Le soleil, 31 décembre 1992, Cahier D
[" Quebec, Le Soleil, jeudi 31 décembre 1992 Cahier ARTS ET SPECTACLES / LA BONNE CHÈRE LE SOLEIL L.,»nn^L dimp0' Vat RIDEAU SUR 1992 QUEBEC \u2014En 1992, deux grands téléromans ont été créés à la télévision.Tintin.Léonne, Stéphanie, le Chanoine Caron, Madame Félix, Victor Téoli, Roxane sont quelques-uns des caractères vibrants sortis de l'imagination de Réjean Tremblay, Fabienne Larouche dans Scoop et de Victor-Lévy Beaulieu dans Montréal PQ.Francine, Rémi, Sylvette, Bernie de Jamais deux sans toi de Guy Fournier ont tiré leur révérence.Dans un concert de rires, de larmes.Si on excepte ces grands bouleversements dans le ciel des téléromans, l'année 1992 a été plutôt sage à la télévision.Plutôt que de faire l\u2019histoire, on s\u2019est beaucoup complu à en revivre de grands pans.Les 40 ans de Radio-Canada ont été l\u2019occasion de ressortir les trésors des magnétothèques.Deux rétrospectives illustrant les grands moments de la vie collective captés par les caméras depuis la création de la télévision, ont marqué la rentrée d\u2019automne.L\u2019une a découpé l\u2019histoire politique, sociale et culturelle du Québec en quatre décennies.L\u2019autre a « revisité » les téléromans, des Plouffe à Cormoran, en passant par la Rue des Pignons.On a aussi revu avec bonheur et émotion les mille pitreries de Dominique Michel dans une remarquable série.À Télémétropole, après des mois de vaches maigres, on a récolté et dépensé beaucoup d\u2019argent, aux Jeux olympiques tout en promettant des lys d\u2019or aux athlètes méritants.Mais le talk-show quotidien de Lise Payette n\u2019a rapporté que du bronze à son animatrice.Le réseau Quatre-Saisons s\u2019est signalé par un timide retour à la création dans le domaine des variétés avec Sonia Benezra et Le Blues à Francoeur.Mais le blues de Lucien a été de courte durée.Radio-Québec a célébré le triomphe de la série Bombardier qui a totalement éclipsé Scoop aux prix Gémeaux.Pour Scoop, qui revient à l\u2019antenne en janvier, l\u2019heure de la revanche a sonné.GHISLAINE RHEAULT Musique : la « vraie » saison de Pascal Verrot QUÉBEC \u2014 Après une saison de transition où il a hérité de la programmation de son prédécesseur, Pascal Verrot assume maintenant son plein rôle de directeur musical de l'OSQ.De ce fait, les oeuvres de 1992-1993 relèvent de son autorité et ses choix, sauf quelques exceptions, misent sur une rassurante sécurité.Sa présence à la tête de l\u2019orchestre et ses sélections musicales se sont traduits par une augmentation importante du nombre des abonnés (quelque 6000, ce qui constitue un record d\u2019assistance pour l\u2019OSQ).Sorte d\u2019exploit si l\u2019on songe à la récession qui touche pratiquement tous les secteurs des activités culturelles, et aussi du fait de la mauvaise publicité qui avait entouré, l\u2019an dernier, la restructuration des effectifs de l\u2019orchestre alors que 23 des 70 musiciens voyaient leurs contrats de travail amputés de 8 semaines.Au strict plan musical, Pascal Verrot a connu des moments plus probants que d\u2019autres, son coup d\u2019éclat demeurant le concert-gala où, en plus d\u2019assurer un excellent accompagnement à la prodigieuse interprétation du Concerto pour violon de Tchaikovsky par Itzhak Perlman, il proposa une intéressante 5e Symphonie de Beethoven.MARC SAMSON Arts visuels: Lemieux crée tout un effet QUÉBEC \u2014 Les stratégies publicitaires ont veillé au grain, mais le sujet était en or.La rétrospective tant attendue (depuis trois décennies, en fait) consacrée au peintre québécois Jean Paul Lemieux a rassemblé, au Musée du Québec, plus de 170 000 visiteurs.Voilà un bel hommage rendu par la population, certes, même si celle-ci s\u2019est trouvée confrontée à un Lemieux éminemment plus complexe que certains de ses personnages bucoliques, errant dans des champs fleuris, pouvaient le laisser croire au premier a-bord.En fait, l\u2019art du maître, décédé à l\u2019âge de 86 ans en 1990, se fait bien plus puissant et bouleversant que l\u2019imaginaire collectif a bien voulu l\u2019admettre.Mais plus encore, la rétrospective présentée pendant cinq mois et demi au Musée du Québec aura permis à Jean Paul Lemieux d\u2019enfin accéder au panthéon de l\u2019histoire canadienne et québécoise de l\u2019art moderne, alors que jusqu\u2019à récemment, une indifférence quasi complète entourait son oeuvre dans les manuels spécialisés.Pour ce faire, la conservatrice invitée Marie Carani n\u2019a pas lésiné en recherches et études, ce dont témoigne le catalogue, extrêmement fouillé, qui étaye une vision tout à fait nouvelle de l\u2019art de Lemieux, tant au niveau plastique que spirituel.L'effet Lemieux aura donc rempli doublement son objectif, en permettant-aux simples amateurs d\u2019art tout comme aux érudits de « mieux ajuster leur appareil ».critique.MARIE DELAGRAVE IPS La comète Redford dans le ciel de Québec QUÉBEC \u2014 Dans ce tour d\u2019horizon de l\u2019année artistique, le passage météorique sur Québec de la star Robert Redford apparait comme un phénomène médiatique de première grandeur.Dans le ciel nocturne du 14 septembre, la Comète blonde de Hollywood a laissé une trainee lumineuse : suivi par les réflecteurs de la television et les flashs des photographes, Redford est venu présenter, en avant-première, le film-poème qu\u2019il venait de réaliser : A River Runs Through It.Après avoir survolé les etendues sauvages de l\u2019Est du Quebec, en compagnie de son producteur Jake Eberts, Robert Redford s\u2019est posé au Grand Théâtre, où l\u2019attendaient 700 cinéphiles ayant payé chacun 50 $ pour voir ce film a saveur écologique.Us contribuaient par le fait même au sauvetage du fleuve Saint-Laurent, puisque tous les profits de la soirée étaient versés à l\u2019Union québécoise pour la conservation de la nature.Phénomène médiatique ou foire journalistique ?Le fait est que la conférence de presse allait révéler les tensions entre médias de Quebec et de Montréal, alors que Radio-Canada et Quatre-Saisons parachutaient leurs animateurs montréalais par-dessus la tête de leurs chroniqueurs locaux.Depuis ce temps, A River runs Through It a pris l\u2019affiche en français (La rivière du 6e jour) sur nos écrans, et semble en bonne position dans le firmament des Oscars 1993.REGIS TREMBLAY L\u2019âme dansante du cygne noir QUÉBEC \u2014 Si l\u2019on veut résumer la saison de danse à un seul nom, alors il faut choisir Cisne Negro ! Venue de Sao Paolo, la compagnie de Hulda Bittencourt a incarné l\u2019âme dansante du Brésil sur la scène du Grand Théâtre, le 5 octobre.Ce fut l\u2019un des plus beaux moments de la danse moderne, en cette enceinte.Cisne Negro n\u2019est pas une compagnie de danseurs noirs, même si ces deux mots espagnols signifient : cygne noir.En 15 ans d\u2019existence, il s\u2019agissait de la première visite au Québec de la troupe, et l\u2019on peut supposer qu\u2019elle nous reviendra, si l\u2019on se fie à l\u2019accueil qui fut réservé aux chorégraphies de Vasco Wel-lencamp, qui s\u2019inspirent du folklore, c\u2019est-à-dire du peuple, d\u2019où est issue la danse moderne.Et s\u2019il fallait évoquer un autre événement marquant de la saison de danse (qui par ailleurs est loin d\u2019être terminée), il conviendrait de se souvenir du Gala des Étoiles du 1er septembre.Gravitant autour de Ludmilla Chiriaeff, dont on célébrait ce soir-là les 40 années de danse, 28 des plus grands danseurs du monde ont offert au tout-Québec, réuni dans la salle Louis-Fréchette, une série de performances hors du commun.Parmi les danseurs les plus remarqués, on comptait trois couples parfaits du Québec ou du Canada : Anik Bissonnette et Louis Robitaille, Karen Kain et Frank Augustyn, Evelyn Hart et Rex Harrington.Une soirée qui en disait long sur la qualité de notre danse ! RÉGIS TREMBLAY Théâtre Lumière des Atrides QUÉBEC\u2014Ui représentation à Montréal du cycle des Atrides, par le Théâtre du Soleil d\u2019Ariane Mnouchkine, constitue sans contredit l\u2019événement phare de la première moitié de la saison théâtrale québécoise 1992-1993.Dans une enceinte rappelant l\u2019arène de la corrida, Mme Mnouchkine a su rendre intelligible à la conscience moderne des textes écrits voici vingt-cinq siècles, textes qui évoquent la marche hésitante mais irrésistible de la Grèce antique de l\u2019obscurantisme barbare à la démocratie Ce faisant, Mme Mnouchkine a prêté mouvement et vie au sacre Une musique sans âge ni frontière rythmait sa vision.Elle est de Jean-Jacques Lemaître, on ne l\u2019oubliera pas de sitôt Pas plus qu\u2019on oubliera les saisissants choeurs dansants entraînés par Catherine Schaub, ou la grandeur pathétique des Clytemnes-tre et Déesse Athéna interprétées par la Brésilienne Juliana Cameiro da Cunha.Ce théâtre généreux et intransigeant redirige le regard que public et artistes de la scène portent sur le théâtre.Inimitable, il influera néammoins sur nos pratiques De son témoignage, l\u2019histoire retiendra qu\u2019il est de ceux par lesquels notre théâtre a grandi.JEAN ST-HILAIRE Année Capitole *»»*»*; QUEBEC \u2014 En cette année de « Bruelmania » et de Y Aigle no/r selon Marie Carmen, 1992 s\u2019inscrira dans la petite histoire des variétés à Québec comme « l\u2019année de la réouverture du Théâtre Capitole » : après des années d'abandon et d\u2019incertitudes, l\u2019armada de rénovateurs a chassé une fois pour toutes les squatters de la place d\u2019Youville et la plus ancienne salle de spectacles de la capitale a repris vie.quelques 14 millions $ plus tard.Les effluves de la réouverture officielle viennent à peine de se dissiper (le gala s\u2019est déroulé le 21 novembre) ; mais le plus clair de l\u2019année du Capitole a été consacré à lui refaire une beauté, discrètement dissimulé derrière les placards de contre-plaqué, attisant d'autant plus la curiosité des passants, rue Saint-Jean.Les nouveaux propriétaires de l\u2019ancien Auditorium ont d\u2019ailleurs entretenu au fil des mois cet intérêt pour le bâtiment datant du début du siècle, à grands coups d\u2019événements médiatiques, de visites des chantiers et de la salle de 1368 sièges.du moins pour l\u2019instant ! Car les spectateurs qui reprochaient au Capitole l\u2019exiguïté des places aux parterres verront leurs doléances porter fruit en 1993.La direction entreprendra en janvier des travaux de réaménagement en vue de libérer plus d\u2019espace aux parterres.Amputée de quelque 80 sièges, la salle fera de la place pour les petits bedons ronds ! FRANCINE JUUEN t i I l LES ARTS ET SPECTACLES Quebec.Le Soleil, jeudi 31 décembre 1992 D-2 - L®8 gchos du monde artistique ¦ Marc Laurendeau à Radio-Québec Marc Laurendeau fera un retour comme journaliste à Radio-Québec a compter du 6 janvier.Il animera Influences, une emission qui traite d\u2019administration publique.Des thèmes comme le développement durable (6 janvier) ou \u2022i qu'est-ce qu'une ville bien gérée ?>* (le 20 janvier) sont au programme les mercredis a 22 h 30.A chaque émission, Laurendeau reçoit trois invites qui débattront de ces themes.Pierre Marc Johnson, CINEMA.MIDI MINUIT 013 ______ST -JOaEPH 2*2*\t35131 g É
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