Le soleil, 15 septembre 1990, Cahier D
[" Quebec.Le Soleil, samedi 15 septembre 1990 \\ I Tatiana Troyanos en concert avec l'OSQ La célébré mezzo, qui n a pas ete entendue a Quebec depuis plusieurs années, y revient pour interpreter Berlioz et Bizet en compagnie de I OSQ page 6 Un artiste au coeur des ^ forêts : François Morelli mrnm «ta .U L\u2019artiste montréalais exprime son inquiétude face à la degradation de l'environnement en s'inspirant du motif de l'arbre .la tète en bas page 14 ¦î\u2014 Une expérience inusitée pour Marie Philippe Son deuxième microsillon, la chanteuse québécoise Marie Philippe l'a enregistre chez elle, échappant ainsi aux impératifs financiers du travail en studio page 4 \"i Vï Boutet un Une deuxième paternité, une fourchette assagie : Jean-Jacqui Boutet a minci.Il ne s\u2019en trouve que plus aise pour soulever la montagne de graisse de « Falstaff », adaptation de Jean-Pierre Ronfard du mythique personnage de Shakespeare que le Trident présente à partir de mardi, en lever de rideau de sa vingtième saison.par JEAN ST-HILAIRE LE SOLEIL Fortifié par ce rôle colossal et rasséréné par la lecture recente de L'Espace vide, du metteur en scène Peter Brook, l'acteur n\u2019a jamais été aussi en harmonie avec son metier.«Je ne suis pas vraiment mystique, mais le soir, dans mon lit, je commence à croire que lame de Falstaff existe.Je n\u2019ai jamais eu une conscience aussi aiguë des exigences de l'incarnation d\u2019un personnage.Ce rôle est un privilège ».Un privilège qu\u2019il reçoit non sans un frisson d'anxieté.C\u2019est que le personnage est aussi monumental dans son âme que dans sa chair.Il commande « un jeu très théâtral et très difficile, dit-il.Maigre l\u2019ampleur du texte et des situations, il faut lui donner vie et plausibilité ».Personnage complexe Ce gros tas de graisse est un personnage complexe dont chaque facette doit être méticuleusement colorée.Jack Falstaff.c\u2019est d\u2019abord une béte de luxure farcie de tous les defauts du monde.Car en plus d\u2019être goinfre, buveur, paillard et trousseur de jupons, il est vantard, menteur et poule mouillée II souffre plus de vices que quiconque parce que.comme il le dit, il a « plus de chair qu\u2019un autre homme » et qu\u2019il faut donc qu\u2019il soit « plus faillible encore ».Un affreux dégueulasse ?« Attention, fait le comédien, il a des lettres et de la science ».Sous son armure concupiscente, il dissimule « une vision lucide de la guerre et de l\u2019existence ».Sur ce, l'acteur se lance dans une plaidoirie enflam- mée.Le verbe saccade, il passe en imagination les bourrures aux bras, tronc et jambes qui hissent le héros aux « 300-400 Ibs », prend des gestes amples et bonhommes et discourt sur l\u2019honneur, le courage et autres vertus douteuses, dont la recherche héroïque mais contre-nature d\u2019une mort prématurée.A la fois, ce fute Falstaff, qui mesure si bien la part de vanité, si ce n\u2019est de futilité que cache la poursuite de la gloire, sait aussi être malhonnête.Comme lorsqu\u2019il se targue d\u2019avoir tue un Seance de maquillage, cette semaine, pour Jean-Jacqui Boutet un moment de sa metamorphose en Jack Falstaff.Hotspur déjà mon au champ de bataille.À tout prendre, il débité sur le ton de la blague des choses profondes.« On aimerait tous être ripailleurs comme lui.fait Jean-Jacqui Boutet, ce personnage-là m\u2019a séduit dès la première lecture, il n\u2019y a rien de ce qu'il dit avec lequel je sois en désaccord, je suis extrêmement heureux d\u2019avoir a defendre ces lignes la ».Spectacle grand format Seize comédiens, quarante-six personnages, cinquante-six costumes d\u2019époque, un decor modulaire d\u2019escaliers, de pentes et de plate-forme qui invite a l\u2019action héroïque, tout dans ce spectacle est la mesure de Falstaff, c\u2019est-à-dire de grand format.Jusqu\u2019à la duree au reste: 3 h 13 Pour cerner ce monstre bouffi par la légende, Jean-Pierre Ronfard a abouté des situations d\u2019un drame historique en deux parties, Henry IV, à une farce, Les joyeuses comméres de W indsor.Elle veut d\u2019ailleurs, la légende, que Shakespeare ait écrit cette derniere comédie, dans laquelle Falstaff est ridiculisé, a la demande expresse de la reine Elizabeth I.Celle-ci n'aurait pas prisé qu\u2019on ironisât de la sorte sur les valeurs des grands Ronfard signe la mise en scène de son adaptation.Sa presence a doublé le plaisir de Jean-Jacqui Boutet qui a pu côtoyer celui qui a ete l\u2019un des inspirateurs premiers de sa carrière théâtrale.Au temps de la prime adolescence de notre Falstaff.a La Tuque, la troupe des jeunes comédiens du TNM, placée sous la direction de Suite page 2 Version française PLACE QUÉBEC .\t¦\tit Bl '_________________________\u2018\t.Sam .dim.: 13h.15h40 18hZ0 21 h iffAfïir o assis! r.w:z MARLON BRANDO MATTHEW BBODERJCK MES PREMIERS PAS DANS LA MAFIA version française de \u201cTHE FRESHMAN RM IIVRI>
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