau président de l'Office des professions ait de la difficulté à cacher un certain agacement quand de mauvaises langues laissent entendre que son allégeance politique n\u2019est peut-être pas tout à fait étrangère à sa nomination.En tout cas.Me Desgagné se défend bien d\u2019être un ami personnel de René Lévesque \"que j'ai\", dit-il rencontré trois fois dans ma vie\u201d.L'art d'embrouiller par Vincent Lemieux débats Depuis un an environ, des batailles de chiffres ont éclaté au Québec et ont retenu l'attention des spectateurs de plus en plus désabusés qui essaient d'y comprendre quelque chose.Après la bataille des sondages, en 1976, nous avons eu droit à la bataille des comptes économiques nationaux au début de 1977 et.plus récemment, à la bataille des démographes autour de la question linguistique.Il n'y a pas si longtemps, ces baUilles étaient réservées aux économistes.Des malins en étaient venus à dire qu'il y a autant de prévisions économiques qu'il y a d'économistes.D'autres, plus malins encore, ajouUient qu'en général elles éUient toutes fausses, ^is.on s'est aperçu que les sociologues et politicologues se chamaillaient eux aussi autour de la mesure des intentions de vote, que les démographes ne prévoyaient pas de la même façon l'évolution des populations.Beaucoup de gens ne sont pas loin de penser que tous ces mesureurs, spécialistes des sciences sociales, sont ou bien incompétents, ou bien malhonnêtes.Mesurer quoi, par rapport à quoi?De façon générale, les spécialistes ne sont pas incompétents.Ils savent mesurer.Mais ils ne mesurent pas toujours la même chose, et cette chose qu'ils mesurent n'est pas mise en rapport avec les mêmes phénomènes.Donnons un exemple concret, qui intéresse probablement plus de lecteurs que les batailles de démographes, d'économistes, etc.Supposons que vous voulez mesurer la performance des Expos de Montréal cette saison.Qu'allez-vous considérer?Les victoires par rapport aux défaites?Le marge qui les sépare du meilleur club de leur division?Leur moyenne offensive?Leur moyenne défensive?La moyenne de points mérités accordés par les lanceurs?Et puis, si vous voulez raffiner quelque peu vos mesures, vous avez le choix.Allez-vous comparer leur performance à celle de l'an dernier ou à celle de leur meilleure saison?Allez-vous tenir compte ou non de la performance des autres équipes de la division est de la Ligue nationale, par rapport à celle des équipes de la division ouest?Allez-vous considérer également l\u2019âge de l'équipe, ou encore la moyenne d'âge des joueurs, par rapport aux âges des équipes concurrentes?Il n\u2019est pas facile de répondre avec certitude à ces questions.Et pourtant, l'exemple choisi est beaucoup plus simple que l'économie ou la démographie québécoises.11 y a des façons reconnues de mesurer la performance d\u2019un club de baseball, alors que les mesures habituelles de la performance d'une économie ou d'une population sont beaucoup plus variées.Spécialistes malhonnêtes?La bataille des sondages se présentait de façon plus troublante, car les maisons concurrentes prétendaient mesurer la même chose, l'intention de vote des O ¦«a KtlondI électeurs.Mais leurs méthodes de sélection des sujets faisant partie de l'échantillom étaient différentes.S'il y a moins de jeunes dans un échantillon que dans un autre, et que les jeunes ont très majoritairement l'intention de voter pour le Parti québécois, il n\u2019est pas étonnant que les résultats des sondages ne concordent pas.Reste à savoir si une des maisons de sondage ne s'arrangeait pas pour déformer l'échantillon effectif à l'avantage d\u2019un parti.Plus généralement, les spécialistes, même s'ils sont compétents, ne seraient-ils pas malhonnêtes, choisissant de mesurer ce qui va dans le sens de leurs préférences?Pour revenir à l\u2019exemple des Expos, vous serez portés à tenir compte de la moyenne offensive plutôt que la moyenne défensive si vous préférez les coups de bâton aux exploits défensifs, ou encore vous tiendrez compte de la moyenne d'âge des joueurs seulement si vous êtes pr^cupé de l\u2019avenir plutôt que du présent Etant donné qu'on peut s'y prendre de différentes façons pour mesurer un même phénomène ou deux phénomènes à peu près semblables, il est inévitable qu'un spécialiste mesure consciemment ou inconsciemment selon ses préférences.Que faire?Le moins qu'on puisse exiger, alors, c\u2019est que le spécialiste indique clairement ses préférences et reconnaisse les limites de ses évaluations ou prévisions.Ajoutons que tout cela doit être fait autant que possible, dans un langage simple et compréhensible aux usagers et autres lecteurs de ses travaux.Plus fondamentalement on peut se demander si les calculs des spécialistes ne contribuent pas à embrouiller plutôt qu'à éclairer le débat Ne vaudrait-il pas mieux, dans bien des cas, qu\u2019ils refusent de se mettre au service des pouvoirs et des contre-pouvoirs qui utilisent les résulUts fragiles de leurs calculs.Résultats qui, dans la bouche des politiciens, prennent trop souvent une solidité fausse et trompeuse.SL Lrmiru m tntntnt Sr winnt\t11 ¦alwnltS LanL H 4 Iq science Québac, L* Soleil, tomedi 20 ooOt 1977 Le salut de la Terre dans les colonies spatiales LONDRES (Reuter) \u2014 Le salut de la planète Terre dépend de l'installation de dizaines de milliers de ses habitants dans des \"colonies de l'espace\" avant la fin du siècle.Cette théorie hardie est formulée par un physicien américain, le professeur Gerard O'Neill de l'Université de Princeton, qui, depuis huit ans, s'efforce de la vulgariser.Le professeur O'Neill a même expose ses idées devant des commissions du Congrès de Washington.Bien que ses vues soient critiquées, notamment par des écologistes qui estiment que l'argent requis pour un tel projet serait plus utilement consacré à l'aménagement de la Terre elle-même, elles commencent à intéresser de nombreux scientifiques et hommes politiques.Répondant à ses adversaires, le professeur américain vient de publier un livre dans lequel il explique que l'un des principaux objectifs des colonies spatiales qu'il prône est précisément de faire de notre planète un lieu plus vivable pour l\u2019homme.L'ouvrage, intitulé La Frontière d\u2019en Haut: des Colonies humaines dans l'Espace, commence par un exposé d'arguments touchant à l'environnement Le physicien s'emploie, à grand renfort de statistiques, à prouver qu'il est impossible à la terre de produire l'énergie dont elle aura besoin à partir du siècle prochain sans un changement profond des conditions d\u2019existence de l'homme.II appuie son raisonnement sur les prévisions suivantes: la population mondiale va continuer à croître rapidement la production d'énergie devenant très insuffisante par rapport aux besoins.Si cette énergie est produite, cela ne pourra se faire que dans des conditions préjudiciables à l'humanité.Après un bilan accablant des problèmes, le professeur O'Neill en arrive à la solution qu'il propose: des stations spatiales habitées de dimensions colossales qui produiraient de l'énergie pour la Terre.Le premier objet aurait des ambitions \"modestes\".Il prévoit la mise en place d'une station destinée à recevoir une dizaine de milliers de personnes seulement dans les années 1990.Certains de ces \"colons\" s'occuperaient du fonctionnement de la station, d\u2019autres construiraient des centrales satellites pour la production d'énergie solaire qui serait retransmise sur la Terre sous la forme de micro-ondes.D'autres enfin édifieraient de nouvelles stations à l'intention de futurs \"colons\".Compte tenu du coût de revient élevé du lancement dans l\u2019espace de matériaux d'origine terrestre plus de $880 le kilo, les matières premières servant aux travaux de construction proviendraient d'exploitations minières sur la Lune.Le professeur américain donne à ce propos la description détaillée d\u2019un accélérateur magnétique qui expédierait, moyennant l\u2019utilisation d'une petite quantité d\u2019énergie, les chargements de métaux de la surface lunaire vers un endroit précis de' l'espace.Les stations elles-mêmes ne seraient pas de simples structures d\u2019acier et de plastique mais de véritables petites \"terres\" avec un sol, un climat idéal, des cultures à rendement élevé, des élevages, des arbres, des rivières et des vallées.Il n\u2019y aurait pas de températures extrêmes, ni d\u2019ouragans, d\u2019insectes et de séismes.La pesanteur serait obtenue artificiellement en faisant tourner la station sur elle-même.Les ressources en énergie solaire destinée à l\u2019industrieseraient pratiquement illimitées car, en état d'apesanteur, des \"pièges \u201d solaires de dimensions aussi importantes que nécessaire pourraient être édifiés.L'apesanteur rendrait de même la construction de stations colossales relativement aisée.Le professeur de médecine vétérinaire de I Université du Nevodo, à Reno, Robert Taylor, exhibe cette espèce de crevette qui vit dons le désert du Nevodo.Elevage de crevettes dans le désert! RENO, Nevada (PA) \u2014 Quoique Reno soit à des centaines de milles du plus proche océan, on se propose d\u2019y faire l\u2019élevage localement de certains fruits de mer du genre crevettes.C'est du moins ce que prône un professeur de l\u2019Université du Nevada.Selon Robert Taylor, des crevettes fraîches des viviers du désert pourraient être élevées commercialement dans les étangs alimentés d\u2019eau chaude de la compa- gnie Sierra Pacific Power, près de Fort Churchill, au centre du Nevada.Le directeur de l\u2019école de médecine vétérinaire a précisé cependant qu\u2019aucune étude de marketing n'avait encore été faite, mais que si son idée réussissait, on pourrait faire de l'argent avec la crevette, actuellement consommée au banquet dans les restaurants des casi- nos du Nevada du nord, qui paient les crevettes congelées au moins $3 la livre.Taylor a ajouté que l'élevage des crevettes dans le désert ne pose pas de problèmes, en autant qu'il y a de l'eau tiède et que les conditions sont contrôlées, ce qui existe à Fort Churchill: \"Il y a toute cette eau chaude qui se gaspille.Quelque chose comme 240 acres de surface et 10 pieds de profondeur.Je savais que la Sierra Pacific voulait faire quelque chose aussi.Alors je me suis présenté avec cette idée d'élever des crevettes.L\u2019endroit est réellement idéal et la source d'eau chaude illimitée.\" Taylor la soumit à la compagnie et celle-ci finança la construction de deux petits étangs et une voie d'eau les reliant à l'usine.«CHEZ HENRI TURCOTTE LTEEI \\\t-fX , t;
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